Le samedi, 1 mai 1949, samedi 21 mai 1949
[" 61e année, No 1 Montréal, 21 mai 1949 S~voo Co DIX CENTS $4111® DANS CE NUMERO m fi VOYAGE DANS ATHENES VILLAGE DE MARINIERS TRAINS SUR PNEUS Æf'jtÊsÈ Roman policier : LE FANTOME NOIR Par HENRY-MUSNIK Mm mÿgti&ÿâjffit o » Bavolets, cercles-garniture de roues chromés et pneus à paroi latérale blanche\u2014facultatifs moyennant supplément.v-* Üf A Av.\"*\u201d ^ ¦.- ! sm.H ; i&SffS ïfftsàb La supériorité de la Monarch est nettement démontrée à tout égard ! Il y a déjà des mois que le modèle \"1949\u201d s\u2019est classé au premier rang, dans sa catégorie particulière, par un carénage nouveau, ingénieusement dessiné en vue de le rendre plus long et plus bas .par une sécurité et un confort nouveaux, dans de plus larges et plus belles carrosseries .par un chassis plus robuste, que porte avec souplesse une suspension nouvelle, et à l\u2019avant et à l\u2019arrière .par des amortisseurs perfectionnés .par une direction nouvelle, sans effort, qui facilite le \"contrôle\u201d et le stationnement .par un freinage plus sûr .par de nouveaux pneus à plus basse pression (équipement standard) .enfin, par son moteur à 8 cylindres en V, fournissant 110 CV, et plus ESSAI GRATUIT EN S'ADRESSANT Tîlondrch.monoRCHi souple, plus économique que jamais.Aujourd\u2019hui, des mots d usage par ses heureux possesseurs ont ratifié cette supériorité de la Monarch.De toutes les voitures nouvelles, c est elle qui vous apporte tous les plus im-portants perfectionnements de 1949-approuvés par des milhers d acheteurs totalement satisfaits, et confirmés pat les millions de milles qu\u2019elle a déjà parcourus.Comme un monarque dans son carrosse ArrenteZ'TUS -da\"s cette a\u201c\u2018°\">ohile de grande classe' Uceptez 1 invitation empressée de nos dépositaires d examiner et de conduire la nouvelle Monarch.Ce n est qu ainsi que vous comprendrez le parfait contentement du proprietaire d une Monarch.À UN DEPOSITAIRE F 0 R D - M 0 N A R C H I Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 3 TECHNIQUE NOUVELLE PREMIER PONT BASCULANT EN En novembre 1948, M.Alfred Barnes, Ministre anglais des Transports, se rendit au port de Sunderland, Angleterre du nord, pour y inaugurer l\u2019ouverture à la circulation du premier pont basculant du monde qui soit construit en aluminium.Pour procéder à cette cérémonie, le ministre se servit d\u2019une paire de ciseaux en aluminium et d\u2019un ruban d\u2019aluminium.A la susdite cérémonie, assistaient 300 invités, parmi lesquels on remarquait des ingénieurs et métallurgistes français, espagnols, suédois, hollandais et suisses.Ces derniers étaient venus de leurs pays pour se rendre compte des possibilités que pouvaient offrir les constructions de ce type.Ne pouvant contenir son enthousiasme, un des orateurs déclara qu\u2019il venait d admirer \u201cune des plus grandes merveilles de notre ère\u201d et que nous avions atteint un nouveau jalon de notre marche vers le progrès\u201d, ce à quoi, le Ministre des Transports ajouta, surenchérissant: \u201cLa construction de ce pont semble augurer 1 adoption de ce métal (l\u2019aluminium) pour de nombreuses autres constructions de même nature.\u201d On ne saisit au juste la véritable portée de l\u2019inauguration de ce pont, qu\u2019en se rendant compte de l\u2019importance de ce changement de métaux dans la structure de sa construction.Nous en sommes ici à une nouvelle orientation qui nous rappelle la transition qui, de la fonte et du fer forgé, mena le monde à l\u2019acier.PLANS D'AVANT-GUERRE Voici maintenant plus de 50 ans que l\u2019on se sert de l\u2019aluminium et, même avant la guerre, les experts anglais prévoyaient déjà l\u2019emploi de ce métal pour les grandes constructions.Ils durent cependant remettre leurs plans à plus tard, car, pendant la guerre, l\u2019aluminium et les alliages légers étaient réservés exclusivement au ravitaillement des constructions aéronautiques.La fin de la guerre rendit cependant aux ingénieurs toute la liberté d\u2019action qu\u2019il leur fallait pour mettre leurs projets à exécution; le pont dont il est question plus haut sert de preuve à ce qu\u2019ils peuvent faire.Avant la construction du pont basculant de Sunderland, les ingénieurs s\u2019étaient longtemps demandé quels seraient les avantages et inconvénients de certains alliages d\u2019acier et d\u2019aluminium.En ce qui concerne les deux battants basculants du pont, ils donnèrent leur préférence à l\u2019aluminium.La direction des travaux revint à M.W.H.S.Tripp, ingénieur en chef du Service des Eaux Fluviales (Sunderland est situé à l\u2019embouchure du fleuve Wear) et à M.F.J.Walker, directeur de l\u2019entreprise de constructions mécaniques Head, Wrightson & Co.Ltd.de Thomaby-on-Tees, Yorkshire.Pour tous conseils sur la sélection des alliages les mieux appropriés pour la construction du pont, ils se fièrent à la compétence de M.D.V.Pike, ingénieur en chef de la Société Aluminium Development Association.Il n\u2019est pas difficile de se rendre compte des avantages que présente l\u2019aluminium sur l\u2019acier.Ce qui importe le plus, c\u2019est que les constructions faites en aluminium sont infiniment plus légères que celles en fer.Les battants du pont étant plus légers, on peut en alléger d\u2019autant les contre-poids.Ainsi, les parties arrière du pont sont de beaucoup plus légères que si elles avaient été construites en acier.Il s\u2019ensuit que, pour soulever les deux battants du pont, on peut se servir de moteurs moins volumineux et moins puissants, ce qui représente, en sus, une économie d\u2019électricité.Il ne faut pas oublier non plus que l\u2019aluminium ne s\u2019oxyde pas autant que l\u2019acier.Ce métal permet donc de réduire au minimum les frais d\u2019entretien et de réparation.Ajoutons enfin que l\u2019acier nous est rendu aujourd\u2019hui d\u2019autant plus précieux que le monde en est à court.La légèreté relative des deux sections du pont permit aux ingénieurs d\u2019en assembler les deux battants à Thornaby-on-Tees et de les transporter à Sunderland par bateau à moteur.Un mois à peine après l\u2019arrivée des deux arches, le pont s\u2019ouvrait à la circulation.DETAILS D'INTERETS Les visiteurs étrangers prirent note de tous les détails d\u2019intérêt que présente le pont du point de vue technique.Voyons un peu ce qu\u2019il en est.Le pont est ouvert à la circulation automobile, ferroviaire et pédestre entre les deux docks du port.Ses deux battants peuvent s\u2019ouvrir pour donner accès aux bateaux, ehacun d\u2019eux étant soulevé par deux moteurs électriques.Si l\u2019un de ces moteurs venaient à tomber en panne, le deuxième est à même de continuer le travail tout seul.Ses deux battants ouverts, le pont donne accès à une voie navigable d\u2019une largeur de 10 mètres; refermés, ils servent de jonction à un tablier d\u2019une largeur de six mètres.La résistance du pont est prévue pour le passage d\u2019un camion remorque de 75 tonnes (le poids se répartissant sur deux axes à quatre roues), ou d\u2019un wagon de 70 tonnes à deux axes et bogies.Les deux battants du pont n\u2019ont ensemble qu\u2019un poids de 51,500 kg.; autrement dit, ils pèsent moins qu\u2019une locomotive de train marchandises.On peut en conclure que ce pont en aluminium pèse 48% moins que le ferait une construction analogue qui serait en acier.NOTRE COUVERTURE Heureux enfants qui ont encore le bonheur d\u2019avoir leurs mères! A-t-on songé à la signification cruelle que peut prendre \u201cle jour des mères\u201d chez les orphelins?Il nous semble que c\u2019est bien là un grave sujet de méditation.Mais, de toute façon, orphelins comme privilégiés sont invités à avoir une tendre pensée pour leurs mères.Cette charmante enfant que nous voyons ici ne songe sans doute pas qu\u2019un jour elle perdra ce bien précieux.Il lui restera alors le souvenir.C\u2019est un culte qui doit se pratiquer par anticipation, si l\u2019on peut dire, et c\u2019est pourquoi les pères ou les aînés doivent apprendre aux petits toute la beauté, tout le sens de la fête des mères.Kodachrome H.Lambert.Quelques faits sur ¦1111 ARTÉRIELLE La pression artérielle monte durant l\u2019activité.Une fois l\u2019effort donné, la pression retourne généralement à son niveau régulier.Si elle reste constamment et excessivement au-dessus de la normale, on dit qu\u2019il y a hypertension, ou pression de sang élevée.Cet état nuit au système circulatoire et peut causer des affections sérieuses du coeur, du cerveau et des reins.La pression de sang élevée n\u2019est pas, en soi, une maladie, mais un symptôme d\u2019un désordre caché.La médecine étend constamment ses connaissances de cette affection et s\u2019efforce de trouver des moyens supérieurs de la traiter.Dans certains cas, des régimes spéciaux se sont avérés efficaces.Dans quelques cas, on a eu recours à la chirurgie.D\u2019autres recherches se poursuivent afin de déterminer quels effets le cerveau et l\u2019émotivité peuvent avoir sur la pression artérielle.On espère aussi que des drogues nouvellement découvertes seront efficaces.SEÎüfc Des examens physiques à intervalles réguliers aident à dépister l\u2019hypertension à bonne heure, alors que les chances de maîtriser l\u2019affection sont le meilleures, au dire des médecins.De tels examens pourront aussi permettre de dépister des infections possibles qui causent l'hypertension.A la suite de ces examens, le médecin pourra suggérer des moyens d\u2019améliorer la santé de son patient, comme manger avec modération et éviter l\u2019embonpoint.Il est particulièrement important d\u2019éviter l\u2019embonpoint, car l\u2019hypertension artérielle se rencontre deux fois plus souvent chez les personnes grasses que chez les personnes de poids normal.Dans bien des cas d\u2019hypertension artérielle, le meilleur \u201cremède\u201d consiste tout simplement à se montrer modéré dans son activité physique et intellectuelle.On pourra conseiller au patient de travailler et de jouer au ralenti, d\u2019éviter les émotions et de prendre beaucoup de repos et de sommeil.Ces précautions réduisent les efforts imposés au système circulatoire et peuvent abaisser la pression artérielle.Aujourd\u2019hui, avec de bons conseils de la part d\u2019un médecin, les perspectives des personnes qui souffrent d\u2019hypertension sont meilleures qu\u2019elles ne l\u2019ont jamais été.En suivant fidèlement les conseils du médecin, elles peuvent souvent prévenir des complications et compter vivre une vie utile, jusqu\u2019à un âge avancé.Le \u201cLife Insurance Medical Research Fund\u201d qui a l\u2019appui de 148 compagnies d\u2019assurance-vie, au Canada et aux Etats-Unis, aide au développement de moyens plus efficaces de combattre l\u2019hypertension artérielle.Cet organisme subventionne des recherches sur les maladies du coeur et des vaisseaux sanguins, y compris la pression de sang élevée.Demandez à la Metropolitan, sa brochurette gratuite intitulée \u201cVotre coeur\u201d.Cette brochurette contient de nombreux renseignements au sujet de l\u2019hypertension artérielle et des maladies qui se rapportent au coeur.Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE)\t' ' \u2019\t^ » I Metropolitan\tOttawa.Direction Genera\texemplaire ***** fT Siège Social: New-York\tcoeur\u201d- \tNom Direction Générale au Canada: Ottawa\tNo et rue \tLocalité\t \t\u2014i 003647 LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 T é I : PLateau 9638 * FRED & GEORGES POIRIER Propriétaire» JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 10.Onzième Avenue, Lachino {Ottawa, Hull, Sherbrooke, ôrummondville, Saint-Hyacinthe, Serel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) ADELARD PARE é, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières (Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.\u2022 Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un\tan\t\t.$3.50 Six\tmois .\t- 2.00 \tETATS-UNIS\t Un\tan\t\t- $5.00 Six\tmoi»\t\t.2.50 AU NUMERO: 10 cents HEURES DE BUREAU: 9 h.a.m.à 4.45 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.D\u2019UN SAMEDI À L\u2019AUTRE Que de viande! Le boeuf est cher.C\u2019est ce que l\u2019on entend dire et avec raison, partout.Que voulez-vous, l\u2019embargo a été levé, répondra-t-on en guise d\u2019explication.On a levé l\u2019embargo, voilà ! Et alors, les éleveurs, nos cultivateurs, avec un ensemble touchant, dirigent leurs troupeaux d\u2019animaux de boucherie vers les Etats-Unis où on les paiera plus cher.Et pendant que s\u2019éloignent ainsi de chez nous ces chères viandes, nos mangeurs de biftecks se serreront la ceinture.N\u2019y aurait-il pas un moyen d\u2019atténuer cet état de choses ?Nous sommes à une époque où les Etats-Unis et le Canada se font des mamours et des échanges de bons procédés.Ne viennent-ils pas de signer un pacte de défense militaire ?Pourquoi ne consentiraient-ils pas à un échange de.viande ?Nous leur offrons nos viandes de boeuf, pourquoi ne les échangeraient-ils pas contre la viande de leurs rennes alaskiens ?L\u2019Alaska, depuis 1867, alors que les Etats-Unis achetaient de la Russie cette immense presqu\u2019île pour la somme de $7,-250,000, a contribué, chaque année, pour une très large part à la fortune nationale de l\u2019Oncle Sam.A l'Exposition Universelle de Saint-Louis, on pouvait voir deux pyramides, l\u2019une représentant l\u2019or retiré d\u2019une mine de l\u2019Alaska, l\u2019autre, l\u2019or que les Américains avaient payé pour la presqu\u2019île.Cette dernière pyramide représentait la somme de $7,250,000 et l\u2019autre, $21,000,000 produit d\u2019une seule mine alas-kienne.C\u2019est-à-dire que l\u2019or et les métaux que les Etats-Unis ont retirés de l\u2019Alaska leur ont rapporté cinquante fois le prix d\u2019achat, sans compter le produit de la chasse aux phoques, de la pêche au saumon et autres ressources naturelles.Et il y a les rennes, les fameux rennes de l\u2019Alaska ! Il y en aurait présentement quelque 300,000.De 1892 à 1902, on avait importé 1,200 de ces animaux dans l\u2019Alaska et depuis 1892, on a dû en abattre près de 100,000.Il y a quelques années, le Dr A.-W.Nelson, directeur de la Commission des Etudes Biologiques des Etats-Unis, ayant fait une étude des conditions du renne en Alaska, rapportait qu\u2019en 1935, on devait compter cinq millions de rennes dans ce territoire et qu\u2019on pouvait en abattre 1,250,000 presque l\u2019équivalent de trois millions de moutons.Que de viande, que de viande !.Or la chair du renne serait excellente, comme la chair de notre caribou, dont un steak, comme l\u2019on sait, constitue un mets de luxe.Il y a une vingtaine d\u2019années, la viande de renne se vendait 22 sous la livre à Nôme.En 1920, à Nôme, il se vendit mille rennes abattus, soit cent cinquante tonnes.C\u2019est donc dire qu\u2019on a déjà mangé de la viande de renne aux Etats-Unis.Le commerce alors n\u2019en était pas très considérable vu l\u2019insuffisance des installations frigorifiques à bord des vaisseaux.Mais aujourd\u2019hui, cette situation a dû s\u2019améliorer, et il nous semble que les milliers et les milliers de rennes de l\u2019Alaska devraient inonder de viande les marchés des Etats-Unis.Alors, pourquoi, encore une fois, ne tenterait-on pas le troc de notre viande de boeuf contre celle des rennes de l\u2019Alaska ?.Nos auteurs Paul Bourget exprimait un jour que dans cinquante ans on ne compterait peut-être pas un seul Français qui n\u2019aura pas écrit au moins un volume.Et le fait est que du train ioù vont les choses, si l\u2019on suit quelque peu le mouvement littéraire, on trouvera que Paul Bourget aura eu raison.Sa prophétie est en train de se réaliser.Peut-être pourrions-nous nous montrer aussi bon prophète que l\u2019auteur du \u201cDémon de Midi\u201d en disant que, grâce à quelques stimulants que l\u2019on sert parfois à ceux de notre pays qui se sentent le goût d\u2019écrire, dans disons, trois quarts de siècle, tous ceux qui au Canada ont appris à lire et à écrire \u2014 dans le sens élémentaire de l\u2019expression \u2014 auront, au moins, écrit un article de revue, sinon, un volume Nous sommes en train d\u2019être des écrivains-nés, comme d\u2019ailleurs, nous sommes naturellement des discoureurs ; il n\u2019y a pas à discuter là-dessus.Un de nos humoristes a dit que là où il y a trois Canadiens français réunis autour d\u2019une table, on peut enregistrer au moins quatre discours.Nous avons la \u201cspeechomanie\u201d et nous serions aussi atteints de la \u201cscrip- tomanie\u201d.Que pourrions-nous prédire concernant nos écrivains?Ceci : que si la perspective de la récompense matérielle s\u2019accusait davantage, il y aurait dans une cinquantaine d\u2019années plus d\u2019auteurs que de lecteurs, et alors, vraiment, il faudrait franchement plaindre les pauvres auteurs qui n\u2019auraient plus qu\u2019à se préparer, s\u2019ils n\u2019ont que le moyen d\u2019écrire pour vivre, à mourir sur la paille, \u201cen pressant tendrement un navet sur le coeur\u201d comme dirait Louis Veuillot.Et cela nonobstant la récompense matérielle accordée sous forme de prix, car cette récompense n\u2019échoit en somme qu\u2019à un petit nombre de .privilégiés, les autres ne devant plus compter que sur les lecteurs.Il faudrait donc, si les auteurs ne cessent d\u2019augmenter en nombre, faire en sorte d\u2019agrandir le marché aux livres en augmentant le nombre des lecteurs.Comment ?Ça, c\u2019est l\u2019affaire de toute le monde.Jusqu\u2019à présent, on a créé un marché pour notre fromage, pour nos fraises, pour le sirop et le sucre d\u2019érable, pour les bleuets, pour le saumon, pour la volaille, pourquoi ne pas chercher à en créer un pour les livres de nos auteurs, et pourquoi ne réussirions-nous pas comme pour les produits spécifiques que nous venons d'énumérer ?C\u2019est bien le moins que nous puissions espérer, nous qui aimons à nous proclamer volontiers les premiers en tout et partout, que ce soit dans la production des graines de semence ou dans les plus abstraites manifestations de la transmétaphysique.Aussi ne cesserons-nous jamais de dire que nos classes, à partir du dernier colon des terres neuves ou du plus humble ouvrier de nos agglomérations urbaines, jusqu\u2019aux plus instruits de nos professionnels, doivent, tout d\u2019abord, encourager nos auteurs comme un devoir de patriotisme si ce n\u2019est pas par plaisir.Musées scolaires Des officiers de l\u2019Agriculture et de l\u2019Instruction Publique ont tenté, naguère, d\u2019organiser dans certains comtés de la province, en attendant qu\u2019on le fasse partout, des musées scolaires.Nous ne savons pas présentement, jusqu\u2019où l\u2019on s\u2019est rendu avec cette initiative.Aurait-on abandonné le projet ?Ce serait dommage.Par ce que nous avons connu alors de l\u2019organisation, nous avons raison de croire que l\u2019oeuvre eut été fort utile non seulement aux élèves des écoles rurales mais aussi aux parents et à tous ceux qui auraient visité ces petits musées.On devait conserver là tous les spécimens de nos grains et de nos graines, des herbiers aussi complets que possible de nos plantes et de nos fleurs des champs, aussi dans des bocaux spéciaux, toutes les sortes de terre de la province.On avait aussi l\u2019intention de placer et de conserver dans ces musées des miniatures de tous les instruments aratoires actuellement en usage sur les fermes bas-canadiennes de manière qu\u2019en puissent être expliqués aux élèves l\u2019usage et le fonctionnement.Il ne faut pas oublier que c\u2019est à l\u2019école rurale que doit se former le cultivateur moderne et progressif.L\u2019enfant du cultivateur apprendra les choses de la terre par les yeux, par l\u2019image et la demonstration, grace aux leçons de choses pratiques qu\u2019il recevra à l\u2019école.On peut donc concevoir sans le moindre effort l\u2019utilité de ces musées qui donneraient tout's ces leçons de choses.Le musée scolaire irait assurément bien avec le musée rural dont on comptait déjà chez nous quelques exemples, mais que l\u2019on devrait tendre à généraliser davantage.Il nous a été donné de visiter, un jour, l\u2019un de ces musées ruraux.C\u2019était tout simplement une collection de vieilles choses de la campagne : meubles anciens, instruments aratoires d\u2019autrefois, vieux bibelots, solides tissus, etc.Malgré tant de choses vétustes, c était frais, attrayant et joli.Nous pourrions même dire que c\u2019était riche.Car toutes ces vieilles choses ont maintenant une valeur incontestable.La preuve, c\u2019est que maints touristes américains qui ont une tendance à collectionner, ont commencé, voilà déjà longtemps, a rafler dans nos campagnes tout ce qu\u2019ils pouvaient trouver d\u2019anciens sous toutes les formes et sous toutes les denominations.Pour eux, ce sont des nouveautés.de la Société des Auteurs Canadiens Damase Potvin î;' W < ¦ A .»VV ***** , ptfjfj* ¦ .¦ .14 am 1BBSp* A+19M , » LA M/SERE DES HOMMES EN CHINE Quand avant la guerre on visitait la Chine, on voyait des champs succéder aux champs et l\u2019on pensait que les Chinois ont toujours été des agriculteurs.C\u2019est une erreur: la terre chinoise n\u2019a révélé sa fécondité que canton par canton au prix d\u2019héroïques efforts.Le pays se divisa alors en trois régions agricoles: le nord, où l\u2019on récolte du coton, du riz, du sésaine, du sorgho \u2014¦ dont on tire un alcool, \u2014 du blé, du chanvre, du tabac, du millet, de l\u2019orge; le centre, où l\u2019hiver moins rigoureux permet de cultiver le pavot, le bambou, l\u2019oranger, le kali, le thé, le camphrier, le coton, le maïs et le riz.Le mûrier y permet la préparation de la soie.Dans le sud, cette région tropicale autorise la canne à sucre, l\u2019oranger,, le riz, le thé, le bananier, le palmier, l\u2019ananas, l\u2019ébénier, l\u2019acajou, le teck et les fleurs.Il n\u2019y a pas de pays où le paysannat donne une telle impression d\u2019attachement au sol; l\u2019homme appartient à la terre, en Chine.Il y naît, il y vit, il y meurt sans se déplacer, sans curiosité, sans innovation.Le paysan chinois ignore les nouvelles méthodes agraires, il ne s\u2019en soucie pas, réservant son attention à des procédés qui sont les fruits de longues années d\u2019expérience.La disproportion est grande entre le salaire du paysan et celui du citadin chinois.Une famille paysanne dépense en un an ce que dépense en un mois un professeur d\u2019université ou un fonctionnaire moyen de la ville.Il en résulte, à côté d\u2019une fixité admirable et vraiment surhumaine du paysan chinois sur son sol, une masse errante de plusieurs millions de membres qui fuient la peste, la famine ou la guerre.Les uns meurent en route; les plus aptes, les moins malades, échouent au bord des cités et forment cette foule mendiante, apeurée, pitoyable qui entoure les villes à la recherche d\u2019une nourriture hypothétique.Depuis plus de quinze ans que la Chine connaît les horreurs de la guerre, d\u2019abord avec le Japon, puis la guerre civile entre communistes et nationalistes chinois, il est facile d\u2019imaginer la grande misère de ce peuple.Les habitations et les récoltes ont été brûlées.Des vieillards, des femmes, des enfants, à demi-nus et mourant de faim, fuient devant l\u2019envahisseur.Comme toujours, en pareil cas, c\u2019est dans les villes qu\u2019ils cherchent refuge.C\u2019est ainsi que l\u2019on voit arriver quotidiennement à Shanghai des milliers de sans-foyer affamés.Des enfants s\u2019abritent le long des murailles dans l\u2019espoir d\u2019être protégés contre le froid, tandis que des adultes mâchonnent de l\u2019écorce d\u2019arbre pour tromper leur faim.Près de 6,000 enfants ont été trouvés morts de froid et de faim dans les rues de Shanghai.Ci-dessus, à gauche, une scène pathétique captée par un photographe à Shanghaï, deux enfants errants sont blottis l\u2019un près de l\u2019autre, près d\u2019un mur de brique afin de se réchauffer du mieux qu\u2019ils peuvent.Ce n\u2019est pas une scène rare que de trouver des cadavres d\u2019enfants dans les rues de cette ville.\u2014 A droite, un spectacle inimaginable: un homme affamé ronge, en pleine rue, l\u2019écorce d\u2019un arbre.Notez la voiture américaine au second plan.\u2014 Ci-dessous, un autre vole subrepticement à même une ration de riz momentanément laissée sur le trottoir, devant la porte.En multipliant par millions ces images, on a une juste idée de l\u2019actuelle misère en Chine.VMM *\u2022 I \\ T'.-'4 6 Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 AU ZOO DE SYDNEY \u2014 LE SINGE ANDY j ET SON PUBLIC \u2022U-.\u2022 Au Zoo de Sydney, il est un singe, parmi tant d\u2019autres, qui répond au nom d\u2019Andy.Ce chimpanzé fait parler beaucoup de lui et, comme bien on pense, fait les délices des enfants.Très doux de caractère, il est, pour un singe, plus amène, plus urbain que la moyenne de ses frères.Ce qui fait son grand succès, c\u2019est qu\u2019il est cabot, on ne peut plus.Tous les jours, il donne son spectacle, et les gens vous diront là-bas que les applaudissements, les rires.et les pistaches transportent notre personnage de joie.Il va de soi qu\u2019il ne se fait pas prier et ce serait bien une continuelle performance si on ne lui imposait pas un régime de vie avec agenda bien défini.Andy, au fond, n\u2019est pas si bête puisqu\u2019il a su comprendre que la curiosité des hommes est, chez eux, une grande faiblesse.Il l\u2019exploite donc à son profit et pour sa gloire.Un penseur a déjà dit que les farceurs sont aussi souvent dans le parterre que sur la scène.C\u2019est peut-être là le point de vue d\u2019Andy.Sérieux et intéressant problème pour la psychanalyse.En attendant, il ne fait pas de doute que la vie continuera belle et amusante pour \u201cl\u2019artiste\u201d et ses spectateurs dans le Zoo de Sydney.Ne pensez-vous pas que c\u2019est à regretter de n\u2019être plus enfants et de ne plus pouvoir goûter, à travers l\u2019optique du jeune âge, la joie indicible qu\u2019est le spectacle d\u2019un singe faisant la vaisselle ou servant le thé?Heureusement qu\u2019il nous reste le moyen de la suggestion et la possibilité d\u2019évoquer ces scènes en examinant les photos de cette page.\"Ouf, quelle corvée, quelle fatigue\", semble s'écrier Andy en s'épongeant la tête.Faire des cabrioles tout en servant le thé sur une superficie de cette dimension n\u2019est pas une mince affaire.Et puis, il y a son public à contenter, et Dieu sait si le publie est impitoyable quand il exige de soi qu'on se donne en spectacle! Enfin, il y a ce soleil de plomb qui vous arrive sur le crâne, surtout à Sydney, car c'est durant les beaux jours qu'on est appelé à travailler le plus dans ce métier.Ci-dessus, Andy, après avoir servi le thé, a commis une maladresse: il a tout simplement renversé sa tasse.Mais qu'à cela ne tienne, Andy est bien élevé et sait qu'il faut immédiatement réparer les dégâts.Aussi, essuie-t-il consciencieusement la table avec une serviette.\u2014 Ci-dessous, il faut ressorer la serviette si on tient à ce que l'ouvrage soit proprement fait.Tout comme vous et moi, Andy se rend donc au robinet et passe le linge à la grande eau comme toute bonne ménagère sait faire en l'occurrence., ~ \u2022\u2022 m m, . Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949\t7 HONNEUR AU MERITE CHEZ LES STARS Ci*contre, à droite, souriante et très élégamment vêtue, Jane Wyman, le soir de la distribution des récompenses académiques, remercia tous les gens simplement, sans discours, mais avec une réelle émotion.Par la suite, elle fit la déclaration suivante: \"J'accepie avec reconnaissance cette récompense tant convoitée.On m'a décerné cette statuette \"Oscar\" pour avoir su me tenir la bouche fermée (JOHNNY BELINDA), or, je pense que pour cette fois, je vais agir de même.\" Après un tonnerre d'applaudissements, ce fut ensuite le silence de la nuit, à la sortie, sous un ciel étoilé et égayé par les hourras de la foule.A WM S mm m ¦;c , f ' Ci-dessus, JANE WYMAN dans sa magnifique composition de JOHNNY BELINDA qui lui valut la récompense que l'on sait.\u2014 Ci-dessous, vue du banquet qui réunit l'Association des correspondants de la presse étrangère qui, comme on sait, distribua aussi ses prix sous forme de globe d'or.Parmi les récipiendaires, nommons Jane Wyman, John Huston (le meilleur directeur).Ce fut dans une très belle atmosphère d'euphorie que se déroulèrent assises et agapes, en l'hôtel Roosevelt de Hollywood.Ci dessous, de gauche à droite, JOHN HUSTON, directeur du film \"Treasure of Sierra Madré\", JANE WYMAN dont le rôle de composition dans \"Johnny Belinda\" lui va ut le titre de meilleure actrice et JACK WARNER recevant les \"Globes\" offerts par la Presse étrangère de Hollywood pour les succès remportés en 1948.Notre correspondante, Louise Gilbert-Sauvage, a pu noter que le choix des récipiendaires était passablement identique pour ces deux distributions qui sont là-bas un événement annuel.K H* yèm mi Dessin de JEAN MILLET On peut ne pas croire aux fantômes, mais l'astuce d\u2019un criminel averti peut ébranler les convictions les plus solidement établies à ce sujet.Ainsi, le fantôme noir était une habile machination des plus difficiles à dévoiler.HHI Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 L | __ L'étrange photographe C\u2019était une bande joyeuse qui était partie du château de Carvézac.Jeunes gens et jeunes filles, dans trois belles voitures.Destination, le vieux prieuré de Graude, dans un coin perdu de la forêt Barade.La journée était éblouissante.Ce coin de la Dordogne était idéal, pittoresque à souhait.On emportait dans des paniers de quoi faire un confortable pique-nique.Jean Vauxier, le neveu du châtelain célibataire, menait la troupe.Sa proposition avait été accueillie avec enthousiasme par tous, sauf peut-être par Jacques Delmont.Et ma foi on s\u2019était assez moqué de ce dernier.Parce que le prieuré de Graude, selon une vieille légende, était hanté de fantôme noir et que l\u2019apparition dudit fantôme signifiait toujours, selon la croyance paysanne, la mort d\u2019un être humain dans le courant de l\u2019année.\u2014 Alors, tu es superstitieux, Jacques ?s\u2019ôtait esclaffé Jean.Je te croyais intelligent.\u2014 Non, je ne suis pas superstitieux, avait protesté ce dernier, mais j\u2019estime qu\u2019on pouvait tout de même choisir un autre but d\u2019excursion.\u2014 Quand tu y seras tu verras combien c\u2019est joli.Et, de fait, tout le monde s\u2019était exclamé de ravissement.Le prieuré était en ruines, mais la verdure luxuriante et les fleurs sauvages dans lesquelles il était aux trois quarts enfoui, justifiaient les éloges que Vauxier en avait fait à l\u2019avance.On s'amusa, on joua dans les ruines, on se poursuivit, il y eut même un instant d\u2019émotion, suivi d\u2019un fou rire quand l\u2019une des jeunes filles avec un cri aigu, désigna une forme confuse dans un recoin formé par un pan de mur sous une voûte de lierre.C\u2019était Jean Vauxier qui, affublé dune vieille couverture sur la t.te et les épaules, avait fait : \u201cHou ! Hou !.\u201d d\u2019une voix sépulcrale.Jacques Delmont avait été le premier à c en amuser de bon coeur.Et la matinée, puis l\u2019après-midi s\u2019étaient écoulées au milieu des riris et des plaisanteries.Au fond, admit Delmont.ces histoires de fantômes ne sont que le résultat d une mauvaise digestion.Et je suis enchanté d\u2019être venu ici, car je vais pouvoir prendre des photos ma* gnifiques.Il avait effectivement apporté un appareil de prix.La photographie jftait 1 une de ses passions.Tout le monde posa.Vauxier qui connaissait 1 endroit pour y êtie venu réguli.rement chaque année, en vacances chez son oncle, indiquait à son ami les meilleurs points di vue.Oh, regarde comme Pierne et Odette font bien, devanl cette arche ogivale.s\u2019exclama-t-il.ùhé.Ne bougez pas.Je vais vous prendre.Vous êtes épatants, tous lis deux.cria Delmont.f Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 9 ANTÔME NOIR Roman policier Par HENRY-MUSNIK Pierre Chavet et Odette Dufaix étaient fiancés.Un couple séduisant.Ils se tenaient tendrement côte à côte et, souriant à Jacques, ils obéirent.Vauxier s\u2019approcha du photographe amateur qui ajustait son point de mire.\u2014\tOui, ça fera très bien.marmonna-t-il.Le reste du groupe s\u2019était égaillé d\u2019un autre côté.Subitement, Jean Vauxier regarda Delmont.Juste au moment du déclic de l\u2019obturateur, celui-ci avait articulé un : \u201cAh !\u201d étranglé, dans lequel on eût dit que passait une terreur indicible.La face de Delmont était livide, ses lèvres paraissaient décolorées.Il avait les yeux dilatés La photo était prise, Pierre et Odette étaient partis en plaisantant, personne n\u2019avait vu l\u2019agitation de Delmont.sauf Vauxier.Il posa un bras sur le poignet de son ami.\u2014\tQu\u2019est-ce que tu as eu ?demanda-t-il hâtivement Un silence.Une longue hésitation.Puis, finalement : \u2014\tMoi?.Heu.Rien.Le visage de Delmont reprenait ses couleurs, mais ses mains tremblaient imperceptiblement en repliant l\u2019appareil avant de l\u2019insérer dans son étui de cuir.Vauxier regarda son ami avec insistance \u2014\tTu étais blanc comme un linge!.chuchota-t-ü.Delmont parut se décider.\u2014\tTu n\u2019as rien vu ?.Juste derrière Pierre ?\u2014\tNon.Pourquoi?s\u2019inquiéta Vauxier, que l'attitude de Jacques rendait nerveux.__Je.non, c\u2019est idiot.bégaya l'autre.Il m\u2019a semblé.Pourtant, c\u2019est impossible.Un jeu de lumière, sans doute.Un long soupir ne parvint pas à dégager sa poitrine de l\u2019oppression qui semblait l\u2019écraser.Il eut un rire contraint, haussa les épaules, et courut à la rencontre du groupe qui arrivait, laissant Vauxier, plus perplexe que jamais.Car Vauxier savait que Delmont possédait beaucoup de sang-froid et jugeait que l\u2019émoi de son ami avait dû avoir une cause certaine et précise.Mais ils n\u2019eurent plus l'occasion de se retrouver seuls durant le reste de la journée, et vers le soir, de retour au château, Vauxier avait presque oublié l\u2019étrange incident.Tout le monde dîna au château, et sauf pour Pierre qui était l\u2019hôte de Jean Vauxier et de son oncle, on rentra chez soi.Jacques Delmont était descendu à la \u201cVieille Auberge\u201d aux environs de Milhac, à quelques kilomètres du domaine de Carvézac.Ce fut dans le cours de l\u2019après-midi du lendemain, que Jean Vauxier le v:t arriver.Delmont avait le visage grave, voire anxieux.\u2014\tJean.J\u2019ai besoin de te parler.Ils étaient dans le hall, Jacques eut un regard circulaire et instinctivement baissa la voix en poursuivant : \u2014\tNon.Il est parti à Périgueux.Tu penses, dit Jean, en riant, il n\u2019a pas vu sa fiancée depuis hier soir.C\u2019est horriblement long.Odette habitait évidemment chez ses parents, à la ville prochaine.M.Dufaix était directeur de banque.Delmont laissa échapper un soupir de soulagement.\u2014\tJ\u2019aime mieux ça, murmura-t-il.Mais, cependant, allons dans ta chambre.Ce que j\u2019ai à te dire est strictement confidentiel.\u2014\tBon.Viens par ici.Mais que tu as l\u2019air solennel ! Une fois la porte refermée sur eux, Delmont se montra agité.\u2014\tC\u2019est à propos d'hier.commença-t-il Tu te souviens que.au moment où j\u2019avais photographié Odette et Pierre, je.\u2014\tAh, oui, s\u2019écria Jean, qui se rappela tout, brusquement.Je me demande ce qui t\u2019avait pris.Delmont avait une lueur étrange dans le regard et son sourire était crispé.Vauxier lança, comme une boutade : \u2014\tEst-ce que, par hasard, tu avais vu le.le fantôme noir ?Et il partit d\u2019un petit rire bref.Il resta la bouche ouverte, sans proférer un autre son.Car son ami, d\u2019une voix étranglée, avait articulé : \u2014\tOui, Jean.J\u2019ai vu le fantôme noir!.\u2014\tQuoi ?.Non, tu plaisantes ?Pourtant tu avais bien digéré le déjeuner pique-nique !.\u2014\tJ\u2019ai vu le fantôme noir, répéta Delmont avec une angoisse indicible dans la voix.Mais je n'y croyais pas, à ce moment-là.Je me suis traité d\u2019idiot, et durant tout le reste de la journée, puis à table, puis durant mon retour à l\u2019auberge, je me raisonnai, je me persuadai que c\u2019était bien ce que je t\u2019avais dit.c\u2019est-à-dire un effet de lumière, une ombre étrange produite par le lierre qui pendait du mur.\u2014\tMais, naturellement, Jacques!.Ce ne pouvait être autre chose ! Jacques tira son mouchoir et se tamponna le front.\u2014\tC\u2019était autre chose.précisa-t-il.\u2014\tMais comment peux-tu affirmer ça ?répliqua Vauxier, le visage incrédule.Tu as une preuve ?\u2014\tOui.laissa tomber Delmont.Il émit un long soupir et prit son portefeuille dans sa poche.\u2014\tJ\u2019ai pris une photo, ajouta-t-il.Et l\u2019appareil photographique ne ment pas !.LE BONHEUR Mes amis ont raison./'aurais tort en effet De me plaindre; en tous points mon bonheur est parfait.J'ai trente ans.je suis libre, on m'aime assez; personne Ne me hait; ma santé, grâce au ciel, est fort bonne.L\u2019étude chaque four m'offre un plaisir nouveau, Et justement le temps est aujourd\u2019hui très beau.Quand j\u2019étais malheureux, j\u2019étais triste et maussade; J\u2019allais au fond des bois, rêveur, le coeur malade, Pleurer: c'était pitié! J\u2019aimais voir Veau couler Et briller ses flots purs et mes pleurs les troubler.Mais maintenant je suis heureux, gai, sociable; J'ai l'oeil vif et le front serein: je suis aimable.Le ruisseau peut courir à l'aise et murmurer: Dans son onde, à l'écart, je n'irai point pleurer.Quand j'étais malheureux, souvent, lassé du monde, Je m'abîmais au sein d'une extase profonde: Dans un ciel de mon cho'x mes sens étaient ravis, Indicibles plaisirs de longs regrets suivis.Maintenant j\u2019ai quitté les folles rêveries; C'est pour herboriser que j'aime les prairies; A rêver quelquefois si je semble occupé.C'est qu\u2019un passage obscur en lisant m'a frappé.Quand j\u2019étais malheureux, je voulais aimer, vivre; Maintenant je n'ai plus le temps, je fais un livre.Vous qui savez des chants pour calmer la douleur.Pour calmer la douleur ou lui prêter des charmes, Quand vos chants du malheur auront tari les larmes, Consolez-moi de mon bonheur.J.-J.AMPERE Le portefeuille était ouvert.Delmont tendit une épreuve.Machinalement, Vauxier la prit, regarda.Et il sentit une sorte de sueur froide lui perler sur l\u2019échine.La photo était nette.On voyait l\u2019arche ogivale en ruines.On voyait le lierre qui pendait comme un motif de décoration.Un peu en avant, Odette et Pierre dans une attitude charmante, souriants et aisés.Mais ce n\u2019était pas sur eux que s\u2019hypnotisait le regard de Jean.Il ne pouvait détacher ses yeux d\u2019une silhouette noire, sinistre, placée de biais juste derrière Pierre, et dont le bras étendu lui touchait, presque, l\u2019épaule.On ne voyait pas les traits de l\u2019apparition, la tête étant encapuchonnée dans une cagoule pointue.On ne distinguait pas, non plus, la main hors de la manche évasée.Mais le tout était d\u2019un effet si bouleversant que Vauxier sentit sa langue se coller au palais.Il tenta de réagir, et fit un geste.\u2014\tUn défaut de la pellicule.bégaya-t-il.Delmont haussa tristement les épaules.\u2014\tTu sais bien que tu n\u2019en crois pas un mot.Etrange et remarquable défaut, hein !.On n en a jamais vu de pareils, et jamais on n\u2019en verra.Allons donc, Jean ne nie pas l\u2019évidence !.Puisque je l\u2019ai vu moi-même !.De mes propres yeux !.Vauxier frémit et s obstina.\u2014\tJ\u2019étais à côté de toi, et je n\u2019ai rien remarqué!.s\u2019exclama-t-il, les yeux rivés sur la photo.\u2014\tMais l\u2019appareil a vu, lui, et il a enregistré !.\u2014\tC\u2019est vrai.murmura Vauxier, écrasé par la constatation.Tous deux restèrent sans parler.\u2014\tEcoute, s\u2019insurgea Vauxier.C\u2019est impossible.Nous n\u2019allons pas nous laisser aller à des divagations.C\u2019est du surnaturel.Et le surnaturel n\u2019existe pas.Delmont eut un sourire las.___C\u2019est ce que je me suis dit.Réfléchis bien que c\u2019est parce que je ne trouvais absolument aucune explication satisfaisante que je me suis résigner à venir te confier mon secret.Moi qui avais toujours pensé que les photos d\u2019apparitions publiées de temps à autre n\u2019étaient que des truquages, je.eh bien ! voilà.Moi aussi, j\u2019ai photographié un esprit!.C\u2019est inimaginable.Vauxier fit craquer les articulations de ses doigts.\u2014 Tu as la pellicule ?demanda-t-il brusquement.\u2014 Non.Je ne l\u2019ai plus.Et je le regrette sans arrêt.Mais voici ce qui s\u2019est passé.J\u2019avais achevé le développement, le fixage.J\u2019avais déjà pris deux épreuves.J\u2019étais bouleversé.Moi aussi, j\u2019avais d\u2019abord cru qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un défaut du film et je l\u2019avais pris pour l\u2019examiner de près.J\u2019avais une cigarette allumée à la main.Le bout incandescent a frôlé la pellicule.Tout a flambé en un instant.Il montra l\u2019épreuve que Jean tenait toujours entre ses doigts.\u2014 J\u2019ai cette photo.Et l\u2019autre que j\u2019ai gardée chez moi.Il fit un geste violent pour sabrer l\u2019espace de sa main, et grommela.\u2014 Qu\u2019est-ce que nous allons faire, maintenant ?\u2014 Faire?répéta machinalement Vauxier.Qu\u2019est-ce que tu veux qu\u2019on fasse, Jacques?\u2014 Hé, dit celui-ci avec violence, prévenir Pierre ! [Lire la suite page 18] 10 Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 Un flot de sang empourpre le visage de M.Romain Faucher.C'est comme si un pan de mur s'abattait devant lui, découvrant une image oubliée pendant 50 ans! Dessin de JEAN MILLET iljpPg* » tit:- .» ÿ Par GENEVIÈVE DUHAMELET RIEN DE COMMUN Un mot, un geste peuvent ranimer des souvenirs quon croyait morts et vous amènent à poser des actes dont on se réjouit par la suite.M.Romain Faucher poussa la porte du petit café où il avait coutume de faire, chaque après-midi, sa partie de dominos avec ses deux vieux amis, Michaud et Rivard.Le soleil baignait la place, mais la salle était plongée dans une pénombre fraîche qui sentait la bière et la sciure humide.En s\u2019asseyant d\u2019un coup sur la banquette \u2014 dame ! il n\u2019était plus jeune et les rhumatismes le tourmentaient, Romain Faucher remarqua des sourires sur les visages de ses amis : \u2014 Te voilà ! escroc ! Le propos fit sursauter Romain Faucher, percepteur en retraite, fonctionnaire intègre et scrupuleux.Mais ses amis riaient de leur bonne farce et lui tendaient un journal de Paris.En première page, la manchette annonçait « Une vaste escroquerie » et, sous le portrait d\u2019un homme jeune au front buté, se lisaient le nom et le prénom de l\u2019honnête homme.\u2014 Romain Faucher !.c\u2019est un peu fort ! _____Est-ce un parent ?questionna malignement Rivard.\u2014 Certainement pas.Mon père était fils unique et aucun de ses cousins ne portaient son nom.Michaud remarqua : \u2014\tC\u2019est tout de même vexant pour toi.\u2014\tJe vais écrire tout de suite à ce journal, prévenir que je n\u2019ai rien de commun avec monsieur.Au fait, qu\u2019est-ce qu\u2019il a fait au juste ?L\u2019histoire était banale et lamentable.Caissier d\u2019une grande firme parisienne, ce Romain Faucher jouait aux courses et, pour masquer son déficit, falsifiait depuis plusieurs années sa comptabilité.Un hasard avait fait découvrir le pot aux roses.Romain Faucher \u2014 l\u2019honnête homme \u2014 remuait les dominos sur la table en répétant : \u2014\tNon, rien de commun avec ce joli coco.Garçon, de quoi écrire ! Il rédigea sa lettre au journal, la cacheta, la fit jeter sur-le-champ à la boîte par le petit garçon du patron qui flânait dans la boutique, puis reprenant son jeu, il annonça : \u2014\tDouble-six ! je pose.Mais quand il fut rentré chez lui, il reprit le journal et relut l\u2019histoire de son homonyme.Le reporter avait bien travaillé; il avait pu rencontrer quelqu'un ayant connu, jeune, le délinquant.A l\u2019âge de treize ans, celui-ci avait volé de l\u2019argent à ses parents qui l\u2019avaient confié ensuite à une colonie pénitentiaire.Comment, avec de pareils antécédents, avait-il pu obtenir une place de caissier, l\u2019enquête l\u2019expliquerait sans doute.En attendant, il était en prison.Le reporter, à l\u2019intention de la partie sensible de son public, ajoutait que l\u2019escroc avait deux petits garçons et une femme malade, si malade qu\u2019on doutait qu\u2019elle pût supporter la révélation du crime de son mari.Romain Faucher \u2014 c\u2019est encore de l\u2019honnête homme dont je parle \u2014 lisait tout cela, en fumant sa pipe, confortablement installé dans son fauteuil.Ainsi donc, le joli monsieur avait des enfants.des petits Faucher, naturellement.Eh bien, c\u2019était du propre que son nom \u2014 son nom honorable et respecté, fût ainsi porté par une tribu de voleurs.Naturellement, tribu, c\u2019était une façon de parler.On dit bien : tel père, tel fils, mais enfin, rien ne pouvait que ces enfants dussent mal tourner.Il est vrai qu\u2019avec une mère malade \u2014 morte peut-être a l\u2019heure qu\u2019il est \u2014 et un père en prison, ils étaient bien lotis, les pauvres gosses.Et si 1 on en croyait le journal, leur père avait commencé jeune ! Treize ans.Treize ans.comme il répète ces deux mots, voici qu un flot de sang empourpre le visage de M.Romain Faucher.C est comme si un pan de mur s\u2019abattait soudain devant lui, découvrant une image oubliée pendant cinquante ans, mais qui reparaissait avec une hallucinoante netteté.C est un jour d\u2019eté comme aujourd\u2019hui, lumière éclatante dans la rue, ombre fraîche dans la chambre.Il a treize ans.Ses camarades [ Lire la suite page 62] Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 Clj}CKEN ti-i'tk «î N»fNSED Iti® Tout comme vous aimez le Poulet, vous aimerez la Soupe ao Poulet POULET La délicieuse saveur P 1er remplit ce bouillon dore.A ^ cuillerée vous dites: \"Mmm, du pou \u2022 POULET Ce riz duveteux qui rend cette soupe au poulet si extra-nourrissante baigne dans un bouillon de poulet.POULET Des morceaux tendres de poulet, de la viande blanche et de la viande noire, sont mesurés largement.21 SORTES AU CHOIX : Asperges \u2022 Boeuf \u2022 Boeuf et Nouilles Bouillon \u2022 Clam Chowder \u2022 Consommé \u2022 Crème de Céleri (nouvelle ! ) \u2022 Crème de Champignons \u2022 Crème de Poulet (nouvelle l ) \u2022 Fèves avec Bacon \u2022 Légumes \u2022 Légumes à la Végétarienne \u2022 Légumes et Boeuf \u2022 Pepper Pot \u2022 Pois Verts \u2022 Potage Ecossais \u2022 Poulet avec Riz \u2022 Poulet et Gombos \u2022 Poulet et Nouilles \u2022 Queue de Boeuf \u2022 Tomates.LES SOUPES CAMPBELL'S SONT LES FAVORITES DU QUEBEC .2 Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 EN VUE DE VOTRE BIBLIOTHEQUE Pendant que vous vous débarrassez des confettis.mm* Nos félicitations! Et, pendant que vous vous débarrassez des confettis, nous permettez-vous de vous donner un petit conseil?Quand vous lui avez mis l\u2019anneau au doigt, elle est devenue vôtre, et vous avez promis de l\u2019aimer, de veiller sur elle .et de la protéger.Il est beaucoup plus facile que vous ne le croyez de protéger la mariée d\u2019aujourd\u2019hui.Ce qu\u2019il vous faut avant tout, c\u2019est la protection de l\u2019assurance-vie dès maintenant.Si, comme la plupart des jeunes mariés, vos moyens sont assez modestes, permettez-nous de vous offrir notre aide.Faite tout spécialement pour vous, la police de la Great-West \"Gradation des Primes\u201d présente un trait caractéristique qui vous plaira.C\u2019est de l\u2019assurance-vie permanente pour laquelle vous ne payez que la moitié de la prime régulière la première année.La prime augmente graduellement jusqu\u2019à la cinquième année alors que vous commencez à en payer le montant tout entier.Grâce à cette police, vous pouvez vous 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Canada et à l'étranger; le rayonnement du Frère Marie-Victorin dans 1 univers.L au- teur fait vivre tout un monde, dont il est 1 ame.\t.\t, Ce volume de cinq cents pages, au style alerte, riche d une documentation de première valeur, parce que fournie par des temoms encore bien vivants, se lit On connaît d\u2019ailleurs les talents de l\u2019auteur.M.Robert Rumilly, dont la réputation d'écrivain n\u2019est plus à faire.C\u2019est de son propre mouvement, et sans sollicitation de personne, que M.Rumilly a entrepris ce travail.Tout au cours de l\u2019ouvrage, il nous a dit maintes fois le plaisir qu\u2019il éprouvait a buriner les traits de cette attachante et noble physionomie.Le plaisir ne sera pas moindre pour les lecteurs de cette biographie.Ils auront aussi la joie de trouver en hors-texte, une quarantaine de photos rappelant les scènes principales de la vie du Fr.Marie-Victorin ou les portraits des principaux personnages du monde scientifique avec lesquels il fut en contact.Dans toute bonne librairie ou chez Les Frères des Ecoles Chrétiennes 949, rue Côté, \u2014 Montréal 1.A L\u2019OMBRE DE L\u2019ORFORD L\u2019édition des oeuvres de jeunesse d\u2019Alfred DesRochers était depuis longtemps épuisée.Au moment de leur parution, en 1930, ces poèmes intitulés A l Ombre de l\u2019Orford surprirent la critique et l\u2019émurent profondément.C\u2019est que dans leur lyrisme d\u2019allure assez romantique, on sentait passer le souffle vivifiant, par endroit même héroïque de la forêt, de l\u2019hiver et du Nord.L\u2019auteur se targuait d\u2019ailleurs avec fierté de la nature sauvage de son inspiration et de son style.Dans ses tableaux forestiers, comme dans ses odes oratoires, il ne voulait exprimer qu\u2019une poésie de grand air, puisée loin des écoles et des livres, à la source même des chants des rudes bûcherons que le poète avait fréquentés.Ses premiers poèmes n\u2019ont rien perdu de leur vigueur.Il leur revenait de figurer dans la collection du Nénuphar comme un moment important de l\u2019évolution de notre poésie canadienne.La présente édition reproduit les trente-quatre poèmes d\u2019A l\u2019Ombre de l\u2019Orford.Elle remplace l\u2019Offrande aux Vierges folles, d\u2019une description plus fermée, par treize nouveaux poèmes du Cycle du village qui sont la contre-partie naturelle des sonnets forestiers.A l\u2019Ombre de l\u2019Orford est le sixième volume de la Collection du Nénuphar.Comme on le sait, cette collection ambitionne de grouper les meilleurs ouvrages de nos écrivains.A date elle compte huit volumes : \u201cMenaud, maitre-draveur, de Félix-Antoine Savard; Poésies.d'Emile Nelligan; Forestiers et Voyageurs, de Joseph-Chs Taché; les Engagés du grand Portage, de Léo-Paul Desrosiers; Maria Chapdelaine.de Louis Hémon; A l\u2019Ombre de l\u2019Orford, d\u2019Alfred Desrochers; Né à Québec.d\u2019Alain Grandbois et le Rêve de Kamalmouk de Marius Barbeau.A l\u2019Ombre de l\u2019Orford, 117 pages, papier Rolland de luxe, est en vente partout et chez FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal (1).NOTRE-DAME DU CAP En mai et en juin 1947, Notre-Dame du Cap eut un émouvant message à livrer au peuple canadien, à l\u2019occasion du grandiose Congrès marial d\u2019Ottawa.Un message qu\u2019elle ne se contenta pas de diffuser de son sanctuaire national du Cap-de-la-Madeleine, où elle attire les foules depuis bientôt soixante-quinze ans; non, un message autrement solennel et impressionnant, qu\u2019elle prit sur elle de livrer à nos portes, comme on nous distribue le pain, le courrier, le combustible.Ce ne sont pas par des milliers mais des millions de Canadiens qui purent voir de leurs yeux, passer, s\u2019arrêter au milieu d\u2019eux, les regarder, leur sourire en quelque sorte, cette étincelante Reine couronnée, parée de la dentelle mouvante de ses rosaires.Un livre vient enfin de paraître aux Editions FIDES, qui nous fait revivre jour par jour le plus grand événement religieux dont on ait été témoin au Canada.Il est dû à la plume alerte de Jean d\u2019Orléans, un des heureux compagnons quotidiens de la Vierge-pèlerine.Ce journal de route de l\u2019\u201cArche d\u2019Alliance\u201d, en plus d\u2019être une contribution remarquable à notre littérature religieuse canadienne, constitue en lui-même un tour de force.Il s\u2019agissait de reconstituer par la plume un spectacle unique et toujours nouveau sans doute, mais qui n\u2019en représente pas moins quarante-six jours consécutifs de triomphe identiques, de processions, de réceptions, de messes nocturnes, de veillées d\u2019armes, etc.N\u2019y avait-il pas danger de lasser le lecteur par des redites, des lieux communs et le retour périodique des mêmes descriptions ?Jean d\u2019Orléans a relevé victorieusement le défi : sa Messagère de Dieu est un journal de route étonnamment complet, mais si pittoresque et si vivant que le lecteur ne s\u2019en fatiguera pas.Le deroulement \\les memes tableaux de fêtes et de processions multicolores nous donne 1 impression du toujours neuf : c\u2019est une succession d\u2019images inattendues, de scènes à la fois émouvantes et enchantées qui valent le plus beau film de 1 écran.C est un drame qui palpite et qui marche.L\u2019ouvrage, qui comprend huit chapitres, est abondamment illustré.L'auteur répond, en appendice, à la question que tous se posent : \u201cA-t-elle fait des miracles ?\u201d Plus d\u2019un fait y établit que le passage de la Vierge du Cap parmi son peuple fut un véritable triomphe et une véritable suite de merveilles.Notre-Dame du Cap.Messagère de Dieu, par Jean d\u2019Orléans, est un volume de 210 pages, 28 hors-texte, édité chez FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal (1) en vente partout.f L\u2019idylle du te toujours dans les Instantanés Pour des instantanés en blanc et noir \u2014Le Film Verichrome Kodak Pour des instantanés omnicolores \u2014Le Film Kodacolor fl y4.Uîf; KODAK\" EST UNE MARQUE DEPOSEE mm. 14 he Samedi, Montréal, 21 mai 1949 AVEC PASSAGE DE VITESSE \"TIP-TOE\", POUR CONDUITE SANS EFFORT k\\ 1 M-H .Tk._L kfêSâSÊSîws& k v : > mmm Mtm wrwtr\" mm I r%W iwvwi ir r»1* \" JT (tlüiÜ //ms?œed/ez en eee/n/e J^'ECLATANTE nouvelle DeSoto, marquée d\u2019une saine technique, vous apporte plus de confort et de sécurité, une vue plus large, un meilleur rendement .PLUS la conduite sans effort due au passage de vitesse \u2019Tip-Toe\u201d.La nouvelle DeSoto est plus grande, plus large, plus spacieuse.L\u2019empattement (125\ta 4 pouces de plus et, bien que la voiture soit un peu moins longue, facilite la conduite et le stationnement.Les portes larges et hautes permettent aux passagers de monter ou descendre avec facilité.Chaque amélioration dans le confort et le rendement tend à dépasser les standards élevés établis par les précédents modèles de la DeSoto.Cette belle DeSoto nouvelle est en exposition chez le fournisseur Dodge-DeSoto, qui sera heureux de vous en démontrer le rendement, le confort et la douce suspension .qualités qui, jointes à sa beauté, en font la voiture du jour.IllIHUHIlIt\u2014 Nouveau tableau de bord, avec chronomètre et grille de radio étincelants; un nouvel agencement des instruments en facilite la lecture.Confortablement installés sur des fauteuils de hauteur règlementaires et somptueusement rembourrés, vous serez ravi de la conduite reposante due au passage de vitesse \"Tip-Toe\u201d.La vue élargie sur la route que donnent les nouvelles glaces plus hautes et plus larges, en arrière comme en avant, rend plus facile et plus sûre la conduite et le stationnement en ville Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 15 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR POURQUOI NE PAS ETRE ENERGIQUE A LA DEFENSE DE NOS DROITS ?Les mogols de la Ligue Provinciale de Basçball, tous Canadiens français, jeunes et moins jeunes hommes d\u2019affaires intelligents, s\u2019obstinent à faire appel a un trop grand nombre de joueurs américains, à salaires très élevés.Par ce fait, ils laissent de côté des joueurs canadiens, qui pourraient briller dans le circuit provincial, si on leur en donnait la chance.Depuis toujours, nous déplorons le fait que nos jeunes joueurs de baseball canadiens n\u2019ont pas l\u2019occasion, faute de bons professeurs, d\u2019apprendre le baseball tel qu\u2019il doit être joué.Cet état de choses changera-t-il de poils, un jour?Nous l\u2019espérons.De plus, croyez-vous que le jour, encore éloigné, où le baseball provincial trouvera en lui-même la totalité de ses éléments, ce jour-là on supprimera les joueurs étrangers?Non, sans doute, car trop de propriétaires ont la championite en tête, en dépit des fortes pertes qu\u2019ils doivent subir, dans la majorité des cas.Nous sommes chez nous, au Canada, soyons énergiques et ardents à la défense de nos droits, mais soyons aussi pratiques.Ce n\u2019est pas en promettant à notre jeunesse un désir irréalisable, mais en développant ses talents que nous pouvons assurer l\u2019avenir de notre race.Notre seule chance de nous imposer est de faire sortir de nos rangs des athlètes qui sauront, par leur valeur, attirer l\u2019attention.Au lieu de laisser partir pour les Etats-Unis nos jeunes joueurs de baseball, ai-dons-les à monter.Nous devrions être les derniers, nous Canadiens français, à reléguer aux oubliettes les bons joueurs canadiens-français de notre province.Nous avons maintes fois parlé en ce sens.Nous y revenons avec plus de conviction, sans fanatisme, ni mauvaise foi.Les officiers du circuit provincial ont besoin de tous les talents canadiens pour attirer les foules à leurs stades, où leurs clients sont canadiens-français dans une majorité de 90%.Nous ne sommes pas de ceux qui veulent demander cette part à genoux.Nous voulons exiger.Nous n\u2019avons aucune espèce de sentiment de préjugé.Nous vivons depuis assez longtemps dans la vie sportive, soit près de 40 ans, pour mesurer la valeur de ceux avec qui nous avons affaire.Une assez longue expérience nous met en garde contre l\u2019emballement et nous cuirasse contre l\u2019ingratitude humaine qui est grande, un peu partout dans le monde.Nous reviehdrons, certes, sur ce sujet, dans quelques semaines, alors que nous vous entretiendrons un brin sur le fléau des paris assez élevés qui se font dans la Ligue Provinciale.A QUOI RIME CETTE REPUGNANCE A SE LAISSER DEPASSER ?Au cours de la belle saison, un bon nombre de sportsmen et de sportifs se déplacent d\u2019une ville à l\u2019autre, se rendent au terrain de golf, au baseball, à la lutte ou à la boxe, en automobile.La manoeuvre la plus sotte, et dont les conséquences sont fréquemment dangereuses, et à laquelle se livre un chauffeur d\u2019automobile débutant est la suivante: Pour une raison qui ne regarde que lui, et dont il n\u2019a à rendre compte à qui que ce soit, ce chauffeur, à qui nous pensons, se promène sur la route à petite allure.Il tient, bien entendu, le milieu de la route.Arrive derrière une autre voiture, dont le conducteur actionne le signal sonore pour prévenir et aussi pour demander la route.Instantanément, notre premier chauffeur qui a entendu klaxonner, dont l\u2019esprit sportif s\u2019éveille, appuie à fond sur son accélérateur.C\u2019est toujours son droit, à cette condition, toutefois, qu\u2019il prenne alors son extrême droite.Cependant, il garde invariablement le milieu de la route.Nous ne comprenons pas très bien à quoi rime ce'te répugnance à se laisser dépasser.Il roulait à petite allure.Ce n\u2019est point le passage de l\u2019autre qui peut troubler sa flânerie volontaire.Dans les courses d\u2019automobiles, précisément parce que le dépassement à grande allure comporte toujours une part de risque, on a posé comme un dogme qu\u2019un coureur rejoint doit la route et même, si c\u2019est nécessaire, doit ralentir pour faciliter le passage du second.Libre à lui ensuite de défendre sa chance, de revenir sur le premier s\u2019il le peut et de bénéficier alors du même avantage qu\u2019il a, tout à l\u2019heure, concédé.Observez la même règle dans la conduite de tourisme, que ce soit pour vous rendre au Stadium des Royaux ou à l\u2019une des joutes de baseball de la Ligue Junior, du président Gérard Thibeault.Ce n\u2019est, tout bien considéré, qu'une règle de politesse.Après que vous aurez ainsi accompli ce qui n\u2019est qu\u2019un élémentaire devoir, toute latitude vous sera accordée de revenir sur qui vous a passé, si vous le pouvez.Empêcher le passage de qui vient derrière, nous appelons cela de la muflerie! CHOSES ET AUTRES H Le club El Moroco, propriété du fameux lutteur Yvon Robert, de Léo Dandurand et du promoteur de lutte Eddie Quinn, ouvrira bientôt ses portes, sur la rue Ste-Catherine, entre Metcalfe et Peel.Paul Calvert, lanceur des Sénateurs de Washington, nous écrit qu\u2019il se plaît beaucoup avec son nouveau club, quoique ses co-équipiers ne fassent pas grand bruit avec leurs rondins.On ne serait aucunement surpris d\u2019apprendre, à la mi-saison que Clark Griffith ait l\u2019intention de le vendre aux Yankees.H Voici une notule des plus intéressantes pour les nombreux amateurs de ski: en Suède, tous les ans, au mois de mars, on organise une course en skis, appelée la course de Vasa, la plus longue course en skis du monde, soit une distance de 5614 milles (90 kilomètres).Elle a été gagnée, cette année, par le roi du ski, Nils Karlsson, pour la sixième fois en sept ans.Il par- » courut cette distance en 5 heures, 44 minutes, 8 secondes .La course de Vasa, organisée en commémoration d\u2019un épisode dramatique de l\u2019histoire de Suède, a lieu chaque année, depuis 1922.Le point de départ est situé dans le village de talen, près de la frontière norvégienne, où, en 1520, le gentilhomme suédois Gustavus Vasa, quittant la Suède en protestation de l\u2019irrésolution de ses compatriotes, fut rejoint par deux coureurs en ski dalécarliens qui le persuadèrent de revenir et de se mettre à la tête de la guerre de libération contre les Danois.La course actuelle se dispute, presque exactement, sur la route que suivirent ces deux messagers historiques.B Les fervents amateurs de la boxe professionnelle se demandent où s\u2019est envolé l\u2019argent gagné par le pugiliste noir Beau Jack, à qui il ne reste plus que $4,000, après avoir reçu un fort montant de près d\u2019un quart de million de dollars.Tout cet argent est allé dans les goussets de certains profiteurs américains, qui ont pris avantage de l\u2019ignorance du boxeur de couleur, de sa générosité, de sa bonté excessive pour le plumer à blanc.Il croit, cependant, que Dieu punira, un jour, tous ces écumeurs sans vergogne.Peut-être Beau Jack a-t-il raison! L'athlète américain, de l'Etat du Connecticut, WALTER DROPO, à droite, en train de défendre le ballon contre un adversaire acharné, ne brille pas seulement au ballon-au-panier, en hiver, mais il excelle au baseball, en été, en qualité de premier but du Red Sox, de Boston, futur champion de la Ligue Américaine. Un marin canadien montre à ses camarades la trace des coups qu'il a reçus et des blessures qui lui ont été infligées au cours d'une altercation dans le port de Halifax.La bataille commença quand la force policière tenta de protéger 200 membres de l'Union Internationale des Marins qui voulaient s'embarquer sur trois navires gardés par des grévistes.Une boîte à cigarettes d\u2019un genre unique.Il s agit d\u2019un globe du monde en argent solide qui est la reproduction d'une gravure de Phillips Atlas.Comme on peut le voir les continents sont appliqués en relief et les noms sont gravés dans le métal.La base qui supporte le g'obe.lequel tourne sur un axe en argent, est faite de bois de cèdre.jm m \"MêÆrn mm \"Travaillez, travaillez, c\u2019est le fonds qui manque le moins.\" Ce n'est pas à cet étudiant de l'Ecole d'agriculture de Lourdes Hill, en Australie qu'il faudra enseigner le sens du sage conseil.Ce jeune travailleur de la terre a toutefois l'avantage de disposer de moyens mécanisés pour s'adonner à son dur labeur.Notez aussi que le garçon ne manquera pas de se faire des bras!\" i ¦4t.-fe ÎÉfe: M ¦sjic3§S (ïlùl ¦¦¦ ÜMAÛE Ci-contre, à gauche, un paysage sauvage des montagnes de l'Utah, auz Etats-Unis.Un sentier en lacets du Zion National Park conduit l\u2019aventureu* voyageur à travers des formations de rochers colorés.La route Zion-Mont Carmel mène au Pine Creek Canyon en pénétrant sous un tunnel dans la muraille duquel on a découpé six vastes fenêtres permettant d'admirer les divers points de vue.On y vient de partout en voyages de noces .Ci-contre, le déblayage des ruines de l'église catholique de Marion, dans le Dakota.Une explosion formidable se fit entendre quelques instants avant le début de la messe des Rameaux.Il y eut six pertes de vie et quarante-cinq blessés, dont le curé de la paroisse, le Rév.Joseph Zimmerman. vous éprouverez cette sensation de fraîcheur dans iPWSW 1 LAURENTEX sera votre complet tropical favori I ® Frais comme un printemps des Laurentides ! Il ne se froisse pas.Sa coupe impeccable est signée: ^ Fashion Craft Manufacturers et \u201e * the Freedman Company Limited.EiUREITIDE tissu m MARQUE DEPOSEE 18 Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 LE FANTÔME NOIR [ Suite de la page 9 ] \u2014 Tu es fou!.C\u2019est de la superstition idiote.Indigne de nous.Parler ainsi au vingtième siècle !.\u2014 Oui.D\u2019accord.Tu répètes tout ce que je me suis dit.Nous sommes des hommes instruits, éduqués, je dirai même intelligents.Et nous sommes là à discuter des histoires de vieilles femmes.Ce qui n\u2019empêche, pas que le fantôme noir est apparu derrière Pierre et que tu en as la preuve bouleversante dans ta main.Jean tenta de rire.Cela sonna lamentablement.\u2014 Alors, Pierre est condamné ?cria-t-il.\u2014 Chut !.Pas si fort.Un domestique pourrait t\u2019entendre.Ils se turent une fois de plus.Ce fut Delmont qui reprit d\u2019une voix lente et monotone : \u2014 Je suis à bout de nerfs, mon vieux.Tu m\u2019excuseras.Mais il fallait que.J\u2019avais besoin de me soulager.De raconter ça à quelqu\u2019un.Et comme c\u2019était toi qui avais remarqué mon état fébrile au moment où je prenais la photo.\u2014 Oui.Tu as bien fait.Mais, mon cher Jacques, ne nous laissons pas aller davantage à cette discussion.Que le fantôme noir existe ou non, il faut garder le secret.Je suis content que le film ait été détruit.Et pour ce qui est de cette épreuve, tiens, regarde.Il prit son briquet et allait approcher le papier de la flamme, quand Delmont le lui arracha de la main.\u2014 Non.Ne fais pas ça.Conserve-!e plutôt.Plus tard, nous en rirons ensemble.Détruire la photo c\u2019est précisément avouer que nous en avons peur.Ils sortirent ensemble pour prendre l\u2019air.Le soleil était triomphant comme la veille, les oiseaux chantaient dans les arbres.Jean avait jeté la photo au fond d\u2019un tiroir.Pierre Chavet apparut vers midi.Il représentait la joie de vivre.Jean et Jacques ne purent s\u2019empêcher de le regarder longuement.Et Jacques prétexta n\u2019importe quoi pour retourner à l\u2019auberge, car il n\u2019aurait pu continuer à feindre l\u2019insouciance, à table.Jean, lui-même, eut du mal à combattre son impression\u2014 Il \u2014 L'accident sur la route Robert Lacelles se rendait à Arca-chon par le chemin des écoliers.Au lieu d\u2019emprunter la route directe de Paris à Bordeaux, il avait quitté la capitale par Fontainebleau, Bourges, Châteauroux et Limoges.Et ce fut en arrivant à Périgueux que la pensée lui vint de faire un crochet sur sa gauche pour aller serrer la main de Jean Vauxier au château de Carvézac.Le gentleman-cambrioleur ne nourrissait aucun projet particulier contre la fortune de Vauxier.Il savait que le jeune homme était riche, mais il éprouvait de la sympathie pour Jean qui était un camarade de sports et de plaisirs, à Paris, et, par principe, Lacelles ne commettait pas ce qu\u2019il appelait des \u201cdéprédations inutiles\u2019\u201d.Vauxier était au nombre des relations qu\u2019il cultivait pour son plaisir et non de celles qu\u2019il entretenait dans un but intéressé.Il traversa la ville périgourdine, se repéra, trouva la route qui longe la charmante petite rivière Manoir et roula vers Thénon, route qu\u2019il quitterait ensuite pour Milhac et le château Je Carvézac.Beaucoup de virages brusques et d\u2019accotements rocheux, surmontés d\u2019arbres au feuillage épanoui.Lacelles conduisait prudemment.Il se rangea en entendant un appel impérieux de klaxon et fit signe de la main à l\u2019auto pressée qui arrivait derrière lui, de passer sans crainte.Les pneus de l\u2019auto qui le dépassait gémirent au tournant suivant.Le rugissement du moteur décrût.\u2014 Us ont l\u2019air de connaître la route, ceux-là.songea-t-il.Puis, après un temps, il conclut : \u2014 A moins qu\u2019ils n\u2019aient décidé de se casser la figure !.La vitesse des deux imprudents qu\u2019il avait remarqués au passage pouvait justifier sa dernière réflexion.Car Lacelles qui était un conducteur émérite, mais qui circulait pour la première fois dans ces méandres jugeait élémentaire de ne pas dépasser le soixante à l\u2019heure, ce qui lui permettait au surplus d\u2019admirer le paysage.Il atteignit Milhac et après s'être renseigné, prit la route du château.Celle-ci, encore plus que la précédente, était formée de lacets insidieux et de côtes brusques, courtes mais raides.Soudain, il fronça les sourcils et serra son frein.Au détour d\u2019un virage, un paysan avait surgi au milieu de la chaussée et accourait en faisant' de grands signes affolés.C\u2019était en pleine descente.Lacelles stoppa et allait tempeter contre l\u2019homme.Ce dernier haletait.Les yeux hors de la tête.\u2014 Arrêtez !.Arrêtez, M'sieu.Un accident terrible !.au prochain tournant.L\u2019auto culbutée dans le fossé.C\u2019était exact.Et Lacelles reconnut l\u2019auto gris clair qui l\u2019avait dépassé quelques kilomètres avant Milhac.La voiture avait manqué l\u2019asphalte, dans ce virage en épingle à cheveux et d\u2019après sa position, Lacelles jugeait, en chauffeur expérimenté, que l\u2019avant avait dû piquer droit dans le bas côté.L\u2019arrière s\u2019était soulevé, vidant les passagers, puis la voiture s\u2019était effondrée sur le flanc.Le paysan confirma les faits point par point.Il descendait à pied, expliqua-t-il par bribes, se rendant au village, quand il avait su jaillir l\u2019auto.Le conducteur était comme affaissé sur le volant.\u2014\tVous en êtes sûr ?s\u2019exclama Lacelles.Et son compagnon ?Le paysan papillota des yeux.\u2014\tQuel compagnon?Il était seul.Les deux hommes s\u2019occupèrent à dégager le malheureux qui était à moitié pris sous la carrosserie.Lacelles chercha rapidement le coeur.Non.Inutile.Mort.Le corps était encore chaud.Il le considéra, regarda le visage.Les yeux étaient tragiques, comme si l'homme avait eu la terrible révélation de son destin.La bouche tordue par un effort \u2014 souffrance ou terreur \u2014 était à demi-ouverte.\u2014 Ah, le pauvre M.Chavet.bégaya le paysan.Lacelles le dévisagea vivement.\u2014 Vous connaissiez la victime ?\u2014 Ah ! sûr.J\u2019travaille à une des fermes du château.J\u2019suis employé chez m\u2019sieu Vauxier.Je connaissais bien m\u2019sieu Chavet, qu\u2019était son ami.Il habitait le château.\u2014 Bon.Tandis que je vais rester sur les lieux, vous allez prévenir les gendarmes.C\u2019est à Milhac, la gendarmerie ?\u2014 Non.à queuqu\u2019kilomètres.A Saint-Pierre-de-Chignac.Mais y aura ben quelqu\u2019un pour aller les chercher à bicyclette.Une demi-heure après, les autorités faisaient les constatations d\u2019usage et Lacelles s\u2019offrait pour transporter le corps de la victime au château de Carvézac.C\u2019est ainsi que Robert Lacelles apporta avec lui la nouvelle tragique.La joyeuse surprise de son arrivée fut absorbée par le bouleversement général.Jean Vauxier et son oncle Gaston Vauxier se multiplièrent.L\u2019un téléphona à un docteur cependant que l\u2019autre, assisté de Lacelles, déposait le corps sur le lit du malheureux.L\u2019homme de science arriva un quart d\u2019heure plus tard.Il hocha tristement la tête apres un bref examen.Lacelles questionna d une voix discrète : \u2014 Ce n\u2019est pas une crise cardiaque, n\u2019est-ce pas ?__Non, je ne crois pas.Je croirais plutôt à une hémorragie interne à la suite du choc.On avait dévêtu le corps.Une affreuse blessure se révélait à la poitrine.Le choc contre le volant.Des côtes étaient brisées, le sternum enfoncé.Et pourtant il y avait relativement peu de sang.C\u2019était ce qui provoquait la réflexion du docteur, quant à l\u2019épanchement interne.Lacelles resta immobile devant la dépouille- Jean Vauxier était sorti précipitamment, peu après que l\u2019un des domestiques fût venu lui parler à l\u2019oreille.Jacques Delmont était dans le grand salon, effondré sur le divan.Il tenta de se lever à l\u2019arrivée de Vauxier, mais ses jambes étaient molles.Il parla d\u2019une voix oppressée : \u2014 Je.Je viens d\u2019apprendre la catastrophe.Il s\u2019en est fallu de peu que-que.moi aussi\u2014 Et comme Vauxier le regardait avec une stupéfaction totale : \u2014 J\u2019étais allé à Périgueux avec ce pauvre Pierre.Il m\u2019avait déposé là-bas, et nous avions pris rendez-vous pour le retour.Il m\u2019a ramené à la « Vielle Auberge ».Tu imagines ?Si j\u2019avais poussé jusqu\u2019ici, dans la voiture !.Ils eurent la même pensée, à la même seconde.\u2014 Oui, marmonna Delmont, puisque j\u2019avais vu le fantôme noir !.Je suis peut-être condamné comme lui.\u2014 Ainsi, murmura Vauxier avec difficulté, c\u2019était écrit\u2014 \u2014 Pour moi aussi\u2014 reprit Delmont avec désespoir.\u2014 Non, toi ce n\u2019est pas la même chose !.J\u2019ai encore la photo.L\u2019apparition ne menaçait que le pauvre cher Pierre- Iis courbèrent les épaules sous le poids de la fatalité.\u2014 Ecoute, Jean, reprit Delmont, à la longue, ne crois-tu pas qu\u2019il faudrait.qu'il faudrait parler de l\u2019apparition ?Vauxier eut un haut-le-corps.\u2014 Pourquoi ?A quoi cela servirait-il ?Pour tout le monde Pierre est mort dans un accident.Cela représentera trois lignes, hélas, pas davantage et ce sera fini.Tandis que si nous révélons l\u2019histoire du prieuré, tous les journalistes vont s\u2019abattre sur nous et ce sera une publicité dont nous n'avons nul besoin.\u2014 Oui, marmonna Delmont, tu as raison.Et pourtant.Il me semble que nous nous faisons les complices du destin !.Que nous cachons une vérité importante.Les deux hommes se retournèrent d\u2019un même mouvement.Quelqu'un venait d\u2019entrer dans la pièce.C\u2019était Robert Lacelles.Il regarda les deux interlocuteurs.Et après que Jean se fût empressé de faire les présentations, il ajouta : \u2014 Je crois reconnaître M.Delmont.Il était dans l\u2019auto avec Pierre Chavet quand ce dernier m'a.dépassé.\u2014 En effet.précisa Delmont avec un sourire pâle.\u2014 Vous avez échappé de peu à la mort.\u2014 C'est ce qu\u2019il me disait à l\u2019instant.souligna Vauxier.Un silence tomba.Lacelles parut se décider.\u2014 Excusez-moi, mais j\u2019ai entendu quelques mots en entrant.Oh, sans le vouloir !.Vous disiez, monsieur Delmont, que vous aviez l\u2019impression de cacher une vérité importante\u2014 L\u2019HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 4\t7\t2\t6\t5\t3\t8\t4\t2\t7\t5\t3\t6\t5\t2\t4 U\tE\tV\tS\t0\tU\tP\tN\t0\tS\tN\tN\t0\tA\tT\tV 2\t8\t5\t7\t2\t6\t4\t8\t3\t5\t2\t6\t4\t7\t5\t2 R\tE\tC\tP\tE\tY\t0\tT\tM\t0\tV\tE\tY\tE\tN\tE 2\t7\t4\t3\t6\t5\t2\t8\t6\t4\t7\t2\t8\t3\t5\t6 I\tR\tA\t0\tZ\tF\tN\tI\tM\tG\tE\tE\tT\tM\tI\t0 4\t7\t5\t2\t6\t3\t8\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t5\t2\t4 E\tZ\tA\tN\tI\tE\tP\tN\tA\tE\tF\tN\tN\tC\tP\tR 2\t8\t5\t3\t7\t2\t6\t4\t8\t5\t2\t6\t3\t7\t4\t2 A\tR\tE\tT\tN\tS\tS\tU\t0\tE\tD\tE\tD\tC\tC\tE 2\t7\t4\t6\t3\t8\t5\t2\t6\t5\t3\t7\t2\t6\t4\t5 L\t0\tT\tG\tE\tF\tN\tI\t0\tV\tM\tR\tM\tI\tU\t0 4\t6\t2\t8\t3\t5\t6\t2\t7\t4\t5\t8\t2\t6\t3\t4 E\tS\tI\tI\t0\tU\tT\tT\tE\tU\tS\tT\tE\tE\tI\tX Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 \u2022 \u2022 \u2022 pour la fabrication de l\u2019aluminium Si vexante qu\u2019elle semble aux citadins, rendons grâces à LA PLU te! Car tout cet aluminium que vous voyez de plus en plus autour de vous fut fait à l\u2019aide de gouttes de pluie mais oui! même l\u2019autobus dans lequel vous vous engouffrez pour éviter l\u2019averse! C\u2019est tout simple: quand il pleut sur les hauts plateaux de nos régions du Nord, la pluie s\u2019en écoule sous forme de ruisseaux et de torrents.Or, comme vous le savez, \u201cles petits ruisseaux font les grandes rivières\u201d, et, avec toute cette eau, captée par des barrages et guidée vers des usines génératrices, ALCAN développe de l\u2019électricité \u2014 qu\u2019elle utilise pour fabriquer de l\u2019aluminium.La fonte de l\u2019aluminium exige une vaste consommation d\u2019électricité \u2014 ce qu\u2019il en faut pour la fabrication d\u2019une seule tonne éclairerait votre logis pendant quinze ans! Prospectrice infatigable, ALCAN ne cesse de chercher de nouvelles sources de houille blanche, car le Canada a, de PLUIE = DOLLARS POUR NOS COMPATRIOTES: \u2022 Alcan emploie 15,000 Canadiens \u2022 Alcan verse $35,000,000 en salaires annuels \u2022 Plus de 1,000 manufacturiers canadiens indépendants utilisent l\u2019aluminium Alcan \u2014 ce qui veut dire 50,000 autres emplois.ALUMINUM COMPANY OF CANADA Fournisseurs d\u2019aluminium au Canada et à l\u2019étranger 20 Le Samedi.Montréal, 21 mai 1949 Westinghouse une cuisine toute moderne m * ï f \u2022 * \u2022 ii\\ \u2022 veut ce .de la ^°agereQu\u2019iV s'a6\u2018sse : Va l°'e d , cu\\'oa're'\tpr°PreS , équ'P^en\t% ^ > **«°' srtecti°^\t^ du f°UI SP \u201ehouse eVet\ttouioü^ e poèVe ^e4tl\\es PVa« ^ de v°«* ,deï ,llCnts suc Va\ttet enSeiS\"house.VofcV« a\tge««^ »esOUShOU\tptV* Baleen\t0 ^ p a CC 'C u O O ^ ^ ° c0\u2018MA°A 1151A918 TS /fj-1 sïjir'i tfth al \u2014\tOui.répondit Delmont, sans plus.Il échangea un regard éloquent avec Vauxier, puis : \u2014\tMonsieur Lacelles.Je vais vous faire juge de la situation.Vauxier et moi, nous sommes en proie à un dilemme angoissant.Faut-il parler ?Faut-il se taire ?Il narra dans tous ses détails, la troublante histoire du fantôme noir du prieuré.Lacelles écoutait, donnant des marques d\u2019étonnement mêlé de scepticisme.\u2014 Vous êtes, continua Delmont, dans le même état d\u2019esprit que moi lorsque je refusai d\u2019accepter la possibilité de la chose.Vauxier aussi s\u2019était révolté.Mais.regardez.Il avait l\u2019épreuve \u2014 la deuxième \u2014 sur lui et la montra, Robert Lacelles la regarda profondément.Vauxier était parti dans sa chambre, chercher l\u2019autre photo.Lacelles la prit à son tour, y jeta un bref coup d\u2019oeil et marmonna : \u2014 Evidemment, c\u2019est la même.Il releva la tête et avec un sourire grave, murmura : \u2014 Puisque vous me faites l\u2019honneur de me demander mon avis, j\u2019estime que le plus raisonnable est de faire cette affaire.Détruisez les épreuves.Tenez, ajouta-t-il tout d\u2019un coup, je vais les brûler moi-même, à l\u2019instant.Et joignant le geste à la parole, il frotta une allumette, communiqua le feu aux deux rectangles de papier glacé qui flambèrent et ne formèrent plus qu\u2019un petit tas de cendres.Vauxier et Delmont n\u2019avaient pas bougé.Delmont haussa lentement les épaules et murmura : \u2014 Après tout, vous avez raison.Inutile de surexciter les esprits.L\u2019oncle de Vauxier apparut.\u2014 Je viens de téléphoner aux parents de la pauvre Odette, dit-il.Ils la préviendront avec des ménagements.Ah ! que c\u2019est donc terrible ! Tous les quatre restaient accablés.\u2014 Je vous remercie, monsieur Lacelles, reprit le châtelain, d\u2019avoir bien voulu accepter de ramener le corps.Lacelles esquissa un geste de protestation.Il répondit : \u2014 Je n\u2019ai fait que ce que je devais faire.Pauvre garçon.Je vais rester jusqu\u2019à ses funérailles.Et avant que Vauxier eût dit quelque chose, il se hâta de préciser : \u2014 Je prendrai une chambre à la « Vieille Auberge ».Le châtelain et son neveu le remercièrent du regard pour cette délicate pensée.Car il leur évitait ainsi de lui offrir l\u2019hospitalité, ce qui, en l\u2019occurrence, aurait fait habiter à Lacelles, la seule chambre disponible pour le moment, celle du défunt.Ce qui était matériellement impossible, à moins de transporter le corps ailleurs.Il accepta toutefois qu\u2019on le gardât à dîner.Il fit la connaissance des Du-faix et de leur fille Odette qui avaient accouru, en fin d\u2019après-midi.Et cela lui permit de faire une constatation.Jacques Delmont se montrait empressé auprès de la jeune fille, il multipliait les prévenances, il s\u2019efforçait, en un mot, d\u2019atténuer la peine immense de la pauvre petite fiancée.Mais Odette restait réservée, voire glaciale par moments.Et par contre ses parents se montraient fort amicaux vis-à-vis du jeune homme.Lacelles eut l\u2019explication de cette différence d\u2019attitudes.Il avait réussi à s\u2019isoler un instant avec Vauxier.\u2014 On dirait que la jeune fille éprouve de l\u2019hcr*\u2019lité pour Delmont.hasarda-t-il.\u2014 Oui.C\u2019est exact.Elle ne l\u2019aime pas.Il lui avait fait la cour, l\u2019an dernier, avant qu\u2019elle ne se fiançât avec Pierre Chavet.Cela avait failli provoquer toute une histoire.\u2014\tComment cela ?\u2014\tOui.Les parents d\u2019Odette voyaient d\u2019un très bon oeil l\u2019assiduité de Delmont.Ils l\u2019encourageaient, malgré qu\u2019O-dette se montrât rétive.Union de deux belles fortunes, ri\u2019est-ce pas.\u2014\tAh ?Chavet était pauvre ?___Non, pas précisément, mais tout de même, ce n était pas la meme chose.\u2014\tEt les parents avaient fini par céder ?\u2014\tOui.Car Chavet venait d\u2019hériter d\u2019un oncle lointain.Rien ne s\u2019opposait plus au choix d\u2019Odette.\u2014\tEt cela date de quand ?Lacelles enregistra la date.C était huit jours avant la fameuse promenade au prieuré de Graude.___Ils devaient se marier, ajouta Vauxier, au début du mois prochain.Dans trois semaines.Pauvre petite.\u2014\tEt maintenant, murmura Lacelles, tout semble indiquer que c\u2019est Delmont qui.\u2014 Oh ! interrompit Vauxier, je pense qu\u2019il attendra tout de même, un délai convenable avant de faire sa demande officielle.La conversation s\u2019interrompit.On allait se mettre à table.Durant le dîner, Lacelles admira le profil pur et les longs cils de la jeune fille.Il n\u2019était pas le seul à la regarder.Delmont la brûlait positivement de ses yeux.\u2014 Non, se dit-il avec impatience, on dirait cm épervier qui guette une colombe.Il ne l\u2019aura pas.Ill \u2014 L\u2019après-midi de Lacelles L\u2019enquete fut brève et le permis d\u2019inhumer délivré aussi vite que possible par le médecin légiste.Le Parquet de Périgueux avait conclu à une mort accidentelle.Tout était d\u2019accord.L\u2019examen de la voiture par des experts indiquait nettement que le malheureux Chavet avait perdu le contrôle de sa direction et ceci dans un virage particulièrement critique.La déposition du paysan qui avait assisté au drame était aussi claire que les circonstances le permettaient, en raison de l\u2019émotion de l\u2019homme et de sa difficulté à s\u2019exprimer de manière compréhensible.Il avait vu, dit-il, le conducteur s\u2019affaler sur son volant, et tout de suite, l\u2019auto avait fait un zigzag vers le fossé.L\u2019examen du corps de Chavet avait été concluant.Par égard pour sa famille, on n\u2019avait pas pratiqué d\u2019autopsie.Nul besoin urgent de cette cruelle formalité, d\u2019ailleurs.On avait découvert une rupture de vertèbres cervicales, qui a elle seule était fatale.Ajoutée à l\u2019enfoncement de la poitrine par le volant elle permettait de signer un rapport tristement définitif.Robert Lacelles avait été invité à confirmer le peu qu\u2019il savait lui-même et il avait emmené Jacques Delmont, à la ville, dans sa voiture.Celui qui avait été le compagnon de Chavet jusqu\u2019à la « Vieille Auberge » en l\u2019après-midi fatal, confirma, pour sa part, que son ami était nerveux et qu\u2019à plusieurs reprises, il lui avait demandé de modérer la vitesse à laquelle roulait l\u2019auto.Lacelles ne put que souligner l\u2019exactitude du fait quant à l\u2019allure effectivement trop rapide.Delmont avait ajouté : \u2014 Je puis avouer aujourd\u2019hui que c\u2019était uniquement pour cette raison que je demandai à Pierre de me déposer à l\u2019auberge.Nous devions nous rendre ensemble au château, mais j\u2019appréhendais confusément un accident.Je savais que la route de Milhac à Carvé-zac était particulièrement dangereuse.En quittant le bâtiment officiel, Delmont demanda à Lacelles de le conduire chez les Dufaix.L\u2019auto passa sur une Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 21 place où l\u2019on voyait un grand café à la devanture blanche.\u2014 Je me demande, murmura Del-mont, comme pour lui-même, si ce n\u2019est pas ce maudit apéritif qui.\u2014 Que voulez-vous dire ?Delmont désigna l\u2019établissement et hocha la tête.\u2014 C\u2019était ici que j\u2019avais rendez-vous avec Pierre.J\u2019étais assis en l\u2019attendant.Et quand il est arrivé, il s\u2019est installé à côté de moi, il a commandé un apéritif particulièrement anisé, avec de la glace.Il faisait très chaud.Lacelles écoutait avec une attention extrême.\u2014 Chavet n\u2019était pas buveur.Je l\u2019avais blâmé de prendre ce produit, mais il avait haussé les épaules en riant.\u2014 Et vous croyez que cela lui aura monté à la tête ?Delmont soupira longuement.\u2014 Peut-être.En tout cas, il était bizarre.\u2014 Assez improbable, répondit Lacelles, car les effets de cette boisson avaient largement eu le temps de se dissiper.Delmont soupira de nouveau et ne releva pas la remarque.Lacelles stoppa devant la maison d'apparence cossue habitée par les Dufaix et démarra seulement quand la porte se fut refermée sur le jeune homme.Il était pensif.Toutes sortes de choses lui passaient par la tête.Il fit quelques emplettes dans un grand magasin et après avoir consulté l\u2019heure, prit la route de Milhac à une allure qui aurait effaré Delmont si ce dernier avait été avec lui.Car Lacelles roulait encore plus vite que ne l\u2019avait fait Pierre Chavet, quelques jours auparavant.Un virage devant la « Vieille Auberge » et Lacelles monta dans sa chambre.Il déposa un paquet sur le lit.Personne dans l\u2019hôtellerie, sauf quelques domestiques.Lacelles avait exprimé le désir de se reposer jusqu\u2019au dîner.Pour plus de sécurité, il poussa le verrou de la porte.Puis il défit le paquet apporté et commença une besogne dans laquelle il s\u2019absorba.Quand il eut terminé, il enferma quelque chose dans une de ses valises et prit soin de donner deux tours de clef.Il passa ensuite sur la balcon de bois pour fumer une cigarette.Ce balcon courait sur toute la longueur de la façade et en face, c\u2019était un rideau d\u2019arbres qui tamisait l\u2019ardeur du soleil.La chambre de Delmont était contiguë à la sienne, sans porte de communication.Lacelles, d\u2019un oeil qui semblait distrait, remarqua cependant la facilité avec laquelle on pouvait enjamber la séparation, sur le balcon et passer d'une pièce à l\u2019autre, tout le long de l\u2019auberge, où il y avait quatre portes-fenêtres, donnant chacune sur une pièce.Il était sept heures et demie quand Jacques Delmont pénétra dans la salle à manger de la « Vieille Auberge », Robert Lacelles lui fit un signe amical.Il alla s\u2019asseoir en face, de l\u2019autre côté de la table à deux.\u2014 Je m\u2019excuse, fit Lacelles, de n\u2019avoir pu vous attendre à Périgueux, mais vous aviez omis de votre côté, de me dire l\u2019heure à laquelle vous comptiez rentrer.\u2014 Oui, en effet.Je ne voulais pas abuser.Les autocars sont assez commodes, d\u2019ailleurs.Et j\u2019ignorais moi-même combien de temps durerait ma visite.murmura Delmont.\u2014 Vous n\u2019avez pas parlé du fantôme noir, j\u2019espère ?demanda Lacelles en baissant la voix.Delmont eut un sursaut.\u2014 Non, bien sûr !.Et je suis soulagé de savoir que vous avez détruit les deux photos.Il s\u2019était arrêté de manger et, les yeux dans le vague, paraissait poursuivre une pensée brusque.Lacelles lui posa doucement la main sur le poignet : \u2014 Allons, ne restez pas comme cela.On pourrait se montrer curieux autour de nous.Vous avez l\u2019air hagard ! Delmont se secoua et se remit immédiatement dans l\u2019ambiance.-\u2014 Oui.Vous avez raison.Mais avouez qu\u2019il y a de quoi être bouleversé quand on y pense.Ils parlèrent de choses et autres durant le reste du dîner et se levèrent de table pour faire une promenade de digestion, dans le jardin.Il y avait de gros nuages au ciel, présage d\u2019un orage prochain.Cependant la lune brillait intensément, quand elle se démasquait subitement et éclairait tout d\u2019une lueur argentée.Puis elle glissait derrière un épais rideau et tout retombait dans une obscurité d\u2019autant plus noire.Un vent assez fort soufflait par intermittence, faisant bruire le feuillage et même parfois ployer une branche ça et là, avec un gémissement étrange.\u2014 Vous savez, Delmont, fit tout à coup Lacelles, je dois vous avouer quelque chose.A propos du fantôme.Il tira une bouffée de sa cigarette et poursuivit : \u2014 Je suis extrêmement rétif à ces légendes.Il n\u2019y a pas plus sceptique que moi.Jusqu\u2019à cet après-midi, j\u2019étais persuadé qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une illusion d\u2019optique de votre part.\u2014 Mais.les photos.bégaya Delmont.\u2014 Oui.Il y avait les photos.Et cela m\u2019intriguait beaucoup.Je ne comprenais pas, et je voulais comprendre.\u2014 Il n\u2019y a pas à comprendre, dit sourdement Delmont.Il y a à s\u2019incliner devant les faits; aussi fantastiques qu\u2019ils soient.\u2014 Je suis tout à fait d\u2019accord avec vous, depuis cet après-midi, répondit Lacelles avec lenteur.Delmont s\u2019arrêta et regarda Lacelles.La lune éclairait en plein le visage de ce dernier.Elle disparut aussi vite.\u2014 Que voulez-vous dire ?bégaya Delmont.\u2014 Je suis allé à la bibliothèque de Périgueux, reprit Lacelles.Et j'ai demandé s\u2019il n\u2019existait pas d\u2019ouvrages sur le prieuré de Graude.\u2014 Ah ?.Vous avez trouvé ?\u2014 Oui.Un livre ancien qui parle de la légende !.Cela remonte à 1600 et quelques.Il paraît qu\u2019on a vu plusieurs fois le fantôme noir et que son apparition annonce, effectivement, une mort.On le voit plus particulièrement dans les périodes coïncidant avec les fins de dizaines d\u2019années.\u2014 Qu\u2019est-ce que cela veut dire ?\u2014 C\u2019était assez confus comme explication, reprit Lacelles, mais j\u2019ai fini par saisir.Nous sommes en 1939, n\u2019est-ce pas ?C\u2019est la fin de la dizaine qui a commencé en 1930.Delmont se taisait, les dents serrées.\u2014 C\u2019est pourquoi, continua Lacelles, j\u2019admets à présent qu\u2019il est parfaitement possible que.vous saisissez?.Si l\u2019on recherchait, par exemple, ce qui s\u2019est passé, dans le pays vers 1939, ou 1919, et ainsi de suite, en remontant, il est possible qu\u2019on retrouve des cas où des gens sont morts de façon troublante.Lacelles jeta sa cigarette et murmura : \u2014 Pauvre Chavet!.Je me demande pourquoi le fantôme noir l\u2019avait choisi plutôt qu\u2019un autre !.\u2014 Le destin, sans doute.articula Delmont.Ils retournèrent vers l\u2019auberge.Juste avant d\u2019entrer dans la petite salle naïvement baptisée, salon de repos.Lacelles parut se rappeler quelque chose et dit vivement ; \u2014 Le plus étrange est que j\u2019ai trouvé un paragraphe disant que le fantôme Westinghouse '1/mô tbôdufo amplement d\u2019espace M\trateu Pr°priées r,\t^ y empiète.P°Ur mm LA JEUNESSE EN VACANCES [ Suite de la page 30 ] main-d\u2019oeuvre volontaire.On abat les murs pour faire une grande salle à manger ou un salon; il faut équiper les cuisines, installer des éviers supplémentaires, etc.La question de l\u2019hébergement était si urgente que, cette année, l\u2019Association ouvrit des foyers sans attendre la fin des travaux de réparation ou de transformation; les premiers jeunes gens arrivés aideront à préparer les locaux pour ceux qui devaient suivre.Cet effort volontaire a été, pour l\u2019Association, d\u2019une valeur incalculable, mais les jeunes gens ne se contentent pas simplement d\u2019aider dans les foyers.Des groupes se forment et vont visiter les pays d\u2019Europe ravagés par la guerre, où ils donnent un coup de main aux autres associations.En Angleterre, ils aident également diverses organisations.A Pâques des volontaires passent leurs vacances à enlever les fils de fer barbelés sur les falaises de Tintagel, en Cornouailles, scène de la légende d\u2019Arthur.D\u2019autres jeunes gens travaillent dans les fermes au moment des récoltes; le Ministère de l\u2019Agriculture a recommandé aux agriculteurs de s\u2019adresser aux foyers de la jeunesse de leurs régions s\u2019ils ont besoin d\u2019une main-d\u2019oeuvre volontaire supplémentaire.L\u2019Association a sa propre ferme où ses membres apprennent l\u2019agriculture; les jeunes gens intéressés à la sylviculture travaillent avec les autorités forestiè-res.Les foyers de la jeunesse ne sont pas une fin en eux-mêmes, mais un moyen permettant aux jeunes de jouir de la vie de plein air à la campagne; l\u2019Association s\u2019intéresse à toutes les questions touchant les campagnes, dont la protection des sites.Par tous les moyens possibles, avis dans les auberges, articles dans les magazines, causeries, l\u2019Association recommande à ses membres de respecter la campagne et d a-voir une conduite digne.Cette année, l\u2019organisation a intensifié ses efforts dans ce but, car le nombre de jeunes gens visitant la campagne augmentant sans cesse, on craignait qu ils ne causent des dégâts aux récoltes et aux prairies, ou qu\u2019ils provoquent des incendies dans les forets ou dans les landes.L\u2019Association se préoccupe de conserver la bonne réputation qu elle s\u2019est acquise, et de ne pas s\u2019aliéner les fermiers et les propriétaires.Le cultivateur se rend parfaitement compte qu\u2019un promeneur ne représente pas toujours un danger; les jeunes gens à leur tour ont appris que leur terrain de jeu, la campagne, est également le gagne-pain de ceux qui y travaillent.ATHENES LE JOUR.ATHENES LA NUIT [ Suite de la page 27 ] toutes les régions-frontières, malgré qu\u2019un demi-million de réfugiés ayant abandonné les villages s'entassent misérablement dans les cités.On danse, on s\u2019amuse, on boit des fines à l\u2019eau et du champagne au Miami, à l\u2019Argentine ou à l\u2019Ermitage.Des couples se serrent pendant les tangos, des entraîneuses autrichiennes ont été \u201coubliées\" là depuis l\u2019occupation allemande et continuent à se débrouiller.en anglais, les élégantes portent des robes copiées sur les modèles de la rue de la Paix.Alors qu\u2019à la frontière, des hommes dévalisent la population, et que la mobilisation de l\u2019armée grecque retire chaque jour plus de jeunes gens de la vie civile .Ce n\u2019est pas tout.Comme à Berlin, on trouve à Athènes des bars pour troupes alliées.Sur la place Omonia, il y en a deux.On descend un escalier et c\u2019est une cave aménagée en salle de danse.Les solda\u2018s boivent et chahutent, les filles s\u2019occupent de la clien- tèle, un orchestre joue les derniers airs de jazz venus d\u2019Amérique .Une loi, pourtant, a été votée par le gouvernement, qui prévoit que la danse sera interdite sur tout le territoire grec un mois après sa mise en vigueur.Seulement voilà: elle n\u2019a pas encore été mise en vigueur! Et en attendant on continue à s\u2019amuser dans la capitale, à s\u2019y enrichir, à se serrer dans les cinémas, à rouler en grosses voitures .et dans les régions où sévit la guérilla mouvante et sanglante, on continue à se casser la gueule .D\u2019autres sujets d\u2019étonnement enfin sont réservés ici au visiteur.Un des plus étonnants est de voir des prisonniers allemands, emmenés ici par les troupes britanniques, se promener à peu près librement dans les rues de la capitale, au grand dam des indigènes que ce spectacle révolte justement .Charles-André NICOLE (Copyright A.L.A.) LES PREMIERS TRAINS SUR PNEUS [Suite de la page 35] Chaque rame comprend six voitures : une voiture mixte fourgon, 2e classe, offrant 48 places assises ; deux voitu-j res de 2e classe de 64 places ; une voiture-restaurant ; une voiture-bar, comprenant une partie aménagée, avec | salle de consommation, le reste de la voiture étant constitué par des sièges ordinaires pour voyageurs de 1ère classe | (27 places) ; une voiture de 1ère classe de 46 places.Chaque rame offre donc, au total, 249 places.Le poids supporté par une roue mon-| tée sur pneu ne doit pas, dans l\u2019état actuel de la technique, excéder une tonne environ ; il faut donc réaliser des véhicules à la fois légers et portés par un grand nombre d\u2019essieux.Les voitures de rames Michelin ne pèsent, en charge, que 21 tonnes et reposent sur deux bogies comportant chacun plusieurs essieux.L\u2019obtention de la tare correspondante (16 tonnes) qui aurait posé, pour des voitures de type classique, des .problèmes quasi insurmontables, se trouve cependant facilitée par la présence du pneu, qui a le double avantage de soustraire la charpente des bogies et de la caisse aux chocs de grande fréquence et aux courtes vibrations et de permettre ainsi de calculer moins largement les sections de métal ; d\u2019éliminer le bruit aux joints de rails et d\u2019autoriser ainsi une simplification et, par- la suite, un allègement des dispositions à prévoir pour insonoriser la voiture. rü l=*sm mm ¦ mm * \u2022 Ei^_ - ¦'at ~^1*/ mWl DANS UN VILLAGE D'AUTRICHE SOIXANTE GRENADIERS DE LA GARDE Par Marc Jérôme A 4000 pieds d\u2019altitude, aux confins du pays de Salzbourg et de la Styrie, se trouve Lessach-en-Lungau, petit village autrichien niché dans une haute vallée.Torrents chantants dans une prairie étroite et bordée de sapins, pentes bleutées luisantes comme des armures, aiguilles de granit coiffées d\u2019argent : tel est le décor de cette région.A peine notre voiture avait-elle dépassé les premières maisons de Lessach que nous parvinrent les échos d\u2019une fanfare militaire.La région est en zone d'occupation britannique mais aucun soldat anglais n\u2019est certainement jamais allé jusqu\u2019à ce village.En outre, les cuivres et les tambours rythmaient une marche française.Notre surprise fut grande; elle atteignit son comble lorsque nous vîmes déboucher de la place du village.une soixantaine de grenadiers de la Garde Napoléonienne ! Ce jour là, nous n\u2019allâmes pas plus loin.Nous vîmes les grognards précéder à travers le village la procession religieuse.Après avoir accroché nos manteaux à côté de leurs fusils dans la grande auberge de Lessach-en-Lungau où nous avons heurté nos verres et festoyé bruyamment.en apprenant un peu d\u2019histoire.C\u2019était un soir de l\u2019année 1810.Napoléon revenait de Bavière et bivouaquait dans une vallée des Nieder-Tauern.L\u2019armée autrichienne ayant été signalée, une patrouille fut envoyée en reconnaissance.Cette patrouille arriva à Lessach où les paysans faisaient bombance.Les filles étaient belles et les grognards aimaient le vin du pays.Ils s\u2019attablèrent donc et lorsqu\u2019ils redescendirent le lendemain matin, ils ne trouvèrent plus que les cendres du bivouac.Aussi décidèrent-ils de s\u2019installer à Lessach.Le Chef de la patrouille était le sergent François Bernier qui se maria au village et y fit souche ainsi que ses compagnons.Et durant toutes les années qui suivirent, à chaque anniversaire de leur arrivée à Lessach, les grenadiers revêtaient leur tenue pour défiler dans la petite bourgade.La tradition s\u2019est conservée.Actuellement les descendants des grenadiers sont une soixantaine.Leur chef, Josef Berner (héritier des pouvoirs de son ancêtre le sergent Bernier) est monté en grade et est devenu capitaine.(Copyright A.L.A.) Photo du haut, à gauche, à la sortie de la grand'messe, les grenadiers servent de la musique de fanfare aux gens du pays qui les admirent.\u2014 A droite, au garde à vous, les grenadiers attendent.\u2014 Ci-contre, autre scène pittoresque également prise à la sortie de la grand'messe et où les grenadiers, par une étrange tradition, sont à l'honneur. Le Samedi, Montréal, 21 mai 1949 POUR ÊTRE (HIC, CHEZ SOI 2842 2845 No 2844 \u2014 Cet élégant manteau d\u2019intérieur de coup princesse vous plaira sûrement.Le même patron peut servir également pour cette robe de maison à encolure carrée et manche froncée.Pour dames et jeunes filles.Grandeurs 12 à 44.Métrage requis pour taille 14: manteau d\u2019intérieur: 51/2 v.en 35\", 5% v.en 39\", 5 v.en 41\", 3% v.en 54\".Robe d\u2019intérieur: 4i/g v.en 35\", 37/g v.en 39\", 3% v.en 41\".Prix 25ft No 2845 \u2014 Un Joli col formant cape rend cette robe de maison très coquette.Si vous préférez le manteau d\u2019intérieur, il aura un col châle et des parements contrastants.Pour dames et jeunes filles.Grandeurs 12 à 42.Métrage requis pour taille 16: manteau d\u2019intérieur, 5Ys v.en 35\", 4% v.en 39\", 4% v.en 41\".Col et parements contrastants: 1 v.en 35\", 7/s v.en 39\".Robe de maison: 5Vs v.en 35\", 4% v.en 39\", 4V4 v.en 41\".Prix 25f No 2842 \u2014 Voici un manteau d\u2019intérieur de coupe enveloppante.Si vous le coupez, il devient une gentille robe de maison.Pour dames et jeunes filles.Grandeurs 12 à 42.Métrage requis pour taille 12: manteau d\u2019intérieur, 5% v.en 35\", 4% v.en 39\", 4V2 v.en 41\".Robe de maison: 4% v.en 35\", 3% v.en 39\", 3% v.en 41\".Prix 25
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