Le samedi, 1 mai 1944, samedi 27 mai 1944
[" 56e année, No 1 Montréal, 27 mai 1944 fe Samedi LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DIX CENTS \u2014 :B'Æ$ VIVE LA CANADIENNE/ Par ALBERTE SENEGAL // UNE INTERVIEW DE MICHELINE PETOLAS Avec LUCILLE DESPARQIS 2 LE SAMEt>r Jt LES TISSOT! T ommy et Jeanne \u2014 artiste et scribe! Ils vous emmènent dans tout le Canada\u2014dans les maisons des petites et des grandes villes \u2014vous faisant visiter des gens que vous aimeriez connaître.Ici, ils vous disent comment ils ont trouvé les Gérin de Trois-Rivières.-fiO ii fU.J\t.-jcvetse %$&?***-«A-*** # ^ rr'- preOàte.,.ét»êet e \"Mca i\\e b àrlus 1 Je s°, \\'A ^oUS-do»»'\" \\-»etceC\u2019 b^fào^.jS Coï^ Qét'«- to e-o iwt ee^^AaVc Vt&tC' DANS LES PLACARDS DE CUISINE de tout le Canada, il y a une place pour les Kellogg\u2019s Corn Makes.Ils sont délicieux! 4 ménagères sur 5 disent que les Kellogg\u2019s Corn Makes priment par leur saveur.Et ils sont économiques! Servez toute la famille pour quelques sous et épargnez pour acheter plus de Timbres d\u2019Epargne de (#Æl l Guerre.Achetez-en aujourd\u2019hui chez votre épicier.Préparés par Kellogg.\t; Jt Fiibricat ion canariiennu.m mw fUKe ENTRE TAPISSER .Le grand ménage du printemps donne le cauchemar à bien des femmes, des semaines à l\u2019avance.S\u2019il s\u2019agit de peinturer ou de tapisser, le cauchemar se double d\u2019une véritable inquiétude.Avec la rareté de la main-d\u2019œuvre, comment arriver à trouver quelqu\u2019un pour \u201cfaire la chambre d\u2019en haut dont la tapisserie est^ en ruine et les murs du salon qui sont tellement pâlis et changés par le soleil !.ça n\u2019est plus habitable, ma chère ! \u201d Eh bien ! petite madame, si vous ne trouvez personne, faites-le vous-meme.Mais non, vos jolies mains n\u2019en souffriront pas tellement.D\u2019ailleurs, si vous songez à tout ce que le monde souffre de nos jours.Et ce n\u2019est pas tellement difficile, vous savez !\t_ Quand vous aurez calculé combien ça vous coûtera pour tapisser une chambre vous-même et combien vous devriez payer le tapissier pour le même travail, vous n\u2019hésiterez guère.Songez aussi qu\u2019à peu près pour tous les travaux, de nos jours, la main-d\u2019œuvre ne s\u2019obtient qu\u2019après de nombreux délais, le travail est fait a la hâte, sans précautions et souvent d\u2019une manière bien peu satisfaisante.Apres cela, si vous doutez encore de votre compétence et des résultats que vous pouvez obtenir, c\u2019est que vous manquez grandement de confiance en vous-meme.Choisissez d\u2019abord une bonne tapisserie qui ne déchirera pas facilement durant la manipulation.Pour une cuisine ou une chambre de toilette, même pour la salle à dîner, le papier lavable est hautement recommandé.Si vous en êtes encore à l\u2019apprentissage, il serait peut-être préférable que vous choisissiez une tapisserie unie ou dont le dessin fleuri n\u2019a pas besoin d\u2019être assorti.Autrement, vous risquez d\u2019en gaspiller quelques lisières.Voilà ! La tapisserie est achetée, il s\u2019agit maintenant de se mettre a l\u2019œuvre, de la poser.Préparez d\u2019abord la colle, gardez à portée de la main ciseau, couteau, brosse et pinceau larges.Sur la table de la cuisine, mesurez une lisière de la longueur du mur.Coupez ensuite tout le rouleau en lisières de la même longueur, à moins que ce soit un papier fleuri dont les fleurs doivent être assorties.Dans ce cas, il faut ajuster et mesurer les lisières l\u2019une après l\u2019autre.Appliquez la eolle avec un large pinceau et repliez les deux bouts de la lisière vers le centre, de manière que les bords soient bien égaux.Si le bord de la lisière est perforé, il s\u2019enlèvera facilement.Sinon, vous le coupez avec des ciseaux en une seconde.Montez sur un escabeau, dépliez les deux bouts de la tapisserie, appliquez-la au haut du mur et glissez légèrement la brosse tout au long, jusqu\u2019au plancher.Pressez ensuite légèrement avec la brosse comme pour éponger.Recommencez ainsi, pour chaque lisière, jusqu a ce que le mur soit couvert.Vous devrez peut-être envisager quelques difficultés au début mais vous vous rendrez vite compte que le travail est beaucoup plus facile qu\u2019il ne le paraît.Plus d\u2019inquiétude alors ! Mettez-vous à l\u2019œuvre et tout ira bien.CUISSON La conservation des aliments implique aussi la conservation de leur valeur alimentaire et les méthodes modernes de cuisson sont recommandées après considération de ce fait.Les légumes cuits dans une marmite couverte, avec peu d\u2019eau, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient tendres, non seulement goûtent meilleur mais sont meilleurs.'Les Services d\u2019Hygiène alimentaire nous donnent des chifTres à l\u2019appui.Comparé aux légumes cuits dans beaucoup d\u2019eau et plus longtemps qu\u2019il le faut, ceux cuits selon les méthodes modernes retiennent deux fois plus de fer et de vitamine C et six fois autant de vitamines B.Des proportions plus grandes d\u2019autres éléments protecteurs de la santé sont également conservées.USTENSILES Frotter les ustensiles avec de la laine d\u2019acier ou avec des poudres rudes ne leur fera pas de bien non plus, car elles les égratignent.Les ustensiles émaillés conduisent et retiennent la chaleur efficacement ; alors aussitôt que le contenu est bouillant, la chaleur devrait être diminuée.L\u2019eau froide n\u2019est pas bonne pour une marmite encore chaude.Un changement soudain de température peut causer une contraction trop rapide ou une expansion de la base en métal, ce qui occasionnera une déformation.FAITES-VOUS UN \"JUMPER\" Utilisez cette vieille robe usée aux emmanchures et aux coudes.Elle vous servira encore si vous enlevez les manches et ourlez les emmanchures.Ouvrez l\u2019encolure et taillez-la en V.Voilà un jumper très élégant et à la mode cette année.Avec une blouse blanche, vous aurez l\u2019air aussi fraîche que le premier crocus.PRENEZ BIEN SOIN DU LAIT Serrez le lait dans le réfrigérateur aussitôt qu\u2019il arrive.Il surira vite à la chaleur.Si vous mettez du lait sur la table dans un pot pour les repas, remettez-le dans le réfrigérateur avant tout le reste, mais ne le videz pas dans la bouteille.NOUS, FEMMES. CARNET EDITORIAL 56e année, No 1 \u2014 27 mai 1944 3 VIVE UH CHNHDIENNE ! LES PU BLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Pilm 975, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tel : PLateau 9638\" Président:\tFRED POIRIER Vice-prés.: GEO.POIRIER Surintendant: ALBERT PLEAU Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUIL Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, St-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette, etc., et les environs.) \u2022 A Québec et Lévis : ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec \u2022 Aux Trois-Rivières et au Cap-dc-la-Madeleine : PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières Entered at the Post Office of St.Albans, Vt\u201e as second class matter under Act of March 1879 \u2022 ABONNEMENT CANADA SEULEMENT Un an\t$3.50 Six mois\t2.00 AU NUMERO: 10 cents \u2022 HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.IL y a quelques années, nous est venue du commerce américain une idée adoptée par le public avec enthousiasme, devenue une coutume, et une charmante coutume encore ! C'est la fête des mères.Même si le principe de cet hommage n'est pas entièrement désintéressé, puisque le premier but est de stimuler le commerce, la popularité de cette fête est une preuve qu'on est heureux de reconnaître l'importance de la femme.Depuis toujours, la femme : jeune fille, épouse ou mère, avait trouvé des poètes pour l'exalter, des musiciens pour la chanter, des peintres pour l'embellir, mais ces louanges étaient plutôt d'ordre sentimental.La semaine du 22 mai présente à la canadienne un hommage plus précieux et plus désintéressé, plus rare aussi.Un pays, le Canada, demande, par l'entremise de deux de ses plus importants organismes de guerre, le Comité de stabilité économique et la Commission des Prix et du Commerce, par tous les moyens de publicité, de remercier la canadienne pour sa coopération dans les mesures prises par le pays pour combattre l'inflation et assurer une stabilité économique, pendant et après la guerre.C'est la première fois, je crois, qu'un gouvernement offre officiellement pareil tribut.La Semaine de la Canadienne consacrera l'importance du rôle de la femme, non plus uniquement à son foyer ou à son travail, mais dans le système économique de sa patrie.La main qui balance le berceau a aidé à la stabilité du char de l'état.on s'en aperçoit, on la remercie et on l'exhorte à continuer.Il est possible que quelques femmes se demandent en écoutant la radio, en lisant leurs journaux, en quoi elles peuvent bien mériter ces compliments .stabilité économique .contrôle des prix.ce sont là des mots un peu revêches, mais en général, la Canadienne aux yeux doux mais intelligents a vite compris toute cette législation venue de la guerre, qu'elle pratiquait d'ailleurs depuis longtemps .un peu comme M.Jourdain .sans le savoir ! Voyons voir si cela est vrai.Le comité de stabilité a, pour premier but, d'enrayer l'inflation.Le plan pour réussir comprend cinq item qui sont : le contrôle des prix, le contrôle des salaires, le contrôle des distributions ou rationnements, les taxes et impôts de guerre, les emprunts de la Victoire.Le ministère des finances a la haute (main sur ces moyens préventifs et il a créé la Commission des Prix et du Commerce pour exercer les trois premiers contrôles.Toute cette organisation n'a qu'un but : empêcher qu'une trop grande circulation d'argent, arrivant en même temps qu'une rareté de marchandise, ajoutée aux désirs d'une grande partie de l'humanité de s'enrichir en profitant de la faiblesse de l'autre partie, n'amène une hausse folle du coût de la vie et ne fasse perdre à notre cher dollar sa force, sa vigueur et surtout sa valeur.Jusqu'au printemps de 1941, puisant dans nos réserves, vidant nos greniers, il n'y avait pas grand changement dans notre système économique.La vie coûtait un peu plus cher, mais pas trop .trop .Soudainement, de février 1941 à l'automne de la même année, la marchandise se faisant plus rare, les gens courant les magazins pour se faire des réserves de denrées, qui deviendraient introuvables, prétendait-on, les prix montèrent à un point qu'en octobre 1941 la hausse fut presque aussi considérable que pendant les dix-huit mois antérieurs.C'est alors que la Commission des Prix et du Commerce imposa le contrôle des prix, des salaires et des distributions.Ce ne fut pas sans travail, enquêtes et discussions .Comment faire comprendre à un peuple, nourri de liberté, l'absolue nécessité de sacrifier certaines de ces libertés .surtout la liberté de dépenser son propre argent comme il l'entendait.C'est alors que quelqu'un ayant émis l'idée que, si au Canada la plus grande partie du pouvoir de vente est dans les mains des hommes, par contre, 80% du pouvoir d'achat est entre les mains des femmes .que ce sont les femmes qui font les emplettes, qu'il serait peut-être bon de tenir en ligne de compte, pour gagner la bataille sur le front domestique, l'élément féminin.On créa le Service du Consommateur qui fit appel aux Canadiennes, jeunes filles, épouses, mères, travailleuses, éducatrices.On leur demanda de surveiller les prix, d'économiser, de faire durer ce qu'elles avaient, de n'acheter que le nécessaire et surtout d'influencer dans ce sens, leurs hommes .Pour la Canadienne, ce programme ne présentait rien d'inusité .toujours dans sa maison elle a été le \"comité de stabilité économique\".Habituée à exiger \"d'en avoir pour son argent\", le contrôle des prix n'est que la continuation de son rôle de bonne ménagère.Elle s'est soumise de bonne grâce au contrôle des salaires, sachant bien que la valeur du dollar compte plus que le nombre.La distribution équitable et les rationnements ont été tout de suite compris .surtout après les courses au beurre, au sucre avant le rationnement, alors qu'il lui fallait rationner les siens afin que chacun eut sa juste part.La quatrième mesure : les impôts et taxes de guerre ont été plus durs à digérer.mais au récit des horreurs endurées par les populations d'Europe, quelle femme digne de ce nom, n'a-t-elle pas trouvé bien heureuses les populations forcées dans cette tuerie générale à ne faire que des sacrifices d'argent.D'ailleurs, quand une calamité, maladie, incendie ou mortalité, tombe sur un foyer, la Canadienne n'a-t-elle pas toujours su couper ici, rogner là, pour, avec les mêmes ressources, en rencontrer les frais?Quant à la cinquième mesure, les emprunts de la Victoire, ils n'ont jamais été pour la femme de notre pays qu'un moyen de réaliser facilement un rêve : celui d'avoir de l'argent de côté .Les mesures prises par l'état sont donc, en principe, ce que la femme a toujours fait pour \"arriver dans ses affaires\".La Canadienne mérite un merci pour s'être soumise avec courage à la règlementation de ses habitudes budgétaires .elle mérite des félicitations pour avoir saisi rapidement le sens des ordonnances, et elle mérite un hommage que le Canada entier est heureux de lui offrir cette semaine, parce que sa collaboration constante découle de son patriotisme .parce que, détestant la guerre, elle a, le cœur brisé, donné ses fils, donné son temps aux œuvres de guerre, travaillé à la production du matériel de guerre, qu'elle est restée souriante en dépit des complications économiques, élégante malgré toutes les raretés et les restrictions, parce que, s'élevant au-dessus de son foyer, de sa ville, de sa province, elle est devenue la \"Canadienne\", partie vivante de ce beau et immense Canada.C'est pierre par pierre que les humbles ouvriers des temps anciens érigeaient les plus grandioses cathédrales; dans la sphère morale, c'est un ensemble d'habitudes justes, dans les plus petites choses parfois, qui présente les plus fortes probabilités d'atteindre la perfection.Le même principe s'applique quand il s'agit d'esprit national.C'est foyer par foyer, dans une solidarité fortifiante, avec une fierté créatrice dans ses actes les plus routiniers que la Canadienne a lutté et continuera de lutter, parce que son effort compte, qu'elle est ESSENTIELLE dans la marche ascendante de son pays ! Vive la Canadienne et ses jolis yeux doux .intelligents ! surtout ! ALBERTE SENECAL H Grâce aux appareils servant à localiser les mines dans le sol, il est possible d'en débarrasser assez rapidement les endroits que l'ennemi a cru rendre ainsi inabordables à ses adversaires.PHOTO O.N.F.» itiïfgK qui sommEiiiiiEiiT ON peut vraiment dire que cette guerre est une guerre totale car tout y participe sur toute la surface de la planète \u2014 et même au-dessus et au-dessous.Tous les continents et toutes les mers y jouent leur rôle, même les pays dits neutres qui font des affaires avec l\u2019un ou l\u2019autre camp ou même tous les deux.Avions, canons, torpilles, démolitions et incendies, fusillades de civils par un ennemi déloyal, travaux de guerre et impôts partout, guerre des nerfs par-dessus le marché, sans compter le reste et l'on arrive à un bilan effroyable auquel les esprits les plus audacieux n\u2019auraient jamais osé rêver autrefois.Ajoutons à cela les volcans qui sommeillent.C\u2019est, on le comprend, des volcans artificiels, de petites dimensions mais quand même terribles dans leurs effets et particulièrement dangereux en raison de leur énorme quantité.On les a déjà connus lors des précédentes guerres mais en quantité bien moindre qu\u2019aujourd\u2019hui.Ce sont, d\u2019une part, les mines et de l\u2019autre les projectiles non éclatés.Au cours de la guerre 1914-18, les mines de l\u2019ennemi ont coulé plus d'un million de tonnes de navires alliés ;\tsur\tterre leurs dégâts ont été\tégalement d'une importance majeure mais, on Ta\tdit,\ttout mal a son remède et\tla recherche\tde mines ainsi que leur destruction ont aussitôt fait l\u2019objet d\u2019une défensive spéciale.En mer il y a les dragueurs de mines mais, sur terre, le problème se montra tout d\u2019abord beaucoup plus difficile à résoudre.On y parvint cependant.C est fort heureux car il se fait aujourd\u2019hui un emploi de ces mines dépassant tout ce qu'on aurait pu imaginer.L\u2019ennemi les sème à profusion sur les routes et dans les champs où passent les chars\td\u2019assaut.Quand elles sont\tvisibles elles\tne font que retarder la marche des\tarmées qui attaquent du temps\tnécessaire à\tles enlever mais quand elles sont dissimulées dans le sol, et c\u2019est généralement le cas, la tâche est plus compliquée.Cette idée de dissimuler les mines sous le sol devait tout naturellement venir à l\u2019esprit des belligérants et la routine des opérations s\u2019est elle-même chargée de leur indiquer cette méthode.Parmi les obus qui sont tirés, il en est qui n\u2019éclatent pas et qui s\u2019enfouissent alors à une profondeur variable selon la nature du terrain ; ces obus-là sont extrêmement dangereux car il suffit parfois du moindre choc qu\u2019on leur donne ensuite pour les faire éclater ; de graves et nombreux accidents en ont été les conséquences.Il en est résulté aussi que ce fut une indication très nette pour l\u2019emploi de mines terrestres, lesquelles eurent cet avantage de pouvoir être placées aux endroits précis que 1 on voulait interdire.Un champ rempli de mines dissimulées conserve son aspect inoffensif mais il est continuellement prêt à causer des catastrophes parce qu\u2019il cache une multitude de petits volcans qui sommeillent mais prêts à se réveiller à la moindre provocation.Si, dans la hâte des opérations, il est oublié, il gardera son dangereux chargement jusqu'au jour de la paix enfin revenue, quand un brave paysan sautera avec tout son matériel en voulant labourer sa terre.La chose est arrivée malheureusement plus d'une fois en Europe à la suite de la dernière guerre jusqu\u2019au jour où Ton trouva enfin le bon remède à la chose.La terre n'est pas transparente et les hommes ne peuvent pas voir au travers mais l\u2019électricité le peut dans certaines conditions ; ou, du moins, elle peut agir avec la sûreté de l\u2019œil.Ce fut un français, le professeur Gutton, de l\u2019Université de Nancy, qui résolut le problème.Il inventa un appareil qu\u2019on a perfectionné par la suite mais qui rendit, dès les débuts, d\u2019immenses services pour la découverte des obus ou mines cachés sous le sol.Cet appareil est basé sur le principe de la balance d\u2019induction de Hugues ; c lui du professeur Gutton comportait deux bobines d\u2019induction exactement semblables et reliées à un téléphone.Elles étaient combinées de façon à se neutraliser ; un courant qui passait dans ces bobines ne produisait aucun son dans les écouteurs téléphonicjues mais si Ton approchait un morceau de métal de l\u2019appareil, le champ électro-magnétique de la bobine la plus proche du métal était modifié, l\u2019équilibre qui existait entre les deux bobines était rompu et Ton percevait un son dans les écouteurs.C\u2019était, en [ I dre la suite page 28] Chronique d'actualité Par iiOUIS ROIiMID à 65 > /.r UNE INTERVIEW DE miCHEIiinE PET Oil B s avec Lucille Desparois Micheline Pétolas, jeune danseuse montréalaise \u2014 maintenant du ballet de Radio City Music Hall à New-York \u2014 telle que vue par notre photoqraphe dans sa loge au cours de la revue FRIDOLINONS 1944, alors qu'elle était interviewée par notre collaboratrice.Ci-contre, trois expressions de la talentueuse artiste dans le tableau de \"La Belle au Bois Dormant\".Parmi nos artistes, qui nous font honneur à l\u2019étranger, il en est une qui mérite d\u2019être signalée à l\u2019attention de nos lecteurs, c\u2019est Micheline Pétolas, danseuse de ballet au Radio-City Music Hall à New-York.Plusieurs d\u2019entre vous ont eu, sans doute, l\u2019occasion d\u2019apprécier ses talents dans l\u2019excellente revue : Fridolinons 1944.Sans poser au critique, je crois sincèrement que parmi les meilleurs tableaux de ce spectacle \u201cLa Belle au Bois Dormant\u201d mérite une mention spéciale pour ses décors magnifiques, le sujet romantique et l\u2019interprétation remarquable des acteurs.Ce ballet, rempli de fraîcheur et de jeunesse, avait toutes les qualités pour plaire au public.La Belle au Bois Dormant était vraiment une belle enfant, doublée d\u2019un talent remarquable de danseuse ; le prince charmant, incarné par le douloureux Fridolin (Gratien Gélinas) était très pathétique, le dragon (Julien Lippé) très imposant et Adrien Lachance, doté d\u2019une voix superbe et d'un très beau maintien en scène, tenait agréablement le rôle du valet.Certes, je ne peux pas oublier la musique de Maurice Blackburn, entendue au cours de ce ballet, elle nous a montré, une fois de plus, que nous avons des compositeurs canadiens de première valeur et le choix de cette musique par M.Gélinas, était très heureux pour la circonstance.Micheline Pétolas (Lane de son nom de théâtre à Ne:v-York) est aussi charmante, jolie, qu'excellente danseuse.L\u2019ayant rencontrée dans sa loge, je fus tout aussitôt captivée par sa grande simplicité [ Lire la suite paye 30 | Tï^nrnrr ***\u2022***\u2022?\u2022?*f4 *\u2022\u2022\u2022«\u2022 !!!!** ¦ - \"' a>r?i ,, .\u2022* \u2022 \u2019\u2022\u2022 - \u2022\u2022 En piiEin GRnnD IIETTOURGE \" nettoyez, peinturez, embellissez la métropole.\u201d Ala Pointe Saint-Charles, un groupe actif de jeunes Montréalais des Chambres de Commerce française et anglaise ont entrepris une grande corvée pour donner à toute une région de ce vieux quartier l\u2019aspect le plus attrayant possible.Ils ont nettoyé les rues, ratissé des coins de terre négligés, semé du gazon, blanchi des caillous en bordure.Ils ont voulu prêcher d\u2019exemple à l\u2019occasion de la campagne du Grand Nettoyage qu\u2019ils dirigent et qui a lieu, cette année, du 17 au 27 mai.L'ouverture de cette campagne a été marquée d\u2019un grand ralliement à l\u2019hôtel-de-ville où le maire a lu la proclamation d\u2019inauguration.A l\u2019issue de cette cérémonie, les organisateurs ont paradé jusqu'au square Phillip où on a brûlé \u201cLe Vieux Crasseux\u201d en effigie.Auparavant, la Ligue du Progrès civique, qui patronne cette campagne annuelle, avait invité les organisateurs à un déjeuner-causerie.Son président, M.T.Taggart Smyth, souligna alors toute la portée du mot d\u2019ordre : \u201cNettoyez, peinturez, embellissez la métropole\u201d.Inspiré du pur civisme, cet appel s\u2019adresse à chaque Montréalais en particulier.Il est en outre destiné à l\u2019industriel, au manufacturier, au commerçant.Il leur rappelle qu\u2019une entreprise où la propreté règne, les risques d\u2019accident sont réduits à l\u2019extrême, les employés sont heureux.Des fenêtres claires, des murs bien peinturés, des abords dégagés et attrayants, une entrée accueillante créent une impression très forte.La propreté est le premier indice d\u2019une entreprise florissante.La propreté sur soi, chez-soi, au travail, dans sa ville est avant tout une affaire d\u2019habitude.De la propreté découlent l\u2019hygiène, le bon ordre, la prospérité.Montréalais, \u201cnettoyez, peinturez, embellissez la métropole\u201d.Voici, ci-dessus, une scène bien familière à la bonne ménagère ! N'est-ce pas au printemps que les araignées tissent leurs toiles dans les angles des murs et plafonds, où la poussière se pose avec une si grande facilité ?\u2014 Ci-contre, à gauche, recouvrir les meubles d'une nouvelle couche de peinture est un travail peu coûteux, agréable et qui ajoute beaucoup à l'attrait du foyer.Photos Editorial Associates.Secouer la vadrouille de ses poussières et saletés, c'est aussi prendre à son profit un bon rayon de soleil et une grosse bouffée d'air frais.C'est, de plus, un geste approprié à la campagne du Grand Nettoyage.Des vitres brillantes et nettes sont la première parure d'une fenêtre bien peinturée.Par une belle journée de mai, cette tâche présente un plaisir plutôt qu'une corvée ! k\t.i lllM^ Ji'mJ.r- tag*!**;*-3- ÊS^/Ü 27 MAI 1944 liE SHUOn rrrs itrriree Aux taux qui avaient COURS, il y a quelque temps \u2014 et rien n\u2019indique qu\u2019il pourrait en être différent aujourd\u2019hui \u2014 le savon fourni à l\u2019Armée canadienne, d\u2019après les contrats, coûtait deux cents dollars la tonne.Or, si l\u2019on tient compte qu\u2019un seul soldat fait moyennement usage d\u2019une livre par mois de ce produit, il s\u2019ensuit qu\u2019il en coûte dix mille dollars par mois pour procurer le savon nécessaire à une armée de cent mille soldats.Vint l\u2019organisation des campagnes de récupération, et chacun sait que dans ces récoltes nationales de rebuts encore utilisables, il se trouve des matières idéalement propres à la transformation.Ainsi, les vieilles de cuisine, le cambouis, les huiles usagées des automobiles, les restes de viandes provenant des restaurants et d\u2019ailleurs, par exemples, peuvent être parfaitement utilisés de nouveau dans la fabrication du savon.Cela, le sergent d\u2019état-major F.-C.MacDonald avait toutes les raisons de le savoir puisqu\u2019avant la guerre, il avait acquis en ce domaine, une grande expérience dans une savonnerie de Chicago.Aussi, dès que furent mises en mouvement les campagnes nationales de récupération, cet intelligent serviteur de la patrie jugea qu\u2019il y avait possibilité pour l\u2019Armée canadienne, de fabriquer son savon à bien meilleur compte.Autorisation lui fut donc donnée d\u2019équiper à cette fin, une poudrière désaffectée à Work Point Barracks, et d\u2019en faire une savonnerie.Il ne fallut pas grand temps pour démontrer que l\u2019initiative valait la peine d\u2019être tentée.Les choses marchèrent tant et si bien qu\u2019on fut presque immédiatement surpris de voir surgir ce qu\u2019on pourrait appeler une petite industrie là où, auparavant, se trouvait un lieu d\u2019entreposage inutilisé.Aujourd\u2019hui, grâce à cette initiative, on peut fabriquer un savon tout à fait approprié aux besoins de l\u2019Armée qui coûte mille dollars par mois, là où l\u2019autre en coûtait dix fois plus ! En d\u2019autres termes, la transformation des rebuts de cuisine \u2014 y compris ceux des civils \u2014 et des vieilles huiles provenant des véhicules de l\u2019Armée, donne un savon au coût de un sou la livre.Depuis le temps, il est possible, comme on le prévoyait alors, que ce coût soit réduit de moitié.Dans un numéro antérieur de ce magazine, on affirmait, preuves en main, que l\u2019Armée canadienne était des mieux nourries du monde.Il n\u2019est permis à personne de douter qu'elle soit aussi au nombre des plus propres ! Photo du haut, le sergent d\u2019état-major F.-C.MacDonald dans son laboratoire.\u2014 Ci-dessus et ci-contre, trois phases de fabrication du savon dans l\u2019Armée.\tPHOTOS O.N.F. 8 LE SAMEDI -T UH DETTE FRTKbE nouvelle par RUGUSTE liESCfllilER « L\u2019homme, d\u2019après le Karma, est maître de lui et possesseur du libre arbitre ; mais responsable de ses actions et de ses pensées qui engendrent, dans une existence suivante, des actes dont il subira, alors, toutes les conséquences.« Autrement dit, il récoltera plus tard ce qu\u2019il a semé aujourd\u2019hui.« Un homme a commis une faute manifeste et il en subit la peine ; \u2014 or, il l\u2019avait commise en pensée jadis, sans quoi il ne l\u2019aurait pas perpétrée maintenant.« Il supportera donc la peine que lui a value sa pensée mauvaise, et pensera aujourd\u2019hui de telle sorte que les lendemains soient à l\u2019abri de tout reproche, dans le but de se relever.Il rendra service dans toutes les occasions qui se présenteront pendant une vie ; ce qui aura pour effet d\u2019amener, dans une autre vie, des occasions de rendre service encore plus nombreuses.« Et, ainsi, il s\u2019élèvera au rang d\u2019Esprit Supérieur, de Maître et de Seigneur : ayant une influence sur nous-mêmes \u2014 capables d\u2019influer aussi sur les destinées de notre histoire, \u2014 pour aboutir finalement au Nirvana, qui est une plénitude de gloire sans voile : Le But Suprême !.« Cependant cette perfection ne s\u2019accomplira que grâce à ses propres efforts, en se rendant maître de ses tendances pernicieuses ou de ses mauvais instincts qu\u2019il devra payer par des peines qu\u2019il s\u2019attirera de la sorte dans les prochaines existences qu\u2019il lui faudra parcourir.Il s'élèvera et se rabaissera ainsi chaque fois, selon le degré de ses rachats et de ses mérites qu\u2019il finira cependant par acquérir pleinement.« Il mettra, pour cela, plus ou moins de temps, et en éprouvera plus ou moins de peines, jusqu\u2019à son épuration complète.« Vous voyez combien c\u2019est moral ?-\u2014 On ne le pourrait davantage ! \u2014 Un exemple, tenez, des sanctions du Karma : « Ceux qui n\u2019auront pas donné à leurs corps les soins nécessaires : (hygiène, propreté, nourriture, etc.) « Ceux qui auront fait souffrir leur prochain dans leur corps physique: (manque de nourriture, manque de soins, d\u2019hygiène, etc.infligés à d\u2019autres ; ou bien cruauté, blessures, etc.) « Vices contre la loi ; «Souffriront dans leur corps physique à la prochaine réincarnation : (difformité, monstruosité, maladies de naissance, etc.) « Soyez persuadé que, d\u2019après cela, votre M.Dorval, difforme, n\u2019était que la réincarnation de son arrière-cousin, riche autant que celui-là était pauvre, disgracié et infirme autant que l\u2019autre était plaisant, bon et obligeant, tandis que le premier était envieux et jaloux.Et il est demeuré célibataire endurci faute de ne pouvoir inspirer de l\u2019amour.« Il périt d\u2019un coup de couteau, victime d\u2019un assassinat commis dans les mêmes conditions que celui qu\u2019il réincarnait avait médité d\u2019accomplir.« Je comprends, en effet, cjue la lettre dont vous parlez ait pu vous faire réfléchir !.Et vous croyez cela possible ?fit maître Bérard, après un court silence.Pourquoi donc pas ?.Entre ce qui peut être et ne pas être, nous ne savons rien de ce qui est ! \u2014\tOn ne peut donc nier ni affirmer.Sans doute ; mais s\u2019il suffisait de penser pour obtenir ce que l\u2019on souhaite, même pour une existence suivante, ce serait encore consolant.Tous pourraient demander la gloire, la richesse, l\u2019amour.et la santé durable ! Vous oubliez, en cela, le précepte qui nous défend d\u2019être égoïste et veut qu on s occupe d autrui.Si ces souhaits se réalisaient de la sorte, il faudrait en subir les inconvénients .« Ils seraient, peut-être, terribles ! Mais enfin, ces maîtres dont vous parlez, en nous dictant nos destinées, détruisent notre libre arbitre par lequel nous prétendons nous élever ?-\tCe sont des sages, tout comme vous le deviendrez.Ils nous dirigent ! \u2022 Bien ; mais répondre de fautes commises par moi-même dans une existence antérieure, tandis que, dans le présent, je réprouve de toutes mes forces cet ancien moi qui ne m\u2019est rien .Je trouve cela assez injuste ! Pardon ; dans votre existence nouvelle votre moi a changé de forme, de nom ; mais conserve son entité de toujours.« Il doit donc être responsable de ce qui s\u2019est passé dans l\u2019autre.« On ne nous fait point grâce de nos dettes.« Avec celles de 1 Au-delà, il n\u2019est point de moratorium ! » L\u2019avocat eut un hochement de tête.Puis ils parlèrent d\u2019autre chose.Destin de F.LIPPE Au café du Palais l\u2019avocat Bérard s\u2019assit lourdement à côté du docteur Philippon, chef de clinique à la Salpêtrière.Après avoir commandé au garçon une demi-brune, il s\u2019épongea vivement le front.\u2014 Je viens de plaider, dit-il.Mon client s\u2019en tire avec vingt ans de travaux forcés.J\u2019ai parlé, d\u2019abord, de ses mauvais antécédents : conduite déplorable, fils d\u2019ivrognes, élevé par un homme bon et généreux qui le recueillit à dix ans, ne lui a jamais rien refusé et ne lui donnait que de bons exemples.Celui dont j\u2019assumais la défense avait asssassiné cet excellent vieillard qui l\u2019exhortait à revenir au bien.« La victime, M.Dorval, avait soixante ans.C\u2019était un disgracié de la nature, horriblement laid et obscur ; célibataire car, malgré sa fortune, aucune compagne n\u2019avait voulu de lui.« Il s\u2019était attaché à Fulgence qui l'a frappé sauvagement.« J ai réclamé une expertise.On lui a reconnu une responsabilité atténuée avec dégénérescence alcoolique et tempérament exagérément irascible.C\u2019est ce qui a sauvé sa tête.« Il a vingt-cinq ans.Si une conduite exemplaire peut lui valoir une mesure de clémence avant l\u2019expiration de sa peine, il pourra refaire sa vie, en admettant que ses instincts soient devenus meilleurs.\u2014 Pourquoi a-t-il commis ce crime?Il n a jamais pu en expliquer le mobile.Un accès de colère violente, pré-tend-il, devant des reproches qui l\u2019avaient blessé.Et puis, aussi, il supportait difficilement la vue de son bienfaiteur.Il s\u2019est senti, a-t-il dit, exaspéré .Un couteau se trouvait devant lui, sur une table.il a frappé comme une brute !.On 1 arrêta tandis qu\u2019il regardait le cadavre avec des yeux égarés.\u2014 Curieux ! \u2014-Nest-ce pas?.Plus encore que vous ne le croyez!.Une lettre, conservée dans de vieux papiers du mort, ayant été adressé à son père et qui remonte à près de quatre-vingts ans \u2014 on l\u2019a trouvée dans un dossier de l\u2019instruction, \u2014 m a frappé singulièrement bien qu\u2019elle n\u2019ait aucunement trait à l\u2019affaire.«Elle la rappelle, toutefois.comment dirais-je: .pensivement \u2014 si, je puis m exprimer ainsi \u2014 par une analogie frappante.\u2014 Que voulez-vous dire ?Voici.Cette lettre, jaunie et déchirée en partie, était d\u2019un cousin maternel de M.Dorval père.Le signataire était peu fortuné et, si j\u2019en juge par cet écrit dans lequel il demandait un secours, était passablement envieux et jaloux d'un homme dont il convoitait 1 épouse, laquelle avait préféré son rival qui possédait quelque richesse.\"Parfois, dit-il, je me surprends à maudire mon sort qui m\u2019a fait, bien bâti ; mais sans le sou ; repoussé de la fem.ie que j\u2019aurais désirée : et je me sens, alors, une envie folle de tuer celui que j\u2019exècre.'.L\u2019autre jour je me suis trouvé en face de lui ; sur la table était un couteau.« Une pensée envahit mon cerveau .H allait s\u2019approcher de moi.Je m'enfuis comme un fou pour ne pas céder à l'envie de l\u2019égorger aussitôt avec rage !.« Ne trouvez-vous pas qu\u2019il y ait là comme une similitude assez étonnante de faits ?\u2014 Sans doute.C\u2019est un exemple tiré de la loi du Karma .Et si vous êtes théosophe ?Maître Bérard interrogea le docteur du regard ; celui-ci continua : « J ai eu parmi mes malades un halluciné que j\u2019ai guéri et qui prétendait lutter contre une envie pareille d\u2019avoir à tuer son semblable.«Il croyait aux doctrines du Karma.Aujourd\u2019hui il est tout à fait calme; mais il a conserve ses croyances qui, du reste, sont empreintes de haute sagesse en ce quelles nous gardent des ravages du mal à l\u2019égard de notre prochain et de nous-mêmes.Auguste Lescalier. 27 MAI 1944\t9 A BON TERRAIN.BON JEU ! Si le baseball pratiqué par une équipe \u2014 même pour les très jeunes \u2014 est fonction de la valeur des éléments qui la composent, il dépend en grande partie aussi du terrain sur lequel il est joué.Nous avons souvent mis en garde les officiers des terrains de jeux et des parcs contre le danger qu\u2019il y avait à ne pas prendre soin des losanges, où les jeunes et les moins jeunes prenaient des chances de se blesser, à cause de l\u2019état plutôt raboteux du champ intérieur.En ce qui concerne le gazon du champ extérieur, dans le passé, on fut loin d\u2019aménager une surface plane.Nous avons vu un terrain où le gazon était assez haut qu\u2019on aurait pu y mener paître un petit troupeau de moutons, qui se seraient nourris pendant une couple de semaines, sans se plaindre.Il y a d\u2019autres moyens d\u2019arriver à ce résultat, mais il est probable qu\u2019il n\u2019en est pas d\u2019aussi économique pour les officiels de la Ligue Sénior du Parc Atwater, où votre commentateur a fait ses débuts professionnels, avec les Royaux de feu Dan Howley, en 1916.Vraiment, cela n\u2019a pas le don de nous rajeunir ! Les dirigeants des terrains de jeux de la métropole MM.Gibeau, Demers, St-Pierre et Georges Mentha profiteront d\u2019une centaines d\u2019ouvriers de la ville pour améliorer les losanges de nos terrains de jeux.Ce qui sera d\u2019une utilité indéniable.Les dirigeants de nos terrains de jeux ont recours au géomètre, qui peut donner toutes indications quant au niveau, afin que les ouvriers puissent, suivant les règles de l\u2019art, aménager une surface plane.L'ADAPTATION SEULE REND L'ATHLETE GAUCHER OU DROITIER Tout le monde sait que nombre d\u2019athlètes sont gauchers, que les trois meilleurs joueurs de baseball professionnels de tout temps, trois des Immortels du baseball majeur, Ty Cobb, Babe Ruth et Tris Speaker, étaient des gauchers.Nous avons noté, au cours d\u2019observations sur les travailleurs de force, que beaucoup de terrassiers se servent aussi bien du bras gauche que du droit.L\u2019armée américaine a connu cette expérience, depuis une couple d\u2019années.Quand ces gens manœuvrent la pelle, qui exige que le bras le plus fort soit du côté du fer, on remarque que c\u2019est le gauche, en général.Ils sont donc ou vraiment gauchers ou ambidextres, dans une proportion assez notable.Toutefois, la majorité des humains se compose de droitiers.Cela s\u2019accuse dans tous nos gestes, même dans la marche, ayant constaté que la pression du pied droit est sensiblement plus élevée que celle du pied gauche.Tout effort considérable, nous l\u2019accomplissons avec le même droit.Un pareil manque de symétrie du corps se révèle jusque dans l\u2019acte banal de se laver le visage ou de manger de la soupe.Et l\u2019on en est arrivé à se demander si la \u201cgaucherie\u201d ne constituait pas un état physique anormal, contraire à la règle.Le philosophe grec Aristote fut le premier à expliquer que l'habitude droitière protège le côté gauche, le ménage par nécessité, car là est le cœur.Par instinct de conservation, nous avons subi un mode d\u2019activité qui épargne la fatigue à l\u2019organe vital par excellence, tel que nous l\u2019expliquait, l\u2019autre soir, un de nos amis, le Dr.Georges Deshaies, d\u2019Outremont.\u201cLes efforts, les mouvements du côté gauche du corps retentissent profondément sur le cœur.La loi du moindre effort explique pourquoi l\u2019homme se sert principalement du bras droit,\u201d ajoutait-il.Donc, point n\u2019est besoin d\u2019avoir le don de l\u2019observation poussé à l\u2019extrême pour affirmer que la majorité des sportifs ont le bras gauche, la main gauche, infi-niments moins forts et moins adroits que les membres correspondants.Nous entendons, naturellement, les droitiers.Pour les gauchers, ils n\u2019ont qu\u2019à prendre la contrepartie.De plus, non seulement le bi'as, mais tout le côté gauche est moins développé.Pourquoi garder un côté de notre corps inférieur à l\u2019autre ?Nous serions bien plus aptes à tous les exercices d\u2019athlétisme, si nous possédions une seconde main droite, une main gauche moins rebelle à toute adresse, une main gauche avec une bonne pince, comme disent les hommes forts.lie lllonde Sportif Par OSCAR IlIflilOR Il faudrait se décider à traiter le côté gauche de notre corps, comme dans les écoles spéciales on traite les enfants en retard.La cure, du reste, n\u2019est pas des plus difficiles.En quelques mois de soins et d\u2019exercices soutenus, vous serez heureux de constater que vous êtes devenus ambidextres, lançant des balles ou écrivant de l\u2019une ou l\u2019autre main.Si vous êtes convaincus de ce plaidoyer, voici quelques exercices que vous pourrez exécuter, dans vos moments de loisir.Vous améliorerez, à bref délai, votre gaucherie naturelle .sans jeu de mots.En premier lieu, fendez du bois.Ayez soin de pratiquer cet exercice fortifiant, en plaçant votre main gauche au-dessous de votre main droite.Ayez soin de ne pas prendre, au début tout au moins, une vraie hache, car vous pourriez bien vous amputer quelques orteils.Ce qui serait un fort mauvais début d\u2019entraînement.C\u2019est, en effet, la main placée en dessous qui donne la force et la direction à la hache.Ainsi, il est probable qu\u2019au commencement l\u2019infortunée main s\u2019acquittera mal de son poste de confiance.Le deuxiènxe exercice consiste tout simplement à tenir votre parapluie de votre main gauche et de le faire tourner, de temps à autre, d\u2019un air vainqueur.Bien s\u2019assurer, avant de se livrer à ce second exercice, qu\u2019aucun œil ou aucun nez de vos amis ne se trouve dans la zone dangereuse.Au cours de vos promenades, entraînez-vous également à jeter des pierres de la main gauche, hors de portée autant que possible de carreaux et de glaces.Ce troisième exercice est d\u2019autant plus excellent qu\u2019il fera travailler non seulement le bras et la main, mais encore l\u2019épaule et tous les muscles du côté.Une fois rentrés chez vous, adonnez-vous à une page ou deux d\u2019écriture, de la main gauche toujours.Vous commencerez, comme il convient, par de modestes bâtons, des « 1 » et des « i », mais vous arriverez très vite à mouler d\u2019orgueilleuses lettres capitales.Inutile de dire que chaque fois qu\u2019il sera nécessaire de planter un clou, vous aurez soin de l\u2019enfoncer en tenant voti'e marteau de la main gauche, ce qui ne laisseia d\u2019être en même temps un excellent exercice d\u2019endurance pour les doigts de voti-e main droite.Vous terminez cette série d\u2019exercices appropriés par une séance de boxe contre votre ombre (shadow boxing).Au coui's de cette séance, vous fendrez exclusivement l\u2019air en crochets, swings et directs donnés avec votre seul poing gauche.Si vous pi'atiquez assidûment ces quelques exercices, combinés avec des mouvements de culture physique, avec des haltères de 5 ou 10 livres, vous pouvez être assurés qu\u2019au bout de deux ou trois mois, vous serez surpris d\u2019avoir une main gauche qui vous serve à quelque chose, au lieu de n\u2019être qu\u2019un vain instrument pendu à votre côté.Au bout de trois mois, vous pourrez faire, avec votre main gauche, autre chose que d\u2019allumer une cigarette.Cette main gauche ne sera plus une sorte de « parent pauvre » ! jÉMj| Ar':^ ¦ ' OUI CARD ¦ K - LüMi i ffisêS* [\\ 10 LE SAMEDI nouvelle sentimentale ririrrr de guerre Par mnxEncE vnn der rieersgh Dessin d'ALBERT CHARTIER En descendant avec son petit Michel l\u2019escalier qui menait au rez-de-chaussée du grand magasin, Cyprien Varriège, dans sa hâte, se heurta à une dame en manteau noir qui, les traits cachés sous sa voilette, montait vers les étages.Il s\u2019excusa, s\u2019effaça : \u2014 Mille pardons, Madame .Elle releva la tête, leurs regards se croisèrent.\u2014 Jeanne ! Sous la voilette fine, mouchetée de points de velours bleu sombre, il venait de reconnaître le mince visage un peu pâle de son amie d\u2019autrefois.\u2014 Cyprien! dit-elle.Quelle rencontre! C\u2019est ton petit Michel, ce gentil bonhomme ?Elle avait relevé sa voilette, regardait l\u2019enfant.\u2014 Oui, dit Cyprien, avec un peu de gène.Et.tu vas bien, Jeanne ?Mais elle paraissait beaucoup plus à l\u2019aise que lui.Elle dévisageait le petit Elle lui souriait.Et Michel regardait cette dame inconnue, au sourire doux et, de confiance, lui souriait aussi.Elle resta émue d\u2019avoir vu ce regard candide et naïf levé vers elle.Cette constatation la remua étrangement.Elle sentit que Cyprien la regardait.Elle fit un effort pour parler : \u201411 te ressemble, ton Michel, dit-elle.Il a tes yeux.\u2014 Tu ne trouves pas qu\u2019il est un peu pâlot?demanda Cyprien.Je n\u2019ai pas assez le temps de m\u2019occuper de lui, depuis que.depuis la mort de.sa maman.\u2014 A vrai dire, il a des joues d\u2019enfant de la ville.Il lui faudrait la campagne, à ce petit.\u2014 Oui.Peut-être, oui.Jusqu\u2019à présent, j'hésitais .J\u2019étais tout seul, hein ! .Je n\u2019avais plus que lui.Il m\u2019en coûtait de m\u2019en séparer.\u2014 Je te comprends, dit Jeanne.Il la regarda, croyant sentir un reproche indirect, une allusion.Elle aussi l\u2019avait connue la solitude, et par sa faute, à lui.Mais les yeux gris très clairs et un peu froids de Jeanne ne cachaient aucune amertume, aucune arrière-pensée.\u2014 Et maintenant ?demanda-t-elle.Tu penses t\u2019en séparer ?\u2014 Ah ! maintenant.Il eut un grand geste vague.Et comme ils gênaient le passage, dans cet escalier, tous trois remontèrent jusqu\u2019au premier étage, et se garèrent de la foule dans line allée déserte du rayon d\u2019ameublement.\u2014 Maintenant ! reprit Cyprien, voilà le hic ! Je suis mobilisé.Je pars dans quatre jours.\u2014 Toi ?\u2014 Classe 24, ma pauvre Jeanne \u2014 C\u2019est vrai.Dieu 1 Et cet enfant ?Que vas-tu en faire ?\u2014 Que veux-tu que j\u2019en fasse?C\u2019est un problème, un terrible problème.On habitait à deux dans une pension de famille, chez les demoiselles Broux.Tu connais, je crois.Je t\u2019en ai déjà parlé quand je t'ai revue, après l\u2019enterrement de ma femme.\u2014 Oui, je sais.\u2014 On n\u2019y était pas mal.Mais Paris, pour un gosse.Et surtout en temps de guerre.Et puis.\u2014 il rougit un peu \u2014 je dois te dire aussi, c\u2019est un peu cher chez ces demoiselles.Je.Tu comprends, nous avions fait quelques dettes.Bref, je ne pourrais pas payer longtemps la pension de Michel chez les Broux .Et, de toute façon, elles ne se chargeraient pas de sa surveillance totale.\u2014 C\u2019est une charge, évidemment \u2014 Evidemment.Ils se turent, debout, l\u2019un en face de l\u2019autre.Cinq ans de relations les faisaient à nouveau familiers l\u2019un à l\u2019autre, sincères, ouverts, confiants, une fois les premiers instants d\u2019embarras dissipés.On n\u2019a pas impunément, cinq années durant, vécu les mêmes joies et les mêmes soucis : on reste, sans le vouloir, liés d\u2019amitié.Michel, un peu plus loin, ayant lâché la main de son père, contemplait les chambres à coucher et se mirait dons les armoires à glace.Jeanne regardait les mollets maigres du petit, et ses chaussettes mal tirées.\u2014 Veux-tu qu\u2019on prenne une tasse de café ?offrit Cyprien.Le salon de thé .- Pas la peine.Le café, tu sais, mon estomac n\u2019en veut guère.-\u2014Ah! oui.Je me souviens.Elle regardait toujours Michel.Elle redemanda : \u2022\u2014Alors, finalement?Que vas-tu faire de ton petit?Il reprit : \u2014 Eh bien! j\u2019ai écrit au vieux cousin de Dunkerque, tu sais, le cousin Emile.-\u2014 Ah ! oui, sourit Jeanne, se rappelant le nez crochu et le visage chagrin du vieux pingre.\u2014 Je lui ai demandé s\u2019il voulait se charger du gosse, que veux-tu! \u2014 Lui ?\u2014 Que faire d\u2019autre ?dit Cyprien avec gêne.Oh ! tu sais, je paierai ! Je puis payer ! Du moins pour un temps .\u2014 Et qu\u2019est-ce qu\u2019il a répondu ?\u2014\tJ\u2019attends encore sa réponse, murmura Cyprien.On sait bien, la poste, en ce moment.Pourtant, je ne lui demande pas grand\u2019chose, au cousin Emile : mettre le petit en pension .\u2014\tEn pension ?\u2014\tJe sais bien, Michel est encore tout petit.Mais que veux-tu que j\u2019en fasse.Jeanne ?Et, de toute façon, c\u2019est la séparation qui s\u2019impose, pour ce gosse et moi.Il faut qu\u2019on s\u2019arrache l\u2019un à l\u2019autre.Il détourna un peu la tête, cachant son émotion.Il s\u2019arrêta une seconde.Et il reprit, d\u2019une voix raiïermie : \u2014\tJe demandais à Emile qu\u2019il allât voir Michel au collège tous les quinze jours, qu\u2019il l\u2019acceptât chez lui quelques semaines pendant les vacances.Il n\u2019est p>as encombrant, mon petit Michel, je t\u2019assure ! Il ne l\u2019aurait guère embêté.Mais je me doute : le vieux renard aura eu peur que je ne puisse plus payer, que la pension ne lui retombe sur les reins 1 « Bah ! Tant pis ! Je collerai Michel dans une pension quelconque en banlieue.Je reviendrai le voir pendant mes « permes », hein ! Il sera bien.Je puis mettre le prix, surtout si cet animal de Boittiez me paye ce qu\u2019il me doit.\u2014 Boittiez ?\u2014 Un client.Il a laissé protester un chèque au 31 août.\u2014 Un gros chèque ?\u2014 Oui, dit Cyprien, évitant le regard de Jeanne.\u2014 Et il est solvable, ce Boittiez ?Elle se souvenait du passé.Elle retrouvait les mêmes soucis de toujours, si longtemps partagés.Elle en reprenait sa part, presque inconsciemment.\u2014 Heu.Je ne sais pas très bien si je puis le poursuivre.Il est mobilisé.Tout de même, le chèque est du 31 août ! Elle reconnaissait le froncement des sourcils, la crispation des traits, le faux optimisme voulu, que démentait la nervosité des mains.Elle comprit.A travers ce barrage de sécurité et de confiance affectées, elle percevait la sourde angoisse inavouée.Elle la mit à nu, d'un mot net, comme elle faisait jadis : \u2014 Et s\u2019il ne te paie pas ?Cyprien, de nouveau, détourna les yeux.Et d\u2019une voix un peu sourde : \u2014 En ce cas.En ce cas, il est clair que.je me trouverai coincé ! \u2014 Et Michel ?\u2014 Il y a des colonies départementales.Faute de mieux .Je n\u2019aime pas beaucoup avoir recours à la charité publique.Mais s\u2019il le faut.C\u2019est la guerre, hein ?Elle regarda Cyprien.Elle hésita une seconde, le cœur battant.Et il l\u2019entendit tout à coup qui disait d\u2019une voix un peu tremblante : \u2014 Et si je te le prenais, Cyprien, ton petit Michel ?Il resta stupéfait, une seconde.-\u2014 Tu dis ?Toi ?Jeanne ?Toi ?\u2014 Si tu n\u2019as personne .Il était devenu très blanc \u2014 Tu veux .Tu veux te charger de mon enfant ?\u2014 Ça n\u2019aurait rien d\u2019extraordinaire.\u2014 Tu ferais ça ?-\u2014 Tout le monde ferait ça ! \u2014 Mais il y a le passé, voyons ! Tu ne peux pas avoir oublié comme ça, pardonné comme ça.Et puis j\u2019aurais beau te payer sa pension, c\u2019est une charge, un enfant.Surtout que tu n\u2019es pas solide ! Et si je meurs ?Et puis, les gens ?Que dira le monde ?Il secoua la tête.\u2014 Non ! Ça n\u2019est pas possible ! Elle s'entêtait à présent.La contradiction chassait ses hésitations premières \u2014 Les gens, dit-elle, tu sais comme je m\u2019en soucie peu! La charge, je l\u2019accepte de bon cœur ! C'est la guerre, Cyprien, on doit s\u2019aider.Et que veux-tu que je fasse, sinon cela ?Donne-moi cc gamin Je m\u2019en irai à Vauréal, à la ferme, avec lui.Je n\u2019y étuis pas retournée depuis .notre séparation.Ton petit garçon y sera bien, il aura l\u2019air de la campagne.Et si tu devais.s\u2019il devait t\u2019arriver malheur, ça ne fera pas tin petit orphelin au moins.Il ne sera pas tout seul au monde.Alors, c\u2019est entendu ?11 regarda Jeanne, puis l\u2019enfant, puis Jeanne encore.On le voyait tout bouleversé.Il dit brusquement, comme malgré lui : \u2014 Non! Pas encore! Je ne peux pas accepter ça.Ecoute, je vais voir.Il me reste quatre jours.Je vais chercher, réfléchir.Tu habites toujours rue Delam-bre ?Je viendrai.Je viendrai peut-être.si cela me paraît possible.\u2014 C\u2019est bien, dit-elle Je t\u2019attends.\u2022 Jeanne arriva à Vauréal avec le petit Michel vers le milieu de septembre.La ferme Baraquin, éloignée du village, était à flanc de colline et dominait de très loin la vallée de la Seine, par delà les rousseurs fauves des grands bois. wmm > * y+y.» f 27 MAI 1944 Tenit dans ses wains le sort d\u2019une personne tendrement aimée, savoir que quelqu\u2019un souffre les mêmes peines, pour y porter ainsi remède, préférer souffrir un peu, tout de suite, que beaucoup, plus tard: ce sont trois aspects de la situation des plus embarrassantes.Le savant auteur s\u2019est complu à nous en donner le frisson dans cette nouvelle, où l\u2019on sent, sous le calme des mots et la grâce des détails, que le cœur ne vieillit pas, comme le dit le vieil adage.La demeure, tout de suite, enchanta le petit Michel.C\u2019était un tout petit pavillon, accroché en quelque sorte au quadrilatère de la ferme, et extérieur à celle-ci.Il ne comportait, au rez-de-chaussée, qu\u2019une cuisine et une salle à manger, avec deux chambres à l\u2019étage.Longtemps inhabité, il était très humide.Et pour l\u2019assainir, dans l\u2019âtre de la salle à manger, Jeanne faisait toute la journée un feu de bois que Michel ne se lassait pas d\u2019alimenter.Au loin du logis, il y avait un grand vieux jardin enclos d'aubépines, qui devint bientôt le fief du gamin.Michel, avec « maman Jeanne », comme il s\u2019était mis à appeler la jeune femme, y passait une bonne partie de ses journées.Ou bien il s'en allait sur les charriots du fermier, le vieux père Baraquin.Ou bien il assistait, dans la laiterie, à la transmutation magique du lait en beurre, sous la poigne robuste de la mère Baraquin.\u2014\tOn ne savait pas, madame Jeanne, que vous aviez déjà ce beau petit garçon ' disait la fermière.C\u2019est vraiment dommage de ne pas l\u2019avoir emmené ici plus vite.Regardez comme ça lui profite, l\u2019air de nos champs.Jeanne ne répondait pas, souriait, parlait d\u2019autre chose.Elle ne savait pourquoi, mais elle n\u2019aimait pas dire que Michel n\u2019était pas à elle.Elle trouvait on ne sait quel singulier contentement à laisser croire que ce petit était bien son enfant.Quant à Michel, cette méprise des fermiers l\u2019amusait extraordinairement.Il disait à Jeanne : \u2014\tTu vois, maman Jeanne, ils croient que je suis ton petit garçon pour de vrai ! Ne leur dis rien, surtout ! \u2014\tNon! non! promettait Jeanne.Sois tranquille.On ne leur dira rien.Toutes les semaines, on recevait une lettre de Cyprien.Il n\u2019était pas très loin, à Reims.A la fin de septembre, il envoya, comme ils en avaient convenu, deux cents francs pour la pension de Michel.Et, brusquement,\til arriva\tà la ferme un\tbeau\tmatin de\tdimanche, pour la journée.Il avait pu\tprofiter\tde l\u2019automobile\td\u2019un\tcamarade.\tEt il n\u2019avait pas résisté à la tentation de revoir Michel.Il trouva le petit grandi, « remplumé » comme un jeune coq.Il lui pinça les mollets et lui tâta les joues avec étonnement.Il devait repartir le soir même, pour prendre son train à Paris.Il passa tout son dimanche avec Michel et Jeanne, mangea avec eux, fit\tmarcher\tpour Michel le\tbeau\ttank qu\u2019il\tlui avait apporté, jusqu\u2019à ce que la mécanique,\tépuisée, rendît l\u2019âme.\tEt il s\u2019en\talla à la dernière minute, quand la brume, déjà, venait, navré, le cœur gros, avec, dans l\u2019esprit, toutes sortes de choses : émotion, gratitude, remords, qu\u2019il eût voulu exprimer à Jeanne, et n\u2019osait pas dire.Michel et elle l\u2019accompagnèrent jusqu\u2019à la grand\u2019route, par le chemin creux bordé de saules têtards.Avant de s\u2019en aller, il balbutia tout de même : \u2014\tJe te remercie, tu sais, \u2014\tTais-toi, dit-elle.Je ne méritais pas ça.Chaque jour, Michel s\u2019attachait un peu plus à Jeanne.Il était à la fois très mal élevé et très bon.Il parlait en enfant gâté, qui sent que ses désirs sont des ordres, et disait facilement : \u2014 « Je veux » ! Mais, à peine repris, guidé, il se corrigeait tout de suite, avec une étonnante docilité.On voyait à cela qu\u2019il possédait un fond excellent et que seule une éducation déplorable l\u2019avait gâté.C\u2019était, au fond, un petit être souple, heureux d\u2019obéir et de faire plaisir, très fier de la joie qu\u2019il causait en se montrant sage.L\u2019école était trop loin.A partir de novembre, Jeanne commença à instruire Michel elle-même, à le faire écrire, compter, à lui faire lire des pages faciles sur Jeanne d\u2019Arc, Bayard, Duguescün, à lui enseigner des petites fables morales.Il avait un coeur sensible et bon.Elle pouvait déjà lui parler de choses sérieuses et hautes, en appeler à sa conscience, un renoncement à une friandise ou un jouet, pour l\u2019amour d\u2019elle, ou pour le retour de papa.Il y avait là une bonne terre, oui, une bonne œuvre à faire d\u2019ensemencement.Elle s\u2019y mettait avec passion.Elle s\u2019interdisait de songer à la vanité probable de ses efforts.Combien de temps lui laisserait-on ce petit ?La guerre finie, à quelles mains Cyprien le confierait-il ?Que deviendrait le bon grain déposé dans cette âme ?Elle chassait ces pensées douloureuses, quand elles lui arrivaient.A la mi-novembre, on eut une surprise A nouveau, Cyprien Varriège revint pour quelques heures à la ferme.Jeanne le trouva maigri et triste.Il avait abandonné toute coquetterie, portait maintenant les godillots et les chemises de l\u2019Intendance.Il tira de sa musette un jeu de cubes très modeste, qu\u2019il donna à Michel en un moment où Jeanne, à la cuisine, préparait un dessert en supplément.-y/j./t£nT 12 LE SAMEDI in mRRGE de nos miiiiTniRis Utuut donne le nombre ton jours croissant de photos de militaires que nous recevons régulièrement pour publication sons la rubrique: Nos Militaires, la direction du Samedi a pris la décision de ne plus assurer te retour des photos après publication, comme c'était l\u2019usage à venir jusqu'à maintenant.Conséquemment, nos lecteurs sont donc priés de prendre note qu\u2019à l'avenir, nous le regrettons, les photos que nous recevrons ne pourront plus être réclamées après leur publication.Les antres conditions parues antérieurement et à plusieurs reprises demeurent les mêmes.On pourra donc continuer de nous envoyer des photos de militaires des deux sexes sans tonte-fois s'attendre a leur retour.Encore une fois, on est prié de se montrer patient.Nous nous efforçons du mieux que nous pouvons à satisfaire nos lecteurs et l\u2019on devrait comprendre ctue les retards sont imputables au trop grand nombre de photos qui attendent leur publication.\u2014 LA DIRECTION.AïJS*; .I T MBUtürçl ; k w * Le soldat MAURICE FAIRON, en service actif outre-mer.Envoi de Mme J.FAIRON, de Montréal, P.Ç.Le soldat GERARD POULIN, en service actif outre-mer.Envoi de sa sœur, Mlle Claire Poulin et de ses parents de Broughton Station, P.Ç>.Le sergent-major GERARD PATE-NAUDE, en service actif au pays.Envoi de son épouse, Mme G.Pate-naude, 2036, rue Laframboise, St-Hyacinthe, P.Ç.Le soldat EMILE POULIN, en service actif au pays.Envoi de M.C.-H.Poulin, 925, rue Cathédrale, Le soldat ROMEO PAUZE, en service actif outre-mer.Envoi de son épouse, Mme R.Pauzé.Montréal, P.Ç, % f ;* j LEOPOLD DUROCHER de la R.C.A.F., en service actif au pays.Envoi de sa mère, Mme Albert Du-rocher, Chute à Blondeau, Ont.Michel exhiba avec orgueil ses culottes de golf, tint à opérer une soustraction à quatre chiffres et récita une fable.\u2014 Et tu sais, ajouta-t-il, on est allés voir maman, à la Toussaint.\u2014 Comment ?\u2014 Oui.On est allés au cimetière, à Paris, maman Jeanne et moi.Et on a mis un gros bouquet pour toi, sur la tombe de maman.C\u2019est pas chic ?\u2014 Si.c\u2019est chic .C\u2019est très chic ! murmura Cyprien.Jeanne revint mettre le couvert.Il ne dit plus rien.Le menu du déjeuner, bien modeste cependant, étonna le permissionnaire.Il y avait des hors-d\u2019œuvre, et une crème renversée.Il regardait Michel dévorer et s\u2019exclamait.Après le repas, Michel partit jouer.Et les anciens époux se parlèrent, près de l\u2019âtre.\u2014 Comme autrefois, pensait malgré lui Cyprien, évoquant leurs fiançailles.Il était venu souvent ici voir Jeanne, en ce temps-là.Ils devisaient en regardant la flamme.Ils faisaient de beaux rêves, pour quand ils seraient mariés.Beaucoup d\u2019enfants, beaucoup d\u2019amour, un bonheur calme, le don total de l\u2019un à l\u2019autre.Mais Jean-Marie, leur unique petit enfant, était mort.Et voilà que Cyprien avait pris pour secrétaire une trop jeune femme.Et il n\u2019est plus question de dévouement ni de sacrifice, pour l\u2019homme, quand la passion parle.\u2014 A quoi rêves-tu?demanda Jeanne.\u2014 A rien.Je pensais que Michel a joliment gagné, à ton contact ! Et j\u2019étais content, voilà tout.Je me disais que je te dois un grand merci.\u2014 Pour si peu de chose ! \u2022\u2014Michel, physiquement, n\u2019a jamais été comme il est, Jeanne.Et je l\u2019ai observé tout ce matin.Il se tient.Il est discret, il a des petites prévenances pour toi, pour moi.Tu l\u2019élèves .Tu l\u2019élèves ! Le retour de Michel les fit taire.L\u2019enfant apportait à Jeanne les dernières roses de l\u2019arrière-saison, plus pâles, plus frêles, et plus belles, d\u2019avoir souffert.Il voulut les épingler au corsage de la jeune femme.Elle le laissait faire, le regardait, avec un demi-sourire pensif, un peu triste.Et Cyprien la regardait aussi, évoquait une « maternité », une grande toile qu\u2019il y avait jadis dans le salon de son père, et qu\u2019il comprenait soudain, dont le sens et la beauté profonde se révélaient soudain à lui, parce qu\u2019il retrouvait sur la face de Jeanne exactement la même expression heureuse, douce, tendre et émouvante, infiniment.Il la trouvait pour la première fois, très belle, Jeanne, et s\u2019étonnait de ne s\u2019en être jamais aperçu.La nuit vint vite.On laissa Michel aux Baraquin, et Jeanne reconduisit seule Cyprien jusqu\u2019à la route, par le chemin planté de saules.Si souvent, jadis, sa fiancée, elle l\u2019avait accompagné quelques minutes, le soir.Us évoquaient tous deux ces souvenirs, et sans se l\u2019avouer, sentaient cependant qu\u2019ils pensaient aux mêmes choses évanouies.Us allèrent ainsi jusqu\u2019au bout du chemin.Us s\u2019arrêtèrent dans la brune, sous un saule.Là, Cyprien demanda : \u2014\tTu m\u2019écriras de temps en temps ?Tu me donneras des nouvelles du petit ?-\u2014 Bien sûr.Mais tu auras bientôt une permission, sans doute ?\u2014\tJe ne sais pas, je ne pense pas.\u2014\tUne journée seulement ! Je croyais que tous les dimanches, tu pouvais .\u2014 Oui.Mais ça ne serait pas raisonnable.\u2014\tEt pourquoi ?\u2014 La guerre peut durer.J\u2019ai tout de même un enfant à nourrir.U faut prévoir.Je crois t\u2019avoir dit, l\u2019autre jour .ma situation pécuniaire .Oh ! je n\u2019ai encore besoin de personne ! Dieu merci.Mais enfin, il faut être prudent, hein ?\u2014 Oui, oui, dit-elle.Us se turent un instant.Puis elle demanda doucement : \u2014 Ce Boittiez ne t\u2019a pas encore payé, n\u2019est-ce pas ?U murmura, honteux de se sentir deviné : \u2014 Non.Us firent encore quelques pas en silence.Jeanne l'assemblait son courage.Elle cherchait comment s\u2019exprimer sans blesser l\u2019amour-propre de son mari.Elle le connaissait.Enfin, elle dit : \u2014 Ecoute, Cyprien.Tu ne paieras plus la pension du petit.\u2014 Comment ?Comment ?\u2014 Je n\u2019accepte plus d\u2019argent pour lui.D\u2019abord, ça me blesse.On s\u2019arrangera plus tard.Pendant la guerre, je me charge de Michel.Tais-toi ! Je veux ! Et je suis contente ! U détourna la tête dans l\u2019ombre.Et elle sut qu\u2019il pleurait.Il ne se cachait plus.Son orgueil d\u2019homme, vaincu, capitulait.Il pleurait comme on se soulage d\u2019un fardeau, avouant enfin sans honte sa misère et ses angoisses.U balbutia enfin : \u2014 Je te remercie.\u2014 Allons, allons! dit-elle.\u2014 Si.Je te remercie.J\u2019avais dû vendre ma montre.Tu me sauves la vie.\u2014 Cyprien ! \u2014 Si.Et je vois tout ! Et Michel m\u2019a dit.La Toussaint.Tu l\u2019as conduit là-bas .C\u2019est bien, Jeanne, c\u2019est bien .Mon Dieu ! Si j\u2019avais su ! U tira un grand mouchoir de la poche de sa capote.U se moucha, s\u2019essuya les yeux, souffla.\u2014 Allons! dit-il.U est temps.Adieu, Jeanne.Je pars tranquille.U lui serra la main, fortement.U mettait toute sa gratitude dans ce geste.Elle le sentit et en eut les larmes aux yeux.C\u2019était une longue poignée de mains viriles, d\u2019amis, d\u2019êtres qui se sont jugés, estimés, compris.Pour eux, ça valait mieux que toutes les étreintes et les baisers, une poignée de mains comme ça.Elle écouta longtemps le pas lourd des godillots ferrés sonner sur la route.Et elle revint vers le pavillon, dans la nuit, par l\u2019étroit chemin où les saules têtards, de place en place, dressaient des ombres trapues de gnomes à grosses caboches.Elle se sentait triste, et indéfinissablement heureuse en même temps.Michel et elle surent bientôt que Cyprien, avec son régiment, partait pour l\u2019Est.Elle se reprochait maintenant de n'avoir pas osé travailler pour lui.C\u2019était gênant, sans doute, leur situation était très spéciale, très délicate.Mais c\u2019est avec ces calculs de sentiment et ces réticences d\u2019amour-propre qu\u2019on néglige son devoir.Quand recevrait-il ses pull-overs et son passe-montagne, maintenant ?Elle se mit à tricoter, pour lui et pour d\u2019autres.U le fallait, d\u2019ailleurs.Elle avait compté vivre des revenus de la ferme et d\u2019une grande maison qu\u2019elle louait, à Pontoise.Mais son locataire, mobilisé, venait de l\u2019avertir qu\u2019il ne pourrait plus la payer.Encore faisait-il un effort méritoire en lui envoyant le quart du loyer.Heureusement, des maisons de lainage de Paris commandaient à Jeanne des chandails et des cache-nez.Michel, un jour qu\u2019il la regardait travailler, lui demanda : \u2014\tC\u2019est pour mon papa, ce passe-montagne ?\u2014\tCelui-ci, oui.\u2014\tEst-ce qu\u2019elle durera tout l\u2019hiver, la guerre ?\u2014\tPeut-être.Je le crains, Michel.[ Lire la suite page 14 ] 27 MAI 1944 13 MALGRÉ TOUS LES HASARDS DE LA GUERRE SONT PARVENUES À NOS MILITAIRES L\u2019AN DERNIER VOUS rappelez-vous de la carte de \u2018\"changement d\u2019adresse\" à remplir lorsque vous changiez de domicile ?Une lois que vous l\u2019aviez remise à votre bureau de poste, chaque lettre qui vous était destinée devait être réexpédiée à votre nouvelle adresse, et cela jusqu\u2019à ce que tous vos correspondants soient bien au courant de votre nouveau domicile.Vous n\u2019avez peut-être pas souvent déménagé, mais la poste s\u2019est occupée chaque fois de réexpédier votre courrier.Si vous vous y arrêtez un instant, vous commencerez à comprendre la tâche énorme que le courrier militaire impose au Corps postal canadien lorsque des milliers d\u2019hommes sont déplacés presque chaque jour.Et pourtant, malgré qu\u2019il faille localiser les hommes depuis les unités de renfort jusqu\u2019à leur poste sur le front .à l\u2019hôpital .en congé .lorsque leur unité se déplace .malgré les retards de la poste aérienne dus au mauvais temps .les retards des bateaux par suite de l'intervention de l\u2019ennemi .malgré enfin tous les hasards de la guerre que vous pouvez imaginer .la poste et le Corps postal canadien ont livré 31,500,000 lettres à nos militaires outre-mer en 1913 ! Inévitablement, la localisation de ceux qui sont déplacés ou blessés ne peut pas se faire sans qu\u2019il survienne des retards.Inévitablement aussi, 1 intervention de l\u2019ennemi retarde la livraison on certains cas.Mais tout ce que I ingéniosité et l'effort humains peuvent faire pour lutter la livraison ties lettres que vos militaires allen-tlent, la poste le fait et ne cessera tie le faire.De nouveaux moyens de hâter la livraison du courrier sont mis en «ouvre et de nouvelles possibilités sont étudiées.Songez à vos propres amis «pii ont été placés dans de nouveaux postes outre-mer, et vous comprendrez le travail qu il faut luire pour les localiser lorsque le courrier se rend à leur ancienne adresse.Vous pouvez aider la poste et le Corps postal canadien a vous donner un meilleur service si vous prenez le temps de vous assurer que votre courrier est bien préparé.CA* ¦Mm?.r0 * 'É&àmxet; I \u2022 OBSERVEZ CES SIMPLES RECOMMANDATIONS t.Assurez-vous toujours que chaque lettre ou c«)lis (bien emballé) sont complètement et correctement adressés.2.\tUtilisez du papier léger pour la poste aérienne ordinaire ou des formules de lettres-avion pour les troupes.Les messages airgraphs prennent un peu plus de temps parce qu\u2019il faut les reproduire au Canada et outre-mer.3.\tSi vous avez été averti que votre correspondant est à l\u2019hôpital, inscrivez \"A l\u2019hôpital\u201d sur la lettre.4.\tDans vos colis, ne placez jamais d'aliments périssables ou des substances que le froid ou la chaleur peuvent endommager.POSTES, CANADA Publié avec l'autorisation de L\u2019HON.W.P.MULOCK.C.R., DÉPUTÉ, MINISTRE DES POSTES 14 LE SAMEDI 5 PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE LES 5 GAGNANTS \u2014 5 JEUX DE CARTES Solution du Problème No 648 Problème No 647 Mlle Huguette Bureau, Varennes, P.Q.; Mlle Marcelle Pelletier, Village Des Aulnaies, Comté L\u2019Islet, P.Q.; Mlle Jacqueline Richard, 2G, rue Cypress, Gatineau, P.Q.; M.Edmond Bibeau, 1581, rue St-Dominique, Montréal, P.Q.; Mlle Michelle Demeules, 35, rue De Jumonville, Québec, P.Q.- AVIS- Le rationnement des jeux de cartes nous oblige à n'ofjrir que cinq jeux par semaine.LES MOTS CROISES DU \" SAMEDI \" \u2014 Problème No 649 1\t2\t1\t4\t5\t6\t7\t8 y 1U 11\t12\t13\t14\t15 lies réponses üo.vcmt nous parvenir le jeudi soir, ou plus tard.) VE* B L H P 5 G H fi ETES U | 1 NOM COÏTÉ e c h i m U o T fi T H £ E U SE K | 13 T U f\\ m I C U | N I ES I K £ T E U £ T ü O S VS o U Ton O « a p r\\ | R.h »\\ s b n o t I S L fi | K\\ F ft 1 TE.o G T tien ECHEC H O K N E T H E H E t I O S SEC c r.R fi T O N G» O T nos S I U Q U U £ T 01 U £ E R R P E N tLs Gu E R R E IS Nom\t.Adresse\t.Ville ou Village\tProvince Adressez : LES MOTS CROISES, Le Samedi, 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.HORIZONTALEMENT\tVERTICALEMENT 1.\tOdeur agréable.\u2014 Corps simple gazeux de densité.2.\tNom scientifique de l\u2019occiput.\u2014 Formation géologique.\u2014 Petit volcan émettant de la boue.3\tViande cuite à sec.\u2014 Habitation.\u2014 Onomatopée.4\tMammifère solipède domestique.\u2014 Petite chambre.\u2014 Saison.5.Toi.\u2014 Qui fortifie.\u2014 Préposition.G.Mammifère carnassier de l\u2019Inde.\u2014 Montagne de la Syrie.7.\tPareil.\u2014 Fabriqua.8.\tUnité de mesure pour les surfaces agraires.\u2014 Petit oiseau, dans le langage des enfants.\u2014 Interjection qui marque le soulagement.9.\tVille de Tchécoslovaquie.\u2014 Art prétendu de produire, au moyen des pratiques bizarres, des effets contraires aux lois naturelles.\u2014 Créature purement spirituelle.10.\tTerminaison.\u2014 Ecritures cursives.\u2014 Terminaison.11.\tAffirmatif.\u2014 Nom donné à des bonbons de chocolat.\u2014 Fille de Cadmus et d\u2019Harmonie.12.\tVolumineux.\u2014 Choisies.\u2014 Palmier des régions chaudes.13.\tEn les.\u2014 Possèdes.\u2014 Légumineuse.\u2014 Préfixe.\u2014 Pro.per.14.\tMorceaux de musique pour deux voix.\u2014 Quadrupède carnassier.15.\tToute profession manuelle.\u2014 Chants funèbres chez les Grecs et chez les Romains.1.\tBandit qui court les mers pour voler.\u2014 Abolir en parlant d\u2019une loi.2.\tAnonacée.\u2014 Fausses doctrines.3.\tOrdre prescrit des cérémonies qui se pratiquent dans une religion.\u2014 Prép.\u2014 Fille d\u2019Inachos.\u2014 Petit cube.4.\tAssurance de tenir un engagement.\u2014 Homme très avare.\u2014 Particule du dialecte provençal.\u2014 Chute.5.\tPremier.\u2014 Montées des collines.\u2014 Ancienne forme de oui.\u2014 Lui.G.Marque spéciale.\u2014 Fruit de la ronce.\u2014 Pro.pers.7.\tRivière de Sibérie.\u2014 Faculté naturelle de parler.8.\tCrier en parlant des bovidés.\u2014 Opération qui consiste à serrer un lien.9.\tQui termine.\u2014\u2022 Fais sonner lentement une cloche.10.\tChef-lieu d\u2019arrondissement, département de Constantine.\u2014 Existez.\u2014 Pro.pers.11.\tEn les.\u2014 Os le plus gros de la jambe.\u2014 En matière de.\u2014 Mot arabe signifiant source.12.\tEtendue d\u2019eau entourée de terre.\u2014 Personnage plat.\u2014 Possèdes.\u2014 Cri du chien.13.\tRivière de France.\u2014 Pronom indéfini.\u2014 Terminaison.\u2014 Négation.14.\tQui est en usage.\u2014 Instruments de chirurgie pour racler les os.15.\tProtecteur des lettres et des savants.\u2014 Sauvages et sanguinaires.S\\i aman [ Suite de \u2014 Et encore l\u2019été ?\u2014 Peut-être.Personne ne sait.\u2014 Mais ça ne sera pas toujours la guerre ?\u2014 Oh, non ! \u2014 Et après la guerre ?Qu\u2019est-ce qu\u2019on fera, toi et moi ?\u2014 Personne ne le sait non plus, mon petit Michel.Je pense que tu retourneras vivre avec ton papa.\u2014 Sans toi ?\u2014 Hé .oui ! \u2014 Je ne veux pas! cria Michel.Je reste avec toi ! \u2014 Mais ton papa va te reprendre ! \u2014 Il n\u2019a qu\u2019à me laisser avec toi ! Je ne veux pas partir ! Dis, maman Jeanne, tu ne me renverras pas de ta maison ?Dis ?Il s'accrochait «à sa robe, pleurait, sanglotait.Jeanne voulut le prendre sur ses genoux.Il se débattit, il cria : \u2014 Non! non! Jure que je resterai ici! Jure-le! Elle regrettait de ne pas lui avoir menti.\u2014 Mais pense à ton papa, Michel ! Tu vas le laisser tout seul, alors ?Tu ne l\u2019aimes plus ?\u2014 C\u2019est vrai ! c\u2019est vrai ! sanglota Michel.Qu\u2019est-ce qu\u2019on va faire ! Que je suis malheureux ! Son désespoir navrait Jeanne.Elle finit par l\u2019apaiser, le consoler en lui promettant de lui tricoter une robe pour sa poupée.Car il avait, comme une fille, sa poupée.Mais il garda le souvenir de cette conversation.Il y revint de lui-même, deux jours après.A brûle-pourpoint, il dit à Jeanne : \u2014 Et si mon papa venait vivre ici, avec nous ?Elle dut rire.\u2014 Tu as de belles idées.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Mais ça ne se fait pas, voyons ! Il faut qu\u2019un monsieur et une dame soient mariés pour vivre ensemble.\u2014 Pourquoi ?redit-il.Elle rit.\u2014 Tu es drôle ! Allons, parlons d\u2019autre chose ! Mais il se mit à nouveau à pleurer.\u2014 Oui! oui! Je vois bien, va, que tu me donneras à d\u2019autres, après la guerre ! Elle dut le consoler.Elle n\u2019y parvint qu\u2019à moitié.Il y eut quelques jours de pluie.Michel les passa avec la mère Bara-quin, à traire les vaches, goûter la crème, assister à la confection du fromage au moyen d\u2019un peu de présure que la fermière gardait dans une bouteille assez sale.Il avait avec la bonne femme de longues conversations.Elle était bien un peu bavarde, la mère Baraquin.A défaut de mieux, elle s\u2019estimait très contente d\u2019avoir en Michel un interlocuteur.Un midi, il revint ainsi de la ferme très préoccupé.\u2014 Maman Jeanne ! \u2014 Eh bien ?\u2014 Il paraît que tu as été mariée avec mon papa ?\u2014 Hein?Comment?\u2014 C\u2019est la mère Baraquin qui me l\u2019a dit.\u2014 Mais tu sais bien que je lui raconte ça afin qu\u2019elle pense que je suis ta maman pour de vrai, voyons ! Tu sais qu\u2019on a convenu ça, toi et moi, en cachette .Elle était prodigieusement ennuyée.\u2014 Oui ! Mais pourquoi mon papa venait-il te voir ici, il y a longtemps, longtemps, quand je n\u2019étais pas au monde ?Il demeurait ici même.J\u2019ai de Querre la page 12 ] vu votre portrait à tous les deux ! Vous êtes sous les rosiers grimpants.Et tu as une drôle de petite jupe courte, comique ! \u2014\tJ\u2019espère que tu n\u2019as rien dit à la fermière ?\u2014 Oh! non.Je savais bien que tu m\u2019expliquerais.\u2014\tEh bien, voilà .C\u2019est-à-dire .ton papa et moi, un moment, nous avions pensé à nous marier.Oui.Nous avons.vu que ça ne pouvait pas aller.Alors, on a préféré se séparer.Tu comprends ?Et ton papa s\u2019est marié avec une autre dame.Et ils t\u2019ont acheté, toi, Michel ! \u2014 Ah ! voilà, dit Michel.Je vois ! je vois ! C\u2019est dommage.Tu aurais pu être ma vraie maman.Il s\u2019arrêta brusquement, traversé d\u2019une idée lumineuse.\u2014 Après tout, il n\u2019est pas trop tard ! \u2014 Pour quoi faire?\u2014 Pour te marier avec mon papa ! \u2014 Michel ! \u2014 Ça arrangerait tout ! On resterait à trois ! Hein ?\u2014 Tu es fou ! \u2014 Pas du tout ! puisque vous y aviez déjà pensé avant moi.\u2014 Tu dis des sottises ! Mais elle ne le convainquit pas.Il resta persuadé qu\u2019il venait d'avoir une inspiration merveilleuse, la seule capable d\u2019arranger cet « après-guerre » qui tourmentait son petit cœur d\u2019enfant inquiet.Tous les dix jours, Cyprien recevait maintenant un petit colis.Il y avait des lainages, des fruits, du chocolat et de toutes petites choses où se reconnaissait une prévoyance féminine, et qui causaient à Cyprien un étrange mélange de joie et de peine, sans qu\u2019il pût y voir très clair en lui.Des aiguilles, du fil, une paire de ciseaux.Des sabots et des pantoufles, un briquet.Un petit réchaud à tablettes d\u2019alcool solides.Toutes choses dont, presque chaque fois, il venait de sentir le manque.On eût dit que là-bas quelqu\u2019un souffrait les mêmes peines que lui, pour y porter ainsi remède ! Et il y avait surtout les lettres, les courtes lettres de Jeanne, affectueuses, réconfortantes, avec, au bout, le gribouillage de Michel, à qui, patiemment, elle avait tenu la main, pour qu\u2019il criât de loin à son papa : « Je t\u2019aime ! » De quoi rire et pleurer vingt fois dans ce petit billet où d\u2019autres n\u2019auraient rien vu.Vers une heure, là-bas, sur la route, elle arrivait, la voiturette aux lettres, la « poulette », ainsi que l\u2019appelaient les hommes.Cyprien, maintenant, l\u2019attendait comme les autres, ardemment, le cœur battant.Y aurait-il quelque chose, aujourd\u2019hui ?Non.Oui.Une lettre ! \u2014 De qui ?demandaient les copains.\u2014 De ma future femme.Bientôt, il s\u2019inquiéta, il sentit lui-même le péril.Il y avait à présent des rêves qu\u2019il s\u2019était, par sa faute, interdits.Il était dangereux de laisser se renouer un attachement, un lien de reconnaissance, d\u2019affection qui, déjà, il le comprenait bien, ressuscitait trop vite et trop puissamment en lui.Mieux valait souffrir un peu, tout de suite, que beaucoup, plus tard.Un secours inattendu lui vint.I! reçut de son avocat un billet.Boit-tiez, par le truchement de son conseil, offrait un règlement transactionnel : vingt mille francs comptant.Le reste à meilleure fortune.Les poursuites seraient suspendues.L\u2019avocat de 27 MAI 1944 15 «q u Vas dit, Chérie, attaquons Us Pellicules! I.Antiseptique Liste rine tue pur millions les microbes de la pellicule, dont Je Pityrosporum ovule, l'opiniâtre \u201c bacille bouteille.1 n FABRICATION CANADIENNE Après chaque lavage de la tête, des milliers de personnes utilisent l\u2019Antiseptique Listerine, suivi d\u2019un massage, pour conserver l\u2019aspect de la chevelure et du cuir chevelu.Varricge estimait la proposition raisonnable.« Acceptez », lui écrivit tout de suite Cyprien.Il attendit dès lors fébrilement les nouvelles.Elles lui parvinrent cinq jours après.Boittiez avait versé vingt mille francs au compte de Varriège.Cyprien avait espéré cela comme une libération.Il en fut à peine content, d\u2019un contentement mêlé d\u2019il ne savait quelle tristesse.C\u2019était fini, maintenant.Il irait reprendre Michel, remercier Jeanne, lui dire adieu .De Dunkerque, avec un long retard, voulu sans doute, le vieux cou-sm Emile avait enfin répondu.Il acceptait d\u2019être le correspondant de Michel, au collège.Cyprien, à nouveau, lui écrivit, lui annonça son arrivée prochaine à Dunkerque.Son capitaine lui avait promis une permission de dix jours pour la fin du mois.\u2022 Il prit le train pour Paris un samedi matin, très tôt.Il comptait arriver à Vauréal avant midi, prendre Michel et l\u2019emmener à Dunkerque dans la soirée.Mieux valait un brusque arrachement.L\u2019autobus le déposa au carrefour de la grand\u2019route vers dix heures de l\u2019avant-dîner.A pied, les épaules sciées par les courroies de ses musettes, il s\u2019achemina vers la ferme.Il faisait froid.Un soleil malade et jaune éclairait une campagne dépouillée, des huiliers et des labours poudrés à frimas par la gelée blanche.Les saules du chemin, effeuillés, gardaient autour de leur tête en boule une chevelure de souples branches rougeâtres.Les flaques des ornières reflétaient la clarté bleue du ciel.Au loin, le père Bara-quin, sur le fond grisaille, menait son attelage de pommelés et labourait la grande parcelle d\u2019où les betteraves venaient d\u2019être arrachées.Des vols de corbeaux tournoyaient, haut, tout autour du groupe sombre de l\u2019homme et îles bêtes.Baraquin, en retournant le soc de son « brabant », reconnut dans le chemin Cyprien.Il fit, avec son fouet, de grands signes, décrocha vivement le trait du cheval de main et vint à longues enjambées, de motte en motte, jusqu\u2019au soldat.\u2014 Hé ! hé ! monsieur Cyprien ! Vous arrivez tout juste ! \u2014 Et pourquoi, père Baraquin ?\u2014 Vous pouvez dire que vous avez eu de la chance de votre Jeanne ! \u2014 Jeanne ?\u2014 Sans elle, ça y était ! Votre petit Michel.\u2014 Quoi ?\u2014 Il restait dans la mare ! \u2014 Dans la mare ?\u2014 Y a mon neveu qui était venu chez nous.Un franc galopin.Il a entraîné Michel, soi-disant qu\u2019il voulait essayer un bateau .Total, Michel est tombé dedans, et bien dedans ! Et personne à la ferme ! Mon neveu a couru comme un fou chercher votre dame.Elle s\u2019est jetée à la (lotte tout habillée ! Et elle ne sait pas nager, ce qu\u2019il y a de raide ! Et elle l\u2019a repêché, empoigné, elle s\u2019est accrochée avec lui à la grosse br anche basse du peuplier, vous savez celle qui traîne sur l\u2019eau.Une veine que je ne l'avais pas encore sciée ! Elle tenait d\u2019une main Michel hors de l\u2019eau.Elle est restée là un quart d\u2019heure ! Le temps que je rac-coure ! Et il gelait, du moins quatre ! Quand je suis arrivé, elle n\u2019en pouvait plus, elle allait lâcher la branche.Mais elle ne lâchait pas le petit ! Ils seraient morts à deux, bien sûr ! \u2014 Ils sont là ?Tous les deux ?\u2014 Oui.Elle, j\u2019ai pensé qu\u2019elle allait me rester dans les mains, quand je l\u2019ai ramenée sur l\u2019herbe.Le petit, lui, c\u2019est après que ça lui a pris.Une fiè- vre, un délire ! Eh bien ! c\u2019est encore elle qui l\u2019a soigné ! Croyez-vous ça ?Deux nuits entières, qu\u2019elle a passées, à le veiller ! \u2014 Et maintenant ?Maintenant ?\u2014 C\u2019est fini ! Mais l'émotion, dame ! Allez, courez vite.De vous voir, ça les remettra mieux que tout le reste.Jusqu\u2019à la ferme, de tous ses forces, Cyprien courut.Il traversa la cour, pénétra dans le pavillon, monta sans avoir vu personne jusqu\u2019à la chambre où Michel, dans son lit, sa poupée encore dans ses mains, sommeillait.\u2014 Papa ! Quand ses larmes l\u2019eurent soulagé, Cyprien, apaisé, put écouter le babil de Michel.\u2014 C\u2019est à cause du bateau, expliquait Michel.Il s\u2019en allait trop loin, j\u2019ai voulu le ramener.Et heureusement que maman Jeanne a sauté dans la mare et m\u2019a attrapé par mes cheveux ! Après, j\u2019ai été un peu malade, je rêvais que tu venais me chercher, tu voulais me reprendre à maman Jeanne ! Des cauchemars ! C\u2019est fini, maintenant.\u2014 Et moi, justement, qui allais te proposer de t\u2019emmener avec moi en congé ! \u2014 Ah ! non, dit Michel.\u2014 Comment ?\u2014 Non.Je reste ici.Sa paisible assurance déconcertait Cyprien.\u2014 Mais, mon bonhomme, sais-tu que tu me mets dans un bel embarras, moi ! \u2014 Pourquoi ?\u2014 Je suis revenu pour dix jours.Où veux-tu que j\u2019aille ?Et puis, toi, ça n\u2019est pas possible, tu ne peux pas ainsi rester toujours à la charge de maman Jeanne ! \u2014 Puisqu\u2019elle est contente comme ça! \u2014 Alors, tu ne veux plus de ton papa ?Je vais devoir m\u2019en aller, passer dix jours sans toi.\u2014 Mais non ! cria Michel.Tu n\u2019as qu\u2019à rester ici ! \u2014 Ce n\u2019est pas possible, mon petit bonhomme.\u2014 Si ! Tu n\u2019as qu\u2019à te marier avec maman Jeanne ! J\u2019ai arrangé tout ça ! \u2014 Tu as.\u2014 Oui.Puisque vous vouliez déjà le faire, dan,s le temps ! Y a pas de raison ! \u2014 Ah ! bien, Michel.D\u2019où me sors-tu tout ça ?\u2014 J\u2019en ai parlé avec maman Jeanne, tiens ! J\u2019ai combiné ça avec elle.\u2014 Avec maman Jeanne ?\u2014 Bien s'1.Naturellement, elle dit non.Mais elle dira oui, si je veux.Je me débrouillerai pour ça ! Cyprien dut sourire.Il eut un hochement de tête un peu mélancolique.\u2014 Tu sais, mon gros père, dit-il, je ne crois pas, pour cette fois, qu\u2019elle te dise oui.Ça ne fait rien.On arrangera ça.Repose-toi un peu, je vais te laisser tranquille.Je reviendrai te voir tout à l\u2019heure.Il arriva dans la cuisine en même temps que Jeanne, qui rapportait de la ferme son beurre et son lait.Elle avait une mine pâle et ravagée qui le bouleversa.\u2014 Jeanne! Jeanne! Il lui avait pris les mains.Il eût voulu l\u2019embrasser.L\u2019émotion lui mouillait les yeux.\u2014 C\u2019est bien, tu sais, c\u2019est bien .Sans toi.Je te remercie .¦\u2014 Mais non, mais non, disait Jeanne, aussi bouleversée que lui.J\u2019étais responsable .Je devais ! Pour la première fois depuis longtemps, ils se tenaient les mains, ils osaient se regarder en face, heureux, unis, tout le passé effacé, oubliant leurs griefs, liés dans leur joie commune, leur amour pour cet enfant qu\u2019elle avait sauvé.Elle le questionna : [ Lire la suite page 18 ] CE traitement simple, facile, tout à fait agréable, constitue un préventif contre la pellicule, tout en étant une aide efficace contre cette affection, dès que cette dernière est nettement caractérisée.L\u2019Antiseptique Listerine la combat par son effet stérilisant rapide.Il procure, et à la chevelure et au cuir chevelu, un bain antiseptique rafraîchissant, revigorant, qui tue par millions les microbes de la pellicule, dont le Pityrosporum ovale, l'étrange \"bacille bouteille\".Découvrez par vous - même combien rapidement l\u2019Antiseptique Listerine, lors-qu\u2019employé régulièrement deux fois par jour, contribue à vous débarrasser de ces ennuyeuses et abondantes \"peaux mortes\u201d.Comme il soulage la démangeaison ! Quelle sensation de propreté sur le cuir chevelu et quelle fraîcheur agréable dans les cheveux.N\u2019oubliez pas qu'au cours d\u2019expérimentations de clinique, 76 % de personnes affligées de pellicules obtinrent un réel soulagement ou une amélioration marquée 30 jours après ce traitement.Prenez l'habitude de faire régulièrement usage de l'Antiseptique Listerine.Il a rendu service à tant d\u2019autres .il peut faire de même pour vous.Rappelez-vous bien que \u2014 l\u2019Antiseptique Listerine e t le même antiseptique célèbre depuis plus de 60 ans en ce qui a trait à l\u2019hygiène buccale.Lambert Pharmacal Co.(Canada), Ltd.Toronto, Ont.Au premier symptôme révélateur \u2018Vjïï -L\u2019ANTISEPTIQUE LISTERINE IG LE SAMEDI 6 ZNjotre feuilleton ü\u2019INdUSTE CHRTimEM Margot se tord les mains de désespoir.Elle ne peut pas secourir Liane.Elle-même, elle n\u2019est pas en sûreté.Ei si le vieux Berthold ne veut pas l\u2019aider et ne peut rien faire pour la défendre.Elle se lève et monte l\u2019escalier, en tâtant le mur dans l\u2019obscurité.Quand elle arrive au deuxième étage du donjon, une porte s\u2019ouvre et le vieux Berthold se trouve devant elle.Une faible lumière tombe de la chambre dans l\u2019escalier obscur et sur Margot.\u2014 Qui êtes-vous ?Comment venez-vous ici ?lui demande-t-il d\u2019une manière brutale.Margot lève les mains en implorant et s\u2019avance vers lui.\u2014 Oh, secourez-moi \u2014 aidez-moi ; mon bon monsieur ! dit-elle d\u2019un ton déchirant.Pour la grâce de Dieu \u2014 défendez-moi ! \u2014 Contre qui ?demande le vieux, étonné.Contre ceux qui m\u2019ont emmenée jusqu\u2019ici, moi et mon amie infortunée.Ah, les misérables veulent nous assassiner ! \u2014 Quoi?L\u2019homme et sa sœur, qui sont au château ?Oui, ce sont eux ! Nous nous sommes enfuies, mais ma pauvre amie est certainement tombée dans les mains de ces voyous.Oh, sauvez-la, s\u2019il vous est possible ! implore Margot.Le vieux regarde la fille malheureuse en secouant la tête.On tonne en bas à la porte, et les coups résonnent lugubrement dans la tour._\u2014Mon Dieu, le voilà \u2014 c\u2019est lui.l\u2019assassin ! crie Margot, peureuse.Oh, ne le laissez pas entrer \u2014 je vous en supplie au nom de Dieu miséricorde ! \u2014 Tenez-vous tranquille, mon enfant, dit calmement le vieux.L\u2019homme ne vous fera pas de mal, aussi longtemps que vous êtes sous ma protection.Entrez et expliquez-moi l\u2019affaire exactement comme elle s\u2019est passée.Margot soupire à moitié rassurée.Elle suit le vieux Berthold dans sa chambre et raconte très vite les aventures de Liane et les siennes.Elle raconte aussi de quelle façon elles sont parvenues à s\u2019échapper de leur prison.Le vieux écoute attentivement et se sent porte vers la pitié do son sort.Quand Margot parle de la bizarre apparition du fantôme, ses traits s'obscurcissent de plus en plus.\u2014 Ce notait pas un fantôme qui vous a délivrées! déclare-t-il ensuite.Je connais cette femme \u2014 elle est aussi malheureuse \u2014 encore plus malheureuse que vous et votre amie.\u2014 C\u2019est l\u2019ancienne maîtresse du château \u2014 la somnambule \u2014 n'est-ce pas ?Oui ! approuve sombrement le vieux.Mais je vais voir tout d\u2019abord ce que je puis faire pour votre malheureuse campagne.Voulez-vous vous rendre tout seul dans le château ?NOTRE FEUILLETON \u2014 No 24 Pub'ié en vertu d'un traité avec la Soci des fions de Lettres.\u2014 Les noms de pers naaes yt de lieux de nos romans, feuilletc contes et nouvelles sont fictits et choisis hasard.\u2018Par françois de ZMérillon \u2014 Certainement! Je n\u2019ai pas peur de 1 homme ni de la femme qui est son alliée.A ces mots, l\u2019homme prend sa lourde canne et une liasse de clefs, qui pend au mur.\u2014 Restez ici tranquillement dans la chambre, mon enfant, dit-il d\u2019un ton paternel.Je fermerai la porte en bas, vous êtes ici complètement en sûreté.\u2014 Ah! i\u2019aimerais mieux vous accompagner \u2014 quand vous me protégez, je ne suis pas peureuse.\u2014 Non, non, il vaut mieux que vous restiez ici ! conclut le vieux et il s'en va.Margot l\u2019entend descendre lentement le corridor.Elle ferme la porte à clef et écoute sans oser respirer.Tout est tranquille en bas ; Alfr- ! et Fanny sont retournés dans le château.Le vieux Berthold ouvre la porte et vient dans la cour ; maintenant il ferme la porte derrière lui et se rend vers l\u2019entrée du château.A l\u2019aide d\u2019une de ses clefs, le vieux ouvre facilement la porte du vestibule et entre dans le corridor.Au même instant, Alfred apparaît et sort d\u2019un des appartements qu\u2019il occupe avec Fanny ; celle-ci le suit de tout près.Les deux ont vu venir l\u2019homme.Ils sont pales et excités et s\u2019avancent vers le vieux, et dans une attitude menaçante.Où est la fille, qui s\u2019est enfuie chez vous dans la tour ?s\u2019écrie aussitôt la furieuse Fanny.Pourquoi ne m avez-vous pas laissés entrer ?Parce que je n\u2019y avais pas envie! répond rudement et dédaigneusement le vieux serviteur.Je ne fais pas cause commune avec des individus de votre espèce.Quoi?Espèce de vieux rat, prenez garde a votre langue ! interrompt furieusement Alfred.Vous devez nous rendre immédiatement la jeune fille! \u2014Dieu m\u2019en gardera ! s\u2019écrie l\u2019autre, devenu enrage.La chose me paraissait louche du premier abord.Je sais a cette heure à qui j\u2019ai à faire.La fille m\u2019a tout raconté.Vous êtes de la bonne pâte de potence.\u2014 Tonnerre! ricane Alfred, fermant les poings menaçants.Etes-vous fou, vieux .\u2019 Encore un mot comme celui-là et vous vous en repentirez ! Croyez-vous, bandit, que j\u2019aie peur de vous ?tonne le vieux Berthold et il tient plus fortement son bâton dans son poing de fer.Voulez-vous faire de cette habitation une caverne de bandits ?Pourquoi traînez-vous une couple de femmes sans défense ici, pour les assassiner ensuite ?Croyez-vous que je regarderai calmement de pareils crimes ?Le diable vous emporte ! Alfred tremble de colère et il veut se jeter sur le vieil homme, mais sa taille forte et sa position résolue le retient de cela.Maintenant Fanny s\u2019avance vers lui et prend la parole.\u2014 Vous êtes en erreur, mon bon ami.On vous a menti.La fille est folle ! dit-elle d\u2019un ton résolu.\u2014 Tiens ! L\u2019autre est sans doute aussi folle, n\u2019est-ce pas ?dit ironiquement le concierge.\u2014 En effet, elle l\u2019est aussi ! déclare Fanny avec une certitude froide.Nous les tenons toutes deux prisonnières, parce qu\u2019elles trouveront leur guérison dans la solitude.Cette nuit elles ont réussi à s\u2019enfuir de leur chambre et une d\u2019elles s\u2019est cachée dans la tour.\u2014 Oui, elle y restera sous ma protection, jusqu\u2019au moment où nous aurons d\u2019autre secours ! répond le vieux.Et maintenant je vais chercher l\u2019autre.Qu\u2019avez-vous fait d\u2019elle ?J\u2019exige que vous rendiez aussitôt la liberté à la jeune dame ! Alfred pousse un rire ironique.¦\u2014Vous êtes un insensé! s\u2019écrie-t-il en levant la tête.Vous êtes un individu très impoli.Depuis quand vous ocupez-vous de nos affaires ?Cette dame est mon épouse, comme vous avez déjà entendu.Cela ne vous regarde pas, ce qui lui arrive ! \u2014 Vous mentez! Cette dame n\u2019est pas votre épouse.Elle est la femme du gentilhomme von der Marwitz et vous l\u2019avez arrachée avec violence à la liberté et vous l\u2019avez traînée ici.C est de la bêtise \u2014 des racontars insensés.Je suis le gentilhomme von der Marwitz et, par conséquent, elle '\u201df ma femme ! \u2014 En effet ! rit le vieux.Vous êtes un superbe baron ou gentilhomme.Je ne crois pas le plus petit mot de toutes vos louches tromperies ! \u2014 Prenez garde à vous, vieux ! menace le comédien, furieux et rageant.Je me plaindrai auprès de votre maître.Le baron von Fohen vous chassera au diable ! \u2022 Faites cela.Nous attendrons le reste.Quant à vous deux, faites de suite vos malles.Vous pouvez décamper ! Je ne veux pas de gens de telle qualité dans le château ! Alfred s approche du domestique avec un juron.Mais celui-ci tourne son bâton formidable et ne bouge pas d\u2019un pied.- Venez ici, vaurien! crie-t-il au comédien qui tremble de colère.Celui-ci reste à distance respectable du vieux.Fanny tâche encore une fois de calmer la lutte en voulant tromper le vieux.Celui-ci ne l\u2019écoute pas.\u2014 Si vous ne quittez pas tout de suite le chateau et ne livrez pas aussitôt la dame emprisonnée, répond-il enfin, j\u2019irai rapporter le fait.Alors la police viendra et vous interrogera tous les deux.Alors, on verra enfin quelles belles gens vous êtes! \u2014 Soyez tout de même raisonnable, mon ami ! dit encore une fois Fanny.La femme de mon frère nous a échappé aussi.Nous ne l\u2019avons même plus dans notre pouvoir.Comment pouvez-vous attacher une importance aux paroles insensées d\u2019une détraquée.Allez, venez! Laissez courir le vieux rat ! ricane Alfred.Qu\u2019il ose un peu mettre ses menaces à exécution.On se moquera de lui.Et nous aurons bientôt Margot dans nos mains ! \u2014 Essayez une fois ! répond dédaigneusement le vieux.Je saurai bien défendre la jeune fille.Et maintenant je vais chercher la malheureuse jeune femme.Si elle est encore dans le château, je la trouverai.Vous pouvez vous rendre tranquilles ! Il ouvre, à l\u2019aide de ses clefs, une porte au fond du vestibule et disparaît derrière celle-ci.Les deux le regardent très pâles.\u2014 Il la trouvera ! dit Alfred.Sui-vons-le.Le vieux hibou devient dangereux pour nous \u2014 il nous trahira.Nous devons le rendre muet.\u2014 Restez calme, observe calmement Fanny en le retenant.Nous ne devons pas trop nous dépêcher.Nous sommes tout seuls avec le vieux et il n\u2019y a personne ici aux alentours, qui sait quelque chose des événements de cette maison.\u2014 Mais il se rendra au village pour chercher du secours ! \u2014 Nous saurons bien empêcher cela.Mais ne perdez pas la tête, en aucun cas.Si cela est nécessaire nous le rendrons muet.\u2014 Et Margot ?\u2014 Celle-là restera où elle est.Elle ne peut tout de même pas s\u2019enfuir d\u2019ici ! Le digne couple se retire dans ses appartements et on continue la délibération.Quelques instants après, Alfred se rend dans la cour et Fanny attend dans le vestibule.Leur visage exprime une sombre résolution.Ils attendent le vieil intendant, qui apparaît bientôt.Il ne vient pas par le vestibule, mais il quitte le château par une des tours latérales.Il est seul.N\u2019a-t-il pas trouvé Liane ?A son arrivée, Alfred se retire sous la voûte de la tour.Le vieux l\u2019a bien aperçu, mais il ne le regarde pas.Calmement, il ouvre la porte de la tour et entre.Au même instant, Fanny arrive.Celle-ci apporte toutes sortes d\u2019outils et commence à barricader, à l\u2019aide de ceux-ci, la porte de la tour.Voilà ! dit-elle en triomphant, quand la besogne est finie.Il n\u2019en sortira plus maintenant.Nous avons sûiement Margot et ce vieux singe ! Qu\u2019est-il arrivé à Liane ?S\u2019est-elle enfuie hors du château ou bien est-ce qu\u2019Alfred a enfermé la malheureuse dans un endroit, où même le vieux n\u2019a pu la découvrir ?CLXXVII \u2014 l.es alliés en danger Un .jour, Ritter arrive dans la ville, tout près de laquelle a eu lieu l\u2019accident du chemin de fer.U se rend d\u2019abord chez la police, se présente au premier employé et explique le cas, qui le retient dans cette place.Comme la question obscure n\u2019est pas encore éclaircie, on ne peut rien lui Quand Alfred accourt et tâche d\u2019ou-vrn la porte, il la trouve fermée, dire.On ne sait absolument rien de la demeure du gentilhomme et son épouse.Ritter s\u2019aperçoit qu\u2019il ne peut se fier qu\u2019à scs propres investigations.Il appelle le cocher d\u2019un fiacre et se fait conduire au village, où se sont tenus, quelques temps après l\u2019accident, le gentilhomme avec sa femme et un étranger. 27 MAI 1944 17 Arrivé au village, le détective trouve la maison cherchée.Les paysans le reçoivent avec quelque étonnement, quand il se fait passer pour un ami de Kurt et demande des renseignements concernant ce dernier.\u2014\tAh, monsieur, il y a déjà tant de gens, qui sont venus prendre des renseignements, déclare la femme du paysan.Même un prince \u2014 l\u2019oncle du gentilhomme \u2014 a envoyé quelqu\u2019un ici.Que devons-nous dire ?Nous ne savons rien.Comment est-ce possible qu'ils peuvent disparaître si vite ?\u2014\tCela ne me regarde pas non plus, mes bonnes gens ! dit Ritter en coupant d\u2019un rire le flot de mots de la paysanne.Car je comprends très bien que vous n\u2019en savez rien.Il s\u2019agit maintenant d\u2019autre chose ! \u2014\tSi nous pouvons vous être utiles, monsieur, nous sommes tout de suite disposés, dit sérieusement le paysan.Je crois cependant que cela ne sera rien de particulier pour vous.\u2014 Nous verrons.Racontez-moi aussi exactement que possible comment ces gens sont arrivés chez vous et ce qui arriva ensuite.Je dois vous dire que je suis tris étonné que le gentilhomme ne se soit rendu à la ville, comme tous les sauvés du train, et qu\u2019il se soit rendu avec sa femme malade à ce village.\u2014 Oui, monsieur, dit le paysan en secouant la tête, cela me paraissait aussi très drôle.Mais ce n\u2019était pas seulement cela qui rendait le cas extraordinaire.La jeune femme était devenue complètement folle.Elle ne reconnaissait plus son propre époux.Elle jurait et était très peureuse de lui et l\u2019appelait un meurtrier et un escroc.Enfin c\u2019était une histoire effrayante.Après ces renseignements, les deux gens racontent séparément, aussi longuement que Ritter le désire, ce qui est arrivé à Liane dans leur habitation.I\t¦\u201c détective écoute avec attention.II\tpose entre-temps des centaines de questions et parvient à savoir le nom du prétendu ami Kurt.Les gens ne savent plus s\u2019il s\u2019appelle Fohren ou Fahren, mais Ritter ne doute pas une minute à ce nom.Et l\u2019autre, qui s\u2019appelait Kurt von der Marwitz, était donc Alfred \u2014 l\u2019allié de Olga.Liane avait appelé, en présence de ces gens, cet individu par son véritable nom.Cela était suffisant à Ritter pour lui donner l\u2019éclaircissement nécessaire.Mais Alfred était en possession du portefeuille de Kurt.Comment s\u2019était-il emparé de cela ?Est-ce que Kurt avait péri dans l\u2019accident ou bien avait-il été assassiné par les alliés d\u2019Olga ?Le baron l\u2019avait aidé dans la tromperie et aussi dans l\u2019enlèvement de Liane.Il était donc coupable à tout.Qu\u2019était-il arrivé à Kurt ?\u2014 Il est mort \u2014 cela est certain ! murmure douloureusement Ritter.Et Liane, son épouse ?Qu\u2019a fait ce bandit de la femme ?Où l\u2019a-t-il emmenée ?Sans dévoiler aux paysans les idées de son cerveau, il demanda ensuite : \u2014 Le jeune homme partit donc d\u2019ici avec son épouse vers la ville, n\u2019est-ce pas ?Savez-vous où il prit son logement là-bas ?-\u2014 Certainement, monsieur ! Le cocher a dû raconter cela plusieurs fois, répond le paysan.Vous n\u2019apprendrez rien de plus là.RiUer remercie les gens pour leurs renseignements et retourne à la ville.Il a apris plus qu\u2019il ne l\u2019avait espéré.Maintenant il s\u2019agit de trouver la trace de Liane.Et cela ne sera pas aussi facile, car un gaillard aussi rusé qu\u2019Alfred Wenzel ne laisse jamais de traces.Arrivé en ville, Ritter cherche l\u2019hôtel où Alfred et le baron von Fohren se sont quittés et où le premier est entré tout seul avec Liane.L'hôtelier lui donne volontiers des explications.Ritter apprend maintenant que la prétendue femme d\u2019Alfred était en syncope et que le voyage fut continué avec hâte.Vers où ?Le cocher ne savait pas dire cela.Mais Alfred l\u2019avait déjà abandonné au village suivant et s'était acheté un cheval et un voiture.On n\u2019avait donc donner ctes renseignements.Et avec cela, Ritter est à la fin de ses recherches.Que faire ensuite ?Il ne soupçonne pas que Kurt vit et est tout près du lieu de la cat istrophe.Ritter a bien appris qu'il y a un malade dans la maison du gar le-bar-rière, qui fut trouvé dévalisé et à moitié mort dans la forêt.Comment pourraît-il venir à l\u2019idée que ce prétendu docteur américain Sheffield n\u2019est personne d\u2019autre que le gentilhomme von der Madwitz ?Quand il déclare le jour suivant, avec un coeur triste, ne plus continuer ses recherches inutiles et retourner à la résidence, il reçoit le télégramme de son subalterne Muller.Cela le touche comme un courant électrique.Il crie presque de contentement.Il comprend ce que Muller entend par trace découverte.Il part tout de suite et prend l\u2019express, qui lui paraît rouler trop lentement et qui doit le conduire d\u2019abord à la résidence.Sans s\u2019attarder plus qu\u2019il ne le faut \u2014 il ne fait qu\u2019envoyer un télégramme qui annonce son arrivée \u2014 il continue son voyage vers l'endroit écarté où se trouve Muller qui l\u2019attend.Le baron von Fohren attend quelque temps au village.Il a encore à faire quelques milles de chemin jusqu\u2019au vieux château et doit donner un peu de repos aux chevaux.Quand il doit partir le soir, un cavalier s\u2019arrête devant le logement.Le baron jette un regard par la fenêtre et reconnaît dans cet homme, à son grand étonnement, son allié Alfred.Celui-ci met pied à terre et entre dans la maison.Bientôt il apparaît dans la chambre de conversation et les deux acolytes de Olga se trouvent ensemble.En effet ! Vous êtes donc ici ?s\u2019écrie le comédien, qui tend la main au baron.L\u2019hôtelier me le disait.Je ne voulais pas le croire, parce que vous n\u2019aviez pas annoncé votre arrivée.\u2014 Je viens à charge de la comtesse Olga, répond froidement le baron, qui ne regarde pas la main tendue Je viens voir comment les choses sont ici.La comtesse est un peu craintive parce qu\u2019elle n'a pas reçu de réponse de vous.\u2014 Et je voulais justement lui envoyer un télégramme et lui prier de vous envoyer ici, monsieur le baron, car nous avons besoin de votre aide, dit Alfred.Cela tombe très bien que vous soyez présent.\u2014 Pourquoi?Qu\u2019est-il arrivé?demande le baron.\u2014 Oh \u2014 je ne puis raconter cela en deux mots.N\u2019y a-t-il pas une chambre ici, où nous pouvons parler à notre aise ?\u2014 Entrons à côté ! \u2014 Garçon ! crie le baron à l\u2019homme.Apportez-nous une bouteille de vin dans cette chambre et ne venez pas nous déranger ! \u2014 Très bien, monsieur ! Plein de soin, l\u2019hôtelier apporte la commande, allume la lampe et descend les rideaux devant les fenêtres.\u2014 Pourquoi faites-vous cela ?demande le baron.\u2014 Pour que je sois sûr de ne pas être dérangé.Personne d\u2019autre ne peut entendre ce que je vais raconter.\u2014 Hum! Cela sonne déjà très drôle, opine le baron, qui est devenu un peu excité entre-temps.Enfin, racontez maintenant.\u2014 Vous savez que j\u2019ai conduit l\u2019épouse du gentilhomme à votre château.Est-ce que la comtesse vous a dit en même temps que la fiancée du comte Henri y est aussi ?\u2014 Oui ! oui ! je sais cela.\u2014 Bien! Alors je puis commencer.Fanny \u2014 vous la connaissez, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Eh bien, Fanny et moi nous avons fait ce que la comtesse nous a commandé.Malheureusement les deux prisonnières se sont enfuies cette nuit.\u2014 Mille diables ! enfuies !.s\u2019écrie le baron, surpris.\u2014 En voilà une vilaine histoire ! \u2014 Ecoutez donc .L\u2019une, Margot, s\u2019est sauvée dans la tour auprès du vieux châtelain.Elle lui a naturellement tout raconté, aussi le vieillard a pris la jeune fille sous sa protection, et il ne veut pas nous la rendre ! \u2014 Grand Dieu ! mais cela est terrible ! Alors le vieux sait tout ! Qu\u2019allons-nous faire maintenant ?Il ne se taira pas, interrompt le baron anxieusement.- Non, il nous a déjà menacés.Il veut rendre compte de l\u2019affaire à la police ! -Oh, alors tout est per lu ! s\u2019écrie le baron.En voilà une histoire, qui peut tourner mal pour nous tous.Pour \\uoi aussi n\u2019avez-vous pas pris mie x vos précautions ?C'est facile à dire pour vous.Nous avons fait une surveillance continuelle et le diable m\u2019emporte si nous pouvons compren Ire ou expliquer l\u2019évasion.La chambre était fermée à clef ! Pas une souris ne pouvait sortir ! \u2014 Oh Ciel ! soupire le baron, pendant que les gouttes de sueur couvrent son front.Maintenant le tout sera découvert.Oh ! si je ne m'étais pas occupé de cette vile affaire.Naturellement, on me tiendra responsable ! \u2014 Mais tout n\u2019est pas perdu, console Alfred.Si nous agissons vite et sans scrupules, nous pourrons encore arranger la chose ! \u2014 Oui ?Et comment ?.\u2014 C\u2019est précisément sur quoi nous devons délibérer, \u2014 Moi, je ne vois pas d\u2019issue, si les deux femmes sont parties ! \u2014 Mais elles n\u2019ont pas encore quitté le château.L\u2019une \u2014 je vous l\u2019ai déjà dit \u2014 est entre les mains de ce vieux bougre.\u2014 Et l\u2019autre?\u2014 Liane ?\u2014 Le diable sait où elle s\u2019est cachée, grommelle le comédien, furieux.Nous avons cherché toute la journée.Le châtelain même a fouillé partout.Nulle part une trace.Mais ce qui est certain, c\u2019est qu\u2019elle n\u2019a pu quitter le château ! Le baron respire.La première peur étant passée, il se remet lentement.\u2014 Mais le vieux, grommelle-t-il soucieux, voilà un ennemi, qui peut nous conduire tous à notre perte ! \u2014 C\u2019est précisément ce que nous devons empêcher, interjette Alfred.N\u2019avez-vous, comme maître et seigneur, aucun pouvoir sur lui ?\u2022\u2014 Aucunement ! je n\u2019ai rien à coalman er à cet homme.1! est indépendant.\u2014 Mais si vous venez approuver tout ce que j\u2019ai dit, alors l\u2019homme devra comprendre raison ! \u2014 Qui sait! Naturellement je ferai ce que je peux.\u2014 Et puis s\u2019il ne veut se soumettre de bon gré, on emploiera la force ! déclare Alfred.Nous avons trop en jeu.\u2014 Cela est vrai, approuve le baron en soupirant.Le comte lui-même commence à avoir des soupçons concernant la fuite da sa fiancée.Je crains le pire pour nous, si nous ne parvenons à régler l\u2019affaire ici ! \u2014 En tout cas, nous sommes maintenant à deux, répond Alfred.Aussi je crois qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de retarder et qu\u2019il est bon de nous mettre immédiatement à la besogne ! Retournons au château.\u2014 Pourvu que le vieux Berthold n\u2019ait pas pris la clef des champs avec la fugitive ! \u2014 Cela est impossible, car je les ai enfermés tous deux dans la tourelle.\u2014 Mais comme vous avez déjà eu avec lui tant de difficultés, je crois qu\u2019il sera difficile d\u2019arranger la chose à l\u2019amiable ! dit le baron von Fohren.Qu\u2019est-ce qu\u2019il nous reste à faire ?\u2014 Bah ! bah ! cela s\u2019arrangera bien.L\u2019essentiel c\u2019est que nous ayons les deux femmes.Nous ne pouvons cependant pas les enfermer éternellement ?\u2014 Il n\u2019y a qu\u2019un moyen sûr et certain \u2014 c\u2019est de les faire disparaître de la terre, dit Alfred avec un cynisme diabolique.RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Liane, la malheureuse victime d\u2019une belle pécheresse, après avoir fui le toit paternel pour suivre un dépravé, ose se montrer à son vieux père, un châtelain.La belle Liane, fouettée par les paroles dures et blessantes du vieillard qui lui refusa l\u2019entrée de sa maison, implore vainement un pardon \u2014 Olga, la seconde femme du comte de Rothenburg, ayant poussé Liane dans son amour frivole, ravit l\u2019époux de Liane, le comédien Alfred.Les deux compères diaboliques accusent Liane de l\u2019empoisonnement de son père.Les autorités policières l\u2019enferment dans un cachot, d\u2019où elle s\u2019évade mystérieusement.Non contents de leurs méfaits, Olga et Alfred poursuivent Liane jusqu\u2019au bord d\u2019un précipice.Les deux compères lui assènent un coup v olent qui la fait tomber dans ce gouffre béant.Maintenant assurée que Liane n\u2019existait plus, la comtesse et son complice tentèrent de mettre à exécution leurs diaboliques projets.Toutefois, ils furent pris du peur à la pensée que le comte Henri, qu\u2019ils avaient enfermés dans le caveau du châtelain, pût revenir parmi eux.Pour mettre fin aux suppositions, ils s'attaquèrent aux gens qui pouvaient leur disputer l\u2019héritage du riche comte.Les deux rusés compères ne reculèrent devant rien pour atteindre leur but.Le comte Henri, en particulier, et Liane virent la guigne s\u2019acharner â eux, d\u2019une manière étonnante.Toutefois, ils eurent trop de fierté pour ne pas préférer la mort au déshonneur.Quelle que fût la puissance d\u2019Olga, aidée d\u2019un groupe de contrebandiers, ils ne renoncèrent pas à leur projet de déjouer tous les plans sataniques de la comtesse.¦ .Tel est le cadre singulièrement pittoresque où l\u2019on a vu se présenter les péripéties rl\u2019un drame long et haletant.Toutefois, quel que puisse être le pathétique des événements eux-mêmes, il est encore dépassé en intensité par celui de la poignante lutte morale qui déchire les consciences. 18 LE SAMEDI Le baron fait un mouvement d\u2019horreur et de refus en disant : \u2014 Pour l\u2019amour de Dieu! Non! non! pas de meurtre ! Le comédien lève les épaules.\u2014 Savez-vous quelque chose de mieux ?demande-t-il brutalement.Mais le baron, devenu pâle d\u2019émotion, répond : \u2014 A aucun prix je donne à un tel acte mon approbation.Songez aux conséquences.Voulez-vous un jour faire connaissance avec la guillotine ?\u2014 Allons, allons ! n\u2019exagérez pas.Qui pensera à cela ?Qui pourra prouver quelque chose ?Aux grands maux les grands moyens ! Ce n\u2019est pas le Ciel qui nous aidera.\u2014 Faites ce que vous voulez.Moi je m\u2019en lave les mains, je tire mon épingle du jeu ! réplique le baron d\u2019un ton résolu.\u2014 Mais que diable ! ne faites pas la bêtise, voyez donc aussi bien que moi qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autre moyen.\u2014 Pour vous, cela se peut.Un meurtre de plus pour vous ne fera rien, dit dédaigneusement le baron.Mais moi, je veux avoir la conscience tranquille ! Alfred reprend son rire railleur et ses traits pâles deviennent rouges de colère.\u2014 Voulez-vous gâter complètement les choses par vos enfantillages ?s\u2019écrie-t-il, furieux.Vous vous êtes engagé dans cette affaire et vous devez nous rester fidèle jusqu\u2019au bout.Te-nez-le-vous pour dit ! \u2014 Non ! reprend le baron d\u2019un ton persiflant.Dans ce cas-ci, je ne vous accompagne pas au château, mais je repars immédiatement en voyage.Ainsi, on ne me soupçonnera pas d\u2019être votre complice.\u2014 Ah ! Ah ! Et ensuite vous vous croyez libre de tout soupçon ?s\u2019écrie le comédien, plein de rage.Ah ! vous oubliez complètement, mon cher monsieur le baron, qu\u2019on peut vous arrêter tout aussi bien que moi, car vous m avez donné un coup de main pour faire disparaître le gentilhomme et pour enlever son épouse.Comment ! vous croyez y échapper ainsi des plus facilement ?Olga lui a déjà répété souvent la même chose, et il ne voit que trop bien qu\u2019il s\u2019est laissé entortiller dans ce réseau de crimes, sans ressources, perdu à jamais.\u2014 Et puis, vous devez songer à la comtesse, poursuit Alfred.Si l'affaire vient au jour, elle est perdue avec nous.Alors vous pouvez dire adieu à tous vos beaux projets d\u2019avenir.\u2014 Diable ! monsieur, résignez-vous ! termine-t-il impatiemment.Vous devez accompagner, cela va sans dire.Au souvenir d\u2019Olga, le baron n'hésite plus.Il a vite pris une résolution.\u2014 Alors, c\u2019est bon \u2014 j\u2019accompagne! dit-il en réprimant un soupir.Mais à cette condition : que vous agissiez selon mes désirs et que vous ne fassiez rien aux deux femmes ni au vieux châtelain sans mon consentement.\u2014 Accepté ! s\u2019écrie Alfred sans hésitation.Nous verrons bien là-bas comment la chose s\u2019arrangera.En ce moment, il se retourne et il jette un regard au dehors.Mais tout à coup un cri d\u2019épouvante s\u2019échappe de ses lèvres.\u2014 Qu\u2019y a-t-il ?demande le baron étonné.Sans répondre un mot, Alfred se précipite vers la fenêtre, l\u2019ouvre vivement et se penche au dehors.Il découvre une ombre humaine, qui disparaît derrière le coin de la maison.Une pâleur mortelle couvre ses traits.Il referme la fenêtre et dit en se retournant : Nous sommes épiés ! Le baron se saisit fortement.\u2014 Mon Dieu ! Comment est-ce possible ?balbutie-t-il.Avez-vous vu quelqu\u2019 n ?\u2014 Oui, j\u2019ai vu un homme près de la fenêtre \u2014 un homme à la barbe foncée, chemisette blanche et au costume clair.Ce n\u2019est donc pas un villageois, mais un étranger.Le baron a écouté avec inquiétude.Il pense au policier secret qui était son compagnon de voyage.\u2014 Ciel ! Cet homme \u2014 si c\u2019est le même \u2014 me suit depuis la résidence, dit-il la voix tremblante.Il raconte maintenant comment il s\u2019est trouvé dans le même compartiment que Muller et comment il ne l\u2019a perdu qu\u2019à la dernière station.\u2014 Cet homme est sans doute un espion qu\u2019on a envoyé après vous ! dit Alfred.\u2014 Un espion?Voulez-vous dire un policier ?demande le baron.Probablement que nous avons à faire ici à un de ces gens.Le comte aura confié l\u2019instruction à la police.\u2014 Oui \u2014 oui.dit le baron en haletant.Il tombe en tremblant sur une chaise.Mon Dieu ! \u2014 et je n\u2019avais aucun soupçon.Cet homme prenait un air si innocent ; il se faisait passer pour un marchand.S\u2019il avait entendu tout.Ils se regardent, pâles et affolés.\u2014 Avait-il mangé ?Pas encore ?En hâte, elle lui coupa du pain, mit la cafetière à chauffer sur le feu.D\u2019ici le déjeuner, il pouvait bien avaler quelque chose.\u2014 Tu as obtenu vingt-quatre heures?\u2014 Non.Dix jours.Elle se retourna, saisie \u2014 Oui, continua-t-il.Et même, je voulais te deman 'er, pour ce soir, de préparer la valise de Michel.\u2014 La valise de Michel ?\u2014 Je compte l\u2019emmener à Dunkerque, chez le cousin Emile .\u2014 Tu vas en permission à Dunkerque ?\u2014 Oui.Je demanderai au cousin Emile un certificat d\u2019hébergement.\u2014 Et.après ta permission ?\u2014 Je mettrai Michel en pension.Boittiez m\u2019a payé.\u2014 En pension ?\u2014 Je ne peux pas le laisser indéfiniment à ta charge, Jeanne.\u2014 Puisque je ne te demande rien! Puisque je suis contente ainsi ! \u2014 Ça ne serait pas chic, Jeanne.Je ne peux accepter ça.\u2014 Eh bien, paie-moi, si tu as de l\u2019argent ! Si ton amour-propre .\u2014 Il n\u2019y a pas qu\u2019une question d\u2019amour-propre.Je ne sais pas comment te dire .Mais réfléchis toi-même.Cette permission de dix jours.Où veux-tu que j\u2019aille ?Je ne peux pas être ici du matin au soir, voyons ! Non ! Non ! \u2014 Et bien, reprends Michel pendant ta permission.Et ramène-le moi ensuite ! -\u2014Ce n\u2019est que reculer la difficulté! Il y aura d\u2019autres « permes \u2022».\u2014 Je ne vois aucune difficulté dans tout cela ! Tu es toujours libre de reprendre chaque fois Michel.A chaque occasion que tu auras de revenir, même pour vingt-quatre heures, préviens-moi.Je t\u2019amènerai Michel à Paris, je le reprendrai le soir.Je veux bien tout, moi, je consens à tout, pourvu que tu me le laisses ! Je l\u2019aime, moi, maintenant ! C\u2019est comme si.C\u2019est un peu comme si j\u2019avais retrouvé le nôtre .Jean-Marie .Tu ne peux plus me l\u2019enlever comme ça, Cyprien ! Tu ne peux plus faire ça, voyons ! \u2014\tIl n\u2019a certainement pas entendu une parole, car nous avons parlé très doucement, croit le comédien après un long silence.Mais si cet homme me connaît, alors .\u2014\tVous auriez dû vous déguiser aussi, lui interrompt le baron.\u2014 Oui ! mais qui est-ce qui pense à tout ! Ici dans les environs personne ne me connaît ! \u2014 Diable ! \u2014 Que devons-nous faire maintenant ?\u2014 Partir aussitôt que possible.\u2014 Cet homme nous suivra.\u2014 Oh ! nous avons à faire deux lieues à travers la forêt, et il fait noir.Dans la forêt nous lui échapperons certainement.\u2014 Cela ne nous aidera à rien, monsieur le baron.Si cet homme est vraiment un espion de la police, alors il sait déjà où vous voulez aller.Il viendra demain au château.Le baron commence à désespérer.Encore un nouvel ennemi.Encore un obstacle.Il ne voit nulle part une issue.Après une longue délibération, les deux alliés prennent une décision.Ils se séparent.Alfred retourne seule dans la saiie de dégustation, il n'y trouve personne Elle joignait inconsciemment les mains, pour le supplier.Elle le regardait, les larmes aux yeux.Il détourna la tête, très ému.Il fit encore signe « non », plusieurs fois, lentement.\u2014 Tu ne comprends pas, murmura-t-il.\u2014 Hé si, je comprends! Je m\u2019explique très bien que tu n\u2019aimes pas revenir ici, te retrouver ici, en contact avec ces lieux, cette maison, avec ces gens, avec moi.Mais puisque je t\u2019offre.\u2014 Moi! Jeanne! Jeanne! Ne dis pas ça ! Le cri la surprit.Elle le regarda.\u2014 Tu ne me comprends pas ! Tu ne prévois pas, Jeanne.La guerre finira, voyons ! Et après ?Il faudra bien, plus douloureusement encore, pour tout le monde.Pour tout le monde .Il vaut mieux que je m\u2019en aille avec Michel ! Crois-moi.Il s\u2019arrêta.Sa voix s\u2019étranglait.Elle le regardait toujours, fixement, comme pour le deviner, percer sa pensée profonde, se faire une certitude Elle hésita.Et tout à coup, elle dit à voix basse : \u2014 Ecoute, Cyprien.Veux-tu.veux-tu que je te le signe, ton .ton certificat d\u2019hébergement ?Il leva sur elle des yeux effarés.\u2014 Signer mon .?Toi ?\u2014 Veux-tu passer tes dix jours de permission ici ?Il la regardait toujours avec effarement.Il n\u2019osait pas comprendre.Il souffla : \u2014 Mon Dieu ! Est-ce que tu .Est-ce que tu voudrais dire, Jeanne ?.Il avait dans ses yeux une angoisse, une prière et une espérance indicibles.Elle balbutia, toute honteuse.\u2014 Que veux-tu !.Pour tous les trois.Je ne peux plus me passer du petit, aussi bien.Et pour toi, on était toujours restés fiancés, malgré tout.Alors.\u2014 Jeanne ! Jeanne ! Il l\u2019avait prise à pleins bras, il l\u2019embrassait comme un fou, pleurait et riait.Elle était devenue très rouge, rouge jusqu\u2019à la racine des cheveux, rouge comme une fiancée.On a raison de dire que le cœur ne vieillit pas.Maxence Van der Meersch.d'autre que le patron et le cocher de la malle poste.Il demande, d'un air indifférent, s\u2019il n'est, pas arrivé un hôte.Le cocher raconte qu\u2019il a amené un voyageur, mais celui-ci était déjà descendu avant d\u2019avoir atteint l\u2019auberge.I! n\u2019est pas difficile au comédien de deviner qui était ce voyageur.Il fait seller son cheval et se rend en galop vers le vieux château.Il ne voit pas de Muller.Personne ne le suit.Après quelque temps, il laisse son cheval aller au pas et quand il a atteint la forêt, il saute à terre et se cache dans les hauts taillis, le long du chemin.Le baron ne s\u2019attarde pas plus longtemps.Ne voulant pas faire usage plus longtemps de sa voiture il demande un bon cheval de selle, parce qu\u2019il peut faire plus de chemin de cette manière-là.Le baron met un cheval à son service, et après avoir arrangé son compte avec le cocher, le baron s\u2019en va.A peine a-t-il quitté le village, que Muller entre dans l\u2019auberge Il commande un souper et lie une conversation avec le patron.Souvent il regarde l\u2019horloge, dont les aiguilles ne semblent avancer que très lentement.Les heures se suivent ; les paysans, qui sont venus prendre leur verre habituel, vont à la maison et le patron se tient à moitié endormi auprès de la table.Muller devient impatient.Il se lève, sort de l\u2019auberge et écoute quelque temps du côté du grand chemin et retourne dans la salle de dégustation.Le patron s\u2019est efforcé par tous les moyens de faire comprendre à son client qu\u2019il est temps de déguerpir.Muller, cependant, ne s\u2019y prépare pas.\u2014 Je reste ici \u2014 vous avez probablement de la place pour moi et encore une autre personne, n\u2019est-ce pas?dit-il enfin.\u2014 Certainement ! attendez-vous encore un ami ?répond le patron.\u2014 Oui, mais ne vous dérangez pas, je veillerai bien.Le patron sort en secouant la tête.Muller parcourt la salle avec impatience.Enfin \u2014 il est déjà deux heures passées \u2014 il entend dans ce silence nocturne le trot d\u2019un cheval.Le policier secret va vers la fenêtre et regarde sur la rue.Il voit arriver un cavalier, qui mène son cheval de telle sorte qu\u2019il évite la lumière sortant de la fenêtre du logement.\u2014 Dieu merci, monsieur le commissaire, que vous soyez venu, s\u2019écrie Muller joyeux, quand il a reconnu le cavalier.Il s\u2019empresse d\u2019aller ouvrir la porte.En même temps, apparaît le patron, qui salue son hôte attardé.C'est Ritter, que Muller a désiré si ardemment.Bientôt ils se trouvent tous deux dans la même chambre, où dans la soirée a eu lieu l\u2019entretien d\u2019Alfred avec le baron von Fohren.Ritter est exténué par ce long voyage, mais il ne sent plus la fatigue quand Muller se met à raconter.Quand ce dernier a fini, le détective se lève vivement, ses yeux scintillent.\u2014 D\u2019après tout ce que vous avez entendu et de ce que vous avez vu, il est bien sûr que Liane, l\u2019épouse du gentilhomme von der Marwitz, a été amenée au vieux château ancestral du baron von Fohren ! s\u2019écrie-t-il.En tout cas elle y est encore.Le baron et Alfred Wenzel s\u2019y sont déjà rendus.Probablement que quelque chose [ Lire la suite page 20 ] ZMcimcin de Querre [Suite de la page 15] 27 MAI 1944 19 Mes Recettes f 'éœ&fcsce Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE, du SAMEDI et du FILM ROULEAU DE JAMBON FARCI AU MACARONI 3 tranches de jambon crû 2 tasses de macaroni cuit 2 c.à tb.de graisse 2 c.à tb.d\u2019oignon haché finement 2 c.à tb.de farine % de tasse de lait 1 c.à tb.de moutarde préparée Sel et poivre Faire cuire le macaroni coupé en bouts d\u2019un demi-pouce dans l\u2019eau bouillante salée.Egoutter et rincer à l\u2019eau.D\u2019autre part, faire fondre dans une casserole 2 c.à tb.de graisse, ajouter 2 c.à tb.d\u2019oignon finement haché puis 2 c.à tb.de farine.Mouiller avec le lait.Laisser cuire en brassant jusqu\u2019à épaississement.Retirer du feu, assaisonner de sel et de poivre et y ajouter la moutarde.Bien mélanger à cette sauce avec le macaroni cuit.Le mélange doit être très épais.Ajouter un peu de mie de pain s\u2019il est trop clair.Etendre sur des tranches de jambon d\u2019un Va de pouce d\u2019épaisseur et rouler, fixer le rouleau avec une brochette.Mettre dans un plat beurré et cuire au four de 350 F.40 à 45 minutes.ŒUFS FARCIS A LA CREME 6 œufs cuits durs 12 tranches de bacon 4 c.à tb.de graisse de bacon 4 c.à tb.de farine 1 Ve.tasse de lait 1 c.à thé de moutarde Va de c.à thé de poudre de cari (curry powder) Sel et poivre Faire cuire les oeufs en les mettant dans 1*4 pinte d\u2019eau froide.Couvrir la casserole, porter à l\u2019ébullition, retirer du feu et laisser séjourner dans l\u2019eau bouillante 20 à 25 minutes.Retirer de l\u2019eau et couvrir d\u2019eau froide pour avoir plus de facilité à écaler les œufs.Cette manière de les faire cuire donne des œufs plus tendres dont le blanc n\u2019a pas la consistance du caoutchouc.Séparer les œufs en 2 sur la longueur, retirer le jaune, l\u2019écraser finement, assaisonner avec 1 c.à thé de moutarde, Va de c.à thé de poudre de cari et 1 c.à tb.de crème douce.Remettre les jaunes dans les blancs et dresser sur des tranches de pain rôties et beurrées.D\u2019autre part, faire frire à la poêle le bacon jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit transparent et croustillant et tenir à la chaleur.Faire une sauce blanche avec 4 c.à tb.de graisse de bacon, 4 c.à tb.de farine et ÏVe tasse de lait.Verser cette sauce bien assaisonnée sur les œufs et garnir avec le bacon et une petite touffe de persil.TARTE AU CHOCOLAT 1*4 tasse de farine\t1\tc.à tb.de sucre Va de c.à thé de sel\tG\tc.à tb.de beurre ou de graisse 2 jaunes d\u2019œufs Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau dans un bol avec le sucre et le sel.Ajouter le beurre ou la graisse ramollie, bien mélanger à la farine à l\u2019aide d\u2019une fourchette.Battre légèrement les jaunes d\u2019œufs et ajouter au mélange farine et gras et toujours avec la fourchette, travailler la pâte jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit bien liée.Au besoin, se servir de ses mains.Cette pâte une fois terminée, doit être molle mais non collante ; si elle reste granuleuse, c\u2019est que le mélange n\u2019aura pas été bien fait, ce sera alors le temps de se servir de ses mains.Etendre cette pâte dans l\u2019assiette en mettant la boule de pâte au milieu et à l'aide des doigts, presser la pâte vers les bords de façon à ce que l\u2019assiette en soit entièrement recouverte.Faire cuire au four de 350° F.jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit légèrement dorée, 25 à 30 minutes environ.Remplir après refroidissement de la préparation suivante : *4 tasse de sucre 3\tc.à tb.d\u2019amidon de maïs 4\tc à tb.de cacao Va de c.à thé de sel 1*4 tasse de lait 1 c.à thé de vanille Mettre dans une casserole le sucre, l\u2019amidon de maïs, le sel et le cacao.Bien mélanger et délayer avec 1*4 tasse de lait.Laisser cuire jusqu\u2019à épaississement, retirer du feu, aromatiser avec la vanille.Battre au moussoir pour rendre plus léger, verser dans la pâte déjà cuite et laisser prendre.Garnir d'une glace mousseuse faite comme suit : Mettre au bain-marie 1 tasse de sucre, 2 blancs d\u2019œufs, 6 c.à tb.d\u2019eau froide et Va de c.à thé de crème de tartre.Battre au moussoir jusqu\u2019à ce que la glace soit bien blanche et très ferme.Mes chères lectrices, En réponse à vos instances réitérées de publier un livre de recettes, j\u2019ai le plaisir de vous annoncer que je suis actuellement à faire imprimer un recueil des recettes données au poste Radio-Canada, au programme \"Le Courrier du Jour\u201d.Ce recueil, intitulé \u201cLe Menu du Jour\u201d, comprend 2-10 menus et recettes appropriées à la cuisine de famille.Je crois que ce livre rendra de grands services aux maîtresses de maison qui veulent préparer des repas variés, rationnels et économiques.Ce livre paraîtra bientôt et sera en vente à l\u2019Ecole Ménagère Provinciale, 461 est, rue Sherbrooke, au prix de $1.00 plus la taxe et 10 sous pour frais d'expédition, payables en bon de poste seulement à Madame Rose Lacroix, 461 est, rue Sherbrooke, Montréal.MA FEMME SAIT VRAIMENT MÉNAGER LES ALIMENTS! VOICI COMMENT JE MENAGE LES ALIMENTS AVEC LES USTENSILES EN % k PYREX vfe\tde iaun - BOULETTES DE (\tr.£ .n tl.6 de 54 tasse «le\tgraisse r 'Vt\"'nS'x\u2019aDSuble \u2018VïT.«1 \\ s?.:.,-, tn».-, \\ci*-', «\u2018\u2022\u2022\"\u2019¦j,r J H\u201d.,is onces Casserole \u2022«\tcontl»5*'1*\u201d*'tandeuts.^\t_____.te\u201d\"* pourla eu*»*- te\"'iS\u201euces.- Par las tamps qui courent, il est important de ménager les aliments autant que nous it* pouvons.Voici comment vous pouvez aider 1 N\u2019avfv-v.ms bannis remarqué combien de nourriture se perd quand vous vous servez d un plat ù rôtir ordinaire?Voyez le tableau ci-dessous.Ne perdez pas de nourriture en la passant de plat en plat.Vous perdez paut-êlro au moins uno portion! V< >yez ce que vous épargnez avec les Ustensiles en Pyrex.Vous laites cuire, servez et gardez dans le même plat transparent.Vous laites même réchauffer les restes dedans.Pas besoin de changer tie plat.Vous ménagez des aliments précieux.Et vous vous épargnez du temps, de la vaisselle, du savon et de l\u2019eau chaude! temP3 v cl (A onces.MENACEZ LES ALIMENTS FAITES CUIRE, SERVEZ ET GARDEZ DANS LE MEME PLAT! VOUS PERDEZ DE LA NOURRITURE OUANO VOUS LA PASSEZ O UI PLAT À UN AUTRE JS* CETTE SERIE DE BOLS EN PYREX sert pour faire cuire, servir, garder et mélanger.Nouveau bord qui permet de verser facilement.Pour salades, gâteaux, cossetardes, poudings ou fruits! trois grandeurs: KO onces.48 onces et 32 onces.Se mettent l'un dans l\u2019autre et prennent peu de place.CETTE ASSIETTE A TARTE \"CONSERVE-SAVEUR\" EN PYREX o-t la première avec oreilles en verre.Grâce à sa profondeur et à son bord festonné, la saveur et le jus restent dans la tarte non pas dans le four.Un superbe plat pour votre table.Grandeur pratique, 1U\" de diamètre.UN PLAT EN PTHEX SUFEIT POUR TOUT ?YîtëX CONCESSIONNAIRES EXCLUSIFS POUR LE CANADA: JOHN A.HUSTON, CO.LIMITED, TORONTO USTENSILES DE MARQUE PYREX ALLANT AU FOUR pour cuire plus vile et mieux CORNING GLASS WORKS Corning, N.Y., U.S.A. 20 LE SAMEDI Lin juste Châtiment [ Suite de la page 18 | se passe de nouveau.Je crois que le château ne sera pas une cachette sûre pour leur prisonnière.Ils voudront certainement transporter Liane dans un autre lieu.\u2014 Au moins si la jeune femme est encore en vie, remarque le jeune homme d\u2019un air significatif.Ritter le regarde un moment, d\u2019un air pensif.Ses traits s\u2019assombrissent.Il ne serait pas impossible qu\u2019elle ait déjà été tuée par ce coquin qu\u2019est Alfred Wenzel, dit-il.A en juger par les différentes indications, ce ne sera pas le cas.Faisons d\u2019abord un bon arrangement, cher Muller.Nous devons agir avec la plus grande prudence, vu que les deux \u2014 le baron et Alfred \u2014 ont déjà des soupçons.\u2014 A mon grand regret, c\u2019est moi qui en suis la faute, soupire Muller.Il m\u2019a vu à la fenêtre, et quoiqu\u2019il ne sache pas qui je suis, il le soupçonnera bien.\u2014 Certainement, mais il n\u2019y a plus rien à y changer maintenant.Cela aurait pu m\u2019arriver aussi, cher Muller.Nous sommes maintenant à nous deux et nous avons affaire à deux hommes qui, quand ils voient qu\u2019ils sent démasqués et pris, seront prêts a tout.Nous ne devons pas oublier non plus qu\u2019ils disposent de la vie d\u2019une femme sans défense.Nous devons agir en conséquence.Jusqu\u2019à la pointe du jour, tous deux délibèrent.Alors le plan est dressé.Sans penser à dormir, Ritter monte de nouveau à cheval.Muller cherche pour lui-même dans le village un cheval et emmène aussi le gendarme qui demeure ici.Le détective lui souhaite la bienvenue, car il connaît très bien le chemin qui mène au château.Les trois cavaliers partent.Réussiront-ils à s\u2019emparer de la victime des alliés d\u2019Olga?Arriveront-ils trop tard ?CLXXVIII \u2014 Visite nocturne I e chateau de Rothenburg est plongé dans 1 obscurité et le silence de la |_ nuit.Tout dort, seulement au second étage dans les appartements de la comtesse, quelques fenêtres qui donnent sur le jardin, sont éclairées.C\u2019est la qu\u2019Olga se trouve, dans son boudoir.Son beau corps est enveloppé dans un magnifique peignoir de soie grenat, entièrement garni de riches dentelles.Etendue dans un fauteuil, la belle femme .plongée dans de sombres réflexions, regarde le plafond magnifiquement décoré.Il n y a plus de doute possible, la fin de son règne est proche.Le comte Henri est devenu méfiant.Sa bonne foi en elle est ébranlée.Malheur à elle si, un beau jour, il apprend toute la vérité.Son cœur se serre d\u2019angoisse et de préoccupation.Fera-t-elle naufrage avec ses plans si bien combinés ?Devra-t-elle perdre tout espoir ?En arrivera-t-elle au point où celui qu\u2019elle aime, avec tant de passion, la repoussera avec haine et dégoût ?Oh ! quand, un jour, il saura ce qu\u2019elle a fait, il la chassera du château comme un chien.Il la dénoncera à la police et lui fera subir une punition si bien méritée.Avant d\u2019en arriver là, il mourra, dit Olga doucement, mais fermement dé-i 'ée.S\u2019il devient mon ennemi et s\u2019d veut m\u2019écraser, je l\u2019en empêcherai, comme je l\u2019ai fait pour son père.Et on est près d\u2019y arriver.Chaque jo r peut amener le dénouement.Attendra-t-elle ce jour?Ne sera-t-il pas trop tard pour se sauver?.La même heure, trois hommes, d\u2019une apnarence tris suspecte et portant des fusils sous leur large man- teau, se glissent dans le parc du château.Ce sont Barbe-Rouge, Toit de Ciseau et le fraudeur Rasman.Ils s\u2019approchent du château, du côté postérieur.Prudemment, regardant de tous côtés, ils avancent dans le parc obscur.\u2014 Halte ! chuchote Barbe-Rouge, s\u2019arrêtant avec ses compagnons.D\u2019après ce qui paraît, tout est sûr.Dans le château tous dorment sous leur édredon.Nous aurons donc le jeu facile.\u2014 Qui sait ! gronde tristement le faux-monnayeur.Je n\u2019ai pas la moindre envie de m\u2019y hasarder.Ecoutez mon conseil, vieil ami, et renoncez à cette misérable histoire.\u2014 Ah bah ! ne commencez pas vos réflexions ennuyantes ! répond Barbe-Rouge, fâché.Je me suis promis de dévaliser madame la comtesse, et je tiendrai parole.Vous verrez comme nous y entrerons facilement.\u2014 Entrer là ?Oui.cela je crois ! gronde Toit de Ciseau.Mais en sortirons-nous ?Voilà la question.Vous savez que le comte est chez lui ?\u2014 Bah, avez-vous peur de lui?rit Barbe-Rouge ironiquement.Alors vous pouvez rester dehors.J\u2019arrangerai cette affaire avec Rasman.La dispute dure encore un petit temps.Toit de Ciseau tâche en vain de détourner son audacieux camarade de son projet téméraire.Enfin, il se séparent.Le faux-mon-nayeur reste en arrière et Barbe-Rouge et Rasman s\u2019introduisent dans le château.Sans faire le moindre bruit, ils ont ouvert une fenêtre et ils se trouvent dans une chambre du souterrain d\u2019une aile inhabitée du château.Rasman prend une lanterne sourde et l\u2019allume.Doucement, ils se glissent vers la partie principale du château.Bientôt ces hommes, à l\u2019aspect effrayant, arrivent à l\u2019étage où se trouvent les appartements d\u2019Olga.Jusqu\u2019ici tout a bien marché; personne n\u2019a remarqué les intrus, personne ne bouge, personne ne se montre.Une porte s ouvre et une femme, tenant une bougie en main, apparaît.Vivement, les deux hommes se sont retirés dans une niche et ferment leur lanterne.Il paraît que c\u2019est la femme de chambre de la comtesse, chuchote Barbe-Rouge.Quel bon hasard.Cette petite doit nous montrer le chemin.-\tDiable, c\u2019est une charmante fille?dit Rasman, dévorant de ses regards la fille qui s\u2019approche sans le moindre soupçon.Elle me plairait ! Barbe-Rouge rit et fait un signe d\u2019intelligence.La femme de chambre, qui veut aller se coucher, ne s\u2019aperoçit pas du danger qu\u2019elle court.Quand elle veut passer devant la niche obscure, les deux hommes apparaissent tout à coup, et avant que la pauvre fille effrayée n\u2019ait pu pousser un cri, ils l\u2019ont saisie.Une main lui ferme la bouche et, devant ses yeux, brille un poignard.-\tPas de bruit ou.dit Barbe-Rouge brutalement à son oreille.A moitié évanouie de peur, la fille tombe à genoux, elle ose à peine respirer.Barbe-Rouge enlace de son bras son corps tremblant et la relève.Allons, n\u2019ayez pas peur, mon enfant ! tranquillise-t-il.Nous ne vous ferons rien.Dieu me garde ! Mais vous devez vous tenir très tranquille, autrement .\u2014 Ah.mon Dieu ! que me voulez-vous ?deman le la femme de chambre qui tâche en vain de se soustraire aux rudes tendresses de Rasman.Vous êtes des voleurs, des assassins ! Silence ! dit Barbe-Rouge.Vous devez nous mener auprès de la comtesse.Je dois lui parler, comprenez-vous ?\u2014 Grand Dieu! Qui êtes-vous alors?\u2014 Est-ce que vous ne me connaissez pas, ma fille ! rit le chef des bandits.Je suis Barbe-Rouge.\u2014 Oh ciel ! Sainte-Mère Marie, secourez-moi ! dit la fille, haletante d\u2019émotion.Epargnez ma vie ! \u2014 Dinde que vous êtes ; cessez ces pleurs, nous ne vous faisons rien, n\u2019est-ce pas.Montrez-nous le chemin de la chambre de votre maîtresse ! \u2014 Que voulez-vous d\u2019elle ?balbutie la fille plutôt morte que vivante.\u2014 Cela ne vous regarde pas ! lui dit Barbe-Rouge.Marche, ou .Son maintien menaçant en impose à la pauvre fille.Les jambes fléchissantes, elle avance Dans la chambre de devant, elle avance.\u2014 Je.dois.quand même vous annoncer, balbutie-t-elle d\u2019une voix tremblante.Barbe-Rouge rit ironiquement.\u2014 Nous ferons bien cela nous-m\"'-mes.Rasman, vous resterez ici avec cette jeune dame.Observez-la bien et si elle veut faire du spectacle, alors .Il fait un geste menaçant avec le poignard, qu\u2019il tient en main.Rasman rit satisfait.Il maintient la pauvre fille et ses yeux brillent d\u2019une ardente passion.Barbe-Rouge se dirige vers les ap-appartements d\u2019Olga.Là il trouvera bien la comtesse.Sans faire de bruit, il avance sur les épais tapis et ouvre doucement la porte.Avec prudence, Barbe-Rouge regarde dans la pièce.Olga se trouve devant la glace et s'apprête à mettre sa toilette de nuit.Ses belles épaules et ses bras magnifiques se font bien valoir, dans ce costume sommaire.Cette femme, d\u2019une parfaite beauté, offre une vue charmante et séduisante.Stupéfait, Barbe-Rouge regarde ses belles formes.Le sang lui monte à la tête, ses yeux ressemblent à de charbons ardents.Involontairement, il avance de derrière la portière qui le cachait.Olga fait un mouvement, elle a remarqué dans la glace la sauvage apparition.Elle pousse un cri de frayeur et s\u2019élance vers le mur où se trouve le bouton de la sonnette électrique, à côté de son lit.Une seule pression sur le bouton mettrait tout le personnel sur pied.Au premier moment, Barbe-Rouge est ébahi, mais immédiatement il court à Olga.Il comprend ce qu\u2019elle veut faire.Halte ! \u2014 pour le diable \u2014 ou c en est fait de vous, avant que personne n\u2019ait pu vous secourir, crie-t-il, en levant son poignard.- Sortez, bandit ! Sortez ! crie Olga à haute voix.Elle tâche d\u2019atteindre ie bouton de la sonnette.Barbe-Rouge recule.Son visage barbu et sauvage prend une expression terrible.Savez-vous qui je suis ?fait-il avec rage.-r Probablement le chef des bandits, Barbe-Rouge?répond Olga d\u2019un ton, qui tient le milieu entre la peur et le mépris.\u2014 Oui, vous l\u2019avez deviné, madame la comtesse.\u2014 Ah, et vous risquez de vous introduire dans le château ?Vous risquez, misérable, de me surprendre dans mes appartements ?Que me voulez-vous?-\u2014Je veux vous parler.-\u2014 Partez ! crie Olga, irritée, sinon j\u2019alarme les domestiques et je vous fais faire prisonnier.Le comte von Rothenburg se trouve aussi au château, il vous tuera comme un chien ! Barbe-Rouge pousse un formidable juron et sa tenue devient de plus en plus menaçante.\u2014 Madame la comtesse, vous devez me laisser dire en paix ce que j\u2019ai à vous dire, ou \u2014 pour tous les diables \u2014\tvotre dernière heure aura sonné ! tonne-t-il de sa grave voix de basse.Je ne suis pas seul ici.Si vous donnez l\u2019alarme, mes hommes tueront sans grâce ni pitié tous ceux qui se montreront.Cette menace rusée fait peur à Olga et paralyse son courage.Elle pense que Barbe-Rouge s\u2019est introduit dans le château avec une bande d\u2019au moins une dizaine d\u2019hommes.\u2014 Mais que voulez-vous ?Parlez ! Je vous écouterai ! répond-elle pleine de rage, quoique extérieurement calme.\u2014 Bien ! Asseyez-vous, madame la comtesse, dit Barbe-Rouge, qui montre en riant une chaise, à côté de lui.Olga se tient, cependant, près de la sonnette et répète, hautaine et brutale, son ordre de communiquer ce qu\u2019il désire.\u2014 Ne vous approchez pas ! crie-t-elle, menaçante, quand Barbe-Rouge fait un pas vers elle.\u2014 Bah ! madame la comtesse, rit-il ironiquement, si je voulais, je pourrais faire de vous ce qu\u2019il me plaît.La sonnette ne vous aiderait en rien.Mais je vois que vous avez peur de moi et je ne veux pas vous faire plus peur encore.Venons-en au fait.Il s\u2019agit de mes dernières exigences.Vous ne m\u2019avez pas encore envoyé de réponse à ce propos.C\u2019est pour cela que je suis venu moi-même.\u2014 Tiens ?vous voulez encore avoir de l\u2019argent, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Naturellement! Vous savez aussi pourquoi ! \u2014 Je n\u2019ai pas d\u2019argent \u2014 Oh, ce sont des contes ! \u2014 Ah, si vous ne voulez pas me croire, je n\u2019en puis rien, répon 1 Olga froidement.Depuis que le comte est ici, je ne puis, à son insu, disposer de si fortes sommes.\u2014 Comment et où vous vous procurez l\u2019argent, cela m\u2019est bien égal ! répond Barbe - Rouge brutalement.Mais il faut, et cela immé liatement, au moins vingt mille francs ! \u2014 Ban lit insolent! grince Olga, indignée.Vous n\u2019aurez pas un sou ! \u2014 Réfléchissez avant de parler, madame la comtesse.Je puis vous forcer de me donner l\u2019argent demandé.J\u2019ai le détective entre mes mains, et si vous ne me donnez pas immédiatement l\u2019argent, je remets cet homme en liberté dès demain.\u2014 Je veux bien l\u2019en laisser venir là.\u2014 Effectivement ?Barbe-Rouge se tait un instant et continue : \u2014 Mais je n\u2019ai pas encore besoin de faire cela, je puis m\u2019adresser à monsieur le comte et lui raconter toutes vos belles actions.Olga éclate d\u2019un rire outrageant.\u2014 Essayez-lc seulement! Le comte.\u2014\tAh, misérable bandit ! Avez-vous oublié ce que vous avez fait au comte?Aile/ le trouver.Il vous recevra comme vous le méritez.\u2014 Vous ne voulez donc pas vous montrer intelligente ? 27 MAI 1944 21 \u2014\tJe ne veux avoir aucune affaire avec vous.Partez et ne risquez plus jamais de vous introduire dans le château, si votre liberté et votre vie vous sont chères.\t» \u2014\tEst-ce là votre dernière parole, madame la comtesse ?demande Barbe-Rouge avec un calme apparent, pendant que ses yeux brillent de colère.¦\u2014 Oui, je ne donne plus rien ! \u2014 Alors .s\u2019écrie Barbe-Rouge, ne contenant plus sa rage et sa colère, vous apprendrez à me connaître.Encore une fois \u2014 oui ou non ?\u2022\u2014Non! dit Olga, d\u2019un ton calme et incisif.\u2014 Ne pourrai-je plus m\u2019emparer de Margot non plus ?demande le chef des fraudeurs.\u2014 Non, elle restera entre mes mains! \u2014 Diablesse ! hurle Barbe-Rouge et, d'un bond, il s\u2019élance vers Olga.\u2014 Au secours ! Au secours ! crie-t-elle, d\u2019une voix alarmée.Elle presse le bouton et les sonneries électriques résonnent dans tout le château.Barbe-Rouge la saisit et, avec une force d\u2019hercule, il la jette sur les coussins du lit.Olga lutte en vain avec cet enragé qui, avec un rire satanique, la presse toujours plus fortement entre ses bras.Dans la chambre de devant, on entend des cris perçants.Tout le monde s\u2019éveille dans le château et accourt.Barbe-Rouge ne s\u2019en inquiète pas.Son compagnon Rasman entre dans la chambre.\u2014 En avant \u2014 Barbe-Rouge ! crie-t-il avec peur.La femme de chambre s\u2019est échappée et elle crie tout le personnel ensemble.Les domestiques sont éveillés.Le comte vient.\u2014 Laissez-le venir ! grince Barbe-Rouge.Mettez-vous à la porte et faites feu sur tout le monde qui veut entrer.Cette femme me payera sa dette par sa vie.Cependant, Rasman se sent peu d\u2019envie pour une lutte, sans chance de victoire.\u2014 Non, non, la lutte est trop inégale.Fuyons, Barbe-Rouge, avertit-il.Prenez ce que vous trouvez et partons! La rumeur qui s\u2019approche fait changer d\u2019avis Barbe-Rouge.Il lâche Olga, qui se trouve sur les coussins, se lamentant à moitié évanouie.Vivement, le bandit découvre un joli coffret, incrusté d\u2019ivoire et d'argent qui se trouve sur la table de toilette.Quand il l\u2019ouvre, il pousse un cri de surprise, car c\u2019est rempli de bijoux et de diamants.\u2014 Ah! ah! les bijoux de la comtesse ! rit-il, triomphant, c\u2019est une bonne trouvaille ! Il s\u2019empare du coffret et, suivi de Rasman, il s\u2019enfuit.De la chambre attenante, ils s\u2019enfoncent dans un corridor, qu\u2019ils traversent en courant.Déjà apparaissent des domestiques avec de la lumière.Quelques-uns sont armés.Quand les fugitifs ont atteint l\u2019escalier, le comte apparaît, un revolver en main.\u2014 Ils sont là \u2014 halte ! les voleurs ! tonne-t-il.Barbe-Rouge et Rasman accélérèrent leur fuite.Derrière eux, sifflent des balles de revolver.Cependant, les agiles bandits atteignent la sortie, sains et saufs et disparaissent dans le parc obscur, où ils retrouvent Toit de Ciseau.\u2014 Soyez sur vos gardes, diablesse ! grince Barbe-Rouge, en élevant le poing menaçant vers le château.Ce ne sera pas la dernière fois.Je reviens ! Il regagne la forêt avec ses compagnons.Le comte Henri n'a pas reconnu les deux bandits dans l\u2019obscurité.Il apprend, cependant, par la femme de chambre que c\u2019était Barbe-Rouge.Il est saisi de peur et de colère.Il rassemble tout le personnel et poursuit les fugitifs.Ceux-ci ont quitté le parc et les environs.La poursuite est infructueuse.Le comte Henri retourne et se rend auprès d\u2019Olga, qu\u2019il trouve en grande excitation, en compagnie de sa femme de chambre.\u2014 Avez-vous saisi le bandit ?de-mande-t-elle.Le comte Henri secoue négativement la tête.Il tremble de surexcitation.Sa haine contre Barbe-Rouge s\u2019est réveillée.\u2014 Si j\u2019avais seulement soupçonné que vous couriez un si grand danger et que ce diable dans une peau humaine avait risqué de s\u2019introduire dans le château ! grince-t-il.Oh, si seulement quelqu\u2019un m\u2019avait appelé.La canaille ne me serait pas échappée.Olga lui raconte comment Barbe-Rouge l\u2019a surprix, dans sa chambre à coucher.\u2014 Que vous voulait-il, ce coquin ?demande le comte Henri.Pourquoi ne s\u2019introduisit-il pas chez moi ?\u2014 Il l\u2019aurait bien fait après ! dit Olga d\u2019une voix faible et haletante.Mais j\u2019ai réussi à donner l\u2019alarme.C\u2019est par là que je l\u2019ai mis en fuite.Il voulait voler.Le misérable a emporté mes bijoux, pleure-t-elle avec désespoir.Elle ne souffle pas un mot de ses relations avec Barbe-Rouge, ni du véritable but de sa visite.Le comte Henri n\u2019en soupçonne rien non plus.Il tâche de consoler Olga par la promesse de remplacer ses bijoux volés par d\u2019autres, dans le cas où l\u2019on ne pourrait plus mettre la main sur ceux qui ont disparu.\u2014 Je déclarerai immédiatement cette invasion brutale à la police ! dit-il.Les poursuites contre ce bandit doivent être entamés, cette fois-ci, pour du bon.Je voudrais bien qu\u2019il revînt ! Alors, sa dernière heure aura sonné ! -\u2014 Mais aussi la vôtre, gronde Olga, quand il a quitté la chambre.L\u2019idée ne serait pas encore si mauvaise.Si vous êtes perdu pour moi et s\u2019il n\u2019y a plus d\u2019espoir de vous posséder et que je dois craindre ma perte par vous, ce serait le meilleur moyen de laisser à Barbe-Rouge le soin d\u2019y mettre fin ! CLXXIX \u2014 Dans les voûtes du vieux château Dans la forêt, le baron von Fohren retrouve Alfred et continue avec celui-ci son chemin vers le château.Après une course folle, ils atteignent le lieu de destination, avant la pointe du jour.Alfred ouvre lui-même la porte et la referme soigneusement.Alors, ils se rendent ensemble chez Fanny.Celle-ci n\u2019est pas peu surprise de l\u2019arrivée du baron.Hâtivement, on la met au courant de tout et ils forment ensemle un plan.\u2014 Liane n\u2019a pas encore fait réapparition, n\u2019est-ce pas ?demande Alfred.\u2014 Non.déclare Fanny.Toute seule, ie ne pouvais pas la chercher.Je crains qu\u2019elle soit sortie du château.\u2014 C'est presque incroyable, dit Alfred, douteux.Y a-t-il un chemin secret qu\u2019elle aurait découvert et dont elle aurait pu faire usage, s\u2019adresse-t-il au baron.\u2014 Pour autant que je sache, il n\u2019en existe pas.\u2014 Alors elle doit être ici.Nous devons la trouver, dit Fanny, décidée.Il ne nous restera maintenant que le temps pour la trouver, dit Alfred, préoccupé.Je crains que l\u2019homme, que nous tenons pour un policier secret, sera ici dans quelques heures.Dénommé Depuis SO Ans THÉ Maigre les difficultés actuelles la qualité superbe de ee thé favori est îuaiuteuue.SALADa S LA REVUE LE SAMEDI ?LA REVUE POPULAIRE ?LE FILM gl votte.Luâaet.Si votre budget ne vous allouait que $5.00 pour toute l\u2019année au chapitre des distractions, vous vous trouveriez sans doute la personne la plus malheureuse du monde.Il est vrai que la somme de $5.00 représente bien peu de chose à une époque comme la nôtre où jamais l\u2019inllation ne s\u2019est jamais montrée aussi menaçante ! Et pourtant, cette modique somme de $5.00 peut, si vous le voulez, vous procurer plus de cinquante romans d\u2019amour, un nombre encore plug considérable de nouvelles sentimentales et récits policiers, sans compter d\u2019innombrables articles illustrés, de chroniques variées et instructives, de conseils pratiques, de recettes de cuisine et quoi encore ?Bref : cette somme de $5.00 peut représenter une abondante matière à lire qui alimentera vos moments de loisirs toute l\u2019année durant.Il n\u2019y a ni mystères ni trucs là-dedans, et en agissant ainsi, vous obéissez agréablement au principe de saine économie que le simple bon sens nous recommande ; voilà : souscrivez un abonnement à nos trois magazines : C\u2019est facile, mais il fallait y penser.Parlez-en à ceux qui ont réduit de cette façon le budget de leurs distractions ! COUPON D'ABONNEMENT AUX TROIS MAGAZINES Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d\u2019abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.important.\u2014 Veuillez indiquer d'une croix I ) s\u2019il s'agit d'un renouvellement.Nom Adresse\t.Localité .\tProvince POIRIER, BESSETTE & CIE, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, Canada. 22 LE SAMEDI \u2014S'il vient seul, ce n\u2019est pas si grave, dit Fanny.\u2014\tOh, très probablement qu\u2019il amènera du renfort.Nous devons nous préparer à tout.\u2014\tVous avez raison, approuve le baron.Nous devons emmener la fille, qui a trouvé protection chez le vieux Berthold.Nous pourrions bien nous tenir cachés ici, si ce vieillard n\u2019y était pas.Mais il ne se tairait pas.Il connaît le château jusque dans ses moindres détails et il nous trahirait.Alfred et Fanny se mettent immédiatement à la besogne.Ils emballent tout ce qu\u2019ils possèdent et se déguisent pour ne pas être reconnus.Entre-temps, le baron se rend à la tour.Il fracture la porte qu\u2019Alfred a clouée et monte l\u2019escalier, qui mène à la chambre du vieux régisseur.Le baron von Fohren frappe à la porte du second étage.\u2014\tQui est là ?demande le vieilllard.\u2014\tC\u2019est moi, le baron von Fohren, répond le baron.Ouvrez, Berthold.Après quelques instants, la porte s\u2019ouvre et sur le seuil se trouve le vieux régiseur, regardant stupéfait le visiteur inattendu.\u2014\tD\u2019où venez-vous, monsieur le baron ?demande-t-il.Savez-vous ce qui s\u2019est passé ici ?\u2014 Oui, je sais tout, répond le baron brutalement, et je suis très mécontent de vous.Il entre dans la chambre, qui n\u2019est éclairée que faiblement par une petite lampe.Il regarde et ne découvre pas Margot.\u2014\tBerthold, où est la fille que vous avez prise, auprès de vous ?\u2014\tPartie, monsieur le baron, est la réponse calme.Le baron, tout ému, regarde le régisseur d\u2019un air douteur.\u2014\tQuoi ?\u2014 partie ?Pour où ?s\u2019écrie-t-il, irrité.\u2014 Je ne sais pas où elle est allée, mais puisque la fille n\u2019était pas en sûreté chez moi, je l\u2019ai descendue, au moyen d\u2019une corde, par la fenêtre.Elle voulait partir pour ne pas tomber entre les mains de ses assassins.Au premier moment, le baron n'en revient pas de stupéfaction.\u2014 Elle s\u2019est donc enfuie?grince-t-il, irrité.Et vous, vieil imbécile, vous avez aidé cette folle dans sa fuite.Oh Ciel ! clame-t-il, désespéré.\u2014 La fille n\u2019est pas folle du tout, monsieur le baron.\u2014 Comment ?comment pouvez-vous juger de cela ?s\u2019écrie le baron en colère.Vous avez causé un grand malheur, vieux.Comment l\u2019idée vous est-elle venue de vous mêler de ces choses-là ?Ces gens sont mes hôtes.Vous vous êtes comporté très grossièrement envers eux, vous avez totalement manqué de respect.\u2014 Monsieur le baron, lui interrompt le vieux, sombre et décidé, j\u2019admets que vous ne sachiez rien de ce que ces gens ont fait ici.Autrement vous ne me feriez pas de reproches.A mes yeux, ce ne sont que des criminels.La pauvre fille me racontait \u2014 \u2014 Oui, je puis bien penser de quelles histoires aventureuses cette folle vous a régalé.Mais il n\u2019y a pas un mot de vrai là-dedans.Et je vous répète que vous vous êtes mal conduit.D'un air indifférent, le vieux hausse les épaules.\u2014-J\u2019ai fait ce que j\u2019ai cru être mon devoir, répond-il fermement.Le baron est tellement surexcité et tellement en colère, qu\u2019il continue d\u2019adresser les plus vifs reproches au vieux, jusqu\u2019à ce que celui-ci, de son côté, abandonne toute politesse et reprend son ton habituel et grossier.\u2014 Si, monsieur le baron, vous faites cause commune avec ce malendrin, qui se trouve dans le château, alors cette affaire ne me regarde pas.Mais vous ne m\u2019en ferez pas accroire,\u201d clame-t-il, indigné.Je dispose de mon bon sens et je puis très bien distinguer si quelqu\u2019un est fou ou non.Et cette autre doit être folle aussi, n\u2019est-ce pas ?C\u2019est très facile à dire.Avec cela, on cache le crime qu\u2019on commet envers ces deux malheureuses jeunes femmes.\u2014 Pour le diable, vieux, prenez garde à vos paroles, crie le baron hors de lui.Comment osez-vous vous permettre de me jeter à la tête des insultes, à moi, votre seigneur ?\u2014 Des insultes ?Je n\u2019ai encore rien dit de semblable à vous, monsieur le baron.\u2014 Vous insultez mes hôtes, cela me regarde aussi, crie le baron, rageant.Je vous chasse, allez au diable, je ne vous tolère pas plus longtemps ici.Le vieillard se redresse et sur ses lèvres se montre un petit rire, qui paraît presque méprisant.\u2014 Vous n\u2019en avez ni le droit, ni la puissance, monsieur le baron, dit-il calmement.Vous n\u2019êtes pas mon maître et je ne suis pas votre serviteur.\u2014 Vous êtes un insolent, un entêté, grince le baron.Je vous prouverai bien que je puis vous chasser.\u2014 Vous ne pouvez pas anéantir le testament du baron défunt.Pour toute réponse, le baron pousse un juron et parcourt le chambre en jurant et en insultant, pendant que le vieux se dirige vers le poêle et commence à préparer son déjeuner.\u2014 Bien, alors \u2014 je vois que, de cette manière, on arrive à rien avec vous, gronde le baron, se calmant enfin.Tenez-vous à votre opinion, alors.Mais ce que j\u2019ai à vous dire, c\u2019est qu\u2019il ne faut pas exagérer l\u2019affaire en racontant ces choses-là partout.Ce que cette fille vous a raconté ne sont que des illusions.D\u2019ailleurs, mes hôtes partent aujourd\u2019hui avec l\u2019autre jeune femme.Moi, je ne reste nas plus longtemps ici.J\u2019ai voulu voir comment marchent les affaires ici.Vous êtes donc de nouveau seul et, pour ma part, vous pouvez inviter à danser le diable en personne.De ma vie, je ne reviens plus dans ce refuge de hibous! \u2014 Dieu merci! gronde le vieillard en soi-même et ferme brusquement la porte, derrière le baron.Plein de rage, le baron retourne auprès de ses alliés et raconte sa con- versation avec le vieux régisseur et la fuite de Margot.Fanny et Alfred l\u2019écoutent tout effrayés.La fuite de Margot déjoue tous leurs plans et leur indique un danger menaçant.Il ne leur sert à rien de maudire le vieux régisseur, leur victime s\u2019est échappée et une poursuite de Margot leur paraît inutile.\u2014 Nous le ferons sentir à ce vieux rusé ! hurle Alfred, impatient de se venger.Lui seul en est la faute.Il est cause de notre perte à nous tous ! \u2014 Naturellement! approuve Fanny.Si l\u2019on vient faire une enquête ici, ce vieux grondeur nous trahira sans pitié et racontera tout ce que Margot lui a dit.On doit donc le rendre inoffensif.\u2014 Non, non, je ne veux pas de violences, pas de meurtre ! décline le baron, décidé.\u2014 Nous ne devons pas le tuer.Dieu nous garde ! répond Fanny.Je ne prétends pas cela.Mais peut-être que nous pourrions l\u2019enfermer quelque part de sorte qu\u2019il ne pourra pas nous trahir.\u2014 On pourrait bien le découvrir et la chose serait d\u2019autant plus grave pour nous.Nous devrions nous hâter de partir, déclare le baron von Fohren.\u2014 Et Liane ?demande Alfred.\u2014 Il ne nous reste pas le temps de la chercher.\u2014 Mais nos ennemis pourraient la trouver ?\u2014Ce n\u2019est pas impossible.En tout cas, nous devons tenir compte de cela, croit le baron.\u2014 Et alors tout est fini, s\u2019écrie Fanny, surexcitée.Non, nous devons empêcher cela.Nous ne pouvons pas partir.\u2014 Je ne reste pas une heure de plus ici ! persiste le baron.Alfred ne se sent plus en sûreté au château.Il aime mieux abandonner tout le reste que de se perdre lui-même.A la fin, Fanny doit reconnaître qu\u2019il ne leur reste rien d\u2019autre chose à faire que de disparaître aussitôt que possible.\u2014 Mais, moi je sais autre chose, re-marque-t-elle.Si Liane est encore au château, elle sortira bien de sa cachette, aussitôt que nous serons partis.Le vieux régisseur la prendra aussi près de lui, et quand viendront les policiers, elle pourra triompher.Nous devons tâcher d\u2019écarter ce danger.\u2014 Mais comment ?demande Alfred.Monsieur le baron a raconté au régisseur que nous partions tous et emmenions Liane.\u2014 C\u2019est très bien comme cela, continue Fanny.On ne se doutera pas que Liane est encore ici et on ne la cherchera pas avec autant de zèle.Pour empêcher qu\u2019elle se montre, un de nous trois doit rester ici.\u2014 C\u2019est vrai, approuve le baron.Mais qui doit rester ici ?\u2014 Moi! dit Fanny, décidée.Je me cacherai si bien que personne ne me trouvera et, en même temps, nous saurons ce qui se passe ici.Sans hésiter, les deux hommes se déclarent satisfaits de cet arrangement et se préparent hâtivement pour le départ.Entre-temps, la voiture est attelée.Quoique personne n\u2019y montera, on doit faire semblant que Fanny et Liane s\u2019y trouvent, ceci pour tromper le régisseur, qui observera bien le départ de ses hôtes.Alfred monte sur le passé comme cocher et le baron à cheval se tient à côté de la voiture.C\u2019est ainsi qu\u2019ils sortent de la porte, que le baron ferme de nouveau à l\u2019extérieur.Quand il regarde la fenêtre du second étage de la tour, il remarque, en effet, le vieux Berthold, qui voit s\u2019éloigner la voiture.On s\u2019en va au grand trot dans la direction opposée du village.Le baron devance de beaucoup la voiture pour reconnaître le chemin.Puisque Margot s\u2019est probablement enfuie dans cette direction \u2014 autrement elle aurait dû rencontrer le baron et Alfred \u2014 ils espèrent rattraper la fille et pouvoir s\u2019en emparer, parer.Après le départ de ses alliés, Fanny ne se montre plus dans la cour.Elle prend un panier avec des vivres, ainsi qu\u2019une lanterne, et ferme ses appartements.Elle monte vite l\u2019escalier tournant d\u2019une des tours angulaires.Sous le toit de la tour se trouvent des ouvertures circulaires, comme des fenêtres ouvertes, d\u2019où l\u2019on peut voir très loin sur la bruyère.Ici, dans cette tour bien aérée, Fanny s\u2019installe et regarde par les ouvertures, de tous côtés.Elle voit au loin la voiture et le baron.De l\u2019autre côté, elle n\u2019aperçoit rien de l\u2019ennemi, qui viendra, cependant.C\u2019est encore très tôt et Fanny doit attendre deux heures, avant qu\u2019elle voit monter, à la lisière de la forêt, une nuée de poussière, qui indique que Ritter et ses compagnons vont arriver.Elle ne soupçonne pas qui arrive.Mais bientôt elle voit briller dans le soleil le casque et les armes du gendarme et elle sait maintenant que l\u2019affaire est plus sérieuse qu\u2019on ne le pensait.Elle prend dans le panier une paire de jumelles et, au moyen de celles-ci, elle observe les trois cavaliers qui s\u2019approchent au galop.Fanny n\u2019attend pas leur arrivée, car la tour ne lui paraît pas une cachette appropriée.En toute hâte, elle descend les escaliers.Dans les voûtes du château, elle entend le vieux Berthold.Fanny l\u2019évite avec prudence.Probablement qu\u2019il cherche Liane.Elle-même cherche aussi la disparue, mais en vain.Elle entend frapper fortement contre la porte.Les cavaliers sont là et désirent entrer.Fanny entend que le régisseur quitte le château.Elle regarde par la fente HÜGIÈNE ET immumsHTions Afin d\u2019assurer la prépondérance des naissances sur les décès et, par conséquent, de faire en sorte que la population continue d\u2019augmenter et de se maintenir bien portante, le ministère de la santé et du bien-être social de la province de Québec s\u2019efforce de répandre dans tout notre territoire les principales notions d\u2019hygiène et de médecine préventive, de prémunir contre les maladies contagieuses adultes et enfants.Dans ce but, les bureaux de santé connus sous le nom d\u2019unités sanitaires, se livrent à une propagande intensive par des conférences d\u2019hygiène générale, des cours aux jeunes filles, des leçons de secourisme, des représentations cinématographiques, des communiqués aux journaux et aux autres périodiques et la distribution d\u2019une instructive littérature.Au cours de 1943, les visiteuses d\u2019hygiène de nos 55 unités sanitaires se sont rendues dans 199,063 familles.Au cours de 1,956 cliniques antituberculeuses, nos spécialistes ont examiné 55,778 personnes durant la même période.Quant aux différentes maladies contagieuses, elles ont nécessité l\u2019examen de 65,042 contacts et cas suspects.L\u2019excellence des résultats obtenus dans la lutte contre la diphtérie se traduit par une diminution considérable.Au cours de 1943, les hygiénistes des différentes unités sanitaires ont effectué 47,367 immunisations complétées et 20,169 immunisations de rappel.Durant la même période, les vaccinations antivarioliques réussies ont atteint 20,369 et les vaccinations antityphoïdiques, 11,401.Il y a eu 90 conférences et démonstrations publiques d\u2019hygiène maternelle, 12,193 démonstrations à domicile et 22,686 visites prénatales.L\u2019hygiène de la première enfance a nécessité 7,334 cliniques de puériculture au cours desquelles on a examiné 127,813 nourrissons (0 à 1 an), 93,884 enfants d\u2019âge préscolaire.Pendant ces 12 mois, les hygiénistes ont visité à domicile 125,637 nourrissons et 175,910 enfants d\u2019âge préscolaire.Quant à l\u2019hygiène de l\u2019âge scolaire, il appert que 230,281 enfants habitants les circonscriptions desservies par des unités sanitaires ont assisté à 8,413 conférences ; 108,172 ont subi l\u2019examen physique et 26,414 l\u2019examen médical.Il y a eu 817 conférences d\u2019hygiène dentaire avec examen de 36,696 enfants.Ceci n\u2019est qu\u2019une partie du travail excellent accompli par le personnel de nos 55 unités sanitaires. 27 MAI 1944 23 d\u2019un volet et le voit courir vers la porte.Maintenant, elle se glisse dans la halle, d\u2019où, sans être vue elle-même, elle peut voir sur la cour.Elle est très téméraire, car, du moment qu\u2019elle ne peut pas fuir très rapidement, elle doit nécessairement tomber entre les mains de ses ennemis.Et cependant elle reste, retenue par le désir de voir ses ennemis de près et d\u2019écouter leur conversation.En dehors de cela, elle est inquiétée par la question : où est Liane ?qu\u2019est-elle devenue ?A chaque instant, elle craint que Liane apparaisse soudainement et coure à la rencontre de ses sauveteurs, sans qu\u2019elle \u2014 Fanny \u2014 puisse l\u2019en empêcher.Les trois cavaliers arrivent dans la cour.Fanny ne reconnaît ni le détective Ritter, ni son subordonné Muller, parce que tous deux ont mis des fausses barbes et se sont déguisés par d\u2019autres moyens.\u2014 Qui sont ces deux hommes ?se demande Fanny, étonnée.Sont-ce des policiers ou non ?La présence du gendarme le ferait supposer.Elle voit qu\u2019ils sont en conversation animée avec le régisseur et que celui-ci montre, à diverses reprises, le château.Il raconte naturellement ce qu\u2019il sait et à peine a-t-il fini, que tous s\u2019approchent de l\u2019entrée.Maintenant, Fanny doit se mettre en sûreté aussi vite que possible.Elle n\u2019hésite donc pas plus longtemps.Comme une ombre, elle se glisse au fond de la halle, ouvre une porte sous la voûte de l\u2019escalier et descend l\u2019escalier de pierre qui mène aux caves.A peine a-t-elle fait quelques pas que les hommes s\u2019introduisent dans la halle et dirigent également leurs pas vers la large porte, sous l\u2019escalier.Avec une hâte redoublée, Fanny descend, éclairant son chemin au moyen de sa lanterne.Elle est en bas.Deux corridors, fomés par de sombres voûtes et qui se croisent, se trouvent devant elle.Par où fuira-t-elle ?Elle n\u2019a pas le temps de réfléchir, elle entend qu\u2019on ouvre déjà la porte.L\u2019a-t-on aperçue ?Les ennemis sont-ils sur la trace ?Elle fuit dans le corridor à gauche.Un peu plus loin celui-ci se bifurque.Elle suit une des bifurcations.Derrière elle, elle entend les pas et les voix de ses ennemis qui résonnnent sombrement dans ces voûtes obscures.Il n\u2019est pas facile pour Fanny de bien trouver son chemin, quoi qu\u2019elle soit déjà venu avec Alfred.Elle court plus loin, traverse un corridor après l\u2019autre et se trouve enfin devant une porte, entièrement garnie de plaques de cuivre et sur lesquelles se trouvent écrits quelques mots.Fanny ne peut en déchiffrer la signification.Elle ne sait pas ce qui se trouve, derrière cette porte mystérieuse.Elle ouvre la porte qui se meut lentement, en grinçant sur ses gonds.Hésitante, Fanny se trouve sur le seuil.Un air humide et moisi sort de cette place, où règne une obscurité et un silence de tombeau.Elle entend de nouveau ses ennemis qui s\u2019approchent.Il ne lui reste pas de choix.Probablement qu\u2019elle pourra se mettre en sûreté.Elle sent les premières marches d\u2019un escalier, qui doit la mener dans des profondeurs inconnues.Fanny ferme la porte derrière elle et y met le verrou.Maintenant personne ne peut la suivre.Elle descend doucement.L\u2019escalier est en pierre, les marches sont humides et glissantes ; l\u2019air de- vient de plus en plus lourd et, à mesure qu\u2019elle descend, sa lanterne brûle plus faiblement.Arrivée en bas, elle se trouve en face d\u2019un corridor entièrement garni de cuivre.Elle y entre.Des deux côtés, il y a de lourdes portes en fer et, quand elle ouvre une de celles-ci, elle recule en frissonnant.Elle voit un espace étroit et humide dans lequel se trouve un squelette, attaché à une chaîne.Où se trouve-t-elle ?Dans d\u2019autres temps, ces places souterraines ont peut-être servi de prison et ont probablement eu d\u2019autres destinations.Plus tard, on s\u2019en servit comme sépulcres, tel que le constate Fanny, quand elle ouvre une autre porte.Dans la voûte, qui se trouve devant elle, elle voit deux cercueils en métal.Ici a été enterrée la dernière châtelaine, dont la vie a eu une fin si tragique.Un frisson glacé parcourt Fanny dans tous ses membres.Soudainement, elle se sent prise d\u2019une peur superstitieuse.N\u2019apercevait-elle pas un bruit ?N\u2019entendait-elle pas un soupir, sombre et frissonnant, comme si un esprit planait dans ces voûtes mystérieuses ?Ses ennemis veulent entrer.Ils veulent également descendre.Maintenant, elle doit chercher une issue pour leur échapper.Déjà, en haut le verrou, rongé par la rouille, se brise.Poussée par une peur fiévreuse, Fanny s\u2019élance en avant.Le corridor est long.Là, de son côté, une des portes en fer est ouverte et, au moment où Fanny arrive, une apparition blanche en sort.Une femme, enveloppée d\u2019un drap mortuaire et qui a un extérieur cadavérique ! Fanny pousse un cri d\u2019effroi.\u2014 La léthargique ! crie-t-elle et recule.Et là \u2014 est-ce une vision causée par sa peur ?\u2014 là apparaît une femme.\u2014 Liane ! dit Fanny, en haletant.Au même moment, la porte de fer se referme et elle se trouve seule.L\u2019apparition a disparu.Comme poursuivie par le diable en personne, Fanny continue sa course folle, à travers ces voûtes obscures.Etait-ce Liane qu\u2019elle a vue ?Et celle-ci sera-t-elle découverte par Ritter et ses compagnons ?CLXXX \u2014 Funeste fatalité uiSQUE Margot ne pouvait soupçonner l\u2019approche de sa libération, elle s\u2019était enfuie.Le vieux serviteur avait dit la vérité au baron, car Margot s\u2019est, en effet, échappée du château avec son assistance.Ils avaient vu qu\u2019Alfred se rendait au village et immédiatement Margot prenait une décision.Ne pouvant ouvrir la porte de la tour, il ne lui restait qu\u2019à passer par la fenêtre.Avant minuit, le vieillard descendait la malheureuse fille au moyen d\u2019une corde.Il conseillait Margot de ne pas prendre la direction du village, car sur ces chemins elle pourrait rencontrer Alfred.La libérée fuyait d\u2019un autre côté.Pendant toute la nuit, elle marchait à travers les bruyères et la forêt obscure.A la pointe du jour, elle atteint un village.Elle est exténuée et ses jambes refusent de la porter plus loin ; mais la crainte d\u2019être poursuivie par Alfred ne lui laisse pas un moment de repos.Sur la charrette d\u2019un paysan, elle fait le trajet à la ville la plus proche, une petite localité où se tenait justement la foire annuelle.Dans les rues, autrement si paisibles et désertes, règne une grande animation.Le petit nombre d\u2019hôtels sont remplis et Margot peut se féliciter de trouver encore une chambre.On lui indique une petite mansarde.Elle se fait apporter un déjeuner et se remet de sa fatigue par un sommeil de plusieurs heures.Elle s\u2019éveille dans l'après-midi.Du dehors, elle entend le bruit de la foire.A cette heure, elle est précisément très animée.Les paysans des environs sont arri-\u2022 és pour faire leurs emplettes.Pendant des mois, on compte sur la foire et les femmes mettent quelques deniers de côtés pour se procurer le nécessaire ou quelque parure.Les jeunes gens achètent des bibelots pour eux ou pour leur dulcinée et les forains font d\u2019excellentes affaires.Parmi la foule, circulent des enfants qui regardent avec des yeux avides toutes ces belles choses, qui se trouvent devant eux.Et par-ci et par-là un d\u2019eux se sent le plus heureux des mortels, quand ses parents lui font cadeau d\u2019un jouet.L\u2019hôtel ressemble à une ruche d\u2019abeilles.Dans cette animation, personne ne fait attention à Margot, personne ne la voit, personne ne la connaît.Cela lui est très agréable, car maintenant personne ne la pressera de questions embarrassantes.Elle se sent en sûreté ici.Elle visite la foire et se promène entre les échoppes.Quel spectacle attrayant, quel mélange singulier.Que de choses admirables et bonnes à acheter ! En résumé, la foire est admirablement belle, et Margot, en contemplation devant toutes ces magnifiques choses, oublie pour quelques heures sa peine et ses préoccupations.Quand elle retourne, vers le soir, dans l\u2019hôtel, elle trouve sa chambrette prise.On a oublié qu\u2019elle l\u2019avait louée et on l\u2019a donnée à un autre hôte.Dans son embarras, Margot s\u2019adresse à la femme de l\u2019hôtelier et la prie de lui donner un autre appartement.Margot éveille l\u2019attention de l\u2019hôtelière, qui jusqu\u2019ici ne l\u2019a vue qu\u2019à peine.Pleine d\u2019etonnement et de méfiance, elle regarde la jeune fille qui, à en juger d'après son extérieur et sa tenue, ne ressemble en rien aux autres logeurs.De plus, la beauté de Margot éveille son admiration.Vous êtes étrangère ici, n\u2019est-ce pas, mademoiselle ?demande-t-elle.Margot répond que oui.La femme est curieuse de savoir d où elle vient et où elle veut aller et, par ces questions, la pauvre fille est bien embarrassée.Elle se garde bien de confier ses aventures à l\u2019hôtelière, car elle craint, avec raison, qu\u2019on ne la croirait pas.Elle donne une réponse évasive, qui fait croître la méfiance de la femme.\u2014 Ecoutez un peu, mademoiselle, dit-elle, mécontente, vous m\u2019avez l\u2019air d\u2019une personne qui n\u2019est pas dans le droit chemin.Car, comment une jeune fille parcourrait-elle seule le pays, sans protection aucune ?Je vois que vous êtes en quête de quelque aventure.\u2014 Dieu me garde ! s\u2019écrie Margot, rougissante de honte.Comment pouvez-vous penser de telles choses ?\u2014 Oh ! avouez-le, continue l\u2019hôtelière.Vous vous êtes enfuie de la maison paternelle ?\u2014 Ma bonne femme, vous me peinez vraiment par vos soupçons, répond Frictionnez bien a '\u2019Absorbing .quelques \u2022 \u2022 \u2022 M\trr luffisent Les muscles de la cuisse courbaturés?Appliquez quelques gouttes d\u2019Absorbine Jr.et frictionnez-vous.Ceci active la circulation dans les parties affectées et chasse les acides qui causent la fatigue.Le soulagement suit bientôt.Ayez toujours de l'Absorbine Jr.à portée.Si.25 la bouteille aux phannacies.W.F.Young, Inc., Lyman House, Montréal, P.Q.ABSORBINE Jr.THICK SAUCE THICK CROSSEeBLACKWELL A Une Sauce Epalite faite d'après la recette anglaise \u2014 Donne du piquant à tout lei plats de viande et de poil-ion.\t19F COUPON D\u2019ABONNEMENT LE SAMEDI (Canada seulement) 1 an .S3.50 6 mois .S2.00 IMPORTANT \u2014 Indiquez d'une croix (\t) s'il l'agit d\u2019un renouvellement.Nom ~.Adresse Ville .Province .«.POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée.975, ruo de Bullion, Montréal, P.Q. 24 LE SAMEDI Margot, indignée.Je n\u2019ai plus de parents et je suis indépendante.Vous comprendrez facilement que je ne puis confier mes affaires à la première personne venue.\u2014 Bien ! répond brutalement l\u2019hôtelière.Mais si je dois héberger quelqu\u2019un, je veux savoir ce qu\u2019elle est et qui elle est.Et puisque vous ne voulez rien me communiquer à ce sujet, je ne puis vous héberger plus longtemps.\u2014 Mon Dieu ! s\u2019écrie Margot, effrayée, et les larmes aux yeux.Où dois-je me rendre maintenant ?\u2014 Cela ne me regarde pas ! est la réponse brutale.Margot ne sait que faire.Racontera-t-elle à l\u2019hôtelière ses malheurs et ses peines ?Peut-être lui réussira-t-il d\u2019émouvoir le cœur de cette femme.Où pourra-t-elle trouver de la protection et un abri ?Mais quand elle veut s\u2019adresser à la patronne, celle-ci s\u2019occupe d\u2019autres consommateurs, qui croissent toujours en nombre et qui veulent être servis tous à la fois.Margot se trouve dans le plus pénible embarras.On lui a montré la porte, comme si elle était une mendiante ou encore pire.Non, elle doit tâcher de trouver du logement pour cette nuit, dans un autre hôtel.Les autres personnes commencent à s\u2019apercevoir d\u2019elle.De curieux regards l\u2019observent et elle entend toutes sortes de remarques.On questionne la patronne et Margot entend que celle-ci la juge avec beaucoup de mépris et qu\u2019elle parle même de la police.La malheureuse jeune fille s\u2019éloigne en silence.Elle ne sait comment se tenir de honte.En sanglotant, elle traverse la foire, où il y a beaucoup de monde devant les échoppes bien éclairées.Là-bas, au bout de la ville, se trouve un logement le plus mauvais de la localité, où tous les a m b u 1 a n t s, les joueurs d\u2019orgues, les danseurs de corde, etc, se sont installés.Margot tremble en entrant et en voyant les logeurs.Mais elle n\u2019a pas de choix.Si elle ne veut pas passer la nuit à la belle étoile, elle doit bien se résigner à la passer ici.On la reçoit sans difficultés.Le patron demande son nom et quelques autres particularités, mais il se contente des renseignements reçus.Mais il ne reste que peu de places.A la fin, la ménagère, qui voit qu\u2019elle ne peut pas compter Margot parmi les autres habitués, lui prête sa propre chambre, mais cela à un prix exorbitant.Margot prend son porte-monnaie et paye d\u2019avance, sans marchander.Il ne lui reste plus que quelque petite monnaie, car ses moyens étaient restreints.En tout cas, elle se réjouit d\u2019avoir trouvé un gîte.Elle se fait apporter de quoi écrire et commence une lettre pour le comte Henri.Elle veut lui communiquer tout ce qui lui est arrivé.Dans sa lettre, elle lui dénonce toutes les intrigues d\u2019Olga et ses cruautés envers elle et Liane.Elle finit son épitre par ces mots : « Je sais maintenant que tout ce qui nous sépare ne sont que des tromperies et des mensonges et que vous m\u2019aimez encore.Je suis parvenue à m\u2019échapper des mains de mes ennemis.Je vous en supplie, cher Henri, venez ici et libérez aussi votre malheureuse sœur Liane ! » Quand Margot a fini sa lettre il était déjà tard.Dans le logement, il y a beaucoup d\u2019animation.Les logeurs chantent et boivent et font un tapage infernal.Pendant quelque temps, Margot écoute le bruit et les voix qui montent de la salle de consommation, jusque dans sa chambre.Elle se trouve là, sa lettre en main, hésitant pour aller la mettre à la poste.Elle craint de 'traverser la chambre qui héberge également une troupe étrangère.Soudainement, son attention est attirée par une voiture qui s\u2019arrête devant la maison.Il arrive toujours des logeurs ?Elle jette un regard derrière le rideau, dans la rue, et voit une voiture qui ne lui est pas inconnue.Dans le café tout se tait.Les étrangers sont entrés.Margot a entendu une voix au son de laquelle son cœur s\u2019emplit de peur et d\u2019angoisse.Elle est comme pétrifiée.Elle est saisie d'effroi et, avec une peur désespérée, elle regarde la porte.Alfred et le baron ont pris le chemin par où Margot s\u2019est enfuie.Tous deux arrivent dans le village où Margot s\u2019arrêta.Ils apprennent qu\u2019un paysan a emmené Margot en ville.Alfred est joyeux, car il ne doute pas que ce soit vraiment Margot qu\u2019on lui a décrit.Aussitôt que les chevaux se sont suffisamment reposés, ils continuent le voyage.Vers le soir, ils atteignent la petite ville et les alliés s\u2019installent dans un hôtel, près de la foire.Ce n\u2019est pas dans celui où Margot a logé.A peine les chevaux sont-ils dans l\u2019écurie et les hommes ont-ils profité de quelque nourriture, qu\u2019Al-l\u2019red commence son enquête.Dans cette maison, on ne sait rien de Margot.Le comédien ne désespère pas.Si Margot est encore dans la ville, il la trouvera bien.Il raisonne le baron, pour l\u2019accompagner, quoique celui-ci ne s\u2019y sent pas disposé.Ils se rendent à l\u2019hôtel, de l\u2019autre côté de la rue, et là ils sont sur la bonne trace.Alfred décrit à la patronne la fugitive et ajoute que c\u2019est une fille de sa famille qui s\u2019est enfuie.\u2014 J\u2019y ai bien pensé, s\u2019écrie vivement la patronne.Oui, voilà ce que j\u2019ai vu aussi, mais elle ne voulait pas l\u2019avouer.Si j\u2019avais pu soupçonner que vous seriez venu pour chercher votre parente désobéissante, je l\u2019aurais bien laissée ici.\u2014 Oui, c\u2019est dommage que vous n\u2019ayez pas fait cela, ma chère femme, reprend le comédien, feignant une grande douleur.Une bonne récompense vous est ainsi échappée.Où dois-je aller chercher la pauvre parente séduite ?La patronne regrette d\u2019avoir montré la porte à Margot, car elle aurait volontiers empoché la récompense promise.\u2014 Peut-être que la demoiselle est encore en ville, répond-elle.Il y a encore des hôtels en ville.Demandez des renseignements nécessaires pour la retrouver.Je vous aiderai volontiers.Elle indique tous les hôtels de la place et en donne l'adresse.\u2014 J\u2019espère que nous la trouverons, dit Alfred, plein de confiance, pendant qu\u2019il se trouve avec le baron dans la chambre destinée aux consommateurs de marque, où la patronne leur a apporté une bouteille de vin.\u2014 En voilà une chance ! J\u2019ai le cœur soulagé, car il aurait été terrible pour nous, si la fille nous échappait pour toujours.\u2014 Nous ne l\u2019avons pas encore, gronde le baron, triste.\u2014 Oh, attendez, le domestique nous apportera de bonnes nouvelles ! \u2014 Hum ! c\u2019est possible.Et si nous retrouvons réellement la fille, que ferons-nous d\u2019elle ?répond le baron, quelque peu préoccupé.\u2014 Ah! nous le verrons bien, dit Alfred légèrement.\u2014 D\u2019après moi, nous devrions décider cela d\u2019avance.Nous ne pouvons pas la ramener à mon château.\u2014 On trouvera bien une place.\u2014 Je ne sais pas où ! '\u2014 Après tout \u2014 je m\u2019en charge ! déclare Alfred.Vous ne voulez pas vous mêler plus longtemps de ces choses.\u2014 Non, je resterai ici jusqu'à demain et, alors, je retournerai de grand matin à la résidence.Alfred ne s\u2019y oppose pas.Après une demi-heure d\u2019attente le domestique réapparaît avec la nouvelle qu\u2019il a trouvé Margot.Il l\u2019a découverte dans le dernier hôtel de la ville.Alfred rit, triomphant.U donne au domestique un bon pourboire et demande : \u2014 Est-ce que la demoiselle sait qu\u2019on la cherche ?¦\u2014 Oh non ! J'ai parlé au patron et je lui ai décrit la demoiselle.Il m\u2019a promis de ne rien lui en dire ; elle loge dans la meilleure chambre.Je l\u2019ai vue, en regardant par la fenêtre ; elle était en train d\u2019écrire une lettre, probablement.Ah ! fait Alfred, jetant un regard significatif au baron.C'est bien, je vous remercie, dit-il au domestique.Le baron paye le vin et il suit le comédien a l\u2019hotel, de l\u2019autre côté de la foire.Après une courte délibération, Alfred se fait amener la voiture et un cocher.C est à contre-cœur que le baron se décide à aider, pour cette fois-ci, son allié.Il entre avec Alfred dans la voiture et, après quelques minutes, ils atteignent le logement.Les deux alliés entrent.Dans le corridor, le patron vient à leur rencontre pour demander ce qu\u2019ils désirent, y ajoutant qu\u2019à son grand regret il n\u2019a plus place pour de nouveaux logeurs.\u2014 Nous ne sommes pas d\u2019avis de rester non plus, déclare Alfred, qui se pose en grand seigneur.Je cherche seulement ma parente, une jeune fille qui, d\u2019après ce qu\u2019on m\u2019a dit, se trouve dans votre maison.Oui, il y a une jeune dame ici, confirme le patron.\u2014 Bien, je sais que c\u2019est celle que nous cherchons, répond Alfred.J\u2019es-porc que vous ne nous ferez pas de difficultés, si nous voulons emmener cette jeune fille.Nous devrons user de force.Elle nous est échappée et ne voudra certainement pas retourner volontiers dans sa famille.\u2014 Hum! Je ne m\u2019en mêlerai naturellement pas, monsieur, si c\u2019est comme vous le dites, répond le patron.Est-ce que la demoiselle est votre sœur ?\u2014 Non, pas cela, mais une proche parente.Je suis le baron von der Marwitz.La fille a été trompée par un séducteur.Vous comprenez donc qu\u2019il est de mon devoir de ramener l\u2019égarée, auprès de sa famille.\u2014 Oui, c\u2019est ainsi, approuve le baron von Fohren.J\u2019espère que vous voudrez nous livrer la fille.Les bouteilles entières peuvent être réutilisées telles quelles, après avoir été stérilisées.Des millions de bouteilles peuvent encore servir, si on prend soin de les remettre intactes.Pour cela, il faut se soumettre à des précautions additionnelles, mais quelle est la maîtresse de maison canadienne qui n'y consentirait pas si elle savait que ces bouteilles qui ne lui servent plus peuvent faire leur modeste part pour la Victoire, si elles sont récupérées ?\tPHOTO O.N.F. 27 MAI 1944 25 Le patron devient très obligeant, après qu\u2019Alfred lui ait donné une pièce d\u2019or.\u2014\tCela va de soi, monsieur! Je ne ïous ferai pas de difficulté, répond-il, soumis.Vous pouvez trouver la demoiselle dans cette chambre, je crois qu\u2019elle est encore éveillée.\u2014 Bien ! dit Alfred, qui a beaucoup de peine pour cacher sa joie.Ecartez autant que possible vos consommateurs, je ne veux pas faire de spectacle.En disant, cela, il fait signe au baron et, suivi de celui-ci, il entre dans la chambre.Tremblante de peur, Margot regarde les deux hommes.Alfred s\u2019approche d\u2019elle avec un rire ironique.\u2014 Enfin, nous vous avons retrouvée, mon trésor ! rit-il.Oui, oui,, il n\u2019est pas facile de nous échapper.Il remarque la lettre que Margot tient en main et la lui arrache.\u2014 A monsieur le comte de Rothen-burg, lit-il sur l\u2019enveloppe.\u2014 Ha ! Ha ! il était donc grandement temps ! crie-t-il, triomphant.Nous n'enverrons pas cette lettre, ma chère enfant.Il la met dans sa poche et Margot revient de son émotion.Avec un cri perçant, elle s\u2019élance vers le comédien.\u2014 Ma lettre, misérable coquin, ren-dez-moi ma lettre ! \u2014 Je n\u2019y pense pas! dit Alfred.Et maintenant : En avant, ma chère demoiselle, accompagnez-nous.\u2014 Jamais! Si vous ne vous éloignez pas immédiatement, j\u2019appellerai au secours les gens qui se trouvent en bas ! s\u2019écrie Margot, indignée.\u2014 Personne ne vous aidera, vous pouvez en être certaine.Et si vous ne nous suivez pas de bon gré, nous userons de force.\u2014 Ne faites pas tant de compliments ! dit le baron au comédien.Cela nous retient inutilement.Alfred s\u2019approche de Margot, les bras tendus, pour la saisir.Celle-ci, devenue anxieuse, s\u2019enfuit vers la fenêtre, l\u2019ouvre et commence à crier au secours.Mais au même moment le comédien l\u2019a déjà saisie.Il l\u2019enlace de son bras et lui met la main sur la bouche.Ses cris cessent, elle se défend avec des efforts désespérés et réussit à s\u2019enfuir.D\u2019un bond, elle atteint la fenêtre et saute dans la rue.Alfi'ed pousse un jui'on et sans hésiter il la poursuit.Le baron sort également.Margot a une avance trop petite pour pouvoir échapper à ses ennemis, mis.Elle n\u2019a fait que quelques pas quand le comédien, soufflant de rage, se trouve déjà derrière elle ; le cocher la poursuit également.Après une courte poui'suite, la malheureuse est rattrapée.On la traîne de force jusqu\u2019à la voiture et on l\u2019y entre brutalement.Ses cris de secours sont vains.\u2014 En avant ! cric Alfi'ed au cocher, qui monte vivement son siège.Le baron s\u2019approche de la voiture et saisit le bras du comédien, qui va prendre place à côté de la prisonnière.\u2014\tIci, nous nous sépai'ons.Que voulez-vous faire de la jeune fille ?demande le baron, excité.\u2014\tJe n\u2019en sais rien encore! est la réponse évasive.\u2014\tPromettcz-moi de ne lui faire aucun mal, avertit le baron, sinon je ne me tairai pas.\u2014\tJ\u2019agirai selon les exigences des circonstances, répond Alfred tout court.Partez-vous pour la résidence ?\u2014\tEn effet ! \u2014 Alors vous pouvez dire à la comtesse qu\u2019elle n\u2019a plus à s\u2019inquiéter de cette jeune fille.Ceci dit, Alfred saute dans la voiture, qui s'éloigne avec lui et Margot.Le baron se rend à l\u2019hôtel où il veut passer la nuit.Qu\u2019est-ce que Alfred veut faire de la malheureuse Margot ?Où la conduit-il ?Il n\u2019a pas encore formé de projet définitif, et pendant que la voiture brûle le pavé, il réfléchit à ce qu\u2019il veut faire.Margot s\u2019est visiblement contentée de son sort.Elle pleure tranquillement dans son coin.Elle ne peut ouvrir la portière, quoiqu\u2019elle désire ardemment se sauver.Alfred le sait et voilà pourquoi il ne s\u2019occupe pas de l\u2019état de sa prisonnière.Enfin, il faut faire halte, parce que les chevaux fatigués ne peuvent plus continuer.On se trouve dans un bosquet par où une allée conduit à une ville.Celle-ci est encore à deux lieues de distance et aux environs il n\u2019y a aucune localité, aucune maison.Alfred fait arrêter, descend et ferme la portière.Le cocher descend également de son siège ; il conduit la voiture avec les chevaux dans un sentier et Alfred et le cocher se mettent à se consulter.\u2014 Etes-vous connu en ville?deman-de-t-il.\u2014 Oh, certes ! \u2014 J\u2019aimerais bien y abriter la fille.Ne pouvez-vous pas me conduire où elle est bien cachée ?\u2014 Hum ! grogne le cocher d\u2019un air pensif.C\u2019est un cas difficile et tout le monde n\u2019aime pas se mêler de ces choses-là.\u2014 Oh, pourquoi pas ?Pour de l\u2019argent, on fait tout.Et je paye bien ! \u2014 Alors, je vous donnerai un conseil, monsieur le baron.Avant d\u2019atteindre la ville, nous arrivons à l\u2019institut du docteur Jenkins.Ceci serait, selon mon opinion, une bonne place.\u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est pour un asile?Une maison d\u2019aliénés ?\u2014 Quelque chose dans ce genre.On l\u2019appelle : institution pour neurasthéniques.\u2014 Mais le docteur Jenkins ne regarde pas de si près.Il y a aussi des fous qui sont traités chez lui.Et si vous payez bien, le médecin est votre homme.\u2014 Vous voulez dire que le docteur Jenkins fait, pour l\u2019argent, ce qu\u2019un autre ne ferait pas ?demande Alfred.\u2014 Oui! Du moins, j\u2019ai entendu raconter beaucoup de choses.Evidemment et je ne puis rien vous dire de définitif, reprend le cocher prudemment.Alfred est content.Selon toute probabilité, le docteur est l\u2019homme qu\u2019il lui faut.Alfred donne une bonne récompense au cocher et lui fait promettre de garder le silence.Peu de temps après, on continue le voyage et, quand le jour point à peine, la voiture s\u2019arrête devant un jardin, entouré de hauts murs.Un grand bâtiment s\u2019élève au centre de celte enceinte : c\u2019est l\u2019établissement du docteur Jenkins.A deux cents pas plus loin, se trouvent les premières maisons de la ville.Le cocher descend de son siège et va sonner.Le portier ouvre.La voiture entre dans une cour couverte de gravier et continue jusque devant un grand et beau bâtiment, ressemblant à une villa.Un domestique apparaît en livrée simple et conduit le comédien à l\u2019intérieur, aussitôt après qu\u2019ii a fait savoir le motif de sa visite.Il est introduit dans la chambre de réception, richement meublée.Alfred doit bien attendre une demi-heure, avant l\u2019arrivée du docteur Jenkins.C\u2019est un homme d\u2019un âge moyen, à la figure très respectable, où seul un regard perçant peut distinguer des traits de calme et une astuce cachée.Alfred remarque de suite qu\u2019il a sonné à bonne porte.Le docteur Jenkins ne désire que les renseignements ordinaires et ne pose pas de questions embarrassantes.\u2014\tLes facultés mentales de la jeune fille sont donc levées, monsieur le baron ?demande le médecin.\u2014\tEh bien, ce n\u2019est précisément pas cela que je prétends, répond le comédien prudemment.Elle est monomane et se figure d\u2019être la fiancée d'un homme quelle ne connaît pas du tout.C\u2019est une folie d\u2019amour.Le docteur secoue la tête d\u2019un air sérieux.\u2014\tUn symptôme grave.\u2014\tOui ! \u2014 Et elle poursuit cet homme, lui écrit des lettres ; bref, elle suscite du scandale.Notre famille ne connaît d\u2019autre moyen que de confier la malheureuse à vos soins.\u2014\tJe vous suis fort obligé! Vous pouvez être convaincu que la jeune dame est extrêmement bien placée ici, dans notre institution.\u2014\tJe dois encore vous faire remarquer, monsieur le docteur, que la jeune fille tâchera évidemment de s\u2019enfuir.Je n\u2019ai pu l\u2019emmener que de force.Vous devrez donc prendre de bons moyens pour rendre une évasion impossible.Le médecin rit malicieusement.-\u2014 Soyez sans inquiétude, monsieur le baron.Tout est arrangé de façon à rendre toute fuite impossible.Parfait ! Alors, je suis tranquille.Vous me promettez de me donner des renseignements à personne, quant à l\u2019état de ma parente, n\u2019est-ce pas, monsieur le docteur ?\u2014\tCertes ! \u2014 Personne ne saura que la jeune dame se trouve ici, dans cet institut.Après avoir arrangé la question financière au gré du docteur, celui-ci appelle, par une sonnerie électrique, une garde-malade et lui communique quelque chose à voix basse.Alfred voit qu\u2019ensuite le domestique et la garde-malade échangent quelques mots avec le cocher, après quoi la voiture est conduite plus près par une porte latérale.Tout reste silencieux ; pas même un cri ne pénètre jusqu\u2019aux oreilles d\u2019Alfred.Quelques moments plus tard, la besogne est finie et le domestique est sur les lieux.Il rapporte à voix basse une communication à son maître.Le médecin Jenkins hoche la tête d\u2019un air de contentement et il s\u2019adresse au comédien : \u2014\tLa jeune dame est introduite dans la maison, monsieur le baron.Alfred prend congé.Il est fort content de la réussite de son lâche projet.-\u2014 Il est fort probable, monsieur le docteur, dit-il en serrant la main du brave homme, que je conduise ici une autre malade.\u2014 Je me liens à votre service.Cela me sera fort agréable ! répond le docteur.Alfred monte en voiture et, un moment après, la porte de la cour est refermée.Le cocher s\u2019en va en ville.\u2014 Maintenant vous êtes bien cachée! siffle le comédien.Derrière ces murs, vous êtes enterrée vivante \u2014 ce bon baron aura beau vous chercher, jamais il ne vous trouvera ! Alfred ne s\u2019arrête pas longtemps en ville.Il veut rentrer au vieux château.Que serait-il arrivé là, pendant son absence ?Crème Désodorisante Enraye la Transpiration ivW.WiltiA N\u2019irrite pas la peau ni n'abîme les vêtements.RAPIDEMENT [Agit en 30 secondes.Vous l\u2019appliquez, essuyez le superflu et vous vous habillez.EFFECTIVEMENT ! Enraye la transpiration et l\u2019odeur.DURABLEMENT _____\tIGarde les aisselles sèches et inodores AGREABLEMENT agréable que votre crème préférée pour la figure \u2014 odorante, elle ne tache pas.0DÛ-R0-DÛ PpensP'**: pour MEILLEUR SOMME/L MEILLEURE DIGEST/ON MEILLEURE SANTÉ.La Nourriture du Dr.Chase POUR LES NERFS CONTIENT LU VITAMINE B 20 LE SAMEDI Peut-être a-t-on emprisonné Fanny.Quant au dernier fait, il veut, avant tout, en avoir la certitude.CLXXXI \u2014 Fausses pistes En arrivant au château, Ritter apprend du vieux régisseur que le baron von Fohren et son complice ont déjà pris la fuite.Le détective s\u2019y était attendu.L\u2019intendant lui communique complaisamment tout ce qu\u2019il sait.A son grand étonnement, Ritter apprend que Margot y est également emprisonnée et il devine que sa gardienne n\u2019est autre que Fanny Rabe.A présent, il lui aurait été possible d\u2019arrêter tous les complices de la comtesse Olga, s\u2019il était arrivé quelques heures plus tôt.Liane a aussi été emmenée par ses ennemis.Que faire maintenant ?Serait-il préférable de continuer la poursuite des fugitifs ?Mais, d\u2019un autre côté, il suppose que ce soit seulement Alfred et le baron qui se sont enfuis du château.Peut-être Liane s\u2019y trouve-t-elle encore et se tient-elle cachée, dans une des nombreuses caves du château ?Il se décide à la rechercher.Avec ses compagnons, précédé du vieux Berthold, il pénètre dans la voûte.Le gendarme doit rester dans la halle.Fanny n\u2019est pas vue par ses ennemis.Ritter cependant a entendu, en arrivant dans les voûtes souterraines, le cri que Fanny poussait, à la vue de l\u2019apparition du fantôme.Ils continuent jusqu\u2019au bout du cor-dor.Puis un escalier monte, au haut duquel une porte ouverte.\u2014 C\u2019est certain qu\u2019il y avait ici un être humain, car j\u2019ai très bien entendu le cri, pense Ritter, excité.Qui cela peut-il avoir été ?Liane ?Ou était-ce probablement la voix de l\u2019esprit ?dit-il en s\u2019adressant à l\u2019intendant.Car ici il y a aussi des esprits, n\u2019est-ce pas ?dit-il d'un air moqueur.\u2014 Non, monsieur, répond gravement le vieux.Il n\u2019y a pas de fantômes, que je sache.Mais je comprends bien qui a poussé ce cri.Ne la cherchons plus.Nous l\u2019avons effrayée.\u2014 Que voulez-vous dire, mon vieux?De qui parlez-vous ?demande Ritter, étonné.D\u2019une malheureuse qu\u2019on croit morte et enterrée et qui vit, reprend le vieux, et il raconte en peu de mots l\u2019histoire de la prétendue morte.Ritter est convaivu que cette étrange créature a poussé le cri.Il ne retourne plus dans les voûtes souterraines et cherche dans les appartements supérieurs du château.Tout est en vain.Point de trace de Liane, ni d'aucune créature humaine.Est-ce que les complices d\u2019Olga ont emmené Liane ?Il croit Margot en sûreté.Elle fuira bien à la résidence ou enverra des nouvelles au comte Henri.Ainsi pense Ritter et il ne veut chercher que Liane.Il quitte le château et prend la direction qu\u2019Alfred et le baron ont suivie.Muller seul l\u2019accompagne, il renvoie le gendarme au village.Au galop, les deux cavaliers franchissent la bruyère suivant continuellement les ornières, bien visibles dans le sable, des roues fraîchement passées.Dans la forêt, où les chemins se croisent, la trace de la voiture devient douteuse.Il y a tant de traces qu\u2019on ne distingue plus celle qu\u2019on suivait jusqu\u2019ici.Ritter consulte le poteau indicateur et une carte géographique qu\u2019il a sur lui.Il décide de faire suivre à Muller le chemin conduisant à gauche, tandis que lui-même prendra celui allant à droite.Ils prennent congé.Ritter arrive au même village, où Margot, le baron et Alfred se sont abrités.Dès que Ritter a appris cela à l\u2019hôtel, il sait qu\u2019il suit la bonne piste.Le comte Henri lui a donné une photographie de sa fiancée.Il la montre aux gens, qui y reconnaissent l\u2019image de Margot.Avec cela, disparaît pour Ritter le dernier doute.Cela ne peut avoir été Liane, quoique cela fut possible.Si Liane s\u2019est évadée du château, elle doit avoir pris un autre chemin.Peut-être est-elle au pouvoir d\u2019Alfred et du baron.Voilà pourquoi il doit tout faire pour les rejoindre.Au village, on ne peut lui dire s\u2019il y avait quelqu\u2019un dans la voiture.Il est donc clair que le baron et Alfred ont suivi la trace de Margot.Celle-ci est allée à la petite ville, située à deux lieues de distance et là les deux complices se sont aussi rendus.\u2014 Je les rejoindrai bien! se dit Ritter, éperonnant son cheval fatigué pour le faire avancer plus vite, sur le chemin sablonneux.La petite ville, qui avait été si animée pendant toute la journée à cause de la foire annuelle, est plongée dans un silence profond.La cloche de la tour de l\u2019église sonne une heure, au moment où Ritter passe le marché.Là-bas à l\u2019hôtel, où le baron von Fohren a pris son entrée, règne encore une animation.A la lueur de la lampe du corridor, le détective descend et entre dans la salle de restaurant, où quelques enragés buveurs jouent aux cartes.Ritter prend place.Il se fait apporter une bouteille de vin et du manger.Son cheval est soigné par le cocher.L\u2019aubergiste s\u2019approche de l'hôte tardif et demande avec un salut poli : \u2014 Monsieur passera la nuit ici ?\u2014 Je n\u2019en sais rien encore, répond Ritter en riant.Asseyez-vous près de moi et buvons un verre de vin.\u2014Oh ! avec plaisir ! ricane l\u2019hôtelier, en s\u2019asseyant vis-à-vis de l\u2019hôte.Monsieur a sans doute des affaires en ville, si j\u2019ose le demander?\u2014 Oui, je cherche quelqu\u2019un.\u2014 Ah ! Monsieur est peut-être un ami ou une connaissance de monsieur le baron, qui cherche ici une parente enfuie ?Ritter devine aussitôt la combinaison.Il rit singulièrement.\u2014 Très possible ! Comment s\u2019appelle-t-il ce baron ?\u2014 Il s\u2019appelle von der Marwitz.Un ami, baron von Fohren, est avec lui.\u2014 Et ces messieurs ont eu du succès ?demande Ritter visiblement calme.Ont-ils trouvé la parente enfuie ?\u2014 Oui ! La jeune fille \u2014 une très belle blonde, je l\u2019ai vue aujourd\u2019hui au marché \u2014 a habité en face l\u2019hôtel « Au Cheval Blanc » La femme de l\u2019hôtelier ne voulait plus la garder, parce que la demoiselle ne voulait pas donner de ses renseignements, ni ne voulait dire d\u2019où elle venait.\u2014\tHum! \u2014 et puis?dit Ritter quand l\u2019hôtelier se tait un moment.\u2014\tAlors elle est allée à « l\u2019Ours Noir > \u2014 un hôtel près de la porte de la ville.Une maison d\u2019un rang inférieur, surtout pen liant la foire ce n\u2019est pas un séjour pour une telle dame.Et c\u2019est là que ces messieurs l\u2019ont trouvée.\u2014\tEn êtes-vous sûr ?\u2014 Oui ! Monsieur le baron von Fohren me l\u2019a dit.Il est revenu de « l\u2019Ours Noir ; il y a environ une heure.Il loge chez moi.\u2014\tQue dites-vous ?Monsieur le baron est donc encore ici ?\u2014 Certes ! Il ne s\u2019en va que demain ! \u2014 Savez-vous où il se rend ?\u2014 A la résidence.Je lui ai entendu dire moi-même.\u2014 Et l\u2019autre monsieur ?Est-il encore ici ?demande le détective, plein d\u2019attente.\u2014 Oh non ! Celui-ci est parti avec la demoiselle.\u2014 Seul ?\u2014 Oui.Il a seulement emmené mon cocher.Il a sa propre voiture, mais il est arrivé sans cocher ici, ce qui m\u2019a étonné un peu.\u2014 Votre cocher l\u2019a donc accompagné ?\u2014 Eh bien \u2014 alors j\u2019apprendrai le but du voyage, dit Ritter, soulagé.Ou savez-vous peut-être où ils sont allés ?\u2014 Non, le baron von Fohren ne m\u2019a rien dit.\u2014 Monsieur le baron dort déjà, n\u2019est-ce pas ?demande Ritter.\u2014 En effet, mnosieur.Voudriez-vous lui parler ?\u2014 Oh non \u2014 au contraire.Il ne doit pas du tout savoir que je me suis informé de lui et que j\u2019ai appris ses belles actions.L\u2019hôtelier paraît très étonné.\u2014 Que voulez-vous dire, monsieur ?N\u2019êtes-vous pas un ami intime du baron ?\u2014 Le ciel m\u2019en préserve, monsieur ! Ni un ami du baron von Fohren, ni de l\u2019autre qui se fait passer pour monsieur von der Marwitz.Je suis cependant bien l\u2019ami de la malheureuse fille, que ces gaillards ont de nouveau en leur pouvoir.Dommage que je sois arrivé trop tard ! Tout ahuri, l\u2019hôtelier regarde le détective.Il ne comprend plus rien.\u2014 Vous voulez donc dire que ces messieurs n\u2019avaient pas le droit d\u2019agir de la sorte envers la jeune fille ?bégaye-t-il.\u2014 Non, ils n\u2019y avaient aucun droit, car la jeune fille n\u2019est ni parente du soi-disant monsieur von der Marwitz, ni une échappée du toit paternel.Cet homme est un malfaiteur, un bandit de la pire espèce, recherché par la police.Et quant au baron von Fohren .\u2014 mais il ne me reste pas assez de temps pour vous expliquer tout cela, finit Ritter, qui est très excité.Je me rends immédiatement à cet hôtel et je tâcherai d\u2019enlever son butin à cet escroc, ajoute-t-il.\u2014 Juste ciel! Que dites-vous là?s\u2019écrie l\u2019hôtelier.\u2014 Comment parvenez-vous \u2014 si les faits sont réellement ainsi \u2014 à savoir toutes ces choses ?Qui êtes-vous ?Ritter, qui s\u2019était apprêté à partir, prend le patron à l\u2019écart, tandis que les hôtes leur lancent de curieux regards.\u2014 Je me ferai connaître à vous, monsieur, dit-il à mi-voix.J\u2019exige cependant que vous ne communiquiez rien à personne et surtout pas au baron von Fohren.Ceci dit, il dévoila à l\u2019hôtelier son identité, ce qui fait voir au patron à qui il a affaire.\u2014 Donc silence ! répète Ritter.Je reviendrai bientôt.Peut-être aurai-je besoin d\u2019un cheval.Tenez, si possible, une bonne monture à ma disposition.Vous serez largement payé.\u2014 Monsieur le commissaire, je vous accompagne à « l\u2019Ours Noir », dit complaisamment le patron.Il fait déjà noir et vous trouverez difficilement le chemin.\u2014 Soyez sans crainte.Restez tranquillement ici ! conseille Ritter.Votre société serait trop marquante, avertit-il.Non, le baron von Fohren ne peut rien soupçonner, il ne peut pas savoir que Ritter est ici ; il ne peut pas le voir, car il le reconnaîtrait au premier abord.Et cela doit être évité à tout prix.Ce n\u2019est qu\u2019en travaillant à l\u2019insu du monde que Ritter peut atteindre quelque chose.L\u2019hôtel « l\u2019Ours Noir » est trouvé sans difficulté.Là aussi règne une grande animation et la salle de restaurant est remplie de buveurs.Ici Ritter, en voyant l\u2019hôtelier, prend un autre moyen.Il se présente comme le fiancé de Margot et tâche par un solide pourboire de délier la langue de l\u2019aubergiste.Sans sourciller, celui-ci dévoile tout ce qui est arrivé dans sa maison.Mais il ne peut dire que Alfred et Margot sont partis avec le cocher.Il ne sait où ils sont allés.Il ne peut qu\u2019indiquer la direction.L'allée bifurque près de la ville et chacune des deux grandes chaussées a plusieurs sentiers latéraux.II est impossible de deviner où Alfred s\u2019est dirigé avec sa prisonnière.En outre, il a une avance de plusieurs heures.Fera-t-il subir un interrogatoire au baron von Fohren ?Celui-ci dira-t-il la vérité ?Sans doute, non.Il n\u2019obtiendrait rien par ce moyen.Ritter ne doute pas du bon résultat de son enquête.Puisque Alfred a emmené sa prisonnière, il est probable qu\u2019il n\u2019ait pas l\u2019intention de tuer Margot.Où serait Liane ?Les deux complices ne peuvent l\u2019avoir tenue dans la voiture et si bien cachée que personne n\u2019a rien remarqué.Liane doit s\u2019être enfuie, si elle n\u2019est plus au château.Ritter tâchera de trouver Margot et de prendre le coquin Alfred Wenzel.Où est restée Fanny ?C\u2019est une énigme pour lui.Le lendemain matin, de bonne heure, le baron fait seller son cheval.Il ne se doute pas que l\u2019ennemi commun d\u2019Olga ait couché, sous le même toit.Il ne voit pas non plus le détective.Au départ du baron, Ritter monte en selle et le suit.Il est possible que le baron, avant de retourner à la résidence, ait une entrevue avec Alfred.Peut-être ont-ils un rendez-vous et le baron se rend-il maintenant au lieu indiqué.Le baron prend le chemin de la ville, où sont aussi allés Alfred et Margot.Ritter se tient à une bonne distance derrière lui, pour que le baron ne se méfie pas.Dans le premier village voisin, le baron s\u2019arrête devant l\u2019auberge.Près de la ville, les deux cavaliers passent devant l\u2019institut du docteur Jenkins, mais ni le baron, ni Ritter ne se doutent que Margot se trouve derrière ces murs.Voilà que le baron rencontre un homme, en qui il reconnaît le cocher d\u2019Alfred.Il retient son cheval et l\u2019appelle.Le cocher le reconnaît, salue de sa casquette et s\u2019approche.\u2014 Doù venez-vous ?lui demande le baron.\u2014 De la ville, monsieur ! \u2014 Le baron von der Marwitz a donc pris ce chemin-ci, n\u2019est-ce pas ?\u2014 En effet ! Vous pouvez peut-être le trouver à l\u2019hôtel « La Rose », mais il partira bientôt.\u2014 Avec la jeune fille ?demande le baron von Fohren, curieux.\u2014 Oh non, monsieur n\u2019est plus avec elle ! ricane le cocher malicieusement.\u2014 Tiens ?Où l\u2019a-t-il laissée ?\u2014 C est ce que je ne puis vous t'ire, monsieur le baron.Je ne le sais pas.Alfred a imposé silence au cocher et celui-ci tient parole.Il craint aussi que l\u2019affaire puisse avoir des conséquences graves pour lui, si la vérité se fait jour. 27 MAI 1944 27 Le baron von Fohren ne croit pas le cocher.Il soupçonne quelque mauvaise action de la part d\u2019Alfred.\u2014 Vous étiez continuellement avec le baron von der Marwitz et vous devez savoir où est restée la jeune fille ! re-prend-il rudement.Le cocher soutient qu'il ne sait rien.Irrité, le baron éperonne son cheval et va vers la ville.En attendant, Ritter s\u2019est approché.Il a remarqué que le baron a parlé au cocher, mais n\u2019en a rien compris.Il ne sait pas qui est cet homme.\u2014 Holà, l\u2019ami ! dit-il.Etes-vous de la ville?\u2014 Non, monsieur !, répond le cocher tout court.\u2014 Je suis un étranger, continue Ritter en lui donnant une pièce de monnaie, et je vous serais bien reconnaissant, si vous pouviez m\u2019indiquer un bon hôtel.Le cocher est très poli ; la pièce d\u2019argent produit son effet.\u2014Oh monsieur, quant à cela \u2014 il y a beaucoup d\u2019hôtels en ville et tous sont bons.\u2014 Ce monsieur, auquel vous parliez tout à l\u2019heure, semble étranger, ici.Il vous a demandé des renseignements, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oh ! ce monsieur, c\u2019est autre chose ! dit le cocher sans arrière-pensée.Je le connais, lui.Il a couché à l\u2019hôtel chez moi.Le cocher est tout consterné quand, d\u2019un vigoureux poing, l\u2019étranger le lui dit : \u2014 Vous me conduisez aussitôt à l\u2019hôtel où est descendu le baron von der Marwitz et où vous avez conduit le baron von Fohren ! \u2014 Marche ! \u2014 point de résistance ou j\u2019use de violence ! \u2014 Monsieur ! s\u2019écrie le cocher effrayé, tâchant de se dégager des mains de Ritter.Qui êtes-vous ?Que faites-vous ?Lâchez-moi ! \u2014 En avant ! s\u2019écrie Ritter, en épe-ronnant son cheval et en tenant, d\u2019un poing de fer, son prisonnier qui résiste violemment.Vous devez me dire où est restée la jeune fille que ces deux messieurs ont emmenée avec votre concours ! Pâle d\u2019efTroi, le cocher regarde le détective.\u2014 Je ne sais pas ce que vous voulez ! s\u2019écrie-t-il, furieux.Laissez-moi tranquille ! \u2014 Vous avez conduit l\u2019homme et la jeune fille ici, pendant la nuit.Je le sais, c\u2019est inutile de nier.Voulez-vous dire où est la jeune fille ?Dites ! Ce n\u2019est pas un jeu d\u2019enfant ! Vous vous conduisez en prison, si vous n\u2019avouez pas tout de suite ce que vous savez ! Le cocher tremble de tous ses membres, la peur et la consternation sont pointes sur sa figure.\u2022\u2014Je ne sais rien! dit-il, furieux Vous êtes sans doute fou ?Lâchez-moi, que diable ! \u2014 je saurai me défendre ! \u2014 Soyez calme ! dit Ritter avec une froide décision.J\u2019ai le droit de vous interroger.Je cherche la jeune fille, je veux l\u2019arracher à son ravisseur, car cet homme est un malfaiteur ; le savez-vous ?\u2014 En effet, pourquoi pas ?dit le cocher en riant.Mais si vous voulez savoir quelque chose de ce monsieur, alors il faut aller le trouver.Il est à l'hôtel «La Rose».Qu\u2019est-ce que cette histoire me regarde ?De la ville arrive un gendarme à cheval.Quand il voit la lutte entre les deux hommes, il excite son cheval et approche le plus vite possible.Ritter a rejoint le cocher et le tient ferme au collet.\u2014 Holà ! qu\u2019arrive-t-il ici ?s\u2019écrie le gendarme d\u2019un ton bourru.Que vou- lez-vous de cet homme ?dit-il à Ritter.Lâchez-le aussitôt ! \u2014Descendez et mettez les menottes à cet homme ! commande Ritter.C\u2019est un prisonnier.\u2014 Comment ?Qui est cet homme et qui êtes-vous ?s\u2019écrie le gendarme, étonné.\u2014 Laissez là toutes ces questions inutiles ! répond Ritter d\u2019un ton rude.Obéissez à mon ordre ! Vous saurez plus tard qui je suis ! \u2022\u2014 Quoi ?Quel ordre ?demande-t-il, étonné et inquiet.\u2014 Monsieur, je vous prie de dire qui vous êtes ?Répondez-moi.Et je vous engage à lâcher aussitôt cet homme ! Le détective reste calme.Il ne peut lâcher le cocher pour expliquer au gendarme qui il est, car le prisonnier profiterait de ce moment pour se sauver.\u2014 Je suis un policier secret, explique-t-il.J\u2019établirai mon identité, mais tenez d\u2019abord cet homme ! \u2014 Tiens! \u2014 Vous faites partie de la police secrète ?bégaye le gendarme, qui commence à soupçonner la vérité.\u2014 En effet ! \u2014 Exécutez promptement l\u2019ordre donné ! \u2014 Qu\u2019a donc fait cet homme ?demande ensuite le gendarme.\u2014 Cela ne vous regarde pas ! J'exige que vous arrêtiez ce gaillard ! \u2014 A votre responsabilité, monsieur ! reprend le gendarme, s\u2019emparant du prisonnier.\u2014 Voici \u2014 convainquez-vous ! dit Ritter, en lui montrant les insignes légitimes de son emploi.Le gendarme s\u2019excuse et salue respectueusement le policier.\u2014 A votre service monsieur le commissaire ! \u2014- Transportez l\u2019arrêté au bureau principal.Quand vous pourrez continuer votre service.\u2014 Marche ! commande le gendarme au prisonnier.Ritter avance au trot.Enfin, il descend devant l\u2019hôtel indiqué par le cocher.Le valet accourt pour garder le cheval.\u2014 N\u2019est-il pas arrivé ici, il y a un quart d\u2019heure environ, un monsieur à cheval ?demande le détective.\u2014 Oui, monsieur ! Mais ce monsieur est déjà parti ! ajoute le valet.\u2014 Monsieur le baron n\u2019a-t-il pas dit où il se rendait ?\u2014 Non.\u2014 N\u2019en savez-vous absolument rien ?Ne pouvez-vous le deviner ?\u2014 Pas le moins du monde, monsieur! Ritter donne un bon pourboire au valet et lui fait conduire son cheval à l\u2019écurie.Ensuite, il demande un voiture de remise et se fait conduire au bureau de police.Si le cocher, prisonnier, ne lui donne pas les renseignements demandés, la dernière trace est perdue.Ritter est convaincu que le cocher sait très bien ce qui est arrivé à Margot.Mais si Alfred a assassiné la jeune fille et que le cocher fut son complice, ce dernier n\u2019avouera certainement rien.Au bureau de police, une nouvelle surprise désagréable attend le détective.On le reçoit avec tout le respect dû à son rang.Le gendarme a livré son prisonnier et celui-ci a été introduit dans un réduit pour combustibles toutes les cellules étant occupées.Quand on ouvre la porte pour présenter le prisonnier au détective, la pièce est vide et le cocher a disparu sans laisser de traces.Ritter est consterné.Comment le prisonnier a-t-il pu se défaire de ses menottes et s\u2019évader par la fenêtre, voilà ce que les policiers ne comprennent pas.On se met imédiatement à la poursuite du fugitif.Ritter n\u2019attend pas le résultat.Il continue à rechercher Margot.CLXXXII \u2014 Sans pitié out est silencieux, après le départ du détective Ritter et ses compagnons.Soudain, s\u2019ouvre la porte de la pièce où Fanny aperçut l\u2019apparition du spectre.La forme blanche du fantôme sort, tenant dans la main de cire une lampe dont la lumière vacillante projette de très faibles rayons rougeâtres.Ses yeux brillent comme ceux d\u2019une folle, des boucles irrégulières d\u2019un blanc d\u2019argent encadrent sa figure livide.Elle murmure quelques paroles incompréhensibles et, tout doucement, elle se glisse plus loin dans le corridor.A peine a-t-elle quitté la pièce si longtemps fermée, que derrière elle apparaît une autre forme féminine, qui se glisse également dans le corridor.Fanny ne s\u2019était pas trompée, quand elle crut reconnaître la forme de Liane.Des heures entières, Liane avait resté dans la pièce en compagnie du fantôme et en proie à une angoisse terrible.Elle ne pouvait plus en sortir.Elle se croyait heureuse d\u2019avoir trouvé refuge.Lorsque Ritter poursuivait, avec ses compagnons dans les voûtes souterraines, la fugitive Fanny, Liane croyait alors que c\u2019étaient ses ennemis.Désespérée, Liane est tout à coup seule, entourée de profondes ténèbres.Elle ne peut ouvrir la porte.Elle s\u2019arrête et, s\u2019agenouillant, elle prie :\t« Dieux miséricordieux ! Ne m\u2019abandonnez pas ! Aidez-moi à fuir de cette maison, délivrez-moi du pouvoir de mes cruels ennemis ! Le sort de Margot lui est inconnu.Est-elle retombée rau pouvoir d\u2019Alfred et ses complices ?Elle ne soupçonne pas que Fanny seule est au château.Voilà pourquoi elle avance avec la plus grande prudence.Tout à coup, Liane s\u2019arrête.Elle entend le bruit de pas.A l\u2019angle où deux corridors se croisent, une forme apparaît soudainement devant la prisonnière.C\u2019est Fanny qui sort de sa cachette.Elle a vu partir le détective et ses gens.Un cri de joie sort des lèvres de Fanny.Elle se précipite sur Liane, qui recule et fuit.Comme une fauve, Fanny la poursuit, revolver en main.Liane se retourne et, courageuse, elle s\u2019adresse à son ennemie : \u2014 Misérable créature ! crie-t-elle, brûlant de colère.Partez ! Laissez-moi sortir ! Son attitude menaçante fait reculer Fanny, qui tient son revolver prêt à tirer.\u2014 Oh ! Gardez-vous bien de me toucher ! riposte Fanny à sa prisonnière, qui s\u2019avance vers elle.\u2014\tCoquine! Allez-vous-en et ne m\u2019empêchez pas de sortir ! \u2014\tNon, non! Jamais! Vous ne sortirez plus d\u2019ici ! Et, si vous osez avancer d\u2019un pas, je vous tue comme une bête ! \u2014\tFaites cela! Je préfère mourir que de continuer à souffrir ce martyre ! Liane se précipite, d'un bond, sur Fanny et une lutte acharnée est engagée.Fanny ne peut se servir de son revolver, car l\u2019attaque de sa prisonnière a été si subite qu\u2019elle n\u2019eut pas le temps de se défendre avec son arme.SOUPES- ETUVES - SAUCES et VOS RESTES AVEC y ® VOUS POUVEZ AVOIR UNE BELLE APPARENCE AVEC Le Traitement Myrriam Dubreuil C\u2019est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme.AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES GRATIS : Envoyei 5c en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimes et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE T.ps Jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 heures h 5 heures p.m Mme MYRRIAM DUBREUIL 6901, Ave de Chateaubriand Case Postale, 2353, Place d\u2019Armes, Montréal, P.Q.Ci-inclus 5c pour échantillon du Traitement Myrriam Dubreuil avec brochure.Nom Adresse Ville\tProv. 28 LE SAMEDI Liane est trop faible pour résister plus longtemps et, après quelques moments, épuisée, elle se débat désespérée.Elle se sent serrée à la gorge par les rudes poings de Fanny.Liane fait un effort suprême pour se dégager des mains de son adversaire, mais en vain.Presque étouffée et toujours entre les mains de la brute, elle perd toutes ses forces et tombe inanimée sur le sol.En même temps, Fanny dirige le canon du revolver sur la tête de la malheureuse fille, qui ne bouge plus et attend anxieusement le moment qui la séparera à jamais de tous ses parents et amis d\u2019ici-bas, mais qui la délivrera également des mains de ses ennemis mortels.Elle murmure une courte prière et n\u2019ose plus regarder cette lâche et indigne créature, qui se tient prête à lui brûler la cervelle.A ce moment suprême, la malheureuse reçoit du secours ! Derrière elle, une porte s\u2019ouvre et l\u2019effrayante apparition blanche se présente sur le seuil.Un cri aigu à fendre le cœur résonne dans le sombre espace.Epouvantée, Fanny lâche sa victime en poussant un cri strident.Elle recule tout ébahie.Le spectre s\u2019avance vers elle, d\u2019un pas précipité.Mais Fanny a pris la fuite et s\u2019est enfermée dans son appartement.Liane se tient à genoux, appuyant sa tête contre le mur.La léthargique se penche sur elle et caresse de ses mains douces et froides les pâles joues de la pauvre prison-nic ro.Elle murmure quelques paroles touchantes, comme une mère à son enfant bien-aimée.Liane se lève et, saisie d\u2019épouvante à la vue de ce fantôme, elle cache sa figure dans les mains.\u2014 Venez avec moi, pauvre ange ! dit la léthargique.Venez dans la tombe ! Là nous avons du repos \u2014 là tout est tranquille et les plus épaisses ténèbres nous y entourent ! Elle prend le bras de Liane et la traîne dans son propre lieu de refuge.Puis, elle ferme la porte.Après quelque temps, Fanny est revenue de son émotion et elle a maîtrisé sa peur.Elle retourne donc, à l\u2019endroit où eut lieu la lutte avec Liane.Elle trouve la porte fermée et, en vain, elle tâche de l\u2019ouvrir.\u2014 Où Liane se trouve-t-elle à présent ?se demande Fanny, en grinçant des dents.Grand Dieu ! Quelle apparition ! Mais cela ne peut être un esprit ! Non, au milieu du jour, les esprits ne se montrent pas ! Au lieu de m enfuir, j\u2019aurais dû tuer ma prisonnière ! Elle retourne dans la vaste halle et arpente tout le chateau, en s\u2019adonnant à toutes sortes d\u2019idées.Point de trace de Liane.A la tombée de la nuit, Fanny se tient tranquille dans son appartement dont les portes sont soigneusement fermées à clef et bien verrouillées.Mais, voilà ! \u2014 Ne frappe-t-on pas à la porte extérieure de la halle ?Fanny se lève et écoute.En effet ! On frappe de nouveau.Douze coups résonnent du clocher de l\u2019église.Il est minuit.Qui veut entrer à une telle heure ?Que désire ce visiteur nocturne ?Ce ne peut être le vieux régisseur, car celui-là possède toutes les clefs.Les coups sur la porte sont redoublés.Il faut donc qu\u2019elle aille voir qui est là.Une lampe à la main, elle sort doucement de sa chambre, mais par prudence elle pose la lampe à terre, der- rière la porte.Elle sort de sa poche un revolver chargé, qu\u2019elle tient dans la main.Elle s\u2019approche de la porte où on continue à frapper et elle y colle l\u2019oreille.Tout à coup, l\u2019impatient visiteur nocturne pousse un juron et se demande à mi-voix : \u2014 Que diable ! Ne serait-elle plus ici ?Fanny reconnaît la voix de cette personne.Tout doucement, elle ouvre la porte et dirige son revolver dans la direction du visiteur.Elle prend cette précaution pour ne pas se laisser surprendre au cas où elle se serait trompée.Le visiteur \u2014 qui n\u2019est autre qu\u2019Al-fred \u2014 n\u2019entre pas tout de suite, mais se tient à deux pas de la porte.Cependant, ils se reconnaissent facilement.\u2014 Est-ce vous, Fanny?demande Alfred.\u2014 Oui, oui! Vous arrivez à point.Etes-vous seul ?\u2014 Oui! fait-il.Alfred entre dans le château et Fanny ferme la porte.\u2014 Où en sont les affaires ?reprend le comédien.\u2014 Liane est encore au château.Je l'ai découverte.\u2014 Ha! Vraiment?\u2014 Où l\u2019avez-vous enfermée ?\u2014 Elle s\u2019est cachée .\u2014 mais entrons dans la chambre, là je vous raconterai tout.\u2014 Vous savez où elle se trouve, n\u2019est-ce pas ?continue-t-il impatiemment, en suivant Fanny.Fanny le met au courant des faits arrivés, pendant son absence.Alfred l\u2019écoute attentivement et l'histoire du fantôme lui inspire de la terreur.\u2014 Nous trouverons bien Liane, et au fantôme nous ferons bien son compte ! dit-il.Quel bonheur pour nous que tout se soit passé de la sorte! Je craignais que les espions ne vous eussent découverte et* emprisonnée.\u2014 Ils sont partis et ne reviendront probablement plus.\u2014 Mais dites, comment est-ce que vous vous êtes tirée d\u2019affaire ?Je remarquai que les espions vous ont suivie de près, n\u2019est-ce pas ?\u2014 C\u2019est possible qu\u2019ils aient été à nos trousses, mais je ne crois pas qu\u2019ils nous aient suivis de l\u2019œil.Ce qui vaut mieux, c\u2019est que nous ayons repris la fiancée du comte ! \u2014 Margot ?s\u2019écrie Fanny, contente.Ah ! quelle chance ! Qu\u2019avez-vous fait d\u2019elle ?Alfred lui raconte toute cette histoire.Puis il reprend : -\u2014 Quand nous aurons Liane en notre pouvoir, le mieux sera de la mettre également à l\u2019institut du docteur Jenkins.Elle pourra y finir se jours et ainsi nous pourrons continuer, sans souci aucun, notre vie habituelle.\u2014 Vous avez raison, consent Fanny.Mais le régisseur empêchera, par tous les moyens possibles, que nous emmenions Liane avec nous.\u2014 Nous enfermerons ce vieil hibou dans la tour.Il n\u2019aura qu\u2019à crever de faim ! \u2014 Est-ce qu\u2019il vous a vu entrer, tantôt ?\u2014 Non, il dort probablement; les fenêtres de son appartement ne sont pas éclairées.Le lendemain, Fanny et Alfred recommencent leur recherches.Mais toute peine est unutile.Tout est tranquille à l\u2019intérieur, rien ne bouge.Alfred frappe si violemment à la porte avec son rossignol qu\u2019un bruit sourd se fait entendre.\u2014 Ouvrez ! dit-il, d\u2019une voix altérée.Nous sommes des amis.Nous venons vous délivrer.Point de réponse.Se seraient-ils trompés ?N\u2019y a-t-il personne ?\u2014 N\u2019entendez-vous pas ?crie le cabotin, tâchant d\u2019imiter la voix du vieux Berthold.Je suis l\u2019intendant.Il y a des amis qui viennent vous chercher.Un rire strident résonne, comme s\u2019il sortait de la bouche d\u2019une folle.Un effroi saisit le cabotin.\u2014 Mon Dieu, qu\u2019était-ce ?dit-il.\u2014 Ce sera la maîtresse \u2014 le fantôme du château, dit Fanny.Elle doit être folle.Nous n\u2019avons pas besoin de la craindre.Liane est sans doute avec elle.Tâchez de l\u2019attirer dehors.Mais il n\u2019y a point de réponse, quelles que soient les belles paroles qu\u2019Alfred profère.\u2014 Si vous ne voulez pas m\u2019écouter, crie-t-il tout irrité, imitant la voix de l\u2019intendant, alors nous partons et nous vous abandonnons à votre sort ! Le rire effrayant résonne de nouveau, comme une moquerie diabolique.Alfred perd patience et frappe furieusement à la porte.-\u2014Nous savons que Liane est ici.Pourquoi ne répond-elle pas ?Pourquoi n'ouvre-t-elle pas la porte pour ses amis ?\u2014 Misérable coquin ! résonne une voix de l\u2019intérieur.Oui, je suis ici et je sais qui vous êtes ! Changez votre voix autant que vous voudrez, vous ne pouvez pas me tromper ! \u2022\u2014Que diable! jure Alfred, furieux.Sortez ! On ne vous fera pas de mal ! \u2014 Plutôt que de tomber entre vos mains, misérables assassins, je préfère périr dans ces voûtes \u2014Soyez raisonnable ! Vous êtes perdue, si vous n\u2019ouvrez pas la porte ! \u2014 Allez-vous-en, lâche coquin! coquin ! Laissez-moi tranquille ! Vous ne m\u2019attirerez ni par des promesses hypocrites, ni par des tromperies ! \u2014 Mourez donc de faim ! dit-il en grinçant des dents furieusement.Res- tez dans la tombe que vous avez choisie.Nous barrerons le passage.Vous ne verrez plus le jour! En jurant et invectivant, il s\u2019éloigne avec Fanny, qui approuve son projet diabolique.\u2014 Oui, enfermons-la avec son amie ! dit-elle avec une joie féroce.Alors, nous n\u2019aurons rien à craindre d\u2019elle.Et aussitôt le couple inhumain se met à l'œuvre.Les deux portes de sortie du corridor souterrain sont barricadées par des barres de fer, de sorte qu\u2019elles ne peuvent être ouvertes à l\u2019intérieur.Liane et la folle sont irrévocablement enfermées dans les voûtes et livrées à une mort atroce et douloureuse.\u2014 Si l\u2019intendant n\u2019y était pas, nous pourrions bien nous en aller, dit Fanny, une fois entrés dans leurs appartements.Mais le vieux pourrait les délivrer, si nous ne revenons plus ici.\u2014 Je voudrais bien lui préparer le même sort, dit Alfred.La porte de la tour peut également être barricadée.C\u2019est ce que nous avons fait aussi.Alors, il lui reste l\u2019issue par la fenêtre.\u2014 Nous n\u2019avons plus de vivres, soupire Fanny d\u2019un air sombre.Vous devez aller au village faire des emplettes.\u2014 Sacré tonnerre grogne le cabotin, saisi.Je ne puis le risquer.Ce serait nous trahir.Nous devons partir.\u2014 Ecoutez ! s\u2019écrie Fanny, effrayée.Il y a quelqu\u2019un dans la halle ! \u2014 C\u2019est l\u2019intendant.\u2014 Que diable, il entre ici ! Alfred saute vers la porte pour la fermer, mais trop tard.Elle est ouverte et le vieux Berthold se trouve devant le couple surpris.\u2014 Je pensais bien que les braves gens étaient de nouveau ici, grogne le vieux, plein de colère.« Vous croyiez sans doute le terrain libre, n\u2019est-ce pas ?» \u2014 Allez vous promener, vieil hibou ! glapit le cabotin, furieux.Lais-sez-nous tranquille, sinon cela pourrait finir mal pour vous ! Le vieux s\u2019approche en ricanant avec mépris.\u2014 J\u2019aurai soin de vous, coquin, vous et cette femme, vous serez écroués ! dit-il menaçant.Restez ici ! En effet, vous ne partirez pas avant qu\u2019il y ait des gens pour vous recevoir ! \u2014 Ah! ah! dit, en ricanant, Alfred.Vieux fou, croyez-vous pouvoir nous retenir ?Si nous en avons envie, nous partirons.\u2014 Essayez-le ! Vous ne sortirez pas! \u2014 Voilà la porte! dit Alfred, en grinçant des dents.Allez-vous-en, vieil ours ! \u2014 Non, il doit rester ici, dit Fanny, décidée.Elle court à la chambre pour verrouiller la porte.Elle verrouille la porte de la chambre où ils se trouvent tous et met la clef dans sa poche.La figure pâle et menaçante, elle se place à côté d\u2019Alfred.\u2014 Voilà \u2014 maintenant nous parlerons un peu d\u2019autre façon à ce fou ! dit-elle, en sortant son revolver.Il nous a clairement fait connaître ses projets.Alfred, nous savons ce que nous avons à attendre de lui ! Celui-ci consent avec une mine féroce.\u2014 En effet, nous saurons bien l\u2019empêcher de nous trahir ! Le vieux Berthold a regardé avec calme ce que Fanny a fait.Les paroles menaçantes du digne couple le font sourire avec mépris.\u2014 Croyez-vous, crapule, que je me laisse intimider par vous ?répond-il, se redressant et toisant de ses regards enflammés ses antagonistes.Je suis vieux, mais je veux me mesurer avec vous, malgré les armes dont vous me menacez! \u2014 Je doute que vous puissiez résister aux balles, ricane Fanny.Et je cVolcans qui Sommeillent [ Suite de la page 4 ] somme, un appareil simple mais encore fallait-il le trouver ; tout comme pour l\u2019œuf de Christophe Colomb.Aujourd\u2019hui, l\u2019appareil du professeur Gutton a fait place à d\u2019autres qui sont moins encombrants et d\u2019un maniement plus facile.Ils sont indispensables dans la présente guerre ou l\u2019emploi des mines terrestres est si répandu ; sans ces appareils il serait pratiquement impossible de découvrir et d\u2019enlever les mines placées par l\u2019ennemi sur le parcours probable des troupes et du matériel de guerre ; il faudrait autant dire remuer le terrain pouce par pouce, opération dangereuse et forcément lente.Avec les détecteurs de mines on localise avec facilité et très rapidement l\u2019endroit où est cachée chaque mine ; il n\u2019y a plus qu\u2019à enlever avec précaution la terre qui la recouvre, à l\u2019enlever de là et ensuite à s\u2019en servir au besoin contre l\u2019ennemi.Cette guerre est bien en effet une guerre totale, celle de l\u2019intelligence comme de la force et des laboratoires comme des parcs d\u2019artillerie. 27 MAI 1944 29 vous conjure que nous vous traiterons sans merci, si vous ne vous soumettez pas à nos conditions.\u2014 Ne vous rendez pas ridicule, répond le vieux, sans crainte.J\u2019attends mon jeune ami, le cocher Henri, que vous connaissez.Celui-ci avertira la police pour que vous soyez conduits en lieu sûr.Quand le vieux se dirige vers la porte avec son trousseau de clefs, elle lui crie un menaçant « halte ! » \u2014 Vous ne sortirez pas vivant d\u2019ici ! dit-elle furieuse et sortant son revolver.Le vieux ne s\u2019en inquiète guère, il ne croit pas que Fanny risque de tirer sur lui.Elle hésite ; c\u2019est un moment critique.Voilà que, d\u2019un bond, Alfred se jette sur le vieux, qui lui tourne le dos.Il le tient serré des deux bras et Fanny lui enlève son bâton.\u2014 Assassins ! crie l\u2019intendant, indigné.\u2014 Voulez-vous me tuer ?\u2014 Nous voulons vous empêcher de nous nuire dans nos actions ! dit Fanny triomphante.Au diable, ce vieux rat ! crie-t-elle au comédien.Enfer-mons-le également dans les voûtes ! Là, il pourra tenir compagnie aux autres ! \u2014 Oh ! diables que vous êtes ! grince le vieux régisseur, en tâchant de toutes ses forces de se dégager des mains du bandit.Qui avez-vous donc enfermé dans les voûtes ?La malheureuse Liane ?\u2014 Oui ! répond Alfred avec un rire diabolique.En avant ! dans les souterrains, vous trouverez celle que vous vouliez secourir ! Là, vous pourrez finir vos jours, car vous ne sortirez plus jamais de ce trou ! Fanny tient déjà une corde en main pour ligoter le vieillard.Mais celui-ci, enragé et excité, prend une attitude menaçante.Avec effroi et épouvante, il voit que sa position est critique et il remarque ce que lui réserveront ces deux misérables.Il fait un effort suprême pour se dégager et y réussit.Et quand Alfred se précipite vers lui pour le ressaisir, le vieux le repousse si violemment que le comédien culbute à deux pas plus loin, contre le mur.Au même moment, Fanny intervient, le revolver en main, et saute devant la porte qui donne accès à la première chambre.Le pauvre vieillard comprend qu\u2019il va perdre la lutte, car Alfred s\u2019est déjà relevé et, comme une bête féroce, il s\u2019élance sur le malheureux homme.Ce dernier se dirige vers l\u2019autre porte, par où il peut arriver dans la troisième chambre où Liane et Margot étaient emprisonnées.C\u2019est l\u2019unique chemin pour se sauver.Avant que les deux scélérats aient pu s\u2019en apercevoir, le régisseur s'est lancé vers cette issue.Alfred en avait auparavant cassé le verrou, mais le vieux avait eu la prudence d\u2019en tourner la clef.Fanny a fait feu trop tard.Tandis que les deux bandits s\u2019efforcent à l\u2019ouvrir, le vieux Berthold s\u2019y appuie si fortement qu\u2019ils ne réussissent pas à sortir de la pièce, Que faire maintenant ?Comment pourra-t-il s\u2019enfuir d\u2019ici ?Ne reste-t-il pas emprisonné ?Alfred rage en vain.La porte reste fermée.\u2014\tLaissez-le ! conseille Fanny, en retirant Alfred vers elle.\u2014\tIl ne peut nous échapper.Il lui est impossible de quitter la chambre.\u2014\tOh, oh! \u2014 qui sait?Comment Liane et Margot se sont-elles échappées ?Il faut bien qu\u2019il y ait une autre sortie et le vieux le saura bien.\u2014\tNous tiendrons l\u2019œil ouvert et s\u2019il tâche de se sauver, nous l\u2019abattrons comme un chien ! propose Fanny.Nous n\u2019avons pas le choix, le vieux doit être envoyé à l\u2019enfer ! \u2014 Et si le cocher vient ?Que ferons-nous, alors ?\u2014 Celui-là n\u2019aura qu\u2019à retourner sur ses pas ! \u2014 Nous devons partir d\u2019ici au plus vite, avertit Fanny tristement.Ce vieil âne a tout gâté ! Alfred ne répond plus et réfléchit mûrement à ce qui leur reste à faire.Le restant du jour se passe sans le moindre incident.Dans le château, rien ne bouge.Fanny et Alfred restent ensemble pour empêcher le vieux de s\u2019évader.Dans la chambre de ce dernier, tout reste tranquille.N\u2019y est-il plus ?A-t-il découvert la porte secrète et s\u2019est-il enfui ?Il est plus que probable qu\u2019il se trouve au château, car il ne peut le quitter sans être vu.Inquiets, les deux scélérats se tiennent en garde pour barrer le passage au fugitif.Avant la tombée de la nuit, ils barricadent toutes les portes qui donnent accès à la cour.\u2014 Nous ne pouvons partir qu\u2019après avoir rendu muet ce vieux rat ! avertit Fanny.Car il délivrera Liane et nous dénoncera tous ! \u2014 Chut ! Ecoutez ! dit Alfred, soudain.Il court à la fenêtre et, tout surpris, il se retourne vers Fanny : \u2014 Voilà une voiture qui arrive dans la direction du château.\u2014 Ce sera le cocher du village, répond Fanny, tranquillement.Bientôt, une voiture entre dans la cour et le cocher, qu\u2019ils connaissent très bien, descend vite de son siège.Il regarde attentivement autour de lui et, se dirigeant vers la tour, il disparaît dans la sombre entrée.\u2014 Ils veut aller auprès du vieux, dit Alfred excité.Il croit évidemment le trouver, en haut dans sa chambre.Qu\u2019allons-nous faire maintenant ?\u2014 Restez ici et gardez la halle ; j\u2019irai parler au gaillard, lui dit Fanny, en s\u2019en allant.Henri a, sans doute, reçu une clef de l\u2019intendant, sinon il n\u2019aurait pu ouvrir la porte.Fanny n\u2019a pas besoin d'attendre longtemps dans la cour.Le cocher redescend aussitôt.En voyant Fanny, il est fort saisi et la regarde, plein de méfiance.Il ne sait pas encore tout ce qui s\u2019est passé, mais par le gendarme, qui a accompagné Ritter et aidé à chercher Liane, les derniers événements sont connus au village.Ainsi, Henri est-il au courant du soupçon, qui repose sur Fanny.Il est surpris de la trouver ici.\u2014 Je croyais que vous étiez partie, dit-il, d\u2019un ton peu aimable.\u2014 Comme vous voyez, je suis encore ici, répond Fanny tranquillement.Vous cherchez sans doute le vieil intendant ?\u2014 Oui ! J'étais en haut dans la tour, mais je ne le trouvai pas.Est-il au château ?\u2014 Non! Il est parti.Depuis hier, il a quitté le château.Le cocher est fort surpris.Il a peine à croire que le vieux ait quitté le château et, à vrai dire, il ne s\u2019y était pas attendu.\u2014 Vous vous moquez de moi ?demande-t-il, douteux.\u2014 Mais non ! Le baron von Fohren était ici.Vous en avez sans doute entendu parler ?\u2014 Eh bien, monsieur le baron a eu un différend avec le vieux, qui a pris la clef des champs et m\u2019a dit qu\u2019en aucun cas il ne reviendrait.\u2014 Mon Dieu ! Cela est impossible ! bégaye Henri en secouant la tête.Le baron ne peut chasser le vieux Ber- thold, il n\u2019en a pas le droit.Et je ne puis croire que le vieux soit parti tout à coup, de bon gré.\u2014 C\u2019est comme je vous dis, reprend Fanny avec un sang-froid imperturbable.Et je crois que le vieux Berthold est allé au village.\u2014 Personne ne l\u2019a vu là-bas.\u2014 Alors, il sera allé à un autre endroit.Henri est désespéré.Il grogne quelque chose d\u2019incompréhensible.Vraisemblablement, il ne sait que faire.Ce que Fanny lui a communiqué, trotte comme un tourbillon dans sa tête.\u2014 Alors vous êtes, sans doute, seule ici ?demande-t-il subitement.\u2014 Oui, certes ! J\u2019attends le baron, qui reviendra demain.\u2014 Tiens \u2014 tiens ! grogne Henri.De jolies choses sont arrivées ici, mademoiselle.Il m\u2019étonne qu\u2019on ne vous ait pas encore arrêtée.Fanny rit avec une mine innocente.\u2014 Et pourquoi ?Je n\u2019ai pourtant rien fait.Et qu'est-ce qui serait arrivé ici ?\u2014 Eh bien, le gendarme a raconté que deux femmes sont emprisonnées ici et que vous et votre frire auraient tué les malheureuses.Le vieux Berthold le prétend aussi.\u2014 Ah, tout cela est insensé, dit Fanny en riant gaîment.La vérité est que c\u2019étaient deux folles que nous avons gardées ici.Elles se sont enfuies, grâce au vieux Berthold.Voilà pourquoi le baron l\u2019a admonesté.\u2014 Eh bien \u2014 l\u2019affaire ne me regarde pas, répond évasivement le cocher.Je veux seulement savoir où est resté le vieux Berthold.\u2014 Je regrette de ne pouvoir vous le dire.Je ne sais où il est allé ! \u2014 Il est donc parti ?\u2014 Oui, naturellement ! Combien de fois faut-il que je vous le répète ?Henri ne peut le croire.Il décide de passer la nuit ici, car il ne peut retourner, ce soir, avec son cheval fatigué ?Fanny l\u2019a prévu.Elle ne s\u2019y oppose pas, mais reste dans la cour jusqu\u2019à ce que le cocher ait mis son cheval à l\u2019écurie.En voyant le cheval d\u2019Alfred, il se rend près de Fanny et l\u2019interroge.Celle-ci lui répond que le cheval appartient à Alfred.Le cocher ne pense pas à aller chercher le vieillard au château.Fanny retourne chez son complice.Ils ferment à clef la porte de la halle et se rendent à leurs appartements pour combiner de nouveaux plans.\u2014 Si le cocher ne part pas demain matin de bonne heure, nous devrons l\u2019enfermer dans la tour et nous éloigner avec sa voiture, conseille Alfred.C\u2019est ce qui me semble le mieux à faire.Pendant qu\u2019ils sont en train de concerter, ils entendent tout à coup du bruit dans la halle.D\u2019un bond, Fanny est près de la porte et l\u2019ouvre.\u2014 C\u2019est le régisseur.Il veut sortir! s\u2019écrie-t-il.Vite, Alfred ! CLXXXIII \u2014 A l'institut des aliénés ieux miséricordieux, ayez pitié de moi ! Ce sont quelques paroles qui sortent de la bouche d\u2019une jeune femme, ligotée, d\u2019une camisole de force et étroite.Elle ne peut bouger, car de larges courroies la retiennent sur sa couchette.La pièce est entourée des ténèbres les plus épaisses.La faible clarté de lune n\u2019arrive pas jusqu\u2019à elle, car l\u2019unique fenêtre grillée de sa cellule se trouve du côté du nord.Un sourd gémissement échappe de sa poitrine et un frisson parcourt tout Etes-vous déprimée ?Nerveuse ?Sans énergie ?Délaissée ?La vie n\u2019a-t-elle pour vous que des désagréments ?Souffrez-vous de maigreur ?de vertiges ?De migraines ?et votre teint a-t-il perdu sa fraîcheur ?C\u2019est alors que vous avez le sang trop lourd, chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifié cause de pénibles désordres dans votre organisme.Faites alors votre cure de désintoxication naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux.TRAITEMENT SANO \"A\" élimineront tous ces poisons.De jour en jour vos chairs se développeront et redeviendront fermes, votre teint s\u2019éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cinq sous pour échantillon de notre merveilleux produit SANO « A » Correspondance strictement Confidentielle.Mme CLAIRE LUCE, LES PRODUITS SANO Enrg., Case Postale 2134 (Place d\u2019Armes), Montréal, P.Q.Ecrivez lisiblement ci-dessous : Votre nom Votre adresse Comment porter des FAUSSES DENTS plus confortablement FASTEETH, agréable poudre alcaline (non-acide), tient bien en place les dentiers.Pour manger et parler plus confortablement, saupoudrez un peu de FASTEETH sur vos dentiers.Ne laisse aucun goilt de colle ou de pâte.Empêche \u201cl\u2019haleine des dentiers\u201d.Procurez-vous FASTEETH à la pharmacie. 30 LE SAMEDI \u2019 m POUR LIRE EN TRAM.Avez-vous déjà fait le compte de tout le temps que vous passez dans le tramway au cours d\u2019une année ?Sinon, faites ce petit calcul et vous en serez surpris ! Dans le tram, tout comme dans le gîte de la fable, on court le risque de s\u2019ennuyer, car lorsqu\u2019on se rend à son travail ou qu\u2019on en revient, le sempiternel spectacle qui se déroule dans les deux sens n\u2019offre rien de particulièrement palpitant.Si vous tenez à tirer le meilleur parti de cette inévitable inaction prenez donc l\u2019habitude de réserver votre lecture de LA REVUE POPULAIRE à cette fin.LA REVUE POPULAIRE avec ses articles variés et intéressants de même qu\u2019avec ses romans de choix, est l\u2019article tout désigné pour ces voyages quotidiens à travers la ville.Notre roman complet de mai : L\u2019AMOUREUX NO 7 Par JACQUES SEMPRE Coupon cl'nbonncmcnt LA REVUE POPULAIRE 1\tan .SI.50 2\tans .S2.00 (Canada seulement) Veuillez indiquer d une croix (\t) s\u2019il s'agit d'un renouvellement.Nom Adresse Ville Province POIRIER.BESSETTE & CIE.LIMITEE.975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.HERNIE SOULAGÉE Notre méthode améliorée a soulagée rie» milliers Paa de courroie sur la Jambe, paa d'élastique, pu* d'emplâtres.I*aa de pression sur les hanches ou l'épine dorsale.Illen qu'un coussinet l'icxo Différé totalement des autres.Recommandé par médecins, mécaniciens, commis de partout.Très léger.PEU COUTEUX.GARANTI.Demander renseignements et offre d'essai.SMITH MANUFACTURING COMPANY Fondé «n 1893\tDept.215, Praaton.Ont.DETECTIVES Agents-Secrets.Hommes ambitieux de 18 ans et plus demandés partout au Canada, pour devenir Détectives.Ecrivez immédiatement h M.L.Julien, Casier 25, Station T., Montréal.son corps, à l\u2019idée qu\u2019elle se trouve abandonnée du monde.\u2014 Grand Dieu ! clame-t-elle.Qu\u2019a-t-on fait de moi ?Ah ! gémit-elle, désespérée, on m\u2019a enfermée dans une maison de santé ! La malheureuse femme éclate en sanglots et tâche en vain de se délivrer de ses liens.Elle appelle au secours, mais personne ne lui vient en aide.Ses gémissements et ses cris ne sont entendus par personne.Margot \u2014 car c\u2019est elle que nous retrouvons ici, si lâchement internée comme une folle dans l\u2019institut du docteur Jenkins \u2014 habite, depuis toute une journée, cet endroit terrible.On l\u2019a traînée de force dans cette cellule et, puisqu\u2019elle se défendait de toutes ses forces et tâchait de se délivrer des mains de ses ennemis, on lui mit cet instrument de torture : la camisole de force.Oui, elle est dans la maison des aliénés.Elle est irrémédiablement perdue, personne ne peut la délivrer de ce lieu effroyable.Condamnée à vivre dans cette cellule isolée, sous la garde d\u2019une femme rude et insensible ! Comme une créature enterrée vivante, elle doit subir toutes les tortures du désespoir.et m\u2019empressai de l\u2019interviewer à l\u2019intention des lecteurs et lectrices du \u201cSamedi\u201d.\u2014 Je vous félicite, mademoiselle, du succès que vous remportez actuellement dans l\u2019excellente revue de Fri-dolin, je viens d\u2019assister au spectacle et j\u2019ai été charmée par votre talent.\u2014-Je puis vous assurer que je suis très heureuse de participer à cette revue, je remercie M.Gélinas d\u2019avoir bien voulu me confier d\u2019excellents rôles.\u2014 Pourriez-vous me dire quelques mots sur votre carrière ?\u2014 Volontiers, je danse depuis l\u2019âge de 4 ans.\u2014 Depuis toujours .alors ?\u2014 Si vous le voulez, car de quatre à treize ans j\u2019ai étudié aux Studios Sheffler et Mary Beetles à Montréal.\u2014 N\u2019avez-vous pas donné, dans notre ville, il y a quelques années, un récital qui eut beaucoup de succès ?\u2014 En effet, en avril 1934, à la Salle Victoria, à Westmount, devant un auditoire de G00 personnes.\u2014 Et ensuite, quelles ont été vos activités ?\u2014 A l\u2019automne de la même année, je partais pour l\u2019Europe afin de perfectionner mes études \u2014 j\u2019ai eu comme professeurs : Carlotta Zambelli, danseuse étoile de l\u2019Opéra de Paris et la Princesse Egorova, ancienne danseuse étoile du Théâtre Impérial de St-Petersbourg.\u2014 A quel âge avez-vous fait vos débuts comme danseuse professionnelle ?\u2014 A 15 ans, c\u2019est-à-dire en 1937, je fus admise dans ïAméricain Ballet et, pendant deux années consécutives, j\u2019ai dansé au Métropolitan Opéra de New-York.\u2014 On peut dire que vous avez eu des débuts brillants qui vous font honneur.\u2014 Merci, mademoiselle.\u2014\tSi je me rappelle bien, vous avez figuré dans un film qui a passé sur nos écrans à Montréal ?\u2014\tEn effet, en 1938, j\u2019obtins un engagement de trois mois à Hollywood pour le film \u201cGoldwyn Follies\u201d.Déclarée folle ! Grand Dieu, quel supplice ! Ces idées ne la rendront-elles pas folle ?L\u2019obscurité profonde de la cellule, le silence caverneux qui entoure Margot, tout cela ne fait qu\u2019augmenter la peur et l\u2019effroi.Tout à coup, elle entend du bruit à la porte.On recule le verrou et une femme rude et brusque \u2014 c\u2019est la gardienne \u2014 entre, tenant une lanterne en main, et derrière elle le docteur Jenkins.Le docteur regarde la folle d\u2019un air froid et calme et ne montre pas le moindre sentiment de pitié, envers la malheureuse fille.\u2014 Oh monsieur ! supplie Margot d\u2019un ton à fendre le coeur, je vous en prie, délivrez-moi de ma terrible situation ! Je ne suis pas folle.Non, la perversité diabolique d\u2019une ennemie vengeresse m\u2019ont conduite ici ! Le docteur Jenkins ne répond pas.Toutes ces paroles le laissent parfaitement froid et ses traits restent impassibles.\u2014 Défaites la camisole de force ! or-donne-t-il à la garde-malade.Celle-ci enlève très adroitement les courroies, et la pauvre Margot est libre.Elle veut parler, supplier le docteur de lui rendre la liberté, mais au mê- \u2014 Bravo, vous avez été de succès en succès.\u2014 Au cours de ma carrière j\u2019ai eu le plaisir de danser dans les ballets de Stravinsky au Metropolitan Opera, sous la direction personnelle du maître.\u2014 Et vous faites partie, actuellement, du Corps de Ballet de Radio-City Music Hall ?\u2014 C\u2019est exact, depuis 1940 ; lorsque M.Gélinas me demanda pour sa revue en janvier dernier, j\u2019ai sollicité un congé de trois mois, ce que l\u2019on m'a accordé volontiers.\u2014 Il faut donc le remercier de nous avoir donné le plaisir d\u2019apprécier votre talent dans sa revue.Comme je disais ces mots quelqu\u2019un frappa à la porte.c\u2019était Fridolin en personne.\u2014 Je vous félicite, monsieur Gélinas, pour le succès que remporte votre revue, je me suis bien amusée et je tiens à vous dire combien votre choix a été heureux en la personne de Micheline comme première danseuse.\u2014 Très souvent j\u2019avais entendu parler du talent de notre gentille artiste canadienne.Depuis deux ou trois ans je me promettais de l\u2019engager dans ma revue.ce n\u2019est que cette année que j\u2019ai pu réaliser ce désir qui m\u2019était cher.\u2014 Sans doute, avez - vous préparé tout spécialement \u201cLa Belle au Bois Dormant\u201d pour utiliser les talents de cette artiste ?\u2014 En effet.\u2014 Vous avez certainement réussi, car c\u2019est un des plus beaux tableaux de votre revue.?Je sortis de la loge de Micheline Petoi.as, enchantée d\u2019avoir rencontré une artiste aussi humble que talentueuse ; quant à monsieur Gélinas, il faut lui savoir gré de nous l'avoir présentée dans son spectacle et de mettre en vedette nos artistes canadiens.Lucille Desparois.me instant elle est seule dans sa cellule.La gardienne revient avec un plat fumant et quelques tartines, de la saucisse et de la viande rôtie.Elle dépose tout sur la table et veut s\u2019éloigner, sans rien dire.\u2014 Oh ma bonne femme, restez un peu Ecoutez-moi ! s\u2019écrie Margot.\u2014 Que voulez-vous ?répond - elle rudement.\u2014 Dites-moi, puis-je parler au directeur de l\u2019établissement ?\u2014 Il était ici tout à l\u2019heure! Que voulez-vous de lui ?\u2014 Je veux ma liberté! dit Margot, indignée.Je ne suis pas folle.On n\u2019a pas le droit de me traiter de la sorte et de m\u2019enfermer de force ! La femme éclate d\u2019un rire moqueur.\u2014 Mon Dieu! Vous prétendez ne pas être folle ?dit-elle, en ricanant.Cela n\u2019est rien de nouveau.Et je dois avouer que vous parlez comme une personne sensée.Mais voyez-vous, vous avez un hanneton dans la lanterne.Vous souffrez de mauvaises idées, comme disait votre parent, qui vous a conduite ici \u2014 \u2014Cet homme n\u2019est pas de ma famille ! C\u2019est un escroc, un malfaiteur de la pire espèce ! dit Margot, pleine d\u2019indignation.\u2014 Vous voilà de nouveau! dit, en haussant les épaules, la gardienne.Voilà vos idées peu salutaires, dont vous devez être guérie ici.Oui, c\u2019est terrible avec ces folles ! Margot voit que, par quelque raisonnement que ce soit, elle ne parviendra pas à convaincre cette femme stupide, de l\u2019état normal de ses facultés mentales.Désespérée, elle laisse tomber la tête et éclate en sanglots.Sa misère touche le cœur de cette femme, abrutie et insensible.Elle s\u2019aproche de Margot et continue d\u2019un ton plus doux : \u2014 Je puis me figurer que vous ne vous plaisez pas ici, car vous n\u2019avez pas tout à fait perdu votre esprit et vous savez en quel état vous vous trouvez.Voilà pourquoi je vous dis que cela dépendra de vous, si vous tenez à être bien traitée ici.Si vous êtes sage, vous aurez une belle chambre et pourrez vous promener toute la journée au jardin.\u2014 Je veux ma liberté! sanglote Margot.Je ne veux pas rester ici ! \u2014 Oui, alors je ne peux pas vous aider, grogne la femme impatiemment.Je vous conseille, cependant, dans votre propre intérêt : tenez-vous coite et ne faites pas de bruit, sinon vous souffrirez beaucoup.Il ne s\u2019agit pas de badiner avec notre directeur, il ne fait pas de compliments aux patients récalcitrants.\u2014 Si je pouvais parler à cet homme, je le convaincrais bien que je suis saine d\u2019esprit.Je lui dirais qui est ce fourbe, qui m\u2019a conduite dans cette maison.Oh, croyez-moi, ma bonne femme, on a commis un crime à mon égard.La misérable m\u2019a tenue emprisonnée, à un autre endroit.\u2014 C\u2019est bon! dit la garde, d'un air moqueur.Je n\u2019ai pas le temps d\u2019écouter plus longtemps vos bavardages ! Le lendemain, sa garde revient et lui apporte son déjeuner.La faim oblige Margot à prendre ce repas modeste.Puis, la femme lui dit de la suivre.Elle conduit Margot dans un petit jardin, entouré de hauts murs.Bientôt, paraissent d\u2019autres femmes, patientes de l'établissement.Dans les yeux de ces malheureuses, brille le feu de la démence.Quelques-unes sont bruyantes et sautent comme des enfants heureux et riants.D\u2019autres se promènent en silence.Une épouvante indicible saisit Margot.iMicheline ^Pétolas [ Suite de la page 5 ] 27 MAI 1944 31 En frissonnant, elle fuit dans le coin le plus reculé du jardin et, quand une des compagnes du sort s\u2019approche d\u2019elle, elle tremble d\u2019effroi.Après quelques heures, les gardes chassent les malheureuses dans leurs cellules.Margot est reconduite dans la maison, mais à son grand étonnement, pas dans sa prison solitaire, mais dans une grande chambre simplement meublée, et très propre.\u2014 Dois-je rester ici ?demande-t-elle, en regardant étonnée autour d\u2019elle.\u2014 Oui, dit la gardienne en riant astucieusement.J\u2019ai parlé à monsieur le directeur.Il viendra chez vous.Soyez très gentille envers lui, cher enfant.Alors vous serez à votre aise.Et d'un rire, qui remplit Margot de terreur, la femme s\u2019en va et ferme la porte derrière elle.Ses paroles et ses gestes ont fait soupçonner à Margot un terrible danger.En tremblant, elle attend la visite du médecin des aliénés.Cet homme dispose de sa liberté, elle est entièrement livrée à lui, il peut agir envers elle comme bon lui semble \u2014 elle le sait et son angoisse augmente, à chaque minute.Enfin, la porte s\u2019ouvre.La garde regarde à l\u2019intérieur et fait place au directeur, qui franchit le seuil d\u2019une tenue hautaine.Sur un signe, la garde s\u2019éloigne, sans rien dire.Margot est debout au milieu de la chambre, appuyée contre la table et tenant sa main sur son cœur palpitant.Elle regarde le médecin d\u2019un air plein d\u2019effroi, comme un oiseau sans défense, qui se sent menacé par un serpent vénimeux.Dans la figure hypocrite de ce brave, est cachée toute la perversité d\u2019un fourbe, dont l\u2019astuce et l\u2019hypocrisie sont en état de séduire quiconque n\u2019a pas eu l\u2019occasion de mieux le connaître.Ses subalternes pourraient raconter des choses graves, mais on a acheté leur silence, à force d\u2019argent.En outre, ils craignent leur maître et tremblent devant lui.En général, on le considérait comme un homme d\u2019honneur et on le contrôlait pour la forme.Le médecin des aliénés, se sentant en parfaite sûreté, croyait pouvoir agir à son gré, avec les malades confiés à ses soins.Maintenant, le docteur Jenkins contemple attentivement la malheureuse fille et est surpris de sa grande beauté.En effet, c\u2019est un précieux oiseau, tombé dans ses filets.Sa figure Pharisienne se plisse en un rire, qui fait trembler Margot.\u2014 Eh bien, ma belle enfant, vous vouliez me parler ?dit-il gentiment en s\u2019approchant.Il parle à Margot avec son paternel tutoiement, car il ne juge pas nécessaire d\u2019observer la politesse envers ses prisonnières.Avec un désagréable sourire, il caresse ses joues.Vivement, Margot se retire en rougissant de honte et d\u2019indignation.\u2014 Monsieur! dit-elle, excitée.Vous savez que je ne dois pas être ici.Je vous dirai qui je suis et quel crime on a commis envers moi, et j\u2019espère que si vous êtes un homme d\u2019honneur, vous me rendrez aussitôt ma liberté.Le docteur Jenkins rit d\u2019une manière sarcastique.Ses regards deviennent de plus en plus avides.Margot est doublement belle dans son indignation et excite, au plus haut degré, le docteur.\u2014 Ah ! mon enfant, tu parles merveilleusement bien, dit-il plaisamment.Mais tout ce que tu me racontes ne m\u2019intéresse en aucune façon.Tu es et tu resteras ici.Et si tu es très aimable et complaisante, tu seras traitée comme une princesse.En pâlissant de peur, Margot recule davantage, en étendant les mains pour l\u2019écarter.\u2014 Ne me touchez pas ! crie-t-elle, pleine de dégoût.Oh mon Dieu ! En quelles mains, suis-je tombée?\u2014 Je vous en prie, monsieur, s\u2019écrie-t-elle, tandis que les larmes d\u2019angoisse coulent sur ses joues, ayez pitié de moi ! \u2014 Folle ! crie le docteur, irritée.Pourquoi faire ces embarras ?Cela ne te sert à rien.Sois raisonnable, je suis habitué qu\u2019on m\u2019obéisse passivement.Il s\u2019élance sur Margot et l\u2019embrasse.Ses yeux flamboient, sa figure brûle de passion.Il sert fortement la jeune fille contre lui et son souille brûlant effleure ses joues.En frissonnant, elle détourne sa figure.\u2014 Allons \u2014 pas de folie ! dit le forcené, en la poussant contre le divan.Tu es un ange de beauté \u2014 ah ! ah ! Et tu m\u2019as complètement enchanté ! Ses lèvres brûlent sur les joues de Margot.Mais soudain la malheureuse fille, qui se croyait déjà perdue, parvient à dégager ses mains et, au même instant, un coup assené avec force de son petit poing solide, frappe le misérable en pleine figure.Avec un cri de rage, il lâche sa victime et saute en arrière.Ses yeux lancent des éclairs, sa figure est contractée par une violente colère.\u2014 Quoi ?Tu as osé \u2014 fille impertinente \u2014 sacré tonnerre \u2014 mais attends ! crie-t-il, furieux.Veux-tu sentir le fouet ?Ou la camisole de force ?\u2014 Ayez honte \u2014 vous, un homme d\u2019honneur ! lui lance Margot, en tremblant de colère et d\u2019indignation.Parce que je suis en votre pouvoir, vous abusez de ce pouvoir et croyez pouvoir faire ce que vous voulez d\u2019une femme sans défense.Mais ne m\u2019approchez plus.Avant de souffrir la honte, je sauterai par la fenêtre, devant vos yeux.A ces mots, elle ouvre la fenêtre et saute sur l\u2019accoudoir.Ebahi, le docteur s\u2019arrête, car la décision de cette jeune fille lui inspire une frayeur involontaire.\u2014 Oh! oh! Tu es un vrai chat sauvage! dit-il d\u2019un air moqueur.Mais attends, tu seras apprivoisée.Nous avons assez de moyens pour casser une tête si fière.\u2014 Vous êtes un fourbe! crie Margot, pleine de mépris.Faites ce que vous voulez.Je suis en votre pouvoir.Mais jusqu\u2019à mon dernier soupir je lutterai pour mon honneur.Et j\u2019ai foi en Dieu que le crime ne restera pas caché.| A suivre au prochain numéro | m I ECRIVEZ A NOS GARS DANS LES FORCES ARMÉES Contribution de la nmSSEEMS \"BLACK HORSE\u201d ®&WH! 32 LE SAMEDI LANGUE FRANÇAISE SHVEZ-VOUS UOS ADJECTIFS ?Quel est l'adjectif d'estomac ?Si \"stomacal'' ne vous frappe pas en plein plexus, soignez votre vocabulaire ! Par ALBERT LEMIEUX Laquelle de ces phrases préférez-vous : \u201cune lueur fuligineuse traîne à l\u2019horizon\u201d ou bien \u201cune lueur qui a la couleur de la suie traîne à l\u2019horizon\u201d ?Point n\u2019est besoin d\u2019avoir décroché son bachot ès lettres pour trouver la bonne réponse.L\u2019adjectif qualificatif fuligineuse raccourcit le membre de phrase et lui confère du relief.Nous avons la bonne fortune d\u2019avoir en français une foule de noms communs et de noms propres qui se transforment avec vigueur en adjectifs correspondants.Si nous n\u2019en avions pas un pour Corneille, il nous faudrait faire bien des détours pour décrire un style qui ressemble à celui du père de la tragédie française, mais avec cornélien, le tour est joué ! Changer le substantif en adjectif n\u2019est la plupart du temps qu\u2019un éclair de pensée : colonie, colonial ; père, paternel ; malice, malicieux ; Etats-Unis, états-uniens ; bureaucratie, bureaucrate, etc.Il y a certains qualificatifs qui nous offrent plus de difficultés.Pour que vous puissiez juger de vos forces en fait d\u2019adjectifs, scrutez les cinquante substantifs suivants et voyez combien d\u2019entre eux vous pouvez transmuer en qualificatifs.Ne consultez pas le dictionnaire, ne trichez pas la couronne en jetant un coup d\u2019œil de travers sur les réponses à la fin de cet exercice.Comptez deux points par réponse exacte.Pourcentage maximum: 100% Votre -pourcentage :\t% RIONS , C\u2019EST L\u2019HEURE.1\u2014\tbain\t ?2\u2014\tmoine\t?3\u2014\teau\t ?4\u2014\tplagiat .?5\u2014\trespiration\t?6\u2014\tvie\t H 7\u2014\tchasse\t?8\u2014\ttitan\t?9\u2014\tfaubourg\t?10\u2014\tbabel\t?11\u2014\tapôtre\t?12\u2014\tSuisse\t ?13\u2014\tNaples\t?14\u2014\tévêque\t?15\u2014\tcloître\t?16\u2014\tcerveau\t?17\u2014\tterritoire\t?18\u2014 nuit\t.?19\u2014\tbaron\tfj 20\u2014\tduc\t?21\u2014\t-empereur\t?22\u2014\tcheveu\t ?23\u2014\t-vêtement\t?24\u2014\tnez\t?25\u2014\tautomne\t?Votre pourcentage :\t% 26\u2014doigt\t\t ?27\u2014poumon\t\t ?28\u2014fleuve\t\tn 29\u2014Socrate\t\t?30\u2014Molière\t\t?31\u2014météore\t\t?32\u2014Java\t\t ?33\u2014chien\t?34\u2014chat\t\t?35\u2014diocèse\t.?36\u2014bras\t\t ?37\u2014bœuf\t\t?38\u2014crépuscule\t.?39\u2014lune\t?40\u2014comète\t\t ?41\u2014résidu\t?42\u2014fonction\t?43\u2014thorax\t\t?44\u2014peuple\t\t?45\u2014jovialité\t\t?46\u2014Rabelais\t\t?47\u2014esprit\t\t?48\u2014glace\t\t ?49\u2014puérilité\t\t ?50\u2014jubilé\t\t?\u2014 Tiens, tu t\u2019es acheté un télescope ?\u2014 Oui, et c\u2019est merveilleux de regarder là-dedans.\u2014 Il rapproche beaucoup ?\u2014 Enormément; tiens, l\u2019église du village voisin que tu peux à peine distinguer à l\u2019œil nu, eh bien elle paraît si près de toi dans le télescope que tu peux en entendre les orgues quand on les joue.\u2022 Jos a l\u2019intention de planter des petits arbres et il se met à la besogne.Son voisin l\u2019aperçoit.\u2014 Pourquoi creuses-tu des trous ?lui demande-t-il.\u2014 Je ne creuse pas de trous, répond Jos, je creuse la terre, les trous se font tout seuls.\u2022 Un conférencier parlait contre l\u2019alcool.\u2014 Mesdames et messieurs, dit-il, l\u2019alcool est le pire ennemi de l\u2019homme et lui fait faire toutes les bêtises.Je suppose un homme qui est saoul et qui a un revolver dans sa poche ; il commence par se chicaner avec un ami puis il tire dessus avec son revolver et enfin il le manque ; tout ça par la faute de l\u2019alcool.\u2022 \u2014 Tu te vantes de connaître le chinois mais tu n\u2019as rien compris du tout à la conversation du Chinois qui vient de te parler.\u2014 Je vais te dire, je comprends le chinois, mais à la condition qu\u2019on me le parle en français.\u2022 Un employé nouvellement engagé sur une ligne de chemin de fer arrive à une station dont il ne se rappelle plus le nom ; cela ne l\u2019embarrasse pas longtemps et il se met à hurler dans le train de sa plus belle voix : \u201cAttention, les voyageurs ! ceux qui descendent ici sont arrivés !.\u201d \u2022 \u2014 Quand un Irlandais sale sa soupe il frappe des petits coups sur le fond de la salière et un Hollandais frappe sur le côté ; sais-tu pourquoi ?\u2014 J\u2019ignorais ce détail-là et je me demande en effet pourquoi ils agissent ainsi.\u2014 C\u2019est pour faire sortir le sel.\u2022 Un automobiliste qui se dirige vers la ville de Québec arrête sa machine auprès d\u2019un habitant qui fume sa pipe au bord du chemin et lui demande : \u2014 Eh, Jos! combien de milles d\u2019ici Québec ?\u2014 Tiens ! dit l\u2019habitant, comment savez-vous que je m\u2019appelle Jos ?\u2014 Je l\u2019ai deviné.\u2014 Eh bien, devinez aussi le nombre de milles qu\u2019il vous reste à faire.\u2022 Un homme dégringole du quatrième étage sur le pavé et son copain descend en vitesse pour le ramasser.\u2014 Es-tu mort, Pat?lui demande-t-il.\u2014 Ah oui, répond l\u2019autre, je crois bien que je suis mort.\u2014 Ecoute, reprend son ami, tu es tellement menteur que je ne sais pas si je dois te croire ! \u2014 Ce qui prouve bien que je dis la vérité, dit Pat, c\u2019est que si j\u2019étais encore vivant tu aurais déjà un beau coup de poing sur la tomate pour m\u2019avoir appelé menteur.\u2022 \u2014 Si Jos vient pour me voir avant que je sois rentré, dis-lui de m\u2019attendre.\u2014 Ah !.et s\u2019il ne vient pas, qu\u2019est-ce qu\u2019il faudra que je lui dise ?Un marchand de charbon est en train d\u2019engueuler un de ses hommes de cour.\u2014\tJe ne peux pas te conserver à mon emploi, lui dit-il, tu es trop bête pour faire même une petite addition de deux chiffres et tu n\u2019apprendras jamais à compter ! \u2014\tDites pas ça, répond l\u2019homme, je me suis au contraire déjà bien instruit dans les chiffres depuis que je pèse du charbon pour livrer aux clients.\u2014\tQu\u2019est-ce que tu as donc appris, dis-moi ça ?\u2014\tEh bien, par exemple, que quinze cent livres ça fait une tonne .\u2014\tCorrect ; je te garde.\u2022 Dans un pay's où le duel au pistolet existe encore, un gros homme doit se battre contre un tout maigre.Il fait la grimace.\u2014 C\u2019est l\u2019autre qui a\" toutes les chances, dit-il, il est si maigre que ça va être comme si je visais un cordon de soulier.Lui, au contraire, a de la place pour m\u2019envoyer une balle dans la peau ! \u2014\tAttendez, dit un des témoins, je vais arranger ça.Il trace un petit rond à la craie sur le ventre du gros homme et lui dit : \u2014\tLà !.si votre adversaire frappe avec sa balle en dehors du rond, ça ne comptera pas.\u2022 Une bonne femme envoie, par colis-postal, une belle veste de laine à l\u2019un de ses garçons et, comme elle n\u2019est pas bête, elle s\u2019est arrangée pour que le colis ne soit pas trop lourd et ne coûte pas trop cher d\u2019envoi.Elle en informe son fils par lettre.\u201cJe t\u2019envoie une belle veste de laine, lui écrit-elle, j\u2019y avais cousu des beaux boutons en métal mais je me suis aperçu ensuite qu\u2019ils étaient si pesants que ça coûterait trop cher d\u2019envoi ; alors j\u2019ai décousu les boutons et tu les trouveras dans une des poches de la veste ; tu n\u2019auras simplement qu\u2019à les faire recoudre.\u2022 Un touriste qui passait près d\u2019une petite église de campagne entend sonner la cloche et, comme il est assez curieux de son naturel, il s\u2019informe auprès du sonneur quand celui-ci sort de l\u2019église.\u2014 Pourquoi la cloche sonnait-elle tout à l\u2019heure ?lui demande-t-il.\u2014 C\u2019est, répond le sonneur, parce que je tirais sur la corde.\u2022 \u2014 Soyez assez bon de donner dix cents à un pauvre aveugle.\u2014 Mais vous n\u2019êtes pas aveugle, mon ami ; vous avez encore un œil de bon.\u2014 C\u2019est vrai, alors donnez-moi cinq cents seulement.\u2022 Un touriste au long cours avait décidé d\u2019aller passer quelques mois sur la terre d\u2019Afrique.Il débarque dans un petit port et entre dans un magasin de fruits.Le marchand est un nègre du plus beau noir mais il parle un français très correct.\u2014\tDepuis combien de temps êtes-vous ici ?demande le touriste au nègre.Le nègre croit que le voyageur fait allusion à son installation dans le magasin qui est ouvert depuis très peu de temps.\u2014 Depuis six semaines, répond-,il.\u2014 Depuis six semaines seulement et vous êtes déjà aussi noir que ça ! s\u2019écrie le touriste ; et moi qui avais envie de passer quelques mois par ici ! Je reprends le bateau tout de suite, je n\u2019ai pas envie de rentrer dans mon pays cuit par le soleil au point de ressembler à un sac de charbon.REPONSES 'OJiB|!qnÇ\u2014OS ; [uand\u2014Gf ! lepEjS\u201481 ! janq-iids\u2014! uatsa[aqe.i\u2014gj, ; [eiaoÇ\u2014g{, : o.ne[ndod \u2014XX ! anbpn-ioq;\u2014gx ! |auuoi;auoj- \u2014\t! [anpisaj\u2014xx ; ajpqaujoo\u2014ox ! ajteun[\u2014gg ; ajte[nosnda.io\u201482 : uiAoq\u2014/,£ i [eiqotuq\u2014gg ; uiesaooip\u2014çg ; uqoj\u2014f,g ; uiueo \u2014gg ! stbubabÇ\u2014gg ! anbuoa;auj\u2014jg ! anbsajaqoui\u2014og ! anbt;eaoos\u2014Gg ! [EiAny -82 ; o.itBuouqnd\u2014yg ! (e;;3;p\u2014gg ; [euiuojnE\u2014gg ! [eseu\u2014f>g ! o.utquounjsaA\u2014gg î a-UBUideo\u2014gg ; [euadun\u2014;g ; (Eanp\u2014og ! jEiuuojEq\u2014g[ ; ou-inpou\u20148X ! lEi.ioq.ua; \u2014il ; |Bjqa.iaa\u20149[ ; [Ej;snB[a\u2014g; ; [Edoasida\u2014{¦[ ; uieqiodeu\u2014gx ! anb;;aA[aq\u2014gx ; anbqo;sodE\u2014xi ! anbqaqeq\u201401 ¦ uaunoqnej\u2014g ; anbsaueq;\u20148 : anbi;a8auÆ»\u2014i ! [b;ia\u2014g ! ajio;cj;dsa.[\u2014g ; aatBi3B[d\u2014x ! anbijenbe\u2014g ! [bdeuoui\u2014g ! a.nBau|Bq\u2014x EVALUEZ VOS PROGRES Jusqu\u2019ici nos chroniques de mots, si décousues semblent-elles, vous ont fait étudier, directement ou indirectement, au delà de 500 mots.Nous sommes prêts à parier que vous en avez appris plus en six semaines qu\u2019au cours de toute une année.C\u2019est l\u2019essence du système : s\u2019édifier un vocabulaire par la méthode collatérale.Voici quelques suggestions pour tirer le meilleur parti de votre programme d\u2019amélioration de vocabulaire : 1\u2014\tRendez-vous bien compte que : plus vous savez de mots, mieux vous pensez, mieux vous influencez les autres, plus forte est votre maîtrise des connaissances humaines.2\u2014\tRevoyez nos chroniques antérieures, suivez les prochaines, remémorez-vous les mots appris.3\u2014\tOuvrez vos yeux et vos oreilles à tout mot nouveau.4\u2014\tUtilisez sans ménagement votre dictionnaire.5\u2014\tServez-vous de tout mot que vous vous assimilez.6\u2014\tChassez les anglicismes, ces faux frères de notre vocabulaire. 27 MAI 1944 33 ms s *5 \u201cflft !y HP j jpjpatt» Ht, ^ Nij| ip lia I iiiii r î 1:1;* VvA.'V rv J i\ts ¦¦1 un: V^ :> V Mwi\\xàcx\\mi\\:&2£ /«/iixi> ° IJ D^il ^ tifei ilIXl ff=T\" iûsi II jl^ IN l'l$ll ZZl\u2018>r = ////g//^L< jÿgjraia:T QUATORZIEME EPISODE J1 o ri EAlfi i ï LVI E3 yfljü ty ïii JB ^ m min ¦'.III1.mm */ ,ii''ii, if toS 1\t\u2014 C\u2019était d\u2019abord une silhouette vague qui avait attiré l\u2019attention de Colombe Blanche, elle ne pouvait rien distinguer dans l\u2019ombre.Mais soudain la silhouette se fît plus apparente dans un rayon de lune et elle arrêta un cri de surprise sur ses lèvres.\"Chang ! \u201d murmura-t-elle.\u201cQue fait-il là ?\u201d 2\t\u2014 Le souvenir du cuisinier chinois qui l\u2019avait épiée ainsi que Torn lui revint.Elle laissa le chinois monter sur son cheval et disparaître, puis enjambant la fenêtre, la petite Sioux se laissa glisser sur le sol, la figure sérieuse et résolue.3\t\u2014 \u201cIl faut que je le suive et voie où il va,\u201d se dit-elle, en se dirigeant vers le parc où elle prit un cheval.En claquant la langue sur ses dents, elle attira la bête qui s'avança, les oreilles droites, et se laissa monter par la petite reine.® mm £ ivæ&S ÿjmrri ;V.\u2022 S mm rasa \\!Æmâ 4\t\u2014 Elle avait été élevée avec les chevaux au camp des Sioux et aimait beaucoup les bêtes.Elle savait si bien s\u2019y prendre qu\u2019elle se faisait comprendre d\u2019elles.Elle avait sauté sur le dos nu du cheval et lui touchait légèrement le cou.Mais l\u2019animal avait compris et s\u2019était mis à la poursuite de Chang.5\t\u2014 Colombe Blanche arriva enfin en vue d\u2019une grande maison, avec d\u2019autres bâtisses attenantes.\u201cLa maison de Leroux ! \u201d, souflla-t-elle, en guettant Chang qui descendait de cheval et courait vers la porte principale.\u201cAinsi Thomas avait raison.Chang est complice de Leroux ! \u201d G \u2014 Comme une ombre, Colombe Blanche se glissa jusqu\u2019à la maison, et là, se cachant dans les buissons, elle guetta le chinois, frappa à la porte et attendit.Quelques minutes s\u2019écoulèrent, puis une voix rauque se fit entendre de l\u2019intérieur.JMB 7\t\u2014 Soudain, la porte s\u2019ouvrit et le traître apparut sur le seuil.\u201cEh bien, que viens-tu faire ici ?\u201d ronchonna-t-il.\u201cJe viens vous dire,\u201d dit le chinois de sa voix chantante, \u201cque Colombe Blanche et son ami sont au ranch Landry ! \u201d L\u2019autre l\u2019écouta en silence et demanda ensuite plus de détails.nw |g 8\t\u2014 Colombe Blanche, de sa cachette, entendit toute leur conversation.Chang disait à Leroux qu\u2019elle-même et Thomas le soupçonnaient et qu\u2019ils viendraient à son ranch afin de découvrir quelque chose.\u201cLe traître ! \u201d murmura la jeune fille.mm « 9\t\u2014 Elle se pencha pour en entendre davantage ; les voix avaient baissé de ton et il était difficile de tout saisir.Elle était tellement intéressée à écouter qu\u2019elle n\u2019entendit pas et ne devina même pas qu\u2019un des hommes de Leroux s\u2019avançait en arrière d\u2019elle et s\u2019apprêtait à la saisir.[ Suite au prochain numéro ] 31 LE SAMEDI aaCHAISE-TREÎOft mm NEUVIEME EPISODE w w /àïu, 1 \u2014 On se souvient que les trois amis, en regagnant la ville dans l\u2019automobile empruntée aux frères Legris, avaient été arrêtés par la police qui les accusait d\u2019avoir volé la voiture.Ils réussirent cependant à s\u2019échapper et gagnèrent les quais.2 \u2014 \u201cIl faut maintenant continuer notre route et il nous faut partir le plus tôt possible,\u201d dit André.\u201cC\u2019est bien mon avis,\u201d dit Noirot.Après avoir marché le long des quais, ils arrivèrent à un endroit où se trouvait un bateau à vendre.3 \u2014 Il appartenait à un vieux loup de mer et, après avoir marchandé, André l\u2019acheta à bas prix.\u201cMaintenant, vous allez tous les deux préparer le bateau, pendant que j\u2019irai magasiner,\u201d dit André.\u201cEt ne vous montrez pas trop, la police est toujours à nos trousses.\u201d 4\t\u2014 Et André se dirigea vers un modeste magasin, près du quai ; il y acheta un lot de provisions.Mais, pendant qu\u2019il en faisait un colis, il vit deux policiers à la porte.5\t\u2014 A leur conversation, il comprit qu\u2019ils avaient été suivis jusque sur les quais.Il réfléchit rapidement et fit l\u2019achat d\u2019un manteau et d\u2019un chapeau cirés.Ty@it3IT 6\t\u2014 Il s\u2019en revêtit aussitôt et, prenant un morceau à une peau d\u2019ours, il s\u2019en fit une moustache ; ainsi déguisé, il ramassa ses paquets et sortit du magasin.mm r- 7\t\u2014 Les policiers l\u2019avaient à peine regardé.Il arriva au bateau et demanda à Paul et à Noirot de se cacher.Paul leva la tête : \u201cA qui croyez-vous parler, vieille moustache ?\u201d PV^jiPi ri£iT » p JR B J © n FT2 i\" :>ü' 7 cyvwof'o 3n)Aio 9VH y O V S \u2014 O' r V W ^S , crt>V>W> ' »V î.S»«*V a, X0& 38 8° I)c tous les bébés du Canada il en est peu dont le succès et le brillant avenir puissent se comparer à ceux de notre petite de trois ans.Nous l\u2019appelons \"N.C.D.\u201d bile est née peu de temps après le commencement de la guerre.Son lieu de naissance\u2014nous ne pouvons pas encore vous le dire, car c\u2019est un secret militaire.Mais \"N.C.D.\u201d est un vrai prodige, bile n\u2019avait pas encore deux ans qu\u2019elle fabriquait déjà des produits chimiques spéciaux pour les grands explosifs\u2014et savez-vous cpie peu de temps après elle était la première dans tout l\u2019Empire britannique à produire des quantités commerciales de caoutchouc synthétiques.Les services qu\u2019elle rend au Canada sont si précieux que le gouvernement du Dominion porte un intérêt spécial à notre \"N.C.D.\u201d Il va sans dire que nous de la Dominion Rubber sommes très fiers de notre bébé.\"N.C.D.\u201d sont les initiales de notre Naugatuck Chemicals Division\u2014ou notre division chimique Naugatuck si vous préférez.Mais laissez-nous vous dire que notre petite va être une grande vedette de l\u2019industrie chimique, il n\u2019y a pas de doute là-dessus.Les produits chimiques sont essentiels à la production du caoutchouc synthétique ou naturel, et la nouvelle division de la Dominion Rubber fournit de fortes quantités de produits chimiques dont l\u2019industrie a besoin en temps de paix comme en temps de guerre.Jle âmaice fcar ta âdeace /êccjoccid faut et demain Aujourd'hui, lu division chimique Xaugatuck de lu Dominion IIubber Company fournit des produits chimiques indispensables aux industries de guerre et essentielle.Demain, elle vous aidera à obtenir des pneus, de lu chaussure et autres produits de caoutchouc supérieurs.\u2022: \u2019c'-\".-' \u2022 y-: \u2022'./ '¦\t¦ v mm AUX t.-U "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.