Le samedi, 1 avril 1937, samedi 10 avril 1937
[" \"S-mjaffi 10 avril 48e année.No 45 ftl® if® ¦ r at ?* > v; ;: ¦' ; -1 ; :.; >L Ü9ÉÜ '.fc'T \u2022 j j £üül 4»# * ; II '.rl ¦h ; y BiflS ¦ - es ',«?¦ ¦* J0\" V courants d'air .Le seul auto ahhwvi A\\i ptobmpS avec un.CHEVROLET J^pïe ie/i auto du dmume des plus bai piixàpoùédek ceS 5 avantages.Moteur économique à,, soupapes en tête \u2014 Carrosserie Fisher monacier à toit-tourelle en acier solide \u2014 Freins hydrauliques perfectionnés\u2014^Roulement flottant des genoux mécaniques \u2014 Ventilation C : .l_-___ complet à bas prix $7 A $mm7 A f™ (Coupé d\u2019affaires Master à Ê\t) places), livré à l'usine, Oshaw Ont.Taxes du gouvernemen licence et fret à coût additionnel.(Prix suje CHEVROLET Jüe &eul auto compKet .compîètemerit aouaeau TES premières effluves printanières se font sentir \u2014 déjà on éprouve quelque chose du renouveau qui s\u2019opère dans la nature.Pourquoi pas rendre cette heureuse sensation complète en achetant dès maintenant \"l\u2019auto, complet, complètement nouveau\"?.Prenez part à la parade de style, dans votre nouveau Chevrolet, la première voiture de luxe dans le domaine des plus bas prix.Il y a du printemps et du bonheur dans la vivacité du nouveau Chevrolet .de l\u2019entrain, dans ses reprises fulgurantes.Commencez la nouvelle saison d\u2019automobilisme avec toute la sécurité que seuls les nouvelles carrosseries Fisher monacier à toit-tourelle, les freins hydrauliques, la glace de sécurité et les *genoux mécaniques du Chevrolet peuvent vous offrir.Allez maintenant chez votre dépositaire pour voir et conduire le nouveau Chevrolet.Considérez ses bas prix et la commodité du mode General Motors de paiements à termes.Et rappelez-vous qu\u2019il n\u2019y a pas de délai quand vous commandez un nouveau Chevrolet.Mais donnez cette commande aujourd\u2019hui ! 4 8e année, No 45 10 avril 1957 3 AGRIPPA ESPAGNOL Était un cigare de choix mais justifiant le proverbe qui dit : celui qui choisit prend pire.L'homme le renifla, l'alluma, en pompa quelques bouffée^, fit la grimace et déclara d'un ton doctoral : \u2014 Monsieur, le cigare que vous voyez arrive en droite ligne d\u2019Espagne d'où je l'avais fait venir sur la foi de sa bonne renommée, car on m'a dit que les cigarières de là-bas ont de jolies petites pattes fort expertes en cette fabrication-là, mais je suis bien désillusionné.Le cigare que voici est un petit cylindre infect et mollasse qui doit avoir des parents dans la famille Caoutchouc.On l\u2019a sans doute fait avec un mélange de politique européenne, ce qui expliquerait pourquoi il pue tellement.Pouah ! quelle vilaine camelote !.Et le bonhomme fît mine de jeter son cigare, mais il se ravisa soudain.\u2014 Voyons quelle est sa marque, dit-il.C\u2019est tout un ramassis de dessins dans lesquels on voit surtout un faisceau et une croix gammée ; il y a aussi une faucille, un coq, un trident et d autres choses qu\u2019on ne distingue pas très bien.Ah ! voici un nom : Agrippa .Ne serait-ce pas, plutôt « grippe », puisque le cigare a la prétention d'être espagnol ?L\u2019indécision du fumeur dura peu.\u2014 J\u2019y suis ! s'exclama-t-il.Agrippa est un nom qu\u2019on a donné autrefois aux enfants dont la naissance avait été particulièrement difficile, comme l'indiquent les deux mots latins « aegre » et « par tus » d\u2019où il vient.Mon cigare, de nationalité douteuse et compliquée, ne pouvait pas être mieux nommé.Toutefois ce nom ne fut guère donné qu à des Romains mais pas à des natifs de l Espagne « y compris » la péninsule Ibérique, comme disait un lournal spécialisé dans les pataquès.Après tout, je m'en fiche et m'en contrefiche ! que le cigare aille à la poubelle et l'agrippa espagnol au diable ! Le geste accompagna la parole, et c\u2019est ainsi que finit le cigare du pays de la grippe et des castagnettes.Ce petit incident m'a fait, par analogie, penser à bien des choses ; à l\u2019Espagne en premier lieu, ensuite à la ratatouille qu\u2019on y fabrique actuellement ; enfin à la poubelle finale où tomberont, très probablement.bien des complots et des projets en compagnie d\u2019une multitude de gredins démolis par de plus adroits et de quelques honnêtes gens bêtement fourvoyés dans ce gâchis.L\u2019Espagne, ce pays des anciens « ricos hombres », des « Grands », de la navaja, de la couleur à laquelle donna son nom la chemise sale de la reine Isabelle, des palais des mille et une nuits et des gueux aux mille et un poux ; ce pays de l\u2019orange, de l\u2019escopette et de la danse ; ce pays où le soleil chauffe généreusement les enthousiasmes et les caboches, donnant Don Quichotte à la fiction et Murillo à la réalité ; ce pays enfin où l'on fume comme ailleurs on respire, s il a connu la renommée par la qualité de son tabac, sc devait à lui-même de compléter son œuvre en faisant les plus belles blagues du monde entier.Et, ma foi, je crois qu\u2019il y a parfaitement réussi.J\u2019ai, pour principe, celui de ne pas me laisser aller aux débats de la politique et surtout de la politicaillerie laquelle dégénère parfois en politica-naillerie ; aux vains tournois de gueule de ce genre je préfère cent fois une courtoise discussion philosophique, une incursion dans le domaine métaphysique et surtout une bonne partie de pêche sur la rivière des Prairies quand c'est la saison; j'envisagerai donc la question des blagues espagnoles de façon surtout objective en ne me souciant, pas plus que de ma première culotte, des idées que croient avoir les deux partis qui se chicanent là-bas de deux côtés opposés de 1 assiette au beurre et dont chacun veut être le seul à pouvoir mettre les pieds dans le plat.Ceci dit, et bien dit, je suis tout à fait à l'aise pour quelques réflexions sur la bêtise humaine en général et la bourde espagnole en particulier.L\u2019Espagne eut son époque de grandeur et même de magnificence, mais il semble que les hommes ont singulièrement rapetisssé avec le temps ; la première grande puissance d\u2019autrefois est devenue nation d'ordre inférieur , ses héros ont pris forme de zéros et ses conquistadors se sont déguisés en matadors.Signe des temps, usure de peuple ou systématique épuisement pratiqué sournoisement par d autres Les Publications Poirier, Bessette & Cie, Limitée Membres de L\u2019A.B.C.975, Rue de Bullion, Montréal, Canada Tél: PLateau 9638* Entered at the Post Office of S.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 - ABONNEMEN T- CANADA\tEtats-Unis et Europe Un an\t $3.50\tUn an ___________________ $5.00 Six mois\t2.00\tSix mois .2.50 Trois mois\t1.00\tTrois mois\t\u2014.1.25 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à midi.AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit Jour», l\u2019empaouetage de nos sacs de malle commençant 5 jours avant leur expédition.NOS COUVERTURES La couverture du « Samedi » de la semaine dernière, intitulée : Appel de la route, était de Roger Viau, de Montréal.La couverture de cette semaine, intitulée : La Pêche, est de Mark Auger, de Québec.pays ?Les trois choses, peut-être, en même temps.De toute façon, c\u2019est un fait ; dans les cérémonies européennes, diplomatiques et autres, 1 Ecpagne ne faisait plus figure que de parente pauvre, mais on trouva sans doute que c était encore trop beau, elle est aujourd hui réduite à 1 état de simple cobaye que des expérimentateurs empoisonnent et dissèquent avec entrain.Cette constatation ne peut porter aucune atteinte à la valeur et à la dignité des éléments restés sains dans le pays, car il en est certainement mais, de façon générale, et si l\u2019irnprévu toujours possible n'intervient pas, 1 Espagne s'en va tout droit « sur la bum », comme on dit à lAcadémie des expressions choisies à Baragouin-du-Charabia.Depuis quelques années il se mijotait, dans la marmite espagnole, un fricot douteux ; Alphonse y avait attrapé des nausées et quelques cuisiniers s\u2019y étaient brûlé les pattes ; la batterie de cuisine s\u2019était parfois essayée à la transformation en batteries d'artillerie mais, après tout, chacun fait ce qu\u2019il veut dans sa cabane, et cela ne devait nullement regarder les voisins.Or, parmi ces voisins, les uns ont prétendu que la cuisine leur empestait le nez, d autres que ça cuisait mal parce que le charbon n'était pas assez rouge.Dans des intentions, oh ! certainement excellentes .pour eux, les uns mirent donc de l\u2019huile sur le feu pour le mieux faire brûler, tandis que d autres apportaient des broches, couteaux, hachoirs et autres instruments à piquer, découper, étripailler avec autant d'art que peu de mesure.Chacun donna son avis, tripota les choses à sa façon, voulut imposer sa méthode culinaire, si bien que le grand chambard éclata et la vaisselle se mit à voler en éclats de tous côtés.Cela devint même un jeu passionnant.Pan ! sur le bel alcarazas des vieux grands-pères ; v\u2019ian ! sur les bouteilles de Malaga ; bing ! par-ci, bang ! par-là, c\u2019était à qui taperait dans le tas avec un enthousiasme frénétique qu\u2019un des joueurs se chargea d'expliquer en peu de mots pour tous les autres : \u2014 Je m'en fous ! déclara-t-il, ce n\u2019est pas à moi, et ce seront les cuisiniers de la maison qui, en fin de compte, paieront les pots cassés.Dans tous les jeux il y a les violents et les imprudents, il ne pouvait en être autrement dans celui-ci qui se signale surtout par le nombre de ceux qui voudraient bien se transformer en profiteurs.Faute de mieux pour le moment, ils vendent des projectiles aux cuisiniers espagnols pour casser leur propre vaisselle puisque, disent-ils cyniquement, ils sont assez fous pour les acheter.Je n'ai pas de conseil à donner à ces derniers, mais je leur suggère amicalement de payer leurs fournisseurs en monnaie de singe quand le quart d'heure de Rabelais sera venu.Il peut, malheureusement, arriver autre chose d'ici là, c\u2019est que tous les énergumènes, après avoir démoli la cabane, finissent par fiche le feu aux immeubles voisins et les faire sauter, car ils renferment, paraît-il.des énormes quantités de produits dangereux.Alors on entendra la gérante de ces immeubles, vieille maritorne du nom d\u2019Europe, clamer sa frousse aux quatre coins du monde et appeler les pompiers de ce qu\u2019on appelle poétiquement le Nouveau-Monde.Et voilà comment, d une cuisine espagnole de qualité aussi douteuse que celle du cigare, marque Agrippa, de mon bonhomme, pourrait bien résulter un plat de nature toxique à faire crever au moins la moitié de T humanité ; il y a des choses plus pressées que celle-là et qu\u2019on ne fait jamais.Si cette vieille commère d Europe prépare un plat de sa façon, une sorte de volaille relevée avec ce qu on appelle, en termes de cuisine, une farce, je ne vois pas pourquoi notre continent devrait fournir la dinde.Et, pour finir, si les choses ne vont pas jusque-là, je plains quand meme de tout mon cœur le pauvre cobaye ibérique, lequel a perdu la partie d'avance quoi qu il arrive, puisqu il n'a pas eu le bon sens de fermer lui-même sa porte à tous les intrus qui lui démolissent maintenant sa maison.Amen !.* J4:& U -Wit ¦ Witv-i ClTll' MHMNRRI \t\tg .l'j f m i -J ¦\t: 1 \twêêêËSS '\ti Ü\t MINET, OUI, MINET EN PERSONNE AVAIT SAUTÉ SUR UNE DES TABLETTES.Illustration d» paul L.Robut La Chasse aux Rats Une fois, il y avait .\t(mais je vous préviens, ce conte est arrivé).Donc, un jour, madame Arline, entrant dans sa dépense pour y ranger les jarres de confiture qu elle achevait de cacheter, fut surprise d'entendre sous son soulier le bruit d\u2019une petite brisure.Mais elle fut plus surprise encore lorsqu\u2019elle découvrit qu elle venait de marcher sur des morceaux de coquille d\u2019oeuf.Des coquilles d\u2019oeuf par terre ! elle qui avait lavé son plancher la veille et qui n\u2019avait pas fait usage d\u2019oeufs depuis .Et madame Arline chercha à comprendre par quel hasard ces débris traînaient là.Puis elle pensa à autre chose : au jardin à sarcler, aux conserves à faire, à sa robe nouvelle et au chapeau pour aller avec .Quelques jours plus tard, ce fut une demi-coquille tout entière qui faisait une tache blanche sous la dernière tablette du garde-manger.Elle se pencha et trouva l\u2019autre moitié qui avait roulé au fond, tout au fond contre le mur.Comme son mari arrivait avec une chaudière de lait chaque matin, elle s'empressa d\u2019aller au-devant de lui et lui raconta vite qu'il y avait des rats dans la maison.Des rats, oui, bien sur, des rats et qui mangeaient les œufs, pardessus le marché.par Françoise Gandet-Smet \u2014\tDes rats dans la maison ! viens-tu folle ?\u2014\tOui.des rats ! et moi qui en ai tant peur ! A « quatre pattes » sur le plancher, madame Arline et son brave homme de mari furetèrent dans tous les coins de la dépense.Pendant une bonne demi-heure, ils cherchèrent le nique-au-rats.Il n y avait pourtant pas le moindre petit trou, ni dans le plancher, ni dans les boiseries.Ils remuèrent toutes les casseroles, changèrent de place jarres et bidons, plats et chaudières, boîtes et terrines et ne trouvé-, rent rien, rien .que quelques petites « souris » de poussière.\u2014\tArline, tu t'es fait peur.\u2014\tQuand je te dis .Et fermant nerveusement la porte de la dépense, madame Arline fut soudain distraite de ses soucis par un miaulement rageur de Minet dont elle venait d\u2019écraser la patte.Son cher minou qu\u2019elle aimait tant ! Instantanément câline, elle le prend dans ses bras, le couche contre son épaule, puis cherchant une chaise berçante, elle fait sur ses genoux un nid au pauvre chat blessé qui se met tranquillement à lécher son bobo.Et soudain, elle lui dit : \u2014\tDis donc, toi, mon beau minou, ne pourrais-tu pas manger les rats qui mangent mes œufs ! Tu en ferais un festin ! Minet glissa paresseusement des yeux en coulisse baissa ses paupières en bâillant et commença de frotter son museau entre ses pattes.Puis, ce fut l heure du souper, celle de la vaisselle, puis le moment de la lecture du journal.Madame Arline dit tout à coup : \u2014\tComprends-tu ça, toi ! Monsieur Denis leva la tête, regarda par-dessus ses lunettes et dit simplement : \u2014\tSi je comprends ça ! Bien sûr, il y a toujours ces gens qui veulent s'enrichir aux dépens des autres et qui se fichent pas mal de tous ceux qui vont se faire tuer.Madame Arline échappa une maille.\u2014 Se faire tuer ?Qui ?Quand ?Où ?Veux-tu bien me dire où tu es rendu ! \u2014 Je parle de ce que je lis : bruits de guerre en Europe, de la bataille par ici, de la révolution par là.¦ En voilà une affaire ! Moi, je pense à mes œufs, et je parle des, rats.(Lire la suite page 39) 10 avril 1937 5 ! Au centre, une photo osiez care du Frère André, exécutée a>~ environs de 1900 par J.A.Dramville, dt Montréal.Elle a été légèrement retouchée par un de nos artistes.En haut.M.Donat Bessette, de Montréal, fils de M.Jérémie Bessette, petit-neveu.A gauche, Mme J.B.Champagne (Albina Bessette) soixante-quinze ans.cousine du Frère André.o A droite, Mlle Bertha BessetU
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