Le samedi, 1 août 1942, samedi 22 août 1942
[" PER 54e année, No IB Montréal, 22 août 1942 at.~\u20ac-i\t¦* \u2022tw*** :.V jrW * R asfffiSf1'* DIX CENTS LA LAGER rontenac '\t^3_____ fumce IUECBISEB ».- .-'V *\"ii ' ; .* - ' / ./ltûnicjue Personne n'est plus sérieux que les gens qui doivent faire rire les autres.Jovette elle-même, si affable, si charmante, n'échappe à cette particularité .du moins lorsqu\u2019elle rédige ou revise ses textes ! Décidément, la gaieté n\u2019est pas à la baisse par le temps qui court, et c'est heureux que des fantaisies radiophoniques, dans le genre de Comme tout le Monde, viennent, de temps en temps, dilater la rate de nos braves Canadiens.k * \\sr~- *ggk\\ '^gayrsastsi Quoi de plus charmant qu'une rencontre fortuite entre artistes dans l'un des halls de Radio-Canada, en attendant que les copains arrivent pour l'émission.De gauche à droite : BELLA OUELLETTE, JOVETTE BERNIER et ROGER BAULU.\u2014 Ci-contre : Une scène typique de l'émission COMME TOUT LE MONDE.Dommage que la caméra d'Henri Paul n'ait pu enregistrer le \" gag \" de Jovette qui fait tant rire le bruiteur, GASTON DAURIAC (intérieurement, pour sa part), le ténor GEORGES CHARRON, ROGER BAULU et HENRI LETONDAL, que nous voyons de gauche à droite.L'explication que tente de fournir Eugène Duval à sa femme semble aussi invraisemblable que compliquée.C'est bien, en tout cas, ce que laisse entendre le regard sceptique et inquisiteur de cette bonne madame Duval.En suivant les cocasseries du ménage Duval (Gaston Dauriac et Jovette Bernier), on oublie les rigueurs du fisc et l'atmosphère de guerre que nous respirons.L\u2019ineffable naïveté de M.Duval prend un sens tout à fait particulier avec le charme mutin de son intuitive épouse.Et puis, il y a aussi l'impayable copain, celui qui, immanquablement, complique les choses et empoisonne avec un art consommé la vie de ce pauvre Eugène, nous avons nommé Clément Latour.Juliette Béliveau et Henri Letondal, deux vétérans de l\u2019humour, complètent à merveille les scènes amusantes dont les radiophiles sont témoins lorsqu'ils syntonisent leur appareil chez M.et Mme Duval.(Photos Henri Paul. Au moment où nous écrivons ces lignes, Paul Calvert est le lanceur qui ait gagné le plus grand nombre de joutes, cette saison, dans la Ligue Eastern, soit 15 victoires et 3 défaites seulement Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour pronostiquer plus de 20 gains pour notre lanceur canadien-français, à qui le gérant Lou Boudreau, du Cleveland, donnera une chance de se faire valoir en grande compagnie, les trois dernières semaines de la saison régulière des ligues majeures.Quele est la raison de sa brillante tenue sur le monticule ?Pendant plusieurs années, on le sait, il a souffert si violemment de maux de bras et d'épaule qu'il lui était absolument impossible de lancer à vingt-cinq pieds et même, parfois, de serrer un objet quelconque, un verre, un porte-plume.La douleur était spécialement localisée à l'épaule.Par la suite, depuis l'an dernier, elle s\u2019est atténuée.Cette année, elle est complètement disparue.Depuis cinq ans, Paul ne peut évaluer le nombre de médecins, rebouteux, spécialistes, masseurs ou autres, consultés par lui.Tous les traitements, massages, air chaud, diathermie, etc., avaient été inopérants.Cette saison, Paul décida de prendre aisément les choses, au camp d\u2019entraînement, de ne pas lancer sa balle rapide à tours de bras avant d'être fin prêt, c\u2019est-à-dire d\u2019être complètement réchauffé.Ce fut le meilleur remède.Au moment où il s\u2019y attendait le moins, le mal a disparu.Il faut dire aussi que, durant les mois de février et mars derniers, Paul Calvert s'est entraîné à lancer dans un gymnase de Montréal, quatre ou cinq fois par semaine.Nous avons déjà eu l\u2019occasion de rencontrer plusieurs lanceurs, souffrant de maux de bras et Pal Oscal lïlajol d\u2019épaule.Le traitement qui leur réussissait le mieux n'était jamais le même.C\u2019est pourquoi il est difficile de préconiser une méthode de soins sûre et efficace.Il n\u2019y a pas même unanimité dans le monde médical sur la définition de ces maux de bras des lanceurs.Ceux qui en sont affectés devraient suivre le genre d'entraînement de Paul Calvert, que nous avons cité précédemment.PROPOS DE LUTTE LIBRE Ray Steele possède, entre autres, une grande qualité : la franchise.Le gros lutteur américain ne rougit pas d\u2019être le gérant de Bill Longson, champion mondial de l'Association Nationale des Lutteurs.Il le proclame, d'ailleurs, à tous les vents .D'après lui, la ville de St-Louis (Missouri), est présentement la capitale de la lutte libre.Montréal la suit de près.Ceci veut dire que ces deux villes du continent américain peuvent se targuer de connaître le plus grand nombre de partisans de la lutte assez crédules pour écouter, religieusement parfois, le bourrage de crâne, les réclames des agents de publicité, les trucs des promoteurs pour attirer la foule aux réunions et, enfin, le jeu des gladiteurs dans l\u2019arène, où le meilleur d\u2019entre eux gagne moins souvent que le lutteur de seconde zone .On doit avouer, cependant, que le spectateur en a pour son argent, à chaque fois, assistant à un spectacle enlevant, délirant même.Aux phases les plus tourmen- BABE RUTH, l'ancien sultan des coups de circuit des Yankees de New-York, félicite l'artiste de cinéma américain GARY COOPER, qui joue le râle de Lou Gehrig dans le film THE PRIDE OF THE YANKEES.Ce film de la RKO-Radio, basé sur la vie de Lou Gehrig, sera à l'affiche sur les principaux écrans montréalais, dans quelques semaines.(Photo RKO-Radio) Dans le iTionèe LA BRILLANTE TENUE DE PAUL CALVERT tées, les plus orageuses, les plus tourbillonnantes se succèdent d autres d\u2019une apparence calme.Deux gros corps reposent au matelas dans des poses nonchalantes.C est 1 instant des torsions de pieds et de mains, ou autres amabilités de ce genre.Les traits révulsés, la figure grimaçante de l'un au moins des deux personnages en disent long sur ses sentiments .Dans votre candeur naïve, vous croyiez que la lutte libre se disputait à mains nues ?Pourtant, ils utilisent couramment des clefs anglaises, des ciseaux, des ceintures arrière, des coups d\u2019Ar-pin et de la planchette, qui n\u2019est, comme son nom 1 indique, qu un coup de pied suivi d'une prise de tête .Si I on conseille aux enfants de ne pas mettre leurs doigts dans leur propre nez, yeux et oreilles devant le monde, on ne défend pas aux pachy-dermes de la lutte de mettre leurs doigts dans le nez mn^yeUX de leurS adversaires' sous les yeux de 10.0(a) spectateurs.Ce gui, entre nous, apparaît scandaleux, et on conçoit mal que la Société des Nations est-elle défunte ?¦\u2014 qui aurait là 1 occasion de justifier son utilité, ne s\u2019en soit pas encore émue .Le véritable nom de Ray Steele est Peter Raymond Sauer, né de parents très pauvres, à Lincoln, Nebraska.Pendant plusieurs mois, le rhumatisme le tint éloigné de 1 arène.Une cure aux oranges et un long repos sous les cieux de la Californie firent disparaître la névralgie du nerf sciatique de Steele .Après la « belle » Robert-Steele, on verra deux ou trois autres matches entre Bill Longson et Yvon Robert, pour le championnat du monde, dici le milieu de septembre.Fermons, ici, notre boutique de prophète et partons pour vacances « msalutato hospite » ! (Lire la suite page 41 > \t %£ElaE> MÈÊm.ï-Vi' ¦*':[ \u2019 #\u2022-%&' ':\u201c4S W;'s?' \u2019 V C\u2019est saint Nicolas ! Tais-toi, c\u2019est lui ! WÊêè^ «te».*.\t\u2022\"\"* \"f.gsa^.£xatt U aconmeï Bion portait le nom d'un sage de la Grèce ; mais il s'appelait aussi Alexandre, comme un grand héros macédonien.C\u2019est ainsi qu\u2019en lui se mêlèrent, peut-être, selon des lois inconnues, lame sereine d\u2019un philosophe et l'esprit aventureux d'un conquérant.Il naquit sur la grand'route, à l\u2019ombre d'un vieux hêtre qui avait vu passer bien des gens de toute sorte et qui vieillissait, plein de rêves, dans son immobilité.Ses parents l'abandonnèrent là, par oubli sans doute ; le bois, le chemin, les oiseaux et quelques âmes charitables adoptèrent l'enfant.Ils lui apprirent tout ce qu'ils savaient ; le petit Bion les écoutait avec beaucoup de bonne volonté.Quand il crut avoir compris ce que voulaient de lui ces excellents maîtres, il se fit vagabond, et resta vagabond toute sa vie.Ceux qui confondent ce métier avec celui de paresseux se trompent étrangement.Alexandre Bion.pour échapper à la nécessité d'un travail régulier, déploya plus d'efforts et endura plus de fatigues qu'il n'en faut à d'autres pour devenir millionnaires.Cela commença, quand il était petit, par des taloches et finit, en son âge mûr, par la prison.Il supporta d'une âme égale les revers et les injures du destin.Il déploya la plus grande activité à sauvegarder, à défaut de la liberté de son corps, l'indépendance de son âme et à préserver son existence auïice de tous les liens sociaux au piège desquels elle aurait pu s\u2019accrocher.Il apprit à marcher sans souliers, à chasser sans permis, à avoir faim sans manger et à boire sans soif.Il n'éprouva aucun remords à passer pour un fort mauvais citoyen, pour un travailleur instable, pour un soldat indiscipliné et pour un moraliste douteux ; mais il fut, avec un cerveau plein d'inventions, un braconnier émérite et, quand il avait liché un coup de trop, \u2014 ce qui lui arrivait plus souvent que de changer de linge, \u2014 un pochard joyeux comme on n'en rencontre pas tous les jours, sur les routes qui montent de la vallée mosellanne jusqu\u2019aux cols de la Hutte et du Grand-Ventrou.La première fois qu'il fit connaissance avec les gendarmes, il ressentit quelque impression de voir qu\u2019ils portaient de grands sabres et retroussaient leur moustache d'un air guerrier.La seconde fois, il ne remarqua plus que leurs bottes, qui sont larges et confortables ; et la troisième, il les considéra comme de simples mortels.Quand il était ivre, il lui arrivait de les accueillir avec des paroles peu amènes et dépourvues d'élégance ; les graves tricornes alors en entendaient de belles ! Mais après un bon somme, Bion reprenait ses façons courtoises et ne les appelait jamais autrement que « ces bons messieurs ».Il prit avec 1 âge ¦\u2014 tant la vieillesse change notre humeur\u2014 des goûts plus sédentaires et abdiqua volontairement, pour les loisirs d'un abri que lui offrait la justice des hommes, une partie de sa précieuse liberté.Vers le 1er décembre, quand l'hiver devenait trop rude, Bion, qui commençait à sentir sur ses membres endoloris l'effet de la froidure, \u2014 peut-être pour avoir passé trop d'heures au bord de la rivière à guetter sous les pierres la fuite scintillante des truites, qu'aucun autre pêcheur ne savait mieux attraper, \u2014 Bion était pris de nostalgie en pensant qu\u2019il y avait quelque part, dans un immeuble bien connu de lui et appartenant à l\u2019Etat, une pièce à la vérité peu chauffée, peu meublée et assez mal éclairée, mais couverte d'un bon toit et garnie de murs solides, où, avec un peu d'habitude, on dort aussi bien que dans l'hôtel de M.le Sous-Préfet.(Lire la suite page 18 J (C(é4 7n.R.7hll f.fj: I imm i, wmm '¦> *>: W:; : / ^'~U4lgi* - Le corps du pauvre Regnaud, happé par les turbines, avait été retrouvé broyé dans un cours d'eau de la forêt.Dessin àe Paulin Occident! Gïimel Suicide ! LA DÉPOSITION DE L\u2019iNGÉNIEUR SAVAISIN Le juge d'instruction eut un geste d'agacement, jeta le bout de sa cigarette à demi consumée et, se tournant vers son greffier, demanda : \u2014 Il sagit bien aujourd'hui d\u2019interroger les témoins dans l\u2019affaire Jacques de Pindret ?\u2014 Exactement, Monsieur le juge.M.de Villerai bâilla sur sa main tendue.C'était un magistrat parisien qui commençait à faire son chemin dans la carrière et dans le monde et qu'un mauvais vent politique venait de « limoger » à Grenoble en qualité de juge d\u2019instruction.Maxime de Villerai n'aspirait donc qu'à une affaire retentissante qui le remettrait en vue et lui ferait prendre au plus tôt le chemin de la capitale.Mais pour cela encore fallait-il trouver le procès intéressant capable de le mettre en valeur.Depuis un an qu'il était à Grenoble, rien, absolument rien, n\u2019était de nature à mériter l\u2019attention de quiconque !.Des délits de braconnage, quelques meurtres de chemineaux, des histoires toutes simples et banales .Et voilà qu\u2019il y avait cette disparition énigmatique de cet ingénieur de l'usine « Force-Energie » de l\u2019Isère.Ce pouvait, certes, n'être qu\u2019un accident, mais l'idée de meurtre et de préméditation pouvait être invoquée.Et puis, il y avait des circonstances troublantes.Le chapeau de M.de Pindret.par exemple, retrouvé sur le bord du barrage, et ce mouchoir énigmatique, un mouchoir de fine batiste, parfumé d'un parfum assez violent et portant les initiales J.-S.Le greffier prit sur sa table un papier, assura sa voix et commença : \u2014 Sont cités dans l\u2019affaire dite « la disparition de M.de Pindret » les personnes suivantes : M.Fernand Savaisin, ingénieur, co-directeur de l\u2019usine « Force-Energie » de l\u2019Isère; son beau-père, M.Casimir Le Hu-chet.directeur de la même firme ; M.Bergeron, ingénieur en second de l\u2019usine ; M.Henri Exat.contremaître.Puis les dames dont les noms suivent : Mme Jasmine Savaisin (fem- me du co-directeur) ; Mlle Marguerite Bergeron, Mme Jeanne Schmidt.\u2014 Cest tout ?interrogea M.de Villerai en relevant la tête.\u2014 Non, il y a encore la femme Exat, Marie-Louise Exat, la femme du contremaître, \u2014 Bien ! fit le juge d\u2019un geste qui éludait, .ces dépositions ne sont que secondaires.Qui avez-vous convoqué pour aujourd'hui ?\u2014 M.Savaisin .Et puis ?\u2014 M.Le Huchet.Qui dois-je introduire en premier de ces deux messieurs ?\u2014 M.Fernand Savaisin, comme je vous l'ai dit ! \u2014 Bien, Monsieur le juge ! M.Bourret, un petit vieux chauve, aux yeux clignotants abrités de binocles, s\u2019en vint ouvrir une porte sur la droite du cabinet du juge et appela d\u2019une voix grêle et forte à la fois : \u2014 M.Fernand Savaisin, ingénieur ! Un homme parut, le chapeau à la main.C était un gros homme, assez insignifiant, tout en couleur, les cheveux mal plantés très en arrière, ce qui dégageait un front bombé, strié de veines bleues.Il était correctement vêtu d'un pardessus gris, d'un complet bleu aperçu sur le devant du manteau entr\u2019ouvert.~ Si vous voulez bien entrer, Monsieur ! commença le juge en avançant un siège à son visiteur.Qu avez-vous à me dire sur le compte de M.de Pindret ?a quel point de vue on se place ! Jacques de Pindret était mon camarade de promotion à l'Ecole centrale.Je dois dire, à ma grande honte, oue cependant qu\u2019il sortait quatrième \"en tin d études, je n étais, moi, que mau-vais trentième .C était un garçon d une extrême intelligence, pondéré, sérieux, javais pour lui la plus grande estime en même temps que la plus franche camaraderie .Aussi lorsque nous fûmes brusquement privés de notre troisième ingénieur, j'ai tout de suite pensé à lui pour devenir notre collaborateur, d'autant 22 août 1942 9 plusieurs reprises, il m'avait prospecté à ce sujet.Jacques de Pin-dret, privé de toute relation industrielle, malgré son brillant numéro de sortie, s'était mal débrouillé en quittant l'école .Il me confia par la suite la nécessité dans laquelle il s'était trouvé d'accepter un poste de dessinateur technique dans une usine de la banlieue parisienne !.Emploi certainement indigne de ses capacités !.\u2014 Pourquoi n\u2019avez-vous pas donné plus tôt satisfaction à sa demande ?\u2014 Pour la fort bonne raison qu'au moment de mon mariage avec Mlle Le Huchet, fille du directeur de l\u2019usine, celui-ci technicien lui-même, « Force-Energie » de l iséré n avait qu'un ingénieur principal et un contremaître pssez instruit, sorti ilud-même d'une école professionnelle lyonnaise .\u2014 Henri Exat ?\u2014 Exactement .Du reste, ce très bon ouvrier est toujours au service de la société.\u2014 Je sais .et le premier ingénieur dont vous venez de faire mention était M.Stanislas Bergeron ?\u2014 Oui.\t.t \u2014 Pourtant celui-ci ne compte plus sur vos contrôles qu'en qualité de second ingénieur-directeur du personnel ?Il a donc rétrogradé au lieu d'avancer dans vos services ?Une légère rougeur colora les joues de M.Savaisin.Il répondit après une seconde d'hésitation : \u2014 Gageons, dit le juge d'instruction non sans ironie, que votre mariage avec Mlle Le Huchet n\u2019était pas indispensable à cette brusque ascension ?.Personne n'ignore que votre beau-père possède une certaine autorité au sein du Conseil d administration de la Société .\u2014 En effet, le père de ma femme est un gros actionnaire de notre affaire.Moi-même, par ma famille, possède d'importants papiers de « Force-Energie » de 1 Isère.Dans ces conditions, il était assez naturel que je fasse prévaloir mes idées en matière industrielle .\u2014 Vous ne semblez pas aimer votre collègue ! fit remarquer le juge.Savaisin protesta : \u2014 N'allez pas vous imaginer cela.Je vous l'ai dit, je vous le répète, j'ai pour M.Bergeron la plus haute estime, mais le pauvre homme n'est plus jeune : il approche de la soixantaine .Des malheurs domestiques lamentables ont fini de briser son énergie .En somme, toutes les indications que je viens de vous fournir n'ont rien à voir avec la disparition assez énigmatique de notre troisième ingénieur.\u2014 Tout peut avoir son importance ! déclara M.de Villerai en hochant la tête.Cependant, vous avez raison, revenons à M.de Pindret qui est actuellement le personnage principal !.Que savez-vous des antécédents et de la famille de votre camarade de l\u2019Ecole centrale?\u2014 De Pindret était issu d'une très noble souche du Périgord.Son père, colonel de cavalerie en retraite, s\u2019était retiré dans une petite gentilhommière qu il possédait dans son pays.Les parents de Jacques étaient pauvres bien que d une dignité parfaite, ce qui explique la né-cessité où sc trouvait mon smi de gagner immédiatement, dès son diplôme obtenu.\u2014 Permettez, M.Savaisin.|e vois dans mes notes qu un troisième ingénieur à l'usine « Force-Energie » avait précédé M.de Pindret dans son emploi ?.\u2014 Oui.M.Philippe Regnaud.C\u2019était un jeune .un Central, naturellement.Le juge interrompit d\u2019un geste son interlocuteur : \u2014 Permettez.je vois dans le bref exposée rédigé par le brigadier de gendarmerie du district de Mont-suite, la note suivante : « Le précédent ingénieur auquel M.de Pindret a succédé a péri exactement de façon identique .Cette mort a été considérée par tout le monde comme un accident.» Pouvez-vous, M.Savaisin, me dire la raison pour laquelle la chute de M.Regnaud a pu être considérée comme un banal accident, alors que de votre propre aveu, la disparition de M.de Pindret doit être interprétée d\u2019une toute autre façon ?\u2014 Pour cela, il me faut, M.le juge, entrer dans certains détails assez intimes de la vie privée de mon ancien camarade.Avant tout, il me faut vous faire une description suc-cinte de la passerelle de fer qui franchit, à trois verges de hauteur, le barrage alimentant l\u2019action de nos puissantes turbines.Sans doute connaissez-vous la région et cela facilitera mes explications .\u2014 Nullement, fit le magistrat.On prétend l'endroit désert et vous êtes, si j'ai bien compris, au fond du vallon de St-André où passe l'un des bras de l'Isère ?\u2014 Exactement .Notre usine est située à 35 milles environs de Grenoble, sur la droite du circuit de la Grande Chartreuse .Mais un petit croquis ou plutôt un schéma de plan vous fera apprécier l'endroit, véritablement sauvage et désolé .Savaisin s'empara de la feuille de papier tendue par le juge et crayonna rapidement quelques lignes.\u2014 Bon ! fit M.de Villerai, je comprends parfaitement, ce plan en main .Si je saisis l\u2019emplacement des lieux, la passerelle part du terrain boisé, escalade le barrage et aboutit au parc qui entoure votre propriété ?\u2014 En effet.Je tiens même à signaler une particularité ! Lors de la construction de 1 usine électrique, ce passage n\u2019était pas prévu .\u2022 Le barrage a d\u2019abord été construit, ce n'est que par la suite que nous nous sommes aperçus de 1 inconvénient que cela présentait pour notre personnel, habitant pour la plupart le village de St-Juste, plus connu dans la région sous le nom de « La Roche taillée », nom qui lui vient de sa situation élevée taillée directement dans le roc.Ce village, un petit hameau plutôt, contient à peine une dizaine de maisons.On avait pensé tout d\u2019abord l\u2019utiliser pour les habitations ouvrières, bien qu à la vérité cette agglomération, deux fois détruite par des tremblements de terre, ne présentât guère de maisons valides.Quelques vieux bergers y étaient revenus après le cataclysme, mais aucune ressource réelle n y existait.C\u2019est alors que nous vîmes l'inconvénient.Nos hommes étaient obligés de faire 3 milles à pied pour atteindre le pont de pierre situé très loin en aval, afin de franchir le bras de l\u2019Isère.Mon beau-père pensa alors à faire construire cette passerelle de fer enjambant le barrage.Ceci permettait aux ouvriers une économie de temps et de fatigue !.\u2014 Cette plate-forme était très étroite ?\u2014 Très ! cinquante pouces à peine, et un garde-fou léger placé d'un seul côté .celui de la rivière, c\u2019est-à-dire des eaux calmes .de l'autre côté c\u2019était le barrage et une chute d\u2019eau de dix-huit verges environ .\u2014 Je vous remercie de ces renseignements détaillés, dit M.de Villerai, jouant d'une façon désinvolte avec son coupe-papier .Pourrais-je maintenant savoir comment est mort M.Philippe Regnaud, votre premier ingénieur adjoint ?\u2014 Rien de plus facile.Voici ! Dieu qui déroulez une route Sous le pas qui marche en aimant, Et, près de la brebis qui broute, Couchez en rond l\u2019agneau dormant ; Dieu qui prêtez l\u2019air à la voile, La pluie au sol, l\u2019arbre aux oiseaux, Et permettez à chaque étoile De s\u2019admirer dans le ruisseau ; Dieu qui tendez sur notre tête Un ciel de toutes les couleurs, Et décidez la violette A devancer les autres fleurs ; Dieu qui dites à la chaumière De s'appuyer sur l'horizon ; Dieu qui voulez que la lumière Entre en dansant dans la maison, \u2014 Faites, quand je serai guérie, Et que je referai le tour De ma chambre, de ma prairie, De mon jardin, de mon amour.Que les objets et que les choses Soient juste où mon rêve les mit : Le bourdon vert au cœur des roses, Mon nom au cœur de mon ami ! ROSEMONDE GERARD II L'ACCIDENT DE m.PHILIPPE REGNAUD Oomme je vous l\u2019ai dit, Monteur O le juqe, il n'est pas possible d attribuer à autre chose qu un accident la fin horrible de notre pauvre cousin.Je m'explique.Philippe Regnaud, bien qu\u2019étant notre parent, ne pouvait quère demeurer avec nous au Prieuré ! Songez que c était un jeune homme de vingt-cinq ans à peine .La jeunesse a ses exigences, vous me cqmprenez, nous n aurions pu aue le gêner, et lui, sans doute, en aurait fait autant.Du reste, de lui-même, il s\u2019était défendu d accepter notre hospitalité, préférant habuer chez Bergeron qui possède au villa-qe une maison assez vaste et qui lui donnait une espèce de pension.Le logis est l'ancien presbytère de bt-Juste ; il domine la vallée du haut d'une terrasse de pierre.Les soins artistes de Mlle Marguerite Bergeron en ont fait une demeure presque attrayante.Personne n'ignorait parmi le personnel que mon cousin partait presque tous les soirs sur sa moto pour Greoble.Il revenait parfois au petit matin .Mais ce sont là des escapades de jeune homme qui ne nous regardent pas ! .\u2014 Bref, arrivez aux faits ! \u2014 Philippe, malgré cela, venait très souvent dîner à la maison, et le plus souvent, surtout en la belle saison, nous quittait très tard dans la nuit.Or si je vous ai dit tout à l\u2019heure que le passage de la passerelle n\u2019était ouvert qu'à certaines heures, pour le passage des ouvriers, il n'en était pas de même pour les ingénieurs, mon beau-père, M.Le Huchet, et le contremaître Exat.Nous possédions tous un passe-partout particulier permettant d ouvrir les portes de fer fermant le passage.Or, une nuit, nous étions en septembre, et déjà 1 afflux des fontes de neige se faisait sentir dans les cours d'eau de la montagne et surtout dans notre affluent de \u2018l'Isère, ce qui augmentait particulièrement le débit du barrage.Philippe, qui avait passé la soirée avec nous, nous quitta vers onze heures.Il se disait fatigué et désireux d\u2019aller dormir.« \u2014 Quel dommage, fit-il en bâillant, qu\u2019il me faille faire un mille à pied avant de rejoindre mon lit ! » « Alors ma femme s'interposa : « \u2014 C\u2019est ridicule, Philippe, alors qu\u2019il est si simple de passer la nuit au Prieuré ! Je vais vous faire préparer une chambre ! » « \u2014 C'est impossible, s\u2019écria-t-il, avec une sorte d\u2019emportement, songez que je n\u2019ai pas prévenu M.Bergeron.Il lui arrive souvent de m'attendre afin de fermer derrière moi la porte extérieure de la maison.Je ne peux cependant pas lui faire passer toute la nuit ! » « Ma femme reprit avec une cer- pas : « \u2014 Je gage que vous ne voulez pas inquiéter non plus Mlle Marguerite ?» « \u2014 Que voulez-vous dire ?répliqua Regnaud avec vivacité.» « \u2014 Ôh ! rien .une simple supposition ! Après tout Guitte n\u2019est pas si mal, vous pourriez très bien en être amoureux ! » « Il faut vous dire que depuis quelque temps Jasmine, ma femme, semblait prendre un visible plaisir à taquiner son cousin sur un sentiment supposé à l\u2019égard de Mlle Bergeron.Philippe semblait horripilé de ces suppositions et quant à moi, je m'en expliquai très bien les causes.Mlle Bergeron, sans être d\u2019un âge excessif \u2014 je crois savoir qu\u2019elle a trente-deux ou trente-trois ans \u2014 est ce qu'il est convenu d'appeler une vieille fille montée en graine 10 Le Samedi Elle n a jamais été jolie, présente un caractère décidé, presque masculin, bien peu fait pour séduire un homme, fut-il même un vieux célibataire.Donc, pour un garçon de vingt-cinq ans, déluré, extrêmement séduisant et joli garçon, le cas ne se posait pas et je comprenais l\u2019espèce de froissement que produisait sur Regnaud les plaisanteries de Jasmine.A Üa suite d'une attrapade mi-sérieuse, mi-plaisante, elle 1 avait taquiné sur ¦ce penchant qu il semblait éprouver pour Mlle Bergeron.Notez, M.le juge, que, sans être laide, Mlle Marguerite, Guitte comme on l\u2019appelle, est une vieille fille.32 ans, songez donc, d'un physique assez masculin, peu élégante, plutôt violente dans ses manières .Enfin, le jeune cousin semblait peu flatté de cette supposition.Je me souviens que ce soir-là, à ¦cause sans doute de l'acharnement que mettait Jasmine dans ses attaques, il nous quitta de meilleure heure que de coutume.Il était rouge, semblait furieux sans oser le dire.« \u2014 J\u2019ai à travailler, nous dit-il en jetant sa serviette, il est grand temps que je me retire, vous m'excuserez !» « Mon beau-père et moi qui avions coutume le soir, lorsqu\u2019il faisait doux, d\u2019aller fumer un cigare au parc, lui proposâmes de l'accompagner jusqu'à la passerelle.Nous le laissâmes devant la petite grille dont il avait la clef.Et je ne sais plus pour quelle raison de service mon beau-père et moi dûmes aller ce soir-là directement à 1 usine.Lorsque nous rentrâmes tout était tranquille et calme Seul, dans le lointain, s\u2019entendait la chute d eau du barrage.« Le lendemain, vers six heures, Exat, le contremaître, vint me prévenir qu\u2019un accident était survenu pendant la nuit.Le corps du pauvre Regnaud, happé par les turbines, avait été retrouvé affreusement broyé dans un cours d'eau de la forêt, où, sans doute, le débordement des eaux l'avait projeté .« Il n\u2019était pas douteux que Philippe, un peu énervé, eût été victime d\u2019un accident fortuit en traversant la passerelle !.Je vous rappelle que la plate-forme de celle-ci est très étroite, cinquante pouces à peine, Il se peut que, mal collé le long de la rampe extérieure, il ait fait un faux pas !.Etre précipité dans la chute d\u2019eau du barrage, n\u2019est-ce pas la mort certaine ?\u2014 Vous avez raison en ce qui concerne M.Philippe Regnaud.la mort par accident me paraît fort vraisemblable !.A présent il me reste à entendre votre opinion sur la disparition, la fin probable de votre camarade d école, M.Jacques de Pin-dret ! Ceci est une tout autre affaire, dit l\u2019ingénieur en fronçant les sourcils d un air ennuyé .\u2014 Bon, je vous écoute .III L ACCIDENT DE JACQUES DE PINDRET T e vous ai dit que j'avais fait signe J à mon ami dès que les circonstances me l\u2019avaient permis.De Pindret répondit tout de suite par un télégramme de remerciements.Deux jours plus tard, il était à l usine et je lui faisais visiter nos services.Il trouva nos installations très modernes et se félicita une fois de plus d'avoir accepté mon offre qu\u2019il jugeait intéressante.Cependant, comme nous regagnions le Prieuré où je voulais le garder cette première nuit, je lui dis: « \u2014 h endroit pour un jeune homme n est pas folâtre, j en conviens.Tu n\u2019as pas comme moi la chance d être marié, mais rien ne t empêche de faire comme ce malheureux Regnaud qui se rendait souvent à Grenoble afin d\u2019y chercher quelques dis- tractions.Evidemment, là non plus, ça ne vaut pas Paris, mais enfin, il y a tout de même des ressources ! « Il me regarda avec tristesse : Le K^apuame _n a passé soixante ans de sa vie à labourer les eaux du grand fleuve; des quais étouffants de Montréal jusqu\u2019à la mer magnifique où, du haut de la passerelle, il guettait les jeux des bélugas et ceux, plus capricieux, du vent.Désormais terrien, il ne consent point au divorce; il file les noeuds des heures sur le quai chargé de billes odorantes, à prédire prudemment la température.Il raconte aussi, et personne ne raconte comme lui: \u201cVous savez pas ce que c\u2019est vous autres, que de naviguer .Fallait voir, dans les temps.Une fois .\u201d Son récit s\u2019envole alors comme une mouette portée par le souffle du large; il est une conque humaine où l\u2019on entend bruire toute la mer.S\u2019il lui arrive de remettre la main à la barre, ses yeux fermes s\u2019embuent doucement comme l\u2019horizon marin quand la tempête a désarmé.Tableau de lacurto \u2014 En hommage à tous les marins du Québec \u2014 Légende de Ringuet LA BRASSERIE MOLSON LIMITEE 3 22 août 1942 13 iTa Reine du Gaucase Tics Tïiilitaiïes (Suite de la page 10J choir, ainsi que je vous l\u2019ai dit, portait les initiales J,-S.N\u2019était-ce pas une indication ?Le juge grimaça un sourire.\u2014 Je vous fais encore observer ?[ue ces deux lettres peuvent signi-ier : Jasmine Savaisin ! \u2014 Elles veulent dire plus vraisemblablement Jeanne Schmith .Rappelez-vous la confidence que je viens de vous faire .\u2014 Vous avez une idée ?Le gros ingénieur hésita, sa face poupine prit une expression sérieuse qui lui était inhabituelle, il balança un instant de droite à gauche entre ses mains son canotier de fine paille et finit pas déclarer : \u2014 Eh bien, oui, M.le juge, vous avez deviné l\u2019exacte vérité .Bien entendu, mon idée personnelle n'a aucun mérite, n\u2019importe qui l\u2019aurait eue comme moi.Rappelez-vous qu à son arrivée, Jacques m\u2019avait dit, parlant de son amie : «Je ne peux plus la souffrir depuis longtemps et s\u2019il n'y avait pas les enfants .! » Or, j\u2019étais bien renseigné d'un autre côté, de Pindret semblait faire la cour à Mlle Bergeron .J'aime à supposer que cela était pour le bon motif ! Quoi qu\u2019il en soit, il n\u2019était pas rare de rencontrer Jacques en promenade sentimentale avec la demoiselle .Guitte ne devait pas perdre l\u2019espoir de trouver un mari envers et contre tout .et on peut supposer qu\u2019il avait tenu secrète sa liaison quasi-maritale avec la fille Schmidt .« Alors on peut s\u2019imaginer la fureur de l'amie avertie sans doute par l'indifférence de son ami.Jeanne Schmidt était venue se renseigner sur place .Elle avait surpris le flirt.Craignant un abandon, folle de rancune peut-être, n\u2019avait-elle pas chercher à se venger de son ami en 1 attendant sournoisement sur la passerelle et en le précipitant dans le torrent ?Le juge réfléchissait.\u2014 Evidemment, convint-il votre suggestion est admissible .J'ai songé moi-même, puisque sachant les relations de M.de Pindret et de la fille Schmidt, j\u2019ai prié de faire citer cette personne !.Mais un détail demeure inexplicable.Comment se fait-il que le corps, même mutilé, défiguré, de la victime n\u2019ait pu être retrouvé ?Savaisin éleva les deux bras en l'air en manière de protestation muet- \u2014 Vous n\u2019avez rien découvert ?\u2014 Non, M.le juge, en dépit des effort tentés, le barrage a gardé son secret.\u2014 Comment expliquez-vous cela?car, enfin, le corps de M.Regnaud a été retrouvé, lui.\u2014 Il aurait pu ne pas l\u2019être, M.le juge.Songez que la région est traversée de cours d\u2019eau peu larges, à peine profonds mais possédant un courant très rapide .Le corps a pu être entraîné fort loin, rejoindre un autre affluent de l\u2019Isère qui l'aura emporté.\u2014 Evidemment, consentit le juge.Dans son ensemble votre raisonnement se tient , .mais les preuves manquent .¦ On n a pas retrouvé le corps de M.de Pindret.\u2014 C\u2019est juste !.mais je ne crois pas qu\u2019il soit possible de supposer que mon camarade soit encore vivant, Car, enfin, depuis un mois .Et puis si on considère l\u2019accident survenu à Regnaud .\u2014 Oui, oui ! En somme cette affaire est très mystérieuse .très em- Le soldat ROLAND CHAGNON.en service actif outre-mer.Envoi de sa mère, Mme Arthur Chagnon, 4080, rue Drolet, Montréal, P.Ç.Le soldat PAUL CHAMBERLAND.de St-Bruno, en service actif outremer.Envoi de sa cousine, Mlle Cécile Mignault de Saint-Bruno, Kamouraska, P.Q.Le caporal HERVE J.A.HENRY, de la Colombie Britannique, faisant partie de la R.C.A.F., en service actif au pays.Envoi de ses parents, M.et Mme Hormisdas Henry, 45, rue Regent, Hawkesbury, Ont.Le soldat MARCEL LABERGE, en service actif sur la côte de l'Atlantique.Envoi de son cousin, Gérard Marcel, Coaticook-Nord, P.Q.'«XSl Le soldat JEAN-LOUIS JOLIN, en service actif dans l'est du pays.Envoi de sa cousine, Mlle Jeannine Crevier, Sainte-Anne-de-Bellevue, P.Q.' ; ;¦ 4; Le lance-caporal ROLAND JULIEN, fils de M, Georges Julien autrefois de St-Paulin, en service actif outremer.Envoi de sa soeur, Mme Léo Roy, S726, 8e Avenue Rosemont, Montréal, P.Ç.brouillée .Je vais faire mon possible pour l\u2019éclaircir .Je vous remercie, M.Savaisin et je vous rends la liberté .Du reste, votre beau-père, AI.Le Huchet, est à côté .Je vais lui poser pour la forme quelques questions, mais je doute qu il me fournisse d\u2019autres explications que vous-même.\u2014 Pour mon compte, j'en suis persuadé, M.le juge L\u2019ingénieur se retirait, cependant que le greffier ouvrant la porte des témoins cités, appelait : \u2014 M.Casimir Le Huchet ! IV CONFESSION DE JASMINE UNE demi-heure plus tard, la voiture, appartenant à M.Le Huchet, ramenait les deux hommes vers le Prieuré.\u2014 Cette histoire commence à devenir empoisonnante, dit Savaisin, l\u2019air rauque.Combien de fois, je vous le demande, allons-nous être ainsi mobilisés pour raconter la même histoire à ce juge ?\u2014 Mon cher, reprit doucement le vieux directeur de l'usine « Force-Energie » en riant dans sa barbe blanche qu'il portait coupée en carré et entretenait avec un soin précieux, c'est un peu de votre faute ! Pourquoi, en effet, lorsque la gendarmerie est venue faire l'enquête, avez-vous parlé d\u2019un crime possible alors que la supposition d\u2019un accident était si simple ?.N\u2019y avait-il pas le précédent de ce pauvre Re-gneaud ?Savaisin eut un geste d\u2019agacement.\u2014 Peut-être êtes-vous dans le vrai, mon cher beau-père .J'ai été imprudent en écoutant mon premier mouvement ! Si cela était à refaire, il est fort probable que je garderais ma langue !.Ces dérangements sont odieux, surtout en ce moment où un vent de grève semble secouer l'usine !.Et quand je pense que ce sera demain le tour de ma pauvre Jasmine à être mise sur la sellette ! Comme si cet effroyable événement ne l\u2019avait pas assez troublée par lui-même.A peine six mois après la mort épouvantable de Philippe ! \u2014 En effet, dit vivement M.Le Huchet, j\u2019ai remarqué depuis ce second drame la nervosité extrême de Jasmine.Elle est pâle, fiévreuse, mange à peine, irritable à l\u2019excès, même pour votre petit Robert .qu\u2019elle adore pourtant ! Et puis je crois que ces enquêtes policières, ces convocations de justice achèvent de la troubler, de l\u2019affoler .Notre pauvre Jasmine est d\u2019un tempérament tellement sensible .tout le portrait de sa pauvre maman ! Le spectacle d\u2019un chien écrasé, d\u2019un accident sans importance la mettait au lit, parfois pour une semaine !.Un silence coupa cette conversation qui avait duré une grande partie du trajet.A présent, la forte conduite intérieure s'engageait dans un défilé de gorges, au fond desquelles rebondissait le fracas d'un torrent ; cette route menait droit au chemin de l\u2019usine et du Prieuré.Savaisin prit le bras de son beau-pere et lui désigna un couple qui s\u2019acheminait par un petit sentier vers le chemin en corniche.\u2014 Voyez donc Bergeron et sa fille .Il revient de la pêche, sa ligne sur l\u2019épaule.Pourquoi n\u2019est-il pas à l\u2019usine ?\u2014 Suivant la coutume, lorsque nous n\u2019y sommes pas, il laisse la responsabilité à Exat.Il faut reconnaître que si nous n\u2019avions pas le dévouement de ce garçon, nous serions bien pris ! \"T Oui_ un fameux contremaître ! Dommage qu\u2019il n\u2019ait pas un peu plus d instruction .Oh I voyez U Le Samedi donc la tactique du Pipo et de sa graine montée ?Ils ont dû apercevoir la voiture et pour ne pas nous saluer, ils redescendent vers le petit sentier .\u2014 Quel vieux fou ! siffla Savaisin entre ses dents.Et il y avait de la rancune dans son accent.Le jour où nous serons las de son attitude impertinente, nous pourrions bien lui signifier son congé.\u2014 Pour les services qu'il nous rend ! \u2014 Marguerite paraît avoir la tête basse, reprit M.Le Huchet d\u2019un accent moqueur.Il est vrai qu elle n'a pas de veine avec ses «promis».Elle tente d\u2019attraper Regnaud, celui-ci se noie, elle met la main sur Pindret mais le garçon a un fil à la patte, une famille toute montée .Croyez-vous vraiment que ce soit par jalousie d\u2019un projet possible avec Mlle Bergeron que l\u2019amie se voyant lâchée aurait .?.\u2014 Ceci ne fait pas de doute ! opina Savaisin .Le vieillard regarda son gendre et tous deux partirent d'un grand rire.\u2014 Pas bien tentante la brune ! \u2014 C'est mon avis ! Seulement, la solitude, le tête-à-tête journalier .et puis en ajoutant à cela que Jacques était écœuré à fond de sa laveuse de vaisselle !.On ne peut nier la culture réelle de Mlle Bergeron.Alors .\u2014 Evidemment, fit M.Le Huchet, songeur, ceci peut, à la rigueur, être une explication.De toute façon votre ami de Pindret ne semblait point destiné aux mœurs prospères ! L'auto, ayant contourné l\u2019usine électrique, s\u2019engagea dans l\u2019allée particulière du Prieuré et ralentit pour entrer dans le parc dont la haute grille venait de s\u2019ouvrir à l\u2019appel du klaxon.Le contremaître Exat, qui attendait devant le perron, vint au devant de Savaisin, sa casquette à la main.C\u2019était un homme d\u2019une quarantaine d\u2019années, grand, fort d'épaules, le visage assez beau ; il portait une petite moustache à l\u2019américaine, était peigné soigneusement et bien qu\u2019il fût en combinaison de travail, on remarquait chez lui un souci évident de soin et de propreté.\u2014 Il y a du nouveau dans les ateliers, M.l'ingénieur, dit-il .Quinze de nos hommes ont refusé de travailler ! Ils prétendent être payés la journée entière !.J'ai refusé, bien entendu .Je ne pouvais pas prendre sur moi cette responsabilité ! \u2014 Il fallait aller chercher M.Bergeron.\u2014 C\u2019est ce que j\u2019ai fait, M.Savaisin, mais je ne l'ai pas trouvé chez lui ! \u2014 Parbleu !.C est bien .je vous accompagne au bureau !.Vous, beau-père, allez rassurer Jasmine et commencez à dîner sans m'attendre .Il faut que je descende à l\u2019usine avec Exat ! M.Le Huchet pénétra dans le grand hall de l'habitation où d'ordinaire se tenait sa fille.Par une baie ouverte, on apercevait la salle à manger fort luxueuse, le couvert mis !.\u2014 C'est grand-père, annonça la voix joyeuse du petit Robert, un délicieux bambin de six ans, occupé à jouer à la balle sur le gazon en face de la fenêtre ouverte .\u2014 C'est bien ! dit une voix visiblement fiévreuse, reste au parc, mon chéri, je t\u2019appellerai tout à l\u2019heure.Jasmine, mince et brune, vêtue d'un déshabillé de crêpe paille, apparut sur le seuil du hall.\u2014 Ah !.c\u2019est toi, papa !.Et Fernand ?\u2014 Il a dû descendre à l'usine .toujours des disputes d'ouvriers .Exat est venu le chercher !.Il m\u2019a prié de nous mettre à table avant son retour.La jeune femme poussa un soupir de soulagement et murmura d'un accent qui tremblait un peu : \u2014 Je ne suis pas fâchée de pouvoir te parler seule à seul ! \u2014 Ah ! fit M.Le Huchet, visiblement étonné de la pâleur et du trouble exprimés par l'attitude de sa fille.Puis, d'un ton bonhomme : \u2014 Eh bien, je t'écoute, mon enfant ! \u2014 Vous revenez de Grenoble ?\u2014 Sans doute .\u2014 Fernand a-t-il persisté dans son accusation contre cette femme .cette femme Schmidt ?\u2014 Evidemment .Ne devait-il pas mettre le juge au courant de sa conviction .des confidences faites par le pauvre de Pindret ?La lividité répandue sur les traits de Mme Savaisin s'accentua.\u2014 Alors .on va .on va arrêter cette femme ?\u2014 L entendre d abord, l\u2019arrêter ensuite, c'est plus que probable ! \u2014 C\u2019est affreux !.affreux ! .répéta Jasmine en prenant à deux mains sa tête frisée.De plus en plus surpris, M.Le Huchet considéra sa fille.\u2014 Je comprends parfaitement ton émotion, mais ce que je m'explique moins, c est l\u2019espèce d\u2019acharnement aue tu mets depuis une semaine à défendre cette femme ! Tu ne la connais pas !.Tu ne l\u2019as même jamais vue et le moins qu'on en puisse penser.c est qu elle a été le mauvais génie de M.de Pindret .Et puis, il y a une preuve contre elle : ce mouchoir retrouvé accroché au rebord de la passerelle .ces initiales révélatrices J.-S., Jeanne Schmidt.\u2014 Oh papa ! gémit Mme Savaisin, il n y a pas que ce nom commençant par ces deux lettres .Le mien, par exemple .-Le cas ne se pose pas ! jeta M.Le Huchet d'un ton sec.-Si! avoua Jasmine en baissant la tête.\u2014 Quoi ?.j\u2019ai mal entendu .Quel rapport existe-t-il .entre la disparition de M.de Pindret, ta personne et ce mouchoir ?Voyons, explique-toi ?La jeune femme s\u2019était assise dans un coin du hall, tenant toujours son visage caché dans ses paumes.Une sorte de sanglot la secoua.\u2014 Père, il faut que tu saches tout.C\u2019est épouvantable de te dire cela.Le .enfin .le mouchoir qu\u2019on a retrouvé sur le rebord de la passerelle .m\u2019appartenait.\u2014 Je ne vois là rien d\u2019extraordinaire !.Tu as pris ce chemin de traverse, le vent aura emporté ton mouchoir ?.Et après ?.Seulement tu as eu tort de ne pas le dire tout de suite à ces messieurs du parquet lorsqu\u2019ils sont venus ! \u2014 Je ne pouvais pas .\u2014 Pourquoi ?\u2014 Reconnaître mon bien ç'aurait été attirer l\u2019attention sur moi .Et puis, sur le moment, je n'ai pas réfléchi, je l\u2019avoue, j\u2019ai perdu la tête.Je ne savais pas qu\u2019on accuserait quelau'un ! J\u2019ignorais la liaison de M.de Pindret .alors .Et après, lorsque Fernand a divulgué au ma-aistrait instructeur.à nous-mêmes.le passé de son camarade, j\u2019ai pensé égoïstement : on ne saura rien, jamais !.Je suis sauvée ! \u2014 Sauvée ?.Mais tu me fais peur, ma petite, parle donc !.Serais-tu mêlée à la mort de M.de Pindret ?\u2014 Pour cela, non, papa, je te le jure ! \u2014 Alors, que dois-je croire ?\u2014 Promets-moi le silence absolu envers Fernand .\u2014 C\u2019est promis.\u2014 Eh bien, cette nuit-là .j'étais sur la passerelle avec Jacques de Pindret ! \u2014 Toi ?.Et qu\u2019y faisais-tu ?Jasmine eut un grand geste accablé, sa voix s\u2019assourdit encore.Elle proféra dans un souffle : \u2014 Jacques était mon ami ! -Oh! \u2014 Oui, c\u2019est ainsi, ne me fais pas de morale, ne me dis pas que c\u2019est mal, que j\u2019ai un bon mari qui me rend très heureuse.Tout cela, je le sais aussi bien que toi ! Mais rap-pelle-toi, je n\u2019ai jamais aimé Fernand! Ce mariage a été combiné entre vos deux familles !.J'avais, moi, un penchant pour mon cousin Philippe.Nous songions à nous marier, mais il était pauvre .\u2014 Alors .lqrsqu'il est revenu ici ?.\u2014 Non ! Non ! notre passion de jeunesse était morte.Nous étions devenus des étrangers l'un pour l\u2019autre .je veux dire de simples amis.La chute de Philippe est due à un simple accident, comme celle de M.de Pindret, sans doute .\u2014 Comment as-tu pu .?\u2014 Laisse-moi achever sans m\u2019interrompre.Lorsque Jacques est venu parmi nous il y aura bientôt un an, la solitude me pesait atrocement .je suis presque toujours seule, tu le sais .Fernand a son usine, toi tes bureaux .L'unique compagnie possible est celle de Mlle Bergeron .et celle-ci ne me pardonnait pas l\u2019affront fait à son père en lui enlevant la direction de l\u2019usine ! Donc, seule ! Des journées pesantes, atroces de monotonie ! Tu te souviens, au début, Fernand invitait Jacques !.Celui-ci venait souvent au Prieuré.Il faisait avec moi de la musique ; il était fin, distingué, je le trouvais charmant.Bref, je me laissai aller à des coquetteries à son égard.Il résista un peu, pour la forme, puis la solitude et l\u2019ennui aidant .enfin, ce qui devait arriver arriva ! \u2014 Si je me doutais ! s\u2019effarait M.Le Huchet, confondu.Mais enfin, comment vous rencontriez-vous sans attirer l\u2019attention ?\u2014 C\u2019était chose facile .L'après-midi .lorsque Fernand et toi étiez à l\u2019usine .ceci correspondait aux heures de liberté de M.de Pindret.\u2014 Juste, mais alors .pourquoi ce rendez-vous nocturne sur la passerelle .le soir du .\u2014 Depuis quelque temps, Jacques semblait s\u2019éloigner de moi.Un jour il me déclara que nos relations devaient finir.Il évoqua sa vieille amitié avec mon mari.J\u2019étais folle de jalousie, car vous aviez fait allusion devant moi aux promenades sentimentales qu\u2019il accomplissait dans les bois en compagnie de Marguerite Bergeron.Je n entendais pas que cette vieille fille revêche en quête d'un mari me l\u2019enlevât ! Pourtant sa résolution paraissait inébranlable .Il trouva des prétextes pour ne plus remettre les pieds à la maison ! Si j\u2019avais connu son attache avec Jeanne Schmidt, il est probable que ma méfiance se fut tournée de ce côté-là ! Je pus cependant obtenir de lui un rendez-vous de nuit .sur cette passerellè dont la situation nous permettait d'échapper auv indiscrétions, le passage en étant fermé.Jacques possédait comme les autres ingénieurs une clef des portes de fer.J\u2019avais pris pour prétexte la restitution des quelques billets que je lui avais envoyés au cours de nos relations.\u2014 Vous correspondiez ?Quelle imprudence ! \u2014 Aucune !.C'était la femme d'Exat, toute dévouée, qui se char- geait des messages.Du reste elle ignorait ce que contenaient mes lettres .M.Le Huchet haussa les épaules.\u2014 Belle malice ! Marie-Louise Exat n'est pas si niaise.Continue 1.\u2014 Donc, cette soirée, Fernand devait passer une partie de la nuit à l'usine .lorsqu il fut parti et que tu eus regagné ta chambre, j\u2019allai à l\u2019endroit incfiqué .Jacques m\u2019attendait déjà, accoudé au garde-fou .Sans un mot, il me tendit les lettres et murmura : « Croyez-moi, Jasmine, cela vaut mieux pour vous et pour moi ! » Te m'accrochai à lui, le suppliant de m'écouter, lui criant mon amour.Sa froideur m\u2019exaspérait.N\u2019y tenant plus, je lui jetai au visage : « \u2014 Allons, dites-le franchement, vous me quittez pour Mlle Bergeron?Prétendez-vous épouser cette vieille fille ?« Jacques eut un haut-le-corps et dans l\u2019ombre, je sentis qu\u2019il me fixait méchamment.Sa voix s'éleva, cinglante : « \u2014 Je vous dispense des épithètes injurieuses que vous prétendez imposer à Mlle Bergeron.Elle est digne de tous les respects.« \u2014 Et vous l\u2019aimez?repris-je avec violence.« \u2014 Il est vrai que j'aime Mlle Marguerite, me répondit-il gravement, Mais si cela peut vous être de quelque soulagement, apprenez que je ne l'épouserai jamais ! « Là-dessus il me quitta assez brusquement et déjà il était presque au bout de la plate-forme quand, désorientée, le cœur ulcéré, je me décidai à regagner le Prieuré.« Comme je descendais l'échelle de fer qui aboutit au parc, je dus m\u2019arrêter : les larmes coulaient à flot sur mon visage, je ne pouvais plus guider ma marche à travers les pleurs obscurcissant mes yeux ! « Ce fut alors, papa, que je tirai de mon sac le mouchoir afin d\u2019essuyer mes paupières .Un coup de vent brusque survint, la batiste s\u2019échappa de mes doigts et j\u2019eus l\u2019impression que la rafale l'emportait vers le barrage.Après je suis rentrée, je me suis couchée en hâte, car je pensais au prochain retour de Fernand !.Voilà toute la vérité, je te le jure ! » \u2014 Evidemment, ma petite, je n\u2019ai pas à te féliciter de cette intrigue .Mais, pour l\u2019instant, la question n\u2019est pas là .Des motifs plus graves sont en jeu.D\u2019abord ton bonheur, ta réputation .et plus encore ! Le respectacle M.Le Huchet caressait sa barbe blanche avec un énervement visible.Il questionna : ,-\u201c\ti^9ayl*c parc, tu nas rien entendu du côté de la passerelle?Pas de cri.pas d\u2019appel?,, \u2014 Non .rien !.Songe à 1 état d affolement où j\u2019étais alors .Et puis le bruit de la chute d\u2019eau qui fait au barrage un fracas formidable.Par surcroît, je me souviens parfaitement qu\u2019il faisait, cette nuit-là un vent épouvantable ! Allons, père, maintenant que tu sais tout de ma faute, conseille-moi ! Selon toi, que dois-je faire ?L\u2019usurier sursauta.\u2014 Pas de bêtises, fillette.Pas un mot a personne ! Du reste tout est pour le mieux, les lettres restituées ce pauvre de Pindret dans l\u2019autre monde ! L aventure est dose !.S tu avais la stupidité de raconter at luge cette histoire, il commencerai! par te soupçonner du meurtre.Songe donc !.toutes les charges pèseraient sur toi?Une rupture .femme délaissée .vengeance pai jalousie On t accuserait immédia kTolffeT'' pou\u201c4 (Lire la suite page 40 J 22 août 1942 GOOO»\u201d^' S°üUSag di^é uVr^e Ça\t, nieI mitte donc b^Jflve àde Pneus\", ^vabotauo0^ pas apas rs&\u2018*si&a\u2014 tclku, les pneu\t.nil 3» ** .udl< \u201c\u201cSSq»»\u201d non\u2019- fMRt £ u cvu® ,neus- CQ£ et que^ Çoeus\u2019 es g |VS f^Ü***\"*\"1\u2019 ®cu»'*\u2018*urnnr^ .\t,\t.,^Ulie Par ^\t-.Avta à I I » lAtH riw^i0W t» Potir 1 le fabr'icant \"étabUe PaY Je y0us« Raboté P^elfabtinue \u2022 f ent Ves A«* hres ^u Clubdf P°r>e visiter c'eIQ^>MéoageUtfûUementfaUeS ceots des ^co!'°n' Tes quelle ^gliger P°uV eus tous le* >¦Aru CTC7 ires ao»11\t__-¦- N'ACHETEZ ÇU\u2019À BON ESCIENT ! -I_____\u2014 \u201e, n->r rnn innre Ipc nlllS TIOL Les aliments les plus chers ne sont pas toujours les plus nourrissants.Les morceaux de viande de second choix et les fruits de moindre grosseur ont tout autant de valeur nutritive et souvent aussi bon goût que ceux de premier choix et plus chers.Les denrées en saison sont généralement meilleur marche.Les aliments de conserve en boîtes ou en paquets de grandes dimensions sont, en général, plus économiques.Les indications sur les étiquettes vous permettront de comparer les valeurs.Le lait évaporé et la plupart des fromages contiennent les mêmes éléments nutritifs que le lait frais, et ils ont parfois l\u2019avantage d\u2019être moins chers.Les fruits et les légumes^ en conserve peuvent être employés alternativement avec les légumes et fruits frais.Le foie de bœuf, de mouton et de porc est aussi nutritif que le foie de veau.Les céréales doivent être complètes, et le pain bis ou blanc doit répondre aux prescriptions de la loi au Canada.aliments : u\"e J?oup de Plïts\"v ajoutant les condm ^ Suèdes\tqUCSsutnU les sauces, q« 1\t,es périodique\t^ intéressantes.\"VICS donne\"\"\"' des ^entsT N.8»*®?\tefé- pour s'enfuir aussi précipitamment ; car, en y réfléchissant bien, s'il ne s'était agi que du rétablissement de Liette, elle aurait, dans son intérêt même, attendu quelques jours encore qu'elle eût repris des forces.-\u2014 Tu as raison, \u2014 s\u2019écria l'ami de Pierre, \u2014 toute cette histoire-là n\u2019est pas très catholique, et il faudra tirer ça au clair.Ça n'est pas maintenant qu\u2019il va falloir se laisser monter le cou par cette bonne femme-là.Voilà assez longtemps qu'elle nous joue sa petite comédie.Après tout, elle n'a pas qualité pour veiller aussi étroitement sur sa filleule.Liette a un père, des amis.Et du moment que le paternel ne regimbe pas à l\u2019idée que sa gosse puisse aimer un brave homme d'ouvrier, je ne vois pas pourquoi la marraine irait mettre des bâtons dans les roues.Tout ça, c\u2019est du chichi, et je voudrais bien en toucher deux mots à ce M.Durier, cet ami du vicomte d'Arcis, que vous avez vu, qui est allé rendre visite au patron de Pierre, à l'usine.Je suis certain que cet homme-là nous rendrait service .Il y a bien des choses qui m'ont paru louches, et qu'en causant avec lui j'aurais éclaircies .Enfin !.\u2014 Que veux-tu dire, \u2014 questionna Mariette que le ton mystérieux de Totor intriguait au plus haut point.\u2014 Rien, pour le moment.J\u2019ai ma petite idée.A part lui Totor soupçonnait fort la marraine de Liette d\u2019avoir voulu faire voir du pays à sa filleule afin d\u2019essayer de lui faire oublier complètement Pierre.Et puis, décidément, tout ce qui se passait depuis quelque temps à Meudon était louche, surtout le fameux depart pour le Midi qui s'était effectué de grand matin, presque à la nuit, en catimini.Quand on ne fait rien de mal, on ne se cache pas.Tous ces faits excitaient la curiosité de l'ami de Liette et formaient un mystère qu\u2019il avait à cœur d\u2019éclaircir.\u2014 Il y aurait bien un moyen de tout connaître, \u2014 pensa-t-il, \u2014 ce serait d'interroger la domestique de la villa Fleury.Oui mais où est-elle ?D ou vient-elle ?Bah ! ça je le saurai toujours, les enquêtes ça me connaît.Et, tout de suite, il acquit la certitude que par cette fille il pourrait obtenir la clé de l\u2019énigme qu\u2019il s\u2019évertuait à deviner.Sans plus s\u2019attarder dans ses conjectures, Totor prit à nouveau le train pour Meudon et il se rendit chez la boulangère où plusieurs fois il avait vu entrer la domestique de la villa.Là il n'eut pas de peine à obtenir les renseignements qui lui étaient nécessaires.Au moment où il arriva devant la porte de la commerçante, celle-ci était occupée à servir de nombreux clients.Totor attendit qu'elle fut seule, puis, lorsque la dernière pratique eut franchi le seuil de la boutique, il y pénétra à son tour.\u2014 Pardon, madame, \u2014 fit-il en esquissant un large sourire et en achetant un croissant, \u2014 ne pourriez-vous pas me donner quelques renseignements sur une personne que je recherche et qui était domestique dans le pays ?\u2014 Volontiers, monsieur, \u2014 répondit la boulangère, \u2022\u2014 si je la connais.,\u2014 Oh ! vous la connaissez sûrement.La jeune femme que je voudrais retrouver était bonne à la villa qui est à la porte de Fleury.\u2014 Ah ! parfaitement ! Je crois bien que je la connais, c'est une très bon- ne fille, avec laquelle je suis très bien.Mais vous n'avez pas de chance, elle est venu chercher trois pains de fantaisie il y a à peine une demi-heure.\u2014 Comment, elle est encore à Meudon ?\u2022\u2014 Mais oui, c'est moi qui lui ai trouvé la place qu'elle occupe actuellement.Ça n\u2019a pas été difficile ; en ce moment, c'est le début de la saison et les Parisiens qui viennent passer l\u2019été à Meudon commencent à arriver.Les villas se louent toutes seules.,\u2014- Alors, madame, serait-ce abuser de votre complaisance, que de vous demander de m'indiquer où je pourrais trouver votre protégée ?\u2014 Elle est placée dans une pension de famille, tout à l\u2019entrée du pays, rue de l'Arrivée.2, chez Mme Brillet.\u2014¦ Je vous remercie infiniment, \u2014 fit Totor en saluant.\u2014 Mais de rien, monsieur, tout à votre service.Totor, tout satisfait de ce qu\u2019on venait de lui apprendre, se dirigea tout de suite vers l\u2019endroit indiqué.Cette pension de famille se composait de deux maisons, séparées par un jardin, planté de magnifiques rosiers et de hauts platanes, sur lequel s\u2019ouvrait un portail.La propriété de Mme Brillet était à l\u2019angle de la rue de l'Arrivée et du chemin des Galons.Au coin de la rue il y avait un marchand de vins.En hiver, la pension de famille avait peu de clients, mais dès qu'arrivait la belle saison, les pensionnaires arrivaient en foule et Mme Brillet qui n\u2019avait, pour son service personnel, qu'une petite bonne, prenait pour la saison d\u2019été une seconde domestique.Thérèse Bonnard avait été fort heureuse de trouver à se placer dans le pays.Totor, suivant les indications fournies par la boulangère, reconnut la pension de famille.Pour ne pas manquer Thérèse lorsqu'elle sortirait pour faire une commission quelconque, l'ami de Pierre s\u2019installa devant la porte du petit marchand de vins.Après avoir appelé le garçon, il se fit servir un café, qu\u2019il solda au moment où on le versait afin de pouvoir s\u2019esquiver quand il le jugerait convenable.Son attente fut de courte durée.A peine était-il installé depuis un quart d'heure que la nouvelle domestique de Mme Brillet sortit, un panier au bras, et se dirigea vers le marché.Totor qui la guignait, se leva prestement et la rejoignit sur le boulevard Vert-de-Saint-Julien.Tout en marchant à sa rencontre, le frère de Mariette combinait ce qu\u2019il appelait son plan d\u2019attaque.Lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques pas de la domestique : \u2014 Mademoiselle.\u2014 fit-il en élevant la voix, \u2014 mademoiselle ! Thérèse se retourna.\u2014 Mademoiselle Thérèse Bonnard, n'est-ce pas?\u2014 fit Totor en soulevant son chapeau.\u2014 Oui, monsieur .\u2014 Oh ! Je vous reconnais bien pour vous avoir vu plusieurs fois lorsque vous étiez en service dans cette villa de Fleury.\u2014 En effet, monsieur, j'y étais, mais je n'y suis restée que très peu de temps.\u2014 Je suis un parent, très éloigné il est vrai, de la jeune personne à laquelle vous avez, sans nul doute, donné vos soins.\u2014 C'est exact, monsieur.Mais je ne suis plus au service de la sage-femme.(Lire la suite page 20) AUTRES CONSEILS : On économisera en faisant ses conserves soi-même, quand les fruits et les légumes sont abondants et à bas prix.Un jardin potager est une excellente chose \u2014- à condition d\u2019avoir l\u2019espace nécessaire, un terrain propice, le temps et les connaissances nécessaires pour obtenir de bons résultats.Toute famille d\u2019agriculteurs devrait avoir un jardin potager.On peut parfois se procurer des baies sauvages et des légumes verts sauvages.Votre Département de l\u2019Agriculture publie peut-être une brochure sur les légumes verts sauvages.La Metropolitan vous enverra gratuitement scs brochures intitulées : \u201cLe Livre de Cuisine de la Metropolitan\u201d et \u201cLa Santé par les Aliments en Temps de Paix et en Temps de Guerre\u201d, dans lesquelles vous trouverez des conseils sur la façon de tirer le meilleur parti de l\u2019argent que vous consacrez à la nourriture.Ecrivez au Département des Brochures, 8-S-42, à la Direction Générale au Canada, Ottawa.\u201c ' .Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) NEW-TORK Frederick H.Ecker PRÉSIDENT DU CONSEIL Leroy A.Lincoln PRÉSIDENT DIRECTION GÉNÉRALE AU CANADA: OTTAWA On projette actuellement dans tout II Canada, un film technicolore de 1 0 minutes.sur l\u2019hygiène de l\u2019alimentation, intitulé \u201cPROOF OF THE PUDDING\u201d.Ne manquez pas de le voir lorsqu\u2019il passera à votre théâtre.L'annonce ci-dessus est publiée dans l\u2019intérêt du Programme d\u2019Alimentation du Département Fédéral des Pensions et de la Santé Publique.^ 18 Le Samedi vAV/\\V/ÿ «Slil r 55^ £û Pcuèïe 'facial Jjhùa 'Ftdêipp, Voici une nouvelle qui, réellement.devrait relever votre moral sur le chapitre de la beauté.La Maison de Louis Philippe, soucieuse de notre époque où l\u2019économie est de règle, présente maintenant sa poudre embellissante Angélus Face si extraordinairement exclusive, dans une généreuse et chic boîte pour la somme de 55# seulement.La Poudre Angélus Face vous est offerte en plusieurs teintes fascinantes différentes \u2014 dont chacune, d\u2019un mélange exquis pour s\u2019harmoniser avec votre crayon à lèvres et Rouge Angélus préférés.\t/-\"iv ¦PXS ALEXANDRE BION, LE BRACONNIER (Suite de la page 7 ) Donc, Bion, cédant à la tentation, s'accoutumait peu à peu à revenir chaque année, à la même époque, dans la région où il était le moins avantageusement connu ; il s\u2019arrangeait, avec son adresse ordinaire, pour forcer « ces bons messieurs » de la police et du tribunal à s'occuper de lui et à lui octroyer, dans la maison la mieux gardée de l'arrondissement, la place qu\u2019il convoitait.Il y trouvait un accueil facile, presque familier ; la sécurité du logement et de la nourriture compensaient pour lui quelques petites privations.Le geôlier, qui s'intéressait à lui, saluait d\u2019un mot jovial chaque visite nouvelle de son pensionnaire.Bion, de sa petite voix pointue, savait répondre avec esprit et cordialité.Au bout de deux ou trois mois, quatre au plus, car Bion connaissait le code et savait garder la mesure nécessaire dans les accrocs qu il y faisait, sa peine était finie et les grands froids avaient cessé.Il tirait sa révérence à la prison hospitalière et reprenait sa course vagabonde, en sifflant les airs que lui avaient jadis appris les oiseaux.\u2022 Or, cette année-là, Bion fut en retard pour regagner son domicile.La liberté lui tenait-elle trop au cœur, ou les gendarmes, cette fois, furent-ils trop indulgents à ses rapines ?Quoi qu\u2019il en soit, un dimanche, Alexandre Bion, vagabond, braconnier et philosophe, n\u2019était pas encore en prison.« Sapristi ! pensa-t-il en voyant la nuit approcher et en sentant la fraîcheur du crépuscule percer les restes minces de la jaquette où il se drapait depuis bien des étés ; faudrait voir qu\u2019on s\u2019occupe à me loger, eh ! là-haut ! » Bien qu\u2019il ne fût guère croyant, étant trop occupé à gagner jour à jour sa vie terrestre pour avoir le temps de songer à l'autre, il se plaisait parfois à se sentir accompagné par un témoin invisible ; et il avait, comme tous les grands esprits qui marchaient dans la solitude, des entretiens avec le ciel.\u2014 Trois et trois font six, et neuf font .font .font quinze.C'est bien ce que je disais : quinze.Oté de quinze, reste peau de balle, c'est-à-dire zéro.Evidemment, ce n\u2019est pas la fortune ; mais quand on dort, on n\u2019a besoin de rien.Il s'agirait de pouvoir dormir.Où ça ?Pas sous la neige, non : c\u2019est malsain pour les tibias ; et m'est avis, si elle continue comme à présent, qu\u2019il en tombera cette nuit quelques bonnes hottées .Alors, sous le toit d\u2019un autre, puisque mes parents ont négligé de m'en laisser un à moi .Il faudrait d\u2019abord dénicher une maison ; et puis, m'y faire recevoir.Mais messieurs les propriétaires sont-ils accueillants dans ce pays ?Voilà ce que j'ignore .C est la première fois que j\u2019ai le plaisir de m'y trouver ., .Pan ! une plume dans l\u2019œil !.Hé, les pierrots blancs, voulez-vous ne pas vous trémousser si fort et respecter le visage d'un pauvre homme ! \u2014 C'est curieux, à mesure que je prends de l\u2019âge et que mes jambes s'engourdissent, la fortune s\u2019amuse à me faire courir toujours plus loin.Est-ce juste ça, dites un peu ?.Qu\u2019est-ce que je demande, après tout ?Un coin dans la grange ou un tas de paille dans l écurie ; on y est au chaud ; un morceau de pain pour partir, le lendemain, à l'aube : des fois, si l'hôtesse est généreuse, un petit verre de goutte.Je paye en rendant des services ; car je ne suis pas un mendiant, moi ! Je sais raccommoder un panier, une chaise, une culotte, surveiller la marmite, fendre du bois, faire marcher les vieilles horloges, jouer du violon, saigner un poulet, assommer un lapin et emmailloter les petits enfants.C\u2019est quelque chose, ça ; sans compter le reste ! Un ancien soldat est bon à tous les métiers ; du temps que j'étais chez les Cosaques, il fallait bien se débrouiller tout seul.\u2014 Ou bien, si le vent est bon, je leur pêche une friture ; et je suis capable aussi, mieux que quiconque, d\u2019attraper un lièvre sans tirer un coup de fusil.\u2014 Mais voilà ! ce n\u2019est pas tout d\u2019avoir des talents ; il faut trouver l'occasion de les utiliser .Chien de pays ! Ah ça, depuis quatre heures que je marche, est-ce que je ne finirai pas par rencontrer une cabane, un abri quelconque où je pourrais giter la nuit dans ce grand canton désert ! Je ne vois presque plus ma route ; je commence à traîner la semelle comme si j\u2019avais du plomb dans les mollets ; et pour comble de bonheur, voilà la neige qui redouble .Bénédiction ! Très las, maugréant contre le gouvernement qui négligeait de lui assurer un abri et contre les pouvoirs célestes qui se désintéressaient un peu trop de sa maigre personne, le vagabond continuait de marcher à travers les vapeurs de plus en plus épaisses du soir ; et l\u2019averse blanche qui tourbillonnait autour de lui, accrochant des brins de soie à ses cils et à sa barbe, le forçait à cligner des yeux dans les ténèbres.Il avait ramassé dans le bois une longue branche de hêtre, dont il s\u2019était fait un bâton ; et quelquefois, n'y voyait plus, il s\u2019en servait pour tâter la route.Une lumière rouge et tremblotante, comme une étoile à travers la fumée, brilla enfin, en bas, au détour d\u2019un couloir de roches.Alexandre leva le nez, tira sa casquette et salua.\u2014 Parbleu ! se dit-il, je savais bien que I on m'attendait quelque part.Salut, bel astre ! J'arrive.La lumière grossit ; d\u2019autres autour d\u2019elle s\u2019éveillèrent, traçant dans la nuit une petite ronde immobile.Bion reconnut les feux d\u2019un village ; il y entra.Lecteurs douillets qui lisez ceci, installés dans une chambre bien chaude, le dos enfoui dans un large fauteuil ou les coudes appuyés sur la table, avez-vous songé parfois aux pensées qui agitent l\u2019âme d'un misérable, lorsque, cherchant une main dont il espère quelques sous pour se nourrir, une maison où il obtiendrait un gîte pour la nuit, il doit faire un choix entre plusieurs et s\u2019efforcer de deviner, parmi toutes, la main qui sera charitable, la porte qui ne refusera pas de s'ouvrir ?Il flaire les pistes pour ne pas s'égarer, pèse ses chances, marchande avec l\u2019inconnu ; et lorsqu'il se décide enfin, c'est qu\u2019il a déchiffré sans doute, dans la chose muette, dans l'être indifférent, les caractères mystérieux qui forment pour lui l\u2019oracle trouble du Destin.Bion fit le tour du village, interrogea les murs dans les ténèbres, et, son choix fait, frappa à une porte, doucement.Elle s\u2019entr'ouvrit, plus doucement encore et à peine.\u2014 Qui est là ?La voix était frêle, timide : moitié chuchotement et moitié chanson.Bion dit : \u2014 Ouvrez-moi, ma petite demoiselle, pour l\u2019amour de Dieu ! Je suis bien fatigué .Il y eut derrière la porte des murmures légers, un conciliabule à voix basse ; et de nouveau, la petite voix reprit : \u2014 C\u2019est qu\u2019il n\u2019y a personne chez nous.Papa n\u2019a pas encore fait sa tournée.Attendez un peu, nous ne pouvons laisser entrer personne comme ça.\u2014 Diable ! pensa Bion ; si le père n'est pas là, c\u2019est justement le bon moment pour que j'entre.Il ne perdit pas de temps à de longs discours ; mais tout de suite, la faim au ventre, il se décida, prêt à empoigner l'occasion et brusquement saisi par un vieil instinct de maraude et de rapine.\u2014 Allons, ouste ! ouvre-moi, gamine, et lestement ! Les petites mains retenaient la porte : Bion poussa, l\u2019ouvrit toute grande et fut sur le seuil, son bâton à la main.Le logis était bas et sombre ; une lampe fumait dans un coin.Il y avait là deux petites têtes blondes, qui, en ouvrant de grands yeux effarés, regardaient entrer l'inconnu.La fillette avait douze ans ; un garçon, plus jeune de moitié, s'accrochait à la jupe de l'ainée, prêt à accompagner de cris perçants le premier appel de sa sœur.Mais quand le vagabond fut entré et que les deux enfants virent l'homme étranger debout, tout vêtu de neige, sa grande barbe blanchie par les flocons comme celle d\u2019un saint de pierre, et appuyé sur un bâton, ils se turent, toute leur frayeur changée en respect ; et aussitôt la fillette, tombant à genoux, chuchota au gamin confondu : \u2014 Tais-toi !.C est lui, c\u2019est saint Nicolas ! Parole magique ! Elle illumina la chambre et fit pour ces petits êtres, extasiés, une vision du paradis.Et le rôdeur, dont 1 âme s était endurcie pour un mauvais coup, subitement se sentit désarmé, étant entré comme un voleur, de se voir accueilli comme un saint.\u2014 Bonsoir, mes petits enfants ! N\u2019ayez pas peur de moi.Je vois que vous m\u2019avez reconnu.Allons, relevez-vous ! Je vas vous donner ma bénédiction, tout à l'heure.Ma foi oui, c'est aujourd\u2019hui le soir de Saint-Nicolas .Hein ! nous ne l\u2019avions pas oublié ?\u2014 Ah çà ! vos parents vous ont donc laissés pour garder la maison ?Votre père, où est-il ?qu'est-ce qu'il fait ?Facteur, dit la petite, rassurée par la bonhomie du saint.Il fait la tournée de sept heures ; il porte les lettres, avec une casquette et une boîte.Vous savez?Il rentrera tout à 1 heure pour manger sa soupe ; la voilà qui cuit.Elle sent bon ! affirma saint Nicolas en reniflant.Et la maman ?\u2014 Nous n'en avons plus.Elle est morte.¦\u2014 Il y a longtemps ?Elle eut un geste vague : Oh ! oui, longtemps, saint Nicolas ! -\tvuua eues ia tous les deux, tout seuls .Qu\u2019est-ce que vous faisiez ?Vous pensiez à moi, peut-être ; vous m\u2019attendiez ?car vous m\u2019avez reconnu tout de suite - Pour sûr !.J\u2019étais en train de dire a Julot (elle montra le bonhomme qui, les yeux encore baissés, se plantait devant le faux évêque, en suçant son pouce) de se tenir sage 22 août 1942 19 pour que vous passiez aussi chez nous, cette nuit, en même temps que chez M.le Maire .Je sais bien que notre maison n\u2019est pas belle ; c'est sans doute pour ça que vous n'y êtes jamais entré, depuis que maman est partie .Mais j\u2019espérais que cette nuit, peut-être, vous penseriez à nous.Alors, j\u2019ai dit à Julot : « Mets tes sabots ici, derrière l\u2019âtre, à côté des miens ; et demain matin, nous regarderons si on n'y a pas déposé quelque chose.» Alors, vous avez frappé ; et je ne savais pas que c\u2019était vous, vrai ! On m'avait dit comme ça que vous passiez par la cheminée, saint Nicolas ! \u2014 Des fois, dit Alexandre ; mais depuis que je vieillis, je préfère la porte.\u2014 Et la bourrique, reprit la fillette, familiarisée : où est-elle ?\u2014 Ah ! ah ! mon âne ! C'est vrai ! Il va bien, merci.Je l\u2019ai laissé au coin de la rue.Il n\u2019a besoin de rien, lui.Mais moi, mes enfants, je suis un peu fatigué et j'ai l\u2019estomac creux.Est-ce que vous ne m\u2019offririez pas aussi quelque chose ?\u2014 Quoi ?demanda l\u2019enfant ; des jouets ?\u2014 Peuh ! souffla Bion, j'aimerais mieux quelque chose à manger.Voilà justement une bonne soupe ! \u2014 C\u2019est pour le père, quand il va rentrer.\u2014 Parbleu, mes bijoux, croyez-vous que si votre père était là, il ne serait pas content de partager avec moi ?\u2014 Probable ! dit la petite, un peu perplexe ; mais quand l\u2019écuelle n\u2019est pas pleine, il grogne.Faudrait.\u2014 Faudrait m'écouter, moucheron-ne ! dit saint Nicolas.Faites ce que je vous dis et vous ne vous en repentirez pas ! Il leva le menton et caressa sa belle barbe : ele était maintenant tout en or.Comment résister à un saint ?La fillette songeait aux gros yeux de son père ; mais elle songeait aussi aux joujoux qui chargeaient à coup sûr, derrière la porte, la bourrique de saint Nicolas.Les jouets l'emportèrent ; elle se décida et chercha dans le tiroir de la table une cuillère.D'ailleurs, le saint se servit bien tout seul ; délicatement, il découvrit la marmite, la fit danser au bout de sa chaîne, en respira le parfum ; et, d\u2019une main adroite, en soufflant parce que c'était chaud, il commença d\u2019enfourner dans son gosier la bonne soupe fumante.Cela lui fit énormément de bien ; à mesure qu\u2019il mangeait, il se sentait devenir meilleur et plus tendre.\u2014 Mes petits chéris, commença-t-il, puisque vous êtes bien sages, puisque vous m\u2019avez bien reçu .Malheureusement, il n\u2019eut pas le temps d'achever son discours.Comme il avalait la dernière cuillerée, la porte s\u2019ouvrit de nouveau et ce fut le père qui entra.Ce qui s\u2019ensuivit, on peut le deviner.D\u2019abord, il y eut un moment de surprise et de stupeur ; puis, quand le facteur vit la marmite vide, son indignation éclata en tempête.C était un homme vif ; il goûtait peu les plaisanteries, surtout celles qui le privaient de dîner ; et, accomplissant avec exactitude son service, il professait des idées nettes et strictes sur la propriété.Il ne fit ni une ni deux, appela les voisins, les prit à témoin et tout de suite envoya chercher les gendarmes.\u2014 Coquin ! fainéant ! S\u2019introduire chez moi ! manger ma soupe ! At- ' De VIGOUREUX EXERCICES en plein soleil d\u2019été durcissent vos muscles\u2014vous redonnent de l\u2019entrain! Mais attention! Ce même soleil qui vous est salutaire peut aussi brûler vos cheveux, les rendre secs, sans lustre et cassants\u2014leur donner une apparence préjudiciable! Le Soleil Brûlant et l\u2019eau du Bain peuvent Endommager la Chevelure! Employez VITALIS et faites le fameux \u201cExercice 60-secondes\u2019\u2019 50 Secondes de Friction \u2014 Eprouvez ce stimulant picotement\u201d alors que la circulation du cuir chevelu s\u2019améliore\u2014la sécrétion des huiles s\u2019améliore \u2014les cheveux recouvrent leur belle apparence.10 Secondes de Brossage Vos cheveux restent propres et en place\u2014acquièrent un lustre riche et somptueux, mais n\u2019ont aucun indice de cet air \u201cplaqué\u201d dont on se moque et qui n\u2019est jamais de bon goût.tends un peu, on va te faire payer ça ! \u2014 C'est bon, dit Alexandre, que les orages laissaient désormais paisible, il est inutile de crier comme si le diable était dans ta boîte à lettres, mon garçon ! Qu'on me fourre au corps de garde, ce soir ; je m'en contenterai, pourvu qu\u2019on me fasse demain les honneurs de la prison départementale.Eh bien ! quoi ?je cherchais un logement, en voilà un tout trouvé et qui ne me coûtera rien, même que j\u2019y fais des économies.Et j'y retrouverai probablement des yeux de connaissance plus aimables, sans reproche, que ceux d'ici.Maintenant que j'ai dîné, je suis prêt à aller au lit.Bonsoir, messieurs les gendarmes ! Je vous ai dérangés ?Excusez-moi, ce ne sera pas long.Je sais ce qu\u2019on doit à l'autorité.Si vous êtes prêts ?Mais comme il allait partir entre les deux tricornes, des sanglots éclatèrent.C'étaient les enfants qui se lamentaient.Ils n'avaient rien compris à cette aventure et restaient effarés.Tout ce qu'ils y voyaient, c'est que ce saint Nicolas, dont la visite les avait emplis d\u2019extase, disparaissait brusquement et, avec lui, les jouets promis.C\u2019en était fait des espoirs qu\u2019ils avaient vus luire au fond de leurs pauvres sabots.La petite sanglotait, s\u2019attendant de plus à être tancée par son père ; et le marmot, voyant ces larmes, hurîait de tout son cœur.Bion les entendit, il en eut l'âme troublée.¦\u2014 Ah ! sapristi, mes pierrots, c'est vrai ! Vous voilà volés, vous autres .Vous comptiez sur moi ; je vous dois un bon fricot et je vous laisse le bec en l'air.Mâtin de mâtin ! Est-ce que je ne trouverai rien à vous donner pour la peine ?D\u2019un de ces gestes grandioses qui lui étaient familiers, \u2014 car Bion, braconnier et philosophe, avait parfois les envolées d'un grand tragédien, \u2014 il retourna ses poches.Il les croyait vides ; le ciel ne voulut pas qu'il rougit d'avoir fait mentir les promesses d\u2019un saint.Il tomba de sa poche droite une pomme, de sa poche gauche un sifflet.La pomme, certes, n'était plus très fraîche, depuis le temps que Bion l'avait oubliée là, mais comme une vieille qui se conserve, elle avait, quoique ratatinée, des joues rouges et luisantes encore.Quant au sifflet, Alexandre lui-même l\u2019avait fabriqué au printemps dernier, pour égayer sa route et converser avec les merles, dans l\u2019écorce fraîche d'une baguette de coudrier.Il tendit le sifflet au gamin, la pomme à la fillette.\u2014 Mes petits chéris, voilà tout ce que je puis vous offrir ce soir ; car les temps sont durs.Je repasserai une autre année, quand je serai plus riche, ce qui ne tardera pas.Ça vaut mieux que rien, tout de même, hein ?Les enfants furent de cet avis'; déjà la petite croquait dans la pomme, le gamin crachait dans son sifflet.Et tandis qu'Alexandre Bion, montrant la porte, s\u2019écriait d\u2019un ton plein de majesté : \u2014 Hé bien, je vous attends, messieurs les gendarmes ! Les deux enfants, déjà rassérénés et pas très convaincus \u2014 car la foi est tenace chez les âmes simples \u2014 que ce visiteur blanc et doré ne fût point vraiment venu du ciel, lui criaient en hochant la tête : .\u2014 Merci, monsieur saint Nicolas ! Maurice Pottecher Faire de la natation est un excellent moyen de se rafraîchir par temps chauds.Mais, par contre, cette eau du bain endommage vos cheveux.Elle enlève l\u2019huile vitale du cuir chevelu\u2014rend votre chevelure sans vie.Protégez votre chevelure de la menace du soleil et de l\u2019eau à l\u2019aide de Vitalis et de l\u2019\u201cExercice 60-Secondes\u201d.¦* ^ Vous rehaussez l\u2019apparence de toute votre personne lorsque vos cheveux sont bien entretenus et attrayants! Alors, faites qu\u2019ils demeurent ainsi avec Vitalis et 1\u2019\u201cExercice 60-Secondes\u2019\u2019.Pendant tout l\u2019été, vous pouvez vous assurer la conservation de cette^ apparence de vos cheveux par cette routine sensée.Procurez-vous une bouteille de Vitalis aujourd\u2019hui même! Vttalis est un produit de Bristol-Meyers \u2014 Fabrication canadienne EMPLOYEZ VITALIS ET FAITES L>\u201cEXERCICE 60-SECONDES\u201d 20 Le Samedi / OU ' / A-t-tl dit Jambe Menue / / / / / / / / Jambe Velue ?Un compliment exprimé par un terme équivoque est toujours un compliment .à moins que, naturellement, vous n'en soyez pas certaine.Madame, si vous êtes en proie au doute, voici un moyen qui vous confirmera que vos jambes sont l'objet de commentaires admiratifs.Vous feriez mieux de vous procurer NEET aujourd\u2019hui même.Pour obtenir rapidement l'attrait d'une jambe dépourvue de poils, appliquez tout simplement cette crème cosmétique dépilatoire, ou sur quelque partie de votre corps que vous désirez dépiler .laissez-la quelques instants .puis enlevez à l'eau.NEET vous donne une peau douce, blanche et agréablement parfumée.En faisant usage de NEET, pas de poils mal rasés qui déparent la courbe attrayante de la jambe ou qui traverse le bas transparent.NEET, non plus, ne facilite pas la croissance des poils.Procurez-vous dès aujourd'hui un tube de NEET à votre magasin à rayons, pharmacie ou bazar ordinaire.Procurez-vous NEE1 aujourd'hui LES VIES BRISEES (Suite de la page \\1 ) \u2014 je 1 ai appris.\u2014 Et je m\u2019apprêtais à retourner à Versailles dans le bureau de placement où j\u2019ai l'habitude de m'adresser .C'est là.du reste, que le valet de chambre de l'accoucheuse était venu me prendre .mais je n'ai pas eu la peine d'y aller, car j\u2019ai trouvé presque tout de suite cette place.\u2014 Tiens, tiens \u2014 se dit à part lui Totor, qui savait fort bien que Jules, le valet de chambre, était au service de Mlle de Chavanges, \u2014 on avait sans doute pris cette précaution de faire croire à la domestique qu\u2019elle était employée par Mme Ménager afin qu'elle ne sache pas le nom de l'accouchée.\u2014 Et en quoi puis-je vous être utile, Monsieur ?\u2014 questionna Thérèse.\u2014 Dame, je voudrais avoir des nouvelles de ma cousine, Mlle Renaud, fit Totor qui donnait à Liette ce nom d'emprunt afin de bien savoir si Thérèse ignorait le véritable nom de la maîtresse de Pierre.\u2014 Mademoiselle Renaud ! \u2014 fit Thérèse, \u2014 qui est-ce ?.je ne la connais pas ?\u2014 Mais c\u2019est ma parente, cette jeune personne qui a accouché dernièrement.\u2014 Ah ! je ne la connaissais que sous le nom de Liette, que lui donnait cette dame âgée qui était avec elle.\u2014 Et comment allait-elle avant son départ ?\u2014 Mais très bien.\u2014 Car enfin, j'ai été bien surpris de la savoir partie, moi qui croyais la trouver encore là.Elle ne devait pas aller bien raide lorsqu'elle a quitté Meudon.\u2014 Certes, elle était encore un peu faible et ce voyage nous a tous surpris, moi surtout, qui me croyais dans cette place pour longtemps.Ah ! bien oui, on m\u2019a donné mes huit jours sitôt après le départ de la jeune dame, et encore, je ne les ai point faits, on me les a payés et j\u2019ai dû quitter la villa en vingt-quatre heures.\u2014 Mais c'est de la folie, \u2014 s'écria Totor, \u2014 d\u2019avoir emmené sitôt cette pauvre petite femme, surtout si le voyage a été long.\u2014 Et il a dû être long, car j'ai entendu parler de Saint-Raphaël, de Cannes.\u2014 Au moins a-t-elle voyagé dans de bonnes conditions ?.\u2014 Ça je le présume, car la parente qui l\u2019accompagnait avait l'air fortunée ; mais ça ne fait rien, lorsque le matin du jour où elle nous quitta, la sage-femme et moi, nous l avons habiliée, elle n était pas très fière.\u2014 Comment, elle a quitté la villa Fleury le matin ?\u2014 Ne m'en parlez pas, à six heures et demie.\u2014 Mais c'est ridicule.N'aurait-elle pas pu partir dans la journée ?\u2014 Ah ! ça je crois que c\u2019est à cause du train.\u2014 Elles prenaient un train du matin ?\u2014 Mais oui, à huit heures cinquante, à la gare de Lyon.\u2014 Avec tout ça, \u2014 fit l'ami de Pierre, qui en savait maintenant assez pour diriger sa nouvelle enquête, \u2014 j'en suis pour mon voyage.\u2014 Mon Dieu, oui.\u2014 En attendant, je vais partir pour Paris II ne me reste plus qu\u2019à vous remercier, mademoiselle.\u2014 Mais de rien, Monsieur, à votre disposition.Totor salua Thérèse Bonnard, et se dirigea vers la gare.A peine avait-il fait vingt-cinq pas, qu\u2019il frôla un monsieur fort élégamment vêtu et qui demandait à un passant de bien vouloir lui enseigner la villa de Mlle de Chavanges.\u2014 Mademoiselle de Chavanges, connais pas, \u2014 fit 1 homme auquel s'était adressé celui que le frère de Mariette avait remarqué.En entendant la demande, il se retourna brusquement.\u2014 C\u2019est la villa qu'occupe Mlle de Chavanges que vous cherchez, Monsieur.\u2014 Mais oui, Monsieur, \u2014 répondit l'inconnu, \u2014 vous savez où elle se trouve ?\u2014 Parfaitement, et si vous voulez bien me permettre, je vais vous y conduire.\u2014 Très volontiers, si toutefois cela ne vous dérange point.\u2014 Pas le moins du monde.\u2014 Et les deux hommes se dirigèrent vers la villa Fleury.Totor, en voyant cet homme qu\u2019il ne connaissait pas, avait eu quelques pressentiments.Il était persuadé qu'en conduisant cet étranger il allait apprendre quelque chose de nouveau.Celui que Totor pilotait était Raymond Durier, l'ami du vicomte d\u2019Ar- Après sa visite à la rue des Martyrs, l\u2019avocat avait voulu voir Liette, avant de parler de Pierre Duval au vicomte d\u2019Arcis.L'impression qu'avait produite sur lui le jeune mécanicien avait été excellente.Ce jeune homme, très bien considéré par ses patrons, dont il avait l\u2019entière confiance, avait beaucoup d'avenir.Très bon ouvrier, intelligent et laborieux, il ne devait pas tarder à acquérir une position honorable.Dans ces conditions, Raymond Durier, ne voyait pas pourquoi Pierre Duval ne pourrait pas être le mari de la fille de son ami.Certes, ce jeune homme n'avait ni fortune, ni noblesse, mais était-ce bien nécessaire au bonheur de Liette?Raymond Durier n'avait pas les préjugés de Mlle de Chavanges, et le vicomte d\u2019Arcis non plus.Donc ce mariage ne présentait aucune difficulté.Maintenant qu\u2019il avait vu Pierre, il jugeait nécessaire, indispensable même, de rendre visite à Liette.C\u2019était uniquement dans cette intention qu'il était venu à Meudon.Tout en conduisant cet étranger, dont il s'était fait le complaisant cicérone, Totor le dévisageait.Qui pouvait-il bien être ?Quelque ami de la marraine, sans doute .\u2014 pensa-t-il.Les deux hommes marchaient en silence.A quelques mètres seulement de la villa qu'avait louée l\u2019ancien professeur de piano, Totor, avec une désinvolture très naturelle, et sous prétexte de ne pas induire en erreur son anonyme compagnon de route, lui adressa quelques questions.\u2014 C\u2019est bien la villa de Mlle de Chavanges que vous cherchez, n\u2019est-ce pas.Monsieur ?\u2014¦ Mais oui, \u2014 répondit Raymond Durier, \u2014 ou si vous aimez mieux, la villa du colonel de Coursades.\u2014 C\u2019est Mlle de Chavanges elle-même que vous désirez voir ?____Oui.Pourquoi me demandez-vous cela ?\u2014 Parce que dans ce cas, il est inutile que vous alliez plus loin.Mlle Liette et sa marraine n\u2019habitent plus Meudon.Raymond Durier, en entendant Totor, qui lui était parfaitement inconnu, prononcer le nom de Liette, ne fut pas quelque peu surpris.Sa surprise fut encore plus grande lorsqu'il apprit le départ des deux femmes.\t.\t.\u2014 Comment, elles sont parties ! \u2014 Mais, oui, Monsieur.Je vois que vous l\u2019ignoriez.\u2014 C'est la première nouvelle.\u2014 Mlle de Chavanges, dans le but d\u2019activer le rétablissement de sa filleule est partie pour le Midi, il y a quelques jours.\u2014 Comment le savez-vous ?\u2014 Ah ! voilà !.Il faut vous dire, Monsieur, que je suis 1 ami intime de Pierre Duval.,\u2014 Pierre Duval ?,\u2014 Parfaitement.Vous le connaissez ?\u2014 Je crois bien.\u2014 Ne seriez-vous pas Monsieur Durier.\u2014 Oui, Monsieur.\u2014 Tiens, comme ça se trouve ! .Moi, je suis Victor, l'ami intime de Pierre, comme qui dirait son frère.Ayant appris le départ précipité de Liette, je suis accouru, mais trop tard.Néanmoins, je n\u2019ai pas tout à fait perdu ma journée.Je viens d ap-prendre que Liette et sa marraine étaient parties par la gare de Lyon pour le Midi.\u2014 Alors, \u2014 fit Raymond Durier, \u2014 il est inutile que nous allions plus loin.\u2014 Oh ! parfaitement inutile, nous perdrions notre temps.Ça ne fait rien, je suis bien heureux de vous avoir rencontré, car je me proposais d\u2019aller vous voir, afin d éclaircir tout le mystère qui plane autour de cette chère Liette.Surtout si vous voyez Pierre, ne lui dites rien, il serait capable de faire je ne sais quoi.-\u2014 Comptez sur moi, il n en saura rien.,\u2014 Nous nous sommes entendus, Mariette et moi, pour ne rien lui dire.Voyez-vous, monsieur Durier, \u2014- reprit Victor après un moment de silence, il y a quelque chose qui me chiffonne dans la conduite de Mlle de Chavanges.Ce départ, ces mystères, tout ça ne me paraît pas très catholique.Ainsi, à cette heure, personne ne sait où elle est allée.\u2014 Cela n\u2019est pas difficile à savoir, je me charge de la retrouver avant quarante-huit heures.Quant à la conduite de Mlle de Chavanges, \u2014 poursuivit l'ami du vicomte d\u2019Arcis, \u2014 je n\u2019ai aucun motif de m'en inquiéter ; bien au contraire, j\u2019ai dans la marraine de la fille de mon ami la plus entière confiance.En partant dans le Midi elle n\u2019a eu qu\u2019un but : le très prompt rétablissement de sa filleule.\u2014 Tout cela est bien possible, monsieur, \u2014 fit Totor qui, lui, n\u2019avait pas les mêmes motifs que l'ami du vicomte d\u2019Arcis pour avoir, dans la fausse Lia de Chavanges, une confiance illimitée, \u2014 mais, malgré tout, je ne puis vous cacher mes inquiétudes.La marraine de Mlle Liette ne consentira jamais au mariage de sa filleule avec mon ami Pierre Duval, et je suis prêt à parier tout ce qu\u2019on voudra, que c\u2019est uniquement pour tâcher de la séparer de Pierre qu\u2019elle est partie si subitement.Elle a peut-être été mise au courant des démarches que nous faisions et elle a voulu prévenir tout rapprochement entre eux.J\u2019ai beau (Lite la suite page 29 ) 22 août 1942 marque de familiarité admise est une toute petite tape, très légère dans le dos ; on se permet quelquefois cela entre mari et femme qui s aiment tendrement, et plus rarement encore entre simples amoureux.La peste soit de ces enfantillages et de ces niaiseries ! Il faut être insensib e, incomplet ou pas mal hypocrite pour avoir de telles maniérés .D'autre part, un Japonais qui veut honorer affectueusement une personne de distinction s agenouille et se frappe le front à terre.Voyez-vous un tel usage pratiqué à Montréal, rue Sainte-Catherine, surtout par un jour de pluie ?Si, par extraordinaire, un mari embrasse sa femme, ou bien un garçon sa bonne amie au Japon, c est une clameur générale, et tout le monde lui tourne le dos en faisant une grimace de dégoût et de réprobation.Charmant pays !!!.Un éminent personnage a été un jour jusqu'à déclarer à de notables étrangers que, pour rien au monde, il ne voudrait embrasser sa femme parce que ce serait 1 insulter et commettre un péché grave.Qui de vous, mesdemoiselles, aimerait épouser un Japonais ?celui du Le pays qui a la puérilité de se crc soleil levant, qui prétend avoir une civ finée et traite les autres de barbares, ce pays-semble bien avoir pris aux étrangers, tout ce qu avaient de mauvais, et refusé ce qu ils avaient bon, puisqu il a fermé ses portes à la meilleure chc de toutes : le baiser.On dit parfois d\u2019une chose, ou d une person que l\u2019on n'aime pas, qu'on ne peut pas la voir mêi en peinture, les Japonais en sont à ce point pc Supposez que, brusquement et par une loi stricte, le baiser soit interdit ; que, désormais, les parents ne puissent plus embrasser leurs enfants, ni les amoureux goûter aux lèvres savoureuses de leurs blondes, quel joli tintamarre il y aurait dans la cabane sentimentale et même sociale ! Il y a des pays qui ont fait des révolutions pour moins que ça.Le dictateur qui aurait eu cette malencontreuse idée passerait sans doute un mauvais quart d heure avant d'aller chercher une place meilleure ¦\u2014 ou pire \u2014 dans l\u2019autre monde.A moins qu\u2019on se contente de l\u2019enfermer dans une maison de fous.Eh bien, il est pourtant au monde un pays qui frappe le baiser d'une interdiction majeure en ce sens qu\u2019il le décrète non seulement indésirable, mais pernicieux et outrageant ! En ce pays-là, voici ce qu\u2019il est officiellement déclaré : « Le baiser est une coutume étrangère que nous ne voulons à aucun prix voir s'infiltrer ici ; c\u2019est un acte malpropre, immodeste, vulgaire, disgracieux et de nature à répandre les maladies.» C est à peine croyable, et c\u2019est pourtant vrai.Ge pays est le Japon.fk \\> -\u2019N*- fcüHV §s§*** §&§*\u2019 I \t\t\t\tgv'*\t' l&Éyj.'\t\t'ï WÈSË^M'\t\u2019 \"V\t%r '\t\t\t\t\t\tft - \u2019¦ fip 1\t \t\t\tJbJjj\t\t\t\t'¦ft\tpt \u2018 T' / .js *w \u2022 : .Kg: g; $*?¦*#& Jy^vfcç*^'* La dernière voiture construite dans une des plus grandes usines du Canada vient de quitter l'atelier de montage.(Photos du Service de l\u2019Information) (d) Le Samedi Une vieille légende nous raconte que Bérénice, femme de Ptolémée Evergète, roi d'Egypte, avait une magnifique chevelure formant auréole et dont elle était, à juste titre, très Hère : quand son mari partit pour une expédition en Syrie, elle fit vœu, s\u2019il revenait vainqueur, de couper cette chevelure et de l\u2019offrir à Vénus en témoignage de gratitude.Elle s\u2019acquitta de ce vœu mais, le lendemain du sacrifice, les cheveux de la reine disparurent du temple.L\u2019astronome Conon venait justement de découvrir une constellation, il lui donna la dénomination de la reine de Bérénice en disant que les dieux avaient mis les cheveux de la reine à leur vraie place dans le ciel.Cette métamorphose fut célébrée dans une élégie par le poète Callimaqae trois siècles avant notre ère.Cette fable naïve et touchante nous rappelle que, dans l\u2019antiquité comme de nos jours, peut-être même plus qu'aujourd'hui, la femme a toujours attaché une grande valeur à sa chevelure, puisqu'en faire le sacrifice était un des plus grands hommages qu\u2019on pût rendre aux dieux.Le jour qui précédait son mariage, la jeune Egyptienne sacrifiait ainsi une partie de sa chevelure, et cette offrande se faisait à Diane ou aux Parques ; les vierges de Trézène la consacraient à Hippolyte, fils de Thésée, celle de Delos à Opis, celles d\u2019Argos et d\u2019Athènes à Minerve.Il est probable, toutefois, qu'une très faible partie seulement de la chevelure était sacrifiée, et que cela se résumait à un acte symbolique, comme on dit aujourd hui ; en effet, nous avons, dans Aristophane, la description d\u2019une belle jeune mariée dont la chevelure abondante et couverte de parfums flotte sur les épaules.En tout temps, il y eut des accommodements avec le ciel.y : IV par FERNAND DE VERNEUIL Chez les anciens Romains, deux mots de leur langage nous apprennent que les hommes se coupaient les cheveux, mais que les femmes les entretenaient avec grâce : la chevelure des hommes s appelait \u2022 »*-* H
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.