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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 8 août 1942
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1942-08, Collections de BAnQ.

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[" t*J GO 54e année, No 11 Montréal, 8 août 1942 DIX CENTS LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS *4.T'sJZn.¦ ¦ «\u2022sw» ¦' Photo ARMOUR LANDRY \u2022\u2022 * \u2022MA \u2022¦* £ £ Ave.S.E S.£ M S CRUS TROC E C R O u LUC! £ E ! I T PIEU T O T fl U soit TET D I U R N fl L N I £ c.£ I Pi h s R O S Ri t P y m MO R fl L MOTIF RASER T 0 T Ê rA fl M £ T M I D fl s T £ S M Pl T I N £ £ nom P E N I T f NT É 1.\tFrais d\u2019un procès.\u2014 Qui contraste violemment.2.\tQuartz calcédoine.\u2014 Dénué d'esprit.\u2014 Allure.3.\tDieu protecteur du foyer domestique, chez les Romains.\u2014 Consacrer au culte.\u2014 Manière d\u2019être.4.\tPoids brut d\u2019une marchandise.\u2014 Principal.\u2014 Unité de mesure pour les surfaces agraires.5.\tSe dit dans l\u2019intimité.\u2014 Ville de France.\u2014 Conjonction.6.\tPatriarche célèbre par sa résignation.\u2014 Métal.\u2014 Dommages.7.\tVenir s\u2019appuyer contre quelque chose.\u2014 Monnaie d\u2019ot valant 10 francs.8.\tEmbellir.\u2014 Nom donné dans l\u2019antiquité aux peuples de l\u2019extrême Orient.9.\tDivertissement.\u2014 Etoffe croisée.\u2014 Roman de Chateaubriand.10.\tBeignet soufflé.\u2014 Religieux de l\u2019ordre de St-François.\u2014 Bruit rythmé.11.\tLui.\u2014 Tests osseux cornés ou calcaires.\u2014 Coups de baguette sur le tambour.12.\tInterjection.\u2014 Privé de cornes, de tentacules.\u2014 Aviateur célèbre.13.\tCôté vers lequel descend une rivière.\u2014 Se suivent dans Erdre.\u2014 Furoncle.14.\tAllée d\u2019arbres qui conduit à une habitation.\u2014 Luronne.15.\tPartie la plus basse d\u2019un navire.\u2014 Peaux de mouton tannées servant à la reliure.1.\tPetits aqueducs.\u2014 Semence qui se trouve au centre de certains fruits.\u2014 Carte à jouer.2.\tTroublé.\u2014 Grande tour célèbre.\u2014 Salutation angélique.3.\tPortion.\u2014 Magistrat principal dans les villes du Midi de la France.\u2014 Puits naturel.4.\tSaison.\u2014 Morceau de musique religieuse vocale.-\u2014 Air mis sur des paroles.5.\tNégation.\u2014 Berceau.\u2014 Cela.\u2014 Pronom personnel.6.\tVisage.\u2014- Enfant célèbre par son héroïsme.\u2014 Indique la forme.7.\tVille de Belgique.\u2014 Ardent à la proie.8.\tFaire voir.-\u2014 L\u2019opposé d'infère, en botanique.9.\tAmener vers soi.\u2014 Instituteur des sourds-muets.10.\tMammifère rongeur.\u2014 Patrie de Garibaldi.\u2014 A moi.11.\tConjonction.\u2014 Dettes.\u2014 Négation.\u2014 Circonstance.12.\tBison d\u2019Europe.\u2014 Yacht de course.\u2014 Ville de la république Argentine.13.\tRagoût de pommes de terre.\u2014 Chimiste qui imagina la méthode de soufrage contre l\u2019oïdium.\u2014 Inquiétude.14.\tMitre à trois couronnes.\u2014 Chanteur.\u2014 Indivisible.15.\tGravé en tête d\u2019une lettre.\u2014 Chambre Haute, au Parlement fédéral.\u2014 En les.ment : des paquets de lettres, cachetés, apparurent.Les lettres que sa femme lui écrivait lorsqu'ils étaient fiancés .Tremblant d'émotion, il en prit un, dénoua le ruban.Comme l'encre avait jauni ! Certains mots s'effaçaient totalement.c\u2019était bien vieux déjà .Il fermait les yeux, et voyait, distinctement, sa femme telle qu'il l'avait connue jeune fille, svelte ; il se rappelait leurs joues rougissantes, leurs regards expressifs, leurs premiers mots d'amour, les caresses, les serments, la joie ineffaçable, et la jalousie, les bouderies .Ses paupières se mouillèrent de larmes ; ce que ne pouvait la crainte de la mort, l'amour, même très ancien, l\u2019accomplissait : il remplissait son coeur d\u2019émotion.Il lut une lettre : « Mon ami, je ne cesse de penser à vous .Constamment, votre image se présente à mes yeux .Toujours, je murmure ces deux mots : je vous aime .Quand je vous ai quitté depuis cinq minutes, il me semble qu'il y a cinq jours .» Une autre lettre : « Qu\u2019aviez-vous, hier soir ?vous ne m'avez pas souri comme d'habitude ! et, quand nous nous sommes séparés, votre poignée de main était bien froide .» Les paquets suivants: lettres échangées après leur mariage, lorsque des voyages les éloignaient.A l'amour conjugal se mêlait, maintenant, celui du foyer.«.Que je voudrais retrouver notre cher nid ! j\u2019ai des grands projets : nous mettrons le piano dans l\u2019angle droit, et, à sa place .» « L\u2019intérieur de maman a beau être confortable, je ne me sens vraiment bien que chez nous.» Et puis, les lettres concernant la naissance d\u2019André qui avait été la grande joie de leur vie ! «.Cette fois, j\u2019en suis sûre : nous aurons un enfant.Voici notre rêve réalisé ! un enfant qui entourera notre cou de ses petits bras, qui grimpera sur nos jambes, qui dira mille bêtises charmantes .Je suis la plus heureuse des femmes .» L\u2019enfant grandissait : il donnait des soucis : «.Pourvu que ce ne soit pas la scarlatine .fais attention .surtout, qu\u2019il ne prenne pas froid .» Minuit sonna.Le président achevait de lire ces lettres.Il les réunit, les embrassa dévotement, et les brûla.Il conserva deux paquets, les lettres d'André, que celui-ci relirait avec plaisir.«.Mon cher papa, cette semaine, je suis second à la composition d'histoire et géographie .» M.Mortier referma le secrétaire et alla à son coffre-fort.\u2014 André, murmura-t-ü, n'aura pas d'ennuis : ma fortune est sagement placée, et je l'ai presque doublé^ depuis la mort de ma pauvre femme.Il ouvrit la lourde porte.« Tout est en ordre, pensa-t-il, en contemplant l'intérieur.Voici soixante mille francs de bons de la défense nationale.Là, quatre - vingt mille francs de rentes sur l\u2019Etat.J'ai, en tout, trois cent mille francs de valeurs.En outre, je possède deux maisons estimées à cinq cent mille francs.Et quelques créances.Près d'un million ! Dans ce coffret, les bijoux de ma femme, qu\u2019elle-même tenait de sa mère et de sa grand- mère : ils seront, bientôt, la propriété d'Alice ; ils ne peuvent, d'ailleurs, tomber en meilleures mains ; cette enfant est charmante, et, en mourant, ce sera ma consolation de savoir André heureux.Sur ce calepin, la liste de mes valeurs, avec les numéros et les époques de tirage.» Il revint à son bureau, rédigea une assez longue note relative à la façon de gérer ses maisons, recommandant de tenir bon avec tel locataire, et de l'expulser dès qu\u2019on le pourrait.La mort prochaine, on le voit, ne le rendait point lâche au point de pardonner \u2014 pour se faire pardonner lui-même là-haut ! Jusqu'au dernier moment, régnerait uniquement, dans son âme, ie droit, le droit représenté par le code.Il hésita un moment : ferait-il un testament ?à quoi bon ?il n\u2019avait qu\u2019un fils, et lui léguait tout ce qu\u2019il possédait, le laissant, d\u2019ailleurs, libre de distribuer des souvenirs en l'honneur de sa mémoire.En évidence, sur le bureau, il plaça les factures acquittées, les livres de comptes.Il fouilla les autres tiroirs, regarda partout, déchira encore des papiers, brûla encore des lettres, et, soudain, sursauta : un coq lançait ses appels impérieux ! Le petit jour, gris, sale, froid, filtrait à travers les rideaux.M.Mortier jeta un dernier coup d'œil circulaire, et passa dans sa chambre à coucher.Il dormit d'un sommeil de plomb jusqu'à dix heures, s\u2019habilla, \u2014 peut-être un peu plus longuement, un peu plus soigneusement que de coutume.\u2014 et allait descendre dans la salle à manger, quand on frappa à la porte.C\u2019étaient Alice et André, pâles, tremblants, et qui s'étonnèrent de nouveau de le trouver si calme, si maître de lui, le visage nullement blanc.\u2014 As-tu bien dormi, papa ?demanda le jeune homme.\u2014 Fort bien, encore que couché assez tard.Je suis content de vous voir tous les deux, j\u2019ai à vous parler.Cette nuit, j'ai mis mes affaires en ordre.Tu trouveras, dans mon coffre-fort, l\u2019état de ma fortune, que tu hérites seul, parfaitement en règle.\u2014 Papa, pourquoi me parles-tu de ça ?\u2014 Mes enfants, il faut être courageux, et regarder le danger en face.Si la mort ne me prend pas, tant mieux ! si elle me prend, je veux mourir sans arrière-pensée.Quand je ne serai plus là, mariez-vous le plus tôt possible \u2014 le temps de publier les bans.Vous trouverez une cinquantaine de mille francs de rentes et cette maison ; avec ce que tu gagnes, vous pourrez mener une vie confortable.Alice, vous trouverez, dans le coffre-fort, les bijoux de ma femme : je désire qu\u2019ils ne soient pas vendus, qu'ils demeurent dans la famille, qu'un jour vous les donniez à vos enfants.Conservez également ces meubles qui me viennent de mes aïeux.La jeune fille ne put s'empêcher de laisser échapper un sanglot.\u2014 Est-ce donc à moi, continua le président, de vous montrer l'exemple du courage ?Mais, elle, tombant à genoux, les mains jointes, supplia, d\u2019une voix entrecoupée de larmes : \u2014 De grâce, mon père, ne siégez pas ! \u2014 Vous me peinez, mon enfant ! prononça-t-il.en se levant solennellement.\u2014 Oui, papa 1 ne siège pas ! \u2014 Comment, toi aussi, mon fils ! mon sang ! Tu me demandes, tu oses me demander de ne pas siéger ! c'est-à-dire de me dérober à mon devoir ! T es-tu dérobé au tien, en août 1914, (Lire la suite page 18 J 8 août 1942 17 FREEZING MIX JUNKET\" MARQUE DE FABRIQUE « d' brj' VANILLINE.CHOCOLAT.ÉRABLE FRAISE AVIS IMPORTANT A nos Lecteurs et Dépositaires POUR des raisons très importantes, nous tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que notre maison, la maison Poirier, Bessette & Cie, Limitée, ne possède et n'édite que TROIS MAGAZINES, qui sont les suivants: Le Samedi La Revue Populaire Le Film Nous n'avons donc aucun lien d'aucune sorte avec tout autre magazine, revue ou publication quelconque de la Province de Québec.LA REVUE POPULAIRE VOUS aimerez à vous reposer dans la lecture de beaux romans d'amour et d'articles sur les sujets les plus divers illustrés abondamment de magnifiques photos et de dessins d'artistes canadiens.PROFITEZ de notre abonnement spécial : En Août : L'AMOUR BALANCE par Concordia Merrel $2.00 pour 2 ans (24 numéros) Au lieu de $1.50 par année.COUPON D'ABONNEMENT 1 D\u2019OFFRE SPECIALE Poirier, Bessette & Cie, Limitée 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.Ci-Joint veuillez trouver $2 pour un abonnement de DEUX ans à LA REVUE POPULAIRE (Pour le Canada seulement).Nom ______________________________ Adresse___________________________ Ville .Prou.Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE, du SAMEDI et du FILM de CxuAlrie HORS-O'ŒUVRE VARIES Oeufs durs farcis : \u2014 Faire cuire 3 œufs durs, les séparer en deux, retirer le jaune, l\u2019écraser finement, l\u2019assaisonner avec un peu de moutarde, du sel et du poivre et remplir de nouveau.Ces œufs pourront être joliment découpés.Carottes au fromage et au piment : \u2014 Trancher bien minces des carottes en rouelles, beurrer de fromage à la crème auquel on aura mêlé un peu d\u2019échalotes hachées, et garnir d'une petite touche de piment rouge.Rouleaux au céleri : \u2014 Tailler très mince du saucisson, badigeonner légèrement de moutarde et enrouler autour d un petit cornichon de deux pouces et demi de longueur.Canapé aux tomates : \u2014 Couvrir une mince rondelle de pain rôti de pâte de sardines.Y placer au-dessus une rondelle de tomate de même dimension, saupoudrer de fromage râpé et faire griller au four.Laitue farcie : \u2014 Fouetter un quart de tasse de crème, ajouter 1 cuillerée à table d'olives hachées finement et 1 cuillerée à thé de jus de citron.Y incorporer 1 cuillerée à table de persil haché finement, déposer sur petites feuilles de laitue ou d\u2019endive.Servir très froid.GIGOT D'AGNEAU ROTI Essuyer soigneusement la viande et la saupoudrer légèrement de farine.Couper une gousse d\u2019ail en minces filets, faire quelques incisions dans le gigot et y insérer l\u2019ail.Mettre sur un gril dans une lèchefrite, saler et saupoudrer 1 cuillerée à thé de sucre au fond.Faire cuire au four de 300° F.trois heures.Une heure avant la fin de la cuisson, ajouter 1 tasse d\u2019eau chaude, quelques tranches de carottes et d'oignon, des feuilles de céleri, si l'on en a, et continuer la cuisson.On pourra également mettre dans la lèchefrite des pommes de terre préalablement cuites dans leur pelure et épluchées pour les faire dorer.CAROTTES GLACEES AUX PETITS POIS Prendre des grosses carottes et les tailler en tronçons de trois pouces.Les faire cuire jusqu\u2019à ce qu elles soient tendres, mais bien fermes, dans l'eau bouillante salée.Les séparer en deux sur la longueur et les creuser, c'est-à-dire enlever le cœur.Remplir de petits pois verts sautés au beurre.SHORT-CAKE AUX POMMES Défaire en crème un quart de tasse de végétaline.Y ajouter une demi-tasse de sucre et brasser pour obtenir un mélange qui soit bien crémeux.Ajouter un œuf et bien battre.Tamiser de la farine et en mesurer une tasse et demie.Ajouter deux cuillerées et demie de poudre à pâte, un quart de cuillerée à thé de sel et tamiser de nouveau.Ajouter au premier mélange alternant avec une demi-tasse de lait.Aromatiser avec une cuillerée à thé de vanille.Verser la pâte dans deux assiettes à gâteaux beurrées et cuire à 375° F.20 à 25 minutes.Démouler, refroidir et garnir de beurre de pommes.BEURRE DE POMMES Laver et couper en morceaux 8 à 10 pommes.Cuire avec une demi-tasse d\u2019eau jusqu\u2019à ce que tendres.Passer en purée.Remettre sur le feu avec une demi-tasse de sucre et cuire jusqu'à ce que ce soit épais.Laisser refroidir, et mettre entre le gâteau.Garnir le dessus de crème fouettée et de beurre de pommes.CHOWDER AUX TOMATES Mettre dans une casserole 2 cuilllerées à table de végétaline et y faire bouillir un oignon finement haché.Ajouter 1 boîte de tomates, 1 pinte d'eau chaude, 1 tasse de pois verts, 1 tasse de fèves en gousse coupées en bouts d'un pouce puis 1 tasse de pommes de terre coupées en cubes.Faire bouillir le tout une demi-heure et servir bien chaud.CROQUETTES DE LEGUMINEUSES Ecraser en purée 2 tasses de fèves cuites.Bien mêler avec 1 oignon moyen haché très finement, sel et poivre.Etendre à l\u2019épaisseur d\u2019un demi-pouce dans une lèchefrite beurrée et laisser reposer au froid.Couper en carrés, passer dans un œuf battu avec 1 cuillerée à table de lait dans de la fine chapelure et faire cuire à la poêle dans de la graisse bien chaude ou dans la grande friture à 375° F.Servir avec une sauce persillade.SAUCE PERSILLADE Mettre fondre dans une casserole 2 cuillerées à table de beurre, y ajouter 3 cuillerées à table de farine, brasser pour obtenir un mélange crémeux, puis délayer avec une tasse et demie de lait, et laisser cuire en brassant jusqu\u2019à ce que la sauce soit bien lisse.Saler, poivrer et y incorporer 2 cuillerées à table de persil trois et 1 cuilllerée à table d\u2019échalotes finement hachées.Vous êtes fière du petit pot de moutarde que vous préparez vous-même pour votre table.Car une saveur agréable plaît, et la Moutarde est savoureuse \u2014 elle a une saveur piquante et relevée qui rehausse n\u2019importe quelle viande\u2014chaude ou froide \u2014et sa belle couleur dorée est appétissante.Les sandwiches aussi sont plus alléchants quand on y ajoute ce condiment piquant que n\u2019importe qui peut faire en un instant avec la Moutarde Keen bien connue.En vente chez tous les épiciers.Délayez peu à peu à l\u2019eau FROIDE jusqu\u2019à consistance de crème très épaisse, en remuant bien et en écrasant les grumeaux.C\u2019est simple! Facile! Délicieux! F357S LONpntj D.S.F.(DOUBLE- MENT SURFINE) FAITE AVEC\t- DE LA GRAINE DE MOUTARDE PURE 18 Le Samedi UN RAYON INVISIBLE (Suite de la page 16) ' lorsque le tocsin t a appelé sous les armes?as-tu déserté, lorsque tu as entendu le canon ?qu'aurais-tu pensé de moi, si, à ce moment, je t\u2019avais demandé : « André, abandonne ton poste ! » Si un autre que moi te 1 avait demandé, tu l\u2019aurais giflé ! Ne pas siéger serait me déshonorer, te déshonorer, nous forcer de quitter la ville, de nous réfugier très loin.Mes six prédécesseurs ont accompli leur tâche jusqu au bout, j'accomplirai la mienne.« Ce qui m\u2019irrite, surtout, c'est la pensée que j\u2019aurais l\u2019air de craindre 1 inexplicable, l'inconnu, comme un bébé, comme une vieille commère ! La justice plane sur la superstition, les peurs mondaines, les émois terrestres ; elle ne reconnaît que ce que la science officielle lui désigne, elle ne s'occupe pas des histoires de sorciers et de bonnes femmes, la justice domine tout et tous.Ce mystère qui effraie tant m'attire, au contraire ! Ainsi qu'au monstre de l\u2019antiquité, il lui faut des victimes, mais il sera percé ! Il faudra sept, huit, neuf présidents, mais l\u2019un, enfin, en triomphera ! « Eh ! quoi ! placeriez-vous l'amour de la famille, amour matériel, au-dessus de la justice, ce principe spirituel, divin, sur lequel repose la patrie française ?Pleurerez-vous votre père qui sera tombé pour le droit ?Vous devrez simplement en éprouver de la fierté, et donner sa vie en exemple à vos enfants.André n\u2019a pas voulu être magistrat ; si vous avez un fils, qu'il le soit.Les carrières de la magistrature et de l\u2019armée sont les plus belles, les plus nobles.« Et, maintenant, embrassez-moi et allons déjeuner ! Il est onze heures, il ne s'agit pas de me mettre en retard ! » VII LE SEPTIÈME PRÉSIDENT Alice ne s'assit pas, servant elle-même au président ce qu'elle-même avait préparé.\u2014 Vous êtes une merveilleuse cuisinière, lui déclarait celui-là à chaque plat, et vous voyez que je fais honneur à vos confections ! Il mangeait, en effet, de bon appétit, cependant qu\u2019André, de plus en plus nerveux, se contentait de le regarder.\u2014 Monsieur, annonça la femme de chambre, c'est le greffier du tribunal qui voudrait parler à Monsieur.Il dit qu\u2019il a un petit paquet à lui remettre.\u2014 Je vais le recevoir ! s'écria André.\u2014 Pourquoi ?Qu\u2019il entre ! ordonna le président.Le greffier se présenta, tenant, en effet, un petit paquet, sur lequel le jeune homme était fermement résolu à se précipiter au cas où il aurait contenu des gâteaux ou des fruits, et qu'il ne quitta pas des yeux.\u2014 Quel bon vent vous amène ?interrogea M.Mortier.\u2014 Alors, monsieur le président, vous êtes décidé à siéger ?\u2014 Certes, mon brave ! \u2014 Eh bien ! je viens vous apporter la clef du pupitre présidentiel : c\u2019est une vieille coutume, toujours en usage à notre tribunal.Disant cela, il tendait le paquet.André le lui arracha des mains, et l\u2019ouvrit : il ne contenait qu'une clef, une petite clef.I! la retourna dans tous les sens, tant que l\u2019autre finit par dire, en souriant : \u2014 Oh ! vous savez, elle n\u2019est pas truquée ! \u2014 Les vieilles coutumes sont charmantes, et vous avez raison de les perpétuer.Prenez un verre et trinquons : trinquer est aussi une vieille coutume française ! Le greffier leva son verre, but auelques gouttes, remercia, et s'en alla.La dernière piste s\u2019était envolée.Le président acheva tranquillement son café et, ayant consulté sa montre, déclara : \u2014 C'est l'heure de partir ! Tous les trois s'apprêtèrent et quittèrent la maison.André, portant la serviette de son père, se tenait à sa gauche.Alice marchait à sa droite.Mais comme ils passaient devant la demeure du docteur Faustin, la jeune fille leur dit : \u2014 Je vous demande la permission de vous abandonner cinq minutes, je vais prendre des nouvelles de papa.Devant le palais de justice, la foule se pressait, se bousculait, assiégeant les grilles, qu'un service d\u2019ordre défendait péniblement.Quand elle aperçut le président Mortier, elle s\u2019écarta respectueusement, les hommes se découvrant, silencieusement, les femmes s'inclinant.Cela ressemblait au passage du condamné à mort .Des voix murmurèrent : \u2014 Bravo ! Le président et son fils durent s'arrêter : des photographes et cinématographes leur barraient le chemin ; M.Mortier les contenta de bonne grâce, et, même, il sourit et fit semblant de prononcer un discours.\u2014 Je ne sais s\u2019il « crâne », disait-on, mais, assurément, il n\u2019a pas l\u2019air d'avoir peur ! il est admirable ! Il put enfin franchir la grille et pénétrer dans la loge du concierge, qui lui remit un monceau de lettres et télégrammes, et, soudain, rougit : \u2014 Monsieur le président, bégaya-t-il.à cause de ce que m\u2019a rapporté M.votre fils, je vous souhaite la bienvenue comme nouveau président.mais je vous la souhaite sans .rien vous offrir ! \u2014 Offrez ! offrez ! riposta André.Offrez à mon père un petit verre de votre fameux marc et vous m\u2019en offrirez un aussi ! Ils burent et, non sans peine, le président et son fils atteignirent l'escalier menant à la salle d'audience et au cabinet précédent celle-ci.Jamais cette salle n\u2019avait regorgé d\u2019un monde semblable, d'une assistance aussi tassée, aussi énervée, aussi inconvenante : désœuvrés, journalistes, reporters, médecins, chimistes, savants, demi-mondaines, femmes et hommes de toutes les conditions, attirés par une curiosité malsaine, par la perspective du danger, par le voisinage de la mort, comme par une course de taureaux ou un exercice acrobatique périlleux.Les bas instincts de notre triste humanité qui redoute la souffrance pour elle-même, mais en aime le spectacle ! Certains.malgré la solennité du lieu, ne craignaient pas d\u2019engager des paris.« Mourra ! mourra pas ! » Il n'était plus question de justice ni de procès, il ne s'agissait plus que d\u2019une sorte de duel qui s'engageait dans des conditions mal définies ; il s'agissait, uniquement, d\u2019assister à la mort d'un homme sans défense ! Ajoutez une collection d\u2019inspecteurs de la Sûreté dévisageant et surveillant chacun.Au reste, tous se méfiaient, s\u2019entre-regardaient discrètement : le voisin n'était-il pas le coupable ?il avait l\u2019air méchant, hypocrite : une tête d\u2019assassin ! Les femmes, surtout, se montraient terribles de cruauté.\u2014 Mon cœur bat comme à un beau drame ! dit l\u2019une, à haute voix.\u2014 L\u2019audience ne commencera donc pas ?quelle heure est-il ?midi moins cinq minutes ! que c\u2019est long ! C est égal, nous avons eu de la chance de trouver deux places ! et si près du tribunal ! nous verrons tout ! \u2014 Moi, j\u2019ai ma lorgnette et je vous réponds que je ne le quitterai pas des yeux, j'aperçois la plus petite contraction du visage.Passant par la petite porte réservée aux magistrats et aux avocats, André vint s\u2019installer au premier rang.Presque au même instant, passée par le même chemin, Alice venait le rejoindre.Il lui trouva un sourire singulier et allait l\u2019interroger, quand la porte du fond s'ouvrit et l\u2019huissier annonça, gravement : \u2014 Le tribunal ! Tous se levèrent.Le président Mortier, suivi de ses assesseurs et du substitut, se dirigeait vers son fauteuil et s'asseyait tranquillement.\u2014 L'audience est ouverte ! décla-ra-t-il.Greffier, appelez les rôles ! L'assistance n'en revenait pas.L\u2019assistance était .déçue ! elle aurait voulu le voir livide, grelottant, défait ! Le greffier avait terminé l\u2019appel des causes.\u2014 Seule, la première affaire retenue ! prononça le président.Les autres, à huitaine ! Immédiatement, les deux avocats de la cause retenue occupèrent leurs places et le plaignant, debout, commença sa plaidoirie, se lançant dans des considérations juridiques fort subtiles, qui obligèrent les juges et le substitut à fouiller leurs énormes codes.Le président semblait prendre grand intérêt à le suivre dans son argumentation si serrée ; à plusieurs reprises, il l'interrompit, discutant l\u2019interprétation de certains articles.Ce fut ainsi jusqu'à deux heures et demie, heure de la suspension d\u2019audience.Toujours très calme, très naturel, le président, suivi des autres magistrats, se retira dans leur cabinet.Les nerfs pouvaient enfin se détendre ! la première partie du drame était achevée ! Les langues s\u2019en payèrent.\u2014 Il est admirable ! il paraît complètement ignorer son sort ! quel mépris pour la mort qui le guette ! quel empire sur lui-même ! \u2014 Oui 1 c\u2019est un as ! Mais, après tout, jusqu\u2019à maintenant, il n\u2019avait rien à redouter : le danger ne s\u2019élève qu'à trois heures.\u2022\u2014 Evidemment .seulement l'appréhension de ce danger suffirait à en abattre d\u2019autres ! La pensée que l'on n\u2019a plus que quelques heures à vivre .Enfin, un timbre électrique retentit, la porte du fond s\u2019ouvrit, l'huissier annonça le tribunal ; celui-ci entra et s\u2019installa.Trois heures sonnèrent à l'horloge de la cathédrale.\u2022\u2014 Maître, dit à l'avocat le président, d'une voix parfaitement assurée, vous avez la parole.Sans pudeur, les femmes braquèrent leurs lorgnettes.Les cœurs battaient à grands coups.Dans la salle, un profond silence régnait, dans lequel éclataient les paroles de l\u2019avocat.Une dame bégaya : \u2014 Je sens que je vais avoir une attaque de nerfs.Au même instant, elle tomba à la renverse ; on l'emporta.Comme avant la suspension d\u2019audience, le président écoutait attentivement la plaidoirie, prenant des notes, consultant le code.Il n\u2019était pas de ces juges qui dorment en rédi- geant leur correspondance personnelle pendant qu\u2019on s\u2019adresse à eux.Les femmes le fixaient de plus en plus hardiment, échangeant leurs impressions à voix basse, tremblante.\u2014 Pas un muscle de son visage ne tressaille .il ne pâlit pas .\u2014 C\u2019est incroyable ! Ah ! il me semble qu\u2019il vient de laisser échapper une légère grimace de douleur ! \u2014 Vous vous trompez ! il n'a pas bougé ! Trois heures cinq .trois heures dix .trois heures quinze .\u2014 Cette fois, il a sursauté, j'en suis sûre ! \u2014 Vous rêvez, ma chère, c\u2019est de l'hallucination ! Trois heures trente .L avocat continuait sa plaidoirie et le président continuait de l'écouter attentivement.Au premier rang, André, livide, fermait les yeux pour ne pas voir, ou les baissait, regardant le parquet.Alice contemplait M.Mortier avec une froideur et une indifférence qui étonnaient et indignaient son fiancé : ne partageait-elle pas son émotion, ou ce flegme apparent ne serait-il que d'un effort surhumain ?Trois heures quarante-cinq .Quatre heures .Rien .Les hommes respirèrent plus librement, les femmes s'éventèrent moins fébrilement .Quatre heures quinze .\u2014 C'est fini, murmura quelqu\u2019un : lui ne sera pas touché.L\u2019assassin a eu peur, il s'est enfin arrêté.Quatre heures et demie .Maintenant, un léger bourdonnement d\u2019impatience s\u2019élevait dans la salle, que le président dut apaiser paternellement, en frappant sur le bureau avec un couteau à papier.Au reste, l\u2019avocat terminait sa plaidoirie, et, bientôt, le magistrat annonçait : \u2014 A huitaine pour l'autre plaidoirie ! L'audience est levée ! Il y eut un « ouf ! » général de soulagement, et la foule se leva et s\u2019écoula bruyamment, tandis que, dans son cabinet envahi, M.Mortier ne savait à qui serrer la main.A peine avait-il pu embrasser son fils et Alice.Dehors, ce fut une formidable ovation, les gens criant : « Vive le président Mortier ! », voulant le toucher, le féliciter, lui barrant le passage.Des photographes lui demandaient encore un instant de pose et, bien que pressé de goûter un repos largement gagné, il le leur accordait volontiers.Des reporters l\u2019interviewaient, réclamant ses impressions d\u2019audience, lui infligeant des questions stupides.Et, déjà, dans la rue.les camelots hurlaient des journaux portant, en énorme manchette, ces mots : L'audience s\u2019est bien passée ! VIII LE RAYON FATAL T e président achevait de dîner E-> gaiement, en compagnie de son fils, quand Alice entra, baissant la tête, tremblante, livide, bégayant : \u2014 Monsieur le président, excusez-moi, je voudrais vous parler .\u2014 Qu\u2019y a-t-il, mon enfant ?pourquoi cet air triste ?que vous est-il arrivé ?êtes-vous malade ?J'auraisv je 1 avoue, aimé à vous voir plus joyeuse, ce soir.Et pourquoi m\u2019appelez-vous « monsieur le président », au lieu de « mon père », ainsi que vous en avez l\u2019habitude ?\u2014 C est .au magistrat seul que je m adresse, c est à lui que je viens demander la grâce de 1 être qui m'est le plus cher au monde, celle de mon père ! \u2014 La grâce de votre père ?Calmez-vous, asseyez-vous, l\u2019émotion vous a troublée, vous avez tenu à 8 août 1942 19 assister à cette pénible audience, c\u2019était au-dessus de vos forces ! \u2014 Non, monsieur le président, je suis, hélas ! très calme et vous supplie de m'écouter .Il fit un geste d\u2019acquiescement.Alors, elle, d'une voix basse, sourde, se confessa : \u2014 Aujourd'hui, après le déjeuner, comme nous sortions de chez vous, une idée épouvantable traversa mon cerveau.Je me rappelai la haine mortelle que mon père portait à tous les magistrats, depuis la perte de son procès; je me rappelai plusieurs menaces qu'il avait proférées contre eux.Pourtant, je ne pouvais prendre au sérieux une telle pensée : mon père ! papa! Cela me tracassa à un tel point que je vous quittai, presque subitement, mais je n\u2019y tenais plus ! et, à cet instant, rien n\u2019aurait pu m'arrêter, un génie mystérieux me poussait irrésistiblement.« Vous connaissez la situation de notre maison : elle est mitoyenne avec le palais de justice.Mais il était une chose à laquelle je n\u2019avais jamais réfléchi : le laboratoire de papa se trouve, exactement, à la hauteur de la fameuse salle d'audience, et n'en est séparé que par l\u2019épaisseur d\u2019un mur assez mince ; il n\u2019est séparé du dossier du fauteuil présidentiel que d\u2019un mètre ! Encore une fois, je n'avais jamais songé à cela, et, à cette minute, le plan des lieux m'apparaissait, devant les yeux, très net, comme dessiné par un architecte.« J'ouvris la porte de la rue sans faire de bruit, et.le cœur battant à grands coups, je montai silencieusement l\u2019étage.Je prêtai l\u2019oreille : aucun bruit, sauf celui d'une sorte de ronflement, une machine électrique en action ! La porte du laboratoire était entr\u2019ouverte .papa ne m'attendait pas ! Au reste, si elle avait été fermée, j\u2019étais décidée à courir au tribunal et à vous prévenir.Doucement, doucement, je la poussai, et je regardai : dans le fond, c\u2019est-à-dire du côté du mur du palais de justice, une énorme ampoule de rayons X brillait d\u2019un éclat lunaire, et mon père, les yeux protégés par de grosses lunettes entourées de cuir, s\u2019exerçait, à l'aide d\u2019un énorme réflecteur de plomb, à les projeter dans cette direction.« J'entrai, criant : « \u2014 Papa, que fais-tu ?« Lui se retourna, furieux, effrayant, les joues pâles de colère, les yeux farouches, la bouche écumant, le corps tremblant.« \u2014 Qui t\u2019a permis d'entrer ?hur-la-t-il, d'une voix terrible.Sors ! je te l\u2019ordonne ! je te chasse ! « ¦\u2014 Papa, papa, que fais-tu ?« \u2014 Sors ! « \u2014 Non ! je t\u2019empêcherai de commettre un nouveau crime ! je sauverai le président Mortier ! « A ces mots, il bondit sur moi, je n'eus que le temps de me jeter de côté.Son visage n'avait plus rien d'humain : papa était fou ! « \u2014 Toi, ma fille, tu viens m espionner ! tu vas me dénoncer ! je te tuerai aussi ! « De nouveau, il s\u2019élança sur moi, réussissant, cette fois, à me saisir le cou, voulant, sans doute, m'étrangler ! Je pus encore crier : « \u2022\u2014 Assassin ! «Subitement, il m'abandonna, murmurant : « ¦\u2014 Elle m'appelle assassin !.« Déjà, il revenait à l'ampoule et reprenait le réflecteur.Le malheureux, poursuivant son idée, avait oublié ma présence ! Je m\u2019emparai d'un marteau qui traînait, et, de toutes mes forces, j'en assénai un coup sur le commutateur.Un éclair aveuglant déchira la pièce, un tourbillon de fumée s'éleva, des flammes léchèrent les murs : j\u2019avais détermi- né un court-circuit et provoqué un commencement d incendie.« Mais, monsieur le président, vous étiez sauvé ! les appareils ne fonctionnaient plus 1 Alice se tut, sanglotant, tombant à genoux, joignant les mains.Le président la releva paternellement, disant : \u2014 Je vous dois la vie, mon enfant, et la justice vous doit la fin de cet horrible cauchemar.Quoi qu'il vous en coûtât, vous avez accompli votre devoir, je vous en félicite ! \u2014 Hélas !.murmura la jeune fille, j'aurais pu l\u2019accomplir sans dénoncer mon père .-\u2014 Ne regrettez rien : le docteur Faustin ne possède plus sa raison.Il importe de le conduire, le plus tôt possible, dans une maison de santé, argentés chaussaient mes pieds et complétaient ma toilette.On frappe à la porte !.Je crie : « Entrez ! » .C\u2019est père qui vient jouir de sa surprise ! A peine a-t-il franchi le seuil de la porte de ma chambre, qu\u2019il s'arrête.Ses yeux qui riaient en entrant, s'assombrissent et un nuage couvre son front.« Père, m'écriai-je, petit père chéri.qu'y a-t-il ?» Nous vivions trop l\u2019un pour l'autre que je n'aie pas senti cette ombre qui, soudain, assombrissait son cher visage.Doucement, sans mot dire, il m\u2019attira à lui, puis, m'éloignant un peu de lui pour me regarder de nouveau, il me dit tout bas : « C\u2019est que, vois-tu, tu n'est plus toi, tu es Elle ! » « Elle », c'était maman, ma petite maman que je n\u2019avais pas connue, et dont j\u2019étais, paraît-il, le vivant portrait.Maman, partie en quelques jours par suite d'un refroidissement, maman, dont les années n'avaient pas effacé le souvenir dans le cœur de mon père.Nous en parlions si souvent qu'elle était demeurée vivante entre nous.Je jetai mes bras autour du cou de celui à qui je devais tout, et bientôt je vis disparaître le nuage sur sa physionomie.« Allons, allons, Mademoiselle, fit ce cher papa, laissez-moi vous admirer un peu ! Vous êtes ravissante, et je serai, ce soir, le plus envié des pères.» Je ne tenais plus en place.J\u2019enfilai mes longs gants blancs ; père jeta sur mes épaules une sortie de bal en fourrure, et nous voilà en route.Je ne cessais de parler, je ne trouvais pas de mots pour exprimer ma gratitude et ma grande joie à mon cher compagnon, mais pour lui, mes yeux brillants, mon babillage étaient suffisants, et il jouissait de mon premier bal presqu'autant que moi-même.Nous arrivâmes chez nos hôtes vers dix heures.Déjà la fête battait son plein, et les salons, brillamment illuminés, regorgeaient de monde.J'aurais voulu faire une entrée solennelle \u2014 je me l'étais bien promis \u2014¦ mais j\u2019étais si émue que tout était brouillé devant mes yeux, lesquels, quoiqu\u2019on les dise très grands, ne l'étaient pas encore assez ce soir-là pour tout voir en même temps.J'entendis comme en rêve la voix de notre hôtesse qui disait à mon père : « Mon cher Claude, cette petite est trop jolie, je ne réponds plus de mes danseurs.» Et puis, au bras de mon père, je commençai à faire le tour du salon, mais je n\u2019allai pas où des soins intelligents le guériront, peut-être.Cette solution permettra, en outre, de l\u2019arracher à la justice, devant laquelle il ne sera plus responsable.Grâce à sa fortune, on pourra le mener dans une clinique où il jouira du confort voulu.Soyez donc rassurée.\u2014 Pauvre papa .fou .enfermé .André s\u2019était levé et rapproché de sa fiancée ; il lui prit doucement la main, murmurant : .\u2014 Alice, votre père guérira, et, bientôt, rien ne troublera notre bonheur.L'avenir nous sourit, sourions-lui.\u2014 Oui, mes enfants, ne redoutez pas l'avenir : vous êtes la jeunesse et l'espérance, vous serez heureux ! René Schwaeblé bien loin \u2014 des jeunes gens, qui connaissaient papa, demandèrent à être présentés et sollicitèrent la faveur d\u2019une danse.Avant que j'aie pu me reconnaître, toutes mes danses étaient réservées pour jusqu'à fort avant dans la nuit.Et je dansai, dansai, tournai, jusqu\u2019à épuisement presque complet.Mes cavaliers rivalisaient d'esprit et d'attentions et au cours de ce bal, je me plus à croire que j'en étais la reine.Parfois, je rencontrais les yeux de papa et nous échangions un regard si plein de chaude tendresse que, par comparaison, des mots eussent semblés sans signification.Que me racontèrent mes danseurs ?Quels compliments me firent-ils ?Que leur répondis-je ?Je ne sais plus ; je n\u2019ai jamais dû le savoir ! Tout était trop nouveau, trop merveilleux pour moi ! Quelque part, à une malencontreuse horloge, trois heures sonnèrent.Je n'avais pas encore réalisé que les salons se vidaient peu à peu.Père s\u2019approchant, s\u2019excusa de m'enlever à si charmante compagnie mais que son devoir de père l'exigeait.Mes chevaliers \u2014 comme je me plaisais à les appeler \u2014 se recrièrent mais papa fut sans pitié.Je ne savais si je devais lui en vouloir ou l\u2019en remercier, car dès ce moment, je ressentis toute la fatigue d une soirée aussi mouvementée.Et pourtant je ne voulais pas rompre le charme et j\u2019aurais voulu faire durer cette soirée indéfiniment.Nous prîmes congé de nos hôtes, leur redisant tout le plaisir que nous avions goûté, et dans la voiture qui nous emportait, je me blottis près de papa.J\u2019avais tant de choses à lui raconter ! Mais avant que j\u2019aie pu dire un mot, il mit son doigt sur mes lèvres, appuya ma tête sur son épaule et docile, malgré mon désir de ne pas dormir, de faire revivre dans mon imagination tous les moments du bal, je fermai les yeux et le sommeil m\u2019emporta sur son aile plus rapidement que la limousine qui nous ramenait «chez nous ».Je me souviens vaguement que papa m\u2019aida à descendre à l\u2019arrivée à la maison et que la bonne m\u2019aida à me dévêtir, mais tout cela reste imprécis.Je me mis au lit, j\u2019essayai de me souvenir de ceux avec qui j\u2019avais dansé, mais je ne pouvais réussir à placer un nom sur leurs figures, lesquelles peu à peu se brouillèrent, s\u2019effacèrent, et je m\u2019endormis pour de bon.Mon premier bal était chose du passé.Jehanne deGen MON PREMIER BAL (Suite de la page 9) FLYTPADS Les Papiers à Mouches WILSONS TUENT REELLEMENT Un papier tuera de» mouches toute la journée et chaque jour pendant 2 ou 3 semaines.3 papier» dans chaque paquet.Pas d\u2019arrosage, de viscosité et de mauvaise odeur.En vente dans les Pharmacie», les Epicerie» et les Magasine Généraux.10 CENTS LE PAQUET POURQUOI PAYER PLUS?rhf WILSON FLV PAD CO-, Hamilton, Ont, Rain Ring LANCES ajustables BREVETÉES 1ST fl1 KajnKii.1 POUR GAZONS ou JARDINS STATIO*NNAIRE ou ROTATIF JET FIN ou EPAIS MODELES POUR GRAND ou PETIT ARROSAGE En vente chez les principaux quincailliers.t _ \u2022 s, .I* 1V Coupon d\u2019abonnement LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM C1-lnclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d\u2019abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Nom Adresse_________ Ville__________________ Province POIRIER, BESSETTE
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