Le samedi, 1 juin 1938, samedi 25 juin 1938
[" fe Samedi 25 juin 1938 50e année, No 4 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS ipiisiïii» .¦¦¦ : lllllll \"I I I i»® $ w|é ?HBK \u2022HONNI* §M iiiiaii.i! -es* lwu^^7u#tez MIEUX DE L\u2019ETE ew faisant moins de cuisine, grâce aux conserves Pour jouir vraiment de la vie, il n\u2019est pas de meilleures saisons que l\u2019Eté.A condition de ne pas passer cette belle saison à la cuisine.De nos jours, tous les aliments imaginables sont préparés en conserves qu\u2019il suffit d\u2019ouvrir pour servir en un rien de temps\u2014chauds ou froids.Légumes, fruits,viandes, soupes, poisson, TOUT peut s\u2019acheter en boîtes pour orner chaque jour votre table, sans efforts ni perte de temps, de plats variés et sains.Grâce aux aliments en conserves, vous n\u2019aurez plus de grosse cuisine à faire cet été\u2014chez vous comme en vacances.AMERICAN CAN COMPANY, Montréal, Hamilton, Toronto, American Can Company, Ltd., Vancouver.Des méthodes ultra-modernes permettent de mieux conserver les vitamines naturelles dans les aliments en boîtes que dans ceux préparés de la façon ordinaire chez soi.De plus, le procédé moderne de mise en conserves réussit à garder les sels minéraux solubles dans l\u2019eau qu\u2019on jette ordinairement à la maison avec l\u2019eau de la cuisson.L\u2019aliment est cacheté frais dans la boîte, puis cuit cacheté, gardant ainsi TOUTE sa saveur._*ÇAF }«>»\u2022\u2022* I HO MARI t 1 3 50e année.No 4 \u2014 25 juin 1938 CARNET EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER.BESSETTE & CIE.LIMITEE 975, RUE DE BULLION MONTREAL - CANADA Téléphone: Plateau 9638 * \u2022 Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 \u2022 ABONNEMENT CANADA Un an.S3.50 Six mois.2.00 Trois mois.1.00 ETATS-UNIS ET EUROPE Un an.$5.00 Six mois.2.50 Trois mois.1*25 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.samedi, 9 h.a.m.à midi r|S AUX ABONNES \u2014 Les onnés changeant de loca-k sont priés de nous don-r un avis de huit lours mpaquetage de nos sacs malle commençant cinq irs avant leur expédition.le monde APPELEZ-MOI rétrograde, éteignoir et même philistin par-dessus le marché si ça vous chante, mais je vous dis tout de suite que le progrès, je m'en fous, je m'en contrefous et je m'en archifous.Plus encore, je m'assois dessus et fume tranquillement ma pipe.Allons, qu'y a-t-il de cassé ?demandez-vous.Peut-être pensez-vous que je me suis levé en sens contraire ce matin ou bien que j'ai marché dans quelque chose de pas propre, une surtaxe par exemple, ou le portrait de monsieur Négrin ?Pas le moins du monde; je me suis réveillé avec la caboche de bonne humeur et levé avec le sourire aux lèvres parce qu'il faisait un beau soleil tout neuf.En venant à la ville j'ai parlé avec de bons amis et vu de jolies filles; c'est donc de la sérénité d'âme à cent pour cent qu'on trouverait au fond du creuset si on me passait à l'analyse.Alors .Alors, c'est précisément parce que je me sens de gaillarde humeur, parce que la nature est belle et mes suaves contemporaines délicieusement jolies, parce qu'enfin la terre tourne aussi régulièrement que si elle n'avait pas des tas de coquins à sa surface, c'est à cause de tout cela que je me trouve bien en forme pour taper un peu sur la couenne des hommes, ou plutôt de la besogne à rebrousse-poil qu'ils font sur la planète depuis qu'elle a la déveine de les avoir pour locataires.Et cette vilaine besogne-là s'appelle le progrès.Oh, je sais bien ! on peut plaider la cause du progrès et présenter celui-ci comme le plus bel agrément de la vie; on peut même en faire le bienfaiteur de l'humanité en dénombrant mille bonnes choses que nous lui devons, mais tous les arguments qu'on pourra trouver pécheront par la base.Tout d'abord, en quoi ça consiste, le progrès ?Je vais vous le dire en peu de phrases.C'est, pour employer la définition classique, le développement d'une idée ou d'une activité dans la direction d'une fin plus ou moins nettement conçue.Aristote n'y croyait point, Platon n'en voulait pas, Héraclite ne le considérait que comme un changement, Lucrèce en parle timidement, Pascal en fait une théorie d'ensemble, Goethe le traite poétiquement, Darwin nous fait descendre du singe pour le prouver, Spencer le croit la base d'un système d'évolution et les modernes en ont fait un système de démolition.Voilà ce que c'est, le progrès.C'est aussi la loi du moindre effort mise en pratique; au lieu de batailler avec la grande perche du \" puits d'Evan-géline \" vous tournez simplement un robinet pour avoir de l'eau; vous pouvez dire, sans risques, votre façon de penser à monsieur Untel qui est au bout du fil alors qu'il serait imprudent d'avoir cette franchise à la portée de son pied; vous faites, en trois jours, un voyage de trois semaines autrefois et vous portez des habits d'une pure laine qui n'a jamais bêlé.Le progrès vous a tellement façonné, mignotté et rendu sensible qu'une feuille de rose pliée pourrait vous donner une ampoule comme au fameux Sybarite de jadis, il vous bichonne, vous enveloppe et vous suit partout, le progrès; c'est un bien bon serviteur ! Mais il sait se faire payer, le bougre ! et payer cher.Autrefois, nos bons vieux grands pères n'en avaient pas grand souci; quand ils avaient leur solide bedaine bien remplie de soupe aux pois et les pieds confortablement au chaud dans ce qui n'était pas des étuis de peau de toutou vernie; quand, après la journée d'un travail éreintant peut-être, mais bâtisseur de rudes gaillards, ils fumaient une bonne pipe mieux culottée que le petit dernier de la maison; quand ils jouissaient d'un repos bien gagné, eh bien, ils trouvaient la vie bonne; ils étaient contents d'être au monde et de voir clair.Ah, ils ne s'en foutaient pas mal, du progrès ! \" Oh, comme ils devaient trouver la vie monotone, chhher\tdirait mademoiselle Tirlagomme à son ami, le petit vieux de vingt ans comme notre époque en produit quelques curieux échantillons.Ils auraient, les bons vieux grands pères, rigolé à se fendre les babines jusqu'aux oreilles s'ils avaient entendu des réflexions comme celle-là ! Nous ne rigolons pas, nous, parce que nous avons le progrès; surtout parce qu'il n'y a pas de quoi rigoler.en progrès Je n'insisterai pas sur le prix qu'il nous coûte, cet admirable progrès; chacun sait, par expérience personnelle, que nous sommes forcés, par sa faute, au geste incessant de la patte au portefeuille pour en extraire les billets pénible-mnt gagnés.On paye pour tout, pour le reste et même pour être embêté.On ne profite pas du progrès, on le subit.On croit suivre un courant qui, en réalité, nous entraîne et celui qui devient centenaire dans un tel milieu peut se vanter d'avoir vraiment l'âme chevillée au corps.Le progrès se manifeste par les inventions des hommes et les inventions des hommes produisent leur effet maximum en cassant la gueule aux inventeurs.Tout ce qu'on met en circulation sous l'étiquette d'amélioration ou de perfectionnement \u2014 à plus forte raison de trouvaille \u2014 tout cela sert infailliblement à supprimer des individus qui, pourtant, ne demandaient pas ça.Tout, absolument tout est façonné, construit, forgé pour des fins de guerre, même les choses qui s'en éloignent le plus en apparence.L'inoffensive boîte de conserve permet les approvisionnemnts qui en prolongent la durée comme les rapides aéroplanes en intensifient le massacre.Les champs, les laboratoires, les usines sont les succursales de la caserne et si l'homme a vaincu la plupart des microbes, c'est avec la satisfaction féroce de pouvoir les associer à ses idées belliqueuses.Ah, il est propre le progrès ! Il a déguisé la nature, banni le calme et fait du droit de vivre une obligation d'esclavage.Il a mis du ciment où poussaient des fleurs, du vacarme de ferrailles où il y avait des chants d'oiseaux et des charretées de soucis où régnait la belle insouciance qui donnait à l'homme une face d'être content de son sort.Il a inventé des mécaniques à fabriquer des paresseux et des crève-la-faim, des lieux de prétendu plaisir qui vident la caboche en même temps que le porte-monnaie; il a mis la danse des singes à la mode dans les salons, transformé l'Art en salmigondis d'incongruités et finalement élevé la muflerie à la hauteur d'une institution.Il a trouvé des succédanés, des produits de remplacement et tellement embelli la contrefaçon qu'on se demande, avec un peu d'angoisse, si le civet de lièvre qu'on déguste à l'Hôtel Superchic ne miaulait pas la semaine précédente sur les clôtures.Il a tout taxé, surtaxé et supertaxé, le fameux progrès ! il a pris la mesure de votre peau et compté vos os pour que rien n'y manque parce que c'est de la chair à canon dont il a le besoin toujours plus grand.Il invente des vices nouveaux et des besoins autrefois inconnus; il vous pousse en avant malgré vous et si vous ne marchez pas assez vite, il vous écrase.Il emplit quelques poches et vide beaucoup de cervelles; il a transformé la politique en politicaillerie et la trique de l'assommeur en mitrailleuse rapide.Il fiche des coups de pied dans le derrière d'un tas d'idiots qui lui disent merci pour la peine et déverse sur l'humanité des théories nauséabondes comme un serpent répand sa bave.Fichez-moi donc la paix avec le progrès !.Je me demande ce qu'en penseront nos successeurs dans mille ou dix mille ans s'ils sont, comme je le souhaite, assagis.S'ils le sont, c'est qu'olors ils auront trouvé une formule de progrès qui n'est pas la nôtre.C'est qu'ils auront donne à la morale la place qu'elle doit occuper, qu'ils seront propres d'àme et de corps et ne penseront plus continuellement à s'entretuer C'est qu'ils sauront élever la jeunesse et respecter la vieillesse; c'est qu'enfin ils verront clair dans la manière de conduire les peuples.Il faudra du temps pour cela et, pourtant, nous fa connaissons, la vraie formule, il y a dix-neuf cents ans qu'elle a été enseignée mais jusqu'ici les hommes ne l'ont pas comprise puisqu'au nom du progrès c'est ainsi qu'ils se la redisent : Mangez-vous les uns les autres.re/WA 4 LE SAMEDI par PAUL SCLUy Maintenant que l'instant critique était venu, Smith s'émerveillait lui-même du sang-froid dont il faisait preuve.Ce n\u2019est pas tous les jours que l'on voit un caissier se métamorphoser soudain en cambrioleur, et John Smith, le caissier en question, se serait plutôt attendu à être, en l'occurrence, la proie d'une agitation tout au moins superficielle.Mais, puis si longtemps qu\u2019il tenait les livres de la firme Simpson et Hunter, peut-être la routine journalière l'avait-elle entraîné à l'indifférence totale et immunisé contre toute nervosité.Ce qu\u2019il y a de certain, c'est qu'il se sentait aussi calme et aussi dispos qu\u2019un joueur de golf bien en forme auquel l\u2019issue de la partie engagée ne laisse aucun doute.Après avoir à demi repoussé la porte afin de ne pas être surpris au cas où un domestique viendrait à passer dans le corridor, il se faufila rapidement derrière la vitrine où était exposée la tiare de Kingsberry, appliqua sur la glace centrale le papier préparé dont il s\u2019était muni à cette intention et, grâce à certaines manoeuvres adroitement opérées, réussit, en l\u2019espace de quelques secondes et sans le moindre bruit, à la soulever.Ecarter les griffes en or à l\u2019aide desquelles était maintenu en place le gros diamant qui donnait une si énorme valeur à la célèbre tiare fut pour lui l\u2019affaire d'un instant et, en moins de temps qu'il n\u2019en faut pour l\u2019écrire, la précieuse pierre qu\u2019il convoitait se trouva entre ses mains.Alors, il cacha les pinces dont il venait de se servir derrière les bûches de la grande cheminée qui se trouvait derrière lui et, tout en se dirigeant d'un air détaché vers la fenêtre, tira de sa poche une petite boîte carrée, à peine équarrie aux angles, qui, fermée, avait toutes les apparences d\u2019un vulgaire morceau de bois, l\u2019ouvrit et y déposa la pierre à l\u2019intérieur dans une cavité doublée de feutre.Un coup d\u2019œil au dehors suffit à lui montrer que les vastes pâturages vallonnés du domaine de Kingsberry étaient occupés uniquement par les magnifiques bestiaux qui paissaient sous l'éclatant soleil de juin ; le calme le plus absolu régnait partout à la ronde et l\u2019on n\u2019entendait d\u2019autre bruit que celui du petit torrent issu de la montagne qui, débouchant sur un plateau situé à cent mètres de là, serpentait ensuite en capricieux méandres à travers les prairies et passait au pied même des murs du château avant de s\u2019éloigner définitivement vers la mer.Le témoin invisible John Smith eut à peine besoin de se pencher pour y laisser tomber sa boîte dans ses eaux tumultueuses.Tout s\u2019était passé on ne peut mieux, et il en était si ravi qu\u2019il ne put résister à la tentation de s'accorder quelques secondes de détente.Avec quelle satisfaction n\u2019aurait-il pas, à ce moment, allumé quelque bon cigare ! Mais il eût été trop dangereux de s'accorder de pareils loisirs ; il fallait avant tout parachever son plan, et le parachever au plus vite.Rapidement, il revint sur ses pas.sortit dans le couloir et se mit à la recherche d'une sonnette, mais il n\u2019en aperçut aucune, et ce n'est qu'au bout de deux minutes qu'il avisa enfin une servante qui montait l\u2019escalier.\u2014 Voudriez-vous aller immédiatement chercher l'intendant.ou plus exactement le personnel qui est spécialement chargé de la surveillance de la salle du Trésor?\u2014 Bien, Monsieur, répondit la soubrette, qui entra aussitôt dans une chambre voisine et appela au téléphone Mme Mac Taggart.« Hé ! hé ! pensa M.John Smith, il y a quand même une installation moderne là-dedans, d\u2019après ce que je vois.Décidément, ils sont moins arriérés que je ne pensais.» Il en aurait certainement été beaucoup mieux persuadé encore s'il s'était douté qu'une portion de corniche mobile s\u2019était automatiquement déplacée dès qu\u2019il avait retiré le diamant de la vitrine et qu\u2019un invisible témoin avait pu ainsi assister à toute la scène.Le propriétaire de céans, le fameux comte de Sannox, était vraiement ce que l'on peut appeler « un humoriste de l\u2019électricité ».Contrairement à ce que l\u2019on eût pu croire, ce ne fut pas une dame, mais un vieux monsieur qui se présenta.; « La précieuse pierre qu'il convoitait te trouvait entre ses mains.LE DIAMANT \u2014 Je suis le bibliothécaire, Monsieur, expliqua-t-il en s\u2019adressant à John Smith.Vous désirez sans doute quelques renseignements ?\u2014 Non, Monsieur, ce n\u2019est pas cela, répondit le malhonnête caissier.Seulement, j'étais en train de visiter le château lorsque, tout à l\u2019heure, en pénétrant dans la salle du Trésor, je me suis aperçu qu'un voleur s\u2019y était introduit et avait emporté le gros diamant de la tiare de Kingsberry.\u2014\tGrand Dieu ! Que me dites-vous-là ?s'exclama le bibliothécaire consterné en se précipitant dans la salle en question.\u2014 Vous voyez vous-même ce qui s\u2019est passé, dit M.Smith en le rejoignant.On a coupé une des glaces de la vitrine centrale et l\u2019on a tout laissé dans l\u2019état où c\u2019était sans même prendre la peine de rien dissimuler.Il est venu beaucoup de visiteurs aujourd\u2019hui ?Mais le bibliothécaire ne lui répondit pas.Pierre demanda : \u2014\tVous n'avez touché à rien ?\u2014\tBien sûr que non, protesta énergiquement M.Smith.Dès que je me suis rendu compte de ce qui était arrivé, je suis ressorti de la salle pour alerter les domestiques.Le vieux bibliothécaire approuva d'un hochement de tête.\u2014\tIl va falloir que je fasse venir M.Lawson, ajouta-t-il.C\u2019est l\u2019intendant ; c'est à lui qu'il appartient de prendre les mesures qu'il convient.M.Lawson fut donc appelé sur-le-champ et mis au courant de la chose.Au comble de la stupeur lui aussi, il s'entretint un long moment avec le bi- bliothécaire, et tous deux décidèrent qu'il fallait immédiatement aviser la police.\u2014\tJ'espère que vous ne verrez pas d\u2019inconvénient, Monsieur .\u2014\tSmith .John Smith.\u2014\tJ'espère que vous ne verrez pas d'inconvénient, Monsieur Smith, à attendre quelques instants.M.Smith se mit à leur entière disposition et déclara qu\u2019il se ferait un plaisir d'attendre tout le temps nécessaire.?Un quart d'heure après environ, le sergent de police de la localité, flanqué de deux typiques agents écossais, fit son apparition, et tous trois déployèrent beaucoup de zèle pour établir un rapport qui ne signifiait rien du tout.Néanmoins, le sergent ne perdait pas de vue le côté pratique de la situation et.sans brusquerie, mais aussi sans vaines formules de politesse, il invita M.John Smith \u2014 oh ! simplement pour la forme \u2014 à se laisser fouiller.M.Smith s empressa de déférer à sa demande et afin de lui enlever d un seul coup tous les soupçons qu il pouvait entretenir à son égard, se dépouilla sur-le-champ de tous ses vêtements, ne conservant que son pantalon et sa chemise.Pleinement édifié de la sorte sur son incontestable innocence, le sergent 1 invita donc a se rhabiller en lui présentant ses excuses et lui accorda spontanément l\u2019autorisation de se retirer, ainsi qu'il en exprimait le désir, non sans avoir toutefois noté avec soin son nom et son adresse afin que 1 on pût l'aviser du 25 Juin 193 8 5 dessin de J.PEEfttT jour où il devrait venir faire sa déposition à l'enquête.Un contretemps l'attendait malheureusement à son arrivée dans la cour d'honneur, car à peine venait-il d'enfourcher à nouveau sa bicyclette qu'il avait laissée contre la balustrade de pierre, que la chaîne se rompit et qu\u2019il se vit dans f obligation de s'en aller à pied en poussant sa machine devant lui, ce qui constituait évidemment un départ beaucoup moins élégant et moins rapide que celui qu il avait escompté.Au début de l'avenue qui l'avait amené sur la route, il prit ia direction de Stirling, grosse bourgade située à un mille du château du comte de Sannox, mais sans doute n'avait-il pas l'intention de s'y rendre directement, car dès qu il eut fait deux cents mètres, il s'arrêta brusquement, jeta un coup d ceil à droite et à gauche pour s'assurer qu'il n'y avait personne en vue, puis, enlevant son vélo à bout de bras par-dessus la palissade de clôture, il le cacha dans un fourré.Non loin de là s'amorçait un bois touffu qui dévalait en pente jusqu'à l'endroit où le torrent, ralenti dans sa course, devenait une simple petite rivière.Parvenu jusqu'au bord de l'eau, il se mit alors à en remonter le cour en écartant sur son passage les branches des arbustes qui l'ombrageaient.Bien que sa physionomie fût un peu soucieuse il continuait à demeurer parfaitement calme et maintenant qu'il était seul, ne se refusait plus le plaisir de savourer l'excellent cigare dont il avait eu envie.Au bout de quelques minutes, parvenu à un endroit où la petite rivière était coupée par une sorte de cascade en miniature d'environ un demi-mètre de hauteur, il s\u2019arrêta et sourit d\u2019un air satisfait en retrouvant là, pris dans un filet tendu entre les deux rives, sa petite boîte à l'aspect de vulgaire morceau de bois accompagnée, par surcroit, de trois ou quatre assez belles truites.S'étant baissé, il commença d\u2019abord par récupérer et par mettre dans sa poche la précieuse boîte et il se disposait ensuite à replier le filet pour capturer les poissons prisonniers qui s'y débattaient désespérément, lorsque, tout à coup, derrière son dos, une voix un peu gouailleuse l'interpella : \u2014 Alors, patron, ça mord, la maraude ?M.John Smith en éprouva un tel saisissement qu'il faillit s\u2019évanouir sur le coup.Par bonheur pour lui, une réaction immédiate se produ:sit du fait qu'il contracta instinctivement ses mâchoires pour ne pas laisser échapper son cigare.Alors, il se retourna et vit, à quelques pas de lui, un homme adossé au tronc d'un arbre, qui le regardait en fumant une pipe de terre.L\u2019aspect de l'individu le rassura très vite : il n'y avait pas besoin de le regarder deux fois pour s\u2019apercevoir que c\u2019était un quelconque vagabond.\u2014\tOh ! vous savez, répondit-il négligemment, j'ai fait ça tout juste pour m'amuser, et je ne comptais même pas prendre quelque chose.\u2014\t.Vous en faites pas, patron ; c\u2019est pas moi qui vendrai la mèche, allez.J\u2019sais c'que c'est : j'ai fait ce truc-là assez de fois pour mon compte.Seulement, je vous conseille de vous tenir à carreau.Si jamais vous étiez pigé par le garde, ça pourrait vous coûter cher ; le braconnage, lui, c\u2019est sa bête noire.La chance de M.Smith Profondément soulagé de voir que l'incident ne prenait pas la mauvaise tournure qu'il avait redoutée sur le premier moment, M.Smith se redressa d'un bond, et proposa aimablement à son interlocuteur en lui tendant les truites : \u2014 Tenez, mon brave, si cela peut vous faire plaisir, prenez-les ; vous les mangerez en pensant à moi.Puis, après une pause, et avec un clignement d'yeux narquois : \u2014 Vous auriez pas la générosité de me donner quelques sous, patron, puisque la chance vous sourit si bien ?\u2014\tLa chance me sourit ?Pourquoi cela ?\u2014 Dame, au lieu que ça soit moi, ça aurait pu être le garde, pas vrai ?\u2014\tC\u2019est juste ! reconnut spontanément M.Smith en tirant sa bourse ; mais tout de suite il fronça le sourcil en s'apercevant qu\u2019il n\u2019avait pas de petites pièces.\u2014\tLaissez-moi votre adresse, patron, ricana le vagabond, je vous rapporterai la monnaie un de ces jours.Mis en belle humeur par cette boutade qui l'avait fait sourire, M.John Smith déposa une pièce de cinq shillings dans la paume crasseuse qui se tendait vers lui.\u2014\tVoilà, mon ami.Après tout, vous avez raison, si l'on m'avait dressé procès-verbal, cela m'aurait coûté plus cher encore.Et pendant que j'y suis, autant que je vous fasse cadeau du filet aussi.Il vous sera plus utile qu\u2019à moi, j\u2019en suis sûr.Tout radieux de s\u2019en être tiré à si bon compte, M.John Smith remonta jusqu'à la route, tira sa bicyclette de h endroit où il l\u2019avait cachée, puis, poursuivant son chemin jusqu'au village, la confia au mécanicien de l'endroit en le chargeant de la réparer et lui en loua une autre sous prétexte d'aller faire un tour en attendant Mais le mécanicien ne le vit pas revenir, car M.Smith était parti pour Stirling et arriva au bout d'une heure dans cette ville, ayant effectué à bonne allure les quatorze milles qui l'en séparaient.Là, ayant abandonné son vélo à la consigne de la gare, il sauta dans le premier train qui vint à passer.Ce train allait à Perth.A Perth il en prit un autre qui allait à Dundee et y parvint juste à temps pour prendre l'expresse d'Edimbourg sur le pont de Tay.Décidément, tout allait à souhait, et M.John Smith se frotta les mains d un air réjoui quand l'express s'ébranla.N'avait-il pas admirablement réussi à couvrir ses trucs ?Encore trois heures de voyage, et il pourrait s'embarquer sur le vapeur de Leith qui l'emmènerait vers la Hollande.Il connaissait à Rotterdam une adresse où on lui achèterait un bon prix le magnifique diamant qu il avait en poche, et, une fois le marché conclu, il reprendrait le premier bateau en partance pour Harmich, regagnerait Londres par chemin de fer, prendrait l'express d'Ecosse jusqua Stirling, v retirerait de la consigne son vélo de location, irait l'échanger contre le sien chez le mécanicien, retournerait à Glasgow et remettrait dans la caisse de ses patrons la somme qu'il avait détournée.Et puis .n-i, ni, fini, jamais plus on ne l\u2019y repincerait.Ah non.alors ! C\u2019est égal, jamais il ne se serait figuré que cela pouvait être si facile.Quels prodiges ne peut-on accomplir quand on sait faire appel aux ressources de son intelligence ! Franchement, cela équivalait presque à une prima au vol ; mais, par contre, quelle joie de penser qu'avant peu il cesserait detre un caissier malhonnête et se réhabiliterait à ses propres yeux ' Une rencontre désagréable Il était encore tout au plaisir que lui procuraient ces réconfortantes réflexions lorsque le train stoppa à 1 embranchement de Lenchars.Un marin monta dans son compartiment et, après avoir jeté un coup d'œil indifférent de son côté, se laissa tomber lourdement dans un coin.\t(Lire la suite page 2d) 6 LE SAMEDI S'il y a d'étranges musiciens, il y a aussi d'extraordinaires instruments ; voici un violon qu'un luthier américain réussit à fabriquer avec la carapace d'un gros homard.?Chronique historique par LOUIS ROLAND -tr .; LE VICLCNISTE Dll DIABLE En 1784 (d\u2019autres disent en 1782) le 18 février naissait à Gênes un enfant qui devait acquérir plus tard la plus singulière et la plus troublante des réputations.Jusqu\u2019à 1 âge de cinq ans, il ne différa guère des autres enfants ; il eut alors une crise violente à la suite de laquelle on le crut mort ; il revint à la vie, et cet enfant, qui n\u2019avait auparavant jamais manifesté de goût spécial pour la musique, demanda obstinément un violon.Quelques semaines plus tard, sa mère lui en donna un, et le jeune enfant se mit à en jouer sans cependant avoir jamais eu la moindre leçon de cet instrument.L\u2019enfant se nommait Nicolo Paganini ; avec les années il allait devenir un artiste comme on n'en avait encore jamais entendu et comme, peut-être, jamais plus on en entendra.Il y avait, dans son jeu sur le violon, quelque chose de si extraordinaire que les auditeurs en ressentaient une émotion profonde allant parfois jusqu\u2019à l'angoisse ; l\u2019artiste y ajoutait une telle dextérité des doigts qu elle paraissait surhumaine, et de nombreux incidents achevèrent de jeter une sorte de mystère sur son existence.Il n'en fallut pas davantage pour qu\u2019on le soupçonnât d\u2019un pacte avec le diable ; d'aucuns virent même en lui la personnification de l'Esprit Malin et de toute façon, bon nombre de personnes furent d\u2019accord pour estimer qu\u2019il n\u2019avait pas volé son surnom de violoniste du diable.On a voulu expliquer de plusieurs manières le qénie tout spécial qui était le sien ; on a dit, entre autres, que son père, Antonio Paganini, était pour une large part responsable de ses aptitudes des l'enfance, et voici comment.Le père était un homme avare et jaloux ; il avait eu connaissance d un certain Mozart qui avait étonne le public avec ses compositions musicales, alors qu'il n\u2019avait encore que six ans, et il avait remarqué qu'à défaut de goût pour la musique son jeune fils Nicolo avait une oreille très sensible.Ce serait lui qui aurait acheté un violon à l\u2019enfant et surveillé son éducation musicale avec toute la rigueur possible.On a dit qu\u2019il lui imposait des heures d\u2019études interminables sous la menace du fouet ou de la privation de manger, et que l\u2019enfant fit de véritables prodiges pour échapper à ces mauvais traitements.C'est peu croyable ; en tout cas ce serait une méthode certainement bien hasardeuse pour la formation des artistes et surtout des génies.D'autres prétendent que la maîtrise complète de son art lui est venue pendant les huit années qu'il passa en prison pour un meurtre.Il était alors isolé dans un cachot, sans aucune communication avec le monde extérieur, mais on lui avait laissé son violon.Il est certain que huit années de réclusion absolue peuvent suffire pour transformer un homme, mais il est probable que ce serait plutôt en fou qu'en artiste de génie.Dès l'âge de quinze ans il parcourut toute l\u2019Italie puis on le vit, par intermittences, dans les autres pays.Il apparaissait, donnait des concerts déjà très remarqués, gagnait parfois des sommes rondelettes et les dissipait aussitôt dans les plaisirs, le jeu principalement.Il disparaissait ensuite et nul ne savait ce qu'il était devenu.En 1817, année du Grand Carnaval à Rome, il donna un concert auquel assista toute la fine fleur de la société.Il y avait là des gens qui avaient entendu Schubert, Beethoven, Chopin, Berlioz, Schumann et les autres grands maîtres de l\u2019époque; lorsque fut annoncé ce nom : Paganini, beaucoup d\u2019entre eux se demandèrent qui pouvait être ce nouveau venu dont ils ne se souvenaient pas d\u2019avoir entendu parler.Ils virent paraître un homme maigre, au visage ravagé qu\u2019encadraient de longs cheveux et, comme ils étaient bien élevés, ils se promirent d\u2019être indulgents pour ce minable musicien qui ne devait, à coup sur, pas accomplir de merveilles.Dés les premières touches de l\u2019archet sur les cordes ce fut un étonnement général ; l\u2019étrange musicien tirait de tels sons de son instrument, il jouait avec tant dame et de virtuosité que l\u2019attention se changea en véritable recueillement.Bientôt ce fut une émotion qui alla sans cesse en grandissant ; il y avait, dans cette musique, une sorte de magnétisme qui devenait hallucinant, et des applaudissements frénétiques, interminables, proclamèrent le triomphe de celui qu\u2019on appelait déjà le plus grand des violonistes passés et à venir.A la suite de cette véritable consécration, Paganini disparut selon son habitude.On le revit dans d'autres capitales où il remporta les mêmes succès immédiats et éclatants ; et déjà une rumeur imprécise mais persistante lui prétendait des relations avec le diable qui lui aurait donné ce talent en échange de son âme, car Paganini accomplissait réellement des choses impossibles à l\u2019homme.B\t¦ On rappelait ce fait qui serait d ailleurs authentique : Paganini était encore tout jeune homme quand il reçut la visite d un compositeur célèbre.Pasini, qui possédait un admirable violon de la marque Stradivarius.Pasini apportait au jeune musicien une de ses compositions hérissée de tant de difficultés qu il y avait de quoi désespérer le musicien le plus habile ; il eût fallu des heures et peut-être des journées d'études pour arriver à l'interpréter convenablement.Pasini montra ces feuilles de musique à Paga- \u2014 Tenez, dit-il, si vous pouvez me jouer çà à première vue et avec âme, eh bien, je vous fais ca- 25 Juin 19 38 7 m IL\u2014 ipFfjjiyiP ¦Qt y .& nsüs^ ¦£5v;e;t-.Iraes» agfflMte» IS §8 Lors d'un concert donné par Paganini, un auditeur, très excité et les yeux hagards, s'écria qu'il voyait le diable à la place du musicien.b ' P^-^Ærr*' BS$ê£.wm^Sm EM \u2022^^NîïwSr 't ¦IV.iPWj deau de mon violon, et vous savez si c'est un instrument de grande valeur.\u2014 En ce cas, répondit le jeune homme, vous pouvez faire vos adieux à votre violon ; il est à moi.Et, de fait, il joua le terrible morceau à première vue et avec une maîtrise consommée.Pasini fut stupéfait ; il en croyait à peine ses oreilles, mais il fallut se rendre à l'évidence, et comme c\u2019était un homme de parole, il fit cadeau du beau violon au jeune musicien en lui prédisant le plus grand avenir.On dit que ce violon est aujourd'hui la propriété d'un riche collectionneur de New-York.Ce ne fut cependant pas sur cet instrument que Paganini se fit ordinairement entendre ; son instrument préféré était un Guarneri et, quand on le sut, cela fit une réclame extraordinaire à cette marque.L'étrange musicien avait-il une secret ?Le révéla-t-il quelquefois ?On serait tenté de le croire devant l'expérience suivante.Le violoncelliste Cian-delli n'était qu'un musicien fort ordinaire quand il lui arriva de rendre à Paganini un service que celui-ci voulut récompenser.Il lui donna des leçons de violoncelle pendant trois jours seulement et.au bout de ces trois jours, Ciandelli n'était véritablement plus le même musicien.Il avait acquis une telle science sur son instrument qu'il devint premier violoncelliste au théâtre Royal de Naples.Paganini faisait, sur son violon, des choses que les experts déclaraient impossibles ; sur une seule corde, la quatrième, il jouait des morceaux extrêmement difficiles, et cela à la perfection.A Paris, il déchaîna un véritable enthousiasme ; il y eut des scènes indescriptibles à ses auditions et là comme partout ailleurs, il fut impossible d'expliquer sa manière, de donner une raison plausible à son génie, et la légende d un pacte avec le diable courut de plus belle.Ce qui accrédita encore cette légende, ce fut un incident bizarre et qui se rattache très probablement aux phénomènes de l\u2019hallucination.Dans un concert où il tint ses auditeurs sous le charme, l\u2019un d'eux parut subitement tout excité et se mit à crier : « Le diable est à côté de Paganini ! je le vois !.c\u2019est lui qui prend sa place, il est vêtu de rouge .Paganini est le diable, arrëtez-le ! .» Ce fut un beau tumulte dans la salle, des femmes s'évanouirent et le musicien dut quitter hâtivement la scène.En mai 1831 il donna un grand concert à Londres ; les prix d'admission allaient de cinq dollars à cinquante et, néanmoins, la salle fut comble.A la suite de cette audition, le roi Guillaume IV voulut le faire venir à son palais pour une soirée musicale et lui fit demander son prix.\u2014 Cent guinées (environ 500 dollars), répondit l'artiste à l'intermédiaire qu'on lui avait envoyé.L'homme voulut marchander mais Paganini coupa court à la discussion.\u2014 Si le roi trouve que c'est trop cher, dit-il, qu'il vienne avec le public à mes concerts.¦ ¦ ¦ Paganini mourut à Nice le 27 mai 1840 et, vu sa diabolique réputation, on lui refusa des obsèques religieuses ; on ne les lui accorda qu au bout de cinq ans.Il repose aujourd hui dans le cimetière de Parme.Lors de travaux exécutés, on l'exhuma cinquante ans plus tard ; le visage du grand musicien était facilement reconnaissable et le public fut admis à le voir.Telle est l histoire authentique de ce musicien dont la vie fut fort mouvementée et dont l'art extraordinaire demeura et demeure toujours un mystère.En raison même de sa vie pleine de mystère, on mit sur le compte de Paganini bien des aventures ou des incidents inventés de toutes pièces.Comme un proverbe le dit, on ne prête qu'aux riches, et nous pourrions citer, à ce sujet, quelques célébrités contemporains à qui on prête des phrases ou des mots d'esprit presque aussi vieux que le monde lui-même.Pour Paganini, on fit mieux encore, on prétend qu avant sa naissance, sa mère fut avisée qu\u2019elle aurait un enfant dont la renommée comme musicien dépasserait tout ce que I on avait connu jusqu\u2019alors.Un ange lui serait apparu en songe et lui aurait dit : «Ton fils sera le plus grand violoniste du monde entier.» On nous permettra de douter de cette prophétie ; elle fut sans doute imaginée par quelques flatteurs ou par un biographe qui voulut se faire croire mieux informé que les autres.De toute façon, il serait singulier qu\u2019un ange eût annoncé la naissance de celui qu'on prétendit ensuite avoir fait un pacte avec le diable.¦ ¦ On raconte encore qu à sa dernière heure, quand il sentit la mort venir, il demanda son violon et se mit à jouer comme jamais encore il n\u2019avait joué, même aux meilleurs jours.C'est évidemment poétique.trop même, sans doute, pour être vrai.11 n'en demeure pas moins que Paganini fut un être bizarre, un musicien extraordinaire et que, malgré tout ce qu'on pourra dire au sujet de la technique moderne et des instruments perfectionnés que Ion possède aujourd'hui, le «violoniste du diable n'est pas près d'être égalé, si toutefois il l\u2019est quelque jour dans l'avenir. 8 LE SAMEDI l/ActUâllÎ\u20ac dans notre PfCVIflCG 24 JUIN Dans son beau livre, D'Azur à Trois Lys d'Or, M.Edouard Montpetit nous fournit quelques pages qu'il faut Par le Globe-Trotter ( Spécial au \u201c Samedi \u201d) « - ™ «T* 4 triotisme qui.fidèle à ses origines et loyal envers la Couronne britannique, est toutefois profondément canadien.j « Cette attitude, loin d'être un obstacle à la Confédération \u2014 j\u2019y verrais plutôt son salut \u2014 est imprégnée de l'esprit même de l'Acte de l'Amérique britannique du Nord qui réunissait quatre provinces, dont la province de Québec.Celle-ci offrait, en 1867, les mêmes caractères qu\u2019elle revêt aujourd'hui : elle entra dans la Confédération avec ses traits, et le droit de les retenir.Quelle n\u2019ait guère changé depuis confirme la diversité à laquelle on avait fait place avec intention dans la loi impériale.» relire à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste.« Depuis quelques années l\u2019attention s\u2019éveille au problème national.On applique à sa solution les ressources de la recherche ; on l\u2019envisage avec plus d ampleur.Le Dominion gardera le caractère que les législateurs ont voulu lui donner s'il respecte sa double tradition et les idées qui conditionnent l\u2019œuvre collective.« Heureusement, le problème national dépasse la zone de la politique.Celle-ci nous a fait beaucoup de mal dans le passé : les préoccupations électorales, l'agitation de quelques politiciens, ont dénaturé les attitudes dictées par la fierté de race et, ce qui est plus grave, les aspirations du sentiment religieux.A côté de ces intrigues, d'autant plus dangereuses qu'elles invoquent le prétendu intérêt du public, il y a place aujourd hui pour une opinion saine, soucieuse des vérités essentielles et qui mette le bien commun au-dessus des satisfactions de parti.La psychologie des peuples s'éclaire à la lumière de l\u2019histoire, je demande.avec plusieurs, que l'histoire de tout le Canada, français et anglais.soit enseignée dans nos écoles.Le Canada sera la base de nos études, et non l\u2019Europe ou l'Amérique.Il ne s\u2019agit pas de bannir l\u2019Angleterre, la France ou les Etats-Unis : en approfondissant le fait canadien, nous porterons plus d\u2019attention à l\u2019Empire britannique, aux questions européennes qui nous menacent.aux attitudes américaines à l'égard de l'Europe ou des pays d\u2019Orient.Il n'y a pas de point de vue particulier en histoire, si l'histoire est une vérité ; mais l\u2019histoire, même purifiée, est une synthèse d\u2019éléments divers, surtout dans un pays comme le nôtre.Ces éléments dé- gagent des forces qui limitent les groupes et les déterminent.Leur action est indéniable.La négliger, c\u2019est renoncer à comprendre la nation et mettre son unité en danger.Ainsi nos découvreurs s\u2019élançaient vers les sources.« Je pense en tout cela au Canadien français.Il a conscience d\u2019avoir accompli sur notre terre quelque chose qu\u2019il perpétue : il y trouve une satisfaction d\u2019artisan et la raison de ses attitudes.Non qu\u2019il s'attache aux traditions en repoussant le progrès.Il admet l'évolution, même s'il est lent à s\u2019y rendre ; et se plie au chan- gement après y avoir longtemps réfléchi.Il vit de souvenir, au point d\u2019en avoir fait son mot d\u2019ordre.II honore le passé, sur ce sol d\u2019Amérique où le passé existe à peine ; il en tire ses « titres de noblesse ».On ne saurait juger le Canadien français sans en tenir compte et l\u2019on ferait fausse route si.dans le désir de consolider l\u2019unité du pays, on ignorait sa fidélité à l\u2019ancêtre.« Le Canadien français reste donc attaché à ses traditions.L\u2019idée de revenir à la France ne l\u2019effleure pas ; il chérit ses libertés qu\u2019il a gagnées ; son histoire est la source de son pa- NOTRE FETE NATIONALE La procession de la Saint-Jean-Baptiste se forme sous les érables des Jardins Lafontaine, à Montréal.Chars allégoriques, fanfares, groupes de dignitaires de la Société Saint-Jean-Baptiste, délégations de nos ligues, paroisses et écoles, tout ce qui forme l'imposant défilé du 24 juin s'assemble vers 2 heures de l'après-midi en cet endroit.(Photos Roger Viau) \" LA PARTICIPATION DES CANADIENS FRANÇAIS A LA GRANDE GUERRE \" Ce livre très documenté répond à certaines fausses allégations de l'écrivain français André Siegfried dans son livre : Le Canada, puissance internationale.L\u2019auteur, qui signe du pseudonyme de Jacques Michel, le fait avec une précision et une vigueur qui emportent la conviction.Voici ce qu\u2019il dit dans la conclusion de l'ouvrage : « M.Siegfried se plaint que, peuple de quelque 2,000.000 d\u2019âmes à ce moment, nous n avons donne à la France que 60,000 environ des nôtres, au cours de l'immense conflit.S\u2019est-il jamais demandé ce que lui ont donné la Grenade, la Dominique.l'Ile Maurice, Rodrigues et Seychelles, les deux premières dans les Antilles.les trois autres dans l\u2019océan Indien, toutes, comme nous, anciennes colonies françaises passées à l'Angleterre, et détachées de la France, les unes en même temps que nous, les autres un demi-siècle après nous ?«.Et la Suisse de langue française, la Suisse romande ?A-t-elle levé de nombreux contingents en faveur de la cause 1 » Le livre de Jacques Michel, par son objectivité, aura le mérite de réfuter bien des calomnies colportées sur notre compte par des Européens et même des compatriotes.Il démontrera que nous avons fait plus que notre devoir durant la Grande Guerre et que nous aurions bien tort de nous saigner à blanc dans la « prochaine dernière ».?NOTRE PRODUCTION MINIERE D'après le bulletin mensuel du Pacifique Canadien, la production minière du Çuébec, en 1937, a dépassé de 31 pour cent les chiffres de 1936.La production minière du Québec en 1937 est évaluée à $65,043,000 Les statistiques du Bureau provincial des Mines ne peuvent manquer de nous intéresser, ne serait-ce que pour savoir la richesse que nous possédons , .sans la posséder.L'an dernier la production des métaux a dépassé les trente-huit millions de dollars, comparativement aux trente millions de l\u2019année précédente.On a extrait de nos mines québécoises 712,204 onces d\u2019or, ce qui place Québec au deuxième rang des provinces canadiennes productrices d or.Quant à la production d argent, elle a beaucoup monté : 719.959 onces en 1936 et 908,432 onces en 1937.Le cuivre vient au second rang des produits métalliques de notre sol : 94.563,000 livres évaluées à $12,378.-000.La production du zinc, du sélénium, du tellurium et du fer titanique a aussi augmenté dans des proportions appréciables.Tout le monde sait \u2014 ou devrait savoir \u2022\u2014 que les mines d\u2019amiante sont parmi les plus riches du monde : en 193/ la production a battu tous les records précédents, soit 410,026 tonnes valant plus de quatorze millions de dollars.Parmi les autres produits non-métalliques tirés du sol québécois, mentionnons la pyrite, la dolomie et la chaux dite industrielle oui comptent de façon appreciable dans notre économie 25 Juin 1938 9 11 il 11 if r i TnTfffiî gyftai est de $10,000 par année ; rappelons que Spencer-Wood est la résidence vice-royale qui coûte le plus cher en Canada et que les frais d\u2019entretien en sont défrayés par le gouvernement provincial.L\u2019Ontario a fait disparaître cette folie dispendieuse qu\u2019est la résidence du lieutenant-gouverneur.Le Conseil Exécutif de la province se compose de 14 membres : pour le premier ministre, $12,000 plus 1 indemnité parlementaire de $2,500 ; pour les autres ministres avec portefeuille, $8,000, avec en sus l'indemnité parlementaire.Les 24 Conseillers législatifs »\u2014 dont 1 utilité est plus que douteuse \u2014 sont gratifiés globalement d\u2019une indemnité de $63,-500 ; dans le Dominion, seule la Province de Québec conserve le Conseil Législatif .Honneur dont nous pourrions nous dispenser avec avantage ! L\u2019indemnité du président de 1 Assemblée législative est fixée à $5,000 par année, et l\u2019on alloue à chacun des 90 députés une indemnité de $2,500.Faisons le total : $63,500 pour le Conseil législatif ; $336,000 pour le Conseil exécutif et l\u2019Assemblée législative : soit $399,500 par année (En haut J L'édifice du Congrès à Buenos-Ayres, capitale de l'Argentine.La Chambre actuelle est fortement nationaliste et a accompli de grandes réformes dans le domaine économique de ce pays.Photo Associated Screen News) (A droite) Les édifices du Parlement, à Ottawa.(Photo du Ministère du Commerce) Nus Législateurs par LOUIS SAUOUUIN >4 4 4 iü \u2022!\u201cr ffifc WiilM 1\tSyajjP\t1\tf- il i Là \u2019 m & r\tVF* m\tLJ fe ¦ Xi\t* W \u2022\tTsrüss* I| es* F ~fcïfiï\t tm\tjit F®\tHfjfrF On commence à s'étonner à bon droit du nombre de législateurs dont le principal souci \u2014 qu ils disent ¦\u2014 est l\u2019intérêt du peuple.Voyons ce que nos Solons de Salon reçoivent pour passer quelques mois à fabriquer des lois auxquelles la plupart ne comprennent pas grand chose ; pas plus d'ailleurs que le commun des mortels .Nous ne toucherons pas ici l'administration du pays pour laquelle certains fonctionnaires reçoivent des salaires vraiment fabuleux.Quelques députés ont demandé une enquête à ce sujet ; mais si timidement qu elle n\u2019aura peut-être pas lieu.Le Gouverneur Général, nommé par Londres sur l\u2019avis du gouvernement canadien, reçoit un traitement annuel de $48,666 payé par le Canada.Le Cabinet fédéral actuel se compose de 16 membres : le premier ministre reçoit $15,000 et les autres ministres $10,000, plus leur indemnité parlementaire de $4,000.Le Sénat compte 96 membres nommés à vie par le gouverneur général en conseil.Le Président du Sénat est rénuméré à raison de $6,000 par année, plus des frais très élevés pour entretien et représentation.Chacun des 96 sénateurs a droit à $4,000 et quelques autres avantages qui ne sont pas à dédaigner.A la Chambre des Communes, il y a 245 membres élus pour cinq ans, dont chacun jouit d une indemnité annuelle de $4,000 le Président de la Chambre reçoit $6.000 plus, encore, des frais de représentation.Etablissons maintenant, grosso modo, ce que nous coûtent nos législateurs fédéraux : pour le Sénat, $486,000 par année ; pour le Cabinet et la Chambre des Communes : tenez-vous bien1 $1.145,000 en salaires et indemnités seulement.Et il faudrait ajouter à cela les sommes énormes dépensées par ces messieurs pour la papeterie, les commissions et comités de toutes sortes, et d'autres nécessités pas du tout indispensables.En résumé, nos législateurs fédéraux demandent au contribuable canadien.pour eux seuls, la somme fantastique de $1.631,000; cela chaque année et au plus strict minimum ; encore une fois, il faudrait ajouter un grand nombre d'autres dépenses accessoires qu\u2019il serait trop long d'énumérer ici.Et pour quel rendement ?D'intarissables parlotes, quelques douzaines de lois mal rédigées et une augmentation annuelle des impôts ! Dans les gouvernements provinciaux, on retrouve, toute proportion gardée, les mêmes extravagances ; particulièrement dans les provinces à faible densité de population, celles des Prairies et les Maritimes.Le traitement du lieutenant-gouverneur de la province de Québec pour nos législateurs québécois.Comme pour Ottawa, ce n'est là que le minimum ! Comme l\u2019écrivait récemment le MacLean, notre démocratie \u2014 machine extrêmement dispendieuse \u2022\u2014 a grand besoin de se réformer si elle ne veut pas périr de ses propre absurdités.En terminant, rappelons, ou apprenons que les commoners de la Chambre anglaise ne gagnent que $2,000 et que les lords ne reçoivent aucune indemnité ; en France, les députés ont $1,915 ; au Japon, $870.Mais nul part au monde, les représentants démocratiques du peuple ne sont aussi royalement rémunérés qu'aux Etats-Unis : le congressman a $10,-000 par session, plus 20 cents du mille pour ses voyages en chemin de fer.plus $5,000 pour ses secrétaires, plus $125 de papeterie, plus les timbres gratuits, plus les funérailles gratuites, etc., etc. LE SAMEDI 10 , mflURICE LEBLnnc \\ /vonne d'Origny embrassa son fils et lui recommanda d'être bien sage : « Tu sais que 1 ta grand-mère d'Origny n'aime pas beaucoup les enfants.Pour une fois qu\u2019elle te fait venir chez elle, il faut lui montrer que tu es un petit garçon raisonnable.» Et, s\u2019adressant à la gouvernante : \u2014 Surtout, fraulein, ramenez-le tout de suite après dîner .Monsieur est encore ici ?\u2014 Oui, Madame, Monsieur le comte est dans son cabinet de travail.Aussitôt seule, Yvonne d'Origny marcha vers la fenêtre afin d\u2019apercevoir son fils dès qu\u2019il serait dehors.En effet, au bout d'un instant, il sortit de l\u2019hôtel, leva la tête et lui envoya des baisers comme chaque jour.Puis sa gouvernante lui prit la main d\u2019un geste dont Yvonne remarqua, avec étonnement.la brusquerie inaccoutumée.Elle se pencha davantage et, comme l'enfant gagnait l\u2019angle du boulevard, elle vit soudain un homme qui descendait d'une automobile et qui s\u2019approchait de lui.Cet homme \u2014 elle reconnut Bernard, le domestique de confiance de son mari \u2014 cet homme saisit l\u2019enfant par le bras, le fit monter dans l\u2019automobile ainsi que la gouvernante, et donna l\u2019ordre au chauffeur de s'éloigner.Tout cela n\u2019avait pas duré dix secondes.Yvonne, bouleversée, courut jusqu\u2019à sa chambre, empoigna un vêtement et se dirigea vers la porte.La porte était fermée à clef, et il n'y avait point de clef sur la serrure.En hâte elle retourna dans son boudoir.La porte de son boudoir était fermée également.Tout de suite, l\u2019image de son mari la heurta, cette figure sombre qu\u2019aucun sourire n'éclairait jamais.ce regard impitoyable où.depuis des années, elle sentait tant de rancune et de haine.- C\u2019est lui !.c'est lui !.se dit-elle .il a pris l\u2019enfant .Ah ! c'est horrible ! A coups ae poing, à coup de pied, elle frappa la porte, puis bondit vers la cheminée et sonna, sonna éperdument.Du haut en bas de l'hôtel, le timbre vibra.Les domestiques allaient venir.Des passants, peut-être, s'ameuteraient dans la rue.Et elle pressait le bouton avec un espoir forcené.Un bruit ae serrure .La porte s\u2019ouvrit violemment.Le comte apparut au seuil du boudoir.Et l'expression de son visage était si terrible qu'Yvonne se mit à trembler.Il avança.Cinq ou six pas le séparaient d\u2019elle.Dans un effort suprême, elle tenta un mouvement, mais il lui fut impossible de bouger, et, comme elle cherchait à prononcer des paroles, elle ne put qu\u2019agiter ses lèvres et qu'émettre des sons incohérents.Elle se sentit perdue.L\u2019idée de la mort la bouleversa.Ses genoux fléchirent, et elle s'affaissa sur elle-même avec un gémissement.Le comte se précipita et la saisit à la gorge.\u2014 Tais-toi.n\u2019appelle pas .disait-il d une voix sourde .cela vaut mieux pour toi.Voyant qu'elle n\u2019essayait pas de se défendre, il desserra son étreinte et sortit de sa poche des bandes de toile toutes prêtes et de longueurs différentes.En quelques minutes la jeune femme eut les poignets liés, les bras attachés le long du corps, et fut étendue sur un divan.L\u2019ombre avait envahi le boudoir.Le comte alluma l\u2019électricité et se dirigea vers un petit secrétaire où Yvonne avait l\u2019habitude de ranger ses lettres.Ne parvenant pas à 1 ouvrir, il le fractura à 1 aide d'un crochet de fer.vida les tiroirs, et, de tous les papiers, fit un monceau qu'il emporta dans un carton.\u2014 Du temps perdu, n'est-ce pas ?ricana-t-il.Rien que des factures et des lettres insignifiantes.Aucune preuve contre toi.Bah ! n empêche que je garde mon fils, et je jure que je ne le lâcherai pas .Comme il s'en allait il fut rejoint près de la porte par son domestique Bernard.Ils conversèrent tous deux à voix basse, mais Yvonne entendit ces mots oue prononçait le domestique : \u2014 J'ai reçu la réponse de l'ouvrier bijoutier.Il est à ma disposition.Et le comte répliqua : \u2014 La chose est remise à de'main midi.Ma mère vient de me téléphoner qu elle ne pouvait venir auparavant.L'enveloppe pneumatique ENSUITE Yvonne perçut le cliquetis de la serrure et le bruit des pas qui descendaient jusqu\u2019au rez-de-chaussée où se trouvait le cabinet de travail de son mari.Elle demeura longtemps inerte, le cerveau en déroute, avec des idées vagues et rapides qui la brûlaient au passage, comme des flammes Elle se rappelait la conduite indigne du comte d Origny, ses procédés humiliants envers elle, ses menaces, ses projets de divorce, et elle comprenait peu à peu qu\u2019elle était la victime d une véritable conspiration.que les domestiques, sur Tordre de leur maître, avaient congé jusqu'au lendemain soir, que la gouvernante, sur Tordre du comte et avec la complicité de Bernard, avait emmené son fils, et que son fils ne reviendrait pas, et qu elle ne le reverrait jamais.\u2014 Mon fils ! cria-t-elle .mon fils !.Exaspérée par la douleur, de tous ses nerfs, de tous ses muscles, elle se raidit en un effort brutal.Elle fut stupéfaite : sa main droite conservait une certaine ilberté.Alors un espoir fou la pénétra, et patiemment, lentement, elle commença l'œuvre de délivrance.Ce fut long.11 lui fallait beaucoup de temps pour élargir le nœud suffisamment, et beaucoup de temps ensuite, quand sa main fut dégagée, pour défaire les liens qui nouaient le haut de ses bras à son buste, puis ceux qui emprisonnaient ses chevilles 25 Juin 1938 It é ^ \u2018ÆÊÈÊÊÊÈ& ' .'.À ÿllu dilation de L RU R E NT delisle Cependanr l\u2019idée de son fils la soutenait, et, comme la pendule frappait huit coups, la dernière entrave tomba Elle était libre ! A peine debout, elle se rua sur la fenêtre et tourna l\u2019espagnolette avec l\u2019intention d\u2019appeler le premier passant venu.Justement un agent de police se promenait sur le trottoir.Elle se pencha.Mais l\u2019air vif de la nuit l\u2019ayant frappée au visage, plus calme elle songea au scandale, à l\u2019enquête, aux interrogatoires, à son fils.Mon Dieu ! mon Dieu ! Que.faire pour le reprendre ?Par quels moyens s\u2019échapper ?Au moindre bruit, le comte pouvait survenir.Et qui sait si, dans un mouvement de rage .Des pieds à la tête elle frissonna, prise d\u2019une épouvante subite.L\u2019horreur de la mort se mêlait, en son pauvre cerveau, à la pensée de son fils, et elle bégaya, la gorge étranglée : \u2014 Au secours .Au secours .Elle s\u2019arrêta net, et redit tout bas, à plusieurs reprises « Au secours .au secours .» comme si ce mot éveillait en elle une idée, une réminiscence, et que l'attente d\u2019un secours ne lui parut pas une chose impossible.Durant quelques minu-;es elle resta absorbée en une méditation profonde.'coupée de peurs et de tressaillements.Puis, avec des gestes pour ainsi dire mécaniques, elle allongea le bras vers une petite bibliothèque suspendue au-dessus du secrétaire, saisit les uns après les autres quatre livres qu\u2019elle feuilleta distraitement et remit en place, et finit par trouver entre les pages du cinquième une carte de visite où ses yeux épelèrent ces deux mots : Horace Velmont, et cette adresse écrite au crayon : Cercle de la rue Royale.Et sa mémoire évoqua la phrase bizarre que cet homme lui avait dite quelques années auparavant, en ce même hôtel, un jour de réception : « Si jamais un péril vous menace, si vous avez « besoin de secours, n'hésitez pas, jetez à la poste « cette carte que je mets dans ce livre, et quelle que « soit l'heure, quels que soient les obstacles, je « viendrai.» Avec quel air étrange il avait prononcé une telle phrase, et comme il donnait l\u2019impression de la certitude, de la force, de la puissance illimitée, de l'audace indomptable! Brusquement, inconsciemment, sous la poussée d\u2019une décision irrésistible et dont elle se refusait à prévoir les conséquences, Yvonne, avec ses mêmes gestes d\u2019automate, prit une enveloppe pneumati- que, introduisit la carte de visite, cacheta, inscrivit les deux lignes Horace Velmont.Cercle de la rue Royale et s approcha de la fenêtre entrebâillée.Dehors l'agent de police déambulait.Elle lança l\u2019enveloppe, la confiant au hasard.Peut-être ce chiffon de papier serait-il ramassé, et, comme une lettre égarée, mis à la poste.Elle n\u2019avait pas accompli cet acte qu\u2019elle en saisit toute l'absurdité.Il était fou de supposer que le message irait ainsi à son adresse, et plus fou encore d'espérer que l\u2019homme qu'elle appelait pourrait venir à son secours, quelle que fût l'heure et quels que fussent les obstacles.Une réaction se produisit, d'autant plus vive que l'effort avait été plus rapide et plus brutal.Yvonne chancela, s'appuya contre un fauteuil et se laissa tomber, à bout d'énergie.Alors le temps s\u2019écoula, le temps morne des soirées d hiver où les voitures interrompent seules le silence de la rue.La pendule sonnait, implacable.Dans le demi-sommeil qui l'engourdissait, la jeune femme en comptait les tintements.Elle percevait aussi certains bruits à différents étages de la maison, et savait de la sorte que son mari avait dîné, qu'il montait jusqu\u2019à sa chambre et redescendait dans son cabinet de travail.Mais tout cela lui semblait très vague, et sa torpeur était telle qu'elle ne songeait même pas à s\u2019étendre sur le divan pour le cas où il entrerait .Vous !.vous !.I ES douze coups de minuit .Puis la demie .Puis une heure.Yvonne ne réfléchissait à rien, attendant les événements qui se préparaient et contre lesquels toute rébellion était inutile.Elle se représentait son fils et elle-même, comme on se représente ces êtres qui ont beaucoup souffert, et qui ne souffrent plus, et qui s'enlacent de leurs bras affectueux.Mais un cauchemar la secoua.Voilà que, ces deux êtres, on voulait les arracher l'un à l\u2019autre, et elle avait la sensation affreuse, en son délire, qu'elle pleurait, et qu'elle râlait.D un mouvement, elle se dressa.La clef venait de tourner dans la serrure.Attiré par ses cris, le comte allait apparaître.Du regard, Yvonne chercha une arme pour se défendre, et, stupéfaite, comme si le spectacle qui s\u2019offrait à ses yeux lui eût semblé le prodige le plus inexplicable, elle balbutia : \u2014\tVous !.vous !.Un homme s\u2019avançait vers elle, en habit, son macferlane et son claque sous le bras, et cet homme jeune, de taille mince, élégant, elle l'avait reconnu, c'était Horace Velmont.\u2014\tVous ! répéta-t-elle.Il dit en la saluant : \u2014\tJe vous demande pardon, votre lettre ne m'a été remise que tard.\u2014\tEst-ce possible ! est-ce possible que ce soit vous .que vous ayez pu !.Il parut très étonné.\u2014\tN\u2019avais-je pas promis de me rendre à votre appel ?\u2014\tOui., .mais .\u2014\tEh bien, me voici, dit-il en souriant.Il examina les bandes de toile dont Yvonne avait réussi à se délivrer et hocha la tête, tout en continuant son inspection.\u2014\tC'est donc là les moyens qu\u2019on emploie ?Le comte d'Origny, n\u2019est-ce pas ?.J\u2019ai vu également qu\u2019il vous avait emprisonnée .Mais alors le pneu- 12 LE SAMEDI matique ?.Ah ! par cette fenêtre .Quelle imprudence de ne pas 1 avoir refermée ! Il poussa les deux battants.Yvonne s'effara.\u2014 Si l\u2019on entendait ! \u2014 Il n'y a personne dans l'hôtel.Je l'ai visité.\u2014 Cependant.\u2014 Votre mari est sorti depuis dix minutes.\u2014 Où est-il ?\u2014 Chez sa mère, la comtesse d Origny.\u2014 Comment le savez-vous ?\u2014 Oh ! très simplement.Il a reçu un coup de téléphone pendant que, moi, j'en attendais le résultat au coin de cette rue et du boulevard.Comme je l\u2019avais prévu, le comte est sorti précipitamment, suivi de son domestique.Aussitôt, à l'aide de clefs spéciales, je suis entré.Il racontait cela le plus naturellement du monde, de même que l'on raconte, dans un salon, une petite anecdote insignifiante.Mais Yvonne demanda, reprise d'une inquiétude soudaine : \u2014 Alors, ce n\u2019est pas vrai ?.Sa mère n\u2019est pas malade ?.En ce cas.mon mari va revenir .\u2014 Certes, le comte s'apercevra qu'on s\u2019est joué de lui, et, d'ici trois quarts d'heure au plus .\u2014 Partons .je ne veux pas qu\u2019il me retrouve ici.je rejoins mon fils .\u2014 Un instant .\u2014 Un instant !.Mais vous ne savez donc pas qu\u2019on me l'enlève ?qu'on lui fait du mal peut-être ?.La figure contractée, les gestes fébriles, elle cherchait à repousser Vel-morrt.Avec beaucoup de douleur il la contraignit à s'asseoir, et incliné sur elle, T attitude respectueuse, il prononça d'un ton grave : -\u2014 Ecoutez-moi, madame, et ne perdons pas un temps dont chaque minute est précieuse.Tout d\u2019abord, rappelez-vous ceci : nous nous sommes rencontrés quatre fois, il y a six ans .Et la quatrième fois, dans les salons de cet hôtel, comme je vous parlais avec trop .comment dirais-je ?avec trop d'émotion, vous m'avez fait sentir que mes visites vous déplaisaient.Depuis, je ne vous ai pas revue.Et pourtant, malgré tout, votre confiante en moi était telle que vous avez conservé la carte que j\u2019avais mise entre les pages de ce livre, et que, six ans après, c\u2019est moi, et pas un autre, que vous avez appelé.Cette confiance, je vous la demande encore.Il faut m\u2019obéir aveuglément.De même que je suis venu à travers tous les obstacles, de même je vous sauverai, quelle que soit la situation.La tranquillité d'Horace Velmont, sa voix impérieuse aux intonations amicales, apaisaient peu à peu la jeune femme.Toute faible encore, elle éprouvait de nouveau, en face de cette homme une impression de détente et de sééurité.\u2014 N\u2019ayez aucune peur, reprit-il.La comtesse d'Origny habite à l\u2019extrémité du bois de Vincennes.En admettant que votre mari trouve une auto, il est impossible qu\u2019il soit de retour avant trois heures et quart.Or, il est deux heures trente-cinq.Je vous jure qu'à trois heures exactement nous partirons et que je vous conduirai vers votre fils.Mais je ne veux pas partir avant de tout savoir.\u2014 Que dois-je faire?dit-elle.\u2014 Me répondre, et très nettement.Nous avons vingt minutes.C\u2019est assez.Ce n est pas trop.\u2014 Interrogez-moi.\u2014 Croyez-vous que le comte ait eu des projets .criminels ?\u2014 Non.\u2014 Il s'agit donc de votre fils ?\u2014 Oui.\u2014 Il vous l'enlève, n\u2019est-ce pas, parce qu\u2019il veut divorcer et épouser une autre femme, une de vos anciennes amies que vous avez chassée de votre maison ?.Oh ! je vous en conjure, répondez-moi sans détours.Ce sont là des faits de notoriété publique, et votre hésitation, vos scrupules, tout doit cesser actuellement, puisqu'il s\u2019agit de votre fils.Ainsi donc, votre mari veut épouser une autre femme ?\u2014 Oui.\u2014 Cette femme n'a pas d'argent.De son côté, votre mari, qui s'est ruiné, n\u2019a d\u2019autres ressources que la pension qui lui est servie par sa mère, la comtesse d'Origny, et les revenus de la grosse fortune que vo- tre fils a hérité de deux de vos oncles.C'est cette fortune que votre mari convoite et qu'il s\u2019approprierait plus facilement si l\u2019enfant lui était confié.Un seul moyen : le divorce.Je ne me trompe pas ?\u2014 Non.\u2014 Ce qui l'arrêtait jusqu\u2019ici, c'était votre refus ?\u2014 Oui, et celui de ma belle-mère dont les sentiments religieux s'opposent au divorce.La comtesse d'Origny ne céderait que dans le cas .\u2014 Que dans le cas ?.\u2014 Où l'on pourrait prouver que ma conduite est indigne.Velmont haussa les épaules.\u2014 Donc, il ne peut rien contre vous ni contre votre fils Au point de vue légal, comme au point de vue de ses intérêts, il se heurte à un obstacle qui est le plus insurmontable de tous, la vertu d\u2019une honnête femme.Et cependant voilà que, tout d\u2019un coup, il engage la lutte.\u2014 Que voulez-vous dire ?\u2014 Je veux dire que, si un homme comme le comte, après tant d\u2019hésitations et malgré tant d'impossibilités, se risque dans une aventure aussi incertaine, c\u2019est qu\u2019il a, ou qu'il croit avoir entre les mains, des armes.\u2014 Quelles armes ?\u2014 Je l\u2019ignore.Mais elles existent .sans quoi il n\u2019eût pas commencé par \"prendre votre fils.Yvonne se désespéra.\u2014 C'est horrible .Est-ce que je sais, moi, ce qu'il a pu faire ! ce qu'il a pu inventer !.\u2014 Cherchez bien .Rappelez vos souvenirs .Tenez, dans ce secrétaire qu'il a fracturé, il n'y avait pas une lettre qu'il fût possible de retourner contre vous ?\u2014 Aucune .\u2014 Et dans les paroles qu'il vous a dites, dans ses menaces, il n y a rien qui vous permette de deviner ?\u2014 Rien.\u2014 Pourtant pourtant .répéta Velmont .il doit y avoir quelque chose .Et il reprit : \u2014 Le comte n'a pas un ami plus intime .auquel il se confie ?.\u2014 Non.\u2014 Personne n'est venu le voir hier ?\u2014 Personne.\u2014 Il était seul quand il vous a liée et enfermée ?\u2014 A ce moment, oui.\u2014 Mais, après ?\u2014 Après, son domestique l'a rejoint près de la porte, et j'ai entendu qu'ils parlaient d\u2019un ouvrier bijoutier .\u2014 C\u2019est tout ?\u2014 Et d une chose qui aurait lieu le lendemain, c'est-à-dire aujour-d hui, à midi, parce que le comtesse d'Origny ne pouvait venir auparavant.Les deux anneaux \\/elmont réfléchît : « Cette con-* versation a-t-elle un sens qui vous éclaire sur les projets de votre mari?» \u2014 Je n\u2019en vois pas.\u2014 Où sont vos bijoux ?\u2014 Mon mari les a vendus.\u2014 Il ne vous en reste pas un seul ?\u2014 Non.\u2014 Pas même une bague ?\u2014 Non, dit-elle en montrant ses mains, rien que cet anneau.\u2014 Qui est votre anneau de mariage ?\u2014 Qui est.mon anneau .Elle s'arrêta, interdite.Velmont nota qu'elle rougissait, et il l'entendit balbutier : \u2014 Serait-ce possible ?.Mais non .mais non .Il ignore .Velmont la pressa de questions aussitôt, et Yvonne se taisait, immobile, le visage anxieux.A la fin, elle répondit, à voix basse : \u2014 Ce n'est pas mon anneau de mariage Un jour, il y a longtemps, je l'ai fait tomber de la cheminée de ma chambre, où je l\u2019avais mis une minute auparavant, et, malgré toutes mes recherches, je n\u2019ai pu le retrouver Sans rien dire, j\u2019en ai commandé un autre .que voici à ma main.\u2014 Le véritable anneau portait la date de votre mariage ?\u2014 Oui.vingt-trois octobre.\u2014 Et le second ?\u2014 Celui-ci ne porte aucune date.Il sentit en elle une légère hésitation et un trouble qu'elle ne cherchait pas à dissimuler.\u2014 Je vous en supplie, s'écria-t-il, ne me cachez rien .Vous voyez le chemin que nous avons parcouru en quelques minutes, avec un peu de logique et de sang-froid .Continuons.je vous le demande en grâce.\u2014 Etes-vous sûr, dit-elle, qu'il soit necessaire ?.\u2014 Je suis sûr que le moindre détail a son importance et que nous sommes près d\u2019atteindre le but.Mais il faut se hâter.L\u2019heure est grave.\u2014 Je n ai rien à cacher, fit-elle en relevant la tête.C'était à l'époque la plus misérable et la plus dangereuse de ma vie.Humiliée chez moi, dans le monde j étais entourée d\u2019hommages.de tentations, de pièges, comme toute femme qu'on voit abandonnée de son mari.Alors, je me suis souvenue .Avant mon mariage, un homme m'avait aimée, dont j'avais deviné l'amour impossible, et qui, depuis, est mort.J ai fait graver le nom de cet homme, et j'ai porté cet anneau comme on porte un talisman.Il n'y avait pas d'amour en moi, puisque j'étais la femme d'un autre.Mais, dans le secret de mon cœur, il y eut un souvenir, un rêve meurtri, quelque chose de doux qui me protégeait Elle s\u2019était exprimée lentement, sans embarras, et Velmont ne douta pas une seconde qu'elle n\u2019eût dit l'absolue vérité.Comme il se taisait, elle redevint anxieuse et lui demanda : Est-ce que vous supposez que mon mari .I! lui prit la main, et prononça, tout en examinant l'anneau d\u2019or : \u2014 L énigme est là.Votre mari, je ne sais comment, connaît la substitution.A midi, sa mère viendra.Devant témoins, il vous obligera d oter votre bague, et de la sorte, il pourra, en même temps que Tap-probation de sa mère, obtenir le divorce puisqu il aura la preuve qu il cherchait.Je suis perdue, gémit-elle, je suis perdue ! \u2022\u2014Vous êtes sauvée, au contraire ! Donnez-moi cette bague .et, LES CELLES CE NUIT ?Je ne regrette pas l'odeur de la forêt, Le soir aromatique et le divin silence, Le vieux perron, le colombier et le cyprès Et les belles de nuit dans le jardin d'enfance.Je vois de beaux jardins fanés sur mes tapis, Je fais mon crépuscule et tisse ses fumées, Le cyprès de mon rêve est grand comme jadis, J'ai des belles de nuit dans ma chambre fermée.Pareilles à ces fleurs, auprès du sombre buis, Dont l'odeur était fade et la couleur passée, Vous fleurissez pour moi, fidèles, chaque nuit Près du buis de douleur, ô mes tristes pensées \\ J'aspire vos pollens et je bois vos parfums.Je fais croître en l'aimant votre terne feuillage.Vous êtes les adieux et les bonheurs défunts Et le charme perdu des chers anciens visages.Au jardin de ma chambre, ô mes chagrins, montez ?Ces jaunes fleurs de nuit sont pour moi les plus belles.La jeunesse et l'amour bientôt vont me quitter, Mais vous, belles de nuit, vous êtes éternelles .Maurice MAGRE 25 Juin 1938 13 tantôt, c est une autre qu'il trouvera, une autre que je vous ferai parvenir avant midi, et qui portera la date du vingt-trois octobre.Ainsi .Il s interrompit brusquement.Tandis qu il parlait, la main d\u2019Yvonne s était glacée dans la sienne, et, ayant levée les yeux, il vit que la jeune femme était pâle, affreusement pâle.\u2014 Qu y a-t-il ?.Je vous en prie.Elle eut un accès de désespoir fou .\u2014 11 y a .il y a que je suis perdue !.Il y a que je ne peux pas 1 ôter cet anneau ! Il est devenu trop petit !.Comprenez-vous ?.Cela n'avait pas d'importance, et je n'y pensais pas .Mais aujourd\u2019hui .cette preuve .cette accusation .Ah ! quelle torture ! Regardez .Il fait partie de mon doigt.Il est incrusté dans ma chair .et je ne peux pas .je ne peux pas.Elle tirait vainement, de toutes ses forces, au risque de se blesser.Mais la chair se gonflait autour de l'anneau, et l\u2019anneau ne bougeait point.\u2014 Ah ! balbutia-t-elle, étreinte par une idée qui la terrifia .je me souviens.l\u2019autre nuit .un cauchemar que j'ai eu .Il me semblait que quelqu'un entrait dans ma chambre et s'emparait de ma main.Et je ne pouvais pas me réveiller .C'était lui ! c\u2019était lui ! Il m'avait endormie, j'en suis sûre.et il regardait la bague.Et puis il me l\u2019arrachera devant sa mère .Ah ! je comprends tout .cet ouvrier bijoutier .c'est lui qui la coupera à même ma main.Vous voyez .vous voyez .je suis perdue .Elle se cacha la tête et se mit à pleurer.Mais dans le silence, la pendule sonna une fois, et puis une autre fois, et une fois encore.Et Yvonne se redressa d'un bond.\u2014 Le voilà ! cria-t-elle.il va venir .il est trois heures .Allons-nous-en .Elle se jeta sur son manteau et courut vers la porte .Il lui barra le passage, et d'un ton impérieux : \u2014 Vous ne partirez pas.\u2014 Mon fils .Je veux le voir, le reprendre .\u2014 Savez-vous seulement où il est ?\u2014 Je veux partir ! \u2014 Vous ne partirez pas !.Ce serait de la folie.Il la saisit aux poignets.Elle voulut se dégager, et Veimont dut apporter une certaine brusquerie pour vaincre sa résistance.A la fin, il réussit à la ramener vers le divan, puis à l'étendre, et, tout de suite, sans prêter attention à ses plaintes, il reprit les bandes de toiles et lui attacha les bras et les chevilles.\u2014 Oui.disait-il, ce serait de la folie ! Qui vous aurait délivrée ?Qui vous aurait ouvert cette porte ?Un complice?Quel argument contre vous, et comme votre mari s'en servirait auprès de sa mère ! Et puis, à quoi bon?Vous enfuir, c'est accepter le divorce .et sait-on jamais le dénouement ?.Il faut rester ici.Elle sanglotait.\u2014 J\u2019ai peur.J'ai peur.Cet anneau me brûle .Brisez-le Em-portez-le .Qu\u2019on ne le retrouve pas !.\u2014 Et si l'on ne le retrouve pas à votre doigt, qui l'aurait brisé ?Toujours un complice .Non, il faut affronter la lutte, et vaillamment, puisque je réponds de tout .Croyez en moi .je réponds de tout .Dussé-je m'attaquer à la comtesse d'Origny et retarder ainsi 1 entrevue .dussé-je venir moi-même avant midi, c est 1 anneau nuptial que l'on arrachera de votre doigt.,, je vous le jure.et votre fils vous sera rendu.Dominée, soumise, Yvonne, par instinct, s\u2019offrait elle-même aux en- traves.Quand il se releva, elle était liée comme auparavant.11 inspecta la pièce pour s\u2019assurer qu\u2019aucune trace ne demeurait de son passage.Puis il s'inclina de nouveau sur la jeune femme et murmura : \u2014 Pensez à votre fils et, quoi qu\u2019il arrive, ne craignez rien .je veille sur vous.Elle l\u2019entendit ouvrir et refermer la porte du boudoir, puis, quelques minutes après, la porte de la rue.A trois heures et demie, une automobile s'arrêtait.La porte, en bas, claqua de nouveau, et presque aussitôt Yvonne aperçut son mari qui entrait rapidement, l'air furieux II courut vers elle, s\u2019assura qu elle était toujours attachée, et, s'emparant de sa main, examina la bague.Yvonne s'évanouit.Elle ne sut pas au juste, en se réveillant, combien de temps elle avait dormi.Mais la clarté du grand jour pénétrait dans le boudoir, et elle cons tata au premier mouvement qu'elle fit, que les bandes de toiles étaient coupées.Alors elle tourna la tête et vit auprès d'elle son mari qui la regardait.\u2014 Mon fils .mon fils .gémit-elle .je veux mon fils .Il répliqua, d'une voix dont elle sentit la raillerie : \u2014 Notre fils est en lieu sûr.Et pour l'instant, il ne s'agit pas de lui, mais de vous.Nous sommes l\u2019un en face de l\u2019autre, sans doute pour la dernière fois et, l\u2019explication que nous allons avoir est très grave.Je dois vous avertir qu\u2019elle aura lieu devant ma mère.Vous n\u2019y voyez pas d inconvénient ?Yvonne s\u2019efforça de cacher son trouble et répondit : \u2014 Aucun.\u2014 Je puis l'appeler ?\u2014 Oui.Laissez-moi en attendant.Je serai prête quand elle viendra.-\u2014 Ma mère est ici.\u2014 Votre mère est ici ?s'écria Yvonne, éperdue, et se rappelant la promesse d\u2019Horace Veimont.\u2014 Qu\u2019y a-t-il d\u2019étonnant ?.\u2014 Et c'est maintenant !.C'est tout de suite que vous voulez ?.\u2014 Oui.\u2014 Pourquoi ?.Pourquoi pas ce soir ?.Demain ?.\u2014 Aujourd\u2019hui, et maintenant, déclara le comte.Il s\u2019est produit au cours de la nuit un incident assez bizarre et que je ne m\u2019explique pas, mais qui me détermine à devancer le moment de l\u2019explication.Vous ne désirez pas prendre quelque nourriture auparavant ?\u2014 Non .non .\u2014 Je vais donc chercher ma mère.Il se dirigea vers la chambre d\u2019Yvonne.Celle-ci jeta un coup d\u2019œil sur la pendule.La pendule marquait dix heures trente-cinq ! \u2014 Ah ! fit-elle avec un frisson d'épouvante.Dix heures trente-cinq ! Horace Veimont ne la sauverait pas, et personne au monde, et rien au monde ne la sauverait, car il n'y avait point de miracle qui pût faire que l'anneau d\u2019or ne fût pas à son doigt.Le comte revint avec la comtesse d'Origny et la pria de s'asseoir.C\u2019était une grande femme sèche, anguleuse, qui avait toujours manifesté contre Yvonne des sentiments hostiles.Elle ne salua même pas sa belle-fille, montrant ainsi qu elle était déjà gagnée à l'accusation.\u2014 Je crois, dit-elle, qu'il est inutile de parler très longuement.En deux mots, mon fils prétend .\u2014 Je ne prétends pas, ma mère, dit le comte, j\u2019affirme.J\u2019affirme sous serment que, il y a trois mois, durant les vacances, le tapissier, en reposant (Lire la suite page 15) JE SUIS ENCHANTEE DU Tiüuu&ut ôüuÆjÿiâ DIT charmante dame de Winnipeg \" Il est tellement plus doux \u2014 le nouveau partum est si exquis \u2014 et le nouveau Palmolive semble plus dur, dure plus longtemps.\" \"Il va sans dire que j\u2019avais déjà fait usage de Palmolive,\u201d ajoute la charmante Mrs.Beairsto, \u201cmais pas régulièrement.Mais le Palmolive est dorénavant le seul savon pour ma peau.Il est tellement plus doux.Mon traitement de beauté quotidien avec le nouveau Palmolive amélioré est réellement un plaisir, spécialement à cause de son nouveau parfum qui est exquis.J'ai également remarqué que le nouveau Palmolive est plus dur.Il est donc d'usage économique.\u201d Il y a un charme durable pour votre peau à vous, dans ce nouveau Palmolive amélioré.Le nouveau mélange des fameuses huiles de palme et d\u2019olive rend sa mousse plus efficace que jamais.Elle pénètre à fond, enlève de vos pores toute particule de poussière et de cosmétique.Ce n\u2019est pas tout, car le Palmolive adoucit votre peau et lui redonne son charme délicat tout en la nettoyant.Procurez-vous trois morceaux de nouveau Palmolive amélioré, aujourd'hui.Voyez comme il est beaucoup plus doux pour la peau.Laissez-vous griser par son nouveau parfum exquis.Vous épargnerez d\u2019ailleurs de l\u2019argent, car étant plus dur, le Palmolive est beaucoup plus durable.Il y a un charme durable dans ce simple TRAITEMENT DE BEAUTE PALMOLIVE Pour le visage, le cou et les épaules, et pour le bain.Massez doucement dans votre peau une mousse chaude et abondante de Palmolive.Nettoyez les pores à fond.Rincez à l\u2019eau chaude puis froide.Ce traitement de beauté est aussi simple que cela.Et cependant.il n\u2019y a pas de plus sûr moyen d\u2019obtenir la beauté réelle de tout l\u2019cpiderme.Le doux Palmolive, fait à l'huile d'olive, est le seul traitement de beauté des jumelles.Le Palmolive est si bon, si inoffensif, si doux, qu\u2019il fut choisi exclusivement par le Dr Dafoe pour les fameuses jumelles Dionne.Et vous savez qu\u2019étant nées prématurément, elles ont toujours eu la peau extrêmement tendre et sensible».Si Palmolive garde la peau des jumelles douce et parfaitement en santé, il pourra sûrement garder la beauté de votre épiderme. H LE SAMEDI FANTAISIE ET GCÛT 2793 2796 2803 2793 \u2014 Robe élégante, grandeur 34 à 46.Pour un 40 : 3J4 v.de 35\", 374 v.de 39\", 2 v.de 4\" de ruban pour le collet et les manches.Ceinture de votre choix.Fermeture-éclair de 9\".25 cents.2796 \u2014 Charmante robe d'intérieur pour dame et jeune fille, grandeur 32 à 42.Pour un 36 : 374 v- de 35\", 2% v.de 39\".Ceinture : 1% v.de 2\", ruban en trois couleurs.Fermeture-éclair de 9\".¦\u2014 20 cents.2799 \u2014 Robe de jeune fille, grandeur 12 à 20 Pour un 14 : 334 v.de 35\", 3J4 v.de 39\".Contrastant : 24 v.de 35\"-39\", 74 v.de 44\".Ornements : 2 v.de JA\" de ruban.Ceinture : 2^4 v- de ruban de 1 Yl\"¦ Fermeture-éclair de 9\".\u2014 15 cents.2803 \u2014 Robe de jeune fille, grandeur 12 à 20.Pour un 12 : 3% v.de 35\", 3J4 de 39\".Ornements : ruban de 22\" pour la ceinture, 50\" pour l\u2019encolure, 224 v.de ruban ondulé.Fermeture-éclair de 8\".\u2022\u2014 20 cents.2810 \u2014 Ensemble de jeu et manteau à capuchon pour fillette, grandeur 8 à 16.Pour un 10 : ensemble : 124 v.de 35\".1J4 v.de ruban.Pour les culottes et le manteau : 4 v.de 35\".1*4 v.de cordelettes ou de ruban.\u2014 20 cents.t Vous trouverez ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité. 25 Juin 1938 15 (Suite de la page 13) les tapis de ce boudoir et de la chambre, a trouvé, dans une rainure du parquet, l'anneau de mariaqe que j\u2019avais donné à ma femme.Cet anneau, le voici.La date du vingt-trois octobre est gravée à l'intérieur.\u2014 Alors, dit la comtesse, l'anneau que votre femme porte .\u2014 Ceî autre anneau a été commandé par elle en échange du véritable.Sur mes indications, Bernard, mon domestique, après de longues recherches, a fini par découvrir aux environs de Paris, où il habite maintenant, le petit bijoutier à qui elle s\u2019était adressée.Cet homme se souvient parfaitement, et il est prêt à en témoigner, que sa cliente ne lui a pas fait inscrire une date, mais un nom.Ce nom.il ne se le rappelle pas.mais peut-être l'ouvrier qui travaillait avec lui, dans son magasin, s\u2019en souviendrait-il.Prévenu par lettre que j\u2019avais besoin de ses services, cet homme a répondu hier qu\u2019il était à ma disposition.Ce matin, dès neuf heures, Bernard allait le chercher.Tous deux attendent dans mon cabinet.Il se tourna vers sa femme.\u2014 Voulez-vous, de votre plein gré.me donner cet anneau ?Elle articula : \u2014 Vous savez bien, depuis l\u2019autre nuit, qu'il est impossible de l\u2019ôter de mon doigt.\u2014 En ce cas, puis-je donner l'ordre que cet homme monte ?Il a les instruments nécessaires.\u2014 Oui, dit-elle d\u2019une voix faible comme un souffle.C'est.un coup de pince C lle était résignée.En une sorte de L vision elle évoquait l\u2019avenir, le scandale, le divorce prononcé contre elle, l'enfant confié par jugement au père, et elle acceptait cela en pensant qu\u2019elle enlèverait son fils, qu\u2019elle partirait avec lui au bout du monde, et qu'ils vivraient tous deux, seuls, heureux .Sa belle-mère lui dit \u2014 Vous avez été bien légère, Yvonne.Yvonne fut sur le point de se confesser à elle et de lui demander sa protection.A quoi bon ?Comment admettre que la comtesse d'Origny pût la croire innocente ?Elle ne répliqua point.Tout de suite d\u2019ailleurs, le comte rentrait, suivi de son domestique et d'un homme qui portait une trousse sous le bras.Et le comte dit à cet homme : \u2014 Vous savez de quoi il s'agit ?\u2014 Oui, fit J\u2019ouvrier .Une bague qui est devenue trop petite et qu\u2019il faut trancher .C est facile .Un coup de pince .\u2014 Et vous examinerez ensuite, dit le comte, si l\u2019inscription qui est à l\u2019intérieur de cet anneau fut bien gravée par vous.Yvonne observa la pendule.Il était onze heures moins dix.Il lui sembla entendre quelque part dans l'hôtel un bruit de voix qui disputaient, et, malgré elle, un sursaut d'espoir la secoua.Peut-être Velmont avait-il réussi .Mais, le bruit s'étant renouvelé, elle se rendit compte que des marchands ambulants passaient sous ses fenêtres et s'éloignaient.C\u2019était fini.Horace Velmont n'avait pu la secourir.Et elle comprit que, pour retrouver son enfant, il lui faudrait agir par ses propres forces, car les promesses des autres sont vaines.Elle eut un mouvement de recul.Elle avait vu sur sa main la lourde main de l'ouvrier, et ce contact odieux la révoltait.L\u2019homme s\u2019excusa, avec embarras.Le comte dit à sa femme : \u2014 Il faut pourtant vous décider.Alors elle tendit sa main fragile et tremblante que l\u2019ouvrier saisit de nouveau, qu'il retourna, et appuya sur la table, la paume découverte.Yvonne sentit le froid de l\u2019acier.Elle souhaita mourir, d'un coup, et, s'attachant aussitôt à cette idée de mort, elle pensa à des poisons qu'elle achèterait et qui l'endormiraient presque à son insu.L'opération fut rapide.De biais, les petites tenailles d\u2019acier repoussèrent la chair, se firent une place, et mordirent la bague.Un effort brutal .la bague se brisa.Il n\u2019y avait plus qu\u2019à en écarter les deux extrémités pour la sortir du doigt.C\u2019est ce que fit l\u2019ouvrier.Le comte s\u2019exclama triomphant : \u2014 Enfin ! nous allons savoir .la preuve est là ! Et nous sommes tous témoins .Il agrippa l\u2019anneau et regarda l'inscription.Un cri de stupeur lui échappa.L'anneau portait la date de son mariage avec Yvonne : « vingt-trois octobre ».Nous étions assis sur la terrasse de Monte-Carlo.Son histoire terminée, Lupin alluma une cigarette et lança paisiblement des bouffées vers le ciel bleu.Je lui dis : \u2014 Eh bien, quoi ?\u2014 Comment, quoi ?mais la fin de l\u2019aventure .\u2014 La fin de l\u2019aventure ?Mais il n'y en a pas d'autre.\u2014 Voyons .vous plaisantez .\u2014 Nulllement.Celle-là ne vous suffit pas ?La comtesse est sauvée.Le mari, n'ayant pas la moindre preuve, contre elle, est contraint par sa mère à renoncer au divorce et à rendre l\u2019enfant.Voilà tout.Depuis il a quitté sa femme, et celle-vi vit heureuse, avec son fils, un garçon de seize ans.\u2014 Oui .oui .mais la façon dont la comtesse a été sauvée ?Lupin éclata de rire.\u2014 Mon cher ami .(Lupin daigne parfois m'appeler de la sorte.) \u2014 Mon cher ami, vous avez peut-être une certaine adresse pour raconter mes exploits, mais fichtre, il faut vous mettre les points sur les i.Je vous jure que la comtesse n\u2019a pas eu besoin d\u2019explication.\u2014 Je n'ai aucun amour-propre, lui répondis-je en riant.Mettez les points sur les i.Il prit une pièce de cinq francs et referma la main sur elle.\u2014 Qu\u2019y a-t-il dans cette main ?\u2014 Une pièce de cinq francs.Il ouvrit la main.La pièce de cinq francs n\u2019y était pas.\u2014 Vous voyez comme c\u2019est facile ! Un ouvrier bijoutier coupe avec des tenailles une bague sur laquelle est gravé un nom, mais il en présente une autre sur laquelle est gravée la date du vingt-trois octobre.C'est un simple tour d\u2019escamotage, et j'ai celui-là dans le fond de mon sac, ainsi que beaucoup d'autres.Bigre ! j\u2019ai travaillé six mois avec Rickson.\u2014 Mais alors .\u2014 Allez-y donc ! \u2014 L'ouvrier bijoutier ?\u2014 C\u2019était Horace Velmont ! C'était ce brave Lupin ! En quittant la comtesse à trois heures du matin, j'ai profité des quelques minutes qui me restaient avant l'arrivée du mari pour inspecter son cabinet de travail.Sur la table, j'ai trouvé la lettre que l'ouvrier bijoutier avait écrite.Cette lettre me donnait l\u2019adresse.Moyennant quelques louis j'ai pris la place de l'ouvrier, et je suis venu avec un anneau 'd'or coupé et gravé d\u2019avance.Passez, muscade.Le comte n'y a vu que du feu.(Lire la suite page 20) \u201cLES PELLICULES ME DÉSESPÉRAIENT- V VOULUT M'AIDER J'avais tout essayé pour faire disparaître mes pellicules; mes cheveux devenaient toujours plus ternes et plus secs.Paul, mon mari, était dans le même cas.Je ne savais plus que faire contre cela, quand Florence arriva chez moi.Florence est garde-malade et j'estime beaucoup ses connaissances médicales.Elle me dit: \"Les produits dont tu te sers ne sont même pas des antiseptiques.\u201d MES CHEVEUX ETAIENT TERNES \u2018 \"Tu sais sans doute que les médecins attribuent à un microbe la formation des pellicules, et que l'Antiseptique Listerine le fait mourir.\u201d Elle m'apprit ensuite comment appliquer la Listerine sur le cuir chevelu, et elle me donna elle-même un bon massage.\"Dans une clinique du New Jersey, dit-elle, 76% des patients ont été soulagés par ce même traitement.La Listerine pénètre dans le bulbe des cheveux et tue les microbes qui causent les pellicules.\u201d ELLE BIEN \u2022\u2022\u2022-i Je continuai à suivre le traitement à la Listerine chaque jour pendant un mois.Mes cheveux \u2014 et le cuir chevelu \u2014 devinrent plus vigoureux, plus sains! Et bientôt je ne plus ni démangeaisons ni échauffe-ments.A la fin du mois, il n'y avait plus trace de pellicules.Quant à Paul, il ressentit encore plus vite les bienfaits de la Listerine.Son barbier le lui avait d'ailleurs conseillé.PAUL S'EN SERVIT AUSSI sentis Elle fait périr le microbe des pellicules Si vous désirez vraiment vous débarrasser des pellicules, réemployez plus de ces produits qui ne soulagent que superficiellement.Le pityrosporum ovale, microbe provoquant la formation des pellicules, grossi plusieurs lois.Ce même traitement à la Listerine.Suivez le traitement qui s\u2019attaque à la cause même du mal : le tenace pityrosporum ovale ; le seul traitement, croyons-nous, qui a subi les épreuves du laboratoire et de la clinique \u2014 l'Antiseptique Listerine une ou deux fois par jour avec massage.Cuir chevelu et cheveux sont plus propres, plus frais et plus sains que jamais.suivi deux fois par jour par des patients d\u2019une clinique du New Jersey, a pu.au bout de quatre semaines, faire disparaître, entièrement ou presque, les pellicules chez 76% des cas ! Vous aussi pouvez annihiler les pellicules avec la Listerine.Lambert Pharmacal Co., (Canada) Limited.Toronto, Ontario.LISTERINE\u2014™; PELLICULES FABRICATION CANADIENNE Programme radiophonique.le grand drame \" DRUMS \", mettant en vedette William FARNUM CALGARY CFCN\tmardi\t8-8.30\tP.M\tOTTAWA\tCBO\tmercredi\t7-7 30\tP M EDMONTON CFRN\tmardi\t8-8.30\tP.M\tSUDBURY\tCK SO\tmercredi\t8 30-9\tP M LONDON CFPL\tlundi\t8.30-9\tPM\tTORONTO\tCFRB\tdimanche\t6 80-7\tPM MONTREAL CFCF\tdimanche 6-6.30\tP.M.\tVANCOUVER\tCBR\tjeudi 6\t45-7 30\tP M WINNIPEG CKY vendredi 7-7.30 P.M. 16 LE SAMEDI ' - : Maurice, mon cher, Maurice, je t\u2019aime WM 'WfS.> SAINT'S LÛU P -rV 'WÈËÊm i 25 Juin 1938 17 La Jolie Couturière par Emile Richebourg Dessin de Saint-Loup RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS René de Lineuil est un jeune homme au physique agréable, si bien qu il a la réputation d'un irrésistible don Juan.Les plaisirs et sa frivolité lui ont coûté sa fortune et celle de sa tante.Il décide de remédier à cet état de choses en épousant Suzanne Vernon qui lui apportera en dot un million de francs.René semble avoir oublié Rose, la jolie couturière: elle l\u2019aime encore d'un amour aveugle .Rose et René se sont rencontrés de la façon la plus romanesque.Aussi est-ce pour ainsi dire sans scrupule et sans regret qu'il épouse Suzanne Vernon.Le jour du mariage, Rose a la surprise et la douleur de reconnaître dans le marié celui de qui elle se croyait tellement aimée.Elle s'évanouit.Fernande, femme fatale s'il en fut jamais, jure de se venger subtilement de René qui l\u2019a abandonnée après l'avoir aimée avec passion.Elle tend à l'innocente Rose un piège, premier mouvement de sa haine.Elle fait enlever l'enfant de Rose.Inutilement, puisqu'il faut le remettre à la mère pour éviter le scandale et tes représailles de la police.Alors Fernande essaiera de briser le ménage de Suzanne et de René.Elle n'y réussira que trop.A force de charme, d'hypocrisie et de mensonges, elle attire à elle de nouveau le faible René et exerce sur lui une domination qui le perd.Peu à peu, René délaisse sa femme: et, repris par la passion du luxe et du jeu, se ruine tout à fait pour les beaux yeux de Fernande devenue maintenant l'épouse intrigante du richissime M.Grégoire , .René tue en duel son adversaire.A la suite de quoi il perd la raison.En vain Suzanne tente-t-elle de ramener à elle son mari.Elle n\u2019avoue sa ruine à personne.Ce que voyant, Rose et la petite soeur des pauvres lui viennent en aide .C'est une histoire tragique et émouvante que celle de la petite soeur des pauvres.Fille du marquis de Coriadec, elle est la soeur de ce diabolique Christian, assassin et voleur.Enfermée toute petite dans un couvent, elle en est un jour retirée par une femme à la solde de Christian, et précipitée dans la mer pour y être noyée.Par bonheur, un étudiant en médecine la sauve.Des années plus tard, ils s'épousent.Leur bonheur n'est pas de longue durée, car leur implacable ennemi réussit à faire enlever le docteur et l'enfant.Quant à la femme, on l'a poignardée et laissée pour morte .Le petit Zizi est maintenant devenu un homme vigoureux.Après toutes sortes d'aventures extraordinaires, il revient en France.Les diamants l\u2019ont enrichi d'une manière fabuleuse.Il a promis au mari mourant de Germaine de Coriadec de retrouver à tout prix la femme et l'enfant.Dès son arrivée à Paris il sc met à leur recherche et rencontre sur son chemin d'innombrables difficultés .C\u2019EST égal, mon cher Maurice, reprit-il à haute voix, avoir les yeux sur un aussi charmant visage, n\u2019est pas sans faire naître des pensées troublantes.\u2014' Jacques, répliqua vivement Maurice, si 1 on a de ces pensées, on en rougit, on en est honteux et on les chasse \u2014 Très bien mon ami, et on a à cela d autant plus de mérite que les yeux de cette jeune femme ne disent point qu elle resterait insensible aux sollicitations de l\u2019amour.Enfin vous ne vous êtes pas laissé prendre au piège tendu à vos sens, involontairement et bien innocemment, sans doute; je vous en félicite.Il y eut un silence \u2014 Puis-je, sans indiscrétion Maurice, reprit Dalbret, vous demander le nom de cette dame ?\u2014 Jacques, en vous disant le nom de cette jeune femme, je ne commettrais pas une indiscrétion; cependant permettez-moi de garder le silence.Et croyez bien, mon cher Jacques, que j\u2019obéis à un sentiment que vous approuveriez, si vous le connaissiez \u2014 II suffit Maurice, je n\u2019ai pas à insister.Mais laissez-moi vous dire qu\u2019en faisant ce portrait vous avez été héroïque.\u2014 Comment cela ?\u2014 Héroïque, Maurice, parce que vous n\u2019êtes pas tombé éperdu, affolé, aux genoux de votre modèle.\u2014 Croyez-vous donc, Jacques, que je pouvais succomber à la tentation \u2014 Dame ! \u2014 Auriez-vous succombé, vous ?\u2014 Non, certes; mais moi.Maurice, je suis garanti par une double cuirasse contre les flèches de T amour.L\u2019artiste eut un mouvement de tête superbe.\u2014 Ah ! j\u2019ai aussi mon égide, moi 1 s ccria-t-il, les yeux rayonnants Il s'élança dans la pièce à côté de l'atelier et revint aussitôt avec un tableau qu\u2019il plaça sous les yeux de Dalbret.\u2014 Rose 1 s\u2019exclama celui-ci \u2014 Ah ! vous la reconnaissez ! .C\u2019est bien elle, n'est-ce pas ?\u2014 Admirable de ressemblance ! \u2014 Eh bien, Jacques, j'ai peint de mémoire sa chère image, dites, dites, est-elle assez dans mon coeur et dans ma pensée ! .Voilà mon égide, Jacques la voilà 1 Rose est ma force, Rose éclaire mon esprit, Rose me garde contre tous les dangers ! Est-ce que pour moi il peut y avoir une autre femme que ma Rose adorée ?Oui, oui, elle est tout entière dans ma pensée et dans mon coeur; elle m accompagne et me suis partout; elle est mon ange gardien ! Non, Jacques, non, quand toujours je crois entendre sa douce voix, quand toujours je crois voir son sourire et son regard fixé sur moi, je ne puis avoir une minute, une seconde d oubli.Sans doute, elle est belle, cette femme aux cheveux noirs, aux yeux profonds; mais sa chevelure noire est-elle aussi magnifique et opulente que la blonde chevelure de Rose 7 Est-ce qu\u2019on peut comparer sa beauté à celle de Rose ?Non Elle n a pas le doux et gracieux sourire de Rose; son front altier n'a pas la pureté du front de NOTRE FEUILLETON No 28 Rose.Vous chercherez en vain dans son regard l'expression d une pensée sereine; dans celui de Rose si limpide, si plein de suavité et de candeur se reflètent toutes les beautés de son âme.Jacques, cette femme peut agir sur les sens, elle ne touche pas au coeur.C'est qu'elle n\u2019a pas le coeur et l ame de Rose.Elle est riche et Rose est pauvre; mais celle des deux qui mérite vraiment d'être admirée, c est l'ouvrière 1 .Ah ! Jacques, mon cher Jacques, Rose n\u2019a pas besoin d\u2019être une grande dame, magnifiquement vêtue et parée, pour être aimée, adorée ! Ce que j'aime et admire en elle, ce n'est pas tant son idéale beauté, c est sa simplicité, sa modestie, sa douceur, sa bonté; ce que j\u2019adore, en elle, c\u2019est son coeur et son âme 1 Eh bien, Jacques, je Î avoue, plus d'une fois je me suis senti troublé sous le regard étrange de cette femme; c\u2019était une sorte de vertige Mais, aussitôt, ayant honte de ma faiblesse, je me ressaisissais; Rose était là !.Si Rose n'eût pas été dans ma pensée et dans mon coeur, peut-être, comme vous le disiez tout à l\u2019heure, Jacques, serais-je tombé aux genoux de cette femme : \u2014 Enfin, Maurice, vous avez pu résister à toutes les tentations.\u2014 Oui Jacques.\u2014 Comprenez -vous maintenant pourquoi j'ai dit que vous aviez été héroïque ?L artiste secoua la tête en souriant, puis répondit : \u2014 Rose était là pour me défendre contre cette femme et contre moi-même Dalbret jeta ses bras au cou de Maurice et l'embrassa sur les deux joues.Et.comme le jeune homme le regardait avec étonnement : \u2014 C'est la grande joie que j'éprouve, dit-il; ah ! Maurice, mon ami.vous ne savez pas comme je suis heureux ! \u2014 Mais .\u2014 Maurice si vous étiez tombé aux genoux de cette femme, si elle vous eût étreint dans ses bras, vous étiez perdu, vous entendez, mon ami ?perdu, perdu !.Elle vous aurait tenu enchaîné, vous seriez devenu son esclave; elle se serait fait une litiere de votre talent, de vos plus nobles aspirations; elle aurait détruit tout ce qu\u2019il y a en vous de vitalité; elle aurait broyé votre coeur, avili votre âme, tué votre génie ! L artiste, maintenant très pâle, regardait Dalbret, ouvrant de grands yeux effarés.\u2014 Vraiment, Jacques, dit-il d\u2019une voix assourdie, vous m'effrayez.\u2014 Non, mon ami, non; vous n\u2019êtes pas tombé dans le piège qui vous était tendu, vous avez su résister à 1 entraînement des sens, sous ce regard aux effluves magnétiques vous êtes resté maître de vous, vous PLUS TARD Quels beaux ongles ! 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Jacques ! \u2014 Et malheur, malheur à celui qui devient sa proie; elle lui arrache le coeur et boit jusqu à la dernière goutte de son sang.\u2014 Vous me faites frissonner ! ?\u2014 Vous n'êtes pas devenu sa proie.Maurice, et, je le répète, vous êtes sauvé Cependant, mon ami, tenez-vous, constamment sur vos gardes; ne vous laissez pas approcher de trop près; certaines femmes ont une haleine qui grise et dans les yeux une flamme qui brûle .Fuyez, fuyez le vampire ! \u2014 Encore une fois, Jacques.Rose est là.elle me garde et me défend ! Mais vous avez raison et j'ai compris, je ne me laisserai pas approcher de trop près.\u2014 Ecoutez donc, Maurice, vous êtes sorti vainqueur d une terrible épreuve.Heureusement pour vous, et comme vous le dites, Rose était là !.Pauvre Rose ! si admirable dans sa bonté et son dévouement, si grande dans son humble condition, si noble de coeur, si délicate dans tous ses sentiments, que de larmes elle aurait versées, en apprenant que Maurice Vibert n'était plus digne d'elle, plus digne de son affection, de son amour, car elle vous aime, Maurice, elle vous aime autant que vous l'aimez ! Et si elle ne vous le dit pas.si elle ne peut consentir à devenir votre femme, c est que sa délicatesse lui inspire des craintes; c est qu elle ne se croit pas digne de vous : c est qu elle vous voit trop au-dessus d elle et qu elle s imagine qu elle assombrirait votre avenir et serait une tache à votre gloire.\u2014 Ainsi, Jacques, dit Maurice très ému, vous savez que je suis aimé, vous l'avez deviné ?\u2014 Il y a longtemps que je l'ai deviné, mon ami; et je n'ai pas laissé ignorer à Mlle Rose que j'avais découvert le secret de son coeur.\u2014 Alors.Jacques ?\u2014 Alors ses yeux se sont remplis de larmes, et, ce quelle m\u2019a dit, Maurice, je viens de vous le répéter.« Surtout, a-t-elle, ajouté, ne lui dites rien, il ne faut pas qu'il sache que je l'aime.Je lui avais promis de me taire, et je viens de manquer à ma promesse.Mais, si j'ai parlé, c'est pour un motif qui me fera, je l'espère, pardonner cette trahison.\u2014 Il n\u2019y a pas trahison.Jacques, je savais que j'étais aimé.Le singe est très friand de bananes qu'il épluche \" comme une grande personne Il existe dans le monde cinq cents variétés de singes.De tous les continents, l'Europe est seule à n'en pas avoir.On en a cependant acclimaté quelques-uns sur le roc de Gibraltar./Exclusivité LE SAMEDI) \u2014 Vous aussi l'avez deviné ?\u2014 Non, Jacques, non; celui qui aime ne sait pas deviner les sentiments de la personne aimée.Mais si Rose ne m'a pas fait l\u2019aveu de son amour, elle m\u2019a fait comprendre qu'elle m\u2019aimait; elle ne m'a dit qu'un mot, quelle a prononcé d'une voix émue, ayant au front une pudique rougeur, est descendu dans mon coeur comme un baume bienfaisant et m'a ouvert le ciel !.Espérez ! Espérez ! comprenez-vous, Jacques, comprenez-vous ce qu\u2019il a de divin, ce mot sorti de sa bouche adorée ! Ah ! continua-t-il le front irradié, est-ce qu elle pouvait rester toujours insensible à mon amour si pur.si grand, si dévoué, si respectueux ?Elle a enfin compris que je lui avais donné ma vie, que je ne vivais que pour elle et par elle.Avant, je travaillais pour la mériter et je doutais encore de mon talent, à présent qu elle a mis en moi une force qui me semble surhumaine, je ne doute plus de moi, ni de mon avenir, et avec quelle ardeur et quelle âme je vais travailler pour elle.Je deviens ambitieux, ami Jacques; je veux m\u2019élever, je veux être grand ! Pour elle, il me faut la célébrité, la fortune, la gloire ! Tout cela, soutenu par son amour, je l'aurai, je l'aurai! Depuis trois jours je ne suis plus le même; il me semble qu'un sang nouveau coule dans mes veines; j'ai l'esprit libre, ma pensée a des essors que je ne lui connaissais point; tout rayonne autour de moi; il y a du soleil dans mon coeur et je ne sais quelle douce ivresse dans mon âme ! Dalbret prit la main de l\u2019artiste et la serrant dans les siennes : \u2014\u2022 Vous ne vous figurez pas, mon cher Maurice, dit-il.combien je suis heureux de vous entendre parler ainsi.\u2014 C est que vous me voyez heureux, Jacques : oui.cher ami, je suis heureux, le plus heureux des hommes! \u2014 Et pour cela il a suffi de ce seul mot : Espérez ! \u2014 Oui, Jacques; mais que de choses il y a dans ce seul mot ! \u2014 C\u2019est vrai, et vous l avez dit, c\u2019est le ciel ouvert.\u2014 C'est le chemin de l'avenir débarrassé de tous les obstacles et jonché de fleurs : c'est la réalisation de tous mes rêves.\u2014 Enfin, c'est le bonheur.\u2014 Oui, Jacques, oui, le bonheur.\u2014 Il vous est dû, Maurice, car vous l'avez mérité.\u2014 Oh ! oui, ne serait-ce que pour l'avoir longtemps et patiemment attendu.\u2014 Mon cher Maurice, quand le bonheur nous vient trop facilement, nous ne savons pas l\u2019apprécier comme il doit l'être.Il y eut un silence pendant lequel le jeune artiste resta comme en extase devant le portrait de Rose.\u2014 Jacques, dit-il.reprenant la parole, quand vous êtes entré, je chantais .\u2014 Oui, et, je ne vous le cache point, j'en fus surpris; vous ayant toujours vu triste et même morose, je me suis demandé quelle pouvait être la cause d'une si belle et si franche - m Wj fi 25 Juin 1938 19 Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de Plnetltut Ménager 4e LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI CREME DE LAITUE 1 pied de laitue 2 pintes d\u2019eau 4 c.table de beurre 4 c.table de farine 1\tjaune d\u2019œuf !4 tasse de crème Couper en fines lanières le pied de laitue.Dans une casserole, faire fondre le beurre, ajouter la laitue, laisser revenir quelques minutes.Saupoudrer de farine, verser peu à peu l\u2019eau et faire bouillir doucement 20 à 25 minutes.Battre le jaune d œuf avec la crème et lier la soupe.Bien assaisonner.e SALADE AU FROMAGE ET AUX.FRUITS 1\t: tasse jus d\u2019ananas Vl tasse d\u2019eau I 1 2 c.table de gélatine -j tasse d\u2019eau froide 4 c.table de jus de citron Vï tasse fromage à la crème 1 tasse d'ananas coupé en dés Vz tasse de céleri î j tasse de noix pacanes Faire tremper la gélatine dans l'eau froide et la dissoudre avec le jus d ananas et h eau chauffés au point d ébullition.Ajouter le jus de citron et diviser ce mélange en 2 parties : Dans l'une, ajouter le fromage, bien mêler et mettre dans un moule préalablement passé à l'eau froide et laisser prendre.Ajouter à l'autre partie les ananas, le céleri et les noix.Verser sur la première préparation et laisser prendre bien ferme.Démouler sur feuilles de laitue et garnir de sections d'ananas.Servir avec 1 tasse de mayonnaise à laquelle on ajoutera J4 tasse de crème fouettée et quelques gouttes de jus de citron.\u2022 CREME VELOUTEE 2\ttasses de lait 2\ttasses de bouillon 3\tc.table de beurre 3 c.table de farine 1 c.thé de jus d\u2019oignon Sel, poivre et persil frais Faire une sauce blanche avec beurre, farine, lait et bouillon.Assaisonner avec sel, poivre et jus d\u2019oignon.Hacher finement du persil frais et en saupouder sur chaque assiette.Servir avec biscuits soda.SALADE SURPRISE Prendre un pain à sandwich et le diviser en longueur, en 4 tranches de l'épaisseur de Yi pouce environ.Beurrer généreusement la premiere tranche et la couvrir de langue prise en gelée ; déposer une deuxième tranche de pain beurrée des 2 côtés et la couvrir de concombres et de tranches de tomates, le tout assaisonné et garni de mayonnaise.Placer dessus une autre tranche de pain beurrée, remettre de la langue et cou- vrir d une autre tranche de pain.Masquer tout le pain de beurre et de mayonnaise.Garnir les côtés de feuilles de laitue coupées en petits morceaux.Sur le dessus, faire une décoration à la douille, semer çà et là du persil haché finement et garnir de petits radis découpés en forme de roses.Langue en gelée Faire cuire une langue, la hacher finement ; y mêler 1 tasse de bouillon auquel on aura ajouté 1 c.table de gélatine dissoute dans 2 c.table d eau froide ; faire prendre dans un moule.COUPE CANTALOUPE Prendre un melon cantaloupe, le séparer en deux, le vider et, à l'aide d un emporte-pièce spécial, découper des petites boules ; enlever toute la pulpe, remplir à moitié des coupes ; saupoudrer de sucre à fruits et déposer sur le dessus les petites boules préalablement découpées.\u2014 Servir glacé.MEDAILLONS DE JAMBON Tailler des rondelles de jambon cuit 34 pouce d\u2019épaisseur.Couvrir ces médaillons avec une sauce chaud-froid ; décorer joliment d\u2019olives, de persil, de piment rouge, de câpres ; glacer avec de la gelée de viande mi-prise.Sauce chauf-froid 2 c.table de beurre 2 c.table de farine H tasse de lait riche 1-2 tasse bouillon blanc (veau) 1 c.table de gélatine % tasse d'eau froide Faire fondre le beurre ; ajouter la farine.Quand le tout est crémeux, mouiller avec le lait et le bouillon, et laisser cuire en brassant de façon à obtenir une belle sauce bien lisse.Faire tremper la gélatine à l'eau froide et l'ajouter à la sauce chaude.Battre et laisser refroidir à demi.\u2014 Couvrir de cette sauce les médaillons, laisser prendre légèrement, les décorer au goût, et quand le tout est tout à fait pris, couvrir de gelée de viande mi-prise.Laisser prendre de nouveau et découper en rondelles.Gelée de viande 1\tc.table de gélatine 2\tc.table d'eau froide 1 tasse de bouillon clarifié Faire tremper la gélatine à l'eau froide et la dissoudre dans le bouillon chaud.On emploie de préférence un bouillon blanc fait avec du poulet ou du veau.Si le bouillon est bien concentré, c'est-à-dire pris en gelée, on peut diminuer la gélatine de moitié.Le Chef du Tramway de Toonerville\t\u2014par Fontaine Fox ENCORE ! \" Les gens commencent à se fatiguer de tes absences ! J'apprends que le Conseil Municipal va voter une NOUVELLE LIGNE D'AUTOBUS ! \", J\t\"Mais pristi ! Comment faire quand j'ai pris une grosse \"Le docteur dit que ALL-BRAN DE KELLOGG est ce qu'il te faut.Tu vas en manger tous les jours et le dimanche ! 1 PURGE ! 'C'est rudement MEILLEUR à prendre qu'une purge QUELQUE TEMPS APRES Quand la constipation est due au manque de \u201cvolume\u2019' dans l\u2019alimentation, Ail-Bran de Kellogg va droit à la cause.Cette croustillante céréale grillée forme la masse nécessaire pour faciliter l\u2019évacuation tandis que sa vitamine Bi tonifie CONSTIPATION 1 l\u2019intestin paresseux.Mangez du Ail-Bran chaque jour, buvez beaucoup d\u2019eau et prenez des \u201chabitudes régulières\u201d.Ail-Bran est fabriqué au Canada par Kellogg.Vous trouverez Ail-Bran de Kellogg en vente chez tous les épiciers.ALL-BRAN DE KELLOGG La céréale laxative naturelle NOUVELLE EDITION PLUS COMPLETE LE CHIEN Son élevage, dressage du chien de garde, d'attaque, de défense et de police.Dressage du chien de traîneau.Traitement de ses maladies.175 illustrations Prix : $1.25 En vente partout ou chez l'auteur ALBERT PLEAU, Saint-Vincent-de-Paul, (comté de Laval), P.Q.1 20 LE SAMEDI Ml l l: $a vie a coûté une vie.SON premier sourire, son premier regard sur la vie .et la maman ne sera pas là pour l\u2019accueillir.Tous les ans, ce drame silencieux se répète mille fois au Canada.Tous les ans, mille bonheurs se changent brusquement en mille deuils .Mais pourquoi ?Dans plusieurs cas, une soumission rigoureuse aux conseils du médecin et un traitement suivi aux pilules FEMOL auraient évité ces conséquences douloureuses.Grâce à FEMOL, des milliers de femmes ont franchi avec sérénité les étapes pénibles de leur vie.Et combien d\u2019entre elles, qui redoutaient tous les mois la période accablante, voient maintenant sans malaises, sans terreurs, l'approche de la journée difficile ?FEMOL n\u2019est pas un simple calmant : c\u2019est un concentré végétal qui tonifie les organes particuliers au sexe féminin et les rend plus aptes à remplir leurs fonctions naturelles.Pourquoi ne pas adopter FEMOL aujourd\u2019hui même ?Une brochure médicale dans chaque boite FEMOL POUR LA JEUNE FILLE POUR LA MAMAN POUR LE RETOUR D'AGE FEMOL CONCENTRE PUREMENT VÉGÉTAL Joignez-vous à la foule des femmes heureuses MAL DE REINS Le rhumatisme et le lumbago proviennent également de l\u2019acide urique laissé dans le sang par des reins défectueux.Le soulagement permanent s'affirme lorsque le foie, les reins et les intestins reprennent leurs fonctions normales grâce aux Pilules du Dr Chase Pour les Reins et le Foie ANTALGINE Q3 Soulage toujours rhumatismes, lumbago, névralgies, torticolis, maux de tête.En vente partout 25c et 75c Agents demandés pour vendre des cravates.Profits de 140%.Nous avons an choix très considérable.Les prix les plus bas.Commandes remplies par retour du courrier.Echantillons gratuits.Ontario Neckwear Company.Dépt.23 Toronto.(Suite de la page 18) gaieté; maintenant je sais pourquoi vous avez la joie au coeur.\u2014 Je viens de vous le dire que je n'étais plus le même; vrai, Jacques, je ne me reconnais plus; ah; le bonheur, le bonheur !.Constamment j'ai un refrain sur les lèvres et je chante du matin au soir, moi qui ne chantais jamais.Eh bien, c'est l'amour qui chante dans mon coeur, qui met ainsi des chansons sur mes lèvres.Pour moi, Jacques, continua-t-il avec exaltation, il n\u2019y a qu\u2019une femme au monde, la voilà; c\u2019est ma Rose adorée ! Il prit le portrait de la bien-aimée, la contempla pendant quelques instants avec une expression de tendresse indicible, puis, sur le haut du front, il appuya ses lèvres.IX Le Petit René L lendemain de la visite de Jacques Dalbret à Maurice Vibert était un dimanche.Dans la matinée, maman Rose alla prendre son fils au petit collège Sainte-Barbe et le conduisit avenue d'Iéna, chez Mme de Lineuil.Il avait été convenu que Suzanne garderait l'enfant pendant quelque temps, et le directeur du collège, à la demande de Rose, avait accordé au petit René un congé d\u2019un mois, en disant à sa mère : \u2014 Nous sommes très contents de votre fils, il travaille bien et même un peu trop pour son âge; on ne le pousse pas, cependant; mais il est doué d\u2019une rare intelligence et n'a nullement besoin d\u2019être stimulé; il a le très vif désir d\u2019apprendre et met tout son coeur à l'étude.Les vacan- \u2014 Parfait, m écriai-je.Et j ajoutai, un peu ironique à mon tour : \u2022\u2014 Mais ne croyez-vous pas que vous-même fûtes quelque peu dupé en l\u2019occurrence ?\u2014 Ah ! et par qui ?\u2014 Par la comtesse.\u2014 En quoi donc ?\u2014 Dame ! ce nom inscrit comme un talisman .ce beau ténébreux qui l'aima et souffrit pour elle .Tout cela me paraît fort invraisemblable, et je me demande si, tout Lupin que vous soyez, vous n\u2019êtes pas tombé au milieu d\u2019un joli roman d'amour, bien réel .et pas trop innocent.Lupin me regarda de travers .\u2014 Non, dit-il.\u2014 Comment le savez-vous ?\u2014 Si la comtesse altéra la vérité en me disant qu elle avait connu cet homme avant son mariage et qu\u2019il était mort, et si elle l'aima dans le secret de son cœur, j\u2019ai du moins la preuve absolue que cet amour fut idéal, et que, lui, ne le soupçonna pas.\u2014 Et cette preuve ?\u2014 Elle est inscrite au creux de la bague que j'ai brisée moi-même au doigt de la comtesse .et que je porte.La voici.Vous pouvez lire le nom qu elle y avait fait graver.Il me donna la bague.Je lus : « Horace Velmont ».Il y eut entre Lupin et moi un instant de silence, et, l\u2019ayant observé, je notai sur son visage une certaine émotion, un peu de mélancolie.Je repris : ces qu'il va prendre lui seront un repos salutaire; elles ne le mettront pas en infériorité avec ses petits camarades, car il est de beaucoup en avance sur eux, puisqu'il est en tout et presque constamment le premier de sa classe.Maman Rose avait été heureuse d\u2019entendre parler ainsi de son cher petit René, une mère est toujours fière des éloges mérités par son fils; mais ce congé d'un mois aurait-il dû retarder l\u2019élève dans ces études et lui faire perdre toutes ses places, qu\u2019elle n\u2019en aurait éprouvé aucune contrariété.C\u2019est que Mme de Lineuil et le médecin aliéniste comptaient beaucoup sur l'influence que l'enfant pouvait exercer sur le pauvre insensé.En mettant plusieurs fois M.de Lineuil en présence du petit René, le médecin, qui avait remarqué son émotion, son attendrissement à la vue de ce petit garçon devant lequel il s'était trouvé, espérait \u2014 et il avait fait partager son espoir à Suzanne \u2014 qu\u2019une clarté subite traverserait les ténèbres du cerveau de son malade, éclairerait sa pensée, et pourrait provoquer une violente commotion intérieure qui, en réveillant certains souvenirs, amènerait le retour à la raison.Le petit René connaissait Mme de Lineuil, qu'il avait vue plusieurs fois, et il oarut enchanté quand sa mère lui annonça que c\u2019était chez Mme de Lineuil et avec elle qu\u2019il passerait ses jours de congé.\u2014 Oui, maman Rose, je le veux bien, seulement .\u2014 Dis, mon chéri.\u2014 Il faudra que tu viennes me voir souvent, souvent \u2014 Oui, mon cher trésor, je viendrai te voir souvent, tous les dimanches et aussi dans la semaine, lorsque cela me sera possible.\u2014 Pourquoi vous êtes-vous résolu à me raconter cette histoire .à laquelle vous avez fait souvent allusion devant moi ?\u2014 Pourquoi ?Il me montra, d\u2019un signe, une femme, très belle encore, qui passait devant nous, au bras d'un jeune homme.Elle aperçut Lupin et le salua.\u2014 C\u2019est elle, murmura-t-il, c\u2019est elle avec son fils.\u2014 Elle vous a donc reconnu?\u2014 Elle me reconnaît toujours, quel que soit mon déguisement.\u2014 Mais, depuis le cambriolage du Château de Thibermesnil, la police a identifié les deux noms de Lupin et d\u2019Horace Velmont.\u2014 Oui. L, \u2019 ï f .'fwî C 9 \t\t La population de l'Argentine est de quinze mil lions d\u2019âmes ; la colonie italienne compte pour un million dans ce chiffre.\u2022 Le plus ancien journal de l\u2019Argentine est une feuille de langue anglaise, le Standard.Ce journal a été fondé le premier mai 1861.\u2022 Le sucre ne sert pas seulement à table pour la tasse de thé ou de café ou pour adjoindre à d\u2019autres aliments ; on l\u2019emploie, dans une forte proportion, pour la fabrication de la gomme à mâcher, pour la préparation de certains tabacs et pour la fabrication de puissants explosifs.\u2022 Les ruines cyclopéennes que l\u2019on voit au Pérou sont les restes de constructions faites à une époque où Babylone n\u2019existait pas encore.\u2022 On a fabriqué, aux Etats-Unis, pour l\u2019étude des roches et les recherches biologiques, un puissant microscope pouvant donner un grossissement de cinquante mille diamètres.Cet instrument de précision pèse environ une tonne \u2022 Quelques mots sur l'or, ce métal poursuivi par tant d\u2019êtres humains : ce métal est très malléable ; avec une livre seulement on peut étirer un fil ayant une longueur de neuf cents milles.Toute la monnaie d\u2019or en circulation dans le monde entier pèse treize mille sept cents tonnes.On pourrait faire avec toute cette masse un fil de vingt-quatre mille milliards de longueur.\u2022 Ce fil pourrait faire le voyage de la terre à la lune, aller et retour, cinq millions de fois.\u2022 Il serait loin de suffire pour aller jusqu\u2019à la plus proche étoile ; il devrait avoir une longueur six cent soixante-dix fois plus grande.\u2022 Toute la masse d\u2019or en circulation pourrait tenir dans un cube ayant vingt-neuf pieds seulement de côté.\u2022 Il tiendrait facilement dans bien des cours de maison et représenterait tout de même la somme coquette de huit milliards de dollars.\u2022 La plus grosse pépite d\u2019or fut trouvée à Victoria, en Australie ; elle pesait 183 livres et valait cinquante mille dollars.L\u2019or peut être battu en feuilles si minces qu\u2019il faudrait en empiler trois cent soixante-sept mille les unes sur les autres pour faire la hauteur d'un pouce.\u2022 Il existe dans une forêt du Holstein un vieux chêne auquel est dévolue une fonction importante entre toutes : il sert d\u2019intermédiaire entre les jeunes gens et jeunes filles désireux de convoler en justes noces.La chose se fait de la façon suivante.Dans un trou situé à la hauteur de la première branche (dix pieds du sol environ) on vient déposer des lettres, comme celles qu\u2019on peut lire dans les annonces matrimoniales des journaux.Par exemple : « J ai 23 ans, je suis bien élevé et sans prétentions -, comme j\u2019habite un village perdu de la Westphalie, où je n'ai pas l\u2019occasion de faire des connaissances, je cherche mon bonheur par cette voie inaccoutumée, » Mais voici ce qu'on ne lit pas dans les annonces de journaux : «J'ai entendu parler de cet arbre, et je crois qu'il est une puissance du destin, » N\u2019est-ce pas curieux?Ce qui l\u2019est à peine moins, c'est que le facteur, serviteur de l'Etat, se fait aussi le serviteur de cette puissance.Tous les jours, il grimpe sur l\u2019échelle adossée à l\u2019arbre et dépose dans le trou un certain nombre de lettres, venues par la poste! Il va sans dire que, grâce à ce vénérable concurrent de la presse, des mariages aboutissent : et la noce se fait généralement photographier sous le chêne tutélaire.Notes Encyclopédiques Il y a, dans le monde entier, environ deux mille nains vraiment dignes de ce nom ; les Etats-Unis en ont trois cent cinquante pour leur part.A la naissance, les nains sont généralement des enfants normaux mais leur croissance cesse vers l'âge de cinq ans.\u2022 Robert Fulton inventa, il y a pas mal de temps déjà, un genre de sous-marin et une torpille.Les Français refusèrent d'acheter le brevet concernant le sous-marin parce que ce navire n\u2019avait pas réussi à couler un navire anglais et les Anglais ne voulurent pas de la torpille parce qu elle n\u2019avait pas pu atteindre un navire français.Les temps sont changés depuis lors.; liiii Un panoplie à donner le frisson ; il contient le jeu complet des instruments de chirurgie en usage au dix-huitième siècle en Perse.On s'étonne presque de n'y pas voir figurer une hache de bûcheron et un marteau de forgeron.Bien des villes ont été conquises et détruites au cours des âges, mais aucune, sans doute, n\u2019a été aussi éprouvée que la ville de Herat, dans l\u2019Afga-nistan, qui a été complètement rasée par le feu cinquante-six fois e Le plus petit homme du monde entier est probablement Obala Row, né à Madras, aux Indes.Il a deux pieds six pouces de hauteur, pèse dix-neuf livres et a trente ans.Il a grandi d\u2019un pouce seulement au cours des dix dernières années.\u2022- NOTRE COUVERTURE -« En hommage au premier Congrès Eucharistique National, nous sommes heureux de reproduire cette belle photo de l'église-cathédrale de Québec.C'est de là que partira la procession triomphale qui clôturera le congrès.Du 22 au 26 juin, la capitale de l'Eglise canadienne verra de grandioses cérémonies, rehaussées par la présence du cardinal Villeneuve.Quand madame Curie obtint la première parcelle de radium dans son laboratoire, un fameux prince oriental vint lui rendre visite et il fut saisi d'une telle émotion en tenant le petit tube de radium qu\u2019il le laissa tomber, et le précieux produit se perdit dans une épais tapis.Madame Curie fit dissoudre le tapis entier dans un liquide spécial qu\u2019elle traita ensuite chimiquement et elle retrouva la totalité du radium.o ETYMOLOGIES D\u2019où vient le mot Tip qu\u2019on emploie pour désigner une gratification, un pourboire ?Autrefois, les auberges sur les routes d\u2019Angleterre étaient petites et la clientèle des rouliers emplissait quelquefois leur salle à croquer Les garçons et servantes, affairés par de multiples besognes ne servaient alors les clients qu'avec des retards souvents fort longs.Voyant cela, les voyageurs placèrent, dans la salle d'auberge, un petit tronc avec une pancarte portant ces mots : « To Insure Promptness » et ils se montraient d'autant plus généreux que le service était mieux assuré.Les trois initiales de ces mots,T1.I.P.remplacèrent vite les mots eux-mêmes sur la pancarte et le mot nouveau qu elles formaient servit à désigner le pourboire accordé.\u2022 L\u2019origine du mot dollar.Lorsque, au quatorzième siècle, on mit en exploitation la mine d argent du Joachimsthal, en Bohème, la plus grosse pièce de monnaie frappée avec le métal de ces mines reçut le nom de Thaïe r ou monnaie de la vallée (thaï).Le nom se répandit au loin par les voies du commerce et en se naturalisant dans d autres langues il forma d'autres mots, ressemblant au premier et désignant diverses monnaies.C\u2019est ainsi que le thaïe r est devenue le taleron oriental et, de ce côté-ci de l'Atlantique, le dollar bien connu et surtout très aimé.\u2022 Cheviotte.\u2014 Cette étoffe de laine tire son nom des monts Cheviots qui s\u2019élèvent entre l'Angleterre et 1 Ecosse ; c\u2019est l\u2019endroit d\u2019élevage d\u2019une espèce de moutons très estimés et dont \"la laine est de grande qualité.\u2022 Echevin.\u2014 Vient du celtique schwyn qui servit de radical au mot de basse latinité scabinus et à l\u2019allemand schaben signifiant juge.Il désigna d\u2019abord, chez les Francs, les magistrats municipaux, scabins ou échevins, chargés de rendre la justice dans les villes.Voici une anecdote, vraie ou imaginaire, à ajouter à beaucoup d autres du même genre : Un Indien, consulté par un blanc auquel on avait volé des peaux de martre, déclarait avoir exploré l\u2019endroit d où elles avaient été prises, que le vol avait été commis par un Yankee de petite taille, assez vieux, très craintif, venant de l\u2019Est, portant un habit brun, et suivi d\u2019un chien boiteux ayant la queue coupée.Interrogé sur la manière dont il avait obtenu ces renseignements, il répondit que l'homme était blanc, puisqu\u2019il marchait les talons en dedans et portait des bottes ; qu\u2019il était vieux, puisqu'il se servait d\u2019une canne, sur laquelle il s\u2019appuyait fortement, ainsi qu'on pouvait s'en assurer en examinant ses traces sur le sol humide ; qu'il était craintif, la position de ses pieds indiquant qu\u2019il s'était fréquemment retourné, comme s\u2019il tremblait d\u2019être poursuivi ; qu'il venait de l'Est, c\u2019est-à-dire des districts civilises, puisqu il portait une couverture neuve, ainsi que 1 affirmaient certains buissons épineux sur lesquels flottaient encore quelques débris de ladite couverture, ainsi qu\u2019un lambeau de drap brun \u2022 qu\u2019il était suivi d un chien boiteux, puisque les pas d\u2019un animal de cette nature accompagnaient les siens que ce chien avait la queue coupée, puisque, s\u2019étant assis au bord d un ruisseau, il avait laissé, sur la range, 1 impression d un organe complètement dé- V , DUNLOP' 9-T-l LE DUNLOP FORT REBORDS DENTES POUR LA TRACTION! 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Constatez comme il est facile à conduire.Reposez-vous sur les sièges Dodge hauts comme un fauteuil.Mesurez l\u2019espace affecté aux jambes.Voilà des choses qui n\u2019échappent à personne.Et ensuite il y a des choses que vous ne pouvez pas voir .tels le Montage du Moteur d\u2019après le Principe du Pouvoir Flottant (breveté), qui absorbe la vibration du moteur; les Freins Hydrauliques Dodge à Double Effet, qui produisent des arrêts doux, rapides et sûrs ; la Carrosserie Tout-Acier Dodge montée sur une armature rigide en X et isolée par des rondelles en caoutchouc élastique qui bannissent les sons; la Répartition scientifique du Pcids qui place les occupants entre les essieux, là cù le roulement est le plus doux; et des douzaines d\u2019autres perfectionnements qui sont autant d\u2019apports à la sécurité, au confort et à l\u2019économie! Votre dépositaire Dodge - De Soto sera heureux de vous laisser conduire un nouveau Dodge de 1938\u2014celui de votre choix! Donnez-lui un coup de téléphone sans tarder ! AUX ECOUTES à l\u2019Heure des Amateurs du Major Bowes, Réseau Columbia .tous les Jeudis.9 à 10 p.m.f H.A.E.D'ABORD DODGE LE DODGE SIX EST DANS LE DOMAINE DES PLUS BAS PRIX! "]
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