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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 9 juillet 1949
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1949-07, Collections de BAnQ.

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[" DANS CE NUMERO LA MAISON DE DEMAIN UNE MERVEILLE : L'ULTRAFAX 4 SIECLES D'ARMURERIE Un roman policier LE SECRET DE VAN TOMPST Par CLAUDE ASCAIN iglUil iSii '\u2019 J « I Le Samedi, Montreal, 9 juillet 1949 Cet été, ne laissez pas vos cheveux se dessécher employez Vitalis et le \u2018traitement de 60 secondes\u201d Le soleil ardent et Peau ont tôt fait de délustrer votre chevelure.Cet été, gardez votre chevelure plus saine, plus attrayante; employez Vitalis.Vitalis lui donnera une apparence soignée, naturelle, lustrée.Avec Vitalis pas de taches huileuses, pas de striures blanchâtres embarrassantes, pas d\u2019apparence \"pommadée\u201d.Vitalis ne contient que de fines huiles végétales ^\t' ionnent vos cheveux \u2014les rendent plus soyeux.¦ tgap** - \", ¦ Z s&à Essayez le \u201ctraitement de 60 secondes\u201d de Vitalis, 50 secondes pour frictionner\u2014 10 secondes pour peigner.Vitalis stimule votre cuir chevelu comme ne peuvent le faire les pommades et les huiles non alcoolisées.11 débarrasse des pellicules libres .aide à freiner la chute excessive des cheveux.Procurez-vous Vitalis dès aujourd\u2019hui.Pour rehausser | l\u2019attrait J de votre chevelure.Un produit Bristol-Myers Fabriqué au Canada POUR LIRE EN TRAM VACANCES À LA VILLE aux citadins une \u201csaison\u201d qui ira du 23 juillet à la fin d août affectant a cette fin $6,000 dont la dépense sera organisée par un group constitué par la Commission des arts et divertissements.\tvolsinage Un théâtre ambulant, monté sur camion, se rendra dans le voisinag des grandes maisons d'appartements et là, le theatre sera enge comprenant tout le nécessaire, jusqu'aux projecteurs et appareils d amplificatio Des groupes de \u201cvariétés\", des fanfares, des chanteurs et danseurs y donneront des spectacles gratuits.\tnu Pour les enfants, il y aura, l\u2019apres-midi, spectacle de marionnettes ou représentation par de petits acteurs.La plupart des spectacles se termineront par une sauterie dans la cour de '^municipalité offrira en outre des réunions sportives et des pieces de théâtre \"jouées^par des amateurs ou des professionnels.Et la Police métropolitaine donnera des démonstrations de culture physique.\tçnn£,\u201era Bref, la vie sera si gaie dans Westminster, cet ete, qu on ne songera pas à s\u2019en aller en villégiaturé.2500 FOIS PLUS TENUE QU\u2019UN CHEVEU Les Usines de Hoganas-Billesholm, dans la Suède du Sud, reputees pour leurs faïences, briques réfractaires et inattaquables par les acides, produits chimiques, etc , ont entrepris, après plusieurs années d experimentation, la fabrication d\u2019un duvet de verre extrêmement fin, fait de fibre de verre d un jauge si ténue que le diamètre d\u2019un cheveu humain ordinaire est 2,500 fois supérieur.Il parait que c\u2019est la fibre la plus fine du monde fabriquée industriellement.Les produits de cette ténuité, jamais encore fabriques en de OUVERTURE DES FETES DE CHOPIN En France, un comité \u2014 principalement parlementaire a préparé une célébration nationale, immense.du centenaire de la mort de Chopm.Toutefois il n\u2019est pas sûr que le vaste et complexe programme puisse tout entier voir le jour, malgré le vote unanime, \u201centhousiaste , de 1 Assemblée nationale, les crédits manquent.\t.En tout cas, les concerts prévus ont chance de se dérouler a peu près intégralement.On a commencé le 3 mai par un très beau concert, dans la salle du Conservatoire.Un grand pianiste, M.Stanislas Szpinalski, a joue a merveille un choix important d\u2019oeuvres de Chopin, et Mme Marguerite Long a prononcé l\u2019allocution d ouverture.La Revue Française publie, à propos de ce centenaire, un numéro spe-cial, fort copieux, très bien présenté, abondamment et magnifiquement illustré; les études qu\u2019il comprend sont signées de noms connus, en particulier! Norbert Dufourcq, J.L.Vaudoyer, Pierre Bloch (un animateur des fêtes Chopin), Zygmunt Mycielsk.LE FESTIVAL DE CANNES Onze pays ont déjà répondu affirmativement à l\u2019invitation du Festival International du Film: l\u2019Australie, la Bulgarie, le Canada, l\u2019Etat d\u2019Israël, l\u2019Espagne, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Mexique, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie.La construction du Palais des Festivals se poursuit activement.La salle principale comprendra 1,900 places.Sa décoration aura comme couleurs dominantes le violine et le mauve; les fauteuils seront moutaide.LA TOUR EIFFEL EST EN OR Bien que sexagénaire, la Tour Eiffel continue d avoir toutes les faveuis du public Ses administrateurs viennent d\u2019annoncer qu\u2019en 1948 elle avait réalisé un bénéfice de 14,000,000 francs.Et sans aucun capital, car celui-ci a été remboursé en 1889, dès la première année d\u2019exploitation, ce qui est un fait unique dans l\u2019histoire financière.Les actionnaires \u2014 dont la mise de fonds, 500 francs, a été remboursée il y a 60 ans \u2014 toucheront, cette année, 700 francs de dividence, chiffre sans précédent.A combien peut-on estimer la Tour Eiffel ?Réponse : 314,160,000 francs d\u2019après les derniers cours de la Bourse de Paris.\t.\t.\t\u201e\u201e Ses constructeurs ont engagé 5,100,000 francs-or, soit environ 550 millions de francs aux taux actuels.Détail curieux: longtemps les dividendes furent payés en nature, sous la forme de tickets d\u2019entrée.Et longtemps aussi la Tour ne distribua rien a ses actionnaires : son immense drapeau \u2014 que le vent emporte chaque semaine \u2014 dévorait tous les bénéfices.NOTRE (OUVERTURE \u201cSi j\u2019acais un petit bateau .nous dit la chanson à succès, \u201cj\u2019irais avec toi sur Veau.\u201d Mais encore, faut-il avoir le pied marin et une certaine connaissance, si rudimentaire soit-elle, de la navigation.Par son sourire venant sans doute de la joie des vacances, cette jeune estivante peut nous assurer qu\u2019elle a le pied marin et qu\u2019elle connaît les secrets de la voile.Comment alors ne pas accepter sa charmante incitation, surtout quand le soleil est ardent et que la brise est légère ?\tPhoto H.M.Lambert Studios.I \u2022\u2022 0173 Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 IMPRESSIONS DE BERLIN LE PONT AÉRIEN Par RAYMOND HENRY Dans le ciel de Berlin, notre avion fait la ronde en même temps que cinquante autres, en attendant les ordres qui le dirigeront sur un des trois aéroports de la ville: Tempelhof, en secteur américain, Gatow, en secteur britannique, enfin en secteur français, Tégel, qu\u2019un labeur acharné a permis de construire et de mettre en service dans le délai record de trois rnois^ Quel que_ soit d'ailleurs le terrain d\u2019atterrissage, le même spectacle, la meme activité y attendent le visiteur; jour et nuit; les gros oiseaux ventrus se posent 1 un après l\u2019autre, déchargent l\u2019un après l\u2019autre les vivres, le charbon et les marchandises diverses qu\u2019ils apportent puis repartent l\u2019un apres 1 autre vers Wiesbaden, Francfort ou Hambourg pour reprendre et ramener à Berlin une cargaison nouvelle.L\u2019itinéraire, l\u2019altitude, les conditions de vol sont aussi rigoureusement fixés que la marche d\u2019un train; aucun avion du port aérien ne doit avoir plus de 30 secondes de retard sur son horaire.Passé cette marge, il est considéré comme en dehors du circuit: excommunication d un nouveau genre, qui le livre à ses seules ressources pour atterrir.Ce carrousel vertigineux, unissant au caractère d\u2019une prouesse acrobatique, la précision d\u2019un mécanisme d\u2019horlogerie, rappelle ces boules d\u2019ivoire qui, entre les mains d\u2019un jongleur, paraissent animées d\u2019un incessant jaillissement d eaux vives et semblent résoudre l\u2019insoluble problème du mouvement perpétuel.Les difficultés à vaincre étaient cependant immenses: avant le blocus, le ravitaillement des trois secteurs occidentaux de Berlin exigeait 16 trains par jour environ pour les besoins alliés, et au moins le double pour les besoins allemands.Au total, 50 trains de quelques 500 tonnes chacun, soit 25,000 tonnes quotidiennes.Même^ de loin, il ne pouvait être question d\u2019approcher ces chiffres, surtout au début.Il a donc fallu les réduire, les ramener à un minimum vital incompressible: 700 tonnes pour les garnisons et services alliés, 4,000 tonnes pour la population allemande.Encore faut-il songer qu\u2019il s\u2019agit d'une moyenne: qu\u2019un jour de brouillard interrompe le trafic, et il faudra le doubler le lendemain pour ne pas prendre un retard qui risquerait de tout désorganiser.Pour être sûr, de pouvoir transporter tous les jours, dimanches et fêtes compris, les 4,700 tonnes indispensables, il a fallu mettre en ligne 700 avions, ayant une charge utile de 7 à 9 tonnes.Selon l\u2019état du matériel et des moteurs, chaque avion était d\u2019ailleurs soumis à des révisions régulières de plus en plus complètes: en zone américaine après 50 h.de vol, en Grande-Bretagne après 200 h., aux Etats-Unis après 1,000 h.Et, d\u2019autre part, pour être sûr de pouvoir assurer le trafic dans les conditions requises de stricte régularité, il a fallu unifier le type et la puissance des appareils, qui sont en général des quadrimoteurs américains, Skymaster, Enfin, pour que la chaîne sans fin du pont aérien puisse tourner sans à-coups, il a fallu minuter non seulement les temps de vol, mais aussi les temps de chargement et de déchargement à terre.Un à un vers le terrain qui leur a été désigné par téléphonie sans fil, les avions sont guidés par la tour de contrôle \u2014 ou par radar par mauvais temps \u2014 et viennent se poser l\u2019un derrière l\u2019autre, en file indienne, comme les landaus d\u2019une noce devant le porche d\u2019une église.A peine un appareil roule-t-il vers l\u2019extrémité de la piste qu\u2019un gros camion se détache d\u2019un parc de 60 à 80 véhicules semblables et ayant à son bord une équipe de dix hommes dont chacun a un rôle nettement délimité, se porte à sa rencontre.Les hélices ne sont pas encore immobilisées que déjà le camion s\u2019est posté perpendiculairement à l\u2019avion, l\u2019arrière accoté à la carlingue.La porte de l\u2019avion s\u2019ouvre, une glissière est jetée, le transbordement commence.Dix-huit minutes plus tard; y compris le balayage du plancher de l\u2019appareil, tout est terminé, la porte est refermée, les hélices recommencent à tourner, et le Skymaster repart.Chaque avion accomplit ainsi quatre rotations quotidiennes, en changeant une fois de pilote.Chaque pilote, de son côté, assure six semaines de service consécutives avant d\u2019aller au repos.Faut-il souligner la fatigue qu\u2019un pareil effort impose aux hommes et au matériel.L\u2019étonnant est que le nombre des accidents est pour ainsi dire nul.Jour et nuit, sans défaillance, les avions du pont aérien emplissent l\u2019air de leur vrombissement, filet sonore tendu au-dessus de Berlin.Jour et nuit arrive le ravitaillement qui assure, à la fois, la subsistance et la liberté des trois secteurs occidentaux de la ville.Mais il ne suffit pas de donner à ce tour de force un caractère permanent: il faut encore l\u2019amplifier dans une large mesure, pour accroître et doubler, si possible, le rendement du pont aérien.Comment?Par quelles méthodes?C\u2019est ce qui nous reste à voir.* En principe, on en est venu à un accord au sujet du blocus de Berlin, mais, comme on a vu, Vaccord de principe est demeuré bien aléatoire, car avec les Russes, on ne sait jamais.Du reste, les opérations du pont aérien de ravitaillement ne devaient pas être suspendues complètement pour les raisons qu\u2019on appréhendait et que les événements ont pleinement justifiées.C\u2019est pourquoi l\u2019article ci-dessus conserve sa valeur d\u2019actualité tout en constituant un intéressant document en marge des développements du transport aérien.N.D.L.R.|n 23J 10^ Qlcoûka % nd {ait pM Kodak.Peu coûteux, mais sa sécurité de fonctionnement est celle que des millions de gens attendent de tout appareil fait par Kodak.Il obtient la photo.Si simplement et si sûrement! Pas besoin de mise au point .chargez-le, visez, et pressez le bouton.C\u2019est Ürfi \u201cKodak\u201d et \u201cBrownie\u201d sont des marques déposées pourquoi cet appareil est si merveilleux pour les enfants et épatant aussi pour les photographes novices de tout âge.Il fait de superbes instantanés en noir-et-blanc de x 23/2; et aussi des instantanés Kodacolor (vous les prenez en plein soleil), environ 3 x 4U2.Voyez-le chez votre marchand Kodak .Canadian Kodak Co., Limited, Toronto.(Prix sujet à changement sans préavis) Ceot lu CammBaJbif B/unom Special ¦ -f\" )' Les épreuves par contact en V noir-et-blanc mesurent 1^x234 Vous pouvez obtenir de grandes photos comme celles-ci à un prix légèrement supérieur à celui des épreuves par contact.Demandez des épreuves au-dessus des dimensions moyennes lorsque vous faites développer et imprimer LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C.t et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985.RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA * TéI : PLateau 9638 * * FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires o JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) \u2022 ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières ( Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.\u2022 Entered at the Post Office of St.Albans, Vt.as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un\tan.$3.50 Six\tmois.2.00 ETATS-UNIS Un\tan.$5.00 Six\tmois.2.50 \u2022 AU NUMERO: 10 cents \u2022 HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 4.45 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.D\u2019UN SAMEDI À L\u2019AUTRE Les écrils demeurent.A chacun sa distraction ou violon d'Ingres : certains jouent au golf, d'autres collectionnent timbres-poste, anciennes monnaies, vieilles vaisselles ou bouquins poussiéreux ; moi, je m'amuse depuis une douzaine d'années à compiler des coupures d'articles en vue d'un sottisier qui ne verra peut-être jamais le jour, sans doute parce que le jeu n'en vaut pas la chandelle et aussi, et surtout, parce que nos gens sont décidément trop susceptibles, trop touchy, comme disent délicieusement les Anglais.N'importe, il est arrivé, un soir récent de désoeuvrement, que ces bouts de papier accumulés en vrac dans mes cartons m'ont fait faire une amusante incursion dans ce passé jeunet.Ce que j'en ai parcouru de ces interviews sensationnelles, de ces déclarations emphatiques et creuses, de ces canards à vous faire dresser les cheveux ou à vous faire pouffer de rire ! Tout ceci, avec quelques années de recul, a pris un air si ridiculement vieillot que je ne puis résister à la tentation de vous en servir quelques extraits en guise de papier hebdomadaire, car il faut bien que ce coin de page soit rempli de quelque chose, pas vrai ?Qu'on n'y voie pas méchanceté, l'intention n'est pas tellement de viser la salle aux dépens de certains contemporains et journaux que de démontrer l'aspect van et futile que prend trop souvent la parole imprimée.A ceux qui se reconnaîtront, nous conseillons de coiffer philosophiquement le chapeau avec, si possible, le sourire aux lèvres.Alors, nous commençons ?Hitler a bien fait parler de lui.Ce fut un chanepan jusqu'à son dernier souffle dont la date même demeure incertaine, mais on reconnaît généralement gu'il a passé de vie à trépas au printemps de 1945.Or, dix ans plus tôt, un hebdomadaire de fort tirage décidait de le faire mourir, à tout le moins dans un titre ronflant, ameiican style.Personne, apparemment, ne parut se formaliser pour si peu, d'où il faut conclure que quand on est en mal de stunt, on n'a qu'à s'en fabriquer.Quelque trois ou quatre ans après ce \"scoop\" formidable, un personnage très en vue en raison de la fonction qu'il occupait \u2014 une de ces fonctions qui dépassent souvent le titulaire \u2014 joua le mystagogue en déclarant devant un auditoire de langue anglaise, et dans la langue de Shakespeare, (par-dessus le marché !) gue si jamais notre pays devait entrer en guerre contre l'Italie, les Canadiens français mobilisés s'abstiendraient de combattre sur le sol de Remus et de Romulus pour cette raison que le Pape est à Rome.Il était à prévoir, et nous l'avons fort bien vu.que nous devions entrer en auerre contre l'Italie et aue les Canadiens français dépêchés sur ces lieux d'opérations ont marché, contrairement à la prophétie.Mais revenons au genre \"scroop\".Pendant la \"sitzkrieg\" de la ligne Maginot, c'est-à-dire pendant la drôle de guerre, notre journal de tout à l'heure nous apprit un beau samedi soir qu'un avion nazi venait d'être descendu à St-Hubert.Le titre, pas moins ronflant que l'autre, laissait à entendre gu'il s'agissait de l'aéroport sis à proximité de Montréal, mais la page de renvoi précisait qu'il s'agissait d'un petit patelin, en Belgique, dont il ne fut plus question par la suite et dont nous n'entendrons jamais plus parler.On pourrait aussi gloser sur un article qenre bébête, \"premier Montréal\", un jargon journalistique, et chapeauté du titre que voici : \"J'AI DANSE AVEC PAULETTE MAUVE ! .\" Le monsieur qui eut cet insigne honneur et qui ne put s'empêcher de crier sa joie au monde par le truchement de l'imprimé est un annonceur aujourd'hui rassis par les ans, espérons-le pour lui.Plus près de nous, et dans le domaine sérieux, j'ai noté une de ces déclarations-types qui, une fois passées au crible, ne vous déclarent rien du tout : C est notre intention de traiter avec une égale justice toutes les classes de la population sans être soumis à aucune dictature, ni de la part du travail, ni de la part du capital\".Il est bien évident que celui qui est appelé à rendre justice ne doit pas s en laisser imposer par l'une ou l'autre des parties en cause, tout comme il est évident qu'un bon jugement, à 1 instar d un traité de paix qui serait juste, suppose que tout le monde esi satisfait.Il est bien rare que tout le monde soit satisfait, on ne le sait que trop ! Il est plus facile de déclarer qu'on s'efforcera de rendre justice que de rendre justice en fait.Ça aussi, on ne le sait que trop.Nous pourrions continuer ce petit jeu, mais cela suffit, croyons-nous, pour démontrer qu'on parle et qu on écrit trop à la légère, et ce, à tous les étages de la société.Je n'ignore pas l'observation classique qu'on peut me faire : \"Celui qui se tait ressemble à celui qui ne fait rien : il ne s'expose pas à la critique.\" D'accord, mais celui qui n'a rien de sensé à dire peut toujours se taire, car les écrits demeurent, comme on vient de voir.\u2014 G.D.La pari du moral L'Information Financière et Industrielle a publié dans sa livraison du 28 mai dernier un bon compte-rendu du fort intéressant rapport qu'a présenté devant le congrès international de psychiatrie, le Dr H.-G.Ross, attache au service médical de la National Breweries.Selon cette autorité, l'absence au travail, chez l'employé en général, est plus imputable à des problèmes personnels d'ordre moral qu'à des raisons de santé physique.En conséquence, le Dr Ross, de même que plusieurs de ses confrères, est d'avis que dans les usines et bureaux, les contre-maîtres et chefs de service doivent savoir en temps et lieu, faire montre de psychologie.Il va de soi qu'il ne saurait être question de s'immiscer dans la vie privée du travailleur, mais il n'en demeure pas moins qu'une judicieuse observation à laquelle se joindraient, avec tact et ménagements, des conseils susceptibles d'éclairer et de guider, serait bénéficiable tant à l'employé qu'à l'employeur.Ces remarques du Dr Ross qui mériteraient d'être étudiées plus en détail, jette, selon nous, une lumière nouvelle sur un aspect trop négligé du travail.\u2014 G.St-O.Le blanc et le noir Mon voisin est courtier en immeuble.Souvent, il m'est donné de voir opérer sa dialectique dans des transactions, et je vous prie de croire que cette dialectique n'est pas à sens unique ; elle fonctionne à merveille dans les deux sens, tout comme ces robinets jumelés qui vous servent le chaud ou le froid à volonté.Cherche-t-il à se porter acquéreur, que la maison en cause n'est qu'une masure, bonne tout au plus à la démolition pour le terrain dont la valeur est assez quelconque.Mais, si d'acheteur il devient vendeur de la même maison, c'est une valeur extraordinaire, une de ces maisons d'avant-guerre qui n'a pas de prix, et avec ça, un site qui promet les plus heureuses spécu- lations à cause des développements tout prochains, et patati, et patata .Non, en immeuble comme en politique, les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets.Et la valeur est relative à votre position d'acheteur ou de vendeur.On peut conclure qu'il vaut encore mieux être vendeur .\u2014 L.S.I Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 5 % m i QUATRE SIECLES D'ARMURERIE Fusils de haute précision Par CUVE HARRIS (Exclusif au \"SAMEDI\") La fabrication de fusils dérive d\u2019une des industries les plus anciennes du monde.On ne sait pas au juste à quelle époque remonte le premier emploi des armes à feu.Quand à l\u2019origine de la poudre à canon, elle nous est absolument inconnue.Cela ne fait cependant pas l\u2019ombre d\u2019un doute que, voici plus de 2,000 ans, les Chinois en connaissaient le secret.La ville de Birmingham, Angleterre, que les sportsmen du monde entier reconnaissent comme le centre de la production de fusils, fut mentionnée, pour la première fois, en 1538, comme \u201cun endroit où l\u2019on peut se procurer des armes\u201d.Pendant la Guerre Civile de 1643 qui partagea l\u2019Angleterre entre les partisans de Charles 1er et ceux du Parlement, Birmingham s\u2019attira l\u2019animosité du royaliste Prince Rupert, pour avoir fourni des armes aux armées du Parlement.Le roi Guillaume III ayant passé la première commande de mousquets aux armuriers de la ville, celle-ci assuma, en 1689, le rôle de centre de fabrication d\u2019armes.La production d\u2019armes marcha de progrès en progrès, si bien que, vers la fin du XVIIIe siècle, elle occupait la seconde place parmi les nombreuses industries de Birmingham, employant quelque 7,000 ouvriers.C\u2019est à cette époque que l\u2019on s\u2019avisa de l\u2019extrême importance que pouvait assumer la vérification des armes.En 1813, le Parlement vota une loi qui donna naissance au centre de Birmingham qui est désormais affecté à la vérification des canons de fusil.Toutes mécanisées que sont aujourd\u2019hui les industries, la fabrication des fusils de sports est encore confiée à des artisans spécialisés.Dans ce domaine, aucune ville du monde ne saurait rivaliser avec Birmingham.Les tuyaux qui servent à la fabrication des canons de fusil, sont usinés et alésés dans des flans de métal.Ce travail nécessite des connaissances spécialisées, particulièrement en ce qui concerne les procédés qui ont trait au renforcement des canons et à la formation de l\u2019étranglement, dont dépend la régularité de la propagation du coup de fusil.Avant de procéder aux dernières opérations d\u2019usinage du canon, on le soumet à ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler une vérification provisoire.Cette mesure à laquelle les fabricants s\u2019astreignent de leur propre gré, a pour but de s\u2019assurer de la bonne qualité des métaux employés.Une fois que les canons de sa fabrication ont passé cette vérification rigoureuse, le producteur peut, en toute sécurité, procéder à leur accouplement.On vérifie les tuyaux à canon, en leur vissant des culasses d\u2019essai qui les convertissent en pièces se chargeant par la bouche.Une fois chargés, les tuyaux sont disposés sur un support rainuré sur lequel court une trainée de poudre qui aboutit aux orifices des culasses.Ce dispositif permet au vérificateur de procéder à leur décharge, derrière une porte en fer qui le protège de tout accident.\t[ Lire la suite page 34 ] - * to - fl Ci-dessus, à gauche, l'opération du graveur, travail si comp ete qu'il peut quelquefois demander plusieurs semaines.\u2014 Ci-contre, les tuyaux sont accouplés par des \"chevalets\" que l'on soude par intervalles le long des canons.Après ce a, on bronze tous ces points de soudure, en s'assurant préalablement que les deux canons présentent un accouplement parfait.\u2014 Ci-contre, à droite, une phase dans la fabrication du canon proprement dit.Le fignolage des canons, limage et ponçage, se fait à la main. UiTRAf OB# O* 99 O G» j OS) O SB X«6 * a^v.¦üp» L'appareil récepteur \"Ultrafax\" qui reçoit un million de mots à la minute.Le message capté des ondes est enregistré tel qu'à son expédition.On rétablit le film qui a été utilisé au départ.C'est ainsi que fut lancé et capté l'ouvrage \"Gone With The Wind\" au complet que tient ici la jeune fille.A LA VITESSE DE LA LUMIERE , % Vue de premier plan d'une partie de l'appareil.L'opérateur place la pellicule des messages à expédier.Au fur et à mesure que le film se déroule, un mince rayon de lumière enregistre les images dans l'appareil.Les impulsions de cette lumière se transforment en impulsions de courants électriques lancées sur les ondes.C'est ici que les messages sont captés des ondes radiophoniques.Ces images sont enregistrées par la lampe \"kinescope\" (cylindre en haut, à droite) et sont transposées sur un film au moyen d'une caméra placée directement sous le cylindre.Images et Imprimés Lancés sur les Ondes Par EDGAR PIGEON Ci-contre, l'appareil qui forme la station émet-trice de radio-télévision-télégramme \"Ultrafax\", développement mis au point par la Radio Corporation of America.A droite, la lampe à rayons cathodiques qui capte les rayons à mesure que te film se déroule sur la table tournante.Au moyen de l\u2019\u201cultrafax\u201d, deux volumineux romans canadiens, \u201cBonheur d\u2019Occasion\u201d et \u201cLes Plouffe\u201d, par exemple peuvent être transmis sur les ondes, en moins de quarante-cinq secondes.Mais qu\u2019est-ce que cette merveille?Qu\u2019est-ce que l\u2019\u201cultrafax\u201d?C\u2019est un nouveau système, le plus rapide connu jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, pour lancer des messages d\u2019un point à un autre, à raison d\u2019un million de mots à la minute.On a joint à la fois la télégraphie, la radiophonie et la télévision pour réaliser cette grande invention.C\u2019est un nouveau système de télécommunication, ultrarapide, qui peut lancer ou capter des messages écrits ou imprimés, de même que des documents, à cette vitesse incroyable.On prévoit que cette invention nouvelle s\u2019adaptera à plusieurs autres déjà existantes, les complétera et répondra à des besoins nouveaux.Les six principaux objectifs que doit réaliser \u201cultrafax\u201d sont les suivants: L\u2019échange international de programmes de télévision, même d\u2019un continent à un autre.Un service qui permettra de recevoir, par le truchement de l\u2019appareil ordinaire de télévision (avec un dispositif spécial), le journal dans chaque foyer, sans même interrompre le programme de télévision en cours.Un système de communication militaire pour le monde entier.Dix de ces transmetteurs peuvent, en soixante secondes, transmettre tou?les messages qui passèrent aux bureaux de la \u201cPentagon Building\u201d, en vingt-quatre heures, au plus fort de la dernière guerre.L\u2019établissement de vastes organismes qui permettront de fournir à chacun des foyers, à une minute près, les éditions complètes des journaux.La transmission de films cinématographiques complets, des studios aux diverses stations émet- trices de télévision qui les retransmettront dans chacun des foyers ou les feront tenir aux cinémas qui, eux, les présenteront dans leurs établissements.L\u2019expédition du courrier par \u201cultrafax\u201d ou courrier-radio, par l\u2019entremise des bureaux de postes qui reçoivent les lettres et les distribuent.Et combien d\u2019autres possibilités encore! Les principales démonstrations de ce nouvel appareil ont été faites à Washington, à la Library of Con-' gress, alors que l\u2019on a constaté quelles choses merveilleuses il est possible d\u2019accomplir au moyen de l\u2019esprit d\u2019équipe des grands travailleurs et des savants.Le Dr Luther-H.Evans de cette bibliothèque était heureux, ce jour-là, de recevoir ces savants ainsi que le brigadier général David Sarnoff, président de la Radio Corporation of America, à cette première démonstration publique d'un appareil nouveau qui révolutionnera tous les systèmes déjà en opération.Les inventions nouvelles appellent d\u2019autres inventions.L\u2019\u201cultrafax\u201d est le premier né de la télévision.Depuis plusieurs années, on travaillait à la réalisation de ce projet, mais c\u2019est la télévision qui apporta la solution lorsque les ingénieurs songèrent à la quantité d\u2019appareils compliqués et délicats qu\u2019il faut manoeuvrer pour la télévision, au coût de ces appareils et à leur entretien.Le premier problème de la télévision était celui du logement.\"Nous ne\t[ Lire la suite page 28 ] I agjgfe .-j ' pipiri Hpü \u2022 \u2022 ¦> u.C'!* ?V i IV\u201d CECI N'EST PAS UN REVE La maison de demain Par LOUISE GILBERT-SAUVAGE (Notre correspondante à Hollywood) Cette merveille de confort moderne peut aussi bien s\u2019appeler la maison futuriste.C\u2019est une espèce de palais \u201cpresse-bouton\u201d, dans lequel tout semble arriver comme par enchantement.C\u2019est en compagnie de Meg Randall, la jolie actrice que l\u2019on a vue dans \u201cMa and Pa Kettle\u201d, que je l\u2019ai visitée.C\u2019est, en somme, un rêve réalisé, à la manière des fameux récits de Jules Verne.Une de ces demeures électroniques, comme il en existe déjà un certain nombre.ci quelques illustrations rapportées de mes pérégrinations à travers les pièces de cette féerie ultra-moderne.Il ne faut pas s\u2019étonner si Meg Randall, un pur produit de ce siècle de modernisme, s\u2019y trouve absolument chez elle.A la voir évoluer et presser tous ces boutons magiques, elle me donne l\u2019idée du progrès en personne.Meg fait partie de cette maison, comme un bibelot de choix.Cependant, entre ces murs au milieu de ce mécanisme de confort futurisle, je me demande ce qui va rester de la personnalité de l\u2019hôtesse et de la chaleur si accueillante des maisons d\u2019antan.Mais, trêve de sentimentalité, nos aïeules ne connaissaient pas l\u2019automobile ni la radio .Au moyen des illustrations que j\u2019ai pu obtenir de cette merveille genre vingtième siècle, voyons un peu ce que peut offrir de confort à une maîtresse de maison et à sa famille ce modèle d\u2019architecture futuriste.Tout d\u2019abord voici comme numéro 1, le \u201cliving-room\u201d.Remarquez que toute la cheminée est faite de briques avec encadrement du foyer en marbre.A noter le tableau du plus pur futurisme ornant le centre de la cheminée, représentant l\u2019art musical moderne, et auquel je n\u2019ai pu, pauvre profane que je suis, rien comprendre de musical; tant la simplicité et la beauté de la musique tout court, sans \u201cismes ou istes\u201d me semblent supérieures.Meg, qui porte la robe de maison \u201cplastique de demain\u201d, me fait remarquer le carrousel des liqueurs avec ses sièges-chevaux qui, sous 1 action d un bouton, vous transporte tout-de-go dans le [ Lire la suite page 34 ] Photo du haut, à gauche, l\u2019apparei qui fait votre vaisselle comme par magie.\u2014 A droite un coin du living-room avec escalier en tubes.Remarque* l\u2019aspirateur aux lignes aérodynamiques, de même que la console de commande électrique, près du fauteuil ______________ Le pan du mur.à gauche, concentre en lui-même radio, télévision, tourne-disques, discothèque et quoi encore ! \u2014 Ci-contre, un coin agréable et moderne, même le foyer qui n\u2019est pas d\u2019origine récente.\u2014 Ci-dessous, à gauche, la cuisine rêvée de toute ménagère.\u2014 A droite, un coin pratique pour le sommeil de vos invités ou de votre marmaille! Photos Universal Pictures.* ' 1%.i 8 Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 Roman policier par CLAUDE ASCAIN \\7 Dessin de JEAN MILLET LE SECRET DE VAN TOMPST \"A I \u2014 Un début d'incendie LA voiture roulait relativement vite, mal^é 'a pluie battante de cette fin d\u2019après-midi d\u2019avril.Robert Lacelles conduisait d'une main ferme, la route était déserte.Il venait d\u2019allumer les phares car on n\u2019y voyait plus grand\u2019chose devant soi.On traversa une localité.Il lut, au passage, sur un poteau le nom de Champs.\u2014On se rapproche de Paris.murmura-t-il.Bientôt Noisy-le-Grand, et Bry-sur-Marne.\u2014Oui, patron.répondit Oscar Palan, son fidèle collaborateur, assis, le buste droit, le visage figé comme toujours.Lacelles avait ralenti pour la traversée de Champs.A peine sur la grande route qui allongeait son ruban noir et miroitant de pluie sous le double faisceau lumineux, il appuya sur l\u2019accélérateur.A ce moment, il sentit que son voisin lui touchait le bras.\u2014 Bah, la pluie l\u2019éteindra vite.Les arbres sont mouillés.\u2014 Ce n\u2019est pas la forêt qui brûle, reprit Palan.Je crois que ce doit être une maison.Lacelles arrêta brusquement son moteur.La pluie avait diminué et cessait graduellement.La lueur là-bas, devenait plus vive.Auucne rumeur, aucun bruit révélant qu\u2019on s\u2019activait pour combattre l\u2019incendie.Un incendie provoqué ne camoufle pas toujours parfaitement un crime, mais faut-il encore du flair pour reconstituer le mobile et trouver la piste ?Cette aventure le démontre bien.o \u2014\tTl y a peut-être de pauvres bougres qui risquent de rôtir là-dedans.murmura-t-il.\u2014\tJe pensais exactement la même chose, patron.\u2014\tEn conséquence, nous y allons.Je vois que tu est aussi «poire» que moi.déclara Lacelles avec un sourire railleur.Ce qui pouvait se traduire par «nous sommes toujours prêts à secourir notre prochain».Mais Lacelles avait la pudeur de ses sentiments et les déguisait sous une apparence volontairement cynique.Ils prirent une petite route forestière, virèrent à angle droit et se trouvèrent d\u2019un seul coup devant un pavillon, dans une clairière.La lueur rouge qu\u2019ils avaient aperçue de la grande route provenait d\u2019une fenêtre du premier étage.L'incendie nç faisait que débuter.Mais U était évident que si l\u2019on ne faisait rien pour le combattre, toute la maison deviendrait bientôt la proie des flam-mes.Lacelles sauta à bas de sa voiture et regarda.Un portail de bois était grand ouvert, laissant voir, ou plutôt deviner, une allée qui conduisait tout droit au pavillon.Il distingua des lumières à travers les persiennes du rt^-de-chaussée, ce qui, manifestement, signifiait qu il y avait des gens, mais c\u2019était étrange.Car ainsi que le remarqua Lacelles, on aurait dû bouger, s\u2019agiter, faire quelque chose.Et la maison semblait morte.\u2014 Reste, ici, près de la voiture, ordonna-t-il.Je vais voir.Il avait également constaté que la porte du perron était entre-bâillée.D un pas rapide, Lacelles atteignit le perron, l\u2019escalada, pénétra dans un vestibule carré.Trois portes intérieures menaient vers d\u2019autres pièces.L odeur de la fumée commençait à devenir plus precise.Au fond du vestibule, un escalier, coupé par un petit palier, montait en tournant.Lacelles devina que la piece ou régnait l\u2019incendie devait être juste en tace des dermeres marches, car c\u2019était de là que pro- Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 9 venait un vague brouillard bleuâtre, révélant une fumée qui allait devenir de plus en plus dense.Il ouvrit une porte, au hasard, dans le vestibule.Et il resta immobile devant le spectacle qui s\u2019offrait à lui.C\u2019était une des pièces où il y avait de la lumière.A peine eut-il vu, qu\u2019il bondit en arrière, cherchant d\u2019une main hâtive son revolver dans sa poche arrière.Un homme était etendu sur le sol.Un autre, agenouillé auprès de lui, avait tourné un visage empli de fureur, du côté de la porte.C\u2019était l\u2019expression répandue sur les traits cruels qui avait éveillé l\u2019instinct de défense de Lacelles.Une face aux traits cuivrés, au nez extrêmement large et court, aux lèvres épaisses.Des cheveux noirs, très plats et comme lustrés.A l\u2019apparition de Lacelles, il s était remis debout d\u2019un bond de félin, et s\u2019élança, un long couteau effilé à la main.Le mouvement de Lacelles avait coïncidé avec ce geste.Mais le nouveau venu faillit se faire prendre de vitesse.Il lui fallait déboutonner son ciré de pluie.L\u2019homme au visage cuivré était déjà sur lui, et d\u2019un coup de poignard, déchira le vêtement sur tout le côté droit.Lacelles, d\u2019une feinte savante, avait évité la lame en plein flanc.Et déjà, il avait son revolver en main.Le coup de feu éclata.L\u2019homme tomba avec un hurlement d\u2019agonie.Il se contorsionna sur le sol, roula sur lui-même, et resta là.Lacelles se précipita vers l\u2019autre homme qui était toujours allongé à terre, sans mouvement.Il eut un sursaut d\u2019horreur.Poignardé! Par celui qu\u2019il venait d\u2019abattre.Dans la main gauche crispée du bandit, il y avait quelque chose.Lacelles l\u2019avait vu détacher une ceinture de la taille de sa victime.Cette ceinture avait dû être portée à même la peau, car le misérable avait dénudé le torse pour s\u2019en emparer.Un regard rapide.Lacelles vit qu\u2019elle était en cuir d'un bleu foncé, assez usagée, avec une boucle plate formant un motif ornemental.Il la roula et la glissa dans sa poche.Ce geste instinctif accompli, il mit un genou à terre pour examiner l\u2019homme qui avait été attaqué.Cheveux gris, visage tanné, mais appartenant indiscutablement à la race blanche, épaules carrées, costume de serge bleue tout neuf.Lacelles vit une large et sinistre tache rouge au milieu de la poitrine.Le corps était chaud encore, ce qui prouvait que le crime n\u2019avait pas été accompli depuis très longtemps.Mais l\u2019homme était mort.Lacelles s\u2019en rendit compte sans peine.Il se releva, le front plissé.Que signifiait tout cela?Au milieu de quel drame mystérieux venait-il de se jeter?Il tira la ceinture de sa poche, et allait l\u2019examiner plus attentivement, lorsqu\u2019il entendit un bruit derrière lui, immédiatement suivi d\u2019une détonation.Pivotant sur lui-même, il se jeta vers la porte, son browning à la main.Il se heurta à Oscar Palan.Son collaborateur lui montra une silhouette qui courait dans l\u2019escalier vers le premier étage.Ils se ruèrent tous deux.Mais il y eut un fracas de vitres brisées.Lacelles rugit: \u2014 Vite!.Dans le jardin!.Il a sauté par une fenêtre.Lacelles se jeta dehors.Il distingua l\u2019homme dans la nuit.Mais avant d\u2019avoir pu tirer, il comprit que c\u2019était inutile.La forme avait disparu entre les arbres.Il rentra dans la maison.Palan redescendait en courant du premier étage.Il était à demi suffoqué par la fumée.\u2014 Là-haut \u2014 dit-il à mots hachés \u2014 j\u2019ai vu.Dans la chambre.Presque tout brûlé.Un cadavre.A terre.Lacelles eut la sensation brusque qu\u2019il lui fallait quitter les lieux.Qui sait combien de meurtres encore avaient été commis dans cette maison tragique?|\u2014 Filons, dit-il brièvement.Pas bon pour nous de rester ici.Ils étaient venus pour aider à combattre un incendie, ils étaient tombés en plein mystère.Un mystère sanglant.\u2014 Inutile de donner à Jolivet, des armes contre nous.L\u2019inspecteur Joseph Jolivet était l\u2019adversaire acharné de Lacelles.Il s\u2019était juré de l\u2019arrêter, de le prendre un jour, en flagrant délit, ou tout au moins d\u2019accumuler tellement de preuves que le gentleman-cambrioleur ne pourrait s\u2019en dépêtrer.La pluie était revenue avec une intensité plus forte.Là-haut, l\u2019incendie semblait avoir perdu du terrain.Les deux hommes partirent en courant vers la voiture.Oscar Palan avait expliqué qu\u2019il s\u2019était muni d\u2019un seau trouvé dans un cabinet de toilette et aspergé, tant qu\u2019il avait pu, le lit qui flambait dans la chambre à coucher.Ils atteignirent la grande route.Des interpellations les accueillirent.C\u2019étaient des gens du village qui accouraient.Lacelles, les dents serrées éteignit toutes ses lumières et fonça de l\u2019avant.Il ne ralluma ses phares que lorsqu\u2019il fut certain qu\u2019on n\u2019avait pas pu distinguer son numéro de plaque, ni l\u2019apparence générale de l\u2019auto.En cours de route, Oscar lui révéla le danger qu\u2019il avait couru.\u2014\tLe deuxième individu était dans le jardin, probablement aux aguets derrière quelque massif.Il a dû assister à notre arrivée.Je ne me suis aperçu de sa présence que lorsqu\u2019il a bougé, et s\u2019est avancé vers la maison.Il devait vous croire seul.\u2014\tC\u2019est lui qui m\u2019a tiré dessus?\u2014\tNon, patron.C\u2019est moi qui lui ai envoyé un pruneau.Il venait de pénétrer dans le vestibule.J\u2019étais derrière lui.J\u2019ai vu un couteau briller dans sa main.Il s\u2019apprêtait à vous le lancer dans le dos.C\u2019est à ce moment qu\u2019il m\u2019a repéré et qu\u2019il a bifurqué pour se jeter dans l\u2019escalier.J\u2019ai tiré.Je l\u2019ai raté.Ils ne parlèrent plus jusqu\u2019à l\u2019arrivée à Paris.Ce ne fut que lorsqu\u2019ils se trouvèrent dans l\u2019appartement de Lacelles que ce dernier articula, en tirant la ceinture bleue de sa poche: \u2014\tDeux assassinats.Une maison incendiée.Un des agresseurs abattu.Total, trois morts.Pour obtenir ceci.\u2014\tVous croyez, patron, que ce sont les deux bandits qui ont mis le feu à la maison?\u2014\tAucun doute là-dessus, Oscar.Il y avait huit chances sur dix pour qu\u2019on ne retrouvât plus qu\u2019un, monceau de décombres calcinés et pas grand\u2019chose des deux corps des victimes Cette mystérieuse agression était destinée à être déguisée en accident.LE JET D'EAU Ainsi qu\u2019une aigrette de casque Le jet d'eau svelte et gracieux Monte, se courbe et dans la vasque S\u2019écroule avec un bruit joyeux .Plus frais que ce jet d\u2019eau limpide.Ton rire s\u2019élève, enfantin, Et ruisselle en mon coeur avide Qui retient son bruit argentin.(Extrait de \"Voix des Poètes\u201d, Variété) !Alphonse DESILETS Oscar Palan s\u2019approcha curieusement pour examiner la ceinture.\u2014\tRien de particulièrement remarquable, marmonna Lacelles.Elle est loin d\u2019être neuve.La seule chose qui ait quelque valeur est cette grosse boucle.De l\u2019or massif.Mais cela ne justifie pas qu\u2019on se soit donné tant de peine.A mon avis, il y a autre chose, là-dessous.Palan regarda attentivement.\u2014\tDeux espèces de dragons qui s\u2019affrontent, spécifia Lacelles.C\u2019est du travail oriental, assurément.L\u2019individu qui avait échappé au coup de feu de Palan s\u2019était réfugié dans le bois et avait attendu le départ des deux hommes.Il savait qu\u2019il était inutile de retourner à la maison.Les paysans qui avaient vu la lueur de l\u2019incendie s\u2019affairaient avec des clameurs.Silencieusement, sans souci de la pluie battante, il se faufila jusqu\u2019à un chemin forestier, gagna une route vicinale, et après quinze cents mètres environ, atteignit une grand\u2019route parallèle à celle qu\u2019avaient empruntée Lacelles et son compagnon.Une grosse auto attendait à la sortie du village de Malone.L\u2019homme sans hésiter ouvrit la portière, se jeta à l\u2019intérieur.\u2014\tOù est Worang?grommela une voix.\u2014\tPartons, maître, partons!.haleta l\u2019homme.Il est resté là-bas.Pour toujours!.La voiture démarra.L\u2019homme continuait de respirer péniblement.\u2014\tParle Gratung!.gronda le conducteur.Tu as la ceinture sacrée?\u2014\tNon, maître.Je.La voiture fit une embardée.Son conducteur dont la fureur venait d\u2019éclater subitement l\u2019arrêta.\u2014\tQuoi?.Tu.tu n\u2019as pas accompli ta mission?Et tu as laissé massacrer Worang?L\u2019homme, d\u2019une voix oppressée et respectueuse, conta les événements.\u2014 Mais la ceinture!,.La ceinture!.\u2014 La ceinture, maître, c\u2019est le blanc qui l\u2019a.Je l\u2019ai vu distinctement l\u2019examiner et c\u2019est à ce moment que je m\u2019apprêtais à l\u2019attaquer.Mais son compagnon est intervenu.Sans ma rapidité à m\u2019échapper, j\u2019eusse été criblé de balles.\u2014 Pour ce que ton retour m\u2019intéresse!.dit brutalement l\u2019autre.\u2014 Oui, maître.Vous avez raison.Mais j\u2019ai pensé que je pouvais vous être utile encore.J\u2019ai gravé les traits de cet homme dans ma mémoire.Et je lé retrouverai.\u2014 Tu as manqué de tête, Kratung.Tu aurais dû crever un pneu de la voiture pendant que les deux hommes étaient dans la maison.Tu les aurais empêchés de repartir, et.\u2014\tIl était trop tard, maître.Des gens des environs accouraient pour combattre le feu.Et puis ces deux hommes ne sont pas des personnages ordinaires.La manière dont Worang a été abattu prouve qu\u2019ils savent se servir de leurs armes.Ils atteignirent la capitale.Le conducteur ordonna: \u2014\tDescends ici.Tu prendras un taxi pour rentrer.Il reprit sa route, un rictus de fureur aux lèvres.Il \u2014 On prépare l\u2019appât Oscar Palan apparut avec une poignée de journaux qu\u2019il déposa sur la table.Lacelles déplia le premier qui lui tomba sous la main.L\u2019événement de la veille y était relaté à une place L\u2019événement de la veille y était relaté à une place d\u2019honneur, sous le titre: «Un triple crime mystérieux».Lacelles considéra cette ligne en grosses lettres, et haussa les épaules.Un triple crime! \u2014 Je parie que c\u2019est Jolivet qui s\u2019occupe de ça.Il n\u2019y a que lui pour arriver à de pareilles conclusions.C\u2019était, en effet, l\u2019inspecteur Jolivet.Et il avait conclu à trois assassinats sur un inconnu.Le journal relatait comment la gendarmerie avait été avertie la veille au soir, tout de suite après la découverte, une fois l\u2019incendie éteint, de trois corps, dans la maison.\u2014 Il s\u2019appelait van Tompst.murmura Lacelles.Un Hollandais.Un colonial.C\u2019est bien ce qu\u2019il m\u2019avait semblé.Oscar écoutait sans se départir de l\u2019air impassible qu\u2019il avait adopté depuis toujours, et qui lui avait valu le surnom de «face de momie» bien avant qu\u2019il fût entré au service de Lacelles.\u2014 L\u2019homme qui était au premier étage, reprit Lacelles, avec le couteau entre les deux épaules, c\u2019était le domestique de van Tompst, un dénommé Jan Lockest, également un Néerlandais.Il continua de lire, et fit un signe de tête.\u2014 Bon.Cela devient plus logique.Le cadavre de celui que j\u2019ai abattu est, paraît-il, représentatif d\u2019une race malaise.J\u2019ai bien pensé que c\u2019était un chimpanzé de ce genre-là.Il rabattit sa feuille.\u2014 Nous disons donc, deux Hollandais des colonies et un Malais.C\u2019est donc bien pour la ceinture que tout cela s\u2019est passé.\u2014 Je n\u2019en ai jamais douté, patron.\u2014 Mon garçon, reprocha Lacelles, c\u2019est un tort.Car il était possible que notre intrusion eût empêché autre chose.Il y avait peut-être \u2014 je m\u2019exprime mal \u2014 il aurait pu y avoir d\u2019autres raisons à cette agression.Tandis que.\u2014 Excusez-moi, patron, mais \u2014 vous allez me trouver paradoxal \u2014 je me demande, pourquoi, après tout, on tenait tant à cette ceinture?Lacelles hocha la tête.\u2014 Si je le savais d\u2019une façon certaine, je connaîtrais beaucoup de choses.Or, je ne suis pas devin.Toutefois, avec un peu de logique, on peut conclure que la ceinture bleue doit représenter un symbole important.Cette boucle aux dragons signifie quelque chose.Il se replongea dans la lecture de l\u2019article.Les premières constatations de l\u2019inspecteur Jolivet étaient données en détail.Il déclarait qu\u2019il y avait eu plusieurs agresseurs.L\u2019un avait frappé à coups de poignard, 1 autre avait tiré un coup de revolver.Mais pas un instant il n\u2019avait songé que le Malais était l\u2019assassin des deux blancs.\u2014 Pour lui, murmura Lacelles, l\u2019assassin se transforme en troisième victime.C\u2019est bien son genre de déductions.Suivaient des commentaires sur les traces de pas découvertes dans l\u2019escalier, celles de Palan.Il y en avait également, mais plus petites, dans la pièce où 1 on avait trouvé les corps [ Lire la suite page 14 ] Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 Av Mm -PA * ¦\t\u2022 ' v ',i Dessin de JEAN MILLET II n\u2019y a pas de sots métiers, et le clown, même lorsqu\u2019il est des plus médiocres, peut vous étonner par certains éclairs de génie qu\u2019un coeur bien placé sait mettre en relief.Nouvelle LE CLOWN par José de Bérys LE programme annonçait un «clown musical».Nous venions de subir d\u2019interminables trapézistes.J\u2019escomptais la gaîté du numéro suivant.«Clown musical»! Hélas! Il était vêtu, en effet, comme un clown de cirque, avec une culotte bouffante à larges carreaux, il avait une perruque de filasse, en trois toupets, et son visage était couvert d\u2019une épaisse couche de farine.Mais quelle gène dans ses mouvements, quelle tristesse sur ce visage de carême, quel pli dédaigneux et triste de la bouche! «Je vais vous faire un peu miousic!» déclara-t-il, imitant déplorablement l\u2019accent anglais.L\u2019orchestre attaqua la ritournelle et le clown commença son «travail».Avec un violon de pauvre, un de ces violons de bazar, dont le bois semble peint à l\u2019eau, le blême musicien se livra d\u2019abord à quelques menues acrobaties.Il joua la «Marche lorraine», en tenant son instrument derrière son dos, au-dessus de sa tête, et en se livrant à diverses contorsions.Puis, ce fut un tango de fantaisie, raclé sur une parodie de violon: une bassinoire sur laquelle étaient tendues des cordes aux sons étranges! Et dès lors, le clown nous exhiba la plus bizarre série d\u2019objets sonores; tout lui était bon pour en tirer des résonances inattendues, et il avait fait des violons d\u2019une boîte à cigares, d\u2019une cloche à fromage et d\u2019un manche à balai! Il imitait aussi à s\u2019y méprendre les cris des divers animaux domestiques et les appels d\u2019un enfant en bas âge.Et c était, tout en exécutant les scies à la mode et les danses burlesques de Montmartre, des bonds, des cabrioles et des faux pas risibles.Le public daignait s ébaubir de cette musique épileptiforme.Et je voyais perler sur le front blafard de l\u2019artiste une sueur de fatigue et d\u2019angoisse.Brusquement le clown interrompit ses exercices excentriques.Son visage se détendit et il vint se poser au milieu de la scene, face aux spectateurs, avec un grand sir de dignité.L\u2019orchestre, déjà, jouait les premières mesures de la «Méditation de Thaïs».O stupeur! Voici que sous l\u2019archet du bizarre instrumentiste, la voluptueuse mélodie, si souvent entendue, caressait mes oreilles d\u2019un charme imprévu.Je contemplais avec surprise le clown inspiré qui, délaissant ses pitreries, semblait se délecter d\u2019un effort moins vulgaire, et tentait de réhabiliter son «art» à nos yeux.Il jouait avec fougue, avec amour, avec justesse aussi, et le maigre violon, grâce à sa dextérité, devenait une humble source d\u2019harmonie.Le public, venu là pour rire grassement, ne tardait pas a la trouver mauvaise.«De quoi! criait un titi, tu vas pas nous jouer la «Marche funèbre?» Et pour sauver sa sortie, le funambulesque artiste se hâtait d attaquer une gigue et de l\u2019achever en une pirouet-te! Il recueillit, grâce à cette concession, quelques applaudissements, et put revenir saluer une salle indulgente.J\u2019avais été frappé des accents peu médiocres que le «clown musical» tirait de son «stradivarius» de quatre sous et je m informai de lui auprès d\u2019un régisseur.[ Lire la suite page 34 ] / »HÉ * I î mm 2° De source autorisée, nous avons appris que les autorités fédérales ont l\u2019intention d\u2019imposer la taxe d\u2019amusements qu\u2019ils avaient supprimée à l\u2019avantage des propriétaires des clubs de la Ligue Provinciale, en 1947.Ils donnent pour raison majeure que ce circuit provincial, habilement dirigé par Albert Molini, ne devrait pas être considéré amateur, vu les salaires élevés, de $2,000 à $12,000, que perçoivent les joueurs, tous Américains, à l\u2019exception d\u2019une trentaine ! D\u2019ailleurs, les organisateurs des sports professionnels, obligés de donner au fisc fédéral environ 20% de taxes sur les prix d\u2019entrée, ne voient pas d\u2019un bon oeil cet état de choses.3° Vous avez raison, si les gros bonnets du gouvernement fédéral voulaient s\u2019en donner la peine, ils défendraient aux propriétaires de certains clubs de la Ligue Provinciale de verser en argent américain le salaire de certains joueurs de l\u2019Oncle Sam, parce que le Canada a grandement besoin des dollars américains, qui servent à payer nos importations.4e Non, messieurs, Henri-Paul Duval, aujourd\u2019hui agent de police de Montréal, depuis le 16 mars 1946, ne possédait pas les qualités nécessaires pour se tailler une place sur l\u2019équipe des Royaux de Montréal.Il lui aurait fallu deux ou trois ans d\u2019école, sous la tutelle d\u2019instructeurs compétents.Cependant, l\u2019agent Duval est l\u2019un des meilleurs cogneurs des clubs de la Laurentienne qui jouent du baseball de classe F ou G, pour être quelque peu généreux.¦ A son tour, Harold Pie Traynor, qui fut l\u2019un des meilleurs troisièmes buts de tout temps, immortel des ligues majeures, abonde dans le même sens que l\u2019incomparable Ty Cobb.Il n\u2019aime pas l\u2019idée de faire jouer des frappeurs gauchers contre des artilleurs droitiers et des JOHNNY WEISMULLER, ancien champion nageur du monde, qui per-sonnifie l'athlétique héros de Tarzan, sur l'écran américain, tourne présentement un autre film de la jungle, dans lequel Tarzan, ses amis et ses ennemis sont aux prises avec la tribu des Amazones, ces femmes mythiques et guerrières qui, si l'on en croit la légende, se brûlaient le mamelon droit pour mieux bander l'arc.¦ Réponse à MM.L.Dubois, A.Rocheleau, Montréal.1° Non, messieurs, aucun des joueurs récemment réinstallés par les mogols du baseball majeur ne pourrait jouer régulièrement dans les ligues majeures, plus fortes de 25%, depuis 1945.Peut-être, Lou Klein, des Cardinaux de St-Louis est-il une exception ?frappeurs droitiers contre des lanceurs gauchers.Selon Traynor, cette méthode peut influêncer la tenue d\u2019un joueur.A coup sûr, un jeune joueur surtout devrait s\u2019aligner tous les jours.Avec le nouveau système, les deux frères Paul et Lloyd Waner, du Pittsburgh, Stan Musial, du St-Louis, et plusieurs autres frappeurs gauchers de renom ne se seraient jamais aussi bien distingues, si on leur avait fait réchauffer le banc contre de bons lanceurs gauchers.A notre avis, cette stratégie a, certes, son bon côté, car les gérants obtiennent de meilleurs résulta\u2019s, dans la majorité des cas.Toutefois, nous restons convaincu qu\u2019un bon frappeur gaucher peut se tirer d\u2019embarras contre toute sorte de lanceurs.¦ La fondation Phelps-Shokes, consacrée à la situation des gens de couleur des Etats-Unis, révèle que les choses s\u2019améliorent grandement, surtout depuis que M.Branch Rickey, président des Dodgers de Brooklyn, s\u2019est mis au blanc pour admettre les joueurs de couleur dans le baseball organisé.Sans aucun doute, il y a encore de nombreux obstacles à surmonter pour que l\u2019attitude des deux races, l\u2019une envers l\u2019autre, soit plus favorable.A ce sujet, nous ajouterons qu\u2019un grand nombre d\u2019Américains, blancs ou noirs, ont besoin de parfaire leur éducation et leur instruction.De plus, les athlètes noirs doivent avoir une conduite irréprochable sur les terrains de jeux ou ailleurs.Si les lanceurs noirs commencent à donner de petites chances à leurs amis, le scandale ne tardera pas à sortir ses griffes bien aiguisées.Cela nous remet en mémoire la balle que Don Newcombe a lancée au voltigeur gaucher Smith, du Jersey-Ciiy, lors de sa dernière joute, au Stadium, avant de rejoindre le Brooklyn.Cette balle alla se nicher par-dessus la clôture du centre.Nous avions, alors, jugé à propos que le grand Don ne s\u2019était pas employé à fond en lançant une balle rapide, sans effet, à la hauteur de la ceinture, lorsque le pointage était de 3 à 3, avec deux coureurs sur les buts.M.Xiste Narbonne, le doyen de nas confrères, et nous-même, nous n\u2019avons pas encore avalé cette offrande ! CHOSES ET AUTRES ¦ Peut-on protester sans blasphémer?Au cours des différentes compétitions sportives, nous nous sommes, maintes fois, demandé pourquoi tant de sportsmen changent leur façon de se comporter, dès qu\u2019ils assistent à leur jeu favori.Quand ils sont à pied, quand ils sont au milieu de leur famille, ils sont très polis.Ils s\u2019empressent de donner la marque d\u2019une bonne éducation.Tout change lorsque, comme spectateurs à une joute de baseball, à un match de boxe ou de lutte, ils voient l\u2019athlète commettre une erreur mécanique.Tout change lorsque l\u2019arbitre rend une décision qui désavantage le club de leur choix.Sans s\u2019occuper des dames assises près d\u2019eux, ils prononcent alors, à l\u2019adresse des joueurs en faute, des paroles malpropres et des jurons grossiers.Pour être un habitué de manifestations sportives, nous pouvons affirmer que la proportion des mal élevés est infime.Mais, hélas! quelques centaines d\u2019imbéciles suffisent à gâter le plaisir de 20,000 spectateurs.Ne pourrait-on pas demander aux véritables sportsmen de faire eux-mêmes la police?Lorsqu\u2019un de leurs voisins blasphème en présence de dames aux cheveux blancs, ils pourraient mettre ce malotru à la raison.Ce serait assez facile, car celui qui donne libre cours à son enthousiasme en prononçant des épithètes malpropres, devant des femmes, est un lâche, dans la majorité des cas.Nous voulons être bien compris.Nous ne voulons pas mettre un frein à l\u2019exaltation ou au chauvinisme des spectateurs.Ce serait chose impossible.Nous savons fort bien que la lutte sur le losange engendre des fièvres dans les tribunes.L\u2019attitude des spectateurs influe beaucoup sur la qualité du jeu fournie par les joueurs.Prenons une foule de 15,000 à 18,000 personnes, au Stadium, un dimanche après midi.Chacun a pris sa place bien sagement.La joute commence.Pas un cri, pas une clameur, pas un encouragement, pas un applaudissement.Le silence le plus glacial règne en maître.Vous admettrez que les athlètes seraient vite gagnés par l\u2019ambiance et quasi frigorifiés moralement.C\u2019est assez naturel! Si les supporteurs vibrent et manifestent leur contentement ou leur mécontentement, les joueurs en ressentent les effets par contre-coup, et accomplissent de plus belles prouesses que dans le calme.Nous aimons mieux une foule de spectateurs qui manifestent poliment, sans blasphémer, qu\u2019un groupe nombreux de momies dans les estrades du Stadium .Vous avez, sans doute, constaté que les joueurs ou les gérants des clubs du baseball organisé sont expulsés du terrain par les arbitres et mis à l\u2019amende par les présidents des ligues, lorsqu\u2019ils lancent des jurons aux arbitres.Les spectateurs qui blasphèment, eux, s\u2019en tirent avec leur petit bonheur ! Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR mmmm ¥ m i Le doyen des étudiants américains, M.LEWIS RICH, émule de Sénèque qui se mit à l'étude du grec à 80 ans, est lui même âgé de 86 ans et suit les cours du Bergen Junior Co'lege.On dit qu'il a beaucoup d'ambition et se désole de voir ses études interrompues par les vacances.Peut-être craint-il de ne pas avoir le temps de les terminer?En attendant l'adieu n'est pas trop triste, car le temps des vacances est si court ! A l'issue d'un dîner officiel organisé par la Pan American Society, à l'hôtel Waldorf Astoria, ENRICO GASPAR DUTRA, président du Brésil, a été décoré de la médaille d'or de la Société.On remarque, à l'extrême gauche, le cardinal FRANCIS SPELLMAN, archevêque de New-York.Viennent ensuite.M.OTTO SCHOENRICH, président de la Pan American Société, le président DUTRA et M.HASLER.>Cî - -^ V, Ci-dessus, deux bassets allemands : Hulda, et sa fille, Bella, viennent d'arriver sur un avion transatlantique de Francfort, en Allemagne; et ont atterri à l'aéroport de La Guardia.Coiffées de jolis bérets tricotés, les deux chiennes sont en route pour leur destination qui est A buruerque.C\u2019A'rLA 1 IMAGE Ci-dessous, dans la cité vaticane, au cours d'une cérémonie qui ne dure que trois minutes et qui reproduit fidèlement une tradition du Moyen Age, le pape Pie XII proclame l'année sainte.Elle sera observée à partir du 25 décembre 1949.Le saint Père discute ici avec le doyen des protonotaires apostoliques, un point de la bulle pontifica e.\t\u2019\t\u2014\t.wni ci pt'>anT 44 hvres, s est pr.s d'affection pour un jeune faon de quatre mois, nommé Mamba.Ils se sont rencontrés à un hôpital pour animaux.Le faon a été recueilli dans un bois voisin de San Anselmo et ne pesait alors que quatre livres.Comme on peut le voir, il a bénéficié de soins excellents. | \u2022rrqtg.wr §âmÿ*MÈÊ, ftW'lPP1 if» Mit ; -ai ¦mÊMMk màsh HStîwii ,.£% \"'< \u2018 *».# vy \u2022\u2022¦ ' ;YKvtP%%.»V} *¦ %! 3 \u2022 &$$& ?.*¦& ai^>-4V:\ta^:4v-a*» -&MJ?; !y.\u2018 *\u2022 \u2022\u20194>t À « »! V #* rf A.\\> ' : W $'*.*¦ ; *;¦/ ÉHS y'nv.Des centaines de milliers de joyeux Berlinois acclament la levée du b ocus imposé par les Russes depuis juillet 1948.Ils sont ici assemblés dans un square, en face de l'hôtel de ville, pour entendre le maire Ernest Reuter proclamer que la fin du blocus est une victoire mondiale.Hélas ! leur joie devait être de courte durée et de nou-ve'les complications ont surgi .Ci-dessus, trois charmantes petites filles : LUCILLE, MAUREEN et JEANNINE KANE ont célébré leur premier anniversaire de naissance.Leurs parents : Patrick et Rose Kane ont six autres enfants.¦ ; mm.Au centre, à gauche, le bar de 1*1 LE DE FRANCE, un navire de la Compagnie Générale Transatlantique.Cette compagnie maritime figure au premier rang de celles qui symbolisent la présence de la France à l'étranger.Sa flotte se compose de 104 navires, en service ou en construction, représentant une jauge brute de près de 700,000 tonneaux.L'ILE DE FRANCE, l'un des plus importants de ses transatlantiques, vient de reprendre un service interrompu par la guerre.¦p .¦ m.HJ ****?«, 'iïîitfi * ***,\u2019*¦'*« *\u2022 ?**7 *** * 4 * é * ¦ * * »\t, \u2018***$£*1$ Ci-dessus, rayonnant de joie, le jeune ALFRED FRISCO accueille avec enthousiasme la nouvelle qu\u2019un jury vient de lui accorder des dommages de $25,800, pour un accident qui remonte à quatre ans.\u2014 Ci-contre, la galerie de peintures du château de Petworth, dans le Sussex.C'est là qu'habita, au XVIIe siècle, la plus riche héritière d'Angleterre, lady Elizabeth Percy qui, dès l'âge de 15 ans, épousait le duc de Somerset.Celui-ci, grâce à la fortune de sa jeune épouse, se portait aussitôt acquéreur du domaine de Petworth.Il fit démolir l'ancien château et le remplaça par un véritable palais.L'architecte n'est pas connu, mais on sait que les sal'es d'apparat furent magnifiquement ornées par Grinling Gibbons, sculpteur venu de Hollande à la demande de Charles II. LE SECRET DE VAN TOMPST [ Suite de la page 9 ] 14 de van Tompst et du Malais.Comme elles ne correspondaient à aucune des mensurations de ceux-ci, ni à celles trouvées sur marches, Jolivet avait conclu à la présence de deux inconnus.On parlait enfin des déclarations de quelques paysans qui avaient vu surgir une auto, laquelle au lieu de s\u2019arrêter aux injonctions, s\u2019était enfoncée dans la nuit, tous feux éteints.Lacelles lut et relut tous les journaux.Nulle part, la moindre description de sa voiture.Il émit un petit soupir d\u2019aise.\u2014 On se perd en conjonctures, naturellement, sur les mobiles du «triple» crime, dit-il.On ne comprend même pas comment et pourquoi l\u2019incendie a été allumé.Pas très fort, tout cela.Pauvre Jolivet! M.van Tompst avait loué ce petit pavillon depuis un mois.Il venait d\u2019Amsterdam où il avait séjourné quelques jours, après avoir débarqué du paquebot qui l\u2019amenait de Java, en compagnie de son domestique Lockest.L\u2019enquête continuait et l\u2019on espérait que «d\u2019habileté coutumière de l\u2019inspecteur Joseph Jolivet soulèverait bientôt le voile du mystère».\u2014 Tu parles!.jeta Lacelles sur un ton de gouaille ironique.Oscar demanda: \u2014 Qu\u2019est-ce que vous allez faire de cette ceinture, patron?Lacelles lui adressa un regard de reproche: \u2014 Comment, mon ami?Une question pareille!.Mais je vais tâcher d\u2019en faire de l\u2019argent!.Il s\u2019installa à un petit bureau, déca-puchonna une machine à écrire portative, fit courir ses doigts sur le clavier.\u2014 Voilà.J\u2019ai tapé ça en cinq exemplaires, pour commencer.Tu vas les porter aux journaux suivants, pour la rubrique: «Perdus et trouvés».Nous verrons ce que ça donnera.Il indiqua les quotidiens en question, étaient les plus importants de Paris.Oscar Palan jeta un coup d\u2019oeil sur les papiers.«Trouvé ceinture bleue à boucle d\u2019or massif représentant deux dragons cabrés l\u2019un contre l\u2019autre.Ecrire à la direction du journal, qui fera suivre, à R.L.V.» Palan ne bougea pas.Il avait l\u2019air dubitatif.Lacelles sourit.\u2014 Vas-y, mon garçon.C\u2019est actuellement le seul moyen d\u2019entrer en contact avec celui qui avait chargé les deux macaques d\u2019assassiner van Tompst.Oh, i: mordra à l\u2019appât, s\u2019il le voit.La seule question est de savoir combien de temps il mettra pour remarquer l\u2019annonce.\u2014 Oui, patron.Mais.après?\u2014 Après?Voici ce que je compte faire.Oscar écouta, inclina la tête et se dirigea vers la porte.Le plan de son patron était excellent.Le soir même, un voyageur de taille moyenne, aux cheveux gris argent et à la moustache un peu plus foncée, s\u2019inscrivait à l\u2019hôtel Solar.Il accepta la chambre 33.Il ne savait pas quelle serait la durée de son séjour, mais cela ne l\u2019empêcha pas de payer huit jours d\u2019avance.Il expliqua qu\u2019il attendait quelques lettres et des visites.Peut-être son départ serait-il brusqué.En tout cas, dès que la semaine serait écoulée, il réglerait de nouveau une huitaine, par anticipation.Il fut tout de suite extrêmement bien considéré.Le groom qui avait ouvert la portière du taxi, le garçon qui avait monté la grosse valise, l\u2019employé à la réception échangèrent leurs impressions.Excellents pourboires et peu de travail.Le client idéal.Vingt-quatre heures s\u2019écoulèrent.Puis encore une journée.Au matin du surlendemain, il y eut une lettre pour M.Rousseau.Elle provenait d\u2019un journal du matin.M.Rousseau donna encore un pourboire au garçon qui l\u2019avait montée en même temps que le petit déjeuner.Avant de verser son café dans la tasse, il décacheta l\u2019enveloppe.\u2014 Parfait.marmonna-t-il.A l\u2019intérieur, une autre enveloppe portant comme adresse: «M.R.L.V.aux bons de.» et l\u2019adresse du quotidien.On lui parlait d\u2019une certaine annonce au sujet d\u2019une ceinture, et on le priait de téléphoner à six heures et demie \u2014 pas avant, pas après \u2014 à un certain numéro.Il lui suffirait de demander M.Pierre, et l\u2019on établirait un premier contact.M.Rousseau eut un petit sourire et déjeuna de bon appétit.Puis il décrocha son récepteur téléphonique, mais se ravisa presque aussitôt et alluma une cigarette.\u2014 J\u2019ai le temps.marmonna-t-il.Il descendit, répondit aux saluts par un signe de tête cordial et sortit.Dix minutes plus tard, il se trouvait dans la cabine téléphonique d\u2019un grand café et composait le numéro de l\u2019appartement de Robert Lacelles qu'il paraissait connaître par coeur.\u2014 Allô?.C\u2019est toi, Oscar?fit-il.\u2014 Oui, patron.Rien de neuf, ici.\u2014 Je m\u2019en doute.J\u2019ai reçu ce que j\u2019attendais.Ce n\u2019est plus la peine de continuer les annonces.Tu y es allé, ce matin?\u2014 Non, pas encore, patron.Tant mieux.Lacelles avait convenu avec son comparse qu\u2019au cas où il n\u2019y aurait aucun résultat le troisième jour \u2014 délai maximum \u2014 Oscar Palan retournerait dans les différentes salles visitées pour lancer une nouvelle série d\u2019avis.\u2014 Je dois téléphoner à six heures et demie, reprit le pseudo-M.Rousseau.Tu peux te tenir prêt, de ton côté.Tu as ce qu\u2019il te faut?La voix calme et incolore de Palan assura que tout était en ordre, qu il avait pris ses dispositions, et qu il avait plus que largement le temps durant la journée pour faire le nécessaire.A six heures et demie M.Rousseau, qui était rentré à l\u2019hôtel, après une bonne promenade durant l\u2019après-midi, demanda M.Pierre.Il attendit une demi-minute, puis une voix s\u2019exprimant parfaitement en français maigre un accent caractéristique lui répondit.Durant cette courte attente, M.R°us-seau avait rapidement compris qu\u2019il s a-gissait probablement d\u2019un cafe et que le garçon qui avait décroche 1 appareil était allé chercher le personnage.M.Rousseau proposa un rendez-vous pour neuf heures.Il proposa également de se rendre auprès de M.Pierre.\u2014 Non.Il est de beaucoup preferable que j\u2019aille chez vous.déclara l\u2019au-tre.C\u2019était ce que désirait nettement M.Rousseau et il l\u2019aurait demandé, comme s\u2019il se ravisait, au cas où M.Pierre aurait accepté de le rencontrer ailleurs.\u2014 Je suis à l\u2019hôtel Solar.rue de Lille.Vous demanderez M.Rousseau.cham-bre 33.A neuf heures exactement, un visi-teur frappait à la porte de la chambre No 33.Il fut introduit avec empresse-ment.Les deux hommes se dévisagèrent mu-tuellement.Celui qui se faisait appeler M.Pierre avait peine à dissimuler un étonnement certain.On eût dit qu il s\u2019était attendu à trouver quelqu\u2019un d\u2019autre.De son côté, Robert Lacelles constatait que l\u2019inconnu, extrêmement élégant, ne ressemblait pas à l\u2019homme qu\u2019il avait aperçu, courant dans l\u2019escalier de la maison isolée dans la forêt.Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 C\u2019était pourtant un être de même race.Comme celui qui avait été abattu.Face cuivrée, pommettes un peu saillantes, nez épaté, bouche très forte, cheveux plats et lustrés.\u2014 L\u2019instigateur du crime, songea-t-il.Et presque tout de suite, il comprit que s\u2019il avait lui-même aperçu le fugitif, l\u2019autre l\u2019avait également remarqué.\u2014\tOn a dû lui faire ma description.Et il est un peu décontenancé de trouver un quinquagénaire à ma place.\u2014\tVeuillez vous asseoir, articula-t-il, tout haut.Et maintenant, je vous écoute, Monsieur.L\u2019autre alla tout droit au but.\u2014Vous avez cette ceinture?\u2014\tNon.Pas ici.Vous comprenez, je- Le visiteur s\u2019était levé, le regard en feu.-\u2014 Alors, ce n\u2019est pas la peine que nous discutions!.\u2014\tComme vous voudrez, Monsieur.riposta sèchement Lacelles, qui se leva à son tour.L\u2019autre resta stupéfait.Il ne s\u2019attendait pas à cette attitude.Il aurait plutôt imaginé qu\u2019on chercherait à le retenir.M.Rousseau souriait avec froideur et le regardait.\u2014\tVous ne partez pas?murmura-t-il.L\u2019autre se rassit.Lacelle continua: \u2014\tPas de comédie, je vous en prie.Je sais que vous tenez beaucoup à cette ceinture.Mais vous n\u2019imaginez pas que je l\u2019aurais apportée avant de savoir seulement à qui j\u2019ai affaire!.\u2014\tMon nom et ma personnalité importent peu, répondit M.Pierre.Mais quelle preuve pouvez-vous me fournir que vous possédez réellement cette ceinture?\u2014 Tout d\u2019abord, le fait que c\u2019est à moi qu\u2019a été adressée votre lettre répondant à l\u2019annonce, dit Lacelles, en produisant la missive en question, sur l\u2019enveloppe de laquelle on pouvait lire la suscrip-tion.«Ensuite, la description minutieuse que je vais vous faire.Le visiteur écouta.Il ne put s\u2019empêcher de tressaillir, lorsque Lacelles ajouta ces précisions: \u2014 L\u2019intérieur de la ceinture est parsemé de caractères d\u2019écriture finement gravés comme avec une épingle, mais totalement illisibles et incompréhensibles pour moi.Il s\u2019agit, sans doute, de la langue javanaise, n\u2019est-ce pas?\u2014 Pourquoi, javanaise?marmonna le visiteur.Lacelles qui l\u2019observait attentivement, risqua un coup d\u2019audace.Parce que vous êtes Javanais vous-même.L homme devint grisâtre sous son teint cuivré, puis il fit un effort sur lui-même, et fit entendre un petit rire aigrelet: \u2014 Vous êtes savant en matière ethnologique!.Mais passons.Je vois, qu\u2019en effet, vous avez eu le temps de bien étudier la ceinture bleue.Mais-Comment est-elle tombée entre vos mains?Ici, je vous répondrai que de même que vous jugez inutile de me dire qui vous êtes, je crois superflu de vous fournir des détails.Mettons qu\u2019un de mes amis l\u2019ait trouvée là où d\u2019autres gens \u2014 tenez, des originaires de la Malaisie également, Javanais ou indigènes de Bornéo \u2014 étaient allés la chercher.Et il vous a confié le soin de négocier?\t, \u2014 Exactement.\u2014 Combien demandez-vous?Un million.dit froidement Lacelles.L\u2019autre se leva d\u2019un jet, le visage crispe.\u2014 Vous dites?Je dis un million de francs.répéta Lacelles.Vous etes fou, Monsieur!.\tL'HOROSCOPE\t\t\t\t\t\t\tDU\tr\t'SAMEDI'\t\t\t\t\tr \t\t\t\t\t(Nouvelle série)\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t 8\t4\t2\t6\t5\t3\t7\t2\t6\t4\t3\t6\t2\t5\t6\t2 P\tS\t0\tV\tM\tB\tD\tN\t0\t0\tU\tT\tR\tE\tR\tE 2\t6\t3\t5\t2\t6\t4\t7\t2\t6\t3\t5\t2\t6\t4\t8 C\tE\tT\tN\t0\tD\tY\tE\tM\tE\tA\tA\tP\tV\tE\tR 8\t4\t6\t2\t5\t3\t6\t2\t7\t4\t6\t2\t5\t3\t6\t2 0\tU\t0\tE\tG\tT\tI\tN\tL\tX\tR\tS\tE\tT\tE\tE 7\t2\t6\t4\t5\t2\t6\t3\t8\t2\t6\t4\t5\t2\t6\t8 A\tR\tS\tP\tZ\tA\tT\tE\tF\tV\tD\tL\tV\t0\tE\tI 5\t4\t6\t2\t5\t3\t6\t7\t2\t5\t4\t6\t2\t5\t6\t2 0\tU\tL\tT\tT\tI\tE\tJ\tR\tR\tS\tS\tE\tE\tE\tH 7\t2\t5\t4\t6\t2\t8\t6\t5\t2\t7\t4\t6\t2\t5\t4 0\t0\tS\tS\tC\tN\tT\t0\tA\tN\tI\tE\tU\tE\tN\tR 4\t8\t6\t2\t5\t4\t6\t5\t2\t6\t3\t4\t2\t7\t4\t2 I\tS\tR\tT\tT\tE\tI\tE\tE\tR\tT\tU\tT\tE\tX\tE \tComptez les lettres de votre prénom.\t\t\t\t\t\t\t\tSi le nombre de lettres est de 6\t\t\t\t\t\t OU\tplus, soustrayez 4.\t\t\t\tSi le nombre est moins\t\t\t\t\tde 6, ajoutez 2\t\t\t.Vous\t\taurez alors votre\t\t\tchiffre\t-clef.En\t\tcommençant\t\t\tau\thaut\tdu rectangle pointez\t\t\t\t chaque chiffre-clef, de gauche à\t\t\t\t\t\t\tdroite.Ceci fait,\t\t\t\tvous n\u2019aurez\t\t\tqu\u2019à lire\t votre horoscope donné par\t\t\t\t\t\tles\tmots que forme\t\t\t\tle\tpointage\t\tde\tvotre chiffre-clef.\t\t\tAinsi,\tsi\tvotre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tVOUS aurez comme clef\t\t\t\tle\tchiffre\t2.Tous les\t\t\tchiffres 2\t\tdu tableau\t\t\tci-dessus\t représentent votre horoscope.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \tDroits\tréservés\t\t1945, par William J.\t\t\t\t\tMiller, King Features, hic.\t\t\t\t\t\t / Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 15 \u2014 Pas autant que vous qui hésitez à dépenser un million de francs pour quelque chose qui en vaut infiniment plus!.Le silence qui suivit lui prouva qu\u2019il avait touché juste.L\u2019homme à la face cuivrée articula lentement: \u2014 Soit.Je note vos exigences.Mais je ne suis pas seul maître en l\u2019occurrence.Il faut que je rende compte à.à.enfin, à un associé.\u2014 A votre aise, Monsieur.J\u2019ai tout mon temps.\u2014Quand puis-je vous revoir?\u2014 Quand vous voudrez.Mais mutile de vous déranger si vous n\u2019apportez pas la somme demandée.Pas de chèque surtout.J\u2019ai horreur de cela.Un chèque, cela se stoppe avec une facilité désespérante.Apportez de bons billets de mille francs, dans une serviette de cuir.Cela ne représente pas une lourde charge.\u2014 Vous.vous aurez la ceinture?¦\u2014 Aussi sûrement que vous aurez l\u2019argent, Monsieur.\u2014 Alors?ici?Demain?.A la même heure?\u2014- Entièrement d\u2019accord.Dans cette même pièce.Vous déposerez la serviette en bas au bureau de l\u2019hôtel.Vous monterez.Je vous remettrai la ceinture.Nous descendrons ensemble.Et à ce moment, vous donnerez ordre à l\u2019employé de me donner votre dépôt.\u2014- Parfaitement bien conçu, monsieur Rousseau.L\u2019homme aux cheveux gris argenté fit entendre un petit rire.\u2014 Et lorsque j\u2019ouvrirai la serviette, dit-il, je constaterai, mais trop tard, qu\u2019elle a été bourrée de vieux journaux!.Non, Monsieur, je ne suis pas un naïf.Le visiteur serra les dents.Il avait été deviné.Robert Lacelles reprit sèchement: \u2014 L\u2019échange se fera ici même.Dans cette pièce.Ou il ne se fera pas, comprenez-vous?M.Pierre inclina la tête.\u2014 Il en sera fait comme vous le désirez.La conversation était terminée.Ill \u2014 Quelques astuces M Rousseau s\u2019était levé et proposait: \u2014 Permettez-moi de vous reconduire jusqu\u2019en bas.L'ascenseur les déposa dans le hall.M.Rousseau qui, décidément, paraissait animé de beaucoup de complaisance, tint à accompagner son visiteur jusqu\u2019à la porte de la rue, et se donna même la peine d\u2019inspecter les environs de l\u2019hôtel.\u2014 Tenez, voici un taxi qui vient de déposer un client et qui s\u2019apprête à repartir.Une voiture était, en effet, arrêtée un peu plus loin, et son chauffeur venait de démarrer lentement.\u2014 Hep, taxi!.cria M.Rousseau.Par ici.M.Pierre remercia, monta dans le véhicule.Lacelles resta encore un instant sur le seuil, un sourire indéfinissable aux lèvres, puis alluma une cigarette et rentra dans le hall.Le lendemain matin, vers onze heures, Oscar Palan entendit une clef tourner dans la serrure et comprit que c\u2019était Robert Lacelles qui entrait.Ce dernier avait encore son maquillage.Il commença par reprendre son aspect habituel.Oscar, toujours flegmatique, resta sur le seuil de la salle de bain.\u2014 Alors ?demanda simplement La- celles.\u2014O.K.patron.J\u2019ai conduit le type jusqu\u2019à la porte Maillot.P.m\u2019a lâché ensuite pour continuer à pied.Je me suis arrangé pour le suivre, et je l\u2019ai vu s\u2019arrêter devant un hôtel particulier, le long du Bois de Boulogne.A son tour, Lacelles conta l\u2019entrevue de la veille.\u2014 Bien entendu, ajouta-t-il, il n\u2019a j pas plus confiance en moi, que moi en ! lui.Et j\u2019ai même un avantage.C\u2019est que j s\u2019il pense que j\u2019apporterai la ceinture, ¦ moi je suis persuadé qu\u2019il cherchera à s\u2019en emparer sans verser un sou.\u2014 Il n\u2019oserait tout de même pas vous | attaquer dans la chambre d\u2019hôtel !.Il doit se douter que vous vous défendriez ! \u2014 Aussi, n\u2019est-ce pas là-bas qu\u2019il j compte agir.Lacelles acheva de changer de costume et ajouta tranquillement : \u2014 J\u2019ai été suivi ce matin.\u2014 Vous avez été.suivi ?L\u2019étonnement d\u2019Oscar se manifesta dans la phrase, mais non dans son attitude, plus que jamais figée.\u2014 Oui.On me guettait depuis, voyons.huit heures du matin.J\u2019ai vu cela en ouvrant mes persiennes.J\u2019ai pu éprouver la patience du macaque.C\u2019est celui qui nous avait échappé là-bas, dans la maison du bois.\u2014 Vous l\u2019avez semé, je pense?\u2014 Non.Pas du tout.J\u2019ai pris bien soin, au contraire, de démontrer que je ne me doutais de rien.Quelle importance ?Il ne verra ressortir ni M.Rousseau, ni M.Lacelles.Tu sais bien que nous avons une issue secrète, ici.S\u2019il attend à la porte, il risque de moisir.Il revint dans le studio.Des journaux étaient pliés sur un guéridon.Il questionna : -\u2014 Tu as lu les nouvelles, ce matin ?\u2014 Oui, patron.L\u2019inspecteur Jolivet s\u2019y perd totalement.-\u2014 Mais il a, du moins, découvert deux choses éminemment intéressantes pour nous.Il prit l\u2019une des feuilles et la parcourut, recherchant le passage qu\u2019il connaissait déjà.On y relatait la suite de l\u2019enquête.Joseph Jolivet, dans son bureau, étudiait son dossier et cherchait à comprendre.Durant les journées qui avaient suivi ce qu\u2019il appelait les trois crimes mystérieux, il avait appris que le cadavre du domestique n\u2019était pas celui de Jan Lockest.L\u2019homme était un parfait inconnu dont il allait s\u2019efforcer d\u2019établir l\u2019identité.L\u2019erreur initiale provenait de ce qu\u2019on l\u2019avait trouvé affublé d\u2019un gilet à manches et d\u2019un tablier.Les gens du village qui avaient vu quelquefois Jan Lockest, avaient été unanimes à déclarer que ce n\u2019était nullement le domestique de M.van Tompst qui avait été trouvé dans la pièce du premier étage.Quant à l\u2019homme au visage cuivré qu\u2019on avait abattu d\u2019une balle de revolver, autre énigme.Il appartenait au personnel d\u2019un prince javanais, le prince Râfingô, arrivé depuis trois semaines en France et qui y séjournait, à titre privé, en voyageur épris de choses touristiques.Le secrétaire particulier du prince l\u2019avait formellement reconnu.\u2014 C\u2019est le dénommé Worang, avait-il précisé.Il venait d\u2019être renvoyé, depuis la veille pour actes d\u2019indélicatesse.Une fois de plus, Jolivet se gratta le front en récapitulant les faits.Il marmonna à mi-voix : \u2014 Voyons.A première vue, l\u2019on pourrait penser que l\u2019inconnu assassiné au premier étage était, après tout, un domestique authentique aux lieu et place de Lockest.Mais.Ce \u201cmais\u201d était provoqué par la constatation qu\u2019il avait faite lui-même.Le gilet à rayures et le tablier étaient trop longs pour l\u2019inconnu.De plus, on avait boutonné le gilet à la hâte, de façon défectueuse.Alors ?.N\u2019était-il pas plus logique de penser qu\u2019il avait été placé là dans un but déterminé ?Quel but ?Jolivet fit un immense effort de concentration.vous trouverez JOHNSON Toutes les stalions-service Johnson disposent d'un outillage complet, de pièces authentiques Johnson, et de mécaniciens formés à l'usine, enfin, de tout ce qu'il faut, pour vous donner un service rapide en tout temps.Cette organisation de vente et d'entretien, qui s'étend d'un océan à 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Mile-Master\u201416 CV.PO\u2014Rapide deux-cylindres à forte traction, allumage opposé\u201422 CV.Puissance en CV, à 4,000 tours-minute, certifiée par l\u2019O.B.C.Modèle OK à 2,800 tours-minute LES MODELES JOHNSON SEA-HORSE DE 1949 SONT MAINTENANT CHEZ VOTRE VENDEUR . 16 \u2014 On a enlevé Jan Lockest.décida-t-il finalement.On l\u2019a réduit à l\u2019impuissance et emporté dans l\u2019auto.On l\u2019aura remplacé par l\u2019autre, puis on a tenté de mettre le feu à la maison, de façon qu\u2019on ne trouve plus que des cadavres carbonisés.L\u2019identification eût été faite d\u2019après ce qui restait des vêtements.On aurait conclu à la mort accidentelle de van Tompst et de Lockest.Il laissa échapper un long soupir.\u2014 Oui.Et qu\u2019est-ce que ce Worang venait faire là-dedans ?Nouvelle lueur chez Jolivet.\u2014 Ne serait-ce pas parce qu\u2019il avait accouru pour prévenir les deux Hollandais d\u2019un complot qui se tramait contre eux ?Il décida qu\u2019il demanderait au secrétaire du prince si Worang connaissait van Tompst ou Lockest.A la même minute, Oscar déclarait à Robert Lacelles : \u2014 Il me semble que tout est très clair.Le prince Râfingô, désireux de s\u2019emparer de la ceinture que possédait van Tompst, a dépêché deux de ses gens.L\u2019un est resté sur le terrain, l\u2019autre a pu détaler à temps, et c\u2019est, en fin de compte, M.Robert Lacelles qui possède l\u2019enjeu de toutes ces allées et venues.\u2014 Assez bien déduit dans l\u2019ensemble, répliqua Lacelles, mais un point reste obscur.Palan eut un regard interrogatif.\u2014 Et Jan Lockest?demanda Lacelles.Qu\u2019est-il devenu ?Nous savons bien, nous, qu\u2019il n\u2019a pas été en'evé par nous.Oscar resta muet, puis articula : \u2014 J\u2019aime mieux vous dire tout de suite, patron, que je ne comprends pas ce qui s\u2019est passé pour lui.\u2014 Eh bien! moi, je crois avoir saisi.Oscar était trop déférent pour demander une explication qu\u2019on ne lui offrait pas.Il jugea que le \u201cpatron\u201d le renseignerait en temps utile, comme toujours.Lacelles s\u2019assit devant son téléphone et composa le chiffre des \u201cRenseignements\u201d.Oscar l\u2019entendit demander à la demoiselle, l\u2019adresse d\u2019un certain numéro.Lacelles inscrivit sur un bloc-notes à portée de main, le nom qui venait de lui être donné : hôtel de Belfast, et la rue.Il chercha ensuite par un plan de Paris, et découvrit que l\u2019endroit était proche de la porte de Neuilly.Une pause.Puis, de nouveau le téléphone.Cette fois, Lacelles demandait le numéro même.\u2014 Allô?Est-ce que M.Pierre est là?\u2014 M.Pierre ?Quel est son nom de famille ?\u2014 Je ne connais pas.C\u2019est de la part de M.Rousseau.déclara Lacelles.Il entendit un murmure de voix.La personne qui lui avait répondu demandait à quelqu\u2019un s\u2019il savait qui était M.Pierre.Lacelles écoutait avec attention.Il perçut une réponse dans laquellte il était question d\u2019un M.Spring, puis on lui parla directement : \u2014 Attendez, Monsieur, je vais me renseigner.Un instant s\u2019écoula et il apprit que M.Pierre serait là à six heures et demie.Il promit de rappeler et raccrocha.Il resta quelques moments pensif supputant quelques hypothèses, mentalement, et déclara : \u2014 Réflexion faite, je vais sortir par le chemin ordinaire.Si le macaque est toujours là, je saurai le semer.Dans la rue, Lacelles ne remarqua rien de suspect.Le guetteur s\u2019était probablement lassé.Négligeant son auto qui dormait au garage, dans un établissement proche, il se dirigea vers une station de taxis.Une demi-heure plus tard, il pénétrait dans l\u2019hôtel de Belfast et demandait à parler au patron, en particulier.C\u2019était un endroit modeste et propre.\u2014 Préfecture, annonça confidentiellement Lacelles.Nous procédons actuellement à un recensement discret des étrangers.Le propriétaire de l\u2019hôtel ne douta pas un instant de l\u2019authenticité des fonctions de son visiteur.Il montra son livre de police et désigna quelques locataires : \u2014 M.Kirmath, Luxembourgeois, M.Jossel, Belge, M.Pzaaro, Hongrois, M.Springs, Anglais.C\u2019est tout ce que j\u2019ai comme étrangers pour le moment.Lacelles nota différentes choses, mais c\u2019était surtout M.Springs qui l\u2019intéressait.Il se garda bien de le dire.Pourtant intérieurement, il était un peu dérouté.\u2014 Il y a un mois qu\u2019il habite ici, ce M.Springs ?demanda-t-il d\u2019un ton indifférent.\u2014 C\u2019est-à-dire, s\u2019empressa de déclarer le patron, qu\u2019il a retenu la chambre depuis trente-deux jours, exactement, mais en fait il ne s\u2019v est installé à demeure que depuis peu.\u2014 C\u2019est lui-même qui.\u2014 Non, un de ses amis.Un type d\u2019Asie.Un Japonais, je crois.C\u2019est celui-là qui a payé jusqu\u2019à présent.\u2014 Bon.Merci.Inutile de parler de ça aux clients.\u2014 Je pense bien!.protesta l\u2019hôtelier.Pour les inquiéter !.Mais remarquez qu\u2019ils sont tous en règle.Lacelles sauta dans un autre taxi et le fit arrêter près du Bois de Boulogne.IV \u2014 Où Kratung se mord la langue Resté seul, Oscar Palan qui avait reçu certaines instructions ne songea pas un instant à s\u2019en étonner.Il ne s\u2019étonnait jamais de rien, en principe.L\u2019appartement était au rez-de-chaussée et possédait une fenêtre de cuisine donnant sur une cour étroite, limitée par une énorme bâtisse qui montrait un mur lisse jusqu\u2019au premier étage.Grimpant sur un escabeau, Palan entr\u2019ouvrit cette fenêtre.C\u2019était inusité, car l\u2019aération, d\u2019ordinaire, était assurée par un vantail à bascule placé juste au-dessus.Puis il se déchaussa, s\u2019en fut silencieusement vers la porte d\u2019entrée et se mit à écouter attentivement les allées et venues possibles dans le couloir de l\u2019immeuble.Il attendit ainsi un long quart d\u2019heure.Tout à coup, le timbre d\u2019appel retentit.Quelqu\u2019un sonnait.Palan ne bougea pas.Il attendait toujours.On sonna derechef, et plus ibnguement.Palan s\u2019éloigna, toujours à pas de loup, et atteignit la chambre à coucher.Il y prit quelque chose dans un tiroir et l\u2019assujettit solidement dans sa main.Il savait fort bien pourquoi son maître ne s\u2019était pas soucié de la filature dont M.Rousseau avait été l\u2019objet.Il comprenait d\u2019autres événements, encore.On sonna une troisième fois, et puis ce fut tout.Derrière la porte de la chambre à coucher, Oscar Palan, immobile, imperturbable, attendait sans hâte.Après le départ de Robert Lacelles, une silhouette avait bougé dans une encoignure, juste en face de la maison.L\u2019individu ne sortit de sa cachette que lorsque Lacelles eut disparu au coin de la rue.Kratung avait reconnu, sans hésitation, l\u2019homme de la nuit à l\u2019incendie, l\u2019homme qui s\u2019était approprié la ceinture bleue.Il songea que son maître serait satisfait.La filature de M.Rousseau l\u2019avait amené au gîte de l'adversaire.Mais où était passé l\u2019homme aux cheveux d\u2019argent?.Il réfléchit, eut un rictus silencieux, et hocha la tête.Même stature, même démarche.C\u2019était le même personnage, parbleu.Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 Ce fut alors qu\u2019il se risqua à sonner à la porte derrière laquelle il avait vu, à l\u2019arrivée, disparaître celui qu\u2019il pistait.Lorsqu\u2019il eut acquis la conviction que l\u2019appartement était vide, il passa adroitement dans la cour sans avoir été vu par le concierge.Là.Ces deux fenêtres.Bien fermées.Non, ce n\u2019étaient pas celles de l\u2019appartement qu\u2019il visait.Les volets clos indiquaient pour lui l\u2019absence de risque d\u2019être aperçu.Il leva la tête.A deux mètres du sol, la fenêtre de la cuisine.Chance.Elle était entre-bâillée.Un tuyau de conduite descendait du toit.Kratung était leste et souple comme tous ceux de sa race.Il escalada rapidement la conduite et atteignit la fenêtre qu\u2019il poussa doucement.Pas très large, mais il saurait s\u2019insinuer.L\u2019instant d\u2019après, il était dans la place.Il écouta, l\u2019oreille tendue.Non.décidément, il n\u2019y avait personne.Il ne s\u2019était pas trompé.L\u2019homme jeune qu\u2019il avait vu sortir et l\u2019autre ne faisaient bien qu\u2019un seul et même personnage.Son sourire hideux se dessina de nouveau.Qu\u2019était-il venu faire ?Rechercher la ceinture ?Non.Celui qui l\u2019envoyait avait pu juger la finesse d\u2019esprit et l\u2019habileté de M.Rousseau.Il se doutait bien que l\u2019objet convoité devait être dissimulé d\u2019une façon particulièrement savante.Kratung se remémora ie plan qui avait été adopté : Il était chargé : l.-de découvrir le véritable endroit où l\u2019on supposait que devait habiter ce M.Rousseau ; 2.-de s\u2019y introduire et de s\u2019y dissimuler.Le Malais avait, du même coup, constaté que le deuxième personnage, celui qui avait tiré sur lui n\u2019habitait pas en cet endroit.Du moins, en était-il persuadé.Il franchit un petit couloir et entr\u2019ou-vrit la porte d\u2019une chambre.Il vit un lit bas, des meubles, et réfléchit un instant.Peut-être trouverait-il un coin propice, ici ?C\u2019était la chambre à coucher.S\u2019il pouvait s\u2019y embusquer, il aurait ainsi, durant la nuit, sa victime à portée de la main.Il pourrait la maîtriser, la réduire à l\u2019impuissance et s\u2019emparer de la serviette de cuir contenant le million rapporté à l\u2019hôtel Solar.De sorte que son maître serait entré en possession de la ceinture sans avoir eu à débourser un centime.Kratung fit un pas, puis un autre.A ce moment , une main apparut, tenant une matraque en caoutchouc et s\u2019abattit avec une extrême violence.Kratung avait deviné l\u2019attaque, avec un flair étrange, comme l\u2019eût fait un fauve de la jungle malaise.Il sauta en arrière, mais le coup ne l\u2019en avait pas moins atteint à l\u2019épaule.Au même instant, un individu long et sec se rua sur lui.Oscar Palan donnait à première vue 1 impression de ne posséder qu\u2019une force médiocre.Mais l\u2019autre put constater que cet escogriffe le tenaillait comme si ses bras eussent été d\u2019acier.Il se laissa rouler sur le sol, entraînant l\u2019adversaire.L\u2019épaule atteinte était douloureuse et immobilisait le bras.Kratung lutta férocement, cherchant à mordre, utilisant ses jambes qu\u2019il avait enroulées autour de celles de l\u2019ennemi, comme des lianes.Alors, Oscar Palan devint furieux.C\u2019était chose tout à fait exceptionnelle chez lui.\u2014 Ah, tu veux mordre!.Tu vas voir ce que ça coûte ! Jadis, quand il était à Fresne, purgeant une condamnation imméritée qui avait décidé de sa carrière future aux côtés de Robert Lacelles, il avait entendu parler d\u2019un certain coup de tête.Ce moyen de défense dont un voisin de cellule lui avait communiqué le se-[ Lire la suite page 29 ] LA VIE COURANTE .par Georges Clark \u2014 Laisse-moi lui servir son repas.De toute façon, tu dois envoyer mon complet chez le nettoyeur ,., 'M'M WW* / Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 17 MesRecettes -A f Par Mme ROSE LACROIX OOractrlce de l'Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE POULE A LA CANADIENNE Bien préparer une poule de 4 à 5 livres et la découper en morceaux de la façon suivante: Détacher la cuisse et la séparer en deux aux jointures.Faire la même chose avec les ailes.Séparer la carcasse en 2 sur la longueur et séparer chaque morceau en 2 ou 3 parties.Détacher la graisse qui adhère à la carcasse.Eponger chaque morceau et enfariner légèrement.Faire chauffer un corps gras quelconque, de préférence du beurre ou du bon saindoux et faire sauter chaque morceau jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient bien dorés.Remettre dans la casserole avec 2 tasses d'eau chaude, saler, ajouter 1 petit oignon et 2 carottes moyennes tranchées.Faire cuire doucement 2V2 à 3 heures ou jusqu\u2019à ce que la viande soit tendre et se détache des os.Retirer la viande du bouillon, ajouter 2 tasses de lait riche ou 1 tasse de crème et 1 tasse de lait.Epaissir avec 4 à 5 c.à tb.de farine et faire jeter quelques bouillons.Servir avec pommes de terre nature et haricots ou pois frais.8 à 10 services.SALADE D'ETE 1 tasse de macaroni coupé en bouts d\u2019un pouce ou des coudes 1 tasse de fèves en gousses cuites et taillées en bouts d\u2019un V2 pouce 1/2 tasse de pois verts frais et cuits\t1 échalote finement coupée laitue, concombre, tomates et persil frais Faire cuire le macaroni ou les coudes dans 1 eau bouillante salée 20 à 25 minutes.Rincer à l\u2019eau froide et égoutter parfaitement.Mettre dans un grand bol avec les fèves et les pois préalablement cuits et refroidis.Ajouter 1 échalote.Préparer une vinaigrette comme suit: 14 de tasse de vinaigre\t% tasse d huile 1 c.à tb.de sauce piquante\tV2 c.à thé de sel Bien mélanger le tout et verser sur les ingrédients de la salade.Bien mélanger à l\u2019aide de 2 fourchettes et laisser refroidir.Servir sur feuilles de laitue croquante avec une garniture de tranches de tomates et de concombres.Parsemer de persil frais.6 services.CONSERVES DE CERISES Les cerises peuvent être dénoyautées mais elles ont plus de goût quand elles ne le sont pas.On peut enlever les noyaux avec un appareil spécial, un petit couteau bien pointu ou une broche fine tout en étant solide et légèrement recourbée au bout.Les cerises bien lavées et fraîches sont mises à cuire 5 minutes dans un sirop fait avec 1 tasse de sucre et 2 tasses d\u2019eau.Ensuite, mettre les cerises dans un bocal bien propre et faire stériliser 20 minutes dans l\u2019eau bouillante ou 40 minutes au four de 250° F.Aussitôt la stérilisation terminée, compléter la fermeture, étiqueter et conserver au frais.Quelquefois, les cerises sont légèrement décolorées.FRUITS A LA MELBA 1\tpetit melon cantaloup 2\tbananes 1 tasse de framboises honey dew 6 prunes le jus d\u2019un citron et 3 pêches 1 c.à thé de zeste râpé 1/2 tasse de sucre Couper le melon en gros dés.Ebouillanter les pêches pour les peler et tailler en tranches ainsi que les prunes et les bananes.Asperger de jus de citron et d\u2019une c.à thé de zeste râpé.Mettre le tout dans un plat à dessert et faire refroidir le plus possible D\u2019autre part, écraser les framboises en purée et bien mélanger avec le sucre, faire cuire 5 minutes.Refroidir cette purée et servir avec les fruits et de la crème fouettée.6 services.CREME GLACEE AU REFRIGERATEUR 3 tasses de crème 1 c.à thé de gélatine 2 c.à thé de vanille 1/4 de c.à thé de sel % tasse de sucre 2 oeufs Saupoudrer la gélatine dans un peu de lait froid et la faire dissoudre au-dessus de l\u2019eau bouillante jusqu\u2019à consistance de sirop.Battre les oeufs, ajouter a la crème y mettre le sucre.Bien brasser et aromatiser avec la vanille.Verser dans 2 tiroirs du réfrigérateur et faire congeler assez ferme et aussi vite que possible.Renverser dans un bol froid et battre jusqu\u2019à ce que la creme soit lisse sans toutefois être fondue.Remettre au réfrigérateur pour faire congeler de nouveau.Si l\u2019on a de la crème à fouetter, on supprime les oeufs.Les oeufs sont ajoutes pour donner plus de velouté.MAYONNAISE : Pour le faire \u2014 agitez simplement! Sa- f MAYONNAISE MAGIQUE 2A tasse de lait Borden\u2019s Eagle Brand Condensé-Sucré 14 tasse de vinaigre ou de jus de citron Va tasse d\u2019huile ou de beurre fondu 1 jaune d\u2019oeuf V2 cuillerée à thé de sel Pincée de cayenne 1 cuillerée à thé de moutarde en poudre Mettez les ingrédients dans un bocal, fermez hermétiquement, et agitez vigoureusement pendant 2 minutes.* Si vous la voulez plus épaisse, faites-la refroidir avant de servir.Recette pour 1% tasse.*Ou bien, mettez les ingrédients dans un bol à mélanger et battez avec une batteuse à oeufs jusqu\u2019à ce que le mélange épaississe.Eagle Brand est magique dans toutes les recettes! Il fait les garnitures de tartes plus lisses\u2014les crèmes glacées plus riches\u2014 les petits fours, bonbons, poudings, glaçages plus délicieux.Et il diminue le temps passé à la préparation de mets! Evite d\u2019avoir à faire des mélanges\u2014épargne des ingrédients supplémentaires.Car Eagle Brand est du lait complet riche et crémeux et du sucre, tout mélangé pour vous.Chaque goutte, extrêmement lisse\u2014est faite conformément aux prototypes de qualité supérieure Borden.C'est le Lait Condensé Sucré original! GRATIS! Livre de Recettes Magiques Eagle Brand \u2014avec des douzaines de recettes favorites éprouvées.Pour avoir votre exemplaire, envoyez une carte postale avec vos nom et adresse à The Borden Company .Limited, Grocery Products Div., Dept.P609F,Spadina Crescent, Toronto, Ontario.^GLE BRAND condense»*1* scapes ^14jclq£c LISSEETtCREMEUSE! SEJOURNERA PAS! C'esfvw , recette éprouvée SMSIWI .\\ ELSIE ' ' & ^ 18 Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 NOTRE FEUILLETON LA PENTE DANGEREUSE par EMILE RICHEBOURG I i T H EIEN ' non\u2019 n ayez pas cet espoir.L Je nai pas le droit de vous ac- ^ corder ce que vous me demandez, mais l\u2019aurais-je, ce droit, et vous l\u2019accorderais-je, Mme de Bro-gniès ne prendrait point la fuite : elle ne pourrait faire deux pas hors de cette maison sans être appréhendée au corps par les agents de la police de sûreté.«Enfin, monsieur le comte, Mme de Brogniès appartient maintenant à la justice ; elle est sous le coup de la loi, et vous savez aussi bien que moi que tous les citoyens, les plus grands comme les plus petits, doivent avoir le respect de la loi.M.de Verdraine, les sourcils froncés, tenait sa tête baissée.\u2014 Monsieur le comte, reprit le magistrat, je n\u2019ai plus qu\u2019à remplir mon mandat ; dois-je faire signe à mes agents de venir me rejoindre ?\u2014 Non, non, c\u2019est inutile, répondit vivement M- de Verdraine.\u2014 En ce cas, veuillez faire appeler Mme Brogniès.\u2014 Je vais moi-même la prévenir; vous permettez ?\u2014 Faites, monsieur le comte.A ce moment de grands cris retentirent au premier étage.XVII LA JUSTICE DE DIEU L\u2019escalier qui conduisait aux deux étages de l\u2019hôtel prenait naissance dans la vaste antichambre où M.de Verdraine avait reçu le commissaire de police.Le comte, qui se disposait à monter dans l\u2019appartement de Mme de Brogniès, s\u2019arrêta, saisi d\u2019effroi, sur la première marche de l\u2019escalier.Les cris continuaient, épouvantables, jetant la panique dans toute la maison, et les domestiques éperdus accouraient.\u2014 Qu'est-ce que c'.la veut dire?se demanda le commissaire.Il s\u2019approcha rapidement d\u2019une fenêtre ouverte, avança la tête et dit : \u2014 Venez ! Soudain, une parte s\u2019ouvrit violemment sur le palier du premier étage, et Rose, la femme de chambre, apparut, pâle, échevelée, les vêtements en désordre, ayant un poignart à la main et criant ; \u2014 Au secours ! Affolée elle se précipita dans l\u2019escalier, qu\u2019elle descendit en bondissant sur les marches.Le comte n\u2019eut que le temps de se jeter en arrière pour lui ouvrir le passage.Rose tomba sur un divan, haletante, à demi évanouie.Les domestiques s\u2019empressèrent de lui donner des soins.Le comte, les yeux démesurément ouverts, les traits convulsés, restait immobile, comme pétrifié.Il n\u2019avait pas vu entrer deux hommes, lesquels, après avoir échangé un regard avec le corn- Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnage^ et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.missaire de police, s\u2019étaient retirés à l\u2019écart, au fond de la pièce.Cependant Rose s\u2019était ranimée Mais comme M.de Verdraine, ayant l\u2019air hébété, gardait le silence, le commissaire se décida à interroger la femme de chambre.\u2014 Que vous est-il donc arrivé, mademoiselle ?lui demanda-t-il.\u2014 Ah ! si vous saviez, c\u2019est affreux, c\u2019est épouvantable ! \u2014 Vous êtes encore toute tremblante; mais vous n\u2019avez rien à craindre ici : allons, remettez-vous.\u2014 Oui, monsieur.\u2014 A quel propos ces cris effrayants que vous poussiez tout à l\u2019heure ?Pourquoi avez-vous ce poignard à la main ?\u2014 Monsieur, balbutia Rose en regardant son maître, je ne sais pas si je dois.\u2014 Réprndez à monsieur, dit le comte d\u2019une voix qui trahissait une violente émotion.\u2014 Eh bisn ! reprit la femme, je rie sais pas vraiment ce qu\u2019à Mme la comtesse et qu\u2019elle espèce de fièvre l\u2019a prise tout à coup.Aussitôt que je fus entrée dans sa chambre, elle me dit : * \u2014 Je vais partir, il faut que je parte.« Et elle m\u2019ordonna de sortir de son cabinet de toilette deux grandes mallas pour y mettre les différentes choses qu\u2019elle voulait emporter.« Je me hâtai de lui obéir, et quand les malles furent au milieu de la chambre et ouvertes, je me disposai à les remplir ; mais chaque objet que je prenais, madame me l\u2019arrachait aussitôt des mains, le jetait dans un coin, en disant : « \u2014 Non, non, pas cela ! « En même temps, elle me lançait des regards qui me faisaient frissonner.« \u2014 En vérité, lui dis-je, je ne comprends pas madame ; elle me donne un ordre, j\u2019obéis, et elle ne veut plus que je fasse ce qu\u2019elle m\u2019a commandé.« \u2014 Si, si, faites.« Mais elle recommença à m\u2019arracher des mains ce que je voulais mettre dans la caisse.Sans y faire attention, elle marchait, trépignait sur ses plus belles robes, ses plus riches dentelles.« Alors, je me croisai les bras.« \u2014 Oui, me dit-elle, tout à l\u2019heure nous nous occuperons de cela.Vous allez m\u2019aider à m\u2019habiller.« Elle mit ses bas, je la coiffai, puis l\u2019aidai à agrafer son corset.Jusque-là, tout alla assez bien.Mais ce fut autre chose quand il fallut achever de l\u2019habiller.Elle ne voulait ni de cette robe, ni de celle-ci, ni de celle-là, ni d\u2019une autre.J\u2019étais à bout de patience.« \u2014 Mais, madame, lui dis-je, puisque vous allez voyager, je ne.peux pourtant pas vous mettre une robe de soirée ou de bal.« Elle me regarda d\u2019une façon singulière, en pinçant ses lèvres.Il y avait je ne sais quelle clarté sombre dans ses grands yeux noirs, plus noirs que l\u2019ordinaire, et qui me faisaient peur.« \u2014 Au fait, c\u2019est vrai, vous avez raison, me répondit-elle.« Elle se plaça devant une glace, res ta un instant à contempler son image, puis elle haussa les épaules et murmura : « \u2014 Je suis laide, je fais horreur ! « Elle se tourna brusquement vers moi.« \u2014 N\u2019est-ce pas, Rose, que je suis affreuse, que je fais horreur ?me dit-elle.« \u2014 Mais non, madame, vous êtes toujours charmante, répondis-je.« Il y eut dans son regard une flamme.« \u2014 Tu mens, tu mens ! s\u2019écria-t-elle.« La tête inclinée et la main sur son front, elle se mit à réfléchir.« Comme par enchantement, l\u2019expression de sa physionomie changea.Elle avait repris sa figure habituelle.« \u2014 C\u2019était nerveux, pensai-je, et voilé que c\u2019est passé.« Mais aussitôt ses lèvres se crispèrent de nouveau et elle eut un sourire qui me causa une impression extraordinaire.« Elle alla ouvrir l\u2019un des tiroirs du meuble où sont enfermés ses bijoux et tira de sa gaine le poignard que voilà.« Je la regardais faire avec étonnement et stupeur.« Elle se rapprocha de moi.« \u2014 Rose, me dit-elle d\u2019un ton bref et en me tutoyant, ce qui ne lui arrivait jamais, as-tu le poignet solide ?« \u2014 Pourquoi me demandez-vous cela, madame ?« \u2014 Tiens, prends ce stylet ! « \u2014 Pour quoi faire?« \u2014 Tu vas me frapper là, me répondit-elle en découvrant sa poitrine, là, à cet endroit.la lame est affilée et tranchante, il faut quelle me traverse le coeur.« \u2014 Mais vous êtes folle, madame ! m\u2019écriais-je.« Elle me tendit le poignard en me disant sourdement : « \u2014 Prends, prends, et frappe ! « Je me reculai en frissonnant de la tête aux pieds.« \u2014 Mon Dieu, madame, lui dis-je, à quoi pensez-vous donc ?« \u2014 Je suis ta maîtresse, tu dois m\u2019obéir ! « \u2014 Non ! « \u2014 Je t\u2019ordonne.« \u2014 Non, non ! « \u2014 Ah! tu ne veux pas !.« \u2014 Encore une fois, madame, vous êtes folle ! « \u2014 Eh bien! va-t\u2019en, va-t\u2019en, je te chasse ! « Il me sembla que ses prunelles étaient de feu.« Elle leva le bras pencha son corps en arrière, et je la vis prête à se plonger elle-même la lame dans le coeur.« Je bondis sur elle en poussant un cri d\u2019épouvante.« Il y eut entre nous un instant de lutte terrible.« Trois fois de suite elle se frappa la poitrine avec fureur.« \u2014 Ah ! prononça-t-elle d\u2019une voix étranglée et en chancelant, je meurs, je meurs, je me suis tuée ! « Et elle s\u2019abattit tout de son long sur le parquet.\u2014 Morte, elle est morte ! exclamèrent en même temps M.de Verdraine, le commissaire de police et les autres personnes présentes.\u2014 Mais non, messieurs, rassurez-vous, dit vivement la femme de chambre ; elle s\u2019est imaginé qu\u2019elle s\u2019était tuée ; mais j\u2019avais été assez heureuse pour m\u2019emparer du poignard, et son poing seul avait frappé sa poitrine.Les auditeurs éprouvèrent aussitôt un grand soulagement, mais tous avaient l\u2019air consterné.Mais que se passait-il maintenant dans l\u2019appartement de la fausse comtesse ?On sentait que la misérable femme avait besoin d\u2019être promptement secourue.Le comte et le commissaire de police s\u2019élancèrent en même temps dans l\u2019escalier, suivis par Rose, puis par les autres domestiques à qui l\u2019on n\u2019avait pas défendu de monter.Les deux agents restèrent seuls dans l\u2019antichambre.Toutes les portes de l\u2019appartement de Mme de Brogniès étaient ouvertes, on put sans difficulté arriver jusqu\u2019à elle.Elle était accroupie au milieu de la chambre sur des robes de velours et de soies, robes de ville et de soirée dont elle s\u2019était fait une espèce de coussin.Autour d\u2019elle une infinité de menus objets de toilette fripés, froissés, en chiffrms, s\u2019étalaient enchevêtrés les uns dans les autres et formant un bizarre assemblage de couleurs.Dans toute la chambre, du reste, régnait un désordre indescriptible.On aurait dit un appartement duquel des voleurs, surpris, venaient de s\u2019enfuir précipitamment.Au moment où le comte et le commissaire de police pénétrèrent dans la chambre, Mme de Brogniès, dans la position que nous avons indiquée, était très gravement occupée à mettre en petits morceaux, à déchiqueter une superbe pièce de fine dentelle d\u2019Angleterre qui valait bien de quatre à cinq mille francs.Elle leva la tête lentement et regarda les deux hommes avec surprise.\u2014 Oh ! fit le commissaire de police.Mme de Brogniès abandonna sa pièce de dentelle, se dressa debout, s\u2019avança vers le magistrat, qui se trouvait un peu en avant de M.de Verdraine, lui fit un salut gracieux et le prit par la main.Le commissaire la laissa faire.Elle le conduisit jusqu\u2019à la porte du cabinet de toilette, grand comme la moitié d\u2019une chambre ordinaire.\u2014 Regardez, monsieur, regardez, dit-elle.\u2014 Oui, répondit-il, je regarde et je vois.Elle reprit, haussant la voix : \u2014 C\u2019est le vivier, vous savez, le vivier ! \u2014 Oui, oui, je sais.\u2014 N\u2019approchez pas trop près, faites attention, votre pied peut glisser.Ah ! un malheur est si vite arrivé ! Il y a beaucoup, beaucoup de poissons dans le vivier.Tenez, les voyez-vous ?Ils se promènent par bandes.Ce sont des carpes, des brèmes, elles sont énormes.Et les tanches.oh ! les belles-tanches ! « Les enfants, vous savez, les enfants ?eh bien ! ils jettent du pain aux poissons, cela les amuse beaucoup.« Oh ! fit-elle avec une sorte d\u2019ef froi, prenez garde, retirez-vous, l\u2019eau Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 19 est profonde.l\u2019eau est profonde, mais comme elle est limpide ! «Là, continua-t-elle en se courbant, et en indiquant un endroit de la main, là,' au fond, vous voyez.c\u2019est la petite fille.sa mère l\u2019appelait Isabelle.elle était gentille, gentille.ses parents l\u2019adoraient.Maintenant la voilà au fond du vivier, la belle petite fille, coucÿîée sur un lit de roseaux et de loin les gros poissons la regardent sans oser s\u2019approcher.« Elle est morte.noyée, noyée ! Le commissaire de police, très pâle, était en proie à une émotion croissante.Mme de Brogniès se redressa brusquement et tendit l\u2019oreille, ayant l\u2019air d\u2019écouter.Elle eut une sorte de tressaillement, puis d\u2019une voix faible, tremblante, elle chanta ce couplet d\u2019une vieille chanson.Depuis ce temps, quand vient minuit, Le feu follet danse et reluit Sur les bouts de branche; Et l\u2019on voit glisser sur les eaux, Sortant du sombre des roseaux, Une femme blanche, Qui s\u2019en va conter ses douleurs Aux rameaux d\u2019un vieux saule en [pleurs, Qui sur l\u2019eau se penche.Petits enfants, n\u2019approchez pas, Quand vous courez par la vallée, Du grand étang qu\u2019on voit là-bas, Qu\u2019on voit là-bas, sous la feuillée ! Les domestiques, silencieux et tristes, se tenaient groupés derrière leur maître.Mme de Brogniès, ne s\u2019occupant plus du commissaire de police, marmottait tout bas des paroles indistinctes, ayant ! air de parler à un être invisible.Le magistrat se tourna vers M.de Yerdraine et, d\u2019un ton lugubre, prononça ce mot : \u2014 Folle ! Le comte baissa la tête.Les serviteurs répétèrent : \u2014 Folle! Le commissaire fit signe à la femme de chambre de venir près de lui.\u2014 Il faut achever d\u2019habiller votre maîtresse, lui dit-il tout bas.Puis, marchant vers les autres domestiques, il leur ordonna d\u2019un ton de maître de se retirer.Le comte, immobile, muet, regardait et laissait dire et faire.Rose sapprocha de sa maîtresse et, d\u2019une voix émue ; \u2014 Madame, dit-elle, il faut achever de vous habiller.\u2014 Ah! oui, c\u2019est vrai, il faut que je m\u2019habille, répondit l\u2019aliénée ; où dois-je donc aller ce soir ?Ah ! je me rappelle, j\u2019ai promis à la générale d\u2019aller la voir aujourd\u2019hui.\u2014 Mettez-lui une robe très simple, dit le commissaire à l\u2019oreille de la femme de chambre.En moins de dix minutes, Mme de Brogniès, qui ne faisait aucune résistance, fut complètement habillée.Alors le comte sortit de son immobilité.\u2014 Est-ce que vous l\u2019emmenez?de-rnanda-t-il au magistrat.\u2014 Sans doute.\u2014 Qù donc allez-vous la conduire ?\u2014 Au Dépôt de la Préfecture de police.\u2014 Et après ?-\u2014 Ce soir même les médecins l\u2019examineront et, j\u2019en suis à peu près certain, demain elle sera envoyée à l\u2019hospice Sainte-Anne.\u2014 Ainsi, monsieur, elle vous échappe ?\u2014 Oui, si elle ne trouve pas la raison ; au-dessus de la justice des hommes il y a celle de Dieu.\u2014 Oui, murmura le comte.\u2014 Entre une prison cellulaire et une maison de fous, la différence n\u2019est pas grande.Nous pouvons dire, monsieur le le comte, que pour les coupables il y a toujours un châtiment, qu\u2019il vienne d\u2019en haut ou d\u2019en bas.M.de Verdraine ne répondit pas.Le magistrat offrit son bras à Mme de Brogniès en lui disant doucement et avec politesse : \u2014 Venez, madame.Elle prit en minaudant le bras du commissaire et sans rien dire se laissa emmener.Le comte resta seul dans la chambre, tenant dans ses mains sa tête lourde de sombres pensées.Sans manifester aucun étonnement, Mme de Brogniès sortit de la maison et, toujours docile et tranquille, monta dans la voiture qui, comme nous l\u2019avons dit, attendait sur le boulevard.Le lendemain, avant midi, ainsi que l\u2019avait prévu et annoncé le commissaire de police, la complice de l\u2019Italien Jean Castori entrait à Sainte-Anne et, après avoir été soumise à un long et minutieux examen, les médecins aliénistes déclaraient qu\u2019il n\u2019y avait aucun espoir de guérison.Mme de Brogniès échappait à !a honte d\u2019une condamnation infamante ; son nom seul figurerait dans l\u2019affaire criminelle dont les débats allaient bientôt s\u2019ouvrir devant la cour d\u2019assises de l\u2019Isère.Mais parce qu\u2019elle ne serait pas jugée et condamnée à la réclusion, aux travaux forcés ou à mort, une des peines que la loi du Code criminel applique aux assassins, son châtiment en était-il moins terrible ?Avoir la jeunesse, la beauté, la fortune ; avoir brillé dans le monde ; avoir été aimée, adulée et être enfermée pour la vie dans une maison de fous !.Folle, folle !.Etre frappée de folie, être condamnée à rester folle toujours, n\u2019est-ce pas un châtiment qui équivaut à celui de la peine de mort ?TROISIEME PARTIE La Papillonne I ENTRE GARÇONS Pendant huit jours, le comte Maxime de Yerdraine sortit peu ; il était triste, sombre, taciturne.Mais il n\u2019était pas d\u2019une nature à se laisser saisir par l\u2019hypocondrie.D\u2019ailleurs, son chagrin n\u2019était pas bien profond ; il n\u2019eut pas à faire de violents efforts de volonté pour prendre le dessus et se faire, comme on dit, une raison.Un autre, malgré tout, aurait peut-être plaint Mme de Brogniès ; lui, non.Il ne s\u2019était jamais apitoyé sur le malheur de personne.Dans son monstrueux égoïsme, il trouvait que tout était arrivé pour le mieux.Léona était folle, enfermée dans une maison d\u2019aliénées, il n\u2019avait plus à ledouter pour lui les désagréments d\u2019un procès criminel, il n\u2019aurait pas à se présenter comme témoin dans le cabinet de M.Daubrun, le juge d\u2019ins- truction, et ensuite devant la cour d\u2019assises.Sans doute l\u2019affaire ferait grand bruit, sa nouvelle aventure donnerait lieu à un scandale, son nom serait jeté en pâture à la curiosité malveillante du public et lui-même serait fort maltraité ; cela, il ne pouvait l\u2019éviter.Mais il n\u2019aurait pas à affronter les regards sévères des honnêtes Grenoblois, à se montrer à la foule, toujours avide de sensations, comme une bête curieuse.Enfin, tout bien examiné, il ne se trouvait point trop malheureux.Et, peu à peu, le souvenir de Mme de Brogniès s\u2019effaçait de sa pensée comme le souvenir d\u2019un mauvais rêve.Quant à sa femme et ses enfants, il n\u2019y pensait guère, il n\u2019y pensait plus ; c'était comme s\u2019ils avaient cessé d\u2019exister.Il était venu à Paris pour y vivre avec sa fausse comtesse, il s\u2019y était installé comme il convenait à un comte de Verdraine et ainsi que l\u2019exigeait sa fortune.Assurément il avait pensé que sa passion pour la belle Piémontaise durerait au moins quelques années ; n\u2019avait-il pas loué l\u2019hôtel du boulevard Bineau pour trois ans ?Mais une catastrophe avait mis fin à l\u2019aventure et sa passion s\u2019était éteinte, subitement, comme un feu de paille sous une averse.C\u2019était encore pour le mieux, puisqu\u2019il avait pu facilement se consoler.Maintenant, qu\u2019allait-il faire ?Retourner à Grenoble ?Ah bien, oui ! il ne pouvait en avoir la pensée.Il savait très bien qu\u2019à Grenoble sa réputation était perdue, que tout le monde lui tournerait le dos, qu\u2019il y serait tenu à l\u2019écart, comme un pestiféré, qu\u2019on le chasserait de tous les cercles, que ceux qui avaient été ses amis refuseraient de toucher sa main, enfin qu\u2019il serait traité comme un paria.Peut-être pensa-t-il que sa femme l\u2019aimait toujours et que dans tous les cas, à cause de Georges et d\u2019Edouard, elle serait disposée à pardonner et à oublier.Mais retourner vivre là-bas après avoir pris goût aux délices de l\u2019existence parisienne, reprendre une chaîne qu\u2019il avait violemment brisée, était-ce possible?Non, il était à Paris, il y resterait.Paris était la ville qu\u2019il lui fallait, la ville qui convenait à ses goûts, à ses idées, la seule ville où il pouvait vivre désormais.Il était marié ; s\u2019être marié, lui, Maxime de Verdraine, quelle sottise !.Ah ! il l\u2019avait assez regretté, ce mariage ridicule, bête ! C\u2019était encore la passion qui l\u2019avait étourdi, grisé, aveuglé.Mais il avait repris sa liberté, il en userait.Libre ! libre ! il allait reprendre sa vie d\u2019autrefois, cette douce et agréable vie de garçon qu\u2019il avait un jour si stupidement sacrifiée.Quelque peu retenu par Mme de Bro-gniès, qui craignait qu\u2019en lui laissant trop de liberté il ne lui échappât, c\u2019est- à-dire qu\u2019il ne lui fût enlevé par une autre comme elle-même l\u2019avait enlevé à la comtesse Paule, il ne s\u2019était encore fait remarquer à Paris par aucune extravagance, il n\u2019avait aborde que timidement ces plaisirs pimentés que la grande ville offre si facilement à messieurs les viveurs, aux débauchés de toutes les catégories, et dont la variété donne satisfaction a tous les appétits, a tous les vices.N\u2019étant plus maintenu, ayant la bride sur le cou, avide de jouissances, il se lança éperdûment et comme pris de vertige dans le tourbillon de la vie à outrance, Il avait besoin de s étourdir.Il eut tout de suite sa place marquée au premier rang des viveurs.Il jetait l\u2019or à pleines mains.Beau joueur, il perdait dans une soirée mille louis, sans sourciller, ce qui faisait dire qu\u2019il devait être, quelque part l\u2019heureux propriétaire d\u2019une mine d\u2019or ou d\u2019ar-gent.Il avait rompu avec ses amis de la première heure, qui étaient pour la plupart des hommes de raison ; mais il ne lui avait pas été difficile d\u2019en trouver d\u2019autres.A Paris, comme nous l\u2019avons déjà dit, on a des amis autant et plus qu\u2019on n\u2019en veut ; c\u2019est une graine qui pousse dans les lieux publics et sur l\u2019asphalte des boulevards comme les champignons sur une couche de carrière.Le comte, en homme qui s\u2019y connaissait, avait choisi ses nouveaux amis parmi des individus plus ou moins talés, dont la conscience était absolument sans scrupule et qui, par conséquent, lui ressemblaient.Ces personnages, dont le nom de quelques-uns résonnait haut, étaient les hôtes de certains salons interlopes, les familiers des boudoirs de femmes galantes ; ils fréquentaient les tripots ; on les rencontrait dans toutes les réunions publiques, dans tous les endroits où l\u2019on s\u2019amuse ; riches, très connus, très en vue, on les voyait aussi dans les coulisses des principaux théâtres.Comme on le voit, le comte de Verdraine s\u2019était mis en bonnes mains.Il voulut aussi être connu, se mettre en vue, faire parler de lui.Il eut c-ette gloire.Ses superbes attelages fuient remarqués, quelques-unes de ses folies firent du bruit, il eut la réputation d\u2019être riche comme un nabab.Il était posé.Son histoire était peu ou point connue.Paris ne ressemble pas à une ville de province.A Paris, on ne s\u2019occupe guère de la vie privée des gens, la pruderie s\u2019y tient à l\u2019écart, dans l\u2019ombre.Du reste, la chronique du jour a tant de choses diverses à enregistrer que presque tout passe inaperçu et l\u2019événement du lendemain fait oublier celui de la veille.A Paris, on peut demander à un homme qui ne veut pas rester inconnu, perdu dans la foule ; \u2014 Qui es-tu ?d\u2019où viens-tu ?Mais on ne lui dit pas ; \u2014 Qu\u2019as-tu fait ?On ne s\u2019inquiète nullement de connaître son passé.On le laisse aller en se disant : « A ce qu\u2019il fera nous verrons ce qu\u2019il est et nous saurons ce qu\u2019il veut.» Le comte de Verdraine recevait ses amis à sa table.On parlait de ses déjeuners, de ses dîners de garçons.On vantait à plaisir sa cordialité, son affabilité, sa bonne humeur, son esprit, sa distinction, sa générosité, sa magnificence, son luxe.Bref, ses amis le hissaient sur un piédestal.Et Maxime se sentait transporté d\u2019orgueil.Et s\u2019il lui arrivait parfois de penser à Grenoble, c\u2019était pour répéter : \u2014 Paris, Paris, il n\u2019y a au monde que Paris ! Un matin, M.de Verdraine avait invité à déjeuner quatre de ses amis : l\u2019un d\u2019eux était le comte d\u2019Ambresle, un RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS La jeune et belle Paule Pérard, simple paysanne, possédait des charmes sans pareils.Tous les hommes, jeunes et moins jeunes, pauvres et riches, tournaient autour des juges de la belle Paule.Comme des papillons finissent toujours par se brûler les ailes à cette flamme qui les attire, un jeune et riche galantin se brûla, un jour, le coeur au feu ardent des prunelles de Paule, qui dut briser le coeur d\u2019un brave et loyal garçon, Etienne Denizot, pour unir sa destinée au riche comte Maxime de Verdraine, ayant grandi au milieu des caresses et du luxe.Au bout de quatre ans d\u2019un bonheur que rien n\u2019avait menacée, le comte ne fut plus l\u2019amoureux de sa femme.Il devint inconstant, aimant le changement, facile à tous les entraînements. Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 charmant garçon de trente ans, joyeux viveur dont on ne comptait plus les sottises, les folies, et qui, à force de gaspiller une très grand efortune, dûe à plusieurs héritages sucessifs, n\u2019allait pas tarder, disait-on, à être au bout de son rouleau.On avait déjeuné avec entrain, on avait bu beaucoup de champagne et ces messieurs étaient fort gais quand on se leva de table pour passer dans le fumoir où le café était servi.Au milieu du guéridon, sur un plateau de vermeil, se trouvaient les cigares, de superbes régalias.Les cigares allumés, on s\u2019étendit à son aise sur les divans et l\u2019on se remit à causer.Le vicomte d\u2019Ambresle était celui des convives qui connaissait le mieux Paris ; il y était né, et, dès l\u2019âge de dix-huit ans, il y avait mené la vie joyeuse.Aussi le diable seul savait tout ce qu\u2019il pouvait raconter.Il avait passé partout et tout vu, tellement vu qu\u2019il en était devenu l\u2019homme le plus sceptique du monde.Nul mieux que lui ne pouvait parler du théâtre contemporain ; il avait vu jouer toutes les pièces ayant quelque valeur ; il connaissait tous les auteurs dont plus d\u2019un était de ses amis, tous les acteurs, toutes les actrices et il avait dans tous les théâtres ses grandes et petites entrées.Mais c\u2019était de la danse dont il était particulièrement amateur, non pour la danse elle-même, mais à cause des danseuses ; il aimait ces artistes dont le talent est dans les jambes, dans les pieds, un peu aussi dans les bras, et il avouait volontiers, sans fatuité, que les faveurs de certaines danseuses l\u2019avaient récompensé de son en-goûment pour la danse.\u2014 Voyez-vous, messieurs, dit-il, si je restais seulement quatre jours sans aller passer une heure à l\u2019Opéra, au foyer de la danse, je serais pris du spleen, cette maladie qui nous vient d\u2019Angleterre, pays de l\u2019ennui par excellence.On était sur le chapitre de la danse et, naturellement, on parla de la danseuse Flora, surnommée la Papillonne, la nouvelle étoile qui brillait sur la scène de l\u2019Opéra.\u2014 Vicomte, vous la connaissez et devez être de ses amis, dit Maxime, qui prenait un vif intérêt à la conversation.\u2014 Chaque fois que je vais au foyer et qu\u2019elle danse, je la vois et ai le plaisir d\u2019échanger avec elle quelques paroles.\u2014 Quel âge a-t-elle ?\u2014 Vingt-quatre ans, peut-être vingt-cinq.Elle est dans le complet épanouissement de sa merveilleuse beauté, une beauté unique, troublante, irrésistible.Ah ! messieurs, quelle grâce, quelle distinction, quel charme incomparable et en même temps que de suavité, de candeur ! \u2014 En vérité, vicomte, votre enthousiasme est d\u2019un amoureux.M.d\u2019Ambresle sourit et répondit négligemment : -\u2014Pendant huit jours j\u2019en ai été amoureux fou.\u2014 Et ?fit Maxime.\u2014 Comme d\u2019autres, j\u2019ai voulu avoir raison de sa sauvagerie.\u2014 Et ?fit encore Maxime avec un accent singulier.\u2014 Eh bien ! je peux l\u2019avouer, puisque j\u2019ai subi le sort de bien d\u2019autres, j\u2019ai échoué.Le visage de M.de Verdraine s\u2019épanouit et ses yeux rayonnèrent.\u2014 Après tant de victoires remportées, et non sans efforts, continua le vicomte, je fus tout déconfit de ma défaite ; un autre se serait lamenté, aurait été inconsolable ; moi, j\u2019ai tout de suite songé à ma guérison, et le remède nécessaire m\u2019a été gracieusement donné par une compagne de Mlle Flora.On se mit à rire.\u2014 Que voulez-vous, reprit d\u2019Ambresle il faut prendre le temps comme il vient et la vie telle qu\u2019elle est, avec ses vicissitudes ; on a des triomphes, on a des revers ; moi, grâce à un grain de philosophie que je mets en tout, je n\u2019exagère pas la valeur d\u2019un triomphe et suis moins sensible à un revers.\u2014 En définitive, mon cher vicomte, dit M.de Nivoy, votre défaite indiquerait que Mlle Flora ne vous a pas attendu pour se laisser vaincre.\u2014 Halte-là, mon cher, répliqua vivement d\u2019Ambresle.pas de médisance et surtout pas de calomnie ; il n\u2019y a rien, vous entendez, absolument rien à dire sur le compte de Flora.\u2014 On affirme, en effet, dit Félicien Latapie, fils unique d\u2019un entrepreneur douze ou quinze fois millionnaire, que la réputation de Flora est inattaquable.\u2014 Mlle Flora, messieurs, dit le vicomte, est une vertu farouche que défend son dédain pour les hommes ; vous connaissez mon scepticisme eh bien ! je me porterais garant de la sagesse, de la chasteté de l\u2019adorable danseuse.Elle est assiégée de toutes parts et elle résiste à tous les assauts ; elle est imprenable.On peut lui appliquer la devise : « Qui s\u2019y frotte s\u2019y pique.» « Un riche Américain a fait pour elle les plus énormes folies, sans parvenir seulement à attirer son attention.« Un armateur hollandais, autre fou, iui a offert un million pour mettre un baiser sur une de ses joues ; elle lui a ri au nez.« Elle reçoit chaque jour cinquante, cent billets d\u2019amour qu\u2019elle jette au feu sans en avoir lu un seul.« On lui envoie dans sa loge ou chez elle un nombre incalculable de bouquets ; si le bouquet vient d'un admirateur anonyme ou s\u2019il est simplement accompagné d\u2019une carte de visite, elle le garde ; mais si, au contraire, il se présente sous les auspices d\u2019un billet doux, il est impitoyablement retourné à l\u2019envoyeur ; non moins impitoyablement aussi est renvoyé le bouquet dans lequel un séducteur a glissé quelque magnifique bijou.\u2014 Mais c\u2019est une femme de glace, cette Flora, s\u2019écria de Nivoy.-\u2014 Erreur, mon cher, elle est, au contraire, d\u2019une extrême sensibilité ; parlez-lui d\u2019une souffrance, d\u2019une infortune imméritée, d\u2019une misère quelconque, elle s\u2019émeut jusqu\u2019à verser des larmes ; elle est charitable et on ne la sollicite jamais en vain pour n\u2019importe quelle oeuvre de bienfaisance ; sans se faire connaître, elle visite les orphelinats et y répand ses bienfaits : enfin, aussi secrètement que possible, elle donne aux pauvres une bonne partie de l\u2019argent qu\u2019elle gagne.« Comme vous le savez, elle demeure aux Batignolles, rue des Dames, dans un tout petit hôtel, sans apparence, qu\u2019elle ne loue certainement pas plus de quinze cents à deux mille francs par an, et encore parce qu\u2019il a derrière un jardinet.«Elle vit là on ne peut plus simplement, comme une petite commerçante retiré des affaires.Elle ne sait pas ce que c\u2019est que le luxe; du reste, elle ne possède pas pour plus de quinze à vingt mille francs de bijoux.« Elle pourrait, comme telle ou telle de ses camarades, avoir chevaux, voitures ; elle préfère aller à pied ou, quand il le faut, prendre un coupé ou une victoria à la remise voisine.«Cependant elle a quatre domestiques qu\u2019elle traite avec bonté, plutôt en amis qu\u2019en serviteurs ; aussi se sont-ils faits ses esclaves ; ils se feraient écharper pour elle.Ces domestiques, deux femmes et deux hommes, sont une femme de chambre et une cuisinière, une espèce de mulâtre encore à moitié sauvage, qui est le factotum de sa maîtresse, et un bossu tordu, barbu, vieux et laid, guère plus haut que la botte d\u2019un gendarme.Celui-ci est le bouledogue du logis, un autre Cerbère moins deux têtes, et forme avec la mulâtre la garde du corps de la danseuse.Et les deux hommes et les deux femmes sont également incorruptibles.\u2014\tDiable, vicomte, fit de Nivoy, vous êtes joliment renseigné.\u2014\tDame ! ayant eu le désir de pénétrer dans la place, il m\u2019a fallu tourner autour pour en connaître les abords ; mais, comme vous le savez, cela ne m\u2019a guère servi.\u2014\tMlle Flora est-elle réellement Espagnole ?demanda de Verdraine.___Oui, mon cher comte, et de race pure ; seulement on ne sait pas si elle est de Madrid, de Cadix, de Grenade, de Séville, de Murcie ou de Léon.\u2014\tEst-ce qu\u2019elle sort de notre Conservatoire de musique et ae danse ?\u2014\tPas le moins du monde ; c\u2019est dans son pays et dès son plus jeune âge, dit-on, qu\u2019elle a appris la danse.\u2014\tC\u2019est en Espagne que la direction de l\u2019Opéra est allée la chercher?\u2014\tNon.Elle a tout simplement été trouvée à Paris.Il y a trois ans, on n\u2019avait jamais entendu parler de Flora, lorsqu\u2019elle apparut tout à coup comme un brillant météore.Avant, où était-elle et qu\u2019avait-elle fait ?Mystère.Flora ne raconte son histoire a personne, et les curieux qui auraient la hardiesse d\u2019interroger à ce sujet ses serviteurs seraient fort mal reçus.« Ce que je sais de Flora, mon cher comte, et ce que savent ceux qui comme moi suivent nos théâtres parisiens, je vais vous le dire.« Comme un grand chanteur ou une grande cantatrice, une grande danseuse se prend n\u2019importe où elle se trouve.Elle serait aux Follies-Bergères, à l\u2019E-lysée-Montmartre, à Tivoli et même à la Boule-Noire, on irait l\u2019y chercher.« Donc, il y a trois ans, on allait jouer à la Gaîté une pièce à grand spectacle, une féerie où on avait besoin de danseuses et l\u2019on fit un appel pressant à celles qui pouvaient contracter un engagement pour la durée de la pièce.« Un jour, une belle jeune fille, pauvrement vêtue, à l\u2019air doux et modeste, -\u2014 pas hardie du tout, \u2014 se présenta.C\u2019était Flora.« \u2014 Où avez-vous dansé déjà ?lui demanda-t-on.« \u2014 Ni à Paris, ni en France, répondit-elle timidement, je suis une danseuse espagnole.« Naturellement on voulut voir ce qu\u2019elle savait faire ; on le vit si bien qu\u2019elle fut engagée au prix de cent cinquante francs par mois, uniquement parce qu\u2019elle était une belle fille, et on ne manqua pas de le lui dire.« Arrivèrent les répétitions.On avait souvent les yeux fixés sur elle, mais encore parce que c\u2019était une belle fille; sans doute on remarquait, on admirait ses j ambres nerveuses, d\u2019une forme exquise, et ses jolis pieds aux attaches délicates ; seulement, l\u2019on nfi songeait guère à ce qu\u2019il pouvait y avoir dans ces jambes et ces pieds.« Toutefois, comme elle était la plus charmante, la plus délicieusement belle parmi les demoiselles du corps de ballet, on lui donna une place dans la danse qui devait la mettre presque constamment sous les lorgnettes des spectateurs.« Aux premières représentations, Flora fut beaucoup regardée et lorgnée ; et l\u2019on disait dans la salle : « \u2014 Voilà une bien jolie personne! « C\u2019était tout.II SOUVENIR DE MADRID Le vicomte d\u2019Ambresle s\u2019était interrompu pour boire un petit verre de chartreuse et allumer un second cigare.Invité à reprendre son intéressant récit, il continua : Il y avait cinq premières danseuses, dont l\u2019une, la première des cinq, avait un talent réel.Mais ne s\u2019avisa-t-elle pas de tomber malade : un chaud et fi oid, suivi d une fluxion de poitrine.LA VIE COURANTE .par Georges Clark \u2014 Notre garçon n'est pas si mal en arithmétique.Il a additionné exactement le nombre d'heures qui le séparent des grandes vacances ! w (, * y') Vf, _ Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 21 « Grand embarras de la direction, désespoir du maître de ballet.« Voyant cela, Flora dit à ce dernier, toute tremblante et comme honteuse : « \u2014 Monsieur, si vous le voulez, je remplacerai ce soir mademoiselle.mademoiselle.j\u2019ai oublié son nom.« \u2014 Vous! fit le maître de ballet, regardant la petite danseuses avec ahurissement.« \u2014 Oui, monsieur, répondit-elle, en balbutiant, je crois pouvoir.« Il était deux heures de l\u2019après-midi; vite il y eut une répétition immédiatement suivie d\u2019une seconde ; on jugea que c\u2019était assez.Flora avait été merveilleuse de grâce, de légèreté, de souplesse, d\u2019intelligence.« La pièce était sauvée.« Et les gens du théâtre restaient confondus de ne pas avoir découvert que cette Espagnole, qu\u2019on croyait être de mince valeur, était une danseuse hors ligne.«Le soir, \u2014 c\u2019était, si j\u2019ai bonne mémoire, la quatorzième représentation, Flora fut prodigieuse.Quel succès, mes amis, quel succès ! On applaudissait à tout rompre.« A l\u2019entr\u2019acte, les habitués de l\u2019orchestre et des avant-scènes coururent dévaliser les bouquetières des environs, et quand la belle senorita reparut sur la scène au deuxième divertissement, elle fut frénétiquement acclamée et ce fut sous une véritable avalanche de bouquets et de fleurs qu\u2019elle s\u2019avança jusqu\u2019à la rampe pour saluer et remercier le public enthousiasmé.« Le lendemain, deux ou trois journaux parlèrent du triomphe de Flora ; mais les jours suivants tous les autres journaux firent à leur tour l\u2019éloge de l'admirable danseuse.« Du coup, les recettes augmentèrent, d\u2019un tiers ; tous les soirs la salle était bondée, on refusait du monde.Pour voir Flora, il fallait louer des places quinze jours à l\u2019avance.« Les appointements de la nouvelle étoile furent portés à trois cents francs: cent cinquante pour sa beauté, autant pour son mérite.La direction ne se montrait pas généreuse ; mais Flora ne se plaignait point ; elle était contente.« Un journal avait dit, en parlant de ia charmante, de la ravissante danseuse : C\u2019est une Papillonne.« Le mot eut vite fait le tour de Paris ; et quand les spectateurs rappelaient la jeune artiste, ils ne criaient plus : Flora, Flora ! mais : la Papillonne, la Papillonne, la Papillonne ! «Le nom était joli, il lui est resté.« La pièce, à la Gaîté, eut trois cents représentations.De ce théâtre, Flora passa au Châtelet avec 1,000 francs par mois pour danser dans une autre féerie.Nouveaux succès, nouveaux triomphes ! Elle était en faveur auprès du public ; elle était son idole ; si on l\u2019eût privé de la Papillonne, il y aurait eu une émeute.« Flora était encore au Châtelet, mais à la veille d\u2019entrer à l\u2019Opéra, lorsqu\u2019elle s\u2019installa dans son petit hôtel de la rue des Dames, qu\u2019elle ne songe pas à quitter.Je vous l\u2019ai dit, elle est modeste dans ses goûts comme dans sa personne, vit presque de rien, dépense peu, n\u2019aime ni l\u2019apparat, ni le luxe, et cependant elle a soixante mille francs par an à l\u2019Opéra.\u2014 Mon cher vicomte, dit en riant Félicien Latapie, ce que vous venez de nous raconter paraît avoir fait impression sur de Verdraine, le voilà tout rêveur.Maxime tressaillit, releva la tête, et voyant les autres rire, il se mit à rire aussi.\u2014 Comte, ne nous avez-vous pas dit que vous étiez allé en Espagne ?demanda de Nivoy.\u2014 En effet, j\u2019y suis allé il y a quelques années et j\u2019y ai passé six mois très agréablement.\u2014 L\u2019Espagne est un très beau pays, que je ne connais pas encore, mais que je me promets de visiter prochainement, dit Latapie.\u2014 On ne saurait se dispenser de faire un voyage au delà des Pyrénées, opina de Nivoy.\u2014 En Espagne, mon cher Félicien, dit d\u2019Ambresle, toutes les femmes sont adorables.\u2014 Comme la belle Flora ?\u2014 Oui, comme la belle Flora.On vante avec raison les beaux yeux des Andalouses ; mais qu\u2019elles soient d\u2019Andalousie ou de Castille, les femmes d\u2019Espagne, dans leur beauté plastique, ont un je ne sais quoi de piquant, de poétique, et je ne sais quels charmes séducteurs qu\u2019on ne trouve pas chez les autres femmes d\u2019Europe.\u2014 Eh ! vicomte, et les Parisiennes ?\u2014 J\u2019apprécie fort les Françaises en général et particulièrement les Parisiennes ; assurément elles ne le cèdent en rien aux Espagnoles, mais elles ont un autre genre de beauté.\u2014 C\u2019est vrai, dit de Verdraine.\u2014 Je le répète, continua d\u2019Ambresle, une belle fille d\u2019Espagne est toujours une créature adorable, et le comte doit en savoir quelque chose.\u2014 Mon cher d\u2019Ambresle, je suis absolument de votre avis.En amour, on passe volontiers des bras d\u2019une Française dans ceux d\u2019une Espagnole pour revenir à la Française et retourner encore à l\u2019Espagnole.\u2014 Il y a l\u2019attrait du changement, dit Félicien.\u2014 Et celui de la curiosité, ajouta de Nivoy.-Et d\u2019autres encore, amplifia le quatrième convive.\u2014¦ Comte, avez-vous fait un long sé-.jour à Madrid ?demanda d\u2019Ambresle.\u2014 Mais oui, car de toutes les Es-pagnes je n\u2019ai guère vu que Madrid.\u2014 N\u2019avez-vous gardé de cette ville aucun doux souvenir ?\u2014 Oh ! une simple aventure.\u2014¦ D\u2019amour ?\u2014 Je ne cours jamais après les autres.\u2014 De Verdraine, mon cher, dit le Nivoy, il faut nous raconter la chose.\u2014 En vérité, cela n\u2019en vaut pas la peine.\u2014 Si, si, dites toujours.\u2014 Vous y tenez, soit; du reste, je n\u2019en ai pas bien long à dire.\u2014 Tant pis, répondirent en choeur les convives.\u2014 Voici donc mon aventure: « En arrivant à Madrid le hasard me conduisit dans une hôtellerie où l\u2019on me donna une chambre à côté d\u2019une autre occupée depuis quelques mois déjà par une jeune artiste dramatique qui, en attendant mieux, jouait des bouts de rôle d\u2019ingénue au Théâtre-Royal.«Elle vivait seule, ayant perdu sa mère l\u2019année précédente, ce que j\u2019appris plus tard.« Elle n\u2019avait pas encore dix-neuf ans, et c\u2019était bien la plus délicieuse créature que l\u2019on puisse voir.«Elle avait de magnifiques cheveux noirs et des dents superbes, petites, bien rangées et blanches comme l\u2019ivoire le plus pur, de riches perles d\u2019Orient dont une bouche adorable était l\u2019écrin ; son visage, un peu pâle, comme celui des Mauresques, était d\u2019une douceur angélique à ses yeux, d\u2019une clarté étrange, vifs, profonds, pénétrants, avaient cependant une expression de langueur indéfinissable qui troublait jusqu\u2019au fond de l\u2019âme.« Son corps était comme moulé, tant toutes les lignes en étaient correctes.Elle avait un port de reine et Ton aurait dit vraiment qu\u2019elle était faite pour porter un diadème.« Enfin, que vous dirai-je ?elle était jolie et belle à ravir et elle aurait tenté le diable.« La première fois que je la rencontrai, nous ne fîmes qu\u2019échanger un regard et je sentis que son oeil noir DANS LA MÊME BOÎTE FAMILIÈRE FABRICATION CANADIENNE A» LA PREMIÈRE AMÉLIORATION IMPORTANTE DANS LES NETTOYEUR DEPUIS L'INTRODUCTION DU SEISMOTITEt DISSOUT ^ LA GRAISSE 1 AU l CONTACT A Nous avons du aider à faire pour vous NETTOYAGE PLUS RAPIDE-PLUS FACILE qu avec tout autre nettoyeur que vous avez pu employer VOTRE MAGAZINE PREFERE.grâce à la collaboration exclusive de sa correspondante autorisée à Hollywood, Louise Gilbert-Sauvage, est en mesure de fournir au nombre toujours grandissant de ses lecteurs les informations les plus récentes et les plus précises.LE FILM va toujours de l\u2019avant pour informer les cinéphiles des dernières productions de Hollywood et d\u2019ailleurs.Un abonnement au FILM constitue un excellent cadeau qui sera fort apprécié de celui ou celle qui le recevra.Chacun des numéros contient un beau roman d\u2019amour corn- -plet, d\u2019une lecture fort agréable et dont l\u2019intrigue ne manque jamais de plaire aux plus exigeants.Lire un seul mot du FILM prouve qu\u2019il est particulièrement remarquable pai sa tenue typographique hautement soignée, sa mise en page d\u2019un goût exclusif et l\u2019abondante variété de sa matière à lire.Notre roman de juillet : L'HERITAGE D'ALIETTE Par M.TOUCAS-MASSILLON Coupon d\u2019abonnement Canada et Etats-Unis 1 an.$1.00\t2 ans.$1.50 |ëj IMPORTANT : \u2014 Indiquez d\u2019une croix s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Nom.Adresse.Ville.Province.POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE S7S-98S rue de Bullion MONTREAL 18, P.Q. 22 Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 ayouuey de £atdê dfekaidé DÉPRIMÉE?NERVEUSE?LYMPHATIQUE?DÉLAISSÉE?LISEZ ALORS CECI.Ne perdez pas courage car la vie peut très bien vous sourire encore ! La maigreur, les vertiges, les migraines, un teint dépourvu d\u2019éclat sont très souvent les caractéristiques d\u2019un sang alourdi, obstrué de toxines, cause très répandue de longs et ennuyeux désordres organiques Le moyen tout indiqué pour y remédier est une cure naturelle de désintoxication.Or, les éléments concentrés qui sont à la base du merveilleux TRAITEMENT SA N O \u201cA\u201d ont précisément pour fonction ' d\u2019éliminer ces poisons.Dès que la cure est commencée, on constate un développement, une fermeté nouvelle des chairs.Le teint se ranime et le charme séduisant de la jeunesse réapparaît.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de notre merveilleux produit SANO « A » Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO ENRG.Mme CLAIRE LUCE CMnclus 5 sous pour échantillon du produit SANO «A ».(Pour le Canada seulement) Nom -\u2014\u2014- A drosse .\u2014.\u2014 Villa .Prov.B P.2134 PLACE D\u2019ARMES MONTREAL, PQ avait fait passer en moi comme une flamme.« A la deuxième rencontre, je devins sérieusement épris de la belle Elvire.« Elvire est le nom qu\u2019elle s\u2019était donné au théâtre, mais elle s\u2019appelait Dolorès.« Je lui fis ma cour, oh ! mais dans toutes les règles, et en employant tout mon savoir-faire ; d\u2019ailleurs, je n\u2019avais pas à occuper autrement mon temps.« Peu à peu, Elvire s\u2019apprivoisa un peu, mais si peu, si peu.Dans l\u2019escalier ou sur le carré de notre étage, elle consentait à m\u2019accorder une minute d\u2019entretien, mais au premier mot d\u2019amour, effarouchée, elle s\u2019éclipsait.« L\u2019étonnante vertu de ma belle actrice et son indifférence m\u2019excitaient au lieu de me calmer, irritaient mes désirs de possession, et ce que j\u2019avais d\u2019abord pris pour un caprice tournait bel et bien à la passion.« Un jour, Elvire avait mal fermé sa porte, \u2014 oh ! sans intention provocatrice, je vous le jure, \u2014 je m\u2019en aperçus, je m\u2019introduisis dans sa chambre et, et profitant de je ne sais plus quel incident, je fus vainqueur par surprise.«L\u2019idylle amoureuse dura.\u2014 Quinze jours, fit d\u2019Ambresle.\u2014 Non, vicomte, quatre grands mois.\u2014 C\u2019est beau.\u2014 Mais mon amour s\u2019éteignait, et voyez comme partout les femmes sont bizarres, c\u2019est Elvire, si froide avant, qui s\u2019était enflammée ; l\u2019amour ou plutôt la passion, une passion terrible, avait envahi son coeur et le ravageait., « Elle voulait absolument que je l\u2019épousasse.Elle portait dans son coeur, prétendait-elle, le fruit de nos amours.C\u2019était peut-être vrai.« Ma foi, je n\u2019avais plus qu\u2019une chose à faire.\u2014 Votre malle, fit de Nivoy souriant.\u2014 Vous l\u2019avez dit.C\u2019est que les Espagnoles ne sont pas toujours commodes et je pouvais craindre qu\u2019elle n\u2019en arrivât, pour se venger à me planter un poignard dans la poitrine.« A ne vous rien cacher, mes amis, j\u2019avais peur.« Or, un soir qu\u2019elle était à son théâtre, je me fis conduire à la gare où je pris le premier express pour revenir directement en France.\u2014 Ainsi finit l\u2019aventure, dit d\u2019Ambresle, et c\u2019est ainsi qu\u2019elle devait finir.« \u2014 Et qu\u2019est devenue l\u2019abandonnée ?demanda Félicien.Elle m\u2019intéresse, cette pauvre Elvire.\u2014 Je ne sais pas, répondit le comte, je n\u2019en ai plus entendu parler.\u2014 Quoi ! rien, pas une lettre ?\u2014 Je ne lui avais pas caché qui j\u2019étais, mais elle n\u2019aurait pas su où m\u2019écrire; d\u2019ailleurs elle était d\u2019une fierté.\u2014 Une fierté castillane, dit le vicomte.\u2014 Si j\u2019en crois ce qu\u2019elle m\u2019a raconté, elle descend d\u2019une grande et ancienne famille d\u2019Espagne que les révolutions de la Péninsule ont ruinée ; un de ses ancêtres aurait été ministre et un autre général en chef d\u2019armée ; son grand-père aurait été tué dans une bataille ayant le grade de colonel.\u2014 Cela est dans les choses possibles, répliqua le vicomte ; mais si l\u2019on en croyait les Espagnols, ils seraient tous de race princière.Sur l\u2019invitation de M.de Verdraine, ses amis se levèrent, et l\u2019on descendit au jardin pour changer d\u2019air.Le comte et le vicomte causaient, marchant côte à côte.\u2014 Croiriez-vous, d\u2019Ambresle, dit tout à coup Maxime, que je ne connais pas encore le foyer de la danse à l\u2019Opéra ?\u2014 Je vous crois parfaitement, attendu que certains privilégiés seuls y sont admis.Mais je vois où vous voulez en venir : vous désirez que je vous ouvre la porte de ce cénacle ?\u2014 Eh bien ! oui.\u2014\tPeut-être désirez-vous aussi être présenté à la belle Flora ! \u2014\tDame ! pourquoi pas ?\u2014\tEh! eh! comte, est-ce que, las aujourd\u2019hui de la Française, vous voudriez retourner à l\u2019Espagnole ?\u2014\tOh ! pas le moins du monde.\u2014 C\u2019est que, comme votre belle Elvire de Madrid, la Papillonne est capable, elle aussi, de tenter le diable.Certes, vous êtes un grand vainqueur, car vous possédez des moyens de séduction que beaucoup d\u2019autres n\u2019ont pas, mais je vous ai dit ce qu\u2019est Flora, et je vous ai parlé de certaines défaites successives qui doivent donner à réfléchir.Mon cher comte, en amour comme en guerre, il arrive fatalement un jour où chacun a son Waterloo.D\u2019Ambresle, prenez garde, vous allez me donner l\u2019envie.\u2014 De vous risquer dans cette aventure ! Mais, non cher, vous l\u2019avez, cette envie, et ce n\u2019est pas moi qui vous l\u2019ai donnée.\u2014 Où voyez-vous cela ?\u2014 Dans vos yeux.\u2014 Après tout, il n\u2019est pas défendu d\u2019essayer.\u2014 Sans doute; seulement.Qui s\u2019y frotte s\u2019y pique ! \u2014 Il y a une manière de prendre les ronces.\u2014 Quand elles n\u2019ont plus de piquants.\u2014 D\u2019Ambresle, seriez-vous jaloux ?\u2014 Jaloux, moi ?Dieu me garde de cette maladie ridicule et bête ! \u2014 Me présenterez-vous à Mlle Flora ?\u2014 Vous y tenez absolument?\u2014 Oui.\u2014 Vous a-t-elle vu déjà ?\u2014 Jamais.Où voulez-vous qu\u2019elle m\u2019ait vu ?\u2014 C\u2019est juste.Et vous, comte, vous ne l\u2019avez encore vue que sur la scène ?-\u2014 Oui, sur !a scène, répondit Maxime.Après avoir un peu hésité il ajouta : \u2014 Deux ou trois fois, le hasard me l\u2019a fait rencontrer dans la rue.\u2014 Et malgré le voile épais qui cache son visage quand elle sort à pied, vous l\u2019avez reconnue ?\u2014 Mais.oui.D\u2019Ambresle s\u2019arrêta posa sa main sur le bras du comte, le regarda fixement et sourit.-\u2014 Décidément, fit-il, la chose est sérieuse.\u2014 Hein ?que voulez-vous dire ?\u2014 Eh, parbleu ! que vous êtes amoureux de Flora.\u2014 Eh bien ?quand cela serait, répliqua le comte d\u2019un ton vif, vous en avez bien été épris vous-même.\u2014 C\u2019est vrai, seulement.\u2014 Achevez.\u2014 Moi, comte, je ne suis pas un entêté comme vous.\u2014 Ce qui signifie ?\u2014 Que si vous entrez en lutte, je crains beaucoup pour votre amour-propre et votre orgueil.\u2014 Je ne risque rien, après tout, qu\u2019une défaite pareille à la vôtre.\u2014 Il vous semble.Mon cher comte, il y a des vaincus qui restent debout et d\u2019autres qui restent couchés sur le carreau ; moi, j\u2019ai sauvé mon amour-propre par une retraite prompte et honorable ; vous, je le répète, vous êtes un entêté.Enfin, ceci est votre affaire ; je ne veux pas vous donner des conseils, car vous pourriez croire.que je suis jaloux.Vous savez ce qu\u2019est Flora, vous n\u2019ignorez pas à quelle femme extraordinaire vous aurez affaire, et je vous dis encore, pour finir : Qui s\u2019y frotte s\u2019y pique ! \u2014 Me voilà prévenu, et je vous pose de nouveau ma question : me présenterez-vous ?\u2014 Je ne veux pas vous refuser cela.\u2014 Alors, quand ?\u2014 Ce soir, jedi, l\u2019Opéra est fermé ; mais demain, si cela vous convient.\u2014\tParfaitement.Mlle Flora sera au théâtre ?\u2014\tOui, elle est du ballet.\u2014\tEn ce cas, c\u2019est dit demain.___Nous dînerons ensemble, si vous voulez.Où ?\u2014\tAu café Anglais.Le oomte et le vicomte rejoignirent les autres jeunes gens, qui s étaient assis à l\u2019ombre d\u2019un polonia, et se mêlèrent à leur conversation.III LA PRÉSENTATION Le vendredi, excepte en ete, alors que la haute société à déserté Paris, la salle de l\u2019Opéra est presque toujours remplie par un public de choix.Il est rare que le vendredi les loges et les fauteuils loués à l\u2019année ne soient pas occupés par leurs titulaires.Le soir dont nous parlons, jamais peut-être on n\u2019avait vu autant d habits noirs aux fauteuils d\u2019orchestre, autant de magnifiques toilettes et de jolies femmes dans les loges ; partout des épaules et des bras nus, ceux-ci chargés de pierreries qui, avec les agrafes et les bouquets de diamants aux corsages, les aigrettes et les diadèmes dans les cheveux scintillaient, croisant leurs feux sous l\u2019éclatante lumière des lustres.La salle, enfin, avait l\u2019aspect animé, joyeux, superbe d\u2019un soir de première.A l\u2019orchestre, aux amphithéâtres, dans les loges, aux galeries, pas une place vide.Mais ce n\u2019est pas dans la salle, c\u2019est derrière le grand rideau de la scène, derrière les décors, au foyer de la danse, que nous prions le lecteur de nous accompagner.Le vicomte d\u2019Ambresle et le comte de Verdraine venaient d\u2019y entrer.Leur tenue était irréprochable ; ils avaient l\u2019habit, la cravate blanche et des gants immaculés.Ils se tenaient à l\u2019écart et faisaient peu attention à cinq ou six messieurs qui riaient avec les danseuses et leur adressaient des madrigaux plus ou moins spirituels.Les dames du corps de ballets étaient déjà presque toutes dans le foyer ; les unes étaient debout, formant des groupes charmants, causant et riant entre elles ; les autres, plus graves, étaient assises sur les divans ; elles regardaient et, de temps à autre, une repartie, une saillie, un mot vif les faisaient sourire.Quelques-unes essayaient une pirouette ou un entrechat.Les messieurs dont nous venons de parler, \u2014 ils n\u2019étaient, pas plus de six, \u2014 dérangeaient bien un peu les groupes, mais ils se reformaient aussitôt ; car, nous devons le dire à la louange de ces demoiselles, elles n\u2019apportaient pas une grande attention aux compliments quelque peu banals qui leur étaient adressés.Une dizaine seulement se montraient moins indifférentes, et avec autant de grâce que d\u2019à-propos savaient répondre et tenir tête aux galantins, qui auraient bien voulu se permettre oertaines libertés rigoureusement défendues.En vérité, ces hommes faisaient tache au milieu de ces gracieuses jeunes filles pour la plupart fort jolies.Les pantalons et le noir des habits étaient choses réellements laides à côté de ces jambes serrées dans des maillots de couleur chair ; de ces petits pieds légers emprisonnés dans, du satin ; de ces jupes courtes ; de ces étoffes de gaze aux couleurs vives semées d\u2019or et d\u2019argent, constellées d\u2019étoiles ; de ces têtes charmantes ornées de fleurs ; de ces bras nus, blanc comme l\u2019albâtre, et de ces ravissantes épaulés également nues, à la peau satinée et légèrement estompée de carmin.Le ballet faisait partie du troisième acte ; à ce moment le deuxième acte venait de finir ; on était à l\u2019entracte. Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 23 Flora n était pas encore descendue de sa loge et le comte et le vicomte attendaient.La présentation ne pouvait se faire dans la loge de la danseuse où jamais d\u2019autres personnes que le coiffeur et l\u2019habilleuse n\u2019étaient admises.On avait bien un peu essayé de forcer la consigne ; mais Flora avait manifesté son mécontentement et des ordres sévères avaient été donnés par l\u2019administration aux garçons de service pour que les personnes étrangères fussent éloignées aussi bien des loges des danseuses que de celles des chanteuses.De plus Flora, qui se faisait toujours accompagner au théâtre par sa femme de chambre, avait cette femme fidèle et dévouée pour défendre sa porte.La Papillonne fit enfin son entrée dans le foyer.Ses camarades, les premières danseuses, vinrent avec empressement lui serrer la main ; les autres danseuses la saluèrent avec un respect affectueux.On voyait tout de suite que, par sa modestie, chose rare chez les artistes, par sa gracieuseté et son affabilité, Flora avait su s\u2019attirer les sympathies et l\u2019amitié de toutes ces dames.\u2014 Où en est-on ?demanda-t-elle.\u2014 Le troisième acte est annoncé ; on va lever le rideau.\u2014 Merci, nous avons encore un quart d\u2019heure ; je ne suis pas en retard, ajou-ta-t-elle avec un doux sourire et en laissant voir un peu le pur émail de ses dents merveilleusement belles.Le comte de Verdraine, ébloui, la dévorait des yeux.Elle s\u2019assit dans un fauteuil, appuya légèrement ses mains sur ses jupes, relevées, un peu plus qu\u2019elle ne le voulait et jeta un regard rapide autour du foyer.Elle vit d\u2019Ambresle qui, de loin, la saluait.Elle rendit le salut en inclinant la tête et en ébauchant un sourire.Elle portait un costume blanc parsemé de paillettes d\u2019argent ; elle avait, comme les autres danseuses, les épaules et les bras nus ; des épaules superbes et des bras charmants ; aucun bijou : ni bracelet, ni bague, ni boutons d\u2019oreilles, ni broche.Pour tout ornement, elle avait seulement placé dans ses cheveux une rose blanche à feuilles et pétales d\u2019argent.Elle n\u2019en était que plus ravissante, et, en la regardant, on se demandait s\u2019il pouvait exister une femme plus parfaite, une aussi adorable jeune fille.Au milieu de cet essaim de jolies filles qui l\u2019entouraient, elle brillait et attirait les regards comme la reine des fleurs au milieu d\u2019un parterre ! Le comte de Verdraine était plongé dans une sorte d\u2019extase qui aurait duré longtemps, si le vicomte n\u2019eût pas touché son bras en lui disant tout bas : \u2014 C\u2019est le moment, allons ! Maxime suivit son ami qui s\u2019avançait vers la belle danseuse.Arrivé près de la jeune fille, d\u2019Ambresle s\u2019inclina profondément, comme s'il eût été devant une reine, puis il lui dit : \u2014 Mademoiselle Flora veut-elle me permettre, de lui présenter un de mes amis ?De sa voix douce et harmonieuse, la jeune fille répondit : \u2014 Si cela vous fait plaisir ainsi qu\u2019à votre ami, monsieur le vicomte, je le veux bien.Le comte s\u2019était approché ; d\u2019Ambresle le prit par la main.\u2014 Mademoiselle, dit-il, j\u2019ai l\u2019honneur de vous présenter M.le comte Maxime de Verdraine.Si les deux amis n\u2019eussent pas été aussi émus l\u2019un que l\u2019autre, ils se seraient aperçus que le mouvement fait par la danseuse était un haut-le-corps; ils auraient vu également le sombre éclair qui traversa son regard et s\u2019éteignit aussitôt ; ils n\u2019avaient pas remarqué davantage qu\u2019elle avait pâli, car aussitôt le rouge était revenu sur ses joues et avait envahi son front.Ils n\u2019avaient rien vu.C\u2019est que Flora savait dissimuler ses impressions, c\u2019est qu\u2019elle avait une force de volonté extraordinaire, et que toujours elle pouvait se contenir et se rendre maîtresse d\u2019elle-même.Aussi, s\u2019étant levée et ayant salué le comte avec une grâce charmante, ce fut d\u2019une voix parfaitement calme et ayant sur les lèvres son adorable sourire qu\u2019elle répondit : \u2014 Je vous remercie d\u2019avoir bien voulu me présenter votre ami, monsieur le vicomte.Et se tournant de nouveau vers de Verdraine : \u2014 Monsieur le comte, continua-t-elle, je suis très flattée et très honorée de faire aujourd\u2019hui votre connaissance.¦\u2014L\u2019honneur est tout pour moi, mademoiselle, répliqua de Verdraine assez gauchement.\u2014 Je ne suis qu\u2019une danseuse, monsieur, dit Flora avec un nouveau sourire, mais qui ne ressemblait pas au précédent.\u2014 Oui, une danseuse, répondit le comte, dont on doit s\u2019estimer heureux et fier d\u2019être l\u2019ami.\u2014 Je me demande ce que peut valoir mon amitié, fit Flora en enfonçant son regard dans les yeux du comte.Il resta un instant comme étourdi, tellement la flamme du regard de la jeune fille l\u2019avait troublé, puis il répondit gravement : \u2014 Elle a un prix inestimable, mademoiselle, croyez-le, n\u2019importe d\u2019où elle vient et qui la donne, l\u2019amitié sincère est ce qu\u2019il y a de plus précieux au monde.\u2014 C\u2019est très bien, monsieur le comte, et vous mériteriez d\u2019être mis à l\u2019épreuve, riposta Flora en riant.\u2014 Je suis prêt à la subir, mademoiselle.La jeune fille enveloppa encore le comte de son regard troublant.\u2014 Mais, messieurs, reprit-elle, pourquoi ne vous asseyez-vous pas ?voilà des sièges.Et reprenant place dans son fauteuil, elle ajouta : \u2014 J\u2019ai encore cinq minutes à vous donner.Les deux hommes s\u2019assirent et la conversation continua, plus sérieuse, sur les choses du jour.Flora se montra tour à tour enjouée et grave, mais toujours spirituelle et pleine de réserve et de dignité.On voyait que, malgré sa jeunesse, elle connaissait la vie, les hommes et les choses ; on sentait qu\u2019elle n\u2019avait pas toujours été heureuse, qu\u2019elle avait eu de longs jours de misère, qu\u2019elle avait souffert et que c\u2019était surtout à la dure école du malheur qu\u2019elle s\u2019était mûrie.La causerie fut interrompue par un régisseur qui parut à l\u2019entrée du foyer et dit : \u2014 Mademoiselle Flora ?La danseuse se leva aussitôt, salua de la main le comte et le vicomte et, légère comme un oiseau, s\u2019envola.\u2014 Mon cher, dit d\u2019Ambresle, nous n\u2019avons plus rien à faire ici, allons-nous-en.\u2014 Pourquoi si vite ?Attendons la fin du ballet.\u2014 Pour la revoir ?\u2014 Oui.\u2014 Inutile, mon ami : après le ballet, Flora ne rentre pas au foyer ; elle remonte dans sa loge, remet son costume de ville et quitte le théâtre immédiatement.\u2014 Ah !.Alors.\u2014 Eh bien ?\u2014 Allons la voir danser.\u2014 Soit.Les deux amis se firent ouvrir une porte qui communiquait avec la salle, et debout, à l\u2019une des entrées de l\u2019orchestre, ils assistèrent à la dernière partie du ballet.Comme toujours, Flora fut applaudie à tout rompre, rappelée, acclamée.Il semblait au comte de Verdraine qu\u2019il avait sa part des applaudissements des spectateurs ; il était grisé, fou.Et il se jurait que la ravissante danseuse serait à lui.Les deux amis attendirent la fin de l\u2019acte pour sortir du théâtre.\u2014\tEh bien ! demanda d\u2019Ambresle, quand ils furent sur le boulevard, êtes-vous satisfait ?\u2014\tC\u2019est-à-dire, mon ami, que je suis au paroxysme de l\u2019enthousiasme ; il me semble que je ne suis plus sur la terre, que je viens d\u2019être transporté au septième ciel.\u2014 En effet, voilà de l\u2019enthousiasme.\u2014 Quelle adorable créature ! vicomte ; mais elle est divine, cette femme ! \u2014 Oui, c\u2019est connu, Mlle Flora est une merveille et vous en êtes éperdument épris.\u2014 C\u2019est vrai, mon ami, je ne peux pas le nier, ce qui serait, d\u2019ailleurs, une insigne sottise.Quand on aime une femme pareille on ne le cache point, on le crie à qui veut l\u2019entendre.\u2014 Ce qui serait, selon moi, une autre sottise.Quand on aime une femme comme Flora, on ne le dit à personne, et si l\u2019on a l\u2019ineffable bonheur d\u2019en être aimé, la pire des sottises serait de le crier à qui voudrait l\u2019entendre.\u2014 C\u2019est une théorie qui vous est personnelle.\u2014 Qu\u2019importe si elle est sage ?\u2014 Pourtant, mon cher vicomte, il me semble que si l\u2019on est fier d\u2019être aimé d\u2019une femme charmante, belle entre toutes, ce n\u2019est point pour le cacher à tous les yeux, mais au contraire pour s\u2019en faire honneur.\u2014 Question de vanité et d\u2019amour-pro-pre, de Verdraine ; un bonheur caché a sa saveur ou, ce qui revient au même, un doux secret à deux a ses voluptés.Mais nous n\u2019avons pas à discuter ; comme vous le disiez tout à l\u2019heure, mon cher comte, ce sont mes idées et je n\u2019ai point la prétention de les faire partager aux autres.Après un court silence, d\u2019Ambresle reprit : \u2014 Mon cher comte, recevez mes félicitations sincères.\u2014 A quel propos ?\u2014 Mais sur les succès que vous avez obtenus ce soir.\u2014 Expliquez-vous mieux, \u2014 Mlle Flora vous a fait un accueil que vous pouvez considérer comme une faveur rare, je puis même dire exceptionnelle et dont vingt autres seraient jaloux.Elle a été pour vous d\u2019une amabilité qui m\u2019a surpris ; elle vous a accordé des regards, des sourires dont elle ne gratifie jamais même ses plus anciennes connaissances, et non seulement elle vous a permis de lui dire bien des choses, mais elle vous a répondu.Il est évident que vous lui avez plu, car jamais, vous entendez, comte, jamais elle n\u2019a été gracieuse avec un autre comme elle l\u2019a été avec vous.\u2014\tVraiment, vous avez remarqué cela?\u2014 Je n\u2019avais pas un bandeau sur les yeux.Je vous ai parlé de la fierté de Mlle Flora, de sa froideur dédaigneuse, eh bien ! à votre vue, cette glace s\u2019est fondue.Beaucoup d\u2019hommes lui ont été présentés parmi les plus riches, les plus distingués, les plus haut placés; toujours elle répondait par un mouvement de tête et quelques paroles brèves ; jamais un sourire, à peine un regard distrait, et c\u2019était tout ; et si les importuns essayaient d\u2019insister, elle leur tournait le dos sans façon, allait vers une de ses camarades et lui prenait le bras comme pour causer avec elle, mais n\u2019ayant absolument rien à lui dire.Enfin, comte, vous êtes en bon chemin.\u2014 Vous trouvez ?\u2014 Je connais Mlle Flora mieux que personne, mon cher, et je crois qu\u2019une nouvelle victoire vous est réservée.\u2014 Croyez-vous cela sérieusement ?\u2014 Quand un sceptique comme moi croit à une chose, c\u2019est toujours sérieu- WILDROOT CREAM-OIL VOS CHEVEUX PEUVENT ETRE LE NOUVEAU WILDROOT CREAM-OIL (1)\tFAIT TENIR LES CHEVEUX (2)\tDIMINUE LA SECHERESSE (3)\tFAIT DISPARAÎTRE LES PELLICULES UN PEU DE WILDROOT CREAM-OIL fait beaucoup pour vos cheveux.Ils sont bien peignés toute la journée.Ils ne paraissent jamais graisseux ou pommadés.Votre chevelure est belle et saine.TONIQUE CAPILLAIRE Non Alcoolique Contenant de la LAHOUNE! 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Donc, je le répète, vous pouvez vous faire aimer, à moins.\u2014 Achevez, vicomte.\u2014 A moins que, comme celle d\u2019un mauvais général d\u2019armée, votre tactique ne vous conduise à un échec.M.de Verdraine eut en même temps un regard et un sourire superbes.\u2014 En amour, répliqua-t-il avec un fort grain de fatuité, je n\u2019ai pas la réputation d\u2019être un maladroit.\u2014 Eh, eh ! don Juan lui-même n\u2019a pas toujours été heureux.\u2014 Je ne suis pas don Juan.\u2014 Vous voulez dire que vous avez été toujours heureux.C\u2019est parfait.Ayez donc confiance en votre bonne étoile, mon cher comte, et tâchez qu\u2019elle soit plus brillante que jamais quand viendra l\u2019heure du berger.Qu\u2019à vous donc, mon cher, revienne la gloire d\u2019une conquête qui est la plus difficile que je connaisse.\u2014 Cette gloire, vicomte, je l\u2019aurai ! IV LES BOUQUETS Flora, la Papillonne, était rentrée chez elle à onze heures et tout de suite s\u2019était mise au lit ; mais elle avait la tête pleine de pensées, de souvenirs; elle avait longuement réfléchi et n\u2019était parvenue à s\u2019endormir qu\u2019à une heure très avancée de la nuit.Elle se réveilla à neuf heures et sonna sa femme de chambre.Celle-ci ne tarda pas à paraître, tenant d\u2019une main un magnifique bouquet, qu\u2019un domestique en livrée venait d\u2019apporter, et de l\u2019autre une carte de visite.\u2014 Voyons cette carte, dit la danseuse.Elle la prit et lut : « Comte Maxime de Verdraine.» \u2014 Ah ! bien, fit-elle.Au-dessous du nom, gravé avec soin, il y avait une couronne de comte.Flora jeta la carte sur la table de nuit, prit ensuite le bouquet et l\u2019examina attentivement, comme si elle eût admiré la rareté et la beauté des fleurs qui le composaient.\u2014 Augustine, comment trouvez-vous ce bouquet ?-\u2014Très beau, mademoiselle, répondit la femme de chambre.\u2014 Oui, toutes ces fleurs sont belles et plus rares encore.Combien pensez-vous qu\u2019il a été payé ?\u2014 Je ne saurais dire, mademoiselle, mais peut-être plus de cent francs \u2014 Oui, peut-être ; mais c\u2019est une somme insignifiante pour M.le comte de Verdraine, qui est très riche.Un sourire singulier courut sur les lèvres de la danseuse.Puis ayant toujours les yeux fixés sur le bouquet posé sur le lit, elle resta quelques instants pensive.\u2014 Non, murmura-t-elle, non, je ne dois avoir aucun scrupule ! Elle passa sa main sur son front, soupira et reprit à haute voix : \u2014 Augustine, combien y a-t-il encore de bouquets dans le salon ?\u2014 Mais au moins dix ou douze.\u2014 Ce soir, tous devront être jetés dans la rue, vous le direz à Ajax.\u2014 Même celui-ci, mademoiselle ?\u2014 Non pas; celui-ci, Augustine, vous le placerez dans mon plus beau vase de Sèvres, celui du ministre.\u2014 Bien, mademoiselle.\u2014 Je ne veux plus avoir dans mon salon et ma salle à manger que les fleurs qui me seront envoyées par M.le comte de Verdraine.La femme de chambre regarda sa maîtresse avec surprise.\u2014 Eh bien ! oui, continua Flora, je ne traite plus maintenant mes admirateurs.\u2014 Oh ! dites vos adorateurs, mademoiselle.\u2014 Si vous voulez, Augustine ; maintenant je ne traite plus ces messieurs sur le pied de l\u2019égalité entre eux ; jusqu\u2019à présent tous m\u2019etaient parfaite- ment indifférents et l\u2019on m\u2019a souvent reproché de ne pas avoir de préférence ; cette préférence, je l\u2019accorde aujourd\u2019hui au nouveau venu, à M.le comte de Verdraine, qui m\u2019a été présenté hier, au théâtre.Il est fort bien, ce comte, c\u2019est un homme charmant : de plus, il s\u2019appelle Maxime, un nom que j\u2019aime.\u2014 Enfin, mademoiselle se décide à aimer ?\u2014 Vous allez un peu vite, Augustine, je n\u2019en suis pas encore là.Je me décide à accepter les hommages d\u2019un homme du monde, distingué, spirituel, aimable, très bien physiquement et jeune encore, car il ne doit pas avoir plus de trente-cinq ans ; mais entre cela et aimer il y a une différence.\u2014 Oui, mais pourquoi mademoiselle, qui a un si bon coeur et qui est si bon ne, n\u2019aimerait-elle pas ?\u2014 Peut-être aimerai-je un jour; je ne suis pas plus insensible qu\u2019une autre, et je sens bien que si je rencontrais un homme.Mais l\u2019amour est un sentiment qui ne se commande pas.\u2014 C\u2019est vrai, mademoiselle ; enfin, mademoiselle veut essayer ?\u2014 Oui, répondit Flora avec une lueur dans le regard.\u2014 Après tout, mademoiselle est libre; elle n\u2019a de compte à rendre à personne et a parfaitement le droit de faire ce qu\u2019elle veut.\u2014 C\u2019est votre avis, Augustine ?\u2014 Absolument, mademoiselle.\u2014 Eh bien! ce que je veux faire, je le ferai.La jeune fille se leva, fit sa toilette et fut bientôt habillée.Du reste, aussi bien quand elle sortait que chez elle, elle était toujours mise très simplement; sur elle, jamais rien de tapageur, de criard : elle détestait les excentricités de la mode, ces couleurs voyantes qui tirent l\u2019oeil, et avait une sorte de mépris pour toutes ces fantaisies coûteuses qui veulent parer une femme et nui- sent le plus souvent à sa beauté, à sa grâce.Chez elle, Flora était presque constamment en peignoir blanc ou rose l\u2019été, havane ou bleu foncé l\u2019hiver.Ces costumes, sortis des mains d\u2019une bonne faiseuse, lui allaient à ravir.Elle était délicieusement jolie avec le peignoir rose tendre dont elle venait de se vêtir et dont la jupe tombait sur ses pieds chaussés de pantoufles de satin du même rose que le vêtement.Souvent, elle arrangeait coquettement sur sa tête une mantille, qui ajoutait à sa beauté un charme tout particulier.C\u2019était sans doute en souvenir de ses jeunes années et de l\u2019Espagne qu\u2019elle n\u2019avait pas complètement abandonné la mantille, cette partie du costume national des senoras espagnoles.Du reste, comme nous venons de le dire, elle mettait une certaine coquetterie à s\u2019en parer et savait très bien ce que sa beauté y gagnait.Après avoir vu la danseuse une fois avec sa mantille, si on l\u2019eût revue sans cet ornement, on aurait tout de suite remarqué que quelque chose lui manquait, qu\u2019il y avait un changement dans sa physionomie.Sa femme de chambre lui disait souvent : \u2014 Ah ! mademoiselle, si vous saviez comme vous êtes bien, comme vous êtes charmante avec votre mantille ! Vous avez les plus beaux yeux du monde ; eh bien ! il me semble qu\u2019ils ne sont plus les mêmes quand vous n\u2019avez pas votre mantille.La femme de chambre s\u2019était retirée, emportant le bouquet pour le placer, comme elle en avait reçu l\u2019ordre, dans le vase du « ministre ».Flora ouvrit le tiroir d'un meuble et dans un coffret, au milieu de divers autres papiers, elle trouva une carte de visite dont le papier de bristol jauni attestait l\u2019ancienneté.Sur cette carte il y avait : Comte Maxime de Verdraine Et comme sur l\u2019autre carte la couronne de comte.La danseuse plaça les deux cartes Tune à côté de l\u2019autre et les examina avec attention.Elle put se convaincre que si les deux cartes n avaient pas été tirées sur la même plaque de cuivre ou d\u2019acier, une nouvelle plaque avait été copiée sur l\u2019ancienne, avec une exactitude parfaite.\u2014\tAucun doute n\u2019est possible, murmura-t-elle ; d\u2019ailleurs, il me sera facile d\u2019obtenir certains renseignements.Elle glissa les deux cartes dans le coffret, qui fermait au moyen d\u2019un ressort secret, puis elle referma le tiroir et eut encore sur les lèvres le-sourire singulier dont nous avons parlé tout à l\u2019heure.Le lendemain, deuxième bouquet du comte également accompagné d\u2019une carte et apporté par le même domestique ; le jour suivant, et toujours à la même heure, troisième bouquet, troisième carte.La danseuse chercha dans les fleurs de ce dernier bouquet, comme si elle eût espéré y trouver une lettre.Il n\u2019y avait rien.\u2014\tAllons, pensa-t-elle, il ira à quatre.Elle se trompait, ce ne fut pas un bouquet qu\u2019elle reçut le lendemain, mais une lettre.Le domestique attendait dans le cas où il y aurait une réponse.M.de Verdraine demandait à Mlle Flora de vouloir bien l\u2019autoriser à lui faire une visite à telle heure qui lui conviendrait le mieux.\u2014\tSi elle me répond et m'accorde ce que je lui demande, s\u2019était dit Maxime, c\u2019est que, comme le pense d\u2019Ambresle, je suis en bon chemin.Ayant lu le billet, Flora, sur un papier satiné et parfumé, écrivit la réponse que voici : « Monsieur le comte, « Le mercredi étant un des deux jours de la semaine que je consacre à faire des visites, j\u2019aurai l\u2019honneur de vous recevoir aujourd'hui même à deux heures de l\u2019après-midi.« Agréez, monsieur le comte, l\u2019assurance de ma considération distinguée.« Flora.» Quant M.de Verdraine eut lu ces mots, la joie du triomphe étincela dans son regard, et comme un échappé de lycée qui reçoit un premier billet d\u2019amour, il porta celui de la danseuse à ses lèvres frémissantes de sensualité.\u2014 Elle est à moi ! s\u2019écria-t-i! avec un superbe mouvement d\u2019orgueil Alors il lui sembla entendre une voix qui lui disait, pour calmer son transport : \u2014 Ta victoire pourra te coûter beaucoup ! \u2014 Eh, qu\u2019importe ! fit-il, on payerait de la vie le bonheur de posséder une femme comme l'incomparable Flora, la merveille des merveilles ! Il avait dit ou pensé cela avant de posséder Mme de Reybole, avant d\u2019épouser la belle Paule, avant d\u2019avoir conquis Mme de Brogniès, chaque fois, enfin, que sa terrible passion s\u2019était emparée de ses sens.Et c\u2019était vrai, et nous l\u2019avons vu,' le comte de Verdraine était un de ces hommes qui ne reculent devant rien, qui sacrifient tout à leurs passions du moment et se précipiteraient dans un abîme si la satisfaction était au fond.A deux heures précises, le beau Maxime, vêtu à la dernière mode et tout fringant, sonnait à la porte de l\u2019hôtel de la danseuse.Il était venu dans sa victoria, mais craignant de déplaire à la jeune fille, il avait mis pied à terre à cinquante pas de distance.Ce fut Ajax, le petit bossu barbu, qui vint ouvrir.LA VIE COURANTE .par Georges Clark ù ____ IgpjTl cl M __ Maman me défend bien de m\u2019amouracher du garçon du restaurant, mais je vous le demande, faudra-t-il que j'attende qu'il devienne propriétaire pour manger des g'aces à mon goût ? Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 25 \u2014\tMonsieur, votre nom, s\u2019il vous plaît ?dit-il.\u2014\tJe suis le comte de Verdraine.\u2014\tAh! bien, très bien, monsieur ; j\u2019ai reçu l\u2019ordre de laisser entrer monsieur le comte.Maxime traversa la petite cour, monta trois marches et, dans un vestibule de trois mètres carrés, se trouva en présence du deuxième gardien de 'a maison dont avait parlé le vicomte d\u2019Ambresle ; c\u2019était effectivement un mulâtre et il se nommait Ali.\u2014 Vous êtes monsieur le comte de Verdraine ?demanda le serviteur.\u2014 Oui, répondit Maxime.Ali ouvrit une porte et le comte pénétra dans l\u2019antichambre qui précédait le salon.Là se trouvait Augustine.Elle salua le comte et l'annonça à sa maîtresse.Flora s\u2019était levée pour recevoir M.de Verdraine.Après les premières paroles échangées.Maxime voulut prendre la main de la jeune fille, qui la retira par un mouvement plutôt instinctif que réfléchi.\u2014 Oh ! fit-il avec un accent de tristesse sincère.\u2014 Vous y tenez donc, monsieur le comte ?dit-elle gracieusement et de sa plus douce voix.Et, souriante, elle avança sa main.Maxime la pressa doucement.Il était visiblement ému.Elle l\u2019invita à s\u2019asseoir dans un fauteuil, s\u2019assit elle-même en face de lui et reprit : \u2014 Vous ne trouvez point ici le luxe auquel vous êtes habitué, monsieur le comte, et peut-être pensez-vous que la danseuse Flora est bien mal logée.\u2014 Mademoiselle, répondit-il, je ne vois que vous et ne peux voir que vous; par vous, tout ce qui vous entoure est superbe ; le vrai luxe c\u2019est votre beauté, et aucun palais, si mervelileux qu\u2019il soit, n\u2019est comparable à cette demeure.\u2014 Vous êtes enthousiaste, monsieur le comte, mais je suis femme et, quoi qu\u2019on en dise, je ne suis pas complètement insensible aux compliments.Les personnes qui ne ma connaissent pas auraient le droit, j\u2019en conviens, d\u2019être étonnées en voyant mon pauvre ameublement ; mais la grande simplicité me plaît, j\u2019aime peu ce qui brille, je suis ici selon mes goûts et je ne sais pas s\u2019ils changeront jamais.Le comte jeta un regard autour du salon, vit ses trois bouquets, qui en faisaient le principal ornement, et sourit.\u2014 A propos, monsieur le comte, reprit Flora, je vous remercie de ces superbes bouquets ; j\u2019ai beaucoup admiré toutes ces belles fleurs.\u2014 Ainsi, j\u2019ai eu le bonheur de vous être agréable ?\u2014 Mais sans doute.\u2014 Vous aimez les fleurs, vous devez en recevoir beaucoup.\u2014 Trois ou quatre bouquets chaque Tour, et j'en recevrais davantage si je ne les refusais.D\u2019ailleurs, je ne garde même point ceux qu\u2019il me plaît d\u2019accepter.\u2014 Qu\u2019en faites-vous donc ?\u2014 Je les donne à des amies, à des camarades qui viennent me voir.\u2014 Pourtant, mademoiselle.\u2014 Ah ! oui, je comprends.les vôtres ?fit-elle en rougissant et comme embarrassée; eh bien ! oui, je les ai conservés.Maxime devint radieux.\u2014 L\u2019envoi de votre premier bouquet ne m\u2019a pas surprise, monsieur le comte ; après la causerie assez familière que nous avions eue la veille, je vous avoue que je l\u2019attendais.Je l\u2019ai fait placer aussitôt dans ce vase de Sèvres qui m\u2019a été offert récemment par un de nos ministres.Votre deuxième bouquet, plus beau et plus riche encore que le premier, me donna beaucoup à réfléchir; le troisième me rendit perplexe et, je ne vous le cache point, quelque peu inquiète.\u2014 Pourquoi mademoiselle ?\u2014 Pourquoi ?Mais parce que je me demandais quelles pouvaient être vos intentions.J\u2019aime les situations sans équivoque, c\u2019est-à-dire franches et définies.Si vous m\u2019aviez envoyé un quatrième bouquet, non seulement je ne l\u2019aurais pas accepté, mais j\u2019aurais donné l\u2019ordre qu\u2019on remit à votre messager les trois premiers et que tous quatre vous fussent renvoyés.« Si vous me demandiez pourquoi j\u2019aurais agi ainsi, il ne me serait pas possible de vous l\u2019expliquer.Je suis fantasque, monsieur le comte, et pas assez une femme comme les autres.\u2014 Mais c\u2019est pour cela que vous leur êtes si supérieure, pour cela que vous êtes adorable ! -\u2014 Enfin, continua Flora, vous m\u2019avez adressé un billet, je vous ai accordé ce que vous me demandiez et vous voilà.Maintenant monsieur le comte, veuillez me dire pourquoi vous m\u2019avez priée si instamment de vous recevoir ?\u2014 Est-ce que vous ne le comprenez pas ?\u2014 Si, peut-être, mais je peux me tromper, répondit-elle en enveloppant de Verdraine de son regard doux et plein de langueur.\u2014 Je vous aime, mademoiselle Flora, je vous aime, je vous adore ! La jeune fille attacha ses yeux sur ceux de Maxime.\u2014 Cela vous a pris bien brusquement, dit-elle d\u2019un ton grave.-\u2014Oh!.ne le croyez pas!.Je vous aime depuis longtemps, et c\u2019est parce que je vous aimais à en perdre la raison que j\u2019ai prié mon ami, le vicomte d\u2019Ambresle, de me présenter à vous l\u2019autre soir.\u2014 Pourtant, vous ne m\u2019aviez jamais vue que sur la scène.\u2014 Oui, sur la scène, mêlé à la foule de vos admirateurs et joignant mes applaudissements aux leurs ; mais cela ne më suffisait point, et je n\u2019ai pas à vous le cacher,* bien des fois, devant votre maison, j\u2019ai attendu que vous sortiez et vous ai suivie à travers les rues, espérant, toujours que le hasard, cet heureux hasard qui sert les amoureux, me fournirait l\u2019occasion de m\u2019approcher de vous et de vous parler.Après être restée un moment silencieuse, Flora répondit : \u2014 Oui, en effet, je me suis aperçu ; qu\u2019un homme, un inconnu, mettait à me suivre une persistance singulière.Ainsi, cet homme, c\u2019était vous ?\u2014 C\u2019était moi.\u2014 Et je dois croire que vous m\u2019aimez?\u2014 Je vous l\u2019ai dit, je vous aime de toute la force qui est en moi, jamais un amour plus ardent n\u2019a fait battre le coeur d\u2019un homme.\u2014 Votre langage, _ monsieur le comte, vous devez bien le penser, n\u2019est pas chose nouvelle pour moi ; bien des hommes, des jeunes et des vieux, et des plus riches, me l\u2019ont fait entendre et je n\u2019y ai pas répondu.J\u2019ai mes idées et mes sentiments ; je suis tranquille, heureuse dans ma liberté, et il faudrait beaucoup, beaucoup de choses pour me faire consentir à changer mon genre de vie pour un autre où je ne trouverais peut-être qu\u2019une désagréable aventure.« Vous me dites que vous m\u2019aimez, monsieur le comte, je veux bien vous croire ; mais voyons, qu\u2019espérez-vous ?\u2014 Que vous verrez en moi un homme d\u2019un dévouement absolu et que j\u2019aurai le bonheur de vous faire partager mon amour.\u2014 Assurément, monsieur de Verdraine, vous êtes un homme séduisant et assez jeune encore pour avoir la prétention de plaire à n\u2019importe quelle femme que vous honorerez de votre affection.Moi, je ne suis qu'une pauvre danseuse, presque rien, et cependant, je dois vous en prévenir, si vous ne le savez pas déjà, mon coeur est difficile à prendre.TAé de ta mei&ewie xfjuaCitë SALADA Essayez le comme rince-bouche quotidien Le choix judicieux des gens méticuleux RIAM DUBREUIL Mme MYRRIAM DUBREUIL\t(POUR LE CANADA SEULEMENT) 6880, rue Bordeaux Case Postale, 2353, Place d'Armes, Montréal, P.Ç.Ci-inclus 5c pour échantillon du Traitement Myrriam Dubreuil avec brochure.Nom .Adresse .Ville .-.Province .'fodifi lez octïe Çavité Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Vous pouvez avoir une belle apparence avec le TRAITEMENT C\u2019est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme.AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.GRATIS : Envoyez 5ç en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE : Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.AVEZ-VOUS DES CADEAUX A FAIRE ! Ne cherchez pas plus longtemps ! Abonnez vos parents et amis aux TROIS grands magazines; Le Samedi La Revue Populaire et le Film.REMPLISSEZ VOTRE COUPON D'ABONNEMENT AUJOURD'HUI MEME ï 26 Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 « Je suis relativement déjà vieille, puisque j\u2019ai vingt-quatre ans ; eh bien ! quoique je sois une fille de théâtre, et vous le croirez ou ne le croirez pas, cela importe peu, je n\u2019ai jamais aimé, et jamais un homme n\u2019a eu le droit de me parler avec familiarité.Je ne suis pas de celles qui se vendent, et comme je n\u2019ai jamais aimé, je ne me suis pas donnée.« Je ne dis point que je ne veux pas aimer, et je ne saurais dire non plus que je n\u2019aimerai jamais ; ceci est le secret de l\u2019avenir; mais avant qu\u2019un homme ait mon amour, il faudra qu\u2019il m\u2019ait donné de grandes preuves du sien.Vous voilà prévenu, monsieur le comte.\u2014 Oui.Eh bien ! mademoiselle, met-tez-moi tout de suite à l\u2019épreuve.\u2014 Tout de suite, non ; mais cela viendra, monsieur de Verdraine, si vous persistez dans vos intentions.\u2014 N\u2019en doutez pas ; aussi suis-je prêt à tout faire pour vous mériter.La jeune fille sourit.\u2014 Dites, Flora, dites, continua le comte, qu\u2019exigez-vous de moi ?\u2014 Je réfléchirai, je verrai monsieur le comte.Mais tenez, \u2014 voyez comme je suis défiante, \u2014 je crains que cet amour que je vous ai inspiré ne soit autre chose qu\u2019un caprice.-\u2014 De grâce, ne pensez pas cela ! \u2014 Vous-même pouvez vous tromper sur la nature de vos sentiments ; dans ce cas, si vous vouliez me croire.\u2014 Eh bien ?\u2014 Vous renonceriez à votre projet.\u2014 Jamais ! \u2014 C\u2019est que je serai probablement très exigeante \u2014 Je répondrai à toutes vos exigences, et je ferai plus encore que vous ne me demanderez.Oh ! vous m\u2019aimerez, il faudra bien que vous m\u2019aimiez ! \u2014 Je ne dis ni oui ni non ; cela dépendra de vous, monsieur le comte.\u2014 Pour vous, Flora, aucun sacrifice ne me coûtera, mais sachez-le donc, je ne pense qu\u2019à vous et ne vis plus que pour vous ; pour moi, il n\u2019y a plus que vous au monde ; tout ce que je possède, je le mets à vos pieds ; pour un de vos regards, un de vos sourires, je jetterais ma fortune à tous les vents, je vendrais mon âme ! Enfin, pour vous posséder, je donnerais ma vie avec joie ! \u2014 Arrêter, monsieur de Verdraine, dit la jeune fille en riant, arrêtez, pas d\u2019exagération ; si exigeante que je puisse me montrer, je n\u2019irai pas jusqu\u2019à vous demander votre vie.Sur ces mots, reprenant sa physionomie grave, elle se leva, tendit sa main à Maxime et le congédia en lui disant : \u2014 S\u2019il vous est agréable de revenir me voir après-demain, monsieur le comte, vous me trouverez ici comme aujourd\u2019hui, à deux heures.Le comte se retira, enivré de pensées voluptueuses, ayant dans le regard l\u2019orgueil du triomphe et trouvant que la terre n\u2019était plus assez grande pour le porter.V LE PACTE Le jour qui suivit parut à M.de Verdraine long comme un siècle.La matinée du lendemain dut lui paraître également longue, car il jetait souvent cm regard sur la pendule et était en proie à une agitation qui trahissait son impatience.Enfin l\u2019heure de se rendre rue des Dames arriva ; il mit à partir un tel empressement qu\u2019il sonnait à la porte de l\u2019hôtel de la danseuse vingt minutes avant l\u2019heure donnée.Comme la première fois, ce fut le bossu qui lui ouvrit.Ce fidèle gardien de la porte la referma aussitôt, après avoir salué gravement et respectueusement le comte qu\u2019il laissa passer sans prononcer une parole.Dans le vestibule, de Verdraine trouva Ali, qui le salua aussi très respectueusement, et le fit entrer dans le sa- lon en lui disant qu\u2019il allait faire prévenir Mlle Flora, et en le priant de vouloir bien attendre quelques instants.Les trois bouquets étaient toujours là, dans les mêmes vases et occupant les mêmes places ; les fleurs, gardant toute leur fraîcheur, témoignaient des soins qui leur étaient donnés.Le comte s\u2019était assis ; il attendit un grand quart d\u2019heure, mais au moment même où la pendule du salon sonna deux heures, il entendit un bruit de pas légers, puis une porte s\u2019ouvrit et Flora parut.Maxime se leva pour saluer.La jeune fille avait la même toilette que l\u2019avant-veille, et cependant il sembla au comic qu\u2019il ne l\u2019avait pas vue encore aussi rayonnante de jeunesse, de grâce et de beauté.\u2014 Monsieur le comte, dit-elle, je vous ai fait un peu attendre ; mais vous êtes arrivé avant l\u2019heure.Voyez, ajouta-t-elle en souriant et en montrant la pendule.\u2014 C'est vrai, mademoiselle, répondit-il : dans mon impatience de me trouver près de vous, j\u2019ai devancé l\u2019heure ; je n\u2019ai pas le droit de me plaindre d\u2019avoir attendu ; d\u2019ailleurs dans ce salon, où il semble que vous êtes dans toutes choses, où je respirais l\u2019air que vous avez respiré, l\u2019attente ne m\u2019a pas été très pénible.\u2014 Vous avez du goût pour le madrigal, monsieur le comte, mais j\u2019aurai; mauvaise grâce à vous en faire le reproche.Allons, asseyez-vous et causons sérieusement.\u2014 Oui, sérieusement.\u2014 Après ce que je vous ai dit, monsieur de Verdraine, après vous avoir averti que je pourrais être extrêmement exigeante, je pensais que vous auriez réfléchi et que, arrêté par vos réflexions, vous ne seriez pas revenu ici.\u2014 Est-il possible que vous ayez pensé cela ?\u2014 Sans doute.\u2014\tAh ! vous ne me connaissez pas : \u2014\tC\u2019est vrai, je ne vous connais pas encore, monsieur le comte.Ecoutez-moi : ce n\u2019est pas à moi de me mépriser ; cependant, croyez-le, je n ai pas la sottise de me croire plus que je ne suis ; une danseuse, si applaudie qu\u2019elle soit, n\u2019est toujours qu\u2019une danseuse, et elle ne peut être comparée à aucune des belles jeunes filles de votre monde à qui moi et mes pareilles servons d\u2019amusement.\u2014\tJe vous trouve mille fois supérieure, à toutes les autres femmes, répliqua le comte avec feu, supérieure par la beauté, la grâce, l\u2019esprit, par tout ce qu\u2019il y a en vous d\u2019exquis et de divin, et je ne vous permets pas de parler de vous avec un tel dédain.\u2014 Pourtant, monsieur le comte, c\u2019est une de ces femmes au-dessus desquelles il vous plaît de me placer, qui serait plus que moi digne de votre amour ?\u2014 Non, non, s\u2019écria-t-il de plus en plus animé, c\u2019est vous que j\u2019aime, c\u2019est vous que je veux aimer ! Pour moi il n\u2019y a plus qu\u2019une seule femme au monde.vous ! \u2014 Ainsi vous ne voulez pas renoncer à votre projet ?\u2014 Je vous ai déjà répondu jamais.\u2014 Soit, mais si plus tard vous avez des regrets, vous vous rappellerez que j\u2019ai fait ce que je devais pour vous éloigner de moi.\u2014 Je n\u2019aurai pas de regrets ! \u2014 C\u2019est ce que nous verrons, Monsieur le comte vous connaissez l'Espagne ?\u2014 Oh ! très peu.\u2014 Vous y êtes allé, m\u2019a dit votre ami; le vicomte d\u2019Ambresle.\u2014 Oui, mais je n\u2019ai fait qu\u2019un séjour de quelques mois à Madrid.\u2014 Quelques mois peuvent suffire pour étudier et connaître les moeurs d'un pays.Eh bien ! monsieur de Verdraine, c\u2019est le plus pur sang espagnol qui coule dans mes veines, et il est bon que vous le sachiez dès maintenant.Si j ai quelques-unes des qualités des femmes de mon pays, je crois en avoir aussi tous les défauts.\u2014\tJ\u2019adorerai vos défauts.\u2014 Décidément, monsieur le comte, vous êtes un homme étonnant.\u2014\tEt pourquoi ?\u2014\tMais parce que vous avez des réponses stupéfiantes.Enfin, passons.L un de mes défauts est d\u2019être jalouse.\u2014\tOh ! léger défaut, lequel, d\u2019ailleurs, a son bon côté.\u2014\tJe le veux bien, si vous y tenez.Donc, je suis jalouse, très jalouse, et je n\u2019admettrai jamais que vous puissiez adresser à une autre femme un tendre regard ou un sourire, et moins encore de ces madrigaux que vous savez si bien tourner.\u2014\tC\u2019est bien ainsi que je l\u2019entends.Vous m\u2019avez dit que vous étiez prêt à faire pour moi tous les sacrifices.\u2014\tOui, tous.\u2014\tEt vous êtes décidé à employer tous les moyens pour vous faire aimer de la danseuse Flora ?\u2014\tOui.\u2014\tVous allez donc me faire votre cour et, naturellement, comme à un amoureux dont j\u2019accepterai les hommages, ma maison vous sera ouverte tous les jours aux heures où je pourrai vous recevoir.Admettons que vous réussissiez au bout de deux ou trois mois.\u2014\tOh ! ce serait me faire trop attendre ! \u2014\tEh bien ! mettons un mois et même quinze jours ; donc, si dans quinze jours je vous dis : « Monsieur le comte, vous êtes arrivé à votre but ; je vous aime, épousez-moi ! » que me répondrez-vous ?Le comte tressaillit et devint très pâle.\u2014 Mais, fit-il visiblement embarrassé.La jeune fille, très calme, le regardait fixement.\u2014 Vous ne dites rien, monsieur le comte, reprit-elle, et il me semble que ma question, bien naturelle pourtant, vous a fortement troublé.Pour moi, vous êtes prêt à tout sacrifice ; mais vous trouvez sans doute que donner votre nom à la danseuse Flora est un sacrifice que vous ne pouvez pas faire.\u2014 Ce n\u2019est pas cela, je vous le jure! \u2014 Qu\u2019est-ce donc, alors ?\u2014 Je ne peux pas.balbutia-t-il.\u2014 Pourquoi ?Après un instant d\u2019hésitation, il répondit : -\u2014 Je suis marié ! Flora se dressa comme mue par un ressort, et jouant admirablement la surprise et avec une feinte colère : \u2014 Comment ! s\u2019écria-t-elle le regard enflammé, vous êtes marié et vous venez me dire que vous m\u2019aimez ! ¦\u2014 Oui, je vous aime, oui, je vous adore ! \u2014 Mais votre femme, monsieur ?\u2014 Je n\u2019aime pas ma femme.\u2014 Mais si elle existe, qu\u2019en avez-vous fait ?\u2014 Il y avait entre nous incompatibilité d\u2019humeur et d\u2019idées, et nous nous sommes séparés à l\u2019amiable.\u2014 Où est-elle ?\u2014 Elle vit en province.Flora parut se calmer, et se rasseyant: \u2014 Ainsi, monsieur le comte, ce que vous voulez, c\u2019est une liaison ?Il ne répondit pas ; mais il la regarda avec une expression d\u2019ardente convoitise qui révélait toutes les fureurs d\u2019une passion dévorante.\u2014 Seulement, continua la danseuse, la situation n est plus la même, et mon attitude vis-à-vis du comte de Verdraine, ne sera point celle que j\u2019aurais eue ayant l\u2019espoir de porter son nom ; en d\u2019autres termes, monsieur le comte, mes exigeances seront d\u2019une nature toute différente, et je vous préviens que si vous persistez à vous faire aimer de Flora, je ne ménagerai pas votre fortune.LA VIE COURANTE .par Georges Clark __ Tu vois comme les enfants s'acclimatent rapidement.A peine sommes- nous rendus dans ce quartier qu'il vient de faire la connaissance de nouveaux copains. Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 27 \u2014\tTout ce que je possède est à vous, je vous l\u2019ai dit.\u2014\tOui, et je me plais à reconnaître que vous êtes généreux.\u2014 Pour vous, je serai prodigue.\u2014 Je ne m\u2019en plaindrai pas.Maintenant, monsieur le comte, si vous le voulez bien, nous allons faire une convention, car c\u2019est une sorte de pacte que nous allons signer tous deux.\u2014 Dites Flora, dites ; votre volonté sera la mienne ; ce que vous voudrez, je le voudrai aussi.\u2014 Du reste, ce sera dans l\u2019empressement que vous mettez à m\u2019être agréable, à me satisfaire, que vous me prouverez que c\u2019est bien un véritable amour que je vous ai inspiré et que vous arriverez à me le faire partager.« Jusqu\u2019à présent, comte, j\u2019ai vécu simplement ; c\u2019était dans mes goûts modestes ; mais je suis fatiguée de cette existence retirée que je mène, de la monotonie d\u2019une solitude qui ne va, \u2014 on me l\u2019a dit cent fois, \u2014 ni à ma jeunesse, ni à ma beauté, ni à ma réputation.Que voulez-vous ?on finit par se lasser rlo tout, même de ce que l\u2019on a cru être le meilleur.« Pour me faire sortir de cette pauvre petite maison, des hommes épris de ma beauté et qui auraient été fiers de la conquête d\u2019une danseuse, ont mis comme vous à mes pieds toute leur fortune.J\u2019ai repoussé leurs offres sans mépris, sans indignation, mais avec le froid sourire de l\u2019indifférence.Pourquoi n\u2019ai-je écouté aucun de ces tentateurs ?Probablement parce qui ni les uns ni les autres ne me plaisaient.Il faut croire, comte, que c\u2019était vous que j\u2019attendais ! \u2014 Ah ! Flora, vous m\u2019ouvrez le ciel ! \u2014 Monsieur le comte, défiez-vous de votre enthousiasme.Je continue : Mes goûts et mes idées vont changer, car je veux avoir aussi, à mon tour, des appétits.Je me trouve ici à l\u2019étroit, très médiocrement installée, et je tiens à ne plus m\u2019entendre reprocher de demeurer aux Batignolles.\u2014 Dans quinze jours vous ne serez plus ici, dit vivement le comte.\u2014 Nous reparlerons de cela tout à l\u2019heure.Le temps passe vite, monsieur le comte, et à mesure qu\u2019il s\u2019enfuit, on vieillit, la femme plus rapidement encore que l\u2019homme.Quand il en est temps encore, pourquoi ne profiterais-je pas de ma jeunesse ?Je ne connais les plaisirs du monde que par ce que j\u2019en ai entendu dire autour de moi ; eh bien ! je désire savoir ce qu\u2019ils sont réellement ; je veux comme tant d autres femmes, qui peut-être ne me valent pas, connaître les jouissances de la vie luxueuse, avoir ma maison, mes gens, des chevaux, des voitures, des bijoux, des dentelles, des toilettes magnifiques qui feront sensation aux courses et partout où je me montrerai.Est-ce que vous n\u2019êtes pas effrayé, monsieur le comte ?\u2014 Pourquoi serais-je effrayé?Mais je suis charmé, enchanté, au contraire.\u2014 Alors ?\u2014 Tout cela, Flora, vous l\u2019aurez ! \u2014 C\u2019est bien, dit simplement la danseuse.Et avec une légère pointe d\u2019ironie, elle ajouta : \u2014 Je n\u2019attendais pas moins de vous, qui êtes un gentilhomme de la bonne et vieille école ; on dit en France, je crois, gentilhomme de vieille roche.«Comme il a été dit, comte, je vous autorise à me faire votre cour et vous pourrez mettre en lumière, à mon intention, votre aimable talent poui le madrigal.Lorsque cela nous sera agréable à tous deux, vous pourrez m\u2019accompagner dans mes promenades ; vous serez reçu chez moi à des heures convenues, comme un ami, mais sans que vous puissiez y donner un ordre quelconque avant d\u2019en avoir acquis le droit ; je vous permettrai de venir me prendre au théâtre, le soir, pour me ramener à ma porte ; j\u2019aime beaucoup le spectacle; nous irons ensemble voir les pièces nouvelles ; il ne me déplaira pas non plus que vous me conduisiez de temps à autre dans certaines de vos réunions d\u2019amis où d\u2019autres femmes seront admises.« Comme vous le voyez, comte, vous aurez toute facilité de me voir, de me parler, et à part les heures que je dois à mon emploi et celles réclamées par le repos vous, pourrez être constamment avec moi.Maxime écoutait, plongé dans une sorte d\u2019extase.\u2014 Mais, continua Flora qu\u2019il soit bien entendu, comme vous l\u2019avez dit vous-même, que vous serez entièrement soumis à ma volonté.Tant que vous ne vous serez pas fait aimer, vous ne devrez rien me demander que je ne puisse vous accorder ; vous attendrez patiemment, sans plaintes ni récriminations, que je vous dise : « Je vous aime ! » Alors, comte, alors seulement vous serez mon maître par droit de conquête, et, à mon tour, je devrai être soumise à votre volonté.Voilà mes conditions, monsieur le comte ; m\u2019avez-vous bien comprise ?\u2014 Oui, très bien.\u2014 Vous êtes libre maintenant d\u2019accepter ou de refuser.\u2014 Puis-je vous demander de rendre vos conditions moins dures ?\u2014 C\u2019est inutile, je n\u2019y changerai rien.\u2014 Et si je ne les acceptais pas telles qu\u2019elles sont ?\u2014 En ce cas, monsieur le comte, nous n\u2019aurions rien dit, et nous nous séparerions à l\u2019instant même pour ne plus nous revoir.\u2014 Vous êtes cruelle.\u2014 Peut-être.Enfin, à.quoi vous décidez-vous ?\u2014 Ah ! Flora, vous savez bien que je vous aime ! J\u2019accepte vos conditions, je les accepte ; j\u2019aurais seulement voulu qu\u2019elles fixassent un délai.\u2014 Comte, est-ce mon amour que vous voulez ?\u2014 Vous le savez bien.\u2014 Alors, puis-je savoir aujourd\u2019hui à quelle date vous aimerai ?\u2014 Vous avez raison.\u2014 Qu\u2019avez-vous encore à objecter ?\u2014 Plus rien.\u2014 En ce cas, nous signons notre pacte?\u2014 Oui.Flora tendit sa main au comte, Il la prit et sur le bout des doigts mit un baiser.Après un court silence, Maxime reprit : \u2014 Ma chère Flora, je suis frappé d\u2019une chose.\u2014 Quelle est cette chose ?\u2014 Pendant quelque temps, je ne serai que votre ami, et cependant vous passerez aux yeux du monde pour être plus que cela.\u2014 Eh bien! est-ce que vous en aurez honte ?\u2014 Non, certes.\u2014 Je crois avoir tout ce qu\u2019il faut pour flatter l\u2019amour-propre d\u2019un homme.\u2014 Mais, Flora, votre réputation ?La danseuse se mit à rire.\u2014 Ah ! c\u2019est vrai, fit-elle, il y a ma réputation ; mais qu\u2019est-ce que cela peut valoir, la réputation d\u2019une danseuse ?Et, d\u2019ailleurs, du moment que je ne puis être votre femme et que j\u2019accepterai les cadeaux que vous voudrez bien me faire, je n\u2019ai plus à m\u2019occuper de ma réputation.« On dira : « Flora est la protégée du comte Maxime de Verdraine »; eh bien ! après ?Qu\u2019est-ce que cela peut me faire, à moi, ce que l\u2019on peut dire ?Ah ! si j\u2019aimais un homme et que cet homme m\u2019aimât assez pour faire de moi sa femme, ce serait autre chose ; j\u2019aurais grand souci de ma réputation, car autant que cet homme, qui me donnerait son nom, j\u2019aurais l\u2019orgueil de son honneur ! « Mais nous nous trouvons, vous et moi, dans une situation toute diffé- rente.Allez comte, je fais bon marché de ma réputation ; mais ce que je tiens à conserver intact, c\u2019est l\u2019estime de moi-même.Après tout, quand vous êtes prêt à faire pour moi tous les sacrifices, il est juste que, de mon côté, je vous sacrifie quelque chose.\u2014 Flora, ma bien-aimée Flora, s\u2019é-cria-t-il, je vous l\u2019ai dit et je le répète, aucun sacrifice ne me coûtera ; tout pour vous ! Ah ! je voudrais être le maître de l\u2019univers pour que vous en soyez la reine ! Elle sourit, le regarda pendant quelques instants avec une expression indéfinissable ; puis, lentement, sa tête s\u2019inclina et elle resta pensive, pendant que lui, captivé, éperdu et comme enveloppé d\u2019effluves magnétiques, retombait dans son extatique admiration.Il y eut un assez long silence.Lentement encore Flora releva la tête, prit une pose gracieuse, pleine de langueur, et attacha sur le comte son regard velouté, chargé de caresses félines.Ah ! comme elle connaissait la puissance de ce regard et celle non moins puissante de sa beauté ! \u2014 A propos, comte, dit-elle, il y a avenue du Bois-de-Boulogne un charmant hôtel à louer et tout prêt à être occupé, qui me plaît beaucoup ; là, je pourrais me croire la reine de l\u2019univers.\u2014 Demain, Flora, la location de cet hôtel sera faite en votre nom.\u2014 Est-ce que vous avez un tapissier ?\u2014 Oui, sans doute, et c\u2019est un homme de goût, un artiste dans son genre.\u2014 Il faudrait qu\u2019il ne demandât pas plus de quinze jours pour mettre l\u2019hôtel en état de me recevoir.\u2014 Dans quinze jours, vous y serez installée.\u2014 Pour l\u2019ameublement, comte, je m\u2019en rapporte entièrement à vos goûts délicats et à l\u2019expérience de votre tapissier.\u2014 Vous serez satisfaite.\u2014 Je vous éviterai la peine de me trouver des domestiques ; d\u2019ailleurs j\u2019ai déjà ma femme de chambre, une cuisinière et Ali, que je désire garder.\u2014 Et votre bossu ?\u2014 Oh ! lui, bien que j\u2019y sois très attachée, il ne me plaît pas de l\u2019avoir avenue de Bois-de-Boulogne, il restera ici.\u2014 Est-ce que vous gardez cette maison ?\u2014 Oui ; au moins pendant un certain temps.\u2014 Mais pourquoi ?\u2014 Une précaution, monsieur le comte, dans le cas où vous seriez vite lassé de moi.\u2014 Oh! pouvez-vous avoir une pareille pensée !.\u2014 La fortune et les flots sont changeants, comte ; on ne sait pas ce qui peut arriver.Enfin, c\u2019est mon idée.\u2014 Je ne dis plus rien.\u2014 En plus de mes serviteurs actuels, je n\u2019aurai besoin, je crois, que d\u2019un cocher et d\u2019un valet de pied.\u2014 Ils vous seront indispensables.\u2014 A vous, comte, revient encore le soin d\u2019acheter les chevaux et les voitures ; un landau, n\u2019est-ce pas ?et un coupé ?\u2014 Parfaitement.Combien voulez-vous de chevaux ?\u2014 Oh ! deux me suffiront ; plus tard je vous demanderai peut-être un cheval de selle.\u2014 Vous savez monter à cheval?\u2014 Non, mais comme vous êtes un excellent cavalier, j\u2019apprendrai pour vous faire plaisir.\u2014 Ah ! tenez, Flora, vous êtes de plus en plus adorable ! \u2014 Comte, vous êtes incorrigible, fit-elle gentiment et en le menaçant du doigt.Elle reprit : [Lire la suite au prochain numéro] DÉPRESSION Prenez ce tonique riche en vitamines et glycérophosphates d'une merveilleuse efficacité dans les cas les plus avancés.Chei votre pharmacien BlixirToniqita i Montiez rElUJr Distributeurs : D.WATSON & CO., 286 S.-Paul Ouest, Montréal Mal de tê Rien n'est plus pénible que les maux de tcte.Pourquoi souffrir?.La poudre Lambly soulage instantanément le mal d'oreilles, le mal de dents, la névralgie, les douleurs du dos, de l'estomac, des intestins, n^nnnrr ma .rm/ Lambly DETECTIVES.Agents secrets.Hommes ambitieux de 18 ans et plus demandés partout au Canada, pour devenir détectives.Ecrivez immédiatement à CANADIAN INVESTIGATORS INSTITUTE, Casier 25, Station T.\tMontréal, P.Q.Les personnes maigres engraissent de 5,10r 15 liv.Recouvrez entrain, énergie, vigueur Quelle transformation ! 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il ne s\u2019agissait plus que du microphone et de la table tournante ou de l\u2019enre-gistrateur à ruban ou à fil, mais il fallait les projecteurs, les cabines de son, les cabines aux images que le réalisateur sait choisir.Enfin, ce fut la création de nouvelles machines-outils pour fabriquer les outils nécessaires à ce système: les pièces d\u2019électroniques, de photographies, d\u2019optiques, la physique et la chimie.Puis ce fut la venue des cables de transmission dit \u201ccoaxial\u201d qui peuvent s\u2019occuper de plusieurs messages auditifs et visuels à la fois, ce fut aussi la venue des ondes spéciales, les ondes ultra-courtes dont il était nécessaire de faire usage.Les enfants grandissent rapidement et comme dans toutes les familles, il n\u2019en faut pas beaucoup pour que \u201cle petit\u201d prenne la taille des parents; l\u2019\u201cultrafax\u201d occupe aujourd\u2019hui une place importante dans la famille de la télévision.Nous avons donné plus haut quelques indications sur les changements qu\u2019apporte dans le monde de la presse et des communications ce nouvel appareil.Les nouveaux services qu\u2019il procure sont encore plus importants, ils se multiplieront avec le temps et avec l\u2019expérience que l\u2019on acquerra en les utilisant.Vous êtes assis dans un large fauteuil, fumant la pipe après le repas du soir, et vous regardez un programme de télévision, qui \u201cvit\u201d sur l\u2019écran de votre appareil.Au même moment sans qu\u2019il y ait interruption dans la projection des images et du son un dispositif spécial, placé à votre appareil, imprime votre journal que vous lirez dès que le programme télévisé que vous suivez sera terminé où dès qu\u2019un timbre vous indiquera que l\u2019impression complète du journal est faite et que vous n\u2019avez qu\u2019à tendre le bras pour prendre votre journal, de votre appareil de radio, donner les \u201ccomics\u201d à \u201cjunior\u201d, la page féminine à votre épouse et la page \u201cradio-télévision-théâtre-musique\u201d à votre jeune fille qui débutera au cours de l\u2019hiver.La télévision lance dans l\u2019espace des images à raison de trente par secondes.Puisqu\u2019il est possible de subdiviser ainsi les secondes en trente fractions, il ne faut qu\u2019un trentième de seconde pour transmettre à votre appareil récepteur une page de journal, contenant des centaines de mots.C\u2019est dire qu\u2019en quelques secondes, vous recevrez l\u2019équivalent d\u2019un journal complet, au moyen d\u2019\u201cultrafax\u201d.Au cours de la démonstration publique qui a été faite à Washington, on a lancé sur les ondes un film qui fut capté et projeté sur l\u2019écran, dans une autre salle, où les cinéphiles regardaient ce même film.Plus besoin de procéder à l\u2019impression d\u2019une grande quantité de copies de films pour les distribuer dans les cinémas.De la copie première et définitive, lancée sur les ondes, les cinémas peuvent capter toutes les images et les projeter dans leur salle.On peut aussi les photographier et les présenter à une heure qui convient mieux si on le désire, transcription ou \u201ctrans-vision\u201d exactement comme on procède pour les enregistrements sonores à la radio au moyen de disques, de fils ou de bandes.De là, un nouveau système de distribution de films à travers le continent, et le cinéma à la portée de tous immédiatement après qu\u2019un film est terminé ; qu\u2019on désire le voir collectivement (fouie) au ci- néma collectivement (famille) dans son foyer.Autre chose : un notaire de Montréal a un document important à faire signer par une personne de Winnipeg.Le document est envoyé au bureau de poste qu\u2019il le lance au moyen de l\u2019\u201cultrafax\u201d, jusqu\u2019au bureau de poste de Winnipeg, qui, une fois imprimé, fit la livraison au destinataire.Ce dernier prend connaissance du document, le signe, va le porter au maître de poste de Winnipeg qui le lance à son tour sur les ondes hertziennes en direction de Montréal et le notaire de Montréal, en moins de quelques minutes (plus le temps que le citoyen de Winnipeg a mis à lire le document) a reçu le document signé pour son client.Il en sera ainsi des lettres et autres communications.Rien cependant n\u2019a été prévu pour les billets doux des amoureux qui, par ce système, seraient par trop exposés à la vue de tous, surtout si la jeune fille ou le jeune homme y joint sa photo.Les bureaux de poste ne sont pas les seuls qui, aux gouvernements, profiteront de ce système.Les forces armées s\u2019en serviront pour activer la circulation de leurs communications ou messages.En moins de 24 heures, on devait transmettre, aux Etats-Unis, d\u2019un seul édifice, dix millions de mots.Au moyen d\u2019un transmetteur, ces messages peuvent se transmettre en dix minutes et au moyen de dix transmetteurs ; en une minute.On se souvient qu\u2019au cours de la dernière guerre, on photographiait les lettres au micro-film afin d\u2019économiser l\u2019espace sur les avions trans-océaniques.Il en sera ainsi avec cette exception qu\u2019au lieu de se servir d\u2019avion pour transporter les micro-films, on les lancera sur les airs.D'où, économie de temps et d\u2019espace.La lumière a une vitesse de 186,000 milles à la seconde.Ce nouveau système transmet, à cette vitesse vertigineuse, toutes sortes de communications : empreintes digitales, plans pour les édifices ou même de l\u2019architecture paysagiste, des esquisses pour les annonces, des cartes géographiques et le reste.On a procédé à la transmission du roman \u201cGone With the Wind\u201d, au complet \u2014 ce roman dans sa forme originale à 1047 pages \u2014¦ en deux minutes et vingt et une secondes.L\u2019\u201cultrafax\u201d combine à la fois \u2019.es éléments de la télévision avec les dernières techniques de relais de la radio, plus la photographie à grande vitesse.Ce système a été développé par les laboratoires de Radio Corporation of America, avec la Eastman Kodak Company et la National Broadcasting Company.Les ingénieurs qualifient cet appareil nouveau de \u201cradio-télévision-photographie\u201d combinées qui forment la bass du système de communication graphique pouvant se communiquer de ville en ville, à travers le monde.\u201d Lorsque l\u2019on a procédé à ces expériences à Washington, D.C., les appareils étaient à la \u201cLibrary of Congress\u201d et au poste WNBW de la National Broadcasting à l\u2019Hôtel Warden Park, situé à trois milles de la bibliothèque.Dans des services réguliers de transmission, il est possible de lancer ces messages visuels et auditifs beaucoup plus loin.On utilise les relais radiophoniques déjà existants et on utilisera toutes les tours nouvelles qu\u2019on installe présentement afin de relier tous les coins des Etats-Unis, et de distribuer ainsi la télévision et, par le fait même, l\u2019\u201cultrafax\u201d.Textes des premiers messages transmis par ce système : Le général Sarncff a écrit de sa main : \u201cQu\u2019\u201cultrafax, aussi rapide que la lumière, ouvre de nouveaux et utiles services à l\u2019humanité, de par le monde.\u201d Sa lettre-autographe a été photographié?et lancée sur les ondes.Puis ce fut la transmission de lettres du secrétaire de la Défense, feu James A.Forrestal et du président de la Commission fédérale des communications.M.Wayne Coy.On peut espérer que les avions qui transportent le courrier, soit sur le continent ou d\u2019un continent à un autre soient remplacés par \u201cultrafax\u201d.Actuellement, avec douze ou seize avions qui transportent le courrier de l\u2019Amérique à l\u2019Europe, il n\u2019est pas toujours possible de répondre à la demande.La création d\u2019une \u201ccanalisation aerienne pour la télévision ne servirait pas seulement à transmettre les programmes de télévision, mais aussi ce courrier aérien, en économisant encore une journée ou même deux jours dans .a livraison.La transmission dont nous venons de nous entretenir se divise en quatre opérations distinctes : 1\u2014\tLa préparation du matériel à être expédié afin d\u2019assurer un flot continu, à cette grande vitesse.2\u2014\tLa classification de ce matériel à la station émettrice.3\u2014\tLa transmission, au moyen d\u2019images, de cette documentation par les ondes ultra-rapides.4\u2014\tLa réception, sur des projecteurs nommés \u201ckinescope\u201d ou \u201ctubes à images\u201d, des messages reçus et imprimes sur films ou imprimés directement sur du papier à photographie (papier sensible) .Sur réception du message, le film passe dans un réservoir miniature, où il est développé, il est ensuite rincé pu\u2019s fixé ; le tout en 15 secondes.En 25 secondes il est séché.Ce film peut être agrandi en photographies 8\u201d sur 10\u201d, tout comme les photographies ordinaires, et il n\u2019y a pas de limites quant au nombre de photographies que l\u2019on puisse placer sur un film, tout dépend de la longueur du film.On ajoute qu\u2019il est possible de transmettre des chèques, des billets et des traites de banque au moyen de l\u2019\u201cultra-fax\u201d, de même que des rapports financiers, des dessins techniques, des mandats et bons de poste ou de banque, des formules d\u2019application pour des situations, des pages de journaux, des certificats de baptême et jusqu\u2019à l\u2019écriture nerveuse d\u2019un nouveau \u201cpapa\u201d qui annonce à la famille, la naissance de som premier héritier.Toutes les langues peuvent être employées, en manuscrit ou composition typographique.On a déjà transmis l\u2019anglais, le français, le latin, le russe et l\u2019hébreux.Même le japonais comme le document qui demandait aux Nippons de se rendre lorsque les hostilités ont pris fin entre le Japon et les Etats-Unis.A titre d\u2019expérience, on a reproduit des documents très chers à nos voisins du Sud : la \u201cDéclaration de l\u2019Indépendance\u201d écrite de la main même de Thomas Jefferson ; la carte militaire du combat de Bunker Hill ; la première carte officielle du gouvernement de Washington, D.C., la première copie imprimée de l\u2019hymne national ; le discours d\u2019Abraham Lincoln, à Gettysburg et plusieurs autres documents.Pour terminer cette expérience, on a transmis sur \u201cultrafax\u201d, une page de la bible imprimée par Gutenberg et le préambule de la Charte des Nations-Unies.Soulignons que ces démonstrations eurent lieu près de l\u2019endroit où, il y a 104 ans, le professeur Samuel F.B.r Morse, fit sa démonstration historique du télégraphe dont le code porte son nom.Que peut-on espérer de ce nouveau procédé de transmission ?On envisage de grandes possibilités.Personne ne connaît toutes les possibilités que ce perfectionnement nouveau apporte.Nous devons poser les problèmes aujourd\u2019hui, si nous voulons trouver les réponses demain.Nouvelle ère de développement, de vitesse ultra-rapide, plus vite que le son, aussi vite que la lumière.Dépenses, économies ! Dépenser pour économiser ! Le monde ne sera heureux qu\u2019en raison de l\u2019emploi qu\u2019il fera ainsi du temps économisé.\u2014 Votre \"Samedi\" ou la vie .Nous ne voulons pas manquer le dernier roman policier de Claude Ascain.Edgas Pigeon Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 29 LE SECRET DE VAN TOMPST [ Suite de la page 16 ] Les Mots Croisés du \u201cSAMEDI\u201d 1\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10\t11 IA_il_il_LL Problème No 915 cret durant une promenade monotone dans la cour avait soulevé sa réprobation.Mais, maintenant, en l\u2019occurrence.V\u2019ian !.Il venait de lâcher l\u2019adversaire en une feinte subite, et de toute la dureté de son front relevé de bas en haut, il atteignit l\u2019homme à la mâchoire.Ce fut magistral.Kratung poussa une sorte d\u2019aboiement aigu, et cracha trois dents, plus un bout de langue coupé net.Une heure plus tard, assis gravement dans le studio, Oscar répondait à un appel téléphonique.\u2014 Oui, patron.C\u2019est moi.Je suis O.K.\u2014 Tu as pincé le macaque?\u2014 Oui, patron.Il est saucissonné, à mes pieds.Mais je regrette beaucoup de ne pouvoir le faire parler.A force de vouloir me mordre il s\u2019est coupé la langue.Un éclat de rire résonna dans l\u2019appareil.Palan reprit : \u2014 Il est entré par la fenêtre.Comme vous l\u2019aviez prévu.\u2014 Oui.Je l\u2019avais repéré en sortant.Je pensais qu\u2019il aurait attendu et dès que je l\u2019ai vu, j\u2019ai compris que mes instructions n\u2019avaient pas été données inutilement.Il ne cherchait pas à me suivre.Par conséquent, il allait tenter quelque chose contre l\u2019appartement.\u2014 Et maintenant, qu\u2019est-ce que je fais, patron ?\u2014 Attendre.Rien d\u2019autre.Si cela t\u2019amuse, tu peux essayer de lui recoller la langue.Un passe-temps comme un autre.\u2014 Vous êtes content, patron ?Tout va bien de votre côté ?\u2014-Epatamment, mon garçon.A ce soir.V \u2014 Surprises finales Joseph Jolivet fronça le sourcil et fit un geste d\u2019impatience.Il venait de voir entrer Robert Lacelles dans son bureau.\u2014 Bonjour, mon cher J.J.!.Vous avez bonne mine, ma parole ! Lacelles prit une chaise et s'assit, toujours souriant.\u2014 Vous ne me demandez pas le but de ma visite ?\u2014 Ecoutez, Lacelles, je n\u2019ai pas le temps de subir vos propos.Je.Il tira sa montre et fit un signe de tête vers la porte : \u2014 J\u2019attends quelqu\u2019un d\u2019un moment à l\u2019autre.\u2014 Oui, je sais.A six heures et quart.Jolivet sursauta et grommela : \u2014 Alors vous écoutez mes conversations téléphoniques, maintenant ?\u2014 Quand c\u2019est moi qui suis à l\u2019autre bout du fil, je le fais, en général.Mais oui, mon vieux J.J.c\u2019est moi qui vous ai demandé de me recevoir.Seulement, j\u2019avais déguisé ma voix.Jolivet émit un bruyant soupir.\u2014 Et vous avez des révélations importantes à me faire au sujet du meurtre de Champs ?Où avez-vous été les chercher ?Il avait un air de méfiance.Son regard cherchait à comprendre ce qui se passait chez Lacelles.\u2014 Allons, allons.reprocha ce dernier.Ne vous lancez pas sur votre dada classique.Non, je n\u2019y étais pas.\u2014 Alors, qu\u2019est-ce que vous pouvez savoir ?Rien ! Lacelles hocha la tête.\u201cFormidable, pensait-il.Lorsque je suis pris à partie pour un cambriolage dont je suis innocent, rien à faire pour qu il en démorde.Ici, je lui dis que je n\u2019étais pas là-bas, et il me croit sur-le-champ.\u201d \u2014\tJe viens vous demander de m\u2019accompagner.répondit-il.\u2014\tFichez-moi la paix et allez-vous-en.Lacelles prit une cigarette et la tapota contre l\u2019étui.\u2014 Si je n\u2019éprouvais pas tant de sympathie pour vous, je vous laisserais vous noyer dans votre galimatias.Mais c\u2019est plus fort que moi, il faut que je vous aide.Jolivet comprit, à l\u2019attitude de son visiteur, que ce dernier savait véritablement quelque chose.Il y avait un je-ne-sais-quoi avertisseur chez Lacelles, quand il était sur le point de pousser à la roue de Jolivet embourbé.\u2014 Naturellement, fit celui-ci, vous y trouvez votre profit ! \u2014 Hé!.lança le gentleman-cambrioleur.cinquante pour cent pour chacun, mon cher.A moi le profit comme vous dites, et à vous la gloire d\u2019arrêter le ou les coupables.Car je vous apporte la clef de l\u2019affaire sur un plateau d\u2019argent.\u2014 Et cette clef, c\u2019est?.\u2014-Venez avec moi.chantonna Lacelles qui continua : \u201cViens avec moi, petit, tu connaîtras la gloire.etc.etc.\u201d Vous connaissez ?C\u2019est dans La Fille du Régiment.Jolivet se leva, l\u2019air sombre.\u2014 Je veux bien.Mais si vous vous fichez de moi, je vous coffre pour outrages à la police.\u2014 Au fait, j\u2019y pense.Prenex deux mandats d\u2019arrêt en blanc.Et puis, nous emmenons deux gaillards résolus.Il peut y avoir un peu de grabuge, ami Jolivet.L\u2019inspecteur, dans le taxi, se creusait désespérément pour copprendre quelles pouvaient être les raisons de Lacelles de s\u2019intéresser à l\u2019affaire.Tout à coup, il dressa l\u2019oreille .Son voisin chuchotait d\u2019un ton d\u2019excuses : \u2022\u2014 Je vous ai menti, tout à l\u2019heure, Jolivet.\u2014 Quoi ?Qu\u2019est-ce que !.\u2014 Oui.J\u2019y étais là-bas.La fameuse voiture.C\u2019était la mienne.\u2014 Nom d\u2019un chien!.hurla Jolivet.\u2014 Ne vous agitez pas, vous allez effaroucher ces deux graves subordonnés qui ne sont pas habitués, j\u2019en suis sûr, à pareil langage.J\u2019y étais, vous dis-je, et j\u2019ai vu certaines choses.Il me fallait en approfondir le sens.C\u2019est fait à présent.Ah, nous voici arrivés.Le taxi s\u2019était arrêté au coin de la rue indiquée par Lacelles.\u2014 Voilà le nid, déclara ce dernier en montrant l\u2019hôtel de Belfast.Nous allons monter ensemble, Jolivet.Vous resterez à la porte, jusqu\u2019à ce que je vous appelle.Vos deux hommes attendront un peu plus loin sur le palier.Le patron, interloqué, regarda le groupe.Lacelles demanda brièvement si M.Springs était chez lui.\u2014 Oui, Monsieur.Mais il y a.\u2014 Oui, il y a M.Pierre avec lui ?C\u2019est parfait !.Il fit signe à ses compagnons.C\u2019était au premier étage.Il frappa à une porte.Jolivet, docile, s\u2019était effacé.On ouvrit.Lacelles entra.La porte Se referma.\u2014 Bonjour, Messieurs, claironna Lacelles, je viens de la part de M.Rousseau pour vous présenter ses regrets, mais.Ce fut tout ce qu\u2019entendit Jolivet.Un silence impressionnant s\u2019était établi à l\u2019intérieur.Le policier se demandait si tout cela n\u2019était pas une comédie pour l\u2019éloigner d\u2019un autre endroit, et.Un fracas produit par un corps qui s\u2019écroule et entraîne une chaise se fit HORIZONTALEMENT 1\u2014\tConventionnel robespierriste, ennemi des girondins.\u2014 Crucifère que l\u2019on rencontre au milieu des champs sablonneux.2\u2014\tNom du soleil.\u2014 Petite î\u2019ie.\u2014 Cas fortuit avantageux.3\u2014\tPréfixe d\u2019antériorité.\u2014 Ordonnance.\u2014 Obtenir par insinuation.4\u2014\tExcellentes.\u2014 Partie solide de la surface terrestre.5_Rivière de l\u2019Italie ancienne.\u2014 Délivras.\u2014 Roi égyptien de la XIXe dynastie.6\u2014\tVille forte de Belgique.\u2014 Bois de teinture du Japon.\u2014 Monnaie japonaise.7\u2014\tBouquet de fleurs qui exprime un sentiment.\u2014 Somme obtenue par l\u2019addition.\u2014 Saint, abr.8\u2014\tQui rappelle la mémoire d\u2019un événement.9\u2014\tPréfixe d\u2019abstraction.\u2014 Salicylate de phényl.\u2014 Apporté en naissant.10\u2014\tCabriolet d\u2019origine anglaise.\u2014 Galerie où l\u2019on fait l\u2019exposition des oeuvres d\u2019art.\u2014 Type d\u2019amoureux dans la comédie italienne.11\u2014\tVille de Syrie.\u2014 Ville de l\u2019Afrique Occidentale française.\u2014 Poète chanteur.12\u2014\tLe musicien en connaît sept formes.\u2014 Fis un mouvement brusque.13\u2014\tCornues employées dans les laboratoires.\u2014 Troublés.\u2014 Consonnes de salut.14\u2014\tChef-lieu de Bas-Rhin.\u2014 Epoques.\u2014 Terminaison d\u2019infinitif.15\u2014\tDivinités fabuleuses.\u2014 Nom de quatorze rois de Suède.VERTICALEMENT 1\u2014\tEndroit où finit la rampe d\u2019un escalier.\u2014 Etat d\u2019une charge qui n\u2019est pas occupée.2\u2014\tFruit délicieux de l\u2019Amérique.\u2014 Stupide.3\u2014\tSe fatiguer en efforts pénibles.\u2014 Défaut d\u2019intelligence.4\u2014\tMilieu.\u2014 Pressés, écrasés.\u2014 Déclivité.5\u2014\tHasard.\u2014 Assemblage confus d\u2019objets.\u2014 Jadis Séez.6\u2014\tRépété.\u2014 Général autrichien, né à Radeln.\u2014 Situé.7\u2014\tGamins det Paris.\u2014 Jetées construites à l\u2019entrée d\u2019un port.\u2014 Négation.8\u2014\tCelui qui s\u2019occupe de l\u2019histoire naturelle qui traite des monstres.9\u2014\tMarque la surprise.\u2014 Roi de Perse, de la dynastie sassanide.\u2014 Type.10\u2014\tEvangéliste.\u2014 Chef des démons.\u2014 Profit disproportionné.11\u2014\tAverse soudaine.\u2014 Ville du Brésil.\u2014\u2022 Un des fils de Jacob.12\u2014\tPetites faux à moissonner.\u2014 Lieu où se repose le loup durant le jour.\u2014 Tellement.13\u2014\tCompères.\u2014 Petits réseaux pour retenir les cheveux.14\u2014\tSans activités.\u2014 Qui remplit ses engagements.15\u2014\tBrisé de fatigue.\u2014 Genre d\u2019insectes diptères, parasites des bêtes de somme.Solution du Problème No 914 30 Toujours Chic! Toujours Distinguée! Toujours à la page! Telle est LA REVUE POPULAIRE,\u2019 un magazine de grande classe qui n\u2019est ni français, ni américain, mais bien canadien-français et qui, cependant, se compare avantageusement à tout ce qui se fait de mieux, nous venant de l\u2019étranger.Ce n\u2019est pas par étroitesse d\u2019esprit que LA REVUE POPULAIRE prétend à ces attributs, mais bien parce qu\u2019en fait, elle répond idéalement à tout ce que le lecteur et la lectrice du Canada français peuvent exiger d\u2019une publication de ce genre, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019art, de décoration, d\u2019articles de fond, de littérature, de mode, d\u2019art culinaire, de conseils pratiques et quoi encore.Chacun de ses numéros vous offre un beau roman d\u2019amour complet, judicieusement choisi à votre intention chez les meilleurs romanciers de l\u2019heure.Celui de juillet s\u2019institule: LES VOIES DE L'AMOUR Par CLAUDE JAUNIERE S\u2019y abonner, c\u2019est se payer un grand luxe à une somme très modique, dérisoire même, puisqu'il n\u2019est pas rare qu\u2019un bon dîner coûte $1.50 et c\u2019est là cette somme que vous coûte un abonnement d\u2019un an à LA REVUE POPULAIRE.Rien n\u2019est plus simple: on n\u2019a qu\u2019à remplir le coupon d\u2019abonnement ci-dessous.w |pUU«* Coupon d\u2019abonnement Canada 1\tan .$1-50 2\tans .2-50 Etats-Unis 1\tan .$2.00 2\tans .3.50 ?IMPORTANT : \u2014 Indiquez d'une croix s'il s'agit d'un renouvellement.ü n Nom.Adro i Ville.-.Province.\tPOIRIEI\t1, BESSETTE t CIE,\tI T r r\t975-985 rue de Bullion L ¦\tMONTREAL 18, P.Q.Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1949 entendre.Au thème instant, Lacelles clama : \u2014\tVous pouvez venir, Jolivet!.Le policier se rua dans la chambre.A terre, un homme à demi assommé au milieu des débris d\u2019une chaise, tentait de se relever.Plus loin, deux hommes luttaient en corps à corps.\u2014\tHalte!.vociféra l\u2019inspecteur.Haut les mains!.Aidé de ses deux subalternes accourus, il sépara les antagonistes.Lacelles se releva, remit de l\u2019ordre dans sa cravate.Jolivet regarda l\u2019homme qui reculait lentement jusqu\u2019au fond de la pièce et qui avait une face convulsée C\u2019était celui qui s\u2019était jeté sur Lacelles après que l\u2019autre personnage eût été culbute par le visiteur que nul n\u2019attendait.Il reconnaissait ce visage cuivré, ce.La voix de Lacelles se fit entendre.\u2014 Voici les deux instigateurs du crime.Ici, le sieur Veraïgal, secrétaire particulier du prince Râfingô\u2014 Là \u2014 il désigna l'homme toujours assis sur le sol, et se frottant machinalement la tête d\u2019un air absent \u2014 le sieur Jan Lockest, domestique fourbe et criminel du pauvre van Tompst.\u2014 II.il est fou.balbutia Veraïgal, alias M.Pierre.\u2014 C\u2019est ce que nous verrons ce soir.riposta Lacelles.L\u2019un des macaques qui se trouvaient dans la maison du crime est actuellement chez moi, sous la garde de mon fidèle Oscar Palan.\u2014 Oui, mon garçon, déclara Lacelles à Oscar, j\u2019ai eu une après-midi assez fournie.Tout d\u2019abord, je désirais m\u2019assurer de l\u2019identité réelle de ce M.Springs à qui Veraïgal rendait si fidèlement visite, chaque soir, à six heures et demie.\u201cLorsque j\u2019ai appris qu\u2019il n\u2019était effectivement à l\u2019hôtel que depuis peu.j\u2019ai fait mes petites déductions.\u201cEt je me suis présenté, tout de go, chez le prince Râfingô.Je m\u2019étais assuré, auparavant, que le secrétaire était sorti.D\u2019autre part, sachant que le seul de ses domestiques qui me connaissait se trouvait entre tes mains, je n\u2019avais pas à craindre un obstacle \u201cDès les premiers mots échangés avec le prince, je compris qu\u2019il était totalement étranger à l\u2019affaire.J\u2019en avais, du reste, l\u2019idée avant de le voir, car le soin que prenait le secrétaire à dissimuler son identité était l\u2019indice principal.\u201cUn homme charmant, ce prince.assura Lacelles.Il prit un temps et ajouta : \u2014 Il a été très content de la ceinture bleue.™ Oscar Palan eut un léger papillote-ment des yeux, mais pas un muscle de sa face ne bougea : \u2014 Ah, vous lui avez remis la ceinture ?\u2014 Tu as très bien entendu, mon garçon.Je pense que son histoire \u2014 c\u2019est une relique \u2014 t\u2019intéressera ?\u2014 Enormément, patron.\u2014 Cette ceinture appartient depuis des siècles au grand prêtre d\u2019une secte religieuse de Java, dont la famille du prince Râfingô est, et a été de tout temps, la protectrice.Le grand-pretre actuel s\u2019est aperçu, il y a quelques moio, que la ceinture avait été dérobée.Or, paraître à une cérémonie sans cet emblème était impossible.La chose aurait déchaîné la consternation, puis la fureur superstitieuse des milliers de pratiquants.\t\u201e \u201cII fallait la retrouver.Le prince Ra-fingô avait chargé un détective européen \u2014 tu sais que Java fait partie des Indes Néerlandaises, ce policier était donc un Hollandais \u2014 d\u2019effectuer des recherches, aussi discrètement que pos- sible.\t.\u2014 C\u2019était van Tompst:.articula Pa- __Oui.Il avait retrouvé la relique après de nombreuses péripéties, probablement.Mais il ne s\u2019appelait pas van Tompst.Son nom véritable était Zee-malt.Il avait quitté Java pour échapper à la vengeance de ceux qui voulaient reprendre la ceinture.« Pendant ce temps, le prince Râfin-gô se trouvait en Europe.Zeemalt sachant qu\u2019il devait venir à Paris, s\u2019installa dans la petite maison de Champs, afin de l\u2019attendre, sous le nom de van Tompst.\u201cSon erreur fatale fut d\u2019ignorer deux choses : l.-que son domestique était un traître ; 2.-que le secrétaire du prince était un fourbe.\u201cDès l\u2019arrivée du prince en France, van Tompst se mit en rapports avec Veraïgal.Ce dernier multiplia les difficultés pour l\u2019empêcher de venir directement chez son maître.Il prétexta qu\u2019il fallait attendre.Et il mit sur pied l\u2019assassinat de van Tompst, avec la complicité de Jan Lockest.Le cadavre laissé dans la maison et qui devait représenter celui de Lockest était un chemineau quelconque.Les deux Malais l\u2019avaient apporté en voiture, le jour du crime.Lockest, lui, s\u2019était installé à l\u2019hôtel de Belfast sous le nom de Springs.\u2014 Mais, patron.Comment se fait-il que le prince n\u2019ait pas remarqué l'annonce à propos de la ceinture ?\u2014 C\u2019est son secrétaire qui lisait les journaux pour lui et ne signalait que les articles pouvant intéresser son maître.D\u2019autre part, lorsqu\u2019on parla des morts de la maison du bois, le prince ne pouvait se douter que ce van Tompst n\u2019était autre que Zeemalt.Lacelles ajouta d\u2019un ton négligent : \u2014 Lorsque j\u2019ai dit au prince que Veraïgal offrait un million \u2014 oui, j\u2019ai arrangé ça à ma manière \u2014 il a répondu d\u2019un air très digne qu\u2019il ne pouvait faire moins.\u2014 Ah?Il a.Vous dites?Alors, le million ?\u2014 Oh, je peux dormir tranquille.C\u2019est très agréable d\u2019avoir affaire à d\u2019honnêtes gens.\u2014 Un bon prix pour une ceinture!.dit flegmatiquement Oscar.Claude ASCAIN.THERAPEUTIQUE ENSEIGNEE PAR LES ANIMAUX Les propriétés des plantes médicinales semblent avoir été enseignées d\u2019abord par les animaux.C\u2019est une tradition générale dans l\u2019Inde que la mangouste sait se garantir du venin du serpent naja, ou à lunettes, au moyen de la racine d\u2019une plante appelée ophiorrhiza mungos.On dit que les belettes se défendent du venin des aspics au moyen de la rue, et les cigognes avec l\u2019origan; que les sangliers guérissent leurs plaies avec le lierre; que l\u2019ours, au printemps, se remet en appétit, soit avec de l\u2019arum qui le purge, soit en dévorant des fourmis.Les cerfs nous ont appris à manger des artichauts et il est certain que les chats et autres carnivores font diète et boivent de l\u2019eau quand ils sont malades. SIXIEME EPISODE 1.Hal Franklin était dans une mauvaise situation.Bronco était au-dessus de lui, narines dilatées, les yeux brillants et les sabots menaçants.Le lasso de Lark arriva à temps.2.La lanière de cuir siffla dans l\u2019air.^ Le lancer fut fait de justesse et le noeud serra bientôt la patte du cheval sauvage qui tomba sur le côté.Hal se hata de se relever.V 7 3.Pour quelques secondes, Bronco demeura immobile, mais il commença bientôt à se débattre, cherchant à se libérer.Plus il tirai, plus le noeud se resserrait sur sa patte.4.Lark cria à Hal de lancer son lasso sur Bronco.Le jeune homme courut à son cheval, suivant l\u2019autre cavalier.Il prit son lasso sur sa selle.Bronco luttait ferme.5.\u201cHâte-toi, Hal!\u201d cria Lark, \u201cil sera impossible de le retenir s\u2019il réussit à se remettre sur ses pattes.\u201d Pendant ce temps, Bronco s\u2019était roulé sur le sol, faisant un effort désespéré.ram % 6.Hal lança son lasso, mais le cheval sauvage était déjà sur ses pattes.Puis, il arriva une chose inouïe.Une balle siffla dans l\u2019air et coupa au centre le lasso de Lark.Bronco était libre.y! , 9.Ils devinaient, cependant, qui avait tiré.\u201cIl nous faudrait d\u2019abord empêcher ces canailles de nous nuire avant de pouvoir capturer Bronco , dit Lark.Et, pendant ce temps, le démon noir fuyait.12.Patiemment, il tira sur le noeud, le mordillant de ses dents.Celui-ci s\u2019élargit et glissa le long de sa patte jusqu\u2019au sol.Bronco en sortit alors sa patte et prit le bout du lasso entre ses dents.7.Le contre-coup fut si brusque que Lark tomba en bas de sa selle.Tout en haut de la falaise, Spike et Plug épiaient.C\u2019était l\u2019un d\u2019eux qui avait tiré sur le lasso de Lark.10.Le lasso était toujours attaché à sa patte.Les obstacles ne comptaient pas pour lui.Il descendit une côte rocailleuse et abrupte, où un cheval ordinaire aurait craint de s\u2019engager.«sa 13.Agissant avec une intelligence quasi humaine, d\u2019un élan de sa tête magnifique, il lança le Jasso dans le ruisseau.Puis, renâclant avec satisfaction, il s\u2019élança de nouveau à toute allure.8.Ces deux chenapans qui ne pouvaient eux-mêmes capturer le cheval noir, ne voulaient pas voir réussir Hal et Lark.Les deux jeunes gens ne pouvaient voir les bandits.flWV 11.Le cheval sauvage était solide comme un chat.Il se laissa glisser sur la pente et arriva en bas sans encombres.Il se trouvait au bord d\u2019un ruisseau.C\u2019est là qu\u2019il travailla à enlever la corde.14.Une heure plus tard, Hal et Lark arrivèrent au même endroit et aperçurent le bout du lasso dans les joncs.Bronco avait-il voulu les mettre sur une fausse piste?(Suite, prochain numéro) mmm rio do Jacquot Prcmfoh Dessins do H CAZANAVt TANTQMZ Lb command/)nk vaincu par la caticoe£Sr pue c'aLLCinoio noms SA CABINE .//ENTEND SOUDAIN /i es ou CapVert ie navire.PENSIF, LE CREPA/ 1ER JE REPETE À Wl MÊME LE PA /U/ IARCE ESPAGNOL\u2019CONTINUE À LU/TER CONTRE ,1 IJ ASSOUPIR.OANS I CO R'ti/x testament ou CapitainePantome tout n regardant iasenop/ta ou/ dort paisiblement GRINCER Caramba t DIFFORME HÉLAS!.,C'EST BIEN MO1I.CTLA MALEDICTION PATERNELLE M'A TOUJOURS POURSUIVI DEPUIS LOBS, UANT JUSQUE CHAIR Serais-tu mon frère don Juan oui partit tenter FORTUNE AUX AMERIQUES eN entraînant notre JEUNE FRERE ET QUE MON PERE MAUDIT SUR SBN ÜT DE MORT EN APPRENANT QUE VOUS ' ENGAGE LES FR{R \u201e LA COTE ?.0 OÙ SORS-TU, SPECTRE D ENFER ?.Qui ES-TU ?.Ton propre frère ! Tu mens!.Mes deux frères Sont morts\u2018.Lun\t4 A ETE IMMERGE ET L'AUTRE.£ L'AUTRE C'EST moi!! Je venais d'Epouser Mon «rEre ET MOI Étions réputEs COMME Lfb MFILLfuRES LAMES DE BuROOS \u201e .N , ,-.SECRETEMENT LA SENORlTA Gracia de Villamoa tr c Etait POUR EUE QUE JE PARI AIS TENTER LA FORTUNE VERS LF Nouveau Monde \u2022rtfr-noster commence sa CONFESSION FRèRÉ,TE SOUVIENS-TU DES FIERS CABALLEROS QUE TU ' ACCOMPAGNAS AU NAVIRE PARTANT POUR lesAmEriqufs: Je NE OIS Rien A mon jeune FRERE CAR JE SAVAIS OU'U.nourrissait pour Gracia DES SENTIMENTS QU'ELLE n£ OARTaGEAiT PAS & J J'avoue ,Même qu\u2019en l'entraînant,ja< au par BASSE JALOUSIE car JE RFOOUTAIS DI LAISSER MON JEUNE FRÈRE PRES DECELIE QUE J'AIMAIS.,.Un an plus tard .nous échouâmes dans UNE CONFRERIE QUI ÈCUMAlT , LES COTES ENTRE La vera-Çruz et Carthagene \u2022 Au COURS D'unf fxpFoition aux embouchures oe L Amazone un fort parti de sauvages nous surpr SUR UNE PlÂGe.!.Au COURS DU COMBAT JE FUS ATTEINT PAR UNE FLÈCHE  LA COLONNE VERTEBRALE ALORS QUE NOUS -v RûTTin^c* A NJ Rf T Pû IT P vCO
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