Le samedi, 1 novembre 1947, samedi 15 novembre 1947
[" i année, No 26 Montréal, 15 novembre 1947 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DIX CENTS S'Yoo DANS CE NUMERO CHEMIN DE FER MINIATURE Par GASPARD ST-ONGE L\u2019INDUSTRIE DE L\u2019AUTO EN FRANCE Par MARCEL LAFFON-MONTELS L\u2019AFFAIRE DE \u201cL\u2019AQUITAINE\" Roman Policier par PAUL DARGENS , mm 2 Le Samedi, Montréal, 15 novembre 1947 SCIENCE ET GASTRONOMIE POUR DES MURS NEUFS ET GAIS, a t'mm/vr La NOUVELLE peinture à l\u2019eau pour murs, rapide et facile à employer, à base de résine et d\u2019huile.Rien de mystérieux à la popularité toujours grandissante de Swing .elle est si facile et rapide à appliquer, si économique.Les murs deviennent frais et pimpants en un clin d'oeil .une seule couche suffit et sèche en une heure, Le résultat vous ravira.Votre demeure entière sera transformée et comme ensoleillée par des murs nouveaux, clairs, qui conserveront leur beauté longtemps puisque Swing est lavable! 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Si vous faisiez vos courses en Grande-Bretagne, vous ne tarderiez pas a apercevoir en montre de larges tranches d'une viande de couleur foncee ressemblant assez au foie.Votre boucher vous apprendrait que c est de la viande de baleine.Avant la guerre, la viande de baleine ne paraissait pas sur 1 s menus- aujourd\u2019hui, c\u2019est courant au pays de Shakespeare.On sert cette viande dans de nombreuses maisons et dans maints restaurants; elle parait _ régulièrement au menu de la Chambre des communes.Dans les cuisines experimentales du ministère des Vivres, des spécialistes imaginent de nouveaux moyens d apprêter la baleine, car cette viande restera, semble-t-il.Cet appoint au garde-manger d'un pays qui connaît la faim, si dégarni depuis la nouvelle diminution des rations, évoque une histoire caractérisée par 1 esprit d'initiative et l\u2019énergie.En 1939, le ministère britannique des Recherches scientifiques et industrielles songeait que la viande de baleine pourrait constituer a solution à la pénurie de denrées alimentaires dans le monde.Avant la guerre, a production mondiale d\u2019huile de baleine atteignait en moyenne un demi-million de tonnes par année, et, pour produire de cette huile, les flottes baleinières du Royaume-Uni et de la Norvège manipulaient 600,000 tonnes maigre de balem .On en transformait une partie en provende pour les animaux mais on rejetait le in\tTT-iiiH.\t1 ûr n nm TTIPQ fl P science, un domaine fécond d expériences.En 1939 le ministère envoyait une expédition sous la direction du lieutenant-commander Marr, lequel possédait une longue expérience des baleines et de leur chasse.Cette expédition démontra que la viande de baleine est saine et, a 1 état frais, se distingue à peine du boeuf.En mars 1947, on organisa une seconde expédition en collaboration étroite avec le ministère des Vivres.La haute teneur en protéine animale de la viande de baleine constituait un appoint précieux à la maigre ration de viande de la Grande-Bretagne.L'expédition avait pour objet d\u2019étudier toutes les possibilités et tous les problèmes que comportait le projet de tirer tout le parti possible de ce nouvel aliment.Naturellement, chaque espèce de baleine donne un genre différent de viande et les morceaux de baleine varient en qualité selon la partie de l\u2019animal où ils viennent.L\u2019équipe de recherche s\u2019embarqua sur le baleinier-atelier Balaena.Elle prenait note des dimensions, de l\u2019espèce et des caractéristiques de chaque baleine à son\tarrivée\tà bord.L\u2019équipe étudiait les\tqualités comestibles de la viande et se\tlivrait à\tdes recherches systématiques\tdans\tle laboratoire du bord.Un inspecteur du ministère de l\u2019Agriculture et des Pêcheries tenait des dossiers particuliers et un biologiste établissait la documentation complète de la chasse.Par suite de cette expédition, on a élaboré un tableau d\u2019ensemble des caractéristiques des baleines de l\u2019Antarctique.L\u2019une des fonctions principales de l\u2019expédition consistait à rechercher les moyens de conserver la viande de baleine dans l\u2019état de fraîcheur le plus parfait possible jusqu\u2019à congélation.Le\tcadavre\tde baleine refroidit lentement\taprès\tla mort, il fallait donc trouver une\tméthode\tpour le refroidir rapidement,\tsinon\tla viande risquait de se gâter.M.R.A.M.Case, directeur de l\u2019équipe scientifique, s\u2019assura la vedette grâce à une idée originale pour l\u2019épreuve de la température de la baleine.Vêtu d\u2019un costume de plongeur et nageant sous la baleine avant qu\u2019elle soit prise, il put enregistrer la température de l\u2019animal en lui lançant un instrument dans le corps.L\u2019équipe, rentrée en Grande-Bretagne, continue à classer ses données, pour en arriver à déterminer quel genre de baleines donne la meilleure viande et quelle partie de la baleine fournit les meilleurs biftecks.La viande de baleine maintenant vendue en Grande-Bretagne varie considérablement et l\u2019on ne sait guère ce qu\u2019on obtiendra quand on commande un bifteck de baleine.Quand le ministère des Recherches scientifiques et industrielles publiera ses conclusions, la qualité de cette viande sera toujours bonne et les saucisses de baleine seront encore plus populaires que maintenant.Ce qui est plus important, c\u2019est qu\u2019on aura fortement contribuer à surmonter l\u2019une des pires pénuries mondiales de denrées alimentaires.NOTRE COUVERTURE Charmante petite Marguerite qui rit de se voir si belle en ce miroir.Un Faust, même plus que rajeuni, n\u2019est sans doute pas encore en vue, mais qu'importe, la coquetterie féminine est bien là, à l\u2019état latent.Aux yeux des hommes, tin miroir ce n'est qu'un simple phénomène de physique n'offrant guère d'intérêt parce que connu et exploré à fond.Mais pour la femme, il en va tout autrement : c\u2019est le confident par excellence ; mieux encore, c\u2019est le guide sincère, franc jusqu'à la brutalité et qui révèle l'outrage des ans.S\u2019il n'avait que cet attribut, il ne jouirait pas de cette si grande faveur auprès de ces dames.Ce qui rachète et excuse sa franchise, c'est qu'il remplit en quelque sorte les fonctions de radar, indiquant l\u2019imperfection à corriger, démontrant enfin que l\u2019art a su triompher de l\u2019injure.Pour l\u2019instant, notre petite Marguerite ne pense pas à ça, mais ça viendra, soyons-en bien assurés, car il n\u2019est que trop vrai que les jeunes printemps fuient à tire d\u2019ailes ! \u2014 Photo \"Le Samedi\". LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 59e année, No 26 \u2014 Montréal, 15 novembre 1947 LA BETTERAVE À SUCRE 3 Membres de l\u2019A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985.RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 T é I : PLateau 9638 * FRED POIRIER GEO.POIRIER Présidents conjoints JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage ; ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) O ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières (Trois-Rivières et Cap-de-la-Madetcine ) Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.O Entered at the Post Office of St.Albans, Vt.as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un an.$3.50 Six mois.2.00 ETATS-UNIS Un an - -\u2022-\u2022\u2022\u2022\u2022 $5.00 Six mois.* \u2022\t2.50 a AU NUMERO : 10 cents o HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.o AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.UNE BELLE INDUSTRIE DU QUÉBEC LE sucre, qui apparaît tous les jours et à chaque repas sur nos tables, nous reporte, par son origine, aux pays chauds du Sud.Qui de nous ne s\u2019est jamais arrêté à imaginer ces régions au climat exceptionnel, à la végétation luxuriante, et qui ignorent les rigueurs de l\u2019hiver ; pays que nous savons être les producteurs du sucre, ces petits cristaux blancs, pourvoyeurs d\u2019énergie et tellement nécessaires au régime alimentaire de l\u2019homme ?Beaucoup cependant ne sont pas au courant que ces mêmes cristaux peuvent être produits sous des climats tempérés, et le sont en fait, ici même, dans le Québec et les autres provinces du Canada.Je veux parler du sucre extrait à la Raffinerie de St-Hilaire-sur-Richelieu à partir de la betterave à sucre.Et pour éviter toute confusion, disons tout de suite qu\u2019il s'agit bien des mêmes cristaux obtenus de la canne à sucre, connus chimiquement sous le nom de saccharose, et d'une pureté qui n'a rien à envier au produit importé.La betterave à sucre diffère beaucoup de la betterave rouge conservée dans le vinaigre pour la table.C'est une plante qui ressemble de très près au navet, avec ses larges feuilles à longues tiges et sa grosse racine pivotante, pouvant contenir de 12% à 18% de sucres.Au printemps, on les sème en pleine terre ou on les transplante.On arrache à l'automne ces grosses racines pesant parfois plus de deux livres, et après avoir coupé les tiges à la base (collet de la plante), on les expédiera à l'usine de St-Hilaire où se fait l'extraction du sucre.Durant sa croissance, la plante a emmagasiné ce sucre comme ressources d'énergie avec quelques autres sels en moindre quantité, et qui serviraient à sa croissance complète jusqu'à production de graines de semence, si on la laissait pousser un an de plus, au lieu de la récolter la première année.Les feuilles resteront au cultivateur comme fourrage vert pour le troupeau laitier, qui incidemment en est très friand.' Quand on a entassé en piles immenses dans la cour de l'usine des quantités suffisantes de betteraves, on fait partir les machines, qui ont été au préalable mises en ordre durant la saison précédant celle de la production.Les betteraves alors vont entrer dans le procédé pour donner des tonnes et des tonnes de sucre blanc.De la cour extérieure où elles sont entreposées, les grosses racines sont jetées dans des caniveaux où un fort courant d'eau les entraîne dans l'usine, tout en effectuant un premier nettoyage, enlevant la grosse partie de la terre adhérante.A leur entrée, un épail-leur retient les branches et autres matières étrangères flottant à la surface de l'eau, sans entraver le passage des betteraves dans la roue élévatrice, qui les transporte sur une table à secousses sous des gicleurs d'eau, pour procéder à un lavage plus complet et éliminer le plus d'impuretés possible qui, autrement, empêcheraient une grande partie du saccharose de cristalliser.Après, une chaîne à godets les entraîne à l'étage supérieur, d'où elles redescendent se faire hacher dans le coupe-racines, en fines lanières appelées cos-settes.Puis les cossettes sont convoyées vers une balance automatique enrégistrant à la fois la quantité de tonnes passant à l'heure, soit la vitesse d'opération, et le nombre de tonnes déjà passées.On opère généralement à 40 tonnes à l'heure.De là, elles entrent dans le diffuseur où, venant en contact avec de l'eau chaude, la presque totalité du saccharose est extraite, passant en solution.Cette machine très moderne opère de façon continue.Les cossettes sont entraînées à travers une série de cellules contiguës, rencontrant en chemin l'eau dissolvante qui, entrant dans la dernière cellule au moment où les cossettes en sortent presque totalement épuisées, ressort saturée de sucre là où entrent les cossettes fraîches.Nous avons maintenant une solution très sucrée contenant également toutes les autres substances solubles (non sucres) qui se trouvent dans la betterave.Il s'agira donc de précipiter la plus grande partie possible de ces substances organiques ou minérales, pour ne garder en solution que les sucres avec un minimum de matières étrangères, car chaque livre y restant empêche la cristallisation d'une livre et demie de saccharose.Toutes les opérations sont sous le contrôle constant des laboratoires de l'usine.Qu'il s'agisse de la pureté du jus avant et après précipitation des impuretés, de celle du sirop, des massecuites ou du sucre lui-même.Car pour obtenir un rendement optimum, les ouvriers doivent se guider sur les résultats d'analyses conduites aux laboratoires.C'est le seul moyen également de vérifier si les quantités de saccharose obtenues correspondent au rendement empiriquement , prévu d'après la richesse en sucre des cossettes.Un mot, pour finir, des sous-produits provenant de l'extraction du saccharose de la betterave à sucre : les mélasses et la pulpe de betterave.La mélasse est un mélange de différents sucres qu'il a été impossible de cristalliser en raison des impuretés qui sont demeurées dans les jus sucrés au cours du procédé.En outre, on ne peut pas sortir d'une solution tous les cristaux dissous, car à un moment donné un équilibre s'établit entre les substances déjà cristallisées et la solution elle-même.La mélasse résiduaire de la betterave est im-propre à la consommation domestique à cause de son goût âcre et ne peut servir que pour la nutrition des bestiaux, ou mieux encore, comme c'est le cas à la Raffinerie de St-Hilaire, elle est vendue aux industries de la fermentation, qui recherchent toujours des matières premières sucrées peu coûteuses.L'autre produit secondaire, la pulpe de betterave, est très en demande sur le marché, parce qu'elle a une valeur inestimable pour l'alimentation des bestiaux.Elle est récupérée à la sortie de la batterie de diffusion dans les cossettes épuisées.La pulpe alors humide est pressée dans des moulins, séchée en passant dans un long four rotatif horizontal, et ensachée comme telle.Les cultivateurs producteurs de la betterave à sucre sont les premiers bénéficiaires de la pulpe, car on la vend à ces derniers d'abord.Riche en protéines et autres matières azotées, contenant encore un faible résidu de sucre, elle est idéale pour le troupeau laitier.Chose curieuse, la pulpe a le don de mettre en appétit ces animaux qui, mangeant plus, donneront plus de lait.C'est d'abord un nouveau marché qui est ouvert aux cultivateurs, qui trouvent là une nouvelle source de revenus, profitant en même temps des feuilles et de la pulpe de la betterave pour leurs animaux, cela tout en enrichissant leur sol arable, lorsqu'il a été appauvri par une culture épuisante pour la terre.C'est de plus à l'avantage du Québec d'importer moins de sucre des pays chauds et de garder cet argent chez nous, sans compter les ouvriers que cette industrie fait travailler et qui y trouvent leur salaire.Encourageons donc cette industrie de chez nous, et souhaitons que les cultivateurs sèment toujours plus de betterave à sucre, afin que l'usine puisse opérer un jour prochain à sa capacité maximum, évitant ainsi les subventions octroyées par le Provincial, lorsque les betteraves récoltées à l'automne sont en quantité insuffisante.Jean-Paul TREMBLAY, B.A., B.Sc., Chimiste. 4 Le Samedi, Montreal, là novembre 1941 XP5& j|gPR|PpPR Wfi Le cidre est le seul \u201cvin\u201d qui soit fabriqué, en Angleterre, sur une bast commerciale.Assez curieusement, de nombreuses personnes, meme Angleterre, ne considèrent pas le cidre comme un \u201cvin ; c est bien, cependant, un vin en tant que jus fermenté d\u2019un fruit, la pomme.Il ny a pas de chiffres officiels concernant la quantité de cidre fabriquée chaque année, car de nombreux fermiers font leur propre cidre pour leur consommation personnelle.Mais si nous prenons le chiffre officiel de deux millions de pommiers à cidre, nous pouvons avoir une idée de la quantité de cidre fabrique , ca c ee à raison de 72 pintes en moyenne par arbre, cette quantité annuelle serait de proportion impressionnante.Parmi ces deux millions de pommiers, il y a, il est vrai, de vieux arbres qui donnent très peu de fruits ; mais, par contre, nous devons nous rappeler qu\u2019une certaine quantité de cidre est fabriquée de pommes qui ne sont pas, à proprement parler, des \u201cpommes à cidre , et ce fail arrive particulièrement lorsque la récolte est abondante, et les pi*ix\tas Les fabricants de cidre étaient prêts à payer, cette année, jusqu\u2019à 14 livres sterling la tonne de pommes propres au pressurage.Bien que les pommiers soient cultivés dans toute l\u2019Angleterre, le ventab e arbre à cidre se trouve principalement dans quatre comtés \u2014 Devon, Somerset, Gloucestershire et Herdfordshire.On peut voir, dans ces régions, au printemps, des milliers d\u2019hectares de pommiers en fleurs, des \u201cFoxwhelps , des \u201cLady\u2019s Fingers\u201d, des \u201cKingston Blacks\u201d, cette dernière espèce dormant la meilleure pomme à cidre.C\u2019est à tort que l\u2019on croit que le cidre est fait de pommes tombées à terre ou trop aigres.Plus de 200 variétés de pommes à cidre sont cultivées en Angleterre ; ces fruits sont différents de ceux destinés à la table.Malgré leur réputation d\u2019aigreur, les pommes à cidre contiennent plus de sucre que les pommes ordinaires.Elles contiennent également plus de tanin, élément essentiel à la fabrication du cidre.C'est pourquoi, elles ne sonl .\tt\t1 _ 11 /\\11n« en /lnrnicconf Oïl 1 l*\u2022:* y' >.V* * Sm WOTS* >.» \" Va .pf 9\t.«I ¦* \\% * tgritfe m > \\% ** DE L'AUTRE COTE DE LA MANCHE Photo du haut, A gauche, l'une des vastes cuves doublées de verre.\u2014 Ci-dessus, une montagne de pommes à cidre destinées au pressoir.\u2014 Ci-contre, la mise en bouteilles.AH, LE BON CIDRE! Par T.S.DOUGLAS I Exclusif au \" SAMEDI \u201c 1 Le Samedi, Montréal, 15 novembre 1947 5 A L'ECHELLE, ET PRECIS Chemin de fer miniature Par Gaspard St-Onge C'est un \"petit train\u201d, mais pas \u201cdépartemental\u201d comme celui de la chanson.Au contraire, c\u2019est une pure merveille de construction en miniature, une merveille comme seuls les grands de ce monde peuvent se payer.Voici, brièvement son histoire.En novembre 1943, des gens de diverses conditions se réunissaient pour former le Montreal Model Railroad Club à cette fin de procurer aux membres l\u2019occasion d\u2019exercer leur adresse : un genre de violon d\u2019Ingres pratiqué en commun, quoi ! L\u2019idée fit son chemin, tant et si bien qu\u2019aujour-d\u2019hui, au dernier étage d\u2019un édifice de la rue Ste-Catherine, non loin du cinéma Palace, tout un immense plancher est recouvert de rails sur lesquelles circulent des modèles réduits de trains de toutes sor- **»»**«.- g tes, tous confectionnés à l\u2019échelle et d\u2019une parfaite exécution.Rien n\u2019y manque : signaux lumineux, réservoirs, cours d\u2019aiguillage et de trillage, sémaphores, bref : tout ce qui peut évoquer le monde du chemin de fer.Là-dedans, chacun y travaille avec application, apportant ainsi sa contribution au grand oeuvre toul en faisant digression à son ordinaire besogne.Le tout \u2014 y compris les locomotives à vapeur \u2014 est mû électriquement et à distance par un très ingénieux système de commande, logé dans une tour à la hauteur du plafond.Ce club est une affaire que les membres considèrent comme très sérieuse et nous les comprenons bien.Ils ont parfaitement raison de s\u2019en montrer fiers et nous citons leur merveilleuse réalisation comme un superbe exemple de saine et instructive distraction.L\u2019idée n\u2019a pas fini de faire son chemin puisqu\u2019il faut encore deux années de travail au moins, à ce que nous on dit les membres, pour mettre la dernière main au couronnement de l\u2019oeuvre.Il se peut bien qu\u2019à ce moment, on élaborera des plans nouveaux.Comment s\u2019arrêter en si bon chemin .Quelques scènes telles que vues par le photographe au Montréal Model Railroad Club, rue Ste-Cotherine, non loin du cinéma Palace.\u2014 Ci-dessus.la pose des \"dormants\" et des rails, exécution moins pénible mais qui demande de l'attention et de la dextérité.'\u2014 Ci-dessous, un tronçon reçoit les dernières retouches.Remarquez ces superbes travaux que sont les locomotives.\u2014- Ci-contre, une cour'-de trillage avec ses multiples aiguilles et divers modèles de voitures.\u2014 Ci-dessous, à gauche, des membres discutent sur un détail de réalisation.\u2014 A droite, membres au travail.\tPhotos Le Samedi \u2014 Conrad Poirier.\u2014\t- gSth&i ¦ mk MSMÊÊ0.iz'- Ci-dessus, visiteurs de marque se procurant copies du cérémonial.\u2014 Photo du bout, entrée du Pape sur la Sedia Gestatoria.\u2014 Ci-contre, pèlerins d'une colonie du Portugal reçus en audience par Sa Sainteté le Pape Pie XII.LA VILLE ETERNELLE A SAINT-PIERRE ET AU VATICAN «\tLf Su utedi, Montréal, 15 novembre 1947 L\u2019église St-Pierre, construite par l\u2019empereur Constantin, à la demande du pape Sylvestre 1er, à côté du cirque de Néron et au-dessus du tombeau de St-Pierre, fut consacrée en 326 et plusieurs fois embellie et agrandie au cours des siècles suivants.La basilique qui existe aujourd\u2019hui a été commencée à l\u2019instigation du pape Jules II et d après les plans soumis par l\u2019architecte Bramante, originaire de Lombardie.Des artistes comme Raphaël et Michel-Ange furent ses collaborateurs.L\u2019intérieur de cette basilique, qui est comme la capitale du catholicisme, en impose plus encore par ses dimensions colossales que par l\u2019impression d\u2019unité artistique qui s\u2019en dégage.L\u2019effet produit augmente à mesure qu\u2019on se rend mieux compte de la beauté des diverses parties comme de l\u2019harmonie de l\u2019ensemble.Le maître-autel où le pape seul dit la messe a ete consacre en 1594 et recouvert en 1633, sous Urbain Vin, d\u2019un précieux baldaquin en bronze, fondu d\u2019après les plans du Bernin.Quand le pape se rend à la basilique St-Pierre pour 1 une des grandes fêtes de l\u2019Eglise ou pour une cérémonie solennelle comme, par exemple, la canonisation d\u2019un nouveau saint, il entre, porté à bras sur la Sedia Gestatoria et bénit la foule agenouillée sur son passage.Le palais du Vatican est voisin de la (basilique.Le nombre de ses salles, chapelles et chambres, peut être d\u2019un millier.Une petite partie seulement en est réservée à la cour pontificale ; le reste se compose de salles d\u2019apparat ou renferme des collections.L\u2019entrée principale, à l\u2019extrémité des colonnades de droite de la place St-Pierre, est réservée aux personnes de la cour pontificale et aux fonctionnaires du palais.Elle ne peut-etre utilisée par les etrangers qu avec une autorisation spéciale.Des gardes suisses y montent la garde dans leurs pittoresques uniformes de lansquenets.Le pape est à la fois évêque de Rome et chef suprême de l\u2019Eglise.Comme évêque de Rome, il administre son diocèse par l\u2019intermédiaire d\u2019un cardinal-vicaire et comme chef de l\u2019Eglise, il gouverne au moyen des congrégations et des secrétaireries.On nomme chapelle pontificale l\u2019ensemble des dignitaires ecclésiastiques et des fonctionnaires de la maison du pape, qui ont seuls le privilège d\u2019entourer le souverain pontife dans les cérémonies et les solennités de l\u2019Eglise.\t[ L're ^ suite page 36 ] Le Samedi, Montréal, 15 novembre 1947 7 RENAISSANCE D\u2019UNE INDUSTRIE L\u2019automobile en France Par Marcel Laffon-Montels I Exclusif au \"SAMEDI \" I WÆm \\ Le Salon de l\u2019Automobile a eu lieu à Paris au Grand Palais et cette importante manifestation d'ordre économique et technique aura permis de faire le point en ce qui concerne une industrie d\u2019une grande importance pour l\u2019économie nationale française, industrie dont les fabrications sont en voie d\u2019amélioration continue et qui serait susceptible de prendre rapidement un départ impressionnant si elle n\u2019était pas arrêtée, ou du moins freinée, comme tant d\u2019autres, par le problème des matières premières qui lui sont insuffisamment allouées.Rappelons, pour donner une idée claire de l\u2019importance de l\u2019industrie automobile dans la France d\u2019avant-guerre, que, pour l\u2019automobile, \u2014 et le cycle qui lui est normalement rattaché, \u2014 on comptait 300,000 ouvriers dont 18,000 étaient employés dans des usines de construction et 120,000 à la réparation et au commerce.Le chiffre d\u2019affaires avait une importance annuelle de 26 milliards de francs et des chiffres officiels ont précisé que la seule industrie de la construction représentait 21% du chiffre d\u2019affaires total de l\u2019industrie mécanique fran- çaise.La consommation de métal était de 700,000 tonnes par an ! Tous ces chiffres n\u2019existent malheureusement plus qu\u2019à l\u2019état de souvenir .Parmi tous les problèmes que pose l\u2019avenir de l\u2019industrie de l\u2019automobile, il en est un qui est prépondérant, et c\u2019est celui de la consommation d\u2019essence.L\u2019essence est extrêmement chère en France, et ceci s\u2019explique en raison du fait que le litre est grevé par l\u2019Etat d'un montant d\u2019impôts très élevé que justifient les nécessités du budget national qui est extrêmement lourd) du fait de la guerre et de ses conséquences.Une estimation récente a permis de calculer, en francs français, que le litre d\u2019essence revient à 10 francs, 20 à Londres, à 10.40 frs à Bruxelles, à 10 frs à La Haye, à 5.40 à New-York, à 20.05 frs à Paris.Dans ces conditions, on comprend que les constructeurs aient consacré leurs premières recherches à réduire la consommation de combustible des véhicules qu\u2019ils produisent.Un effort a également été tenté dans la voie du moteur électrique qui est en effet très économique.\t[ Lire la suite page 39 ] * II* I I I .«,\u2022 T.hms'.v n S.éfE,r: 0^\" 2590*0 Ci-dessus, à gauche, la V.L.333 Mathis, 3 roues, 3 places, 3 litres.\u2014 A droite, la voiturette par beau temps.\u2014 Ci-contre, de haut en bas, type de nouveau taxi pour Paris.\u2014 Autre modèle de taxi.\u2014 Vue de face de la V.L.333 Mathis.\u2014 Un type de motocar, très économique.\u2014 Petite voiture dont rêve le Français moyen.\u2014 L\u2019autocar ou autobus Chausson et son champ visuel.Tels sont les plus récents modèles populaires fabriqués en France.Photos S.I.F.Ottawa.,25904*10 (fej ; - y ^ Le Samedi, Montréal.15 novembre 1941 Û\\dlAh IMAGE - A Trieste, il y a toujours de la poudre dans l'air.Nous voyons ci-dessus, trois soldats de l'Oncle Sam reconstituant, pour les actualités filmées, la scène qui se produisit lorsque les autorités yougoslaves décidèrent, sous pression, de leur rendre la liberté.\u2014 Ci-dessous, à Londres, était exposée dernièrement une machine à classer et à compter l'argent absolument sans erreur».,, Au cours d'une récente manifestation religieuse tenue à Boston, on eut l'ingénieuse idée, grâce au concours d'un sosie de Sa Sainteté, de reconstituer la scène qui se passe quand le chef de l'Eglise s'adresse au peuple.Incidemment, le sosie a le nom canadien-français de Georges Pichette.Pendant un congrès international de chirurgiens tenu dernièrement à Chicago, des délégués assistèrent à une opération délicate : l'ablation des trois-quarts d'un estomac.L'opération eut lieu au Cook Country Hospital.\u2014 Ci-dessous, un vétéran américain arrivant par avion d'Angleterre avec son fils qu'il a \"enlevé\" à sa femme, laquelle n'aimait pas les Etats-Unis après y avoir habité un certain temps.Le tout se fit au cours d'un voyage-éclair dans les deux sens au-dessus de l'Atlantique.L'enfant n'est âgé que de dix mois et se porte bien.\t\tHT' t m * \u2022 7 lÜH Wm ) e / Hi\t\tA W\tI W >' ' mm Âmamàte.> %**.; .7 ?*«\u2022*; mgmMt xj?i* £ MMkEr ?(HU™ \u2018PIPI IrfÉ i rk^3l* \u2022*«M~ ' >'- ' ' v # (SSB»i mr JPf \u2022 & ?¦ .; >::~';r.\u2019¦\t' j ¦^>*v' ' '' «53wSSt.j .\u201d?5é&V£>\\l :::,# - ¦ - \u2014-rr Ci-dessus, à Savanna, Illinois, aux Etats Unis, un tracteur qui ne nivelle ni ne laboure la terre mais qui enfouit sous cette dernière des stocks considérables de bombes qu'il serait impossible de loger dans les entrepôts militaires à cause de manque d'espace.C'est là une expérience qui, dit-on, si elle réussit comme on le croit, permettra d'éviter des frais considérables.\u2014 Ci-contre, à droite, au Stade Dynamo de Moscou, avait lieu dernièrement un concours de course à trieyclette pour les tout petits.On n'y est pas allé de main morte si l'on juge par la mise en scène et lo nombreuse assistance 1 Ci-dessus, Sally, une chienne de Hendon, aux Etats-Unis, n'est assurément pas banale et sait faire montre d'un instinct maternel qui pourrait être cité en exemple à plus d'un humain.Donc, nous voyons ici Sally promenant tout bonnement sa petite famille dans un carrosse de bébé, en attendant sa maîtresse.Mme Chaventre qui, comme bien l'on pense, en est hère comme d'un trésor.\u2014 Ci-contre, à droite, voici, messieurs, le fameux complet pour hommes dont on o tant parlé ces derniers temps.S'il faut en croire les derniers décrets de l'élégance masculine, il se pourrait bien que, l'été prochain, vous portiez ce pantalon qui va à mi-'ambe.Le veston sport reste à peu près le même, ainsi que te chapeau et les souliers.Examinez ce modèle à votre aise et demandez-vous ce que sera votre apparence dans un tel accoutrement.Et surtout, ne dites pas \"jamais\", car, parait-il, on ne doit jamais dire \"jamais\u201d ! Ci-contre, RAM GOPAL, le célèbre danseur hindou dont on parle beaucoup à Londres en ce moment.On sait qu'aux Indes, la danse est étroitement liée à la religion.Mieux encore, son origine et sa tradition sont si anciennes qu'elles se perdent dans la nuit des temps.Ram Gopal, que l'on voit ci-contre, démontre qu'élevée au rang de l'art plastique, la danse, dans son mystérieux pays, a su également s'inspirer de la sculpture hindoue d'une délicatesse et d'une imagination qui ne cessent d'impressionner le monde occidental. 10 Le Samedi, Montréal, 15 novembre 1947 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR JACK DEMPSEY Sans beaucoup se tromper, l\u2019on peut dire que, dans les temps présents, sur les dix ou douze pugilistes produits dans une quelconque séance de boxe, six au moins n\u2019entendent rien à la boxe.C\u2019est l\u2019opinion de Jack Dempsey, ancien champion mondial des poids lourds qui, lors de sa récente visite à Montréal, a trouvé navrant cet état de choses qu\u2019il constate, depuis plusieurs années.C\u2019est d\u2019autant plus navrant que, malgré leur ignorance, certains boxeurs remportent parfois, sur des hommes connaissant leur métier, des victoires incontestables sinon décisives, grâce à la seule vertu de leur punch.Bien plus, ces victoires les incitent à demeurer tels qu\u2019ils sont, c\u2019est-à-dire toujours aussi Ignorants des règles fondamentales de l\u2019art pugilistique.Munis pour tout bagage de deux sous d\u2019ardeur, d\u2019une ardeur désordonnée parfois, de trois sous de résistance, d\u2019un sou de frappe, ces boxeurs semblent s\u2019être dit, en montant dans l\u2019arène, qu\u2019à tout prendre un combat de boxe n\u2019est pas bien différent d\u2019une bataille de rues.Et, comme rien dans l\u2019attitude du public ne vient les faire changer d\u2019avis, ils continuent pour le plus grand dam de la boxe.Pour un boxeur intelligent qui, courageusement et méthodiquement, s\u2019est appliqué à apprendre son métier qu\u2019il connaît chaque jour de mieux en mieux, il y a quatre ou cinq boxeurs qui se contentent uniquement de la puissance de leur punch et qui continuent à témoigner d\u2019une propension au cafouillage le plus obscur.Il y en a même qui se battent en agitant leurs bras, comme si ceux-ci étaient les ailes d\u2019un moulin à vent ! La boxe nécessite au moins trois années d\u2019études approfondies et progressives.Connaître les coups classiques et la façon de s\u2019entraîner, savoir pratiquer le corps-à-corps, acquérir la vitesse, apprendre à placer ses pieds, à évaluer la distance, constituent des notions élémentaires.Il faut encore savoir mettre en valeur le punoh, perfectionner les façons que l\u2019on a d'esquiver, de bloquer, de remiser et de contrer, pratiquer l\u2019art de parer victorieusement à toutes les chinoiseries éventuelles de l\u2019adversaire, assurer son coup d\u2019oeil, fortifier son énergie, cultiver enfin l\u2019intelligence nécessaire au combat.Les boxeurs cafouilleux se doutent-ils seulement de ces difficultés ?Nous ne le croyons pas.Nous croyons que le retour aux gants de quatre onces les rappellerait à esquiver et à bloquer.Les gants de quatre onces sont seuls capables de désencombrer les arènes de boxe de toutes les non-valeurs qui s\u2019y accrochent envers et contre tous ceux qui aiment la hnxe Seuls, les gants de quatre onces, en effet, pour- Ci-contre : BABE OIDRIKSON, la meilleure athlète de l'univers, championne du golf féminin, peut lancer une balle à 300 pieds aussi facilement qu'un joueur de baseball.Incroyable, n'est-ce pas ?L'épouse du lutteur George Zaharias touche un revenu de près de $10,000 par année.\u2014 JACK DEMPSEY, au centre, ancien champion mondial des boxeurs poids lourds, enseigne à ces deux pugilistes la bonne manière d'appliquer un uppercut.Le populaire Jack déplore le fait que trop de boxeurs montent dans l'arène, en ignorant l'A.B.C.de la boxe.Il ne se gêne pas de dire que le sport de la boxe est descendu à un niveau qui éloigne les spectateurs.S'il avait voix au chapitre, il renverrait à la première ronde, sous leur tente, un très qrond nombre de ces boxeurs en préliminaires.raient faire comprendre à ces cafouilleux que la boxe n\u2019est point faite pour eux ou que, du moins, il leur faut faire un stage sérieux .à l\u2019école.Ainsi, ils apprendraient que la boxe ne consiste pas seulement à s\u2019assurer le meilleur sur un adversaire par la bagarre, mais aussi à éviter les coups et à marquer nettement des points.Il est vrai que, pour le public populaire, la boxe n'est qu\u2019une bagarre et le boxeur qui rentre dedans le plus farouchement et le plus courageusement du monde doit être sacré le meilleur.La majorité du public assiste à un combat de boxe avec ses instincts.Et ces instincts dominent souvent le sentiment sportif que le public possède cependant, mais qu\u2019il ne veut pas toujours reconnaître.VLAN ! ENCORE UNE MONSTRUOSITE !\t\" C\u2019est plus fort que nous.Il faut que nous éclations chaque fois que nous rencontrons sur notre route un de ces cas d\u2019amateurisme qui choquent le bon sens et la raison.Et nous éclatons ainsi depuis, bientôt, un quart de siècle.Le cas du jeune joueur de hockey junior du National, André Corriveau nous force, de nouveau, à dénoncer les mensonges qui se perpètrent sous le couvert de l\u2019amateurisme.Corriveau veut jouer pour les Sénateurs d\u2019Ottawa, qui lui ont offert un salaire de $150 par semaine.Histoire d\u2019améliorer son sort, André aimerait à passer du rang junior au rang sénior, immédiatement, non pas quand le décideront les directeurs du National et du Canadien qui profitent des talents athlétiques de celui-ci ou celui-là.Ce sont là les règles de l\u2019amateurisme, direz-vous, et il faut s\u2019y soumettre.Eh bien ! notre raison ne s\u2019y soumettra jamais, parce que ce sont des règles stupides où règne l\u2019esclavage, parce que ce sont des règles anglaises que nous avons empruntées aux Anglais, depuis 65 ans.Elles sont désuètes.C\u2019est, suivant une expression plutôt triviale, mais qui dit bien ce qu\u2019elle veut dire, c\u2019est à se taper le derrière par terre.Souhaitons que les sportsmen du National permettent au jeune Corriveau d\u2019aller gagner ailleurs un meilleur salaire, tout en restant \u201camateur\u201d.Ce faux amateurisme qui sévit un peu partout n\u2019est pas autre chose que la réaction inévitable du bon sens contre des coutumes, bonnes peut-être en Angleterre, pays d\u2019aristocratie, parfaitement stupides au Canada et aux Etats-Unis, pays de démocratie.CHOSES ET AUTRES ¦\tUne douzaine d\u2019étudiantes en philosophie de l\u2019Université de Montréal tricotent, dans leurs moments de loisir, les gilets que porteront les joueurs de hockey de l\u2019Université.Qu\u2019ils sont chanceux les mineurs australiens qui travaillent dans les nouvelles villes minières de la Nouvelle-Galles du Sud ! Le gouvernement de Canberra a construit, pour les 5,000 ouvriers australiens de la mine de charbon Awaba, produisant chaque année 70,000,000 de tonnes de charbon, un club de golf, des pelouses pour les quilles et un club de yachting.Ces mineurs australiens, qui accomplissent une dure besogne, peuvent maintenant jouir d\u2019un sport qui était, il y a seulement quelques années, réservé aux gens plutôt riches.Le ministre australien des Mines, M.Baddeley, a déclaré que ces sports en plein air inciteront les mineurs, fatigués de leur travail ardu, à donner un meilleur rendement.Si l\u2019on compare le sort des mineurs australiens à celui des mineurs d\u2019Angleterre, l\u2019on conviendra que les Australiens sont dans le ciel et que les mineurs anglais doivent gagner leur sel, ailleurs.¦\tRomain Pelletier, sportsman de Montréal, aujourd\u2019hui promoteur de lutte de La Sarre, Abitibi, était de passage parmi nous, la semaine dernière, afin d\u2019engager de nouveau Yvon Robert et Arthur Legrand, qui ont attire beaucoup de monde dans ces parages, il y a deux mois.Roland Gladu a l\u2019intention de se retirer du baseball, à la fin de la saison prochaine.Ces deux dernières années, au Mexique en été, à Cuba, en hiver, Roland a gagné un salaire de $9,000 par année, dépenses payées.Quand il abandonnera le baseball actif pour gérer un club de la Ligue Provinciale, il aura en banque un peu plus de $30.000 Le Samedi, Montréal, 15 novembre 1947 U NOUVELLE SENTIMENTALE LE BONHEUR PASSE Par ANNIE ACHARD Le bateau venait de quitter l'embarcadère et st dirigeait vers Sorrente et Capri.Groupés sur la passerelle, les passagers regardaient le panorama de Naples se dérouler sous leurs yeux, tandis que le sommet du Vésuve disparaissait dans un nuage de fumée.Appuyé à la balustrade, Luc Corbel voyait peu à peu se rétrécir le paysage.Il venait de passer plusieurs jours à Naples, et employait les dernières heures de son séjour à cette promenade à Capri.Le bateau maintenant se rapprochait de la côte opposée, terre rocheuse, montagneuse et boisée.Sorrente toute blanche, se détachait sur son rocher.Luc changea de place pour contempler le nouvel horizon.Un mouvement du bateau lui fit heurter au passage une jeune femme, frileusement enveloppée dans un grand manteau que justifiait la température anormalement froide pour ce pays privilégié.Aux excuses qu\u2019il lui adressa, elle répondit par un sourire.Luc fut frappé par la beauté de ses immenses yeux et par le teint doré de sa peau.Un désir brusque lui vint d\u2019engager la conversation.Il se retint, attendit une occasion propice.Devant le petit port de Sorrente, le bateau débarquait quelques touristes, en embarquait quelques autres.Luc profita de ce remue-ménage pour observer * »on inconnue : elle était grande, mince.Vingt-cinq ans environ .une allure distinguée .Italienne ?Peut-être, bien que son type fût marqué d\u2019un cachet plus oriental.On côtoyait Capri.Le hasard servit Luc par elques savantes manoeuvres .Il fut le compagnon la jeune femme dans la barque à deux places qui tes conduisit visiter la grotte bleue .Ils pénétrèrent ainsi ensemble dans la caverne azurée, admirèrent ensemble le féericfue décor, cette eau glauque, lumineuse, transparente et opaque à la fois, et, en sortant, reçurent ensemble l\u2019inévitable douche donnée par la vague en furie .Remontés sur le pont, ils s\u2019ébrouèrent en riant.La connaissance était faite ; Luc se nomma .Débarqués à Marina Grande, ils grimpèrent par tes petits chemins, au milieu des champs d\u2019orangers .Une escale au cours d'un voyage en Italie.Un romancier et une virtuose se rencontrent, pourraient et devraient s'aimer .Mais le destin semble s'y opposer .Tels sont les éléments de cette captivante nouvelle.La température, ici, était chaude.Un air doux, léger, les enveloppait.Les senteurs des arbres et des fleurs les entouraient de toutes parts.Us parlaient peu, mais se sentaient l\u2019un et l\u2019autre émus par cette atmosphère embaumée de parfums, éblouissante de lumière, toute imprégnée de volupté .\u2014 Etes-vous à Naples, pour quelques jours ?demanda Luc.\u2014 Je désire visiter encore certains sites des environs, mais je ne pense pas que rien puisse me plaire davantage que cette île .dit-elle, sans répondre tout à fait à la question.Sa voix était douce et chantante, avec d\u2019étranges modulations.\u2014 Pour moi, j\u2019en suis certain, dit vivement le jeune homme.Je suis trop souvent seul .Elle sourit : \u2014 Souvent, seulement.Alors, je ne vous plains pas.Il y a des êtres qui sont seuls, toujours .\u2014 Peut-être leur exigence est-elle grande, et demandent-ils trop à la vie.R faut saisir l\u2019heure qui passe, et accepter ce qu\u2019elle peut donner de bon .sans redouter le lendemain .\u2014 Epicurisme bien masculin .Les femmes sont plus ambitieuses, et veulent mieux qu\u2019une heure .Elles attendent.\u2014 Attente qui peut être stérile et décevante.Je n\u2019ose dire ce que je pense .\u2014 Osez.Vous êtes romancier, m\u2019avez-vous dit.et sans doute psychologue .Alors, parlez .\u2014 Eh bien .Je pense que cette vie si brève et souvent si dure et si hostile, accorde quelquefois une chance de bonheur.Qu\u2019importe que ce bonheur soit bref, s\u2019il laisse dans nos êtres un souvenir auquel nous nous reporterons avec joie dans nos heures plus( lourdes .Nous avons reçu la vie, un coeur, des sens .Qu\u2019en faisons-nous, trop souvent ?Combien d\u2019êtres parvenus au seuil de la vieillesse, et regardant en arrière ne trouvent dans leur existence que vide et néant.Vivre !.Vivre !.n\u2019est-ce pas pourtant, la seule chose qui compte ?Vivre et aimer, car l\u2019un peut-il aller sans l\u2019autre ?Peupler sa mémoire de souvenirs.\u2014 Oui.oui fit-elle rêveusement.Parlez encore.\u2014 Mais nous avons peur de saisir la joie qui passe, parce qu\u2019elle peut ne pas durer.Folie !.Nous excellons à gâter le présent en redoutant l\u2019avenir L\u2019avenir ?mais c\u2019est la minute suivante .\u201cVoyez .Nous sommes ici tous les deux, devant un paysage de rêve, réunis par le hasard .qui n\u2019était sans doute pas tout à fait aveugle.Je ne sais rien de vous.sinon que vous êtes jeune, que vous êtes seule.et que vous êtes belle.Si vous me permettiez de vous dire : \u201cNe nous séparons pas tout de suite .continuons ensemble le voyage .Dérobons à la vie quelques jours de bonheur \u2014 Oui, l\u2019Aventure .\u2014 La Belle Aventure .\u2014 Quelle folie !.\u2014 Quelle sagesse,!.- ¦ ¦ Mais la vie ne vaut d\u2019être vécue que par la folie qu\u2019on y met.Emplissons nos yeux de cette magnificence .gardons l\u2019image de ces jardins, de cette clarté, le souvenir de ces parfums .puis repartons ensemble .ensemble .Le soleil descendait à l\u2019horizon, incendiant la mer et les rochers .Tous deux restaient maintenant sans parler .Côte à côte, ils revinrent vers la ville .vers le port.Le bateau quittait Capri, se dirigeait vers Naples .Les jeunes gens ne s\u2019étaient pas quittés Rassis, l\u2019un près de l\u2019autre, Os demeuraient süencieux .Le débarquement allait les séparer.Alors il^ prirent rendez-vous pour dîner, dans une heure, A IJhôtel où séjournait Luc.\t[ Lire la suite pagg 37 ] \"Parle* .Vou» été» roman-tier, n\u2019est-ce pas ?et.Jam doute, psychologue ! \" dit la charmante inconnue à Luc Corbel, alors que le bateau l\u2019approchait de Sorrente, mer-veilleusement inondée de soleil.I \"\" A Dessin de JEAN MILLET sÆÊÊÊ , r 12 Le Samedi, Montréal, 15 novembre 1947 Roman policier L'affaire de P'Aquitaine\u201d Par PAUL DARGENS Vous m\u2019écrirez, n\u2019est-ce pas Gérard ?murmura J ean-ne Voiron en tournant son joli visage attristé vers son compagnon.\u2014 Mais certainement.Je vous mettrai une lettre à notre première escale, aux îles Açores, répliqua l\u2019interpellé.\u2014 Merci ! Entre les deux jeunes gens il y eut une minute de silence, gros de pensées ; accoudés côte à côte au bastingage de 1\u2019 « Aquitaine », un solide cargo construit pour résister victorieusement aux plus furieux coups de mer, ils regardaient le quai de Baccaland, l\u2019un des plus animés de Bordeaux, s\u2019allonger devant eux.Des camions, lourdement chargés, passaient avec fracas, des tramways circulaient bondés de voyageurs ; en arrière, se dressaient des entrepôts, des chais.Jeanne Voiron était une blonde de dix-huit ans, au joli visage qu\u2019éclairaient deux grands yeux couleur de violette ; d\u2019ordinaire elle était rieuse et gaie, mais en ce jour, sa physionomie reflétait la peine dont son âme était affligée.Cette fille d\u2019un capitaine au long cours mort en mer, durant un naufrage, éprouvait toujours une profonde angoisse en voyant un navire partir pour une destination lointaine ; or, 1\u2019 « Aquitaine », d\u2019ici une heure, devait appareiller, emportant vers l\u2019Amérique du Sud, Gérard Mercier, son ami d\u2019enfance qui lui était cher infiniment ; aussi, avait-elle obtenu de sa tante, Mme Torrel, la permission de venir dire un suprême adieu au voyageur.Quant à Gérard, c\u2019était un vigoureux garçon de vingt-trois ans, au teint bronzé, aux cheveux bruns rejetés en arrière ; ses yeux noirs avaient un regard tout à la fois hardi et intelligent.Comme la jeune fille, il était orphelin et cette similitude de situation eût encore ajouté à l\u2019affection qui les unissait si la chose eût été possible.Gérard naviguait depuis l\u2019âge de quinze ans ; il avait contemplé déjà bien des deux divers, respiré la brise des deux hémisphères.Ce voyage vers Buenos-Ayres lui apparaissait comme une simple promenade, d\u2019autant que le capitaine Liénard, commandant 1\u2019« Aquitaine », lui était connu depuis longtemps et lui avait toujours témoigné de la sympathie.Gérard Mercier était actuellement novice ; un jour viendrait où, ayant passé ses examens et conquis ses diplômes, il commanderait à son tour un navire et c\u2019était là un avenir qui souriait tout particulièrement à son caractère résolu, aventureux.\u2014 Ma chérie, quand je serai officier, et ce sera bientôt, nous nous marierons, disait-il tendrement penché vers Jeanne.Je vous aime ; aussi, de vous | | voir peinée de mon départ m\u2019attriste-t-il, oh ! ma bien-aimée .\u2014 Il ne faut pas, Gérard, répondit la jeune fille en faisant un effort pour sourire.Mon coeur répond au vôtre, je veux avoir confiance dans l\u2019avenir, dans le bonheur qui nous est promis .\u2014 Et qui sera nôtre, je vous le garantis ! affirma Mercier avec force.Il se courbait un peu plus vers la jeune fille, respirant avec enivrement le délicat parfum s\u2019exhalant de sa chevelure et Jeanne sentait courir sur son cou le souffle de son ami.Un instant encore, Gérard hésita, mais la tentation était trop forte ; il finit par y succomber, non sans avoir jeté alentour un coup d\u2019oeil rapide, afin de s assurer que nul ne les observait.Longuement, dévotieusement, ses lèvres s\u2019appuyèrent sur la nuque de Jeanne qui, saisie, frissonna.\u2014 Oh ! Gérard !.\u2014 Mon amour !.Ma fiancée !.Mlle Voiron s\u2019était redressée et maintenant faisait face à son compagnon qui l\u2019enveloppait d\u2019un regard attendri.Il lui prit les mains et doucement l\u2019attira vers lui.Jeanne obéit, venant se blottir contre la poitrine du jeune homme et comme à nouveau elle levait la tete, leurs lèvres se rencontrèrent.Ce fut un baiser très doux qui les laissa quelque peu grisés.Cependant, un groupe émergeait de l\u2019écoutille de 1\u2019 « Aquitaine » ; il y avait là le capitaine Liénard, un solide loup de mer de quarante-cinq ans, à la face couleur de brique, aux petits yeux gris, vifs et perçants, et plusieurs messieurs en civil.D\u2019abord, le représentant de la Compagnie à laquelle appartenait le cargo, M.Cardona, son affréteur actuel, lequel expédiait, grâce à ce navire, tout un chargement de vins de cru et de liqueurs de marque destinés à l\u2019Argentine ; son secrétaire, Ricardo Cortez, qui devait convoyer la marchandise à destination, et enfin un envoyé de la compagnie d\u2019assurances a laquelle M.Cardona avait cru devoir assurer ses précieux tonneaux et ses coûteuses caisses contre tous les risques de la navigation.L\u2019assurance contractée était de huit millions, aussi ces messieurs venaient-ils de procéder à une dernière visite et par leurs soins, les cales de V « Aquitaine » avaient été dûment verrouillées.Ricardo Cortez en possédait les clefs, ainsi que le capitaine Liénard ; de cette façon on était certain qu\u2019aucun membre de l\u2019équipage ne pourrait aller se désaltérer aux frais de l\u2019expéditeur.M.Cardona était un homme de taille moyenne, à la physionomie astucieuse, au regard sans cesse en mouvement ; il était âgé d\u2019une quarantaine d\u2019années et déjà ses cheveux noirs grisonnaient largement vers La plainte des feuilles O bois majestueux dans un décor immense Où le chant des oiseaux vient troubler le silence En se mêlant au vent qui siffle dans les pins ; Feuillage rouge ou brun, bras fort des verts sapins Qui protégez les nids et leur donnez l'asile Loin des regards humains et des bruits de la ville ; Clairière étroite et longue où l'on marche joyeux En oubliant la terre et regardant les deux ; Tapis aux cent couleurs, tissé de feuilles mortes, Tu te plains sous nos pas, mais toujours tu supportes Le poète rêveur qui f'écoufanf gémir Se rappelle soudain qu\u2019on souffre pour mourir.Qui, l'on souffre et l'on meurt comme la pauvre feuille Que l'automne disperse et que pas un ne cueille.Un jour, dans l\u2019air serein, tintera notre glas, Certains nous nommeront, d'autres ne sauront pas Quel est en ce moment l'être humain qui succombe.Leur pas lourd et distrait foulera notre tombe Et les voyant passer sans se mettre à genoux, Nous leur dirons tout bas: \"Amis, priez pour nous.\" Mais ils n\u2019entendront pas notre voix gémissante A travers le grand vent qui soupire et qui chante, fis s'en retourneront aux plaisirs de demain : Les feuilles et les morts se plaignent donc en vain.Eftralt de : Voix des Poètes\tEva O.DOYLE Editions Variétés.les tempes.Récemment, il avait fondé à Bordeaux une maison de commission et d\u2019exportation qui, tout de suite, avait pris beaucoup d\u2019extension.Quant à son secrétaire, M.Ricardo Cortez, c était un grand gaillard d\u2019une trentaine d\u2019années, au visage en lame de couteau, aux petits yeux ronds, clignotant derrière le miroitement de grosses lunettes d écaillé Ses cheveux, d\u2019un blond indécis, étaient soigneusement calamistrés et s\u2019éclaircissaient vers le sommet du crâne.D\u2019une politesse excessive, il ne revenait guère à Gérard Mercier non plus qu\u2019au capitaine Liénard et aux autres membres de l\u2019équipage.C\u2019est ce que le novice expliquait à voix basse » Jeanne.______je ne crois pas que nous serons jamais une paire d\u2019amis, lui et moi, conclut-il avec un sourire.Heureusement, la traversée de Buenos-Ayres sera vite passée car 1\u2019 « Aquitaine » est bonne marcheuse et une fois là-bas nous serons débarrassés de cet encombrant passager.\u2014 Maintenant, capitaine, il ne nous reste plus qu\u2019à vous souhaiter bon voyage, disait au même instant M.Cardona à M.Liénard.Mon cher Cortez, tâchez de ne pas trop vous ennuyer.\u2014 Oh ! soyez tranquille, répliqua le secrétaire, j\u2019ai emporté du travail : une étude comparative sur les exportations françaises et anglaises en Amérique du Sud, que je compte rédiger durant les heures de la traversée.\u2014 Au moins, comme ça, il restera enfermé dans sa cabine et nous n\u2019apercevrons pas son vilain museau sur le pont, grogna quelqu\u2019un derrière Gérard et Jeanne.Les deux jeunes gens se retournèrent ; un grand diable de matelot, bâti en hercule, et dont les muscles saillaient sous son maillot rayé, était devant eux, qui leur souriait amicalement.\u2014 Tiens, c\u2019est toi Kéradiou ! fit le novice.Il paraît que notre voyageur n\u2019a pas le don de te plaire !.\u2014 Pas plus que son patron, répliqua-t-il.En voilà des manières de faire accompagner ses barriques ; il a donc peur qu\u2019on les lui vole ?.Ah ! malheur, si cela ne vous fait pas transpirer .Ma parole, il prend les mat*-lots de 1\u2019 « Aquitaine » pour des ivrognes ou des coquins ! \u2014 Ne parlez pas si haut Kéradiou, intervint Jeanne, si Ton vous entendait .\u2014 Voilà qui me serait égal, je n\u2019ai pas d\u2019habitude de cacher ce que je pense .\u2014 Jeanne a raison, toute vérité n\u2019eet pas bonne à dire, sourit Mercier en donnant une tape amicale au géant J retourne à ton poste, cela vaudra mieux que de t\u2019attirer une histoire ! Kéradiou et Mercier se connaissaient depuis deux ans et tout de suite, le marin s\u2019était pris d\u2019une vive affection pour le jeune homme dont il appréciait l\u2019esprit droit, le courage que n\u2019entamait jamais une défaillance.Mais les visiteurs gagnaient la passerelle, reconduits par le capitaine qui, apercevant Jeanne, fit quelques pas à sa rencontre.\u2014 Allons, au revoir mademoiselle Voiron, nous reviendrons bientôt à Bordeaux et vous reverrez votre ami Gérard ! fit-il, paternel.Les deux jeunes gens s\u2019embrassèrent et l\u2019instant d\u2019après, Jeanne gagnait le quai, sur les pas de M.Cardona et des représentants des deux compagnies.Derrière eux, Kéradiou remonta la passerelle ; déjà on larguait les amarres / Le Samedi, Montréal, 15 novembre 1947\t13 Une sale affaire mise en brèche par un jeune héros qui, pour finir, reçoit sa récompense.\u2014 J\u2019ai là mon auto, mademoiselle, voulez-vous me permettre de vous reconduire, proposa M.Cardona ui, depuis quelques instants, observait la jeune fille \u2014 Je vous remercie, monsieur, je préfère prendre e tramway, ayant quelques courses à effectuer, répliqua-t-elle froidement.L\u2019autre n\u2019insista pas et s\u2019éloigna, après l\u2019avoir saluée ; quant à Jeanne, elle s\u2019assit sur une borne, voulant assister à l\u2019appareillage.Elle avait le coeur gros, lourd de pressentiments et des larmes gonflaient ses paupières, mais en digne fille de marin, elle se contenait, ne voulant point affliger ceux qui partaient.Mais des commandements retentissaient, la sirène de 1\u2019 « Aquitaine » fit entendre un long hurlement, des Jets de vapeur fusèrent et, lentement, l\u2019avant du navire s\u2019écarta, pointant vers le milieu du fleuve ; les hélices battirent l\u2019eau sous le vent des remous d\u2019écume et doucement, dans un glissement, le bâtiment fila à le surface de la Gironde.Le voyage était commencé.Une dernière fois, Gérard entrevit la fine silhouet-ge de son amie qui s\u2019était dressée et agitait un mouchoir.Mais on l\u2019appelait pour son service et lorsqu\u2019il regarda à nouveau, la jeune fille n\u2019était plus qu\u2019un point noir, une barre minuscule dressée sur l\u2019immense quai.Jusqu\u2019au soir, on navigua sans incidents, descen-iant le fleuve qui allait sans cesse en s\u2019élargissant ; le temps à autre, on croisait un navire remontant vers Pauillac ou vers Bordeaux ; puis ce fut le phare de Cordouan et enfin, alors que le soleil sombrait définitivement dans l\u2019ouest, 1\u2019 « Aquitaine » déboucha dans e golfe de Gascogne.Il ventait frais du nord-ouest, la mer était un peu dure, mais le cargo et son équipage^ en avaient vu d\u2019autres.Vers dix heures, Gérard monta sur le pont ^vec la bordée de quart dont il faisait partie, ainsi \u2022que Jean Kéradiou.Le ciel était ouaté de nuages ; pas une étoile n\u2019ap-jaraissait au firmament et c\u2019est à peine si, par instants, un mince croissant de lune se montrait entre deux masses cotonneuses, projetant timidement vers les flots un pâle rayon d\u2019argent.\u2014 Nous pourrions bien avoir un sérieux coup de tabac pour cette nuit ! murmura Kéradiou, en hochant tp/us /ona temps/ W&/[ « BEAUCOUP D\u2019ÉNERGIE ! ASSEZ POUR MARQUER 29 BUTS Oui, si elle était convenablement utilisée, l\u2019énergie électrique contenue dans l'une des NOUVELLES Piles \"Eveready\u201d pour Pro-jecteurs pourrait lancer une rondelle de hockey directement dans le but, en partant de la ligne bleue\u2014 et cela non pas une fois seulement, mais 29/ois! *Qu\u2019est-ce que cela signifie pour vous?Tout simplement ceci\u2014les NOUVELLES Piles \"Eveready\u201d pour Projecteurs contiennent 93% plus d\u2019énergie que les Piles \"Eveready\u201d si renommées fabriquées pendant la guerre.Presque deux fois plus durable\u2014 sans augmentation de prix! Au cours d\u2019une enquête récente, neuf usagers de projecteurs sur dix ont déclaré ceci: \"Une LONGUE DUREE est la caractéristique la plus désirable des piles pour projecteurs.\u201d Et c\u2019est exactement ce que vous obtenez, quand vous exigez les Piles \"Eveready\u201d.Ces NOUVELLES piles possèdent presque deux fois plus d\u2019énergie\u2014font presque deux fois l\u2019usage des Piles \"Eveready\u201d si renommées fabriquées au cours des dernières années.Oui\u2014énergie et valeur presque doublées\u2014mais encore au prix d\u2019avant-guerre .1 5c.RIEN NE PEUT REMPLACER LA FRAÎCHEUR! EVEREADY tRade -mark TïeôA ^ICHTMUGHT LINGER LIFE J Le mot \"Eveready\" est une marque déposée de la CANADIAN NATIONAL CARBON COMPANY LIMITED 80S DAVENPORT ROAD, TORONTO 4, CANADA F M9F 4?homme à la mer ! ».Presque aussitôt suivi par la chute d\u2019une bouée.Mercier entraîna Kéradiou vers la passerelle du capitaine, auquel brièvement, il fit son rapport, tandis que l\u2019« Aquitaine » mettait en panne.\u2014 Qui est-ce ?interrogea Liénard, les sourcils froncés.\u2014 Ricardo Cortez! répliqua Jean sans hésiter.Comme l\u2019officier et le novice esquissaient un mouvement de surprise, il précisa : \u2014 Je l\u2019ai bien reconnu lorsqu\u2019il m\u2019a tiré un coup de revolver, puis en haut de l\u2019échelle, quand il a tenté de m\u2019écraser la tête d\u2019un coup de barre de fer.Ah ! si jamais je remets la main dessus !.Il y eut un instant de silence ; tous, penchés vers l\u2019océan, examinaient sa surface sombre, cherchant l\u2019homme qui ne reparaissait point.Soudain, une voix monta du pont inférieur, c\u2019était celle d\u2019un marin.\u2014 L\u2019homme a gagné le canot qui nous suit.,.Voyez : on le hisse et l\u2019embarcation vire de bord ! C\u2019était vrai ! Dans l\u2019obscurité, on distinguait vaguement la manoeuvre décrite.A présent, le canot s\u2019enfuyait à toute vitesse dans la direction de la terre, emplissant l\u2019air des explosions de son moteur.Tous se regardèrent interdits .\u2014 Voilà qui est bizarre, pour le moins ! gronda le capitaine Liénard qui, s\u2019adressant à son second, ajouta : rem-placez-moi sur la passerelle, je descends faire une inspection.Qu\u2019on attende pour repartir ! Il ne pouvait être question de donner la chasse au canot dont la vitesse était bien supérieure ; suivi de Kéradiou et de Mercier, Liénard se rendit dans la cabine de Ricardo Cortez.Pour y pénétrer, il dut employer son passe-partout, car la porte était fermée à clef ; l\u2019étroite pièce était vide, la couchette n\u2019avait pas été défaite.On descendit aux divers magasins et peu après on découvrait une vérité stupéfiante : les précieuses barriques de vin de Bordeaux étaient là en nombre infime, les autres contenaient de l\u2019alcool à brûler, de l\u2019essence.Quant aux caisses, leurs bouteilles, en fait de liqueurs, ne renfermaient que de l\u2019eau.\u2014 Est-ce que par hasard ?commença le capitaine Liénard, devenu écarlate.\u2014 Vous y êtes, mon capitaine, fit Gérard.Nous avons à bord une cargaison fictive, assurée pour huit millions et, pour les toucher, les coquins ont essayé de nous envoyer par le fond en nous incendiant.C\u2019était l\u2019évidence même, l\u2019officier ne put qu\u2019en convenir.\u2014 Si je m\u2019attendais à celle-là ! bougonna-t-il en hochant la tête.\u2014 Et moi donc ! surenchérit Kéradiou.Comme le capitaine lui jetait un regard de travers, le grand matelot, sans se déconcerter poursuivit, précisant sa pensée : \u2014 Je vous assure que j\u2019ai fait une drôle de figure lorsque le bandit m\u2019ajustant avec son revolver, m\u2019a lâché un coup de feu à bout portant.Vous savez, on a beau ne pas avoir froid aux yeux, ça vous fait tout de même quelque chose ! \u2014 Parbleu, oui, approuva Liénard avec un sourire.Tu es un brave garçon, Jean Kéradiou, et nos armateurs, à qui je signalerai ta conduite ainsi que celle de Gérard, sauront vous récompenser comme il convient.Tout au moins je l\u2019espère .Sur ce, remontons, nous n\u2019avons plus rien à faire ici.: Ayant dit, l\u2019officier verrouilla soigneusement les portes des cales, car il fallait que l\u2019enquête judiciaire pût constater officiellement les faits ; puis on regagna le pont.Durant toutes ces opérations, le temps avait passé ; déjà une bande grisâtre qui allait sans cesse en s\u2019élargissant, tachait le ciel vers l\u2019orient.Avant une heure le jour poindrait.Mais la mer était devenue mauvaise ; d\u2019énormes vagues, véritables montagnes liquides, se ruaient a l\u2019assaut du cargo qui, sous petite vapeur, leur présentait soigneusement l\u2019avant ; la tempête se déchaînait avec fureur.\u2014 A Bordeaux ! commanda Liénard, en haussant les épaules.Vers le milieu du jour, 1\u2019 « Aquitaine > venait à nouveau s\u2019amarrer au quai de Baccaland car son voyage était désormais sans objet.Le capitaine Liénard avait alerté par T.S.F.les autorités du port.Aussi, un commissaire de police et quelques inspecteurs attendaient-ils le cargo.Immédiatement ils montèrent à bord et procédèrent à l\u2019interrogatoire de l\u2019officier, de Gérard et de Jean Kéradiou Avant d\u2019agir, il convenait de s\u2019assurer de la véracité des faits, d\u2019éviter la gaffe toujours possible.La conviction des enquêteurs fut vite établie ; on avait laissé toutes choses en état et les tonneaux étaient là, témoignant de leur contenu.\u2014 C\u2019est bon, nous allons nous assurer de la personne de M.Cardona, fit le commissaire en remontant en auto avec ses hommes.Mais une déception l\u2019attendait ; lorsqu\u2019un quart d\u2019heure plus tard le magistrat se présenta dans les bureaux du commissionnaire, cours de l\u2019Intendance, il ne trouva que des employés subalternes.M.Cardona n\u2019avait pas paru de la journée et, de son domicile particulier, une domestique avait téléphoné qu\u2019il était souffrant.Il l\u2019était si bien qu\u2019il n\u2019était pas rentré de la nuit, s\u2019étant borné à téléphoner à sa servante, d\u2019un lieu ignoré, la priant de transmettre la communication.Aussitôt, son signalement fut envoyé dans toutes les directions ainsi que celui de Ricardo Cortez ; de plus, on entreprit des recherches afin d\u2019identifier le mystérieux canot-automobile.Mais de ce côté, on ne devait obtenir aucun résultat et l\u2019opinion générale fui que la légère embarcation avait dû chavirer au cours de la tempête qui s\u2019était abattue, durant la nuit, sur l\u2019estuaire de la Gironde.Ainsi, Ricardo Cortez n'avait échappé à la justice des hommes que pour être frappé par celle de Dieu ! Deux jours plus tard, alors que Gérard et Jeanne se promenaient de compagnie, le novice acheta un journal que des camelots vendaient à grands cris ; en tete, on lisait : « Mort de l\u2019escror Cardona.» Suivait une dépêche de quelques lignes : « Sur la voie ferrée, près de Libourne, on avait découvert à l\u2019aube, un corps broyé par le passage d\u2019un express, dans ses poches on avait trouvé des papiers au nom de Juan Cardona.\u2014 Cela fera toujours un coquin de moins ! grommela un matelot qui, sans se gêner, avait lu par-dessus l\u2019épaule du jeune homme.CHAPITRE II IL Y avait déjà plus d\u2019une semaine que 1 « Aquitaine » était venue s\u2019amarrer a nouveau au quai de Baccaland.Ainsi que nous l\u2019avons dit, les recherches entreprises pour retrouver Ricardo Cortez et le mystérieux canot-automobile qui, durant la nuit de l\u2019attentat, avait suivi le cargo, étaient demeurées sans résultat.Tout portait à croire que le misérable secrétaire avait succombé au cours de la tempête.D\u2019autre part, Cardona étant mort également, 1 action judiciaire se trouvait éteinte.Avant peu l\u2019affaire serait définitivement classée.L equipage avait été licencié ou pourvu de congé, seuls quelques homme# de garde demeuraient à bord. Le Samedi, Montréal, 15 novembre 2947 15 s'\"\u2014 ' s-i Piemfî Irotfine sur de l\u2019aluminium souple et léger ETES-VOUS allé, récemment, chez un marchand de jouets ou un quincaillier?Ou à un magasin d\u2019articles de sports?On y vend aujourd\u2019hui toutes sortes d\u2019objets en aluminium \u2014 trottinettes, patins, aiguilles à tricoter, pinces de blanchisseuse, ustensiles de cuisine, cocktail shakers, tringles, etc.Aujourd\u2019hui, l\u2019aluminium est un des quatre métaux au monde dont l\u2019usage est le plus répandu .et pour bien des raisons.Sa beauté le rend précieux pour l\u2019architecte comme pour la cuisinière.Son poids léger facilite tout travail \u2014 et permet aux avions d\u2019aller plus haut et plus vite .Et il est tellement solide qu\u2019on en bâtit des ponts! C\u2019est le miracle du 20e siècle! II y a cent ans, l'aluminium coûtait plus cher que l\u2019or.Aujourd\u2019hui, son prix modique permet de l'utiliser à toutes sortes de fins.A Arvida, P.Q., la plus grande fonderie d'aluminium du monde peut produire par jour deux millions de livres de ce métal.Un dixième de cette prodigieuse production se vend au Canada (où l\u2019aluminium coûte moins cher que partout ailleurs dans le monde); le reste est exporté dans tous les pays du monde.Sources de devises étrangères, l\u2019aluminium est un des facteurs essentiels de la puissance d'achat du Canada à l\u2019étranger.NY OF CANADA.LTD.Fournisseurs d\u2019aluminium au Canada et à l\u2019étranger.MONTRÉAL \u2022 QUÉBEC \u2022 TORONTO \u2022 VANCOUVER \u2022 WINDSOR I 16 Le Same H, Montréal, 15 novembre 1947 Appuyez sur le démarreur et écoulez votre moteur qui semble dire: \"Allons-y!\u201d C\u2019est le genre de démarrage rapide que vous obtenez en 'hiverisant\u2019 votre moteur avec la nouvelle Mobiloil Arctic*.Grâce à sa fluidité exceptionnelle et à ses propriétés extraordinaires, cette buile vous aidera à démarrer rapidement; protégera coufplète-ment votre moteur après qu\u2019il se sera réchauffé.De plus \u2014 la Nouvelle Mobiloil Arctic nettoie tout en lubrifiant.Evitez les ennuis, l\u2019usure et les réparations \u2014 démarrez vite, obtenez un meilleur millage tout l\u2019hiver, avec la nouvelle et économique Mobiloil Arctic.*Si vous achetez votre huile en indiquant le numéro de sa catégorie, la Mobiloil Arctic équivaut à S.A.E.20.Si vous voulez la S.A.E.10, demandez Y Arctic Special.Faite par les fabricants des Lubrifiants Industriels et Marins Gargoyle.MOBitOIL garde votre moteur \u201cMobiloil propre\u201d EN VENTE PARTOUT AU CANADA PAR IMPERIAL OIL 'IMPI RIALj ET AUTRES VENDEURS IMPORTANTS Ce soir-là, Gérard Mercier était parmi ceux-ci ; en l\u2019absence des officiers, c\u2019était lui qui commandait.Kéradiou était également de sortie, ayant eu quelques courses à effectuer en ville.Comme six heures venaient de sonner on frappa à la porte de la cabine en laquelle se trouvait le jeune novice occupé a lire et, sur son invitation, le battant s\u2019écarta, livrant passage à un chauffeur nommé Millet.\u2014 Il y a là-haut une dame qui demande à vous voir, fit le nouveau venu avec un bon sourire, car sur F « Aquitaine » chacun aimait Gérard.La première pensée de ce dernier fut qu\u2019il s\u2019agissait de Jeanne Voiron ou de sa tante Mme Torrel ; Millet le dissuada immédiatement.\u2014 La personne en question est âgée, une soixantaine d\u2019années peut-être et ne semble guère familarisée avec les bateaux.\u2014 Bien, je vais aller voir de quoi il s\u2019agit, répliqua le novice quelque peu intrigué.La minute d\u2019après, dans l\u2019ombre commençante noyant le pont, car la nuit tombait rapidement, Mercier aperçut une dame vêtue de sombre qui se tenait appuyée au bastingage du côté du fleuve ; par instants, elle jetait de furtifs regards vers la terre comme si elle eût craint d\u2019être remarquée.En entendant approcher le novice, elle se retourna vivement ; ce n\u2019était point Mme Torrel mais une inconnue, au visage fatigué, flétri, encadré de cheveux blancs.Elle était vêtue simplement, presque pauvrement.\u2014 M.Mercier, fit-elle à mi-voix, ah ! je vous reconnais.Et comme la physionomie de Gérard exprimait quelque surprise, elle poursuivit, devinant sa pensée : \u2014 Tous les journaux ont publié votre photographie à propos de cette triste affaire en laquelle vous avez joué un rôle de premier plan, si j\u2019en crois ce qui a été imprimé .\u2014 Madame, j\u2019ai fait mon devoir.\u2014 Oui, mais avec une intelligence, une présence d\u2019esprit remarquables.C\u2019est ce qui m\u2019a donné l\u2019idée de venir vous trouver .J\u2019aurais des choses de la plus haute gravité à vous confier.L\u2019étrangère avait encore baissé le ton, son regard se faisait plus inquiet.Fort intrigué, Gérard réfléchit une seconde, puis : \u2014 Si vous voulez m\u2019accompagner jusqu\u2019à ma cabine, madame, nous y serons mieux pour causer et ainsi nulle oreille indiscrète ne pourra vous entendre.\u2014 Oui, cfela vaudra mieux, beaucoup mieux, répliqua précipitamment l\u2019inconnue en emboîtant le pas au novice.Par un escalier aux marches bordées de cuivre, Gérard la conduisit dans l\u2019entrepont où se trouvait la cabine qui lui était affectée.Une fois là, il offrit à sa visiteuse l\u2019une des deux chaises qui s\u2019y trouvaient et prit place sur l\u2019autre en disant : \u2014 Madame, je vous écoute ! L\u2019inconnue parut se recueillir une seconde puis, fixant sur son interlocuteur le regard de ses yeux noirs si fatigués, murmura : \u2014 Auparavant, monsieur, je voudrais que vous me fassiez le serment de ne jamais prononcer mon nom, de ne point me mettre en cause, quoi qu\u2019il arrive ! A ces seules conditions je puis parler ! Tous ces préambules augmentaient encore la curiosité de Gérard.\u2014 Après tout, je ne risque rien de promettre, songea-t-il.Aussi, considérant attentivement la visiteuse, prononça-t-il gravement : \u2014 Madame, vous avez ma parole .Quoi qu\u2019il arrive, je ne vous mettrai pas en cause.\u2014 Merci monsieur Mercier.Je n\u2019en attendais pas moins de vous.Vous êtes bien tel que je me l\u2019imaginais.Un coeur droit.__Au fait, madame, de quoi s\u2019agit-il ?coupa Gérard que ces compliments gênaient quelque peu.\u2014 De la bande Cardona, rephqua-t-elle après un temps durant lequel elle avait semblé en proie à une suprême hésitation.Et comme Gérard, fort intéresse par ce début se penchait vers elle, l\u2019inconnue continua : __Je vois que je vous intrigue.Vous le serez davantage monsieur, lorsque vous saurez tout, il faut que je soulage ma conscience, oui, il le faut et puis, il y a mon fils, mon malheureux Robert.Le novice ne répondit rien ; il attendait que l\u2019étrange visiteuse cont'nuât son récit Celle-ci, le front baissé, semblait réfléchir, s\u2019absorber en une profonde douleur A la fin, pourtant, elle releva la tête et voici en substance qu\u2019elle narra à Gérard singulièrement attentif Elle se nommait Mme Lancieux et était veuve d\u2019un courtier en v:ns ; n\u2019ayant point de fortune elle habitait aux environs de Bordeaux, a une adresse qu\u2019elle ne pouvait point indiquer.Elle avait élevé de son mieux son fils unique, Robert ; pourtant ce dernier n\u2019avait point tardé à devenir un très mauvais sujet, paresseux, ivrogne.Les remontrances maternelles n\u2019y avaient rien changé et Robert Lancieux qui se donnait comme représentant de commerce, menait depuis quelques années une existence qui, s\u2019il la poursuivait, le conduirait tout droit en prison.Mme Lancieux qui avait deviné la vérité, avait tenté l\u2019impossible pour le ramener au bien.Lors des rares visites que lui rendait son fils, elle lui faisait de la morale.Le reste du temps, elle tremblait d\u2019apprendre son arrestation.Robert Lancieux riait, plaisantait, traitant de chimériques les craintes de sa mère, tant et si bien qu\u2019en causant il avait fini par lui confier une partie de ses mauvaises actions.Depuis près d\u2019un an, il était affilié à une bande que dirigeait un bandit des plus redoutables : Juan Cardona ; son lieutenant, Ricardo Cortez était également un malandrin de haute envergure.Ces misérables s\u2019étaient spécialisés dans un genre de crime qui, à en croire Robert, ne leur faisait pas courir grand risque.Dans quelques grands ports de commerce ils montaient, sous une raison sociale quelconque, un comptoir d\u2019exportations et d\u2019importations, Cardona assumait les fonctions de directeur alternativement avec Cortez.Des cargaisons fictives étaient embarquées à bord de navires spécialement affrétés et assurés pour de grosses sommes.En mer, un complice de la bande provoquait un naufrage et le tour était joué, il n\u2019y avait plus qu\u2019à encaisser le montant des assurances.\u2014 C\u2019est ce qui a failli se passer à bord de F « Aquitaine » ! s\u2019exclama Gérard frémissant.\u2022\u2014 Oui, seule votre vigilance a empêché le désastre.Déjà la liste des bâtiments ainsi anéantis était longue, la bande ayant opéré successivement à Dunkerque, Cherbourg Saint-Malo, Nantes, La Rochelle, etc.Mme Lancieux citait des noms de cargos ou de voiliers et soudain, Mercier étouffa une sourde exclamation, car la veuve du courtier en vins venait de mentionner le « Desaix ».Or, c\u2019était à bord de ce navire, qui s\u2019était perdu corps et biens, dans la mer des Antilles, que le capitaine Voiron, le père de Jeanne, qui en assumait le commandement, avait trouvé la mort cinq ans auparavant.Comme Mme Lancieux, surprise, murmurait : \u2014 Vous doutez de mes affirmations, Le Samedi, Montréal, 15 novembre 1947 17 monsieur ?.Il vous semble impossible que de tels crimes aient pu demeurer si longtems impunis ?.\u2014 En effet, madame, balbutia le novice.\u2014 C\u2019est pourtant ainsi.Il faut me croire ! Je vous dis la vérité, je le jure ! Puis, comme d\u2019un signe Gérard l\u2019invitait à poursuivre, la veuve reprit son récit.A force de prières elle avait réussi à éveiller la crainte et, qui sait ?peut-être le remords dans l\u2019âme de Robert, lequel n\u2019était qu\u2019un obscur comparse de la bande.Si bien que la semaine précédente, lors d\u2019une dernière visite, il avait déclaré être décidé à se retirer de la criminelle association.Au reste, il ne s\u2019entendait plus avec Cardona, lequel semblait l\u2019avoir pris en griippe.Robert Lancieux était résolu à dénoncer à la justice ses coupables agissements et c\u2019est sur ces paroles qu\u2019il avait pris congé de sa vieille mère.Il devait venir la revoir sous trois jours, hélas ! elle ne l\u2019avait point revu.A son domicile où elle s\u2019était rendue, Robert Lancieux n\u2019avait point reparu.A cette heure, les plus sombres pressentiments assaillaient le coeur meurtri de la vieille dame.Pour elle, son fils avait succombé.Cardona et ses complices ayant pressenti ses intentions, l\u2019avaient supprimé, s\u2019assurant ainsi l\u2019impunité.Seuls, les morts ne parlent pas ! Mme Lancieux s\u2019était juré d\u2019éclaircir cette ténébreuse affaire, de savoir ce qu\u2019était devenu son malheureux enfant et, au besoin, le venger, mais vieille, sans amis, sans relations, que pouvait-elle ?.D\u2019autre part, elle tremblait d\u2019attirer sur elle la colère des bandits, aussi hésitait-elle à s\u2019adresser à la justice car son nom serait prononcé.C\u2019est alors que l\u2019idée lui était venue d'aller trouver Gérard, ce jeune homme s\u2019était déclaré adversaire résolu des malfaiteurs, il ferait son profit des renseignements que, seule, Mme Lancieux pouvait lui fournir.\u2014 Et comme vous avez bien fait, madame ! s\u2019exclama Gérard.Comme voüs, j\u2019ai une vengeance à exercer.Justice sera faite, je m\u2019en porte garant ! Parmi les nombreux marins dont Cardona et les siens ont cause la mort, il en était un, le capitaine Voiron, du « Desaix », qui était pour moi comme un second père, sa fille, Jeanne, mest aussi chère qu\u2019une soeur .Dites-moi tout ce que vous savez, fournissez-moi le plus de précisions possibles, faites appel à votre mémoire, ce ne sera pas en vain ! \u2014 Mais mon fils ?.Si je me trompe ?.S\u2019il vit encore !.\u2014 Il ne sera point inquiété, croyez-le bien, son repentir lui vaudra 1 indulgence des juges.Au besoin, je dirai quel concours vous m\u2019avez apporté .Et Gérard développait ses arguments, s\u2019efforçant de convaincre la vieille dame, hésitante.Il y parvint, car peu après elle lui donnait la liste complete des bâtiments naufragés à sa connaissance et des raisons sociales diverses, sous lesquelles les malfaiteurs avaient opéré dans les ports qu\u2019elle cita.Gérard prenait des notes sur son carnet.\u2014 Maintenant, interrogea-t-il alors qu\u2019elle se taisait, parlez-moi de votre fils Robert.Donnez-moi son signalement de façon que je puisse le reconnaître si quelque jour je me trouvais en face de lui.\u2014 Je doute que cela arrive jamais .Mon pauvre enfant est mort, mon coeur m\u2019en avertit, balbutia la malheureuse femme en étouffant un sanglot.Mercier, ému, demeurait silencieux, respectant sa douleur ; pourtant, sur une nouvelle insistance de sa part, la veuve du courtier finit par lui donner satisfaction.Robert Lancieux avait trente-neuf ens ; de taille moyenne, quelque peu corpulent, il avait les cheveux noirs, les yeux marrons, le teint bistré.Signes particuliers : le représentant de commerce avait deux molaires aurifiées à la mâchoire supérieure, du côté droit et portait au mollet gauche une cicatrice rougeâtre en forme de V, longue de plusieurs centimètres, provenant d\u2019une blessure qu\u2019il s\u2019était faite alors qu\u2019il était enfant.Maintenant, Mme Lancieux, l\u2019air infiniment las, se levait pour prendre congé.\u2014 Vous reverrai-ie, madame ?s\u2019en-quit Gérard Mercier qui l\u2019avait imitée.\u2014 Je ne cro\u2019s pas la chose nécessaire .Je vous ai confié tout ce que je savais et une nouvelle démarche de ma part risquerait d\u2019attirer sur vous l\u2019attention des bandits que vous vous proposez d\u2019affronter, répliaua-t-elle après un court instant de réflexion.\u2014 Mais Cardona et Cortez sont morts ! \u2014 Qu\u2019en savez-vous ?riposta Mme Lancieux en regardant le novice bien en face, Cortez n\u2019a pas été retrouvé ; quant à Cardona, le train qui l\u2019écrasa le défigura à ce point, paraît-il, qu\u2019il était parfaitement méconnaissable.Sans les papiers découverts dans ses poches on n\u2019aurait pu l\u2019identifier, tout au moins, c\u2019est ce que prétendent les journaux.\u2014 En effet, murmura Mercier, devenu songeur.\u2014 Si vous voulez toute ma pensée, dit Mme Lancieux, ces misérables sont encore de ce monde ! En tout ceci il n\u2019y a qu\u2019une habile mise en scène destinée à égarer la justice .Oui, ces bandits n\u2019ont point succombé, j\u2019en ai la certitude maintenant, et si vous tentez de parvenir jusqu\u2019à eux, de faire la lumière en ce mystère, vous en acquerrez bientôt la preuve .\u2014 Je ne demande pas mieux, fit Gérard dans les yeux de qui flamba un éclair, je ne les crains pas ! \u2014 En tout cas, gardez-vous bien, car vous aurez là, monsieur Mercier, de terribles adversaires.Je prierai pour vous, c\u2019est tout ce que je puis faire ! \u2014 Et je vous en remercie, madame, répliqua le novice en s\u2019inclinant.Quelques instants plus tard, reconduite par Gérard, Mme Lancieux traversait le pont de 1\u2019 « Aquitaine » désert à cette heure, et gagnait le quai enténébré où elle disparut, ombre craintive et furtive.Après son départ, Gérard Mercier entreprit une longue promenade ; il marchait de l\u2019avant à l\u2019arrière du navire, absorbé en de profondes réflexions, s\u2019efforçant de voir clair dans tout ce venait d\u2019apprendre, de classer les faits par ordre, de choisir une ligne de conduite.En effet, il fallait agir au plus tôt.Ce fut sur ces entrefaites que le second du cargo, le lieutenant Jarnac, rentra à bord afin d\u2019y prendre la garde.Gérard en avait terminé avec le service, il était libre de se rendre à terre.Prestement il descendit à sa cabine pour y changer de vêtements et peu après, ayant endossé un élégant complet bleu, coiffé une casquette de marine, il gagnait le quai.Un tramway à destination du centre de Bordeaux passait, le jeune homme sauta sur la plate-forme.Présentement, il était parfaitement calme, une mâle résolution s\u2019inscrivait sur son visage ; il était décidé à aller jusqu\u2019au bout de l\u2019aventure, quoi qu\u2019il pût arriver.Oui, il vengerait le capitaine Voiron et les nombreux matelots qui, à cette heure, dormaient de leur dernier sommeil au fond de l\u2019océan, tandis que leurs meurtriers jouissaient de tous les plaisirs de la vie ; peu à peu la convic- L\u2019exerciee régulier peut faire plus pour avantager votre belle apparence qu\u2019un maquilleur d\u2019Hollywood.De même, Vitalis et le \"Traitement de 60 secondes\u201d \"ragaillardissent\u201d votre chevelure .rafraîchissent votre cuir chevelu.Voulez-vous une chevelure qui vous vaudra du succès en société et en affaires ?Lisez ce qui suit.Donnez de votre chevelure Prenez 50 secondes pour frictionner Vitalis dans votre cuir chevelu.N\u2019est-ce pas que ce picotement est revivifiant ?Vous prévenez le dessèchement des cheveux .vous en freinez la chute excessive.10 secondes pour peigner et vous n\u2019en croirez pas votre miroir.Mais c\u2019est vrai! 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La maigreur, les vertiges, les migraines, un teint dépourvu d\u2019éclat sont très souvent les caractéristiques d\u2019un sang alourdi, obstrué de toxines, cause très répandue de longs et ennuyeux désordres organiques.Le moyen tout indiqué pour y remédier est une cure naturelle de désintoxication.Or, les éléments concentrés qui sont à la base du merveilleux TRAITEMENT SA N O \u201cA\u201d ont précisément pour fonction d\u2019éliminer ces poisons.Dès que la cure est commencée, on constate un développement, une fermeté nouvelle des chairs.Le teint se ranime et le charme séduisant de la jeunesse réapparaît.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de notre merveilleux produit SANO « A » Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO ENRG.Mme CLAIRE LUCE CmiicIus 5 sous pour échantillon du produit SANO « A ».Ecrivez lisiblement ci-dessous.Nom .Adresse .Ville .Pr°v.B.P.2134 PLACE D\u2019ARMES MONTREAL, P.Q.\u2014 Parbleu, moi non plus! \u2014 Alors, laisse-moi envisager la situation sous tous ses aspects .Il nous faut établir un plan de campagne et ne plus opérer à l\u2019aveuglette, sinon la bande finira par nous échapper.\u2014 Je compte sur toi pour cela, car tu sais, moi.les idées, ce n\u2019est pas mon fort.reconnut Jean en se laissant aller sur ses oreillers.Durant près d\u2019une heure encore, Gérard Mercier médita de la sorte ; après quoi, appelant une infirmière, il lui demanda de quoi écrire.Se calant sur le bord de son lit, le novice entreprit de rédiger une longue lettre : de temps à autre il s\u2019arrêtait, levant la tête, cherchant une phrase, un mot.Alors il rencontrait le regard de Jean Kéradiou qui le contemplait avec une adrmration non dissimulée.Enfin la missive fut achevée et Gérard la remettant à l\u2019infirmière, lui recommanda de la jeter à la poste le plus possible.\u2014 Mais à qui donc as-tu écrit?s\u2019en-quit le Breton, intr;gué.\u2014 Tu le sauras plus tard, repartit le novice.Vois-tu, nous devons nous défier de tout le monde.Il y a gros à parier que la conversation que nous avons eue ensemble, dans le petit bar de la place Gambetta, a été surprise par un émissaire de nos adversaires ?De là l\u2019attaque qui a failli nous coûter la vie à tous les deux.\u2014 Cela se pourrait bien ! \u2014 Dis que c\u2019est certain.J\u2019y ai beaucoup réfléchi.Pour moi, la chose n\u2019est pas douteuse.Donc, à l\u2019avenir, silence et prudence, telle doit être notre devise.\u2014 Tu as raison ! approuva le Breton qui, à part lui, ajouta : tout de même, il en a une tête, ce Gérard .Je me demande comment il fait pour avoir autant d\u2019idées .J\u2019ai beau me creuser, je ne lui arrive pas à la cheville .Et sur cette constatation qui ne faisait naître chez lui aucun sentiment d\u2019envie, le brave garçon tendit la main à son jeune ami.Quatre jours plus tard, les deux marins, à peu près remis, quittaient l\u2019hôpital ; leur première visite fut pour Jeanne et pour sa tante, Mme Torrel, qu\u2019ils avaient fait prévenir de ce qui leur était arrivé.Il va sans dire que les deux femmes accueillirent les survenants avec la plus franche cordialité ; ceux-ci durent narrer à plusieurs reprises les tragiques événements que nous connaissons.\u2022 Ce matin-là, M.Abel Delestang se tenait dans son bureau et, tout en dictant son courrier, semblait singulièrement préoccupé ; sa dactylographe, Francine Mauriac, une jolie rousse de vingt ans, aux yeux verts, qui l\u2019observait à la dérobée, en acquit la certitude à plusieurs reprises.En effet, le patron se trompait, cherchait ses mots, ce qui ne lui arrivait jamais, bref, il avait la tête ailleurs.M.Abel Delestang était l\u2019un des principaux courtiers d\u2019assurances maritimes de la place de Bordeaux.La compagnie qu\u2019il représentait traitait de nombreuses affaires.C\u2019était à elle que Juan Cardona avait assuré, pour huit millions de francs, le cargo l\u2019« Aquitaine » et sa cargaison fictive.Au physique, le courtier était un homme de .petite taille, assez corpulent, au visage rond, au tempérament sanguin.Sous les cheveux grisonnants coupés en brosse, le front se développait large, volontaire.Les yeux noirs avaient un regard perçant ; le nez fort, dominait une bouche aux lèvres épaisses.Un menton carré, modelé en pleine pâte, complétait cette physionomie dont l\u2019expression générale était l\u2019énergie, l\u2019activité.Enfin un employé frappa discrètement à la porte et, sur l\u2019ordre de M.Delestang, se montra au seuil du bureau.\u2014 Ces messieurs sont arrivés.\u2014 Tous ?\u2014 Oui, tous, monsieur.Je les al introduits au salon, conformément à vos instructions \u2014 C\u2019est bien, j\u2019y vais, riposta le courtier en se levant : puis s\u2019adressant à Francine Mauriac oui.le bloc-notes et le crayon à la main, faisait mine de le suivre.\u2014 Je n\u2019ai pas besoin de vous pour l\u2019instant.Nous continuerons à mon retour.\u2014 Bien, monsieur, murmura la jeune fille en se dirigeant vers le petit bureau voisin où était installée sa machine à écrire.Quant à M Delestang.s\u2019étant assuré dans une glace que sa cravate était bien nouée, que son veston tombait correctement, il passa dans un petit salon communiquant directement avec son cabinet de travail ; deux hommes qui s\u2019y trouvaient assis, se levèrent à son apparition L\u2019un était Gérard Mercier : auant à son comDagnon, c\u2019était Jean Kéradiou.Cordialement, M Abel Delestang leur serra la main ainsi qu\u2019à d\u2019anciennes connaissances.En effet, au cours de l\u2019enquête oui avait suivi la tentative de sabordage de 1\u2019« Aquitaine ».le courtier avait eu l\u2019occasion d\u2019apprécier les deux hommes à leur iuste valeur et ne leur avait pas ménagé les compliments sur leur courage, leur esnrit de décision.A l\u2019hôpital, Gérard Mercier s\u2019en était souvenu et c\u2019est au courtier qu\u2019il avait écrit la longue lettre qui avait si fort intrigué Jean Kéradiou.Dans cette missive, le novice exposait de façon détaillée à M.Delestang les renseignements recueillis par lui, concernant les agissements de la bande Cardona et réclamait son concours.Dès qu\u2019il avait été libre, Gérard était venu voir le courtier et, rapidement, on était tombé d\u2019accord sur ce point : il convenait de traquer sans merci les malandrins, cela par tous les moyens et, puisque la police bordelaise semblait montrer quelque mollesse, on se substituerait à elle, voilà tout ! De fait, lorsque Kéradiou avait déclaré que l\u2019un des agresseurs de Mercier n\u2019était autre que Ricardo Cortez, le commissaire de police Grisard avait furieusement haussé les épaules.Il s\u2019entêtait dans l\u2019idée que Cortez devait s\u2019être noyé dans le golfe de Gascogne, il n\u2019en voulait pas démordre.Ne le laisserait-on point en repos avec ces accusations stupides ?.Pour M.Grisard, le novice avait été attaqué par de simples rôdeurs en quête d\u2019un mauvais coup ; cette affaire n\u2019avait aucun rapport avec celle de T « Aquitaine », il n\u2019aurait point de peine à le prouver.Sur un signe de Gérard, présent à l\u2019interrogatoire, Kéradiou n\u2019avait point insisté, mais M.Delestang avait été mis au courant de ce nouvel incident et ceci n\u2019avait fait que confirmer sa volonté d\u2019agir en dehors de la police officielle.Quelques instants plus tard, précédant les deux matelots, le courtier général pénétrait dans le grand salon où, d\u2019ordinaire, se réunissaient les membres de son conseil d\u2019administration.Une demi-douzaine de messieurs à la physionomie grave et sévère s\u2019y trouvaient assemblés.C\u2019étaient d\u2019autres courtiers de la place de Bordeaux, représentants des compagnies d\u2019assurances maritimes ayant eu plus ou moins à souffrir des agissements de Cardona, de Cortez et de leurs acolytes.A l\u2019entrée des nouveaux venus, tous s\u2019étaient mis debout.\u2014 Mes chers collègues, permettez-moi de vous présenter MM.Mercier et Kéradiou .Leurs noms ne vous sont point inconnus car, au cours de ces temps derniers, les journaux ont beaucoup parlé d\u2019eux.Ce sont des hommes intelligents, résolus, capables de mener à bien l\u2019enquête délicate dont je compte les charger au nom de ma compagnie.J\u2019ose espérer que vous vous associerez à moi et accorderez toute confiance à ces braves matelots.Sur ce, M.Delestang entreprit d\u2019exposer à ses auditeurs attentifs les renseignements recueillis par Gérard au cours de son voyage à Nantes et à La Rochelle ; il termina par la narration de l\u2019agression qui avait failli coûter la vie aux deux amis.\u2014 Vous le voyez, messieurs, la situation est sérieuse, nous avons affaire à un ennemi déterminé, disposant de puissants moyens d\u2019information.La police refusant de nous suivre dans cette voie, il ne nous reste plus qu\u2019à démasquer nous-mêmes les coupables Alors, la justice agira et les bandits seront châtiés.Longtemps, M.Delestang parla de ls sorte ; ses auditeurs approuvaient d\u2019un signe, posant parfois des questions auxquelles Gérard répondait de façon claire et précise.Ensuite, on délibéra et il fut arrêté que des crédits importants seraient ouverts aux enquêteurs ; il ne fallait point que, faute d\u2019argent, ils ne puissent mener leurs recherches à bonne fin.\u2014 Bien entendu, messieurs, notre accord doit demeurer secret, sinon nos adversaires en seraient vite informés conclut M.Abel Delestang.C\u2019était l\u2019évidence même, chacun le reconnut et promit de n\u2019en souffler mot à personne.\u2014 H est regrettable que la police officielle nous lâche, observa cependant M.Davril.grand vieillard à la physionomie réfléchie, représentant une grosse firme parisienne, elle dispose de pouvoirs étendus .\u2014 Je suis entièrement d\u2019accord avec vous, mon cher collègue.\u2014 Dans ces conditions, reprenait M Davril, j\u2019ai amené de Paris un fort habile détective, M.Jacques de Villefort qui pourrait prendre en main la direction de l\u2019enquête.Les autres approuvèrent à l\u2019unanimité et sur un mot de M.Davril, M Abel Delestang sonna, afin de s\u2019informer si quelqu\u2019un n\u2019était pas venu demander son collègue parisien.En effet, Jacques de Villefort avait pris rendez-vous avec M.Davril, et l\u2019on pouvait compter sur son exactitude.Le coup de sonnette de M.Delestang fit accourir un garçon de bureau ; le courtier lui glissa un mot à l\u2019oreille et, peu après, un nouveau personnage était introduit.C\u2019était Jacques de Villefort qui venait d\u2019arriver.Rapidement, on le mit au courant de ce qui avait été décidé, Jacques approuvait sans réserve.\u2014\tJe ne voudrais pas déposséder M Mercier de la direction ' de l\u2019enquête qu\u2019il a si bien amorcée, fit-il gaiement en se tournant vers Gérard.Donc, s\u2019il veut bien accepter ma collaboration ,.\u2014\tMonsieur, Kéradiou et moi serons très heureux de travailler sous vos ordres, interrompit le jeune homme.Nous ne nous dissimulons point notre infériorité.Seul, un homme de votre valeur peut triompher des bandits auxquels nous avons affaire.Cela fut dit avec une simplicité qui toucha le détective, aussi tondit-il à Gérard une main que celui-ci serra cordialement.\u2014\tVoilà qui est entendu ! déclara-t-il Nous travaillerons de compagnie et ferons de la bonne besogne, j\u2019en suis persuadé ! Il fut décidé qu\u2019une somme de trois cent mille francs, fournie par les diverses compagnies d\u2019assurances intéressées, serait aujourd\u2019hui même déposée dans une banque au nom de Gé Le Samedi, Montréal, 15 novembre 1947 27 rard Mercier.En effet, de Villefort ne voulait point être nommé dans cette affaire ; il convenait de ne pas effaroucher l\u2019adversaire.Là-dessus, on se sépara .Gérard, Kéradiou et de Villefort quittèrent de compagnie les bureaux du courtier et, tout en devisant de choses indifférentes, gagnèrent le jardin public.Là, ils s\u2019installèrent sur des chaises, au beau milieu d\u2019un vaste carrefour ; de la sorte, ils ne craignaient point que leur conversation fût surprise par des oreilles indiscrètes.Leur conférence dura plus d\u2019une heure et, seuls, les oiseaux du ciel auraient pu dire ce qui fut décidé.Lorsque tous trois se séparèrent, ils étaient pleinement d\u2019accord.\u2014 Surtout, de la prudence, recommanda à mi-voix Jacques.Désormais, Mercier, . ! me on lui en demandait la raison : \u2014 Ma foi, dit-elle, c\u2019est qu\u2019ainsi j\u2019en ai toujours une pour chercher l\u2019autre \u2022 \u2014 Nous avons tué la moitié à coups de mitrailleuse, la moitié au fusil et passé l\u2019autre moitié à la baïonnette \u2014 Et le reste ?\u2014 Nous les avons faits prisonniers a On amène un récidiviste.Le président.\u2014 Comment ?malheureux, vous n\u2019avez pas honte de venir ici pour la douzième fois ?Le récidiviste.\u2014 Eh bien ! mon président, et vous ?Vous y venez bien tous les jours.a La cantatrice à l\u2019impresario.\u2014 Moi, monsieur, lorsque je donne un concert, ma voix remplit la salle.L\u2019impresario.\u2014 J\u2019ai même remarqué que le public s\u2019empressait à faire de la place à votre voix.Découragé par une série de mésaven-' tures, un jeune homme annonce à un ami qu\u2019il vient de prendre une résolution.\u2014\tDans deux jours, s\u2019écrie-t-il, j\u2019au rai quitté la terre.\u2014\tQuoi ! fait son ami indigné, tu veux donc te suicider comme un lâche \u2014\tMais non, je m\u2019embarque pour l\u2019Amérique.\u2014\tMon vieux, si le patron ne retire pas ce qu\u2019il a dit, je m\u2019en vais.\u2014\tAh ! Qu\u2019est-ce qu\u2019il t\u2019a dit ?\u2014 Qu\u2019il me flanquait à la porte \u2022 Elle est une de ces femmes qui s\u2019inquiètent sans cesse de tout.Aussi son mari ne se frappa-t-il pas lorsque, l\u2019autre jour, au cinéma, elle s\u2019exclama : \u2014\tOh! Jean, j\u2019ai oublié de débrancher le fer électrique.\u2014\tNe t\u2019inquiète pas, ma chérie, lu) répondit-il gentiment, j\u2019ai oublié de fermer le robinet de la baignoire, donc tout se passera très bien \u2022 La Soubrette.\u2014 Une dame est là, qui désire voir Madame.Mme Nouvoriche.\u2014 Quelqu\u2019un de im famille ?La Soubrette, froidement.\u2014 Non, madame, j\u2019ai dit une dame, ne me faites pas due ce que je n\u2019ai pas dit \u2022 La petite dame.\u2014 Mon Dieu, Monsieur, tout est bien réfléchi.je les prends noirs.mon pauvre mari est si malade ! a \u2014 Je désirerais un petit four \u2014 Quelle sorte de petit four ?\u2014 Un petit four crématoire, \u2014 ?\u2014 Oui, un petit four à la crème, quoi 1 \u2022 Le Pauvre Hère.\u2014 Faire de l\u2019argent faire de l\u2019argent ! On n\u2019entend que cela aujourd\u2019hui.C\u2019est si facile ! Le Faux Monnayeur.\u2014 Plus que vous ne croyez LA VIE COURANTE .par George Clark \u2014 Ja ta l\u2019avais dit auisl au magasin qua cai talom-lè ne valant Han pour la piquetage .Hif.i ijw/ Ia> Samedi, Montréal.15 novembre 2947 41 ^ÎONTE ILLUSTRE OU \u201cSAMEDI\u201d \u2014 VINGT-CINQUIEME EPISODE (fiaiK 1 \u2014 \u201cJe te tiens maintenant, Villiers,\u201d commença Lauzon.Mais il n\u2019alla pas plus loin, car d\u2019un mouvement prompt de la gauche Jean lui assenait un coup formidable à l\u2019oreille.Le bandit tomba.2 \u2014 Jean ramassa son revolver sur le sol, où le voleur l\u2019avait laissé tomber dans sa surprise.Puis, il plaça le contremaître sur son cheval en travers de la selle, et l\u2019y attacha solidement 3 \u2014 Quelques heures plus tard, Jean arrivait dans le petit village avec son prisonnier.A sa vue, un cowboy à l\u2019allure louche fit un mouvement de surprise.\u201cVilliers a pincé Lauzon ! Il faut avertir les gars ! \u201d 4 \u2014 La crainte se lisait dans les yeux du cavalier malhonnête, pendant qu\u2019il courait de toute la vitesse de ses jambes par une rue isolée.Il arriva ainsi à une cabane où se tenait le reste de la bande IMMllll flîilidllllllr LHiSii WM 5 \u2014 Il entra comme une trombe.Les hommes qui étaient assis à une table se retournèrent d\u2019un bond, en portant la main à leur côté.\u201cVite, Villiers a capturé Lauzon ! Et il l\u2019amène au shérif,\u201d dit-il nsiMIl Si S 6 \u2014 Pendant ce temps-ià, ignorant que les voleurs étaient au courant de sa capture, Jean se présentait devant le shérif.\u201cEnfermez cet homme, shérif!\u201d dit-il.\u201cJe porterai une accusation contre lui plus tard.\u201d ¦ ¦¦; IiMHIIL 7 \u2014 Le jeune homme expliqua ensuite au shérif ce qui venait d\u2019arriver.Et, pendant que Jean Vil-iers se retirait, le shérif, le visage sombre, conduisit e contremaître du ranch Double V vers les cellules.:.v'v 8 \u2014 Lorsque le shérif quitta son bureau, il ne vit pas la bande de chenapans cachés derrière une cabane et qui le guettaient.\u201cEmparez-vous de cet homme,\u201d dit l\u2019un d\u2019eux,\u201d et prenez ses clefs.Préparez aussi les chevaux.\u201d 9 \u2014 Les deux hommes acceptèrent et se dirigèrent vers le shérif qui ne se doutait de rien.Dan/ un tournant désert, l\u2019un d\u2019eux frappa l\u2019officier sur la tête avec son revolver, l\u2019autre s\u2019empara de ses clefs.IM 10 \u2014 Jean ne se doutait pas, pendant qu\u2019il quittait le magasin où il s\u2019était procuré des cartouches que des plans se faisaient pour relâcher Lauzon.Mais il devait bientôt rapprendre.* .r o 3T1C -\tetalt, souclf*\u2019 « «\u2019avait pas encore découvert l\u2019endroit où l\u2019on déte Antoine Benoît, meme s il avait pincé Lauzon.Soudain, il eut un mouvement de surprise en entent des pas de coupe veipt de la prison du village.Il vit, d\u2019un coup d\u2019oeil, une bande d\u2019hommes couraient vers leurs chevaux et au milieu d\u2019eux fi reconnut Lauzon, le contremaître-voleur qu\u2019il ^e de capturer !\tf Suite an prochai, numé 42 U Samedi, Montréal.15 novembre 1947 EPISODE NUMERO UN l'/s\ti, 1\t\u2014 Ils étaient trois joyeux compagnons, Barry Moore, Blackie Johnson et Bill Harris.Tous trois riches, heureux et indépendants.Après les périls de leur équipée à la recherche d\u2019un trésor, qui s\u2019était terminée avec succès, ils jouissaient de cette vie luxueuse.Barry et Bill retournaient en Angleterre.flUiMii m oP.*tr\u2019 2\t\u2014 Blackie avait décidé de les suivre.Un matin, en déjeunant à leur hôtel de Melbourne, Barry se prit d\u2019intérêt pour un article qui paraissait dans le journal.On annonçait la disparition d\u2019un M.Wilton dans les déserts de Mexico, alors qu\u2019il était à la recherche d\u2019une mine d\u2019argent.\u201cEh bien, j\u2019espère qu\u2019on l\u2019a retrouvé ! \u201d dit-il.3\t\u2014 Peu de temps après déjeuner, les trois amis se promenaient au bord de l\u2019eau, afin de s\u2019enquérir des possibilités de passage sur un bateau en partance pour l\u2019Angleterre.Pendant qu\u2019ils allaient ainsi, ils entendirent un bruit de voix et virent un officier en train de frapper un garçon avec un bout de câble.wÆSl 4\t\u2014 \u201cJe vais te montrer comment je traite les rats de cale,\u201d cria l\u2019officier.Le garçon tenta de courir mais fut vite saisi et jeté sur le pont.Le câble siffla dans l\u2019air et s\u2019abattit sur le pauvre garçon effrayé.\u201dEh, en voilà assez ! \u201d cria le jeune nègre, les yeux brillant de colère.Puis, il s\u2019élança vers le pont du bateau.5\t\u2014 En quelques enjambées, il était arrivé et l\u2019officier reculait, l\u2019oeil mauvais.\u201cEloigne-toi si tu ne veux pas aussi goûter de ce câble!\u201d dit-il.\u201cJe n\u2019ai pas d\u2019ordre à prendre d\u2019un nègre ! \u2019\u2019 \u201cEh bien, tu peux prendre ceci peut-être,\u201d répondit Blackie.Puis, son poing ganté de cuir s\u2019abattit sur la mâchoire de l\u2019officier.6\t\u2014 Le coup fut si violent que l\u2019officier fut soulevé de terre et retomba lourdement sur le pont avec un bruit sourd.\u201cSi tu en veux encore, patron, viens me voir à l\u2019hôtel Royal,\" railla Blackie en se frottant les mains \u201cEt toi, tu viens avec ton oncle Blackie ! \u201d dit-il au garçon, tout ébahi.r «
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