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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 1 mai 1937
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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    Successeur :
  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1937-05, Collections de BAnQ.

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[" 1 48c année, No 48\t1er mai ^937 fe Samedi® LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS Montréal ancien et moderne Photo Paul Berty Charité bien ordonnée commence par soi-même! TOUT CANADIEN-FRANCAIS DOIT ACHETER des Revues Canadiennes - Françaises Et pour que tous soient à même de le faire, nous offrons La Revue Populaire à un tarif d'abonnement tout à fait spécial.Au lieu de $1.50 pour un abonnement d'un an (12 numéros) *2.00 pour un abonnement de DEUX ans (24 numéros) Coupon (TAbonnement $2.00 POUR 2 ANS AU CANADA SEULEMENT Aussi en vente dans tous les dépôts de journaux.POIRIER, BESSETTE G CIE, Limitée 975, rue de Bullion Montréal\t Veuillez trouver ci-joint $2.00 pour un k Revue Populaire.f Nom \t\tabonnement spécial de 2 ans à la Adresse \t\t\t Ville\t\t\t V\t\t -\t 4 8e année, No 48 \u2014 let mai 1937 3 L\u2019EXTRÊMAL Carnet Editorial Ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire, vous ne l\u2019y trouverez pas ; je viens de le fabriquer pour deux bonnes raisons : parce que la chose existe et parce que le mot lui-même n'existait pas.On l\u2019a, jusqu\u2019ici, remplacé par des synonymes incertains ou anémiés, ne suffisant plus à notre époque de progrès de toutes les espèces.y compris quelquefois l\u2019utile.Qu est-ce donc, l\u2019Extrêmal ?Ce n\u2019est pas un palais comme le Quirinal, un grand personnage comme l\u2019amiral, un vent comme le mistral, un ogre comme le capital ou bien un divertissement comme le carnaval ; ce n'est pas un metal ni même un minéral mais quelque chose de colossal dans le genre idéal.Notez bien que je dis « genre idéal » et non pas « idéal » tout court ; il ne s'agit pas de perfection, mais d'imagination.L\u2019Extrêmal n est pas autre chose que le mal ou la maladie de l\u2019extrême, c\u2019est-à-dire de l\u2019exagération poussée en dehors des limites de la vraisemblance.C'est une sorte d\u2019émoussement du sens des proportions qui empêche 1 intelligence de réagir normalement aux impressions causées par les mots.Cette manie de l'exagération, cette maladie de lextrême ou « Extrêrrml » a véritablement caractère d\u2019épidémie mais elle est d'un genre particulier ; elle s'attaque aux mots qu elle ronge, amaigrit, rapetisse et décolore au point de leur enlever la plus grande partie de leur force, de leur élégance et de leur beauté.D'un mot qui brillait autrefois comme un rayon de soleil elle fait une chandelle fumeuse, et de ce qui habillait la pensée en costume de gala elle fabrique une terne défroque de pauvre gueux.L'inai-vidu atteint « d'extrêmal » attache à sa petite idée la cloche sonore d'un grand mot, mais il en fait un tel abus qu'il arrive à la fêler ; résultat, la belle cloche de jadis ne fait plus l'effet que d un simple grelot.C\u2019est ainsi qu'on appauvrit une langue ou, pis encore, qu'on la rend ridicule.Des exemples ?Il y en a tant qu'on ne trouve plus guère autre chose dans la «littérature» (!?!) des écrivailleurs qui se mêlent d écrire avant de savoir penser, comme il y en a trop aujourd hui.Pour ces gens-là, une simple inquiétude devient un chagrin « mortel » et le plaisir de regarder une jolie fille est une joie « divine » ; s'ils s'ennuient dans une soirée, ils vous diront sans rire, à la sortie, qu'ils y ont vieilli de vingt ans, et s\u2019ils parlent d\u2019une femme en vedette, elle possède infailliblement la beauté d'une reine.Pourtant l\u2019histoire mentionne des reines qui furent bougrement laides .Cette manie de l\u2019exagération va souvent à l'encontre du but que l\u2019on se propose.Autrefois, une actrice de grand talent jouissait d'une réputation durable à cause de sa valeur professionnelle ; au milieu d'un luxe véritable elle se sentait à l\u2019aise et la déférence qu'on lui portait comme femme lui plaisait pour le moins autant que les éloges qu'on pouvait lui adresser comme artiste II y avait équilibre dans les deux choses, mais cela changea du tout au tout dès qu'un tripatouilleur d'expressions à grand effet s\u2019avisa de leur coller, sur la personnalité, l\u2019étiquette d étoiles.C'était peut-être une trouvaille mais également une imprudence parce que les étoiles de la scene devinrent vite aussi nombreuses que celles du firmament.La qualité du terme en fut singulièrement affectée ; la première Pétronille venue qui avait « joué la foule » dans un grand drame ou montré ses pattes sur la scène du théâtre d'un Fouilly-les-Oies quelconque, se crut désormais en droit d'arborer le titre d'étoile pour épater les populations Ce fut la faillite, non seulement du terme mais de celles qui s'en affublent et c\u2019est pourquoi l'on n'a jamais vu tant d étoiles filantes qu aujourd'hui.Nous sommes à l'époque du superlatif en tous genres : vitesses à la surface du sol.escalades dans fa stratosphère, trous de grande dimension dans les budgets, orgies de canons dans les armées, supersurtaxes qui se multiplient à la manière des sauterelles, pullulent d'attrape-nagauds politiques et autres et surtout savonnage intensif de la pente sur laquelle les peuples glissent à la catastrophe On parle de cent mille dollars comme d une bagatelle et de cent millions comme d une chose normale.Le mot « milliard » qui effarouchait autrefois plus d'un brouteur de chiffres est devenu de la banalité comme les vers de M.Paul Claudel, et personne ne semble plus savoir au juste ce que ça signifie.Je vais donc m amuser à faire, non pas la mise au point mais une sorte de paraphrase du milliard afin de démontrer l\u2019abus qu\u2019on en fait parce qu\u2019on ne réfléchit pas suffisamment à ce qu\u2019il représente.Je suppose un homme vivant à l\u2019époque où l\u2019on a construit les grandes Pyramides d\u2019Egypte, il y a quatre mille ans, et possèdent alors un milliard de ¦m i y m l M vcfiSth.ou ijy ~Vï*V \u2022y*- ¦ Les Publications Poirier, Bessette & Cie, Limitée Membres de L\u2019A.B.C.975, Rue de Bullion, Montréal, Canada Tel: PLateau 9638* Entered at the Post Office of S.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 - ABONNEMEN T- CANADA\tEtats-Unis et Europe Un an\t$3.50\tUn an .$5.00 Six mois .2.00 Six mois ._ 2.50 Trois mois .1.00\tTrois mois .1.25 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à midi.AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit Jours, l\u2019empaquetage de nos sacs de malle commençant 5 Jours avant leur expédition.dollars.Cet homme, qui ne connaissait pas la valeur des chiffres ne s\u2019est pas laissé éblouir par sa fortune et, pour être certain de la faire durer autant que lui, a décidé de ne dépenser que cent piastres par jour ; on peut tout de même faire bien des choses avec ça !.On peut même croire qu\u2019il l pu laisser, à ses héritiers, une assez jolie part du magot.En effet, l\u2019héritage a été des plus cossus, et comme les héritiers, continuant la tradition, n\u2019ont également dépensé que cent dollars tous les jours, il y en a encore aujourd\u2019hui pour un bon bout de temps.Ce n\u2019est que dans vingt-trois mille quatre cents ans \u2014 en chiffres ronds \u2014 que le milliard sera totalement dépensé.Il coulera, d'ici à ce temps-là.bien de l\u2019eau sous des ponts qui ne sont pas encore bâtis ! Cela n empêche pas les budgets de guerre de plusieurs pays d'avaler aujourd\u2019hui un milliard avec la même facilité qu un électeur gobe une promesse politique.Un homme qui vient de faire une très longue marche à pied, à tel point que les pattes semblent lui rentrer dans les hanches croirait à peine exagérer en disant qu il a fait un milliard de pas ; ce milliard de pas suffirait pourtant à faire une quinzaine de fois le tour de la terre à l\u2019équateur ou presque le voyage, aller et retour, de la terre à la lune.Une personne possédant ce qu\u2019on appelle un bon caquet peut aisément débiter cent cinquante mots à la minute, et cela tant qu elle n\u2019éprouve pas un commencement de paralysie à la langue.J'en ai entendu, un jour, une qui a fait fonctionner son moulin à paroles pendant quarante minutes en tramway, cela sans une seule pause et sans presque respirer.J'étais émerveillé mais j\u2019ai plaint sa compagne qui suait la petite mort sous la poussée de tout ce qu elle avait à dire, elle aussi, mais qui n\u2019a pas eu la chance de placer un seul mot.Croyez-vous que cette championne des quarante minutes ait lâché à l\u2019air libre un milliard de mots ?Vous seriez loin de compte si vous pensiez ça I Il lui aurait fallu faire fonctionner son moulin jour et nuit, sans arrêt d une seule seconde, pendant près de treize ans pour arriver au fameux milliard de mots ! Ces quelques aspects d un mot avec lequel nous jouons si facilement doivent nous faire réfléchir et nous donner de la prudence en matière de langage.L'accoutumance nous joue de vilains tours ; elle nous fait prendre, avec les mots, des familiarités qui les abaissent eux-mêmes jusqua la vulgarité.Nous serons bien avancés le jour où nous aurons tellement dégonflé les expressions que cela nous mettra dans 1 impossibilité de traduire la plupart de nos impressions avec l'ampleur ou l\u2019énergie qui leur convient ! \u2014-,-,- et, par exemple, en temps de campagne électorale, laisser de côté le coup de gueule pour faire place au coup de poing ?On dit que cette nouvelle méthode est déjà mise à l\u2019essai.Si les résultats qu elle donne se montrent satisfaisants, on pourra 1 étendre à l\u2019économie finan-i 1ère et s emplir les poches au lieu de prêcher l'épargne dans le désert.On dit aussi que beaucoup de gens sont en faveur de ce système.Enfin, les amoureux devront lâcher les belles phrases quils roucoulent au clair de lune en faisant des yeux de poisson pâmé ; ils ne parleront plus de serments éternels, d amoui qui leur dévore le coeur comme un petit pain chaud, de passion brûlante à incendier la brique réfractaire, de bonheur infini, supreme et autres grandiloquences réduites à l\u2019état de simples fadaises, mais ils penseront que les baisers sont aussi des gestes pouvant remplacer avantageusement les plus grands mots ; ils ne s'en priveront pas.\tH Et 1 on me dit encore que c'est déjà mis en pratique et depuis fort longtemps 4 LE SAMEDI l/Adc.\u2022able enie JE m'étais endormi insoucieusement, alangui par la fraîcheur embaumée qui montait des mousses vertes et fines, au pied d'un bouquet de fusains, quand soudain, troublant mes rêves, une chiquenaude sur le nez m'éveilla en sursaut.Le vieux docteur était devant moi.\u2014 « Mauvais cela !.fit-il, les yeux sévères ; mauvais et dangereux de dormir sous l'ombre épaisse au sein d'une moiteur trop fraîche : rhumatismes, toux rebelles, pleurésies.Allons, oust ! au soleil ! » En effet, à fleur de peau, des frissons trottèrent jusqu'à ma nuque.\u2014 « Brrr ! grelottai-je.malgré moi.Vous avez raison, docteur ; je suis glacé !.\u2014 « J'ai toujours raison, répondit-il d une voix sèche.» Mais une fois émergés du petit bois touffu, le dos arrondi sous la fournaise solaire, le malaise de froid se dissipa bien vite.\u2014 « Rentrez-vous chez vous ?me demanda le docteur.\u2014 « Ma foi ! oui, fis-je.Je cherchais l\u2019orchis vert, au diable, soit-il ! Je me suis éreinté, je meurs de soif, et sans vous, j'attrapais au moins plusieurs rhumatismes ; le résultat ne vaut pas le but ! \u2014 « J'ai mon cabriolet à la ferme de Sauvon.Je vais faire atteler et je vous emmène.» Nous cheminâmes un moment à travers les blés immobiles, hauts comme des futaies pressées.Chez Sauvan, on nous offrit un verre de vin.Le vieux docteur allait refuser quand mes yeux suppliants lui rappelèrent la sécheresse de ma gorge.On nous versa dans des verres à raies concaves, et qui, à l'occasion, devaient servir de pots à confiture, une rasade énorme Je bu , rubis sur l'ongle.Le docteur y trempa à peine ses lèvres, et sortit pour faire atteler.Comme je me baissais, la pipe bourrée aux dents, vers les cendres du foyer où se mouraient quelques braises roses et bleues, j'aperçus la mère Sauvan.versant avec des précautions infinies, par un filet menu, dans la bouteille noire, le vin auquel le médecin avait à peine touché.\u2014 « Ça serait pitié de perdre de si bonne marchandise, murmura-t-elle en plaçant le litre au fond d'un bahut, d'autant plus que monsieur Taulier n'a pas les fièvres.» Le cheval était attelé ; et le médecin, rênes en main, me faisait signe de monter.Je grimpai sur l'antique guimbarde et nous partîmes, au pas.\u2014¦ « Je vous avertis que Fémur ne trotte que dans les rares occasions, fit le docteur.Comme il sait parfaitement qu'il retourne au râtelier et qu'aucun malade ne m'attend, nous irons donc jusqu'au bourg, tout doucement, à son gré.Si la route vous paraît longue, je vous permets de reprendre votre somme !.\u2014 « Merci, docteur, répondis-je en riant ; mais le sommeil est loin maintenant.Racontez-moi plutôt un de ces drames ou une de ces comédies intimes que votre ministère a dû vous faire rencontrer et connaître.Vous ne nommerez personne .» Il haussa les épaules, puis les yeux songeurs, se mit à chercher dans ses souvenirs.La voiture allait d une allure de char à bœufs, avec un vague murmure sur ses ressorts berceurs ; au loin, la terre flambait dans les champs en friche, et de légers papillons blancs et jaunes d'un vol d\u2019insecte ivre de chaleur, traversaient la route poussiéreuse .Le médecin enroula les rênes autour du manche du fouet, et les bras libres pour ses grands et expressifs gestes \u2014car on n est pas du Midi pour rien, n'est-ce pas ?\u2014 raconta : __« Vous vous souvenez du père Roubeyrol ?.le père Cimetière, comme on l'appelait ?.\u2014 Ah ! mais diable ! ce « vous » me gêne .Ne te tutoyais-je pas autrefois ?Autrefois, quand ta mère t'apportait dans mon cabinet, le cuir chevelu fendu ou une entorse à la cheville ?.Dieu ! étais-tu mauvais sujet !.Tiens ! je me souviens qu'un jour, pen- dant un pansement que j appliquais sur un de tes pieds à demi broyé par la chute d'un pavé, tu me flanquas de ta petite main, une gifle splendide .Donc je te tutoie.\u2014\t« Mais oui, docteur, mais oui .fis-je en souriant.\u2014\t« Alors le père Roubeyrol .reprit-il.\u2014\t«Parfaitement, je me rappelle .Un grand vieux un peu cassé, au chef branlant, chauve comme une carapace de tortue, avec des paupières sans cils, à chair vive et rouge, toujours humectées d une bordure de larmes claires.Et de tout son visage, ce qui est demeuré le plus vivace en mon souvenir, ce sont ses yeux : des yeux purs comme des creux de fleurs humides et dans lesquels couraient des lumières multicolores d\u2019étoiles scintillantes.Plus tard, quand dans mon imagination s\u2019évoquaient la splendeur des prunelles d'héroïnes romanesques ou de fiers chevaliers aux regards exquis, tous visionnaient dans mes rêves avec les beaux yeux du père Roubeyrol.Ses yeux avaient vingt ans dans sa figure d un siècle.Il doit dormir, là haut, parmi les cyprès et les pins, n\u2019est-ce pas 7., Depuis longtemps ?\u2014\t« Une quinzaine d'années .Et ses prunelles qui, jusqu en la mort, sont demeurées les deux petits astres merveilleux dont tu te souviens, ont dû donner un mirifique repas aux vers et aux insectes affamés des tombes rares.\u2014\t« Il est trépassé de maladie ?» Le vieux docteur eut un geste navré des bras.\u2014\t« De maladie, fit-il, oui .Du mal d'amour.\u2014\t« Hein ?.sursautai-je.\u2014\t« Du mal mortel d'un amour fou, surhumain, te dis-je.» Je me mis à rire.\u2014\t«Sapristi ! cria le médecin, tu ricanes comme un imbécile, sans songer que derrière ces yeux de LE PÈRE « CIMETIÈRE » AVAIT RENCONTRÉ LA JEUNE VEUVE vingt ans pouvait fleurir une âme d amoureux aussi flambante que la tienne !.Eh bien ! cette âme-là y fleurissait.Est-elle déclose d un trop long espoir ou d un trop court désespoir qui ouvrit le coeur mince et usé?,.Toi qui psychologues éperdû-ment parfois sur l'amour à tout âge, cherche .Mais moi qui suis l'organe et le muscle et pour qui, leur déchéance et leur brisement ne sont jamais inconnus, je t'affirme que la rupture de l\u2019anévrisme qui tua le pauvre vieux n'eut d'autre cause qu'une joie démente de paradis.D'ailleurs, un aveu, dans un moment de fièvre et de crispation, alors que je me penchais sur lui pour un diagnostic, dissipe tous mes doutes.Le père Roubeyrol, aux yeux de fleurs, est mort d'amour, je te le répète.« Tu dois te souvenir aussi qu\u2019à chaque été, pendant deux mois, madame de Saint-Geniès.la jeune veuve du capitaine assassiné en pleine brousse africaine, venait demeurer au château de sa tante, la vicomtesse de Soûs ?Dans tes courses de gamin vagabond à travers champs et landes, tu l'as rencontrée certainement, toujouis pâle et endeuillée, toujours seule, remorquant derrière ses pas las une morne et incurable douleur .C'est elle que le père Cimetière aima, et de cet amour, pour elle, qu'il mourut.« Par des lambeaux de phrases que ] arrachai au vieux après 1 aveu dont je t ai parlé, je réussis à connaître et a deviner surtout la genèse de cette adoration.Il 1 avait rencontrée un jour parmi les sentiers de la forêt de Montine.Elle montait un étalon arabe, ombrageux et fou.L animal eut peur d un col claquant de peidreaux et rebroussa chemin, à bride abattue, bondissant comme une chèvre.« Aux cris d effroi poussés par madame de Saint-Geniès, a demi-désarçonnée, le père Roubeyrol se 1er mai 1937 5 V UN JOUR PARMI LES SENTIERS DE LA FORÊT DE MONTINE I 'S* précipita bravement au devant de la bête indomptée, et malgré ses faibles muscles, réussit à la maîtriser.La jeune femme, voyant devant elle un homme en blouse déteinte et en pantalon rapiécié, lui tendit sa bourse.« Avec un geste offensé, le vieux paysan la refusa, et soulevant sa casquette, continua son chemin.Soudain, il sentit deux bras ronds, aux poignets nus, enlacer son cou, et comme il tournait la tête, un baiser, sans doute destiné pour sa joue ou son front, se poser câlin et reconnaissant sur le coin de sa bouche \u2014 « Là !.» me disait-il en frissonnant et en closant ses yeux d'extase.Ce baiser fut l\u2019étincelle qui alluma la fournaise mortelle.« On s'aperçut bien à la ferme du gendre où habitait le vieux Cimetière que le père avait changé tout d\u2019un coup, que de sémillant et malicieux qu'il était encore autrefois, il était devenu taciturne, sauvage et rêveur ; mais on mit cela sur le compte de la vieillesse qui pressent la fin prochaine.\u2014 « Le père tourne à l'enfance, me dit un jour sa fille que je rencontrai en revenant d'une tournée.Figurez-vous, monsieur Taulier, qu'il s'est mis dans la tête d\u2019apprendre à lire et à écrire .A son âge ! Et il paraît, à ce que dit mon aîné Célestin, qui lui fait l\u2019école, qu'il apprend avec une facilité invraisemblable.Au bout de cinq leçon*-, il connaissait toutes ses lettres, et maintenant, à l'heure qu'il est, il épelle convenablement les gros caractères de son principe.L'écriture va un peu plus mal \u2014 parce qu'il tremble trop \u2014 mais il y met un tel acharnement que le soleil ne lui suffisant plus, il m use pour trois sous de bougie chaque nuit.Pauvre père, à son âge !»\t.\t., « Avant de la quitter, je la priai de me tenir au courant des faits et progrès de l\u2019aïeul.Chose incroyable ! en moins de six mois, il sut lire et écrire.« Son vieux cœur, sous une sève de jeunesse, se mit à refleurir d\u2019une floraison adolescente de tous les instincts pieux et de toutes les pitiés généreuses des amoureux extasiés.Les quelques sous que son gendre lui donnait, chaque dimanche, pour lui permettre, à l'auberge, une partie de quadrette, accompagnée d\u2019une bouteille de vin, passèrent dans les poches des mendigots et des chemineaux aux yeux souffreteux.Il me souvient qu un pauvre diable de saltimbanque, dont la voiture décarcassée, flamba un soir comme un paquet d'allumettes, et qui se vit obligé, pour ne pas coucher à la belle étoile, d'établir son gîte dans un hangar abandonné, trouva, en rentrant, sa petite fille \u2014 malade déjà \u2014 étendue, raide et froide, dans le misérable lit prêté .Le père Roubeyrol vola quinze francs à son gendre pour que la pauvre gosse pût s'en aller au cimetière dans une caisse de bois blanc.« Puis, peu à peu, comme un vieil arbre tordu dont la sève et l'aubier agonisent, le vieux Roubeyrol se tassa, se ratatina, sa tête, chaque jour, un peu plus près de la terre, au bout de son échine en voûte, indressable.La teinte brique de son visage se transmua en une pâleur de cire vierge, et son nez s\u2019effila comme une lame de marbre blanc transparent.« Il passait ses journées, accroupi dans un coin lumineux, sous la lucarne ensoleillée de la chambre aux sacs de blé, refusant doucement, sans un mot, le boire et le manger qu on lui apportait.« Un matin à l aube mauve, son gendre, en traversant l'aire, le trouva étendu, semblant endormi dans un rêve splenddie, tant ses yeux d'ange, grands ouverts, souriaient émerveillés.En le soulevant, pour le transporter sur son lit.il s\u2019aperçut que son échine rigide et courbée s\u2019était redressée et assou- Par Pierre Gallien Illustration de F.BAZIN plie.Quand il eut repris ses sens sous des frictions au vinaigre et des applications d\u2019eau froide, on vint me chercher.«Je le trouvai à bout d\u2019haleine, moribond, son pauvre vieux coeur battant une chamade grandiose dans sa poitrine étriquée qui peignait.\u2014\t« C\u2019est ici qu il y a du mal ?.lui demandai-je en posant ma main sur l'organe fou.« Il répondit non de la tête .Je demeurai étonné.\u2014\t« Où alors ?.» \u2014\t«Nulle part.» soupira-t-il faiblement.« Mais je vis ses mains maigres, étendues sur la couverture blanche, crisper convulsivement leurs doigts noueux aux creux des paumes, tandis que sa lèvre inférieure remontait pour l'éclat d'un sanglot.« Je me penchai néanmoins, et commençai l\u2019auscultation quand soudain l'aveu dont je t\u2019ai parlé tout à l\u2019heure, coula comme un murmure d\u2019extase des lèvres blémies du père Roubeyrol : \u2014\t« Oh ! que je vous aime, madame ! .que je vous aime, Mireille !.» fit-il.«Toi, tu fusses peut-être demeuré pantelant et effaré devant l'obscure et troublante psychologie de cette adoration, mais moi, après que j\u2019eus appris l'aventure de la forêt de Montine, et qui jugeai mes soins superflus, je m'en fus tout droit frapper à la porte du château où madame de Saint-Geniès était arrivée depuis quelques jours.« Je lui racontai l'histoire.«Elle n\u2019eut pas ton rire niais de tout à l'heure.\u2014\t«Pauvre vieux ! fit-elle avec des yeux pitoyables.Et vous dites qu'il meurt ?.\u2014\t«Qu\u2019il meurt, oui, madame .\u2014\t« Eh bien ! docteur, conduisez-moi vers lui Ma présence fera peut-être fleurir sur sa triste agonie un doux apaisement et un dernier sourire .» « Avant de monter dans la chambre du vieux, je fis prévenir que tout le monde eût à se retirer.Puis, sans bruit, nous parvînmes jusque sur le seuil.« Par la porte entr\u2019ouverte, je poussai doucement, parmi un rectangle doré de lumières qui entra avec elle, madame de Saint-Geniès .« Un grand cri de surhumaine joie bondit, brisant le silence épandu sur toute la ferme .«Je me précipitai .«Le vieux était mort, ses yeux demeurés éclos comme deux fleurs frigides.« Pieusement, madame de Saint-Geniès baisa son front ravagé dont l'épiderme s'était rosie, et essaya de ses doigts caressants d'abaisser ses paupières à chair meurtrie.Malgré plusieurs pressions répétées, les paupières ne voulurent se fermer, et le cher vieux demeura, sur sa couche maigre, ses yeux splendides éveillés et non vitreux.« Quand on le souleva pour l\u2019étendre au fond de la bière légère de sapin blanc, quinze ou vingt chiffons de papier cachés sous l\u2019oreiller sur lequel reposait sa tête, tombèrent sur le plancher.«On les déplia et on lut quelques lignes écrites au crayon.C\u2019étaient des lettres d\u2019amour, griffonnées d une pauvre écriture tremblante de gosse.\u2014\t« Mireio, disait l'une \u2014 celle que madame de Saint-Geniès a voulu garder \u2014 vous êtes belle comme les étoiles et les blés souples, et je vous aime ! Mireio, la joie de votre baiser est descendue en le refuge de mon cœur, et c\u2019est de la joie pour toute la vie .Mireio, vous êtes belle comme les chutes de crépuscule et les auréoles d aube, et je vous ai~.e !.» « Hein ?pour une cervelle épaisse de paysan ignare, la phrase n était point commune !.ce que c'est que l'amour !.«Toutes scs lettres étaient signées de son prénom : Benoît.« On mit tout cela dans la nuit du cercueil, et tout cela a dû pourrir depuis longtemps côte à côte avec son cœur et ses yeux de vingt ans .La paix soit sur ce qui reste de ses os centenaires .» Voilà !. A - mM * ! J3É '1 \u2022 i T fio ptef f.js grandes invasions, comme celle d\u2019Attila que représente cette gravure, d'après le tableau de Chéda.seiaient dues principalement.si l'on en croit certains savants, à des troubles solaires ayant leur répercussion sur la terre.L\u2019Astre de Vie et de Mort mJ ^ 1 mm Chronique Scientifique Certaines taches solaires ont de telles dimensions qu'elles pourraient engloutir des centaines de globes comme notre terre.Dans le coin droit de cette gravure, un aspect des immenses gerbes de flammes, atteignant deux ou trois cents mille milles de longueur et qui s\u2019échappent de la surface du soleil.Une tache solaire en période de grande activité h F.de V. 1er mai 13 3/ 7 RÉCEMMENT, nous avons fait une excursion sur la planète Vénus ; excursion imaginaire, bien entendu, mais néanmoins réalisée d après ce que les plus minutieuses observations astronomiques de cette planète peuvent nous apprendre sur elle.11 me fait plaisir, à cette occasion, de remercier les nombreux lecteurs qui se sont intéressés à cette chronique; un seul ingénu ne l\u2019a pas comprise et a même eu la sottise de me l\u2019écrire en termes dont la grossièreté est à l'échelle de son ignorance.Un seul pédant à qui j'aurais rcoondu personnellement, s'il avait donné son adresse, dans tout un public intelligent, c\u2019est peu de chose, c'est insignifiant ; je dirai même que c'est une excellente chose, car cela fait mieux ressortir, par contraste, la bonne qualité de l'ensemble.Nous allons examiner aujourd hui, à distance, pour ne pas nous brûler, 1 astre auquel nous devons l'entretien de la vie sur la terre .et aussi pas mal de catastrophes : le soleil, dont les anciens avaient fait un dieu et dont les générations futures feront probablement le plus puissant et le plus économique des moteurs mécaniques.Bien que notre soleil ne soit pas, loin de là, une des plus grosses étoiles de notre unie ers, c\u2019est tout de même, comparativement à nos faibles possibilités humaines, une énorme source de chaleur et de lumière.Cette chaleur équivaut à ce que donnerait la combustion de sept cent millions de milliards de tonnes de charbon qui brûleraient depuis des millions d\u2019années ; un joli foyer qui n'est sans doute pas près de s'éteindre, à moins d une transformation toujours possible de sa constitution atomique.Pour donner une idée plus exacte du foyer solaire, et tout en mettant de côté les calculs de laboratoires toujours fastidieux pour le public, je vous dirai que la chaleur provenant du soleil et reçue par la terre pourrait, si elle était utilisée totalement actionner une multitude de machines ayant une force globale de trois cents milliards de chevaux-vapeur.Ce serait plus que suffisant, surtout avec nos besoins actuels, pour fournir gratuitement, à toute la population terrestre, la lumière la chaleur et 1 énergie industrielle.Ce serait trop beau, nous ne verrons jamais ça ! Or.on a également calculé que la terre ne reçoit que la demi-milliardième partie de la chaleur totale du soleil, et c'est fort heureux pour nous ; la chaleur totale fondrait un bloc de glace gros comme notre planète en quinze minutes ; en deux heures seulement elle le transformerait en un nuage de vapeur.Comme il y a des millions d années que cela dure, on est en droit de se demander comment il se fait que cette chaleur se soit maintenue sans déperdition sensible depuis si longtemps.11 est impossible de concevoir le soleil comme un foyer brûlant de lui-même ; on a démontré que, dans ces conditions, il n\u2019aurait duré guere plus de cinq mille ans ; on a donc établi d'autres théories, dont quelques-unes fort ingénieuses, permettant déjà de lui accorder une durée d'une cinquantaine de millions d années.Ce n'était pas encore assez pour les besoins de la cause, et il a bien fallu avouer que nous avons encore beaucoup à apprendre sur notre dispensateur de lumière et de chaleur avant d être fixés sur le temps qui lui reste à vivre.Soyons toutefois sans inquiétude ; à moins d accident imprévu, il en a encore pour pas mal de millions d\u2019années.11 est inutile d'insister beaucoup sur le fait que, sans le soleil, la vie, telle que nous la connaissons du moins, serait impossible sur la tene.Ce serait la nuit perpétuelle, et surtout un froid auprès duquel la température du pôle nord pourrait être qualifiée de tropicale.La terre roulerait dans 1 espace comme une chose inerte, silencieuse et glacée, et c est là probablement le sort d'autres planètes qui accompagnent, en d\u2019autres points de 1 univers, des soleils éteints depuis longtemps.De curieuses gravures très anciennes dont l'une prétend montrer l\u2019influence du soleil sur l être humain et l'autre nous fait assister à une opération chirurgicale dont les détails sont réglés par des astrologues d'après l\u2019état des astres.Nous devons tant de choses à notre astre lumineux qu\u2019il est vrai de dire que nous lui devons tout, sauf la pensée ; encore, il faut reconnaître qu'il a une influence considérable sur celle-ci.Il est déjà facile de constater que, par un temps bien ensoleillé, nous avons l'esprit beaucoup plus joyeux \u2014 et le cœur plus sentimental également \u2014 que par les journées grises où les nuages pleurent lamentablement l'ennui avec la pluie, mais le rôle du soleil est loin de se borner à cela ; notre astre règle, et souvent dérègle nos habitudes, nos idées, et.par suite, le comportement de notre vie.En plus des ondes calorifiques et lumineuses qu'il nous envoie, c'est le grand fournisseur d\u2019électricité sous toutes ^es formes, depuis les aurores boréales jusqu'à la foudre, en comprenant les courants magnétiques et bien d'autres choses encore.Nous sommes perpétuellement dans un océan d\u2019ondes invisibles, mais dont la puissance est hors de doute.Environ tous les onze ans, alors que les « taches » du soleil présentent une recrudescence d activité, de formidable orages magnétiques déferlent sur la terre et jettent le trouble dans les installations électriques de précision et dans les transmissions de la radio ; les boussoles sont affolées pendant une durée plus ou moins longue, et il n'est pas du tout ridicule de penser que cette autre boussole, qui s appelle une caboche humaine, cet instrument de précision qu'est le cerveau, soit également affecté par cet extraordinaire afflux d'ondes.Le dernier gros orage magnétique de ce genre a eu lieu en 1926 et, si Ton veut bien se reporter à cette époque, en analyser la politique générale et en tirer des conclusions, on en déduira facilement, qu'en de multiples pays, les hommes ont fait suffisamment de blagues pour faire supposer qu ils avaient la boule un peu fêlée.Onze ans auparavant, c'était l'année 1915 qui n a pas précisément brillé par le calme à la surface de la planète et, au cours de la présente année 1937, les fameuses taches sont dans un état d activité dont nous avons toutes les chances de ressentir les effets.Il n\u2019y a qu'à considérer ce qui se passe en Espagne, et ce qui se prépare dans toute 1 Europe pour avoir l\u2019impression très nette que, si la politique internationale n\u2019est pas encore complètement folle, elle agit de manière à le devenir infailliblement.Sans doute, il faut faire la part des choses ; l'in-térêt, la bêtise, la jalousie, les vieux restants de barbarie ancestrale, tout cela mijoté dans la haine idiote peut suffire à déclencher des catastrophes à la surface du globe, mais si toute cette belle cuisine est activée par des causes extérieures et puissantes ; si la marmite aux pensées qu on appelle un cerveau se met à bouillir un peu trop fort sur le feu des ondes invisibles envoyées par le soleil dans ses crises, elle a toutes les chances de sauter et de mettre le feu à la cabane.D\u2019après des savants très sérieux, les grandes manifestations solaires ont toujours eu pour conséquences les grandes manifestations humaines et c'est à cela surtout qu'il faudrait faire remonter la cause des grands déplacements des peuples et des invasions périodiques enregistrés par ! histoire D'autre part, et pour envisager la question simplement au point de vue matériel, il ne faut pas chercher ailleurs que dans le soleil la cause de toutes les luttes des éléments à la surface de la terre.Il y engendre la foudre, les vents, depuis la brise jusqu'aux cyclones dévastateurs ; les pluies sont indirectement son œuvre ainsi que les inondations qui en résultent.Les tremblements de terre sont son œuvre, sinon oour la totalité, du moins pour une large part, et si l\u2019on ajoute à cela les sécheresses qui affament un pays, les rayons nocifs qui détruisent les cellules et les insolations meurtrières, on voit que le soleil établit pour l'humanité une sorte de comptabilité qui a son passif aussi bien que son actif.On pourrait dire de lui ce que lord Byron disait des femmes ; il avait une formule d'un tour assez élégant, et que voici « Ce qu'il y a de terrible avec les femmes, c\u2019est qu\u2019on ne peut vivre ni avec elles, ni sans elles.» Il serait évidemment faux de prétendre qu'on ne peut vivre avec le soleil, puisque c est, au contraire, sans lui qu\u2019on ne pourrait vivre, mais nous devons reconnaître qu il nous fait souvent payer bien cher le service d entretenir notre vie.Après tout, c\u2019est la règle universelle, toute chose a son endroit et son envers, et c\u2019est sans doute en application de ce principe que certains soleils politiques qui se sont donnés pour mission d'éclairer les peuples et de réchauffer leur enthousiasme leur préparent, involontairement ou non, des petites catastrophes qui feront certainement époque dans l'histoire du monde. le samedi I 8 I'M *A io û R 1 K RHODES n'est pas en faveur de la diète à outrance.CLAUDETTE COLBERT porte ici un modèle d'intérieur seyant bien à la sveltesse de sa taille et illustrant la mode printanière de l\u2019impci- ISpH 3S,^- jèC\u2019* \u2019- ^èz>A l.vient de recevoir d'un admirateur ce « ukelele » dont eV.r parait tirer grand profit.que l'on voit ici dans une scène de « Mary of Scot-land ».recherche la solitude et n\u2019aime rien tant que se promener seule en compagnie de ses deux chiens.me, \u20141 1er mai 1937 9 Ce qui se passe à Hollywood Par Louise-Gilbert SAUVAGE Correspondante du Samedi à Hollywood Du vrai [rimas en Californie, \u2014 Quand on habite une maison de verre.\u2014 Mme Withers envoie aux lectrices du Samedi le menu de Jane.\u2014 Pour être aussi chic qu'une étoile de cinéma.IL Y avait du frimas, l'autre matin, sur les toits de de Los Angeles et d\u2019Hollywood.La joie, éprouvée en apercevant ce vestige de mon cher Canada, a été de courte durée, dès que j\u2019eus jeté les yeux sur les fleurs du jardin et les deux orangers que je cultive avec un soin jaloux.Vraiment, ils avaient piteuse mine.Pour songer à autre chose, je me suis fait conduire vers les studios, où je savais que je trouverais toute la diversion voulue.QUAND ON HABITE UNE MAISON DE VERRE .et que l'on désire se dérober aux regards des chercheurs de nouvelles sensationnelles, on fait construire son coûteux abri aux flancs des ravins, ou derrière les eucalyptus, les poivriers ou les pins.C'est ainsi que la plupart des vedettes de l'écran recherchent l'éloignement de la foule qui les pour-uit dès qu\u2019elles mettent le nez dehors.Katherine Hepburn, que je rencontre à RKO, m apprend qu'elle vient d'accrocher son nid, comme l\u2019aigle, au flanc d'un « canyon ».Pour atteindre son domaine, il faut suivre une route très privée que seuls les intimes sont appelés à connaître.« Ici, m\u2019avoue-t-elle, je puis marcher dans les sentiers de la montagne sans crainte d'être dérangée.Je me repose à l\u2019aise, gardée par mes deux bons amis, Punky et Skippy, et je suis heureuse ainsi, isolée du reste du monde.» Le théâtre numéro 5 est particulièrement animé, ce matin, à Twentieth Century Fox Je demande quelle est la cause de tous les chuchotements des groupes qui s\u2019éloignent, car je ne peux tout d abord pénétrer à l\u2019intérieur, bien que munie de mon « lais-ser-passer ».Et voici ce qui s est produit : Simone Simon, qui est actuellement à filmer dans « Seventh Heaven », requise d'enlever sa robe dans une scène, ne voulut se laisser photographier ainsi, bien que parfaitement vêtue en-dessous, qu à la condition que seuls le directeur et le photographe fussent dans la salle.Ce soir, les journaux d Hollywood se hâteront de dire que Simone vient d'avoir au studio une autre crise de colère.Et qui peut l'en blâmer ?Simone lire tout cela et songera en haussant les épaules : « Ces Américains, tout de même, ne comprennent rien de rien à la discrétion française .» UN MENU POUR VOS ENFANTS hAY FRANCIS soumet aux lectrices du \u201c Samedi un projet de garde-robe qui leur permettra d'être aussi chic qu\u2019une étoile de cinéma .Madame Withers reçoit, toutes les semaines, plusieurs demandes de menus par les mamans dont les fillettes ont l'âge de Jane.Cette dernière se porte à merveille, et sans doute son espièglerie et son pep caractéristiques font-ils envie aux mères et aux enfants.Et voici de quoi se compose le menu : Déjeuner : 1 verre de jus d\u2019orange ou de pamplemousse Prunes ou pommes au four 1 plat de céréales 1 œuf poché sur rôtie.1 t-anche de bacon Elle ne prend jamais de lait lorsqu elle boit un jus d orange Diner : Potage Poulet à la royale Pommes de terre en purée, épinards Carottes crues, jus de tomates Salade d'ananas et de fromage Aucun dessert, saut une crème renversée de temps en temps Souper : Potage au poulet Côtelettes d'agneau ou rosbif saignant Fèves en gousses, tomate et laitue Petits pois ou céleri Tarte aux pammes Lait de beurre, ou sundae au chocolat, son dessert préféré, mais qu elle ne peut avoir qu'une fois la semaine COMMENT ON CRÉE UNE ÉTOILE La publicité intense que font les directeurs de studios en faveur de tel ou tel acteur (ou actrice) présentant quelque originalité susceptible d'atteindre le grand «hit », prometteur de millions de dollars, crée ces étoiles grossissant du jour au lendemain le ciel cinématographique.Robert Taylor fut l\u2019objet à M.-G.-M.d une de ces campagnes tapageuses de réclame ; mais au bout d'un an il a rapporté des dividendes à sa compagnie.A Paramount, Deanna Durbin est un autre exemple de cette publicité énorme.Elle n'a pas non plus trompé l'attente de ses directeurs, ainsi que Simone Simon, la séduisante et espiègle française qui est en train de conquérir toute 1 Amérique du Nord.AUSSI CHIC qu\u2019une ÉTOILE DE CINÉMA A Kay Francis, toujours mise avec élégance, je demandais l'autre jour, aux studios Warner Brothers, des conseils de toilette pour les lectrices du Samedi.Mon courrier m'appoite ce matin un budget établi par Kay Francis pour la jeune fille qui travaille.La célèbre actrice déclare qu\u2019avec deux cents dollars par année l'on peut être aussi élégante qu\u2019une actrice de l'écran.Voici maintenant les effets de cette garde-robe de « star » et le prix approximatif de chacun aux Etats-Unis (et que je suppose à peu près le même au Canada ) : Pour l\u2019automne et l\u2019hiver 1\tmanteau noir garni de fourrure\t$45.00 1\tensemble gris, bleu marine ou brun\t16.00 2\tblouses.5.00 1\tpaire de souliers .3.00 1\tpaire de gants lavables noirs .\t.\t.\t3.00 1\tîobe de laine (faite chez soi)\t5.00 1 robe simple de dîner et de soir, accompagnée d'une jaquette .\t10.00 Echarpes ou cravates pour l\u2019ensemble et le manteau noir.2.00 1\trobe de crêpe de soie (faite chez soi)\t5.00 1\tchapeau de feutre noir .5.00 Pour le printemps et l\u2019été 1\tpaire de souliers blancs.3.00 1 paire de souliers noirs (ceux de l\u2019hiver servant de seconds)\t3.00 1\ttailleur bleu marine ou noir ou gris\t.\t15.00 1 « swagger » de flanelle blanc, dont le manteau peut accompagner toutes les robes, et la jupe, le gilet de sport.12.00 (Lire la suite page 40) i 10 LE SAMEDI Æ M mm Æ &ËÊ&ÊÊ Illustration CHARLES AVAIT PRIS SUZANNE DANS SES BRAS ET LUI MURMURAIT DES MOTS D'AMOUR.H.Neville Mariage de Raison NOUS allons vous donner l'heure exacte de l\u2019Observatoire de Paris.Au troisième «toc» il sera exactement .Comme chaque matin, dans la vaste salle à manger des époux Reiter, le poste de radio débitait le chapelet des faits divers, des revues de la presse mondiale et aussi celui d'une publicité chantée qui ne troublaient plus la bonne Mme Reiter absorbée par le nettoyage de meubles qui faisaient son orgueil.Oh ! bien entendu, la brave femme avait une bonne ! M.Reiter ne possédait-il pas la maison de tissus en gros la mieux achalandée de tout Rouen, et n\u2019y faisait-il pas, malgré la fameuse crise industrielle, un coquet chiffre d'affaires?Mais sa femme avait accoutumé, toute jeune, de ne laisser à personne le soin d\u2019essuyer son buffet, ses assiettes anciennes et les quelques bibelots ornant la desserte Au fond, elle n\u2019avait pris une domestique que par respect humain.Ne devait-elle pas tenir son par Line Deberre rang ?Mais une simple femme de ménage lui eût suffi.Il y avait en elle un incessant besoin d\u2019activité qu\u2019elle aurait pu dépenser dans la maison de commerce de son époux, si celui-ci n'avait point gardé d'antiques préjugés concernant le rôle de la femme dans la famille.C\u2019est au nom de ces préjugés qu'il appelait de saines traditions que sa fille Suzanne n'avait pas obtenu l\u2019autorisation d'aller suivre les cours de droit à Paris comme elle l'eût désiré.Réduite au rôle d'oisive, dans une maison où la mère de famille encore jeune, quarante-cinq ans, suffisait à tout, la jeune fille essayait de tuer le temps.Mais ce diable de temps ne se laissait pas tuer comme ça , .et Rouen, la ville de la pluie par excellence, dont les habitants, sans doute à cause du climat, se terrent dans leur demeure, offrait peu de ressources à Suzanne.Esîlc lisait d innombrables romans et épuisait sa soif d idéal à imaginer, le livre terminé, qu\u2019elle était cette enfant martyrisée, cette orpheline pauvre obligee de gagner sa vie.Le soir, pendant le dîner, M.Reiter monologuait devant deux femmes quasi muettes, L une songeant déjà à sa besogne mena-gère du lendemain, au menu à choisir, l'autre vi-vant toute éveillée son rêve d'amour, de dévouement surtout ! Suzanne, heureuse et gâtée depuis sa naissance, soul trait obscurément de ce calme bonheur que rien ne menaçait.Elle avait en elle un besoin impérieux de souf-nr, de se sacrifier.D où le tenait-elle, ce besoin?Ses parents étaient gens satisfaits, qui trouvaient 1er mai 1937 juste de 1 etre et ne se seraient certes pas complus à prévoir, à souhaiter même des catastrophes, leur permettant l\u2019oubli de soi, le renoncement de leur calme félicite.Se dévouer ! Beau programme .mais difficile à résoudre dans ce milieu bourgeois, confortable.Femme de cœur autant que femme de tête, Mme Reiter donnait annuellement son obole aux œuvres bienfaisantes de la région et son mari se montrait non seulement équitable mais généreux avec ses employés, à l'occasion.Suzanne avait l'impression d être complètement inutile en ce monde qui, ma foi, marchait très bien sans elle ou du moins n\u2019eût pas mieux marché, affirmait son père, si elle s'était mêlée de donner un peu de temps aux pauvres gens ayant plus besoin d'argent que de conseils et de secours moral \u2014 Marie-toi donc ! Ce ne sont pas les prétentants qui te manquent.Tu as le choix.\u2014 Décide-toi, répondit vingt fois par jour la mère, inquiète de voir tant de mélancolie sur le jeune visage.Tu as l'air d'une âme en peine .Dame, te voilà en âge d avoir ton ménage.Vingt-deux ans, c\u2019est le bon âge, on sait ce qu on fait.Quoique, au fond, ici, tu sais, c\u2019est ton bon temps, aucun souci, des parents qui t épargnent tous les ennuis de l existen-ce Ton père et moi nous n avons pas eu des débuts aussi heureux que ceux que nous te réservons.En ai-je /ait des calculs pour joindre les deux bouts, au commencement, quand ton père ne gagnait que quatre cents francs par mois ! IVia dot était mince et nous devions encore aider pécu-nigirement papa qui était déjà si malade et pas riche ! Je courais de la maison à son logis .Jamais une minute à moi.Ah ! nous avons eu des moments pas drôles ! Suzanne devinait que sa mère ne l'eût pas comprise si elle avait riposté : \u2014 Pas drôle, non, mais tu avais, du moins, l'impression d'être indispensable à ceux que tu aimais.Tes efforts leur procuraient un peu de joie, de confort.Un pareil début serait un bonheur pour moi.Se laisser vivre, formule favorite de M.Reiter, paraissait presque coupable à la jeune fille et ce matin-là, ayant fini de ranger sa chambre et voyant par la fenêtre la pluie tomber obstinément, elle alla rejoindre Mme Reiter dans la salle à manger.\u2014 Maman, crois-tu qu on ait le droit d'attendre passivement sa part de bonheur sans essayer de la mé- riter ?\t.\t.\u2014 Mais parfaitement, affirma !a brave femme.Par conséquent, accepte ta vie telle qu elle est et prendj-en ton parti.Ah ! a propos de parti il faudra se décider à répondre a Charles Lemonnier, ma chérie.Il vient ce soir, ne l'oublie pas ' Je ne veux pas influencer ta décision, pourtant laisse-moi encore te dire que c'est le mari idéal.Trente ans, plutôt bien de sa personne, distingué, sérieux très apprécié déjà comme architecte, il ira loin, c'est moi qui te le dis II t\u2019adore, de plus, ce qui a sa valeur.Ton père, un Rouennais pur sang, aurait préféré un gendre de chez nous, mais enfin Charles Ce-monnier est installé ici depuis trois ans, on a eu le temps de le connaître, de l'apprécier.Voyons, ma petite Suzanne, il est impossible que tu sondes à refuser encore celui-la ! Le ton était sincèrement désolé.La jeune fille sourit à sa mère et se mit à penser tout haut : \u2014 C'est évidemment un parti superbe Charles Lemonnier est loin de me déplaire, sa conversation est intéressante, sa profession a un côté artiste qui me plaît et, en effet, il parait avoir de l'affection pour moi e tje crois que je pourrai l'aimer.Ce sera donc un mariage de raison, mais, à l\u2019usure, comme dit papa, ce sont les meilleurs.Embrasse ta fille, maman, et réjouis-toi, je serai Mme Lemonnier.Les rêves ne sont que des rêves .Elle ne disait pas tout ! Les autres questions : « M'aurait-il aimée sans dot ?Peut-on vraiment ne pas réaliser ses rêves ?Serais-je heureuse en aimant mon mari seulement d'affection ?» Autant de points d'interrogation qui n auraient pas obtenu de réponse.Mme Reiter se réjouit bruyamment de la décision de sa fille et, pratique, après un instant d\u2019émotion, reprit : \u2014 On gardera Charles Lemonnier à dîner, naturellement.Ah ! ma chérie, ce que je suis contente ! Je vais raffoler de mon gendre, moi.Il a perdu sa mère il y a huit ans, je pauvre garçon.Son père, lui, était mort deux ans avant.Jusqu\u2019à pré sent, ayant passé son enfance dans un collège, il ignore la vie familiale.On la lui fera apprécier, dis, Suzanne ?Elle ajouta, pensant à tout : \u2022\u2014 Nous sommes en mai, tu peux donc, sans ridicule, mettre une robe claire.Ça fait tellement plus gai, plus fiancée ! Et ta robe à rayures te va si bien ! Exceptionnement inoccupée, elle admirait sa fille et le pouvait, sans être taxée d'aveuglement maternel.Suzanne, grande, mince, très brune, avait un joli visage intelligent, des yeux superbes, un front d'idéaliste, une grâce discrète de jeune princesse un peu distante.Le sourire, malheureusement trop rare, adoucisait les traits assez sévères, rajeunissait ce visage au point de le rendre presque enfantin.Que le jeune architecte se fût épris d elle s\u2019expliquait admirablement.L aimait-il comme on aime dans les romans ou simplement d'une tendresse raisonnée ! Sérieux, presque trop sérieux, un peu froid, Charles Lemonnier ne donnait nullement l\u2019inpression de souffrir de sa solitude.Apprécierait-il la douceur d\u2019une affection familiale ?Suzanne en doutait, tant ce fiancé accepté et, du reste, séduisant, paraissait certain de se toujours suffire à soi-même.Capable de protéger les siens, il ne devait pas avoir besoin de la moindre protection, même sentimentale.Travailleur, ambitieux, il avait eu la chance de réussir et se montrait trop pondéré dans ses désirs pour risquer les déceptions.Allons, Suzanne serait sa femme, sa compagne, une associée qui n\u2019aurait rien autre à faire qu'à se laisser aimer et à vivre en marge des occupations de son mari.Une fois de plus, elle se jugea folle de ne pas se sentir absoument satisfaite.Et elle reconnut en elle-même qu'elle n'aurait pas pu trouver mieux que ce fiancé parfait.II Ils sont faits l\u2019un pour l'autre, cons- tata Mme Reiter en voyant les deux jeunes gens se sourire.M Reiter, également satisfait, fit seul les frais de la conversation, pendant le dîner.Après le café, Charles Lemonnier, pourtant, parut désireux de sortir de son mutisme.Il lança ça et là de petites phrases inachevées qui n\u2019attirèrent pas /attention de M.m m Demandez le TUBE SPÉCIAL POUR 9 TRAITEMENTS et 3 autres Aides de Beauté Pond\u2019s Pond\u2019s Extract Company ot Canada, Ltd., Dépt.CE-1, 100 Brock Ave., Toronto, Ontario.Veuillez m\u2019envoyer immédiatement le tube spécial de Pond\u2019s Cold Cream, suffisant pour 9 traitements, ainsi que des échantillons de 2 autres Crèmes Pond\u2019s et 5 nuances différentes de Pond\u2019s Face Powder (Poudre Faciale).Ci-inclus 10c pour frais de port et d'emballage.Nom-g§;gfig|ff,|-,\t4'.; .Vhjr.j Ç#m Rue\u2014\u2014*-_____________~ g \" : :\t( m A || Ville-Province- Fabrication canadienne Tous droits réservés par Pond's Extract Co.of Canada, Ltd.Beautés de yy/m?/e QUI CONSERVENT LEUR CHARME GRÂCE À POND\u2019S QUAND le Couronnement des Souverains Anglais aura lieu, la beauté des femmes de l\u2019aristocratie britannique retiendra l\u2019attention du monde entier.Si vous pouviez demander à ces grandes dames quels sont les soins qu\u2019elles donnent à leur peau, la plupart d\u2019entre elles vous répondraient simplement \u2014\u201cPond\u2019s\u201d.Voici la fameuse méthode dont se servent tant de beautés renommées: Tous les soirs, appliquez Pond\u2019s Cold Cream.Enlevez, en les essuyant, toute la saleté, le maquillage et les sécrétions cutanées.Ensuite, tapotez un peu plus de Pond's Cold Cream \u2014 vivement, jusqu'à ce que la circulation se fasse sentir.Votre peau sera stimulée et rafraîchie.Tous les matins\u2014 (et toujours avant de vous maquiller), répétez ce traitement stimulant au Pond\u2019s Cold Cream .Votre çeau sera hsse, fraîche, pleine de vie \u2014et se poudrera a merveille.Commencez vous-même à employer Pond\u2019s.Voyez aussi votre peau devenir plus claire et plus douce\u2014et vous serez admirée pour la fraîcheur et la jeunesse de votre teint. 12 le samedi Reiter, mais firent enfin dire à sa femme, plus attentive : \u2014 Léon, si tu allais un peu avec Charles dans ton bureau ?Vous devez avoir des choses à vous confier et qui n'intéressent pas les femmes.Suzanne et moi, nous comprenons très bien que .\u2014 En effet, madame, je voudrais parler à M.Reiter de .oh ! ce n\u2019est guère important.de simples détails, nécessaires pourtant.Vous m'excuserez, mademoiselle Suzanne?\u2014 Certainement.Les deux hommes gagnèrent le bureau.Restées seules, les deux femmes se rapprochèrent l une de l'autre.\u2014 Eh bien, ma chérie, on est heureuse ?Il est parfait, ce garçon .Une distinction ! \u2014 On pourrait presque dire « une froideur », maman.Il discute en ce moment de ma dot, sans doute, riposta la jeune fille un jeu railleuse.\u2014 Je l'ignore, ma petite, mais après tout, c\u2019est une question qui a son importance, surtout pour un jeune architecte d\u2019avenir Ta dot lui permettra d\u2019accepter des travaux qui demandent un long crédit.Tu fais fi de l'argent parce que tu n\u2019en as jamais manqué.L'argent a son importance et sa grandeur.Sans lui on ne peut rien.\u2014 Je sais, je sais.De notre côté, n'avons-nous pas mis sa situation en ligne de compte dans les avantages apportés par mon fiancé ?Je ne suis ni injuste, ni sottement romanesque, va.J\u2019aurais peut-être préféré que cette discussion d'intérêt n\u2019ait pas lieu ce soir, mais .après tout, mieux vaut maintenant.\u2014 Heureuse, chérie ?redemanda Mme Reiter, soudain soucieuse, car l'entretien des deux hommes se prolongeait.\u2014 Contente .ce qui est suffisant pour le moment, mais ne te tourmente pas, je sens que je serai parmi les épouses heureuses.Le silence tomba.Mme Reiter, incapable de rester longtemps inactive, avait pris son tricot Suzanne feuilleta un magazine de modes, « la Femme de France » qui, justement donnait quelques modèles de robes de mariée.La fiancée admira les longues traînes voilées de tulle, les diadèmes fleuris ou perlés, mais sans arrêter son choix « Pour un mariage de raison, pensait-elle, tout ceci est trop beau.Le dessinateur a donné à ces figurines des allures de triomphatrices .Je ne triomphe pas, moi.» Elle allait sombrer dans la mélancolie quand la porte s'ouvrit.M.Reiter, poussant le jeune homme devant lui, annonça très haut : \u2014 Nous revoilà ! Tout est arrangé- \u2022 .Suzanne remarqua que Charles avait l\u2019air embarrassé, presque honteux.Le père reprit, et son enjouement était voulu, forcé : \u2014 A propos .Vous savez que, si notre jeune ami est orphelin depuis de longues années, il n\u2019est pourtant pas absolument sans famille et pourra nous présenter un garçon d'honneur qui, lui tient de près, son frère.Oui, il a un frère de six ans plus jeune que lui et auquel il a un peu servi de père.Charles hésitait à l\u2019inviter à son mariage mais j'ai insisté.Suzanne s'étonna que son fiancé ait pu songer à se marier sans avoir près de lui ce jeune frère et Charles expliqua qu'Henri.il s'appelait Henri, se trouvait en Afrique du Nord.\u2014 J'hésitais à lui imposer un si long voyage et du reste j\u2019ignore s\u2019il pourra venir.Votre père s'est montré très bon à son égard, généreux.Si, si, monsieur Reiter ! Votre indul- gence m'a touché car je dois vous l'avouer, Suzanne (et son visage se fit sévère, presque dur ), mon frère n'a pas toujours été tel que je le souhaitais.Oh ! il a un fond excellent, mais il est terriblement.oui.terriblement impulsif, violent aussi, parfois .ce qu\u2019on appelle dans les familles : un mauvais sujet.« Je vous devais cet aveu, à vous, qui allez devenir un peu ses parents.Ôh ! s'il vient, rien à craindre de lui, il sera parfait.brillant, même, il est de l'espèce des charmeurs, une sorte de poète épris d'aventures.\u2014 Je l'aimerai tendrement, fit Suzanne attendrie et jugeant exagérée la sévère opinion que son fiancé avait de l'absent.\u2014 Que fait-il en Afrique du Nord?\u2014 Son service militaire, madame \u2014 A vingt-quatre ans ?\u2014 Oui.à cause .Ah ! monsieur Reiter, je dois la vérité à ces dames, n'est-ce pas ?Mon frère a eu une violente discussion avec un officier.Résultat : le bataillon de discipline, pour deux ans ! Mais je sais qu\u2019il est bien noté là-bas, pour le moment du moins, et on ne refusera pas de le laiser venir.Je pense .(il épiait le visage de sa fiancée), je visage de madone .Si j\u2019étais peintre, j'aurais fait un chef-d œuvre avec un pareil modèle.Dommage que je ne sois capable de rien autre que d\u2019admirer.Bah, c'est déjà quelque chose .Un cachottier, mon frère ! Il m'a écrit une lettre de quatre pages pour m'annoncer son mariage et n a pas trouvé le moyen de me dire que vous étiez ravissante.Suzanne se mit à rire, amusée des propos de ce grand jeune homme qui ressemblait si peu à son frère.Charles, grand aussi, avait des cheveux châtains qui, déjà, grisonnaient près des tempes.Le regard gris, fatigué, s'abritait presque toujours derrière des lunettes.Le profil un peu anguleux.Henri, lui, eût admirablement personnifié le poète et son caractère changeant, tantôt exubérant de joie, tantôt mélancolique à l ex-cès.Deux yeux superbes, d\u2019un bleu variable selon la couleur du ciel, vous regardaient franchement, non sans audace, mais cette audace se nuançait de tant d'admiration en examinant la jeune fille que celle-ci, pourtant peu coquette, s'en trouva sans defense.De suite, ils furent amis.son fiancé.Henri lui révéla ce passé.Il admirait, certes, cet aîné si raisonnable, mais il ne pouvait s empêcher de montrer un peu de rancune à son égard.Et Suzanne, qui comprenait si bien le jeune homme, approuvait secrètement.Un malheur irréparable, la mort de Mme Lemonnier, alors que Charles était seulement majeur depuis quelques mois et Henri encore un collégien.\u2014 J'avais seize ans, lâge où l'on a tant besoin de conseils, de tendresse ! Oh ! grâce à mon frère, les conseils ne m'ont pas manqué .mais le reste ! Voyez-vous, Charles, qui a de grandes qualités, est si différent de moi.Je ressemble à ma mère, moi.Comme vous l auriez aimée ! Elle était douce, elle avait souvent, oh ! avec moi seulement, des élans de joie bruyante.On aurait dit alors une petite fille en récréation.Tous deux, le dimanche, on s\u2019en allait, au hasard, dans Paris.Elle s amusait de tout, admirait tout, car, ainsi que moi, elle ne voyait pas ce qui était laid mais seulement ce qui était plaisant, joli.Elle me comprenait si bien! Jamais elle ne me disait non, alors que Charles, un peu orgueilleux de son titre de chef de famille, grognait sans cesse, lui recommandait la prudence, me parlait raison, études, ave-n-r ! « Nous n\u2019étions pas riches, c\u2019est vrai.mais je vous assure que nos sorties ne grevaient guère le budget.Maman était une amie pour moi, une camarade .On riait comme deux gosses faisant l'école buissonnière, quand on était ensemble «Savez-vous comment j avais baptisé Charles ?« Frère Ronchon » ! Maman me grondait pour la forme, mais elle reconnaissait vite que son aîné était terrible ! Il n'a jamais eu de jeunesse, lui ! Il est né vieux.« Oh ! il fera un excellent mari.Comme les après-midi passaient vite, maintenant ! Suzanne ne se lassait pas d'entendre Henri qui, parfois, regrettant ces confidences, affirmait, dans un sinsère désir de ne pas amoindrir son aîné, que Charles valait cent fois mieux que lui.-\u2014 Ah ! il en a de la chance, mon frère, de vous épouser ! Si je pouvais trouver une femme comme vous, je serais sauvé.Maintenant, Suzanne avait de quoi alimenter son imagination, elle avait à qui penser ! Le sort d Henri la tourmentait, 1 absorbait, elle ne songeait guère qu'à cela : sauver ce pauvre petit ! Toujours clairvoyante, sa mère avait essayé d'attirer l'attention de son mari, du fiancé, sur ces longs entretiens à deux, mais elle se faisait scrupule d exagérer un danger qui, espérait-elle, ne menaçait que le frère de Charles ! Mon bon Charles, votre frère accapare un peu trop ma fille, qui a besoin de s'occuper de ses toilettes.Conseillez donc à Henri de visiter îa ville.Rouen vaut la peine qu'on lui accorde un peu d\u2019attention.\u2014 Henri n aime pas les monuments anciens, il prétend que cela l attriste.Je : bis content de constater à quel P'unt mon frère et ma fiancée sympathisent.Du reste, Henri repart le lendemain de la cérémonie, il serait cruel de le priver cie ces causeries qui lui plaisent tant ! La brave femme se rejeta sur son mari.Ris donc, I on, tu ne trouves pas qu Henri est un peu trop souvent ici?Notre fille est ravissante, tu sais.et l\u2019on pourrait craindre que ce jeune fou s en éprenne.*»»s**3s****ss3»j«*3tsssssjsss3sxssse3s**ss*sss3SSM^^ Sur un Portrait de Femme ?Lors sur le carton j'admire ton profil, T on œil qui se dérobe à l'abri de ses cils, Tu semblés sous le feu de l\u2019éclat qui t\u2019anime.Du rêve poursuivi garder l'effet intime; Ta bouche qui s'allonge en un baiser lointain.Instrument merveilleux dans l'espace incertain D\u2019enivrante liqueur gardant le jeu perfide.Ne vais-je pas ce soir la toucher dans le vide ?Et couronnant ton chef d'un reflet paresseux, Me diras-tu quel vent ondule tes cheveux ?.\u2014 Ta lèvre a murmuré tout bas; tu me demandes Que de ton cadre d'or mon amour te descende .Que ta voix soit légère et tes mots aériens.Art pur, beauté, grâce au profil athénien .Moi je crains de briser en rompant le silence Ce charme délicat comme la conscience .Don Carlos, E.E.L.«SJtS3eSSt3SSJS3SJS3SJSSWe*»SSMÉ3S3SSS3eSJe3SSS*»e**SÎSÎSS3S*X*XS!S3SSeSS383SJS3S3S3 pense qu'il est inutile de donner ces détails intimes à vos amis ?Mon frère se présentera en civil, naturellement, ce qui lui évitera toute question gênante.Suzanne, ne soyez pas trop sévère pour 'ui quand vous le verrez.C'est ce qu'on appelle un mauvais sujet, soit, mais c\u2019est surtout un pauvre petit.oui, je vous l'affirme, un pauvre petit.et, malgré tout, je l\u2019aime bien.Il était ému, enfin ! Sa tendresse persistante pour ce cadet inquiétant se lisait sur son visage.Tout bas, Suzanne répéta : \u2014 Un pauvre petit.Un pauvre petit qui a besoin d'affection, on ne la lui marchandera pas, je vous le promets.Charles saisit la main blanche de la jeune fille et la porta à ses lèvres.Rassuré, il reprit vite son allure froide et, le reste de la soirée, discuta architecture avec son futur beau-père qui, n'y connaissant rien, avait néanmoins des idées très arrêtées sur cette question.III À LORS, c'est vous ma future belle-' ' sœur ?Mais vous êtes jolie comme tout, savez-vous bien I Un vrai Les deux fiancés, également sur 1 défensive, n étaient guère devenu plus intimes malgré deux longs moi d intimité quotidienne.Suzanne n'a vait rien à confier à ce grave archi tecte absorbé, lui semblait-il, par se travaux.Et lui, toujours froid, eu sans doute jugé puériles les confiden ces de la jeune fille, ses craintes, se espoirs .Très vite, s\u2019apercevan qu\u2019il souffrait sans ses lunettes, ell lui avait conseillé de les garder e il avait accepté.Le regard de la fian cée se heurtait donc à ses verre épaû derrière lesquels se dissimulai l autre regard.En tout cas, Charles paraissait sur tout se plaire en la compagnie d M.Reiter qui, toujours bavard, avai gagné un auditeur de plus.L'arrivée, quinze jours avant 1 mariage, d Henri Lemonnier, mi dans la demeure de la fiancée u peu de jeunesse et de gaîté.Alors que Charles était absorb toute la journée par son travail, Hen ri, lui, ne sachant quoi faire dan cette ville abandonné par le solei bavardait.La jeune fille ne savait pas grand\u2019 chose du passé studieux et grave d 1er mai 1937 13 \u2014 Oh ! voyons .la fiancée de son frère ! Tu n'y penses pas.Henri, certes, était plus brillant causeur que son aîné.Il faisait le soir, les frais de la conversation et captait visiblement l'attention de la jeune fille.Mais cela n'avait aucune importance.\u2014 Rassure-toi, Léontine.Nos jeunes amoureux ont toute la vie pour bavarder.Charles est soucieux, ce qui r.\u2019est pas pour me déplaire.Cela prouve qu'il a conscience des responsabilités qui l'attendent.Elle n\u2019insista pas.Néanmoins la tranquillité de son mari, de Charles, calma un peu ses inquiétudes.Et puis elle était si affairée ! Un mariage, ce n\u2019est pas une petite affaire pour une maman.Tout lui lestait sur les bras, comme elle disait.Suzanne ne l accompagnait que le matin chez la couturière.C est Mme Reiter qui avait choisi le logis des jeunes mariés, arrête le menu du repas de noces, désigné les invités, décidé de l\u2019installation électrique, etc.\u2014 Charge-toi décrire les adresses des lettres de faire-part, chérie, de-, manda-t-elle à sa fille.Elles n arriveront que trois jours avant le mariage, ce qui est déjà un sérieux retard.Henri t\u2019aidera puisqu'il ne sait pas auoi faire de son temps.IV Ces inoffensifs imprimés, entassés sur la table, devant Henri, déclenchèrent en lui un de ces accès de violence dont avait parlé son frè- IC.Blême, les gestes fous, il éparpilla d'une main brutale les cartons sur le tapis.\u2014 Ce mariage est une sottise, s'écria-t-il.Il faut être aveugle comme Charles pour ne pas voir que vous vous sacrifiez .car vous ne 1 aimez pas.Vous êtes de ces demoiselles bien élevées et respectueusement soumises, qui acceptent le fiancé imposé par les parents.Mais Charles ne vous rendra pas heureuse.Vous n'avez rien de commun avec lui, ni les goûts, ni le caractère, ni les aspirations ! Mon frère, du reste, se marie comme on choisit une profession et comme à quarante ans, il prendra une assurance sur la vie .par raison ! Vous valez mieux que ça et je m\u2019oppose à une pareille union .Il avait rageusement renversé le vase contenant le dernier bouquet du fiancé, offert la veille au soir.Les roses blanches s'effeuillaient, montraient leur armature de laiton vert pendant que le tapis épais buvait 1 eau répandue.Suzanne, à la fois mécontente et peinée, se baissa pour amasser les débris du vase et cc geste adoucit le jeune homme qui marmotta de vagues excuses, mais, immédiatement après, plaida « non coupable ».C\u2019était cette union proche qui l'avait mis hors de lui.Pareil mariage était tellement monstrueux.Oui, monstrueux, le mot n était pas exagère, car Suzanne courait à son mal- heur.\t.\t,.Oh ! naturellement, Charles n était pas de ces hommes qui battent leur compagne, dilapident leur dot au jeu et font scandale dans leur milieu mais il saurait comme pas un lasser la tendresse, la bonne volonté même, de sa femme.L\u2019ennui s installerait en maître à ce nouveau foyer ou 1 on ne parlerait que travail, économie.raison, devoir !\t, _ Quelle plaidoirie ! essaya de plaisanter la jeune fille ne voulant n3s avoir l\u2019air de prendre cette scene au tragique.Travail, raison, devoir, voilà un beau programme d avenir et qui offre toute garantie.Ne soyez pas injuste .ni ridicule, Henri.Il protesta, négligeant de se défendre de cette injustice et de ce ridicule, uniquement soucieux de ce qui, selon lui, menaçait Suzanne.\u2014 Qui offre toute garantie de quoi ?Pas de bonheur, en tous cas.Le bonheur ne s\u2019organise pas avec de pareils mots.\u2014 Oh ! le bonheur .c'est une grande, très grande affaire, mon ami.Existe-t-il, du reste, et ne doit-on pas savoir se contenter de moins ?Henri affirma qu'il était criminel d\u2019y renoncer délibérément sans avoir tenté de le conquérir Le bonheur ?Mais oui, il existait.Il était à la portée de tous, et gratuitement encore.Il n'y avait qu'à le vouloir et à savoir le reconnaître.Charles non plus ne serait pas heureux ! Suzanne n'était pas du tout la femme qui lui convenait.Il ne savait même pas voir combien elle était charmante, cette fiancée.Il serait éternellement l\u2019être positif, travailleur, sérieux, uniquement occupé de son avenir.Un bûcheur, oui, mais un ambitieux, persuadé de sa valeur personnelle, sûr d'arriver et qui ne demanderait à sa femme que d tre bonne ménagère, soumise, effacée.\u2014 Voyons.Suzanne, vous savez bien, au fond, que c\u2019est un mariage de raison ! Charles ne vous aime pas .vous ne l\u2019aimez pas non plus.Vous avez l\u2019un pour h autre, déjà, la tranquille affection de gens mariés depuis vingt ans et vous .vous .vous acceptez ?Vous vous résignez?Mais l'amour existe, et le bonheur .et la joie de vivre son rêve .Car vous avez dû rêver autre chose que cette union banale d'un bureau d architecte et d'une belle dot ?Reprenez-vous, comprenez .osez vouloir et choisir selon votre coeur.Il s\u2019était fait plus doux, presque suppliant.Suzanne, troublée par ce véhément réquisitoire, répugnait cependant à laisser accuser l'absent, En ces deux mois de fiançailles, elle avait du moins appris à estimer son futur mari Elle gronda : \u2014 Ce n\u2019est pas chic, vous savez, de dire du mal de votre frère, surtout à moi ! \u2014 Avec ça qu'il se gêne, lui.Il a du vous en raconter de belles sur mon compte.Pour lui, je suis un incapable, un être nuisible même, le déshonneur de la famille Lemonnier, qu'il est seul à représenter dignement.Il ne vous a pas raconté que j\u2019avais fait des bêtises ?Dites la vérité.Non, Charles ne s\u2019était pas montré aussi sévère mais il avait cru de son devoir de parler de ce jeune frère en toute sincérité.Henri devait reconnaître qu'on lui avait fait bon accueil, preuve que l\u2019on ne considérait nullement le jeune homme dangereux, un indésirable dont on a hon-te.\u2014 Excusez-moi, Suzanne, j\u2019ai un peu perdu la tête.Ce mariage me rend fou.Si vous saviez !.Oh ! je ne veux pas me faire meilleur que je ne suis, je n'ai rien d\u2019un petit saint, je suis un violent, un passionné, un pauvre petit qui souffre d'être sans affection .Non, non.ne protestez pas.Charles ne me supporte qu'en souvenir de notre mère, c\u2019est par devoir, non par tendresse, qu'il daigne se soucier de moi, mais au fond .Je suis un paria, un maudit et pourtant si vous saviez comme j'ai besoin qu'on m'aime ! Un peu d amour me sauverait.Je suis seul depuis que maman est morte et ce que j'ai rêvé là-bas, pendant mes longues nuits d insomnie, d'une femme qui m'aimerait .une jeune fille comme vous.Je la voyais jolie de votre beauté, (Lire la suite page 15) LE MERVEILLEUX NOUVEAU MODÈLE DE WM.ROGERS & SON ARGENTERIE ROGERS ORIGINALE L argenterie GARDENIA vous plaira \u2014 parce quelle suggère la fraîcheur et l'adorable perfection de votre fleur préférée.GARDENIA \u2014 de la célèbre argenterie Wm.Rogers & Son, le modèle tout particulièrement prisé dans nos bonnes familles canadiennes françaises depuis maintes années.Chez votre bijoutier \u2014 tous les morceaux indispensables à une table bien mise \u2014 ainsi qu\u2019en services complets pour 6 et 8 personnes ou plus, à des prix excessivement abordables.Aussi peu que $M.75 pour un service de 26 morceaux.Le tout s\u2019achète sans grever votre budget.& 4 j ! L V ï
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