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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 30 avril 1949
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1949-04, Collections de BAnQ.

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[" DIX CENTS 60e année, No 50 Montréal, 30 avril, 1949 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DANS CE NUMERO LES GRECS EN CORSE UN PENITENCIER D\u2019ENFANTS BEAUCE ET FRONTENAC Roman policier % L'HOMME DE FRESNE Par HENRY-MUSNIK ¦ Le Samedi, Montréal, 30 avril 1949 ^obilotf UN PRODUIT SOCONY-VACUUM Fait par les S°t°*v*CUUM0llC0.0FC*NAt' fabricants des lubrifiants indus- lubrifiants de marine Gargoyle.OBILOL aide à garder C\u2019est parce que la Mobiloil est une huile qui nettoie tout en lubrifiant.La pellicule résistante, qui protège les pièces mobiles et en prolonge la durée, possède en outre des propriétés détergentes spéciales qui aident à débarrasser les moteurs des dépôts susceptibles de gaspiller l\u2019huile et carburant, de faire perdre une partie de l\u2019énergie et d\u2019occasionner de coûteuses réparations.C\u2019est pour ces raisons qu\u2019un moteur lubrifié avec la Mobiloil est plus propre, donne un rendement plus souple et est plus économique! EN VENTE PARTOUT PAR L\u2019IMPERIAL OIL (iMPERIAU ET LES PRINCIPAUX POSTES DE SERVICE POUR LIRE EN TRAM L\u2019ACTUALITE fl TRAVERS LE MONDE Dans la production de films documentaires comme dans la préparation H\u2019nn tournai il faut nécessairement tenir compte des grands événements d\"lité qui agitent l'opinion publique ne serait-ce que pour mieux renseigner celui-ci avec le plus d'exactitude possible ! Or, depuis dix ans ou\u2019il exfste l\u2019Office national du film s'est efforce de se tenir aussi a date q\t-cihlp Hans le domaine de l\u2019information et parmi les primeurs - que possibl ^ ]>on compte à son crédit, on pourrait citer les suivantes -\"en décembre 1941, quelques jours avant le bombardement de Pearl Harbor on réalisait Menace sur le Pacifique, un documentaire sur la puissance agressive du Japon; en juin 1943 peu de temps avant la chute de l\u2019empire italien, on réalisait Aux portes de Vltahe, un film de la sene Le Monde en Action, sur les possibilités de retour de ce pays parmi les nations alliées' en juin 1944, 48 heures après le debarquement des troupes alliées en Normandie on présentait le documentaire L\u2019Heure H Et ce que 1 Office national du film a fait en temps de guerre, il le fait en temps de paix, puisque le 31 mars dernier, à l'heure meme ou 1 entree de Terre-Neuve dans la Confédération devenait chose officielle, on distribua dans tous les cinémas d'un coin à l\u2019autre du pays un long métrage intitule Terre-Neuve, et qui est une sorte de ciné-reportage sur la dixième province canadienne, ses ressources, ses moeurs et ses habitants.CINEASTES A L\u2019AIDE DES AFRICAINS Dix jeunes techniciens ont quitté l'Angleterre pour l\u2019Afrique, le mois dernier, afin d\u2019enseigner leur art aux Africains.\t.Choisis à cause de leurs aptitudes en sociologie, anthropologie et psychologie, ils s\u2019occuperont particulièrement\tde millions\td\tAfricains\tqui\tn ont iamais vu un film.\t.\t,\t,,\t,\t\u2022 .Les gouvernements intéressés leur\tindiqueront\ta\t1 avance\tles\tsujets d\u2019ordre éducatif, technique, médical ou social qu\u2019ils veulent presenter a la population, et les techniciens détermineront, de concert avec les Africains eux-mêmes, la meilleure façon de présenter ces sujets.Par la suite, ils enseigneront aux Africains à faire ces films eux memes, mais ce ne sera pas avant longtemps.L\u2019Angleterre affecte $80,000 par année à cette entreprise, en vertu de la loi sur la mise en valeur et le bien-être des colonies Parmi les membres de l'équipe, on remarque Geoffrey Innés, auteur d\u2019un film d\u2019une heure sur la paralysie infantile à l\u2019intention des médecins et qui a obtenu une médaille d'argent au Festival international de Venise.Homish Laurie, photographe et scénariste, Norman Spurr, qui a été direc-teur du service cinématographique du gouvernement nigérien et J.-W.Hewitson, maintenant employé à l\u2019Unité coloniale du film dans le Kenya.PRESSE D\u2019IMPRIMERIE D'UN NOUVEAU MODELE Une grande presse d\u2019imprimerie, d'une centaine de pieds de long, dune hauteur d\u2019environ 25 pieds, en deux étages et pesant 200 tonnes, conçue et construite par des ingénieurs suédois, a été récemment mise en service aux imprimeries de Rotogravyr, une des maisons d\u2019impression les plus importantes de Stockholm, où elle attire l'attention des techniciens par les nombreuses caractéristiques nouvelles qu elle comporte.Dix châssis, trois plieuses automatiques et quatre dispositifs de deroulement permettent l\u2019impression simultanée de trois journaux différents, pai exemple, trois de 32 pages ou deux de 64 pages et un de 32 pages, avec des possibilités d'impression en couleurs en proportion.Chaque châssis est équipé d\u2019un cylindre sécheur spécial en cuivre, chauffé électriquement et dont la vitesse est réglable automatiquement tandis qu\u2019il est en mouvement, ce qui est d\u2019une grande importance quand l\u2019encre tend à poisser.Le processus d\u2019impression tout entier peut être dirige au moyen des boutons de commande de trois tableaux de contrôle, sui lesquels des lampes indicatrices montrent, par exemple, le moment de changer les bobines de papier.Lorsqu'elles fonctionnent, les presses sont enfermees dans des rideaux qui empêchent la fuite des gaz hautement volatiles e l\u2019encre dans la chambre.Des ventilateurs spéciaux chassent ces gaz et air de séchage dans un tube collecteur qui conduit à un appareil récupéiateui où de 85 à 90'/< des solvants dont l\u2019encre est formée sont récupérés.La valeur des composants de l\u2019encre ainsi recouvrés peut s élever jusqu a .couronnes au cours d'un seul grand tirage.Les cylindres de la presse sont insérés dans la machine par des chano s à moteur spéciaux.Les rouleaux encreurs, en partie plongés dans le recipient, sont pourvus d\u2019ébarboirs minces d'acier d\u2019un nouveau modèle qui peuvent être ajustés avec une extrême précision.Les fabricants, A.B.Hedemora Verkstader, à Hedemora, ont reçu d a-cheteurs étrangers la commande de deux presses de ce type et on compte sur de nouveaux ordres venant des marchés étrangers en raison de 1 m e rêt suscité par les progrès que réalise cette presse d\u2019imprimerie.NOTRE COUVERTURE Une association de photographes américains nient de classer Ingrid Beigman au nombre des femmes dont le visage est le plus \"exciting .C est un nutie laurier ajouté à la couronne déjà lourde des sucés de cette grande actrice norvégienne.Qui n'a pu, en effet, admirer son talent et sa versatilité extraordinaires qui en ont fait l\u2019interprète parfaite des films comme \u201cNotorious , \u201cGentleman\u2019s Agreement\u201d et tout dernièrement, la super-production en couleurs \u201cJoan of Arc\u201d?C\u2019est une étoile que le firmament ne verra pas briller d\u2019ici quelques mois puisqu'elle tourne actuellement en Italie.Photo R.K- °' LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 40e année, No 50 \u2014 Montréal, 30 avril 1949 EDITORIAL Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire D\u2019UN SAMEDI À L\u2019AUTRE 3 Le Film i 975-985.RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 T é I : PLateau 9638 * FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires JEAN CHAUVIN * Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine ((Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-JérAme, Joliette et les environs.) \u2022 ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières ( Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de ta deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.\u2022 Catered at the Post Office at St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un\tan\t\t- $3.50 Six\tmois\t\t- 2.00 \tETATS-UNIS\t Un\tan\t\t- $5.00 Six\tmois\t\t\u2022\t2.50 AU NUMERO : 10 cents \u2022 HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 4.45 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.Si Cartier revenait Quand, d'après les déclarations mensongères d'un guide indien, Jacques Cartier explora le royaume de Saguenay, sa déception fut grande de n'avoir pu trouver le fameux \"passage\u201d qui devait le conduire au pays merveilleux des épices et des oiseaux multicolores.Déçu de n'avoir pas rencontré le grand Khan en personne, il ramassa, en guise de consolation, quelques extraits de brillant minerai \u2014 \"Sait-on jamais\", dût-il se dire ! \u2014 dont, par la suite, on fit des gorges chaudes à la cour de François le \"tout François\".On se souvient : \"Faux comme l'or du Canada\".Or, à la lumière des importantes découvertes faites il y a quelque temps dans l'Ungava-Labrador, on serait tenté, par association d'idées, de voir le grand navigateur malouin dans la fable du laboureur et de ses fils.C'était non seulement le fonds qui manquait le moins, mais aussi, et surtout, le sous-sol avec d'immenses richesses.Après tout, le guide indien, dans toute son ignorance, disait infiniment plus vrai qu'il ne pensait, mais il a fallu quatre siècles et de prodigieux essors de la science appliquée pour lui donner raison.On aime aussi à imaginer quelle tête feraient la Pompadour, les marquis poudrés de l'époque et même le si intelligent M.de Voltaire, si on pouvait leur apprendre que les opérations minières de l'Ungava signifieront 10 millions de tonnes de minerai par année au début et 40 millions, éventuellement.Jean Talon qui avait la foi, lui, s exclamerait bien : \"Je vous l\u2019avais dit ! en considérant que dès cet été, on doit commencer la construction d'un chemin de fer long de 360 milles qui reliera les gisements de minerai à la ville des Sept-Iles, sur le golf Saint-Laurent.Pour ce qui est d'André-Marie Ampère, qui ne s'est probablement jamais soucié du Canada, il ne fait pas de doute que l'aspect hydro-électrique de ce développement minier de l'Ungava lui ferait tourner les yeux de ce côté-ci de la grande mare.C'est que.le parlement de la province de Québec travaille à faciliter la construction de grandes usines génératrices au coût de $35,000,000 à Eaton-Canyon-Falls, à 90 milles au nord de Burnt-Creek, soit le centre de toute l'activité minière en question.Pour revenir à Jacques Cartier qui a consacré toute sa vie à la mer.on peut dire que ce développement minier comporte un aspect qui retiendrait particulièrement son attention puisqu une autre perspective, c'est la destinée de la paisible ville des Sept-Iles qui deviendrait d'ici quelques années un port de mer à eau profonde, ouvert d'un bout à 1 autre de l'année.Un autre qui se réjouirait bien de cette grande entreprise, c'est Sir Wilfrid Laurier qui n'avait pas dit tout à fait faux en déclarant que \"Le XXe siècle serait le siècle du Canada.\" Il a sans doute exagéré dans son enthousiasme bien légitime, mais rien n'empêche que les événements commencent à estomper le sourire des marquis de son temps, car de tout temps, il y eut des marquis qui ne pouvaient que sourire.Et la moitié de ce siècle n'est pas encore écoulée.Qui vivra verra ! En attendant, on en a beaucoup vu depuis vingt-cinq ans, et tout indique qu'on en verra plein la vue^ dans ce royaume de Saguenay qui avait tant hanté l'imagination de Cartier, malgré qu'il n'y découvrit ni épices, ni villes pavées d'or.\tG.D.He tuons pas la poule.La manne du tourisme débordera bientôt chez nous.Dans un mois, à compter de cette date et même avant, des voitures aux plaques multicolores sillonneront routes, villes et villages du Québec.A l'avance, hôteliers, aubergistes, restaurateurs, garagistes, boutiquiers se frottent les mains en tournant les yeux du côté de la ligne quarante-cinquième.Du pays de l'Oncle Sam, comme des neuf autres provinces de notre Dominion, des gens avides de nouveau, c'est-à-dire de quelque chose de différent de leur \"déjà vu , viendront chez nous en quête d'impressions, de quaintness, comme ils disent.Tout cela est bien, tout cela est beau, mais en attendant, il n'est pas inopportun de nous demander si on se prépare convenablement pour ne pas les décevoir.Peut-on affirmer que chaque intéressé comprend intelligemment le côté affaires que signifie pour lui, cette joyeuse, pacifique et lucrative invasion ?Ceux qui voyagent chez nous et qui observent un tant soit peu peuvent en douter, et on nous pardonnera certainement d'en préciser la principale raison sans détour.A Québec et dans la région, soit au coeur même de notre industrie touristique, ce n'est pas sans un étonnement mêlé d'amertume qu'on constate les lents mais sûrs outrages infligés à la physionomie canadienne-fran-çaise de notre province qui, en l'occurrence et comme chacun sait, est notre poule aux oeufs d'or.Tous ces noms comme ceux de Sunshine Tourist Rooms, Golden Canary Restaurant, White Star Ice Cream Parlor, Orleans Tourist Shop, Old Valley Inn.etc., etc., apparaissent comme autant de verrues sur un visage par ailleurs sympathique que le touriste lui-même, et le premier, regrette de voir ainsi défiguré.En remontant la vallée du Saint-Laurent, le voyageur note une aggravation.Montréal, qu'on nomme pompeusement la deuxième ville française du monde, prend graduellement l'aspect anonyme d'une de ces grandes villes du Middle-West américain.Observons en passant un cas parmi tant d'autres : dans un restaurant italien où l'on y fait bonne chère à l'abri du \"coup de fusil\", où la clientèle et le personnel parlent couramment le français, le menu est rédigé en anglais.Pourquoi?On serait bien en peine de le dire, mais ce qui est certain, c'est que, inconsidérément, on jette une note dissonante dans une atmosphère qu'on chercherait en vain à Toronto ou à Halifax.Même symptôme inquiétant dans nos Laurenti-des si fréquentées.Pour notre part, nous avons vu, au nord de Montréal, un coin charmant avec une hôtellerie joliment appelée Auberge du Coteau et qu'on a rebaptisée du nom de, disons St.Canut Lodge.On voit bien là, par cet exemple, une sorte de désir inconscient de s'américaniser à l'encontre du sens commun, sinon de l'intérêt bien compris.Ce rôle d'hôtes qui, pour notre très grand avantage, nous échoit à cause des circonstances historiques et en raison de notre position géographique, requiert donc un sens de psychologie que nous devrions cultiver avec méthode.Le premier publiciste américain venu nous dirait carrément que le point essentiel consiste non pas à nous donner une figure d'emprunt mais, bien au contraire, à souligner avec goût, avec art, nos caractéristiques propres.C'es la simplicité même.En d'autres termes, il ne s'agit pas d'américaniser, mais de refranciser, et même de franciser tout court, et ici comme en tant d'autres choses, ce doit d'abord être l'initiative de chacun.On conçoit, par ailleurs, que l'individu, en cette importante matière, s'attende à recevoir des directives éclairées et, à cet égard, il convient de rappeler que l'Office provincial du tourisme, la Société Saint-Jean-Baptiste et autres groupements poursuivent en ce sens un excellent travail et qu'ils sont à la disposition des intéressés.Que chacun nettoie son devant de porte et toute la rue sera propre, dit le proverbe.Le même sens s'applique ici : que chacun voie à la conservation du visage français de la province et notre industrie touristique n'en profitera que davantage.La routine, l'à peu près, le snobisme conscient ou non de l'américanisation sont des moyens assurés de faire machine arrière.Cela revient à dire aussi que, sans le vouloir, on consentirait à tuer cette poule aux oeufs d'or qu'est notre tourisme.Il est encore temps d'y penser, pour cet été et tous le* étés à venir.\tG.St-O. 4 Le Samedi, Montréal, 30 avril 1949 Ik -r «-.»» 'js s % I* ,,» ¦ ; - ,/â T?7** L \u2022III BRI * 4 a Ci-contre, cérémonie du baptême à l'église grecque.Le néophyte qui a pleinement commence de ce qui se passe n\u2019a pas du tout l\u2019air rassuré.\u2014 Extrême droite, on voit ici le Père Chapet.Savoyard d\u2019origine et pope de l\u2019église orthodoxe de Carghèse dans un décor qu'à première vue.on prendrait pour grec.POINT DE RENCONTRE Les derniers Grecs sont-ils en Corse?Par JEAN FINOIS (Exclusif au \u2019\u2019SAMEDI\u2019\u2019) A Carghèse, petit village de Corse, le visiteur est frappé de la dualité ethnique d\u2019une population qui s\u2019entend on ne peut mieux.C\u2019est, en quelque sorte, une petite synthèse du monde latin et du monde grec remplie du plus haut intérêt.QUAND j\u2019ai quitté Ajaccio pour prendre la route de Calvi, je me proposais d'admirer la côte occidentale de la Corse, le golfe de Porto illuminé de soleil et les calanques de Piana rougeoyantes en plein midi.Je suis tombé sur Carghèse à l'improviste, et j'ai eu le coup de foudre.Je vous assure que cette cité en vaut la peine.Elle est bâtie en amphithéâtre, à cent vingt-cinq pieds, au-dessus du niveau de la mer, au pied d'une petite montagne.Non loin de là, \"le fleuve\" Liamone se prélasse paresseusement dans la campagne, avant de se décider à se jeter dans la mer, au nord du golfe de Sagone.L'agglomération de Carghèse est riche, propre, coquette.Elle a d'ailleurs obtenu \"le prix du village modèle\".Une grande plaque de pierre, bien exposée aux yeux du passant, ne lui laisse pas ignorer cette distinction honorifique, aussi flatteuse pour la cité que glorieuse pour ses habitants.Contrairement à beaucoup d'autres bourgades corses, Carghèse n'ignore aucun des bienfaits confortables de la civilisation contemporaine.C'est pourtant dans ce bourg \"avancé\" que j'ai retrouvé l'antiquité la plus véritable.Car le village moderne se double d'une cité antique.J'ai d'abord remarqué que les gens du pays, moins gesticulateurs que la moyenne des Corses, avaient des gestes mesurés, d'une harmonie toute particulière.Je suis entré au café et j'ai été servi par un garçon remarquablement beau.Son type attique était d'une rare pureté.Il avait un véritable profil de médaille.J'ai eu honte de lui commander un pernod bien tassé et j'ai presque failli lui demander de poser devant moi un cratère à large bord et une amphore d'hydromel.Plusieurs paysans étaient attablés non loin de moi.Ils ne parlaient pas français, mais le langage qu'ils employaient n'étaient pas le patois corse.Tout à coup, un mot frappa mon oreille : ' Thalassa\", est le plus vieux des convives, désigna la mer d'un geste sans équivoque.Pas d'erreur possible : ils parlaient grec, un grec bien déformé sans doute, bien mâtin de corse .mais encore reconnaissable.Etais-je dans le Péloponnèse?J'en étais presque à me le demander .Je me suis approché des paysans et je leur ai parlé.J'avais lu sur le Guide bleu Ci-contre, de haut en bas.scène qui pourrait s\u2019intituler: la rencontre de l\u2019Orient et de l\u2019Occident.En effet, on voit ici ensemble, devisant avec beaucoup d\u2019amabilité, le Père Chapet, pope et le Père Mattéi, curé.\u2014 Toujours dans ce même village de Carghèse, une procession orthodoxe.Au drapeau de l\u2019église, et aux Images saintes se mêlent les fusi s et la poudre typiquement corses.\u2014 Procession, encore, de l\u2019église grecque.Les enfants de choeur sont revêtus de leurs tuniques de fêtes, chatoyantes et gaies.Noter, près de l\u2019arbre, leurs petits concitoyens du rite latin qui contemplent avec une curiosité bien enfantine le déploiement de cette cérémonie haute en couleurs. Le Samedi, Montréal, 30 avril 1949 5 que Carghèse était une ville grecque, mais j'ai voulu avoir les détails.Le vieillard a pris un ton très homérique pour me raconter l'histoire de ce pays.C'est à l'origine la petite ville de Kolokythie, dans le Péloponnèse, qui fut la patrie des habitants de Carghèse, Contrairement à beaucoup d'autres Grecs, les habitants de Kolokythie avaient un sens très poussé de la pureté de leur race et de la supériorité de leur civilisation.Ils conservèrent leur originalité à travers les siècles, car ils se mariaient entre eux, ignoraient les étrangers, et maintenaient intactes les plus anciennes traditions ancestrales.Cet ostracisme et ce repliement leur valurent toujours l'hostilité plus ou moins manifestée des différents maîtres de la région, Vénitiens d'abord, Turcs ensuite.En 1676, cette hostilité se transforma en persécution violente.Les hail; bitants du pays se décidèrent à fuir et demandèrent à la République de Gênes un territoire à U cultiver quelque part dans ses possessions.Les Génois leur accordèrent quelques arpents de !?¦ les perles fausses montées en épm?s ou en broches et les diamants tai dans les blocs de cristal de Prerl['\u2019 \\j qualité d\u2019un bijoutier en faux, seai^ remisée devant une boutique de coue lier qui lui rappelait douloureusemen l\u2019intraitable Mortimer Smithson.AM.Diane l\u2019égara dans le quartier P°l111 leux qui s\u2019étend derrière 1 Opéra, P° aboutir à la rue Taitbout. Le Samedi, Montréal, 30 avril 1949 25 Comme un général, la veille d\u2019une bataille, elle voulait inspecter son terrain.Bientôt elle s\u2019arrêta devant le numéro 77.La maison où demeurait sa rivale était neuve, très belle, avec des persiennes blanches tranchant sur le ton gris de la pierre.Diane aurait voulu pouvoir pénétrer à travers les murs pour surprendre les secrets de la Milanaise, inspecter son intérieur, l\u2019interroger elle-même.C\u2019était impossible.Elle ne fit que passer sans dire un mot à miss Arabella intriguée, malgré son indifférence passive, de cette course extraordinaire dont le but lui échappait.Mais l\u2019Anglaise était trop convenable pour adresser une question à son élève, ou plutôt à son amie.Les deux femmes errèrent quelque temps dans le quartier, reprirent la rue Saint-Lazare et regagnèrent le boulevard Haussmann.Mme de Briolles était à table avec sa fille quand Faudoise rentra.Diane avait fait une toilette très soignée.Elle était en beauté et se tenait sous les armes.Une grande animation, l\u2019ardeur de la lutte, coloraient son visage d\u2019ordinaire un peu pâle.Elle accueillit son mari avec un sourire et se mit en frais pour lui plaire.Peut-être voulait-elle tenter un dernier effort pour le retenir ; peut-être espérait-elle lui donner le change sur ses véritables intentions et l\u2019endormir dans une fausse sécurité.Les bonnes résolutions de Maurice s\u2019étaient dissipées en chemin.Il avait rencontré des amis au Bois, le jeune et brillant Rougaud, le baron de Tallevande, le viveur endurci, Montam-bert et une troupe d\u2019étourdis qui l\u2019avaient amusé avec leurs théories sur les femmes.Tallevande, en particulier, s\u2019extasiait sur l\u2019idéale étoile de l\u2019Eden et le félicita chaudement de la préférence qu\u2019elle , affichait.Maurice se dit qu\u2019après tout il avait promis ; qu\u2019il fallait tenir parole, surtout à une femme ; qu\u2019une visite ne l\u2019engageait à rien.Au fond, la pensée de se trouver en tête avec la délirante Milanaise lui caressait avec plus de vivacité l\u2019épiderme.Que lui dirait-il ?Il est toujours flatteur de se savoir l\u2019élu d\u2019une belle fille aussi adulée ! Et après tout, qui donc se douterait de cette rencontre ?Innocente certainement, car Faudoise se croyait sûr de lui ! Au déjeuner, il fut gracieux comme toujours, d'une politesse respectueuse avec sa belle-mère qui l\u2019aiguillonna de ses sarcasmes ; tendre avec Diane; mais, à certains signes, elle le jugea très occupé d\u2019un autre côté.Après le café, il quitta la salle à manger, tourna un moment dans le salon et descendit à son cabinet de travail.Là, il s\u2019assit à son bureau, la tête dans ses mains, un cigare aux lèvres, enfiévré par l'approche du rendez-vous dont il attendait l\u2019heure avec impatience, lorsqu\u2019il sentit une main se poser sur son épaule.Cette main était douce et légère.Il releva la tête et ne put réprimer un geste de surprise, de dépit peut-être.Diane se tenait debout derrière lui.La jeune femme était souriante, parfumée, fraîche comme un camélia.\u2014 Qu\u2019allez-vous faire de votre après-midi ?demanda-t-elle.\u2014 Moi ?je ne suis pas fixé.\u2014 Vous ne restez pas avec nous, Maurice ?\u2014 Je le voudrais, mais vous aurez des visites.\u2014 Vous effrayent-elles?\u2014 Elles m\u2019effarouchent, dit-il nette- ment, osant pour la première fois, s\u2019expliquer sur ce sujet.\u2014 Peut-être ne viendra-t-il personne.\u2014 Ce serait un miracle.Les habitués seront à leur poste.\u2014 Qui donc ?\u2014 M.de Boistrudan, par exemple.\u2014 Maxime est à son bureau, très occupé sans doute.\u2014 Oh ! si peu ! Un fonctionnaire.\u2014 Et puis, quand il viendrait, c\u2019est un parent, un proche parent.Faudoise fit une moue significative.\u2014 M.de Boistrudan, reprit Diane qui rougit, est généreux de nous consacrer une partie de son temps.\u2014 Le plaisir est pour lui.\u2014 Vous croyez?\u2014 Certes.\u2014¦ En ce cas, que ne profitez-vous de cet avantage ?Qui vous en empêche ?\u2014 Tout et rien.Vous savez bien que votre mère ne peut pas me souffrir.\u2014 Vous la calomniez.\u2014 Vous avez dû comprendre, ce matin encore, qu\u2019elle ne laisse échapper aucune occasion de me le témoigner.Etait-elle assez agressive ?Je supporte tout sans me plaindre, à cause de vous, Diane.\u2014 Vous lui supposez des sentiments qu\u2019elle n\u2019a pas, je vous assure.Pauvre mère ! \u2014 Dieu le veuille ! Je n\u2019ai que du respect et de l\u2019attachement pour elle.C\u2019est à elle que je vous dois.Si elle n\u2019eût existé, je n\u2019aurais pas le bonheur de vous posséder.\u2014 Est-il si grand ?Il y a des jours où je me demande si vous êtes sincères en le disant.\u2014 Des reproches ! \u2014 Non, des craintes, mon ami, dit-elle avec une tendresse qui n\u2019était pas feinte.Vous êtes bien rarement ici ! En toute autre circonstance Maurice eût été touché.Il se pencha discrètement sur le front de sa femme et l\u2019attira plus près de lui.\u2014 Je ne m\u2019en éloigne jamais par la pensée, répondit-il.Vous êtes toujours présente à mon esprit, Diane.Est-ce que je pourrais vous oublier une minute ?\u2014 Je voudrais vous croire ! soupira-t-\u2022 elle.\u2014 En quoi vous ai-je donné le droit de supposer le contraire ?On m\u2019accuse près de vous.On a tort.Je vous aime, et toujours plus vivement.\u2014 Bien vrai ?\u2014 Bien vrai ! La bonne vérité ! \u2014- Alors, mettez vos actions d\u2019accord avec vos paroles.\u2014 Comment ?\u2014 Restez.Nous irons au Bois ensemble ! \u2014 Demain, si vous voulez ! Aujourd\u2019hui, c\u2019est impossible.J\u2019ai promis.\u2014 Quoi donc ?\u2014 De me trouver chez un ami.avec Tallevande, et d\u2019autres.On veut organiser une écurie.pour le plaisir.Vous comprenez qu\u2019il ne s\u2019agit pas de bénéfices à réaliser, mais seulement de couvrir ses frais.Ce serait une distraction.\u2014 Vous en avez besoin?\u2014 Pour vous-même, Diane.\u2014 En effet, dit la jeune femme froidement.Vous avez raison.Il faut se distraire.La vie est si monotone ! Il comprit vaguement qu\u2019elle le raillait, mais il était tout entier à la pensée de son rendez-vous avec la Milanaise.Le moment arrivait.Il laissa tomber l\u2019entretien, joua une demi-minute avec la main que Diane lui abandonnait, balbutia quelques mots pour l\u2019assurer qu\u2019il serait bientôt de retour, se leva, prit un chapeau et sortit.Elle écouta le bruit de la porte cochère qui se fermait derrière lui.\u2014 Comme il me trompe ! pensa-t-elle Et, remontant au salon, elle appela de nouveau l\u2019Anglaise.\u2014 Miss Arabella, dit-elle, apprêtez-vous.Nous sortons.CHAMPION ES NAVJRE=» PASSANT AU LARGE T SEIGNEUR ,QU£ LA PAIX , ou Ciel lui soit accordée PUISQUE CELLE OE LA TERRÉ LUI A ETE refusée ! Amen1 m CONTRE LES BRISANTS,EN EFFET, ON APERÇOIT UN NAVIRE COUCHE SUR BABORD Ma PAROLêL.On OlRAIT LE Bâtiment ou Capitaine Fantôme! xSOUORIN, UN OES HOMMES S'ARRETE ?\u2019/urRAN T DIRECTEMENT DANS LA CABINE OU APITAINE PAN TOME , OE VXRAC TROUVE UNE LARGE FLRQu'^ OE UANO\t\" Les pli eu s tiers je précipitent pur LA PLAGE ENCOMBREE DE DEBRIS OE TOUTES SORTES OE VYRAC monte £EM/ER SUR V'EPAVE A tOÊiùttttL 1È Près o'une table et oe chaises renversé es, LE CHEVALIER REMARQUE UN çoeeret ET PRES OE LU!JLPAASC^OES PIERRES PRÉCIEUSES CT DES PIÈCES DPR\t-\t\u2014 Laissant ses hommes se précipiter sur LèS QOUROS PfRS TRES OUCATSETOOUQLONS, DE VrRAC EXAMINE LE COEERET.S UNE, REGARDE CE MESSAGE.(-.NOUS ) LS DE LE TROUVER SOUS LA TA0LE.SONNE N\u2019A PU LE DÉCHIFFRER .IL N V (U*Wl FRANÇAIS.LANGUE QUILES NE CONNAIT \u2014 Je RECONNAIS LES INITIALES OU COMPAGNON D£ LA SENORITA l'C.Cp CARLPSCAVALEROS .Le CAPITAINE Fantôme a ou s'en EMPARER QUAND il prit le 'Korrigan* a L'ABOROAGEL On dirait lé coffre ou ^Üaleros.1 f A L\u2019éCRlTuffa EST MALHABILE ET SEMBLE AVOIR _ _ ÉTÉ TRACEE AVEC OU J AN O,., AUX PREMIÈRES LIGNES.LE Rien qui ^ Prenosgaroe si Puisse vous tu nousménsî .tü INTÉRESSER!/ SCOMNAtS LALOI \u201e \u2014XX, xC.oe la Flibuste\" CHEVALIER A PRO.Le P!R RTE REMARQUE CE TROUBLE .ET.QUE raconte ce GRIMOIRE ?.j'oivrp.) CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 No 41 Le Samedi, Montréal, 30 avril 1949 33 RIEN DE SÉRIEUX Le client \u2014 Prenez garde à ce petit bouton sur la joue gauche.Le garçon \u2014 Pourquoi cela ?Le client \u2014 Pour ne pas le couper.Le garçon \u2014 Peuh ! Vous y tenez donc beaucoup à ce bouton-là ?Une lettre changée peut amener des effets inattendus.Voici quelques coquilles pour le moins cocasses.C\u2019était un homme de \u201crien\u201d (au lieu de bien).Ce matin s\u2019est réuni à l\u2019Elysée le Conseil des \u201cSinistres\u201d (mis pour ministres).Comme saint Louis, il \u201cvendait\u201d (mis pour rendait) la justice sous un chêne.On vit ses \u201cchevaux\u201d (pour ses cheveux\u201d) se dresser sur sa tête.Le pêcheur gascon \u2014 Un jour j\u2019ai capturé un poisson si gros qu\u2019il fallut dix hommes pour le tirer de l\u2019eau.Le pêcheur marseillais \u2014 Moi, un jour, j\u2019ai pris un poisson tellement gros que la mer a baissé d\u2019un mètre lorsque nous avons ramené le monstre sur la plage.\u2022 Le musée d\u2019une petite ville possède une collection d\u2019oeufs; parmi eux se trouve un superbe oeuf de cane qu\u2019une étiquette signalait ainsi : \u201cOeuf de canard\u201d.Un journal local ayant fait à ce propos campagne contre le conservateur du musée, celui-ci changea l\u2019étiquette et l\u2019on peut lire maintenant en belles rondes : \u201cOeuf de canne\u201d.Dans un café-concert de la ville, la direction a autorisé certains membres d\u2019une oeuvre philanthropique à collecter.Il s\u2019agit de rassembler les fonds nécessaires à l\u2019achat d\u2019un poumon d\u2019acier.Une dame passe avec un plateau sur lequel, déjà, pièces et billets ont été déposés.Monsieur redépose l\u2019export qu\u2019il portait aux lèvres, plonge trois doigts dans le gousset et, au moment où il en sort une pièce d\u2019un franc, voit sa femme qui jette un autre franc dans le plateau.Alors, après une très courte hésitation, Monsieur, quand même, lâche la pièce, en disant : \u2014 Bah !.Ils n\u2019ont qu\u2019à en acheter deux ! \u2014\tMa belle-mère est morte du charbon.\u2014\tElle a été piqué ?\u2014\tNon, son poêle a explosé.Un cycliste, en passant à Saint-Wilm, petit bourg de la région de Louvres, s\u2019arrêta pour demander l\u2019heure à un paysan.\u2014 Ah ! répondit celui-ci, j\u2019ai oublié ma montre et je ne peux pas vous répondre.Au même instant un avion passait au-dessus de leurs têtes.\u2014 Tenez, dit le paysan, voici le Cologne-Paris qui passe.Il arrive au Bourget à 6 heures.Il doit être actuellement 6 heures moins un quart.Quelques minutes après, le même cycliste demandait l\u2019heure à un autre passant.Il était 6 heures moins dix.LA VIE COURANTE .par Georges Clark
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