Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 11 septembre 1948
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Nouveau samedi
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

Le samedi, 1948-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Montréal, 11 septembre 1948 DANS CE NUMERO 60e année, No 17 \u2022\tL'INDUSTRIE EN U.R.S.S.\u2022\tSHERBROOKE AGRONOMIQUE \u2022\tENREGISTREZ VOS DISQUES \u2022\tL UE AUX PERLES NOIRES Roman policier par HENRY MUSNIK LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS W -¦* 2 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 \u2022IC » *?« *¦ li^Ü Achetez une 4ASTE duty ! WILLARD STORAGE BATTERY CO.OF CANADA, LTD., TORONTO, ONTARIO POUR DEMARRAGES RAPIDES LONGUE DURÉE et vous êtes Maître de votre Démarrage La Master Duty Willard est la batterie la plus durable, la plus économique et celle qui assure les démarrages les plus rapides de toute la gamme Willard.En voici six raisons: 1\tLa Master Duty Willard est bourrée de toute l'énergie suscep-tible d\u2019être requise pour le démarrage, l\u2019éclairage, l\u2019allumage et a, EN PLUS,.de 19% à 25% d\u2019énergie de RESERVE pour le radio, l\u2019allume-cigares, la chaufferette et autres accessoires électriques qui imposent fréquemment une trop lourde charge aux batteries de grosseur standard.2\tLa Master Duty Willard a\u2014à la température de zéro\u2014de 40% à 71% PLUS de puissance au démarrage\u2014assurant les démarrages rapides et positifs qui plaisent tant aux automobilistes.CB La construction exclusive Willard \u201cRemplissage de Sûreté\u201d prévient le trop-plein et le giclage de la solution acidulée qui en résulte et qui peut endommager les conducteurs électriques et autres appareils sous le capot, fl Montée dans des bacs en véritable caoutchouc dur.7i Disponible avec isolation en bois sélectionné pour véhicules en usage normal et avec Isolation Willard en Caoutchouc pour véhicules faisant un usage dur et de très longs parcours, ft Vente et entretien par tous les Marchands Willard.Il y a une Willard qui répond à tous les besoins des automobilistes.Choisissez celle qui convient à vos exigences particulières de conduite et assurez-vous des Démarrages Rapides .et Longue Durée.POUR LIRE EN TRAM DANS LE GRAND NORD Au NORD dune grande ligne invisible, qui s etend de la cote du Pacifique à la rive nord du golfe du Saint-Laurent, vivent un quart des Indiens du Canada, dont la plupart gagnent leur vie comme chasseurs et trappeurs nomades.Ils sortent rarement de la foret et beaucoup d\u2019entre eux n\u2019ont de contact avec la civilisation qu une fois par an, au début de l\u2019été, pour recevoir l\u2019argent du « Traite »> C\u2019est leur seule occasion de renouer de vieilles amities et d acheter une provision de vivres pour les mois à venir.L\u2019agent dies Indiens profite du rassemblement pour enregistrer les naissances, dresser des statistiques, et remplir ses diverses fonctions.Cet été, il assume une besogne supplémentaire.Il doit distribuer les nouveaux calendriers d hygiene, préparés par le ministère de la Santé nationale et du Bien-etre social avec le concours du Service des affaires indiennes du ministère des Mines et des Ressources.\t, Ces calendriers, qui offrent un nouveau conseil tous les deux mois, n\u2019étaient d\u2019abord destinés qu\u2019aux Indiens du nord qui reçoivent les allocations familiales en nature.Ils ont donc été dresses du 1er juillet 1948 au 30 juin 1949, afin de coïncider avec le rassemblement du traite.Mais on estime maintenant que les conseils du calendrier pourront servir aux Indiens du sud, qui reçoivent leurs allocations par cheque.La liste de distribution a été allongée en conséquence.Plus de 52,000 enfants, appartenant à plus de 18,500 familles indiennes, ont droit aux allocations familiales.Les conseils apportés par le calendrier, ainsi que d autres documents éducatifs préparés pour les Indiens, rappellent que les allocations doivent profiter aux enfants.L\u2019administration aide les Indiens à tirer le meilleur parti de cet argent.Des affiches dernièrement publiées à l\u2019intention des Indiens du nord énumèrent les aliments et les vêtements que les allocations familiales permettent d\u2019acheter.Ces affiches sont exposées dans les postes de traite, dans les écoles, et partout où les Indiens se réunissent dans le nord BACTERIES PAR AVION Grâce aux transports aériens rapides et à 1 aide de glace sèche et d\u2019isolement scientifiques, on est parvenu, pour la première fois dans l\u2019histoire médicale, à transférer des produits labiles instables à des pays distants de près de 12,000 milles les uns des autres.Une consignation de bactériophages des laboratoires de la Santé publique de Londres a été emportée par un avion de la British Overseas Airways Corporation, à l\u2019Institut de science médicale et vétérinaire de l\u2019Adélaïde, en Australie du Sud.La consignation emballée dans de la glace contenue dans un carton spécial, comprenait des cultures sèches de microbes scellées dans des ampoules de verre, et des bactériophages sous forme fluide.La glace sèche fut renouvelée par le personnel de la BOAC en cours de route et le carton arriva dans l\u2019Adélaïde, en parfait état, quatre jours après son départ de Londres.AU NORD DE LA SUEDE « Le pauvre Norrland », comme on avait coutume autrefois de dénommer le Nord de la Suède, est devenu la plus solide armature économique du pays, a dit M.Elof Lindberg, gouverneur de la province de Vasterbotten, dans un exposé récent à la presse sur quelques phases du rapide développement qui se poursuit actuellement dans cette région.Le Norrland fournit aujourd\u2019hui toutes les sortes de produits forestiers, de l\u2019acier, du cuivre, de l\u2019arsenic, etc.L\u2019agriculture est en plein essor ; tomates et fraises sont cultivées et mûrissent aux alentours du cercle polaire, dans ces régions du soleil de minuit où la lumière du jour dure vingt-quatre heures.Un des plus importants parmi les nouveaux projets à l\u2019étude est l\u2019agrandissement des Aciéries du Norrbotten, à Lulea, qui sont possédées par l\u2019Etat et dont la production annuelle serait portée en 1951 à 400,000 tonnes.Ces usines comprennent une fonderie qui fournit déjà environ 25 pour cent des besoins du pays en tubes et raccords en fonte.La production des Aciéries de Lulea est basée entièrement sur les minerais de fer de haute teneur des gisements de Laponie.Parmi les autres grands établissements industriels de la Suède du Nord se trouvent ceux de la Société Minière de Boliden.Celle-ci produit du cuivre, du plomb, de l\u2019or et de l\u2019arsenic, ce dernier produit utilisé exclusivement pour l\u2019imprégnation du bois.La Société agrandit en ce moment ses usines pour la fabrication du cuivre et du plomb et construit un nouveau laboratoire de recherches ; le coût total sera d\u2019environ 10 millions de couronnes ($2,800,000.).-NOTRE COUVERTURE- Jolie et très sobrement vêtue, à la garçonne, cette jeune ouvrière s\u2019en va toute contente, le nez au vent, à cheval sur sa bicyclette, non pas aux joies d\u2019un pique-nique, mais bien à son travail.Le travail, ça ne lui fait pas peur, elle sait que c\u2019est la grande loi, elle sait que sa discipline est encore le meilleur correctif n l\u2019ennui, au vice et à la paresse.Brave et heureuse petite Canadienne qui ne sait peut-être pas bien faire les phrases mais qui comprend que la société n'accorde ses privilèges qu\u2019à ceux qui, gaiement, s\u2019acquittent de leurs devoirs.Nul doute qu\u2019elle sera demain la reine d\u2019un foyer, petit, modeste, mais heureux ! Photo H.Lambert. 3 LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 60e année, No 17 \u2014 Montréal, 11 septembre 1948 EDITORIAL Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi D\u2019UN SAMEDI À L\u2019AUTRE La Revue Populaire Le Film 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tel: P L a t e a u 9638 * GEO.POIRIER Président du conseil FRED POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyocinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) \u2022 ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières ( Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un\tan\t\t\u2022 $3.50 Six\tmois\t\t- 2.00 \tETATS-UNIS\t Un\tan\t\t.$5.00 Six\tmois -\t.\t2.50 AU NUMERO : 10 cents La lutte à la présidence Malgré tous les efforts de dernière heure, le parti démocrate américain doit faire face à l\u2019électorat cet automne avec M.Harry Truman, président sortant.Le mouvement entrepris autour du général Eisenhower a fait long feu et nous nous en réjouissons : l'expérience démontre qu'il est toujours dangereux de confier à un militaire l'administration civile d'un pays.Avec M.Truman, les démocrates entretiennent peu d'espoirs de conserver le pouvoir.Il n'est entré à la Maison-Blanche qu'à la faveur de la mort du président Roosevelt, sans avoir la préparation requise pour d'aussi importantes fonctions.C'est une justice à lui rendre qu'il s'est appliqué avec beaucoup de bonne volonté à s\u2019égaler à des tâches qui le dépassait visiblement.Tl n'a réussi qu'à indisposer tour à tour presque tous les groupes de la population.Au surplus, après seize années au pouvoir, le parti démocrate manifeste des signes évidents de faiblesse et d'usure.Il n'y a rien d'étonnant à cela.Dans le camp républicain, c\u2019est l'optimisme qui îè-gne, un optimisme justifié par la tournure favorable des événements et par la personnalité engageante de son candidat, M.Thomas-E.Dewey, actuellement gouverneur de l'Etat de New-York.D'aucuns ont témoigné de quelque surprise à constater que pour la première fois dans son histoire, le parti républicain désignait comme porte-étendard un candidat qui avait déjà essuyé la défaite.C'est oublier les circonstances tout à fait spéciales de ce premier échec.En 1944, M.Dewey s'attaquait au président Roosevelt qui, à tort ou à raison, possédait une emprise exceptionnelle sur la population, qui exerçait sur elle un véritable magnétisme.De plus, le pays était en guerre et Ton pouvait légitimement redouter un chambardement trop radical dans la gouverne des affaires.Mais au lieu de se retirer sous sa tente, M.Dewey a su garder son nom sur la scène de l\u2019actualité.C'est un mérite à lui reconnai tre qu\u2019il s'est toujours montré très prudent dans ses déclarations publiques, ne cédant jamais, surtout dans les questions internationales, aux emballements frénétiques auxquels sont sujets de trop nombreux esprits fragiles.Son dossier comme administrateur est sans taches ; avec les mêmes qualités, il devrait être un excellent résident de la Maison-Blanche.Le parti républicain se présente devant le public avec des oeuvres valables.Il a abandonné son isolationnisme excessif, sans pour cela se jeter tête baissée dans toutes les croisades idéologiques dont le fondement est douteux.Grâce surtout aux sénateurs Vandenberg et Henry Cabot Lodge, il a appuyé une sage politique de collaboration active aux projets de restauration européenne, comme le plan Marshall, et il a fortement encouragé le gouvernement à utiliser Chiang Kai-Shek comme barrière contre l'avance communiste en Chine.Retenons également que la législation Taft-Hartley a beaucoup contribué au règlement juste de nombreux différends ouvriers.Les républicains peuvent donc envisager l'avenir avec confiance.Il est excellent, dans un régime démocratique, que la même équipe ne s'incruste pas à jamais au pouvoir.L\u2019alternance est à la base des institutions parlementaires et c'est la garantie de leur bon fonctionnement comme de leur efficacité.L'entrée de Terre-Neuve HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Le» abonné» changeant de localité »ont prié» de nou» donner un avi» de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.C'est maintenant chose décidée, il ne reste plus qu'à régler les modalités de l'annexion.Par une faible majorité, les Terre-Neuviens, gui avaient toujours refusé de faire partie de la Confédération canadienne, acceptent le rattachement.Les circonstances y ont beaucoup aidé.Jouissant de la responsabilité ministérielle, Terre-Neuve avait dû, en 1933, abandonner ces signes extérieure de l'autonomie et redevenir une simple colonie de la Couronne, administrée par une Commis- sion dont les membres étaient désignés par Londres.Un tel régime ne pouvait être que transitoire.Quelles étaient les solutions possibles ?Le maintien de la tutelle britannique, bien sûr, mais Londres n'étciit nullement désireux de continuer cette corvée et l\u2019amour-propre des Terre-Neuviens en était blessé.Il y avait aussi la reconnaissance de l'état de Dominion au sein du Commonwealth des nations britanniques.Cette indépendance théorique agréait à une partie de l\u2019opinion, mais on pouvait redouter la répétition des mêmes difficultés financières.C'est la crainte de cette éventualité qui a pesé davantage dans la balance et qui a poussé un peu plus de la moitié de la population à accepter les conditions posées par le gouvernement d'Ottawa.Cette annexion est prévue dans notre constitution, la Loi de l'Amérique du Nord britannique.Elle n\u2019entraînera donc aucun chambardement juridique, mais simplement une adaptation à des conditions nouvelles.Le Canada ne voit pas très bien encore les bénéfices qu'il retirera de l'opération.Terre-Neuve cependant jouira d'une élévation de son standard de vie et touchera les multiples avantages des mesures de sécurité sociale adoptées en ces dernières années au Canada.On calcule que nous devrons dépenser environ quelque $ 180,-000,000 pour notre nouvelle province.L'avenir seul dira de façon expresse si nous avons agi sagement.Du point de vue stratégique.Terre-Neuve ajoutera à l'intégration du système de défense continental.Ce qui n'est pas très neuf, sans doute, puisque les autorités militaires de Washington et dOttawa avaient déjà toute autorité pour utiliser les conditions particulières de la grande île atlantique.Souhaitons que nos nouveaux concitoyens ne tardent pas à acquérir un véritable patriotisme canadien et à collaborer avec nous à la grandeur de notre pays.Vile, au travail ! Les vacances terminées, des milliers et des milliers d'enfants retourneront, sac au dos, à l\u2019école et au couvent.C'est toujours un événement important, même s'il se répète périodiquement.C'est une grande et noble responsabilité que d'éduquer la jeunesse, de l'élever, au sens le plus entier de ce beau mot.Il y faut des qualité exceptionnelles de caractère et de science.De caractère surtout, à notre avis.Car on doit légitimement présumer que les professeurs chargés d'enseigner telle ou telle discipline du savoir, possèdent les connaissances suffisantes Mais il y faut bien davantage.Il y faut un dévouement de tous les instants, le souci éclairé de la mission delicate confiée à leurs soins.Les notions les plus abondantes et les plus précises ne parviennent pas à former un homme.Il est indispensable que le professeur soit habité du feu sacré et qu'il aime les êtres sur qui il doit exercer une influence extrêmement profonde.Son empreinte ne peut être indifférente.On conçoit sans peine que les élèves, surtout les plus jeunes, ne peuvent tous comprendre l'importance capitale des années qu'ils passent sur les bancs des écoles.Il leur arrive de juger monotones ces longues journées sans espoir où il faut s\u2019efforcer de maîtriser les difficultés de la langue, de l\u2019histoire et des mathé matiques.On doit donc s employer à les convaincre qu'ils sont en train de bâtir leur avenir.Il n\u2019est pas nécessaire d avoir tellement vécu pour avoir reçu de nombreuses confidences de personnes qui déplorent ___ oui déploreront toujours \u2014 de n'avoir pas plus d'instruction, qui voient leurs chances diminuées du fait au'elles ne sont pas de taille à lutter efficacement avec des rivaux mieux outillés.C est aux parents qu il appartient de convaincre leurs enfants de la nécessité d'acauérir une culture solide, des connaissances étendues.C'est de cette façon qu\u2019ils se feront les meilleurs auxiliaires, les collaborateurs par excellence, des professeurs.Roger Duhamel 4 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 Groupe d'ouvriers en sidérurgie dans une usine moderne d'Orsk sur la ligne frontière qui sépare l'Europe de l'Asie près de la République de Kazakhestan.On se rappelle qu'après l'invasion nazie, on démantela dans un travail de fièvre les usines de l'Est pour les transporter à l'Ouest.Cette coûteuse expérience explique que le plan quinquennal fasse si grand cas du développement industriel dans ces régions éloignées.Ci dessus, nouveau type d'habitation pour les ouvriers de la région d'Orsk.Le genre est simple, paraît confortable et attrayant, mais la pénurie du logement convenable y est toujours à l'état aiguë.Cela s'explique du fait que l'industrie lourde a priorité sur l'utilitaire.Du reste, il est démontré que le standard of living, pour la même raison, ne saurait soutenir une comparaison avec les Etats-Unis ou le Canada.- !7r L'INDUSTRIE LOURDE En U.R.S.S.Par GASPARD ST-ONGE L\u2019U.R.S.S., en ce moment, fait parler d\u2019elle plus que jamais : refus de négocier, emploi abusif du droit de veto, méfiance pathologique à l\u2019endroit des puissances de l\u2019Ouest, intimidation ou pression indue sur les petits Etats voisins, blocus de Berlin et quoi encore ?Au premier coup d\u2019oeil, on serait tenté de croire qu a tout moment, la Russie va déclencher la guerre totale.Et, naturellement, on en parle beaucoup, très souvent sur un ton alarmiste, ce qui ne manque pas de faire son affaire.Avant de nous inquiéter et chercher à savoir si l\u2019U.R.S.S.doit mettre le feu aux poudres demain ou après-demain, cherchons plutôt à voir si, vraiment, elle est en état de le faire.Evidemment, si on l\u2019en croit, nous n\u2019avons qu\u2019à bien nous tenir, comme on dit, car elle sait se vanter et ses officines de propagande fonctionnent à merveille.Comme exemple, disons que les commentaires qui accompagnent les photos ci-contre se résument à peu près à ceci : Orsk, sur la ligne frontière qui sépare l\u2019Europe de l\u2019Asie, près de la République soviétique de Kazakhestan, connaît une prospérité qui tient du prodige.Et cela continue : Jadis, c\u2019était une petite ville inconnue.La guerre a hâté son développement et des recherches minutieuses ont mis à jour l\u2019incomparable richesse du sol environnant, lequel ne contient pas moins de soixante-dix minéraux.Le plan quinquennal avait commencé à les exploiter, mais l\u2019attaque allemande précipita les événements et la nécessité de fabriquer des munitions transforma ce territoire en une vaste usine d\u2019armements.La cessation des hostilités n\u2019a en aucune façon ralenti la production.La ville elle-même est devenue plus moderne.On a construit des maisons confortables, des hôpitaux, des clubs, des théâtres.Il y a des moyens de transport pratiques (plus efficaces qu\u2019à Berlin, apparemment !) et peu coûteux (par-dessus le marché !) qui facilitent aux ouvriers l\u2019accès des usines.On a aussi créé un service social destiné à leur venir en aide.Etc., etc.Dans tout ceci, il y a évidemment du vrai.Cependant, la situation exacte est quelque peu différente, et ce n\u2019est pas la vue de quelques photos judicieusement choisies comme celles que nous reproduisons ci-contre qui nous feront penser le contraire.Que les Russes soient de rudes travailleurs, d'accord.Que l\u2019U.R.S.S.soit riche en ressources naturelles, entendu, mais le travail et la matière première, deux éléments essentiels, comme de juste, ne suffisent pas : il faut aussi la technologie ou, comme disent les Américains, le know-how qui peut difficilement trouver son plein épanouissement dans un Etat patron régentant avec une main de fer.L esprit d\u2019initiative stimulé par le mérite proportionnel à 1 effort demeure la condition sine qua non et les exemples sont là, probants : d\u2019un côté, les Russes, de l\u2019autre, les Américains et les vraies puissances démocratiques.Orsk, comme veulent nous faire croire les Russes, est développée, sans doute, mais il reste que le plan quinquennal est loin d avoir atteint les résultats escomptés, et retenons bien que ce plan quinquennal ne s\u2019applique pas qu\u2019à une région, mais à 1 U.R.S.S.toute entière.Aussi, pour farder 1 échec dont les conséquences eussent pu être désastreuses sur le moral du peuple, a-t-on appliqué de profondes modifications : maintien du standard of living à un niveau qui touche la pénurie au bénéfice de l\u2019industrie lourde, clé de voûte de la façade militaire qu\u2019une propagande habile peut exploiter à bon escient, aussi bien à l\u2019intérieur qu\u2019à l\u2019extérieur.Et là même, il est facile de conclure que les plans ont beaucoup de retard sur l\u2019horaire prévu.Ici, le camouflage se fait avec des moyens draconiens : accusations des « responsables » qu on ne manque pas de qualifier de traîtres et après, réorganisation nouvelle.Mais tout cela n empêche pas que, comparativement aux Etats-Unis, par exemple, la Russie prend figure de novice ou d apprenti, d apprenti doué, plein de promesses, mais handicapé par une tare, celle d\u2019une conception faussée de la police rationnelle d\u2019un monde [ Suite de la page 38 ] II Ci-contre, contre-maitres ouvriers, et même ouvrières, photographiés près d un immense chantier, lequel, une fois terminé, abritera une importante section de l\u2019Industrie lourde de la région.Orsk confirme bien que l\u2019U.R.S.S.entend donner un vigoureux élan au développement de cette industrie dans sa partie orientale. L1J Tjjajgi\u2014-f «\u2022¦ kf«,,i.«WÉ mî~S.\"\u2022 :-\u2019##;¦ \" » \u2019f^îS .-.¦ -.::\u2022\u2022 ANGLAISE g PORT sain et nourriture saine vont de pair dans le monde entier.Partout où la bonne nourriture est appréciée, la saveur unique et piquante de la moutarde d\u2019Angleterre est considérée comme essentielle pour faire ressortir la saveur de la viande, du poisson, etc.Elle n\u2019a son égale nulle part.Pour les marinades, par exemple, la Moutarde D.S.F.Keen ou Colman donnera à vos recettes favorites plus de goût et de piquant, avec la certitude de la réussite chaque fois.Si vous êtes à la recherche de nouvelles recettes essayées, écrivez à Reckitt & Colman (Canada) Limited, Station T, Montréal, pour demander un exemplaire gratuit du superbe livre de recettes illustré et initulé: \"L\u2019Art Culinaire\u2019\u2019.MOUTARDES Éjipi Le Monde Entier s\u2019en Régale! D.S.F.KEEN COLMAN D\u2019ORIGINE ANGLAISE \u2014 Quarante-cinq au-dessous.Minuit.Yves bondit sur ses pieds et le bous-cula : \u2014 Tu n\u2019es pas fou ?Hurler pareillement !.Tais-toi.Marius grommela, mais obéit.Il se remit à fumer sans mot dire.Yves s\u2019était appuyé au garde-fou et consulta sa montre.L\u2019heure du retour de l\u2019équipage n\u2019allait plus tarder.Comme il se penchait pour vérifier si la corde par laquelle les hommes devaient remonter était bien en place \u2014 car, de même que Marius, il s\u2019était servi de l\u2019échelle à l\u2019autre extrémité du navire \u2014 il constata avec ébahissement la présence d\u2019un canot qui flottait.Au même moment, un bruit leger se produisit à proximité.Il y fut en trois bonds.Une forme humaine surgit devant lui et sans le mouvement réflexe qui provoqua sa feinte, Yves aurait été frappé en plein par le coup de poignard qui lui était destiné.\u2014 Holà !.rugit-il.Un assassin à bord !.De la main droite, il saisit le poignet, le tordit.Du poing gauche il lança un crochet formidable.Mais l\u2019adversaire, souple comme une anguille, réussit à glisser hors de sa prise et se jeta vers le bastinggae.Il se heurta à Marius qui venait d\u2019accourir.\u2014 Nom de D.! jura le second du navire, oubliant pour une fois ses exclamations marseillaises.La face de safran !.Mais alors, on va le retrouver tout le temps sous nos pas ?Hu-li enjambait déjà le garde-fou pour sauter dans sa barque.Marius ne lui en laissa pas le temps.\u2014 Cette fois-ci, tu vas prendre un bain, mon bonhomme ! Il l\u2019empoigna à bras-le-corps, et d\u2019une secousse, le lança au beau milieu de la lagune.On entendit un « plouf !.» et un éclat de rire de l\u2019homme sur le navire.Yves ramassa le poignard que le Chinois avait perdu.Une longue lame scintillant sinistrement au clair de lune.\u2014 Tu aurais dû le garder prisonnier, reprocha-t-il à son compagnon.Nous l\u2019aurions remis à la police.Son compte était bon.\u2014 Bah ! fit Marius avec insouciance Cela nous aurait fait perdre encore vingt-quatre heures au moins.Laisse-le donc se débattre dans le jus.Il s\u2019en souviendra ! Hu-li venait de reparaître à la surface.Il nagea de toutes ses forces vers le quai, où il reprit pied, dans un état grotesque, trempé, ruisselant.Marius mit ses deux mains en entonnoir : \u2014 Et tâche de t\u2019y frotter encore, vermine jaune !.Yves resta longuement méditatif.\u2014 Tu as eu tort, dit-il finalement.Cet homme est décidé à nous être nuisible.Nous le retrouverons sûrement encore sur notre route.Il fallait le remettre aux autorités.\u2014 En tout cas, décida le second, il aura perdu sa barque.Nous la garderons en représailles !.Et comme entre temps l\u2019équipage avait rallié le navire, il expliqua en quelques mots ce qui s\u2019était passé, à , Bimbo, en donnant ordre d\u2019arrimer solidement l\u2019embarcation du Chinois.Hu-li se retrouva dans sa cahute, haletant et transi.Il se reprocha son manque de sang-froid qui lui avait fait attaquer le patron du navire, alors qu\u2019il eût été si simple pour lui de plonger directement par-dessus bord, puisqu\u2019il nageait comme un rat.Mais la crainte d\u2019un mauvais coup l\u2019avait empêché de réfléchir et il s\u2019était jeté en avant, l\u2019arme à la main.Il s\u2019assit et un sourire tortueux naquit sur ses traits aux pommettes sail- Le Samedi, Montréal, U septembre 1948 y lantes, remontant jusqu\u2019aux yeux qui se plissèrent complètement.\tI __Des perles noires!.gloussa-t-il.\tI Des perles noires.C\u2019était cela le se- Il cret de Kamorek.Et bien sûr, Rangsoe ¥ le métis sait quelque chose également \u2019.Mais personne ne compte avec Hu-Li.Et Hu-Li est un Jaune, ce qui signifie qu\u2019il est dix mille fois plus sage qu\u2019un Blanc et autant de fois plus habile.Il avait perdu son bateau, mais il n\u2019en avait cure.Dans une cachette de la sor-dide maison, il possédait de nombreux billets de banque et des pièces d\u2019or, produit de vente des perles qu\u2019il raflait chaque jour aux naïfs pêcheurs indigènes.Il compta son pécule de ses doigts jaunes et maigres.Quand il eut terminé, un nouveau rire muet l\u2019agita.Il venait de combiner un plan qu\u2019il mettrait en application dès le lendemain matin.ÿ£ VI \u2014 Le mystérieux atoll Le Poisson-Volant fendait les flots.' Il y avait deux jours qu\u2019il avait quitté Rangiora et le second crépuscule s\u2019achevait dans sa beauté coutumière.La marche était normale, le temps se maintenait au beau.Les vagues d\u2019un vert profond se déroulaient sous la proue de la goélette comme un tapis mouvant sans cesse renouvelé.La mer prit une teinte plus sombre au fur et à mesure que le soleil disparaissait à l\u2019horizon.Peu à peu, les étoiles apparurent au ciel et Marius, qui se trouvait sur le pont en compagnie du capitaine, désigna du tuyau de la pipe qu\u2019il tenait entre ses doigts, la constellation de la Croix du Sud qui s\u2019affirmait, comme une parure de diamants dans un écrin.\u2014 Chaque soir, dit-il, quand je la vois, je pense à ce John Wilcklum.As-tu trouvé le sens de ses paroles, Yves ?-\u2014Je t'avoue que je n\u2019ai pas cherché encore.\u2014 Ecoute.J\u2019ai la sensation que nous allons passer à côté de la plus magnifique occasion de notre vie- Yves était de bonne humeur et il donna une tape amicale sur l\u2019épaule de son ami.\u2014 Eh bien, dit-il, installons-nous à bavarder et cherchons ensemble.Là, es-tu content ?\u2014 A la bonne heure !.Marius tira un calepin à la couverture fatiguée, mouilla son pouce et son index et le feuilleta.Il parvint à la page qu\u2019il cherchait : \u2014 Ah, nous y voici.Quarante-cinq au-dessous.Minuit.La Croix du Sud à deux cents pas du lagon.Commençons par le commencement.Que signifient ces quarante-cinq au-dessous.Yves hocha la tête.\u2014 Je ne crois pas que ta méthode soit la bonne, car tu vas te casser les dents sur le morceau le plus dur de l\u2019énigme.Moi je suis d\u2019avis de déblayer le terrain pour finir par ne laisser debout que ce qui nous paraît indéchiffrable.\u2014 Autrement dit?.\u2014 Il est question d'un lagon.Donc, Hie est un atoll.\u2014 Bien entendu.Je n\u2019ai jamais pensé autre chose.\u2014 Et pourquoi ?dit vivement Yves.Ce pouvait ne pas être un atoll ! Mais ne commençons pas à ergoter.Le grand point mystérieux est qu\u2019il y a une infinité d\u2019atolls dans les mers du Sud et que nous ne connaissons pas la position de celui-ci.Ce doit être un îlot inconnu qui ne se trouve pas sur la carte.\u2014 Qu\u2019est-ce qui te fait supposer cela ?[ Lire la suite page 20 ] I Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 19 i MesRecettes f ioîaJA Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE PROCEDES GENERAUX POUR LA CONFECTION DES GELEES S\u2019assurer que les fruits employés contiennent de la pectine et de l\u2019acide en proportion convenable pour faire de la gelée.Les pommes, les prunes sures, les groseilles, les gadelles, le raisin, les coings, les atocas ou encore un mélange de tous ces fruits peuvent faire de la gelée.On peut en faire avec tous les fruits en employant de la pectine commerciale.Dans ce cas, on n\u2019a qu\u2019à suivre exactement les recettes qui accompagnent chaque bouteille de pectine.Les fruits doivent être sains et pas trop mûrs.Des pommes trop mûres feront de la compote mais ne prennent pas en gelée.Le jus de fruits doit être préparé convenablement, c\u2019est-à-dire que les fruits doivent cuire avec très peu d\u2019eau, juste assez pour couvrir, autrement, il est trop dilué et ne prend pas en gelée.Le sucre doit être en proportion convenable ; on alloue ordinairement de % à 1 tasse de sucre par tasse de jus et on fait bouillir jusqu\u2019à 220°F.La gelée ne doit pas se faire en grande quantité à la fois parce qu\u2019elle doit cuire à grande ébullition et il est impossible de l\u2019empêcher de renverser dans des marmites ordinaires.GELEE DE POMMES 8 tasses de jus préparé\t6 tasses de sucre Faire chauffer le jus avec le sucre et laisser bouillir à grande ébullition de 20 à 25 minutes ou jusqu\u2019à 220°F.Si l\u2019on n\u2019a pas de thermomètre, on peut se fier à l\u2019épreuve des gouttes jumelles.Pour reconnaître que la gelée est à point, on plonge une cuillère dans la gelée et en tenant cette cuillère de côté, 2 gouttes doivent se rejoindre au centre ; c\u2019est ce que l\u2019on appelle l\u2019épreuve des gouttes jumelles.A ce moment, la gelée est terminée.La verser immédiatement dans des verres stérilisés, paraffiner et couvrir soit avec un couvercle ou un simple papier.CROQUETTES DE VEAU AUX TOMATES 1 livre de veau cru haché\t2 c.à tb.d\u2019oignon haché finement 1 c.à thé de sel V2 tasse de mie de pain\t1 tasse de tomates Bien mélanger tous les ingrédients et façonner en croquettes d\u2019un V2 pouce d\u2019épaisseur.Passer dans la farine et faire rôtir à la poêle dans de la graisse bien chaude, 5 minutes d\u2019un côté puis retourner pour faire brunir l\u2019autre côté encore 5 minutes.Verser au-dessus 1 tasse de tomates en conserve.Mettre au four et cuire à 300° F.1 heure.Servir avec du spaghetti préalablement cuit dans l\u2019eau bouillante salée et bien égoutté.Garnir de touffes de persil frais.4 services.\t! , .J , OEUFS POCHES A LA MEXICAINE 6 oeufs pochés 6 tranches de pain rôties\t6 tranches de tomates frites Faire bouillir 2 pintes d\u2019eau avec 1 c.à tb.de sel et 2 c.à tb.de vinaigre dans une casserole de façon à ce qu\u2019il y ait IV2 à 2 pouces d\u2019épaisseur.Quand l\u2019eau est bien bouillante, y glisser les oeufs, couvrir et laisser ainsi de 8 à 10 minutes suivant que l\u2019on aime les oeufs plus ou moins cuits.Faire rôtir les tranches de pain, beurrer légèrement et mettre sur chacune une tranche de tomate frite, y déposer l\u2019oeuf poché puis masquer avec la sauce mexicaine faite comme suit : SAUCE MEXICAINE 4 c.à tb.de beurre\t1 oignon tranché 1 petite gousse d\u2019ail 1\tpiment vert haché\t1 tasse de tomates 1 c.à tb.d\u2019amidon de maïs y4 de tasse d\u2019eau\tSel et poivre Faire revenir l\u2019oignon haché dans le beurre, ajouter l\u2019ail, le piment vert et les tomates.Laisser cuire 15 minutes, délayer l\u2019amidon de mais (cornstarch) avec l\u2019eau, ajouter au mélange et laisser cuire encore 5 à 8 minutes.Bien assaisonner.CAROTTES AUX PETITS POIS 2\ttasses de riz cuit\t2 tasses de carottes râpées 1 petit oignon haché % tasse de persil frais haché\t1 tasse de crème 3 oeufs 2 c.à thé de sel\t1 boite de petits pois Pour avoir 2 tasses de riz cuit, il suffit de faire cuire au bain-marie V2 tasse de riz cru bien lavé avec 2 tasses d\u2019eau bouillante salée.Egoutter s il reste encore de l\u2019eau.Bien mélanger le tout.Mettre dans un moule bien beurré en forme d\u2019anneau et faire cuire à 350°F.45 à 50 minutes.Si Ion na pas ce genre de moule, on se servira de tout autre plat.Après la cuisson, démouler et garnir de petits pois sautés au beurre.6 services.'¦7 tr A la Ville ou à la Campaqne .Ils Partout^ .et ils savent ce qu\u2019ils veulent en fait de café Prenez Mme Gilles .femme de cultivateur, qui aide son mari \u2014 pratique \u2014 disant franchement ee qu\u2019elle pense \u2014 et qui sert des repas excellents ! Pourquoi exigez-vous du Maxwell House, Mme Gilles?Che* n°üS.\\e,tno catëp'tin C\u2019est justement ce qu\u2019est le Maxwell House.Il contient des cafés de l\u2019Amérique Latine spécialement choisis parce qu\u2019ils ont plus de saveur.Pas surprenant ! Le mélange expert qui assure au café la saveur la plus délicieuse est une tradition Maxwell House.Êt le, House 'estuncafcwsécowme Cela, Mme Gilles, est dû à la Torréfaction Radiante du Maxwell House.Elle retient toute la saveur et toute la force de ce café plus riche.Le Maxwell House est acheté et savouré par plus de gens que toute autre marque de café au monde .quel qu\u2019en soit le prix.CAFE MAXWELL HOUSE SACS DOUBLES EN GLASSINE c7 &/ÿ£H7ÿi/e7oÿri: BOÎTES HERMÉTIQUES Moutures: Filtre et MH-I38BF Mouture à Toutes Fins Marque Déposée MAXWELL HOUSE £°6ul Se fait instantanément dans la tasse Un Produit de General 20 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 L'ILE AUX PERLES NOIRES [ Suite de la page 18 ] des regards indiscrets (Chaque jour, des centaines de clients se présentent à la banque où vous avez votre compte.Vous ne connaissez rien de leurs opérations; ils ne connaissent rien des vôtres.Que vous soyez déposant ou emprunteur, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un dollar ou de milliers de dollars, e\u2019est votre affaire, cela ne regarde que vous.Et vous trouvez tout naturel que vos relations avec votre banque aient ce caractère confidentiel.Toutes les banques veillent à ce que vos opérations\u2014comme celles de quelque 7,000,000 d\u2019autres Canadiens \u2014soient à l\u2019abri des regards indiscrets.ANNONCE COMMANDITÉE PAR VOTRE BANQUE * \u2014 Voyons, mon vieux, la première chose qu\u2019aurait dite le malheureux Wicklum eût été le nom de l\u2019endroit !.\u2014 Ma foi, tu as raison, admit Marius.Comme il n\u2019a pas prononcé de nom c\u2019est que l\u2019atoll n\u2019en a pas qui soit connu des géographes et des matelots.Hé mais, ce n\u2019est pas mal trouvé du tout ! \u2014 Je me demande, murmura pensivement Yves, ce que veulent dire ces quarante-cinq au-dessous.Marius plissa le front et fit un effort de pensée.\u2014 Ne crois-tu pas à une erreur ?\u2014 Une erreur ?.répéta Yves en écho.\u2014 Oui.C\u2019est peut-être quarante-cinq au-dessus ?\u2014 Et cela voudrait dire ?\u2014 Heu.Je.Marius hésita, puis d\u2019un seul coup : Il parlait peut-être de la chaleur ?.Quarante-cinq degré au-dessus de zéro ?.\u2014 Il y a quelque chose là-dedans, dit Yves, lentement.Mais il faudrait admettre une erreur, comme tu dis.Et si, à la rigueur, Kamorek peut s\u2019être trompé, je serais étonné que sa fille.\u2014 Elle peut s\u2019être trompée aussi ! assura Marius qui s\u2019obstinait dans son hypothèse.Yves aussa les épaules et ne dit plus rien.Il s\u2019enfonça dans ses réflexions et bientôt son visage commença à s'éclairer.\u2014 Mais non, Marius, s\u2019exclama-t-il, il ne s\u2019agit pas de chaleur pas plus que de froid !.Si 45° de température sont beaucoup au thermomètre centigrade, ce n\u2019est pas grand\u2019chose pour le thermomètre Farenheint.Et tu sais aussi bien que moi que les Anglais n\u2019emploient que celui-là.Tiens, descendons dans ma cabine.Ils se retrouvèrent autour d\u2019une petite table.Yves avait jeté pêle-mêle devant lui, différents livres qu\u2019il avait pris dans un petit meuble primitif lui servant de bibliothèque.Il s\u2019arma d\u2019un crayon et commença des calculs sur une feuille de papier.Il releva la tête en souriant : La question de la température est définitivement liquidée.Sais-tu ce que je crois, moi?.Les quarante-cinq degrés, mon vieux, c\u2019est.Il prit un temps et donna un coup du plat de la main sur un atlas qu\u2019il venait d\u2019ouvrir : \u2014 C\u2019est la position de l\u2019atoll, tout simplement !.\u2014 Ah bah!.Longitude ou latitude?Latiture, mon brave Marius.Latitude, il n\u2019y a pas de doute.Vexé de ne pas saisir pourquoi, Marius grogna : Rien n est moins sur.Sur quoi te bases-tu ?Sur la mention : au-dessous, parbleu !.Et si j ai quelque chose à ajouter c est qu il est tout simplement ridicule que des matelots comme toi et moi n ayons pas trouvé plus tôt.Le vieu-Kamorek avait raison.Pour nous, le langage de Wicklum est très clair Comment disons-nous pour désigner hémisphère nord ou l\u2019hémisphère sud ?\u2014 Au-dessus ou au-dessous de l\u2019Equateur, évidemment.Ah, pécaire s ecria Manus à son tour, j\u2019ai saisi!.! Quarante-cinq degrés au-dessous de 1 Equateur !.-Bravo.Tu y es.Nous y sommes !.Il posa son index sur la ligne indiquée et suivit le long de la carte géographique : \u2014 C'est exactement la latitude des Touamotou !.Il n\u2019y a qu\u2019à suivre notre route sans dévier d\u2019un pouce et nous finirons bien par trouver !.\u2014 Alors, tu es d\u2019avis, maintenant, de.\u2014 Certes ! cria Yves, enthousiasmé.L\u2019aventure en vaut la peine.Du moment que nous savons où nous allons, cela change la face des choses.En route pour l\u2019île aux perles noires !.\u2014 Mais, fit Marius, non sans une intention malicieuse, nous ignorons toujours le sens de Minuit, la Croix du Sud, etc.\t?\u2014\tNous \u2022 trouverons, comme nous avons trouvé ceci.Je pense que cela doit situer l\u2019endroit exact où il y a le fond d\u2019huîtres perlières.D\u2019ailleurs, pas de discussions.Et vidons une bonne bouteille !\t( Le lendemain, on fit escale dans un des îlots de l\u2019archipel de la Société.Il s'agissait de faire des provisions pour un long voyage.Les membres de la petite troupe, tout dévoués à leur chef, acceptèrent l\u2019annonce sans sourciller.Ils étaient prêts à le suivre au bout du monde, s\u2019il l\u2019avait fallu.On embarqua également des armes.& Il fallait tout prévoir, même un combat avec les sauvages qui avaient massacré les compagnons de John Wicklum.Yves fit notamment l\u2019emplette d\u2019une mitrailleuse et de tout ce qu\u2019il fallait pour l\u2019alimenter.Des fusils et des revolvers, un paquet de fils de fer barbelés, d'autres choses encore furent emportées au grand ébahissement de Bimbo.Juste comme Yves remettait à la voile, il vit entrer dans le port un navire qu\u2019il reconnut avec un froncement de sourcils : \u2014\tLe Faucon!.gronda-t-il.Qu\u2019est-ce qu\u2019il vient faire par ici ?.Est-ce seulement une coïncidence ?A bord du bâtiment de Rangsoe, le métis, un petit homme jaune avait immédiatement désigné la goélette d\u2019Yves Berthier : \u2014\tTu vois.Je te l\u2019avais dit.Il suffira de le suivre et de ne pas se laisser voir.\u2014\tPlus facile à déclarer qu\u2019à exécuter, Hu-Li.Comment espères-tu passer inaperçu en pleine mer ?\u2014\tTu te fais un monde pour une chose relativement facile, riposta le Céleste.Tu le laisses prendre de la distance pendant le jour, et la nuit, comme tu es plus rapide, tu le rattrapes et te laisses guider par ses feux.\u2014\tEt s\u2019il s\u2019en aperçoit, malgré tout ?\u2014\tN\u2019aies pas peur.Il ne te demandera pas les raisons qui nous amènent derrière lui.Il n\u2019aura qu\u2019une idée, fuir devant toi pour arriver le premier.Or, une fois que tu seras sûr de sa direction, quel dommage y a-t-il à le laisser effectivement arriver le premier ?ricana le Jaune.Il fera toute la besogne, et tu viendras pour recueillir les résultats.Tu as vingt hommes à bord, il n\u2019en a que douze.Et songe au butin !.\u2014\tOui.Mais si par malheur tu m\u2019as trompé, si ce damné Poisson-Volant ne se rend pas à l\u2019île aux perles, je te ferai payer cher le temps que j\u2019aurai perdu.\u2014\tNe crains rien.N\u2019ai-je pas le même intérêt que toi à la réussite ?.Ne devons-nous pas partager les bénéfices ?Ils échangèrent un regard de complicité.Mais Hu-Li songeait au même instant à l\u2019argent qu\u2019il tenait caché dans sa ceinture et qui lui servirait à corrompre l\u2019équipage au moment voulu, cependant que Rangsoe calculait qu\u2019aussitôt qu\u2019il le pourrait, il se débarrasserait du Jaune à l\u2019aide d\u2019une Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 21 bonne corde au cou, lestée d\u2019un lourd morceau de fer.Car chacun avait l\u2019intention de tout garder pour soi.Les loups se mangent toujours entre eux.VII \u2014 Les cannibales erre !.Terre !.La voix de Bimbo retentit joyeusement.L\u2019homme redescendit avec une agilité de singe tandis que les deux Blancs se précipitaient à tribord pour contempler l\u2019île.\u2014 Nous y sommes tout de même ! murmura Yves, tandis qu\u2019un énorme soupir d\u2019émotion joyeuse lui gonflait la poitrine.\u2014 Oui.C\u2019est l\u2019atoll inconnu, celui de Wicklum, il n\u2019y a pas de doute, confirma Marius, aussi fébrile que son compagnon.Les palmiers agitaient leurs feuilles comme en signe de bienvenue.Le regard du capitaine se détacha de l\u2019île et balaya la mer.L\u2019endroit était petit et paraissait encore plus infime par le contraste de l'énormité liquide qui l\u2019entourait.De tous côtés, le grand Océan Pacifique, le géant de tous les océans.Certes, l\u2019île ne devait pas souvent voir la fumée des steamers, ni l\u2019aile blanche des voiliers.Loin, aussi loin que l\u2019on pouvait porter la vue, il n\u2019y avait que le ciel et l\u2019eau, l\u2019eau et le ciel.\u2014 Tout va bien, dit Yves.Rien à l\u2019horizon.Mes craintes étaient vaines.Le Faucon n\u2019est pas en vue.\u2014 Comment ?s\u2019exclama Marius avec un gros rire.Tu as cru que Rangsoe avait l\u2019intention de nous suivre ?.Il lui aurait, pour cela, fallu savoir quels étaient nos projets, et.\u2014 Tu n\u2019as donc pas reconnu sur le pont, quand nous l\u2019avons croisé, ce maudit Chinois qui nous espionne ?.Pour moi, les deux canailles sont de connivence.Mais ne soyons pas pessimistes.L\u2019île est à nous, à nous seuls.Nous saurons le prouver.Le Poisson-Volant arrivait droit sur l\u2019atoll.Les arbres grandissaient à vue d\u2019oeil.Yves ordonna la manoeuvre qui permettrait de pénétrer dans le lagon.La toile fut raccourcie et le navire fit le tour de l\u2019îlot, cherchant la passe navigable.Tout à coup Marius étendit le bras.\u2014 Les sauvages !.articula-t-il.On voyait apparaître des hommes à la peau foncée, vêtus de ceintures de feuillage.Ils arrivaient plus nombreux de minute en minute et s\u2019assemblaient sur la grève, gesticulant et désignant le navire de leurs lances dont la pointe en métal battu jetait des éclairs au soleil.Des hurlements éclatèrent lorsque le Poisson-Volant s\u2019arrêta devant l\u2019endroit présumé de la passe.\u2014 C\u2019est l\u2019entrée du lagon, précisa Marius.Vois comme les vagues cessent d\u2019écumer, preuve qu\u2019il n\u2019y a plus de rocs.Yves observa attentivement les deux côtés de cette sorte de canal.A droite, c\u2019étaient des récifs de coraux s\u2019élevant à six ou huit mètres au-dessus du niveau de la mer.A marée basse, ils devaient former une falaise.Ils étaient recouverts d\u2019algues marines fort glissantes, mais sur lesquelles les sauvages couraient d\u2019un pied sûr.\u2014 Attention, il va y avoir du grabuge ! déclara-t-il.Ils m\u2019ont l\u2019air animés de mauvaises intentions.Déjà, Marius et Bimbo étaient à l\u2019affût, fusil braqué, le doigt sur la gâchette.Yves tenait un revolver dans chaque main.Le navire passa à moins de trois mètres du rocher.\u2014 Au moindre signe d\u2019hostilité, feu sans rémission !.ordonna le capitaine.\u2014 T\u2019en fais pas, grogna Marius, on va leur servir une portion de pruneaux de premier choix ! Une sagaie traversa l\u2019air en sifflant et se planta dans le bois du plancher où elle vibra encore.Une autre sagaie lancée trop court retomba contre le flanc du navire.Au fur et à mesure que le Poisson-Volant approchait, le danger devenait plus précis.D\u2019un seul coup, les trois hommes firent feu.Ce fut un déluge de balles.Des clameurs et des gémissements se firent entendre.Une débandade se produisit.Seuls restèrent trois sauvages plus courageux ou plus forcénés que les autres et une flèche traversa le chapeau du capitaine de part en part.Yves visa soigneusement.Deux assaillants roulèrent dans la mer, mortellement atteints.Le troisième jeta précipitamment son arc, et détala pour rejoindre les autres, sous le couvert de la jungle.Quelques minutes plus tard, le navire glissait sur les eaux tranquilles du lagon.Le passage s\u2019était fait sans mal ; pour les nouveaux ve:-us s\u2019entend, car les sauvages avaient déjà laissé plusieurs des leurs dans cette première algarade.Un bruit continu et sourd s\u2019éleva sur la grève.Ce bruit se répandit dans l\u2019intérieur en continuant à enfler.\u2014 Le tam-tam de guerre ! murmura Marius.Eh bien, pour une réception cordiale, c\u2019est réussi.Moi qui croyais que nos peines étaient à leur terme !.Nous entamons un autre chapitre.\u2014 Je comprends maintenant, dit Yves, comment les compagnons de Wicklum ont péri.Ils n\u2019étaient pas prévenus comme nous.Imagine ce qui se serait passé si nous étions arrivés les bras ouverts et la main tendue.Nous aurions été balayés en un clin d\u2019oeil.Marius jeta un long regard sur la grève et toussota.\u2014 Nous allons jusqu\u2019au bout de l\u2019aventure, hein, mon vieux ?\u2014 Je pense bien !.s\u2019exclama Yves.Ce n\u2019est pas une bande de chimpanzés pareils qui va nous faire peur ! Bimbo approuva de la tête gravement.\u2014 Eux, très laids, très méchants, dit-il en faisant le geste de se mordre le bras, signifiant par là que les habitants de l\u2019île devaient s\u2019adonner au cannibalisme.\u2014 Oui, Bimbo, dit Marius en souriant.Et nous vendrons cher notre bifteck avant qu\u2019ils réussissent à le découper sur nous ! \u2014 Le Maori fit une grimace significative.L\u2019idée ne lui plaisait guère de servir de repas aux anthropophages et il ferait tout pour ne pas finir dans leur grande muraille.Alerte ! cria Yves qui se tenait au bastingage.Tout le monde sur le pont et chacun le fusil en main !.Là-bas, les sauvages embarquaient rapidement dans des canots de guerre sous la conduite d\u2019un chef porteur d\u2019une sorte de casque garni de plumes.Marius goguenarda : \u2014 Ils vont tenter l\u2019assaut, ma parole.Hé bien, je leur souhaite beaucoup de plaisir, avec les barbelés ! L\u2019idée du capitaine, la veille de l\u2019arrivée à l\u2019île, avait été splendide.Il avait fait ceindre le pourtour du navire, jusqu\u2019à hauteur d\u2019homme d\u2019une impénétrable barrière métallique, en ménageant juste un endroit pour la descente et la remontée de terre, endroit qui pouvait être instantanément barricadé à l\u2019instar, le cas échéant.La mitrailleuse mise en place, ce fut Yves qui se prépara à la manoeuvrer.Il inséra un ruban mortel et la main sur la manivelle, attendit calmement.Les autres se disséminèrent, sur son ordre, sur tous les points du bâtiment, afin d\u2019éviter une attaque par derrière.\u2014 Bien entendu, ajouta le capitaine, nous n\u2019allons pas les attendre sur place.MODERNE Division du \u201cservice\u201d Pilkington Nous nous tenons à la disposition des propriétaires et locataires.Nos techniciens experts sauront résoudre tous leurs problèmes touchant la vitrerie .Nous prions particulièrement les architectes et entrepreneurs en bâtiment de nous consulter.MITEUXet TERNE! Cette étincelante chambre de bain était, il y a quelques semaines, la pièce mélancolique que l\u2019on voit ci-dessus.Magique transformation \u2014grâce à la \"Vitrolite\u201d Pilkington, à des miroirs, à des glaces polies en Angleterre! La \"Vitrolite\u201d, aussi dure que le verre et extraordinairement robuste, durera plus longtemps que la maison qu\u2019elle orne (donc, suppression complète des frais de réfection).Il suffit, de fois à autre, d\u2019y passer un linge humide pour lui garder le lustre et l\u2019éclat du neuf.Si vous songea à bâtir ou à quelque rénovation, demandez l\u2019opinion de votre architecte touchant la vitrerie.Halifax, Saint John, N.B., Montréal, Kingston, Toronto, Hamilton, St.Catharines, Fort-William, Winnipeg, Regina, Calgary, Edmonton, Vancouver 0 Pour le Verre ef le Service 22 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 Les Mots Croisés du \u201cSAMEDI\u201d Problème No 873 HORIZONTALEMENT 1\u2014\tArt de faire apparaître des fantômes à l\u2019aide d\u2019illusions d\u2019optique.2\u2014\tAppareil transformant en ondes sonores les ondes électriques.3\u2014\tSymbole chimique de l\u2019aluminium.\u2014 Qui fait éprouver des cahots.\u2014 Règle double.4\u2014\tBicyclette.\u2014 Chez les Romains, cour intérieure entourée d\u2019un portique.5\u2014\tRédigées.\u2014 Existante.6\u2014\tRideau qui se lève et se baisse.\u2014 Banal.\u2014 Espèce de gros canard du Nord.7\u2014\tCouchis de fascines.\u2014 Chef-lieu de Drôme.\u2014 Habileté.8\u2014\tUnité de mesure pour les surfaces agraires.\u2014 Cadre supportant la caisse d\u2019un véhicule.\u2014 Se suivent dans viril.9\u2014\tNégation.\u2014 Tragédie de Shakespeare.\u2014 Prénom d\u2019une femme célèbre par sa beauté.\u2014 Pronom personnel.10\u2014\tDe résidence.11\u2014\tBonbon laxatif.\u2014 Vente à l\u2019enchère.12\u2014\tCelui qu\u2019on doit épouser.\u2014 Commune rurale autonome, en Russie.\u2014\u2022 Les différentes parties d\u2019une habitation.13\u2014\tContracter.\u2014 Personnes bêtes.\u2014 Troublée.14\u2014\tRivière d\u2019Alsace qui se jette dans le Rhin.\u2014 Partie d\u2019un arbre coudé sur laquelle s\u2019articule un organe de transmission.\u2014 Première femme.15\u2014\tDémonstratif.\u2014 Qui sont au milieu.\u2014 En les.VERTICALEMENT 1\u2014\tTreuils pour haler les fardeaux.\u2014 Onomatopée.2\u2014\tArt de parcourir des yeux ce qui est écrit.\u2014 Accident imprévu et désagréable.3\u2014\tQui marque la joie.\u2014 Grue employée pour charger les navires.\u2014 Mammifère carnassier de l\u2019Inde.4\u2014\tTimbale de cavalerie, en usage au moyen-âge.\u2014 Nom scientifique des makis.5\u2014\tPénible, fatigante.\u2014 Dictateur romain.\u2014 Moi.6\u2014\tQui ne reconnaît point l\u2019existence de Dieu.\u2014 Pulpe des fruits.\u2014 Publication.7\u2014\tSe suivent dans sport.\u2014 Vinaigre préparé avec des fleurs de sureau.\u2014 Affirme ce qu\u2019il sait être faux.8\u2014\tEspèce de houx de lAmérique.\u2014 Possessif.\u2014 Esquiver.9\u2014\tMesure agraire.\u2014 Plan d\u2019un bâtiment.\u2014 Pitance.10\u2014\tBranchette pour prendre les oiseaux.\u2014 Fait sonner lentement une cloche.\u2014 Terrain.11\u2014\tInsecte parasite des bêtes de somme.\u2014 Fleuve de France qui se jette dans la Manche.\u2014 Négation.12\u2014\tSe jetterait impétueusement.\u2014 Réunion de personnes qui professent la même doctrine.13\u2014\tInfinitif.\u2014 Genre de lémuriens de Madagascar.\u2014 Petite quantité de vin.14\u2014\tArmatures qui soutiennent les jeunes plantes pour en diriger la croissance.\u2014 Nouvelle.15\u2014\tRefuser honnêtement.\u2014 Chef-lieu de l\u2019Orne, arrondissement d\u2019Alençon.Solution du Problème No 872 M «fl f M i M /I i l O O Il faut les promener un peu.Attention.Amenez l\u2019ancre !.Un coup de sifflet propagea 1 ordre, et les préposés se mirent en devoir de hisser le lourd engin.Le nombre des canots grossissait.On en compta vingt, puis trente, à bord desquels les sauvages s\u2019entassaient en bon ordre.\u2014¦ Ils sont au moins trois cents mal blanchis, dit Marius.\u2014\tLaisse-les venir.Nous avons le temps de manoeuvrer.L\u2019ennemi était à quatre cents mètres environ.Le Poisson-Volant présenta les voiles à la brise qui s\u2019élevait et ridait le lagon.Un dernier ordre retentit : \u2014\tChacun, son fusil à répétition et une hache d\u2019abordage à portée de la main ! Tout est paré ?Laisse virer ! \u2014\tLes voilà !.Les voilà !.glapit Bimbo.Une douzaine de pirogues venaient d\u2019être lancées.Dans la première, on voyait le chef emplumé qui tenait un discours, auquel les guerriers répondaient par des exclamations gutturales en brandissant leurs armes.Les autres canots furent mis à l\u2019eau à leur tour.Le chef cria quelque chose.Immédiatement, la flottille se déploya en arc de cercle.\u2014 Ils cherchent à nous cerner, constata Yves, qui à son tour donna un ordre.Le Poisson-Volant tourna brusquement sur lui-même, et comme une avalanche s\u2019abat sur une maison, il se rua sur les premières embarcations qui arrivaient.Les sauvages comprirent, mais il était trop tard, et quand le navire eut passé, une dizaine de canots flottaient renversés, écrasés, ou coupés en deux, tandis que leurs occupants se débattaient dans l'eau à qui mieux mieux.Mais l'embarcation du chef avait réussi à éviter le choc et bientôt la voix aiguë de l\u2019homme emplumé retentissait pour rendre le courage au reste de ses hommes.\u2014 Ah ! celui-là, il m\u2019agace ! déclara Marius, en visant.La balle aurait infailliblement tué l\u2019homme s\u2019il n\u2019avait eu l'instinct de s\u2019aplatir au fond de son canot.Ce fut un de ses pagayeurs quelle atteignit, et on le vit lâcher sa pale.Il avait le bras casse.Aussitôt Yves commanda la marche en avant, et pour la seconde fois, la proue du Poisson-Volant sema le désordre et le carnage chez les agresseurs.VIH \u2014 Le combat dans le lagon Dun seul coup, des clameurs retentirent sur le pont.Les deux Blancs se précipitèrent.Bimbo et ses compagnons étaient aux prises avec des sauvages !.Comment ceux-ci étaient-ils arrivés jusque-là ?Le brave Maori 1 expliqua dans une mimique effrenée tout en se livrant à une hécatombe à coups de hache : Eux profité marche du bateau et s\u2019accroché derrière !.Eux grimper comme singes.Mais pas pouvoir passer dans intérieur bateau, à cause barrière du diable ! C est ainsi que Bimbo nommait les fils de fer barbelés.Les assaillants se trouvaient accrochés aux aspérités, qui traçaient des raies sanguinolentes à chaque mouvement du corps.Sans cette magnifique idée d\u2019Yves, il est certain que le Poisson-Volant eût été violé avant peu.La hache de Bimbo s\u2019élevait et s\u2019abaissait avec une régularité de machine, au fur et à mesure que de nouvelles têtes hideuses apparaissaient au-dessus du bordage.Ses compagnons manifestaient la même ardeur et tout cela était entrecoupé de détonations, de hurlements de rage, d\u2019imprécations.Marius ne put s\u2019empêcher de rire en désignant à son camarade le cuisinier qui venait de surgir une poêle à frire dans la main exécutant d\u2019impressionnants moulinets.Un seul ennemi parvint à passer au travers des barbelés, mais dans quel état !.Ce fut l\u2019occasion pour le cuisinier de se distinguer car il apparut précisément au même moment et d\u2019un coup magistral sur la tête l\u2019étendit raide, assommé, alors qu\u2019il s\u2019apprêtait à s\u2019élancer sur Yves lequel lui tournait le dos.Le Poisson-Volant profitant d\u2019une saute de brise vira une fois de plus en secouant les canots des sauvages comme un sanglier secoue une meute de chiens accrochée à ses flancs.Des têtes noires apparaissaient au-dessus de l\u2019eau luttant pour regagner la rive, cependant que ça et là, on voyait un hideux éclair et quelque chose de blanchâtre frôler la surface transparente.Puis l\u2019eau se teintait de rouge et le malheureux happé par la mâchoire du requin s\u2019enfonçait pour toujours.Cependant, les indigènes ne se tenaient pas pour battus.Le nombre de canots augmentait encore malgré les pertes, malgré les ravages causés par Yves et son équipage d\u2019intrépides.Les manoeuvres du navire l\u2019ayant amené près de la passe communiquant avec la pleine mer, les sauvages crurent que les Blancs fuyaient et poussèrent des clameurs de triomphe.Mais le capitaine savait ce qu\u2019il faisait.\u2014 Paré à virer !.Et une pirouette sur lui-même renvoya le Poisson-Volont au beau milieu des poursuivants, une fois de plus.Les détonations se succédaient pressées et nombreuses, et chaque coup abattait son homme.On voyait le sauvage abandonner sa courte rame et s\u2019affaler au fond de la pirogue ou basculer tête première dans l\u2019eau, immédiatement happé par les requins qui s\u2019étaient enhardis et s'attaquaient à tous ceux qui restaient immobiles en coulant.D\u2019un seul coup l\u2019ennemi fut saisi de panique.Il sembla comprendre qu\u2019il était inutile de lutter davantage contre une telle puissance et un cri guttural retentit, poussé par le chef emplumé qui jusqu\u2019alors avait toujours excité ses hommes à l\u2019assaut.Certes, personne, à bord ne comprit ce que signifiait cet ordre, mais à peine fut-il donné qu\u2019il n\u2019y eut pas besoin d\u2019interprète pour l\u2019expliquer.Les pirogues \u2014 dont le nombre diminuait enfin par suite du carnage incessant, firent demi-tour et une course à la mort commença immédiatement.Yves était un brave garçon.Au fond du coeur, il souffrait de poursuivre des gens qui ne se battaient plus.Il eût voulu épargner les survivants, mais la voix de la raison représentée par Marius exigeait une action impitoyable : \u2014 Ce sont eux qui ont commencé, bon Diou ! Personne ne leur demandait rien.Ils sont venus chercher une bonne correction, et il faut la leur donner jusqu\u2019au bout, tu m\u2019entends, Yves, sinon ils croiront que nous sommes à bout de forces, et leur audace renaîtra.Evidemment.Il fallait écraser l\u2019ennemi pour lui ôter toute envie de recommencer.C\u2019est pourquoi, les quelques quinze canots qui restaient, luttaient de vitesse devant le Poisson-Volant qui, tel un monstre apocalyptique, accourait, redoutable et meurtrier.L\u2019attitude des cannibales avait changé.Leur bravoure, jusqu\u2019alors incontestable, s\u2019était évanouie en fumée.Il® en avaient vu tomber tant et tant de leurs compagnons que brusquement l\u2019idée leur était venue qu\u2019à bord de Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 23 leur terrible navire, les Blancs et leur équipage étaient invulnérables.Alors, sauve qui peut !.Courbés en avant, les deux bras crispés sur les rames courtes, une lueur terrifiée dans le regard lorsque, furtivement, ils jetaient un coup d\u2019oeil à l\u2019arrière pour voir si la distance restait la même, ils avaient mis leur dernière énergie, les bribes de leurs forces, la tension suprême de leurs nerfs pour échapper au sort qui les guettait.De leurs bras dépendait la vie ou la mort.Et ils ramaient, ramaient éperdûment.Un choc sourd, des vociférations, des plaintes.L\u2019étrave du Poisson-Volant venait de couper en deux la pirogue la plus lente.Les autres pagayeurs furent pris d\u2019un délire furieux et leur vitesse devint extraordinaire.A bord du navire, Yves Berthier regardait et hochait la tête lentement, tristement : \u2014 Ça me fait mal de voir ces malheureux.Surtout que personne ne tire plus un coup de fusil ni de revolver.\u2014 Si tu ne les coules pas, répéta sentencieusement Marius, ce sont eux qui te tueront.Et qui te mangeront ! ajou-ta-t-il.Encore un canot coulé.Un troisième.Un quatrième.Un à un le navire les rattrapait et les détruisait d\u2019un simple coup d\u2019éperon.Finalement, il n\u2019y eut que trois pirogues pour atteindre la rive.L\u2019une d\u2019elles portait le chef qui sans attendre ses compagnons, disparut sous le couvert.Lorsque le Poisson-Volant arriva à son tour près de la grève, il dut s\u2019arrêter par suite du manque de fonds.Yves donna ordre de descendre une baleinière.C\u2019était celle de Hu-Li.Autant exposer celle-là que celles qui appartenaient en propre au navire.Les canots abandonnés gisaient sur la plage.La baleinière débarqua Yves, Marius et Bimbo.Pendant que les deux premiers protégeaient de leur fusil braqué vers la jungle, leur compagnon contre toute attaque possible, Bimbo, sur les ordres du capitaine se livrait à une besogne précise.Il versa le contenu d\u2019un bidon de pétrole dans chaque embarcation et frotta des allumettes.En quelques instants ce fut un brasier qui s\u2019éleva.Les hommes du Poisson-Volant ne repartirent que lorsque la dernière étincelle eut jailli et que le dernier jet de fumée fut monté vers le ciel.\u2014 J\u2019espère qu\u2019ils ont compris, maintenant !.articula Yves en remettant le pied sur le pont de son navire.\u2014 Bagasse, quoique les sauvages aient la tête dure en général, il me semble que les explications que nous leur avons données sont suffisamment claires ! Ils observèrent tous deux la rive, à quelques encablures.On voyait au delà d\u2019une plage de sable descendant en pente douce vers le lagon, le commencement de la brousse qui paraissait inextricable.Au tumulte avait succédé le silence le plus complet.L\u2019atoll paraissait désert.Mais ce n\u2019était qu\u2019une impression.A l\u2019abri dans la jungle, les sauvages avaient sans doute rejoint leur village, à moins qu\u2019ils ne guettassent un débarquement.Ils devaient brûler de prendre leur revanche et Yves, pas plus que Marius, ne se faisait illusion à ce sujet.\u2014 Nous avons détruit jusqu\u2019à la dernière embarcation, dit le capitaine.Nous n\u2019avons plus rien à craindre d\u2019eux tant que nous serons à bord du Poisson-Volant, mais si nous mettons pied à terre, ce sera une autre histoire.A ce moment, Bimbo silencieusement tira la manche de Marius et le second du bord, pivotant sur ses talons, resta sans voix.Finalement, il parvint à pousser un cri étranglé qui attira l\u2019attention du capitaine.\u2014 Yves!.Regarde l\u2019entrée du lagon !.Un bâtiment venait d\u2019apparaître.\u2014 Le.le Faucon !.balbutièrent-ils ensemble.A l\u2019avant se tenaient deux silhouettes qu\u2019ils reconnurent.C\u2019étaient celles de Rangsoe le métis et du cauteleux Chinois, Hu-Li.\u2014 Le Faucon!.répéta Yves.Il nous a suivis, il a découvert l\u2019île aux perles noires.\u2014 Oui, gronda Marius.Voilà une nouvelle besogne sur les bras, pour nous !.IX \u2014 Rangsoe et Hu-Li Le Faucon manoeuvra comme s\u2019il était seul.Ses occupants ne paraissaient même pas s\u2019apercevoir de la présence du navire qui se trouvait déjà là.Il s\u2019avança, l\u2019équipage jeta l\u2019ancre.Les deux bâtiments se trouvèrent distants d\u2019un demi-mille marin.\u2014 Que faire?murmura Marius.Nous ne pouvons pas les empêcher de se trouver là.Certes, en vertu du droit du premier occupant, nous avons le droit moral de protester, mais.\u2014 Ohé du bateau !.cria brusquement Yves, dans son porte-voix.Personne ne répondit.Il ' était manifeste que tous, à bord du Faucon obéissaient à une tactique ordonnée à l\u2019avance.\u2014 Attendons, déclara finalement le capitaine.Nous verrons bien quelles sont leurs intentions.\u2014 Oh, il n\u2019y a pas de doute, ils doivent avoir eu vent de quelque chose.Le Jaune nous a suffisamment prouvé par son acharnement à rôder autour de nous qu\u2019il suppose que nous possédons un secret.Il a fait alliance avec Rangsoe, ça fait une fameuse paire de canailles ! Yves paraissait absent.Il réfléchissait à une partie des indications de John Wicklum qui restait obscure.Machinalement, il prononça à mi-voix : \u2014-Minuit.La Croix du Sud à deux cents pas du lagon.Marius releva Iq tête : \u2014 Oui, c\u2019est bien ça ; il faut attendre minuit, par conséquent.\u2014 Et après ?.Cela ne nous avancera pas beaucoup.J\u2019avoue que je ne comprends pas.Marius sourit mystérieusement.\u2014 Eh bien moi, j\u2019ai une petite idée.Non, non, ne me demande rien c\u2019est encore trop fragile.Attendons minuit, te dis-je.Et observons ce qui se passe là-bas.Sa main désignait le Faucon.On voyait une certaine activité à bord.Rangsoe avait fait descendre un canot et il évoluait sur le lagon, s\u2019arrêtant à tout bout de champ pour interroger les fonds à l\u2019aide d\u2019une lorgnette particulière dont les deux amis du Poisson-Volant connaissaient l\u2019usage.\u2014 Il cherche les fonds où gisent les pintadines, murmura Marius.Troun de l\u2019air, il ne va tout de même pas pêcher les huîtres à notre nez et à notre barbe ?Ce fut au tour d\u2019Yves de sourire.\u2014 Laisse-le faire, il ne trouvera rien.\u2014 Pourquoi ça ?je ne vois pas, alors, ce que nous sommes venus faire nous-mêmes, ici !.\u2014 Pourquoi ?demandes-tu, fit le capitaine.Parce que j\u2019ai un pressentiment qui me dit que le butin a depuis longtemps été réalisé et qu\u2019il n\u2019y a plus de perles noires au fond de l\u2019eau.\u2014 Mais enfin, Yves, sur quoi te bases-tu ?Le capitaine entraîna son camarade vers l\u2019extrémité du navire et désigna le rivage.par RUTH PARSONS Plaignons le bébé d\u2019antan! Ses chances de devenir vigoureux et fort étaient vraiment minimes.Mais la science trouva que la vie des bébés pouvait être sauvée par une nourriture appropriée .les bébés ayant besoin des mêmes aliments que les adultes, mais sous une forme plus facile à digérer.Alors, les mamans commencèrent à écraser et à passer les viandes, légumes et fruits .et les bébés commencèrent à profiter.Mais quel travail fatigant pour une maman déjà occupée.Il n\u2019est pas surprenant que la H.J.Heinz Company ait décidé de faire quelque chose à ce sujet.Op 'Y Au début de 1930, les techniciens Heinz tentèrent des 4 r ' \\ expériences dans les laboratoires Heinz.Leur but\u2014mettre \u2019\u2019fc A c.en boîtes pour les bébés, des aliments de qualité supérieure et uniforme.Heinz étudia une méthode de cuisson, de tamisage et de mise en boites qui conserve toutes les vitamines et les sels minéraux au plus haut degré.Puis, pour familiariser les bébés avec ces différentes couleurs, saveurs et consistances, Heinz prépara une grande variété de soupes savoureuses, de poudings légers, de fruits et légumes appétissants et de viandes délicieuses .tous économiques .et soutenus par une réputation de qualité depuis 79 ans.Seuls les légumes et fruits de la meilleure qualité sont employés pour la préparation des Aliments Heinz pour Bébés.Même les graines sont soigneusement choisies par des spécialistes en agriculture.Puis elles sont plantées dans des terrains riches, fertiles et la pousse est surveillée par des cultivateurs sélectionnés qui travaillent sous la surveillance des experts Heinz.Quand la récolte est à point, les légumes et les fruits sont cueillis et envoyés immédiatement, à l\u2019apogée de leur fraîcheur, aux cuisines Heinz\u2019s situées à peu de distance.Envoyés rapidement des champs aux cuisines, les légumes et les fruits sont rigoureusement inspectés, soigneusement épluchés et lavés.La perte en vitamines et en sels minéraux est maintenue au minimum.Les produits sont cuits juste à point puis passés à travers un tamis fin.Les Aliments Heinz pour Bébés sont ensuite mis dans des boîtes émaillées à l\u2019interieur, sous atmosphère inerte, pour garder leur couleur et leur saveur fraîche et conserver leur teneur en vitamines et sels minéraux.Votre bébé a réellement le repas qui lui convient, quand vous lui servez des Aliments Heinz pour Bébés.Recherchez la gamme complète des Alimenta Heinz pour Bébés (étiquette bleue) et des Aliments Heinz pour Enfants (étiquette rouge) à l\u2019enseigne du bébé Heinz qui sourit.fWVWWVWVV\\V\\\\\\\\WWVWWVV\\\\\\V\\\\VWVVYVVV\\V\\VVVWVWV\\\\V\\VWVW\\VV\\V\\VVVYV\\WWVWVVV\\VV\\VVVW ,VWWVVW\\WVVVV\\W\\VVVWWVV\\YV\\WW\\V 24 \u2014 La brise souffle par instants, venant de terre.Tu ne perçois aucune odeur à ce moment-là ?\u2014 Ma foi.Attends.Ah si, une odeur de.de pourriture ! \u2014 Exactement.Et sais-tu ce qui la provoque ?\u2014 C\u2019est peut-être bien le parfum des cannibales, hasarda Marius avec une grimace de dégoût.\u2014 Ne plaisante pas, reprocha Yves.Je vais te dire ce que c\u2019est, moi.Tout à l\u2019heure, quand nous sommes descendus à terre, tu n\u2019as pas vu un amas de coquilles d\u2019huîtres, non loin d\u2019un énorme tronc d\u2019arbre, un baobab, je crois.\u2014 Si fait.s\u2019exclama vivement Marius qui reniflant à nouveau ajouta : \u2014 Voilà que cela nous arrive avec force.\u2014 Bon, fit Yves.Or, j\u2019imagine que ces coquilles ne se trouvent pas là par hasard.Et qu\u2019elles ne datent pas d\u2019hier.L\u2019état de décomposition de l\u2019intérieur, autant que l\u2019état de la végétation environnante indique l\u2019ancienneté du dépôt.Tu me suis bien ?\u2014 Comme ton ombre, affirma le joyeux second.\u2014 Nous savons que Tile est inconnue des marins, puisque nous-mêmes nous avons eu du mal à la trouver.Il est hors de question, en conséquence, d\u2019imaginer que ce soit un autre équipage que celui de John Wicklum qui ait recueilli ces coquilles et.\u2014 Pecaire, interrompit Marius, j\u2019y suis !.Les pintadines ont toutes été pêchées et dépouillées.Mais, son visage s\u2019assombrit, puisque les hommes ont tous été massacrés, les perles sont perdues ! \u2014 C\u2019est là où nous différons d\u2019opinion.Car John Wicklum n\u2019aurait pas expliqué à Kamorek qu\u2019il y avait une fortune ici.Je pense, moi, que les perles doivent être cachées quelque part.Marius ne répondit pas.Il était émerveillé de la rapidité et la clarté du jugement de son capitaine.C\u2019était d\u2019une logique irréfutable.Yves poursuivit : \u2014 Je ne voudrais pas entacher la mémoire de l\u2019homme à qui nous devons un aussi précieux renseignement, mais je ne puis m\u2019empêcher de songer qu\u2019il a.Yves hésita et poursuivit : qu\u2019il aurait pu dérober les perles, les cacher et fuir.Car il est étrange que les sauvages l\u2019aient manqué alors qu\u2019ils ont surpris le reste de l\u2019équipage.Peut-être était-ce au moment où il dissimulait sa prise qu\u2019il a eu vent de l\u2019assaut donné au navire ?Incontestablement, il devait se trouver à terre- Yves hocha la tête avec lenteur et reprit : \u2014 Cela me paraît assez équilibré comme hypothèse.Il vient à terre furtivement, il enfouit le produit du vol et au moment de retourner à bord, il.Non, rectifia-t-il avec un sourire mélancolique, c\u2019est peut-être pire encore.Il aura profité du séjour de l\u2019équipage à terre pour préparer une baleinière dans laquelle il aura entassé tout ce qui est indispensable pour tenir plusieurs jours en mer.Ceci m\u2019est suggéré par les détails donnés par Kamorek sur l\u2019embarcation quand Wicklum fut recueilli.« Quant au reste, acheva Yves, le massacre total est évident, car depuis un an, nous aurions entendu parler durant nos escales, d\u2019une histoire de ce genre, si quelqu\u2019un d\u2019autre avait échappé.Les deux amis restèrent quelques instants face à face sans parler.Marius le premier rompit le silence : \u2014 Je comprends, maintenant, ton calme, depuis que Rangsoe a commencé ses explorations ! C\u2019est la preuve qu\u2019il ne sait rien.\u2014\tOui.Mais nous-mêmes, en dehors de ce que je viens de te dire, nous sommes logés à la même enseigne ! \u2014\tPatience.Attendons minuit.Mon idée est beaucoup plus solide maintenant, car tes propos viennent d\u2019en modifier la base et elle s\u2019explique bien mieux dans le cas d\u2019une cachette à terre que l\u2019emplacement d\u2019un banc de pintadines.Ils cessèrent de converser pour étudier les faits et gestes de l\u2019adversaire.Rangsoe ne cessa sa promenade qu\u2019au crépuscule.Il était remonté à son bord, d\u2019une massacrante humeur.Bientôt l\u2019obscurité se répandit sur toutes choses avec cette rapidité coutumière à ces régions tropicales.Si nos deux amis avaient pu voir et entendre ce qui se passait à bord du Faucon, dans la cabine de Rangsoe, ils n\u2019en auraient été nullement mécontents.Le métis avait agrippé Hu-Li par le collet et le secouait : \u2014 Chien de Chinois.Tu m\u2019as trompé.Il n\u2019y a rien, absolument rien dans ce lagon.Tu m\u2019as fait venir ici dans un but personnel, pour satisfaire un désir qui m\u2019importe peu, mais dont le prix sera chèrement payé car tu apprendras à me connaître.\u2014 Pourtant, bégayait le Jaune, fou de terreur, la présence de l\u2019autre bateau est un sûr garant de.\u2014 Un garant de quoi ?.Il n\u2019y a rien, je le répète et le calme avec lequel j\u2019ai été accueilli est bien la preuve que j\u2019ai été égaré sur une fausse piste.Maintenant que j\u2019ai dévoilé mes batteries, ces maudits Français attendront le temps nécessaire pour cingler vers l\u2019île véritable de Wicklum.Mais ils ne se laisseront plus suivre.\u2014 Lâche-moi, tu m\u2019étrangles !.\u2014 Ah ! tu n\u2019aimes pas à être étranglé, vermine !.vociféra Rangsoe qui était devenu enragé de fureur.Attends un peu.Je vais te faire éprouver autre chose.Il ouvrit la tenaille de sa main et d\u2019une détente de bras, envoya la loque humaine rouler dans un coin.Hu-Li resta affalé, inerte.Rangsoe eut un ricanement féroce, il décrocha un fouet dont les lanières étaient garnies de boules de plomb aux extrémités, et d\u2019un coup meurtrier, en laboura la tête et les épaules du Chinois.\u2014 Tiens, escrocs !.Tiens, bandit jaune !.Au troisième coup, Hu-Li perdit connaissance.Rangsoe le repoussa du pied et remonta sur le pont.Sa fureur s était atténuée.Il respira longuement l\u2019air de la nuit.Nonchalamment, son regard s appesantit un instant sur le navire d\u2019Yves Berthier.Il se frotta les yeux et allongea le cou observant attentivement.Un canot venait de se détacher et, silencieusement, s\u2019approchait de la grève.Deux hommes sautèrent sur le sable, Yves et Marius.Le rameur resta à son poste.Puis Rangsoe ne vit plus rien jusqu\u2019au retour des Blancs, quelques heures plus tard, alors que l\u2019aube n\u2019allait plus tarder à paraître.Quand il regagna sa cabine, Rangsoe était indécis.\u2014 Le Jaune aurait-il tout de même raison ?.Et serait-ce vraiment l\u2019île de Wicklum ?.Sa victime gisait toujours au même endroit et le visage était zébré de balafres rouges.Rangsoe, brusquement, appela un de ses hommes et lui ordonna d\u2019apporter de quoi ranimer le Chinois : Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 \u2014 Mon intérêt est de le remettre sur pied, songea-t-il.Je commence à penser qu\u2019il en sait plus long que je le croyais.Peu à peu, Hu-Li revint à lui.Sous ses paupières lourdes, un regard filtra et s\u2019accrocha au visage de Rangsoe qui se penchait sur une table.Le métis ne pouvait voir l\u2019expression terrible qui passa dans les yeux brides et qui s e-vanouit dès qu\u2019il se retourna, Hu-Li ayant repris son air inoffensif et souffreteux.Rangsoe s\u2019était fait un ennemi mortel.X ___ Coup de théâtre l était minuit exactement lorsque Marius avait désigné le ciel en murmurant : \u2014 La Croix du Sud.Regarde sa direction au-dessus de l\u2019atoll.La constellation brillait comme une croix de diamants.De leur place, sur le pont du navire, les deux amis la voyaient nettement.Elle se trouvait en un point, précisément désigné, dominant l\u2019amas de coquilles d\u2019huîtres à demi-enfouies sous la brousse.\u2014 C\u2019est donc de ce côté qu\u2019il faut se diriger, dit Marius, et compter exactement deux cents pas à partir de la grève.C\u2019est simple, tu vois ! \u2014 Simple peut-être, mais il fallait le trouver.Tous mes compliments, Marius ! C\u2019est alors qu\u2019armés jusqu\u2019aux dents et munis de lampes électriques, ils étaient descendus à terre.Ils ne craignaient pas l\u2019attaque des sauvages, ceux-ci comme la plupart des habitants des îles du Sud ne s\u2019aventurent guère hors de leurs cases, une fois le soleil disparu.\u2014 Nous disposons de toute la nuit pour chercher.décida Yves.Trois fois ils essayèrent.Trois fois ils constatèrent qu\u2019il manquait dix pas pour faire le compte et que l\u2019arbre barrait le chemin.Il ne pouvait s\u2019agir que de pas normaux car après avoir rapetissé leurs enjambées, ils se rendirent compte que les deux cents pas aboutissaient à un endroit absolument nu sur la grève.Ils revinrent à la barque à bord de laquelle somnolait Bimbo.Ils étudièrent le ciel, ils durent se rendre à l\u2019évidence que c\u2019était là et non ailleurs qu\u2019il fallait chercher, ceci à condition que l\u2019hypothèse de Marius fût exacte.\u2014 Je suis persuadé que tu es dans le vrai \u2014 dit Yves.Il n\u2019y a pas d\u2019autre explication à cette phrase : Minuit-La Croix du Sud.Deux cents pas du lagon.Seulement, nous nous y prenons mal.Marius se frappa le front.\u2014 Et si nous contournions le baobab pour accomplir les dix derniers pas ?Us n\u2019y avaient pas songé, ni l\u2019un ni l'autre.Fiévreusement, ils recommencèrent une fois de plus.La piste les amena en plein dans un fourré épineux.\u2014 La cachette est peut-être là-dessous, après tout ?Ils balayèrent l\u2019endroit du faisceau de leurs lampes électriques.Impraticable.Des plantes grimpantes entouraient le baobab, des lianes s\u2019enchevêtraient, des épines grosses comme le doigt et aux pointes terriblement aiguës défendaient toute approche.\u2014 Il faudrait revenir en plein jour avec des haches pour jeter bas ce fourré, constata Yves.\u2014 Dangereux, répliqua Marius.Les sauvages pourraient nous tomber dessus.\u2014 Aussi, je propose de débarquer la mitrailleuse, de la tenir prête durant que nos hommes défricheront le terrain.Toutes ces recherches avaient pris du temps et c\u2019est pourquoi Rangsoe n\u2019a- LA VIE COURANTE .par George Clark \u2014 Mon fils prétend me faire chanter en allant offrir ses services à mon rival.Or, le fils de mon rival vient précisément de me téléphoner pour faire la même chose. Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 25 vait pas attendu moins de quatre heures avant de voir revenir ses rivaux pour se faire ramener au Poisson-Volant.Yves et Marius se couchèrent assez fatigués et dormirent tard.Personne ne bougea à bord avant leur réveil.\u2022 Rangsoe, lui, passa une nuit blanche à réfléchir.Dès les premiers rayons du soleil revenus, sa décision était prise Il allait à son tour aller à terre pour tenter de se rendre compte de ce qu\u2019avaient fait ceux d\u2019en face, durant cette nuit mystérieuse.Lui aussi avait réfléchi à l\u2019existence d\u2019une cachette possible, en raison de l\u2019amas d\u2019écailles d\u2019huîtres.Rangsoe ns manquait pas d\u2019intelligence.Il en faut immanquablement pour accomplir des canailleries comme il en faut pour beaucoup d\u2019autres choses.L\u2019expédition de Marius et Yves l\u2019avait fortifié dans cette supposition.Profitant du silence qui régnait à bord du Poisson-Volant, il arma un canot et en compagnie de son second qui était son âme damnée et peut-être le seul homme à bord dont il fut absolument sûr, il rama vers la plage, et le guetteur du Faucon, le vit s\u2019enfoncer sous le couvert.La nouvelle de l\u2019absence de Rangsoe se propagea immédiatement.Son équipage, un ramassis de forbans de toutes nations n\u2019attendait qu\u2019une occasion semblable pour faire main basse sur les provisions d\u2019alcool.Il y avait longtemps qu'on n\u2019en avait connu le goût et Rangsoe conservait les quelques bouteilles restantes pour son usage personnel.En entendant le bruit, Hu-Li qui était toujours couché dans la cabine de Rangsoe s\u2019assit péniblement.Il vit entrer le maître-coq, d\u2019origine asiatique comme lui.Une sympathie confuse existait entre les deux hommes.\u2014 Vois ce qu\u2019il m\u2019a fait! gémit le blessé.\u2014 Il est allé à terre, il ne pourra te frapper à nouveau.Hu-Li, je suis prêt à t\u2019aider à te venger.Durant le voyage, Hu-Li avait jeté des coups de sonde parmi l\u2019équipage et grâce au maître-coq avait acquis la conviction qu\u2019avec son or il pourrait faire beaucoup.Une flamme mauvaise brilla dans ses yeux.\u2014 A terre?.Viens ici, j\u2019ai à te parler.Quand le maître-ccp quitta la cabine, il exultait.Réunissant ses camarades, il expliqua sa conversation avec Hu-Li.\u2014 Nous sommes dans un lagon appartenant à des anthropophages.Rang soe est allé à terre dans un but qu\u2019il nous cache.S\u2019il découvre un butin, il le gardera pour lui.Hu-Li me dit qu\u2019il n\u2019y en a pas et nous fait une proposition plus intéressante que toutes celles de Rangsoe.Il est cousu d\u2019or.A ba; Rangsoe!.Lorsque, là-bas, Yves et Marius apparurent sur le pont de leur navire, ils assistèrent à un drame rapide dont lis multiples péripéties se déroulèrent presque simultanément, sous leurs yeux.Tout d\u2019abord, le Faucon avait levé l\u2019ancre et appareillait pour sortir de H passe.Leur premier mouvement fut de songer que Rangsoe abandonnait la partie et leur laissait le champ libre.Mais Bimbo s\u2019exclama : \u2014 Ils abandonnent leur capitaine ! \u2014 Que chantes-tu ?Tu es fou ?\u2014 Voyez sur la grève.Un canot.Ce matin, de bonne heure, Rangsoe ave\" un compagnon aborder la rive.\u2014 Tonnerre ! Le métis nous a vus hier soir.Et Bimbo, tu es sûr qu\u2019il est toujours dans l\u2019île ?La réponse fut donnée par Rangsoe lui-même qui courait sur la grève comme un démon déchaîné clamant des imprécations contre son équipage dont le navire était maintenant engagé en- tre les récifs de corail.A l\u2019arrière, Hu-Li se tenait immobile et souriait sar \u2022 doniquement.Seuls !.Le métis et son compagnon étaient désormais seuls, sans navire, sans ressources !.Hu-Li s\u2019était cruellement vengé.Yves, la longue-vue braquée, observait passionnément tout ce qui se passait sur la grève.Il poussa une exclamation étouffée.La jung'e derrière les deux abondonnés s\u2019était tout doucement ouverte.Les plantes s\u2019étaient écartées, et un visage hideusement grimaçant s\u2019était montré.\u2014 Le chef des cannibales !.marmonna-t-il, l\u2019oeil rivé à la lorgnette et continuant à décrire ce qu\u2019il voyait pour le bénéfice de Marius qui ne distinguait rien de précis à cette distance.C\u2019était en effet le faciès du chef des sauvages, reconnaisable à sa coiffure de plumes et à l\u2019anneau de cuivre qu\u2019il portait dans le nez, comme signe distinctif de la royauté.Un hurlement général éclata et une horde jaillit à la suite de l\u2019indigène.En un clin d\u2019oeil, les deux métis furent entourés, submergés, entraînés.Yves avait instinctivement saisi son fusil, mais l\u2019enlèvement s\u2019était fait si vite qu\u2019il n\u2019avait même pas eu le temps de l\u2019épauler.\u2014Bon débarras, prononça Marius, Pour une fois, les moricauds sont bons à quelque chose.\u2014 Mais ils vont torturer leurs prison niers.Ils vont les manger.s\u2019indigna Yves.\u2014 Et puis après?.Rangsoe pas plus que l\u2019autre ne mérite la corde pour le pendre.Finir dans l\u2019estomac d\u2019un sauvage ou gigoter au bout d une potence.Peuh !.Maintenant le plus intéressant serait que les convives soient tout empoisonnés par cette chair de gredin.Cela ferait plusieurs coups de la même pierre.\u2014 Tu n\u2019as pas honte de parler pareillement ?Je ne puis supporter l\u2019idée que des hommes vont être dévorés à deux pas de nous et que je n\u2019aurai rien fait pour empêcher cette monstruosité ! \u2014 Tu.tu as l\u2019intention de risquer ta peau pour les sauver.\u2014 Es-tu un homme, Marius ou possèdes-tu une pierre en place du coeur ?La rivalité qui existe entre Rangsoe et moi ne va pas jusqu\u2019à lui souhaiter une telle mort.Sinon, je serais indigne du nom de civilisé.Marius hésita puis un sourire affectueux naquit lentement sur ses traits rudes : \u2014 C\u2019est absolument idiot, mais c\u2019est très chic.Tope là, mon brave Yves1 Nous serons deux idiots, voilà tout ! XI \u2014 Altruisme Le village était situé dans une clairière et le contraste était violent entre cet espace vide sur lequel étaient bâties les huttes de torchis l\u2019inextricabilité de la jungle environnante.Les cases étaient toutes bâties sur le même modèle et avec les mêmes pauvres matériaux sauf deux demeures, faites de tronss d\u2019arbres grossièrement équarris.L\u2019une était le «palais » du roi, l\u2019autre abritait un personnage tout aussi vénéré et peut-être plus redouté encore : le Grand Sorcier.Durant toute la journée, les deux prisonniers étaient restés enfermés dans une hutte.Ils n\u2019ignoraient pas le sort qui les attendait.A l\u2019arrivée au village, les femmes et enfants avaient entouré les hommes garrottés et la férocité de leurs regards, l\u2019avidité de leur mimique indiquaient le rôle important que les demi-blancs joueraient au festin qui aurait lieu le soir même.Mais maintenant que le soleil était couché on ne voyait plus que des hommes autour du brasier immense allu- / ¦H iJB! y.d\u2019aussi agaçant qu\u2019une horloge à laquelle vous ne pouvez vous fier.C\u2019est ce qui explique l\u2019énorme popularité des Westclox.Sans jamais manifester de caprices, ces horloges s\u2019occupent sans bruit de dire l\u2019heure, pendant des années.(Illustré ci-dessus: \u201cBarry\u201d, un nouveau réveil électrique à mise en marche automatique $6.45; ivoirey $6.75.) WESTCLOX \\ MISE en marche automatique Y^ed- GT UN PRODUIT DES FABRICANTS DE \"BIG BEN\" WESTERN CLOCK COMPANY LIMITED, PETERBOROUGH, ONTARIO ¦MSB BACHELOR Réveil électrique à mise en marche automatique.Il est si attrayant que vous le placerez sur la cheminée.Ivoire ou noir $7.95; ivoire avec cadran lumineux $8.95.BELFAST Une horloge murale à mise en marche automatique et intièrement nouvelle.Fort boîtier de métal aux lignes fuyantes; fini laqué, cuit, choix de trois teintes populaires: blanc, rouge, vert; $6.45.PITTSFIELD Réveil électrique à mise en marche automatique; joliment fini ivoire et doré.Aiguilles et chiffres bruns* aiguilles des secondes en cuivre.Cadran doré $9.95.plus lorsque applicable) (Taxe de luxe en 26 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 DÉPRIMÉE?^aycHUteg Jfjv P.NERVEUSE?LYMPHATIQUE?DÉLAISSÉE?LISEZ ALORS CECI.Ne perdez pas courage car la vie peut très bien vous sourire encore ! La maigreur, les vertiges, les migraines, un teint dépourvu d\u2019éclat sont très souvent les caractéristiques d\u2019un sang alourdi, obstrué de toxines, cause très répandue de longs et ennuyeux désordres organiques.Le moyen tout indiqué pour y remédier est une cure naturelle de désintoxication.Or, les éléments concentrés qui sont à la base du merveilleux TRAITEMENT SANO \u201cA\u201d ont précisément pour fonction d\u2019éliminer ces poisons.Dès que la cure est commencée, on constate un développement, une fermeté nouvelle des chairs.Le teint se ranime et le charme séduisant de la jeunesse réapparaît.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de notre merveilleux produit SANO « A » Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO ENRG.Mme CLAIRE LUCE Ci-inclus 5 sous pour échantillon du produit SANO « A ».(Pour le Canada seulement).Nom .Adresse .Ville .Prov.B.P.2134 PUCE D'ARMES MONTREAL, P.Q.mé au centre de la place et une danse démoniaque avait commencé.Les guerriers étaieD tous revêtus de leur parure de gala.Des larges fleurs d\u2019hibiscus plantées dans leur chevelure crêpelée jetaient leurs couleurs d\u2019un rouge vif.Autour du cou, chacun portait un nombre considéràble de colliers de corail, leur chiffre étant proportionné à la valeur de l\u2019homme et à son rang dans la tribu.Certains possédaient des ornements faits de dents humaines, d\u2019autres avait des osselets, également humains.Leur aspect, à tous était horrible, effrayant.Les uns hurlaient tout en cabriolant, les autres soufflaient à perdre haleine dans des conques marines Ils étaient là, plus d'une centaine et le chef au crâne emplumé menait la danse.L\u2019heure du sacrifice n\u2019était pas encore venue, mais elle était proche.Devant sa case, accroupi et marmonnant, des incantations, se trouvait le Grand-Sorcier, un répugnant vieillard d\u2019un âge très avancé, dont les épaules paraissaient proéminentes au-dessus d\u2019un ventre arrondi et tendu comme un tambour.Pour tout vêtement, une ceinture de lianes tressées.Les hauts dignitaires avaient droit à une sorte de tunique fort courte faite de feuilles de bananiers entrelacées.Le Grand-Sorcier spalmodiait toujours à voix basse et d\u2019une main agitai* une une lame tranchante faite de la dent d\u2019un gigantesque requin, tandis que l\u2019autre battait inlassablement de la baguette sur un tam-tam en bois de palmier.Le bruit monotone et funèbre du tambour arrivait jusqu\u2019aux oreilles des prisonniers, mais ceux-ci ne s\u2019en rendaient pas exactement compte car on les avait gavés depuis leur arrivée et actuellement ils étaient sous l\u2019influence d\u2019un breuvage qui les plongeait dans une torpeur voisine de l\u2019hébètement.C\u2019était l\u2019habitude de ces cannibales de traiter ainsi ceux dont ils dévoraient ensuite les chairs de leurs dents aiguës.Sans doute cette boisson avait-elle pour but de donner un goût spécial et très apprécié à la chair des victimes.Soudain, le tam-tam se mit à résonner avec plus de force, les hurlements et la cacophonie des conques marines retentirent plus haut e* les danseurs tournoyèrent plus vite.C\u2019était la fin de la cérémonie initiale, celle qui précède immédiatement l\u2019apparition des prisonniers tiré hors de leur geôle et amenés au milieu de la place.La générosité n\u2019exclut pas la prudence.Yves, pas plus que Marius ne pouvaient songer à se risquer en plein jour dans la jungle pour tenter de sauver les deux métis.Ils savaient que des yeux les épiaient, et qu\u2019à la moindre tentative une volée de flèches s\u2019abattrait sur eux, tirée mystérieusement d\u2019on ne sait où et rendant impossible la riposte à coups de fusil ou de revolver.Ils savaient, au surplus, que toutes les fêtes, toutes les cérémonies des sauvages se déroulent à la nuit et se prolongent jusqu\u2019à l\u2019aube, et c\u2019est avec sagesse qu\u2019ils avaient décidé d\u2019attendre la fin de la chaleur pour se mettre en route, accompagnés de Bimbo le fidèle, qui n\u2019avait pas son parei1 pour cheminer comme les fauves à la clarté des étoiles.Au moment de quitter le Poisson~ Volant, Marius avait tendu à son compagnon un sac de toile, en clignant de l\u2019oeil : \u2014 M\u2019est avis que ça sera bougrement utile ! \u2014 Excellent, excellent.avait approuvé Yves.Et il avait vérifié le contenu de ce sac qu\u2019il suspendit ensuite à sa ceinture par une anneau servant de fermeture coulissante.Munis de leurs lampes électriques, les deux Blancs repérèrent assez vite la trouée dans la brousse par laquelle étaient venus les sauvages qui avaient capturé Rangsoe et son matelot.Mais après quelques minutes de marche, Bimbo recommanda d éteindre toute lumière.\u2014 Moi savoir guider.murmura-t-\u2019h Le sentier était fort étroit, mais il existait.C\u2019était la preuve que les sauvages l\u2019empruntaient régulièrement.A droite et à gauche des branches et un épais feuillage formaient une muraille menaçante.Chose curieuse, il n\u2019y avait pas d\u2019animaux ou très peu.Il est vrai qu\u2019un atoll n'est pas une île favorable à leur propagation.La formation volcanique du sol est également très souvent l\u2019ennemie des insectes.Il n\u2019y avait donc à craindre ni les uns, ni les autres.Bimbo marchait prudemment en tête.Marius, soudain serra le bras de son camarade.\u2014 Tu entends?.Le tam-tam de guerre.\u2014 Oui, et cela va nous guider.Bimbo a sûrement lui aussi dressé l\u2019oreille L\u2019épaisseur de la jungle rendait l\u2019obscurité d\u2019un noir d\u2019encre.Sans l\u2019instinct du brave Maori qui les conduisait d\u2019un pas assuré, jamais les deux Français n\u2019auraient pu espérer se dépêtrer de cette infernale végétation.Des branches basses les fouettaient au passage, leurs pieds s\u2019accrochaient à des racines surgies traîtreusement du sol comme pour les empêcer de passer.Des épines les retenaient cruellement et leur arrachaient des lambeaux de vêtements.Mais peu importait, ils allaient toujours.Bientôt, Yves s\u2019aperçut que leur guide possédait véritablement une sorte de sixième sens.Car le tam-tam se répétait à tous les échos et semblait provenir de tous les côtés de la forêt à la fois.Cependant Bimbo marchait droit vers une direction comme s\u2019il eut connu d\u2019avance, l\u2019emplacement du village des cannibales.\u2014 Bimbo, tu es sûr de ta route ?\u2014 Oui, cap\u2019taine.Bimbo très sûr.Bimbo connaître tous les chemins dans une forêt.On avançait lentement.Comment faire autrement ?Il fallait enjamber des troncs pourris, des souches mortes, tailler à coups de hache dans certains rideaux de lianes qui paraissaient de véritables rideaux de cordes.Bimbo travaillait sans arrêt et on attendait 'a régularité de son souffle au fur et à mesure qu\u2019il dégageait le chemin.Sa voix réflétait une note optimiste chaque fois qu\u2019il annonçait : \u2014 Cap\u2019taine.Pouvez venir.Finalement, Bimbo poussa une exclamation de joie.On venait de franchir 1 endroit le plus épais de la jungle.Maintenant, on pouvait accélérer l\u2019allure, car la route était plus clémente.Yves et Marius se précipitèrent en avant, mais Bimbo les retint.On pouvait aller plus vite que tout à l\u2019heure, mais pas trop vite, expliqua-t-il.Il fallait de toute nécessité continuer à le suivre, sinon il ne répondait de rien.Pourquoi ?.On le vit bientôt.Brutalement, le Maori s\u2019était arrêté, écar-quillant les yeux.Les deux Blancs vinrent buter contre lui et tempêtèrent.Mais il resta calme et articula : Cap taine.Attention.Danger.Quoi?quel danger.La route est libre, il me semble ! Pour appuyer ses paroles, Yves projeta la lumière de sa lampe durant un court instant sur le sol, devant eux.On voyait que la piste s\u2019élargissait considérablement.Elle était plane et s\u2019offrait à quiconque voulait courir.Bimbo ramassa une lourde souche qui gisait à quelques pas sous le couvert, la ramena et, d une détente, la projeta devant lui.Le bloc tomba sur un amas de feuilles qui paraissaient dispersées çà et là par la nature.A leur grande stuoéfaction les deux compagnons virent la souche s\u2019enfoncer dans le sol et disparaître avec un brui! sourd.\u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est que ça ?.Bimbo gesticula pour expliquer.\u2014 Embuscade.Piège pour prendre ennemis.Bimbo connaître, même chose chez les Maoris de la forêt.Et les Blancs, après examen, comprirent.Les cannibales jalonnaient leur route de véritables puits creusés jusqu\u2019à trois et quatre mètres dans le sol à l\u2019instar des pièges à tigre que les habitants des contrées infestées par les fauves, préparent pour ces derniers.Sans la sagacité de Bimbo, les deux Français seraient infailliblement tombés dans celui-ci, fort heureux s\u2019ils ne se cassaient pas une jambe ou un bras et renonçant à tout salut.Et les sauvages les auraient découverts au cours de la journée suivante.\u2014\tBeaucoup pièges.dit Bimbo.Mais si vous écoutez Bimbo, capitaine, vous pas tomber.\u2014\tBrave Bimbo, murmura Yves.Nous nous fions entièrement à toi, maintenant.Ces pièges sont d\u2019une ingéniosité infernale.Bien entendu les cannibales doivent les connaître par coeur et savent les éviter.Ils reprirent leur route, plus méfiants que jamais des embûches qui pouvaient les attendre.Une grande heure s\u2019écoula sans autre incident, puis le son du tam-tam leur arriva avec une force nouvelle.\u2014\tNous approchons! gronda Marius.Ce n\u2019est pas trop tôt.Le ciel prit une teinte rougeâtre au-dessus des arbres, dans le lointain.Bimbo articula laconiquement : \u2014 Là-bas.XII \u2014 Juste à temps Le tam-tam avait cessé.Les sauvages arrêtèrent leur ronde infernale.L\u2019un d\u2019eux jeta une brassée de bois dans le foyer, provoquant un pétillement d\u2019étincelles qui s\u2019éparpillèrent en feu d\u2019artifice.Dans le cercle de lumière, apparurent les deux prisonniers traînés brutalement.Ils avaient les poignets liés, mais les jambes libres.Tandis que le matelot titubait de terreur, Rangsoe marchait droit et ferme, la tête levée.Quiconque l\u2019eût vu en cet instant, n\u2019aurait pu croire que cet homme avait des méfaits sur la conscience, car il avait l\u2019attitude d\u2019un brave, incontestablement.Et c\u2019était vrai, Rangsoe n\u2019était pas un lâche.Si au lieu de fréquenter des gredins sans aveu, lors de son adolescence, puis sa jeunesse, il avait eu affaire à des honnêtes gens pour l\u2019édu-quer, pour lui faire comprendre où était le droit chemin qui est le vrai sens de la vie, il aurait pu faire un bon et loyal capitaine de navire.Mais sa destinée avait été autre.Peut-être, en cet instant où il regardait au loin, par-dessus la flamme du brasier et où son visage avait perdu toute sa férocité pour ne refléter que la calme résolution de mourir dignement, regrettait-il sa vie gâchée?.Son visage était pâle, au point qu\u2019il ressemblait à un Blanc et il avait la mâchoire contractée.Mais son regard, après avoir fait le tour de la place, s\u2019arrêta sur l\u2019horrible Grand-Sorcier et quand il aperçut la lame qui tout à l\u2019heure serait plongée dans sa gorge, il ne sourcilla pas.Son compagnon, par contre, défaillait de lâcheté.Rangsoe dut l\u2019admonester sévèrement : Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 \u2014 Puisqu\u2019il faut mourir, montrons à ces gorilles que nous savons accepter notre sort ! Encadré par deux sauvages, Rangsoe vit s\u2019avancer le vieillard qui brandissait sa lame.Le Grand-Sorcier avait un rictus de convoitise en supputant le festin que représentaient les deux hommes pour bientôt.On voyait sa bouche hideuse se fendre silencieusement jusqu\u2019aux oreilles montrant des gencives édentées.Le sorcier donna un ordre guttural.Les gardiens de Rangsoe empoignèrent la victime par la chevelure et tirèrent avec force la tête en arrière, découvrant ainsi la gorge jusqu\u2019au haut de la poitrine.Non loin de la grand\u2019place, sous le couvert de larges feuilles formant écran, trois hommes retenant leur souffle, accroupis et serrant à se meurtrir les mains, le canon de leurs fusils, observaient la scène qui se passait.\u2014 Nous sommes arrivés juste à temps.dit sourdement Marius.\u2014 Pas un mot, recommanda Yves.Chaque seconde qui s\u2019écoule est précieuse.Lentement, il épaula son arme, cherchant le sorcier à travers le point de mire.Il fallait que le coup partît sans manquer cette cible ou c\u2019en était fait de Rangsoe.Tels qu\u2019ils se présentaient, les hommes noirs masquaient le bourreau aux cheveux d\u2019un blanc sale et c\u2019était lui qu\u2019il fallait atteindre le premier, ià l\u2019exclusion de tout autre.L\u2019affreux vieillard commença une incantation, et se rapprocha progressivement du malheureux.Il piétinait le sol par saccades, marquant sa mélopée de coups de talons qui faisaient trembler sa misérable carcasse à chaque secousse.Yves, l\u2019oeil rivé à l\u2019extrémité de son fusil, était immobile comme une statue.Il attendait.Le sang aux tempes, il avait l\u2019impression que sa tête allait éclater, mais il conservait tout son calme extérieur, car de son habileté dépendait la vie des prisonniers.Lentement s\u2019approchait le Grand -Sorcjer.Sa main ridée élevait graduellement la lame aiguisée.Un instant encore.Là !.Il venait d\u2019atteindre la victime du sacrifice, il leva son arme mortelle.Mais elle ne s\u2019abaissa pas.Un glouglou échappa de la gorge du bourreau, sa main s\u2019ouvrit, son couteau tomba su' le sol, il vacilla, tournoya sur lui-même et s\u2019abattit, la tête traversée par une balle.Au même moment, la détonation avait éclaté, formidable.Le village entier resta paralysé de terreur.Rangsoe regarda autour de lui, n\u2019en croyant pas ses oreilles.Un coup de fusil ?.Ses hommes étaient donc revenus ?Ils étaient là, tout autour, pour le délivrer ?Mais déjà la horde avait recouvré ses esprits.Les cannibales connaissaient l\u2019effet des armes à feu.Ils avaient compris que les Blancs se trouvaient à proximité et dans leur fureur, se jetèrent en masse vers l\u2019endroit d\u2019où ils avaient vu jaillir la flamme brève.Le hurlement de rage qu\u2019ils poussèrent franchit l\u2019espace et arriva jusqu\u2019à la lagune où l\u2019équipage du Poisson-Volant qui guettait non sans anxiété le retour du capitaine et de ses compagnons eut un moment d\u2019angoisse à cette clameur.Que se passait-il à l\u2019intérieur de l\u2019île ?Etait-ce l\u2019indice que les cannibales avaient mis la main sur d\u2019autres proies ?Le capitaine et ses deux braves étaient-ils tombés à leur tour, au pouvoir des brutes assoiffées de sang ?Le chef fut le premier à découvrir les Blancs dans leur abri précaire.Il se rua, une sagaie à la main.En un clin d\u2019oeil, la place fut désertée.Les sauvages continuant à vociférer escomp- taient déjà un festin plus copieux encore.Le Grand-Sorcier avait été tué, mais comme le châtiment de ces profanateurs serait terrible ! Rangsoe et son compagnon restèrent seuls.Ils s\u2019entregardèrent.Le moment était tout indiqué pour fuir, mais leurs mains liées ne leur permettraient pas d\u2019aller loin et ils seraient vite rattrapés.Ils n'eurent pas le temps d\u2019échanger leurs impressions.Une voix claironnante venait de clamer : \u2014 Rangsoe.Vite, couche-toi à plat ventre ainsi que ton matelot ! Et gardez tous deux la face contre le sol ! Yves avait regardé venir la charge effrenée.Il jeta son fusil à Bimbo et ouvrit avec calme le sac de toile qu\u2019il avait apporté.C\u2019est alors qu\u2019il avait jeté son ordre aux deux prisonniers.Déjà ses compagnons avaient agi en conformité avec ses exigences.Us savaient ce qui allait se produire.La main droite d\u2019Yves apparut hors du sac.Elle tenait un paquet de saucisses de dynamite attachées ensemble.Un cordon assez court en pendait.Le temps de frotter une allumette, de l\u2019approcher du cordon, ce qui produisit un crépitement, et de lancer avec force cet explosif au beau milieu de la masse qui attaquait, et le capitaine du Poisson-Volant se jeta à son tour face contre terre.Il était temps ! L\u2019explosion retentit, gigantesque, phénoménale.On eût dit qu\u2019un volcan venait d\u2019entrer en activité.Ou que le tonnerre venait de faire entendre ses éclats sur l\u2019île en même temps que tombait la foudre.Les hommes qui avaient pris la précaution d\u2019enfouir leur visage dans la terre crurent qu\u2019ils étaient devenus sourds, tant leur tympan avait souffert de la détonation.Ils furent secoués, mais ils avaient tous échappé au danger.Tandis que les cannibales !.Il n\u2019en restait plus un seul vivant lorsque le silence, graduellement, retomba sur la terre.Ils avaient été balayés, déchiquetés, réduits en fragments.Yves et Marius relevèrent la tête.\u2014 Un peu secoués, hein !.fit Yves.\u2014 Oui, mais le compte de bras et de jambes y est.répondit son compagnon.Tu as vu le résultat de ce petit feu d\u2019artifice ?Un trou énorme était creusé dans h sol.Seule une poignée de plumes indiquait l\u2019endroit où s\u2019était trouvé le chef.Le reste s\u2019était littéralement volatilisé.LE CIVISME Un bon mot pent faire tant de bien Règle générale, nous sommes trop portés à critiquer et à chercher les défauts au lieu des bonnes qualités d\u2019autrui.Ne vaudrait-il pas beaucoup mieux oublier ces petites choses agaçantes et ces légers ennuis .et savoir reconnaître le mérite?Un bon mot peut facilement devenir une source d\u2019encouragement et même d\u2019inspiration.C\u2019est peu de chose en soi qu\u2019une parole bienveillante, mais elle peut faire tant de bien.Vous faites preuve de civisme quand vous vous intéressez à quelqu\u2019un et que vous lui dites un mot d\u2019encouragement.Du village, plus rien.Plus une seule hutte, plus un seul habitant.Les femmes et les enfants s\u2019étaient tous enfuis au plus profond de laforêt devant ce qu\u2019ils croyaient la colère de leurs dieux.Rangsoe et son compagnon s\u2019étaient relevés.Le métis n\u2019y comprenait plus rien.Il avait inconnu la voix d\u2019Yves Berthier.Quand celui-ci s\u2019avança vers lui pour couper les liens qui tenaient les poignets, Rangsoe était trop bouleversé pour prononcer une parole.Il se laissa faire, se contentant de dévisager fixement Yves, cherchant ses yeux, cependant que celui-ci, un sourire indéfinissable aux lèvres, soutenait tranquillement ce regard.XIII \u2014 Où sont les perles?Vous pouvez participer à cet effort de service public.Prenez note de quelques petites choses qui, à votre avis, contribuent au civisme.Publiée sous les auspices de The BRADING BREWERIES Les rescapés furent amenés à bord du Poisson-Volant.Ce ne fut pas sans ébahissement que l\u2019équipage vit arriver les deux hommes, car s\u2019ils n\u2019ignoraient pas que le capitaine était parti à leur recherche ils supposaient que les abandonnés du Faucon seraient traités en prisonniers et non de la manière quasi-amicale employée par Yves.Du reste, cette façon de voir avait été également celle de Rangsoe.Quand il se vit dans la cabine de son ex-ad- LIMITED Cette série (Tannonces est conçue dans le but rf aider à faire de votre localité le meilleur des endroits où vous puissiez vivre. 28 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 /OUF! J'EN Al ASSEZ l SI TU NE mu-\u2018\" VEUX PAS ABÎMER.TES BEAUX SOULIERS POLIS AU \u201cNUGGET\u201d EH BIEN ^ DECHAUSSE-TOI ET PUIS -7 marche! \u201e_____-CWL, 'A ^ / MArn mm QUAND ON N\u2019A PAS LES DEUX PIEDS DANS LA MEME BOTTINE, C\u2019EST \u201cNUGGET\u201d QU\u2019ON EMPLOIE! 17F\u201448 CHAUSSURES NQGGET \u2019foltiliez ootle Çanté Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Vous pouvez avoir une belle apparence avec le TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL C\u2019est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme.AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d\u2019épuisement nerveux, quel que soit leur âge.GRATIS : Envoyez 5* en timbres et nous vous eaver-rons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE : Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL\t(POUR LE CANADA SEULEMENT) 690!, Ave de Chateaubriand Case Postoie, 2353, Place d'Armes, Montréal, P.Q.Ci-inclus 54 pour échantillon du Traitement Myrriam Dubreuil avec brochure.Nom .Adresse .Ville .Province AVEZ-VOUS DES CADEAUX A FAIRE !.Ne cherchez pas plus longtemps ! Abonnez vos parents et amis aux TROIS grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.REMPLISSEZ VOTRE COUPON D\u2019ABONNEMENT AUJOURD'HUI MEME ! versaire, quand il constata qu on ne le mettait nullement aux fers, pas plus que son compagnon, il se tourna vers Yves : \u2014 Dans quel but m\u2019as-tu sauvé?Yves haussa les épaules.\u2014 Pourquoi faut-il que les coquins de ton espèce croient toujours que les honnêtes gens agissent par calcul ?Un flot de sang envahit les joues et le front du métis.Il balbutia en hochant la tête : \u2014 Je sais que tu vaux mieux que moi.Tu as risqué ta vie pour m\u2019éviter une mort affreuse.Et c\u2019est uniquement par dévouement ?Yves fronça les sourcils.\u2014 Certes, tu ne peux pas comprendre.C\u2019est trop stupide, n\u2019est-ce pas ?Sauver la vie de son adversaire.Car tu es mon adversaire, ne le nie pas, et à la première occasion.\u2014 Non, interrompit Rangsoe, il n\u2019v aura plus d\u2019occasion.Laisse-moi seul, Yves Berthier, j\u2019ai besoin de réfléchir.Le capitaine jeta un long regard sur Rangsoe qui s\u2019était accoudé à une table, le front entre les mains.Au dehors Marius l\u2019attendait.\u2014 N\u2019oublions pas les raisons pour lesquelles nous sommes venus, dit ce dernier.J\u2019y pense toujours, moi.Il faut retrouver les perles de John Wicklum.Il sourit et ajouta avec un mouvement de tête désignant la cabine : \u2014 Tant qu\u2019il sera à bord, nous serons sûrs qu\u2019il ne viendra pas gêner notre besogne.Tu n\u2019as donc pas à regretter ta bonne action, mon vieil Yves.\u2014 Bonne action à laquelle tu as participé ainsi que Bimbo.Je n\u2019y suis que pour un tiers.rectifia plaisamment Yves.Mais, poursuivit-il, il est temps de descendre sur la grève.\u2014 Nous sommes débarrassés des sauvages.Réellement, plus j\u2019y pense plus je te félicite d\u2019avoir été leur arracher Rangsoe, tout bandit qu\u2019il soit.Tu vois donc que la vertu est toujours récompensée.Nous allons pouvoir travailler tout notre soûl, à notre guise, sans être dérangés ni par le Faucon, ni par les cannibales Plusieurs hommes sous la conduite de Bimbo attendaient la chaloupe.Yves et Marius les rejoignirent.Une heure plus tard, la troupe travaillait avec ardeur à défricher le terrain autour du baobab.Ce n\u2019était pas besogne facile et il fallut trois jours pleins pour faire place nette.Mais en même temps que le déblaiement avançait, Yves sentait fondre son optimisme.Un instinct lui disait qu\u2019il faisait fausse route et que toute cette corvée était inutile.\u2014 Et voilà un rabat-joie ! grommela Marius lorsque son ami se décida à lui faire part de ses pressentiments.Pourquoi ces idées en tête ?Sommes-nous oui ou non dans, l\u2019île de John Wicklum ?Nous trouvons-nous oui ou non, à deux cents pas du lagon, dans la direction marquée à minuit par la Croix du Sud ?\u2014 C\u2019est incontestable.Mais.\u2014 Il n\u2019y a pas, de mais, Yves.Je ne veux rien entendre.Il est certain que la découverte ne sera pas aisée, car, depuis un an, la jungle a dû repousser terriblement vite; du courage donc, et surtout de la bonne humeur et de l\u2019espoir.Et, le pic à la main, Marius se remettait à la besogne, n\u2019échangeant son outil que contre une pelle ou une hache, sans ralentir son ardeur.Les autres, encouragés par l\u2019exemple, rivalisaient avec lui et malgré les pauses assez longues nécessitées par l\u2019ardeur du soleil à certains moments de la journée, le défrichement fut acquis en temps relativement court, sur une surface suffisante.Mais si le capitaine faisait mine d\u2019abonder dans le sens de son compagnon pour ne pas l\u2019attrister, il était persuadé, maintenant, et ce de manière positive, qu\u2019il était inutile de chercher en cet endroit.Et il se décida à l\u2019expliquer pour éviter toute fatigue superflue à sa petite équipe.\u2014 Non, Marius.Il faut recommencer nôs calculs.Tu peux constater toi-même que ces racines existent depuis de nombreuses années dans le sol et que leur présence est la preuve même qu\u2019on n\u2019avait creusé ici pour enfouir quoi que ce soit.Marius s\u2019arrêta saisi.Il remua la tête obstinément de droite et de gauche comme un taureau qui veut foncer sur la cape rouge irritable, et marmonna entre ses dents : \u2014 Bou Diou.Deux cents pas.Je n\u2019en démords pas.Si ce n\u2019est pas ici, ce ne peut être bien loin.Cherche ailleurs si tu veux, moi, je.Tiens tiens ?Que se passe-t-il ?Il s\u2019était interrompu et avait changé d\u2019expression à la vue d\u2019Yves qui s\u2019était dirigé vers la baobab, le regard fixe, le visage transfiguré.Arrivé près de l\u2019énorme tronc, le capitaine du Poisson-Volant s\u2019était haussé sur la pointe des pieds, avait allongé le bras vers un endroit où Ton voyait un affaissement de l\u2019écorce.Il appuya.Le tronc révéla une cavité !.\u2014\tVite ! haleta Yves.Aide-moi à me hisser ! Marius se jeta vers lui et le souleva avec aisance, Yves atteignait maintenant avec facilité l\u2019excavation qui se trouvait à hauteur de poitrine.Il plongea le bras et promena la main avec fièvre à l\u2019intérieur, qui était circulaire mais assez étroit par rapport à l\u2019ouverture.En d\u2019autres mots, le trou était en forme de cône et diminuait d\u2019ampleur au fur et à mesure qu\u2019il allait vers le fond, lequel était en pointe.\u2014\tAlors?.cria Marius.Tu as trouvé ?Yves ne répondit pas tout de suite et sauta sur le sol.Son visage exprimait une sorte de lassitude soudainement répandue.Il hocha négativement la tête : \u2014\tNon.Le trou est complètement vide.\u2014\tPourtant, dit Marius, c\u2019eût été la cachette rêvée pour John Wicklum !.Et elle remplit les conditions.Deux cents pas.Yves fit un geste affirmatif.\u2014\tOh, cette fois, plus de doute.Les perles noires ont été dissimulées dans ce trou.J\u2019ai pu m\u2019en rendre compte.Ce n\u2019est pas une cavité naturelle.D\u2019ailleurs l\u2019arbre étant vivant, elle se serait refermée.C\u2019est une main humaine qui Ta creusée et travaillée de telle sorte qu\u2019elle est restée comme une plaie ouverte au flanc de l\u2019arbre.« D\u2019ailleurs, poursuivit-il après une seconde de méditation, la présence de ce morceau d\u2019écorce destiné à masquer la fissure n\u2019est pas due au hasard.Wicklum savait ce qu\u2019il faisait.Marius eut un geste vers l\u2019arbre : \u2014 Tu es sûr qu\u2019il n\u2019y a rien ?.Peut-être n\u2019as-tu pas bien cherché ?Un geste hâtif, un mouvement non terminé ?Avec un haussement d\u2019épaules impatiente, Yves lança vivement : \u2014 Eh bien, vérifie donc, toi.Et tu me diras si tu es plus heureux ! L air déconfit de Marius était si comique lorsqu\u2019il redescendit à terre que.malgré la tristesse à laquelle il était lui-même en proie d\u2019avoir bravé tant de périls pour aboutir à un échec aussi lamentable, Yves éclata de rire.\u2014 Allons, dit-il, le coup est dur, mais il est supportable.Le sifflet de Bimbo retentit, les matelots rembarquèrent, la chaloupe s\u2019éloigna du rivage en direction du navire. Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 29 XIV \u2014 Un bienfait n'est jamais perdu Rangsoe, le métis, était assis sur un paquet de cordages à l\u2019avant du Poisson-Volant, lorsque la chaloupe se rangea au pied de l\u2019échelle de corde.Il vit monter le capitaine et son second, puis les autres membres de l\u2019équipage.Yves croisa, l\u2019espace d\u2019une seconde, le regard avec lui et passa.Rangsoe le suivit des yeux avec une intensité qui fut remarquée de Marius.\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il a encore derrière la tête, ce bougre-là.se demanda le second, tout en rejoignant Yves vers le milieu du navire.Mais il se garda d\u2019ex térioriser tout haut sa remarque et se promit de surveiller le prisonnier en qui sa confiance n\u2019était \u2014 au fond \u2014 que très médiocre.C\u2019était pour cette raison qu\u2019il avait eu soin de séparer Rangsoe de son matelot et de les situer aux extrémités opposées du bâtiment, avec défense de communiquer sans autorisation préalable.Yves s\u2019était laissé tomber dans un fauteuil de paille et laissait son regard errer sur la grève.Mais il ne voyait pas le paysage.Il n\u2019éprouvait pas la moindre admiration pour ces tonalités qui se superposaient sans se heurter, ce bleu pur du ciel, ce rose délicat lu corail, ce vert vif éclatant des palmiers, ce jaune d\u2019or du sable.Le lagon était calme, transparent.Pas une ride, pas un souffle de vent et cependant, grâce à la fraîcheur de l\u2019eau qui miroitait, la température ambiante était délicieuse.C\u2019était une de ces journées où l'homme se sent le coeur et l\u2019esprit alertes, où il est heureux de vivre.Et pourtant Yves était infiniment triste.A ses côtés, Marius ne disait mot, se contentant de mâchonner le tuyau de sa pipe vide et de regarder fixement la cime des arbres, pour ne pas avoir à rencontrer le visage de son cher compagnon.Là-bas, toujours assis sur son paquet de cordages, Rangsoe tournait fréquemment la tête de leur côté.A deux reprises, il fut sur le point de se lever et les deux fois, il interrompit le mouvement ébauché.On eût dit qu\u2019il était en proie à une lutte intérieure.Finalement, il se dressa lentement, s\u2019achemina vers Yves.Brusquement tiré de son apathie, le capitaine regarda l\u2019importun d\u2019un air réprobateur.\u2014 Que veux-tu, Rangsoe?.Qu\u2019as-tu de spécial à me dire ?Ne peux-tu pas t\u2019adresser à Bimbo ou à un autre ?J\u2019ai donné des ordres pour que tu sois traité convenablement sur ce navire.\u2014 Justement, Yves Berthier.C\u2019est à ce propos que je désire te parler.Je voudrais savoir pourquoi tu.\u2014 Ah ça, tu vas encore recommencer ?Pourquoi je t\u2019ai sauvé ?Mais parce que j\u2019ai une conscience, parce que.parce que.Yves n\u2019acheva pas et fit une moue significative.Rangsoe reprit en humectant ses lèvres : \u2014 Une fois rentré à Rangiora, tu vas sans doute me livrer aux autorités.Pour.pour l\u2019enlèvement de la fille de Kamorek.Yves resta songeur.Puis, nouvel haussement d\u2019épaules.\u2014 Non.dit-il brièvement.\u2014 Non?.balbutia Rangsoe, faisant un pas en avant.\u2014 Kamorek a retrouvé sa fille, cette affaire est terminée.D\u2019ailleurs, il me semble que la perte du Faucon est un châtiment qui compte ! Chose curieuse, Rangsoe ne manifesta nulle fureur à ce souvenir.Il eut une attitude tout à fait étrange, au contraire, et marmotta quelques mots incompréhensibles, parmi lesquels Marius démêla pourtant « châtiment mérité ».Et ce fut à partir de ce moment que le second du Poisson-Volant se mit à étudier de très près l\u2019homme qui se trouvait devant eux.Rangsoe releva la tête.\u2014 Que vas-tu faire de moi, alors ?Yves eut un sourire amusé.\u2014 Te débarquer où tu voudras, dès que nous ferons voile pour le retour, ce qui ne saurait tarder du reste, car nous n\u2019avons plus rien à faire ici.A cette pensée, le malheureux s\u2019assombrit de nouveau et il tourna brusquement le buste vers Marius en faisant signe à Rangsoe que l\u2019entretien avait suffisamment duré.Mais Rangsoe, au contraire, se rapprocha.D\u2019une voix concentrée, il murmura avec lenteur : \u2014 Yves Berthier.Tu as la réputation d\u2019être le capitaine le plus courageux, le plus loyal et le plus généreux de Rangiora à Papeete.J\u2019ai compris depuis que tu as risqué ta vie pour moi, combien cette réputation est méritée.Je.Rangsoe s\u2019interrompit car sa voix s'enrouait.Visiblement, l'homme était en proie à une émotion extraordinaire chez Rangsoe le métis.\u2014 Je.reprit-il.Je sais pourquoi tu es venu dans ce lagon.Et je t\u2019ai pris en chasse.Mais j\u2019ai compris désormais que tu n\u2019as pas trouvé ce que tu cherchais.\u2014 Cela ne te regarde aucunement.coupa Marius avec sécheresse.\u2014 Mais si.Vous verrez tous deux dans un instant.Je sais que ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019avez trouvé les perles noires de Wicklum.Yves et son second restèrent abasourdis.Comment Rangsoe pouvait-il avoir deviné que.Mais déjà le capitaine du Faucon achevait : \u2014 Parce que ces perles, c\u2019est moi' qui les ai !.Et, défaisant rapidement sa ceinture, il tira de sous ses vêtements une bourse de cuir de requin qu\u2019il jeta sur les genoux de son interlocuteur.Yves ouvrit le sachet avec des doigts qui tremblaient.O merveille !.O incroyable aventure !.Rangsoe avait dit vrai.La bourse contenait les admirables perles noires qui ruisselèrent en cascade dans les paumes des mains tendues.Yves rendit enfin le trésor, non sans étouffer un long soupir de détresse.Ainsi le sort avait voulu que cette fortune tombât entre les mains de Rangsoe.Certaines fantaisies du destin sont cruelles, mais que faire ?Cependant, Rangsoe venait d\u2019accomplir un acte effarant.\u2014 Non, dit-il, en repoussant le sachet.Ces perles sont à toi, Yves Berthier.Garde-les.Tu les a bien méritées.Et pour la première fois de sa vie, Rangsoe fut obligé de détourner la tête pour cacher son bouleversement qui venait de faire éclore deux larmes d\u2019émotion.L\u2019altruisme d\u2019Yves, en partant à la délivrance du métis, avait été cause d\u2019un miracle : celui de la régénération de l\u2019ancien pirate.\u2022 Le Poisson-Volant voguait allègrement sur les flots.L\u2019île aux perles noires était quittée depuis plusieurs jours.Sur le pont, parmi les matelots affairés à la manoeuvre, on pouvait reconnaître une nouvelle recrue, le seconde de Rangsoe.Et il n\u2019était pas le moins zélé sous les coups de sifflet de Marius.A sa place favorite, Yves était assis et conversait avec Rangsoe.La transformation était complète, on ne pouvait même pas imaginer que ce gaillard dont le regard était désormais empli de franchise, avait pu commettre des méfaits sans nombre.Rangsoe expliquait comment il avait découvert le sachet.[ Lire la suite page 38 ] Quand les MINUTES Comptent ii in Ëi \"Vous n'aurez pas beaucoup à maman \u2014 Maman s\u2019est procuré C'est quand on dispose que de quelques minutes pour nettoyer \u2014 qu\u2019on est heureuse d'avoir sous la main le Nettoyeur Old Dutch.La graisse et la saleté sont les deux grands problèmes du nettoyage.Grâce à son action dissolvante et au Seismotite qu\u2019il faire à cette vlsife-cl, grand-du Old Dutch pour vous aider!\" renferme, Old Dutch fait disparaître, plus vite qu\u2019aucun autre nettoyeur, graisse, saleté et taches.Découvrez par vous-même qu\u2019Old Dutch est de beaucoup plus rapide et plus simple que tous les nettoyeurs connus ! Aussi, doux pour les mains.(FABRICATION CANADIENNE) une motrice P** *Tci# CHRYSLER CORPORATION OF CANADA, LIMITED DIVISION DES PIÈCES\tWINDSOR, ONTARIO 8/tTTER/ES PowçM#?ofRyeo ¦pvonnez a votre auto -^-'souple et constante en utilisant les Batteries Powerline Chryco.Elles ont une surabondance de \u201cpep\u201d en tout temps .\t.elles sont robustes et de longue durée.Disponibles chez votre agent Chrysler-Plymouth-Fargo ou Dodge-DeSoto.*Une marque de fabrique de Chrysler Corporation of Canada, Limited.VOUS POUVEZ VOUS FIER SUR LES 30 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 ROTRE FEUILLETON LA DOUCE INSPIRATION Par EMILE RIGHEBODRC Et elle, a-t-elle reconnu le comte 7 \u2014 Oh ! parfaitement.Néanmoins, elle fit bonne contenance.La myopie du comte la rassurait.« M.de Soleure, en homme prudent, n\u2019accusa point Mme Joramie, en lui disant ce qu\u2019il savait, et, après une conversation assez longue, il se retira très peu satisfait du résultat de sa démarche au sujet de Mionne.« Mme Joramie ne voulait pas lâcher sa proie.« Comme je vous l\u2019ai dit, elle avait reconnu le comte de Soleure dans Florentin Broussel.Or, le comte qu\u2019elle croyait mort et qu\u2019elle venait de voir plein de vie, était pour elle un danger permanent, une autre épée de Damoclès suspendue sur sa tête.« Que faire ?» \u2014 Pardon, monsieur de l\u2019Oseraie, mais pourquoi cette crainte de ma femme en se retrouvant en face du comte qu\u2019elle croyait mort ?\u2014 Je vous le dirai tout à l\u2019heure.Eperdue, folle, de terreur, sans doute, elle se demanda ce qu\u2019elle devait faire.\u2014 Et que fit-elle ?\u2014 Ce qu\u2019elle fit, monsieur?Elle donna l\u2019ordre à deux de ses complices d\u2019assassiner M.Florentin Broussel, se gardant bien de leur dire que l\u2019homme dont elle voulait la mort était le comte de Soleure.» M.Joramie poussa une exclamation rauque et resta immobile, les yeux démesurément ouverts, le visage convulsé, la bouche béante.\u2014 Heureusement, poursuivit le juge d\u2019instruction, le comte, prévenu à temps, put échapper aux poignards des assassins.Mais ceux-ci ne dirent point à Mme Joramie qu\u2019ils avaient échoué dans leur tentative: ils lui donnèrent l\u2019assurance, au contraire, que le faux Florentin Broussel était tombé sous leurs coups; de sorte que Mme Joramie se croit délivrée à jamais du comte de Soleure.\u2014 Mais c\u2019est donc à un monstre que j\u2019ai donné mon nom ?s\u2019écria M.Joramie.\u2014 Oui, monsieur, à un monstre ! Mme Joramie ignore que Mionne est sortie de l\u2019hospice Sainte-Anne et que Mourillon a été remis en liberté; elle croit, enfin, à la réussite complète de ses abominables projets.« Maintenant, monsieur Joramie, il me reste à vous porter un dernier coup et, malheureusement, ce n\u2019est pas le moins terrible.« La femme que vous avez épousée, monsieur Joramie, avait changé de nom avec une de ses amies; vous n\u2019avez pas épouseé Césarine Leverdier, mais Raymonde Duchemin.» \u2014 Que me dites-vous là, monsieur ?\u2014 Ce qui est.\u2014 Mais j\u2019ai connu Raymonde Duchemin, je l\u2019ai vue mourir.NOTRE FEUILLETON \u2014 No 24 Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de person-naqes et de lieu* de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.\u2014 Vous avez été trompé comme d autres; la jeune femme, décédée à la villa Pellarino, près de Naples, était Césarine Leverdier.\u2014\tMon Dieu ! qu\u2019est-ce que cela signifie ?\u2014\tRaymonde Duchemin avait eu des raisons pour prendre le nom de son amie, et, celle-ci morte, elle n\u2019a pas hésité à s\u2019emparer de son état civil.\u2014\tMais pourquoi, pourquoi ?\u2014 Parce que Raymonde Duchemin voulait être Mme Joramie.\u2014 Je ne comprends pas.\u2014 Raymonde Duchemin était mariée, séparée de son mari depuis onze ans et ne pouvait prouver qu\u2019elle fût veuve.En effet, elle ne l\u2019était pas.\u2014 Bigame, bigame ! exclama M.Joramie éperdu.\u2014\tOui, monsieur, Raymonde Duchemin est bigame.\u2014\tSans doute.\u2014\tPour que vous sachiez tout, monsieur Joramie, reprit le magistrat, je vais vous raconter l\u2019histoire du mariage du comte de Soleure.Et aussi brièvement que possible, il fit son récit, que M.Joramie écouta en frémissant.\u2014\tOr, continua M.Bertrand de l\u2019O-seraie, la petite fille abandonnée comme je viens de vous l\u2019apprendre, a été retrouvée et reconnue par son père.C\u2019est l\u2019enfant que Mourillon avait adoptée, c\u2019est Mionne.\u2014\tOh! \u2014\tOui, monsieur Joramie, Mionne est la fille du comte de Soleure et de Raymonde Duchemin.Et, sans la connaître la mère a été et est encore jalouse de sa fille; et, dans sa haine monstrueuse, la mère a été sur le point d\u2019ordonner la mort de son enfant.\u2014\tHorrible ! horrible ! RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS La comtesse Raymonde de Soleure, surprise avec son amoureux, un garde-chasse nommé Jacques Vernier, doit renoncer à son titre de comtesse et consentir à l\u2019abandon de l\u2019enjant qui doit naître, moyennant une forte pension alimentaire payée par son mari, le comte Caston de Soleure.\u2014 Raymonde donne naissance à une fille qui lui est enlevée dès les premières heures et remise à des pauvres gens qui en prennent charge et reçoivent en retour une forte somme d\u2019argent ; l\u2019enfant reçoit le nom d\u2019Herminie.\u2014 Huit ans plus tard, maltraitée par ce père ivrogne, Herminie s\u2019enfuit ; le comte de Soleure, étreint par le doute, cherche Herminie partout, mais sans succès.Des circonstances dramatiques mettent en présence quatre désespérés : Alexis Mollin, poète, Georges Ramel, peintre, Etienne Renaudin, amoureux éconduit, et enfin le comte de Soleure qui se fait connaître sous le nom de Florentin Broussel ; ce dernier décide de porter secours aux trois autres et charge Ambroise Mourillon, un ancien saltimbanque, d\u2019agir dans l\u2019ombre en son lieu et place.\u2014 Mourillon est le père adoptif d'Herminie, surnommée Mionne, qu\u2019il a trouvée à l\u2019orée d'une forêt, huit années auparavant.\u2014 Tenez, voici un paquet de lettres qu\u2019elle écrivait, il y a près de dix-huit ans, à son amoureux, qui était alors garde-chasse au château de Noisy-les-Monts.\u2014 Noisy-les-Monts ! balbutia M.Joramie.\u2014 C\u2019est au château de Noisy-les-Monts que Raymonde Duchemin habitait avec son premier mari, le comte Gaston de Soleure.M.Joramie était dans un état impossible à décrire; les yeux lui sortaient de la tête et son regard était chargé de fauves éclairs.\u2014\tAh ! la misérable ! Ah ! l\u2019infâme ! s\u2019écria-t-il.Il prit les lettres d\u2019une main tremblante, en parcourut quelques-unes ra- \u2014\tMonsieur de l\u2019Oseraie, prenez garde, vous pouvez vous tromper.\u2014\tJe suis sûr!.Connaissez-vous l\u2019écriture de votre femme ?Le malheureux était écrasé.\u2014\tLe comte de Soleure, ayant près de lui sa fille et Mourillon, demeure actuellement à Villeneuve-Saint-Georges, où aura lieu prochainement le mariage de Mlle Herminie de Soleure et de Georges Ramel.M.Joramie saisit la main de M.Bertrand de l\u2019Oseraie et la serra fiévreusement dans les siennes.\u2014\tOh ! merci ! dit-il, merci !.vous voudrez bien porter aussi mes vifs remerciements à M.le comte de Soleure et, ajouta-t-il d une voix sombre, vous lui donnerez l\u2019assurance que nous serons tous vengés.\u2014 Quelle est votre pensée ?Oh ! n\u2019allez pas commettre un meurtre ! Je ne sais pas encore ce que je ferai; mais il faut un châtiment à cette femme ! - Contentez-vous de la chasser en lui ordonnant de se retirer dans un couvent ou d aller se faire oublier dans quelque contrée lointaine et inconnue.M.Joramie secoua la tête.\u2014 Le châtiment ne serait pas à la hauteur des crimes, prononça-t-il sourdement.Il laissa tomber sa tête dans ses mains et resta, pendant quelques minutes, absorbé dans ses sombres pensées.Soudain il se redressa, le regard enflammé.\u2014 Connaissez-vous le marquis de Charamande ?demanda-t-il.\u2014 Pas particulièrement; mais je suis intimement lié avec le comte de Maurienne dont la fille aînée a épousé le baron Raoul de Simaise, neveu de M le marquis de Chamarande.Comme moi, le comte de Maurienne est un ancien ami du comte de Soleure.\u2014 En ce cas, c\u2019est parfait Après-demain, il y a une grande fête chez M.de Chamarande, dans le superbe hôtel qu\u2019il a fait bâtir avenue du Bois-de-Boulogne.\u2014 Eh bien ?\u2014\tMa femme et moi nous sommes in vités à cette fête.\u2014\tQuelle est votre idée ?\u2014\tJe vais vous la faire connaître.Et M.Joramie expliqua à M.Bertrand de l\u2019Oseraie ce qu\u2019il venait d\u2019imaginer.\u2014\tQuant à moi, dit le magistrat, j\u2019approuve.Reste à savoir ce que pensera de la chose le comte de Soleure.\u2014\tPourrez-vous le voir ce soir?\u2014\tJe suis attendu à Villeneuve.' \u2014\tDonc, demain, vous aurez sa réponse ?\u2014 Oui.\u2014 Jusqu'à quelle heure serez-vous chez vous demain matin ?\u2014\tJusqu\u2019à dix heures.\u2014 Eh bien, j\u2019aurai l\u2019honneur de vous voir demain matin à neuf heures.\u2014 Je vous attendrai.\u2014 Faites tout ce qui dépendra de vous pour décider M.de Soleure.\u2014 Je vous le promets.M.Joramie se leva et, tendant la main au magistrat : \u2014 Merci encore et mille fois, dit-il d\u2019une voix étranglée.Et il se retira.XX LES ANGOISSES D\u2019UN HONNETE HOMME IL serait impossible de bien expliquer dans quel état s\u2019étaient trouvés le coeur et l\u2019esprit de M.Joramie pendant tout le temps qu\u2019il avait été en présence du juge d\u2019instruction.Il lui avait fallu une énergie, une force d\u2019âme sans pareille pour ne pas laisser éclater son désespoir.Tout son être avait éprouvé un horrible déchirement, et, pendant quelques minutes, il avait cru que la raison allait lui échapper.Quand il fut seul dans son cabinet, dont il avait défendu la porte, n\u2019ayant plus à redouter des regards indiscrets, il cessa de se contraindre.Il tomba plutôt qu\u2019il se s\u2019assit sur un siège et, prenant sa tête dans ses mains il resta longtemps plongé dans un complet état de prostration.En un instant, il était tombé du suprême bonheur dans l'abîme du mal Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 31 heur le plus grand que puisse mesurer l\u2019imagination.Quel effroyable écroulement ! Il était atteint dans son amour, dans sa foi, dans son honneur ! Sa situation politique elle-même ne résisterait pas à ce coup de foudre.Maintenant, autour de lui, il voyait noir.Un tremblement convulsif l\u2019agitait, le secouait de la tête aux pieds, avec des sursauts semblables à des commotions électriques.Alors, il ne voyait plus noir, mais rouge sang, rouge feu.C\u2019était comme une vision du gouffre infernal.Soudain, il éclata en sanglots rauques, pareils à des râles d\u2019agonie.Et il pleura.Bien que les larmes brûlassent ses yeux, elles le soulagèrent.Cette crise fut longue.Une autre, d\u2019une nature différente, lui succéda.Brisé, haletant, il jeta un regard perdu autour de lui, comme s\u2019il eût cherché à reconnaître l\u2019endroit où il se trouvait et, tout à coup, ses yeux devinrent fixes et sa main se tendit en avant vers la muraille.En face de lui, dans un cadre magnifique, était pendu un portrait de sa femme, oeuvre d\u2019un de nos meilleurs peintres.La charmante et odieuse créature était là, vivante, dans tout l\u2019éclat de sa séduisante et irrésistible beauté.Elle avait sur les lèvres son sourire plein de séduction qui avait captivé M.Joramie après le comte de Soleure.Ses yeux, merveilleusement beaux, avaient le rayonnement magnétique e\\ fascinateur auquel nul ne pouvait résister.Le peintre avait su donner au visage cet air de candeur qui avait si cruellement trompé les deux maris.M.Joramie ne pouvait détacher ses yeux du tableau.C\u2019était sa femme qu\u2019:l croyait voir.L\u2019illusion était si complète qu\u2019il lui semblait que des paroles de justification allaient sortir de ces lèvres muettes.Et il attendait qu\u2019elle se défendit.Il espérait qu\u2019elle allait lui crier : « Je suis innocente et je t\u2019aime ! » Et le malheureux était tellement plein du souvenir de son bonheur passé que peut-être il l\u2019aurait crue.Mais H attendait vainement.Un sourire amer crispa ses lèvres et il fut pris d\u2019un véritable accès de folie furieuse.Un canif ouvert était sur son bureau, il s\u2019en saisit en poussant un cri qui ressemblait à un hurlement.La main levée, il bondit sur un siège qui était au bas du tableau, et, coup sur coup, il enfonça la lame dans la toile, crevant les yeux, coupant les lèvres, labourant le visage.\u2014 Tiens, démon, disait-il, taillant la bouche, ce sont tes paroles menteuses qui m\u2019ont abusé, c\u2019est ton sourire de sirène qui m\u2019a perdu !.Tiens, tiens, tu ne souriras plus, tu ne parleras plus !.Cependant, l\u2019accès se calma.Le malheureux jeta loin de lui le canif destructeur et retomba brisé sur son fauteuil.Un calme relatif se fit peu à peu dans son esprit.Il essaya d\u2019envisager sa situation.Hélas ! c\u2019était retourner le fer dans la plaie, c\u2019était y mettre le feu.Mais c\u2019est ainsi que pratiquent des chirurgiens.\u2014 Ainsi, se dit-il, j\u2019ai été honteusement dupé.Là où je croyais rencontrer l\u2019affection, la reconnaissance, l\u2019honneur, je n\u2019ai trouvé que l\u2019infamie.« Vieillard stupide ! je l\u2019aimais comme on aime la vertu, et ce n\u2019était qu\u2019une fille perdue, moins qu\u2019une fille, car la fille dit ce qu\u2019elle est, tandis qu\u2019elle.« Voilà ma vie achevée ! Mon honneur est perdu ! Je suis le mari d\u2019une bigame ! « J\u2019ai prodigué mes caresses à une femme qui pourrait être dans quelques jours sur les bancs de la cour d\u2019assise ! « Et mon nom serait scandaleusement traîné sur la claie des journaux ! Et il se trouverait des gens pour se railler de ma naïveté, de ma bêtise ! Et ceux qui enviaient mon sort seraient les premiers à me montrer au doigt.« \u2014 Le voyez-vous, diraient-ils, ce mari qui se croyait aimé de sa femme, qui la croyait chaste, pure, fidèle ! Eh bien, il n\u2019était qu\u2019un Sganarelle ! Sa femme, qu\u2019il entourait de tous les respects, n\u2019était qu\u2019une drôlesse, qui sc moquait de lui avec ses amants ! « Eh bien, non, s\u2019écria-t-il avec violence, non, cela ne sera pas ! « Pour échapper à ces avanies sans nom, j\u2019ai un refuge : la mort ! \u2014 Oui, la mort, la mort rapide ! « Pourquoi vivrais-je ?Pour qui conserverais-je mes jours flétris ?Je suis seul !.» En prononçant ces derniers \"mots, il tressaillit.Sa pensée venait de s\u2019enfoncer dans un passé lointain.Il resta un instant silencieux, immobile, le regard perdu dans l\u2019infini.\u2014 J\u2019ai tout fait pour les retrouver, tout, murmura-t-il; partout je les ai cherchés.Et rien, rien ! Il poussa un long soupir.\u2014 Non, non, reprit-il, en secouant tristement la tête, la mère et l\u2019enfant sont morts !.« Rien ne peut plus me rattacher à la vie ! » Après un nouveau silence, il reprit .\u2014 Qui ai-je autour de moi ?« Des collatéraux avides, qui ne voient en moi qu\u2019un chiffre, celui de ma fortune !.« Personne ne m\u2019aime !.« Oh ! ingrat que je suis, j\u2019oublie ma vieille nourrice, cette femme si bonne, si dévouée, qui m\u2019a donné toute son affection, toute sa tendresse, qui, dans mes jeunes années, a remplacé ma mère ! « Elle m\u2019aime, celle-là, elle m\u2019aime, et son affection est désintéressée.« Ah ! si je l\u2019avais écoutée, si j\u2019avais toujours suivi ses conseils ! Pauvre Marguerite, elle avait le pressentiment de ce qui m\u2019arrive ! » M.Joramie avait perdu sa mère de bonne heure et était resté avec sa nourrice jusqu\u2019au jour où son père, employé des contributions indirectes, l\u2019avait placé dans un lycée.Plus tard, à vingt-deux ans, son père étant mort, M.Joramie était parti pour l\u2019Amérique.C\u2019est là, dans une importante maison de banque de New-York, qu\u2019il avait commencé son immense fortune.Revenu en France, il s\u2019était souvenu de la paysanne qui l\u2019avait élevé et l\u2019avait fait venir près de lui, à Paris.Marguerite était maintenant une oc- togénaire, alerte encore, et n\u2019ayant perdu aucune de ses facultés.Elle vivait discrètement près de son ancien nourrisson, le couvrant de l\u2019aile comme une poule ses poussins, veillant à son chevet quand il était souffrant, et disparaissant dès qu\u2019il était en bonne santé.La vieille Marguerite ne portait ombrage à personne, car elle ne s\u2019occupait de personne.Elle n\u2019avait qu\u2019une mission à remplir : distribuer les aumônes de celui qu\u2019elle appelait son fils.En pensant à sa nourrice qui, malgré son grand âge, pouvait vivre plusieurs années encore, M.Joramie sentit qu\u2019il avait envers elle un dernier devoir à remplir.\u2014 Pauvre chère femme ! murmura-t-il, je veux mourir, je veux me tuer; mais que va-t-elle devenir après moi ?« Ne lui ayant jamais rien donné, elle n\u2019a rien amassé.« Qui voudra croire à son désintéressement ?Personne.« On serait capable de la chasser d\u2019ici, sans égards pour sa vieillesse, sar.s assurer son existence, et elle irait mourir sur quelque lit d\u2019hôpital.« Elle, elle, mourir ainsi ! «Mais il y aurait là un crime dont je serais responsable !.Ah! le bonheur rend oublieux et égoïste ! Je n\u2019ai rien fait pour elle, et si j\u2019étais mort subitement.» M.Joramie se mit à son bureau, prit une feuille de papier blanc èt écrivit son testament en quelques lignes.Il laissait la moitié de ses biens aux pauvres et l\u2019autre moitié à ses cousins, sauf un capital suffisant pour créer une rente de six mille francs à sa vieille nourrice.Il mit le papier sous enveloppe, cacheta de cire noire et écrivit en grosses lettres : « Mon testament ».Il sonna son valet de chambre et lui dit : \u2014 Clément, priez Mme Marguerite de venir me parler.Quelques minutes après, la vieille nourrice entrait, effarée, dans le cabinet.\u2014 Pourquoi me fais-tu demander ?dit-elle.Qu\u2019y a-t-il donc ?Soudain, en le regardant elle devint affreusement pâle.Toute tremblante, elle lui prit les mains.\u2014 Paul, Paul, qu\u2019est-ce que tu as9 demanda-t-elle.Tu es blanc comme un linge.Ah ! il y a un malheur ! M.Joramie prit la brave femme dans ses bras.\u2014 Ah! nourrice, dit-il, si tu savais.Il n\u2019existe pas d\u2019homme plus malheureux que moi ! \u2014 Toi, toi, fit-elle, tu es malheureux ! Elle l\u2019embrassa avec une sorte de fureur.\u2014 Hélas ! soupira-t-il.\u2014 Est-ce que tu as perdu ta fortune9 \u2014 Ma fortune !.Ah ! je me soucie bien de ma fortune ! \u2014 Alors, reprit-elle à voix basse, c\u2019est ta femme.\u2014 Hélas ! \u2014 Ah ! cela devait arriver !.La malheureuse, la malheureuse !.Paul, peux-tu me dire ?.\u2014 Non.\u2014 Alors, c'est bien, je n\u2019ai pas besoin de savoir pour essayer de te consoler.Ah ! mon pauvre Paul, mon pauvre Paul ! Et elle fondit en larmes.\u2014 Cependant, reprit-elle au bout d\u2019un instant, tu as quelque chose à me dire, puisque tu m\u2019as fait appeler.\u2014 Je voulais simplement te voir et t\u2019embrasser; cela m\u2019a un peu soulagé.A ce moment, la vieille femme aperçut le testament, qui était resté sur le bureau.Elle lut : « Mon testament », et eut un haut-le-corps.\u2014\tQu\u2019est-ce que c\u2019est que ça ?fit-elle d\u2019une voix étranglée.M.Joramie voulut mettre divers papiers sur le pli pour le cacher.\u2014\tNe te donne pas cette peine, dit la nourrice; il est trop tard j\u2019ai lu.C\u2019esc ton testament.\u2014\tOui.\u2014\tPaul, je devine ce qui se passe en toi, tu veux te tuer ! \u2014\tC\u2019est vrai.\u2014\tMalheureux ! \u2014\tJe veux me tuer, mais pas tout de suite.Avant, j\u2019ai une coupable à punir.\u2014 Punis la coupable, Paul; mais ne te tue pas.Qu\u2019est-ce que je deviendrais ?\u2014\tJ\u2019ai pensé à toi, ton sort est assuré.\u2014\tAh ! ah ! tu m\u2019as mise sur ton testament, tu me donnes de l\u2019argent.Tl faut que tu sois bien malheureux, en effet, pour avoir eu cette mauvaise pensée.Oh ! de l'argent, à moi.\u2014\tMais il faut bien que tu vives ! \u2014 Pourquoi faire, si tu meurs, toi ?\u2014 Moi, je suis déshonoré, je n\u2019ai plus le droit de vivre ! \u2014 Moi, je suis vieille, je n\u2019ai plus besoin de vivre ! Paul, si tu te tues, je me tuerai aussi ! \u2014 Tout est fini pour moi, que veux-tu que je fasse ?\u2014 Je veux que tu vives.Va, j\u2019ai compris; ta femme t\u2019a frappé dans ton affection et dans ton honneur .Eh bien, inflige à la coupable le châtiment qu\u2019elle a mérité, et ne parle plus de te tuer! Paul je veux que tu vives et que tu oublies ! \u2014 Il est des choses qu\u2019on n\u2019oublie jamais.\u2014 Aimes-tu encore ta femme ?\u2014 Non, elle me fait horreur ! \u2014 Et tu veux te tuer pour une femme que tu méprises ! Tu es fou !.\u2014 Je veux mourir pour ne pas survivre à ma honte.La vieille femme resta un moment silencieuse, hochant la tête, et reprit : \u2014 Paul, tu viens de dire qu\u2019il est des choses qu\u2019on n\u2019oublie jamais, et pourtant.\u2014 Que veux-tu dire ?\u2014 Je veux dire, Paul, que tu ne penses plus à l\u2019autre femme, la première que tu as aimée, et à l\u2019enfant qu\u2019elle portait dans son sein.M.Joramie eut un long tressaillement.\u2014 Tous deux sont morts, murmura-t-il d\u2019une voix brisée.\u2014 Tu n\u2019en sais rien.\u2014 N\u2019ai-je pas fait pour les retrouver, tout ce qu\u2019il est humainement possible de faire ?\u2014 Oui; mais tu n\u2019as pas acquis la preuve de leur mort.\u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Et si elle vivait encore, cette malheureuse qui a souffert pour toi et par toi, et aussi son enfant, son enfant, le tien !.DANS LE SAMEDI DE LA SEMAINE PROCHAINE la première Iranche de noire nouveau feuilleton : LES TEMPETES DU COEUR Par Henri Germain ON SERA BIEN AVISE DE RESERVER SA COPIE 32 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 Paov** DOULEURS MENSTRUELLES Quand c\u2019est le jour des \"douleurs menstruelles\", Pierrette prend maintenant J Midel\u2014et est vite soulagée.Midol agir \\^jle trois façons pour soulager plus vite .soulage les crampes, calme le mal -de tète, chasse le cafard.GRACE À Saviez-vous que .fùfutaifàe LA REVUE POPULAIRE était le plus important et le plus chic magazine mensuel du Canada français.Très bien rédigée, illustrée avec goût, La Revue populaire intéresse toute la famille.Retenez votre exemplaire de La Revue Populaire chez le dépositaire le plus proche de chez vous ou, mieux, abonnez-vous.\u2022 Notre roman de septembre LA DAME AU CHAPEAU BLEU par EVELINE LeMAIRE COUPON D'ABONNEMENT LA\tREVUE\tPOPNLAIRE \tCanada\tEtats-Unis \t\t $1.50\t1 an \t $2.00 \t\t 2.50\t2 ans\t 3.50 ?IMPORTANT:\u2014\t\tIndiquez d'une croix s'\t\u2019il s'agit d'un\trenouvellement.\t\t \t\t Ville .\t\t POIRIER, BESSETTE ft CIE.LTEE 975-985, rue de Bullion, Montréol 18.M.Joramie se redressa, les yeux étincelants.\u2014\tPaul, continua la vieille nourrice, voilà la pensée qui doit te rattacher à la vie.Paul, Paul, il faut que tu vives pour les rechercher encore ! \u2014\tNourrice, chère nourrice, dit le député, en proie à une émotion violente, je ne me tuerai pas, et si je ne meurs point de l\u2019épouvantable coup de foudre qui m\u2019a frappé, je vivrai.\u2014 C\u2019est bien, répondit simplement la vieille nourrice.XXI PISTOLET, POIGNARD, POISON C\u2019était une belle fête d\u2019été que le marquis et la marquise de Cha-marande, le comte Jean de Cha-marande et sa jeune femme offraient à leurs amis.Le rez-de-chaussée de l\u2019hôtel tout entier était ouvert aux invités, y compris la grande galerie des tableaux, qui ressemblait à un musée, et la bibliothèque, une des plus riches de Paris.Le concert devait commencer à dix heures précises, les invitations avaient été faites pour neuf heures.A neuf heures, en effet, les voitures commencèrent à entrer dans la cour de l\u2019hôtel, amenant les invités au bas du perron de marbre des Vosges recouvert d\u2019un tapis d\u2019Anbusson.On comptait que la réunion serait de mille à douze cents personnes.Tout Paris, le Paris connu, s\u2019entend, serait là.Dans la vaste salle à manger, aux colonnes de marbre blanc, un buffet magnifiquement approvisionné était dressé.Du grand salon, qui pouvait contenir près de quatre cents personnes, on n\u2019avait qu\u2019une pièce à traverser pour se trouver dans la serre, une merveille, où l\u2019on voyait, en toute saison, les fleurs et les fruits les plus rares.De la serre, par un escalier de porphyre, on descendait dans le jardin merveilleusement illuminé.Il y avait partout, aussi bien dans le jardin et dans les appartements que dans la serre, des fleurs à profusion.C\u2019était féerique.A neuf heures et demie, lorsque M.et Mme Joramie furent annoncés, il y avait déjà près de trois cents personnes dans le grand salon, à l\u2019entrée duquel se trouvaient le marquis, la marquise Lucy, le comte Jean et la comtesse Henriette, pour recevoir les invités et faire les honneurs de la maison.Tous les amis de la famille étaient laie comte de Violaine, Pedro Castora et sa jeune femme, la charmante Suzanne de Violaine; le comte et la comtesse de Maurienne; le baron de Simaise, l\u2019heureux époux depuis huit mois d\u2019Emma de Maurienne; le capitaine Jacques Grandin et sa femme, la belle Jeanne; le vieux Jacques Vaillant, maire de Marseille, qui ne pouvait se séparer de sa chère Jeanne; la vieille duchesse de Corgirnon, sa fille et ses deux petites filles, Mlles Léontine et Elianthe de Langrenais, dont la beauté et la grâce étaient fort remarquées.L\u2019entrée de Mme Joramie, au bras de son vieil époux, fit sensation comme toujours.Plus que jamais elle était la merveilleuse étoile du firmament parisien.Rayonnante, superbe, maiestueus-elle s\u2019avança entre deux haies formées sur son passage par ses admirateurs.Par de gracieux mouvements de tête, elle saluait à droite et à gauche comme une reine.A quelques-uns et à quelques-unes seulement, elle daignait tendre sa main.M.Joramie, quoique très calme en apparence, était d\u2019une pâleur de cire, mais on ne s\u2019en apercevait point; il n y avait d\u2019yeux que pour voir et admire, la belle Mme Joramie.Celle-ci avait à peine eu le temps de s\u2019asseoir au fond du salon entre le comte de Violaine et la comtesse de Maurienne, que l\u2019huissier annonça de sa voix sonore : \u2014 M.le comte Gaston de Soleure, Mlle Herminie de Soleure.Mme Joramie sursauta : mais, croyant avoir mal entendu, elle se pencha vers le comte de Maurienne, placé derrière elle, et lui demanda : \u2014 Qui vient-on d\u2019annoncer, monsieur le comte ?\u2014 Le comte de Soleure et sa fille, répondit M.de Maurienne; ils ne sont pas connus du marquis et de la marquise, mais le comte de Soleure est un de mes anciens amis, et c\u2019est moi qui l\u2019ai fait inviter avec sa fille, sur la demande d\u2019un de nos amis communs.\u2014 Et cet ami, madame, c\u2019est moi, dit M.Bertrand de l\u2019Oseraie, qui était assis à côté de M.de Maurienne.Le coeur de Mme Joramie se mit à battre avec violence La neige avait subitement remplacé sur ses joues les fraîches couleurs de la rose.Le comte de Soleure et sa fille avaient fait leur entrée.Il y eut dans tout le salon un murmure d\u2019admiration provoqué par la beauté radieuse de la jeune fille, que la marquise venait d\u2019embrasser, pen -dant que le marquis, serrant la main de M.de Soleure, lui disait : \u2014Monsieur le comte, soyez le bienvenu; j'espère qu'à dater de ce jour vous voudrez bien compter au nombre de nos amis.Comme tout à l\u2019heure pour Mme Joramie la double haie se reforma sur le passage de Mionne au bras de son père.Mionne paraissait dans le monde pour la première fois, mais beaucoup de ceux qui étaient là la reconnaissaient \u2014 Oh ! c\u2019est elle, c\u2019est bien elle, disaient-ils; on ne peut pas s'y tromper.Vous avez vu Candeur, le superbe tableau de Georges Ramel; eh bien, regardez cette adorable jeune fille, c\u2019est elle, c\u2019est Candeur.Et ces mots : c\u2019est Candeur, volaient de bouche en bouche.Quand Mionne et son père s\u2019approchèrent du groupe au milieu duquel se trouvait Mme Joramie, toutes les personnes qui le composaient se levèrent pour aller saluer le père et la fille.Machinalement, Mme Joramie fit comme les autres, et elle se trouva debout en face de Mionne, qui la salua sans avoir l\u2019air de la connaître.Ce fut comme un coup de foudre.Mme Joramie, les yeux écarquillés, les oreilles bourdonnantes, resta corn me pétrifiée.Ainsi, sa fille, sa fille qu\u2019elle croyait morte, était devant elle ! Et dans Mlle Herminie de Soleure, elle reconnaissait Mionne, cette rivale odieuse à qui elle avait voulu faire tant de mal ! Mais comment son premier mari et sa fille étaient-ils là ?Ne lui avait-on pas dit que Mionne, folle, était toujours à l\u2019asile Sainte-Anne, et que le comte, frappé de-plusieurs coups de poignard, avait été jeté dans la Seine ?Ainsi, son complice, le misérable Jacques Vernier, l\u2019avait trompée ! N\u2019y avait-il pas, dans tout cela, de quoi devenir folle \u2019 Eile sentait, en effet, que la pensée lui échappait et que sa raison était prête à l\u2019abandonner.\u2014 Madame, lui dit le comte, arrêtant sur elle un regard froid et tran chant comme une lame, j\u2019ai l\u2019honneur de vous présenter Mlle Herminie de Soleure, ma fille.Ses yeux se détournèrent de Mionne, et son regard rencontra celui du comte.Aussitôt, elle fut prise d\u2019un tremblement convulsif, ses yeux se fermèrent et ses jambes fléchirent.Elle serait tombée, si M.Joramie ne l\u2019eût pas soutenue dans ses bras.Autour d\u2019elle, tout le monde était profondément surpris.On échangeait des regards ; on chuchotait.On se demandait : \u2014 Qu\u2019est-ce que cela signifie ?___Qu\u2019avez-vous ?lui dit M.Joramie._____Ah ! je souffre horriblement, répondit-elle d\u2019une voix mourante.\u2014 Où souffrez-vous ?Au coeur ?\u2014 Je ne sais.Ah! j\u2019étouffe, j\u2019étouffe.Je crois que je vais perdre connaissance.\u2014 Voulez-vous que nous nous retirions ?\u2014 Oui, oui; je vous en prie, emme-nez-moi ! Chancelante, horriblement pâle, le visage convulsé, inondé de sueur, elle s\u2019appuya sur le bras de M.Joramie, et, suivis par cent regards étonnés, ils sortirent du salon par une porte de côté.Mionne, qui ne savait point qu\u2019elle venait d\u2019être mise en présence de sa mère, s\u2019était assise et répondait avec une grâce parfaite aux paroles affectueuses qu\u2019on lui adressait Après avoir serré la main du comte de Soleure, M.de Maurienne le présentait successivement à tous ses amis.Il n\u2019était pas encore dix heures quand M.Joramie et sa femme rentrèrent à l\u2019hôtel Joramie.Le financier accompagna Raymonde jusque dans sa chambre \u2014\tMerci, mon ami, lui dit-elle ; je me sens mieux, et si vous désirez retourner chez M.de Chamarande, vous le pouvez.M.Joramie secoua la tête.\u2014\tVous avez un air tout drôle, reprit-elle, le regardant fixement; je vois bien que vous êtes contrarié ; je voüs en prie, retournez à cette fête.\u2014\tJe ne peux pas vous quitter ainsi.\u2014\tOh ! soyez sans inquiétude ; j\u2019ai seulement besoin d\u2019un peu de repos.\u2014\tAinsi, vous êtes remise des émotions que vous avez éprouvées ?\u2014\tMais je n\u2019ai éprouvé aucune émotion, répliqua-t-elle vivement, j\u2019ai été prise d\u2019un malaise subit dont je ne puis m'expliquer la cause.M Joramie fronça les sourcils.\u2014\tSoyez assez bon pour me laisser, dit-elle, je vais me mettre au lit.\u2014\tJe vous laisserai dans un instant.Il marcha vers une porte et dit en sortant : \u2014\tJe reviens tout de suite Il reparut au bout de deux minutes et posa sur le guéridon, qui occupait le milieu de la chambre, un pistolet, un poignard et une petite fiole contenant un liquide jaunâtre.\u2014 Qu\u2019est-ce donc que cela ?fit-elle ahurie.\u2014 Vous le voyez : un pistolet que j ai chargé moi-même ; un poignard dt Tolède, dont la lame tranchante et pointue est de bonne trempe; quant à ce flacon minuscule, il contient un poison foudroyant.Elle commençait à comprendre.Droite en face de lui, livide, elle le considérait avec épouvante.Madame, reprit-il froidement, vous n avez plus le droit de vivre, et comme il faut que vous mouriez cette nuit, je vous donne à choisir le genre de mort que vous préférez.Si vous ne voulez pas vous servir du poignard, vous avez le pistolet, et si vous repoussez l\u2019une et 1 autre de ces armes, il vous reste le poison.Elle poussa un cri rauque et, en se reculant avec une indicible terreur, elle s\u2019écria : Mais vous êtes fou, vous êtes fou! Je l\u2019ai été, madame ; oh ! oui, je l\u2019ai été véritablement le jour où, trompé par vos mensonges et votre hypocrisie, je vous ai donné mon nom, croyant Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 33 épouser une nommée Césarine Lever-dier.«Vous comprenez, n\u2019est-ce pas ?Vous voyez que je sais tout.» \u2014 Mais que savez-vous, dites, que savez-vous ?\u2014 Tout, vous dis-je, tout.«Vous vous nommez Raymonde Du-ckemin et vous avez épousé à dix-huit ans le comte de Soleure dont vous avez eu une fille, une fille qui ignore que vous êtes sa mère et qui vous connaît, cependant.«Vous avez revu ce soir votre premier mari et votre fille, une surprise que j\u2019ai voulu vous faire ; si elle ne vous a pas été agréable, ce n\u2019est point de ma faute.Enfin, madame, vous êtes bigame, et comme vous ne pouvez vivre ayant deux maris, \u2014 les lois françaises ne le veulent point, \u2014 vous devez mourir, afin de faire deux veufs en même temps.» Raymonde se rapprocha de M.Jora-mie, et, les yeux pleins de larmes, le .mains jointes : \u2014 Quand j\u2019ai consenti à devenir votre femme, lui dit-elle, je croyais que le comte de Soleure n\u2019existait plus.\u2014 C\u2019est possible: mais vous n\u2019en êtes pas moins bigame et sous le coup de la loi.\u2014 Hélas ! c\u2019est vrai, et je reconnais que je ne puis plus occuper près de vous la place que vous m\u2019y aviez faite.Eh bien, je quitterai votre maison, je m\u2019en irai loin, très loin, je disparaîtrai complètement, et l\u2019on n\u2019entendra plus parler de moi.M.Joramie haussa les épaules.\u2014 Je vous répète que vous ne pouvez plus vivre, madame; il faut mourir ! \u2014 Mourir, à mon âge ! \u2014 Vous n'avez que trop longtemps vécu ; le ciel est las de vos crimes.Ah çà, vous ne comprenez donc pas que votre mort est une nécessité ! La mort est votre unique et dernier refuge ! Elle se redressa brusquement, les yeux pleins de flammes.\u2014 Alors, tuez-moi ! tuez-moi ! s\u2019écria-t-elle.\u2014 Je ne suis pas un assassin, madame.\u2014 Qu\u2019êtes-vous donc ?\u2014 Un justicier.\u2014 Dites un bourreau ! \u2014 Oh ! pas de gros mots, je vous prie, madame; ils sont inutiles.Je vous ai condamnée.\u2014 Vous n\u2019avez pas ce droit.\u2014 Je le prends.Je vous ai condamnée, et aucune considération humaine ne peut me faire changer de résolution.Pour le comte de Soleure, pour moi, pour votre fille, surtout, pour notre honneur, enfin, vous ferez avec courage le sacrifice de votre vie.Les monstruosités de votre passé doivent rester ignorées, et la tombe seule est la sûre gardienne de tous les secrets.« Vous êtes une femme de volonté et d\u2019énergie, madame.Et pourquoi n\u2019au-riez-vous pas le courage de vous donner la mort ?Vous avez bien eu celui d\u2019armer deux misérables pour assassiner le comte de Soleure.» Raymonde laissa échapper une plainte sourde, et sa tête tomba sur sa poitrine.\u2014 Vous voyez que je suis parfaitement instruit, continua M.Joramie.Et voulez-vous savoir qui m\u2019a fait connaître tous vos crimes ?C\u2019est M.Bertrand de l\u2019Oseraie, qui n\u2019a qu\u2019une signature à donner pour que vous soyiez arrachée demain de cette maison, à la première heure du jour, par les agents de la force publique.Cela, madame, je ne le veux pas ! Ah ! sachez-le, s\u2019il n\u2019y avait pas eu à sauver l\u2019honneur du comte de Soleure et le mien et à laisser votre fille dans l\u2019ignorance de faits monstrueux, il y a quinze jours que vous auriez remplacé Ambroise Mou-rillon dans la prison où vous l\u2019aviez fait jeter, lui, un innocent.« Vous ne saviez pas que Mionne, la fille adoptive de Mourillon, était votre fille, soit ; mais vous n\u2019en avez pas moins été, \u2014 chose odieuse, épouvantable, \u2014 jalouse de votre enfant !.Et pourquoi cette jalousie, cette haine implacable, qui vous a rendue cruelle, féroce, au point que vous avez eu la pensée de faire assassiner la pauvre Mionne ?Pourquoi ?Parce qu\u2019elle est aimée de Georges Ramel, dont vous vouliez faire votre amant ! Il ne vous suffisait pas d\u2019avoir indignement et lâchement trompé le comte de Soleure, il fallait encore que vous fussiez, près de moi, une femme adultère ! «Voyez, madame, voyez comme sont déjoués les projets criminels : votre folle passion d\u2019un côté, et de l\u2019autre votre haine implacable vous ont perdue ! Ah ! vous ne vous doutiez guère, en volant vous-même les bijoux de la comtesse de Merrey, du résultat inattendu de vos infamies ! Vous ne vous doutiez guère que ce M.Florentin Broussel, protecteur de Mourillon, était le comte de Soleure ! Enfin, vous ne vous doutiez point que le comte de Soleure viendrait ici et reconnaîtrait Raymonde Duchenun dans Mme Joramie.Voilà comment vous avez attiré la foudre sur votre tête.Il semble que Dieu ait fixé l\u2019heure de votre châtiment.« Eh bien, madame, sentez-vous, maintenant, que voué devez mourir ?> Il y eut dans la gorge de Raymonde comme un râle.Elle fit quelque pa-en chancelant, et s\u2019affaissa sur un fauteuil, comme une masse.\u2014 Perdue, murmura-t-elle, je suis perdue ! \u2014 Oui, vous êtes perdue, et nul'e puissance au monde ne peut plus vous sauver ! Elle poussa un sourd gémissement.-\u2014Mais, reprit M.Joramie avec son calme terrible, vous avez là, sur cette table, le moyen de vous délivrer de votre existence funeste.Elle releva la tête.Ses yeux, qui brillaient d\u2019un éclat fiévreux, se fixèrent sur M.Joramie.\u2014 Oui, oui, prononça-t-elle avec égarement et d\u2019une voix étranglée, il faut que je meure ! \u2014 Voulez-vous le poignard?\u2014 Oh ! non ! \u2014 Le pistolet ?-\u2014 Ni le pistolet, ni le poignard ! \u2014 Alors, vous voulez mourir par le poison ?\u2014 Oui, oui, le poison ! \u2014 Soit.Si l\u2019on ne m\u2019a pas tromp vous n\u2019aurez que quelques minutes à souffrir.\u2014 Oh ! qu\u2019importe ! \u2014 Votre résolution est bien prise ?\u2014 Hélas ! il le faut!.\u2014 C\u2019est bien.\u2014 Est-ce que vous voulez que !e meure devant vous ?Alors, donnez-moi le poison; donnez, donnez vite ! \u2014 Non, je vais vous laisser, afin que vous puissiez prendre le temps de vous recueillir.D\u2019ailleurs, peut-être avez-vous quelques dernières volontés à écrire, une confession à confier au papier.Ce que vous ordonnerez avant de mourir sera exécuté.Pensez à votre fille, madame, et dites-vous bien que vous mourez pour qu\u2019elle n\u2019ait pas à vous maudire.\u2014 Ma fille, ma fille ! \u2014 Mlle de Soleure ne saura jamais ce qu\u2019a été sa mère « Que ce soit pour vous une consolation.» \u2014 Demain, monsieur, quand ma femme de chambre entrera ici, à l\u2019heure habituelle, elle me trouvera morte dans mon lit.Adieu, monsieur ! \u2014 Adieu, madame ! M.Joramie se retira.Raymonde resta environ dix minutes absorbé dans ses pensées, tenant sa tête dans ses mains.Soudain elle se dressa comme par un ressort.Ses yeux étaient pleins de M- &\t¦s' \u2019 FAITES AU CANADA PREMIER EN SERVICE AUSSI Votre marchand AC se fera tin plaisir de vérifier vos bougies pour voir si elles sont du genre et de la gamme de chaleur appropriés aux essences et aux conditions de conduite du jour.choix comme équipement d\u2019origine à l\u2019usine Les bougies AC sont plus employées que toute autre marque comme équipement d\u2019origine des autos et des camions de fabrication canadienne.Le choix de techniciens responsables est votre assurance du maximum de sûreté et de performance.Vous pouvez continuer de bénéficier de ces grands avantages en achetant des AC \u2014 les bougies de choix comme équipement d\u2019oi'igine à l\u2019usine.DIVISION AC GENERAL MOTORS PRODUCTS OE CANADA LIMITED, OSHAWA, ONT. 34 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 La douche et l\u2019averse exigent la Tabliers et Couvercles Couvercles pour^ bols à aliments Boyau d'arrosage Sacs à vÊtements Pour Appareils Rideaux de chalets Tapis de Table M* & y \u2022\u2022 V.\t4 «\u2022* «\t¦' i \\ M \\ protection de Il est absolument impossible au matériel flexible Koroseal* d\u2019absorber l\u2019eau.Ainsi, sous forme d\u2019imperméables, de rideaux de douche, de culottes pour bébés, de parapluies, il ne devient jamais mouillé ou lourd, et on n\u2019a pas besoin de le faire sécher.Et les articles de Koroseal* ne se détériorent pas comme ceux qui sont fabriqués de matériel inférieur.Ce matériel moderne vraiment miraculeux, qui se prête à de si nombreux usages, peu t être produit sous toutes formes, toutes couleurs, de n\u2019irnporte quelle épaisseur à n\u2019importe quel degre de souplesse ou de dureté.Les rideaux de chalets, les tabliers, les bracelets de montres, les casques de bain et le boyau d\u2019arrosage ne sont que quelques-unes des nombreuses choses que l\u2019on fabrique mieux maintenant avec le matériel flexible Koroseal*.Sous toutes ses formes, le matériel Koroseal* possède une imperméabilité permanente .il résiste également à l\u2019huile, aux graisses, à l\u2019alcool et aux acides.L\u2019air et le soleil ne l\u2019affectent pas .il ne devient jamais cassant ou collant .il ne se marque pas par l\u2019usage.Nul autre matériel ne donne tous ces avantages.Ainsi, quand vous achetez, exigez des articles faits de matériel Koroseal* authentique.Le nom est sur l\u2019étiquette\u2014pour votre protection.MATERIEL FLEXIBLE B.F.Goodrich lueurs farouches et sombres.Elle jeta sur la table un regard de travers et un sourire singulier ctispa ses lèvres.Elle s'approcha successivement des trois portes de sa chambre, dont elle poussa doucement les verrous.Tout en marchand lentement dans la chambre, elle se disait : \u2014 Ah ! monsieur Joramie, vous croye : avoir vaincu celle que personne n\u2019a pu dompter, pas même l\u2019implacable Russe ! Quelle erreur est la vôtre ! Vous l\u2019apprendrez bientôt ! « Triple niais, qui croit que je vais me tuer pour lui épargner une honte, pour ne pas causer un scandale autour de son nom ! «Moi mourir, quand je sens bouillonner en moi toutes les ardeurs ! Allons donc ! » .Elle se dépouilla rapidement de sa magnifique toilette de soirée, quitta tous ses bijoux et se revêtit, non moins vite, du costume noir qu\u2019elle portai, toujours lors de ses visites à Jacques Vernier.Quand elle fut complètement habillée, bottines aux pieds, chapeau sur la tête, elle prit dans son cabinet do toilette un sac de cuir de Russie dans lequel elle entassa tous ses bijoux retirés des écrins, et tout l\u2019or, tous les billets de banque, toutes les valeurs mobilières qu elle trouva dans les meubles de sa chambre et de son boudoir Elle n\u2019oublia pas non plus de glisse\" dans sa poche son.carnet de chèques.Quelques jours auparavant, comme nous l\u2019avons dit, M.Joramie avai* fait déposer au nom de sa femme, au Comptoir d\u2019Escompte, deux cent mille-francs.C\u2019était le reste de la somme promise à Jacques Vernier et à François Morel.Mais les deux misérables l\u2019avaient trompée.Iis n\u2019avaient pas tué le comte de Soleure.Elle n\u2019avait plus à remplir son engagement.Voulant passer rapidement la frontière, elle pensait qu\u2019elle aurait le temps de retirer la somme déposée au Comptoir d\u2019Escompte avant qu\u2019on eût découvert, le matin, quelle s\u2019était enfuie de l\u2019hôtel.Chargée de son trésor, elle emportait près de deux millons, \u2014 elle sortit de sa chambre sans bruit, se glissa dans les ténèbres, marchant avec précaution, arriva sans encombre à 1-petite porte de derrière, l\u2019ouvrit et s\u2019élança hors de l\u2019hôtel.Minuit sonnait à toutes les horloges de la ville.XXII UNE PARTIE INTERROMPUE A peine sortie de l\u2019hôtel Joramie, la bigame se dirigea en courant vers la plus proche station de voitures de place.Son intention était d\u2019aller passer le reste de la nuit dans un hôtel que'-conque, au centre de la ville.Là, si cela lui était possible, elle prendrait quelques heures de repos Le matin, de bonne heure, elle serait sur pied.Elle se rendrait au Comptoi' d\u2019Escompte dès l\u2019ouverture des guichets toucherait ses deux cent mille francs, puis se ferait conduire aussitôt à la gare du Nord afin de gagner la Belgique le plus vite possible.Une fois a Bruxelles, elle verrait ce qu\u2019elle aurait à faire.Elle se disait, d ailleurs, que, voulant éviter le scandale sauver leur honneur, ni M.Joramie, ni le comte de Soleure ne songerait à la poursuivre, à la faire arrêter.Mais était-il assez ridicule, assez bête, ce bonhomme de Joramie, d\u2019avoir pu croire quelle prendrait son poison Mourir! Quand elle était pleine deforce et de vie ! Mourir ! Quand elle était encore jeune et belle ! Allons donc ! Est-ce que c\u2019était possible ?Cependant une pensée l\u2019obsédait, envahissait son cerveau, et plus elle voulait s\u2019en débarrasser, plus elle la sentait l\u2019étreindre.Cette pensée était folle.Raymonde voulait voir Jacques Vernier afin de lui reprocher durement de lui avoir men'i ce qui était à ses yeux une infâme trahison.Oui, pour elle, Jacques était un traitre.La colère qui bouillonnait en elle montait toujours, obscurcissait sa raison, l\u2019empêchait de réfléchir sainement.Elle aurait voulu avoir son ancien amant, là, devant elle, afin de pouvoir lui cracher l\u2019injure au visage.Quand elle arm a à la station des voitures, elle prit tout à coup la résolution de se rendre chez Jacques Vernier.Sa fureur avait besoin de faire explosion.Ah ! elle le traiterait comme il le méritait, ce misérable, ce lâche, ce bandit ! Sur lui seul, maintenant pouvait tomber sa colère, et elle voulait assouvir sa rage.Certes, aller trouver Jacques Vernier à cette heure de la nuit était de commettre une grave imprudence.Mais dans l\u2019état de surexcitation où elle se trouvait elle ne ré fléchissait plus, la raison ne pouvait plus faire entendre ses conseils.Elle était poussée par la fatalité.Elle s'approcha d une voiture, et, en ouvrant elle-même la portière, elle donna au cocher l\u2019adresse de Jacques Vernier.L\u2019homme fit la grimace et grommela quelques paroles peu flatteuses pour la dame; il ne paraissait nullement dis-posé à marcher.Non seulement la distance était grande.mais il se souciait peu d\u2019aller se promener à cette heure de la nuit dans les quartiers perdus du faubourg Saint-Marceau.Raymonde devina la répu-gnance du cocher.\u2014 Je vous prends à l\u2019heure, lui dit-elle, et je vous payerai cinq francs l\u2019heure.L argument était sans réplique.La figure du cocher s\u2019épanouit, et devenu subitement très poli : \u2014Montez, madame, dit-il.Depuis que François Morel avait reçu sa part des cent mille francs donnés à Jacques Vernier par Mme Joramie, son amitié pour l\u2019ancien garde-chasse semblait s être élevée à la hauteur de celle de Castor pour Pollux.Il ne pou-vait plus quitter son cher Jacques.Aussitôt levé, il accourait à la maison du crime où '\u2019on prenait les repas en commun.Morel avait caché son magot en lieu sûr et ne craignait pas les voleurs.Il passait toutes ses soirées avec Jacques et la femme Tamirel, et souvent les soirées se prolongeaient jusqu au lever du soleil.C\u2019est qu\u2019alors on avait tant et si bien fêté la dive bou teille que les deux hommes et la femme avaient roulé sous la table.La Tamirel était joyeuse ; elle avait la passion du bésigue, le jeu des vieilles femmes.Quand on avait bien causé, que chacun avait parlé de ses projets pour l\u2019avenir, la Tamirel apportait les cartes et on faisait à trois la paitie de bésigue.Oh ! mais, c\u2019était une partie sérieuse; on jouait de l\u2019argent, la mise au jeu était de dix francs pour la partie de mille points.Quand la Tamirel gagnait, c\u2019était une joie folle, un délire ; mais, par contre, quand elle perdait, elle se mettait dans une colère épouvantable.Heureusement, cela ne durait pas longtemps, un vene d'absinthe la calmait; car la Tamirel aimait mieux encore 1 absinthe que le bésigue.Cependant, il y avait des instants où 1 on était soucieux.On se sentait sous 1 oeil de la police, et l\u2019on se promettait bien de quitter Paris en toute 8-303F Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 35 hâte, sans tambour ni trompette, aussitôt que l\u2019on aurait empoché la forte somme que Mme Joramie devait donner encore.Un jour, la Tamirel avait reçu la visite de M.Bertrand de l\u2019Oseraie, venant lui demander de donner son consentement au mariage de sa fille.Ne sachant pas à quel personnage elle avait affaire, la compagne de Jacques Vernier voulut faire sa mauvaise tête, mais le magistrat déclina sa qualité e' dit impérieusement : \u2014 Je veux ! La mère de Laurence trembla, courba la tête et suivit, sans mot dire, M.Bertrand de l\u2019Oseraie chez un notaire.Par exemple, ce jour-là, on avait eu une fière peur ! \u2014 Evidemment, se disait Jacques Vernier, si le comte de Soleure, nous a laissés aller quand il nous tenait à Saint-Mandé, et si, depuis, nous n\u2019avons pas été coffrés tous les trois, c\u2019est que M.le comte ne veut être mêlé en quoi que ce soit à un procès criminel.« Dame ! il a ses raisons \u2014 et je les connais \u2014 pour ne pas vouloir attirer l'attention sur lui.Si la justice se mêlait de nos petites affaires, M.le comte de Soleure sait bien que ça ferait grand bruit dans Landerneau.» Connaissant bien la situation, Jacques Vernier était le moins inquiet des trois.Il rassurait de son mieux Morel et la Tamirel; mais en se gardant bien, toutefois, de leur dire tout ce qu\u2019il savait.\u2014 La dame, leur disait-il, parlant de son ancienne maîtresse, est toute-puissante ; elle a l\u2019oreille des ministres, du préfet de police et de tous les gens à robes noires et rouges du parquet de Paris.Nous l\u2019avon^ servie; nous avons fait ce qu\u2019elle a voulu; elle nous protège, c\u2019est son devoir.\u2014 C\u2019est égal, disait Morel, je ne serai tout à fait tranquille que quand nous serons à deux cents lieues d\u2019ici.Et la Tamirel hochait la tête en signe d\u2019approbation.Ce soir-là, les trois misérables étaient réunis dans la chambre du premie\" étage.Sur la table, autour de laquelle ils étaient assis, il y avait, outre les cartes et les jetons du jeu de bésigue, le litre d\u2019eau-de-v:e de marc, le litre d\u2019absinthe verte et des verres.Une grosse lampe à pétrole, également sur la table, les éclairait.Une partie formidable était engagée.Six louis étaient au jeu quatre pour le gagnant.La Tamirel étant en bonne veine depuis neuf heures qu\u2019on s\u2019était mis à jouer, c\u2019est elle qui avait proposé l\u2019enjeu de deux pièces de vingt francs.Il était plus de minuit, mais comme les joueurs n\u2019étaient encore qu\u2019à moitié ivres, ils ne songeaient point à clore la séance.Tout à coup, comme la Tamirel venait de marquer cent d\u2019as, tous trois entendirent heurter violemment à la porte de la rue.Jacques dressa brusquement la tête \u2014 Hein, fit-il, qu'est-ce donc ?\u2014 On frappe, c\u2019est ici, dit Morel devenant affreusement pâle.Jacques Vernier s\u2019était levé.\u2014 Je vais voir, grommela-t-il.\u2014 Si c\u2019était la police ! balbutia h Tamirel.\u2014 Pourquoi faire?répliqua Jacques.\u2014 Nous avons les caves, le souterrain, dit Morel, qu' se mit à tremblet.\u2014 D\u2019abord, reprit Jacques Vernier, il faut savoir.Les coups contre la porte redoublèrent.Sans rien perdre de son sang-froid, l\u2019ancien garde-chasse se hâta d\u2019allumer une bougie, et avant de descendre, en homme prudent qui ne veut pas se laisser surprendre, il glissa un couteau-poignard ouvert entre son gilet et sa chemise.Morel et la Tamirel, jetant leurs cartes, se précipitèrent à la fenêtre.Ils virent Jacques Vernier tra- verser rapidement la cour et l\u2019entendirent demander : \u2014 Qui va là ?\u2014 C\u2019est moi, ouvrez, ouvrez vite, répondit une voix de femme.\u2014 Vous, vous, à cette heure! exclama Jacques.\u2014 Vivement il fit tourner le fléau, tira le verrou et ouvrit la porte.Raymonde entra après avoir dit au cocher : \u2014 Je ne serai pas longtemps.\u2014 Vous, vous! répétait Jacques en refermant la porte, dont il poussa le verrou et rabattit le fléau.Pendant ce temps, Raymonde entra dans la maison.Sa besogne faite, Jacques la rejoignit.Il prit sa lumière, qu\u2019il avait laissée sur une marche de l\u2019escalier, et tous deux entrèrent dans la pièce du rez-de-chaussée que le lecteur connaît.\u2014 Tiens, fit Jacques Vernier, voyant le sac de cuir que Raymonde avait à la main, est-ce que vous allez faire un petit voyage ?\u2014 Oui, répondit-elle d\u2019une voix sourde.\u2014 Et vous venez dire au revoir à votre vieil ami Jacques ?Hé, hé, c\u2019est gentil, mais c\u2019est tout à fait gentil, ça.Elle se plaça en face de lui, les yeux pleins de flammes.\u2014 Je viens vous dire, prononça-t-elle d\u2019une voix frémissante de colère, que vous êtes un misérable, un traître, un vil coquin ! Jacques se redressa, l\u2019oeil en feu.\u2014 Hein! fit-il, que signifie?.-\u2014 Comme un lâche, un bandit que vous êtes, vous m\u2019avez trompée, vous m\u2019avez trahie et volée ! \u2014 Volée ! \u2014 Oui, volée !.Car prendre l\u2019argent qu\u2019on n\u2019a pas gagné est un vol.\u2014 Je ne comprends, pas, Raymonde, expliquez-vous.\u2014 Vous m\u2019aviez promis, juré de tuer un homme.\u2014 M.Florentin Broussel.\u2014 Eh bien, l\u2019avez-vous fait ?\u2014 Je vous jure, Raymonde, que Florentin Broussel n\u2019existe plus.\u2014 Allons, assez, s\u2019éciia-t-elle avec violence, il est inutile de jouer au plus fin avec moi.Dans cet homme, qui se faisait appeler Florentin Brousse!, vous avez reconnu le comte de Soleure et vous n\u2019avez pas osé frapper le comte de Soleure.Toute cette histoire que vous m\u2019avez racontée, mensonge ! Et j\u2019ai eu la sottise d\u2019y ajouter foi ! J\u2019avais confiance en vous.Ah ' elle était bien placée, ma confiance ! Vous êtes un misérable fourbe et vous m\u2019avez constamment menti !.Oui ou non, m\u2019avez-vous dit, affirmé, qtue Mionne, atteinte de folie reconnue incurable, était toujours à Sainte-Anne ° \u2014 Je vous l\u2019ai dit.Eh bien ?\u2014 De ce côté comme de l\u2019autre vous m\u2019avez trompée ! Non seulement Mionne n\u2019est plus à Sainte-Anne, mais elle n\u2019est pas folle.Et savez-vous qui elle est, cette Mionne?.Elle est ma fille! \u2014 Votre fille ! \u2014 Oui, ma fille, et je l\u2019ai vue ce soir dans un salon, au bras de son père, le comte Gaston de Soleure.\u2014 Mais alors, tout est pour le mieux, fit Jacques Vernier regardant sournoisement Raymonde.¦\u2014Ah! vous trouvez cela?répliqua-t-elle en haussant les épaules.\u2014 Oui, car vous n\u2019avez plus rien à redouter du comte de Soleure; votre titre de mère vous rend sacrée ! Elle frappa du pied avec une sorte de rage.\u2014 Je suis perdue, s\u2019écria-t-elle, perdue, entendez-vous ?et par votre faute.Vous avez été pour moi l\u2019homme fatal ; il fallait que jusqu\u2019à la fin vous fussiez mon mauvais génie.Cyniquement, vous m\u2019avez conduite à l\u2019abîme.Ah ! vous êtes un grand misérable ! \u2014 Tout ça, Raymonde, ce sont des mots.\u2014 Il y a les faits Mais je ne vous ai pas dit tout : «Vous aviez si bien pris vos précautions, que Mourillon, bénéficiant d\u2019une ordonnance de non-lieu, a été remis en liberté, et votre associé Pignolet, dont vous m\u2019aviez répondu comme de vous-même, a révélé au juge d\u2019instruction toute l\u2019histoire des bijoux.» \u2014 Ah! \u2014 Et ce n\u2019est pas tout : M.Joramie a tout appris par le juge d\u2019instruction; M.Joramie sait que j\u2019ai été comtesse de Soleure et que Mionne est ma fille.\u2014 Diable ! diable ! fit Jacques Vei -nier.\u2014 Et M.Joramie m\u2019a chassée! Comprenez-vous maintenant ?Les yeux du coquin eurent un jeu de flamme.\u2014 Si vous ne m\u2019aviez pas trompée, comme vous l\u2019avez fait, continua Raymonde, étant prévenue, j\u2019aurais pu prendre certaines mesures et je ne me trouverais pas, en ce moment, dans l\u2019horrible situation où je suis.\u2014 Ainsi vous voulez que je sois la cause, l\u2019unique cause de ce qui vous arrive ?\u2014 Oui, et je vous le répète, vous avez été de tout temps mon mauvais génie.\u2014 Pourtant, ce n\u2019est pas moi qui vous ai conseillé d\u2019épouser, autrefois, le comte de Soleure, et, il y a cinq ans, M Joramie.Par exemple, je pousserais trop loin la complaisance, si j\u2019acceptais la responsabilité de votre bigamie.Est-ce ma faute aussi si vous vous êtes follement éprise de Georges Ramel, qui n\u2019a pas voulu de vous ?Les lèvres de Raymonde eurent un~ crispation nerveuse.Jacques Vernier continua : \u2014 Croyez-vous que je n\u2019ai pas souffert, moi, en vous voyant affolée de votre peintre ?J\u2019ai connu en quelques jours toutes les tortures de la jalousie car, sachez-le, Raymonde, je n\u2019ai jamais cessé un instant de vous aimer, et lorsque je vous ai revue, toutes les ardeurs brûlantes de mon ancienne passion se sont réveillées en moi.Raymonde fit une affreuse grimace et se recula avec dégoût.Jacques Vernier fronça les sourcils et son regard eut une lueur farouche.Il reprit : \u2014Je vous ai trompée ?Soit.C\u2019était pour ne pas troubler votre tranquillité.Mais, vous-même, ne m\u2019aviez-vous pas trompé ! Il ne fallait pas me dire que le comte de Soleure était mort, et plus tard, quand vous m\u2019avez ordonné de tuer Florentin Broussel, il ne fallait pas me cacher que ce personnage mysté rieux n\u2019était autre que le comte de Soleure.« Vous ne savez pas ce qui s\u2019est passé à Saint-Mandé, je vais vous l\u2019apprendre : Nous nous sommes introduits, François et moi, dans la chambre du comte; nous pensions le poignarder dans son lit avant qu\u2019il eût le temps de se réveiller.Mais, loin de dormir, le comte était debout sur son lit, tenant un revolver de chaque main.Dans les rideaux était caché Pierre Valenski, et, tout à coup, sur le seuil des deux portes, apparurent Georges Ramel et Alexis Mollin également armés.Nous étions pris.Cependant, toujours généreux, le comte nous fit grâce et nous laissa aller.« Evidemment, le comte avait été prévenu qu\u2019il devait être assassiné.Par qui ?Ni François, ni moi n\u2019avons pu le deviner.Il y a là un mystère.« Eh bien, Raymonde, aussi bien pour vous que pour moi, c\u2019est un bonheur que l\u2019assassinat n\u2019ait pas été commis, car actuellement nous serions tous deux sous les verroux, attendant la cour d\u2019assises et notre condamnation Le jour où vous avez fait arrêter Mourillon et enlever Mionne, vous avez été bien mal inspirée.J\u2019avais un pressentiment; je vous l\u2019ai dit, mais vous n\u2019a- névritiques névralgiques gssgggggp ¦ I LE VÉRITABLE ASPIRIN EST MARQUÉ A COMME CECI^fcŒ ¦ ' Comme c\u2019est çeatit.////CANARI - notre premier favori.Nouveaux mariés?Vous remplissez votre foyer de gaieté et de soleil\u2014et le canari vous donnera du soleil dans son chant toute l\u2019année durant! Le canari à la voix dorée est un heureux cadeau pour de nouveaux mariés.Un simple régime alimentaire aux graines de BROCK pour OISEAUX conservera le chanteur bien portant et joyeux.GRAINES BROCK pourOISEAUX 36 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 M LA BOUGIE PRÉFÉRÉE AU CANADA fabriquée AU CANADA^ DEPUIS 1919 Fiez-vous à CHAMPION AVIS IMPORTANT POUR des raisons très importantes nous tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que notre maison, la maison Poirier, Bessette & Cie, Limitée, ne possède et n'édite que TROIS MAGAZINES, qui sont les suivants: LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM Nous n'avons donc aucun lien d'aucune sorte avec tout autre magazine, revue ou publication quelconque de la Province de Québec.POIRIER.BESSETTE & CIE.LTEE 975-985, rue de Bullion, Montréal 18 Canada\tEtats-Unis SSqjgg^» id.m.i.i.B.iw; onnemenr J 1 on.S3 50\t1 on.S5.00 ¦\t4 mois.\t2.00 t mois.\t2.50 ¦\t?Important : \u2014 Indiquer d'une croix ¦\ts\u2019il s'açit d'un renouvellement.Ç ¦\tNom .¦ ¦ ¦\tAdresse .¦ ¦ ¦ Ville .frov.- POIRIER, BESSETTE & CIE, Liée 975, rue de Bullion.Montréal, P.Q.vez rien voulu entendre.C\u2019est votre fatale et folle passion pour le peintre qui vous a conduite à l\u2019abîme dont vous parliez tout à l\u2019heure ; n\u2019accusez donc que vous même.Oui, oui, c\u2019est votre faute si vous vous êtes jetée aveuglément dans un horrible traquenard; il ne fallait pas devenir amoureuse de Georges Ramel.« Néanmoins, vous devez vous estimer heureuse que le comte de Soleure et M.Joramie, vos deux maris, ne chargent point la justice de vous demander des comptes.Ces messieurs reculent devant le scandale ; ils ont raison, et nous n\u2019avons qu\u2019à nous en féliciter.M.Joramie vous a chassée, venez-vous de me dire; du moment qu\u2019il s\u2019est contenté de cela, comme le fit le comte de Soleure autrefois, c\u2019est un brave homme.» Il ajouta d\u2019un ton railleur : \u2014 Vous devez des égards à vos deux maris.Raymonde avait écouté avec des mouvements fiévreux d'impatience et tenant sa tête baissée.\u2014 Enfin, reprit Jacques Vernier, votre situation ne me paraît pas aussi affreuse que vous voulez le dire.M.Joramie vous a dit : « Allez-vous-en.» Et vous êtes partie.Vous avez pris une voiture et vous êtes accourue ici.C\u2019est bien, cela.Tenez, je me sens transporté d\u2019allégresse en constatant que vous comptez toujours sur votre bon ami Jacques.Raymonde releva brusquement la tête et eut un mouvement des épaules significatif.L'ancien forçat n\u2019eut pas l\u2019air de s\u2019en apercevoir.\u2014 Qu\u2019allez-vous faire ?demanda-t-il.\u2014 Demain soir je serai hors de France.\u2014 Parfait.Vous êtes venue me de mander asile pour cette nuit, chère Raymonde.Merci.\u2014 Vous vous trompez, répliqua-t-elle d\u2019un ton dur.Je suis venue seulement pour vous dire ce que je pense de vous, et je vous quitte; la voiture qui m\u2019a amenée m\u2019attend à la porte.Jacques Vernier ébaucha un faux sourire.\u2014 Non, non, répliqua-t-il en secouant la tête, vous passerez la nuit ici, et demain nous partirons ensemble.\u2014 Hein ?fit-elle se dressant avec hauteur.\u2014 Vous êtes venue, je vous garde, et je vous le répète, demain nous partirons ensemble.\u2014 Vous êtes fou ! fit-elle.\u2014 Eh bien, oui, je suis fou, fou d\u2019amour, toujours ! Elle le toisa avec mépris et marcha rapidement vers la porte; mais il bondit sur elle, la saisit par le bras et la ramena au fond de la chambre.XXIII LES CHÂTIMENTS IL y eut un moment de silence pendant lequel Raymonde et Jacques Vernier s\u2019examinèrent, les yeux étincelants, comme deux lutteurs avant l\u2019attaque.Dans la chambre du premier étage.François Morel et la Tamirel, rassurés, s\u2019étaient remis à jouer et à boire, voulant laisser à Jacques tout le temps de causer tranquillement avec la dame.Ce fut l\u2019ancien garde-chasse qui reprit la parole.\u2014 Raymonde, dit-il, veux-tu écouter ?\u2014 Non, répondit-elle, sans faire attention qu\u2019il avait l\u2019audace de la tutoyer.\u2014 Tu m\u2019entendras, cependant, il le faut, je le veux ! \u2014 Allons donc! Vous n\u2019avez pas la prétention, je pense, de me retenir ici malgré moi ?\u2014 J\u2019ai celle de t\u2019imposer ma volonté.\u2014\tJe m\u2019en vais, et je vous défends, vous entendez, je vous défends de m arrêter.\u2014\tTu ne partiras pas! répliqua-t-il, en se plaçant résolument devant elle.\u2014\tLe misérable ! murmura-t-elle.Elle reprit à haute voix : \u2014\tAh! ça, je suis donc tombée ici dans un piège ?\u2014\tPeut-être, répondit-il en se dandinant.\u2014 Jacques, il est tard, le cocher m\u2019attend, laissez-moi partir ! \u2014\tEncore une fois, non, tu ne t\u2019en iras pas.\u2014 C\u2019est lâche ce que vous faites ! \u2014 Il m\u2019importe peu.« Résigne-toi donc et écoute-moi.Raymonde, je t\u2019aime, je t\u2019aime autant, plus peut-être qu\u2019autrefois.» \u2014 Qu\u2019est-ce que cela peut me faire 9 \u2014 Hé, hé, tu n\u2019as pas toujours dit cela ! « Rappelle-toi le beau temps où nous nous aimions; car tu m\u2019as aimé, Raymonde, tu m\u2019as aimé ! » \u2014 C\u2019est possible, mais maintenant je vous hais, vous me faites horreur ! Un éclair fauve traversa le regard de Jacques Vernier.\u2014 J\u2019en suis désolé, répondit-il froidement, mais cela ne changera absolument rien à la résolution que j\u2019ai prise.\u2014 Ah ! çà, où voulez-vous en venir ?\u2014 Intelligente comme tu Tes, Raymonde, je m\u2019étonne que tu n\u2019aies pas déjà deviné; mais je vais m'expliquer.« Ecoute-moi donc.« Il y a dix-sept ans, la fatalité nous a séparés.« Aujourd\u2019hui c\u2019est la même fatalité qui nous réunit, et pour toujours, cette fois.« Tes deux maris te repoussent, ne voulant plus de toi ; moi, je te reprends « Tu m\u2019appartenais avant d\u2019être à eux, je rentre dans mon bien.« Le jour où je t\u2019ai rencontrée, le jour où nous nous sommes donnés l\u2019un à l\u2019autre, c\u2019est un pacte que nous avons signé ; j\u2019en réclame maintenant la complète exécution.« Tu es à moi, Raymonde, et je ne veux pas qu\u2019un autre vienne encore me prendre mon bien.» Elle 1 écoutait, terrifiée, pressant sous sa main son front brûlant.\u2014 J ai presque tout l\u2019argent que tu m\u2019as donné, reprit Jacques, je te le rendrai, il nous servira.\u2014 Gardez-le, cet argent.« Puisque je vous l\u2019ai donné, il est à vous.» « D\u2019ailleurs, je comprends : tu n\u2019en as pas besoin.\u2014 Soit.« M.Joramie t\u2019a chassée, mais comme il n'est pas moins généreux que le comte de Soleure, il ne t\u2019a certainement pas laissée partir les mains vides.« Bien sûr il ne t\u2019a pas pris les bijoux que tu avais étant comtesse de Soleure et ceux que lui-même t\u2019a donnés.« Tiens, je soupçonne que tu as là, dans ce sac de voyage, une fortune.« Eh bien, nous examinerons la valeur de ton trésor et nous arrangerons notre existence et notre avenir en conséquence.« Donc, nous partirons demain.«Nous irons, où tu voudras, en Afrique, en Amérique ou en Asie, n\u2019importe où.« Le pays le plus éloigné, le plus sauvage sera charmant, et je m\u2019y trouverai bien du moment que nous y serons ensemble.s> \u2014 En vérité, Jacques, vous abusez singulièrement de ma patience.\u2014 Je ne te parle pourtant que de choses très intéressantes.\u2014 Des sottises ! Jacques Vernier se redressa et devint subitement très sombre.__Alors, Raymonde, reprit-il d\u2019une voix creuse, tu ne veux pas te laisser convaincre ?\u2014 Jamais.____Tu ne tiens aucun compte du passé ?\u2014 Je l\u2019ai oublié.\u2014 Et notre pacte ?__Vos prétentions sont insensées : répondit-elle en haussant les épaules.__Elles sont ce qu\u2019elles sont; mais je les garde toutes, toutes, tu entends, Raymonde ?Tu m\u2019appartiens, tu dois revenir à moi.\u2014 Jamais! Jamais! \u2014 Raymonde, prends garde ! \u2014 Vous me menacez ?\u2014 Oui.__Ah ! je suis trop bonne, vraiment, de perdre ainsi mon temps à vous écouter ! s\u2019écria-t-elle.Une fois encore elle voulut gagner la porte.Il l\u2019arrêta de nouveau.\u2014 Je te l\u2019ai dit et je te le répète, prononça-t-il d\u2019une voix sifflante, tu ne t\u2019en iras pas.« Tu ne sortiras d\u2019ici que demain, et avec moi.«Mais nous avons assez causé, tout est dit.« Raymonde, oui ou non, partirons-nous ensemble ?» \u2014 Non, non ! Les yeux de Jacques Vernier lancèrent des flammes sombres; ses traits se contractèrent affreusement et un frémissement courut dans tous ses membres.\u2014 Je t\u2019aime et je te veux ! s\u2019écria-t-il d\u2019un ton farouche.\u2014 Jamais ! \u2014 Raymonde, je ne t\u2019inspire donc plus rien ?\u2014 Plus rien que de l\u2019horreur et du dégoût ! \u2014 Eh bien, ça m\u2019est égal; je t\u2019aime, moi, je te veux et, de gré ou de force, tu seras à moi ! « Et ce n\u2019est pas demain, ce n\u2019est pas dans une heure, c\u2019est tout de suite.» Il bondit sur elle comme une bête fauve sur une proie et l\u2019enlaça de ses bras.\u2014 A moi, au secours ! appela-t-elle épouvantée.-\u2014Va, tu peux crier tant que tu voudras, dit-il d\u2019un ton sardonique; on t\u2019entendra peut-être, mais on ne viendra pas.Elle se débattait furieusement, essayant vainement de se dégager.Mais, lui, la serrait plus fort.Elle était comme dans un cercle de fer.\u2014 Lâche, lâche, bandit, assassin ! s\u2019écria-t-elle affolée, d\u2019une voix haletante.i! 4 If ¦jpl i»! Al ,fl V- 0 lu M fi lit 111 s* :ï Tout en cherchant à la renverser sur le canapé, il riait, le misérable; mais quel rire.C\u2019était un grincement de dents.\u2014 Tu es à moi, tu m\u2019appartiens, je *e prends ! hurlait-il, la bouche écumante.Pour mieux se défendre, Raymonde avait laissé tomber son sac.De sa main libre, elle frappa violemment Jacques Vernier au visage.Il poussa un effroyable rugissement.Elle le frappa encore à coups redoublés.Jacques Vernier n\u2019était plus un homme, mais une bête furieuse; il hurlait, écumait de rage.Ses yeux s\u2019étaient injectés de sang et son visage convulsé avait pris une expression hideuse.Et la lutte terrible continuait.Raymonde tenait bon.L\u2019horreur, le dégoût qu\u2019elle éprouvait maintenant pour cet homme décuplaient ses forces.Et elle se défendait avec d\u2019autant plus de courage et d\u2019énergie qu\u2019elle se voyait prête à triompher de son féroce adversaire.Jacques Vernier s'aperçut aussi qu'il faiblissait et qu\u2019il allait être vaincu. Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 Il y avait devant ses yeux comme un nuage rouge.Alors, il fit entendre un dernier rugissement rauque, sauvage, horrible.Il plongea sa main dans sa poitrine et la retira armée du poignard.La lame n\u2019eut qu\u2019un éclair au-dessus de la tête de Raymonde avant de la frapper \u2014 Tiens, dit l\u2019assassin.« Tu ne seras plus jamais à un autre! » Raymonde n\u2019eut que le temps de pousser un cri sourd ; aussitôt elle tomba en arrière, tout de son long.L\u2019acier l\u2019avait atteinte au coeur.Elle était morte ! Le sang coulait à flots de la blessure.Jacques Vernier, tenant son poignard, resta près de cinq minutes immobile, pâle, hébété, les yeux démesurément ouverts, fixés sur le cadavre de Raymonde.\u2014 Hein, quoi donc, fit-il, est-ce qu\u2019elle dort ?Le poignard s\u2019échappa de sa main.Il se pencha sur sa victime, la toucha et se redressa d\u2019un bond, la main rouge de sang.Un tremblement nerveux le saisit et le secoua violemment de la tète aux pieds.\u2014 Quoi donc ?répéta-t-il, quoi donc?Et, sans quitter des yeux le cadavre, il recula lentement, en se courbant, jusqu\u2019à la porte.Tout à coup des cris épouvantables, horribles se firent entendre.Jacques Vernier se redressa et tendit l\u2019oreille.\u2014 Hein, quoi donc?murmura-t-il.Les cris ou plutôt les hurlements de douleur continuaient, plus effroyables encore, mêlés à un bruit sourd de pieds frappant le parquet avec rage.Jacques Vernier ouvrit la porte et, machinalement, voulut grimper l\u2019escalier.Mais une grande flamme, au milieu d\u2019une colonne de fumée, qui s\u2019échappa d\u2019une porte et remplit l\u2019escalier, le fit reculer.Alors il s\u2019élança dans la cour, la traversa en bondissant ouvrit la porte d\u2019entrée et se trouva dans la rue.De tous côtés on criait : \u2014 Au feu ! Au feu ! Le cocher qui attendait Raymonde avait donné l\u2019alarme.Jacques Vernier regarda.Le premier étage de la maison était en feu.Déjà l\u2019on voyait des flammes et de la fumée s\u2019échapper par les lucarnes du grenier.Cinq ou six hommes, les premiers prévenus, accouraient.Jacques Vernier se plaça devant eux, comme pour les empêcher d\u2019entrer, et se mit a gesticuler et à sauter, en criant : \u2014 Quoi donc, quoi donc, quoi donc ?\u2014 C\u2019est un fou, dit un des hommes en le repoussant.Et comme pour donner immédiatement raison à celui qui le traitait de fou.Jacques Vernier, continuant à gesticuler de plus belle, se mit à rire aux éclats.\u2014 Mais voyez donc sa main, dit-on.\u2014 Elle est rouge.\u2014 C\u2019est du sang ! \u2014 Quoi donc, quoi donc ?reprenait Jacques Vernier.Et il se remettait à rire, d\u2019un rire strident, saccadé, convulsif.Manifestation étrange de la justice divine.Jacques Vernier venait d\u2019être frappé de folie.Mais le meurtrier échappait ainsi à la justice des hommes, à une condamnation certaine aux travaux forcés à perpétuité, peut-être à la peine capitale.Sur l\u2019ordre de leur chef, deux gardiens de la paix saisirent le fou.Alors, il eut un accès de folie furieuse et, tout en frappant à tort et à travers, à coups de pied, à coups de poing, il poussait des hurlements de bête féroce.Il fallut que plusieurs hommes se jetassent sur lui pour le terrasser et on fut obligé de le garrotter pour le transporter au poste.Pendant ce temps, on était entré dans la maison incendiée, dont le rez-de-chaussée seul n\u2019était pas encore at teint par les flammes.Pendant que les plus hardis et les plus courageux renonçaient, après plusieurs tentatives dangereuses et inutiles, à monter au premier, d\u2019autres trouvaient le cadavre de Raymonde Du-chemin, baignant dans une mare de sang.Un agent de police trouva le poignard de l\u2019assassin.Alors il n\u2019y eut qu\u2019un cri : \u2014 C\u2019est le fou qui a assassiné cette femme ! Une voix dit : \u2014 Nous sommes dans la maison du crime ! Un ouvrier avait ramassé le sac de cuir.L\u2019ayant ouvert, il ne put retenir une exclamation de surprise à la vue-des bijoux et des valeurs qu\u2019il contenait.\u2014 Regardez, regardez ! cria-t-il.On l\u2019entoura.Un commissaire de police venait d\u2019arriver.Il n\u2019eut pas de peine à deviner que le sac appartenait à la femme assassinée.\u2014 Prenez ce sac, je vous le confie, dit-il à un officier de paix.Puis il ordonna que le cadavre fût immédiatement transporté au poste de secours aux blessés.Cependant, deux pompes étaient arrivées et s\u2019étaient mises aussitôt à inonder le foyer de l\u2019incendie.En moins d\u2019une heure, le feu fut complètement éteint.Le jour venu, quand les pompiers pénétèrent au milieu des décombres, ils trouvèrent deux cadavres, celui d\u2019un homme et celui d\u2019une femme, presque entièrement carbonisés, et qu\u2019il eût été impossible de reconnaître, car les visages, brûlés comme le reste, n\u2019avaient plus aucune forme.On trouva également, dans les cen -dres du brasier éteint, une lampe de porcelaine brisée qui parut avoir contenu du pétrole.Disons ce qui s\u2019était passé entre la Tamirel et François Morel pendant la scène tragique qui avait eu lieu au rez-de-chaussée.Us jouaient.Morel ayant gagné deux parties de suite, la Tamirel s\u2019emporta et accusa Morel d\u2019avoir triché.Une discussion s\u2019engagea et devint bientôt une véritable querelle.Tous deux étaient ivres.Tout à coup, devenue furieuse, la Tamirel se dressa sur ses jambes chancelantes et se pencha sur la table pour frapper Morel au visage.Son bras rencontra la lampe, qui se cassa en tombant sur le parquet.Le pétrole répandu s\u2019enflamma et, instantanément, les deux joueurs furent enveloppés de flammes.Ils poussèrent des cris de détresse, des hurlements de douleur et se précipitèrent vers le lit, espérant sans doute étouffer les flammes en se roulant sur les couvertures.Mais le feu prit aux rideaux de percale, se communiqua rapidement à la paillasse et, en un clin d\u2019oeil, la chambre tout entière fut remplie de flammes et de fumée.Si Morel et la Tamirel n\u2019eussent pas été ivres, peut-être auraient-ils pu alors, gagner l\u2019escalier; mais, aveuglés par le feu, suffoqués par la fumée, ils s\u2019affaissèrent sur le parquet et ne parvinrent pas à se relever.C\u2019est ainsi que le père de Lucien et la mère de Laurence avaient été brûlés vifs.Châtiment épouvantable ! Les restes des deux complices de Jacques Vernier furent recueillis dans deux cercueils et transportés à la Morgue, en attendant que leur identité pût être établie par suite de l\u2019enquête ouverte au sujet des dramatiques événements de la nuit.Cependant, grâce au carnet de chèques et à un petit portefeuille aux initiales C.J., que la victime portait sur elle, et dans lequel on trouva deux lettres et des cartes de visite, on reconnut Mme Joramie.M.Joramie fut averti en toute hâte et il arriva bientôt, accompagné de M Bertrand de l\u2019Oseraie.L\u2019intervention du juge d\u2019instruction dans ce sombre drame était plus que nécessaire.Il y eut un entretien secret avec le commissaire de police, après quoi le juge d\u2019instruction déclara, devant toutes les personnes présentes, que le fou arrêté dans la nuit était un forçat libéré appelé Jacques Vernier; qu\u2019il était le locataire de la maison incendiée et que c\u2019était lui, comme on l\u2019avait deviné, qui avait assassiné Mme Joramie après l\u2019avoir attirée dans un piège, sous un prétexte quelconque.On comprit alors que l\u2019assassin avait dû être frappé d\u2019aliénation mentale immédiatement après son crime accompli.M.Bertrand de l\u2019Oseraie déclara, en outre, que les deux cadavres à moitié carbonisés trouvés dans les décombres étaient ceux de François Morel, un re pris de justice, et de Euphrosine Pé-chinet, veuve Tamirel, concubine de Jacques Vernier.Sur ces données, le commissaire de police rédigea le rapport de son enquête.On omit, avec intention, de parler du sac de voyage trouvé sur le lieu du crime.On l\u2019avait remis à M.Joramie, mais celui-ci l\u2019avait rendu au commissaire de police en disant : \u2014 J\u2019abandonne tout ce qu\u2019il contient aux pauvres de la ville de Paris.« Vous ferez vendre les bijoux, et la somme sera distribuée par les soins de l\u2019autorité, comme il lui paraîtra convenable.» Dans la journée, Jacques Vernier fut conduit à Sainte-Anne, où Ton dût lui mettre la camisole de force et l\u2019enfer mer dans un cabanon.Le lendemain, les cadavres de François Morel et de la Tamirel furent inhumés au cimetière d\u2019Ivry.M.Joramie avait fait transporter le corps de sa femme à l\u2019hôtel Joramie.Raymonde Duchemin eut de magnifiques funérailles.Une foule émue et recueillie l\u2019accompagna à sa dernière demeure.Son éloge était dans toutes les bouches.\u2014 Mourir ainsi et si jeune, disait-on; quel malheur ! \u2014 Un coup de foudre pour ce pauvre M.Joramie ! \u2014 C\u2019est horrible ! \u2014 Une jeune femme si belle, si spirituelle, si parfaite en tout, qui rendait tant de services, qui faisait tant de bien ! -\u2014 C\u2019est sa trop grande bonté qui a causé sa perte.« Vous savez comment elle a trouvé la mort : sous le prétexte d\u2019une bonne oeuvre à faire, elle a été attirée, la nuit, dans une maison isolée du quartier Saint-Marcel-; et là, pour lui voler ses bijoux et l\u2019argent qu\u2019elle avait sur elle, un scélérat ,qui est devenu fou.paraît-il, Ta lâchement assassinée ! i> \u2014 Pauvre Mme Joramie! [ La fin au prochain numéro ] 37 COMMENT METTRE FIN AUX Appliquez simplement Blue-Jay.Il contient de la Nupercaïne* qui endort la douleur pendant que sa médication douce amollit et détache la pointe du cor.Bientôt vous pouvez le soulever.Essayez Blue-Jay aujourd\u2019hui! Division de la Kendall Company (Canada) Limited Toronto, Ontario.\u2022 \u2022Déposée au Canada Dibucaine Marque Ciba A MriHiNiifjaai «Kk'Æ , ms»'* LAC B A U E DORMEZ - néveitlej- vouo tout yuMenet Si vous dormez mal\u2014 si vous avez le sommeil agité\u2014songez à vos reins.S\u2019ils sont détraqués et ne débarrassent pas le sang des toxines et de l\u2019excès d\u2019acidité\u2014votre repos en souffre.Prenez des Pilules Dodd\u2019s pour les Reins.Dodd\u2019s aident les reins à chasser les toxines et acides nuisibles\u2014 aident à les remettre en bon état.Vous vous reposez mieux la nuit\u2014vous vous sentez mieux le matin.\t145-F Pilules Dodds reins La fin d\u2019un malaise: celui des FAUSSES DENTS désajustées N\u2019endurez pas plus longtemps l\u2019ennui et le malaise causés par des fausses dents désajustées et leur manque de fixité.FASTEETH, une poudre alcaline (non acide) améliorée qui, lorsque saupoudrée sur le dentier, le tient plus fermement en place et avec confort.Fraiche et adoucissante pour les gencives endolories par un excès d\u2019acidité dans la bouche.Mettez fin aux embarras causés par des fausses dents désajustées.Procurez-vous FASTEETH aujourd\u2019hui même dans n\u2019importe quelle pharmacie.SI vous avez aux alentours de Montréal .» PROPRIETE, TERRE OU TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR 9363\t7662, rue St-Denis, Montré.' 38 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 P Scellée 4, !/ùle SALADA\" Pourquoi ils s\u2019imposent V %Wj$- LE SAMEDI - IA REVUE POPULAIRE - LE FILM sont trois magazines spécialement rédigés et publiés à votre intention.Dans leur élaboration, un personnel de rédaction expérimenté tient minutieusement compte de vos goûts et préférences.En plus des ouvrages de fiction, vous y trouvez, en abondance, des articles illustrés traitant de tout ce qui intéresse le lecteur qui veut se tenir à la page.N\u2019hésitez donc plus, si vous désirez faire un cadeau qui soit apprécié, souscrivez un abonnement à LA REVUE POPULAIRE, LE SAMEDI et LE FILM.Vous frapperez dune pierre trois coups et vous n\u2019aurez qu\u2019à vous féliciter d\u2019avoir procuré à quelqu\u2019un une si grande joie qui vous aura coûté si peu ! LE SAMEDI LO revue POPULAIRE Coupon d'abonnement LE FILM I iTîv^\t^TTlII Ci-ioint $5.50 (Canado seulement) pour un abonnement d'un on aux TROIS grands magazines: LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.O IMPORTANT : \u2014 Indiquez d'une croix s'il s'agit d'un renouvellement.Nom.Adresse.Ville.Province.POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE MONTREAL 1», P.Q.L'ILE AUX PERLES NOIRES [ Suite à la page 29 ] \u2014 Le soir où tu étais descendu à terre avec ton second, je me trouvais sur le pont de mon navire.Quand je constatai que vous demeuriez plusieurs heures à terre, j\u2019eus l\u2019impression qu\u2019il ne pouvait s\u2019agir que du trésor de John Wicklum.Je décidai de découvrir ce que vous aviez fait durant si longtemps et dès le lendemain, je quittai le Faucon, avec mon matelot.« La trace de vos pas était encore visible sur le sol.Cette piste me mena tout naturellement au fourré qui commençait près du baobab.Mais il était manifeste que votre premier voyage à terre n\u2019avait eu pour but que la reconnaissance du terrain et je supposai que vous reviendriez le soir même pour vous livrer à quelque besogne, dont le résultat serait la possession des perles.« Cette pensée suscita en moi le désir de trouver endroit pour m\u2019y embusquer et guetter sans être surpris.Je ne pou -vais faire un meilleur choix que les branches énormes du baobab.Bien installé là-haut, je pourrais assister à toutes vos allées et venues sans que jamais vous vînt la pensée qu\u2019un homme vous épiait au-dessus de vous.\u2014 En effet.murmura Yves.C\u2019était fort bien raisonné.\u2014 Je me mis donc en devoir d\u2019escalader l\u2019arbre pour préparer ma cachett; du soir.Et ce fut alors que je donnai, tout à fait par hasard, \u2014 je l\u2019avoue sans détour \u2014 un coup de pied qui eut pour effet de décaler un morceau d\u2019écorce.Sentant une cavité, j\u2019eus la curiosité de l\u2019examiner.Le premier mouvement instinctif de chacun est de fouiller.Je fouillai donc, et quelle ne fut pas ma stupéfaction de ramener quelque chose dans le poing fermé.J\u2019avais trouvé le secret de la cachette de John Wicklum.Le navire continuait à filer sur les grandes vagues vertes.Bientôt Ran-giora.Yves Berthier éprouvait une émotion très douce en pensant à Tsi taé à qui il apportait une fortune.Quant à Marius et à Rangsoe.malgré leurs protestations, ils avaient du accepter que la bourse fût divisée en trois parts égales.Yves était un honnête homme jusqu\u2019au bout.Henfy-Musnik 1 l S LA REGION AGRONOMIQUE DE SHERBROOKE [ Suite de la page 6 ] nombre était d\u2019origine écossaise.Les goûts et les aptitudes de ceux-ci expliquent ce genre d\u2019exploitation.Par ailleurs, comme il n\u2019y avait au début aucune fabrique laitière et que les facilités de communication étaient des plus rudimentaires, l\u2019élevage bovin du type de boucherie et celui du mouton étaient les seuls à convenir aux conditions locales, alors que bien des fermes en exploitation mesuraient jusqu\u2019à 800 acres.Il fallait donc sur celles-ci un produit de transport plutôt facile.Dans toute cette région, l\u2019industrie laitière est actuellement en grande vogue, surtout aux environs de Sherbrooke, Coaticook, Hatley, Stanstead, Melbourne et Shipton.Il faut dire que les facilités de communications, la multiplicité croissante des marchés locaux, la main-d\u2019oeuvre de plus en plus abondante avec la venue des cultivateurs de langue française ont orienté décidément vers l\u2019industrie laitière l\u2019élevage original des bovins de boucherie.La région compte maintenant 53 beurreries et fromageries qui transfor- i ment au delà de 7,500,000 livres de ï gras.La compagnie de lait condensé Carnation, à Sherbrooke manipule jusqu\u2019à 530,000 livres de lait par jour.Une fabrique produit de la poudre de lait entier, à Danville ; une autre, de : la poudre de lait écrémé, à La Patrie.; A cette production laitière et bovine, il faut ajouter celles du porc, de l\u2019aviculture et des moutons.Pour plusieurs cultivateurs, la production sucrière, celles des pommes de terre et autres produits mara\u2019chers sont des récoltes-argent intéressantes.Tous ces produits trouvent de bons débouchés dans les centres urbains de la région ; le surplus étant expédié à Montréal.Par suite de la proximité des Etats-Unis, les éleveurs de troupeaux bovins y vendent souvent leurs animaux avec avantage \u2014 si bien que pareilles facilités déciment certains troupeaux.EN U.R.S.S.[ Suite de la page 4 ] en pleine évolution.En d\u2019autres termes, ¦ a Russie aspire violemment à un rôle qu elle ne peut pas tenir.La force arbitraire \u2014 même si elle n\u2019est pas frelatée \u2014 ne peut, en définitive, primer le droit.Des siècles d\u2019histoire nous l\u2019ont enseigné et l\u2019histoire, malgré toutes les théories les plus audacieuses, demeure le réservoir des possibilités.Reconnaissons que l\u2019industrie, en U.R.S.S.est en progrès, mais rappelons au Kremlin ce que le Reichtag a chèrement payé pour apprendre : qu\u2019il y a loin de la coupe aux lèvres dans la grande chimère de la domination mondiale.FINIS LES BEAUX JOURS f Suite de la page 7 ] s\u2019il devait renoncer à tout jamais à ses patins et à ses skis.Ces propos ne sont ni badins, ni enfantins car les enfants sont faits à la mesure de l\u2019homme, et l\u2019homme lui-même, avec ses faux airs de philosophe, est resté enfant, vous le savez bien puisque vous venez de lire ces réflexions jusqu au bout en vous rappelant que, vous aussi, vous avez été enfant.Oui, vraiment, les beaux jours d\u2019une saison tirent a leur fin, mais les enfants n\u2019en sont pas plus tristes pour tout ça, pas plus que les vieillards ne sont moroses parce que, pour eux, la saison de la vie s\u2019achève.Et s\u2019il n\u2019en était pas ainsi, on peut bien se demander si la vie vaudrait d\u2019être vécue ! Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 39 m mtimz (C'EST LE MOMENT.'.TOUS LES TUMEURS SORT PERDUS DAMS LEUR ME F/OU S - MOUS DES EFFETS DE LA DROGUE.' NOUS DEVONS COU SE RUE R TOUT NOTRE SAT1Û -FROID!.DETECTIVE ET SOU AM/ FEUE TREU T DAMS L A UTRE DELA DR06UE O PARLEZ FOUR VOUS.MOT, U At QUELQUE PEU L HABtTU MJ jijL Vk IR HAUT LES MAINS $ : LES DEUX HOMMES.DECIDES A EU FtUtR avec le 'Dragon jaune\".ê teuteutde ft g r\t-&3DU VEUE Z- VOIR, H OU FAN G.Il linfrit UNE TRAPPE.'.JEU ETA IS SUR.IL Y A UN PASSAGE SECRET .\u2019.LA FUMERIE DOIT COMMUNIQUER AVEC LE TEMPLE DU \"DRAGON JAUNE\" (f LES DEUX HÉROS S'AVANCENT VERS L INCO N H U.MA /S-QU 'ES T DE MENU le corps de Rose -Amande?.CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 No 14 40 Le Samedi, Montréal, 11 septembre 1948 Scénario de Jacques François Dessins de R.CAZANAVE PAftr O'UH S*U/S THE ECLAT oe ff/pp.lt TE COMPRENDS JEUNE TOU «TE REAU~MAI&,PUl$ limfyy.î.j t'À \"The Humante of ~ % Nickel\", (en anglais ' utilement) un livret dr (il! pages avec nombreuses illuilra\u2022 Hum, tera envoyé grain sur demande, à toute personne intéressée.THE INTERNATIONAL NICKEL COMPANY 0F CANADA, LIMITED, 25 KING Comment la protection des aliments crée du travail pour les Canadiens "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.