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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 31 juillet 1937
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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    Successeur :
  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1937-07, Collections de BAnQ.

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[" -I ***\u2022¦.% * mm v ; * i menage pagheft iVoir article paqe 4! I Ï \u2022 : * * * ipiw \u2022 - aUSfe,.,:'.-¦*; ;'V &f§j| ISP !t?%, 49e année, No 9 31 juillet 1937 i LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS Photo PIX 24 ROMANS D AMOUR $2.00 pour En profitant de notre tarif d'abonnement spécial et en vous abonnant pour DEUX ANS V a La Revue Populaire AU COUT EXCEPTIONNEL DE DEUX DOLLARS vous faites un marché des plus avantageux, à tous égards.$2.00 - c'est bien peu pour 24 romans d'amour, la plupart inédits et tous intéressants, ainsi que pour une multitude d'articles illustrés et signés des plus beaux noms de la littérature canadienne-francaise.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE K CIE, LIMITÉE 975, rue de Bullion Montréal, P.Q.COUPON D\u2019ABONNEMENT LA REVUE POPULAIRE,\tfPo\u201er fc Cana(,a 975, rue de Bullion.Montréal, P, Q.Messieurs : Ci joint veuillez trouver la somme de DFUV Hnll.________.un abonnement de DEUX ans à LA REVUE POPULAIRE,\tP - Province 49e innée, No 9 3 / 1 juillet 19 3 7 UCCCLE CARNET EDITORIAL Une coque, c'est bien des choses, il y en a de beaucoup d'espèces.Celle de l\u2019œuf et celle du bateau, celle de certains fruits comme les amandes ou les noix, et celles que nos suaves contemporaines font avec un ruban pour ajouter à leur charme ou à leur originalité.C'est aussi le nom de la bucarde, laquelle est d ailleurs un coquillage ; on retrouve ce mot en télégraphie, en joailllerie et même en cuisine avec les œufs à la coque ; dans la majeure partie des cas.pour ne pas dire la totalité, cela signifie une enveloppe ou un revêtement ; il me semble donc tout naturel d'appliquer également ce terme au vêtement.Par définition, la coque est un contenant en même temps qu'un masque ; les murs et le toit d une maison sont une coque, et le fard que la jolie petite Beauminois se met sur le visage en est une autre.La coque est donc l'expression de 1 apparence extérieure ; c est une simple question de surface et, comme la surface est à peu près tout dans la vie des hommes \u2014 et des femmes aussi, mais oui \u2014 la coque occupe le premier rang parmi les choses qu on voit, qu on apprécie ou déprécie et qui vous fichent dans les états les plus profonds de la perplexité quand on ne sait pas au juste de quoi elle est faite ni surtout ce qu elle recouvre.La coque, c'est la pelure du monsieur bien habillé, tiré à quatre épingles et qui donne tout de suite confiance parce qu il se présente bien.On est tout disposé à lui reconnaître des qualités et même au besoin des vertus ; s'il parle on 1 écoute avec déférence et s'il dit une bêtise, cela passe pour de l\u2019esprit.C est peut-être un âne ou même une fripouille mais il n\u2019en a pas l'air, sa coque est reluisante et cela lui servira de passe-port pour bien des endroits où n'aurait pas accès un homme honnête mais mal vêtu.Un pauvre bougre en guenilles qui vole une bouteille de lait parce qu'il crève de faim tombe du coup à trente-six degrés au-dessous de zéro dans l\u2019estime de ses contemporains ; on le traite avec la dernière des rigueurs en lui faisant enlever, par le chien de la maison, un morceau de son pantalon qui n\u2019est déjà fait que de trous cousus ensemble ; c\u2019est son aspect miteux qui lui vaut ça ; hors de la belle coque, point de salut.Si c'est un débrouillard à qui les scrupules ne causent pas d insomnies, la leçon lui sera profitable.Quand il aura trouvé le moyen de se faire une coque de premier choix, c\u2019est-à-dire d'être habillé comme une gravure de modes et qu il sera rasé à rendre jaloux une coquille d'œuf, il se collera un super-havane dans le bec, un monocle dans l'œil et beaucoup de toupet dans la caboche ; ensuite il ira vendre à tous les gogos des actions de mines de saindoux et de pépinières de saucisson.Il aura eu le temps de faire fortune avant d être arrêté, ce qui lui vaudra les égards dûs aux financiers malchanceux.On lui donnera de grands coups de chapeau parce qu\u2019il aura empoché de gros billets de banque et tout sera pour le mieux dans ce qui n est pas le meilleur des mondes, parce que la belle coque aura produit son grand effet Tous ceux qui me lisent peuvent appliquer ces réflexions à certaines gens qu'ils ont connus, sinon personnellement, du moins de réputation.La coque est la grande, pour ne pas dire la seule fabricante de réputations et la plus implacable dispensatrice de sentiments bons ou mouvais, c est-à-dire d\u2019estime ou de mépris.C\u2019est pour ça que l'on commet tant d'erreurs sur la boule terrestre.Une de ces erreurs, et non la moindre bien qu\u2019elle soit excusable, est celle qu engendre la beauté Je ne sais qui a dit un jour que la beauté n'est qu'une simple question d\u2019épiderme, et c est assez vrai.La régularité des traits n est certes pas chose négligeable, l\u2019ensemble de la silhouette non plus, mais tout cela n\u2019est en somme qu\u2019un vêtement d ame, H ¦ Les Publications Poirier, Bessette & Cie, Limitée Membres de L'A.B, C.975, rue de Bullion, Montréal, Canada Tél: PLateau 9638* Entered at the Post Office of St.Albans, Vt.as second class matter under Act of March 1879 - A B CANADA Un an .Six mois .Trois mois O N N E M E N T \u2014 ETATS-UNIS $3.50\tUn an 2.00\tSix mois 1.00 Trois mois ET EUROPE .$5.00 2.50 .1.25 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m Le samedi, 9 a.m.à midi.AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit Jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant 5 jours avant leur expéd.tion.une coque, et le contenu ne répond pas toujours au contenant.Une jolie fille cause toujours une impression favorable, c'est un fait que 1 on peut constater cent fois par jour, et il suffît de voyager un quart d'heure de tramway pour en être témoin ; tel qui ne bougerait pas de son siège pour Cendrillon l'offre à Vénus avec empressement et cette attitude se retrouve à chaque instant dans la vie courante Les jolies lilies le savent bien et, quand elles sont sages, elles en usent ; autrement, elles en abusent.Disons en passant qu une jolie fille n est pas toujours celle qu on classerait comme telle dans un jury compétent en la matière et surtout consciencieux ; nous vivons à une époque de transition où la beauté n\u2019a pas de caractère nettement défini ; elle se fabrique en série \u2014 comme les autos \u2014 d apres une demi-douzaine de modèles de convention que le caprice des femmes a inventés et que la bêtise des hommes a acceptés.Un homme qui sait pertinemment juger de la beauté d unè femme est un être extrêmement rare de nos jours, quelque chose comme le merle blanc ; trois quarts et demi et la moitié au moins de l'autre demi-quart sont victimes d illusions et de conventions.Voici par exemple une fille mieux que jolie, réellement belle ; on ne la regarde pas, ou si peu.Pourquoi ?elle a 1 air modeste, elle est vêtue simplement et ne cherche pas à attirer h attention Sa voisine, par contre, fixe les regards de tout le monde.Pourquoi encore ?elle n\u2019est même pas jolie elle a un petit nez retroussé dans lequel il doit pleuvoir si elle n a pas la précaution de prendre un parapluie, seulement il est poudré à l\u2019excès; elle a une bouche à la Joe Brown, mais si bien peinturlurée 1 elle n a même pas les pattes bien faites, mais elle les exhibe outrageusement .tout le reste est à l'avenant et les petits vieux à peine sortis de nourrice comme les jeunes de soixante-quinze ans à couenne violacée débordant sur le collet en bavent de convoitise.Les malheureux !.Hélas ! que voulez-vous, c'est la coque ! la sempiternelle coque à illusions qui bouleverse ces jeunes et vieux coqs mal d aplomb sur leurs ergots par usure prématurée ou sénilité qui n'a plus rien de précoce.Je ne fais le procès de personne, je constate simplement, ear il serait assez difficile de dire si c'est la coquetterie féminine ou la bêtise masculine qui a commencé.Et qui continue Entre nous, je crois que 1 homme, en général, n'a pas le sens exact de la mesure et que, selon une vieille formule fort typique, il est trop porté à prendre des vessies pour des lanternes ; un attrait pas-sager retient son attention s il est original ce qui, le plus souvent, signifie bizarre ; d'autre part, la véritable beauté l'intimide comme une chose trop sérieuse tandis qu'un charme douteux mais d'allure plus libre le met tout de suite à son aise.Au leste la coque, belle ou laide, ne devrait pas avoir tant d importance ; de même qu'il y a des apaches en habit de soirée et des hommes de grand mérite en culottes rapiécées, il y a des âmes bien laides habillées d\u2019un beau visage et d autres bien belles pour qui la nature n a, physiquement, pas fait grands frais.Il est hors de doute que ce sont celles-ci, les deuxiemes, qui méritent la préférence et devraient 1 avoir si le bon sens était un peu plus répandu sur la planète.Mais la plupart des hommes portent leur attention sur la coque ; et il se trouve fréquemment que ce n est qu\u2019une simple coquille dans laquelle l'amande est gâtée 4 LE SAMED Le séchage et la dégustation d'un succulent macaroni.Au Cerceau du Savoureux Macaroni CHRONIQUE GASTRONOMIQUE par Louis Poland \u2022 Tout le monde connaît ces tubes longs et creux de pâte blanche qu\u2019on appelle en italien « maccheroni » et, en vénitien comme partout ailleurs, « macaroni » ; c'est un mets qui a l'avantage d être d une préparation facile et rapide, mais il faut tout de même ce qu on qualifie de « tour de main » pour qu il soit digne des fines gueules de gourmets ainsi que de la bonne bedaine des gens qui aiment le confortable de l'estomac.Le macaroni n'est pas un produit datant de notre époque moderne, la péninsule italienne en faisait ses délices dans les temps anciens, principalement aux environs de Naples qui est aujourd hui le grand centre de production Le climat de la région s\u2019y prête, en effet, particulièrement.Depuis une cinquantaine d'années surtout, la fabrication de cette pâte universellement connue y a été industrialisée et son commerce, très actif, s'étend non seulement à toute l'Italie mais aussi aux marchés étrangers, à tel point que c\u2019est aujourd hui une des branches principales de l'activité nationale italienne.Disons toutefois en passant, qu\u2019au cours de l\u2019année 1935.le Canada, pour la première fois, a dépassé l'Italie comme fournisseur principal de macaroni sur le marché anglais ; il en a fourni 33,947 quintaux et l\u2019Italie 30,767 quintaux.Voià une supériorité de production qui ne manquera certainement pas d'étonner bien des person-Photos pix\tnés. 31 juillet 1 937 5 Fabriquer du bon macaroni n'est pas une besogne aussi simple que de le manger, il faut bien des choses, en premier lieu de l'excellent blé pour la préparation de la semoule qui est à la base du produit.Une partie est récoltée sur le sol italien, le complément provient principalement de la Russie, des Etats-Unis et du Canada.L ensemble de la production se totalise annuellement par un million de tonnes en nombre rond, dont le cinquième provient de la seule province de Naples classée au premier rang comme productrice.11 reste bien quatre cinquièmes à fournir mais ils se partagent entre une douzaine de centres de production, sans compter de multiples petites installations particulières de plus ou moins grande importance.Les fabriques du savoureux produit peuvent s\u2019échelonner ainsi, par ordre d'importance : en premier la Campania comprenant Naples, Torre An-nunziata et Gragnano ; ensuite vient la Sicile avec Palerme, Catune, Messine et Trapani ; en troisième lieu la Lombardie avec Milan et Brescia, puis la Ligurie avec Gênes, la Toscane avec Florence, Leghorn, Pistoia et Lucca ; la Vénétie avec Venise et Trieste.l Emilie avec Parme, et enfin Rome.Quelle longueur de macaroni tout cela représente ! Il y aurait certainement de quoi en faire une ceinture à la terre.Dans le million de tonnes précité, il faut en compter sept cent mille faites à l aide de semoule pure mais ordinaire pour la consommation usuelle ; les trois cent mille autres comprennent des variétés de macaroni pour donner satisfaction à tous les goûts et à tous les estomacs.Il y a d'abord la «paste all'uovo » ou pâte aux œufs, d importance toute spéciale et qui a demandé bien des expériences minutieuses avant d\u2019arriver au degré de consistance voulu ainsi qu aux procédés convenable de séchage.Ces pâtes sont obtenues en mélangeant à la semoule des oeufs frais ou très bien conservés, dan: la proportion de cinq cents œufs pour deux cents livres de semoule.Parfois on emploie de la poudre d'oeufs ainsi qu une certaine quantité de lait condensé.Il se fait également des macaronis de pure semoule avec addition d épinards, de tomates, de champignons ou autres ingrédients spéciaux à certains régimes.Dans cette catégorie, citons le macaroni glutiné, c\u2019est-à-dire comprenant une proportion donnée de gluten Ce gluten, qui doit être de premier choix, est extrait préférablement de blés russes et canadiens ; celui du Taganrog dans le premier cas, et celui du Manitoba dans le deuxième.D autres pâtes spéciales sont maltées ou gélati-nées, il y en a qui contiennent des phosphates ou de faite de celles qui contiennent de la viande ou des faites de celles qui contiennent de la viande ou des légumes.Ces pâtes sont roulées très minces puis découpées en cercles ou en croissants ; on les connaît, dans le commerce, sous les noms de tortellini, cappeletti, agnolotti et ravioli.Ce sont surtout des spécialités de Bologne et de Rome.Ces pâtes comestibles ont différentes formes une fois manufacturées et elles peuvent être classées en deux groupes : les unes sont entièrement préparées à la machine et les autres, dégrossies à la machine, sont ensuite terminées à la main.Ces dernières forment, une spécialité très estimée comprenant surtout la « paste di sfoglia » découpée de mille manières, en rubans, en rondelles, en forme de papillons ou de coquilles ; elles sont faites avec ou sans œufs et se nomment « fusille » ou encore « grattini » et jusqu'à « capellini d\u2019angelo » ou cheveux d\u2019ange.La préparation du macaroni ou des autres pâtes du même genre est, on le voit, chose assez compliquée en raison des variétés, mais la fabrication ne se borne pas là ; il est encore un point d'une extrême importance et qui est le séchage dont dépendent à la fois la saveur et la conservation.S'il est trop lent ou trop hâtif, la qualité en est gravement affectée et c'est le risque de la mévente.On comprend, dans ces conditions, que des soins minutieux sont apportés à cette dernière partie de la fabrication.A Naples, c'est la nature elle-même qui s en charge ; le climat est idéal et le séchage en plein air donne d'excellents résultats ; toutefois, il faut pouvoir compter avec les intempéries possibles et s organiser en conséquence afin de ne pas interrompre ou gâter la production.C\u2019est dans ce but qu'ont été imaginés et construits des séchoirs de divers genres.Généralement il y est fait emploi d'appareils thermo-méèaniques qui, avec l'aide d'éventails électriques et de régulateurs, mènent l'opération à bonne fin.Il va de soi que le séchage à air libre, tout en étant le moins dispendieux de tous, est le meilleur dans les endroits favorisés par une température constante.Quand les pâtes ont subi ces diverses opérations, elles sont prêtes pour le commerce, et il n y a plus qu'à en faire l\u2019empaquetage.Celui-ci est lui-même une spécialité.Les besoins commerciaux ne sont plus les mêmes aujourd hui qu'autrefois et, surtout, le public est devenu plus difficile à contenter ; ses goûts se sont affinés, modernisés et une marchandise, si bonne soit-elle, qui ne serait pas bien présentée pour la vente aurait tous les risques d\u2019être dédaignée et de s\u2019en voir préférer une autre, de moindre valeur peut-être mais ayant plus de chic dans la présentation.D autre part, il faut compter avec les exigences du commerce extérieur et ce qui doit aller à l'autre bout du monde réclame certainement un emballage plus résistant et plus soigné que ce qui se vendra directement, chez le marchand au sortir de la fabrique.Le contenant doit être digne du contenu La ménagère qui achète un paquet de macaroni ou de quelque autre\t(Lire la suite page 39) \u2022 â5f £?*» Donc, reprit Hébrard, c est entendu pour vendredi ?\u2014 Soit.approuva Alain, excédé.Alain, resté seul avec sa compagne, s'attendait à ce que cette dernière éclatât en reproches au sujet de ce qu elle était en droit d'appeler « des cachotteries ».Il n\u2019en fut rien.Mlle Corbin, souriante pour la première fois, lui annonça seulement : \u2014 Mon cher ami, je n\u2019ai qu'une parole : nous célébrerons dimanche nos fiançailles officielles.Alain s\u2019étonna de n\u2019éprouver aucune joie .Au contraire, un étrange malaise s'emparait de lui à la pensée qu'il allait réellement s'engager cette fois.Cependant, pouvait-il reculer ?Non .Il s'était trop avancé .un peu inconsidérément, peut-être, puisqu'il éprouvait maintenant une sorte de répugnance.Près de lui, Gertrude marcha un instant silencieuse, puis elle prononça: comme ils arrivaient devant la porte de l'institut Corbin : \u2014 Vous allez m\u2019accompagner auprès de mon père, Alain.Nous lui annoncerons notre décision, maintenant que nous sommes d accord .et vous n'aurez plus qu'à écrire à votre sœur pour la prier de presser son arrivée.Il est temps de fixer la date de notre mariage.Alain se laissa entraîner .et le lourd vantail se referma derrière lui.comme une porte de prison.\u2022 Quelques jours passèrent.Mlle Aurore écrivit, qu'à son grand regret, elle ne pouvait fixer exactement le jour de sa rentrée .Mme Ram-buteau allait mieux, mais sa fille était si gravement malade qu elle inspirait des craintes sérieuses.Sa garde-malade ne pouvait se dérober à un strict devoir d'humanité en demeurant auprès d\u2019elle, au moins jusqu'au iour où la mère, complètement rétablie, pourrait s'occuper elle-même des soins à donner à la fillette.Alain paraissait plutôt content du délai qui lui était ainsi accordé.Depuis son entretient avec Gertrude, il prétextait diverses démarches à entreprendre pour sa nouvelle affaire et ne reparaissait à l'institut Corbin que deux ou trois fois par semaine, pour dire un bonjour rapide à sa fiancée.Il avait donné congé à M.Corbin, désireux de consacrer tout son temps à l\u2019exploitation de son invention.Le contrat était signé.Gertrude avait demandé à le voir.Elle avait convenu que les conditions qu\u2019on faisait à M.Kernevor étaient réellement brillantes, ce qui prouvait la valeur de sa découverte.Elle avait conclu : ,\u2014 Je suis fière de vous .Et Alain profitait des derniers jours de liberté qui lui restaient pour emmener Pierrette visiter les musées, les isaensii ¦¦a flùtMû.!Sh\\ DECOUVERT LE SECRET d'UH& IfmckuM.pebmmme V MEME PAR LES PLUS GRANDES CHALEURS COMMENT VENDRE?MESCLIEIMTS REFUSENT ABSOLUMENT DE ME RECEVOIR PAR CES CHALEURSI ET TOI, PAUL?\\J\u2019AI UNE REGLE INFLEXIBLE, JEAN, JE PRENDS MON BAIN AU LIFEBUOY TOUS LES MATINS.JE M\u2019ASSURE CONTRE L\u2019 \"O.T.\u201d MAIS PAUL, JE NE SOUFFRE PAS D' \u201cO.T.\u201d?JE PRENDS UN BAIN TOUS LES JOURSI L\u2019 \u201cO.T.\u201d ATTAQUE TOUT LE MONDE A MOINS D\u2019ETRE PROTEGE\u2014LE LIFEBUOY A UN INGREDIENT PURIFIANT SPECIAL\u2014ESSAIE-LE1 APRES JAMAIS UNE DOUCHE N\u2019A ETE SI RAFRAICHISSANTE\u2014ET PAUL DIT QUE LA FRAICHEUR EST PERMA- NENTE NOUS VERRONS .L\u2019\u201c0.T.\u201d DISPARUE\u2014Les Ventes Grossissent DIS, TES GRACE A TOU TU M\u2019AS FAIT UN BEAU VENTES ONT CADEAU QUAND TU M'AS CONSEILLE MENTE CE LIFEBUOY.QUEL SOULAGEMENT DE MOIS-CI\u2014 SE SAVOIR LIBRE D\u2019 \u201dO.T.\u201dl Bâr *\u2022 insserïT IZ9DBI Il garde aussi le teint frais! rpous, hommes, femmes et enfants, préfèrent le Lifebuoy .JL 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Le jeune homme se défendait d insister sans remarquer que serrant la frêle barrière de ses cils sur sa joue humide, elle s'appliquait à retenir ses larmes prêtes à jaillir.Et ces soirs-là, dans le secret de sa chambre solitaire, Pierrette, appuyant son front brûlant à l\u2019oreiller de toile rude, pleurait longuement ses premières peines d'amour.V A urore.pourtant, ne se pressait '' guère de rentrer et son frère le déplorait d'autant plus amèrement qu'il commençait à ne plus savoir où donner de la tête, partagé entre les furtives entrevues qu'il avait avec Pierrette et les obligatoires rendez-vous que lui arrachait Mlle Corbin Cette dernière, pour si confiante quelle fût, en elle et en Alain, finit tout de même par se douter de quelque chose et un beau jour qu'Alain était allé reconduire la jeune Pierrette jusque devant son modeste logis ainsi qu'il en avait l\u2019habitude, elle les suivit.\u2014 Tout beau ! se dit-elle .C\u2019était donc ça .Mon grand dadais d'inventeur se serait-il amouraché de cette péronnelle .En ce cas, je crois qu'il est grand temps d\u2019aviser.Connaissant l'adresse de la jeune Pierrette, ce ne fut qu'un jeu pour Gertrude Corbin d'entrer en relations avec la tante de la petite.\u2014 Madame, lui dit-elle, je crois de mon devoir de vous prévenir que votre nièce est sur le point de mal tourner.\u2014 De mal tourner?s\u2019effara la tante de Pierrette.\u2014 Oui, elle a des rendez-vous presque quotidiens avec un jeune qui .\u2014 Elle ne m\u2019a rien dit, fit la tante.\u2014 Bien entendu, remarqua Mlle Corbin d\u2019un air pincé, et cela prouve, au surplus, qu elle n\u2019ignore pas qu elle fait mal.La dame, courroucée, promit de chapitrer sa nièce, mais, peu confiante en l'efficacité d\u2019un semblable moyen, Mlle Corbin sollicita la faveur de voir elle-même l'imprudente et de lui parler.\u2014 Je suis, dit-elle, en terminant, la sœur du jeune homme en question et je sais ce qu'il convient de dire à votre nièce pour la décider à renoncer à ses coupables entrevues.Lors donc, après entente avec la tante de Pierrette, Mlle Corbin se présenta au domicile de la jeune dactylo, qu elle trouva en pleurs, la tante, bavarde, n'ayant pu s\u2019empêcher -de reprocher à sa nièce sa conduite, quelle qualifiait de scandaleuse.Elle accueillit Mlle Corbin avec beaucoup de méfiance, en dépit de son amabilité coutumière et demeura planté devant elle, fort interloquée.\u2014 Asseyez-vous, mon enfant, prononça Mlle Corbin avec une feinte douceur .Je ne viens pas en ennemie, au contraire.Une lueur d espoir brilla dans les prunelles embuées de la jeune fille.\u2014 Vous venez sans doute de sa part, dit-elle .C\u2019est lui qui vous a demandé de venir , .n'est-ce pas, Alain.La visiteuse secoua la tête d\u2019un air dubitatif.\u2014 Je ne demande pas mieux que de vous aider, dit-elle .mais d'abord, je dois vous dire qui je suis, je suis Mlle Kernevor.\u2014¦ Mademoiselle Aurore ! Ah ! mademoiselle, c'est Alain qui vous envoie ! Avec un grand cri de joie, la petite vint s'abattre sur l'épaule de la visiteuse.Mais celle-ci la repoussa d\u2019une main ferme.Elle avait eu un tressaillement d'impatience, à l\u2019exclamation de Pierrette, et, serrant frileusement le grand col qui lui engonçait le cou et le menton, elle déclara : \u2014 Non, mademoiselle, je ne viens pas de la part de mon frère .Il ignore même ma visite.Etonnée de la froideur de son accent, la petite l\u2019examina avec inquiétude : \u2014 Il .il ne sait pas que vous êtes ici ?Elle inclina la tête, Pierrette porta les mains à son front.Une angoisse se peignit sur ses traits : \u2014 Il .il n'est pas malade au moins .Il s'occupe de moi ?C'est qu'il m\u2019a promis, mademoiselle .il m a promis !.\u2014 De vous épouser, oui, je sais, prononça brièvement la visiteuse .Il y a malheureusement beaucoup de choses qu\u2019on promet comme cela, dans un moment d\u2019exaltation .emporté par sa pitié .Les prunelles de la jeune fille s'élargirent : \u2014 Vous .vous ne voulez pas dire qu il regrette ?.Il ne ., .m'aime .plus ?Sa voix s'était étranglée dans sa gorge.L'autre esquissa un geste d'impatience : \u2014 Il ne vous a jamais aimée .\u2014 Il .Répétez .Vous avez dit.qu'il ne m\u2019avait jamais .\u2014 Evidemment non! .Comment voulez-vous qu'un homme comme lui s\u2019intéresse à une gamine pauvre et inculte ?.Pierrette paraissait frappée de stupeur.Soudain, la réalité lui apparut : \u2014- Il m\u2019abandonne, cria-t-elle.il m'abandonne .Ce n\u2019est pas possible !.non ! ce n'est pas vrai ! Vous vous êtes trompée, mademoiselle .Il ne commettra pas cette lâcheté ! Des larmes ruisselaient sur son visage meurtri, La visiteuse haussa les épaules : \u2014> Eh ! qui vous dit qu'il veuille la commettre, cette lâcheté, comme vous vous plaisez à l\u2019appeler.Il vous épou- sera peut-être .probablement même, et il fera le malheur de toute sa vie .Pierre tressaillit, comme touchée par un fer rouge.\u2014 C'est donc vrai qu'il ne m aime pas, fit-elle lentement.Pourquoi alors, oui, pourquoi m'avoir mis tant d espoir au cœur ?.Pourquoi m'avoir fait entrevoir ce bonheur infini, si je dois voir crouler tous mes rêves ?.\u2014 Alain est un grand enfant, ma pauvre petite .un impulsif, qui se laisse guider par ses élans du moment, sans se préoccuper des conséquences .Mais oui .Il vous a rencontrée sur la route : vous étiez malheureuse, il a eu pitié de vous.Pierrette écoutait, le souffle suspendu, les mains tremblantes .et il semblait que chaque parole était un poignard qui pénétrait lentement dans sa chair vive .Son interlocutrice reprit : \u2014 Vous voyez où l\u2019a conduit son imprudence .son inconséquence.Il a cru sincèrement qu'il vous aimait assez pour unir sa destinée à la vôtre et, vous ayant fait cette promesse, il juge que son devoir est de vous épouser.Il estime que c\u2019est son devoir d'honnête homme.\u2014 Son devoir ! murmura la petite voix éperdue de Pierrette.Seulement, son devoir !.\u2014 Enfin, mon enfant, vous ne vous étiez jamais imaginé qu'il y avait autre chose dans le geste de.d'Alain ?\u2014 Il m'a dit qu\u2019il m\u2019aimait .Je l'ai crû .\u2014 Il a menti.Je sais, vous entendez, je sais qu\u2019il regrette amèrement à cette heure de s\u2019être laissé entraîner dans une aussi sotte aventure qui brise son avenir, entrave sa carrière .\u2014 Mais comment ?gémit la jeune fille.^ \u2014\u2019 Comment ! Mais parce que vous n'êtes pas la femme qu\u2019il lui faut.\u2014 Vous aimez mieux qu\u2019il épouse Gertrude Corbin ?questionna Pierrette.La visiteuse se mordit les lèvres : \u2014 Elle ou une autre, riposta-t-elle sèchement .mais une femme de son milieu, de son éducation.de sa condition sociale, enfin .une femme qui pourra lui apporter une aide précieuse par sa culture, par ses relations, par sa fortune .\u2014 Ah ! sa fortune .gémit Pierrette .je n'avais pas pensé à ça, moi.moi qui n'ai rien ! Son interlocutrice se leva.Elle vint vers la jeune fille qui sanglotait, la tête entre ses mains : \u2014 Allez-vous donc, pour le récompenser d\u2019avoir été avec vous bon et charitable, le condamner à faire le malheur de sa vie ?\u2014 Non, non !.protesta Pierrette.Je ne veux pas qu'il soit malheu- reux !.je suis prête à me sacrifier .\t, .Résolue, elle leva les yeux pleins de larmes vers celle qui venait de briser son pauvre cœur crédule : \u2014 Que faut-il faire ?demanda-t-elle, les lèvres tremblantes.\u2014 Il faut partir.\u2014 Partir ?Ah ! je ne désire que cela .Mais où irai-je ?.\u2014 Je vous donnerai de quoi faire face aux premières dépenses .en attendant que vous ayez trouvé une autre place.L\u2019essentiel est qu'Alain ne vous voit plus.\u2014 Oui .tout de suite, alors, tout de suite, fit-elle fébrile.\u2014 Attendez .La dame fouillait dans son sac, en sortait une feuille de papier et un crayon : ,\u2014 Il est nécessaire, dit-elle, qu A-lain sache que vous êtes partie de votre plein gré et qu il n ait plus aucun souci à votre sujet.\u2014 Oui .oui .La voix de la visiteuse marqua une satisfaction intense tandis qu'elle annonçait : \u2014 Vous allez écrire ce que je vais vous dicter.Là, asseyez-vous devant la table .Vous y êtes ?\u2014 Oui.\u2014 Bon .écrivez : « Pardonnez-moi, Alain, de m\u2019en aller sans vous dire adieu.Mais je vais vers ma destinée.» Suffoquée, la petite traçait les lignes, d\u2019une pauvre écriture tremblée.\u2014 Ajoutez, maintenant : « Je vous souhaite d'être heureux, comme je vais être heureuse .» Pierrette eut un gémissement.Elle demeura une seconde la plume en l\u2019air, se refusant à tracer le terrible et douloureux mensonge .\u2014 Eh bien .Brusquement, elle écrivit et signa fébrilement.\u2014 Bien .donnez-moi votre papier.L'enfant s'exécuta, machinale.Il lui semblait voir les murs tourner autour d'elle.\u2014 Et maintenant, habillez-vous.Vous partirez en même temps que moi .je vous conduirai dans un hôtel que je connais, où vous pourrez demeurer tant que vous n aurez pas trouvé de place.\u2014 Mais .elle ?Pierre désignait la pièce à côté où devait attendre sa tante.\u2014 Ne craignez rien.Nous sommes d'accord avec votre tante.Elle n\u2019opposera aucune objection à votre départ .Pierrette s'habilla rapidement .Maintenant, il lui tardait de fuir celui qu\u2019elle aimait et par qui lui venait la plus grande douleur de sa vie.Sa compagne avait placé le billet écrit par Pierrette sur la cheminée, bien en vue .Avant de sortir, la jeune fille alla à la cheminée.Elle le prit un instant entre ses doigts, le considéra avec une détresse sans nom, puis l'approchant de ses lèvres, elle murmura : \u2014 Alain, mon amour .puisse mon sacrifice vous porter bonheur ! Et elle s'en fut, sanglotante, vers son pauvre destin.VI I E lendemain de ce même jour, vers *- dix heures, on frappa à la porte de l'appartement des Kernevor Alain, qui rêvait tristement dans son fauteuil, évoquant limage de Pierrette, dans le cadre familier, alla ouvrir : - Toi! Moi, fit sa sœur en pénétrant dans 1 antichambre, fraîchement débarquée, comme tu vois .^ ^ A\t^ A -»¦ - -\t^ J- -*¦ - - - A * A A A ^1 .É» La Semaine Prochaine LA LUCARNE par ALEK PLUNIAN 'T.yy?.w .T1'¦y*.?'\"?\" T.ww 'y www w ^ \"w y\t\"y yyy » y y y ^ 31 juillet 1937 17 \u2014 Par quel train es-tu arrivée ?\u2014 Eh bien, par celui de neuf heures et demie .Alors, vite, qu\u2019y a-t-il ?\u2014 Ce qu'il y a ?., Des ennuis graves, au sujet desquels je vais avoir besoin de toi .\u2014 Mais quoi encore ?C\u2019est au sujet de cette jeune fille .de .\u2014 Oui, lit Alain .Elle a disparu .ou du moins elle n\u2019a pas paru à son bureau .Je me demande ce qu\u2019elle est devenue.\u2014 Bah ! fit Aurore, ne te tourmente pas, on la retrouvera, ta demoiselle Pierrette ! L\u2019essentiel, vois-tu, c'est que tu ne songes plus à commettre la folie d\u2019épouser Mlle Corbin.Le reste s'arrangera.\u2014 Dès demain ! affirma Alain, avec force, il faut que Pierrette soit retrouvée .Et puis .et puis, sœurette, j\u2019ai un aveu à te faire .\u2014 Quoi ?\u2014 Je lui ai promis qu'elle serait ma femme .Les yeux d\u2019Aurore s\u2019étonnèrent : \u2014 Cette jeune fille .Mais quel âge a-t-elle donc ?\t, \u2014 Dix-huit ans passés .bientôt dix-neuf.Aurore éclata de rire, : \u2014 Tu m\u2019en diras tant !.\u2014 Ne raille pas.Aurore .Je l\u2019aime .Depuis qu'elle est entrée dans ma vie, tout a changé .Il y a sur toutes choses une douceur nouvelle .partout, dehors, au bureau, quand je discute avec des messieurs graves, je ne pense qu\u2019à une chose : au moment où je vais retrouver son clair sourire, son rire perlé .la caresse de sa voix, la malice de son regard.Aurore considérait son frère avec stupéfaction : \u2014 Ben vrai !.s\u2019exclama-t-elle, quand tu te mets à être amoureux, toi !.Il est vrai que c'est la première fois.Tu manques d'habitude .\u2014 Tu me blâmes ?\u2014 Moi ! Mais je suis ravie .et je l\u2019embrasserai de bon cœur, cette gosse, rien que parce qu elle t\u2019a révélé ta jeunesse et ton cœur .Voilà comme j'aime à te voir, que diable ! avec de l'enthousiasme, et un grain de folie .C\u2019est de ton âge, au moins.\u2014 Je suis beaucoup plus âgé qu\u2019elle.\u2014 Bah ! il vaut mieux que la différence soit de ce côté que de l'autre .Une femme qui a quatorze ans de moins que son mari, ça ne compte pas .Mais quand elle en a sept ou huit de plus .comme Gertrude Corbin .c\u2019est une autre histoire .Alain arrêta les mots de rancune prêts à jaillir : \u2014 Je t'en prie, Aurore .ne parle pas de Gertrude avec malveillance.Si tu savais combien son attitude a été noble, désintéressée, en cette circonstance .\u2014 Désintéressée ?Ben, ça m étonnerait .\u2014 Je t\u2019assure .La vieille fille haussa les épaules : \u2014 Tiens, tu es un jobard, mon pauvre ami.Crois bien que la demoiselle rage de se voir privée du mariage .et de la fortune .Car tu vas être riche, mon frérot ! Le contrat dont tu m'as parlé est une affaire merveilleuse .Et puis, elle sait que tu as touché ces jours-ci les deux cent mille francs de ton brevet.elle ne doit pas digérer facilement ta défection ! \u2014 Tu la juges mal.Elle ne le mérite pas .\u2014 Enfin, je veux bien, moi.« En attendant, allons nous coucher, je meurs de fatigue, et demain nous ferons toutes démarches nécessaires pour retrouver la chère élue de ton cœur .Le lendemain, Alain dépêcha sa sœur en ambassade auprès de Pier- rette.Hélas ! la tante de la jeune fille ne put que lui apprendre le départ de celle-ci et ajouta, en lui communiquant le billet laissé par Pierrette, que la jeune fille devait avoir trouvé à se consoler .VII uelques mois avaient passé .Alain se remettait lentement de l'affreuse déception qu'il avait éprouvée.\u2014 Ah ! comme j\u2019avais raison de ne pas croire à l'amour ! s'écria-t-il, lorsqu\u2019il connut la fuite de Pierrette.Mais, peu à peu, absorbé par sa nouvelle vie, très agitée en raison de l\u2019importance qu\u2019avait prise l'affaire qu\u2019il dirigeait, il avait, sinon oublié, du moins accepté la défection de Pierrette.Dans son cœur ulcéré, la blessure, pourtant, saignait toujours .et cela avait suffi à le rendre méfiant vis-à-vis de toutes les femmes.Il s\u2019efforçait de chasser de son esprit le souvenir de la transfuge ; il n\u2019y parvenait qu\u2019à grand\u2019peine.Gertrude lui fut d\u2019un grand secours en ces heures douloureuses : \u2014 Mon pauvre ami, que je vous plains ! disait-elle d\u2019un ton pénétré.Vous, un savant, un homme d'études, un être d'élite, avoir couru follement au-devant d'une semblable désillusion.délaissant l'affection sincère, la sympathie du cœur et d\u2019âme qui allait timidement vers vous .Un soir, cependant, au moment où il la quittait, elle avait abandonné plus mollement sa main dans la sienne : \u2014 Mon ami.soupira-t-elle, je sens que vos rancœurs ne sont pas apaisés .Permettez à une amie vraie de rester près de vous .de vous réconcilier avec l\u2019existence .Il la regarda, étonné : -\u2014 Comment, Gertrude .Que voulez-vous dire ?Elle baissa les yeux : \u2014 Puisque rien ne nous sépare plus, Alain, il me semble que nous pourrions reprendre nos projets où nous les avions laissés, il y a quelques mois ?.Elle lui mit les doigts sur la bouche pour l\u2019empêcher de protester : \u2014 J\u2019ai tout excusé .J ai bien vu que vous vous imaginiez aller vers le bonheur et que vous aviez cru, pauvre fou, que l\u2019amour, tel que cette petite rouée vous le présentait, était indispensable .\u2014 Hélas !.\u2014 Alors, je me suis effacée, Alain.Mais aujourd\u2019hui.je n\u2019ai plus les mêmes raisons .et je suis persuadée que nous serons heureux ensemble , .car notre mariage ne sera point bâti sur une duperie .Alain n\u2019était pas très emballé par cette perspective.Chose curieuse ! bien qu il ait conservé beaucoup d\u2019estime et de gratitude à « la philosophe», l\u2019idée qu\u2019elle viendrait prendre la place où il avait cru un moment voir Pierrette, lui était infiniment désagréable.Et puis, le mariage ne l\u2019attirait plus.Pourtant, en garçon honnête qui pèse ses responsabilités, il reconnaissait qu'il lui devait une réparation pour le tort.moral qu'il lui avait causé., Aussi, en dépit des objurgations de Mlle Aurore, il se résigna à ce mariage, sans enthousiasme.La date fut fixée aux premiers jours de novembre, car Gertrude Corbin tenait à hâter les choses.Bien entendu, il n'avait plus été question d\u2019éloigner la sœur d'Alain du nouveau foyer.Au contraire, Gertrude se montrait d'une amabilité excessive vis-à-vis de (Lire la suite à la page 19) r S mm Pour mettre le SAMEDI à la portée de toutes les bourses, si modestes soient-elles, et donner à tout le monde la chance de s\u2019abonner au plus grand magazine canadien-français, nous avons décidé d\u2019offrir à tous le tarif d\u2019abonnement suivant : - jicheter LE SAMEDI, c'est l\u2019adopte Trois mois : $1.00 (13 numéros) Six mois : .$2.00 (26 numéros) Un an : .$3.50 (52 numéros) Dans chaque numéro du SAMEDI: Un grand feuilleton - Un roman d\u2019amour complet - Trois nouvelles illustrées - L\u2019article documentaire et le carnet éditorial de Fernand de Verneuil - Divers articles d\u2019actualité richement illustrés - Trois contes d\u2019enfants - Un problème de mots croisés - Notes encyclopédiques - La mode du jour, etc., etc.-COUPON D\u2019ABONNEMENT- Le Samedi 975, rue de Bullion, Montréal.Veuillez trouver ci-joint $1 pour 3 mois d'abonnement au SAMEDI OU $2.00 pour 6 mois d'abonnement au SAMEDI OU $3.50 pour 12 mois d\u2019abonnement au SAMEDI Mon nom .Mon adresse .Ville .Pcov. 18 LE SAMEDI 2472\u2014Robe pour dame ou jeune fille, gr.32 à 42.Pour un ' 34 : 3'/2 de 35 de ruché 20 cents 2467 Quelques Robes Simples et Pratiques 2473
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