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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 15 mars 1941
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1941-03, Collections de BAnQ.

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[" Montréal, 15 mors 1941 C> - ¦ \u2022 w* LA GUERRE A LA MORT RADIO- ACTUALITES DEANNA DURBIN Photo Universal TOUS LES SPORTS par Oscar Major UN ROMAN POLICIER, COMPLET NOTRE NOUVEAU FEUILLETON LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS \\ I; ; ' V }\u2019 ptf: $%¦ j, ^ IL vous est certainement arrivé, à vous comme à tout le monde, de vous demander certains soirs ce que vous pourriez bien lire d'intéressant sans avoir à feuilleter une foule de livres ou sans avoir à acheter plusieurs magazines au hasard.Dans de pareils cas, n'hésitez pas à acheter LA REVUE POPULAIRE où vous trouverez tout et qu'il faut pour vous distraire et vous instruire : un ROMAN D'AMOUR complet et le plus souvent inédit, une foule d'articles sur tous les sujets, des chroniques de toutes sortes et une multitude de photographies et de dessins.LA REVUE POPULAIRE, dont le tirage augmente de plusieurs milliers d'exemplaires par année, est lue aujourd'hui dans toutes les bonnes familles canadiennes, aussi bien à la ville qu à la campagne.Ce n est pas sans raison que cette revue conadienne-française, fondée il y a TRENTE-DEUX ans cette année, connaît une pareille vogue Lisez-la une fois et vous comprendrez Lisez le roman de mars : LA RENCONTRE DE MINUIT par MAGALI Coupon d'abonnement : LA REVUE POPULAIRE - - « ! 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Ville\t.Prov.; POIRIER, BESSETTE & Cie, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, Can.jjt.%v IM mzmR ÏÈmœÆS®i W&&Ê® AÿjSVfî a#S:?;gg si»! «aatt wmL mstm£e& VaVAVamV Il était resté auprès de l\u2019ingénieur pendant que le vieux médecin pratiquait l\u2019autopsie à l\u2019hôpital avec le docteur Landre, son confrère et son élève.¦\u2014 Longuavoine m\u2019a chargé de venir tout droit vous prévenir, monsieur le procureur, dit-il, lorsque M.de Boncœur aurait recouvré ses sens.Or, depuis quelques minutes, M.de Boncœur, quoique brisé de fatigue, comprend tout ce qui se passe autour de lui.Non seulement il est en état de répondre aux questions qu\u2019on lui adresse, mais il en posa lui-même de fort nombreuses.\u2014 Lesquelles ?.\u2014 Il parle constamment de mademoiselle de Mazolles.Il devine qu\u2019elle est morte et pleure abondamment.\u2014 Ah !.Et quelles paroles prononce-t-il par rapport à cette vieille parente ?\u2014 Il dit simplement qu\u2019il a peut-être eu tort de lui résister.Il regrette de n\u2019avoir pas eu assez de patience avec elle.\u2014 Ah ! fit une seconde fois le procureur.Le magistrat regarda Etienne jusqu\u2019au fond de ses prunelles si claires, si droites.Et plus que jamais il eut cette impression profonde et réelle que ce loyal garçon n\u2019était capable ni de mentir, ni de commettre une action basse et vile .Cependant, il se raidit contre ce sentiment tout intime, et comme un magistrat n\u2019a le droit de juger que sur des preuves, non sur des intuitions, il dit à brûle-pourpoint : \u2014- Oui, elle est morte, bien morte, mais point écrasée comme vous paraissez le croire.Etienne devint livide.\u2014 Ah ! fit-il vivement.Comment alors ?.Monsieur Gourdon, de ses lèvres tremblantes, laissa tomber un seul mot : \u2014 Assassinée !.Boncœur se dressa tout d\u2019une pièce.\u2014 Assassinée.répéta-t-il les yeux hors de la tête .Puis, au bout de quelques secondes d\u2019une stupeur qui certainement n\u2019était pas jouée, il dit encore : RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Au cours de l\u2019enquête dirigée par M.Gourdon, le magistrat sentit que la résolution de Etienne de Boncœur était de celle que rien n\u2019entame.D\u2019autre part, la déclaration de Félix de Mazolles avait impressionné, malgré lui, le procureur et l\u2019avait mis horriblement en méfiance.Monsieur Gourdon sonna, en effet, et lin garçon de bureau s\u2019étant présenté reçu l\u2019ordre d\u2019aller quérir le témoins en question.La sage femme répéta exactement les mêmes paroles que Fitou, avec la passion et l\u2019acharnement en moins.Elle impressionna fortement le procureur.Il fit parler d\u2019autres personnes également, et toutes répétèrent ou à peu près les mêmes affirmations.Elles étaient plus vagues et moins précises, mais de toutes, il ressortait que mademoiselle de Mazolles exaspérait Etienne, et que celui-ci, plus d\u2019une fois, l\u2019avait menacée de se débarrasser d\u2019elle par n\u2019importe quel moyen.Vers onze heures, comme monsieur Gourdon était rompu de fatigue, on vint lui apporter deux nouvelles.D\u2019abord l\u2019autopsie était terminée.Le résultat ne laissait aucun doute et sur l\u2019heure du crime et sur les moyens avec lesquels il avait été com-mis.L\u2019état de la digestion et de 1 estomac permettaient d\u2019affirmer que le meurtre avait eu lieu entre onze heures et demie et minuit, plutôt vers minuit.Les blessures relevées sur le corps de la morte démontraient que deux instruments avaient servi à la tuer : un vulgaire couteau à lame épaisse et solide, puis un instrument plus _ fin, plus aigu, de forme particulière, c\u2019est-à-dire un sujet, mais mieux encore un compas, comme ceux dont se servent les ingénieurs ou les architectes.La lame triangulaire, aigüe, très fine et longue, avait pénétré dans la poitrine du côté gauche, et avait touché en plein le cœur.La mort avait été instantanée.Il existait également d\u2019autres traces sur le corps de la morte, c\u2019étaient celles de la strangulation, accompagnée d\u2019ecchymoses profondes sur le bras gauche.Il y avait eu lutte évidemment, et la victime avait dû se dégager, car le rapport le certifiait, la blessure au cœur seule avait donné la mort, mais instantanément.Monsieur Gourdon réfléchissait profondément, en étudiant les termes aussi nets que catégoriques et cependant très modérés du rapport que les deux docteurs Landre et Longuavoine avaient rédigé en commun.Il se disait que vu l\u2019opinion publique -\u2014 même en admettant que dans un moment d\u2019exaspération arrivée à son paroxysme, Boncœur eût perdu la tête et se fût débarrassé de cette vieille fille acariâtre, méchante et égoïste qui le martyrisait, \u2014 la situation d\u2019Etienne, après ce rapport, devenait particulièrement délicate.Il était profondément absorbé dans ses réflexions, lorsque la porte, subitement ouverte, donna passage au docteur Laffitte.NOTRE FEUILLETON \u2014 No 2 Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société de Gens de Lettres.Et sans laisser le médecin continuer : .\u2014 Je vais auprès de lui, dit-il.Il avait déjeuné à la hâte; il était libre.Il prit, en effet, son chapeau, et vivement malgré son extrême fatigue, poussé par l\u2019idée de remplir son devoir, idée qui dominait tout en lui, il se dirigea à pas pressés vers la maison de Gardère, dans laquelle Etienne se trouvait toujours.La fièvre l\u2019avait quitté, mais sa blessure le faisait horriblement souffrir.En dépit de la défense formelle du docteur Longuavoine, il avait voulu se lever.Une intolérable douleur lui avait arraché des cris et l\u2019avait forcé à se recoucher.\u2014 Ah ! monsieur .monsieur .s\u2019écria-t-il dès qu\u2019il vit le procureur, donnez-moi des nouvelles exactes de ma pauvre vieille tante .J\u2019espérais tant qu\u2019elle ne serait qu évanouie, quand je vous l\u2019ai rapportée .On me dit qu\u2019elle est morte, bien morte, sans que rien n\u2019ait pu la faire revenir à elle .Est-ce vrai ?.Gourdon était impressionné jusqu\u2019aux mœlles.Boncœur jouait-il la comédie ?.Ou bien était-il sincère ?.Alors il ignorait l\u2019assassinat, et tout.\u2014 Ah ! mon Dieu, quelle punition! Pauvre tante !.Pauvre tante !.Il leva violemment ses deux bras au-dessus de sa tête, rejoignit les mains en un geste tragique et fit craquer toutes les articulations de ses doigts crispés.La punition de quoi ?.demanda le procureur d\u2019une voix calme, mais énergique.Etienne ouvrit la bouche.Il leva les yeux, vit le regard du magistrat attaché, scrutateur, sur son visage, alors l\u2019intuition de l\u2019accusation portée contre lui naquit en son âme le prit, l\u2019affola.Il comprit qu\u2019il allait avoir à se défendre.Non pas avec des sentiments et des mots, mais posément, sérieusement, car son bonheur, son seul bien à lui, qui n\u2019avait pas de famille, qui était seul au monde, allait être en jeu.Une sueur froide au front, il se raidit.Sa volonté, de premier ordre comme son intelligence, reprit le dessus et il répondit : \u2014 Je ne peux pas accuser, moi qui vais avoir probablement à vous prouver mon innocence, monsieur le procureur, mais interrogez-moi, et tout ce que je pourrai vous dire honnêtement, je vous le dirai, comptez-y.\u2014 Vous avez évidemment fait allusion en parlant d\u2019une punition qu\u2019aurait encourue mademoiselle de Mazolles à des faits peut-être très graves, et qui me mettraient sur la trace de la vérité.Expliquez-vous.\u2014 Et moi, je vous dis encore, je ne peux accuser personne.Ce n\u2019est pas dans mon caractère.Mais interrogez-moi, et tout ce que vous désirerez savoir, je vous le dirai en répondant aux questions que vous m\u2019adresserez.\u2014 Que vous était mademoiselle de Mazolles ?.\u2014 Je n\u2019en sais rien.\u2014 Comment ! est-ce possible ?.\u2014 C\u2019est la vérité.Elle se faisait appeler « ma faute » par moi.Comment était-elle ma tante ?Du plus loin que je me souviens, cette question m\u2019a toujours préoccupé, et je la lui ai posée mille et mille fois.Toujours cette demande a provoqué chez elle de violents accès de mauvaise humeur; ou bien elle ne voulait pas me répondre, ou bien elle me disait : « Quand il le faudra, je te l\u2019expliquerai.Mais je veux seule juger du moment opportun pour cela .Une autre fois, comme je lui faisais observer; « Mais si je suis votre neveu, je suis donc le fils ou le petit-fils de votre unique sœur madame Tissier ?» .Elle m\u2019a répondu avec colère : \u2014 « Tu ne sais ce que tu dis, tu n\u2019est rien à ma sœur.Je t\u2019ai fait me nommer « ma tante » pour que tu sois moins seul au monde ».Pas un mot de plus.\u2014 Alors veuillez me raconter comment s\u2019est passée votre dernière soirée avec elle.\u2014 Bien volontiers, mais il faut que je vous donne certaines explications.\u2014 Je vous écoute.\u2014 Je suis ingénieur, vous le savez.Mon éducation, au moins d\u2019après les paroles amères que mademoiselle de Mazolles ne me ménageait pas, avait été cause de très durs sacrifices de sa part.De cela, je lui gardais une reconnaissance profonde.Cette reconnaissance eut été évidemment plus grande si mademoiselle de Mazolles m\u2019avait un peu moins reproché, ce que je lui avais coûté.Mais, que voulez-vous, il faut prendre les gens comme ils sont.\u2014 Et ces reproches ont-ils souvent dégénéré en scènes violentes .\u2014 De sa part, c\u2019était facile.Ma tante s exprimait ordinairement avec une grande vivacité de son caractère.Elle criait et ronchonnait toujours, et à propos de tout.Mais voulez-vous que je continue le récit très exact de ce qui s\u2019est passé entre nous, durant les dernières heures que nous avons vécues ensemble.\u2014 Je vous le demande.\u2014 Donc, étant ingénieur, et même sorti dans les bottiers, c\u2019est-à-dire dans les dix premiers de l\u2019école, je pensais bien utiliser mes brevets et m\u2019employer de façon intelligente quelque part.Vous comprenez que la vie de Santenay, que vous connaissez et ce qu on peut y faire n\u2019étaient pas pour me séduire, moi qui depuis si long- 15 MARS 1941 29 temps rêve de mettre en valeur l\u2019énergie et la volonté qui sont en moi.Donc, il a quelques mois voyant que je n\u2019étais pas d\u2019une grande utilité à mademoiselle de Mazolles, j\u2019avais écrit à mes anciens professeurs leur demandant de penser à moi s'ils entendaient parler d\u2019une situation d\u2019avenir.Us savaient tous que le travail et les difficultés n\u2019étaient pas pour m\u2019effrayer.Us m\u2019avaient promis leur appui.Une première fois, l\u2019un d\u2019eux, qui me porte en réel intérêt avait trouvé pour moi une place d'ingénieur électricien dans une usine d\u2019Australie.Avant d\u2019accepter définitivement, je prévins ma vieille parente.\u2014 Comment prit-elle la chose ?\u2014 Aussi mal que possible.\u2014 Expliquez-vous.\u2014 Elle prétendait que mon devoir strict était de me consacrer à elle, de ne pas la quitter, de rester constamment à ses côtés.\u2014 Elle vous aimait peut être passionnément.\u2014 Etienne eut sur ses lèvres fines, une expression de profonde mélancolie.mêlée à un scepticisme profond.\u2014 Mademoiselle de Mazolles ne m\u2019a jamais aimé, dit-il enfin.A l\u2019âge où les autres enfants vivent surtout de caresses, de gâteries, ou d'afEections, je n'ai jamais reçu d\u2019elle ni un baiser, ni une parole qui m\u2019eût rendu si heureux, moi, dont le cœur d\u2019enfant était assoiffé d'expansion et de tendresse .\u2014 Alors, à quoi attribuez-vous la dépense qu\u2019elle a faite de ne pas aller au loin chercher une situation ?\u2014 Elle est morte !.J\u2019aime mieux ne pas parler de certaines choses .Je me reproche, même à l\u2019heure actuelle, mon jugement sévère sur elle.Toujours est-il que devant ces objurgations ses scènes, ses violences, j\u2019ai refusé, l'an passé, les brillantes propositions qui m\u2019étaient faites Peut-être, me disais-je, au fond d\u2019elle-même, y a-t-il dans son cœur fermé un coin qui m\u2019appartient.Et je restais à Santenay dans ce désœuvrement qui m\u2019était si douloureux, supportant encore les reproches cruels qu\u2019elle me faisait sur mon inutilité, sur le peu de ressources que je lui apportais .sur ce qu\u2019elle dépensait pour moi.\u2014 Mais c\u2019était horrible cela.ne put s\u2019empêcher de s\u2019écrier le procureur qui pourtant s\u2019était promis d\u2019écouter Boncœur sans lui donner aucune preuve d\u2019approbation ou de blâme.Il ajouta en pensant à ce que ce cher garçon avait enduré : \u2014 Vous avez dû beaucoup souffrir?\u2014 Au delà de tout, mais passons.Je croyais, en effet, que mon devoir strict était de supporter cette vie pénible et je serais resté fidèle à ma résolution malgré des injustices dont on ne peut avoir l'idée, si une chose n\u2019était venue bouleverser notre vie de fond en comble.\u2014 Quelle chose ?\u2014 Vous n\u2019êtes pas sans avoir entendu parler de la grande déception que mademoiselle de Mazolles avait éptouvée dans sa jeunesse, et qui avait, affirmait-on fait dévier son caractère et fermé son cœur à tout jamais ?.\u2014 Ses fiançailles avec le baron Victor de Mazolles.et l\u2019abandon de celui-ci ?.\u2014 Précisément.Elle avait conservé de ce fait, au moins en apparence, une rancune profonde.\u2014 Vous dites en apparence ?.\u2014 Oui.\u2014 Pourquoi cette restriction ?.\u2014 Parce que cet ancien fiancé si détesté, contre lequel j'avais entendu toute ma vie des récriminations inces- santes, des récriminations, qui, certains jours, en devenant plus intenses.touchaient à la haine la plus furieuse, est arrivé un beau matin, mourant, à Santenay.A quelques vingt-quatre heures de là, le curé est venu de la part du moribond demander à mademoiselle de Mazolles d\u2019aller le voir.Elle n\u2019a ni hésité, ni attendu, mais pas seulement un quart d'heure, vous m\u2019entendez ?\u2014Comment, elle y est allée ?\u2014 Elle y a volé.Le curé est entré chez elle vers six heures.Il n'avait pas terminé sa phrase que mademoiselle Christine pénétrait dans sa chambre, laissant le prêtre seul et en plan dans la fameuse salle des gardes.Elle a mis un bonnet plus propre sur ses cheveux gris et sans manteau, sans gants, sans rien, elle a couru comme une folle à la villa du bord de l\u2019eau.\u2014 C\u2019est incroyable .Elle y est restée longtemps ?.\u2014 Quatre jours sans sortir.C'est-à-dire qu'elle a soigné son ancien fiancé, qu\u2019elle ne l\u2019a plus abandonné une minute, couchant dans sa maison, y mangeant, s\u2019y étant installée comme chez elle Elle a reçu ses recommandations dernières.On m\u2019a affirmé qu'elle l'avait enseveli de ses mains .\u2014 Et vous ?« Comment, moi ?.\u2014 Etes-vous allé dans cette maison-là ?\u2014 Jamais de la vie.Je ne connaissais ce monsieur que par de fort laides histoires que ma vieille parente m\u2019avait ressassées depuis que j\u2019étais au monde.Je n\u2019avais pour lui, on le comprendra, qu\u2019une estime fort médiocre.Mademoiselle de Mazolles m\u2019a bien envoyé chercher, mais j'ai refusé et de mettre les pieds chez ce vieux gredin, et surtout de paraître à son enterrement.\u2014 Comment a-t-elle pris cela ?\u2014 Aussi mal que possible.D\u2019autant plus qu'ayant promis de veiller sur le fils unique du baron, monsieur Félix de Mazolles, mademoiselle Christine l\u2019a journellement reçu chez elle quand elle a été revenue dans sa maison.\u2014 Journellement, dites-vous ?.\u2014 Plus que journellement même, c'est-à-dire plusieurs fois par jour.Ils demeuraient des heures entières en grande conférence, seuls tous les deux .Elle paraissait lui raconter toutes ses affaires par le menu.Une fois même elle l\u2019a envoyé à la recette générale à Auch, toucher des coupons de rentes, chose qu\u2019elle n\u2019avait jamais faite avec moi.\u2014 Et vous, que deveniez-vous au milieu de tout cela ?.\u2014 Je sentais que je les gênais, et je fuyais la maison, d\u2019autant plus que ma vieille parente me faisait des scènes plus violentes encore qu\u2019aupa-ravant : me reprochant mon peu de sympathie pour ce garçon qu\u2019elle adorait auquel elle trouvait toutes les vertus, et qui m\u2019horripilait, moi.car j\u2019estimais qu\u2019il était faux, menteur et hypocrite.\u2014 Avez-vous eu des discussions ensemble, monsieur de Mazolles et vous ?\u2014 Jamais.Je lui avais défendu de se mêler de ma conduite ou de mes affaires, et presque toujours je sortais dès qu'il arrivait.C\u2019est du reste ce que j\u2019ai fait hier au soir encore .Le procureur sursauta violemment il ne put s'empêcher de s\u2019écrier : \u2014 Comment, hier soir ?.\u2014 Oui, hier au soir : et j\u2019ai même laissé monsieur de Mazolles seul avec ma tante, j\u2019étais dans un état à ne pouvoir le supporter.Hier, moins que jamais.\u2014 Expliquez-vous .\u2014 Je suis prêt à le faire.\u2014 D'abord, quelle heure était-il quand monsieur de Mazolles est venu chez sa tante ?.\u2014 Dix heures moins quelques minutes.\u2014 Et quand vous êtes parti, vous ?.\u2014 Dix heures et quart ou dix heures et demi, à peu près.\u2014 Voyons .voyons .La fièvre ne vous a pas fait perdre la mémoire ?.\u2014 Si je l'ai perdue un instant, ce qui est possible, je l\u2019ai bien retrouvée, je vous le jure .\u2014 Vous parlez bien d\u2019hier au soir avant la catastrophe ?.Pas d'avant-hier ?.Insista encore monsieur Gourdon, tant les affirmations précises, et paraissant si sincères de Marianne, l\u2019ancienne nourrice, lui avaient laissé une impression profonde.Mais Etienne aussi, avec ses grands yeux largement ouverts, la façon dont il disait tout ce qu\u2019il savait .tantôt s'accusant, tantôt regrettant ses paroles sévères, tantôt au contraire, se laissont aller à l\u2019exaspération que cette vieille fille, toujours égoïste et impitoyable, lui avait causée.Etienne lui inspirait une entière, une absolue confiance.Lequel des deux, de Marianne ou de Boncœur, mentait, cherchait à le tromper ?.\u2022\u2014 Oui, affirma l\u2019ingénieur, parfaitement, cela se passait hier soir, \u2014 Comment la discussion, entre vous et mademoiselle de Mazolles, a-t-elle commencé ?\u2014 J\u2019avais reçu, avant-hier, une lettre d\u2019un autre de mes professeurs.Cette fois-ci la situation paraissait magnifique, on me demandait à Sydney dans une maison aussi importante que sérieuse.Je réfléchis longuement, car je ne voulais prendre aucune décision à la légère.Mais j'estimais néanmoins que mademoiselle Christine n'étant plus seule au monde, son neveu ne lui marchandant pas ses visites, je pouvais enfin songer à moi.Je me donnai alors jusqu\u2019hier soir pour bien me décider, et me trouvant toujours dans les mêmes dispositions, ayant consciencieusement pesé mon devoir, je résolus d'annoncer mes projets, le soir même, à ma vieille parente.Ce que je fis.Avec toutes sortes d\u2019égards, je lui exposai ma situation délicate chez elle, vis-à-vis d\u2019elle, chargeant son budget, vivant de charité et étant souvent une gêne pour elle \u2014 J\u2019eusse déjà, et depuis longtemps travaillé de mon état, si l\u2019idée de vous laisser seule, et la défense que vous m'en faisiez ne m\u2019eût fait hésiter, lui dis-je.Vous m\u2019avez dix fois, vingt fois, depuis deux ans, empêché de partir.Aujourd\u2019hui, où nos conditions de vie ont changé, je suis décidé .Elle entra dans une colère folle, me menaçant, m\u2019insultant, me défendant plus que jamais de partir.\u2014 Vous avez votre nouveau neveu monsieur de Mazolles, qui me remplacera avantageusement ici, lui dis-je avec un très grand calme.Et comme elle insistait, qu'elle se montait, qu\u2019elle criait à faire écrouler la maison, je lui répondis encore: \u2014 Tout ce que vous pourrez dire ou faire est inutile.Ma résolution est prise.J\u2019irai gagner ma vie.Je ne vous serai à charge plus longtemps.\u2014 Et avec quoi partiras-tu ?me dit-elle enfin, car tu n\u2019auras plus un fifrelin de moi, pas un Hard, tu entends I .DE L\u2019ENERGIE POUR ÊTRE ALERTE_____ SIROP Mm muffins, brioches, gaufres et crêpes.Doré Bee Hive Branvin, rouge ou blanc, est le choix des Canadiens d\u2019un océan à l\u2019autre .un vin vieilli à point.à la saveur corsée .d\u2019une richesse qui 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catégorie-là, au contraire ., \u2014 Ne lui auriez-vous pas dit à ce moment précis : \u2014 Je vous réduirais en miettes plutôt que de renoncer à ma volonté .\u2022\u2014 Non, il y a erreur.Des mots à peu près semblables ont, en effet, été prononcés entre nous, mais ils n\u2019avaient pas le sens que vous dites.Comme elle m\u2019injuriait plus fort et me menaçait du poing, je lui ai déclaré : \u2014 Pour me faire renoncer aujourd\u2019hui à cette idée très juste et très sage de gagner ma vie, il faudrait me réduire en miettes.\u2014 Vous le jurez ?.\u2014 Absolument.Par un singulier phénomène, la scène est aussi présente à mon esprit que si elle s\u2019était passée il y a cinq minutes.\u2014 Où a-t-elle eu lieu, cette scène ?\u2014 Dans la salle à manger, celle qui donnait sur le jardin.\u2014 Et les fenêtres étaient-elles ouvertes, ou fermées ?.\u2014 Grandes ouvertes, comme toujours.\u2014 A-t-on pu vous entendre ?\u2014 De chez Fitou et de la maison de Marcellin, le maréchal ferrant ?Parfaitement.Il n\u2019y avait personne chez le maréchal, mais chez ritou, ils étaient nombreux, à cause de Louise qui était malade.\u2014 Comment la visite et l\u2019immixtion de monsieur de Mazolles dans votre affaire ont-elles eu lieu ?\u2014 Comme ma tante m\u2019injuriait et criait de plus belle, monsieur de Mazolles, tout simplement, est entré sans frapper.D\u2019abord, la porte de la route était toujours ouverte, ainsi que dans la plupart des maisons de Santeney; ensuite, dans notre dispute, nous avons bien pu, mademoiselle de Mazolles et moi, ne pas entendre le bruit de la sonnette Bref, dès qu\u2019elle l\u2019a vu, ma tante, toujours hors d\u2019elle-même, lui a fait part de ma résolution \u2014 Dis, Félix, lui a-t-elle crié, toi qui m\u2019aimes, toi qui es un brave cœur, comprends tout le déshonneur dont ce misérable va me couvrir ?.On dira que je l\u2019ai jeté dehors pour ne pas le nourrir quand, au contraire j\u2019ai fait de si durs sacrifices pour lui .Moi qui l\u2019ai élevé, hébergé, chauffé, dans quel ridicule ne va-t-il pas me faire tomber ?\u2014 Alors qu\u2019a répondu monsieur de Mazolles ?.\u2014 Il a dit textuellement ceci : « Etienne ne peut pas, ne doit pas « partir, ce sont des mots en l\u2019air « qu\u2019il regrette déjà, j'en suis con-« vaincu .Son devoir est de demeu-« rer auprès de vous aussi longtemps « que vous désirez l'y garder .» Alors, mon nom prononcé familièrement par cet être que je n avais jamais autorisé, ni même encouragé à le faire, la façon dont il s'occupait de mes affaires quand je le lui avais toujours défendu, plutôt avec une certaine raideur; les paroles qu il osait prononcer, tout cela porta mon exaspération à son comble .__Je vous ai prié, monsieur, lui dis-je très vivement, une fois pour toutes, de vous mêler de ce qui vous regardait.Or, j\u2019estime que ce qui me concerne ne vous touche en rien.Faites-moi donc le plaisir de vous taire, et cela sur-le-champ !.Il prit fort mal la chose, étant encore soutenu éperdument par ma tante qui redoublait ses injures.La dispute devint violente, très violente même.J\u2019ai la tête de plus que ce monsieur, mes forces sont triples des siennes.J\u2019étais sur le point de lui faire un mauvais parti.Mais le sentiment de ma dignité me revint à temps.Je me dirigeai vers la porte en disant ; \u2014 Je devrais vous corriger comme vous le méritez.Mais vous ne valez certainement pas la peine que je commette une action au-dessous de moi.Adieu, ma tante .Puisse ce triste sire 11e pas donner raison à l\u2019opinion que j\u2019ai de lui et qu\u2019il mérite certainement.Demain, je partirai.Et je les ai laissés : lui, en proie à une rage froide, indescriptible, elle, bredouillant de colère, me montrant le poing.\u2014 Où êtes-vous allé à ce moment précis ?.\u2014 Je suis sorti dans le jardin.La demie de dix heures a sonné peu après au couvent des Ursulines, tout proche, vous le savez.Je me suis alors assis sous la tonnelle du bout du jardin, j\u2019y suis resté assez longtemps.Puis n\u2019entendant plus parler chez ma tante, pensant que le calme y était revenu, ayant moi-même repris possession de mon énergie, j\u2019ai quitté le jardin.Mais j'avais réfléchi longtemps sous la tonnelle, et onze heures sonnaient quand je me suis éloigné du vieux château .\u2014 De quel côté vous êtes-vous dirigé ?Etienne ouvrit la bouche, mais, tout à coup, il s'arrêta, hésita et au bout de quelques minutes seulement, il dit : \u2014 Je ne voulais ni rester sur mon banc où le froid de la nuit me gagnait, ni en rentrant à la maison m\u2019exposer à y retrouver monsieur de Mazolles.Alors, comme j\u2019avais besoin de me remuer un peu, j\u2019ai erré dans la campagne.\u2014 Est-ce la vérité cela ?Les yeux d\u2019Etienne vacillèrent de nouveau, pleins d\u2019une certaine angoisse, mais il finit par dire ; .\u2014 Qu\u2019est-ce' que cela peut faire à la mort de mademoiselle de Mazolles que je sois allé dans un endroit ou dans un autre ?L\u2019essentiel c\u2019est de vous prouver que je n'étais pas au château lorsque le crime a été commis; pas davantage quand l\u2019explosion a eu lieu.Or, je vous donne ma parole la plus sacrée que je n\u2019y étais pas .\u2014 Votre parole, j\u2019y crois, personnellement; mais je ne serai pas seul dans cette affaire, et il faut que vous donniez aux autres magistrats qui interviendront des preuves concluantes que vous dites la vérité.De la nuque aux talons Boncceur tressaillit.Allait-il compromettre Eliane ?.Aussitôt il se dit qu\u2019il aimerait mieux les pires choses.Et, ferme, résolu à se taire, sans hésitation, il répondit : \u2014 Si je devais parler à quelqu\u2019un, ce serait à vous qui m\u2019inspirez une illimitée confiance, monsieur le procureur.Mais, je ne puis le faire.\u2014 Le serait-ce encore plus, que mes lèvres doivent rester closes,.Et elles le resteront.Et tout à coup, l\u2019énergie profonde avec laquelle il avait prononcé ces paroles, fit place à une expression plus éphémère, plus mondaine si l\u2019on peut s\u2019exprimer ainsi, et il ajouta : \u2014 Mais je ne sais d\u2019ailleurs pas ce que je dis.Je suis allé vaguer dans la campagne par une nuit magnifique pour donner le temps à ma colère de se calmer un peu; quoi de plus naturel ?.Monsieur Gourdon le regarda quelques secondes avec une attention intense.Les yeux clairs étaient restés limpides et droits.Seule, une ride profonde se voyait au milieu du front superbe, brillant d\u2019intelligence.__Il y a une femme sous roche.pensa le magistrat.Et tout haut : \u2014 Il existe des circonstances dans la vie, tellement graves, dit-il lentement, que certaines considérations, majeures d\u2019ordinaire, peuvent s effacer devant l\u2019honneur qui est en jeu.La physionomie de l\u2019ingénieur se fit dure, presque hautaine, et ce fut avec un profond sentiment de dignité qu\u2019il répondit : \u2014 Permettez-moi de demeurer seul juge de ce que dois faire et dire .Monsieur Gourdon sentit que la résolution de Boncceur était de celles que rien n\u2019entame.\u2014 A votre aise, dit-il.Réfléchissez.Parlez-en au docteur Longuavoine.qui parait être votre grand ami.Moi.je reste à votre disposition.Mais je désire que vous vous décidiez à dire la vérité, car il serait vraiment dommage qu'un brave garçon comme vous se perdit sans profit pour personne .Etienne ne répondit pas.\u2014 Au revoir, murmura le procureur sur le ton d\u2019une profonde sympathie.Et avant estimé qu\u2019il valait mieux laisser Boncceur seul avec lui-même, il disparut.IV L\u2019EMBARRAS D\u2019UN HONNETE HOMME I A visite chez l\u2019ingénieur avait duré *¦\" longtemps.Il était quatre heures de l\u2019après-midi environ.Le procureur était brisé de fatigue.Depuis le matin vers une heure, c'est-à-dire au moment où l'explosion avait eu lieu, il n\u2019avait pris aucun moment de repos, mangeant à peine, allant d\u2019un endroit à l\u2019autre, seul pour cette besogne colossale, s'agitant, se remuant, voulant avec sa nature précise arriver à un résultat, c'est-à-dire à se faire une opinion personnelle le plus tôt possible.Il avait, en effet dans cette affaire, un mystère qu\u2019il pressentait et qu\u2019il eût voulu percer à tout prix.Mais les forces humaines ont des limites, et comme l\u2019énervement commençait à le gagner, il pensa : \u2014 Je vais chez moi me reposer quelques heures, après je verrai mieux les choses; et ce soir, au Cercle, je serai plus^ apte à écouter les racontars que l\u2019on ne va pas manquer d\u2019y faire, surtout à démêler peut-être au milieu des bavardages quelques indices qui pourront me mettre sur la piste.Il se dirigea donc chez lui où une vieille femme lui tenait son ménage de garçon fort en ordre, car il n'était pas marié.Il prenait ses repas à l'hôtel, où étaient également en pension ceux de ses collègues dans la même situation que lui, et quelques autres fonctionnaires de la ville.Il entra avec son passe-partout, sans sonner.Mais aussitôt il recula de deux pas, éprouvant un vif sentiment de contrariété.En effet, dans le petit jardin qui précédait sa demeure, un individu était debout, tournant le dos à la porte d\u2019entrée fort occupé en apparence à considérer un admirable massif de roses qui commençait à fleurir.Au bruit de la porte se refermant, 1 inconnu se retourna vivement. 15 MARS 1941 31 La contrariété de monsieur Gour-don augmenta.L\u2019individu qui l\u2019attendait était Félix de Mazolles.Celui-ci s'avança vers le procureur.la main tendue.Monsieur Gourdon ne put refuser cette main, car il avait rencontré plusieurs fois le jeune baron au cercle de Santenay.C'était un garçon cependant plutôt froid et d\u2019une absolue correction de manières.D\u2019une taille légèrement au-dessous de la moyenne, il était blond avec une longue moustache soyeuse, plus claire que les cheveux.Sa bouche, fine, souriait rarement.Le menton nettement accentué décelait chez lui aussi une volonté de premier ordre.Cependant, en général, il inspirait peu de sympathie.Mais cela tenait peut-être à des yeux glauques, aux paupières épaisses et qu\u2019il voilait de ses cils très longs quand il causait avec quelqu'un, ce qui faisait que l\u2019on en distinguait difficilement l\u2019expression.Il parlait lentement toujours.Il ne s'émouvait jamais; son calme, sa possession de lui-même paraissaient être à toute épreuve.Cependant, en ce moment, sa pâleur était livide.A le regarder attentivement, on eût pu même voir ses lèvres trembler imperceptiblement.Mais il n\u2019avait pas l'intention de nier ou de dissimuler cette émotion, car il dit aussitôt au procureur.\u2014 Excusez l'état de bouleversement dans lequel vous me voyez, je suis sous le coup d\u2019un sentiment qui me rend à peu près fou .Sans pouvoir continuer, il essuya la sueur qui découlait de son front.\u2014 Voulez-vous que nous entrions chez moi ?demanda le magistrat.\u2014 Je ne demande pas mieux.Je viens du Parquet.Or, comme je tenais essentiellement à vous voir au plus tôt, et que votre greffier m'a dit que vous ne reviendriez probablement pas dans votre cabinet de la soirée, je me suis permis de vous attendre ici.Monsieur Gourdon l'avait introduit dans une très vieille maison qu'un miracle d\u2019ordre et de propreté seul, rendait habitable.Au rez-de-chaussée, un long corridor se voyait d\u2019abord.Vers le milieu de ce corridor, le procureur fit entrer son visiteur dans une pièce qui lui servait de cabinet.Elle était d'une simplicité monacale.Une large table sur laquelle se trouvaient un nombre respectable de dossiers, une bibliothèque pleine de livres de droit, souvent consultés, en faisait le seul ornement, avec quelques fauteuils et des chaises en paille.Il fit asseoir le jeune baron bien en plein jour, en avant, toutefois, 1 habileté de faire passer sa manœuvre inerperçue; puis il eut un geste qui semblait dire : Je vous attends, et je vous écoute.Félix de Mazolles ne paraissait pas encore maître de son émotion.Il commença cependant.\u2014 Ma vieille nourrice, Marianne Barrère m\u2019a envoyé ce matin, un bout de billet dont le contenu m\u2019a mis dans l état où vous me voyez encore; elle disait, en effet, que mademoiselle Christine de Mazolles, ma tante ou plutôt la cousine germaine de mon père avait été assassinée cette nuit, tandis que 1 assassin, probablement pour effacer la trace de son crime faisait sauter la maison.Mon étonnement, si douloureux, dure encore.J\u2019ai fait atteler et je suis accouru.\u2014 Alors, le but de votre visite ?.\u2014 Mais me mettre à votre disposi- tion, et entendre de votre bouche autorisée, la vérité sur la catastrophe, la vérité sans exagération ni amplification.Monsieur Gourdon, les yeux à demi clos, semblait écouter ou réfléchir profondément.Il donna les détails que lui demandait Félix de Mazolles, comme un brave et bon homme sans grande malice, avec plutôt un grand air d'amabilité.Le jeune baron hochait douloureusement sa tête fine et pâle, mais ne se permettait pas d'interrompre le magistrat même par une exclamation.\u2014 Mais l'assassin monsieur le procureur ?demanda-t-il lorsque monsieur Gourdon parut avoir terminé son récit, le connaît-t-on ?\u2014 Pas encore, répondit l'autre de sa même voix tranquille.J'espère toutefois que nous y arriverons.\u2014 C\u2019est bien à désirer, répondit le jeune homme.Et tout à coup, le procureur qui regardait Félix un peu en-dessous et qui évidemment sentait plutôt qu\u2019il ne voyait que son aplomb et son calme lui revenaient, lui dit à brûle-pourpoint.\u2014 A quelle heure avez-vous quitté mademoiselle de Mazolles hier au soir ?.Le jeune baron tressaillit imperceptiblement, mais d\u2019une voix point émue, sans un tremblement, ni une hésitation, il répondit aussitôt : \u2014 Je ne suis point allé hier soir chez mademoiselle de Mazolles.Ayant en effet l'intention de me rendre à Camarade pour faire couper mes foins ce matin, je lui fis une petite visite vers cinq heures et demie; cette visite a duré jusqu'à six heures, puis je ne l\u2019ai pas revue.\u2014 Je crois que vous faites erreur.Félix releva vivement la tête.\u2014 Il était peut-être bien six heures et quart, quand je l\u2019ai auittée, mais pas davantage, je le certifie, dit-il \u2014 Rappelez bien vos souvenirs.\u2014 Ils sont orécis et exacts.\u2014 Ah !.Et, à dix heures, n\u2019êtes-vous pas venu chez votre vieille tante ?.\u2014 A coup sûr, non.A dix heures, j\u2019étais à Camarade ma propriété, j\u2019y étais arrivé vers neuf heures et demie, à peu près.A dix heures, je donnais des ordres à mon maître valet, je lui demandai si la faucheuse était en état pour la fauchaison, le lendemain matin, avec le jour.Il m\u2019a répondu affirmativement Alors je lui ai dit à ce moment-là : \u2014 Mon brave Gentil, allez vous coucher, il est dix heures et comme vous prendrez de la peine demain matin, il faut être à même, par un bon sommeil, de faire honneur à la besogne.Et il m'a.en effet quitté, tandis que moi je me couchais et je dormais les poings fermés jusqu'à ce matin cinq heures.J'ai même grondé Mathieu, mon vieux domestique, à qui j'avais dit de m\u2019éveiller dès l\u2019aube.Monsieur Gourdon avait écouté le jeune homme sans donner le moindre signe d\u2019approbation ou de blâme L\u2019autre, devant le silence du magistrat.reprit de son même ton calme et naturel : \u2014 Mon vieux Mathieu qui est parti avec moi de Santenay vers neuf heures \u2014 deux ou trois personnes que j'ai rencontrées en route pendant que je me rendais à Camarade .certifieront, chacune de leur côté, monsieur le procureur, ce que je vous dis là, \u2014 mon maître valet, Poulet Bor-deneuve, également vous affirmera qu'à dix heures j\u2019étais à Camarade.En arrivant je l\u2019ai envoyé se coucher.\u2014 Comment se nomment les personnes que vous avez croisées sur la route ?.demanda monsieur Gourdon avec une insistance qui ressemblait furieusement à la plus outrageu-se des méfiances.Félix de Mazolles répondit aussitôt :\t, \u2014 Lalande le forgeron, qui m a de-passé près de l\u2019avenue de Camarade, et Mothes, le peintre, qui lui, au contraire revenait, allant vers Santenay.\u2014 Ils étaient à pied ou en voiture ?.\u2014 Lalanne était dans son petit break à quatre roues, le peintre dans une jardinière à deux places.\u2014 Vous ont-il reconnu ?.\u2014 Ils m'ont salué en m\u2019appelant par mon nom.\u2014 Bien.Et monsieur Gourdon minutieusement, sur un bloc-notes inscrivait les divers renseignements que lui donnait le baron de Mazolles.Celui-ci continua : \u2014 Quelqu'un vous aurait-il donc dit, monsieur le procureur, que j'étais revenu chez ma vieille parente ?\u2014 Oui répondit gravement le magistrat, cela m\u2019a été dit en effet.\u2014 Par une personne honorable, digne de foi ?.\u2014 Vous allez en juger.Celui qui m\u2019a certifié que vous étiez à dix heures chez mademoiselle de Mazolles, qu\u2019il vous y avait vu, qu\u2019il avait causé avec vous, et qu\u2019après une discussion, presque une dispute, il était sorti de la maison, vous laissant à dix heures et demie en tête-à-tête avec la vieille demoiselle, c\u2019est .Le procureur s\u2019arrêta, regarda le jeune baron et finit par ajouter lentement : \u2014 Voyons, aidez-moi .Inutile de persister dans votre dénégation, vous comprenez que mes renseignements sont aussi sûrs que nets et convaincants .\u2014 Mais je vous jure que cette assertion est fausse, archt-fausse .Je suis arrivé à neuf heures et demie.peut-être neuf heures trois quarts à Camarade.J\u2019ai trouvé mon maître valet et sa femme déjà couchés; j'ai fait lever l'homme, j\u2019ai causé avec lui jusqu\u2019à dix heures, puis je me suis mis au lit après.Comment, ayant donné des ordres jusqu'à dix heures, aurais-je pu être à cette minute précise à Santenay, chez mademoiselle de Mazolles, alors qu\u2019il y a douze milles, peut-être treize avec l\u2019avenuè, entre ma maison et la demeure de ma pauvre parente ?\u2014 Cependant, j\u2019ai la plus grande confiance en celui qui m\u2019a certifié ce que je viens précédemment de vous dire.L\u2019individu qui a parlé ainsi, qui a inventé cette chose aussi fausse que monstrueuse est à coup sûr l'assassin lui-même, et dans tous les cas mon ennemi acharné.\u2014 Inutile de jouer aux propos interrompus dans une affaire aussi grave.Celui qui m'a parlé de votre visite, c\u2019est Etienne de Boncœur.\u2014 Ah ! se contenta de dire Félix de Mazolles, avec un éclair dans ses yeux verdâtres.\u2014 Alors il ment ?.demanda le procureur à brûle-pourpoint.\u2014 Il ment, affirma catégoriquement le jeune baron.Je puis prouver que j'étais à dix heures précises à Camarade.Je puis prouver également que mon cheval, ma voiture, Mathieu et moi, n'avons pas bougé de la campagne jusqu'à aujourd'hui une heure ou à peu près, ayant reçu à midi et demi seulement la nouvelle de la catastrophe.\u2014 Comment le facteur, qui s\u2019était engagé à être chez vous à dix heures, ne vous a-t-il remis le billet de votre nourrice qu\u2019à midi passé ?.-\u2014 C'est aussi aisé à prouver que le reste.POURQUOI ENDURER LA CONSTIPATION?ESSAYEZ LA MEILLEURE METHODE ALL-BRAN! 5 h V # N\u2019attendez pas que l\u2019insuffisance de volume approprié dans votre régime alimentaire cause chez vous la constipation, pour ensuite recourir à l\u2019usage de violents purgatifs.Mangez du ALL-BRAN KELLOGG régulièrement .buvez beaucoup d\u2019eau ».et évitez ce genre de constipation.Chez votre épicier.Fabriqué au Canada par Kellogg.ALL-BRAN REVEILLEZ LA BILE DE VOTRE FOIE \u2014 \u2014et vous sauterez du lit \"gonflé à bloc\" H faut que le foie verse deux livres de bile dans l\u2019intestin, chaque jour.Si cette bile n\u2019afflue pas librement, vos aliments ne se digèrent pas.Us se putréfient et se corrompent dans l\u2019intestin.Des gaz vous gonflent Vous vous constipez.Les poisons se répandent dans tout l\u2019organisme et vous vous sentez abattu, déprimé et vous broyez du noir.Un simple mouvement des intestins n\u2019atteint pas toujours la cause ; il vous faut quelque chose 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veille, sur le feu; et comme j\u2019allais moi-même revenir, elle n\u2019a pas jugé utile de venir me porter le petit paquet.\u2014 Vous avez réponse à tout, fit remarquer monsieur Gourdon.\u2014 Parce que tout ce que je vous dis est la vérité pure.\u2014 Je le souhaite pour vous.Cette fois-ci, Félix de Mazolles se redressa.Sa longue patience paraissait être à bout.Ses traits d'ordinaire si calmes, si impassibles, étaient convulsés.\u2014 Oh ! non finit-il par dire, tout a des limites.Je ne comprends pas les soupçons si humiliants dont vous m\u2019entourez, monsieur le procureur, moi qui m\u2019adresse si loyalement à vous, moi qui, au lieu de vous fuir, viens au contraire vous dire : « Un grand malheur m'arrive, dites-vous la vérité sur ce qui s'est passé .» Est-ce qu\u2019il ne tombe pas sous le sens que si j\u2019avais n\u2019importe quoi à me reprocher, je fuirais la justice, commettant même probablement les pires imprudences pour ne pas me trouver en contact avec elle ?Les yeux vagues, monsieur Gourdon répondit : - On ne sait pas, c'est à voir .Puis plus haut : \u2014 Je répondrai carrément à votre protestation.Je me trouve en présence de deux affirmations aussi précises.aussi graves l\u2019une que l\u2019autre.Monsieur Etienne de Boncceur, sans vous accuser, sans formuler quoi que ce soit contre vous, m'a fa;t un récit très simple et qui m\u2019a paru extrêmement véridique; de ce récit il ressort que, hier coir, vous êtes entré, à dix heures, chez mademoiselle de Mazolles.Il raconta et les propres paroles de la vieille demoiselle, et ce que vous lui avez répondu, et comment monsieur de Boncceur.outré de la manière indiscrète et familière dont vous vous mêliez de ses affaires qui, dit-il, ne vous regardaient pas.vous a prié brusquement de vous taire .\u2014 Et, vous croyez que j'eusse supporté cette défense ?.\u2014 Il paraît que vous l\u2019avez fait.\u2014 Te proteste avec la même énergie.\u2014 Passons.Dans tous les cas le récit de monsieur de Boncœur m\u2019a paru extrêmement sincère.D\u2019un autre côté, vous, vous m'affirmez qu\u2019à dix-heures précises, c'est-à-dire au moment où monsieur de Boncceur prétend aue vous êtes entré chez mademoiselle de Mazolles, vous donm'ez des ordres à votre maître-valet dans votre propriété de Camarade, distante de Santenay de douze à treize milles.L\u2019un de vous deux, évidemment, altère la vérité.Mais lequel ?.\u2014 Oui, lequel ?répéta avec un grand sang-froid le jeune baron.Et il continua sans paraître éprouver ni angoisse, ni émotion ; \u2014 C est un malheur, évidemment, pour monsieur de Boncceur.que j'aie plusieurs témoins, qui appuieront ab- solument mon dire.Pourra-t-il vous donner les mêmes preuves de sa véracité, lui aussi ?Je le souhaite pour lui.Mais je vous avoue que si vos soupçons me blessent, ils ne me tourmentent pas le moins du monde .En effet, Marianne, ma nourrice, qui m\u2019a vu rentrer de chez mademoiselle Christine, vers six heures, qui m\u2019a fait souper, qui m\u2019a aidé à monter en voiture avec Mathieu; celui-ci qui m'a conduit à Camarade; Lalande, le forgeron, qui m\u2019a croisé en route; Mothes, le peintre, qui m\u2019a vu en entrant dans l'avenue de Camarade, enfin Bordeneuve, mon maître-valet, auquel je donnais des ordres, comme dix heures sonnaient, tous ces gens-là sont mes appuis et mes répondants auprès de vous, monsieur le procureur.\u2014 Très bien; impartialement, je contrôlerai tous les dires.Mais, pour le moment, il y a une chose qui s'impose, c\u2019est votre confrontation avec monsieur de Boncœur.Il sembla au procureur que l'œil glauque de Félix de Mazolles se durcissait, se voilait un peu mais cela pouvait être l'effet du peu de sympathie qu'inspirait au magistrat ce garçon très jeune, mais encore plus maître de lui, et qui, sous le coup d\u2019une méfiance injurieuse, ne se démontait pas, ne s'indignait pas, ne se troublait pas.Alors tout de suite, et l'interrompant dans ses réflexions plus ou moins bienveillantes, le jeune baron lui dit en se levant : \u2014 Est-ce immédiatement que vous voulez nous voir ensemble, monsieur de Boncœur et moi ?.\u2014 Immédiatement .oui .\u2014 Malgré votre fatigue ?.Cela ne doit pas compter pour moi; la vérité passe avant tout.\u2014 Bien, je suis à votre disposition.A moins que vous n'aimiez mieux envoyer chercher monsieur de Boncœur.\u2014 Je le ferai si ce malheureux garçon pouvait marcher.\u2014 Ah !.Et pourquoi ne le peut-il pas ?\u2014 Ce matin, il est entré dans la maison démolie par suite des explosions qui se sont produites.Vous le savez sans doute.\u2014 Oui, ma vieille nourrice me l\u2019a dit par à peu près.PHILIPPE BEAUDRY, du bataillon de chars d'assaut des Trois-Rivières, actuellement au Camp Borden, Ont.Envoi de sa sœur, Mme Yvonne Bourassa, 1651, rue Royale, Trois-Rivières, P.
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