Le samedi, 1 mars 1935, samedi 2 mars 1935
[" 46e année, No 40 Montréal, 2 mars 1935 sdif LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 1 ¦\t¦ i NOTRE ROMAN COMPLET (en deux numéros J LE MARAIS DES IRIS Par ALEK PLUNIAN ?NOTRE FEUILLETON : LA DAME EN NOIR Par EMILE RICHEBOURC ?Chronique documentaire : LES GRANDS SOLITAIRES DE L\u2019OCEAN Par LOUIS ROLAND ?NOUVELLE LA VEANGEANCE DU THUG Par H.GAYAR LA BONNE CHANSON '^CïXT\u2019SS' ?LES CHUTES NIAGARA EN HIVER Photo Asêoeiated Screen News, Montréal un ggp Ifr p i - -u i Gene PRODUCTS OF CANADA LIMITED UNE INSTITUTION SOUCIEUSE DU PUBLIC il \u2022 OLDSMOB1LE \u2022 McL AUGHLIN - BUICK Prévoyance et vigilance, voilà en deux mots toute la politique de la Gene CHEVROLET \u2022 PONTIAC Sir Motors, une politique qui donne au public ce qu il veut dans de meilleurs autos, d'année en année, et le protège contre des expériences inopportunes ou douteuses.VOUS RAPPELANT \".que le Radio-Hockey General Motors vous est offert grâce à la coopération des dépositaires Chevrolet, Pontiac, Oldsmobile, McLaughlin-Buick, LaSalle et Cadillac de tout le Canada.Si vous avez autant de plaisir à écouter les parties de hockey que j\u2019en éprouve à vous les décrire, je sais que vous n\u2019hésiterez pas à voir un de ces dépositaires General Motors avant d\u2019acheter votre prochaine voiture.\u201d CHEVROLET Ccmxêuiseg AUI PRENEZ le volant du nouveau MAITRE SIX et vous trouverez beaucoup de choses pour susciter votre enthousiasme.Les eprises, la vitesse et la puissance du Moteur Flamme Bleue, par exemple! Le confort glissant du roulement ! La direction à l\u2019épreuve des chocs ! La puissance veloutée des freins! Le luxe de la Carrosserie Fisher à \u201cToit-Tourelle\u201d en Acier Solide ! Conduisez un Chevrolet SIX REGULIER, et vous serez émerveillé de voir que la qualité Chevrolet puisse être réalisée dans la construction d\u2019un auto de si bas prix! Puissance?\u2014il a le Moteur Flamme Bleue qui offre 23% plus de chevaux-vapeur.Freins?\u2014ce sont des freins con- trôlés par cables, plus gros et plus positifs que jamais.Confort?\u2014tout ce que vous attendez des fameuses Carrosseries Fisher.Voyez les deux nouvelles lignes Chevrolet d\u2019autos de qualité aujourd\u2019hui.Prenez le volant et conduisez.Prenez place sur le siège arrière et faites l\u2019essai du roulement.Donnez-vous la preuve que vous n\u2019avez pas besoin d\u2019aller plus loin pour trouver la plus haute qualité au plus bas prix.Tout modèle Chevrolet peut être acheté h termes faciles grâce au mode GMAC de paiements différés de la General Motors.\u2022 MAPLE LEAF \u2022 GMC ¦ y.LA SALLE CADILLAC CAMIONS CHEVROLET Editorial 46e année, No 40 j&y&amedii Montréal, 2 mars 1935 GALACTEE VOUS souvient-il que parfois je vous ai parlé d'un vieux philosophe, un peu grincheux mais nullement dénué de bon sens, qui vient de temps à autre faire un bout de causette avec moi?Je viens d\u2019avoir sa visite et, comme il fallait s\u2019y attendre, il a passé l\u2019humanité au crible une fois de plus.Ce n\u2019est pas un mauvais bougre, tout au contraire; c\u2019est un sensitif dont les années ont racorni simplement la surface, mais le coeur et l'intelligence sont restés singulièrement vifs.Au temps de Napoléon il eût fait un admirable grognard, à notre époque, où l\u2019on fait petitement les grandes choses, c\u2019est un perpétuel étonné s\u2019imaginant qu'il est un désabusé.J\u2019ai entendu dire qu\u2019il a rendu beaucoup de services à des gens qui lui ont craché au nez comme remerciement; il ne sait pas que c\u2019est la règle et même l\u2019étiquette fidèlement observée ici-bas: il s'est cru malchanceux, ensorcelé peut-être, et ça l\u2019a fait enrager.Alors il a juré de cracher à son tour sur l\u2019humanité et de ne plus jamais rendre service à qui que ce soit.Il a juré ça tant de fois qu\u2019il n\u2019ose plus recommencer; maintenant il se cache pour faire une bonne action et ne l'avouera jamais.Il en enrage encore un peu plus, ce qui lui donne la ressemblance la plus exacte avec le bourru bienfaisant légendaire.\u2014 Savez-vous ce que c'est un colonel?me demanda-t-il avec un air narquois et irrité en même temps.\u2014 C'est un homme qui porte un bel uniforme et commande un régiment, répondis-je.\u2014 Non, c\u2019est une actrice de cinéma en mal de réclame! Devant l\u2019ahurissement bien naturel que je manifestai à la suite d\u2019une réponse que je jugeais pour le moins saugrenue, le bonhomme se mit à rire; c\u2019est-à-dire qu'il montra un peu les dents.\u2014 Vous n\u2019êtes donc pas au courant des dernières nouvelles?fit-il: eh bien, sachez que la 195ième compagnie du Civilian Conservation Corps des Etats-Unis a maintenant pour colonel honoraire la grosse Mae West; que dites-vous de cela?\u2014 Moi?.rien du tout; je m\u2019en contreficbe avec toute la désinvolture dont je suis capable! \u2014 C\u2019est bien ce que je pensais.Tout peut bien aller de travers ici-bas.vous vous drapez dans votre dédaigneuse indifférence des gens et des choses; au fait, journaliste, astronome et poète, il n'y a rien d\u2019étonnant à ce que vous viviez surtout dans la lune.\u2014 Merci, je préfère les étoiles.\u2014 Ça revient au même.A propos d\u2019astronomie, vous savez ce qu\u2019est la voie galactique, mais connaissez-vous Galactée?\u2014 Non, mais j\u2019ai entendu parler de Galatée qui est à la fois une nymphe de la mythologie, une statue qui fut animée par Aphrodite, une bergère des Eglogues de Virgile, un roman de Florian, un opéra mis en musique par Victor Massé, un mollusque des fleuves d\u2019Afrique et une sotte question de votre part quand vous prononcez Galactée.\u2014 On n\u2019est pas plus aimable! toutefois, j\u2019affirme que le mot Galactée existe puisque je l'ai moi-meme inventé.Galactée, c\u2019est le nom.d\u2019ailleurs très joli, que je donne aux vaches, et l\u2019idée m\u2019en est venue en pensant à Mae West et sa nomination de colonelle.\u2014 Hein! m\u2019exclamai-je: singulier rapprochement! .\u2014 Oh! n\u2019allez pas supposer des choses qui ne sont pas dans ma pensée! je ne fais pas d\u2019allusion et moins encore d\u2019analogie: je ne m'amuse pas à ces petits jeux-là.ne voulant froisser ni ÜÜË » ePSI Les Publications Poirier, Bessette Cle, Ltée 975, Rue de Bullion, Montreal, Can.Tel.: LAncaster 5819\u20146002 entered et the Post Otttce o/ S Alhant, V»., at second aie et matter under Act of March lt7$ -:-A BONNEMEN T-.; ' - ; Canada\tEtats-Unis et Europe Un an - - - - - $3,50\tUn an - ta an Six mois - - - - - 2.00 Six mots - - - - - 2 an Trois mois.1.00 Trois mois.i!j6 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.30 p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à 12 h.30.AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit Jours, l empaquetage de nos sacs de malle commençant 5 Jours avant leur expédition l\u2019actrice en question ni l'espèce ruminante à laquelle vont toutes mes sympathies.Les pensées sont engendrées dans notre cerveau par les contraires aussi bien que par les ressemblances, et c'est précisément parce que je crois la fameuse ac-tr\u2019ce tout le contraire d\u2019une .Galactée que j\u2019ai fait des comparaisons pour bien établir les différences.\u2014 C\u2019est de la subtilité.\u2014 De la logique, tout simplement; vous allez le comprendre tout de suite.Cette bizarre nomination au grade de colonel rentre dans l\u2019ordre naturel des choses d'ici-bas.Il n\u2019y a pas besoin d'être grand clerc en matière d\u2019h?stoire humaine pour savoir que nous vivons dans un monde à l'envers depuis les origines et surtout depuis la guerre mondiale prolongée par la crise.Il y a deux m;lle ans, un poète latin a versifié son fameux Sic vos non vobis .qu'on a traduit élégamment en langue française par: Ce n'est pas l\u2019âne qui gagne l\u2019avoine qui la mange.Aujourd\u2019hui c\u2019est vrai plus que jamais, et c'est pourquoi on a donné le grade de colonel à la grosse Mae tandis qu\u2019il aurait beaucoup mieux convenu au sympathique ruminant que j'ai nommé Galactée.\u2014 Je ne vois pas b en .\u2014 Je m'explique.Un colonel est, dit-on, le père de son régiment, mais Galactée n\u2019est-elle pas, elle, la mère nourricière d\u2019une multitude de régiments de petits poupons qui lui doivent la santé de leurs joues grassouillettes?Voilà pour l\u2019ana-log e.si cette raison peut vous satisfaire, mais il y a la loi des contraires beaucoup plus impérieuse pu squ elle est générale, le fameux Sic vos non vobis applicable à toutes les espèces; à l\u2019humanine en général et à la bovine en particulier .Pouvez-vous trouver un être plus doux plus résigné et surtout plus utile qu\u2019une Galactée?Décidément je m en tiens à ce nom beaucoup plus poétique que l'habituel; avec ou sans cornes elle n est jamais sans lait, ce qui fait vivre ceux qui le consomment et enrichit ceux qui le vendent.Pendant de longues années c'est son rôle bienfaisant, mais croyez-vous qu\u2019on lui en sait le moindre gré?qu on lui donnera un titre de colonelle pour la récompenser?pas du tout! Un beau jour, un vilain jour plutôt pour elle, on la tue, on la coupe en morceaux et on la dévore en bloc après l\u2019avoir déjà mangée en détail .Pauvre Galactée! sa vie aura été pacifique laborieuse et pour a nsi dire sans plaisirs; la plus grande distraction de ces doux animaux, quand ils ont la chance d'avoir leur pâturage à proximité d une voie ferrée, c\u2019est regarder passer les trains avec leurs gros yeux arrondis d\u2019étonnement; ils n\u2019ont pas d\u2019ambitions malsaines ni même de curiosités intempestives; ils n\u2019envient les étoiles ni du firmament ni de la scène.Galactée ignore ! existence de la voie lactée et plisserait son gros muffle dans un accès de rigolade intense si elle savait que les étoiles ont quelquefois des pattes, des sourcils en demi-cercle et, sur les lèvres, le rouge qui leur manque au front.Elle pleurerait peut-être aussi \u2014 comme un ancien veau sur la bêtise humaine qui fait des colonels avec des étoiles qu elle-même jugerait tout au plus des pleines lunes.\u2014 Vous êtes sévère! \u2014 Mais juste, et je répare une injustice; on a etc jusqu a transformer le nom de mes sympathiques ruminantes en injure, ce qui est le comble de 1 ingratitude, je les réhabilite avec le nom de Galactée, proche parent de la Voie lactée, et vous savez que cette dernière est bien au dessus des étoffés ordinaires.Il ne me reste plus maintenant qu a réhabiliter le mot colonel.Là dessus mon vieux philosophe me tira sa révérence et parut sans que j\u2019aie su s\u2019il avait parlé ser.eusement ou non.Fernand de Verneuil ¦* Les deux explorateurs aperçurent le fakir qui semblait se dissimuler entre des fougères géantes.La IJ pat H; GAYAR engeance du THUG I E SERPENT-CRAVATE!\" s'écria le docteur Clarens, subitement intéresse.\u201cTu ne m\u2019avais jamais parlé de ce bizarre reptile .\u2014 Eh! répondit l'ami Bernard en riant, chacun son gibier.Je me connais mieux en tigres qu'en serpents .Il a fallu l'occasion, notre arrivée près du temple consacré au reptile divin.Le serpent-cravate, l\u2019agba, de son nom hindou.\u2014 L\u2019agba hibernans .c'est bien ça.\u2014 L\u2019agha, continuait son compagnon n\u2019existe pas à Ceylan.Celui que tu verras ce soir ou demain vient de l\u2019Inde.Il a été importé ici par le fakir Thaleb, qui l\u2019a proclamé dieu pour commercer.Notre boy, Myssour, a une terreur superstitieuse de ce reptile, emblème de Siva, le dieu destructeur de la mythologie hindoue \u201cQuant à toi.je vois moins bien ce qui t\u2019intéresse.Je croyais que tu étudiais surtout les serpents piqueurs.Or l\u2019agha n'est pas venimeux.\u2014 Erreur .Tous les serpents sont vem meux! Je veux dire que tous, ou presque, possèdent la glande à venin.Exemple la couleuvre, notre compatriote.Ce qui manque à certains, ce sont les crochets des deux dents creuses qui injectent le poison.Le docteur Clarens et son ami chevauchaient à travers la merveilleuse forêt qui.couvrant toute 1*île de Ceylan de sa végétation luxuriante, en fait le paradis des chasseurs et des naturalistes.Devant eux, sur la piste, traîné par des buffles, un vaste fourgon, véritable maison roulante, cahotait en grinçant.Cette roulotte était le logis de Bernard qui, depuis quelque vingt ans, vivait là, menant une existence pittoresque et mouvementée de romanichel-chasseur.La journée avait été chaude, l\u2019étape longue pour le docteur en particulier, qui faisait sa première excursion, et les deux compagnons aspiraient au moment où ils pourraient se délasser.Cependant.Clarens reprenait: \u2014 Revenons à l\u2019agha.C\u2019est dans l\u2019Inde que tu l\u2019as rencontré?\u2014 Oui.Dans certains cantons forestiers, l\u2019agha est domestiqué en quelque sorte.Il fait partie de la famille comme le chien ou le chat.Il fait la chasse aux rongeurs.L'hiver, l\u2019agha couche avec son maître, enroulé à son cou, d\u2019où ce nom de serpent-cravate.Je parle, bien entendu, de l\u2019agha nature, celui du Bengale.Quant au dieu de Thaleb.ce doit être, comme son maître.une vilaine bête, et je ne voudrais pas me réveiller avec ce collier au cou! \u2014 Tu n'as pas l\u2019air d\u2019aimer beaucoup ce fakir.Tu as des raisons?.\u2014 Pas précisément .A tort ou à raison |e le soupçonne de nous exécrer, nous les impurs mangeurs de chair.Nous lui répugnons, et de son côté c'est réciproque.Nous voici arrivés.La maison roulante venait de s'arrêter près d une clairière tapissée de fougères arborescentes.Un ruisseau y coulait, formant de petits bassins d\u2019eau claire vers quoi les boeufs, sitôt délivrés du joug, s'empressèrent de courir.Clarens, après avoir soigné son cheval, la seule chose dont on lui permit de s'occuper, alla herboriser aux environs.Pendant ce temps, Bernard et le boy prépa raient le repas du soir, dressaient le couvert sous un berceau naturel.Une fois à table: \u2014 J'ai questionné Myssour, reprit le chasseur Mon instinct ne me trompait pas.Thaleb, qui croirait commetre un assassinat en écrasant l\u2019insecte assez hardi pour s\u2019attaquer à sa vieille peau, n a pas toujours eu les mêmes scrupules et a probablement à son actif une douzaine de meurtres qualifiés .Il est vrai que ce bon bouddhiste, qui a horreur du sang, procédait par strangulation: le coup du père François .C\u2019est ainsi En son jeune temps, Thaleb était affilié à une secte d\u2019étrangleurs, dont le nom m'échappe.\u2014 Les Thugs sans doute?\u2014 Oui.je crois.C\u2019est une vieille histoire .L étonnant est que Thaleb n\u2019a jamais pu être convaincu de crime.\t(Suite à la page 27) & Samedi 2 mars 1933 6 ÜNE joyeuse et bruyante animation emplissait les rues de Longmaur.Les cafés regorgeaient de consommateurs, au parler haut, gesticulant.s\u2019interpellant d'une table à l'autre avec cette exubérance qui annonce le voisinage du midi.Sur le Cours, inondé de soleil, planté d\u2019une double ligne de jeunes platanes au feuillage grêle, se pressaient les bancs des marchands forains entourés de femmes riant, caquetant, à l\u2019affût de \u201cla bonne occasion\u201d.Au fond, devant la grande bâtisse aux murailles neuves qui abrite les bureaux municipaux, se dressaient les tours de toile de quelques baraques.Montés sur une frêle estrade pliant sous le poids, des lutteurs en maillot blanc, exhibant leurs biceps énormes, provoquaient les amateurs, les invitaient à lever la main, tandis qu\u2019à côté, l\u2019orgue chevrotant d\u2019un antique manège de chevaux de bois ne se lassait pas de moudre de vieux airs oubliés.Ah! cette foire de la Saint-Gervais.De trente kilomètres à la ronde, breacks, tilburys aux roues crottées, charrettes grinçantes avaient amené le matin des villages presque entiers.De plus loin même, des villes et des bourgs importants, nombre de négociants, fidèles à la tradition, étaient venus aussi traiter quelques affaires: la plupart reprenant le train après avoir visité leurs clients; les autres \u2014 bien que la foire n\u2019ait qu\u2019une durée officielle d\u2019un jour \u2014 préférant rester jusqu\u2019au lendemain.Vers la fin de l\u2019après-midi, le ciel s'était soudainement obscurci; mais l'orage, qui menaçait depuis plusieurs heures, semblait attendre le départ de la dernière fusée pour se déchaîner avec un roulement continu de tonnerre et vider, dans une débandade éperdue, un vent de panique, le Cours et les rues transformées en quelques minutes en torrents.Mal abrité sous son parapluie, M.Raboulin.le gros marchand de tissus de Villeroche.revenait de la gare de fort méchante humeur, ayant manqué d'une minute ou deux le dernier train.Obligé, contrairement à ses habitudes, de coucher à Longmaur, il se présenta à l\u2019Hôtel du Dauphin.Une nouvelle déconvenue l\u2019y attendait.Il ne restait plus une seule chambre.Trempé jusqu\u2019aux os, le parapluie retourné à chaque instant par la bourrasque, il courut au Cheval Noie.\u201cOuf!\u201d s\u2019écria-t-il en entrant, \u201cavez-vous une chambre?\u201d \u2014 \u201cLa dernière vient d\u2019être prise\u201d, répondit la patronne, jeune personne fort avenante, \u201cmais c'est une chambre à deux lits.Vous pourrez vous entendre avec le voyageur qui l\u2019occupe.\u201d \u2014 J'y compte bien, fit M.Raboulin.en s\u2019ébrouant, je n\u2019ai pas envie de recommencer cette promenade.Qu\u2019est-ce que ce voyageur?\u2014 Un monsieur très aimable .un négociant de Villeroche.\u2014 De Villeroche! Tout va bien.Moi aussi je suis de Villeroche, et négociant comme lui.Vous n\u2019avez pas entendu parler de la maison Raboulin et Cie\u2019 .N'est-ce pas vexant?Je suis arrivé à la gare pour voir partir le train .oui, madame, pour le voir partir.Sapristi! j'inonde le parquet Donnez-moi vite un bougeoir et indi-quez-moi le numéro de la chambre.Inutile de m\u2019accompagner, je me présenterai moi-même, je connais tout le monde à Villeroche.Je parie que je vais trouver un ami! Débarrassé de son parapluie.M.Raboulin.le bougeofr à la main, gravit lentement, à cause de son ventre replet, l\u2019étroit escalier.Sur le palier il LES DEUX .'f 1 m I ùtx I 3 |^:ry«v S % ; aperçut tout de suite le numéro cinq et frappa un petit coup discret.\u2014 Entrez, cria à l\u2019intérieur une grosse voix.Voilà un timbre qui ne m\u2019est pas familier, se dit-il en faisant jouer le loquet.Au milieu de la chambre, devant la petite table ronde recouverte d\u2019un tapis, un homme court, épais, remontait sa montre.Juvenot! .le quincaillier de la place aux Herbes, son ennemi! La stupeur l\u2019immobilisa sur le seuil.M.Juvenot n\u2019avait pu retenir un cri: \u2014 Vous! \u2014 Comme vous le voyez, c\u2019est moi.\u2014 Et que venez-vous faire ici?\u2014 Ce que vous allez y faire vous-même .me mettre au lit et dormir, si vous ne ronflez pas trop fort, d\u2019un sommeil paisible jusqu'à demain matin.Et, s\u2019avançant au milieu de la chambre, M.Raboulin, qui avait en partie repris son sang-froid, déposa son bougeoir sur la table.Un brusque accès de fureur secoua M.Juvenot.Il croisa les bras.\u2014 Non, ce n\u2019est pas possible .vous dites que vous venez coucher dans ma chambre! \u2014 Il me semble qu\u2019il y a deux lits.Vous n\u2019avez pas la prétention de les occuper tous les deux.Le quincaillier fit un mouvement comme pour se jeter sur M.Raboulin.\u2014 Je vous somme de vous retirer.J\u2019ai pris cette chambre pour moi .pour moi seul .vous entendez?\u2022\t\u2014 J\u2019entends bien, mais je ne sors pas.\u2014 Vous ne voulez pas sortir?.une fois.deux fois .Le ton n\u2019admettait pas de réplique.M.Raboulin comprit qu\u2019il avait eu tort de le prendre lui-même sur celui de la plaisanterie.\u2014 Calmez-vous, M.Juvenot.et laissez-moi vous expliquer.J\u2019ai manqué d\u2019une minute le dernier train .C\u2019est une mésaventure qui aurait pu vous arriver comme à moi.\u2014 Non.monsieur, je n\u2019ai jamais manqué le train.\u2014 Admettons.Il a fallu me mettre en quête d un gîte.De la gare à VHôtel du Dauphin, où pas une chambre n'était à prendre, l'orage a retourné trois fois mon parapluie.Vous le voyez, je ruisselle.Ici on m\u2019a fait la même réponse, mais la patronne a ajouté qu\u2019il y avait un lit vacant dans la chambre d\u2019un voyageur.et que ce voyageur était un négociant de Villeroche.Sauvé, me suis-je dit, avec lui je n\u2019aurai aucune peine à m\u2019entendre.Pouvais-je prévoir que je vous trouverais dans cette chambre?C\u2019est le hasard qui a tout fait.\u2014 Le hasard a eu tort.Et maintenant que vous m'avez raconté votre petite histoire, que 2 mars 1935 Sk'&oimtdi 7 LITS Nouvelle par EUGENE DREVETON -«mm: atggfff its $ ¦ Quelques semaines plus tard, la noce était célébrée en grande pompe.7*7 vous savez qui a loué la chambre, je suppose que vous n\u2019aurez pas l\u2019outrecuidance de vouloir m\u2019imposer votre présence.D\u2019ailleurs, la mienne vous serait aussi désagréable.Il y a deux hommes en France qui ne peuvent coucher dans la même chambre .Pour qui connaissait les personnages, ce dialogue, qui risquait de monter à un diapason encore plus aigu, n\u2019avait rien d\u2019extraordinaire.M.Juvenot et M.Raboulin qui, par un caprice ironique du destin, avaient une vague ressemblance avec leurs faces rondes et leur moustache poivre et sel, leur taille ramassée, leurs gestes et leurs allures, nourrissaient à l'égard l\u2019un de l'autre une haine implacable, une de ces haines féroces et invétérées toujours prêtes à se traduire en propos désobligeants, en allusions moqueuses ou vipérines, en insinuations perfides, qui ne peuvent naître et se développer, s\u2019épanouir, pour ainsi dire, avec tous leurs mauvais fruits, que dans les petites villes où la fréquence des rencontres, les regards qui s'échangent chargés d\u2019ironie méprisante, l'envie, la jalousie sans cesse en éveil, ce que l\u2019on sait de tout le monde, ce que la malveillance rapporte à celui-ci de celui-là, où tout enfin, par l\u2019enchaînement de l'existence, semble se combiner avec succès pour entretenir et envenimer ces ressentiments qui ne reposent le plus souvent sur aucun motif sérieux.C'éta't le cas du marchand de tissus et du quincaillier, très estimés tous les deux à Ville-roche.et qui se haïssaient sans savoir au juste pourquoi, qui se vilipendaient avec entrain et se déchiraient à belles dents chaque fois que l'occasion leur était offerte.Comme il y a des sympathies spontanées, instinctives, il y a sans doute des aversions irraisonnées.Et voilà que le hasard, ainsi que l'avait dit M.Raboulin venait de réunir les deux irréconciliables enne mis dans une chambre banale d\u2019hôtel! La circonstance était vraiment trop belle pour qu'en sa qualité de premier occupant M Juvenot n\u2019en profitât pas pour assouvir ses rancunes et accabler son adversaire qui, après avoir fait tout d\u2019abord bonne contenance perdait peu à peu son assurance.Sa mine défaite, son attitude humiliée, son air d\u2019accablement en ses vêtements froissés par la pluie et qui répandaient un relent d'humidité, toute sa personne implorait la pitié.Le quincaillier n\u2019était pas attendri \u2014 Je vous ai déjà prié, reprit-il, de vous retirer.Après une journée bien remplie j\u2019ai besoin de repos.\u2014 Et moi donc, croyez-vous que je n\u2019éprouve pas aussi le désir de m étendre dans un bon lit! Les armées en campagne concluent parfois des suspensions d\u2019armes, pourquoi ne conclurions pas nous-mêmes un armistices jusqu\u2019à demain matin?Cela ne vous empêchera pas, de retour à Villeroche, de déclarer à tout venant que je suis un vil usurier.\u2014 Vous ne vous gênez pas de votre côté pour prétendre que je ne vends que de la camelote! Ils se regardèrent avec un sourire, satisfaits de montrer réciproquement qu'ils n\u2019ignoraient aucune des médisances dont ils s'accablaient.\u2014 Ecoutez, fit après un court silence M.Raboulin, la pluie redouble.C\u2019est un de ces temps affreux où l\u2019on dit que l'on n\u2019aurait pas le courage de mettre dehors son plus cruel ennemi.L\u2019humanité a ses lois que la conscience ne peut transgresser.Vous êtes maître de la situation, en abuserez-vous jusqu\u2019à m\u2019obliger, après cet aveu qui coûte tant à mon amour-propre, à chercher un autre hôtel ou bien à passer la nuit dans un fauteuil d'où je me lèverai demain tout courbaturé.Songez que j\u2019ai une femme et une fille! \u2014 Oui.je sais, mon fils me faisait remarquer l'autre jour que votre jeune fille est charmante.Enfin, c\u2019est une prière que vous m\u2019adressez?\u2014 Une humble prière.\u2014 Vous reconnaissez qu i! ne tient qu\u2019à moi si tel est mon bon plaisir, de vous envoyer vous morfondre de nouveau sous la pluie.\u2014 Je le reconnais.\u2022\u2014 Et que vous ne devez qu\u2019à mes sentiments généreux \u2014 tranchons le mot \u2014 à ma grandeur d\u2019âme l\u2019autorisation que je vous accorde de coucher dans l\u2019un de ces deux lits.\u2014- Je le reconnais, je reconnais tout ce que vous voudrez, je suis à votre merci.Et M.Raboulin poussa un soupir de soulagement.L\u2019aventure tournait mieux qu\u2019il n\u2019avait osé l\u2019espérer devant l'emportement du quincaillier.Il souffla une des deux bougies.Il ne semblait plus aussi pressé de se mettre au lit; il allait et venait à travers la chambre.II finit par s\u2019asseoir.M.Juvenot le contemplait d\u2019un air ahuri.\u2014 Qu\u2019attendez-vous?.Faut-il vous aider à retirer votre pantalon?\u2014 Ob! M.Juvenot, je ne suis pas si exigeant, j\u2019attends simplement que vous me donniez l'exemple.Je suis votre hôte, la bienséance .\u2014 Ne faites donc pas de manières, si vous croyez que je vais me gêner, moi! Ils commencèrent à mettre bas leurs habits.A la dérobée ils se jetaient de furtifs regards.On n\u2019entendait que le bruit monotone de la pluie sur les contrevents.Le silence pesait à M.Raboulin \u2014 C\u2019est tout de même un beau temps pour la campagne, dit-il, en laissant tomber une de ses bottines maculées sur le parquet.\u2014 Tout à l\u2019heure vous ne songiez pas à l\u2019agriculture! \u2014- C\u2019était assez de penser à moi M.Juvenot se mit à rire.\u2014 J\u2019aurais admis plus volontiers l\u2019hypothèse de la fin du monde pour le mois prochain que l\u2019idée de vous accorder l\u2019hospitalité dans ma chambre! Enclin aux généralisations philosophiques, M Raboulin répondit: \u2014 La vie, M.Juvenot, est pleine d\u2019imprévu! \u2014 C\u2019est bien le cas de le dire.La glace était rompue.Tous les deux maintenant étaient au lit.Sur la table, la bougie, la flamme allongée, éclairait faiblement la chambre.De grandes ombres s\u2019agitaient sur le papier clair des murs.Et l\u2019entretien continuait.Ils parlèrent de cette foire de la Saint-Gervais qui n'offrait plus, malgré tout, la même animation qu\u2019autre-fois.des affaires qui devenaient chaque jour plus difficiles à cause de la concurrence, de leur santé qui, avec l\u2019âge, exigeait des ménagements.Sur toutes les qustions; commerce, politique, cuisine, ils s'apercevaient avec surprise qu\u2019ils avaient les mêmes idées, des vues communes, une façon identique de juger les hommes et les choses.La parité de leurs goûts accentuait leur ressemblance.Ils furent enchantés .\t(Suite à la page 35) &&a/medl 2 mars 1935 Nagffiw VJSv m ¦ ®j * SgftK Notre Roman COMPLET RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Henri Lefranc, héritier presque ruinéy s'engage à acheter de sa voisine, à un prix exhorbitant, un marais producteur de cresson.Mais son ami Jean tente d'établir un compromis.A l'occasion du passage d'un ami et de sa femme, Henri décide d'inviter ses voisines et créancières, Mlle Muche et sa nièce, Mlle Arlette d'Armenjou.No 2\t(Suite et fin) Tu vas répondre en toute franchise à la question que je vais le poser, n'est-ce pas ?Tu es amoureux d'elle ?L'agriculteur regarda son ami bien en face : \u2014 Puis-je d'abord te demander ce que ça peut bien te faire que je sois ou non amoureux d\u2019elle ?\u2014 Je t\u2019en prie, mon vieux, réponds-moi î \u2014 Eh bien ! non, je ne suis pas amoureux d'Arlette.Mais tu ne me fais pas l\u2019effet de pouvoir en dire autant.Je me trompe ?Jean ne répondit pas, mais son expression heureuse parla pour lui.Il se sentait léger, comme délivré d'un poids très lourd qui lui aurait écrasé la poitrine.Badin, Henri le taquina : \u2014 Allons, je prévois une demande en mariage pour aujourd hui.Tu as apporté du champagne, j'espère ?\u2014 J'ai apporté du champagne, mais il n\u2019y aura de de demande en mariage ni aujourd'hui, ni demain.Nous nous connaissons depuis trop peu de temps, Arlette et moi, et le mariage ne peut pas être une chose bâclée .\u2014 Pourtant, si vous vous aimez?.\u2014 Je l'aime moi, mais je ne pense pas que j'aie souvent hanté ses songes.Quoi qu\u2019il en soit, je ne veux pas me déclarer tout de suite et je te demande le secret sur la confidence que je viens de te faire.\u2014 Pour ça, tu peux compter sur moi ! Je serai muet comme la tombe.\u2014 Merci, vieux î La journée qui s\u2019écoula fut un enchantement pour Jean.L\u2019entrain le plus cordial animait tous les convives et Arlette était si jolie !.Si jolie que l'insouciant Henri ne put s'empêcher de le constater, pour lui tout seul, d\u2019ailleurs ! \u2014 Jean sera un heureux veinard s\u2019il parvient, ce qui est probable, à se faire aimer de cette petite.Elle est adorable, vraiment ! Je ne l'avais jamais remarqué aussi bien qu\u2019aujourd\u2019hui ! Plusieurs fois, l'aveu monta au lèvres de Jean et, à maintes reprises, Henri espéra que son ami, se séparant pour une minute avec Arlette des autres groupes, parlerait à la jeune fille.Avant le dîner, tandis qu\u2019on se promenait à travers le jardin, il le prit à part : \u2014 Alors, tu n\u2018as pas envie, vraiment, de mettre dès aujourd\u2019hui ton coeur aux pieds d\u2019Arlette ?\u2014 L\u2019amour engage trop l\u2019avenir pour qu'on ne le mûrisse pas longuement.\u2014 Bah ! l\u2019amour est une fleur qu'il faut respirer quand elle est fraîche si l\u2019on veut jouir de tout son parfum ! Si j\u2019étais à ta place !.\u2014 Je sais!.Mais tu es un peu fou, toi, mon cher vieux ! \u2014 Ah ! je regrette que tu sois si sage, toi ! Sage, l\u2019était-il tellement en somme ?Il se le demanda, le soir, lorsqu\u2019il se retrouva seul et qu\u2019il sentit son coeur battre trop vite dans sa poitrine.Chapitre V \u2014 Dis donc, tu ne sais pas à quoi j\u2019ai réfléchi ?\u2014 Ma fois non.Mais, naturellement, le résultat de tes réflexions nous mènera forcément à quelque catastro-phe ! \u2014 Que tu es spirituel ! J\u2019ai pensé, mon ami, à mes intérêts ! \u2014 Non ?\u2014 Comme je te le dis ! Puisque tu aimes Arlette, elle t'aimera, ceci ne fait pas un pli ! Donc, vous vous marierez.ceci est non moins sûr ! Or, en l\u2019épousant, en vertu de la logique et de la justice du Code civil \u2014 les hommes que nous sommes ne se sont pas trop mal servis tu prends la gestion des biens de ta femme.C\u2019est bien ça ?\u2014 A moins de clauses spéciales au contrat, en effet.\u2014 Bon .Dis donc, tu ne pourras pas revenir un peu sur ce prix de vingt-cinq billets que je dois aligner dans un an et demi ?Jean se leva brusquement avec un visage bouleversé: \u2014 Henri, si j** ne te connaissais depuis toujours, si je ne te savais incapable d'une laideur et «l\u2019une malpropre cupidité, je le jugerais mal ce soir.Si j'épouse Arlette, je veillerai sur sa dot aussi ponctuellement, aussi jalousement que Mlle Muche l a fait jusqu\u2019ici.Tu dois payer vingt-cinq mille francs, tu les paieras.\u2014 Ne te fâche pas.Tu as raison de croire que l\u2019argent m\u2019est indifférent et qu\u2019aucune cupidité ne me mène.Mais il faut de l\u2019argent pour vivre.Je suis à sec, malgré le travail que j\u2019ai donné et l\u2019effort me répugne désormais à un point tel que je ne me vois pas gagnant suffisant- Alek.PJ uman Illustration de G.M.Roy ment pour payer une somme pareille dans moins de dix-huit mois.Jean parut s\u2019absorber durant quelques secondes et.le visage soudain durci \u2014 un visage qu'Henri ne lui connaissait pas \u2014 il dit : \u2014\tTu tiens, je pense, à l\u2019estime d\u2019Arlette et de sa tante ?\u2014\tQuelle question ! Bien.Tu tiens également à mon affection, je suppose ?Tu n\u2019as pas à le demander ! ~ Bon.Alors, écoute-moi bien.Je t'affirme que si tu t abandonnes a tes instincts de mollesse, si tu ne persévères pas dans la voie du travail que tu as commencé de prendre, je dévoile au Castel ton avilissante paresse et la demande dégradante que tu viens de m\u2019adresser! Henri devint rouge au point qu\u2019on aurait pu croire qu'il allait tomber, frappé de congestion.11 cria en faisant un geste de menace : \u2014\tTu ferais cela, toi ?Toi?\u2014\tJe te donne ma parole que je le ferais ! \u2014\tMais tu es ignoble! Et dire que j'ai pu jusqu'à maintenant le considérer comme un frère ! \u2014\tEn agissant contre toi, je te prouve que tu as eu raison de croire à mon affection fraternelle.\u2014\tMais alors, tu es devenu subitement fou ! -Non pas ! Tu me sauras gré plus tard de la résolution que je \\ iens de prendre eu cet instant et jusqu\u2019au bout de laquelle j'irai, je le l\u2019affirme ! \u2014\tTu es infernal, infernal ! Ah! si je t\u2019avais connu ainsi ! \u2014\tJe n aurais san> doute jamais été ton ami.n\u2019est-ce pas ?\u2014\tAh! certes non ! \u2014\tC\u2019eût été grand dommage pour toi ! \u2014\tPermets que je croie le contraire.Quoi qu\u2019il en soit, je pense que nous nous somme- dit tout ce que nou-pen-ons l\u2019un «le l'autre. 2 mars 1935 & Samedi 9 LeM arais X.m0?Û wstâ \u2014\tTout, oui.\u2014\tAlors, je te cède la place ! Il sortit si rapidement que Jean n\u2019eut pas le temps d\u2019achever le geste qu\u2019il avait esquivé pour le retenir : \u2014\tPauvre vieux, va ! murmura-t-il.Son masque dur était tombé.Il n\u2019y avait plus dans son regard d\u2019autre trace que celle d\u2019une immense tendresse apitoyée.Un phénomène curieux bouleversa Henri au cours des journées qui suivirent.Il se mit au travail avec une sorte de rage et simplement parce que l\u2019action seule assouvissait un peu ses nerfs mis à vil.Il harcela ses journaliers, fit bêcher, sarcler, couper.Il passa un marché pour une nouvelle vente de bois et, tous les matins, Ferdinand le vit partir à la ville dans sa voiture chargée de fleurs et de mannes pleines de poissons pêchés à Arlette, petite Arlette ne pleurez pas et répondez-moi.l\u2019épervier, par lui-même, dans son étang, au cours de la nuit.Il sembla qu'il voulût faire argent de tout.Il prit une femme qui fut chargée de recueillir les escargots des vignes et de pêcher les écrevises dans les ruisseau grouillant de ces crustacés qui traversait la propriété.Durant les court, instants de détente qu\u2019il s\u2019accordait, il remâchait sa peine, sa rancune, son humiliation.Il en voulait cruellement à Jean.Le manoir avait reçu à deux reprises la visite de son ami.Chaque fois Henri avait aperçu sa venue et s\u2019était enfui pour n\u2019avoir point à le recevoir.Il était trop blessé dans son orgueil pour avoir la force de subir la poignée de mains de celui qui avait déclaré la guerre à sa paresse.Les semaines passèrent.Il fallut faucher et vendre les premières récoltes.D'autres semaine, s'écoulèrent encore et l\u2019on fit les vendanges ! en DEUX Numéros Et voici que moins de trois mois après cette dispute qui les avait séparés, Jean et lui, il se trouva avoir gagné net vingt-deux mille francs.Il le constata un soir en faisant ses comptes.Ah ça! mais il avait la herbue ! Voyons, ce n\u2019était pas possible! II fallait recommencer ! Mais précis, impérieux, les chiffres, de nouveau, inscrivirent: vingt-deux mille.Ça, par exemple, c\u2019était formidable! Et moins d\u2019un an.la terre lui avait donné tout cela ! Il eut le même rire qu'un enfant heureux de découvrir un prodige amusant.Non, mais alors, c\u2019était vrai ! Il pouvait gagner sa vie ! Lui ! Cela lui parut être le comble de l\u2019invraisemblance.Ce fut un peu plus tard seulement qu'il réalisa que ce joli pécule, il le devait non seulement à sa terre, mais encore à ses efforts.C\u2019était vrai qu'il avait beaucoup travaillé ! Durement, comme une bête trace son sillon sous l\u2019aiguillon.Pour lui, c\u2019avait été l\u2019aiguillon de la menace que Jean avait levée sur sa tête comme un charretier brutal lève une trique sur un cheval indolent.Et il fallait bien reconnaître que la trique, en la circonstance, avait fait des miracles ! Dommage que le procédé eût été si violent! Si violent, que, désormais et pour toujours, ils étaient brouillés.Un procédé plus doux eût permis à Jean de vérifier ,on oeuvre: le fainéant mué en travailleur.11 est vrai que la manière moins forte eût porté moins de fruits.Cela, Henri le reconnaissait loyalement.Quoi qu\u2019il en soit, il avait pris l\u2019habitude du travail et, s\u2019il ne concevait point encore un amour désordonné pour les occupations utiles, il admettait volontiers que le travail ne lui apparaissait plus, ainsi qu'autrefois, odieux et insupportable.Ce n\u2019était point qu\u2019il trouvât cela follement réjouissant, certes non! Le travail est toujours une chose âpre et dure; mais il est doux de se dire que le pain qu on mange, on l'a gagné.Voyons, il fallait récapituler: les champs et les vignes en état: la cressonnière en pleine production; un hectare de terrain occupé par les griffes d\u2019asperges qu\u2019il suffisait de laisser pousser: toute celte besogne réalisée en quelques mois! Désormais, il allait -uffire d\u2019une surveillance et de soins appropriés.Des efforts encore, mais réduits au minimum ! Cette fois, il pouvait se vanter d'avoir vaincu l\u2019infortune ! Infortune ou paresse ?Bah ! pour lui, c\u2019était la même chose ! Maintenant, il allait pouvoir vivre ! Depuis ce jour de violence qui les avait, Jean et lui.dressés l\u2019un contre l\u2019autre, il n\u2019était retourné que rarement au Castel et pour n\u2019y faire que des brèves apparitions, malgré l\u2019insistance de la tante Muche.Il était limité par le temps et s\"en allait vite, toujours un peu vexé qu\u2019Arlette ne cherchât point à le retenir.Par crainte de déplaire à Jean, sans doute ?Car il ne doutait point que son camarade d\u2019enfance fréquentât de façon assdue les deux femmes.A Cela, rien à dire, évidemment! Il était logique qu\u2019il en fût ainsi.Cela s'imposait même ! Il était donc préférable que lui eût espacé ses visites: de la sorte, il avait évité de se rencontrer avec son ancien ami.Le pauvre vieux ! Il avait agi avec une brutalité révoltante, c\u2019était vrai.Mais il était également certain que si lui, Henri, était en liasse de se dépanner, c\u2019était bel et bien à Jean qu\u2019il le devait ! Certes, il était impossible de ne pas lui en vouloir! La blessure reçue était encore trop récente.Mais si quelque jour Jean tentait encore un rapprochement, Henri sentait bien que, cette fois, il n\u2019aurait plus tout à fait la force de s\u2019enfuir et qu\u2019après quelques reproches bien sentis \u2014 pour la forme ! \u2014 il lui tendrait la main avec presque autant d\u2019amitié qu\u2019autrefois.Pour l\u2019instant, il s\u2019accordait eampo pour l'après-midi du lendemain.Il voulait aller saluer ses voisines.La perspective de les revoir le rendait tout content.Vraiment il avait hâte, très hâte d\u2019être plus vieux de quelques heures et de se retrouver entre les deux charmantes femmes ! Ces heures qui passaient là étaient exquises vraiment! Détendu, heureux, Henri jouissait intensément de l\u2019instant ! On était bien dans ce jardin plein de l'odeur des roses d\u2019automne, à l\u2019abri de la large ombrelle jaune sous laquelle le thé avait été servi, entre l\u2019aimable conversation de Mlle Muche et l\u2019agréable et léger babillage d'Arlette.Il était arrivé dès le début de l'après-midi, les mains pleines de nénuphars blancs, jaunes et roses qu\u2019il venait de cueillir sur l\u2019étang.Et au Castel on avait paru si content de le voir qu\u2019il s\u2019était trouvé tout réchauffé par ce cordial accueil.\u2014\tVous avez maigri! avait constaté Mlle Muche.\u2014\tJ'ai beaucoup travaillé ces derniers mois.Mais maintenant, le gros de la besogne est fait.Je vais pouvoir me reposer un peu.\u2014\tAlors, nous ne vous laissons pas partir tout de suite.Nous vous retenons pour goûter ! (Suite à la pape 241 10 wn*di 2 mars 1935 .S*kHfP*V**! ma liberté.Longtemps je cherchai.En vain.Puis soudain je trouvai.En pleine nuit, j\u2019appelai au secours.Dès que ma porte s'ouvrit, je me roulai sur mon lit en poussant des cris, des gémissements, des râles.Ma bouche écuma (j\u2019avais eu soin d\u2019y glisser un petit morceau de savon) et, entre deux sursauts, je suppliai: \u2014 Un médecin! vite un médecin! Le médecin, un homme d\u2019un certain âge.arriva bientôt.Quand je me trouvai seul avec lui, je lui dis: \u2014 Docteur, excusez-moi! Tout ceci n\u2019est qu'une comédie.Mais si vous le voulez bien, vous allez me rendre le plus grand des services.J\u2019habite Paris où j\u2019ai une belle position et je suis venu ici pour épouser Mlle Marthelot que je n'avais pas vue depuis treize ans.Vous la connaissez, elle est horrible.Je ne me sens plus le courage de tenir la promesse que j'ai faite.Déclarez au père que je suis épileptique, il me rendra sûrement ma parole.Je serai libre.Le médecin, d\u2019abord choqué de mes premiers mots, se mu bientôt à sourire.Une lueur malicieuse passa dans ses regards.Il me répondit: -\u2014 C\u2019est entendu! Puis il sortit.Derrière la porte je l\u2019entendis déclarer à M.Marthelot: \u2014 C\u2019est un cas très garve.Nous allons le transporter tout de suite chez moi où j\u2019ai une clinique.\u2014 Quelle maladie a-t-il?\u2014 Une crise d\u2019épilepsie.\u2014 Et moi qui voulais lui faire épouser ma fille! \u2014 Il ne faut pas.Une heure plus tard, je partais en voiture avec le médecin.J\u2019étais sauvé.Sauvé?Sauvé de Berthe, oui.mais pas du mariage.Car le docteur avait, lui aussi, une fille à marier, une fille très jolie mais sans dot.Et sous la menace des pires révélations, ce fut elle que je dus épouser.Pierre Nauroy \\ t C\u2019est la pluie dans du soleil C\u2019est le salut dans l'averse.C\u2019est l\u2019arc-en-ciel de vermeil Que ce ciel calme déverse.Vois les longs épis dorés Redresser enfin la tête.Ils ont de quoi s\u2019abreuver, C\u2019est la pluie qui leur fait fête! Et la pluie tombe, remet La vie au sein de la terre; Elle gonfle d\u2019un pur lait Ses mamelles qui s\u2019altèrent Des globules diaprés Ornementent chaque branche Dans leurs verts corsets serrés Se pâment les roses blanches Et maintenant, beau Soleil.Eclate, viens, éparpille T a chaleur sur ce réveil.Donne ton baiser fertile! Ed wci rd s h n rg CROWN BRAND LE SIROP DE MAIS LE CÉLÈBRE ALIMENT PRODUCTEUR ?ÉNERGIE' Un Produit de THE CANADA STARCH CO.LIMITED \u201cARGENT.ET RENTE pendant UN AN IL EXISTE maintenant un nouveau mode d\u2019assurance qui prévoit le versement immédiat de $500 en espèces au décès et de $100 par mois pendant douze mois.De cette façon la famille jouit d\u2019une période raisonnable pour ajuster son train de vie à l\u2019héritage.Cette police, qui participe annuellement aux bénéfices, n\u2019exige qu\u2019une épargne de moins de neuf sous par jour à l\u2019âge de 25 ans.(Elle s\u2019obtient aussi pour un montant plus élevé ou moindre, au choix.) MUTUAL IIFE I¥ Lmbh of canada Ibbhhi Fondée en 1869 Consultez notre représentant ou écrivez directement au Siège Social pour de plus amples détails sur une police d\u2019 \u201cArgent Comptant et Rente\" à votre âge.\u2022 s \u2019 The Mutual Life Assurance Company of Canada, Waterloo, Ontario.Veuillez m'envoyer tous les détails de votre police \u201cArgent et Rente\u201d, sans obligation aucune de ma part.Nom .Siège Social Waterloo, Ont.| | Adresse I Age .^UJ U ^ aSifSiu] >'10°' A tntt»*0); Fiez-vous pas INE .DURON D'ABONNEMENT Samedi \\___ Cl-inclus veuillez trouver la de $3.50 pour 1 an.$2.00 pour \u2022 mois ou $1.00 pour 3 mois (EtaU-Unls : $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 pour 3 mois) d'abonnement au magazine Le RAMy.ni Nom____ Adresse Ville__________ __ _________________ POIRIER, BESSETTE CIE, Ltée, 975, de Bullion, Montréal, Canada.Rosaire Dion Lévesque 42 &3tmedi 2 mars 1935 10 PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE Les Mots Croisés du \u201cSamedi\u201d NOTES ENCYCLOPEDIQUES ¦L.s 11* : '-St LES DIX GAGNANTS Problème No 166 \u2014 NU-BACK DIX JEUX DE CARTES Mlle Ernestine Langevin, Jobnville, Co.Compton.P.Q.: Mlle Lucile Villeneuve, B.P.410.Roberval.P.Q.; Mlle Lucienne Paradis, 2155 Nicolet, Montréal.P.Q.; Mme Léon Breault.Rawdon, Co.Montcalm, P.Q.; Mlle Georgette Trépanier.723 St-Valier, Québec.P.Q.; Dr Jude Thibeault, B.P.224.Danville, P.Q.: Mlle Lorraine Lise, Casier 164.Waterloo.P Q.: Mlle Adélina Maddison.13 rue Cbâteauguay, Québec.P.Q.; Mlle Louise Morand 4311 Old Orchard Ave, Montréal, P.Q.; Mme Bertbe Gauthier.3693 Laval.Apt.5, Montréal, P.Q.NOM .ADRESSE HORIZONTALEMENT 1.\tQui appartient au gouvernement (féminin).3.Qui a peu de hauteur.4 Préfixe signifiant égalité.5.\tPointe de terre qui s'avance dans la mer.\u2014 Saint (en espagnol).6.\tDu verbe avoir.8.\tQualité de ce qui est indissoluble.9.\tArticle simple.\u2014 Initiales d'un conventionnel né à Bernay.10.\tMesure itinéraire chinoise.\u2014 Article simple (renversé).1 1.En les.\u2014 Interjection qui sert à appeler.12.\tTrès-Saint (abréviation).\u2014 Note de la gamme, (renversé).13.\tAdjectif possessif.\u2014 Fait od tenté avec audace.14.\tPronom relatif invariable.\u2014 Conjonction qui exprime la négation.\u2014 Adjectif possessif.15.\tD'après les règles de la stratégie.SOLUTION DU PROBLEME No 167 PARU DANS LE DERNIER NUMERO T O H O I 6 L £ S REC O 1 R| D 1 S L ftH E A N É $ A L U N I» j A NOS P L I A Q c Ê S S j ë |l L O T T O B IéJn Ton or '*-m * D L ^01 TliIslsle |r O V E T I IE S * S S II IM .U «il s e]- IR.VERTICALEMENT 1.\tPotelées.2.\tQui naît, qui commence à être.3.\tCoutume.4.\tDu verbe fumer.5.\tPetits vases où l'on met l'encre.6.\tNé pour vivre en société.7.\tAction d'omettre (renversé).8.\tPlanète satellite qui éclaire pendant la nuit.9.\tDéfaut, imperfection.10.\tAdjectif possessif.\u2014 Qui a deux cornes.1 1.Ancienne Nicopoles.\u2014- Du verbe avoir.1 2.Fatigué, ennuyé.13.\tLe même que le premier du dix vertical.\u2014 Enlève, rertanche.14.\tDu verbe avoir.-\u2014 Action de celui qui trahit.1 5.D\u2019une manière essentielle.On fait du papier avec toutes sortes de choses; un industriel en a fabriqué de haute qualité avec un mélange de fibres de chiffons et d\u2019ailes de mouches.* Une carte postale illustrée, reçue récemment par M.Snowden, ancien maire de Peterborough, Angleterre, avait été mise à la poste le 29 novembre 1906.* Un théâtre de Londres possède le plus grand tapis qui ait été fait d\u2019un seul morceau en ce pays.: il mesure cent pieds de longueur sur quarante-trois de largeur.Son poids est d'une tonne.* Au Portugal il vient de se célébrer un mariage qui ne pouvait faire autrement que d\u2019attirer l\u2019attention: l\u2019homme »e nommait Ada la jeune femme Eve et le mariage eut lieu à bord du yacht Paradis * Le sel est un des minéraux les plus répandus; la mer et les mines en fournissent des millions de tonnes annuellement et on en trouve jusque dans les scories rejetées par les volcans.* C\u2019est dans l'Amérique do Sud qn\u2019on trouve probablement les plus petits singes du monde entier: un exemplaire de l\u2019espèce dite marmouset nain vient d\u2019arriver à Londres.Bien qu\u2019ayant atteint toute sa croissance, ce petit singe ne pèse qu\u2019une once et trois quarts * Dans certains grands édifices à charpente de fer, construits à New-York, il s\u2019accumule tant d\u2019électricité statique qu\u2019on a pu faire cette curieuse expérience: on a réussi à allumer un tube au néon en le mettant en contact, au moyen de fils, avec cette charpente métallique * Un vieux, mais toujours bon marcheur, est certainement M.George Cox.de Sunderland.Angleterre; malgré son âge de soixante-dix ans, il vient d'accomplir, â pied, un voyage de 2.037 milles en 109 jours.* Lors d\u2019une vente publique faite à Dublin, un vieux matelas fut vendu pour la somme modique de vingt-cinq sous, mais celui qui l\u2019a acheté a fait un bon placement car d découvrit à l\u2019intérieur des billets de banque pour une valeur d\u2019environ mille dollars.Un théâtre de Budapest accepte les oeufs comme prix d\u2019entrée.* Avis aux amateurs de gomme à chiquer: on peut faire maintenant de la gomme synthétique avec des produits dérivés de la benzine; cette nouvelle gomme, une fois parfumée.fait complète illusion.« Une raffinerie de sucre, installée à Johnstown.Colorado, emploie un gigantesque brûleur à gaz qui est alimenté pat le gaz naturel: sa consommation est de cinquante mille pieds cubes à l\u2019heure et, malgré cela elle procure une économie de quarante pour cent sur l\u2019ancien système de chauffage au charbon.* Environ 250 grenouilles ont pris part à un concours de saut à Angels Camp, en Californie, auquel assistaient plus de vingt mille personnes.Le record du saut a été attribué â une grenouille nommée Budweitet.qui a franchi d\u2019un bond la longueur de treize pieds et un pouce.Ces amusants concours ont lieu annuellement en souvenir de ceux du même genre qui étaient en faveur chez les anciens mineurs et chercheurs d\u2019or.é On fabrique maintenant des nouvelles brosses â dents qui.à vrai dire, ne sont pas des brosses, car le crin n\u2019entre pas dans leur composition.Elles sont faites d\u2019une série de très minces rondelles de caoutchouc enfilées sur un petit manche et semblent donner toute satisfaction.Les rondelles peuvent pénétrer entre les dents pour assurer un nettoyage parfait et elles servent également de polissoir quand on fait en même temps emploi d\u2019une poudre dentifrice.« Nous sommes bien â l\u2019époque des inventions les plus inattendues: se basant sur le fait qu'un fil de soie est, à diamètre égal, plus résistant qu\u2019un fil d acier, un inventeur allemand vient de fabriquer un canon fait de fils de soie serrés en forme d\u2019hclice autour d\u2019un mandrin de grosseur convenable et que l\u2019on enlève après 1 opération effectuée.Ce canon de soie serait plus résistant que tout ce qu on a fabriqué jusqu ici en matière d artillerie, et il présenterait l\u2019avantage de s\u2019échauffer beaucoup moins vite.Cette bizarre fabrication est complétée par un enrobage de gutta destiné à préserver la soie de l\u2019humidité .LES MOTS CROISES DU ''SAMEDI'' \u2014 Problème No 168 I 2\t3\t4\t5 fe 7\t8\t9 lü 11\t12\t13\t14\t15 1 I 15 Dernier délai: 1er mars 1935 VILLE __________ \u2014-PROV.___________________ Adressez vos solutions à : LES MOTS CROISES, Le Samedi, 975, me de Bullion.Montréal, P.Q., Can. f Un toman dont on parlera ¦mb Retenez ce numéro dès maintenant chez votre dépositaire.J \u201cLa Revue Populaire ' est en vente partout Malgré les dépenses considérables que nous faisons pour améliorer sans cesse VOTRE REVUE POPULAIRE, son PRIX reste TOUJOURS LE MEME : 15 CENTS Men Cousin, lo mystérieux par MAGALI ?Le magnifique roman d'amour inédit qui paraît au complet dans populaire DE MARS ?En plus de son roman complet, La Revue Populaire contient une foule d\u2019articles et de chroniques richement illustrés susceptibles d\u2019amuser et d'instruire tous les membres de la famille.Coupon d'abonnement,_____________ Valable jusqu\u2019au 16 mars Ci-inclus $2.00 pour un abonnement de DEUX ans à la Revue Populaire.Nom_____ Adresse ________________ Ville_______ Province ou Etat __ POIRIER, BESSETTE Cie, Limitée 975, rue de Bullion.\tMontréal, Canada Roman complet: LE SECRET D\u2019ALIETTE, par Claude Bressac iss» T j « \" (5ps : | ¦rafW ,,, ï \" PMn» 15c N< 17 FEVRIER 193,) «\u2022¦¦ni Oi^ \u2014 LE FILM ® Un abonnement d\u2019un an à nos publications : LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM S5.CC prix spécial pour quelque temps encore Pour vous-même ou comme cadeau d\u2019anniversaire De la bonne lecture pour tous les membres de la iamllle Messieurs: \u2014 Veuillez trouver ci-joint la somme de $5.00 pour un abonne ment d'un an au Samedi, à La Revue Populaire et au Film, que vous enverrez à moi-même ou aux personnes désignées ci-dessous Nom Adresse Nom Adresse Poibieh, Bessette & Cie, limitée 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.