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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 22 mai 1937
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1937-05, Collections de BAnQ.

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[" ILVilO NUMÉRIQUE Première(s) page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec ES ES ES ES 4 8e année, No 51 \u2014 2 2 mai 1937 3 ÉLOGE DU PECHEUR C \u2019était un pêcheur, ma foi, .comment dirai-je ?un pêcheur comme il y en a tant ; il faisait la bonne moyenne de péchés d\u2019un homme sans malice et suffisamment civilisé puis, cians la bonne saison, des parties de pêche fructueuses, car il en rapportait toujours quelque chose.Parfois c\u2019était un commencement de rhumatisme pour s'être couché sur l'herbe mouillée ; d\u2019autres fois c'était un régiment de fourmis dans ses vêtements ; enfin, les jours de gala, c'est-à-dire de grande exception, il lui arrivait de rapporter une petite perchaude tout juste; sortie de nourrice la semaine précédente.Le lendemain, tout le monde savait qu\u2019il avait pris un brochet long comme ça, C était bien, je vous le dis, un pêcheur comme il y en a tant Comme tous les pêcheurs, il était un peu philosophe, il prenait la vie du bon côté et sa ligne par le bon bout ; d\u2019ailleurs, rien ne porte tant à\u2019 la philosophie, c'est-à-dire à l\u2019amour de la sagesse, que la pêche à la ligne.Or.la philosophie vraiment digne de ce nom est l\u2019école de toutes les vertus.Vous me direz peut-être qu\u2019un pêcheur à la ligne n'est pas le réceptacle, lui, de toutes les vertus, puisqu\u2019il a des aptitudes à cultiver l'exagération jusqu\u2019à la faire fleurir en fiction et qu\u2019à l\u2019exemple du pêcheur cité plus haut, une perchaude se transforme, avec lui, dans les vingt-quatre heures, en gros brochet ?Attendez, ne le condamnez pas trop vite ! Tout vrai pêcheur à la ligne est poète d'instinct.Il vit \u2014 tout au moins quand il pêche \u2014 en pleine rature, et le calme de son occupation lui donne tout loisir de goûter cette nature dans ce qu elle a de meilleur.Il subit fatalement l'influence du milieu ; autour de lui les oiseaux chantent, un écureuil grignote dans les branches, le mugissement étouffé d\u2019un voivoiron lui arrive d'invisibles lointains et parfois aussi la voix cristalline d une baigneuse, qu'il ne voit pas non plus, ce qui lui permet de l\u2019imaginer jeune et jolie, Comment voulez-vous que, dans un tel entourage, le pêcheur à la ligne ne se sente pas tout doucement emporté vers les régions éthérées, que les tableaux les plus charmants ne lui passent pas devant les yeux de l'imagination et qu\u2019il ne succombe pas à une forte dose de ce qu'on appelle traditionnellement le vague à lame ?.Or, extase rime avec Pégase, et notre pêcheur devient poète par la force des choses.Ceci dit, je vous demanderai si vous auriez l'audace d'appeler un poète menteur sous le seul prétexte que, les trois-quarts du temps, il ne voit pas les choses comme tout le monde et que.l'autre Quart pendant quü redescend à la vie banale, il l'emploie à raconter ses impressions telles qu'il les a ressenties ?Si les poètes écrivaient leurs élucubrations à la manière de monsieur-tout-le-monde ou, pire encore, à celle du scribouilleur de faits-divers dans certains journaux, on les traiterait comme du poisson de l'avant-veille et Tit-Noir n'apprendrait plus jamais de vers sentimentaux pour les réciter à sa blonde en faisant la bouche en arrière de poule.Ils le savent fort bien, et c\u2019est pour ça qu'ils badigeonnent la vie avec le pinceau de la fantaisie et de \u2019\u2019optimisme.Vous n\u2019allez tout de même pas dire qu\u2019ils ont tort ?.Eh bien, pêcheurs et poètes c'est tout un ; les vers sont pour les uns comme pour les autres une condition d\u2019état ; c\u2019est souvent l\u2019appât irrésistible avec lequel les premiers prennent du poisson et les deuxièmes des cœurs gourmands de sentimentalité.Les poissons et les cœurs sont de grands voraces auxquels il faut absolument une pâture.En ce qui concerne le cœur, chacun sait ça ; quand il est à jeun ça ne va pas, c'est vide, plat et monotone.Un peu de poésie dedans avec l\u2019amour en remorque et tout semble prendre un bien meilleur aspect sur la terre.Pour le poisson c'est la même chose ; c'est un vorace ayant toujours faim ; c'est notre ami Claude Melançon qui nous le dit, et je vous prie de croire qu il s'y entend encore mieux qu\u2019un simple pêcheur.Il connaît les poissons \u2014 et bien d\u2019autres choses encore \u2014 comme s\u2019il les avait fabriqués lui-même ; il vous dira les espèces maritimes et celles de nos lacs, celles des fleuves et de la Rivière-des-Prairies par-dessus le marché ; il vous apprendra même que les poissons, même s'ils ne sont pas du mois d'avril, sont souvent farceurs et qu'ils rigolent parfois de la tête du pêcheur comme un simple contribuable peut se faire fiche de la sienne par ceux qui lui font juter des taxes.Donc s\u2019il vous affirme qu\u2019ils sont aussi voraces qu un cœur humain, aussi enthousistes qu\u2019un poète et parfois aussi patients qu'un pêcheur, c'est l\u2019exac- te vérité, chose qui doit réconforter les chevaliers de la gaule quand ils vont à la conquête de la population sous-fluviale.Le pêcheur a donc deux bonheurs possibles qui l\u2019attendent : il peut avoir la chance de prendre du poisson et, dans la négative, il a tout de même la certitude de faire un beau rêve.Il peut rêver qu il en a pris et raconter le rêve à ses amis ; ce sont des nouvelles qui font toujours leur chemin à la manière des avalanches, et le poisson grossit plus vite en vingt-quatre heures dans les discours des fervents de la ligne que pendant deux ans de séjour dans l\u2019eau.C'est un avantage.II y a des maskinongés qui sont arrivés ainsi à peser quatre-vingts livres en deux heures seulement d\u2019assoupissement du pêcheur.D'ailleurs, où finit la vérité et commence l'exagération quand on voit des poissons se comporter dans l'existence réelle comme de vrais blagueurs et se livrer à des apparences de mystification qui étonnent même les gens les mieux prévenus ?A preuve, le Mesonauta insignis de l\u2019Amérique du Sud qui prend la couleur et les nuances du milieu où il se trouve comme le caméléon prend celles de la branche où il grimpe.A preuve encore le poisson volant des mers chaudes qui a son petit avion personnel sous forme de nageoires lui servant d\u2019ailes à l'occasion.Et le gastrotomus qui a la gueule en forme de soulier dont la semelle est décollée, gueule de monstre qui lui permet d'avaler d\u2019autres poissons de sa taille à lui-même ! Et le Chiasmodus, quel nom barbare .qui avale, lui, des poissons trois fois gros comme lui ! Et les poissons qui ne parlent pas.mais c'est tout juste, car il en est qui grondent, comme le Pogonia, d autres qui chantent, comme les Musicos, bien nommés, et d'autres encore qui gloussent comme la dorée de Saint-Pierre encore nommée poule d'eau ; d'autres enfin qui grincent à la manière d\u2019une roue mal graissée, comme le Balisté, qui font le cri du canard comme le Pristipome, et même braillent comme un mioche ainsi que le thon bien connu.Quand les poissons se permettent des excentricités de ce calibre vous ne voudriez pas maintenant que les pêcheurs colorent un peu la vérité de leurs exploits en véritables poètes qu\u2019ils sont, puisque, je vous le répète, ils ne sont autant dire jamais sans vers ?Si vous ne les admirez pas, au moins pardonnez-leur Parce qu ils ont beaucoup pêché.Les Publications Poirier, Bessette & Cie, Ltée Membres de L\u2019A.B.C.975.Rue de Bullion, Montréal, Canada Tél: PLateau 9638* Entered at the Post Office of S.Albans, Vf.as second class matter under Act ol March 1979 ABONNEMENT CANADA Un an\t$3.50 Six mois .2 00 Trois mois .1,00 Etats-Unis et Europe Un an .\t$5.00 Six mois .\t2.50 Trois mois\t.1.25 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à midi.AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit Jours, 1 empaquetage de nos sacs de malle commençant 5 jours avant leur expédition. 4 LE SAMEDI Ÿ' ÿgStJ'jg « ENCORE, SI c\u2019eût ÉTÉ UN GARÇON ! ÇA GRANDIT TÔT CETTE MAUVAISE GRAINE .» :vîl / SSiîS* K 1 & , \u2019MH mmi.T ¦ i Par un froid à fendre les pierres, dans une masure du hameau Boissy, à portée de fusil du village Val-des-Ronces, la veuve Lamerise met au monde son premier enfant, A la clarté douteuse d\u2019une méchante lampe à pétrole, après les ablutions d\u2019usage, la sage-femme et une voisine constatent que l\u2019enfant est une fille, qu\u2019elle est née viable ; enfin, qu elle est joliette.\u2014 Pauvre Ma\u2019me Lamerise, larmoie la voisine compatissante, tous les malheurs fondent sur elle en même temps.Après la perte de son mari, voici que le bon Dieu lui envoie une fille.Encore, si c\u2019eût été un garçon .Ça grandit tôt, cette mauvaise graine, et elle aurait eu bien besoin du travail de ses bras.Pendant que les deux femmes conversent à mi-voix, le vent s'engouffre avec une telle violence par les mille interstices des murs du misérable logis que la malade gémit : \u2014 J\u2019ai froid.Et ces deux âmes charitables qui sont venues prêter leur aide à la malade, s'empressent d aller la combler des soins qui lui feront un moment oublier la solitude amère où son indigence extrême l'a reléguée.Il existe un Dieu très bon pour les nécessiteux.Péniblement, l'accouchée regagna la santé et put, le printemps venu, avec le fruit de son travail, offrir une nourriture plus fortifiante à son poupon rose.SOUILLOn Lpmewse j»aJL ROD./BOPiDUAS niCOLGT La pauvreté ne tue pas l\u2019amour ; nous ajouterons même que l'affection semble grandir à mesure que s'accroit la misère.Maman Lamerise s'engagea donc comme bonne à tout faire chez les quelques familles aisées du village, son pressant besoin lui empêchant de mieux choisir ses emplois.Et, chaque soir, malgré les fatigues du labeur harassant de la journée, elle ornait son modeste logis de ces jolis petits riens que crée instinctivement la femme industrieuse et qu'on dirait sortis de mains de fées.Dans certaines campagnes, les miséreux sont délaissés.Les gens leur accordent bien cette sympathie des belles paroles ( maigre pitance pour qui a faim), mais on leur refuse cette autre sympathie qui vient droit du coeur et qui réconforte et l'âme et le corps.Les deux femmes vivaient donc misérablement, constamment en proie aux quolibets de jeunes sots qui prenaient plaisir à insulter leur dénüment.La petite Jeanne fréquentait l\u2019école communale depuis près de sept années, toujours en butte aux tracasseries méchantes de ses compagnes (lesquelles ne rappelaient plus que «Souillon»), quand sa mère mourut d une pneumonie contractée en revenant de chez la mère Dubuisson, une vieille mesquine, responsable, en conscience, d avoir laissé partir l'indigente vêtue de hardes trop vieilles et trop usées pour garantir efficacement son corps moite d avoir trop travaillé, contre la froide morsure il un jour pluvieux d automne.Après avoir conduit sa mljl à S& dernière demeure, Souillon s\u2019en fut demeurer chez ses voisins, les Lemmais, couple sans progénitaré Ses parents 22 mai 1937 5 d adoption avaient tout de suite compris 1 occasion merveilleuse qui s offrait à eux en acceptant l\u2019enfant à leur foyer, et ils se promettaient bien de la faire travailler ferme.Les infortunés ont une vitalité étonnante.Ceci explique pourquoi nous retrouvons Souillon déjà femme malgré ses seize ans.Les Lemmais, de vulgaires harpagons, lui taillent toujours plus d'ouvrage qu elle n'en peut raisonnablement faire, mais se gardent bien de vanter son ardeur au travail, de crainte de se la voir enlever par quelque voisin qui pourrait s'attirer ses bonnes grâces en lui promettant un meilleur traitement.La vie se continuait dans la fadeur de sa monotonie routinière lorsque vint s établir, dans l'ancienne demeure de la famille Lamerise, un jeune homme qui sembla vouloir y vivre en sauvage puis-qu il refusa de fréquenter ses voisins.Les commères ne manquèrent pas de saluer l'ar-rivee du nouveau venu par une salve de questions : Qui est-il ?Que vient-il faire ici ?A-t-il de la fortune ?Est-il marié, veuf, séparé ?Tous problèmes auxquels elles ne purent apporter de solution certaine, le nouvel arrivé fuyant constamment la société des villageois et gardant un mutisme énigmatique sur ses antécédents.Souillon, de sa maman, a gardé un amour vif et tendre, que la corvée exténuante de tous les jours menace, certains moments, de saper.Pour retremper son affection, elle va revoir cette bicoque engoncée dans le sol qui lui rappelle sa bonne maman et les sages conseils qu\u2019elle a reçus d\u2019elle, conseils qui lui permettent de supporter sa tâche ingrate avec une soumission vraiment édifiante.\u2014 Si j étais riche, ce que je m empresserais d acheter ce coin de terre où je suis née, où j\u2019ai grandi, mais où j\u2019ai perdu ce que j\u2019avais de plus cher en ce monde : ma maman.Sa réflexion faite à haute voix est entendue de Justinien Champard (le sauvage), rêvassant au pied d un orme touffu scus l ombre duquel il s\u2019est étendu pour se garer des rayons trop brûlants d un soleil de juillet.\u2014\tEt si elle vous était donnée, cette maison, pourriez-vous l'entretenir, de même que l\u2019immense étendue de terre qui en dépend ?\u2014\tExcusez-moi, monsieur, c\u2019était une façon de penser.\u2014 Je vous comprends et vous admire.Ce pieux souvenir que vous avez conservé de votre mère vous honore et, sans ne l'avoir jamais connue, je ne l'estime pas moins, car c'est sûrement d\u2019elle que vous tenez cet amour filial si consolant pour sa mémoire.\u2014 Vous êtes bien aimable de me dire toutes ces bonnes choses, quand tout le monde me ridiculise sans raison.\u2014 Et que vous dit-on, ma belle enfant ?\u2014 Que je suis une pauvresse ; que je vis aux dépens des Lemmais.Je puis vous dire, cependant, monsieur l'étranger, qu\u2019on me fait travailler comme quatre ; qu'on me bat quand le travail n\u2019est pas fait assez promptement.Et, pourtant, je ne lambine pas.\u2014 Ces Lemmais sont, je le devine, des gens infâmes qui profitent de votre malheur pour vous exploiter.Dieu a toujours pitié de ceux qui conservent sa foi dans l\u2019adversité.Je vous promets, à brève échéance, une amélioration sensible dans votre sort.\u2014 Puissiez-vous dire la vérité ! Il me faut m\u2019enfuir, car j'ai musardé trop longtemps ici.\u2014 Je vais vous reconduire jusqu'aux quatre chemins.Cela me fera du bien de parler à quelqu\u2019un.Toujours seul, je m'ennuie souvent et ne sais plus que faire de mon oisiveté.\u2014 Travaillez, alors ! \u2014 A qui le dites-vous?Mais que puis-je faire, moi.à qui la culture de la terre est aussi inconnue que la langue hébraïque ?Quant à faire autre chose, je ne puis m'y résoudre.Dans mes moments heureux, | essaie d écrire.Je vous ferai lire de mes essais quand vous reviendrez me voir, car vous allez me promettre de revenir, n\u2019est-ce pas ?\u2014\tSi vous le désirez.Vous me semblez si bon, si différent des autres ; vous avez tant d égards pour moi .Il me sera toujours très agréable de venir causer avec vous.\u2014\tC\u2019est que je vous considère en égale, tandis que les autres vous traitent en inférieure, simplement parce que vous n avez pas d argent.Maudit argent et maudites gens ! Souillon retourna si souvent au nid de son enfance que les ménagères commencèrent à semer leurs conversations de cancans affreux puis de mutuelles interrogations.Quelle pouvait bien être la raison de ces fréquentes visites, se demandaient-elles ?Et, des yeux, elles dévisageaient Souillon pour y voir se concrétiser leurs appréhensions Même l'absence de preuves contre la pauvre enfant et.partant, la conduite irréprochable de la jeune fille ne pouvait désarmer les commères.Le bruit des allées fréquentes de leur protégée chez ce Champard parvint aux oreilles des Lemmais.Le père entra dans une violente colère, menaça la jeune fille des pires représailles, ne put se contenir et frappa finalement la jeune fille à la figure.Pleurant de honte de se voir ainsi insulter sans raison, Souillon s\u2019en fut confier la cause de son chagrin à son grand ami.\u2014\tVenez avec moi, ma bonne Souillon, et allons de ce pas chez ces gens.Vous verrez de quelle façon je vais régler ce différend.\u2014\tC\u2019est vous, Joseph Lemmais ?interroge ledit Champard en faisant irruption dans la demeure de son amie Souillon, qui venez d\u2019insulter cette jeune fille, lâche que vous êtes.Vous allez sur-le-champ vous excuser auprès d\u2019elle de cet acte de goujaterie, et plus vite que ça.Souillon voit Justinien empoigner l\u2019époux Lemmais et l'écraser par terre.\u2014\tMaintenant, demandez pardon à Mademoiselle Lamerise pour tous les torts que vous lui avez injustement causés.Et le coupable bredouille des excuses vagues, pendant que son épouse alerte dans la cour de la ferme quelques voisins (Lire la suite page 38) « ET SI ELLE VOUS ÉTAIT DONNÉE, CETTE MAISON.POURRIEZ-VOUS L'ENTRETENIR, DE MÊME QUE L\u2019iMMENSE ÉTENDUE DE TERRE QUI EN DÉPEND ?» \u2022ÉPI»' *1 PU 1 iîW 3% wr/, »\t* 1 W&mm ÿ.m '¦% «3 m.,.-. LE SAMEDI '¦\u2022i ¦ ¦ : f .ï »¦ îs i\" MADAME MORTEUIL AVAIT DEUX FILLES ; ALICE, SUPERBE DE VIE ET DE SANTÉ, ET SA SŒUR ROSE, FRAPPÉE D UNE MALADIE QUI NE PARDONNE PAS.Dans l\u2019église petite où le jour baissait, dans une chapelle étroite et sombre des bas côtés, le prêtre achevait un office des morts.En face de l\u2019autel, un cercueil de bois de sapin, le cercueil des pauvres était recouvert d un mince drap blanc sur lequel un dernier rayon de soleil couchant, traversant les vitraux de couleurs, dessinait des losanges multicolores.Au pied, une gerbe de lis et de lilas blancs, magnifique, contrastait par sa splendeur.Sur une chaise de gauche, une sœur des pauvres priait, égrenait son chapelet ; à droite, un homme vêtu de noir, et qui semblait emprunté et gauche dans ses vêtements.On sentait l\u2019ouvrier plus habitué è la cotte et au bourgeron et mal à l\u2019aise dans son habit de couleur sombre qui ne devait servir que dans les grandes occasions : joie ou deuil.Près de lui une femme vieille pleurait.En arrière se tenait un groupe de jeunes gens, dont le plus âgé pouvait avoir trente-huit ans environ et semblait affligé.Par leurs vêtements de coupe irréprochable, leur tenue, leurs manières, on sentait des hommes qui appartenaient à ce qu\u2019on appelle le monde, et leur élégance faisait un contraste singulier près de cette bière d\u2019indigent, à côté de laquelle un couple d\u2019ouvriers pleurait.Le prêtre donna l\u2019absoute, il tourna autour du cercueil qu\u2019il aspergea d\u2019eau bénite et disparut suivi de son enfant de chœur.Un à un les assistants défilèrent, erquissant avec le goupillon un dernier signe de croix, pendant que la vieille étouffait mal des sanglots ; le plus âgé des jeunes gens s'inclina longuement devant le coffre de bois qui contenait l'en- L'Qjne mcwes smnî-Yweix upbuition cb j.peRiReT vcloppe mortelle, un tremblement agita ses lèvres et ses yeux s'embrumèrent.Puis les croque-morts vinrent et leurs gros souliers à clous ferrés réveillèrent i echo dans la petite église endormie.En passant devant le groupe des jeunes gens, le vieux, suivi de la femme, s\u2019inclina, balbutiant des remerciements, mais ne serra la main de personne.Ils marchèrent seuls derrière la triste dépouille : un instant dans la lumière de la porte entr ouverte se découpa la silhouette de la vieille qu'agitaient des sanglots convulsifs, puis tout retomba dans le silen- ce.Une vague odeur d'encens se mourait dans l\u2019air, la partie supérieure des vitraux se colorait d\u2019une couleur rose indécise ce pendant que du bas semblait monter une ombre violette, un bedeau au pas silencieux, à la figure cafarde, éteignait les derniers points d'or des cierges encore allumés.L\u2019aîné des leunes gens restait plongé dans une méditation profonde et un sourire triste semblait voltiger sur ses levres ; un de ses compagnons s'approcha et lui mit la main sur l'épaule : \u2014 Freneuse, dit-il à voix basse.Celui-ci sembla s\u2019éveiller, s\u2019inclina profondément et le groupe sortit.Rentré dans son appartement de garçon avec ses amis, Freneuse se laissa tomber sur un fauteuil, près de la large table noire en palissandre, qui lui servait de bureau.Les volets étaient clos et des globes électriques, de teinte améthyste, dissimulés dans des encadrements de feuillage en métal, jetaient dans la pièce une lueur douce et triste.Il resta là quelque temps, plongé dans une rêverie que ses compagnons respectèrent.Enfin celui qui déjà l'avait éveillé de méditation dans la chapelle lui parla : Voyons, Freneuse, ne reste pas plongé dans ta mélancolie, car je ne veux pas dire chagrin.C\u2019est ' plontairement que tu te plonges dans des états d\u2019âme semblables.« Voici la troisième fois que je t\u2019accompagne \u2014 aue nous t accompagnons, fit-il en se tournant vers les autres jeunes gens \u2014 en ces triste cérémonies.* Quelle suggestion te pousse à ces amours ma-ladives ?Par quelle bizarrerie vas-tu portant ton iélection à ces malheureuses que déjà la mort 9uette-\t(Lire la suite page 39) I 22 mai 1937 JC eActualité à 3*t raveïs Le le / UoncL LONDRES L' < anglais basique L « anglais basique », tel est le nom qui a été donné à une forme simplifiée de 1 anglais, laquelle ne contient au total que 850 mots (contre les 85,000 mots du vocabulaire habituel), M.Bernard Shaw approuve entièrement cette invention et a donné 1 autorisation de traduire en « anglais basique » sa célèbre pièce : Les armes et l'homme.11 parait que désormais, il sera possible à toute personne ne connaissant que peu d\u2019anglais de comprendre toutes les nuances de l'œuvre de Shaw.Mais cette version ;< basique » en rendra-t-elle vraiment les nuances ?( Evening Standard.Londres) ETATS-UNIS Polynésiennes et Esquimaudes, victimes de la mode ! 11 y a quelque temps, on a ouvert à Tahiti un institut de beauté.Les pères et les maris polynésiens ont été consternés de voir leurs filles et leurs femmes avec des sourcils épilés, des ongles peints et des cheveux ondulés.Mais on s\u2019habitue à tout, et la permanente devient chose courante dans ce coin du Pacifique.Par ailleurs, une maison de coiffure travaille très bien dans l\u2019Alaska.Les femmes esquimaux se font onduler et se mettent du rouge aux lèvres et de la poudre sur la figure.Par contre, elles n\u2019aiment pas les crèmes sur la peau.En attendant, on cherche aux Etats-Unis, a garder aux maisons de beauté leur vogue.Un coiffeur de Boston a aménagé son salon en salle de cinéma, et ses garçons travaillent à la lumière de petits projecteurs.A New-York, un coiffeur veut épargner à ses clientes toute perte de temps.Pendant qu'on les ondule, au choix, le français, l'allemand ou l\u2019italien, l\u2019harmonie et le contrepoint, ou un jeu tel que le bridge, la belote, etc., ces cours étant absolument gratuits.ARABIE Pas assez de femmes Les Arabes de Palestine se plaignent amèrement de la disette de femmes dont souffre leur pays.De toutes les denrées périssables, c\u2019est la femme qui a subi la plus forte hausse : ton prix est monté de 30 livres sterling la pièce à 100 livres et même à 250 1 Tout ça, c\u2019est la faute aux juifs, clament les Arabes.Car ceux des Arabes qui ont vendu cher leur terrain aux juifs ont acheté six, sept, voire douze femmes chacun.Et pour les Arabes sans terre, il ne reste plus rien ou presque rien, à peine une femme ou deux par homme.El comme on le sait, c\u2019est la femme qui travaille chez les Arabes, et non pas l\u2019homme.(Everybody's, Londres) \u2022 CANADA La lutte contre les moustiques au Canada Le moment est venu de préparer le plan de campagne contre les moustiques.Des myriades d'œufs de ces insectes voraces reposent dans tous les creux et les dépressions dans les champs et dans les bois, où ils ont été déposés par les femelles des moustiques pendant l'été.Lorsque le soleil printanier fait fondre la neige, des flaques d'eau se forment et ces œufs éclosent, donnent naissance à de petites larves qui se transforment bientôt en pupes d\u2019où l in-secte ailé sort pour sucer le sang de l'homme et des animaux.Lorsqu'on a laissé les moustiques se développer jusque-là, il est trop tard, pour faire quoi que ce soit ; tout ce que l\u2019on peut faire est de les écraser quand ils nous piquent.Le moment d'attaquer les moustiques est avant qu ils sortent de l'œuf.Leur destruction se fait alors assez aisément.Elle est basée sur le fait que les larves et les pupes des moustiques respirent^ 1 air par des organes en forme de petits tubes, qu elles appliquent a la surface de l'eau.Une mince couche d'huile épandue sur l'eau les détruit rapidement en les étouffant.On se sert pour cela d\u2019huiles de pétrole, une légère huile à brûler vaut peut-être mieux, niais d\u2019autres huiles comme l'huile de charbon ou 1 huile brute sont bonnes, à condition qu'elles soient bien épandues sur l\u2019eau.On peut se servir de pulvérisateurs portatifs, à air comprimé, pour appliquer l\u2019huile ou même d'arrosoirs à jardins, quoique ces derniers gaspillent pas mal d'huile.Ce traitement doit être appliqué à la fin d'avril ou au commencement de mai.Une précaution encore plus importante que ces arrosages ou ces pulvérisations est l\u2019élimination des foyers de propagation ; les pulvérisations ne sont que des mesures temporaires, tandis que la suppression des foyers est permanente.On peut le faire en égouttant et en remplissant les dépressions, en curant les fossés, en enlevant les broussailles des terres incultes sujettes aux inondations, etc.Les moustiques, de même que les hypodermes et les cestres des vaches et des chevaux, se combattent beaucoup plus facilement quand on s organise sur une base de groupement.C\u2019est surtout parce que les foyers où ils se multiplient sont généralement éparpillés sur une grande étendue.Les efforts isolés et individuels ne sont pas sans valeur, mais les résultats que l\u2019on obtient sont souvent contrecarrés par le fait que les moustiques continuent à venir des autres endroits du voisinage qui n'ont pas été traités.Un certain nombre de groupements dans différentes parties du Canada se sont organisés pour lutter contre les moustiques et ont obtenu d excellents résultats à peu de frais.Il n\u2019est plus nécessaire de tolérer ces fléaux : le problème peut être résolu par une action en commun.On peut se procurer des renseignements sur la façon de conduire les campagnes de ce genre en écrivant à l\u2019Entomologiste du Dominion, du Ministère fédéral de F Agriculture.AU LIEU DE L'EXIL, LA HACHE i r.Un n était pas tenare.autrefois, pour les rots et les nines tombes en disgrace.De nos jours, le châtiment des souverains, c'est l'exil.Dans l\u2019Angleterre des siècles passés, la hache que l'on voit ici.conservée à la Tour de Londres dans une vitrine de verre, mettait fin aux jours des plus grands.La tète du condamné était posée sur un billot et le bourreau (un géant d'une force herculéenne) le décapitait avec cet instrument Le coup était souvent mal porté.Cette hache servit à la décapitation des femmes de Henri VIII ( Anne de Boleyn et Jane Grey), de Marie Stuart et de Charles 1er.Pour décapiter la reine Marie Stuart, le bourreau dut abattre deux fois sa hache.Photo Pix 8 LE SAMEDI i \u2022 * ' f/a Wlj it « >,* t 'Æ: ?MïÊ0Êfë&Ê* -¦>1 -#vh \u2022>.» * .'.y.V>, .V> \u2019v .¦\"TT\" POUR tout ce qui vit, le premier et le plus impérieux des besoins est celui de manger ; c\u2019est non seulement ce qui entretient la vie mais encore en règle tous les détails et toutes les aspirations matérielles.Manger est la grande loi que tout le monde applique et subit.La terre n\u2019est qu\u2019une sorte de grand réfectoire à la porte duquel on pourrait mettre cette affiche : Ici Von s\u2019entredévore.L\u2019herbe mange le sol, le bœuf mange l\u2019herbe, l\u2019homme mange le boeuf et la terre, un jour, mange l\u2019homme à son tour ; cycle implacable qu\u2019on retrouve dans tous les milieux où s'agite la vie, mais où rôde continuellement la mort.C'est la lutte continuelle, âpre et sans merci, dans laquelle la ruse et la force font assaut de tous leurs moyens, lutte obligatoire et que nous trouvons très légitime.quand ce n\u2019est pas nous qui sommes les mangés.Nous estimons tout naturel de sacrifier les animaux à notre appétit, mais nous traitons de bête féroce le tigre qui mange un homme, et de peste abominable la mite qui ronge nos vêtements.Si les bêtes pouvaient parler, ou plutôt si nous pouvions comprendre leur langage, nous saurions certainement qu\u2019elles n\u2019ont pas de nous une meilleure opinion.La seule supériorité de l\u2019homme, c\u2019est sa plus grande possibilité de dévorer les autres grâce aux moyens d\u2019actions que lui procure le progrès.Quoi qu\u2019en disent nos bons moralistes, c\u2019est, en fin de compte, la raison du plus fort qui est la meilleure et, la preuve c\u2019est que les mangés ne s\u2019en plaignent pas.Après opération faite, bien entendu.Il est donc bien compris que, l\u2019homme ayant le pouvoir, c'est-à- Un aspect des plaines fertiles de l'Ouest canadien : en haut, celles où se fait l'élevage du bétail (photo C.P.R.) et.au dessous, la récotte du blé indispensable à notre pain quotidien (photo A.S.N.).JCes i Â- Hais :V **! RECHERCHEZ L'ETIQUETTE Si SM AN « iW ^'v V* V\u2018;.r/'A/>A 23-si HP** cLa^tA.LeA.J^ Scampers ¦F/ »' « ; ¦*'\u2022\u2022> >\u2019a ¦\"*» ÇWtI ;?\u2022*\u2022»' :*\u2022\"£ X-Mfidl j a.« o 3 g u i o5 «U ^ \u2022- g * S a» ® O U C ü g.s *2.2 \u2022O O S'Bq \u2014 J2 c I s ® ¦§ S U > CX Xi O o m g « - a s d> ^ un151*» \u2022a co w m ui C\t2?\t^\tfl 2\ta O O\t3\t3\t\u201c V.\tJh\t4)\t4J Sïa fl.« pj \u2022tu > fl ÇMÜ > fl O Xli ° .2 li-«as3 »- o 2 « o g *¦?2 ° > I- M -41 rf - ce O P.X3 O.X3 bD O O* ni g e ?-« C R 2 c O a> > TJ tfl cr « \"¦* .«i M W ° ~ \" E ,(ü 4J O ^ a « 3 3 Cr en \u2014T ^ V TJ en -C Q<
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