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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 23 novembre 1946
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1946-11, Collections de BAnQ.

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Aussi agile que votre index, le Parker \"51\u201d est docile et écrit au fil de vos idées.Sa pointe d\u2019osmiridium coûteux est si douce qu elle semble flotter au-dessus du papier.Mais remarquez aussi la magie de cette encre \"51\u201d qui sèche à mesure que vous écrivez ! Car ce stylo \u2014 et ce stylo seulement \u2014 est conçu et construit pour l\u2019usage satisfaisant de l\u2019encre qui sèche le plus rapidement du monde, l\u2019encre Parker \"51\u201d.De l'encre ordinaire peut aussi être employée au besoin.Il vaut la peine d attendre un tel stylo.Demandez à votre marchand de vous réserver un Parker 51 \u2022 Couleurs: noir, cèdre bleu, gris colombe, avec chapeau or doublé ou Lustraloy.PARKER PEN CO., LTD., TORONTO, CANADA ?GARANTIS POUR LA VIE.Les stylos portant le losange bleu sont garantis à vie contre tout sauf la perte et le dommage intentionnel, sous réserve d un simple coût de 35c pour frais de port, d\u2019assurance et d\u2019emballage, à condition que le stylo soit retourné au complet pour fins de service.à ts&yixïte\tX PARKER 613F Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 S PRESENTE £ R b 7a attendit d aïiee CjUt a o e e JLvANGËE dans un coffre de cèdre pendant des années par une courageuse garde-malade dont le plus grand rêve avait pourtant été de la porter .Mais cette garde-malade préféra y renoncer afin de mieux se consacrer au sort des enfants infirmes.L\u2019un des plus grands drames où se heurtent l\u2019amour et l\u2019esprit de sacrifice .Un chef-d\u2019œuvre, le film de l\u2019heure.¦V' ROSALIND RUSSELL \u2022 ALEXANDER KNOX SISTER KENNY dans AVEC RADIO BCTURES DINGLE Y BONDI MERIVALE BEULAH CHARLES PHILIP Réalisation et direction, DUDLEY NICHOLS e Scenario de Dudley Nichols, Alexander Knox et Mary McCarthy 4 Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 Disposez - vous d'une minute pour être bien mis toute la journe'e P et le traitement de 60 secondes \"/ - .¦ : VITALIS Vo/c/ Vitalis et \"le traitement de 60 secondes\u201d Une chevelure soignée en peu de temps! Massez votre cuir chevelu avec Vitalis pendant 50 secondes (ceci le débarrasse des pellicules libres, prévient la sécheresse et la chute prématurée des cheveux).Ensuite .10 secondes pour peigner et.regardez! Plus soigné que vous ne l\u2019avez jamais été.Et vous demeurerez ainsi.Essayez Vitalis dès aujourd\u2019hui! Un produit Bristol-Myers\u2014Fabriqué an Canada Vous le pouvez! Et vous pouvez aussi obtenir cette stimulation vivifiante du cuir chevelu .cette apparence de \u201ctiré à quatre épingles\u201d que le succès en affaires et en société exige\u2014en une minute.Pour une mise soignée\u2014stylée, procurez-vous une bouteille de Vitalis et ayez une chevelure belle et saine.CE QU\u2019ON DIT EN SUISSE UN LAC A DISPARU, UN AUTRE A SURGI Les troupes de montagne de l\u2019armée suisse ont fait parler d\u2019elles et d\u2019abondance, en 1912, lorsqu\u2019un contingent du régiment de montagne 17 est descendu des abords de la Jungfrau sur le grand glacier d Aletsch, par la cabane Concordia et le lac de Marjelen, pour arriver a Fiesch.Le bataillon 89, incorpore dans le régiment de montagne 18, a traversé ce glacier en partant de Belaip, en direction nord-est pour arriver également à Fiesch par le meme lac de Marjelen.Ce fut une tentative audacieuse, car la traversée d\u2019un glacier demande de la prudence lorsque les participants sont nombreux et n\u2019ont pas tous le pied montagnard, au sens le plus technique du terme.Les hommes durent s encorder et l\u2019équipement militaire n\u2019était pas aussi perfectionné qu\u2019aujourd hui : on ignorait le paquetage si pratique de nos actuels alpins.L\u2019arrivée au bas du glacier d\u2019Aletsch exigea des efforts prolonges, car, un par un, les hommes durent descendre une paroi de glace de neuf ou douze pieds.L\u2019expérience réussit sans trop de complications, puisque tout le monde se retrouva au fond du lac de Marjelen, pour faire honneur au repas prepare selon les traditions culinaires de l\u2019armée.Au fond du lac ?\t, Oui, car il avait disparu; il n\u2019y avait plus une goutte d\u2019eau.Et ce n est pas là un phénomène extraordinaire, le lac de Marjelen étant de ces nappes d eau qui se vident et se remplissent périodiquement par un canal subglaciaire en forme de siphon qui s\u2019amorce lorsque les eaux atteignent à un niveau determine ou plutôt sont précipitées dans l\u2019orifice ensuite de la chute d un de ces énormes glaçons que le lac ne cesse de promener sur sa nappe.Ce fut le cas en 1912.La cuvette se remplit peu de temps après le passage des soldats munis de la haute canne ferrée qui était alors d ordonnance.Et le phénomène s\u2019est produit à nouveau l\u2019été dernier, sans que la sécheresse y soit pour quelque chose.Le Conseil d\u2019Etat du Valais avait pris un arrêté, en 1938, interdisant toute construction aux abords du lac de Marjelen et notamment 1 aménagement d une \u201cgrotte de gl;ice\u201d.La commune valaisanne de Fieschertal recourut, mais fut déboutée par le Tribunal fédéral.Mais voici qu\u2019on annonce la naissance d\u2019un nouveau lac valaisan, qui ne figure sur aucune carte.C\u2019est sur le glacier d\u2019Aget, au Col de la Chaux, plus exactement, entre deux parois de glace et de rocher que cette nappe ^ d\u2019eau a surgi, en formation depuis nombre d\u2019années.Il portera le nom de Lac d\u2019Aget.LE LIVRE MODERNE ILLUSTRE, AU LOCLE L\u2019exposition du livre moderne illustré, ouverte au Locle, présente au visiteur une intéressante synthèse des différentes techniques de l\u2019illustration.Il ne s\u2019agit pas de livres d\u2019art, au sens où on l\u2019entend habituellement, mais de beaux textes illustrés par de grands illustrateurs.Les organisateurs de l\u2019exposition ont voulu donner à la quinzaine du livre moderne illustré une forme essentiellement didactique.On entend faire comprendre au public que le beau livre peut être un chef-d\u2019oeure au même titre qu\u2019une toile de maître ou une sculpture.L\u2019exposition du Locle revêt une grande importance par la qualité des ouvrages présentés.La Passion, de Suarès, illustrée par Rouault, L\u2019Art d\u2019aimer, d\u2019Ovide, illustré par Maillol, l\u2019Histoire naturelle, de Bufîon, illustrée par Picasso, La Tempête, de Shakespeare, illustrée par Cingria, Bubu de Montparnasse, de Charles-Louis Philippe, illustré par Dunoyer de Segonzac, La Grande peur dans la montagne, de Ramuz, illustrée par Berger, voisinent avec le Pantagruel et le Gargantua, de Rabelais, illustrés par Derain et Hermann Paul et le Grand et Petit Testament de Villon, illustré par Brayer.Les éditeurs sont les plus célèbres du monde de la bibliophilie, les Vollard, les Skira, les Gonin pour n\u2019en citer que quelques-uns.Au Locle, où survit une vieille tradition de la gravure et du graveur, l\u2019exposition du livre moderne illustré, comportant une soixantaine d\u2019œuvres rares, se trouve placée dans un cadre digne d\u2019elle.A la cimaise du Musée des Beaux-Arts où se tient la quinzaine du livre moderne illustré, le graveur Aldo Pa-tocchi a accroché quelques-unes de ses plus suggestives images sur bois.LES ARTS GRAPHIQUES AU SERVICE DES SCIENCES NATURELLES La collection d\u2019arts graphiques de l\u2019Ecole polytechnique fédérale a saisi l\u2019occasion des fêtes du deuxième centenaire de la Société des sciences naturelles de Zurich pour organiser une instructive exposition de planches illustrées (8 septembre au 6 octobre).Grâce à de nombreux hors-texte, et pour une part aussi à des gravures sur cuivre enluminées, tirées de vieux livres, le visiteur peut se faire une claire idée du développement de cet art durant le siècle s\u2019étendant de 1746 à 1846.Pour l\u2019artiste, ce genre de production constitue un problème peu commun.Toute création personnelle, toute fantaisie artistique se trouvent bannies.Dans le cas particulier, le graveur est entièrement au service des sciences naturelles et doit rechercher, dans ses images, un maximum de précision.Les planches et les in-folios exposés proviennent en partie de bibliothèques privées et publiques, en partie aussi de la collection d\u2019arts graphiques elle-même.NOTRE COUVERTURE Peut-être moins célèbre mais non moins ravissante et surtout non moins talentueuse que sa sœur Joan, OLIVIA DE HAV1LLAND remporte en ce moment de grands succès sur l\u2019écran américain.Les cinéphiles canadiens ont été particulièrement heureux de cette réapparition.Fait à noter Olivia de Havilland et Joan Fontaine sont toutes deux nées en Orient.Photo RKO Radio Pictures. EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITÉE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985.RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tél : PLateau 9638 * Président: FRED POIRIER Vice-prés.: GEO.POIRIER Directeur : JEAN CHAUVIN Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyacinthe.Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) \u2022 ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières ( Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.\u2022 Entered at the Rost Office of St.Albans.Hi., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT - CANADA Un an.- - $3.50 Six mois.2.00 ETATS-UNIS Un an.$5.00 Six mois\t2.50 \u2022 AU NUMERO: 10 cents \u2022 HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.58e année, No 27 \u2014 Montréal, 23 novembre 1946 NOS CHEMINS DE FER ET NOTRE AVENIR O I juin est le mois par excellence des jeunes mariés, il semble que novembre soit un mois d'anniversaire pour les chemins de fer nationaux.Depuis l'inauguration de la ligne Montréal-Lachine, en novembre 1847, jusqu'à celle du Pont de Québec, le 20 novembre 1918, les annales de la Compagnie rapportent au onzième mois de l'année nombre de créations et de mises en exploitation de lignes, grandes et petites, aujourd'hui englobées dans le Réseau Canadien National.Celui-ci, comme on le sait, est composé des anciens chemins de fer construits par l'Etat \u2014 tel l'Intercolonial \u2014 comme condition du pacte de la Confédération, de réseaux comme le grand Tronc et le Canadien Nord (nationalisés parce qu'ils étaient financièrement incapables d'acquitter des dettes contractées envers l'Etat et que la continuité de leur exploitation était indispensable à la bonne économie du pays), d'une centaine de petites lignes plus ou moins déficitaires qui ont été absorbées par les grands réseaux amalgamés sous le nom de chemins de fer nationaux du Canada ou acquis directement par l'Etat pour la commodité des usagers et le développement normal des régions desservies.A cause de la multiplicité de ses lignes constituantes le Canadien National a donc de nombreux anniversaires, mais le fait que plusieurs tombent en novembre n'est pas une simple coïncidence.Il s'explique largement par les exigences du climat canadien.Il est naturel que les grands travaux de construction à ciel ouvert soient entrepris au cours de la belle saison.Et également naturel que les constructeurs pressent les entrepreneurs de compléter les travaux avant l'hiver, époque de l'année où voyageurs et expéditeurs comptaient autrefois exclusivement et aujourd'hui encore dans\u2019 une très large mesure, pour leur transport.On peut ignorer le chemin de fer en été et on le fait sans vergogne, mais dès que la neige bloque les chemins ou que le mauvais temps paralyse les autres moyens de transport, tout le monde réclame ses services et les plus exigeants sont souvent ceux qui ne s'en servent que durant trois ou quatre mois par an.Novembre, qui voit généralement la clôture de la navigation et le commencement des grands froids, rappelle non seulement le souci qu'ont eu les pionniers de la voie ferrée de servir un petit peuple handicapé par des distances énormes et des hivers rigoureux, mais aussi le rôle indispensable que jouent les chemins de fer au Canada.En plus d'être le seul lien physique permanent entre neuf immenses provinces que la géographie et les intérêts particuliers tendraient à séparer, ils sont le pivot de notre économie nationale.Ce sont eux qui, en toutes saisons et par tous les temps, assurent le ravitaillement de la nation, le développement des régions neuves et le flot régulier du trafic.Sans ses chemins de fer, le Canada, avec ses douze millions d'habitants éparpillés sur un territoire plus vaste que celui des Etats-Unis n'aurait jamais pu occuper d'abord, ni maintenir ensuite, son rang de troisième ou quatrième pays exportateur.C'est parce qu'il a plus de milles de chemin de fer par tête d'habitant que toute autre nation et les tarifs de transport les plus bas que notre Dominion jouit d'une prospérité que lui envient nombre de contrées aussi riches en ressources naturelles et encore plus densément peuplées.On a cru, un temps, que nombre de nos lignes ferroviaires étaient superflues et un fardeau inutile pour les contribuables.La dernière guerre a permis de rétablir les faits.Elle a démontré que chaque mille de notre réseau ferroviaire était non seulement nécessaire au développement économique, mais avait de plus une grande importance stratégique.Il est généralement admis aujourd'hui que l'excellente organisation de nos chemins de fer a permis 1 essor fantastique de l'industrie canadienne, au cours des cinq dernières années, et contribué largement au succès de nos armes en assurant le transport et le ravitaillement non seulement de nos troupes, mais aussi de troupes alliées.Incidemment, la guerre a aussi démontré à l'évidence que les chemins de fer nationaux étaient non seulement capables d'efforts extraordinaires, mais qu'avec un trafic suffisant, ils pouvaient être exploités avec profit pour leur actionnaire, le peuple canadien, à condition, bien entendu, de n'être pas obligés à transporter uniquement des produits de base pour lesquels les tarifs sont ridiculement bas, mais d'avoir une part raisonnable des marchandises qui commandent des taux rémunérateurs ou de pouvoir élever leurs tarifs au moins au niveau du coût du matériel et de la main-d'œuvre.On ne saurait attendre d'une entreprise qu'elle fournisse un service supérieur au prix coûtant ou moins et dans les pires conditions de travail, puis accuse un joli bénéfice.Et quand cette entreprise est si indispensable qu'on ne saurait la laisser péricliter sans mettre en danger la vie économique de la nation toute entière, il convient sans doute d'étudier son cas sinon avec sympathie, du moins avec un certain intérêt égoïste.Chose certaine, quels que soient les progrès réalisés par les autres formes de transport, la géographie du Canada, le caractère de son économie et les exigences de ses principales industries font que le chemin de fer demeure et demeurera encore longtemps le principal instrument de la prospérité du pays en temps de paix et de sa stratégie en temps de guerre.Et ce rôle essentiel ne doit pas faire oublier les services qu'il rend comme pionnier des régions neuves, agent de liaison entre les provinces et serviteur empressé du public.Et c'est pourquoi, en ce mois de novembre consacré au souvenir, il serait assez juste d'évoquer la mémoire des hommes audacieux qui ont couvert notre pays d'un précieux réseau de voies ferrées et de méditer quelques instants sur l'influence du chemin de fer sur notre vie individuelle et l'importance de son rôle dans la vie de la nation.Jean DUBOIS 6 Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 3511» i.L?.i : \u2022 Une scène de \"La Fille du Soleil\" photographiée au cours de l'une des dernières répétitions.Dans ce groupe, on reconnaît ROBERT RIVARD, JEAN-LOUIS PARIS, ARMAND LEGUET et SUZANNE AVON, tous \"coureurs de bols\", regardant avec méfiance l'arrivée parmi eux du paysan MARTIN (René Verne).\u2014 A droite, CARL DUBUC, l'auteur de la pièce dirigeant la répétition.\tPhotos Conrad Poirier.> nr- j K- '%* Ci-dessus, \"La Fille du Soleil\" (José Forgues), vaincue par la Nuit, s'écroule aux pieds de son ennemie, la Jongleuse (Yvette Brlnd'Amour).\u2014 Ci - dessous, cette dernière au court d'une séance de maquillage effectuée par Griffith Brewer.Ci-dessus.CAMILLE DUCHARME dans un rôle fantaisiste spécialement écrit pour lui.\u2014 Ci-dessous, à droite, la maquette du décor représentant une clairière dans la forêt.On distingue le chemin qui donne une perspective réelle de 45 pieds.PU THEATRE CANADIEN \u201c La Fille du Soleil \u201d De CARL DUBUC Par Gaspard St-Onge Le théâtre, chez nous, est-il viable ?Cette question, on était en droit de se la poser avec scepticisme durant les quelques années qui ont précédé la dernière guerre.On se rappelle même que le cinéma, tant français qu américain, était définitivement entré dans son âge d\u2019or et que l\u2019on se contentait généralement de trouver là la réponse à cette question.Tous les amateurs de la scène, avoues ou à l\u2019état latent, s\u2019étaient donc graduellement faits à cette idee que le théâtre, chez nous du moins, avait vécu.En d\u2019autres termes, la concurrence disproportionnée, inéluctable, avait sonné le glas.Vint la guerre et la pénurie du film français.L obstacle ainsi écarté, le théâtre, tel un noyé à qui on insuffle de l\u2019oxygène, s\u2019éveille à nouveau, reprend ses couleurs et, en un temps incroyablement court, retrouve une vigueur inouïe.Voilà que Les Compagnons qui ne semblaient pas avoir trouvé leur formule définitive s\u2019engagent hardiment dans les plus hautes sphères du théâtre contemporain avec Jean Anouilh, Jean Cocteau.L\u2019Equipe, de son coté nous éblouit avec Jean-Paul Sartre, Ferenc Molnar et André Puget.Et, à certains moments, la liste de ces troupes s\u2019allonge.Toutes ne sont pas heureuses, mais toutes dénotent cet élan, ce désir d\u2019une saine réalisation du beau.Mais voilà que la guerre prend fin, que le cinéma français reprend ses droits.Est-ce à dire que le théâtre doit de nouveau rentrer dans l\u2019ombre ?Apparemment pas, ou du moins tel ne semble pas le cas puisque la vie théâtrale continue quand même chez nous.L\u2019on peut même dire que la saison actuelle est l\u2019une des plus riches de promesses, de surprises.Serait-ce donc qu\u2019en réalité, il y eut toujours place et pour le théâtre et pour le cinéma ?Voilà les réflexions que nous inspirent l\u2019admirable, la courageuse initiative d\u2019un tout jeune Montréalais, Cari Dubuc qui, sans crier gare, se révèle soudainement dramaturge et directeur d\u2019une troupe pour nous donner une \u201cFille du Soleil\u201d sur la scène du Gésu, à Montréal.A ceux qui se demanderont qui est Cari Dubuc, voici ce qu\u2019en dit un critique de chez nous : \u201cIl a déjà monté une pièce de Musset qu\u2019il avait traduite en anglais (mai 1946).Il a joué avec l\u2019Equipe et, en anglais, avec le Canadian Art Theatre.Ancien annonceur de radio, Cari Dubuc est devenu comédien de premier plan.Bien que n\u2019étant âgé que de 21 ans, il a déjà publié un recueil de poèmes pleins d\u2019intérêt.\u201d Avec \u201cLa Fille du Soleil\u201d, l\u2019auteur a voulu se servir d\u2019éléments vraiment canadiens.Il évoque la vie des coureurs de bois, aspect très typique de l\u2019une de nos plus pittoresques époques historiques.Dans sa pièce, il met également en scène trois personnages [ Lire la suite page 52 ] O \u2018 jAl s.- ji mmm , *.« , , IflK 3 F*V > - s.' L'AVIATION EN FRANCE L\u2019Aéroport Très abîmé pendant la guerre aussi bien par les bombardements des aviations alliées que par les destructions occasionnées par les Allemands, l\u2019aérodrome du Bourget n\u2019a jamais cessé de servir.Depuis la Libération et grâce à la mise en service d\u2019une piste provisoire, le trafic qui était réduit dans le début a progressivement repris un rythme important (dans les journées de pointe pour le mois de mars, jusqu\u2019à 145 avions tandis que pour le mois de janvier 85 appareils seulement).Parallèlement à ce trafic des travaux de réfection et d\u2019agrandissement ont été entrepris tant pour la remise en état des hangars et de l\u2019aéroport que pour la construction* des nouvelles pistes.Achevés pour la plus grande part, ces travaux ont nécessité un effort considérable.Les hangars dont les pieds avaient été dynamités ont 7 du Bourget été relevés à l\u2019aide de vérins et entièrement remis à neuf.L\u2019aéroport a, lui aussi, subi une réfection complète.Pour les pistes, une seule jusqu\u2019à ces derniers temps, était en service ; elle s\u2019étendait sur 5,000 pieds avec une largeur de cent pieds.La construction probablement terminée à l\u2019heure qu\u2019il est d\u2019une nouvelle piste Nord-Sud sera suivie bientôt du prolongement de la piste en service, la piste Est-Ouest d\u2019environ 1,300 pieds.On a même prévu le dédoublement de ces deux pistes.De leur côté, les usines d\u2019aviation préparent l\u2019avenir et sortent plusieurs modèles d\u2019avions de tourisme que les particuliers pourront dans un temps relativement court acheter à des conditions avantageuses.Comme on le voit, ce retour en pleine opération du célèbre aéroport du Bourget indique bien que la France entend reprendre son rang dans les derniers développements de l\u2019aviation commerciale du monde.Quelques scènes récemment prises à l'aéroport du Bourget.De gauche à droite, photos du haut, station de goniométrie.\u2014 Les hangars munis des nouvelles portes.\u2014 Vue extérieure de l'aéroport.\u2014 Ci-contre, à droite, rouleau à vapeur effectuant des travaux sur les pistes.\u2014 Ci-dessous, autres travaux de nivellement.On sait que le célèbre aéroport du Bourget, récemment remis en opération régulière, est appelé à jouer un très grand rôle dans l'aviation commerciale de la région parisienne.\tPhotos S.I.F.¦\t^¦¦ mJMi «¦\"îTWiaC.-\u2022 .\u201c \u2022 HP» ÉBÜ Ép^SfçnC *Z'***-r~ ï\t*\t\\\t.j- y /.,\u201dV- Wû - 8 Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 Récit sentimental ONDINE D\u2019AMOUR Par JACQUES SAINT-PRIEST I \u2014 LA NAÏADE |k mais on dirait ce vieux Jack ?s\u2019écria Marcel Lumière j\\/J en fixant de l\u2019autre côté de la rue un grand jeune Ivl homme qui marchait d\u2019un pas pressé, l\u2019air absent, un sourire sur les lèvres.Il n\u2019hésita pas à traverser, le passage étant libre, et à aller taper sur l\u2019épaule de celui qu\u2019il avait aperçu.Jack Pannetier se retourna, surpris.\u2014 Marcel !.Comment va, mon vieux ?\u2014 C\u2019est à toi qu\u2019il faut le demander, répondit le jeune homme.Il y a plus d\u2019un mois que nul n\u2019a eu le plaisir de te rencontrer, et pas plus tard qu\u2019hier soir, notre bande joyeuse commençait à s\u2019émouvoir de ton éclipse.Tu n\u2019as pas été malade ?Non ?Tu as une mine resplendissante.Pas de soucis d\u2019argent ?Non, tu es vêtu avec la dernière élégance.Alors, que se passe-t-il ?Jack passa son bras sous celui de son ami d\u2019études et l\u2019entraîna dans la direction de sa marche, un instant interrompue par leur rencontre.\u2014 Viens avec moi, et tu sauras tout.\u2014 Oh ! oh ! de quel ton tu me dis cela !.Quelle joie dans tes yeux.quelle douceur dans ta voix.Parions qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une histoire d\u2019amour, et que tu vas tout simplement me dire que tu es amoureux.fiancé peut-être.\u2014 Amoureux comme un fou.Fiancé ?Bientôt, je l\u2019espère.\u2014 Jeune fille du monde ?demanda Marcel.Jack eut une seconde d\u2019hésitation.\u2014 Oui et non.\u2014 Ah! je ne comprends pas très bien, répliqua Marcel Lumière.Que signifie ce oui et non ?\u2014 Voilà.Brigitte.oui, c\u2019est son nom et il lui va à ravir ; Brigitte Lemercier est une jeune fille charmante, dont la famille autrefois fut très riche, mais qui, hélas ! est pauvre aujourd\u2019hui.Elle a été très bien élevée ; elle est très instruite, et la pauvre gosse doit subvenir non seulement à ses frais personnels, mais encore à ceux de son arrière-grand-mère très âgée, infirme, et qui lui reste seule de sa famille.Brigitte a eu le grand chagrin de perdre ses parents toute petite.Ils ne lui ont laissé qu\u2019une modeste fortune dont les revenus, très diminués de par les circonstances, ne lui permettent pas de vivre.\u2014 En somme, elle travaille ?\u2014 Ce n\u2019est pas un déshonneur, Marcel.__T\u2019ai-je dit le contraire, mon petit Jack?Je crains seulement qu\u2019avec la rigidité des principes de ta famille, tu ne rencontres quelque difficulté pour épouser l\u2019objet de tes amours.' Une ombre passa sur le visage de l\u2019amoureux.\u2014 C\u2019est là mon grand souci, expliqua-t-il.Mais ne dit-on pas que la foi soulève les montagnes ?\u2014 La foi, mon vieux, ce n\u2019est pas l\u2019amour ! \u2014 L\u2019amour est bien plus fort encore, Marcel.Si tu aimais comme j\u2019aime, tu me comprendrais.\u2014 Il y a longtemps que vous vous connaissez ?demanda l\u2019ami de Jack.\u2014 Un mois exactement.__Où avez-vous fait connaissance ?.\u2014 Au cirque.Marcel ne put retenir un léger éclat de rire sinon moqueur, du moins un peu sarcastique.\u2014 Tu vas au cirque, maintenant ?\u2014 Tous les soirs.Et je ne m\u2019en lasse pas.\u2014 Pour la voir, hein ?\u2014 Parbleu ! Ce n\u2019est pas pour m\u2019amuser aux farces des clowns, tu le penses bien.__Alors comme ça, ça t\u2019a pris un beau jour, daller au cirque pour t\u2019amuser ?\u2014 Mais non.Pour y conduire ma filleule.\u2014 La fille de ta sœur?\u2014 Oui.Mes parents l\u2019avaient prise à la maison pendant la naissance du numéro deux.Comme la gosse avait été très sage, on lui avait promis de la mener au cirque.Le jour où maman devait l\u2019y emmener, en matinée, elle a eu la grippe, et comme les places étaient prises, c\u2019est l\u2019oncle Jack que l\u2019on a mis à contribution.Te dire que cela m\u2019amusait beaucoup, je mentirais, mais pour rendre service à maman et aussi parce que j\u2019aime beaucoup ma filleule et que ses beaux yeux auraient pleuré si la promesse n\u2019avait pu être tenue, je l\u2019ai collée à côté de moi dans le cabriolet et nous sommes allés tous deux au spectacle.Jack se mit à rire tout à coup.\u2014 Figure-toi qu\u2019on a pris Mireille pour ma fille et qu\u2019une dame près de nous m\u2019a fait des compliments sur elle.\u2014 Tu l\u2019as détrompée ?\u2014 Penses-tu ! J\u2019ai été très fier, au contraire.Cela prouve que je puis avoir l\u2019air d\u2019un sérieux père de famille.-\u2014 Bref, ta rencontre avec.ta future fiancée ou .ton amie ?\u2014 Ce n\u2019est pas mon amie.Brigitte est sage.\u2014 Tous les amoureux croient cela.\u2014 Je te prie d\u2019en être aussi certain que moi-même.Tu sais que le cirque donne une attraction de tout premier ordre, cette saison ?\u2014 Oui, ils ont rétabli la piste nautique.Il y a des baigneurs .\u2014 Et des baigneuses.A la seconde partie, on monte la piste qui se remplit d\u2019eau, et la scène reste vide quelques instants, éclairée par des jeux de lumière ravissants.Or, voilà que tout à coup on voit surgir de l\u2019eau changeante tout un monde de nains qui se mettent à nager, à exécuter des figures grotesques très amusantes.Soudain, au milieu d\u2019eux, on voit apparaître une ondine qui nage divinement, danse même sur l\u2019eau en se soutenant je ne sais trop comment.\u2014 Et c\u2019est cette ondine qui a fait battre ton cœur ?\u2014 En la voyant apparaître, poursuivit Jack, j\u2019ai reçu comme un choc au fond de l\u2019âme.Presque aussitôt, nos regards se sont croisés et elle m\u2019a souri si gentiment que je lui ai aussitôt rendu ce qu\u2019elle me donnait avec tant de spontanéité.Mireille battait des mains, criait de joie et lorsque Brigitte eut fini son numéro, elle fit comme chaque soir le tour de la piste, s\u2019arrêtant gentiment devant chaque enfant à qui elle serrait la main.Bien entendu, elle n\u2019oublia pas Mireille et je ne pus retenir les paroles que je lui murmurai subitement tout bas.« Mademoiselle, vous venez de me donner une impression d\u2019art telle, que je reviendrai certainement vous admirer une autre fois.» Je la TEMPETE Le trouble secret du vent Passe et respire en rêvant Comme s'allonge un arpège Sur la neige .Et guand se tracent nos pas D'aveux que l'on n'entend pas, L'ombre fragile se lasse Dans l'espace.Plus est vague le chemin, Plus l'heure glisse à demain Que plus la crainte est fervente Quand il vente.Une voix fuit l'horizon.Rien ne pleure sans raison Et le silence s'abrège Sur la neige .Léopold HEBERT vis rougir, puis elle s\u2019éloigna, salua le public qui 1 acclamait et disparut par les coulisses.Il me sembla alors que tout devenait sombre dans l\u2019enceinte pourtant brillamment illuminée.J\u2019aurais voulu entraîner Mireille avant la fin du spectacle.Je ne le pouvais pas pour ne pas la faire pleurer.Mais je n ai plus rien vu .Il me tardait d\u2019être dehors, de respirer un peu d\u2019air frais.J\u2019étouffais.Au dîner, Mireille, heureusement, raconta avec volubilité toute la séance et cela m\u2019évita de parler et me permit de demeurer avec mes pensées.Et mes pensées, c\u2019était déjà Brigitte, rien que Brigitte.Seulement, je dois t\u2019avouer qu\u2019à ce moment-là, je ne comptais pas en faire ma fiancée, mais .\u2014 Ton amie ?\u2014 Oui.Et puis le soir même, tu entends, je suis retourné au cirque.Le lendemain aussi.et les autres jours.Et ça dure depuis cette matinée qui certainement a décidé de ma vie, et ça durera autant que durera le numéro de Brigitte.Je louai toujours la même place, et elle a fini par me repérer, tu penses.Dès qu\u2019elle sortait la tête de l\u2019eau, son regard se posait sur moi et son visage s\u2019éclairait.Un soir, je l\u2019ai attendue à la sortie et je l\u2019ai abordée.J\u2019ai tout de suite été frappé de sa mise simple et distinguée.Elle portait un tailleur gris, un chapeau de feutre tout simple, et elle allait, son sac sous le bras, trottant menu sur hauts talons.« Ce qui m\u2019a plu en elle, ajouta Jack, c\u2019est son exquise franchise.Elle s\u2019arrêta dès que je l\u2019abordai et me dit, un peu émue : « Je m\u2019attendais, monsieur, à ce que très prochainement vous m\u2019accostiez.Vous n\u2019êtes pas le premier, vous pensez bien.Je vous dirai comme aux autres que je suis sage et qu\u2019il ne faut pas me suivre, ni insister pour une idylle.J\u2019ai hâte de rentrer chez moi retrouver grand-mère qui est malade, je ne puis pas m\u2019attarder.Excusez-moi !» Elle s\u2019échappa, me laissant tout pantois sur le trottoir.Alors, le lendemain, je fus aussi franc qu\u2019elle.Je lui dis que je serais très désireux de faire sa connaissance d\u2019une façon plus approfondie et que si nous nous convenions, nous pourrions envisager plus tard de nous unir.\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019elle t\u2019a répondu ?demanda Marcel qui commençait à être formidablement intéressé.\u2014 Que ma franchise lui plaisait.Elle me donna rendez-vous pour le dimanche, entre la matinée et la soirée, car elle n\u2019avait pas le temps de retourner dîner chez elle.Elle prenait une légère collation dans un petit restaurant tout près du cirque.Je n\u2019eus garde de manquer au rendez-vous et lui offris à dîner.Cela ne me coûta pas bien cher, je te l\u2019assure.En nous quittant, le soir, nous savions tout l\u2019un de l\u2019autre, mais Brigitte était un peu triste car elle craignait que mes parents ne refusassent leur consentement à notre mariage.\u2014 C\u2019est peut-être ce qui va arriver ?pronostiqua Marcel.\u2014 Tu sais ce que je t\u2019ai dit tout à l\u2019heure, Marcel.Les amoureux ont à côté du cœur une poche à malice d\u2019où ils tirent, le moment venu, tant de bonnes raisons, qu\u2019ils arrivent à vaincre les pires préjugés des familles trop sévères.Le mien est plein à craquer.\t* Ils arrivèrent ainsi à la porte du cirque illuminé.\u2014 Entre avec moi, proposa Jack, je te présenterai à Brigitte et tu ne seras pas déçu.\u2014 Non, protesta le jeune homme, les camarades m\u2019attendent.Que dois-je leur dire sur toi ?La vérité ?\u2014 Pas encore, veux-tu ?J\u2019aurais peur que ça me porte malheur.Tu leur diras simplement que j\u2019achève un ouvrage de littérature et que je ne me montrerai que lorsqu\u2019il sera terminé, c\u2019est-à-dire .\u2014 Quand tu auras terminé l\u2019épilogue, et fixé la date du mariage de tes deux héros.Jack se mit à rire.\u2014 Tu ne peux pas mieux dire! conclut-il.Lorsqu\u2019il prit place dans son fauteuil, ce soir-là, 1 amoureux de Brigitte était un peu en retard à cause de sa rencontre avec Marcel. Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946\t9 La jeune fille avait commencé son numéro et Jack vit tout de suite que son sourire n\u2019était pas celui des autres soirs.Le regard qu\u2019elle lui jeta, quand enfin elle le découvrit à sa place habituelle, était plein de reproches.Il sembla même au jeune homme qu\u2019il y avait une larme dans le coin de ses yeux bleus, mais ce pouvait être une goutte d\u2019eau.Il lui envoya discrètement un baiser du bout des doigts et il vit qu\u2019elle était rassurée.Mais à la porte de la sortie des artistes, dès qu\u2019elle l\u2019aperçut quelques instants plus tard, elle se précipita vers lui et s\u2019écria : Oh ! Jack, comme j\u2019ai eu peur quand j\u2019ai aperçu ton fauteuil vide tout à l\u2019heure ! J\u2019ai cru que tu ne viendrais plus jamais .que c\u2019était fini, notre beau roman, et que mon rêve de cette nuit se réalisait.Il la serra contre lui tout ému.Tu n\u2019as donc pas confiance en moi, Brigitte ?C\u2019est très mal, ma petite fille.\u2014 Si, en toi, pleinement, mon amour, mais en la vie, c est autre chose.Elle n\u2019a jamais été bien bonne pour moi, puisqu\u2019elle m\u2019a privée de tous les miens.\u2014 Qu as-tu donc rêvé qui t\u2019a impressionnée à ce point ?demanda le jeune homme en riant.\u2014 Il faut croire aux rêves et ne pas s\u2019en moquer, Jack.Nous étions tous deux sur une barque.L\u2019eau qui nous portait était sale.C\u2019est mauvais, de rêver d\u2019eau trouble.Et puis, le bateau chavira.\u2014 Qu\u2019est-ce que ça faisait, puisque nous savons nager tous deux ?\u2014 Dans mon rêve, tu ne savais pas, et je voulais te sauver car tu avais coulé, et j\u2019avais beau plonger, je ne te retrouvais pas.Alors volontairement, je me laissais couler à mon tour et je mourais.Enfin tu es là, tout est oublié.Il faut vite me ramener à la maison.Grand-mère n\u2019était pas trop bien ce soir.Je suis inquiète.Elle baisse énormément depuis quelques jours.Comme c\u2019est affreux, si tu savais, de voir quitter la vie tout doucement à ces pauvres vieillards et de se dire que l\u2019on n\u2019y peut rien.Je fais tout pour qu\u2019elle ne s\u2019aperçoive pas de mon chagrin, mais c\u2019est très dur et j\u2019ai besoin de ton amour plus que jamais.Il \u2014 LA TRAME C\u2019est bien ce que je pensais, déclara M.Pannetier à sa femme, lors, le soir, il se trouva seul avec elle au salon où ils passaient toutes leurs veillées.Jack s\u2019est amouraché d\u2019une jeune fille qui n\u2019est pas autre chose qu\u2019une artiste de cirque.Mme Pannetier devint un peu pâle.\u2014 Tu crois que c\u2019est sérieux ?\u2014 J\u2019en ai peur.Jack va, paraît-il, chaque soir au cirque pour la voir exécuter son numéro.C\u2019est une nageuse, donc une fille, qui s\u2019exhibe*à demi-nue devant le public.Tu penses que ce n\u2019est pas précisément la bru qu\u2019il nous faut ?M.Pannetier allait et venait en mâchonnant nerveusement son cigare, tandis que sa femme, le visage soucieux, s\u2019appliquait à son ouvrage de tricot.\u2014 Que penses-tu faire ?demanda-t-elle à son mari.Ne crois-tu pas qu\u2019en raisonnant Jack .\u2014 Lui ?s\u2019écria M.Pannetier, buté comme il Test ?Ah ! mais non, je ne vais même pas lui faire allusion à ce que je sais.\u2014 Alors, nous allons attendre qu\u2019il se lasse de cette fille ?Et.s\u2019il arrive quelque chose de grave, mon ami ?.Si, un jour, il nous dit qu\u2019il est obligé de l\u2019épouser pour réparer ?M.Pannetier regarda sa femme avec commisération.\u2014 Que tu es naïve, ma pauvre amie ! lui dit-il.Tu t\u2019imagines que je n\u2019ai pas pensé à tout cela ?\u2014 Alors, dis-moi quelle est ton idée ?demanda la maman de Jack, inquiète.Veux-tu que ce soit moi qui parle à notre fils ?Une maman est plus douce, plus persuasive ._______Plus faible aussi, repartit son mari.Les amoureux savent dire tant de choses pour leur défense.Je ne te donne pas une heure de conversation sur ce sujet avec ton fils pour que tu sois retournée comme une feuille par le vent et que tu me dises qu\u2019il a raison d\u2019aimer cette petite, qu\u2019elle est de condition modeste, mais honnête .__C\u2019est peut-être vrai ! s\u2019écria Mme Pannetier qui, déjà, sentait que son coeur était tout prêt à défendre le bonheur de son petit.Son mari se contenta de hausser les épaules.__Avec le métier qu\u2019elle a ?murmura-t-il.Allons donc !.Voici ce que j\u2019ai décidé.Du coup la pauvre femme laissa retomber son tricot sur ses genoux, tout émue qu\u2019elle était et pressentant que ce que son mari allait lui dire lui ferait de la peine.__Parle, mon ami, je t\u2019écoute.\u2014 Nous allons faire semblant de ne rien savoir, tu entends ?Nous serons avec Jack comme avant d\u2019avoir [ Lire la suite page 16 ] MfUtffT mm.Brigitte Lemercier avait commencé son\tDessin de JEAN MILLET numéro et Jack vit tout de suite que son sourire n'était pas très affable. mm \"Anne, ma cousine, était là, près de mol.Eli* tenait à la main un revolver.\" Destli de JEAN MILLET FIANÇAILLES DANS LA BROUSSE PAR ALIX ANDRE La première fois que je rencontrai mon ami Jean Perrier, après trois années d\u2019absence, je ne manquai pas de le féliciter à propos de son mariage.Ce jeune ingénieur, qui est déjà un vieux colonial, venait d\u2019épouser, en effet, à peine débarqué de sa brousse, l\u2019une de ses cousines que je savais très^ belle, et dont la réputation de grande voyageuse, d\u2019intrépide coureuse d\u2019aventures, voire d\u2019exploratrice, était bien établie.Quelque pressante affaire m\u2019ayant empeché d assister à la cérémonie nuptiale, je m\u2019excusai vivement.Puis, dans un grand désir de me faire pardonner cette abstention, je crus devoir, les premières phrases échangées, complimenter chaudement Perrier sur son choix.Avec fougue, je célébrai les extraordinaires mérites, les qualités exceptionnelles d\u2019une compagne capable de partager, avec ses hasards et ses risques, l\u2019existence qu\u2019affectionnait ce cher Jean.Madame Perrier n\u2019avait-elle point, comme chacun le savait, chassé le caïman en Floride, le buffle au Kenya, la gazelle au désert !.Le \u201cCher Jean\u201d m\u2019écoutait, une causticité amusée infléchissant les coins de sa bouche.Lorsque je me tus enfin, il posa la main sur mon épaule.__Ecoute, me dit-il, j\u2019aime mieux t avertir tout de suite \u2014 tout de suite 1 \u2014 Ce n\u2019est pas la voyageuse que j\u2019ai épousée, mais sa sœur.Je dus faire une assez niaise figure, car 1 arc bande des lèvres minces se détendit dans un rire franc et joyeux.Puis, prenant sans doute en pitié mon embarras, Perrier glissa son bras sous le mien, m\u2019obligeant à faire volte face !\t, __J\u2019habite tout près d\u2019ici.Sois compatissant a un pauvre délaissé \u2014 ma femme est absente pour la journée \u2014 accompagne-moi, veux-tu ?Le moyen de refuser?Un instant apres nous étions installés dans un confortable bureau omé de trophées barbares ; et un grand diable, noir comme l\u2019anthracite, ayant placé à notre portée une bouteille d\u2019excellent porto et deux verres, Perrier commença : \u201cTu te doutes -peut-être de la joie que je dus éprouver, au début de l\u2019année dernière, lorsqu\u2019une lettre m\u2019annonça la prochaine visite de ma cousine Geneviève, de passage en Afrique.et dans mon bled.Je dis de \u201cma\u201d cousine, bien qu\u2019en réalité elles fussent deux.L\u2019aînée seule, en effet, comptait à mes yeux ; l\u2019autre n\u2019ayant dans leur association familiale, que le rôle sans éclat d\u2019une gouvernante qui organise les voyages, prend les billets des bateaux, prépare les étapes, s\u2019occupe des bagages, et, en général, de tous les ennuyeux détails.Cette gouvernante possédait cependant de fort beaux yeux, et un visage qu\u2019aurait trouvé séduisant même le plus primitif des rois nègres.Mais il lui manquait l\u2019auréole de l\u2019intrépidité ! Elle était la première à en convenir, et assurait en riant, ne point distinguer, dans un fusil, le canon de la crosse.Durant le premier repas que mes cousines prirent sous mon toit, Geneviève, avec un brio étincelant, me conta ses toutes dernières aventures.Anne se contentait de l\u2019approuver, se mêlant peu à la conversation, mais toujours avec un à propos et un bon sens que je ne -pus m\u2019abstenir de remarquer.J\u2019étais en cet instant, je l\u2019avoue, un heureux homme, et la soirée qui suivit le dîner me parut l\u2019une des plus courtes de mon existence, des plus agréables aussi, naturellement.Il y avait deux heures environ que nous nous étions séparés pour regagner nos chambres respectives, et la chaleur, particulièrement étouffante en ce mois de janvier, le plus mauvais de l\u2019année, me tenait éveillé, quand mon boy entra, effaré.Ma première pensée fut qu\u2019une Iguane, visiteuse indésirable de notre poulailler, s\u2019y livrait à un massacre dont le bruit avait attiré l\u2019attention de \u201cKossi\u201d.Cela arrivait assez fréquemment, et le concours de mon fusil devenait alors nécessaire.Mais tout de suite, à son air épouvanté, je compris qu\u2019il y avait autre chose.A travers son jargon qu\u2019un grand trouble embrouillait, je finis par démêler ceci: En s\u2019approchant de ses persiennes, Kossi, qui, pas plus que moi, ne dormait, avait incidemment jeté un regard à l\u2019extérieur, et aperçu à trois cents mètres environ de la maison, dans une direction que son bras tremblant m\u2019indiquait.une bête ! Je haussais les épaules.Cependant, excédé par ses exclamations, je finis par me lever, et, après avoir procédé à un habillement sommaire, je déverrouillai la porte de la vérandah et sortis.La nuit était calme, une véritable nuit africaine, embaumée de parfums, transparente et légère comme fumée de cigarette.Sur ma gauche, le village tapi dans son ombre et rassasié de chaleur, dormait lourdement.De ce côté-là, pas un bruit.A droite c\u2019était la brousse silencieuse, inquiétante dans son immobilité, et qui venait mourir, à quelques mètres de mon jardin, dans une cocotteraie pleine de mystère.Ce fut ce dernier point que me désigna Kossi.Et j\u2019aperçus, en effet, très distinctement, presqu\u2019au ras du sol, un regard phosphorescent qui, grâce à l\u2019obscurité environnante, revêtait une expression diabolique.C\u2019était, du reste, tout ce qu\u2019on distinguait de l\u2019animal.Je réfléchis un instant, puis demandai mon fusil.Celui-ci me fut apporté avec une célérité que je n\u2019oserais qualifier d\u2019excessive.Je m\u2019étais assuré de son bon fonctionnement, et venais de le charger, lorsque l\u2019inévitable se produisit.Réveillées par ces allées et venues, le murmure de nos paroles étouffées, Geneviève et Anne apparaissaient sur la vérandah.J\u2019allais à elles aussitôt, m\u2019excusant de cet intermède nocturne, et les mis au courant du voisinage importun.Pour finir, je les priai de ne pas bouger jusqu\u2019à mon retour, et, après avoir adressé à la ronde mon plus rassurant sourire, je me coulai dans le jardin.Me voici donc, avançant avec des ruses d\u2019indien sur la piste, rasant le sol, plus silencieux que l\u2019ombre elle-même.A mesure que j\u2019approchais, je me collais davantage aux buissons qui bordaient le jardin.La lune luisait de toute\t[ Lire In suite page 53 ] MSOÜP\u20ac PRéttK&M CJMM .Faite avec des Tomates Mûries au Soleil RECHERCHEZ L'ÉTIQUETTE ROUGE-ET-BLANC ssübbi LA SOUPE QUE LA PLUPART DES GENS PREFERENT ^ J' Jf\t% t h sr s Des tomates délicieuses et pleines de vitamines, récoltées après que le soleil d\u2019été les a bien mûries sur la plante \u2014 voilà les tomates que les experts en matière d\u2019alimentation ont en vue quand ils disent, \"Il faut des tomates pour la santé.\u201d Ce sont là les tomates employées chez Campbell\u2019s.Elles sont habilement mélangées et assaisonnées d\u2019après une recette exclusive, et avec tout le \"savoir-faire\u201d que, nécessairement, on a acquis après avoir préparé de la Soupe aux Tomates Campbell\u2019s pendant un demi-siècle.Rien d\u2019étonnant donc que la plupart des gens préfèrent cette soupe à toute autre ! Et comme c\u2019est épatant de pouvoir acheter, maintenant, toute la Soupe aux Tomates Campbell\u2019s que l\u2019on veut \u2014 quand on en veut.Gardez-en plusieurs boîtes sur l\u2019étagère de votre dépense.Préparez-la aussi en y ajoutant du lait, afin de pouvoir vous régaler d\u2019une soupe crème de tomates extra-délicieuse et nourrissante.te Voici d\u2019quoi faire un bon repas .Un' soupe exquise.une merveille! SOUPE AUX TOMATES La préférée au Canada Une CAMPBELL\u2019S \u2014 j\u2019vous la conseille Préparée par Campbell's au Canada Li \t Js-VMV et tous deux WMiV//APP Ensemble Skyliner WMSJ/ARP * 14.98 Avez-vous jamais vu un couple plus attrayant.que cet ensemble Skyline d\u2019EVERSHARP?Dessin sobre, élégant profilé! Pince profonde en or, faisant contraste avec un chic plastique! La forte Pointe Magique en or de 14 carats donne du caractère à votre écri- ture, grace a la variété de ses traits .Glisse avec douceur, silencieusement! 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cette compagnie devait plus tard changer de vocable pour devenir Canadian Colonial Airways, en 1930, et enfin Colonial Airlines Inc.le 1er mai 1942.Indépendemment de ce changement de nom, c\u2019est toujours cette même entreprise que nous voyons exploiter une envolée par jour, puis deux, trois, et enfin jusqu\u2019à neuf per jour, dans les deux sens, entre les deux métropoles.Le 15 avril de cette année, la compagnie inaugurait un service Montréal-Washington et un autre entre Ottawa et Washington, au total trois nouvelles envolées par jour dans les deux sens.Le réseau se complète enfin d\u2019envolée entre New-York et Ottawa.En tout et partout, les avions Colonial auront accompli à la fin de 1946 un minimum de 25,000 envolées aller et retour sur le réseau Montréal-New-York seulement, en 18 années d\u2019opérations.Les voyages entre les autres terminus ajouteront quelques centaines d\u2019envolées à cet imposant total.Malgré tout, jamais un seul passager des lignes Colonial n\u2019a perdu la vie ou n\u2019a été blessé depuis 1928.Ceci se passe d\u2019autres commentaires.NOUVEAUX AVIONS CANADIENS Il nous fait plaisir de signaler ce mois-ci l\u2019avènement de deux nouveaux modèles d\u2019avions produits par l\u2019industrie canadienne.Quoique l\u2019un et l\u2019autre aient effectué plusieurs vols d\u2019essai au cours des trois ou quatre derniers mois, il était alors un peu trop tôt pour en discuter les mérites.Les essais étant maintenant suffisamment avancés pour justifier prochainement la \u201ccertification\u201d par le gouvernement des prototypes, nous étudierons brièvement les caractéristiques des deux avions, le Fairchild \u201cHusky\u201d et le De Havilland \u201cChipmunk\u201d.De premier est un transport destiné au service de \u201cbrousse\u201d, aménagé sur demande pour recevoir 8 passagers et deux pilotes ou encore une charge considérable de colis volumineux.Le \u201cHusky\u201d est manufacturé à Montréal.De construction entièrement métallique, et actionné par un moteur Pratt & Whitney de 450 c.v., il se vendra environ $39,000.L\u2019usine Fairchild produira un avion de cette série chaque semaine.De la catégorie du \u201cNorseman\u201d, auquel il ressemble notablement, le \u201cHusky\u201d aurait une performance assez semblable.Il se distingue cependant par sa construction où n\u2019entrent ni bois ni entoillage.Son envergure est de 54\u20199\u201d et sa longueur d\u2019environ 34 pieds, l\u2019équivalent du \u201cNorseman\u201d Le \u201cHusky\u201d est cependant facile à identifier par le rétrécissement très brusque du fuselage à la hauteur de la dérive.Pour un même volume et un même poids de la structure du fuselage, on a voulu accorder le plus d\u2019espace possible pour la charge utile de l\u2019avion, d\u2019où ce curieux dessin de cette section du carénage.\t.\t.\t,\t,\t, Le \u201cChipmunk\u201d, ou DHC-1, est un avion d entrainement ou de tourisme nonvant loger deux passagers seulement, dont un pilote.Cet appareil appartient àTa célèbre farnme De Havilland qui a dessiné le \u201cMosquito\u201d, le \u201cTiger Moth\u201d et nombre d\u2019autres avions connus dans le monde entier.Cette compagnie possédé des usines dans chaque dominion britannique et en Angleterre Chaque usine produit un modèle particulier qui est distribue simultanément par toutes les autres agences De Havilland.Le \u201cChipmunk\u201d est donc fabrique au Canada, près de Toronto, et sera vendu dans tous les pays de 1 Empire.De construction métallique, le \u201cChipmunk\u201d ressemble a un avion de combat Il est muni d\u2019un moteur Gypsy Major et tient une vitesse de croisière de 127 m p m II peut parcourir une distance de 540 milles sans arret.Son envergure esfd\u201c' 34-4\u201d Désirant mettre sur le marché un appareil [Lire la suite page 28] termes Johns»\" f «à mont/ei Pincez-moi, dis-je, je dois rêver / \" Il n\u2019est pas facile de le linoléum.Toutefois, , par l\u2019image, à quel point Glo-Coat sait embellir et protéger photographe renommé, John Paul Pennebaker, a récemment pris cette photo d\u2019un plancher dont une moitié seulement avait été cirée.Quel contraste! A son avis\u2014c\u2019est aussi le nôtre\u2014cette photo réussit vraiment à prouver à quel point Glo-Coat protège et rehausse l\u2019éclat d\u2019un plancher de cuisine.Regardez de nouveau.Vous comprenez maintenant pourquoi cette jeune femme croyait être le jouet d\u2019un rêve.L\u2019emploi régulier du Glo-Coat embellit vos planchers, conserve aux dessins et aux couleurs de votre linoléum l\u2019éclat du neuf.Glo-Coat produit une couche de cire résistante qui protège le linoléum et en prolonge la durée.Toute éclaboussure s\u2019essuie en un clin d\u2019oeil.Glo-Coat vous épargne aussi des heures de travail car il n\u2019exige ni frottage ni polissage.Il suffit de l\u2019appliquer tout simplement: il brille en séchant.Faites-en l\u2019essai .et vous saurez par expérience pourquoi plus de femmes emploient le Self Polishing Glo-Coat Johnson de préférence à toute autre cire à plancher.vous divertir, écoutez Fibber ¦ f* ^J McGee et Molly le mardi soir à CBM Cinq Fameux Produits Johnson CIRE GLO-COAT SANS FROTTAGE \u2022 CIRE EN PATE \u2022 CIRE LIQUIDE \u2022 CIRE EN CREME CARNU POUR AUTOMOBILES S.C.Johnson & Son, Limited, Brantford, Ontario AVEZ-VOUS ESSAYÉ LE POLI À MEUBLES (CREAM WAX) JOHNSON?Une vraie merveille! La Cire Johnson, sous sa plus nouvelle forme, le Poli à Meubles (Cream Wax), nettoie et polit en même temps! Protège autant que la cire! Incomparable pour meubles, boiseries, ustensiles de cuisine.Faites-en l\u2019essai! 14 Le Samedi, Montréal.23 novembre 1940 La meilleure des fumeuses voitures \"trait d'argent éüSè a; R ins d'un tniiUnn dv proprit>1airi>s pins d'un miiiinn d'amis.r* moiiiriT i.v «.¦\t>iot»us Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 15 Dans le \" 1 Sportif PAR OSCAR MAJOR GERARD COTE Il serait conforme à la plus élémentaire justice que Gérard Côté, le meilleur marathonien que le Canada ait eu depuis toujours, celui qui fut à la peine à courir des marathons de 26 milles 385 verges en représentant dignement le Canada et la Province de Québec, fut aussi à l\u2019honneur, à une période où ses jambes qui vieillissent n\u2019obéiront plus à sa volonté inébranlable.Gérard Côté a toujours pour la course à pied sur longue distance les yeux que Rodrigue avait pour Chimène, épouse du Cid immortalisée par Corneille.Nous ne connaissons pas d\u2019exemple plus beau d\u2019enthousiasme sportif que la passion de Côté pour la course à pied de longue haleine.C\u2019est, d\u2019ailleurs, son vœu le plus cher de pouvoir remporter les honneurs du marathon des prochains Jeux Olympiques de 1948.C\u2019est aussi le vœu de la très grande majorité des sportifs du Canada.Et après ?Que retirera-t-il après avoir obtenu tous les honneurs ?Des coupes et des médailles, comme ce fut le cas depuis une douzaine d\u2019années ! Mais ça ne nourrit pas son homme.Nos gouvernants fédéraux, n\u2019est ce pas, devraient récompenser, d\u2019une manière tangible, la brillante tenue de Gérard Côté en lui assurant son existence, non pas par l\u2019octroi d\u2019un montant d\u2019argent, mais bien en lui procurant une place permanente dans le rouage du ministère fédéral.On agit ainsi, très souvent, à l\u2019endroit de plusieurs organisateurs d\u2019élection.On pourrait, sans redouter les rigueurs d\u2019un formalisme administratif habitué à compliquer les choses les plus simples, rendre cet hommage mérité à Gérard Côté.Incidemment, aux Indes, les maharadjhas assurent l\u2019existence de leurs lutteurs favoris, qui sont considérés presque comme des demi-dieux.Nous ne voulons pas faire de Gérard Côté, à qui la foi et l\u2019enthousiasme ne font pas défaut, un demi-dieu.Nous tenons, simplement, à ce qu\u2019il ait tout le mérite qui lui revient, après avoir cotÿ-u pour rien, toute sa vie.Les hommes d\u2019Etat qui ont charge de veiller sur l\u2019avenir du pays, sur l\u2019avenir physique de notre jeunesse, ont le devoir impérieux de lui procurer, le plus rapidement possible, une excellente position qu\u2019il sera capable de remplir avec efficacité.Et s\u2019ils n\u2019agissent pas ainsi, ils nous laisseront croire qu\u2019ils ignorent tout du mouvement sportif actuel, qu\u2019ils ne savent pas apprécier la belle et large œuvre de propagande et de diffusion sportive que Côté a réalisée, en l\u2019espace de quelques années.JEAN-PIERRE ROT, A gauche, lanceur des Royaux de Montréal, converse amicalement avec l'un de ses anciens co-équipiers, HUGH CASEY, lanceur des Dodgers de Brooklyn.Jean-Pierre, durant l\u2019hiver, représente la compagnie d'assurances Excelsior.Récemment, il reçut une offre alléchante pour lancer à La Havane.Il reste Indécis, car tous les joueurs de baseball professionnels qui se joignent à cette ligue sont rayés des cadres du baseball organisé, corme l\u2019est présentement le lanceur Paul Calvert, des Orioles de Baltimore, qui lancera pour un c'ub de la Ligue Provinciale, l\u2019an prochain, à raison d\u2019un bon salaire.UN MERLE BLANC DANS NOS MURS ! \u2014 Bonjour, Kid.\u2014 Bonjour, monsieur.\u2014 Alors, ce combat de Boston, tu n\u2019as pas eu de veine ! \u2014 J\u2019étais allé là-bas tout seul, ce n\u2019est pas gai.\u2014 Sans doute, mais, dans l\u2019arène, tu as trouvé à qui parler ?\u2014 Ce Jack, vous savez, c\u2019était quelqu\u2019un.Il avait vaincu plusieurs bons boxeurs.\u2014 Compliments, Kid ! Tu choisis bien tes adversaires.\u2014- Il fut épatant ! Il faut voir travailler ce boxeur gaucher.C\u2019est un mouvement perpétuel.Il boxe vite, bien en ligne.Puis il frappe en St-Sirop de Cadenas, je ne vous dis que ça ! \u2014 Il t\u2019a donc battu aux points ! \u2014 Non, par mise hors de combat en quatre rondes.\u2014 Un coup heureux, peut-être ?\u2014 Pas du tout, je n\u2019ai pas vu venir son dernier contre du gauche, qui était de toute beauté .\u2014 A se mettre à genoux devant, quoi ! \u2014 Vous l\u2019avez dit.\u2014 Je comprends qu\u2019il t\u2019a surpris quelque peu.\u2014 Pas précisément, parce que ce Jack m\u2019avait donné un avertissement.Oui, il m\u2019avait fait priser la vigueur de son punch, à la troisième ronde.Sous le coup, mes lèvres s\u2019épanouirent en quatre pétales écarlates.J\u2019ai essayé de lui rendre la monnaie.Seulement, par discrétion, j\u2019aspirais mon sang, je ne voulais pas cracher dans l\u2019arène.J\u2019ai été trop bien élevé pour cela.Alors, Jack, qui a un coup d\u2019œil à nul autre pareil, m\u2019a porté une nouvelle gauche au même endroit.Je suis tombé au carreau et l\u2019arbitre m\u2019a compté.\u2014 C\u2019est fâcheux, Kid ! \u2014 Enfin, c\u2019est régulier.Comme je voudrais rencontrer ce Jack au Forum ! Je le boxerais pour rien, sous la tutelle du promoteur Raoul Godbout, qui vient de se remarier ! Oui, pour rien, parce que ça ferait un beau combat et ça serait, en même temps, mon cadeau de- noces 1.\u2014 Malheureux ! Si ton gérant t\u2019entendait ! \u2014 Je n\u2019ai pas de gérant.Voilà un langage étonnant, un singulier personnage, le seul merle blanc que nous possédons actuellement ! CHOSES ET AUTRES ¦ Tout ne semble pas rose au sein de l\u2019Association Provinciale de Baseball Amateur.Bon nombre d\u2019organisateurs et de propriétaires de clubs se détachent de la férule d\u2019un nommé Gaston Nolet, qui s\u2019évertue à vendre des articles sportifs, parfois au détriment du baseball supposé amateur.Nous qui pensions que ces microbes de l\u2019amateurisme étaient relégués à la poussière d\u2019une maison inhabitée depuis plusieurs années !.Quand se décidera-t-on à former une Association Provinciale de Baseball Indépendante, où les nullités et les gens sans scrupule seront mis à la raison ?On nous affirme que cette idée est à l\u2019état de projet.EfJX.Mi GERARD BRAIS, 117 livres, 5 pieds 1 pouce, 33 ans, barbier de la rue Amherst, est un fervent adepte des poidû et haltères qui peut lever un poids de 185 livres d'une seule r ain, sans trop de misère .Bien des gens prétendent qu'il n'est pas nécessaire de développer les muscles au delà de ce qu\u2019exigent les mouvements et les actions de la vie courante.C\u2019est une grande erreur, fort répandue d'ailleurs.Les muscles ont à remplir un rôle vital essentiel, qui est de consommer, de brûler tous les maé-riaux nutritifs introduits dans notre organisme.On voit donc que ce n'est pas uniquement pour s'enorgueillir de sa force et remporter des trio phes sportifs qu\u2019il faut développer ses muscles et les soumettre à un exercice régulier .Un sys'ème musculaire infiltré de graisse se tire fort r.al de son rôle nutritif.Il nous laisse sans force d'assimilation.Il nous abandonne à l'obésité, au gros ventre, à toutes les déchéances physiques .Se faire de beaux muscles, bien entraînés, acquérir par l'exercice des bras solides, c'est entrer en possession des meilleures machines qui soient pour entretenir la santé.C\u2019est ce qu'a fait ce barbier montréalais, et il ne s'en plaint pas, loin de là I Photo G.Desmarais H Pour ceux qui s\u2019intéressent aux statistiques, disons que Eddie Robinson, du Baltimore, et John McHale, du Buffalo, furent les deux seuls joueurs de la Ligue Internationale qui réussirent à cogner, la saison dernière, des coups de circuit dans tous les parcs du circuit du président Frank Shaughnessy.Léo Kid Roy, ancien champion boxeur du Canada, habite maintenant Montréal.Il est à l\u2019emploi de Jules Racicot, ex-promoteur de boxe, propriétaire du Café Jamaica .L\u2019autre jour, Frank Selke, gérant-général du Forum, demanda au dévoué secrétaire Art Cayford un billet de $100 pour payer un jeune joueur de hockey \u201camateur\u201d.Pourquoi ne raye-t-on pas ce mot des cadres du sport, une fois pour toutes ?B Sans tomber dans l\u2019exagération, disons qu\u2019il en coûte aux propriétaires des clubs des ligues majeures un peu plus de $160,000 par saison pour les balles.Roland Gladu, qui joue à La Havane, durant la saison d\u2019hiver, a frappé trois coups de circuit, au cours de la première semaine qu\u2019il évolua sur les terrains de baseball cubains.SÜ Tl s/ FRANK EDDOLS.Intel-ligent joueur de défense des Canadiens, se distingue plus particulièrement sur les glaces étrangères.Quoiqu'il ne soit pas un costaud comme arrière-garde, il sait appliquer de bons coups d'épaule aux adversaires, égarés dans son territoire.Photo Conrad Poirier.54 16 Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 ONDINE D'AMOUR [ Suite de la découvert sa liaison.Il ne se doutera de rien.Et demain ou un peu plus tard, lorsque la chose sera bien au point, puisqu\u2019il s\u2019intéresse à mes affaires et qu\u2019il sait que, dans quelques années, il sera mon associé avant d\u2019être mon successeur, je l\u2019enverrai visiter nos comptoirs en Indo-Chine.Au besoin, je le chargerai d\u2019en monter d\u2019autres et de les mettre au point.Cela lui demandera plus d\u2019un an d\u2019absence.Quel est l\u2019amour qui résiste à une si longue séparation ?\u2014 Jack est un cœur très fidèle, mon ami, soupira Mme Pannetier.\u2014 Jack, oui, mais l\u2019autre ?\u2014 Tu crois que ?.\u2014 Je suis né avant Jack, ma petite amie.J\u2019ai été jeune, moi aussi.Avant notre mariage, j\u2019ai eu des aventures qui devaient durer toute la vie et qui étaient terminées au bout de quelques semaines par un chagrin étemel qui ne résistait pas à un nouveau minois ou à un voyage que m\u2019envoyait faire mon père.\u2014 Alors, demanda sa femme toute pâle, si nous avions été séparés, tu m\u2019aurais vite oubliée ?\u2014 Oh ! s\u2019indigna le père de Jack, tu ne vas pas comparer ces femmes à l\u2019amour facile et la femme que l\u2019on choisit pour vivre toute sa vie ?Celle qui vous donne des enfants ?Celle que l\u2019on a respecté ?C\u2019est justement pour éviter à Jack de regretter plus tard un mariage fait sur un coup de tête avec une femme qui n\u2019est pas de notre monde, que je veux tuer le poussin dans l\u2019œuf, que je veux étouffer cet amour avant qu\u2019il ne soit devenu un géant contre lequel je ne pourrai plus rien.\u2014 H me semble, insista Mme Pannetier, qu\u2019en parlant à Jack en homme .\u2014 J\u2019ai dit non, trancha le père du pauvre amoureux.Je ferai comme je l\u2019ai dit.\u2014 As-tu pensé à la douleur de la séparation, mon ami ?\u2014 Est-ce que tu les plaindrais, maintenant ?s\u2019étonna M.Pannetier.Ce serait le comble ! \u2014 Je te demande pardon, ce n\u2019est pas d\u2019eux que je parle pour le moment, c\u2019est de moi et de mon fils.\u2014 H faut te raisonner et te dire que les enfants ne sont pas faits pour ne jamais quitter leurs parents.Le jour où il sera marié, et je compte bien que cela se fera dans un an ou deux avec la femme que je choisirai pour lui, Jack te quittera encore bien davantage.Une clé dans la serrure interrompit la conversation des parents de Jack, car le jeune homme rentrait comme chaque soir vers onze heures, après avoir reconduit celle qu\u2019il aimait chez elle.\u2014 Pas encore couchés ?s\u2019étonna-t-il en entrant au salon sous la porte duquel il avait vu filtrer de la lumière.\u2014 Il est donc si tard ?s\u2019étonna Mme Pannetier.\u2014 Qu\u2019est-ce que tu as, maman ?s\u2019inquiéta le jeune homme.Tu as le visage complètement retourné.\u2014 Rien, mon chéri.Un peu de migraine.Une bonne nuit et il n y paraîtra plus.Elle se leva pour se sauver dans sa chambre, car elle sentait les larmes près de ses yeux et elle avait peur que la présence si chère de ce grand fils qu elle adorait fît déborder le trop-plein de son cœur.Elle l\u2019enveloppa d\u2019un long regard de tendresse et pensa que la volonté de son mari était telle qu\u2019elle n\u2019aurait plus bien longtemps la joie de déposer sur le front de son grand enfant le baiser de chaque jour.Elle s\u2019en alla, les épaules courbées, le front las.\u2014 Mère ne me cache rien ?demanda Jack à son père.Je la trouve bizarre.\u2014 Mais non, assura M.Pannetier.Elle est un peu soucieuse, sans doute parce que nous avons parlé affaires cç soir et que j\u2019ai eu tort de la mettre au courant des soucis que me donnent mes comptoirs d\u2019Indochine.Le jeune homme regarda son père avec étonnement.\u2014 Qu\u2019est-ce qui ne va pas, là-bas ?s\u2019informa-t-il.\u2014 Beaucoup de choses.Il faudrait un peu plus de surveillance.Il y a du gaspillage .du coulage.Et puis les comptoirs sont insuffisants, maintenant, avec la reprise des affaires.\u2014 Pourquoi ne m\u2019as-tu pas parlé de tout cela plus tôt ?demanda Jack.On pourrait envoyer là-bas .Il n\u2019acheva pas sa phrase.M.Pannetier, qui était l\u2019homme des décisions promptes, s\u2019écria : \u2014 Toi, parbleu.Il n\u2019y a que toi qui puisses remettre un peu d\u2019ordre et surtout procéder à l\u2019organisation des nouvelles installations.Je pense qu\u2019à ton âge un voyage là-bas n\u2019est pas pour te déplaire ?Jack était devenue très pâle.\u2014 Non, certes, déclara-t-il, la voix blanche.Je pourrai partir d\u2019ici quelques semaines, le temps de .Il allait dire de me marier, mais son père, une fois de plus, ne lui laissa pas le temps de réaliser sa pensée.\u2014 J\u2019entends que tu partes au plus tôt.Demain si c\u2019est possible.J\u2019ai pris toutes mes dispositions.Jack avait une qualité énorme.Il était d\u2019une franchise admirable et il comprit tout de suite que son père avait dû découvrir sa liaison avec Brigitte et qu\u2019il voulait l\u2019éloigner de la jeune fille.Il décida de brusquer les choses, lui aussi, et d\u2019avouer son amour à son père.\u2014 Je partirai, lui dit-il, mais pas avant de m\u2019être marié avec la femme page 9] que j\u2019aime.Comme je présume que le séjour là-bas sera de très longue durée, je ne veux pas y aller seul.\u2014\tTu.aimes une jeune fille ?feignit de s\u2019étonner M.Pannetier., \u2014\tOui, mon père, et vous ne l\u2019ignorez pas.Je devine que c\u2019est justement pour m\u2019éloigner d\u2019elle que vous me proposez ce long voyage.Je tiens à vous dire que la jeune fille que je veux épouser est digne de mon amour, et que, si elle n\u2019est pas fortunée, puisqu\u2019elle est obligée de travailler pour vivre et faire vivre sa grand-mère, elle est parfaitement sage.\u2014 Tu appelles travail, repartit M.Pannetier, s\u2019exhiber chaque soir pendant une demi-heure presque nue devant un public qui peut même la frôler, lorsqu\u2019elle fait le tour de la piste.\u2014 Je vois que vous êtes bien renseigné, mon père.Oui, Brigitte travaille et si elle a choisi ce métier dur du cirque et du music-hall, c\u2019est justement parce qu\u2019il lui permet de gagner sa vie tout en ayant beaucoup de temps libre.\u2014 Qu\u2019elle emploie à flirter avec des jeunes gens de bonne famille jusqu au jour où elle trouvera le bon dadais qui l\u2019épousera ?\u2014 Elle l\u2019emploie à soigner sa vieille aïeule qui est presque entièrement paralysée.C\u2019est comme si elle avait un enfant.Si, le soir et en matinée, elle s\u2019exhibe, comme vous le dites, dans la journée elle demeure auprès du fauteuil roulant, le front penché sur des ouvrages de couture que lui donne une maison de confections.C\u2019est dur pour une jeune fille qui est honnête, de vivre et de faire vivre avec son seul travail.Brigitte a d\u2019abord fait de la natation pour son plaisir, et puis, un jour, l\u2019idée lui est venue, voyant qu\u2019elle ne pouvait donner à sa grand-mère que de pauvres soins sans luxe et sans confort, de s\u2019engager dans une troupe.Encore fallait-il qu\u2019elle exigeât que la troupe ne travaillerait avec elle qu\u2019à Paris ou en banlieue.Lorsque la province l\u2019appelle, Brigitte abandonne ses amis, ainsi qu\u2019elle appelle la troupe de nains, et, pendant ce temps, elle nest pas payée.___j\u2019ai pris tous mes renseignements sur cette jeune fille.Tu sais comment est mort son père ?\u2014\tQue m\u2019importe ?___U s\u2019est suicidé après avoir fait de mauvaises affaires.\u2014\tBrigitte en est-elle cause et est-ce pour cela qu\u2019elle n\u2019a pas le droit d\u2019être heureuse ?Et puis, mon père, je lui ai donné ma parole de l\u2019épouser, et ma parole, c\u2019est sacré.Il fallait être très adroit avec Jack, et M.Pannetier le savait.N\u2019était-ce pas ce qu\u2019il redoutait le plus de le buter ?Mais puisque les faits étaient là, et que la conversation avait amené l\u2019aveu sur les lèvres du jeune homme, il fallait jouer au plus fort.M.Pannetier poursuivit : \u2014\tPuisque tu prétends aimer cette jeune fille, dit-il à Jacques, je suppose que ton amour durera très longtemps ?\u2014 Toute la vie ! \u2014 Eh bien, je vais te demander un sacrifice, mon enfant.\u2014 Lequel, mon père ?\u2014 Tu vas partir seul en Indochine.Je ne te demande pas de rompre avec celle que tu aimes.Je te demande de t\u2019en séparer.D\u2019abord, tu n\u2019as pas réfléchi qu\u2019elle ne pourrait te suivre, ayant cette grand-mère à soigner.D\u2019ici un an, un an et demi, bien des choses peuvent se passer.Si, lorsque tu reviendras, tu es dans les mêmes dispositions à son égard.Si, d\u2019autre part, elle est également toujours disposée à t\u2019épouser, et si, bien entendu, pendant ton absence, elle demeure sérieuse, alors je ne te refuserai pas mon consentement.Mais je te préviens que je la ferai surveiller très étroitement et que s\u2019il y a la moindre des choses de suspect dans sa vie, je te le ferai savoir immédiatement avec preuves à l\u2019appui.\u2014 Je vous remercie, mon père, de la confiance que vous me témoignez.Je crois que, dans un an, nous pourrons reprendre cette conversation où nous l\u2019avons laissée, et qu\u2019alors je pourrai vous présenter Brigitte.M.Pannetier se contenta d\u2019esquisser un léger sourire plein de doute.Il attira son fils à lui et déposa un tendre baiser sur son front.\u2014 Bonsoir, mon enfant, va dormir et dès demain prépare tes affaires pour t\u2019embarquer au plus tard après-demain à Marseille.Il vaut mieux que la séparation.d\u2019avec ta maman se fasse brutalement.Ce sera moins douloureux.Ill \u2014 L\u2019ADIEU Qu\u2019est-ce que j\u2019ai donc ce soir ?se demanda Brigitte en sortant de sa loge, enveloppée dans son peignoir.J\u2019éprouve comme une angoisse.Je puis à pleine respirer.Pourvu que je ne tombe pas malade ?Ses amis, les nains, la rejoignirent sous la piste où, par un adroit stratagème, les nageurs passaient sous l\u2019eau pour ressortir dans l\u2019enceinte du cirque.Us l\u2019entraînèrent en la prenant par la main, comme si c\u2019était un jeu, et la jeune fille les suivit, oubliant l\u2019étrange impression qu\u2019elle avait ressentie toute la journée.Son premier regard fut pour le fauteuil qu\u2019occupait Jack chaque soir et, pour la seconde fois depuis qu\u2019ils se connaissaient, elle s\u2019aperçut qu\u2019il était vide.Quand elle regagna sa loge pour se vêtir, elle tenta de se raisonner.\u2014 Jack a pu être retenu au dernier moment, pensa-t-elle.Ou bien il se sera décidé à parler de nos projets à ses parents et la discussion se sera éternisée.Il est peut-être devant la sortie à L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 8\t6\t3\t7\t2\t5\t6\t4\t7\t3\t5\t6\t2\t8\t5\t4 H\tV\tP\tV\tR\tP\t0\tP\t0\tR\tR\tT\tI\tA\tO\tR 8\t4\t7\t3\t6\t5\t8\t2\t6\t5\t4\t7\t6\t3\t5\t7 P\tO\tE\tO\tR\tG\tP\tE\tE\tR\tF\tU\tB\tM\tE\tE 8\t5\t8\t2\t6\t4\t7\t3\t5\t4\t6\t2\t8\t6\t3\t5 0\tS\tR\tN\tU\tI\tX\tE\tD\tT\tD\tD\tT\tG\tS\tA 8\t5\t3\t6\t4\t8\t2\t5\t6\t3\t8\t4\t5\t2\t6\t3 F\tN\tS\tE\tI\tA\tA\tS\tT\tE\tV\tN\tV\tN\tE\tS 6\t5\t3\t6\t2\t8\t4\t5\t6\t2\t7\t5\t3\t6\t4\t7 S\tO\tD\tT\t0\t0\tE\tT\tS\tR\tA\tR\tA\tU\tS\tU 6\t5\t3\t6\t5\t4\t7\t3\t6\t2\t8\t4\t6\t3\t8\t5 R\tE\tM\tC\tS\tP\tC\tI\tH\tM\tR\tE\tA\tT\tA\tA 8\t4\t6\t2\t7\t5\t3\t6\t4\t8\t3\t5\t6\t2\t8\t5 B\tR\tR\tA\tE\tN\tI\tG\tE\tL\tE\tT\tE\tL\tE\tE Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre ohiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller.King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 17 m\u2019attendre avec sa voiture.Je suis sotte de me faire tant de mauvais sang.Tout à l\u2019heure il sera près de moi, les lèvres pleines de tendres excuses.Un baiser nous réconciliera, bien que nous ne soyons pas fâchés.Brigitte descendit l\u2019escalier étroit à toute vitesse et s\u2019immobilisa sur le trottoir dès qu\u2019elle fut dehors, cherchant en vain le cabriolet de Jack.\u2014 Oh ! balbutia-t-elle, il n\u2019y est pas ! Elle attendit quelques instants, impatiente de voir paraître le jeune homme, puis, l\u2019heure passant, elle se décida à descendre dans le Métro pour regagner sa demeure.Pourvu qu\u2019il ne soit pas malade ! pensa-t-elle.Comme ça va être long d\u2019attendre à demain ! Elle arriva chez elle, de moins en moins rassurée, et sous la porte de sa demeure elle aperçut un pneumatique que l\u2019on avait glissé.\u2014 Ah ! soupira-t-elle, c\u2019est certainement les excuses de Jack.Elle n\u2019ouvrit pas tout de suite la lettre, Gar sa grand-mère l\u2019appelait doucement de son lit.Elle la cacha dans son sac et se rendit au chevet de la vieille dame.\u2014 Comment, dit-elle d\u2019un ton fâché, grand-mère ne dort pas ?Comme c\u2019est vilain ! La jeune fille fit boire l\u2019infirme, la cala commodément dans ses oreillers et la quitta après l\u2019avoir embrassée sur le front.\u2014 Vous m\u2019appellerez, si vous êtes souffrante, n\u2019est-ce pas ?recommanda-t-elle.\u2014 Maintenant que tu es là, je vais dormir d\u2019une seule traite.Le sommeil me prend, ma chérie.Brigitte avait hâte d\u2019être dans sa chambre, seule, avec ses pensées, et de lire la lettre du bien-aimé.Fébrilement, elle la décacheta et la lut.A mesure qu\u2019elle avançait dans cette lecture, ses traits s\u2019altéraient étrangement et ses mains tremblaient épouvantablement.\u2014 Oh ! fit-elle en s\u2019écroulant sur une chaise, il est parti.\t\u2022 Elle relut l\u2019écriture serrée, les deux longues pages dans lesquelles Jack avait dit tout ce qu\u2019il avait à dire à cette petite fille qu\u2019il adorait et à qui il jurait une fois de plus fidélité et amour.« Je veux, ma bien-aimée, en agissant ainsi et en partant immédiatement, que, dans quelques mois, ce soit mon père qui me dise lui-même que je peux t\u2019épouser.Tu connais papa, puisque je t\u2019en ai parlé si souvent.Nous avons le même caractère buté.Ni lui ni moi ne cédons jamais.Il m\u2019a demandé l\u2019épreuve de la séparation pour te donner à moi sans réserve, je l\u2019ai acceptée.« Ma petite fille chérie, j\u2019ai bien hésité avant de t\u2019écrire cette lettre.Allais-je décider mon départ pour demain seulement et venir te voir une dernière fois au cirque ?« J\u2019ai pensé que, pour nous deux, une lettre valait mieux qu\u2019une explication, qu\u2019une ultime entrevue où notre courage aurait peut-être faibli.« Je t\u2019aime, Brigitte, et tu n\u2019en as jamais douté.« Tu m\u2019aimes et je sais que tu me resteras fidèle.« El faut être très raisonnable, ma poupée, ne pas pleurer,'ne pas te lamenter et te dire que les jours passent très vite malgré la cruelle séparation et que.demain est vite là.Un jour, nous serons réunis, et ce sera cette fois pour ne plus nous quitter.« Ce qui me fait le plus de peine c\u2019est que, ce soir, tu verras mon fauteuil inoccupé au cirque et que, jusqu\u2019à ce que tu sois rentrée chez toi, tu te demanderas pourquoi je ne suis pas venu.« Demain, on louera le fauteuil à un autre spectateur.Je voudrais que ce soit à un monsieur très laid, très vieux.Si c était un jeune homme, je serais jaloux.« Je veux que tu me dises qui y prend place, tu entends ?Et ne mens pas, surtout ! « Adieu, mon amour, le temps presse.Mon train est dans quelques quarts d heure.« Paris est 1 affreux, la nuit, quand on a beaucoup de chagrin.Les valises dans la chambre sont d\u2019un effet désastreux.,« Je t\u2019embrasse tendrement, ma fiancee cherie.Attends de mes nouvelles et mon adresse pour m\u2019écrire.« Mes levres sur les tiennes.« A toi pour toujours.« Jack Pannetier.» Longtemps, très longtemps, Brigitte demeura sur sa chaise, le front bas, le regard fixé sur le tapis de sa chambre.Elle entendait en elle-même le vrombissement du train qui emportait son bien-armé loin d\u2019elle.Elle se le représentait, enfoncé farouchement dans le coin de son compartiment, le feutre rabattu sur les yeux, sa pensée vers elle.Elle poussa un grand soupir et releva la tête.Puisqu\u2019il a fait preuve de tant de courage de partir sans me revoir, vais-je en avoir moins que lui ?pensa-t-elle.Moi aussi je serai forte.J\u2019ai confiance en lui, et puisque nous penserons intensément l\u2019un à l\u2019autre, nous ne serons pas complètement séparés.Elle serra la triste lettre dans un coin de son armoire et se mit au lit.Si elle ne dormit guère, cette nuit-là, du moms puisa-t-elle dans la réflexion la sagesse de demeurer calme devant lepreuve qui l\u2019atteignait.Maintenant, la petite amie de Jack vivait en attendant la première lettre, 1 adresse où pouvoir écrire au bien-aimé.Elle vint trois jours plus tard, pas très longue, mais combien affectueuse et pleine de réconfort et de courage.Le même soir Brigitte répondit à Jack.Elle rentrait du cirque et longtemps elle fut penchée sur les feuilles qui se succédaient sous sa plume agile.Que de tendresse dans cette réponse ! Que de résignation aussi ! « Je t\u2019attendrai tant qu\u2019il faudra, mon amour, écrivait-elle.Je ne vis plus maintenant que dans l\u2019attente du beau jour qui nous réunira.Si lointain soit-il, il viendra tout de même et il sera d autant plus beau que nous l\u2019aurons attendu plus longtemps.« Vilain jaloux qui veut savoir quels sont les yeux qui me regardent du fauteuil occupé si longtemps par toi.« Premier jour, une petite fille ravissante.« Deuxième jour, une jeune femme.« Troisième jour, un vieux monsieur très bien.« Ce soir ?.« Tu vois, mon amour, rien de compromettant, mais tous trois m\u2019ont beaucoup applaudie.« Grand-mère tousse beaucoup.Elle m\u2019inquiète.Il faudra que je fasse revenir le docteur.Dès que le temps est humide, elle me fait de la fièvre.Ah ! que c\u2019est triste de voir vieillir ceux que l\u2019on aime ! » Suivaient encore beaucoup de tendresse, des menus détails de la vie quotidienne qui n\u2019intéressent que les amoureux qui vivent près l\u2019un de l\u2019autre par la pensée.Jack, en recevant la lettre, la lut dix fois, vingt fois, et finit par la savoir par cœur.Pour Brigitte la vie continuait, calme et tranquille, puisqu\u2019elle était assurée d\u2019un bon travail au cirque jusqu\u2019à la saison d\u2019été qui marquerait la fermeture de l\u2019établissement.EVELYN KEYES ET LARRY PARKS, VEDETTES DANS \"THE JOLSON STORY\", NOUVELLE PRODUCTION EN COULEUR DE COLUMBIA ¦¦¦¦ é ^ * w * '»¦.~\t: : ' f.y, \u201c infiniment douces, ses Mains \u201d IRRESISTIBLES, SI FEMININES ! Vos mains aussi le seront avec la simple méthode d\u2019Evelyn Keyes \u2014 la Lotion Jergens.7 sur 8 Vedettes emploient la Lotion Jergens.PERFECTIONNEE MAINTENANT.La Lotion Jergens est encore meilleure depuis les découvertes de guerre.Les femmes en sont ravies.\"Mes mains sont plus douces, plus lisses\"; disent-elles après son emploi, \"Protège les mains plus longtemps\".Bien sur! 2 ingredients que bien des médecins emploient pour la peau entrent dans cette Lotion d\u2019après-guerre.Reste toujours de 100 à $1.00.Soulage immédiatement les gerçures.Son emploi régulier empêche cette misère.Délicieuse! Rien de gras; ne colle pas.Pour les Mains les plus Douces et Adorables, prenez la LOTION JERGENS Plus efficace que jamais-grâce aux recherches de guerre (Fabrication Canadienne) 18 Le succès du numéro était tel qu\u2019on avait renouvelé son engagement, à la direction du cirque.Tout souci matériel était donc écarté pour la jeune fille.Quelques jours plus tard, l\u2019état de sa grand-mère ayant empiré, elle fit venir le docteur.Après examen de la maladie, il dit à Brigitte qui l\u2019interrogeait, anxieuse : ¦\u2014Le coffre est bon.Si vous pouviez fuir cet abominable Paris et conduire votre grand-mère dans un climat sain et régulier comme température, je vous garantirais encore dix ans de bon pour Mme Lemercier.\u2014 Et si je reste à Paris, docteur ?\u2014 Je ne réponds pas d\u2019une crise cardiaque ou d\u2019un refroidissement qui, à son âge, peut être fatal.Pour la première fois de sa vie, Brigitte comprit combien l\u2019argent est un élément formidable, puisqu\u2019il permet de soigner ceux que l\u2019on aime, voire de les guérir.Hélas ! pouvait-elle songer à quitter Paris où elle avait son travail ?Dans une autre ville, où elle ne connaîtrait personne, elle ne pourrait pas gagner sa vie et celle de sa grand-mère.Eile en voulut à ses parents d\u2019avoir dilapidé leur fortune.Elle en voulut au destin de l\u2019avoir séparée de Jack qui était riche et aurait pu lui venir en aide, une fois devenu son mari.IV \u2014 LE COURRIER eux lettres pour vous, mademoiselle Lemercier.Brigitte prit son courrier des mains de la concierge et monta rapidement ses étages, car sur l\u2019une des enveloppes, elle avait reconnu l\u2019écriture de Jack.Elle l\u2019ouvrit avidement, sans même s\u2019inquiéter de la seconde, qu\u2019elle jeta négligemment sur sa table.Que d\u2019amour elle contenait, cette lettre venue de si loin ! Six mois déjà que le jeune homme était parti.Six mois qu\u2019ils étaient séparés, et le ton des épîtres échangées n\u2019avait pas varié.L\u2019été avait passé.Brigitte avait trouvé un autre engagement dans un music-hall, seule, cette fois.Ses anciens amis les nains faisaient une tournée autour du monde et elle n\u2019a' ait pu les suivre.Ç\u2019avait été un crève-cœur, car ils devaient aller en Indochine, et certainement, si elle était partie avec eux, elle aurait revu Jack.Sa grand-mère avait passé un été médiocre, mais, depuis les premiers brouillards, le docteur ne cessait de répéter à Brigitte qu\u2019il entrevoyait le pire pour l\u2019hiver qui s\u2019annonçait rude et humide.Il le lui avait encore dit le matin, et la jeune fille était désolée de ne pouvoir rien faire.La lettre de Jack venait heureusement de lui apporter un dérivatif, car elle était horriblement triste.Elle avait bien compté les petites économies portées sur le carnet de la Caisse d\u2019Epargne, mais, hélas ! que feraient ces pauvres quelques billets ?Il en aurait fallu le triple pour que la jeune fille pût envisager un hiver sans travail, une saison dans le midi.\u2014 Tiens! fit-elle soudain, j\u2019allais oublier de lire l\u2019autre lettre.De qui peut-elle être ?Je ne connais pas l\u2019écriture.Son cœur fit un bond désordonné dans sa poitrine lorsqu\u2019elle déchiffra la signature au bas de la page : Robert Pannetier.__Mon Dieu, fit-elle, défaillante, c\u2019est du père de Jack ! C\u2019était bien, en effet, de M.Pannetier qui demandait à Brigitte de lui accorder un rendez-vous, car il avait à l\u2019entretenir de choses urgentes.La jeune fille demeura immobile un instant, se demandant si elle devait se réjouir ou se méfier.-Est-ce pour me parler de notre mariage ?se demanda-t-elle.Une légère crainte s\u2019empara d\u2019elle quand elle imagina que Jack pouvait être très malade, mort peut-être.\u2014 Mais non, se dit-elle, il vient de m\u2019écrire.Oui, mais elle constata que la lettre avait mis plusieurs semaines pour venir et qu\u2019entre le moment où elle avait été postée et celui où elle la lisait, il avait pu se produire le pire.Et puis, quand on est amoureux, il n\u2019y a aucun raisonnement possible à se faire.La folle du logis se mit à danser la sarabande dans le cerveau de Brigitte, et ce fut d\u2019une main tremblante qu\u2019elle répondit à M.Pannetier qu\u2019elle se rendrait sur la terrasse du Jeu de Paume le lendemain, ainsi qu\u2019il le lui demandait.Jamais encore la pauvre enfant n\u2019avait passé des heures aussi atroces que celles qu\u2019elle vécut jusqu\u2019au lendemain.Elle ne se demanda même pas comment elle ferait pour reconnaître le père de Jack.Sa grand-mère remarqua sa nervosité et interrogea sa petite-fille.\u2014 Je n\u2019ai rien, grand-mère.Demain matin, je dois aller voir une nouvelle maison de confection qui, paraît-il, paye très bien le travail.Je serai obligée de vous laisser une partie de la matinée.\u2014 On dirait que tu as la fièvre ?\u2014 Moi ?Oh ! pas du tout.Je viens de faire le ménage, je suis en nage.\u2014 Ne prends pas froid, ma chérie.Que ferais-je si tu tombais malade ?Je n\u2019ai que toi, tu le sais bien ! Eh oui ! elle le savait qu\u2019elle n\u2019avait qu\u2019elle, la pauvre vieille femme.Si Brigitte ne lui avait pas été indispensable, avec quelle joie elle serait partie rejoindre Jack dans ce pays maudit où il commençait à souffrir de la fièvre.Là-bas, elle aurait fait n\u2019importe quoi pour gagner sa vie .Mais elle aurait été près de lui.A l\u2019heure dite, le lendemain, elle était exacte au rendez-vous.Elle vit venir à elle un monsieur élégant, au visage très énergique, et elle reconnut tout de suite le père de son fiancé, à cause de sa ressemblance parfaite avec son fils.M.Pannetier s\u2019approcha d\u2019elle, le chapeau à la main.\u2014 Je vous remercie d\u2019être venue, mademoiselle, dit-il à Brigitte.\u2014 Jack n\u2019est pas .malade ?.Pas mort ?.demanda-t-elle, la gorge serrée.M.Pannetier esquissa un sourira.\u2014 Jack se porte à merveille, répondit-il.Mais c\u2019est de lui justement que je voulais vous entretenir.Brigitte eut l\u2019intuition très nette qu\u2019elle allait avoir un grand chagrin.QUI EST-IL, QUI EST-ELLE?Voulez-vous connaître la teneur d\u2019un livre, son style, sa marche générale ?Ecoutez les propos que CKAC présente une fois la semaine par la bouche de son chroniqueur du livre qui, à la fin de son émission vous dira : \u201cBonjour et bonnes lectures.\u201d La photo ci-contre représente ce critique lorsqu\u2019il était enfant.Ce bébé éveillé à la vie est né en 1909, à Montréal, précisément le 13 mars.Comme tous les enfants, il alla à la classe.Lui, ce fut le pensionnat St-Laurent, puis les Beaux-Arts, puis l\u2019Université McGill.Il a été du Montreal Repertory Theatre (section anglaise) puis il fonda la section française de ce même groupe.On le vit par la suite au Théâtre Stella, puis aux Matinées artistiques de Mme Jean-Louis Audet.Les tournées, avec M.Gauvin, Mlle Antoinette Giroux, Mme Yvette Mercier-Gouin, M.Henry Deyglun et plusieurs autres.La première fois que cet artiste de la radio se fit entendre sur les ondes fut en 1934, dans une causerie pour l\u2019Heure ^Provinciale.U a été surtout maître de cérémonies.Qu\u2019on songe à \u201cRadio-Marathon\u201d ou \u201cRadio Mélodique\u201d, au \u201cThéâtre Improvisé\u201d qui attire de plus en plus les radiophiles par sa grande spontanéité, aux commentaires des nouvelles \u201cBlack Horse\u201d ou encore au \u201cGala Humoristique\u201d, on le rencontre toujours bien à sa place.C\u2019est réellement le personnage de l\u2019emploi.Mais son programme régulier sur la critique des volumes, \u201cVient de Paraître\u201d, qui a déjà quelques années d\u2019âge, représente une somme d\u2019information sur les dernières publications de nos éditeurs canadiens.A chacune de ces émissions on analyse trois ou quatre œuvres, cinq parfois et on sert au radiophile-lecteur, le menu de la semaine.En somme, ce sont, à CKAC, \u201cles nouvelles littéraires\u201d du Canada français.Demandez-lui à quoi il occupe ses loisirs durant l\u2019été et durant l\u2019hiver.Dans les deux cas, il répondra : \u201cLa lecture, mon cher\u201d.H est marié et papa d\u2019un gentil bébé qui porte le nom de Jeannette.Quand, dimanche prochain, il vous dira \u201cBonjour les amis du livre\u201d, vous reconnaîtrez sa voix et saurez la réponse si vous n\u2019avez pas encore tourné à la page 51 de la présente livraison du Samedi qui vous donne en photographie l\u2019identité de ce bébé.De plus, ce radioman qui a été de la Chambre de Commerce des Jeunes de Montréal, vient d\u2019être admis membre de la Chambre de Commerce du District de Montréal avec son compagnon Roy Malouin.Il présenta au cours des campagnes des emprunts de Guerre et des emprunts de la Victoire, les plus grandes vedettes du cinéma, de la radio et de la scène.Qui est cet enfant aujourd\u2019hui très connu dans le domaine de la radio après avoir été au même poste CKAC depuis 1936 ?Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 Elle se raidit, prête à se défendre, à lutter pour ne pas laisser échapper son bonheur.Ils marchèrent tous deux le long de la balustrade de pierre, et M.Pannetier parla posément, sans hâte, sans colère, d\u2019un ton égal.\u2014 Je vois, dit-il à Brigitte, que vous aimez mon fils sincèrement, mademoiselle.Elle ne put qu\u2019acquiescer d\u2019un signe de tête, tellement elle était émue, la pauvre petite.__Il s\u2019agit de son bonheur et de son avenir aujourd\u2019hui.\u2014\tJe suis prête à tout pour les lui rendre aussi beaux que possible, arti-cula-t-elle dans un souffle.\u2014\tC\u2019est très bien et je n\u2019en attendais pas moins de vous.C\u2019est donc que vous savez ce que c\u2019est que l\u2019amour.\u2014\tL\u2019amour ?s\u2019écria-t-elle dans un élan de tout son être, c\u2019est rendre heureux celui qu\u2019on aime, tant que Dieu permet de vivre.C\u2019est vieillir doucement l\u2019un près de l\u2019autre et atteindre au terme de l\u2019existence sans avoir rien à se reprocher.C\u2019est se dire, lorsque la neige est tombée sur les têtes vieillissantes : Nous nous sommes aimés passionnément, et nous ne nous sommes jamais fait de peine.Maintenant le bon Dieu peut nous rappeler à lui, notre mort sera douce puisqu\u2019aucun remords ne viendra troubler notre agonie.M.Pannetier avait laissé parler la jeune fille.Il reprit, quand elle eut terminé : \u2014\tL\u2019amour, mademoiselle, c\u2019est désirer avant tout le bonheur de celui que l\u2019on aime.Or, je serai franc.Le bonheur de Jack, c\u2019est de pouvoir vivre comme il a toujours vécu, entouré de l\u2019affection des siens, jouissant de la considération de ses amis.C\u2019est pouvoir aller dans la vie, la tête haute.C\u2019est pouvoir tenir le rang auquel il est destiné de par sa fortune et de par le monde auquel il appartient.\u2014 Mais .balbutia Brigitte.\u2014 Vous m\u2019avez compris, n\u2019est-ce pas ?poursuivit M.Pannetier, implacable.Vous aimez Jack, vous voulez son bonheur.Renoncez à lui de vous-même.\u2014 Monsieur !.haleta-t-elle.\u2014 Je sais .Vous espériez en sa fortune, mais rassurez-vous, je suis prêt à vous signer un chèque.Votre chiffre sera le mien.Voulez-vous vingt mille ?cinquante ?Allons, dites ?Il sembla que tout tournait autour d\u2019elle, et la pauvre Brigitte dut s\u2019immobiliser une seconde et fixer un point pour ne point s\u2019écrouler évanouie sur le sable de la promenade.Elle se reprit heureusement assez vite.\u2014 Oh ! fit-elle, indignée, vous avez pu croire que c\u2019était pour la fortune de Jack que je l\u2019aimais ?Vous me connaissez bien mal, monsieur.\u2014\u2022 Pourtant, continua-t-il durement, n\u2019avez-vous pas dit un jour au docteur que si vous aviez pu vous marier, rien ne vous empêcherait d\u2019emmener votre grand-mère dans le Midi ?\u2014 Oui.balbutia-t-elle, c\u2019est vrai.j ai dit cela .Mais c\u2019était pour grand-mère .pas pour moi.c\u2019était pour la garder encore quelques années.Je 1 aime tant, ma pauvre vieille mémé ! Mais comment savez-vous cela, monsieur ?Le docteur que vous avez appelé auprès d\u2019elle est le mien, et de plus, il est mon ami.Alors il a dû vous dire que j\u2019étais une honnête petite fille, et que je pouvais rendre Jack heureux.Je ne l\u2019ai pas interrogé là-dessus, mon enfant.Mais je vous dis, à vous, que vous donnerez à Jack le bonheur pour plus tard, lorsque son chagrin sera .passe, à condition de lui rendre sa liberté. Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 19 Brigitte comprit que se marier avec Jack, c\u2019était lui fermer à jamais les portes de sa famille et de ses amis.Elle serait toujours envers et contre tout l\u2019intruse.Cela, jamais elle n\u2019y consentirait.\u2014 Ah ! murmura-t-elle, pourquoi faut-il que Jack soit riche ! Pauvre, nous serions heureux, rien ne nous séparerait.Cette misérable question d\u2019argent est le poison mortel pour toutes les petites fleurs bleues de l\u2019amour.M.Pannçtier comprit qu\u2019il avait gagné son procès.Il éprouva un immense soulagement.\u2014 Il faut me promettre de ne plus écrire à Jack, dit-il à Brigitte.Il croira que vous l\u2019avez oublié et tout sera dit.Elle répéta machinalement : \u2014 Et tout sera dit ! Le père de Jack avait rapidement griffonné un chiffre sur un chèque qu\u2019il tendit à la jeune fille.\u2014 Ce n\u2019est pas pour vous, mademoiselle, mais pour votre grand-mère, lui dit-il.Elle eut un haut-le-corps, prête à refuser cette aumône.Mais devant elle, passa l\u2019image de sa vieille grand-mère grelottante sous le ciel de Paris.Elle entrevit, en fermant les yeux, le chaud soleil du Midi .Avait-elle le droit de refuser cet argent qui allait lui permettre de soigner sa malade, de la prolonger ?\u2014 Merci, fit-elle à voix très basse.Je vous promets de ne plus écrire à Jack.M.Pannetier s\u2019éloigna, mais il se retourna plusieurs fois pour regarder diminuer au loin la silhouette courbée de Brigitte.\u2014 C\u2019est un grand cœur ! balbutia-t-il.Quel dommage qu\u2019elle ne soit pas faite .pour épouser Jack ! Elle l\u2019eût sans doute rendu heureux.J\u2019ai agi en père de famille, j\u2019ai fait mon devoir.J\u2019en ai souffert peut-être mais il le fallait.Brigitte rentra chez elle.Elle marchait comme une automate et courut embrasser sa grand-mère de tout son cœur.\u2014 Nous partons pour le Midi, annonça-t-elle, j\u2019ai gagné vingt mille francs à un concours.Et elle se sauva pour pleurer.V \u2014 LA RECOMPENSE Oh ! toi ! Jack ?s\u2019écria Marcel en se trouvant face à face avec son ami un matin de juin.Je ne t\u2019avais pas reconnu, excuse-moi ! \u2014 J\u2019ai changé, n\u2019est-ce pas ?demanda le jeune homme d\u2019un ton très las.J\u2019ai vieilli.\u2014 Mais non, s\u2019excusa Marcel.Tu as bruni, un peu maigri, simplement.\u2014 Ne te défends pas, va ! soupira Jack en tapant familièrement sur l\u2019épaule de son ami d\u2019enfance.Je sais me regarder dans une glace.Que veux-tu, on ne souffre .pas impunément pendant des mois sans que le ressort s\u2019use .Tu sais, celui qui est là.dans notre poitrine, bien caché, mais si peu protégé des traîtrises de la vie.Il passa son bras sous celui de son ami et l\u2019entraîna.__C\u2019est à cette même place que nous nous étions rencontrés, un soir, te souviens-tu ?J\u2019étais joyeux.j\u2019allais la voir au cirque .Tout a très bien marché d\u2019abord .Je comptais les jours .Elle m\u2019écrivait régulièrement.A date fixe, je savais qu\u2019au courrier je trouverais la lettre bleue.Je la lisais .je l\u2019apprenais par cœur jusqu\u2019à ce que je reçoive la suivante.Et puis un jour, au courrier, il n\u2019y avait pas de lettre bleue.Il n\u2019en est plus jamais venu.J\u2019ai écrit, télégraphié, toutes mes missives me sont revenues avec la mention : Partie sans laisser d\u2019adresse.Alors j\u2019ai compris qu\u2019elle m\u2019avait menti, qu\u2019elle ne m\u2019aimait plus et que tout ce qu\u2019elle m\u2019avait écrit c\u2019était des mensonges.Sans doute avait-elle trouvé un ami.Oh! j\u2019ai souffert, tu sais.J ai fis» voulu chasser de ma mémoire tous mes souvenirs du passé.Ce fut en vain.Les mois ont passé.Ma mère m\u2019a écrit qu\u2019elle serait heureuse de me revoir.Je suis rentré en France.Mes parents veulent me marier.Je ne le veux pas.Aimer une femme, moi ?.Ah ! non, elles m\u2019ont trop fait souffrir, vois-tu.J\u2019avais trop mis en Brigitte toute ma tendresse et toute ma confiance.Je suis allé voir sa concierge, espérant avoir des détails, mais je n\u2019ai rien su.Elle m\u2019a dit simplement qu\u2019elle était partie avec sa grand-mère.Voilà tout ce que je sais d\u2019elle.C\u2019est peu.Elle a donné l\u2019ordre à cette femme de renvoyer tout son courrier à l\u2019expéditeur.Tu vois bien que brusquement, elle ne m\u2019a plus aimé ?Je vais repartir là-bas.Ce soir, je signifierai ma résolution à mon père.La vie n\u2019est pas désagréable et j\u2019oublierai peut-être plus vite qu\u2019ici où tout me la rappelle.Malgré moi, je suis retourné au cirque.J\u2019ai reloué le même fauteuil.D\u2019autres attractions remplaçaient la piste nautique.J\u2019ai même cherché dans des distractions terre à terre le dérivatif à mon chagrin.A peine sentais-je le bras d\u2019une femme appuyé sur le mien, je lui tendais une offrande et je m\u2019enfuyais, me faisant traiter de dingo.\u2014 Ah ! mon pauvre vieux !.Si je m\u2019attendais à te retrouver dans cet état !.murmura Marcel attendri.Je pensais bien qu\u2019il avait dû y avoir du tirage entre ta famille et toi, je le prévoyais, mais je ne supposais pas que ton amour fût à ce point exacerbé que de le voir à jamais perdu t\u2019ait rendu à ce point malade et nerveux.\u2014 Bah ! fit Jack avec un pauvre sourire, ça passera.\u2014 Allons prendre quelque chose, veux-tu ?\u2014 Non, je te remercie, j\u2019ai promis à maman de passer la fin de mon après-midi de dimanche avec elle.\u2014 Quand pars-tu ?\u2014 Dans une semaine, au plus.Jack rentra chez lui et trouva sa mère assise au salon, en train d\u2019écouter une diffusion au poste de T.S.F.M.Pannetier ne tarda pas à les rejoindre, et tous trois se turent, écoutant les voix inconnues qui résonnaient dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne.\u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est que cette diffusion ?demanda M.Pannetier, dont le visage avait étrangement vieilli.\u2014 La remise des médailles de sauvetages aux héros de la mer, répondit sa femme.Est-il chose plus émouvante que d\u2019entendre énumérer les actes d\u2019héroïsme de ces gens simples qui, sans hésiter, au péril de leur vie, sans être dopés par aucun alcool, se sont élancés dans les flots en furie pour sauver des vies humaines ! Ils acceptent la récompense aussi simplement qu\u2019ils ont fait leur devoir, les yeux humides et si timidement, qu\u2019on dirait qu\u2019ils s\u2019excusent d\u2019être l\u2019objet de tant de reconnaissance.A chaque médaille remise, à chaque évocation de sauvetage, Mme Pannetier tressaillait.\u2014 Comme c\u2019est beau ! murmurait-elle tout bas, les mains jointes.On décora un gamin de douze ans qui avait sauvé un de ses camarades tombé accidentellement à l\u2019eau.Et puis, ce fut au tour d\u2019une jeune fille qui bravement s\u2019était jetée au secours d\u2019une barque de plaisance qui, imprudemment, était sortie par grosse mer sur la Côte d\u2019Azur.L\u2019héroïne avait eu le courage de plonger plusieurs fois et de ramener chaque fois un des naufragés du bateau.Elle en avait tiré cinq de l\u2019eau : le père, la mère et les trois gosses.Elle était retombée épuisée sur le sable et il avait fallu plusieurs heures pour la ranimer.Elle s\u2019était fait con-[ Lire la suite page 54 ] CASTORIA A Le laxatif SUR préparé spécialement pour les enfants donnez du Castoria, doux et efficace f\u201cLe laxatif préparé spécialement pour les enfants et les nourrissons.\u201d QUAND votre gentil Pierrot se met à pleurnicher et à s\u2019agiter parce qu\u2019il souffre de constipation, voici ce qu\u2019il faut faire: Donnez du Castoria ! Il est bénin et efficace \u2014 et si doux qu\u2019il ne dérange aucunement le système digestif même le plus délicat.Il a de plus un goût fort agréable que les enfants aiment, de sorte qu\u2019ils l\u2019acceptent de bon gré, sans réchigner.Achetez Castoria aujourd'hui à la pharmacie voisine.Demandez le laxatif préparé spécialement pour les enfants.Contrairement aux laxatifs pour adultes \u2014 qui pourraient être trop violents \u2014 le Castoria est préparé spécialement pour les enfants.Il ne contient pas de drogues drastiques et ne cause pas de coliques ou malaises.Quand bébé est maussade à \"Constipation des cause de la enfants\u201d 20 Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 NOTRE FEUILLETON VENGEANCE MATERNELLE Par JULES MARY E T Marie Talbert, tout près de Ner-tann, disait : \u2014 Ecoutez-la bien, vous ne l\u2019entendrez jamais plus.Vos regrets n\u2019en seront que plus cuisants .\u2014 Ah ! qu\u2019avez-vous, la belle hôtesse ?Tout doux ! Regrettez-vous votre vin blanc, Que le marin boit en passant ?Tout doux .Des larmes coulaient des yeux fermés du paralytique sur ses joies amaigries, toutes jaunes.Marie Talbert ferma la porte et le laissa.Quand il comprit qu\u2019il se trouvait seul, il y eut dans son regard une expression de soulagement suprême.Il releva la tête, et un soupir profond, qui ressemblait à un sanglot, secoua sa poitrine .Ses doigts remuaient toujours, mais tout à coup ses yeux s\u2019abaissèrent sur ses mains ; il avait presque soulevé l\u2019avant-bras ! Il eut une exclamation sourde ; peut-être que, dans cet effroyable anéantissement, une espérance suprême était passée.Peut-être n\u2019avait-il pas abandonné l\u2019espoir de la guérison .Peut-être qu\u2019en son cerveau cette idée subsistait comme une dernière flamme d\u2019un foyer qui s\u2019éteint.capable encore d\u2019allumer un incendie s\u2019il est attisé.Les médecins l\u2019avaient condamné, il le savait.mais la nature a des revirements bizarres.Il ne demandait pas sa vigueur d\u2019autrefois, mais seulement de pouvoir se lever de ce fauteuil où il avait passé tant de longues et interminables journées.Il ne demandait qu\u2019à faire un pas dans cette chambre, sa prison, où il était seul avec cette femme qui s\u2019était faite son bourreau.Il ne demandait qu\u2019à prononcer quelques mots.assez pour se faire comprendre.Il avait besoin de sortir de cette mort de tous ses sens.Et il voulait revoir Josépha, qui ne s\u2019était pas montrée à lui depuis des années ! Elle l\u2019avait oublié si complètement qu\u2019elle ne savait même plus s\u2019il existait .Mais le monde la croyait vigilante et dévouée.Elle avait entretenu jadis des légendes qui couraient, la plaignant d\u2019être obligée de passer sa vie auprès d\u2019un être repoussant et gâteux.Ces légendes, autour de sa beauté, rayonnaient comme une auréole de martyre .Maintenant que sa réputation était faite, elle en vivait et ne s\u2019en occupait plus.NOTRE FEUILLETON \u2014 No 4 Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.Nertann était si bien sorti de sa vie et de ses préoccupations qu\u2019elle passait des mois entiers sans que lui vint même le souvenir du paralytique.Quelquefois Caroline prenait sur elle de dire : \u2014 La situation de monsieur n\u2019a pas changé.Mais comme la baronne ne répondait pas, la femme de chambre elle-même ne dit plus mot.L\u2019abandon de Nertann n\u2019eût pas été plus complet s\u2019il eût été mort.Le paralytique répéta le mouvement de l\u2019avant-bras ; en effet, les muscles paraissaient être moins rigides ; il y avait un peu de souplesse ; bien peu, c\u2019était, pour tout autre, presque insensible.Après le bras gauche, il fit jouer le bras droit.Celui-là, aussi, remuait.C\u2019était sur eux qu\u2019avait porté le poids de son corps tout à l\u2019heure, au moment où Marie, lui révélant qu\u2019il l\u2019avait rendue mère d\u2019une fille et que cette fille était là, près de lui, l\u2019émotion avait été si violente qu\u2019un brusque mouvement s\u2019en était suivi où avait passé sa vie tout entière.Comme un jeune enfant qui s\u2019amuse à voir remuer ses pieds, le paralytique agitait doucement ses deux bras, les regardant l\u2019un après l\u2019autre.Il essaya de les soulever tout à fait, mais cet effort était trop grand.Un poids énorme semblait lier ses coudes à son fauteuil.Il essaya également de remuer les jambes.Mais la paralysie ne l\u2019abandonnant pas, il se résigna.Dans la chambre voisine, on entendait la douce voix de Diane, achevant le poème du marin : \u2014 On m\u2019a écrit de ses nouvelles, T out doux ! Qu\u2019il était mort et enterré, Et je me suis remariée, T out doux .Les yeux de Nertann, obstinément fixés sur la muraille, semblaient vouloir la percer, et ses lèvres avaient un tremblement violent.Diane chantait le dernier couplet : Brave marin vida son verre, Tout doux ! Sans remercier, tout en pleurant, S\u2019en retourna au régiment, T out doux .C\u2019était fini, Marie Talbert rentra méchante : \u2014 C\u2019est triste, n\u2019est-ce pas ?Je lui ai dit de chanter quelque chose de plus gai une autre fois ?Elle ne resta pas longtemps auprès de lui.Epouvanté à la pensée qu\u2019elle pourrait s\u2019apercevoir qu\u2019un peu d\u2019amélioration s\u2019était manifesté dans son état, il se tenait sans remuer, même les paupières, même le bout des doigts, selon son habitude.Elle le crut endormi et ne s\u2019en occupa plus.Dans les jours qui suivirent, les mêmes scènes cruelles recommencèrent.Marie Talbert amenait chaque matin sa fille.Mais elle tenait sa promesse.Diane ne chantait plus.Nertann savait bien qu\u2019elle était auprès de lui, mais ne la voyait et ne l\u2019entendait pas.Une fois, alors que Marie travaillait auprès de sa fille, Caroline entra : \u2014 Madame voudrait vous voir, dit-elle.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Pour savoir des nouvelles de monsieur.Elle ne vous dérange pas souvent.Une fois n\u2019est pas coutume.Comment va-t-il, ce pauvre homme ?\u2014 Toujours la même chose ! Marie Talbert descendit.Mais tout à coup, elle laissa Caroline, revint, et à Diane : \u2014 N\u2019oublie pas mes recommandations, dit-elle, je te défends d\u2019entrer dans la chambre du malade.Tu m\u2019obéiras ?\u2014 Oui, mère.Veux-tu que je chante, comme un jour, pour lui faire plaisir ?\u2014 Non ! Quand je serai revenue seulement.Et elle sortit, suivant Caroline.Diane confectionnait des fleurs.Devant elle, sur une petite table, avec des ciseaux, des gaufroirs, des pelotes, des emporte-pièces, des pinces, des pinceaux, outils de sa profession, l\u2019enfant avait jeté de la batiste de toutes les couleurs, de la batiste d\u2019Ecosse, du jaconas, de la percale fine, de la mousseline et du taffetas vert émeraude pour les feuillages.Il y avait aussi des papiers vert-jaune, vert foncé et vert clair, des fils de coton, de laine, de soie plate et de soie torse, de coton cardé, des fils de fer, etc.Elle était fort occupée à un bouquet d\u2019héliotropes.Elle découpait des rondelles en batiste blanche et lilas, puis appliquait d\u2019autres rondelles de batiste vert pâle.Ensuite, elle passait à la tige, le long de laquelle elle plaçait, en haut d\u2019une courbure des boutons et des fleurettes, entre des feuilles naissantes, d\u2019un beau vert pâle.Très attentive à sa besogne, avançant un peu les lèvres dans une moue charmante, elle travaillait.Mais qui dira les pensées des jeunes filles ?Qui les dira surtout lorsque ces jeunes filles sont jolies, lorsqu\u2019elles ne peuvent sortir sans attirer les regards, lorsque leurs frais minois éveillent l\u2019attention des hommes ?Diane avait près de seize ans ; elle était grande et forte; sa taille souple n\u2019était plus celle d\u2019une enfant.son visage n\u2019avait plus ces lignes indécises qui, chez une fille trop jeune, rendent le nez trop long, les yeux trop petits, la bouche mal formée .Ses traits réguliers avaient quelque chose de piquant a la fois et de sérieux.On ne pouvait passer auprès d\u2019elle sans être frappé par ce visage, sans le regarder.A quoi songeait-elle ?A ce malade mystérieux qui reposait dans la chambre voisine de la sienne et que, pour une raison qu\u2019elle essayait vainement de comprendre, sa mère lui défendait de voir.Où était donc le mal ?C\u2019était un pauvre paralytique, incapable de faire un geste et de prononcer un mot.Ne pouvait-elle aider sa mère à le soigner ?.Et puisqu\u2019on la faisait chanter pour le distraire, ne pouvait-on la laisser, par exemple, travailler auprès de lui ?.Sa petite imagination s\u2019en allait ainsi dans toutes les suppositions.Et elle s\u2019arrêtait de plisser, de tailler et de coudre, pour rêver.Quelle fille d\u2019Eve a jamais résisté à la curiosité ?.Ce malade était bien près d\u2019elle.Le mur seulement les séparait.Et le mur même n\u2019était pas bien épais, puisqu\u2019il pouvait l\u2019entendre lorsqu\u2019elle parlait, lorsqu\u2019elle remuait, lorsqu\u2019elle ouvrait les fenêtres ou qu\u2019elle marchait.Sa mère la gronderait-elle donc bien fort si elle allait jeter un coup d\u2019œil, \u2014 oh ! rien qu\u2019un seul coup d\u2019œil, \u2014 dans cette chambre ?.Et puis, en l\u2019absence de Marie Talbert, le paralytique ne pouvait-il avoir besoin de soins.il fallait l\u2019entourer de précautions, cet homme, pour l\u2019empêcher de commettre une imprudence.Oh ! elle trouvait toutes sortes d\u2019excellentes raisons.Et, pendant qu\u2019elle rêvait ainsi, son aiguille restait inactive ; les feuilles vertes des branches, les tiges inachevées, les fleurs en désordre, s\u2019étalaient sur la petite tablette, devant elle.et elle n\u2019y touchait plus .Et voyez jusqu\u2019où allait cette imagination de fillette ! Elle se persuada tout à coup qu\u2019elle avait entendu un cri dans la chambre voisine ; elle se leva, saisie, et penchée, le cœur battant, les tempes soulevées, écouta de toute son attention .\u2014 Oui, murmura-t-elle, c\u2019est sûr! je ne me suis pas trompée, ou je suis folle !.Mais elle eut beau prêter l\u2019oreille, elle n\u2019entendit plus rien.Elle s\u2019en alla ouvrir la porte .La mère ne revenait pas.aucun bruit de pas dans l\u2019escalier.De ce côté, l\u2019hôtel semblait désert, inhabité .Elle s\u2019avança.traversa la chambre de sa mère qui communiquait avec celle de Nertann.Personne ! Elle écouta encore si quelque cri ne partait pas derrière cette porte qu\u2019elle avait maintenant devant elle et qui seule la séparait du paralytique.Soudain, elle crut qu\u2019on montait 1 escalier.Elle eut peur, rentra, s\u2019assit à sa table et reprit son ouvrage, tête baissée, un peu de rouge aux yeux .C était un domestique, qui ne s\u2018oc-cupa pas meme du baron Elle refit le trajet, se pencha, écouta près de la porte, essaya même de voir par la serrure .Elle ne vit, n'entendit rien.Alors elle se dit : Cest très mal ce que je vais faire là., Et, tout en ayant cette réflexion de hile obéissante, elle entr\u2019ouvrait dou- Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 21 cement la porte, avançait la tête, jetait dans la chambre un coup d\u2019œil.Puis, brusquement, elle la referma.Elle avait vu le malade dans son fauteuil qui lui tournait le dos.Cela l\u2019enhardit pourtant, et de nouveau elle ouvrit.Mais cette fois elle ne se contenta pas de rester sur le seuil ; elle entra, laissant la porte entrebâillée, afin de prendre la fuite à la moindre alerte.Elle fit cinq ou six pas dans la chambre.Le paralytique l\u2019entendait et croyait que c\u2019était Marie Talbert revenue.Et l\u2019épouvante qu\u2019il en avait lui arrachait ces râles sourds par lesquels il exhalait ses plaintes : \u2014 Ra, ra, ra.Elle eut peur et resta comme pétrifiée, et si sa mère fût arrivée tout à coup, elle n\u2019eût pas eu la force de se cacher.Elle demanda, cependant, moins par commisération que pour parler, que pour entendre le son de sa propre voix, comme les enfants que les ténèbres effrayent : \u2014 Monsieur, vous n\u2019avez besoin de rien ?Il l\u2019avait entendue ! Ce n\u2019était pas Marie Talbert.Celle-ci, quand elle lui parlait, avait moins de douceur ; dans la moindre parole on sentait sa haine ; au contraire, cette voix d\u2019enfant, craintive, un peu tremblante, venait de passer sur lui comme une caresse.Il tourna un peu la tête mais ne vit personne.Diane se tenait derrière lui, n\u2019osant avancer.Elle regardait machinalement autour d\u2019elle, dans cette chambre aux murailles nues, où l\u2019indifférence d\u2019une femme reléguait ce malade répugnant et encombrant.Et elle s\u2019apitoyait sur la misérable vie de eet être, tombé dans une dégradation repoussante, que chacun abandonnait, qu\u2019on avait confié aux soins d\u2019une mercenaire, alors que c\u2019était à lui que Josépha devait les mille raffinements du luxe dont elle était entourée .Diane se ressouvint qu\u2019il ne pouvait parler.\t\u2022 Elle s\u2019avança un peu, curieuse de voir la figure de l\u2019homme .et tout à coup se trouva en face .Alors il l\u2019aperçut.D\u2019abord, il y eut dans son regard comme un étonnement.Evidemment, il ne savait pas qui elle était.depuis si longtemps il n\u2019avait vu aucune autre figure que celle de Marie Talbert ! Ses yeux cherchaient sur ce jeune visage doux et compatissant la pitié qu\u2019il avait cru reconnaître dans la voix.Et il la retrouvait, en effet, et il ne témoignait d\u2019aucune crainte.Des sourires passaient dans son regard, comme s\u2019il eût essayé de se faire comprendre de la jeune fille : ___Mais n\u2019ayez donc pas de crainte .Restez auprès de moi.Votre visage me fait oublier mes souffrances pour un instant.Ne voyez-vous pas que je suis condamné à l\u2019immobilité et que je ne puis rien contre vous ?.\u2014 Pauvre homme ! murmura Diane.Il l\u2019entendit, et elle vit bien qu\u2019il la remerciait, et toujours parlant haut : \u2014 C\u2019est qu\u2019il n\u2019a pas l\u2019air méchant! Vous n\u2019avez besoin de rien, monsieur ?Il fit signe que non, avec la tete, a plusieurs reprises, comme pour la tranquilliser.\t,, .\u2014 C\u2019est que, dit-elle, j étais dans cette chambre, là, - elle montrait du doigt la muraille dernere laquede Nertann l\u2019avait entendue chanter, et j\u2019avais cru que vous aviez crie.ma mère qui vous soigne m\u2019avait défendu de vous déranger .Mais pourtant je suis venue, au risque detre grondée.\t_\t, .Elle n\u2019acheva pas .Le paralytique comprit que cette enfant, c\u2019était la fille de Jeannine, sa fille à lui, la fille née de son odieux crime, et il la regardait d\u2019un air de folie .comme s\u2019il eût voulu emplir sa pensée de ces traits dans lesquels il reconnaissait maintenant ceux de la Jeannine d\u2019autrefois .de la Jeannine qu\u2019il avait mise à mal.et qui se vengeait si cruellement aujourd\u2019hui.Quelque chose d\u2019atrocement douloureux se peignait sur sa physionomie : le remords, une angoisse, la rage d\u2019être tenu par les chaînes de fer de cette immobilité impitoyable ; une tentative surhumaine pour parler, pour remuer ses membres, se soulever comme s\u2019il eût voulu se mettre à genoux devant cette enfant.frapper du front la terre.indigne même de la regarder .sentant que son regard la souillait, l\u2019innocente, comme jadis son baiser criminel avait sali la mère.Mais Diane ne pouvait deviner le drame qui se passait dans ce cœur fermé à toute expansion.Elle ne voyait qu\u2019un convulsionnaire se tordant sur un fauteuil dans des efforts gigantesques, les yeux sortant de l\u2019orbite, les doigts agités frénétiquement, de la salive au coin de la bouche, une horrible expression de souffrance sur le visage.L\u2019épouvante la saisit et elle s\u2019enfuit, les mains devant la figure, pour ne plus voir, criant, sans penser : \u2014 Mère ! mère ! Et lui, l\u2019être dégradé, dans le paroxysme de sa rage, le corps sur les deux bras, se souleva presque, et de nouveau trois mots sortirent de sa bouche, comme si de pareilles émo- tions seules étaient capables de lui délier la langue : \u2014 Non, non, non ! Il voulait dire : « Ne me fuis pas, ne crains rien.» Mais elle avait disparu.Diane était rentrée chez elle, bouleversée, toute pâle, persuadée qu\u2019elle venait d\u2019échapper à un grand danger .Cette figure de damn tourmentée par d\u2019effroyables et silencieuses souffrances restait dans ses yeux, et elle eut beau se mettre à son ouvrage, remuer ses percales, ses batistes, achever l\u2019héliotrope commence, elle voyait toujours Nertann .Marie Talbert, en rentrant, remarqua son émotion.\u2014 Qu\u2019as-tu, chère enfant ?dit-elle inquiète ; serais-tu malade ?\u2014 Non, dit-elle, s\u2019efforçant de sourire.Marie regarda là sa fille attentivement, comme si elle eût voulu descendre dans cette jeune âme et lire ses secrets.Diane semblait ne pas se douter de cet examen.Telle était sa confiance en la fillette qu\u2019il ne lui vint même pas le soupçon qu\u2019elle avait pu lui désobéir et entrer chez Nertann.Dans la soirée, Diane quitta l\u2019hôtel et retourna rue Cardinet, aux Bati-gnolles.C\u2019était là qu\u2019elle couchait.Ceux-ci, dans les premiers jours, s\u2019étaient bien étonnés des absences fréquentes de la mère.Mais Frédéric avait dit : \u2014 Mme Talbert n\u2019est pas riche, elle a trouvé une bonne place, elle a eu raison de la prendre.\u2014 Oh toi, disait le vieux Corbier, en riant, tu te ferais couper en deux par marne Talbert, et tu aimes Diane comme si c\u2019était ta fille.\u2014 Je n\u2019en ai pas de honte, disait le grand Frédéric, rouge comme un coquelicot.\u2014 Et pourtant, elle ne t\u2019aime pas, elle te l\u2019a dit.\u2014 Pas comme on aime un mari, c\u2019est vrai, mais après tout, elle m\u2019a sauve la vie et on s\u2019attache aux gens auxquels on rend service.Elle s\u2019affectionne .Marie Talbert avait confiance en lui, et elle le prouvait, car il était chargé tous les soirs, depuis quelque temps, au sortir de l\u2019usine, sa journée de travail terminée, de passer à l\u2019hôtel de l\u2019avenue d\u2019Eylau.Il descendait les Invalides, prenait par le pont d\u2019Iéna, traversait le Tro-cadéro, longeait l\u2019avenue Malakoff et arrivait place d\u2019Eylau.L\u2019hotel était à deux pas.Le concierge lui disait : \u2014 Mme Talbert n\u2019a pas besoin de vous.Ou, au contraire : \u2014 Mme Talbert vous prie de l\u2019attendre.\t, Frédéric s\u2019asseyait : on prévenait Marie, qui descendait aussitôt avec sa fille.et c\u2019était l\u2019ouvrier qui était chargé de reconduire Diane jusqu\u2019à la rue Cardinet quand sa mère ne pouvait le faire elle-même.Ils s\u2019en allaient gaiement; Frédéric, très fier, donnait le bras à la jeune fille.Donc, ce soir-là, Diane, encore soucieuse et tout émue par l\u2019image du paralytique, venait de sortir de l\u2019hôtel.C\u2019était toujours le même chemin qu\u2019ils suivaient : l\u2019Arc de Triomphe, l\u2019avenue de Wagram, au milieu de laquelle ils rencontraient la rue Car-dinet.Ils descendaient celle-ci jusqu\u2019au boulevard Malesherbes, c\u2019était là, presque au coin, qu\u2019ils demeuraient.Dans l\u2019avenue Wagram, ils se croisèrent avec deux ou trois cavaliers, et il se passa alors une scène bizarre que la jeune fille fut seule à remarquer et que l\u2019honnête Frédéric ne soupçonna même pas.A sept heures et demie, en été, il fait encore très clair.Or, un des cavaliers, en rencontrant Corbier et sa petite amie, arrêta brusquement son cheval, et laissa échapper une exclamation.Les autres se retournèrent, mais sans être surpris, persuadés que ce cri avait été suscité par les mouvements désordonnés du cheval, qui, frappé de l\u2019éperon, se cabrait et ruait.Celui-ci fut bientôt réduit.Les autres avaient continué leur promenade ; le cavalier, au lieu de les rejoindre, tourna bride et, de loin, se tenant presque hors de la portée des yeux, se mit à suivre Diane et Frédéric.Il allait au pas, réglant sur leur marche l\u2019allure de son cheval.Il les vit quitter l\u2019avenue Wagram et prendre la rue Cardinet, puis s\u2019arrêter et disparaître dans le corridor d\u2019une maison de modeste apparence ; les nombreuses fenêtres, les fleurs sur les petits balcons et les linges séchant RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Josépha, une petite fille abandonnée dans des bizarres circonstances, était l\u2019épouse du riche baron Nertann, qu\u2019elle soignait, au début, avec un dévouement sublime.Elle avait sacrifié les plus belles années de sa vie, celles où sa beauté resplendissait, où toutes les grâces de sa personne exerçaient autour d\u2019elle une sorte de domination.Mais le vent tourna du mauvais côté.La belle Josépha, la fière et hautaine baronne qui avait jusque-là repoussé toutes les avances, s éprit de Martial Navarre.L\u2019auteur fait passer ses lecteurs par des transes bouleversantes.sur les appuis, indiquaient suffisamment qu\u2019elle était habitée par des ménages pauvres.Il passa deux ou trois fois devant la maison, sans s occuper des regards curieux des boutiquiers et des concierges dont son allure singulière surexcitait la curiosité.On ne voyait pas tous les jours, dans la rue Cardinet, un cavalier monter la garde.Diane, avant d\u2019entrer, avait jeté derrière elle un rapide coup d\u2019œil et l\u2019avait aperçu.L\u2019exclamation l\u2019avait frappée avenue de Wagram et elle était bien certaine que l\u2019inconnu n\u2019était pas là pour une autre que pour elle.Au quatrième étage, ils entrèrent chez les Corbier, et tout de suite, en chantonnant pour dissimuler sa curiosité, Diane se mit à la fenêtre.Elle le vit, et lui aussi, dans la nuit tombante, la reconnut à son chapeau de paille claire, orné de roses et d\u2019œillets.Et c\u2019était sans doute tout ce qu\u2019il voulait savoir, car, continuant sa route, il gagna le boulevard Malesherbes et disparut.Elle y songea toute la nuit.En faut-il davantage pour peupler les rêves d\u2019une fillette ?Le lendemain, elle y songeait bien encore.Le surlendemain, elle n\u2019y pensait plus .Or, le lendemain, un homme de tenue très distinguée, mis avec une simplicité élégante, et qui paraissait âgé de trente-cinq à quarante ans, entra dans la loge de la maison habitée par les Corbier, et après avoir poliment salué Mme Peluret, la concierge : \u2014 Madame, dit l\u2019inconnu, je voudrais obtenir de vous quelques renseignements .Mme Peluret examina son interlocuteur des pieds à la tête et un air de satisfaction se répandit sur sa physionomie.\u2014 Monsieur n\u2019est pas de la police, évidemment, dit-elle, autrement monsieur m\u2019aurait déjà montré sa carte .Parlez, monsieur, que demandez-vous ?en quoi puis-je vous servir ?L\u2019homme glissa un louis dans la main de Mme Peluret, qui le laissa choir distraitement dans l\u2019une des poches de son tablier, sans paraître surprise.\u2014 C\u2019est très compliqué, dit\u2014il, et cela peut être long.Je voudrais savoir le nom d\u2019un homme qui a toutes les apparences d\u2019un ouvrier et qui demeure dans votre maison.\u2014 Il n\u2019y a que des ouvriers chez nous.\u2014 Au quatrième étage, la troisième fenêtre, en comptant par le boulevard Malesherbes.\u2014 Ah ! ça, c\u2019est plus précis .attendez .quatrième étage, troisième fenêtre, un ouvrier, grand, solide, avec toute sa barbe, l\u2019air bon enfant ?.\u2014 Oui, autant que j\u2019ai pu en juger.\u2014Ça ne peut être que Frédéric Corbier.\u2014 Il est marié ?\u2014 Non, il est veuf depuis des années.\u2014 Et il a une fille, n\u2019est-ce pas, qui habite avec lui, une jolie jeune fille brune, grande, qui ne paraît pas avoir plus de dix-huit ans !.M.Frédéric Corbier n\u2019a pas de fille.L\u2019inconnu sembla décontenancé.Pourtant il reprit : \u2014 Alors, c\u2019est une amie, use sœur, une parente .\u2014 Il avait une sœur, elle est morte ; de parente.je ne lui en connais point.Quant à la petite qui vous occupe, à moins que ce ne soit Diane Talbert, je ne vois pas trop qui ça pourrait être.Et réfléchissant tout à coup ; \u2014 Mais oui, c\u2019est la fille à marne Talbert.il la prend en passant, dans un hôtel, à côté de l\u2019Arc de Triomphe, 22 Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 CL i&m THE MONARCH KNITTING COMPANY LIMITED DIVISION DUNNVILLE, ONTARIO Vêtements de dessus tricotés Bas entièrement dimi* nués pour dames.Chaussettes pour hommes\tLaine à tricoter DIVISION JOSEPH SIMPSON 8 Berkeley Street, Toronto, Ontario Vêtements de dessus tricotés Sous-vêtements tricotés reii1\u2019 \" .¦jN»0-'\u2019' Y»lî° Vé^' ¦Ç-e tA»0, !>\u2022 ' «r ma (jaune QUI LUI PLAIRA Tout en étant de nature à plaire aux messieurs, LA REVUE POPULAIRE présente une synthèse des actualités courantes que toute femme \u2014 de même que tout homme \u2014 est heureuse de parcourir et de lire.Un abonnement à LA REVUE POPULAIRE qui, en somme, représente un déboursé dérisoire, procure cependant tout un monde de distraction et d'information.C'est pourquoi, en faisant ce cadeau à votre amie, fiancée, épouse ou mère, vous avez la certitude, qu'elle soit née en novembre ou en n'importe quel autre mois de l'année, de lui procurer une grande et durable joie.Offrez-le-lui avec une très jolie topaze, si vous en avez le moyen, autrement, offrez-le-lui seul et vous aurez quand même la certitude de faire un geste délicat qui sera vivement apprécié.COUPON D'ABONNEMENT LA REVUE POPULAIRE Roman de novembre\tCanada\tEtats-Unis 1 o\" \t $1.50\t1 an \t $1.75 \t2 ans\t 2.00\t2 ans\t 2.50 La Tour\t!\tIMPORTANT : \u2014 Veuillez indiquer d'une croix s'il s'agit d\u2019un renouvellement.Sarrazine\tNom \t \tAdresse \t par CLAUDE JAUNIERE\tVille \t Prov \tPOIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975-985, rue de Bullion,\tMontréal 18, P.Q.où sa mère garde un malade, à ce qu\u2019elle dit.\u2014 Quelle est cette Mme Talbert ?\u2014 Une fleuriste, une brave et digne femme que tout le monde aime parce qu\u2019elle rend service à tout le monde, selon ses moyens .\u2014 Elle demeure ici ?\u2014 Oui, toujours, bien qu\u2019elle y vienne assez rarement.Son malade, il paraît, la retient les journées et les nuits.\u2014 De telle sorte que sa fille reste seule ?.\u2014 Comme qui dirait oui, à moins qu\u2019elle n\u2019aille travailler auprès de sa mère.L\u2019inconnu demeura pensif ; sans doute qu\u2019il n\u2019avait plus rien à demander à Mme Peluret, car il la remercia et lui glissa un deuxième louis, lequel disparut comme le premier dans la poche du tablier.Et il partit.\u2014 C\u2019est un nabab, murmura-t-elle, en prenant une prise ; il aura vu mam\u2019selle Diane, il en est amoureux .Ces jeunesses, quand elles ont de jolis yeux, la fortune leur vient en dormant.c\u2019est le cas de dire .Ce n\u2019est pas à moi que ça tomberait.Et, continuant son monologue, elle rentra dans sa loge.Si elle était restée au bout du corridor, sur le seuil de la porte, elle eût pu voir l\u2019inconnu entrer dans la maison située juste en face, et cet incident n\u2019eût pas manqué de fouetter encore sa curiosité.Par exemple, son imagination aurait pu inventer les explications les plus ingénieuses qu\u2019elle n\u2019eût pas deviné le dialogue très simple qui s\u2019échangeait entre l\u2019homme et le concierge : \u2014 Reste-t-il chez vous des appartements à louer ?\u2014 Non, monsieur, mais seulement une petite chambre au « cintième », avec cabinet de toilette .\u2014 Sur la rue ?.\u2014 Deux fenêtres sur la rue, et le cabinet de toilette a un ceil-de-boeuf sur la cour.Trois cents francs par an .C\u2019est très clair .très propre .\u2014 On peut en prendre possession tout de suite ?\u2014 Ce soir, si vous le désirez.\u2014 Voici le denier à Dieu.Demain je ferai apporter des meubles .Vous aurez soin de mon ménage ?\u2014 Volontiers.L\u2019inconnu partit.Le concierge le rappela.\u2014 Monsieur oublie de me donner son nom, dit-il.L\u2019autre réfléchit, pris d\u2019une hésitation bizarre, puis tout à coup : \u2014 Albert Noirtier, dit-il.C\u2019était Martial Navarre : on Ta reconnu.Chapitre IV I E lendemain, dans la journée, on apportait des meubles, et Martial pas-L sait dans l\u2019après-midi pour prendre possession de l\u2019appartement.C\u2019était une chambre, pourvue d\u2019une alcove, dont les fenêtres s\u2019ouvraient sur la rue, en face de la maison où demeuraient les Corbier et Diane Talbert.Il resta presque toute la soirée, à Tune des fenêtres, guettant tous les locataires qui rentraient, surtout les femmes, essayant de reconnaître la jeune fille dont les traits l\u2019avaient si singulièrement ému.Ses efforts, pendant plusieurs jours, furent infructueux.Soit que Diane ne sortit point, oubliât meme de montrer sa ^ fraîche figure à la fenêtre, soit qu\u2019au contraire, sortie de très bonne heure, elle ne fût rentrée que très tard, il ne put l\u2019apercevoir .De chez lui, l\u2019œil plongeait chez les Corbier ; mais la chambre où il lui eût été facile de distinguer les moindres détails lui semblait presque toujours inhabitée.En effet, c\u2019était celle de Frédéric.Quant aux autres, en enfilade sur la rue, il était impossible à Martial d\u2019y rien apercevoir.Enfin, un matin, où il était venu de très bonne heure, \u2014 il ne passait pas la nuit rue Cardinet, et ses allures bizarres ne laissaient pas que d\u2019étonner et d\u2019inquiéter le concierge, \u2014 un matin, il vit une jeune fille, un carton de fleuriste au bras, quitter la maison.Tout de suite, il la reconnut à sa robe de toile claire d\u2019été, à son mantelet orné de deux ou trois nœuds de satin, à son chapeau de paille enguirlandé d\u2019œillets et de roses.D\u2019en haut, il ne pouvait distinguer son visage, mais il était bien sûr de ne pas se tromper, il descendit au plus vite.Quand il arriva dans la rue, il aperçut Diane, qui, remontant la rue Cardinet, tournait le coin du boulevard Malesherbes.Il se mit à la suivre, et bientôt fut assez près pour ne plus désormais la perdre de vue .Elle marchait vite, du pas leste et sûr des Parisiennes, sa boîte d\u2019ouvrière à la main, ne s\u2019arrêtant jamais aux vitrines, comme si toutes ces merveilleuses choses offertes à sa curiosité et à sa coquetterie ne l\u2019eussent pas tentée, filant le long des maisons, la tête droite et regardant devant elle.Elle ne se doutait pas, cette fois, qu\u2019elle était suivie ; si elle se fût retournée, elle eût vu Martial et eût facilement reconnu en lui le cavalier de l\u2019avenue de Wagram.Mais en ce moment, la course qu\u2019elle avait à faire, seule, la préoccupait.Diane laissa le boulevard Malesherbes, prit le boulevard Haussmann, remonta la rue de la Chaussée-d\u2019An-tin, traversa la chaussée, et par la rive gauche des boulevards s\u2019en alla jusqu\u2019à la rue Vivienne.Dans les premières maisons était établie une grande modiste dont le salon, tendu de rouge, meublé de canapés et de fauteuils, donnait sur la rue.Ce fut là qu\u2019elle entra.Martial y arriva presque aussitôt et par les rideaux entr\u2019ouverts regarda la jeune fille que des ouvrières entouraient en ce moment et qui rendait son ouvrage à la patronne.Il la voyait, cette fois, mieux que le matin, bien mieux que dans l\u2019avenue de Wagram ; il distinguait chacun de ses traits, et il murmurait : \u2014 Voilà qui est étrange!.Les ouvrières, de l\u2019intérieur, l\u2019avaient aperçu, s\u2019étaient fait des clins d\u2019œil en se désignant mutuellement Diane, inattentive, et finalement Tune d\u2019elles, avec un regard en dessous, alla fermer les rideaux.Martial se promena sur le trottoir, attendant.Bientôt Diane sortit, la tête basse, et tout de suite, de son pas leste, regagna le boulevard.Tout à coup, elle se trouva devant un homme qui lui barrait le passage, releva les yeux et n\u2019eut pas le temps et le sang-froid de retenir un mouvement de surprise.\u2014 Ah ! dit-elle.Elle 1 avait reconnu .Brusquement, elle se jeta de côté et passa.Martial, du reste, ne la suivait plus.Il restait immobile, au milieu du trottoir, comme si un coup l\u2019avait frappé, comme si quelque chose d\u2019énorme était tombé sur sa tête.Et il disait tout haut, se parlant à lui-même : Cette ressemblance est vraiment extraordinaire .Ce sont les mêmes yeux \u2022 ¦ \u2022 c\u2019est le même regard.la même fierté.la même bonté.ce sont les mêmes traits.les mêmes levres ourlées.tout, jusqu\u2019à cette demarche aisée et gracieuse .avec ce léger balancement souple de la taille qui m\u2019eût fait reconnaître Jeannine t Lire la suite page 39 ] \t\t\t 0\tP b\tH\t% i: Le plancher du vivoir, chez les Newman, est en tuile, ce qui le rend décoratif et facile à laver.Les meubles, également de leur création, sont tous de la même hauteur à l'échelle des murs.Ils sont interchangeables, ce qui crée de l'unité à l'intérieur et entre chaque pièce.Le dessus transparent de la table nous permet de voir le tapis crocheté, oeuvre de la maîtresse de céans.Notez l'éclairage et le tapis natté à l'arrière plan.\tPhotos O.N.F.HH '\\Tr Dans l'atelier du sous-sol, chez les Newman, deux membres du groupe, RON HAMILTON (au centre) construisent un modèle miniature de la nouvelle aile projetée.Le plan original permettait d'agrandir la maison à mesure que la famille augmenterait.C'est ainsi qu'un groupe d'artistes canadiens s'est réuni en prévision des problèmes nouveaux de l'habitation dans le but d'obvier aux difficultés présentes et à venir.'i*\t.'\u2022'Sf '> V ' Æv- Ci-dessus.\u2014 Ici, pas de rêveurs ! Chaque membre du groupe a construit ou projette de construire une maison selon ses propres plans.Ci-dessous, type de construction caractérisée par de grandes fenêtres, de larges auvents qui protègent du soleil et laisse passer les rayons bas en hiver.Il s'agit ici d'une école moderne.SI VOUS RÊVEZ DE VOUS BATIR ! de mur sous prétexte que ça enlevait tout caractère d\u2019intimité et que la maison serait plus difficile à chauffer \u2014 ce qui n\u2019est pas exact ! On se basait pour construire bien plus sur la tradition que sur la forme du terrain, la valeur du site, et les besoins de ceux qui habiteraient là.Bref, Fred Amess résuma la question : \u201cBeaucoup de Canadiens construisent, mais peu se construisent une demeure ! \u201d Incapables d\u2019obtenir de secours financier, les membres du groupe purent toutefois exposer leurs dessins de maisons et de centres communautaires, leurs maquettes et leurs devis à la Galerie d\u2019Art de Vancouver.On réunit de la documentation venue des quatre coins du monde ; on travailla des nuits entières à monter des maquettes, à dessiner, à corriger, à retoucher .Mais ce ne fut pas en vain : l\u2019exposition ressortit comme une des meilleures dans le genre au pays.Grâce à la presse et la radio, la nouvelle s\u2019en répandit bientôt à travers toute la province.Et désormais le groupe est assez bien connu du public pour que rien ne l\u2019arrête dans l\u2019exécution de son travail.Résumant en quelques mots le but que lui et ses collègues se proposent d\u2019atteindre, Fred Amess déclarait en guise de conclusion : \u201cSi les Canadiens savaient à quoi s\u2019en tenir sur les édifices où ils travaillent, sur les maisons qu\u2019ils habitent, bientôt, avec l\u2019aide des architectes et des artistes, il n\u2019y aurait plus un seul taudis au Canada.\u201d ON prévoit, au ministère fédéral de la Reconstruction, que d\u2019ici cinq ans, des centaines de millions de dollars et d\u2019heures de travail seront affectés à construire cinq cent mille nouvelles demeures pour les Canadiens.Combien de mois de travail ?Combien d\u2019argent ?Quand aura-t-on atteint le but que l\u2019on se propose ?L\u2019avenir nous le dira .Mais en attendant, quelques artistes de Vancouver, tous membres de la Fédération Canadienne des Artistes, formèrent en prévision de l\u2019avenir, un groupe de gens qui entendaient prêcher par la théorie et par l\u2019exemple.Etudiants, diplômés, professeurs de l\u2019Ecole des Arts de Vancouver en firent partie : on étudia le développement de l\u2019architecture en Europe et en Amérique ; on consulta des maîtres de réputation internationale tel que Lewis Munford, après quoi, on établit les principes fondamentaux qui devaient être à la base de toute construction moderne.On se réunissait dans les cafés, autour des tables, griffonnant des esquisses, discutant les divers points de vue.On en arriva à la conclusion que toute demeure doit être construite en fonction immédiate de la vue, de la lumière, de l\u2019espace, de la forme, des couleurs et des matériaux mis à notre disposition.Pourquoi une maison doit-elle faire nécessairement face au trottoir?Souvent U n\u2019y aura pas de beau point de vue que dans la chambre à coucher et la chambre de bain.On constata que les gens semblaient opposés aux fenêtres de la grandeur d\u2019un pan 'r 11 * i \" | ¦'% LE \"ROYAUME DU SAGUENAY\" Texte et photos d\u2019ARMOUR LANDRY Au point où les eaux tumultueuses du lac Saint-Jean s\u2019élancent avec fracas pour s\u2019unir en tourbillon aux eaux noires et salées du Saguenay, Ce gigantesque bras de mer pénétrant à travers les rocs escarpés de la chaîne laurentienne, à quelque cinq milles en amont de Chicoutimi, nous découvrons Arvida, bijou d\u2019urbanisme, ville jeune de vingt ans, qui fut d\u2019abord tracée sur la table de travail de l\u2019ingénieur et de l\u2019architecte.Il y a vingt ans, les habitants du Saguenay, médusés, voyaient surgir du sol, comme par enchantement, cette ville de rêve.Au cours de l\u2019été 1926, deux cent soixante-dix maisons solidement assises, coquettes dans EN VISITANT ARVIDA Comme il paraît loin le temps où Jacques Cartier, montant le Saguenay pour explorer le \"royaume\" du même nom, éprouva une profonde déception en constatant qu'on ne trouvait pas l'or et les pierres précieuses \"en se penchant\".Dans notre esprit moderne, ce Royaume du Saguenay existe bel et bien, mais pas dans le sens où l'entendait l'information mensongère des Indiens.Avec le progrès des sciences appliquées, surgirent I'Aluminum Company of Canada, Shipshaw et Arvida que le touriste visite en remontant le Saguenay.En amont de Chicoutimi, toujours sur le Saguenay qui va se rétrécissant, à mesure qu\u2019on se rapproche de Shipshaw, merveille de génie moderne.Ce coin de la Province de Québec est riche de beauté et aussi de richesses naturelles dont l'énergie hydro-électrique.Sortie des usines de l\u2019Aluminum Company of Canada autour desquelles gravite la vie économique de la région.\u2014 Ci-dessous, le Marché d'Arvida, propre et coquet, donnant une excellente idée de la prospérité de l'endroit.On verra l'intérieur plus loin.WÊSSK&ÊÊ \" St h ! .K./''.L\u2019une des deux rues commerciales d'Arvida.Remarquez l'imposante largeur de la chaussée et l'agréable symétrie des constructions.\u2014 Ci-dessous, un aspect du quartier de plaisance.Ces cottages sont habités par des contre-maîtres ou autres résidents d'Arvida.vSPi * | '¦C'.ià Vue intérieure du Marché d'Arvida où.en plus de victuailles variées, on trouve de la lumière et une décoration attrayante._ Nous voyons ci-dessous, une famille d'Arvida veillant au coin du feu.Son chef est un employé de l\u2019Aluminum Company of Canada. f '¦.'C ?Voici un coin du centre récréatif d'Arvida.Le public en général y trouve comme amusements, des jeux variés dont les quilles, le billard, un gymnase et une impressionnante bibliothèque.Pour le quart d'heure on joue aux échecs pour faire digression.Ci-dessus, groupe d'enfants d'Arvida s'apprêtant à partir en autobus pour un terrain de jeu spécialement mis à leur disposition par le service municipal de santé.En plus de cet avantage, la santé de chaque enfant est observée de près toujours selon un système bien établi.Ci-contre, à droite, l'une des vastes et ultra-modernes usines génératrices de Shipshaw qui alimentent I \u2019Aluminum Company of Canada.\u2014 Ci-dessus, la \"Britanny Row\", maison à appartements d'Arvida, dont le style ancien est également d'origine française.Photos A.Landry.leur revêtement de peinture fraîche, ouvraient leurs portes aux ouvriers des nouvelles usines d\u2019aluminium, devenues les plus grandes du monde.Arvida renferme maintenant une population de plus de dix mille âmes.Les créateurs prévoyants de la ville d\u2019Arvida ne visaient pas seulement qu à 1 attrait esthétique de cette localité, mais leur but ultime était surtout de loger une population saine, assurée du confort, des commodités et des avantages auxquels peut aspirer une société bien équilibrée, avantages qui ont toujours permis au travailleur de donner un rendement maximum.Au bout de vingt ans nous découvrons que leur idéal ne fut pas simple chimère.Le haut standard de vie dans cette ville si remarquable, || 11 A Arvida, les jeunes cyclistes peuvent s'en donner à cœur joie au cours de la belle saison, car tout un club y est organisé pour les longues randonnées, grâce aux auberges de relais.Chemin faisant on étudie la géologie, la botanique dans des cadres enchanteurs.ÜPtg ¦ \u2014 Ut.Vv/C Ci-dessus, vue arrière de l'Auberge du Saguenay (Saguenay Inn), véritable chef-d'œuvre d'architecture dont le style s'apparente à celui de certains manoirs de Normandie.C'est une construction aux vastes proportions, offrant toutes les commodités modernes.D'autre part, les amateurs de golf n'y perdent rien puisqu'ils ont à Arvida un terrain suffisamment accidenté et richement orné par Dame Nature, artiste sans pareille.Si vous êtes amateur de ce sport, dites-nous si vous n'aimeriez pas essayer une \"drive\"?u u d ¦ .- Vf; \u2022 ;\t.V- \\ CF', Ci-dessus, un autre aspect de la même propriété.On voit ici les dépendances, toujours dans le même style.Notez la proportion des cheminées, la ligne caractéristique des combles et les deux pavillons à droite.Remarquez la grande propreté et la verdure.______\u201e msn 8SSRSI -T- K 26 Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 Quelles chances AuwVmm (h Vivujusqu'à un Aae, Aimai Vos chances sont bonnes! Les statisti- ques montrent qu\u2019en 1960, plus d\u2019une personne sur onze alors en vie, se découvre par la multitude d\u2019enfants propres, au visage rayonnant de «nte (ici le taux de la mortalité infantile est l\u2019un des plus bas du continent).Lorsque nous pénétrons dans l\u2019intimité de la famille nous sommes frappes par le haut degré de distinction qui s\u2019en dégage et nous découvrons que les loisirs de chacun sont profitablement occupés, confirmant ainsi l\u2019avance du moraliste qui assure que c\u2019est dans une honnête aisance que se développe la vertu., Visiter Arvida c\u2019est satisfaire l\u2019œil du touriste avide de beauté.Et en parcourant ses rues aux lignes courbes gracieusement ombragées par toutes les essences qui sortent du sol laurentien, on voit, çà et la, des parcs fleuris et es ronds-points garnis de verdure.Nous découvrons aussi une belle variété de maisons aux lignes inspirées de l\u2019architecture prédominante de la période française Mais le visiteur remarquera surtout des gens très accueillants, au coeur ouver et généreux et il sera bientôt mêlé à l\u2019activité sociale de la localité.Ainsi 11 pourra soit entendre un concert, aller au cinéma, lire un bon livre a la bibliothèque du centre récréatif ou battre le tapis de verdure du terrain de golf._ En somme, à Arvida, on sait jouir pleinement et sainement de la vie dans un decor richement doué par le Créateur.Arvida n\u2019est pas un pseudo-Eden, mais la ville idéale ou 1 ouvrier, apres son dur labeur, se sent fier de rentrer sous le toit familial où 1 attend une bonne soupe chaude et le sourire épanoui et plein de santé de tous les siens.Il faut voir Arvida pour se rendre compte que l\u2019urbanisme ne cherche pas seulement a faire valoir les lignes esthétiques d\u2019une ville, mais qu\u2019il vise surtout au bien-être de la population qu\u2019elle renferme.Armour Landry aura passé 65 ans.Passé la quarantaine, deux choses prennent une importance croissante: se préserver des maladies de dégénérescence qui vous frappent à l\u2019âge avancé, et se préparer à jouir de ses loisirs » pendant ses vieux jours.Heureusement, il y a beaucoup de choses qui peuvent LIRE ] PlUSBASI vous aider à ce point de vue UNE CHOSE ESSENTIELLE POUR JOUIR DE SES VIEUX JOURS, C\u2019EST UNE BONNE SANTÉ! Des examens médicaux périodiques fournissent à votre médecin le meilleur moyen de dépister, aux phases initiales, les maladies susceptibles de vous causer éventuellement des ennuis.En outre, ces examens permettent au médecin de vous donner, dès maintenant, des conseils sur la façon de mener une vie normale, hygiénique.Vous pouvez, dans une grande mesure, vous préparer une bonne santé pour vos vieux jours, en observant, dès aujourd\u2019hui, des habitudes d\u2019hygiène.Les médecins nous apportent de nouvelles raisons d\u2019espérer la santé dans l\u2019âge avancé, par l\u2019attention qu\u2019ils apportent de plus en plus aux maladies de la vieillesse, comme le cancer, la pression artérielle, les maladies du cœur, et les troubles nerveux et mentaux.Naturellement, votre façon de vivre change à mesure que vous avancez en âge.Mais si vous voulez vous conserver dans un bon état d\u2019esprit et dans une bonne santé physique, commencez de bonne heure à poser les bases de vos années de retraite.Etablissez-vous un plan d\u2019existence qui soit adapté à votre tempérament et à vos goûts.Normalement, ce plan devra comporter une certaine activité utile, exigeant un certain effort, mental et physique, de façon à vous permettre de retirer de vos heures de loisir tout le plaisir et tous les bienfaits possibles.Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) New-York PRÉSIDENT DU CONSEIL! Frederick H.Ecker président : Leroy A.Lincoln Direction Générale au Canada: Ottawa ON EN PARLE EN SUEDE ON SE PREPARE A UN EVENEMENT SPORTIF Le Conseil de la Fédération Suédoise des Sociétés de Gymnastique a décidé d\u2019organiser une grande fête internationale de gymnastique, la Seconde \u201cLingiade\u201d, à Stockholm, en 1949.Environ 25 pays ont déjà annoncé leur intention d\u2019y participer, en réponse à une enquête préliminaire faite par les organisateurs suédois.La première Lingiade s\u2019est tenue en 1939 dans le Stade de Stockholm et 7,000 gymnastes, appartenant à 37 pays, y ont pris part.Elle était organisée en commémoration du centenaire de la mort du créateur de la gymnastique suédoise, Per Henrik Ling.Cette fête, bien qu\u2019elle ait eu lieu dans l\u2019été de 1939, sous les sombres menaces de guerre qui pesaient alors sur l\u2019Europe, eut un immense succès et un désir unanime que cette fête pût se répéter fut exprimé par les participants.Les pays qui ont déjà fait connaître leur intention de prendre part à la seconde Lingiade sont les suivants : Norvège, Danemark, Finlande, Islande, Hollande, Belgique, France, Portugal, Espagne, Italie, Suisse, Grèce, Tchécoslovaquie, Egypte, Maroc, Etats-Unis, Canada, Mexique, Argentine, Chili, Pérou, Brésil, Inde, Australie.UN ECHANGE CULTUREL Une délégation culturelle russe comprenant d\u2019éminents artistes et écrivains est venue en Suède il y a quelque temps.Parmi eux se trouvaient la célèbre cantatrice Vera Alexandrovna Davidova, de l\u2019Opéra de Moscou, l\u2019écrivain Leonid Sobolev, lauréat du Prix Stalin de littérature en 1943 et le pianiste Viktor Mersjanov, professeur au Conservatoire de Musique de Moscou et un des solistes les plus populaires de la Russie.Des concerts et des conférences ont été donnés à Stockholm, à Gothembourg et à Malmo.Les concerts donnés par Mme Alexandrovna Davidova et Viktor Mersjanov à l\u2019Opéra Royal et à la Maison des Concerts de Stockholm \u2014 les premiers concerts russes depuis longtemps en Suède \u2014 ont eu un très grand succès et ont été caractérisés par les critiques suédois comme de brillants exemples du niveau élevé de la vie musicale en Russie.L'ASPECT COMMERCIAL \u201cLa Fédération des Négociants en Gros et Importateurs Suédois\u201d a publié récemment une brochure qui, sous une forme aisée et attrayante, fournit quelques renseignements essentiels sur la Suède comme pays importateur.Cette brochure, intitulée \u201cLa Suède comme pays d\u2019importation\u201d, souligne que la Suède, quoiqu\u2019elle soit relativement bien connue comme pays d\u2019exportation, l\u2019est beaucoup moins en tant que pays importateur.Elle se place, cependant, au nombre des principales nations importatrices du monde, relativement au nombre de ses habitants.En 1938, les importations de la Suède se sont élevées à 183 couronnes-or Scandinaves ; comme point de comparaison, citons que celles de l\u2019Angleterre avaient eu une valeur de 195 couronnes-or et celles des Etats-Unis de 33.La brochure rappelle aussi que la Suède, en temps normal, a un excédent d\u2019importations qui s\u2019est chiffré, pour les années 1938 et 1939, à respectivement 239 et 610 millions de couronnes.Meme si l\u2019on ne tient pas compte de ce que la Suede, en ce moment, se trouve dans un besoin particulièrement urgent de produits importes, il n en reste pas moins qu\u2019elle est, en temps normal, une grande importatrice.Le pays constitue donc un excellent marché, tant pour des matières premières que pour des produits finis, du fait de son industrie, appliquée a de multiples domaines et hautement développée.Le volume des importations suédoises et leur distribution sont illustrés par plusieurs tableaux.La brochure renseigne, en outre, sur la navigation suédoise et les services de transports aériens suédois, sur les conditions bancaires, etc.Elle souligne, de plus, que la Suède est un partisan résolu d\u2019un commerce mondial basé sur le libre échange des produits.On trouve, finalement, dans ce petit ouvrage, qui est publié aussi en anglais et en espagnol, des renseignements sur \u201cLa Fédération des Négociants en Gros et Importateurs Suédois\u201d et sur les 45 organisations qui y sont affiliées et qui comptent un total de plus de 1,100 firmes de commerce de gros et d\u2019importation.La Suede comme marché d\u2019importation\u201d peut être obtenue des légations, consulats et chambres de commerce suédois ou directement de l\u2019organisation plus haut nommée.Il est à remarquer que la brochure fut publiée avant la récente révaluation de la couromie suédoise ; les taux de changes inclus ne sont donc pas conformes a ceux d aujourd hui. Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 27 Le cadeau pour toujours PLUS QUE JAMAIS MAINTENANT MESSIEURS POUR $45.00 à $200.00 Le plus grand triomphe de l'art et de la technique de l\u2019horlogerie.Nous vous invitons cordialement à les inspecter chez votre bijoutier.Ces modèles sont disponibles en jaune, rose ou blanc.Avec vitre distinctement soulevée et boîtier mince, moderne, fini à la main.« STATESMAN 21 jewel» .$S2 .SO fcjf TREASURER ?*\t21 jewel» $55.00' AMBASSADOR 21 jewels-$49 50 DIRECTOR 21 jewel $49.50 PRINCETON 21 jewels .$45.00 BUtOVA J 6WELS TUXEDO .or 14 carats .21 rubis.Avec bracelet or 14 carats entrelacé : $200.CO.Avec bracelet de cuir coussiné, cousu à la main : $100.00 Le Canada Tj ^ TT T /^\\ T T 4\tme^leure marche | \\ * I * I * I | * \\ / * / % montre à l\u2019heure\tv_J JLJ\t?J_ \\_ au monde 28 Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 EN DEDANS EN DEHORS ESPACES INTERDEN* TAIRES f* ¦Dr.UJests jUimcleO'uft i «Ctsaa» The OnVf v W*a0' La façon dont elle s'adapte signifie \u2022 LA FORME CORRECTE d\u2019une brosse à dents facilite le meilleur nettoyage de toutes les dents! C\u2019est pourquoi des millions de gens emploient exclusivement la Dr.West\u2019s Miracle-Tuft.Aucune autre brosse à dents n\u2019est si bien adaptée au nettoyage des dents.C\u2019est que cette brosse est un instrument de précision.Incurvée en deux sens, elle se conforme à votre bouche avec précision et ses soies exclusives \u201cEXTON\u201d nettoient toutes les surfaces\u2014en dedans, en dehors, les espaces interdentaires et les surfaces triturantes.Les particules d\u2019aliments étant enlevées par les soies flexibles \u2018Miracle-Tufts\u2019, l\u2019émail des dents devient plus luisant.En outre, chaque brosse à dents Dr.West\u2019s Miracle-Tuft est scellée sous verre pour plus de protection et garantie pour un an.Donc, pour avoir un sourire plus attrayant, employez la brosse à dents de forme correcte, qui assure un meilleur nettoyage de toutes les dents.Achetez une \u2018Miracle-Tuft\u2019 aujourd\u2019hui.Droit* ré*ervés 1946 par Wbco Product* Company Le Constitution qui est probablement le plus gros aéronef connu du monde.Etant construit pour le compte de la Marine Américaine, ses principales caractéristiques ne sont pas divulguées.* * * ~ p-CT.2 \u2019 :\u2022 ' ~ JÊ SÉCURITÉ DE L'AVIATION [ Suite de la page 13 ] aussi parfait que possible, la compagnie ne commencera la production en série qu\u2019au début de 1947.On affirme toutefois que le \u201cChipmunk\u201d se classe déjà comme un avion de tourisme idéal.\u2022 Le plus récent avion de transport lourd dessiné au Canada est le Fairchild \u201cHusky\u201d, manufacturé à MontréaL II est ici photographié au cours d\u2019essais de vol sur le St-Laurent.Il peut être monté sur flotteurs, skis ou train d\u2019atterrissage conventionnel.\u2022 S\u2019inspirant évidemment des lignes d\u2019un avion de chasse moderne, les ingénieurs de De Havilland Aircraft ont réalisé le monoplan de tourisme et d\u2019entraînement \u201cChipmunk\u201d suivant les conceptions les plus modernes.L\u2019empennage est identique à celui du célèbre De Havilland \u201cMosquito\u201d.\u2022 Le premier super-avion Lockheed \u201cConstitution\u201d a été retenu par la marine américaine et ses caractéristiques principales sont gardées secrètes.On sait cependant qu\u2019il se distingue par sa construction à deux ponts et qu\u2019il transportera plus de 100 passagers.Actionné par 4 moteurs de 3,500 c.v.chacun, il est beaucoup plus gros que son prédécesseur, le fameux \u201cConstellation\u201d qui est muni de quatre moteurs de 2,000 c.v.Les premiers \u201cConstitutions\u201d commerciaux iront aux lignes Trans-World, entreprise affiliée à Lockheed.Le plus grand pont suspendu d'Europe Le ministère des Transports a publié, le 17 septembre, les détails d\u2019un nouveau pont suspendu au-dessus de l\u2019embouchure de la Severn, la plus grande rivière de Grande-Bretagne.Ayant une travée centrale de 3,000 pieds au-dessus de la voie navigable et une travée d\u2019environ 1,000 pieds de chaque côté, le pont Severn sera le plus gros pont suspendu en Europe.Son envergure dépassera de 700 pieds celle du pont Oakland, San Francisco, mais il sera 1,200 pieds plus court que le pont Golden Gate, San Francisco.L\u2019envergure totale du pont au-dessus de la Severn aura 900 pieds de plus que celle du grand pont qui traverse le port de Sydney.Il y a un espace de 120 pieds pour la navigation en eau haute, tandis que les pylônes d\u2019acier qui soutiennent les principaux câbles et qui reposent sur des pontons en béton auront 450 pieds de hauteur.Des \" bas parfaits n Une maison anglaise prétend fabriquer des bas parfaits, entièrement diminues, en soie et tout à fait indémaillables.Mlle Caroline Haslett, présidente du \u201cGovernment Hosiery Working Party\u201d vient de publier son rapport.A ce sujet, elle fit la déclaration suivante : \u201cJe nai pu dire la difference entre ces bas et les bas de soie pure, entièrement diminues, fabriqués de la façon ordinaire.Je me suis rendu compte qu ils étaient tout à fait à l\u2019épreuve des échelles.Je crois que cest un développement formidable dans l\u2019industrie des bas\u201d La production nen est qu\u2019à l\u2019état d\u2019essai et on ne peut dire quand ils seront mis sur le marche.En 1939, les fabricants ont pris un brevet, mais la guerre a interrompu les recherches et la production. Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 29 -v : MCW Vous vous rappelez comme il était agréable de voyager sur les ;j bateaux du Pacifique Canadien! Vous vous rappelez le confort de ces superbes paquebots, l'excellence de la cuisine, la perfection du la courtoisie du personnel et le charme de la vie à bord ! Il y a beaucoup à faire en ce moment pour rétablir les services d\u2019avant-guerre, pour remplacer les navires perdus .\t, mais, quand on aura accompli cette tâche essentielle, vous pourrez de nouveau voyager avec agrément.comme vous étiez habitué de le faire par le Pacifique Canadien.Bientôt, les paquebots de deux nouvelles flottes sillonneront les grands océans du globe .et, alors, on pourra de nouveau se rendre deC^ Shanghai à Southampton.exclusivement par le Pacifique Canadien./ , ENCERCLE LE MONDE Twm 30 Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 s y rA < -^ \\) Jjjftfm met lCK£0 ^ 1 SiïtfC ortt, l?|U/m Kric WW wmvïwavc/ wvw»t^ Rien de tel pour un coup d\u2019oeil agréable qu\u2019une coiffeuse avec dessus en glace polie, garnie d'indienne aux couleurs gaies .avec miroir non encadré.Employez\tla glace polie pour les étagères de votre placard à linge.Vous pouvez voir où sont tous les articles, du bas en haut.La lumière dans le haut du placard passe à travers les étagères en verre.Un grand miroir est tout simplement \"essentiel\".Mieux vaut en avoir un pour les pièces du haut et un autre pour les pièces du bas.Pour avoir des étagères impeccables et modernes dans la salle de bain, rien de tel que la glace polie\u2014superbe, à l\u2019épreuve de l\u2019humidité, intachable.Pour les rebords de lenêtrcs, mieux vaut employer le verre structural.Les rebords en bois peuvent être protégés par de la glace polie, intachable et ne ternissant pas.Seule la glace polie possède les propriétés de ne pas se tacher et de se laver facilement, essentielles pour les étagères d\u2019une armoire à pharmacie\u2014pour l'étagère au-dessous de cette armoire aussi.Les venlilatei suppriment les courants d\u2019air directs\u2014sont attrayants aussi.Des étagères en glace polie ajouteront un cachet moderne à n'importe quelle cuisine, alcôve à déjeuner ou solarium.Faciles à garder d'une propreté immaculée.Protégez votre table à thé contre théières bouillantes, les taches et marques \u2014 avec de la glace polie.Depuis plus de 100 ans, Pilkington est au premier rang en ce qui concerne la création de verre durable, d une beauté superbe.Le Verre Britannique Pilkington est connu dans le monde entier pour sa qualité.Pilkington Glass Limited est distributeur de : Glace Polie, Verre Armé (Broché), Verre Cathédrale (Blanc et Teinté), \"Armourplate\u201d, \"Vitrolite\u201d, Verre Roule\u2014Brut et Rayé \u2014 Verre Roulé à Patron, Verre à Vitre .Etiré à Plat.Halifax, Montréal, Kingston, Toronto, Hamilton, St.Catharines, Winnipeg, Calgary, Edmonton, Vancouver La marque de distinction Le Samedi, Montréal, 23 novembre 1946 51 VENGEANCE MATERNELLE [ Suite de la page 46 1 Cependant, une question, une seule, se posait à son esprit : Qu\u2019était-ce que cette Marie Talbert?___Ce que je vais vous dire, commença Martial, vous paraîtra peut-être étrange, mais je vous prie de ne pas trop vous étonner.Alors, il raconta, sans rien omettre, tout ce que nos lecteurs savent déjà, tout ce que Diane elle-même avait raconté à sa mère, puis il expliqua son amour.__Tout de suite, dit-il, j\u2019ai été attiré vers votre fille par une ressemblance extraordinaire.avec une personne que j\u2019ai beaucoup aimée.et cette ressemblance même est si forte que c\u2019est à douter que vous soyez sa mère.Ne vous offensez pas de ce que je dis là.\u2014 Monsieur !.dit Marie Talbert, tremblante, et qui, voyant arriver l\u2019aveu sur les lèvres de Martial, sentait qu\u2019elle ne pourrait peut-être pas l\u2019entendre sans se trahir.Navarre ne la laissa pas achever : ____Cette ressemblance est si frappante, que Mlle Diane est le vivant portrait de cette femme, dont je vous parle.\u2014 Elle s\u2019appelait ?\u2014 Jeannine Vilmorin.Marie Talbert pâlit et se troubla.Il le remarqua.\u2014 L\u2019avez-vous donc connue?dit-il.\u2014 Non.Continuez, monsieur.\u2014 Diane a les mêmes traits, la même physionomie charmante, les mêmes yeux que Jeannine ; il était impossible de les oublier, après les avoir vus, ne fût-ce qu\u2019une fois ! Marie Talbert eut un frisson, releva les paupières et, un moment, une seconde, ses grands yeux bruns, dans le fond desquels scintillaient comme des reflets d\u2019or, se portèrent sur Martial; mais celui-ci n\u2019eut pas le temps de les reconnaître ; les paupières s étaient abaissées et Marie Talbert avait repris sa pose humble, la tête sur la poitrine.\u2014 C\u2019est aussi, disait-il, la même voix, les mêmes gestes gracieux, souvent des expressions que Jeannine employait et* que je retrouve chez votre fille.comme si la nature s\u2019était plu à ne rien négliger pour que l\u2019illusion soit complète .En retrouvant chez Diane la copie si parfaite de celle qui jadis avait failli être ma femme, et qui avait été séparée de moi par un drame affreux, j\u2019ai senti revivre tous mes souvenirs, j\u2019ai cru que Jeannine Vilmorin renaissait.J\u2019ai fait tout ce que j\u2019ai pu pour me rapprocher de Diane .j\u2019ai découvert bien vite quelle était aussi intelligente et aussi bonne qu\u2019elle était belle.qu\u2019elle était presque, dans ses pensées les plus intimes, la Jeannine de ma jeunesse, et je me suis mis à l\u2019aimer, à aimer d\u2019abord en elle l\u2019étrangeté de cette rencontre, a aimer en elle le souvenir de mon premier amour .puis c\u2019est Diane, mais Diane elle-même, cette fois, qui a pris, dans mon cœur, la place de 1 autre.Je n\u2019ai pas oublié Jeannine, mais son souvenir s\u2019efface quand Diane est auprès de moi, et j en arrive a penser que je n\u2019oublierais peut-etre s\u2019il m\u2019était donné de pouvoir passer ma vie à coté de votre fille .Jeannine fit un mouvement.\u2014 Il m\u2019aime, se disait-elle, il m\u2019aime toujours, cela n\u2019est pas douteux.Et sa jalousie contre Diane lui revint plus intense.La rivale de sa fille ! Quel drame ! Diane aimée par Martial ! Elle ne le voulait pas.Pourquoi sa fille lui volait-elle l\u2019âme de cet homme, qui lui appartenait?De quel droit?Elle regarda autour d\u2019elle, cherchant des yeux la jeune fille, mais celle-ci était sortie, n\u2019avait pas entendu cet entretien.\u2014 Maintenant, dit Martial, que je vous ai tout dit, que vous savez tout, me refuserez-vous ce que je vous demande ?\u2014 Et que demandez-vous ?dit-elle d\u2019une voix si faible qu\u2019il l\u2019entendit à peine.\u2014 Je suis indépendant et je suis riche, dit-il ; veuillez me permettre de me faire aimer par votre fille.elle sera ma femme .j\u2019assurerai votre position et.\u2014 Non, dit-elle brusquement, cela ne se peut ! \u2014 Pourquoi ?dit Martial, surpris par cette violence soudaine.\u2014Parce que je ne veux pas ! parce que je refuse ! \u2014 Vous avez sans doute des motifs, une raison quelconque.\u2014 Oui, vous le pensez bien ! \u2014 Et puis-je savoir ?.\u2014 Le premier motif, dit la pauvre femme, qui se sentait devenir folle et s\u2019arrêtait désespérément à toutes les pensées qui lui venaient, le premier motif, c\u2019est que ma fille m\u2019est très chère et que je veux avant tout son bonheur.__Ne le trouvera-t-elle pas auprès de moi ?\u2014 Non.Vous avez des liaisons dans le monde qui continueront après votre mariage.et ma fille ne pourrait peut-être pas lutter avec avantage, malgré sa beauté, contre de grandes dames comme la baronne Josépha.\u2014 Je n\u2019aime pas la baronne, je ne l\u2019ai jamais aimée .je vous le jure ! Elle hocha la tête, mais une immense joie intérieure l\u2019envahissait.Cependant elle répliqua : \u2014 Pourtant, vous êtes son amoureux.\u2014 Demain, je ne le serai plus.\u2014 Bien vrai?dit-elle, relevant les yeux tout à coup.\tf \u2014 Aujourd\u2019hui même si vous 1 exi- ^Soudain il pâlit.son regard avait plongé dans les yeux de Marie et venait d\u2019y retrouver Jeannine tout en-tière .Mais elle composa son visage tout à coup .Et puis la voix qu elle voilait à dessein, n\u2019était pas la meme .Et puis, ce visage .et ces cheveux grisonnants dont on ne pouvait guère deviner la couleur primitive .QUI EST-IL, QUI EST-ELLE?i».nm!s du livre\", c'est ainsi que M.FERDINAND BIONDI débute sa oniour.les °\tdu \u201evr# au polte CKAC tous les dimanches soirs a ,rhn,30C MU
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