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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 1 juin 1940
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1940-06, Collections de BAnQ.

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[" 52e année, No 1 Montréal, 1er juin 1940 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS \u2022 ¦$: : '¦ LA PENSION VELDER en images LE COÛT DE LA VIE \u2022 LE SPORT par Oscar ¦ je» \u2022 L'AMOUR EST ENFANT DE BOHÊME ROMAN POLICIER JU COMPLET \u2022 NOTRE NOUVEAU FEUILLETON Mme MIMI D'ES : ÉE Reine de la Radio (LA PHOTOGRAPHIE LA ROSE) Le Samedi » »;r*Tv«wc » » I #v I»»# 1.îÔMftff %H2&esi 9 »:r*m\u2018«F /\u2022.\u201c ?, » » I Vf it ¦ r.i»»# t- L\u2019Univers vieillit'il ?Etrange question, dites-vous .Puisque, selon la formule admise, le temps passe, il est évident que notre univers est plus vieux aujourd'hui qu'il y a cent mille ans et que, dans un million d\u2019années il aura dix mille siècles de plus.C\u2019est logique, sans doute, si l\u2019on s'en tient à la manière de compter des hommes, mais il faut comprendre cette question dans un sens un peu plus large.Tout d\u2019abord il s\u2019agit, non pas de notre minuscule planète elle seule, mais de tout l\u2019ensemble d\u2019astres que nous pouvons apercevoir par une belle nuit d\u2019été, avec, en plus, tout ce que les procédés astronomiques peuvent déceler ainsi que ce qu'ils ne découvriront peut-être jamais.Or, tout cela vieillit-il en prenant de l'âge, et viendra-t-il une époque où tous ces innombrables soleils seront éteints, leurs planètes mortes et la moindre manifestation de la vie universelle disparue ?Cet immense univers est-il soumis à ce que nous appelons la loi générale de croissance, d'affaiblissement puis de disparition ?C'est fort possible, et les récentes théories de la science nous disent même que c\u2019est certain.On a cru pouvoir s\u2019en tenir au fameux principe de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne peut se créer et tout se transforme » ; le mouton mange l\u2019herbe, l\u2019homme mange le mouton, ia terre ensuite reprend l'homme, en refait de l\u2019herbe pour une partie, et ainsi de suite dans toute manifestation de chimie ou d'énergie universelle.C'est toujours vrai, mais à condition, paraît-il, d'accorder une limite de temps à toutes ces manifesta-tions-là.Il y a, dans l\u2019univers, des quantités énormes d'énergie mécanique, chimique, électrique ou calorifique sans compter ses multiples autres aspects, et tout cela se transforme continuellement dans les laboratoires de l'homme ou dans celui, bien mieux agencé, de la nature.Est-ce à dire que cela doive toujours durer ?On l\u2019a cru pendant quelque temps, et tout semblait le prouver, mais il paraît qu\u2019on se trompait.Le grand physicien français Carnot commença par classer les diverses formes d\u2019énergie, et il mit au premier rang celles qui se transformaient en d\u2019autres forces avec un rendement d\u2019à peu près cent pour cent ; théoriquement tout au moins.L'énergie mécanique ou électrique tient la tête dans ce classement, mais les énergies chimiques et surtout la calorifique font, par contre, pas mal de déchet.C\u2019est ainsi, par exemple, que la chaleur obtenue à l\u2019aide d'un poêle électrique serait bien loin de compte pour se transformer en énergie nouvelle redonnant la totalité d\u2019électricité primitif.C\u2019est ce qu\u2019on appelle la dégradation de l'énergie et la chaleur, cette bonne chaleur que nous aimons tant parfois pourtant, serait tout au bas de cette échelle de dégradation.Pratiquement on s\u2019en aperçoit fort bien avec le rendement presque insignifiant des machines à vapeur et des moteurs de toute espèce.Une auto ne donne guère, en mouvement que le septième de l\u2019énergie contenue dans la gazoline qu\u2019elle consomme, et tout le reste, à part de ce qui est absorbé par les frottement, se perd en chaleur inutile.La chaleur elle-même se dégrade ; une petite quantité d\u2019eau bouillante peut actionner un appareil mécanique, mais elle se refroidit vite et devient alors inopérante.Qu\u2019est devenue l'énergie qu'elle contenait quand elle était à une température suffisamment élevée ?Zéro, nous répond la physique actuelle.Si nous voulons produire de l\u2019énergie motrice, il nous faut disposer de fortes différences de température afin d\u2019utiliser ce qu'on appelle une chute; c'est le cas des moteurs de toute espèce où les températures de combustion sont toujours très élevées.Nous ne pouvons faire que de la transformation, mais toujours avec pertes importantes.C'est là-dessus qu\u2019on se base pour affirmer que continuellement quelque chose se perd dans l'univers et que, par conséquent, celui-ci vieillit à la manière d\u2019un homme qui perd graduellement ses forces.En fait, il y a là-dessus des théories admirables et qui semblent convaincantes.Je dis qui « semblent », car je n\u2019en suis pas très sûr.Est-on sûr vraiment de quelque chose ici-bas ?Les théories, elles aussi, se dégradent et se transformei.t, cela ne les empêche pas de servir à quelque chose puisqu\u2019elles donnent naissance à d\u2019autres .qui seront à leur tour remplacées par des nouvelles.Ainsi va l\u2019univers qui vieillit peut-être, mais pas au sens que nous attachons à ce mot, car il est une œuvre divine et que ne saurait donc atteindre la dégradation des forces.Qu'il se transforme continuellement, qu\u2019il en arrive même à un état d'équilibre final, c\u2019est possible, mais cet équilibre ne serait-il pas lui-même une forme d'énergie dont nous ne connaissons actuellement rien du tout ?Je crois que la meilleure formule serait encore celle-ci : l\u2019univers change et l\u2019humanité seule vieillit.CE QU\u2019IL FAUT SAVOIR Le lait et tous les produits de la laiterie (de bonne qualité) sont à conseiller.L\u2019œuf, sous un volume restreint et pour ainsi dire sans aucune préparation forme un aliment excessivment nutritif, d une parfaite pureté, d une appétissante apparence, d\u2019une saveur exquise, d\u2019une digestion facile et d un prix modéré.On peut même dire que, sous certains rapports, 1 œuf est supérieur au lait et offre plus de garanties que ce produit, attendu que ce dernier peut fort bien provenir d'une vache phtisique et qu\u2019il contient alors le microbe de la tuberculose lequel peut nous rendre nous-mêmes tuberculeux si nous ne prenons la précaution de le faire préalablement bouillir, ce qui, d'ailleurs, le rend plus digestif.Rien de semblable n'est à redouter avec l\u2019œuf.Il est vrai que la nourriture de la volaille, les conditions hygiéniques auxquelles elle est soumise ou dont elle est privée, le soin de la conservation de l\u2019œuf, influent nécessairement sur la délicatesse et la qualité du produit, mais jamais au point de le contaminer et de le rendre dangereux.LE CHALET sur le merveilleux Lac Emeraude.Accueillant et confortable.VOYAGES A FORFAIT DANS LES ROCHEUSES 2\tjours .à\tcompter\tde\t$37.50 3\tjours .à\tcompter\tde\t$47.25 4\tjours .à\tcompter\tde\t$57.00 t jours .à\tcompter\tde\t$74.50 Ces voyages commencent à Banff, le 8 juin, et comprennent logement et repas à Banff et Lac Louise, visite au Lac Emeraude et 126 milles en auto dans les montagnes, eu vice versa de Field.Ajoutez chemin de fer à Banff ou Field.ROUTE DES GLACIERS DE LA COLOMBIE .Terminée en 1940.Randonnées Inoubliables du Lac Louise aux Glaciers, à prix très modique.Taux de chemin de fer, aller-retour, réduits en été pour le Nord-Ouest et la Californie, via les trains transcontinentaux du Pacifique Canadien .WAGONS CLIMATISES.Consultez le bureau du Pacifique Canadien le plus proche G&hoJLL&h @axi§ic La plus grande organisation de voyages au monde Ces 3 endroits enchanteurs sur votre parcours à la côte du Pacifique B00 MILLES OANS LE5 r/Zotifog/uv ^ocAeuoeo LAC LOUISE -r-L7 VANCOUVER\tD,u\u201e VICTORIA*.7\tBANFF rosi \"ESI ALASKA \u2014 CROISIERES PRINCESS f /eurs .$105 et plus.A Skagway et retour 2000 milles par le passage intérieur abrité.Départs toutes les semaines de Vancouver.Tous frais compris \u2014 excepté dépenses à Skagway.3 VACANCES EN UNE?Pour vos vacances, rendez-vous à la côte du Pacifique par les Montagnes Rocheuses.Voyage en bateau de 105 milles, de Vancouver à Seattle, compris dans le prix du billet .avec arrêt à Victoria.Trois séjours en montagnes pour le prix d'un.L\u2019imposant Hôtel Banff Springs .l\u2019élégant Château Lac Louise .le Chalet rustique du Lac Emeraude.Golf, natation, tennis, équitation, marche.Orchestre de danse et de concert.mm TOUT EN NAGEANT dans les piscines de Banff et du Lac Louise, vous obtiendrez ce hâle^ tant recherché.HOTEL BANFF SPRINGS t .réputé pour son luxe et sa cuisine.Vous y descendrez pendant votre voyage à forfait.LE GLACIER VICTORIA vu des bords de l\u2019incomparable La« Louise, près du Château.m 52e année, No 1 \u2014 1er juin 1940 CARNET EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE.LIMITEE 975, RUE DE BULLION MONTREAL - CANADA \u2022 Tél.: P La te a u 9638* Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUIL Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Pages féminines : GENEVIEVE Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 7 879 ABONNEMENT CANADA Un an.$3.50 Six mois.2.00 Trois mois.1.00 \u2022 ETATS-UNIS ET EUROPE Un an.$5.00 Six mois.2.50 Trois mois.1.25 \u2022 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi.9 h.a.m.à midi \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours l'empaauetage de nos sacs de malle commençant .cinq, jours avant leur expédition.De quoi est fait l\u2019amour ?A CETTE question plus difficile à répondre qu'elle ne le paraît de prime abord, voici quelques réflexions-réponses formulées par diverses personnes selon leur état d'esprit du moment et l'influence de souvenirs ou d'espoirs sentimentaux.\"C'est une chose trop belle et trop bonne pour qu'on puisse l'expliquer.C'est une ficelle à faire danser des pantins .C'est l'excuse à bien des bêtises .C'est le sentiment le plus élevé que l'être humain puisse manifester.C'est ce qui donne de l'intelligence à un imbécile et transforme un aigle en dindon .C'est ce qui empêche la vie d'être désespérément bête.C'est une corde avec laquelle on pend son indépendance; même si elle est en soie elle n'en étrangle que mieux.C'est une maison dans laquelle on ne trouve que ce qu'on y apporte .Il y en a comme cela des centaines d'autres encore et, tout récemment, j'entendais une charmante jeune fille me dire froidement : C'est de l'égoïsme !.Ah bah !.Au fait il y a du vrai, peut-être beaucoup de vrai là-dedans mais il faut faire la part des exceptions.Je crois que, souvent aussi, on confond l'amour et l'amour-propre et ce dernier n'est pas autre chose en effet qu'une des expressions de l'égoïsme.L'égoïsme est un vilain défaut qui pousse partout sur la terre comme une fleur sauvage; chacun le transplante et le cultive à sa manière dans son jardin et, selon les méthodes employées, en fait une chose très acceptable ou bien un buisson fort épineux.Il y a de l'égoïsme bien domestiqué qui se transforme en prudence, en retenue ou en indépendance.Il en est de l'autre qui devient tout simplement de la muflerie.Les deux produits ainsi cultivés s'inscrivent communément au catalogue sentimental sous le nom d'amour et la personne qui lui donne cette inscription-là est très souvent de bonne foi.Elle en a du moins l'illusion.Voici, par exemple, une petite scène extraite du théâtre de la vie et que tout le monde connaît parce qu'elle se joue continuellement sans vieillir pour cela : \u2014 Si tu savais comme je t'aime, ô ma belle blonde ! \u2014 Tu m'aimes tant que ça?\u2014 Davantage encore !.tu es si belle, si douce et si affectueuse ! \u2014 Et tu m'aimeras toujours?\u2014 Peux-tu en douter ! mais sans toi la vie n aurait plus d'agrément pour moi, tout me semblerait triste et bête; je ne vois que toi au monde et tu es tout mon bonheur !.De fait, l'amoureux est très sincère; il joue très convenablement la scène en question mais pas la comédie; son visage s'épanouit de contentement quand sa belle daigne sourire et il lui semble que son cœur tombe dans le pot au noir quand elle paraît simplement soucieuse.Il est plein d'attentions pour elle, grandit de six pouces quand il la promène à son bras et se sent l'âme d'un grand conquérant lorsqu'il se compare à des amis qu il salue^ d un petit air protecteur pour les récompenser d'être témoins de son bonheur.Il est ingénument ridicule, sympathiquement bête et suffisamment jaloux pour démontrer la solidité de son amour.Tous ceux qui ont passé par là, c est-a-dire les neuf dixièmes au moins de la population terrestre, tous ceux-là chanteront en chœur comme un seul homme .Aimer c'est la plus douce chose Qui [ait voir la vie en rose .etc., etc .Et la terre continuera de tourner pendant que la lune la regardera de sa bonne face moqueuse qui en a vu bien d'autres depuis le commencement du monde.\t^ Le gaillard dont il s'agit est réellement amoureux, _n'en doutons pas, mais qu'est-ce que cela prouve ?son egoisme tout simplement.Et ce n'est pas difficile a prouver.Il est fier de la beauté de sa blonde quand il rencontre des amis, mais est-ce bien pour elle ou parce que cela chatouille agréablement son amour-propre a lui-meme .N in- sistons pas.Il apprécie qu'elle soit douce et affectueuse; c'est de la simple honnêteté que de le reconnaître puisque c'est lui qui en est le bénéficiaire; il ne fait donc pas un compliment, il rend sincèrement témoignage, voilà tout.Il dit enfin que, sans elle, la vie lui serait triste et bête et qu'elle est tout son bonheur.Peut-on avouer plus candidement un égoïsme qui, pour n'être pas féroce n'en est pas moins exclusif ?Tous les amoureux sont-ils donc des égoïstes et pas autre chose ?Epluchons tout d'abord le mot et nous verrons ce qu'il y a dedans.L'égoïsme, étymologiquement, tend à ramener tout à soi mais la philosophie nous dit qu'il ne faut pas le confondre avec cette sorte d'instinct qui nous fait préférer le plaisir à la douleur parce qu'il est l'exagération de ce penchant.Je crois que c'est là de la subtilité psychologique au moyen de quoi l'on pourrait changer l'aspect de bien des choses.Une petite dose d'arsenic ou bien une grosse dose est toujours de l'arsenic; alors, acceptons l'égoïsme mais tâchons d'en faire bon emploi; on fait bien des remèdes salutaires avec des violents poisons.La Rochefoucauld me semble avoir été de cet avis; même il trouve de l'amour-propre, c'est-à-dire de l'égoïsme, dans nos moindres actions; il démontre que le chemin de la vie en est pavé \u2014 comme l'enfer de bonnes intentions \u2014 et va jusqu'à dire que les vertus ne sont que des adaptations convenablement revues et corrigées de l'amour-propre.C'est sans doute aller un peu loin mais c'est une théorie qui peut se défendre; pourtant, je ne l'accepte pas.En ce qui concerne spécialement l'amour, je fais trois classements.Il y a les amoureux cyniquement égoïstes, les brutes qui voient l'amour à la manière du goinfre qui avale un pot de confitures; ils sont, malheureusement, beaucoup trop nombreux.Il y a ceux qui mettent en pratique, souvent sans même s'en douter, les théories de la Rochefou-foucauld; quelle est leur proportion ?je l'ignore mais je la crois importante et formant, avec celle des goinfres la presque totalité des amoureux.C'est ce qui expliquerait la fragilité de tant de beaux serments d'amour et la transformation si rapide de brûlants feux de paille en petits tas de cendres froides.Je ne veux cependant pas être pessimiste et je veux croire que pas mal d'égoïstes à légère dose peuvent être et demeurer des amoureux fort convenables et très appréciés.Il y a enfin le troisième classement qui ne nécessite probablement pas les services d'un mathématicien diplômé sur toutes les coutures pour en faire le dénombrement.Les amoureux de cette espèce-là s'oublient totalement eux-mêmes; jamais ils n'analysent la qualité ou ne mesurent la quantité de leur amour; ils le donnent avec un désintéressement complet, même et surtout s'il leur faut ensuite en souffrir.Il leur arrive d'en éprouver de grandes joies mais ils ne les avaient pas escomptées comme une redevance naturelle.Ils trouvent alors à ces joies une douceur infinie, ayant quelque chose de magique et d'irréel comme à ces visions que la pensée va quelquefois chercher très loin dans le monde des étoiles et que le regard humain ne voit point.Il y a de l'amour de cette nature-là sur notre pauvre terre si profondément égoïste mais on le rencontre rarement car il ne s'accorde pas avec le bruit, les grands discours et les attitudes conventionnelles; il se cache au fond des cœurs et parfois si bien qu'on ne soupçonne pas sa présence.Il y a des gens qui l'ont ainsi conservé toute leur vie en ne lui donnant que l'étiquette extérieure d'amitié.Et cela leur a valu tout de même un peu de bonheur.Non, ma chère X .l'amour n'est pas forcément et toujours de l'égoïsme.JjL. 4 Le Samedi LA PENSION VELDER Radio - roman de Robert Choquette Ce populaire programme est en train de conquérir, auprès des radiophiles, la grande popularité du désormais classique CURE DE VILLAGE.Mme Van Veider, Elise, Marcel, Alexis et Dorothée Laviolette nous sont devenus aussi familiers que Noiraud Toupin, Mérilda et Adèle Bissonnette.C\u2019est, je crois, le plus bel hommage qu'on puisse adresser à Robert Choquette pour avoir réussi à égaler, sinon à dépasser la valeur littéraire et psychologique de son \" Curé de village \".Après avoir tiré un roman de sa PENSION VELDER, l'auteur en fait maintenant une pièce qui sera jouée en tournée dans toute la province de Québec, au cours de l'été.Nous ne doutons pas que cette nouvelle sera accueillie avec grande joie par tous les radiophiles, et qu'ils s'empresseront d'aller applaudir ce \" bon monsieur Sicotte \", le jovial \" Philidor Papineau \" et tous les autres membres de la PENSION VELDER.Voici quelques instantanés croqués par notre photographe Henri Paul au cours d'une émission de PENSION VELDER.Nous voyons, en haut à gauche, les deux amoureux ELISE (Judith Jasmin) et MARCEL (Albert Cloutier) qui, mariés maintenant, voyagent avec les ailes du Bonheur.La distribution comprend, outre les personnages présentés ici : LUMINA (Juliette Béliveau) ; PIERROT PICOTTE (L.-P.Mercure) ; FREDERIC GAGNON (G.Bertrand) ; FLORENCE GAUTHIER (Olivette Thibault) ; J.-B.LA-TOUR (J.-R.Tremblay) ; COTE, racketeer (P.Guè-vremont) ; FRISE COTE (L.Gagnon) ; Madame GAGNON (B.Gauthier) ; GEORGETTE MAGNAN (M.Nadeau) : Madame RE-GiNA (Jeanne Demons) ; ROY (Eugène Daignault) ; GIRARD (P.Laroche) ; JEANNE DENIS (G.Bougie) ; Mme LAFONTAINE (Mme J.-R.Tremblay) ; HENRI LABRECQUE (Henri Poitras) et SUZANNE LE LAC (Eve Lienard) mmk ____ Mme LATOUR (Estelle Mouffette).Ce bon Monsieur SICOTTE (Antoine Godeau) et.Mme VELDER (Jeanne Maubourg), inquiète et habile maîtresse de pension.la charmante Mme REGINA (Jeanne Demons).ri ¦' ri **¦ 'Z\u2019 A gauche: ALEXIS (André Treich), le méchant \"petit garçon\".Au centre : le jovial PHILIDOR PAPINEAU (Clément Latour) commençant une \"prise de bec\" avec DOROTHEE LAVIOLETTE (Berthe Lavoie), artiste en \" haute couture \".A droite : une expression de Papineau.Photos LE SAMEDI 1er juin 1940 5 Je l'ai interrogée à nouveau tout à l'heure.i : : Le Journal d une Amie 12 août Angèle vient de m'écrire ce matin quelle arrivait pour quelques semaines.J'en suis heureuse, car j\u2019aime beaucoup Angèle.Et, cependant, je ne puis me défendre d'une certaine inquiétude, qui m\u2019a prise après la lecture de cette lettre, ¦\u2014 et sans cause, bien entendu, -\u2014 un de ces pressentiments absurdes qu\u2019on ne s\u2019explique pas.Car, enfin, Angèle est charmante, la meilleure de mes amies, la plus sincère assurément.Il y a bien longtemps que nous nous connaissons ! Les liens d affection qui nous unissent remontent à nos années de pension.Ah ! la pension, je n'y repense jamais sans revoir aussitôt la petite Angèle toute rose, toute blonde, toute mutine, avec pourtant déjà sur son visage cette tristesse naturelle aux visages d\u2019enfants orphelins ! Elle arriva après moi, de trois ans plus jeune d ailleurs.Personne ne l'accompagnait.Un oncle lui restait seul, qui, chargé de gérer sa petite \u2014 oh, toute petite ! \u2014\u2022 fortune, ne voulait pas se déranger pour elle.Nous apprîmes cela \u2014 je ne sais comment.Est-ce que tout ne se dévoile pas toujours ?La petite Angèle, à beaucoup, n'inspira que de la pitié ; à.moi, tout de suite, je le répète, de l\u2019intérêt, de l\u2019affection.Je la pris comme ma protégée, 1 initiai aux habitudes de la pension, aux communes journalières.Elle m'en sut gré, s'attacha à moi, vite.Nous devînmes inséparables.Trois ans passèrent au pensionnat, côte à côte.Puis, je le quittai pour rentrer chez ma mère.Angèle resta encore.Pourtant, nous nous retrouvâmes plus tard.Elle est de Longeau, un bourg distant du Nouvelle par PAUL ROUGET mien de vingt-cinq milles à peine, et demeure là près de son vieil oncle infirme.Pauvre Angèle ! sa vie n\u2019est pas des plus gaies assurément ! Il est vrai que la mienne !.Je sais bien que moi je suis à l'abri du besoin.Je vis tranquille.Mais entre vivre tranquille et vivre heureuse, il y a loin !.Ah ! vivre heureuse ! .Il me faudrait, en dehors de l'affection de ma vieille mère, une autre affection pas tout à fait semblable, plus impérieuse, si je puis dire.Au fait, pourquoi ne la confierais-je pas à ce papier ?Eh bien ! oui, je l\u2019avoue, je rêve d'une affection autre que celle de ma mère, que celle d'Angèle, que celle de toutes mes amies ! Je rêve à l'affection d\u2019un jeune homme qui serait doux et simple, avec de beaux yeux songeurs, une fine moustache brune, qui me parlerait avec tendresse, qui me conduirait à son côté dans la vie.Ce jeune homme existe-t-il ?Mais oui, puisqu il est mon voisin ! Georges, \u2014 Georges Mailleu.Georges, malheureusement, n'est pas toujours au pays ; employé dans une grande administration parisienne, il n\u2019y vient qu\u2019une fois l'an y passer deux mois.\t.Il s\u2019y trouve depuis dimanche dernier.A chaque arrivée, il accourt à la maison nous dire bonjour.Et sa venue me cause une joie, comme son départ une peine.Il me semble que je ne lui suis pas non plus indifférente.Déjà il m a laissé entendre cela .Oh ! discrètement, car Georges, quoique ayant bientôt la trentaine, est timide, très timide, autant que je le suis moi-même.Certainement, avec lui je pourrais être heureuse ! Et il doit être si bon, si tendre ! Quel plaisir ce serait de se sentir à son bras, d\u2019écouter ses aveux, de s\u2019en aller à son côté à Paris, Paris que je n'ai jamais vu, que je ne verrai peut-être jamais, si Georges .Mais voilà que je m\u2019enfièvre ! Ce n\u2019est pas raisonnable.A mon âge !.Car j'ai coiffé Sainte-Catherine, et je dois dorénavant me résigner à passer parmi les vieilles filles.Vingt-six ans ! Un quart de siècle ! Combien d'autres à mon âge passèdent un foyer, une famille, de beaux petits enfants ! .Allons, Lucie, assez pour l\u2019instant ! Ne songe pas à ce que les autres ont ! Ne songe qu\u2019à ce que tu as et fais en sorte d\u2019en être satisfaite ! II 18 août Angèle est près de nous, dans notre modeste maison ; ma mère et moi nous l'y avons reçue de notre mieux.Elle y met un rayonnement avec ses vingt-deux ans, toute de grâce et de joliesse.Elle est la délicatesse même, grande, souple, blonde, avec des yeux pareils à des joyaux Elle m'éclipse de ses charmes, moi sinon laide, tout au moins banale .Je ne lui en veux pas, cependant !.Au contraire, je l'aime beaucoup, de plus en plus avec les années ; sa nature franche, primesautière.est de celles qui plaisent davantage au fur et à mesure qu\u2019on les connaît mieux.\t(Lire la suite page 38J 6 Le Samedi LES A COTES DE LA GUERRE zai ?\u2014 LE CANADA EST BIEN DEFENDU Un journaliste et un photographe du \" Samedi , invites par le Ministère de la Défense Nationale, ont pu se rendre compte, quelque part sur le littoral de l'Atlantique, de l'importance des défenses côtières du Canada.Si la côte est bien gardée, les approches le sont aussi, et bien mieux qu'on ne le pense généralement, par les unités de notre flotte de l'Atlantique et par l'aviation.\u2014 Les photos ci-contre ont été prises sur deux navires de guerre britanniques.L'une représente l'exercice à bord et l'autre la distribution de rhum aux matelots.dans les Pays-Bas \u2014 une tactique très simple en même temps que très efficace : au moment de lâcher les bombes sur l'objectif, l\u2019escadrille s\u2019ouvre en éventail et sème une traînée d'explosifs.Il est ainsi bien rare qu\u2019un terrain d\u2019atterrissage, par exemple, ne subisse pas des dommages irréparables.\u2022 LE PERE DU SOUS-MARIN MODERNE C\u2019est le grand, ingénieur français Laubeuf, décédé en décembre dernier.Il n\u2019avait que trente-deux ans lorsque, en 1896, il vit ses plans acceptés par un jury maritime : la France désirait avoir une flotte sous-marine et avait lancé un grand concours auquel ne participaient que des ingénieurs.Le Narval, dessiné par Laubeuf et construit en 1898, dépassait de beaucoup ce qui s\u2019était fait jusqu\u2019alors : il comportait deux coques, deux moteurs (à vapeur pour la navigation en surface et électrique pour la plongée), quatre torpilles, et un système de purification de l\u2019air.Laubeuf voulait que son submersible fût capable de rester plusieurs heures sous l\u2019eau et accomplir de longues croisières en surface.Il avait si confiance en son invention qu\u2019il effectua toutes les expériences de plongée.L'ingénieur Laubeuf était un grand travailleur, qui jusqu\u2019aux derniers jours, continua ses recherches.Il mit au point de nombreux problèmes de génie maritime : les hélices, le métal des coques, la protection et l\u2019armement des cuirassés, etc.Ancien élève de l\u2019Ecole Polytechnique, ingénieur du génie maritime.Laubeuf était membre de l\u2019Académie des Sciences depuis 1920.HITLER EN CAGE Un groupe de gros financiers américains, dirigé par M.Church, président de la Carnegie Institute de Pittsburgh, a offert une somme de $1,000,000 à celui qui ramènerait vivant le chancelier Hitler à la Société des Nations.Bien que la prime soit rudement intéressante, personne ne 1 a encore méritée.L\u2019offre de M.Church expire le 1er juin.Qu\u2019on se dépêche ! \u2022 ROME NE SERA PAS BOMBARDEE Le belliqueux Benito Mussolini, s il lui prend jamais la mauvaise idée d\u2019entrer en guerre contre nous, devra tout probablement la vie au Souverain Pontife.En effet, les Alliés se sont engagés formellement à ne jamais bombarder Rome, de peur d atteindre le Vatican.L'EPOUSE DU POILU NE FAIT PAS FORTUNE Le soldat français, comme on sait, est bien loin de toucher, comme solde, $1.30 par jour.De fait, il reçoit environ 5 sous par jour à l'arrière et 10 francs en première ligne.(Dix francs égalent environ 25 cents canadiens.) Mais il y a ceci qui explique bien des choses : le soldat français est conscrit ; le soldat canadien est volontaire.Le soldat français défend son propre sol, sa province, son département, son village.Le nôtre aussi, bien entendu, mais de beaucoup plus loin .Quant à l'épouse du soldat français, elle reçoit exactement 26 cents par jour de l\u2019Etat, si elle habite Paris, et 15 cents si elle vit en province.L\u2019allocation par enfant est de 12 cents par jour à Paris et de 10 cents ailleurs.O $25,000,000 PAR JOUR ! Sir John Simon, Chancelier de l\u2019Echiquier, vient d\u2019annoncer le budget de la prochaine année fiscale.Ce grand bonhomme sec parle toujours à mi-voix, avec une placidité toute britannique devant les chiffres énormes qu'il énumérait à la Chambre.Les auditeurs devaient faire des efforts inouïs pour comprendre ses paroles.Paroles peu rassurantes pour le contribuable britannique, malgré la solidité des finances du pays ! Le Chancelier a annoncé que le gouvernement se proposait de dépenser, au cours de la prochaine année fiscale, la somme fantastique de $25,000 000 par jour ! Les impôts actuels seront augmentés de façon à donner $4,319,000,000 de plus ; et il faudra trouver $353 000,000 dans des impôts nouveaux ; enfin, le gouvernement britannique devra emprunter $4,000,000,000.Sir John Simon prévoit que la guerre coûtera à la Grande-Bretagne au moins $7,000,000,000 ! Cigarettes, allumettes, bières, whiskeys, téléphones, télégraphes, etc., tout cela subit une hausse appréciable.Le taux de base de l'impôt sur le revenu est de 37J^%; mais les très gros revenus sont taxés jusqu'à 85%.Il y a en outre quelques surtaxes sur le revenu, tout comme au Canada.Par exemple, un homme marié, sans enfant, payait l'an dernier, avec un revenu de $1,050, $24.50 ; pour l\u2019année fiscale 1940-41, il versera $52.50.\u2022 LA POLOGNE MARTYRE Les sceptiques peuvent croire que les nouvelles sur la persécution religieuse en Pologne ne sont que des inventions de la propagande alliée.Mais quand ces nouvelles nous viennent du Vatican, il n'y a aucun doute sur leur authenticité.On sait que l\u2019invasion de la Pologne se fit avec une brutalité inouïe : les avions bombardèrent autant la population civile que les armées ; les aviateurs nazis détruisirent volontairement hôpitaux, églises, couvents, etc.La conquête terminée, toute la Pologne fut soumise à une déchristianisation systématique.La plupart des églises furent fermées, les prêtres emprisonnés ou fusillés, tous les crucifix enlevés des écoles, défense de dire la messe et d\u2019entendre les confessions.Un grand nombre de prêtres et de religieux ont été envoyés dans des camps de concentration en Allemagne et en Autriche.Le dossier de l\u2019irréligion nazie reçoit chaque jour de nouvelles preuves de l\u2019athéisme officiel du gouvernement allemand.Le cardinal primat de Pologne, réfugié au Vatican, déclare qu'en général les soldats allemands se conduisent bien avec la population polonaise.Toutes les persécutions sont l\u2019œuvre de la Gestapo \u2014- police secrète allemande \u2014- qui, par son chef Himmler, relève directement de Hitler.AUGMENTATION DE 16% AU C.N.R.Les revenus bruts du Canadien National pour la semaine terminée le 14 avril atteignent $4,097,320 et, comparés à ceux de la semaine correspondante de 1939 : $3,515,534, ils affichent un surplus de $581,786 ou de 16%.L'ATTAQUE DES TERRAINS D'AVIATION Lors de l\u2019invasion de la Pologne, quelques journaux américains ont montré le résultat, sur les terrains polonais, du bombardement par les avions nazis.Ce n'est plus qu\u2019un champ labouré, tout parsemé de trous profonds et de débris d\u2019avions.On comprend que dans de telles circonstances, aucun avion polonais ne pouvait prendre son vol.Ces bombardements simultanés et intensifs équivalaient donc à une victoire aérienne.La même tactique s\u2019est répétée dès les premiers jours de l\u2019attaque allemande sur la Hollande et la Belgique.Les canons anti-aériens forcent l\u2019ennemi à se tenir dans la zone des dix mille pieds, ce qui restreint évidemment la certitude de son bombardement.Mais les Allemands ont adopté \u2014 en Pologne, puis en Norvège, puis I II » h ¦ a ft ft\" i IJ.1 \u2018B B ¦ .\"«bb B- «»\u2022 11 Je n'avais qu'une fille, j'aurai quatre enfants.\" RUSE D\u2019AMOUR Les époux Caron voulaient se retirer des affaires: ayant beaucoup et bien travaillé, ils jugeaient avoir payé leur tribut au labeur et gagné largement quelques années de repos.Ils envisageaient l'avenir avec une douce quiétude, espérant marier leur fille unique, Hélène, et céder leur commerce à son mari.Cet arrangement éviterait les douleurs d\u2019une séparation ; le père et la mère croyaient ne pouvoir vivre sans leur fille qu\u2019ils choyaient toujours comme au temps de son enfance.Et pourtant, elle avait vingt ans, là douce Hélène, vingt ans, un minois ravissant, des yeux couleur de printemps, un teint de rose sous une chevelure de couleur de soleil.Ajoutez à cela que les qualités de son esprit répondaient à la grâce de son visage, et vous comprendrez que l'idéal de ses parents ne pouvait être le sien, ses rêves s\u2019envolaient bien au-delà du magasin paternel.Aussi, je vous laisse à penser quelle angoisse étreignit son petit cœur, lorsqu\u2019un beau matin son père lui annonça qu\u2019il se rendait chez le notaire pour le prier de découvrir le gendre capable de continuer les traditions commerciales de la famille.Edmond Laroche, à qui allait s'adresser M.Caron, avait acheté l\u2019étude récemment et en avait pris possession depuis six semaines à peine.Il approchait la trentaine et avait pour compagne sa jeune sœur Marguerite, toute rayonnante dans l'épanouissement de ses dix-huit printemps.Il était le type parfait de l'homme d'affaires et aurait semblé d\u2019aspect froid et austère si la gravité de sa physionomie n\u2019avait été tempérée par par POL DAVRIL l\u2019expression de son regard droit et honnête, par le sourire engageant qui se dessinait sur les lèvres légèrement ombrées par une moustache fine et soyeuse : Marguerite ne ressemblait en rien à son frère : elle était gaie autant qu\u2019il semblait froid.Il est vrai qu'un excellent caractère atténuait à l'école du malheur, et le malheur l\u2019avait mûri de bonne heure, lui avait donné les qualités que d\u2019autres doivent attendre longtemps.Avant perdu ses parents à l\u2019âge où se développe généralement le goût des plaisirs mondains, il avait conservé d'eux un souvenir impérissable dans lequel il avait puisé une sagesse qui était bien au-dessus de son âge.Devenu chef de famille, il avait dû se consacrer à l\u2019éducation de sa jeune sœur.Cette tâche délicate avait été hérissée de difficultés ; l\u2019enfant cachait, sous des dehors espiègles, une susceptibilité que le moindre choc faisait éclater en une surexcitation de tous ses nerfs irrités.Il est vrai qu'un excellent caractère atténuait ce défaut d\u2019humeur.Comme la fleur parfumée qui, apres 1 orage, ouvre plus au large sa corolle pour recevoir la goutte de rosée vivifiante, Marguerite offrait son front pour recevoir le baiser fraternel qui console et réconforte.Devenue jeune fille, elle fut, dans 1 austérité de leur foyer vide, comme le sourire d\u2019un joyeux et clair soleil.Le père d\u2019Hélène, enchanté de l'accueil qui lui a été fait, a offert le thé à Edmond Laroche et à sa sœur qui ont accepté sans trop se faire prier.Ils furent reçus d\u2019une façon charmante ; le jeune notaire se plut dans cette cordiale intimité ; il y retrouvait comme un reflet des joies familiales dont il était privé depuis de si longues années ; la nature enthousiaste de Marguerite se prit d'admiration pour Hélène, si douce, si tendrement affectueuse.Elles furent liées, après quelques instants d'une causerie discrète, comme si elles s'étaient toujours connues.Les visites se succédèrent, le temps passa, trois mois s'écoulèrent, et le notaire n'avait pas encore trouvé de successeur à Monsieur Caron.Marguerite est plus heureuse que son amie : elle est fiancée.Une ombre plisse cependant son beau front d'albâtre ; elle remarque que son frère est triste : elle pense à Hélène qu elle trouve morose et préoccupée ; elle croit comprendre et elle veut être l\u2019étoile amie qui conduira ceux qu'elle aime vers les rives du bonheur.Avec un tact tout féminin, elle arrache à Edmond le secret qui l'étouffe ; elle confesse gentiment Hélène qui ne peut résister à l\u2019aveu d'un amour qu\u2019elle sait ne pas devoir être approuvé par ses parents.Car un notaire n\u2019est pas un quincaillier.Marguerite, devenue la confidente des amoureux, prend tant d'autorité sur ces cœurs désarmés, que son fiancé, Monsieur Dury, est présenté, non seulement en amateur de la quincaillerie \u2014 qu\u2019il convoitait réellement \u2014 mais encore comme aspirant à la main d'Hélène.La petite comédie dura trois semaines, mais il lui fallait un dénouement.\t(Lire la suite page 38) 1er juin 1940 > 8 Le coût de Avant même qu\u2019Hitler s\u2019attaque à la Pologne, une ménagère d\u2019un village des Prairies de l'Ouest avait déchaîné toute une série d\u2019événements qui, à leur tour, mirent en mouvement le mécanisme de notre Office du Contrôle des prix du gouvernement fédéral.Et voici comment cela se produisit.Récemment l'épouse d'un ouvrier adressait une lettre à un ministre du Cabinet fédéral.Dans cette lettre e'ie prétendait que le coût de la vie avait augmenté d\u2019un tiers depuis le début de la guerre .et elle soumettait, comme preuve, les factures de son épicier.Un statisticien du gouvernement d\u2019Ottawa hérita de la corvée d'examiner ces factures.Il se rendit compte qu\u2019elles comprenaient seulement les aliments dont le prix avait été le plus affecté par la guerre.Il n\u2019y avait pas cependant de factures pour bacon, œufs, pain, lait ou gruau.Ceux-ci sont à peu près aux prix d'avant-guerre.Mais les factures pour les aliments qui avaient sensiblement augmenté en prix, tels que le café, le thé, le beurre, la graisse et le fromage, abondaient.Elle reçut donc une lettre poliment rédigée, admettant ces augmentations, mais faisant remarquer cependant que depuis la déclaration de la guerre, le coût de la vie n'avait augmenté que d'environ quatre à six pour cent.On lui fit également remarquer que non seulement elle avait choisi ses factures, mais en calculant l'augmentation du coût de la vie d'après celles-ci, elle avait oublié de tenir compte des hausses de prix en hiver de certains aliments tels les patates, les légumes et les viandes.En plus des efforts du statisticien, les longs bras du gouvernement s\u2019allongèrent jusqu\u2019au petit village des Prairies, des enquêtes discrètes révélèrent que la dame en question nourrissait une rancœur de longue date à l\u2019endroit de l'épouse de l\u2019épicier.® « La croisade contre le « profitage » menée sans aide par une autre femme expliquera plus clairement le mécanisme géant qui fonctionne actuellement, en vue de protéger les ménagères contre ceux qui profitent de la crainte créée par la guerre pour entasser des profits exorbitants.Cette fois, c\u2019était au tour de l\u2019épouse d\u2019un gérant de banque.Elle ne se contenta pas de s'adresser à un simple ministre, mais elle écrivit personnellement au premier ministre, se p'aignant du fait que son épicier lui avait chargé trente cents (.30ç) pour trois boîtes de pois plutôt que vingt cents (.20ç), comme d\u2019habitude.La lettre fut transmise à la Commission des prix et du commerce en temps de guerre où elle déclancha un mouvement de la part d\u2019une foule des organismes gouvernementaux qui coopèrent avec cette commission.La Royale Gendarmerie à Cheval du Canada rapporta qu\u2019il n\u2019y avait jamais eu de plainte portée contre l\u2019épicier en question pour cause de « profitage ».Et les enquêteurs des Poids et Mesures déclarèrent que le prix demandé par l\u2019épicier pour les boîtes de pois mentionnées étaient le même que celui demandé dans les autres parties du pays, que le prix n\u2019avait pas été haussé et que certains magasins offraient ces boîtes à vingt-neuf cents (.29(f) au lieu de trente cents.L\u2019épouse du banquier avait tout simplement commis une erreur en déclarant que le prix payé auparavant était de vingt cents.Elle reçut donc une lettre lui démontrant poliment son erreur et mentionnant également qu elle pourrait épargner un sou en faisant affaire avec un épicier ne vendant qu\u2019au comptant.Des milliers de lettres ont inondé les bureaux à Ottawa de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre, l'organisme chargé d\u2019empêcher le « profitage » et de protéger la ménagère.Elles traitent de pratiquement tout, allant du coût d\u2019un bocal de « blanc de plomb » pour peinturer la grange jusqu'au mouvement des prix de voitures d\u2019enfants et des « filets mignons » pour satisfaire les gourmets.La Commission est en mesure de porter son attention rapidement à toutes ces lettres.Si quelqu\u2019un écrit à propos du prix des pêches en conserve à Paris, Alberta ou Morueville, Nouvelle-Ecosse, qu\u2019il n\u2019aille pas s'imaginer qu\u2019il prendrait la Commission au dépourvu .loin de là, et plusieurs personnes qui ont tenté de se servir de la commission pour régler les rancœurs personnelles s\u2019en sont rendu compte.la vie a^t'il par Pierre SAINT-CLAIR + + + Plusieurs ministères du gouvernement fournissent régulièrement à la Commission des renseignements concernant les prix.Par tout le Canada des inspecteurs rapportent des mouvements injustifiables de prix dans les magasins de détail : la Royale Gendarmerie à Cheval du Canada monte continuellement la garde afin de mettre en vigueur les règlements contre l\u2019accaparement et le «profitage»; le Bureau Fédéral de la Statistique donne les chiffres de tous les mouvements de prix dans toutes les régions du pays.Le personnel du Bureau Fédéral du Combustible tient compte de la situation prévalant dans l\u2019industrie du charbon ; et la Commission d\u2019enquêtes sur les coalitions, le Ministère d'Agriculture et quelques autres services à Ottawa se donnent la main pour tenir la Commission au courant de ce qui arrive aux prix de CutKnife et Kelowna, à Pugwash et Saint-Rcch de l'Achigan, qu\u2019un touriste a déjà surnommé « holy bass rock ».C\u2019est ainsi que la tâche de satisfaire les consommateurs particuliers ne constitue qu\u2019une bien faible partie du travail de règlementation de prix au Canada.Le vrai travail de la Commission se fait sur une plus grande échelle.Les industries entières sont examinées et leur collaboration en matière de prix obtenue.S\u2019il existe des raretés qui tendent à augmenter les prix, la Commission s\u2019efforce à obtenir des approvisionnements additionnels.C'est ainsi que les prix du sucre et de la laine ont été stabilisés l\u2019automne dernier.Si l'approvisionnement disponible pour ces denrées est limité, la Commission cherche à diriger l\u2019approvisionnement vers les centres qui en ont le plus besoin et en même temps à trouver des substituts et autres sources de provisions.\u2022 Le système de contrôle des prix a-t-il été satisfaisant ?On doit examiner les résultats à la lumière des circonstances actuelles.Tout d\u2019abord, dès le début de la guerre la valeur de notre monnaie baissa de onze pour cent.En d\u2019autres mots le dollar américain cote maintenant $1.11 au Canada.Non seulement nos importations coûtent-elles plus cher mais dans une large part les prix canadiens sont déterminés par les prix des Etats-Unis qui eux-mêmes ont augmenté.Malgré tout ceci et malgré d\u2019autres facteurs qui tendent à hausser les prix, le coût d\u2019un budget hebdomadaire tel que compilé par le Ministère du Travail augmenta seulement de $16.93 au premier septembre, à $17.70 en janvier.Ce budget comprend la nourriture, le combustible, l'éclairage, le loyer et certains autres produits nécessaires tels l\u2019amidon et le vinaigre mais non le vêtement.On admet qu\u2019il y eut augmentation dans les prix de la nourriture, peut-être de cinq pour cent en moyenne depuis le début de la guerre.Mais la nourriture comprend moins que la moitié des dépenses de la famille moyenne.De plus, la tendance a été à la baisse récemment.Mais les prix de la nourriture ont atteint leur maximum durant les périodes allant de la déclaration de la guerre au premier novembre.Depuis lors ils ont diminué.Il y aurait lieu de faire une comparaison satisfaisante avec 1914.Au début de la Grande Guerre, les prix avaient été à la hausse depuis dix ans ; on les considérait comme anormalement élevés.Mais en 1939, les prix de toutes les denrées étaient décidément bas.Plusieurs personnes les considéraient même beaucoup trop bas, spécialement ceux des produits de la ferme.Et il semblait évident l\u2019été dernier que lès prix étaient au tournant de la route et qu\u2019une augmentation du coût de la vie pouvait être anticipée.De plus lorsque la guerre éclata en août 1914, on prévoyait une baisse des prix.On croyait que plus de personnes voudraient vendre qu\u2019acheter.En fait, il y eut une telle course à la vente qu'il devint nécessaire de fermer les Bourses.Mais en 1939, on croyait qu'une guerre serait la cause de hausses indescriptibles des prix.On y croyait d\u2019autant plus que les spéculateurs se lancè- Le Samedi augmenté ?rent à la Bourse dès le début des hostilités et entre août et octobre, le prix moyen de toutes les valeurs industrielles ordinaires canadiennes augmenta sensiblement.Malgré les influences tendant à hausser les prix durant la guerre actuelle, et malgré les influences qui tendirent à les faire fléchir en 1914, on ne peut s\u2019empêcher de noter que la légère hausse du coût de la vie que l\u2019on subit depuis septembre, équivaut à peu près à celle qui se fit sentir durant les premiers six mois de la dernière guerre.Il est impossible de déterminer exactement la hausse effectuée dans le coût de la vie depuis le début de la guerre.Les statisticiens du gouvernement s\u2019entendent tous pour fixer cette hausse à environ cinq pour cent.Mais ce chiffre ne peut être que le résultat d\u2019approximations, basées sur une moyenne des prix de centaines de denrées.\u2022 Toute famille qui depuis le début de la guerre a augmenté sa consommation de café, de certaines qualités de bœuf, de fromage, de patates, se sera certainement aperçue d'une augmentation sensible du coût de la nourriture.Mais les familles, qui achètent plus de bacon, d'œufs, de lait, de produits en conserve, s\u2019e rendent compte que les prix de ces aliments n\u2019ont presque pas augmenté.L\u2019acheteur moyen qui entre au magasin et s'aperçoit que la tranche de haddock pour le dîner du vendredi a augmenté d\u2019une cent la livre, sortira probablement en grommelant en lui-même : « Il devrait y avoir une loi.» Mais il existe une loi, plusieurs lois même.Elles sont comprises dans les règlements de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre qui déclarent que c'est une offense passible d'amende et d'emprisonnement que d\u2019accaparer, d'exploiter et de hausser indûment les prix.Tout ceci paraît très simple.Mais en fait il n'existe pas de problème plus complexe que celui du contrôle des prix.Tout d\u2019abord, tenant compte de la nature humaine, les prix ne peuvent être stabilisés à moins qu\u2019un contrôle du prix et d\u2019approvisionnement des matières premières soit obtenu.Incidemment, ceci est exactement ce que le gouvernement a fait lorsque la nécessité se fit sentir.Par exemple, la Commission des prix de concert avec le Royaume-Uni a conclu des arrangements nécessaires en vue de l'approvisionnement d'une denrée nécessaire à 1 existence, nommément le sucre ; de plus, la Commission des prix met à la disposition des industries canadiennes les provisions de laines brutes dont l\u2019approvisionnement comme celui du sucre est contrôlé par le gouvernement britannique.Et c'est ainsi qu\u2019aujourd\u2019hui siègent à Ottawa cinq fonctionnaires membres de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre, qui ont été choisis parmi les hommes les plus compétents au service du gouvernement.Ils sont constamment aux prises avec ces problèmes compliqués.Ils n ont à répondre à personne.Ils sont seulement intéressés au bien-être du public en général.Ces hommes ont entrepris sans tapage un travail ardu concernant la stabilisation des prix.Ils travaillent en collaboration avec les autres commissions de guerre.En plus de voir à ce que le consommateur soit traité avec justice, ils doivent assurer un approvisionnement suffisant de denrées pour les besoins de la guerre.Ils doivent remplir la triple fonction qui consiste à surveiller le profiteur, à fournir les marchandises requises pour nos besoins immédiats et finalement, à se préparer en vue des besoins futurs du pays.Mais il existe d'autres problèmes.Parfois, si le prix d\u2019une denrée en particulier est tenu à un bas niveau, il en résulte toute une série de répercussions parmi les autres denrées.Par exemple, si le prix du beurre était fixé à un niveau trop bas, les prix des autres produits de l\u2019industrie laitière tel le lait pour bébé, tendraient vers la hausse.Sans compter que le fermier subirait 1 influence a une détermination du prix du beurre.Il préférerait peut-être alors élever des bœufs plutôt que des vaches à lait, ou encore pourrait-il se tourner vers 1 élevage des porcs et moutons plutôt que celui du bétail.Une détermination du prix du beurre donc pourrait entraîner des changements dans toute l\u2019économie des produits de la ferme. 1EE juin 1940 9 \t 'X ¦ L\u2019Amour est enfant de Bohème Chronique sentimentale par Louis Roland Cela se chante au théâtre ; au clair de lune aussi.Tout, d\u2019ailleurs ou presque, se chante ici-bas, la gaîté, la haine, la blague et la misère ; alors on peut bien chanter l\u2019amour, et cela, du moins, permet de supposer qu\u2019il existe encore quelque part et de temps en temps sur la terre.C\u2019est, au reste, un sentiment bien commode, car c'est un prête-nom merveilleux pour bien des actes dans la vie ; l\u2019homme qui, par exemple, épouse une fille arrivée trop tard à la distribution de la beauté et n'a récolté qu'un nez trop long ou bien une bosse dans le dos, cet homme-là vous dira carrément qu\u2019il fait un mariage d\u2019amour si la fille est dotée d\u2019un sac d\u2019écus assez long lui aussi et convenablement bossu.Même il fera des jaloux.D\u2019autre part, il est exact que l'amour, cet enfant de Bohème, n'a jamais connu de loi, ou bien que le personnage amoureux se met lui-même au-dessus des lois, s\u2019il est assez puissant pour cela.Louis XIV, surnommé le roi Soleil \u2014 peut-être parce qu\u2019il était toujours enflammé comme lui -\u2014 a fait assez de fredaines amoureuses pour que l\u2019histoire n\u2019ait pas le droit de les ignorer ; il se rendait lui-même compte de la vie de patachon qu\u2019il menait, mais cela lui importait peu.Sévère pour la conduite des autres, il était fort indulgent pour la sienne propre, parce que, croyait-il fermement, sa personne roya\u2019e était au-dessus des lois humaines.Sans être roi-soleil, bien des gens se font la même réflexion quand Cupidon fait toc-toc à la porte de leur cœur.Les courtisans du roi flamboyant se la faisaient également, et ils ne se gênaient pas pour imiter leur maître, chose qui a fait dire à « Madame », belle-sœur du monarque : « Il y a encore de bons ménages parmi les gens de qualité inférieure mais, parmi les gens de qualité, je ne connais pas un seul exemple d\u2019attention réciproque et de fidélité.» Cette princesse allemande, et par conséquent pas mal épaisse d\u2019esprit, étant elle-même femme de qualité, crachait donc en l\u2019air pour que ça lui retombe sur le nez.Un peu plus tard, une femme de la haute société écrivait ceci : « L\u2019amour dans le mariage n'est plus du tout à la mode et passerait pour ridicule.» C\u2019est sans doute ce qui a fait dire ensuite, avec juste raison, à Chamfort : « Le mariage, tel qu\u2019il se pratique chez les grands est une indécence convenue.» Il est de fait qu\u2019au dix-septième et au dix-huitième siècle, si l\u2019on parlait volontiers d\u2019amour on n\u2019y faisait guère participer le cœur ; les mariages d'inclination étaient aussi rares que les merles blancs, et ceux dits de convenance les remplaçaient habituellement.C'est ainsi qu\u2019on voit un duc d\u2019Uzès épouser à dix-huit ans mademoiselle de Monaco qui en avait trente-cinq, et mademoiselle de Bertaud prendre, à dix-sept ans pour mari M.de Motteville qui en avait quatre-vingts.Comparativement à ce dernier couple, on pourrait presque qualifier de mariage d\u2019amour celui de mademoiselle de Lévis âgée de dix-huit ans avec le marquis de Castries qui en avait soixante bien tassés.\t.Que penser également des fiançailles du marquis d ©yse, à trente-trois ans.avec une certaine petite demoiselle André, comptant juste deux ans ?On pense ce que 1 on veut quand on sait que le marquis était un panier percé et que le papa de la fillette lui donnait cent mille écus dès la signature du contrat de fiançailles, ainsi qu\u2019une rente de vingt-mille livres par an, en attendant le mariage ; ensuite, quelques millions le jour des noces.Vraiment, l\u2019amour mérite bien d\u2019être appelé enfant de Bohème, car il favorise, à sa manière, certains bohèmes de la haute société.On voyait, en ces temps, de nombreux fiancés de trois ou quatre ans, et même des mariés de sept, huit ou dix; après la cérémonie on les remisait séparément jusqu à ce qu ils aient atteint 1 âge légal, qui n était, d ailleurs, pas très élevé ;\t(Lice la suite page 34J 10 Le Samedi DANS LE MONDE SPORTIF L'OPINION DE JACK DEMPSEY Jack Dempsey, l\u2019ancien champion mondial des boxeurs poids lourds, croit connaître les points faibles de Joe Louis et Henry Armstrong, les deux boxeurs de couleur, champions de leur catégorie.C\u2019est du moins ce qu\u2019il a déclaré dans une récente entrevue, au cours de laquelle il s\u2019est exprimé ainsi : « C\u2019est toujours la même chanson.Il est désolant parfois, pour ne pas dire souvent, d'étudier les tactiques employées par certains boxeurs blancs contre les pugilistes noirs Joe Louis et Henry Armstrong et autres.Depuis toujours, on sait que les boxeurs nègres sont fragiles de l'estomac.Malgré cela, il n\u2019est pas rare de voir un boxeur blanc persister de travailler à la face du boxeur noir.Un coup de poing arrive-t-il à l'estomac, accusé par le nègre, le blanc n\u2019en continue pas moins ses gauches et droits à la figure.Les spectateurs hurlent : « Frappe à l'estomac ! » On dirait qu\u2019une surdité inopinée est subitement survenue au boxeur blanc.« Si le boxeur voulait raisonner un instant, il comprendrait que si sa droite est soi-disant efficace, elle l'est beaucoup plus, devant un nègre, à l'estomac qu\u2019à la figure, tout au moins d\u2019une façon générale.Laissez-moi vous dire que les champions Joe Louis et Henry Armstrong ne peuvent pas endurer trop de coups de poing dans le « buffet ».Hélas ! trop souvent les boxeurs blancs, aspirants au championnat du monde, n'en veulent faire qu'à leur tête et ne consentent à reconnaître leur erreur qu'après le combat, c'est-à-dire un peu tard.» Les gérants, direz-vous, devraient dans ces cas-là conseiller leurs poulains de façon à leur faire adopter la tactique appropriée.Qh ! la belle histoire ! D abord, les gérants ne voient pas toujours ce que doivent faire leurs boxeurs, n\u2019en déplaise à certains.D\u2019autre part, l'entêtement des boxeurs qui croient en l\u2019efficacité de leur droite rend vaines toutes suggestions.Cette droite, cette fameuse droite aux effets destructeurs, qui ne part que signalée à 1 avance et, de ce fait, n\u2019arrive iamais ! Citer des exemples est chose assez facile.Le noir Henry Armstrong n\u2019a-t-il pas été ennuyé par Lou Ambers, lorsqu\u2019il perdit le titre mondial des 135 livres, grâce à des crochets à l\u2019estomac ?Ce fut la faiblesse de la merveille qu\u2019était Kid Chocolate.Ce sont les coups qui ont fait le plus de mal aux célébrités noires d'il y a 25 ans, Dixon, Jack Johnson, Joe Jeanette et Tiger Flowers.Nous ne comprenons pas bien pourquoi tant de boxeurs blancs persistent dans l\u2019adoption d'une tactique différente.par OSCAR MAJOR CONSEILS A UN JEUNE BOXEUR La principale préoccupation d\u2019un boxeur est de ménager ses forces.Et c\u2019est au punching-bag et dans le shadow-boxing ou boxe contre l'ombre qu\u2019on observe la meilleure façon de placer ses pieds pour attaquer ou parer.Lorsque vous serez arrivé à une certaine maîtrise, lorsque vous boxerez en public, vous serez étonné de constater que ce n'est plus du tout la même chose que lorsque vous vous exerciez dans une salle d'entraînement.Il vous semblera que vous ne vous souvenez plus de rien et, même si vous êtes réputé à la salle, vous vous croirez pire qu'un novice de 15 ou 16 ans.La foule, la fumée, les bruits, les acclamations, les protestations, les commandements de l'arbitre, les conseils des soigneurs, tout contribuera à vous faire supposer qu\u2019on vous a fait boire plus que de raison.Aussi, faut-il vous efforcer de vaincre ce trac, semblable à celui des acteurs, mais susceptible d\u2019avoir des conséquences plus redoutables.Ne vous préoccupez pas de ce qui se passe dans l\u2019arène.N'essayez pas de reconnaître, même pendant les minutes de repos, telle ou telle figure amie.Le combat seul doit vous intéresser.Vous devez penser à ce que vous allez faire et à ce que vous croyez pouvoir tenter.A aucun instant votre pensée ne doit vagabonder.Au cours de votre entraînement, dans la course à pied par exemple, inspirez par le nez et expirez par la Souche.Serrez les lèvres de façon à ne jamais inspirer par la bouche.Prenez le pas de course en respirant profondément par le nez.Pour avoir du souffle, employez le procédé de la bougie : Prenez deux bougies, une qui sert à rallumer l'autre.Vous placez l'une d\u2019elles d\u2019abord à un pied de vous.Vous inspirez profondément par le nez et vous éteignez la bougie en soufflant par la bouche.Quand vous avez soufflé à un pied, vous éloignez progressivement la bougie, Vous arriverez ainsi à la souffler à 4 ou 5 pieds.Faites cet exercice tous les jours en inspirant fortement par le nez.Après un mois ou deux, vous aurez du souffle à vendre à vos partenaires de l\u2019arène.D'après votre longue lettre, vous me semblez décidé à laisser les rangs amateurs pour devenir boxeur professionnel.Vous êtes jeune, 18 ans seulement, vous vous lancez dans un sentier rocailleux, rempli de bosses.Le mieux que vous avez à faire c'est de plier bagages et vous rendre à New-York où vous pourrez vous enrôler sous la bannière d\u2019un bon instructeur de boxe.Ici, il n\u2019y a rien à faire pour vous, si vous voulez gagner honorablement votre vie avec vos poings gantés.\u2022 A PROPOS DE VIRAGE Peu nombreux sont les jeunes joueurs de baseball qui savent virer sur les buts.Presque tous ignorent tout, ou à peu près, de la technique indispensable pour profiter du virage quand ils font un coup bon pour deux ou trois buts.Savoir virer, savoir profiter de son virage sont pourtant choses d\u2019une importance primordiale.Avez-vous remarqué l'avantage qu\u2019à chaque virage prennent les bons coureurs de la Ligue Internationale ?Cette faiblesse provient de ce que, d\u2019une part, rares sont, dans nos clubs, les joueurs qui ont appris à tourner les buts de la bonne manière.D'autre part, ceux qui travaillent le virage adoptent des méthodes périmées, par exemple en touchant du pied gauche le coussin.Le complément essentiel du virage sur les buts est de toucher le bord interne du but avec le pied droit.C\u2019est cela qui empêche le joueur de faire un long détour avant d'atteindre l\u2019autre but.Il est donc nécessaire de le travailler de la bonne manière.\u2022 CHOSES ET AUTRES Larry MacPhail, président du club Brooklyn et co-propriétaire des Royaux de Montréal, est considéré comme un réalisateur, un homme qui agit, que ne fait pas de promesses sans les réaliser.Après avoir examiné le gazon du champ intérieur et extérieur du Stadium, il nous fit la déclaration suivante : « L\u2019an prochain, il faudra de toute nécessité changer tout ce gazon.Nous le remplacerons dès la fonte des neiges, le plus de bonne heure possible.Avec le nouveau gazon, les joueurs ne pourront plus se plaindre que la balle fait parfois des sauts de crapaud.» \u2022 Savait-on que Wally Schang, gérant du club de baseball Trois-Rivières, était le tenant d'un record des ligues majeures ?En effet, en qualité de receveur du Boston, de la Ligue Américaine, il obtint 8 assistances au cours de la joute du 12 mai 1920 en exterminant 8 coureurs qui avaient tenté de voler des buts .L\u2019an dernier, contre Philadelphie de la Ligue Nationale, cinq joueurs des Giants de New-York ont frappé successivement des coups de circuit, au cours de la même manche.Ce sont : Harry Dunning, receveur, Frank Demaree, voltigeur, Burgess Whitehead, second but, Manuel Salvo, lanceur et Joe Moore, voltigeur.\u2022 Le petit lanceur gaucher Eugène Coderre, anciennement des clubs Jos Choquette et Granby, est cette année, gérant du club McIntyre Mine de Timmins, Ontario.Cette équipe est membre d\u2019une ligue minière composée des quatre clubs suivants : McIntyre.Hollinger, Dome et Timmins.(La suite page 35) Voici une magnifique photo du losange des Royaux que Larry MacPhail veut transtormer dès le printemps prochain.Les amateurs du baseball qui se sont rendus au Stade de la rue Delorimier ont pu constater la toilette que l'on a fait subir à cet établissement du sport.Ce qui augmenterait l'attrait des spectateurs du baseball serait aue l'on ajoute au tableau indicateur deux cases à chiffres mobiles, dont l'une indiquerait les erreurs et l'autre les coups sûrs.A notre avis ce serait là une amélioration appréciable pour suivre la partie et cela éviterait des discussions inutiles entre spectateurs sur la manière d'enregistrer le dernier jeu accompli par une équipe ou par l'autre.D'ailleurs, on tiouve ces cases sur certains tableaux américains.\t(Photo LE SAMEDI) !H®îî lrtéâ«at6
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