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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 24 juin 1944
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1944-06, Collections de BAnQ.

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[" 56e année, No 5 Montréal, 24 juin 1944 e Samedi DIX CENTS 2 LE SAMEDI Contrairement à la croyance populaire, les vitesses réduites d'aujourd'hui encrassent plus rapidement les bougies.Il y a une plus grande nécessité de les nettoyer et de les ajuster régulièrement.Quand vous aurez besoin de bougies neuves, procurez-vous la durée supérieure que les techniciens ont réalisée dans les Les bougies propres épargnent jusqu'à un gallon d'essence sur dix bougies AC.BOUGIES FAITES AU CANADA Autres lignes UNITED MOTORS SERVICE bien connues Pompes à essence, indicateurs et vélocimètres AC \u2022 Filtres à huile AC \u2022 Roulements à rouleaux HYATT \u2022 Roulements à billes NEW DEPARTURE \u2022 Démarrage, éclairage, allumage DELCO-REMY \u2022 Lampes GUIDE \u2022 Thermostats HARRISON \u2022 Radiateurs HARRISON \u2022 Avertisseurs KLAXON \u2022 Fils PACKARD \u2022 Amortisseurs DELCO \u2022 Freins hydrauliques DELCO DIVISION UNITED MOTORS SERVICE DE LA GENERAL MOTORS PRODUCTS OF CANADA, LIMITED UN PEU PARTOUT ?EN BELGIQUE \u201cEn Belgique, tout comme dans les autres pays occupés, le fermier est tombé sous la dent des Nazis\u201d, dit le Commissaire de l\u2019Information Belge au Canada.Une étude de la production agricole a servi de base pour établir un minimum fixe de produits agricoles pour chaque fermier Belge.Afin de faire respecter ces ordres, une armée de personnes qui ne sont pas autrement employables, fut désignée par les Allemands pour surveiller la production agricole.Malgré ces précautions, il devint apparent que les porcs belges avaient tendance à mourir ou à disparaître subitement.Afin d\u2019y mettre un frein, les Nazis permirent 1 abattage des porcs sous surveillance seulement, et pour contrôler d\u2019une façon encore plus sûre, chaque porc reçut une carte d\u2019identification.Le bétail lui non plus ne fut pas oublié.On en fit le recensement afin, dirent les Allemands, \u201cd\u2019égaliser\u201d la distribution.Les fermiers possédant de larges troupeaux seraient forcés de remettre plus de vaches que ceux qui en ont peu.Quand 9,000 fermiers d\u2019une des provinces de la Belgique refusèrent de se plier à ces ordres, leurs animaux furent confisqués.Aujourd\u2019hui, une ville agricole de Belgique possède ses propres autorités de rationnement des aliments, ses gardes ruraux, ses collecteurs de produits agricoles, ses contrôleurs du bétail, ses inspecteurs des porcs, ses vétérinaires, sans mentionner ses dénonciateurs et espions politiques.Au lieu de constituer l\u2019élément le plus important de l\u2019endroit, le fermier est brutalisé, insulté et volé, à un tel point qu\u2019il arrive difficilement à produire quelque chose.T EN RUSSIE Lorsque les Allemands commencèrent de retraiter en Russie, non seulement ils détruisirent derrière eux villes et villages, en massacrèrent la majorité des habitants, mais les voies de communication, surtout les chemins de fer, n\u2019échappèrent pas au génie destructif de ces barbares.Munis de machines qui arrachaient les rails tout le long de leur parcours, ils n\u2019en laissèrent guère d\u2019intacts.Aussi, à mesure que les Russes reprirent du terrain, les voies ferrées durent être complètement reconstruites.Les chemins de fer furent militarisés et plus d\u2019un million et demi d\u2019employés revêtus de l\u2019uniforme.Des titres militaires furent accordés aux chefs de personnel et, à la fin de l\u2019année, 10,000 employés de chemin de fer étaient décorés pour leur magnifique travail de reconstruction.Il est vrai que pour alléger les difficultés de transport par chemin de fer, on transportait par les rivières et les canaux des quantités énormes de matériel de guerre et d\u2019équipement de toute sorte.Les marchandises qui entraient dans les ports russes, fournies par les Alliés et transportées à destination par camions et tracteurs, aidèrent aussi grandement à améliorer la situation et à hâter la retraite de l\u2019envahisseur.Les services réguliers de communication purent reprendre bientôt après la libération des villes et villages grâce au labeur et à l\u2019esprit d\u2019invention du peuple russe.Même durant les longs sièges, les lignes de communication furent maintenues, souvent au prix de grands sacrifices.Le chemin de fer d\u2019hiver, par exemple, qui fut érigé sur le lac Ladoga servit à transporter des approvisionnements à la ville assiégée de Leningrad, maintenant célèbre par le monde entier.Tous ces exemples démontrent la farouche détermination du peuple russe de lutter jusqu\u2019au bout et de vaincre.?EN NORVEGE D\u2019après le Service d\u2019information royale norvégienne, quand les prisonniers norvégiens meurent dans les camps de concentration d\u2019Allemagne, les familles, au pays, en sont avisées sur une formule polycopiée.Le nom du défunt y est écrit au crayon.Plus tard, on avertit la famille que pour une certaine somme d\u2019argent elle peut se procurer les cendres du mort.Quand un norvégien est envoyé dans un camp de concentration d\u2019Allemagne, on demande peu après à sa famille de fournir, tous les mois, une certaine sommé d\u2019argent pour couvrir les frais de son entretien.A moins que ces paiements puissent être effectués, la famille vit dans la crainte que le prisonnier ne reçoive pas de nourriture.Les prisonniers qui survivent aux traitements infligés sont rarement renvoyés au pays.On leur accorde leur liberté en Allemagne et la famille doit voir à fournir les fonds nécessaires pour les ramener à la maison.EN GRANDE-BRETAGNE naire ?Savez-vous combien de pièces entrent dans la fabrication d\u2019un tank ordi-e ?.Environ 13,000.Grâce aux nouvelles méthodes et à l\u2019expérience acquise, l\u2019inspection d\u2019un tank prend maintenant quarante fois moins de temps Elle se fait en trois jours plutôt qu\u2019en cinq comme auparavant, d\u2019après l\u2019Office de 1 Information des Nations-Unies.Tel est l\u2019exploit accompli par les \u201ctank girls\u2019 de Grande-Bretagne en ces derniers mois.Quand arrive un tank tout délabré, les ouvrières le remettent en état de servir, apres 1 avoir examiné et retouché de la coque à la tourelle.Une fois le tank prêt à subir le feu, une ouvrière y monte pour le püoter el le mettre a 1 epreuve.Elle communique au chauffeur, par téléphone, la direction a suivre dans les rues de la ville.A travers champs, elle monte dans la tourelle pour faire feu et verifier les appareils de commande.Les ouvrières font aussi des expériences sur les façons de distinguer le' bruits, ce qui est très important dans un combat.Les \u201ctank girls\u201d suivent un entraînement de quatre mois dans une école di gouvernement E es suivent des cours de génie dans des boutiques, ateliers d< construction et salles de dessin. 56e année.No 5 \u2014 24 juin 1944 33 3 CARNET EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tél : PLateau 9638 * Président : FRED POIRIER Vice-prés.: GEO.POIRIER Surintendant: ALBERT PLEAU Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUIL Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, St-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette, etc., et les environs.) A Québec et Lévis : ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec Aux Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine : PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières Entered at the Post Office of St.Albans, Vf., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA SEULEMENT Un an\t$3.50 Six mois\t2.00 AU NUMERO : 10 cents e HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.Quand nous serons Trilingues.IL EST incontestable que la guerre rend beaucoup plus actives certaines branches de la science et de l'industrie et qu'elle augmente ainsi le bagage technique de l'humanité.Reste à savoir si c'est finalement pour le bien de celle-ci, chose qui n'est pas très sûre.Elle modifie considérablement aussi le vocabulaire des hommes et l'on peut, cette fois, affirmer hautement que ce n'est pas toujours, et même pas souvent, une amélioration.C'est plutôt, quelquefois, tout le contraire.La guerre inventant des appareils nouveaux doit nécessairement inventer des mots nouveaux pour les désigner; il y a, de ce fait, enrichissement du dictionnaire.D'autre part, elle guillottine beaucoup d'autre mots à sa manière qui consiste à ne leur laisser que la tête au lieu de la leur ôter; cette tête qui reste est l'initiale et l'on a obtenu ainsi la R.A.F., la D.C.A.et quantité d'autres appellations qui deviennent une sorte d'algèbre linguistique commode et rapide.C'est un procédé connu d'ailleurs depuis très longtemps sous le nom de sigles.C'est, jusqu'ici, très bien mais où ça ne l'est plus du tout c'est quand on fait entrer en ligne de compte le vocabulaire guerrier de certains annonceurs de nouvelles à la radio.Pour demeurer dans la note polie on se borne à dire qu'il est très drôle.Ils me font penser à certaines larves de mouches.Ces larves-là s'appellent des asticots et vivent sur des matières en décomposition.Les annonceurs de nouvelles dont il s'agit semblent également s'alimenter de mots en décomposition tellement ils sont sortis de leur caractère propre et cela fait d'eux, en conséquence, non pas les as mais les asticots des nouvelles.Donc, messieurs les asticots cherchent les termes rares ou sonores et les placent dans leurs petits boniments comme on le fait d'une gousse d'ail dans un rôti ou d'une cerise sur de la crème; selon le cas c'est une épice ou un ornement, il peut leur arriver de se tromper et de mettre l'ail à la place de l'épice mais le public écoutant les nouvelles commence à se cuirasser d'insouciance et il en est arrivé à se dire que les nouvelles de la radio sont faites pour entrer dans une oreille et sortir par l'autre.Sauf exception rare, elles sont, en effet, généralement très peu palpitantes, les nouvelles et cela se comprend bien, les annonceurs ne pouvant, en principe, raconter au public que ce qu'on veut bien leur communiquer à eux-mêmes.J'ai dit \"en principe\", ce qui est théoriquement car, dans la pratique, les choses se passent tout différemment.Il y a parfois les surprises d'une traduction trop hâtive et qui déforme le texte original; il y a surtout l'instruction nettement insuffisante de quelques asticots qui se croient pourtant des as.Il en résulte des bourdes de première grandeur.Il ne suffit pas de connaître la langue anglaise \u2014 même très bien \u2014 pour la traduire en français, il est peut-être plus important encore de bien connaître la langue française.Ceci n'est pas du tout un paradoxe.La langue française comporte trop de nuances et de subtilités, donc de précision finale pour que l'on puisse se contenter de \"l'à-peu-près\" dans le choix des mots; ou alors on risque le pataquès et la bévue.Les asticots des nouvelles en sont la preuve presqu'aussi quotidienne que désinvolte.C'est ainsi qu'il est arrivé à l'un d'eux de nous raconter qu'un mitrailleur a occis, à lui tout seul, une vingtaine de troupes.Le pauvre bougre ignorait sans doute le mot \"troupier\" ou peut-être a-t-il l'illusion qu'il est possible de former des rassemblements d'un seul homme.Un autre nous a raconté gravement que les Alliés avaient jeté des bombes sur le \"sol\" du Brenner.Celui-ci avait benoîtement apposé une cédille au \"c\" du col, peut-être pour que ça soit \"plus doux-t'à l'oreille\".Il y avait tout de même de quoi en tomber sur le dos.Do, mi, sol, do.Je pourrais en citer d'autres encore et j'ai l'intention de les recueillir avec soin, comme des perles d'un genre tout spécial, et de les rassembler dans une petite brochure qui aura pour titre: \"Le bêtisier des asticots des nouvelles\".Il y aura là de quoi ramener à la gaîté les gens atteints d'atrabile ou d'hypocondrie.A défaut d'un vocabulaire suffisamment riche, messieurs les asticots disposent de quelques mots sonores qu'ils semblent affectionner tout particulièrement.Ils font emploi des uns périodiquement, avec une régularité comparable à celle du cycle solaire; ils en usent et abusent pendant quelques jours ou quelques semaines puis les replacent dans le tiroir aux matériaux de réserve pour les y reprendre au bout d'un temps donné.Tel est le mot \"rescapé\", terme d'ailleurs de pure fantaisie fabriqué par un journaliste lors d'une catastrophe dans les mines de charbon des Flandres françaises.Dans de telles circonstances, ceux qui en réchappent, les \"réchappés\" sont dits \"récappés\" dans le patois artésien et \"escappés\" dans le pays belge appelé le Borinage.Le journaliste en question combina les deux mots par caprice ou commodité et obtint \"rescappés\" auquel les journaux ont ensuite coupé une patte, c'est-à-dire un \"p\".Les asticots des nouvelles s'en délectent comme d'une expression superacadémique.Il est d'autres termes fort en faveur également.Le mot \"acharné\" par exemple.Les combats acharnés, la résistance acharnée, les poursuites acharnées chevillent admirablement des phrases qui, sans cela, n'auraient pas beaucoup de consistance ou de signification; le comble de l'art consiste à déclamer le mot comme sur la scène d'un théâtre pour donner l'illusion de l'action.Malheureusement, les gens qui écoutent trouvent que le mot est bougrement usé à force d'avoir servi; c'est du vinaigre qui n'a plus de force du tout, il est éventé.Il y a aussi \"pilonner\" et \"marteler\".Laisser choir des bombes ou canonner une position ennemie est vraiment chose banale, mais la marteler ou la pilonner, parlez-moi de ça ! Bing, bang ! flak, flouk ! boum, boum ! on entend tout ça dans les deux mots qui font vraiment partie de l'harmonie imitative; ce sont en conséquence deux favoris dont la vogue ne semble pas près de finir; c'est ce que croient du moins messieurs les asticots des nouvelles; quant au public, il estime que le marteau et le pilon auraient dû aller à la récupération depuis longtemps déjà; ça n'émoustille plus du tout son enthousiasme auditif.On finirait par ne plus prendre au sérieux messieurs les asticots s'ils ne nous comblaient pas, en revanche, d'une multitude de détails peut-être insignifiants, il est vrai, mais qui tiennent tout de même honorablement leur place dans le boniment; ça bourre convenablement le quart d'heure et les crânes.C'est plus perfectionné que lors de la précédente guerre alors qu'on nous racontait que la .ème division était partie de X .pour aller à Z .d'où elle se rendrait quelque part sur le front.Aujourd'hui, c'est beaucoup plus précis; on nous apprend, \"par le truchement\" de messieurs les asticots, qu'une patrouille est partie de Grandevacca pour aller à Toupetivo en passant par la route No 80.C'est palpitant d'intérêt.La conclusion de ceci, c'est que le public est certainement fait avec la meilleure pâte qui sert à fabriquer les bons bougres pour se contenter de ce qu'on lui sert à la radio sous le titre illusoire de nouvelles.Il y a, c'est vrai, I occasion d'apprendre une troisième langue et de devenir ainsi trilingue car, le langage des asticots ressemble un peu au français et à l'anglais, mais n'est ni l'un ni l'autre. 4 LE SAMEDI L\u2019Homme Vaincra-t-il la Nature?Chronique documentaire par LOUIS ROLAND Faire une découverte c'est, selon le terme d\u2019usage, dérober un de ses secrets à la nature et l\u2019homme fut pendant longtemps satisfait de la définition en même temps que fier des résultats qu\u2019il obtenait.L\u2019appétit vient en mangeant, dans la science comme dans la cuisine, et travailler en collaboration avec la nature ne suffit plus à l\u2019homme aujourd\u2019hui.Son rêve est de la domestiquer, de la vaincre en quelque sorte pour en tirer tout le profit possible.Peut-être aussi pour réaliser son ambition de tous les temps, celle d\u2019exercer un pouvoir sans limites et de connaître enfin le secret de la vie.Autrefois l\u2019alchimiste fit un rêve à peu près du même genre, il a cherché dans ses creusets l\u2019or et l\u2019élixir de longue vie ; le chimiste moderne et le physicien, mieux outillés que leurs prédécesseurs, ont des laboratoires d\u2019où sont déjà sorties des merveilles dont la plupart ne sont toutefois encore que théoriques.Il faut néanmoins reconnaître que l\u2019homme a singulièrement étendu le champ de ses investigations scientifiques au cours des dernières années et bien des esprits pondérés ne se demandent pas sans un peu d\u2019inquiétude où tout cela pourra conduire un jour l\u2019humanité.Peut-être à la fin du monde \u2014 du nôtre \u2014 laquelle fin est l\u2019aboutissement logique de la création ; grâce à ses laboratoires, l\u2019homme y arrivera plus vite qu\u2019il ne devrait, voilà tout.Avant de vouloir vaincre la nature, il faut tout d\u2019abord savoir de quoi la matière est faite et les physiciens l\u2019ont scrutée, disséquée, analysée dans leurs laboratoires ; cela leur a permis d\u2019arriver à cette conclusion : ils ne savent pas de quoi elle est faite mais ils ont tout de même donné des noms à ses parties constituantes ; c\u2019est toujours ça.Ils nous donnent aussi des détails fort intéressants, tels ceux-ci que nous fournit le professeur français Perrin : \u201cLes molécules de l\u2019air que l'on respire, dit-il, se déplacent avec la vitesse de la balle d'une mitrailleuse mais elles ne se déplacent en ligne droite que d\u2019un deux cent cinquante millième de pouce entre deux chocs ; ces chocs avec les voisines ont lieu cinq milliards de fois par seconde.\u201d Notez qu\u2019il ne s\u2019agit point ici de simples suppositions ni de chiffres donnés au hasard, mais du résultat de calculs extrêmement précis aidés par des appareils d\u2019une grande sensibilité.\u201cIl faudrait, nous dit-il encore, soixante-quinze millions de ces molécules mises bout à bout pour faire la longueur d\u2019un pouce ; quant à leur poids il est difficile de s\u2019en faire une idée ; pour l\u2019évaluer correctement, il faut se servir du système C.G.S.(centimètre-gramme-seconde) et définir aihsi ce poids : il faudrait réunir vingt milliards de molécules pour faire un milliardième de milligramme.\u201d Comme il y a trente-deux mille milligrammes dans une once, comptez vous-même, si cela vous amuse, ce qu\u2019elle peut renfermer de molécules.Je n'ai cité ces calculs que pour démontrer la complication des travaux auxquels on se livre dans certains laboratoires ; ensuite on s\u2019étonnera moins des extraordinaires résultats auxquels arrivent parfois les savants.En voici quelques-uns.Le laboratoire a battu le soleil sous le rapport de la production de la chaleur.Un chimiste américain avait déjà trouvé le moyen de fabriquer un chalumeau \u201cà hydrogène atomique\u201d donnant une chaleur de 3,500 degrés centigrades mais on a fait mieux depuis.Des expérimentateurs en laboratoire en utilisant un arc électrique en atmosphère sous pression ont atteint 6,000 degrés centigrades et ont même pu monter à 10,000 degrés pendant un court instant.Or, la température du soleil, pour la surface extérieure, est évaluée à 5,500 degrés.Il est vrai que les savants estiment que la température intérieure de cet astre est de trente millions de degrés ; c\u2019est là un record qu\u2019on ne battra probablement pas de sitôt en laboratoire.impressionnants.On les compte en atmosphères, soit un peu plus de treize livres et demie au pouce carré.En fait de machines thermiques, on est arrivé au point final avec la chaudière Benson, de Langerbrugge en Belgique \u2014 si toutefois cette chaudière existe encore.Elle fonctionnait à 225 atmosphères de pression et 374 degrés centigrades de chaleur ; l\u2019eau y était alors rendue à ce qu\u2019on appelle le point critique, celui où il n\u2019y a plus d\u2019eau ni de vapeur distincte mais un fluide homogène sans niveau de séparation.C\u2019est la limite pour les chaudières à vapeur.En ce qui concerne d\u2019autres pressions, on arrive à beaucoup mieux.Dans les fusils de guerre, la pression d\u2019explosion est de 2,500 atmosphères et elle atteint 4,000 dans les canons de marine.Des appareils à presse hydraulique pour l\u2019étude des gaz peuvent donner 10,000 atmosphères et l\u2019ingénieur français James Basset a même fabriqué une presse à ultra-pression donnant 28,000 atmosphères Soumis à l\u2019action de cette dernière presse, l\u2019acier le plus dur coule comme une pâte molle et on en pourrait beurrer des tartines.- RM# mM fgfe ¦: .'\u2022 ; mm -\u2022.;v riMunmiTi HHpi Wm -y'.-.'-'-\".-.- / Et sous le rapport de la vitesse, qu\u2019a-t-on réussi à faire ?Des choses admirables, on peut s\u2019en douter.La rotation des moteurs des autos de course atteint 8,000 tours à la minute mais certaines turbines à vapeur tournent à 30,000 tours et il y a des centrifugeuses qui donnent 40,000 tours, toujours à la minute.La balle du fusil de guerre français tourne sur elle-même, au sortir de l\u2019arme à 150,000 tours par minute, soit 2,500 tours à la seconde.Une centrifugeuse de laboratoire, en Angleterre, d un modèle très réduit, a un rotor tournant à 1,200,000 tours par minute, soit 20,000 tours à la seconde.Enfin, toujours en laboratoire, on a réussi, au moyen de trois bobines en étoile réunies à un émetteur à lampes de radio, à créer un champ magnétique tournant à 300 millions de tours par seconde.Fera-t-on mieux encore ?les physiciens le croient.Où cela nous mènera-t-il ?cette fois ils ne le savent pas du tout.Le professeur français Perrin, dans son laboratoire où il accomplit d« véritables merveilles. 5 fmpp»i *\"Mtm 4., ! # *\u2019 \u201d\u2018 ¦\u2019 ' *» mmtm* t «K ÉËÉË*^ itm.xSBf.LE CANADA À WASHINGTON Déjà, avant la guerfe, le Canada était considéré comme puissance internationale.Et pourtant, avant 1939, son armée n\u2019était qu\u2019une milice ; sa marine : une fraction de ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui ; son aviation militaire : un projet à l\u2019état embryonnaire en comparaison de ses proportions actuelles.Si l\u2019on considère que cet essor prodigieux s\u2019est açcéléré à un rythme aussi vertigineux dans l\u2019industrie, les mines, les forêts, l\u2019agriculture et autres domaines, il n\u2019est pas étonnant que la voix de nos représentants soit aujourd\u2019hui entendue avec tant d\u2019attention au sein des conseils suprêmes inter-alliés.Oui, vraiment, le Canada est une puissance internationale, et le rôle qu\u2019il joue maintenant dans le monde est tel qu\u2019il a dû modifier son système de représentation diplomatique en pays étrangers : la légation fait place à l\u2019ambassade, et l\u2019ambassadeur, nanti de pouvoirs plus étendus, remplace le ministre plénipotentiaire d\u2019autrefois.C\u2019est ainsi que le général Vanier s\u2019est rendu à ce titre auprès du général De Gaulle, chef du Comité de Libération française, que S.E.M.Jean Désy, représente le Canada au Brésil, que l\u2019honorable sénateur Turgeon (actuellement au pays) remplit les mêmes fonctions en Argentine.De même sommes-nous représentés à Chungking, Moscou et Santiago (Chili).Washington, cela va de soi, est trop près de nous, à tout point de vue, pour qu\u2019une représentation diplomatique de choix ne nous y représente pas selon toutes les règles du protocole.Ottawa n\u2019a donc pas hésiter à y déléguer une ambassade dont nous pouvons avoir toutes les raisons d\u2019être fiers puisqu\u2019elle se compose d\u2019un personnel compétent et parfaitement préparé à cette fin.Notre ambassadeur aux Etats-Unis, est l\u2019hon Leighton McCarthy, c.r., un diplomate de carrière, un homme essentiellement qualifié pour occuper ce poste d\u2019importance.Photo du haut, le \"big three\" de l\u2019ambassade, de g.à d\u201e Merchant Mahoney, O.B.E., conseiller ; l\u2019hon.Leighton McCarthy, c.r., et L.B.Pearson, O.B.E., ministre-conseiller.Ci-dessous, notre ambassadeur, quittant le State Department, salue un garde américain.A notre ambassade de Washington, (photo du centre) le courrier diplomatique est la première chose qui arrive tous les matins.Il est apporté par un messager spécial des postes américaines et est reçu par le sergent Warren dans le corridor de l\u2019ambassade.Ci-dessous, à gauche, la dernière tâche d\u2019une journée ordinaire consiste à sceller un courrier destiné au ministère des Affaires Etrangères.Le sac reçoit sa couche de cire et l\u2019empreinte officielle de l\u2019ambassade.Photos O.N.F. LE SAMEDI xmm*\\ ¦ ¦ .\u2022 L'ordinaire balançoire, pour peu compliquée qu'elle soit, n'en demeure pas moins, dans l'esprit des petits, une expérience merveilleuse qu'ils sont toujours heureux de répéter.Et puis, Yvonne nous a avoué candidement que celles du parc Lafontaine sont infiniment mieux que toutes celles qu'elle avait vues antérieurement.\u2014 Quand on va en chaloupe, il faut redoubler de prudence.Si l'émotion est grande il faut quand même toujours avoir à l'esprit les recommandations d'usage.Rester bien sagement au centre de la banquette en est une et non des moindres.\u2014 Un rafraîchissant cornet de crème glacée doit faire partie du programme quand on veut faire les choses comme il se doit.Yvonne est parfaitement de cet avis comme l'atteste la photo ci-dessous.Un après-midi au Une balade au parc Lafontaine par un bel après-midi d été, voilà qui n est pas une mince aventure pour les petits Montréalais.C\u2019est que, voyez-vous, le parc Lafontaine n\u2019est pas comme un autre parc : c\u2019est tout un monde de verdure et de fleurs au sein duquel on y trouve un tas de choses merveilleuses.Cela ne vous impressionne peut-être pas outre-mesure, vous citadins adultes qui avez l\u2019habitude de voyager librement et qui en êtes malgré tout revenus de ce parc Lafontaine, mais pour la petite Yvonne qui habite un quartier populeux où l\u2019on y respire plus de poussière que de parfums, où l\u2019on y voit plus d\u2019asphalte brûlante et désodorante que de fraîche verdure, l\u2019aspect de ce parc Lafontaine la laisse tout rêveuse.Et le rêve, les enfants connaissent un peu ça ! Donc, Photos Conrad Poirier * LE SAMEDI 24 JUIN 1944 Photos Conrad Poirier LE SAMEDI \"Celui qui s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé\".Nul doute que le sens profond de cette sentence échappe à l'entendement de notre petite Yvonne, mais vous pouvez avoir l'assurance que pour le quart d'heure, son application strictement littérale lui est une source de bonheur parfait comme c'est le cas ci-dessus.\u2014 Mais la grande sensation, le \"thrill\" par excellence pour les petits de cet âge, c'est encore et toujours la glissoire.On éprouve bien un peu une sensation de vertige au départ, mais la descente est tellement heureuse, tellement rapide et tellement agréable qu'on a qu'une idée en tête : recommencer et recommencer sans cesse.Et puis, quand on se sent un peu fatigué, on va voir évoluer les canards dans l'étang, ou encore taquiner les jeunes chevreuils.Parc Lafontaine lorsqu\u2019elle apprit que pour être récompensée de sa bonne conduite de la semaine, elle irait au parc Lafontaine, notre petite Yvonne connut ce jour-là le comble de la félicité.Toutes ces choses merveilleuses dont elle avait entendu parler par les \u201cgrandes\u201d et dont elle avait conservé un très vague souvenir de l'année précédente, \u2014 elle était alors si jeune, la pauvre petite ! \u2014 elle les reverrait enfin de ses yeux bien ouverts et bien préparés par une si longue expectative.Aussi, c\u2019est à votre intention, chers lecteurs, que notre photographe accepta de faire partie de cette excursion pour vous rapporter sur la pellicule de sa caméra les diverses impressions de notre petite Yvonne.Les voici : w ¦y0\"* \u2022 ¦^té^ZLiù * Ipipf m&szwdâ L es Chrysanthèmes Nouvelle par Norbert Sevestre Dessin de DRIAN Au sortir de chez la fleuriste, Jacques Duvalle tendit à Chette la gerbe de chrysanthèmes qu\u2019il venait d\u2019acheter.Tout blancs comme pour la tombe d\u2019une jeune fille, ils étaient magnifiques, si somptueux avec leurs grands pétales immaculés et friselés que l\u2019enfant eut peur de les abîmer en y touchant.Elle s\u2019en saisit délicatement, avec un petit cri de plaisir qui déchira le coeur du veuf : \u2014 Pourquoi, le beau bouquet ?\u2014 Mais non.Pour ta maman, tu sais bien.\u2014 Alors, mirauda-t-elle de son ton câlin, on va la revoir, petite mère ?\u2014 Mais non, répéta Jacques d\u2019une voix toute altérée.Nous allons fleurir sa tombe.Il y avait déjà vingt mois qu\u2019ils étaient en deuil \u2014 une éternité pour Chette.A son âge \u2014 six ans \u2014 elle était bien excusable de ne pas se souvenir, et l\u2019image même de sa maman tendait à s\u2019effacer de sa mémoire.D\u2019autant que les exigences de la vie les tenaient éloignés de la morte.Aline reposait à Clamart, dans le petit cimetière agreste et haut perché de sa banlieue natale, alors que lui, Jacques, avait dû quitter Paris poor s\u2019établir en province, d\u2019où il ne revenait que de temps en temps, presque toujours seul.Mais aujourd\u2019hui, c\u2019était la Toussaint et il avait donc emmené la petite qui, innocemment, se faisait fête de ce pèlerinage.Et tout le long de la route, dans le métro d abord, puis dans le tramway suburbain où ils étaient montés à la barrière, Jacques fut à la question : \u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019elle y fait, au cimetière, petite mère ?Elle l\u2019aime donc bien, sa tombe, qu\u2019elle ne vient plus jamais à la maison ?\u2014 Allons, tais-toi, Chette, finit-il par dire nerveusement.Tout ce qui se passait d\u2019imprévu autour d\u2019eux fit diversion.Elle observa les autres occupants du tram, si graves, si taciturnes pour la plupart, qu\u2019elle s\u2019étonna de leurs figures d\u2019enterrement.Entre tous, il n\u2019était guère qu\u2019un petit garçon d\u2019à peu près son âge, un blondinet rose et gentil comme elle, qui n\u2019eût pas l\u2019air d\u2019avoir envie de pleurer.Il avait la frimousse bien éveillée et futée en diable, au rebours de la jeune femme qui le chaperonnait, sa mère sans doute, et que Chette se mit à épier curieusement.Cette inconnue avait dû être bien jolie et Tétait encore, malgré sa pâleur, ses yeux noyés de mélancolie et ses traits émaciés par un je ne sais quoi de las et de souffreteux qui, comme sa modeste robe noire de veuve, décelait la pire des gênes, celle qu\u2019on ne veut pas avouer.A de tels indices, Chette ne se trompait pas.Sa précoce féminité l\u2019avertissait que cette jeune dame ne devait pas manger tous les jours à sa faim Mais le petit garçon débordait de santé et respirait la joie de vivre.Il était assis en face de Chette et lui souriait parfois, entre une grimace et un soubresaut, car il faisait en sorte, le petit monstre, de se trémousser plus que de raison à chaque cahot de la voiture.Elle se mit à lui sourire aussi, d\u2019un certain air, parce que sa tête lui plaisait et qu\u2019elle le trouvait amusant.Le gosse avait un bouquet comme elle, mais si chiche, si pauvre \u2014 un pauvre petit bouquet de fausses violettes \u2014 qu\u2019elle éprouva tout ensemble beaucoup de fierté et beaucoup de pitié en le comparant au sien.La langue lui démangeait de lui dire : \u2014 Tes fleurs ne sont pas belles.Regarde donc les miennes, pauvre petit malheureux ! Envie aussi de lui faire cadeau de quelques-uns de ces chrysanthèmes, prélevés judicieusement sur la gerbe, sans nuire à l\u2019ensemble.Mais elle n\u2019osait pas, intimidée par l\u2019attitude de la jeune femme, qui ne desserrait les lèvres que pour réprimander son diablotin .\u2014 Pierrot !.Voyons, tiens-toi tranquille.Tu ennuies ce monsieur.\u2014 Laissez donc, madame, répondit distraitement Jacques.Et, indifférent, comme absent, il se retourna vers la vitre, l\u2019œil vague, perdu bien au delà de l\u2019affreux panorama de la route\u2014 une route toute plate, droite et longue à n\u2019en plus finir entre ses deux rangées Ce vieilles bâtisses lépreuses.Les masures s\u2019éclaircirent ; des arbres y firent suite en bordure de la chaussée, sur l\u2019accotement de laquelle le tram caracolait en ferraillant au gré de ses rails mal joints ; de grandes carcasses de platanes qui grelottaient macabrement sous le ciel d\u2019automne sombre et bas.Et puis on arriva à Châtillon.Il fallut descendre et attaquer la côte à pied, faute d\u2019autre moyen de transport.Chette ne s\u2019en plaignit pas.Elle avait besoin de se dégourdir les jambes.Son père la laissa courir devant lui.Bien d\u2019autres gens du tramway leur emboîtaient le pas, mais Jacques ne s\u2019occupait de personne.Et au cimetière, discrètement familier entre ses quatre grands murs, sous les épaisses frondaisons de ses cyprès, ce fut encore la fille qui remarqua la jeune femme en deuil et son enfant, venus fleurir leur tombe eux aussi.Justement, les deux sépultures voisinaient.Mais entre elles qu\u2019elle différence! l \u2019une, bien entretenue, arborait avec une sorte d\u2019amère ostentation posthume sa belle croix de granit au fût tronqué et dont la plaque de marbre blanc portait en lettres d\u2019or : « Aime Duvalle, née Liégeois \u2014 1902-1937 \u2014 Regrets éternels.» L\u2019autre ?.L\u2019autre, humble tertre d\u2019argile envahi par les herbes, n\u2019était sommée que d\u2019une croix de bois.Cette tombe de pauvre honteux, Chette s\u2019en était vite détournée.Elle avait toujours les chrysanthèmes à la main, sans que son père, [ Lire la suite page 16 ] LE SAMEDI Jacques lui répondit avec une conviction réconfortante : \"Mais oui, ma petite Chette, nous les reverrons ! \" « I 24 JUIN 1944 LE MONDE SPORTIF Par Oscar Major \" TANIS \" BREARD, BIEN!.MAIS LES AUTRES ?Il n\u2019était jamais entré dans les prévisions des directeurs des clubs Brooklyn et Montréal que le jiune et brillant arrêt-court Stanislas Bréard, qui n\u2019avait jamais subi le joug du baseball professionnel, pût tenir le coup avec autant de brio, dans la Ligue Internationale de cette saison.Les gros bonnets des Dodgers et des Royaux sont sortis de cette dernière épreuve, l\u2019engagement de Bréard, avec les honneurs de la guerre, quoiqu\u2019ils aient signé \u201cTanis\u201d à la dernière minute, acculés au mur qu\u2019ils étaient à la suite de l\u2019appel de Gene Mauch par les autorités militaires de l\u2019Oncle Sam.Ce qui revient à dire, sans rancune, qu\u2019ils ne l\u2019auraient pas engagé, si Mauch n\u2019avait pas reçu l\u2019ordre de se rapporter pour service militaire.Certaines personnes croient que son coup de bâton ne fera pas sensation dans cette compagnie.Qu\u2019ils dorment sur leurs deux oreilles ! Si le gérant Bruno Betzel lui donne toutes les chances requises \u2014 nous sommes convaincu qu\u2019il agit ainsi \u2014 au mois de septembre, Bréard terminera la saison avec une moyenne au bâton de plus de .260, une marque appréciable pour un\u201d débutant, qui permettra aux directeurs du Brooklyn et du Montréal d\u2019encaisser un surplus de $20,000 à $25,000, dont ils n\u2019auraient pas vu la couleur, s\u2019ils avaient laissé Bréard végéter sur nos lots vacants.S\u2019ils ne lui donnent pas un cadeau de $1,000, à la fin de la saison, nous les qualifierons de Séraphin Poudrier ! Nous connaissons une demi douzaine d'autres jeunes joueurs de baseball habiles, dans nos parages ; sous la protection assidue du gérant Betzel et de ses auxiliaires, s\u2019ils pratiquaient tous les jours, sur le losange du Stadium, ces jeunes se développeraient d\u2019une manière étonnante.Aujourd\u2019hui comme hier, un grand nombre de nos jeunes gens n\u2019ont pas de chances considérables d\u2019évoluer vers le progrès sur les sentiers du baseball organisé, et ils sont encore empêchés d\u2019adopter une carrière qui, normalement, leur assurerait le profit, empêchés par une simple tradition d\u2019ignorance en matière de baseball, de la part de nos dirigeants.Nous pensons que maintenant de pareils préjugés doivent être repoussés.Il n\u2019est plus aucune raison solide pour qu\u2019ils se maintiennent.QUELQUES ATHLETES INFIRMES En sport, les exemples d\u2019énergie humaine sont nombreux et toujours admirables.Les prodiges du courage dans l\u2019adversité ne se comptent plus.Plusieurs athlètes, malgré des handicaps apitoyants, sont parvenus à conquérir une place prédominante.Ainsi, le dernier joueur de baseball, privé d une jambe depuis 3 ans, occupe la position de premier but du club de l\u2019Université d\u2019Ohio, au moyen d'une jambe artificielle.Pete Gray, anciennement du Trois-Rivières, patrouille merveilleusement le champ centre du club Memphis, n\u2019ayant qu\u2019un bras à sa disposition.Chez les joueurs de golf, le vétéran Tom McAuliffe, privé de ses bras, tenant son bâton entre le cou et les épaules, joue une partie remarquable.Il par- court un terrain de golf ordinaire en 98 coups.Il réussit des drives de 355 pieds.Clyde Weideman, n\u2019ayant qu\u2019un bras à la suite d\u2019un accident de chemin de fer, obtient un pointage de 80.Clyde, vendeur d\u2019articles de sports, joue d\u2019une seule main et frappe avec force la petite balle.C\u2019est d\u2019Angleterre qu\u2019on nous signale le phénomène, terme qu\u2019aucun adepte du ballon rond n\u2019estime excessif.Nommé John Fyfe, amputé d\u2019une jambe après une blessure de guerre, il opère sous les couleurs, et comme président, du Glenroy Football Club.Bien entendu, Fyfe ne figure pas parmi les équipes représentatives du groupement.Mais il lui arrive, soit de jouer dans les matches amicaux, soit de prendre, au pied levé \u2014 c\u2019est bien le cas de le dire \u2014 la place d\u2019un camarade défaillant.Lors de sa derrière apparition sur le terrain, le vaillant mutilé fit mieux que tenir sa place, puisqu\u2019il ne marqua pas moins de trois buts à lui seul.On nous dit que l\u2019auteur du triple \u201cshot\u201d botta chaque fois avec sa jambe de bois.Bien qu\u2019aveugle, le Canadien Michael Hambourg est un nageur enragé et émérite.Depuis plusieurs années, époque où il se distingua en traversant la baie de Toronto, il a remporté maints succès.A cause de son infirmité, Hambourg annonce son intention de participer à toute épreuve.Mais voici qui est encore plus surprenant.Il y a, à Jackenville, un aveugle qui joue au ballon au panier à la perfection.Il se nomme Willard Ice.Bien que n\u2019y voyant absolument rien, Ice, nous assure un rédacteur d'un quotidien new-yorkais, fit devant un groupe de sportsmen une exhibition extraordinaire.Il dribbla la balle du plancher jusque dans le panier.Il réussit un point, puis dribblant encore la balle jusqu\u2019à l\u2019autre extrémité, tira dans le panier.Il termina sa démonstration par de remarquables réussites à proximité du panier.Un grand nombre d\u2019aveugles s\u2019adonnent, assez habilement, à d\u2019autres jeux, mais Ice est le meilleur de tous.Bob Neely, un acrobate unijambiste, de Miami, exécute des plongeons de 30 et 40 pieds, ce qui n\u2019est pas à la portée de tout le monde.De plus, il réussit, sur une bicyclette, d\u2019autres sauts périlleux de côté pour éviter les automobiles.Il lui arrive souvent de mystifier des automobilistes dans la rue.Il les laisse approcher, puis brusquement au moment où ceux-ci, affolés, croient déjà le malheureux sous les roues meurtrières, ils le voient, souriant et amusé, à côté de la portière, à cheval sur sa bicyclette, comme si de rien n\u2019était.Tant pis pour celui qui est affligé d\u2019une maladie de cœur ! C\u2019est tout de même une manière originale d\u2019éviter un tamponnement ! SAVAIT-ON QUE .¦ Savait-on que deux joutes de baseball professionnelles avaient été disputées, le même après-midi, en 100 minutes exactement, le 30 juillet 1905, entre les clubs Oakland et Los Angeles, de la Côte du Pacifique ?Les deux parties, gagnées par le Los Angeles, 3-1 et 5-4, furent menées rondement, 47 minutes pour la première et 53 minutes pour la seconde, afin de permettre aux joueurs de prendre un train, à 5 heures .Vous avez sous les yeux, à gauche, John Fesh, lanceur du club Memphis, de l\u2019Association du Sud, classe A, et, ci-dessus, Howie Schultz, premier but des Dodgers de Brooklyn, deux des joueurs les plus grands du baseball organisé qui furent refusés par l\u2019armée américaine, vu leur haute taille.Schultz mesure i pieds 7'/i pouces et Fesh 6 pieds U pouces! 1C LE SAMEDI Dans ce récit dramatique, l\u2019auteur a réussi à faire passer le héros du sérieux au plaisant, à faire un agréable mélange.Le savant médecin Gaétan de Hautefort, vénéré de ses élèves à l\u2019égal d\u2019un dieu, prémuni contre toute émotion nouvelle et depuis longtemps cuirassé, connut un jour un inexplicable pincement au cœur que jamais il n\u2019avait connu, au cours de nombreuses opérations chirurgicales.UN HOMME Un récit Par Bernard a femme venait d\u2019être apportée dans la salle des opérations.C\u2019était à la vérité une bien pauvre chose ! De celles de son sexe, la malheureuse, en effet, ne possédait plus rien de la grâce et des attraits qui caractérisent la compagne des hommes.Un corps déformé par l\u2019âge et la maternité, des traits fatigués par une longue maladie avant que la patiente ne se fût décidée enfin à se présenter, comme les autres, à la consultation de ce grand hôpital, telle se présentait sur le lugubre billard la malade de la salle Ambroise-Paré, pour laquelle le professeur Gaëtan de Hautefort avait reconnu la veille, au cours de sa visite, une « intervention » nécessaire.« Une intervention » ! On sait, hélas ! ce que ce mot veut dire et laisse sous-entendre ! Mais, pour de Hautefort, pour le maître, chirurgien-chef de l\u2019hôpital où la misérable était venue échouer, ce n\u2019était pas davantage qu\u2019un exercice professionnel \u2014 et aussi un sujet de cours devant les internes assemblés autour de lui \u2014 auquel une longue pratique de son admirable métier avait peu à peu créé une accoutumance et une indifférence nécessaires à son sacerdoce.Pour cet homme, désormais, dont les réussites souvent miraculeuses ne pouvaient plus être comptées, un corps n\u2019était qu\u2019un corps.Quand on a soixante-cinq ans et que depuis huit lustres on enfonce quotidiennement son scalpel acéré dans une pauvre chair meurtrie par la souffrance humaine, la pitié ni la sensibilité ne peuvent être de mise.\u2014 La femme, la veille, à bout de forces, s\u2019était présentée \u2014 comme les autres.Et dans quelques heures, ainsi qu\u2019un corps sans âme \u2014 ainsi qu\u2019un numéro qu\u2019elle était, au fait, devenue \u2014 le professeur de Hautefort allait lui ouvrir le ventre, comme aux autres, à toutes les autres .En dépit de son nom et surtout de son prénom quelque peu prétentieux mais qu\u2019il avait toujours conservé et respecté parce que choisi par une mère et par un père qu\u2019il avait adorés, le professeur Gaëtan de Hautefort était le plus simple et le meilleur des hommes.Ses élèves avaient pour lui une réelle adoration et le vénéraient à l\u2019égal d\u2019un dieu.Tous ceux qui l\u2019approchaient, externes, internes, assistants et infirmièrs mêmes, n\u2019évoquaient ses travaux et son noble caractère qu\u2019avec un respect auquel se mêlait toujours une sorte d\u2019attendrissement.Quant à ses malades, quant aux moribonds qu\u2019il avait arrachés des griffes de la Mort qui les enserraient déjà, ils se fussent, tous tant qu\u2019ils étaient, sacrifiés volontiers pour lui.Les plus humbles parmi ceux qu\u2019il avait pu sauver trouvaient toujours le moyen de se rappeler au souvenir du professeur.Depuis la lettre maladroitement griffonnée par des mains plus habiles au travail de la terre, de l\u2019usine ou de l\u2019aiguille qu\u2019au labeur épistolaire jusqu\u2019au modeste cadeau acheté grâce à des économies réalisées sou à sou, il n\u2019était pas un malade qui ne tint, au début de chaque année, à témoigner sa gratitude et sa reconnaissance au maître chirurgien.Mais pourquoi insister encore ?Vous tous qui me lisez, le nom béni de Gaëtan de Hautefort a peut-être déjà retenti à vos oreilles.Vous l\u2019avez lu dans les journaux.Son portrait \u2014 ah ! rappelez-vous ses yeux intelligents et bons, son nez petit et large, sa courte barbe blanche \u2014 a paru dans les quotidiens à l\u2019époque de son jubilé et quand il fut reçu à l\u2019Académie de Médecine puis à l\u2019Académie des Sciences.D\u2019autres, mieux placés que moi et, partant, plus éloquents que je ne saurais l\u2019être ont écrit sa biographie, ont parlé de son génie, on rappelé ses triomphes et évoqué enfin les réussites merveilleuses qui ont illustré sa carrière.Oui, tout ce que je pourrais écrire à nouveau en ces lignes, vous le savez déjà, et aussi bien que moi.Des lors, une fois encore, à quoi bon insister ?Gaëtan de Hautefort est Gaëtan de Hautefort.Ce nom seul doit suffire.Il dispense de tout commentaire.La femme venait d\u2019être apportée dans la salle des opérations, et quand, dans cette salle, le professeur pénétra à son tour quelques instants plus tard, elle était déjà endormie.Les internes de service lui avaient présenté le tampon de chloroforme, dispensateur d\u2019oubli, et la malheureuse, complètement perdue sous l\u2019effet rapide de cet anesthésique, n\u2019avait plus aucune notion de la réalité des choses.A peine dès le premier instant s\u2019était-elle débattue, et si faiblement ! si faiblement ! Une plainte mal formulée s\u2019était échappée de ses lèvres exsangues, puis elle avait soupiré et, selon l\u2019expression triviale des hôpitaux, mais qui dit bien ce qu\u2019elle veut dire, elle était sans résistance tombée tout de suite dans les pommes.Depuis,, sous l\u2019action du chloroforme, elle prononçait, ainsi qu\u2019il arrive souvent, quelques phrases entrecoupées, mais sans le moindre sens vraiment intelligible pour tous ceux qui, debout alentour du billard, devaient professionnellement assister à l\u2019opération.\u2014 Cas désespéré, je le sais, messieurs, professait de Hautefort en s\u2019approchant de la femme, cas désespéré, mais que j\u2019ai tenu pourtant à traiter devant vous afin de vous montrer que pour un chirurgien, bien davantage encore que pour un général, le vilain mot « impossible » ne doit pas être français.Nos examens peuvent nous tromper et, pour employer un cliché vieux comme le monde, mais qui est l\u2019expression même d\u2019une grande vérité, tant qu\u2019il y a de la vie, il y a de l\u2019espoir.Avant tout, mes amis, je vous prierai de remarquer.La dextérité de Gaëtan était telle, que, tout en parlant, et sans en avoir l\u2019air, il avait dès longtemps commencé l\u2019opération avec une précision et une clarté de termes, rares, il faut bien le dire, chez un homme de science, il expliquait minutieusement tous les gestes qu\u2019il faisait et ce pourquoi il les faisait.Nous ne saurions entrer ici dans des développements techniques, qui n\u2019auraient, au demeurant, nul rapport ave le récit que nous venons d\u2019entreprendre, mais ces développements en- chantèrent les auditeurs du maître chirurgien en proposant à leurs méditations un cas rare et difficile qui, pour désespéré qu\u2019il fût, en devenait à leurs esprits d\u2019autant plus intéressant.Cependant, sous l\u2019action prolongée du chloroforme, la femme, insensiblement, s'animait.Aux premières paroles qu\u2019elle avait prononcées, à peine perceptibles, succédèrent maintenant des mots exprimés de plus en plus haut.\u2014\tLes cloches, disait la malheureuse.les cloches.Ah ! comme je les entends bien les cloches, c\u2019est beau .c\u2019est beau .Et, comme elle parlait de plus en plus fort, sa voix, à plusieurs reprises, couvrit celle du professeur, qui continuait de faire son cours.\u2014\tAllons, allons ! tout beau, ma belle ! il faut se taire un peu ! lui disait de Hautefort sur un ton bon enfant en interrompant pour quelques courts instants la suite de ses explications.Mais la femme ne pouvait l\u2019entendre.Elle poursuivait ses monologues.Bientôt même, d\u2019une voix plaintive, d\u2019une voix qui semblait venir de loin, et peut-être d\u2019un autre monde, elle commença de chantonner Quand il reviendra, le temps des cerises.Incapable d\u2019obtenir le silence de l\u2019opérée, le professeur fut contraint d\u2019élever lui-même le ton.Mais aux chansons succédèrent des larmes et à travers ces larmes il était facile maintenant de reconnaître un nom qui, refrain obsédant, revenait incessamment sur les pauvres lèvres blanches.\u2014\tGaëtane .Gaëtane .ma chérie .ma petite .Gaëtane .Certes, le vieux Hautefort, au cours de sa longue vie, en avait entendu bien d\u2019autres.Ouvrant le ventre ou l\u2019estomac à plus d\u2019une belle dame, il avait obtenu de longues confessions (qui, pour être involontaires, n\u2019en étaient pas moins sincères) et qu\u2019il n\u2019avait jamais sollicitées.L\u2019exercice quotidiennement répété de sa profession, admirable entre toutes, l\u2019avait prémuni contre toute émotion nouvelle et depuis longtemps cuirassé.Cependant, malgré qu\u2019il en eut, il connut ce jour-là un inexplicable pincement au coeur que jamais il n\u2019avait connu.\u2014 Gaëtane .sois bien sage, mon doux cœur .Gaëtane ., continuait la malheureuse, semblant s\u2019être pour toujours arrêtée à ce nom.Et, de l\u2019entendre ainsi, ce nom, ce nom qui lui semblait maintenant venir de l\u2019au-delà, ce nom féminisé, certes, mais qui ressemblait tant au sien, qui était le sien, en somme, 1 homme connut, en dépit de tout, une seconde de défaillance.Une seconde, point davantage.Et nul de ceux qui l\u2019entouraient, l\u2019écoutaient et le regardaient, ne put s en apercevoir.Déjà Hautefort s\u2019était retrouvé lui-même, le maître chirurgien, dominé et repris.La femme pouvait continuer de parler, de pleurer, de crier et de chanter, l\u2019homme désormais ne s\u2019en apercevait plus.\u2014 Je vous disais donc, messieurs .De plus en plus sûr de soi, le professeur continuait sa leçon.\u2014 Mais point d\u2019illusions, mes amis ! ainsi que vous avez pu vous en assurer par vous-mêmes, mon diagnostic s\u2019est trouvé vérifié.Je ne m\u2019étais pas trompé, et le cas de cette malheureuse était vraiment désespéré.L\u2019opération, au surplus, a parfaitement réussi, mais l\u2019organisme usé de cette femme ne pourra résister à la fatigue consécutive à cette opération.Nous avons tout tenté, mais la nature est plus forte que nous ; les décrets de la Providence doivent dominer les hommes Tout en continuant de parler, le chirurgien enlevait sa dernière pince et la déposait sur le plateau tenu par une infirmière et sur lequel se trouvaient déjà réunis les instruments qui lui avaient servi.Un interne alors s\u2019approcha de l\u2019opérée, acheva le travail et fit le pansement.Dans un coin de la salle, Hautefort enlevait ses gants de caoutchouc et se lavait les mains.Près de lui, une autre infirmière lui tendait une serviette.\u2014 Alors, vous ne croyez pas, maître .?demanda-t-elle inquiète.\u2014 Aucun espoir, mon petit, répondit le chirurgien.Puis soudain, intéressé : \u2014 Vous la connaissiez, madame Duformont ?\u2014 En aucune façon, maître, mais elle m\u2019était sympathique, cette femme ! C\u2019est moi qui étais de service hier, aux entrées, quand elle s\u2019est présentée.Et elle avait un air si digne, si comme il faut, une vieille ouvrière, quoi ! une vraie travailleuse.C\u2019est que nous voyons ici tant de roulures, tant de saoulardes Celles-là résistent ! fit Gaëtan de Hautefort non sans quelque secrète amertume.Et, tout en se frottant les mains avec la serviette de Mme Duformont : \u2014 Enfin, que voulez-vous, mon petit, c\u2019est comme ça, c\u2019est la vie ! Il n\u2019y a rien à dire.Il n\u2019y a rien à faire ! \u2014 Hélas ! ponctua l\u2019infirmière.; ¦ ¦ Là-bas, au centre de la salle, les infirmiers enlevaient du billard le corps de 1 operee et le plaçaient sur leur chariot, qu\u2019ils allaient redescendre à la salle Ambroise-Pare.La femme était toujours endormie.Elle continuait de prononcer des paroles indistinctes ou inintelligibles.-La malheureuse! fit encore de Hautefort en lui lançant un ultime regard. 24 JUIN 1944 il ¦èttSL 1feiâw Le docteur Hautefort se sentait comme poursuivi par les phrases sans suite, murmurées par l'opérée.I I I ti| * t disque de l\u2019écouteur.De surprise, il sursauta, mais il se reprit bien vite.Il demanda sans y penser le numéro de l\u2019hôpital.A cette heure tardive, les lignes n\u2019étaient pas encombrées.Il l\u2019obtint tout de suite.Dès qu\u2019il fut en communication, Hautefort demanda si Mme Duformont était, ce soir-là, de service et, dans le cas affirmatif, qu\u2019on voulût bien la faire chercher.Il attendit pendant quelques minutes, qui lui parurent des siècles.Enfin, il reconnut la voix de celle qu\u2019il avait demandée.\u2014 Madame Duformont ?interrogea le maître, ici professeur Hautefort.Et, comme l\u2019infirmière, là-bas, s\u2019émotionnait : \u2014 Je voudrais avoir des nouvelles de la femme de ce matin.continua l'homme.\u2014 Hélas ! maître, répondit Mme Duformont, qui savait de quelle femme lui parlait le chirurgien, elle vient de mourir il y a dix minutes.\u2014\tC\u2019est bien ! je viens immédiatement ! répliqua Hautefort.\u2014\tVous m\u2019avez mal comprise, sans doute, reprit alors l\u2019infirmière.La malheureuse est morte, maître, il n\u2019y a plus rien à faire.\u2014\tJe vous avais parfaitement comprise, madame, et je vous répète que je viens tout de suite, voilà.! Puis, sans attendre, il raccrocha l\u2019appareil.Il attendit quelques instants que la communication fût coupée et il fit un nouvel appel qu\u2019il obtint encore sur-le-champ.Il avait demandé cette fois son garage, où un chauffeur spécial de nuit se trouvait en permanence pour accourir avec la voiture en cas de besoin nocturne.\u2014\tAllô, Jacques ! dit le maître, mon auto, tout de suite, nous allons à l\u2019Hôpital .Déjà debout, Hautefort sortit de son cabinet.Son chapeau, son pardessus, ses gants.Il alla devant sa porte attendre son chauffeur.Que le professeur Hautefort prît un soir, environ à onze heures, des nouvelles d\u2019une opérée, c\u2019était déjà un fait assez exceptionnel .UN CŒUR dramatique Montval il pouvait dire la malheureuse.Elle mourut dans la nuit, entre dix et onze heures, sans avoir repris connaissance.CHAPITRE II Ainsi que presque chaque soir, le professeur de Hautefort avait eu, ce soir-là, quelques amis à dîner.Quelques amis ?quelques indifférents plutôt.Au demeurant, même en société, le chirurgien, comme replié sur soi-même, demeurait sur son quant-à-soi.Il était rare qu\u2019il daignât prendre part à la conversation.On eût dit que sa pensée ne pouvait point se détacher de ses malades et de ses hôpitaux.Rien ne l\u2019intéressait vraiment, en ce bas-monde, qui ne fût les souffrances de ceux qu\u2019il devait soigner et tenter de guérir.Aussi, ce soir-là, pas plus que les autres soirs, nul ne prit garde, assurément, aux absences du grand homme.Sa pensée, partie très loin, sans doute, avait atteint des sommets auxquels ne pouvaient prétendre ceux qu\u2019il traitait à sa table et que d\u2019ailleurs \u2014 amis particuliers de sa femme et de sa fille \u2014 il ne connaissait qu\u2019à peine.Au-dessus de la tête et de l\u2019esprit de Gaëtan absent, les bavardages, incessamment, s\u2019étaient entre-croisés.Modes, théâtres, romans, dancings, boîtes de nuit, tels avaient été les thèmes fondamentaux pour lesquels s\u2019étaient passionnées les connaissances de Hautefort.Mais l\u2019homme, à la vérité, ne s\u2019en était pas aperçu.En proie à son seul souci, il n\u2019avait rien entendu.Dès que le café fut servi dans le petit salon, le chirurgien salua ses hôtes et, prétextant un gros travail, il s\u2019excusa auprès d\u2019eux d\u2019être obligé, ce soir-là, de se retirer dans son cabinet.Nul ne songea même à s\u2019en offusquer.On avait l\u2019habitude des façons du professeur, et son labeur énorme était trop respecté pour qu\u2019on osât le critiquer.Les invités particuliers de Mme de Hautefort \u2014 vieille poupée un peu folle et toujours inconséquente \u2014 ainsi que de sa fille \u2014 garçonne qui tenait de sa mère sans la moindre moralité \u2014 étaient aussi éloignés des hautes pensées du maître que le maître l\u2019était lui-même des stupides futilités qui enchantaient ces gens.Le professeur, cependant, avait gagné son bureau.Ayant fait de la lumière, il se laissa tomber sur un fauteuil et prit sa tête entre ses mains.En somme, depuis le matin, depuis le moment où il était monté dans son automobile qui l\u2019avait emporté vers les cliniques, les hôpitaux et les maisons de santé où il avait, ce jour-là, opéré, c\u2019était la première minute où il se trouvait seul enfin vis-à-vis de lui-même.Il n\u2019avait pu connaître encore, au cours des longues heures qui s\u2019étaient succédé, un seul instant de répit au cours duquel il eût pu, comme il aimait tant de le faire, se parler à soi-même, réfléchir et redescendre en lui.Et ce jour-là, sans qu\u2019il eût su dire pourquoi, le temps, plus encore qu\u2019en son accoutumée, lui avait paru interminable, qui le séparait de la seconde bénie où il avait franchi enfin le seuil de son cabinet.Sans qu\u2019il eût su dire pourquoi ?Ah ! peut-être pas, après tout ! Sans qu\u2019il osât vraiment en convenir, même dans le secret de son être le plus intime, même en face de sa conscience, le professeur de Hautefort se sentait comme hanté, se sentait comme poursuivi par les phrases sans suite, à peu près inintelligibles, qu\u2019avait murmurées, sous l\u2019effet du chloroforme, la malheureuse femme que, le matin, il avait opérée.Et inconsciemment, lui, si indifférent, il en avait frémi ! \u2014 Quand reviendra le temps des cerises .Gaëtane, mon doux cœur .Gaëtane, ma chérie .« Ah ça ! se dit-il tout en se passant la main sur son front moite, mais qu\u2019est-ce que j\u2019ai donc, ce soir ?» \u2014 Gaëtane .Gaë .Car ce prénom semblable au sien, dans le silence absolu du fond de son appartement, le maître l\u2019entendait encore.\u2014 Allô ! j\u2019écoute .quel numéro ?C\u2019est en percevant la voix impersonnelle d\u2019une lointaine téléphoniste que le chirurgien s\u2019aperçut qu\u2019il avait décroché le cornet de son appareil et rapproché de son oreille le 12 LE SAMEDI NOS MILITAIRES De g.à d.: Léo Corriveau de Springfield Mass.Marine américaine.Le soldat Wilfrid Beaumier de Valleyfield, P.Q* Au pays.Le caporal C.B.Lacourse de Winooski, Vf.Oufre-mer.fl De g.à d.: Evangéline Haché de la R.C.A.F.(Verdun).Au pays.Le soldat Roger Claveau (Malartic, Abitibi).Au pays.Le soldat Lionel Mercille (Montréal).Outre-mer.Mm De g.à d.: Le soldat Julien Parent (Fall River, Mass).Outre-mer.Le sergent Bertrand Parent (Fall River, Mass).Outre-mer.Jacques Champagne de la R.C.A.F.(Montréal).Au pays.-\t> « mm De g.à d,: Le caporal Arthur Marcoux (Armée américaine).Outre.mer.Le soldat Gérard Vézina (Montréal).Au pays.Le marin Edouard Therrien (Montréal).Au pays.De (g.à d.: Le soldat Oslas Perreault (Kirkland Lake, Ont).Outre-mer.Le soldat Robert Parent (Fall River, Mass).Outre-mer.Le soldat Florent Trempe (Montréal).Au pays.pour mettre en émoi le personnel de l\u2019hôpital.Mais que, l\u2019opérée étant morte, le maître annonçât sa visite immédiate, cela, en vérité, dépassait de beaucoup les limites des choses possibles.Et cela était, cependant.La pauvre Mme Duformont en était comme affolée et, comme elle se plaisait à le dire aux autres infirmières, « elle n\u2019en revenait pas ».La pensée de voir surgir le chirurgien à cette heure de la nuit, à laquelle jamais elle ne n\u2019avait vue, l\u2019émotionnait étrangement.« Comme si ce n\u2019était pas assez pour aujourd\u2019hui d\u2019avoir vue passer près de moi la malheureuse de la salle Am-broise-Paré ! » Et, incapable de rester en place, elle s\u2019affairait, toute nerveuse.Cependant, en femme qu\u2019elle était, curieuse et un peu indiscrète, elle se demandait les raisons qui avaient pu pousser le maître à agir de la sorte.Mais en vain ! Elle ne trouvait, à ses suggestions, aucune explication, tout au moins réelle ou plausible.Certes, le matin, comme tous les autres, elle avait bien saisi les paroles de l\u2019opérée.Mais elle leur avait trouvé un motif éloquent.« Sans doute, pensait l\u2019infirmière, la malheureuse a-t-elle entendu qu\u2019elle allait être soignée par le professeur Gaëtan de Hautefort.Or, comme il arrive souvent, sous l\u2019empire de l\u2019anesthésique, son rêve a déformé, en l\u2019appliquant à une vision quelconque, le nom qu\u2019elle avait pu saisir .Gaëtan, grâce au chloroforme, est devenue Gaëtane, et, à son esprit quelque peu tourneboulé, le chirurgien est devenu une femme .Voilà la vérité.» Motif éloquent, certes, je le répète, et qui était loin de manquer de bon sens.Néanmoins, si éloquent fût-il, ce motif n\u2019expliquait point à Mme Duformont la décision du maître.\u2014 J\u2019ai mal entendu, s\u2019exclama-t-elle enfin, je n\u2019ai pas bien compris et je me suis trompée .Mais non.Mme Duformont ne s\u2019était pas trompée.Un quart d\u2019heure ou vingt minutes ne s\u2019étaient pas écoulés, que Hautefort déjà arrivait à l\u2019hôpital et rejoignait l\u2019infirmière dans la salle de garde.Même prévenue, la femme était si stupéfaite de voir le professeur, qu\u2019elle ne put prononcer un mot.Contrairement à ce qu\u2019elle avait cru, l\u2019homme ne lui demanda point de la conduire au dépôt mortuaire.Il ne manifestait pas la moindre intention de faire une autopsie.Mais, sur un ton très doux qu\u2019elle ne lui connaissait point : \u2014 Dites-moi, madame Duformont, lui disait Hautefort, c\u2019est bien vous qui étiez aux entrées lorsque la malheureuse a été admise hier matin ?\u2014 Oui, monsieur le professeur.\u2014 Bien ! Dans ce cas, cette femme vous a certainement parlé.Elle a dû vous donner quelques renseignements qui ne figurent point sur sa fiche.Et, lisant le papier qu\u2019il avait à la main, et qu\u2019il avait pris en venant du bureau de la réception : \u2014 Martin, Honorine, soixante ans, célibataire, couturière, 103 bis, rue des Abbesses .C\u2019est peu, vraiment ! ajouta le chirurgien.\u2014 Ma foi non ! monsieur le professeur, cette femme ne m\u2019a rien dit.Il faut dire aussi qu\u2019elle était si déprimée, elle pensait déjà que c\u2019en était déjà fini, la pauvre ! \u2014 Justement, elle aurait pu, par cela même.\u2014 Je ne me rappelle pas, en tous cas, monsieur le pro .Mais l\u2019homme, maintenant, semblait s\u2019impatienter.\u2014 Elle ne vous a pas dit si elle laissait de la famille, si elle avait des enfants .?\u2014 Je crois vaguement me rappeler maintenant qu\u2019elle m\u2019a parlé d\u2019une fille.\u2014 Ah ! vous voyez bien, madame Duformont ! \u2014 Mais je ne saurais l\u2019assurer.D\u2019abord, elle est célibataire .\u2014 Comme si c\u2019était une raison, mon petit ! soupira Hautefort.\u2014 Pour ça, oui, monsieur le professeur est dans la vérité ! répliqua l\u2019infirmière.Les hommes sont si méchants, si égoïstes et lâches .Mais le chirurgien, à ces mots, regarda l\u2019infirmière d\u2019une si drôle de façon, que la femme s\u2019arrêta soudain et que ses joues s\u2019empourprèrent.Elle avait l\u2019impression d\u2019avoir dit une bêtise.\u2014\tIl y a des exceptions, pour sûr ! dit la femme pour se racheter.\u2014\tOui, madame Duformont, oui, il y a des exceptions, répéta alors Haute-fort sur un ton si pénétré que l\u2019infirmière en frémit.Cependant, retrouvant tout de suite son accent habituel : \u2014\tAlors, vous êtes bien certaine de n\u2019en point savoir davantage sur cette femme ?dit encore Gaëtan.\u2014\tSûre et certaine, monsieur le professeur, je puis vous l\u2019assurer.\u2014\tFort bien, madame, et je vous remercie en m\u2019excusant de vous avoir dérangée, reprit l\u2019homme en prenant congé.Puis, lui tendant la main : \u2014\tA après-demain, mon petit, puisque demain matin vous êtes de repos .Et déjà il était parti.Pendant la nuit tout entière, l\u2019infirmière devait penser à la visite inopinée du professeur Hautefort, sans toutefois pouvoir comprendre.CHAPITRE III Ah ! que-voulez-vous, ma pauvre demoiselle, chacun, ici-bas, a bien ses misères, allez ! Aujourd'hui c\u2019est vous qui êtes touchée, et demain ça sera p\u2019têtre bien moi.Comme disait Fouchard, feu mon mari, qu\u2019vous n\u2019avez point connu rapport qu\u2019il était déjà mort quand vous êtes venue habiter dans la maison, on n\u2019 sait jamais ni qui vit ni qui meurt ; 1\u2019 matin on part à son travail bien pénard, bien tranquille, [ Lire la suite page 14 ] EN MARGE DE \u201cNOS MILITAIRES\u201d Il n\u2019en coûte rien à nos lecteurs pour faire paraître dans LE SAMEDI des photos de militaires, des deux sexes et des trois armes.Tous les genres de photos y compris les instantanés ordinaires peuvent nous être envoyés pour publication a condition, toutefois, quelles soient en bon état.Les photos en couleurs et les films négatifs ne sont pas acceptés.On écrira lisiblement au verso le nom du militaire, sa ville d origine et s\u2019il est en service au pays ou outre-mer On a vu dernier* Par cecTÏw^f ^\tSOnt plUS retou™ées depuis le 13 mai deZücette date dJZl enUndre.?ue toutes les P^tos qui nous sont parvenues Z être réclamées ZZ T II* ^ ^ recevrons Par suite, ne pourront pius etre réclamées.Quant aux autres, reçues avant le 13 mai elles seront nees immédiatement après leur publication.\u2014 LA DIRECTION 24 JUIN 1944 13 I 4 n)vüi 3inrrTffi.À- UNITE DE RENFORT R.-U.DEPOT DE RENFORT DE BASE AFRIQUE DU NORD ill UNITE DE PREMIERE LIGNE kliUUM CANADA toc/rb/uo/v d'/!û&sses / LE COURRIER DES UNITES DE RENFORTS TÂCHE HARDIE QUI NOUS INCOMBE À TOUS CETTE guerre est une guerre de mouvement.Il n\u2019y a jamais eu un déplacement si rapide de troupes à des distances aussi incroyables vers des théâtres de guerre aussi multiples.Jour et nuit, des milliers d\u2019hommes sont en marche sur mer, sur terre et dans les airs .en train de s\u2019infiltrer en territoire ennemi ou de se déplacer pour garder l\u2019élément de surprise.Vous êtes-vous déjà arrêté à songer à ce que cela signifie que de se rendre, dans des conditions aussi pénibles, jusqu\u2019à votre ami ou votre parent et de lui remettre votre lettre ?Malgré le travail énorme qu\u2019il faut faire pour localiser des hommes qui passent des unités de renfort en Angleterre aux dépôts de groupe en Italie .vont d\u2019un poste à un autre .sont à l\u2019hôpital ou en congé .et malgré tous les hasards de la guerre, 31,500,000 lettres, sans compter les colis et les autres objets, sont parvenus à nos militaires en 1943.BATAILLON DE RENFORT, F.C.M.ITALIE BATAILLON DE RENFORT AVANCE, F.C.M.cf CAnaO^ POSTES, CANADA Publié avec I autorisation de L'HON.W.P.MULOCK, C.R., DEPUTE.MINISTRE DES POSTES 14 LE SAMEDI UN HOMME .UN COEUR [ Suite de la page 12 ] 1\u2019 soir arrive, c\u2019est un cadavre qui rentre.Et 1\u2019 plus fort c\u2019est qu\u2019y a rien à dire.C\u2019est des choses qui nous dominent et qui sont plus fortes que vous, ma pauvre mam\u2019zelle Martin .Une jeune fille en noir, d\u2019une vingtaine d\u2019années, si jolie dans sa pâleur, qui ressortait davantage à côté des étoffes sombres, était assise dans un coin de la loge et pleurait silencieusement, cependant que lui parlait intarissablement à la concierge de la maison.Bien que la société de la bavarde Mme Fouchard fût loin de plaire à Mlle Martin, celle-ci l\u2019acceptait néanmoins, tant il lui était pénible et douloureux de demeurer seule dans le petit logis déserté par sa mère qui, partie un matin pour se faire soigner à l\u2019hôpital, n\u2019était plus jamais revenue .\u2014 Déjà huit jours, madame Fouchard ! soupira la jeune fille en éclatant en sanglots.\u2014 Que voulez-vous, reprit la femme, faut vous faire une raison.Les larmes n\u2019ont jamais servi à rien, et c\u2019est pas en vous désolant et en tombant malade à votre tour que les choses seraient avancées, au contraire ! Vous v\u2019ià bien sérieuse, bien jolie, avec un bon état entre les mains, vous allez bien rencontrer un honnête garçon qui sera trop heureux de faire de vous sa femme et vous rendra heureuse .Dans un sens, aussi bien pour vous que pour elle, il vaut peut-être mieux qu\u2019elle soit partie ainsi que de rester à votre charge et infirme pendant des années .\u2014 Oh ! comment pouvez-vous parler ainsi, madame Fouchard ?Un instant alors, la jeune fille, un peu énervée par son interlocutrice, trop prompte à accepter les décrets du destin, songea à remonter chez elle.Mais elle n\u2019en eut pas le courage.Pour cela, elle savait trop bien que là-haut, seule et abandonnée dans son petit logis, comme elle était seule et abandonnée dans la vie, elle serait encore en proie à l\u2019assaut des souvenirs ! Depuis huit jours, depuis le début de son deuil effroyable, la jeune fille, sans répit, revoyait sa mère ainsi qu\u2019aux derniers jours où elle avait vécu, puis elle la revoyait morte, ainsi qu\u2019une dernière fois elle avait pu baiser son visage apaisé quand elle s\u2019était présentée au bureau de l\u2019hôpital et qu\u2019on lui avait annoncé la terrible nouvelle.Elle revoyait enfin les moindres détails d\u2019un pénible enterrement qu\u2019avec deux ou trois voisines elle avait suivi en larmes, sous son long voile de crêpe .Entre encore la proie de telles reminiscences ?Non, c\u2019était vraiment au-dessus de ses forces.Elle préférait encore l\u2019intarissable bavardage de Mme Fouchard.Enfin, la fille de la morte n\u2019était point, il faut le dire, uniquement tracassée par la hantise de ses visions.D\u2019autres soucis plus prosaïques sans doute, mais qui n\u2019en étaient pas moins douloureux, au contraire, s\u2019imposaient à la pauvre enfant.Les soins coûteux qu\u2019elle avait donnés à sa mère avant que celle-ci se décidât enfin à aller à l\u2019hôpital, les nourritures recherchées qu\u2019avait imposées son état maladif, les frais d\u2019hospitalisation et d\u2019opération que, trop fière pour avouer sa misère, elle avait acquittés, les obsèques enfin, qu\u2019elle avait voulu décentes et convenables, avaient épuisé ses maigres économies.Certes, la jeune fille travaillait, elle était ouvrière chez Léone, la couturière de la rue de la Paix, mais, depuis quelques semaines, elle avait beaucoup manqué et les sommes qu\u2019elle avait à récupérer étaient insignifiantes eu égard surtout aux dettes qu\u2019elle avait dû contracter.Le spectre de la faim se dressait alors devant la pauvre enfant.Elle pensait qu\u2019il lui faudrait travailler plus de six mois avant de pouvoir être à flot et de profiter enfin des fruits de son travail, de pouvoir se vêtir et se nourrir convenablement, de pouvoir vivre, en un mot.\u2014 Et si je tombe malade moi aussi ?Ah ! que deviendrais-je, Seigneur ?A la vérité, c\u2019était pour échapper à ces lourdes obsessions que la petite, sans bouger, demeurait dans la loge.Les paroles de Mme Fouchard, à défaut d\u2019être consolantes, chassaient au moins les hantises qui l\u2019attendaient chez elle .\u2014 Martin, ma p\u2019tite, je vous le dis, faut toujours regarder devant soi, jamais derrière .L\u2019avenir est ensoleillé ; si le passé est noir.surtout quand on a votre âge et qu\u2019on est tournée comme vous l\u2019êtes .\u2014 Ah ! je vous en supplie, madame Fouchard, ne me parlez pas ainsi.Un flot de sang colorait ses joues pâles.De la honte, de la coquetterie ou de la modestie ?Un peu de tout cela, sinon tout cela à la fois.-\u2014Et pourquoi donc, mon petit, que je parlerais pas ainsi.Comme disait Trucot, mon premier mari, qu\u2019vous n\u2019avez point connu puisqu\u2019à plus forte raison fallait que j\u2019soye veuve pour épouser Fouchard, qui dit la vérité peut parler si fort qu\u2019il veut et toujours relever la tête.Mais pour en revenir à vous, j\u2019en connais plus d\u2019un brave garçon qui serait heureux et fier de vous mener devant M.le maire et, si c\u2019étaient vos idées, devant le curé aussi.Quéque jours avant qu\u2019parte vot\u2019 pauvre maman, j\u2019avais touché un mot au p\u2019tit Briffu, que je connais depuis toujours et qui a une bonne place dans les Postes.Y a aussi Fernand Dubon, qui gagne gros comme électricien, mais une jeune fille comme vous aimerait mieux quéqu\u2019un qu\u2019est dans les écritures qu\u2019un simple ouvrier de ses mains.Enfin, on r\u2019parlera de tout ça quand vous serez un peu mieux.C\u2019est quasi- ment pas l\u2019jour.J\u2019ai trop de savoir-vivre pour pas le comprendre, allez .Quand on a du chagrin lourd comme vous en avez, on pense guère à la chose .Ainsi qu\u2019un filet d\u2019eau tombant incessamment d\u2019un robinet ouvert, les phrases de la concierge tombaient sur l'âme de la jeune fille sans pouvoir y éveiller un sentiment véritable.Toutefois, certaines paroles, plus précises que les autres, frappaient directement le cœur de l\u2019orpheline et ne laissaient point d\u2019y avoir un prolongement pénible.C\u2019étaient, ces paroles, celles qui évoquaient plus précisément l\u2019honnête garçon auquel pour sa locataire pensait Mme Fouchard.C\u2019est que, sans qu\u2019elle put s\u2019expliquer véritablement pourquoi, la petite n\u2019était attirée en rien par l\u2019avenir que la concierge dressait devant les yeux.La femme avait deviné juste, en annonçant que l\u2019orpheline n\u2019aimerait point, peut-être, d\u2019épouser un ouvrier.Mais elle avait deviné plus juste encore qu\u2019elle n\u2019eût pu le penser.Un employé des postes n\u2019était, à l\u2019esprit de l\u2019orpheline, pas beaucoup plus séduisant qu\u2019un compagnon électricien.Honteuses pensées, mais en était-elle responsable ?La petite avait l\u2019impression étrange qu\u2019elle était d\u2019une autre essence que ceux au milieu desquels elle avait toujours vécu.D\u2019un esprit prompt à tout saisir, d\u2019une intelligence bien au-dessus de la moyenne, elle avait toujours été la première à l\u2019école et elle eût volontiers poursuivi ses études si, poussée, hélas ! par la nécessité, elle n\u2019avait dû travailler dès son brevet obtenu.Plus apte aux exercices cérébraux ou spirituels qu\u2019à une activité manuelle, elle eût fait sans aucun doute une institutrice experte ou une secrétaire bien douée, alors qu\u2019elle n\u2019était, à la vérité, qu'une ouvrière moyenne.Mais, pour n\u2019être pas ouvrière, il eût fallu passer des examens, attendre, et pour attendre, il faut être sinon riche, au moins assez aisé, cependant que chez Madeleine Sicot, puis chez Léone, elle avait gagné tout de suite sa vie.Médiocrement, certes, mais enfin elle l\u2019avait gagnée, au point qu\u2019elle avait pu aider même sa mère et lui faire paraître moins lourdes les dernières années de sa vie.Pénétrée de ces belles idées, elle n\u2019avait aucun regret.Quant à s\u2019établir, quand à épouser un Briffu ou un Dubon, rien n\u2019était alors plus loin de ses projets.« Mieux vaut encore vivre seule et dans la misère qu\u2019à deux dans l\u2019aisance avec un homme qu\u2019on n aime point ou qui ne vous plaît qu\u2019à moitié », pensait-elle justement.Et, bien que la mère Fouchard continuât de parler, la petite orpheline ne l\u2019écoutait plus.Le cerveau comme dégagé, elle était partie dans des rêves qu\u2019elle ne pouvait préciser.Cependant, doucement, on avait frappé à la porte de la loge, puis, comme la concierge n\u2019avait pas entendu, la porte s\u2019était ouverte.La jeune fille, elle non plus, ne s\u2019était aperçue de rien .Ce n\u2019est qu\u2019en entendant une voix inconnue qu\u2019elle redescendit sur la terre, dont elle était loin alors, et qu\u2019elle releva la tête.\u2014\tPardon, madame, disait la voix, seriez-vous assez aimable pour vouloir bien me donner un petit renseignement ?En dépit de sa corpulence, Mme Fouchard, vivement, venait de se retourner.\u2014\tC\u2019est selon, dit-elle sans se compromettre ; si je puis vous être utile sans faillir aux lois de l\u2019honnêteté, je ne demande pas mieux .Mais entrez donc, monsieur, je vous en prie .L\u2019homme ne se fit pas deux fois répéter l\u2019invitation.Avançant de quelques pas, il pénétra dans la loge.C\u2019était un homme d\u2019âge, vêtu avec élégance et d\u2019une correction parfaite.Ainsi que dans un salon mondain, il avait enlevé son chapeau, qu\u2019il tenait à la main.Sa barbe et ses cheveux blancs ajoutaient encore à son air respectable.\u2014 Je voudrais savoir, dit-il après quelques instants, si c\u2019est bien dans cet immeuble qu\u2019habitait une dame Martin, décédée à l\u2019hôpital il y a quelques jours.Mme Fouchard, en femme prudente, n\u2019aimait pas beaucoup les questions.Celle-ci lui parut toutefois de celles auxquelles il était permis de répondre sans risquer de se compromettre.\u2014 Parfaitement, monsieur, dit-elle, c\u2019est bien dans cet immeuble .\u2014 Dans ce cas, poursuivit l'homme, vous devez savoir si cette pauvre femme ne laisse personne derrière elle .Maintenant, la concierge hésitait à répondre.La présence de la jeune fille la gênait quelque peu.Dissimulé que l'orpheline se trouvait, alors dans l\u2019ombre, l\u2019homme n\u2019avait pu l\u2019apercevoir, toute noire qu\u2019elle était dans le noir de son coin.Mais, d\u2019un signe à Mme Fouchard, la petite lui fit comprendre quelle pouvait renseigner l\u2019homme.Forte de la muette autorisation, la concierge parla.\u2014 Mme Martin laisse une fille, dit-elle alors, une fille de vingt ans, bien convenable, bien honnête, ce qui ne gâte rien, de surcroît jolie comme un cœur .Dans le besoin, sans doute, interrompit l\u2019homme assez vite.\u2014 Je n\u2019étais pas au courant des affaires de ces dames, repartit Mme Fouchard, mais tout me porte à croire que la pauvre petite ne roule pas sur l\u2019or.Elle a eu de gros frais.Sa mère a été Si Londres peut maintenant respirer depuis la fameuse blitz, il n\u2019en demeure pas moins que cette grande ville se trouve toujours exposée aux représailles d\u2019un ennemi implacable.Cette petite camionnette nous rappelle précisément que les Londoniens sont toujours exposés à une telle éventualité.En effet, il s'agit ici d'une voiture équipée pour porter rapidement secours aux sinistrés en cas de raids aériens.\tPhoto officielle du Ministère de la Sécurité intérieure. 24 JUIN 1944 15 tissez longtemps malade et les croque-morts et le curé, c\u2019est une marchandise qui sait se faire payer .\u2014 Je viens de la part d\u2019une société de bienfaisance, dit alors le visiteur en déposant sur la table de la loge une large enveloppe.Je craindrais de désobliger cette jeune fille en demandant à la voir.Ce sera pour plus tard, pour un peu plus tard, quand elle se sera quelque peu consolée.Je veux pour aujourd\u2019hui la laisser seule à son chagrin qu\u2019elle ne saurait partager avec un inconnu, mais vous serez assez bonne pouf lui remettre cette enveloppe de la part.Mais l\u2019homme ne put achever.Sortant soudain du coin d\u2019ombre où était presque cachée la petite orpheline, une voix forte et décidée s\u2019éleva dans la loge.\u2014 Encore que nous fûmes, ma pauvre maman et moi, infiniment malheureuses, disait cette voix, qui était celle de Mlle Martin, nous n\u2019avons jamais consenti à accepter une aumône .Le visiteur, à ces mots, avait tourné les yeux du côté d\u2019où montait la voix.Il aperçut alors la jeune fille, et telle était la beauté de celle-ci que l\u2019homme en demeurait stupéfait d\u2019admiration.Il comprit tout de suite qui lui parlait ainsi, et son visage ému, déjà pâle, devint plus pâle encore.\u2014 Vous vous méprenez, mademoiselle, dit-il.Nous savons respecter la juste susceptibilité de ceux que nous voulons aider.Ce n\u2019est pas une aumône que j\u2019ai été chargé de venir vous apporter, moins encore un secours, mettons que ce soit une indemnité que l\u2019Humanité, moins ingrate qu\u2019on ne le croit, accorde à ceux qu\u2019elle juge méritants.Vous pouvez accepter sans le moindre.Mais, une fois encore, la jeune fille l\u2019interrompit.\u2014 Non, je vous remercie, monsieur, mais je n\u2019accepterai point.\u2014 Je me permettrai alors de vous demander pourquoi.\u2014 Parce qu\u2019il y a des gens plus malheureux que moi.\u2014 Ah ! ce n\u2019est pas une raison ! interjeta le visiteur.Et la société qui a cru pouvoir me charger .\u2014 Cette société est bien bonne, fit l\u2019orpheline sur un ton ironique.Aussi, pour la bénir, me permettrai-je, à mon tour, de vous en demander le nom ! A cette question si brusquement posée, et à laquelle, il faut le dire, il ne s\u2019attendait point, l\u2019homme se troubla soudain.\u2014 Que vous importe ! dit-il.\u2014 Mais cela m\u2019importe beaucoup, au contraire, monsieur, répondit la petite.En admettant même que j\u2019eusse accepté cet argent, croyez-vous que je ne me serais pas autrement inquiétée de ceux à qui je le devais ?\u2014 Ce sentiment vous honore, mademoiselle, mais il est superflu.Au demeurant, vous êtes trop franche pour que je vous mente plus longtemps.Il y a un homme qui vous veut du bien et qui s\u2019acquitte d\u2019une vieille dette.Voilà la vérité .\u2014 Raison de plus pour que je refuse alors.\u2014 Je ne vous comprends pas.\u2014 Je vais vous expliquer, monsieur, dit encore la jeune fille.Ma pauvre maman m\u2019a appris à se défier des hommes qui veulent du bien aux femmes.Par eux, ma mère a souffert et je ne sais pas si moi-même .Et la petite s\u2019arrêta .En face d\u2019elle, silencieux maintenant, l'homme demeurait debout et la tête un peu penchée.Il resta ainsi pendant d\u2019assez longs instants.Puis enfin, relevant les yeux : \u2014 Soit, dit-il, je vais reprendre mon enveloppe.Mais accordez-moi au moins une grâce, mon enfant : celle de vous parler seul à seule et cœur à cœur.Regardez-moi.Je suis vieux, ma vie touche à son terme et vous ne pouvez rien craindre.Vous ne me ferez pas l\u2019injure de refuser l\u2019entretien que je sollicite de vous, mademoiselle, à genoux .L\u2019accent avec lequel l\u2019homme venait d\u2019exprimer ces mots était si attendrissant qu\u2019il toucha la jeune fille.Ses yeux même s\u2019en humectèrent.\u2014 Je n\u2019ai aucun motif sérieux pour vous refuser cette grâce, dit-elle en se levant.Si vous voulez bien vous donner la peine de monter cinq étages, je vous recevrai chez moi.Le vieillard s\u2019inclina.Puis, saluant Mme Fouchard, toute navrée de voir lui échapper une conversation que son flair de concierge lui faisait pressentir assez intéressante, il sortit de la loge en suivant la jeune fille, qui lui montrait le chemin.CHAPITRE IV L\u2019homme, en soufflant, montait les escaliers.L\u2019orpheline le précédait.La visite qu\u2019elle allait recevoir était pour elle si inattendue qu\u2019elle ne pouvait même pas réfléchir ou se demander à quoi elle la devait.Au surplus, peu lui importait.Depuis la mort de sa mère, elle vivait dans un état, voisin de l\u2019inconscience.Rien ne pouvait plus, désormais, l\u2019intéresser, et sans avoir trouvé la force de réagir, elle subissait son destin.Quand elle fut arrivée au cinquième palier \u2014 l\u2019homme n\u2019était encore qu\u2019au troisième \u2014 elle enfonça sa clé dans la serrure, poussa sa porte et fit de la lumière.D\u2019un coup d\u2019œil elle s\u2019assura que tout était bien en ordre dans le petit logis.Puis, courageuse, elle attendit.Pas longtemps.Sur le seuil du logement, le vieillard apparaissait.\u2014 Vous m\u2019excusez .dit-il en reprenant son souffle .mais .Et sur l\u2019invitation de la jeune fille, étant entré enfin, il s\u2019assit sans protester sur le fauteuil, que d\u2019un geste aimable de maîtresse de maison elle venait de lui désigner.Silencieuse et malgré qu\u2019elle eût le cœur battant d\u2019angoisse, l\u2019orpheline attendait que l\u2019homme lui parlât.Lui, cependant, ne paraissait pas pressé.Toujours essoufflé, il se remettait néanmoins peu à peu.Enfin il aurait pu parler.Mais il attendit encore.Les regards fixés sur les choses qui l\u2019entouraient, il considérait la pièce.Ses yeux, souvent, s\u2019attardaient sur quelque détail, quelque bibelot sans valeur, quelque photographie.Puis, soudain, d\u2019un geste las, l\u2019homme se passa la main sur son front en moiteur où perlait de la sueur, et sans que rien eût pu laisser prévoir un semblable attendrissement, il se mit à sangloter.\u2014 Monsieur .Monsieur ! s\u2019exclamait doucement la jeune fille, tout émue elle aussi par cette explosion de douleur qu\u2019elle ne comprenait point et à laquelle, en vérité, elle était bien loin de s\u2019attendre.Incapable de parler, le vieillard s\u2019excusait par signes.La petite, n\u2019en pouvant plus et songeant à sa pauvre mère, se prit, elle aussi à pleurer.Et ce fut alors un spectacle bien touchant que cet homme, si vieux, et cette enfant, si jeune, qui, sans s\u2019en douter peut-être, se désespéraient sur une même femme .Toutefois, l\u2019homme, le premier, reprit conscience des choses.Sortant un mouchoir de sa poche, il se sécha les yeux puis s\u2019épongea le front.Il respira profondément, puis il prit la parole enfin.\u2014 Il faut me pardonner, mademoiselle, dit-il sur un ton très doux, mais je viens d\u2019être vaincu par une émotion trop longtemps contenue .Quand je vous aurai expliqué, vous saurez bien me comprendre .h- \u2018 Un traitement agréable qui vous aidera à conserver votre Charme! E COMMETTEZ PAS l\u2019erreur â'ignorer ces symptômes apparemment insignifiants que sont les pellicules et \"peaux mortes\".Elles peuvent être l\u2019avertissement que vous êtes sérieusement atteinte de la pellicule .que vous devez commencer le traitement sans plus tarder.Lorsque la pellicule se manifeste avec précision au début, elle peut prendre des proportions alarmantes.Commencez dès maintenant à faire un usage méthodique de l'Antiseptique Listerine et du massage deux fois par jour.Souvenez-vous qu'au cours d'expérimentations de cliniques, 76r,I des\u2019 personnes atteintes de la pellicule constatèrent un soulagement absolu ou une amélioration notable des symptômes de la pellicule après trente jours de ce traitement.Utile pour tant d'autres .il peut l\u2019être pour vous-même.Simple, facile, agréable et efficace.Disparition des squames Vous serez émerveillée en constatant avec quelle rapidité disparaissent ces squames et \"peaux mortes\u201d révélatrices .avec quelle rapidité aussi vous vous sentez soulagée de l\u2019ennuyeuse démangeaison.Un cuir chevelu rafraîchi et avivé.Une chevelure propre à souhait.A titre de précaution, ajoutez l\u2019Antiseptique Listerine au chapitre de l\u2019ordi- L\u2019ANTiSEPTIQUE LISTERINE et la friction FABRICATION CANADIENNE l\u2019usage à titre de traitement.Lambert Pharmacal, Co.(Canada) Ltd.Toronto, Ont.N'IGNOREZ PAS CES SYMPTOMES ! C'EST PEUT-ETRE LA PELLICULE ! Le TRAITEMENT DAMES : Séparer les cheveux en plusieurs meches et appliquer l\u2019Antiseptique Lis-terme.MESSIEURS : Asperger le cuir chevelu d'Antiseptique Listerine pur soir et matin.Paire toujours suivre d\u2019une friction vigoureuse et prolongée.L'Antiseptique Listerine est le même antiseptique qui est célébré depuis plus de 60 ans en ce qui a trait à l\u2019hygiène buccale. 16 LE SAMEDI Et très vite, comme s\u2019il voulait se ¦débarrasser d\u2019un secret trop lourd, en se confessant avec rapidité : C est que, ajouta-t-il, j\u2019ai, dans ma lointaine jeunesse, bien connu votre maman.J ai été un ami d\u2019un de ses bons amis.un de ses bons amis, mort, hélas ! lui aussi.mais qui, avant de mourir, m\u2019a chargé d\u2019exécuter ses volontés suprêmes .et vous lui ressemblez tant, a votre pauvre mère, dans votre jeunesse et dans votre beauté .Ici, malgré les efforts qu\u2019il faisait pour se dominer, l\u2019emotion, à nouveau, empâte la voix de l\u2019homme.Des larmes, encore, roulèrent sur ses joues.Alors, la petite comprit qu\u2019elle devait parler à son tour.Mais, sans souci maintenant du chagrin du vieillard, trop sincère, trop franche et trop loyale surtout pour masquer ses sentiments ou pour exprimer des pensées qui ne fussent pas conformes à celles que lui dictait son cœur, elle se dépouilla devant l\u2019homme.Ah ! lui dit-elle sur un ton assuré, en dépit d\u2019une souffrance morale à laquelle je crois, monsieur, vous me permettrez bien, je gage, de vous exprimer ma surprise d\u2019un devoir aussi.tardif.N\u2019ayons pas peur des mots : l\u2019ami de ma mire auquel vous venez de faire allusion ne peut être que celui qui fut mon père, monsieur.Car, en dépit de la lâcheté dont fit preuve à son égard celui que vous représentez, ma pauvre maman lui fut toujours fidèle.Elle ne le remplaça jamais.Elle avait eu foi en ses paroles, en ses promesses, et bien que cet homme eût forfait à l\u2019honneur, plie n\u2019p'.'t d\u2019autre souci que d\u2019élever 'dignement l\u2019enfant qu\u2019il lui avait laissée et de faire d\u2019elle une vraie femme Cette femme-là, c\u2019est moi, monsieur ! Et c\u2019est pourquoi je crois pouvoir vous dire l\u2019étonnement que j\u2019ai aujourd\u2019hui à ne vous avoir vu plus tôt.Votre ami n\u2019est pas mort depuis la mort de ma mère.Ce serait une coïncidence par Ttrop surnaturelle.Alors je serai fran-«he : pourquoi avez-vous attendu que ma maman fût morte ?Venant d\u2019une si jeune fille et s\u2019adressant à un homme de l\u2019âge du visiteur, la leçon était dure, sans doute.Mais elle était aussi trop juste pour que le vieillard songeât à protester.Certes, en cet instant, sa souffrance était extrême et le ravageait dans ses fibres profondes.Il ne s\u2019en plaignait point.Ce n\u2019était qu\u2019un tribut infime qu\u2019il payait alors pour ce qu\u2019il avait fait.\u2014 Vous êtes une brave enfant, mademoiselle, reprit-il, et vous avez raison.Mais laissez-moi vous dire que votre grande jeunesse, dans son ignorance totale de la vie réelle, manque un peu d\u2019indulgence.L\u2019existence est méchante presque toujours, hélas ! et autant, sinon davantage, pour les riches que pour les pauvres, pour ceux qui semblent avoir réussi que pour ceux qui apparaissent comme des déshérités.Illusion, hélas ! une fois encore.Le bonheur est une fleur de serre qui ne vit point longtemps et que bien peu, ici-bas, peuvent se vanter d\u2019avoir connu.Ce que votre père, contraint par une famille rigoriste et hautaine, a fait à votre mère, il en a souffert, mon enfant, plus que votre mère dans son abandon, sans doute, et comme jamais vous ne pourrez savoir.Pas un jour de sa vie, que dis-je, pas une heure, ne se sont passés sans que l\u2019obsession de ee qu\u2019il avait dû faire le poursuivît comme un honteux remords.Et à la minute ou, libre enfin, il aurait pu, dans une certaine mesure, réparer son ignoble faute, le sort qui, méchamment, s\u2019acharnait après lui, lui a fait perdre la trace de la femme adorée qu\u2019il avait dû abandonner .Fatigué d\u2019avoir tant parlé, l\u2019homme s\u2019arrête un moment.La jeune fille, angoissée, l\u2019écoutait comme dans un rêve, tandis qu\u2019un silence de tombe s\u2019étendait, mélancolique, au-dessus de l\u2019étrange couple.Quelque peu reposé, le vieillard reprit enfin : \u2014 Vous êtes femme, mon enfant, et partant, comme tous les êtres jeunes que, Dieu merci, la vie n\u2019a pas encore accablés, vous ignorez la grâce du pardon.C\u2019est que vous ne savez point non plus tout ce que, de son vivant, votre père a pu faire pour se faire pardonner.Il était devenu médecin, un grand, un très grand médecin.Et le bien qu\u2019il ne pouvait, hélas ! apporter à la femme et à la fille qu\u2019il aimait, il le prodigua aux pauvres, aux faibles, aux malheureux et aux déshérités.Ceci, il faut que vous le sachiez, mon enfant, et que, quels que fussent les torts qu\u2019il a pu, malgré lui, avoir vis-à-vis de vous, vous vénériez sa mémoire comme celle d\u2019un bienfaiteur de l\u2019humanité qu\u2019il est devenu grâce à vous, ma chère petite, et grâce à vous seule, car tout ce qu\u2019il fit pour les pauvres, c\u2019est uniquement pour vous.Savez-vous qu\u2019il s\u2019est prodigué, au mépris de ses forces, de sa fortune et de sa santé même pour apporter un peu de mieux-être à ceux qui en étaient privés ?Non, n\u2019est-ce pas ?Non, vous ne le saviez pas.Considérez donc, ma douce et chère enfant, combien il est puéril de vouloir juger ses semblables.Celui que dans le tréfonds de votre cœur vous maudissez depuis votre naissance était pour les autres un véritable dieu.Qui était dans la vérité ?Bien subtil qui pourrait le dire.Mais moi, moi qui l\u2019ai bien connu et qui l\u2019ai bien aimé .Mais ici, une fois encore vaincu par l\u2019émotion, le vieillard se remit à pleurer.Quant à l\u2019orpheline, en écoutant l\u2019éloge de l\u2019homme qui était son père et dont le sang même coulait à travers ses veines, elle s\u2019était sentie transformée et si elle pleurait, elle aussi, c\u2019était d\u2019un bonheur infini qui échappait encore à son entendement.Elle se retrouvait elle-même, en effet, dans la description du caractère généreux de celui que jamais elle n\u2019avait pu connaître.Comme lui, dans la mesure de ses moyens et de ses forces, elle avait été bonne et avait rendu autour d\u2019elle tous les services qu\u2019elle avait pu.Aussi bien auprès de ses amies d\u2019école que de ses compagnes d\u2019atelier, de sa mère enfin, elle avait prodigué son grand cœur innombrable.Et de se sentir si près, moralement, de celui que le vieillard venait d\u2019appeler un saint laïc et un dieu, elle s\u2019attendrissait, misérable sans doute, mais aussi heureuse, heureuse, heureuse, ah ! si heureuse ! Elle ne put plus se retenir.\u2014 Ah ! je comprends, monsieur ! s\u2019exclama-t-elle soudain dans un grand cri du cœur, merci, ah ! oui, merci de m\u2019avoir fait comprendre ! Puis, presque dans un souffle et si bas alors que l\u2019homme la devina plus qu\u2019il ne l\u2019entendit : \u2014 Je lui ai pardonné .Il n\u2019y avait plus, dans la petite chambre, qu\u2019un vieillard et qu\u2019une enfant qui pleuraient, désarmés .Pendant un fort long temps, ils demeurèrent ainsi, mais le vieillard comprit enfin qu\u2019il lui fallait interrompre cette scène trop pénible.Une fois de plus il se sécha les yeux et, se levant de son fauteuil, il s\u2019avança vers la jeune fille.\u2014 Ah ! vous êtes bonne, lui dit-il, mais connaissant votre père comme je l\u2019ai connu, je n\u2019en attendais pas moins.Puis, s\u2019étant arrêté, il reprit sur un ton très doux : \u2014 Voulez-vous me permettre de vous embrasser, mademoiselle ?La jeune fille, à son tour, s\u2019était levée.Sans dire un mot, spontanément, elle tomba dans les bras que l\u2019homme venait de lui ouvrir et qui se refermèrent sur ce corps souple encore agité par des sanglots de bonheur infini.Ce fut un long et bien tendre baiser que le vieillard et la jeune fille échangèrent en cet instant.Serrés l\u2019un contre l\u2019autre, ces deux êtres qui, quelques minutes plus tôt, ne s\u2019étaient jamais vus, se séparèrent à regret.Il le fallait cependant.Et ce fut presque un arrachement.L\u2019homme était resté debout.Il était silencieux.Pourtant la jeune fille était trop fine et trop intelligente peur ne pas pressentir qu\u2019il voulait parler encore, mais que, trop ému ou trop timide, il ne pouvait s\u2019y décider et hésitait encore.En son for intérieur, elle imaginait qu\u2019il cherchait par quels moyens ou par quelles paroles convaincantes il pourrait la contraindre à accepter enfin l\u2019enveloppe que tout à l\u2019heure, dans la loge de Mme Fouchard, elle avait refusée avec tant d\u2019ardeur et tant de véhémence.Et cependant non.L\u2019orpheline se trompait.Car si le vieillard, enfin, lui parla à nouveau, les paroles qu\u2019il prononça ne ressemblaient, en vérité, en rien à celles que la jeune fille avait cru devoir entendre.Alors, disait l\u2019homme posément, :;i votre pauvre père avait vécu encore vous n\u2019auriez point refusé .La jeune fille ne réfléchit point.Elle n en eut pas le loisir.Son cœur avait été plus prompt que n\u2019eussent pu l\u2019être ses pensées.\u2014 De le voir ?de l\u2019embrasser ?de le remercier même ?Ah ! monsieur ! Après ce que vous m\u2019avez dit, comment pouvez-vous supposer ?.\u2014 Je ne sais pas, reprit le vieillard .mais vos paroles .\u2014 Ah ! je ne savais pas, je ne savais rien ! s\u2019exclama l\u2019orpheline.J\u2019étais une enfant, tout à l\u2019heure, mais depuis que je vous connais je suis devenue une femme ! Et retrouvant soudain toute sa détresse : \u2014 Mais pourquoi parler de cela puisque les temps sont révolus .puisque mon pauvre père .\u2014 Vous eussiez accepté qu\u2019il vous reconnût, qu il vous prît à son foyer, vous n\u2019eussiez point dédaigné de redevenir sa véritable fille, enfin ?La petite suffoquait.Elle ne pouvait s\u2019expliquer maintenant les questions du vieillard qu\u2019elle qualifiait de cruelles.\u2014 Répondez-moi ! suppliait l\u2019homme, répondez-moi, il le faut ! répétait l\u2019homme.Mais comment eût-elle pu répondre ?Les larmes lui serraient la gorge et elle ne pouvait dire un mot.Répondez-moi ! reprenait le vieillard.Elle fit tous ses efforts pour se dominer enfin.\u2014 Ah ! je vous ai déjà répondu, dit-elle .Si le ciel avait permis que mon père vécût encore.jamais enfant [ Lire la suite page 30 ] LES CHRYSANTHEMES [ Suite de la page 8 ] plongé dans un morne accablement, songeât à les lui redemander.Il est vrai que la tombe maternelle n\u2019en avait guère besoin, avec les grosses touffes que le jardinier venait d\u2019y planter pour la fête des morts.La fillette attendit.Soudain, derrière elle, le gravier de l\u2019allée crissa.C\u2019est alors qu\u2019elle reconnut la jeune femme et son fils.Elle en reçut un choc.L\u2019aspect des choses ne lui fit plus la même impression et leur pauvreté lamentable, cette indigence du mort qui gisait là, sous une glaise glacée et des herbes flétries, l\u2019affligea tellement qu\u2019elle eut pitié de lui comme d\u2019un mendiant et ne résista pas au désir de faire l\u2019aumône de ses chrysantèmes.\u2014 Mais, balbutia la veuve en la voyant déposer furtivement la gerbe au pied de la triste croix, il ne faut pas, ma petite.Monsieur !.Monsieur !.Votre fillette.Tout comme elle, le geste spontané et touchant de Chette mit Jacques dans l\u2019embarras.Ces fleurs dont la mignonne, dans un de ses bons mouvements, venait de se dessaisir, elles lui étaient sacrées, puisque destinées à Aline.Mais à présent comment les reprendre ?Aline elle-même l\u2019en aurait dissuadé.¦\u2014Je vous en prie, madame, répondit-il.Chette a bon coeur.Un refus la désolerait.Ils se turent, aussi émus l\u2019un que l\u2019autre et ne sachant quelle contenance faire sous l\u2019humide et troublant regard qu\u2019ils échangeaient.Cette inconnue, avec qui Jacques sympathisait d\u2019instinct, qui était-elle au juste ?Peu importait, mais il voyait bien à quel état la réduisait un veuvage prématuré.Lui, du moins, n\u2019avait pas de soucis matériels.Son travail était un sain réactif contre le désespoir, non un labeur écrasant comme ceux qui tuent tant de malheureuses femmes.Et voici qu\u2019il ne pensait plus tout à fait comme en arrivant au cimetière.Jamais personne ne lui ferait oublier Aline, ni ne la remplacerait entièrement auprès de lui.Mais, tôt ou tard, ne lui faudrait-il pas restaurer son foyer, si vide depuis deux ans, malgré le babil, l\u2019entrain, le rire clair de Chette.La veuve ne lui laissa pas le temps d\u2019approfondir son sentiment.Elle reprenait conscience du lieu où l\u2019on était, toute sa pudeur se crispait douloureusement à la pensée de ce qu\u2019elle éprouvait elle-même devant cet homme.Refaire sa vie pour Pierrot sinon pour elle ?Ou à la rigueur et de préférence sans doute avec quelqu\u2019un qu\u2019elle devinait bon et compatissant.On s\u2019était plu à première vue et, mon Dieu, en tout autre endroit on aurait pu, sans trop de remords, se laisser aller à un penchant naturel.Mais si la tentation les en avait effleurés, comment ne pas se ressaisir ici, près de ces deux tombes, en cette funèbre journée de souvenir et de recueillement ?Y céder eût tenu du sacrilège.C\u2019eût été comme une nargue à leurs morts, comme une profanation capable de les faire sortir de terre.Elle avait remercié Jacques et Chette sans trop savoir ce qu\u2019elle disait et les chrysantèmes étaient restés au chevet de son mari avec le bouquet de violettes.Elle s\u2019agenouilla, se releva presque aussitôt, prit son petit par la main et l\u2019entraîna.Rétif, il se retourna pour sourire une dernière fois à Chette.La mignonne lui fit adieu de loin.Puis, inquiète, elle dit à son père : \u2014 Ils s\u2019en vont.Est-ce qu\u2019on ne les reverra plus ?Et Jacques qui, malgré lui, sour l\u2019impulsion de tout ce qui s\u2019agitait en son subconscient, venait de relever le nom et la date inscrites sur la croix de bois, répondit avec une conviction réconfortante : \u2014 Mais si, nous les reverrons, ma petite Chette.N\u2019aie crainte, va ! Je saurai bien m\u2019arranger pour cela.Norbert Sevestre. 24 JUIN 1944 17 !> I J\u2019ai rêvé que je payais $5.une coupe de cheveux, et $50.une paire de chaussures en carton.J\u2019ai rêvé que nous n\u2019avions pas de contrôle des prix en temps de guerre sur les profits, les salaires, et que nous n\u2019avions pas eu non plus le bon sens d\u2019organiser la distribution des vivres et des munitions à la ligne de feu.& J\u2019ai rêvé que les prix étaient fantastiques parce que tout le monde gagnait beaucoup d\u2019argent et le dépensait aussi vite.Dans les magasins, c'était comme une liquidation et les gens s\u2019arrachaient les marchandises de crainte que les prix montent davantage.Le monde pris de panique achetait même des choses dont il n\u2019avait pas besoin et chacun se faisait une réserve.J\u2019ai rêvé qu\u2019il fallait se battre pour obtenir plus d\u2019argent et que dans cette folle course, les gages et les salaires restaient inférieurs au coût de la vie.J\u2019ai rêvé que les voisins se blâmaient les uns les autres de leurs ennuis, que le sentiment général était chacun pour soi advienne que pourra même si notre effort de guerre se ralentit.J ai constate, a ma grande satisfaction, que je vivais dans un pays où tout était bien ordonné, où le coût de la vie était maintenu dans des limites raisonnables: j\u2019ai compris que les prix et les salaires\u2014le coût de production et le plafond des prix\u2014étaient inséparablement liés: j\u2019ai conclu que, sans les restrictions qui nous protègent de l\u2019inflation, mon cauchemar eût été une réalité.desastr ÙN ELATION Je dois me rappeler toujours que le danger est encore grand et qu\u2019il faut tenir jusqu\u2019au bout.Cela signifie que chacun doit agir franchement et faire sa part en n\u2019essayant pas d\u2019obtenir certains avantages temporaires aux dépens de ses concitoyens.Cette annonce fait partie d\u2019une série de messages du gouvernement canadien soulignant l\u2019importance d\u2019enrayer la hausse du coût de la vie et de prévenir le danger de la déflation.L 18 LE SAMEDI \u2022 ZNjotte feuilleton L'Injuste Châtiment ^Par ftançois de ZMétillon Allons donc ! Vous êtes fou, s\u2019écrie Fanny, irritée.A vous la faute si c\u2019est arrivé ainsi.-\u2014 Moi ?Comment cela ?\u2014 Parce que vous avez laissé échapper le détective.Quel détective ?demande bêtement Barbe-Rouge.\u2014 Evidemment le même, que vous teniez emprisonné.\u2014 Il s\u2019est échappé ?Vous rêvez ! dit en riant Barbe-Rouge.Il a eu une vilaine fin.\u2014 Allons, ne faites pas la bête.Vous savez fort bien qu\u2019il est sain et sauf ! Barbe-Rouge profère un formidable juron et sa figure sauvage prend une expression terrible.\u2014 Etes-vous folle, mademoiselle ?Voulez-vous vous moquer de moi ?dit-il, furieux.L\u2019homme est mort.Il est tombé dans l\u2019eau devant mes yeux, et le diable n\u2019a pu le repêcher de là.Que jasez-vous donc ! \u2014 Je dis la vérité, répond froidement Fanny.\u2014 C\u2019est possible qu\u2019il se soit sauvé, interpose Toit de Ciseau.J\u2019ai toujours douté qu\u2019il fût mort.L\u2019autre doit l\u2019avoir aidé.\u2014 Enfer et damnation ! hurle Barbe-Rouge.En voilà un gaillard ! Mais je ne le crois pas encore.On aurait entendu parler de lui, s\u2019il vivait.\u2014 Je l\u2019ai vu de mes propres yeux, déclare Fanny.Hier, à la gare en ville.Il y était avec le comte et son ami, le gentilhomme von der Mar-witz.Et ils ont reçu la belle Margot et l\u2019ont conduite en triomphe à la maison ajoute-t-elle, avec un rire haineux.\u2014 Margot ?Quoi ?Y est-elle aussi ?s\u2019écrie Barbe-Rouge, étonné.Je croyais que celle-là avait mordu le sable.\u2014 Oh ! mauvaise herbe pousse toujours, siffle Fanny.Il fallait bien la faire disparaître, mais j\u2019y ai failli perdre la liberté et la vie.\u2014 Vous ?Oui, voyez-vous, c\u2019est ce qu\u2019on retire.Pourquoi la comtesse n\u2019a-t-elle pas fait ce que je voulais ?Pourquoi ne m\u2019a-t-elle pas livré Margot ?C\u2019en eût été fait, depuis longtemps.Fanny hausse froidement les épaules.\u2014 Ce qui est fait est fait.Et en vous, Barbe-Rouge, on ne pouvait pas avoir confiance non plus.Maintenant, Margot triomphera de nous tous et nous regardera avec mépris, car dans quelque temps elle sera comtesse de Rolhenbourg.\u2014 Diable ! dit Barbe-Rouge, avec une figure contorsionnée de colère.J\u2019ai juré qu\u2019elle ne le deviendra pas et je resterai fidèle à mon serment.\u2014 Bah ! Margot ne peut pas être atteinte par vous.Que pouvez-vous entreprendre contre elle ?Rien ! Le comte protège sa fiancée et a suffisamment soin de sa sécurité.\u2014 Et dût-il l\u2019enfermer dans une forteresse, je saurais encore l\u2019en retirer, dit en grinçant les dents Barbe-Rouge.Elle viendra ici.et sera ma chérie, et quand je serai las d\u2019elle, je la ren- NOTRE FEUILLETON \u2014 No 28 Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.verrai chez le comte, alors il pourra l\u2019épouser.Ce sera ma vengeance.Vous forgez des projets inexécutables, dit Fanny avec mépris, pendant que son intention n\u2019est que d\u2019exciter davantage la haine de Barbe-Rouge.\u2014 Impossible ?dit d\u2019une voix rauque celui-ci.Je vous montrerai, que pour moi rien n\u2019est impossible.Où est Margot ?Où puis-je trouver cette satanée fille ?\u2014 Au palais du prince Saratow.\u2014 Demain, dans la nuit, j\u2019y serai, dit Barbe-Rouge, décidé.\u2014 Si vous êtes sérieux, je veux bien vous aider, dit Fanny avec empressement.Je connais le palais et sais comment vous pouvez y entrer, inaperçu.\u2014 Bon! Alors vous pouvez m\u2019accompagner.\u2014 Barbe-Rouge, ne faites pas de bêtises ! dit Toit de Ciseau.Laissez Margot tranquille.Vous courez à votre perdition.\u2014 Lâche, dit en riant le chef des contrebandiers.Et dussé-je me perdre .j\u2019aurai ma vengeance.\u2014 Alors, peu m\u2019importe, dit en grognant Toit de Ciseau.Faites-vous prendre et pendre.Si vous ne voulez par entendre raison, allez-y Cela ne coûtera pas ma tête.\u2014 Oh! j\u2019emmène Rasman.Il ne vous servira pas à grand\u2019chose! Eh bien, je ne viendrai pas à votre secours, cette fois.L\u2019affaire est trop bête.Je me tiens à l\u2019écart.Irrité, Toit de Ciseau va dans un coin et se jette sur son lit.Barbe-Rouge rit, il ne prend pas au sérieux la menace de son camarade.\u2014 De plus, quand on se fie aux femmes, on est trahi et vendu, grogne le faux-monnayeur.\u2014 Vieil ours ! dit-elle.Laissez-le parler, Barbe-Rouge.Il n\u2019a pas besoin d\u2019y être.\u2014 Oui, oui ! L\u2019affaire est conclue ! dit Barbe-Rouge, qui prend la main de Fanny.Venez, mademoiselle ! Asseyez-vous à table.Vous me plaisez et pouvez rester chez moi.Il tâche d\u2019embrasser Fanny et de l\u2019attirer près de lui.Un désir passionné brille dans ses yeux.Son bras entoure sa taille.\u2014 Mais, pourquoi pas ?dit en riant Fanny, qui se dégage habilement de son étreinte.Je vous remercie bien.Allez chercher Margot.\u2014 C\u2019est ce que je ferai.Mais aujourd\u2019hui .belle Fanny, vous êtes mon trésor .\u2014 Laissez-moi tranquille, ou .crie Fanny et elle prend une attitude de chat tourmenté qui montre ses griffes.Barbe-Rouge n\u2019a pas froid aux yeux.De ses bras d\u2019hercule, il saisit la fille qui se débat violemment, et les lèvres barbues de l\u2019homme passionné caressent ses joues et ses lèvres.Fanny crie et se débat comme une insensée, mais cela ne fait qu\u2019exciter davantage la passion de Barbe-Rouge.Il serre si fortement la fille contre lui, qu\u2019à peine Fanny peut respirer.Fanny devient furieuse.Ses doigts tirent sa barbe et de l\u2019autre main elle sort de sa poche un poignard, qu\u2019elle tient menaçant devant les yeux de Barbe-Rouge.\u2014 Sacré nom ! s\u2019écrie le faux-monnayeur, qui avait paisiblement con- templé la lutte jusqu\u2019à présent.Il saisit le poignet de Fanny et crie : Canaille ! Voulez-vous bien lâcher cet objet ?Fanny serre davantage son poignard.Barbe-Rouge la lâche et dit : \u2014 Une vraie chatte, cette fille.Attendez, vous vous apaiserez.\u2014 Ne me touchez pas! crie Fanny, furieuse.Je n\u2019entends pas raillerie en ces choses.\u2014 Allez au diable ! grogne Toit de Ciseau.Vous n\u2019avez rien à faire ici.Il n\u2019y a pas de place pour des femmes ici.\u2014 Ah, laissez-la, dit Barbe-Rouge, elle n\u2019était pas sérieuse avec ce poignard.Toit de Ciseau regagne en grognant son coin, tandis que Fanny cramponne toujours son poignard et s\u2019affaisse sur un banc, en fixant Barbe-Rouge de son regard sombre et ardent.Elle est bien décidée de se servir de son arme, s\u2019il a l\u2019intention de l\u2019approcher.En ricanant, le chef des contrebandiers est debout devant elle.Il ne paraît pas craindre son arme, mais il ne veut plus user de violence, pour ne pas gâter les choses, auprès de Fanny.\u2014\tN\u2019ayez pas peur, je ne veux pas vous attaquer ! dit-il.Nous parlerons sérieusement de notre projet.Vous voulez m\u2019accompagner, quand j\u2019irai chercher la belle Margot ?\u2014\tOui, si vous êtes sage.\u2014\tBon ! Et qu\u2019allez-vous faire après?Où voulez-vous aller ?\u2014\tJe n\u2019en sais rien, dit Fanny évasivement.\u2014\tHum! Je croyais que vous iriez chez la comtesse.\u2014\tC\u2019est possible, du moins si je puis la trouver.\u2014\tNe savez-vous pas où elle est ?\u2014\tNon ! \u2014 J\u2019ai ses bijoux et désire qu\u2019elle s\u2019en dégage à un bon prix, dit Barbe-Rouge.Vous pourriez le lui dire.Si elle ne le fait pas, je me dédommagerai d\u2019une autre manière ! \u2014\tAh ! la comtesse est inaccessible pour vous ! \u2014\tLe croyez-vous?Si je désire la trouver, je parviendrai bien à savoir son adresse.Mais dites-moi, belle Fanny, qu\u2019avez-vous donc fait en ville ?Comment ?Que pouvez-vous en savoir dit Fanny, saisie.\u2014\tMoi?.Que dois-je savoir?\u2014\tRien ! murmure-t-elle.Elle retombe dans son mutisme.Elle ne pense pas à communiquer son terrible crime à Barbe-Rouge.Mais il devine qu\u2019un secret l\u2019oppresse et tâche vainement de le lui arracher, à force de questions.Fanny interrompt l\u2019entretien, s\u2019appuie dans un coin et dit qu\u2019elle veut dormir.Barbe-Rouge lui offre son lit, mais elle refuse.Il ricane singulièrement, remplit de vin le verre de Fanny, qui le vide sans arrière-pensée.Bientôt, elle est assaillie par une fatigue paralysante, ses yeux se ferment et, assoupie, elle tombe dans les bras du contrebandier, qui l\u2019emporte doucement, avec un rire ironique, à son lit.Après cela, il éteint la lumière et le silence et les ténèbres régnent dans la cabane solitaire.[Suite à la page 20 ] RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Liane, la malheureuse victime d\u2019une belle pécheresse, après avoir fui le toit paternel pour suivre un dépravé, ose se montrer à son vieux père, un châtelain.La belle Liane, fouettée par les paroles dures et blessantes du vieillard qui lui refusa l\u2019entrée de sa maison, implore vainement un pardon \u2014 Olga, la seconde femme du comte de Rothenburg, ayant poussé Liane dans son amour frivole, ravit l\u2019époux de Liane, le comédien Alfred.Les deux compères diaboliques accusent Liane de l\u2019empoisonnement de son père.Les autorités policières l\u2019enferment dans un cachot, d\u2019où elle s\u2019évade mystérieusement.Non contents de leurs méfaits, Olga et Alfred poursuivent Liane jusqu\u2019au bord d\u2019un précipice.Les deux compères lui assènent un coup violent qui la fait tomber dans ce gouffre béant.Maintenant assurée que Liane n\u2019existait plus, la comtesse et son complice tentèrent de mettre à exécution leurs diaboliques projets.Toutefois, ils furent pris de peur à la pensée que le comte Henri, qu\u2019ils avaient enfermées dans le caveau du châtelain, pût revenir parmi eux.Pour mettre fin aux suppositions, ils s\u2019attaquèrent aux gens qui pouvaient leur disputer l\u2019hértage du riche comte.Les deux rusés compères ne reculèrent devant rien pour atteindre leur but.Le comte Henri, en particulier, et Liane virent la guigne s\u2019acharner à eux, d\u2019une manière étonnante.Toutefois, ils eurent trop de fierté pour ne pas préférer la mort au déshonneur.Quelle que fût la puissance d\u2019Olga, aidée d\u2019un groupe de contrebandiers, ils ne renoncèrent pas à leur projet de déjouer tous les plans sataniques de la comtesse.Tel est le cadre singulièrement pittoresque où l\u2019on a vu se présenter les péripéties d\u2019un drame long et haletant.Toutefois, quel que puisse être le pathétique des événements eux-mêmes, il est encore dépassé en intensité par celui de la poignante lutte morale qui déchire les consciences. 24 JUIN 1944 19 Mes Recettes J&.Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE, du SAMEDI et du FILM SORBET A LA RHUBARBE 2 tasses de rhubarbe 2 tasses d eau\t1 c.à thé de gélatine 1 c.à tb.d\u2019eau froide le jus d une orange\t1 c.à tb.de jus de citron % de tasse de sucre Cuire la rhubarbe sans la peler avec l\u2019eau jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit tendre.Couler à travers un coton à fromage.Remettre sur le feu et y ajouter la gélatine gonflée dans 1 eau froide.Brasser jusqu\u2019à dissolution complète.Laisser refroidir.Ajouter les jus d orange et de citron et le sucre.Quand le sucre est fondu, verser dans un tiroir du frigidaire et faire congeler en remuant 2 ou 3 fois sitôt que le mélange commence à épaissir.PAIN DE VIANDE 1 livre de veau\tX Hure de porc 1 liure de bœuf 1 tasse de mie de pain\tiy2 tasse de lait 2 œufs 1 c.à table d\u2019oignon râpé\tsel et poivre Passer les viandes au moins 2 fois dans le hache-viande de façon à ce qu\u2019elles soient réduites en pâte fine.Verser le lait chaud sur la mie de pain.Mélanger à la viande puis lier le tout avec les deux œufs.Bien assaisonner avec l\u2019oignon râpé, le sel et le poivre.Verser dans des boîtes de poudre à pâte bien beurrées si l\u2019on en a ou dans tout autre moule que l\u2019on peut fermer.Couvrir soigneusement et faire cuire dans l\u2019eau chaude 3 heures.Laisser refroidir dans la boîte, démouler et tailler en rondelles pour servir avec une salade.CARRES AU CHOCOLAT 2 carrés de chocolat\t4 c.à tb.de beurre 2.œufs Vi de tasse de sucre\t% tasse de farine V'i c.à thé de poudre à pâte Vi de c.à thé de sel\t% tasse de raisins 1\tc.à thé de vanille Faire fondre le chocolat au-dessus de l\u2019eau chaude, ajouter le beurre et bien brasser.Mettre de côté.D\u2019autre part, battre les œufs avec le sucre jusqu\u2019à ce qu\u2019ils fassent le ruban.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec la poudre et le sel.Ajouter aux œufs ainsi que le raisin et le chocolat.Aromatiser avec la vanille.Etendre en couche mince dans une lèchefrite beurrée et cuire 15 à 20 minutes à 350° F.Couper en carrés au sortir du four.CREME GLACEE AU CAFE 2 tasses de crème Vî tasse de café fort\tVi tasse de sucre 3 œufs 1 c.à thé de gélatine\t1 c.à tb.d\u2019eau froide 2\tc.à thé de vanille Faire chauffer la crème au bain-marie avec le café et le sucre.Ajouter les jaunes d\u2019œufs légèrement battus et laisser cuire jusqu\u2019à consistance de crème.Faire gonfler la gélatine dans l\u2019eau froide et mettre dans la crème chaude pour la faire dissoudre.Retirer du feu.Aromatiser avec la vanille, laisser refroidir, incorporer les blancs d\u2019œufs battus bien fermes et faire congeler au réfrigérateur.Quand le mélange commence à glacer, verser dans un bol, battre au moussoir et retourner au réfrigérateur.Recommencer l\u2019opération encore une fois et ensuite laisser congeler.MACARONI AU GRATIN 1 tasse de macaroni\t4 oignons émincés 4 pintes d\u2019eau bouillante 1 c.à tb.de sel\t3 c.à tb.de graisse 3 c.à tb.de farine iy2 tasse de lait\t1 tasse de fromage râpé % tasse de chapelure beurrée Cuire le macaroni et les oignons dans l\u2019eau bouillante salée 25 minutes.Egoutter.Mettre dans un plat à gratin beurré et couvrir avec une sauce au fromage faite avec le beurre, la farine, le lait et le fromage.Couvrir de chapelure beurrée et faire gratiner à four chaud.Servir brûlant.AGNEAU AU BACON 1V4 livre d\u2019agneau dans l\u2019épaule\t1 c.à thé de sel t/4 de c.à thé de poivre Ve gousse d\u2019ail écrasée\t6 tranches de bacon Hacher l\u2019agneau au hache-viande, assaisonner.Diviser en 6 parties et en façonner des galettes rondes de l\u2019epaisseur d un pouce.Enrouler d une tranche de bacon et fixer avec une petite brochette ou ficeler.Faire frire à la poêle dans un peu de graisse chaude.Servir avec une purée de pommes de terres et des petits pois sautés au beurre.r Voici une Mariée > Qu\u2019elle est belle! Si belle que le marié en est ébahi.Il l\u2019adore.Quel cadeau pourriez-vous lui offrir qu\u2019elle adorerait?Voici des plats en PYREX.Qu\u2019ils sont beaux! < Qui, très beaux! Les Ustensiles en PYREX brillent comme un diamant neuf.Ils épargnent du temps et des pas.Chacun d\u2019eux peut être employé pour faire cuire, servir et garder les aliments.Elles les aimera sûrement.Voici ce qu\u2019une jeune mariée peut faire avec des plats en PYREX.Que c\u2019est merveilleux! MÏP Vraiment merveilleux I Elle fait cuire les aliments en presque 14 de moins de temps.Elle peut voir quand ils sont cuits.Grâce aux Ustensiles en PYREX, une jeune mariée est meilleure cuisinière.Et elle peut apporter son plat à la table.Les restes peuvent être gardés, réchauffés et resservis dans le même plat.En ne passant pas les aliments d\u2019un plat à l\u2019autre, elle les ménage.DES IDEES POUR LES BEAUX-PARENTS: Le nouveau Plat à Gâteau en PYREX (près du sergent).Notez les oreilles pratiques en verre.Idéal pour gâteau étagé, biscuit duveteux et poudings.Offrez-lui en duex pour sa cuisine.CONSEIL AUX AMIS INTIMES: Le Plat-Casserole à Double-Usage en PYREX (ci-dessus) fait un superbe cadeau.Deux plats pour le prix d\u2019un .épatant pour la cuisson au four.Et le couvercle peut servir d\u2019assiette à tarte.Trois grandeurs\u201432 onces, 48 onces et 64 onces.5i«2C.Voici la Série de Bols en PYREX Trois bols en verre clair comme du cristal, qui vont directement du four .à la table.Elle peut s\u2019en servir pour mélanger, cuire, servir, et garder les aliments.Le bord roulé aide à mieux verser.Offrez-lui en une série\u201480 oz., 48 oz., et 32 oz.-;- Voici la marque déposée Pyrex Vous trouverez la petite incrustée dans le verre, au fond de chaque plat en PYREX.Cette marque et l\u2019étiquette orange bien connue signifient \u201cUn Article en Verre du Service de Recherches Corning\u201d.Recher-chez-les pour votre protection.John A.Huston Co.Limited, Toronto Concessionnaires exclusifs pour le Canada V______________________________________________ :o LE SAMEDI 5 PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE LES 5 GAGNANTS \u2014 5 JEUX DE CARTES Solution du Problème No 652 Problème No 651 Mlle Jeanne Lachance, 187, rue St-Olivier, Quebec, P.Q.; Mlle Rose-A.Blondin, Case Postale 292, Montmagny, Co.Montmagny, P.Q ; Mme G.Chamaillard, 42 \u2014 7e avenue, Lachme, P.Q.; Mlle Louise Picard, 7128, rue Christophe Colomb, Montréal, P.Q.; D.648334 Lesage G., gnr., 20th Field, 75th Btry., Wain-right, Alta.-AVIS _________________ Le rationnement des jeux de cartes nous oblige à n offrir que cinq jeux par semaine.LES MOTS CROISES DU \" SAMEDI \" \u2014 Problème No 653 ^-23456789\t10\t11\t12\t13\t14\t15 (Les réponses doivent nous parvenir le jeudi soir, au plus tard.) Nom Adresse Ville ou Village\tProvince Adressez = LES MOTS CROISES, Le Samedi.975, rue de Bullion.Montréal.P.Q.HORIZONTALEMENT\tVERTICALEMENT 1.\tGrand vase de bois.\u2014 Partie de la mer qui s\u2019enfonce dans les terres.\u2014 Ustensile de cuisine.2.\tMembres des oiseaux.\u2014 Roue à gorge d une poulie.\u2014 Fourneau.3.\tGroupe d\u2019oasis algériennes.\u2014 Premier état des insectes.4.\tProduit par le croisement de sujets de races différentes.\u2014 Tire vengeance.5.\tAnnée.\u2014 Argile rouge.\u2014 Consomme par l\u2019usage.\u2014 Préfixe.6.\tCôté d\u2019un navire qui se trouve frappé par le vent.\u2014 Qui exprime le doute.\u2014 Nom vulgaire des labrax.7.\tChaîne d\u2019un prisonnier.\u2014 Archipel danois.\u2014 Ville de l\u2019Asie russe.8.\tColère.\u2014 Mort endurée pour la foi.\u2014 Roi de Juda, de 944 à 904 avant Jésus-Christ.9.\tUsages.\u2014 Taches blanches sur la cornée de l\u2019œil.\u2014 Particule du dialecte provençal.10.\tEspace de terre resserré entre deux coteaux.\u2014 A toi.\u2014 Ecrivain anglais.11.\tArille entourant la noix muscade.\u2014 Chocs.12.\tMauvaise fortune.\u2014 Impression que fait sur l\u2019œil la lumière.13.\tSe sont transportés d\u2019un lieu dans un autre.\u2014 Fille de Cadmus.\u2014 Espèce de gros chêne peu élevé.14.\tPetit île.\u2014 Ebranlé.\u2014 Divisé en trois.15.\tMonnaie japonaise.\u2014 Température élevée.\u2014 Epoque.1.\tSymbole chimique.\u2014 Ample manteau grec.\u2014 Blé de Turquie.2.\tEspèce de graminée.\u2014 Obscurs.\u2014 Petit coffre en bois.3.\tMot latin qui signifie autrefois.\u2014 Etre fantastique du sexe féminin.\u2014 Séjour des Muses.4.\tPhilosophe grec, disciple de Socrate.\u2014 Petit sceau gravé.5.\tEtoffe de soie fine.\u2014 Dépôts des liqueurs fermentées.6.\tFleuve de l\u2019Afrique.\u2014 Plat person-nage.Connaissance d\u2019une chose.\u2014 Interjection.7.\tMétal précieux.\u2014 Ville de l\u2019Afghanistan.\u2014 Golfe de la Baltique.8.\tUnité monétaire bulgare.\u2014 Certaine quantité.\u2014 Groupe colossal antique.9.\tNote.\u2014 Ce qui sert pour parvenir à une fin.\u2014 Partie latérale extérieure de la poitrine chez l\u2019homme.10.\tForme ancienne du mot loup._______ Légumineuse, voisin des vesces.____ Préfixe.\u2014 Possédé.11.\tPremier estomac des ruminants.\u2014 Voûte dans laquelle on fait cuire le pain.12.\tPartie antérieure du cou.\u2014 Cou de tout vase dont l\u2019entrée est étroite.13.\tSonge.\u2014 Ophidien.\u2014 En proie à la peur.14.\tEspace de terre entourée d\u2019eau.___ Région de plateaux calcaires, en Italie.\u2014 Devenir aigre.15.\tArt simple.\u2014 Dur comme du cuir.\u2014 Roman de Chateaubriand.L'Injuste Châtiment [ Suite de la page 18 ] Le lendemain, quand le crépuscule tombe, Barbe-Rouge et Fanny quittent la cabane.Le jeune contrebandier Rasman les suit.Par des chemins cachés, ils passent la frontière et traversent la forêt, vers la ville éloignée.Là, ils veulent pénétrer dans le palais princier et entraîner Margot de force.Barbe-Rouge ne doute même pas de la réussite de son protêt et triomphe en silence.CCXI \u2014 De nouveau sur la hauteur Sur la terrasse d\u2019un grand jardin-concert, sont assis deux messieurs, dont la mise recherchée et tout l\u2019ensemble indiquent qu\u2019ils appartiennent à la noblesse.Ils boivent une limonade rafraîchissante dans les hauts verres, placés devant eux.Des dames en toilettes claires, laissant découvert le blanc nacré de leur cou et de leurs épaules, regardent de leurs yeux brillants, par-dessus leur évantail, les différents messieurs.Toutes paraissent également belles dans ce jardin demi-obscur, éclairé à demi par des lampes électriques, qui pendent çà et là entre les marronniers.Les deux messieurs sont seuls à leur table et écoutent la musique d\u2019un bon orchestre.\u2014 N\u2019avez-vous pas eu des nouvelles de votre ami Marwitz ?demande l\u2019un deux, dont le teint basané et les yeux d\u2019un noir ardent trahissent l\u2019Italien.L\u2019autre, un blond, à stature robuste, est le baron Steinthal, que Kurt a rencontré, la dernière fois, à Milan.A cette question de son ami, il secoue tristement la tête.\u2014 Non, il est morMt, comme j\u2019ai entendu dire, dit-il, en soupirant.\u2014 En effet! Vous me racontiez un affreux accident de chemin de fer, où von der Marwitz perdit la vie, répond 1 italien, tandis qu\u2019il allume une cigarette et en aspire la fumée aromatique pour l\u2019expirer par les narines.Il eut jadis une aventure avec une belle femme ?\u2014 Oh, cela se rattache à peine à sa mort, répond le baron von Steinthal.Cette femme, je vous en ai déjà parlé, a en effet joué un rôle funeste dans sa vie, mais aussi dans la mienne ; avec cette différence que je pouvais plus facilement m\u2019en soustraire que le gentilhomme.Cela doit avoir été une femme endiablée, d\u2019après tout ce que vous m\u2019en avez raconté.\u2014 Oui, une diablesse, un vrai démon, c'est ce qu\u2019elle est, dit le baron.\u2014 C\u2019est dommage, murmure l\u2019Italien, j aurais voulu la connaître.\u2014 Pour l\u2019amour de Dieu ! dit en riant le baron.Alors, vous feriez mieux de vous vendre au diable en personne.Qui tombe au pouvoir de cette femme, court à sa perdition, ajoute-t-il gravement.\u2014 Bah! C\u2019est exagéré, cher ami.\u2014 Pas le moins du monde.Comme exemples, le gentihomme et le comte de Rothenburg.Je veux dire le vieux comte que nous n\u2019avons pas connu.\u2014 Et vous connaissez d\u2019elle une étrange histoire, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, peut-être ferai-je connaître cette histoire, dit le baron.Je suis curieux d\u2019apprendre ce qu\u2019est devenue cette femme.\u2014 Hé, garçon ! Apportez-moi quelques journaux allemands.Le garçon, passant à la hâte, consent de la tête et disparaît dans la foule.Les deux messieurs se taisent quelque temps.Le baron von Steinthal fixe son verre, tandis que l\u2019Italien promène ses regards sur la foule des terrasses et du jardin.Tout à coup, il se lève à demi et suit de ses yeux ardents un couple, passant lentement entre les tables.Ses yeux sont rivés sur le corps de la dame, qui excite aussi l\u2019admiration des autres messieurs.\u2014 Quelle femme divinement belle ! dit-il à voix basse.Le baron lève les yeux et sourit, étonné.\u2014 Qu\u2019avez-vous donc, cher Milano ?\u2014 Oh, voyez un peu.Quelle beauté ! dit la passionné Italien.Une telle beauté ravissante se voit rarement ! \u2014 Où donc?Vous me rendez curieux ?dit en riant Steinthal.\u2014 Là-bas!.Voyez-vous cette dame en toilette de soie rouge éclatant au bras de ce fat ?Le baron dirige son regard sur la personne indiquée qui est à peine à cinq pas de lui et lui tourne la figure, au moment même.Il sursaute et un cri de surprise lui échappe ; comme rivés, ses yeux reposent sur cette femme, qui excite l'admiration générale.\u2014 Bonté divine!.C\u2019est elle! balbutie-t-il.\u2014 Qui donc ?Connaissez-vous cette dame ?chuchote l\u2019Italien.Le baron ne répond pas.Il est comme hypnothisé.C\u2019est, en effet, Olga qui paraît subitement ici.Olga, comtesse de Rothenburg, devenue funeste pour son amfi que lui-même a jadis follement aimée et puis détestée.\u2014 Mon Dieu ! comment est-elle ici ?murmure-t-il, frappé.continue sa promenade avec son compagnon et s\u2019assied avec lui à urne des tables inoccupées.Un mouvement de son ami, le marquis Milano, lui fait tourner la tête.L Italien est dans la plus grande excitation, ses traits expriment la plus vive émotion, ses yeux ardents dévorent la figure d\u2019Olga.\u2014 Une déesse.une Venus et en chair et en sang, dit-il.Oh ! combien est à envier celui qui peut appeler cette femhie sienne.~ Gare> mon ami ! dit sérieusement lf baron, en posant la main sur le bras de l\u2019impétueux jeune homme et l\u2019attirant à sa place.Cette femme est la diablesse dont je vous parlais.\u2014 Oh ciel ! Que dites-vous ?s\u2019écrie le marquis, si haut que ceux d\u2019alentour tournent la tête.Celle-ci.Olga .la comtesse de Rothenburg ?.\u2014 La même ! Ah !.Et cette femme, cette merveiHeuse beauté divine, serait une telle diablesse?Je ne le crois pas! Vo>ez sa figure, ces doux traits en-chanteurs! C\u2019est un ange! Steinthal sourit amèrement.vchc itiiiime est dangereus comme le serpent vénimeux.Le marquis ne l\u2019écoute plus Incec samment, son regard est fixé sur Olg; \u2014 Qui est ce monsieur, à côté d\u2019elle l.e connaissez-vous ?demande-t-il.Non, je ne l\u2019ai jamais vu ! Oh ! peut-être son mari ?\u2014 C\u2019est impossible! Son mari éta le vieux comte von Rothenburg qu\u2019ell a empoisonné.-Oh! Ce n\u2019est point tout c( cette femme a fait de mal.Elle a assassiné son propre enfant.Re a vous et gardez-vous de ce se 24 JUIN 1944 21 Je vois que vous avez déjà pris feu.\u2014 Tué son enfant?répète le marquis Milano, saisi.Cher Steinthal, voulez-vous soutenir cela sérieusement ?\u2014 Certainement ! \u2014 Ah, c\u2019est folie ! Cela ne peut être vrai.Vous êtes en erreur ! \u2014 Non, je vous prouverai que c\u2019est vrai ! \u2014 Par quoi ?\u2014 Tout simplement, en faisant arrêter cette femme par la police et en l\u2019accusant du crime ! Le marquis se lève de sa chaise, pâle et ému.\u2014 Cher Steinthal, vous ne ferez pas cela.\u2014 Si fait.Je vois que c\u2019est mon devoir d\u2019empêcher que cette diablesse ne cause plus de malheur.En disant cela, le baron se lève, décidé.L\u2019Italien, cependant le retient tout ému.\u2014 Vous vous trompez, dit-il, haletant.La personne dont vous parlez ne peut être cette dame.Je vous en supplie, cher ami, restez ici.Vous commettrez une bêtise.Steinthal, cependant, à la vue d\u2019Olga, conçoit un sentiment d\u2019amertume.Il n\u2019écoute pas les objections passionnées de son ami.La conversation est si animée que les gens sont devenus attentifs et regardent, étonnés, les deux messieurs qui s\u2019échauffent, en parlant.\u2014 Ne faites pas de scandale ! répète le marquis.Si vous êtes si sûr de votre fait, portez-le à la connaissance de la justice.Si vous ennuyez publiquement la dame, tout le monde vous donnera tort.Steinthal, cependant, vient d\u2019appeler un garçon.\u2014 Appelez un agent de police, ou mieux un détective, dit-il doucement.\u2014 Pourquoi, monsieur ?demande le garçon, ébahi.\u2014 Vous le saurez bientôt.Dépêchez-vous ! \u2014 Non, non ! crie le marquis.Lais-sez-le.Je ne le veux pas.Ce serait folie.Il fait signe au garçon de partir.Et malgré les protestations de Steinthal l\u2019homme se retire sans accomplir l\u2019crdre du baron.\u2014 Eh bien, alors je ne la perdrai pas de vue ! déclare le baron, décidé.Et a la première occasion je livrerai cette misérable à la police.\u2014 Oh ! elle s\u2019en va ! Elle s\u2019éloigne ! cris le marquis.En effet, Olga et son compagnon, qui n\u2019est autre que le baron von Fohren, se sont levés et quittent la terrasse, et le couple disparaît dans le jardin.\u2014 Elle m\u2019a vu ! s\u2019écrie Steinthal, furieux.Venez, Milano ! Suivons-la.Ils poursuivent le couple, qui se perd dans les sombres sentiers du jardin.Olga n\u2019a pas aperçu son ennemi et elle ne fuit pas, à cause de lui, mais l\u2019attention générale, dont elle était l\u2019objet, lui est insupportable.Ici, à l\u2019étranger, elle ne se sent pas en sûreté ; en chaque homme qui la regarde, elle croit reconnaître un espion déguisé de la police.Prise de peur, quand tant d\u2019yeux se braquent sur elle, elle supplie von Fohren de quitter ce lieu.En hâte, elle l\u2019entraîne dans les plus sombres allées du jardin.Mais ils n\u2019y trouvent pas de sortie.Ils doivent donc retourner et aboutissent à une petite porte, conduisant à la rue.Deux hommes viennent à leur rencontre, dont l\u2019un s\u2019approche d\u2019Olga, d\u2019un air menaçant.\u2014 Ah, est-ce que nous nous rencontrons enfin, après si longtemps, belle Olga ?dit-il plein de moquerie à son oreille.Vous me reconnaissez, j\u2019espère ?Olga recule, effrayée, pâlit jusqu\u2019aux lèvres et un tremblement la saisit.En effet, elle reconnaît le baron von Steinthal et la frayeur s\u2019empare d\u2019elle, à cet aspect.Tout surpris, le baron von Fohren fixe l\u2019ennemi inconnu d\u2019Olga.Il voit le besoin d\u2019intervenir chevaleresquement pour sa compagne.\u2014 Monsieur ! qui êtes-vous ?dit-il fièrement.Que voulez-vous de cette dame ?Partez ! \u2014 Ah, monsieur, ne vous excitez pas tant, répond Steinthal ironiquement.Je parie que vous ne connaissez pas cette dame aussi bien que moi.Ou vous a-t-elle déjà raconté l\u2019histoire de ses amours et la mort étrange de son enfant ?Von Fohren est muet de stupeur.Il fixe tantôt Steinthal, tantôt Olga, qui tremble plus fort.\u2014 Insensé ! crie-t-elle, se contenant avec peine et se forçant au calme.Je ne vous comprends pas ! Je ne vous connais pas.Bruno, protégez-moi contre cet homme ! Von Fohren prend une attitude menaçante.\u2014 Cette dame est mon épouse, comprenez-vous ?dit-il au baron.Ne nous importunez plus ou .Mais Steinthal n\u2019a pas l\u2019intention de laisser le passage libre.Il rit ironiquement, plein de mépris.\u2014 Votre épouse donc?Alors, vous êtes le troisième.Des amoureux, Olga en a eu bien davantage.Moi aussi, je me réjouissais de sa faveur.On me disait le père de son enfant, quoique ce fût toujours une énigme à savoir, qui de tous ses amants pût se vanter de cet avantage.Elle ne le saura pas elle-même ! Comme muet, von Fohren écoute ces paroles, qui sont pour lui la première injure à l\u2019égard d\u2019Olga.Il ne soupçonne pas qu\u2019il entend la pure vérité.L\u2019homme qui prétend des choses inouïes doit être insensé, à ses yeux.Ecumant de rage, il se lance sur son antagoniste et le repousse.Des lèvres d\u2019Olga retentit un cri de secours et, en peu de temps, une foule entoure le groupe et nous tâchons, à grands cris, de séparer les combattants.Quand Steinthal veut se jeter sur von Fohren, son ami le marquis Milano le prend par le bras et le retire.\u2014 Pour l\u2019amour de Dieu ! Qu\u2019allez-vous faire ! s\u2019écrie l\u2019Italien, irrité.Venez ! Steinthal se dégage, mais d\u2019autres s\u2019interposent entre lui et von Fohren, qui a sorti un revolver et menace de tuer son agresseur.Olga est séparée de lui.Tremblante de peur et de colère, elle est au milieu de la foule tumultueuse.Une main touche son bras et, en se retournant, elle voit le marquis Milano.\u2014 Permettez, madame, que je vous dégage de cette foule, dit-il, en lui offrant le bras courtoisement.Confiez-vous à ma protection.Surprise et troublée de tout l\u2019incident, Olga ne demande pas qui est ce cavalier inconnu et ce qui l\u2019amène à se poser en chevalier pour elle.Heureuse d\u2019avoir un protecteur dans cette cohue, elle prend son bras et se trouve bientôt à quelque distance, derrière un massif de lauriers roses.Elle se tranquillise par les paroles consolantes du marquis.Il se présente à elle et déclare qu\u2019il est l\u2019ami du baron Steinthal.\u2014 Mais je suis convaincu qu\u2019il se trompe, ajoute-t-il, car je ne croirai jamais ce qu\u2019il prétend à votre endroit.Olga recule, effrayée, quand il se présente à elle comme l\u2019ami de Steinthal, mais ses paroles la tranquillisent.D\u2019une manière investigatrice, elle regarde la taille chevaleresque de l\u2019Italien, et avec une perspicacité féminine Dessert Aromatisé à la Gélatine Fait à la maison! Prend 5 minutes ! Goûte tellement mieux t MOULE AUX FRUITS (Sert 6; emploie ]4, pqt) 1 enveloppe\tà tasse Gélatine Knox\tsucre (dépen- x/i tasse eau froide\tdant du goût) 1 tasse jus fruits\t2 cuillers à frais chauds (ou\tsoupe jus reste de jus\tcitron de fruits en % c.à thé sel conserve) Amollir gélatine dans eau froide.Ajouter sucre, sel et jus chaud.Mélanger jusqu\u2019à dissout.Ajouter jus citron.Bien mélanger.Verser dans moule rinsé à l\u2019eau froide.Refroidir jusqu\u2019à ferme.Enlever du moule.Garnir, si désiré, avec fruits frais ou en conserve.VÉ R / T A R r.E goût de fruits.voilà ce que procure le j us de fruits frais (ou le jus de bons fruits en conserve) quand vous y ajoutez de la Gélatine Knox pure et ordinaire pour cet excellent dessert.Abondant de vitamines aussi, que ne possèdent pas les produits aromatisés artificiellement.Goûtez la différence.Voyez si jamais vous voudrez retourner aux gelées en poudres aromatisées artificiellement.IMPORTANT! 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LES TROIS INSEPARABLES Adresse Localité .prOÏ.POIRIER, BESSETTE i CIE.Ltée.»75, rue de Bullion, Montréal, P.Ç., Canada.Il n\u2019existe pas de revues plus canadiennes-françaises.Elles appartiennent toutes trois à la même famille cana-dienne-française depuis près de soixante ans.De plus, elles peuvent se comparer avantageusement à un grand nombre de magazines anglo - canadiens, américains ou français.LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM contiennent exactement les feuilletons, les romans, les articles et les chroniques qui plaisent aux nôtres, qui les amusent et les instruisent en même temps.Leur prix est des plus abordables.Ces trois magazines essentiellement canadiens-français sont à la portée des bourses les plus modestes.COUPON D'ABONNEMENT AUX TROIS MAGAZINES Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5 (Canada seulement) pour un an d'abonnement oux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.\u2014 IMPORTANT : Veuillez indiquer d'une croix (\t) s'il s'agit d'un renouvellement.Nom . 22 LE SAMEDI lx'*! frtvr» Un abonnement au SAMEDI signifie : 52 carnets éditoriaux où l'on est assuré de trouver hebdomadairement des commentaires et propos émaillés d'une fine philosophie.52 articles inspirés de sujets d'actualité, le tout abondamment illustré et présenté de façon attrayante.52 articles documentaires illustrés qui vous instruisent en vous distroyant.52 articles de sport dont la rédaction est confiée à un spécialiste en la matière.52 chroniques humoristiques intitulées: \"Rions, c'est l'heure .\", ornées de caricatures amusantes et remplies d'un humour de bon ton.Font l'agrément des jeunes comme des vieux.Se lisent partout, entre les heures de travail, chez soi, en tram ou chez le coiffeur.52 pages humoristiques qui contribueront largement à conserver votre bon moral.52 chroniques culinaires vous tenant au courant des dernières recherches en ce domaine pour permettre aux cordons bleus de mieux s'adapter aux exigences des restrictions nouvelles.Tout ceci en plus d'un feuille-f\tton, de nouvelles et d'articles I\tprovenant de la collaboration extérieure, etc., etc.U'.V.V.V.V.W.V.V/.V.V.V.\u2019.Coupon d\u2019abonnement LE SAMEDI (Canada seulement) 1 on .$3.50 6 mois .$2.00 IMPORTANT.\u2014Veuillez Indiquer d'une croix (\t) s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvelle- ment.Nom ________________________________ Adresse- Ville .Province .il POIRIER.BESSETTE & CIE.LTEE.975, de Bullion, Montréal, P Q.Can.]|| elle remarque que sa beauté l\u2019éblouit et excite son admiration pour elle.\u2014 Je vous remercie, monsieur ! dit-elle, en déployant son rire enchanteur.\u2014 En effet, votre ami commet une terrible erreur.Je ne comprends pas pour qui il me prend.Mon Dieu, qu\u2019adviendra-t-il ?dit-elle inquiète, en écoutant la querelle qui s\u2019envenime de plus en plus.\u2014 Mon mari arrivera aux voies de faits, on versera le sang.Oh, allez, monsieur, et tâchez de rétablir la paix.Je vous en supplie ! dit-elle, en semblant d\u2019avoir peur.\u2014 Soyez sans crainte, madame.Rien n\u2019arrivera à votre mari j\u2019espère.Tout sont de son parti.Quant à mon ami, sa conduite est une énigme pour moi.Il verra son tort.Pardonnez-lui, c\u2019est un homme d\u2019honneur à tout point et il le prouvera, en reconnaissant son erreur et en vous demandant pardon.-\u2014Oh, je lui pardonne.Ses offenses ne peuvent pas me toucher, puisque je ne suis pas celle qu\u2019il prétend.Mais à vous, monsieur le marquis, je suis éternellement reconnaissante et je n\u2019oublierai jamais le service que vous m\u2019avez rendu.Le marquis serre sa main et y pose un baiser ardent.Olga voit la passion briller dans les yeux de l\u2019Italien et, comme un éclair, une pensée traverse sa tête d\u2019attirer cet homme dans ses filets.Elle lui lance ses regards ardents, qui enflamment le coeur de l\u2019Italien.Il reprend sa main et la couvre de baisers.\u2014 Oh madame, balbutie-t-il, dévoré de passion, je m\u2019estime heureux de vous rendre service.Disposez de moi ! Où faut-il que je vous conduise ?Puis-je vous conduire à votre hôtel ou désirez-vous attendre votre époux, dans la salle de restaurant ?\u2014 Oui, allons à la salle .ou non .j'attendrai ici ! décide Olga, changeant au même instant sa première décision.La lutte a cessé, la foule se disperse, mais toujours les conversations animées vont leur train, près de la porte du jardin.Le marquis cherche son ami, mais il ne le voit pas, le baron von Fohren non plus.Olga s\u2019inquiète.Elle se rend à la rour pour chercher son soi-disant époux.Où est-il ?La cherche-t-il dans la l ue ?La disparition de son ennemi la remplit de joie.Le marquis se place à côté d\u2019elle et s'cfîre de l\u2019accompagner à la salle.Olga hésite.Elle ne sait que faire.Elle hésite de retourner parmi ces gens et de s\u2019exposer à l\u2019observation générale.-\u2014 Je veux aller chez moi ! décide-t-elle, enfin.Mon mari ne paraît plus être ici.\u2014 Pardon, madame, mais je trouve votre mari peu courtois de s\u2019en aller ainsi, dit le marquis.\u2014 Laissez-le ! dit Olga avec une rire coquet.Comme je me réjouis de votre protection, je peux me passer de mon mari.Heureux, le marquis amoureux lui serre la main.Il l\u2019accompagne de nouveau, et Olga, qui veut faire tourner l\u2019aventure à son avantage, le suit tranquillement dans les sombres sentiers du jardin.Le marquis nage dans la volupté.Cette démoniaque l\u2019a tellement ensorcelé qu\u2019il est sur le point de se jeter à ses pieds et de lui déclarer son amour.Mais Olga ne veut pas en arriver là.Elle devient réservée dans sa conduite et désire fermement retourner chez elle.\u2014 Et vous reverrai-je ?dit-il, plein de désir.\u2014 Si vous le désirez, répond froidement, pourquoi pas ?Elle lui donne son adresse et le marquis tout heureux, lui baise la main.Tout à coup, Olga frémit ; vivement, elle se dégage et se cache derrière les bosquets.Avec l\u2019expression de la plus grande frayeur, elle regarde dans la direction de la partie du jardin où quelques messieurs et dames parlent de l\u2019événement.Du côté de la rue, un monsieur élégamment mis vient d\u2019entrer et se dirige vers la porte du jardin.Cet homme est Ritter, le détective.A son aspect, Olga se sent comme abîmée.A peine conserve-t-elle assez de sang-froid pour ne pas trahir sa frayeur par irn cri.Si Ritter la voit, elle est perdue.Il est évident qu\u2019il est venu la chercher.Il doit avoir suivi sa trace et bientôt il aura la certitude qu\u2019elle est encore ici.Au plus vite, elle recule de plus en plus.L\u2019épais feuillage l\u2019enveloppe complètement ; en vain, le marquis se retourne pour la chercher.Il retourne dans le sombre couloir où il espère la trouver, mais Olga est dans le buisson et regarde la porte illuminée, près de laquelle Ritter parle au portier.Il s\u2019élance dans la cour, regarde les présents et continue jusqu\u2019au jardin.Quand il a disparu, Olga surgit, dépasse en courant le portier et s\u2019élance dans la rue.Elle entend des cris derrière elle, mais comme un cerf traqué elle continue sa course.Le baron von Fohren, après que son agresseur fût séparé de lui et fût emmené, court à son hôtel, où il espère trouver Olga.A son désappointement, elle n\u2019y est pas.Il attend quelque temps et veut retourner au jardin-concert, quand il rencontre dans l\u2019escalier un garçon lui annonçant la visite d\u2019un monsieur, qui désire lui parler.\u2014 Qui est ce monsieur ?demande von Fohren.\u2014 Il n\u2019a pas donné son nom.\u2014 Dites à monsieur que je n\u2019y suis pas.Il n\u2019a qu\u2019à m\u2019écrire ou revenir demain.En disant cela, von Fohren quitte la maison.Lorsqu\u2019il reste devant la porte et se tourne de tout côté, espérant voir Olga, il voit, à travers la porte vitrée du vestibule, le garçon en conversation avec un étranger qu\u2019il croit reconnaître.Le baron se place de façon à ce qu\u2019on ne puisse le voir et tâche de fixer son regard sur la figure de l\u2019étranger.Et à sa grande terreur il reconnaît le détective Ritter.C\u2019était donc lui qui désirait lui parler, et il se félicite d\u2019avoir eu l\u2019idée de faire dire qu\u2019il était sorti.Mais le garçon gardera-t-il le silence ?Est-ce que, lorsque Ritter se fera connaître, il ne dira pas où se trouvent Olga et le baron ?Une frayeur terrible s\u2019empare de von Fohren.Par Olga il sait que le détective et Kurt sont encore vivants.Mais que Ritter les poursuivrait et aurait vite trouvé leur piste, il n\u2019aurait pas cru cela possible.Ritter quitte l\u2019hôtel.Le baron von Fohren a à peine le temps de se réfugier dans une niche au jardin, quand le détective le dépasse sans le voir.Il prend le chemin du jardin-concert.Là \u2014 pense le baron \u2014 il trouvera Olga et s\u2019emparera d\u2019elle.Il ne réfléchit pas.Il s\u2019agit d\u2019agir vite.Il ne peut plus rien faire pour Olga, il faut l\u2019abandonner à son sort et se sauver au plus vite.Il retourne à l\u2019hôtel et ne rencontre personne.Arrivé à sa chambre, il amasse ses affaires.Tout à coup, la porte s\u2019ouvre avec violence, et Olga, hors d haleine, tremblante et pâle d\u2019effroi, franchit le seuil.Avec un cri de joie, il s élance vers elle.\u2014 Dieu soit loué ! Vous voilà, Olga ! Elle le repousse, furieuse, ses yeux brillent de colère.\u2014 Vous êtes un beau chevalier ! dit-elle d\u2019un ton de reproche.Vous ne pensez qu\u2019à vous-même et vous ne vous occupez point de moi.Un autre aurait abattu cet homme qui m\u2019a tant injuriée ! \u2014 Mon Dieu ! J\u2019allais le faire, mais les gens nous ont séparés et il partit avant que je pusse le voir.Qui donc était ce fou ?Ne le connaissez-vous pas ?\u2014 Non ! Comment pouvez-vous demander cela ?Mais il n\u2019est pas temps de donner des explications.Nous sommes en danger.\u2014 Vous avez raison! dit vivement von Fohren.\u2014 Le détective \u2014 cet homme terrible est ici ! \u2014 Quoi ?Le savez-vous ?L\u2019avez-vous vu ?\u2014 Oui.Il était ici à l\u2019hôtel ! Et vous ?\u2014 Moi, je l\u2019ai vu au jardin-concert.Il vous cherchait.-\u2014 Il sera de retour ici.Nous devons partir au plus vite, Olga.J\u2019ai emballé le nécessaire.\u2014 Nous n\u2019avons pas une minute à perdre.Abandonnons nos bagages.Mais où irons-nous si précipitamment ?s\u2019écrie Olga, désespérée.\u2014\tA la gare ! Nous irons au midi.peu importe ! \u2014\tEt s\u2019il nous précède ?s\u2019il retrouve notre piste ?Il pourrait nous rejoindre à la gare ! \u2014\tNous n\u2019avons pas de choix.Et cela ne va pas si vite ici, le détective doit d\u2019abord se mettre en relation avec les autorités du lieu, avant de pouvoir nous arrêter.\u2014\tC\u2019est ce qu\u2019il aura déjà fait ! \u2014\tJe ne le crois pas, car il serait venu avec la police à l\u2019hôtel.Nous habitons ici sous un faux nom, chère Olga.A peine dix minutes plus tard, ils quittent l\u2019hôtel.Von Fohren raconte au portier qu\u2019il reviendra avec son épouse, le soir même.Personne ne lui fait des obstacles.Dans la rue, ils se rendent à pied à l'endroit le plus rapproché où stationnent des voitures de remise, montent dans l\u2019une d\u2019elles et se dirigent vers la gare.Ils n\u2019ont que le temps de prendre 1 express de minuit pour le midi.Dans sa rencontre avec le marquis, Olga ne souffle mot.Elle ne veut perdre cet homme de vue et a 1 intention de lui faire parvenir de ses nouvelles, quoique cela puisse être dangereux pour elle et pour le baron von Fohren.Cette fois encore, ils ont échappé à l\u2019expiation menaçante, mais Ritter n aura pas de repos avant d\u2019avoir retrouvé leur piste.Voilà pourquoi Olga aura besoin d un plus solide protecteur que le baron von Fohren, et elle espère 1 avoir trouve dans la personne du marquis.CCXII \u2014 Le coup désespéré d'un escroc Alfred avait espéré que le vieil intendant n aurait pas découvert Liane.Il croit aussi que ses feintes précautions auront effrayé Liane, de sorte qu\u2019elle n\u2019ait pas quitté son refuge.L intendant cherche longtemps en vain la chambre secrète où Liane se tient cachée avec la folle.Son jeune 24 JUIN 1944 23 ami n\u2019a pas quitté le château.Il dort dans la chambre de la tour, tandis que le vieillard, sans sentir la moindre fatigue, erre inquiet dans les voûtes solitaires.Deux heures environ après qu\u2019Al-fred eût quitté le château, le cocher Henri sort de la tour et se rend près de son cheval pour le nourrir.Puis, il ouvre l\u2019écurie et voit que le cheval d\u2019Alfred est parti.Il se hâte de rentrer au château où il trouve l\u2019intendant.\u2014 Le coquin est parti! lui crie-t-il.Son cheval n\u2019y est plus ! \u2014 Il ne reviendra plus, sans doute, répond le vieux.Mais Dieu sait ce qu\u2019il a fait de la malheureuse femme.Je ne puis la trouver ! Tous deux se remettent à chercher.Voilà que tout à coup surgit dans le corridor la longue taille de femme tenant une bougie à la main.\u2014 C\u2019est la folle ! chuchote l\u2019intendant.Cachez-vous, Henri ! Elle n\u2019a pas peur de moi.Le cocher se glisse avec sa lanterne dans une profonde niche, tandis que le vieux Berthold s\u2019arrête.La folle approche, elle ne voit pas le vieux, parce que la lumière de lanterne l\u2019aveugle.Ce n\u2019est que lorsqu\u2019elle est tout près, qu\u2019elle l\u2019aperçoit.Un cri strident s\u2019échappe et elle veut s\u2019enfuir.Mais le vieux lui coupe la retraite et le cocher apparaît aussi.La malheureuse, ainsi prise, tremble et se cache dans une des niches, en fixant de ses yeux ardents les deux hommes.Le vieux s\u2019approche d\u2019elle et dit d\u2019un ton respectueux de serviteur : \u2014 Madame la baronne, c\u2019est moi ! Ne me connaissez-vous plus?Vous ne me craignez pas, n\u2019est-ce pas ?La folle ne répond pas, mais elle semble reconnaître le vieillard, car ses traits perdent leur expression d\u2019effroi.Le vieux lui prend la main et continue à éveiller des souvenirs, il lui parle du passé et les yeux de la malheureuse s\u2019illuminent tout à coup.\u2014 Oui.oui .! Elle est morte .morte! murmure-t-elle.Je la cherche, mais elle n\u2019y est pas.Oh ! l\u2019étang est profond .profond ! Elle n\u2019en sortira plus jamais .non ! Elle appelle .ne l'entendez-vous pas ?Elle continue à appeler ; hum ! j\u2019ai peur ! Elle se blottit ; puis elle sursaute et saisit le bras du vieillard.\u2014 L\u2019avez-vous vue ?chuchote-t-elle, en frissonnant.La voilà .elle vient.elle vient ! crie-t-elle d\u2019un ton strident.Elle fixe craintive le sombre corridor.Il n\u2019y a rien à vpir.Le vieux tâche de calmer la malheureuse.Il lui parle comme à un enfant et elle écoute ses paroles, visiblement tranquillisée.\u2014 Venez, madame, la baronne, dit-il en tenant sa main.Nous irons à la maison, on vous attend.\u2014 Oui, oui! dit la folle vivement.Je ne dois pas les laisser seuls.Il faut que je veille toujours.Le serment.Oh, elle le séduit.elle me vole le coeur de mon époux ! \u2014 Elle ne vit que dans le passé ! soupire le vieil intendant, faisant signe à son jeune ami, tandis qu\u2019il emporte la folle.Imperceptiblement, le vieux se laisse guider et, dans une attente curieuse, Henri suit l\u2019étrange couple.La folle prend le chemin de la chambre secrète.Elle tâtonne le mur et soudain résonne un faible grincement et, à l\u2019étonnement de ses compagnons, le mur se fend en deux et la chambre cachée s\u2019ouvre devant eux.Le vieillard entre vivement.Voilà Liane devant lui.Toute saisie, elle recule et le fixe d\u2019un regard incertain.\u2014 Ne craignez rien, madame ! dit, en la tranquillisant, le vieillard.Nous vous cherchons, depuis longtemps.Nous sommes vos amis.L\u2019inquiétude de Liane disparaît.Elle contemple le cocher Henri, avec des regards moins inquiets.\u2014 Oh ! vous êtes l\u2019intendant, n\u2019est-ce pas, monsieur ?balbutie-t-elle.\u2014 Oui, et cet homme est mon jeune ami du village qui vous a écrit la lettre.\u2014 Dieu soit loué ! dit joyeusement Liane.\u2014 Alors je suis sauvée ! Je suis protégée par des amis ! Des larmes de joie coulent de ses yeux, elle prend la main du vieillard et la serre cordialement.\u2014 Je sais que vous m\u2019avez cherchée, mais je ne croyais pas que vous étiez au.château.Le coquin qui m\u2019a amenée ici me dit que c\u2019étaient des ennemis, qui me cherchaient.\u2014 Il a menti, le fourbe ! répond le vieillard, fâché.C\u2019est dommage qu\u2019il nous ait échappé.Il porte une lettre pour moi au comte de Rothenburg, déclare Liane.Je suis sûre qu\u2019il reviendra.\u2014 J\u2019en doute fort, répond le vieux.Il sait que nous sommes à ses trousses et s\u2019il osait se présenter ici, que Dieu ait pitié de lui ! Il promène son regard autour de la pièce solitaire et contemple avec pitié le corps amaigri de Liane.\u2014 C\u2019est donc ici que vous avez vécu cachée, madame ?Seule en compagnie de la malheureuse qui nous a conduits sur la bonne piste ! Nous vous croyions morte.enfermée dans les voûtes souterraines ! Liane raconte comment, aidée de la folle, elle a fui cette terrible prison.Elle remercie en pleurs le vieux et son ami pour ce qu\u2019ils ont fait pour elle.Maintenant, je ne veux plus rester une heure, ici ! s\u2019écrie-t-elle.Quand le misérable reviendra, il ne me trouvera plus, ici.Je me hâte de retourner chez moi, chez mon frère, qui me croit morte, depuis longtemps.Le vieux Berthold secoue la tête, d\u2019un air pensif.\u2014 Si vous voulez suivre le conseil d\u2019un vieillard, madame, alors restez ici ! répond-il.Sous notre protection, vous êtes en sûreté, car vous n\u2019avez plus d\u2019autres personnes à craindre que ce coquin.Lorsqu\u2019en effet il reviendra, nous le recevrons comme il le mérite.Si vous vous mettez en route, le coquin pourra vous poursuivre et vous faire plus de mal.\u2014 Ne puis-je atteindre un lieu?demande Liane.\u2014 Oh oui ! Le village ! Henri pourrait vous y conduire, c\u2019est un trajet de quelques heures.\u2014 Alors, je veux partir! décide Liane.Jusqu\u2019à demain, je resterai au village et enverrai une dépêche à mon frère.\u2014 Pensez-y bien, madame ! avertit le vieux.En route, il pourra nous arriver malheur.Henri est fort, mais.\u2014 Je crois qu\u2019en partant tout de suite, je puis être tranquille, à ce sujet.interrompt Liane.Il ne peut revenir si vite ! \u2014 Mais s\u2019il est allé au village, il vous rencontrera.\u2014 Il irait à une petite ville, comme il disait, observe Liane.\u2014 A la ville ?Alors, vous pouvez être tranquille, dit le vieux.C\u2019est le côté opposé.De la ville, il ne reviendra pas de si tôt.En tout cas, il y passera la nuit.Eh bien, si nous le rencontrons, père Berthold, dit Henri avec calme, alors cela pourrait avoir pour lui de graves conséquences.L\u2019on se décide à partir.Liane veut quitter cette terrible maison, où elle a UNE SAGE PRECAUTION.Quand on part en week-end chez des amis, dans une pension ou à l\u2019hôtel, il est d\u2019usage que l\u2019on prenne toutes les précautions nécessaires afin de n\u2019être pas pris au dépourvu par quoi que ce soit : caoutchoucs et imperméable pour la pluie, pastilles pour la toux ou le mal de gorge, \u201caspirine\u201d pour le mal de tête et quoi encore ?.A toutes ces légères contrariétés, il en est une autre qu\u2019il conviendrait d\u2019ajouter : Yennui, l\u2019ennui pur et simple, insidieux et stupide qui n\u2019avertit jamais lorsqu\u2019il surgit au moment inattendu de votre désœuvrement pour empoisonner la fin de semaine tant attendue.Alors, pourquoi ne pas se prémunir aussi contre lui ?.Tout comme les pastilles de menthe ou les \u201caspirines\u201d, la lecture de LA REVUE POPULAIRE est devenue une nécessité dans sa trousse de voyage : avec cette différence, toutefois, que le palliatif, ici, est extrêmement agréable, parce qu\u2019il ne fait pas de doute que LA REVUE POPULAIRE a le pouvoir absolu de transformer un moment d\u2019ennui en une bienfaisante détente au cours de laquelle vous trouvez à la fois : distraction et renseignements.Du reste, LA REVUE POPULAIRE offre à la maison les mêmes avantages, et ceci explique que toute personne avisée prend toujours la bonne précaution de recevoir régulièrement ce magazine préféré des Canadiens français.OFFRE SPÉCIALE $2.00 pour 2 ANS (Pour le Canada seulement) NOTRE ROMAN DE JUIN : COEURS FERVENTS Par Lucie Presse Coupon d'abonnement-\u2014________________ _ LA REVUE POPULAIRE Veuillez trouver ci-joint $2.00 pour un abonnement spécial de 2 ans à LA REVUE POPULAIRE.(Important : Veuillez indiquer d\u2019une croix ( )s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.) Nom .Adresse .Ville .Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE, 975, rue de Bullion, Montréal 24 LE SAMEDI passé la partie la plus horrible de sa vie.Elle se rend avec l\u2019intendant dans les chambres, à côté de la halle et le vieux lui fournit d\u2019autres vêtements, parce que les siens sont en très mauvais état.La folle reste seule, dans la chambre mystérieuse.Liane a pris tendrement congé d\u2019elle, mais la malheureuse ne comprend rien de tout ce qui se passe autour d\u2019elle.\u2014 Je resterai ici, déclare l\u2019intendant.\u2014 Car si le coquin revient, je tâcherai de le garder ici.Je suis bien armé et saurai le retenir.Quand vous aurez conduit madame au village, vous reviendrez avec un gendarme, Henri.\u2014 Oh ! si vous pouviez réussir à le faire punir, répond Liane, alors, vous auriez fait une bonne œuvre.Et ce que vous avez fait pour moi, mes amis, je ne l\u2019oublierai jamais.Mon frère vous récompensera largement ! Mais ils écartent tout remerciement, ils apprêtent tout pour le départ et le vieux régisseur donne a Liane un revolver bien chargé à double canon.\u2014 Afin que vous soyez armée à toute éventualité, madame, dit-il, Henri en porte également deux sur lui.Il y a tant de canaille dans la forêt.Liane accepte avec reconnaissance le revolver.La petite voiture est prête.Elle monte et le cocher prend place sur le siège.Henri excite son cheval, et au trot ils avancent vers la forêt.Avec la vitesse d\u2019une flèche, Alfred retourne au château, traque par la pensée de Kurt, qui le suit avec ses compagnons.Son cheval est un bon trotteur habitué aux longues courses, et il fait le trajet avec une vitesse vertigineuse.H faut qu\u2019il atteigne le but avant Kurt, s\u2019il veut s\u2019emparer de Liane et fuir avec elle.Il ne se doute pas de ce qui est arrivé au château, pendant son absence.Il n\u2019abandonne pas le jeu.Tant qu il a Liane en son pouvoir, il y a chance de victoire.Au loin, sur la route conduisant à la forêt, roule une voiture.Alfred retint son cheval et tâche de mieux distinguer le véhicule, dans la demi-clarté.D\u2019où vient cette voiture, à cette heure ?Une certaine méfiance le saisit.Ce véhicule viendrait-il du château ?Qui est dedans?Qui irait d\u2019ici en voiture à la ville ?Il soupçonne que Liane est délivrée et qu\u2019on la transporte.Il veut avoir la certitude.S\u2019il suit la voiture, il se pourrait que Liane se trouvât encore au château et alors elle serait à tout jamais perdue pour lui, car avant son retour Kurt sera arrivé ! Il va vers la porte et l\u2019ouvre avec sa clef.En laissant son cheval dehors, il court au parvis.Il volt de la lumière dans la halle et découvre la forme du vieil intendant.Ses soupçons semblent se réaliser.Le vieux l\u2019a entendu et le salue d\u2019une joie féroce.Alfred n\u2019a pas besoin d\u2019ouvrir la porte, son ennemi vient au-devant de lui, sur le seuil.\u2014 Vous voilà de nouveau ?s\u2019écrie le vieux d\u2019un ton menaçant.Entrez ! Vous venez juste à temps ! Alfred recule avec un juron, car il voit dans les mains du vieux un fusil de chasse que celui-ci dirige sans merci sur lui.\u2014 Rendez-vous, coquin ! s\u2019écrie le vieux.\u2014 Maintenant, Alfred sort son revolver et, en tâchant de se couvrir d\u2019une colonne, il s\u2019écrie plein de rage : \u2014 Allez vous promener, vieux, je n\u2019ai que faire de vous ! \u2014 Ah ! ah ! s\u2019écrie le vieil intendant.Vous cherchez votre victime ici ?Mais vous êtes trop tard.La malheureuse vous a été retirée.Alfred pousse un cri de rage.\u2014 Vous l\u2019avez délivrée! dit-il, en grinçant des dents.\u2014 Oui, en effet ! dit le vieux, en triomphant.Une fureur indomptable s\u2019empare du misérable, il voit tout échouer.Le vieux l\u2019a surpassé en ruse et se moque de lui.Un torrent d\u2019invectives et de jurons sort de ses lèvres.\u2014 Si elle est encore ici, elle ne m\u2019échappera pas ! s\u2019écrie-t-il.Livrez-la-moi ! \u2014 Entrez et cherchez-la ! dit en riant le vieux, d\u2019un ton moqueur.Alfred tremble d\u2019une rage impuissante.Il tâche de trouver une occasion de faire feu sur le vieux, mais celui-ci se trouve à couvert dans la halle et ne se montre pas.Seul le canon de son fusil est visible par l\u2019entrebâillement de la porte.\u2014 Allons, coquin, n\u2019avez-vous pas suffisamment de courage pour vous mesurer avec un vieillard.Montrez-vous donc ! Alfred se garde de donner suite à ce défi.Il se contente d\u2019assaillir son antagoniste d\u2019injures et de menaces.Enfin il se laisse entraîner par sa rage.H fait un saut vers l\u2019entrée et fait feu.Un fracas et un cliquetis.le carreau est brisé, mais le rire moqueur de l\u2019intendant témoigne que lui-même n\u2019est pas touché.Alfred fait feu une seconde fois, également sans résultat.Il écume de rage, car le vieux continue à se moquer de lui, il tâche d\u2019attirer le coquin dans la halle et ne répond pas à ses coups de feu.Alfred, cependant, a conservé assez de présence d\u2019esprit pour ne pas se jeter étourdiment dans le piège.Maintenant qu\u2019il comprend que le vieux reste invulnérable et que pour lui chaque pas est la mort certaine, il se retourne et court sur le parvis.L\u2019intendant met en joue et fait feu sur le fugitif.Alfred, qui a déjà atteint la sombre voûte de la porte, se sent atteint au bras et le sang coule sur sa main.Il serre les dents de douleur aiguë.Il se retourne vivement et fait feu encore une fois sur la forme distincte de l\u2019intendant, dans l\u2019entrebâillement de la porte.Le coup est raté et, comme son ennemi est sur ses talons, Alfred est en quelques bonds hors de la porte, monte à cheval et se dirige vers la forêt.Quand l\u2019intendant arrive près de la porte, il voit le cavalier, à une distance assez grande, courir sur la lande.Il met en joue et vise très juste.Le coup tonne sur la bruyère solitaire, mais la distance est trop grande et la vue du vieillard trop faible pour atteindre le but.Le fugitif disparaît dans la forêt.Sans se soucier du mal que lui cause sa blessure, Alfred poursuit la voiture qui a une si grande avance sur lui qu\u2019il ne pourra peut-être pas la rejoindre.Il croit pour sûr que Liane se trouve dans la voiture et voilà pourquoi il excite sa monture fatiguée à une plus vive allure.Pendant longtemps, il continue son trajet à travers la sombre forêt sans découvrir trace de la voiture.Dans la nuit précédente, un orage formidable a abattu plusieurs arbres.La route est comme jonchée de ces géants de la forêt et, à quelques endroits, ils sont tombés en travers de la voie.Le cheval d\u2019Alfred franchit aisément ses obstacles.Pour la voiture, cependant, ce n\u2019est pas le cas.Aurait-elle pris une autre route ?A un endroit, où le chemin serpente entre deux hauts pans de rochers, Alfred retient son cheval, soufflant et couvert d\u2019écume.Dans ce chemin creux, il voit la vacillante lumière d\u2019une lanterne et, à sa lueur, il aperçoit les contours d\u2019un cheval et d\u2019une voiture et un homme en train de piocher.Un cri de joie échappe au cabotin.Enfin, il a rejoint le véhicule qui ne peut plus avancer, car un énorme arbre, déraciné par la tempête, obstrue le chemin fort étroit.Le cocher Henri est descendu et tâche d\u2019enlever l\u2019obstacle.Il travaille activement, au moyen d\u2019une hache et d\u2019une scie pendant que Liane l\u2019observe de la voiture.Alfred voit tout cela à distance.Il ne reconnaît pas les deux formes près de la voiture, mais il voit que la personne, dans le véhicule, est une dame.Cela doit être Liane.Une joie diabolique l\u2019anime.Il se débarrassera bien du cocher.Il descend de cheval et le mène à la bride, derrière lui.Prudemment, il s\u2019approche de la voiture .A dix pas de là, il lance la bride de son cheval autour d\u2019une mince branche d\u2019ormeau et met des cartouches, dans son revolver.Dans une attitude courbée, il rampe jusqu\u2019à une petite distance de la voiture et reconnaît, à la lueur de la lanterne, les traits de Liane.Il aurait voulu crier de joie et voir déjà sa victime en son pouvoir.Ni Liane, ni son protecteur ne se doutent du voisinage du diabolique ennemi.Avec une calme décision, Alfred dirige, caché derrière la voiture, son revolver sur le cocher.Il faut qu\u2019il le rende inoffensif, avant de s\u2019emparer de Liane.Le misérable ne recule pas devant un lâche crime.Henri n\u2019a pas encore enlevé l\u2019obstacle.Il s\u2019arrête et se redresse.\u2014 L\u2019arbre est trop grand, dit-il à Liane.Je ne puis l\u2019enlever.Il nous faudra laisser la voiture ici.\u2014 Certes Ne vous donnez plus de peine ! répond Liane.Nous pourrons bien atteindre le village à pied.Ce n\u2019est plus à une grande distance ?\u2014 Encore une petite demi-heure.A ce moment, un coup de feu retentit.Henri lance un cri et tombe en arrière.Il sort son revolver et tire dans la direction, d\u2019où scintillait le rayon de feu de l\u2019arme d\u2019Alfred.Presque au même instant, retentit de la même direction un second coup, le cocher s\u2019affaisse et reste immobile devant la voiture.Paralysée de stupeur, Liane se relève dans la voiture et regarde celui qui est tombé.\u2014\tJuste ciel! s\u2019écrie-t-elle d\u2019une voix stridente.Qui a fait cela?Un rire rauque et diabolique répond derrière elle et, au même moment, la forme d\u2019Alfred apparaît dans l\u2019obscurité.L\u2019effroi et l\u2019horreur saisissent Liane.Assassin!.lâche assassin! s\u2019écrie-t-elle, en sortant son revolver.Meurs, misérable coquin ! Mais avant de pouvoir lâcher la detente, Alfred est, d\u2019un bond, sur la voiture et saisit son bras.\u2014\tLâchez cet objet! dit-il en grinçant des dents.H tient son revolver devant les yeux.A bas ce pistolet ou.par le diable !.je vous lance une balle par la tête ! \u2014\tDiable d\u2019assassin ! dit-elle, sans cr™te' Tirez donc ! Tuez-moi aussi ! Elle le repousse de toute sa force En grinçant des dents, il la ressaisit.Une lutte terrible s\u2019engage, mais les iorces de Liane diminuent.A propos de confitures et de rondelles de caoutchouc L\u2019éditeur d\u2019une page culinaire dans l\u2019un des magazines les plus populaires écrivait un jour que ses lectrices devraient suivre à la lettre ses recettes, au lieu d\u2019employer des substituts et de rejeter la faute sur l\u2019auteur de la recette quand son résultat n\u2019est pas satisfaisant.Ce trait est bien humain.On a attiré notre attention sur les rondelles de caoutchouc que l\u2019on fixe sur les pots de confitures.Les plaintes étaient peu nombreuses si l\u2019on considère que des millions de ces rondelles s\u2019employent chaque année à l\u2019époque de la fabrication des confitures.Il est vrai que les gens qui critiquent parlent toujours plus haut que ceux qui louent.Quand on est satisfait, on a la mauvaise habitude de se taire.Les conditions économiques imposées par la guerre nous obligent à fabriquer des rondelles avec du caoutchouc récupéré.Elles n\u2019ont peut-être pas tous les avantages des rondelles d\u2019avant-guerre, faites de caoutchouc brut, mais cela ne les empêche pas de fermer hermétiquement les pots de confitures.Leur fabrication s\u2019accomplit selon des méthodes scientifiques et elles sont sujettes à certaines épreuves avant d\u2019être mises sur le marché.Il n\u2019en est pas moins vrai qu\u2019elles diffèrent des rondelles d\u2019avant-guerre.La plus apparente de ces différences est la couleur.Les ménagères avaient l\u2019habitude de se servir de rondelles rouges ou grises.Elles n\u2019aiment pas les noires et sont portées à les rendre responsables quand leurs confitures surissent.Comme si la couleur pouvait, en aucune façon, affecter la qualité d\u2019une marchandise ! Nous avons pris soin d\u2019analyser les plaintes qui nous ont été faites et nous en sommes venus à la conclusion que l\u2019insuccès de certaines ménagères découlait de l\u2019une ou l\u2019autre des causes suivantes : 1\u2014Inexpérience.2\u2014Manque de soin.3\u2014Stérilisation insuffisante.4\u2014Dans les empaquetages à froid, il arrive qu\u2019on emplisse les bocaux trop pleins, ce qui empêche le jus de circuler pendant qu\u2019on fait chauffer le bocal, d\u2019où il résulte une stérilisation insuffisante.5\u2014Omettre de stériliser les bocaux et les couvercles.6\u2014Recettes nouvelles ayant pour but d\u2019économiser le sucre et qui n\u2019ont pas été expérimentées.7\u2014Emploi de fruits ou de légumes de mauvaise qualité et par suite difficiles à stériliser.Les fruits et les légumes trop mûrs ou meurtris se prêtent mal à ce procédé.8\u2014La trop grande quantité de denrées préparées en même temps et qui doivent attendre longtemps avant d\u2019être stérilisés.Si la rondelle de caoutchouc est un facteur important dans la fabrication des conserves, elle n\u2019en est pas le seul.Il est indispensable que le couvercle en verre, les anneaux ou les ressorts en métal s\u2019adaptent bien.Il faut que les bords soient lisses et non ébréchés, que les bocaux n\u2019aient pas la plus légère fissure.Malgré toutes les précautions, il arrive chaque année que des confitures se gâtent, mais on aurait tort de croire que cela arrive plus souvent maintenant.Des incidents de ce genre étaient aussi fréquents avant la guerre. 24 JUIN 1944 25 Elle ne peut plus se servir de son arme.Avec la crosse de son revolver, elle veut porter un coup dans la figure de son ennemi, mais celui-ci s\u2019éccarte habilement et lui enlève l\u2019arme.Liane veut recourir à la fuite.Elle se dégage et, d\u2019un saut, elle est descendue de voiture et sur le sol.Elle s\u2019élance en avant, mais Alfred est à ses trousses, écumant de rage.Des deux côtés de la voie, les pans de rochers se dressent escarpés.Liane ne peut que prendre le chemin où se trouve le cheval d\u2019Alfred.Bientôt, elle voit l\u2019animal.Si elle parvient à y monter à temps, elle est sauvée.Alfred, cependant, est sur ses talons.Il étend la main vers elle, mais une pierre le fait tomber.Il se relève aussitôt, mais Liane a atteint son cheval.\u2014 Halte ! rugit-il.Halte ! ou je fais feu ! Liane ne s\u2019en soucie pas.Elle détache la bride de l\u2019arbre, met le pied dans l\u2019étrier et saute vivement en selle.Il est trop tard.Au même moment, Alfred saisit la bride et fait arrêter le cheval.\u2014 Descendez! dit-il.Vous ne pouvez m\u2019échapper.Ne me forcez pas à la violence ! Liane tâche d\u2019exciter le cheval.H se redresse brusquement et fait un saut, qui force Alfred à lâcher bride.Mais en perdant son équilibre par le saut, Liane tombe de la selle et reste évanouie.Le cheval s\u2019emballe et part au galop.Alfred tâche en vain de l\u2019arrêter par des cris et des hurlements.Peu de moments après, la bête a disparu dans la forêt.Le comédien retourne sur ces pas, en jurant.Que fera-t-il de Liane ?Comment la transporter d\u2019ici ?Et il faut qu\u2019elle soit vite éloignée de la scène de son affreux forfait, car Kurt ne tardera pas à venir.D\u2019un air sombre, avec une rage de désespoir, il contemple la creature, immobile devant lui.Il pense au cheval du cocher.Il faut bien qu\u2019il laisse la voiture, mais il peut se servir de l\u2019animal.Il le dételle et le mène vers Liane.Avec beaucoup de peine, il releve le corps pesant et l\u2019attache, avec les rênes et les courroies, sur le dos de l\u2019animal.Aussi vite que possible, il s\u2019enfuit avec sa prisonnière dans la forêt.Le jour commence à poindre.Il faut qu\u2019il se dépêche à chercher un abri.Il cherche la plus épaisse fourrée.S\u2019il réusit à bien cacher Liane, alors il pourra poser ses conditions à ses amis et exiger d\u2019eux toute rançon.Si, en effet, on parvient à le découvrir, il tuera Liane et se défendra, jusqu\u2019à son dernier soupir.CCXIII \u2014 En grande détresse Dans son cabinet d\u2019étude, au château de Rothenburg, le comte Henri est en train de lire une lettre de Ritter, où il lui dit être sur les traces d\u2019Olga et de son complice, le baron von Fohren.\u2014 Il est à espérer qu\u2019il découvre les misérables, murmure le comte furieusement.Alors nous aurons enfin du repos pour elle.Car, tant que cette diablesse sera en liberté nous aurons à craindre ses méfaits.Oh Dieu, je crains pour Liane.Kurt la trouvera-t-il ?Vit-elle ?Ah, qui nous donnera la certitude ?Il soupire profondément, en appuyant la tête sur la main.On frappe et un domestique lui remet une lettre sur un plateau d\u2019argent.Le comte 1 accepte et le domestique s\u2019éloigne tranquillement.Tout absorbé de ses tristes pensées, le comte Henri tient la lettre dans la main, comme dans un rêve.Il a à peine lu l\u2019adresse.Il ouvre l\u2019enveloppe et déplie la lettre.Il lit la missive : \u2014 Mon cher frère Henri ! commence-t-il.\u2014 Dieu tout-puissant ! s\u2019écrie-t-il, ne sachant plus continuer, tellement il fut saisi d\u2019un épouvantable effroi.Liane ! .Oh mon Dieu ! C\u2019est de Liane.Une émotion indescriptible s\u2019empare de lui.Il tremble comme un fiévreux.Cette surprise est trop soudaine.Tout tourne devant ses yeux.Mais il se remet vite.Il lit sans respirer, ses yeux brillants dévorent les lignes.Des larmes coulent de ses yeux.Mais plus il continue à lire, plus ses traits s\u2019assombrissent.Liane lui raconte brièvement ses souffrances.La pitié et l\u2019indignation montent dans son âme.Vient ensuite le post-scriptum d\u2019Alfred : sa menace et son audacieuse exigence.Le comte sursaute.Ses yeux flam-bloient, ses poings se crispent fébrilement.\u2014 Satané coquin ! dit-il, en grinçant des dents.Oh, si je vous tenais entre mes mains, comme je vous anéantirais, mauvais garnement ! Donc de l\u2019argent .une récompense de 40,000 francs, vous désirez ?Ah ! ah ! Je vous les apporterai, je vous aurai, satan .Dominé par une colère folle, il laisse tomber le poing sur la table.\u2014 Oh Dieu ! Qu\u2019un tel coquin, un malfaiteur aussi diabolique puisse impunément commettre les plus abominables forfaits.Mais on y mettra fin ! ô Liane, ma pauvre Liane ! Que me faut-il faire pour vous délivrer au plus vite ?Il arpente à grands pas la chambre.Puis, il reprend la lettre et la relit avec calme.\u2014 Oui, mais où se trouve-t-elle ?se demande-t-il.C\u2019était ici.sans doute.Cela a été découpé.Oh ! c\u2019est ce que le misérable coquin a fait, dit-il en grinçant des dents, de rage impuissante.Maintenant, il faut que je m\u2019adresse à lui.Il sonne et aussitôt apparaît un domestique.\u2014 Mon cheval.vite ! ordonne le comte, et cinq minutes après, il est en selle et va, suivi de son valet, à la ville.Il s\u2019arrête devant le palais du prince, le portier ouvre et, dans le vestibule, l\u2019agent de police secret vient à sa rencontre.\u2014 Dieu soit loué de ce que je vous trouve ici ! s\u2019écrie le comte, réjoui.Il serre la main du brave employé et le prie de le suivre.\u2014 Avez-vous reçu des nouvelles importantes, monsieur le comte, demande Muller, qui ne manque pas d\u2019observer l'excitation du comte.\u2014 Oui.de très importantes ! Mais parlons en présence de ma fiancée.Margot, qui a remarqué l\u2019arrivée du comte Henri, le reçoit avec une visible curiosité.Sans autres préambules, le comte lui donne la lettre de Liane.Son effroi et sa joie sont grands, après en avoir lu une partie.\u2014 Enfin trouvée dit-elle joyeuse.Oh Dieu ! Quelle joie ! Je puis à peine le comprendre.\u2014 Lisez plus loin ! dit le comte.La communication au bas de la lettre.Margot reprend la lettre et ses yeux lancent des foudres d\u2019indignation.\u2014 Oh ! le coquin ! dit-elle, pleine de dégoût.Exige-t-il encore de l\u2019argent ?Le comte reprend le lettre et la donne à Muller, qui attend près de la porte.\u2014 Lisez, mon ami.Il faut que vous sachiez tout.Muller a deviné de qui vient la lettre.Quand il en apprend le contenu, ses traits s\u2019assombrissent.\u2014 Votre sœur, monsieur le comte, est entièrement au pouvoir du misérable.Nous devons tenir compte de cela, dit-il gravement.\u2014 Voulez-vous dire qu\u2019il faut lui envoyer l\u2019argent ?\u2014 Non monsieur.Voulez-vous me confier l\u2019affaire ?\u2014 Que feriez-vous, en ce cas ?\u2014 Avant tout, prévenir le gentilhomme et lui communiquer tout par dépêche.Télégraphiez aussi au coquin qu\u2019il aura l\u2019argent.Nous prévenons le pire.\u2014 Bon.C\u2019était à peu près mon opinion aussi, dit le comte.Mais ensuite ?Avant tout, nous devons tâcher de savoir où ma sœur est captive.\u2014 Certes.Et je suis convaincu qu\u2019elle se trouve au château du baron von Fohren.\u2014 Le gentilhomme l\u2019y cherchera, en ce moment, prétend le comte.\u2014 Qui sait s\u2019il la trouvera ?Oui, le coquin peut se défier, peut-être a-t-il porté sa prisonnière ailleurs.Nous devons tenir compte de cette possibilité.\u2014 Certes ! dit le comte.\u2014 Je me rendrai aussitôt à la petite ville, où cette lettre fut mise à la poste, continue Muller.Je m\u2019y connais dans les environs et je suis au courant de tout et connais personnellement le coquin.C\u2019est important.Je l\u2019arrêterai, quand il viendra chercher la réponse.\u2014 Mais avec cela nous n\u2019avons pas délivré ma sœur.Croyez-vous que le misérable dira où elle se trouve ?\u2014 Non, je ne l\u2019espère pas.Je ne l\u2019arrêterai pas tout de suite aussi.ce serait précipiter les choses.Je le suivrai secrètement, il retournera sans doute à l\u2019endroit, où il aura caché votre sœur ! \u2014 Soit ! Je trouve votre projet excellent ! s\u2019écrie le comte Henri avec feu.Mais je vous accompagne, cher monsieur Muller.Je n\u2019ai pas de repos ici, je veux aussi contribuer à délivrer ma pauvre sœur des mains du misérable ! \u2014 Oui, oui, cher Henri, consent Margot.Allez et tâchez de délivrer Liane.Vous n\u2019avez pas besoin de vous inquiéter de moi.Que pourrait-il m\u2019arriver ici ?Muller secoue gravement la tête.\u2014 Monsieur le comte, je vous prie d\u2019urgence de rester ici, dit-il en l\u2019avertissant.\u2014 Mais pourquoi donc ?\u2014 Pour des raisons différentes.Tout d\u2019abord pour votre fiancée.\u2014 Hum ! Croyez-vous que nous ayons quelque chose à craindre pour elle?Muller hausse les épaules d\u2019une manière significative.\u2014 Je considère nécessaire la plus grande prudence et surveillance.\u2014 Mais, dans cette maison, je suis aussi bien gardée que possible, dit Margot, en riant.\u2014 Pour d\u2019autres raisons, il est désirable que le comte ne m\u2019accompagne pas, dit Muller.Alfred Wenzel l\u2019apprendrait ; il vous connaît et tout notre projet serait déjoué, projet qui ne repose que sur le fait que le coquin ne se doute pas qu\u2019on l\u2019épie.Je me déguise, je sais ce qui me reste à faire en ces choses, tandis que vous, monsieur le comte, sans le vouloir, vous vous trahiriez.Ses arguments portent leur effet sur le comte, mais il ne peut renoncer à son intention.\u2014 Ne pourrais-je donc rien faire?dit-il en maugréant.Le rôle de spectateur passif ne me plaît guère.\u2014 Et cependant il n\u2019y a que cela, monsieur le comte.Je suis convaincu que monsieur Ritter vous dirait la même chose.Prenez-en ma parole!\u201d NI CEINTURES NI ÉPINGLES NI BANDES NI ODEUR \u2019Prenez-en ma parole, Tampax peut faire énormément pour votre confort et votre humeur durant les jours pénibles du mois.\u201d .Car Tampax se porte intérieurement, sans ceinture, ni bandes, ni épingles, et ne causant ni odeur ni échauffaison.Ainsi une femme dit à une autre: \"Prenez-en ma parole, adoptez donc Tampax!\u201d Tampax ne peut jamais faire de bourrelet ou renflement soupçonnable, et vous n\u2019avez pas même conscience de le porter.Fait de pur coton hydrophile comprimé, il est peu volumineux dans votre bourse et se change commodément grâce aux tubcs-applicateurs brevetés; vous n\u2019avez jamais à toucher au Tampax même.Tampax est particulièrement discret quand vous êtes en pantalon; on le porte au bain sans hésiter.Tampax fut perfectionné par un médecin et offre 3 degrés d'absorption: Ordinaire, Super, Junior.Paquet d\u2019essai, 25c; la boîte économique de 40 dure environ 4 mois.Toutes pharmacies, bazars, etc.Commencez aujourd'hui! 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Que me faut-il faire ?dit le comte, quand la porte s\u2019est fermée sur l\u2019agent de la police secrète.\u2014 Le suivre aussitôt ! dit Margot, sans hésiter.\u2014 Oui, si je te savais parfaitement sûre ici, dit-il, avec un soupir.\u2014 Oh ne t\u2019inquiète pas de moi.Aucun mal ne peut m\u2019arriver.\u2014 Qui sait ?Les avertissements de Muller m\u2019ont porté à réfléchir.\u2014 Ah ce bon monsieur Muller a beaucoup trop peur.Il a déjà caché quelques agents dans le palais et, en outre, il y a encore deux laquais, le jardinier, le cocher et le portier.Rien ne peut arriver.\u2014 Mais ce sont tous des étrangers, que ton bien-être ne va pas tant au coeur qu\u2019à moi.On ne peut se reposer sur leur sollicitude.\u2014 Toi, non plus, tu n\u2019es pas toujours ici.Pense donc, cher Henri, je suis presque toujours seule.\u2014 Oui.je ne puis malheureusement être toujours auprès de toi.Si tu étais ma femme ! J\u2019ai ce terrible pressentiment que tu pourrais m\u2019être arrachée de nouveau, comme si quelque chose d\u2019affreux devait s\u2019interposer entre nous.Margot s\u2019effraie, en l\u2019entendant parler ainsi.En tremblant, elle se jette sur sa poitrine.\u2014 Ah, cher Henri, tu me rends le cœur oppressé.Si tu es si inquiet, reste ici.Tu n\u2019aura pas de repos.\u2014 Ni ici, ni là, murmure-t-il gravement.Oui, si je pouvais t\u2019emmener.Mais cela ne va pas.\u2014 Non, c\u2019est impossible.Je ne ferai que te gêner.Ni l\u2019un, ni l\u2019autre ne peuvent se décider.Jusqu\u2019au soir, ils restent ensemble ; alors le comte Henri prend tendrement congé de sa fiancée.\u2014 Demain matin, de bonne heure, je reviendrai, dit-il.Je resterai dans la ville, cette nuit, car 'j\u2019ai différentes choses à arranger.Demain, j\u2019espère recevoir des nouvelles de Kurt.Margot reste seule.Son cœur est oppressé.Elle aurait préféré retenir le bien-aimé, et ne plus le laisser partir.Mais elle s\u2019accuse de folle.Qu\u2019a-t-elle donc à craindre ?N\u2019a-t-on pas vu, le mieux possible, à sa sécurité ?Elle se met au piano et elle chante, de sa voix la plus douce : De doux rêves d\u2019amour accélèrent le battement de son cœur.Ainsi, elle oublie tout, autour d\u2019elle.Voilà que s\u2019approchent deux formes, enveloppées de longs manteaux noirs.Ils s\u2019arrêtent devant la haute grille du parc.Bientôt, vient se joindre à eux un troisième.Ce sont Fanny et Barbe-Rouge avec son compagnon Rasman.Les deux bandits contemplent les hauts murs et \u2014 Là, nous n\u2019entrerons jamais, dit la lourde grille de fer.Barbe-Rouge.Fanny fait entendre un rire sifflant.\u2014 Etes-vous des hommes de cœur?dit-elle.\u2014 Allez-vous-en chez vous, si vous n\u2019osez pas.Je puis le faire seule.\u2014 Allons, allons ! dit Barbe-Rouge, irrité.Vous avez la langue bien pendue, mademoiselle Fanny.Mais avec cela vous ne faites rien.En avant ! Montrez-nous le chemin.\u2014 Nous devons passer par ici.\u2014 Quoi ?Ici à la rue ?Ce serait folie.Chacun de nous verra ! répond Barbe-Rouge.\u2014 Il n\u2019y a pas d\u2019autre chemin ! dit Fanny.\u2014 Que diable ! Le parc doit avoir une entrée en arrière.\u2014 Oui, mais elle touche à la rivière.Nous ne pouvons pas passer par là.\u2014 Bah ! Il y a un bateau.Grimper par-dessus ceci serait folie.\u2014 Nous pouvons essayer votre proposition, dit Fanny.Mais nous avons un long chemin à parcourir.Il nous faudra une demi-heure pour retourner au pont voisin.\u2014 Bon.Allons.Vous auriez tout de suite dû nous montrer le bon chemin, répond Barbe-Rouge.Les trois formes disparaissent comme des fantômes.Ils parcourent vivement les rues du faubourg, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils atteignent le pont jeté sur la rivière.Ils doivent passer à la rive opposée qui n\u2019est pas encore bâtie, car, de ce côté, ils ne peuvent longer la rivière.Après une heure, ils se trouvent sur un terrain en friche, vis-à-vis le parc du palais princier, séparé par la rivière.Barbe-Rouge et Rasman longent la rivière, en quête d\u2019un bateau.Fanny, fatiguée de la longue promenade, s\u2019assied au bord et attend patiemment.Barbe-Rouge revient, en jurant et pestant, parce qu\u2019il n\u2019a rien trouvé.\u2014 Si Rasman n\u2019a pas plus de chance, alors toute l\u2019affaire peut aller au diable, pour ma part, grogne-t-il.Il aurait fallu mieux nous préparer.Une barque approche et la voix de Rasman retentit.\u2014 Holà ! Me voilà ! J\u2019ai une barque, mais elle est étanche comme mon éponge.Je crains que le diable ne nous emporte, si nous nous risquons dans le courant.\u2014 D\u2019où tenez-vous ce bateau ?demande Barbe-Rouge, pendant qu\u2019il descend la berge rapide.\u2014 De ce bateau-chaland, là-bas.J\u2019ai coupé la barque et l\u2019ai tirée plus loin, pour ne pas être découvert.Barbe-Rouge entre, suivi de Fanny.La barque semble, en effet, vermoulue et peu imperméable, elle est à demie remplie d\u2019eau.Rasman donne un conseil : \u2014 Nous n\u2019arrivons pas à l\u2019autre bord comme cela, dit-il.Nous sombrerons, au beau milieu de la rivière.Descendons et vidons la carcasse.Ainsi dit, ainsi fait.On tire la barque sur la berge et on la retourne, pour en faire écouler l\u2019eau.Après cela, Rasman cherche dans le terrain en friche toute sorte de matériaux, pour en boucher les fentes et les trous.Puis, l\u2019on se met en route.Les deux hommes se servent avec force et adresse des rames.L\u2019on est maintenant dans le parc du palais princier.Le parc est très étendu, de sorte qu\u2019il leur faut dix minutes pour le traverser.Puis, ils viennent devant une grille basse, qui sépare le parc de la cour.C\u2019est fermé, mais on peut facilement la franchir.Barbe-Rouge jette son bras de géant autour de Fanny et la dépose, comme un enfant, de l\u2019autre côté de la grille.Le palais est plongé dans les plus profondes ténèbres.Aucun rayon de lumière ne traverse les persiennes.Personne ne se montre, aucun chien n\u2019aboie.Tout semble plongé dans le plus profond sommeil.\u2014 Par ici, chuchote Fanny, qui se glisse vers une aile latérale, sur le large fond de l\u2019immense édifice.Là, elle se trouve devant une petite porte et attend que ses compagnons approchent.Barbe-Rouge se met à travailler avec ses outils à la serrure.La serrure ne tarde pas à céder.Doucement, les trois compagons entrent dans la maison.Rasman a allumé une lanterne sourde et inspecte les lieux.Un escalier se trouve devant eux, à côté un large corridor aboutissant sur une porte fermée.L\u2019escalier est fermée par une porte vitrée.Cet obstacle est bientôt enlevé et, sous la conduite de Fanny, les bandits montent sans bruit l\u2019escalier.Arrivés en haut, ils se trouvent dans une sorte de salle des pas perdues.Différentes portes conduisent à autant de corridors.Fanny court vers une de ses portes.Barbe-Rouge doit de nouveau recourir à ses instruments et quelque silencieusement qu\u2019il travaille, il ne parvient pas à éviter le bruit.\u2014\tPrudence ! dit Fanny, en l\u2019avertissant.On est sur ses gardes.\u2014 Bah ! Ces paresseux laquais dorment comme des souches, dit Rasman.Et si quelqu\u2019un d\u2019eux ose intervenir, il rebroussera vite chemin.\u2014\tOui, mais il ameutera en même temps toute la maison, répond Fanny.Mais en avant ! La porte est ouverte, le long cor- güIHK iV\tï v- ¦ m Récemment, les press livraient aux éditioi Granger deux livres < contes spécialement de tinés aux petits de ch' nous.L\u2019auteur en e Lucille Desparois que 1 lecteurs du S AM HE connaissent bien poi avoir lu dans notre m gazine ses nombreux intéressants interview Les deux ouvrages o pour titre : Tante Litcil Raconte et Contes d'e fants.Ces deux livr sont joliment et artist ment illustrés par Th rèse Leconte, une jeui artiste également can dienne-française.Les dev volumes in-80, 24 page illustrés, $0.15 chacu à la Librairie G rang Frères, Limitée, 54 oue rue Notre-Dame, Mor féal.\u2014 La Photograph La Rose.¦HH ridor qui s\u2019étend devant eux est éclairé de lampes électriques.Rasman cache sa lanterne sourde sous son manteau et prend un poignard.\u2014 Qui nous gêne sera rendu muet ! dit Barbe-Rouge, en faisant briller un poignard dans sa main.Fanny court en avant.Ils approchent des appartements habités par Margot où Fanny écoute à toutes les portes pour savoir où entrer.Partout, brille la lumière dans les corridors, mais un silence de mort y règne et on ne voit aucun gardien.Rasman jette des regards avides autour de lui.Il voit une quantité d\u2019objets précieux, qui excite sa convoitise.On pénètre dans une rangée de pièces éclairées.Fanny court en avant et les formes terrifiantes des deux bandits la suivent sur les talons.Tout à coup, tous restent rivés au plancher : ils entendent le pas de quelqu\u2019un qui approche.Comme des fantômes, ils disparaissent derrière les portières et tentures.Les pas passent la pièce.Le silence succède ; rien ne bouge.\u2014 Qui cela peut-il avoir été ?demande Barbe-Rouge à Fanny.\u2014\tSans doute, un domestique qui veille la nuit.\u2014\tCet individu peut gâter nos affaires.Nous devrions le rendre inof-fensif.\u2014\tAh, ne nous arrêtons pas.Il est parti depuis longtemps.Ici, nous sommes au but, dit-elle évasivement.\u2014 Etes-vous certaine que.Margot demeure dans ces appartements ?demande Barbe-Rouge, douteux.Cela a l\u2019air d\u2019un palais vraiment royal.\u2014\tOui, elle doit être ici, car je l\u2019ai vue à la fenêtre.Cela doit être cette pièce.\u2014\tAllons, en avant alors, que diable ! dit Barbe-Rouge, tandis que ses yeux brillent d\u2019une soif ardente de vengeance.Si j\u2019ai Margot en mains, aucun diable ne la sauvera plus.Fanny est allée à une haute porte battante, qui cependant, au tournant du pommeau, ne s\u2019ouvre pas.Il faut donc que Barbe-Rouge intervienne avec ses outils.La porte cède et une grande pièce élégamment garnie est devant eux.Comme des ombres, les bandits y entrent.Il n\u2019y a personne, mais à droite et à gauche il y a des portes.Barbe-Rouge promène des regards avides dans ce magnifique entourage qu\u2019il n\u2019a jamais entrevu.Et sa convoitise s\u2019éveille.\u2014\tQue Diable ! Il y a assez de choses que nous pouvons emporter, grogne-t-il.Ouvrez cette armoire, Rasman.Celui-ci ne se le fait pas dire deux fois.Mais comme la grande armoire antique de chêne est fermée à clef, il faut qu\u2019il use de violence ; il fait sauter la serrure avec un craquement.\u2014\tDe grâce ! s\u2019écrie Fanny.Voulez-vous tout gâter, vous deux?Laissez donc ce tas tranquille.Que voulez-vous en faire ?\u2014 L\u2019or et l\u2019argent ne sont pas choses sans valeur, dit Barbe-Rouge calmement et saisit, avec Rasman, à qui mieux mieux les précieuses cuillères et autres objets.Quand le casier est vidé et le contenu disparu dans les profondes poches des bandits, il continuent avec Fanny.Us entrent dans l\u2019autre appartement.La, il n\u2019y a personne.Quand Fanny veut ouvrir l\u2019autre porte, un bruit sourd se fait entendre.Tous trois restent immobiles, retenant leur haleine.Fanny frappe.\u2014 Qui est là ?dit à l\u2019intérieur une voix de femme.\u2014 C\u2019est Margot! dit Barbe-Rouge.En avant ! Nous sommes au but ! 24 JUIN 1944 27 \u2014 Silence, donc ! dit Fanny.Il faut qu\u2019elle ouvre la porte.Elle frappe et demande d\u2019une voix altérée à être admise.On défait le verrou et la porte s\u2019ouvre.Une forme féminine en robe de nuit blanche est dans la chambre qu\u2019éclaire la pâle lueur d\u2019une lampe.Ce n\u2019est pas Margot, mais sa femme de chambre.A l\u2019aspect de la forme bizarre et terrifiante, la jeune fille recule d\u2019un pas.Un cri lui échappe.Elle se retourne pour fuir.\u2014 Au voleur !.Au secours !.au secours !.Elle se tait soudain, car d\u2019un bond Barbe-Rouge l\u2019a saisie et son poing de fer lui serre la gorge, tandis que la pointe de son poignard frôle son coeur.\u2014 Taisez-vous ou vous êtes un enfant de la mort lui crie-t-il.La fille s\u2019affaisse, saisie d\u2019une transe mortelle et tombe à genoux.Fanny s\u2019approche et fait signe au jeune contrebandier.\u2014 Rendons-la donc muette! dit celui-ci, en levant son poignard pour le coup de grâce.Fanny l\u2019écarte.Barbe-Rouge ne veut pas commettre un meurtre inutile.D\u2019autant plus que la jeune fille est déjà évanouie de peur.\u2014 Où est Margot ?.Parlez ! dit Barbe-Rouge rudement.La jeune fille ne le comprend pas, elle ne peut proférer aucun son.Avec un geste, elle lève les mains : \u2014 Que diable ! Parlez, fille ! dit Barbe-Rouge en menaçant, tandis que ses yeux flamboient de rage.\u2014 Où puis-je trouver Margot?\u2014 Laissez-la ! dit Fanny.Là-dedans Margot doit dormir.N\u2019est-ce pas la chambre de la fiancée du comte ?demande-t-elle d\u2019un ton moqueur.Celle-ci affirme, en silence.Barbe-Rouge la lâche et se lance sur la porte indiquée.Fanny prend vite un linge et bâillonne la camériste et, aidée de Ras-man, elle ligote les pieds et les mains de la malheureuse.Barbe-Rouge trouve la porte de la chambre de Margot fermée à clef.Dans son excitation et impatience, il perd de vue toute prudence.Il saisit le pommeau et le secoue violemment, de sorte que la porte craque sur ses gonds.Mais elle résiste.A l\u2019intérieur tout s\u2019anime.Margot s\u2019est réveillée.Elle avait entendu le cri de sa femme de chambre, mais elle croyait rêver.Elle entend, dans la pièce d\u2019à côté, son terrible ennemi rager.D\u2019un bond, elle saute en bas du lit.Elle tremble de tous ses membres, reste un moment comme paralysée d\u2019effroi s\u2019exprime par un cri pénétrant jusqu\u2019à la moelle des os et résonnant à travers tout le palais.Un formidable juron est la réponse de Barbe-Rouge.Il se jette contre la porte avec force.Le fort bois de chêne craque et avec fracas le battant s\u2019ouvre.Un cri de triomphe et Barbe-Rouge se lance dans l\u2019appartement.Mais il reste interdit.Margot n\u2019y est pas.Elle a disparu.Il y a une porte par où elle est sortie.Furieux, Barbe-Rouge se lance contre ce nouvel obstacle.Dans cette chambre, Margot est prisonnière, car il n\u2019y a pas d\u2019issue.Elle entend son terrible ennemi se démener et l\u2019effroi la saisit.Avec un cri strident, elle appelle au secours.La maison s\u2019anime.Ses cris de détresse sont entendus.La cloche d\u2019alarme se fait entendre.Avant que le secours n\u2019arrive, Margot sera perdue, car Barbe-Rouge travaille avec efforts à ouvrir la porte, qui ne résistera pas longtemps.CCXIV \u2014 Sur la bonne piste Une demi-heure après que Alfred eût quitté le château, Kurt arrive avec ses compagnons.Le gendarme précède et frappe, à coups redoublés, du manche de son épée, contre la porte fermée.Kurt et l\u2019agent secret descendent de voiture et lèvent les yeux vers les fenêtres éclairées de la tour.Le vieux régisseur est allé dans sa chambre et il entend les coups violents.Il ouvre la fenêtre et voit une voiture et trois hôtes étrangers.\u2014 Ouvrez ! crie Kurt, d\u2019un ton de commande, à la vue du vieillard.\u2014 Qui êtes-vous et que voulez-vous ?dit-il d\u2019une voix rude.\u2014 C\u2019est ce que vous saurez, quand vous aurez ouvert la porte ! répond Kurt du même ton.Nous cherchons une dame, gardée prisonnière ici, ajoute-t-il, comme explication.Le vieillard pousse un cri de surprise.\u2014 Je viens de suite! répond-il.Un moment de patience.Il disparaît et la fenêtre est fermée.Impatient, Kurt reste devant la porte.Les chaînes résonnent à l\u2019intérieur et avec un grincement le lourd battant de la porte s\u2019ouvre.Une lanterne à la main, le vieux Berthold se trouve devant les trois hommes.Kurt s\u2019avance vivement vers lui et dit : \u2014 Vous êtes l\u2019intendant, n\u2019est-ce pas ?.Bon ! Alors je sais que vous êtes l'ami de ma femme.C\u2019est la prisonnière que je cherche.Le vieillard est si surpris qu\u2019il ne peut répondre aussitôt.\u2014 Où puis-je trouver ma femme ?continue Kurt, excité, qui se précipite dans la cour.Ses compagnons le suivent.Le vieil intendant se remet et marche en arrière d\u2019eux.\u2014 Monsieur ! crie-t-il, hors d\u2019haleine, à Kurt, qui se trouve déjà dans la halle.Vous venez trop tard.Votre femme n\u2019est plus ici ! Vivement surpris, Kurt se retourne.\u2014 Plus ici ?Où donc est-elle ?Est-ce que le vaurien l\u2019a emmenée ?\u2014 Non ! non ! Ecoutez-moi, monsieur ! balbutie le vieillard.Je vous raconterai tout \u2014 Dites-moi où je puis trouver ma femme ?Est-elle en danger, au pouvoir de son ennemi ou non ?interrompt Kurt avec impatience.\u2014 Non, votre femme est en sûreté ! \u2014 Et où est-elle ?\u2014 Mon jeune ami Henri l\u2019a conduite en voiture au village.\u2014 Ah ! Pourquoi n\u2019est-elle pas restée ici ?\u2014 Elle ne voulait pas ! Elle voulait au plus vite aller chez son frère, le comte de Rothenburg ! \u2014 Quand a-t-elle quitté le château ?\u2014 Oh, il y a environ une heure et demie ou deux heures.\u2014 Bon ! Je trouverai donc ma femme, au village, dit Kurt, en soupirant.Il se retourne pour partir avec ses compagnons.__Monsieur ! lui dit, en le retenant, le vieux Berthold.Vous ne savez pas encore tout.Je vous en prie : écoutez-moi.Peut-être réussirez-vous à prendre le coquin, qui tenait emprisonné votre femme.Kurt s\u2019arrête et demande vivement : __Le misérable était donc ici ?__Oui, il est arrivé environ une heure avant vous.Je l\u2019avais quitté avec mon ami, mais nous ne parvînmes pas à le prendre.Il avait découvert le refuge de votre femme et l\u2019a forcée d\u2019écrire une lettre à son frère.Monsieur le comte devait lui envoyer de l\u2019argent et, alors, il rendrait la liberté à votre femme ! __Quoi ?Et ma femme a écrit cette lettre ?\u2014\tOui ! Et avec cette lettre le coquin est probablement allé en ville pour l\u2019expédier.Pendant ce temps, nous trouvâmes votre femme et mon ami est parti avec elle au village ! \u2014\tAh ! Et après cela le coquin est revenu ?\u2014\tOui ! Et il espérait trouver sa captive, mais je l\u2019ai reçu avec le fusil à la main et je regrette de ne l\u2019avoir pas terrassé ! Le vieillard raconte en détail comment tout s\u2019est passé.Kurt, touché, le remercie pour ce qu\u2019il a fait pour Liane et demande ensuite : \u2014 Où serait allé le misérable assassin ?\u2014 Il est allé du côté du village ! répond le vieil intendant.Kurt devient inquiet.Le même chemin qu\u2019a pris Liane.\u2014 Pourvu que le coquin ne l\u2019ait pas rejointe, se dit-il, douteux.\u2014 Oh ! ce n\u2019est presque pas possible, monsieur, dit en le tranquillisant le vieux Berthold.La voiture avait une trop grande avance.\u2014 Quoi qu\u2019il en soit, nous partirons aussitôt ! s\u2019écrie Kurt, excité.Peut-être pourrons-nous rattraper le malfaiteur.On dételle les chevaux de la voiture et abandonne cette dernière.L\u2019intendant cherche deux selles de la remise et les met sur les chevaux et bientôt Kurt, l\u2019agent secret et le gendarme s\u2019en vont au galop, tandis que le cocher reste chez l\u2019intendant.Quand les trois cavaliers atteignent la forêt, il fait grand jour.Ils avancent vite et arrivent à l\u2019endroit où Alfred surprit Liane et Henri.A un tournant du chemin, Kurt aperçoit au loin la voiture vide.Il pique des deux et atteint bientôt le lieu du sinistre où son regard tombe sur le corps ensanglanté du malheureux cocher Henri.Une épouvante terrible s\u2019empare de Kurt.Où est Liane ?En vain, il regarde autour de lui.Qu\u2019est-il arrivé ?Qui a tué le cocher ?D\u2019un bond, Kurt est à côté du malheureux.Ses compagnons approchent et voient avec effroi les traces de la lutte et le blessé.\t% Pendant que Kurt et l\u2019agent secret s\u2019occupent de ce dernier et tâchent de le ranimer à la vie, le gendarme pénètre plus avant dans la forêt pour chercher Liane et le malfaiteur inconnu.\u2014 Je crains, monsieur le baron, fait observer l\u2019agent secret, que c\u2019est l\u2019assassin Wenzel qui a surpris la voiture ici.Kurt affirme gravement.Il est du même avis.\u2014 Fasse Dieu que ma pauvre épouse ait échappé au misérable, soupire-t-il, inquiet.Grâce aux soins de l\u2019agent, le cocher se ranime enfin.Kurt se penche sur lui, se fait connaître et lui demande : \u2014Où est ma femme ?Le blessé tâche de se relever, mais il n\u2019y réussit pas.En gémissant, il retombe en arrière et ses regards effarés se promènent tout autour.Kurt répète sa question.\u2014 Je ne sais pas, balbutie Henri d\u2019une voix faible.\u2014 Qui vous a attaqué ?Etait-ce l\u2019assassin Wenzel ?\u2014 Oui ! dit le blessé, tandis qu\u2019une expression furieuse couvre ses traits livides.Il fit feu sur moi.je ne le vis pas tout d\u2019abord.\u2014Et qu\u2019arriva-t-il ensuite ?Ne le savez-vous pas ?\u2014 Non ! Le blessé ferme les yeux et perd connaissance.k Une Sauce Epaisse faite d'après la recette anglaise \u2014 Donne du piquant à tous les plats de viande et de poisson.\t19F (B THICK K SAUCE PAR CROSSE s BLACKWELL THICK SAUCE nnui ?\u2022 \u2022 VOICI LA CLEF DE VOTRE PROBLEME .Un abonnement à nos trois magazines OFFRE SPECIALE : $ r pour J un an Canada seulement COUPON D'ABONNEMENT LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM Ci-joint $5 (Canada seulement) pour un abonnement d\u2019un an aux Trois grands magazines : Nom Adresse .Localité .Province .POIRIER.BESSETTE & CIE.Limité* 975, rue de Bullion, Montréal.P.Q. 23 LE SAMEDI Etes-vous déprimée?Nerveuse?Sons énergie?Délaissée?La vie n'a-t-el!e pour vous que des désagréments?Souffrez-vous de maigreur?De vertiges?De migraines ?et votre teint a-t-il perdu sa fraîcheur?C'est alors que vous avez le sang trop lourd, chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifié cause de pénibles désordres dans votre organisme.Faites alors votre cure de désintoxication naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux TRAITEMENT Sano \"A\" élimineront tous ces poisons.De jour en jour vos chairs se développeront et redeviendront fermes, votre teint s'éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cinq sous pour échantillon de notre merveilleux produit SANO « A ».Correspondance strictement confidentielle.Mme CLAIRE LUCE LES PRODUITS SANO ENRG.Case Postale 2134, (Place d'Armes), Montréal, P.Q Ecrivez lisiblement ci-dessus.Nom - Adresse .\u2014- Ville - Prov.\u2014 Il meurt, dit Kurt, plein de pitié.Le malheureux, il s\u2019est sacrifié pour vous, ma pauvre Liane, murmure-t-il.Mais Dieu sait si sa mort est importante pour vous.\u2014 Nous devons le porter au village, monsieur le baron, dit l\u2019agent secret, peut-être y a-t-il encore remède.Le gendarme revient à ce moment.Il n\u2019a découvert aucune trace de Liane ni de Alfred.\u2014 Allez au village chercher du secours, ordonne Kurt.Nous continuerons nos recherches.Sans hésiter, le gendarme s\u2019en va au galop.Kurt fait des recherches sur les lieux du sinistre et remarque, au bout du chemin, des traces de sabots de cheval, qui se perdent dans la forêt.Ils ne peuvent évidemment se douter que le cheval d\u2019Alfred s\u2019est emballé, mais le cheval qui manque à la voiture leur fait penser qu\u2019Alfred a pris cet animal.\u2014 Il a transporté ma femme sur ce cheval, dit Kurt.Et comme il avait lui-même aussi un cheval il a franchi une grande distance.-\u2014 Mais nous avons une trace, répond l\u2019agent de police.Et je suis convaincu que c\u2019est la bonne piste.Nous devons la suivre.\u2014 C\u2019est ce que je ferai.Vous devez rester près du blessé, jusqu\u2019à ce que les gens du village arrivent.Alors, vous me suivrez avec le gendarme.Et, sans attendre de réponse, Kurt saute en selle et entre dans la forêt.Il suit les traces visibles des sabots.De plus en plus, il s\u2019enfonce dans la fourrée, il doit ralentir son allure, car les arbres sont de plus en plus serrés.Trouvera-t-il Liane ?Il l\u2019espère, plein de confiance.Après une longue marche, il arrête son cheval au bord d\u2019une profonde caverne.Il avait souvent perdu la piste, mais l\u2019avait chaque fois retrouvée.H jette un regard dans l\u2019enclavement d'où sortent serrés de hauts sapins et où se fait entendre le bruissement de l\u2019eau.\u2014 Où se dirigera-t-il ?En bas, ou à droite ou à gauche.Son cheval est fatigué et ne peut plus le porter.Kurt prend une décision.Il descend de sa monture, l\u2019attache à un arbre et cherche un endroit où la pente est moins rapide et il descend prudemment.En bas règne un crépuscule, les rayons du soleil ne pénètrent pas à travers les branches serrées des arbres jusque sur le sol.Le taillis est impénétrable, ce n\u2019est qu\u2019à grande peine que Kurt se fraye un chemin.Il lui paraît impossible qu\u2019Alfred soit descendu ici avec Liane.Pourtant, il veut examiner le gouffre.Il faut qu\u2019il retrouve la trace perdue.En traversant l\u2019épaisse fourrée, il arrive à l\u2019eau dont il entendit le clapotement en haut.C\u2019est un étroit ruisseau, qui se fraye un chemin en mille cascades par la solitude agreste et rocailleuse.Kurt est sur la berge et ne voit pas que, de l\u2019autre côté, très haut, un homme le regarde.C\u2019est Alfred, qui est blotti entre le taillis et qui épie celui qui ne se doute de rien.Il a reconnu Kurt et sa figure exprime une haine féroce.D\u2019un rire moqueur, il contemple l\u2019ennemi qui est plus près qu\u2019il ne l\u2019avait supposé.Là-haut dans la fourrée, il a cherché un lieu de repos avec Liane et cache sa prisonnière dans un trou.Il allait descendre dans le fond, quand il vit tout à coup Kurt sur l\u2019autre berge.La peur le prend.Il songe que Kurt retrouvera Liane, dès qu\u2019il se dirigera de ce côté de l\u2019abîme.Avec une décision désespérée, Alfred sort le pistolet qu\u2019il a enleve à Liane et le dirige sur le gentilhomme, près du ruisseau.Il veut faire feu, lorsqu\u2019un bruit soudain l\u2019effraie.Là-bas, de l\u2019autre côte de l\u2019abîme, apparaissent deux cavaliers \u2014 le gendarme et l\u2019agent secret.Ils ont suivi la trace de Kurt et par leur apparition ils sauvent la vie de Kurt.Alfred ne risque plus de commettre son attentat.Il se cache vivement derrière les buissons.Les deux hommes ne l\u2019ont pas encore remarqué.Ils voient le cheval de Kurt et l\u2019appellent.Kurt leur répond et en même temps l\u2019agent secret descend.\u2014 Examinons à fond cet abîme ! s\u2019écrie Kurt.J\u2019espère que nous sommes sur la bonne piste.Pendant que le gendarme reste près du cheval, les autres parcourent l\u2019abîme, de tous côtés.En vain, ils ne découvrent rien.L\u2019abîme semble s\u2019étendre très loin de tous côtés.Pour arriver de l\u2019autre côté, il leur faut faire un grand détour.Kurt décide d\u2019aller à gauche avec l'agent secret, tandis que le gendarme ira à droite.De l\u2019autre côté, on se rencontrera.Alfred observe de son gîte les mouvements de ses ennemis.Il voit qu\u2019ils vont des deux côtés et devine leur projet.Un juron furieux lui échappe.Que doit-il faire maintenant ?Doit-il fuir et abandonner Liane ?Jamais ! S\u2019il ne peut la traîner avec lui, elle ne sera pourtant pas trouvée vivante par Kurt.Il se retire prudemment et court vers le trou, dont l\u2019entrée est cachée sous de sombres rochers surplombants.Ici, broute son cheval dans l\u2019herbe maigre.Il conduit l\u2019animal sous les rochers et entre dans le trou, qui s\u2019étend profondément dans la montagne.Par de nombreuses fentes entre les rochers, il pénètre à l\u2019intérieur, mais le fond est plongé dans les ténèbres.Là, sur une couche d\u2019herbe et de mousse, mains et pieds liés, est étendue Liane.Quand Alfred approche, elle se remue et gémit d\u2019une voix faible : \u2014 Apportez-vous quelque chose à boire ?\u2014 Non, je ne puis trouver de l\u2019eau! répond-il rudement et sans pitié.Nous irons plus loin.Ici nous ne pouvons rester.\u2014 Je ne puis aller plus loin, dit Liane.\u2014 Non-sens.Vous pourrez bien vous tenir sur le cheval, grogne-t-il, en détachant ses liens.\u2014 Levez-vous ! Vite ! Il n\u2019y a pas de temps à perdre ! \u2014 Oh, coquin ! Pourquoi est-ce si pi essé maintenant ?s\u2019écrie Liane, pleine de méfiance.Mais je ne vous suivrai pas.\u2014 Que diable ! jure-t-il, en la saisissant rudement par le bras.Il le faut.Préfèrez-vous périr misérablement ici ?\u2014 Plutôt mourir ici que d\u2019être traînée par vous ! Allez et abandonnez-moi à mon sort.Alfred pousse un rire rauque et ironique.\u2014 Non ! dit-il, en grinçant des dents.Vous ne vous délivrerez plus de mon pouvoir.Vivante, jamais ! Et maintenant : en avant ! \u2014 Je ne veux pas ! s\u2019écrie Liane, bien décidée, qui le repousse de toute sa force.Il me semble que le salut est proche maintenant que vous voulez à tout prix vous éloigner d\u2019ici ! Le misérable voit son projet déjoué et sa résistance redouble sa fureur.En jurant et en menaçant, il tâche de traîner Liane avec lui.\u2014 Non, le salut n\u2019est pas proche, mais le danger et la mort vous me- nacent, dit-il, en se moquant d\u2019elle.Les valets de bourreau d\u2019Olga ont trouvé votre trace.Ils viennent ici.Mais ce mensonge manque son effet.Liane sursaute, avec un cri de joie.\u2014\tOh ! ce ne sont pas mes ennemis, ce sont mes sauveteurs qui approchent ! s\u2019écrie-t-elle.Misérable! Voilà pourquoi vous voulez m\u2019entraîner.Mais Dieu soit loué, maintenant, je serai délivrée de vos mains d\u2019assassin ! \u2014\tNous n\u2019y sommes pas encore ! siffle Alfred, furieux.Voulez-vous me suivre ou non ?\u2014\tPas un pas de plus.\u2014\tAlors, vous êtes perdue ! Liane le pousse de côté et court à la sortie du trou.Mais Alfred est sur ses trousses, il la saisit et, après une courte lutte, Liane tombe à genoux.\u2014\tFourbe ! crie-t-elle.Endiablé coquin ! Lâchez-moi ! \u2014\tNon ! Avant qu\u2019ils vous trouvent, vous mourrez par ma main ! En vain, Liane exerce tous ses efforts, mais elle ne parvient pas à se dégager.Elle entend les voix de ceux qui la cherchent.Elle ouvre la bouche pour crier au secours, mais Alfred ferme sa bouche de sa main et sa voix s\u2019étouffe.\u2014 Silence ! siffle-t-il, et Liane sent le froid canon du pistolet sur sa tempe.Encore un cri et c\u2019est fini de vous ! Ceux qui cherchent approchent.En-Iveront-ils dans le trou ?Liane écoute avec une tension inquiète et une épouvante fébrile.Elle ne sait pas que c\u2019est Kurt, son mari, qui la cherche, elle ne sait pas qu\u2019il vit.Elle ne peut proférer aucun son, ni appeler ses sauveteurs, car Alfred tient sa bouche fermée.\u2014 N\u2019espérez pas de secours ! lui dit-il à l\u2019oreille.Au moment où vos amis entrent, ma balle vous terrasse.Comme cadavre, ils vous trouveront.Il est bien décidé à exécuter cette menace.Ce sera sa dernière victoire de voir Kurt affaissé de douleur, auprès du cadavre de Liane.Et avant qu\u2019on le saisisse, lui, une balle terminera sa vie.Il préfère mourir de sa propre main que de terminer sa vie par la main du bourreau.Ceux qui cherchent sont tout près de l\u2019entrée de la caverne.La voix de Kurt résonne claire et distincte jusqu\u2019à eux.Liane, en entendant cette voix qui lui est si connue croit rêver.Elle lutte de toute sa force contre celui qui la torture.\u2014 Kurt !.souffle-t-elle.Dieu tout-puissant .c\u2019est Kurt, mon mari ! \u2014 Oui, c\u2019est lui ! dit-il, plein d\u2019ironie diabolique à son oreille.Il est là et vous cherche.Mais vous ne le verrez plus jamais.Il ne vous serrera plus jamais sur son cœur.J\u2019ai votre vie en main et la sienne aussi.Et maintenant, écoutez : si vous ne jetez qu\u2019un cri et appelez votre mari, alors au moment où il entrera ici, ma balle l\u2019étendra à vos pieds.Et vous .vous finirez votre vie, peu après ! Une épouvante glaciale saisit Liane à cette menace diabolique et fait coaguler le sang dans ses veines.L\u2019anxiété folle, la terrible tension lui font presque perdre connaissance.Elle tremble pour la vie de son mari et, pourtant, elle le désire, près d\u2019elle, pour la sauver.CCXV \u2014 Une nouvelle conquête près un voyage ininterrompu de douze heures, Olga arrive avec son complice, le lendemain de sa fuite, dans un magnifique port, situé au bord de la mer.Ils quittent, non sans peur, le train, car le télégraphe les aura sans doute précédés et aura déjà annoncé leur arrivée ici. 24 JUIN 1944 29 En chaque agent de police qu\u2019ils voient, ils craignent un limier qui les recherche.Mais ils ne sont pas accostés.Personne n\u2019a d\u2019yeux pour eux et ainsi ils arrivent sans encombre à l\u2019hôtel qu\u2019ils ont choisi pour leur séjour, en cette ville.Ils s\u2019y présentent comme un jeune couple et sont reçus comme des richards, avec tout le respect dû à leur opulence.Olga commence à se sentir en sûreté.\u2014 Je crois que nous pourrons rester ici sans inquiétude, dit-elle, quand tous deux, du haut de la terrasse de leurs appartements regardent le fourmillement de monde dans les rues.Nous n\u2019avons plus rien à craindre.Le détective a perdu nos traces.\u2014 Qui sait ?Il pourrait les retrouver, répond von Fohren gravement.Il ne faudrait pas nous arrêter plus longtemps que nécessaire ici.\u2014 Où devrions-nous fuir, alors ?\u2014 En tous cas, le plus loin possible ! \u2014 Ah ! Je n\u2019ai plus peur, maintenant.Dût le détective nous découvrir ici, cher Bruno, nous trouverions facilement quelqu\u2019un qui nous délivrera de ce redoutable ennemi.Fohren secoue la tête d\u2019un air sombre.Il se tait et regarde dans la rue.\u2014 Nous devons aller en Amérique! dit-il aprèc un petit intervalle.Nous y serions parfaitement sûrs.\u2014 En Amérique ! Olga secoue décidément la tête.Non, si loin que cela, je ne veux pas ! \u2014 Mais pourquoi pas ?\u2014 Parce que je ne veux pas renoncer à ma vengeance, répond-elle durement.\u2014 Pour l\u2019amour de Dieu, ne pense pas à la vengeance! s\u2019écrie von Fohren, saisi.Nous devons être contents d\u2019en être quittes à si bon marché.\u2014 Moi, je ne suis pas de cet avis.Je veux me venger sur ceux qui m\u2019ont offensée, qui ont entravé mes projets et m\u2019ont persécutée, siffle Olga, tandis que ses yeux flamboient de rage et de haine.Oui, le comte et le gentilhomme payeront leur hostilité par leur vie.Von Fohren regarde la démoniaque avec une expression d\u2019épouvante et d\u2019étonnement.Il ne comprend pas comment Olga peut avoir de telles pensées, dans la situation actuelle.\u2014 Et je l\u2019attendrai, continue-t-elle, furieuse.Si j\u2019ai satisfait à ma vengeance, alors arrive que pourra, dussé-je tomber moi-même.Cela m\u2019est égal.Mais je ne puis vivre avec la pensée que mes ennemis triomphent sur moi.\u2014 Il faut que tu sois en démence.Tu as la fièvre ! dit le baron, saisi.Sois donc raisonnable.Tu te perds, en voulant exécuter de tels projets.\u2014 Ah ! Laisse-là tes avertissements, interrompt-elle impatiemment.Tu n\u2019as pas de courage.Tu n\u2019as pas d\u2019énergie.Ce serait allé tout autrement, si toi.\u2014 mais n\u2019en parlons plus, dit-elle évasivement.Ce qui est fait est fait.Fohren est fort offensé de son reproche.Il se lève vivement.\u2014 Je ne comprends pas ce que tu ' eux, dit-il amèrement.N\u2019ai-je pas tout fait pour toi, ce qui était en mon pouvoir.Que désires-tu encore de moi ?\u2014 Rien! répond-elle froidement.Rien, mon ami ! Il ne faut pas mal interpréter mes paroles.Mais cela m\u2019est si pénible et me porte au désespoir de savoir que tous nos projets sont ainsi tombés en ruine.\u2014 Ce n\u2019était pas ma faute ! \u2014 Mon Dieu, non ! J\u2019y consens ! s\u2019écrie-t-elle impatiemment.Mais il ne faut pas non plus tâcher de me détourner, quand je ne veux pas tout considérer comme perdu.\u2014 Si fait.Tout est pourtant perdu.A cela, il n\u2019y a plus rien à changer.\u2014 Allons, bon.Ne nous querellons pas.J\u2019atteindrai bien sans toi ce que je veux, déclare Olga rudement.\u2014 Mais, chère Olga, supplie von Fohren, presque désespéré, écoute donc la.voix de ton bon sens.Tu es impuissante.Tu ne peux rien entreprendre contre nos ennemis.\u2014 J\u2019espère que si ! \u2014 Et de quelle manière ?\u2014 Je n\u2019en sais rien encore.Je ne compte que sur mes fidèles alliés, qui se seront sauvés aussi.\u2014 Sur ton beau-frère Alfred ?\u2014 Et sur Fanny.Ces deux-là m\u2019aideront à exécuter le projet de ma \\ engeance, car sur toi je ne peux malheureusement plus compter.\u2014 Ces deux peuvent être emprisonnés.\u2014 Bah ! J'en doute.En tout cas, je ferai mon possible d\u2019avoir la certitude là-dessus.Fohren s\u2019évertue vainement à détourner Olga de son projet.Enfin, il cesse en disant irrité : \u2014 Sous de tels auspices, notre avenir ne sera pas des plus favorables.Je t\u2019en prie, chère Olga, de penser à cela.Qu\u2019arrivera-t-il de cela ?Quand nous marions-nous, enfin ?Elle rit d\u2019un rire ironique.¦\u2014Nous marier?.Mon Dieu, es-tu si pressé ?\u2014 Certainement ! Je crois que nos relations actuelles doivent t\u2019être pénibles.\u2014 Comment cela ?Je passe déjà pour ton épouse.\u2014 Oui, mais on ne peut jamais savoir, si par l\u2019une ou l\u2019autre cause la vérité ne se fasse jour et cela pourrait avoir pour nous deux de graves conséquences.\u2014 Eh bien, oui, tu as raison, dit-elle avec indifférence.Concluons notre mariage aussi vite que possible.Cela ne présentera pas de difficultés dans ce pays.\u2014 Mais non ! Chaque ecclésiastique concluera sans difficulté notre union.\u2014 Bon.Fais donc les préparatifs nécessaires à cet effet, cher Bruno ! dit en riant Olga.J\u2019y consens.Fohren serra la belle femme sur sa poitrine et l\u2019embrassa tendrement.\u2014 Enfin, tu seras la mienne, dit-il passionnément.Je me dépêcherai à mettre tout en ordre.Quand, après quelque temps, il quitte l\u2019hôtel, Olga le regarde avec un rire ironique.\u2014 Oui, tu seras mon mari.c\u2019est mieux aussi ! murmure-t-elle.Mais, malheureux fou, tu ne te réjouiras pas longtemps de ton bonheur ! Elle pense au marquis de Milano.Oui, celui-ci est un tout autre homme que von Fohren.Il faut qu\u2019elle tâche de se l\u2019enchaîner.Mais comment ?Le marquis ne se doute pas où elle se trouve.Comment peut-elle le lui faire savoir ?Elle ne peut risquer de lui écrire, car cela pourra mener à leur découverte.Et pourtant, d\u2019une manière ou de l\u2019autre, il faut qu\u2019elle donne signe de vie, si du moins elle désire qu\u2019il vienne.En vain, elle songe à un moyen.Enfin, une heureuse idée lui vient.Elle appelle le garçon par une pression sur la sonnette.Celui-ci, jeune homme à la figure rusée et aux yeux noirs et brillants de vrai Italien, demande soumis ses désirs.\u2014 Connaissez-vous quelqu\u2019un qui puisse se charger d\u2019un mission pour laquelle il faut de l\u2019intelligence et de l\u2019adresse ?demande Olga.Le garçon rit d\u2019un air prometteur.\u2014 La signora n\u2019a qu\u2019à dire ce que le désigné doit faire.\u2014 Vous connaissez donc une personne capable ?Le garçon s\u2019incline avec un rire significatif.\u2014 La signora n\u2019a qu\u2019à disposer de moi.\u2014 Ah ! voulez-vous vous charger vous-même de la mission ?C\u2019est bien ! Vous me semblez bien propre à la chose.Mais il s\u2019agit d\u2019un service de messager, exigeant un voyage d\u2019au moins un jour entier.\u2014 Cela ne fait rien, signora! Je puis facilement obtenir un plus long congé.\u2014 Bon.Il faut alors aller à Milan et y chercher le marquis de Milano.Pourriez-vous le trouver, sans vous informer de lui d\u2019une façon ostensible ?\u2014 Certainement, signora.Je n\u2019ai besoin de rien demander à personne, car sa demeure m\u2019est connue.Il n\u2019y a que peu de temps que je suis arrivé de Milan.\u2014 Tant mieux.Il faut remettre une lettre au marquis et attendre une réponse.Personne, songez-y bien, ne doit rien en soupçonner.Il ne faut rien dire à personne de ce secret.Le jeune Italien pose la main sur son cœur : Par Dieu, je serai muet comme la tombe ! \u2014 Si vous exécutez mon ordre à ma satisfaction, je vous récompenserai largement.Voici : Vous aurez cette bourse pleine de pièces d\u2019or, si vous revenez avec la réponse du marquis.Les yeux de l\u2019Italien brûlent de convoitise, quand Olga ouvre devant lui la lourde bourse.Elle en prend quelques pièces d\u2019or et les laisse tomber dans sa main.\u2014 Prenez cela pour le voyage ! Demain matin, vous pourrez aller chercher la lettre.Le garçon disparaît, le visage rayonnant.Il croit qu\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019une simple histoire d\u2019amour, et comme il considère von Fohren comme le mari d\u2019Olga, il comprend que cette circonstance doit rester secrète.Si le marquis répond à son appel \u2014 ce dont Olga ne doute pas \u2014 alors le mariage avec von Fohren n\u2019aura pas besoin d\u2019avoir lieu.Alors, elle s\u2019enchaînera le marquis, qui est au moins tout aussi riche que von Fohren.Quand, le lendemain, le messager retourne avec la mission que le marquis est allé en voyage et que personne ne sait la direction, Olga est fort décontenancée.Maintenant, elle doit retenir son ancien amoureux, car qui sait si jamais elle rencontrera le marquis.Von Fohren se dépêche à arranger les préparatifs de leur mariage, car il ne peut attendre le temps où il pourra l\u2019appeler pour toujours la sienne.Quelques jours plus tard, a lieu, en toute simplicité, l\u2019union nuptiale du singulier couple.Le mariage a lieu dans une petite chapelle, en présence de quelques témoins.Après quoi, le jeune couple retourne a leur hôtel, où les malles sont déjà emballées.Sans s\u2019arrêter, ils vont à la gare pour partir de là par express au midi de l\u2019Italie.Pour effacer toute trace, ils changent souvent de voiture en route, et arrivent, après un détour de trois jours, à Milan, où ils avaient tout d\u2019abord été découverts par Ritter.Ceci est le désir d\u2019Olga.Ils excluent toute idée que Ritter pourra encore les chercher à Milan.Ils peuvent se sentir en parfaite sûreté, puisque le baron von Steinthal n\u2019est plus ici, non plus.Von Fohren jouit voluptueusement des semaines de leur lune de miel, il aurait préféré se cacher avec sa belle femme, au coin le plus reculé de la terre, mais cela n\u2019entre pas dans les idées d\u2019Olga.Nulle part elle ne trouve du repos.Dans son cœur, sévit la soif de la vengeance et de la réparation.Elle espère rencontrer le marquis, qui retournera sans doute vers son lieu natal.Crème Désodorisante Enraye la Transpiration N\u2019irrite pas la peau ni n\u2019abîme les vêtements.RAPIDEMENT _______ [Agit en 30 secondes.Vous l\u2019appliquez, essuyez le superflu et vous EFFECTIVEMENT [ Enraye la transpiration et l\u2019odeur.DURABLEMENT _____________ iGarde les aisselles sèches et inodores AGRÉABLEMENT agréable que votre crème préférée pour la figure \u2014 odorante, elle ne tache pas.QDÛ-RQ-DO confient\t1 e plus- P°or 1 d'autres bien connus ^ \"e sèche P°s' Ce 9ra°a K , .prisais» i 39Ç( que désodorisants .\t__ et \\e c_onÜ l utilisable P «A OEOOft ta* ONGUENT DU DR.CHASE Après le Bain Pour ECHAUFFAISON, IRRITATIONS do la PEAU et \u2019¦ ECZÉMA DU BÉBÉ nLUmc dUULHütt iPas pre8slon sur les hanches ou Vfuwl ?lor?ale- A,en Qu\u2019un coussinet Flexo.totalenient des autres.Recommandé par médecins, mécaniciens, commis de partout.Très léger PEU COUTEUX.GARANTI.Demandez renseignements et offre d'essaL 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d'Armes.Montréal.P.Ç.Ci-inclus 5c pour échantillon du Traitement Myrrlam Dubreuil avec brochure.Nom \u2014- Adresse- Ville ______________________Prov.- COUPON D'ABONNEMENT LE SAMEDI (Canada seulement) 1 an .é mois .IMPORTANT \u2014 Indiquez d'une croix s'agit d\u2019un renouvellement.$3.50 $2.00 ( ) s'il Nom .Adresse .Ville .Province .POIRIER.BESSETTE & CIE.Ltée.975, rue de Bullion,\tMontréal.P.Q.Ce qui se passe dans son pays natal lui est communiqué par les journaux.Elle sait donc que Fanny et Alfred sont encore en liberté et elle n\u2019attend qu\u2019une occasion propice, pour se mettre de nouveau en relation avec ses complices.Le marquis possède un magnifique palais dans le quartier principal de la ville et Olga prend des informations à son sujet, auprès du maître d\u2019hôtel.Elle apprend que le marquis est dans une petite station balnéaire, dans les montagnes.Sa décision est aussitôt prise et elle persuade von Fohren d\u2019aller visiter cette petite ville de bains.Le voyage se fait sans encombre, le dernier trajet s\u2019effectue en chaise de poste.Le lendemain de leur arrivée, le couple von Fohren prend part à une exclusion organisée par une grande compagnie des environs de la délicieuse contrée.Olga espère rencontrer, à cette occasion, le marquis.Au lieu de réunion, les mulets et les guides sont prêts.Quand Olga y arrive avec son mari, elle excite par sa beauté éblouissante l\u2019admiration générale.Un monsieur sort de la foule, s\u2019avance au-devant d\u2019elle et à sa grande joie, elle reconnaît le marquis de Milano.Von Fohren s\u2019occupe des mules qui leur sont destinées et ne fait pas attention à l\u2019Italien qu\u2019Olga reçoit de son sourire le plus aimable.\u2014 Oh, madame, quel heureux hasard vous amène ici ?s\u2019écrie le marquis, enchanté.Ses yeux noirs brillent d\u2019un feu ardent.Il baise passionnément la main d\u2019Olga et chuchote : \u2014 Ah, que je me réjouis de vous revoir ! Je vous ai cherchée si longtemps.\u2014 Vraiment ?dit Olga avec un sourire coquet.Vous ne m\u2019aviez donc pas oubliée ?\u2014 Oubliée ?Comment serait-ce possible ?dit ardemment l\u2019Italien.Votre image remplit mon cœur.Je fus inconsolable quand j\u2019appris votre soudain départ.\u2014 Je voulus éviter un scandale causé par votre ami.\u2014 Le baron von Steinthal n\u2019est plus mon ami, car il vous a offensée, madame ! déclare le marquis.Il a refusé de rétracter ses accusations et je l\u2019ai appelé calomniateur.Je l\u2019ai perdu de vue maintenant, mais si je le rencontre, je lui demanderai satisfaction.UN HOMME.[ Suite de n\u2019eût été plus heureuse .plus tendre .plus affectionnée .plus soumise .Mais le ciel n\u2019a pas .« Tais-toi », ma chérie, fit alors le vieillard sur un ton si tendre que la petite crut soudain défaillir.Et puis, ne venait-elle point de s\u2019entendre tutoyer ?de s\u2019entendre tutoyer par cet homme, et pour la première fois ?\u2014 Quel est ton nom ?continuait-il.Et comme, toute bégayante, elle disait :\t« Gaëtane.», le vieillard, la lèvre tremblante, avoue enfin toute la vérité : \u2014 Et moi Gaëtan, mon adorée, Gaëtan de Hautefort.je suis le chirurgien qui.et c\u2019est ta mère bien-aimée, sans le savoir, sans doute.qui nous a réunis .dans son délire .Ah ! ma chérie.ce jour.et je suis si heureux .si heu .Mais il ne put achever.Un cri, joyeux comme un hosanna, venait, brutal mais si doux, de s\u2019élever dans la Olga écoute ces déclarations avec une joie secrète.Le zèle du marquis lui plaît, son aveugle passion porte dans son cœur un sentiment de triomphe.\u2014 Je vous remercie, monsieur le marquis, de vos intentions chevaleresques, répond-elle.Mais je ne puis permettre qu\u2019à cause de moi vous rompiez complètement avec votre ami.Demander satisfaction des offenses à mon égard est le devoir de mon mari.A ce moment, von Fohren approche.La conduite familière et les regards ardents du marquis l\u2019inquiètent.La jalousie anime son cœur.Olga présente le marquis et raconte le service chevaleresque que celui-ci lui a rendu.Son mari est forcé de remercier le marquis avec une figure aigre-douce, mais il sent une aversion à son égard et dit à Olga : \u2014 Quel intrus ! Nous ne nous occuperons plus de lui ! Olga sourit et se détourne de lui.Le marquis aide galamment Olga à monter sa mule et reste à ses côtés, sans se gêner des regards furieux, que lui lance von Fohren.La compagnie se met en route vers les montagnes.Tout étonnée, Olga remarque que les guides et la plupart des messieurs sont armés de fusils ou de pistolets.\u2014 On dirait que nous allons à la chasse, fait-elle observer.Le marquis sourit d\u2019un air grave.\u2014 Il est nécessaire qu\u2019on porte des armes ici, car la contrée n\u2019est pas sûre! dit-il.Les brigands rôdent dans les montagnes.Il y a quelques jours, un Anglais, sa femme et sa fille ont été attaqués par eux et entraînés.\u2014 Que dtes-vous ?s\u2019écrie Olga.N\u2019y a-t-il pas de police ici ?\u2014 Ah, la police ! dit avec un air de mépris le marquis.Contre ces brigands, la police est impuissante.Si les Anglais et sa famille veulent se libérer, il leur faut payer une forte rançon.La police ne peut l\u2019aider.\u2014 Voilà de belles conditions, dit en riant Olga.Vraiment j\u2019aurais envie de connaître vos bandits.\u2014 Eh bien, il ne s\u2019agit pas de badiner avec eux, répond le marquis.Ce sont des téméraires qui ne font ni un ni deux pour terrasser un homme, qui a l\u2019intention de leur résister.Mais il n\u2019y a pas de danger ! ajoute-t-il par manière de consolation.A une troupe aussi bien armée, les brigands ne se risquent pas.\u2014 Oh, je n\u2019ai pas peur, dit Olga calmement, en tirant de sa poche son UN COEUR la page 16 ] petite chambre, cependant que la petite s\u2019écroulait dans les bras de l\u2019homme.Cet écho délicieux, il résonnait profondément, ce cri, dans le cœur délivré du père : \u2014 Papa .papa .papa .\u2014 Ma vie entière ne suffira point, disait-il.Et chacune de ses phrases était ponctuée par le mot enivrant : \u2014 Papa .papa .pa-pa .\u2014 Tu seras ma fille, ma seule véritable enfant, puisque reflet du seul amour que j\u2019ai connu sur cette terre .\u2014 Papa .papa .pa-pa .Et nous nous aimerons toujours, toujours, toujours.\u2014 Papa .papa .pa-pa .Sous le poids d\u2019un bonheur trop lourd, le vieillard et son enfant continuaient de pleurer dans les bras l\u2019un de l\u2019autre .Bernard Montval.re volver.Voyez, marquis ! Je ne conseillerais à aucun brigand de m\u2019approcher.\u2014\tEn effet, vous êtes brave, madame ! dit en riant l\u2019Italien.Mais le revolver ne vous serait pas d une grande utilité et je ne vous conseillerais pas de vous en servir, en cas de détresse.Ce serait votre mort certaine.Von Fohren, chevauchant de l\u2019autre côté d\u2019Olga, a écouté attentivement.-\u2014 Nous aurions mieux fait de rester à la maison, dit-il tristement.Le marquis lui lance un regard moqueur.\u2014\tAvez-vous peur, monsieur le baron ?dit-il.Sa voix a un timbre qui offense von Fohren.Il devient pourpre et répond à l\u2019Italien, d\u2019un air menaçant : \u2014 Non ! dit-il.Mais je n\u2019y vois pas le plaisir d\u2019engager une partie de fusil plus ou moins dangereuse avec des brigands.-\u2014 J\u2019espère que cela n\u2019arrivera pas ! dit Olga, en le tranquillisant.Les deux hommes se taisent et von Fohren mesure le marquis avec des regards hostiles.Il remarque parfaitement que celui-ci fait ostensiblement la cour à Olga et qu\u2019elle l\u2019accepte plus qu\u2019il ne lui est agréab'ç.Il est fort en colère et fait tout son possible pour se débarrasser de ce fâcheux compagnon.Mais tout ce qu\u2019il dit reste sans effet.Olga devient de plus en plus aimable envers l\u2019Italien et celui-ci d\u2019autant plus familier.Von Fohren bouillonne intérieurement.La jalousie le dévore et, cependant, il est impuissant.Il se rendrait ridicule, s\u2019il exprimait ses pensées.On s\u2019enfonce de plus en plus dans les montagnes.Les murs d\u2019un cloître dominent une colline doucement inclinée, entourée de bois et, au fond, perchées sur un rocher, se profilent contre le ciel bleu les ruines d\u2019un vieux château.Le monastère est le but de l\u2019excursion.On l\u2019a bientôt atteint et, dans une grande prairie, ornée de fleurs embaumées, la compagnie s\u2019étend dans l\u2019herbe.Les rafraîchissements sont consommés et tous se lèvent pour visiter le couvent et ses alentours.Olga et son mari se joignent au groupe, qui se promène au couvent.Le marquis les suit.Le cloître est un très vieux et vaste bâtiment, habité par des moines qui montrent de bon gré, contre une bonne rémunération, les curiosités de leur demeure solitaire.Olga s\u2019ennuie à se promener, sous les sombres préaux du couvent.L\u2019église, ses trésors et reliques ne lui inspirent qu\u2019un médiocre intérêt.Elle reste en arrière et sort par une courte colonnade et s\u2019arrête près d\u2019une balustrade en pierre.Devant elle, s\u2019étend un abîme escarpé.Elle s\u2019appuie contre la rampe et promène son regard sur la petite vallée, vers la ruine s\u2019élevant fièrement sur la montagne.\u2014 De là, on a un panorama magnifique ! dit tout à coup derrière elle la voix du marquis.Voulez-vous venir avec moi de l\u2019autre côté, madame ?Olga se retourne.Elle se voit seule avec lui.Son mari est dans l\u2019église avec les autres.Son désir d\u2019aventures s\u2019éveille.\u2014 Pourquoi pas ?répond-elle.Mais seule à nous deux .\u2014 Oh, non ! Deux messieurs et des dames sont également de la partie.En outre deux guides.Mais votre mari n\u2019aimera pas cela ?Il n a pas besoin de le savoir, interrompt Olga.Allons, mon ami! [ A suivre au prochain numéro ] TREIZIEME EPISODE 1 \u2014 Les trois amis étaient loin de penser que Simon Legris et son frère les poursuivraient en hydroplane.Mais en effet c\u2019était bien les deux misérables qui tournaient en cercle au-dessus du Hareng Rouge.\u201cUs reviennent faire quelque mauvais coup, les amis ! \u201d dit André inquiet.\u201cOuvrez les yeux ! \u201d 2 \u2014 Quelque chose tomba dans la mer à quelques verges du petit bateau, on entendit un bruit ronflant et une colonne d\u2019eau monta dans l\u2019air.\u201cDites donc, les chenapans nous bombardent ! \u201d cria Noirot.\u201cRegardez, en voici une autre ! Boom ! Us nous ont encore manqués.Essayez encore ! \u201d 3\t\u2014 Mais, réellement, les Legris n\u2019avaient pas l\u2019intention de frapper le Hareng Rouge, pas encore toutefois.Us voulaient simplement signifier aux amis qu\u2019ils étaient venus pour parler d\u2019affaires.Le gros hydroplane descendait et, quelques minutes plus tard, il atteignait l\u2019eau et se posait près du bateau de nos amis.A\tJ 4\t\u2014 Simon Legris se pencha en dehors de la carlingue, une expression sinistre sur la figure.\u201cNous avons d\u2019autres bombes,\u201d dit-il, \u201cet si vous ne voulez pas sauter donnez-nous le plan du trésor ! Si non, nous ne vous manquerons pas, la prochaine fois.\u201d André se mit à rire de lui.5\t\u2014 \u201cNous n\u2019avons pas peur de vous, ni de vos bombes ! \u201d dit-il.\u201cVous n\u2019aurez pas le plan et ne l\u2019aurez certainement pas, si vous nous faites sauter ! \u201d \u201cTrès bien, nous verrons ! \u201d ricana Simon.Le moteur de l\u2019avion ronfla d\u2019une manière assourdissante, mais comme il allait partir André sauta sur un des flotteurs.6\t\u2014 \u201cHé, quelle idée de s\u2019embarquer comme ça ?\u201d cria Noirot.Mais la pensée d\u2019André était d\u2019essayer d\u2019empêcher les deux misérables de bombarder ses amis.Sans égard au danger pour lui-même, il commença par monter sur l\u2019aile inférieure.Le vent terrible faillit le jeter en bas.mm I mm mm rn'
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