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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 30 mai 1942
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1942-05, Collections de BAnQ.

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[" 54e année, No 1 Montréal, 30 mai 1942 DIX CENTS LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS il * ^ *» Médaillon de LOUIS FRANCOEUR (1895-1941 ), exécuté par le sculpteur Henri Hébert, et destiné au monument qui sera bientôt érigé au Parc Lafontaine de Montréal.(Photo HENRI PAUL) .\u2014 2 Le Samedi' \"Une lettre d'Edna .Elle et Jean Ont Rompu\u201d La pauvre chérie ! Aussi sûr qu'ils étaient fiancés, j\u2019étais certaine que tout allait bien entre eux.Qu'est-ce qui se passe ?\u201d \"Elle ne donne aucune raison précise.Tout simplement, elle dit qu\u2019il se montrait indifférent ces derniers temps \u2014 et alors, la semaine dernière, il la laissa tomber et en épousa une autre.Mais ce n\u2019est pas ce qu\u2019il y a de pis ! Elle vient encore de perdre son emploi.Tante Maria devint songeuse.\"Tout ceci paraît impossible.Chacune de ses lettres nous disaient comme tout allait bien pour elle.Le fait qu elle avait obtenu une si belle situation semblait nous avoir récompensées de tous les sacrifices que nous avions faits pour la placer au couvent.\" La main de Mme Lenoir tremblait : \"Eh bien, voilà.Tu peux lire la lettre toi-même.Pauvre chérie.\u201d \u201cMais ne donne-t-elle pas aucune raison?\u201d \"Non, simplement que M.Ledoux lui a dit qu\u2019on préférait une personne plus âgée.\u201d \"Eh bien, une chose dont je suis certaine, ajouta tante Maria avec tran-uillité, c\u2019est que ça n'a pas été la faute \u2019Edna.Ça ne se pouvait pas!\" Vous pouvez ne pas savoir Mais c\u2019était la faute d'Edna .Tout comme cela peut être la faute d innombrables femmes.Et comme tant de ces femmes, Edna était la dernière à s'en douter.L\u2019halitose (mauvaise haleine) peut compromettre tout charme de sociabilité.tout talent en affaires.L\u2019aspect insidieux de la chose est que la victime peut n'\u2019être pas avertie de sa presence.Qui blâmerait un homme de se détacher d\u2019une femme, ou un patron de congédier un employé ayant une telle haleine ?Ne risquez pas de blesser N\u2019est-ce pas ridicule de courir le risque de blesser ainsi de cette manière quand il existe une précaution facile et agréable contre ce danger ?Vous vous rincez simplement la bouche avec Listerine, remarquable par une étonnante puissance antiseptique.Presque instantanément, l\u2019haleine devient plus fraîche, plus douce et moins exposée à blesser.Alors que certains cas d\u2019halitose sont d'origine organique, c'est l\u2019avis de plusieurs autorités en la matière que la majorité des cas dépendent de la fermentation bactérienne des minuscules particules de nourriture sur les dents, dans la bouche et sur les gencives.L\u2019Antiseptique Listerine, parce qu il est à l\u2019état liquide, s\u2019étend loin et arrête rapidement une telle fermentation et, alors, combat les odeurs que cause cette fermentation.Si vous désirez sérieusement faire quelque chose pour votre avancement, n'oubliez jamais, au grand, jamais la précaution qu\u2019est l\u2019Antiseptique Listerine.Lambert Phar-macal Co.(Canada) Ltd., Toronto, Ont.UN DÉFI Nous ferons une petite gageure avec vous que si vous faites l\u2019essai d\u2019un tube de la nouvelle Pâte Dentifrice Listerine, vous reviendrez pour en acheter d\u2019autres.L'ANTISEPTIQUE LISTERINE pour l'hygiène buccale FABRIQUÉ AU CANADA CETTE SEMAINE, IL y A UN AN 24 Mai.\u2014 Une émission de la B.B.C., captée aux Etats-Unis, demandait au vice-président du conseil, l\u2019amiral Darlan, pourquoi il avait supprimé un rapport disant que la France aurait à céder d importants territoires en plus de l\u2019Alsace et de la Lorraine, si 1 Allemagne gagnait la guerre.L\u2019annonceur anglais a affirmé que le président de la délégation française à la commission de l\u2019armistice de Wiesbaden avait soumis un rapport disant que la plupart des provinces françaises de l\u2019Est, y compris des villes comme Amiens, Reims, etc., constituaient des objectifs d expansion allemande.WWW\u2019 jjfcal 25 Mai.\u2014 Le général Maxime Weygand, commandant des armées françaises de l\u2019Afrique du Nord, a approuvé sous réserve la décision qu\u2019a prise le gouvernement de Vichy de collaborer avec l\u2019Allemagne.Il vient de se rendre à Fez, Maroc français, par avion, pour y prononcer un discours dans lequel il a clairement défini son attitude, afin que le Maroc sache à quoi s\u2019en tenir, malgré la propagande, dont on l\u2019inonde de toute part, sur la ligne de conduite à suivre.Il a fait un appel à la discipline et à 1 union, et il a invité tous les chefs à suivre la voie de Pétain.26 Mai.\u2014 Plus de six cents cyclistes de toutes les parties de la ville et de plusieurs régions de la province, se sont rendus à l\u2019oratoire du Mont-Royal, pour y rendre hommage à saint Joseph.Au cours de cette cérémonie, qui eut lieu hier, le R.P.Emile Deguire, c.s.c, a fait un sermon de circonstance et a donné la bénédiction aux cyclistes, jeunes filles et jeunes gens.Ce pèlerinage a eu lieu sous les auspices de la Corporation des cyclistes de la province de Québec.Des cérémonies analogues ont eu lieu à Québec, à Saint-Hyacinthe, aux Trois-Rivières et en plusieurs autres endroits.27 Mai.\u2014 Les avions torpilleurs du porte-avions Ark-Royal et les navires de la flotte de l\u2019Atlantique ont vengé la perte du croiseur de bataille Hood, le plus gros navire de guerre du monde, en coulant ce matin, à 11 h., le cuirassé allemand Bismarck qui avait disposé du Hood dans un premier engagement, samedi dernier.Cette nouvelle, annoncée aux Communes par M.Winston Churchill, a provoqué un tonnerre d\u2019acclamation.Il ne sera possible que dans quelques jours de recevoir tous les détails concernant cet exploit digne des meilleures traditions de la Royal Navy.28 Mai.\u2014 Des appels sont faits, en Belgique, pour reconstituer la Bibliothèque de Louvain.La ville de Mons a répondu en envoyant à Louvain quatre cents volumes de valeur.La presse rexiste s\u2019efforce de faire croire que la destruction de la bibliothèque serait l\u2019œuvre des troupes britanniques, mais la population est fixée à ce sujet.Ce sont les Allemands qui ont envahi le malheureux pays et qui portent l\u2019entière responsabilité de toutes les ruines qui y ont été accumulées en mai et en juin derniers.On se rappelle que la célèbre bibliothèque avait été détruite lors de l\u2019autre guerre.29 Mai.\u2014 Mme Dorothy Thompson, chroniqueuse de politique internationale, aussi bien connue au Canada que chez nos voisins, a reçu ce matin un doctorat honorifique en littérature de l\u2019Université McGill de Montréal, lors de la collation des diplômes de cette institution.Elle a déclaré que le premier but de guerre des démocraties est devenue « presque uniquement de survivre », et que la question la plus importante de la présente guerre est de savoir « qui va gagner la révolution mondiale ?» Mme Thompson a reçu son doctorat honorifique des mains de M.F.Cyril James, principal.30 Mai.\u2014 Un accident d\u2019automobile survenu hier soir, vers 8 h., sur le chemin qui conduit du lac Ma-rois, dans les Laurentiles, à la route Sainte-Agathe-Montréal, a coûté la vie à M.Léo-Pol Morin, M.Fernand Leclerc et à M.l\u2019abbé Wilfrid Morin.Dans le même accident ont été aussi été blessés M.Louis Fran-coeur ainsi que M.Louis Bourgoin.M.Francoeur a été grièvement blessé.Il a été transporté à l\u2019hôpital Saint-Luc où son état est jugé très sérieux par suite de fractures aux deux jambes, d\u2019une fracture de l\u2019épine dorsale et d\u2019autres blessures.L\u2019état de M.Bourgoin est moins grave. 54e année, No 1 \u2014 30 mai 1942 3 CARNET EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE.LIMITEE LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM 975, RUE DE BULLION MONTREAL - CANADA e Tél.: PLateau 9 638' Président : FRED POIRIER Vice-président : GEORGES POIRIER Surintendant : ALBERT PLEAU Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUIL Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Ilia Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, St-Hyacinthe, Sorel.Granby, Farnham, Saint-Jérôme, JolieHe, etc., \u2022t les environs).A Québec et Lévis : ADELARD PARE, 6, rue du Pont, Québec Aux Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine : PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières Entered at the Post Office of St.Albans.Vt.os second class matter under Act of March IS79 ABONNEMENT CANADA Un an.$3.50 Six mois.2 00 Trois mois.1-00 \u2022 ETATS-UNIS Un an.*5.00 Six mois.2.50 Trois mois.1-25 a Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à midi \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014; Les abonnés ofiangeant de loca-llté sont priés de nous donner un avis de huit jours l'empaquetage de nos sacs de malle commençant .cinq fours avant leur expédition.MADAGASCAR AU MOMENT où j'écris ces lignes, l'occupation de Madagascar par les Britanniques n'en est encore qu'à ses débuts ; elle va d'ailleurs fort bien, le grand port de Diego-Suarez a capitulé, cela permet de tout espérer pour le mieux.N'ayant toutefois pas l'intention de faire de la stratégie en chambre, à coups de machine à écrire, je laisse les Sud-Africains à leur besogne pour ne m'occuper que de la mienne.Je connais Madagascar mais je ne reconnaîtrais certainement plus la grande île, l'île rouge, depuis sa merveilleuse mise en valeur et surtout, hélas, depuis que des capitulards l'avaient empoisonnée de colonnards dans le but évident de faire une indochinoiserie à ses dépens.Un terme énergique vient heureusement d'être mis à ce dernier état de choses.Tous les braves gens, tous les honnêtes gens, enfin tous ceux qui veulent l'écrasement d'Hitler et de ses valets applaudissent à cette mesure ; seuls grincent des dents les infirmes de caboche qui ne comprennent pas encore que la peste est un mal abominable et que le nazisme est la plus dangereuse des pestes.Madagascar, île immense et située au sud-est de l'Afrique, a le contrôle de tous les navires passant de l'Atlantique dans l'océan Indien par le cap de Bonne-Espérance ; comme base maritime, cette île a donc une importance extrême et les Japonais le savaient fort bien.Cette base, en leur possession, coupait net les lignes de ravitaillement suivies par les navires anglais et américains, leur permettait des incursions dans le golfe d'Aden et ailleurs encore, enfin mettait un tel atout dans leur jeu que cela prolongeait la guerre de plusieurs années avant que les Nations Unies pussent remporter la victoire.Plusieurs années de privations, d'incertitude et de deuils dans les familles, voilà ce qu'aurait signifié Madagascar au pouvoir de l'axe ; voilà ce qu'évite la très heureuse et très ferme décision prise en haut lieu chez les Alliés.Madagascar aux Japonais c'était la guerre traînée en longueur et terminée peut-être ensuite par une paix blanche à cause de la lassitude, car les forces humaines, même celles des héros ont des limites.C'était un monstrueux gâchis économique à la suite de cette paix blanche puis, de nouveau, le spectre hideux de la guerre dans quinze ou vingt ans d'ici.Madagascar aux mains des Britanniques et des Américains, c'est un coup d'assommoir au Japon, la démolition de plans sournois d'Hitler et de ses complices, c'est un point d'appui solide pour les Alliés, c'est sans doute l'effondrement de l'Allemagne plus tôt qu'on ne le croit.Vraiment, les excellentes troupes Sud-Africaines n'ont-elles pas fait de la bonne besogne ?Qu'en pense Vichy P Ce serait très intéressant de connaître le fond de la pensée de quelques personnages de là-bas ; d'ailleurs aussi.Evidemment Vichy rouspète ; il le faut bien, la trique du vrai maître n'est pas loin mais j'imagine que plus d'un membre de ce gouvernement provisoire doit bien rigoler en soi-même.Par esprit de discipline forcée on crie très fort : \" L'Angleterre nous pille et nous assassine ! \" mais, tout bas, on formule ce souhait à son adresse : \"Va-z'y donc et va z'y ferme ! c'est comme ça qu'on viendra à bout de foutre le Boche à la porte de la cabane !\" Il n'y en a peut-être même qu'un seul pour faire une vraie et laide grimace ; je n'ai pas besoin de le nommer : c'est Iscariote Grosses-Babines.Le plus drôle de l'affaire c'est que très probablement le sieur Hitler est lui-même satisfait de la tournure des choses.Naturellement il ne l'avouera pas et gueulera très fort tout en basant une nouvelle combine sur l'état des choses.Son allié japonais ne lui dit, au fond, rien qui vaille ; il est venu à bout de le jeter dans les pattes des Alliés avec le secret espoir de croquer les marrons qu'il tirerait du feu mais le Japonais a mordu à la besogne et il travaille uniquement pour son compte ; pas pour celui de son partenaire boche.Il s'allonge, s'étire, fait tache d'huile et va tellement loin qu'en Allemagne on commence à le trouver indiscret et encombrant.Rêverait-il aussi la conquête du monde, celui-là ?Hitler est un hystérique mais pas un imbécile ; l'avance actuelle du Japon l'inquiète ; il faudrait compter avec lui et payer cher en cas de victoire de l'axe car le Jaune a de l'ambition ; même beaucoup trop pour son estomac.Que l'Angleterre dise à l'Allemagne : \" Assez joué comme cela, faisons la paix tous deux et tapons ensuite sur le Japon \" et le sieur Hitler fera la plus belle volte-face de sa vie, lui qui est pourtant passé maître en cet art.Que la Russie lui fasse la même proposition et lui qui a voulu mener la grande \"croisade\" contre le bolchévisme, lui qui traite maintenant les Russes de sauvages et les représente comme un danger mondial, eh bien, il fera son sourire des dimanches et ses courbettes des grands jours au \"petit père Staline\" en jurant qu'il n'y avait entre eux qu'un malentendu heureusement dissipé.En attendant, il fait la grimace et il y a de quoi .Donc, à Vichy comme à Berlin on ne voit probablement pas d'un très mauvais œil l'occupation de Madagascar par les Britanniques mais on ne veut pas, on ne peut pas l'avouer.Alors, en avant les grands mots et les phrases à résonance ; on crie à l'invasion, au meurtre et à l'abomination de la désolation ; on prêche la résistance et l'on fait casser la gueule à des Malgaches et à de bons soldats français qui sont indignement trompés sur le sens véritable des opérations ou même n'y comprennent rien du tout.On ne regarde pas de si près à Vichy.Quelle comédie ce serait si ce n'était pas une tragédie ! Iscariote, bien entendu, gueulera plus fort que les autres, et avec conviction, parce qu'il lui faut gagner son salaire boche ; et puis il sait très bien que la chute de son maître aux petites moustaches sera la fin, et quelle fin pour lui ! Or, il ne tient pas, mais pas du tout à se balancer au bout d'une corde ou bien à donner sa tête au rasoir national ; c'est pourtant comme ça, ou autrement, qu'il finira, mais pas dans son lit.Talonné par la peur de ce qui l'attend, il fera sans doute comme la bête puante qui voit les crocs du chien de chasse prêts à l'étrangler, il lâchera ses plus malpropres vilenies dans l'espoir de venir à bout des Alliés ; on dit déjà qu'il voudrait faire entrer la flotte française dans la collaboration et même les aviateurs prisonniers que son maître lui rendrait.Mais vouloir et pouvoir sont deux choses bien distinctes.L'opération de Madagascar était nécessaire et devait être faite rapidement, sans hésitations ni parlotes inutiles ; l'Angleterre l'a compris et nous ne pouvons que l'en féliciter hautement.De quoi, d'ailleurs.Vichy peut-il se plaindre ?Cette occupation n'est que temporaire et pour parer à un grave danger; il est nettement entendu que, ce danger disparu, Madagascar sera rendue à la France ; les Etats-Unis se portent garants de la chose et nous savons \u2014 comme on doit le savoir partout, que les Etats-Unis tiennent leurs promesses et ont le cœur à la bonne place Alors ?Alors, que le gouvernement très provisoire de Vichy laisse donc faire les choses comme elles doivent se faire et comme elles se font ; qu'on gueule un peu là-bas, pour la forme si l'on vect, mais pas trop fort car trop d'aplatissement devant le Boche ne gagne pas son estime, bien au contraire.Le triomphe de la Liberté, de la Justice et du Droit des hommes \u2014 des vrais hommes \u2014 est en marche et rien ne l'arrêtera ; jamais, dans l'histoire du monde, le despotisme n a pu durcir suffisamment la poigne des plus grands conquérants pour leur permettre d'étrangler tous les peuples.Une fois de plus l'histoire se répétera.Et la très heureuse et très légitime occupation de Madagascar signifie, en même temps que sa mise à l'abri du Japonais trop ambitieux, sa liberté pour demain avec celle de tous les peuples opprimés.C>/ç Le Samedi \u2022 j >6l i-tf*\u2014*\t», ' .;,Oï .i-.'r \u2019\u2022 - ¦ ¦ LE CORNAC D\u2019HITLER Chronique r\td\u2019actualité par LE CAMÉLÉON HUMAIN LoUi.RoUj Quoi ?deux titres pour une seule chronique ?Lisez ce qui suit, et vous verrez que le bonhomme dont je vais vous conter l'histoire mérite bien ça ; un cornac est 1 homme qui guide un éléphant, et celui dont il s agit a conduit Hitler dans sa voie, il est donc responsable pour une bonne part des écrabouillades faites par le pachyderme boche.Ensuite, il a changé telle-ment de couleur politique ou autre qu il mérite bien le nom de caméléon ; c'est un z'oiseau pas ordinaire.Son nom ?Tribitsch.Il naquit en 1872 dans :e petit village de Paks, en Hongrie, d'un pere juif et petit marchand de grains ; un honnête homme, d ailleurs, celui-ci.\t, , De sa jeunesse on ne connaît pas grand chose, et c'est sans doute mieux pour sa mémoire, mais en 1892 on le voit en Angleterre où il se fait protestant afin d'obtenir quelques secours de personnes charitables, puis il retourne au pays natal pour se voir chassé par son père qui le renie.Il vagabonde alors pendant quelques années, et nous le retrouvons à Hambourg, en 1899.Il a vingt-sept ans, s'est fait luthérien et a fait des quêtes qui lui ont un peu rempli les poches ; il abjure alors le luthérianisme et se fait nommer missionnaire israé-lite à destination du Canada.Cette nouvelle transformation ne le nourrissant pas à son gré, il abjure une fois de plus, se fait anglican, et part pour Londres où il ajoute le nom de Lincoln au sien.Il devient desservant de la paroisse d'Appledore, réalise des économies sur les quêtes, selon son habitude, et lâche le métier pour se lancer dans la politique.Ce n\u2019est pas mal jusqu'ici, mais il y a mieux, oh, beaucoup mieux ! En 1906, il est secrétaire de l'Honorable Seebam Rowntree, lui « emprunte » 700 livres (3,500 dollars) et.se fait élire député de Darlington ! Malheureusement, la police fourre le nez dans ses affaires, et notre bonhomme file au loin, en Roumanie, où il dirige une entreprise pétrolière pendant trois ans.Il fait aussi de l'espionnage, trahissant l\u2019un, trahissant l\u2019autre, si bien qu\u2019il se fait arrêter, mais Le \"trois fois saint\" Chao-Kung, alias Sun-Chi-Zeng.alias TRIBITSCH LINCOLN dont la vie est un vrai roman d'aventures extraordinaires.(Photo C.P.R ) il s'évade grâce à l'aide du chef de l'espionnage allemand.\t.\t, En 1914 il est de retour en Angletere ; c est la querre et notre Caméléon fait encore de l\u2019espionnage, mais pour le compte de l\u2019Allemagne, mais il se fait encore pincer.Il a de la chance : comme on ne veut pas pendre un ancien député au Parlement, on l'expulse simplement du territoire, et le gaillard s'en va aux Etats-Unis, où il recommence à espionner pour le compte de von Papen.Les choses tournent mal pour lui, puisqu\u2019on l'extrade et, en Angleterre, où on l\u2019a ramené, on le condamne à trois ans de travaux forcés.Arrivons à 1920; nous retrouvons ce singulier bonhomme à Berlin où il a la confiance de Luden-dorff, il dirige la politique des grands métallurgistes et celle de Scœder, président de la banque de Cologne.Tout cela semble du roman, et pourtant c'est strictement exact.Attention !.Jusqu\u2019ici c\u2019est le caméléon que nous avons vu agir, maintenant cela va être le cornac.Un beau soir, Tribitsch arrive chez le banquier en compagnie d\u2019un aventurier dont il a fait connaisance, le diable sait où ! Il arrive à lui faire donner une grosse somme d\u2019argent, le pousse, le lance, le dirige, bref se fait son cornac ; l'aventurier, c\u2019est Adolf Hitler.Voyons rapidement les faits qui suivent, il y en a trop.Tribitsch déniche encore Himmler, futur chef de la Gestapo ; il organise des coups d\u2019Etat, nage dans la révolution, fait évidemment plus de mauvais tours que de miracles ; il en fait même tellement qu'il devient suspect et file une fois de plus vers l'inconnu.On le signale en Hongrie, en Italie, puis on perd sa trace, en 1924, pour la retrouver en Chine ; c\u2019est la révolution, et il en profite pour jeter le discrédit sur l'Angleterre puis, dans quelle intention ?Il entre dans un monastère bouddhiste sous le nom de Sun-Chi-Zeng.C\u2019est ici que se place alors une lamentable aventure.Ce caméléon-cornac avait eu un fils au cours de sa vie aventureuse, et ce fils, élevé en Angleterre, avait commencé par suivre une très belle voie ; pendant la guerre de 1914-18 il fut officier d'aviation, et sa conduite fut admirable ; il fit mentir le proverbe : Tel père, tel fils.Hélas ! plus tard, en 1926, à court d'argent, il tue un de ses amis pour le voler, et c\u2019est la pendaison dans la prison des exécutions, à Londres.Sun-C'hi-Zeng, alias Tribitsch, jure vengeance ; le coeur humain est plein de mystères, et l'aventurier adorait son fils.Il va à Bangkok où il entre dans un autre monastère bouddhiste sous le nom de Chao-Kung, et y forme des élèves à sa façon Ces élèves, il les envoie partout où l'Angleterre a des intérêts et, dans tous ces pays, on voit se multiplier les émeutes et les assassinats.On le voit lui-même à Canton, à Hong-Kong, à Shanghaï puis à Pékin où, comble des combles ! il est acclamé comme la réincarnation de Bouddha sur terre ! Il veut aller aux Indes mais il apprend qu'on l'attend là-bas pour le coffrer dur et sec, alors il file en Afghanistan ; il y organise une révolte qui échoue et se sauve au Thibet.Là, il combine une multitude de plans dont les détails, ou même le simple énoncé, seraient trop longs pour cette chronique.Il retourne en Chine, va au Japon, y soulève la race jaune contre les Européens à qui il a voué une haine sans limites.Il lance des proclamations dans lesquelles il se qualifie modestement de « trois fois saint », il prêche la guerre à outrance .et ne réussit pas à grand\u2019chose.Son ancien élève Hitler lui envoie bien de l\u2019argent pour l'aider dans son oeuvre de bouleversement, mais Tribitsch n'a plus le bel élan d\u2019autrefois ; il trouve que les risques deviennent trop grands, et il craint pour sa précieuse peau.Lentement, il s'efface dans l\u2019ombre .Qu'est-il devenu aujourd'hui ?est-il mort ou en vie ?on ne sait plus rien de lui, car il semble bien avoir fait le plongeon dans le silence s\u2019il ne l\u2019a pas fait dans l\u2019éternité.Tel fut cet homme extraordinaire qui fut certainement une grande canaille, mais avait assuré-ment du génie, et qui aurait pu faire de grandes et belles choses s\u2019il avait suivi la ligne droite.Ce n\u2019est plus maintenant qu un souvenir, un vilain souvenir, mais il nous a semblé que sa vie extraordinaire valait bien d être résumée pour nos lecteurs, car elle dame certainement le pion aux histoires des plus audacieux romanciers. 30 mai 1942 5 To* OUVRIÈRES ET AVIATEURS FRATERNISENT Des vétérans de la Grande Guerre, aujourd'hui ouvriers d'usine, servirent de guides aux membres de la célèbre fanfare (Silver Band) de la R.C.A.F., lors de leur récente visite à l'avionnerie Fairchild, près Montréal.Une ouvrière de l'usine Canadian Car & Foundry, à la Pointe Saint-Charles, explique à deux aviateurs la pièce qu'elle fabrique pour nos modèles Hawker Hurricane.mm- LAC William Thomas, d'Oshawa, donne une courte leçon de cor à Mary Wilkinson, riveuse d'une avionnerie de Longueuil.A noter le médaillon, avec la photo et le numéro matricule de l'employé.il «N0 Cette ouvrière en salopette, d'une usine de la Pointe Saint-Charles, explique à quatre musiciens-aviateurs de la fanfare de l'aviation canadienne le fonctionnement de la machine dont elle a la charge.Autre démonstration offerte aux membres de la \"Central Silver Band\" de L'aviation canadienne, par deux ouvrières de l'avionnerie Noordyun, Montréal, Mlles Josette Duchesneau et Claire Prévost.L'officier-pilote J.A.E.Monette, un vétéran canadien-français de l'aviation canadienne, félicite de leur beau travail les ouvriers et ouvrières de la \"Canadian Car & Foundry and Noordyun Aircraft\".M.J.Edouard Labelle, président de la Canadian Vickers Limited, souhaite la bienvenue dans son usine au tambour-major de la fanfare de la R.C.A.F., le sergent-major Thompson.à.-.M Après la visite de l'usine de la Canadian Vickers, à Montréal, la magnifique fanfare de la R.C.A.F., se retire, entre deux haies d'ouvriers.(Photos Edltoral Associates, Montréal) 6 Le Samedi =**_> * \u2019 vJJJ* ' ^/Êt SH-* Photo de la Ferme Expérimentale Centrale d Ottawa.LES PIVOINES SOMPTUEUSES Par MARCELLE-LEPAGE THIBAUDEAU Licenciée en sciences naturelles de l'Université de Montréal Qui ne les connaît et qui ne les aime ces merveilles de nos jardins dont on peut emporter dans nos demeures les gerbes odorantes d une richesse souveraine ?Après les roses, à nulle autre beauté comparables, n'est-ce pas elles qui détiennent la première place, une place conquise pas à pas, grâce aux travaux d horticulteurs qui, depuis le milieu du dix-septième siècle, se sont penchés sur elles exigeant une somptuosité sans cesse grandissante, un parfum de plus en plus exquis, des couleurs infiniment nuancées ?Avant 1650, on ne connaissait que la Pivoine officinale, \u2014 c\u2019est la Pivoine simple ou double rouge que cultivaient nos grand-mères, \u2014 et la Pivoine chinoise.Plus tard, quelques autres espèces ont été découvertes, deux dans le Caucase, une dans l'Inde.Et c\u2019est à partir de ces quatre souches que les horticulteurs, par des croisements, ont obtenu les nombreuses variétés que nous admirons au-jourd hui, des simples en passant par les semi-doubles, jusqu\u2019à ces monceaux de pétales dont la Pivoine rose grandiflore de Richardson est un exem- ^ Il revenait à la France, amie des arts, de la beauté, de fournir le plus grand nombre d\u2019hybrideurs de Pivoines.Relevons parmi eux les noms de Jacques, de Dessert, Crousse, Calot, Lemoine.En Angleterre, James Kilway publie en 1884 un catalogue de deux cent cinquante nouvelles variétés obtenues au cours de vingt ans de travaux.On ne soupçonne pas toujours tous les efforts qu a exigés la fleur que nous pouvons, aujourd\u2019hui, tenir entre nos mains! Les Etats-Unis se devaient de faire aussi leur part.A John Richardson, Georges Hollis, H.A.Terry Brand, Shaylor et Mrs.Edward Harding, nous devons la création de Pivoines parmi lesquel-les se trouvent quelques-unes des plus recommandables.\t,\t.\t, i Savent-ils de quelle splendeur ils se privent les jardins, si petits soient-ils, qui ne possèdent pas au moins quelques pieds de Pivoines ?Outre l\u2019indiscutable beauté de leurs fleurs et quelquefois leur parfum, les pieds de Pivoines ont, par leur seul port et leur feuillage lustre, souvent très découpé, une valeur architecturale qui n est pas a dédaiqner.Passés fleurs, les pieds de Pivoines forment encore jusqu\u2019à l\u2019automne une bordure ou un massif attrayant.\t.Très rustiques, elles bravent la rigueur des cli-matsTPeu exigeantes, il suffit de bien choisir le lieu de leur plantation : un endroit semi-ombragé, du moins non exposé au soleil à la longueur du jour et qui ne se trouve pas dans une promiscuité trop immédiate de grands arbres ou d'une résidence, ce qui causerait, dans le premier cas, un excès d'humidité, dans le second, trop de sécheresse.Qu'elles soient encore placées dans une bonne terre franche, fréquemment arrosée, avant et pendant la floraison, et elles donneront leur rendement maximum.La plantation ne doit pas se faire avant le 15 septembre et pas plus tard qu'à la fin d\u2019octobre.Un bon paillis de feuilles sèches, pour le premier hiver, protégera les racines nouvellement installées.L'achat des Pivoines demande quelques considérations : valeur des racines, couleur, parfum, fleurs hâtives ou tardives, variétés.La valeur des racines se reconnaît par leur vigueur et la présence sur elles de gros boutons, « d'yeux bien bombés ».On recommande en outre d'acheter des racines de plantes qui ont déjà fleuri en pépinières, quoique celles-ci soient un peu plus coûteuses.Une floraison assurée vaut bien quelques dollars de plus sur un achat de fleurs.La gamme des couleurs des Pivoines commence au blanc pur, passe par le blanc crémeux, le jaune, les roses pâles, et les roses foncées, les rouges clairs pour aboutir au rouge pourpre.Une heureuse combinaison de variétés hâtives, de tardives et d\u2019autres fleurissant entre ces deux extrêmes, prolongera, dans votre jardin, la floraison toujours trop courte de vos pivoines.Quelles variétés choisirez-vous ?Il en est tant et tant qu\u2019on a bien le droit d\u2019être troublé par leur énumération ! Le Frère Léopold nous présente, dans La culture des [leurs, un choix de Pivoines recommandées pour leur beauté en même temps que pour la modicité des bourses.Voici d\u2019abord Festiva Maxima, une Pivoine blanche, hâtive et parfumée ; M.Jules Elie, rose, à floraison intermédiaire entre les hâtives et les tardives, floraison dite moyenne, mais non parfumée ; Asa Gray, moyenne, rose foncée et odorante ; Reine Hortense, rose, moyenne, non odorante ; Félix Crousse, moyenne, rouge, parfumée ; Albert Crousse, rose, tardive, parfumée ; Duchesse de Nemours, blanche, hâtive, parfumée ; Boule de neige, blanche, hâtive, parfumée.Si nos conditions de fortune le permettent, ajoutons le Cygne, une Pivoine blanche qui détient la tête dans l'ordre de mérite établi par la Société Américaine des Pivoines ; Martha Builloch, la plus grosse des Pivoines, Thérèse et Solanges, l\u2019une et l\u2019autre roses, considérées comme les plus belles espèces après le Cygne.En voilà assez pour faire de votre jardin, en juin, un véritable paradis de couleurs, de parfums.Et elles vous émerveilleront, vos somptueuses Pivoines, quand l\u2019aube aura semé des perles sur leur robe satinée : minuscules gouttelettes de rosée irisées par le soleil du matin ; elles vous raviront quand midi penchera harmonieusement leurs lourdes masses vers le sol et quand, dans la nuit, leurs corolles balancées par la brise comme des encensoirs, elles exhaleront des parfums d\u2019une enivrante douceur. i1* c.f.Frère Léopold, La culture des fleurs.SI JAMAIS ON NOUS BOMBARDE DES AIRS.¦ ¦ ¦ Voici les objets que chacun de nous devra garder à domicile et les précautions à prendre.Le tableau ci-contre est l'oeuvre d'Hector Brault, directeur artistique du SAMEDI.Nous le publions à l'occasion de la \"Semaine de Préparation\" du CPC de Montréal.Le 21 mai dernier, une imposante procession civile a marqué l'inauguration de cette Semaine de protection et coïncidé avec l'Exposition du CPC montréalais qui se tiendra, en l'immeuble Sun Life, place Dominion, du 22 au 30 mai inclusivement.Les enfants, accompagnés de leurs parents ou de leurs professeurs, seront admis l'après-midi.-» > 30 mai 1942 7 FOULARD, Boar d 'au MAA/OEE PE BALA/ EAU 2) PROWSfOA/S 5A8LE /f ZEPV/B BE ?ABLE PLUTOT QUE D'EAU POL/P ÉTE/BPRE U/V COM MÇA/-CEMEFT pYa/CEALD/E-AUO/P A/A D/ZPO//Y/OA/ Plume up/ pcr/rc?cpau- P/ÈPEÏ, PPÉFÉPABEEMEPP jipinroipiipiiinjM A (SEE /EULE CPAA/DE./E PPOCOPEP PE/ CAA/T/ d'A/BE/TO/ À L \u2019EPPEUUE DU FEU.AYEZ AU MO/E/ PEUX LAMPE/ PE POC-HE APEC AMPOULE/ 1 BLEUE/ ET P/LE/ DE PECS/A/YEE.GPÀ//E-1OMCUE COUISEBTUBE/ L/T @EA/roUPEP UA/E OUl/EBTUPE AVEC DE/ /AC/ DE /ABLE, AE//V DE Z'AZ/UPEP UA/E/OPT/E EF ;\tcaïd'upgefce.CA/O URGENCE.JOUET/POUR LE/ E/VPA A/T/ ET JEUX- PE/A/DPE LEZ PO/C/VEE/ PE POETE- EM BIP A/C.&LAWG4B * | f^PCZVDFE ECA LE-^^ÊrMEMT EAS 0LA/VC le/ DEUX MABOVEEXTAÊMEïPELfr Tiens ! tiens ! murmura Bridac, se serait-il enfui ! Verchère dit : \u2014 Il faudrait entrer, se rendre compte.Ce fut au tour de Bridac de le dévisager, tout souriant : \u2014 Ouais.et si là-haut nous trouvons le bonhomme qui s\u2019étonne de notre intrusion, à tout le moins cavalière, que lui direz-vous ?On n\u2019entre pas ainsi chez les gens, vous devez le savoir, en tant que commissaire.\u2014 Sans doute, mais s'il est coupable, nous perdons du temps, et.\u2014 Mauvaise raison.Voyons, restez là, voulez-vous, je vais aller téléphoner au Procureur pouf, le cas échéant, remplacer mon mandat d'arrêt.Une fois en règle, dame, il faudra bien qu'on m\u2019ouvre, sans quoi, après les sommations d'usage, il vous restera la ressource de faire enfoncer la porte ! Ayant dit, il s'en fut à grands pas, son éternelle cigarette aux lèvres cependant que Verchère, pensif, se promenait de long en large, sous l'œil intéressé des commères du quartier.Bien que nulle réponse ne fût faite aux sommations des policiers, renforcés par tous les agents du poste, on n'enfonça pas la porte.En tournant autour de la maison.Bridac s'était aperçu qu\u2019une fenêtre du premier était restée ouverte.Il demanda une échelle, la fit appliquer contre le mur, et tranquillement, commença son ascension.\u2014 Prenez garde, lui cria Verchère, on ne sait jamais ! Mais déjà le policier se hissait sur les barreaux qui crissaient dangereusement sous son énorme poids.Arrivé là-haut, il passa la tête, eut un sursaut vite réprimé, laissa choir sa cigarette éteinte qu\u2019il mâchonnait depuis un instant.Puis, laconique : \u2014 Un médecin ; au trot.\u2014 Que se passe-t-il ?s\u2019enquit Verchère, ahuri.L\u2019autre se toucha le cou, d\u2019un geste significatif : \u2014 Couic ! dit-il.Puis, il enjamba la barre d\u2019appui, entra tranquillement par la fenêtre, descendit au rez-de-chaussée, pour ouvrir la porte à ses compagnons.Verchère aussitôt l'interrogea : \u2014 Assassiné, lui aussi ?\u2014 Oui, du beau travail.Vous, entrez ; un agent ici, un autre dans le jardin.Qu'on me prévienne dès que le docteur sera là.Venez, Verchère.\u2014 Cette fois, ça devient sérieux.Hein ! qu'en dites-vous ?L\u2019homme était étendu de tout son long, une main repliée sous la tête, mort depuis deux jours au moins, assurait Bridac qui s'y connaissait.Verchère, un peu pâle, se détourna du cadavre, pour demander : \u2014 Un coup de couteau, comme l\u2019autre ?Bridac, à genoux, retournait le corps avec précautions, prenant soin de ne point effacer les empreintes.\u2014 Non ; une balle en plein front.\u2014- L'assassin est entré et sorti par la fenêtre ?\u2014 Sorti, oui, puisque, au rez-de-chaussée, le verrou était mis, mais il a pu entrer normalement, l\u2019autre ayant verrouillé derrière lui.\u2014 Soit ; vous en concluez ?¦\u2014 Qu\u2019il s\u2019agit d'un familier, vraisemblablement.Il y eut un silence.Verchère fureta, ouvrit un petit bureau, déplaça des papiers.Il se retourna brusquement pour demander : \u2014 Dites, selon vous, l\u2019assassin est le même que là-bas ?Bridac baissa la tête affirmativement.\u2014 Là, comme chez Durmont, la mise en scène, si j\u2019ose dire, est iden- tique.Dans les deux cas, 1 assassin est sorti par la fenêtre, mais a soigneusement effacé toutes traces susceptibles de le dénoncer.Le crime est signé, soit, mais la signature ne nous dit rien.Verchère répondit : ,\u2014 Donc, nous ne sommes pas plus avancés.Bridac sourit et répliqua : \u2014 Pardon .j'ai un suspect de moins sur ma liste.Un ôté de trois, reste deux.Verneuil, m'avez-vous dit, est de vos amis.\u2014 Oui.Vous désirez le voir ?.\u2014 J\u2019aimerais bavarder avec lui.\u2014 Soit ; allez jusqu\u2019à mon bureau.Je vous ramène Jacques dans cinq minutes.CHAPITRE IV acques Verneuil était un garçon sympathique de quelque trente ans.Assez grand, bâti en athlète, élégant et racé, tout en lui dénotait le sportif, habitué des stades.Par ailleurs, comme du monde dans toute l'acception du terme, on se le disputait dans maints salons, et chacun vantait ses mérites multiples.De profession, point.Au reste, orphelin de bonne heure, il était nanti de rentes confortables, qui lui permettaient de vivre sans se soucier du lendemain, voire de voyager aux quatre coins du monde.Cela d\u2019ailleurs lui avait permis, à deux reprises, déjà, de publier des souvenirs auxquels la critique avait fait un assez bienveillant accueil.Verchère et lui, ex-camarades d'études, s\u2019étaient retrouvés au régiment, puis, perdus de vue.Un jour, à Sarnouville, le hasard les avait remis en présence ; ils étaient presque voisins, sans le savoir.Ils renouèrent connaissance, firent ensemble de nombreux bridges, et leur amitié de jadis se mua rapidement en une solide affection que rien ne semblait devoir briser.Cédant aux prières de son ami, Verneuil accepta de venir converser avec le commissaire, mais dès les premiers mots que prononça Bridac, il apparut que les deux hommes auraient de la peine à s\u2019entendre.\u2014 Vous avez désiré me voir, Monsieur ?\u2014 Oui, quelques questions à vous poser.Mais, asseyez-vous, je vous en prie.Jacques secoua la tête : \u2014 Bah ! nous aurons vite fait.\u2014 Soit.Dédaignant le fauteuil offert, le jeune homme se hissa sur un coin du bureau de Verchère, très ennuyé d\u2019être là, mais dont la présence pouvait être de quelque utilité à son ami.'Bridac se leva, fit quelques pas, puis, s\u2019arrêtant brusquement, face à Verneuil, questionna brutalement : \u2014 En quels termes étiez-vous avec Louis Durmont ?\u2022\u2014 Mon Dieu, nous sommes cousins, et.\u2014 Je sais, mais ce n\u2019est pas une réponse.Jacques fronça les sourcils, regarda Verchère, comme pour le prendre à témoin puis, haussant les épaules, répliqua : \u2014 Nous ne nous voyions guère.\u2014 Il semble même résulter de l\u2019instruction que vous étiez en froid, et que, récemment, une assez violente dispute opposa l\u2019un à l\u2019autre.Cette fois, Verneuil s'énerva ; il n\u2019était pas habitué à se voir parler sur ce ton, et les manières de ce policier grossier ne lui revenaient point.Il répliqua vertement : \u2014 Je suis libre de mes sympathies comme de mes haines.Bridac reprit : \u2014 Le jour du drame, dans la matinée, vous avez rendu visite à votre cousin. Le Samedi H \u2014 C'est exact, mais je ne l\u2019ai pas trouvé.\u2022\u2014 Joseph vous a introduit au salon, où vous êtes resté seul plus d'un quart d\u2019heure.Verneuil répliqua : -\u2014 Il se peut ; sur le stade, il m'arrive parfois de chronométrer un temps, pas lorsque je suis en visite.Le jeune homme s\u2019était mis debout ; Bridac avait fait un pas.Tous deux, très près l\u2019un de l'autre, se mesuraient du regard ; Jacques, furieux, les lèvres crispées, serrant les poings ; le commissaire, extrêmement calme, mains aux poches, un vague sourire au coin de la bouche.Bridac dominait l'autre de toute sa taille, de toute sa puissance, et chaque question qu'il posait semblait un nouveau piège, où son adversaire, fatalement, trébucherait.Sans paraître remarquer l\u2019impertinence du ton, le policier demanda encore : \u2014 Vous étiez le plus proche parent des deux frères, je crois.\u2014- Combien de fois faudra-t-il vous le dire ?,\u2014 Et bien entendu, vous n\u2019ignoriez point leurs dispositions testamentaires.Jacques éclata de rire : .\u2014 En tout cas, je puis vous affirmer n'être sûrement pas bénéficiaire.Bridac l\u2019interrompit : ¦\u2014 Mais, si vous héritez ou du moins, vous auriez hérité, si Louis avait eu le même sort que son frère ; heureusement, il a eu la chance de s'en tirer, mais il n'en est pas moins vrai qu'il vous avait désigné comme légataire universel.Verneuil bondit.Il protesta de toutes ses forces, croyant à une ruse grossière du policier.\u2014 Vous voudriez me faire croire ?Ah ! non, à d'autres ; enfin sacrebleu, on ne lègue pas ses biens à un monsieur que l'on déteste cordialement, et.Bridac haussa les épaules.\u2014 C'est pourtant la vérité.\u2014 Et moi je vous dis que vous vous moquez de moi ; mais vous perdez votre temps.Allons, j'ai mieux à faire que d'écouter toutes ces histoires.Il rafla son chapeau au passage, l'enfonça d'un geste rageur, puis, ayant fait un signe amical à Ver-chère, fit mine de sortir sans daigner saluer le commissaire.Bridac l\u2019arrêta : \u2014 Une dernière question, voulez-vous ?Jacques s'arrêta net, se retourna, l\u2019air impatient : \u2014 Je vous écoute.\u2014 Pouvez-vous me donner votre emploi du temps, la nuit du crime ?Verneuil pâlit, rougit tour à tour, et un instant, Verchère eut 1 impression qu'ils allaient en venir aux mains.Jacques, heureusement, sut se contenir.Il répéta : \u2014 Mon emploi du temps, cette nuit-là ?Attendez, c\u2019était le 5, le 6.Bridac rectifia : \u2014 Non, le 4.Alors ?\t, .\u2014 Alors.Je ne sais pas, moi.Ah .si, je crois bien que j ai fait un bridge chez les Sermain, avec le juge.Mais le policier secoua la tete : \u2014 Erreur, Monsieur, car le juge ne vient à Sarnouville que les jours d'audience, soit le jeudi, et le 4 était un samedi.\u2014 Bon, je puis me tromper ; samedi, dites-vous ?Ah ! j y suis, j étais au cinéma.Oui, c'est cela, au cinéma ?\u2014 Ici, en ville ?.\u2014 Non, à Paris, au Gaumont.\u2014 Ciné permanent, 5,000 fauteuils, vous êtes naturellement arrivé en retard, dans le soir, si bien que nul ne vous a vu.Décidément, monsieur Verneuil, vous manquez d\u2019imagination ; j\u2019attendais mieux de vous.\u2014 Je regrette, mais c\u2019est pourtant la vérité.\u2014 Peut-être bien.Allons, je ne vous retiens plus ; excusez ma curiosité professionnelle, et.veillez à ne pas trop vous éloigner de Sarnouville, pendant quelques jours.\u2014 Ce qui signifie ?\u2014 Que monsieur le Juge d'instruction pourrait avoir, lui aussi, diverses questions à vous poser.Voilà.Au revoir, monsieur Verneuil, mais tâchez de vous souvenir, cela vaudra mieux, je vous assure.Le lendemain, Jacques était convoqué chez le juge, où il subit un long interrogatoire et après une dizaine d'heures d'efforts, M.Jonzac le mit en état d'arrestation.Le jeune homme déclara alors : \u2014 Très bien, je ne répondrai plus qu en présence d un avocat.\u2014 Libre à vous ! Sans doute avez-vous déjà choisi votre défenseur ?\u2014 Oui ; Me Jean-Charles Lepetit.Le choc fut rude, entre Jean-Charles Lepetit et Jérôme Bridac.\u2014 Qu\u2019a-t-on à reprocher à mon client ?dit-il.Tout au plus de petites défaillances de mémoire.Il a parlé de bridge, puis de cinéma.Et alors ?Ah ! oui, il était cousin des victimes, et aussi leur héritier.Mon Dieu, est-ce de sa faute ?Il semble, commissaire, qu on se soit un peu hâté de conclure à la culpabilité de M.Verneuil.Je vais de ce pas demander sa mise en liberté, car il est intolérable que sur d aussi faibles présomptions, on puisse emprisonner un homme.Les milliers de bénévoles de la province de Québec, réparties en 186 sections, confectionnent de grandes quantités de tricots et de vêtements pour nos combattants outre-mer.Grâce au contrôle rigoureux établi par la Croix-Rouge, tous ces articles sont distribués à ceux qui en ont le plus besoin.Voici comment fonctionne le système de distribution.Lorsque des troupes canadiennes arrivent en Grande-Bretagne, la Croix-Rouge canadienne en est aussitôt avertie.Le Commissaire remet alors au médecin-chef et au quartier-maître un état détaillé des articles disponibles pour les hommes de l'unité.Les officiers des régiments reçoivent instruction de signer une formule spéciale et de l'envoyer à la Croix-Rouge canadienne lorsque leurs hommes ont besoin de médicaments ou d'articles vestimentaires.Seuls les combattants hospitalisés reçoivent directement les articles de la Croix-Rouge ; dans les camps, l'officier qui a signé la requête reçoit lui-même les articles et les distribue à ceux qui en ont fait la demande.La Croix-Rouge doit voir au confort et au réconfort de nos troupes outre-mer.dont les effectifs augmentent sans cesse.Ces services absorbent une grande partie du budget de la Croix-Rouge.C'EST UN DEVOIR PATRIOTIQUE QUE DE SOUSCRIRE GENEREUSEMENT AUX ŒUVRES DE LA CROIX-ROUGE CANADIENNE ! CROIX ROUGE - î - 9 4 2 30 mai 1942 15 Bridac ne répliqua pas tout de suite.La scène se passait dans le bureau de Verchère, et le policier, tout en écoutant, feuilletait un volumineux dossier.Soudain, il releva le nez, expliquant à l'avocat : \u2014 Pardon, mon cher maître, il est certaines choses que vous ignorez.D'abord Verneuil était en mauvais termes avec ses cousins ; Louis, notamment, avec qui il a eu une discussion sérieuse.De plus, le matin même de l\u2019agression, il rendit visite à Durmont, et, suivant la déposition de Joseph, resta seul, un bon quart d'heure, dans le salon.Or, dans cette même pièce, Louis Durmont devait trouver en rentrant une nouvelle lettre de menaces.Cette lettre la voici.L\u2019écriture est visiblement contrefaite, et je n\u2019affirme point qu'elle soit de la main de votre client, mais le papier .¦\u2014 Eh ! bien, quoi, le papier ?\u2014 Est identique à celui dont se sert habituellement Verneuil.Tenez, en compagnie de M.Jonzac, j\u2019ai opéré une perquisition chez l\u2019accusé, et j\u2019ai trouvé ce bloc.Qu'en dites-vous, mon cher maître ?Autre chose.Verneuil prétend être allé au cinéma, et affirme être rentré à la maison vers une heure du matin.Mensonge ; il m\u2019a suffi d\u2019interroger son valet de chambre-chauffeur, pour savoir à quoi m\u2019en tenir.C\u2019est lui qui est chargé de l\u2019entretien de la voiture ; chaque matin, avant que Verneuil ne sorte, il fait la toilette du véhicule, met en marche le moteur, remet le compteur à zéro, etc.Verneuil, ce soir-là, lui a donné congé, et il est parti sitôt dîner, en direction de Paris, disant effectivement qu\u2019il allait au cinéma.\u2014 Vous voyez bien ! \u2014 Mais Sarnouville est à dix-huit kilomètres de la capitale ; compte tenu des manœuvres en ville, cela nous fait un mimum de quarante kilomètres, aller et retour.\u2014 Sans doute, et alors ?\u2014 Alors .le chauffeur se souvient très bien que le compteur journalier marquait à peine vingt kilomètres.Donc, Verneuil n\u2019est pas allé à Paris.Bridac marquait un point.L\u2019avocat réfléchit un court instant, puis remarqua, avec une froide logique : \u2014 Il semble, en effet, que Verneuil ait, disons, quelque peu fardé la Vérité.Je crois, comme vous, que l\u2019alibi du cinéma ne tient pas ; mais vous dites que cette nuit-là, il a parcouru une vingtaine de kilomètres ; or, pour blesser Louis Durmont et tuer son frère, il n\u2019avait pas besoin de son auto.\u2014 Pardon, il a pu rouler en voiture, après le drame.De tout ceci, il ressort que Verneuil a quelque chose à cacher.Il prétend être allé au Gaumont ; c\u2019est faux ; et puis, il y a cette affaire de lettres de menaces qu\u2019on peut lui imputer ; ce papier en tous points semblable au sien propre.L\u2019avocat protesta : \u2014 Charge fragile, pure coïncidence ; ceci prouve tout au plus que Verneuil et l\u2019auteur des billets ont le même fournisseur.-\u2014 Sans doute chacune de ces présomptions ne présente qu'un intérêt relatif, mais l'ensemble a néanmoins permis au juge d\u2019instruction de délivrer un mandat d'arrêt.Cependant, personnellement, je ne crois pas à la culpabilité de votre client.Oui, bien sûr, il était héritier, mais il n'avait pas que je sache, besoin de cela.Alors, les mobiles du double meurtre m'échappent.En fait, j'estime que Joseph, le valet de chambre de Louis Durmont, est plus suspect encore que Verneuil.Décidément, cette affaire est diantrement embrouillée.Après plusieurs jours d\u2019enquête, j\u2019ignore comment les deux frères ont été attaqués, quels sont les mobiles qui firent agir le ou les assassins ; enfin, qui est l\u2019auteur des billets de menaces.Par ailleurs, j\u2019ai deux coupables possibles sous la main : Verneuil arrêté, que je crois cependant innocent, et Joseph, libre, qui semble avoir joué dans le drame, un rôle actif.CHAPITRE V ésireux de s'entretenir, quelques instants avec Louis Durmont, si toutefois il en obtenait la permission, Bridac s'était rendu à Saint-Germain.Le blessé occupait un petit pavillon, un peu à l\u2019écart de la clinique elle-même, au fond du parc.Malgré sa qualité, le policier eut à parlementer sérieusement, avant d\u2019être admis en présence de celui qu\u2019il venait voir.\u2014 M.Durmont est encore très faible, affirma l\u2019infirmier de service, qui ajouta : \u2014 Je vais demander à Mlle Gros-bert si je peux vous faire monter.Quelques instants après, il revenait, disant : \u2014 Si Monsieur veut bien monter.Quelques marches gravies, l'infirmier dit : \u2014 C\u2019est ici, la porte à droite.Il n\u2019eut pas à frapper.Une infirmière, tout de blanc vêtue, ouvrit, un doigt sur ses lèvres, annonçant : \u2014 Chut ! il vient de s'assoupir.Elle parlait à voix basse, entrant à reculons dans la petite pièce, fraîchement ripolinée.Bridac aperçut Durmont, couché dans son lit, le visage tourné vers le mur.Sa poitrine se levait et s\u2019abaissait régulièrement, cependant qu\u2019un léger ronflement glissait des lèvres entr\u2019ouvertes.Il s\u2019approcha du lit, regarda sans rien dire, et, se retournant, fit rapidement l\u2019inventaire.Au fond, une table chargée de journaux, des journaux encore sur la table de nuit, encombrée de fioles ; près de la fenêtre, un lavabo, et dessous des serviettes encore maculées.Comme ameublement trois chaises, un fauteuil, et une petite armoire servant de penderie.Deux chaises étaient libres, Bridac choisit la troisième, au dossier pourtant encombré d'un veston, vraisemblablement celui du blessé.\u2014 Vous permettez.Monsieur.L\u2019infirmière s'empara des vêtements, cependant que le policier, philosophe, protestait : \u2014 Bah ! laissez-donc.Lui-même déplaça des chaussures fraîchement enduites de cirage, cependant qu\u2019elle rangeait le veston dans la penderie.Il lui tendit le gilet, qu'il tint d'ailleurs à épousseter.\u2014 Tenez, Mademoiselle, voilà encore quelque chose.\u2014 Merci.Elle passa dans la pièce voisine, et il l\u2019entendit qui se lavait les mains.Il se permit de l'y rejoindre.\u2014 Votre chambre, sans doute, d'où vous veillez sur le malade.\u2014 Oui ; la porte de communication reste ouverte toute la nuit, et au moindre appel, je me lève.\u2014 M.Durmont est-il si gravement atteint ?Pourtant le docteur m'avait dit.\u2014 Peu de chose, en effet, la lame du poignard n'a fait que glisser, entamant les chairs sans toucher aucun organe essentiel ; toutefois, le malade a perdu beaucoup de sang ; au surplus, il a reçu des coups violents sur la tête, et le docteur a recommandé qu\u2019on évite de fatiguer son malade.Ne lui parlez pas de l'agression, vous risqueriez d\u2019agir fâcheusement sur ses nerfs.Par moment, voyez-vous, je doute qu\u2019il ait toute sa raison.Ce sera long, très long.Bridac résuma, avec son habituelle logique : 2> 'un An&nta ^bélUxd SALADA Ceux qui lisent LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE et LE FILM mm iC lr1 Contribuent indirectement à notre effort total de guerre .parce qu'ils se procurent un mode instructif et culturel de distraction tout en se conformant à la règle d\u2019économie qui doit primer en temps de guerre.parce que la lecture de ces trois magazines qui ont depuis longtemps fait leurs preuves, remplace avantageusement les distractions onéreuses qu'on doit absolument éviter si l'on veut être logique avec soi-même.parce qu\u2019une distraction saine et informative joue un rôle de primordiale importance dans la sauvegarde du moral qui, comme chacun sait, demeure l'un des plus grands facteurs de guerre.COUPON D'ABONNEMENT AUX TROIS MAGAZINES Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d\u2019abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Nom .Adresse .Localité .Province .POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, Can.Achetons des Obligations de la Victoire ou des Certificats d'Epargne de Guerre 16 Le Samedi - En somme, ma visite est prématurée ; vous préférez que je ne l'interroge pas ?\u2014 Je vous en prie, Monsieur.\u2014 Soit.Il repassa dans l\u2019autre chambre, se rendit compte que Durmont n\u2019avait pas fait un geste dans son lit, et dormait toujours aussi régulièrement, trop peut-être, pour que son sommeil fût absolument naturel.Alors il fît à voix basse : \u2014 C\u2019est bien, je reviendrai.Le policier se sentait mal à l'aise.Etait-ce cette odeur de formol qui le gênait, ou bien l\u2019attitude bizarre de l'infirmière ?Il n'eût pu le dire, mais il sentait confusément que quelque chose clochait.Il s'approcha de la table de nuit, tripota les fioles, déplaça des journaux.Il en prit un au hasard, qu\u2019il n\u2019eût pas à déplier ; un article lui sauta aux yeux : on y parlait du double meurtre de Sar-nouville.\u2014 C\u2019est M.Durmont qui lit cela ?Une imperceptible rougeur rosit les joues de Mlle Grosbert.\u2014 Non ; moi.\u2014 Ah ! bon.Il prit d\u2019autres journaux ; tous, à la page ouverte, relataient le drame.Il sourit, puis renifla et tendit le nez dans la direction de la pièce voisine : \u2014 Et .c'est vous aussi qui fumez, je suppose ?La rougeur de l\u2019infirmière s\u2019accentua ; des larmes se formèrent au bord des paupières, prêtes à jaillir.\u2014 Je vous en prie, Monsieur le commissaire, ne le dites pas au docteur Bruel, car le règlement est formel ; je serais renvoyée.Bridac se contenta de hausser les épaules, sans répondre, et se dirigea vers la porte.\u2014 Adieu, Monsieur.Mais il se retourna, esquissant un vague sourire pour répondre : \u2014 Non .au revoir.Le policier entra au Terminus, et se laissa choir lourdement sur la banquette usée.Il avait besoin de réfléchir, après sa visite du matin, mais les circonstances ne le lui permirent point.Un groupe de joueurs attira son attention ; il reconnut Verchère, qui se leva, abandonnant la partie, pour lui tendre la main.\u2014 Je vous en prie, mon vieux, continuez votre bridge, dit Bridac.\u2014 Nous avions fini.Venez que je vous présente : Jérôme Bridac, commissaire à la Police Judiciaire ; M.Darvol, juge de paix, Messieurs .Le policier s'inclina, serra des mains, puis on lui fit place.\u2014 Alors, commissaire, demanda le juge, ça avance, cette enquête ?- Peuh! \u2014 Nous sommes entre nous ; ces Messieurs sont au courant.\u2014 Mon Dieu, monsieur le juge, Verchère en sait autant que moi, ou .presque .Le juge insista; Bridac n\u2019en tint pas compte, si bien, qu'insensiblement, la conversation dévia.Il fut question de graphologie.A en croire Verchère, M.Darvol était passé maître en cet art.Tour à tour, ces messieurs lui confièrent des lettres et le juge analysa les écritures, les disséqua, si j\u2019ose dire, prétendant connaître, rien qu\u2019à la vue de quelques lignes, le caractère du scripteur.Bridac, d\u2019abord, ne fit pas attention à la conversation, puis il s\u2019intéressa aux démonstrations et se mêla au bavardage général.\u2014 Ainsi, vous voyez tant de choses dans une écriture : qualités et défauts ?Le juge, heureux qu\u2019on le prît au sérieux, expliqua : \u2014 C\u2019est l\u2019enfance de l'art.\u2014 Soit, mais supposez qu'on vous soumette une écriture déguisée, contrefaite ?\u2014 Une falsification complète est impossible ; vous connaissez le vieux proverbe :\t« Chassez le naturel, il revient au galop ».Au lieu d'être droite, comme à l\u2019accoutumée, une écriture peut être penchée dans un sens ou dans l\u2019autre, mais je reste persuadé qu'on ne songera pas à modifier tous les signes, et quelque détail, un mot peut-être, une virgule, une barre de t, un point sur l'i, dénonceront le tricheur.Bridac songea tout haut ; \u2014 Il faudra que je vous soumette un texte.\u2014 Quand vous voudrez, fit le juge.Le policier n\u2019avait sur lui qu un brouillon de rapport qu il avait écrit dans l'auto, en revenant de la clinique.Il le tendit au juge : \u2014 Que pensez-vous de ceci ?L\u2019autre, déjà, se penchait sur le papier, il répondit après un court silence : -\u2014 Cette écriture indique : activité, intelligence prompte, altruisme.Bridac sourit, au fond, flatté et commençant à rendre justice au talent du juge.\u2014 Rien d\u2019autre d\u2019intéressant ?\u2014 Mon cher commissaire, je pourrais vous en raconter pendant des heures ; la graphologie, à vrai dire, est un art extrêmement simple, et à la portée du premier venu.Il suffit d'un peu d'attention.Ainsi, pour l'écriture que vous me soumettez, il est évident que l'auteur de ces lignes bien liées, est déductif, logicien, réalisateur, et qu'il a de la suite dans les idées.Du coup, Bridac en resta bouche bée.Le juge, comme on dit familièrement, avait « mis le doigt dessus », sans s'en douter.Déduction, logique, n\u2019étaient-ce point les qualités obligatoires d'un bon policier ?Le commissaire comprit que Darvol était très fort et se promit bien, dans un proche avenir, de le mettre utilement à contribution.CHAPITRE VI Suivi de deux inspecteurs et flanqué de Verchère, Jérôme Bridac, dûment mandaté par le juge d\u2019instruction, se présenta au domicile de Verneuil, en vue d'une perquisition.Averti, Me Jean-Charles Lepetit attendait les policiers.Il demanda, en haussant les épaules : .\u2014 Alors, commissaire, vous croyez vraiment que cette visite vous apprendra quelque chose ?Bridac lui lança un coup d\u2019œil en coin sans répondre, et s'engouffra sous le porche.Les autres suivirent.On s\u2019arrêta à peine dans la cuisine, mais la salle à manger subit un examen plus approfondi, sans résultat, d\u2019ailleurs.Bridac entra dans un petit salon.Il s\u2019arrêta au centre de la pièce, fit un demi-tour sur lui-même, inspectant les alentours.Un secrétaire at- Le TRANSPORT FERROVIAIRE et la GUERRE, par Thurstan Topham d'importance capitale en temps de guerre, est extrait en grande quantité de mines autrefois ^exploitées jusqu\u2019à la construction, des uoies du Canadien National qui ont ouvert une région déserte qui contribue aujourd\u2019hui à L\u2019EFFORT DE ÇUERRE DÜ CANADA SHERRIDON FUN-FLDN LE PAS.Veiy WiHHiPSj, ET US AU1ÏES CENTRES DE PRODUCTION DU CANADA FLIN-FLON-SHERRIDON, BINES de CUiURE,exploitées par la construction ci embranchements du.Canadien National dans le nord du Manitoba,sont parmi les plus importantes du Continent.fTh La région de Noranda-Senneterre développée par la construction v en 1915', du'Transcontinental,' compte 27 mines productrices d\u2019or, de cuiore et autres métaux « d\u2019une oaleurde $55,000,000, en 194I NORANDA VAL DOR HtKvE7 Montreal tira son attention ; il s\u2019en approcha, l'ouvrit, tripota quelques papiers, s\u2019empara de plusieurs lettres.Me Jean-Charles Lepetit souriait toujours.Vous n'avez pas encore trou- vé ?\u2014 Pas encore, répondit Bridac, qui continua à fureter, finissant par tomber en arrêt devant un placard, à même la tapisserie.Il tenta d'ouvrir, se rendant rapidement compte que la porte était fermée à clef.\u2014 Voyons un peu dans le secrétaire, il me semble tout à l\u2019heure avoir vu.Eh ! que disais-je, voilà la clef .Cette fois, il ouvrit, étouffant mal une exclamation de stupeur satisfaite, à laquelle ses compagnons firent écho.\u2014 Tiens, tiens ! Sur une planche, bien en évidence, il venait de découvrir une photographie de femme.Bridac contempla longuement l'image, semblant faire un rude effort de mémoire ; soudain, un vague sourire vint fleurir sa lèvre.L'avocat et Verchère le regardaient sans comprendre.\u2014 Allons, maintenant, je crois que nous pouvons nous retirer.L\u2019avocat s\u2019enquit : \u2014 Vous savez donc qui est cette femme ?Mais Bridac n\u2019avait pas l'habitude de répondre aux questions oiseuses.Il s\u2019en tira par une pirouette, et fut dans l\u2019escalier bon premier, immédiatement suivi des deux autres.L\u2019avocat le rejoignit dans le couloir.\u2014 Dites-moi, commissaire.Peut-on savoir ce que sont les papiers que vous avez .prélevés dans le secrétaire ?\u2014 Des lettres.\u2014 Mais encore ?Alors Bridac répondit brusquement ; \u2014 Des lettres .de la dame du placard .au Monsieur de la Santé.Seul parmi les suspects, Joseph, le valet de chambre de Durmont, avait bénéficié d'une relative tranquillité.Jonzac l'aurait inculpé dès le premier jour, mais Bridac démontra rapidement que cela serait inutile, voire dangereux, disant : \u2014 Si cet homme est coupable, nous parviendrons par lui jusqu'aux autres.Car, s'il peut être l'agresseur de son patron, il n\u2019est certainement pas le meurtrier d'Henri.En effet, le jour, la nuit plutôt, où se perpétrait le crime, Joseph, appelé au poste de police, subissait chez Verchère un sérieux interrogatoire.Laissons-lui donc l'illusion d'être libre, mais ne le perdons pas de vue.Tôt où tard, il se dénoncera.¦\u2014 Agissez comme vous l'entendrez, avait dit le juge, peu soucieux de piétiner dans les plates-bandes de son subordonné.Il avait toute confiance en Bridac, enquêteur remarquable, qui, lancé sur une piste, la suivait de bout en bout, avec un flair de chien de chasse.Les événements devaient donner raison à l\u2019astucieux policier.Joseph, d'abord, se garda bien de broncher, passant, dans sa chambre d'hôtel, où il vivait depuis le drame, le plus clair de son temps.Puis il s\u2019enhardit, fit chaque jour une promenade, reprenant, suivant l'expression imagée, mais juste, « du poil de la bête ».Bridac, bien entendu, le prit en filature.Un beau matin, le domestique prit le chemin de Saint-Germain.En flânant, il traversa le pont de Maisons- 30 mai 1942 17 Laffitte, remonta la grande rue, toujours suivi du détective.A deux reprises, pour ne pas le perdre, Bridac dut se rapprocher, et l\u2019homme s\u2019étant retourné, le policier n'eut que le temps de se jeter dans une ruelle pour n'être pas aperçu et se demandant si Joseph ne se méfiait pas.Pourtant, il s'en allait d'un pas tranquille, en monsieur qui a tout son temps, et tient à profiter d\u2019une belle journée de soleil.Tout à coup, le domestique s\u2019arrêta devant une maison de peu d\u2019apparence, et y entra, sans même regarder derrière lui.\u2014 Une visite, songea Bridac.Bon, nous verrons tout à l'heure de qui il s\u2019agit.Pour l\u2019instant, armons-nous de patience, et attendons sa sortie.Mais, une heure plus tard, il était toujours en faction au coin d\u2019une rue voisine.Perdant patience, il se dirigea vers la porte, par où Joseph était disparu, tout en murmurant : \u2022\u2014 Bah ! qu\u2019est-ce que je risque, aDrès tout ?Il appuya sur le timbre, et eut la surprise de voir le battant s\u2019ouvrir devant lui.\u2014 Tiens, dit-il à mi-voix, on entre ici comme dans un moulin.Il longea un couloir, arriva dans une petite cour, donnant elle-même sur une rue voisine.Le portail était clos, mais il remarqua sur le pavé des traces récentes de pneumatiques.Alors, il comprit qu\u2019il était joué.\u2014 Tonnerre! s'écria-t-il.Pendant que je faisais bêtement le pied de grue de l\u2019autre côté, cet animal me filait proprement entre les doigts.Parbleu, il est parti en voiture, et, à l'heure qu'il est, il a dû mettre entre nous un nombre respectable de kilomètres.Pas à dire, c\u2019est bien joué ! Il revint à Sarnouville à une allure accélérée, furieux contre lui-même.Beau joueur, néanmoins, il raconta la vérité à Jonzac.Le visage du magistrat s\u2019assombrit.\u2014 Diable de diable, nous jouons décidément de malheur, dans cette affaire.Après ce brave Verchère, incapable de protéger Durmont, voilà que vous, Bridac .Ah ! je n'en reviens pas ! Le commissaire répliqua : \u2014 Il ne peut aller loin.J'ai le numéro de la voiture, du reste, et je l\u2019ai communiqué à qui de droit.Dès ce soir, demain au plus tard .Jonzac demanda : \u2014 Et cette maison, y avez-vous trouvé quelque complice ?Bridac secoua la tête : \u2014 Ce n\u2019était qu'un garage, mais à double issue, malheureusement.Les propriétaires n\u2019ont rien à se reprocher ; d'ailleurs, en admettant même qu'on retrouve Joseph, en vertu de quel droit l\u2019arrêterez-vous ?Il m\u2019a faussé compagnie, la belle affaire ! Il n\u2019était pas sous mandat de dépôt.\u2014 D'accord, mais sa fuite est un aveu.Qui n\u2019a rien à se reprocher ne s\u2019enfuit pas ainsi ; il faudra bien qu\u2019il nous dise .Or, brusquement, le juge s interrompit, et montrant du doigt quelqu'un qui passait au dehors, articula, littéralement sidéré : \u2014 Regardez.Là-bas ! Là-bas, c\u2019était Joseph, tout simplement.Joseph, très digne, qui s\u2019avançait en se dandinant, l'air d un monsieur qui a joué une bonne farce, et vient jouir de la déconvenue du mystifié.Bridac et le juge bavardaient sur le seuil de la porte du poste.Le valet de chambre passa devant eux, les saluant poliment, avec, dans le regard, tout un monde d\u2019ironie.Quand il eut recouvré son calme, Jonzac questionna : ¦\u2014 Eh ! bien, mon cher, qu\u2019en dites-vous ?L\u2019œil brillant, les lèvres serrées, Bridac ne répliqua pas tout de suite, occupé qu'il était à détailler le bonhomme.Mais quand, l\u2019instant d'après, il se retourna, et fit face à son chef, il murmura entre haut et bas : \u2014 J'en dis .j'en dis que ce zèbre-là a eu tort de se ficher de moi.\u2014 Mais Verneuil, qu\u2019en faisons-nous ?Vous savez que Me Lepetit insiste pour obtenir sa mise en liberté.Bridac haussa les épaules : \u2014 Verneuil n'est qu\u2019un pion sur l\u2019échiquier, libérez-le si vous voulez, peu importe.D\u2019ailleurs, ce n'est pas moi qui l\u2019ai arrêté.\u2014 Monsieur Darvol, demanda Bridac qui, pour la circonstance, n'avait pas craint de se déplacer, je suis venu vous voir, en dehors des affaires de police, et vous supplie de voir en moi plus un curieux qu\u2019un commissaire.\u2014 Mais, cher Monsieur, je vous écoute.Voyons, de quoi s'agit-il ?Bridac le renseigna : .\u2014 De graphologie.L'autre jour, vous m\u2019avez réellement intéressé, en m\u2019expliquant diverses écritures, j\u2019ai là d'autres textes, et .Le juge de paix de Sarnouville fut tout heureux de l\u2019aventure, et son visage s'épanouit de joie : \u2014 Ah ! ah ! vous y venez aussi ; vous verrez que la graphologie est un art véritable.-\u2014 Je n\u2019en doute pas, et viens à vous pour m'instruire.Voyons, puis-je vous soumettre mes papiers ?.\u2014 Mais comment donc ! Bridac passa un spécimen de l\u2019écriture de Verneuil.puis le fameux billet de menaces, annonçant la mort de Durmont.\u2014 Y a-t-il, monsieur le juge, quelque rapport entre les auteurs de ces deux lettres .en tenant compte que l\u2019écriture de ce billet est évidemment contrefaite ?Darvol étudia longuement les deux textes puis il répondit : .\u2014 Non, aucun rapport, mais s'il s\u2019agit de choses graves, pourquoi n\u2019avoir point donné ceci à un expert ?Il en est à la police judiciaire, dont je me plais à reconnaître le talent.\u2014 Sans doute, mais ils se cantonnent dans une prudente expectative, se gardant bien de rien affirmer, et laissent subsister le doute.Pour eux, il n\u2019y a pas identité entre les deux scripteurs, mais ce n\u2019est pas une absolue certitude.C\u2019est donc à vous, graphologue, que je m'adresse.Ne m\u2019avez-vous pas dit, l\u2019autre jour : « Une falsification complète est impossible ; on ne songera pas à modifier tous les signes, et quelque détail dénoncera le tricheur ».\u2014 Je vous le répète aujourd'hui, mon cher commissaire.D'ailleurs, tenez, l'auteur de ce billet a vraisemblablement cherché à imiter l\u2019écriture que voici.Et il montra une lettre de Verneuil, ajoutant : .\u2014 C'est sans doute ce qui aura égaré les experts.\u2014 Oui.Mais notre homme n'a pas songé aux barres de t, et aux finales très caractéristiques, qui sont toutes différentes dans l\u2019autre texte.Donc, il s\u2019agit bien de deux scripteurs, soyez-en persuadé.Le commissaire revint à Sarnouville tout songeur.CHAPITRE VII Bridac s\u2019était fait conduire dans la cellule de Verneuil.Quand le gardien se fut éloigné, il déclara au prisonnier en lui tendant la main : Le soutien-gorge (BREVETES) [vous fera la taille [aux créations A nouvelles de voire /Ayez soin qu i' ne 1 a besoi\" de eot°n bV achetez P* P .Votre Patrie bouc et de caoutcl MODELE 2911 UN MODÈLE POUR TOUTE CORPULENCE La Beauté Physique c est la Joie de Vivre Etes-vous déprimée ?Nerveuse ?Sans énergie 7 Délaissée ?La vie n\u2019a-t-elle pour vous que des désagréments ?Souffrez-vous de maigreur ?De vertiges 7 De migraines 7 et votre teint a-t-il perdu sa fraîcheur ?C\u2019est alors que vous avez le sang trop lourd, chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifié cause de pénibles désordres dans votre organisme.Faites alors votre cure de désintoxication naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux TRAITEMENT SAXO «A» élimineront tous ces poisons.De jour en jour vos chairs se développeront et redeviendront fermes, votre teint s'éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cinq sous pour échantillon de notre produit Sano «A».CORRESPONDANCE STRICTEMENT CONFIDENTIELLE Mme CLAIRE LÜCE LES PRODUITS SANO ENRG Casier Postal, 2134 (Place d'Armes), Montréal, P.Q.Ecrivez lisiblement ci-dessous Votre nom Votre adresse _____ 18 Le Samedi DIX PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE LES DIX GAGNANTS \u2014 DIX JEUX DE CARTES Solution du Problème No 544 Problème No 543 M.Paul-G.Laflamme, Ste-Pétronille, Ile d\u2019Orléans, P.Q.; Mme Joseph E.Sylvain, 188, rue de la Reine, Québec, P.Q.; Mme A.E.Maillé, 1637, rue St-Hubert, Montréal, P.Q.; Mme J.Dupont, 7668, rue St-Dominique, Montréal, P.Q.; Mme Lucien Doré, 4209, rue Christophe-Colomb, Montréal, P.Q.; M.J.Eugène Lemay, 299 est, rue King, Sherbrooke, P.Q.; Mlle Gilberte Poliquin, 83, rue Phipps, Sorel, P.Q.; M.Théo Busqué, B.S.A., Sainte-Marie, comté de Beauce, P.Q.; Mlle Jeanne-d\u2019Àrc De-mers, New-Liverpool, comté Lévis.P.Q.; Mlle Rose Brunet, St-Timothée, comté Beauharnois, P.Q.LES MOTS CROISES DU \" SAMEDI \" \u2014 Problème No 545 i 7 T 4 S 6\t7\t8\t9\t10\t11\t12\t13\t14\t15 (Les réponses doivent nous parvenir le |eudi soir, au plus tard.) Nom_________________________________________________________ ' Adresse - Local,té __________________________________________________ Province Adressez : LES MOTS CROISES, Le Samedi.975.rue de Bullion, Montreal, P.
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