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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 10 juillet 1937
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1937-07, Collections de BAnQ.

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[" 10 juillet 1937 49e année, No 6 S-M4 9 LES DOCTEURS TROUVENT QUE LE \\ BROMO-SELTZER ARRÊTE VITE 1 LES MAUX DE TÊTE DU LENDEMAIN.MET L'ESTOMAC EN PLACE, CALME LES NERFS/ \u2018jl OUTES les parties de plaisir finissent mieux \u2014- grâce au Bromo-Seltzer que l\u2019on a sous la main et que l\u2019on prend le lendemain matin ! Essayez-le \u2014 et vous trouverez, comme les docteurs, qu\u2019il arrête le mal de tête le plus vite de tous ceux qui ont essayés.Il adoucit aussi l\u2019estomac, et calme les nerfs.Il diminue l\u2019excès d\u2019acide lactique occasionné dans le sang par l\u2019excès de boisson.Vous trouverez le Bromo-Seltzer dans les pharmacies et les fontaines à sodas.BROMO-SELTZER 1/ouô .* VITE! 18 LE SAMEDI hôtesse, Mme Daille, se pencha légèrement.-\u2014 Je n\u2019attends personne, dit-elle.Cependant, ayant échangé quelques mots avec le valet de pied accouru, le chauffeur \u2014 aussi imposant que sa voiture ¦\u20141 mit pied à terre et remit, pour Mme de Chandausset, une lettre que celle-ci décacheta, non sans surprise.« Madame », disait la missive.« J\u2019ai dû recourir aux excellents offices du docteur d\u2019Avricourt.Bien que Mlle votre nièce ne m\u2019ait pas permis de reconnaître les soins qu\u2019elle voulut bien dispenser à mon malheureux ouvrier, j\u2019ose solliciter l\u2019honneur d\u2019aller, à votre jour, vous présenter mes hommages.« Aujourd\u2019hui, je prends la très grande liberté de joindre à ce petit mot une caissette de cerises, puisque l\u2019on veut bien, dans la région, célébrer les mérites de mon verger.« Mon chauffeur a ordre d\u2019attendre Mlle d\u2019Avricourt qui avait laissé espérer à mon malade une seconde visite.« Daignez agréer, madame, etc » S\u2019étant fait apporter son écritoire, Mme de Chandausset, de son aristocratique écriture, remercia M.de Lantégaud et l\u2019informa qu\u2019elle était tous les après-midi chez elle.Puis elle demanda que l\u2019on ouvrit devant elle le panier des fameuses cerises.Alors, à la vue des fruits rouge-noir d\u2019une grosseur de prunes, Mme Daille et elle s\u2019extasièrent.¦\u2014 Je réclamerai des boutures à votre maître ! dit-elle au chauffeur qui prenait sa part des compliments adressés au clos Lantégaud .Fir-min ! priez donc Marthe d\u2019aller prévenir Mademoiselle.Mais ce fut d\u2019abord Suzanne qui accourut.\u2014 Oh ! les belles cerises ! Ma tante, me permettez-vous d\u2019en prendre quelques-unes ?Maintenant, je me sauve parce que je veux me les accrocher aux oreilles.Et vous ne trouveriez pas cela convenable du tout ! Quelques minutes après, elle était rejointe par Marcel Daille, et l'on entendait encore son rire comme un vent frais sous les branches de juin.¦\u2014 Elle est très enfant ! remarqua l\u2019hôtesse de la baronne.\u2014 Oui, dit celle-ci, très enfant et très femme ! Elle a des parents qui lui ont laissé faire des études .raisonnables .Mme Daille n\u2019eut pas le temps de répondre.Marie-Charlotte, à cheval, venait se ranger près de la rampe de la terrasse fleurie : \u2014 Encore votre dada, Auntie ?Décidément, j\u2019aime mieux le mien.Bonjour, madame ! dit-elle à Mme Daille tout en flattant d\u2019une main experte l\u2019encolure de sa monture, une bête capricieuse et racée .\u2014 Je te croyais encore dans ta chambre ?\u2014 Je me suis levée de très bonne heure .J'ai mal dormi cette nuit.J\u2019avais envie de manger de l\u2019air.Mais à qui appartient cette auto pour famille nombreuse ?ajouta-t-elle à mi-voix.\u2022\u2014 C\u2019est l\u2019auto de M.de Lantégaud qui la met à ta disposition pour te rendre auprès de son blessé.Il m\u2019a fait tenir un mot fort courtois, accompagné de cette corbeille de cerises .Tu voudras bien lui dire de vive voix, combien cette attention me fût agréable.Mais Pierre Le Mayeur, comme s\u2019il eût guetté l\u2019arrivée de la jeune fille, survenait au détour d\u2019une allée et s\u2019avançait vers elle.\u2014 Croyez-vous, lui dit-elle, que j\u2019aie besoin que l\u2019on m'aide pour sauter de cheval ?Et, avec une agilité d'écuyère, elle retomba sur le gravier bleu.Hautes bottes molles et culottes bouffantes, elle offrait, sous le canotier plat, une image nouvelle d\u2019elle-même .Sans doute son admirateur la trouva-t-il sous cet aspect inattendu aussi radieusement belle, car ce fut la voix tremblante qu\u2019il la salua.Mais elle jetait la bride de Soliman II au palefrenier survenu, puis décida : ¦\u2014 Eh bien ! je vais donc me rendre sans plus tarder aux usines Lantégaud.\u2022\u2014 Comment ?Dans cette tenue ?se récria sa tante la voyant se diri-gers vers la portière que maintenait ouverte le cérémonieux chauffeur.\u2014 Pourquoi ne pas éviter une perte de temps, Auntie ?Je voudrais aujourd\u2019hui ne pas rentrer déjeuner à l\u2019heure du thé ! En route, elle s\u2019appliqua \u2014\u2022 d\u2019abord avec succès \u2014 à ne songer qu\u2019à la belle carrosserie qui l\u2019emportait.La voiture qui se trouvait hier en réparation .Alors, elle s\u2019aperçut que le porte-bouquet était garni de roses magnifiques.Sur une tablcttq, une bonbonnière en verre de Lalique, retenue par des crampons d\u2019argent, offrait vingt espèces de pâtes de fruits.\u2014 Evidemment, il sait vivre ! accorda-t-elle sans s\u2019apercevoir que sa pensée glissait, justement, au delà des frontières qu\u2019elle s\u2019était interdites.Et, au bout d\u2019un moment : -\u2014 Il a bien fait de m\u2019envoyer sa voiture de gala au lieu de venir avec celle qu\u2019il conduit lui-même.Au moins, je n\u2019ai pas à supporter sa présence durant le trajet.Elle soupira : \u2014¦ Je n\u2019avais pas encore rencontré un individu qui me fût aussi fortement antipathique ! CHAPITRE VII POLITESSES I L accueillit la doctoresse-amazone avec cette courtoisie froide qui exaspérait la jeune fille parce qu\u2019elle persistait à y voir de l\u2019ironie.Cepen- dant, il sut trouver, pour renouveler sa gratitude, les termes qui pouvaient, le plus, flatter la praticienne.Puis il l\u2019informa de la présence du docteur de Nantes qu\u2019elle-même avait prévenu et qui attendait l\u2019arrivée de sa brillante « confrère » pour se rendre avec elle auprès de l\u2019opéré.Dès ce moment, comme s\u2019il en eût fini avec les devoirs d\u2019amabilité, il se retrancha dans une attitude lointaine et presque indifférente.Ayant présenté l\u2019un à l\u2019autre les deux médecins et assisté à leurs congratulations, il né se départit de son indifférence qu\u2019au chevet de son ouvrier.Alors, pour parler à l\u2019homme étendu et geignant, il eut des mots qui semblaient, vraiment, partis du cœur.Marie-Charlotte se souvint de la façon dont il l\u2019avait la veille remerciée de s\u2019être dérangée pour « l\u2019un des siens ».\u2014 Un chef ! chuchota, pour elle, pon collègue, désignant de Lantégaud.Il éprouvait visiblement, pour le jeune industriel, une grande admiration.Quand ils en eurent terminé, ies deux hommes et Marie-Charlotte regagnèrent ensemble le bureau de l\u2019usinier.Mais la jeune fille, refusant de s\u2019asseoir, pria le maître de maison de la faire aussitôt reconduire.Ce fut alors que la porte s\u2019ouvrit sur une apparition exquise.A la vue des visiteurs, la jeune fille qui entrait s\u2019arrêta, saisie.¦\u2014 Oh ! Jacques ! dit-elle au fabricant de papier.Excusez-moi.Je vous croyais seul.Mais ses yeux fixaient Marie-Charlotte dans une sorte d\u2019extase.Et celle-ci \u2014- qui reconnut bien l\u2019impression produite tant de fois par sa beauté \u2014 eut un sourire qu\u2019elle réprima vite.Le front barré d\u2019un pli de contrariété, de Lantégaud assurait cependant à la nouvelle venue : -\u2014 Vous n\u2019avez pas à vous excuser, Françoise.Et, tourné vers ses hôtes : \u2014 Mlle de Chameillan .Le docteur d\u2019Avricourt.Et vous connaissez Balitret.Des poignées de mains s\u2019échangèrent.Je Rêve .?Je rêve à l\u2019immense vague, Au sanctuaire, à l'encensoir.Au bruit monotone des vagues, A la paix sereine du soir.Je rêve au ciel, à la chaumière Où la famille s entretient.Je rêve à la douce fermière.Coquette en son costume ancien.Je rêve à toi, femme inconnue, Femme pudique au teint vermeil, Dont l'image blonde et menue Hante, chaque nuit, mon sommeil.Vous demandez pourquoi je rêve ?Pour mutiler le souvenir Persistant de mes amours brèves, Et confondre mon avenir ! .Henri Latreille \u2014 Oh ! mademoi.docteur .reprit la jeune fille.C\u2019est vous qui avez amputé hier ce pauvre Julien ?Savez-vous que je ne vous imaginais pas du tout sous ces traits ?osa-t-elle dire.\u2014' M.de Lantégaud m\u2019aurait-il dépeinte comme une virago armée d\u2019une scie à couper les membres et d\u2019une paire de lunettes ?Oh ! non ! Au contraire .répondit-elle en rougissant.Mais .Tout de même .\u2022\u2014 Ma chère Françoise, interrompit l\u2019industriel, vous retenez Mlle d\u2019Avricourt, qui voudrait rentrer chez elle pour le déjeuner.\u2014 Mais ce fut Marie-Charlotte qui enchaîna : \u2014 N\u2019êtes-vous pas une amie de Suzanne de Montifet ?\u2022\u2014 Parfaitement ! acquiesça son interlocutrice.-\u2014 C\u2019est ma cousine, poursuivit la doctoresse.Je suis sûre qu\u2019elle serait très heureuse de vous revoir.M.de Lantégaud a, je crois, l\u2019intention de rendre visite à ma tante Chandausset.Si vous voulez l\u2019accompagner, yous nous feriez grand plaisir, mademoiselle.\u2014 Alors, j\u2019irai sûrement ! N'est-ce pas, Jacques ?Celui-ci s\u2019inclina sans mot dire.Marie-Charlotte observa que sa main s\u2019ouvrait et se refermait nerveusement, comme la veille, lorsqu\u2019il avait brisé le coupe-papier.CHAPITRE VIII TROIS SEMAINES APRÈS .DEUX JEUNES FILLES UN BEAU MATIN \"MA arie-Charltote, tu vas me ré- v pondre franchement ! » \u2014 J\u2019espère n\u2019avoir aucune raison de mentir.Que veux-tu donc savoir, Suzanne ?\u2014 Ecoute .La jeune fille, assise sur le lit où sa cousine reposait encore, ramena sous ses pieds nus les plis de sa robe de chambre.Mais elle ne parla pas tout de suite.Par la fenêtre entr\u2019ouverte, les bruits familiers du jardin parvenaient dans la pièce tendue de cretonne rose : passage du râteau sur les graviers .arrosage des pelouses .\u2022\u2014 Il est très tôt encore, reprit la petite, comme si, au bord de la confidence, elle eût hésité .Mais c\u2019est le seul moment où nous pouvons être vraiment tranquilles, nous deux.\u2014 Explique-toi donc .\u2014 Voilà .Nous sommes ici depuis trois semaines, n\u2019est-ce pas ! Je suis arrivée quarante-huit heures après toi.Mais cela ne compte pas.J ai tout de suite compris pourquoi tante Hélène m'avait invitée.Oui, c était pour .meubler, sans devenir gênante.Marcel et M.Le Mayeur étaient là, tout chargés d\u2019espérances te concernant.Ce matin, la question que j\u2019ai à te poser, peut-être te l\u2019es-tu posée à toi-même déjà ?Marie-Charlotte, aimes-tu l\u2019un de tes deux prétendants ?Sa cousine éclata de rire.- Hélas ! Bien sûr que non ! J\u2019ai bien peur de me retrouver au bout des vacances aussi peu fiancée qu\u2019au début.\u2014 Ça, c\u2019est à voir ! déclara l\u2019autre en hochant la tête.Enfin .en ce qui concerne ces deux-là .rien dans le cœur, rien dans la tête ?Ouf ! Tu m\u2019enlèves un poids.\u2014 Je crois deviner, petite masque ! Aurais-tu 1 intention de me prendre mes deux fiancés ?-\u2014 Un seul, Marie-Charlotte .Marcel Daille .Je commence à l\u2019aimer, vois-tu, et je crois . 10 juillet 1937 19 \u2014 Que tu ne lui es pas indifférente, oui, c\u2019est la phrase consacrée.\u2014 Seulement.avant de laisser aller les choses, j\u2019ai voulu savoir .Si tu m\u2019avais dit que tu te le réservais .-\u2014 Quelle drôle de petite bonne femme tu fais ! \u2014 J\u2019aurais pris mes cliques et mes claques, me rappelant la valeur accordée à la fuite en pareil cas.-\u2014Et lui.« à qui tu n\u2019es pas indifférente » ?\u2014 Oh ! Parce que tu l'as bien voulu.C\u2019est à toi qu\u2019il pensait en arrivant ici.Encore maintenant, si tu t\u2019en donnais la peine .C\u2019est pourquoi j\u2019aurais été sotte de lutter.Tu es si belle, Marie-Charlotte ! décla-fa-t-elle d\u2019un ton de sincérité profonde.\u2014 Tu es jolie aussi ! protesta sa cousine.\u2014 Non ! Moi, je suis « gentille », corrigea-t-elle avec une modestie charmante.Marie-Charlotte la regarda affectueusement.Puis, comme si elle se décidait, à son tour, à une secrète enquête : \u2014 Eh bien ! ma chérie, confidence pour confidence : Dis-moi comment .à quel signe.tu as reconnu ton amour naissant pour l\u2019heureux Marcel ?\u2014 A quoi l\u2019on reconnaît qu\u2019on aime ?Quelle bizarre question ! Mais à tout .Je suis heureuse quand il est là .et je me sens toute petite, toute réduite à moins que son ombre .Je suis jalouse quand il te regarde.Mon Dieu, oui.Je l'avoue, puisque tu me demandes ce que c\u2019est que l\u2019amour.Mais .Soudain, elle s\u2019arrêta, se pencha vers sa cousine pour plonger dans les grands yeux noisette : -\u2014 Mais, Marie-Charlotte, es-tu si ignorante que cela ?\u2014 Je t\u2019ai répondu très franchement que pas plus Pierre Le Mayeur que Marcel Daille .\u2014 Il s'agit bien du duo ! .\u2014 Que veux-tu dire ?\u2014 Je pense à Jacques .\u2014 M.de Lantégaud, le fiancé de ton amie ?\u2014 Fiancé ! Fiancé ! répéta la pe-tite.« Je crois bien qu\u2019ils l\u2019étaient.en projet.Un peu comme toi avec Le Mayeur ou Marcel.Les parents disposent .Et puis, je sais ce que je sais ! déclara-t-elle d\u2019un ton important.Franoçise est mon amie.\u2014 Elle t\u2019a confié quelle ne tenait pas à épouser M.de Lantégaud ( \u2014 Cela te ferait donc tant de plaisir ?\u2014 Cela me serait complètement indifférent ! \u2014 Alors, je ne te livrerai pas les confidences de mon amie .Tcalala houp lala .Tralala houp la .se mit-elle à fredonner, s\u2019amusant à se balancer d\u2019avant en arrière.Tralala houp lala ! \u2014 Ne pourrais-tu t\u2019arrêter ?demanda sa cousine.Tu me donnes le mal de mer ! \u2014 Qui t\u2019a vu jouer hier après-midi au tennis aurait pu te croire le-cœur mieux accroché, ma chère ! Depuis quinze jours que Françoise et Jacques viennent échanger des balles avec nous tous les après-midi, je t\u2019avais déjà bien vue .acharnée, mais comme hier, jamais ! Quelle victoire ! Marcel lui-même en était tout ébloui ! Marie-Charlotte souriait, d'un sourire ambigu.Aux paroles de sa cousine, le souvenir de la partie d\u2019hier se levait dans son imagination avec un saisissant relief.Pour expliquer son amour, Suzanne avait dit : \u2014 Je me sens toute petite quand il est là, toute réduite à moins que son ombre .A l\u2019encontre de cette impression, Marie-Charlotte éprouvait, en présence de Jacques de Lantégaud, un besoin de se grandir et de vaincre.Depuis le jour, si proche et si lointain à la fois, de leurs premiers mots échangés, leurs rapports avaient gardé le rythme et le son d\u2019une joute.Comme si elle eût suivi le cours des pensées de sa cousine, Suzanne constata à voix haute : \u2014 Entre vous deux, c\u2019est toujours au premier arrivé ! La doctoresse sourit sans cesser d\u2019évoquer à part soi le fameux match de la veille : Elle avait choisi, pour partenaire, le plus faible tennisman de leur bande : Pierre Le Mayeur.En face d\u2019eux : de Lantégaud et Suzanne.Dès les premières balles, les spectateurs, cependant, jugèrent que le camp Lantégaud-Suzanne n\u2019avait pas « gagné d'avance ».Puis le jeu se précipita.Bientôt, il ne sembla plus un jeu tout à fait.Les balles de Marie-Charlotte rasaient le filet avec un sifflement de bataille.de Lantégaud ripostait et elles volaient d\u2019un coin à l\u2019autre et les ronds projectiles blancs repartaient, durs, serrés .-\u2014 Qu'ont-ils donc ?demandait à Françoise Marcel Daille, qui servait d\u2019arbitre.Ce n\u2019est plus du tennis ! \u2022\u2014 Non ! répondit la jeune fille gravement.C\u2019est un duel ! On n'eût pu, jusqu'à la fin, désigner d\u2019un mot plus exact cette partie mémorable.A un moment, la chance de Marie-Charlotte parut hésiter.Mais la jeune fille, tendue comme un arc vers cette victoire qu\u2019elle voulait à tout prix, força le destin.Et l\u2019on ne joua pas plus avant cet après-midi-là.Françoise, Suzanne autant que Marcel Daille et Pierre Le Mayeur sentaient qu\u2019ils n\u2019avaient assisté qu\u2019à l\u2019une des faces d\u2019un combat resté, dans son sens, mystérieux.Quant aux deux antagonistes, ils se dévisageaient, essoufflés et les yeux plein d\u2019orgueil, comme s\u2019ils n\u2019eussent pas épuisé leur défi.-\u2014 Ah ! non ! Je n\u2019oublierai jamais cette partie-là ! assura Suzanne, sautant du lit de Marie-Charlotte.Mais, ajouta-t-elle, il ne s\u2019agit pas de se mettre en retard en rêvant à ce qui se\u2019st passé hier.Tu sais que nous montons tous ce matin.CHAPITRE IX LA COURSE À LA MORT ?I NE heure après leur matinale con-^ versation, les deux cousines, accompagnées de Pierre Le Mayeur et de Marcel Daille, caracolaient sous bois.Au hasard de la course, il arriva que le cheval du champion de tennis rejoignit Soliman II et sa belle cavalière.\u2022\u2014 Je sais que Suzanne vous a communiqué nos projets ! dit le jeune homme avec un certain embarras.-\u2014 Vous cacherai-jje que je les avais, depuis un certain temps, soupçonnés, mon cher .cousin ?déclara-t-elle en riant.Alors, soudain à l\u2019aise, il se mit à parler du bonheur qu\u2019il entrevoyait aux côtés de la petite épouse qu\u2019il avait su conquérir.Et Marie-Charlotte, en l\u2019écoutant, et se remémorant les paroles de Suzanne, pensait : \u2014 Comme ils sont heureux d'être simples ! Mais bien vite, un bruit de galop les fit se retourner tous deux.C\u2019était la jeune fille qui se pressait de les rejoindre.« SOIR MAIS TA ROBE A L'AIR PROPRE, MARIE -POURQUOI LA PASSER AU LUX?rrr J'EVITE TOUJOURS LE MOINDRE SOUPÇON D'ODEUR DE TRANSPIRATION, JEANNE, ET JE LUXE TRES,TRES SOUVENT .MES ROBES., SUR MOI ET BIEN OUI,JEANNE, AUJOURD'HUI.TU SAIS, LE LUX CHASSE i TOUT CELA, ET PUIS, à IL GARDE UNE JJ ROBE COMME JJ NEUVE\u2014 Jf\u2019l O! PAUL SE FAIT GALANT.PEUT-ETRE EST-CE GRACE .AU LUX DE MARIE! i APRES SUR SES FRAIS DESSOUS-UNE ROBE PORTEE 5 JOURS! * Quelle sottise! Mais une visite de sa cousine lui ouvrit les yeux\u2014 LES ROBES absorbent T 1 de transpiration -NE BLESSEZ PAS! Froisser! C\u2019est le cauchemar de celles soucieuses de leur personne.Jamais elles n\u2019ont leurs robes imprégnées de transpiration.Elles les LUXent souvent.Les robes absorbent toujours l\u2019odeur, surtout en été \u2014 mais le Lux enlève complètement la transpiration qui la cause.Souvent les autres nettoyages ne le font pas.Toute robe que l\u2019eau n\u2019abîme, ne sera abîmée par le Lux.Méfiez-vous des savons aux alcalis nuisibles et du frottage au savon en barre.Le Lux n\u2019a aucun alcali nuisible.Il épargné les couleurs, il protège la forme.MAIS VOYONS, MARIE, TU N'AS JAMAIS REMARQUE CELA JEANNE, VOTRE BEAUTE, VOTRE POUX PARFUM RAPPELLENT UNE DELICATE FLEUR fîoutâîtoéei Si facile .et si économique également! -À\u2014- 4 20 LE SAMEDI L'AMOUR VAINQUEUR « (No 13 \u2014 Suite) par Jacques BRIENNE Le jeune homme posa bien délicatement son fardeau sur les couvertures.\u2014 Maintenant, mère, donnez-moi du vinaigre.Non, pas du vinaigre, il y a de l\u2019eau de Cologne dans ma chambre.\u2014 Je vais la chercher, dit la mère.Et elle sortit précipitamment de la chambre.L\u2019ébéniste frictionna les tempes finement veinées de bleu de la petite.Les beaux cheveux blonds s\u2019étaient répandus, le fin visage était pâle et doux comme une fleur du rosier de Marie, dont les feuilles délicates s\u2019ourlent de rose.Pour la seconde fois, Ferdinand prit conscience du charme qui se dégageait de cet être charmant.Il pensa, mais sans aucune arrière-pensée : \u2014 Cette enfant est délicieuse ! Cependant la mère la Frite ne revenait pas.Le sein de la jeune fille commençait à se soulever; les lèvres pâles s\u2019agitaient comme pour parler.Aucune contraction de douleur ne pesait sur son marmoréen visage.\u2014 Elle n\u2019a rien, se disait l\u2019ébéniste.C\u2019est le choc et la peur qui l\u2019ont fait s\u2019évanouir.Et il était heureux d\u2019un bonheur sans mélange.Mais qu\u2019avait-il entendu ?Une émotion étrange pénétrait en lui.C\u2019était son nom à lui qui s\u2019échappait des lèvres de la rescapée.C\u2019était bien naturel qu\u2019elle prononçât son nom, puisqu\u2019il venait de la sauver.Néanmoins, il se pencha tout près de cette jeune bouche qui n\u2019avait pas encore conscience de ce qu\u2019elle disait.Elle murmura d\u2019une voix faible et angoissée : \u2014 Ferdinand, mon Ferdinand, comme je t\u2019aime ! Il se releva tout blême et porta la main à son front.Cette fois, il n\u2019y avait plus moyen de se tromper.Et toutes sortes de pensées qu\u2019il avait repoussées jusqu\u2019alors l\u2019assaillaient.C\u2019était clair comme le jour.Elle l\u2019aimait, cette pauvre petite.Ainsi donc on pouvait l\u2019aimer ! Un coeur pouvait battre pour lui ! Toutes ne le repousseraient pas ! Quelque chose de très doux glissa en lui.Puis il se reprit et, amer encore, il murmura : \u2014 C\u2019est dommage que je ne l'aime pas ! Et comme elle allait ouvrir les yeux et que la mère apportait l\u2019eau de Cologne, il s\u2019éclipsa, plus troublé qu\u2019il ne le croyait.La femme de Joseph Papin s\u2019était dit, une fois hors de la chambre : \u2014 Il faut que je le laisse seul avec elle.A la flexibilité des membres de la petite, elle avait bien vu qu\u2019il n\u2019y avait rien de grave.C\u2019est volontairement qu\u2019elle avait mis trop de temps à chercher l\u2019eau de Cologne.En entrant, elle dit : \u2014 Je parie qu\u2019elle n\u2019en a plus besoin.Et,voyant son fils s\u2019éloigner, elle ajouta : \u2014 Où vas-tu, Ferdinand ?\u2014 Mais chercher un médecin, peut-être.Marie-Charlotte sourit.Il lui sembla qu\u2019elle n\u2019entendait lui dire ; \u2022\u2014 Je suis jalouse quand il te regarde .Toutefois, un souci de bonne hôtesse la traversa : \u2014 Où est donc Le Mayeur ?\u2014 Ne t\u2019inquiète pas .Nous avons rencontré Françoise .Et comme son fiancé les devançait quelque peu, elle ajouta plus bas : \u2014 Tiens .Tu voulais savoir ce matin le secret de mon amie .Penche-toi un peu sur la gauche et regarde.Marie-Charlotte obéit doucement à l\u2019injonction de sa cousine.A quelques pas .dans un sentier parallèle, deux cavaliers étaient arrêtés.L\u2019un des deux .l\u2019homme, tenait par leurs brides son cheval et celui de sa compagne et la curieuse crut voir sur la mâle épaule un front timide s\u2019abandonner.Devant elle, Suzanne et Marcel, d\u2019un trot égal, trottaient.\u2014 Nous voici seuls, mon vieux Soliman ! A peine avait-elle prononcé ces paroles, qu\u2019elle tressaillit.Se trompait-elle ?On eût dit qu\u2019un galop se précipitait à la rencontre de leur petite troupe.Tout à coup, au tournant d\u2019un chemin couvert, Jacques de Lanté-gaud, sur son magnifique alezan, déboucha.Alors, prise de ce vertige triomphal, que la présence du jeune industriel éveillait à chaque fois chez elle, elle lança son cheval en avant et dépassant Jacques, un instant interdit : \u2014 Votre revanche ! cria-t-elle.At-trapez-moi ! Suzanne et Marcel qui la virent passer comme un éclair pensèrent que Soliman II s\u2019était emballé.Déjà, ils donnaient de l\u2019éperon lorsqu'ils furent frôlés, ainsi que par un vent de feu, par son poursuivant.Ils comprirent.Cependant ils se demandèrent encore s\u2019il ne convenait pas d\u2019intervenir.\u2014 S\u2019il tarde à la rattraper, dit Marcel Daille, les chevaux vont prendre le mors aux dents.\u2014 Elle se tuera plutôt que de se laisser distancer ! affirma la jeune fille en tremblant.Marcel, j\u2019ai peur ! Et il n\u2019y a rien à faire, voyez-vous ! Nous n'arriverions qu\u2019à l\u2019exciter davantage .* \u2014 Attends, un peu, nous niions voir; si elle n\u2019a rien, à quoi bon aller chercher quelqu\u2019un ?Et s\u2019adressant à la pauvrette : \u2014 Comment te trouves-tu, ma petite Julienne ?La jeune fille s\u2019était assise sur le lit.\u2014 Mais bien, madame Papin, très bien, je ne me sens aucun mal.Et apercevant Ferdinand : Françoise et Pierre Le Mayeur accouraient à leur tour.\u2014 Que se passe-t-il ?Où est Marie-Charlotte ?Cependant, ivre de vitesse et de danger, l\u2019amazone, là-bas, filait comme une flèche.Presque entièrement couchée sur l'encolure, à la manière des jockeys, elle pressait, du pied et de la voix, sa bête écumante ! Un autre galop infernal la précipite toujours plus avant, malgré les obstacles, malgré les branches qui lui déchirent le visage .Il va l\u2019atteindre ?Non ! Un chemin de traverse est là.Elle y projette Soliman II.Elle échappe.Ciei ! Le cheval butte sur une racine traîtresse .Lui._ se relève presque aussitôt.Mais l\u2019amazone, étendue et pâle, évoque l\u2019image d\u2019un grand lis fauché ! Calmé, Soliman II la flaire doucement.Et voici qu\u2019un cri de douleur et d'effroi résonne à leurs côtés.Jacques de Lantégaud, à genoux, balbutie son désespoir : \u2014 Marie-Charlotte ! Marie-Charlotte ! Ce n\u2019est pas possible .Vous n\u2019êtes pas blessée .Répondez-moi ! Mais ses sanglots libèrent le cher secret si bien gardé ! \u2014 Mon amour ! balbutie-t-il dans ses larmes ; mon amour ! Alors, rappelée des lointaines limbes, Marie-Charlotte ouvre les yeux et tout de suite le rassure : \u2014 Je ne suis qu\u2019étourdie .J\u2019ai passé par-dessus la tête de Soliman HI Oh I Jacques .vous pleurez ?¦\u2014 Je ne crois pas que j\u2019aurais pu vous survivre, répond-il simplement, tandis que, preste, elle se relève et observe ; \u2014 La pratique des sports, cela sert à quelque chose.On tombe un peu à la façon des chats .Elle sourit pour qu\u2019il sourie.Mais Jacques, éperdu de bonheur à la voir debout, ne trouve pas d\u2019autres mots que les mots murmurés dans la douleur ; \u2014¦ Mon amour .mon amour .Et quand il abaisse ses lèvres sur ce beau front orgueilleux, celui-ci fléchit enfin.Mais tout à coup, relevant la tête, elel proteste malicieusement : \u2014 Vous savez .sans cette racine .vous n\u2019auriez pas qaqné ! FIN \u2014 Oh ! monsieur Ferdinand, je vous remercie bien ! \u2014 Il n\u2019y a vraiment pas de quoi, répondit l\u2019ouvrier et il se mit à rire pour cacher son émotion.La petite rit aussi.Puis elle s\u2019écria : \u2014 C\u2019est que j\u2019ai perdu l\u2019entrecôte ! Ferdinand plaisanta : \u2014 Mince, alors, mademoiselle, on ne va pas souper ! \u2014 J\u2019irai en chercher une autre.\u2014 Ça, jamais ! ¦\u2014 Alors ! \u2014 Alors, proposa l\u2019ébéniste, nous allons aller tous trois au restaurant manger des tripes.\u2014 Là.Qu'est-ce que je te disais, hier, Julienne ?Il les aime joliment, les tripes; il est comme son père.Avec l\u2019aide de Pauline, la petite fleuriste était descendue du lit.Elle remarqua : \u2014 C\u2019est que ma jupe est toute déchirée.\u2014 Nous allons passer chez vous.\u2014 Alors je veux bien.\u2014 C\u2019est sur l\u2019avenue de Saint-Mandé que je vous emmène dîner; nous prendrons le tramway.Depuis longtemps, Pauline Papin n\u2019avait vu son fils animé d\u2019un tel entrain.Elle fut enchantée.Le dîner fut très gai.Les mets étaient simples et bons.On les arrosa d\u2019un petit vin gris qui râpait joliment la gorge.Au dessert, la mère la Frite voulut que Julienne y allât d\u2019une petite chanson.La jolie fleuriste chantait comme une fauvette.Elle gazouilla d\u2019une voix délicieuse : Mignonne, voici l\u2019avril Le soleil revient d\u2019exil Tous les nids sont en querelles .Viens, car tu sais qu'on t\u2019attend Sous le bois près de l\u2019étang Où vont boire les gazelles .Julienne avait fini la jolie romance que Ferdinand l\u2019écoutait encore.Charmé par cette voix suave, il la pria de continuer et, devant son insistance, la douce fleuriste attaqua gentiment la Chanson des roses.Viens avec moi pour fêter le printemps Nous cueillerons des lilas et des roses La sympathie de Ferdinand grandissait pour la gentille midinette.En sortant du cabaret, on poussa jusqu\u2019à l\u2019entrée du bois, pour voir le lac immobile sous les saules et pour admirer deux beaux cygnes qui voguaient majestueusement sur l\u2019eau polie comme un étain.Ce fut une heure délicieuse, même pour Ferdinand.Sans doute, il n\u2019aimait pas encore Julienne, mais sa société commençait à lui plaire, maintenant qu\u2019il avait surpris son secret.\u2014 Si je voulais, je la rendrais heureuse, se disait-il, et cela serait si je n\u2019aimais pas Alésia.Mais une voix, la voix de la raison, lui disait : \u2014 Alésia est une reine, et une reine est adorée de ses sujets, mais aucun d\u2019eux n\u2019espère la posséder.Aujourd\u2019hui Comme Hier (Suile de la page 19) Lisez notre nouveau feuilleton \u201cCOEUR FIDELE\u201d page 28 10 juillet 1937 21 D\u2019avoir près de lui ce coeur de femme, qui était sien, lui était la plus douce des consolations.\u2014 Pauvre petite, ne souffre-t-elle pas comme moi ?se disait-il.Au retour, la jolie boiteuse s\u2019appuyait au bras robuste de l\u2019ébéniste.Elle était heureuse.Les prédictions de Pauline Papin allaient-elles se réaliser ?.Des journées passèrent, paisibles et calmes.Heure par heure, sans qu\u2019il s\u2019en aperçut, Ferdinand s\u2019attachait à Julienne.Maintenant, tous les soirs, il lui portait une fleur.\u2014 Elle les aime tant ! se disait-il.Et lentement, très lentement, le souvenir d\u2019Alésia s\u2019entourait de moins de souffrances, de moins de révoltes.Une résignation mélancolique descendait en lui comme la fraîcheur apaisante d\u2019un beau soir.De plus en plus la jeunesse et le besoin d\u2019aimer reprenaient sur lui leur empire.Il souffrait encore, mais sans se l\u2019avouer, il espérait un peu.Le voile de deuil qu\u2019il avait tiré sur la vie était parfois soulevé par une brise de printemps.VI I A journée que la mère la Frite, Ferdinand, son père et César Bi-liotti passèrent ensemble à la campagne fut charmante.L\u2019ancien cuisinier fit de son mieux pour animer la conversation.Quand il voulait, c\u2019était un boute-en-train incomparable.Tout l\u2019esprit du faubourg \u2014 et certes, on sait s\u2019il y en a \u2014 résidait en lui.Au dessert, César offrit le champagne.Il s\u2019était efforcé, lui aussi, d\u2019être gai et aimable.Pauline Papin et Ferdinand étaient ravis.Personne n\u2019ignore combien les Parisiens sont heureux de passer quelques heures à la campagne, à flâner, à savourer un bon déjeuner aux bords de la Seine, ou encore mieux près de la Marne, la jolie rivière sinueuse qui est la parure de la banlieue.Quand vint le soir, quand ils se quittèrent les meilleurs amis du monde, l\u2019Italien avait si bien manoeuvré qu\u2019il savait tout ce qu\u2019il voulait savoir.La mère la Frite, légèrement émoustillée par les vins fins et le champagne, avait parlé, parlé à n'en plus finir.Habilement, Joseph Papin avait mis la conversation sur la Reine du faubourg.Maintenant qu\u2019elle avait la certitude que son fils aimait déjà, ou aimerait bientôt, la petite Julienne, maintenant qu\u2019elle était sûre qu\u2019il ne restait plus de sa passion pour Aîésia qu\u2019un souvenir très tendre et presque doux dans son coeur, Pauline ne redoutait plus de parler de la jeune fille.Elle dit tout ce qu\u2019elle savait sur elle, sur le père Millias, sur la vieille Margottine.Elle raconta cent anecdotes, les unes amusantes, la plupart touchantes, sur la jeune fille.Avec quelle émotion le gentilhomme italien l\u2019écoutait ! Car plus que jamais il était sûr, mille fois sûr, qu\u2019Alésia, vivante image d\u2019Eléna, était sa fille.Le soir, au moment de se séparer de la famille Papin, devant la porte de leur maison, César leur dit : \u2014 Madame Papin, monsieur Ferdinand, je garde votre mari, votre père .J\u2019ai besoin de lui pendant quelques jours d\u2019une façon continue.\u2014 Oh ! vous pouvez le garder tant qu\u2019il vous plaira, dit la mère la Frite dans un bon rire.» J\u2019aime mieux le voir avec vous qu\u2019avec une jeune chocolatière ! \u2014 Pauline, intervint sévèrement le faubourien, il y en a qui sont malheureux par manque de mémoire.Toi, c\u2019est ton trop de mémoire qui t\u2019a perdue ! Quand les deux hommes furent seuls, l\u2019Italien déclara : \u2014 Je suis content de ma journée.\u2014 Moi aussi.Qu\u2019est-ce qu\u2019on va faire maintenant ?\u2014 A vrai dire, je ne le sais pas encore.Et ils gardèrent le silence, pendant que l\u2019auto les transportait vers la rue de Châteaudun.Mais, après avoir réglé le chauffeur, César, au moment de sonner pour faire ouvrir la porte de la maison demanda : Et il tira sa montre en même temps que Papin.\u2014 Onze heures moins dix .dit celui-ci.C\u2019est honteux de rentrer si tôt un jour de fête.Si on allait dans n\u2019importe quel café prendre un de ces vieux madères ?.\u2014 Oui, fit l\u2019Italien, je ne sais pourquoi, mais je ne me sens, ce soir, aucune envie de dormir.Ils allèrent au café le plus proche.\u2014 Commande ce que tu voudras, indiqua le gentilhomme.Mais demande en même temps ce qu\u2019il faut pour écrire.Naturellement, Papin héla le garçon et demanda : \u2014 Garçon, deux madères et de quoi écrire.Ils furent servis promptement.César Biliotti commença à rédiger une lettre.Papin ayant vidé son verre d\u2019un seul coup, prit un journal qui traînait sur la table voisine.Sans doute ce qu\u2019écrivait l\u2019Italien était grave et difficile.A chaque ligne, il s\u2019arrêtait pour réfléchir longuement.L\u2019ancien cuisinier, pendant ce temps, parcourait le journal avec indifférence.Tout à coup une exclamation lui échappa : .\u2014 Ah ! par exemple ! \u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a ?fit l\u2019autre.\u2014 Tenez, patron, voyez vous-même.Joseph Papin tendit du doigt le passage intéressant.César jeta un coup d\u2019oeil sur l\u2019endroit indiqué.-\u2014 Tiens, fit-il aussitôt, le vicomte de Maximieux qui se bat en duel !.Après tout, que nous importe ?C\u2019est son affaire à ce jeune homme.\u2014 Assurément.César relut tout bas ce qu\u2019il avait écrit.Sans doute, ça ne le contentait pas.Il sembla hésiter un instant.Puis, il déchira le papier à moitié noirci.\u2014 Ah ! dit Papin ironique et satisfait, vous ne respectez pas plus votre style que le mien.\u2014 Dans une maison où quelqu\u2019un se bat, répliqua l\u2019ancien fou, les femmes ne comprennent rien à ce qu\u2019on leur dit en dehors du duel.» Je tiens à être lu par des gens qui ne soient pas sous le coup d\u2019un affolement.Allons nous coucher.Déjà il jetait une pièce d\u2019argent sur la table de marbre et se levait.\u2014 Et votre madère ?Vous l\u2019oubliez ?dit le faubourien.(Lire la suite page 39) QUELLE VEINE DE M'ETRE % CASSELA JAMBE! ON DIRAIT QUE JE SUIS LE SEUL A VENIR LE VOIR! UN GENTIL GARÇON COMME LUI AURAIT TANT D\u2019AMIS S\u2019IL FAISAIT PLUS ATTENTION COMME SI TOUT HOMME NE DEVRAIT PAS CONNAITRE ET EMPLOYER LE LIFEBUOY .JE VOUS Al ENTENDUE! DITES, COMMENT ASSOCIEZ-VOUS LE LIFEBUOY A MON MANQUE D\u2019AMIS?PUIS-JE ETRE FRANCHE?LE LIFEBUOY ENRAYE L\u2019\u201cO.T.\u201d.IL CONTIENT UN INGREDIENT PURIFIANT SPECIAL QUE D\u2019AUTRES SAVONS DE TOILETTE N\u2019ONT PAS LES JEUNES FILLES AVISEES CONFIENT LA BEAUTE DE LEUR TEINT _ A CETTE MOUSSE 20% / PLUS DOUCE ?t elles se baignent aussi J régulièrement au Lifebuoy .en effet, plus de canadiennes et d\u2019américaines\u2014c\u2019est vrai aussi pour les hommes et les enfants\u2014préfèrent le Lifebuoy pour le bain à tout autre savon .Ainsi disent 125,000 lectrices de onze grands magazines.Essayez-le! Sa mousse rafraîchissante pénètre les pores à fond, purifie, enraye 1\u2019 \u201cO.T.\u201d.Oui! 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Tu veux dire trop vite.\u2014 Mais non.C\u2019est une auto que j\u2019avais volé et je me suis laissé rattraper par la police .* \u2014 Ma chère et tendre épouse, tu oublies que l\u2019homme a été créé avant la femme.C\u2019est donc lui qui doit conduire dans le ménage.\u2014 C\u2019est entendu: l\u2019homme a été créé à titre d\u2019expérience; c\u2019est une ébauche, avant le chef-d\u2019oeuvre ! * Un marchand ambulant, installé sur le trottoir, vante sa marchandise: \u2014 Mesdames, messieurs, je vous présente un peigne extra souple, absolument incassable.Vous pouvez le plier, vous pouvez le frapper avec un marteau, en un mot vous pouvez en faire tout ce que vous voudrez.\u2014 Est-ce qu\u2019il peut peigner ?demande un spectateur.Rions, c\u2019est l'heure \u2014 Je me demande où j\u2019avais la tête quand j\u2019ai consenti à t\u2019épouser.\u2014 Mais sur mon épaule, chérie, sur mon épaule.é \u2014 La cure d\u2019amaigrissement de votre femme a-t-elle eu du succès ?Ça intéresse beaucoup ma femme.\u2014 Oui, certainement; crois-moi si tu veux mais ma femme a tellement maigrie qu\u2019elle a disparu .\u2014 Tiens, tiens; je vais donner cette bonne recette à la mienne .« Elle \u2014 Et dire que j\u2019ai renoncé à deux autres hommes pour toi.Lui \u2014 Et moi, j\u2019ai renonçé .à des milliers de cigarettes; tu ne veux même pas que je fume.* -\u2014 Tes chaussures crient : tu ne les as pas payées.\u2014 C\u2019est idiot car, dans ce cas, tous mes vêtements hurleraient.é \u2014 Venez vite, docteur, mon fils vient d\u2019avaler une pièce d\u2019un sou.\u2014 Et vous me dérangez pour si peu.Ah ! non ! é La bonne dame \u2014 Pourquoi pleures-tu, mon petit ami ?Le bambin \u2014 Ma soeur veut pas jouer avec moi.La bonne dame \u2014 Et pourquoi ne veut-elle pas jouer avec toi ?Le bambin \u2014 Parce que je pleure.* -Tu as cassé le cendrier, Abraham, .pour te punir, tu vas en acheter un autre avec tes économies.\u2014 J\u2019aimerais mieux acheter de la colle, c\u2019est plus avantageux.La ménagère \u2014 Eh ! c\u2019est de l\u2019eau qu'il y a dans vos bouteilles.Le laitier \u2014 Sapristi ! On a oublié d\u2019y mettre le lait.* Un épicier avait fourni des aliments à une famille, pendant plusieurs mois.Un bon jour, son client trouva du travail.Mais l\u2019épicier constata avec étonnement qu\u2019il allait maintenant acheter chez son concurrent et qu\u2019il payait comptant.Il alla trouver ce client peu reconnaissant : -\u2014 Comment ! Je t\u2019ai fait crédit pendant des mois et maintenant tu vas payer comptant chez Poirot ! \u2014 Mais oui, vous vendez à crédit mais je ne savais pas que vous vouliez vendre votre argent comptant.* Une jeune Montrélaise va à la campagne pour la première fois.Son oncle va la prendre à la gare et l\u2019amène dans sa voiture des dimanches.En route, la jeune fille voit un grand moulin à vent et, tout près, des cochons qui broutent.\u2014 Oh ! dit-elle, je ne savais pas que vous aviez tant d\u2019attention pour vos animaux.\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a, dit l\u2019autre.\u2014 Vous construisez de grands éventails pour que les cochons n\u2019aient pas chaud .« Au restaurant, un client interpelle violemment le garçon : \u2014 Qu\u2019avez -vous aujourd\u2019hui ?Vous me servez d\u2019abord le poisson et maintenant vous me donnez le potage.Ne savez-vous pas que le potage vient avant le poisson ?\u2014 Je le sais, monsieur, réplique le garçon à voix basse, mais, de vous à moi, le poisson ne pouvait attendre davantage.Voulez - vous\" ^avoif?D'UNE fEMMF ?L ACE EXACI' \u2022DBMANDEZ-LE À S\\)N AMIE.LFPEMEZ:\tLA MOlY'lE' DES^ DEL)/\" >OECLAPAfibNS~' E< VOLIS\"1 AUPEZ LET, NOMBRE JUSTES VKTTg LAPOINTE 10 juillet 1937 25 *«988 ¦zsâîSJ SSSBiV.EPISODE No 2 ilSE \u2019MM w-z 1\u2014Les trois cow-boys Fred, Bob et Fatty pour- 2\u2014Mais ceux-ci ayant mis le feu à un petit pont 3\u2014Sans lâcher la bride, ils réussirent à se main-suivaient des bandits qui avaient attaqué un ranch, de bois, les cow-boys tombèrent dans la rivière.tenir sur 1 eau, cherchant un endroit pour aborder.4\u2014Ce ne fut que quelques arpents plus loin qu\u2019ils 5\u2014\u201c Sus aux bêtes puantes ! \u201d cria le gros Fatty.\t6\u2014Ils galopèrent pendant plusieurs minutes mais purent monter sur la rive avec leurs montures.\tC\u2019est ainsi qu\u2019il appelait les bandits de McBride.\tne virent aucune trace des pillards.sas» ill k ,iïî rrtW'v sm 1 *-%, iM R iz mm 4;tV.1IvRjg* i« . / wmmm *w.vj ?M 175 ILLUSTRATIONS\tPrix : $1.25\t\tWKFjw/ En vente partout ou chez l\u2019auteur\t\tA ALBERT PLEAU, Saint-Vincent-de-Paul, (comté de Laval), P.Q.\t\t Lisez \u201cLa Revue Populaire \u201d UN ROMAN COMPLET DANS CHAQUE NUMERO Nom Adresse Province ou Etat tous les mois ! Coupon d\u2019abonnement à LA REVUE POPULAIRE $2.00 pour 2 Ans (Pour le Canada seulement) Ci-joint $2.00 pour un abonnement de DEUX ANS à LA REVUE POPULAIRE.POIRIER, BESSETTE 8 CIE, 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada. 36 LE SAMEDI DIX PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE LES DIX GAGNANTS \u2014 Problème No 288 Dix jeux de cartes M.Hercule Giroux, 1284, rue Wolfe, Montréal.P.Q.; M.Léopold Paré, 209, rue Willard.Cowansville, comté Missisquoi, P.Q.; M.Jean-Charles Côté, Van Bruyssel, P.Q.; M.Fernand Matte, Neuville, comté de Portneuf, P.Q.; Mlle Benjamine Cari, 386, rue St-Jean, Québec, P.Q.; Mlle Marie-de-Lourdes Boucher, 1604, rue St-André, Montréal, P.Q.; Mlle Géraldine Vincent, 451 ave Strathcona, Westmount, P.Q.; M.Henri Beaudoin, 1662, rue Plessis, Montréal, P.Q.; Mme C.-E.Mongenais, 321, rue Rideau, Ottawa, Ont.; Mlle Germaine Dufresne, 342.est rue Sherbrooke, Montréal, P.Q.LES MOTS CROISES DU \"SAMEDI\" \u2014 Problème No 290 Solution du Problème No 289 0\te t f\\ ¦ Ml|d|R[£H° u °\tE P\tR o i |tp|5js [«¦¦4JR u o\tN t\\ L 1 N1\tm i sÉBJiIÉtIBbIÉd e n 1 -ipfné EflZ] ** Fw,a nPMn]i IqÉBsBÉhJuplÉT ¦b a 1 c¦¦pioFtBËc|o bB\tT R £ £ |T lu bJBIL i |& |H\t° 1 n B- slî o[r s e Me c aJn ûBfs\t\t T A\te ¦tIa sflzHc L IeHc R TilZ ü [m 1 QfO Blip 1\tA C N 1 T\ti eMHrJe c u|lBd]i t n NÉÉTpiT è iÉBpIBs e e me o uMoÉBs o tTIIr\t0 L E ZMc 0 U ShjNhjE R E sBv\t\t fl | L |K 1 S E ¦£ KM E 8 1 |T|E\t\t Nom (M., Mme ou Mlle) _______________________________________________________________ Adresse ou Boîte Postale\t________ ___ Ville - Comté ____2____________ Prov.Adressez : LES MOTS CROISES, Le Samedi, 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.HORIZONTALEMENT 1.\tTerre à porcelaine.\u2014 Tissu qui constitue la couche profonde de la peau.2.\tRomancier français ( 1804-1 857).\u2014 Passage étroit entre deux montagnes.\u2014 Pronom petsonnel.3.\tPronom indéfini.\u2014 Lieu de l\u2019arène où l\u2019on tient les taureaux enfermés.\u2014 Fleuve côtier de France.4.\tEn poésie, navire.\u2014 Officier de bouche, à l'ancienne cour des rois de France.\u2014 Troublé.5.\tPréfixe.\u2014 Sculpteur, fondeur et mé-dailleur italien.\u2014 Terminaison.6.\tPartie de la charrue servant à ouvrir le sol.\u2014 Point cardinal.\u2014 Espèce de cabriolet.7.\tQui exprime le dégoût.\u2014 Oxyde bleu de cobalt.8.\tBâton de pèlerin.\u2014 Se dit du souffle des vents.9.\tPartie la plus fine de la laine cardée.\u2014 Voitures qui marchent à l'aide d'un moteur.10.\tFleuve qui arrose la Westphalie et le Hanovre.\u2014 Filament.\u2014 Saint ( en espagnol).11.\tPréfixe latin qui signifie de, par.\u2014 Riche tissu de soie.\u2014 Ici.12.\tVoiture fermée.\u2014 Permis de citer (Dr.).\u2014 Rivière de France.13.\tSert à lier les parties du discours.\u2014 Couleur qui tient du bleu et du rose.\u2014 Note.14.\tRègle obligatoire.\u2014 Pronom personnel.\u2014 Nœud (fam.).1 5.Bonnet de police.\u2014 Genre de légumineuses alimentaires.VERTICALEMENT .1.Petit câble de fil de fer tordu garni de pointes.\u2014 Plante potagère.2.\tNouveau.\u2014 Ecrivain américain, né à Boston.\u2014 Selle grossière.3.\tDu verbe être.\u2014 Réduit pratiqué dans la cale d\u2019un navire.\u2014 En cet endroit.4.\tEtat physiologique des animaux.\u2014 Espèce de poisson des Mascareignes.\u2014 Fraude.5.\tChemin de balage.\u2014 Tissu de laine étroit et léger.\u2014 Fille d\u2019Inachos.6.\tPronom indéfini.\u2014 Qui exprime le doute.\u2014\u2022 Chef-lieu d'Ille-et-Vilaine.7.\tPresqu\u2019île montagneuse entre la mer du Japon et la mer Jaune.\u2014 Juges Musulmans.8.\tCourbure anormale de la colonne vertébrale lombaire.\u2014 Feindre.9.\tUnissent.\u2014 Commune de la Seine.10.Frère servant.\u2014\u2022 Mesure algérienne.\u2014 Possessif.1 1.Conjonction copulative.\u2014 Callosités.\u2014 Interjection.12.\tGaz stomacaux.\u2014 Robe turque doublée de fourrure.\u2014 Adj.numéral.13.\tA moitié.\u2014 Peintre français né à Rothau.\u2014 Adverbe de lieu.14.\tPartisan.\u2014 Affluent du Danube.\u2014 Il ne faut jamais se le rompre.15.\tDe la couleur jaune tirant sur le brun.\u2014 Sabre de bois d\u2019Arlequin.Pauvre être arraché brusquement de l\u2019intérieur douillet, et de la vie délicieuse, si pleine de joie, qu\u2019il menait auprès de sa mère chérie, comme un changement devait lui sembler affreux ! Sa petite cervelle d'enfant se brouillait dans ce noir; il ne comprenait pas, ne pouvait parvenir à comprendre .\u2014 Il faut nous hâter, mon petit monsieur, disait Castérac, faisant aussi douce que possible sa rude voix de soldat, votre maman veut que vous veniez avec moi à Chelles chez la vieille mère, vous savez, qui a de jolies chèvres blanches avec qui vous jouiez si bien ! Quand madame sera guérie, elle viendra vous chercher.\u2014 Quand sera-t-elle guérie, maman ?interrogea le petit d'un accent navré.\u2014 Bientôt, je vous promets.N\u2019est-ce pas, Félix ?Surtout si vous êtes bien obéissant.Le vieillard approuva d\u2019un hochement de tête.\u2014 Et mon papa, pourquoi il n'est pas avec moi ?\u2014 Votre papa .il soigne madame, vous comprenez, il ne peut pas la quitter .- Ah !.il m\u2019aime toujours, dis, Félix, mon papa ?Le brave homme étranglé par l\u2019émotion balbutia : \u2014 Oh ! monsieur René ! vous le savez bien qu\u2019il vous aime, votre papa, et de tout son coeur encore ! L\u2019enfant se tut, et Castérac lui mit son chapeau.Puis tous les deux se surprirent, essuyant furtivement du doigt un pleur.Qu\u2019il était terrible et poignant ce petit être avec ses questions ! De quelle prescience, à certaines heures solennelles, ces coeurs d\u2019enfants ne sont-ils pas capables ! La toilette finie, Castérac adressa un signe à Félix, celui-ci comprit et sortit sur le Cours-la-Reine, inspectant soigneusement les alentours de l\u2019hôtel.Il ne' remarqua rien de suspect et rentra en avertir Castérac d\u2019un geste convenu à l\u2019avance entre eux.L\u2019homme et l\u2019enfant s\u2019en allèrent.\u2014 Veille bien, souffla Casténac à 1 oreille de son camarade.Je vais traverser le pont de la Concorde et je prendrai une voiture à la première station que je trouverai de l\u2019autre côté de l\u2019eau.Je rentrerai par le dernier train, j ai ma clef, referme sur moi les portes et ne te dérange plus.Le battant de la petite porte ménagée à côté de la grille d\u2019honneur se referma avec un bruit lugubre sur l\u2019exilé.Le dernier de la Fougeraye quittait pour toujours la maison paternelle.Sa vie maintenant serait pleine de .hasards, de tristesses, de misères.Adieu ! pauvre petit abandonné ! Félix, appuyé contre la grille, écoutait le bruit des pas qui se perdaient peu à peu dans le lointain, celui de l\u2019homme ferme, décidé, celui de l\u2019enfant : un trottinement hâtif de ses pieds menus sur le pavé sonore.~ Allons ! se dit le vieillard quand il n\u2019entendit plus rien, les voilà loin, ils pourront sans encombre maintenant continuer leur voyage .J\u2019avais peur que quelqu\u2019un, quelque individu de la police ne guettât autour de l'hôtel.Il n'en est rien par bonheur.Du reste en y réfléchissant, ce n\u2019est pas par ici que ces gens dirigeront leurs recherches.Puisqu\u2019on croit M.René enlevé par des inconnus, c\u2019est dans Paris, à travers la France qu\u2019on fouillera, et non pas autour de cette maison.Là, maintenant que tout est bien fermé je retourne près de mon malade .La fièvre commence à s\u2019en aller, d\u2019ici trois ou quatre jours il sera sur pieds.C\u2019est curieux, il se laisse soigner puis enfermer sans rien dire; on croirait qu\u2019il n\u2019a pas conscience de ce qui se passe autour de lui.La fièvre sans doute produit cet état., .Mais depuis tantôt, je le crois bien près de revenir tout à fait à lui.Il regarde sa chambre, ma chambre, d\u2019un oeil étonné, et moi même il me fixe opiniâtrement lorsque je suis près de lui.Je crois qu\u2019il sera prudent de ne pas attendre que les forces lui soient entièrement revenues pour exécuter les ordres de mon maître, sans quoi il ferait assurément résistance.C'est que je le connais, M.César et son caractère indomptable .Tout de même, après les malheurs causés par sa faute, j\u2019espère qu\u2019il se montrera docile .Tout en monologuant, le vieux domestique arrivait chez lui.Il entra dans sa chambre, dont la porte par précaution avait toujours été fermée à clef, et après avoir constaté que le malade dormait, il s\u2019assit près de lui et relut la lettre qu avant de partir, le matin, son maître lui avait laissée.Environ une heure plus tard, le blessé s\u2019agira sur sa couche, étira ses bras, puis ouvrit les yeux.Dans son regard se peignit d\u2019abord une stupéfaction très vive.Il se demandait évidemment par quel hasard il se trouvait dans cette chambre inconnue, avec cet homme à cheveux blancs à ses côtés.Mais Félix s\u2019étant tourné vers lui, César le reconnut.\u2014 Tiens ! Félix ! murmura faiblement le jeune homme.je suis donc.Il n acheva pas, ne comprenant pas encore comment le vieux compagnon de son enfance se trouvait à son chevet, comment lui-même était couché dans ce lit, les membres lourds, la tête vide.\u2014 Vous êtes chez M.le duc de la Fougeraye.\u2014 Mais comment se fait-il ! et cette douleur là .Aie ! \u2014 Vous .avez été blessé, et c\u2019est moi qui vous soigne.\u2014 Blessé ?où ?quand ?Je ne me souviens pas .Voyons que je tâche de me rappeler .Le soir, l\u2019échelle .puis la serre .quelqu'un qui me saisit, je résiste, je m\u2019échappe.puis plus rien .du noir, du vague .je ne sais plus .\u2014 Ne vous fatiguez pas à chercher, monsieur, César, vous avez encore la tête trop faible .Ne parlez pas trop non plus, cela vous redonnerait la fièvre.Soyez bien tranquille, bien raisonnable, si vous voulez être bientôt guéri, et alors je vous expliquerai.Jusque là laissez-vous soigner par moi sans en demander davantage .César, trop languissant encore pour réunir ses idées se laissa aller sur ses oreillers, soupira et ferma les yeux.IV D OBERT et César de la Fougeraye N n\u2019étaient que demi-frères.Leur père, Alexandre de la Fougeraye, épousait, à trente ans, miss Maud Fergusson, richissime Américaine, fille d\u2019un Yankee, possesseur de toute une contrée dans laquelle 10 juillet 1937 37 se trouvaient de nombreux puits à pétrole, qui lui rapportèrent une fortune colossale.De très noble et très ancienne race, mais à demi ruiné, Alexandre redorait ainsi son blason, dans les conditions toutefois les plus honorables.Robert était le fils de l\u2019Américaine, qui mourut jeune, lui léguant ses richesses.Après deux années consacrées au souvenir pieux de l\u2019épouse défunte, Alexandre s\u2019éprenait d\u2019une jeune veuve et l\u2019épousait.Mais celle-ci, au contraire de Maud, n\u2019apportait à son mari que sa beauté, sa douceur, et l'exquise sensibilité de son âme.Il fit cette fois, dans le sens le plus large du mot, un mariage d\u2019inclination.La douce Isabelle mourut peu de temps après la naissance de son fils César.Elle avait langui plusieurs mois, souffrant sans se plaindre, et s\u2019éteignit son doux sourire aux lèvres sa petite main pâle appuyée sur la tête de Robert son beau-fils, ses yeux mourants fixés sur le bébé qu\u2019elle laissait si tôt, trop hélas ! sans mère! Le coup fut si rude pour Alexandre de la Fougeraye, qu\u2019il ne survécut pas longtemps à sa chère morte.Une année à peine après elle, il mourut, recommandant à son aîné, Robert, le petit César, le conjurant d\u2019être pour lui bon frère, de le protéger, de l\u2019aimer, de lui rendre aussi douce que possible la traversée de l\u2019existence .Au moment de la mort de leur père, il possédait de solides qualités pratiques.Ce mélange produisit un ensemble excellent, et fit de Robert un être d\u2019élection au sens le plus large du mot.Comprenant la grandeur de son devoir, le jeune homme renonça à la vie brillante, aux plaisirs qui s\u2019offrent tentateurs à ceux que la fortune choisit, et se consacra tout entier à l\u2019enfant dont il avait la charge.Et c\u2019était la chose la plus touchante du monde de voir ce grand tendre avec cet enfant comme la plus tendre des mères.Il éleva César, veilla sur son éducation, se fit son protecteur, son appui, il l\u2019aima de tout l\u2019amour qü\u2019au-raient eu pour lui ses chers parents et entoura sa jeunesse des soins les plus empressés, tandis qu\u2019il s\u2019essayait à former son coeur, ouvrir son esprit, cultiver son intelligence.Jamais frère n\u2019eut pour son cadet affection plus vive et plus profonde, tendresse plus indulgente ! Jamais aussi ne se rencontra, chez des êtres issus du même sang, une telle dissemblance de nature.Autant Robert avait été toujours sage et réfléchi, autant César montrait un caractère de jour en jour plus fougueux, plus indomptable.Parfois, un peu découragé par les incartades enfantines de son cadet, la Fougeraye en venait à se demander de qui César tenait cette nature bizarre, fantasque, cette tête d\u2019étourneau, cet esprit incapable de se soumettre à la moindre contrainte.Alexandre, leur père, ne ressemblait en rien au jeune garçon, et ce n\u2019était certes pas la douce Isabelle qui avait légué à son fils ces instincts, capables plus tard de se transformer en vices.César détestait l\u2019étude; qu\u2019on s\u2019y prit doucement ou qu\u2019on le punît, il ne pouvait supporter de demeurer assis devant un pupitre, prenant des leçons ou noircissant du papier.Ses plaisirs préférés étaient les jeux violents, les gambades, les sauts, les courses folles; il ne pouvait tenir en place et mettait sans cesse aux abois toute la domesticité de son frère, son précepteur à qui il se plaisait à jouer les niches les plus abracadabrantes; son grand frère lui-même n\u2019était point épargné.Pourtant il l\u2019aimait bien, Robert et certaines fois le jeune père sentait son coeur se fondre sous les caresses passionnées et les protestations de l\u2019enfant.César jurait qu\u2019il ne recommencerait plus, pleurait à sanqlots, se maltraitait, s\u2019injuriait, suppliait son frère de le punir, tant il trouvait sa conduite indigne, son ingratitude noire, \u2014 Je sais bien, va, tout ce que tu fais pour moi, mon Robert, disait-il, ie comprends les sacrifices que tu t\u2019imposes .Tu vis seul dans ce château de la Fouqeraye, tu te consacres à mon éducation, tu ne mènes pas l\u2019existence d\u2019un jeune homme de ton âqe, à cause de moi.Tu te contrains à l\u2019ennui, à la solitude parce que je suis là .C\u2019est certainement moi encore qui t\u2019ai empêché de te marier, car je te connais, tu n\u2019as pas voulu partager ton affection avec .quelqu'un, ou t\u2019exposer à ce que ta femme peut-être me détestât.Je suis si détestable, elle aurait bien raison O mon Robert ! je te jure que je t\u2019ainie, pourtant, et si je ne suis pas sage, si je n\u2019obéis pas, si j\u2019ai mauvaise tête enfin, ce n\u2019est pas tout à fait de ma faute .Je prends les meilleures résolutions, et lorsqu\u2019il s\u2019agit de les mettre à exécution, patatras ! c\u2019est comme si un diable malin s\u2019amusait à me faire la nique .Mais je me corrigerai, tu verras, je deviendrai raisonnable, j\u2019étudierai comme il faut pour que tu sois content de ton fils .Tu sais que je t\u2019aime, n\u2019est-ce pas ?que je suis bien malheureux quand je t\u2019ai causé une peine quelconque.Cela me fait mal, quand tu prends ta figure sérieuse, que tu tronces le sourcil .Aussi, je ne serai plus méchant jamais, jamais ! je ne veux plus que tu sois fâché.Les pressentiments légitimes du frère aîné s\u2019évanouissaient comme fumée devant ces paroles sincères, ces regrets, ces larmes.Malheureusement pour César, la diable malin revenait souvent et détruisait en une seconde les belles promesses.Les frasques reprenaient de plus belle, sans cesse renouvelées, si bien que Robert s\u2019effraya sérieusement et se demanda ce qu\u2019il allait devenir avec cet enfant indomptable.Mais sa généreuse nature pas une seconde ne l\u2019incita au découragement, à l\u2019abandon de la tâche commencée.Leur père était mort en laissant à son aîné un devoir sacré à remplir .Ce devoir il l\u2019accomplirait coûte que coûte .A treize ans, César s\u2019enfuyait de la maison, ayant à peine quelques sous en poche, et la Fougeraye désolé le retrouvait au moment du départ d'un paquebot, à fond de cale.\u2014 S\u2019il détestait l\u2019étude, l\u2019enfant se passionnait pour la lecture de \u201cRobinson Crusoé\u201d et autres \u201cRobert \u2014 Robert\u201d dont les aventures l\u2019émerveillaient.Un beau matin, la fantaisie lui vint d\u2019imiter ces héros, et de visiter à son tour les pays dont la description l'avait enflammé.Après une série d\u2019aventures prodigieuses, lorsqu\u2019il serait devenu célèbre, il écrirait à son frère, obtiendrait son pardon etc.irai as ira LE MONUMENT NELSON Quand Montréal érigea ce monument au héros de Trafalgar, le gin de Kuyper était un grand favori dans la métropole du Canada.Alors comme aujourd\u2019hui, la réelle saveur de Hollande faisait les délices de ceux qui savaient apprécier la qualité uniforme d\u2019un vrai bon gin.lomeamet commohflwoM PLATS 40$965 ONCES, 26|QO ONCES, M / V Cdte9déelle Stuvwt de Jlollunde GiNiKuyper EN VENTE AU CANADA DEPUIS PLUS DE 100 ANS Distillé et embouteillé au Canada sous la surveillance directe de JOHN de KUYPER & SON* Distillateurs, Rotterdam, Hollande\u2014Maison fondée en 1695.Une revue dont tout le monde parle en ce moment LE FILM La grande revue de cinéma canadienne-française Dans chaque numéro un roman d\u2019amour, complet et inédit.\u2014 De nombreuses photos des grandes vedettes françaises et américaines.\u2014 Les dernières nouvelles des studios transmises par nos correspondants de New-York, Hollywood et Paris.Notre roman de juillet : Ecoute, mon coeur.Par LEO DARTEY COUPON D\u2019ABONNEMENT LE FILM Ci-indus le montant d\u2019un abonnement au magazine de vues animées LE FILM.$1.00 pour 1 an ou 50 cents pour 6 mois.Nom _____________________________________________________________ Adresse _________________________________________________________ Ville - Prov.ou Etat __________ POIRIER, BESSETTE 8 CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, Can.^324768672571862699595899971 38 LE SAMEDI Par bonheur, le voyage de César se trouva interrompu dès son début, et le gamin, piteux, retourna à la Fougeraye l\u2019oreille basse, le coeur gros, préméditant déjà de recommencer plus tard, mais de prendre cette fois mieux ses précautions.Jusqu\u2019à dix-huit ans.Robert eut toutes les peines du monde à garder son frère, à lui inculquer quelque instruction.A ce moment enfin, jugeant que tout ce qu\u2019il pourrait faire désormais serait nul puisque son cadet manifestait un si grand amour pour les voyages, il se décida à le laisser parcourir le globe sous la surveillance d\u2019un précepteur, espérant que le jeune homme, après deux ou trois années d\u2019absence, lui reviendrait, mûri, assagi, sérieux en un mot ! Cela se passa bien d\u2019abord et Robert tranquillisé put se livrer aux paisibles occupations qu\u2019il affectionnait.Il collectionnait les vieilles médailles, les estampes rares, et parvint à se composer une galerie des plus intéressantes.Mais César devait donner à son frère de nouvelles inquiétudes, car un beau jour, Robert apprit qu\u2019il avait abandonné.son compagnon de route et commettait les plus extravagantes équipées.Le mal, grâce à une forte somme et à une mercuriale de son aîné, fut réparé encore.César jura une nouvelle fois de se corriger et tint parole pendant quelque temps, de sorte que la Fougeraye se reprit à espérer.\u2014 Mon frère, se répétait-il souvent, est une tête folle, mais son coeur est excellent et l\u2019empêchera toujours de faire de trop grosses sottises.Quand il aura jeté sa gourme, il deviendra l\u2019être le meilleur qu\u2019on puisse voir.Il se mariera, aura beaucoup d\u2019enfants dont je serai l'oncle-gâteau, car pour moi maintenant c\u2019est fini je ne veux plus entendre parler de mariage, je suis trop enraciné dans mes manies de vieux garçon .Survint la guerre de 1870.César, qui se trouvait alors au Maroc, accourut pour prendre du service.Il se fit remarquer pour sa bravoure folle lors des premières affaires.(A suivre dans le prochain numéro) L'éloquence des chiffres Quand on parle de reproduction chez les mouches, on arrive facilement aux millions.Il n\u2019est jamais question de dénatalité dans ce monde-là ! Et si vous savez qu\u2019une mouche transporte des germes dangereux, vous comprenez quel danger cette peste constitue pour l\u2019hygiène.Les mouches ont un penchant immodéré pour les poubelles, déchets, aliments en décomposition, etc.C\u2019est là qu\u2019elles trouvent des microbes particulièrement vigoureux.Les mouches entrent aussi dans les maisons et elles se promènent sur le bébé, ses jouets, sa tétine, partout où elles peuvent semer des germes malfaisants.C\u2019est une menace constante ! N\u2019hésitez pas.Quelques tue-mou-ches Wilson ici et là dans les différentes pièces de la maison et les mouches passent rapidement de vie à trépas.C\u2019est une solution radicale et infaillible ! Georges Carpentier (Suite de la page 8) tions de l\u2019arbitre m\u2019achalandent.» Il fut parti environ deux minutes et quand il revint à son siège, le combat était terminé.Rapide mise hors de combat Carpentier avait knockouté son rival en moins de 73 secondes.Georges avait préparé un plan de la plus grande attention.Il savait parfaitement ce qu\u2019il avait à faire.Au son de la cloche, il se plia sur la pointe des pieds, en lançant un formidable crochet de gauche au corps de Wells.Ce dernier fit entendre un sourd grognement et recula, alarmé.Le Français porta alors une multitude de coups au corps de son adversaire, dansa quelque peu.Wells perdit sa présence d\u2019esprit.Il laissa tomber sa garde pour protéger son corps torturé et Georges ne perdit point l\u2019opportunité, lui décrochant un terrible direct sur le nez.Il fut donc facile au Français de terrasser l\u2019Anglais, dans les secondes qui suivirent.Le champion d\u2019Angleterre gisait là, battu par un champion de France sans que Wells eut porté un solide coup.Ce fut le plus surprenant et incompréhensible événement de l\u2019époque dans l\u2019Empire Britannique.Les Français en étaient tout joyeux.Echec contre Jack Dempsey Carpentier était maintenant un poids-lourds.Malgré son humble origine, il avait le flair naturel pour les meilleures choses de la vie.Il savait exceller dans la société.Il savait attirer les regards, des hommes comme des femmes.Après avoir battu Wells, il aurait été tout à fait naturel à Georges de dormir sur ses lauriers, mais il voulait se battre.Il était né pour la bataille.Sa série de triom- phes augmenta dans la suite, battant même les Gibbons, Greb, Loughan.La Guerre éclata et durant quatre années, Carpentier défendit sa patrie.Au retour du front, il remit les gants et démontra qu\u2019il était encore le champion d\u2019Europe.L\u2019Amérique l\u2019invita à s\u2019attaquer à son champion, Jack Dempsey.Ce dernier était un uissant et adroit cogneur.Le comat eut lieu dans le New Jersey en 1921, et fut le plus formidable de l\u2019époque dans l\u2019histoire de la boxe.Pesant 25 livres de moins que son rival, Carpentier eut beaucoup de difficultés à s\u2019acclimater en Amérique.Aussi le soir du combat, Carpentier n\u2019était guère dans le meilleur de sa condition.Il livra néanmoins un magnifique combat au Manassa Mauler.N\u2019eut été d\u2019une fracture d\u2019un pouce de la main droite, survenue au début, Jack Dempsey n\u2019aurait probablement pas eu la partie facile.Dempsey gagna en quatre rounds mais fut rudement secoué par la droite de Carpentier.Durable popularité Carpentier livra quelques combats dans la suite.La retraite ne devait pas tarder cependant.En Amérique, Carpentier conquit gloire et fortune.Il connut pauvreté et richesse, spéculant ici et là.Acteur à l\u2019écran, sur la scène, il devint une vedette populaire.Quand il eut refait sa fortune, il retourna à Paris où il habite depuis.Vainqueur dans plus de 200 batailles, Carpentier n\u2019a jamais connu l\u2019oubli.Les annales de la boxe parleront toujours de Carpentier comme d\u2019un prince charmant, excellent boxeur et athlète accompli.Toujours le monde sportif gardera de ce Français un impérissable souvenir.Tante Berthe (Suite de la page 9) Mais certainement, vous pouvez m\u2019en croire, petite Germaine.Si votre tante est restée célibataire, si des rides précoces ont sillonné son front, si déjà ses cheveux commencent à s\u2019argenter sur les tempes, la cause en est uniquement aux soucis, aux chagrins qui ont traversé sa vie.C\u2019est qu\u2019elle a beaucoup peiné, beaucoup souffert, la pauvre créature, depuis le jour où , .Mais sans doute votre tante vous a toujours laissé ignorer quels malheurs affligèrent sa jeunesse ; elle n\u2019osa jamais troubler, par de tristes confidences, la paix de votre âme et votre naissant bonheur.Il faut pourtant que vous sachiez, Germaine, tout ce qu\u2019il y a de courage, d\u2019abnégation et de dévouement dans le cours de cette existence déjà longue ; il faut que vous sachiez tout ce que vous devez à votre tante, toutes les raisons que vous avez de l\u2019aimer, de la chérir encore davantage et de la vénérer comme une sainte au fond de votre cœur.Votre grand-père, monsieur Morel, était un très riche entrepreneur ; ses * affaires prospéraient ; il menait une vie fastueuse, un grand train de maison ; c\u2019est vous dire que votre tante passa une enfance heureuse, du moins jusqu\u2019à la mort de sa mère qui l\u2019adorait.Devenu veuf, monsieur Morel se lança dans des spéculations téméraires et bientôt désastreuses ; il dilapida sa fortune et, le malheur égarant sa raison, il ne voulut pas survivre à cette richesse qu'il jugeait à jamais perdue : il se donna la mort.Il laissait deux enfants : Jacques, le pius jeune, put finir ses études ; puis il partit pour l\u2019Afrique avec un petit capital de quelques mille francs que l\u2019on avait pu sauver à grand\u2019pei-ne, de la débâcle.Pendant ce temps-là, votre tante Berthe, qui avait reçu une instruction des plus soignées, essayait de tirer parti de son savoir : elle complétait hâtivement ses connaissances musicales, et se mettait à donner des leçons de piano.Âh ! le douloureux calvaire.Pendant des années, vous m\u2019entendez ! des années, elle dut ainsi « courir le cachet », lutter contre l\u2019adversité avec une énergie, une volonté dont on n'aurait jamais soupçonné la présence dans cette petite personne, si frêle, si délicate, si enfantine enfin, que, lorsqu\u2019elle venait proposer ses leçons, les gens lui riaient au nez et avaient d\u2019abord envie de la renvoyer à ses poupées ! Pensez donc combien elle souffrit pour arriver à gagner sa vie.Son jeune frère n\u2019avait pu lui être d\u2019aucun secours.Au contraire, un nouveau malheur survint, une nouvelle charge bientôt s\u2019ajouta aux précédentes ; Jacques, qui s\u2019était établi aux colonies, succomba au changement de climat avant d\u2019avoir réussi dans son entreprise ; et, un jour, un étranger amena chez votre tante une petite orpheline : vous, Germaine.Mademoiselle Morel était devenue tante Berthe; elle se révéla une éducatrice de premier ordre.Ce fut elle qui vous éleva, Dieu sait au prix de quels sacrifices : elle qui vous servit de mère et d\u2019institutrice ; elle qui vous fit croître en grâces et en talents et qui transforma la sauvage petite créole en une jeune fille accomplie, une adorable Parisienne ; elle enfin, qui sut trouver pour vous le mari rêvé, dans la personne de monsieur Robert de Lauriol, votre fiancé, celui dont vous attendez si impatiemment la venue ! \u2022 Tante Berthe continue de dormir dans sa bergère, au coin du feu.Est-ce un prestige, ou seulement le reflet de la flamme qui l\u2019éclaire et la transfigure ?Des teintes plus vives colorent ses joues, ses rides disparaissent, une expression de bonheur illumine son visage.L\u2019Ange des Souvenirs est venu la frôler de son aile ; et devant ses yeux clos défilent tour à tour les images radieuses du Passé.Elle revit sa jeunesse ; elle se revit, à seize ans, belle et courtisée, lin élégant jeune homme murmure à son oreille les premiers mots d\u2019amour, qu elle écoute sans les comprendre.Elle se sent troublée, délicieusement émue, son cœur bat plus vite, ses lèvres s\u2019entr\u2019ouvrent, son front se penche pour un baiser .Mais, soudain, elle se réveille, en sursaut.La sonnette d\u2019entrée vient de se faire entendre.\u2014 C\u2019est lui, tante Berthe, s'écrie une voix joyeuse ; le voici ! Allons, le rêve est fini, la vision s\u2019est envolée.Elle se retrouve vieille fille, au cœur meurtri, à jamais désabusée par l\u2019expérience et le contact des vilenies humaines.Dieu que les hommes sont lâches ! Comme elle l\u2019aurait aimé, celui qui serait devenu son époux, si elle ne s\u2019était pas trouvée subitement ruinée, après la mort tragique de son père.L\u2019amoureux s\u2019était enfui, la voyant pauvre.Comme si elle n\u2019avait pas porté en elle-même un trésor autrement précieux, un trésor inépuisable de tendresse et d\u2019amour ! Regrets superflus ! La raison lui disait maintenant qu\u2019elle eût été malheureuse avec cet homme sans foi et sans courage : il valait mieux que cette trahison fut arrivée avant qu\u2019après son mariage.Toutefois, de ce premier et unique amour, il lui était resté une rancœur, un reste d\u2019amertume, une ombre de mélancolie.Sans doute, les temps pénibles étaient passés ; elle avait maintenant une clientèle sérieuse, un avenir assuré.Mais serait-ce là la seule récompense de ses efforts ; n\u2019avait-elle pas droit, elle aussi, à un peu de joie et de bonheur ?A peine ces pensées ont-elles traversé son esprit qu\u2019elle se hâte de les chasser.Tante Berthe ne deviendra pas égoïste.La voici qui se lève pour recevoir, avec un sourire aux lèvres, la mère de monsieur Robert de Lauriol.Pendant que les fiancés échangent à voix basse leurs serments, -\u2014 ceux-là seront-ils sincères ?\u2014 les parents s\u2019occupent de questions plus terre-à-terre.Tante Berthe ne veut pas entendre raison : elle s\u2019obstine à vouloir donner au jeune ménage toutes ses économies, fruit de vingt ans de labeur.Germaine a tout entendu : elle se jette dans les bras de sa tante, la couvre de baisers et pleure d\u2019attendrissement.Et tante Berthe, qui se laisse gagner par l\u2019émotion, pense maintenant que le plus grand de tous les bonheurs, c\u2019est de pouvoir faire des heureux ! G.d\u2019Aubelle 10 juillet 1937 39 L\u2019AMOUR VAINQUEUR (Suite de la page 21) \u2014 Je n ai pas soif.¦\u2014 Comme si on avait besoin d\u2019avoir soif pour avaler un madère ! Mais sans l\u2019écouter, l\u2019Italien se dirigeait vers la porte.Joseph Papin se leva aussi.Toutefois avant de suivre son maître, il avala la consommation abandonnée.\u2014 Que penserait le garçon ?se disait-il en même temps.Il est imprudent de se faire remarquer.Le lendemain matin, ce fut César qui éveilla son serviteur.Cela arrivait d\u2019ailleurs quelquefois.-Va me chercher les journaux, ordonna-t-il.Je veux savoir comment ce duel s\u2019est terminé.L\u2019ancien cuisinier se leva en se frottant les yeux.\u2014 Ce duel ?murmurait-il.Quel duel?.Ah! oui, je me souviens.\u2014 Pourvu que cet imbécile de Maximieux ne se soit pas fait blesser ! \u2014 Qu\u2019est-ce que ça peut vous faire ?\u2014 Ça me fait que je désire que Margottine et Alésia aient l'esprit libre le plus tôt possible.Les journaux ne tardèrent pas à arriver.Mais César et le faubourien eurent beau chercher.Nulle mention du combat n\u2019y était faite.\u2014 Que signifie ceci ?interrogea l\u2019Italien.\u2014 Ma foi, je n\u2019en sais rien.J\u2019ignore complètement les usages du duel.\u2014 Les pourparlers traînent en longueur, ou bien les deux adversaires se sont réconciliés .C\u2019est un peu irritant de ne rien savoir .Peut-être les journaux du soir nous apprendront-ils quelque chose.En effet, les journaux du soir relatèrent brièvement que le duel avait eu lieu le matin et que les adversaires s'étaient réconciliés sur le terrain.\u2014 Parfait, déclara César.Les choses s\u2019arrangent le mieux possible.» Je ne vais donc pas attendre plus longtemps.Et il écrivit à Margottine la lettre suivante : « Madame, » Jusqu\u2019à quel point êtes-vous ins-» truite de ce qui concerne la nais-» sance de la jeune fille que vous » avez élevée avec tant de soins et » d\u2019affection ?Je l\u2019ignore.Mais j\u2019ai » des raisons de croire que vous ne » savez pas grand\u2019 chose.» Vous serez sans doute heureu-» se d\u2019apprendre que cette jeune fille » a une naissance princière.» Je n\u2019ai pas besoin de vous re-» commander le secret le plus ab-» solu.» La prudence est encore néces-» saire.» Demain, jeudi, venez à trois » heures au jardin du Luxembourg.» Un homme sera assis près de la » statue de la reine Marguerite »d\u2019Anjou.» Il portera à sa boutonnière une » rose blanche.» Apportez cette lettre et abordez-» le.» Je vous révélerai tout.» Car cet homme n\u2019est autre que » celui qui vous écrit et qui signe » avec joie : » Le père d\u2019Alésia.» Il fit connaître le contenu de sa lettre à Papin.L\u2019ancien cuisinier fit la moue et déclara : \u2014 Ça ne me paraît pas beaucoup mieux que ce que j\u2019avais fait.-\u2014 Pardon, d\u2019abord, j\u2019écris à Margottine.\u2014 Et puis ?\u2014 Elle ne peut pas craindre, elle, que quelque débauché tende un piège à son honneur et à sa vertu.\u2014 Je n\u2019ai jamais vu Margottine.\u2014 Moi non plus, mais je sais qu\u2019elle a soixante-dix ans au moins, d\u2019après la mère la Frite.\u2014 C\u2019est juste .quoiqu\u2019il y ait des satyres, fit plaisamment le faubourien .\u2014 Ce n'est pas le moment de plaisanter, Papin.Ensuite, j\u2019indique moi-même un rendez-vous, ce qui évite les hésitations, ce qui ne force pas à me répondre.\u2014 Oui.\u2014 Enfin, ce rendez-vçms aura lieu dans un jardin public, à une heure où il est très fréquenté.On ne peut donc éprouver la moindre crainte.\u2014 Vous avez raison.Le lendemain, dès deux heures de l\u2019après-midi, César Biliotti se trouvait au lieu indiqué.Quand trois heures sonnèrent, il maugréa : \u2014 Ces femmes, toujours en retard ! Et il commença à s\u2019impatienter.La demie sonna.\u2014 Cette Margottine méritait d\u2019être étranglée.Quatre heures arrivèrent.\u2014 L\u2019affreuse vieille est sans doute complice du comte de Maximieux !.» En m\u2019adressant à elle, j\u2019ai fait la plus abominable des gaffes.Il attendit jusqu\u2019à cinq heures.Personne ne vint.Alors, dans une rage folle, il se jeta dans un auto-taxi, regagna la rue de Châteaudun.Comme il entrait dans son appartement, Toseph Papin vint au-devant de lui, la bouche en coeur : \u2014 Eh! bien, patron, êtes-vous heureux ?C\u2019est seulement alors qu\u2019il s\u2019aperçut que son maître avait un visage convulsé.\u2014 Je suis fou de colère, cria l\u2019Italien.¦\u2014 Pourquoi, mon maître ?Que vous a donc dit Margottine ?\u2014- Elle ne m\u2019a rien dit.Je ne l\u2019ai pas seulement vue.\u2014 Elle n\u2019est pas venue au rendez-vous ?\u2022\u2014 Non.\u2014 Elle aura eu un peu de retard et vous aurez manqué de patience.\u2014 Manqué, de patience !.J\u2019ai attendu jusqu\u2019à cinq heures.\u2014 C\u2019est ce que je dis.\u2014 Tu te moques de moi.Prends garde, Papin.Je ne suis pas disposé à supporter tes mauvaises plaisanteries.\u2014 Mais je ne plaisante pas, patron.Joseph Papin avait l\u2019air très sérieux, en effet.\u2014 Alors, explique-toi.\u2014 Vous aurez mal fait votre chiffre.Elle aura lu cinq heures au lieu de trois heures, et sera arrivée quelques minutes après votre départ.Le gentilhomme italien réfléchit un instant.Puis il secoua la tête : \u2014 Jai 1 habitude d\u2019écrire toujours les nombres en toutes lettres.\u2014 Vous avez manqué à votre habitude.\u2014 Non.Je vois le papier comme si je l\u2019avais sous les yeux.\u2014 Alors ?.\u2014 Alors, je ne sais pas .Mais tu vas partir immédiatement pour Neuilly et savoir ce qui s\u2019y passe.Malgré sa répugnance à retourner en ces lieux, Papin sentit qu\u2019il ne fallait pas refuser, sous peine d\u2019exaspérer son maître.\u2014 J\u2019y vais tout de suite, patron.\u2014 Il y a certainement de l\u2019imprévu.Quoi ?Je n\u2019en sais rien.» Bien que les journaux aient dit le contraire, peut-être Xavier de Maximieux a-t-il été blessé.» Dans ce cas, on n\u2019a même pas ouvert les lettres, aujourd\u2019hui, à l\u2019hôtel de Maximieux .Elles sont encore, sans doute, dans la boîte où le facteur les a jetées.\u2014 Oh ! patron, ne vous donnez pas la peine de chercher une explication; quand on essaie de deviner, on se trompe toujours.» J\u2019espère vous apporter, dans quelques heures, des nouvelles plus sûres et moins tragiques.\u2014 Fais le plus vite possible .Tu comprends dans quel état je suis.\u2014 Ah ! oui, je comprends.J'irai comme si j\u2019avais des ailes.C\u2019est ainsi que Joseph Papin revint au petit café du boulevard Maillot, où, peu auparavant, il s\u2019était juré de ne plus remettre les pieds.\u2014 Je n\u2019ai qu\u2019un moment, dit-il, en entrant, au patron qui, par bonne fortune, \u2014 tel fut du moins l'avis de Papin telle n\u2019était peut-être pas l\u2019opinion de celui à qui il s\u2019adressait, \u2014 se trouvait seul dans la salle.\u2014 G est gentil cTentrer me dire bonjour.\u2014 Et prendre un petit madère, pour ne pas en perdre l\u2019habitude.Le marchand de vins, qui connaissait les habitudes de son client, versait déjà.\u2014 Et, continua Papin, vous demander des nouvelles de ce quartier que je regrette et où j\u2019espère revenir bientôt.\u2014 C\u2019est ça qui me ferait plaisir.\u2014 Ça va toujours comme vous voulez ?\u2014 Ça va toujours aussi mal.Heureusement que lorsque vous serez ici, vous, qui savez vous faire aimer de tout le monde, vous me ramènerez des copains.\u2014 Pour sûr, mon vieux.Car vous êtes un bon zigue .Et à part ça ?\u2014 Pas grand\u2019chose.\u2014 L\u2019hôtel de Maximieux est toujours à la même place ?\u2014 Toujours.\u2014 Est-ce que le vicomte ne s'est pas battu en duel avec .un prince, je crois ?\u2014 On avait dit qu\u2019il allait se battre avec un Polonais, le prince de Comorn, ou un nom comme ça.\u2014 Eh bien ?\u2014 Eh bien, on n\u2019en a plus parlé ! \u2014 Alors, tant morts que blessés, tout le monde se porte bien ?¦\u2014 Mais oui.\u2014 Il y a longtemps que vous ne 1 avez pas vu, le jeune vicomte ?\u2014 11 n\u2019y a pas une heure.\u2014 Toujours gaillard ?\u2014 Assurément.Toujours gaillard, Même, il n\u2019a plus cet air triste, qui d\u2019ailleurs ne lui allait pas mal.Papin vidait son verre, jetait sur la table le prix de sa consommation et faisait un mouvement pour s\u2019éloigner .\u2014 Rien de nouveau, je vois.Il serra la main du patron.-Au revoir et merci.\u2014 A bientôt.\u2014 A bientôt.Mais, comme il était sur la porte, le patron le rappela : \u2014 Eh ! caporal ! \u2014 Quoi donc ?\u2014 Je suis une vieille bête et puis, SES MAUX DE DOS ÉTAIENT INTOLERABLES KRUSCHEN LE SOULAGEA DE SES DOULEURS Alors qu\u2019il eût dû jouir de ses belles années, cet homme de 31 ans était vieilli prématurément par le mal de reins.Il raconte ici comment Kruschen le rendit à la santé après des mois de souffrance :\u2014 \u2022 \u201c Une affection rénale me cloua pendant dix semaines sur un lit d\u2019hôpital.Au sortir de là, je me sentais tout vieilli.A 31 ans, je pouvais à peine me pencher.Bien des §ens me conseillèrent d\u2019essayer les els Kruschen.Mes douleurs s\u2019apaisèrent et je me sentis beaucoup mieux.Je me rends à l\u2019ouvrage à bicyclette, 28 milles aller et retour, et je continue à prendre Kruschen pour me tenir en forme.\u201d \u2014 S.V.C.Quand les organes internes cessent de fonctionner normalement, des impuretés s'amassent dans l\u2019organisme et le détraquent.Les Sels Kruschen aident à stimuler le foie et les organes excréteurs, à en normaliser le fonctionnement et à extirper ces impuretés de l\u2019organisme.&7nAéMLiAJl£ Yod ¦&£ Con^ituhjeyi / PAS DE CIRE À FAIRE FONDRE HERMÉTIQUES TRANSPARENTS COUVERCLE MEMBA 25 COUVERCLES «K VOTRE E'PICIER OU VOTRE MAGASIN À I0< LES A OU PEUT SE LES PROCURER EMPLOYEZ LES MEMBA-SEALS POINTS NOIRS Ne pressez pas les points noirs \u2014 faites-les dissoudre.Achetez dans n\u2019importe quelle pharmacie deux onces de peroxine en poudre et frottez-en doucement les points noirs avec un linge mouillé d\u2019eau chaude.Cette méthode sûre les dissout et les fait disparaître.Ayez un teint de Hollywood.HERNIE ?Finissez-en avec les ennuis de la hernie.Supprimez courroies avec jambes et emplâtres.Adoptez le tampon Flexo, léger ~t co'fnrt.*ble, qui tient à la perfection.PEU COUTEUX.Ecrivez pour recevoir offre d\u2019essai.SMITH MANUFACTURING COMPANY Dépt.215\tPreston, Ontario Fondée en 1893 Coupon d\u2019abonnement LE SAMEDI Ci-indus la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour 6 mois ou $1.00 pour 3 mois (Etats-Unis : $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 pour 3 mois) d\u2019abonnement au SAMEDI.Nom- Adresse_____________________________ V me-Prov._______ POIRIER, BESSETTE & OIE, Lié* 975, nie de Bullion, Montréal, Can. 40 LE SAMEDI GRATIS FORTIFIEZ VOTRE SANTE ET EMBELLISSEZ VOTRE POITRINE Toutes les femmes doivent être belles et vigoureuses, et toutes peuvent l\u2019être grâce au Traitement Myrriam Dubreuil Vous pouvez avoir une santé solide, une belle poitrine, être grasse, rétablir vos nerfs, enrichir votre sang avec le Traitement Myrriam Du-breuil, approuvé par des sommités médicales.Les chairs se raffermissent et se tonifient, la poitrine prend une forme parfaite sous l\u2019action bienfaisante du Traitement.Il mérite la plus entière confiance, car il est le résultat de longues études consciencieuses.Le Traitement Myrriam Dubreuil c\u2019est un tonique reconstituant et possédant la propriété de raffermir et de développer la poitrine en même temps que sous son action se comblent les creux des épaules.Seul produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme.Engraisse rapidement les personnes maigres GRATIS.Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons Gratis notre brochure illustrée de 24 pages avec échantillon Myrriam Dubreuil.Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d\u2019épuisement nerveux, quel que soit leur âge.Correspondance strictement confidentielle Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.Demandez notre brochure illustrée 24 pages Madame MYRRIAM DUBREUIL 6920, rue Durocher (près rue Bernard) Boite Postale 2353\tMONTREAL, P.Q.Ci-inclus 51 pour échantillon du Traitement Myrriam Dubreuil avec brochure.Nom-\u2014 Adresse- n\u2019est-ce pas, on a ses préoccupations quand les affaires marchent mal.\u2014 C\u2019est facile à comprendre.\u2014 J\u2019oubliais de vous dire ce qu\u2019il y a de nouveau.\u2014 Concernant M.Xavier ?\u2014 Non pas.» Mais concernant la jeune fille.\u2014 La fille à Millias ?\u2014 Précisément.Joseph Papin revint.Il s\u2019assit de nouveau.En clignant de l\u2019oeil : \u2014 Eh ! bien, quoi ?Elle aura fait quelque bêtise ?.Après tout, c\u2019est de son âge.Faut que jeunesse se passe.\u2014 Oui, elle a fait une grosse bêtise .Du moins, je le crois.Le faubourien devint pâle à la pensée du mal que la nouvelle qu\u2019il allait apprendre ferait sans doute à son maître.\u2014 Parlez vite.Je suis pressé.\u2014 Elle a quitté l\u2019hôtel.\u2014 Avec un amoureux ?\u2014 Oh ! non.Je ne crois pas.\u2014 Vous n'avez pas l\u2019air bien sûr ?\u2014 Si elle s\u2019était fait enlever, elle n\u2019aurait pas emmené avec elle la vieille Margottine.-\u2014 Ah ! elle a emmené .\u2014 Oui.-\u2014 Et quand ça ?\u2014Hier après-midi.-\u2014 Savez-vous où elles sont allées?\u2014 Pas le moins du monde.\u2014 Et elles sont parties seules?\u2014 Non.Le comte de Maximieux est parti avec elles.Il les a emmenées dans sa magnifique vingt-quatre chevaux.\u2014 Alors, elles reviendront avec lui ! \u2014 Avec lui ?.J\u2019en doute.\u2014 Parce que ?\u2014 Parce qu\u2019il est revenu à l\u2019heure du dîner et qu\u2019il est revenu seul.Et puis, il y a autre chose.\u2014 Quoi donc ?\u2014 La vieille avait toujours gardé son même costume .Elle était habillée en Arlésienne.Vous devez connaître ça, vous qui avez tant voyagé ?\u2014 Pour sûr que je connais ce joli accoutrement.\u2014 Eh ! eh ! on dirait que ça vous rappelle quelque bonne fortune ! \u2014 Ça n\u2019est pas impossible, mais vous savez que je suis discret, fit Papin en riant, quoiqu'il n\u2019eût en ce moment aucune envie de plaisanter.Le gros patron s\u2019esclaffa.\u2014- Sacré caporal ! Il en a de bonnes avec sa discrétion ! C\u2019est vrai que vous ne parlez guère, quand vous n\u2019avez personne pour vous écouter.\u2014 Pourquoi disiez-vous que Margottine avait toujours gardé ses mêmes nippes ?» La jeune fille avait donc fait autrement ?\u2014 Mais oui.C\u2019est ça le plus drôle.Elle était venue dans le quartier vêtue proprement, mais sans luxe, comme une ouvrière qui se tient bien et qui, parce qu\u2019elle se sait jolie, a un petit brin de coquetterie.» Mais, à l\u2019hôtel de Maximieux, ça n\u2019était plus ça du tout.\u2014 Ah! \u2014 Elle s\u2019habillait comme une grande dame.Oh ! toujours en noir, simplement, sans grand flafla .Mais on voyait que ça sortait de chez le bon faiseur .\u2014 Tiens, elle avait raison, cette petite.Elle n\u2019était oas venue là pour être domestique; fallait pas qu\u2019elle eût l\u2019air d\u2019une femme de chambre.-\u2014 Elle n'en avait pas l\u2019air .je vous assure .Si vous l\u2019aviez vue, vous auriez dit la comtesse défunte.Mais, ce qui est rigolo, c\u2019est que, hier, elle avait remis les mêmes vête- ments dans lesquels on l\u2019avait vue passer le premier jour.\u2014 Et alors, vous, malin, vous avez pensé ?.\u2014 J\u2019ai pensé qu\u2019elle s\u2019était brouillée avec son protecteur .Elle avait voulu partir et, fièrement, elle n\u2019a rien emporté de ce qui venait de lui.\u2014Et vous ne savez pas où elle a pu aller ?\u2014 Ça, le chauffeur seul pourrait le dire .Et c\u2019est un grand sournois qui n\u2019en dit guère plus que s\u2019il était muet.Le patron continua de bavarder, mais, comme ses racontars n\u2019apportaient plus aucun renseignement intéressant, Papin tira sa montre.\u2014 Zut, fit-il, ce que vous m'avez fichu en retard avec vos histoires ! Et il se hâta d\u2019aller conter à César ce qu\u2019il avait appris.\u2014 C\u2019est désolant, déclara celui-ci.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Lorsque ma lettre est parvenue à Margottine, l\u2019heure du rendez-vous était passée.\u2014 Elle reviendra.\u2014 Comment veux-tu qu\u2019elle revienne ?\u2014 Vous disiez demain trois heures sans indiquer si ce demain était jeudi ou vendredi.\u2014 Mais, grosse bête, j\u2019avais daté ma lettre, de sorte que ce demain est bien aujourd\u2019hui.\u2014 Et vous n\u2019avez pas donné d\u2019adresse pour qu'on puisse vous répondre ?\u2022\u2014 Tu sais bien que non.\u2014 C\u2019est égal, à votre place j\u2019essaierais encore demain à trois heures.\u2014 Bien sûr que j\u2019essaierai.Mais l'auto les a peut-être conduites à une gare.Elles sont sans doute reparties pour ce mazet près de Tarascon, dont la vieille Margottine, au dire de ta femme, parlait toujours avec autant de regret que d\u2019emphase.\u2014 Ne vous frappez pas, patron.A Paris ou au mazet, en France ou dans la lune on vous la retrouvera, votre fille.» Je vous l'ai juré et je n\u2019ai qu\u2019une parole.\u2014 Oui, mais quand ?Moi qui me croyais au bout de mes peines.Il réfléchit un instant.Puis il dit : \u2022\u2014 J\u2019ai passé une bien bonne journée, hier, avec ta femme et ton fils.\u2014 Vous êtes bien aimable, patron.-\u2014 Demain midi, je m\u2019invite à déjeuner chez toi.\u2014 C\u2019est trop d\u2019honneur.-\u2014 Nous apporterons, d\u2019ailleurs, tout ce qu\u2019il faut pour faire un bon repas.\u2014 Comme il vous plaira.\u2014 Je patienterai plus facilement jusqu\u2019à trois heures.\u2014 Et puis .qui sait.une idée .Margottine et votre fille sont peut-être revenues au faubourg ?Le lendemain, dès onze heures et demie, César et Papin arrivaient chez la mère la Frite.Ils étaient chargés des vivres les plus succulents et des vins les plus généreux.A leur grand étonnement, la marchande des rues les reçut avec une politesse où le faubourien sentit vite la volonté et l\u2019effort.Après deux ou trois plaisanteries, qui n\u2019obtinrent pas le moindre succès, l\u2019ancien cuisinier demanda : \u2014 Ben quoi, la mère, qu'est-ce que tu as pour faire aux amis cette figure d\u2019enterrement ?.On dirait qu\u2019il est arrivé un malheur.Elle étouffa un sanglot.Et elle répondit : \u2014 Un grand malheur ! \u2014 Contez-nous cela, dit César avec bonté, ça vous soulagera.\u2014 Pourquoi parler de ces choses ?Vous n\u2019y pouvez rien, monsieur Ber-saletti, et ça vous raserait.\u2014¦ Rien de ce qui intéresse mes amis ne me laisse indifférent, madame Papin.Parlez, je vous en prie.Alors elle se décida.\u2014 Vous vous rappelez peut-être cette Alésia Millias, dont je vous ai parlé l\u2019autre jour comme une vieille bavarde que je suis ?L\u2019Italien fit semblant de chercher.\u2014 Alésia Millias ?.Oui.il me semble.Et, brusquement : \u2014 Ah ! oui, la Reine du Faubourg?\u2014 C\u2019est cela.\u2014 Eh ! bien, qu\u2019est-ce qu\u2019elle vous a fait ?\u2014 Mon grand serin de Ferdinand s\u2019était-il pas avisé de tomber amoureux de la belle fille ! Cette idée était fort désagréable au fier gentilhomme.Il réussit cependant à comprimer ses sentiments.Et il dit avec une indifférence bien jouée : \u2014 C\u2019est de son âge.\u2014 Oui, mais Alésia ne lui rendait pas son affection.Tout joyeux, César répondit : \u2014 Les peines d\u2019amour se guérissent facilement, madame Papin.\u2014 Vous croyez cela, monsieur ?.Vous n\u2019avez donc jamais aimé ?Il ne put retenir ces paroles, prononcées d\u2019une voix profonde : \u2014 J'ai aimé et j\u2019ai souffert.Et se forçant à rire : \u2014 Je suis là tout de même .On n\u2019en meurt pas ! \u2014 Heureusement, dit la mère la Frite.D\u2019ailleurs, mon Ferdinand est un bon garçon.Sans ça, il aurait pu faire quelque bêtise.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Par jalousie.\u2014 Ah ! La Reine du faubourg aime donc un autre homme ?\u2014 Précisément, monsieur Ber-saletti.\u2014 Et qui est cet heureux gaillard?\u2014 Un relieur d\u2019art.Dame, ça a les mains plus soignées qu\u2019un pauvre ébéniste.\u2014 Un relieur d\u2019art ! fît César avec un dédain énorme et douloureux.\u2014 Il s\u2019appelle Christian Deville.L\u2019Italien songea : \u2014 Un nom à retenir.Mais il se rassura vite : \u2014 Quand elle saura qu\u2019elle est une princesse del Estrella, elle oubliera bien vite une amourette avec un ouvrier .Elle prendra des sentiments dignes de sa situation.Je la ferai voyager .Je m\u2019en charge.La mère la Frite, lancée maintenant, continuait son récit.Elle tenait d\u2019ailleurs à l\u2019achever avant l'arrivée de son fils, qui ne pouvait plus tarder beaucoup.\u2014 D\u2019autre part, dit-elle, Ferdinand-est aimé par une petite ouvrière qui s\u2019appelle Julienne.» Elle est boiteuse .oh ! à peine .mais elle a des yeux qui vous remuent chaque fois qu\u2019ils se posent sur vous ! » Et puis, elle a un coeur délicieux, cette chère petite.\u2014 Eh bien, voilà le salut.Votre Ferdinand aimera Julienne et il oubliera la fière Reine du faubourg.\u2014 C\u2019est bien ce qui commençait à se faire .» Ferdinand, depuis quelques jours, faisait attention à elle.Il était sur le point de l\u2019aimer, j\u2019en suis certaine.Et je vous assure que j'étais aux anges.» Mais ce matin, patatra, voilà que je rencontre Margottine.\u2022\u2014 Margottine ?interrogea César avec un étonnement bien joué. 10 juillet 1937 41 \u2014 Comment, vous vous rappelez pas, monsieur Bersaletti ?La cousine du père Millias, celle qui a sensément servi de mère à Alésia.\u2014 Oui, oui, je me souviens maintenant .une vieille Provençale qui a conservé en plein faubourg Saint-Antoine son costume d\u2019Arlésienne.\u2014 C\u2019est ça.\u2014 Vous voyez, madame Papin, qu\u2019on n\u2019oublie pas vos paroles.\u2014' Vous êtes bien honnête, monsieur Bersaletti.\u2014 Alors, cette Margottine ?.\u2014 Quand je l\u2019ai vue, ce matin, mon sang n\u2019a fait qu\u2019un tour .Je lui ai dit : \u2014 « Vous voilà revenue au quartier ?~« Et pour toujours, qu\u2019elle m'a répondu.\u2014\u2022 Je comprends votre émotion .Margottine a dû revenir avec Alésia.\u2014 Bien entendu.Les deux femmes ne se sont jamais quittées.\u2014 Et vous craignez l\u2019effet que Ferdinand éprouvera en la rencontrant de nouveau ?\u2014 Mais oui.Pensez donc, monsieur César.Il était à moitié guéri, mon pauvre fieu, mais c\u2019est encore trop tôt pour qu\u2019il puisse la rencontrer sans danger.Il se fera du mal à lui-même.Il se rongera les sangs.» Et il fera pleurer cette brave petite Julienne qui mérite d\u2019être heureuse et de le rendre heureux.\u2014 Le malheur, c\u2019est qu'elles demeurent près de chez vous.La mère la Frite leva vers le plafond ses gros bras courts dans un geste de désespoir.\u2014 Hélas ! monsieur Bersaletti, elles ont repris leur ancien logement.En face, elles demeurent dans la maison en face !.Tous les jours, il la rencontrera.» Moi qui étais si heureuse qu\u2019il ne la voie plus ! » J\u2019en arrivais à dire, en pensant à la mort du père Millias : « A quelque chose malheur est bon » » C\u2019est de cette mauvaise pensée que le bon Dieu me punit, monsieur Bersaletti.On frappait à la porte.Elle courut ouvrir.¦\u2014 C\u2019est lui ! C\u2019est mon Ferdinand ! Elle jeta sur son fils qui entrait un coup d\u2019oeil inquiet et inquisiteur.L\u2019ébéniste était plus joyeux qu\u2019à l'ordinaire.Il ne l\u2019a pas encore rencontrée, songea-t-elle avec quelque soulagement.Mais sa pensée ajouta, renouvelant son inquiétude : \u2014 Hélas ! Ça ne peut pas tarder ! Ferdinand embrassait sa mère.\u2014 Va vite te débarbouiller et changer de vêtements, lui dit-elle.M.Bersaletti nous fait l\u2019honneur de déjeuner avec nous.\u2014 J\u2019y cours, mère.Dix minutes plus tard, tout le monde était à table.Excepté Joseph Papin, qui multipliait les facilités sans grand succès, chacun était pensif.La mère la Frite parvenait à peine à cacher son gros chagrin.César et Ferdinand avaient, eux aussi, l\u2019esprit ailleurs.Le repas fini, le gentilhomme se leva et, comme Papin imitait son mouvement.\u2014 Reste avec ta famille, lui dit-il.Je te donne congé jusqu\u2019à dîner .A huit heures, rue de Châteaudun.Et il sortit après de rapides politesses.Dès qu\u2019il fut seul, c\u2019est quatre à quatre qu\u2019il descendit les marches de l'escalier et c\u2019est avec une hâte fé-brle au\u2019il traversa la rue et qu\u2019il entra dans le couloir de la maison située en face.Il ouvrit brusquement la porte de la loge et il demanda à la concierge : \u2014 Madame Margottine, s\u2019il vous plaît.\u2014 Au quatrième à droite, la porte au fond.Il mit à monter à ce quatrième étage moins de temps qu\u2019un autre en aurait mis à descendre.Et bientôt, il sonnait à la porte que la concierge lui avait indiquée.VII KA ARGOTTINE et Alésia étaient v rentrées la veille dans l\u2019étroit logis qu\u2019elles avaient abandonné le soir de l\u2019enterrement du pauvre Millias.Qu\u2019il était triste, funèbre même, ce logement jadis si gai et si joli ! Toutes les fleurs d\u2019Alésia étaient mortes sur sa croisée.Toutes ses espérances étaient flétries comme elles ! Une fois la porte soigneusement refermée, les deux femmes s\u2019étaient jetées en sanglotant aux bras l\u2019une de l\u2019autre.Mais ce premier moment demotion dura peu et elles s\u2019empressèrent de réorganiser leur modeste vie.Dans leurs conversations et dans leurs actes, le bon Millas intervenait à chaque instant.\u2014 Père aurait fait ceci, disait Alésia.\u2014 Le cousin pensait comme ça.disait la vieille Margottine.De Christian, il n\u2019était pas question.Ainsi l\u2019avait voulu la jeune fille.\u2014 Tante Margottine, tu ne me parleras jamais de lui, n\u2019est-ce pas, car il faut que je l\u2019oublie ! L\u2019Arlésienne avait hoché la tête en signe de consentement, mais il lui en coûtait de lui obéir.\u2014 Dire, songeait-elle, que si la petite l\u2019avait voulu, elle aurait peut-être épousé un prince ! Et elle ne le veut pas ! » C\u2019est trop de délicatesse.Comme si sa beauté ne valait pas un titre! Enfin, on n\u2019en rencontrerait guère par le monde de filles comme mon Alésia.» Et cette chipie de princesse, si orgueilleuse, a vraiment de la chance d\u2019être tombée sur une bonne fille comme Alésia.» Une autre se serait gênée vraiment pour lui prendre son fils ! Margottine ne pouvait s\u2019empêcher de pousser de longs soupirs.Etait-ce donc possible ?Son Alésia, la petite sirène de la Bonne Espérance, la Reine du faubourg, n'aurait donc pas l\u2019exceptionnel destin qu\u2019elle avait toujours rêvé pour elle ! La belle histoire était terminée et la vie médiocre et banale, sans espoir et sans sourire, allait reprendre son cours ! Oh ! à cette pensée, combien de soupirs gonflaient la poitrine de la vieille femme ! Alésia, au contraire, plus pâle que jadis, avec un voile de mélancolie sur son beau visage, semblait très calme.Mais c\u2019était un calme pareil à celui du tombeau.Elle n\u2019attendait plus rien, la pauvre enfant; elle avait éteint volontairement cette lampe merveilleuse que portent en mains les plus déshérités et qui s'appelle : l\u2019Espérance ! \u2014 Bientôt, se disait-elle, Christian se résoudra aux volontés de sa mère et il épousera la grande-duchesse.Comme alors, à cette pensée, le sacrifice qu\u2019elle avait fait lui semblait un fardeau bien lourd, devenait une insoutenable douleur ! Le prince de Comorn, lui, le jour du duel, en revoyant Alésia, en la voyant se jeter entre les épées levées, en comprenant bientôt combien injustes avaient été ses soupçons, avait pris une résolution inébranlable : Celle d\u2019épouser la Reine du Faubourg.Oui, en cet instant solennel, il s\u2019était juré de faire bon marché de tous les préjugés sociaux, de tous les prétendus devoirs que sa naissance lui imposait.N\u2019avait-il pas le même droit au bonheur que toutes les autres créatures humaines ?Or, il ne pouvait être heureux, il le comprenait bien maintenant, que s\u2019il épousait sa charmante reine.Mais, dans sa délicatesse ombrageuse, la jeune fille l\u2019avait repoussé.Certes, elle aurait donné sa main avec une joie infinie, presque surhumaine, à l\u2019ouvrier Christian Deville.Mais elle ne voulait pas épouser un prince, porter un titre auquel elle n\u2019avait nul droit, créer une de ces situations fausses et, lui semblait-il, presque ridicule.Elle était partie de l\u2019hôtel Maximieux et elle espérait bien ne jamais plus revoir Christian.Mais le jour même le jeune homme s'était présenté chez M.de Maximieux.Il avait eu avec le comte une explication décisive.Il lui avait fait connaître son amour et la détermination qu\u2019il avait prise.Le comte n\u2019ignorait rien de touf cela.En rentrant à l\u2019hôtel et avant de le quitter définitivement pour rentrer au faubourg \u2014 où elle habiterait désormais \u2014 Alésia lui avait tout raconté.Elle lui avait dit l\u2019innocente idylle, les rendez-vous place des Vosges, les promesses de Christian, sa fuite inexplicable, la rencontre au concert Lamoureux et le duel qui avait suivi.Elle lui avait fait part de sa résolution irrévocable de ne plus revoir le jeune homme, maintenant qu\u2019elle savait qui il était.Et le comte n\u2019avait pu que l\u2019approuver .Maintenant, M.de Maximieux écoutait l\u2019autre son de cloche.C\u2019était Christian, c\u2019était le fin relieur d\u2019art, c\u2019était le prince masqué qui lui racontait les mêmes choses et qui lui affirmait qu\u2019il voulait revoir Alésia avec la même ardeur qu\u2019elle avait mise, elle, à jurer qu\u2019elle ne le reverrait jamais.Et Bertrand de Maximieux ne savait plus ce qu\u2019il devait penser.Il avait approuvé la résolution prise t>ar la jeune fille.Et, en présence du jeune homme, il ne pouvait s\u2019empêcher d\u2019approuver aussi les raisons qu\u2019il faisait valoir.Il faiblissait vsiblement, tant il était ému.Christian lui dit : ¦\u2014 Te dois la persuader moi-même.\u2014 Elle vous prie de n\u2019en rien faire.-\u2014 Te ne lui obéirai pas .\u2014 Hélas, je vous comprends ! ¦\u2014 .Car lui obéir, serait la perdre.\u2022\u2014 T\u2019ai peur, nrince, que vous ne réussissiez nas.Cette jeune fille a des sentiments héroïoues .\u2014 Pourtant, elle m\u2019aime ! \u2014 Elle vous adore .-\u2014 Et l\u2019amour .\u2014 Ne cédera pas devant ce qu\u2019elle regarde comme une obligation de l\u2019honneur ! \u2014 Oh ! que ne suis-je pour de vrai l\u2019heureux, le trop heureux Chris- liiiafi mm LES SPORTSMEN PREFERENT LES\tr# 7 moteurs Johnson Enfin, jouissons du grand air î .Vous aussi, pousserez ce cri de joie si vous apportez un hors-bord Johnson.Dès l'aurore.vous vous rendez aux \u201ctrous\" à poissons .ou vous filez vers une belle plage au sable doré .et le soir un bon repas au bord du lac .l'été est si agréable quand, avec un Johnson Sea-Horse, on peut se promener en toute sécurité, à peu de frais.On peut maintenant obtenir des hors-bords Johnson pour aussi peu que $75,* avec ses nouvelles améliorations: Bras de direction anti-vibrant, grand Réservoir avec orifice avant, Contrôle synchronisé avec arrêt automatique, refroidissement par l\u2019eau à toutes les vitesses; voilà quelques-unes des raisons qui font préférer le Johnson non seulement par les sportsmen mais par TOUT LE MONDE.Dix modèles, y compris quatre modèles \u201c Coronation vous avez donc un beau choix.Il y a un Sea-Horse qui vous donnera tout ce que vous atttendez d\u2019un moteur hors-bord.Produit canadien dont les accessoires se vendent partout au Canada.* Les prix actuels peuvent varier.JOHnson\tmOTORS PETERB0R0\tcnnfiDfl BRULE DU SOLEIL Le Mentholatum 'I soulage l\u2019inflammation, favorise la guérison MENTHOLATUM Un COMFORT Quotidien Coupon d\u2019abonnement -+ LA REVUE POPULAIRE Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75c pour 6 mois (Etats-Unis : $1.75 pour 1 an ou 90c pour 6 mois) d\u2019abonnement à LA REVUE POPULAIRE Nom_____________________________ Adresse_________________________ Ville_______________Prou.______ POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée 975.rue de Bullion, Montréal, Can. 42 LE SAMEDI tian Deville, qu\u2019elle chérissait en toute confiiance ! \u2014 Prince, je vous plains, car vous possédiez un trésor.\u2014 Vous parlez déjà au passé.Vous m'épouvantez ! Mais ce trésor, je n\u2019y renonce point, sachez-le.Je suis mûr, maintenant, pour toutes les folies.Le comte hocha la tête.\u2014 Alésia est retranchée dans son noble orgueil comme au coeur d\u2019une forteresse.\u2014 J\u2019abandonnerai tout : titres, fortune, nom.Pour toujours, je reprendrai mon masque et ne serai plus que Christian Deville.\u2014 Elle n\u2019acceptera pas ce sacrifice.Et, haussant légèrement les épaules, il ajouta : \u2014 D\u2019ailleurs, vous ne pouvez plus redevenir Christian Deville.Votre masque est levé, prince.\u2014 Vous me désolez, monsieur le comte, et pourtant vous avez l\u2019air très bon; la vie a dû vous rendre misanthrope.\u2014 Il est vrai, réDondit Bertrand de Maximieux, que j\u2019ai rencontré sur ma route plusieurs sortes de douleurs et n\u2019ai su qu\u2019apprendre à les supporter.Le prince examina un instant en silence le beau visage ravagé du mari d\u2019Elèna et s\u2019inclina gravement.Puis il se leva.\u2014 Je vais, monsieur le comte, essayer d\u2019arracher mon bonheur aux griffes féroces du destin.\u2014 Tous mes voeux vous accompagnent .Je ne sais quel sang coule dans les veines d\u2019Alésia, mais il est digne de se mêler à celui des Co-morn, si j\u2019en juge par son caractère.\u2014 Adieu, monsieur.Merci de vos voeux.\u2014 Non, pas adieu, prince, mais au revoir ! Christian sortit et remonta à pied vers l\u2019arc de triomphe de l\u2019Etoile.Au commencement de leur entretien, le comte lui avait dit : \u2014 Je ne vous cacherai rien, Alésia est retournée au faubourg.C\u2019était donc vers le faubourg que se dirigeait le prince masqué.Mais avant il voulait opérer l\u2019accoutumée métamorphose.Il voulait reprendre l\u2019ancien travestissement.Ce n'était pas le prince de Co-morn, c\u2019était Christian Deville qui allait revoir sa fiancée et la supplier de l\u2019aimer encore.Le repousserait-elle ainsi ?Oh ! cela, il ne pouvait le croire.Il passa donc rue de Paradis, et sous les yeux du vieux Karl interdit, il se déguisa encore une fois en ouvrier.Le bon vieillard avait assisté de loin aux préparatifs du duel, il avait vu Alésia, lorsqu\u2019elle s\u2019était jetée entre les combattants.Il l\u2019avait admirée.Il avait compris l\u2019empire au\u2019elle devait avoir sur son maître.Il ne fut donc pas trop surpris de ce que faisait le jeune prince.Il l\u2019aida à revêtir un costume populaire.En dedans le serviteur se répétait le mot célèbre : \u2014 Le sort en est jeté ! Christian reverrait la jeune fille, tel était le sentiment du vieillard maintenant rien ne l\u2019arrêterait.Il ne risqua aucune question, aucun conseil.Visiblement le prince était dans un moment où l'on n\u2019accepte ni l\u2019un, ni l\u2019autre et il savait gré à son fidèle serviteur de son silence.Aussitôt prêt, le prince partit et gagna la Bastille dans un taxi-auto.Là il descendit.Une émotion profonde lui étreignit le coeur, dès qu\u2019il eut mis le pied dans le faubourg.Dans la rue Saint-Antoine, des camarades le reconnurent et après l\u2019avoir considéré avec surprise comme un visage qu\u2019on s\u2019est déshabitué soudainement de voir, ils portèrent la main à leur casquette avec un sourire.Ce sourire pouvait se traduire ainsi : \u2014 Ce flemmard de Deville vient encore de se payer une fugue ! Ou bien : \u2014 Il vient de placer ses économies à fonds perdus.Et lui, repris au charme bon enfant de la vie populaire, se disait en toute sincérité d\u2019âme ; \u2014 Comme je vivrais bien avec ces braves gens ! Enfin ce fut la rue de Chaligny et l\u2019escalier de la maison de Millias.La vieille figure du père d\u2019Alésia lui apparut soudain, empreinte d\u2019une défiance.Il serait heureux, aujourd\u2019hui, se dit-il, car il y verrait clair dans ma conscience, aussi clair que j\u2019y lis moi-même le plus doux des devoirs.Une peur cloua longtemps contre la porte de l\u2019ouvrière cet homme puissant.Il tira lentement le mauvais cordon de laine qui pendait contre la porte et attendit en proie à une anxiété véritable.Ce fut Margottine qui vint ouvrir.Quand elle l\u2019aperçut, la vieille Provençale fut sur le point de crier.Mais elle étouffa l\u2019exclamation toute prête à sortir.Le prince avait mis un doigt sur ses lèvres.Ce fut à voix basse, mais d\u2019un ton plein d\u2019autorité qu\u2019il dit : \u2014 Je dois parler à Alésia.Margottine qui n\u2019avait cessé de tenir la porte, allongea son long nez dans l'ouverture et répondit : \u2014 Je ne dois pas vous recevoir.Le prince supplia : * \u2014 Laissez-moi la voir : tous les malentendus cesseront, toutes les barrières seront renversées; c'est son bonheur que je veux.\u2014 Mais .\u2014 Il faut lui désobéir.L\u2019Arlésienne se gratta le front.\u2014 J\u2019en ai furieusement envie, car Alésia est si triste, elle souffre tant ! \u2014 Eh bien ! \u2014 Si je savais .\u2014 N\u2019hésitez pas .Tenez, un innocent stratagème .\u2014 Dites.\u2014 Descendez, je dirai que j\u2019ai trouvé la porte ouverte; quand vous remonterez, je serai dans la place.\u2014 C'est peut-être très mal ! \u2014 Ce qui est très mal, c\u2019est de laisser mourir de chagrin la pauvre enfant.\u2014 Oh ! prince, dit la vieille femme en serrant les mains de Christian, vous êtes grand, vous êtes bon.Je ne puis rien dire de plus.En un mot, vous êtes digne d\u2019elle.\u2014 Brave femme, vous ne nous quitterez jamais.\u2014 Allez donc vers la pauvre petite.Elle est là dans la salle où elle peint comme un ange.\u2014 Partez.Laissez-moi faire.Christian s\u2019arrêta un instant derrière la porte.Puis il frappa deux coups distraits.Une voix languissante répondit : \u2014 Entrez.C\u2019était bien la voix d\u2019Alésia, mais une voix basse, au timbre lassé.La porte s\u2019ouvrit et la jeune fille ne fit aucun mouvement.Sa pensée était ailleurs.Aucune curiosité ne lui fit lever la tête.Elle peignait des iris noirs et de grandeur naturelle, et semblait profondément absorbée dans ses pensées et dans son travail.Elle était vêtue de noir, et son visage était d\u2019une pâleur extrême.Elle ne paraissait plus que l\u2019ombre d'elle-même.Retenant son souffle le prince la cpnsidérait avec douleur et adoration.Lentement il s\u2019avança vers la Reine du Faubourg, mais repliée sur elle-même, elle ne le vit pas venir.Il put s\u2019agenouiller à ses pieds et murmurer son nom : \u2014 Alésia ! Alors ce fut comme si elle sortait brusquement d\u2019un rêve.Elle se dressa et elle s\u2019écria d'une voix défaillante et l\u2019air hagard : \u2014 Christian ! mon Christian ! Mais soudain la conscience lui revint et la mémoire des événements.Une vive rougeur remplaça la pâleur de ses joues.\u2014 Prince, dit-elle, relevez-vous, votre place n\u2019est pas à mes pieds.» Pourquoi venez-vous troubler la solitude de celle qui doit vous oublier ?\u2014 Je suis le relieur d\u2019art Christian Deville, ô ma bien-aimée, je suis celui que vous avez aimé.Je suis revenu à vous.» Vous avez chassé le prince de votre coeur, mais l\u2019ouvrier dont vous avez accepté l'amour, vous ne pouvez le chasser ! Alésia posa sa main brûlante sur la tête du prince et murmura : \u2014 Un masque n\u2019est pas un visage, Christian.Je ne puis rien pour vous, vous ne pouvez rien pour moi.Un abîme sépare nos deux vies.» Il nous faut courageusement supporter notre destin.\u2014 Alésia, supplia le prince, laissez-moi vous dire .\u2014 Alésia, supplia le prince laissez-moi vous dire .~ Vous ne parviendrez pas à me convaincre que je puis sans honte m\u2019introduire dans une place réservée par la volonté de votre mère et de tout un parti à une autre.» Mais tout cela, vous le savez comme moi : vous savez que je ne puis pas accepter d\u2019être votre femme dans ces conditions.» C\u2019est pourquoi il ne fallait pas, oh ! non, Christian, il ne fallait pas me tendre le piège de votre présence.\u2014 Un piège, moi, grand Dieu ! \u2014 Certes.Je m\u2019en rapportais à votre honneur chevaleresque, je n\u2019ai pas fui, je ne me suis pas cachée.Je m\u2019étais dit : Christian .non, le prince me laissera accomplir dignement mon sacrifice.C est au nom de votre amour, Christian, au nom du passé que je vous en avais prié.Mais le prince, d\u2019une voix palpitante de passion, répliqua : \u2014 Tu m\u2019en avais prié, oui, dans ta belle générosité, avec ton orgueil sublime, mais je ne pouvais t\u2019obéir.» L orgueil, en aucun cas, ne peut être plus fort que l\u2019amour.(La suite dans le prochain numéro) mu ' îP sTviK'j-i 'W % Mmé& t ¦pSii r 18 \u202236 Le nouveau Trocadéro, un mois avant l'inauguration de l'Exposition de Paris, le 22 mai dernier.On a si bien poussé les travaux que ce monument est aujourd'hui terminé.Il en est de même de presque tous les pavillons, français et étrangers qui s'élèvent sur les deux rives de la Seine.L'Exposition attire déjà à Paris des centaines de milliers de touristes. 10 juillet 1937 43 KSSmfM a W*S^ C \"jW- Le corps d\u2019un homme de poids moyen de cent cinquante livres contient de douze à quinze livres de sang, soit six à sept pintes.\u2022 On a récemment découvert un livre de mathématiques écrit par les Babyloniens deux mille ans avant notre ère ; ce livre, d\u2019un genre tout spécial, est écrit sur 44 tablettes d'argile séchée et il prouve que les Babyloniens connaissaient bien longtemps avant les Grecs une science dont on a crédité à tort ceux-ci.\u2022 Les rayons ultra-violets qui sont invisibles par eux-mêmes ont la propriété d\u2019illuminer brillamment certains corps et de les faire voir sous des couleurs chatoyantes ; ce phénomène est appelé fluorescence.\u2022 La lune qui cau^e les marées exerce également son influence sur la croûte terrestre.Deux fois par jour, le sol s\u2019élève et s\u2019abaisre d'environ neuf pouces.La lenteur et la régularité de ce mouvement ne nous permettent pas de nous en apercevoir, mais il est hors de doute que bien des tremblements de terre ont leur origine dans ces marées terrestres.\u2022 L\u2019armure des anciens chevaliers représentait un travail de fabrication considérable car elle se composait généralement d\u2019au moins deux cents pièces différentes.\u2022 Un homme qui pèse cent cinquante livres sur la terre n\u2019en pèserait que cinquante-sept sur la planète Mars.\u2022 Le rhodium conserve son brillant mieux et plus longtemps que n'importe quel autre métal ; cette qualité le fait employer pour la fabrication des réflecteurs dans l\u2019armée et la marine, ainsi que dans les stations d\u2019aviation.\u2022 Le renard peut courir à la vitesse de vingt-six milles à l\u2019heure pendant les premières cent verges ; après un demi-mille de parcours, cette vitesse est déjà réduite à vingt et un milles.Il peut donc courir un mille en une minute et vingt-cix secondes, alors que le plus rapide coureur humain a mis une minute et cinquante secondes.\u2022 On estime qu'il s\u2019est produit au Canada, en 1936,16,741,613,100 livres de lait, soit une augmentation de 384,951,800 livres sur l\u2019évaluation finale de 1935 qui était de 16,356,-661,300 livres.\u2022 La récolte canadienne de miel de 1936, qui est évaluée à 28,241,000 livres, accuse une augmentation de 3,950,000, soit 16.3 pour cent, sur 1935 \u2022 Il y a eu en 1936 au Canada une diminution de 4,112,000 douzaines dans la production totale d\u2019œufs sur la ferme ; la production a été de 219,428,000 douzaines contre 223,-540,000 douzaines en 1935.\u2022 Une personne vivant à la campagne a 702 chances sur mille d\u2019atteindre l\u2019âge de soixante-cinq ans, alors qu\u2019à la ville les chances ne sont plus que de 571.Notes Encyclopédiques CHOSES ETRANGES \u2014 Par Pascal Boivin, artiste canadien OU RICHE ÉCOSSAIS VIENT D'ACHETER, POUR CINQUANTE MILLE DOLLAR5 LE$ MAI50N5 TOUCHANT A' LA SIENNE AFIN DE POUVOIR 5E QUERELLER AVEC, 5A FEMME SANS EMBETER LES VOI5IN5.& 5INGE5 » cWft», AIMENT LES HUITRES ET CERTAINS D'ENTRE EUX SAVENT TORT BIEN x LES OUVRIR EN ' l/ly BRISANT LA COQUILLE AVEC UNE PIERRE.! b0ûJ°°r AMI£ 9$ ÎW FOURMIS QUI SE RENCONTRENT ï£ TOUCHENT MUTU-ELLE MENT LES AN- \u201e.TEN NES AFIN DE SE RECONNAITRE ET DE TENIR CONVERSATION.Tous droits réservés, Le Samedi Tous les saumons ne passent pas leur existence alternativement dans l\u2019eau salée et dans l\u2019eau douce ; dans l\u2019Etat du Maine, au Canada et en Norvège il en existe des espèces qui vivent exclusivement dans l\u2019eau douce.\u2022 Si 1 énorme bolide, qui est tombé en Sibérie en 1908 sans faire de mal parce que l\u2019endroit était désert, était tombé six heures plus tard, il aurait causé certainement alors de terribles dégâts ; la terre ayant tourné pendant ce temps, il aurait pu très bien frapper un centre populeux en Suède ou en Norvège.\u2022 Des savants prétendent que la nature combat l\u2019intensité continuelle des bruits que nous devons au progrès moderne ; pour cela, elle rendrait, paraît-il, graduellement l\u2019oreille humaine insensible à ces bruits.Y aura-t-il plus tard, sur la terre, une humanité complètement sourde ?\u2022 Le soleil et la lune, regardés à l\u2019œil nu, apparaissent à peu près de la même grandeur.C est une simple illusion d\u2019optique causée par la distance, car le soleil est, en réalité, quatre cents fois plus grand en diamètre que la lune.Près de Berneck, dans la Franco-nie, un homme envoya un coup de fusil à un oiseau de proie perché sur des fils de transmission électrique ; la balle manqua l\u2019oiseau et alla briser un isolateur.Un court-circuit se produisit et les fusées de la station électrique sautèrent.Les turbines tournant alors à vide prirent une vitesse folle, leurs écrous s'arrachèrent et toutes les pièces furent projetées dans le mécanisme qui fut grandement avarié et mis hors de service.Petites causes et grands effets.\u2022 Dans l\u2019ancienne Egypte, les aveugles employaient un moyen de correspondance assez curieux mais pratique tout de même : ils employaient des cordes auxquelles ils faisaient des nœuds.Selon la position, le nombre et la grosseur de ces nœuds, la signification du message était différente et très bien comprise par eux.\u2022 Un jeune bébé a, dans le corps, onze os de plus qu\u2019un adulte ; il en est ainsi parce que certains os du crâne et de l\u2019extrémité de l\u2019épine dorsale ne sont pas encore soudés ensemble.\u2022 Le Dr Gustave Aufricht, professeur de médecine à l\u2019Université Columbia prétend que la calvitie est due à une tension de la peau du crâne réduisant l\u2019afflux nécessaire de sang.En conséquence, dit-il, il est possible de pratiquer une opération pour ré-medier à cet état de choses et permettre à nouveau la croissance des cheveux.\u2022 Un dentiste et anthropologiste anglais dit qu\u2019au cours des cinq cent mille années dernières, la forme de la mâchoire humaine n\u2019a pas changé.Il est évidemment plus facile de le croire que d\u2019y aller voir.\u2022 Le sang des insectes n\u2019est pas rouge, mais jaune ou vert ; il ne circule pas dans des veines mais passe au travers des organes intérieurs de l'insecte.\u2022 Chaque année, dix millions de vieux chapeaux sont recueillis dans les poubelles aux Etats-Unis ; des industriels spéciaux les nettoient, les passent à la teinture et les revendent comme neufs après réparation convenable.\u2022 Récemment, les deux filles de l\u2019Administrateur des Territoires du Nord de l\u2019Australie, en rentrant chez elles après une bal, trouvèrent un crocodile de sept pieds de longueur qui avait l\u2019air de les attendre tranquillement sur le seuil de la porte.\u2022 En Angleterre on vient de trouver un nouveau procédé pour fabriquer des verres de lunettes absolument incassables, même si on les laisse tomber de haut sur du pavé.Ce qui est bien de nature à étonner, c\u2019est que le charbon entre pour une proportion assez importante dans la fabrication de ces verres.\u2022 Le corail, qui a l\u2019aspect d\u2019une plante est, en réalité, un animal de la famille des polypes.Pendant des siècles on l\u2019a classé parmi les insectes. ?LA BIERE QUE VOTRE ARRIERE GRAND-PERE BUVAIT "]
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