Le samedi, 1 septembre 1935, samedi 21 septembre 1935
[" 47e année, No 16\tMontréal, 21 septembre 1935 Le Samedi 5- Yoo LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS ¦ .Jr F 'SjiLL\u2014 Petit Gout De Fumee U am'dallc dans le a^eeA Bacon Premium Swift MEME s\u2019il n\u2019était pas Ovenized, le Bacon Premium Swift serait encore doux, car c\u2019est le célèbre traitement Premium qui lui confère sa douceur.En plus de cette douceur particulière vous avez dans le Premium Swift une saveur nouvelle absolument délicieuse: celle que lui donne l\u2019odorante fumée du bois dur\u2014un petit goût de fumée des plus doux qu\u2019on ne trouve dans aucun autre bacon et qui lui vient de 1\u2019 Ovenizing\u2014ce fumage du bacon en fours, à la mode Swift ! Cette façon perfectionnée de fumer le bacon est exclusive à Swift.C\u2019est ce mélange unique de douceur et de richesse de goût qui a fait du Premium Swift le bacon le plus demandé dans le monde entier.Faites Y essai du Premium Swift dès demain, à votre déjeuner.Son goût délicieux constitue un vrai régal.Swift Canadian Co., Limited \t WWW v'-v- « Il est Ovenized! Pour vous assurer que cest du Premium Swift, Le seul bacon Ovenized, remarquez, les signes distinctifs sur le paquet et le nom SWIFT en pointillé bum sur tout le coté.Ou, pour faire diversion: PETIT PAIN au BACON SAUTE Voici la recette: Coupez en longueur des tranches de pain frais, pouce d\u2019épaisseur; enlevez-en la croûte.Recouvrez de Bacon Premium Swift.Roulez le pain, le bout étroit d\u2019abord.Coupez en travers en tranches de 3^ pouce que vous fixez avec des cure-dents.Trempez dans de l\u2019oeuf battu et faites sauter dans une poêle couverte sur feu doux, jusqu\u2019à ce que les petits pains soient bien gratinés des deux côtés (soit environ 20 minutes).Servez avec sirop ou marmelade.Note.\u2014On peut encore préparer ces petits pains, les envelopper dans une serviette et les déposer pour la nuit dans le réfrigérateur, quitte à les trancher et à les faire sauter le matin. 4 7e année No 16 \u2014 Montréal, 2 1 septembre 19 3 5 3 \u2014 LES YEUX DE IL Y A parfois, dans le regard du chat, quelque chose d\u2019énigmatique, d'étrange et même d\u2019inquiétant: c\u2019est quand l\u2019animal fixe, avec de grands yeux immobiles et ronds, un point de l\u2019espace où se passent pour lui des choses que les hommes ne voient point.Cet œil du chat, qui voit clair la nuit, réagit sans doute à l\u2019action d\u2019ondes ultra-courtes dont la nature nous est encore inconnue et qui élargiraient singulièrement notre champ de vision si nous pouvions les percevoir.Nous verrions peut-être, qui sait, des ombres et des lumières, des fulgurations et des fantômes comme il en passe dans les rêves, mais dont nous pourrions alors connaître ou deviner le point de départ et celui d\u2019arrivée, par conséquent la signification.Nous pourrions pénétrer ainsi quelque peu dans la pensée universelle, mieux connaître le passé des hommes et, dans une certaine mesure, prévoir en conséquence les événements à venir.Aux temps actuels de chaos politique et social, ce serait un phare dans la nuit.Mais nous n\u2019avons pas des yeux de chat, et nul ne peut dire vers quelle plage ou quel écueil nous poussent les remous invisibles soulevés par l\u2019ambition de quelques hommes et le malaise de tous les autres.De toute façon nous ne voguons pas actuellement sur une mer calme, à moins que ce ne soit le calme précédant les tempêtes, et la présente année pourrait fort bien être celle d\u2019un immense cyclone ou ne le précéder que de très peu.La désastreuse aventure de 1914 n\u2019a pas assagi l\u2019Europe et semble ne lui avoir rien appris.Je dis \u201cdésastreuse\u201d, car une guerre de cette envergure l\u2019est en effet pour tous les belligérants, vainqueurs comme vaincus.Lord Roseberry a dit là-dessus quelques mots qui, sous une forme brève, expriment une grande vérité: \u201cIl n\u2019y a plus maintenant de guerres qui paient.\u201d Celle de 1914-1918 illustre brutalement cette vérité.Prenons, pour exemple, une des périodes les plus destructives de l\u2019histoire auparavant, soit de 1791 à 1815 sous la république et l\u2019empire français, vingt-trois années de luttes continuelles; comparativement au nombre d\u2019hommes tombés et à la durée du conflit, la dernière guerre a été vingt-trois fois plus meurtrière.Ce qu'elle a coûté dépasse de loin toutes les prévisions faites au début des hostilités; elle a englouti, à elle seule, neuf fois plus d'argent que toutes les guerres faites dans le monde entier pendant les cent années précédentes.Encore ne s\u2019agit-il là que des dépenses publiques, c\u2019est-à-dire celles qui ont servi au massacre général.Il faudrait y ajouter des centaines de milliards si l\u2019on pouvait \u2014 chose impossible \u2022\u2014\u2022 donner le chiffre des pertes privées, ruines, faillites et destructions de propriétés.Tout cela pour arriver à quel résultat?A celui d\u2019une crise mondiale qui a fait crever des gens de misère, aigri les caractères de multitudes d\u2019hommes, bouleversé la société, fait naître des rancunes, allumé des convoitises et préparé un prochain conflit, très prochain, qui ébranlera l\u2019humanité jusque dans ses bases profondes.Nous ne savons, de la haute politique internationale, que ce qu\u2019il est impossible de cacher ou ce qu\u2019on veut bien nous dire, soit très peu de chose, et ce peu-là n\u2019est pas toujours la vérité.Nous ne pouvons, cependant, former notre opinion que là-dessus; encore une fois nous n\u2019avons pas des yeux de chat et nous ne pouvons voir clair dans cette nuit volontairement faite autour de nous.Je crois même que ceux qui se pensent à la tête des événements sont entraînés par eux, par le vent de folie qui souffle sur le monde entier ainsi que par le sentiment très net que tout craque partout et qu\u2019une catastrophe est inévitable.Le Japon se remue, la Russie et les Etats-Unis ,se regardent en chiens de faïence, l\u2019Afrique est en surchauffe et l\u2019Europe va probablement mettre le feu à toute la boutique.Pendant ce temps-là, les podagres de la société dite des nations se tournent les pouces en disant: \u201cS\u2019il ne pleut pas demain il fera beau temps\u201d.Ils ont ensuite conscience d\u2019avoir utilement servi la grande cause de l\u2019humanité.La plus belle preuve de leur inutilité ressort des événements actuels.L\u2019Allemagne se construit une puissante flotte de guerre au mépris du traité de Versailles; la S.D.N.a opiné du bonnet, à moins qu\u2019elle ne s\u2019en soit même pas aperçue.C\u2019est ensuite le conflit Italo-Ethiopien; en cette circonstance, Mussolini a charitablement avisé la S.D.N.qu\u2019il se fichait d\u2019elle à pied, à cheval, en voiture et en L: avion.Qu\u2019il ait tort ou raison, c\u2019est ce que je ne discute pas mais, en tout cas, c\u2019est du langage énergique et qui a le mérite de la franchise.De son côté, la S.D.N., qui semble encore croire naïvement que les traités ne sont pas des \u201cchiffons de papier\u201d, veut faire quelque chose pour le punir de vouloir gober l\u2019Ethiopie: elle se dispose \u2014 à l\u2019heure où j\u2019écris ces lignes \u2014 à lui infliger des sanctions morales! .Elle aurait beaucoup mieux fait, pour sa dignité et surtout parce qu\u2019elle a peur de lui, de lui donner tout de suite son approbation; il y aurait sans doute eu des gens pour dire qu\u2019elle avait fait une faute, tandis qu\u2019il y a maintenant tout le monde pour dire Les Publications Poirier, Bessette & Cie, Limitée 975, Rue de Bullion, Montréal, Can.Tel.: LAncaster 5819\u20146002 Entered at the Post Office of S.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1S79 -:-abonnement- CANADA\tEtats-Unis et Europe Un an _____________ $3.50\tUn an _____________ $5.00 Sdx mois .,.2.00 Six mois ____________ 2.50 Trois mois ________ 1.00\tTrois mois - 1.25 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à midi.AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l\u2019empaquetage de nos sacs de malle commençant 5 jours avant leur expédition.CHAT EDITORIAL qu elle a fait une bêtise, et c\u2019est beaucoup plus grave.Elle va faire tellement rigoler d\u2019elle que ça lui vaudra cette jaunisse spéciale qui s\u2019appelle le ridicule et dont elle a toutes les chances de claquer.Au fait, que peut-elle faire de mieux?non pas de claquer, mais d\u2019infliger des sanctions morales?Ce n\u2019est pas avec, des machines à écrire et des crachoirs qu\u2019on se bat contre des canons et qu\u2019on les fait taire.La S.D.N.n\u2019est pas du tout une société des nations ayant le sens d\u2019union internationale, mais un groupement de quelques individus impuissants et inoffensifs dont la durée de présence à Genève n'est aucunement garantie par leurs gouvernements.On en sort comme d'un moulin.Une véritable société des nations ne sera possible qu\u2019autant qu\u2019elle disposera d\u2019une force suffisante pour fermer le bec à n\u2019importe quel pays et qu\u2019elle en disposera seule, c\u2019est-à-dire que les nations elles-mêmes seront désarmées.Sa position actuelle dans le monde est celle qu\u2019aurait, dans une ville populeuse où tous les citoyens seraient armés jusqu\u2019aux dents, un corps de policiers poussifs, perclus et froussards n\u2019ayant même pas une baguette pour imposer leur autorité.Quand un citoyen casserait la gueule à un autre ou ficherait le feu à sa boutique, ils n'auraient que la ressource d\u2019une sanction morale comme de lui dire: \u201cEh, Jos, c\u2019est pas chic ce que tu as fait là!\u201d Mais nous voici loin des yeux de chat et peut-être.ainsi que je l\u2019ai dit, vaut-il mieux ne pas en avoir pour regarder dans la direction de demain, car ce serait probablement une vision de cauchemar.Dix-sept années seulement nous séparent de la dernière guerre, mais ce temps a largement été mis à profit par l\u2019Europe en vue d\u2019une nouvelle tuerie.Ouvertement ou non, des multitudes de canons ont été forgés et les munitions se sont accumulées dans les arsenaux; une fiévreuse activité a régné dans les laboratoires; chimie, électricité, pestilence microbienne se préparent à jouer un rôle terrible, c\u2019est-à-dire à transformer la surface de la planète en un charnier immense; ce seront alors des scènes d\u2019horreur inimaginables entre des pays précédemment alliés ou avec l\u2019aide de nations autrefois ennemies, et cela prouvera, une fois de plus, que les amitiés entre peuples, surtout européens, ne sont que de la sinistre farce et que l\u2019humanité n\u2019est sortie d\u2019un état barbare que pour rentrer dans un autre pire encore.Tout cela parce que l\u2019homme n\u2019a pas des yeux de chat et qu\u2019il ne voit pas ce qui le guette dans l\u2019ombre.Il a pourtant mieux encore que des yeux de chat: les yeux de l'esprit qui pourraient lui montrer la bonne route circulant au milieu des événements mais, les trois quarts du temps, ces yeux-là sont aveuglés par l\u2019intérêt sordide ou la rancune bête; pour l\u2019autre quart, c\u2019est la gloriole qui lui masque la vue, ce qui revient à dire qu\u2019il est aveugle de ce côté-là.Si cependant l\u2019homme n\u2019a pas les yeux du chat, il en a bien l\u2019hypocrisie, l\u2019astuce et la malignité; la griffe également.Il lui ressemble d\u2019ailleurs étrangement.On trouve, en effet, dans l\u2019espèce humaine, le gros matou paresseux qui s\u2019engraisse à ne rien faire; le chat de luxe, fier comme d\u2019un pelage de son apparence sociale ou physique; le raminagrobis de la bonne espèce, c\u2019est-à-dire de la plus rare, et le marcou famélique, sournois, traître et pillard qui griffe par-ci, vole par-là et fait des dégâts partout jusqu\u2019au jour où il se fait casser les reins.Enfin, et ceci est un produit de notre époque ultra perfectionnée, il y a le chat humain composé de chat-voleur ou chat-rognard, de chat de luxe et de matou rusé; il a des chances, celui-ci, d\u2019épater les populations et de passer pour un phénomène admirable.Il y en a de bons, c\u2019est entendu, mais tant d\u2019autres! Hélas! serions-nous à une époque de chats-maux?.Fernand de Verneuil es boutons de l\u2019adolescence viennent d\u2019irritants de la peau dans le sang Des glandes importantes, en croissance à cette époque de la vie, jettent le désordre dans l'organisme.vent dans une semaine ou deux, bien qu\u2019en certains cas il faille un mois ou plus, la plupart des boutons disparaîtront.Commencez aujourd\u2019hui à manger de la Levure Fleischmann! Si Ton ne s'en débarrasse pas rapidement, ces boutons peuvent devenir chroniques .et marquer à tout jamais.P) ë l\u2019âge de 13 à 25 ans, filles et garçons sont sujets à certains troubles de l\u2019organisme qui s\u2019attaquent au visage.C\u2019est ce qu\u2019on appelle en médecine VAcné vul-garis.En langage vulgaire, on désigne ces imperfections sous le nom de \u201cboutons\u201d ou \u201cbourgeons\u201d.Cela se corrige.La \"peau bourgeonnée\u201d a compromis l\u2019avenir de bien des jeunes filles et garçons en les affligeant d\u2019un complexe d\u2019infériorité qu\u2019ils ne purent jamais dompter.Le danger des cicatrices Le danger des marques ou cicatrices est aussi à redouter.En grattant avec les ongles, on provoque bien souvent une seconde infection.Les boutons se creusent et persistent.Ils laissent sur la peau des marques assez pareilles à celles de la petite vérole volante.On ne se débarrasse pas des boutons en les pressant.Le mal est plus profond.Il vient d\u2019une perturbation dans les glandes.\u201cQUAND JE TERMINAI MES ETUDES, CETTE ANNEE, j'obtins un emploi de sténographe.J\u2019étais tout d\u2019abord pleine d\u2019enthousiasme.Mais bientôt j\u2019eus des boutons \u2014\u2022 la pire chose qui pouvait m\u2019arriver.\u201c Peu après, je lus une annonce de la Levure Fleischmann.Elle arrivait à temps.Je me mis à en manger tous les jours et mon teint s\u2019éclaircit presque parfaitement en deux semaines.Aujourd\u2019hui je n\u2019ai pas une marque.\u201d Helen Quinn, Ottawa, Ont.\u201c TOUTES LES JEUNES FILLES, JE CROIS, m\u2019approuveront si je dis que mon désir sans doute le plus cher est d\u2019avoir un bon teint.C\u2019est pourquoi je fus si inquiète, cet automne, quand je m\u2019aperçus que j\u2019avais des boutons sur la figure.\u201c C\u2019est alors qu\u2019une amie me raconta sa propre expérience de la Levure Fleischmann.Je commençai à en manger chaque jour deux gâteaux dans de l\u2019eau.Au bout de deux semaines, ma peau était aussi claire et aussi douce qu\u2019auparavant.\u201d Barbara Kearns, Outremont, Que, Les jeunes filles et les jeunes garçons sont souvent si humiliés par leurs boutons qu\u2019ils ne peuvent plus se débarrasser d\u2019un certain sentiment d\u2019infériorité.Bien que l\u2019acné apparaisse le plus souvent sur la figure, elle se trouve souvent dans le dos, sur la poitrine et les épaules.Ces parties affectées mettent dans l\u2019embarras maintenant que les décolletés se portent et le jour et le soir.et irritent la peau \u2014 surtout aux endroits où se trouvent la plupart des glandes sébacées .visage, épaules et poitrine.Les médecins prescrivent depuis longtemps la Levure Fleischmann pour ces imperfections de la peau, parce qu\u2019ils savent qu elle apporte à l\u2019organisme les éléments qui chassent plusieurs des irritants de la peau introduits dans le sang.Comment éclaircir le teint \u201cJE SUIS UN PARTISAN ENTHOUSIASTE de la Levure Fleischmann.Pendant cinq ans j\u2019ai souffert de l\u2019acné.De peu de gravité dans les débuts, le mal empira peu à peu.\u201c Je consultai plusieurs médecins et je dépensai beaucoup en traitements.L\u2019acné disparaissait pour un temps mais renaissait toujours.L\u2019ACNE grossie plusieurs fois.Quand un bouton se forme autour de la racine d\u2019un poil, il s\u2019enfonce quelquefois plus avant et s\u2019infecte \u2014 laissant souvent une cicatrice permanente.Pendant la première jeunesse, la croissance de glandes importantes bouleverse tout l\u2019organisme.Des déchets toxiques s\u2019introduisent dans le sang, La Levure Fleischmann donne directement de la vitalité aux cellules qui entourent la base des boutons.La peau peut ainsi se débarrasser de l\u2019infection, se guérir elle-même plus vite\u2014par conséquent avec moins de risque de laisser une marque.Pour en profiter plus sûrement, mangez-en deux gâteaux chaque jour avant les repas.Le plus sou- \u201c Un soir que j\u2019écoutais le programme radiophonique de Rudy Vallée, j\u2019entendis le Dr Lee parler de l\u2019acné.Le lendemain, je me procurai de la levure.Aujourd\u2019hui, après avoir mangé de la Levure Fleischmann pendant deux mois, je suis si heureuse de l\u2019embellissement de mon teint que j\u2019ai la sensation d\u2019être sortie d\u2019une prison.\u201d Irene Heeney, Montréal, Qué.Achetez des produits canadiens 2 1 septembre 19 3 5 5 mm MSi» Le Bolide ^Par Marcel Hauriac ILLUSTRATION DE G.- M.ROY Je m'embarquai pour l\u2019Afrique, où l\u2019on m\u2019offrait un joli poste dans une entreprise privée .C'est au square Berlioz que je l\u2019avais rencontré, un soir que j\u2019y venais prendre le frais, à mon habitude.Comme il m\u2019intriguait, je cherchai à faire sa connaissance.Ce ne me fut guère facile.Ce vieillard fuyait les bavards des deux sexes, si nombreux parmi les désœuvrés que l\u2019on trouve dans les jardins publics.Comment j\u2019arrivai à faire enfin sa connaissance?Il n\u2019importe.Toujours est-il qu\u2019un beau soir, nous nous trouvâmes assis côte à côte, sur le même banc, et devisant comme de vieux amis.\u201cEh! bien oui, me fit mon interlocuteur, vous avez vu juste, monsieur.J\u2019ai un secret, un grand secret, et qui m\u2019a rendu bien malheureux, allez! Etes-vous un scientifique?Oui, n\u2019est-ce pas?Je devine, rien qu\u2019à vous voir, que vous êtes un scientifique.\u201d Je flattai sa manie.C\u2019était, pensai-je, le seul moyen d\u2019en tirer quelque chose.\"Je suis ingénieur\u201d, affirmai-je imprudemment.\u2014 Alors, vous me comprendrez.Imaginez que j\u2019ai découvert .Le vieillard s\u2019arrêta.Brusquement, il jeta un regard circulaire aux environs, puis, me prenant le bras, il me souffla à l\u2019oreille: \u201cPas ici! pas ici! Venez chez moi.Je vous raconterai tout.Mais en ce moment ils sont peut-être à nous écouter, cachés derrière ces arbres.Ah! ils ne m\u2019épargneraient pas! Dieu sait ce qu'ils m\u2019en ont déjà fait voir! Et ils me suivent, monsieur, ils m\u2019espionnent.Allons-nous-en, voulez-vous?\u201d Après quelques minutes, nous arrivâmes devant un de ces hôtels qui pullulent dans le quartier, refuges, pour une nuit, de tous les pauvres hères.La chambre, par mille détails, dénonçait que le vieux devait l\u2019habiter depuis longtemps.Sur la minuscule table installée dans un coin, du papier blanc voisinait avec une petite bouteille d'encre, un porte-plume et deux crayons bien taillés.Une photographie effacée par le temps, trônait sur la cheminée, à côté de l\u2019horloge en zinc dédoré: une photographie de femme.Le vieillard sortit de derrière un rideau une ancienne, oh! très ancienne malle à couvercle poilu.Avec mille précautions, il introduisit les clefs dans les serrures qui grincèrent, et tira du meuble une liasse de papiers jaunis.Alors, il vint s\u2019accagnar-der dans le fauteuil et commença de narrer.\u2014 Je n\u2019ai jamais eu de chance, monsieur.Le sort s\u2019est acharné après moi.Après de fortes études, j\u2019entrai dans l\u2019Administration.Je peux le dire, j\u2019étais un fonctionnaire modèle et bien noté.Hélas! j\u2019eus le malheur de devenir amoureux.C\u2019est de là qu\u2019est partie la grande série de mes avatars.Elle était blonde, monsieur, et jolie, et douce.Tenez.C\u2019est son portrait que j\u2019ai là, sur ma cheminée.Mais comment voulez-vous qu\u2019un pauvre bonhomme effacé comme moi fasse parler le cœur d\u2019une jeune fille?Pour comble de malchance, mon chef de bureau, une sorte de bellâtre prétentieux et fainéant, se mit à lui faire la cour.De bonnes langues ne manquèrent pas de lui dévoiler un secret que je n\u2019avais pas su garder au plus profond de moi-même.L\u2019homme se prit à me détester.Il fit tant et si bien qu\u2019on me révoqua.Et il l\u2019épousa quelques mois plus tard.\u201cJe n\u2019y pouvais plus tenir.Le monde m\u2019était odieux.Je m\u2019embarquai pour l\u2019Afrique, où l\u2019on m\u2019offrait un joli poste dans une entreprise privée.Vous dire ce que furent ces années-là, je ne le pourrais pas.Mon caractère tranquille qui, malgré tout, avait rapidement pris le dessus, souffrait de cette existence mouvementée, au milieu d\u2019indigènes sournois et malveillants.Une seule chose me consolait.Je m\u2019étais lié d\u2019amitié avec un jeune homme de mon âge, un officier du poste voisin.Line intelligence, monsieur, et un savant rare! Il était arrivé à une maîtrise extraordinaire, et ce m\u2019était une joie de m'acharner avec lui sur des problèmes tels que leur solution pouvait révolutionner le monde.\u201d Mon visage dut, alors, exprimer quelque ahurissement, car le vieillard sourit et continua: \u2014\tOh! je sais bien que vous ne me croirez pas tout de suite.Vous ne comprenez pas comment deux pauvres garçons, perdus sous le ciel tropical, peuvent à eux seuls, avoir la présomption de réaliser des découvertes sensationnelles .Attendez.Vous allez voir.J\u2019ai d\u2019ailleurs des documents irréfutables.Je vous les montrerai.Nous travaillions d\u2019arrache-pied lorsqu\u2019un beau soir, je vois arriver mon ami, haletant, rouge d\u2019émotion, hors de lui.Sans me laisser le temps de lui poser une question, il s\u2019écrie: \u2014\tMon vieux! quelle veine! Non, mais quelle veine! La fortune, mon vieux.C\u2019est la fortune!\u201d Il fut un quart d\u2019heure à se calmer, lui, d\u2019ordinaire si placide.Enfin, il m\u2019expliqua la chose.C\u2019est ici que j\u2019ai besoin de toute votre attention, monsieur.Vous n\u2019allez pas rire de moi, au moins, comme les autres! Vous n\u2019allez pas me traiter de fou, vous aussi! Je ne suis pas fou.je vous assure.Et lui non plus n\u2019était pas fou, le pauvre diable.Ah! si seulement il avait vécu.\"Alors, voilà: \u201cNous suivions depuis quelque temps les évolutions d\u2019un bolide .\t(Suite à la page 45) 6 LE SAMEDI \u2014 ifjg ¦ % LES BAISERS PERDUS Nouvelle pat Henri Cabaud \u2014 Illustrations de F.~L.Nicolet LA vieille gentilhommière dormait au milieu des grands bois dont le mystère s\u2019amplifiait dans la nuit d\u2019été vaporeuse.Sur l\u2019ardoise des toits aigus, la pleine lune mettait des reflets d\u2019argent mat et, sur la terrasse basse qui courait en façade, d\u2019une aile à l\u2019autre, des blancheurs atténuées.Une seule fenêtre éclairée: l\u2019âme en veille, eût-on dit, du castel assoupi.Une fenêtre ouverte?sur la chambre de Julie de Monicourt.La jolie fille à la jeunesse triomphante s\u2019y accouda.Le vent caressait son beau visage aux grands yeux profonds et plus noirs d\u2019être près des lèvres fraîches et rouges comme un fruit mûr qui demande d\u2019être amoureusement cueilli.Elle dénoua ses lourds cheveux bruns pour que l\u2019apaisant baiser de la nuit la prit tout entière.Son regard chargé d\u2019ironie amère chercha la fenêtre de la chambre de sa grand\u2019tante, Mlle Firmine de Saint-Agance.L\u2019obscurité.La maîtresse de céans continuait peut-être, en son sommeil, le rêve sempiternel qu\u2019elle avait commencé tout éveillée dans sa lointaine jeunesse.Julie tourna les yeux vers une autre fenêtre.Elle n'était pas davantage éclairée.Christian de Roche-marre, un poète de moins de vingt ans qui semblait, à l\u2019aurore du romantisme, le prototype de son époque, dormait sans doute aussi.Eveillé, n\u2019eût-il pas, d\u2019ailleurs, également rêvé?La jeune fille murmura: \u2014 La maison du rêve! Elle, c\u2019était la vie.Pourtant, quel étrange roman nouait sa trame autour d\u2019elle! Un roman prolongé de celui qui avait dominé, ridicule et magnifique, l'existence déserte de sa pauvre grand\u2019tante.En bref, Mlle Firmine, dans sa prime jeunesse, aimait secrètement son cousin, le chevalier Osmont de Saint-Agance.Ce dernier ne l\u2019avait découvert qu\u2019une fois marié, et fort mal marié, à une jolie femme dépourvue de tout autre mérjte et avec qui il s\u2019en était allé résider dans les pays d\u2019outre-mer, au hasard d\u2019une carrière diplomatique qui ne devait être coupée, sa vie durant, que de très rares et brefs voyages à Paris ne lui permettant jamais, quelque désir qu\u2019il en eût.de revoir sa cousine.Mais comme, assez libre avec Firmine pour se confier à elle, dont il savait l\u2019affection sûre, il n\u2019avait pas manqué de lui faire part de ses déboires conjugaux, une correspondance intime et très tendre en était résultée; d\u2019année en année, la distance qui les séparait et la solitude morale dont chacun souffrait les avaient conduits au même degré d\u2019amour cérébral qui s\u2019épanouissait épistolairement.Ils avaient toujours souhaité d\u2019être réunis; Mlle de Saint-Agance était devenue vieille fille dans cette longue et vaine attente: la vie les avait tenus constamment éloignés.En avaient-ils vraiment souffert?Cette seule question eût révolté chacun d\u2019eux.Pourtant, ils s\u2019étaient si bien accoutumés à cette correspondance amoureuse, qui était la principale occupation de leur esprit et de leur cœur, ils avaient si bien accommodé leur existence à un état dé choses auquel ils ne pouvaient rien, qu\u2019ils en avaient perdu de vue, peu à peu, les inconvénients pour n\u2019en plus considérer que les avantages.La lettre de l\u2019autre, à sa date habituelle, c\u2019était pour chacun le viatique essentiel, le pain quotidien, 2 1 septembre 19 3 5 jSrf e soie même, il avait fait s ad.eux à son hôtesse, xi avait insisté en Vain out qu\u2019il demeurât da-mtage, et le jeune hom-e devait partie à l\u2019aube.Il s\u2019avança vers elle sous la griserie de son regard et, poussés l\u2019un et l\u2019autre par une force supérieure à leur volonté, ils s\u2019enlacèrent dans un baiser .le rayon de soleil qui réchauffe et vivifie .Ils avaient ainsi atteint l\u2019âge mûr et allaient voir s\u2019entr\u2019ouvrir devant eux les portes de la vieillesse quand le chevalier tomba gravement malade.Il avait, depuis quelque temps, auprès de lui, un jeune secrétaire \u2014 Christian de Roche-marre \u2014 qui manifestait des dispositions beaucoup plus vives pour la poésie que pour la diplomatie.Il lui dicta ses lettres à Firmine, ne pouvant plus les écrire lui-même.On imagine les ravages qu\u2019une telle correspondance devait faire dans une âme ivre, déjà, de romantisme.Le jeune homme se prit à aimer idéalement l\u2019Inconnue parée pour lui de toutes les vertus, d\u2019après ce qu\u2019il en avait ouï dire par le chevalier et d\u2019après ce que lui en avaient appris leurs lettres échangées.L\u2019état de M.de Saint-Agance s\u2019aggrava.Bientôt il dut renoncer à dicter son courrier sentimental et demanda en grâce à Christian d\u2019écrire à sa place et, s\u2019il lui arrivait malheur, de continuer de le faire le plus longtemps possible pour épargner à sa cousine .(Suite à la page 40 ,1 8 LE SAMEDI HH fl wiêm m:Ê W&SK * \u201cJe vous prie de rester assis, M.le curieux, ou je tire.Et maintenant, si vous voulez bien, l'instruction va reprendre \u2018Par HENRI MANSVIC Monsieur le juge d\u2019instruction Leforestier avait, ce soir-là, quitté son cercle aussitôt après dîner pour gagner sa confortable garçonnière au cinquième d\u2019un immeuble donnant sur le petit Luxembourg.Là il pouvait se recueillir, travailler à l\u2019aise, après l\u2019agitation des interrogatoires, des confrontations.L\u2019après-midi avait été particulièrement mouvementée, mais l\u2019affaire du meurtre d'une rentière qu\u2019il instruisait depuis un mois ne s'en trouvait pas éclaircie.Elle l\u2019intriguait, cette affaire, l\u2019obsédait.Il fallait qu\u2019il l\u2019étudiât à tête reposée.Il en avait donc emporté le dossier et était rentré de bonne heure.Plus il recevait de dépositions, plus il voyait de monde, vérifiait les dires de chacun, plus sa conviction s\u2019affermissait que l\u2019auteur de l\u2019assassinat était un vaurien d\u2019aspect athlétique, nommé Leblanc, âgé de vingt ans, né à Argenteuil et venu à Paris cinq ans avant.De famille honorable, d\u2019ailleurs, son casier judiciaire \u2014 avait-il su échapper à la police ou en était-il à son premier coup?\u2014 était vierge.Il avait vécu pendant six mois dans l'intimité de la défunte.Amis, fiancés, \u2014 elle avait dix ans de plus que lui ¦\u2014 la nature de leurs rapports restait indéterminée.Ce que l'on savait, c\u2019est qu\u2019après la mort de son amie, Leblanc, notoirement dans la gêne, s\u2019était livré à des dépenses et à des prodigalités inusitées.Il ne pouvait indiquer l\u2019origine de l'argent.Des bagues ayant appartenu à la défunte, sa montre et sa chaîne furent retrouvées chez lui.Il ne nia pas que ces objets eussent appartenu à sa victime, mais affirmait qu elle les lui avait donnés pour récompenser des services rendus.L\u2019instruction allait être close, quand il se décida à déclarer que l\u2019argent trouvé en sa possession lui avait été remis par la rentière, à titre de commission sur la vente d\u2019un immeuble négocié pour elle.Son arrestation avait empêché l\u2019affaire de se conclure.C'était l\u2019immuable système de défense des inculpés.Ils auraient été lavés de tout soupçon si la morte avait pu parler.Sur ces èntrefaites, un témoignage écrasant s\u2019était produit.Une voisine rentrant de voyage avait demandé à être entendue.Elle habitait l\u2019étage au-dessus.Ayant entendu en bas un bruit inaccoutumé, elle était descendue et avait frappé.On était resté longtemps à lui ouvrir.Elle se disposait à monter chez elle quand la porte s\u2019entrebâilla.Leblanc passa le buste.Il était en corps de chemise, le col en était arraché, ses traits paraissaient bouleversés.Il allait refermer sans bruit quand la dame se retourna.Il lui dit alors que son amie était souffrante et la priait de revenir un peu plus tard si elle avait quelque chose d\u2019urgent à lui communiquer.Ce témoin détruisait le système de défense de Leblanc, qui niait s\u2019être trouvé chez la victime le jour du crime.A la suite de ce témoignage, Leblanc était resté atterré.Puis se ressaisissant il avait ergoté sur la date.La voisine se trompait, ce n\u2019était pas le jour du crime qu elle l\u2019avait vu chez son amie.Puis il avait changé de système.A l\u2019interrogatoire suivant, il avait fait des réponses n\u2019ayant aucun rapport avec les questions posées, et quand celles-ci étaient renouvelées il avait feint de violents efforts de mémoire pour y répondre de façon satisfaisante, bref il simula l\u2019amnésie.Il en fut de même aux interrogations ultérieures.On décida de le mettre en observation; on l\u2019interna à Villejuif.Le front dans la main, M.Leforestier relisait le rapport du Médecin-chef: L'extérieur de Leblanc, .J .DfOOOKJ*' pownet* LA FEMME FATALE (Suite de la page 22) Il éprouvait le plus vif désir d'aller s\u2019asseoir entre Cyprienne et Mme de Clamareins, mais en même temps il redoutait la colère de Camille, avec laquelle il avait eu précédemment une petite scène que nous connaîtrons bientôt.De même qu\u2019il avait deviné ce qui s\u2019était passé entre son ami et Mme Chaumel pendant qu\u2019ils valsaient ensemble, Gontran comprenait fort bien les angoisses auxquelles celui-ci était en proie en ce moment, et il s'en désespérait.\u2014 Le malheureux! disait-il à Marcel, comment peut-il hésiter entre cette femme et cette ravissante jeune fille, entre ce monstre à face humaine et cet ange qui a tout ce qu\u2019il faut pour devenir l\u2019ange du foyer, la compagne accomplie et incomparable qui fera un paradis terrestre de l'intérieur où elle entrera! \u2014Malheureusement, répliqua Marcel.ici comme au paradis terrestre, il est à craindre que le serpent ne triomphe.\u2014 Je ne lui pardonnerais pas de laisser échapper ainsi le bonheur qui vient s\u2019offrir à lui, un bonheur si complet, si pur et si incontestable, car, je le jurerais, et c\u2019est écrit sur son front d'archange, jamais cette âme innocente n\u2019aura une tache dans tout le cours de sa vie.\u2014 Si tu allais lui parler?\u2014 J\u2019y ai songé, mais Camille le voyant ensuite aller inviter Cyprienne, serait doublement exaspérée et toute sa haine retomberait sur celle-ci; et si tu l\u2019avais vue le jour où elle s\u2019est ruée sur moi pour me jeter à la porte, et si tu avais vu cette face d\u2019hyène, ces gestes de folle furieuse, ce regard plein de rage et de fiel, tu comprendrais qu'il faut y regarder à deux fois avant d\u2019exposer la pauvre petite à la méchanceté de cette furie.\u2014 Et bien, guettons le moment où son regard se dirigera de ce côté et faisons-lui signe de venir à nous.\u2014 Oui, il aura l\u2019air de venir de lui-même, ce moyen est moins dangereux.Tout à coup, un prélude bruyant, parti de l\u2019orchestre, annonça un quadrille.\u2014 Il n\u2019est plus temps, s\u2019écria Gontran.Il ajouta aussitôt : \u2014 Tiens, vois la pauvre enfant, elle promène autour d\u2019elle des regards inquiets et attristés.Ce n\u2019est pas que les danseurs puissent lui manquer, mais enfin elle doit être blessée de ce procédé et qui sait si elle n'avait pas une préférence pour celui-là ?\u2014 Je ne vois plus Albert dit Marcel, où est-il donc passé ?\u2014 Parbleu, il aura obéi à un signe de Camille lui enjoignant de venir l\u2019inviter, au risque de commettre envers une autre une grave impolitesse.\u2014 Je ne crois pas, dit vivement Marcel.\u2014 Pourquoi?\u2014 Regarde les traits de Cyprienne.Le visage de la jeune fille venait de subir une transformation com- plète; il rayonnait de joie et trahissait avec une charmante naïveté le sentiment dont elle était pénétrée.Albert était près d\u2019elle et réclamait en s\u2019inclinant la promesse qui lui avait été faite.\u2014 Enfin! dit Gontran enchanté.Cyprienne laissa tomber sa petite main gantée de blanc dans celle d\u2019Albert et celui-ci partit avec elle à la recherche de son vis-à-vis.;Un instant après, la jeune fille était au comble de ses voeux : elle dansait.Elle avait, en dansant, une grâce naïve, innée, toute naturelle, qui se mariait parfaitement avec le charme candide de toute sa personne et dont Albert demeurait émerveillé.\u2014 Mon Dieu1 mademoiselle lui dit-il pendant un temps de repos, Mme de.Clamareins m\u2019avait parlé du charme que vous mettez dans votre danse comme en toute chose, mais j\u2019avoue que je suis.\u2014 Oh! monsieur, interrompit Cyprienne avec un mélange de finesse et de timidité, je sais bien qu\u2019un jeune homme se croit toujours tenu de faire des compliments à sa danseuse, mais je vous assure que cela m\u2019embarrasse beaucoup, que je ne trouve aucun plaisir à entendre parler de mes yeux ou de ma figure, et que j\u2019aimerais mieuà causer d\u2019autre chose, si cela vous est égal.Elle avait débité cela d\u2019une voix douce, calme, mais un peu tremblante en rougissant beaucoup.Albert la regarda avec surprise et remarqua qu\u2019il y avait autant d\u2019intelligence que de candeur sur cette charmante tête.\u2014 Bon ! pensa-t-il, elle fait un grand effort pour surmonter sa timidité et me dire sa pensée, mais enfin elle l\u2019a dite et me voilà prévenu de n\u2019avoir pas à la prendre pour une petite sotte incapable d\u2019entendre ou de dire autre chose que des banalités.Il reprit en changeant de ton: \u2014Eh bien, je partage entièrement votre avis, mademoiselle, il vaut mieux causer, d\u2019autant que nous sommes déjà de vieilles connaissances.Je ne vous vois pas aujourd\u2019hui pour la première fois, mademoiselle.Il y a quelque temps déjà, c'était la veille de Noël.\u2014 L'avant-veille, monsieur, dit Cyprienne presque à voix basse.,\u2014 Quoi! mademoiselle, vous vous souvenez! s\u2019écria Albert très ému.La jeune fille devint rouge comme un coquelicot et resta quelques instants sans pouvoir parler.\u2014 Je n\u2019aurais pas dû me souvenir, je le sais, monsieur, dit-elle enfin sans oser lever les yeux sur Albert, mais c\u2019est que.ça n\u2019aurait pas été honnête de ma part.\u2014 Que voulez-vous dire, mademoiselle?demanda Albert, cherchant la signification de ces paroles.\u2014 Eh bien, monsieur, nous avons à vous faire une restitution et.pour vous en parler, il fallait bien me soitvenir que je vous avais vu.\u2014 Une restitution à moi, mademoiselle! (Suite à la page 34J Toujours Confiante Très important aux jours d'activité Pour être heureuse et naturelle, 11 faut être confortable.Le nouveau Kotex donne une liberté et un confort durables.Les bords du Kotex, voyez-vous, sont coussinés avec une ouate spéciale, douce et moelleuse \u2014 prévenant toute forme d\u2019irritation.Remarquez que seuls les bords sont coussinés \u2014 la surface centrale est libre pour l\u2019absorption.Donne une parfaite sécurité le soir La toilette la plus mince, la robe la plus cirée, ne laisse rien soupçonner.Quelle aide pour le maintien et l\u2019assurance personnelle.Les bouts du Kotex ne sont pas rien qu\u2019arrondis, mais aplatis et amincis.Absolument invisible \u2014 sans le moindre pli.GRACE A L\u2019ASSURANCE QUE DONNENT CES CARACTERISTIQUES DE KOTEX Ne Peut Irriter Ne Peut Faillir Ne Peut Paraître QUEST \u2014 la poudre désodorisante positive pour la propreté personnelle Une nouvelle découverte scientifique a permis l'usage du parfait désodorisant en poudre sur le Kotex .et pour tout autre usageI Quest, présenté par les fabricants de Kotex, est une poudre douce et délicate, d\u2019usage sûr et agréable.Quest assure la fraîcheur du corps pour toute la journée.Achetez Quest quand vous achetez Kotex .seulement 35c pour une grande boîte.C'est aussi important La sécurité est très importante à toute femme, en tout temps .et le Kotex la garantit! 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Seul, perdu dans un fauteuil d\u2019osier, Le Rège, occupé à téter un cigare valable, n\u2019avait rien dit.Il s\u2019était jusque-là contenté d\u2019écouter et, comme il sait écouter, il souriait.Beaucoup de malice dans ce sourire et même, à l\u2019analyse, une certaine dose de mépris.Le Rège a la réputation d\u2019un sauvage; il l\u2019est d\u2019ailleurs.Il passe pour avoir un mauvais caractère; ce qui n\u2019est pas tout à fait inexact, puisqu\u2019il a du caractère.Brusquement, Richelot le prit à partie: \u2014 Et vous, Le Rège, qui n\u2019avez encore entr\u2019ouvert vos lèvres que pour faire fuser de la fumée, ne trichez pas; payez votre écot comme les camarades et sortez-nous l\u2019histoire du baiser le plus émouvant que vous ayez jamais reçu.\u2014 Vous y tenez?\u20141 Nous y tenons, répondit avec une touchante unanimité le chœur des mâles.-\u2014 Voilà donc, dit-il à voix très posée, en secouant les cendres philosophiques de son cigare.\"Un certain nombre d\u2019entre vous, je crois, ont connu Raoul Berthet.Vous vous le rappelez: un grand garçon sympathique, un peu taciturne, aux yeux directs, les cheveux tirant sur le roux.Il était originaire de la Creuse, où il possédait un petit castel assez délabré, perdu dans les bois, entre Crocq et la Courtine.Il s\u2019était marié assez jeune, avec une jeune fille qu\u2019il adorait et dont il avait eu un _nfant, le petit François.\u201cLe bonheur de ce couple parfait et qui était une réclame vivante pour le mariage ne \u2018Il attacha sa main de l\u2019étau qui l\u2019enserraitI 2 1 septembre 19 3 5 27 immi %, w iHRirai I Mill .*».r \u2022\u201c\u2018'i jgj O/?éfai( entre hommes.On fumait .Richelot, qui n\u2019est pas décanté de toute méchanceté, avait mis la conversation sur ce thème: \u201cLequel d\u2019entre nous a reçu le baiser le plus émouvant?.\u201d a travers le salon, tomba à genoux devant moi, me prit la main et y déposa ses lèvres.\u201d cPar cROMAIN COOLUS Emouvant fut malheureusement pas de longue durée.Une anémie pernicieuse, qui se déclara et se développa avec la brutalité terrifiante d\u2019une flamme d\u2019incendie, enleva la jeune femme, à peine âgée de vingt-six ans et Berthet se trouva brusquement seul avec son petit bonhomme à élever.\u201cIl était de ces êtres racés qui ont la pudeur et peut-être aussi l'orgueil de leur chagrin.Il prit Paris en horreur, abandonna la situation déjà considérable qu'il avait dans une banque, prit congé de ses ambitions et de ses amis et vint s\u2019enterrer avec son gosse dans sa petite maison forestière.C\u2019était un homme sérieux; il avait minutieusement examiné ses ressources et s\u2019était assuré qu\u2019elles lui suffiraient à vivre modestement et, pour ainsi dire, au ralenti dans son désert provincial.Sa plus grosse dépense était le traitement d\u2019une gouvernante qu\u2019il estimait indispensable pour remplacer auprès du petit François la maman disparue.\u2022\u2014 Fichtre, interrompit un des auditeurs, comme histoire d\u2019amour! .Je ne vois pas trop le baiser .\u2014 Attendez, dit Le Rège, en calmant de la main l\u2019impatience ironique de son interlocuteur.Berthet vivait donc dans ce coin perdu de la campagne mar-choise, ayant réalisé de la façon la plus digne et la plus touchante cette prophétie de Villiers de l\u2019Isle-Adam: \u201cIl y aura toujours de la solitude dans le monde pour ceux qui en seront dignes.\u201d (Suite à la page 49) Illustrations de J.
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