Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 15 août 1942
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Nouveau samedi
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le samedi, 1942-08, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" '-mrjB y« ?* - %\u2022* a ^ «à * * iff M&k 0T^ S&*»,«^*.Ti ' jfM> SL**», âf**' .j ¦to * 1 n %&V s m pÊSZSk ** jt ^îm^SS, A&r -^- WPBBj \u2022*+&£, \"* l Itljl UjliTT 2fr Le Samedi CETTE SEMAINE, IL Y A UN AN ETOILE PARAMOUNT moruca, a un Secret de Beauté pour vous C^mutcent cette C^a^ttvoMte (^Lnle (te l\t'cuin jjfc&tè^e &nt C-ypuLvcmt *^t)ow>c et uttiU ill.faut au teint le meilleur soin pour CT^faire face à la camera jour après jour.Veronica Lake est avisée.Elle donne à son épiderme la protection d\u2019un nettoyage parfait\u2014avec le Savon de Toilette Lux.\"Tapotez l* fiche mousse dans la peau,\u2019\u2019 dit-elle.\"Rincez à l'eau chaude, puis froide, et asséchez en tapotant.Ce simple soin est une aide de V>- beauté précieuse.La Mousse Crémeuse du Savon de Toilette Lux enlève à fond les cosmétiques fanés .fait disparaître poussière, impuretés.Votre épiderme est doux au toucher, d\u2019apparenCe si fraîche.Pour être vraiment fraîche, employez le Savon de Toilette Lux pour votre bain quotidien.Sa riche Mousse Crémeuse est douce et odorante.Son parfum subtil s'attache à tout l'épiderme.UN PRODUIT LEVER [?!»]>] LE SOIN DE BEAUTÉ à It/WoK/MC CkMIU'UH\u2019 DE HOLLYWOOD ftoiles telîfa {§3LqcW 9 Août.\u2014 Le ministre des postes, l\u2019hon.W.P.Mulock, a nié, au nom de M.King, les accusations portées contre le premier ministre du Canada, au cours d une réunion publique tenue à Toronto.Le lt-col.C.E.Reynolds et le major W.D.Herridge avaient prétendu dans leurs discours que le très hon.Mackenzie Kinq avait tenté de restreindre la participation du Canada à la guerre.Le colonel Mulock a réfuté toutes ces accusations et a mis les deux officiers en question au défi de prouver leur avancé.10 août.\u2014 Le Daily Mirror, de Londres, écrit que Hitler a proposé de céder le Canada aux Etats-Unis dans une nouvelle offensive de paix qu\u2019il vient de déclencher.Le journal affirme que ces propositions ont été faites aux isolationnistes américains sous forme d'un message personnel de Hitler.Elles seraient fondées sur l'anticipation que le führer obtiendra le contrôle de toute l'Europe et de l\u2019Empire britannique.Une clause fixerait une délimitation des zones d'intérêt pour chaque puissance en Amérique du Sud.11 Août.\u2014 Le Japon s'est mis sur un pied de guerre économique aujourd'hui en appliquant la loi de mobilisation générale, tandis que le ministre japonais à Washington déclarait au peuple nippon que « les Etats-Unis sont prêts et déterminés à faire face aux pires éventualités ».Le diplomate en question, actuellement à Los Angeles, en route pour Tokio, a donné une entrevue téléphonique transpacifique dans laquele il décrit les Etats-Unis et le Japon comme étant tous deux désireux de « ne rien déclancher ».12 Août.\u2014 Le ministre des munitions, M.Howe, a qualifié aujourd hui de « raisonnablement satisfaisante » la réponse des automobilistes à la demande du gouvernement canadien de réduire la consommation de l'essence.Dans une interview accordée à la Presse Canadienne, le ministre a dit qu'on ne projetait pas de rationner l'essence et qu'il ne voyait pas la nécessité immédiate d une telle mesure.Toutefois, les réserves d'essence diminuent rapidement, et il reste à savoir si la réduction actuelle suffira, souligna le ministre.13 Août.\u2014 D'innombrables bombardiers Bleinheim, faits pour voler à basse altitude, ainsi que d'autres de fabrication américaine, volant très haut, ont forcé la ligne de défense aérienne nazie et ont bombardé, hier soir, Berlin et une douzaine d'autres villes allemandes.Des Canadiens ont pris part à cette offensive aérienne qui a duré vingt-quatre heures.Malgré une température peu favorable, quelques-uns des combattants se sont rendus jusqu'à Stettin, sur la Baltique.La défense allemande n\u2019offrit qu'une vaine résistance.14 Août.\u2014 C est dans les eaux territoriales de Terre-Neuve que le premier ministre de Grande-Bretagne et le Prés.Roosevelt se seraient rencontrés pour étudier la situation internationale et s\u2019entendre sur les buts de guerre et de paix des deux pays, suivant la rumeur qui circule dans certains milieux.Plusieurs personnages bien connus ont d ailleurs entrepris des voyages durant la semaine dernière, dont la destination était Terre-Neuve.La baie de Placentia, la baie Notre-Dame ou la baie Bonavista serait l\u2019endroit choisi.15 août.\u2014 Le général Heimnrich von Stuelpnagel, commandant des forces allemandes en France, a proclamé aujourd\u2019hui que toute la population de la France occupée, et non seulement les coupables, seraient tenue responsable des désordres que l\u2019on attribue aux communistes.Cette proclamation constitue la première application, sur une échelle aussi étendue, de la théorie de la responsabilité totale.La nouvelle de cette proclamation barbare a produit un effet de stupeur dans tous les états civilisés. \t \tCARNET EDITORIAL \tV ¦ ¦ ¦ ¦¦¦\"¦ LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE.LIMITEE LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM 975.RUE DE BULLION MONTREAL - CANADA Tél.: PLateau 9638* Président : FRED POIRIER Vice*président : GEORGES POIRIER Surintendant : ALBERT PLEAU Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUIL Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Gérant de la circulation : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS i WILFRID DAOUST 20, 11le Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, S.-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette, etc., et les environs).\u2022 A Québec et Lévis : ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec \u2022 Aux Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine : PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 \u2022 ABONNEMENT CANADA Un an.v.$3.50 Six mois.2.00 Trois mois.1.00 \u2022 ETATS-UNIS Un an.$5.00 Six mois.2.50 Trois mois.1.25 \u2022 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à midi \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.LES ANTHROPOPHAGES ON demandait ses souvenirs au vieil explorateur ; il y avait'là des personnes s'intéressant à l'ethnographie, quelques jolies femmes dont deux ou trois auraient été vraiment belles avec un peu moins d'encaustique et de badigeon sur la figure, des bons vieux qui trouvaient la soirée longue en pensant à leur lit, un gros monsieur que sa digestion fatiguait et qui finit par s'endormir, enfin l'inévitable pédant qui sait tout sans avoir jamais rien appris et donnerait volontiers des leçons de peinture à la nature elle-même.J'allais oublier un jeune couple réfugié dans un coin d'ombre du salon et qui ne demandait d'ailleurs pas mieux que d'être oublié.\u2014 Avez-vous rencontré des cannibales ?demanda l'une des jolies femmes avec un petit frisson bien étudié dans la voix.\u2014 Souvent, chère madame, et je vous assure qu'ils valent mieux que leur réputation ; du moins dans les pays sauvages.\u2014 Je ne vois pas qu'il y en ait ailleurs, prononça doctoralement le pédant.\u2014 Ouvrez bien les yeux, répondit l'explorateur et vous en trouverez dans tous les pays civilisés ; seulement on les appelle simplement des arrivistes.Le pédant, un peu vexé, haussa imperceptiblement les épaules.\u2014 Puérile plaisanterie ! susurra-t-il entre ses dents.\u2014 Non, pas de faisan au riz, grommela le gros monsieur qui avait mal entendu dans la torpeur de sa digestion ; j'en ai déjà trop mangé.\u2014 Qu'est-ce qu'il a déjà mangé?fit avec inquiétude une super-encaustiquée ; ce gros homme serait-il un cannibale ?A ce même instant, on entendit, dans l'ombre, le bruit d'un baiser suivi de cette réflexion largement soupirée : \u2014 Ah ! qu'c'est bon .Comme on le voit, l'auditoire était dans des dispositions peu favorables à l'audition d'histoires impressionnantes et peut-être véridiques concernant les hommes qui se mangent à la croque-au-sel, à la broche ou en ragoût, mais l'explorateur qui en avait vu bien d'autres ne se démonta pas pour si peu.Comme j'étais-là, je vais vous raconter en substance ce qu'il a dit.Même en substance alimentaire.\u2014 \"Les anthropophages, dit-il, sont en général des braves gens mais des incompris ; j'irai jusqu'à dire que ce sont les êtres qui ont le goût le meilleur et le plus sûr de toute la terre puisqu'ils se régalent avec de l'hommeet que celui-ci prétend être ce qu'il y a de mieux au monde.\u2014 C'est une opinion, murmura l'incorrigible pédant.\u2014 Oui, avec de l'oignon, éructa le gros homme dans un hoquet sonore ; excusez, mesdames, j'en ai trop mangé ce soir.\u2014 Les anthropophages, continua l'explorateur imperturbable, sont comme les repas eux-mêmes, ils remontent à la plus haute antiquité.Autrefois et un peu partout, l'homme a mangé son semblable par gourmandise, tradition, vengeance ou superstition ; il s'abstenait cependant de ronger les os.Aujourd'hui .mais nous parlerons tout à l'heure de cela.Je puis cependant vous dire tout de suite que l'anthropophagie selon l'ancienne coutume est à peu près disparue de la terre ; il y a trop d'hommes qui sont des vrais poisons sur pattes pour se risquer à faire un tel repas.Les Caraïbes prétendaient que l'homme convenablement mijoté est une friandise ; les Mexicains d'avant et même encore d'après le déluge se mangeaient par devoir religieux; les Iroquois assouvissaient en même temps leur vengeance et leur faim ; les Battes de Sumatra utilisaient de cette façon les condamnés à mort; dans l'Inde et certains pays de l'Amérique du sud, l'estomac était une sépulture et, dans la Nouvelle-Zélande, manger un homme était, croyait-on, le meilleur moyen d'absorber en même temps ses qualités.L'anthropophagie, vous le voyez, n'eut guere autrefois que des motifs avouables.Au reste, il n'y eut pas que l'homme pour se conduire ainsi ; de nos jours c'est l'usage chez nombre d'animaux et d'insectes ; l'araignée, par exemple, répond de cette manière au galant de son espèce qui lui fait la cour.\u2014 Pour nous, souffla une des encaustiquées, il nous suffit amplement de leur faire manger de l'avoine .Dans quelques tribus africaines, continua l'explorateur qui n'avait pas entendu, le fils mangeait son père devenu vieux et, plus tard, il était mangé par son fils à lui-même ; les bons procédés ne sortaient pas de la famille.Aujourd'hui .mais est-il nécessaire de vous dire .\u2014 Dites ! clama l'assistance ; ne nous laissez pas en panne au milieu du menu anthropophagique comme vous avez déjà fait tout à l'heure ! \u2014 Eh bien, voici ! on n'est plus anthropophage mais cannibale car on y met de la férocité.On commence par manger la laine sur le dos d'un autre, même s'il n'en a point ; ensuite on le dévore tout entier, non pas à la sauce, mais socialement ; il n'en reste pas une miette.\u2014 Ramassez les miettes pour les petits oiseaux, bafouilla le gros homme qui se croyait toujours à table.-\u2014Tais-toi donc, hippopotame! ça commence à devenir intéressant, chuchota une deuxième badigeonnée.\u2014 Il y a, continua l'explorateur, de jolies filles qui dévorent des millionnaires et des gros commerçants qui en avalent des petits à la pelle.Beaucoup de ces derniers ne s'en porteront peut-être pas mieux un jour pour cela car il y aura des gens pour leur dégonfler la bedaine afin de voir ce qu'il y a dedans.Le péché de gourmandise est un grand mal de notre époque.Et elles sont gourmandes, ces grosses bedaines, elles avalent des hommes, des capitaux, des maisons, jusqu'à des industries ; en Europe il y a un énergumène qui a voulu avaler des pays entiers mais il ne peut pas les digérer, ça lui reste sur l'estomac où ça remue tellement que ça finira forcément très mal pour le goinfre.Y a-t-il eu vraiment de l'anthropophagie semblable au cours de l'histoire du monde ?que cela paraît peu de chose, par comparaison, le ragoût d'un unique bipède humain mijotant dans une simple marmite au fond de la brousse ! Le pire cannibale est-il le sauvage ou le civilisé ?.Le sauvage, au reste, agit par besoin, il lui faut manger ou crever ; le goinfre d'Europe agit par sadisme, par haine et par esprit de destruction ; ce qu'il ne peut pas avaler, il le sabote, le brise et en éparpille les débris ; comment appeler cela ?\u2014 Faut être cochon pour gaspiller la boustifaille, grogna le gros homme qui ouvrit un œil mais le referma aussitôt.\u2014 Ce monsieur a dit le mot de la situation, approuva l'explorateur qui prit ou fit semblant de prendre la réflexion au sérieux ; mais il est peut-être des cannibales encore plus gorets que les avaleurs de pays, ce sont ceux qui dévorent les réputations et, malheureusement, il n'en manque pas.Dévorer une réputation d'homme leur est agréable, mais une réputation de femme est pour eux un plat de choix.Qui pourrait faire le compte des ruines ainsi causées ! elles ne sont comparables qu'à la lâcheté des cannibales modernes .L'explorateur discourut encore quelque temps ainsi puis chacun s'en alla méditer chez soi sur la justesse de ce qu'il avait entendu.Sauf le gros homme qui ne bougea pas ; il était mort d'une congestion.On sut, par l'autopsie, qu'il avait précisément dévoré quelques réputations ; sa fin ne surprit donc personne.o/fi l'&w.euÀ* 4 Le 3ème Centenaire Le Samedi 'mrvSmü-' SOREL en 1784 SOREL Par GERMAINE GUÈVREMONT Secrétaire de la Société des Ecrivains Canadiens Un matin couleur de Sorel De trois clochers, Saint-Pierre, Notre-Dame et Saint-Joseph, de l\u2019autre côté de la rive, un rappel à la prière s\u2019élève dans le jour brumeux.Sorel s'éveille.L'animation fait le tour de la ville ; des persiennes claquent, des portes s'ouvrent, des filets de fumée montent au firmament.Aux chantiers, aux aciéries, à la grande boutique et aux usines, des coups de sifflet stridents déchirent l'air.Bientôt les ouvriers, un par un, par couples ou par grappes, débouchent de toutes les rues et des impasses ; ils se hâtent à la relève des équipes de nuit.La jetée et le pont en sont noirs ; des chaloupes sillonnent la rivière.Tout près, un remorqueur « décoste » en faisant l'important.Puis tout se calme.Sur le pas de sa porte, un ancien fume paisiblement, en prenant « un air de vent ».Le Richelieu va nouer la soie unie de son eau verte à la moire bleue du Saint-Laurent.Une autre journée commence à Sorel, ville trois fois centenaire, ville royale, ville maritime, ville d'avenir .¦ \u2022 l.i i ii t S«8*2 sÿw»*» 'WKr W* t- * \u2022 SOREL en 1808 Sorel, ville centenaire flu® U fondation de Sorel ne date que de 1642, Jacques Cartier relate qu\u2019il y passa le 28 septembre 1535, et qu ayant traversé le lac d\u2019An-goulême (lac Saint-Pierre) et «la plaine du diet fleuve », il y vit les plus beaux arbres du monde.Neuf jours auparavant, accompagné de sa suite et d une cinquantaine de marins, il avait fait voile « avecq bon vent» pour Hochelaga, à bord de L bmerillon et de deux barques.On sait qu il dut laisser son galion à la tête du lac Saint-Pierre, ne voyant pas jour de sortir de 1 archipel.Il se rendit donc en barque au-delà de Sorel, à « cinq ou six belles ysles » où les Français trouvèrent « cinq hommes qui prenaient des betes sauvaiges.Lun deux prit le capitaine entre ses bras et le porta à terre aussi légeire-ment qu il eut fait d un enfant de cinq ans, tant ils étaient hommes grands et forts ».Ils troquèrent des couteaux et patenostres contre des rats ^ k°ns à merveille à manger ».Mais le pilote malouin, meilleur naviqateur que narrateur, ne s attarde guère à décrire les beautés de ces terres « aussi unies que l'eau ».Que le lac Saint-Pierre n ait que deux brasses de pro-\\ Gravures des Archives Nationales du Canada.SOREL en 1882 t! » '* *' [StCTliPf »u ; WA -*»«;SSgamÙ .ÜIlllluMll , nif \u2022: fCKwsf Chufflh snAftattaaii» Le presbytère anglican.D'après l'abbé A.Couillard-Desprès, dans L'Histoire de Sorel, la paroisse de Christ Church fut constituée en Rectorat Royal en 1821.A partir de cette année à 1838, le pasteur ne relevait pas du Synode Anglican, mais de la Couronne.L'hôtel-de-ville.Dès 1791, Sorel obtenait une charte de ville.Cependant ce n'est que vers 1858 qu'elle prit l'aspect d'une ville.¦ Wm \t fondeur partout « esgallement sans haulcer ny baisser » l\u2019enchante davantage ! Et il relatera qu'un Sauvage, à Hochelaga, lui laissa à entendre qu'il y a une rivière (des Iroquois, aujourd'hui Richelieu) « qui va vers le surouaist où semblablement sont une lune à aller avec leurs barques depuis Saincte-Croix jusques à une terre où il n'y a jamais glaces ny neiges (.», lieu que Cartier estime « estre vers la Floride ».Mais c'est Bacqueville de la Potherie, dans son Histoire de l'Amérique Septentrionale, et description du fleuve Saint-Laurent de 1534 à 1701, qui nous fournit la description la plus savoureuse de ces lieux historiques.« L Aimériquain », tel qu\u2019il s'intitule, prenant le grave prétexte de « la divertir pendants quelques moments de ses sérieuses occupations », écrit à une dame de la Cour de France : (.) « Les îles sont cinq ou six à l'extrémité du Lac Saint-Pierre, du côté du Sud, dans un enfoncement.Une rivière qui descend de la Nouvelle York vient s\u2019y perdre qui forme quantités de canaux forts larges, tous bordés de beaux arbres.Si l'on y pouvait goûter avec sûreté les plaisirs d\u2019une vie champêtre, on trouverait tout ce qui peut la rendre heureuse, et il n'est point de si puissants Seigneurs en Europe qui ne voulussent avoir une pareille situation pour y faire leurs demeures, un des plus agréables et des plus délicieux endroits du monde.Ces îles sont d\u2019une lieue de long tout au plus, plates et remplies de bois de haute futaie.On y voit de grandes pinières dont on a fait des mâts pour les vaisseaux du Roi.Le chêne, l'érable et le cèdre s\u2019y trouvent en quantité, le bled y est très bon, les prairies sont charmantes et les pâturages y sont admirables.Le gibier y abonde en tout temps ; celui qui est passager comme les oyes et les outardes qui n\u2019y viennent qu'au printemps et en automne s\u2019y trouvent à profusion dans ces saisons ; les canards branchus qui perchent y sont en toute saison ; ces oiseaux ont sur la tête une aigrette mêlée de couleur de feu et de violet changeans qui leur donne beaucoup d'agrémens.On fait de très beaux manchons de ces houpes.Si le lac est extrêmement poissonneux, ces canaux ne le sont pas moins.« Ce lieu est donc comme le centre de tout ce que l'on peut souhaiter de meilleur en Canada ; mais que le repos de ceux qui y demeurent est traversé lorsque nous avons la guerre avec les Iroquois.Le Laboureur qui travaille à la terre, quoiqu'armé de pied en cap, tremble à chaque pas que sa charrue avance du côté des bois par la crainte qu'il a d'être tué par ces Barbares, ou quand les boeufs retournant pour faire un autre sillon, que l'on ne fonde tout à coup sur lui pour avoir la chevelure de sa tête, ou d\u2019être mené prisonnier chez eux pour y être brûlé.»\t(Lire la suite page 31J La Maison du Gouverneur servait autrefois de résidence d'été aux Gouverneurs du Canada.On l'a convertie en musée historique, il y a une dizaine d'années.M.Léon Ferron, qui en est le fondateur et le conservateur, y a recueilli 1185 exhibits.Christ Church.La pierre angulaire de l'église anglicane fut posée le 16 août 1842 par Sir Henry Jackson, commandant en chef des troupes du Canada.L'église Saint-Pierre-de-Sorel.La première chapelle fut érigée dans le fort.Madame de Saurel céda un fief à Michel Douville \" à la charge de la foi et hommage à chaque mutation de propriétaire \u201d, et \" de porter tous les ans, à l'église de Sorel, le jour de la Saint-Pierre, un bouquet de fleurs \", coutume que les Sorelois observent encore religieusement.L église Notre-Dame-de-Sorel.La paroisse de Notre-Dame fut fondée en 1911.¦ I 6 Le Samedi Oeuvre de Dictateur Chronique d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui aJaSIU-j ¦ **, jémi '\tV-' , .' Comme H ne reste que des ruines de l'ancienne Pompéi.il ne restera, un jour, que le souvenir désaqréable des dictatures d'aujourd'hui, quel que soit leur domaine Le premier dictateur sur terre fut le besoin ; la nécessité de se défendre contre les animaux, les -éléments et les hasards multiples de l'existence imposèrent à l\u2019homme des lois rigoureuses dont il ne lui fallait pas s'écarter.L'homme étant un animal d une résistance étonnante en dépit de son apparente et même réelle faiblesse, traversa tant bien que mal les époques difficiles de la préhistoire ; tout de même il survécut puisque nous sommes là, mais la dure leçon donnée par la nature aux ancêtres ne semble pas l\u2019avoir assagi ; échappé à la férule d\u2019une dictature, ce fut, à maintes reprises, pour se courber sous une autre.C est ainsi, qu en nos temps modernes on voit des pays menés à la cravache par un seul homme, et se plier servilement à ses exigences ; on voit d\u2019autres choses également, qui ne valent guère mieux, mais tenons-nous-en, pour l'instant, à l'ancienne dictature de la nature et à l'actuelle de certains hommes.Il y a matière à comparaison et à réflexions.Je prendrai, pour seul exemple aujourd hui, un des plus beaux pays du monde, l'Italie, que de multiples avantages, en plus d\u2019un merveilleux climat pourraient classer au rang des paradis terrestres, s il en existait encore aujourd hui.Pays d\u2019artistes délicats, de fruits dorés, d\u2019enthousiasme et de lumière, 1 Italie dut subir, dès les temps les plus lointains, les caprices terribles d'un dictateur quelle fut cependant fière de posséder.Elle s'y accoutuma si bien que, loin d'en avoir peur, elle serra sa population autour de lui.Par LOUIS ROLAND Le dictateur était le Vésuve, sur les flancs duquel se bâtirent les villes d'Herculanum, Pompéi et Stabies.Naples, aujourd'hui, n'en est pas très loin.Il grondait sans doute de temps à autre, le volcan, mais il faisait tant de bien ! il donnait du soufre pour divers besoins, des blocs de lave dure pour la construction et des spectacles qu\u2019on aurait vainement cherchés ailleurs dans toute l'Europe.Et puis, il était fort décoratif ; vraiment, ce dictateur était un bon bougre, et s'il n\u2019avait pas existé il aurait fallu l\u2019inventer.Il y a un peu plus de dix-huit siècles, ce dictateur se fâcha ; le bon bougre sema d immenses ruines autour de lui.On ne les a jamais relevées depuis ce temps-là.Remontons un peu plus loin ; à l'époque de la fondation de Rome.Cette ville fut construite par la volonté du premier dictateur-homme en ce pays, le fameux Romulus.Or, il est à noter que, de même que l'histoire du monde commença par un meurtre, celui d\u2019Abel par Caïn, celle de Rome suit la même tradition ; Romulus tue son frère Rémus.Le premier dictateur romain inaugura la méthode du coup de poignard dans le dos.Evidemment, ces rappels d'histoire ne doivent pas être acceptés comme des prophéties concernant Que dans™ J» l u a£dult tout «aturellem* que, dans un des plus beaux pays du monde, les d tateurs ne font guere que de la bien laide besogi un îoîcaÏnsemi ^ lo,n9,tem'Ps à gronder corn, un volcan, sema pas mal de ruines autour de h dans kaue?flalefi \u2018TY 3 qU'à V°ir l\u2019état désastre ans lequel lia finalement mis son pays.Il l a pri de son bien-etre de sa vie agréable pour lui do ner en échangé de terribles inquiétudes avec la d mination allemande sur son sol.Quan?au coup %T£Î\t-v» Les volcans finissent par s\u2019éteindra « i .?» r, t?\"?11\"- J*\tf temps °\"'\t\u2019 r\"\u201cS d'\u201de\"re\"l parfois Ion Celles de Pompéi ont été fouillées, nettovées aOTrws rossas1, «rsiï ! ursa r profanation de ce qui reste de leurs KmJ \u2022 co\"ne «*» «»( -n teurs nPest jamaîduribkel nepe^p^s lfe ^ cans ou les révolution^ \u2019 P°\"\u201c\u201c par les v< 15 août 1942 7 DANS LE MONDE SPORTIF Par OSCAR MAJOR QUELQUES RECORDS DES LIGUES MAJEURES Les Yankees de New-York seront, à la fin de la présente saison, sur un pied d\u2019égalité avec les Giants de New-York au sujet du nombre de championnats remportés dans leur ligue respective.Depuis 1903, les Giants ont terminé 13 fois en tète de la Ligue Nationale, gagnant les séries mondiales 4 fois seulement.Jusqu'ici les Yankees ont gagné 12 fois le championnat de la Ligue Américaine.Ce sera la 13ième fois, à la fin de septembre prochain.Les Yankees décrocheront les honneurs de leur lOième série mondiale, en octobre 1942, contre les Dodgers de Brooklyn, selon toutes probabilités.Les Cubs de Chicago sont les détenteurs du record moderne suivant : En 1906, ils ont gagné 116 parties, ne subirent que 36 défaites pour une moyenne de .763, au cours de la saison.En 1916, les Giants de New-York ont gagné 26 parties consécutives.Le 16 juillet 1909, le Détroit et le Washington de la Ligue Américaine ont joué une partie de 18 manches sans réussir à compter un seul point.Le 1er mai 1920, à Boston, le Brooklyn et le Boston, de la Ligue Nationale, ont joué une partie de 26 manches, dont le résultat fut de 1 à 1.Brooklyn compta son point à la 5e manche et le Boston, le sien, à la 6e manche.Donc, pendant 20 manches consécutives, aucun des deux clubs ne put enregistrer un point.Léon Ca-dore, du Brooklyn, équipier du Montréal de 1916, et Lefty Oeschger, du Boston, officièrent sur le monticule pendant les 26 manches.Par la suite, ces deux mêmes lanceurs ne firent rien qui vaille, dans les ligues ma-jeunes.Us s\u2019étaient dépensés outre mesure.Le 25 août 1922, il y aura donc 20 ans dans deux semaines, les Cubs de Chicago et les Phillies de Philadelphie, de la Ligue Nationale, se livrèrent une bataille de trois heures, où les points et les coups sûrs ne firent pas défaut.Les Cubs vainquirent les Phillies au pointage de 26 à 23.Les deux clubs cognèrent un total de 51 coups sûrs.Les Cubs comptèrent 14 points à la quatrième manche.Marty Callaghan, des Cubs, vint trois fois au bâton, à cette manche.Il réussit deux coups sûrs et mordit la poussière sur trois strikes.George Selkirk, voltigeur des Yankees, obtint des buts gratuits deux fois dans la même manche, en trois occasions, durant la saison 1938.Voici quelques records des grandes ligues, qui ne seront pas brisés de sitôt : Ty Cobb (Détroit-Philadelphie Américain) a joué 3,033 parties : 11,429 fois au bâton, 4,191 coups sûrs, moyenne au bâton de .367, buts volés, 892 ; Babe Ruth (Boston-N.-Y.Américains) frappa 714 coups de circuit, obtint 2056 buts sur balles, fit compter 2209 points et fut retiré 1330 fois sur trois sirikes ; Lou Gehrig, N.-Y.Américains, 2130 joutes consécutives ; Cy Young, Boston Cleveland et St-Louis (Nationale) a lancé 874 parties, a remporte 511 victoires ; \\Valter Johnson, du Washington, a lancé 113 blanchissages, a retiré au bâton sur trois strikes 3497 adversaires.NOTRE COURRIER MM.J.Larouche et C.Potvin.Montréal.Voici l'opinion du jeune lanceur canadien-français Jean-Pierre Roy sur Ray Hayworth, gérant des Red Wings de Rochester : « La plus grande qualité de Ray est la modestie.Cette qualité, qui est toute sa personnalité, est accompagnée d'une gentilhommerie remarquable.Il possède une excellente éducation.La douceur, la franchise, la galanterie avec laque'le il répond aux désirs de chacun font de lui un gérant sous les ordres duquel tous se semblent inclinément obligés à obéir.La personnalité toute entière de Ray Hayworth fait de lui un patron idéal pour lequel tous veulent travailler de bon gré.» Naturellement, le jeune Roy n\u2019a pas connu beaucoup de gérants encore, mais ceux qui ont joué pour plusieurs équipes sont unanimes à dire que Ray Hayworth est le plus « gentleman » qu\u2019ils aient rencontré.Il est évident qu\u2019avec un bagage de telles qualités, il est difficile qu'un homme ne soit pas plaisant et aimé à un si haut point.s M.L.Laforest, Montréal.R.1° \u2014 Le champion de la lutte libre, Yvon Robert, est le papa d\u2019une gentille fillette de 2 ans, Suzanne ; dans quelques jours, vers le milieu du mois d'août, la famille Robert sera enrichie d\u2019un second enfant.Yvon a parié à plusieurs de ses amis que, cette fois, ce sera un garçon.2° \u2014 Harry Madison est le meilleur lutteur des séances de la « petite lutte » locale.3° \u2014 Vous avez raison.Le lanceur Paul Calvert, avec 13 victoires pour le Wilkes-Barre, est venu à Montréal, il y a 15 jours.Il a fait renouveler son passeport, qui lui donne le droit de séjourner aux Etats-Unis, jusqu'au 30 septembre.4° \u2014 Nous croyons que Ray Steele peut vaincre, quand il le veut, Bill Longson, le champion du monde de l\u2019Association Nationale des Lutteurs.Il lui sert de « policeman », c'est-à-dire qu'il colle les deux épaules à tous les lutteurs qui aspirent à la couronne de Longson.L\u2019ex-champion Frank Gotch a eu, il y a plus de 25 ans, le gros Yussiff Mahmout et Henri De-glane avait, comme « policeman », le bulgare Dan Koloff.\u2022 CHOSES ET AUTRES ¦ Les directeurs du club de baseball Montréal, de la Ligue Internationale, n'ont pas à se plaindre, pour une seconde saison consécutive.Jusqu ici, plus de 150,000 personnes ont payé leurs entrées aux tourniquets du Stadium.Pour les parties jouées à l\u2019étranger, ils ont reçu plus de $50,000 du milieu d\u2019avril à la fin de juillet.Comme on le sait, les Royaux reçoivent, à l\u2019étranger, dix-neuf sous par billet vendu ou une garantie de $200 par jour.Ils rendent la pareille à tous les clubs visiteurs.Pour la gouverne des amateurs de baseball, disons qu\u2019il en coûte au moins $125,000 par saison pour diriger un club de la Ligue Internationale, qui est l'équipe-ferme d'un club des ligues majeures .Comme on le voit, les Royaux de cette saison, quoiqu\u2019ils aient connu une série de défaites lors de leur dernier voyage, feront un profit de plus de $40,000.Elus de la moitié de cette somme sera versée au gouvernement fédéral en impôts.¦\tOn fait trop de bruit sur le nombre de joueurs de couleur qui pourraient bien figurer dans les clubs des ligues majeures.Plusieurs sont sous l\u2019impression, dans notre province en particulier, que la plupart des joueurs noirs qu\u2019ils ont vus à 1 œuvre dans nos plus grandes villes étaient de calibre des grandes ligues.Ces gens sont dans l\u2019erreur.Aucun d\u2019entre eux n\u2019aurait pu faire leur marque en grande compagnie.Depuis une quinzaine d'années, il y a peut-être le lanceur nègre Satchell Paige, aujourd'hui trop âgé, ayant atteint la cinquantaine, qui était de taille à bien faire dans les majeures.Aus Etats-Unis, il y en a peut-être trois ou quatre, au plus, qui pourraient jouer dans une ligue classe AA, si on leur avait donné cette chance .Le juge Landis a récemment déclaré, pour la 30e fois, que les joueurs de couleur n'étaient pas rayés des cadres du baseball organisé.Tout simplement, les propriétaires des clubs s'entendent à merveille pour ne pas engager un seul noir.Pourquoi agissent-ils ainsi ?A notre avis, c'est pour éviter le plus possible les préjugés de races.Plusieurs partisans du baseball de race noire seraient d'opinion que les blancs en voudraient aux noirs, s\u2019il arrivait que tel propriétaire de club décidât d'envoyer aux mineures tel ou tel joueur noir, que ces mêmes amateurs croyaient assez bon pour les ligues majeures.U y a aussi d\u2019autres raisons qu'il n\u2019est pas de notre devoir de critiquer, dans cette chronique.Bref, on devrait mettre fin aux préjugés de couleur, accepter dans le baseball organisé les joueurs nègres capables de faire le grade, donner une meilleure éducation à tous les groupes minoritaires.Après cette guerre, peut-être verrons-nous l'affranchissement de tous les préjugés de race et de couleur ?Oui, peut-être .¦\tDans la ligue amateur senior du Parc Atwater, 22 joueurs ont jusqu\u2019ici obtenu une moyenne au bâton de .300 et plus.Sur ce nombre on compte 11 joueurs canadiens-français.Voici la liste de ces cogneurs : Wal-koff, 520 ; Stan Bréard, 480 ; B.Car-ragher, 460 ; Tomney, 455 ; « Coun » Gouillard, 430 ; Poitras, 410 ; E.Ryan, 395 ; N.Malfara, 368 ; La-pointe, 355 ; Desroches, 350 ; Fitzpatrick, 348 ; Sheppard, 347 ; Mc Curry, 345 ; Guérin, 340 ; Patterson, 339 ; B.Séguin, 338 ; Alfie Bryant, 333 ; Mosdell, 324 ; Yvon, 320 ; Berthelet, 314 ; Bouliane, 308 et Desrochers, 304.GARY COOPER, le célèbre acteur de l'écran américain, accompagné de CLAUDETTE COLBERT, l'intelligente artiste du cinéma, la plus habile skieuse de la colonie de Hollywood, assiste à la première de son récent film : THE PRIDE OF THE YANKEES, où il personnifie Lou Gehrig, l'un des As des Yankees de New-York, décédé en juin 1941.Ce film de baseball sur la vie de Gehrig attire des fouies dans tous les théâtres de Los Angeles et des principales villes américaines.On verra ce film, à Montréal, à la fin de septembre. 8 Le Samedi .f\u2014 ' \u2022 \" ' * '-% ¦ V \u2022 :¦ ¦ ¦\u2022¦ ¦v#&MmÊÊi ,V/ i .*«2/ \" .> ¦: -v J ¦.X.\u2019 '1 m,\u2019 \u2022***&£* : :4N?ifj ^âpp Ces enfants font leur part pour fournir à l'industrie de guerre canadienne les métaux de rebut dont elle a besoin.Sur chaque ferme, dans toutes les caves du Canada, il se trouve des vieux objets métalliques qui peuvent être transformés en armes ou en munitions pour servir à la victoire de nos alliés.Des milles et des milles de fil de cuivre récupérés sont ici pressés en blocs qui seront envoyés aux usines de guerre.On en fera des affûts de canon, des ceintures de forcement pour obus, des appareils de direction du tir, etc.« : % Mw mr « ;Æm PARTICIPONS! RÉCUPÉRONS!! Le gourmet qui contemple le carreau de miel dans son assiette ou l'observateur sagace qui suit des yeux le travail des fourmis, s\u2019émerveille de tant de patience et de persévérance ; il médite sur le sens profond de cette inlassable industrie \u2014 la plupart du temps ignorée de l'homme \u2014 et cherche à y trouver une leçon qui lui soit profitable.En effet, le labeur des insectes, depuis des temps anciens, fournit aux philosophes et aux fabulistes, de quoi rappeler à l'humanité l'importance qu'il y a de coordonner le travail, de diriger les efforts bref, d organiser collectivement 1 existence de tous, dans l'intérêt supérieur de la communauté.Ce miracle des insectes est rendu possible par l'instinct de la conservation ; seule, cette loi naturelle, acceptée sans raison dans son intégralité, permet l\u2019existence de ces minuscules royaumes, de ces extraordinairement petites républiques.Considérant ce phénomène, comment ne pas nous dire nous qui avons la raison et qui pouvons comprendre le sens de notre existence \u2014 comment ne pas nous dire que le salut de la communauté, dans les heures graves que nous vivons, exige l'effort et la collaboration intégrale de cette même communauté !.Il est trop évident que pour donner à notre effort de guerre le maximum de son intensité, il faut que chacun de nous agisse avec cet esprit consciencieux et tenace de 1 abeille et de la fourmi.Il n est point de contribution trop minime qui n'ait son importance.Réunie, la collaboration de tous et de chacun peut réaliser des merveilles.C est ce qu attendent nos dirigeants de la population toute entière, et à cet effet, ils ont lancé le mots d ordre : Récupérez ! Vidons nos greniers et nos caves et nous serons surpris d y trouver quantités d'objet n\u2019ayant, pour nous, aucun intérêt domestique et qui, pourtant, une fois transformés, pourront devenir d'une grande utilité pour nos trois armes.En entassant les vieux papiers, le verre brisé, les os, les vieux métaux, etc.pour la récupération, nous contribuons directement à l\u2019œuvre suprême de notre nation qui est la lutte pour la sauvegarde de notre liberté, de notre manière de vivre .N'agissons pas en sorte que notre conscience \u2014 à l\u2019instar d'un immense géant qui se pencherait sur nous \u2014 nous reproche de nous montrer inférieurs à 1 abeille et à la fourmi.Nous comprenons trop l\u2019importance des événements qui se déroulent .g.D.(Photos Service de l'Information) i\t- s- * % Dans une usine de raffinage de Montréal on coule, dans des moules, du plomb récupéré de vieux accumulateurs d'auto, de vieux tuyaux, de presse-papiers, etc.Ce plomb entrera dans la fabrication des avions, des corvettes, des obus! 13KJBJ \t\t IW jll'l P!1\u2018 Ti r v ?¦«teats* - chent une pluie de balles faites d'un alliage de cuivre et d'acier Lm*** T*\u201d ches sont en laiton.Outre des quantités énormes dVcier de r bT^ us,nés de guerre, ou Canada, ont besoin de vieux métaux de toute, sort» 9 Les petits défauts de Pambé Sérang * \u2022 ¦ Si vous considérez les circonstances de cette aventure, vous serez de mon avis : le Malais n'avait qu'à se laisser faire .et Pambé Sérang (ainsi l'appelait-on) fut pendu par le cou, jusqu'à ce que mort s\u2019ensuivit .Et son ami Nurkeed, nègre africain, ne put faire mieux que ce qu il fit quand la chose fatale lui advint et qui fit suspendre l\u2019Asiatique au-dessus de la dangereuse trappe .Il y a trois ans, lorsque le steamer de la « Compagnie Alsace-Lorraine », le Saarbruck, fit du charbon à Aden, et par un temps véritablement très chaud, le gros et gras chauffeur zan-zibarien qui alimentait le second foyer de droite, à trente pieds de pro- fondeur dans la cale, obtint la permission d\u2019aller à terre.Il partit donc, en simple « seedée boy » ou chauffeur qu'il était, et revint tel un vrai sultan Zanzibar, \u2014 on eut dit Son Altesse Sayid Burgash en personne, \u2014 une bouteille à chaque main.Alors il s'assit sur le grillage de l\u2019écoutille d'avant, pour manger son poisson salé et des oignons, cela tout en chantant des chansons d\u2019un pays lointain.Les vivres appartenaient à Pambé, le Sérang ou chef des matelots-lascars.Celui-ci, qui venait de faire cuire sa ration, était allé emprunter un peu de sel, et quand il revint, ce fut pour voir les doigts noirs et sales de Nur-keed le zanzibarien fouiller dans son riz.Un Sérang est un personnage d importance, bien supérieur à un chauffeur, bien que le chauffeur touche un salaire plus élevé.Le chauffeur ! c'est lui qui met en train le choeur des « Hya ! Huila ! Hee-ha ! Hee ! ha ! » lorsqu'on amène sous les daviers le gig du capitaine.C\u2019est aussi lui qui jette la sonde, et parfois quand tout le navire est pris de paresse, c'est lui qui arbore sa mousseline la plus blanche, et une large ceinture rouge, et joue avec les enfants des passagers sur le tillac.Nouvelle dramatique par Rudyard Kipling Nurkeed tira son couteau de sa gaine et donna à Pambé une estafilade dans la jambe.Alors les passagers lui donnent de l\u2019argent, qu\u2019il met religieusement de côté pour se payer une bordée à Bombay ou à Calcutta ou à Relu-Pe-nang.LES DEBUTS D'UNE QUERELLE \u2014 Ho ! gros baril de graisse, vous êtes en train de manger ma ration, dit Pambé Sérang en cette autre langue franque dont le domaine commence où cesse la langue du Levant.Ce domaine s'étend de Port-Saïd jusque dans les régions orientales où l\u2019est devient l\u2019ouest ; et les bricks chasseurs de phoques des îles Kouriles l'emploient pour causer avec les jonques d'Hakodate qui ont perdu leur route.\u2014 Fils d'Eblis, face de singe, foie séché de requin, homme-cochon, je suis le sultan Sayid Burgash, et le commandant de tout ce vaisseau.En-Ievez-moi votre rata.Et Nurkeed jeta l\u2019assiette d'étain vide de riz dans la main de Pambé.Pambé en fit un plat creux à force d'en cogner sur la tête laineuse de Nurkeed.Nurkeed tira son couteau de sa gaine et donna à Pambé une estafilade dans la jambe.Pambé tira son couteau de sa gaine, mais Nurkeed se laissa choir dans les ténèbres de sa cale, et cracha à travers le grillage sur Pambé qui tachait de son sang les planches bien lavées du tillac.La blanche lune assista seule à cette scène, car les officiers surveillaient l'embarquement du charbon et les passagers s'agitaient dans leurs étouffantes cabines.\u2014 Fort bien, dit Pambé, en remontant pour aller panser sa jambe, nous réglerons ce compte-là plus tard.C\u2019était un Malais né dans l'Inde, marié une fois dans la Birmanie, où sa femme tenait une boutique de cigares sur la route de Shloé-Dagon : (Lire la suite page 22) JbJi hL m£k // ^ mm.iJZÉA ?paw iVi, Jf^Sy \u2019>¦.¦ nfcî»,«îS3Ss«'***l.«tj TV'#** \" ¦% % #| Une Voix Récit d'amour complet par Mary Lysane \u2014 Ah ! Il en a eu du mal ! Tu n imagines pas combien il est difficile d'obtenir un appareil quand on ne peut le payer que .d espoirs ! Pourtant, il mérite tellement de réussir mon frérot ! C est un si chic garçon ! \u2014 Il réussira.Tu te rappelles quand il avait 15 ans et que nous nous amusions à le mettre au défi ?Quelles imprudences ne lui avons-nous pas fait commettre alors pour nous prouver qu un homme ne pouvait avoir peur de rien ! Je me rappelle .acquiesça avec une pointe de mélancolie la sœur de 1 aviateur.Nos excursions dans les rochers de Bretagne .et cet après-midi d orage où, nous ayant installées toutes deux dans une crevasse, il partit malgré les éclairs, malgré cette grosse boule jaune qu on venait de voir éclater .pour prévenir nos parents ., Un instant, les deux amies demeurèrent rêveuses, chacune regardant au fond d elle-même ces images évoquées.Madeleine, la première, secoua la nostalgie où elles glissaient.\u2014 Nous sommes là à remuer du passé, à nous attendrir comme de vieilles femmes sur leur jeunesse ! Elle éclata de rire, mais Juliette ne lui fit pas écho.\u2014 Pourquoi ne m'as-tu pas encore parlé de lui ?reprit alors Madeleine.E peux entrer, Madeleine ?\u2014 Mais bien sûr, Juliette.Bonjour, ma chérie ! Tu vois, je suis encore dans mon lit.\u2014 As-tu bien dormi au moins ?\u2014 Comme une marmotte ! \u2014 Je n\u2019ai pas voulu attendre d'etre habillée pour venir bavarder avec toi ! dit l'autre, désignant son gracieux peignoir pompadour.Tu permets que je m'installe ?Tout en parlant, elle s'asseyait « en tailleur » sur le pied du lit de son amie et un peintre eût aimé fixer le tableau qu elles formaient ainsi toutes deux.Juliette de Sancy, blonde à grands yeux bleus, s'apparentait, malgré ses courtes boucles, à la jeune fille rêveuse et fragile d'autrefois.Au contraire, Madeleine Claret avait cette expression décidée et positive que l'habitude de la lutte quotidienne imprime, de nos jours, à tant de frais visages.Jolie ?Elle 1 était, certes, avec ses larges prunelles d\u2019un marron fauve peu commun, ses cheveux noirs qu\u2019une légère ondulation naturelle soulevait harmonieusement.Mais sa bouche, franche et bonne, était peut-être un peu grande.Son nez, relevé, amusant, ne rappelait en rien la ligne classique.Or, les deux amies différaient aü-tant par la situation que par le physique et c'est à quoi se rapportait les paroles de Madeleine, disant à sa frêle hôtesse : -Tu as été tellement bonne de m'inviter, ma Liette ! Oh ! ne proteste pas ! Sans les parents, sans toi, je n'aurai très probablement pas pris des vacances loin de Paris.Et celles que vous m'offrez sont incomparables ! Non seulement elles me rapprochent de toi, mais elles me rendent tout ce qui me manque .depuis si longtemps ! Elle prononça ces mots, sans amertume, avec un joli sourire affectueux : \u2014 Sais-tu, continua-t-elle sur le même ton, que j\u2019en arrive à oublier que je fus une jeune fille riche, choyée, pour qui l\u2019avenir se déroulait comme une belle pelouse devant une demeure bien assise ?Mais vois-tu \u2014 et ici ses fins sourcils se rapprochèrent \u2014 je me demande com- ment, après ces quelques semaines de « vie de château », je pourrai reprendre mon existence ordinaire .me lever le matin de bonne heure .aller au bureau .taper à la machine quarante lettres qui ont l'air d'être toutes les mêmes .C\u2019est cela qui me tourmente.C'est pour cela que j'ai retardé mon voyage.Je crains le retour .\u2014 Quelle idée, Madd ! Ah ! tu es bien trop raisonnable pour perdre jamais ton beau courage ! Tu vas profiter de ton séjour au maximum ! Je t\u2019assure que je n'aurai aucun remords à te gâter .énormément ! et si tu as des regrets, en nous quittant, tant mieux ! Tu reviendras plus volontiers ! Mais pourquoi ta maman ne t'a-t-elle pas accompagnée ?\u2014 Je l'aurais beaucoup souhaité .Ma pauvre maman ! Elle aurait un si grand besoin de distractions, d'amitié .Mais elle n'a pas voulu ! Depuis la mort de papa et notre ruine, elle se renferme en elle-même, dans ses souvenirs.Ou bien, elle se tourmente terriblement à cause de Jacques .\u2014 Comment va-t-il, ton frère ?\u2014 Si je voulais imiter le pessimisme de maman, je te répondrais : « Il allait bien avant-hier.» Mais ce matin, il a dû s'envoler du Bourget, pour essayer son nouvel appareil .\u2014 Jacques Claret est l'un des grands espoirs de l\u2019aviation ! coupa Juliette, comme si cette affirmation avait suffi à rendre vaines toutes les craintes.Papa le disait encore l'autre jour lorsque nous avons appris qu'il préparait son raid Paris-San-Francisco, par la Russie.Un nuage rose colora les joues de son interlocutrice, et Madeleine insista : Je croyais qu'il était aux Pins Blancs et j ai été surprise, hier, en 15 août 1942 11 ne le voyant pas.C\u2019est que j\u2019ai hâte de le connaître, M.Marc Drive.\u2014 Tu le verras tout à l'heure et tous les jours, durant ce mois d'août, dit en souriant Juliette.Depuis que nous sommes fiancés, ses parents ont loué la propriété voisine de la nôtre.Tu as dû apercevoir, hier au soir, cet immense parc avec une villa blanche, cela s'appelle « Les Chimères ».La famille Drive passera, comme nous, tout l'été en Touraine.\u2014 Quand vous mariez-vous ?\u2014 La date reste fixée pour la deuxième quinzaine d\u2019octobre.\u2014 Tu dis cela sans entrain.\u2014 C'est vrai, Madd .Tu vas me comprendre ! Tu sais que Marc est directeur technique de l'usine Fiat et Ber .à Paris .\u2014 Oui ! Les gros fabricants de pneus ?\u2014 Mais les Fiat et Ber ont des filiales à l'étranger.Marc se trouve délégué pour aller visiter l\u2019usine de Hollande précisément cet automne, à cause de je ne sais quel congrès qui doit, par surcroît, réunir là-bas les plus importants vendeurs de caoutchouc.Alors, dit-elle piteusement, figure-toi qu'il veut faire coïncider notre voyage de noces avec ce voyage d\u2019affaires ! \u2014 Eh bien ! c'est une excellente idée ! déclara Madeleine.En automne ! Tu verras la Hollande sous son vrai jour.Enfin .presque, corrigea-t-elle en souriant.\u2014 Oh ! Cela m'est égal ! assura son amie.Quoique .évidemment .j'aurais préféré autre chose, pour mon voyage de noces, que des paysages de brume.Mais c'est lui que je ne verrai pas, s\u2019il est accaparé par sa mission.\u2014 Dans ces conditions .pourquoi ne lui as-tu pas demandé de modifier ses projets ?\u2014 J\u2019ai toujours peur qu'il ne me juge bien .romanesque ! Il est si positif .Si.Enfin .C\u2019est tellement « Monsieur Chiffre en tout genre ».\u2014 Mais il t'aime ?Et comme Mlle de Sancy ne répondait pas, elle reprit avec un peu d'angoisse : \u2014 Il t'aime ?Oh ! Liette ! Tu n'en es pas sûre ?La jeune fiancée secoua la tête : \u2014 Non, Madd, je n\u2019en suis pas sûre ! A certains moments, je le crois.Puis à d\u2019autres, je me dis qu\u2019un homme qui aime .n agirait pas comme il agit ! ,\u2014 Par exempie ?\u2014 Oh ! C\u2019est très difficile à raconter ! Ce sont des nuances.Ainsi, si je veux m'intéresser à ses occupations .oh ! de très loin, très discrètement .j\u2019ai l\u2019impression de l'importuner.Pourtant, j\u2019ai été habituée, par maman, à marcher sur la pointe des pieds autour du travail du chef de famille.Tu reconnais là ses expressions ?\u2014 Ta mère est un modèle de tact ! \u2014 Oui.je ne crois pas que j\u2019étais à mauvaise école ! Marc n'aura à craindre ni mes visites, ni mes coups de téléphone intempestifs à son bureau lorsqu il sera mon mari.Je me garderai instinctivement, aussi, de le' questionner le soir, sur ses soucis de la journée.Je ne chercherai qu\u2019à les lui faire oublier, en lui créant une atmosphère de repos, de tendresse .Mais Marc, je le crains, ne cherchera, auprès de moi, qu\u2019une distraction un peu semblable à celle qu\u2019il pourrait trouver à jouer avec un chien.\u2014 Comme tu exagères ! gronda gentiment Madeleine.En tout cas, tu aurais tort de laisser ce malentendu vous diviser ! Aie donc une explication franche avec lui ! Parle-lui .comme tu viens de me parler ' Tu n\u2019en as pas peur, j'imagine ?\u2014 Certes non ! protesta sincèrement Mlle de Sancy.-\u2014Et.tu l'aimes ?-\u2014 Peut-être pas comme l\u2019on aime dans les romans ?.Mais le sentiment que j'éprouve pour lui n\u2019est pas non plus quelque chose de superficiel.Je l'admire pour son intelligence .songe que le poste qu'il occupe il ne l\u2019a atteint que par ses propres mérites et à un âge relativement jeune.Marc a trente-deux ans .Physiquement je le trouve chic, beau même, tu verras .\u2014 Evidemment ! En partant de ça, on peut, avec de la chance, arriver à l\u2019amour 1 dit la gracieuse invitée sans enthousiasme.Et.tes parents tiennent beaucoup à ce mariage ?\u2022\u2014 Enormément ! Papa ne jure plus que par Marc et comme maman ne jure que par papa .Un nouveau silence s'appesantit dans la jolie chambre aux tentures champêtres.Ce fut la petite fiancée qui le rompit : -\u2014 Mais nous ne parlons que de moi ! Et toi, Maddy.Quand m\u2019annonceras-tu ?\u2014 La rencontre du prince charmant ?coupa son interlocutrice.Mais le prince charmant est mort sans héritier.¦\u2014 C\u2019est un bruit qu\u2019on fait courir ! répliqua son amie en riant.Tout à coup, son rire s\u2019arrêta.Avisant un livre sur la table de chevet de Madeleine : \u2014 Des vers ! Tu as apporté un livre de vers ! Et du Sully Prud-homme !.\u2014 Mon Dieu, oui ! Comme je retarde, n\u2019est-ce pas ?C\u2019est que .une petite histoire s\u2019attache à ce recueil.\u2014 Raconte ! -\u2014 Oh ! C'est un incident sans importance !.Tu sais que j\u2019occupe un petit bureau contigu à celui de mon patron ?Et je t\u2019ai dit aussi que celui-ci, M.Navar, était un très brave homme.Mais assez brusque .original.Ah ! quand on veut s\u2019entendre avec lui, il faut savoir faire la part des choses et n\u2019être pas trop susceptible.\u2014 Ma pauvre chérie ! \u2014 Bast ! Je me dis que ce n\u2019est pas sa faute ! Il a été aux colonies et en a rapporté des fièvres.Et puis, à côté de ces travers, il a tant de qualités ! Je sais aussi que je ferais beaucoup de peine à sa femme, en m'en allant.Maman et elle se sont connues en pension.Enfin, suprême considération que je négligerais peut-être si j\u2019étais seule dans la vie .c\u2019est une excellente place .Mais, j'arrive au fait.Un jour que M.Navar était en train de téléphoner, il eut besoin, pour appuyer son argumentation, d'une certaine pièce du dossier.Entendant cela, je crus bien faire en me mettant à le chercher.Mais il se fâcha : « Vous ne le retrouverez jamais ! J\u2019aime mieux chercher moi-même ! » etc.etc.Tout cela sans lâcher le récepteur, si bien que le correspondant ne devait pas perdre un mot de l'algarade.Puis, soudain : «Tenez,! Prenez plutôt l\u2019appareil et récitez des vers ! » Je le regardais, ahurie.Alors, parlant à nouveau dans l\u2019appareil, il annonça à celui qui était au bout du fil : « Pour qu\u2019on ne nous coupe pas, ma secrétaire va vous réciter : Le A.DE LAMARTINE vase brisé.» Il me tendit le récepteur et j\u2019étais dans l'incapacité de dire un mot, lorsque j'entendis une voix qui me suppliait drôlement : « Oh ! non ! surtout pas Le vase brisé, mademoiselle.Mais si vous aimez Sully Prudhomme.» Je recouvris la parole et ma nervosité se donna libre cours.« Je n'aime pas Sully Prudhomme, monsieur, et je me passe aisément de répéter ce Vase brisé, que l'on devrait bien recoller une bonne fois, pour qu\u2019on n\u2019en parle plus!» Tu saisis le ton?En tout cas j'étais tirée d\u2019embarras.Mon interlocuteur ne me permit pas d'y retomber.« Vous devez une réparation aux mânes de Sully Prudhomme.Moi aussi d\u2019ailleurs ! Nous y pourvoirons avec un petit poème un peu moins connu que le Vase brisé et sa verveine.Ecoutez ! Et ce fut lui qui récita : Seul, le rêve embellit les vers ! A dépouiller de leur prestige Les merveilles de l'univers, Poète, quel devoir t\u2019oblige ?Si la Nature t'apparait Sous tant de formes attachantes, N'est-ce pas pour que tu la chantes Sans attenter à son secret ?« Il s'interrompit pour me faire observer :\t« chanter la nature .une chose .un être sans attenter à son secret, n\u2019est-ce pas, mademoiselle, l\u2019essence même de la poésie ?» « Il me dit bien d\u2019autres choses, encore, qui témoignaient d une âme délicate et tourmentée.Moi, je n\u2019avais qu\u2019à écouter.Et pourtant, il me semblait que quelque chose, du fond de mon âme, répondait, acquiesçait .Tu sais ?Ce que 1 on éprouve à lire un livre qui, tout à coup, nous révèle notre propre façon de sentir .\u2014 Oh ! Oh ! Cette communion de pensée me paraît fort révélatrice ! s\u2019écria la gracieuse hôtesse, en menaçant gentiment du doigt son amie.\u2014 Juliette ! Comment peux-tu supposer .\u2014- Je ne suppose pas, je constate, mademoiselle.Nous parlions du prince Charmant ! C'était l âme sœur qu'il fallait dire ! \u2014 Quelle vilaine taquine tu fais ! Songe que je n\u2019ai même pas su son nom ! La communication n'avait pas été demandée par M.Navar et il s'agissait certainement d\u2019une affaire nouvelle .^A ta place, j\u2019aurais été plus curieuse.\u2014 Peut-être l\u2019aurais-tu regretté ?Je préfère qu'il soit resté, pour moi, une voix .comme le titre du petit poème qu'il me récita .\u2014 Qui te croirait aussi sentimentale ?\u2014 Ce n\u2019est pas tout à fait cela.Si je relis de temps en temps ces vers charmants, c\u2019est que j'y trouve ma petite part de rêve.Ils me rappellent que le monde est beaucoup plus fraternel qu'on ne le croie .beaucoup plus idéaliste aussi, puisque les hommes d'affaires sont encore capables de cultiver les poètes et les poètes démodés .Une petite besogneuse comme moi a souvent besoin d\u2019encouragement et il suffit toujours de bien peu de choses.CHAPITRE II UNE VOIX .Deux heures après les confidences que nous venons de surprendre, les deux amies se retrouvaient sur la terrasse des Pins Blancs où Mme de Sancy, avant le signal du déjeuner, réunissait ses hôtes.\u2014 Ma chère petite Madeleine ! Vous ne pouvez savoir le plaisir que nous procure votre présence parmi nous ! s\u2019écriait la châtelaine, empressée à témoigner à la plus humble de ses invitées, de la chaleur de son accueil.Sensible à ces marques de cœur, la jeune dactylo s\u2019inclinait devant la mère de son amie.A son tour, M.de Sancy s\u2019informa, paternellement, du repos de la jeune fille.\u2022\u2014 Notre douce Touraine va colorer ces joues-là ! dit-il, tapotant le régulier visage, un peu pâle, il est vrai.\u2014 D\u2019ailleurs, nous ne la renverrons « en ses foyers » qu'une fois ce résultat obtenu ! déclara Juliette, passant son bras autour de la taille de son amie.Les hôtes du château se rapprochèrent, instinctivement attirés par le gracieux spectacle.Madeleine, la brune, en robe de toile bleue, à petit col blanc strict ; Juliette, la blonde, en organdi rose .\u2014 Je crois que tu connais tout le monde ici ?dit Mlle de Sancy, faisant allusion aux présentations de la veille et, tandis que son amie tou- ADIEU Adieu ! mot qu'une larme humecte sur la lèvre; Mot qui finit la joie et qui tranche l'amour; Mot par qui le départ de délices nous sèvre ; Mot que l'éternité doit effacer un jour ! Adieu !.Je t'ai souvent prononcé dans ma vie, Sans comprendre, en quittant les êtres que j'aimais ! Ce que tu contenais de tristesse et de lie, Quand l'homme dit : \"Retour\" et que Dieu dit : \"Jamais\".Mais aujourd'hui, je sens que ma bouche prononce Le mot qui contient tout puisqu'il est plein de toi, Qui tombe dans l'abîme et qui n'a pour réponse Que l'éternel silence entre une image et moi !.Et cependant, mon cœur redit à chaque haleine, Ce mot qu'un sourd sanglot entrecoupe au milieu, Comme si tous les sons dont la nature est pleine N'avaient pour sens unique, hélas ! qu'un grand adieu ! 12 Le Samedi chait des mains, échangeait des sourires.Il y avait là une dizaine de personnes qui représentaient les « invités à demeure », deux jeunes ménages .un autre, les Maune, qui n'étaient pas encore un vieux ménage.mais qu\u2019accompagnait une grande fille aux façons garçonnières .Notons encore deux jeunes gens, un ingénieur protégé de M.de Sancy, puis un autre qui affectait le genre sportif.Enfin, le frère aîné de Mme de Sancy, le comte de Brinoy, que Juliette appelait « l\u2019oncle Cro-quemitame », sans doute par goût du paradoxe.\u2014 Eh bien ! ma petite enfant, disait-il à la nouvelle arrivée, il paraît que notre cher Jacques va s'adjuger un fameux record ?\u2014 Il l'espère, monsieur ! répondit la jeune fille.\u2014 C'est vrai, vous êtes la sœur de Jacques Claret ! s'écria Simone Maune, qui eut été jolie.si elle eût daigner s\u2019en donner la peine.Vous a-t-il emmenée quelquefois en avion ?\u2014 Non ! répondit doucement Madeleine.Ce serait un de mes grands désirs.Mais .j\u2019ai promis à maman, une fois pour toutes, de ne jamais monter.\u2014 Pourquoi donc ?répliqua l\u2019autre, rejetant en arrière sa tête aux cheveux plats.\u2014 Maman n'a, avec Jacques, que trop de sujets d\u2019émotions ! répondit Madeleine.\u2014 Elle est comme toutes les mères ! déclara péremptoirement son interlocutrice.Elles ont peur de tout ce qu elles ne connaissaient pas dans leur jeunesse ! Aujourd\u2019hui l\u2019avion présente une très grande sécurité .\u2014 Permettez-moi d'être d\u2019un avis différent du vôtre, mademoiselle, émit en s'inclinant Robert Tarcy, le jeune ingénieur auquel s\u2019intéressait le maître de céans.Une imperceptible ironie vibrait dans sa voix.Mais son interlocutrice n'ignora pas cette nuance : \u2022\u2014 Nous sommes souvent d\u2019un avis différent, monsieur Tarcy ! observa-t-elle, et le souvenir que l\u2019habitude mondaine dessinait sur ses lèvres ne rachetait qu\u2019à peine le ton légèrement agressif .\u2014\u2022 Accordez-moi quelque compétence en la matière ?\u2014 Parce que vous êtes « dans les autos » ?lança-t-elle.\u2014 Parce que je fus aussi « dans les aéroplanes », pour me servir de votre expression.Avant de m\u2019occuper des moteurs pour la route, je me suis occupé de la fabrication des moteur à ailes, si j\u2019ose dire .Assez, du moins, pour être persuadé que.dans ce domaine, tous les espoirs nous sont permis, mais que nous ne les avons pas encore réalisés .tous .Elle allait répliquer.Mais un nouvel arrivant accapara l\u2019attention générale.Il s\u2019agissait de Marc Drive, le fiancé.Grand, mince, le visage énergique et brun, l'allure ferme et rythmée des conquérants, il était de ces êtres qui s'imposent, déjà, par leur seul physique.Ayant gravi rapidement les blanches marches majestueuses, il s'inclinait devant Mme de Sancy en demandant : \u2014 N\u2019ai-je pas à m'excuser ?\u2014 Non.mon cher Marc, vous n'êtes pas en retard ! répondit la châtelaine.C'est nous qui sommes très en avance .\u2014 Lorsque je ne suis pas en avance chez vous, madame, je suis en retard ! reprit-il.Et Simone Maune, détournant ses flèches de Robert Tarcy, marmonnait NOS MILITAIRES îfeiii Le soldat ROGER MORIN, des Fu-siItiers de Sherbrooke, en service actif au pays.Envoi de sa sœur, Mlle Irène Morin, 32b, rue Alexandre, Sherbrooke, P.Q.Le soldat EDMOND FURLOTTE, en service actif outre-mer.Envoi de sa mère, Mme W.Furlotte, Mata-chewan, Ont.* \u201d¦.\u2022 ¦¦ Le soldat LIONEL SIMONEAU, en service actif dans l'est du pays.Envoi de ses parents, M.et Mme Alfred Simoneau, 10a, rue Queen Nord, Sherbrooke, P.Q.Le soldat DONAT DUPLANTIS, de Montréal, en service actif dans l'est du pays.Envoi de Mlle Annette Francoeur, 101 Carlaw Avenue, Toronto, Ont.Le caporal A.J.VALADE, en service actif outre-mer.Envoi de sa mère, Mme Valéda Valade, Stur-çron Falls, Ont.Le soldat ANDRE VILLENEUVE, en service actif dans l'est du pays.Envoi de sa sœur, Mme Olivine Kenville, 46, rue Sherwood, Ottawa, Ont.pour elle seule : « On n\u2019est pas plus régence ! » \u2014 Maddy ! s\u2019écriait Juliette .Viens que je te présente mon fiancé : Marc Drive .Mlle Claret, l\u2019amie d'enfance dont je vous ai souvent parlé, Marc .\u2014 Si bien, que j\u2019oserais presque dire que nous sommes de vieux amis ' dit-il, prenant la main que lui tendait la jeune fille.Madeleine ne répondit que par un bredouillement indistinct.Avait-elle perdu cette discrète aisance mondaine que l\u2019éducation lui avait donnée ?\u2014 Mlle de Sancy se réjouissait tant de votre venue ! poursuivit-il.\u2014 Ces enfants ont fait ensemble leurs premiers pâtés ! dit «l\u2019oncle Croquemitaine » et, dame, cela crée des liens, les pâtés de sable ! Mais Juliette entraînait son amie.\u2014 Comment le trouves-tu ?Tu n'as pas l\u2019air très chaleureux ?Te serait-il antipathique ?Avec une vivacité inattendue, Madeleine protesta : \u2014 Je t'avouerai plutôt que, d'après ce que tu m\u2019en avais dit, je me faisais de ton fiancé une idée plus sévère.CHAPITRE III AUTOUR DE LA TABLE Le déjeuner fut savoureux par les-prit que I on y déploya autant que par les mets qui en composèrent le menu.Mme et M.de Sancy étaient des hôtes incomparables.Le bien-être, l'agrément de leurs invités restaient visiblement leur primordial souci.Retiré des affaires depuis deux ans, le père de Juliette avait gardé, sur les grands problèmes industriels, une vision perçante, et il savait donner à ses idées une forme concrète et claire.Dans la discussion littéraire, il pouvait, avec élégance, intervenir, s'étant toujours efforcé, malgré les exigences de sa carrière, de lire les oeuvres les plus représentatives de notre époque et d\u2019entendre les pièces qui, elles aussi, reflétaient \u2014 hélas ! en les déformant souvent, \u2014 les moeurs de cette époque ! Depuis qu\u2019il avait vendu ses usines, il accordait davantage aux joies intellectuelles.Aussi, sa conversation y gagnait-elle une vivacité, une diversité que l'on admirait à juste titre.Quant à Mme de Sancy, un observateur superficiel l\u2019eût, peut-être, jugée notablement inférieure à son mari.En réalité, elle pratiquait cet idéal périmé qui consiste, pour la femme, à s\u2019effacçr devant le chef de famille.Mais un simple mot qu\u2019elle émettait .parfois seulement un sourire éclairant son visage .un regard, exprimaient assez, pour qui savait voir et comprendre, que cette épouse devait être, à la fois, la compagne du cœur et celle de l'intelligence.Encore très belle, malgré la proche cinquantaine, c\u2019était d\u2019elle que Juliette tenait la pureté de ses traits et ses grands yeux de rêve bleu .La compagnie des invités dont nous avons rapidement fait le tour avant qu'ils ne passassent à table, se composait donc d'éléments assez dissemblables.Placés vis-à-vis, Simone Maune et Robert Tarcy s'étaient lancés dans l\u2019une de ces controverses où l\u2019un et l\u2019autre prétendaient avoir le dernier mot.Courtois, mais obstiné sur ses points de vue, 1 ingénieur en arrivait à oublier que son adversaire était une femme et à ne pas craindre de la contredire nettement.Alors, il s excusait mais, d un haussement imperceptible d épaule, la moderne jeune fille indiquait qu elle n'entendait pas qu on lui cédât un pouce de ter- 15 août 19-42 13 rain par galanterie.Elle voulait combattre à armes égales.Lorsque le protégé de M.de Sancy se tournait vers Madeleine, sa voisine, toute raillerie, alors, s'effaçait de son visage rasé et un peu brûlé par le soleil.Il parlait de Jacques Claret, sujet cher au cœur de la jeune dactylo.Elle était heureuse de constater que la renommée de son frère dépassait encore ce que l'on imaginait modestement dans la famille et une émotion reconnaissante lui venait à l\u2019endroit de Robert Tarcy, qui n'avait rien oublié des premières prouesses de l\u2019aviateur.Et cependant .d'écouter l'éloge du cher garçon n'empêchait pas sa pensée de s'évader .D'habitude, lorsqu\u2019il s\u2019agissait de Jacques, tout autre intérêt disparaissait pour elle.D\u2019où venait qu'aujourd'hui un souci sous-jacent pût la distraire ?Comme pour s'en libérer, elle leva les yeux et, ayant rencontré le bon regard du comte de Brunoy, elle rappela à elle certaines images chères de son enfance.Elle se revit au cours des parties de cache-cache, venant demander aide au colonel.Elle se pelotonnait derrière son fauteuil et il dépliait tout grand son journal afin de la dissimuler mieux.Que tout cela était loin ! Dans un serrement de cœur, la jeune fille se dit qu elle n\u2019appartenait plus, maintenant, à ce monde auquel la générosité de son amie, seule, lui permettait de se mêler incidemment.Passées ces quelques semaines, il lui faudrait reprendre le collier, se heurter aux cent épines de l\u2019existence journalière péniblement assurée, se plier aux changements d'humeur de son patron .Elle avait eu raison de craindre que le séjour aux Pins Blancs ne fût amolissant.Vingt-quatre heures ne s'étaient pas écoulées que, déjà, elle se sentait baignée de nostalgie en retrouvant cette atmosphère qu\u2019elle avait perdue.Etait-ce bien cela ?Si elle éprouvait cette dépression, ce « vague à l\u2019âme », ce besoin d\u2019être seule avec ses pensées .était-ce bien par regret du luxe et de la vie facile ?Elle était trop franche avec elle-même pour ne pas convenir qu'il y avait autre chose.Une autre chose qu\u2019elle ne savait pas définir, toutefois .\u2014 Tu n\u2019as pas faim ?s\u2019informa gentiment Juliette, profitant d\u2019un moment d'inattention de leurs voisins pour se pencher vers son amie.Celle-ci éprouva, de cette sollicitude, presque de l impatience.Cependant, elle sourit à sa jeune hôtesse.\u2014 Qu'est-ce que j\u2019ai donc ?se de-manda-t-elle.Pour un peu, j'aurais mal accueilli la prévenance de ma petite Juliette.Puis le fil de ses préoccupations intimes se renoua : \u2014 N'est-ce pas une bizarre coïncidence que la voix de mon « télé-phoneur inconnu » ressemble tant à celle du fiancé de mon amie ?Juste à ce moment, Marc Drive, prié par son hôte de développer certains points de vue, dominait un peu les conversations particulières.Et Madeleine était prise d'une certitude que sa raison essayait en vain de repousser : \u2014 Cette façon qu'il a de monter le ton aux dernières syllabes en traînant légèrement, mon amateur de poésie désuète l'avait aussi ! J\u2019avais même cru y reconnaître l'accent savoyard tel que je 1 avais remarqué durant mon dernier séjour aux environs d'Aix-les-Bains.Or, Marc Drive est Savoyard ! Lorsqu'elle m'annonça ses fiançailles, Juliette m\u2019écrivit de lui :\tun Parisien né en Savoie ».Et puis tout le mon- de n a pas 1 habitude de faire sentir, comme il le fait, la différence des est et des et.Cette justesse de diction et cet accent chantant cela ne constitue-t-il pas un siqne distinctif ?.Mais non .Elle ne voulait pas partir à la suite de son imagination vagabonde : Deux voix peuvent être identiques ! D ailleurs, le téléphone change toujours plus ou moins les intonations.On sait bien que le hasard est capable de tout ! N'empêche ! .Retrouver dans le fiancé de sa meilleure amie le mystérieux inconnu, ne serait-ce pas vivre une de ces situations comme on en voit seulement dans les pièces de théâtre à qrosses « ficelles » ?Mais elle avait beau s'en défendre, l\u2019idée s'imposait davantage à chaque fois que l\u2019ingénieur élevait un peu le ton.Madeleine mesura combien sa préoccupation l'avait tirée loin du moment présent, au sursaut qu\u2019elle eut en entendant son voisin de gauche, ce jeune homme que la gloire sportive obsédait, lui confier fièrement : \u2014 En 1924, j\u2019ai failli servir de partenaire à Suzanne Lenglen.La jolie dactylo eut quelque peine à « reprendre pied » et à répondre par les félicitations qui convenaient .\u2014 Cette année, j'ai fait surtout du canoë, continua-t-il.Figurez-vous qu'avec un peu de chance, j\u2019aurais été présenté à Gerbault, l'hiver dernier .Je n\u2019ai pas les mêmes principes que lui, en matière de navigation .Madeleine apprécia l\u2019alibi qu\u2019apportait à sa rêverie une telle conversation.Elle n'avait qu'à opiner de la tête de temps en temps ou à lancer un « ah ! » admiratif.Et nul ne pourrait s'apercevoir \u2014 son interlocuteur moins que tout autre \u2014 que son attention demeurait absente.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.