Le samedi, 1 février 1940, samedi 3 février 1940
[" de aj Up»;.gifU-i* SQA ft ¦ -s>$t .uJ^\"\u2018ry% #\u2022 H mm IL vous est certainement arrivé, à vous comme à tout le monde, de vous demander certains soirs ce que vous pourriez bien lire d'intéressant sans avoir à feuilleter une foule de livres ou sans avoir à acheter plusieurs magazines au hasard.Dans de pareils cas, n'hésitez pas à acheter LA REVUE POPULAIRE où vous trouverez tout ce qu'il faut pour vous distraire et vous instruire : un ROMAN D'AMOUR complet et le plus souvent inédit, une foule d'articles sur les sujets les plus divers, des chroniques de toutes sortes et une multitude de photographies et de dessins » K LA REVUE POPULAIRE, dont le tirage augmente de plusieurs milliers d'exemplaires par année, est lue aujourd'hui dans toutes les bonnes familles canadiennes, aussi bien à la ville qu'à la campagne.Ce n'est pas sans raison que cette revue canadienne-française, fondée il y a TRENTE-DEUX ANS cette année, connaît une pareille vogue.Lisez-la une fois et vous comprendrez Lisez le roman du mois de février : LE VOYAGE SANS RETOUR Par MAGALI Coupon d'abonnement : LA REVUE POPULAIRE \u2014_________________________ Ci-inclus $1.50 pour I an ou $2.00 pour 2 ans (Etats-Unis : $1.75 pour 1 an ou $2.50 pour 2 ans) d'abonnement à LA REVUE POPULAIRE Nom Adresse Ville .Prov.POIRIER, BESSETTE Cr Cie, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, Can. 51e année, No 36 \u2014 3 février 1940 3 CARNET EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE.LIMITEE 975, RUE DE BULLION MONTREAL - CANADA \u2022 Tel.: PLateau 9638* Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUIL Chef de la publicifé : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Pages féminines : GENEVIEVE Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Entered at the Post Office of St.Albans.Vt.as second class mattter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un an.Six mois .Trois mois .$3.50 2.00 1.00 \u2022 ETATS-UNIS ET EUROPE Un an .«5.00 Six mois .2-50 Trois mois .125 \u2022 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m._ Le samedi, 9 h.a.m.à midi \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.TEL PÈRE TEL EUT UN de nos bons amis de Québec, Gérard G.me demande, dans une très aimable lettre ce que je pense du proverbe dont j'ai fait le titre de cet article.Il veut savoir si c'est vrai, ce que j'en pense et si j'y crois.Je dirai tout d'abord que je me méfie généralement d'un proverbe comme d'une planche pourrie : ça peut paraître solide mais si l'on met le pied dessus on passe au travers.J'ai tout de même, pour les proverbes, quelque considération; celle qu'on accorde aux choses très vieilles qui ont fait le plaisir ou l'embêtement de bien des hommes, car ils ne datent pas d'hier, ces fameux proverbes et même ils ont eu leur temps de grande faveur.Ils sont d'une si grande commodité ! Celle des arguments tout prêts, des plats tout cuits et des habits tout faits.Commodité, toutefois qui peut nécessiter de la mise ou point, du refricassage ou des retouches.De vieux et célèbres proverbes sont ceux, d'ailleurs apocryphes des \" Vers dorés \" dont l'auteur, Pythagore, n'a probablement jamais existé, ce qui dégage merveilleusement toute sa responsabilité.Faire des proverbes fut sans doute un petit jeu de société fort goûté dans l'ancienne Grèce car il s'y rattache des noms illustres comme ceux d'Aristote, Platon, Socrate, Plutarque, Théognis, Cléarque et consorts.César en fit une liste qu'il jugea propre à stimuler l'initiative et l'énergie, \" ad agendum \", selon son expression conservée dans le mot \" adage De son temps datent encore les recueils de Diogenanius et de Zenobius.Le moyen âge a, lui aussi, fait large part aux proverbes; Erasme, Polydore Virgile et Scaliger ont évolué là-dedans comme poissons dans l'eau.Plus tard, nous retrouvons de ces proverbes à foison dans le Pantagruel de Rabelais, le Don Quichotte de Cervantès et surtout le Bouquet proverbial de Boutroux.Si l'on ajoute à tout cela le Livre des Proverbes de Salomon complété par Agur et Lamuel, on s'étonne moins que les proverbes aient la prétention de résumer la sagesse des nations.Même on ne s'étonne plus du tout quand on sait de quoi est faite la sagesse des peuples et comment elle se manifeste.En ce qui concerne le proverbe \"Tel père, tel fils\", il n'est sans doute pas possible d'émettre une fausseté plus grande si l'on a la prétention de poser cette formule en règle générale.Evidemment il y a des pères dont le fils est le portrait tout craché, ou même accentué soit en bien soit en mal mais ce sont des exceptions ne confirmant que la règle contraire.Elles ne seront jamais en quantité suffisante pour former une majorité, donc pour donner raison au proverbe.Pépin le Bref, ancien roi de France, tira son surnom du fait qu'il n'était guère plus haut que trois pommes et son fils Carolus fut appelé Charlemagne non seulement parce qu'il fit de belles conquêtes mais parce qu'il était une sorte de géant dont les pieds nous servent encore de mesure.Il eut à son tour un fils, Pépin le Bossu qui ne marcha sur ses traces ni d'une façon ni de l'autre.On n'aurait même pas pu dire : Tel grand père, tel petit-fils car les deux Pépins n'étaient pas de la même qualité, loin de là Le premier était fort comme une demi-douzaine de chevaux et le deuxième était simplement têtu comme une mule; il le prouva en conspirant contre son père, vilaine sottise qui le fit reléguer dans l'abbaye de Plum où il mourut.Un autre exemple, d'actualité celui-ci : le père d'Hitler était un simple douanier, sans ambition politique mais grand admirateur de la femme et sachant fort bien lever le coude; après une existence de joyeux bougre il mourut avec tout son bon sens.Dodolf, lui, déteste les femmes, ne boit que du sirop de grenouilles, se conduit en joyeux copain chaque fois qu'il lui tombe un œil et il a encore tous les deux; son ambition est démesurée et il y a toutes les chances pour que sa cervelle claque avant lui.Tel père, tel fils ?pas encore cette fois-ci.Il n'est pas rare de voir des pères vertueux et des fils crapules; des pères qui auraient pu poser pour la statue d'Apollon et des fils pour celle de Quasimodo; des pères enfin qui ont tondu des œufs pour en vendre le poil et des fils qui ont ensuite jeté la maison par la fenêtre dans des crises de gaspillage.Il semble, dans ce dernier cas, que \"Tel père, tel fils\" doive être remplacé par un autre proverbe : A père avare, fils prodigue.Si la nature se charge, en maintes occasions, de nous prouver la faillite de l'adage qui nous occupe, elle est très souvent aussi aidée dans la plus large mesure par les pères eux-mêmes.Combien en est-il pour souhaiter sincèrement que leurs fils prennent le même chemin qu'eux dans la vie et leur ressemblent en tous points ?A part quelques gros brasseurs d'affaires il n'en est certainement pas beaucoup et encore ceux-ci s'arrangent-ils pour que leurs héritiers n'aient pas besoin d'utiliser des méthodes que leur indulgence pour eux-mêmes appelle des tours de métier mais que leur conscience, avec une énergie plus sincère, qualifie de tours de cochon.Tel père, tel fils ?ce ?n'est pas non plus ce que désire ce brave cultivateur qui a travaillé d'arrache-pied toute sa vie pour amasser une modeste aisance; il rêve de faire de son fils un monsieur de la ville qui fumera des gros cigares et gagnera des millions à se croiser les bras dans un beau bureau.Effectivement, il peut arriver que, plus tard, le fils ne ressemble pas du tout au père mais ce ne sera pas parce qu'il aura trop bien travaillé.Notre époque surtout semble avoir prés à tâche de démolir le proverbe qui nous occupe; le modernisme ultra-rapide qui sévit sur la planète a l'effet contraire des autos sur les routes; la machine a raccourci les distances mais le modernisme a rallongé les années; tout au moins il en donne l'illusion quand on se place à un certain point de vue.Regardons à dix ans en arrière et nous y retrouvons des mœurs d'un autre âge; pensons aux temps d'avant-guerre, de celle qu'on appelle encore \" la grande \" et nous ne reconnaissons plus la société ni ses habitudes; un véritable abîme s'est creusé entre les pères et les fils.Je ne veux pas dire que cet abîme existe sentimentalement, que l'affection familiale ait été fortement atteinte mais il y a tout de même un esprit d'indépendance aujourd'hui que l'on ne connaissait pas autrefois.Le père menait une vie calme que venait stimuler juste à point une ambition raisonnable et modérée, celle qui fait les citoyens respectables et respectés; le fils a, lui, la fièvre du progrès combinée avec la science du monsieur qui se débrouille dans la vie.Ce n'est pas toujours une science et jamais une patience; il faut aller vite et l'on appuie sur l'accélérateur; tant pis pour l'obstacle.Tant pis pour l'homme parfois aussi.A voir la désinvolture hardie de leurs fils, dans bien des familles les pères éprouvent un peu l'étonnement d'un tranquille oiseau de basse-cour qui verrait un petit aigle sortir de son nid.Avec cet état de choses il ne reste pas gros du proverbe \"Tel père, tel fils\" mais il n'est pourtant pas dans mon idée d'en prononcer la condamnation impitoyable et sans appel.Il y a, fort heureusement encore, des fils pour suivre la trace de leur père, leur ressembler au physique, ce qui est bien, et au moral, ce qui peut être mieux.Mais combien en existe-t-il ?C'est une question à laquelle je n'oserais répondre; je craindrais trop de voir, dans cette réponse, une simple exception de nature à confirmer la règle contraire. 4 Le Samedi mmm , «KiaàBSSî à, S;1* f8*j V '&$£ j?KSPTOfi ».'/.:*!**\u2022 .vSaïi j§ lit ! \u2022 « k.-> aaagfiÿ ;4'J ;* K>,'V; ISBï Ëüé ; ; / - sv-jv?, «KiaàBSSî ;4J laite ¦fiéÊ&i La CHRONIQUE D'ACTUALITÉ par LOUIS UCIAND Ci-dessus : Un gros canon moderne dont les effets sont terribles mais la vie active extrêmement courte.\u2014 En haut : Un point de la fameuse ligne Maginot avec les tourelles d'acier abritant de gros canons.Elle est beaucoup plus courte que bien des gens ne le croient, la vie d'un canon, la vie active s'entend ; la vie enfin qui permet à ce monstre de métal de donner la mort.On disait plaisamment autrefois : « Pour faire un canon, on prend un trou et l'on met du bronze autour.» C'était un peu vrai, puisqu\u2019on coulait du bronze autour d'un noyau qui occupait la place du trou, mais les canons modernes ne s'accommoderaient plus de cette vieille méthode à cause des pressions formidables exercées par les diverses poudres employées maintenant.Les canons sont faits aujourd\u2019hui d'acier, mais leur fabrication exige bien d'autres soins que celle de leurs prédécesseurs en bronze ; le lingot d'acier que l'on prend et « dans lequel on creuse un trou », contrairement à l'ancien système, cet acier-là doit être un lingot aussi homogène que possible pour être résistant.Quand on l a coulé, il s'est formé, à la partie supérieure, ce qu'on apelle une masselotte qu\u2019il faudra tout d\u2019abord supprimer parce qu\u2019elle contient des scories ; ensuite, dans l'épaisseur du lingot lui-même.il a pu se former des bulles de gaz que l'on appelle des soufflures, lesquelles sont toujours nuisibles à la solidité.Le plus énergique forgeage ne peut pas les faire disparaître, il les aplatit seulement mais sans pouvoir souder le métal à lui-même là où elles existent.Avant de forer ce gros lingot, on le soumet aux rayons X, tout comme un malade présumé, et s'il présente en effet trop de causes de faiblesses on le renvoie au creuset.Un canon, sans doute, est fait pour tuer mais, autant que possible, pas ceux qui s\u2019en servent.Il résulte de tout ceci, et sans entrer dans des détails qui ne sauraient trouver place ici, que 60% au moins du volume du lingot sont inutiles ou dangereux et doivent être supprimés.Quand il s'agit de la fabrication de canons de gros calibre, on voit que chacun d'eux exige primitivement la mise en œuvre d'une énorme quantité de métal.Viennent ensuite les diverses opérations du forage, du forgeage, de la forme définitive sur le tour, du filetage, du frettage, des traitements thermiques, de la trempe, du recuit, du montage des divers accessoires et de la mise sur affût.Je passe forcément sur bien des opérations longues et minutieuses et qui sont d'une grande importance pour la vie future du canon.Il a fallu des matériaux de premier choix pour mener cet ouvrage à bonne fin, des machines-outils de grande précision et des ouvriers spécialistes connaissant bien leur métier ; tout cela a demandé pas mal de semaines, surtout pour les pièces de gros calibre, et représente une belle poignée d'argent ; on est donc en droit d'espérer qu'un canon comme celui-là, si solide et si bien fait durera longtemps.Oui, sans doute si l'on ne s\u2019en sert pas, mais il est fait pour servir et alors .Alors, il ne dure pas longtemps.Un an ou deux ?Oh ! beaucoup moins que cela ! Même pas un jour ou deux, vous allez voir ça tout de suite.Sachez tout d abord qu une pression de trente* cinq à quarante mille livres par pouce carré au départ du coup est chose normale dans un canon avec VIE (Tun CANON 3 FÉVRIER 1940 5 » i les poudres modernes.C'est évidemment un travail fatigant.C'est précisément cette pression avec ses effets qui règle la vie du canon.Cette vie, en effet, ne s\u2019évalue pas en années mais en états de services ou, si l\u2019on veut, d\u2019après le nombre de coups que la pièce a tirés ; ce nombre est d\u2019autant plus grand que le calibre est plus petit, et cela se conçoit puisque dans ces cas-là l'effort demandé au canon est moindre.Le canon de soixante-quinze peut ainsi tirer de douze à quinze mille obus avant d'être renvoyé à l'usine, mais ce nombre de coups diminue rapidement quand le calibre augmente ; avec les très grosses pièces il tombe à cent cinquante, cent vingt, et moins encore.Le parcours de l'obus dans l\u2019âme de la pièce est en moyenne d'une durée de trois dixièmes de seconde, et c'est donc pendant ce temps très court que se produit l\u2019usure énorme qui abrège à chaque fois la vie de la pièce ; une simple opération d\u2019arithmétique suffît maintenant pour calculer la longueur précise de cette vie active.Nous trouvons alors qu\u2019elle est d\u2019à peu près une heure et demie pour un canon de soixante-quinze, et de deux tiers de minute seulement pour une grosse pièce d'artillerie.C'est assurément fort peu.La valeur des obus tirés et de leurs charges, la valeur de la pièce elle-même, tout cela représente un montant d\u2019argent considérable qui s\u2019évanouit ainsi en une fraction de temps très brève.Si l\u2019on multiplie ce montant par le nombre énorme de canons qui sont en activité au cours d\u2019une guerre dans tous les pays belligérants, on arrive à un total effarant.Cette vie si rapide d'un canon a, d\u2019autre part, des résultats formidables.On a calculé que la force vive développée par la déflagration d\u2019une grosse pièce produit une pression rapide mais brutale équivalant à vingt-cinq millions de chevaux-vapeur.Pendant sa courte existence elle aura donc fait un effort d'au moins cinq milliards de chevaux-vapeur.Tout ceci représente la vie active mais normale d\u2019un canon ; or il ne faut pas oublier qu\u2019il est, com- me les hommes eux-mêmes, sujet à bien des accidents, lesquels sont particulièrement fréquents en temps de guerre.L'obus ennemi qui frappe directement une pièce met du coup un terme à sa carrière où, tout au moins, il y a des chances pour cela.D\u2019autre part, s\u2019il faut abandonner un terrain devenu intenable et que le temps manque pour ramener les pièces en arrière, il n\u2019y a qu'une seule chose à faire : les mettre hors de service pour empêcher qu elles ne puissent servir à l'ennemi.On brise alors des organes essentiels dans les freins ou la culasse ou même, avec des pétards de dynamite, on met définitivement le canon hors d\u2019usage.Il y a, enfin, ce qu\u2019on pourrait appeler les riiala-dies du canon et la principale est causée par la chaleur quand on demande au canon une tâche au-dessus de ses forces en prolongeant outre mesure les périodes de tir rapide.Les monstres de métal sont alors, comme de simples hommes, tués par le surmenage.Pendant le tir, la combustion de la poudre dégage une chaleur considérable qui s\u2019atténue néanmoins suffisamment si les coups sont espacés, mais si l\u2019on fait du tir rapide sans interruption, les calories s\u2019accumulent dans le métal, le canon devient brûlant et il arrive à ce qu'on peut appeler l\u2019état dangereux.A une température élevée, la résistance de l'acier diminue ; si la chaleur augmente encore, cette résistance n'est plus que celle du cuivre, puis celle du plomb, et si l\u2019on continue à tirer dans ces conditions-là, la pièce se gonfle ou même elle éclate.Avant ce dernier accident, il peut arriver aussi que le gonflement ayant agrandi le diamètre de la pièce, l'étanchéité des gaz n\u2019est plus assurée ; l'obus ne reçoit plus alors une impulsion suffisante pour faire le parcours qu\u2019on lui demandait et va tomber à un point beaucoup plus rapproché ; parfois même dans les lignes qu'il avait pour mission de protéger.Comme celle des hommes, la vie des canons est courte, et souvent sujette aux accidents et à tous les maux.Une vue des usines françaises du Creusot où la fabrication du matériel d'artillerie est poussée avec une grande activité en temps de guerre.A*.'*¦> kwm ¦ fr :swm *s*tmr* - * Vf*.M * \u2019 % : -J*; « ¦ «sr» 6 Le Samedi L'orfèvre et Mr Campion causaient avec animation.Le Peint drInterrogation Quand miss Chloe Pleyell devint la fiancée du brillant avocat sir Matthew Pearing, Mr, Albert Campion songea à lui faire un cadeau.Un sourire mélancolique accompagnait cette pensée.Il avait pu croire un moment que miss Pleyell lui donnerait la préférence.Cependant ce fut avec sincérité qu'il souhaita à sir Matthew, homme grave et pompeux, beaucoup de bonheur.Il lui en souhaita encore, mais avec un peu moins de confiance, tandis qu'il se trouvait dans le magasin de Julius Florian et contemplait le vieil orfèvre qui cherchait à persuader Chloe de se décider entre des candélabres et un surtout de table, don par lequel Mr.Campion voulait exprimer ses souhaits.Chloe était plus jolie que jamais.Elle était assise sur le bord d\u2019une table, son manteau d\u2019hermine enff'ouvert, sa tête blondg de côté; ses yeux étaient à demi fermés et toute son intelligence fixée sur le choix à faire.Mr.Florian semblait la trouver charmante.Il était debout devant elle et souriait, bien que l\u2019indécision de la jeune fille durât depuis près d\u2019une heure.\t\u2022 \u2014 Le surtout est très à la mode, murmura Chloe, et je l\u2019adore.Mais les candélabres dureront toute une vie.Le vieux Florian se mit à rire.\u2014 C\u2019est vrai, observa-t-il avec un signe de tête à Mr.Campion.Que choisissez-vous ?\u2014 Le surtout, master Florian.Et vous êtes un ange de me faire ce cadeau, Albert.Chaque fois que je regarderai Matthew assis de l\u2019autre côté de la table, je penserai à vous.\u2014 Ce sera charmant pour tous les deux, riposta Mr.Campion.Chloe sauta à terre et prit le surtout dans ses mains.L\u2019orfèvre la suivit.\u2014 C\u2019est un bel objet, dit-il.Il date de George III.Je peux vous dire toute son histoire.Il a été fait pour lord Peronne et est resté dans cette famille pendant soixante-douze ans, puis il a été acheté par un certain Mr.Andrew Chappell qui l\u2019a légué à sa fille qui habitait Brighton et.Chloe l\u2019interronpit d\u2019un éclat de rire : \u2014\tVous connaissez l\u2019histoire de tous les objets que vous vendez ?s\u2019écria-t-elle.\u2014\tQuand on achète une belle pièce d\u2019argenterie, on aime en général à savoir d'où elle vient, répondit Mr.Florian, un peu vexé.Miss Pleyell se repentit de sa gaîté intempestive.\u2014\tC\u2019est utile si elle est volée, dit-elle.Je n y avais pas pensé.Dites-moi, master Florian, vous arrive-t-il d\u2019avoir des objets volés ?L\u2019orfèvre devint violet et Campion s'élança à la rescousse.\u2014\tLes listes que distribue la police vous protègent de tels désastres, n\u2019est-ce pas, master Florian?L\u2019orfèvre reprit son sourire.\u2014\tOui, dit-il.les listes de la police sont très intéressantes.Chaque fois qu\u2019un vol a été commis, on fait circuler la liste des objets volés.Je vais vous montrer.-\u2014\t- OUil V-V-M avec une feuille de papier.\u2014\tJe ne montre pas ça à tout le monde, dit M blorian Voici ce qui a été enlevé d'un manoir c burey.Et voici 1 énumération d'objets dérobés chi les Hewes-Bellewe à Manchester square Voi avez entendu parler du cambriolage ?Il m\u2019intéres particulièrement car je connais très bien la collects d argenterie de Mr.Florian ?\u2014\tComme c\u2019est intéressant : murmura Carnoii par politesse.\tp \u2014 La pince à sucre, par exemple, continua IV rlorian, je 1 avais reparée plusieurs fois.Elle avi un dessin ravissant de feuilles de lierre et, dans u des feuilles, un petit bateau était gravé.Ce dev etre 1 œuvre d un amateur du dix-huitième siée 3 FÉVRIER 1940 7 Cela me fend le cœur de penser qu'un malfaiteur s\u2019en est emparé.Campion jugea à propos d'opérer une diversion.\u2014 ]e me rappelle ce cambriolage, dit-il.C'est la dernière fredaine du Point d'interrogation, n\u2019est-ce pas ?Un type que les journaux appellent le « Filou tordu ».\u2014 Lui-même.La police n\u2019arrive pas à le retrouver et il est l'auteur d'au moins six ou sept cambriolages à Londres.Il a la manie de l\u2019argenterie.Ce doit être un connaisseur.\u2014 Et pourquoi l\u2019appelle-t-on le Point d\u2019interrogation ou le « Filou tordu » ?demanda Chloe.\u2014 Parce que ses épaules sont voûtées expliqua Mr.Campion.On l'a aperçu une ou deux fois dans des couloirs obscurs.\u2014 Uu bossu 1 Et comment peut-il grimper le long des gouttières et se livrer à des acrobaties de ce genre ?\u2014 Ce n'est pas un vrai bossu, expliqua Florian.On a failli lui mettre la main au collet.Une servante l'a aperçu d'une fenêtre et a donné l'alarme.Il s'est mis à courir et la femme a déclaré qu'il s\u2019était redressé.\u2014 Comme c\u2019est drôle ! observa Chloe.\u2014 Chaque cambrioleur a sa petite particularité, reprit Florian.L\u2019homme qu\u2019on a surnommé le « Point d\u2019interrogation » est sans doute tout à fait normal, et il a voulu dérouter la police.\u2014 Vraiment ! dit Chloe.\u2014 Mais oui.Les malfaiteurs ont une imagination extraordinaire.Demandez à Mr.Campion II pourra vous le dire.Je me rappelle que, quand j'étais jeune, un voleur faisait sa besogne en uniforme de garde, tunique rouge, longue moustache, rien ne lui manquait.On l\u2019appelait le « Tambour Major ».Campion leva la tête.\u2014 Je n\u2019avais jamais entendu parler de lui, dit-il en riant.\u2014 Il y a au moins trente-cinq ans, dit Florian.Tous les orfèvres, et les bijoutiers avaient peur de lui.Nous avons été soulagés quand on l\u2019a mis en prison.Je ne sais pas ce qu\u2019il est devenu après sa libération.Quelques-uns des vieux inspecteurs de Scotland Yard se souviennent peut-être de lui.Eh bien ! miss Pleyell je vais vous envoyer le surtout.\u2014 J\u2019espère que le vieux Florian ne vous a pas trop ennuyée, dit-il.\u2014 Oh ! non.s'écria Chloe, non.En ce moment les criminels m\u2019intéressent tout particulièrement.\u2014\u2022 Tiens ! dit Mr.Campion surpris.Le sourire de Chloe était candide et confiant.\u2014 Albert, dit-elle, j\u2019ai besoin d'un conseil.Je ne sais pas si j\u2019ai été trop habile ou trop sotte.\u2014 Vous avez commis un crime ?demanda Campion.\u2014 Oh ! non, répondit Chloe.J\u2019emploie un détective.C\u2019est tout.C'est pour faire plaisir à Gracie.Vous connaissez Gracie, ma femme de chambre ?Elle coud comme une fée, je ne pourrais pas supporter de la perdre.\u2014 Je ne suis peut-être pas très intelligent, remarqua son cavalier servant, mais je ne comprends pas.Vous avez chargé un détective de surveiller Gracie ?\u2014 Mais non.Le détective est fiancé à Gracie .pour le moment tout au moins.Cela ne durera pas.Elle est très capricieuse.J\u2019ai pris ce garçon à mon service, sans cela elle l'aurait épousé tout de suite et m'aurait quittée.Vous saisissez maintenant ?Je vous explique tout avec soin parce que j\u2019ai besoin d'un conseil.Le jeune homme aux lunettes à monture de corne s'emporta.\u2014 Dites-moi dé quoi il s'agit, dit-il.\u2014 Eh bien ! je ne peux pas me passer de Gracie.Sans elle je ne saurais ni me coiffer, ni m'habiller; je perdrais toute ma personnalité.Mr.Campion riposta qu'avec ou sans Gracie, elle serait toujours charmante.\u2014 Je veux donc la garder à tout prix, continua la jeune fille.Par malheur, elle se monte facilement la tête.Elle a été fiancée neuf fois en deux ans.\u2014 Mon Dieu ! s'écria Mr.Campion.Et maintenant elle est amoureuse d'un détective ?\u2014 Oui, mais il n'était pas détective au début, expliqua mis Pleyell.Il était sans travail et Gracie voulait l\u2019épouser tout de suite et lui donner tout son argent pour monter un commerce.Je l'ai suppliée d'attendre.Je lui ai dit qu'il fallait d'abord qu'Herbert trouve sa vocation.\u2014 Et Herbert s\u2019est senti l\u2019étoffe d'un détective, conclut Mr.Campion avec un sourire.Qu'avez-vous fait ?Vous l'avez fait entrer dans une agence privée ?__Je n'y ai même pas pensé.Non, je 1 ai pris à mon service oour deux livres par semaine.Les èv amours de Gracie durent en général six semaines, j\u2019ai donc pensé que ce ne serait pas trop cher, Chloe hésita un instant et reprit brusquement : \u2014 Par malheur, Herbert est consciencieux.Il veut travailler.Il a commencé par découvrir que la cuisinière de ma mère faisait danser l\u2019anse du panier et a demandé son renvoi immédiat.Maman a été furieuse car les cordons bleus sont rares.L\u2019affaire n\u2019a pas été facile à arranger.Alors, j\u2019ai trouvé autre chose.J\u2019ai dit à Herbert de surveiller Matthew.Mon fiancé est le symbole de la rectitude.Il n'oublie pas sa dignité un instant.Mr.Campion enleva ses lunettes, ce qui était chez lui signe de profonde émotion.Il revoyait le jeune avocat si correct, si pompeux que sa mère elle-même n\u2019avait jamais osé lui donner un petit nom d'amitié.\u2014 Et Matthew a accepté ?demanda Campion.\u2014¦ Il n\u2019en sait rien, répondit Chloe.Herbert est très discret, et je n\u2019ai pas jugé à propos de mettre Matthew au courant.\u2014 Vous êtes folle ! dit Mr.Campion.Miss Pleyell rougit et baissa les yeux.\u2014 J'ai pensé une ou deux fois que c\u2019était un peu dangereux, c\u2019est pour cela que je vous raconte cette histoire.Je ne sais pas trop ce que dirait Matthew s'il devinait.Mais il ne remarquera jamais Herbert qui est un petit homme tout à fait banal.Ça y est ! Mr.Campion fit un long sermon pour exposer à Chloe tous les dangers auxquels elle s'exposait et elle exposait Matthew.Il fut si éloquent que des larmes montèrent aux yeux de miss Pleyell.\u2014 C\u2019est affreux ! dit-elle.Je n\u2019avais jamais pensé qu'Herbert pouvait ne pas être honnête.Que vais-je faire ?Je ne peux rien dire à Matthew.Il serait furieux.Et je tiens à lui.Que faire ?Nouvelle par Margery Alligham Elle était si frêle, si enfantine, si accablée de remords, que Mr.Campion eut pitié d\u2019elle.\u2014\tDébarrassez-vous de votre chien de garde, dit-il gaîment.Allez trouver de ma part Paul Fenner, du bureau des détectives et dites-lui de donner à Herbert une place provisoire à vos frais.Ne racontez l'histoire à personne.Miss Pleyell fut aussitôt rassurée.\u2014\tComme vous êtes gentil ! dit-elle.Je vous suis très reconnaissante Albert.Je vous obéirai.Et ne pensez pas que je suis une petite folle, cela me ferait tant de peine.\u2014 Vous avez seulement trop d imagination, mon enfant, dit Mr.Campion.Mais ce ne fut pas ce qu\u2019il pensa le lendemain matin, quand Chloe lui téléphona à l\u2019heure du premier déjeuner.Elle prononçait des paroles incohérentes, entrecoupées de sanglots.\u2014 Ça y est ! C\u2019est Herbert.Que vais-je faire ?\u2014 Herbert ?Mr.Campion fit un effort pour rassembler ses souvenirs.\u2014 Ah ! oui, Herbert, le détective amateur.Qu\u2019a-t-il fait ?Il demande de l\u2019argent ?\u2014 Oh ! non ., c\u2019est bien plus grave.Il a découvert quelque chose au sujet de Matthew, et il veut aller à la police.Herbert prétend que Matthew est un escroc.Mr.Campion garda le silence.\u2014 M\u2019entendez-vous ?Que faut-il que je fasse ?\u2014 Oui, j'entends, dit Campion.Mais la surprise m\u2019avait coupé la parole.Ma chère enfant, vous n\u2019avez qu'une chose à faire : dites à Mr.Herbert d'aller à la police et d'accuser votre fiancé.Quand il changera de ton et vous proposera d\u2019acheter son silence, menacez-le de téléphoner vous-même à la police.\u2014\tJe comprends, dit Chloe sans conviction.Vous croyez qu Herbert ment ?Vous ne croyez pas que c\u2019est vrai ?Pourquoi ne répondez-vous pas ?,\u2014 J\u2019ai mal à la gorge, expliqua Mr.Campion.Et il raccrocha.Tout en s habillant, il pensa à Chloe.Il souhaitait de tout cœur que sir Matthew ignorât toujours l\u2019existence d\u2019Herbert.\u2022 Sa matinée fut très occupée, il déjeuna tard et ne rentra chez lui qu'au milieu de 1 après-midi.En se dirigeant vers son bureau il aperçut dans la salle à manger un spectacle étrange, et s arrêta.Sur le tapis se trouvait une vieille valise entourée d'objets hétéroclites, en argent.Il entra.Un homme au visage rond et naïf se leva.\u2014\tMr.Campion ?demanda l'inconnu.Votre domestique a dit que je pouvais vous attendre.\u2014\tOui, oui.Et vous avez apporté vos bagages ?\u2014\tJe m'appelle Boot, dit l'étrange visiteur, Miss Pleyell m\u2019a recommandé de vous voir avant d aller à la police.Elle me l'a fait promettre.Mr.Campion comprit brusquement.\u2014- Vous êtes Herbert ?demanda-t-il.-\u2014 Herbert Boot, reconnut-il.Te suis agent d\u2019enquête au service de miss Pleyell.Elle m'a dit qu'elle vous avait parlé de moi.C'est vrai ?,\u2014\u2022 Oui.oui, en effet.Asseyez-vous.\u2014\tJe resterai debout si vous le permettez, répondit Herbert.Je n'ai pas beaucoup de temps.Je suis ici depuis midi.Vous voyez ce que j\u2019ai apporté?Mr.Campion examina les trésors étincelants qui gisaient à ses pieds.Un objet attira son attention.C'était une pince à sucre décorée de feuilles de lierre; au centre d'une feuille était gravé un petit bateau occupé par un amour.\u2014\tMon Dieu ! dit Mr.Campion.,\u2014 Vous avez vu les listes de la police, ces derniers temps, monsieur ?demanda Herbert.Je les ai vues.Savez-vous ce que représente cela ?C'est le butin pris au cours d\u2019un cambriolage commis la nuit du 15 dans une maison de Manchester Square, chez les Hewec-Bellewe.Dans les journaux on dit que l\u2019auteur du vol est un homme surnommé le Point d\u2019interrogation.Maintenant, vous comprenez, monsieur, que malgré tout ce que vous pourrez bien me dire, j'irai porter tout cela à la police.C'est mon devoir.Je l'accomplirai coûte que coûte.Je sais qu\u2019un criminel dangereux se fait passer pour un type de la haute.Je le regrette pour miss Pleyell.mais je ferai mon devoir.Mr, Campion se sentit pris de vertige.\u2014 Expliquez-vous clairement.Herbert, dit-il enfin.Vous n\u2019accusez pas sir Matthew d\u2019être le Point d'interrogation ?Les yeux d Herbert lancèrent des éclairs.\u2014 Je dirai à la police tout ce que je sais, riposta-t-il.Il aura le châtiment qu\u2019il mérite.\u2014 Avant d\u2019aller à Scotland Yard, racontez-moi toute l'histoire..7* s°\u2018 e* ».\tb\t/.f firh, L\u2019ARMEE ROUMAINE I\tA menace d'invasion qui pèse sur la Roumanie L n'est malheureusement pas une simple illusion.II\test certain que l'Allemagne désire ardemment avoir accès à la Mer Noire ; il lui faut donc passer sur le dos de la Roumanie.Et elle ne peut envahir la Roumanie sans la complicité \u2014 plutôt forcée \u2014 de la Hongrie.L'U.R.S.S., elle aussi, voudrait bien une tranche de la Roumanie, cette Bessarabie tant convoitée.L'année ne se passera pas sans doute sans que la Roumanie ait à se défendre.Elle se défendra sûrement.La Roumanie a vingt millions d'habitants.Elle a actuellement 800,000 hommes sous les armes, et elle peut mobiliser jusqu à deux millions d hommes.En Bessarabie, la province menacée par l'U.R.S.S., il n\u2019y a que quatre divisions : trois d'infanterie et une de cavalerie.Comparée à celle des grands pays européens, l'armée houmaine est faible, son matériel de guerre est pauvre.500 avions (environ 1200 pilotes) sont LE PA PE AU 9 U I R I N A L Il y a soixante-neuf ans les troupes de Victor-Emmanuel Il étaient aux portes de Rome.Le Souverain Pontife du temps, Pie IX, ordonna à ses Zouaves de ne pas tirer sur les envahisseurs.Il s'enferma dans le Vatican et le nouveau roi d'Italie, de la maison de Savoie, prit possession du Çuirinal qui appartenait aux Papes.Pie IX et quatre de ses successeurs, en signe de protestation.ne sortirent plus du Vatican et n'eurent aucune relation avec la maison régnante.Le Traité de Latran de 1929 mit fin à cette brouille.Avec la visite que le Saint-Père Pie XII vient de faire au Çuirinal, la réconciliation est parfaite.Aux derniers jours de décembre 1939.Victor-Emmanuel III et la reine Hélène visitèrent le Pape au Vatican.Aux premiers jours de janvier 1940, le Pape se rendit au Çuirinal.pour rendre cette politesse.On raconte même à Rome, en ce moment, que le Duce irait à son tour voir le Saint-Père.Le pape actuel (Eugenio Paeelli) qui règne sur 330.000.000 de catholiques, est né le 2 mars 1876 d'une famille romaine de vieille noblesse.nettement insuffisants ; mais ce qu'il y a d'étonnant c'est que l'Allemagne (tout comme l'Angleterre) vend à la Roumanie, depuis quelques mois, des avions et des canons anti-avions.Certains régiments ont des mitrailleuses françaises, d\u2019autres de vieux modèles tchèques ; on y trouve des fusils français, tchèques, allemands, autrichiens et hongrois, tous de modèles différents.Bien que menacée sur 80% de ses frontières, la Roumanie se battrait courageusement ; mais ses soldats n'ont certes pas l'endurance et la formation des Finlandais.LE ROLE DES TRAITRES DANS LA POLITIÇUE P\\e tout temps, les traîtres ont joué un grand rôle ^ dans la politique, Surtout à la veille des révolutions, ou pendant, la trahison rôde partout : elle sert à prévenir les coups ou à attaquer.Quand on connaît un peu les dessous de l\u2019Histoire, on n\u2019est pas long à constater que dans tous les pays, les gouvernements ont à leur solde des espions et des traîtres, dans toutes les classes de la société.On sait que Hitler débuta comme indicateur de police.Avant la guerre, il fut arrêté à Munich et ne fut libéré qu'à la condition de renseigner la police.Il continua après la guerre.Lénine, futur fondateur de la Russie soviétique, fut arrêté pour la première fois en 1896 ; il était alors, comme par la suite, à la fois révolutionnaire et agent de la police tsariste.Exilé en Sibérie, il y eut un régime de faveur.Une fois libéré, il partit à l'étranger.Sans aucun moyen de subsistance, il vivait largement.en fabriquant de faux billets de banque ! Oulianov dit Lénine fonda avec cet argent le parti bolchévik, dont l\u2019un des premiers adhérents fut Djcugachvili devenu Staline.Celui-ci, bien qu'adversaire déclaré du tsarisme, était un agent secret de la police tsariste : il fit ainsi arrêter plusieurs de ses complices qu\u2019il détestait.Le rôle d\u2019agent provocateur de Lénine était connu de ses camarades révolutionnaires, qui l\u2019écartèrent bientôt de leurs réunions secrètes.C est 1 Allemagne qui lui permit de réaliser son rêve de domination.En 1915, la police allemande chargea Lénine de préparer la révolution en Russie ; il reçut des sommes considérables.Par des agents réfugies en Fin- lande, il fit passer en Russie des brochures communistes et anti-militaristes.En 1917, voyant que le gouvernement Kerensky était trop faible, l\u2019Allemagne nolisa un train spécial qui transporta Lénine à Moscou ; et Lénine signa la fameuse paix de Brest-Litovsk.Pour établir le gouvernement soviétique.l\u2019Allemagne avait donné à Lénine cinquante millions de roubles .qui étaient faux.\u2022 LES MINORITES EN EUROPE Le problème des minorités en Europe est virtuellement insoluble.Frontières linguistiques et frontières légales ne concordent à peu près nulle part.On trouve par exemple, en Hongrie, en Roumanie, en Yougoslavie des villages voisins qui vivent presque constamment dans un état de guerre virtuel : langue, religion, nationalité s\u2019v opposent avec une virulence accrue par des siècles de rancunes et de haines.Cela explique que les sociétés secrètes anarchistes y fleurissent en abondance.En voulez-vous des exemples plus précis ?La Société des Nations a récemment publié des chiffres intéressants, dont nous n'affirmons cependant pas la véracité : tant de gens tiennent à passer pour français, allemands, autrichiens ou autre chose alors que, par le sang et la religion, ils sont juifs, slaves, etc.Combien y a-t-il d\u2019Allemands en dehors de l\u2019Allemagne ?Voici.Suisse : 3 millions ; France : 1,700,000 ; Russie : 1,000,000 ; Roumanie : 800,000 ; Yougoslavie : 600 000 ; Hongrie : 500,000 ; Luxembourg : 290,000 ; Italie : 250,000 ; Belgique : 125,-000 ; Danemark : 60,000 ; Pays-Bas : 50,000 ; Grande-Bretagne : 21,800 ; Norvège : 4,200.Qn en trouve encore des milliers en Bulgarie, en Grèce, en Suède, en Turquie et au Portugal.Quant aux Juifs, ils constituent des minorités importantes dans presque tous les pays européens.Russie : 4 millions ; Allemagne : 2,500,000 ; Roumanie : un million ; Hongrie : 450,000 ; Grande-Bretagne : 300,000 ; France : 240,000 ; Grèce : 72 700; Yougoslavie: 70,000; Belgique: 63,000; Italie : 57,000 ; Turquie : 56.000 ; Bulgarie : 50,000; Suisse : 18,000 ;\u2022 Danemark : 6,000.Ces chiffres sont certainement en-dessous de la vérité puisque, en ces temps troublés, beaucoup de Juifs \u2014 même en Amérique \u2014 préfèrent dissimuler leur véritable nationalité. 0 Le Samedi AM,- ' i¦¦ ¦ -mm/ Parmi la foule élégante, un couple se remarquait.LA MADONE D'AMOUR Flatterie Dans 1 un des somptueux salons du Casino de Monte-Carlo le Jazz des Teddy's Brothers prolongeait le dernier accord du langoureux tango qui emplissait la salle de sa lascive musique Parmi la foule élégante, cosmopolite aussi, évoluant sous l'éclat éblouissant des lustres et dans la capiteuse ambiance de ces heures de fêtes et de griseries, un couple se remarquait, pour la souplesse exquise, le rythme parfait et la grâce voluptueuse avec laquelle il exécutait les mouvements subtils de 1 habanera.Le couple, qui excitait 1 admiration des uns et la jalousie des autres, se composâ t de la délicieuse Silvine de Jacque et du comte José Viva de Paragua.\u2014 Vous dansez divinement, mademoiselle.murmurait celui-ci.tandis qu'au Select Bar de l'établissement il offrait une coupe de champagne à sa danseuse.Mlle de Jacque sourit; par politesse, elle répondit : _ Le tango avec vous devient un art; Espagnol- de naissance, on sent que c\u2019est toute l ame de votre pays que vous extériorisez en rythmant ces pas et ces figures dont vous avez le secret.Ce n est pas moi qui danse bien, mais vous qui me faites danser ! Le comte s'inclina, flatté.Très brun, le teint olivâtre, les yeux veloutés taillés en amande, les lèvres incarnates, la démarche fière, le geste enveloppant, l\u2019ironie facile, beau parleur, enjôleur, le comte incarnait le type espagnol et aurait été un Don Juan fameux, si, déjà, des rides aux coins des paupières et des plis amers aux commissures des lèvres n'eussent accusé grandement la quarantaine.Le comte José Viva de Paragua passait dans ce milieu cosmopolite de Monte-Carlo pour un Espagnol bien né, parfait homme du monde, titré, bien renté et de bonne souche sévillane.Célibataire, on nommait ses bonnes fortunes, ses amies, on vantait ses autos et ses propriétés, on citait sa chance au jeu, car, deux fois, au cours de la saison, devant les tables aux tapis verts, il avait fait sauter la banque.Toutes les femmes en raffolaient.Les jeunes filles en rêvaient pour mari, les mères de famille le désiraient pour gendre, les mondaines souhaitaient être du nombre de ses conquêtes et les demi-mondaines luttaient entre elles à laquelle se ferait entretenir par lui.Cependant, au loin, le Jazz des Teddy\u2019s Brothers se faisait toujours entendre.Le comte José Viva de Paragua s'inclina devant Silvine de Jacque : \u2014 Oserai-je espérer que ce fox-trot sera pour moi ?interrogea-t-il d'un ton câlin, avec le plus engageant de ses sourires.Mais la jeune fille qui semblait rêveuse et peu empressée refusa doucement, prétextant qu elle se sentait lasse et qu'elle désirait prendre l\u2019air.\u2014 Puis-je vous accompagner dans les jardins, demanda encore le comte, par cette nuit si belle qui me rappelle les soirées d'Andalousie ?Une promenade à deux serait chose absolument charmante.\u2014 Je vous remercie, comte, protesta vivement Mlle de Jacque, j\u2019ai besoin de solitude.Tout en causant, ils s\u2019étaient engagés dans les couloirs multiples du Casino; à un moment donné, Silvine s'exclama : \u2014 Tenez, justement, voici maman qui sera enchantée de faire votre connaissance.\u2014 Croyez bien, mademoiselle, que j'en serai moi-même ravi ! Mlle de Jacque fit les préentations d'usage.\u2014 Le comte José Viva de Paragua veut bien te tenir compagnie pendant que je vais respirer un peu dehors.L\u2019atmosphère de la salle de danse me donne la migraine et pres- que mal au cœur.Ne vous occupez pas de moi, je reviendrai plus tard ! Tandis qu elle prononçait ces paroles, la jeune fille tremblait et son fin visage, en effet, s'empourprait.\u2014 On dirait que tu as la fièvre, ma chérie ?s\u2019inquiéta Mme de Jacque.\u2014 Ne pourrions-nous rien pour vous, mon exquise danseuse ?proposa l\u2019Espagnol, aux petits soins.\u2014 L\u2019air et le calme me feront grand bien, je l'espère.Vois, maman comme les jardins sont tranquilles.\u2014 Ne prends pas froid surtout ! Mets ton écharpe.\u2014 Nous vous conduisons jusqu\u2019à la porte du hall.\u2014 Si vous voulez ! acquiesça Silvine, visiblement agacée.Comme ils passaient devant la porte du théâtre, des applaudissements éclataient, crépitaient et des bis acclamaient le grand air de la chanteuse d'opéra.\u2014 Quel succès a toujours cette Lise Flô ! constata le comte José Viva de Paragua.\u2014 N'est-ce pas ?s\u2019empressa Mme de Jacque, une voix d'or ! \u2014 Et on la dit si jolie ! renforça Silvine.\u2014 Comment, ne l auriez-vous pas encore vue ni entendue ?questionna le comte. 3 FÉVRIER 1940 11 \u2014 Mon Dieu, non ! ma fille et moi étions absentes, nous visitions la côte, la dernière fois qu'il y eut grand gala d\u2019opéra.Mais nous allons nous dédommager dès que nous le pourrons.Nous aimons trop le théâtre pour ne pas participer à toutes ses manifestations.\u2014 Au revoir comte ! A tout à l'heure, maman ! \u2014 A notre prochain tango, je l'espère ?sollicita le grand d'Espagne.\u2014 C\u2019est cela même ! assura Silvine.Puis, la jeune fille eut un rire frais et, laissant le comte avec sa mère, descendit l'escalier et se dirigea vers les terrasses.II Dans les jardins fleuris Cilvine de Jacque, fille unique, n\u2019ayant plus que sa mère, la baronne de Jacques, appartenait à une excellente famille parisienne très fortunée.Depuis son veuvage, Mme de Jacque voyageait beaucoup et ce début de printemps la voyait à Monte-Carlo avec sa fille.Silvine, grande, blonde, très mince, fine, était excessivement jolie en sa vingtième année.La délicatesse extrême de ses traits, la sveltesse de ses formes, la diaphanéité de son teint de pétales de roses et la douce sérénité de ses yeux bleus la faisaient souvent surnommer la Madone ! Et cette fraîcheur juvénile n'était pas seulement physique.Au moral, Silvine avait cette droiture, cette douceur, cette ardeur contenue, que reflétait la transparence de son regard.Choyée, gâtée, adulée, elle était trop intelligente pour se contenter de tous les hommages mondains que sa grâce récoltait à foison.Elle ne semblait point pressée de se marier.Cette cour, ces demandes que lui prodiguaient maints jeunes gens, ne > la satisfaisaient pas.Elle rêvait d\u2019un grand amour, d\u2019un unique amour ! Or, cet amour, depuis huit jours, la tenait toute.Et, dans la vierge chaste allait s\u2019épanouir brusquement la femme amoureuse, comme passait parfois, depuis quelque temps en ses yeux, une flamme subite qui lui mettait le sang aux joues.Silvine courait à travers les jardins du Casino.Comme elle frémissait, comme elle palpitait tout à l\u2019heure en prétextant cette fatigue soudaine ! Comme elle rougissait de tromper sa mère, comme elle avait honte ! O cette nuit d\u2019avril, si chaude, si voluptueuse, dans les jardins fleuris de Monte-Carlo ! Clair de lune vaporeux, irisé, mettant des reflets d'opale sur les arbres frissonnants, les branches aromatiques, les fleurs par- fumées.Silvine si légère, presque aérienne dans sa robe de crêpe de Chine blanc ivoiré, brodé de perles nacrées, sem- ble une fée.La jeune fille s\u2019enfuit à travers les allées de palmiers bleuâtres, qui, sous la faible brise marine, balancent mollement des éventails de palmes.A côté des rocailles de la terrasse, entre des agaves piquants et un massif d hibiscust, la silhouette d un homme mince, bien découplé, aux yeux rêveurs, à l\u2019épaisse chevelure châtain doré, rejetée en arrière, à 1 artiste, la présence réelle et désirée du cher Bien-Aimé ! Silvine aperçut Michel Edgar, le jeune compositeur de musique, dont le talent est plein d\u2019avenir, a reconnu derrière cet eucalyptus la neigeuse écharpe qui enveloppe les frêles épaules de Silvine.Vivement, il se précipite au-devant de celle qu il attendait et, tout joyeux, lui murmure : \u2014 Vous enfin ! Leurs doigts ne se croisèrent même point en une cordiale poignée de mains, mais leurs yeux se joignirent et ne se quittèrent plus.\u2014 O ma chère Madone, vous voici venue ! répétait le jeune homme avec un air d'adoration.\u2014 Il me tardait tant de vous voir ! .\u2014 Petite chose très chère ! Lentement, ils allèrent s\u2019asseoir sur un banc de marbre près duquel des roses rouges embaumaient.Ils échangèrent, à l'abri des feuillages qui formaient un dôme au-dessus de leurs têtes, de tendres paroles, des promesses, des serments.Ils se caressaient doucement les mains, les serraient en silence, tandis qu\u2019un amoureux fluide semblait venir du clair de lune.Voici comment Mlle de Jacque avait fait la connaissance de Michel Edgar.Musicienne, Silvine était allée acheter chez un luthier un morceau de musique dont, au dernier concert, elle avait beaucoup goûté l\u2019audition.On lui avait dit que c\u2019était l\u2019oeuvre d'un jeune Monégasque, non artiste, faisant partie des différents orchestres attachés au Casino, mais habitant du pays qui essayait de se faire une carrière dans le monde musical.\u2014 Ce garçon est très doué, intelligent et travailleur, avait-on ajouté, ce serait vraiment dommage si, dans l'avenir, il n\u2019arrivait pas au succès.-\u2014 D'ailleurs, mademoiselle, avait repris le vendeur, voici M.Michel Edgar ! Silvine s'était retournée.Le compositeur vit qu\u2019elle tenait à la main une de ses oeuvres, il salua.Et la ces.Je veux devenir plus grand pour vous plaire davantage.Et, par cette heure troublante où la lune éclairait étrangement le visage du musicien et ajoutait une féerie de plus à la magie de ces jardins fleuris, Silvine répondit : -\u2014 Je vous aime ainsi, aujourd\u2019hui, pour vous-même.Michel, ne l'oubliez pas ! Aux heures sombres et laborieuses de votre vie souvenez-vous-en et ne désespérez jamais; je veux être, tout au long de votre vie, votre femme.Le jeune homme avait détaché quelques roses à l\u2019écarlate buisson proche de la terrasse.Roses pourprées de sombre velours au cœur presque noir, dont l\u2019essence est plus enivrante qu\u2019aucune autre, il en avait paré la Madone et celles-ci, répandues à profusion sur les genoux, dans les bras, sur les épaules de la jeune fille, faisaient d\u2019elle un vivant rosier aux brûlants effluves qui allumaient sur la robe blanche des étincelles de rubis.De sa main libre, Silvine, blottie dans les bras de Michel, caressait le front et les yeux du jeune artiste, oubliant et le lieu et l'heure et sa mère qui l\u2019attendait, la cherchait et s'inquiétait peut-être.Quand Silvine se leva, les roses dont elle était parée s'effeuillèrent en tombant.Cueillant une autre rose, blanche, cette fois, elle revint vers Michel, lui dire ; .\u2014 Voici pour vous la rose de nos fiançailles, gardez-la, afin que, jaunie et desséchée, elle soit le souvenir de ROMAN COMPLU par MAURICE D'AMyL jeune fille, se souvenant encore de l\u2019émotion musicale ressentie la ville, impulsivement s'écria : \u2014 Monsieur, puis-je me permettre de vous exprimer toute l\u2019admiration que j\u2019ai pour votre beau talent ?Très touché, le jeune homme répondit aimablement.Etant sortis ensemble du magasin, ils causèrent longuement, parlèrent art, musique.Et, comme par enchantement, eurent un réciproque coup de foudre ! Depuis, chaque jour, ils s\u2019étaient revus, comme par hasard d\u2019abord, tacitement ensuite.Et ce soir c\u2019étaient les paroles d\u2019amour définitives qu\u2019ils échangeaient en cette nuit de songe.Fou de joie, Michel répétait : \u2014 Ainsi, vous m\u2019aimez, Silvine, ma blonde Madone, je vous aime tant moi-même ! Penser que moi aussi je suis chéri par vous, quel rêve ! Et peut-être grâce à cet amour atteindrai-je le succès ! Depuis que je vous connais, ma force de travail est centuplée.Je veux être digne de vous.Aussi, moi, pauvre d\u2019argent, mais riche de pensées, je veux parvenir à la fortune ! Depuis ma rencontre avec vous, je me suis acharné à un rude labeur : j\u2019ai composé un opéra qui s\u2019intitule La Madone d'Amour et c\u2019est vous qui en êtes l\u2019inspiratrice; je travaille dans la joie et souhaite ardemment que cette œuvre soit un triomphe ! Mon amour pour vous et celui que je sais maintenant que vous avez pour moi me donnent toutes les audaces, m\u2019offrent toutes les espéran- cette heure où nous nous sommes promis l\u2019un à l\u2019autre.Michel, après avoir baisé la corolle immaculée la glissa dans son portefeuille.\u2014 Cette fleur sera toujours avec moi ! Mais quand notre amour pourra-t-il être proclamé au grand jour ?\u2014 Venez demain, dans la journée, faire visite à ma mère et demandez-lui ma main.D\u2019ici là, je lui parlerai de vous et puisque nous sommes tous deux parfaitement d'accord, cela s'arrangera très bien.Alors, devenu timide, Michel Edgar protesta : \u2014 Je ne suis encore qu\u2019un débutant dans le monde musical, mon nom n'a point paru souvent sur les affiches, ni mes œuvres dans les auditions d\u2019orchestre, ni ma photographie dans les grands quotidiens ! \u2014 Que vous importe I Je vous aime ainsi, mon cher artiste, et j\u2019ai foi en votre avenir.\u2014 Je voudrais avoir connu un véritable succès avant de me présenter devant madame votre mère.\u2014 Michel, je vous attendrai demain ! Venez sonner à la porte de notre villa et n'hésitez point à faire votre demande en mariage.Alors, absolument transporté, radieux, le compositeur affirma, une tendresse croissante dans la voix : \u2014 Si vous saviez avec quelle joie je vous dis à demain, ma chère future petite femme ! Ma chère Madone ! Et Silvine toute palpitante, frémissante, son délicat profil se détachant sous la clarté lunaire, ses bras grands ouverts, se dressa toute dans un élan d'amour et tendit ses lèvres à Michel qui garda longtemps contre lui la pâle et blanche silhouette de sa fian- Facheu.x contretemps I e lendemain matin, la baronne de L Jacque, vers neuf heures, entra dans la chambre de sa fille.Elle avait l\u2019air rayonnant de Silvine.remarquant cette satisfaction répandue sur le visage de sa mère, augura bien de l\u2019entrevue.Pourtant, Silvine se sentait un peu fautive, vis-à-vis de sa mère.La jeune fille avait dû revenir toute seule à la villa après son duo d amour sur la terrasse avec Michel, et sa rentrée tardive n'avait certes point échappé à Mme de Jacque, laquelle avait cherché et attendu en vain sa fille ! La baronne, d\u2019ailleurs, commença son entrée par des reproches : ,\u2014 Voyons, es-tu réveillée, Silvine?Je t'ai attendue cette nuit et ne te voyant pas revenir, j\u2019ai pensé que, ta migraine s\u2019augmentant, tu avais regagné la maison.Or, tu n étais pas encore de retour, lorsque je revins.J'étais inquiète.\u2014 Pardonne-moi, maman, si tu savais ce qui m\u2019a retenue ! \u2014 Je me serais plus vite aperçue du prolongement de ton absence si je n\u2019avais été en la compagnie du comte José Viva de Paragua.Quel homme charmant ! Quel causeur ! Quel esprit ! Quelle grâce ! Volubile, Mme de Jacque semblait partie à faire le panégyrique le plus élogieux de l'Espagnol.Silvine se tenait coite et se demandait si elle parviendrait à placer un mot ! A quarante-trois ans, la baronne avait l'allure très jeune, et on l'aurait prise volontiers pour la sœur aînée de sa fille.Les traits étaient un peu épaissis, le blond des cheveux, oxygéné, mais, à part cela et moins l'air de madone, car Mme de Jacque n'avait point cette pureté qui faisait la fraîcheur de sa fille, elle était encore pleine de charme I \u2014 Oui, ma petite, ce comte, quel homme ! Une fortune de doublons, de pesetas, une aristocratie ibérique d\u2019une belle ascendance.Un gentilhomme joint à un conquistador, quel rêve, pour une femme, de porter un tel nom : Comtesse José Viva de Paragua et de donner le bras à un tel homme ! « Tu sais, ma jolie Silvine, qu\u2019il m'a fait les plus grands compliments de toi.les plus grands éloges ! Tu as fait sa conquête, sais-tu bien ! Il m\u2019a vanté ta beauté.\u2014 Ma beauté, ma fortune, c\u2019est toujours par ces paroles que se distinguent mes prétendants ! railla Silvine, qui, en peignoir mauve, achevait de prendre dans la tasse d\u2019argent son chocolat crémeux.\u2014 Tais-toi donc ! \u2014 Ma petite maman, tu m\u2019amuses beaucoup, mais je n\u2019écoute que d\u2019une oreille, car je ne vais pas rester en peignoir toute la matinée; je vais m\u2019habiller, sans pour cela te mettre à la porte, ajouta-t-elle mi-sérieuse, mi-rieuse.\u2014 Justement, je venais aussi te dire de te presser de faire ta toilette.\u2014 Ah ! vraiment ?interrogea, surprise, Mlle de Jacque en s'arrêtant de croquer son dernier toast beurré.\u2014 Moi, tu le vois, je suis déjà prête ! \u2014 En effet ! Tu es même en tenue d'auto, maman, tu as déjà envie, dès ce matin, de conduire ta petite Fiat ?\u2014 Non, non, mais écoute-moi, je te réserve une surprise.Pour en revenir au comte José Viva de Para-(Lire la suite page 13 ) 12 Le Samedi sswaag] PAUVRES ARBITRES par OSCAR MAJOR N.H.L., à l'exception près.C'est un gros avantage à considérer.Pour être un bon arbitre il faut savoir, outre tous les règlements, ressentir les effets des coups donnés, se mettre à la place du joueur en difficultés, toutes choses qui sont souvent ignorées par l\u2019arbitre qui n\u2019a jamais participé à des joutes de hockey de compétition.Si l\u2019ancien joueur passe peut-être plus facilement sur des fautes vénielles, il découvrira par contre les petits trucs souvent dangereux qu'emploient certains joueurs professionnels.L'ancien joueur, dont les yeux sont encore en bon état \u2014< cet item est très important, est au courant de toutes les finesses du hockey et aussi de la manière de déjouer toutes les ruses si souvent employées par tels ou tels athlètes.Maintenant, la perfection n\u2019est pas de ce monde.Il peut arriver qu'un arbitre, quels que soient sa conscience, son application, son bagage de connaissances, sa bonne volonté ne donne pas satisfaction à tout le monde.Le sang-froid, la maîtrise de soi-même, la rapidité de décision sont qualités qui ne ^\u2019acquièrent pas.Il est arrivé à certains arbitres d\u2019en manquer parfois, au détriment du Canadien, depuis un mois en particulier.Estimez-vous indispensable qu un arbitre de la N.H.L.ait fait du hockey professionnel ?» A plusieurs reprises, on nous posa cette question.\t,\t.\t,.Un bon nombre de connaisseurs sont d avis qu H n\u2019est pas absolument nécessaire d\u2019avoir joué dans un club professionnel pour bien arbitrer les joutes de hockey de la N.H.L.La connaissance parfaite des règlements est suffisante, disent-ils.On peut être un très mauvais arbitre et avoir fait du hockey professionnel.L\u2019ancien joueur juge parfois avec une déformation professionnelle, c est-a-dire, celui qui était un rude joueur de défense donnera inconsciemment l\u2019avantage à l\u2019athlète qui bloque rudement et inversement celui qui était très rapide.A notre vais, nous estimons qu il est indispensable d\u2019avoir joué au hockey pendant plusieurs années, pour devenir un excellent arbitre de la A ce que nous voyons, depuis l\u2019engagement des arbitres King Clancy, Happy Day, Rabbit McVeigh, Teddy Graham, le président Frank Calder semble préférer les anciens pratiquants.Qu\u2019il nous permette une suggestion : Il est deux anciennes étoiles du Canadien qui, par leur compétence, leur profonde connaissance des règles et des ficelles du jeu, leur autorité enfin, pourraient être de parfaits arbitres : Aurèle Joliat et Sylvio Mantha.Ces deux joueurs retirés, qui doivent au hockey professionnel le plus clair de leur gloire et de leur fortune, ne déshonoreraient pas le président Calder, s\u2019il leur permettait de relever le niveau du corps des arbitres de la N.H.L.Ah ! nous y pensons, ce sont deux anciens athlètes canadiens-français ! Si c\u2019est pour cela que le président Calder ne veut pas les nommer, nous conspuons son fanatisme et nous nous joignons à nos confrères, qui l\u2019ont récemment affublé du titre de président inclairvoyant.LOUIS TRUDEL, 26 ans, l'excellent ailier gauche du Canadien, est peut-être le plus superstitieux des joueurs du club tricolore.Il ne voit rien qui lui porte plus de malchance que de se faire photographier avant une joute.Louis Trudel est aussi, cette saison, le joueur le plus régulier du Canadien.Notre jeune et valeureux ailier n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin et il se met, dans la plénitude de ses moyens physiques, à la disposition de ses dirigeants Jules Dugal et Pete Lépine.Sa volonté toujours en éveil et son courage farouche le rendent inlâchable au train, à toutes les phases de la partie.Pendant quelques jours, il a disputé un match tout à fait personnel.Il s'est battu avec un mauvais rhume.Souhaitons qu\u2019il en triomphe le plus rapidement possible, car le Canadien joue quatre parties à l'étranger: le 27, à Toronto ; le 28, à Toronto ; le 30, à New-York Américains et le 4 février, à New-York Rangers.Nous lui demandions, l'autre jour, quelle vie doit mener un joueur de hockey professionnel pour conserver une forme constante ?Il n'a qu'à dormir huit ou neuf heures par jour et goûter aux bonnes choses de la vie sans en abuser.La réponse de Trudel fut nette et précise : \" Si vous buvez trop de bière ou trop de scotch, si vous ne dormez pas suffisamment, si vous lorgnez du coin de l'œil avec convoitise trop de demoiselles, c'en est vite fait de votre carrière athlétique, surtout avec les règlements, en vigueur dans le hockey d'aujourd'hui.\" Le problème de l'arbitrage est plus que jamais l\u2019objet des plus vives attentions de la part des gouverneurs de la N.H.L.Quelques-uns d'entre eux s\u2019alarment devant la baisse de leurs recettes.Il n\u2019y a rien de surprenant au sujet des diminutions d assistance.Ces gouverneurs ont passé leur temps à rendre, par la voie des journaux, les arbitres responsables de toutes les erreurs ou les fautes, même s\u2019ils n\u2019en ont pas commises.Il serait dans leur intérêt que les spectateurs fassent plus confiance aux arbitres, à condition toutefois que ces derniers aient rompu toute attache financière avec les gérants ou les propriétaires de clubs.Il leur appartient de chasser cette mentalité qui veut que les arbitres soient les gens que le public hue constamment.Ils devraient être les premiers à juger beaucoup mieux, plus impartialement et surtout plus dignement, en faisant confiance aux arbitres qu'ils ont engagés à des salaires de $2,000 à $3,000 pour cinq mois d'office.A la suite de cette série de plaintes de la part de certains gouverneurs de la N.H.L., un nombre considérable de spectateurs croient dur comme fer que l\u2019honnêteté des arbitres est une denrée extrêmement rare ; plusieurs spectateurs sont presque convaincus que les arbitres sont vendus.Il est donc incontestable qu'il y a là un très grand danger pour le hockey professionnel, dans certaines villes dont le club n'est pas parmi les quatre premiers.C\u2019est pour les gouverneurs, un devoir de réagir au plus tôt.On comprend que le championnat d\u2019une ligue de hockey puisse soulever un gros intérêt parmi les joueurs amateurs de calibre senior.Cela leur permet de joueur un mois de plus dans les joutes éliminatoires de la Coupe Allan, emblème du championnat mondial.Cela leur fait toucher un mois de salaire de plus, qui varie entre $125 et $200.Il est, toujours, une limite que l'enthousiasme des joueurs ne doit pas franchir.Nous voulons parler de la limite de la sportivité.Depuis quelque temps, à mesure que la saison avance, ces bornes ne sont pas respectées.Chaque semaine, ou presque, nous apporte la nouvelle d\u2019incidents du genre.Tel ou tel joueur de la Ligue Senior de Québec et de la Ligue Provinciale s\u2019est permis de porter le poing ou le bâton sur l'arbitre Georges Gravel, arbitre de la Ligue Senior de Québec, l'un des meilleurs du circuit, voltigeur du club de baseball St-Jean, champion de la Ligue Richelieu, fut la dernière victime d\u2019un joueur du Cornwall.Il est temps que les présidents des ligues seniors suspendant pour 2 ou 3 joutes, sans salaire, ces joueurs braves avec leurs bâtons de hockey.A notre avis, il n est pas de pire faute pour un athlète que de frapper un arbitre.Ce dernier a beau se tromper \u2014 tel ne fut pas le cas de l\u2019arbitre Gravel \u2014 de manquer de jugement, de tout ce que l\u2019o\u2019 voudra, les athlètes ne doivent pas troubler l\u2019ordr C est indigne.\t(Lire la suite page ? 3 FÉVRIER 1940 13 (Suite de la page 11J gua, il te trouve charmante, tu danses à ravir, tu .\u2014 Il ne vous a pas dit aussi que je sablais le champagne comme une poule de luxe ?\u2014 Silvine !.Au contraire, il te trouve beaucoup plus réservée que les autres jeunes filles.\u2014 Non ?ah ! c'est dommage, il a tenté de me griser ! \u2014 Que ne t\u2019es-tu laissée faire ! \u2014 Au sens propre, maman ! Car être amoureusement grisée par le comte José, peuh ! \u2014 Enfin, Silvine, tu n'es pas réveillée ce matin, y songes-tu ?Un si bel homme ! Un homme qui tourne toutes les têtes, tous les cœurs; ah ! heureuse la femme qu\u2019il épousera ! Mme de Jacque s était asise dans une bergère et, entendant sa fille remuer maints objets de toilette,\t\u2022 \u2014 Tu me suis toujours ?M en-tends-tu bien ?,\u2014 Oui, oui, maman, continue ! Au fond d\u2019elle-même, Silvine était sur des charbons ardents, cet entretien sur le comte José Viva de Pa-ragua, qui lui était tout à fait indifférent, l\u2019exaspérait et elle se demandait comment elle aborderait, avec sa mère, le chapitre sur Michel.Ce cher Michel qu\u2019elle reverrait dans la journée, et c était à lui auquel la jeune fille pensait tout en écoutant à moitié les propos de la baronne.,\u2014 Enfin, ma chérie, le comte José Viva de Paragua me semble 1 homme le plus parfait pour faire un mari des plus agréables.Or, ma petite Silvine, le comte a eu le coup de foudre pour toi, il a sollicité cette nuit même 1 honneur d avoir ta main ! Sois heureuse, ma mignonne enfant ! Silvine éclata de rire.\u2014 Me marier avec le comte José ! C'est insensé ! Et moi qui t écoutais bénévolement parler de lui; si, je t aurais arrêtée plus tôt ! Seulement, vois-tu, ma petite maman, en t entendant vanter les mérites d\u2019un tel homme, j'ai cru, pardonne-moi, ju es encore si gracieuse, maman, j\u2019ai cru, oui.j'ai cru, que tu voulais te remarier ! \u2014 Perds-tu complètement 1 esprit, ma petite fille?Je suis une de Jacque, et de Jacque je resterai.C\u2019est bien pour toi, Silvine, que je parlais.Je te le répète, le comte José Viva de Paragua sollicite l\u2019honneur de recevoir ta main.__Tu lui répondras, maman, que Mlle Silvine de Jacque la lui refuse ! \u2014 Voyons, ma fille, tu plaisantes ! Y songes-tu, refuser d'épouser un grand d\u2019Espagne ! \u2014 Ayant un nom bien français, pourquoi veux-tu que je le change contre un titre étranger ?\u2014 Le comte a une telle fortune ! Des propriétés, des domestiques ! \u2014 Ne suis-je pas riche, moi-même?\u2014 C\u2019est entendu; mais enfin, richesse avec richesse ne font pas mauvais ménage.\u2014 Enfin, maman, le comte ne me plaît point ! ,\u2014 Quel mauvais goût tu as ma petite ! Tiens, à propos, ton escapade de cette nuit, n\u2019aurait-elle point comme coïncidence un flirt, une amourette quelconque ?Alors, prête à tout, très naturelle et très simplement, Silvine de Jacque murmura avec son air grave de madone : .\u2014 J'aime un homme de toutes mes forces ! Mme de Jacque ne sourcilla pas.Sur un ton d\u2019ironique surprise, elle taquina sa fille.\u2014 Voyez-vous cette petite cachottière et ses mystères ! Et peut-on savoir le nom de cet élu qui courtise ma fille, entre minuit et une heure du matin ?Silvine sentit l'insulte; évidemment elle avait eu tort d avoir, avec Michel, des rendez-vous qui n étaient pas au goût de sa mère; elle était tellement lasse de tous ces petits snobs qui tournaient autour dTlle dans leur banalité coutumière, qu\u2019elle s\u2019était toujours dit qu'elle n'épouserait que celui qui lui plairait et auquel elle plairait au delà de toutes conventions.Très calme, elle articula dans le silence de sa chambre : .\u2014 Mon fiancé s\u2019appelle Michel Edgar.\u2014 Un roturier ! \u2014 Compositeur de musique.\u2014 Un homme sans le sou ! \u2014 Un grand artiste.Nous nous sommes fiancés hier soir sous le clair de lune qui baignait de fluide clarté la terrasse des jardins suspendus, fiancés parmi le troublant parfum des roses rouges .Dans les yeux clairs de Silvine passait comme une lueur d\u2019extase, elle avait joint ses mains et, le regard levé comme vers un songe, elle était plus que jamais la madone recueillie.Mme de Jacque se leva : .\u2014 Tout ce que tu me contes là est très joli, ma fille, très romanesque surtout; mais tu sais, comme moi et mieux que moi, que la vie moderne n\u2019est plus à ces rêvasseries au clair de lune.Je veux bien excuser un oubli de ta part, un caprice de ton imagination, une erreur de ton cœur et de tes sens, seulement, tiens-toi-le pour dit : jamais je ne consentirai à ton mariage avec ce garçon sans nom, sans fortune et sans situation.Surtout quand tu peux devenir la comtesse José Viva de Paragua ! \u2014 Maman, j'aime et je désire épouser Michel ! S'il n\u2019a pas de noblesse ancestrale, il a la noblesse de l\u2019art et son nom, dans l\u2019avenir, sera illustre à sa manière, par la plus noble peut-être, qui est celle d\u2019être fils de ses œuvres, un nom qui sera consacré par la création et le génie.La fortune viendra avec le succès; au reste, la mienne ne suffirait-elle pas à assurer notre bonheur ?J'estime plus un homme qui travaille, qui lutte et qui crée, qu'un être qui, tel le comte José Viva de Paragua, ne fait jamais rien de ses dix doigts, ni de son cerveau et se glorifie d\u2019une fortune qui, s\u2019il fait souvent sauter la banque, n\u2019est peut-être que le produit de ce qu\u2019il ramasse sur les tables de jeu ! \u2014 C\u2019est une de Jacque qui parle ainsi ! La baronne était hors d\u2019elle.Sa fille tenait des propos qui la déconcertaient.Cet amour qu\u2019elle jugeait stupide, découvert chez Silvine, la mécontentait au plus haut point.\u2014 Toutes les raisons sont belles et bonnes, ma fille, mais tu aurais dû me prévenir de tes fantaisies plus vite.Je n\u2019ai aucun motif pour être désagréable au comte José Viva de Paragua.Et tu ne peux lui refuser ta main sans avoir fait plus ample connaissaissance avec lui.\u2014 Mon opinion sur le comte ne changera pas, maman.J\u2019aime Michel Edgar ! La baronne de Jacque s\u2019emporta : \u2014 Voir ma fille épouser un roturier, un musicien, jamais de la vie ! Il est grand temps que je t\u2019éloigne de Monte-Carlo et je me félicite d\u2019avoir accepté la proposition du comte José Viva de Paragua.En mère avisée et qui laisse sa fille libre de choisir son mari, j\u2019ai acquiescé, quand le charmant Espagnol nous a invitées, toi et moi, à venir passer quelques semaines dans sa propriété d'Agay.\u2014 Ma mère ! implora Silvine.\u2014 Parfaitement.Tu as remarqué la tenue d'auto que j'ai revêtue dès ce matin, c'est que le comte viendra Pièces modernes pour maisons neuves ou VIEILLES H -t f H / ^ (Pas d\u2019acompte; mensualités faciles pour travaux de rénovation) avec les MATÉRIAUX Procurables à peu de frais JOHNS-MANVILLE Aimeriez-vous posséder une belle .salle de bain, une attrayante cuisine, comme celles-ci?C\u2019est facile \u2014 et peu coûteux\u2014grâce au Lambris d\u2019Amiante et au Flexboard-Amiante Johns-Manville, matériaux modernes qu\u2019on pose directement sur les vieux murs intérieurs! 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Mme de Jacque semblait radoucie.Elle voulut calmer le chagrin de sa fille et vint caresser ce front d'ordinaire si pur.\u2014 Sèche bien vite tes yeux et suis-moi chez le comte; moi-même je l'observerai; je réfléchirai à ton secret d\u2019amour, je comparerai.Allons ! sois prête, il est l'heure tout de suite, le comte José Viva de Paragua va venir ! Silvine songeait à l\u2019autre, à Michel qui viendrait dans l'après-midi et qui trouverait porte close.Non, elle ne pouvait partir ! ,\u2014 Maman, Agay sera si calme en quittant Monte-Carlo, j'ai peur de m\u2019y ennuyer.\u2014 Nous ne nous y enterrerons pas, et puis, avec le comte aux petits soins, tu finiras par trouver la vie délicieuse.viens ! La baronne de Jacque ne cédait pas.Silvine lui aurait sans doute encore tenu tête, mais elle savait que, dans certains cas, toute résistance contre sa mère était inutile.D'ailleurs, il ne fallait pas envenimer les choses.Au contraire, pour ne pas indisposer davantage Mme de Jacque contre le cher projet qui lui tenait tant à cœur, la jeune fille fit acte de soumission.A 11 heures, les deux femmes partaient dans la voiture du comte José Viva de Paragua, qui se dépensait en amabilités, compliments, flatteries vaines.Silvine de Jacque était presque calme, et bien qu'ayant l\u2019âme affreusement triste, elle était presque tranquille, son amour pour Michel lui avait suggéré une pensée qu'elle jugeait un peu adoucissante.Subrepticement, elle avait attaché en hâte, à la porte de la villa, un petit papier sur lequel étaient tracés ces mots : « Quoi qu il arrive, ne doutez jamais de moi.Silvine à Michel.» IV Michel Edgar Depuis une dizaine de jours le compositeur Michel Edgar était le plus malheureux des hommes ! Cet après-midi-là il tournait dans son cabinet de travail, comme un lion en cage.\t, Orphelin, il vivait là.dans ces deux pièces, sa chambre et son bureau, où étaient réunies de jolies choses, vieux meubles provençaux, grès, poteries venues des environs de Vallauris et du golfe Juan, bibelots anciens, livres et casiers de musique.Le jeune homme avait beaucoup de goût et n aimait pas s\u2019entourer de banalités.De bonne heure, très doué pour la mu- sique, il avait travaillé avec un grand organiste de Nice le piano et le grand orgue et, se sentant des dispositions pour la composition, il étudia l\u2019harmonie et le contrepoint.A ce moment où il tournait dans son appartement, ses 28 ans le voyaient créer des œuvres qui promettaient pour l\u2019avenir plus qu\u2019un talent intéressant.Dans ce petit pays monégasque, il était bien placé pour entendre de bonne musique et fréquenter de grands artistes, puisque les concerts de Monte-Carlo sont toujours très réputés.Ce jour-là, Michel Edgar, en proie à la plus noire mélancolie, délaissait toutes les paperasses entassées sur sa table, les partitions ouvertes sur son modeste piano droit.\u2014 Le piano à queue viendrait avec la célébrité ! disait-il, en riant.Assis sur son divan, il évoquait en une douloureuse songerie le souvenir de Silvine de Jacque.Hélas ! A l\u2019heure convenue, dix jours auparavant, le jeune compositeur était allé sonner à l\u2019adresse indiquée.Personne n\u2019avait répondu à son appel et les volets clos de la villa lui avaient fait augurer les pires catastrophes.Il avait questionné aux alentours.On ne savait rien .Cer- tains avaient vu ces dames s\u2019en aller en auto, sans doute reviendraient-elles bientôt ?Michel, la mort dans l\u2019âme, était revenu chaque jour à la villa pour y trouver le même silence.Il se perdait dans des conjectures sans nom, se tourmentait, voyait Silvine en proie à mille périls, ou bien, au contraire, infidèle, il ne se la représentait plus que sous les traits d\u2019une coquette perfide qui s'était jouée de lui.Il ne savait rien ! Aussi, dans quelles cruelles angoisses vivait-il ! Malheureusement, sitôt le départ des dames de Jacque, le mistral s\u2019était levé et le morceau de papier, attaché par Silvine à la porte, s\u2019était envolé, arraché par le vent et s\u2019en était allé, pauvre petite chose fragile, se mouiller, s'émietter et se perdre dans le ruisseau voisin.Et voici comment deux êtres qui pensaient éperdument l'un à l\u2019autre se trouvaient plongés dans la plus cruelle des attentes, des incertitudes.Le visage enfoui dans les coussins du divan, ses doigts longs et minces de musicien saccageant les draperies, Michel répétait comme un halluciné : \u2014 Et moi qui ai tant travaillé ! Je viens de passer mes jours et mes nuits à écrire, à composer, à chercher sur mon clavier les accords de cet opéra que je faisais dans l\u2019exaltation de la plus ardente fièvre d\u2019amour; je suis là, tout seul, abandonné, trahi peut-être par cette Silvine que j\u2019adore ! « La Madone d'Amour », le manuscrit de cette partition est achevé; elle me semble une œuvre intéressante, une œuvre qui pourrait être jouée avec succès, il n\u2019y a plus que les démarches à faire auprès de la grande vedette qui interprétera le principal rôle.Car, on a accepté de jouer « La Madone » sur la scène du théâtre de Monte-Carlo, j\u2019ai un impresario, presque tout en main.Te n\u2019ai plus qu'à aller solliciter Lise Flô.la grande cantatrice, pour qu\u2019elle veuille bien incarner mon héroïne, parce qu\u2019elle seule, avec sa voix d\u2019or, pourrait assurer le triomphe de mon opéra.Or.me voilà affalé sur ce divan, sans courage et sans foi, parce que mon amour, enclos dans ma musique, s'en est allé de ma vie ! Que s\u2019est-il passé?se répétait le malheureux.Silvine s\u2019était-elle jouée de moi ?Quand il évoquait la scène nocturne dans les jardins fleuris, qu\u2019il revoyait la pure jeune fille dans sa robe blanche errer comme une fée légère, quand il pensait à ce baiser d amour qu'il avait goûté aux lèvres de sa fiancée, il ne doutait plus et l'espoir revenait en lui.Ce fut avec cette idée que tout bonheur n'était pas perdu qu'il se redressa et se décida à agir.Puis-qu il avait écrit cet opéra, « La Madone d'Amour », il fallait aller jusqu\u2019au bout de son geste.Il fallait faire représenter cette œuvre devant le grand public.Résolu, cette fois, le jeune artiste se mit en route.Sous la chaleur encore tiède de cette fin de journée ensoleillée, à travers la lumière de cette Côte-d'Azur si belle, il se rendit au casino et demanda à la Direction si Lise Flô, la grande chanteuse, était là.On lui répondit que la vedette était dans sa loge, venue pour une répétition.Michel Edgar n\u2019avait qu'à monter.Le cœur battant, parce qu\u2019enfin le succès ou l\u2019insuccès de sa partition dépendrait en grande partie de Lise Flô, il frappa à la porte.Dans la minuscule bonbonnière, artistiquement tapissée, fleurie comme une serre chaude, dans un désordre de dentelles, de crêpe de Chine, de Bacons et de boîtes ouvertes, assise devant sa coiffeuse, Lise Flô procédait à sa toilette.Légèrement vêtue d\u2019un ample déshabillé de soie orange, la somptueuse actrice, dans tout l\u2019épanouissement de la beauté de ses trente-deux ans, se promenait habilement un crayon bleu sous les paupières.Tout en continuant son maquillage qui épaississait ses traits au lieu de les embellir, car l\u2019artiste était assez belle sans avoir besoin de fards, celle- HOMMAGE AU MATIN -b + ?Et l'éternelle aurore, artisan virtuose, Apportant son sourire à l'œuvre d'un ciel rose Se dégage vainqueur du chantier de la nuit \u2014 Un dernier convoi d'ombre, au loin, s'écoule et fuit.Guidé sous les forêts par un gnome qui brame Et se lamente, et pleure un débris de son âme Qui traîne, au loin là-bas sous un visqueux limon \u2014 Mais l'aurore se dresse en croupe sur le mont Et saute au firmament y suspendre ses toiles D'un pied nu qui folâtre en roulant des étoiles Sous des porches de brume où leur essaim tremblant S'éloigne plein de rêve au bras du matin blanc.Les rites sont changés, ô mes sœurs aux front blêmes, Qui mêlent en faisceaux vos souffrants diadèmes, Et tendent vos rayons, tel un réseau pieux, A nos désirs brûlants d'escalader les cieux.Le long tressaillement d'une minute ardente Exauce au sein des bois cette fièvre d'attente Qui mêlait son murmure au feuillage pesant.Son ogive éployé sur le pré bondissant S'arrondit tout à coup et se dresse en coupoles; Et le matin s'avance au branle des corolles, Dans le parfum des fleurs et le bruit des roseaux Déversant leur rosée aux glandes des ruisseaux.Dans un décor qu'emplit l'hilarité des sources, Il parle longuement aux fanfares des mousses; Indique la réplique au noir grillon têtu.Sur un mode sensible ineffable et pointu.Et suivi du grelot de maints orchestes grêles Que porte en son sillon l'élancement des ailes, Il monte allègrement aux rampes des forêts; S'attarde sur les monts, dans les tuit tuit discrets Que font des chœurs d'oiseaux réunis en maîtrise.On dirait dans l'espace une fresque d'église Qui botterait de l'aile en un palpitement De triangles sans nombre et de bleus firmaments.C'est un dôme de grâce où la main du génie, Ayant noué la trame d'une symphonie, Descend en faire hommage au matin qui la prend Bourdonnante de vie et la porte au torrent \u2014 Puis, se dressant soudain sur la clameur des choses, Tel un metteur en scène aménageant des pauses De son brusque bâton; son mouvement vermeil, A l'orient là-bas, fait bondir un soleil.GERARD BROUSSEAU 3 FÉVRIER 1940 15 ci engagea conversation avec le compositeur.\u2014 Michel Edgar, la « Madone d\u2019Àmour », parfaitement.On m'a lu et joué des fragments de cet opéra, ces jours derniers.Pas mal, vraiment pas mal, la scène nocturne au clair de lune est très réussie.Oui, mon cher, j\u2019accepte de jouer là-dedans.Le principal rôle naturellement ! Et puis, mon petit, vous ajouterez, retrancherez, arrangerez là, au milieu du second acte; cela ne va pas, ces arpèges pour ma voix; je préfère une tenue de sons et puis, un grand coup d\u2019éclat, là, à la fin ! Vous n\u2019avez pas écrit le texte en pensant à faire valoir ma voix, mais enfin j\u2019accepte ! Vous êtes un jeune, un débutant, il y a beaucoup d\u2019étoffe en vous, toutes mes félicitations, mon cher ami ! Et puis vous më plaisez vraiment ! Allons ! c\u2019est entendu; j\u2019espère, avec mes collègues, que nous brûlerons les planchers, emballerons la salle et que nous ferons triompher votre Madone d\u2019Amour ! Michel était un peu agacé par tout ce flot de paroles ! Malgré tout, il savait bien qu\u2019une oeuvre n\u2019est pas écrite pour l'interprète, mais que c\u2019est l\u2019interprète qui doit s\u2019assimiler, s'adapter, comprendre et recréer ce qu\u2019il doit jouer.Enfin, il voulait bien faire quelques concessions à l\u2019artiste lyrique, puisqu'elle acceptait de tenir l'un des rôles principaux.Le compositeur promit donc de faire quelques retouches dans les parties de soprano, ce qui enchanta la vedette qui tendit son beau bras nu, sa main fine vers le jeune homme.Grisé, ravi, ému, Michel Edgar baisa cette main offerte et remercia chaleureusement la grande actrice, sa future interprète.Puis, ne voulant pas abuser des moments de celle-ci, il tenta de s\u2019esquiver.\u2014 Mais non, mon petit, restez là, vous ne me gênez pas, nous allons bavarder encore un peu.Elle retenait le compositeur, avec ces libertés de langage et ces façons cavalières dont on ne se formalise pas dans le monde des acteurs.Lise Flô reprit : \u2022\u2014 Asseyez-vous là près de moi ! Tenez, allumez une cigarette, la fumée ne m\u2019incommode pas.Vous savez que je suis curieuse, mais c\u2019est ma profession qui le veut ! Je ne puis véritablement bien interpréter un auteur que lorsque je sais complètement ce qu\u2019il a voulu dire, quelle est la pensée de son œuvre.La « Madone d\u2019Amour » vous a été inspirée par une femme.Heureuse celle qui peut provoquer un tel amour ! Pardonnez-moi mon indiscrétion ; qui donc a pu vous faire créer une telle musique ?A une interprète on peut bien confier un doux secret.Les magnifiques yeux noirs de la capiteuse artiste caressèrent le visage de Michel, qu\u2019elle trouvait beau.Dans cette atmosphère de féminité, de parfums troublants, le jeune compositeur, heureux de son futur succès et ne doutant plus de Silvine, déclara: ¦\u2014 Je suis amoureux d\u2019une jeune fille.Mlle de Jacque, et je ne lui suis pas non plus indifférent ! Un éclat de rire secoua l\u2019artiste, elle se renversa sur le dossier de son fauteuil, tandis que le déshabillé glissait un peu de ses épaules.\u2014 Ah ! ah ! la petite de Jacque ! Elle a fait coup double, alors ?Toutes les mêmes, ces saintes nitouches ! Il n\u2019y a pas de pires flirteuses ! Michel, très pâle, s\u2019était levé.\u2014 Que voulez-vous dire ?\u2014 Oh ! mais, rien du tout; je constate et je vous préviens pour vous éviter des ennuis, des regrets.Prenez, là, sur ma coiffeuse, cette carte armoriée, vous y verrez que le comte José Viva de Paragua s\u2019excuse de ne point pouvoir venir me présenter ses hommages, après le troisième acte, comme il en avait 1 habitude, recevant pendant quelque temps, dans sa propriété d\u2019Agay, la baronne de Jacque et sa fille, la charmante Silvine.Je flaire là-dedans un mariage ! Pour que le comte quitte ainsi Monte-Carlo pour aller s\u2019enterrer à Agay, c\u2019est qu\u2019il doit vouloir apprivoiser l'héritière aux beaux yeux.D\u2019ailleurs, je n\u2019avance rien.Renseignez-vous, au casino, au cercle, en ville, partout on raconte et assure que Mlle de Jacque épouse le comte José Viva de Paragua ! La foudre tombant aux pieds de Michel Edgar ne lui aurait pas plus produit d\u2019effet que ces paroles.Le visage du jeune homme était absolument décomposé.Lise Flô ne pensait pas à faire du mal, mais elle satisfaisait une petite vengeance féminine.Le comte était pour elle un protecteur généreux et c'était un affront pour l'actrice de savoir que l\u2019Espagnol recevait chez lui Mlle de Jacque.Elle en voulait à la jeune fille de lui enlever un protecteur et s\u2019étant soudainement amourachée de Michel qu'elle trouvait beau, jeune et sympathique.elle jugeait que c\u2019était trop que la petite de Jacque lui prit deux hommes à la fois ! \u2014 Voyons, mon petit, reprit-elle en se rapprochant du compositeur, ne vous faites pas de chagrin surtout; il est possible que je me trompe, et puis, fait comme vous êtes là, d\u2019autres femmes vous consoleront allez ! Elle cherchait à l\u2019enjôler par ses paroles, ses sourires et ses coquetteries qu elle n\u2019avait point cessé de lui prodiguer depuis qu\u2019il était dans sa loge.\u2014¦ Madame, je vous remercie de votre concours pour ma partition, déclara tout à coup Michel, comme s\u2019il sortait d'un songe, « La Madone d\u2019Amour » est l'objet d'une erreur, une création faite d\u2019illusions; je vais rentrer déchirer cette partition, ne voulant pas qu\u2019elle soit jamais exécutée ! .\u2014 Vous êtes fou, voyons ! Y pensez-vous ?Au nom de l\u2019art, je vous défends de faire cette bêtise-là ! Je veux, au contraire, faire triompher ce chef-d\u2019œuvre.Venez ! je serai votre héroïne, je tenterai d\u2019être l\u2019interprète idéale, parce qu\u2019elle sera l'esclave de son maître ! Dans cette chaleur d\u2019étuve qu\u2019était celle de la loge, Michel eut un sursaut en sentant les beaux bras de la grande cantatrice enlacer ses épaules.Etourdi, ahuri, fou de désespoir à la pensée de la trahison de Silvine, il perdit alors la tête et, avec une rage de mâle, il saisit brutalement, de ses lèvres, la bouche avide que lui tendait Lise Flô.\"Mais, maman .personne ne vous insulte!\" Jean M-fait voir à sa mère la nouvelle manière d\u2019élever un bébé.1.LE FILS: Ne le prenez pas comme ça, maman .j\u2019ai seulement dit que Laure avait le droit d\u2019élever bébé à sa manière.LA MERE: Oh bien! Si mon fils me donne tort\u2014 2.LE FILS: Maman, je vous en prie! LA MERE: Très bien, je ne dirai plus rien.Si vous deux ne voulez pas m\u2019écouter moi, avec toute mon expérience, alors\u2014 \\ V Y \"\t.\"ü 3.LE FILS: Mais, maman, nous avons dit tout 4.LE FILS: Il a dit que les bébés devaient cela un million de fois.Le médecin nous a dit avoir des soins spéciaux.Des légumes spé-comment élever notre bébé.Et nous lui cialement préparés .des formules spéciales obéirons.\tpour leur lait, et même un laxatif spécialc- LA MERE: Qu\u2019a-t-zï dit que je ne sais pas!\tment fait pour eux! LA MERE: Un laxatif spécial?Nommes-en un! Æ JLM M lllfg?\u20141* V Détresse IYepuis qu\u2019elle était dans la propriété ^au comte José Viva de Paragua, Silvine de Jacque languissait.Une immense mélancolie l\u2019avait envahie.Sa pensée ne quittait pas le souvenir de Michel Edgar.Elle souffrait d'être séparée de lui, se torturait à l'idée de l\u2019opinion qu\u2019il pouvait avoir d\u2019elle.La jeune fille avait bien songé à écrire au compositeur pour lui expliquer ce brusque départ, l'intransigeance de sa mère qu\u2019elle espérait ramener à de meilleurs sentiments et l'assurer de sa fidélité, de sa tendresse.Mais distrait et fou, comme le sont toujours un peu les amoureux, Michel avait omis de donner son adresse à Silvine, qui n\u2019avait pas songé à la lui demander.Mlle de Jacque, dans cette propriété du comte, se sentait comme une belle bête traquée; sans cesse en proie à la présence de sa mère et à celle du 5.LE FILS: Certainement! Le CASTORIA\u2014 fait SEULEMENT pour les enfants.Il est doux .comme doit l\u2019être un laxatif pour enfants .et cependant efficace.Il est SÛR.Il ne contient jamais de drogues âpres.6.LA MÈRE: Oh-h-h .c\u2019est assez raisonnable.Mais en aime-t-il le goût?LE FILS: Il en raffole! Je n\u2019aurais jamais cru qu\u2019un bébé puisse prendre un médicament avec autant de plaisir! CASTORIA ! laxatif moderne \u2014SÛR \u2014Dréoaré soécialement et SEULEMENT oour les enfants 16 Le Samedi bouillant Espagnol, elle n avait pas une minute de répit.De crainte d\u2019irriter Mme de Jacque, la malheureuse Silvine, sans être aimable, était obligée d'être polie avec le comte et cette contrainte l\u2019oppressait.Elle passait ses nuits à pleurer.Elle, si gaie, si rayonnante, si pleine de _vie, errait comme un fantôme.Ce matin-là, Silvine.se promenait dans le superbe jardin de la propriété du comte, dont les allées, en pente douce, descendaient vers la baie d\u2019Agay.Après la vie agitée, animée, aux distractions multiples qu\u2019elle menait à Monte-Carlo, c\u2019était le repos complet dans ce coin, l\u2019un des plus délicieux de la Côte-d\u2019Azur.A travers les cactus aux raquettes hérissées de piquants, les feuilles vernissées des citronniers, les branches flexibles des poivriers, elle voyait les belles et hautes roches rouges se refléter sur la Méditerranée au fluide et magique miroir.Comme elle aurait aimé le charme de cette oasis parfumée si Michel avait été à ses côtés ! Hélas ! il n\u2019était point là.Installé devant une table de rotin, le comte José Viva de Paragua lisait ses journaux, à l\u2019abri de la loggia.Silvine, ayant été aperçue, ne put rebrousser chemin.Le comte José Viva de Paragua commençait à bien mal augurer de sa demande en mariage et il ne savait s\u2019il devait agir par la ruse ou la violence pour obtenir le consentement de la jolie jeune fille.Silvine était son dernier atout.Le comte était un rasta, un chevalier d\u2019industrie, homme louche, de basse extraction, et nul n\u2019aurait pu se douter que c\u2019était dans les bouges de Buenos-Ayres qu\u2019il avait appris à si bien danser le tango argentin.Le comte avait tous ses biens grevés d\u2019hypothèques et venait d\u2019achever de se ruiner en jouant aux « Ambassadeurs » de Cannes.Il escomptait faire un beau et riche mariage pour payer ses créanciers, devenus chaque jour plus pressants.Le comte était aux abois; une dernière fois, en invitant ces dames de Jacque, il essayait de jeter de la poudre aux yeux.Au casino de Monte-Carlo, le nom, la fortune et la beauté de Silvine avaient hypnotisé l\u2019aventurier qui jeta son dévolu sur la jeune fille pour redorer un blason qu\u2019il avait iniquement fabriqué de toutes pièces.Il comptait sur ses succès de bellâtre pour subjuguer la jeune fille; de plus, Don Juan vaniteux, sachant parler aux femmes, il ne doutait point de triompher.Or, Silvine résistait à ses beaux discours, aux mirages de sa fortune et plus encore aux assiduités dont il poursuivait l\u2019infortunée.Ce matin-là, le comte, de charmante humeur, car il était beau joueur, se mit à causer avec Silvine, sur le ton humble et souriant d\u2019un serviteur soumis.\u2014 Quand nous reviendrons à Monte-Carlo, nous aurons le régal d\u2019un nouvel opéra; tenez, lisez vous-même: « La Madone d\u2019Amour », par le jeune compositeur Edgar Michel.On dit que ce sera un succès ! yous serez sans doute enchantée d\u2019assister à cette première, chère Silvine, et si vous n\u2019avez point encore quitté ma demeure à ce moment-là, ce sera avec plaisir que je vous conduirai à cette soirée de gala.Mlle de Jacque fafllit s\u2019évanouir en entendant prononcer le nom de celui que dans son cœur elle considérait toujours comme son fiancé.Le comte ne fut pas sans remarquer cette défaillance et en lui-même pensa : « Tiens, tiens, la colombe si farouche pour moi semble pas mal apprivoisée avec ce musicien ! » Alors, dans le cerveau démoniaque de l\u2019Espagnol, se ranima l\u2019espérance.Présomptueux et ne doutant de rien, il se disait qu\u2019après la cour acharnée qu\u2019il faisait à Silvine, cette cour à laquelle toute autre femme se fut laissée prendre, c\u2019est que Mlle de Jacque aimait un autre homme.Le comte avait un rival.Mais quel était ce rival ! Voilà ce que, depuis quelques jours, il se demandait.Enfin, il semblait tenir la piste, ce Michel Edgar devait être le favori de la belle enfant.Ah ! vraiment, il allait mettre le holà dans ces amours! Avec une voix de miel, habilement, le comte José Viva de Paragua questionna ; \u2014 Vous connaissez ce compositeur que l\u2019on donne comme un grand artiste ?Moi-même, j\u2019ai eu le délicat plaisir d\u2019entendre quelques-unes de ses œuvres, c\u2019est sans résultat un régal pour les dilettantes.Aux dires de certains de mes amis qui le connaissent, c\u2019est un charmant garçon.Vous le connaissez, n\u2019est-ce paS ?Très franche, Silvine, qui aurait voulu crier à la face du comte tout l\u2019amour qu\u2019elle éprouvait pour Michel Edgar, répondit avec feu : \u2014 Oui, j\u2019ai le plaisir de connaître un peu cet artiste ! \u2014 Un peu seulement, c\u2019est dommage ! Et avec une joie cruelle, sûr de viser en plein cœur sa proie palpitante, le comte ajouta : \u2014 Oh ! son opéra sera un triomphe; il a pour interprète la grande, ia magnifique Lise Flô, et comme chacun sait à Monte-Carlo qu\u2019il est son ami, cela marchera ! La tête de Silvine éclatait, tandis que le comte jouissait cyniquement du mal qu\u2019il venait de causer.\u2014 Comte, vous permettez que je rentre me reposer un peu, ce soleil va me donner une insolation, si je continue à rester dehors.\u2014 Oh ! je ne vous empêche point d\u2019aller faire la sieste ! Tandis que Silvine si\u2019éloignait, l\u2019âme mortellement blessée, le comte, sarcastique, murmurait : «Tu crânes, ma belle, qu\u2019importe, tu es touchée, et maintenant, je pourrai mieux te conquérir ! » VI DOUX ESPOIR Cependant, la baronne de Jacque, depuis qu\u2019elle séjournait dans la propriété du comte José Viva de Paragua, semblait apprécier beaucoup moins l\u2019Espagnol.A mille petits riens, mille nuances, elle s apercevait du manque total d éducation de celui dont\u2018elle était l\u2019hôtesse et en venait à douter de son origine aristocratique, trouvant parfois ses allures équivoques.Après avoir porté aux nues le comte aux yeux de sa fille, elle battait maintenant une prudente retraite et le personnage lui sembla bientôt très antipathique.Mme de Jacque ne voulait point s'avouer qu elle s était trompée, mais elle ne voulait pas, non plus, depuis qu\u2019elle avait fait maintes découvertes, qui l\u2019étonnaient et l\u2019inquiétaient, que sa fille devint comtesse José Viva de Paragua.Elle ne songeait pas davantage à Michel Edgar pour gendre.Cependant, l\u2019époque approchait où elles quitteraient la Riviera pour regagner leur hôtel de l\u2019avenue du Bois.A Paris, Silvine oublierait le musicien entrevu et elle finirait bien par épouser l\u2019un des jeunes nobles qui évoluaient dans leur cercle d\u2019amis.Ainsi, raisonnait Mme de Jacque; à la première occasion, elle s\u2019excuserait auprès du comte José Viva de Paragua, le remercierait et fuirait son hospitalité.La malheureuse Silvine, ce matin-là, après avoir entendu les dernières paroles de l\u2019astucieux Espagnol concernant Michel Edgar, avait regagné la maison et n\u2019eut que le temps de se mettre au lit.Tout le chagrin accumulé ces dernières semaines lui remontait au cœur.La coupe était trop pleine et débordait.Ses forces physiques la trahissaient.Le médecin appelé par Mme de Jacque constata une fièvre cérébrale.Silvine délirait, et les noms de la Madone d\u2019Amour, de Michel Edgar et de Lise Flô revenaient sans cesse aux lèvres de la malade en une sarabande effrénée.Pendant trois jours, la jeune hile fut entre la vie et la mort.Enfin, on la sauva et dès qu elle fut transportable.la baronne profita de cet état de choses pour prendre congé _ du comte, qui, avec rage, vit partir l\u2019héritière et sa mère ! Dans la villa de Monte-Carlo, Silvine éprouva une certaine joie.Enfin elle était loin de cet odieux Espagnol et dans la ville même où son cher Michel vivait, respirait.L\u2019amour intransigeant que Silvine éprouvait pour Michel ne pouvait admettre son infidélité.Elle n\u2019était pas sans connaître la vie, parfois un peu spéciale des grandes actrices.Aussi, même s\u2019il était vrai que Lise fût devenue la chère amie d\u2019Edgar, ^ celle-ci n avait peut-être pour lui qu\u2019un caprice passager et dans son ardente tendresse déjà, Silvine absolvait son cher artiste 1 II fallait maintenant qu\u2019elle se rétablisse complètement afin d\u2019aller trouver Michel au Casino où il était connu, depuis qu\u2019il avait créé la Madone d\u2019Amour.La baronne de Jacque, qui n\u2019avait eu aucune pitié devant les larmes de son enfant, la suppliant de ne point aller chez le comte de Paragua, trembla devant le mal physique qui terrassait Silvine.Et, cette fois, celle-ci n\u2019avait pas eu grand\u2019peine à convaincre sa mère Un soir, à voix basse, elle lui dit : \u2014 Ma petite maman, tu sais quelle est la cause de ma maladie, n'est-ce pas ?Pour que je continue à vivre vois-tu, il me faudrait le bras de Michel pour me soutenir.Et Mme de Jacque avait répondu : \u2014 Ma chérie, désormais je te laisse libre de ton choix; je ne ferai aucune opposition à ce mariage.Au contraire, puisque tu n\u2019es pas encore en état de sortir, je ferai prévenir ton fiancé et lui dire qu\u2019il vienne te voir, si lui de son côté, est resté fidèle à sa parole.Cette réticence fit frémir Silvine \u2014 Oh ! merci, ma petite maman mais n\u2019allez pas aussi vite, je veux faire une surprise à Michel.La jeune fille tenait en main un journal, qui annonçait la prochaine audition de la Madone d\u2019Amour opéra de Michel Edgar, avec, comme principale interprète, la grande vedette Lise Flô.Silvine rassasiait ses yeux de cet entrefilet; lasse de lire sans cesse la même chose, elle tourna les feuilles du journal et 'amusa à parcourir les faits divers.Tout à coup elle tressaillit.\u2014 Oh ! maman, tiens, lis donc ! Vois ce qu'il y a là, concernant le comte José Viva de Paragua ! En effet, on pouvait lire dans le Petit Niçois : Le scandale de Monte-Carlo ! « Un triste individu, depuis long-« temps recherché par la police espa-« gnôle et qui se faisait passer pour « le comte José Viva de Paragua, a « été appréhendé hier par les agents « de la Sûreté, pour dettes de jeu « non payées, opérations de banque « frauduleuses, et escroqueries.Qui « donc aurait pu croire, ajoutait la « la chronique, que l\u2019impeccable dan-« seur du Casino de Monte-Carlo.« l\u2019hivernant super-chic de la Côte-« d Azur, n\u2019était qu\u2019un misérable ai-« grefin ?» Oh ! maman ! Quand je pense que j aurais pu épouser ce triste sire ! Quelle leçon pour Mme de Jacque et comme elle se sentait coupable ! Heureusement qu elle prévoyait le \"VOUS PLAIRE ET VOUS DIVERTIR\" C est le titre d\u2019une nouvelle série d émissions radiophoniques, qui ont lieu tous les mardis soirs au Poste CHLP à 8 heures.A ces programmes, le public radiophile a le plaisir d entendre de jeunes artistes qui ont su dans le passé conquérir l\u2019estime et la faveur des auditeurs.« CAUSONS » est une nouvelle formule apportée à ces émissions par le jeune réalisateur, M.André Dupont-Hébert.Avec une compagne aussi agréable que gentille, Mademoiselle Huguette Oligny, ils improvisent tous deux, sur un sujet d\u2019actualité qu'ils connaissent bien.Au programme musical : Mlle Marcelle Leclerc, talentueuse jeune pianiste, interprète des œuvres tirées du plus beau répertoire classique et à la portée de tout le monde, Mlle Georgette Privé, contralto, chante des extraits d\u2019opérettes connus de tous, Mlle Huguette Oligny récite de jolis poèmes et avec M.André Dupont-Hébert termine le programme dans le dialogue « ENTRE NOUS », qui est un appel aux talents littéraires.Nous nous faisons un plaisir d'inviter tous nos lecteurs à écouter tous les mardis soir, à 8 heures, au Poste CHLP le programme « VOUS PLAIRE ET VOUS DIVERTIR ». 3 FÉVRIER 1940 17 futur bonheur de Silvine et de Michel pour se consoler de ce à quoi elle venait d'échapper ! VII Amour vainqueur En s\u2019éveillant, ce jour-là, Michel Edgar soupira.Ce soir même, son opéra la Madone d'Amour, serait révélé au grand public, et Lise Flô, la talentueuse cantatrice apporterait le concours de sa voix splendide et illustrerait, par sa présence, toute la scène.Hélas ! Michel n\u2019était pas heureux.Si le créateur de l\u2019œuvre se réjouissait, l\u2019homme souffrait dans son cœur Qu'importaient le succès, peut-être le triomphe, celle qu\u2019il aimait n était point là ! Celle qui avait inspiré le poème musical l'avait trahi.Michel Edgar se remémorait sa peine au matin de cette première ! Et Lise Flô ?oubliait-il l'excellente interprète dont la coquetterie l avait enjôlé ! Le compositeur qui n\u2019avait eu pour l\u2019actrice, ni amour, ni désir, n'avait pas plus tôt quitté ses bras qu\u2019il ne ressentait que dégoût et lassitude.Lise Flô, c\u2019était un des accessoires de son opéra, mais celle qui dominait et demeurait la Madone d\u2019Amour, c'était Silvine.Et, durant cette journée dont le déclin le consacrerait grand musicien, Michel, tout en se multipliant auprès des uns et des autres, ne pensait qu\u2019à la jeune fille, étrange sphinx dont il aimait la tendresse tout en doutant de sa sincérité.De son côté, Silvine de Jacque, sortie de convalescence, passa une journée d'anxiété et de tourment; ce soir-là devait être décisif ! Dès 21 heures, les dames de Jacque étaient installées dans une loge fermée.Silvine avait tenu à assister à la représentation de la Madone d\u2019Amour incognito, ne voulant pas que Michel la vit avant qu'elle-même ne fût décidée à agir.Silvine était très émue.Dans une loge d\u2019honneur, Michel asistait à l'audition de son opéra.La jeune fille voyait ce visage qu\u2019assombrissait une sorte de mélancolie.Et, durant les quatre actes, elle participa à l'ambiance de la salle.Elle vit Lise Flô, sa rivale, enflammer le public, entendit les réflexions des critiques, en général, favorables à l\u2019œuvre, surprit les journalistes venus interviewer le compositeur, les amis empressés à le féliciter et fit crépiter avec la foule enthousiaste les longs applaudissements.Ce fut le grand succès, dont la jeune fille épia l\u2019évolution dans les yeux mêmes de Michel.A la scène du troisième acte, où passaient dans la musique les sentiments qui les avaient étreints, elle et lui, en cette nuit dans les jardins fleuris, elle ne douta plus un seul instant : son cher artiste pensait encore à elle.A la fin de cette scène, Silvine fit porter à l'artiste une gerbe de roses, de ces roses rouges, semblables à celles dont il l\u2019avait parée en ce soir d\u2019avril.Michel eut un frisson en voyant ces roses ardentes.Mais quelle main les lui avait adressées ?Enfin, quand la représentation fut terminée, le rideau baissé, le dernier accord de l'orchestre évanoui, Silvine, quittant sa mère, se précipita au foyer.Elle était très pâle et avait revêtu cette même robe de crêpe de Chine blanc, perlée de nacre, qu elle portait le soir où elle avait rejoint Michel sur la terrasse des jardins fleuris.Sur tant de blancheur nuageuse, à l\u2019épaule, une seule rose, une de celles prise dans la gerbe envoyée au compositeur, consumait sa pourpre enivrante.Tandis que le jeune musicien, triomphant, serrait les mains tendues de ses admirateurs, félicitait et remerciait Lise Flô, sa magnifique interprète, et bavardait avec maints amis, tout à coup son regard se posa plus loin, au delà de toutes ces présences envahissantes.Il vit la pure silhouette, la Madone d\u2019Amour venir vers lui, puis, comme une ombre, disparaître vers la terrasse.Après s\u2019être libéré de tous ceux qui le félicitaient, l\u2019acclamaient et voulaient l\u2019emmener souper et célébrer au champagne l\u2019aurore naissante de sa fortune à venir, Michel sortit à son tour.Il s\u2019en vint vers les jardins fleuris; alors, d\u2019entre les palmiers dont les fûts semblables à de lourds piliers élevaient un temple à sa fine silhouette, lui apparut, à nouveau, la Madone d\u2019Amour.A ce moment, ce fut pour l'artiste la récompense suorême, le triomphe fiinal; enfin, elle était là de nouveau, sa chère Silvine, et elle le voyait à ses côtés, son cher artiste ! Ils se racontèrent leur vie, leurs souffrances, leur tendresse, d\u2019autant plus vive qu\u2019elle avait été contrariée.Et, un mois plus tard, la baronne de Jacque assistait au mariage de sa fille avec celui, qui, dans son cœur comme à la scène, avait immortalisé la Madone d\u2019Amour! - FIN - LA Vif PCATICUÏ SILICATISATION DES MURS Dans les pays humides on protège les matériaux, brique, pierre ou plâtre, de l'humidité en les recouvrant, au pinceau, d\u2019une ou de plusieurs couches de silicate de potasse qui, pénétrant dans le mur, bouche tous les pores des matériaux employés et forme à la surface un vernis imperméable, durcissant la pierre et le plâtre.COMMENT ON NETTOIE L'ARGENTERIE Il faut d'abord laver l\u2019argenterie, puis la frotter avec la poudre suivante délayée dans de l\u2019eau, poudre qu\u2019il est facile de préparer soi-même.Il suffit de mêler ensemble : blanc de Paris, 20 grammes ; crème de tartre, 20 grammes ; alun, 10 grammes.Le tout finement pulvérisé et mis en flacons bouchés à l\u2019émeri.On passe ensuite l\u2019argenterie à l\u2019eau de savon noir très chaude, on rince à l\u2019eau claire et on sèche d'abord avec un linge, puis on frotte avec une peau de daim souple pour lui redonner le brillant du neuf.Votre Poudre vous plaît-elle vraiment et à lui aussi Votre peau est si douce et si agréable à F œil ! OTRE POUDRE! Comment pourriez-vous vous en passer ?Les poudres ordinaires ne sont sûrement pas parfaites \u2014 puisqu\u2019elles donnent si peu souvent satisfaction ! Même après vous être poudrée, votre visage reluit encore \u2014 vous n\u2019avez pas une peau veloutée \u2014 ou bien la poudre a l\u2019air crayeuse, ce qui vous vieillit au lieu de vous rajeunir.Et pourtant, la poudre est indispensable.Un fait certain \u2014 Quand vous aurez essayé la poudre Princess Pat \u2014 à base d\u2019amandes douces \u2014 ce n\u2019est pas la poudre qui vous sera indispensable mais la poudre de visage Princess Pat.Votre rêve de beauté se réalise \u2014 Toutes les femmes rêvent d\u2019une poudre de visage qui adoucit la peau, donne une beauté distinguée \u2014 sans \u201cenfariner la figure.Vous avez rêvé de cette poudre magique, espéré sa réalisation ! Mais l\u2019avez-vous trouvée ?Oui, si vous avez employé la poudre Princess Pat.Non, si vous ne l\u2019avez pas essayée.Vous demanderez peut-être: comment une poudre peut-elle être différente ?Voilà : c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a nulle part au monde une poudre comme la Princess Pat.L'amande fait toute la différence \u2014 Seule la poudre Princess Pat est à base d'amande \u2014 c\u2019est pourquoi vous ne trouverez pas cela ailleurs.Des millions de femmes savent que la poudre Princess Pat est plus douce, plus adhérente.Elles en aiment les nuances fraîches et franches.Elle rendra votre peau translucide jeune, séduisante.L\u2019amande donne à la poudre Princess Pat une sorte de souplesse.Vous aurez pour ainsi dire un nouveau teint naturel.Protégez-vous contre les pores obstrués et contre les boutons.N\u2019oubliez pas que certaines poudres assèchent la peau.Au contraire, la poudre Princess Pat.à base d\u2019amande, adoucit et assouplit.Observez dans votre miroir à quel point la poudre de visage PRINCESS PAT, à base d\u2019amande, embellit votre peau \u2014 remarquez-en les nuances, chics, modernes, Juvéniles\u2014 et voyez comme la poudre de visage Princess Pat adhère beaucoup plus longtemps.ARTICLES DE BEAUTÉ PRINCESS PAT TORONTO, CANADA.CHICAGO, ETATS-UNIS COUPON D'ABONNEMENT \u2014 LE SAMEDI POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.Ci-inclus la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour 6 mois ou $1.00 pour 3 mois (Etats-Unis : $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 pour 3 mois) d\u2019abonnement au magazine hebdomadaire LE SAMEDI.Nom .Adresse .Localité .Province ou Etat.-. 18 Le Samedi _ la \u2022 - S/\\INT LOUP \" Ah ! monsieur le marquis, je suis un misérable ! \" A la Recherche du Bonheur par Emile Richebourg Dessin de Soint-Loup En descendant des rochers, le baron m'aperçut et me reconnut; mais il dut supposer que je ne l'avais pas reconnu, moi.D'un mouvement brusque, il enfonça son chapeau sur ses yeux, prit sa course et disparut dans le bois, derrière les rochers.Si j'avais été intrigué avant, monsieur le marquis, je l\u2019étais bien autrement après avoir vu M.de Septème remplacer son déguisement de garde-chasse par celui d\u2019un paysan.Qu\u2019est-ce que cela voulait dire ?Je n\u2019y comprenais absolument rien.Je ne vous dirai pas toutes les réflexions que je fis à ce sujet; c'est inutile.Mais, quand je rentrai au village, deux heures plus tard, et qu\u2019on m'apprit que M.le comte était mort et que c\u2019était Lapret qui avait tiré sur lui, tout me fut expliqué.En l'absence de Mme Lapret, on s\u2019était introduit chez elle et l\u2019on s\u2019était emparé du fusil du garde.Le baron de Septème s\u2019était fait confectionner un uniforme de garde-chasse semblable à celui de Lapret et l\u2019avait endossé pour tuer M.le comte Sosthène.Et comme le baron s\u2019était si bien donné la figure de Lapret que moi-même je l\u2019avais pris pour le garde, il n\u2019était pas surprenant que M.le comte, qui avait vu son meurtrier le mettre en joue, eût accusé le pauvre Lapret avant de rendre le dernier soupir.\u2014 Ainsi, dit le marquis avec un accent de tristesse profonde, vous pouviez sauver le malheux Lapret et vous ne l\u2019avez pas fait ! Je vous ai promis d\u2019être indulgent, mais je suis forcé de vous dire que votre conduite, en cette circonstance a été odieuse, criminelle.Malgré moi, je suis indigné.\u2014 J ai dit à monsieur le marquis que j'étais un misérable, un vieux coquin.\u2014 Vous avez le repentir, soit, mais tout le mal que vous avez fait, en gardant le silence, est irréparable.Le vieux braconnier poussa un soupir et courba la tête.Au bout d\u2019un instant il reprit : \u2014 Monsieur le marquis, j'ai eu l'intention de prendre la défense du garde-chasse, je vous le jure; oui.je voulais tout dire immédiatement.Pourquoi me suis-je arrêté ?Pourquoi me suis-je dit : attendons à demain ?Je ne sais pas.Si j eusse obéi à mon premier mouvement, le pauvre Lapret, déjà arrêté par la gendarmerie, aurait été mis aussitôt en liberté, et je n'aurais pas eu pendant dix-huit ans, sur la poitrine, cet horrible poids qui m'étouffait.! 3 FÉVRIER 1940 19 Ah ! monsieur le marquis, je comprends votre indignation, car j'ai été et suis encore indigné contre moi-même.\u2018Hélas ! le mal est fait, et je ne peux plus le réparer que dans la mesure de mes moyens.M.de Prémorin paraissait absorbé dans ses pensées.\u2014 Monsieur le marquis, puis-je continuer ?demanda le vieux Bourlot.\u2014 Oui, je vous écoute.-\u2014 Donc, je m\u2019étais dit : La nuit porte conseil, attendons à demain.Le lendemain matin un domestique du château vint me prendre au saut du lit.Il me dit que Mme la comtesse avait à me parler immédiatement, et il m'emmena.Au château, tout le monde était sans dessus dessous.Mme la comtesse me reçut dans sa chambre.Elle était très pâle et très agitée.\u2014 Bourlot.me dit-elle, M.le comte est mort; c\u2019est le garde-chasse La-pret qui lui a tiré un coup de fusil.Peut-être savez-vous quelque chose sur ce drame épouvantable; mais vous ne serez pas appelé comme témoin; vous n\u2019avez donc qu'une chose à faire, garder le silence sur les faits qui pourraient vous être connus.Ce fut en me parlant ainsi que la belle Mme Charlotte me fit comprendre que le baron de Septème m'avait reconnu près de la grotte aux Loups.\u2014 La gueuse vous avait fait venir au château pour acheter votre silence ?\u2022\u2014 Oui, monsieur le marquis, répondit le paysan d'une voix mal assurée.En achevant de parler, elle me mit dans la main cinq mille francs en billets de banque.\u2014 Et pour cette misérable somme, dit M.de Prémorin avec des larmes dans la voix, l'impunité a été assurée aux deux criminels, une femme a versé des larmes de sanq et un innocent est encore aujourd\u2019hui forçat, à Cayenne !.Ah ! Bourlot ! Bourlot ! demandez à Dieu qu\u2019il vous pardonne ! Cette fois, le vieux braconnier ne put plus se contenir; des sanglots s\u2019échappèrent de sa poitrine.M.de Prémorin attendit un instant et reprit : \u2014 Qu'avez-vous répondu à la dame Charlotte ?\u2014 J\u2019étais fort troublé, monsieur le marquis, je ne me rappelle plus.Je mis les billets de banque dans ma poche, je balbutiai ; je ne dirai rien, et je m\u2019en allai.Je m'en allai mécontent de moi, honteux, courbant la tête, car, allez, monsieur le marquis, je sentais bien que je venais de commettre une action infâme.Je m\u2019en allai droit devant moi, comme une bête blessée, à travers le bois; ah ! pas avec la pensée de visiter mes collets, je n\u2019y songeais guère ! Je me dirigeai vers la grotte aux Loups; pourquoi de ce côté plutôt que d\u2019un autre ?Je ne saurais le dire.Je grimpai sur les rochers, et de l\u2019œil je sondai les fentes.A de petites pousses brisées et à des mousses fraîchement arrachées de la pierre, je reconnus l\u2019endroit où le baron avait jeté son uniforme de garde-chasse.La fente a peut-être quinze ou vingt verges de profondeur, il me fut impossible de rien voir au fond.\u2014 Bourlot, dit vivement le marquis, retrouveriez-vous, aujourd\u2019hui, la fente, et reconnaîtriez-vous l'endroit où les objets ont été jetés ?NOTRE FEUILLETON \u2014 No 7 Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Oui, monsieur le marquis, et avec autant de sûreté que si la chose datait d'hier.\u2014 Depuis dix-huit ans, prononça M.de Prémorin comme se parlant à lui-même, le pantalon, la tunique et la casquette ont eu le temps de pour-rir.N\u2019importe, je retrouverai ce qu\u2019il en reste, quand je devrais faire sauter le rocher tout entier.S\u2019adressant au paysan, il continua: \u2014 La fente, dites-vous, a quinze ou vingt verges de profondeur; croyez-vous à la possibilité de retirer les objets qui sont au fond au moyen d\u2019un grappin ?\u2014 Oui, monsieur le marquis, \u2014 C\u2019est bien, nous verrons.Avez-vous encore quelque chose à me dire\u2019 \u2014 Oui, monsieur le marquis.\u2014 Alors, continuez ! .\u2014\u2022 Descendu des roches, j\u2019entrai machinalement dans la grotte et je m\u2019aperçus que la porte de la petite grotte était entr\u2019ouverte.Dans son trouble, pressé de s'éloigner, le baron avait oublié de la fermer ou plutôt l\u2019avait mal fermée, car il avait retiré la clef de la serrure.Je pénétrai dans la seconde grotte, et, comme je me trouvais dans une obscurité presque complète, je fis craquer une allumette, allumai un reste de rat-de-cave que j\u2019avais dans ma poche et regardai.Au bas d'une des pierres en saillie sur lesquelles on peut s\u2019asseoir et poser des objets, je vis un papier.M.de Prémorin la saisit d\u2019une main fébrile.Sur l\u2019enveloppe, il lut : Monsieur Le baron de Septème, Hôtel du Bon-Normand, à Mortagne.Le pli avait dû être porté à la ville par un exprès, car l\u2019enveloppe ne portait pas le timbre de la poste.M.de Prémorin sortit la lettre de l'enveloppe, la déplia et courut à la signature.\u2014 Ah ! Charlotte, comme je m\u2019y attendais ! murmura-t-il.Et sa physionomie, habituellement douce et calme, prit une expression farouche, presque féroce.Voici ce que disait la lettre : « Mon cher Alphonse, « Le moment est venu de me prouver que .tu m\u2019aimes.« Il n\u2019y a plus à hésiter, plus à attendre; je ne peux plus y tenir et il faut en finir.« Tous les jours, à chaque instant, ce sont de nouvelles et épouvantables scènes de jalousie.« Il me martyrise, cet homme ! « Il devient de plus en plus sombre; j\u2019ai peur qu'il ne perde tout à coup ce qui lui reste de raison et que, dans un accès de folie furieuse, il ne me tue ! « Mais je ne eux pas mourir, moi, je veux vivre pour toi, mon Alphonse bien-aimé.« Je te le dis encore une fois, je n\u2019y tiens plus; débarrasse-moi de mon tyran, comme tu me l\u2019as promis.RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Gabrielle de Saulieu, malgré la défense de sa mère, épouse Ernest de Mérulle.un joueur invétéré.Une fille naît de ce mariage.Ruiné, de Mérulle s\u2019en va vivre à Marseille sous le nom de Féraud.Là il rencontre de mauvais amis et se joint à une bande de contrebandiers.Soupçonné de trahison, on le jette à l\u2019eau, tandis que sa femme s\u2019enfuit, laissant sa fille à des amis.Depuis ces événements tragiques, vingt ans ont passé.Darasse et Paolo, autrefois contrebandiers et amis de Féraud, se retrouvent.La marquise de Saulieu espère toujours revoir sa petite fille .Je le ramassai.C\u2019était une lettre.\u2014 Une lettre ! répéta M.de Prémorin.\u2014 Elle était dans une eneloppe; sur cette enveloppe il y avait quelque chose d\u2019écrit, \u2014 une adresse probablement, \u2014 et sur la première et la deuxième page de la lettre, il y avait aussi de l\u2019écriture.,\u2014 Qui avait écrit cette lettre ?Que contenait-elle ?,\u2014 Je l'ignore, monsieur le marquis, je ne sais ni lire ni écrire.En la ramassant, je pensai tout de suite quelle s\u2019était échappée d'une des poches de l\u2019un des déguisements de M.de Septème.\u2014 Bourlot, qu\u2019avez-vous fait de cette lettre ?\u2014 Monsieur le marquis, je l'ai précieusement glissée dans ma poche.\u2014 Mais, depuis, qu\u2019est-elle devenue ?\u2014 Non moins précieusment, monsieur le marquis, je l\u2019ai conservée.\u2014 Vous avez cette lettre ! exclama M.de Prémorin le regard flamboyant.Le vieux braconnier tira de dessous son gilet un papier jaune et sale, qui était la moitié d'un ancien journal plié en huit.Au milieu des plis se trouvait la lettre ramassée dans la grotte; le temps avait seulement un peu jauni l'enveloppe.Le paysan tendit la missive à M.de Prémorin, en disant : \u2014 Cette lettre, monsieur le marquis, la voilà ! « N\u2019oublie aucune des choses qui ont été convenues entre nous et prends bien tes précautions; moi, de mon côté, j\u2019aurai tout préparé.« Libre, plus d'entraves !.Ah ! comme je vais t'aimer, comme nous allons nous aimer ! « Encore trois jours ! « Soyons prudents, mon Alphonse; détruis cette lettre comme les autres.« Dans quinze jours, je l\u2019espère, je serai à Cologne, où tu viendras me retrouver.« A toi mon amour, mon âme, ma vie ! « Charlotte » Pourquoi, malgré la recommandation de son amie, le baron de Septème n\u2019avait-il pas détruit une lettre aussi gravement compromettante ?Probablement afin de pouvoir prouver que Charlotte Letellier était sa complice, dans le cas où il aurait été poursuivi comme auteur de l\u2019assassinat du malheureux Sosthène de Prémorin.Après avoir lu, le marquis s\u2019était dressé de toute sa hauteur.Il avait les traits contractés, les lèvres frémissantes, l\u2019œil en feu; il était très pâle et tout son corps tremblait.Mais il était beau ainsi, beau et terrible comme l\u2019archange de la vengeance ! \u2014 Dieu du ciel ! s\u2019écria-t-il; enfin, elle a sonné l\u2019heure de ta justice ! .Mon fils, mon fils, je vais donc pouvoir te venger ! Il avait la poitrine haletante; il s\u2019arrêta pour respirer, puis il continua ;\tj _ Je n\u2019ai plus rien a apprendre, le reste m\u2019importe peu; maintenant, je peux terminer mon enquête .Cette fois, Charlotte Letellier, tu es dans mes mains, je te tiens, ah ! je te tiens bien, tu ne peux plus m'échapper .\u2022\u2022 Ah ! vipère, avec quelle joie je vais t\u2019écraser!\t_\t, L'ancien braconnier, qui s était levé aussi, contemplait M.de Prémorin avec une sorte d admiration mêlée de stupeur.\t, \u2014 Monsieur le marquis, dit-il, je vous ai livré mon terrible secret, ce secret qui m a causé tant de nuits d'insomnie; enfin, je me sens plus tranquille, il me semble que je suis réconcilié avec moi-même.Ah ! monsieur le marquis, la mort maintenant ne m'épouvante plus; elle peut me prendre quand elle voudra, je mourrai en paix.,\u2014 Que dites-vous ?répliqua M.de Prémorin; pourquoi parlez-vous de mourir ?-\u2014 Maintenant je n\u2019ai plus besoin de vivre.\u2014 Mais moi, je veux que vous viviez, Bourlot, car, avant peu de temps, j\u2019aurai besoin de vous.\u2014 Le reste de ma vie appartient à M.le marquis de Prémorin, dit le bonhomme en s\u2019inclinant.,\u2014 Bourlot, reprit le marquis, quels sont vos moyens d\u2019existence ?.\u2014 Je vis comme je peux; les gens du pays sont meilleurs pour moi que je ne l\u2019ai été pour les autres, ils me font l\u2019aumône.\u2014 Bourlot, vous n\u2019aurez plus à mendier.M.Biaisons, régisseur de La Pomelière, recevra mes ordres et vous ne manquerez plus de rien.\u2014 Monsieur le marquis, je ne veux pas.\u2014 Ah ! Et pourquoi ?\u2014 Monsieur le marquis, répondit tristement le vieux paysan, je ne suis pas venu vous trouver pour vous vendre mon secret; on m\u2019a payé pour garder le silence, je ne veux pas être payé pour avoir parlé ! \u2014 C\u2019est bien, Bourlot, voilà un sentiment délicat dont je vous tiens compte; mais vous accepterez ce qu\u2019il me plaît de faire pour vous, je le veux ! ,\u2014 Oh ! monsieur le marquis ! .\u2014 Ce matin, Bourlot, vous déjeunerez au château, et, dans une heure, nous nous rendrons ensemble sur les rochers de la grotte aux Loups.\u2014 Je suis à la disposition de monsieur le marquis.\u2014 Bourlot, vous me montrerez l\u2019endroit où a été jeté l\u2019uniforme de garde-chasse.\u2014 Oui, monsieur le marquis ! III Le frère et la soeur N lous laisserons le marquis de Pré-' morin agir secrètement et préparer sa vengeance pour revenir aux autres personnages de notre drame, aux membres de la famille Lionnet, à Paolo.Entre Geneviève et sa mère, la situation était toujours la même, et, malgré les bonnes et encourageantes paroles de M.Lionnet, qui lui répétait sans cesse : Prends patience ! la jeune fille sentait le courage l\u2019abandonner.Elle se demandait, en frémissant, jusqu\u2019où pourrait aller l\u2019hostilité de sa mère et comment elle pourrait se dérober à une lutte qui la brisait.Elle avait eu l\u2019espoir de se soustraire aux mauvais traitements de Mme Lionnet par son mariage avec Henri Merson; mais la mère du jeune architecte, barrière vivante, se dressait entre eux.Pourquoi voulait-elle 20 Le Samedi séparer deux cœurs qui s'aimaient, deux êtres qui semblaient avoir été créés l\u2019un pour l\u2019autre ?Mme Merson n\u2019avait pas fait connaître ses raisons; mais ce qu\u2019elle avait dit à Geneviève, elle devait l\u2019avoir répété à son fils, car le jeune homme était devenu extrêmement réservé vis-à-vis de Geneviève, et celle-ci s était aperçue avec douleur que les dispositions de Henri à son égard avaient subitement changé.C était un autre sujet de souffrance, et Geneviève souffrait de cela d\u2019autant plus cruellement qu\u2019elle devinait combien Henri souffrait aussi.\u2014 Il m\u2019aime encore, se disait-elle en soupirant, mais il finira par m\u2019oublier, car sa mère lui a défendu de m'aimer.Mme Lionnet, malgré tout ce qui était contre elle, n\u2019avait pas renoncé à donner Mlle Cécile de Prémorin pour femme à son fils.Elle était de ces femmes obstinées qui ne s'arrêtent devant rien, s\u2019insurgent contre l\u2019autorité de leur mari, ne veulent jamais reconnaître leurs torts et se renferment dans l\u2019absolutisme de leur volonté.Elle avait revu plusieurs fois les dames de Prémorin, et les relations entre ces trois femmes, si bien faites pour s\u2019entendre, étaient à Paris, comme elles l'avaient été à Nice, tout à fait intimes.Mme Lionnet avait revu le baron de Verboise chez la comtesse, et avait paru enchantée qu\u2019il fût du nombre des amis de sa meilleure amie.Gracieusement, elle lui avait dit : \u2014 Monsieur le baron, je suis chez moi tous les samedis; ce serait pour moi un grand plaisir et un grand honneur de vous recevoir dans mon modeste salon.Le baron s'était incliné cérémonieusement, avait remercié avec courtoisie et n'avait eu garde de ne pas profiter de l\u2019invitation.Mme Lionnet aurait bien voulu recevoir aussi Mme la comtesse et sa fille ; mais cela ne se pouvait pas, jusqu\u2019à nouvel ordre, du moins; il y avait les convenances.Une mère ne conduit pas ainsi sa fille chez les parents du jeune homme qu\u2019on désire lui faire épouser.D\u2019ailleurs, Mme la comtesse n\u2019ignorait pas dans quelles dispositions d'esprit se trouvait M.Lionnet, et elle était tenue à garder une sage et prudente réserve afin de ne rien compromettre.\u2022 Un matin, assise devant son piano, Geneviève avait commencé l'exécution d\u2019un motif de la Reine de Chypre.Tout à coup, ses doigts restèrent immobiles sur le clavier.\u2014 Je ne peux pas, je ne peux plus, murmurait-elle, c\u2019est comme si je n'avais plus le sentiment de la musique.Un long soupir s\u2019échappa de sa poitrine, et elle se mit à pleurer.A ce moment, elle pensait à Mme Merson et à Henri.,\u2014 Mon Dieu, mon Dieu ! gémit-elle, est-ce donc pour souffrir ainsi toute ma vie que j'ai été mise au monde ?Ah ! si je pouvais mourir ! Au bout d'un instant, elle se calma, essuya ses yeux et se mit à feuilleter machinalement quelques morceaux de musique nouvelle que son frère lui avait apportés la veille.Ses yeux s'arrêtèrent sur une romance dont la lithographie représentait un portrait de jeune fille.Geneviève reconnut Cécile de Prémorin Du reste, elle ne pouvait pas se tromper, la romance étant dédiée à la fille de la comtesse.Geneviève eut un frisson et jeta la feuille sur le parquet avec une impression de dégoût.Au même instant, Albert entra en fredonnant un air en vogue; il ra- massa la romance et examina le portrait.\u2014 C\u2019est bien elle, dit-il.\u2014 Oui, fit Geneviève, car je l'ai facilement reconnue; mais comme tu regardes cette image ! Albert, la re-gretterais-tu ?\u2014 Ma foi, non.Vois-tu, Geneviève, Mlle Cécile de Prémorin m\u2019est trop supérieure; c\u2019est toujours fâcheux pour un homme de se voir sans cesse éclipsé par sa femme.\u2014 C\u2019est là la seule raison ?Le visage du jeune homme s\u2019assombrit.\u2022\u2014 Tu sais bien qu'il y en a d\u2019autres, répondit-il en balbutiant.Geneviève le regarda fixement, les yeux dans les yeux.\u2014 Albert, reprit-elle tristement, tu penses toujours à cette démoiselle.Il devint très rouge.¦\u2014 Ainsi, continua Geneviève, tes sentiments honnêtes, révoltés un instant contre l\u2019odieuse dissimulation de Mlle de Prémorin, ont déjà capitulé?\u2014 Voyons, petite soeur, n\u2019exagérons rien: il faut bien accepter le monde tel qu\u2019il est.Mlle de Prémorin n\u2019a peut-être pas des manières irréprochables, cela tient à son caractère indépendant.Assurément, Geneviève, elle n\u2019est pas parfaite comme toi; mais, si elle a des défauts, elle a aussi des qualités, je t\u2019assure; dans le fond, c\u2019est une bonne fille.Geneviève hocha la tête.\u2014 Albert, est-ce que tu l'as revue ?demanda-t-elle, \u2014 Oui.\u2022\u2014Tu es allé chez elle ?\u2014 Non, je l\u2019ai rencontrée dans le monde.Elle est venue à moi gracieusement, gentiment, et m'a tendu la main en me disant qu'elle ne m\u2019en voulait pas de m'être tenu éloigné d\u2019elle, et que, si ma mère et la sienne renonçaient à leurs projets, ce n\u2019était pas un motif pour que nous ne fussions pas bons amis.\u2014 T\u2019a-t-elle engagé à aller chez sa mère ?\u2014 Oui.\u2014 Qu\u2019as-tu répondu ?\u2014 Que j\u2019irais; mais je n\u2019ai pas encore tenu ma promesse.-\u2014 Ah ! Albert, mon pauvre Albert ! tu seras toujours aussi étourdi, aussi irréfléchi.Prends garde, prends garde à ta faiblesse ! On veut t\u2019attirer de nouveau, essayer sur toi d'autres moyens de séduction; tu t\u2019es échappé, on veut te reprendre ! J'ai peur de ces femmes, mon frère; en elles tout m\u2019est suspect.Dans ton intérêt, Albert, je t\u2019en supplie, ne va pas chez Mme de Prémorin.\u2022\u2014 C'est bien, Geneviève, dit-il.je t\u2019écouterai.\u2014 Oui, n\u2019est-ce pas, Albert.Mais, vois-tu, je te connais, et, malgré ta réponse, je tremble pour toi.\u2014 Sois donc tranquille, répliqua-t-il en essayant de rire, je suis assez grand maintenant pour savoir me défendre.Tiens, parlons d'autre chose : J\u2019ai aussi rencontré dans le monde une personne qui s\u2019intéresse vivement à toi.\u2014 Quelle est cette personne ?\u2014 Devine.\u2014 Tu sais bien que je n'ai jamais rien compris aux énigmes.\u2014 Alors, petite sœur, pour ne pas te faire chercher, je nomme la personne : c'est le baron de Verboise.-Ah ! \u2014 C\u2019est un galant homme, franc et loyal.\u2014 Je le crois, mon frère.\u2014 M.de Verboise m'a longuement parlé de toi; veux-tu que je te répète tout ce qu\u2019il m\u2019a dit ?.\u2014 C'est inutile, répondit Geneviève en rougissant.-\u2014 Laisse-moi au moins te dire qu'il m'a fait ton éloge avec une chaleur, un enthousiasme .\u2014 Albert, interrompit la jeune fille, tu sais que je ne suis pas sensible aux choses flatteuses qu'on peut dire de moi.\u2014 Je sais cela, petite sœur, mais tu as tort.Ecoute, si tu le voulais, et pour cela tu n\u2019aurais qu\u2019un mot à dire, tu serais bientôt baronne de Verboise.La jeune fille avait probablement deviné déjà les intentions du baron, car elle répondit tranquillement : .\u2014 Je ne suis pas ambitieuse, mon frère; fille d\u2019un bourgeois, d\u2019un marchand, je serais désolée et honteuse d\u2019avoir des visées au-dessus de ma condition.M.de Verboise a le bon esprit de ne pas se prévaloir de son titre de noblesse, mais il n\u2019en est pas moins noble; de plus, il est riche, très recherché dans le monde parisien et aura, quand il le voudra, une très haute situation.Ce n'est pas Geneviève Lionnet qui pourra jamais être sa femme.\u2014 Pourtant, ma soeur, si tu l\u2019aimais ?\u2014 Si je l'aimais, Albert, je ne sais pas si je parlerais autrement que je viens de le faire, mais je ne l\u2019aime pas.-\u2014 Geneviève, l\u2019amour vient sans qu'on s\u2019en doute; rien ne prouve que tu n\u2019aimeras pas un jour, bientôt, le baron de Verboise.\u2014 Jamais 1 répondit la jeune fille d'un ton bref.\u2014 Tant pis, ma sœur.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Parce qu\u2019il t\u2019aime, lui ! La jeune fille parut contrariée et répliqua : \u2014 Je n\u2019en suis nullement convaincue.Dans tous les cas, s\u2019il désire se marier, il trouvera facilement une jeune fille de son monde disposée à devenir baronne.Elle resta un moment silencieuse et reprit : \u2014 Albert, est-ce que M.de Verboise est devenu ton ami ?\u2014 Mon ami intime.\u2022\u2014 Comme tu te lies vite, mon cher frère; je ne te le cache pas, tes nouvelles relations m\u2019effrayent.Je reconnais les belles qualités de M.de Verboise; toutefois je crains que, dans sa société et celle de ses amis, tu ne contractes des goûts de plaisirs et de dépenses.\u2014 Comme tu juges mal le baron; mais il est la simplicité même; il se plaint souvent d\u2019être obligé d\u2019aller dans le monde, de fréquenter de hauts personnages; il préfère à toutes ses grandes relations, dit-il, l\u2019intimité du salon de ma mère.Enfin, petite sœur, il ne cesse de me donner de bons conseils.\u2022\u2014 Et les suis-tu ses conseils ?\u2014 Dame, autant que je peux.Que veux-tu ?je n'ai pas ta sagesse.Mais, vois-tu, si fou que je sois, je ne le suis pas assez pour ne point me préoccuper de ton avenir, de ton bonheur.Geneviève, c'est très sérieux ce que je viens de te dire : M.de Verboise t\u2019aime .\u2014 Assez, Albert, assez ! \u2014 Petite sœur, avoue-moi que tu penses toujours à Henri Merson.Une fois encore le rouge monta au front de la jeune fille.\u2014 Albert, dit-elle, je t\u2019ai déjà prié de ne pas revenir sur cette question.\u2014 Il faut bien que j\u2019y revienne, puisque tu t\u2019obstines à aimer un homme qui, par sa conduite présente, prouve qu\u2019il ne t'a jamais aimée.\u2014 Albert, tais-toi ! \u2014 Pourquoi me tairais-je ?Est-ce que tu crois que je suis content de la façon dont M.Henri Merson agit envers ma sœur ?En vérité, on croirait que nous ne le valons pas ! Il a du talent, soit; mais à qui le doit-il, son talent .A qui doit-il d\u2019être quelque chose aujourd'hui ?A notre père.Ce monsieur est un ingrat, voila tout, et je ne me gênerai pas pour lui dire tout ce que je pense de lui à la première occasion.\u2014 Albert, je te défends de dire une parole désagréable à M.Merson \u2014 Mais ce qui m\u2019anime plus fortement encore contre lui, c\u2019est que tu le soutiens ! Je ne comprends pas cela, non, je ne le comprends pas ! Ah ! les femmes ont pour certains hommes des indulgences singulières 1 Comment, voilà un monsieur qui après avoir été pour toi feu et flammes, est devenu tout à coup de glace\u2019 On ne le voit presque plus.Tiens, l\u2019autre jour, en ta présence je l'observais; eh bien, il avait 1 air d\u2019un homme qui songe à son propre enterrement.Hier, je l\u2019ai rencontré; s\u2019il avait pu m'éviter, il l\u2019aurait fait.Il était em barrassé, ne trouvait rien à me dire Toutefois, il ne put se dispenser de me demander de tes nouvelles mais ton nom paraissait sortir avec effort d\u2019entre ses lèvres.\u2014 Pauvre Henri ! pensa Gene viève.De douloureuses réflexions enva hissaient son cerveau.\u2014 Petite sœur, reprit le jeune homme adoucissant le timbre de sa voix je te fais de la peine, je le vois bien pardonne-moi ! Ce n\u2019est pas ma faute si j'ai de ces indignations.Mais ce dont tu peux être sûre bien sûre, c\u2019est que je t\u2019aime, ma sœur chérie.Tu souffres, je le sais, depuis longtemps.Ah ! si je pouvais tout changer !.Sache-le bien, Geneviève, ma bonne sœur, le plus grand désir de ton frère est de te voir heureuse.\u2014 Je le sais, Albert; va, je connais ton cœur .Cependant, quand tu juges certaines choses, fais bien attention à ne pas te laisser tromper par les apparences.Et puis, je t\u2019en conjure, ne manque jamais de prudence : apprends à garder tes secrets et surtout ceux des autres.En faisant cette recommandation à son frère, Geneviève pensait à la comtesse et à sa fille dont elle redoutait l\u2019adresse insinuante.\u2014 Albert, reprit-elle, notre mère doit trouver que tu restes bien longtemps avec moi; ne t\u2019expose pas à être grondé, va la rejoindre.Le jeune homme mit un baiser sur la joue de sa sœur et la laissa.Restée seule, Geneviève s\u2019absorba dans une profonde rêverie.Pourquoi le baron de Verboise songeait-il à l\u2019épouser ?Elle trouvait cela singulier; toutefois la chose ne faisait naître en elle aucune émotion.Elle aimait Henri Merson et sen tait bien qu\u2019elle n\u2019en aimerait jamais un autre.Et Geneviève, comme beaucoup de jeunes filles, quoi qu\u2019on en dise, ne comprenait pas le mariage sans l\u2019amour.Sans doute, elle conservait toujours au fond de son cœur le souvenir du service que le baron de Verboise lui avait rendu, croyait-elle, et elle aurait cru manquer aux devoirs de la reconnaissance en se permettant un doute sur la loyauté de ses intentions.Mais la reconnaissance n\u2019est pas l'amour, et Geneviève ne pouvait avoir pour le baron que de la reconnaissance.Elle avait parfaitement compris que son frère s\u2019était fait, auprès d elle, l\u2019interprète du baron; mais elle 3 FÉVRIER 1940 21 ignorait jusqu'à quel point celui-ci s était déjà rendu maître de l\u2019esprit d'Albert.Heureusement, car elle aurait été assaillie de nouvelles terreurs.Le baron avait bien vite connu les côtés vulnérables du caractère facile du jeune Lionnet, et il lui avait procuré une variété de distractions et de plaisirs.Le jeune homme ne mentait pas quand il parlait des excellents conseils que lui donnait le baron; seulement il ne voyait pas que ce guide complaisant le conseillait toujours de manière à être sûr que ses conseils ne seraient pas suivis.Le baron agissait comme celui qui conduirait un nageur novice au milieu d\u2019un courant dangereux et l'engagerait à être circonspect.Quand le jeune Lionnet eut goûté à la coupe des jouissances, il sentit en lui le désir de la vider tout entière.A l\u2019insu de son père, de sa sœur et même de sa mère, le jeune imprudent se lançait au milieu des écueils périlleux, et le baron, tout en s\u2019attribuant le mérite de chercher à l\u2019arrêter, le poussait sur la pente fatale.Que voulait-il ?Probablement livrer un jour le jeune homme pieds et poings liés à la comtesse de Prémorin et à sa fille.IV La demande en mariage Le soir même, Albert s\u2019était empressé de rapporter à son ami, le baron de Verboise, la conversation qu'il avait eue à son sujet avec Geneviève.Il ajouta : \u2014 Ma sœur reconnaît hautement votre mérite, elle apprécie vos belles qualités, vous lui êtes, en un mot, très sympathique; mais, voyez-vous, tant qu\u2019elle pensera à Henri Merson, vous devez renoncer à l\u2019espoir de vous faire aimer.\u2014 Nous verrons, répondit le ba- Et quand Albert l'eut quitté ; \u2014 Oh ! cet architecte ! murmura-t-il en grinçant des dents.Son regard eut un éclair sinistre.\u2014 Comprend-on les femmes ?reprit-il; comme s\u2019il sentait qu'il me gêne, comme s\u2019il avait le pressentiment de ce qui l\u2019attend.Henri Merson s\u2019éloigne de Geneviève, semble renoncer à ses projets, et, malgré son inexplicable conduite, Geneviève ne cesse pas un instant de penser à lui et veut toujours l\u2019aimer ! Mais nous verrons, nous verrons ! Pensif, il continua : \u2014 Je voudrais bien savoir pourquoi l\u2019architecte est devenu si froid avec Geneviève; un obstacle se serait-il dressé entre elle et lui ?Il y a là un mystère qu\u2019il faudra découvrir.En attendant, je dois, sans tarder, présenter ma demande en mariage; je ne trouverai jamais un moment plus favorable.Le lendemain matin, à dix heures, le baron de Verboise arrivait pédes-trement au faubourg Saint-Antoine.Le vieux commissionnaire qui, comme nous 1 avons dit, avait cru devoir retarder son voyage à Marseille, était, ce jour-là, à sa place habituelle.Il vit passer le baron et le suivit des yeux jusqu\u2019à la porte de la maison Lionnet.\u2014 Hum, hum, grommela le père Anselme, il vient bien souvent chez M.Lionnet, celui-là.Il faudra que je sache qui vous attire dans cette maison et quel rôle vous y voulez jouer, M.Etienne Eris, rue Saint-Denis, M.le baron de Verboise, rue Lavoisier, M.l'assassin, à Nogent-sur-Marne.Ces paroles du commissionnaire nous disent qu'il avait un jour suivi l\u2019Italien et découvert ainsi qu'il demeurait rue Lavoisier, où il se faisait appeler baron de Verboise.Le père Anselme voulait savoir ce qui attirait le baron chez M.Lionnet; mais il ne manquait pas de perspicacité, il avait du flair et se doutait bien un peu déjà de la vérité.Un domestique pria M.le baron de vouloir bien attendre un instant, alla prévenir Mme Lionnet, qui acheva vite de se pomponner et s\u2019empressa de se rendre dans le petit salon où l\u2019on avait introduit le visiteur.\u2014 Quelle surprise, monsieur le baron, quelle agréable surprise ! s\u2019écria-t-elle toute joyeuse.\u2014 L\u2019accueil que vous me faites, madame, répondit-il, me prouve que je n\u2019arrive pas comme un importun.\u2014 Par exemple ! se récria la dame.\u2014 Toutefois, madame, je vous prie de me pardonner ma hardiesse; je ne me présente pas, je le sais, à une heure convenable, et ce n\u2019est pas, aujourd\u2019hui samedi, votre jour.\u2014 Monsieur le baron, répliqua-t-elle en minaudant, je reçois mes amis tous les jours.Il sourit, s\u2019inclina et s\u2019assit sur le siège que lui indiquait Mme Lionnet.\u2022\u2014 Madame, dit-il, vous avez déjà deviné, sans doute, que la visite que j\u2019ai l\u2019honneur de vous faire ce matin a un but.-\u2014 En effet, monsieur le baron, j\u2019ai compris cela quand on est venu m\u2019annoncer votre arrivée.-\u2014 Jusqu'à présent, madame, depuis que j\u2019ai eu l\u2019honneur de vous être présenté, vous m\u2019avez toujours traité en ami, et j'ai pensé que c était à vous, une amie, que je devais d\u2019abord parler de mes espérances.\u2014 Continuez, monsieur le baron, je vous écoute.\u2014 Je suis encouragé par vos bontés pour moi, madame, et, je ne vous le cache point, j\u2019ai l'espoir que vous me serez favorable.Mme Lionnet eut un mouvement brusque et son front s'assombrit.\u2014 Madame, comme toujours, je n\u2019ai pas l'habitude de m'égarer dans de longs préambules; avec votre permission, j'arrive droit au but : je n\u2019ai pu rester insensible à la beauté, aux qualités brillantes, incomparables, de Mlle Geneviève, votre fille; je l\u2019aime, madame.\u2014 Vous aimez Geneviève ! \u2014 Je l\u2019aime ardemment, madame, autant qu\u2019il est possible à un homme d'aimer une jeune fille adorable; je l\u2019aime de toute la puissance de mon cœur, qui lui appartient tout entier ! Mme Lionnet s\u2019agita sur son siège avec malaise et grimaça un sourire, \u2014 Voilà de l\u2019enthousiasme ou je ne m\u2019y connais pas, dit-elle avec aigreur.\u2014 L'enthousiasme est provoqué par l\u2019admiration, répliqua le baron; vous ne pouvez m'en vouloir des sentiments que mademoiselle votre fille m\u2019a inspirés.\u2014 Non, sans doute; mais je m\u2019étonne que monsieur le baron de Verboise, qui est un personnage considérable, qui est reçu dans tous les salons de la finance et de la haute aristocratie, dont partout on recherche l\u2019amitié, qui connaît, dans le grand monde qu\u2019il fréquente, tant de jeunes filles charmantes, ait jeté les yeux sur Geneviève Lionnet, la fille d\u2019un simple bourgeois.¦\u2014 J\u2019estime, madame, qu\u2019un bourgeois vaut un gentilhomme et que monsieur et madame Lionnet ont leur noblesse et leur grandeur comme un comte et une comtesse, un marquis et une marquise ! \u2014 Vous connaissez l\u2019art de la Batterie, monsieur le baron.Le thé à son meilleur \"SALADa \" SPENCER TRACEY LE PETIT MAGAZINE LE PLUS POPULAIRE LE FILM Son roman d'amour complet.Ses renseignements inédits sur le cinéma français et américain.Les articles de ses célèbres correspondantes, Mme Louise Gilbert-Sauvage et Mlle Juliette Cabana .Ses photos d'acteurs et d'actrices, nombreuses et soignées .EN FEVRIER L'HOMME, LA FEMME ET LE CHATON par ALEK PLUNIAN 10 CENTS \u2014 52 PAGES \u2014 50 PHOTOS En vente le premier samedi du mois.- Coupon d'abonnement POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée.975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.Cl-inclus le montant d\u2019un abonnement au grand magazine de cinéma Le Film $1.00 pour 1 an ou $1.50 pour deux ans.Nom .Adresse ______________________________________________ Ville_________________________________________Prov.~ 22 Le Samedi DEMANDEZ les CUBES B-O-V-R-l-L Ils donnent un étonnant piquant, arôme, couleur, force et une saveur de viande riche aux soupes, sauces et à tous les plats de viande.39-50F SAUCE AU FUDGE Sauce au Fudge lisse, crémeuse \u2014 Chaude ou froide \u2014chaque fois.Pas de Battage Préparé par \u201cTHE \u2018JUNKET\u2019 FOLKS\u201d Chr.Hansen\u2019s Laboratory, Toronto, Ont.Les FAUSSES DENTS ne peuvent causer d\u2019embarras Ceux qui portent des dentiers se sont parfois trouvés dans des situations ridicules, parce que leur dentier glissait ou s\u2019échappait au moment critique.Ne risquez pas d\u2019avoir ces ennuis.Saupoudrez tout simplement sur vos dentiers un peu de FASTEETH, poudre alcaline (non-acide).Cette poudre tient fermement les dentiers, qui sont ainsi plus confortables.Aucun goût aigre.Empêche l\u2019haleine \u201c des fausses dents \u201d.Procurez-vous FASTEETH dans n\u2019importe quelle pharmacie.Coupon d'abonnemem La Revue Populaire Cl-lnclus $1.50 pour 1 an ou $2.00 pour 2 ans (Etats-Unis '\t$1.75 pour 1 an ou $2.50 pour deux ans) d\u2019abonnement à LA BEVUE POPULAIRE Nom Adresse- Ville- ________ Proc.POIRIER.BESSETTE * CIE.Lt«e-976.rue de Bullion.Montreal, Oanad \u2014 Il n'y a pas de flatterie dans mes paroles, madame; quand un homme s\u2019élève par le travail, le courage, l\u2019intelligence et arrive à une haute situation, que ce soit dans les lettres, les arts, les sciences, la magistrature, la diplomatie, la finance, l\u2019armée, le commerce ou dans l'industrie, comme M.Lionnet, cet homme, madame, doit être admiré, honoré, il a droit à tous les hommages ! Il importe peu qu\u2019il n\u2019ait pas un grand nom, il s\u2019est donné lui-même ses titres de noblesse.Enfin, madame, quand il s\u2019agit pour un homme, qu\u2019il soit noble ou bourgeois, de choisir la compagne qu'il veut associer à son existence, quand il s'agit de son bonheur, il ne doit consulter que son cœur.Si, parmi tant de jeunes fille charmantes que je connais, j\u2019ai jeté les yeux sur Mlle Lionnet, c\u2019est qu\u2019aucune des autres n'a su attirer mes regards.L\u2019amour ne se commande pas, madame; j\u2019aime Mlle Geneviève parce que c\u2019est elle que je devais aimer, et si, aujourd\u2019hui, j'ai l\u2019honneur de demander sa main, c\u2019est que je suis sûr de trouver, le bonheur près d'elle comme j\u2019ai la conviction de la rendre heureuse.Mme Lionnet essaya un nouveau sourire.Prête à suffoquer, elle resta un instant sans répondre.Elle était très irritée, et sa colère était d'autant plus grande qu\u2019elle était forcée de se contenir.Quoi, Geneviève, cette fille qu\u2019elle détestait, était aimée, aimée par un baron ! Et, devant elle, on faisait son éloge, on parlait de l\u2019admiration qu\u2019elle inspirait, de sa beauté, de ses qualités brillantes, et M.de Verboise disait qu\u2019aucune autre jeune fille ne pouvait être comparée à Geneviève ! Oh ! c\u2019en était trop ! Nous pouvons supposer que si Mme Lionnet eût su ce qu'était réellement le baron de Verboise, c\u2019eût été une joie haineuse que lui aurait fait éprouver la demande dont Geneviève était l\u2019objet.\u2014 Monsieur le baron, dit-elle enfin, s\u2019efforçant d'être calme, assurément, nous ne pouvons qu\u2019être flattés, Geneviève, mon mari et moi, d'une démarche qui nous honore; mais, voyons, avez-vous suffisamment réfléchi ?\u2022\u2014 Oui, madame, toutes mes réflexions sont faites.D'ailleurs, dès le jour où j\u2019ai reconnu que j'aimais Mlle Geneviève Lionnet, j\u2019ai pris la résolution de demander sa main.\u2014 Ainsi, c\u2019est bien sérieux ?\u2014 On ne peut plus sérieux, madame.\u2014 Monsieur le baron, vous voulez épouser Geneviève ?.\u2014 Le jour où je lui donnerai mon nom sera le plus heureux de ma vie, interrompit-il, \u2014 Veuillez m'écouter, monsieur le baron, et laissez-moi vous parler en amie sincère.Vous voulez épouser Geneviève; eh bien, vous avez tort, et je vous engage à renoncer à votre projet.\u2014 A votre tour, madame, vous m\u2019étonnez.\u2014 Geneviève n'est pas la femme qu'il vous faut, monsieur de Verboise.\u2014 Vous oubliez que je l\u2019aime ! Mme Lionnet eut un mouvement d humeur qu'elle ne parvint pas à disimuler.\u2014 Je vous le répète, monsieur le baron, répliqua-t-elle, Geneviève ne vous convient pas.\u2014 Pourquoi, madame ?\u2014 D\u2019abord parce qu'elle est la fille de M.Lionnet, un commerçant, ensuite parce que c'est une personne simple, d un caractère sombre, taciturne, sauvage, ayant des goûts sin- guliers, une sorte de misanthrope qui ne possède aucune de ces qualités essentielles et exceptionnelles qui font la femme du monde.\u2014 Mon Dieu, madame, riposta le baron avec une grande gravité, ce sont ces imperfections, ces défauts que vous signalez qui font d\u2019autant plus valoir les admirables qualités que j\u2019ai découvertes en Mlle Lionnet; et, puisqu\u2019il faut vous le dire, ce sont précisément ces imperfections, ces défauts, ce manque de qualités qui font la femme du monde, qui m'ont fait aimer Mlle Geneviève et m\u2019ont décidé à faire la demande de sa main.Mme Lionnet se mordit les lèvres et répondit : \u2014 En ce cas, monsieur le baron, et, sur ce point, je n'ai plus rien à dire.Toutefois, je dois vous prévenir que plusieurs obstacles vont se dresser devant vous.\u2014 Ah !.et c\u2019est toujours en amie que vous me prévenez ?\u2014 Certainement, \u2014 Alors, je demanderai à Mme Lionnet, mon amie, de m\u2019aider à les briser, ces obstacles.\u2014 Cela, monsieur le baron, je ne puis vous le promettre, malgré tout le désir que j\u2019aurais à vous être agréable.\u2014 Est-ce me dire que vous me sêrez hostile, que mon amie me traitera en ennemi ?\u2014 Non, certes ! \u2014 Alors vous vous réservez de garder la neutralité ?\u2014 Monsieur le baron, dit-elle, évitant de répondre à la question, vous pensez peut-être que Geneviève aura une grosse dot ?\u2014 Madame, répliqua-t-il d'un ton vif et avec une certaine hauteur, de toute autre personne, les paroles que vous venez de prononcer seraient injurieuses pour moi, mais l\u2019amitié, \u2014¦ il appuya sur le mot, \u2014 a des privilèges que je veux respecter; je ne me sens donc ni offensé ni même formalisé, et je vous réponds, en toute sincérité, que je suis venu vous trouver plein de confiance pour vous ouvrir mon cœur et vous parler de mes espérances, sans avoir seulement songé à la question d'argent.Mme Lionnet se mordit encore les lèvres.Elle sentait qu\u2019elle n'était pas de force à lutter avec avantage contre son adversaire.\u2014 Monsieur le baron, dit-elle, je vous ai parlé de cela, pensant qu il était bon que vous fussiez instruit; sachez donc, monsieur le baron, que, pour des raisons qu\u2019il ne m\u2019est pas permis de vous faire connaître, Geneviève, en se mariant, n\u2019aura pas un sou de dot.\u2014 Est-ce possible, madame ?\u2014 Je vous dis la vérité.\u2014 Eh bien, vous me voyez enchanté ! Epouser une fille sans dot a toujours été mon rêve ! Mlle Geneviève aura ainsi la preuve que mon affection est absolument désintéressée, que je l\u2019aime pour elle-même, et l\u2019on ne pourra pas dire dans le monde, où tant de choses sont mises en suspicion, que j\u2019ai épousé Mlle Lionnet pour sa dot et à cause de la fortune de son père.Mme Lionnet était complètement ahurie.Décidément, ce baron de Verboise était invulnérable.\u2014 Eh bien, madame, reprit-il, sont-ce là les fameux obstacles dont vous me parliez tout à l'heure ?\u2014 Je croyais que c\u2019en était un, monsieur le baron.\u2014 Vous voyez que vous vous étiez trompée; peut-être vous trompez-vous également sur l\u2019importance des autres obstacles qui vont se dresser devant moi.Plaît-il à Mme Lionnet de me les faire connaître, ces obstacles ?\u2014 L'un d\u2019eux, monsieur le baron, est que nous ne sommes nullement décidés à marier Geneviève.\u2014 Vous prendrez cette décision, madame, et l\u2019obstacle, si l\u2019on peut appeler cela un obstacle, n'existera plus.\u2014 Monsieur le baron, nous sommes fermement résolus à marier notre fils avant sa sœur.Le baron eut un sourire qui contenait suffisamment d\u2019ironie pour être irrespectueux.\u2014 Tout à l\u2019heure, madame, répliqua-t-il, quand je vous ai avoué mon amour pour Mlle Geneviève et fait connaître mes intentions, vous avez paru douter que je parlasse sérieusement.Permettez-moi de vous demander aussi si ce que vous venez de dire est bien sérieux ?\u2014 Mais, monsieur le baron .\u2014 Non, n'est-ce pas ?ce n\u2019est point sérieux, ça ne peut pas l'être ! Votre fils, mon jeune ami Albert, n a pas encore vingt ans; voyons, franchement, madame Lionnet, est-ce qu on marie un jeune homme à cet âge n .\u2014 Pourquoi non, monsieur ?\u2014 Votre fils n'est encore qu\u2019un jeune garçon et, en général, on ne se marie pas avant d'être un homme fait, c'est-à-dire après être arrivé à l\u2019âge de vingt-quatre ou vingt-cinq ans.Remarquez que je ne cherche pas à contrarier vos idées; s\u2019il vous plaît de marier immédiatement votre fils, je n\u2019ai rien à y voir; c\u2019est son affaire et la vôtre.Mais que vous fassiez dépendre le mariage de mademoiselle votre fille de celui de son frère, voilà ce que je ne puis admettre; vous ne pouvez pas avoir une pareille prétention, madame, car la raison et le simple bon sens vous condamneraient.Mlle Lionnet est dans sa vingt-deuxième année, si je ne me trompe, et a déjà passé quelque peu l\u2019âge d\u2019être mariée.Voyez-vous Mlle Geneviève devenir vieille fille parce qu\u2019il conviendrait à M.Albert Lionnet de ne se marier qu\u2019à trente ou trente-cinq ans, et que Mme Lionnet se serait mis en tête de ne marier sa fille qu\u2019après son fils ?Eh bien, non madame, non, cela est impossible.Mais autant vaudrait dire tout de suite que vous avez condamné mademoiselle votre fille au célibat ! Mme Lionnet se sentait écrasée par la logique implacable du baron.Celui -ci ajouta ; \u2014 Encore un obstacle facile à renverser, madame; la raison le détruit.Le terrain manquait sous les pieds de la femme du négociant et elle perdait contenance.Allait-elle se déclarer vaincue ?Quoi, elle aurait l\u2019humiliation de voir Geneviève baronne! Oh ! non, jamais ! Elle ne se doutait guère, la terrible Mme Lionnet, qu\u2019elle défendait la douce créature qu'elle aurait voulu voir au fond d\u2019un abîme.Soudain, elle se redressa.\u2014 Décidément, monsieur le baron, dit-elle, vous ne voulez pas me comprendre.\u2014 Je vous assure, madame, que je vous comprendrais très bien si vous me compreniez vous-même.\u2014 Je vous ai dit que vous ne deviez pas songer à épouser Geneviève.\u2014 Et j\u2019ai eu l'honneur de vous répondre que j\u2019aimais Mlle Lionnet, et que le jour où je lui donnerais mon nom serait le plus heureux de ma vie.\u2014 Monsieur le baron, vous me forcez à vous dire, au risque de blesser votre amour-propre, des choses que je voulais taire.\u2014 Dites, madame, dites, je vous en prie.\u2014 Eh bien, monsieur le baron, vous devez renoncer à votre projet 3 FÉVRIER 1940 23 d\u2019épouser Geneviève parce qu elle ne vous aime pas et ne peut pas vous aimer.\u2014 Voulez-vous être assez bonne, madame, pour me dire pourquoi Mlle Geneviève ne peut pas m'aimer ?\u2014 Elle ne peut pas vous aimer, monsieur le baron, parce que la place que vous voudriez avoir dans son cœur est occupée par un autre.\u2014 Cette fois, madame, répliqua le baron toujours très calme, voilà un argument dont il y a lieu de tenir compte; car il n\u2019est pas sans valeur.\u2014 Enfin, vous comprenez ! s\u2019écria Mme Lionnet.\u2014 Je comprends, madame, que je dois travailler à prendre dans le cœur de Mlle Geneviève la place qui est actuellement occupée par un autre.\u2014 Vous ne réussirez pas.\u2014 Permettez-moi de penser autrement que vous.\u2014 Geneviève n'épousera qu\u2019un homme qu\u2019elle aimera.\u2014 C'est ainsi que je l'entends \u2014 Elle est absolument libre de sa destinée, monsieur le baron, et, ni mon mari, ni moi n\u2019essayerons de l\u2019influencer en rien.\u2014 J\u2019en suis convaincu, madame, et c\u2019est pour cela que je garde tout entier mon espoir de me faire aimer.Mme Lionnet secoua la tête.\u2014 Je n\u2019ignore pas, reprit le baron, que Mlle Geneviève a aimé et aime encore M.Henri Merson.et que M.Lionnet, \u2014 il me l'a dit lui-même, -\u2014 n'était pas opposé à ce mariage.Si la situation n\u2019avait pas changé, vous n\u2019auriez pas eu ma visite ce matin, madame, et j\u2019aurais gardé le silence; mais M.Henri Merson s'éloigne, se retire pour une cause quelconque, qu'il m'importe peu de connaître; moi.madame, je me présente.Il me suffit pour le moment, d\u2019avoir demandé la main de Mlle Geneviève, le reste me regarde.Toutefois, cela va sans dire, je compte que ni vous ni M.Lionnet ne me serez hostiles, et que vous laisserez mademoiselle votre fille entièrement libre.Mme Lionnet allait répondre quand un bruit de pas se fit entendre.\u2014 C\u2019est mon mari, dit-elle.\u2014 Presque aussitôt, en effet, M.Lionnet entra.\u2014 Monsieur de Verboise, dit-il au baron, qui s'était levé pour saluer, je viens d\u2019être instruit de votre visite, et je me suis empressé de venir vous serrer la main.Après les compliments d\u2019usage, Mme Lionnet prit la parole.\u2014 Mon ami.dit-elle, s\u2019adressant à son mari, il faut que je te fasse connaître l\u2019objet de la visite de M.le baron; ah ! tu vas être surpris comme je l'ai été moi-même.M.le baron de Verboise aime Geneviève; il est venu m\u2019entretenir de ses espérances et il demande notre fille en mariage.Le regard étonné du négociant interrogea le baron.\u2014 Oui, monsieur, répondit celui-ci.\u2014 Amélie, est-ce que tu n\u2019as pas dit à M.de Verboise ?.\u2014 J\u2019ai dit tout ce que je pouvais dire; je n\u2019ai pas voulu laisser ignorer à M.le baron que le cœur Geneviève n'était plus libre.\u2014 M.de Verboise.reprit M.Lionnet, l\u2019honneur que vous nous faites est grand, inappréciable; mais je ne puis encourager votre espoir; je vous le dis avec ma franchise habituelle, connaissant bien ma fille, vous devez renoncer à votre projet.Geneviève aime, et l'amour qui est dans son cœur n'en sortira pas.Du reste, je ne vous ai pas caché que j\u2019avais approuvé son choix, et que je la verrais avec joie épouser M.Henri Merson.\u2014 Monsieur, répondit le baron, j\u2019ai eu l'honneur de dire à Mme Lionnet que je me bornais, pour le moment, à demander la main de Mlle Gene- viève, et que je travaillerais à me faire aimer.Si je me suis décidé à faire une démarche que les sentiments de mon cœur m\u2019imposaient, c\u2019est que M.Henri Merson semble avoir renoncé à épouser Mlle Geneviève Lionnet.Depuis quelque temps, ce jeune homme s'éloigne de votre maison et agit comme s\u2019il tenait à vous dégager de votre promesse.M.Lionnet sourit et répondit ; \u2014 Seulement, moi, monsieur le baron, je ne m'en dégage point.M.Henri Merson et sa mère obéissent, j\u2019en ai la conviction, à certains scrupules.M.Henri Merson aime toujours Geneviève, et je ne peux pas lui en vouloir de sa conduite, qui est dictée par un noble sentiment de délicatesse.Ma fille et M.Henri Merson se rapprocheront, monsieur de Verboise, soyez-en sûr; du reste, je saurai faire taire les scrupules de la mère et du fils.Le baron était devenu très pâle; un rapide éclair sillonna son regard.\u2014 Assurément, monsieur, répliqua-t-il, je ne peux trouver mauvais qu\u2019ayant pris un engagement vous vouliez le tenir; je pense, cependant, que si, pour une cause quelconque, le mariage que vous désirez ne pouvait avoir lieu, il ne me serait pas défendu d'espérer.\u2014 Certainement, monsieur le baron, et à cette condition, bien entendu, que vous seriez encouragé par ma fille.\u2014 Je me contente de cette bonne parole, monsieur; je n'ai donc pas à renoncer à tout espoir.Sur ces mots, qu\u2019il avait prononcés d\u2019une voix très émue, le baron salua respectueusement la femme et le mari, et se retira.Quand il fut dans la rue, il releva fièrement la tête.Sa physionomie exprimait la froide résolution d'un homme qui veut, coûte que coûte, arriver au but qu\u2019il s\u2019est proposé d'atteindre.\u2014 Ah ! ah ! monsieur Henri Merson, se disait-il, avant que vous n'épousiez Geneviève, il passera de l'eau sous les ponts.Ah ! ah ! vous vous trouvez en travers de mon chemin .Prenez garde, monsieur Henri Merson, vous jouez un jeu dangereux ! Quand il passa devant le commissionnaire, son regard farouche avait une expression si terrible que le vieillard ne put s\u2019empêcher de murmurer ; \u2014 Ah ! çà, est-ce qu\u2019il aurait un autre Darasse à assassiner ?V Cécile de prémorin I e lecteur connaît parfaitement, *- maintenant, la comtesse de Prémorin.Elle était, \u2014 et plus odieuse encore, \u2014 l'aventurière de la belle comédie d\u2019Emile Augier, et ressemblait, sous bien des rapports, à cet autre type de femme si finement étudié par Alexandre Dumas fils dans le Demi-Monde.Les uns regardent ces sortes de femmes du monde avec un œil d\u2019envie, mais les autres, ceux qui ne se laissent pas éblouir par les apparences, redoutent leur contact La comtesse de Prémorin avait un grand train de maison; elle donnait des dîners, des soirées où la conversation était sans gêne et la gaieté bruyante.On y voyait figurer des fonctionnaires, des hommes de la finance, des écrivains, des artistes; le nombre de ceux qui se succédaient dans son salon était considérable.On s\u2019y amusait beaucoup, et les personnes qui aiment le plaisir affranchi de contrainte recherchaient les invitations de la comtesse.Toutefois, il arrivait que des observateurs clairvoyants, moins aveuglés que Mme Lionnet, ne retournaient plus chez la dame, après une première apparition dans ses salons.Ils n\u2019avaient pas de peine à s\u2019apercevoir que la société y était singulièrement mêlée et sans cesse renouvelée, qu\u2019il y régnait un ton qui n\u2019était pas précisément celui de la bonne compagnie.La maîtresse de la maison dirigeait la conversation avec une habileté calculée; elle déployait une adresse étonnante quand elle cherchait à capter le confiance des gens par les flatteries hyperboliques ou par les manèges d\u2019une coquetterie savante et expérimentée.Suivant le caractère de chacun, elle variait avec une souplesse extrême les moyens à l'aide desquels elle obtenait des confidences.Les visiteurs avisés concluaient de ces remarques et de beaucoup d\u2019autres encore, que cette maison était suspecte et qu\u2019il était prudent d'en éviter les pièges.Toutefois, ces personnes circonspectes ne formaient que le petit nombre, et la plupart de ceux qui étaient admis chez la comtesse ne tarissaient pas en éloges sur les charmes de son hospitalité.Comme beaucoup de femmes dont la jeunesse a été remplie de nombreuses aventures, la comtesse aurait été bien aise de voir sa fille éviter ses propres écarts et de lui procurer un établissement honorable qui la détournât définitivement des sentiers bourbeux qu\u2019elle avait suivis.Mais ce n\u2019était pas impunément que Cécile avait respiré l'atmosphère impure de la maison maternelle.Dès son plus jeune âge, elle avait été en contact avec le vice, elle avait eu sous les yeux des spectacles démoralisants, elle avait entendu des paroles qui avaient éveillé en elle une curiosité malsaine.Son intelligence s\u2019était bien vite abandonnée aux suggestions vicieuses de bonne heure elle s'était habituée à envisager les vilains côtés de la vie, qu'il est toujours dangereux d\u2019entrevoir trop tôt.Sa jeune imagination, surexcitée par un déplorable entourage, où la vertu était considérée comme un préjugé, avait été trompée par une expérience prématurée.Les hôtes de la comtesse avaient été souvent étonnés de remarques et de reparties qui prouvaient que la mauvaise éducation de Cécile avait porté ses fruits.Chose triste à dire, hommes et femmes s\u2019en étaient amusés et avaient applaudi comme s\u2019il se fût agi d\u2019un rôle appris par l\u2019enfant et qu'elie était appelée à jouer plus tard.A quinze ans, Cécile avait déjà l\u2019âme dépravée, et les instincts pervers, qui lui venaient du sang de sa mère, s\u2019étaient développés dans des proportions monstrueuses.Le pli était pris depuis longtemps lorsqu\u2019elle s\u2019était trouvée en relations avec Albert Lionnet à Trouville d\u2019abord, et ensuite à Nice.Certes, il lui avait fallu de grands efforts pour contraindre sa nature, se conformer aux instructions de sa mère et jouer la comédie dont le jeune Lionnet aurait certainement été victime s'il n\u2019avait pas eu pour le retenir, Geneviève, son ange gardien.Nous avons vu comment, au moment même où Cécile et sa mère se croyaient près d\u2019atteindre le but, la sœur avait brusquement déchiré le voile et démontré à son frère que Mlle de Prémorin était de celles qu\u2019un homme honnête et qui se respecte n\u2019épouse pas.Aussi Cécile n\u2019avait-elle pas pardonné à Geneviève de l\u2019avoir démasquée; et sa haine était d\u2019autant plus grande que, pour complaire au baron SI VOTRE TOUX PERSISTE\u201d Soulagez votre gorge enflammée de la nouvelle maniéré Beech-Nut IIP Pour le prompt soulagement des toux et de l\u2019enrouement persistants comptez sur les Pastilles de Menthol Beech-Nut Contre la Toux.Fraîches et soulageantes, elles humectent les membranes enflammées, bannissent la sécheresse etl\u2019irritation.Les Pastilles de Menthol Beech Nut Contre le Rhume soulagent la toux sûrement et rapidement\u2014elles soulagent la douleur cuisante de la gorge.Vous aimerez le format commode du paquet qui fait dans la poche ou le sac à main.La prochaine fois que vous tousserez, essayez la nouvelle méthode moderne et agréable Beech-Nut de contrôle de la toux.Essayez aussi les Pastilles Noires Beech-Nut contre la Toux pour le contrôle rapide de la toux Sirop Bee Hive Employez cet adoucissant qui se J digère Ë facilement si»r 20 verges d'étoffes à robes $2,98 40 verges, $5.79.Cèpe rugueux, luxueux; 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elle n\u2019attendait que l\u2019occasion.Sa haine contre Geneviève était encore alimentée par la jalousie.Il lui était arrivé de se permettre, devant le baron, quelques critiques mordantes à l\u2019adresse de la petite bourgeoise du faubourg Saint-Antoine.Aussitôt le baron avait pris la défense de Geneviève avec une ardeur dont elle avait immédiatement tiré ses conclusions.Elle s\u2019était dit que.si M.de Verboise vantait ainsi la beauté et la vertu de la fille du négociant; que, s\u2019il exaltait ses qualités, modestes peut-être, mais solides; que, s\u2019il ne prononçait son nom qu\u2019avec l\u2019accent d'un profond respect, c\u2019était évidemment qu\u2019il s\u2019était épris d\u2019une belle passion pour elle.Ce n\u2019était pas qu'elle prétendit à l\u2019amour du baron; mais elle ne pouvait pas admettre que cet homme si brillant, qui n\u2019avait qu\u2019à faire son choix dans le monde de la finance ou de la noblesse, donnât la préférence à la fille de M.Lionnet qui n\u2019était à ses yeux, en définitive, qu\u2019un boutiquier.Albert, à son insu et sans le vouloir, avait encore jeté de l\u2019huile sur ce foyer de haine que Cécile entretenait.Depuis que le jeune homme avait rompu avec ses habitudes régulières d'autrefois, il rencontrait Cécile de temps en temps dans les maisons où il était reçu, grâce à son nouvel ami.le baron de Verboise, Avec son étourderie habituelle, il se laissait entraîner à parler de sa scêur, à en faire l\u2019éloge enthousiaste, et, chaque fois, la haineuse Cécile en éprouvait un surcroît de colère contre Geneviève.Un soir, pendant une absence de M.Lionnet, que ses affaires avaient appelé pour quelques jours en province, une amie de Mme Lionnet lui offrit deux places dans une loge dont elle disposait au Théâtre-Français.Mme Lionnet était souffrante, un violent mal de tête; Albert pressa sa sœur de l\u2019accompagner.C\u2019était une sortie pour Geneviève, une de ces distractions agréables dont elle était bien souvent privée; et quelle bonne fortune aussi de pouvoir passer toute une soirée avec son frère ! Elle consentit.Elle ne faisait pas d'ailleurs un grand sacrifice; on jouait ce soir-là une pièce à succès, le Monde où l\u2019on s'ennuie, qu\u2019elle ne connaissait pas encore et qu\u2019elle désirait voir.La comtesse de Prémorin et sa fille étaient aussi à la Comédie-Française et se trouvaient dans une loge presque en face de celle où Albert et sa sœur avaient pris place.La mère et la fille étaient en compagnie d'un homme déjà mûr dans lequel il était facile de reconnaître un viveur.Pendant le premier entr'acte, Cécile remarqua que, dans la salle, beaucoup de spectateurs se montraient Geneviève et manifestaient leur admiration pour cette belle jeune fille toute rayonnante de grâce dans sa tenue modeste et pleine de distinction.Elle s'aperçut aussi que plusieurs hommes, évidemment des amis de M.Lionnet, personnages importants qu'elle connaissait, allèrent saluer Geneviève dans sa loge avec déférence et respect.Cet hommage rendu publiquement à son ennemie l'exaspéra.Oh ! cette Geneviève ! Comme elle aurait voulu la faire descendre du piédestal où on la plaçait, la réduire à figurer parmi les femmes que l\u2019on salue d\u2019un geste cavalier et auxquelles on parle, comme si on avait le droit de leur tout dire ! A un moment, son regard se croisa avec celui d\u2019Albert.Le jeune homme, obéissait à un sentiment instinctif de respect pour sa sœur, feignit de ne pas la voir et détourna la tête.Elle se mordit les lèvres de dépit et de colère.Se comparant à Geneviève, elle fut amenée à faire un retour sur elle-même, et la comparaison provoqua chez elle un nouveau mouvement de colère et de rage.Au deuxième entr\u2019acte, ayant vu Albert sortir de la loge, elle se fit accompagner jusqu\u2019au foyer par le vieux beau qui servait de cavalier à elle et à sa mère.Elle espérait y rencontrer le jeune Lionnet.Albert s\u2019y trouvait, en effet, et il ne put se dispenser de la saluer.Mais il paraissait contrarié, gêné, et il se hâta de la quitter.Cela disait clairement qu'il rougissait de la connaître et ne tenait pas à ce qu\u2019on le vit causer avec elle.Ses yeux, pleins de lueurs sombres, le suivirent jusqu'à ce qu\u2019il fût sorti du foyer.A ce moment elle éprouvait presque autant de haine contre le frère que contre la sœur.En la ramenant à sa loge, son compagnon remarqua son agitation, son air sombre.\u2014 Qu\u2019avez-vous donc ?lui demanda-t-il.Au lieu de répondre à cette question, elle en adressa une autre.\u2014 Du Quillo, en quittant M.Albert Lionnet, vous lui avez dit : \u2014 «Au revoir ! » \u2014 Où devez-vous vous le voir ?Elle haussa les épaules.\u2014 Au fait, reprit-elle, vous avez raison et j\u2019approuve votre discrétion; mais je n\u2019ai pas besoin que vous me le disiez, je suis sûre que vous allez souper chez Mme Derbelon, rue Pi-galle.\u2014 On ne peut rien vous cacher, ma toute belle.\u2014 Vous connaissez tous les habitués de cette honnête maison ?\u2014 Quelque peu.\u2014 Vous êtes trop modeste.Mais passons !.Ne m\u2019avez-vous pas dit que si je vous adressais une prière, elle serait immédiatement exaucée ?\u2014 J\u2019ai pris cet engagement, et je le renouvelle.\u2014 Du Quillo, je vous prends au mot.\u2014 Eh bien ?\u2014 J ai une vengeance à exercer.\u2014 Diable ! \u2014 Et il faut que vous m'aidiez.\u2014 Oh ! oh ! \u2014 Un jour, du Guillo, vous vous êtes vengé cruellement d\u2019une femme qui s\u2019était jouée de vous, et votre vengeance, m\u2019avez-vous dit.vous a fait éprouver un immense plaisir ?\u2014 Arrivez au fait; de quoi s\u2019agit- \u2014 De celui qui vient de nous quitter.\u2014\tAlbert Lionnet7 \u2014\tOui.\u2014 Vous avez à vous venger de cet adolescent ?\u2014 Je vous l\u2019ai dit.\u2014 Mais, ma charmante, c\u2019est un étourneau sans conséquence.\u2014 Ceux qui m\u2019ont blessée ne sont jamais sans conséquence.Le vieux viveur essaya des objections.Elle l'arrêta en lui disant d'un ton sec : ,\u2014 J\u2019ai votre promesse, je le veux ! \u2014 Eh bien, parlez ! Que voulez-vous de moi ?Elle allait lui répondre, mais les trois coups frappés sur la scène annoncèrent le lever du rideau.A l\u2019entr\u2019acte suivant.Cécile causa longuement, à voix basse, avec M du Quillo.Il l\u2019écouta ayant un sourire stéréotypé sur les lèvres.Mais quel sourire ! Celui d\u2019un satyre ou celui de Méphistophélès après la chute de Marguerite.Quand elle eut fini, il répondit : \u2014 Soit, ma charmante, votre programme sera rempli de point en point Le spectacle terminé, Albert reconduisit sa sœur au faubourg Saint-Antoine, lui souhaita le bonsoir et une bonne nuit et feignit de rentrer dans sa chambre.Mais, ainsi qu\u2019il lui arrivait souvent, il se glissa à pas de loup dans l\u2019escalier de service, gagna la rue et se jeta dans le premier fiacre qu'il rencontra.\u2014 Rue Pigalle, dit-il au cocher, et double pourboire si vous marchez bien.Il était près d'une heure quand il arriva chez Mme Derbelon.qui tenait officiellement une table d'hôte, mais, en réalité, offrait une hospitalité nocturne à des joueurs.Toutes les nuits, il y avait chez elle nombreuse société, composée d\u2019hommes de différents âges, les uns vétérans de la corruption parisienne, les autres assez novices encore pour qu on exploitât leur inexpérience, et des femmes du demi et du quart de monde, jeunes et jolies pour la plupart.Les hôtes privilégiés de Mme Derbelon venaient de se mettre à table pour souper, lorsque le jeune Lionnet arriva.M.du Quillo lui avait réservé sa place, et il se trouva à la droite d\u2019une femme qui, quoique ayant atteint les limites de la jeunesse, était encore fort belle.Plusieurs fois déjà Albert lui avait fait sa cour; mais, jusqu\u2019alors, ses avances avaient été froidement accueillies.Cette nuit-là, au contraire, la belle coquette fut avec Albert d\u2019une amabilité on ne peut plus encourageante; ses regards et ses paroles étaient d\u2019accord pour aiguillonner les espérances du jeune fou et lui faire entrevoir^ la perspective d\u2019une conquête qu\u2019on n\u2019ambitionnait pas toujours avec succès.Elle ne manquait pas d\u2019esprit et n\u2019eut pas de peine à tenir Albert sous le charme de ses reparties et de son sourire.Content de lui-même, plus satisfait encore de sa charmante voisine, Albert ne s\u2019apercevait pas qu\u2019elle remplissait incessamment son verre d\u2019un vin capiteux.A la fin du repas il était sous l\u2019influence d une double griserie, c\u2019est-à-dire dans les meilleures conditions pour commettre toutes les folies.Quand la dame s enveloppa dans son manteau pour s'en aller, le jeune homme s\u2019enhardit jusqu\u2019à lui proposer de l\u2019accompagner.L\u2019offre était attendue, aussi fut-elle vite acceptée Quelques instants après, une voiture emportait le couple loin de la rue Pigalle.Trois jours s\u2019écoulèrent sans qu\u2019Al-bert reparût dans la maison de son pere, sans qu il eût fait savoir où 11 était et ce qui le retenait. 3 FÉVRIER 1940 25 VI Le pièce K Monsieur Lionnet était encore ab-*''' sent.Mme Lionnet était dans une anxiété mortelle et faisait retomber sur Geneviève le poids de son humeur massacrante.Jamais la jeune fille n\u2019avait eu à supporter pareille avalanche de reproches sans fondement et d\u2019aigres récriminations.Mme Lionnet la traitait de menteuse quand elle lui affirmait que son frère était rentré avec elle du spectacle.Il fallait que la mère d\u2019Albert s\u2019en prit à quelqu\u2019un de sa douleur.Heureusement que Geneviève avait depuis longtemps fait l\u2019apprentissage de la patience; elle acceptait tout sans se plaindre.D\u2019ailleurs qu\u2019étaient ces blessures en comparaison des craintes dont elle était saisie à la pensée qu'un malheur pouvait être arrivé à son frère ?Son imagination enfantait les plus sombres hypothèses.On avait instruit le commissaire de police de la disparition aussi étrange qu'inexplicable d\u2019Albert et des recherches pour savoir ce qu\u2019il était devenu avaient été commencées.Plusieurs fois Mme Lionnet eut la pensée d\u2019écrire au baron de Verboise pour le prier de lui venir en aide; mais pouvait-elle demander un service quelconque à cet homme qui voulait épouser Geneviève, en faire une baronne ?Non, car elle ne voulait rien devoir au baron afin de pouvoir, le cas échéant, mettre tout en oeuvre pour s'opposer au mariage.Dès le deuxième jour, les ouvriers de la maison avaient appris la disparition de leur jeune patron, et le père Anselme n\u2019avait pas tardé à être aussi instruit de l\u2019événement.\u2014 Qu'est-ce que cela veut dire ?se demanda-t-il.Et il se mit à réfléchir.Le baron de Verboise était-il pour quelque chose dans cette affaire ?Cela n\u2019avait rien d\u2019impossible.Mais pourquoi le baron aurait-il fait disparaître le jeune Lionnet pour un temps plus ou moins long ?Car le commissionnaire ne voulait pas supposer que l\u2019assassin de Darasse eût aussi intérêt à se débarrasser du frère de Geneviève.Il avait beau chercher, il ne trouvait pas le motif qui aurait pu faire agir le baron.Quand il eut bien réfléchi et parcouru lentement le vaste champ des hypothèses, il finit par se dire qu\u2019il ne comprenait absolument rien à la chose.Or, le troisième jour, vers deux heures de l\u2019après-midi, une voiture de place s\u2019arrêta dans le faubourg, juste en face du commissionnaire, et une femme d\u2019un certain âge.assez bien mise, d'une apparence respectable, mit pied à terre.\u2014 Vous allez m\u2019attendre ici, dit-elle au cocher.Puis, s\u2019approchant du commissionnaire : \u2014 Monsieur, lui demanda-t-elle, pouvez-vous m\u2019indiquer la maison de M.Lionnet, le fabricant de meubles ?\u2014 Vous n'en êtes pas bien loin, répondit le père Anselme.La maison de M.Lionnet est celle que vous voyez un peu plus haut, en face, avec une porte cochère.\u2014 Je vois, merci, monsieur.Ah ! dites-moi, la maison a-t-elle un concierge ?La question parut singulière au père Anselme, qui, son attention étant éveillée, se mit à considérer attentivement la dame.\u2014 Oui, madame, répondit-il, la maison a un concierge, bien que M.Lionnet, qui en est le propriétaire, l\u2019habite seul avec sa famille.Mais si c'est M.Lionnet que vous désirez voir, je puis vous dire qu\u2019il est en ce moment absent de Paris, et qu'il ne reviendra que dans deux ou trois jours.\u2014 Non, ce n\u2019est pas M.Lionnet que je désire voir.Je vous remercie bien de votre obligeance, monsieur.Et la femme s\u2019éloigna.Le commissionnaire qui, déjà, suspectait les intentions de la vieille, la suivit des yeux jusque sous le porche de la maison.Pensif, il grommela entre ses dents: \u2014 Quelque chose me dit que la visite de cette femme n\u2019cst pas sans rapport avec la disparition du frère de Mlle Geneviève.Hum, hum, il faut ouvrir l\u2019œil et le bon ! Le cocher était descendu de son siège, soufflait dans ses doigts et battait la semelle sur le trottoir pour se réchauffer.\u2014 Hé.l\u2019ami, lui dit le père Anselme, il ne fait pas chaud tout de même \u2014 Un froid de loup, c\u2019est cette gueuse de bise qui vous fouette le visage de la belle manière.\u2014 Votre cheval n\u2019a pas froid, lui; on voit que vous venez de loin.\u2014 Du fond de Passy, rue Pargon, et je vais y retourner; en voilà une course ! Heureusement que je suis à l\u2019heure.\u2014 Tiens, tiens, fit le commissionnaire, vous venez de la rue Pargon ?J\u2019ai justement un vieil ami à moi qui demeure dans cette rue.au No 12; c'est peut-être dans la même maison que vous avez pris la bourgeoise qui vient de causer avec moi.\u2014 Non, ma cliente demeure au No 3.\u2014 Ah ! au numéro 3.\u2014 En allant voir votre ami vous avez dû remarquer la maison, cour devant, jardin derrière, joli aspect, plusieurs pavillons isolés, \u2014 En effet, je me rappelle .\u2014- Nous autres cochers nous la connaissons bien, cette maison, car elle nous fait travailler, surtout la nuit.\u2014 Ah ! on y donne des soirées ?\u2014 Ce n\u2019est pas tout à fait ça; on y conduit des messieurs et des dames qu\u2019on y laisse.\u2014 Je comprends, c'est une maison meublée.\u2014 Oui, un peu; mais vous n'y êtes pas encore, mon vieux.\u2014 Diable, mais qu\u2019est-ce donc que cette maison ?Le cocher eut un sourire singulier et répondit en clignant de l\u2019œil : \u2022\u2014 Cette maison, mon brave, cette maison .Voyons, comment dirais-je bien ?Cette maison est une maison galante.Le père Anselme tressaillit.\u2014 Ah ! c\u2019est très bien, fit-il; seulement vous ne m\u2019avez rien appris, car je ne comprends pas.Le cocher toisa le commissionnaire, lui tourna le dos en haussant dédaigneusement les épaules et se remit à battre la semelle et à souffler dans ses doigts.Le père Anselme se disait : \u2014 Me voilà un peu rassuré sur le sort du frère de Mlle Geneviève; le jeune homme est captif dans les jardins d\u2019Armide, et l'on ne veut lui rendre sa liberté que contre rançon.La cliente du cocher était entrée dans la loge de la concierge de M.Lionnet.\u2014 Madame, lui dit-elle, il faut que je voie immédiatement Mlle Geneviève Lionnet; j\u2019ai une importante communication à lui faire.\u2014 Très bien, madame, répondit la concierge, veuillez monter au premier étage.\u2014 Je monterais volontiers; mais il est nécessaire que Mme Lionnet n\u2019ait point connaissance de ma visite.La concierge avait l\u2019habitude de la discrétion.Sans adresser aucune question à la visiteuse, elle tira le cordon d\u2019une sonnette placée dans l\u2019antichambre des appartements des maîtres.Presque aussitôt un domestique descendit dans la loge.La concierge lui ayant dit pourquoi elle l\u2019avait appelé, il remonta très vite, et au bout de quelques instants, Geneviève parut.Toujours discrète, la concierge passa dans une autre pièce, laissant la jeune fille et la visiteuse seules dans la loge.\u2014 Vous êtes bien mademoiselle Lionnet ?demanda celle-ci.\u2014 Oui, madame.\u2014 Eh bien, mademoiselle, je viens vous trouver de la part de votre frère.\u2014 Vous savez où il est ?Oh ! madame, dites-le-moi.\u2014 Mademoiselle, je viens vous chercher; je suis chargée de vous conduire auprès de votre frère.Il lui est arrivé un accident qui ne lui permet pas d\u2019écrire; il m\u2019a remis son portefeuille, que voici, pour vous prouver que je viens bien de sa part.Geneviève n\u2019eut qu\u2019à jeter les yeux sur le portefeuille pour reconnaître que c\u2019était bien celui de son frère.\u2014 Madame, reprit-elle toute tremblante, est-ce qu\u2019il est en danger ?\u2014 Il l\u2019a été; mais je crois que l\u2019on peut être rassuré maintenant.Dès qu\u2019il a pu parler, ses premières paroles ont été pour vous.Venez, mademoiselle, venez vite, votre frère a hâte de vous voir.\u2014 Oui, je vais vous accompagner, mais, auparavant, permettez-moi d'aller mettre mon manteau, mon chapeau et d\u2019avertir ma mère.\u2014 Vous pouvez aller mettre votre manteau et votre chapeau, mademoiselle, mais ne dites rien à votre mère, il faut que vous me suiviez sans qu elle le sache.\u2014 Mais, madame .\u2014 Voilà les instructions que j\u2019ai reçues, mademoiselle; si vous ne croyez pas devoir vous y conformer, il ne me reste plus qu\u2019à m\u2019en retourner seule.Geneviève, qui avait eu un instant de défiance, n'hésita plus.\u2014 C\u2019est bien, madame, dit-elle, j\u2019obéis à l\u2019ordre de mon frère; ac-cordez-moi deux minutes et je suis à vous.La messagère n\u2019attendit pas longtemps.Geneviève reparut.\u2014 Partons, madame, dit-elle, partons vite.Quand le commissionnaire vit la femme sortir de la maison, en compagnie de Geneviève, il éprouva une commotion violente.\u2014 Hein ! fit-il, qu\u2019est-ce que cela signifie ?La messagère et la jeune fille arrivèrent près de la voiture, dont le cocher s\u2019empressa d'ouvrir la portière.Comme il en avait l'habitude, chaque fois qu\u2019elle passait devant lui, le père Anselme salua respectueusement Geneviève, qui répondit par un gracieux mouvement de tête.\u2014 Ah çà ! est-ce que Mlle Geneviève va accompagner cette femme ?se demanda le vieillard.A la question qu'il se posait, ces paroles de la messagère répondirent : \u2014 Veuillez monter, mademoiselle.\u2014 Par exemple, murmura le père Anselme, en voilà d\u2019une autre ! Il fut sur le point de s\u2019écrier : \u2014 Mademoiselle, ne montez pas dans cette voiture, n'écoutez pas cette femme ! Mais il se contint en se disant qu\u2019il n avait pas le droit d\u2019intervenir et que, d\u2019ailleurs, Mlle Lionnet devait bien savoir ce qu\u2019elle faisait.La jeune fille prit place dans le coupé et la femme s\u2019y installa auprès r edwardsb^ 8 W Faites usage de Crown Brand tous les jours.C\u2019est le meil leur producteur d'énergie au Canada\u2014recommandé par les athlètes et les i entraîneurs.\tà Une merveilleuse bro- Æ chure \u201cComment de- ^ venir une étoile de ^ hockey\u201d, écrite par T.\u2019 P.(Tommy) Gorman.Adressez vos étiquettes: The Canada Starch Co.Limited, Département l.Q-B.P.129, Montréal.THE CANADA STARCH COMPANY LIMITED \u201cMES NERFS\u201d DISAIT-ELLE Plus d\u2019intérêt \u2014 plus! d\u2019amies\u2014elle ne sortait! jamais plus- toujours! trop fatiguée.Elle at-ï tribuait cela à ses nertsl \u2014mais c\u2019était ses reins, I les filtres de son sang] qui exigeaient de soins.Délai voulait I dire danger.Elle prit |_ de suite des Pilules Dodd pour les Reins.Il en résulta que ses reins fonctionnèrent mieux et débarrassèrent son sang des impuretés et de l\u2019excès d\u2019acides.Fatique, mal de tête, mal de dos, tout disparut 117F Pilules Dodd pour le Rein Coupon d\u2019abonnement LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d\u2019abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Nom ______________________________ 4dresse\t- Ville _____________\u2014.Prov.______ POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée.975, rue de Bullion, Montréal, Canada. 26 Le Samedi LA BEAUTE PHYSIQUE C'EST LA JOIE DE VIVRE \u2022 Etes-vous déprimée?Nerveuse?Sans énergie ?Délaissée ?La vie n\u2019a-t-elle pour vous que des désagréments?Souffrez-vous de maigreur ?De vertiges ?De migraines ?et votre teint a-t-il perdu sa fraîcheur ?C\u2019est alors que vous avez le sang trop lourd, chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifié cause de pénibles désordres dans votre organisme.Faites alors votre cure de désintoxication naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux TRAITEMENT SANO \u201cA\u201d élimineront tous ces poisons.De jour en jour vos chairs se développeront et redeviendront plus fermes, votre teint s\u2019éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cinq sous pour échantillon de notre produit Sano «A».\u2022 CORRESPONDANCE STRICTEMENT CONFIDENTIELLE HEURES DE BUREAU Le samedi, de 9 heures à 6 heures LES PRODUITS SANO ENRG 5920 Avenue Durocher Casier Postal 2134 (Place d\u2019Armesi Montréal, P.Q.Ecrivez lisiblement ci-dessous Votre nom .Votre adresse Coupon d\u2019abonnement LE FILM Cl-Inclus le montant d\u2019un abonnement,au grand magazine de cinéma LE FILM, $1.00 pour 1 an ou $1.50 pour 2 ans.Nom Adresse Ville- Prov.- POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée.975, rue de Bullion, Montréal, P.Q., Canada.d\u2019elle pendant que le cocher remontait prestement sur son siège.Il se redressa brusquement au bruit que fit la voiture en roulant sur le pavé.Il se frappa la poitrine, puis le front; il devint très pâle, ses traits se contractèrent et son regard eut un jet de flamme.Une horrible pensée venait de jaillir de son cerveau; il la jeta dans cette exclamation ; -\u2014 Mon Dieu ! si elle allait tomber dans un piège ! Il put voir encore le fiacre qui disparut presque aussitôt.Le cheval n\u2019était pas un excellent coureur, cependant, il ne tarda pas à traverser la place de la Bastille; il suivit ensuite la rue de Rivoli, monta l\u2019avenue des Champs-Elysées, puis, plus rapidement, descendit sur Passy et Auteuil, par l\u2019avenue d\u2019Eylau et le boulevard Suchet.Geneviève n\u2019avait pas fait seulement attention à l\u2019itinéraire que suivait la voiture.Sa pensée était uniquement occupée de son frère.Elle songeait seulement qu\u2019on était bien longtemps à arriver, et la longueur du chemin irritait son impatience.Enfin, le fiacre s\u2019arrêta dans une rue nouvellement ouverte et où beaucoup d\u2019espaces vagues attendent encore des constructions.Line grille s\u2019ouvrit, Geneviève et sa compagne traversèrent une cour plantée d\u2019arbres verts, puis entrèrent dans une maison n\u2019ayant que deux étages au-dessus du rez-de-chaussée.La femme conduisit la jeune fille au premier étage, dans une pièce meublée avec un certain luxe.\u2014 Mademoiselle, dit la messagère, veuillez vous asseoir et attendre un instant; je vais prévenir votre frère de votre arrivée, puis je viendrai vous prendre pour vous conduire auprès de lui.Sur ces mots, la femme ouvrit une porte et disparut.Geneviève était dans une anxiété terrible; les minutes s\u2019écoulaient pour elle avec une lenteur désespérante.Cependant un quart d\u2019heure, puis une demi-heure s\u2019écoulèrent sans qu\u2019on vint la chercher, sans qu\u2019elle eût entendu le moindre bruit autour d\u2019elle.Alors, elle éprouva une première impression d\u2019effroi; puis, peu à peu, elle sentit la peur s\u2019emparer d\u2019elle, et elle se demanda, en frissonnant, si on ne l\u2019avait pas attirée dans un guet-apens.Elle se dressa effarée, et courut à une porte qu\u2019elle essaya d\u2019ouvrir.Impossible.Elle bondit vers une autre porte, celle par laquelle la femme était sortie; impossible aussi de l\u2019ouvrir.Il fallait se rendre à l\u2019évidence, on l\u2019avait enfermée, elle était prisonnière.\u2014 Oh ! fit-elle d\u2019une voix rauque.Et elle se mit à trembler.\u2014 Ah ! la fenêtre ! la fenêtre ! s\u2019écria-t-elle.Mais vainement elle tenta de trouver une issue de ce côté: ses efforts échouèrent sur la fenêtre comme sur les portes.Elle écarta les rideaux et put voir un assez grand jardin au milieu duquel s\u2019élevaient quatre ou cinq petites habitations construites en forme de chalet.Mais elle eut beau plonger ses regards dans les allées, partout, le jardin était désert.\u2014 Mais où suis-je donc, mon Dieu ?où suis-je donc ?se demanda-t-elle éperdue.La pauvre Geneviève comprenait trop tard qu\u2019on avait abusé de sa crédulité.On l\u2019avait entraînée dans un piège.Mais pourquoi ?Que lui voulait-on ?Elle voulut crier, appeler à son secours, la voix lui manqua.Appeler à son secours ! A quoi bon 1 D\u2019où le secours pouvait-il lui venir ?D\u2019une voix presque éteinte elle murmura : .\u2014 Mon Dieu, mon Dieu, ayez pitié de moi, protégez-moi ! Ce n\u2019était qu'à Dieu, en effet, qu\u2019elle pouvait s\u2019adresser.En proie à une mortelle épouvante, sentant ses jambes fléchir sous le poids de son corps, elle se laissa tomber sur un siège.Soudain une porte s\u2019ouvrit et livra passage à un homme d\u2019une trentaine d\u2019années; il avait les yeux brillants, la bouche souriante et son allure, en harmonie avec l\u2019expression de son visage, était celle d\u2019un fat.Geneviève n\u2019avait jamais vu cet homme.Elle poussa un cri, se leva d\u2019un bond et se recula pâle, livide.Maintenant elle ne tremblait plus : en face d\u2019un danger qu\u2019elle pressentait, elle sentait la force lui revenir.\u2022\u2014 Ma belle enfant, lui dit le jeune homme d\u2019un ton dégagé, en s\u2019avançant vers elle et en cherchant à lui prendre la main, ne vous effrayez point et ne soyez pas aussi farouche; vous devez voir en moi un ami, et j\u2019espère bien que nous allons facilement nous entendre.\u2014 Monsieur, est-ce que vous venez me délivrer ?lui demanda-t-elle en le regardant avec ses grands yeux effarés et pleins d\u2019anxiété.\u2014 Vous délivrer ?fit-il, je ne comprends pas !.Allons, ma mignonne, parlons sérieusement ; sachez d\u2019abord que je vous connais.\u2014 Vous me connaissez ?\u2014 Te vous ai vue souvent.\u2014 Mais moi, monsieur, je ne vous connais pas; vous dites que vous m\u2019avez vue souvent ?Où m\u2019avez-vous vue, monsieur ?\u2014 Où vous avez l\u2019habitude d\u2019aller, au théâtre, aux courses, dans certaines réunions publiques.\u2014 Monsieur, répliqua-t-elle en secouant la tête, vous vous trompez, vous ne me connaissez pas plus que je ne vous connais.\u2014 Ne vous appelez-vous pas Geneviève, mademoiselle Geneviève ?\u2014 Oui, monsieur, je m'appelle Geneviève, Geneviève Lionnet; mais savoir le nom d'une personne ne prouve point qu\u2019on la connaît.\u2014 Soit, mais quand je vous dis que je vous connais, que je vous ai vue souvent, vous pouvez me croire.Mademoiselle Geneviève, écoutez-moi : depuis qu\u2019il m\u2019a été donné de contempler pour la première fois votre charmant visage, votre souvenir ne s\u2019est plus éloigné de ma pensée; vous regarder, un homme passionnément épris de votre radieuse beauté.de vos charmes incomparables.Elle le regardait avec stupeur, ayant la langue comme paralysée.\u2014 C\u2019est cela, continua-t-il, regardez-moi; vous voyez, charmante Geneviève, que je n\u2019ai pas un air si terrible; non, il n\u2019y a rien en moi qui soit de nature à vous effrayer.Je vous aime, je vous adore, je suis votre esclave et je mets à vos pieds l'amour le plus ardent qu\u2019une femme ait jamais obtenu d\u2019un homme.11 parvint à saisir sa main, qu'elle retira aussitôt, brusquement en s\u2019écriant : \u2014 Laissez-moi, ne m\u2019apptrochez pas, ne me touchez pas ! Il fronça les sourcils et répliqua avec un mouvement de dépit qu\u2019il ne put réprimer : \u2014 Ce n'est pas avec moi, ma mignonne, qu'on peut jouer la comédie de la candeur et vous devriez comprendre que vous n\u2019êtes pas ici pour réciter les litanies des saints.Ces odieuses paroles arrivèrent aux oreilles de la jeune fille comme un affreux bourdonnement; mais elle sentit cruellement l\u2019outrage.Le rouge de l'indignation et de la colère monta à son front.\u2014 Monsieur, s\u2019écria-t-elle d'une voix vibrante, un éclair dans le regard, je suis tombée dans un piège qu\u2019on m\u2019a tendu, j'ignore où je me trouve, je suis sans défense et vous en profitez pour m\u2019insulter.Comment ce que vous faites s\u2019ap-pelle-t-il dans la langue des honnêtes gens ?Bravo, fit-il, bravo ! vous êtes très bien ainsi; un peu de colère anime votre physionomie et vous rend tout à fait adorable.Elle lui lança un regard de suprême dégoût.\u2014 Monsieur, riposta-t-elle, votre conduite est celle d\u2019un lâche et d\u2019un infâme ?\u2014 Oh ! fit-il, railleur, comment d\u2019aussi vilains mots peuvent-ils sortir d\u2019une bouche si jolie ?Il s\u2019avança vers elle, et essaya de lui prendre la taille.Elle poussa un cri, et se rejeta en arrière avec une indicible horreur.Elle ne pouvait plus se méprendre sur les intentions de cet homme; elle avait affaire à un misérable, et il était d\u2019autant plus redoutable qu\u2019elle s\u2019apercevait qu\u2019il avait bu.Que faire ?Elle était prisonnière; impossible de s\u2019échapper, de fuir ! Et elle ne pouvait compter sur aucun secours.La pauvre enfant se remit à trembler.Sa poitrine se soulevait avec violence et son cœur battait à se briser.\u2014 Oh ! perdue, murmura-t-elle d'une voix étranglée, je suis perdue ! Mais ce jeune homme paraissait appartenir au monde honnête ! il devait avoir reçu une certaine éducation: peut-être n\u2019était-il pas aussi misérable qu'elle le croyait.Si elle essayait de lui inspirer de la pitié, de le fléchir.\u2014 Monsieur, reprit-elle, adoucissant sa voix, je fais appel à tous les bons sentiments qui sont en vous; oh! je ne puis croire encore que vous ayez de mauvaises intentions.On vous a trompé sur mon compte, j\u2019en suis sûre, on ne vous a pas dit qui je suis; on vous aura fait croire, au contraire, que je suis venue dans cette maison volontairement.Cela n'est pas, monsieur; je vous le répète, je suis tombée dans un piège infâme ! Et maintenant que vous savez la vérité, dites-moi, monsieur, oh ! dites-moi vite que vous ne voulez pas être le complice de la misérable femme qui m\u2019a amenée ici ! Et comme il restait muet, la dévorant du regard, elle continua : \u2014 Au nom de votre honneur, monsieur, au nom de votre mère, au nom aussi de votre sœur, si vous en avez une, ayez pitié de moi !.Je vous en conjure, je vous en supplie à mains jointes, aidez-moi à sortir de cette maison.Nullement ému, il répondit : \u2014 Et pourquoi sortir d'ici, charmante Geneviève, quand j\u2019y suis près de vous et que nous y sommes si bien ?Demain matin, nous causerons de cela.\u2014 Ah ! exclama Geneviève en se tordant les bras de douleur et de désespoir, il n\u2019a rien dans le cœur, rien dans l\u2019âme ! \u2014 Erreur, ma belle enfant, grave erreur, j'ai dans le cœur et dans l'âme tous les sentiments que vous m'avez inspirés et l'immense amour dont je brûle pour vous.Si j\u2019ai été trompé sur votre compte, ma belle Geneviève, c\u2019est qu\u2019on m\u2019a laissé ignorer que vous étiez la jeune fille la plus belle et la plus désirable entre toutes les femmes que j'ai rencontrées jusqu'à ce jour.Je vous ai vue, je vous ai entendue, je suis dans le ra- 3 FÉVRIER 1940 27 visseraient et je me donne à vous tout entier.Ne me confondez pas avec ceux dont la bouche et le cœur ne sont jamais d'accord; croyez à ma sincérité, ma belle Geneviève, et aux protestations d'un homme qui vous aime comme jamais une femme n\u2019a été aimée.La malheureuse comprit que larmes et prières ne pourraient rien sur cet homme.Elle avait affaire à un de ces hommes endurcis sur lesquels les sentiments de pitié n'ont plus aucune prise.C\u2019était bien fini, elle ne pourrait échapper à ce misérable, elle était perdue ! La nuit arrivait; déjà, l\u2019on n\u2019y voyait presque plus dans la chambre.Il avançait vers elle pour la saisir; épouvantée, elle se reculait.Ils firent ainsi deux fois le tour de la pièce.Le méchant trouva que ce jeu durait trop longtemps.La résistance de la jeune fille l\u2019exaspérait.Il fallait en finir.Profitant d\u2019un instant où Geneviève, haletante, s'arrêtait pour respirer, il s\u2019élança sur elle et parvint à l'enlacer.Elle poussa un cri perçant.Il l'étreignit avec plus de force.Elle se débattait avec fureur.Mais elle sentait ses forces l\u2019abandonner, le souffle lui manquait, elle étouffait.Elle ne pouvait plus compter que sur Dieu pour la sauver.Cependant, rassemblant ce qui lui restait de force, elle cria : \u2014 A moi, au secours, au secours ! \u2014 Votre voix est sans écho, ma gentille tourterelle, lui dit le misérable en ricanant; allons, il faut se rendre, je vous tiens, vous êtes à moi ! VII Les émotions du commissionnaire Ac.e moment, un grand bruit se fit entendre dans la maison.C'étaient de grosses voix d\u2019hommes, des cris de femmes, le claquement de portes fermées avec violence, des pas lourds résonnant sur le parquet.Geneviève, éperdue, folle, n entendait rien.Mais son terrible adversaire, la tenant toujours serrée contre lui, tendait l\u2019oreille, étonné, inquiet.Geneviève se défendait toujours et, une fois encore, elle appela : \u2014 Au secours, au secours ! Sa voix fut entendue, car les pas se rapprochèrent et, soudain, les deux portes de la chambre s\u2019ouvrirent.Deux hommes parurent.Ils étaient grossièrement vêtus, avaient la tête nue et étaient armés chacun d\u2019un revolver.A la vue de ces deux hommes, à l'espect terrible, l\u2019habitué de la maison lâcha enfin la jeune fille et, tremblant à son tour, la terreur peinte sur le visage, se réfugia au fond de la pièce.,\u2014 Mademoiselle Geneviève, dit l'un des deux hommes d'une voix frémissante, apprenez-moi quel châtiment a mérité cet homme; si vous répondez : « La mort », je lui brûle la cervelle ! Dans ce personnage qui venait de lui adresser la parole.Geneviève reconnut le commissionnaire du faubourg Saint-Antoine.Elle s\u2019élança vers lui et jeta ses bras autour de son cou en s écriant ; \u2014 Ah ! vous m'avez sauvée ! Le père Anselme ne put retenir un cri de joie.\u2014 Ah ! dit-il, Dieu soit loué, nous ne sommes pas arrivés trop tard ' Il sentait contre sa poitrine les battements du cœur de la jeune fille; mais son cœur à lui battait fort aussi.\u2014 Mademoiselle Geneviève, reprit-il, nous n'avons pas à rester un instant de plus dans cette maison infâme; mais, avant d'en sortir, dites-moi ce que nous devons faire de ce misérable.Regardez-le, voyez comme il tremble, le lâche ! \u2014 Laissez ce malheureux, monsieur Anselme; il est de ces hommes qu\u2019on méprise et dont on se détourne avec dégoût ! Puisse-t-il avoir le regret de son ignoble conduite et que ce soit sa punition; je n en demande pas une autre.Laissez-le, monsieur Anselme.Je lui pardonne ! Le vieux commissionnaire s'approcha du voyou, et, 1 écrasant sous son regard terrible et menaçant : ,\u2014- Misérable, lui dit-il, celle dont tu voulais faire ta victime te pardonne, mais je ne te pardonne pas, moi; aussi je te conseille de ne te retrouver jamais sur mon chemin.Cela dit, le père Anselme prit le bras de Geneviève et l'entraîna rapidement; le second défenseur de la jeune fille, un autre commissionnaire, les suivit.Au rez-de-chaussée, ils trouvèrent un troisième commission-naire qui attendait.Des gémissements sourds arrivèrent aux oreilles de Geneviève.Dans un salon, à côté du vestibule, il y avait deux femmes, deux coquines, ayant les membres solidement liés avec des cordes.Les trois hommes et la jeune fille traversèrent sans encombre la cour dont la porte d'entrée était ouverte.Dans la rue stationnait une voiture de remise attelée de deux chevaux; le père Anselme y fit monter Geneviève; puis s'adressant à ses camarades : .\u2014 Mes amis, dit-il, nous avons bien travaillé ce soir; merci, et à bientôt.Il prit place dans la voiture en face de la jeune fille, cria au cocher : « Vite au faubourg », ferma la portière et les chevaux partirent au garnd trot.Dans cette voiture, qui allait très vite, en compagnie du brave commissionnaire qui venait de la sauver.Geneviève n\u2019avait plus rien à redouter, et elle respirait à pleins poumons; cependant, elle était encore tout étourdie et ne parvenait qu\u2019avec peine à se remettre des terribles émotions qu\u2019elle avait éprouvées.Le père Anselme la contemplait avec tendresse et, réfléchissant de son côté, respectait le silence qu elle gardait.Enfin, Geneviève s\u2019empara d'une des mains du vieillard, la serra dans les siennes et lui dit avec des larmes dans la voix : \u2014 Si vous n\u2019étiez pas venu à mon secours, j\u2019étais perdue; vous m\u2019avez sauvée ! Ah ! je ne sais comment vous remercier, comment vous exprimer tout ce qu'il y a pour vous dans mon cœur de reconnaissance et d\u2019affection.,\u2014 De l\u2019affection, dites-vous ?vous vous sentez de l'affection pour le vieux commissionnaire ?\u2014 Oui, monsieur Anselme.\u2014 Ah ! mademoiselle, mademoiselle, s\u2019écria-t-il vivement ému, comme vous êtes bonne et comme vous me rendez heureux ! Mais, tenez, une première preuve d\u2019affection que je vous demande, c'est de ne plus m\u2019appeler M.Anselme, mais le père Anselme, comme tout le monde.\u2014 Eh bien ! oui, dorénavant, je vous appellerai père Anselme, et même, si vous le permettez, papa Anselme.Le commissionnaire sentit comme un sanglot monter à sa gorge.\u2014 Oh ! oui, oh ! oui, fit-il, papa, papa Anselme.\u2014¦ Moi, reprit la jeune fille, je ne peux que vous remercier de tout mon cœur, mais je dirai à mon père ce que vous avez fait pour moi, et il saura vous remercier et vous témoigner sa reconnaissance et la mienne autrement que par des paroles.(La suite au prochain numéro) VOUS POURRIEZ BIEN ME METTRE SUR L'ASCEH-SEUR.MOI AUSSI.ÇA NE VA PAS DE CE TEMPS-CI.SI VOUS PRENIEZ SOIN DE VOUS COMME DE VOTRE AUTO, M.LEBRUN, VOUS n\u2019aURIEZ PAS L\u2019AIR AUSSI DÉPRIME, vx \"VOUS N\u2019ATTENDEZ PAS QU'UN PALIER SOIT BRÛLÉ POUR FAIRE GRAISSER VOTRE VOITURE.\" \"VOULEZ-VOUS DIRE QUE JE DEVRAIS PRENDRE DES LAXA-TIFS POUR ÉVITER LA CONSTIPATION ?\" \"CE QUE JE VEUX DIRE, C'EST QU'IL VAUT MIEUX EMPECHER QUE GUÉRIR.SI VOTRE MALAISE EST DÛ À L'INSUFFISANCE DE VOLUME' DANS VOTRE ALIMENTATION, PRENEZ CHAQUE JOUR UNE ONCE DE AIL-BRAN KELLOGG, BUVEZ BEAUCOUP D'EAU ET VOUS N'AUREZ PLUS À VOUS SOUCIER DES LAXATIFS ET DE LA CONSTIPATION.\" \\ \\W' ^ \"COMMENT UNE CÉRÉALE À DÉJEUNER POURRAIT-ELLE RÉGLER MON CAS QUAND PI-LULES ET LAXA-TIFS N'ONT FAIT QUE L'EMPIRER.\" \"LORSQUE LA CONSTIPATION EST DUE À INSUFFISANCE DE VOLUME,' N EST-IL PAS SENSÉ DE MANGER CE OUI PEUT REMÉDIER À CET ÉTAT DE CHOSES?ESSAYEZ ALL-BRAN ET VOUS VERREZ QUE LA MACHINE IRA BEAUCOUP MIEUX.\" D vaut mieux empêcher que guérir.Assurez donc à votre intestin la régularité voulue en mangeant du Ail-Bran Kellogg comme céréale ou sous forme de délicieux muffins.Tous les épiciers le vendent en boîtes de deux grandeurs commodes.et les restaurants,en petites boîtes d'une portion.Fabriqué au Canada par Kellogg.F PRENEZ VOTRE \u201cONCE DE PRECAUTION\u201d chaque jour Le vrai goût de Hollande a toujours distingué ce vieux gin bienfaisant et les vrais Canadiens l'ont toujours préféré depuis plus de cent ans! 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s'écria brusquement Oates.Nous allons vérifier la déposition de Boot, bien entendu; elle peut être fausse, mais je parie pour le contraire.Mr.Campion .alluma une cigarette.\u2014 Herbert est honnête, dit-il.Vous pouvez identifier ces objets ?\u2014 Certainement.Vous avez entendu l\u2019inspecteur Baker ?Il a vu des photographies, c\u2019est lui qui s\u2019occupait de l\u2019affaire.Nous interrogerons l'employé de la consigne et la jeune fille chez le teinturier.Et puis il faudra attaquer sir Matthew.Il a peut-être une explication, mais il faut qu'il la donne.Mr.Campion fourra ses mains dans ses poches.\u2014 C'est très ennuyeux, dit-il.Il faudra prononcer le nom d\u2019Herbert, et lui à son tour parlera de miss Pleyell.Oates eut un geste de regret.\u2014 On ne peut faire autrement.\u2014 Sir Matthew n'est évidemment pas le Point d'interrogation, et il ne pardonnera jamais à sa fiancée.\u2014 Je le sais, riposta le superintendant.Mais que puis-je faire, je vous le demande ?Le jeune homme à lunettes à monture de corne garda le silence un moment.La vague idée qui lui était Le Point d\u2019interrogation (Suite de la page 7) venue la veille pendant que Florian parlait à Chloe se représenta à lui.\u2014 Quel était le numéro du ticket pour le smoking ?demanda-t-il.\u2014 Le ticket du vestiaire ?\u2014 Non, le ticket du teinturier que Tuke a donné à Herbert en l\u2019envoyant chercher le smoking de sir Matthew ?\u2014 Je l ai là, dit Oates.Boot l\u2019a gardé et a donné un reçu à la jeune fille.Voilà.161.Il tendit un petit carré de papier rouge, sur lequel les chiffres étaient imprimés sous ces mots : Teinturerie de Birch Road.Campion tourna le papier dans tous les sens.\u2022\u2014 Cette fille était peut-être pressée, remarqua-t-il.\u2014 C'est une idée, dit le superintendant.Campion se pencha vers son ami.\u2014¦ Venez avec moi chez le teinturier et n\u2019oubliez pas de prendre le portefeuille, dit-il.J\u2019ai une idée.\u2014 Une autre ?\u2014 Oui, une idée qui m'a tracassé toute la journée.Deux personnes vous ont donné le signalement du Point d\u2019interrogation, un facteur de Clarges Street, et une infirmière, les deux ont décrit une silhouette voûtée, n'est-ce pas ?\u2014 Oui, mais l\u2019autre femme, qui l'a vu courir, dit qu\u2019il s\u2019est redressé.\u2014 Oui, mais elle l\u2019a vu d\u2019en haut, remarqua Campion.Vous voulez bien m\u2019accompagner chez le teinturier ?Le superintendant se leva en grognant.La sottise des femmes \u2014 C'est bon.Nous prendrons Herbert et un sergent.J\u2019espère que vous n\u2019allez pas commetre d\u2019erreur.\u2014 Je l'espère bien, murmura Mr.Campion avec ferveur.Je ne tiens pas à avoir ce surtout de table sur les bras.\u2022 La teinturerie de Birch Road était assez modeste.Herbert et le sergent restèrent dans le taxi à quelque distance, tandis que Campion et le superintendant interrogeaient l\u2019employée.La jeune fille se rappelait très bien la visite d\u2019Herbert et montra le reçu qu\u2019il lui avait laissé.Mr.Tuke, qui était un client régulier, lui avait apporté la veille le smoking.Elle reconnut aussi le ticket.\u2014 161, dit-elle.Je m\u2019en souviens.Campion tourna le carré de papier de l\u2019autre côté.\u2014 Et pourquoi pas 191 ?On peut se tromper facilement si on ne jette qu\u2019un regard suggéra-t-il.\u2014 C'est possible, avoua la jeune fille.Mais je ne me suis pas trompée, je me rappelle très bien le smoking.\u2014 Peut-être, Mademoiselle, dit Oates.Mais ce n\u2019est pas là la question.C\u2019est le portefeuille qui nous intéresse.Que se pase-t-il quand un objet est trouvé dans la poche d\u2019un costume à nettoyer ?\u2014 Une minute, dit-elle.Elle disparut dans l'arrière-boutique et appela ; \u2014 George ! veux-tu venir ici ?Un homme grand et mince parut avec elle.\u2014 Mon frère George, expliqua la jeune fille.Il est au courant.George regarda le portefeuille noir que le superintendant mettait devant ses yeux.\u2014 Je le reconnais, dit-il, enfin Je l\u2019ai trouvé dans la poche d\u2019un gilet.Il était presque vide, et il ne contenait que deux timbres et un ticket.\u2014 C\u2019est exact.Il n'a aucune valeur, mais qu\u2019en avez-vous fait ?\u2022 \u2014Je l'ai mis ici, comme toujours quand je trouve quelque chose dans une poche.Il ouvrit le tiroir où étaient plusieurs objets munis d'un bout de papier.\u2014 Voyez, je mets là ma trouvaille et j\u2019écris le numéro du costume où je l'ai trouvé.Quand ma sœur rend les habits elle compare les numéros et restitue en même temps les objets trouvés.Campion poussa un soupir de soulagement.\u2014 Il est donc posible de prendre le numéro 161 pour le numéro 191 ?George i'ésita.\u2014 Peut-être.En tout cas.j'ai pris ce portefeuille dans la poche d\u2019un costume de tweed marron.Je me rappelle très bien; le numéro, je l\u2019ai oublié .\u2014 Oui, répondit la jeune fille surprise.Son chapeau cachait ses cheveux, mais il n\u2019était pas jeune.Et il était d'une taille au-dessus de la moyenne.Il a dit que sa logeuse avait apporté le costume sans qu\u2019il le sache, et il avait l\u2019air très contrarié.Il n\u2019a pas regardé si le portefeuille était encore dans la poche.\u2014 Ça ne m\u2019étonne pas, dit Campion.Il ne tient pas à attirer l\u2019attention dessus.\u2014 Il reviendra, ajouta Oates : quand il défera le paquet et s\u2019apercevra que le portefeuille a disparu, il reviendra.Filons.Voici le portefeuille.Il y a dedans deux timbres et un ticket.Quand l\u2019homme reviendra, donnez-lui le portefeuille, et surtout ne lui mettez pas la puce à l'oreille.Puis-je compter sur vous ?La jeune fille fit un signe affirmatif.Le superintendant entraîna son ami dans la rue et le sergent qui attendait dans le taxi reçut des ordres.Le superintendant semblait encore à moitié convaincu.¦\u2014\u2022 Que savez-vous de ce type qui a volé l'argenterie ?demanda-t-il à son ami.Quand l\u2019avez-vous vu ?\u2014 Je ne l'ai jamais vu, dit Mr.Campion.\u2014 Et le signalement que vous avez donné à la teinturière 7 \u2014 Je l\u2019ai inventé, riposta Campion.Oates ouvrit la bouche mais il vit Herbert et se ravisa.\u2014\u2022 Nous en reparlerons, murmura-t-il, et il ordonna au chauffeur de se hâter.Le taxi s\u2019arrêta à Scotland Yard; deux agents en civil montèrent chargés de la valise pleine d'argenterie, et le chauffeur reçut l\u2019ordre de se rendre à Charing Cross.Oates et Campion se placèrent à un endroit où il pouvaient voir la porte de la consigne.\u2014 Nous n'attendrons pas longtemps, remarqua Oates.Dès que l\u2019homme aura le ticket, il se précipitera ici pour prendre son bien.Campion jeta un regard du côté de la bibliothèque où les deux agents feignaient de choisir des journaux.\u2014 L'employé leur fera signe ?\u2014 Oui, oui.On peut compter sur lui.Mes hommes, cependant, ne savent pas du tout qui ils vont arrêter.\u2014 C'est un type facile à reconnaître, murmura Campion.Oates se tourna brusquement vers lui.\u2014 Comment le savez-vous.Campion ?s\u2019écria-t-il.Vous avez parlé d'un homme d\u2019un certain âge et de haute taille; qui vous a donné ces renseignements ?\u2014 Attendez une minute.Campion posait la main sur le bras de son ami et indiquait d'un geste une silhouette qui se frayait un chemin au milieu de la foule.C\u2019était un homme distingué, droit; il avait plus de six oieds et dans sa jeunesse son visage avait dû être très beau.Oates jura entre ses dents.,\u2014 Vous le reconnaissez ?chuchota Campion.\u2014 Je le crois ! Le superintendant fit un pas en avant; au même instant les deux agents en civil s'élançaient sur l'inconnu qui prenait la lourde valise.La lutte fut brève.L'homme s'avoua tout de suite vaincu.Je suis trop vieux pour vous tenir tête, remarqua-t-il.Je vous suis.Tout est dans cette valise, vous le savez déjà, n\u2019est-ce pas ?Mr.Campion et le superintendant montèrent en taxi et se firent conduire à Scotland Yard.Oates était pensif.Cela date d\u2019environ trente ans.dit-il enfin.J\u2019étais sergent au poste de police de Thames Court, je me rappelle et nous avons eu cet homme en prison pendant quelques jours.J'ai oublié son nom, mais je l\u2019ai reconnu tout de suite.Il a vieilli, mais sa taille et son visage l'ont trahi Comment s\u2019appelait-il ?\u2014 Son vrai nom, je l\u2019ignore, dit Mr.Campion.Mais il était surnommé le « Tambour Major ».\u2014 C\u2019est ça ! le Tambour Major 1 Sapristi ! C\u2019est lui.Grand Dieu, Campion, comment avez-vous deviné ?Le jeune homme paraissait très content de lui.\u2022\u2014 Une idée qui m'a passé par la tête, expliqua-t-il avec modestie.J\u2019étais dans le magasin du vieux Florian, hier, et il a parlé des anciens voleurs qui se spécialisaient dans l\u2019argenterie.Il a cité le « Tambour Major » et a dit qu\u2019il ne savait pas ce qu'il était devenu.Le Tambour Major, paraît-il, avait accompli ses cambriolages en tenue de garde.\u2014 C\u2019est vrai, dit Oates.Campion n'entendit pas cette interruption.\u2014 J'ai pensé à ce Tambour Major, puis à votre Point d'interrogation, et quand Herbert est venu me raconter sa petite histoire, j\u2019ai fait un rapprochement.Oates secoua la tête.\u2014 Ça par exemple ! s\u2019écria-t-il.Je ne vois aucune ressemblance entre le Tambour Major et le Point d\u2019interrogation.Le dernier est tout voûté, presque bossu, et l\u2019autre se promenait en tunique rouge; je sais bien que tous les deux volaient de préférence des pièces d\u2019argenterie, mais si vous voyez un autre rapport entre les deux, ou vous êtes plus intelligent que moi ou vous êtes complètement cinglé.\u2014 Vous manquez d'imagination, mon cher ami, dit Mr.Campion, d'un ton de regret.Pensez un peu au Tambour Major.Quelle est la caractéristique qui le fait reconnaître ?Sa taille.Que doit-il faire ?\u2014 Sapristi ! s'écria le superintendant.Vous avez raison, je n\u2019y avais pas pensé tout de suite.L\u2019uniforme le déguisait quand il était jeune.On est habitué à voir des hommes de haute taille vêtus d'une tunique rouge.Après sa sortie de prison, il a fallu qu\u2019il trouve autre chose.Il s'est donc courbé et voûté de son mieux et ne se redressait que quand il était obligé de prendre la fuite.Cependant on 1 a vu en train de courir et le témoin n a pas parlé de sa haute taille \u2014 Parce que cette femme ne l'a vu que d\u2019en haut, protesta Campion, c est ce qui m a donné mes premiers soupçons.A propos, vous n\u2019avez pas besoin d'interroger sir Matthew, je suppose ?' ' Bien sûr que non, répondit Oates.Nous avons pris l\u2019homme la main dans le sac.Miss Pleyell ne risque plus rien.Présentez-lui mes amitiés et dites-lui quelle s\u2019en est tirée à bon compte; heureusement pour elle vous êtes un veinard.Mr.Campion ouvrit la bouche pour protester mais jugea que c\u2019était inu- 3 FÉVRIER 1940 29 Dans le Mende Sportif (Suite de la page 12 J C'est aussi un manque d'éducation, une absence de correction, une faiblesse nerveuse intolérable sur la glace.Quand prendra-t-on des décisions énergiques pour mettre à la raison des joueurs incapables de se maîtriser ?PLAINTE AMERE D'UN JEUNE JOUEUR DE HOCKEY AMATEUR Un joueur de hockey d\u2019un club de la Ligue Provinciale nous écrit ceci, qui est assez pénible, comme vous pourrez en juger vous-même : « En sport, comme dans tous les domaines de la vie, m'a-t-on appris au collège pour bien jouer il faut aimer son travail.Contrairement à plusieurs équipes de notre circuit, à plusieurs de celles de la Ligue Senior de Québec, nous n\u2019avons pas un instructeur compétent.Ceux qui diri-ent notre club i\u2014 ils sont trop nom-reux \u2014 ignorent presque tout du hockey et ne sont pas capables d'inculquer à nos joueurs l'art de faire aimer le jeu.Au début de la saison, j\u2019avais l'amour de mon travail.Depuis, j'ai été amené à n'être plus qu\u2019un automate.On ne nous permet aucune initiative, nos idées sont toujours rejetées.Aussi, de cette façon, notre club s'en va à la dérive, sans aucune chance de participer aux séries de détail.Et pourtant, nous avons un assez bon club qui, s'il était bien conduit, occuperait une meilleure position.Je compte sur votre amabilité et votre discrétion pour taire mon nom, dans les circonstances.Que pensez-vous de cet état de choses déplorable ?» Nous tenons pour sincère cette plainte d\u2019un jeune joueur de hockey intelligent.Ce reproche amer, dirons-nous sans aucune exagération, nous inspire de nombreuses réflexions qu\u2019il serait trop long d\u2019énumérer dans ces colonnes.Nous nous contenterons de vous en transmettre quelques-unes.En premier lieu, comme au baseball, trop de propriétaires de club de notre province s\u2019appliquent, par ignorance ou autre chose, à engager des gérants incapables, indignes de leurs fonctions, des gérants ou instructeurs qui ne savent pas développer les talents naturels des athlètes qu ils ont sous leur tutelle.Heureusement, dans les ligues Provinciale et Senior du Québec, il est de bons gérants, anciens joueurs-étoiles des ligues majeures.Par contre, il en est de mauvais.Fatalité, quoi ! Dans certaines maisons de commerce, nous le constatons à tous les jours, le personnel est désireux de vous servir vite et bien, d une manière polie et avec un sourire.Ailleurs, trop de commis ont l'humeur quinteuse et rébarbative.C\u2019est que ces derniers n'aiment pas leur travail et que leurs gérants sont des incapables, qui n\u2019ont pas su faire comprendre à leurs employés l'intérêt de leur travail, grincheux qu'ils sont eux-mêmes.Leurs chefs sont les plus à blâmer, n'est-ce pas ?Cet état de choses ne se voit que rarement chez nos amis anglais.Que ce soit dans le sport ou dans le commerce, une organisation vaut ce que valent les dirigeants et les propriétaires.tile et que c\u2019est un compliment d\u2019être traité de veinard.Il garda le silence une minute, un sourire aux lèvres.Le superintendant le regarda.\u2014 A quoi pensez-vous ?demanda-t-il.\u2014 Je me demande quelle sera la profession du prochain fiancé de Gracie, répondit Mr.Campion.Margery ALLIGHAM.Notre dernière réflexion sera la suivante, que nous adressons à notre jeune et aimable correspondant : Puisque vous êtes assez intelligent pour vous rendre compte que votre directeur ou plutôt vos directeurs ne savent pas conduire leur barque, sans perdre entre $5,000 et $6,000 dans une ligne d'amateurs, n\u2019hésitez pas à changer de club, l\u2019an prochain.C est votre privilège, d ailleurs.Au lieu de faire votre besogne sans goût, à jouer au hockey à raison d'un salaire de $30 à $40 par semaine, il serait préférable pour vous de jouer sous la direction d un Clint Benedict, d\u2019un Sylvio Mantha, par exemple, à un salaire de moitié moindre.Vous y gagnerez, tout bien considéré.GEORGES - FERNAND GAUTHIER, jeune pilote de 31 ans, dut abandonner, il y a quelques années, la danse et le circuit Keith afin de posser ses examens d'officier de navigation.Ce jeune sportsman montréalais de bonne compagnie livra quelques combats de boxe, comme amateur, contre les matelots de l'Argentine, d'Honduras et du Brésil, lors de ses pérégrinations dans l'Amérique du Sud.Il s'adonna aussi au baseball et au hockey.Après la clôture de la navigation, M.Gauthier s'associa à J.-H.Pépin, ancien gérant du club de hockey féminin Les Canadiennes, pour former une compagnie connue sous le vocable de Diversités sportives.Cette association sportive présentera dans toutes les principales villes de la province des séances de patinage artistique.Les organisateurs versent à différentes œuvres de charité une partie des recettes perçues à ces réunions sportives, où Georges Gauthier agira comme maître de cérémonies.C'EST LA GUERRE .Le Daily Mail de Londres a récemment publié l'information suivante : Lord Rothermere vient d ordonner l\u2019achat de 2,000 ballons de football qui seront distribués aux soldats de l'armée française, pour entretenir le moral et la forme physique de ceux qui défendent leur patrie.Nous soulignons qu\u2019en Angleterre de nombreuses organisations existent pour le ravitaillement en articles de sports des soldats de l\u2019armée britannique.Plusieurs millionnaires londoniens ont fourni à nos soldats canadiens les équipements sportifs nécessaires, raquettes et balles de tennis, chaussures de football, jeux de cartes, jeux de ping-pong, bâtons de crosse, baseball, etc.\u2022 S'il n\u2019y a rien de nouveau sous le soleil, comme l'a dit le sage roi Salomon, il y a du nouveau sous la lune, de nos jours.Un promoteur de boxe de Londres se laisse guider par la lune.En effet, tous les mois, il organise une séance de boxe au profit de la Croix-Rouge, les soirs de la pleine lune.Pourquoi, nous demanderez-vous ?Voici.Vous savez que, depuis les débuts de la guerre, la ville de Londres est plongée dans le noir et la brume ; presque pas de lumières dans les rues ; c'est l\u2019obscurité presque totale, un moyen de défense contre le péril aérien.Le promoteur de boxe londonien pense, non sans raison, qu avec un beau clair de lune, que, les soirs de pleine lune, les amateurs de boxe peuvent marcher plus facilement.Par conséquent, les fervents de l\u2019art pugilistique se rendent en plus grand nombre aux programmes de ce promoteur avisé.Longtemps, la superstition, aujourd\u2019hui disparue, a attribué à la lune une influence sur la santé et le temps.Le promoteur anglais, prêtant à la pleine lune 1 influence d'une meilleure recette aux guichets, ne lui fait pas de pied de nez ! \u2022 Les Anglais nous donnent, une fois de plus, la preuve que le sport n\u2019a pas de patrie \u2014 M.Frank Calder, président de la N.H.L., lui, s\u2019obstine à ne pas nommer d'arbitres cana-diens-français.Considérons-le comme une exception, pour le moment.Les membres de la Fédération Internationale de Boxe Amateur viennent en aide aux boxeurs faits prisonniers par les Anglais, en organisant des tournois de boxe à leur intention, en leur donnant l'équipement voulu pour pratiquer leur sport favori.Il reste à savoir si Hitler, de son côté, en fait autant avec les athlètes anglais ou français prisonniers des Allemands.Les Allemands, en temps de guerre plus particulièrement, connaissent la valeur d une bonne propagande au point de vue sportif.Ils mènent actuellement grand bruit sur les combats de boxe et les joutes de football que leurs athlètes, mobilisés ou non, disputent avec ceux des pays neutres.Le Führer des Sports de 1 Allemagne se livre à une intense propagande à l\u2019étranger, en Italie spécialement.Pt SARDE, LUCE! J'A! TEINT MA VIEILLE ROBE BLEUE À LA TEINTURE DIAMOND! (PAS POSSIBLE?1 ELLE EST PLUS I JOUE QUE JAMAIS/ I iOksPi BÜ/.DES milliers de Canadiennes ingénieuses (et soucieuses d\u2019économie) ont trouvé dans les Teintures Diamond la solution du problème des toilettes de printemps.Grâce à un \u201cbain de beauté\u201d dans une teinture Diamond, rien n\u2019est plus facile que de rendre la fraîcheur et l\u2019aspect du neuf aux robes, chemisettes, chandails et jupes de l\u2019an dernier.Renommées de longue date, ces teintures contiennent une quantité exceptionnelle des meilleures matières colorantes\u2014et c\u2019est pourquoi elles produisent des couleurs si franches et si riches, sans écume savonneuse, même dans de l\u2019eau dure.Modernisez les accessoires, décoratifs de votre foyer et embellissez votre garde-robe \u2014 par la magie des couleurs Diamond.Avec les Teintures Diamond, on réussit à coup sûr! 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Province Adressez : LES MOTS CROISES, Le Samedi, 975, rue de Bullion, Montréal, P.Ç.HORIZONTALEMENT VERTICALEMENT iimii nu\"1?de CuiAlrie^ /^ Par Mme ROSE LACROIX Directrice des Ecoles Ménagères Provinciales et de l\u2019Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI 1.\tCantiques contenus dans la Bible.\u2014 Coiffure des pharaons.2.\tDistincts.\u2014 Mûrie par la chaleur d'août.3.\tQuadrupèdes carnassiers du genre chat.\u2014 Pièce de bois de la charrue.\u2014 Boisson fermentée avec de l'orge et du houblon.4.\tSuinte.\u2014 Piquants.\u2014 Le fond du caractère (fig.).5.\tFaire cuire à feu doux sans évaporation.6.\tInterjection.\u2014 Bourgeon de l'année.\u2014 Démonstratif.7.\tForme ancienne du mot loup.\u2014 Tête.\u2014 Pronom.\u2014 Préfixe.8.\tVariété de frêne.\u2014 Modèle d\u2019automobile.\u2014 De peu de volume.9.\tPatriarche hébreux.\u2014 Louanges.\u2014 Pour la troisième fois.10.Préfixe.\u2014 Tragédie de Corneille.\u2014 Tonneau.\u2014 Pronom.1 1.Fondateur de la secte des saducéens.\u2014 Genre de papavéracées à suc blanc laiteux.12.\tSommet d'une montagne.\u2014 Espèce de manguier du Gabon.\u2014 Souci.13.\tPuits creusé dans une galerie de mine.\u2014 Filet qui borde en dedans la moulure d\u2019une assiette.\u2014 Fleuve d\u2019Irlande.14.\tInterjection.\u2014 Gant de laine sans doigtiers.\u2014 Vaisseau de terre.15.\tTerminaison.\u2014 Mammifères insectivores.\u2014 Pronom.1.\tPieu aiguisé par un bout.\u2014 Trahison.\u2014 Cheval dont la robe est rougeâtre.2.\tObserve.\u2014 Oiseau échassier à long bec.\u2014 Peau épaisse de certains animaux.3.\tCoup, revers.\u2014 Indivisible.\u2014 Titre féodal de certains seigneurs.4.\tVase de forme variable.\u2014 Saillie d\u2019engrenage destiné à transformer le mouvement d\u2019une machine.5.\tA moi.\u2014 Bateau long et plat.\u2014 Pli du front.\u2014 Moi.6.\tEn les.\u2014 Embarras.\u2014 Note.\u2014 Commune rurale autonome en Russie.7.\tInstrument pour inciser et disséquer.\u2014 Petit mammifère carnassier.8.\tDanger.\u2014 Verso.\u2014 Support latéral d\u2019un siège.9.\tPièces d\u2019argent espagnoles.\u2014 Enceinte de pieux.10.A lui.\u2014 Cordon qu\u2019on passe sous un pont de peau pour entretenir une plaie suppurante.\u2014 Note.\u2014 Fille de Cadmus.1 1.Cheval de taille moyenne.\u2014 Première figure.\u2014 Grand vaisseau.\u2014 Pron.12.\tAdj.num.\u2014 Division d\u2019un volume.13.\tBalle pour jouer à la paume.\u2014 Démonstratif.\u2014 Ce qui est contre le droit.14.\tTendon des muscles.\u2014 Figures géométriques.\u2014 Prénom d\u2019une femme célèbre par sa beauté et ses malheurs.1 5.Pièce du jeu de golf.\u2014 Fantômes des morts chez les Romains.\u2014 Saison.ROULADES AU SAUMON v 1 boîte de saumon 1 tasse de chapelure 1 petit oignon finement haché 2 cuil.à table de beurre 2 œufs Sel et poivre Faire revenir l\u2019oignon dans le beurre.Ajouter tous les autres ingrédients, puis lier avec les œufs.Bien assaisonner cette crème et l\u2019étendre sur une pâte à shortcake.PATE A SHORTCAKE 2 tasses de farine 4 cuil.à thé de poudre à pâte 1 cuil.à thé de sel 4 cuil.à table de végétaline 54 tasse de lait Bien mêler la végétaline aux ingrédients secs et faire la détrempe avec l\u2019eau.Travailler légèrement la pâte sur une planche farinée et l\u2019étendre à l\u2019épaisseur d'un demi-pouce.La recouvrir de la crème au saumon, rouler la pâte comme un gâteau roulé, badigeonner de beurre et cuire à four chaud de 400° F., une demi-heure environ.Servir avec une .SAUCE AUX CREVETTES 4 cuil.à table de beurre 4 cuil.à table de farine 2 tasses de lait 1 boîte de crevettes Sel et poivre Faire une sauce béchamelle avec le beurre, la farine et le lait.Cuire jusqu\u2019à épaississement.Ajouter les crevettes, assaisonner et servir le tout bien chaud.ŒUFS BROUILLES AUX ANANAS 6 rôties 4 œufs 54 tasse de lait 6 tranches d\u2019ananas Sel et poivre Battre les œufs avec le lait et cuire aa bain-marie en brassant jusqu\u2019à ce que ce soit épais et crémeux.Faire sauter au beurre des rondelles d\u2019ananas, déposer sur des tranches de pain rôti et garnir avec les œufs brouillés.On peut également servir avec ces œufs brouillés des petits pois sautés au beurre.GATEAU ESPAGNOL 1 Yi tasse de farine 2 cuil.à thé de poudre à pâte 54 cuil.à thé de bicarbonate de soude 2 œufs 1 cuil.à thé de vanille 1\tcuil.à thé de macis Tamiser la farine, la mesurer et la tamiser de nouveau avec la poudre et le bicarbonate de soude.Casser 2 œufs dans une tasse et remplir la tasse avec de la crème sure.Battre les œufs et la crème jusqu\u2019à ce que ce soit léger et ajouter les ingrédients secs.Battre pour obtenir une pâte légère.Faire cuire à 350° F., 40 à 45 minutes dans un moule bien beurré.EGLEFIN FARCI AU RIZ Choisir un églefin de 3 à 4 livres, le gratter, le vider et le frotter avec du gros sel à l'intérieur et à l\u2019extérieur.Garder tête et queue.Le farcir avec une farce au choix, le coudre, le placer dans une lèchefrite, en lui donnant la forme d\u2019un S ou simplement celle d\u2019un cercle.Faire des incisions et y insérer des petits morceaux de lard ; badigeonner toute la surface d\u2019huile, et cuire au four de 400° environ 10 à 12 minutes par livre.FARCE AU RIZ 1 tasse de riz cuit Yl tasse de purée de tomates 1 petit oignon 2\tcuil.à table de beurre 1 cuil.à table de sauce Worcestershire Sel et poivre Faire revenir l'oignon haché finement, ajouter les tomates, le riz, puis les assaisonnements.Si la farce est un peu liquide, lier avec des biscuits soda écrasés.LES RECETTES CHOISIES DU \"SAMEDI ŒUFS FARCIS AU FROMAGE Faire cuire des œufs durs, les séparer en deux, retirer le jaune et l'écraser finement avec 2 cuillerées à table de biscuits soda écrasés, 2 cuillerées à table de beurre fondu, sel et poivre.Remplir les œufs de cette farce, couvrir d'une sauce au fromage et faire gratiner au four.Sauce au fromage 3 cuillerées à table de beurre 1 tasse de lait 3 cuillerées à table de farine Vl tasse de fromage Faire fondre le beurre, ajouter la farine puis mouiller avec le lait Bras ser pour obtenir une sauce épaisse et bien lisse.Quand la cuisson est à point, a outer le fromage, assaisonner et verser sur les œufs Faire gratiner au four. 3 FÉVRIER 1940 31 y/czr, mm MÜÜÜÎ Bl ¦¦ iiïiii iiiln>rs TRENTE-TROISIEME EPISODE T?7/^ : \" \u2018¦'.¦CR tf./,\t¦ y, wiéâ CucAe .rnni 5r-*a cris de victoire en voyant le garçon enfin pris.7 \u2014 Les Chinois arrivent bientôt et poussent des 2 .\u2014 L\u2019homme se soutient à peine, car on lui a faire boire un narcotique.Il est très fatigué.3 \u2014 Paul fait asseoir son ami et lui dit de se reposer pendant qu'il ira chercher du secours.k Vo l Mm Chinois l\u2019ayant aperçu se jettent à ses trousses.4 \u2014 Le jeune homme se met à courir, mais les C'est Ivti ¦x)Æj m &3V sonnier par les Chinois et débarqué d un avion.1 \u2014 Paul a coupé les liens d un homme fait pri- yf O te e WW* i^cssp p i.irf 5 \u2014 C'est une chasse éperdue à travers bois.Paul parvient un moment à dépister ses ennemis.g.rv*1\u2019 ¦JS,s.- 8 \u2014 Trois hommes s\u2019approchent de lui.Ils l'aident à se relever et lui serviront d\u2019escorte.¦'MflCS'Mjfl CCT 6 \u2014 Il reprend sa course.Il bute contre un obstacle.C'est un piège.Il ne peut s'en dégager.Co ix_p rnjOcn-q'ue Mill f,r JML> 9 \u2014 On ramène Paul devant le mandarin et il y retrouve, bâillonné, celui qu\u2019il avait délivré.(La suite au prochain numéro) 32 Le Samedi ^5= \u2022;;5î miwii « (&'« SEIZIEME EPISODE 1 ,\u2014 De toutes ses forces Wilfrid court vers l\u2019ai-\t2 \u2014 Il arrive juste à temps.De son bras valide guille afin d\u2019éviter un tamponnement désastreux.\til pousse le levier et la voie change de direction.H'*/ »V//a5 ¦«538* 4 \u2014 La vieille locomotive s'écrase au bout du\t5 \u2014 Wilfrid aide son ami à se relever et les rail.Le chauffeur a réussi à sauter à temps .\tgarçons se félicitent de l\u2019avoir échappé belle.mm 3 \u2014 Tandis que la locomotive s'engage sur le tronçon, le rapide passe dans un bruit infernal.6 \u2014 Ils contemplent les débris du monstre d\u2019acier en se demandant qui serait l'auteur de l\u2019accident.£SFa\\\\V'W i ÎMÊm 7 \u2014 Car, aucun doute là-dessus, il s\u2019agit d\u2019un acte 8 \u2014 Ils se rendent auprès du surintendant à qui de sabotage.Qui peut bien vouloir leur mort ?ils rapportent l\u2019attentat et aussi leurs soupçons.9 \u2014 Le surintendant leur promet d\u2019étudier l\u2019affaire, d\u2019enquêter et de rechercher le coupable.wr> 10 \u2014 Les deux jeunes hommes décident de re- 11 \u2014 Des traces de pas près de l'aiguille attirent tourner examiner les ruines.Ils sont intrigués.leur attention.Ils regardent les empreintes .12 \u2014 Ces empreintes révèlent des chaussures n'appartenant pas à un employé de la compagnie.{La suite au prochain numéro) 3 FÉVRIER 1940 33 /Sm^Wx 's, \\ I 11 / | / / / /// » I \u2022 / * / ! 4///llll Y/S'Sr liU'/\"'lV /''> v%.-\u2022 ___ i A *///¦ni\\\\ /.'M'F 7 iiiiPS 5*SS*.» Mëi S0»H» VINGT ET UNIEME EPISODE 9» 1\t\u2014 M.Lafrance, Joseph, le capitaine et un matelot sont descendus dans un souterrain.mû 4\t\u2014 Toute la question est de savoir comment sortir de cette trappe qui semble leur tombeau.7\t.\u2014 Enfin un rayon de soleil paraît.Ils sont sauvés.Ils respirent à pleins poumons le grand air.F* ' rv*'., 'HMa IME, iasa*> mm 6\t¦\u2014 Au bout de quelque temps de recherches, ils \u2019 découvrent une sorte d\u2019escalier.Ils montent.9\t\u2014 Le groupe aperçoit un point noir, un mât, une voile.C\u2019est un bateau.Celui des pirates ?.(La suite au prochain numéro) 34 Le Samedi Riens, c'est l'heure \u2014\tAlors, Justine, vous n'étes pas allée au théâtre ?.\u2014\tMadame, on voulait me placer dans une baignoire, devant tout le monde.J'ai pas osé.Le vieil oncle \u2014 Comme tu grandis, Paulo !.Est-ce parce que tu manges de la soupe ?Paulo \u2014 Non, c'est parce que maman m'arrose souvent : elle me fait prendre mon bain tous les jours.\u2022 .\u2014\u2022 Pendant les quinze dernières journées je n'ai pas dormi une heure.\u2014 C'est pas possible ! \u2014 Eh ! oui, je dormais .la nuit.\u2022 .\u2014 Y a-t-il une grande différence entre le pôle Nord et le pôle Sud ?\u2014 Oui, toute la différence .du monde.\u2022 .\u2014 L\u2019air des Laurentides est certainement ce qu il y a de mieux pour donner des forces.Ainsi, moi, quand je suis arrivé ici, je n\u2019avais pas la force de parler ni de marcher.\u2014 Vraiment ! C'est merveilleux ! \u2014 Pas tant que ça : je suis né ici ! \u2022 .\u2014 Je veux bien vous engager.Mais êtes-vous capable de vous lever à bonne heure ?\u2014 A bonne heure ?Certainement.Là où je travaillais auparavant, je lavais la vaisselle, je faisais le balayage et je faisais les lits avant que les gens se lèvent.L'instituteur \u2014 Vous arrivez bien souvent en retard ; il doit y avoir une raison.L'élève \u2014 Oui, il doit y en avoir une.mais j\u2019ai pas encore réussi à la trouver.« \u2014 Maintenant que je vous ai appris ce qu\u2019est l\u2019obéissance, donnez-m'en une définition.\u2014 J'peux pas, monsieur.\u2014 Pourtant, vous obéissez à votre père.Alors, pourquoi lui obéissez-vous ?,\u2014 Parce qu\u2019il est plus fort que moi ! \u2022 \u2014 Si je dépose dans la terre ce noyau, penses-tu que j'aurai ensuite un prunier ?\u2014 Certainement, si tu l'arroses bien.\u2014 Non, je n'aurai pas de prunier, parce que c'est un noyau de pêche ! \u2022 \u2014 Vous trouvez que cette toilette me va très bien.Vous me flattez ! Pour la faire valoir, il faudrait être jeune et belle._ Ah ! madame, vous êtes bien la preuve du contraire ! \u2014 Dites-moi, docteur, dans quel état ai-je le poumon ?\u2014 Il est un peu atteint, c'est évident.Mais il tiendra toujours aussi longtemps que vous vivrez .\u2022 _ Dans un salon, un explorateur raconte ses innombrables exploits dans des pays sauvages : \u2014 Et parfois, mesdames j étais si fatigué que je ne me sentais plus la force d'avancer d'un pas.\u2014 Et vous marchiez quand même l demande une curieuse.\u2014 Non, madame, je m arrêtais et je me reposais.\u2014 Pierrot, as-tu versé de l'eau dans le bocal des poissons ?\u2014 Non ; ils n\u2019ont pas encore tout bu ce que je leur ai donné hier ! L'instituteur \u2014 Un bipède est tout ce qui va sur deux pieds.Elève Machin, donnez-moi un exemple ?L\u2019élève \u2014 Une paire de chaussures, monsieur ! \u2022 \u2014 Supposons que la queue d\u2019un mouton est une patte, combien le mouton aura-t-il de pattes ?\u2014 Cinq, bien sûr ! \u2014 Pas du tout ! Il n'en aura que quatre.Ce n\u2019est pas parce que tu supposes que la queue est une patte qu'elle en sera une .\u2022 Elle \u2014 Si tu étais mon mari, j\u2019te donnerais du poison ! Lui '\u2014 Si tu étais ma femme, je 1 prendrais ! \u2022 \u2014 Qu\u2019est-ce qui parcourt des milles et des milles et qui cependant n\u2019avance jamais ?\u2014 ?\u2014 La route.¦\u2014 Hector est l\u2019homme le plus distrait que je connaisse.- Ah! \u2014\u2022 Oui, l\u2019autre jour, il s\u2019aperçut qu\u2019il avait oublié sa montre ; alors, il la sortit de sa poche pour voir s\u2019il avait le temps d\u2019aller la chercher .L\u2019instituteur \u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019une île ?L'élève ¦\u2014 Euh !.C\u2019est.c\u2019est une place qu\u2019on ne peut quitter sans prendre un bateau.Deux convalescents sont à l\u2019hôpital et causent de la maladie qui les1 avait amenés là : \u2014 Moi, dit l'un, j'avais une fièvre si violente, une température si élevée que le médecin se brûlait les doigts quand il me tâtait le pouls.\u2014 Moi, j\u2019étais beaucoup plus malade : pour me tâter le pouls, le médecin se servait de pincettes, tellement il avait peur de prendre feu.\u2022 \u2014 J\u2019voudrais avoir un tambour comme celui de Jacques.\u2014 Non, certainement non ; ça fait trop de bruit dans la maison.\u2022\u2014 Mais je ne te dérangerai pas : je m'en servirai seulement quand tu dormiras.M.Baptiste n'est pas content de son gendre : \u2014 Qu'as-tu à lui reprocher ?demande un de ses amis.\u2014 Cet imbécile ne sait pas jouer aux cartes.\u2014 Tu ne devrais pas t\u2019en plaindre : comme ça il ne se ruinera pas.\u2014 Au contraire ; il ne sait pas jouer aux cartes, mais il veut jouer quand même ! \u2022 Un fou était occupé à de petits travaux de jardinage.Un jour, le directeur de l\u2019asile le rencontre traînant une brouette tournée sens dessus dessous.Comme le directeur s\u2019en étonnait, le fou réplique : \u2014 Je sais bien quelle est à l'envers, mais si je la remets à l'endroit on va m obliger à la remplir ! \u2022 Un guide fait visiter une des tours Martello de Québec à quelques américains.\u2014 Cette tour, dit-il, a deux cents ans ; voyez comme c\u2019est solide.Je vous ferai remarquer qu\u2019aujourd\u2019hui on ne construit plus des choses aus si vieilles.jilll Malédiction ! Juste au moment où sonne le second appel pour le dîner IM 3 FÉVRIER 1930 35 aCffiÜPg B»ag«g gr;fg 'TmJæ- ¦W$i $%wsgfëm ÿMW, «\t\u2022 -\u2022; * mm Let ours blancs s'offrent quelquefois des voyages au long cours sur les gros glaçons qui descendent chaque printemps des régions polaires.Ils se laissent ainsi transporter par indolence ou par plaisir, mais parfois ils s'éloignent ainsi fort loin des côtes et deviennent alors la plupart du temps les victimes de leur imprudence.Kokichi Mikimoto, le roi de la perle japonaise est, grâce à sa découverte, infiniment riche.On sait que son procédé consiste à introduire un grain dans chaque huître, qui le recouvre ensuite de couches concentriques de matière perlière.Ayant causé ainsi la mort de plusieurs millions d'huîtres, M.Mikimoto a fini par se demander si les mânes des huîtres mortes ne le poursuivraient pas de leur vengeance.Pour calmer leurs mânes, le roi de la perle japonaise a fait tenir, dans son domaine, un service religieux bouddhiste à la mémoire de toutes les huîtres mortes pour la beauté de la femme.Depuis M.Mikimoto qui se sent pardonné, est tout heureux \u2022 L\u2019œil électrique dont on fait tant d application aujourd\u2019hui dans divers appareils, est naturellement employé aux choses de la guerre ; on signale un montage spécial qui permet de surveiller une route et de déclancher des mitrailleuses s\u2019il se présente quelque chose de suspect sur la route.Bien mieux cet appareil, après avoir pointé les mitrailleuses, leur fait suivre le but sur lequel elles tirent si celui-ci se déplace ou s\u2019enfuit.Cet appareil, s'il est curieux a un nom qui l'est tout autant : il s'appelle le pétn-scope.Honni soit qui mal y pense .\u2022 La soie artificielle est quelquefois appelée char donne, et ceci du nom de son inventeur, Hilaire Bernigaud de Chardonnet, qui fut le grand vulgarisateur de la coquetterie féminine en inventant la soie artificielle.Il naquit à Besançon, France, le 1er mai 1839 et, en 1859 il entra à l\u2019école polytechnique dont il sortit ingénieur des ponts et chaussées .il devint ensuite un chimiste de première force, et c'est alors qu\u2019il trouva le procédé de fabriquer la soie artificielle si répandue aujourd hui dans tous les pays.\u2022 Le maboulisme sévit évidemment à la surface de la terre dans certains pays tout au moins et sous les formes les plus diverses.C est ainsi que, récemment, à Hollywood, il y eut un birthday-party pour célébrer le premier anniversaire des ongles d une comédienne qui ne les avait pas coupés depuis un an.Leur longueur variait de deux pouces à trois pouces et demi, et ils étaient laqués comme des idoles chinoises.Le jour de la fête qui fut donnée, on coupa les fameux ongles et la comédienne s en fit un collier.Notes Encyclopédiques Une religion curieuse et, disons-le, idiote, est celle des Inghilis qui ont le culte des lapins ; ils prétendent que c\u2019est dans ces animaux que l\u2019âme se réincarne pour la dernière fois avant sa réhabilitation définitive dans l\u2019éther.\u2022 Dans la Californie il y a une ville qui se nomme Cathedral City et dans laquelle il n'y a aucune église.\u2022 Le mot Kieselguhr est peu connu, et cependanl Il désigne une matière dont il est fait grand usage.Le Kieselguhr est une sorte de poussière jaunâtre qu\u2019on trouve en Ecosse, en Allemagne, en Suisse, en Suède, à Tripoli et dans certaines parties du nord de l'Amérique ; elle est faite de diatomées fossilisées et fait une excellente pâte à polir les métaux.Elle entre aussi dans la composition de certains savons et dans la fabrication de la dynamite comme absorbant de la nitroglycérine.'«wMga HgÆgK Vr 222 mm On parle quelquefois de cloches de bois comme d'une chose qui n\u2019existe pas, et cependant on en peut voir dans certains monastères grecs.A vrai dire ce ne sont pas des cloches par la forme, mais des pièces de bois d'ailleurs sonores sur lesquelles on frappe pour annoncer certains services.Cette coutume daterait, dit-on, des temps où il était défendu aux chrétiens de se servir de cloches ordinaires.Une affiche à 1 usage des automobilistes, et posée a New-York, dit textuellement ceci: «Automobilistes, attention ! L'auto marche à la gazoline mais le chauffeur ne doit pas marcher à l\u2019alcool.» C\u2019est bref et fort bien dit.\u2022 Une plante curieuse est la welwitschia, qu on trouve dans le sud de l'Afrique ; cette plante, qui n\u2019est haute que d\u2019un pied, a quinze pieds de circonférence et produit trois feuilles qui durent autant qu elle ; or.la vie de cette plante est d'une centaine d\u2019années.\u2022 La petite ville de Fraser, Minn , est entièrement entourée d une clôture métallique, et une seconde curiosité de cette petite ville c'est qu\u2019elle ne possède aucun magasin d'aucune sorte Les truffes du Périgord, en France, sont très recherchées par les gourmets, mais ils ne sont pas le» seuls à les aimer, car les cochons les aiment peut-être encore davantage d eux.Les paysans du Périgord ont mis à profit cette gourmandise de leurs cochons en les employant à la recherche des truf fes.Les animaux les trouvent facilement et commencent à les déterrer mais un coup de baguette sur le groin les empêche de s\u2019en régaler.Ceci prouve une fois de plus que ce n est pas toujours ceux qui font le travail qui en profitent.e Quand fut appliquée aux Etats-Unis la lot d'émancipation de l'esclavage, en 1865, il y avait en ce pays 3.953,760 esclaves.L Etat qui en avah le plus était la Virginie avec un chiffre de 472,494 et celui qui en en avait le moins, le Kansas, avec deux seulement.\u2022 Quand on s'élève sur une montagne la tempè rature baisse d\u2019un degré par trois cents pieds d\u2019élé vation ; il est entendu que la même chose se produit quand on monte en ballon ou en aéroplane.\u2022 A quelle heure commence la journée ?Astronomiquement, elle commence à minuit, et les heures sont numérotées de une à vingt-quatre ; cette règle n\u2019est toutefois en vigueur que depuis 1925 et, auparavant.la journée astronomique commençait à midi \u2022 Certaines personnes ont encore 1 habitude d arrêter le sang d\u2019une coupure en y appliquant une toile d\u2019araignée ; c\u2019est là une pratique fort dangereuse, car les toiles d\u2019araignées sont remplies de toutes sortes de poussières et les microbes les plus dangereux peuvent s\u2019y trouver.On a vu des cas où, pour avoir voulu soigner ainsi une légère coupure à un doigt, il a fallu ensuite amputer le doigt et même le bras.\u2022 On parle quelquefois de records de danse, mais il est probable que l\u2019on n\u2019a pas encore battu, jusqu\u2019ici, celui de Will Willett, d'Endon, Angleterre qui, en 1752, dansa pendant douze jours et douze nuits sans aucun arrêt.On l\u2019appela ensuite la merveille des douze jours ; il aurait été plus juste de l\u2019appeler tout simplement fou pipf* mmi V- .- : ¦ : \u2022i-.-Q-v' -\t- H « Le» tortues de mer pondent des œufs en grande quantité et, à cet effet, elles viennent sur tes rivages sablonneux où elles creusent un trou.Le nombre des œufs qu'elles y déposent varie de 150 à 200, mais toutes les jeunes tortues qui éclosent n'arrivent pas à l'âge adulte, loin de là, car les crabes de terre et les oiseaux de mer en détruisent un grand nombre.Il faut également compter avec les chasseurs d'œufs qui semblent avoir un flair tout particulier pour trouver l\u2019emplacement des nids. LE FILM© \"WIMÉl .fliT ii mir- Bulletin d'abonnement Aux TROIS magazines POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975, rue de Bullion, Montréal, P Q Ci-joint veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d'abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Nom Adresse Localité\tProv.Hw\" NATI0'«\u2018- des «\u201ea«e\u201es ÜN ROMAN D'^MOUR COMPLET "]
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