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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 11 juillet 1942
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1942-07, Collections de BAnQ.

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[" 54e année, No 7 Montréal, 11 juillet 1942 DIX CENTS mmm LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS usas® çvtt' yj^») «T- a£ SW® lîKufci «ES® BsSvSîvud*^*! C > »at ¦i (P, *.iV Æ*æ! %3gTC& WW' JSiï&r* > SB9&SR SD^jS» fes£e&*i§ w ,«A\\l \u2022n^lV Tfjr *V iV**» .«SW**-#, ÿSjWii ^ï*>; iSSss# mmmMêi wm yJvi\\ æmm.»_xr;;V'V.v\u2018' Y y,' ?, jjm w- £5r*«Mr.\u2019.\"iu.ï,l*SÀj\u2019 ' .¦m anadienne des studios Warner SMITH, «V »*l 2 Le Samedi De VIGOUREUX EXERCICES en plein soleil d'été durcissent vos muscles\u2014vous redonnent de l\u2019entrain! Mais attention! Ce même soleil qui vous est salutaire peut aussi brûler vos cheveux, les rendre secs, sans lustre et cassants\u2014leur donner une apparence préjudiciable! Le Soleil Brûlant et l'eau du Bain peuvent Endommager la Chevelure! wspr™- Employez VITALIS et faites le fameux \u201cExercice 60-Secondes\" 50 Secondes de Friction \u2014 Eprouvez ce stimulant \u201cpicote-ment\u201d alors que la circulation du cuir chevelu s\u2019améliore\u2014la sécrétion des huiles s\u2019améliore [ A J\t\u2014les cheveux recouvrent leur 2jU\tbelle apparence.10 Secondes de Brossage \u2014 fil y Vos cheveux restent propres et '\ten P^ace\u2014acquièrent un lustre r\u2018c^c et somptueux, mais n\u2019ont VJv aucun indice de cet air \u201cpla-/ i I que\u201d dont on se moque et qui JJ/f J\tn\u2019est jamais de bon goût.Faire de la natation est un excellent moyen de se rafraîchir par temps chauds.Mais, par contre, cette eau du bain endommage vos cheveux.Elle enlève l\u2019huile vitale du cuir chevelu\u2014rend votre chevelure sans vie.Protégez votre chevelure de la menace du soleil et de l\u2019eau à l\u2019aide de Vitalis et de l\u2019\u201cExercice 60-Secondes\u201d.Vous rehaussez l\u2019apparence de toute votre personne lorsque vos cheveux sont bien entretenus et attrayants! Alors, faites qu\u2019ils demeurent ainsi avec Vitalis et l\u20194\u2018Exercice 60-Secondes\u2019\u2019.Pendant tout l\u2019été, vous pouvez vous assurer la conservation de cette apparence de vos cheveux par cette routine sensée.Procurez-vous une bouteille de Vitalis aujourd\u2019hui même! Vitalis est un produit de Bristol-Myers \u2014 Fabrication canadienne EMPLOYEZ VITALIS ET FAITES L\u2019\u201cEXERCICE 60-SECONDES\u201d CETTE SEMAINE, IL y A UN AN 5 Juillet.\u2014 La Grande-Bretagne et la France libre ont proposé un armistice à la Syrie, comportant des termes de reddition généreux, mais le commandement des troupes françaises du Levant, le général Henri Dentz, dit-on, est déterminé à combattre jusqu'au bout.C'est un intermédiaire neutre qui aurait transmis les propositions britanniques d\u2019armistice.Dans les cercles britanniques de Ankara, on croit que les officiers subalternes, sous les ordres du général Dentz, pourraient être persuadés d'accepter un armistice, même si le commandement en chef y est opposé.La fin de la résistance française paraît être à sa fin.\u2022s'- 6 Juillet.\u2014 L'ex-président du Conseil français, Paul Reynaud, interné au château Clément, à Vals-les-Bains, serait disposé à faire une déclaration en faveur du gouvernement actuel de la France.Reynaud et Georges Mandel sont les seuls prisonniers au château Clément, les autres ayant été autorisés à vivre en des résidences que les autorités françaises leur ont assignées.A la demande de ces deux prisonniers, on a installé l\u2019électricité et un bain.Ils prennent leurs repas dans leurs chambres eit peuvent commander, suivant une coutume française, ce qu\u2019ils veulent des restaurants de la ville.7 Juillet.\u2014 Des forces navales américaines sont arrivées aujourd'hui en Islande, pour y relever les troupes britanniques, dans la tâche de défendre cette île stratégique située dans l'Atlantique nord.Cette nouvelle, annoncée par le président Roosevelt dans un message adressé au Congrès, donne aux Etats-Unis un poste avancé à moins de 700 milles des îles britanniques, sans que l\u2019Allemagne puisse désigner cette région comme zone de guerre.Le président a ajouté qu\u2019il avait « donné des ordres à la marine pour que toutes les mesures nécessaires soient prises afin d'assurer des moyens de communication.-s x 8 Juillet.\u2014 Trois femmes et sept hommes ont été tués, la nuit dernière, lorsque les autorités policières de Panama tentèrent de forcer une colonie de nudistes de suisses-allemandes, dans le village de Cotito, à respecter la loi de 1 immigration de Panama.Huit autres personnes furent blessées.Tous les morts et les blessés sont parmi les membres de la colonie, à l\u2019exception d\u2019un policier panamien qui fut blessé.Les agents, qui se rendirent au camp des nudistes pour y faire respecter la loi, furent violemment reçus, si bien qu'une bataille au revolver s\u2019ensuivit avec le résultat que l\u2019on sait.OCM V ATI-A NT i poursuivit l'ami de Gaston Dumesnil, \u2014 tout est contre lui.Sa présence dans cette villa, à l\u2019heure où cette jeune femme a été assassinée, est indéniable .\u2014 Pourquoi n'a-t-il pas dénoncé le crime dès qu\u2019il en a eu connaissance ?\u2014 demanda Adrien.\u2014 Lui seul pourrait nous en donner l'explication, \u2014 répondit le docteur.\u2014 J'y ai songé et je me demande s'il a été témoin de cet assassinat, s'il l\u2019a seulement connu.\u2014 Tu dis que sa lettre l\u2019indique .parfaites \u2022 À chaque bouffée, les Sweet Caps donnent un rendement parfait \u2014 toujours ! Pourquoi?Parce qu\u2019elles sont faites des Mélanges Groupés de non moins de 38 classifications de tabacs virginiens du meilleur choix.Leur qualité ne varie donc jamais et elles demeurent, d\u2019une année à l\u2019autre, les cigarettes les plus populaires au Canada.CIGARETTES sweet caporal \"La forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé\" L'APPÂT QU'IL VOUS FAUT» Cl N deKUYPE Le genièvre à la vraie saveur de Hollande et qui est maintenant exporte de Montréal à tous les pays libres dans le monde entier.10 ONCES.26 ONCES.40 ONCES.1.05 2.40 3.45 Oistillé et embouteillé au Canada sous la surveillance directe de John de Kuypcr & Son, Distillateurs, Rotterdam, Hollande.MAISON FONDEE EN L AN 1695 17F-42 Achetons des Obligations de la Victoire ou des Certificats d'Epargne de Guerre 24 Le Samedi \u2014 Oui .Il me le semble .Je me perds dans ce mystère !.\u2014 Les soupçons ne se sont portés sur personne autre ?\u2014 Non, sur personne.Cette jeune femme était seule à la villa.Les domestiques étaient sortis.Son mari était allé à Paris à la rencontre de son beau-père qui arrivait de province.Dumesnil est la seule personne qui soit venue à ce moment.\u2014 En effet, c'est incompréhensible ! \u2014 Un crime passionnel !.Je comprends l\u2019accusation, car il n'y a pas d'autre moyen d\u2019expliquer l\u2019assassinat de cette femme pour en accuser ce malheureux.Et justement il y a contre lui une coïncidence ; quelques semaines auparavant, peu après l\u2019installation de ces personnes dans sa propriété, Dumesnil est allé leur rendre visite, et il a trouvé la jeune femme seule.Le mari, à qui elle a parlé de cette visite, dit que sa femme a trouvé le propriétaire jeune et charmant, très galant même .Dumesnil, j\u2019en suis sûr, n\u2019a eu aucune intention sur elle.Il s\u2019est conduit en homme du monde, et sa politesse a été prise pour de la galanterie par cette petite provinciale qui n\u2019est pas habituée aux hommages des gens bien élevés.Je connais mon ami, -\u2014 dit encore le docteur Delestrade, \u2014 il est incapable d\u2019une passion sérieuse .Je sais ce qu\u2019il pense en fait d\u2019amour .Il n'a jamais aimé qu\u2019une fois dans sa vie, étant tout jeune homme, une femme qu'il a adorée et pour laquelle il aurait fait toutes les folies .Il m\u2019a fait ses confidences il y a longtemps .Il croyait à la sincérité de l\u2019amour, avec toutes les généreuses illusions de la jeunesse.Il a cru être aimé.Cette femme, très jolie, du reste, une véritable ensorceleuse, avait produit sur lui une impression profonde, ineffaçable.C\u2019était une jeune fille de bonne famille, d'après ce qu'il m'a dit, orpheline, sans fortune, obligée pour vivre de donner des leçons de chant et de piano .Il l'avait connue en soirée, chez le père d\u2019un de ses amis de collège, le baron de Cordière, et elle avait fait sur lui une impression extraordinaire .Enfin il l\u2019aima à en perdre l'esprit.Il ne rêvait que de cet amour .Je me rappelle, à l\u2019époque, quand il m\u2019en parlait, en quels termes il s\u2019exprimait.Cette femme lui aurait demandé de l'épouser, il y aurait consenti.Je suis même sûr que, pour se l\u2019attacher, il le lui aurait offert.Et voilà qu\u2019un jour, cette femme disparaît .au moment où il se croyait aimé, où il espérait avoir touché son coeur, il la perd .\u2014 Qu\u2019était-elle devenue ?\u2014 Elle a trouvé un autre ami, parbleu !.Ah ! ce fut une cruelle désillusion !.Je le vois encore à ce moment.Du coup, Dumesnil enveloppa toutes les femmes dans le même mépris et il me déclara bien sincèrement, avec une résolution que je le savais capable de tenir, que jamais il n\u2019aimerait.Et, en effet, jamais je ne lui ai connu un amour sérieux.Il y a près de vingt ans de cela.Alors tu comprends bien que je ne peux pas admettre cette explication de crime passionnel ?.\u2014 Il faut que l\u2019ensorceleuse qui l'avait ainsi guéri de l'amour lui ait inspiré une passion bien grande, \u2014 dit Adrien d'Arcis.\u2014 Une passion aveugle, insensée !.\u2014 Elle était donc bien jolie ?\u2014 Je ne l\u2019ai jamais vue.Je ne sais que ce qu\u2019il m'en a dit.elle était fort bien, paraît-il.Je 1 ai accompagné un jour, en causant d elle, car il ne parlait que d\u2019elle, jusqu'à sa porte ; elle demeurait rue Clauzel.\u2014 Rue Clauzel !.\u2014 fit subitement le vicomte avec surprise.\u2014 Oui, près de la rue des Martyrs.\u2014 Et tu dis que c'était un professeur de piano .une musicienne qui allait dans le monde ?.\u2014 Oui, c'est ainsi que Dumesnil l\u2019a connue.\u2014 Tu sais son nom ?.\u2014 Attends .oui.son prénom du moins .Elle s\u2019appelait Valérie.\u2014 Valérie !.\u2014 s\u2019écria Adrien.\u2014 C'est elle, parbleu !.Valérie Dubourg !.\u2014Tu la connais donc ?\u2014 Bien sûr !.Ah ! oui, elle était jolie !.Bien jolie même !.XL Habile tactique L'expression d\u2019Adrien en disant ces derniers mots avait porté à son comble l\u2019étonnement déjà provoqué chez Lucien Delestrade par cette coïncidence qu\u2019il ait connu cette femme qui avait été l\u2019amie de Gaston Dumesnil.Evidemment lui aussi devait avoir été son ami.Il allait le questionner, avec cette liberté autorisée par leur vieille et intime amitié, lorsque le vicomte dit: \u2014 J\u2019y suis maintenant !.Parbleu ! voilà pourquoi je me rappelais ce nom de Dumesnil .C\u2019est par Valérie que j\u2019en ai entendu parler.Je m\u2019en souviens très bien maintenant : il était son ami lorsque je l\u2019ai connue.\u2014 Quelle singulière coïncidence ! \u2014 fit le docteur en souriant.\u2014 Oui, bizarre en effet.,\u2014 Aujourd\u2019hui vous vous trouvez, sans vous connaître, tous les deux ici !.\u2014 C\u2019était vraiment une bien jolie fille, \u2014 reprit Adrien d Arcis, \u2022\u2014\u2022 non pas d\u2019une beauté transcendante, mais un de ces types de femmes qui produisent une impression profonde .Ce que tu me disais de ton ami ne m\u2019étonne pas, maintenant que je sais que c\u2019est elle.\u2014 Elle ne t\u2019a tout de même pas ensorcelé à ce point, \u2022\u2014 fit observer Lucien Delestrade.\u2014 Ça, mon cher ami, c\u2019est une affaire de tempérament.J\u2019avais bonne amitié pour elle .un amour que l\u2019on sait devoir être temporaire, et c\u2019est tout ! Et puis, \u2014 ajouta l\u2019ami du docteur, \u2014 cela dépend aussi des circonstances.D\u2019après ce que tu m as dit, c\u2019est Valérie qui a lâché M.Dumesnil.\u2014 Oui.Et je comprends maintenant ce qui s\u2019est passé, elle l\u2019a lâché au moment où elle a fait ta connaissance.\u2014 Ce doit être ça.\u2014 Tandis que pour moi, c\u2019est tout le contraire, c\u2019est moi qui l\u2019ai quittée pour me marier .Je commençais à faire des folies .Je finissais plutôt, car une bonne partie de mon patrimoine y avait déjà passé lorsque mon père me maria, précisément pour mettre un terme à cette vie.\u2014 Et il aurait mieux valu certainement qu\u2019il te laissât encore un peu livré à toi-même, ¦\u2014' dit sentencieusement le docteur.\u2014 Assurément, \u2014 répondit Adrien avec tristesse.- Je n aurais pas connu Suzanne !.Il demeura un instant absorbé par le ravivement de ses remords, puis il reprit : .\u2014 Mais aussi ce qui s\u2019est passé était bien singulier, et puisque nous sommes en train de parler de cela, il faut que je te dise tout.\u2022 Le vicomte entreprit alors le récit de la naissance de son amour pour la jeune et ravissante amie d\u2019Odeline.Il révéla à son ami les conditions particulières de la naissance de Suzanne qui s\u2019était crue la fille légitime du comte de Villeroy et qui venait d\u2019apprendre tout à coup la vérité le jour où elle avait été demandée en mariage.Il expliqua cette ardente compassion qui s\u2019empara de son cœur, déjà profondément remué par cette adorable jeune fille, lorsque, dans l\u2019intimité, elle s\u2019ouvrit à lui et lui dit la révélation qui venait de lui être faite.Et les deux amis continuèrent, longtemps encore, à causer du passé.C\u2019était la première fois, cjue cet entretien avait lieu depuis qu Adrien d\u2019Arcis se trouvait à la maison de santé.Ils parlèrent aussi de Gaston Dumesnil, car Adrien avait été frappé par le malheur épouvantable qui avait brisé sa vie, et il y revint de lui-même, mû par une sympathie secrète qu\u2019avait éveillée cette grande infortune.Mais il ne fut plus question de Valérie Dubourg.Raymond Durier venait d\u2019achever de déjeuner, en son petit appartement de la rue de Rome, et il allait se rendre à son cabinet, rue Vivienne, faisant à pied ce trajet chaque fois que le temps le lui permettait, car il considérait avec raison la marche comme un exercice salutaire, lorsque sa domestique lui annonça une visite.\u2022\u2014 C\u2019est une dame qui demande à parler à monsieur, \u2014 dit-elle.L\u2019ami d\u2019Adrien d'Arcis fut surpris.Jamais il ne recevait de visite dans cet appartement, qu\u2019il avait continué à habiter après la mort de sa femme et où il vivait très retiré, au milieu de ses chers et douloureux souvenirs.A son cabinet, jamais son adresse particulière n\u2019était indiquée aux clients.Il y recevait même exclusivement toute sa correspondance.Il hésitait cependant à faire dire à cette visiteuse qu\u2019il ne recevait pas chez lui et à la prier de passer rue Vivienne de 9 à 11 ou de 4 à 6, ses heures de cabinet ; et se décidant subitement : \u2014 Bien .Je vais recevoir cette dame, \u2014 dit-il.Il laissa le cigare qu\u2019il se disposait à allumer au moment où on lui annonça cette visite et passa dans son cabinet de travail.Il ouvrit la porte qui communiquait avec le salon, salua la visiteuse qui se leva à son arrivée et l'invita à passer dans son cabinet.Il ne connaissait pas cette dame qui lui parut avoir fort grand air et être très élégante malgré la note sévère de sa toilette.Elle paraissait avoir à peine une quarantaine d\u2019années et elle avait conservé d\u2019éloquents témoignages de la beauté que sa jeunesse devait avoir éclairée.C\u2019était Valérie Dubourg.Les préoccupations de l\u2019usurpatrice étaient devenues de véritables .Elle tricote pour nos soldats, et ouvre une boîte de conserve.(Photos Conrad Poirier) 11 JUILLET 1942 25 angoisses depuis qu'elle savait réunis dans cette maison de santé de Bue ces deux hommes qui l'avaient connue et qui l'avaient aimée, Gaston Dumesnil et Adrien d\u2019Arcis.Ils ne se connaissaient pas autrefois, elle en était absolument sûre, et il était bien improbable, s\u2019ils venaient un jour à se connaître, qu\u2019ils parlent d'elle.La fausse Lia de Chavanges avait longuement songé à cette situation, elle en avait envisagé toutes les conjectures possibles, et cependant elle n\u2019était point parvenue à se rassurer.La nécessité d'assurer sa sécurité avait développé sa méfiance instinctive.Elle sentait qu'elle ne pouvait se fier aux événements, et dans l'impossibilité de tout prévoir, elle voulait parer à tout hasard.Elle se défiait surtout de ce qu elle ne savait pas.Lorsque Gaston Dumesnil avait été transféré de la prison de Versailles à la maison de santé de Bue, elle avait ignoré que cela s'était fait sur les instances du docteur De-lestrade, accouru au secours de son ami.Elle avait pensé, d'après les informations des journaux qu'elle avait lus, que cet internement était le résultat d\u2019une mesure prise par le Parquet, à la suite de la surexcitation cérébrale dont le malheureux avait été victime.On l'avait autorisé à entrer dans une maison de santé particulière en raison de sa fortune qui lui permettait de payer les frais de son séjour, au lieu de l\u2019interner dans un hospice, comme les fous criminels ordinaires.Depuis, Valérie Dubourg avait suivi chaque jour les journaux de Versailles et elle n'y avait plus vu une seule information relative au prétendu assassin du Châlet du Bois.La justice, croyait-elle, attendait le rétablissement de l'inculpé pour reprendre l\u2019instruction et ordonner sa comparution devant la cour d'assises.Elle ignorait aussi que cette lettre que Gaston écrivait au moment où il avait été arrêté, et dont les journaux avaient parlé, devait être adressée à Raymond Durier.La justice elle-même en ignorait le destinataire que Dumesnil avait refusé de faire connaître.Rien ne pouvait apprendre à Valérie Dubourg que ses deux anciens amis, Adrien d'Arcis et Gaston Dumesnil, avaient un ami commun en cet avocat, comme ils en avaient un aussi dans le médecin.Et cependant quelque chose lui disait qu'elle avait d'autres dangers à redouter que ceux qu elle pouvait prévoir.Un pressentiment, une sorte d'intuition surexcitaient sa méfiance.D\u2019abord elle avait eu l\u2019idée d\u2019aller trouver carrément le père de Liette.Cette crânerie audacieuse était tout à fait dans son caractère.Plutôt que d'attendre que le danger la menaçât et fondît sur elle à i'improviste, elle avait préféré le déterminer et y faire face, annihilant ainsi toute surprise.Elle savait comment expliquer le rôle qu\u2019elle s'était attribué auprès de la vicomtesse d'Arcis et celui qu\u2019elle jouait à l\u2019égard de Liette.Cependant, après y avoir longuement réfléchi, elle renonça à ce projet, non par pusillanimité, car la coquine était capable de toutes les audaces, mais parce qu\u2019elle jugea que cela était inutile.Elle avait trouvé mieux, du reste.Il s'agissait, en définitive, d\u2019obvier aux recherches que le mari d'Ode-line pouvait être incité à faire si Bonnassieux ou Sophie Ardusson allaient à lui et lui révélaient l'existence de sa fille.En prenant les devants, elle rendrait vaine toute tentative de l\u2019homme d'affaires et de l\u2019ancienne gardienne de Liette, aussi bien que de toute démarche de la part de Pierre Duval, s\u2019il avait un jour l'idée de s'adresser au père de Liette pour obtenir son consentement à son mariage.Et par le fait, malgré ce qu\u2019elle lui avait dit, pourquoi ne tenterait-il pas de le gagner à sa cause, le jour où il saurait que le vicomte était complètement ruiné, le jour où, en se présentant devant lui, il pouvait lui démontrer qu\u2019il n'y avait eu de sa part aucune arrière-pensée d'intérêt, aucune spéculation ?L'usurpatrice ne pouvait assurer sa sécurité qu'en devançant toutes ces compétitions et en déjouant tous les projets.Alors l'idée lui vint de s'adresser à cet ami d'Adrien qui était accouru à la première nouvelle de la tentative de suicide et qui l\u2019avait emmené dans la maison de santé de Bue.Un avocat de la rue Vivienne, lui avaient dit les concierges de Suzette de Villiers, ce ne devait pas être difficile à trouver.Elle chercha dans le premier indicateur venu, parcourant la liste des avocats, et n'en trouva qu'un seul habitant la rue Vivienne.C'était Me Mazuret, sur lequel Valérie Dubourg s\u2019enquit aussitôt.Cet avocat était un homme d'un certain âge, ancien bâtonnier à Amiens, inscrit au tableau de l\u2019ordre de Paris depuis cinq ans seulement.Il ne devait pas être l\u2019ami du vicomte d\u2019Arcis, qui avait disparu pendant plus de dix-huit ans.Cependant elle se rendit chez lui et, en son absence, elle vit son secrétaire, un jeune homme pourvu de sa licence qui accomplissait son stage.Elle lui dit qu\u2019elle avait appris le malheur arrivé à un parent éloigné, le vicomte d\u2019Arcis, et l\u2019intervention d\u2019un de ses amis, un avocat de la rue Vivienne, lui avait-on dit, qui l\u2019avait conduit dans une maison de santé.Désolée par la nouvelle de cet acte de désespoir, elle voulait savoir où se trouvait le vicomte, qu\u2019elle n\u2019avait pas vu depuis de nombreuses années, et sa démarche avait pour but de demander à Me Mazuret si c\u2019était de lui qu\u2019on lui avait parlé.-\u2014 Je n\u2019ai pas entendu parler de ce que vous venez de me dire, Madame, \u2014 répondit le jeune avocat.>\u2014 Maître Mazuret ne peut être la personne dont on vous a parlé, car je l\u2019aurais su.Je n\u2019ai jamais entendu le nom de M.le vicomte d\u2019Arcis, et je vous dirais en outre que Me Mazuret est dans le Midi depuis plus d\u2019un mois.\u2022\u2014 Evidemment, il y a erreur, \u2014 convint la fausse Lia de Chavanges.\u2014 J\u2019ai cru qu'il s'agissait de Me Mazuret parce que je n\u2019ai pas trouvé d'autre avocat habitant rue Vivienne.\u2014 Pardon, Madame, il y en a un autre, Me Durier, qui a son cabinet ici à côté.¦\u2014 Maître Durier !.Je n\u2019ai pas vu ce nom-là.\u2014 Parce qu\u2019il n\u2019est pas inscrit au tableau de l\u2019ordre.Il ne plaide pas ; il est seulement avocat-consultant.Et ouvrant un livre dans lequel il feuilleta rapidement, le jeune avocat montra le nom à la visiteuse sous la rubrique qu\u2019il venait d'indiquer.La grande dame remercia, s\u2019excusa et prit congé.?* A la maison voisine, dans laquelle se trouvait le cabinet de l'avocat-consultant, au lieu de s\u2019adresser directement à lui, elle voulut éviter une nouvelle erreur en s informant préalablement auprès de la concierge.Après avoir dit de quoi il s ag s-sait, elle demanda : ,\u2014 Savez-vous, Madame, si c est M.Durier dont on a voulu me parler ?La concierge était au courant.Elle avait entendu parler de cette tentative de suicide de la rue Taitbout par son fils qui était petit clerc chez Me Durier.\u2014 Oui, Madame, c\u2019est bien M.Durier qui s\u2019est occupé de ce pauvre monsieur qui a voulu se tuer, \u2014 répondit-elle.Enfin !.Valérie Dubourg eut un soupir de satisfaction.\u2014 Est-ce que M.Durier est chez lui ?\u2014 demanda-t-elle.\u2014 Il ne reçoit que le matin de neuf à onze et de tantôt de quatre à six, \u2022\u2014 indiqua la concierge.\u2014 Alors il est inutile que je monte, je reviendrai demain.\u2014 Venez de bonne heure, car il y a toujours beaucoup de monde, et vous pourriez attendre, \u2014 conseilla la mère du petit clerc.\u2014 Ou bien, ce qui serait préférable, écrivez à M.Durier qui vous fixera un rendez-vous.\u2014 Très bien .Je vous remercie.Mais la fausse Lia de Chavanges ne comptait pas écrire.Elle évitait avec le plus grand soin toute lettre, bien qu\u2019elle fut parvenue à modifier complètement son écriture.Elle ne voulait pas non plus s\u2019exposer à une attente interminable, ni venir entretenir l\u2019avocat pendant les heures qu\u2019il consacrait à ses affaires.Elle préférait le voir chez lui, bien certaine qu'il la recevrait ; et maintenant il ne lui serait pas difficile de trouver l\u2019adresse de son domicile.En s'y rendant à l'heure du déjeuner, elle était à peu près sûre de le rencontrer.Me Durier s\u2019était placé devant sa table de travail et indiquant à sa visiteuse un fauteuil sur le côté, il lui demanda : \u2014 Qu\u2019est-ce qui me vaut, Madame, l'honneur de votre visite ?L\u2019usurpatrice, qui y avait longuement songé, avait préparé ses phrases.\u2014 Veuillez m'excuser d'abord.Monsieur, d'être venue vous trouver chez vous au lieu de me rendre à votre cabinet, \u2014 dit-elle en s\u2019asseyant.\u2022\u2014 Comme il ne s\u2019agit pas de choses judiciaires, comme ce n'est pas à l'avocat que j\u2019ai recours, j'ai préféré venir chez vous .C\u2019est, en effet, une affaire assez délicate, par sa nature intime .Je viens vous parler d'un de vos amis .de M.le vicomte d\u2019Arcis .Raymond Durier, qui s'était assis dès les premiers mots de la visiteuse, fut surpris en entendant le nom d'Adrien.\u2022\u2014 Vous avez su, Madame, ce qui s'est passé ?.-\u2014 Je sais tout, Monsieur .\u2014 répondit la grande dame.\u2014 Mais avant d aller plus loin, permettez-moi de me faire connaître, afin de vous expliquer la nature de ma démarche.Je suis la marraine de la fille de M.d\u2019Arcis .Mademoiselle de Chavanges .J'étais la meilleure amie, la seule amie même, de la vicomtesse, ma pauvre Odeline .L'avocat salua en entendant le nom de la visiteuse.Cette démarche comblait tous ses souhaits et ne pouvait être plus opportune.Il s'en réjouissait comme d\u2019une bonne fortune, et il allait certainement savoir ce qu'il avait besoin de Sa vie a coûté une vio.SON premier sourire, son premier regard sur la vie .et la maman ne sera pas là pour l\u2019accueillir.Tous les ans, ce drame silencieux se répète mille fois au Canada.Tous les ans, mille bonheurs se changent brusquement en mille deuils .Mais pourquoi ?Dans plusieurs cas, une soumission rigoureuse aux conseils 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jamais revu .\u2014 Vous saviez sans doute ce qui s\u2019était passé ?.\u2014 Vaguement .Je le soupçonnais plutôt.J\u2019avais bien entendu quelques bruits qui m\u2019avaient donné à penser que cette union n\u2019avait pas été heureuse .Et j\u2019avais cru que, ne pouvant pas vivre d\u2019accord, mon ami et la vicomtesse s\u2019étaient séparés .\u2014 Mais aujourd'hui vous savez la vérité, puisque vous connaissez Mlle de Villeroy ?-\u2014 M.d\u2019Arcis m'a tout appris .Il m'a fait la confession complète de ses torts, de sa liaison coupable, de ses folies .\u2014 Oh ! oui, de véritables folies, qui l\u2019ont conduit à la ruine et au désespoir !.\u2014 Hélas !.\u2014 Je n'ai pu, malgré tout, demeurer indifférente, et dès que j\u2019ai appris le malheur qui venait d\u2019arriver, malheur dont la nouvelle me révéla son existence, je me suis empressée, très émue, pour avoir de ses nouvelles .Lorsque j\u2019ai su que c'était un de ces amis qui était venu à son secours, j'ai cherché à le connaître.Je me suis présentée chez vous, rue Vivienne, mais il y avait tant de monde que je n\u2019ai pas voulu vous parler de ces tristes choses au milieu de vos préoccupations d\u2019affaires .Et j'ai préféré venir chez vous .\u2014 Vous avez très bien fait, madame, \u2014 dit l'ami d\u2019Adrien.\u2014 Avant tout ayez la bonté de me donner de ses nouvelles, \u2014 demanda la fausse Lia de Chavanges.\u2014 On l\u2019a sauvé, n\u2019est-ce pas ?.Il est hors de danger ?.\u2014 Absolument hors de danger .Lorsque je suis arrivé rue Taitbout, frappé comme vous l\u2019avez été par cette nouvelle, moi qui entendais parler de mon ami que je croyais également disparu ou mort depuis longtemps, la balle venait d\u2019être extraite par le médecin qui avait été appelé.Elle avait heureusement glissé sur une côte et n\u2019avait pas pénétré bien profondément.\u2014 Oui.Heureusement !.\u2014 Néanmoins, une fièvre ardente s\u2019était déclarée et je craignis d'abord que mon pauvre ami n\u2019eut échappé à la mort qu\u2019il avait appelée que pour s\u2019y trouver de nouveau exposé.Je l\u2019ai fait transporter en toute hâte, avec toutes les précautions possibles, à Bue, chez le docteur Delestrade, qui est, ainsi que j\u2019ai _ eu l'honneur de vous le dire, l'ami d enfance de d\u2019Arcis comme le mien, et qui a été également fort surpris et très ému de le revoir, de le retrouver en ces douloureuses circonstances, lui qui n\u2019avait non plus jamais eu de ses nouvelles.\u2014 Alors il est sauvé ?\u2014 Le docteur a répondu de lui dès le premier jour, et aujourd hui sa guérison complète n est plus qu'une affaire de calme et de repos.\u2014 Mon Dieu !.quel malheur épouvantable !.\u2014 fit la prétendue marraine de Liette.\u2014 Je suis soulagée d'apprendre ce que vous venez de me dire .J étais bien tourmentée depuis que j ai connu cette affreuse nouvelle .J ai tout laissé ignorer à ma filleule .\u2014 Mlle d\u2019Arcis ?.\t\u2014 s\u2019écria l\u2019avocat avec une explosion de surprise et de joie.\u2014 Oui.sa fille !.\u2014 Elle vit ?.\u2014 Ah! pauvre enfant!.\u2014 fit mélodramatiquement l\u2019habile comédienne.¦\u2014 Il faut bien parler d\u2019elle .Et cependant.Ces paroles mystérieuses produisirent chez l\u2019ami d'Adrien un sentiment d'angoisse.\u2014 Vous ne savez sans doute pas la vérité.\u2014 fit l'amie de la vicomtesse.\u2014 M.d\u2019Arcis lui-même l\u2019ignore .\u2014 C\u2019est vrai, d\u2019Arcis ignorait l\u2019existence de sa fille .Il ne savait même pas que sa femme était morte.-\u2014 avoua Raymond Durier.\u2014 Il n a appris cela que la veille de son acte de désespoir, à Angers, chez un homme d\u2019affaires auquel il s'est adressé lorsqu\u2019il s'est vu dans la plus lamentable détresse.\u2014 C'est épouvantable ! \u2014 Vous savez sans doute qu'il a tout perdu .qu\u2019il a gaspillé jusqu\u2019au dernier sou sa fortune .enfin qu\u2019il est absolument ruiné ?.\u2014 Oui, monsieur, je le sais .Que de folies !.\u2014 Le malheureux s'est laissé aveugler par l\u2019amour de cette femme .Il comprend aujourd'hui !es torts graves qu'il a eus .Son abandon lui apparaît dans son remords comme un crime inpardonnable .\u2014 Oh ! oui, son abandon a été un véritable crime, \u2014 dit sévèrement l\u2019amie de la vicomtesse.\u2014 Oui, un crime !.\u2014 fit l'ami d'Adrien.\u2014 Il ne pourra jamais savoir tout le mal qu'il a fait .Je suis seule à connaître la vérité, \u2014 fit la marraine de Liette.\u2014 Il y a des choses que je ne pourrai lui dire .Et comme si elle prenait une détermination subite : .\u2014 Mais à vous, il faut que je vous confie tout, puisque vous êtes l'ami de ce malheureux, \u2022\u2014 dit-elle.\u2014 Je parle non seulement à l\u2019homme dont je connais l\u2019affection pour M.d\u2019Arcis, maintenant que je .sais quels liens d'amitié vous unissent et ce que vous avez fait pour lui, mais aussi à l\u2019homme d'honneur à qui je vais révéler de bien douloureuses choses .\u2014 Vous pouvez parler en toute confiance, madame.\u2014 Vous verrez vous-même, dans votre discernement qu\u2019éclairera votre affection, ce que vous devez apprendre à M.d\u2019Arcis.De la tête Raymond Durier acquiesça.Il était haletant d'émotion, dans l'attente de la triste révélation annoncée.\u2014 J\u2019étais, comme je vous l\u2019ai dit, la meilleure amie de cette malheureuse Odeline, \u2014 commença l\u2019aventurière qui suivait admirablement le plan ingénieux qu'elle s\u2019était tracé, \u2014\tsa seule amie vraie .Nos deux familles avaient été unies par la plus étroite amitié .Nous nous considérions comme deux soeurs.Je n'ai pas assisté à son mariage pour des raisons qu\u2019il m\u2019est impossible de vous révéler, car il y a là un secret qui ne m'appartient pas à mol seule .C\u2019est la seule circonstance dans laquelle je me suis tenue éloignée de mon amie .Du reste, cela n\u2019a pas d'importance pour ce que j\u2019ai à vous dire, \u2014\tajouta-t-elle d\u2019un air dégagé.\u2014 C'est de ma filleule surtout et de son père que je veux vous parler.De sa mère aussi, de cette malheureuse qui a tant souffert.Vous savez sans doute comment s\u2019est fait le mariage de M.de d\u2019Arcis ?\u2014 demanda-t-elle.\u2014 Je crois l'avoir compris .\u2014 répondit l\u2019ami d'Adrien.¦\u2014¦ Ce mariage, auquel aucun de ses amis ne s'attendait, nous a tous surpris, surtout par la rapidité avec laquelle il a été conclu et célébré.\u2014 C\u2019est bien cela .Ce fut un mariage sans amour.\u2014 Un coup de tête ?\u2014 Non .Un mariage imposé par son père qui voulait mettre un terme à ses dissipations.\u2014 Je sais qu\u2019il s\u2019amusait .Valérie Dubourg rougit légèrement sous sa voilette ; mais l'avocat ne put s\u2019en apercevoir, car elle tournait le dos à la fenêtre et se trouvait placée dans la pénombre.\u2014 Un mariage célébré dans ces conditions a bien des chances pour être malheureux, \u2022\u20141 dit-elle, \u2022\u2014 et c\u2019est ce qui est arrivé.M.d\u2019Arcis s\u2019est follement épris de la fille du comte de Villeroy et un beau jour il a disparu avec elle, abandonnant sa femme.\u2014 Il a été bien coupable et aujourd'hui, connaissant les conséquences de son abandon, il est en proie au plus violent remords.\u2014 Aujourd\u2019hui !.Enfin le mal qui est fait ne peut être réparé .La pauvre Odeline n\u2019a pas été seule.Dès que j\u2019ai appris le malheur qui la frappait, je suis accourue auprès d'elle et j'ai essayé de la consoler, \u2014 raconta l'usurpatrice.\u2014 J'étais, je vous le répète, sa seule amie véritable .J'étais seule à savoir bien des choses .Elle ne voulut pas que l\u2019on connût son malheur, et, en dehors de la famille de Villeroy, à peu près personne ne sut l'abandon dont elle souffrait .\u2014 Oui, elle doit avoir bien cruellement souffert, surtout dans sa position, car elle allait être mère, \u2014 dit Raymond Durier en ramenant la conversation sur l\u2019enfant.Il attendait les révélations dont les paroles mystérieuses de Mlle de Chavanges semblaient le présage.Mais l'habile comédienne voulait laisser planer le mystère, et elle poursuivit : \u2014 Elle en faillit mourir .Elle a fait l'impossible pour savoir ce que son mari était devenu, afin de tenter de le ramener à elle .Elle s'est adressée partout et nulle part elle n\u2019a pu avoir de ses nouvelles .Ce fut sa situation qui la força à interrompre ses recherches .Sa fille vint au monde .Vous pensez qu\u2019elle peut être la situation d\u2019une femme qui donne le jour à un enfant dans ces conditions ?.Le baptême eut lieu, bien entendu, sans aucune cérémonie.Ce fut le marquis de Jessaint et moi qui tînmes la fille de Mme d\u2019Arcis sur les fonts baptismaux.Elle reçut mon prénom, Lia, et sa mère voulut qu\u2019on y ajoutât celui de son père, Adrienne.La fausse Lia de Chavanges s\u2019arrêta un instant.Elle paraissait avoir besoin de se remettre et expliqua elle-même cette émotion dont, en comédienne supérieure, elle donnait toutes les marques.\u2014 Quand je pense à tout cela, quand j évoque ces souvenirs, vous ne pouvez comprendre ce qui se passe en moi.Ce malheureux ne sait pas tout le mal qu\u2019il a fait !.\u2014 Il a été bien coupable !.\u2014 Ce n\u2019est pas tout, par malheur !.Ce sont les conséqeunces de son abandon qui ont été épouvantables !. 11 JUILLET 1942 27 Valérie Dubourg accentuait à dessein les récriminations contre Adrien d\u2019Arcis, se donnant ainsi un rôle de Justicière qui certainement éloignerait d\u2019elle celui qu'elle ne tenait pas à revoir.\u2014 Que s'est-il passé ensuite ?.\u2014 reprit-elle.\u2014 Je n\u2019ai jamais pu le savoir exactement, car Odeline, lorsque je l'ai revue, ne m\u2019en a fait qu\u2019une confession imparfaite .J'ai été obligée, par des affaires de famille très importantes, par des deuils successifs qui m\u2019ont frappée, de retourner chez moi et de la laisser.Alors, quand elle a été seule, livrée à elle-même, la malheureuse a perdu la tête .Elle s'exaspérait dans son isolement et, pour retrouver son mari, elle s\u2019est livrée à de véritables folies.Elle s\u2019est confiée à des gens sans scrupules qui ont abusé d\u2019elle.Elle a dépensé sans compter, envoyant des émissaires dans tous les pays du monde, partout où l\u2019on signalait la présence de son mari.Quand je suis revenue, elle me fit pitié.Elle avait l'air d\u2019une folle .J'essayai de lui redonner du courage, de lui rendre un espoir que je n'avais guère moi-même, mais ce fut en vain .Alors, elle m'avoua sa détresse .Elle était à ce moment à peu près ruinée .\u2014 Ruinée !.Comment cela ?.\u2014 En six ans, elle avait dépensé follement presque tout ce qu\u2019elle possédait.\u2014 Je n\u2019ai pas parlé avec mon ami d\u2019Arcis de la fortune de sa femme, mais je la croyais très riche.\u2014 Elle possédait, en effet, une assez belle fortune, et moi-même, je ne pouvais m'expliquer cela .Elle-même aurait été incapable de le dire .Une fois entre les mains des hommes d'affaires, une bande de voleurs qui s\u2019est abattue sur elle comme sur une proie facile, tout y a passé peu à peu.sans qu'elle s'en aperçoive .Elle était hors d\u2019état de diriger elle-même ses affaires .Je ne pouvais la laisser en cet état, et libre alors de ma fortune personnelle, je mis tout ce que j\u2019avais à sa disposition .\u2014 Je demeurai avec elle et je voulus savoir, me rendre compte .Il ne lui restait, la malheureuse, que ce qu\u2019elle n\u2019avait pu toucher, ses biens dotaux, le château qu elle n aurait pu aliéner ni grever d'hypothèques.J'étais moi-même en proie à une grande douleur qui venait de briser ma vie.\u2014 dit pathétiquement la fausse Lia de Chavanges, \u2014 une douleur qui avait ruiné toutes mes espérances de bonheur .Enfin il n'est pas question de moi.fit-elle en ayant 1 air de surmonter son émotion.\u2014 Chacun a ses douleurs et ses peines .Je ne songeai qu\u2019à elle, la malheureuse, bien plus à plaindre que moi !.Elle était exaspérée par l'insuccès de ses démarches, de ses recherches .affolée par ses dépenses folles qu\u2019elle avait faites sans compter pour retrouver son mari, disparu depuis tant d'années et qui ignorait encore qu\u2019il était père .Elle pensait que lorsqu\u2019il saurait qu\u2019il avait une fille, il reviendrait à elle, et elle était prête à lui ouvrir les bras et à lui pardonner.Ce n\u2019était pas pour elle qu\u2019elle faisait cela, bien qu'elle aimât toujours son mari, malgré la lâcheté de son abandon et tout ce que sa trahison odieuse lui avait fait souffrir ; elle ne songeait qu\u2019à sa fille, à notre pauvre petite Lia qui commençait à comprendre et qui, ne voyant pas de père auprès d\u2019elle, sentait qu\u2019il lui manquait quelqu\u2019un à aimer .Elle s\u2019effrayait de l'obligation où elle allait se trouver bientôt, lorsque l'enfant aurait grandi, de lui dire la vérité, et elle voulait à toute force rendre un père à sa fille .Elle songeait à l\u2019avenir aussi, car l'acte coupable de M.d\u2019Arcis aurait exercé une influence néfaste sur toute la vie de cette enfant.Et puis elle pensait que si son mari ne l\u2019aimait pas, son cœur de père ne serait peut-être pas insensible .L\u2019enfant pourrait faire ce que l\u2019épouse n\u2019avait pu accomplir .Une enfant, n\u2019est-ce pas ?monsieur, change bien souvent le cœur d\u2019un homme ?.-\u2014 Assurément, \u2014 répondit Raymond Durier, \u2022\u2014 et je connais assez d\u2019Arcis pour affirmer que, s'il eût connu sa paternité, le remords qui l'a touché aujourd'hui, lorsque ces cruelles révélations lui ont été faites, l'aurait pénétré à ce moment et qu\u2019il serait revenu, repentant, remplir les devoirs que son cœur lui aurait sûrement inspirés.,\u2014 C'est ce qu\u2019Odeline se disait aussi !.Que pouvais-je faire en ces douloureuses circonstances ?.Mon cœur saignait en la voyant si malheureuse, et je ne cherchais pas un seul instant à la dissuader .J\u2019avais mis une somme importante à sa disposition, et je joignis mes efforts aux siens.Elle avait appris que son mari et la fille de M.de Villeroy, avaient été vus à Constantinople.Un vieil ami, le marquis de Jessaint, qui y résidait depuis la mort de sa femme, lui avait écrit à ce sujet.Je me chargeai donc, à sa prière, d\u2019entreprendre cette recherche et je partis pour Constantinople .C\u2019était au mois d\u2019avril 1868 .Arrivée à Constantinople, je ne trouvai plus le marquis de Jessaint, qui aurait pu guider mes recherches.Il venait de mourir .Cependant je me livrai à toutes les investigations possibles, avec le concours d\u2019un haut fonctionnaire du sultan auprès de qui je m'étais fait recommander par un ami de ma famille, et toute la ville fut fouillée .On s\u2019enquit de tous les étrangers qui pouvaient s\u2019y trouver.On fouilla les hôtels.On surveilla les arrivées et les départs des paquebots et l\u2019on suivit dans les gares, comme partout, le mouvement des voyageurs.Toutes les recherches, malgré les sommes importantes que je dépensai, demeurèrent sans résultat.Je ne parvins à trouver que la trace de leur passage.M.d\u2019Arcis et son amie avaient habité, non à Constantinople même, mais à Scutari, dans une petite maison que leur avait louée un certain Ismaïl, et je pus savoir la route qu'ils avaient suivie pour partir : ils avaient pris par la Mer noire, Varna et Roust-chouck, pour gagner la Roumanie.Pendant près de deux mois que j'avais passés à Constantinople, je n\u2019avais reçu qu\u2019une seule lettre d'Odeline, quinze jours environ après mon arrivée .une lettre navrante, pleine de douleur et de désespoir, dans laquelle elle ne parlait presque pas de sa fille qui lui demandait chaque jour quand son papa reviendrait .Je compris que ma pauvre amie s\u2019affolait de nouveau, depuis que je n\u2019étais plus auprès d\u2019elle, et je lui écrivis longuement pour la mettre au courant de toutes mes démarches et surtout pour lui donner un peu d'espoir .Je lui écrivis encore, étonnée de ne pas recevoir de réponse, et ne comprenant rien à son silence, je pressentis un malheur .J\u2019avais peur qu\u2019elle se tuât avec son enfant !.Vous jugez, monsieur, en quel état j'arrivais à Saint-Gemmes, exténuée déjà par ce voyage, dans le- quel j\u2019avais traversé presque toute l'Europe, en l\u2019état d'esprit où je me trouvais !.Hélas ! le malheur que j avais prévu devait être arrivé !.Je ne trouvai au château ni Odeline ni ma filleule .J'interrogeai les domestiques qui me dirent que madame la vicomtesse était partie pour Paris avec mademoiselle.Mais personne ne savait le motif de ce voyage .Elle n'avait amené aucun domestique avec elle ; elle n'avait donné à personne ni une adresse pour lui écrire, ni le nom de l'hôtel où elle descendrait.J'étais dans un état indicible.Je ne savais que penser.Je faisais les plus affreuses conjectures, redoutant tout de la part de cette pauvre femme qui était arrivée au dernier degré de l'exaspération et du désespoir .Je m\u2019informai à la poste pour savoir si Odeline n\u2019avait pas donné l'ordre de faire suivre ses lettres quelque part, car elle pensait bien que je ne cesserais pas de lui écrire.On m\u2019apprit qu\u2019avant son départ, elle m\u2019avait envoyé un pli recommandé, chez moi, dans l\u2019Ain.Cette nouvelle me bouleversa davantage, et je pris le premier train pour me rendre chez moi.Qu'allais-je apprendre ?.Que signifiait cette lettre recommandée ?.Je n\u2019y comprenais rien .La lettre m\u2019attendait au bureau de poste.Odeline m\u2019écrivait pour m'annoncer sa résolution.Elle me disait qu\u2019elle se rendait à Paris, où elle comptait bien, avec le concours de la police, arriver à retrouver le père de sa fille .Elle me disait sa détermination bien arrêtée de tenter un suprême effort avant de perdre définitivement tout espoir .et elle ajoutait, la malheureuse, que si elle ne réussissait pas cette fois, elle sentait bien que ses forces épuisées la trahiraient et qu\u2019elle n'aurait plus assez de résignation pour vivre .L\u2019habile comédienne avait prononcé cette dernière phrase d'une voix mouillée de larmes, et plusieurs fois, tout en parlant, elle avait porté son mouchoir à ses yeux.Elle reprit, après une pause émue : \u2014 Je ne comprenais que trop ce que voulaient dire ces paroles, car je vis jointe à la lettre une procuration générale qu\u2019Odeline avait fait libeller à mon nom, et dont elle m\u2019expliquait l\u2019envoi en me disant : « Je ne sais, en l\u2019état où je me trouve, ce qui peut m\u2019arriver.Je ne veux pas que tu te sois dépouillée pour moi et je t'envoie ce pouvoir qui te permettra, non seulement de réaliser ce qu\u2019il faut pour rembourser tout ce que je te dois, mais pour faire tout ce que tu jugeras nécessaire dans l'intérêt de ma fille.» Cette lettre me désespéra .Je sentais que la malheureuse allait commettre quelque folie, et priant Dieu de me permettre d\u2019arriver à temps pour la sauver, je partis aussitôt pour Paris.Ah ! quel voyage épouvantable!.Je me le rappelle encore comme si c\u2019était hier .Je sentais que j\u2019arrivais trop tard .J\u2019étais moi-même absolument affolée .J'arrivai à Paris et je me rendis aussitôt à la Préfecture de police pour faire rechercher dans quel hôtel madame d\u2019Arcis et sa fille étaient descendues.On le trouva sans peine et on me l'indiqua, rue de Rivoli .J\u2019y courus et là j'appris qu'un jour madame d\u2019Arcis et sa fille n'avaient plus reparu.On avait été étonné de ne plus les voir et on se préparait à signaler leur disparition à la police, lorsqu\u2019une dame était venue, quelques jours après, accompagnée de l'enfant, et avait annoncé la mort de mon amie.Elle avait retiré les Les Papiers à Mouches WILSONS WILSONS FLY [PADS TUENT REELLEMENT Un papier tuera de# mouches toute la journée et chaque jour pendant 2 ou 3 semaines.3 papiers dan» chaque paquet.Pas d\u2019arrosage, de viscosité et de mauvaise odeur.En vente dans les Pharmacies, les Epiceries et les Magasin» Généraux.10 CENTS LE 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c\u2019est encore une bien épouvantable histoire que celle de cette pauvre enfant !.J\u2019ai fait, sans y parvenir, tout ce qui était humainement possible de faire pour savoir ce qu\u2019était devenue cette femme.Mais laissez-moi vous dire d\u2019abord ce qui la concerne, elle, cette pauvre martyre morte de douleur .Car c\u2019est la douleur qui l\u2019a tuée, monsieur !.Odeline avait été inhumée au cimetière Montparnasse.C\u2019est là qu\u2019elle repose encore, sous son nom seul, car selon son ordre formel, avant de mourir, elle a voulu que le nom de son mari ne fût pas inscrit sur sa tombe.L\u2019ami d\u2019Adrien eut un douloureux serrement de coeur en entendant cela.\u2014 La pierre ne porte dans son inscription, selon sa volonté, que le nom d\u2019Henriette-Odeline de Charle-val.\u2014 Pauvre ami !.\u2014 fit 1 avocat.\u2014 Elle est morte par lui !.\u2014 Et sans lui pardonner !.Oserai-je lui apprendre cela ?.dit à voix basse Raymond Durier.La prétendue marraine de Liette reprit, insistant sur l\u2019effet qu\u2019elle tenait à produire : \u2014 Oh ! elle m\u2019a paru navrante, cette tombe où ne figure pas le nom de celui qui a été son mari.Cette tombe où la pauvre femme qui a tant souffert, est descendue sans avoir pardonné !.Quel malheur qu\u2019elle n\u2019ait pu retrouver son mari !.Elle ne serait pas morte et elle aurait pardonné au nom de sa fille !.La merveilleuse intrigante assurait ainsi l\u2019avenir.Elle savait que le vicomte d\u2019Arcis l\u2019éviterait désormais.Il ne viendrait jamais à elle, car il ne voudrait pas se trouver en présence de celle qui avait été la meilleure amie de la femme qu il avait si lâchement trahie, qui avait été le témoin et la confidente de toutes ses douleurs.Il ne s\u2019exposerait pas à cette honte.Ainsi elle était assurée de ne pas le revoir.Alors elle parla de Liette.\u2014 Ma tâche d\u2019amie n\u2019était pas terminée, \u2014 poursuivit-elle, après une pause savante, laissée au développement de l\u2019émotion.\u2014 Il restait la fille d\u2019Odeline, ma pauvre filleule !.Qu\u2019était devenue la pauvre enfant ?.En quelles mains était-elle tombée ?.Qu en avait fait cette femme dont on m avait parlé à 1 hôtel de la rue de Rivoli ?.Personne ne pouvait me renseigner .Je m\u2019adressai en vain partout où il était possible.Cette femme avait disparu et personne ne savait où elle était allée .Je poursuivis mes recherches pendant plus de cinq ans, sans arriver à aucun résultat, sans pouvoir remplir ce devoir sacré dont la malheureuse Odeline m\u2019avait chargée avant de mourir, moi qu\u2019elle avait choisie pour la remplacer auprès de sa fille.Je ne savais que penser .Je finis par croire que la pauvre enfant était morté et je renonçai à la retrouver.Tout en continuant mes recherches, j\u2019avais donné mes soins à réaliser ce que ma pauvre amie possédait, à réparer, s il était possible, le désastre que son égarement avait causé.Déjà, au moyen de la procuration générale que la vicomtesse d Arcis m\u2019avait envoyée, j\u2019avais pu intervenir .et elle avait bien fait de prendre cette précaution, car, sans cela, tout aurait été perdu .En 1 absence de M.d\u2019Arcis, tuteur légal de sa fille, personne n\u2019aurait eu qualité pour intervenir .Le château où Odeline et sa fille sont nées, ce vieux domaine patrimonial des marquis de Charleval aurait été vendu ; il aurait passé en des mains étrangères.L\u2019avocat approuva sans restriction.Ce que disait Madame de Chavanges était conforme à la légalité.\u2014 On me conseillait de m\u2019adresser aux tribunaux pour faire déclarer l\u2019absence de M.d\u2019Arcis, \u2014 poursuivit l\u2019aventurière, \u2014 mais je n\u2019ai pas voulu prendre cette mesure pour éviter un scandale qui aurait rejailli sur la mémoire de ma pauvre Odeline et sur le nom de sa fille que j\u2019espérais toujours retrouver.Car il aurait fallu révéler ce qui s\u2019était passé, livrer dans un débat public l\u2019abandon et la faute du père de cette pauvre enfant .Je n\u2019ai pas voulu cela ! \u2014 Vous avez fort sagement agi, \u2014 dit Raymond Durier.\u2014 Vous avez rempli là un véritable devoir d\u2019amie dont je vous félicite.\u2014 Le château a été vendu, \u2014 dit la marraine de Liette, \u2014 mais c est moi qui l\u2019ai acquis, et il représente à peine ce que me devait Odeline ; mais au moins, après moi, il reviendra à sa fille, car je n\u2019ai plus personne de mon côté et je n\u2019aurai pas d\u2019autre héritier que ma filleule .L\u2019ami d\u2019Odeline, dupe de Valérie Dubourg, la félicitait à chaque mot.\u2014 Ainsi ce domaine ne sortira pas de la famille à laquelle il a toujours appartenu.La fille de la vicomtesse d\u2019Arcis y retrouvera tous les souvenirs des siens .Et le désastre, pour elle, sera un jour réparé, car elle recueillera toute ma fortune.Raymond Durier, complètement édifié, se fit un scrupule de ne pas insister sur cette question d\u2019intérêt.Il était convaincu qu\u2019il ne subsistait plus rien de ce qu\u2019avait été le patrimoine de la famille de Charleval.Du reste, son ami ne voudrait ni ne pourrait élever aucune prétention.Tout ce qui aurait pu rester de la succession de la vicomtesse aurait appartenu de droit à sa fille seule.Et en réalité, il ne restait rien.Il ramena donc de lui-même l\u2019entretien sur la fille de son ami.\u2014 Oui, je vous l\u2019ai dit, c\u2019est une bien navrante histoire que celle de cette enfant, \u2014 dit la fausse Lia de Le Samedi \u2022 * Chavanges qui avait minutieusement et habilement préparé ce qu\u2019elle devait dire.\u2014 Que je vous apprenne d\u2019abord comment j\u2019ai retrouvé ma filleule.C\u2019est le hasard qui a fait ce que n\u2019avaient pu réaliser toutes les recherches.Cédant à mes amis, j\u2019avais résolu de passer désormais une partie de la saison à Paris et je vins m\u2019installer boulevard Hauss-man.J\u2019avais promis au vénérable curé de Saint-Gemmes de lui offrir des ornements sacerdotaux pour les jours de fête, car notre petite église est bien pauvre, et pour avoir quelque chose de spécial, je voulais faire broder l\u2019étoffe avec laquelle une maison spéciale me confectionnerait ensuite la chasuble, l\u2019étole, la manipule et le voile de calice.On m\u2019adressa pour cela à une brodeuse qui habitait Clamart, Mlle Darcis .\u2014 C\u2019était elle ?.\u2014 Je ne pouvais m\u2019en douter.Le nom que l\u2019on m\u2019avait donné par écrit avec l\u2019adresse, était en un seul mot, sans particule .Et c\u2019était bien elle cependant, comme vous allez le voir .Je me rendis à Clamart où, à ma grande surprise, je trouvai la maison que l\u2019on m\u2019avait indiquée fermée.Je m'adressai à une voisine qui m\u2019apprit que Mlle Liette, \u2014 on 1 appelait de son prénom, ¦\u2014 était partie avec son amoureux depuis que Madame Ardusson, la femme chez laquelle elle vivait, avait été arrêté.Ceci vous paraît un énigme, et vous ne pouvez comprendre en effet.Voici donc ce qui s\u2019était passé.Cette dame Ardusson, une veuve, peu recommandable sans doute, car elle venait, en effet, d\u2019être arrêtée pour vol, avait eu l'idée, pour augmenter ses ressources, de chercher un enfant en garde.Un jour, une dame se présenta chez elle, lui amena une fille de sept ans, qu'elle lui confia, lui remettant, je crois, une petite somme, et lui donnant par écrit le nom de l\u2019enfant, Liette Darcis, toujours sans particule.Puis, jamais plus on ne la revit, ni on n'entendit parler d'elle.Cette femme de Clamart se trouva donc avec cette enfant sur les bras.\u2014 Et c\u2019était la fille de Madame d\u2019Arcis ! .\u2014 s\u2019écria l\u2019avocat.\u2014 Elle-même dont on n\u2019avait voulu se débarrasser et dont le nom avait été à dessein mal orthographié afin de rendre toutes recherches impossibles.Et en effet, jamais cette femme, malgré toutes les démarches et toutes les investigations auxquelles elle s\u2019est livrée, n\u2019est parvenue à découvrir quoi que ce soit.\u2014 Evidemment.\u2014 Il a fallu que, dix ans plus tard, le hasard me conduisît, à propos de cette commande de broderie .Ce nom de Liette, joint à celui de Darcis, me frappa, car, étant jeune, ma mère me donnait ce petit diminutif affectueux de mon prénom, qui est Lia.Je voulus savoir et je parvins à me faire dire le nom de celui que l\u2019on avait appelé l'amoureux de Mademoiselle Liette.Je frémissais déjà de douleur et d'indignation, et j\u2019aurais tout donné, croyez-le, pour apprendre que cette Liette Darcis n'était pas celle que je cherchais .J'aurais mieux aimé la savoir morte !.Valérie Dubourg excellait, nous le savons, en ces scènes d\u2019indiqna-tion.Il aurait été impossible, au plus méfiant et au plus perspicace, de comprendre en l'entendant qu\u2019elle jouait un rôle.\u2014 Hélas !.C'était bien elle, \u2014 fit-elle mélodramatiquement.\u2014 Tout me 1 indiquait, non seulement le nom, 11 JUILLET 1942 29 qui m'avait servi de premier indice, mais l'époque à laquelle elle avait été abandonnée aux soins de cette femme de Clamart, qui coïncidait, à quelques jours près, avec la mort de la vicomtesse d'Arcis .L'âge de cette enfant était également celui que devait avoir ma filleule .Mais quand je la vis, si j\u2019avais eu auparavant quelque hésitation, je ne pouvais manquer d'être convaincue.Elle est le portrait vivant, la ressemblance frappante de sa mère, ma pauvre Odeline que j\u2019ai retrouvée toute en elle !.Et c'était elle que je retrouvais en cet état, séduite, déshonorée, la concubine d\u2019un homme qui n\u2019est qu\u2019un simple ouvrier !.Oh ! lorsque j'ai su cela, ma première pensée a été de m'enfuir, sans me faire connaître, et d'abandonner à son déshonneur cette malheureuse qui ignorait toujours sa naissance et le nom que sa faute avait souillé.Et je suis partie, en effet, écœurée, furieuse, maudissant la fatalité qui s\u2019était acharnée sur ma malheureuse amie .Puis j\u2019ai réfléchi, et j'ai pris une résolution que j'exécutai tout de suite.La mère de cette enfant étant morte, c\u2019est à moi, sa marraine, qu'incombait le devoir de l'arracher à la honte, et surtout d\u2019empêcher le scandale qui pouvait rejaillir sur le nom de d\u2019Arcis.Je n'avais qu\u2019un parti à prendre ; je m'adressai à la Justice et, comme heureusement ma filleule est encore mineure, on alla la chercher et on me la conduisit, chez moi !.Voilà, Monsieur, ce que j'ai fait.\u2014 Ah ! vous vous êtes conduite noblement, \u2014 dit Raymond Durier.\u2014 Je n'ai fait que mon devoir .Songez que cette enfant n\u2019est pas coupable, en réalité .Elle ignorait son nom .Elle se croyait une simple fille d\u2019ouvriers, une enfant abandonnée, ne dépendant de personne.\u2014 Et l\u2019éducation qu'elle avait sans doute reçue y était pour quelque chose aussi.\u2014 Assurément.\u2014 Vous l'avez sauvée !.\u2014 Mon Dieu .je l\u2019ai tirée de la honte, du moins .J'ai arrêté le scandale .\u2014 Et elle est chez vous ?.\u2014 Oui .Je vais l\u2019emmener dans mon château, afin de la soustraire à la curiosité, et de me dérober aux explications qu\u2019ici je serais obligée de donner.\u2014 Parfaitement .Je vous comprends.\u2014 Là-bas, personne ne saura rien du passé .\u2014 Et elle, votre filleule, elle s'est résignée, elle s'est soumise ?.\u2014 Cela a été difficile, car la révélation que j'ai eu à lui faire 1 a absolument bouleversée .Mais elle a compris maintenant .je le crois du moins, les obligations qui lui incombent, les devoirs que son nom lui imposent.Et voyez comme les choses sont bizarres, \u2014 ajouta la prétendue marraine de Liette, \u2014 quelles coïncidences surprenantes, inattendues rapprochent les événements et ceux qui y sont mêlés !.Ce que je viens de vous dire là au sujet de ma filleule est tout récent.Il y a deux mois à peine que je l\u2019ai retrouvée, cette pauvre enfant.Et aujourd hui j apprends que son père, que je croyais mort, qui avait disparu depuis longtemps sans qu'on ait jamais entendu parler de lui, était à Paris, tout près de moi.\u2014 Oui, c'est réellement étrange ! \u2014 Je songe qu'il y a un mois j aurais pu le rencontrer dans Paris, le reconnaître .\u2014 C'est vrai !.\u2014 Oh ! mieux vaut que je ne 1 aie pas vu, car je ne crois pas que j aurais été capable de contenir .mon indignation .\u2014 Le malheureux a expié bien cruellement ses torts !.\u2014 Dites ses crimes.,\u2014 Oui, ses crimes !.Il a été bien coupable, c'est vrai ; mais il a été terriblement puni ! Lire la suite dans le prochain numéro L'OFFRANDE (Suite de la page 9) \u2014 Et ta sœur Françoise ?que devient-elle ?\u2014 Toujours pas mariée .elle monte en graine.\u2014 Je m\u2019en doute, cela lui fait déjà ?\u2014 Dix ans de plus que nous .et un caractère.\u2014 Tiens, elle devient acariâtre ?\u2014 Non, mais envahissante ! Elle ne bouge plus de chez moi.ge des confidences, le rappel des souvenirs.\u2014 Pauvre Françoise, soupira l\u2019amie, elle t\u2019aime réellement ! J\u2019ai toujours eu l\u2019idée que c\u2019était à cause de toi qu\u2019elle avait refusé Guy.\u2014 Guy ?Ton frère ?protesta Su-zette interdite, il l\u2019a demandée en mariage, tu es sûre ?.\u2014 Mais, voyons, certaine ! Françoise l\u2019a repoussé en lui donnant un tas de mauvaises raisons.Lui, qui avait cru deviner qu\u2019elle l\u2019aimait, est parti aux colonies de chagrin.Françoise a beaucoup changé à ce moment-là.Ce qui me fait croire que tu n'étais pas étrangère à sa décision c\u2019est qu elle a toujours recommandé qu\u2019on ne t'en parle pas .\u2014 Ah ! murmura seulement Su-zette.Une heure plus tard, en suivant le chemin du retour, elle pensait à ce que venait de lui révéler incidemment son amie d\u2019enfance.Pourquoi Françoise avait-elle refusé d'appartenir à celui que Suzette elle-même était convaincue qu elle avait aimé ?Pourquoi avait-elle interdit qu'on en parlât à sa sœur ?Pourquoi, surtout lorsqu'au moment de son mariage à elle, Suzette, Françoise avait fait l'abandon de sa dot, pour qu'elle vint grossir celle de la cadette, avait-elle dit pour calmer les scrupules de cette dernière ?.\u2014 Ne t\u2019inquiète pas de moi, chérie, je ne me marierai jamais.Personne n\u2019a pensé et ne pensera jamais à m\u2019épouser.Alors, je n'ai pas besoin de dot.Maintenant, Suzette comprenait.Oui, elle comprenait le sublime et discret dévouement de cette aînée, qui, sachant son bien trop maigre pour satisfaire la famille de Jack, avait voulu y ajouter le sien propre afin de faciliter son bonheur.Pauvre Françoise renonçant ainsi aux joies du foyer, de la famille, de la maternité .Comme Suzette comprenait maintenant cet attachement éperdu, presque sauvage, qu'elle témoignait à son petit neveu ! N'était-ce pas un peu son fils à elle aussi, son œuvre, le résultat de son magnifique sacrifice.Tout en regagnant le doux logis de son bonheur, la jeune femme comprenait enfin quel prix il avait coûté à la solitaire.Et on avait voulu l'écarter, la repousser comme une importune ! \u2014 Mais quand Jack saura, se disait-elle en gravissant rapidement les étages, quand il comprendra .Elle arrivait un peu en retard et Françoise déjà là, se penchait avec une tendresse respectueuse sur le berceau du bébé, lorsqu\u2019elle pénétra dans la chambre.Une telle lumière jaillissait des yeux doux de la jeune tante qu\u2019on devinait son désir infini de câliner, de bercer le cher petit être blotti là.Mais tenue en respect par la nurse, qui, dragon consciencieux, interdisait à tout autre que Madame, de toucher l\u2019enfant, elle se contentait de l'enlacer de ses tendres regards.Et une si grande humilité, une telle résignation s\u2019exprimait dans toute l\u2019attitude de celle qui avait payé tout le bonheur de cette maison, que Suzette en eut le cœur meurtri.Alors, s\u2019élançant, d\u2019un geste de réparation et d'offrande, elle prit le petit et le tendant à sa sœur : \u2014 Tiens ! dit-elle avec une gravité que l'autre ne comprit jamais très bien, tiens, prends-le ! Il est à toi ! Je te le donne .Léo Dartey LE MYSTÈRE DE LA VALLEE (Suite de la page 19J \u2014 Vous avez entendu, n'est-ce pas ?.\u2014 Certes, quelqu\u2019un a tiré ?\u2014 Oui, moi, pour faire une expérience.Retournez là-haut, M.Hellers, et vous, mademoiselle, rentrez das votre chambre.Puis, se tournant vers les magistrats.\u2014 Vous voyez, Messieurs, que malgré la T.S.F.marchant à plein rendement, un coup de feu tiré de cette pièce, s'entend parfaitement.\u2014 Qu'en concluez-vous ?\u2014 Que Julius Gradeck n\u2019a pas été tué dans cette pièce.\u2014 Alors, comment se fait-il qu'on l\u2019ait retrouvé ici, une balle dans le ventre ?\u2014 Je vais vous l\u2019expliquer.Pour cela, je vous prierai de me suivre au fond du parc.\u2014 Au fond du parc ?\u2014 Oui, car c\u2019est là qu'eut lieu le drame.Voyons, les rapports de police disent que Gradeck, qui, soit dit en passant, buvait beaucoup, était manifestement ivre, le soir du meurtre.Or, mes aides ont enquêté sur place, et il ressort de leurs efforts, que Gradeck ne s\u2019était pas rendu au café voisin, le seul du bourg.\u2014 Cependant, il titubait, remarqua le greffier qui, tout en marchant, feuilletait ses papiers.\u2014 D\u2019accord, c\u2019est pourquoi, mes aides et moi, en avons déduit qu\u2019au moment où on l'avait vu regagner ses appartements, il était déjà blessé.Tout en bavardant, le petit groupe était arrivé de l\u2019autre côté de la cabane de Jean-Marie.Guichard, soudain s'arrêta net.\u2014 Tenez messieurs, à mon avis, Est-Ce Que L'Indigestion Vous Frappe Plus Bas Que La Ceinture ?Donnez aux \"28\" négligés le genre d'aide qui vous donne l'air d'aller Plus de la moitié de votre digestion ae fait en dessous de la ceinture \u2014 dans les 28 Pieds de vos intestins.Aussi quand vous etes atteint d\u2019indigestion, employez un remede qui aide la digestion dans 1 estomac ET en aes sous de la ceinture.\t.t\tc .Ce dont vous pouvez avoir besoin ce sont les Petites Pilules Carter pour le Foie pour donner l\u2019aide 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été clairement démontré qu\u2019une simple mouche, comme on en voit tous les jours, peut porter jusqu\u2019à 5,000,000 de microbes, et que ces microbes, le plus souvent, proviennent de poubelles et d'endroits réservés aux détritus, ce qui revient à dire que la mouche, l\u2019un des insectes les plus prolifiques et celui, certainement, qui se mêle le plus à notre vie quotidienne, nous expose continuellement à la paralysie infantile, à la diarrhée, à la typhoïde et autres maladies.Les autorités médicales ne cessent de mettre les populations en garde contre cette menace annuelle, et elles recommandent fortement de mettre fin à ce danger, en le coupant à sa source.Pour détruire la mouche de façon rapide et pratique, un excellent moyen consiste en l\u2019usage des Wilson's Fly Pads que l\u2019on place un peu partout dans la maison.Le résultat est certain voilà comment les choses se sont passées.Julius Gradeck, qui n\u2019avait fait qu\u2019une courte promenade, venait de rentrer dans le parc, par cette porte.Il fit quelques pas dans cette direction, porta la main à sa poche, et.Le détective minait la scène.Une détonation retentit, Guichard s\u2019affaissa puis se remit sur pieds, expliquant avec un sourire : \u2014 Et voilà.un accident, tout simplement ; rien qu'un accident stupide, qui pourrait arriver à n'importe lequel d\u2019entre nous.Le Procureur protesta.\u2014Vous n'allez pas essayer de nous faire croire .\u2014 Que Gradeck avait un pistolet dans sa poche, et que par malheur, le coup est parti.Mais si.D'ailleurs, relisez le rapport du médecin légiste, il est d\u2019une aveuglante clarté; la balle est entrée de bas en haut, tirée presque à bout portant.Le magistrat ne ne rendait pas encore.\u2014 Tout de même, nous sommes en plein roman, sans la moindre preuve, sans .\u2014 Et ceci ?Guichard exhibait son arme, le mignon petit pistolet à crosse de nacre, aux initiales entrelacées T.G.\u2014 Qu\u2019est-ce encore ?Un pistolet appartenant à Mme Gradeck; d\u2019ailleurs, voyez les initiales; au surplus, elle le reconnaîtra volontiers tout à l\u2019heure, pour peu que vous le lui demandiez.Eh bien, cette arme, je l\u2019ai retrouvée dans la cabane de Jean-Marie.Naturellement, j'ai cru d'abord à sa culpabilité, puis je l'ai longuement interrogé, et de cet interrogatoire est sortie la vérité.Il avait trouvé l'arme, le soir du drame, avant même d\u2019ailleurs que fût connue la fatale nouvelle.Il m'a montré l'endroit, c\u2019est ici même, où je suis tombé à mon tour, tout à l\u2019heure, afin de mieux vous expliquer la scène.\u2014 Soit, fit le juge, mais pourquoi le jardinier n\u2019a-t-il rien dit.n\u2019a-t-il fait part à quiconque de sa trouvaille ?Guichard sourit à peine, pour répondre.\u2014 Eh, sait-on ce qui se passe dans la tête des hommes.Oui, j'entends bien, celui-là est une brute, un pauvre gars sans instruction, un vague sous-ordre.Sans doute, n\u2019y avait-il rien, absolument rien, je m'empresse de le dire, entre lui et Mme Gradeck, et cependant.Voyez-vous, il faut comme moi, l'avoir longuement confessé pour comprendre.Il était tout dévoué à Tonia; pour elle, il eut fait n'importe quoi, et je me demande si, le cas échéant, il ne fût pas allé jusqu\u2019au crime.Confusément, il sentait que cette femme n'était pas heureuse.Lui, il l'admirait en silence; serrant les poings quand il voyait passer Gradeck, saoul perdu, et titubant, comme à son habitude.Un soir, il entendit tirer à quelques pas.Max l'accompagnait.Jean-Marie, sans hésiter, se dirigea tout droit jusqu'ici.Rien, qu'un peu de sang qu\u2019il ne vit point tout d'abord, et cette arme, qu'il ramassa, et reconnut T.G.c'étaient les initiales de Tonia.Dès qu\u2019il fut au courant de la mort du courtier, il s'imagina aussitôt qu'il connaissait la meurtrière.\u2014 Mais Max; vous dites qu'il fut témoin de la scène; qu'il vit l'arme ?\u2014 Sans doute, mais Jean-Marie le prit au collet, et lui fit promettre de ne rien dire.Vous avez vu le jardinier; il est fort comme un Turc, et je gage que sa poigne a dû donner à réfléchir au danseur.La preuve en est, que lui-même suspecté, voire arrêté, il ne crut point devoir son serment.Le Procureur s'étonna.\u2014 Allons donc, ces gens là ont-ils le sentiment des choses de 1 honneur?.\u2014 Non, mais d'abord, il tenait à sa peau, et puis, je suis persuadé qu'il eût tenté par la suite, de faire chanter Tonia.Mais, revenons-en à notre histoire, car, si je vous ai montré comment Julius Gradeck perdit la vie, nous avons encore beaucoup de choses à expliquer; par exemple, la disparition des bijoux.Bon.Notre homme se sent blessé à mort peut-être même s agit-il d un suicide, il semble que sa situation était devenue difficile, ces derniers temps.Que va-t-il faire ?mourir bêtement dans le parc ?Non, il a encore la force de rentrer, de regagner sa chambre.Voyez, nous suivons le même trajet que lui, passons devant Braud, et Granier, qui bavardent sans trop porter attention à la démarche de cet homme.Il monte, en s appuyant fréquemment au mur, on voit encore des traces, Ah, que cette ascension a dû être pénible.Enfin, le voilà chez lui; il entre, fait quelques pas, et s'abat brusquement sur le sol, foudroyé.La mort a fait son œuvre.C\u2019est là qu\u2019il était, je crois.Bon, Boissou, prenez la position, je vous prie.Docile, le policier s'allonge de tout son long face contre terre.Guichard, tout en parlant, sort, va brusquement ouvrir la chambre de Mlle Grosbert, et la force à sortir à son tour.\u2014 Allons, mademoiselle, n'ayez pas peur, nous avons besoin de votre aide.Par ici, je vous prie.Il s'efface pour la laisser entrer, cependant que les autres se retirent dans le couloir.Hortense, tremblante et affreusement pâle, obéit, mais à peine a-t-elle fait un pas, qu\u2019elle pousse un cri déchirant.Un cadavre est là, étendu sur le parquet.Et Guichard reprend alors son argumentation : \u2014 Vous avez d\u2019abord eu peur, dit-il à la jeune fille; sans doute avez-vous été sur le point d\u2019appeler à l\u2019aide, de donner l\u2019alarme.\u2014 Non, non, laissez-moi, c\u2019est épouvantable.Oh, mon Dieu ! Et un cri presque inhumain sort de ses lèvres minces, un cri de bête à l'agonie qui fait que tous ces hommes se sentent mal à l\u2019aise.Mais le policier l'a saisie par le poignet, et la retient de force.Implacable, il continue.\u2014 Puis, vous avez jeté un coup d'oeil dans la pièce.Le secrétaire n\u2019était pas fermé, vous avez vu les diamants, ces fameux diamants qui valaient une fortune .Venus les avez pris, vous.Hortense s\u2019est laissée choir sur le sol, comme un pantin sans vie.Guichard, aidé de Boissou, la relève, l'installe tant bien que mal sur son transat, que Simone est allée quérir, à côté.\u2014 Allons, avouez ; d'ailleurs, nous savons tout; inutile de jouer plus longtemps la comédie.Alors, s'arrêtant parfois, pour comprimer son cœur qui bat à grands coups dans sa maigre poitrine, la jeune fille commence sa navrante confession.Oui, elle a volé.Les diamants étaient là, à portée de sa main.Ah, tout cela n'est pas bien difficile à comprendre.Elle.la malheureuse), que tous bafouent, dont on se moque, celle qu\u2019on a méchamment baptisée Pénélope, la pauvre fille, d'un coup, a pris sa revanche.Ce n'est pas par esprit de lucre, qu'elle a volé, elle sait parfaitement que ces bijoux, sont inécoulables, mais elle pense aussi que d'autres seront suspectés, ceux qui ont tué.par exemple, car elle ignore comment Gradeck est mort.Et surtout, elle hait Tonia, ne l'a-t-elle pas avoué cent fois, elle se dit que cette femme va souffrir, quelle perd une fortune.C'est fini.Elle est résignée à tout.Elle se lève, tend ses poignets à Guichard,' qui hausse les épaules.\u2014 Il ne m\u2019appartient pas de faire ce genre de travail; ces messieurs ont en bas des inspecteurs.Le procureur s'étonne.\u2014 Mais enfin, ces diamants; où sont-ils ?Car je suppose bien que vous les avez retrouvés ?Guichard sourit.\u2014 Comme tous ceux qui vivent ici, à La Closerie, il m\u2019a été donné de les voir chaque jour.\u2014 Allons donc, c\u2019est une plaisanterie.\u2014 Mais non; tenez, rendez-vous compte.Mais oui.ce que tout le monde prenait pour du strass, sur les chaussures de mademoiselle.Hein, est-ce assez bien trouvé ! Sans doute, les enquêteurs ont-ils cherché partout, fouillé toutes les chambres, les 9 valises, même, personne n'a eu l'idée de regarder les pieds d Hortense.Ce fut son premier travail, après le vol.Furtive, elle regagna sa chambre, s enferma, et se mit à coudre les diamants, qui remplacèrent la garniture de ses chaussures éculées.Ah, c\u2019est bien là une idée de femme, et il a fallu une autre femme pour découvrir le pot aux roses.Allons, approchez, Mlle Simone, que M.le Procureur vous félicite.\u2014 Comment, c'est cette enfant \u2014 Envoyée par moi à La Closerie, à qui revient l\u2019honneur de cette découverte.Elle aussi gui se rendit compte que Gradeck n\u2019avait pas.ne pouvait pas avoir été tué dans la cabane du jardinier, fit rapidement enquêter à Paris chez les armuriers II s\u2019agissait bien d\u2019un pistolet appartenant à Mme Gradeck, mais que son mari gardait constamment sur lui, depuis qu'un soir, il avait été attaqué.Entre temps, Simone retrouva les bijoux, comprit l'astucieuse cachette de Mlle Grosbert.Voilà tout.Les magistrats félicitent chaudement Guichard, qui explique : \u2014 Au début, tout le monde s'est trompé.Nous cherchions un assassin, alors qu\u2019il n'y avait qu\u2019une voleuse, et je vous avoue que pour ma part, j'ai été bien près d\u2019abandonner l\u2019enquête.C'est alors que l\u2019idée m'est venue de m\u2019introduire à La Closerie, sous un nom d'emprunt, de vivre la vie des clients; en un mot, de rechercher l\u2019atmosphère même dans laquelle s\u2019était déroulé le drame.La conduite de certains m'intriguait.Hellers, suspect dès le premier jour; Max, capable de tout, et Jean-Marie.Jean-Marie, surtout dont je savais le dévouement de chien pour Mme Gradeck.Quant à Hortense, elle me paraissait le pivot de l\u2019action.Je ne la croyais pas coupable, mais j'étais persuadé qu\u2019elle savait.\u2022 et qu'il était impossible de lui arracher le moindre aveu.Alors, j\u2019ai imaginé la scène du soi-disant empoisonnement.En fait, je n\u2019ai pas cherché à la rendre très malade, mais seulement à la faire vomir.Puis, sous les traits du docteur, je me suis présenté à son chevet, je l\u2019ai soignée, avec d\u2019autant plus de facilité, que je connaissais la cause exacte de son indisposition.Du même coup, j'ai pu inspecter sérieusement sa chambre, comme j\u2019avais inspecté en vain, toutes les autres.Rien, je n'ai rien trouvé, mais .et Mlle Simone m\u2019a certifié le fait, par la suite, Hortense, quoique sérieusement malade, ou du moins le croyant, s'est couchée, sans même se déchausser.N\u2019était-ce point une indication?Il n'en fallut point davantage à mon intelligente collaboratrice pour découvrir peu après la vérité.F I N 11 JUILLET 1942 31 teat de Calàine Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE, du SAMEDI et du FILM %* Economisez \u2014 faites votre thé correctement SALADA ASPIC AU POULET 1 poulet de 5 à 6 livres\t1 carotte 1 feuille de laurier Quelques feuilles de céleri\t2 cuil.à table de gélatine 54 de tasse d'eau froide 3 tasses de bouillon de poulet\t1 tasse de pois de conserve Bien nettoyer le poulet et le mettre dans une casserole avec les assaisonnements.Couvrir d eau chaude \\]/2 pinte environ, et laisser cuire à petit mouil-lement 3 heures ; plus longtemps si nécessaire, la viande doit se détacher des os.Retirer le poulet, le désosser, mettant de côté la peau.Couler le bouillon, en mesurer 3 tasses, y ajouter la gélatine préalablement gonflée dans 1 eau froide et brasser jusqu'à dissolution complète.Verser dans un moule un quart de pouce de gelée, laisser prendre et disposer joliment le poulet, la carotte tranchée et les petits pois.Remplir le moule, couvrir de gelée et laisser prendre bien ferme.Démouler sur un lit de laitue.SANDWICHS RAFRAICHISSANTS Beurrer de minces tranches de pain, couper en rouelles des tomates fermes et des concombres.Si les tomates ont beaucoup de graines, il faudra les enlever.En garnir une tranche, éviter de saler les légumes, car ils deviennent trop aqueux.Il est préférable de saupoudrer plutôt une mince couche de sel sur le beurre.Couvrir de l'autre tranche de pain.SANDWICHS A LA FRANÇAISE Préparer des sandwichs ordinaires soit à la viande, aux légumes ou aux fruits, et les tailler en bandes n'ayant pas plus de 2 pouces de largeur.D autre part, battre 2 œufs, ajouter H tasse de farine et 1 tasse de lait, saler et poivrer.Passer les sandwichs à la poêle dans de la graisse bien chaude.TIMBALE DE SPAGHETTI 2 tasses de spaghetti\t1 gousse d ail 1 petit oignon Quelques branches de céleri\t1 cuillerée à table de sel Yi livre de fromage canadien 154 tasse de lait\t2 oeufs 1 bouquet de persil Cuire dans l\u2019eau bouillante salée le spaghetti avec tous les assaisonnements.Egoutter.Faire chauffer le lait avec le fromage jusqu'à ce que celui-ci soit dissous.Y ajouter le spaghetti, le persil haché finement et les 2 œufs battus.Verser le tout dans un plat à gratin bien beurré et cuir au four de 350° F.45 à 50 minutes.POIRES FARCIES AU FROMAGE 6 poires\t3 onces de fromage à la crème 1 cuillerée à table de raisins Prendre des poires de conserve, les égoutter, rempÜr la cavité de fromage auquel on aura ajouté du raisin.Réunir les deux moitiés de poires.Colorer avec un soupçon de colorant rouge et vert, de façon à imiter la couleur naturelle d'une poire fraîche et légèrement colorée.Introduire à la place du pédoncule un bouquet de cresson et dresser sur une belle feuille de laitue croquante.Servir avec crème fouettée acidulée avec du jus de citron, sel et poivre au goût.CHAMPIGNONS A LA CREME SUR ROTIES 1\tlivre de champignons frais\t1 tasse de lait 1 cuillerée à thé d\u2019oignon râpé 2\tcuillerées à table de beurre\t2 cuillerées à table de farine Laver et trancher les champignons et les faire cuire avec le lait, le beurre et l'oignon 15 minutes.Délayer la farine avec un peu de lait et lier les champignons.Faire jeter quelques bouillons et servir aussitôt sur tranches de pain rôties et beurrées.BETTERAVES A LA RUSSE 4 ou 5 betteraves\t2 cuillerées à table de sucre 2 cuillerées à table de vinaigre 2 cuillerées à table de beurre fondu\t1 cuillerée à table de farine Zl tasse de crème sure Tailler les betteraves en rondelles minces.Saupoudrer de sucre.Ajouter le vinaigre.Mettre dans une casserole, saupoudrer de farine, ajouter le beurre fondu, brasser jusqu'à épaississement.Ajouter la crème sure.Faire jeter quelques bouillons et servir chaud.LES EPREUVES DE PARIS (Suite de la page 6) Depuis ces temps déjà lointains, l'histoire de Paris se continua, tour à tour glorieuse ou sombre, entremêlée parfois de révolutions, mais s\u2019enrichissant aussi de tout ce qui devait en faire, plus tard1, la ville lumière et la capitale du monde artistique.Ce qui prouve l'étonnante vitalité de Paris, ce sont ses épreuves toujours bien surmontées, alors qu'il en eût fallu moins pour faire disparaître d\u2019autres grandes villes.N\u2019cn prenons, pour exemple, que celles du seizième siècle, dues, celles-ci, principalement à la peste.Pendant tout ce siècle-là, la peste fut à peu près permanente à Paris.En 1522, une enquête établit qu'il n'y avait aucune rue de la ville qui ne fût soumise au fléau ; on marqua d'une croix blanche les maisons des pestiférés, ce qui fit qu\u2019on voyait des croix à peu près partout.En 1530, on marqua ces maisons d\u2019une croix de bois aux portes et aux fenêtres ; l'avertissement était plus visible, mais le mal ne s'en répandit pas moins.En 1533, il fallut agrandir de six arpents la superficie du cimetière.En 1544, on se voit obligé d'interdire tous les spectacles publics ; en 1553, on affiche partout les noms des médecins « et barbiers » payés par la ville pour soigner les pestiférés; en 1561, le fléau fait vingt-cinq mille morts ; en 1580, il en fait trente-cinq mille, et la plupart des habitants se sauvent, ce qui donna une belle chance aux voleurs pour piller les maisons désertes.En 1587, la famine s'ajoute à la peste ; la population était alors d'environ deux cent vingt mille âmes.De considérables travaux d'assainissements furent faits, des rues en- tières démolies et reconstruites, et le mal finit par disparaître, car il est surtout favorisé par la saleté.On devrait penser davantage à cela dans les villes où fleurissent les taudis répandant une odeur qui n\u2019a rien de commun avec celle des parfums de luxe.Chose étonnante, malgré les maux qui désolaient la vüle, à ce moment, Paris semblait quand même une merveille à bien des gens, et l'ambassadeur Jérôme Lippomano écrivait, en 1577 : « Paris a en abondance tout ce qui peut être désiré ; les marchandises de tous les pays y affluent, tout semble y tomber du ciel.Cependant, le prix des comestibles y est un peu élevé, car les français ne dépensent pour nulle autre chose aussi volontiers que pour faire bonne chère.C'est pourquoi les bouchers, rôtisseurs, pâtissiers, cabaretiers et taver-niers s'y trouvent en telle quantité que ç'en est une vraie confusion.» Malgré les dures épreuves, on le voit, c'était tout de même encore le bon temps ; ceux qui claquaient ne s'en allaient pas le ventre vide.Hélas ! il paraît que le boche est pir« que la peste, puisqu\u2019il affame un pays par sa seule présence, et les Parisiens d'aujourd'hui doivent envier le sort de leurs ancêtres du seizième siècle.Qu\u2019ils prennent patience, comme la peste a disparu autrefois, le boche disparaîtra demain, c'est-à-dire dans un avenir probablement assez proche maintenant.Il n\u2019y aura plus, ensuite, qu'à faire comme autrefois : à désinfecter partout où le mal aura passé.Hémoglobine.\u2014 Régénérateur du Sang, prescrit par l'élite médicale.Supérieur à la viande crue et aux ferrugineux.\u2014 Admis dans les Hôpitaux de Parte.DÉBILITÉ FAIBLESSE ¦ ^\tSIROP Deschiens * * Coupon d\u2019abonnement Nom -.Adresse _*__ Ville ______ Ci-inclus la somme de $3.50 pour 1 an $2.00 pour 6 mois ou $1.00 pour 3 mois (Etats-Unis : $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 pour 3 mois) d\u2019abonnement au magazine LE SAMED Poirier, Bessette & Ole, limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, p.q. Le Samedi L£SCCR£^Pm üiî HUITIEME EPISODE [flSR &>y» 1.\t,\u2014 « Aidez-moi ! » criait Gisèle, en descendant la côte abrupte, « mes freins ne fonctionnent pas, je ne puis arrêter ma bicyclette.» Réalisant le danger, Philippe courut à sa rencontre.\u2022\t.,V % 2.\t¦\u2014 « A moins que je ne la sauve de ce mauvais pas, Gisèle sera projetée en bas de la falaise », pensa Philippe.Puis tout haut il dit, l\u2019encourageant : « Laissez aller la bicyclette, Gisèle, et donnez-moi vos mains, je vous sauverai.» ThSG « mm 3.\t\u2014 Quand Gisèle fut tout près de lui, Philippe saisit ses mains tendues et l\u2019enleva de la selle.« Je vous tiens, Gisèle », s\u2019écria-t-il, mettant toute sa force à soutenir l\u2019effort que cette secousse lui causait.mm mm 4.\t\u2014 Tournant alors sur ses talons, il tomba dans des broussailles, tirant Gisèle vers lui.Haletante, mais sauve, sans une égratignure, la jeune fille reposait sur le dos, face au ciel.t -w: \\^CrfK - \\ < >2 mm 7.\t\u2014 Philippe se détourna et se mit en train de réparer la bicyclette défectueuse.« Je ne puis retourner au collège avant que mon père ne soit reconnu innocent de cette accusation », répliqua-t-il.« J\u2019ai tenté d'atteindre Dieppe pour le retrouver, mais je n'ai pu le faire.» mm 5.\t\u2014 Se dégageant des broussailles, Philippe s'approcha et s\u2019agenouilla, anxieux, près de Gisèle.« Etes-vous blessée ?» demanda-t-il.Souriante, Gisèle s\u2019assied.« Non, Philippe, grâce à vous », répliqua-t-elle.« Les broussailles ont amorti ma chute.» 8.\t\u2014 En quelques mots, il raconta son aventure à Gisèle et comment M.Seaton l\u2019avait trouvé sur la grève et l'avait amené au Manoir.Gisèle écoutait son histoire attentivement.'ML mm 6.\t\u2014 Se remettant sur pied, Gisèle regarda Philippe, suppliante : « Pourquoi ne revenez-vous pas au collège, Philippe », lui dit-elle.« Vous êtes-vous évadé parce que la police accusait votre père d'être malhonnête ?» 9.\t\u2014 Soudain, Philippe aperçut un homme qui courait vers la falaise.« Voici l\u2019homme que je tentais de retrouver, Gisèle ! » s\u2019écria-t-il, tout excité, montrant le fugitif.(A suivre dans le prochain numéro) 11 JUILLET 1942 33 S i m 1 CENTIEME EPISODE m M J.1.\u2014 Après être débarqués sur une île apparemment déserte, Doris et Munro aperçurent des flammes qui s\u2019élevaient vers le ciel, au lointain.vn 2.\u2014 Les deux jeunes gens se dirigèrent de ce côté et demeurèrent figés sur place ; ils y retrouvèrent leur compagnon Samba.3.\u2014 Chacun raconta son histoire, et ensuite le détective et la jeune fille, rompus de fatigue, s\u2019endormirent profondément.4 ~ïls~s\u2019éveillèrent avec le jour.Le soleil brillait dans une ciel bleu sans nuages.Ils mangèrent ce que Samba avait sauvé du naufrage.5 \u2014 Leur déjeuner terminé, les trois naufragés s\u2019approchèrent du rivage.Tout à coup, Munro s'écria : « Mais regardez donc, voilà le Bombay Queen sur les récifs, nous pourrons nous y rendre à marée basse et rapporter d'autres provisions.» m 6.\u2014 En temps propice, les jeunes gens s engagèrent dans l'eau, tirant le radeau, pendant que Doris y prenait place.7.\u2014 Ils arrivèrent bientôt au bateau échoué.Samba attacha le radeau.Doris se demandait s\u2019il restait quelqu\u2019un sur le bateau.8.\u2014 Ils constatèrent bientôt que le bateau n\u2019était pas habité, et ils firent provision d'aliments de toutes sortes.h 9 - Samba trouva une caisse renfermant des fusils.Il en apporta quelques-uns qu\u2019il se disposait à placer sur le radeau, quand soudain il glissa et tomba a la mer.Munro et Dons s en aperçurent cependant, et accoururent pour lui porter secours.(A suivre dans le prochain numéro J 10.\u2014 L\u2019eau était peu profonde, mais Samba, étourdi par sa chute, ne pouvait s\u2019aider.Bientôt apparut à fleur d\u2019eau la queue d'un requin. 34 Le Samedi A une cinquantaine de milles de Montréal, à un endroit où le paysage est magnifique, un automobiliste s\u2019arrête pour admirer à son aise.Une auto arrive, elle est conduite par un financier qui, lui, ne connaît qu'une seule chose au monde digne d'admiration : l'argent.Il s\u2019arrête également.\u2014 Un pneu crevé ?demande-t-il.\u2014 Non.\u2014 Une panne d'essence ?\u2014 Non.\u2014 Le moteur ne va pas ?\u2014 Il marche à la perfection.\u2014 Mais alors, pourquoi diable vous arrêtez-vous ici ?\u2014 Pour admirer le paysage.Le financier ne dit rien, il remonte dans son auto et part à toute vitesse dans la direction de Montréal ; arrivé en ville, il se dirige vers le plus proche poste de police et informe les agents qu'un fou est sur la route, à une cinquantaine de milles de la ville.\u2022 Une dame rencontre un petit gars qui sacre comme un diable.\u2014 Que dirait ta maman, lui de-mande-t-elle, si elle t'entendait sacrer comme ça ?.\u2014 Elle serait bien contente ! \u2014 Pas possible ! \u2014 Mais oui ; et elle dirait : « Enfin, me voilà guérie, et il y avait vingt ans que j'étais sourde ! » Il peut n'y avoir qu\u2019une seule manière de dire certaines choses, mais il y en a tout de même deux pour les comprendre, tout dépend du sens qu\u2019on y attache selon les circonstances, comme on va le voir.Jos allait voir une blonde qu'il aimait bien et, dans un transport d'amour, il lui dit : \u2014 O ma Cunégonde adorée, si j\u2019étais en train de me noyer dans l'océan, quand je reviendrais à la surface de l'eau pour la dernière fois, tu serais la dernière qui aurait ma pensée.Huit jours après cette belle manifestation d\u2019éloquence amoureuse, Jos et sa blonde étaient mariés.Un jour, la chicane prit dans le ménage, et Jos dit encore : \u2014 Cunégonde, si j\u2019étais sur le point de me noyer dans l'océan, tu serais bien la dernière à qui je penserais.Et, là-dessus, Cunégonde, qui n\u2019avait pas compris les choses comme la première fois, lui envoya la vaisselle par la figure.\u2022 Elle \u2014 Ce n\u2019est pas gentil, tu m\u2019as volé un baiser ! Lui \u2014 Tu es aussi coupable que moi, puisque tu as reçu la marchandise volée.La maîtresse de maison \u2014 Pendant le temps que je prends pour vous dire comment faire votre travail, j'aurais le temps de le faire moi-même.La bonne finaude \u2014 Oui, Madame.Et moi aussi, je pourrais faire la même chose pendant le temps que je prends pour vous écouter.RIONS, c\u2019est Plieure Un homme entre à l'hôtel et demande un double-whisky dans un grand verre.On le lui sert ; l\u2019homme jette le whisky à terre et mange le verre sauf le fond qu\u2019il repose sur la table, puis il s\u2019en va.¦\u2014\u2022 Curieux homme ! dit l\u2019hôtelier à un client ; vous avez vu ce qu'il a fait ?\u2014 Oui, répond le client ; cet idiot-là a laissé le meilleur morceau ! \u2022 \u2014 Ce que je reproche à ma femme, c'est qu'elle se choque un peu trop vite, et alors elle n\u2019a pas toujours conscience de ses actes ; ainsi, hier, elle m\u2019a frappé sur la tête à grands coups d\u2019un gros chaudron de fer.\u2014 En effet, elle a eu tort.\u2014 Je crois bien ! si tu voyais le pauvre chaudron, il est tout aplati et il va falloir que j\u2019en achète un autre.Un ventriloque aimait à mystifier les gens ; un jour, il était à l\u2019hôtel avec son chien, et il se mit à engager une conversation supposée avec l\u2019animal.Les demandes et les réponses se suivaient au grand amusement de ceux qui étaient là.Un de ceux qui écoutaient avait l\u2019air passablement ahuri d\u2019entendre un chien parler, et il voulut posséder ce merveilleux animal à n'importe quel prix.Le chien valait bien cinq piastres, mais il le paya cent, et il trouva encore que ce n\u2019était pas cher.\u2014 Oh ! dit le chien \u2014 ou le ventriloque -\u2014 je viens d\u2019entendre que tu m'as vendu à un étranger ?\u2014 Mais oui, dit le ventriloque, cent piastres c'est une belle somme pour un chien, et tu dois être content.\u2014 Je ne le suis pas du tout, au contraire, et la preuve c\u2019est que maintenant je ne parlerai plus du tout, pour punir celui qui m\u2019a acheté.C'est bien simple : les Dupont ne m'invitent que pour des parties de golf ! En somme, vous êtes le bouche-trou .mk mm Le petit Bob s'est fait punir à l\u2019école, et son père lui demande pourquoi.\u2014 C\u2019est, dit le moutard, parce que la maîtresse d'école a posé une question et que j'ai donné la réponse juste.\u2014 Je ne comprends pas ça, dit le père ; qu'est-ce qu elle avait demandé ?\u2014 Elle a voulu savoir qui avait mis un rat crevé dans son pupitre.\u2022 \u2014 Quel âge a ton petit frère ?\u2014 Un an.\u2014 Et il sait à peine marcher ! Moi, j\u2019ai un petit chien qui a le même âge que ton petit frère, et si tu voyais comme il court fort ! .\u2014 Ce n\u2019est pas étonnant, il a le double de pattes que lui.\u2022 Madame vient d'apprendre que sa servante a l\u2019intention de la quitter pour prendre un autre emploi.\u2014 Est-ce vrai que vous voulez changer d'emploi.\u2022\u2014 Oui, madame.\u2014 Qu'allez-vous faire ?\u2014 On m\u2019a offert un bon salaire comme servante dans une maison de fous.\u2014 Mais vous n'avez pas l'expérience nécessaire ! \u2014 Oh, madame, je crois le contraire ; pensez que ça fait trois ans que je suis chez vous.Monsieur a la grippe, et madame, qui est pleine de sollicitude pour lui, prépare ses repas, les lui apporte au lit et ensuite lave elle-même la vaisselle à l\u2019eau très chaude.\u2014 Pourquoi prends-tu de l'eau si chaude que ça ?demande sa petite fille qui voit que sa maman a failli se brûler.\u2014 C'est parce que papa a la grippe, répond la maman, alors il a des microbes, et c'est pour ça que je fais bouillir les assiettes dont il s\u2019est servi.\u2014 Ah ! répond la petite fille pensive, ça ne serait pas plus simple de faire bouillir papa tout de suite ?Madame \u2014 Tu devrais bien prendre exemple sur les animaux, ils ne boivent que quand ils ont soif ! Monsieur \u2014 Prends exemple sur eux, toi aussi, ils ne parlent jamais.Hitler \u2014 Il n'y a pas deux hommes comme moi sur la terre ; quand je serai mort, le monde comprendra ce que j'ai fait et ce que je voulais faire ! Goering ¦\u2014 Ne te fais donc pas de bile à ce sujet-là, Adolf, à ce moment-là tu n\u2019auras plus à t\u2019en inquiéter, puisqu\u2019on ne pourra plus te casser la gueule ! Un étranger se promène dans une ville, il a besoin d'un renseignement.Comme c'est un homme qui n'a pas de gêne, il donne un coup de son parapluie dans le dos d\u2019un homme qu\u2019il rejoint et lui pose cette question : \u2014 Quel est le chemin le plus rapide pour me rendre à 1 hôpital ?\u2014 Donne-moi encore un coup de parapluie dans le dos, répond 1 homme interpelé, et tu y seras rendu dans cinq minutes.\u2022 .\u2014 Le métier est parfois bien embêtant, disait un facteur à son ami Pa-fin ; tiens, voilà un papier de rien du tout, un simple prospectus, eh bien, il faut que je fasse au moins un mille pour aller le délivrer à un bonhomme qui demeure tout là-bas ! .\u2014 Eh ! répliqua le bonhomme Pa-fin, à ta place, je lui enverrais ça par la poste.\u2022 Un gaillard, qui avait un fort appétit, fut invité chez l\u2019un de ses amis ; celui-ci, sachant que l\u2019autre aimait beaucoup les œufs à la coque, lui en fit servir une douzaine que 1 autre avala sans sourciller ; il en mangea encore six, puis cinq.Cela faisait le joli total de vingt-trois.\u2014 Allons, lui dit son ami, un petit effort et mange un œuf de plus, cela fera juste les deux douzaines.\u2014 Eh, voyons ! répondit l\u2019autre, penses-tu que, pour l\u2019amour d'un œuf, je vais risquer de me faire dire que je mange comme un cochon ?\u2022 Un homme était dans le coma, cependant il prit du mieux et, quelques jours plus tard, il avait pleine conscience de lui-même ; il raconta alors ses impressions à ses amis.\u2014 Je ne voyais et je n\u2019entendais plus rien, dit-il, mais pourtant je savais bien que je n\u2019étais pas mort, parce que j\u2019avais faim et aussi froid aux pieds.\u2014 Qu'est-ce que cela prouvait ?\u2014 Eh bien, si j'avais faim, c\u2019est que je n'étais pas en paradis, et, puisque j\u2019avais froid, c\u2019est que je n\u2019étais pas ailleurs non plus.Un gérant d'assurance lit le rapport d\u2019un accident que vient de lui présenter un employé : « Nature de l'accident : un pouce écrasé ; cause de l\u2019accident : la maladresse d\u2019un autre ouvrier ;\u2022 remarques : .» \u2014 Mais, dit le gérant, vous avez inscrit le mot « remarque » et il n\u2019y en a aucune ?\u2014 Voici pourquoi, répond l'employé ; l'homme au pouce écrasé est si mal engueulé que je n\u2019ai pas voulu écrire toutes les remarques qu\u2019il a faites quand l\u2019accident est arrivé ; c\u2019était à faire dresser les cheveux sur la tête ! L'inpecteur pour l'Hygikne \u2014 Cet enclos à cochons est trop près de la maison, il est nuisible à la santé.Le cultivateur \u2014 J'pense pas.Cet enclos à cochons est là depuis douze ans, et j'en ai pas encore perdu un ! 11 JUILLET 1942 35 sam LUC Wm i r-ï-rTmVr'îi- T3pwyp ;C(WWÉf^ NOTES ENCYCLOPÉDIQUES Le mot wergeld signifie : le prix que vaut l\u2019homme, ou le tarif de la vie humaine.Chez les Germains, d\u2019après Tacite, celui qui avait commis un homicide pouvait se racheter de la peine de mort en donnant aux parents de la victime un certain nombre de têtes de bétail.C\u2019est ce qui se pratique encore dans beaucoup de tribus sauvages.On retrouve cet usage chez les Gaulois, après la terrible invasion des races du Nord, qui, comme un immense torrent, emporta en grande partie la civilisation romaine, sans cependant en arracher, soit en Gaule, soit en Italie, tous les fondements.La loi salique et les lois ripuaires autorisèrent formellement les coupables à se racheter du châtiment qu\u2019ils avaient mérité en indemnisant la victime.Cette manière d\u2019échapper à toute pénalité s\u2019appelait entrer en arrangement ou en composition.La « composition » était le traité, pour ainsi dire, le contrat passé avec la famille ; le wergeld n\u2019était pas en lui-même la pénalité, ce n\u2019était pas une amende : c\u2019était simplement le prix, tel que l\u2019avaient fixé les lois ou l\u2019usage, indépendamment de toute idée de pénalité.Tout homme était supposé valoir une certaine somme, qui était déterminée selon sa condition sociale, selon la classe à laquelle il appartenait.On lit dans la loi salique : « Si l\u2019homme tué était un libre Franc, la composition sera de 200 sous d or ; et si l\u2019homme était antrustion ou comte du roi, elle sera de 600 pièces d or.Si l\u2019homme tué était un homme romain, elle sera de 100 sous.» La loi des Wisigoths évalue la vie de 1 homme libre à 300 pièces d\u2019or.Pour 1 affranchi, le wergeld ou prix n est que de moitié.Ghez les Alamans, le prix de rhomme libre est de 160 sous ; celui de l\u2019affranchi est de 80, celui de 1 esclave de 40.Dans la loi des Frisons, l\u2019homme libre est estimé 53 pièces d\u2019or ; le lite, qui est une sorte d affranchi, 27.Cette dernière loi contient une longue série de wergeld ou tarif de ce que vaut chaque sorte de coup, et se termine ainsi : « Ces chiffres s\u2019appliquent aux hommes libres : pour les nobles, il faut les multiplier par 3 ; pour les lites, il faut en prendre la moitié.La loi des Ripuaires veut que si un clerc à été tué, la composition soit fixée selon la naissance, c\u2019est-à-dire selon qu il était ou serf, ou lite, ou homme libre.Cette loi divise, en effet, dans tous ses articles, les hommes en trois classes : les esclaves, les affranchis, et les hommes libres.Parmi les affranchis ou lites sont les hommes qui ont été affranchis par le roi ou par 1 Eglise, et qui restent soumis au patronage de 1 un et l\u2019autre.\u2022 Mme de Maintenon, qui n aimait guère Louvois, lui envoya cependant une de ses dames d honneur, très jolie femme, lui demander une faveur pour un officier.Louvois refusa.Le lendemain Mme de Maintenon revint à la charge, mais cette fois délégua le roi lui-même.Louvois refusa de nouveau.Et comme le roi s en étonnait : « N\u2019insistez pas, Sire, Mme de L .m\u2019a déjà demandé hier cette faveur et j\u2019ai cru devoir la refuser.Vous ne voudriez pas que votre ministre accordât à la Force ce qu il a refusé à la Grâce.» Le sol de Londres et de sa banlieue s\u2019affaisse de huit pouces et demi par siècle.Des sondages faits dans le lit de la Tamise ont prouvé que le sol sur lequel ont vécu et travaillé les hommes dé l\u2019âge de pierre se trouve maintenant à soixante-cinq pieds au-dessous du niveau de la mer.\u2022 A Philadelphie un Indien âgé de quatre-vingt-dix ans pénétra dans un poste de recrutement, fouilla dans ses poches, et en sortit quinze cartouches antiques, du calibre .44-70.L Indien sortit ensuite deux certificats de bonne conduite dans 1 armée, daté de 1885 et l\u2019autre de 1889.Il avoua timidement qu\u2019après avoir aidé à combattre les Apaches dans la guerre des Plaines, il avait gardé les cartouches.Mais la rareté du métal pour combattre l\u2019ennemi jaune par delà le Grand Océan avait réveillé ses remords.C\u2019est pourquoi il rapportait les cartouches après les avoir conservées plus d'un demi-siècle.\u2022 Pendant les nuits de bombardement le plus intense, plus de deux millions et demi de personnes, à Londres, passèrent ce temps-là dans les abris publics ou privés ; six millions et demi d'autres continuèrent de dormir a la maison, la plupart du temps dans leur chambre habituelle.Dans ses Enfances diplomatiques, d\u2019une lecture si attrayante, M.Wla-dimir d\u2019Ormesson trace de la cour de Copenhague au siècle dernier un tableau dont nous détachons ces quelques lignes : « En ville, la cour recevait peu.Chaque semaine elle assistait, dans la loge de gala, à la représentation de l\u2019Opéra.Pour donner au public, pendant les entr\u2019actes, l'impression d\u2019échanger entre eux des propos très animés, les princes et les princesses avaient pris 1 habitude de compter jusqu à cent et puis de recommencer.« 1, 2, 3, 4, 5, 6, » disait le prince royal.« 7, 8, 9, 10, 11, » répondait la princesse royale.« 13, 14, 15, » intervenait résolument la princesse Ingebord.«16, 17, 18, 19, 20, 21, 22,» ripostait la princesse Thu-ra, qui était bavarde.« Comme nos princes sont gais, ce soir », pensait le public enchanté.» \u2022 Quand Mlle Plessy se présenta chez Rossini pour la première fois, elle lui dit, embarrassée : « Comment faut-il que je vous appelle ?Monsieur est bien froid ; Maître me paraît bien sévère .» Rossini lui frappant familièrement sur l'épaule : « Eh bien ! ma chère, proposa-t-il, appelez-moi mon petit lapin.» Une puce d'eau, la « Daphnia Pu-lex » n\u2019a qu\u2019un seul œil, qui est noir, et son corps est enfermé dans une sorte de coquiLle bien transparente.Quand on l\u2019observe au microscope, même avec un instrument de faibles grossissements, on voit distinctement son cœur battre et les autres organes internes accomplir leurs mouvements.\u2022 Pour l'inauguration du buste de François Ponsard à l\u2019Académie, Henri de Bornier composa une pièce de vers dont il envoya la copie aux journaux la veille de la cérémonie.Dans cet éloge funèbre, le poète, s adressant à l'auteur de l'Honneur et l\u2019Argent.s\u2019écriait : Tu mourus en pleine lumière Et la victoire coutumière T\u2019accompagna jusqu\u2019au tombeau.Quelles ne furent pas la stupeur et l\u2019indignation de Bornier en lisant le lendemain dans un grand quotidien : Tu mourus en pleine lumière Et Victoire ta couturière T\u2019accompagna jusqu'au tombeau.\u2022 La ligne aérienne postale qui fut établie aux Etats-Unis, entre San-Francisco et New-York, en 1920, fut quatre ans sans fonctionner de nuit parce qu'il n\u2019y avait pas de signalisations lumineuses pour la route à suivre.La nuit, le service de la poste se faisait uniquement par chemin de fer comme auparavant.En juin 1779, raconte Le Nôtre, les pages du château de Versailles connurent une frasque énorme, qui mit toute la ville en émoi.On élevait, à la petite écurie, des sangliers pour habituer les chevaux du vautrait royal à la vue et à l'odeur de ces animaux.Les pages ouvrirent leurs bauges et les lâchèrent par la ville.Les fauves, un peu étonnés d\u2019abord, et ne sachant où tourner, errèrent au hasard dans les rues ; mais bientôt « ils eurent à leurs trousses tous les chiens inoccupés de Versailles et devinrent furieux ; une chasse sans veneurs s\u2019improvisa, renversant les étalages, culbutant les passants » éperdus à l'aspect du noir troupeau qui fonçait à travers tout, enfilant les larges avenues, descendant en trombe de Sa-tory à Montreuil et de Montbauron à l'Orangerie.La plupart réussirent à gagner les bois ; mais d'autres, moins avisés, ne quittèrent pas la ville, et « sept mois plus tard » ils n\u2019en étaient pas sortis : on rencontrait des sangliers « dans tous les quartiers » et, pour comble d\u2019épouvante, on savait, à n\u2019en pas douter, que quatre d\u2019entre eux avaient été mordus par un chien enragé ! Il existe, aux Etats-Unis, environ deux cent cinquante éléphants ; sur ce nombre, vingt appartiennent aux marchands ou aux fermes d\u2019élevage, cinquante sont la propriété d\u2019organisateurs de carnavals ou de vaudevilles ; quatre-vingt-cinq appartiennent aux « zoos » et quatre-vingt-quinze aux cirques.Le tombeau du Maréchal Foch aux Invalides, à Paris.Que dirait le vaillant soldat s'il voyait la capitale de la France souillée par les boches comme elle l'est actuellement ! ilsfi ./.\u2022 T) urant vos vacances passez d\u2019agréables moments en lisant nos trois magazines Où que vous soyez, en voyage d affaires ou d agrément, dans les gares, les hôtels, les restaurants, les kiosques à journaux, les pharmacies, vous pouvez être sûr de trouver nos trois magazines : LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM C'est afin que nos abonnés voyagent sans la crainte d'être privés de leurs lectures favorites que tout un personnel expérimenté assure partout la distribution des trois magazines français les plus lus en notre pays.LE SAMEDI Ses documentaires instructifs, son feuilleton, son roman policier complet, sa chronique sportive, etc.LA REVUE POPULAIRE Ses articles variés et intéressants, ses collaborateurs réputés, son roman d'amour complet, etc.LE FILM Son information cinématographique abondante, ses articles illustrés, son roman complet, etc., etc.COUPON D'ABONNEMENT Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d'abonnement aux TROIS grands magazines LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM Nom\tLocalité Adresse\tProvince POIRIER, BESSETTE & Cie, Ltée, 975, rue de Bullion, Montréal, Canada "]
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