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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 12 avril 1941
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1941-04, Collections de BAnQ.

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[" 52e année, No 46 Montréal, 12 avril 1941 $-4 00 e Samedi LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS P\" - ' lis 1 HilÉi film IlSIPlpiS v liiliili 1 WM ,0% : L'INVASION AÉRIENNE EST-ELLE POSSIBLE?\u2022 PHOTOS DE TI-PIT ET Fl Fl N E \u2022 LES COULISSES DE LA GUERRE \u2022 LE SPORT par Oscar Major \u2022 ROMAN POLICIER, COMPLET JANE RUSSELL Photo 20th Century Ill » .-, Photo du Canadien National Cest le \u201c Temps des Sucres \u201d.C\u2019est aussi le moment de s\u2019abonner aux trois magazines : Le Samedi * La Revue Populaire * Le Film Le bon sucre d'érable fond dans la bouche et la parfume \u2014 la bonne lecture imprègne l'esprit en y laissant les traces durables du plaisir dans la mémoire.Tous deux, sucre d'érable et bonne lecture sont des adoucissements efficaces dans les mille petits soucis de la vie quotidienne.Savourez donc le bon sucre d'érable en lisant nos publications.D'autant plus que le sucre d'érable, comme LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM, est un excellent produit canadien.Coupon d'abonnement aux 3 magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE, LE FILM POSTEZ CE COUPON Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d'abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Nom .Adresse .Ville .Province .POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, Canada 3 52e année.No 46 \u2014 12 avril 1941 CARNET EDITORIAL \"AUJOURD'HUI NOUS AU FRONT SOMMES.^CERTIFICATS : DE GUERRE LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE.LIMITEE 975.RUE DE BULLION MONTREAL - CANADA \u2022 Tél.s PLateau 9638* Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUI Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Pages féminines : GENEVIEVE Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Entered at the Post Office of St.Albans.Vt.as second class matter under Act of March 1879 \u2022 ABONNEMENT CANADA Un an.$3.50 Six mois.2.00 Trois mois.1 -00 \u2022 ETATS-UNIS ET EUROPE Un an.$5.00 Six mois.2.50 Trois mois.1.25 \u2022 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à midi \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de loca-l\u2019empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition, \u2022uop snou ep s?ud +uos a*j| ner un avis de huit jours Les Deux Viol ons CONNAISSEZ-VOUS le célèbre violoniste Corda di Violoncelli ?Non ?.Moi non plus mais ça ne fait rien; je puis même bien vous avouer qu'il n'existe pas, ce qui est extrêmement commode pour le faire agir et parler comme l'on veut et vous verrez que ce qu'il dit ne manque pas de bon sens Tout d'abord il connaît la musique, ce qui est une supériorité sur quelques joueurs de violon de ma connaissance; if la connaît même si bien qu'il peut donner des leçons profitables à bien des gens Des leçons de musique, c'est entendu; et d'autres aussi.Il donne aussi de beaux concerts et, dans ces occasions là, il apporte toujours avec lui deux violons.Cela lui permet de faire un programme agréable et de former le goût de ses auditeurs; c'est ce qu'il explique avant de commencer à jouer.L'un de ces violons ne paye pas de mine; il est tout déverni, raturé et même, semble-t-il, quelque peu crasseux.C'est un souvenir ou bien un fétiche .Le maestro le garde probablement comme d'autres portent sur eux des pattes de lapin ou d'autres bizarreries pour amadouer la chance.Telles sont les réflexions du public.L'autre violon est magnifique; il brille comme un soleil et l'on croirait que les cordes sont en or; c'est une œuvre d'art qui vaut assurément une fortune et le Maître le manipule ostensiblement avec d'infinies précautions.Un murmure d'admiration court à sa vue dans la foule qui en ouvre des yeux grands comme les convoitises d'un dictateur.Le Maître Corda di Violoncelli prend négligemment le disgracieux violon.\u2014 Cet instrument, dit-il, est un vieux crin-crin que j'ai hérité d'un grand oncle, lequel le tenait d'un ancêtre un peu mélomane et qui conservait ça surtout comme souvenir de famille.Il n'a pas fameuse apparence mais avec la bonne volonté on arrive tout de même à en tirer quelques sons.Et le Maestro promène l'archet sur les cordes qui vibrent lamentablement.Le public s'esclaffe et, pour montrer qu'il est bon connaisseur, il fait entendre des réflexions marquées au coin de l'esprit le plus subtil.\u2014 Ouah !.on dirai?un braiement! ce violon là va rendre l'âne .\u2014 C'est le cri du désespoir noir d'un nègre à minuit.\u2014 Mon chat chante mieux que ça quand on lui marche sur la queue .\u2014 C'est une vieille brouette qui n'a jamais été graissée depuis sa fabrication .Le Maître Corda di Violoncelli sourit et s'incline en manière d'approbation.La salle, mise en joie, rigole à pleine gueule pour s'approuver elle-même d'avoir fait preuve de si bon esprit critique et l'on voit des bouches qui se fendent d'une oreille à l'autre.Le Maître prend alors le beau violon qu'il fait miroiter complaisamment sous les lumières; il jette des feux comme un diamant et c'est immédiatement, dans tout le public, un respectueux silence.On entendrait voler un financier boche.Comme la foule a raison ! Le grand violoniste vient d'annoncer un morceau à grand effet : \" L'orage dans la montagne\" et il prélude On entend un long et bizarre gémissement qui s'allonge indéfiniment comme une mâchée de gomme; ça tient du hululement de la chouette, du soupir d'un bœuf malade et du jet de vapeur d'une locomotive.\u2014 La plainte du vent dans les arbres de la forêt ! murmure à l'oreille de son voisin un auditeur extasié.Comme c'est beau ! c'est mieux encore qu'au naturel.Quel violoniste et surtout quel violon .L'orage continue et s'amplifie; ce sont des éructations, des grognements, des cliquetis et des grincements à rendre un nègre tout pâle.Le public est haletant, sidéré, empoigné et surtout bien autosuggestionné à l'audition de cette musique ultra-moderne.Un seul homme bâille dans la salle et ne semble pas partager l'enthousiasme collectif.Un voisin s'en étônne et lui dit : \u2014\tC'est au-dessus de tout ! il est dommage que cette salle ne soit pas une salle aux prix, nous décernerions le premier au Maître pour cette œuvre incomparable.\u2014\tPour cette saloperie, voulez-vous dire ?\u2014\tOh ! fait l'admirateur scandalisé; pouvez-vous parler ainsi de cette musique où il y a une pointe de mystère !.\u2014\tUne pointe qui va bien avec le violon qui est un clou.Cette libre appréciation a été entendue de plusieurs extasiés qui se rebiffent aussitôt contre le malotru, l'ignorant, le philistin qui traite un si beau violon de pimple clou et n'a pas peur de le dire tout haut.Ils applaudissent à faire crouler le plafond; le Maestro verra qu'eux au moins ne sont pas des imbéciles mais des connaisseurs qui apprécient les beautés échappant aux simples brutes.L'orage est fini; le Maestro va parler.Il parle.\u2014\tL'un de ces violons, dit-il, vaut à peu près trois piastres; quant à l'autre, j'en ai déjà refusé dix mille et je ne le donnerais même pas pour le double.\u2014\tComme vous avez raison ! s'écrie un enthousiaste, il vaut mieux que ça, il est si beau ! \u2014\tJe crois que vous faites erreur, répond doucement le grand musicien; si vous êtes disposé à me donner vingt-cinq piastres pour le si beau violon, je vous le cède tout de suite; j'aurai fait un joli bénéfice; pour celui qui vaut une fortune, le voici.Et il montra le vieux crin-crin tout déverni.Le public reçoit ça sur la caboche comme une douche froide ou plutôt un coup d'assommoir et il se demande s'il a bien compris.Il y a des obstinés dans la conviction faite précédemment qui se draguent énergiquement les oreilles avec le petit doigt, d'autres se frottent les yeux et continuent cependant de voir le Maître qui tient en souriant le vieux violon et le regarde parfois avec un regard chargé d'amour comme si c'était une jolie fille tendrement aimée.C'est davantage encore pour lui, c'est l'instrument rare qui lui permet de traduire et de matérialiser toutes les envolées de son cœur et de son âme.Le public va bien le voir ou plutôt l'entendre.Actuellement, ce public est un peu houleux parce qu'au coup de fa surprise a succédé une période d'indécision qui pourrait bien se terminer en chahut général pour calmer son énervement bête qui commence à monter à fleur de peau, mais le silence se refait graduellement devant le geste du grand musicien signifiant que la séance n'est pas terminée.Il tient toujours le vieil instrument et, saisissant l'archet, il se met à jouer.Le violon, cette fois, s'anime sous ses doigts et vibre de toutes les passions humaines qu'il exprime dans une harmonie d'une prodigieuse ampleur; il se dégage de cette musique une émotion qui étreint tous les cœurs, même ceux que l'abus du jazz a racornis ou dopés.Les plus sincères reconnaissent franchement qu'ils s'étaient tromoés par snobisme, les autres, les irréductibles malgré l'évidence, quittent la salle en grommelant et disent qu'ils n'y comprennent plus rien.Quant au Maestro, il est content, même il jubile car une fois de plus il a donné une bonne leçon, bien qu'elle n'en fût pas une de musique.Il n'a pas dit à ses auditeurs qu'ils étaient, sauf un seul, tous des imbéciles, mais il l'a fait très bien comprendre.Et en cela il a réédité une grande vérité qui ne date pas d'hier mais qu'on n'oublie trop souvent : c'est qu'il ne faut pas juger les violons sur la mine; et les hommes encore moins. 4 Le Samedi -io-ni(f,ue d'actualité (d\u2019après « France », journal de la France libre) PAS celle de l'Angleterre que rêve Hitler.Assurément, il peut toujours la tenter mais s\u2019il se décide à cela, ce sera une cruelle désillusion pour lui.Il a raté son coup quand il avait quelques chances de le réussir, et maintenant il peut faire son deuil de tous ses beaux projets.Une telle expérience lui coûterait tellement cher en hommes et en matériel que son prestige tomberait ensuite au niveau de celui de Mussolini, c\u2019est-à-dire à peu près à plat.En ce qui concerne la force aérienne du dictateur boche, voici d\u2019intéressants renseignements puisés à bonne source, dans le Journal France de la France libre.Hitler n'a pas plus de 6,000 avions .pour attaquer l'Angleterre Il y a quelques jours, des informations avaient couru sur « l\u2019immense force de l\u2019armée aérienne allemande».Or, il semble que les chiffres que l\u2019on a produits, ont été fournis par la propagande nazie.On avait parlé d'une attaque en trois vagues contre la Grande-Bretagne.Chaque vague, disait-on, se composerait d\u2019au moins 16,000 appareils \u2014 chasseurs, bombardiers, transporteurs de troupes, etc.Or, à supposer même que l\u2019armée aéronautique nazie groupe en ce moment 40,000 appareils, combien pourraient être mis en service à un moment donné ?Les forces nazies Des experts aéronautiques estiment comme suit la puissance de l\u2019armée aérienne allemande : Six flottes aériennes, y compris la première ligne de réserve disponible et transports, soit 16,500 appareils.Unité aérienne indépendante : 2,750 avions.Service aéro-naval : 1,000 avions.Appareils d\u2019entraînement : 650.Avions assurant le transport : 3,500 appareils.Soit au total 24,400 appareils.Mais le nombre d'appareils pouvant être mis en service à un même moment \u2014 car il faut tenir compte des champs d'aviation disponibles, du nombre d\u2019avions assurant l\u2019apport d\u2019essence, de pièces de rechange, des réparations de pièces de rechange, des réparations nécessaires après chaque combat, de la mise au point des appareils, etc.\u2014 est de 12,000 ainsi décomposés : 7,800 de la première catégorie, 1,300 de la deuxième, 500 de la troisième, 400 de la quatrième et 2,000 de la cinquième catégorie.En outre, ces 12,000 appareils comprenant des appareils d\u2019entraînement, des appareils de transport, etc., si bien qu\u2019il reste en somme 9,000 appareils de combat et de bombardement.Forces dispersées Bien plus, ce chiffre représente le total des appareils dont les nazis disposent sur tous les théâtres de la guerre.Car une partie de ces avions se trouvent en Pologne, où ils seraient nécessaires en cas d\u2019un changement dans les relations russo-allemandes ;\t(Lire la suite page 37 ) 12 AVRIL 1941 5 Un matin de juin, Madeleine devint l'heureuse petite madame Jean Robert.UNE IDYLLE À LA PENSION L était une heure du matin, Madeleine Fournier était assise dans l\u2019escalier de la pension et lisait bien tranquillement, quand un grand jeune homme blond qui montait les marches quatre à quatre buta sur elle et tomba assis à ses pieds.Son chapeau avait dégringolé jusqu\u2019en bas ; quant à elle une mèche de cheveux lui barrait sa figure rose et son rouge à lèvres lui barbouillait maintenant un côté de la figure.C'était une jolie fille de vingt ans, jolie brune au teint clair, mais à la bouche trop sérieuse pour sa jeunesse ; lui la regardait tout ahuri par cette situation imprévue.\u2014\tJ\u2019ai oublié ma clef, dit-elle.\u2014 Ah ! c\u2019est vous la nouvelle ?\u2014\tOui, c'est seulement moi.\u2014\tEh bien ! vous vous faites connaître, vous ; il y a longtemps que vous êtes là ?En deux minutes, il avait descendu et remonté l'escalier, ouvert la porte et il l\u2019attendait maintenant en époussetant son couvre-chef gris de poussière.\u2014\tNon, je suis ici depuis seulement quelques minutes, mais je serai tout de même mieux dans mon boudoir ; c\u2019est joli, voulez-vous voir ?Nouvelle par Micheline Lelac* \u2014 Je ne vous dérange pas ?\u2014\tPas du tout ; tenez, asseyez-vous là, c\u2019est très confortable.\u2014\tJe me présente moi-même à défaut de mieux, Jean Robert.\u2014\tMadeleine Fournier.\u2014\tC\u2019est un joli nom.\u2014\tOn dit toujours ça.\u2014\tOh ! moi, vous savez, je dis ce que je pense ; mais si on vous appelait Madelon ce serait encore plus joli.Il me semble que ce nom conviendrait particulièrement à votre jolie figure brune.\u2014 Je n\u2019aime pas Madelon.\u2014 Ah ! pourquoi donc ?\u2014 C'est trop familier.\u2014 Ah ! bon, c'est bien.Mais que lisiez-vous donc tout à l\u2019heure, si je ne suis pas indiscret ?\u2014 Pas du tout, voyez.\u2014\t.traité de philosophie par .ah ! ah ! ah ! Madeleine se vexa.\u2014\tÇa vous fait rire tant que cela ?\u2014\tExcusez-moi, vous êtes étudiante en philo ?\u2014\tNon, je suis sténo-dactylo chez Paters, dit-elile d\u2019un ton de glace.\u2014\tEt moi, gérant de la publicité pour la compagnie Machin ; mais je reviens à ce bouquin, vous trouvez ça rigolo pour une jeune fille comme vous ?\u2014\tPour une jeune fille comme moi, j\u2019aime beaucoup ce livre, monsieur.\u2014\tS\u2019il vous intéresse, vous êtes bien libre, mqis je parierais n\u2019importe quoi qu\u2019il vous ennuie .il y a des livres moins rébarbatifs.\u2014\tPeut-être, mais celui-ci me plaît.Jean se disait en lui-même qu\u2019elle était agréable mais quelle avait l\u2019air joliment orgueilleux.Un visage qui serait charmant avec un rire gai sur (Lire la suite page 35) 6 Le Samedi TI-PIT (M.Eddy Gélinas) et Fl Fl N E (Mme Gélinas) au micro de CKAC.Les autres interprètes du \" Restaurant Alouette \" sont Madeleine Cardin, Edgar Goulet, Louis-Philippe Hébert, Paul Foucreau, Mme Blanche Gauthier, Léo Gagnon, René Coutlée et Jean-ne-d'Arc Charlebois.\u2014 Le quatuor ci-contre se compose de : Louis-Philippe Hébert, Eddy Gélinas (Ti-Pit), Mme Gélinas (Fifine) et Wilfrid Charland.(Photos Conrad Poirier, \u201cLe Samedi\u201d) TI-PIT ET FIFINE Par Germaine Plante Entrevue de deux personnages de !a radio avec une journaliste en retard et essoufflée .M.Gélinas \u2014 Bonsoir, mademoiselle.Entrez, je vous prie .\u2014 Bonsoir, cher monsieur .Mais laissez-moi reprendre haleine,.j\u2019ai marché trop vite.Là, je suis calmée.Mme Gélinas ¦\u2014 Alors, on vient interviewer ?Je crois que si, car mes lecteurs ont hâte que je leur parle longuement de Ti-Pit et Fifine.M.Gélinas \u2014- L\u2019intérêt que vos lecteurs du « Samedi » portent à nos personnages, nous fait bien plaisir ; cela prouve que nous avons réussi à les intéresser.\u2014 Comment l\u2019idée de ce programme vous est-elle venue ?M.Gélinas \u2014- En écoutant les programmes américains : Charlie McCarthy, Jack Benny et autres.Je me suis dit comme ça : «Si ce genre de blagues légères et sans suite a tant de succès en anglais, pourquoi n\u2019en aurait-il pas autant en notre langue ?» Alors je construisis ce programme : un restaurant, rendez-vous des jeunes coqs de Champlain-Canton.J\u2019ai bâti mon village autour des personnages qui y vivent.Je les ai placés dans une condition modeste.Ti-Pit et Fifine sont ce qu\u2019on appelle en « canayen », du bon monde.» Intelligents, mais sans beaucoup d\u2019instruction ; ils ont l\u2019esprit de nos habitants québécois.Mme Gélinas ¦\u2014 Une fois notre programme bien établi, nous l\u2019avons présenté à M.Wilfrid Charland de la Whitehall Broadcasting, et, grâce à lui.nous avons eu un commanditaire régulier,\u2014le, tabac Lasalle.M.Gélinas \u2014 Nous gardons une vive reconnaissance à M.Charland d\u2019avoir eu confiance en nous, et en cette nouvelle formule pour distraire les radio-philes.Mme Gélinas \u2014 Le public a compris notre désir de l\u2019égayer, de lui faire oublier, pendant au moins quinze minutes, les heures sombres que nous vivons.Aussi est-ce par centaines que notre commanditaire reçoit des lettres de félicitations et d\u2019appréciations.-\u2014 Quels sont les personnages qui entourent Ti-Pit et Fifine au Restaurant Alouette ?M.Gélinas \u2014 Louisa (Madeleine Cardin), Ma\u2014 thias (Edgar Goulet), Zéphitin (Louis-Philippe Hébert), L\u2019avocat Auguste Marcotte (Paul Foucreau), Mme Lachapelle (Mme Blanche Gauthier), Père Raccourci (Léo Gagnon), Philippe Jolicceur (René Coutlée), Mme Rondin (Jeanne-d\u2019Arc Charlebois), Marie-Louise, Jeannette et Zidore désirent garder l'incognito.\u2014 Quels sont vos projets ?Mme Gélinas \u2014 Ils sont plutôt vagues en ce moment.Aussi préférons-nous ne rien dire.M.Gélinas \u2022\u2014 La seule chose que nous pouvons confier, c\u2019est que nous voulons essayer de contenter toujours notre auditoire invisible.¦ ROGER BAULU A RADIO-CANADA Depuis le 1er avril, Roger Baulu est à Radio-Canada comme annonceur.Sa tâche consistera à s\u2019occuper des nouvelles, des reportages et des entrevues. .s0t.f m 0f< 12 AVRIL 1941 omisses de la Vjuerre LA FIN D'UNE CALOMNIE Quand, le 27 novembre 1940, Jean Chiappe nommé ambassadeur et haut-commissaire en Syrie se rendit à son poste, l'avion qui le transportait fut abattu au-dessus de la Méditerranée, et la carrière de l'ambassadeur fut terminée du coup.Il y eut aussitôt de belles clameurs d\u2019indignation ! La propagande de l'axe accusa nettement l'Angleterre d\u2019avoir fait le mauvais coup.Le vaseux Laval, qui était alors chef du gouvernement de Vichy, s'indigna comme aurait pu le faire un honnête homme, c\u2019est-à-dire avec une apparente sincérité, et jura de faire des représentations à la Grande-Bretagne.Le journal anglophobe Gringoire fit chorus et publia un article filandreux et rageur contre l'Angleterre ; d\u2019autres feuilles de chou à la dévotion de l\u2019Allemagne chantèrent le même couplet ; elles employèrent le mot d\u2019assassinat, jetèrent le doute dans quelques esprits et le trouble dans pas mal d\u2019autres.Chose étrange, au milieu de toutes ses clameurs, Berlin ne disait mot ; ce n\u2019est pas dans ses habitudes, il y avait sûrement quelque chose.Il y avait ceci : l\u2019aviation de l\u2019ambassadeur Chiappe, qui contenait cinq autres passagers et que pilotait Guillaumet, un as de l\u2019aviation française, fut bel et bien abattu par un chasseur italien.C\u2019était un exploit sans danger dont le chasseur conçut tout de même une grande fierté, car le fait fut mentionné le lendemain par le communiqué quotidien du ministre de l\u2019Aéronautique de Rome.L\u2019appareil abattu était désigné comme « avion ennemi d'un type non précisé ».Malheureusement on avait été un peu vite en besogne, à Rome, pour annoncer ce « succès » ; les journaux italiens étaient en possession du communiqué, plusieurs l\u2019avaient même déjà publié quand vinrent les précisions.Le prétendu avion ennemi était celui de l\u2019ambassadeur Chiappe, et le chasseur italien avait commis une énorme gaffe ; c\u2019était lui le coupable de ce que Gringoire et autres journaux vendus aux Boches appelèrent un crime.Ç\u2019en était d\u2019ailleurs un mais la presse fasciste, au fond bien embêtée, appela la chose un « incident de vol ».Admirez cette subtilité de langage ; cette hypocrisie si vous voulez.Berlin, plus prudent, avait reniflé la méprise ou la connaissait déjà peut-être quand parut le communiqué italien.Cela ne l\u2019empêcha pas de la laisser exploiter par son service de propagande qui a certainement le droit de se tromper, et de la laisser répandre officiellement pat son associé qu\u2019il ne lui déplaît pas, au fond, de voir commettre des impairs.En la circonstance, ce fut plus qu\u2019un impair ; ce fut une basse calomnie dont il est fait justice maintenant et dont les feuilles diffamatoires de Laval et de Mussolini n\u2019ont certainement pas lieu d\u2019être fiers à l\u2019heure actuelle.HOMMAGE A DE GAULLE PAR LE CARDINAL HINSLEY Dernièrement, à l'hôtel Grosvenor de Londres, un déjeuner était donné en l\u2019honneur du général de Gaulle.Le président de cette fête était Son Eminence le cardinal Hinsley, primat catholique d\u2019Angleterre, qui prononça l\u2019allocution suivante : « Nous sommes réunis aujourd'hui pour rendre hommage à la France et à l\u2019un de ses fils les plus illustres, le général de Gaulle.En lui, nous rendons hommage à l\u2019homme, au soldat et au chef ; à l\u2019homme qui, aux heures les plus sombres, a conservé son espoir dans l\u2019avenir de la France.Il resta debout lorsque les autres cédèrent.Il continua de faire flotter le glorieux drapeau de France après que d\u2019autres eurent abandonné la lutte pour la liberté.Aujourd\u2019hui son courage est un exemple pour la France et pour tous ceux qui aiment la France et veulent que ses fils soient libres.Nous saluons en lui un soldat qui a vu loin, qui a prédit la stratégie de l\u2019avenir.«L\u2019importance des relations anglo-françaises n\u2019a jamais été plus grande qu\u2019aujourd\u2019hui.Nous devons faire tout en notre pouvoir pour maintenir et resserrer ces liens d\u2019amitié ; tout obstacle doit être enlevé et toute explication jugée nécessaire doit êtr; donnée pour atteindre ce but.Nous devons voir par-delà le présent.Nos yeux doivent se tourner vers l\u2019avenir.«Par la grâce de Dieu, notre victoire chèrement gagnée contre la tyrannie ouvrira la voie vers une collaboration bienveillante et une amitié durable entre nos deux pays durant les années de paix qui s\u2019en viennent.» HEROÏSME DES RELIGIEUSES LONDONIENNES Les habitants du quartier de Hammersmith se souviendront longtemps de l'héroïsme des Sœurs de la Merci lorsqu\u2019une bombe Nazie tomba sur le couvent de Saint-Vincent-de-Paul.Cent trente personnes, \u2014 hommes, femmes et enfants \u2014 s\u2019abritaient dans les caves du couvent quand soudain toute la force de l'explosion se fit sentir.Plusieurs d\u2019entre eux furent tués, et d\u2019autres blessés.Un bébé fut trouvé mort, son biberon encore à la bouche.Les religieuses elles-mêmes étaient à prier au moment où la bombe démolit leur chapelle.Vitraux et maçonnerie se répandirent, et même le choc lança une immense porte en chêne par-dessus la tête des sœurs qui priaient sur les marches de l\u2019autel ; aucune d\u2019elles pourtant n\u2019en fut blessée.Elles se précipitèrent toutes au secours des gens emprisonnés dans les caves au-dessous.De leurs propres mains, toutes se mirent à déplacer les briques et les planches jusqu\u2019à l\u2019arrivée du corps de sauvetage ; toutes étant infirmières, elles continuèrent à travailler parmi les blessés pendant vingt-quatre heures, sans arrêt.Tambours en tête, les aspirants du Corps de l'Aviation Royal Canadien (dépôt de l'Effectif No 4) nous montrent dans la photo ci-dessus qu'ils savent défiler d'un pas martial en passant devant leur commandant, le chef d'escadrille Adélard Raymond.\u2014 Ci-dessous, le Caporal J.A.L.Mathieu, d'Ottawa, frotte vigoureusement les boutons de son uniforme.Cette scène se déroule constamment aux Ecoles du Corps d'Aviation Royal Canadien disséminées à travers le Canada.En effet, les aspirants-aviateurs ont la fierté du métier et le souci de la propreté.Uniforme immaculé, chaussures astiquées, maintien impeccable, partout où on les rencontre, ils suscitent les commentaires les plus flatteurs de la nation canadienne. Le Samedi ïB JBÈàaBÿÿg^ C.N Ï0080 *#».¦£* * P® ËIIK En très longues files, des wagons, spécialement construits à cette fin par le Canadien National, transportent des camions de l'armée jusqu'à un port de mer canadien.Ce convoiement est très intense de l'ouest à l'est du pays.Le convoiement de lourdes structures d'acier nécessaires à certaines nouvelles industries de guerre impose des manutentions lourdes et difficiles.Le Canadien National dessert tous les centres industriels importants et se charge du transport de fortes quantités de matériaux et d'imposantes masses d'acier telles que celles illustrées ci-haut.L'avion est soigneusement empaqueté à son arrivée à un port de mer.Le transport et le déplacement de ces lourdes boites de bois, de si colossales dimensions, exigent un outillage des plus perfectionnés et des plus au point.Le Canadien National est en mesure de répondre à toutes les exigences qui forment les à-côtés compliqués de la présente guerre.Le courrier de nos soldats (lettres et colis), dans tout le pays, en certaines fies et outre-mer, exige chaque jour des centaines de wagons et combien de bateaux ! Photos du Canadien National LA VOIE DE LA VICTOIRE ou le rôle de nos chemins de fer pendant la guerre 12 AVRii.1941 9 TOUS LES SPORTS JS***iSs Par OSCAR MAJOR Anton Christoforidis, reconnu champion du monde des boxeurs mi-lourds par la National Boxing Association, pugiliste grec, a fait ses premières armes sur les arènes parisiennes de 1936 à 1939.La Commission de Boxe de l'Etat de New-York considère toujours Billy Conn le champion mondial de cette catégorie, quoiqu'il semble l'avoir abandonné pour rencontrer Joe Louis, en juin prochain.Quel saut périlleux ne comporte pas ses risques, surtout devant les poings de l'invincible maître des poings gantés !.Le promoteur Mike Jacobs a récemment donné la mesure de son talent d'impresario.Il organisa un tournoi éliminatoire entre les meilleurs boxeurs des 175 livres: Jimmy Webb, Tommy Tucker, Melio Bettina, Gus Lesnevich.Le champion de la N.B.A., Anton Christoforidis raconte à la jeune Tula Theofilie, de Cleveland, qu'il mettra hors de combat, le 2 mai, Gus Lesnevich au Madison Square Garden de New-York.Puis, il fera face au vainqueur du combat Webb-Tuccker pour se voir, en septembre prochain, le seul monarque des mi-lourds.CORBEILLE DE RECORDS DE LA LIGUE DE HOCKEY NATIONALE La plus longue joute fut disputée, au cours de la série mondiale, entre le Détroit et les Maroons de 8 h.30 p.m.le 24 mars et se termina, le 25 mars, Montréal, le 24 et 25 mars 1935.Elle commença à à 2 h.25 a.m., après 176 minutes 30 secondes de jeu, soit 116 minutes 30 secondes de jeu additionnel.Mud Bruneteau, du Détroit, compta l\u2019unique point de la joute, à la seizième minute et demie de jeu de la sixième période supplémentaire.Ce fut la joute-marathon du siècle, dont on ne verra plus la répétition.George Hainsworth, gardien de buts du Canadien de la saison 1928-1929, réussit 22 blanchissages en 44 joutes.Cette même année, les clubs de la N.H.L.ne purent compter que 43 buts, en 44 joutes, contre Hainsworth.Nelson Stewart, ancien centre des Maroons, Boston et Américains, a obtenu 338 buts et 202 assistances pour un total de 540 points, au cours de sa carrière en grande compagnie, de 1925 à 1940.Pete Lepine, centre du Canadien, a marqué 5 buts et 1 assistance, le 18 décembre 1929, au Forum de Montréal, lors de la victoire de 6-3 du Canadien sur les Sénateurs d\u2019Ottawa.Cari Liscombe, du Détroit, enregistra trois buts en 1 minute et 52 secondes, le 13 mars 1938.Joe Malone, centre du Canadien de 1917-1918, déjoua les gardiens de buts adversaires 44 fois en 22 joutes.Son plus proche rival concernant ce record est Cooney Weiland, du Boston de 1929-1930, qui marqua 43 buts et 30 assistances en 44 joutes.A Toronto, le 19 mars 1938, huit buts furent marqués, 5 par Toronto et 3 par Américains, en un temps record de 4 minutes 52 secondes.Au Forum de Montréal, le 11 janvier 1938, 18 buts furent enregistrés en une seule joute : Maroons 11, Canadiens 7.Les trois joueurs du même club, formant une ligne d'avants, qui réussirent le plus grand nombre de points, durant leur carrière, furent Bill Cook, ailier droit, Frank Boucher, centre, Fred « Bun » Cook, des Rangers de New-York, avec un total de 1105 points, répartis de la manière suivante : \tButs\tAssist.\tPoints Bill Cook \t\t241\t146\t= 387 Frank Boucher .\t.\t155\t252\t=\t407 Bun Cook \t\t169\t142\t= 311 Total :\t565\t540\t= 1105 Bill Cowley, le brillant centre des Bruins de Boston, le premier compteur de la N.H.L., saison 1940-41, a obtenu, cet hiver, 45 assistances, brisant l\u2019ancien record détenu par Joe Primeau, du Toronto, qui, durant la saison 1931-32, avait 37 assistances à son crédit.Les Rangers de New-York ont joué 77 joutes consécutives du 31 mars 1931 au 17 janvier 1933, sans être blanchis .Les Bruins de Boston ont disputé 23 joutes de suite, du 22 décembre 1940 au 23 février 1941, sans subir une défaite.Jusqu\u2019ici, ce furent trois clubs du Canada qui remportèrent le plus souvent le championnat de la Ligue de Hockey Nationale : Canadiens 6 fois, Toronto 5 fois et Ottawa 4 fois.Depuis la saison 1893-1894, Montréal a gagné 18 fois la Coupe Stanley, emblème du championnat du monde : Montreal A.A.A., 2 fois ; Montreal Victorias, 5 fois ; Wanderers de Montréal, 4 fois ; Shamrocks de Montréal, 1 fois ; Maroons de Montréal, 2 fois ; Canadiens de Montréal, 4 fois.Ottada s\u2019attribua 9 fois la Coupe Stanley, Toronto, 4 fois, Rangers de New-York, 3 fois, Bruins de Boston, Détroit et Chicago, 2 fois chacun.\u2022 LE MATCH CASTILLOUX-BERGER SERA DISPUTE A LA FiN DE MAI AU GARDEN DE TORONTO Les partisans de la boxe de Montréal doivent faire leur deuil de voir Dave Castilloux, champion du Canada des 135 livres, combattre Maxie Berger, l\u2019excellent pugiliste mi-moyen de Montréal, dans l\u2019arène du Forum.Le promoteur Jack Corcoran, du Maple Leaf Garden de Toronto, qui exerce sans concurrence \u2022\u2014 et c\u2019est là un bel avantage \u2022\u2014 son industrie d\u2019organisateur, est assuré de bâcler ce match pour la fin du mois de mai.Il est certain que le métier de promoteur n'est pas toujours facile à exercer.Il nécessite de l\u2019à-propos, une connaissance parfaite des goûts du public, une idée très exacte de la psychologie des boxeurs, une certaine audace et surtout le sens très précis du match à faire.A Montréal, nous ne connaissons pas un promoteur de boxe qui possède une très grande partie de ces qualités.Oui, nous savons bien qu\u2019il n\u2019est pas toujours facile de.réunir l\u2019un en face de l\u2019autre les boxeurs renommés d\u2019une rencontre qui s'impose, souvent à cause de cette vile question d\u2019argent.Mais enfin il est prouvé que l\u2019organisation de Toronto a les moyens de s\u2019offrir nos deux boxeurs de Montréal en les payant à leur juste valeur.Le public de Montréal aurait bien aimé voir un semblable match conclu.Ce ne sera pas pour son nez, car cette rencontre attirera une recette de $15,000 aux guichets du Garden de Toronto, tandis qu\u2019au Forum aucun promoteur n\u2019aurait pu faire assez de publicité, plus ou moins tapageuse, pour réussir une recette de $10,000.A Toronto, le promoteur verse une garantie de $500 au Garden et douze pour cent en taxes, de différentes catégories.A Montréal, le promoteur doit donner, à la direction du Forum, quinze pour cent de la somme perçue aux guichets et en plus 20% des recettes pour fins de taxes de toutes sortes.Un match Castilloux-Bérger est-il équilibré ?.Nous le croyons, quoique Maxie Berger pèsera six à sept livres de plus que Castilloux.C\u2019est aussi dire combien il est incertain dans son résultat.Castilloux vainqueur, c\u2019est un pas en avant formidable, la route du championnat du monde ouverte, un futur match contre le champion mondial des poids légers Lew Jenkins, à plus forte raison si Dave bat Sam Angott, le 2 mai prochain, à Toronto.Et pour Maxie Berger, ce serait aussi la plus sombre mésaventure qui lui puisse advenir et une baisse considérable de ses actions.Qui gagnera cette bataille ?Le meilleur des deux Dave Castilloux.En attendant, Raoul Godbout.gérant de Castilloux, et Lew Wayman et Jack Rogers, gérants de Maxie Berger, expriment catégoriquement leur confiance en leurs poulains et, magni fiques d\u2019assurance, souffrent la fumée d\u2019un havane au nez de l\u2019organisateur Corcoran, de Toronto.Nous avons donné les raisons pour lesquelles les partisans de Montréal ne verront pas le premier combat entre ces deux excellents pugilistes montréalais, obligés par la force des circonstances de déployer, sur d\u2019autres arènes, leurs talents athlétiques.Peut-être verrons-nous le match-revanche, cependant ?Oui, si dans la première rencontre, à Toronto, Castilloux ébranle Berger suffisamment, ou vice versa, pour arracher une revanche.Va sans dire, deux gars de cette trempe ne s\u2019affrontent pas avec une aussi violente envie d\u2019être vainqueur sans que leur humeur se gâte.Il y a plus d\u2019un point commun dans le jeu de ces deux boxeurs montréalais, et même dans leur façon de vivre.Dave Castilloux est l\u2019un des meilleurs poids légers, Berger, l\u2019un des meilleurs poids mi-moyens.Tous deux mènent la vie de bons boxeurs bourgeois.Voilà de braves garçons sages, économes et modestes.Ils n'ont pas la folie des grandeurs.Ils ne pensent pas à tourner des films ou à gambader au milieu des danseuses sur une scène.Ils s\u2019éloignent des salles viciées des jeux de hasard de toute sorte.Ce sont des boxeurs qui vont, sérieusement, à l\u2019entraînement comme l\u2019employé va à son bureau Et le soir venu, ils rentrent chez eux, écoutent quelques programmes radiophoniques et puis s\u2019endorment le cœur tranquille.(Lire la suite page 37) CE soir-là, 12 mai, Henry Sermann, le riche diamantaire, avait quitté vers 11 h, 10 le restaurant de la rue Royale où le syndicat dont il était l'un des vices-présidents se réunissait, offrant un banquet à ses adhérents.Son auto, une voiture de grande marque que pilotait son chauffeur Armand Borderet, ne mit pas plus d\u2019un quart d\u2019heure pour regagner les hauteurs de Saint-Cloud où était située sa villa.Il était donc à peine 11 h.25 lorsque la voiture, abandonnant la grande route, qui, par Ville-d\u2019Avray, file sur Versailles, vira dans la rue du Parc, voie peu fréquentée que bordent d\u2019importantes et luxueuses propriétés.La seconde d\u2019après, elle s\u2019immobilisait devant la grille clôturant la cogr précédant l\u2019habitation de M.Sermann, et Borderet, tout en stoppant, actionna par trois fois son klaxon, demandant l'ouverture de la porte.Il venait de tomber une violente averse.L'air était très doux, chargé d\u2019humidité ; aussi, le diamantaire qui se tenait assis à la droite du chauffeur avait dû baisser la glace de la portière de son côté.Brusquement, ainsi que plus tard, il devait le conter à la police, Henry Sermann vit un homme de haute taille, vêtu d'un imperméable de couleur sombre, coiffé d\u2019un chapeau de feutre souple aux bords rabattus, surgir des ténèbres.A moins de deux mètres de la voiture, il s\u2019immobilisa, levant le bras droit et aussitôt, l\u2019air s\u2019emplit du fracas 'de détonations.Plusieurs balles sifflèrent, étoilant le pare-brise, la glace de la portière voisine de Bordelet et ce dernier jeta un cri.Il venait d\u2019être atteint à l\u2019épaule droite.Henry Sermann jeta à son tour une exclamation de douleur.Un projectile l'atteignant de biais vers le milieu du sternum l\u2019avait couché contre le dossier de la banquette.Fort heureusement, le chauffeur ne perdit point la tête et, comme la grille de là villa tournait sur ses gonds, lui livrant passage, ii remit son véhicule en marche, le lançant dans (la cour sablée où il vint s'immobiliser au pied même du perron.Le concierge, Saturnin Piraud, s\u2019était rejeté dans son pavillon d\u2019où il ressortit presque aussitôt, tenant à la-main son revolver.Lui: aussi entrevit l\u2019agresseur qui faisait mine de suivre l\u2019auto.Mais déjà, un trio d\u2019agents cyclistes alerté par les détonations se montrait à proximité, venant du côté de la grande route et l\u2019homme, virant sur ses talons, s\u2019enfuit dans la.direction opposée sans plus insister.Le concierge n\u2019eut donc pas le loisir de faire usage de son arme.Ces divers incidents si longs à, raconter s\u2019étaient déroulés en quelques secondes.Le brigadier des gardiens de la,paix qui tenait la tête interpella Saturnin Piraud.\u2014 Est-ce vous qui avez tiré ?¦\u2014 Que non pas ! C\u2019est un gredin qui a attaqué la voiture de mon maître.Il décampe par là-bas !.Le concierge, très ému, tendait le bras dans la direction suivie par le malfaiteur.A toutes pédales, les agents se précipitèrent, filant dans la nuit, laquelle était particulièrement sombre et Saturnin Piraud, empochant son arme, se hâta de refermer la grille ; après quoi, il s\u2019empressa vers l\u2019auto.De la villa, on avait également perçu le bruit des détonations et, instantanément, plusieurs fenêtres du rez-de-chaussée de même que le vestibule s\u2019étaient illuminés.Gaëtan, le valet de chambre de M.Sermann, se montra sur le perron, suivi à courte distance par \" Mon frère est innocent.Monsieur, je vous le jure ! \" s'écria Marie-Françoise avec élan.L\u2019HOMME DU CAP ?Mme Tirman, la gouvernante du diamantaire et par la nièce de celui-ci, Mlle Béatrice Landersac.Ils arrivèrent juste à temps pour recevoir dans leurs bras Henry Sermann qui, descendu pesamment d\u2019auto, chancelait, menaçant de rouler sur le sol.\u2014 Mon Dieu, monsieur se trouve mal ! s\u2019exclama Mme Tirman, femme d'une cinquantaine d\u2019années, invraisemblablement maigre et dont le visage s\u2019encadrait de badeaux gris à la mode d\u2019autrefois.Une certaine confusion s\u2019ensuivit.On avait transporté M.Sermann sur l\u2019un des divans de cuir garnissant le vestibule où il venait de perdre connaissance.Armand Borderet, le chauffeur que Piraud, le concierge, avait non sans peine sorti de sa voiture, lui faisait vis-à-vis.Le blessé n\u2019avait pas perdu connaissance, mais il se plaignait doucement, jurant à mi-voix en patois auvergnat.Béatrice Landersac, très pâle, s\u2019était précipitée au téléphone où elle alertait le docteur de la famille, le priant de venir à l'instant.Ce fut alors que la sonnerie de la cloche de la grille d'entrée retentit et Piraud, sortit sur le perron, entrevit des silhouettes que, tout d abord, il ne reconnut point.C\u2019étaient les agents cyclistes qui revenaient, ayant vainement battu les environs sans parvenir à re- joindre le fuyard.Il vint leur ouvrir et, en quelques mots, les mit au courant de ce qui s\u2019était passé.Diable ! Il faut prévenir le commissaire ! murmura le brigadier en prescrivant à ses hommes d\u2019entreprendre de nouvelles recherches.Lui-même pénétra dans le vestibule et téléphona au poste le plus voisin pour qu'une battue fût immédiatement organisée.Lorsque M.Rocher, le commissaire de police de Saint-Cloud, arriva, accompagné de son secrétaire et de l\u2019inspecteur Gallier, il allait être minuit.Une grande jeune fille blonde le reçut dans un salon luxueusement meublé selon la formule du plus pur modem style.Elle se nomma : Mlle Béatrice Landersac, et fit connaître sa qualité de nièce de M.Sermann.M.Rocher admira discrètement sa beauté qui était réelle.En effet, Béatrice Landersac venait d\u2019atteindre sa vingtième année.Elle avait un grave visage aux traits réguliers.Ses grands yeux bleus reflétaient encore son émoi et M.Rocher nota qu\u2019elle était vêtue de la robe de lainage gris qu\u2019elle devait porter durant l'après-midi.Ce ne fut que plus tard que ce détail enregistré machinalement lui revint en mémoire.\u2014\u2022 Le docteur Lucas, notre médecin, vient de procéder au pansement de mon oncle .Actuelle - 12 AVRIL 1941 11 ment, il est au chevet du chauffeur qui a été transporté dans sa chambre, expliqua la jeune fille d'une voix altérée.Il paraît que'les deux blessés sont atteints gravement.\u2014- Ont-ils perdu connaissance ?s\u2019enquit le commissaire.Je voudrais les interroger.\u2014 Je ne sais si la chose sera possible ! répondit Mlle Béatrice.Je vais vous conduire vers M.Lucas ! \u2014 Je vous en serais très obligé, mademoiselle.Laissant l\u2019inspecteur Gallier à l\u2019examen de la voiture, abandonnée dans la cour, le magistrat et son secrétaire suivirent la jeune fille au premier étage.Là, dans un petit salon attenant à la chambre du diamantaire, ils trouvèrent Mme Tirman, la gouvernante et, par elle, ils connurent une première version de ce qui s\u2019était passé.\u2014 Je m\u2019étais mise au lit vers dix heures et commençais à m\u2019assoupir lorsque je fus éveillée par le klaxon de l\u2019auto de monsieur ! expliqua la gouvernante avec volubilité.Presque aussitôt, des coups de feu éclatèrent.\u2014 Combien ?s\u2019enquit M.Rocher.\u2014 Je ne saurais vous dire, trois ou quatre .Peut-être plus .Je ne perdis pas mon temps à les compter et, enfilant cette robe de chambre (d\u2019un geste, Mme Tirman indiquait son vêtement), je me précipitai dans l\u2019escalier.« Derrière moi, j\u2019entendis Mlle Landersac qui descendait en toute hâte .Dans le vestibule, je rejoignis Gaëtan, le valet de chambre de monsieur, qui attendait son retour dans une pièce voisine de l\u2019office et tous, nous gagnâmes le perron en bas duquel l\u2019auto stoppait à cet instant.« M.Henry Sermann en descendait, très pâle et vacillant.Nous eûmes tout juste le temps de le recevoir dans nos bras.\u2014 Oui, c\u2019est bien ainsi que les choses se sont passées ! confirma Mlle Landersac en hochant sa jolie tête blonde.Mais le docteur Lucas survenait et, abandonnant ces dames, le commissaire se tournait vers lui, l\u2019interrogeant sur l\u2019état des blessés.Le praticien semblait fort inquiet, surtout en ce qui concernait la blessure de M.Sermann.La balle avait pénétré dans la poitrine, traversant vraisemblablement le poumon.Le blessé respirait difficilement et avait à peu près perdu connaissance.Le docteur Lucas venait de téléphoner à un chirurgien.Il doutait que la balle pût être aisément extraite, tout au moins pour le moment.En tout cas, on ne pouvait questionner le blessé.Ce fut également l'opinion que le docteur Lucas signifia le lendemain, vers dix heures, au commissaire Urbain, de la première brigade mobile qui venait d\u2019arriver, suivi de ses inspecteurs, pour diriger l\u2019enquête, et force fut au magistrat de s\u2019incliner devant le veto émis par la Faculté.Par contre, le chauffeur Borderet se trouvait dans un état satisfaisant.M.Urbain monta jusqu\u2019à sa chambre, laquelle était située au second étage.\u2014 Eh bien, mon brave, il paraît que vous l\u2019avez échappé belle ?commença le commissaire en s\u2019approchant du lit sur lëqüel gisait le blessé.\u2014 Ah, ne m\u2019en parlez pas ! répliqua celui-ci en esquissant une grimace significative.Si jamais je mets la main sur le coquin qui nous a fusillé comme des lapins, je vous garanti que cela lui coûtera cher ! ,\u2014 Pensez-vous donc pouvoir le reconnaître ?Le chauffeur dut avouer que non.La nuit était fort obscure ; de plus, le malfaiteur avait abordé l\u2019auto par la droite, c\u2019est-à-dire du côté opposé à celui où il se trouvait.Tout ce que Borderet pouvait, c\u2019était en donner un signalement assez vague.L\u2019homme lui avait paru grand, solidement bâti.Il était vêtu de sombre et coiffé d\u2019un chapeau ou d\u2019une casquette.\u2014\tLe concierge Piraud qui l\u2019a aperçu également affirme qu\u2019il avait un chapeau ! objecta M.Rocher.\u2014\tSoit, mettons un chapeau ! après tout, je n\u2019en sais rien ! grogna le chauffeur avec humeur.Les deux témoins s\u2019accordaient pour supposer que le bandit devait être jeune, vingt-cinq à trente ans peut-être, à en juger d\u2019après son allure.La façon rapide dont il avait détalé confirmait le fait.Il va sans dire qu\u2019en dépit des recherches entreprises durant une partie de la nuit, l\u2019homme n\u2019avait pu être rejoint.Comme on le voit, les renseignements réunis sur son compte étaient des plus minces et M.Urbain se dit que, s\u2019il n\u2019en recueillait point d\u2019autres, il lui serait bien difficile d\u2019identifier le misérable, par conséquent, de lui mettre la main au collet.Mais une femme de chambre survenait, annonçant l\u2019arrivée des membres du Parquet et de plusieurs journalistes venus de Paris.Abandonnant le blessé, M.Urbain se hâta à la rencontre de ces messieurs qu\u2019il rejoignit dans le grand salon du rez-de-chaussée, lequel avait été mis à leur disposition.Il y avait là M.Glorieux, substitut du procureur de la République de Versailles, M.Maréchal, juge d\u2019instruction chargé de l\u2019enquête, et son greffier.M.Glorieux était un quadragénaire toujours bougon, car une incurable dyspepsie dont il souffrait cruellement le rendait d\u2019humeur chagrine.Par contre, M.Maréchal était un gros homme à l\u2019air jovial et bon enfant qui s\u2019efforçait de donner à sa physionomie un air sévère en harmonie avec ses fonctions, but auquel il n\u2019arrivait point toujours, il nous faut le constater.Quant aux journalistes, lesquels étaient au nombre de cinq, deux agents de service sur le perron les maintenaient, non sans peine, dans la cour et M.Maréchal avait dû leur promettre de ne point quitter la villa avant de leur avoir communiqué ses premières impressions.Déjà, ces messieurs du parquet avaient vu M.Rocher, le commissaire de police de Saint-Cloud ; c\u2019est dire qu\u2019ils connaissaient l\u2019affaire dans ses grandes lignes.\u2014\tEh bien, où en êtes-vous, monsieur Urbain?s\u2019enquit aimablement le juge d\u2019instruction en offrant au survenant une main grasse que celui-ci serra cordialement.\u2014\tJ\u2019ai interrogé les personnes de cette maison, celles qui savent quelque chose et ont en partie assisté au drame ! expliqua le commissaire de la brigade mobi\u2019e.Cela ne m\u2019a pas appris grand\u2019cho-se .J\u2019ai vu également le chauffeur blessé.Il faisait un bref compte rendu de ses démarches et M.Glorieux, tout en comprimant de la main son épigastre douloureux, laissa tomber entre haut et bas : \u2014\tOui, vous ne savez rien .comme toujours ! Cela nous promet de beaux jours !.ROMAN POLICIER COMPLET par PAUL DARGENS M.Urbain affecta de ne point entendre ces derniers mots dont l\u2019intention désobligeante ne pouvait lui échapper.Le substitut n\u2019avait jamais pu le souffrir, il ne savait pas pourquoi du reste.Mais l\u2019un des spécialistes de l\u2019Identité judiciaire survenait à son tour, annonçant que des photographies venaient d\u2019être prises de la voiture de M.Sermann, présentement remisée dans son garage.Une balle avait été extraite du capitonnage du siège arrière où elle s\u2019était enfoncée et il 1 apportait à ces messieurs.\u2014\u2022 Le projectile est du calibre 7 mm.65 ; ajouta-t-il encore.Les magistrats tinrent un rapide conciliabule ; après quoi, le juge et son greffier s\u2019installèrent devant une table tandis que M.Glorieux s\u2019établissait dans une bergère confortable et, sur leur ordre, M.Urbain envoya l\u2019un de ses hommes, l\u2019inspecteur Brunin, quérir Mme Tirman, la gouvernante.Celle-ci arriva bientôt, l\u2019air sévère et très dur.Elle avait le teint jaune, la bouche amère et semblait plus autoritaire qu\u2019à l\u2019accoutumée.Elle déclina son identité, indiquant qu\u2019elle était veuve et que, depuis quinze ans, elle dirigeait l\u2019intérieur de M.Henry Sermann, lequel depuis longtemps avait perdu son épouse.\u2014\tM.Sermann Vit ici en famille, je crois ?hasarda le commissaire Urbain.\u2014\tC\u2019est-à-dire que, depuis six mois, nous avons ici une nièce de feue Mme Sermann dont monsieur est le tuteur ! rectifia la gouvernante avec une aigreur significative qui permit au commissaire de conjecturer qu\u2019elle n\u2019aimait guère cette personne.\u2014\tSon nom ?demanda-t-il.\u2014\tMlle Béatrice Landersac ! \u2014\tJe la verrai tout à l\u2019heure .Dites-moi ce que vous savez du drame.Mme Tirman refit la narration qu\u2019elle avait déjà débitée au commissaire Rocher, à son collègue Urbain, l\u2019agrémentant de nouveaux détails sans importance.Il était évident qu\u2019elle souffrait dans son amour-propre de ne pouvoir fournir plus de précisions à ces messieurs.\u2014 Un témoin dont il faudra se défier, car il est de ceux qui inventent ce qu'ils ignorent ! songea M.Glorieux avec une grimace.Décidément, je ne mangerai plus de café au lait.Cela ne me réussit vraiment pas ! Cette constatation le plongea dans d\u2019amères réflexions car, pour lui, le problème du petit déjeuner se posait avec une acuité singulière.Successivement, il avait dû éliminer de son alimentation le chocolat, le cacao, le thé, les bouillies de légumes, les bouillies de céréales et même le potage.S\u2019il lui fallait renoncer au café au lait, de quoi donc composerait-il son premier repas ?Cependant, M.Maréchal poursuivait avec méthode l\u2019interrogatoire de la gouvernante, lui posant la question classique : « Connaissez-vous des ennemis à votre maître ?» Mme Tirman eut un hochement de tête gros de sous-entendus tandis qu\u2019en un geste machinal, sa main osseuse caressait sa maigre mâchoire qu\u2019ornaient quelques poils follets.\u2014 Dans les affaires, monsieur le juge, on en a toujours ?finit-elle par prononcer sur un ton sentencieux.Comme monsieur a particulièrement réussi, grâce à son travail, à son habileté, à ses connaissances dans sa partie qui sont extraordinaires !.La gouvernante semblait avoir une haute opinion des facultés de son maître et, tout en approuvant d\u2019un signe, M.Maréchal la laissa continuer : ¦\u2014 Oui, monsieur a bien des gens qui le jalousent et cela se comprend ; cependant, je ne crois pas que ce soit de ce côté qu\u2019il faille chercher.\u2014 Auriez-vous une opinion personnelle concernant l\u2019identité de l\u2019agresseur ?avança le magistrat, frappé par l\u2019air réticent du témoin.\u2014 Peut-être, monsieur le juge, peut-être, mais je ne sais si je dois ! \u2014 Vous devez tout nous dire, madame ! L\u2019intérêt de la justice l\u2019exige indiscutablement ! \u2014 Eh bien, voici la chose, reprit Mme Tirman, laquelle ne demandait qu\u2019à être encouragée.Il y a huit jours, le quatre mai.exactement, monsieur a dû mettre à la porte un individu qui s\u2019était montré grossier à son égard.Celui-ci s\u2019éloigna en proférant des menaces que j\u2019entendis, de même que le valet de chambre et le concierge.\u2014 Connaissez-vous le nom de ce personnage ?\u2014 Oui, il se nomme Herbert Labarthe et travaille en qualité de commis chez un architecte de Paris, M.Lamblin, boulevard de Courcelles.\u2014 Voilà qui est des plus intéressant.Connaissez-vous le motif de la querelle qui mit aux prises votre patron et ce Labarthe ?\u2014 Je crois l\u2019avoir deviné ! repartit la gouvernante sur un ton de confiance.Cet hiver, ce Labarthe vint ici diriger des travaux pour le compte de son patron .A cette occasion, il fit la connaissance de Mlle Landersac dont il s\u2019éprit.«Lors de sa dernière visite, il venait demander à M.Sermann la main de sa nièce.Elle continuait, donnant des détails.Certes, elle n\u2019avait point assisté à l\u2019entretien mais ce qu\u2019elle avait entendu lui permettait d\u2019affirmer que le commis architecte était un personnage dangereux, parfaitement capable d'avoir perpétré l\u2019attentat de la nuit précédente.Lorsque le juge d'instruction congédia enfin la gouvernante, il était décidé à faire vérifier l\u2019emploi du temps de Labarthe durant la soirée de la veille.Allons, l\u2019affaire serait peut-être moins embrouillée qu\u2019il ne l\u2019avait redouté au premier abord.Avant toute chose, il fallait obtenir confirmation de la querelle et pour ce faire, se rendre au cheVet de M.Sermann.\u2014\tNous ne lui poserons qu\u2019une seule question à ce sujet ! conclut le juge d\u2019instruction en s\u2019adressant au substitut dont il quêtait l\u2019approbation.Je n\u2019interrogerai pas immédiatement Mlle Landersac puisque, au dire de Mme Tirman, elle semble avoir accueilli favorablement les assiduités de ce Labarthe.\u2014\tOui.Sans doute ! murmura M.Glorieux dont le teint devenait verdâtre, car une douleur aiguë lui brûlait l\u2019estomac, emplissant sa bouche d\u2019une salive abondante.Mentalement, il souhaitait réintégrer son logis afin de pouvoir se soigner et il envoyait à tous les diables la victime, le meurtrier et le juge lui-même.D\u2019un geste, il indiqua qu\u2019il n\u2019aCcompagnerait pas le juge d'instruction et ce dernier sortit, escorté du 12 Le Samedi commissaire Urbain et de son greffier.Dans le vestibule, ils tombèrent sur un jeune homme d\u2019une trentaine d\u2019années, petit, replet, tout en rondeurs et en sourires qui, à leur vue, se leva de la banquette sur laquelle il était assis, prenant des notes d\u2019un stylo agile.\u2014 Ah ! je vois à votre air, monsieur le juge, que vous êtes sur la piste Labarthe ! s\u2019exclama l\u2019inconnu avec bonne humeur.\u2014 Qui êtes-vous, monsieur, et que faites-vous ici ?grommela M.Maréchal, quelque peu décontenancé et furieux. a si* *\u2022¦\u2022¦¦ LE SAMEDI fut le premier magazine cànadien à lancer le romcn policier, si à la mode de nos jours.Depuis TROIS ANS, on y trouve toutes les deux semaines un roman policier complet.Comme tous les goûts sont dans la nature et qu'on ne peut plaire à la fois à tout le monde, LE SAMEDI fait alterner ses romans policiers avec ses romans d'amour.Inutile de dire que les romans policiers du SAMEDI, ainsi que ses romans d'amour, sont choisis parmi les plus intéressants de la littérature française du genre.EN PLUS de son roman policier COMPLET, ou de son roman d'amour COMPLET, LE SAMEDI publie toutes les semaines une longue tranche de son grand FEUILLETON où s'entremêlent l'Amour et l'Aventure, des nouvelles illustrées, des articles d'actualité, des pages d'enfants, des jeux de société, des chroniques féminines, une chronique sportive d'Oscar Major, une page de notes encyclopédiques, etc.Tout cela pour 10c ! 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