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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 26 février 1938
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1938-02, Collections de BAnQ.

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[" 26 février 1938 49e année, No 39 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS \u2022 ; »fig|g§ }.:>\t\\ ¦ y-/, \u2019T1\t\u2022\u20ac.I «üi .*» î* fe Samedi JUNIE ASTOR POUR quelle raison LE SAMEDI est-il plus intéressant que jamais ?C'est parce que LE SAMEDI, au cours de l'année 1937, a tout simplement doublé le nombre de ses chroniques et de ses photos.Sa formule est certainement heureuse, puisque le tirage du SAMEDI a augmenté de 10,000 exemplaires par semaine, à 10 cents chacun, pendant l'année 1937.Magazine d'intérêt général, LE SAMEDI contient de quoi intéresser tout le monde; c'est le secret de son succès.Le magazine national des Canadiens célébrera, en juin 1938, le cinquantenaire de sa fondation.L'année 1938 marque le cinquantenaire du magazine LE SAMEDI.Fondé en 1889 le magazine national du Canada français a fait depuis un demi-siècle de tels progrès qu'il peut aujourd'hui se comparer aux grands magazines étrangers.En France, aux Etats-Unis et dans les centres français et anglais du Canada, LE SAMEDI est tenu pour un magazine de premier ordre (catégorie A).Le s amedi La Revue Populai aire Le Film POURQUOI dit-on également de LA REVUE POPULAIRE qu'elle est plus intéressante que jamais ?Parce que cette revue mensuelle à la mode compte maintenant, au nombre de ses collaborateurs réguliers, les meilleurs écrivains du Canada français; parce que ses romans sont les plus beaux qu'on puisse lire et que ses nombreuses chroniques en font la revue idéale pour les dames et mesdemoiselles aussi bien que messieurs Le nombre des lecteurs et lectrices de LA REVUE POPULAIRE a considérablement augmenté au cours de l'année 1937.LE FILM ?Vous le con-\tCOUPON D'ABONNEMENT AUX TROIS MAGAZINES naissez tous.C'est la\tCi-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) revue de cinéma men-\tpour un an d'abonnement aux TROIS magasines LE SAMEDI, suelle la plus répandue\tLA REVUE POPULAIRE et LE FILM.dans tout le Canada\tNom \t français.Sa vogue est si\tAdresse \t grande que, depuis deux\tVille \t Province \t ans, son tirage a doublé.\t \tPOIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, Can. 49e année.No 39\u201426 février 1936 3 CARNET EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER.BESSETTE & CIE.LIMITEE 975.RUE DE BULLION MONTREAL \u2022 CANADA \u2022 Téléphone: PLateau 9638 \u2022 Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un on.$3,50 Six mois.2,00 Trois mois.1.00 ETATS-UNIS ET EUROPE Un an.$5.00 Six mois.2.50 Trois mois.1-25 \u2022 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 H.p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à midi \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours i'empaauetoge de nos sacs de malle commençant cina jours avoat leur expédition.Ami cl bien ennemi?IL Y A quelque temps, j'ai pris la défense des hiboux ; je les ai louanges, pommadés, calamistrés, bref, je leur ai passé la main dans les plumes avec intention de les réhabiliter dans l'esprit de ceux qui les regardent comme de pernicieux volatiles tout juste bons à empailler pour servir d'ornement.Il paraît que je me suis trompé, si j'en crois la lettre, d'ailleurs très courtoise, d'un lecteur de Rouleau-Siding, dans l'Abitibi.Je ne demande qu'à reconnaître mon erreur, de fort bonne grâce, mais, auparavant, je veux mettre les arguments de mon correspondant d'un côté de la balance et les miens dans l'autre plateau.La lettre de mon lecteur de l'Abitibi m'a beaucoup intéressé ; elle est écrite par un homme qui est coureur de bois, trappeur et prospecteur depuis pas mal d'années ; il a donc de la compétence en matière d'animaux sauvages et son opinion mérite qu'on s'y arrête.De plus, pour un homme qui doit avoir plus souvent la carabine et la hache à la main que le porte-plume, il m'a un peu étonné par sa lettre écrite en bon français et qui pourrait, ma foi, servir de modèle à plus d'un de nos prétendus poètes modernes.Mon correspondant reproche aux hiboux de détruire lièvres, visons, rats musqués et autres animaux comestibles ou non auxquels il ajoute la perdrix, sans compter les volailles de basse-cour à l'occasion.Il dit, avec humour que, personnellement, il préfère manger de la perdrix que au hibou (pour ça, je pense nettement comme lui !) et il conclut en réclamant le droit de haute et basse justice sur l'oiseau nocturne qui cause tant de dégâts.Adopté en principe, mais nous allons discuter ça.Mon sympathique coureur des bois me dit aussi que, s'il y a des gens qui clouent des hiboux à la porte de leur grange ce n'est pas par superstition mais pour épouvanter les autres hiboux et les empêcher de venir voler les poules.C'est l'intention de quelques-uns peut-être, mais la plupart exercent ainsi une sorte de vengeance un peu sadique contre un oiseau réduit à l'impuissance, et je ne puis m'empêcher de dire que ce n'est pas propre.Je sais pertinemment, d'autre part, que la superstition, plus ou moins ou même pas du tout avouée, joue le principal rôle dans ces encloue-ments barbares.Enfin, cette sorte d'épouvantail n'a pas prouvé son efficacité, c'est donc de l'inutile cruauté.Voyons maintenant le caractère \" destructeur \" du hibou.Il a le grand tort de dévorer des jeunes visons et des petits rats musqués, et cela fâche l'homme.Pourquoi ?tout simplement parce qu'à son tour, celui-ci ne peut plus tuer ces animaux et leur prendre leur peau.Ce n'est pas la même chose ! dira le chasseur ; je suis un homme et le hibou n'est qu'un oiseau ! Insuffisante raison .Si l'homme a l'obligation de vivre, le hibou en a le droit également.L'homme a sa famille à nourrir ; le hibou lui aussi.Tous deux prennent, dans la nature, leur subsistance où ils la trouvent et, en toute équité, en se plaçant au point de vue des exigences de la vie individuelle, il n'est guère possible de blâmer le hibou davantage que l'homme.C'est de la casuistique ! dira-t-on ; mais non, c'est la vie, la bête de vie qui veut qu'on se dévore mutuellement en ce bas monde, et mon brave ami de l'Abitibi lui-même ne peut que constater la chose.Ce que nous appelons en fin de compte, des animaux utiles, ce sont ceux qui se laissent manger par nous ; les nuisibles sont ceux qui nous volent notre proie ou nous dévorent nous-memes à l'occasion.Toute la morale pratique humaine est basée sur cette considération-là.Je ne veux, toutefois, pas faire de cette loi de consommation réciproque, la justification des hiboux qui gobent les lièvres dont nous faisons, nous, de si bons civets, et les visons qui rehaussent la beauté de nos suaves contemporaines tout en enrichissant le marchand de fourrures.Il est entendu que l'homme a conquis le droit \u2014 qu'il a été assez malin de conserver \u2014 d'occire tout ce qui peut servir à son usage dans la nature.Il a été créé pour valoir plus qu'une bête, et si parfois il vaut moins c'est une autre histoire dont il n'y a pas à s'occuper pour le moment ; seulement, voilà, if lui arrive de faire passer son intérêt particulier avant l'intérêt général, et de causer ainsi de grands dommages en en évitant des petits.C'est ici que la question du hibou devient délicate, car il s'agit de savoir si cet oiseau nocturne fait plus de dégâts dans la basse-cour ou parmi les animaux à fourrure qu'il ne rend de services à l'agriculteur en général.De tout ce qui a été dit, écrit ou bien épifogué sur le hibou, je persiste à croire que ce craintif rapace ajoute plutôt à la colonne des recettes d'un pays qu'à celle de ses dépenses.Oh ! bien sûr, il n'est pas plus parfait qu'un homme; il a même quelques-uns des défauts les plus marquants de celui-ci, et prend, par exemple, son bien où il le trouve sans s'inquiéter du reste.Il ne devient pas millionnaire parce que ce n'est pas dans sa nature, mais il s'emplit confortablement la panse, et ça suffit à son ambition.Il y a du mérite cor, s'il est pris sur le fait, couic ! on le massacre, tandis qu'on se contente de donner de grands coups de chapeau à l'homme qui a été assez roublard pour avaler une dizaine de millions ne lui appartenant pas; mais ceci encore est une autre histoire, comme disait Kipling, et je crois préférable, pour l'homme, de ne pos trop insister là-dessus .Il n'en est pas moins vrai \u2014 en ceci je suis complètement d'accord avec mon correspondant de Rouleau-Siding \u2014 que le pauvre emplumé aux yeux de matou puise parfois inconsidérément dans le garde-manger du cultivateur ou dans la réserve à fourrures du chasseur, et qu'il s'expose à des représailles impitoyables; il l'apprend, au reste, à ses dépens.On ne me contestera pourtant pas qu'il a droit à des circontances plus qu'atténuantes; mon trappeur lui-même le reconnaît puisqu'il m'écrit : \"Après tout, s'il (le hibou) rend quelques services aux cultivateurs, il fait bien du tort à d'autres gens qui ne vivent pas du blé.\" Mais le blé, mon cher ami, n'est-ce pas une des grandes richesses du Canada ?Alors voici, je crois, un moyen terme : que l'on détruise le hibou dans les régions où cet oiseau tue les animaux qùe l'homme ne peut ensuite plus tuer, mais qu'on lui laisse le champ libre, c'est le cas de le dire, partout ailleurs où il est à peu près inoffensif et certainement utile.En bien des endroits, on tue les hiboux, par amusement ou par bêtise, quand ce n'est pas par simple méchanceté pour le \" plaisir \" de tuer ; cela satisfait les maladroits qui viennent à bout de ne pas trop rater cet oiseau immobile sur une branche parce que la lumière l'éblouit ; pourtant, dons ces endroits, il n'y a pas de visons, peu ou point dé volailles mais les rats y sont généralement en abondance Seulement ce ne sont pas des rats musqués.Le hibou ne fait aucun mal dans ces endroits, il n'y rend que des services et l'on en peut dire autant de la besogne qu'il fait dans les vastes champs de céréales de l'ouest ou d'ailleurs.C'est donc, tout au plus, à une destruction rationnelle et limitée qu'il faudrait procéder, tandis qu'on le considéré comme une sorte de hors-la-ioi qu'il faut poursuivre et occire sans merci.Le hibou est comme les hommes; trop de ceux-ci traitent leurs amis en ennemis et, parmi ceux que nous croyons nos ennemis, plusieurs ne le sont qu'en apparence Mon sympathique trappeur de l'Abitibi en conviendra volon tiers. d LE SAMEDI les merveilles de la greffe Chronique biologique par Louis Roland l est entendu que le corps humain n\u2019est qu'une machine ; délicate, compliquée, admirable même si vous voulez, mais pas autre 1 chose qu'une mécanique dont la durée de fonctionnement est incertaine parce que de multiples choses peuvent l'affecter.Dans une machine il se produit parfois des ruptures d\u2019axes ou d\u2019engrenages ; pour le corps humain, ce sont les ruptures de muscles, fractures d'os et autres accidents du même genre.Une machine fonctionne mal et finit par s'arrêter si le graissage est insuffisant ; dans les jointures de la charpente humaine, si la synovie vient à faire défaut, c'est l\u2019ankylose inévitable.Les poussières, le cambouis paralysent plus ou moins une machine ; les multiples déchets qui peuvent affecter l'organisme ont des résultats équivalents.Enfin, il y a l\u2019usure, plus ou moins rapide selon les soins qu'on apporte à l\u2019éviter ou la négligen- ce joli garçon a l'air pensif ef ce n'est pas étonnant.Il tient un deuxième chapeau sur ses genoux et se dit bien mélancoliquement : \" J'avais pourtant une tête d'homme là-dessous! Je suis victime de la greffe .photographique .\" ce qui la favorise, et cette usure se retrouve dans le corps humain comme dans toute mé canique.Or, le possesseur d'une auto, d\u2019un moteur quelconque ou d\u2019une simple horloge qui fonctionne mal confie l'appareil aux soins d un spécialiste qui aura vite fait de trouver la cause du mal.C\u2019est un pivot usé, une roue édentée, une soupape hors d\u2019usage ?oh, le spécialiste en a vu bien d\u2019autres et ça ne l'embarrasse pas du tout !.Il fouille dans son coffre à outils puis se met à dévisser, taper, rogner, limer, ajuster une pièce nouvelle.Quelques bons tours de clef, une soigneuse inspection finale et ça y est ! La mécanique a retrouvé une vie nouvelle avec ses meilleurs effets .jusqu'à ce qu\u2019une prochaine intervention soit nécessaire Il serait possible de prolonger ainsi indéfiniment le fonctionnement de la mécanique Mais puisque le corps humain n\u2019est pas autre chose, ne serait-il pas possible de faire la même chose pour lui ?C\u2019est la question que se sont posée, il y a bien longtemps déjà, ceux qui ont fait leur spécialité de l\u2019étude de notre pauvre carcasse le prolongement de sa durée a hanté l'esprit de bien des gens et les a fait rêver de la fameuse fontaine de Jouvence que personne n'a encore découverte jusqu\u2019ici.A défaut de cela, de véritables merveilles s\u2019opèrent tout de même avec la greffe qui n\u2019est pas autre chose qu une opération de soudure et de remplacement dans la machine humaine où 1 on met aujourd hui des pièces neuves à la place de celles qui ne valent plus rien.On a d abord expérimenté sur des animaux et Ion est arrivé à d\u2019extraordinaires résultats ; on continue d ailleurs ces expériences avec toujours plus d\u2019audace et l\u2019on peut affirmer qu un jour, la greffe humaine changera sinon la face du monde, du moins celle de4-gens.Au reste, cela se fait déjà grâce à la chirurgie esthétique.Des personnes désireuses de revoir sur leurs épaules la tête de leur vingtième année ont recours à la magie du bistouri et des points de suture artistiques la tension de la peau, les injections de parafine et d autres délicats artifices opèrent le miracle.C est ainsi qu on a pu voir, par exemple des actrices devenues ce qu un de mes amis appelle irrévérencieusement des vieilles biques, réapparaître un beau jour tellement ra jeunies qu on les prendrait pour leur propre petite fille Le Dr Voronof s est rendu célèbre par une chirurgie d un autre genre et de nature à opérer le rajeunissement non seulement apparent mais organique.Il eut des résultats, mais pas tout a tait ceux qu il espérait ; la vigueur nouvelle^ qu il donnait à ses sujets les activait un peu a la manière du coup de fouet qu\u2019on donne a un cheval fourbu Ce n'est pas encore a hnnne> ca l 26 février 1938 5 1 yy ¦* M» * ¦SK .,4 Les différents stages d'une poule transformée réellement en coq, à Paris, au poulailler expérimental du Collège de France.Maintenant c\u2019est monsieur Coq .Le docteur Carrel, de réputation mondiale réussit des greffes étonnantes ; il a changé les pattes à des chiens, vivants bien entendu, et la chose a parfaitement réussi.J'ai vu, un jour, an homme dont la tête ressemblait étonnamment à celle d\u2019un singe et je me suis demandé sincèrement s'il n'avait pas passé par ses mains.Mais tant d'hommes ont de vraies têtes de singe ou d\u2019autres animaux ! Le caractère aussi, et cela naturellement .A Paris existe un poulailler expérimental où viennent expérimenter des greffes les professeurs du Collège de France, d\u2019après les expériences concluantes déjà faites par les docteurs Pezard.Sand et Caridroit.Là, on a fort bien réussi à transformer une poule en coq.et les photos de cette transformation accompagnant cet article sont rigoureusement authentiques.L\u2019opération contraire a été faite également ; celle de la transformation d\u2019un coq en poule, et il est arrivé que ce coq, un jour, s\u2019est mis à pondre.Mais, hélas, il n\u2019avait plus son orgueilleuse crête et ses beaux ergots .Pendant ce temps-là, l\u2019ex-poule faisait retentir les échos de sonores cocoricos .réserve probablement d\u2019étranges surprises pour l\u2019avenir, et il y aurait là le sujet d'un fameux roman à effets sensationnels et d un genre tout spécial.Il faudra que je pense à ça .La greffe humaine, avec toutes les opérations et possibilités qu\u2019elle comporte, a fait procéder à de bien curieuses expériences.A 1 Université d'Oregon, les docteurs Erwin E.Osgood et Alfred N.Muscovitz sont arrivés à faire vivre de la moelle dans un tube de verre plongé dans une solution spéciale, et ils ont fait produire à cette moelle des cellules de sang.Le docteur J.Walter Wilson, de la Brown University, a maintenu en vie pendant longtemps un rein de lapin qu\u2019il alimentait de sang artificiel.Le docteur Alexis Carrel, avec la collaboration de Lindbergh, a construit un cœur artificiel auquel fut adjoint une glande thyroïde qui vécut et secréta de la thyroïde plusieurs semaines après que le chat sur lequel on l\u2019avait prélevée était mort.Par d\u2019autres moyens, on a produit artificiellement de « vrais » œufs de poule, très petits il est vrai, mais parfaitement conformés.Où s'arrêtera-t-on dans cette voie ?.jÉsioT- k~ .Auparavant c'était madame Poule y*?/ - k .»\u2022 / * I \u2022ïf r>.:V:.v La patte se transforme .\t\t ¦ 1W* \t Ces transformations, cela va sans dire, ne sont pas instantanées ; elles durent plusieurs mois, mais il faut comprendre que l'organisme tout entier de l\u2019animal se modifie.Verrons-aous un jour ce changement s\u2019effectuer dans i'espèce humaine ?Il serait plutôt drôle d'entendre, par exemple, un homme barbu et possesseur de la plus belle face de bouledogue raconter : « Du temps où j\u2019étais une jolie et séduisante jeune fille .» Et peut-être beaucoup moins drôle de parler d'amour à une jolie demoiselle en faisant des yeux de merlan frit pour s entendre avouer : « Ah, monsieur, vous ne m'auriez pas dit tout ça quand je n\u2019étais encore qu'un vilain bonhomme à la peau terreuse et affligé d'un nez façonné comme une patate .» Ce n\u2019est assurément pas encore demain qu\u2019on verra ça, et c\u2019est tout aussi bien ; mais déjà on songe sérieusement à la greffe du cerveau, et des expériences ont été tentées sur des animaux d\u2019ordre inférieur.On arrive ainsi a modifier complètement la mentalité des su-jets mais, d\u2019autre part, on a constaté que la qreffe de divers organes avait également sa répercussion sur le cerveau.Tout ceci nous Après tout, la nature elle-même s\u2019amuse parfois à détonnantes transformations.Je parle, mais humoristiquement, dans cette chronique, du changement d\u2019un singe en homme ; or, il est arrivé un jour, très authentiquement, que la nature a fait ljopération contraire et transformé un homme en singe.La chose est arrivée à un nommé Georges Rocklet, d\u2019Azura, Californie.Ce malheureux .\u2014 il n\u2019est pas possible de l\u2019appeler autrement .\u2014 a vu sa têfe grossir et se déformer, ses bras s'allonger démesurément et son dos se voûter en même temps qu\u2019il prenait toutes les apparences d'un singe monstrueux.Les médecins n\u2019y comprirent rien du tout, et lui encore bien moins.Jusqu'à lage de quarante-neuf ans il avait eu l'apparence d\u2019un homme ordinaire et rien ne pouvait faire prévoir la mystérieuse transformation.Le fait est heureusement, non seulement rare, mais exceptionnel, mais \u2014 je dirai ceci comme mot de la fin \u2014 les singes ayant l\u2019apparence d'homme ordinaires sont beaucoup moins rares.Il paraît qu\u2019on en trouve en assez grande quantité dans la haute politique et surtout la diplomatie .L'ergot pousse rapidement.Et voici une belle patte de coq. 6 LE SAMEDI Faisons on beao voyage.en Suisse .,.\u2022 I ilfte Au sud du lac de Lucerne Notre tour du monde V;*v r ¦' m « m~m0- C'est avec plaisir que nous cédons aux sollicitations de nombreux lecteurs qui nous ont priés de continuer la série de nos articles de voyage.Retournons ensemble en Europe, cette fois-ci en Suisse, sans conteste un des plus beaux, des plus pittoresques pays au monde.Au point de vue territorial, la Suisse est une des plus petites contrées de l\u2019Europe.Bien que sa superficie ne soit que de 15.737 milles carrés, sa population s\u2019élève à 4 082,511 habitants (recensement de 1930).Située au centre de l\u2019Europe, la Suisse est limitée par des frontières naturelles : au nord, le Rhin ; à l\u2019ouest, la chaîne du Jura ; au sud et à l\u2019est, les Alpes et le Rhin.Etat continental sans accès direct à la mer, la Suisse a pour voisins la France à l\u2019ouest, l\u2019Allemagne au nord, l\u2019Autriche à l\u2019est et l'Italie au sud.De cette situation géographique particulière résulte une série de faits économiques et politiques très importants.A relever la diversité de la Suisse au point de vue des religions et des langues : 57% de la population professe le protestantisme, 41% le catholicisme romain, 2% d\u2019autres religions.Quant à la langue, 71.9% du total de la population parle l\u2019allemand.20.4% le français.6% l\u2019italien, 1.1% le romanche (un ancien idiome rhéto-r-main) et 0.6% d\u2019autres langues.On y parle aussi l'anglais dans tous les endroits touristiques.La Suisse a donc su former une entité politique avec des groupes ethniques distincts, résolvant ainsi, pour son compte le problème des nationalités.Le secret de cet état de choses réside dans son histoire et sa structure fédéraliste.Dans l\u2019antiquité, la Suisse était habitée par les Helvètes.Soumise par les Romains, l\u2019Helvétie devint une province de l\u2019Empire, Dès le 4me siècle après J.-C., le sol helvétique fut le témoin de nombreuses invasions des tribus germaniques, dont les principales furent les Alemans qui s'établirent dans le nord-est du pays et Les Burgondes qui, avec une partie de la France actuelle, occupèrent l'ouest de l\u2019Helvétie et se romanisèrent au contact des populations gallo-romaines.C'est donc au Moyen-Age que s'opéra déjà la division linguistique de la Suisse.Des communautés citadines et rurales jouissant d'une certaine autonomie se formèrent.Lorsqu au 13me siècle, la maison des Habsbourg, qui possédait alors des territoires en Suisse, tenta d'entraver ce développement, 3 de ces communautés territoriales, appelées cantons, à savoir Uri, Schwytz et Unterwald, au bord du lac de Lucerne, s unirent pour défendre leurs droits à la liberté.Ce fut la naissance de la Confédération suisse.L'alliance primitive des 3 cantons alpestres, confirmée plus tard par le pacte de 1291, s'élargit au cours des siècles suivants, et au début du 16me siècle la Confédération comptait 13 cantons, ainsi que de nombreux territoires sujets.Après avoir vigoureusement lutté contre l\u2019Autriche et la Bourgogne, la Suisse prit part à plusieurs guerres entre grandes puissances.Dès le 16me siècle déjà elle se confina définitivement dans une attitude de neutralité permanente, ce qui lui permit de prendre un essor économique remarquable.Les luttes religieuses consécutives à l'introduction de la Réforme ne purent rompre le lien fédéral.La guerre de trente ans l\u2019épargna et le traité de Westphalie de 1648 reconnut son indépendance vis-à-vis du St-Empire germanique, l'érigeant ainsi au rang d'Etat souverain.La Révolution française marque le point de départ de quelques réformes dans la vie politique suisse.D\u2019une Confédération d'état elle se transforma en Etat fédératif.Ce fait fut sanctionné par la constitution fédérale de 1848 et confirmé par celle de 1874, encore en vigueur aujourd hui.La Confédération suisse est composée actuellement de 22 cantons (Etats) souverains dans la mesure où leur autonomie n\u2019a pas été limitée par la constitution fédérale.Celle-ci réserve la direction des affaires étrangères à la Confédération.Le pouvoir exécutif est confié à un Conseil fédéral (gouvernement de 7 membres) au sein duquel le Président de la Confédération est choisi pour une année.Le pouvoir législatif est exercé collectivement par le Conseil national, élu par le peuple suisse et le Conseil des Etats, comprenant 2 délégués par canton.La Cour de Justice suprême est contituée par le Tribunal fédéral.Le peuple suisse dispose du droit d'initiative législative (50,000 signatures nécessaires) et peut demander qu\u2019une loi soit soumise à une votation populaire «Referendum» (30,000 signatures requises ).Les douanes, les postes et télégraphes, la régale des monnaies sont fédéraux.L'organisation militaire repose sur le système des mi- lices.Tout Suisse, physiquement apte au service militaire, y est astreint.Le drapeau suisse est constitué par une croix blanche sur fond rouge.Au point de vue international la Suisse est un état perpétuellement neutre.Cette neutralité, librement acceptée, n'est pas née d\u2019un manque d'inté-rê aux problèmes de l'Europe et du monde, ni d'un sentiment de faiblesse.Elle constitue, au contraire, la seule politique de paix possible tant pour la Suisse que pour ses voisins et a été à plusieurs reprises reconnue comme telle par les puissances (1815 et 1919).C\u2019est en vertu de cette politique de paix que la Société des Nations s'est établie sur territoire suisse.Vu l'importance de sa production industrielle, la Suisse porte un grand intérêt à la législation internationale sur le travail et son application.La Suisse, pays pauvre en ressources naturelles, est obligée d\u2019importer la plus grande partie des matières premières et des produits1 alimentaires dont elle a besoin.En paiement de ses achats, elle réexporte une bonne partie des matières importées sous la forme de produits manufacturés, d'une valeur d\u2019autant plus élevée que la somme de travail qui y est incorporée est plus grande et que l'exécution en est plus parfaite.On voit ici l\u2019importance du facteur «« travail » dans l'économie suisse et la nécessité qu\u2019il y a à entretenir une main d œuvre et un personnel technique aptes à remplir la tâche qui leur incombe.Voilà la raison pour laquelle la Suisse ne recule devant aucun frais pour assurer à sa population les moyens de rendre son activité toujours plus efficace : formation professionnelle, protection du travail par une législation sur les fabriques, assurances contre accidents, chômage, etc.Grâce à un système d\u2019instruction très complet, la formation intellectuelle et professionnelle de la population a atteint un très haut niveau.La Suisse possède sept universités : Bâle (fondée en 1460), Berne (1528), Lausanne (1537), Genève (1599), Zurich (1833), Neuchâtel (1866) et Fribourg (1889), une Ecole polytechnique fédérale à Zurich ( 1854 i et une Université commerciale à St-Gall (1899).L\u2019instruction primaire est obligatoire et gratuite.La Suisse dispose aussi d'un très grand nombre d\u2019écoles secondaires, supérieures, commerciales et professionnelles qui permettent à la population suisse de se tenir constamment à la hauteur des exigences scientifiques et techniques des temps modrnes.L\u2019agriculture et l\u2019élevage sont en Suisse d'importantes industries.On exporte dans le monde entier le lait condensé, le chocolat, le fromage, etc.D'autres industries y sont également prospères, par exemple l'horlogerie, la bijouterie, la soie, le coton, les rubans, les lacets, la broderie, les instruments de précision, la machinerie, la métallurgie, etc.Outre cela, depuis\t(Lire la suite page 37) Montreux, sur les bords du lac Léman.Un horloger suisse dans sa boutique. 26 février 1938 7 ECHARPE QU'ON FAIT SOI-MEME Taillez dans la largeur d'un tissu en lamage léger une bande d\u2019une verge de long sur dix pouces de large.Pas d\u2019ourlet : un picot formé par un lour exccuté à la machine, puis découpé.Encadrez votre écharpe de trois rangs de points de reprise faits avec de la grosse laine, d\u2019un ou deux tons opposés : un rang rouge, un rang blanc, un rang rouge par exemple sur un fond bleu, ou bleu vif et blanc sur un fond rouge, jaune vif et marron sur fond vert, grenat sur fond bleu clair.Vous aurez ainsi une écharpe originale, peu coûteuse et qui fera un joli cadeau pour anniversaire.LES CAPES Elles sont très à la mode cette année.On en fait qui sont un mélange de tissu et de fourrure, employés par bandes.Un nœud de tissu ou une grosse agrafe en métal les ferme à [ encolure.Si vous avez un manteau de fourrure usagé, vous pouvez certainement, en vous servant des morceaux encore bons, en faire une petite cape de ce genre.LES SACS Un sac en daim ou en antilope noir, avec un fermoir orné de strass ou de marcassites sera toujours élégant pour le soir.On en fait aussi de très jolis en lamé.Ils ont le grand avantage de se porter avec une robe de n importe quelle couleur.COMMENT TEINDRE SOI-MEME EN NOIR DES CHAUSSURES JAUNES DEFRAICHIES Nettoyez-les d\u2019abord à fond.Si la peau peut le supporter, frottez-les au papier de verre.Passez ensuite un chiffon imprégné d essence.laissez sécher sur les embauchoirs Quand les chaussures sont bien sèches, badi-geonnez-les avec la préparation suivante : incorporez au jus de deux petits citrons 25 grammes de noir d\u2019ivoire que vous aurez acheté chez un marchand de couleurs Eclaircissez cette pâte jusqu'à ce qu\u2019elle devienne liquide, avec du vinaigre blanc Appliquez avec un pinceau et laissez sécher sur les embauchoirs.Faites une seconde application le lendemain, si la première est tout à fait sèche.Ceci est d\u2019une grande importance.Laissez complètement sécher à nouveau, ensuite cirez comme à l\u2019ordinaire.POUR FAIRE UNE COLLE INSOLUBLE DANS L\u2019EAU Coupez en fines lamelles de vieux objets de caoutchouc non vulcanisés, par exemple, de vieilles semelles de crêpe.Introduire ces morceaux dans un récipient fermant hermétiquement.Couvrez le caoutchouc de benzine rectifiée.Bouchez avec soin, laissez jusqu\u2019à complète dissolution, c'est-à-dire environ deux ou trois jours.Vous aurez alors une pâte assez compacte.Délayez avant l\u2019empoi.par une quantité de benzine suffisante pour donner une colle de consistance fluide.Vous pouvez employer cette préparation, non seulement pour recoller des objets de caoutchouc, mais aussi pour réparer un canot, un baquet, etc.BOUGEOIRS D'AUTREFOIS Qu\u2019il semble loin le temps où, apres la veillée, chacun s\u2019en allait coucher son bougeoir à la main ! Oui.mais le bouqeoir a subsisté.Il est bien joli, mais qu'en faire?Faites-le équiper avec une fausse bougie et une lampe flamme : un petit abat-jour à pince, posé directement sur la lampe, en tamisera la lumière et vous aurez la, vraiment, une charmante lampe de chevet l'Hiver nresî pas fini.Texte et dessin de RACHEL JULIEN La fourrure est de plus en plus portée par les dames élégantes pour se protéger contre les froids de l'hiver.Son succès toujours grandissant est dû en grande partie à l'ingéniosité des fourreurs qui, par une technique nouvelle, parviennent à travailler la fourrure aussi facilement que le tissu.Elle peut ainsi se prêter à toutes les exigences de la mode et suivre de très près ses fluctuations.?Les garnitures de fourrure jouent cette saison un rôle prépondérant et trouvent leur place partout.Comme le montre la première illustration, le renard disposé en bandes verticales ajoute beaucoup de chic à un ensemble de lainage.Cette redingote d'astrakan très seyante, d'une parfaite élégance, est une des grandes vedettes de la mode d'après-midi.Les qualités du manteau de vison ne sont plus à vanter.Il reste le manteau idéal, la pièce de fond que toute femme aime avoir dans sa garde-robe. 8 LE SAMEDI '¦4 4 mm Le Cambrioleur par Gilbert Jenanne (\u201cN Oeert d'Ambry était, indiscuta-blement, un garçon poseur ! Pas |\\.joli, mais très chic, il avait choisi comme carrière la finance où son besoin d\u2019étudier pourrait lui servir à acquérir la haute situation qu\u2019il ambitionnait.Célibataire, ayant déjà dépassé la trentaine, il se plaisait à dire aux rares intimes avec lesquels il échangeait ses vraies pensées : \u2014 Je ne me marierai pas avant trente-six ans.A cette époque de ma vie j\u2019aurai acquis une certaine autorité qui en impose aux femmes ; de plus, mes revenus seront supérieurs à ceux dont je dispose aujourd hui et alors je ferai le beau mariage, envié par tous.Et de l\u2019amour, Robert d\u2019Ambry n\u2019avait cure ! Les jeunes filles du cercle où il fréquentait avaient vainement essayé, en d\u2019innocents flirts, de lui faire subir la puissance de leurs charmes.Très froid, Robert d'Ambry coupa court à ces velléités matrimoniales, jugeant de telles unions insuffisamment brillantes pour lui.C'était cependant un danseur émérite très recherché du monde où l'on s'amuse.Une toute nouvelle venue au milieu de cette bande joyeuse n\u2019était pas sans l\u2019intéresser.Colette Aubert, fille unique d\u2019un gros industriel, venait de terminer ses études et, bénéficiait, en ce premier hiver de vie mondaine, de toutes les distractions qui la passionnaient encore.C'est ainsi qu\u2019elle eut l\u2019idée de jouer la comédie chez ses parents dont les salons se prêtaient à l'installation d\u2019une scène.Après avoir lu diverses pièces du théâtre pouvant être interprétées par des comédiens amateurs, le choix de Colette et de ses amies se fixa sur l\u2019une d'elles dont un seul rôle serait difficile à tenir : celui d'un cambrioleur.Soudain, un rire frais fusa : celui de Colette ! \u2014 J\u2019ai trouvé, dit-elle, Robert d\u2019Ambry ! Il en fera une tête ! \u2014 Il n'acceptera pas, répondirent en chœur les jeunes filles, ce costume le déprécierait aux yeux de tous ! \u2014 Laissez-moi taire, reprit l\u2019espiègle Colette.Et le fait est qu elle obtint sans peine, au moyen de flatteries, de faire interpréter par Robert d\u2019Ambry le rôle que « lui seul était assez artiste pour mener à bien ».Les répétitions donnèrent lieu à de nombreuses réunions toutes plus agréables les unes que les autres et le grand jour de la représentation arriva.L\u2019appartement de M.et de Mme Aubert fut mis sans dessus dessous et Colette exultait : sûre à l'avance de son succès acquis par ses qualités de fille des maîtres de la maison et aussi par sa grâce indéniable.\t_\t, L'acteur principal, Robert d Ambry, avait manifesté le désir de se maquiller chez lui, afin de prendre tout le temps nécessaire pour se préparer une tête adéquate à l'emploi de cambrioleur Robert d'Ambry le mirait dam la glace de ion cabinet de toilette.Denin de F.Bazin Satisfait de son œuvre, Robert d'Ambry se mirait, de face et de profil, dans la glace de son cabinet de toilette.« Vraiment, pensait-il, c'est très réussi, j\u2019ai de la peine à me reconnaître moi-même et Colette sera satisfaite.» C'est que Robert d'Ambry tenait à plaire à cette riche héritière qu'effraierait peut-être leur différence d'âge.Se complaisant à constater la perfection de son maquillage, il sourit à la perspective de son entrée sensationnelle, d\u2019abord dans les coulisses et puis sur la scène.En regardant la pendule, il se rendit compte qu i était I heure de partir Alors, il réunit les objets né cessaires à sa nouvelle fonction : un couteau, un lampe électrique, si chère au rat d\u2019hôtel et le fon de teint, les crayons et la poudre indispensables pou réparer les méfaits de la chaleur Enfin, il descend 1 escalier, son pardessus sur le bras.Dans la rue, il héla un taxi dont le chauffer I examina, peu fier de charger un tel client.Arrivé devant l'immeuble habité par M.Auber il y pénétra et eut la stupéfaction de voir le cot cierge sortir de sa loge, (Lire la suite page 27 26 février 1 938 9 DANS LE MONDE SPODTIF lement enlever casquette et lunettes pour goûter les joies de l'incognito en même temps que les proues -\t~ \u2018\t~\t^ Blake.Bam- et ses de Cude.Siebert.Gagnon Toe compagnie.par OSCAR MAJOR Le Révérend Père Harold ].Martin, récemment reélu président de la ligue de baseball Canado-Américaine, pour laquelle arbitre Arthur Prince, restaurateur de Rosemont et ancien joueur local, était l'un des lanceurs du club de baseball Montréal de 1922, champion de la ligue Québec-Ontario, jouant ses parties au Parc Atwater.Il fut l'un des rares lanceurs ambidextres.Il lançait aussi bien de la main gauche que de la main droite.A chaque visite au bâton, à son tour de frapper, Harry, comme les joueurs l'appelaient alors, dessinait sur le -able, à l\u2019aide de son bâton de baseball, une croix sur le côté gauche du marbre et une autre sur le côté droit.Nos joueurs locaux du temps, les Carmel, Cutter, Wingo, Délisle.Crevier, Singher, Rose.Duplessis, Lamothe, Papineau et votre commentateur ne sont aucunement surpris que Harry Martin se soit conscaré à la prêtrise Le boxeur français Marcel Thil, l\u2019un des meilleurs poids moyen du monde, géré par son beau-père, a dit adieu à la catégorie des 160 livres.Il remontera sur l'arène comme poids mi-lourd, au début d\u2019avril.« Ce n\u2019est pas impunément, de dire son gérant, que l\u2019on fait maigrir un boxeur de 165 à 158 livres plusieurs fois en quelques années, l\u2019organisme se ressent de tels efforts.» Le promoteur de lutte Jack Ganson nous présentera bientôt, à ses séances du Forum, un nouvel adepte de la lutte, le jeune géant canadien-français d\u2019une vingtaine d\u2019années, au nom prédestiné de Généreux.Ce chauffeur de camion d\u2019il y a un mois s\u2019entraîne, présentement, sous l\u2019oeil exercé du professeur Emile Maupas, au camp Maupas.On nous apprend qu\u2019il excelle déjà dans les prises dangereuses de la clé au poignet et de la planchette japonaise, aux moyens desquelles le jeune hercule Généreux aura l\u2019occasion de beaux déplacements autrement qu\u2019en camion et l\u2019assurance d'un métier qui nourrit son homme, à des salaires variant de $75 à $200 par semaine.Ce sera, certes, mieux que les « pauvres quinze dollars par semaine », gagnés au volant d\u2019un lourd camion ! A l\u2019âge de 20 ans, Lester Patrick, actuel gérant des New York Rangers, touchait un salaire de $65 par mois à ütre de commis pour une compagnie d immeubles de Montréal.A 25 ans il recevait $3 000 par saison comme joueur de hockey du club Renfrew A 50, comme vice-président du Madison Souare Garden de New-York, on verse dans ses qoussets le salaire annuel de $20,000.Lester, qui parle le français comme vous et moi, est donc le joueur de hockey professionnel de tout temps qui ait le mieux réussi.Russ McConnell, le brillant ailier gauche du club de» hockey de l'Université McGill, ne signera pas son contrat pour un club professionnel, les New York Ranqers, avant qu\u2019il ne soit licencie en Commerce à son Alma Mater, dans deux ans.Les voies dî, hockev professionnel sont ouvertes à ses remar-auables qualités athlétiques.« J aspire, nous dit-il rautre soir, à devenir joueur de hockey profession-i JL-c il me faut, avant cela, obtenir ma licence facultédu Commerce de l\u2019Université McGill, ouoiaue Lester Patrick m\u2019ait promis de payer mes cours à une université américaine si je voulais apposer ma signature au bas de 1 un de ses contrats.dès aujourd'hui.» On a souvent remarqué que plusieurs arbitres du hockey et du baseball ne se présentaient pas en excellente condition physique, sur les terrains de jeux de notre province.Tout comme celle des athlètes, la valeur des arbitres est soumise à des variations alternatives.La pratique des sports athlétiques peut leur rendre de grands services, à cc point de vue Bon nombre d'entre eux pourraient sûrement tirer profit du programme judicieux que se sont tracés les arbitres du football, en Italie : Ces jours derniers, 300 arbitres italiens étaient réunis à Rapallo près de Milan, pour participer à un meeting de courses à pieds, spécialement organisé pour eux.Ces arbitres se sont entraînés sur des distances de 100, -400 et 1500 verges, pour ne pas être ridicules sur le terrain de jeux, autrement dit pour être en bonne condition physique durant l'exercice de leurs fonctions.C\u2019est une bonne idée qui, pour l'instant, n'est pas prête d'être adaptée par les arbitres de chez nous I Joe Louis, le champion du monde des boxeurs poids lourds, est un fervent du hockey professionnel Or, il assistait à la récente joute du Canadien à Détroit, l\u2019autre dimanche soir.Ne voulant pas être reconnu, il s'était vêtu d\u2019un gros manteau, d'une casquette enfoncée par-dessus ses oreilles en choux-fleurs et portait des lunettes en verre fumé.C\u2019était justement ce qu'il fallait pour être remarqué.Il le fut par nombre de spectateurs des sièges de promenade N\u2019étant pas encore passé maître dans l\u2019art de passer inaperçu, le champion noir dut fina- La rumeur persiste à l'effet que 1 étoile des arrêts courts semi-professionnels.Armand Laplante, du Granby de l'an dernier, retourne au sein du Guide baseball Sorel, champion de la Ligue Provin ciale depuis trois ans .On mentionne aussi le non de M.Horace Boivin, l'actif président de la Ligue de hockey Provinciale, à la présidence de la ligur de baseball Provinciale .Jos Cattarinich, proprie taire de plusieurs pistes de courses de chevaux, aux Etats-Unis et au Canada, doit subir prochainement une sérieuse opération aux yeux.L ancien joueur de crosse du National nous prie de saluer ses nombreux amis de Montréal gui, nous en sommes cer tain, lui souhaitent d'avance un prompt rétablissement.DEUX MOTS SUR LE BOXEUR FRANÇAIS ANDRI LENGLET Un athlète à l\u2019entraînement ne doit pas seule ment s'entraîner corporellement et avoir soin de tout ce qui concerne son corps.Mais, lorsqu il prend les choses au sérieux, c\u2019est une obligation pour lui d'adapter complètement sa manière de vivre aux exigences de cet entraînement.C'egt précisément ce que le géant boxeur français André Lenglet ne fait pas, depuis deux ou trois mois.S'il faut en croire son gérant Lenglet commei des écarts extrêmes, qui lui rapporteront déboires sur déboires et, conséquemment, l'obligeront à suspendre ses gants de boxe au mur une dizaine d an nées avant le temps.Son gérant espérait un jour dé crocher le championnat du monde, car c\u2019est le rêv» avoué, ou inavoué, de tous les gérants de boxeurs.Bien souvent, les espoirs sont déçus.Lenglet qui promettait tant, abandonnera forcément la boxe s\u2019il continue à reléguer aux oubliettes les sages conseils de son gérant, ne faisant qu'un avec son poulain et partageant avec lui les peines et les joies.La vie du directeur sportif, comme celle du hoyo-n*, est pleine de hauts et de bas.Nous souhaitons que le grand Lenglet s.(essai sisse à temps pour que sa forme devienne moins capricieuse \u2014 par sa forme seulement peut-être ' Dis-moi comment tu joues ou ping-pong, je te dirai qui tu es ?Cette jeune demoiselle, excellente ioueus a tennis sur table, toit savoir à ses omis que, plus qu'en tout autre sport, chacun apporte d'instinct A i pratique du tennis sur table une tactique et des méthodes offrant un reffet assez exact de son temp' ° ° LE SAMEDI r r r r r r * r -?* r ¦ *?¦ > VH Hfe- grc BESC 5 ' ¦7 !\u201e\u2022 - .-1 IP m tf U IL ft In.¦ pn £MA Je viens justement de retirer de l'argent de la Caisse d'Epargne.Permettez-moi de vous le prêter.' Dessin d\u2019Hector Brault UN CHEVIl BLANC UN bureau de poste de la banlieue parisienne, tout neuf et passablement encombré, en ce samedi, libérant deux jours travailleurs et travailleuses.La Caisse d\u2019Epargne surtout voit une longue file s'allonger, puisqu\u2019elle va être fermée ; les uns viennent faire leurs versements, pour mieux résister à la tentation du dimanche ; les autres prélèvent un remboursement, pour s\u2019offrir une petite promenade, ou tenter la chance à la Loterie ?La préposée à ce guichet n\u2019a pas une sinécure et ne peut beaucoup s'attarder aux explications ; on s\u2019impatiente, on s\u2019aigrit, on jette des regards irrités sur la pendule dont les aiguilles avancent toujours, tandis que l\u2019on piétine sur place ., .C'est une petite midinette au nez retroussé, à l\u2019allure combative, qui tient son livret tout ouvret, pour ne pas perdre une seconde ; mais il y a encore deux personnes avant elle ?Si elles ne vont pas plus vite que la mère Gigogne ! C\u2019est le tour de la dame pincée, plutôt verbeuse qui a des intérêts à régler .Aura-t-elle bientôt fini ?Et la suivante ?Ginette ne peut voir que son dos, un dos triste, résigné, fléchissant sous son poids trop lourd, avec par H.A.Dourliac un manteau noir élimé, très propre, répondant au chapeau de deuil qui emprisonne les cheveux gris.Quelques-uns rebelles dépassent et l'un d\u2019eux, plus indépendant sans doute, s\u2019çst détaché tout à fait et s étale comme une mince couleuvre entre les deux omoplates.\u2014 C'est une maman qui serait vexée d'avoir un cheveu égaré sur son vêtement ! pense la jeune fille qui raille volontiers certaines habitudes de propreté méticuleuse.Mme Moret est de cette école rigide, ennemie de la moindre tache sur les habits ou la réputation.Ne voulait-elle pas empêcher sa fille de se joindre à une folle équipe de tennis qui va passer les fêtes à Montargis, sous prétexte que certain bellâtre peu de son goût en faisait partie.Mais nous ne sommes plus à l'époque où l'autorité des parents comptait comme celle du roi ou du Bon Dieu.« Nous avons changé tout cela, » A quoi servirait-il d'avoir fait la Révolution, d\u2019avoir vingt et un ans, et de posséder un livret de Caisse d\u2019Epargne, à vue.bien « poire » ! disent les jeunes \u2014 Tu serais compagnes.Et M.Oscar, ténor manqué, a un sourire de pitié pour les petites « bécasses » ! Alors vous comprenez, pour éviter ces plaisanteries mieux vaut chagriner et braver sa mère.Et Ginette bien résolue d'agir à sa tête, vient retirer la somme nécessaire, et même un peu plus, à la Caisse d Epargne.Ah ! mais ! Il ny a pas que les jeunes pour avoir besoin de petites leçons ! Et M.Oscar approuve.Les vieux ne sont pas « à la page » ! Craintifs et timorés, ils ne comprennent pas « l'évolution néces-saire ».Quand on a plus de vingt ans, dont cinq dans une grande parfumerie, un petit nez en bataille et une humeur belliqueuse, on ne tremble pas comme la pauvre vieille concierge de l'usine, qui ne quitte jamais sa loge et a perdu ses illusions avec ses che-veux.Et après un circuit de cinq minutes, loin du Bu-reau de Poste, le cheveu blanc qui l'a fait vagabonder ainsi,\t(Lire ,a suUe page l?) 26 février 1938 11 L'Actiialitc à travers le Mende LES DICTATURES Le bloc fasciste européen reçoit un nouvel appui.\u2014 Si le fascisme s'établit chez nous, sera-t-il canadien ou seulement québécois ?\u2014 La démocratie.Tout le monde sait maintenant que le nouveau gouvernement roumain est violemment antisémite et à tendances fascistes.C\u2019est dire qu il évoluera dans 1 orbite de 1 Allemagne ; le bloc fasciste \u2014 Italie, Allemagne, Turquie, Espagne nationaliste, Portugal \u2014 reçoit donc du renfort, ce qui n'est pas sans inquiéter et 1 Angleterre et la France.La guerre de 19H avait ravagé la Roumanie ; en 1919.les traités triplèrent sa superficie ; ce pays reçut la Dobrc.udja bulgare, la Transylvanie, la Bessarabie.la Bukovine, le pays des Maramures et le Banat.Sa population s'est augmentée, par les provinces annexées et par ses seules naissances, de treize millions depuis 1914 Sur 19 millions d\u2019habitants, on compte aujourd\u2019hui environ un million de juifs.Le.parti récemment porté au pouvoir par le roi Carol n\u2019a même pas reçu, aux dernières élections, la moitié des votes.Les chefs des autres partis les plus importants ayant, pendant la campagne électorale, mené une lutte violente contre le roi, on comprend que celui-ci était peu disposé à les laisser gouverner.Le nouveau président du conseil.M.Goga, partisan du roi Carol, n\u2019a cependant pas hésité à mettre à la porte du pays Mme Lupescu.qui est Juive.Le roi Carol tenta d'intervenir, mais M.Goga lui répondit que l\u2019épuration devait commencer par en haut ! D'ailleurs, le roi sait très bien qu'avant longtemps, il sera peut-être forcé d\u2019aller rejoindre Mme Lupescu en exil ., Puisque nous parlons fascisme, disons un mot de ce mouvement politique au Canada.On prétend que le fascisme est aujourd\u2019hui plus menaçant que le communisme en notre pays J\u2019ignore sur quels renseignements on base cette affirmation.Il y a des fascistes chez nous, comme dans tous les pays.Que faut-il en penser ?Il est certain qu\u2019un fascisme pan-canadien ne peut pas s\u2019établir.Le régime dictatorial n\u2019est possible que dans une nation unie par la communauté de langue, de traditions, etc.Aussi dans un pays de population tiès dense où la démocratie démontre son impuissance à résoudre promptement les problèmes.Pour nous, Canadiens-Français, un gouvernement fasciste à Ottawa serait néfaste.Par contre, on comprendrait qu\u2019advenant la rupture du lien fédéral, une dictature pourrait s\u2019établir à Québec.Et c\u2019est cela que les démocrates redoutent le plus.La politique centralisatrice d\u2019Ottawa \u2014 commencée depuis plusieurs années \u2014 aura certainement pour effet de briser l\u2019unité canadienne ; c\u2019est pourquoi on parle d'un gouvernement d'union, comme si nous étions en guerre .ou à la veille de l'être.Sans être fasciste, on peut bien constater que notre démocratie est un leurre : ce n est pas le peuple qui mène, ce n\u2019est jamais le peuple qui mène, sous n\u2019importe quel régime, d'ailleurs.Le peuple souverain compte si peu que I on voit fréquemment un parti n\u2019ayant que la minorité des suffrages avoir la majorité au Parlement.Défendons la démocratie, si ça nous plaît, mais ne disons pas que c\u2019est un système parfait : réformons-la et après nous verrons ce qu\u2019elle peut vraiment donner.?TT UN NOUVEAU PAYS : LEIRE L\u2019Etat libre d\u2019Irlande s'appelle maintenant Eire.La nouvelle constitution confirme officiellement l'indépendance de l'Irlande, du moins de l'Irlande du Sud, Cette indépendance, l'Eire la doit à un patriote doué d'un habile diplomate: M.de Valera.On se rappelle les émeutes qui ensanglantèrent l'Irlande en 1919.L'histoire de ce pays explique les violences qui se sont alors produites : les paysans n'étaient que de misérables serfs aux mains de seigneurs tout-puissants et intraitables, toute l'économie du pays appartenait à des étrangers.Un peuple fier ne pouvait supporter une telle sujétion.La nouvelle constitution crée un Etat républicain, avec président, premier ministre et le reste.Le gaélique est la seule langue officielle.On voit M.de Valera et ses ministres assistant à une messe solennelle dans la cathédrale catholique de Dublin.< Photo International Graphie Press) par Le Globe-Trotter L'U.R.S.S.EST-ELLE COMMUNISTE ?L'expérience communiste a échoué en U.R.S.S.(ancienne Russie).\u2014 Staline se montre aussi autocrate et plus cruel encore que les txars.Après la chute et l\u2019assassinat du tzar Nicolas II, les théoriciens du communisme, Lénine et Trotsky, travaillèrent à mettre en pratique la doctrine de Karl Marx.Ils s\u2019aperçurent vite de l'absurdité de ces principes égalitaires.Ils firent comme les tzars : ils devinrent autocrates.On mit d'abord de côté tous les principes dits bourgeois : respect de la propriété, de la famille, inégalité des salaires, etc.Mais aujourd\u2019hui, on est revenu aux méthodes traditionnelles ou simplement naturelles.Ce qui ne veut pas dire que la Russie soit un pays de tout repos.Il n'y a qu\u2019à lire les récits d'André Gide, de Pierre Dominique, de Roland Dorgelès et d\u2019autres écrivains peu suspects de cléricalisme.Le régime stalinien n'est sans doute pas pire que celui de certains tzars d'autrefois.Mais ce que 1 on comprend difficilement, c'est qu'en plein XXe siècle il se trouve des gens pour le défendre.Les communistes qui vivent en dehors de la Russie, et qui n\u2019y ont jamais mis les pieds, croient que Staline s\u2019en tient scrupuleusement aux principes marxistes.Les exécutions, les famines, le travail forcé, tout cela, croient-ils, n'est qu'une réaction contre les suppôts du capitalisme bourgeois.J\u2019en ai rencontré de ces gens, à Montréal même, et la seule réponse que je pouvais faire à leurs arguments idiots était : « Qu'attendez-vous pour aller y vivre dans ce paradis ?» Un Canadien et sa femme, ardents communistes, sont partis pour NI R.S S., il y a quelques mois.Je voudrais bien savoir ce qu'ils en penseront.A moins qu\u2019ils n'en reviennent jamais .La révolution était inévitable en Russie : le régime tzariste, même après les réformes qu'on avait tenté d\u2019y introduire, n\u2019était rien moins que pourri.Et, avec Staline, ça continue.Le peuple russe a beau être nonchalant et rêveur, il doit tout de même en avoir assez de se faire conduire à coups de fusils ! 12 LE SAMEDI \".Telle qu'une dryade.au« bords des sources fraîches\", déclama auprès d'elle une voix bien timbrée.ru.U ¦ SSS .ni SÉjp&à ¦%.; ¦ WM Ï.'.A-\t1 Les Perles du Corsaire Arrivée auprès du ruisseau caillouteux qui descendait en sautillant jusqu'à la mer, Espérance enleva ses sandales.' Les ayant jetées par-dessus son épaule, après les avoir nouées par les lacets, elle enfonça ses deux pieds nus dans l\u2019eau limpide et transparente dont les remous éclaboussaient de diamants les rochers moussus.Un vol de libellules étincela dans un rayon de soleil.Espérance frissonna sous la caresse glaciale du torrent.Elle aimait cette impression déjà bien souvent ressentie.Comme une fleur de pourpre, sa bouche s'ouvrit pour un rire muet, tandis qu\u2019elle rejetait en arrière sa jeune tête éblouissante de fraîcheur.couronnée d\u2019une chevelure d\u2019or fauve.\u2014 ., .Telle qu'une dryade, aux bords des sources fraîches .déclama auprès d elle une voix bien timbrée.La jeune fille sursauta et se redressa, les sourcils froncés sur ses yeux qui, dans l'ombre des branches entre-croisées, paraissaient presque noirs et brillaient comme des escarboucles.Un jeune homme était assis derrière un bloc de pierre le masquant à demi.Espérance vit d'un coup d'œil qu'il tenait un album et un crayon et qu'il portait le costume de toile rouge des pêcheurs de Concarneau.\u2014\tQue faites-vous là ?dit-elle brusquement.C'est ici une propriété privée.N'avez-vous pas vu les écriteaux ?Le ton de l'apostrophe ne parut pas avoir intimidé l'instrus.Il avait refermé son album, s\u2019était levé et considérait en souriant l\u2019exquise apparition de cette jeune fille nimbée de lumière.\u2014\tExcusez-moi, mademoiselle, je suis étranger au pays et n'ai pas remarqué les écriteaux dont vous parlez.Venant du bord de la mer, j'ai remonté le cours de ce ruisseau dans la pensée que cela me conduirait jusqu'au prochain village, Kermor.je crois ?\u2014\tLe chemin du village traverse la lande sur la gauche, répondit Espérance.Vous pouvez le rejoindre de l\u2019autre côté de la haie.Il aboutit à la plage, tandis que celui-ci descend jusqu'à l'ancien port.La voix de la jeune fille s\u2019était un peu adoucie.Elle donnait cependant ces explications avec une certaine hauteur et, coupant court aux remerciements du jeune homme, continua à avancer en sui-v ant le lit du cours d\u2019eau.\u2014 Prenez garde, mademoiselle, ces pierres sont glissantes ! conseilla de loin son interlocuteur.Espérance pinça les lèvres et ne répondit pas.Du coin de 1 œil, elle le regarda s\u2019éloigner.Il avait les pieds nus dans des sandales de toile.Pas de chapeau ; des cheveux bruns ébouriffés pour avoir accroché des branchages ; grand, bien décou plé, un visage aux traits accentués, les mains longues et solides.La jeune fille haussa les épaules : Sûrement pas un malfaiteur, ni un rôdeur, mais un garçon sans-gêne, conclut-elle.De pierre en pierre, elle arriva au point où le ruisseau entre deux murs de rochers se perdait dans la mer.De 1 autre côté de ces roches, s'arrondissait la minuscule grève de Kermor, tandis que, sur la live gauche, se creusait le petit havre, pompeusement dénommé « port », qui faisait partie du domaine de la famille de Kermor.La marée, haute à cette heure, emplissait l'étroit chenal conduisant au vieil appontement de pierres ; grises contre lequel venait doucement se briser le Ilot Espérance aspira longuement Fair salin en sui-c e?7eux vo^ ^es Mouettes dont les ailes effilées frôlaient le crête blanche des vagues, puis, au bout d un moment, elle s'approcha de l embar- J si 2 6 février 1938 13 cadère dont une des piles à demi démolie offrait un siège d où la vue s étendait au loin.Quand elle 1 atteignit, la jeune fille poussa une exclamation d étonnement.Un léger canot automobile était amarré à 1 un des deux anneaux de fer de cette même pile.Un canot blanc, à bande verte, frais et coquet, que le mouvement des vagues faisait danser.\u2014 Ça, par exemple ! Un canot dans « son » port ! Elle n\u2019en revenait pas.Mais ses réflexions changèrent soudain d'objectif, parce que, levant les yeux, elle aperçut un peu plus loin, au delà du môle démoli, un yacht peint, lui aussi, de blanc à bande verte, se balançant à l\u2019entrée du chenal.C était un joli bateau, fin et élancé, pareil à un coursier prêt à bondir ; il se penchait un peu.comme pour prendre son élan.Espérance l examinait d un regard attentif, les mains derrière le dos, le buste tendu en avant, insensible au souffle du vent qui plaquait contre son corps mince sa robe de laine blanche et faisait voltiger ses cheveux de flamme Maintenant, sous le soleil ardent se réflétait l'intense profondeur des eaux glauques de la mer et il y avait en eux quelque chose de l'immensité des horizons lointains.Prenant une décision, elle se laissa glisser dans le canot qui flottait à ses pieds et en inspecta rapidement l'intérieur.Mais sa curiosité n\u2019obtint aucune satisfaction de cette visite domiciliaire, car, en dehors d une écharpe de laine blanche et d'un suroît de marin, elle n'y découvrit rien.L'embarcation était nette, bien tenue, avec des cuivres brillants.Sur le plat-bord, elle put lire le nom qui était sans doute celui du yacht : Emeraude.Comme elle allait remonter, un poids nouveau fit osciller la barque.Quelqu'un venait de sauter de l\u2019embarcadère et, quand la jeune fille se retourna, elle se trouva nez à nez avec le jeune homme vêtu de toile rouge rencontré une heure plus tôt.Il déposa plusieurs paquets dont il était chargé et observa, avec un demi-sourire : \u2014 Comme on se retrouve !.Et, cette fois Mlle Je Kermor, ce n\u2019est pas moi qui suis dans une propriété privée.Espérance était devenue pourpre.Prise en flagrant délit, elle ne perdit cependant pas pied et riposta du tac au tac : \u2014 C\u2019est ce qui vous trompe, cet embarcadère faisant partie de cette même propriété dont vous avez, je vois, appris le nom qui est, en effet, le mien.Elle n\u2019avait rien perdu de sa superbe et le toisait de très haut.\u2014 Je m\u2019excuse donc une fois de plus de mon ignorance.Comme pour le torrent, j'ai cru que ce petit port était à tous.Et, devant faire quelques achats pour le ravitaillement de Y Emeraude .\u2014 Vous appartenez à l'équipage de ce yacht ?interrompit-elle.Il s'était penché sur ses paquets qu\u2019il casait sous le rouf et ne répondit pas tout de suite \u2014 Naturellement, dit-il enfin.\u2014 Si on attend vos achats pour le déjeuner, vous ferez bien de vous presser de rentrer à bord, conseilla-t-elle sur un ton protecteur.\u2014 C'est ce que je vais faire aussitôt que vous 3erez descendue à terre, répliqua-t-il, l\u2019air amusé.J\u2019espère que vous n'avez pas un trop long chemin pour rentrer chez vous bien que I on n aperçoive nulle part ce château de Kermor qui semble avoir droit de suzeraineté sur tous les alentours.Espérance perçut la légère raillerie de ces paroles et se mordit les lèvres : _ Le château, expliqua-t-elle, est caché dans un repli de terrain, et n\u2019a pas vue sur la mer.Il date d\u2019une époque où l\u2019on songeait surtout à se préserver à la fois des vents du large et des incursions de pirates.\u2014 Je suis un peu honteux d avoir joué aujourd'hui le rôle du pirate.La jeune fille ne parut pas apprécier la plaisanterie.Sans sourire et sans répondre, elle posa le pied sur le bord de l'embarcation, s'appuya au pilier de granit et s'enleva d'un geste souple jusqu à l'embarcadère.Espérance de Kermor avait dix-huit ans Orpheline de père et de mère, elle habitait le vieux manoir familial avec sa grand'mère paternelle et une vieille amie, de dix ans plus jeune que celle-ci, Mlle Herminie Le Harec, fille du dernier intendant qu\u2019avaient eu les comtes de Kermor au temps de leur splendeur.Aujourd'hui, cette splendeur avait beaucoup perdu de son éclat et le personnel du château se trou-¦ ait réduit à une seule servante : la cuisinière Annick à laquelle se joignait Biaise, le jardinier qui.dans les grandes occasions, revêtait une antique livrée et, le dimanche, conduisait tant bien que mal dans une auto grinçante ces dames à l'église.Le père d'Espérance, Guy de Kermor, avait été tué à l'ennemi en 1918 à lage de vingt-cinq ans, lorsqu'il venait de se marier.Sa jeune femme, déjà très frêle, ne put se remettre du choc que lui causa ce deuil cruel.Elle languit quelque temps après avoir mis au monde sa fille et s\u2019éteignit ; en sorte que l'enfant ne connut de ceux qui lui avaient donné le jour que deux plaques de marbre dans le caveau de famille.Elle avait poussé comme une fleur, égayant de sa jeunesse ce milieu austère.Mlle Le Harec avait été pour elle une institutrice pleine d'intelligence ; Annick, une mère nourrice, et toutes deux, ainsi que Biaise, se seraient fait tuer pour leur petite reine.Mlle Le Harec, d'ailleurs, tenait de son père un culte fanatique pour la famille de Kermor.Maintenant que les études de son élève terminées lui laissaient de nombreux loisirs, elle les occupait à faire des recherches dans les archives du château et avait entrepris, grâce aux documents qu'elle y trouvait, de reconstituer et d écrire une histoire des comtes de Kermor depuis l'époque du moyen âge.Ce travail la passionnait.Elle passait des heures, tant dans la bibliothèque que dans la tour du Nord, parmi les paperasses et les parchemins, classant, annotant, formant les dossiers .Bien souvent, à l'heure des repas, il fallait venir la relancer, car, dans la poussière du passé quelle remuait, elle oubliait tout de la vie présente et de ses contingences.\u2014 Herminie, ma chère, vous en perdrez l'esprit 1 lui disait parfois amicalement la vieille comtesse.Mais Herminie n'en continuait pas moins.Il lui avait fallu, pour certaines précisions, recourir aux registres de la paroisse, ce qui n\u2019avait pas donné tous les résultats désirables, une partie de ces registres ayant été détruite pendant les guerres de Vendée D autre part, elle se proposait, quand l'occasion s'en présenterait, de pousser une pointe jusque dans le pays de Léon, où s'était établie la bran- v\\\\\\w\\\\v\\\\\\v\\\\v\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\v\\\\\\\\vvv par Toucas-Massillcn ?Dessin de LUCE che cadette au moment de la Restauration.Et elle avait trouvé trace d un cousinage intéressant dans la région de Rennes.Il faudrait voir .Pour le moment, elle explorait les rayons les plus élevés de la bibliothèque.C\u2019est dans cette pièce, longue galerie surplombant le double arceau de l\u2019entrée et les communs qui reliaient l'aile droite à l\u2019aile gauche, fermant complètement la vaste cour d'honneur, que Mme de Kermor était venue la retrouver, en cette matinée où Espérance trouvait à l'amarre le canot du yacht Emeraude.L\u2019archiviste volontaire était perchée sur une haute échelle quand elle s'entendit appeler par la voix de la comtesse : \u2014\tEh bien ! Herminie, où donc êtes-vous ?Elle était vivement descendue, serrant contre elle toute une brassée de parchemins qu elle déposa soigneusement sur une longue table.C\u2019était une personne de taille moyenne, au visage expressif aux cheveux grisonnants.Elle secoua la poussière de ses vêtements en s'excusant et enleva la blouse dont elle s'enveloppait pour ses travaux.\u2014\tMa chère, dit la comtesse, quittez un moment nos ancêtres et occupez-vous des vivants.J'ai besoin de vos conseils.Il lui fallut déplacer une pile de livres pour s'asseoir dans un grand fauteuil de bois sculpté.Herminie prit auprès d'elle un tabouret et croisa ses bras : \u2014\tJe vous écoute, dit-elle.\u2014 J ai préféré vous parler pendant que la petite fait sa promenade matinale, reprit la vieille dame car, somme toute, c\u2019est d\u2019elle qu il s agit.Elle s'arrêta un instant, le visage soucieux : \u2014 Herminie, je suis au bout du rouleau.11 me faut prendre une décision.\u2014\tMadame la comtesse, répliqua palsiblemnet Mlle Le Harec, combien de fois avez-vous déjà prononcé ces mêmes paroles ?,\u2014 J\u2019ai déjà, en effet, envisagé 1 avenir avec crain te, ma bonne.Mais aujourd\u2019hui, c\u2019est du présent qu\u2019il s'agit.Mon notaire m\u2019a écrit une lettre assez alarmante et il m'a fait part en même temps de ce qu\u2019il appelle une chance inespérée : c\u2019est une offre d\u2019achat qui lui est faite pour ce qui reste du domaine, ce château compris.\u2014\tVendre Kermor ! Il y avait presque de l indignation dans cette exclamation.La vieille femme sourit tristement : \u2014\tOui.je sais, le berceau de la famille .C est presque un sacrilège.Mais l'offre est élevée : quinze cent mille francs .et la propriété, coûteuse Tout ce qui comportait un rapport est parti peu à peu, les fermes, les herbages .Je me demande même pourquoi, sans raison de famille, on peut songer à l'acquérir .Des nouveaux riches, sans doute, par snobisme .Ce serait une belle dot pour Espérance.La comtesse appuyait sa tête blanche au dossier de son fauteuil que surmontait la couronne aux neuf perles sculptée dans le chêne sombre.Du grand vitrail qui lui faisait face, un rayon de soleil jetait sur sa longue robe noire l\u2019éclat de ses mille couleurs étincelantes et, la contemplant dans cette pose presque hiératique, Herminie voyait en elle la personnification même de la lignée seigneuriale des Kermor \u2014\tMadame, murmura-t-elle, il ne faut pas vendre le manoir.Tout plutôt que cela.Pourquoi.\u2014 elle hésita, puis acheva, très vite \u2014 pourquoi ne vous adressez-vous pas à votre soeur, qui est, elle aussi, une Kermor ?Les mains de la vieille dame se crispèrent aux bras de son fauteuil, ses épaules affaissées se redressèrent, il y eut dans ses yeux une flamme d\u2019orgueil : \u2014\tHerminie Le Harec, prononça-t-elle d\u2019une voix changée, songez-vous à ce que vous me proposez là ?Depuis quand la branche aînée peut-elle songer à s'abaisser devant la branche cadette ?Si, comme moi, ma sœur Eléonore est par sa naissance, une Kermor du pays de Léon, j\u2019ai, moi, épousé le chef de la famille, ne l'oubliez pas.\u2014\tJe ne l'oublie pas, madame.Mais ne m'avez-vous pas dit que votre sœur avait plusieurs fois essayé de se rapprocher de vous ?Une expression indéfinissable passa sur le visage de la comtesse : \u2014\tC\u2019est vrai.Il y a fort longtemps de cela .Il m a, à cette époque, été cruel de refuser ces avances en raison de l'indignité de son mariage.\u2014\tIndignité, madame?\u2014\tEnfin, ce fut une mésalliance ; il n\u2019y en avail jamais eu chez les Kermor.Elle a épousé un commerçant .\u2014\tJe crois que M, Bercier qui, en effet, a fondé de nombreux magasins de confection en France et à l\u2019étranger, était fort riche .et l\u2019est devenu plus encore par la suite ?\u2014\tEn effet.Et après ?.L\u2019argent n'a jamais rien justifié.Ce n'est pas l\u2019intérêt qui me fera jamais déchoir, croyez-le.\u2014\tEn dehors de la question d'intérêt, je pense à Espérance, qui est bien seule et sans famille.Si votre sœur a eu des enfants .\u2014\tElle a eu en tout cas une fille qui, si elle a vécu, doit avoir à peu près l'âge qu\u2019aurait mon fils Je l'ai su incidemment et n\u2019ai rien appris sur elle depuis.Vous devez donc comprendre, pour ce qui nous préoccupe aujourd'hui, que votre suggestion est pour le moins déplacée.Herminie n'insista pas.Elle resta un moment les yeux fixés sur les poussières dansantes qui, dans le rayon lumineux venu du dehors, prenaient les couleurs multiples du vitrail et semblaient autant de pierreries.\u2014\tUne belle dot pour Espérance murmura-t-elle, effaçant ainsi ce qui avait été dit depuis cette parole de l'aïeule.\u2014\tN'avez-vous point pensé, madame, qu'elle en possède une autre ?Et si vous croyez que le mo ment soit venu de réaliser pour elle cette dot, pourquoi ne cherchez-vous pas à vendre les « Perles du Corsaire » ?Comme tout à l'heure, Mlle Le Harec, la comtesse eut une exclamation indignée : \u2014 Vendre les « Perles du Corsaire - ! 14 LE SAMEDI II I es « Perles du Corsaire » ! Il sem-*\u201c blait que ces mots doués d'un pouvoir magique eussent évoqué, entre les deux femmes, tout un passé de légendes dont le souffle éveillait d'invisibles présences dans le frémissement des parchemins jaunis .Les « Perles du Corsaire » ! Depuis des siècles, un récit légendaire se transmettait dans la famille de Ker-mor .récit que, jusqu'à un certain point, avaient précisé les patientes recherches de Mlle Le Harec.L'histoire remontait à l\u2019époque où de terribles pirates, parcourant les mers, faisaient « la course », attaquant les vaisseaux marchands, pourchassés ensuite par d'autres corsaires au service de pays qui se faisaient la guerre, pillés à leur tour par ceux-là même qu'ils avaient rançonnés sous des pavillons différents .Epoque indéterminée, car ces moeurs avaient longtemps régné sur l'océan.Mais, se rapportant à différents points de repère, Herminie Le Harec croyait pouvoir la situer à la fin du XVIe siècle.Un corsaire connu sous le nom d Erik le Rouge avait alors terrorisé toute l étendue des eaux qui, venues du nord, séparent la Bretagne de 1 Angleterre.A la tête d\u2019un équipage d hommes déterminés et indomptables, il écuma longtemps ces côtes avec impunité, causant plus de naufrages que la tempête, surgissant, rapide comme la foudre, sans que l'on pût 'amais savoir où était en réalité la base de ses navires.On pensait qu'elle se trouvait au nord de l\u2019Ecosse .On parlait de l'île de Shetland .mais nul n'eût pu rien affirmer.Et le nombre de ses pillages allait grandissant.Etait-il Anglais, comme on l'avait dit ?Ou bien venait-il de Norvège ?Le certain est qu'il s\u2019attaquait indifféremment aux gens de toutes races, encore qu'il marquât une préférence pour les Hollandais et les Espagnols, comme étant les plus riches.Tant est qu'à la fin, toute une escadre fut dirigée contre lui et le prit en chasse.Une nuit, les seigneurs de Ker-mor entendirent les échos d'un terrible combat naval qui dura encore toute la journée suivante.Qui l\u2019avait livré ?On ne le sut jamais au juste.On sut seulement que le bateau monté par Erik avait été entièrement détruit ; que l'équipage s'était fait tuer jusqu'au dernier homme et que la mer rejetait à la côte d'innombrables débris.C'est ainsi que vint échouer au pied des rochers qui ferment le havre de Kermor une barque désemparée.Le comte la fit haler jusqu\u2019au rivage ; ce n\u2019était plus qu'une épave percée de toutes parts, au fond de laquelle gisait le cadavre d'un homme à cheveux rouges.Auprès de lui, dans une sorte de caisse en bois des îles, sous des étoffes et des fourrures amoncelées, un enfant vagissait faiblement.\u20141 Erik !.Erik le Rouge ! murmurèrent avec effroi ceux qui avaient poussé la barque hors des flots.Il n'y avait pas à s'y tromper.C était bien là la dépouille mortelle du corsaire redouté.Un lambeau d'étoffe noire laissant deviner la tête de mort de la piraterie était encore attaché aux cordages.Une planche à demi arrachée portait un nom : Hope, et I on savait que le vaisseau du chef s'appelait ainsi.Kermor donna des ordres pour que le corps de l'homme fût décemment enterré sur un petit promontoire dominant la mer, entre les rochers, et il fit transporter au manoir la caisse de bois des îles.L'enfant ainsi sauvé des eaux était une fille, pauvre petite créature de quelques mois au plus, qui respirait à peine et n'avait plus la force de crier.Etait-elle la fille d\u2019Erik ?La couleur de ses cheveux portait à le croire .Mais comment se trouvait-elle là ?Quoi qu\u2019il en fût, les maîtres du château décidèrent de la garder et de l'élever.Ils n\u2019avaient qu\u2019un fils et la comtesse, quand l\u2019enfant, ramenée à la vie, eût fixé sur elle ses prunelle dont la couleur était pareille à celle de la mer, sentit s\u2019éveiller en elle pour l\u2019abandonnée des sentiments presque maternels.\u2014 Comme elle est jolie, on dirait une fleur .Voyez, Bertrand, ses cheveux frisent maintenant qu'ils ne sont plus mouillés par l\u2019eau de mer.Les cheveux du corsaire ! On ne savait rien d\u2019elle, sauf le nom du bateau d'où elle venait .Hope, un nom anglais.Dans l'espoir de découvrir quelque chose \u2014 médaille ou parchemin \u2014 qui leur en apprît davantage, le mari et la femme cherchèrent parmi les étoffes du berceau improvisé.Et, tout au fond de la caisse, ils trouvèrent alors une cassette de métal bruni.De la pointe de sa dague, le sire de Kermor fit sauter le couvercle, les eût portées le jour de son mariage.Depuis lors, cette fille aînée s est toujours appelée Espérance et 1 histoire assure que, depuis plus de trois siècles, elle a toujours eu les yeux d\u2019algue marine et les cheveux de flamme de l'enfant jetée sur le rivage par la mer, tandis que cela ne s\u2019est jamais produit dans les branches collatérales.Ce récit, répété combien de fois à la veillée, il n'est personne qui ne le connaisse autour de Kermor.On se montre la croix de granit qui marque la tombe d'Erik et, sur cette terre de Bretagne où fleurissent les légendes, l'ombre du corsaire a souvent pris place dans d\u2019autres légendes.Les vieilles femmes racontent avoir vu les jours d\u2019orage une flamme rouge errer entre les rochers .Les vieux pêcheurs parlent d un vaisseau sans mâts, ponté à la façon de ceux des temps jadis, la proue ornée d une figure de femme dorée aux yeux verts sur lequel des voix chantent la nuit l\u2019office des trépassés tandis qu'il louvoie en face de Kermor, pour s\u2019évanouir dans les brumes du matin.Aujourd'hui, de la brillante lignée des Kermor, il ne reste qu\u2019une vieille wwwwwwwwvwwvwwwwwwwwüwwwmü EXTASE C'était par un beau soir où le frisson des ombres Faisait vibrer les fleurs en leurs corolles sombres.Je sentais en mon coeur pénétrer tout le charme D'une extase infinie et très douce à mes larmes .Allongés sur les flots, de clairs reflets de lune S'attachaient lentement aux vagues une à une, La nuit très doucement se penche à mon épaule.Et toute sa grande ombre enivrante me frôle.Tout est calme et s'endort; sous ma lampe attardée Se glisse un parfum cher à mon âme attristée, Cependant qu'au lointain le soupir de la grève Palpite encor tout bas, puis, s'éteint comme un rêve.Aline DELFOSSE tous deux se penchèrent.Il y avait là un long collier formé d'énormes perles d\u2019un magnifique orient et fermé par une splendide émeraude en forme de coeur.Ces joyaux \u2014 fruits de quelles rapines ?\u2014 représentaient une fortune.Le comte et la comtesse de Kermor refermèrent la cassette et décidèrent qu\u2019ils seraient la dot de l'enfant.La petite fille grandit.On l\u2019avait baptisée et, francisant le nom du bateau, on l\u2019avait nommée Espérance.Elle devint très belle, douée d'un charme étrange qui attirait vers elle tous les coeurs.Quand elle eut seize ans, le fils des Kermor l\u2019épousa, et le jour de ses noces, elle porta les Perles du Corsaire ; mais pas plus que ne l\u2019avaient fait ses parents, le jeune mari ne voulut transformer en valeurs monnayées le trésor apporté par la mer avec celle qui devenait comtesse de Kermor.Les « Perles du Corsaire » demeurèrent un joyau familial que les aînés se transmirent désormais.Elles appartinrent de droit à l\u2019héritier du titre, après que la fille aînée \u2014 quand il y en» avait une \u2014 femme et une jeune fille.Le dernier comte de Kermor n\u2019a pas laissé d\u2019héritier mâle et 1 héritage ne comporte plus que le vieux manoir et les « Perles du Corsaire ».Entre sa grand'mère et Mlle Le Harec, Espérance a vécu dans le culte du passé.Elle a constamment entendu exalter la valeur de ses ancêtres, conter les hauts faits chaque jour découverts dans les archives par Herminie.Et, auprès de Biaise et d'Annick, elle a trouvé 1 écho de toutes les croyances populaires.Si l'instruction qui lui a été donnée 1 empêche d ajouter foi aux contes de bonnes femmes, si elle n\u2019a pas peur de rencontrer le soir l'ombre d\u2019Erik le Rouge dans les couloirs mal éclairés du château, du moins, se regardant dans les glaces ternies des vieux trumeaux, ne peut-elle ignorer qu elle a les yeux verts et les cheveux rouges.\u2014 Vendre les « Perles du Corsaire » ! s'était exclamé la comtesse avec indignation.\u2014 Plutôt que le manoir, certainement, répliqua Herminie.Vous m avez demandé mon avis, c est pourquoi je me permets de vous le donner.\u2014 Pensez, Herminie, qu aucun de mes aïeux ne l\u2019a fait.Même les Kermor qui ont émigré en 93, ont rapporté intact ce joyau .Et il faudrait que ce soit moi .\u2014 Madame, vos aïeux n'ont pas non plus vendu le château.Ces perles, après tout, vous avez bien songé déjà à les vendre, puisque vous en avez fait faire dernièrement une photographie.\u2014 C'est vrai, je devais l'envoyer à un joaillier que m\u2019avait indiqué mon notaire .Et puis, je n'ai pu m'y résoudre.\u2014 Eh bien ! le mieux serait de vous décider à faire cet envoi.La vieille dame soupira profondément : \u2014 Vous avez peut-être raison, ma chère .D'ailleurs, rien ne prouve que le joaillier trouverait un acquéreur.De l'avis de tous ceux qui les ont vues, ces perles représentent une somme énorme, et Ion assure que personne n'a d'argent en ce moment Enfin, j'écrirai .Mlle Le Harec allait répondre quand une voix joyeuse se fit entendre au dehors.\u2014 C\u2019est Espérance qui rentre, dit-elle.Ne croyez-vous pas qu'il faudrait la mettre au courant de vos intentions ?\u2014 Je ne ferai certainement rien sans la prévenir, mais au point où en sont les choses, nous avons bien le temps.Pourquoi tourmenter cette enfant de questions de ce genre ?Herminie ayant entr\u2019ouvert le vitrail.se penchait à la fenêtre.La comtesse se leva et vint la rejoindre.Toutes deux regardèrent avec tendresse la blanche silhouette de la jeune fille qui traversait la cour d\u2019honneur, levant la tête vers elles.\u2014 Bonne promenade ?demanda Mlle Le Harec.\u2014 Excellente ! Sur le chemin du retour, Espérance s'était demandé si elle parlerait de sa rencontre.Tout réfléchi, elle avait décidé qu\u2019il serait préférable de s'abstenir.Grand\u2019mère et Herminie s'inquiéteraient sûrement à l idée d un étranger abordant au ponton, traversant la propriété.Elles verraient tout de suite une bande do brigands prête à envahir Kermor.On ne voudrait plus la laisser aller et venir librement peut-être, de crainte de mauvaises rencontres .Somme toute, ce garçon n\u2019avait pas l\u2019air dangereux et il était reparti, on ne le verrait plus Oui, il valait mieux se taire.Un drôle de garçon ! Pas du tout impressionné par les reproches qu elle lui avait adressés.Ses yeux semblaient constamment rire et elle avait conscience qu\u2019il s\u2019était moqué d\u2019elle Très vexant pour une petite personne habituée à tout régenter autour d\u2019elle Elle aurait dû lui dire .Mille paroles cinglantes lui venaient maintenant à l\u2019esprit, alors qu'elle s\u2019en était allée sans prononcer un mot.Riposte un peu tardive, évidemment, puisqu\u2019il était reparti et qu'on ne le verrait plus.On-ne-le-ver-rait-plus .Là, c'ctait entendu ! Quel poste occupait-il sur le yacht ?Il faisait les commissions ; mais, quelle tenue négligée !.Un joli yacht Espérance, il faut le dire, n'avait pas beaucoup de distraction à Kermor, c est pourquoi la venue de ce yacht faisait figure d événement.\u2014 A quoi penses-tu?lui demanda, dans l après-midi, Mlle Le Harec, \u2014 A 1 hmeraude .répondit-elle aussitôt, réalisant ainsi que, sans s'en apercevoir, elle n avait pas cessé d'y penser. 26 février 1938 15 Cette réponse causa un véritable saisissement à Herminie.Pour elle, il n'existait au fond qu une seule émeraude : celle qui, en forme de cœur, servait de fermoir aux « Perles du Corsaire ».Ill \"Woilà vraiment une chose extraordinaire ! dit quelques jours plus tard la comtesse de Kermor à Mlle Le Harec.I ai, sur votre conseil, envoyé la photographie du collier au joaillier de Paris, et, ce matin, je reçois une lettre de lui, me disant qu'il aurait un acheteur éventuel.Il se déclare prêt à entamer en son nom des pourparlers.\u2014 Fixe-t-il un prix ?Fait-il une offre ?demanda Herminie, toujours pratique.\u2014 Pas précisément.Il dit qu'avant d aller plus loin, il lui faudrait faire une expertise pour laquelle il me propose de venir en personne à Kermor.\u2014 Eh bien ! la chose est simple, il me semble.\u2014 Pas si simple, ma bonne .Quelle explication donnerais-je à Espérance de la visite de ces deux inconnus ?Car il amènerait son associé.Des gens convenables, évidemment, mais enfin, des inconnus, ce qui n'est pas courant chez nous.Et.comme rien ne prouve que l'affaire aboutira, je préfère n'en pas parler encore à cette enfant.\u2014 Ah ! c'est en effet assez embarrassant.Si ces gens ne devaient passer que quelques heures dans l\u2019après-midi au manoir, je pourrais emmener Espérance faire une promenade un peu longue .un pèlerinage, par exemple .\u2014 Heu .elle est trop maline pour ne pas flairer le prétexte.Et puis, vous oubliez que le train de Paris arrive le soir.Je puis être obligée d\u2019offrir l\u2019hospitalité à ces messieurs ; et.enfin, je préférerais que vous soyez auprès de moi.S'il faut discuter, vous vous y entendez mieux.Sans compter que vous êtes toute désignée pour donner des renseignements historiques susceptibles de souligner la valeur du joyau.Mlle Le Harec hocha pensivement la tête, se rendant compte de l\u2019importance de ces arguments : \u2014 Oui, je crois aussi que ce ne sera pas trop de deux personnes.Mais alors, comment faire ?Je ne vois pas .A moins cependant.La jeune Mrs.Harlington ne passe-t-elle pas une partie de l'été dans une villa quelque part en Bretagne ?Et ne vous avait-elle pas demandé de lui envoyer Espérance pour une semaine ou deux ?\u2014 C\u2019est-à-dire que sa mère que je connais depuis longtemps m'a écrit dans ce sens.Fred Harlington est maintenant attaché à l'ambassade britannique à Paris et n\u2019aura des vacances qu\u2019en septembre.Le jeune couple ira à ce moment en Ecosse pour la chasse au grouse et, en attendant, Maud a loué, en effet, une villa au- près de Lannion.\u2014 Donc, pas très loin d\u2019ici.Pourquoi Espérance n'accepterait-elle pas cette invitation ?Cela lui ferait, j\u2019en suis sûre, grand plaisir ; ce serait une distraction pour cette petite, l'occasion de voir du monde, de la jeunesse .Et, en son absence, vous auriez toute facilité pour fixer un rendez-vous à vos deux joailliers et traiter avec eux tranquillement.La comtesse n'aimait jamais beaucoup accepter de prime abord les suggestions qui lui étaient faites.EIL se retrancha donc derrière d\u2019inutiles réflexions, bien que, très probablement, ce projet lui parût de suite ac- ^ Nous en reparlerons, conclut- elle.Avez-vous appris la nouvelle?HEfMAMAN/CE NOUVEAU PALMOLIVE AMÉLIORÉ ESJ PLUS DOUX POUR MA PEAU/ On en reparla.Des lettres furent échangées.La jeune femme de l\u2019attaché d'ambassade qui, l\u2019année précédente, avait, en arrivant d\u2019Angleterre, passé une journée à Kermor et fait la connaissance d\u2019Espérance, parut ravie de recevoir pour quelques jours la jeune fille.Celle-ci, de son côté, avait gardé un charmant souvenir de l\u2019Anglaise et c\u2019est très joyeusement qu\u2019elle accueillit la proposition de sa grand\u2019mère.Ainsi, tout le monde étant satisfait, Biaise astiqua la vieille auto, chargea les deux valises de sa jeune maîtresse pour conduire voyageuse et bagages à la gare la plus proche où Espérance s'embarqua à destination de Lannion.Là, Maud Harlington l'attendait dans une auto-sport d\u2019un bleu vif qu\u2019elle pilotait elle-même et, moins d\u2019une heure après, ayant parcouru une route sinueuse qui dominait la mer, l\u2019auto vint se ranger devant le perron du « Toulinet », une maison enguirlandée de roses dont les jardins ombragés allaient jusqu'à une côte découpée de rochers.Espérance, installée dans une jolie chambre aux riantes cretonnes de Jouy.se sentit très loin des sombres murailles du manoir familial.Et elle prit soudain conscience de la différence qui sépare la vie moderne des antiques souvenirs dont jusqu\u2019ici sa vie à elle avait été bercée.Elle n\u2019aurait à la vérité su dire d'où lui vint cette impression qui s\u2019imposa à elle.Peut-être la trouva-t-elle dans l'atmosphère où flottaient des impondérables impossibles à définir Ce qui est certain, c'est que la jeune fille qui, à l'heure du dîner, descendit dans le clair salon du « Toulinet », n\u2019était plus tout à fait la même que celle qui avait quitté Kermor dans l'auto grinçante conduite par le vieux Biaise.Maud lui avait dit, à l'arrivée : \u2014 Ma pauvre petite, vous n'avez pas de chance.Pas de jeunes gens en ce moment au « Toulinet ».J\u2019avais invité deux amis de Fred, mais ils sont partis faire une croisière au Spitz-berg.J'ai seulement deux couples d\u2019Anglais qui ne vous intéresseront pas beaucoup et qui écorchent abominablement le français, et un cousin de Fred, sir Richard Harvey, qui a quarante ans.J\u2019espérais vous donner comme cavalier servant un ami d'enfance à moi, Jean Laroche, mais il m\u2019a fait faux bond.C\u2019est un tel fantaisiste, il est vrai, qu'avec lui, on ne sait jamais.On l\u2019attend, il ne vient pas ; on ne l'attend plus, il arrive .Il peut fort bien tomber au « Toulinet » d\u2019un moment à l\u2019autre.Et ce serait tant mieux.Pour le moment, Espérance se trouva donc au milieu d\u2019une société composée d\u2019Anglais dont deux seulement, c'est-à-dire Maud et son cousin, parlaient couramment sa langue.Sir Richard était le type même du Britannique sportif.Très grand, très blond, d'allure un peu raide, il était, comme Fred Harlington, dans la diplomatie .\u2014 Comme toute la famille, depuis toujours .ajouta-t-il, lorsque sa cousine en fit mention en le présentant à la nouvelle venue.Placé auprès d\u2019Espérance à table, il se montra fort aimable et, dès l\u2019abord, s\u2019enquit de son goût pour le tennis, la natation, etc .La jeune fille, un peu intimidée, n'osait pas trop affirmer ses capacités.La natation, oh ! ça, certainement.Mais, pour le tennis, elle avait eu si rarement l\u2019occasion de jouer avec des partenaires d'un certain niveau .\u2014 Demain, si vous voulez, nous essaierons un « simple » avant de vous risquer avec les autres, proposa-t-il.\u2014 Dick, vous n\u2019allez pas accaparer Espérance pour vous tout seul, ( Lire la suite page 17) PLUS DOUX .il garde la peau souple et douce, sans irritation.PARFUM NOUVEAU .une délicieuse odeur rafraîchissante.PLUS DUR .plus durable, plus economique.Voilà ce qu'un léger changement dans la formule a produit pour Palmolive.Et maintenant, son doux mélange d'huiles coûteuses de palme et d\u2019olive est plus efficace que jamais.Procurez-vous 3 morceaux de nouveau Palmolive amélioré.Voyez comme vous aimerez beaucoup mieux sa nouvelle douceur délicate, son nouveau parfum exquis.Voyez comme il ne tarde pas à rendre votre peau plus fraîche, plus belle, plus jeune.Pi liûuueou, ÛiuÆ/jàPl Ü un charme durable dans ce traitement de beauté Palmolive Pour le visage, le cou et les épaules, et pour le bain.Massez doucement dans votre peau une mousse chaude et abondante de Palmolive.Nettoyez les pores à fond.Rincez à l\u2019eau chaude puis iroide.Ce traitement de beauté est aussi simple que cela.Et cependant, 11 n'y a pas de plus sûr moyen d\u2019obtenir la beauté réelle de tout l\u2019épiderme.Le Doux Palmolive, fc 6 l'huile d'olive, est seul traitement de bea té des ju nelles Le Palmolive est si bo si lnoffenelf.si dou qu\u2019il lut choisi exclut vement par le Dr Daf pour les fameuses Jume les Dionne.Et vous sav qu'étant nées prémat rément, elles ont to Jours eu la peau extr mement tendre et sen; ble.Si Palmolive gar la peau des iumell douce et parfaitement t santé, 11 pourra sûr ment garder la beau de votre épiderme.ESSAYEZ LE NOUVEAU PALMOLIVE AMÉLIORÉ 16 LE SAMEDI BONNE SOIREE.! 1^ 1,,n » îâ 2683 \u2014 Toilette de dîner, gr.32 à 42.Pour un 36 : 3J4 v-de 39\".Contrastant : }4 v.de 35\"-39\" ou Y& v.de 44\".Fermeture-éclair de 16\" pour le dos, et une autre de 9\" pour le côté.\t25 cents.2544 \u2014 Mante très élégante, pour gr.32 à 44.Pour un 34 : 6H v.de 35\", 6J4 v.de 39\" ou 4% v.de 54\".Doublure : 4^g v.de 35\" ou 4% v.de 39\".Entredoublure : \\ÿ v.de canevas de 24\" ou de mousseline de 35\".Collet de fourrure.Entredoublure du collet : J-g v.de flanelle de 54\".\t25 cents.Robe du soir, gr.12 a Pour un 14 .4% v.de 35\", v.de 39\", 4 v.de 44\" ou v.de 72\".Fermeture-éclair '\".\t15 cents.2669 \u2014 Robe et boléro, gr.6 à 16.Pour un 10 : 3% v.de 35\" ou 2% v.de 39\".Le collet : J4 v.de 35\"-39\".Fermeture-éclair de 5\".Dessin à calquer inclus avec le patron.20 cents.2677 \u2014 Robe de soirée pour fillette, gr, 2 à 8 ans Pour un 4 : 2 v.de 35\".1% v.de 39\" ou v.de 44\".15ff.'QQ'I \u2019 O 0(1 Q V I | i Vous trouverez ces PATRONS SIMPUCiTY chez le marchand de votre localité. 26 février 1938 17 (Suite de la page 15 J protesta Maud à travers la table.Faites votre « simple » demain matin, si vous voulez, mais je vous préviens que l'après-midi nous voulons avoir le droit de nous mesurer avec elle, \u2014 Alors, je demanderai à Mlle de Kermor de se trouver sur le court à neuf heures.\u2014 J'y serai, assura la jeune fille, et même plus tôt, si vous voulez.Tandis que, pendant la soirée, l ap-pareil de T.S.F faisait connaître les dernières nouvelles, puis amenait jusqu\u2019à ce coin de Bretagne les ondes sonores d un opéra de la Scala de Milan que personne n'écoutait.Espérance, accoudée à la balustrade de la terrasse, regardait les étoiles .les mêmes étoiles qui brillaient à cette heure au-dessus de Kermor ou, dans la grande salle aux murs de pierre, grand mère en son fauteuil écoutait la lecture que lui faisait Herminie à la lueur de deux bougies dans des flambeaux d argent, et où, dans l\u2019antichambre sombre, Annick préparait les bougeoirs armoriés.Là, le passé .Ici, le présent .?Neuf heures.Espérance n\u2019attendit pas ausssi longtemps pour dévaler à travers les jardins et il était à peine sept heures quand elle se trouva sur l'étroite bande de sable qui, contre les rochers, bordait la mer.\u2014 J aurais dû mettre mon maillot de bain, murmura-t-elle.Il ferait bon de se baigner là quand il n\u2019y a personne.Enfin, ce sera pour demain.Elle s\u2019étendit sur le sable que caressait le soleil, les mains croisées derrière la tête.La perspective d\u2019une séance de tennis avec un monsieur aussi important que sir Richard l\u2019inquiétait un peu.Pourvu qu elle n\u2019allât pas se montrer trop maladroite ! Evidemment, c\u2019était une sorte d\u2019examen qu\u2019il voulait lui faire subir.Il s'agissait de s'en tirer avec honneur.La marée descendait.Ici, la mer s\u2019en allait beaucoup plus loin et plus vite qu\u2019à Kermor, laissant derrière elle une étendue de sable dur étincelant sous les rayons du soleil matinal.L'un après l\u2019autre, les rochers tout à l\u2019heure entourés d eau.se trouvaient à sec et, de sa position allongée, Espérance les voyait comme autant de petites montagnes la dominant de haut.Tout à coup, auprès de l\u2019ombre que projetait l\u2019un d eux, elle vit se dessiner une ombre mouvante.Quelqu'un venait vers elle .Brusquement, elle se redressa et, assise, tourna la tête vers celui qui s'avançait.Ses yeux, alors, s\u2019élargirent d étonnement Impossible de ne pas reconnaître dans cette haute silhouette vêtue de toile rouge le promeneur de Kermor.\u2014 On se retrouve ! dit-il en saluant.Il ajouta avec un sourire : \u2014 Je crois qu\u2019ici la grève est libre, n\u2019est-ce pas ?Espérance n\u2019en savait rien.Mais ici elle n'avait pas, comme chez elle, son franc-parler.Elle évita de répondre ; pinçant un peu les lèvres, elle demanda : \u2014 Etes-vous encore à terre pour faire des commissions ?Il eut un geste de dénégation après lequel il s\u2019accota à la plus proche roche : \u2014 Non, mademoiselle, aujourd hui, je ne suis pas de corvée.Je me promène pour mon plaisir.\u2014 Ah ! vous avez congé ?_ justement.Le bateau étant a l\u2019ancre dans le port de Perros, na pas besoin de moi et j en prohte.\u2014 Vous êtes toujours sur l'Emeraude ?Espérance regretta presque aussitôt de s'être montrée aussi familière.Ce garçon était tellement sans-gêne ! Dès qu\u2019elle eut posé cette question qui lui vint aux lèvres sans qu\u2019elle sût comment, il se laissa glisser sur le sable et se trouva assis à côté d'elle.\u2014 Naturellement, répondit-il.Ne trouvez-vous pas que c\u2019est un joli yacht 1 ¦\u2014 Mais .je ne sais pas.- Oh ! vous l\u2019avez pourtant bien examiné l'autre jour.Il disait cela sans raillerie.La jeune fille pourtant se sentit rougir.Décidément, elle n\u2019éprouvait pas aujour-d hui l'impression de supériorité de la première rencontre.N'ayant pas le droit d\u2019expulsion et faute d'avoir tout de suite coupé court au dialogue, il lui fallait maintenant le subir.Elle essayait de se persuader que c'était à contre-cœur, mais en réalité cela ne lui était pas tellement désagréable.Du coin de l\u2019œil, elle examinait son interlocuteur tandis qu'il détaillait les mérites de Y Emeraude.Pas mal, vraiment l\u2019air franc et honnête, brun avec des yeux gris intelligents.Si seulement il avait eu un peu plus de tenue et de déférence 1 Après avoir parlé du yacht, il chantait les louanges de la Bretagne, et cela avec des paroles qu\u2019Espérance ne pouvait s\u2019empêcher de trouver justes.\u2014 Vous êtes Breton ?demanda-t-elle.\u2014 Non, répondit-il, mais j\u2019ai une grand mère Bretonne, qui, tout enfance, m'a appris à âimer mon pays.Les yeux fixés au loin sur la ligne bleuâtre de la mer, la jeune fille se laissait aller à une vague rêverie quand, les ayant ramenés vers l'inconnu dont le regard s\u2019était posé sur elle avec intensité, elle eut soudain conscience de sa conduite.\u2014 Oh ! j\u2019oublie l'heure ! s\u2019écria-t-elle, affectant de consulter son bracelet-montre.\u2014 Ah ! mon Dieu ! fit plaisamment son compagnon, vous n\u2019avez donc pas congé, vous ?Songeant à la séance de tennis qui l\u2019attendait, Espérance se mit à rire : \u2014 Hélas ! non ! répliqua-t-elle.Elle ajouta en se relevant : \u2014 L'Emeraude est-elle ici pour longtemps ?I! eut un geste d'ignorance : \u2014 Cela ne dépend pas de moi .\u2014 C'est vrai.C\u2019est affaire à votre patron.Il avait sauté sur ses pieds : \u2014 Mais j'espère, reprit-il, que la chance me favorisera encore, et que j\u2019aurai l'occasion de vous rencontrer avant le départ, \u2014 Cela m'étonnerait, riposta-t-elle avec une certaine raideur.\u2014 Qui sait ! dit-il dans un sourire.En remontant les jardins du Tou-linet, Espérance songeait qu\u2019elle ne savait même pas le nom de ce garçon.Et elle constatait de plus qu\u2019il ne lui avait demandé ni où elle habitait, ni comment elle se trouvait ici.Evidemment, elle ne lui aurait pas répondu, mais l\u2019étonnant était qu\u2019il eût fait preuve d\u2019une semblable discrétion.Discrétion ?Savoir .Comme elle était franche avec elle-même, elle constatait également qu'elle n'avait pas éprouvé le même sentiment d\u2019indignation que lors de leur première rencontre.L\u2019atmosphère ici différait tellement de celle de Kermor ! Le court du Toulinet était fort bien aménagé.Situé derrière la maison, ses hauts grillages le séparaient d'un côté d\u2019un vaste champ et de l'autre de quelques bouquets d\u2019arbres lui apportant un peu d'ombrage.Sir Richard, en tenue de tennis, \u201cÔTE VITE CES VÊTEMENTS * MOUILLES et prends de la Listerine!\u201d Voilà ce qu\u2019on entendra souvent dans beaucoup de foyers pendant l'hiver et le printemps, alors que la température est si vilaine.Au fond, c\u2019est un ordre qui a du bon.En effet, les mamans se rendent maintenant compte de ce qu\u2019est vraiment un rhume : une grave infection locale qu\u2019il faut vite traiter par un antiseptique.Coupe le rhume D'innombrables usagers de la Listerine attestent qu'en se gargarisant tout de suite à l\u2019Antiseptique Listerine ils ont atrêté à leur origine un rhume et un mal de gorge, avant que le mil ne s\u2019aggrave.Et c'est logique ! Listerine va jusqu'au fond de la gorge.C\u2019est un antiseptique qui baigne les muqueuses et tue des millions de microbes qui causent l\u2019inflammation et aggravent un rhume.(Voir les photos ci-dessous.) Nos laboratoires croient qu\u2019elle détruit même le germe invisible qui, au dire de plusieurs autorités, provoque le rhume.LA LISTERINE TUE LES MICROBES AVANT\tAPRÈS Diminution moyenne de 96% Deux photos montrant le nombre de microbes avant un gargarisme à l\u2019Antiseptique Listerine et 15 minutes après.En moyenne, le nombre de microbes avait diminué de 96.7%.Une heure après, il y avait encoie 80% moins de microbes, en moyenne.7 années de recherches Comment, dit-on, expliquer que la Listerine protège si bien contre le rhume ?Sachez que sept années d'expérience ont prouvé que ceux qui s\u2019étaient gargarisés deux fois par jour à la Listerine avaient moins de rhumes, et des rhumes moins graves, et moins tenaces que les non-usagers.\u201cou,/ >od House Vu; epl Prenez donc 1 habitude d\u2019employer la Listerine Elle tue les microbes tout en laissant dans votre bouche une sensation de propreté et de santé que vous n\u2019avez jamais connue.Lambert Pharmacal Co.(Canada) Ltd.Toront°'\tOntario L\u2019ANTISEPTIQUE SUR LISTERINE contre LE RHUME Avez-vous essayé LE DENTIFRICE f LISTERINE ?Plus de 14 LIVRE de dentifrice dans le gros tube à 40c.Tube ordinaire, 25c.FABRICATION CANADIENNE 18 LE SAMEDI parut moins intimidant que la veille à la jeune fille qui retrouva vite toute son assurance.La sûreté de main et de coup d'œil dont elle était douée, jointe à la souplesse de ses mouvements, compensait son inexpérience ; elle fit montre, sinon d\u2019une grande virtuosité, du moins de capacités suffisantes pour mériter des éloges de son partenaire ; et, somme toute, cette séance de tennis, si fort appréhendée se passa fort bien.Quand elle se termina, un peu avant l'heure du déjeuner, sir Richard et Espérance étaient devenus les meillleurs camarades du monde.Ils rentrèrent, très animés, bavardant comme d'anciens amis.Maud Harlington en fit aussitôt la remarque.\u2014 Vous avez fait la conquête de mon cousin, ma chère, dit-elle en souriant lorsqu'on passa dans la salle à manger.Cet après-midi, quand il fera un peu moins chaud, nous monterons tous au tennis, n'est-ce pas ?\u2014 Dommage que nous ne soyons que sept, observa sir Richard.Vous devriez tâcher de trouver un huitième pour que nous fassions deux équipes complètes.\u2014 Oh ! j\u2019espère que nous aurons bientôt le huitième désiré.Mon chauffeur m\u2019a dit avoir vu 1 Emeraude dans le port de Perros.J'imagine donc que Jean Laroche ne tardera pas à venir nous retrouver.* En entendant prononcer le nom de l'Emeraude.Espérance était restée la fourchette en l'air.\u2014 C\u2019est le yacht de Jean, lui expliqua Maud.-\u2014 Tiens, dit alors une des Anglaises, Jean Laroche ne vient pas en avion ?La maîtresse du logis se mit à rire : \u2014 Vous savez, pour lui.l\u2019avion, c'est le « business ».Quand il est en vacances, il préfère toujours 1e yachting.Elle expliqua encore, pour Espérance : \u2014 Jean est le fils de Philibert Laroche, le constructeur d'aéroplanes dont vous avez certainemene entendu parler.Il est lui-même un aviateur distingué en même temps qu'un ingénieur de premier ordre et il passe la plus grande partie de son temps sur son appareil.\u2014 J'aurais tant aimé qu'il me fasse faire une promenade dans les nuages .soupira la seconde Anglaise.\u2014 Soyez tranquille, cela vous sera possible ; il m'a promis d\u2019aller chercher Fred en avion pour le week-end.Quand il est quelque part, sa machine n'est jamais loin.Espérance se sentait abasourdie.Quelle affaire ! Le patron de son inconnu au Toulinet ! Pourvu que l'inconnu lui-même n'allât pas s'aviser de l\u2019y venir trouver ! Quelle contenance aurait-elle en face de lui ?\u2014 En attendant, continuait Maud, je compte bien que Jean nous promènera en mer sur Y Emeraude.Patatras ! En voilà bien d'une autre ! Comment éviter une rencontre dans ces conditions ?Et quel prétexte trouver pour ne pas accompagner la bande sur le yacht ?.Sans compter que c\u2019était si tentant d'y aller .\u2014 Vous n'aimez pas les pêches ?demanda son voisin, surpris qu\u2019elle laissât passer la corbeille de fruits sans se servir.Espérance revint à 1 heure présente.Mais si, elle aimait bien les pêches .Et, quand à ses préoccupations, on verrait plus tard .On organisa un bridge après le déjeuner et elle en profita pour monter dans sa chambre écrire à grand mère.Mais plus d'une fois, au cours de la journée, elle eut 1 impression d un regard fixé sur elle avec insistance.Le regard un peu railleur d un grand garçon en costume de toile rouge assez fripé.\u2014 Qui sait?avait-il dit.Songeant à sir Richard, si impeccable dans sa tenue, elle ne pouvait, malgré son souci, s\u2019empêcher de sourire.IV I A partie de tennis n'eut pas autant d'entrain que l'on s\u2019y était attendu.Il faisait encore très chaud, ce qui rendait les joueurs un peu languissants.Espérance, toujours préoccupée, se montra moins brillante que le matin ; et quand un domestique ayant dit quelques mots à voix basse à la maîtresse de maison, celle-ci déclara en posant sa raquette : \u2014 On me demande.Excusez-moi, je vous prie .La partie, qui traînait depuis un moment, fut définitivement désorganisée.Espérance avait remarqué, la veille, que tout le monde portait le soir une tenue de soirée.Elle s\u2019était trouvée un peu simplette dans sa robe blanche auprès des grands décolletés des femmes et des smokings des hommes.Aujourd\u2019hui, elle apporta donc un soin particulier à sa toilette et re- vêtit son unique robe du soir, un fourreau de crêpe de Chine dont la teinte d'un vert pâle mettait admirablement en valeur l\u2019éclat de son teint et la profondeur de ses yeux.Les larges baies donnant de plain-pied sur la terrasse étaient ouvertes quand elle descendit.Des dernières marches de l'escalier, elle vit que l\u2019on s'était groupé au dehors et s\u2019arrêta un instant pour contempler, comme les autres, le splendide coucher de soleil qui enflammait l\u2019horizon.Sur la mer en fusion, l\u2019astre, en jetant ses derniers feux, colorait de teintes violentes quelques nuages aux contours étranges qui, pareils à de monstrueux dragons, se tordaient, s\u2019allongeaient et se déformaient comme pour échapper à l\u2019incendie prêt à les dévorer.Peu à peu, des lueurs d\u2019améthyste montèrent dans le firmament, des bandes violettes se superposèrent aux couches orangées, tandis qu'après un ultime et fulgurant flamboiement, le disque rouge se fondait dans la ligne étincelante des eaux dont la transparence lumineuse se mêlait à l'or mourant du ciel.Derrière Espérance, quelqu'un s'était aussi arrêté : \u2014 Vous regardez le rayon vert mademoiselle ?Confuse, elle tourna la tête.Sir Richard, très élégant dans son smoking, se penchait vers elle.Il avait posé sa main, au petit doigt de laquelle il portait une chevalière armoriée, sur la rampe de l\u2019escalier, et l\u2019expression de son visage était si clairement admirative que la jeune fille baissa les yeux.\u2022\u2014 Vous êtes aussi éblouissante que le rayon vert, reprit-il après un instant de silence.Et, qui a vu le rayon vert est sur de rencontrer l\u2019amour .Le groupe de la terrrasse, en se retournant, dispensa Espérance de répondre.Elle remarqua qu'il y avait là « trois » smokings.Trois .ce qui, avec sir Richard, faisait quatre Maud avait posé la main sur le bras de l'un d\u2019eux : \u2014 Jean, dit-elle, vous connaissez déjà mon cousin Dick.Mais laissez-moi vous présenter à Mlle de Ker-mor.Mon ami, Jean Laroche, dont je vous ai parlé, ajouta-t-elle, s\u2019adressant à Espérance.Le troisième smoking s\u2019inclinait profondément et la jeune fille ne voyait de son possesseur que le sommet de la tête sur laquelle des cheveux bruns légèrement frisotants lui parurent beaucoup moins disciplinés que ceux de sir Richard et des deux autres Anglais.A part cela, même allure, même tenue.Quand cette tête se releva, par exemple .Elle resta stupéfaite devant deux yeux gris rieurs et une bouche moqueuse qu'elle reconnaissait : ¦\u2014 Ah ! fit-elle seulement.\u2014 Quoi, vous vous connaissez ?demanda avec étonnement Maud Harlington, voyant leur attitude.Il ne répondit rien, s'en remettant à elle.Espérance était une fille de décision rapide ; elle eut de suite pris son parti de la situation.Redressant le front, elle tendit franchement la main au jeune homme qui cessait d'être « l'inconnu ».\u2014 Nous nous sommes rencontrés deux fois, répliqua-t-elle, et je suis coJtente nous nous retrouvions.Maud n eut pas 1 air de chercher à comprendre.Il y eut dans les yeux gris une lueur de satisfaction.Pendant et après le dîner, le nouvel arrivé se trouva naturellement centraliser 1 intérêt général et dut répondre à mille et une questions relatives aussi bien à son avion qu'à son yacht comme à la durée probable de CONFORT MODERNE POUR LES VOYAGEURS DE L'AVANT Désormais les voyageurs qui occupent les voitures à l'avant d'un train du Canadien National n'auront rien à envier à ceux occupant les voitures de luxe, à l'arrière.En effet, le Réseau National mettra bientôt en service cinquante voitures de première climatisées et offrant le confort ferroviaire le plus récent, tels que fauteuils à pivot pouvant prendre trois positions différentes et avec siège rem* bourré de fils caoutchoutés, éclairage individuel, filets à bagage en aluminium et décoration intérieure exquise.Le nombre de fauteuils est de 64.On voit ici les conseillers d'administration et de hauts fonctionnaires du Canadien National devant l'une des nouvelles voitures climatisées.De gauche à droite : MM.John Roberts, chef de la traction et du matériel, R.J.Moffat, conseiller d'administration Bradwell, Sask., R.C.Vaughan, vice-président directeur des achats de la Canadian National Steamships, W.A.Kingsland, Toronto, vice-président, région centrale, l'honorable M.Wilfrid Gagnon, Montréal, conseiller d'administration, F.L.C.Bond, Toronto, directeur général de la Région centrale, Arthur D.Neale, vice-président de la Canadian Car and Foundry Company et C.W.Johnson, chef du service des voyageurs.\t(Photo Canadien National) .39 ¦mm rTT- COACH CONDITIONED 3180 k \\IR- .- 26 février 1938 19 son séjour.A cette dernière demande.il répondit en regardant malicieusement du côté d'Espérance : \u2014 Ah ! quant à cela .ça ne dépend pas de moi ! Pour tout le reste, il se montra le meilleur garçon du monde.Oui, on pourrait se promener tant qu\u2019on voudrait sur l'Emeraude.Oui, son avion lui serait amené dès le surlendemain.il irait chercher Fred à Paris à la fin de la semaine .il était prêt à escorter dans l'azur toutes les belles dames que cela tenterait .et leurs maris aussi, d'ailleurs.\u2014 Demain, si vous voulez, première visite à bord.J\u2019ai amené mon maître d'hôtel dans la vedette, il tâchera de nous trouver à terre de quoi faire des cocktails .Il ajouta, avec un demi-sourire au coin des lèvres : \u2014 Ce garçon-là fait très bien les commissions.Tout le monde applaudit.Une minute seulement, au cours de la soirée, il put adresser la parole à Espérance.\u2014 Vous voyez, lui dit-il, que j avais raison de compter sur ma chance.\u2014 Vous êtes en train de vous moquer de moi, répliqua-t-elle.Et je sens que je vais vous détester.\u2014 Comme c'est curieux, je sens que, pour moi, c\u2019est tout le contraire, assura-t-il.Il ajouta, comme elle s'éloignait : \u2014 Vous êtes éblouissante, ce soir ! Juste les mêmes mots que lui avait dit sir Richard, Etait-ce à sir Richard, ou était-ce à Jean Laroche qu'elle songeait un moment plus tard en regardant son image reflétée dans la grande psyché de sa chambre ?Ou bien, était-ce à « l\u2019inconnu » vêtu de toile rouge et aux cheveux ébouriffés ?Le programme proposé par Jean Laroche fut en tous points exécuté.Les promenades en mer et dans l\u2019air se succédèrent quand le grand oiseau aux ailes argentées fut venu se poser dans le champ proche du court de tennis.Mais Espérance ne prit point part à ces dernières, dont son hôtesse ne voulut pas assumer la responsabilité.\u2014 Que dirait votre grand\u2019mère ?Il faut lui demander l\u2019autorisation.Certaine d\u2019une réponse négative, la ieune fille avait pris le parti de renoncer au baptême de l'air.D'ailleurs, après quelques expériences, toute la bande n\u2019avait pas tardé à préférer de beaucoup excur-sionner à bord de 1 Emeraude, le yacht allant d\u2019une île à l\u2019autre, longeant les côtes, ou, simplement, promenant ses passagers entre le ciel et l\u2019eau.Avec l\u2019avion, Jean était allé chercher Fred à Paris en fin de semaine et l\u2019y avait ensuite ramené.Mais il était très évident qu'il prenait un bien plus grand plaisir en mer.Comme l'avait dit Maud : le maniement de l\u2019avion représentait son travail habituel.Et puis, on peut penser que la présence d'Espcrance contribuait à lui rendre agréable les va-et-vient de l'Emeraude.Car, très vite, des rapports de bonne amitié s\u2019étaient noués entre les deux jeunes gens.Très vite, Espérance s'était sentie à l'aise auprès de ce grand garçon, un peu sans-gêne, ainsi qu elle 3 avait jugé dès 1 abord, et qui par cela même lui était devenu familier.Non seulement, il avait cessé d'être 1' « inconnu », mais il lui semblait presque l'avoir toujours connu.\t,\t* .Très souvent, ils se retrouvaient au bord de la petite crique où était amar- rée la vedette qui, attachée à un piquet, flottait sur l\u2019eau ou reposait sur le sable suivant le niveau de la marée.La jeune fille avait pris l'habitude quand aux heures chaudes, s'organisait un bridge, de venir se coucher au fond du bateau avec un livre bientôt abandonné pour suivre dans le ciel la marche des nuages, jusqu'au moment où une longue silhouette se découpant sur le sable, une voix criait : \u2014 Coucou ! Et c'étaient alors de grandes conversations.Jean racontait ses randonnées .Espérance parlait de la Bretagne.Chacun d'eux écoutait l\u2019autre intensément.C\u2019est ainsi que, contant à son nouvel ami les légendes dont avait été bercée son enfance, Espérance, tout naturellement, lui fit connaître celle qui la touchait de près, celle d'Erik le Rouge et des « Perles du Corsaire ».\u2014 Somme toute, dit Jean, vous êtes une fille de la mer et la descendante d'un pirate .La morgue aristocratique de Mlle de Kermor se sentit un peu atteinte par cette constatation.Son compagnon vit-il passer une ombre dans ses prunelles glauques ?Il ajouta aussitôt : \u2014 C\u2019est si loin, d\u2019ailleurs ! Aujourd'hui, cela n'a plus guère d\u2019importance .Cette phrase, dont la justesse lui parut évidente, atteignit plus profondément la morgue d'Espérance, Et, tout de suite, Jean reprit : \u2014 Je n'ai pas de si belles histoires à vous raconter.Mon grand-père à moi ¦\u2014 l'un die mes grands-pères, du moins \u2014 était un ouvrier mécanicien n\u2019ayant pour fortune que son cerveau d\u2019inventeur et son courage.Il avait un ami d'enfance qui, devenu riche, a eu confiance en lui, lui a avancé les fonds dont il avait besoin, et plus tard, a donné sa fille en mariage à son fils.Celui-là, c\u2019était mon autre grand\u2019père.Grâce au génie de l un et à la générosité de l'autre, la firme Philibert Laroche a pu naître et prospérer.Cela ne remonte pas très loin dans le passé, vous voyez, ce ne sont pas tout à fait des ancêtres dont je vous parle, mais j\u2019en suis tout de même fier.\u2014 Et vous avez bien raison, dit spontanément la jeune fille, oubliant tout à fait sa morgue.Il y avait bien maintenant deux semaines qu\u2019Espérance était l'hôte du Toulinet.Les amis anglais de Maud devaient partir prochainement pour l\u2019Ecosse, cédant la place à ceux qui revenait du Spitzberg.Sir Richard, dont l'intention avait été d'aller passer un mois en Suisse, ne parlait plus de ce projet et ne semblait avoir aucune envie de quitter la Bretagne.Après le second week-end de Fred, la comtesse de Kermor avait écrit à Mrs.Harlington qu'elle ne voulait pas abuser pour sa petite-fille de son aimable hospitalité et qu'il était temps qu\u2019Espérance rentrât au logis.Maud avait répondu en demandant une prolongation de quelques jours, mais enfin, le moment approchait tout de même où la jeune fille regagnerait Kermor.Elle se sentait un peu triste en y pensant.V Dour la fin du séjour d'Espérance, ' on avait projeté toute une série d'excursions, mais elles ne purent avoir lieu à cause du temps, La veille du jour fixe pour son départ, il y eut un orage dans la matinée.Après le déjeuner, bien que le ciel commençât à s'éclaircir, il pleuvait encore et l'air restait chargé d\u2019électricité.fatigue moins, si on le soulage, dès son début, de ces 2 façons.Stupéfiante est la rapidité avec laquelle les comprimés d\u2019Aspirine soulagent les malaises du rhume et le mal de gorge qui Tac-compagne .et la méthode à suivre est aussi simple qu\u2019agréable.Il suffit d\u2019écraser et de faire fondre 3 comprimés d\u2019Aspirine dans le J/3 d\u2019un verre d\u2019eau, puis de se gargariser 2 fois avec cette solution \u2014 la tête bien rejetée en arrière.Ce gargarisme médicamenteux agira presque comme un anesthésique local sur la muqueuse endolorie de la gorge.La douleur est bientôt calmée.L\u2019irritation est soulagée.En outre, cette façon d'employer l\u2019Aspirine s'appuie sur l\u2019expérience médicale.En effet, au lieu de remèdes dont vous ne connaissez ni la formule ni l\u2019origine, vous vous servez d\u2019une préparation connue des médecins dans tous les pays du monde \u2014 et à laquelle, tous les jours, ont recours des millions de personnes.Suivez toujours ce procédé pour calmer la douleur du mal de gorge qui accompa- MODE D'EMPLOI: Prenez 2 comprimes d\u2019Aspirine avec un grand verre d'eau.'LA GORGE ME FAIT MAL QUAND J'AVALE.JE SUIS ENROUEE COMME UNE CORNEILLE\" Faites fondre 3 comprimés d\u2019Aspirine dans le 1/3 d\u2019un verre d\u2019eau\u2014gargarisez-vous 2 fois.exigez marque ASPIRIN Marque Déposée Moyen Rapide et Simple de Calmer les Douleurs qui Accompagnent un Rhume gne un rhume.Nous croyons que votre médecin sera de notre avis.Vous reconnaîtrez que c\u2019est tout à fait remarquable.\u2022 Les comprimés d\u2019Aspirine sont préparés au Canada Le mot \u201c Aspirin \u201d est la marque déposée de la Bayer Company, Limited, de Windsor.Ontario.Exigez, en forme de croix sur chaque comprimé, les lettres du nom Bayer.ET JE SUIS FIEVREUSE AH ON M 1REPRENDRA $ PLUS Âè SANS F ASPIRINE A LA MAISON/ Si votre température ne baisse pas \u2014si votre mal de gorge et vos malaises ne sont pas promptement soulages \u2014 appelez le médecin! JE SUIS TOUTE COURBATUREE ENDOLORIE.EPUISEE PAR L'INSOMNIE/\" 1 20 LE SAMEDI DIX PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE LES DIX GAGNANTS \u2014 DIX JEUX DE CARTES Solution du problème No 322 Problème No 321 Mlle Fernande Fortin.162.rue Kitchener.La Tuque.P.Q.; Mme L.-O.Marceau.Beauport, P.Q.; M.Honoré Roy, Saint-Raphaël, comté de Bcllecbasse, P.Q.: M.E.Mercier, 12, rue Laval, Québec, P.Q.; Mme Paul Lamontagne, 1470, rue Cartier, Montréal, P.Q.: M.Jean-Louis McCready, 6019, rue DeNormanville, Montréal.P.Q.; Mme C.-P.Racicot.6705, boulevard St-Laurent.Montréal.P.Q.: Mlle Réjanc Hébert, Vatennes, P.Q.; M.Roger Choquette, 18, rue Laurier.Sherbrooke.P.Q.; Mlle Andrée Champagne, 541.rue St-François-Xa-vier, Trois-Rivières, P.Q.LES MOTS CROISES DU \" SAMEDI \" \u2014 Problème No 323 2L d iL-Itl JL H ! fl |N C H fl LÜ e le |r fl s e fl fl i fl.5 e fl I u h T *_ fl CIE.L U I 0 I fl C I £ IP 5 ± S C C fl I l ,t C I L £ N ] C .H j £ N | C O 0 £ 5 0|M | fl N a o | u c fl N | N I fl M D Q |u I V £ S l |m I T |o N p|e fl m e h» 5 I £ M S O |ç R fl ffl fl s £» | 0 T i 2Lü n fl a £ P O D PoiRE P1R i e u R S N O I fl fl U | P S t X U t ° 3 N |E T fl e s Nom Adresse _______________________________________________________ ___________________ Ville ______________________________________________ Province .Adressez : LES MOTS CROISES, Le Samedi, 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.HORIZONTALEMENT 1.\tSomme d\u2019argent que, chez les maho-métans, le mari est tenu de payer à la femme qu\u2019il répudie.\u2014 Epoque chronologique de la cosmologie indienne.2.\tUsurpateur du pouvoir souverain.-\u2014 Local où l\u2019on danse.\u2014 Action de se servir.3.\tRivière d'Allemagne qui se jette dans le Danube.\u2014 Femme de mauvaises mœurs.\u2014 Qui ne varie pas.4.\tEt caetera ( abr.).\u2014 Corps aériforme.-\u2014 Agent politique, né à Tonnerre.\u2014 Principe de la vie.5.\tPréposition, qui marque l\u2019origine.\u2014 Embûche.\u2014 Préfixe.6.\tTerme du jeu d\u2019échecs.\u2014 Nuage.\u2014 Rivière de Sibérie.7.\tEau chargée d\u2019acide carbonique (pi ).\u2014- Ville forte et épiscopale d\u2019Espagne.8.\tExsudât pathologique.\u2014 D\u2019une bienveillance doucereuse.\u2014 Louange.9.\tLa partie la plus fine de la laine cardée.\u2014 Vers placés à la fin d\u2019une pièce de poésie.10.Ville d\u2019Autriche.\u2014 De l\u2019alphabet grec.-\u2014- Caractère du style.1 1.Conj.copulative.\u2014 Garni d\u2019acier.\u2014 Docteur ( abr.) .12.\tPillage d\u2019une ville.\u2014 Commune rurale autonome en Russie.\u2014 Colère.\u2014 Nouveau.13.\tSoin, souci.\u2014 Sel alcali.\u2014 Moitié.14.\tSubstance aromatique.-\u2014 Nom donné à l\u2019aurochs.\u2014 Fosse à purin.15.\tEspèce d\u2019euphorbe.\u2014 Ciseau d\u2019acier pour couper les métaux.VERTICALEMENT 1 Qui manque d\u2019ardeur.\u2014 Genre de légumineuses.2.\tEspace de tumeur.-\u2014 Rend par les pores de la peau une humeur aqueuse.\u2014 Mammifère insectivore.3.\tLiqueur spiritueuse.-\u2014 Corps de garde.\u2014 Voix propre à chaque animal Cpl.).4.\tUnité de pression atmosphérique.-Tribu des Hébreux, dans le pays de Galaad.\u2014 Vieillesse.\u2014 Ancien bouclier.5.\tPréfixe privatif.\u2014 Pièce d\u2019étoffe dont on couvre un meuble.\u2014 Article espagnol.6.\tTête.\u2014 Type représentatif des E.-U.\u2014 Planche de bois.7.\tPapier à dessin.-\u2014 Pièce de métal dans lequel entre une vis.8.\tSelle grossière de bête de somme.\u2014 Le plus grand des serpents.\u2014 Canton suisse arrosé par la Reuss.9.\tTissu épais et léger.Stérile.10.\tPatriarche.\u2014 Ait.ind.\u2014 Epoque.11.\tAdv.de lieu.\u2014 Riv.d\u2019Angleterre.\u2014 Du verbe pouvoir.12.\tEmploie.\u2014 Jeu de cartes.\u2014 Adj.possessif.\u2014 Homme inhumain.13.\tPersonne tombée en enfance.\u2014 Chapeau rond et bombé.\u2014 Fondateur de la Congrégation de l\u2019Oratoire.14.\tOiseau tenant des gallinacés et des échassiers, \u2014 Règle.\u2014 Personne méchante.15.\tSubstance gommo-résineuse.\u2014 Perpendiculaire à l\u2019horizon.Dans le grand salon du Toulinet.personne ne setait senti disposé à commencer un bridge.Les conversations languissaient, des propos échangés à bâtons rompus semblaient demander un effort trop grand pour être poursuivis et, causé soit par l\u2019orage, soit par des préoccupations personnelles, un vague malaise régnait sur tous.\u2014 Nous ne sommes pas gais ! observa Maud en secouant la cendre de sa cigarette.C\u2019est sans doute la perspective de votre départ qui nous attriste, ma petite Espérance.Vous allez bien nous manquer ; je crois être (Interprète de tous nos amis en l'affirmant.\u2014 Pourquoi, proposa Jean Laroche, si, comme je le crois, le temps s améliore demain, n'irons-nous pas accompagner Espérance par mer.au lieu de l\u2019expédier par le chemin de fer comme un colis ?L\u2019idée obtint aussitôt un vif succès.\u2014 Nous ferons ainsi, dit l'un des Anglais, le cortège de 1 Espérance.\u2014 Bravo ! approuva Maud, applaudissant à cette phrase, laborieusement composée.\u2014 Espérance .C'est un bien joli nom.remarqua sir Richard.Est-il très répandu en France ?\u2014 Je ne le pense pas, mais je crois qu'il est de tradition dans la famille de Kermor.\u2014 La Bretagne est un pays de traditions.observa Jean.\u2014 C'est en tout cas un nom charmant, et c'est ce nom qui m\u2019a tout d abord attiré vers notre jeune amie, reprit sir Harvey.Il a éveillé en moi le souvenir très doux d\u2019une petite sœur que j'ai perdue il y a longtemps et qui s\u2019appelait Speranza.\u2014 Speranza ?répéta Maud.Oui, Fred m'en avait parlé, en effet.J\u2019avais oublié.\u2014 Ce n\u2019est pas un nom anglais, il me semble, dit la jeune fille.\u2014 Non.certes.Et c'est aussi par tradition que, dans notre famille, il est donné depuis de nombreuses générations.Voyez comme c'est étrange, petite Espérance, cette preque similitude.\u2014 Mais pourquoi Speranza ?\u2014 Eh bien ! cela se rapporte à une légende.Oh ! je n'en garantis pas l\u2019authenticité, mais je puis vous la conter si vous voulez.Les jours d\u2019orage, on est particulièrement disposé, je crois, à écouter des choses de ce genre.On s'était rapproché.En effet, la perspective d\u2019un récit légendaire n\u2019était pas pour déplaire en ce moment.\u2014 Il ne s\u2019agit pas d'une histoire de dragons ou de revenants, reprit sir Richard.Ne vous attendez donc pas à frémir.Le souvenir qui s'est perpétué dans ma famille est simplement celui de la mort tragique de mon aïeul, Réginald Harvey, qui accompagna comme attaché l\u2019ambassadeur britannique à Madrid vers 1550.A cette époque, le roi de Portugal avait reçu de Goa des trésors réunis dans l\u2019Inde par Sepulveda avant que ses derniers vaisseaux fissent naufrage.Voulant gagner l\u2019amitié de Philippe II, avec lequel il projetait une alliance, et connaissant la passion de ce prince pour les pierreries, il lui fit don de joyaux magnifiques pillés chez les radjahs.« Or, en 1554, le jeune souverain ayant décidé d\u2019épouser la fille d'Henri VIII qui régnait sur l\u2019Angleterre, c'est-à-dire Marie Tudor, lui envoya un navire chargé de présents, le Speranza, et mon aïeul fut désigné par son ambassadeur pour accompagner cette mission et remettre lui-même à la reine un merveilleux collier de perles venu de Goa.Mais avant d\u2019attein- dre les eaux anglaises, le vaisseau fut attaqué par des pirates qui s\u2019emparèrent de la cargaison et massacrèrent (équipage.Mille récits naquirent de ce drame, tous plus ou moins fantaisistes, car aucun de ceux qui y prirent part ne fut jamais revu.Sir Reginald Harvey périt avec les autres .On assura que le bateau ne fut point détruit, mais au contraire, devint par la suite celui sur lequel le chef des pirates continua à écumer les mers.D\u2019aucuns prétendirent l'avoir reconnu, ayant simplement troqué son nom espagnol de Speranza contre celui plus anglais de Hope.On disait même que ce chef fameux portait comme agrafe à sa toque (émeraude en forme de cœur qui avait été le fermoir du collier de Goa « Quoi qu\u2019il en soit, l'épouse de sir Reginald, qui donna peu de temps après naissance à une fille, la nomma Speranza en souvenir de son infortuné mari et fit vœu qu\u2019après elle la coutume en serait perpétuée.Ainsi, (une après (autre, jusqu à ma petite sœur, les filles des Harvey ont porté un prénom espagnol.\u2014 Et les joyaux ont été à jamais perdus ?demanda Maud.\u2014 Ah ! c'est surtout cela qui vous intéresse, belle dame ?Que voilà bien une préoccupation féminine ! On massacre des gens, dont mon aïeul, vous vous inquiétez des perles.\u2014 Dame, mon cher, de toutes façons, votre aïeul serait mort depuis longtemps, tandis que les perles pourraient exister encore.\u2014 C\u2019est juste.Alors, (ai le regret de vous dire que l\u2019on n'a pas plus revu les joyaux que les hommes.-\u2014 Dommage !.Une émeraude en forme de cœur .Ce devait être bien joli !.Qu'en dites-vous, Jean, vous qui avez appelé votre yacht Y Emeraude ?\u2014 J'en dis .Tiens, où est donc Espérance ?Il s'était interrompu, étonné, en s\u2019apercevant que le fauteuil naguère occupé par la jeune fille était vide.\u2014 Elle était là, il y a seulement une minute, assura une des jeunes femmes.Elle a dû se glisser dehors en voyant que la pluie avait cessé, dès que (histoire de sir Richard a été finie.Jean ne dit rien de plus.Mais quelques minutes plus tard, il profita d'un moment d inattention pour sortir sans bruit à son tour.A longues enjambées, il descendit les allées ravinées par la pluie et.sans hésitation, se dirigea vers la crique où dansait la vedette.De très loin, une tache blanche sur le sable lui apprit qu'il ne s\u2019était pas trompé dans ses prévisions.Espérance était là, assise contre le rocher, les mains croisées autour de ses genoux, la tête penchée en avant.Quand il arriva auprès d\u2019elle, il vit qu\u2019elle pleurait \u2014 Alors, petite fille, qu'est-ce qu'il y a de cassé ?dit-il doucement en posant la main sur son épaule.Elle leva vers lui un visage navré : \u2014 Vous avez entendu?murmura-t-elle.\u2022\u2014 Quoi ?L histoire de (ancêtre ?\u2014 Ne riez pas, Jean.Vous avez bien compris de quel collier il s'agissait ?\u2014 Eh bien, oui.Les « Perles du Corsaire », sans doute.Voilà leur pedigree complété.\u2014 Mais, Jean, maintenant que je connais leur origine, ne comprenez-vous pas que je ne puis plus accepter de garder ces perles qui devaient être ma dot ?Il faut les rendre.\u2014 Par exemple ! Et pourquoi ?Et à qui, je vous prie ?\u2014 Je ne sais pas, moi.A sir Harvey, je pense. 2 6 février 1938 \u2014 Comment ?Mais elles n appartenaient pas à son aïeul.Elles étaient destinées à Marie Tudor.Irez-vous les restituer à la couronne d'Angleterre ?\u2014 Là n est pas la question Je ne puis pas admettre que le produit d un vol reste entre mes mains.Ma famille, à travers les siècles, n\u2019en a jamais disposé et a toujours considéré ce joyau comme un dépôt.Aujourd'hui, quand j'apprends à qui il a été volé, mon devoir est de restituer.\u2014 Bah !.Et vous croyez sérieusement que votre grand'mére admettra ce raisonnement ?Le visage de la jeune fille se contracta.Elle secoua tristement la tête : \u2014 Non, je ne le crois pas, répliqua-t-elle.et c'est bien ce qui me désespère.Sans cela, je n\u2019aurais pas tant de peine.Ces perles, je m'en moque, moi.Il n'y aurait qu à les rendre \u2014 Comme vous ne le pouvez pas, votre responsabilité n'est pas en jeu.Je ne vois donc pas ce qui vous tourmente.Espérance hésita un instant, puis, poussant un soupir : \u2014 C\u2019est que, justement, il se trouve que je le pourrais, seulement .\u2014 Vous le pourriez ?.Je serais heureux de connaître le moyen qui ferait consentir votre grand\u2019mére.\u2014 Ne vous ai-je pas dit que ces perles devaient m\u2019être données en dot ?Jean fronça le sourcil : \u2014 Et alors ?La jeune fille poussa un nouveau soupir : \u2014 Sir Richard m'a demandé ce matin de l\u2019épouser 2.murmura-t-elle d'une voix à peine perceptible.- Ah ' Un silence tomba entre eux.\u2014 Qu'avez-vous répondu ?dit Jean au bout d\u2019un moment.\u2014 Rien.Je ne connaissais pas l\u2019histoire des perles .Mais à présent.elles lui reviendraient ainsi, tout naturellement, vous comprenez ?\u2014 Je comprends .je comprends, grommela-t-il.Mais, dites-moi.si ces perles n\u2019existaient pas, accepteriez-vous d épouser Dick ?\u2014 Oh 1 jamais !.Jamais ! cria-t-elle avec élan.Elle enfouit son visage entre ses mains et ses minces épaules furent secouées par un sanglot.Jean s'agenouilla sur le sable ; doucement, il écarta les deux petites mains crispées qu'il conserva entre les siennes.\u2014 Ne vous tourmentez pas plus longtemps, dit-il sur un ton décidé.Sans avoir besoin de largent de ma famille, je gagne assez pour faire vivre ma femme.Nous rendrons donc votre maudit collier à sir Richard dès que nous serons mariés, bien que, en toute justice, je pense que cette restitution devrait plutôt être faite aux descendants des radjahs victimes du pillage primitif.Mais, vraiment, cela nous mènerait trop loin, n'est-ce pas, tandis que nous avons Dick sous la main ' \u2014 Mais, Jean, que dites-vous ?Les larmes d\u2019Espérance s\u2019étaient séchées, ses yeux couleur de mers ouvraient plus larges et un nuage s\u2019étendait sur ses traits.__ Que dites-vous.Jean ?Quelle est cette plaisanterie ?\u2014¦ Une plaisanterie ! .Comment, petite amie, ce n\u2019était pas à moi que vous pensiez quand 1 idée d épouser Dick vous faisait de la peine ?Alors, vous ne m'aimez pas ?Je me suis trompé ?\u2014 Oh ! non .Les lèvres d\u2019Espérance avaient lancé cette protestation sans qu elle le sût.Elle rougit plus fort, tandis que Jean souriait et embrassait l'une après 1 autre les deux mains qu'il tenait.\u2014 Vous voyez bien, ma chérie, que nous sommes d accord, que tout cela va s'arranger très bien, et que, puisqu\u2019il n'y aura plus entre nous les < Perles du Corsaire », vous aurez l'esprit en repos.Il ne reste qu'à prévenir mes parents et à demander le consentement de votre grand mère.\u2014 Ah ! c\u2019est vrai.Grand'mére ! fit Espérance, soudain soucieuse.\u2014 Eh bien, quoi ?demanda le jeune homme, voyant passer une ombre sur le charmant visage que contemplait son regard.Vous croyez qu elle n'acceptera pas ?Pourquoi ?Je suis un honnête garçon, j\u2019ai vingt-cinq ans, je gagne ma vie et je vous aime.Que peut-elle me reprocher ?La jeune fille baissa la tête sans répondre.Elle se souvenait des traditions familiales, des idées de la comtesse .L'arbre généalogique .les parchemins exhumés par Herminie .les titres .Pouvait-elle expliquer tout cela à Jean.Tout cela qui, à présent, lui paraissait à elle-même si puéril si lointain.Et elle pensait au grand-père ouvrier mécanicien , .\u2014 Heureusement, dit-elle à la fin, qu'il n'y a aucun Kermor épousable.Jean se mit franchement à rire : \u2014 Encore une tradition ancestrale.n'est-ce pas ?Mais savez-vous bien que je suis de force à vaincre tous les obstacles qui pourraient nous séparer ! Et, s'il le fallait, je m'arrangerais même pour devenir votre cousin par un moyen quelconque.Allons, faites une risette.Puisque nous vous accompagnons sur 1 Emeraude, je demanderai à Maud de parler dès demain à votre terrible grand mère.\u2014 Oh 1 Jean, grand\u2019mére n\u2019est pas terrible.Elle est très tendre pour moi et elle m\u2019aime bien.Je voudrais tant qu\u2019elle vous aime aussi.Ce n'est pas sa faute si on lui a enseigné certaines choses .que nous ne comprenons plus Il hocha gravement la tête : \u2014 Je sais.Elle a simplement oublié de regarder marcher le temps .et le temps a marché tout de même.Nous la prendrons tous deux par la main, et tâcherons de l\u2019amener jusqu'à nous.Voyez-vous.Espérance, moi.aussi, j'aime grand\u2019mére .Un moment encore ils continuèrent à parler, à faire des projets.Le temps, maintenant, s'était tout à fait rétabli : il n'y avait plus trace de l'orage de la matinée, les nuages avaient été balayés, le soleil brillait à nouveau.Quand ils remontèrent vers le Tou-linet, il semblait que la pluie eût ravivé l'azur du ciel, lavant les feuillages mettant au cœur des fleurs des gouttes étincelantes.Tout dans la nature accompagnait le chant joyeux qui emplissait leurs deux cœurs s'ouvrant au bonheur de vivre.Et sur cette harmonie tomba la goutte de fiel que doivent redouter tous les bonheurs humains.On venait d'apporter un télégramme adressé à Mile de Kermor : «Grand'mére malade.Reviens de suite.\tHerminie.» Espérance fut bouleversée.Grand -mère malade !.Mon Dieu 1 .Naturellement, pas de téléphone à Kermor Impossible de communiquer II fallait partir au plus vite, sans plus songer à 1 Emeraude.Les mains tremblantes, elle feuilleta l'indicateur.Non, pas de train possible ce soir, à cause des correspondances.L'auto ?On avait justement envoyé le chauffeur en course avec la grande limousine et la torpedo bleue était en réparation.(Lire la suite page 24) 21 SI, AU MOYEN DU LAIT \" PHILLIPS \", ON ALCALISE L'EXCÈS D'ACIDITÉ STOMACALE.iWILUWt .°\"***; ÏÜ^jjBgrÜÊ- SV/WP7-5 L\u2019\"VD|GFsr^ES i ,e* rep0î ^gestion\tf'idité b usée\tAi9feiirj '°usr de '9uen*j JE NE SOPS PLUS.JE ME M'AMUSE PLUS.LE PLUS LEGER REPAS ME DONNE UNE INDIGESTION! C'ETA/T MON CAS-MA/S LE MÉDEC/N AtÀ CONSEILLE LE PHILLIPS.FA/S COMME .MOI.C'EST FACILE A ESSAYER/ [L est clair que, plus l'acidité stomacale est négligée, plus elle devient grave \u2014 et plus il est difficile de s\u2019alcaliser.Il sera donc sage d\u2019agir dès les premiers malaises.Pour soulager, et enrayer, les nausées, aigreurs, dérangements et gaz d'estomac, il faut alcaliser immédiatement.A cette fin, 2 comprimés de Lait de Magnésie Phillips ( ou 2 cuillerées à thé .du liquide, qui auront le même effet alcalisant) agiront en un tournemain.Un soulagement vraiment extraordinaire se manifeste presque immédiatement \u2014 maux de tête, haleine fétide, douleurs \u2014 tout le cortège de l\u2019acidité stomacale est bientôt oublié.On se sent tout revivifié ! On devrait toujours avoir sur soi cet alcalin \u2014 commodément présenté sous forme de comprimés aromatisés à la menthe.Exigez la Marque PHILLIPS \u2014 25les 30.SOUS FORME DE COMPRIMES Chaque petit comprimé l\u2019équivalent d\u2019une cuillerée à thé de véritable Lait de Magnésie Phillips.est FABRICATION CANADIENNE Lait de Magnésie PHILLIPS NOUVELLE EDITION PLUS COMPLETE LE CHIEN Son élevage, dressage du chien de garde, d'attaque, de défense, de police.Dressage du chien de traîneau.Traitement de ses maladies.175 Illustrations Prix : $1.25 En vente partout ou chez l'auteur ALBERT PLEAU, Saint-Vincent-de-Paul, (comté de Laval) P.Q. 22 LE SAMEDI pppfe&aai tysys f/t; ] y $MWÊ ¦\u2022 ¦¦¦'.\u2022\u2022¦ ¦ c T,.,;v \"¦ ¦ miSÿSMÈi :>- ¦T , - >\t,'- ï ' \"G* K \u2022^; f- mm , _ ;*4S - \u2022 .,\u201e ' SAINT' L.O U P S%:- René, vous resteriez sourd à ma prière ?\" 26 février 1938 23 \" Z-1 ^ O.mme vous le voyez, mon I\tcher, reprit M, Grégoire, V ^ je suis seul pour vous recevoir; ils sont tous à se promener dans le parc à droite et à gauche.ma femme est enragée pour la promenade et elle entraîne tout le monde; ah ! elle vous a des jambes.des jambes de chevreuil.Et moi, qui n ai plus de bonnes jambes comme elle, je reste seul dans le jardin, assis sur un banc, à 1 ombre d un pin gigantesque.Ma foi, je ne m\u2019en plains pas aujourd hui, puisque je me suis trouvé ainsi tout près pour vous recevoir.» Ah 1 mon cher de Lineuil, c'est ma temme qui va être surprise et contente .Car si elle attendait quelqu\u2019un ce n était pas vous; elle était convaincue que vous ne viendriez pas, étant forcé pour plusieurs raisons de rester à Paris.A propos, donnez-moi donc des nouvelles de Mme de Lineuil.\u2014 Mais .balbutia René, dont le front s'assombrit.\u2014 Je comprends, toujours la même chose, toujours ses idées noires.\u2014 Oui, ses idées noires, prononça René d une voix sourde.\u2014 Est-ce malheureux, une si charmante jeune femme ! On peut bien le dire, mon cher de Lineuil, vous possédiez une perle, une vraie perle; oui, en vous mariant vous aviez aussi bien réussi que moi.Le sourire de tout à l'heure reparut sur les lèvres de René.\u2014 Mais Mme de Lineuil est jeune, continua M.Grégoire, il faut espérer quelle guérira de cette vilaine maladie René resta silencieux.II\tétait devenu très sombre.\u2014 Allons, ne parlons plus de cela, reprit M.Grégoire, car je vois que je vous fais de la peine.Allez-vous nous rester longtemps ?\u2014 Pas plus de deux ou trois jours.\u2014 Oh ! ce n'est pas assez; nous ferons ce qu\u2019il faudra pour vous garder au moins une semaine En attendant, vous avez besoin de faire votre toilette; je vous connais, vous ne voudriez pas paraître devant Mme Grégoire et nos invités dans votre costume de voyage couvert de poussière.Tout en parlant, M.Grégoire avait sonné.Un domestique parut.Celui-ci, qui avait été amené de Paris René le connaissait \u2014 Philippe, lui dit M.Grégoire, prenez cette valise et conduisez M.de Lineuil dans une des chambres réservées pour nos invités; vous veillerez à ce que M.de Lineuil ne manque de rien.A tout à l'heure, ajouta-t-il, s a-dressant à René.Celui-ci suivit le domestique, M.Grégoire descendit au jardin et, sans se presser, s'achemina vers l\u2019entrée du parc.Il se disait, en se frottant les mains : \u2014 Ma chère Fernande n'aura plus ses terreurs imaginaires; ce soir nous ne serons plus treize à table.Quatre personnes sortaient du parc, suivies à peu de distance par les autres promeneurs, moins Fernande et Armand Pouget.___Je ne vois pas Mme Uregoire, dit le mari ou donc est-elle ?\u2014 Nous l'ignorons répondit une dame il y a de si nombreuses allées NOTRE FEUILLETON \u2014 No 11 Jolie Coutur par Emile RICIiEBOLRG Dessin de SAINT-LOUP RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS René de Lineuil est un jeune homme au physique agréable, si bien qu'il a la réputation d'un irrésistible don Juan.Les plaisirs et sa frivolité lui ont coûté sa fortune et celle de sa tante.Il décide de remédier à cet état de choses en épousant Suzanne Vernon qui lui apportera en dot un million de francs.René semble avoir oublié Rose, la jolie couturière: elle l\u2019aimé encore d'un amour aveugle , .Rose et René se sont rencontrés de la façon la plus romanesque.Aussi est-ce pour ainsi dire sans scrupule et sans regret qu'il épouse Suzanne Vernon.Le jour du mariage.Rose a la surprise et la douleur de reconnaître dans le marié celui de qui elle se croyait tellement aimée.Elle s'évanouit.Fernande, femme fatale s'il en fut jamais, jure de se venger subtilement de René qui l'a abandonnée après l'avoir aimée avec passion.Elle tend à l'innocente Rose un piège, premier mouvement de sa haine.Elle fait enlever l'enfant de Rose Inutilement, puisqu'il faut le remettre à la mère pour éviter le scandale et les représailles de la police.Alors Fernande essaiera de briser le ménage de Suzanne et de René.Elle n'y réussira que trop.A force de charme, d'hypocrisie et de mensonges, elle attire à elle de nouveau le faible René et exerce sur lui une domination qui le perd.Peu à peu, René délaisse sa femme: et, repris par la passion du luxe et du jeu, se ruine tout à fait pour les beaux yeux de Fernande, devenue maintenant l'épouse intrigante du richissime M.Grégoire .dans votre superbe parc que nous nous y sommes perdus.Tout ce que je peux vous dire, c\u2019est que Mme Grégoire est en compagnie de M.Pouget \u2014 Ah ! très bien; je devine où ils sont allés; ma femme a voulu faire voir à M.Pouget la grotte aux stalactites, une vraie merveille, où un poète peut trouver de belles inspirations.Et, content, M.Grégoire se mit à rire \u2014 Eh bien, mesdames et messieurs, reprit-il, avant Mme Grégoire vous allez savoir la nouvelle.\u2014 Qu'est-ce donc ?s\u2019écria-t-on.\u2014 Ce soir nous ne serons pas treize à table, répondit M.Grégoire, se remettant à rire; un nouveau convive vient de nous arriver de Paris, M.René de Lineuil.\u2014 11 est venu seul ?\u2014 Oui, seul.\u2014 Et sa charmante petite femme, que l'on ne voit plus nulle part ?Ne voulant point parler de l\u2019étrange maladie dont il croyait la jeune femme atteinte, M.Grégoire répondit : \u2014 Mme de Lineuil n'aime pas la campagne et encore moins la vie de château.XXVI La Provocation C'An s'était assis à l\u2019entrée du parc, v\u2014'/ faisant cercle autour d une table de marbre sur laquelle un domestique apporta des liqueurs, des bouteilles de bière, de limonade, des verres et des cigares.Et I on se mit à boire à fumer et à causer en attendant Mme Grégoire et M Armand Pouget.Au bout de vingt minutes, Mme Grégoire arriva seule.Elle était essouflée, avait les prunelles brillantes, le teint enluminé et les frisons de ses cheveux noirs quelque peu ébouriffés.\u2014 Où donc est M.Pouget ?demanda M.Grégoire.\u2014 Mais je croyais le trouver avec vous, répondit tranquillement Fernande; il y a plus d\u2019une demi-heure qu'il m'a quittée pour s'en aller rêver sous les hautes futaies et moi, mesdames, je vous ai inutilement cherchées de tous les côtés.Décidément, mon ami, il sera utile, quand nous nous promènerons dans le parc, que nous ayons une trompe pour sonner le ralliement.Après une pause, elle continua : \u2014 Oh ! ces poètes, ils ont des distractions étonnantes; je parierais qu\u2019il s'est égaré du côté des ruines de l'ancienne chapelle et qu'il ne s'aperçoit même pas que le soleil commence à baisser.\u2014 Ces ruines de l'ancienne chapelle sont fort intéressantes, dit un monsieur décoré.\u2014 Pour un géologue, ajouta une dame.\u2014 Un poète est un peu tout, fît une autre.Fernande s'était assise.Elle vida un verre de limonade que lui avait présenté son mari.\u2014 Ah ! fit tout à coup M.Grégoire voilà M.de Lineuil qui vient nous rejoindre.Fernande tressaillit violemment et une pâleur subite classa la rougeur de ses joues.Et comme elle tournait le dos à 1 allée conduisant au château, elle se retourna brusquement, en se dressant debout.De Lineuil, mis avec son élégance d'autrefois le chapeau à la main, n\u2019était plus qu\u2019à vingt pas du groupe.Fernande regarda son mari, comme inquiète.\u2014 Ma chère, répondit M.Grégoire à l'interrogation muette de sa femme, j'allais te dire que M.René de Lineuil venait de nous arriver.En ton absence, c\u2019est moi qui l'ai reçu.Je comprends ta surprise, la mienne n\u2019a pas été moins grande.Fernande avait déjà retrouvé son sang-froid.I\u20acl*\u20ac \u2014 Eh bien dit-elle, que M.de Lineuil soit le bienvenu.\u2014 Madame, répondit René, qui avait entendu, je vous remercie.Et il s\u2019inclina devant la jeune femme.Tout le monde s'était levé.Avec cette aisance de l\u2019homme du monde et cette grâce qui lui était particulière et qu'il retrouvait à cet instant.René salua les autres personnes et serra la main à deux de ces messieurs qu'il connaissait depuis longtemps et étaient de ses amis.Peu après, on vit paraître M.Armand Pouget, débouchant d une allée du parc.\u2014 Ah ! enfin, s'écria M.Grégoire, le voilà retrouvé ! Instinctivement, Fernande jeta les yeux sur René; elle remarqua sur ses lèvres, légèrement crispées, un sourire singulier.\u2014 Mais arrivez donc, beau rêveur, disait gaiement M.Grégoire, on vous croyait positivement perdu; allons, venez vite vous rafraîchir, vous devez avoir une soif du diable.Regardez dans quel état il s'est mis; il s\u2019est frotté aux pierres moussues des ruines.Ah ! ah ! ah ! votre vêtement, cher monsieur, va avoir besoin tout à l'heure d'un joli coup de brosse.Fernande, très calme en apparence, était comme sur des épines.M.Pouget, assez embarrassé de sa personne et riant jaune, s\u2019était assis à côté de M.Grégoire, qui lui demandait : \u2014 De la bière ou de la limonade ?\u2014 Excepté Fernande, personne n\u2019avait remarqué que M.de Lineuil et M.Pouget ne s'étaient pas salués.Au bout de quelques instants, tout le monde se leva pour rentrer au château.Fernande s\u2019approcha de René et lui dit à voix basse rapidement : \u2014 Pourquoi êtes-vous venu ?Vous avez eu tort : mais j'espère que vous saurez vous observer et vous conduire en parfait gentleman René ne répondit pas.Il s'éloigna brusquement et alla offrir son bras à la femme d'un de ses amis.Ces dames suivirent Mme Grégoire au salon et les hommes entrèrent dans la salle de billard pour faire une partie de carambolages.Armand Pouget avait momentanément disparu .pour le coup de brosse.L\u2019heure du dîner arriva assez rapidement A sept heures et demie tout le monde était à table Rien ne manquait à cette table de millionnaire.Magnifique argenterie, mets exquis, vins délicieux de plusieurs grands crus, champagne frappé dans des carafes de Bohème.Mme Grégoire était placée entre deux de ses invités et M.Grégoire en face de sa femme, entre deux dames.A côté de l'une, de Lineuil; a côté de l'autre, Armand Pouget, de sorte que Fernande avait ainsi devant elle et sous les yeux ses deux chevaliers servants.Elle était préoccupée, mais elle savait se rendre si complètement maîtresse d elle-même qu on ne pouvait s en apercevoir.Voyant tout veillant sur tout, elle semblait n avoir d\u2019autre souci que de remplir dignement son devoir de maîtresse de maison.Elle paraissait avoir l'esprit absolument (Lire la suite page 29) 24 LE SAMEDI Les Perles du Corsaire (Suite de la page 21 ) Sir Richard proposait de louer une voiture dans un garage, lorsque Jean Laroche déclara péremptoirement : \u2014 En semblable circonstance, je suis d avis que 1 on doit écarter les scrupules et aller au plus pressé.Mon avion est là, je puis dans le minimum de temps transporter Espérance à Kermor .avec Maud, si elle désire l'y accompagner.Maud Harlington hésitait, mais Espérance décida aussitôt : J accepte, Jean, et je vous remercie.\u2014 Bien, dit alors Maud.Allons nous équiper.VI EST seulement dix jours après le départ de sa petite-fille que la comtesse de Kermor avait réussi à prendre rendez-vous avec Dulac, le joaillier, empêché par l\u2019absence de son associé qui avait été appelé d'urgence en Europe centrale pour une estimation de haute importance et tardait à revenir.Dulac, enfin, ne voulant pas la faire attendre plus longtemps, vint seul et s\u2019excusa de ne pouvoir, dans ces conditions, réaliser sur place l\u2019expertise complète du joyau.\u2014 J\u2019ai, dit-il, une cliente qui, sur le vu de la photographie, serait acheteuse du collier.Comme il s\u2019agit de l une des plus importantes fortunes industrielles, je crois qu'elle ne reculerait pas devant le prix, se fiant à notre estimation.\u2014 Qu\u2019entendez-vous par là ?interrogeai la vieille dame.\u2014 Je veux dire, madame la comtesse, que dès le retour de mon associé il sera indispensable que vous nous confiez le joyau \u2014 oh ! pour un jour ou deux seulement \u2014 afin que nous établissions perle à perle le poids et la valeur marchande de l'ensemble.Par la même occasion, notre cliente pourra voir le bijou, car je ne suppose pas que vous désiriez qu\u2019elle vienne ici ?\u2014 Oh ! Dieu non ! répliqua vivement la comtesse.Le collier était posé sur un guéridon devant eux dans son écrin de cuir vieilli.Dulac le souleva entre ses doigts et fit jouer la lumière à travers l'énorme pierre du fermoir.\u2014 Cette émeraude est merveilleuse, je dirai même, unique, dit-il avec une évidente admiration.Il l'approcha de ses yeux et, dans ce mouvement, le chapelet des perles glissa contre la paume de sa main qui le retint un moment.Il tressaillit imperceptiblement, une expression étrange passa sur son visage.Une minute plus tard le collier reposait à nouveau dans son écrin et, avec de grandes démonstrations de respect, le bijoutier prenait congé.La comtesse poussa un soupir en renfermant les « Perles du Corsaire ».Herminie Le Harec, qui avait accompagné le visiteur jusqu\u2019à la porte du manoir, revint, l'air préoccupé.Sans pouvoir expliquer pourquoi, elle ressentait une sorte de malaise.Qu\u2019y avait-il ?Elle n'aurait su le dire, mais quelque chose clochait.Herminie avait employé les journées précédentes à faire dans les archives des recherches sur tout ce qui se rapportait aux célèbres perles.Elle avait réuni tous les documents dans lesquels il en était fait mention : actes de mariage ou inventaires après décès ; testaments, déclarations successives remontant jusqu'à la prise de possession originelle.Ce qui la tracassait.cependant, c'était de n'en point trouver trace dans les papiers qui suivaient l'époque de la Révolution.Il y avait là une lacune qu'elle aurait été désireuse de combler et, dans l\u2019espoir d'y réussir, elle se mit, au cours de la semaine suivante, à vider les tiroirs d un bonheur-du-jour dix-huitième jusqu\u2019ici resté inexploré.Papiers jaunis sur lesquels 1 encre des écritures avait pâli.poussière du passé .souvenirs oubliés brusquement ramenés à la lumière du jour.Feuille à feuille, avec soin et respect, Herminie déchiffrait, classait, réunissait, prenant des notes.Les tiroirs étaient profonds, parfois trop remplis, quelques feuillets s'en étaient échappés, glissant au fond du meuble.Il fallut que Mlle Le Harec les tirât, passât sa main contre les parois pour retrouver ces égarés.C'est ainsi que ses doigts, frôlant une moulure, firent soudain jouer un ressort et, à sa grande surprise, derrière un tiroir, un double fond s\u2019ouvrit.Herminie Le Harec retint un cri à cette découverte.Qu'avait-on dissimulé dans cette mystérieuse cachette ?Quel secret gisait là ?.Depuis combien de temps ?Deux papiers seulement.Elle s\u2019assit et, lentement, les déplia l'un après l\u2019autre .Des heures s'écoulèrent.Herminie était toujours là, les deux papiers dépliés devant elle.Depuis des heures, elles les avait lus, et elle demeurait, une main appuyée sur chacun d\u2019eux, immobile.Maintenant, elle savait ce qui clochait, ce qui avait éveillé en elle un vague malaise venu d'une intuition profonde.Les deux feuillets étaient datés de l'an de grâce 1770.L'un était signé Arnaud, comte de Kermor ; l\u2019autre portait pour en-tête : Boehmer et fils, joailliers du Roy.Les journées qui suivirent furent remplies pour Herminie d une constante torture de conscience.Que devait-elle faire ?Fallait-il taire, ou dévoiler sa découverte ?Que pouvait-il résulter d\u2019une parole trop hâtive, ou d\u2019un silence trop prolongé ?Une lettre de Dulac vint mettre un terme à ces hésitations.\u2014 11 m annonce que son associé est enfin revenu, lui dit la comtesse, et me demande si je suis toujours décidée au sujet du collier.J\u2019ai l\u2019impression, ajouta-t-elle, qu\u2019il y a une certaine restriction dans la façon dont il s'exprime.Etes-vous d'avis, Herminie, de lui confier les perles, ainsi qu\u2019il le prétend ?\u2014 Non.Mlle Le Harec prononça ce mot d'une voix basse et voilée, au fond de laquelle vibrait quelque chose de si étrange que Mme de Kermor leva sur elle des yeux étonnés.\u2014 Pourquoi ?Mise ainsi au pied du mur, Herminie ne pouvait plus reculer.Elle sortit d\u2019un portefeuille les deux documents.Ses mains tremblaient un peu en les dépliant.\u2014 Pardonnez-moi, madame, la déception que je vais vous causer, dit-elle, mais je dois empêcher que ce coup vous soit porté de façon plus cruelle.Il ne faut pas envoyer le collier à l\u2019expert, parce que cet expert vous dirait que ces perles sont fausses .C'est, hélas 1 l'exacte vérité, et en voici la preuve.La comtesse de Kermor avait eu un violent haut-le-corps.Elle arracha presque les feuillets journis des mains de Mlle Le Harec.mais il fallut un moment avant qu elle se trouvât capable d en prendre connaissance.Son visage était devenu couleur de cendre, et ses lèvres, tandis qu'elle lisait, remuaient lentement, comme pour prononcer les mots que sa raison se refusait à comprendre.D'abord, un mémoire des joailliers Boehnxer et fils : «.pour l'exécution d'un collier de fausses perles imitant exactement un collier de perles véritables appartenant à monseigneur le comte Arnaud de Kermor et fixation au collier fourni du fermoir d'émeraude pris sur l\u2019autre .» Puis, une déclaration écrite de la main du comte de Kermor, expliquant qu'ayant dû se résoudre à vendre les « Perles du Corsaire », pour payer les dettes de jeu de son fils Philippe, puis son équipement comme officier des Gardes de la Dauphine, et lui permettre de faire figure à la cour, il s\u2019assurait, avant de s\u2019en défaire, une copie exacte du joyau, copie à laquelle serait adaptée l'émeraude en forme de cœur qui lui conserverait une allure d\u2019indéniable authenticité permettant de dissimuler le subterfuge aux yeux des profanes.La nécessité et la dureté des temps, ajoutait le signataire, le contraignaient à cette cruelle extrémité dont il priait ceux qui viendraient après lui de le bien vouloir pardonner .\u2014 D'où tenez-vous cela ?demanda la comtesse dans un souffle.Herminie expliqua comment elle avait découvert la cachette du bonheur-du-jour et s'excusa encore : \u2014 Il me fallait vous prévenir, madame, pour vous éviter un affront qui vous eut affreusement mortifiée.\u2014 Vous avez bien fait, répliqua la vieille dame.Ecrivez à Dulac que je renonce .Je signerai.Espérons qu\u2019il ne s'est pas rendu compte lors de sa visite .Et puis .Elle n'acheva pas.Ses yeux se fermèrent, sa tête retomba sur sa poitrine, tandis que ses mains se crispaient aux bras de son fauteuil.Le coup avait été trop dur pour elle.Malgré l\u2019effort de sa volonté, la pauvre femme avait perdu connaissance.Le médecin appelé par Herminie affolée, parla d'une attaque, heureusement sans gravité.Néanmoins, il conseilla à Mlle Le Harec de rappeler Espérance.A Quand, le soir même, la jeune fille arriva, escortée de Maud Harlington, Herminie, avant de la laisser pénétrer auprès de la malade, lui expliqua rapidement l'état dans lequel elle se trouvait et les prescriptions du docteur.\u2014 Elle est très faible, .mais elle a repris connaissance.Nous l\u2019avons couchée, naturellement, cependant, le médecin est d'avis de la lever demain peur éviter la congestion.Tu peux aller l\u2019embrasser, à condition de ne rester que quelques minutes, car il recommande un repos absolu.Espérance étant entrée sur la pointe des pieds dans la chambre de sa grand mère, Herminie demanda soudain à Maud : \u2014 Mais comment donc, madame, êtes-vous arrivée aussi vite ?Je pensais qu'Espérance prendrait le train demain matin.\u2014 Nous sommes venues en avion, répondit la jeune femme, et nous avons atterri sur la lande.Dans l\u2019excitation du moment présent, Mlle Le Harec ne pensa même pas à trouver cela extraordinaire.Vingt-quatre heures s\u2019étaient écoulées.Depuis le matin, le grand oiseau d\u2019argent avait repris son vol, remmenant Maud Harlington rassurée après qu'elle eût vu la comtesse de Kermor dans son grand fauteuil à oreillettes.En accompagnant son amie sur la lande.Espérance avait eu une longue conversation avec Jean, tandis que Maud bouclait son vêtement de cuir et s'installait dans la carlingue.Et longtemps ensuite, la jeune fille avait regardé la direction dans laquelle [avion disparaissait, se répétant les derniers mots prononcés par celui qu\u2019elle considérait comme son fiancé : \u2014 Je reviendrai demain, ma chérie Ayez confiance .A travers l\u2019éther, il se les redisait à lui-même .Dans la journée, assise auprès de grand'mère, Espérance ne put résister au désir de parler de Jean.Elle le fit de façon d\u2019abord hésitante, puis, ne rencontrant pas la résistance qu\u2019elle avait redoutée, se laissa aller à des confidences complètes.\u2014 Jean Laroche .murmura pensivement l\u2019aïeule.Elle prononçait sans réprobation ce nom plébéien.Il y avait quelque chose de changé dans ses croyances L\u2019idole du passé, qui avait jusqu\u2019ici dominé son existence, était ébranlée.\u2014 Jean Laroche .répéta-t-elle en caressant les boucles fauves de sa petite-fille.Et tu dis qu'il.viendra demain ?Eh bien, je veux le voir.\u2014 Oh ! grand'mère, si le docteur le permet.\u2014 Il faudra bien qu\u2019il le permette.A cette heure, celui dont parlait Espérance parlait lui-même d elle à une vieille dame presque pareille à la comtesse de Kermor C était dans une luxueuse villa située en bordure de la forêt de Rambouillet et dominant la Vallée de Chevreuse.\u2014 Voilà, grand\u2019mère, dit-il en terminant, je vous ai tout raconté.Maintenant, je compte sur vous.Ainsi que l'autre aïeule, celle-ci caressa le front qui se tendait vers elle : \u2014 Tu as bien fait de venir tout de suite à moi, mon petit Jean, répondit-elle.Le visage soucieux, elle ajouta : \u2014 Je me doutais que quelque chose n\u2019allait pas, d\u2019apres la lettre que j'ai reçue ce matin.Tiens, mon enfant, tu peux la lire.Le jeune homme parcourut du regard le papier d'aspect commercial que lui tendait sa grand\u2019mère : « Madame, « Comme suite à la transaction dont vous avez bien voulu nous charger, nous avons l'honneur de vous informer qu avant de pousser plus loin les négociations, nous demandons que le collier dont vous vous portez acquéreur nous soit confié à fin d'expertise, un premier aperçu du joyau nous ayant inspiré quelque doute sur 1 authenticité des perles.L\u2019émeraude du fermoir, en revanche, est une pierre de la plus belle eau et d\u2019une pureté sans égale.« Comptez, madame, que nous vous tiendrons au courant.« Toujours à vos ordres, « Dulac et Levillain.» \u2014 Ce balourd de Dulac, voulant faire du zèle, n a fait que du gâchis, commenta la vieille dame.Qui donc 1 avait prié de se montrer si pointilleux ?Il s\u2019agit d aller arranger les choses au plus vite.Ne tergiversons pas Demain matin, tu vas m'emmener à Kermor dans ton avion.\u2014 Quoi, grand mère, vous voulez monter en avion ?\u2014 Pourquoi pas ?Je suis pressée, je prends le moyen le plus rapide.Il faut être de son temps, \u2014 Mais .\u2014 Ah ! pas de mais, mon garçon.Ce que i ai une fois décidé, je l\u2019exécute.Ce n est pas quand ma sœur est en danger \u2014 tu m\u2019as dit quelle a eu une attaque, n est-ce pas ?\u2014 que je vais faire des manières.Nous partons demain matin, et je me charge (Lire la suite page 36) 26 février 1938 25 Par Mm* ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI VOL-AU-VENT AUX HUITRES Découper avec un emporte-pièce de forme ovale de la pâte feuilletée à 1 épaisseur de J/> pouce.A un JA pouce du bord, découpei à demi la pâte.Dorer au jaune d\u2019œuf et faire cuire à four chaud 500e .Au sortir du four, enlever à 1 aide d\u2019un petit couteau le second rang de pâte.Creuser l\u2019intérieur, remplir d huîtres frites, remettre le couvercle ; garnir de persil et servir avec une sauce à la crème.\u2022 CHOU AU FROMAGE I périt chou 3 c.table de beurre 1 Yi tasse de lait 3 c.table de farine Zl tasse de fromage Sel et poivre Tailler le chou en lanières assez épaisses, et le faire cuire dans l\u2019eau bouillante salée, J4 d heure environ ou jusqu à ce que tendre Le temps de cuisson dépendra de l\u2019âge du chou et de sa fraîcheur Ce qu\u2019il faut éviter, c'est une cuisson prolongée.Après cuisson, l\u2019égoutter parfaitement et le dresser dans un légumier, le tenant à la chaleur.D'autre part, faire une sauce blanche avec le beurre, la farine et le lait Quand la sauce est lisse et bien cuite, l\u2019assaisonner de sel et de poivre, y joindre le fromage ; laisser fondre en brassant.Verser sur le chou, parsemer ici et là quelques petties touffes de persil, et servir immédiatement.\u2022 EPINARDS EN PUREE 4 c.table de farine 2 casses de lait 1 \u2019 tasse de fromage Découper 1 poule de 3 à 4 livres.Dans une casserole, faire frire le lard coupé en dés jusqu'à ce qu\u2019il soit bien doré.Passer les morceaux de poulet dans le lait, puis dans la farine, et les faire saisir dans le lard.Couvrir la casserole et laisser mijoter jusqu'à ce que bien tendre, environ 2 heures Retirer le poulet et le tenir au chaud.Ajouter la farine dans le jus de cuisson.puis délayer avec le lait.Ajouter le fromage, puis le macaroni préalablement cuit à l'eau bouillante salée.Servir le tout sur plat bien chaud.Garnir de persil.PUREE DE FRUITS GLACES A LA CHANTILLY 1 douzaine de bananes 1 tasse de jus d'oranges 2 tasses de sucre Le jus de 1 citron Passer les bananes bien mûres à travers un presse-purée ; ajouter le jus d'oranqes chauffé avec le sucre (pour faire fondre ce dernier) et le jus de citron Refroidir tout à fait.Faire congeler dans un réfrigérateur ou dehors, quand il gèle ou encore dans une sorbetière.Agiter pendant la congélation.Quand bien ferme, déposer dans des coupes et garnir de crème fouettée et vanillée.Si les coupes sont préparées et garnies d'avance, la crème fouettée gèlera également, et ce sera un dessert délicieux.VOILA.JE CIRE MES PLANCHERS SANS LES FROTTER ©\\0* Une nouvelle cire qui durcit sans aucun frottage En quelques minutes, étendez la Cire liquide Old English, sans frotter \u2014 sur vos parquets et linoléums.Vous la verrez durcir et devenir le plus beau 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chaud.POULET A LA MARYLAND 1 poulet 4 à 5 tranches de lard 1 tasse de macaroni \u2022 MERINGUES FOURREES DE CREME GLACEE 1 '4 tasse de sucre en poudre 4 blancs d'œufs J 2 c.thé de vanille Battre les blancs jusqu'à ce qu\u2019ils soient fermes ; ajouter graduellement environ les % du sucre, et continuer de battre jusqu à ce que le mélange garde sa forme Ajouter la vanille, puis incorporer le reste du sucre.Déposer par cuillerées sur une tôle recouverte de papier blanc non beurré.Cuire environ 1 heure à 250°.Refroidir, remplir de crème à la glace ; remettre une autre meringue par-dessus.LE PORTER TONIQUE INVALID STOUT fournit à l'organisme affaibli tous les éléments dont il a besoin pour se refaire.Les Brasseries Carling Limitée Montréal 26 LE SAMEDI GRATIS FORTIFIEZ VOTRE SANTE ET EMBELLISSEZ VOTRE POITRINE Toutes les femmes doivent être belles et vigoureuses, et toutes peuvent l'être grâce au Traitement Myrriam Dubreuil Vous pouvez avoir une santé solide, une belle poitrine, être 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lâche et misérable, ne voulant pas, par respect pour vous et les dames qui sont ici, l\u2019appeler autrement; il me demande raison de mes paroles; à mon tour, je lui demande raison de I\toutrage qu\u2019il m\u2019a fait.\u2014 Nous nous battrons, monsieur de Lineuil.\u2014 Vous avez besoin d\u2019un duel pour vous servir de réclame, monsieur Armand Pouget, vous T aurez; soyez tranquille, je ne me déroberai pas.Je vous ai déjà dit que j\u2019étais à vos ordres ce sera quand vous voudrez.\u2014 Fout de suite, à l'instant même \u2014 En vérité, messieurs, dit M.Desrosiers, la colère vous aveugle; je vous ferai observer qu'on ne se bat pas en duel au milieu de la nuit.\u2014 En sa qualité de poète, dit ironiquement René, M.Armand Pouget doit beaucoup aimer les clairs de lune.\u2014 Monsieur de Lineuil, je vous tuerai ! vociféra Armand Pouget.\u2014 Si vous pouvez, riposta René.\u2014 Il me faut votre vie ! - Elle n'est peut-être pas aussi facile à prendre que vous le croyez.II\ty a des choses fort difficiles, monsieur Armand Pouget, comme, par exemple, de vendre ses poésies\u2019.Le poète devint vert, et si on ne l'eut retenu, les deux ennemis en seraient venus aux mains et on eût eu le triste spectacle d'une bataille à coups de poings.La crise de nerfs de Fernande ayant pris fin, M.Grégoire, envoyé par elle, était revenu dans la salle de jeu afin de pouvoir renseigner sa femme sur ce qui s'y passait.Lui et ses amis tentèrent vainement d\u2019arranger l\u2019affaire.Que pouvaient-ils faire en présence de deux hommes, maintenant ennemis mortels, autant l'un que l'autre décidés à se bettre.Un peu plus tôt ou un peu plus tard, le duel était inévitable.Tous les moyens de conciliation étant épuisés, deux des invités consentirent à être les témoins d\u2019Armand Pouget.M.Desrosiers et le monsieur décoré acceptèrent de servir de témoins à René de Lineuil.Alors, de part et d'autre, il fut convenu que la rencontre aurait lieu le lendemain dans le parc, à huit heures du matin.De Lineuil avait laissé à son adversaire le choix des armes; l\u2019épée ou le pistolet, cela lui était égal.M.Pouget, qui était d\u2019une certaine force à l'épée, choisit naturellement cetjte arme.Dans la salle d\u2019armes du château on trouverait deux épées de combat.\u2014 Mais il nous faudra au moins un médecin, dit un des témoins.\u2022\u2014 Demain, à la première heure, répondit M.Grégoire, je ferai prévenir le docteur Blanchard, qui est notre médecin, et il se trouvera en même temps que vous dans la grande allée du parc.Il fut décidé qu'on laisserait ignorer la rencontre aux dames, et que pour ne pas leur donner l'éveil, avant qu'elles fussent habillées et sortiej de leurs chambres, c'est-à-dire dès sept heures du matin, les deux adversaires et les témoins se rendraient séparément dans le parc.N'ayant plus rien à faire avec ces messieurs qui, d\u2019ailleurs, se disposaient à aller se coucher.M.Grégoire rejoignit Fernande qui 1 attendait avec une impatience fébrile.Encore sous le coup de la terreur que lui avait causée la querelle, dont elle ne devinait que trop le motif et qui pouvait avoir pour elle de si terribles conséquences, Fernande était horriblement anxieuse, elle tremblait qu'il ne fût échappé à l\u2019un ou à 1 autre, dans la colère, des paroles pouvant gravement la compromettre.Déjà, lors de sa rencontre avec Sindbad le Marin, boulevard Bineau, elle vait eu les mêmes transes qu\u2019en ce moment et tremblé, en proie aux mêmes inquiétudes.Cela avait été pour elle un avertissement dont, une fois la frayeur passée elle n\u2019avait pas tenu compte.C\u2019est que Fernande était de ces femmes qui croient pouvoir tout braver et qui, se protégeant elles-mêmes par leur audace et leur hypocrisie, ne veulent pas voir ce qu elles ont à redouter.Ne connaissant pas d\u2019autres lois que celles de ses passions, Fernande s\u2019était lancée sur une pente que ni les angoisses, ni les terreurs ne pouvaient lui faire remonter.Cependant elle voyait, elle sentait que si son chemin était jonché de roses, il y avait aussi des épines cachées sous les roses.XXVII Elle et Eux àAadame Grégoire accueillit son mari par ces mots : \u2014 Ah ! enfin, vous voilà ! Puis, le regardant fixement, comme si elle eût voulu fouiller jusqu\u2019au fond de sa pensée : \u2014 Eh bien, reprit-elle, est-ce fini ?\u2014 Oui, oui, Fernande, c\u2019est fini ?\u2014 Ils sont compris combien tous deux étaient sots, ridicules, et ils se sont serré la main ?\u2014 Hum, hum, pas précisément, fit M.Grégoire avec embarras.\u2014 Voyons expliquez-vous mieux que cela.\u2014 Mais .\u2014 Pourquoi ce mais ?Vous me cachez quelque chose.\u2014 Fernande, je t\u2019assure .\u2014 Je veux savoir exactement tout ce qui s'est passé.Ces messieurs, dans leur dispute, ont-ils parlé de moi, prononcé mon nom ?\u2014 De toi, Fernande ?Et pourquoi auraient-ils parlé de toi ?Comme moi, ma chérie, tu n'étais pour rien dans leur querelle.La jeune femme respira plus à l'aise.Ni Armand, ni René n'avaient laissé échapper des paroles imprudentes.Elle était rassurée.\u2014 Mon ami, reprit-elle, apprenez-moi donc comment est venue cette déplorable querelle.\u2014 Mais, ma chère Fernande, je te l'ai déjà raconté.\u2014 Oui, je crois; mais je ne me rappelle plus, j'étais tellement bouleversée .\u2014 Eh bien, M Pouget a refusé de faire la partie d'écarté avec M.de Lineuil et celui-ci naturellement, s'est trouvé offensé.\u2014 Ainsi, c\u2019est pour une pareille niaiserie ?\u2014 C'est plus sérieux que tu ne le crois.\u2014 Et vous trouvez que M.Pouget a eu tort ?Dame, je ne peux pas lui donner raison.\u2014 Et ces autres messieurs ?\u2014 Disent aussi qu\u2019il a eu tort.-Ah! \u2014 Refuser de jouer avec une personne équivaut à dire que cette personne triche au jeu; c\u2019est une grave injure, et moi, à la place de M.de Lineuil, je me serais senti également cruellement offensé.\u2014 Mais, enfin, qu\u2019est-il advenu de cela ?\u2014 Fernande, je ne peux pas te dire .\u2014 Ah ! je voyais bien que vous me cachiez quelque chose.Mais je veux savoir, entendez-vous ?je veux tout savoir.\u2014 Il a été convenu .\u2014 Quoi, quoi ?\u2014 Que l\u2019on ne dirait rien à ces dames.,\u2014 Ah ! vraiment ?Seulement, moi monsieur Grégoire, je suis votre femme et je ne dois rien ignorer de ce qui se passe dans notre demeure Encore une fois, je veux tout savoir et si vous voulez ne pas me déplaire vous ne me cacherez rien.\u2014 Mais Fernande, ma chérie, tu sais bien .\u2014 Parlez donc ! fit-elle d\u2019un ton impératif.\u2014 On a voulu arranger la chose, nous nous y sommes tous employés; mais tout ce que nous avons pu dire a été inutile \u2014 Et alors ?\u2014 Ils se battront.Mme Grégoire sursauta et devint affreusement pâle.\u2014 Un duel ! s\u2019écria-t-elle; mais il faut 1 empêcher.\u2014 Je te répète que nous avons tout fait pour cela, sans pouvoir réussir.\u2014 Quand doit-il avoir lieu ce duel ?\u2014 Demain matin, dans le parc.\u2014 Oh ! oh ! quel scandale ! \u2014 Comme toi, Fernande, je suis désolé de cela.Elle se leva et fit auelques pas dans la chambre, fiévreusement agitée.Jamais les éclairs de son regard n'avaient été aussi sombres.Elle se rapprocha brusquement de son mari.\u2014 Ces dames, lui dit-elle, se sont retirées chez elles après être venues me souhaiter le bonsoir.Où sont leurs maris ?\u2014 Je les ai quittés au moment où chacun allait rentrer chez lui.\u2014 Où est M.Armand Pouget ?\u2014 Il doit être encore dans la salle de jeu ou il est resté seul.\u2014 Et M.de Lineuil ?\u2014 Il est également seul dans la salle à manger, en train de fumer un cigare.\u2014 Ah ! bien Mon ami, il ne faut pas que ce duel ait lieu.M.Grégoire hocha silencieusement la tête.Fernande continua : \u2014 Où tous vous avez échoué, je peux réussir, moi.\u2014 Hein, que veux-tu faire ?\u2014 Réconcilier les deux adversaires \u2014 C\u2019est impossible.Je ne sais quelle fureur les tient, quelle espèce de démon les pousse l\u2019un contre l\u2019autre.\u2014 Je veux empêcher ce duel, c'est mon devoir et mon droit de maîtresse de maison; nous verrons bien si ma voix est impuissante et mes paroles inutiles.Elle sonna sa femme de chambre, qui accourut.\u2014 Augustine, lui dit-elle, M.de Lineuil est dans la salit à manqer; allez lui dire que je désire lui parler et vous l'amènerez ici.Cela fait, vous pourrez aller vous reposer, je n aurai plus besoin de vos services.La femme de chambre disparut.\u2014 Vous, mon ami, reprit Fernande en se tournant vers M.Grégoire, vous allez descendre à la salle de jeu où vous tiendrez compagnie à M.Pouget, pendant l'entretien que je vais avoir avec M.de Lineuil.Sans réplique, avec cette docilité que sa femme exigeait de lui, M. 26 février 1938 31 Grégoire sortit de la chambre pour aller retrouver M.Pouget dans la salle de jeu.Trois minutes après, René était introduit dans la chambre.Après s'être assurée que les portes étaient bien fermées et qu\u2019aucune oreille indiscrète ne pouvait entendre, Fernande se dressa devant le jeune homme, sombre et hautaine.\u2014 Monsieur de Lineuil.lui dit-elle d un ton sec, en lui désignant un fauteuil.veuillez vous asseoir.Il obéit et elle-même s\u2019assit sur un canapé.Pendant un instant ils se regardèrent, croisant les feux sombres de leurs regards.\u2014 Monsieur de Lineuil, reprit la leune femme, est-ce donc pour causer le scandale de ce soir que vous êtes venu à Blémont où vous n'étiez pas attendu ?\u2014 Vous intervertissez les rôles, madame, répondit froidement René ! je ne suis point la cause du scandale dont vous parlez; à une provocation, à une grossière injure, j'ai répondu comme je devais le faire.\u2014 Je n excuse pas M.Pouget.\u2014 C'est bien heureux, murmura sourdement René.\u2014 Seulement, poursuivit Fernande, n eût-ce été que pour les personnes que nous avons ici, vous auriez dû éviter cette stupide querelle.\u2014 Alors, selon vous, je devais, sans protester, sans répondre, me laisser insulter par ce monsieur ?\u2014 Si insulte il y a, ne l avez-vous pas un peu cherchée ?\u2014 Comment cela ?\u2014 Vous avez été avec M.Pouget d une impolitesse .\u2014 Egale à la sienne, madame.\u2014 Il peut se faire que, sans raison, vous soyez antipathiques l\u2019un à l\u2019autre; mais devant le monde, chez moi, vous deviez imposer silence à vos sentiments.Enfin, et c'est on ne peut plus regrettable, vous n'avez pas su vous contenir.Ce qui est arrivé est déplorable pour tout le monde et, pour moi, particulièrement désagréable.\u2014 Je le comprends très bien.\u2014 M Grégoire m\u2019a appris que vous alliez vous battre en duel.\u2014 Oui, madame.\u2014 Mais je ne veux pas cela, moi, M.de Lineuil, vous ne vous battrez pas ! René secoua la tête.\u2014 Je vous en demande humblement pardon, madame, mais je me battrai; le duel est décidé, il aura lieu.\u2014 René, vous resteriez sourd à ma prière ?\u2014 Ce n\u2019est pas moi, Renée de Lineuil, qui me déroberai à mon ennemi \u2014 Oh 1 votre ennemi ! \u2014 Depuis qu\u2019il m\u2019a insulté, M.Armand Pouget est mon ennemi.\u2014 René, M.Pouget est très fort a l\u2019épée, paraît-il, il peut vous tuer.\u2014 Je connais bien des choses concernant M.Armand Pouget; mais j'ignorais qu\u2019il fût très fort à 1 épée, vous me l'apprenez; cela prouve que vous le connaissez encore mieux que moi.\u2014 Je répète ce que j\u2019ai entendu dire.Le sourire ironique de de Lineuil reparut sur ses lèvres.\u2014 Mon Dieu, répliqua-t-il il ne serait pas étonnant que M Armand Pouget vous eût fait lui-même cette confidence.Mais est-ce pour ma vie que vous avez des craintes ou pour celle de M.Armand Pouget ?Mme Grégoire se redressa, comme sous un coup de fouet, et riposta avec hauteur : \u2014 Je ne vous comprends pas, monsieur de Lineuil, que voulez-vous dire ?\u2014 Ce que je veux dire, vous le savez bien ; je veux dire que vous tenez plus à la vie de M Armand Pouget qu'à la mienne.\u2014 Mais vous êtes fou, René, vous êtes fou ! \u2014 Après tout, continua-t-il.rien de plus juste et de plus naturel que cette préférence; une femme tient plus à son nouvel admirateur qu'à l'ancien, qui ne répond plus comme elle le voudrait à ses exigences.\u2014 Malheureux ! s'écria-t elle, en se dressant debout d'un seul mouvement et les yeux étincelants, oseriez-vous prétendre ?.\u2014 Oui.dit-il, avec une crispation nerveuse des lèvres, M.Armand Pouget, le doux poète, est votre nouvel admirateur ! Fernande jeta autour d\u2019elle des regards effarés, puis s'écria jouant l'indignation : \u2014 C\u2019est faux, c'est une odieuse calomnie ! Qui a dit cela ?\u2022\u2014 Ce que l\u2019on peut dire, je ne l\u2019écoute pas, répondit René d'un ton sec et tranchant; j'aime à ne m\u2019en rapporter qu'au témoignage de mes yeux.\u2014 Ainsi, c\u2019est vous, vous seul qui me calomniez ?C'est misérable, c'est infâme ! \u2014 On ne calomnie pas en disant la vérité.\u2014 Encore une fois, monsieur de Lineuil, vous êtes fou.\u2014 Pas en ce moment, du moins.\u2014 Ah ! vous dites qu'on vous a insulté; mais c\u2019est moi à qui vous faites un sanglant outrage ! Prouvez donc, oui, prouvez donc ce que vous osez dire ! \u2014 Est-ce bien nécessaire ?Ne voyez-vous pas que je suis instruit ?\u2014 C'est faux, vous dis-je.c'est faux 1 \u2014 Est-ce que, entre la maison de la rue de Grammont, où demeure Mme de Fayelle, et la maison de la rue de Choiseul, où demeure M.Armand Pouget, il n'existe pas des couloirs qui communiquent à un escalier de service dépendant des deux maisons ?Un éclair de colère brilla dans les yeux de Fernande; mais, toujours prudente, elle se contint.Visiblement effrayée, elle retomba, pantelante, sur le canapé.\u2014 Oh ! reprit tranquillement et froidement de Lineuil, vous n'avez rien à craindre de moi, je suis incapable, vous le savez bien, de trahir le secret de vos nouvelles et mystérieuses amours; je suis tout ce que vous voudrez, un fou, un imbécile, mais pas un lâche !.D ailleurs, vis-à-vis de moi, vous êtes libre de faire ce que vous voulez; je n\u2019ai aucun droit sur vous et n'ai pas à me faire le censeur de votre conduite.Toutefois, permettez-moi de vous dire : Prenez garde ! Il y a d'autres yeux que les miens et des bouches moins discrètes que la mienne.Fernande était atterrée et ne savait plus que dire.René, qui voyait l'angoisse peinte sur son visage et devinait sa colère contenue, se disait ; \u2014 Chacun son tour; elle souffre en ce moment comme elle se plaît à voir souffrir les autres; mais ce n est pas assez pour que ses victimes soient vengées,1 Il reprit à haute voix : \u2014 Ne vous y trompez pas, Fernande, de même que j'ai découvert que vous aviez pour ami M.Armand Pouget, il a eu connaissance de nos relations; comment ?je 1 ignore; peut-être les a-t-il seulement devinées par intuition.Dans tous les cas, si je ne suis pas jaloux, il l est, lui, horriblement.Il a pour cela des raisons que je n'ai pas.Il a besoin de vous et il tient à vous, sachant bien qu'il ne trouverait pas facilement une autre Mme Grégoire.Sans pitié et avec une sorte de férocité, René tournait et retournait Fernande sur le gril de la torture.N'osant éclater, elle se mordait furieusement les lèvres, dévorant sa rage.\u2014 Maintenant, ajouta de Lineuil, vous n'avez plus à chercher la véritable cause de la querelle de ce soir, vous la connaissez.Fernande ne répondit pas immédiatement : elle avait à se remettre de la violente émotion qu elle venait d'éprouver et à dompter la fureur qui l\u2019étouffait.Enfin, elle reprit la parole.\u2014 Vous êtes donc résolu à vous battre ?fit-elle.\u2014 Oui, répondit-il, et j'en éprouve une réelle satisfaction.\u2014 Ah ! ne le niez pas, vous êtes jaloux ! Il secoua la tête, \u2014 Le plaisir que j\u2019éprouve à me battre a une autre cause, dit-il.\u2014 Laquelle ?\u2014 Je n\u2019ai pas à vous la faire connaître.D ailleurs, quand un duel est décidé, rien ne peut l'empêcher; s'y soustraire d'une manière ou d\u2019une autre, sous un prétexte quelconque, serait la plus grande des lâchetés.\u2014 Mais, s\u2019il vous tue, René, s'il vous tue ?\u2014 Eh bien ! il me tuera.-\u2014 Ah ! votre calme me fait peur ! \u2014 Je ne crains pas la mort, Fernande; mourir d\u2019un coup d'épée ou autrement, il importe peu, quand on a la vie belle, on peut tenir à la vie mais pour ce qu elle est à présent pour moi.La jeune femme courba la tête.Eprouvait-elle une émotion venant du coeur ?Il y avait lieu d'en douter, une femme comme Fernande ne pouvant être sensible qu\u2019à ce qui la touchait personnellement.De Lineuil s'était levé.\u2014 Avez-vous encore quelque chose à me dire ?demanda-t-il.\u2014 Non, puisque tout ce que je pourais vous dire serait inutile.\u2014 Alors, je puis me retirer ?\u2014 Oui.Il marcha vers la porte.Avant qu'il l\u2019eût ouverte.Fernande se leva brusquement en faisant trois pas vers lui : \u2014 René, dit-elle.\u2014 Eh bien ?fit-il en se retournant.\u2014 Je peux compter sur votre absolue discrétion ?Un pli amer, où il y avait autant de pitié que de mépris, se dessina sur les lèvres de René.Il répondit d'une voix grave : \u2014 Je vous répète mes paroles de tout à l'heure : Je ne suis pas un lâche ! Et il sortit.Fernande resta quelques instants la main appuyée sur son front mouillé de sueur, secouée par un tremblement nerveux.Soudain, elle se redressa de toute sa hauteur et, la tête en arrière, elle eut l'air de jeter un défi au ciel.Très agitée, elle se mit à marcher dans la chambre, martelant le tapis sous ses pieds rageurs.Des sons rauques sortaient de sa gorge, elle avait des grincements de dents, et des lueurs snistres s'allumaient dans ses yeux.Elle n'était plus une femme, mais une lionne furieuse.M.Grégoire entra dans la chambre et vit Fernande écumante.Il la surprenait avant quelle ait eu le temps de se calmer.\u2014 Mais qu as-tu donc?lui demanda-t-il.\u2014 Ce que j'ai ?je suis furieuse.\u2014 Contre qui ?\u2014 Ne le devines-tu pas ?Contre M.de Lineuil qui sort d'ici \u2014 Il n'a rien voulu entendre ?bouteille VANITY DU MEILLEUR PRODUIT CANADIEN pout ptotéget la peau è qui ne l'a pas encore essayé ! \u2022 A l\u2019heure actuelle, bien des femmes se plaignent que le froid et les vents mordants font perdre à leur peau sa beauté naturelle et la rendent rugueuse.Tl leur serait pourtant facile de remédier à cela, car l\u2019usage du Baume Italien, le produit le plus employé au Canada pour la protection de l\u2019épiderme, ne coûte pas même Vi sou par jour.Les femmes qui utilisent le Baume Italien n\u2019ont Jamais la peau gercée ni rugueuse, quels que soient le travail et les intempéries.Des milliers de professionnels \u2014 médecins, dentistes, gardes-malades \u2014 font aussi de grands éloges de cet émollient scientifique de la peau.Demandez la bouteille \u201c Vanity \" GRATUITE ! 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oui; à tout ce que je lui disais, il répondait : « Il me faut la vie de cet homme!» Pourquoi cette colère, cette rage insensée d'un côté comme de l'autre?C'est à n\u2019y rien comprendre.\u2014 Hé, que nous importe, après :out ?Nous avons fait ce que nous devions, pusqu'ils le veulent, qu\u2019ils s'égorgent ! \u2014 Tout cela est bien désagréable pour nous, Fernande.\u2014 Sans doute, mais on est forcé d accepter ce que l'on ne peut empêcher.Après un silence, elle reprit ; \u2014 Qu\u2019avez-vous fait de M.Pouget ?\u2014 Je lui ai conseillé d'aller se coucher; c'est ce qu\u2019il a fait, Philippe m'a dit que M.de Lineuil venait aussi de se retirer dans sa chambre.\u2014 Alors, excepté nous tout le monde est couché.\u2014 Oui, et les domestiques éteignent les dernières lumières.\u2014 Eh bien ! mon ami, allez aussi prendre un repos qui vous est nécessaire, après une soirée comme celle que nous venons de passer.\u2014 Et toi, Fernande ?Je serais déjà couchée si je ne vous avais pas attendu pour vous dire bonsoir.\u2014 Eh bien, bonsoir, ma chérie.\u2014 Bonsoir, mon ami.M.Gréa oire mit un baiser sur le front de Fernande et s'empressa de gagner sa chambre, car il avait réellement besoin de repos.\u2014 Bonsoir, mon ami.M.Grégoire mit un baiser sur le front de Fernande et s empressa de gagner sa chambre, car il avait réellement besoin de repos.Restée seule.Fernande poussa les targettes des deux portes par lesquelles on pouvait entrer dans sa chambre.Alors, à demi-couchée sur son canapé, ayant l'oreille tendue au moindre bruit qui pouvait se produire, elle attendit.Elle avait entendu les deux domestiques, chargés d'éteindre les lumières, regagner les combles du château.Maintenant le silence était profond.Malgré la scène qui avait eu lieu dans la salle de jeu, les invités, et probablement aussi M.Grégoire, devaient dormir.Un seul bruit, doux et agréable, venait du dehors; c'étaient deux rossignols qui, dans le jardin, semblaient se disputer à qui chanterait le mieux.Fernande entendit sonner une heure, puis la demie.Elle se leva, alluma la bougie rose d un bougeoir de vermeil, passa dans son cabinet de toilette, ouvrit une petite porte dissimulée dans la boiserie, quelle referma derrière elle, traversa une pièce assez grande dont elle avait fait la lingerie, ouvrit une nouvelle porte et se trouva dans un cabinet de toilette de même grandeur que le sien, Enfin, elle ouvrit une troisième porte et pénétra dans la chambre d'Armand Pouget.Il ne dormait pas, attendant probablement la visiteuse nocturne.\u2014 Ainsi, Armand, lui dit-elle d\u2019une voix assourdie, demain ou plutôt ce matin, dans quelques heures, tu vas te battre avec M.de Lineuil ?\u2014 Ah 1 tu sais cela ?\u2014 Est-ce qu'on peut me cacher quelque chose, à moi ?C'est toi, parait-il.qui as provoqué M.de Lineuil?\u2014 C\u2019est vrai.Que veux-tu ?il a une tête qui me déplaît ce de Lineuil; seulement l'apercevoir me donne des crispations nerveuses; je n'ai jamais rencontré un homme qui me fût à ce point antipathique, lu sais comment la chose est arrivée ?\u2014 Oui.\u2014 Quand je l'ai vu s asseoir à la table de jeu en face de moi je n ai pas pu me maîtriser.Oh ! je ne regrette rien; cependant, à cause de toi, Fernande .\u2014 C'est fait, il n'y a plus rien à dire; M.de Lineuil n'était pas invité à Blémont, qu\u2019avait-il besoin d'y venir ?-\u2014 Pour lui, surtout, il aurait mieux fait de rester à Paris.\u2014 Armand, tu es d'une belle force à l\u2019épée, je le sais.\u2014 Je ne crains pas un adversaire comme M.de Lineuil.\u2014 11 a dû, lui aussi faire des armes.\u2014 Cela m'est parfaitement égal.\u2014 Oh ! oui, n'est-ce pas ?tu te défendras bien ?\u2014 Oui, oui, sois tranquille.\u2014 Armand, M.de Lineuil t'est antipathique .\u2014 Plus encore que je ne peux le dire.\u2014 Et moi, je le hais, cet homme, tu entends ?je le hais !.Armand, tu le tueras ! \u2014 Tu le désires ?\u2014 Oui.\u2014 Tu le veux ?\u2014 Oui, oui, tue-le ! \u2014 Eh bien, Fernande, je le tuerai ! L'horrible femme mit un baiser de feu sur le front de son complice et, le regard flamboyant, lui dit : \u2014 Bonsoir, tâche de bien dormir, à demain.Et, reprenant le chemin par lequel elle était venue, elle rentra dans sa chambre.\u2014 René de Lineuil sait trop de choses, murmura-t-elle; lui mort, je n'ai plus rien à craindre.\u2014 Ah ! ah ! ajouta-t-elle sourdement, il n'est pas bon d'être trop curieux.XXVIII Le Dbel A u château, à l'exemple de Mme 'A Grégoire, les dames ne se levaient guère avant huit heures; il est vrai que le premier déjeuner avait lieu à neuf heures et il était admis que les belles paresseuses pouvaient descendre à la salle à manger en négligé du matin.Par contre, les hommes se levaient de bonne heure, et ils avaient déjà fait le tour des jardins ou une promenade dans le parc, quand trois coups de cloche annonçaient le déjeuner.Le matin du duel, moins de Lineuil et Armand Pouget, qui n'étaient pas encore descendus, tous ces messieurs étaient réunis, dès six heures, dans le salle de billard.Ils étaient graves, comme le voulait la circonstance.Le monsieur décoré, ancien officier supérieur de dragons, actuellement administrateur d'une riche Compagnie d'assurance, témoin de M de Lineuil, et un des témoins de M Pouget, avaient choisi dans la salle d'armes deux solides épées de combat, qui ne s'attendaient certes pas à être détachées de la panoplie dont elles étaient le plus bel ornement.A sept heures, arriva M.le docteur Blanchard, qui avait reçu un mot de M.Grégoire, lui disant quel service on attendait de lui.C\u2019était un homme de soixante ans ancien médecin militaire, officier de la Légion d\u2019honneur.Il s'était muni de sa trousse et avait, dans une boîte, tout ce qui était nécessaire à un pansement; charpie, bandelettes, etc .Peu après, les quatre témoins et le docteur sortirent du château, se dispersèrent dans le jardin et.par des allées différentes, se dirigèrent vers la grotte du parc où tous, ainsi que les deux adversaires, devaient se trouver à huit heures précises.Grâce aux précautions prises, ni les domestiques, ni les dames, excepté Fernande ne soupçonnaient que la querelle de la veille allait avoir une suite.Contrairement à ses habitudes, Fernande s'était levée de bonne heure.Elle n'avait pas sonné sa femme de chambre; elle s'était coiffée elle-même et enveloppée dans son peignoir rose D'une de ses fenêtres : en écartant les rideaux, elle avait vu arriver le médecin, puis celui-ci et les témoins sortir du château Malgré le soin pris pour les dissimuler, elle avait vu les épées que portait l'ancien officier de dragons, et un sourire étrange avait couru sur ses lèvres.Peut-être pensait-elle qu\u2019une de ces épées allait tout à l\u2019heure, frapper René de Lineuil d'un coup mortel.Elle vit le mari de Suzanne sortir du château, marcher vers le parc d'un pas lent, la tête inclinée, et crut remarquer qu'il était d une pâleur livide \u2014 Il a peur ! murmura-t-elle Dix minutes après, elle vit Armand Pouget, qui était sorti par une porte de côté, traverser le jardin et se diri ger, à son tour, vers le parc; il marchait la tête haute, d'un pas dégagé et avait un cigare aux lèvres.Sans songer qu\u2019il lui tournait le dos et que, quand même, il ne pouvait I apercevoir derrière les rideaux de fenêtre, elle se mit à agiter son mou choir.Au bout d'un instant, quand le jeu ne homme se fut enfoncé dans le parc, elle ouvrit la fenêtre et s a van ça sur le balcon.Il faisait un temps superbe.Le soleil, déjà haut, illuminait la cime des grands arbres, dont les jeunes frondaisons avaient des tons d'émeraude, et épandait sur la terre sa lumière d'or, tout en faisant disparaître une buée légère, reste des tièdes va peurs sorties de terre au contact de la fraîcheur de la nuit.Ses rayons piquaient les gouttelettes d\u2019eau suspendues aux feuilles des arbres et les faisaient étinceler comme autant de diamants Sur la grande pelouse couverte de rosée, également diamantée et ruisselante, vinrent s'abattre quelques ramiers et deux tourterelles Dans le parc et plus près, dans les massifs verts du jardin, des fauvettes des rouges-gorges, des bouvreuils et des merles chantaient.Mais Fernande restait indifférer! u-à cette harmonie de la nature.Ses regards étaient dirigés vers le pari comme si elle eût voulu en sonder la profondeur et voir ce qui s'y passait Tout à coup, du milieu du jardin une voix s'éleva, claire, sonore, et monta jusqu\u2019à Mme Grégoire.La voix chantait : \u2014 Quel est donc cet homme qui chante ?se demanda Fernande.J\u2019étais page aimé de la reine, Quand vers le bois elle partait, Sur son fier coursier d'Aquitaine.Pour chercher un de ces retraits Où, sur le sol, on voit la mousse S\u2019étendre au bord d'un bleu ruisseau.Où la feuille, à l\u2019ombre douce.Sur l\u2019amour étend son rideau.Ah ! qu\u2019il était doux mon servage.Quand la belle reine oubliait 8on front couronné pour son page.Son page qu\u2019elle aimait.Beau page aimé de la reine, Filant des Jours de soie et d\u2019or, Vrai Dieu ! dans le royal domaine Comme c\u2019était doux temps alors ! Ah 1 je le vois là-bas, c'est un aide-lardinier .Il a une belle voix et 11 chante bien, ce garçon.Presque aussitôt l'aide-jardinier se remit à chanter, mais passant de la musique d Edmond Membrée à un air de Verdi, dans Rigoletto : Comme la plume au vent Femme est volage Et bien peu sage Qui s\u2019y fie un Instant Tout en elle est menteur, Tout est frivole; C\u2019est chose folle Que lui livrer son cœur.\u2022 Femme varie Fol qui s\u2019y fie Un seul instant.mm 4%\t.- Au sommet du mont Mansfield, la plus haute montagne du Vermont, à moins de trois heures de Montréal.(Photo CPR.) 2 6 février 1938 33 Comme la plume au vent Femme est volage Et bien peu sage Qui s'y fie un instant Trompé par leurs doux yeux J\u2019ai l\u2019air d\u2019y croire, Mettant ma gloire A tromper encore mieux.Femme varie, Fol qui s\u2019y fie Un seul instant.Un pli s était creusé sur le front de Mme Grégoire et elle frappa du pied avec impatience.\u2014 Ah ! çà, murmura-t-elle, est-ce que cet homme ne va pas se taire ?Il est insupportable avec ses chansons, sa voix me donne sur les nerfs.Le garçon avait chargé sa brouette de gravier et s'éloignait, allant vers le fond du jardin.La pendule de la chambre de Fernande sonna huit heures.La jeune femme ne put s'empêcher de tressaillir.\u2014 Ah ! fît-elle.A cet instant, dans le parc, à l'endroit qui venait d\u2019être choisi, pour le combat, 1 ancien officier de dragons remettait les armes aux deux adversaires, qui étaient en bras de chemise et qui se placèrent aussitôt en face l'un de l'autre, chacun à la place qui lui avait été désignée.Armand Pouget avait le regard dur, haineux et l'attitude menaçante.Les contractions nerveuses de son visage révélaient son agitation intérieure.René de Lineuil était d'un calme effrayant; chez lui, sur ses lèvres était revenu ce sourire intraduisible qui, la veille, avait si fort agacé Mme Grégoire.La pointe de l\u2019épée à terre les deux adversaires attendaient le signal de ia lutte.Deux témoins s'étaient placés à droite, les deux autres étaient à gauche Armand Pouget ayant toisé son adversaire des pieds à la tête, René de Lineuil fît de même.C'était à une sorte de défi qu\u2019il répondait.Enfin, au milieu du silence du bois, qui n\u2019était troublé que par le chant des oiseaux et le roucoulement d'un ramier, perché au faite d'un hêtre, la voix de l\u2019ancien officier de dragons se fit entendre, disant : \u2014 Allez, messieurs.Les deux épées se dressèrent en même temps pour prendre aussitôt la ligne horizontale, pendant que chacun des adversaires prenait sa position de combat.Les lames se croisèrent et il y eut un premier cliquetis d'acier.Tout de suite, Armand Pouget s'aperçut que de Lineuil n était pas aussi novice en escrime qu il l'avait supposé.Fernande était restée sur le balcon et le garçon jardinier revenait du fond du jardin, poussant devant lui sa brouette.Les deux tourterelles, qui étaient sur la pelouse, s'envolèrent et passèrent au-dessus de la tête du jeune homme à la brouette, qui s'arrêta et suivit le vol des colombes jusqu'à ce qu'il les ait vues se percher sur un arbre.Ce garçon jardinier était un endiablé chanteur et son répertoire ne devait pas manquer de richesse, car les deux colombes lui rappelèrent une des ravissantes mélodies de Gounod, dans son opéra Roméo et Juliette.Debout, au milieu de l'allée, avant devant lui sa brouette, il chanta.Que fals-tu blanche tourterelle.Dans ce nid de vautours ?Quelque jour, déployant ton aile, Tu suivras les amours.Aux vautours il faut la bataille, Pour frapper d\u2019estoc et de taille.Leurs becs sont aiguisés.Laisse là ces oiseaux de proie, Tourterelle qui fais la joie Des amoureux baisers.Gardez bien la belle ! Qui vivra verra .Votre tourterelle Vous échappera.ün ramier loin du vert bocage.Par l\u2019amour attiré A l'entour de ce nid sauvage A, je crois, soupiré i Les vautours sont à la curée.Leurs chansons que fuit Cythérée Résonnent à grand bruit.Cependant en leur douce ivresse, Nos amants content leur tendresse Aux astres de la nuit.Gardez bien la belle I Qui vivra verra .Votre tourterelle Vous échappera.Le garçon avait chanté sans se douter que, là-bas, sous les hautes futaies, un homme tombait peut-être, percé d un coup d\u2019épée.Fernande n avait pas entendu jusqu'à la fin la sérénade; impatiente de connaître le résultat de la rencontre, elle était descendue et se dirigeait rapidement vers la grande allée du parc.Soudain, venant du front du bois, un homme apparut.C\u2019était un des témoins de M.Pouget.Il ne marchait pas, il courait.Cependant il s\u2019arrêta devant Fernande.\u2014 Ah ! madame, lui dit-il d\u2019une d\u2019une voix haletante, c\u2019est affreux ! \u2014 Il est blessé ?fit-elle.\u2014 Oui, blessé et qui sait ?peut-être mort.Je cours au château pour avoir un matelas sur une civière que réclame le docteur, afin de transporter le malheureux.Ah ! quel malheur ! Et l'homme passa, reprenant sa course rapide.Mme Grégoire avait éprouvé comme une sensation de plaisir et senti en elle un subit allègement.Elle eut un regard farouche et murmura : \u2014 Armand me l'avait promis.Au lieu de continuer à marcher vers le parc, elle rebroussa chemin et vint s asseoir sur un banc, près du château.Bientôt, à quelques pas d\u2019elle, passèrent deux domestiques portant une civière sur laquelle on avait jeté un matelas, une couverture et des oreillers.M.Grégoire suivait les deux hommes, répétant constamment : \u2014 Ah ! mon Dieu, mon Dieu, quelle affaire ! Au bout de vingt-cinq minutes, le convoi parut enfin sortant du parc.C\u2019étaient encore les domestiques qui portaient le brancard sur lequel on avait couché le blessé.Le docteur marchait d un autre côté.M.Grégoire de L autre.Derrière, plusieurs hommes suivaient très pâles, très tristes, consternés Fernande ne vit point parmi eux Armand Pouget.\u2014 Il a pris un autre chemin pour rentrer au château, se dit-elle.Elle se leva, mais n\u2019alla pas à la rencontre du convoi; elle s'éloigna au contraire, d'une cinquantaine de pas, et, dissimulée derrière un massif de lauriers, elle attendit que tout le monde fût entré au château afin de savoir exactement dans quel état se trouvait le blessé.Avait-il encore un reste de vie ou était-il mort ?Sur la demande du docteur, le malheureux toujours sur ia civière, avait été déposé dans la salle de billard.Quand Fernande parut à l\u2019entrée de la salle, M.Grégoire s'élança vers elle en s'écriant \u2014 Ah ! ma chère Fernande ma chere Fernande ! Le pauvre bonhomme pleurait et les sanglots l'étouffaient.\u2014 Est-ce qu'il est mort ?\u2014 Pas encore; mais, hélas !.rien ne peut le faire revenir de sa syncope.\u2014 Que dit le docteur ?\u2014( Un seul mot qu'il répète à chaque instant; grave, grave ! .Et il hoche la tête.Ah ! Fernande, quelle affaire et quel malheur ! Le blessé, couché sur le dos, ayant déjà la pâleur de la mort, ne donnait plus aucun signe de vie, bien qu'il respirât encore, mais si faiblement ! Entre l\u2019ouverture de la chemise déchirée et rouge de sang, on voyait l'appareil posé à la hâte par le docteur la blessure que le coup de pointe de l'épée lui avait faite en pleine poitrine, dans la région du coeur.Fernande voulut voir, elle s'avança.Devant elle, les hommes s\u2019écartèrent.Elle n'eut pas plutôt jeté les yeux sur le corps inanimé, qu\u2019elle poussa un grand cri rauque, horrible, et tomba sans connaissance sur le parquet, avant qu'on ait eu le temps d'empêcher sa chute.Cette fois, ce n\u2019était pas une comédie que jouait Fernande, elle était réellement, évanouie.L'homme qu'elle venait de voir étendu sur le matelas, ce n'était pas René de Lineuil, c\u2019était Armand Pouget.M.Grégoire se précipita au secours de sa femme, en faisant entendre des plaintes lamentables, la prit dans ses bras et essaya vainement de la relever.On l'aida et Fernande fut couchée sur un divan.Le docteur quitta un instant le blessé pour faire respirer à Mme Grégoire un flacon de sels qu'il avait à la main, et qui produisit plus d\u2019effet sur la jeune femme que sur le malheureux dont la syncope était rebelle à tous les moyens employés pour la faire cesser.Mme Grégoire revint à elle, mais pour avoir aussitôt une épouvantable crise de nerfs.\u2014 La vue d\u2019un homme mourant n\u2019est pas un spectacle pour une femme, dit sentencieusement le docteur.Cependant, aux cris désespérés poussés par M.Grégoire, la femme de chambre et deux dames accoururent.Non sans peine, en la portant presque.elles aidèrent Fernande à remonter dans sa chambre où, au bout de quelques instants, elles la laissèrent seule avec son mari.On l'avait fait asseoir sur le canapé, en plaçant des coussins sous sa tête.Devant elle, M.Grégoire était à genoux et lui tenait les mains qu\u2019il serrait doucement dans les siennes.Elle était affaissée, anéantie, et des spasmes violents soulevaient encore sa poitrine.Elle n'avait pas de larmes, mais des sanglots l'étranglaient.Son mari lui parlait, lui disant les choses les plus tendres, elle n'avait pas l'air d'entendre et, sur ses dents serrées, ses lèvres pâlies restaient muettes.Peu à peu, elle tomba dans un effrayant état de torpeur Elle était comme frappée d\u2019insensibilité.On aurait pu la croire morte, n\u2019eussent été les lueurs aux reflets étranges qui, de temps à autre, jaillissaient du fond de ses grands yeux noirs.M Grégoire effrayé, presque fou, se désolait.Il sonna la femme de chambre et lui dit qu'il fallait que le docteur vint tout de suite.Augustine courut chercher M.Blanchard qui ne tarda pas à paraître.\u2014 Ah ! docteur, docteur, lui dit M.Grégoire, voyez dans quel état est ma pauvre femme, sa vie n'est-elle pas en danger ?Ah ! le malheur est sur nous! J\u2019ai peur, docteur, j\u2019ai peur ! M Blanchard examina la jeune femme \u2014 Ce ne sera rien, dit-il; ce n'est que la conséquence naturelle de la violente commotion intérieure qu'elle a éprouvée, Mme Grégoire a les nerfs d\u2019une sensibilité extrême.Rassurez-vous donc, cher Monsieur.La seule chose que je puisse conseiller, c'est de laisser reposer Mme Grégoire.Le docteur retourna auprès du blessé et.peu après, M.Grégoire s.*®*; Les CORS REPOUSSENT plus GROS, plus LAIDS CE N\u2019EST PAS TOUT : les couper est dangereux.Vous risquez l'Infection et l\u2019empoisonnement du sang.Pourquoi vous exposer quand 11 est si facile de vous en débarrasser vite et sans aucun danger ?Imitez les mlUlonf qui ont eu recours à la méthode moderne Blue-Jav.La medication bénigne Blue-Jay agit sans douleur et fait disparaître les cors \u2022 otier leur racine.Le petit emplâtre Blue-Jay enraye la douleur instantanément en ôtant la pression, puis cd 3 jours, le cor se soulève avec sa racine (les cas opiniâtres peuvent exiger une seconde application).Blue-Jay est invisible, facile à appliquer, sûr, scientifiquement et sans douleur.6 pour 25c dans les pharmacies et magasins à rayons Achetez-en aujourd\u2019hui.EMPLATRES ANTICOR BLUE-JAY \u2022 Un tampon de cellules mortes, affectant la forme et la position d\u2019une racine.Laissée en place, elle peut occasionner un nouveau développement.Sa vie a coïté une vio.SON premier sourire, son premier regard sur la vie .et la maman ne sera pas là pour l'accueillir.Tous les ans, ce drame silencieux se répète mille fois au Canada Tous les ans, mille bonheurs se cbangem brusquement en mille deuils .Mais pour quoi ?Dans plusieurs cas, une soumission rigoureuse aux conseils du médecin et un traitement suivi aux pilules FEMOL auraient évité ces conséquences douloureuses.Grâce à FEMOL.des milliers de femmes om franchi avec sérénité les étapes pénibles de leur vie.Et combien d\u2019entre elles, qui redoutaient tous les mois la période accablante, voient maintenant sans malaises, sans terreurs, l\u2019approche de la journée difficile ! FEMOL n\u2019est pas un simple calmant : c\u2019esi un concentré végétal qui tonifie les organes particuliers au sexe féminin et les rend plus aptes à remplir leurs fonctions naturelles.Pourquoi ne pas adopter FEMOL aujourd'hui même ?Une brochure médicale dans chaque boite FEMOL POUR LA JEUNE FILLE POUR LA MAMAN POUR LE RETOUR D AGE FEMOL CONCENTRÉ PUREMENT VEGETAL Joignez-vous à la foule des femmes heureuses Lisez LE FILM Le grand magazine de cinéma Chez les dépositaires : 10 sooa 34 LE SAMEDI CvFj COVRRIER HISTORIQVE A A A Sous la direction de ROBERT PREVOST (Membre de la Société Historique de Montréal) Q\u2014 Qui fut le premier Canadien français?R.ST-P.-C'est Eustache Martin qui fut le premier Canadien français; il était fils d'Abraham Martin dit l'Ecossais, qui a laissé son nom aux Plaines d'Abraham dont il fut le propriétaire, et de Marguerite Langlois.Son acte de baptême est ainsi couché dans les registres : \"Le 24 octobre 1621, le P.Denis, Récollet, faisant fonction de curé à Québec, baptisa Eustache, fils d'Abraham Martin dit l'Ecossais et de Marguerite Langlois.M.Eustache Boulay (Eustache Boullé, frère d'Hélène, l'épouse de Champlain) fut parrain, et Guillemette Hébert, épouse de Guillaume Couillard, fut marraine.\" On croit qu'Eustache Martin, que l'on considère comme le premier fils de Français né au pays, ne dut pas vivre vieux, car on ne possède aucun renseignement sur sa vie.Il n'en est pas ainsi cependant de sa soeur Marguerite, la première Canadienne française qui, mariée à Etienne Racine, compte aujourd'hui des milliers de descendants.Q \u2014 Qui fut le premier évêque canadien?M.C.R \u2014 Mgr Louis-Philippe Mariauchau d'Esglis fut le premier évêque canadien II naquit à Québec le 24 avril 1710, du mariage du chevalier François Mariauchau d'Esglis, capitaine d'une compagnie d'infanterie, plus tard gouverneur de la ville des Trois-Rivières, et de Louise-Philippe Chartier de Lotbinière, soeur de l'archid'acre du même nom.Il entra au Séminaire de Québec en 1721 pour y faire ses études classiques et théologiques, et le 18 septembre 1734, il était ordonné par Mgr Dosquet, On lui confia immédiatement la cure de Saint-Pierre de l'île d'Orléans où il devait passer le reste de sa vie.Il exerçait depuis trente-cinq ans ses humbles mais sublimes fonctions d'un curé de campagne lorsqu'en 1770, le gouverneur le proposa à l'évêque comme son coad|uteur.Il fut nommé évêque de Dorylée \" m partibus infidelium la cérémonie du sacre eut lieu le 12 juillet 1.772.Le 2 décembre 1784, il prenait possession de l'évêché de Québec, succédant à Mgr Briand, il s'adjoignit comme grand vicaire Mgr Jean-François Hubert.Le vieil évêque ne tarda pas à retourner dans sa cure de Saint-Pierre où il décéda le 4 juin 1788.Il fut inhumé le 10.Il avait été curé de Saint-Pierre durant près de cinquante-quatre ans 1 Q \u2014 L'intendant Bigot fut-il puni pour les nombreux abus qu'il fit au Canada ?\tJUSTICIER R \u2014 Emu des plaintes déposées contre son administration, Bigot avait : cru bon, en 1754, de passer en France pour dissiper ces nuages et maintenir son crédit à la Cour.De retour en Nouvelle-France, il se sent animé d'une nouvelle audace dans les fraudes financières.Les dépenses coloniales s'élevaient à 20,000,000 de livres annuellement.Le Canada étant tombé entre les mains des Anglais en 1759, le criminel fonctionnaire quitta Québec l'année suivante.Le 13 octobre 1761, l'ordre était signé de le jeter à la Bastille.Puis, un arrêt royal ordonna le procès de tous les \"auteurs de monopoles, abus, exactations et prévarications qui avaient été commis au Canada \".Bigot fut trouvé coupable et condomné à faire amende honorable devant la porte des Tuileries, où il sera escorté par l'exécuteur public dans un caisson, avant la corde au cou et portant à la main une torche allumée en cire |aune et pesant deux livres Sur sa poitrine et sur son dos sera placée une affiche avec cette inscription \"Administrateur public, Voleur perfide 1 \" Après avoir fait restitution de 1,500,000 livres au trésor, il devait être conduit à la Place de Grève pour y être exécuté.Mais, le 10 décembre 1763, cette sentence était commuée en une autre moins pénible Elle décrétait le bannissement à perpétuité Enfin, la France avait agi, mais trop tard 1 Adressez toutes vos communications à MILLE ET UNE QUESTIONS D'HISTOIRE Robert Prévost, Le Samedi, 975.rue de Bullion, Montréal.sortit sans bruit de la chambre Mais il ne s\u2019éloigna pas sans avoir dit à Augustine de se trouver prête à répondre au premier appel de sa maîtresse.On devine dans quelle situation d'esprit on était au château; tout le monde, invités et domestiques étaient dans la consternation.Les invités exprimaient tout haut leur vif regret d\u2019être venus à Blémont et, déjà, les dames s\u2019occupaient des préparatifs de leur départ.A chaque instant on demandait des nouvelles du blessé à ceux qui sortaient de la salle de billard.Ceux-ci répondaient en secouant la tête : \u2014 C'est toujours la même chose.\u2014 Mais que dit le docteur ?\u2014 Il ne dit rien, il attend ?\u2014 Qu'attend-il donc ?Et du rez-de-chaussée à tous les étages du château, ces mots passaient de bouche en bouche : \u2014 Il n'y a pas d\u2019espoir, il est perdu! Ce n\u2019était que trop vrai.Un peu avant midi, Armand Pou-qet rendit le dernier soupir sans avoir repris connaissance.Fernande était à peu près remise de sa terrible secousse; ce fut Augustine qui lui apprit la triste nouvelle.Elle ne courba point la tête, elle qui était la véritable cause de la mort d\u2019un homme; elle ne prononça pas une parole et ses yeux restèrent secs.Non, pas même une larme pour celui aux baisers duquel le matin même, dans la nuit, elle offrait ses lèvres.Quelles pouvaient être ses pensées à ce moment ?Dieu seul le sait.XXIX Après le Drame I e juge de paix du canton avait été prévenu du lugubre événement.Il arriva au château vers deux heures de l\u2019après-midi, accompagné de son greffier, du brigadier de gendarmerie et d'un gendarme.Il venait procéder à une enquête sur les faits.Une enquête a toujours lieu à la suite d'un duel, quand un des adversaires a été frappé à mort.La loi, en France, n'est plus aussi sévère pour les duellistes qu\u2019elle l'était autrefois, surtout sous Louis XIII.lorsque le cardinal de Richelieu les faisait impitoyablement condamner à mort.Cependant, quand il y a eu mort d'homme, la justice recherche les responsabilités encourues, et il est rare qu elle n ordonne pas des poursuites contre le meurtrier et les témoins du duel.Le juge de paix demanda à interroger d'abord l'adversaire d\u2019Armand Pouget.C\u2019était impossible, attendu qu après avoir vu tomber M Pouget, de Lineuil avait jeté son épée, puis avait disparu.M.Desrosiers raconta très exactement ce qui s\u2019était passé la veille dans la salle de jeu, comment avait eu lieu la provocation de l\u2019affaire.Les autres témoins affirmèrent que ce que venait de dire M.Desrosiers était l\u2019exacte vérité.Les quatre témoins déclarèrent ensuite que, sur le terrain, tout s'était passé avec la plus grande régularité.Cette déclaration du second témoin de M.de Lineuil avait son importance étant donné, comme ancien a flicier supérieur, sa compétence eu matière de duel.D'ailleurs, M.Blanchard qui.lui aussi, avait fait partie de l'armée, confirma les paroles des témoins.Mais l'ancien officier de dragons alla plus loin en disant que ce n'était pas M.de Lineuil qui avait porté à M.Pouget le terrible coup d'épée.Et il expliqua ce qui s'était passé.\u2014 Les deux adversaires, dit-il.étaient de force égale et rien ne pou- vait faire prévoir le dénouement fatal de la lutte.Comme moi.ces messieurs ont remarque que M Pouget attaquait avec furie, tandis que M.de Lineuil, plus maître de lui paraît avec habileté et sang-froid les coups de son adversaire; deux fois, il aurait pu facilement le toucher; il était évident pour moi, qu'il 1 épargnait, ce qui prouve qu il n en voulait pas à sa vie.J\u2019ai même eu 1 idée que, à un moment, M.de Lineuil cherchait à se faire tuer par son adversaire.Mais même sans le vouloir, par la force de l\u2019habitude, un bon tireur sait éviter les coups qui vont 1 atteindre.A un moment, attaquant, M.Pou-qet se fendit, et si son adversaire n eût pas détourné la lame, elle lui aurait traversé la gorge; mais, dans l\u2019élan qu\u2019il avait pris.M.Fouqet trouva devant lui la pointe de 1 épée de M.de Lineuil et il s est enferré lui-même.C'était bien là, en effet, ce qui s'était passé.Séance tenante, le procès-verbal de 1 enquête fut rédigé; le juge de paix le signa et le remit sous enveloppe au brigadier de gendarmerie, qui se chargeait de le faire parvenir au procureur de la République.Le lendemain matin, les deux principaux journaux du département donnèrent le récit de l'événement, lequel, augmenté et autrement rédigé, parut à Paris le jour même dans les journaux du soir, sous ce titre : Le Drame de Blémont.« Le tout Paris mondain connaît Mme Grégoire, la belle Fernande, comme on rappelle Reine de beauté, par sa grâce, son esprit, sa distinction, elle brille au premier rang dans nos salons parisiens; elle est de toutes les fêtes, comme elle est de toutes les oeuvres de bienfaisance.« Elle a sa loge à l'Opéra et à la Comédie-Française et assiste à toutes ies premières.On la rencontre sur les boulevards, aux Champs-Elysées, au Bois, dans son landau auquel sont attelés deux alezans superbes.« Dans les colonnes de ce journal, nous avons rendu compte plusieurs fois des soirées magnifiques des fêtes sensationnelles que donne Mme Grégoire en son splendide hôtel de l'avenue Valois.« Chaque année, elle et son mari passent une partie de la belle saison dans leur château de Blémont en Eure-et-Loir, où ils invitent un certain nombre d'amis.« Ces jours derniers, se trouvaient en villégiature à Blémont.entre autres Parisiens.M.Armand Pouget, jeune écrivain de talent et d'avenir, bien connu des habitues du boulevard des Italiens, et M.René de Lineuil.« Avant hier-soir, à une table de jeu, nous ne savons pas encore exactement à quel sujet, une querelle éclata tout à coup entre ces deux messieurs.Des paroles très vives et également blessantes furent échangées; les personnes présentes s'interposèrent.mais ne parvinrent pas à apaiser la fureur des deux antagonistes; une rencontre fut rendue inévitable.« Le duel a eu lieu hier matin, dans le parc du château de Blémont, en présence des quatre témoins, parmi lesquels nous citerons M, Desrociers, qui appartient au monde financier et est directeur de la maison de banque Desrosiers et Cie, et M.V ., ancien officier supérieur, administrateur d une de nos grandes Compagnies d assurances.Lin docteur du pays, ex-médecin militaire, avait été appelé pour assister en même temps les deux adversaires.« A la troisième reprise M.Armand Pouget \u2014 ou dit qu\u2019il s'est enferré \u2014 est tombé mortellement blessé à la poitrine. 26 février 1938 35 « Il fut vite transporté au château où, malgré les soins empressés qui lui furent donnés, il est mort quelques heures après, sans qu\u2019on ait pu lui faire reprendre connaissance.« Nous connaissions peu M Armand Pouget, nous ne sourions dire s'il avait autant de talent que l'affirment ses amis, mais nous déplorons sincèrement sa fin tragique II est toujours douloureux de voir tranchée par la mort une existence à peine commencée « Sincèrement nous plaignons M.et Mme Grégoire.Dans quel état ils doivent être tous deux « La vie est ainsi faite : nous croyons avoir devant nous de belles journées de plaisir et brusquement, le deuil s'abat sur nos joies.» Ce fut le journal dans lequel se trouvait l'article qu\u2019on vient de lire, qui, dans la soirée, au café, tomba sous la main de Jacques Dalbert.Tout de suite ces mots : « Le Drame de Blémont » lui sautèrent aux yeux et, avant d'avoir lu, il devint affreusement pâle.Jacques avait deviné que de Lineuil s\u2019était rendu au château de Blémont, et la pensée venait de lui venir que son malheureux ami, désespéré, aux abois, était allé à Blémont pour se donner la mort sous les yeux de sa maîtresse.Le journal tremblait entre ses mains.Mais si terrible que fût ce qu\u2019il allait apprendre, il lut.ayant comme un soulagement; ce n'était pas ce qu\u2019il avait redouté.René avait bien joué un rôle dans se drame de Blémont; mais il s agissait d un duel, qui avait été fatal à l'adversaire de de Lineuil.Jacques n avait jamais entendu parler de ce M.Armand Pouget; qui était-il ce jeune homme dont le journal déplorait la perte ?Evidemment, un ami de M et Mme Grégoire, puisqu'il était du nombre des invités réunis au château.Jacques aurait pu se lancer dans des suppositions, mais il n\u2019était pas homme à s\u2019égarer à travers des hypothèses.Il se dit que, bien certainement, de Lineuil n\u2019était pas resté à Blémont, après le duel; or, la rencontre ayant eu lieu la veille dans la matinée, René devait être revenu à Paris depuis au moins vingt-quatre heures.Il sortit du café et, en toute hâte, se rendit à l\u2019hôtel meublé de la rue Pasquier.\u2014 Madame, dit-il à la patronne, c\u2019est moi qui suis venu, il y a trois jours, demander M.Blondel; est-il de retour de son voyage ?\u2014 Je vous reconnais parfaitement, monsieur; mais M.Blondel n est pas encore revenu \u2014 Ah ! fit Jacques, laissant voir son désappointement.Il ne peut pourtant pas tarder à revenir, dit-il.\u2014 Je ne sais pas, monsieur; mais si vous voulez me laisser votre nom, je dirai à M.Blondel, dès qu\u2019il arrivera que vous êtes venu deux fois pour le voir.\u2014 Il est inutile que je vous laisse ma carte, répondit Dalbret, je viendrai demain matin \u2014 Si vous voulez, monsieur.Le jeune homme salua la maîtresse de l\u2019hôtel et se retira.Il rentra chez lui en proie à de très vives inquiétudes, car il ne pouvait admettre que René fut resté au château, à moins qu\u2019il n\u2019eût aussi été blessé; mais le journal ne le disait pas.Jacques ne pouvait faire que des suppositions, et nous savons que cela ne lui plaisait guère, sachant bien que, généralement, les suppositions ne servent qu\u2019à éloigner de la vérité Il se coucha avec ses inquietudes, très agité, et passa une mauvaise nuit Il pensait aussi à Suzanne, la pauvre abandonnée, et à Rose, qui devait le orévenir de ce quelle aurait tait et de laquelle, depuis deux jours, il attendait une petite lettre.Il se leva de bonne heure et à sept heures, il sortit pour retourner rue Pasquier.Nous avons dit que de Lineuil avait disparu.Après avoir jeté son épée, rougie par le sang de son adversaire, il avait ramassé sa redin-qote et son gilet et s\u2019était enfui affolé à travers le parc, dans lequel il avait erré au hasard s\u2019enfonçant dans les parties les plus sombres.Vainement ou l\u2019avait appelé, cherché.Au bout de deux heures, ayant toujours l\u2019esprit aussi troublé, il était sorti du parc par une porte qui se trouva devant lui et, comme poursuivi par une légion de démons, il s\u2019était élancé à travers la campagne, sans savoir où il allait, franchissant les fossés et les haies.Il ne s\u2019arrêtait pas.il fuvait toujours, ne songeant qu\u2019à s'éloigner du lieu maudit où sous ses yeux, à ses pieds, l\u2019amant de Fernande était tombé à la renverse, la poitrine rouge de sang.Ah ! il ne pensait guère à sa valise qu\u2019il laissait dans la chambre qu\u2019on lui avait donnée la veille au château.Cependant, il avait remis son gilet et sa redingote et.dans une des poches de son gilet, retrouvé son porte-monnaie assez bien qarni, grâce aux trois louis qu'il avait gagnée au jeu.Sa course au milieu des champs avait réussi à calmer son aqitation et à dissiper un peu de trouble de son cerveau.Vers une heure, il arriva à un village qu\u2019il aurait pu éviter; mais il était fatigué et affamé.Il avait grand besoin de manger et de se reposer.Il entra dans une auberge avant pour enseigne une branche de pin suspendue à une poutrelle en saillie sur la muraille.Il demanda qu\u2019on lui donnât quelque chose à manqer, et quand il eut dévoré, machinalement, ce que l'aubergiste lui avait servi, il s\u2019endormit d'un profond sommeil, la tête sur la table.Les gens de la maison avaient leurs occupations journalières, et, si étonnés qu'ils fussent, ils laissèrent dormir ce singulier voyageur, qui .était arrivé chez eux coiffé d\u2019un chapeau haute forme et vêtu d une redingote de drap fin littéralement jaune de poussière.Il était près de six heures quand René se réveilla.Il paya sa dépense et mit deux francs de pourboire dans la main de la servante qui.pour le remercier de sa générosité, donna à ses effets un coup de brosse dont ils avaient grand besoin.Avant de partir, il se fit indiquer le chemin de la gare la plus proche.On ne lui cacha point qu'il en était à plus de cinq lieues.Néanmoins- il se mit en route Mais il avait trop présumé de ses forces et de la solidité de ses jambes.Quand la nuit le surprit, il ne marchait plus qu'en se traînant.Et le beau René de Lineuil, autrefois si élégant, naguère encore si heureux, quand il ne demandait son bonheur qu\u2019à l'amour de sa femme, si pur et si dévoué, René de Lineuil dut s\u2019étendre au pied d\u2019un buisson, comme un mendiant ou un vagabond.Il dut faire là de bien douloureuses .réflexions, en admettant qu'il fût en état de réfléchir.La fraîcheur du matin le saisit; tout grelottant, il se mit sur ses jambes.Le jour paraissait, le soleil allait se lever.A une certaine distance, à travers des arbres, il découvrit le clocher d\u2019un village.Il se dirigea de ce côté, malgré l'engourdissement de ses membres, et arriva aux premieres maisons du village, après une heure de marche pénible et sans que la circu- lation du sang se fût complètement rétablie.Une de ces premières maisons était heureusement une auberge; il y entra.La marche ne l'avait pas réchauffé; il était transi de froid, son corps tremblait, ses dents claquaient.Il se trouvait chez de braves gens, qui eurent pitié de lui, lu: donnèrent un lit et des soins empressés.Il avait un commencement de fièvre.Henreusement, il se sentit beaucoup mieux après avoir bu un verre de vin chaud sucré et quand il fut réchauffé.Mais il dut rester au lit toute la journée.Le soir, cependant, il se leva, et quand il eut dit qu\u2019il désirait se rendre à la gare, on lui offrit de le conduire en voiture.Il accepta.Il avait pris le premier train se dirigeant sur Paris, et à deux heures du matin il était dans sa chambre d\u2019hôtel.Il ne songea pas à se mettre au lit.Affaissé dans un fauteuil, la tête bourrée de pensées incohérentes, il se perdait dans de folles divagations.Ne croyant plus à l'avenir, il s'en détournait et, faisant un retour sur lui-même, c'est en arrière qu'il regardait.Tout son passé se déroulait devant lui et il en était énouvanté Que de sottises, que de folies dans ce passé ! Ce n étaient plus des fautes, mais des crimes.Sa vie, qu\u2019il aurait pu rendre si heureuse, il l\u2019avait brisée, comme un enfant brise un jouet dont il ne veut plus.Et si encore il n\u2019avait brisé que sa vie; mais celle de Suzanne et celle de Rose, les deux seules femmes qui l\u2019avaient sincèrement et tendrement aimé ! Car l'autre !.Ah ! l\u2019autre, la vile créature, comme il la maudissait ! Et en se rappelant ce que Suzanne avait été pour lui.et comme auprès d elle sa vie était facile et aurait pu être heureuse, il se frappait violemment la poitrine et poussait des cris de fureur contre lui-même.Et c\u2019était pour une femme sans coeur et sans âme, pétrie de fange, pour une coquine, une infâme, qu\u2019il s était éloigné de Suzanne et avait fait de l\u2019épouse aimante et dévouée une martyre ! Ah ! maintenant qu'il se sentait délivré de sa chaîne, que le charme fatal était rompu, comme plus que jamais il se trouvait misérablement, lâche, odieux ! Il se faisait horreur.Il ne se disait pas qu'il pouvait être pardonné, tellement il s'er trouvait indigne.Et pourtant il n'ignorait pas qu'il y avait dans le coeur de Suzanne un inépuisable trésor de bonté et de miséricorde Il ne sentait qu'une chose, c'est qu'il était pris du dégoût de la vie; il ne voyait qu'une chose, c\u2019est qu\u2019il ne devait plus vivre.Pour ne pas se la donner lui-même, il avait cherché la mort, il était allé au devant d'elle; pourquoi donc cet Armand Pouget ne l\u2019avait-il pas tué ?Jusqu'alors il avait repoussé la pensée du suicide; à présent, il la caressait cette pensée, il l\u2019incrustait dans sa tête.De quelque côté qu'il se tournât, tout était fermé, une muraille lui barrait l'avenir.Pour lui, il n'y avait plus que la mort, la mort qui le délivrait, mais dans laquelle l\u2019insensé voulait voir le châtiment auquel lui-même se condamnait.Il ne se demandait pas ce que deviendrait sa femme; il ne songeait pas à 1 immense douleur de la pauvre victime, aux larmes qu'elle aurait encore à verser.Envahi par toutes sortes de pensées sombres au-dessus desquelles s'élevait la sinistre pensée de la mort, il ne s'était pas aperçu que la bougie usée s\u2019était éteinte dans le chandelier, que depuis longtemps déjà il faisait grand jour, pas plus qu'il n\u2019avait entendu Allô! Avez-vous lu pifMAUXOETlïT) B, JE PRENDS OU SEL / ABBEY\u2019S CHAQUE I m MATIN ET JE N\u2019AI W -< PLUS DE MAUX DE 1 p y ) n3ns33 F\tsef de santé__\\ LA REVUE POPULAIRE de mars et son roman : LE MARIAGE DE MICHEL par François Léony Coupon d\u2019abonnement LA REVUE POPULAIRE POIRIER, BESSETTE & CIE.Limitée 975, rue de Bullion, Montréal.Veuillez trouver ci-joint $2.00 pour un abonnement spécial de 2 ans à LA REVUE POPULAIRE Nom ___________________ __________ Adresse ______________________ Ville - prov.V - John de Kuyper Cr Son Attribuent à l'Annonce dans les Journaux l'Augmentation de Leurs Ventes.John de Kuyper & Son annoncent une augmentation de plus de 30% dans leurs ventes dans la province dé Québec pendant l\u2019année écoulée, comparée aux chiffres de l\u2019année antérieure.La Compagnie attribue cette augmentation inusitée, survenant en une période d\u2019opérations par ailleurs normale, à 1 annonce persistante dans les journaux, par toute la province.Le succès obtenu en 1937 a convaincu la Compagnie que l\u2019annonce dans les journaux est le meilleur moyen d\u2019ac-rroître les ventes.Conséquemment, les plans pour 1938 comportent une plus forte appropriation pour cette fin qu\u2019il n en avait été alloué en 1937 et la Compagnie envisage avec confiance la perspective d\u2019une nouvelle augmentation de ses ventes pendant 1 année. 36 LE SAMEDI les bruits de la rue et le va-et-vient des gens de l'hôtel.Enfin, il sortit de son espèce de prostration.11 allait sortir lorsque trois coups furent frappés à sa porte.Il tressaillit, fit trois pas en arrière mais ne répondit pas.On frappa de nouveau trois coups René garda encore le silence.\u2014 Monsieur, êtes-vous levé ?de -manda le garçon de l'hôtel.De Lineuil, reconnaissant sans douce la voix du garçon, se décida à répondre.\u2014 Je suis levé mais que voulez-vous ?\u2014 C'est un monsieur qui vient vous voir.-Ce monsieur se trompe, je n'attends aucune visite, je ne connais personne.\u2014 Pas même moi.Jacques Dalbret?dit le jeune homme, qui était derrière la porte avec le garçon.De Lineuil laissa échapper une exclamation et ouvrit, Jacques entra.\u2014 Enfin, s\u2019écria-t-il.je te retrouve je te revois ! \u2014 Comment as-tu su que j'étais ici ?\u2014 Hé parbleu en te cherchant.\u2014 Etait-ce bien utile de me chercher ?\u2014 Oh ! René, René, ces paroles voulent-elles dire que tu ne crois pas à mon amitié ?\u2014 Non, Jacques, non \u2014 A la bonne heure.\u2014 Je te croyais en Allemagne \u2014 J\u2019y suis allé; mais, comme tu le vois j\u2019en suis revenu Est-ce que tu allais sortir ?\u2014 Oui.\u2014 Pour aller où ?\u2014 Pas loin d\u2019ici, acheter ce qu il me faut pour écrire.\u2014 Ecrire à qui ?A Mme de Lineuil ?\u2014 Eh bien .oui.\u2014 C'est une bonne pensee, René, car la pauvre jeune femme te croit loin de Paris et.mortellement inquiète, elle attend de tes nouvelles Mais, René, mon ami.pourquoi une lettre quand tu peux faire mieux 7 \u2014 Que veux-tu dire ?René eut une sorte de tremblemeni convulsif et regarda Dalbret avec effarement.\u2014 Jamais, dit-il d'une voix étranglée, c'est impossible, c\u2019est fini \u2014 Fini ?Que veut dire ce mot ?René, est-ce que tu n'aimes plus Suzanne ?\u2014 Ah 1 ce n\u2019est pas cela ' \u2014 Mais parle, mon ami, parle I \u2014 Ah ! Jacques, Jacques, si tu savais .\u2014 Encore une fois, René, parle ! \u2014 Je suis un misérable, un infâme, un être abject, un homme dont on doit, toi le premier, se détourner avec horreur et dégoût.Tu ne sais pas ce que j\u2019ai fait, Jacques, je vais te le dire : Suzanne m'avait confie sa fortune tout entière, et cette fortune, qui était confiée à ma probité, à mon honneur, je l'ai perdue, entraîné poussé, par je ne sais quel mauvais génie, quel démon féroce, acharné contre moi.Mme de Lineuil est ruinée, il ne lui reste rien, rien ! et je suis incapable de travailler, de faire quoi que ce soit pour la nourrir.Qu\u2019est-ce que je suis maintenant, dis.qu\u2019esf-ce que je suis 7 Un voleur ! \u2014 Mon pauvre René, comme tu te plais à tout exagérer ! Je sais que tu as joué à la Bourse et que, lancée dans de mauvaises spéculations, la fortune de Mme de Lineuil s'est trouvée engloutie; mais, comme tu le dis toi-même, tu étais entraîné, poussé par un génie malfaisant; tu étais pris de vertige, comme emporté dans un tourbillon et, laisse-moi te le dire, tu n\u2019avais plus toute ta raison Je t\u2019en prie, mon ami.ne vois pas les choses autrement qu\u2019elles; ne sont.Tu es coupable, sans doute, mais tu es excusable.\u2014 Non, non ! dit sourdement René.\u2014 Mais, malheureux, répliqua vivement Dalbret, rappelle donc à toi la raison ! \u2014 Ah ! ma raison, est-ce qu'il m\u2019en reste encore ?Se frappant le front, René ajouta ; \u2014 Tu ne te doutes pas, Jacques, du trouble, du désordre qu\u2019il y a là; c\u2019est sous mon crâne un bouffonnement continuel.\u2014 Ce qu\u2019il faut pour remettre cela, René, c'est la tendresse, ce sont les caresses de Suzanne.De Lineuil secoua la tête en détournant ses yeux du regard de Dalbret.Celui-ci reprit : \u2014 La malheureuse n'a-t-elle pas assez souflert, dis ?Aie pitié d\u2019elle, ne la condamne pas à de nouvelles tortures.Elle sait, à présent, pourquoi tu es parti; elle sait que tu t es enfui, que tu l\u2019as abandonnée pour échapper à tes créanciers.Eh bien, elle en a éprouvé une sorte de soulagement, car, s\u2019il faut te le dire, elle avait craint que tu ne l'eusses abandonnée pour une toute autre cause.Ah ! René, quelle admirable femme que la tienne I \u2014 Je sais ce qu'elle est, répliqua de Lineuil d\u2019une voix creuse, et je n\u2019en suis que plus infâme 1 \u2014 René, reviens à elle, elle est prête à tout oublier; elle te pardonnera et t\u2019ouvrira ses bras.\u2014 Je suis indigne de son pardon, et quand même elle me l\u2019accorderait, je ne me pardonnerais pas moi 1 Qu\u2019est-ce que je suis ?Je te l\u2019ai dit, un misérable un infâme ! Qu'est-ce que j'ai fait dans ma vie ?Rien.Si j'ai fait du mal, beaucoup de mal.Partout où j'ai passé, j\u2019ai laissé des douleurs, ma trace a été marquée du reste.Maintenant, fais-moi le plaisir d\u2019aller te reposer.\u2014 Grand\u2019mère, vous êtes merveilleuse ! Lorsque le grand oiseau d\u2019argent se posa à nouveau sur la lande Ker-mor, Jean n'eut pas besoin de guider vers le manoir celle qui avait été sa passagère.\u2014 Il y a quarante-cinq ans que je ne suis pas venue ici, dit Mme Ber-cier, mais rien n\u2019y a changé.Quand Béatrix s\u2019est mariée, tous les paysans de la région ont dansé sur cette lande et j'ai ouvert le bal avec mon beau-frère Kermor, tandis que, selon l'usage, elle distribuait les fleurs d'oranger de sa couronne aux jeunes filles.La comtesse, assise dans son fauteuil, une couverture étendue sur ses genoux, regardait à travers les vitres de la fenêtre le vieux Biaise occupé à tailler les rosiers, lorsque la porte s'ouvrit devant Herminie Le Harec.très agitée : \u2014 Madame, commença-t-elle, je vous annonce une visite .une visite qui, une visite que .Elle s\u2019embrouillait, visiblement émue, bégayante.\u2014 Eh bien ! ma chère, quelle visite ?demanda doucement Mme de Kermor.Vous voilà bouleversée, de qui s\u2019agit-il ?\u2014 Il s'agit .\u2014 Il s'agit de moi, Béatrix, répondit une autre voix derrière la vieille fille .Dans l'encadrement de la porte, trois personnes, à présent s'avançaient.L'une était Espérance, et dans par des larmes.Je n'ai jamais été qu'un être nuisible.Le reptile auquel on écrase la tête, le fauve que I on tue ne l'ont pas mérité autant que moi.Jacques, sais-tu ce qu'il me faut?Un coup de foudre qui me réduise en poussière ! XXX Les Paroles d\u2019uN ami Dené était dans un tel état de surex-r'\u2018 citation, que Jacques Dalbret crut devoir changer la conversation, sauf à y revenir dès qu\u2019il pourrait profiter d\u2019un moment plus favorable.\u2014 René, dit-il, j\u2019étais déjà venu trois fois pour te voir - Ah ! \u2014 La première fois, c'était dans l'après-midi; on m'a dit que tu étais sorti.Je revins le lendemain matin, alors on m'apprit que tu étais allé faire un voyage de quelques jours.\u2014 C\u2019était vrai.\u2014 J\u2019ai tout de suite pensé que tu étais allé au château de Blémont.line flamme s'alluma dans les yeux de René et ses traits se contractèrent.\u2014 Je ne m\u2019étais pas trompé, continua Dalbret, les journaux d'hier soir et ceux de ce matin parlent avec plus ou moins de détails du duel qui a eu lieu dans le parc de Blémont.\u2014 Ah ! déjà ?fit de Lineuil.\u2014 Comment, tu t\u2019étonnes qu'une chose soit connue à Paris au bout de quarante-huit heures ?\u2014 Tu as raison, Jacques \u2014 J'ai eu connaissance des faits dès hier soir en lisant un journal, je ne me rappelle plus lequel.Aussitôt je suis accouru ici, espérant t\u2019y trouver.J'ai été fort surpris, je t assure, que tu ne sois pas revenu immédiatement.Tu es donc encore resté au château ?\u2014 Non, je n'y suis pas rentré; mais je me suis arrêté en route, Jacques, est-ce que Suzanne sait ?.le jeune homme qui l\u2019accompagnait, la comtesSe devinait facilement ce Jean Laroche dont il lui avait été tant parlé la veille.Mais, entre les deux jeunes gens, quelle était cette femme âgée dont le regard croisait le sien ?.Cette femme qui l\u2019avait appelée Béatrix ?Mme de Kermor tressaillit ; une faible exclamation s\u2019échappa de ses lèvres : \u2014 Eléonore .murmura-t-elle.\u2014 Oui, dit la nouvelle venue, Eléonore qui revient vers toi, accompagnée de ces deux enfants qui s'aiment.Béatrix, Jean Laroche est mon petit-fils, le fils de ma fille Ma soeur, nous repousseras-tu ?Celui-ci, tu peux m'en croire, est digne d\u2019être un Kermor ; s\u2019il n\u2019en a pas le nom, le sang de nos aïeux coule dans ses veines .\u2014 Eléonore 1 dit encore la comtesse, à demi soulevée et tendant les bras.Elles s'étreignaient.Non, il ne s\u2019agissait plus maintenant du sang ou du titre des Kermor.Deux sœurs s'étaient retrouvées ; et la fière comtesse savait aujourd'hui que le culte voué par elle au passé n\u2019était pas toujours justifié.Son intransigeance était vaincue.D\u2019une main qui tremblait un peu.elle réunit celles des deux jeunes gens.\u2014 Je vous avais bien dit que j'étais capable de devenir votre cousin, dit Jean à l\u2019oreille d\u2019Espérance.\u2014 Moi, je n'ai jamais rêvé d'être votre cousine, répliqua-t-elle en souriant.Je préfère être votre fiancée.Toucas-Massillon \u2014 Je ne l ai pas vue depuis trois jours; mais comme elle ne lit plus aucun journal, je suis convaincu qu'elle ignore ton duel.\u2014 Ah ! tant mieux Jacques saisit la main de René, et le regardant fixement ; \u2014 René, dit-il est-ce que tu es encore sous la domination de cette femme ?\u2014 Non, l'horrible chaîne est brisée \u2014 Oh 1 alors, tu es sauvé ! \u2014 Ah ! sauvé, sauvé ! fit amèrement René, mais tu ne veux donc pas voir ce qu\u2019elle a fait de moi.Et il se mit à rire nerveusement \u2014 Oui, reprit Dalbret, tu as encore ce trouble et cette irritation des nerfs qui restent après un long et épouvantable cauchemar; mais si tu ne la revois plus, si elle n'a plus le pouvoir de t'attirer à elle, tu reprendras vite possession de toi-même.J\u2019ai donc raison de dire que tu es sauvé.Ah ' mon pauvre ami comment as-tu pu te laisser reprendre ?Tu connaissais pourtant bien l'infernale puissance de cette femme, je pourrais dire les maléfices de cette horrible sorcière Hélas ! pourquoi n as-tu pas écouté les avertissements que te donnaient tes amis et n'es-tu pas resté sous l\u2019cgide de Suzanne ?\u2014 Ah ! pourquoi ?Parce que je sui.-un maudit ! .Va on ne peut rien contre la fatalité \u2014 Pourquoi es-tu allé à Blémont 7 \u2014 Est-ce que je sa's ?Une idée qui m\u2019est venue.La fatalité, Jacques tou joui s et partout la fatalité ! \u2014 Qu'est-ce que c'est que ce M Armand Pouget 7 Un ami de M.Grégoire ?\u2014 Non, un ami de sa femme \u2014 Lhe autre victime de Fernande Dubreuil \u2014 Oh ! victime, pas autant que tu crois.Cet homme, à qui on ne con naît aucun moyen d'existence, ne dé perre pas moins de trois à quatre mille francs par mois; tu devines d'où lui vient cet argent.\u2014 Oh ! fit Dalbret avec un mouvement de dégoût.\u2014 Après un bout de silence.'! reprit : \u2014 Tu savais que ce monsieur étal» au château de Blémont ?\u2014 Oui.\u2014 Alors, ne le nie pas, tu es parti pour Blémont dans un accès de jalousie contre ton rival.\u2014 Tu te trompes.\u2014 Pourtant, tout prouve que tu es allé à Blémont pour chercher querelle à M.Pouget.\u2014 Non, non; d ailleurs, c\u2019est lui qui m'a provoqué.\u2014 Sans raison ?\u2014 Sans aucune raison.\u2014 Et le duel a été décidé, et tu as tué M Pouget.\u2014 Tué ?Est-ce qu'il est mort ?\u2014 Ah ! tu l\u2019ignorais ?Oui, il es* mort deux ou trois heures après le combat, sans avoir prononcé une parole, sans avoir repris connaissance \u2014 Ainsi, il n\u2019a rien dit.La misérable ! c'est à croire qu'elle a fait un pacte avec le diable et que l'enfer la protège.Il essuya son front couvert de sueur et reprit ; \u2014 Je ne saurais dire exactement ce qui s est passé sur le terrain.Comment cela s'est-il fait ?Tout à coup, je vis mon adversaire chanceler et s abattre sur le sol; le sang jaillissait de sa poitrine percée; s\u2019il a poussé un cri, je ne lai pas entendu.Pris d\u2019un accès de folie, je jetai mon épée et If' m en f ul- Je n avais aucune raison d en vouloir à ce malheureux; au contraire, il me délivrait du joug de Fernande et je lui en était secrètement reconnaissant.Non, je ne pensais pas à le tuer.\u2014 On dit qu'il s\u2019est enferré.Les Perles du Corsaire (Suite de la page 24J 26 février 1938 37 \u2014 Ah ! on dit cela ?Eh oien ! oui, ce doit être.Je le répète, je ne pensais pas à h» tuer; j'aurais voulu, au con-fraire.qu'il me tuât.\u2014 Allons donc ! \u2014 Oui, Jacques, qu'il me tuât; neût-ce été que pour effrayer Fernande et lui faire connaître le remords, si le remords peut pénétrer dans une âme comme la sienne.\u2014 Si, comme tu le dis, Armand Pouget était son ami, la mort de cet homme est déjà une punition pour elle.Ne pense plus à elle et, surtout, ne la revois plus.Sois tranquille et n'en doute point, si grande que soit son audace, elle ne sera pas toujours triomphante.Sa fortune est insolente; mais ses beaux jours pâliront et son règne aura une fin.Plus elle sera considérée, élevée haut dans l\u2019estime et l'admiration du monde, plus sa chute sera retentissante et terrible.Encore me fois, mon ami, ne t'occupe plus de cette femme, ne pense plus à elle, oublie-la et laisse-la courir fatalement à sa perte, Tôt ou tard ses victimes seront vengées.De Lineuil avait laissé tomber sa tête dans ses mains.\u2014 Et maintenant, reprit Dalbret, entends la voix de ton ami, de ton meilleur ami; retourne auprès de Suzanne, qui sera heureuse de te pardonner.de tout oublier, qui saura te défendre et dans les bras de laquelle tu te réconcilieras avec toi-même.René, je lui ai promis que tu lui retiendrais et que vous retrouveriez les beaux jours de la première année de votre mariage; ne me fais pas mentir.L\u2019espoir de retrouver le bonheur perdu a mis en elle une force surhumaine.Avec quelle patience et quel admirable courage, elle a supporté cette longue et cruelle épreuve ! Et tout cela, René, tout cela parce que son grand amour pour toi la soutenait.Voyons, dis, veux-tu que je te ramène auprès d'elle ?De Lineuil releva la tête, regarda Dalbret comme au sortir d'un rêve, hébété, et répondit d\u2019une voix creuse: - Non ! \u2014 Oh ! René, René 1 fit tristement lacques.\u2014 Pourquoi il est à jamais perdu ?Je ne peux plus rendre Suzanne heureuse.Moi, près d'elle, courbant la tête, toujours, toujours .Non, non, je ne veux pas I Ecrasé de honte, épouvanté de mon indignité, plus que jamais je me dérobérais à sa tendresse et la ferais souffrir plus encore qu'elle n'a souffert.Non, encore une fois, non, je ne veux pas pour elle de cet enfer 1 \u2014 Mais, mon pauvre ami, tu déraisonnes.De Lineuil saisit le bras de Dalbret, et le serrant avec force.\u2014 Je suis un maudit, te dis-je, s'écria-t-il avec égarement, je suis un maudit ! Ah ! je me méprise, je me fais horreur ! \u2014 René, je t\u2019en prie, calme-toi.\u2014 Hein, mais je suis calme, très calme, répliqua de Lineuil, dont les traits s'étaient affreusement convulsés.\u2014 René, à quoi penses-tu ?Tu médites quelque chose; réponds-moi, que vas-tu faire ?\u2014 Je vais, partir, m en aller loin, loin, si loin qu'on ne puisse plus jamais entendre parler de moi Vois-tu, Jacques, ce que je vais chercher, c est le désert, un pays sauvage, inconnu; c'est, pour me cacher, un antre profond où ne pénètre jamais la lumière.Dalbret ne put s\u2019empêcher de tressaillir.\u2014 Et ta femme, pauvre fou que tu es, dit-il, que va-t-elle devenir ?\u2014 Elle a son père et sa mère répondit lugubrement René.Il se leva et, les yeux hagards, il se mit à tourner autour de la cham- bre avec une agitation croissante.Soudain comme se parlant à lui-même, il reprit la parole.\u2014 Voilà, voilà, dit-il; elle avait dix-huit ans, elle était jolie, son père et sa mère l\u2019adoraient; elle s\u2019est mariée.Pourquoi s\u2019est-elle mariée ?Parce que toutes les jeunes filles se marient.Mais, la malheureuse, quel époux a-t-elle pris ! Elle était bien reçue dans le monde, elle y était fêtée.Charmante, gracieuse, aimable, elle savait se faire aimer; alors, elle avait toujours sur les lèvres le sourire du bonheur et dans les yeux la joie de vivre.Tout le monde voulait quelle fût heureuse, tout le monde, jusqu'à cette religieuse .Qu'est-ce que cette religieuse, cette petite soeur des pauvres ?Pourquoi a-t-elle donné cet argent ?Un million oui, c\u2019était un million que le misérable mari a jeté dans un gouffre sans fond.D\u2019où venait-il donc cet argent, cet or ?Ah ! c était de l'or maudit I quelques années, la soie artificielle et les produits chimiques ont pris un essor considérable.?Aucun pays n offre sur un espace aussi restreint autant de beautés naturelles que la Suisse.Ses montagnes aux neiges éternelles, ses lacs romantiques, ses stations balnéaires, ses hardies voies ferrées, ses bourgs et châteaux pittoresques, ses coutumes locales, ses établisements scolaires réputés, enfin son organisation hôtelière conforme aux exigences de la clientèle, tout concourt depuis longtemps à faire de la Suisse le rendez-vous des voyageurs du monde entier.Si le capital beauté est le premier fondement du tourisme, d\u2019autres facteurs non moins importants engagent l'étranger à voyager, à séjourner en Suisse ou à s'y fixer : ce sont les conditions d'équilibre général, l'extension Les progrès de l'industrie automobile se traduisent dans les moindres détails des voitures nouvelles lancées chaque année sur l\u2019immense marché canadien et américain.C'est ainsi, par exemple, pour signaler quelques-unes de ces améliorations qui tendent à embellir I auto et en faciliter la conduite, que nous pourrions parler du tablier de commande et des transformations radicales qu'on lui a fait subir.Hier, toutes les commandes étaient dispersées sur le panneau qui s\u2019allonge sous les yeux du chauffeur.Aujourd\u2019hui, toutes les clés, tous les boutons, tous les cadrans, sont groupés en un espace restreint à la portée de la main et à la vue du conducteur.En un coup d\u2019œil, ce dernier peut voir où en est la pression d'huile, ou la température de l'eau, ou la vitesse, ou le millage, etc.On peut dire, sans exagérer en rien, que l'Oldsmobtle a servi de pionnier à tous les autres autos.Si vous voulez mieux comprendre ce que nous disons, donnez-vous seulement la peine d'examiner les cadrans de l'Olds-mobile.Question d'éclairage S\u2019il est indispensable, pour éviter les accidents, que le conducteur ne perde jamais de vue la route qui s'étend devant lui, il faut, bien en- II s'arrêta au milieu de la chambre, tournant le dos à Dalbret qui, lui aussi, s'était levé et, prêtant 1 oreille, il eut l'air d\u2019écouter.Ses lèvres étaient crispées et sa.physionomie exprimait la terreur.\u2014 Oh ! ces cris, ces cris ! reprit-il d'une voix étranglée.C\u2019est elle, c\u2019est Suzanne qui appelle à son secours ! Ah ! mon Dieu, elle cherche vainement à se délivrer d'une légion de vipères qui couvrent son corps de morsures.Et là, là, une femme noire qui rit et dont les yeux jettent des flammes .Horreur ! c\u2019est Fernande !.Mais quoi donc, à présent ?Ah ! c'est Rose, c\u2019est Rose; elle est accourue, ses ciseaux à la main, et elle tue les serpents, elle les tue tous !.Bravo, Rose, bravo, ma bonne petite Rose ! Le malheureux était peu à peu tombé dans une effrayante hallucination.(A suivre dans le prochain numéro) et le perfectionnement des voies de communication, le renom des écoles et pensionnats, les facilités d'établissement, la réputation des médecins, etc.T La Suisse est un centre de sports d\u2019été et d'hiver.Dans la première saison, ce sont le cyclisme, l\u2019automobilisme, le canotage, le tennis, le golf, etc., tandis qu\u2019en hiver les amateurs d alpinisme, de ski, de patinage.de luge, de curling, de hockey sur glace, etc.trouvent dans toutes les stations d\u2019altitude la possibilité de satisfaire leurs goûts.Plusieurs stations suisses possèdent des golf-links bien aménagés ; toutes ont des places de tennis .Sur les bords des lacs les fervents des sports nautiques trouvent des plages et tout ce qu\u2019ils désirent pour passer agréablement leurs loisirs .tendu que les lumières qui l'éclairent fonctionnent à la perfection et sans jamais manquer.L\u2019éclairage de l\u2019auto, pour celui qui conduit le soir à une certaine vitesse, est une question de vie ou de mort.Dès que vos lumières faiblissent, voyez-y tout de suite.L'automobiliste prudent et consciencieux a toujours quelques fusibles de rechange dans son auto.Une randonnée extraordinaire Nous venons de lire dans une revue religieuse consacrée aux missions, l histoire d'une randonnée extraordinaire exécutée dans une Chevrolet 1929 d\u2019occasion.Cette voiture fit, dans les conditions les plus difficiles, en un an et cinq jours, un voyage de 100,000 milles.La charge de cette auto comportait de 228 à 300 gallons de gazoline, 12 gallons d'huile, une demi-tonne de brochures religieuses, un gramophone et un amplificateur, des provisions de bouche, des pneus de rechange, sans compter les deux voyageurs.Le chef de cette expédition écrit : « Notre Chevrolet 1929 se comporte de façon sensationnelle.Elle a certainement roulé plus de cent mille milles.Le moteur se comporté à merveille.Il ne nous est pas arrivé le moindre accident et notre auto ne nous causa pas le moindre ennui.» PERCLUS DE DOULEURS DANS LES JAMBES Instructeur de culture physique qui perd l'usage des ses membres Si le rhumatisme vous immobilise les membres, rendant votre existence intolérable, lisez comment cet homme fut soulagé des mêmes maux ; \"Je suis instructeur de culture physique et professeur de natation.Au début de cette année, je ressentis de violentes douleurs dans les jambes depuis les hanches jusqu'aux orteils Le matin, je ne pouvais pratiquement pas marcher pendant trois ou quatre heures.Massages, huile, pilules, rien ne m\u2019apportait de soulagement.Quel-u'un m ayant conseillé de prendre es Sels Kruschen, j'en achetai une bouteille en désespoir de cause.A peine en avais-je pris les trois-quarts que déjà je me sentis parfaitement rétabli, sauf une légère sensation de raideur dans les articulations.D autre part, mon état de santé générale se trouva bientôt considérablement amé lioré.Kruschen m'a remis sur pied' - H.L.S Les douleurs rhumatismales sont souvent causées par un excès d'acide urique dans l'organisme.Eliminez cet acide urique' et vous éprouverez naturellement un bienfaisant soulagement.C'est ce que font les Sels Kruschen \u2014 ils apaisent les douleurs lancinantes du rhumatisme parce qu ils aident à purifier votre sang des dépôts d\u2019acide urique qui le polluent.BÜæi N er ¦ *¦* HE SOUFFREZ PLUS grâce au TRAITEMENT MEDICAL F.GUY C est le meilleur remède connu contre toutes les maladies féminines.Des milliers de femmes ont, grâce à lui, victorieusement combattu les déplacements, inflammations.périodes douloureuses, douleurs dans la tête, les reins ou les aines, etc.Envoyez 5 cents en timbres et nous vous enverrons GRATIS une brochure illustrée avec échantillon du Traitement F.Guy.CONSULTATIONS ; jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m Mme MYRRIAM DUBREUIL Boîte Postale 2353 \u2014 Dépt 2 5941 Ave Delorimier MONTREAL, P.Q.Faisons un beau voyage.(Suite de la page 6) Les progrès de l\u2019automobile 38 LE SAMEDI La page de Geneviève Pour rafraîchir une cape de fourrure blanche ou un petit manteau d enfant en lapin, vous pouvez faire vous-même un nettoyage à sec avec de la poudre de magnésie.Comme ce produit est très léger, deux onces suffiront.Etendre la cape sur une grande feuille de papier et frotter délicatement afin de faire bien pénétrer la poudre dans la fourrure, surtout aux endroits où cette fourrure est plus longue.Laisser le vêtement étendu ainsi durant plusieurs heures, puis brosser afin de ne pas laisser de poudre.Quand vous l\u2019aurez enlevée, peignez la fourrure avec soin à l\u2019aide d'un peigne d'acier aux dents bien écartées.Ce procédé apportera une réelle amélioration à votre fourrure.Pour assouplir et nettoyer le cuir qui couvre vos meubles, servez-vous d'un mélange composé d\u2019un tiers de vinaigre chaud, et deux tiers d\u2019huile de lin Appliquez ceci avec un chiffon.Frottez le cuir jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit sec, puis prenez pour le polir un autre linge bien souple.Les bourses en lézard ou en crocodile peuvent être rafraîchies en les frottant avec de la vaseline à laquelle vous avez ajouté quelques gouttes de glycérine.Frottez ensuite avec un chiffon bien sec.Les vases en cristal exigent beaucoup de soins, car ils sont souvent tachés par les fleurs qu'ils contiennent.Dans bien des cas le vinaigre fait disparaître les taches qui résistent.Il est quelquefois difficile de balayer la chambre d'un malade sans soulever la poussière.On conseille alors de tremper un vieux journal dans une eau froide mêlée d'un désinfectant, puis tordez votre papier et semez-le en petits morceaux sur votre tapis ; prenez ensuite un petit balai bien raide et un porte-poussière, vous serez surprise du bon résultat obtenu.\u2022 Les fèves doivent être à peu près de la même grosseur pour cuire également ; si elles sont bien fraîches, elles craquent lorsque vous les cassez en deux.Les meilleurs pois sont doux au toucher, d\u2019un vert éclatant et plutôt gros, ce qui indique que les gousses contiennent des pois bien égaux.\u2022 Pour transformer un chevalet en paravent destiné à la chambre de bébé : peinturez-le de couleur tendre, rose, bleu ou crème, tendez une cretonne fleurie à l'extérieur et une doublure unie à l\u2019intérieur ; ajoutez à cette doublure des poches plissées avec un élastique et placez-les à une hauteur convenable.Si la chambre est froide, protégez l\u2019enfant avec ce paravent, quand vous lui donnez son bain ; en plus, les poches que je vous ai décrites vous permettront d'avoir à votre portée tout ce qui est nécessaire à la toilette du bébé et vous n'aurez pas à bouger pendant cette opération délicate EN FLORIDE Un auteur anglais qui a passé un hiver en Floride nous décrit certains raffinements du luxe américain.Le propriétaire du champ de courses, Hialeah, a planté à grands frais des sapins et des palmiers autour de la piste, puis il a fait creuser un lac artificiel avec une île au centre, et pour compléter le tableau, a transporté de Cuba, en avion, 20 flamants aux becs roses et aux ailes teintées de corail ; dix-neuf survécurent au voyage mais aussitôt mis en liberté déployèrent leurs ailes et retournèrent à Cuba.M.Widener ne se découragea pas et l\u2019année suivante fit venir 100 flamants, dont il eut cette fois la précaution de faire tailler les ailes.On compte maintenant 300 flamants sur l\u2019île et les jours de courses, ces oiseaux impassibles au milieu des folles chevauchées et de la foule en délire donnent une impression saisissante de calme et de beauté.Comme contraste, Cecil Roberts nous décrit l\u2019Hôtel-Je-Ville à Miami : un gratte-ciel de 26 étages qui contient, outre les bureaux d\u2019administration civique et la Cour, une prison qui occupe les sept derniers étages.Une fois la sentence prononcée, le condamné monte en ascenseur et le voilà rendu.On évite ainsi les démonstrations hostiles ou favorables qui ont souvent causé des catastrophes.Le docteur Baekeland, un Belge qui poursuit ses travaux aux Etats-Unis, a découvert premièrement le papier Velox si utile aux photographes, puis le Bakélite qui remplace dans bien des cas le celluloide, trop inflammable.Après ces succès, qui lui valurent une fortune, le docteur continua ses recherches et a donné récemment aux hôpitaux, le Dry-bak, un diachylon lavable qui évite aux malades bien des pansements pénibles.QU'AIMEZ-VOUS ?.QUE DETESTEZ-VOUS?.Si l'on vous demandait quelles sont les DIX choses que vous aimez et détestez le plus, sauriez-vous répondre de but en blanc ?Une petite étude d'introspection qui amusera tous nos lecteurs et lectrices et leur permettra de se mieux connaître.Vous vous mettez en face d\u2019une feuille blanche et vous vous demandez : Quelles sont les dix choses que j\u2019aime le plus au monde et les dix autres que je déteste ou qui me déplaisent le plus ?Pour vous donner une idée de ce jeu, voici comment y a répondu le le chef-adjoint de notre service de publicité, M.Eugène Sauriol.et l'un des journalistes attaché à la rédaction du Samedi, M.François Laroche : CE QUE J'AIME .1.\tLa fraîcheur de la nature après une pluie de printemps.2.\tLe chant des oiseaux dans l\u2019aurore.3.\tLe silence nocturne à la campa-gne.4.\tLes jeux de la lune sur les rides de l\u2019eau.5.\tLes splendeurs d'une tempête de tonnerre et d\u2019éclairs.6.\tUn troupeau qui broute dans la prairie.7.\tUn coucher de soleil au bord de la mer.8.\tUne tempête au mois de janvier, à la campagne.9.\tUn jardin en fleurs.10.\tLes arbres.CE QUE JE DETESTE .1.\tUn récepteur de radio qui joue fort.2.\tLes gens prétentieux.3.\tLes chauffards.4.\tLes menteurs.5.\tLes blagueurs.6.\tUne rue bruyante.7.\tLes politiciens « forts en gueule » 8.\tLes sacreurs.9.\tLes tramways encombrés, par une journée très chaude.10.\tUne femme trop fardée.Eugène Sauriol CE QUE J'AIME.1.\tLa croix que le douanier trace à la craie blanche sur ma valise après l'avoir examinée sans découvrir ma bouteille de whisky.2.\tMa première cigarette du matin, après le café.3.\tLa musique colorée de Tchaikovsky.4.\tUne belle jeune fille qui lit Le Samedi dans le tramway.5.\tLe réveil des mouettes sur le fleuve Saint-Laurent.6.\tLe bruit de la pluie à ma fenêtre.7.\tLes pommes canadiennes et le sirop d\u2019érable.8.\tUn crayon bien aiguisé.9.\tL homme qui ne craint pas de se faire des ennemis.10.\tMes vieilles pantoufles.CE QUE JE DETESTE .1.\tMe raser tous les matins, à la même heure.2.\tLa voix insignifiante de certains annonceurs.3.\tUn bachelier satisfait.4 Le petit monsieur qui revient d'un séjour d'un mois à Paris avec l\u2019accent français.5- Le fanatisme, sous toutes ses formes.6.Les discours politiques à la radio.' Les loueurs de bridge trop sérieux.8 La paresse.9.\tL\u2019humidité.10.\tLe lundi matin, François Laroche Une opération délicate que toutes mes lectrices connaissent.Cette jolie photo n\u2019a pour but que d\u2019orner ma page.Aucune explication ne s'impose. it 26 février 1938 39 ' JULES r n ^ -W; DIXIEME EPISODE Ceci est l'histoire vécue d'un jeune orphelin, qui plus tord devint célèbre en Amérique.12a K 1\t\u2014 On se rappelle que Jules avait été enlevé par des bandits qui avaient voulu le forcer à participer à un vol dans un entrepôt Mais Jules s\u2019y était refusé.2\t\u2014 Les choses allaient tourner mal pour lui quand l\u2019approche de policiers en canot automobile fit fuir tout le monde.Les bandits sautèrent dans leur canot et filèrent.3\t\u2014 Trouvant ce brusque départ un peu louche, les policiers pourchassèrent le canot des bandits.Profitant d un moment d\u2019inattention du chef.Jules le jeta à la rivière.H-iafr.i.» - \", 4\t\u2014 Lancé à toute vitesse le canot des bandits alla se fracasser sur un quai Tous ses occupants furent précipités à I eau.Jules se cramponna de son mieux à une épave.5\t\u2014 Quant aux bandits, ils nagèrent rapidement vers le quai et ils disparurent rapidement dans la nuit.Ils étaient encore une fois parvenus à échapper à la police 6\t\u2014 Par des cris et des gestes.Jules attira 1 attention des policiers.Croyant avoir affaire à un des bandits, les policiers se hâtèrent de diriger leur canot vers lui.7\t\u2014 Jules était tout heureux d être enfin débarrassé de ses faux amis Mais il ne prévoyait pas les ennuis qui l\u2019attendaient.Et il songeait à la jeune fille prisonnière.- JC 8\t\u2014- Pendant que le canot automobile filait vers le poste de police, Jules raconta comment il avait été séquestré par les bandits et comment il avait pu se libérer.i.ihiphm\" 9\t\u2014 Mais les policiers ne semblaient pas le croire Malgré ses protestations, ils le conduisirent au poste de police.Le lendemain, il comparaissait devant le juge.(A suivre dans le prochain numéro) N\\533 àÆlÊÊÊtéh&!*%\\ JWB i mmm HKHm 1\u2014 Henri et Irène étaient prisonniers de leur ennemi Pedro.Impossible maintenant de s'échappe!.2 \u2014 Irène fut forcée de préparer le repas.Un bandit s'impatientant, elle lui jeta une crêpe à la figure.3 \u2014 Poussant des cris de douleur, le bandit arracha la pâte chaude qui lui brûlait la figure.¦J\" s wm mm 4 \u2014 En reculant, Irène renversa la théière\t5 \u2014 La jeune fille profita de 1 affolement des dans le feu Aussitôt, la caverne s\u2019emplit\tbandits pour couper les liens de Henri de vapeur.& 6 \u2014 Puis les deux jeunes gens se cachèrent dans une encoignure sombre Pedro ne les voyant plus .HH mm 7 \u2014 ., crut qu'ils étaient sortis.Tous les bandits se précipitèrent au dehors mais ils ne les trouvèrent pas.10 .4- Munis d\u2019un fanal, ils commencèrent la poursuite.Et ils arrivèrent à une profonde crevasse.11 \u2014 \"S'ils sont tombés dans la rivière souterraine, on ne les reverra plus jamais\u201d, dit Pedro.12 \u2014 Henri et Irène se débattaient en effet dans la rivière.Mais il y avait une chute .(A suivre dans le prochain numéro 8 \u2014 Irène avait remarqué qu'un souterrain\t9\u2014 Quand, peu après, les bandits rentrèrent, ils aper- aboutissait à la caverne.Ils s'y engagèrent\tçurent eux aussi le souterrain qu'ils ignoraient. 26 février 1938 41 ir-i fïrËgs$ wm % tesmi ;::;W / VINGT-SEPTIEME EPISODE 1 \u2014 Le sorcier d'une tribu en- 2 \u2014 Un jour que le roi de la jungle se pro- 3 \u2014 Il fut à moitié étourdi nemie cherchait à faire périr menait seul et sans arme dans la forêt, par le choc et quand il se Zambo à qui il attribuait une in- il reçut sur la tête une noix de coco\treleva son agresseur était fluence malfaisante.\tdisparu.4 \u2014 11 aperçut le petit singe Kiki grimpé dans un arbre et tenant un objet brillant.Il essaya de le lui enlever mais Kiki se sauva.mm ta / i/V-c [ul K'Jtô mm \u2022 « 5 \u2022\u2014 Quelques instants plus\t6 \u2014 Devant\tle chef,\til accusa\tZambo\t7 \u2014\tZambo se\tdéfendit de son mieux\t8 \u2014 A ce moment, Zambo\tvit le petit tard, Zambo se trouvait face à\td'avoir volé\tl\u2019amulette\tsacrée.Aussitôt,\tmais\tle sorcier\tdevint furieux et son\tsinge dans un\tarbre.Il lui\tfit un signe face avec un groupe de nègres,\tdeux solides gaillards s\u2019emparèrent\tdu jeu-\tbeau\tcasque de\tplumes tomba à terre\tet Kiki lança\tl'amulette à\tla tête du Le sorcier était avec eux.\tne homme.\tsorcier.'U ?; «w 'mm* Wk w.% fwmS WM \" 'M « 9 \u2014 Enfin libéré, Zambo reprit ses randonnées à travers la jungle.Il trouva une embarcation et descendit la rivière.10 \u2014 Des bruits de voix attirèrent 11 \u2014 Les hommes s\u2019en al-son attention et il se cacha dans les laient sans doute attaquer le roseaux.Il vit alors une troupe de village des Waramis.Il fal-nègres.\tlait les prévenir au plus tôt 12 \u2014 Par des chemins détournés, Zambo se rendit chez ses amis.Avec eux, il imagina une ruse pour éloigner les ennemis.jyQfiSï ¦ 13 \u2014 Aidé des Waramis, il em- 14 \u2014 Il faisait nuit noire.Dès que les en- 15 \u2014 Voyant ce barrage de feu s'é-nlit d\u2019herbes sèches plusieurs ca- nemis se furent suffisamment rapprochés, lever au milieu de la rivière, les bar-nnfs nu'il nlaca en travers de la Zambo mit le feu aux herbes sèches et se bares crurent à quelque sortilège et .H\tiota à l'eau\ts arrêtèrent.» ^ mm ifxi 16 \u2014 Cachés sur la rive, les Waramis faisaient grand bruit de façon à laisser croire qu'ils étaient très nombreux.fc (A suivre dans le prochain numéro) 42 LE SAMEDI Rions, c'est \u2014 Il n'en tient qu'à vous, Alfred, que nous nous aimions toute la vie \u2014 Euh ! avec ou sans la dot ?\u2014 Tu t'est marié trois fois ! Tu as eu trois femmes ! \u2014 Et trois belles-mères .\u2014 Tu es un héros ! Le mari \u2014 Qu'est-ce que nous avons pour dîner, aujourd'hui ?L\u2019épouse \u2014 Une dinde.Le mari \u2014 Ah ! ta mère vient partager notre repas ?\u2014 Je suis creinté ; le patron nous a fait travailler comme quatre.\u2014 Il ambitionne .\u2014 Oui, mais heureusement que nous étions dix \u2014 Je voudrais parler à M.Z .\u2014 Lequel ?Ils sont deux frères.\u2014 Celui qui a une soeur qui demeure à Québec.manes \u2014 Tiens ! voilà le graphique de ta gentillesse depuis que nous sommes £>C t I ' h c u r c .\u2014 Monsieur, apprenez que mes opinions sont plus propres que les vôtres.\u2014 J vous crois : vous en changez trois fois par semaine ! \u2022 On parle d'un homme d affaires dune prudence extraordinaire: \u2014 Je su s sûr, dit quelqu\u2019un, que le jour où il rendra son âme à Dieu il exigera un reçu.\u2022 \u2014 Ma femme a la ferme conviction qu elle ne vieillit que d'une année tous les deux ans.\u2014 C'est avantageux pour votre bourse .Vous économisez un cadeau d'anniversaire sur deux ! Le docteur \u2014 Il faut se convaincre que 1 on n'est pas malade.Ainsi à force de répéter à haute voix : \"Je n'ai pas mal aux dents\", vous finirez par guérir Le client \u2014 Mais j'attraperai une extinction de voix .\u2014 Mon voisin est le plus bel avare de la terre; dernièrement il a interdit à sa fille de se marier pour ne pas avoir à donner son consentement .Le marseillais : \u2014 Peuh ! mon père, à moi, était encore plus avare que cela : il a fait boucher sa fenêtre parce quelle donnait sur la rue.\u2014 Voyons.Rosalie, et mon eau glacée ?Une minute, madame, je fais fondre la glace pour qu elle rentre dans la carafe.î vr*.\u2014 Tu devrais b en accepter d'épouser l'ami que je t'ai présenté.Il a de 1 argent et c'est un bon diab'e.\u2014 Oui, mais il est beaucoup plus âgé que moi : il a déjà les cheveux gris.\u2014 Pour ça, ne t\u2019en fais pas ; il n\u2019en aura pas longtemps des cheveux gris : il sera bientôt chauve.Julot est fiancé à une charmante personne d'Outremonl.\u2014Pour vous voir cinq minutes, lui d:t-il au téléphone, je braverais la foudre, les tempêtes, les flots déchaînés .\u2014 Bon ! Bon ! Viendrez-vous dimanche ?\u2014 Certainement.s\u2019il fait beau Mme Lahaupette, excédée des ripostes grossières de sa bonne, la met à la porte.En sprtant, la bonne voit le chien couché sur la vérandah.Elle le caresse puis lui jette une pièce de vingt-cinq cents.Et comme Madame d\u2019indigne de cette générosité, la bonne répond : -r La pauvre bête a bien gagné ce vingt-cinq cents, répond la jeune fille.Elle nettoyait si bien les assîtes que je n'ai jamais eu beso:n de ' laver .V oulez-vous me donner votre numéro de téléphone pour que je prévienne votre femme ?\u2014 C'est inutd\" de tard.1avertir.Elle croira que c'est une excuse pour rentrer A l'examen pour le doctorat en médecine, le professeur demande à un étudiant qui parait très intimidé.\u2014 Sur quelle preuve vous basez-vous pour affirmer qu'une personne est réellement morte ?L interpellé réfléchit longuement ; puis finalement : \u2014 Sur la mort du sujet, m'sieu ! Le vieux professeur distrait prend son repas en \u2018ravaillant.Il appelle sa femme.\u2014 Tu m'as apporté du cacao au lieu du café que je t'avais demandé.\u2014 Mais, c'est dans l'encrier que tu viens de tremper ton biscuit ! \u2022 Chariot \u2014 Ma tante m avait dit, avec Noël : Je te donnerai deux dollars pour tes étrennes \u201d, Je les attends encore.L oncle C est qu elle avait mis son présent \u201d au \" futur \".\u2022 La nouvelle bonne que nous avons engagée ne se lève pas avant midi, raconte Mme Z.à une amie.- V ous auriez dû vous en douter, répond celle-ci ; je vous l'avais recommandée comme une personne de tout repos \", 26 février 1938 «3 mBÊHAS, \\é * v.«i f Actuellement, il y a.aux Etats-Unis, plus d autos que de salles de bains.Les anciens Grecs possédaient plus de trois cents livres traitant de I élevage et de l\u2019entretien des abeilles.\u2022 Le produit alimentaire qui est consommé en la plus grande quantité dans le monde entier est le riz.\u2022 L armée du temps de paix, aux Etats-Unis, comprend environ cent cinquante-trois mille hommes, aussi soixante-sept généraux.\u2022 Il parait qu\u2019à Nanticoke, dans la Pennsylvanie, il existe un bonhomme, jardinier de son métier, et qui n\u2019a jamais éprouvé le besoin de se moucher durant les quarante-seot années de son existence jusqu\u2019ici.Il n\u2019a, naturellement, jamais possédé aucun mouchoir.Burma est vraiment le paradis des femmes ; elles y jouissent d\u2019une liberté au moins aussi grande que dans n\u2019importe quel pays du monde entier, ne se marient que selon leur goût et souvent choisissent elles-mêmes leurs maris.Ur.pont qui vient d\u2019être construit à Carlsbad, en Tchéco-Slovaquie, est recouvert en grande partie de porcelaine ; ceci a été fait dans le but de servir de réclame à la grande fabrication de la porcelaine dans cette partie du pays.\u2022 Les écrivains aimés du public ont eu presque toujours des débuts très difficiles.Joseph Hergesheimer écrivit pendant quatorze ans avant d\u2019être accepté par un éditeur ; Gamaliel Bradford, biographe estimé, fut refusé pendant vingt-cinq ans par les éditeurs ; Rupert Huqhes a raconté qu\u2019il reçut plus de deux mille lettres de refus avant de se voir accepté ; d\u2019autres encore, parmi les auteurs connus pourraient allonger cette liste.\u2022 Pour cambattre l\u2019insomnie il est bon de coucher dans un lit confortable et de se servir d un oreiller doux et peu élevé ; il faut également avoir les pieds chauds tandis que I air de la chambre doit être plutôt frais.\u2022 Dans certains hôpitaux de la Pologne on donne, aux malades souffrants d\u2019insomnie, des pyjamas chloroformés.\u2022 Les Japonais ont l\u2019intention de placer, au sommet du Fujiyama, leur célèbre volcan, un drapeau ayant cinquante-six pieds de largeur et quatre-vingts de longueur qui serait, disent-ils, le plus grand du monde entier.> Notes Encyclopédiques CHOSES ETRANGES \u2014 Par Pascal Bolvln, artiste canadien CP7I'\u20ac^ A' van eyck, \\ I il PEINTRE FLAMAND \\> L9 QUI VÉCUT DE 1370 i A' iciun m ic i\tAtbi.i )!>>>',.ER* 1835, VITAL ÉMARD DIT POITEVIN, LAC $T, LOUI*, QUE.TRAVERSAIT L\u20ac GRAND MARCHÉ EN PORTANT DEUX QUAR TIER* DE BOEUF DE 150 LIVRE* À CHAQUE BRAS.T A3 PA3 CONNU MA \u201e
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