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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 23 juillet 1949
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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    Successeur :
  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1949-07, Collections de BAnQ.

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[" LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DIX CENTS UN ROMAN POLICIER Wm > V- AY \\ t imv*.SSfcy ssara ¦MË||jgy|| IP 61e année.No 10 Montréal, 23 juillet 1949 DANS CE NUMERO \u2022\tCHEZ-NOUS, A TERRE-NEUVE \u2022\tLA PÊCHE AU HOMARD \u2022\tL'ENERGIE AT0MI0IIF Le Samedi, Montréal, 29 juillet 19W \u2022 ->***\" H Ntt' ÿw HlilP ! i\t.sa m\tfrçV* \u2022 \u2018 v; sf\t> Y\t\t\t\t y V- AjR\t\t\tr *\t- 1 \t2\tckà\t\t\t\tJplP \u2018 '£vfi0i' ¦¦ Jr*.r A iftüiiB DES ALIMENTS SAVOUREUX ET APPROPRIES À L\u2019ÉTÉ POUR BIEN SE PORTER En été, les repas peuvent être à la fois appétissants et savoureux, tout en répondant aux besoins essentiels de nutrition.Toutefois, trop souvent, les repas ne sont préparés que dans le but do satisfaire aux caprices de la famille, sans égard à la santé des particuliers dans le groupe familial.En été, comme en hiver, nous avons besoin d\u2019un régime bien équilibré qui fournit une quantité suffisante de protéines, d\u2019hydrates de carbone, de vitamines et de minéraux.Ces éléments essentiels à une nutrition saine se trouvent dans trois groupes d\u2019aliments.Les aliments producteurs de force, comme les céréales et le pain, le beurre et les graisses, et les sucres, fournissant l\u2019énergie nécessaire aux activités journalières.Les aliments constitutifs qui comprennent la viande, ¦Hmmi Les dérangements d\u2019estomac sont plus susceptibles de se produire en été qu\u2019à toute autre époque de l\u2019année.Un régime léger se composant d\u2019aliments essentiels, y compris les fruits, aura moins de chance d\u2019encombrer le système digestif qu\u2019un régime lourd.Un bon repas chaud par jour est à conseiller, au dire des experts.Des épreuves faites par l\u2019armée, pendant la guerre, ont démontré que des hommes en nage digéraient mieux des aliments chauds que des froids.le poisson, les oeufs et le lait, aident au développement et à la régénération des tissus.Les aliments protecteurs, comme les fruits, les légumes, la farine enrichie ou à grain entier, les oeufs et le foie nous aident à sauvegarder notre santé.Dans chacun de ces groupes, il existe une grande variété d\u2019aliments qui nous permet de choisir des menus adaptés à la saison.Par exemple, des mets préparés avec du fromage et des oeufs, pourront être particulièrement appétissants pendant les jours chauds, tandis que des viandes grasses et lourdes sembleront plus appropriées à l\u2019hiver.D\u2019autres aliments qui sont plus faciles à obtenir en été, comme les légumes et les fruits frais, peuvent souvent être substitués aux aliments de l\u2019hiver.Des légumes crus servis en salades, sont souvent plus nourrissants que cuits, vu que la proportion des vitamines dans le chou, les carottes et d\u2019autres légumes est plus élevée à leur état cru.Ils rendent aussi parfois les repas plus appétissants.En été, l\u2019organisme peut perdre plus d\u2019une pinte et demie d\u2019eau par jour.Ce liquide doit être remplacé car il aide à l\u2019assimilation des aliments et h la régularisation de la température du corps.Durant les chaleurs, il importe d\u2019absorber beaucoup de liquide.De 1 avis des experts, la consommation des bons aliments dans de justes quantités, se traduit par un plus haut niveau de santé h tous les âges, et peut prolonger la vie.On trouvera de plus amples détails sur l\u2019hygiène alimentaire dans la brochurette 79-S, intitulée \u201cTrois Repas par Jour\u201d et publiée par la Metropolitan.Metropolitan Life\tMetropolitan Lifo Insuranco Company Insurance Company\tDirection Généralo au Canada: Ottawa (¦COMPAGNIE À FORME MUTUELLE)\tVeuillez m\u2019envoyer un exemplaire ! de votre brochurette numéro 79-S, Siège Social : New-York\tintitulée \u201cTrois repas par Jour\u201d.\tNom\t Direction Générale au Canada:\tRuo\t Ottawa\tLocalité \t Prov.;\t,\t p 4 Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 Un vrai monsieur ¦fi.!*-*-;' W J» WfPÏ Jeuu-Louis est un gars de chez nous.Je le connais depuis sa plus tendre enfance.Je l\u2019ai \\ u grandir.C\u2019était un espiègle, mais lin comme pas un, et bon petit diable à part ça.Quand il est venu à la maison l\u2019autre jour, je l\u2019ai à peine reconnu.C\u2019est tout un homme aujourd\u2019hui! Grand, bien bâti, propre et poli, Jean-Louis est devenu soldat.Il a l\u2019air d un vrai monsieur.11 se comporte comme un vrai monsieur.Et il est très lier de porter (\u2019uniforme de l\u2019Armée canadienne.A ceux «]iii ont 17 ans ou plus, l\u2019Armée canadienne offre une carrière passionnante, des chances d\u2019avancement, une belle formation, et la sécurité financière à la retraite.Votre centre de recrutement le plus rapproché vous fournira tous les renseignements.Apportez votre extrait de baptême et votre certificat d\u2019études.Entrez aujourd'hui dans L'Armée Canadienne \"Gage de Paix\" L\u2019ACTIVE OU LA RESERVE DE L\u2019ARMEE CANADIENNE Bureau de recrutement de P Année, Edifice Bellevue, Garden Rd., Halifax, N.-E.Dépôt d'effectif Nu.6, Chorley Park, Douglas Drive, Toronto, Ont.Dépôt d'effectif No.2, Woodstock Road, Fredericton, N.-B.\tDepot d\u2019effectif No.7, Wolsely Barracks, Elizabeth Street, London, Ont.Dépôt d\u2019effectif No.3, Citadelle, Québec, P.Q.\tDépôt d\u2019effectif No.8, Fort Osborne Barracks, Winnipeg, Man.Dépôt d\u2019effectif No.4, 3530 avenue Atwater, Montréal, P.Q.\tDépôt d\u2019effectif No.9, National Defence Bldg., Winnipeg & Eighth, Regina, Sask.Chambre 2218, Edifice \u201cC\u201d, rue Lisgar, Ottawa\tDépôt d\u2019effectif No.10, Currie Barracks, Calgary, Alta.Dépôt d\u2019effectif No.5, King Street West, Kingston, Ont.\tQuartier Général, Western Command, avenue Kingsway, Edmonton, Alberta Dépôt d\u2019effectif No.11, 4th Avenue & Highbury Street, Jericho, Vancouver, C.B. LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tel: P L a f e a u 9638 * * FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyacinthe, Sorei, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) \u2022 ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières ( Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa, e Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un\tan\t\t¦ $3.50 Six\tmois\t\t¦ 2.00 \tETATS-UNIS\t Un\tan\t\t¦ $5.00 Six\tmois\t\t\u2022 2.50 AU NUMERO : 10 cents \u2022 HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 4.45 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.61e année, No 10 \u2014 Montréal, 23 juillet 1949 EDI T O RIAL D\u2019UN SAMEDI À L\u2019AUTRE A propos de saumons Et voilà notre saumon dans l\u2019actualité.Du reste, on en parle souvent, non seulement dans les cercles quelque peu vantards des pêcheurs à la ligne à qui il est toujours arrivé des histoires extraordinaires, mais même parmi ceux qui n\u2019ont jamais lancé une ligne à l\u2019eau pour prendre un poisson.L autre jour, on parlait de saumons pour dire qu\u2019il est abondant dans certains districts saumoniers de notre région.Der-nièiement, on parlait encore du saumon alors que l\u2019on s\u2019émerveillait d\u2019une pêche miraculeuse faite, un jour, par trois personnages distingués de notre province.Enfin, il ne se passe pas un jour, en juin, juillet et août, sans que quelque grand pêcheur nous arrive, racontant, ceci ou cela sur le compte de nos saumons qui laissent faire tout cela, comprenant, sans doute, ces éloges, comme une menace perpétuelle suspendue au-dessus de leurs ouïes.On tentera même un peu du merveilleux.Il y a quelque temps, on racontait qu\u2019on avait capturé, dans une livière du bas de Québec, un saumon de trente livres qui intriguait au plus haut point les habitants de la localité où avait été faite cette belle prise.Ce saumon ne portait-il pas à la queue un anneau avec une petite plaque de métal sur laquelle était gravé un numéro, ni plus, ni moins que s\u2019il se fût agi d\u2019un forçat ! Qu\u2019est-ce que cela pouvait bien dire ?Mystère.On était prêt de s arracher les cheveux sans pouvoir élucider ce fait merveilleux.Mais un pêcheur avisé s\u2019est bientôt présenté qui a tôt fait d\u2019éclaircir le problème dont la solution était aussi simple que celle de l\u2019oeuf de Christophe Colomb.O hommes naïfs, a-t-il dit, ne savez-vous donc pas que depuis plus de quarante ans il existe à Tadoussac un établissement de pisciculture pour les saumons ; que, chaque printemps, on enferme là environ six cents saumons pour leur permettre de frayer en paix ; que chaque automne, après avoir débarrassé ces saumons de leurs oeufs on les lâche à la mer en leur attachant à la queue un petit anneau portant un numéro afin de les reconnaître, les années suivantes, quand on renouvellera la population de la piscine et de laisser à la mer tous ceux qui seront les heureux porteurs de ces numéros, indiquant que ces saumons ne sont plus bons à la reproduction ?.Ne saviez-vous donc pas toutes ces choses, ô hommes naïfs, demanda derechef le pêcheur avisé qui s\u2019en fut à ses lignes.Et voilà réduite à ses proportions bien terre à terre l\u2019histoire du merveilleux saumon à l\u2019anneau de métal.Les expositions régionales Le mois d\u2019août verra s\u2019ouvrir la série des expositions agricoles régionales qui constituent assurément pour les cultivateurs le stimulant le plus efficace à la culture pratique et raisonnée.Les expositions agraires régionales ou de comté ont fait, comme tout le reste, de grands progrès dans notre province depuis une dizaine d\u2019années, et il serait intéressant d\u2019établir dans quelles proportions elles ont contribué à améliorer les cultures et à les rendre plus lucratives.Toujours est-il que voilà vingt ans, c\u2019est à peine si l\u2019on comptait quinze expositions régulièrement organisées et nous en comptons aujour-d hui plus de soixante qui tiennent leurs assises régulièrement et dont les progrès sont de plus en plus remarquables, chaque année.C\u2019est que les cultivateurs s\u2019intéressent très sensiblement a ces bruyantes manifestations de leur calme vie.L\u2019exposition marque pour eux, non seulement un jour de repos et de sains amusements, mais aussi, un jour de récompenses.On y vient recueillir une bonne partie du bruit du travail de l\u2019année ; on y vient apprendre de nouvelles leçons de choses dont on profitera pour les saisons prochaines et dont on constatera les fruits dès la prochaine exposition.L\u2019exposition agricole est devenue aujourd\u2019hui, une nécessité pour un comté ; elle est aussi utile que le marché des produits agraires.Si, dans chaque comté, il n\u2019y en avait pas une régulièrement organisée, il serait peut-être trop tard pour commencer.On se fait définitivement une idée, par exemple, des progrès accomplis dans les différentes façons de présenter les produits de la terre : légumes, fruits, produits laitiers, miel, sucre, fleurs, etc.L\u2019on rivalise, en particulier, du côté de l\u2019élégance de 1 empaquetage.C est un bon point de gagné car, avant l'ère des expositions, les produits de la campagne parvenaient sur les marchés dans de bien lamentables conditions, et l'hygiène n\u2019y trouvait pas toujours son compte, loin de là.De plus, les expositions régionales ou autres n\u2019auraient-elles pas eu le très grand mérite d\u2019avoir été le plus puissant stimulant aux progrès de l\u2019élevage des animaux de race pure dans notre piovince ?Au train dont vont les choses, dans quelques années, notie cheptel ne sera pas loin de la perfection.Déjà beaucoup de nos troupeaux obtiennent des palmes enviées dans les plus glandes foires de 1 Amérique.Nos expositions régionales ont créé une sorte de concours permanent où chaque cultivateur veut arriver bon premier pour les animaux les plus beaux.Et cette belle et très louable emulation fait que nos troupeaux deviennent des sujets d\u2019orgueil pour chaque comté et même chaque paroisse.La bonne \"saincie\u201d Anne En juin dernier s ouvrait la saison des pèlerinages à Sainte-Anne de Beaupré.Chaque année, on rend un quasi universel hommage a la grande Thaumaturge.On sait que, de tout temps, la dévotion à la mère de la Vierge Marie a été en honneur chez nos ancêtres et qu\u2019elle lest encore.Mais cest particulièrement en sa basilique, que la piété populaire lui a érigée, sur la Côte de Beaupré, que ce culte extérieur s exprime en des cérémonies vraiment grandioses.Chaque année, depuis près d\u2019un demi-siècle, se massent, le 26 juillet, en particulier, bien plus de milliers de personnes que n\u2019en peut contenir cet humble petit village de Beaupré ; mais c est depuis 1650 que la dévotion à la grande Thaumaturge bretonne y est à l\u2019honneur.La vénérable Marie de l\u2019Incarnation, fondatrice des Ursulines de Québec, rend ainsi témoignage, dans une lettre écrite à son fils en 1665, des miracles qui s\u2019accomplissaient alors dans ce hameau : A sept lieues d ici (de Québec), il y a un bourg appelé le Petit Cap, où se trouve une église dédiée à sainte Anne et dans laquelle Notre Seigneur fait de grandes merveilles en faveur de cette sainte mère de la très sainte Vierge.On y voit marcher les paralytiques, les aveugles recevoir la vue et les malades de quelque maladie que ce soit recouvrer la santé\u201d.On dirait que ces paroles ont été écrites de nos jours, tellement les circonstances relatées par la Mère de l\u2019Incarnation n\u2019ont point changé.Il est intéressant de nous rappeler les merveilleuses origines de Sainte-Anne de Beaupré.C\u2019était en 1650.Des marins bretons qui remontaient le Saint-Laurent furent surpris par une affieuse tempete ; ils allaient infailliblement périr, quand quelques-uns d\u2019entre eux se rappelant la grande sainte que priaient si souvent leurs mères en Bretagne, se recommandèrent à elle.Sans qu ils aient jamais su comment, le lendemain matin, ils étaient sains et saufs jetés sur une plage abrupte ; c\u2019était la Côte de Beaupré.Fidèles à un voeu qu\u2019ils avaient fait, ils s\u2019empressèrent d\u2019élever à cet endroit une humble petite chapelle, dans laquelle ils suspendirent un ex-voto rappelant leur naufrage ; et cette précieuse relique existe encore.Des le commencement, l\u2019humble temple de Sainte-Anne de Beaupre fut cher à tous les habitants de la Côte, et particulièrement aux marins qui venaient là par groupes demander secours et protection au moment des périlleux voyages qu\u2019ils entreprenaient.Et ce fut là l\u2019origine des pèlerinages qui acquirent, avec les années, toujours de plus en plus de popularité, de sorte qu aujourd\u2019hui, ils sont à peu près universels.Les pèlerinages à Sainte-Anne de Beaupré datent de plus de deux siècles et demi.Le premier témoignage des miracles qui s\u2019accomplissaient à Beaupré ne sont pas moins anciens.Le premier de ces témoignages vient de Mgr de Montmorency-Laval lui-même, qui avait une grande dévotion à sainte Anne et qui allait souvent en pèlerinage à Beaupré : \u201cNous le confessons\u201d, écrivait-il en 1667, \u201crien ne nous a aidé plus efficacement à soutenir le poids de la charge pastorale dans cette église» naissante que la dévotion spéciale que portent à sainte Anne tous les habitants de ce pays, dévotion qui, nous l\u2019assurons avec certitude, les distingue de tous les autres peuples\u201d.Damase Potvin de la Société des Ecrivains canadiens w.Il La ville de Knaresborough, dans le comté de Yorkshire situé au nord de l\u2019Angleterre, est toujours associée, dans l\u2019esprit de quiconque conna't la région au nom de la \u201cmère Shipton\u201d, prophétesse du 10e siècle qui demeurait dans une caverne des falaises si caractéristiques de la ville.Ces falaises forment une gorge profonde dans laquelle se précipite la rivière Nidd sous deux ponts dits le Pont du Haut et le Pont du Bas.La caverne de \u201cMother Shipton\u201d est située près du Pont du Bas et c\u2019est de là qu\u2019elle faisait des prophéties qui exerçaient une profonde influence sur ses contemporains.Cette caverne fait face à Dropping Well, source pétrifiée qui est une des curiosités naturelles de Knaresborough.L\u2019eau qui tombe d\u2019un roc surplombant est si chargée de pierre calcaire qu\u2019elle couvre d\u2019un dépôt pierreux tout objet qu\u2019on y jette.On garde, dans un petit musée avoisinant, des chaussures, des chapeaux et de menus objets qui, soumis à ce traitement, ont vraiment l\u2019air d\u2019être faits de pierre solide.Saint Robert, ermite qui venait de l\u2019abbaye des Fontaines située dans le voisinage, vécut aussi dans ces cavernes au moyen âge.Cette abbaye des Fontaines, maintenant en ruine, avait été construite au 12e siècle.La Caverne de saint Robert a été en partie détruite, mais on y peut voir encore le lit et l\u2019oreiller de pierres de l\u2019ermite.Auprès, s\u2019élève la chapelle de Saint-Robert, creusée à dix pieds de profondeur dans le rocher et gardée par l\u2019effigie d'un chevalier, sabre à la main.La chapelle ne renferme qu\u2019un banc de pierre: les petites fenêtres en sont ornées de fragments de vieux vitraux qu\u2019on prétend venir de l'abbaye des Fontaines.Sur une des rives escarpées, se voient les ruines d'un château qu\u2019avait bâti un baron normand: le donjon massif a résisté aux injures du temps, ainsi que certaines autres parties du grand bâtiment.La vieille salle des banquets s'ouvre sur un musée où, entre autres objets anciens, on remarque un coffre dans lequel, dit-on.la reine Phillipa, épouse d\u2019Edouard III, gardait ses archives.Cette reine avait reçu de son royal époux, pour une partie de son douaire, le château, la ville et la forêt de Knaresborough.Cette forêt s\u2019étend sur une distance de quelques milles et elle comprenait autrefois le \u201cStray\u201d, c\u2019est-à-dire le pré communal d\u2019Harrogate, ville d'eaux fashionable du Yorkshire.De nos jours, le \u201cStray\u201d est entouré de palaces.\t[ Lire la suite page 33 ] Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 Non loin de Knaresborough, dans le comté de Yorkshire situé au nord de l'Angleterre, le touriste peut contempler les ruines de l'ancien abbaye des Fontaines dont la construction remonte au Xlle siècle.C'est de là que partit l'ermite saint Robert pour aller vivre dans une caverne demeurée célèbre par sa source pétrifiée dont les caractéristiques sont décrites dans l'article ci-contre.\u2014 Ci-dessous, vue charmante et pittoresque au possible du viaduc à Knaresborough.Un coin paisible de rêve et d'histoire capable de tenter la palette d'un peintre.L'ANGLETERRE HISTORIQUE Là où vécut saint Robert Par ELIZABETH RICHMOND «À awK* i iiiiifik.\t\t\t\t* *\u2022 \"\t\t\t¦l v 1/ :\t/' I\t HL\tjpjs.jJI\t«r\t, Æf **\t*¦»\t\t\t\t*\tv\tW ^ m\tT- f \"JEUNESSE DOREE\" Triomphale décade d\u2019un roman-fleuve Par Lucette Robert Le roman-fleuve, \u201cJeunesse dorée\u201d, célébrait récemment le dixième anniversaire de ses débuts.Pour ne pas faillir à la tradition qui veut qu\u2019à tout banquet d\u2019honneur-, le conférencier débute par une anecdote, en voici une dont je peux garantir l\u2019authenticité.Un médecin éminent se trouvait, l\u2019an dernier, dans un grand magasin de l\u2019est de Montréal.Comme midi approchait, il vit une longue procession de femmes se diriger vers le rayon des appareils électriques Intrigué par cette affluence qui semblait promettre le bénéfice d\u2019une vente-anniversaire ou d\u2019une démonstration unique, il les suivit.Les chapeaux emplumés, enrubannés ou fleuris lui cachant l\u2019attraction; il allait rebrousser chemin quand la voix de la radio se fit entendre pour conseiller aux ménagères du Québec de garder l'amour de leur mari par la succulence des soupes Campbell.Et le Dr X .comprit pourquoi sa femme et ses filles prenaient un quart d\u2019heure de grâce avant le déjeûner, cependant que lui arrivaient, de la cuisine même, des échos inaccoutumés.Car l\u2019auteur de \u201cJeunesse dorée\u201d (ai-je besoin de nommer Jean Desprez?) a le don de toucher les fibres féminines et de s\u2019appliquer à comprendie les réactions de la femme devant les événements et peripeties de son roman radiophonique.Psychologie intégrale puisque la femme est femme avant tout: avant d\u2019être employée, avocate, garde-malade, dactylo, domestique ou femme d\u2019affaires.\u201cLe roman feuilleton n\u2019est pas fait pour étaler son savoir\u201d, m\u2019a dit avec justesse 1 auteur de Jeunesse Dorée\u201d.Et elle ajoute: \u201cJ\u2019ai souvent été tentée d\u2019ajouter à mon texte de ces petits morceaux littéraires qu\u2019on écrit pour soi, mais je m\u2019apercevais d\u2019une baisse dans l\u2019intérêt des auditeurs.Ce qu\u2019il faut, avant tout, c\u2019est captiver 1 intérêt du public .[ Lire la suite page 33 ] IttHutv\u201d:*,] ¦*&S8i k\\ a jyg Ci-dessus, au premier rang, de gauche à droite : LUCIEN THERIAULT, réalisateur; ROLAND CHENAIL (André); YVETTE BRIND\u2019AMOUR (Lisette); SHIRLEY BRUCE (Shirley); Mme SYLVA ALARIE (Mme A.Latrémouille) et RAYMOND LAPLANTE (annonceur).\u2014 Deuxième rang, ROGER GARCEAU (Pierre); JEANNE MAUBOURG (PaméliaJ; PIERRE NORMANDIN (bruiteur); DENYSE PELLETIER (Mireille); ROBERT RIVARD (Johnny) et ROLAND D\u2019AMOUR (Cpt Villeneuve).'-\u2022$53! Ci-contre, de gauche à droite.DENYSE PELLETIER, ROGER GARCEAU et JEANNE MAUBOURG.\u2014 Ci-dessus, au micro, YVETTE BRIND\u2019AMOUR et ROLAND CHENAIL.\u2014 A son dixième anniversaire, l'émission \"Jeunesse Dorée\" la 2,200e émission.Photo Le Samedi\u2014Conrad Poirier.À \"Je ne suis pas tranquille, Maurice ! J'ai toujours peur qu'il arrive quelque chose .Dessin de JEAN MILLET L P* -13**- Seule au monde, une jeune fille est emportée vers son destin dans un express de nuit.Le passé Va déçue, l\u2019avenir l\u2019inquiète et non sans raison puisqu' avant de goûter au bonheur qui l'attend, finalement, elle devra traverser toutes sortes d\u2019embûches.WÊRÊÊÊÊBÊKM l.e Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 Roman dramatique Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 GEORGETTE AUX TROIS FIANCÉS I Georgette Lemaire poussa un profond soupir et fit le simulacre de regarder par la portière.Mais elle ne put rien distinguer.Toute la campagne était plongée dans les ténèbres.Un temps maussade de la f.n de mars, encore pluvieux, n\u2019était pas fait pour la rendre plus accueillante!.La jeune fille était presque seule,-maintenant, dans son compartiment.Des gens étaient descendus en cours de route, presque à toutes les petites gares.Il n y avait plus qu\u2019une vieille dame avec elle, qui somnolait.Le plafonnier, aux trois quarts passé au bleu, éclairait mal.Georgette put consulter son bracelet-montre; il était neuf heures moins dix.Quant à relire la lettre de l\u2019oncle Michel, il n\u2019y fallait pas songer; outre que l\u2019écriture du v.eillard était tremblotante et fine, on n\u2019y voyait rien!.Il est vrai que Georgette Lemaire n\u2019avait nul besoin de relire cette lettre une quinzième ou vingtième fois pour être pénétrée de son sens!.Elle finissait, vraiment, par la savoir par coeur.Et elle s\u2019en récitait \u2014 une fois de plus! \u2014 les termes, machinalement, au rydime berceur du train.\u201cMa chère nièce, \u201cJ\u2019ai reçu, la triste nouvelle de la mort de ta maman, et.\u201d La monotone chanson des roues coupait le texte, qui l\u2019avait d\u2019abord laissée surprise, et qui lui revenait par bribes' \u201c.Je regrette de ne pouvoir me rendre aux funérailles, mais je suis cloué au château par une nouvelle attaque de goutte.\u201d Le \u201cchâteau\u201d de l\u2019oncle Michel!.En avait-elle assez entendu parler, durant son enfance .Puis, la brouille survenue, on en parlait moins, évidemment!.Et Georgette, en même temps, évoquait les dernières heures de Lyon! Tout un fragment de sa vie, déjà entré dans le passé.Lorsque sa mère, née de Mirecourt, avait épousé, par amour, Pierre Lemaire, un brave garçon, le seul parent qui lui restât, \u2014 son frère aîné, beaucoup plus âgé qu\u2019elle, \u2014 Michel de Mirecourl l\u2019avait reniée, jugeant, d\u2019une part, cette union trop roturière, et, d\u2019autre part, cédant à son caractère bizarre.Car l\u2019oncle Michel était une sorte d\u2019original.Elle l'avait peut-être vu une fois, toute petite, et ne s'en souvenait pas.On avait, par rancune, fait disparaître toutes ses photographies du petit appartement de Lyon.Elle se demandait bien à qui il ressemb\u2019ait, et surtout quel accueil il allait lui faiie!.Pourtant, sa lettre étai.encourageante: \u201c.Puisque te voilà orpheline, ma pauvre petite, je suis prêt à passer l\u2019éponge sur le passé et à t\u2019accueillir sous mon toit.Tu as grand besoin, après cette épreuve, de quelque temps de repos.Ensuite, nous aviserons.\u201d Certes, elle én avait grand besoin, de repos, et elle faisait pitié, toute frêle et pâlotte dans ses vêtemen's de deuil.0 Elle avait passé un terrible hiver!.Cela avait commencé dès octobre, où sa pauvre maman \u2014 sa seule affection au monde depuis la mort de son père, laquelle remontait à dix années déjà \u2014 s\u2019élait alitée.Elle avait traîné des semaines; puis, la bronchite s\u2019était muée en broncho-pneumonie, et le mal avait été le plus fort.Georgette se trouvait désormais seule au monde.Elle travaillait, à Lyon, dans une importante maison de soieries de la rue du Griffon.Mais les affaires n\u2019y étaient pas prospères, et si, eu égard à son ancienneté, on ne l\u2019avait pas congédiée, du moins lui avait-on discrètement fait remarquer qu\u2019elle pouvait \u201cse chercher autre chose\u201d.La pauvrette en était là de ses vicissitudes, lorsque la mort était entrée dans sa triste maison.Avant de rendre le dernier soupir, Mme Lemaire avait fait promettre à sa fille d\u2019aviser de sa disparition cet \u201concle Michel\u201d dont on ne parlait plus.Georgette lui avait donc écrit, recevant en réponse la missive dont, maintenant, elle se remémorait les termes.Elle avait d\u2019abord hésité quelque peu à se rendre à cette invitation.C\u2019était pour elle un tel changement d\u2019existence!.Plusieurs choses, cependant, l\u2019y avaient finalement décidée: d\u2019abord, le caractère provisoire, limité, de l\u2019offre de son oncle, laquelle n\u2019avait rien de définitif.Si elle ne se plaisait pas au \u201cchâteau\u201d, il lui serait toujours possible de regagner Lyon, où elle avait conservé l\u2019appartement maternel.Puis rien ne la retenait dans cette ville où elle avait souffert; elle éprouvait le besoin banal de changer d\u2019air.Si elle avait su ce qui l\u2019attendait là-bas, serait-elle partie?L\u2019express de nuit l\u2019emportait vers son destin.Il Le train roulait toujours.Dans l\u2019angle de son compartiment, Georgette Lemaire sommeillait.Quant à la vieille dame, sa compagne de voyage, elle ronflait profondément.Ce n\u2019était pas sans éprouver une sourde appréhension, un confus sentiment de gêne et d\u2019indéfinissable anxiété que Georgette se rendait auprès de cet oncle qu\u2019elle ne connaissait pas, et dont elle avait entendu souvent, dans sa famille, critiquer le caractère original.Peut-être était-ce là un p.essenti-ment?.Mentalement elle calculait, paupières mi-closes, que M.Michel de Mirecourt, frère aîné de sa pauv.e maman, devait atteindre la soixantaine.Il était res.é célibataire, et l\u2019on disait qu\u2019il habitait seul, avec une domesticité fort restreinte, ce \u201cchâteau\u201d dont on parlait tant!.C\u2019était quelque part en Beaujolais, au sein d\u2019une campagne paisible.A la vérité, il ne s\u2019agissait pas d\u2019un château proprement dit, dans le sens que le populaire attache à ce mot, d\u2019une habitation princière!.C\u2019était seulement une honnête maison bourgeoise, aux murs gris hérissés de tessons de bouteilles, entourée d\u2019un immense jardin qui, parce qu\u2019il était en friche, pouvait faire illusion au promeneur et passer pour un parc.Cette maison était flanquée de deux tourelles jumelles, au tait d\u2019ardoise, très pointues et terminées par de pittoresques gircue.tes; il n\u2019en fallait pas plus, dans le pays, pour qu\u2019on la qualifiât de \u201cchâteau\u201d, d\u2019autant qu\u2019il se trouvait encore, dans le parc, une vieille tour de pierre aux trois quarts en ruines, toute tapissée de lierre, dont une seule pièce était habitable, transformée en bibliothèque; c\u2019est là que Michel de Mirecourt se tenait le plus volontiers.Georgette connaissait fort vaguement ces détails par sa mère, qui avait bien dû venir deux ou trois fois, en tout et pour tout, au \u201cchâteau\u201d de Mirecourt.Puis elle avait renoncé à ces visites inutiles, d\u2019où elle revenait chaque fois davantage meurtrie, brisée par de nouvelles scènes.Car Michel de Mirecourt, outre qu\u2019il n\u2019était pas commode, ne lui avait jamais pardonné son mariage.Un mariage d\u2019amour, pourtant, et Georgette y pensait quelquefois, rêveuse: \u201cMoi, si je me marie un jour, je ferai comme maman: j\u2019épouserai l\u2019homme que j\u2019aime, et voilà tout!.Je m'unirai selon mon coeur.\u201d Mais, pour l\u2019instant, son coeur de jeune fille, à peine durci par les premières épreuves de la vie, n\u2019avait encore battu pour personne.Et la jolie petite fille en noir ignorait encore les tourments de l\u2019amour.Il y avait aussi une question qu\u2019elle se posait, par pure curiosité, d\u2019ailleurs, car cela ne pouvait l\u2019intéresser que d\u2019une façon très relative: l\u2019oncle Michel était-il riche?Dans la famille Lemaire, les avis étaient partagés, les plus lointains cousins se mêlant d exprimer une opinion de bases fragiles.Sans doute Michel de Mire-court jouissait-il d\u2019une bonne aisance, vivant du produit de ses terres, que géraient quelques fermiers, et ne s\u2019adonnant à aucune tâche bien définie; un vrai gentilhomme campagnard.Mais, de là à prétendre qu\u2019il possédait une fortune, il y avait plus d\u2019un pas à franchir!.Et Georgette imaginait bien, sachant au surplus son oncle plutôt avare, que ce n\u2019était pas une existence fastueuse qui l\u2019attendait où elle se rendait.Au surplus, que lui importait?.Elle était trop fière pour demeurer longtemps à la charge de^ quiconque, et, à la première occasion, elle s\u2019offrirait à travailler.Pour l\u2019instant, elle ne pouvait réfléchir que sur des hypothèses, et, bientôt, elle cessa de penser à tout cela.L'ALBATROS Souvent pour s'amuser, les hommes d\u2019équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers.A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avirons traînés à côté d'eux.Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid ! L'un agace son bec avec un brûle-gueule, L'autre mime en boitant, l'infirme qui volait ! Le Poète est semblable au Prince des nuées Qui hante la tempête et se rit de l'archer ; Exilé sur le sol, au milieu des huées Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.Charles Beaudelaire Par MAX-ANDRE DAZERGUES Le train roulait toujours dans la campagne endormie.Il était plus de dix heures.S\u2019il n\u2019avait pas de retard, Georgette Lemaire devait arriver à la petite gare de Mirecourt-les-Vignes à onze heures moins dix.Elle approchait donc et, y songeant, c\u2019était encore un passage de la lettre de l\u2019oncle Michel qu\u2019eile se récitait par coeur: \u201cJe ne puis me déplacer en ce moment, à cause de mes fréquen es attaques de goutte, ma s je t\u2019enverrai chercher à la gare par Pascal, qui m\u2019est dévoué.Une demi-heure plus tard, tu seras au château.\u201d L\u2019oncle était sobre de détails, mais cela ne suffisait-il pas?.Qui était ce Pascal?.Georgette ne s\u2019était pas posé la question plusieurs fois.Elle verrait bien, et rien ne l\u2019inquiétait!.C\u2019était une enfant candide, aux prises avec la vie mauvaise.Mais, soudain, elle sursauta, et une sensation de malaise l\u2019oppressa.Oh!.c\u2019était vague, indéfinissable, mais pénible.Elle n\u2019eût su dire pourquoi elle avait peur ainsi, inexplicablement.Car l\u2019homme au cache-col rouge était toujours dans le couloir, où il fumait des cigarettes.Quoi d\u2019étonnant à cela, au fond?Quoi de plus naturel même?.Un voyageur solitaire, qui s\u2019ennuyait, faisait les cent pas dans le couloir.Il ne passait pas et repassait sans cesse; non; il restait même assez longtemps sans se montrer, changeant de place.Un monsieur nerveux, sans doute, qui n\u2019avait pas envie de rester assis dans le compartiment voisin qu\u2019il devait occuper.Georgette l\u2019avait remarqué, tout à fait par hasard, et machinalement, juste après Villefranche, parce que, à ce moment, il avait plaqué d\u2019indiscrète façon son visage contre la vitre du compartiment où elle se trouvait.Il ne s\u2019était d\u2019ailleurs pas attardé et avait aussitôt repris sa navette dans le couloir obscur.Pareille rencontre, en chemin de fer, n\u2019avait rien d\u2019extraordinaire.Néanmoins, Georgette Lemaire n était pas tranquille.Elle avait fort mal vu l\u2019homme, qui, lui, avait paru bien la regarder, mais une seule fois, \u2014 cette fois-ci.Depuis Villefranche, il se montrait beaucoup plus discret.Il faisait même de fréquentes absences, et, s ouvent, elle ne voyait de lui quo ses larges épaules, bien prises dans un pardessus gris, avec cet énorme cache-col de laine rouge qui débordait, et que, étant femme, elle avait tout de suite remarqué pour son excentricité de mauvais goût.L\u2019homme ne lui avait pas adressé la parole, ni esquissé le moindre geste équivoque.Il eût pu aisément prendre place dans son compartimen aux trois quarts vide et tenter de lier conversation.I! ne l\u2019avait pas fait, se bornant à demeurer dans le couloir, comme s\u2019il montait une garde silencieuse.Peut-être la trouvait-il jolie?.En tout cas, il se dispensait de le lui dire, et il avait raison!.Georgette haussa les épaules, se goif-mandait.Elle était stupide, en vérité, de se faire a nsi \u201cdos idées\u201d, comme disent les bonnes gens.Et elle se renfonça dans son coin en soupirant.La fatigue, sans doute?Le sommeil qui lui piquait les yeux?Elle se sentait nerveuse, facilement impressionnable.Que serait-ce, mon Dieu!.lorsqu\u2019elle serait en route pour le \u201cchâteau\u201d!.En attendant, l\u2019homme au cache-col rouge s\u2019élait éclipsé, une fois de plus.[ Lire la su.te page 16 j 10 Le Samedi, Montréal.23 juillet 1949 «m, mue r« Bigsr»; LA CRUCHE CASSÉE Nouvelle par EDGE TREMOIS CE n\u2019était pas que Léon fût un méchant garçon.Auxiliaire dans un ministère, i! était apprécié de ses chefs, pour sa docilité, et de ses camarades, pour son affabilité.Léon avait hérité de sa famille les traditions que charbonnier doit être maître chez soi et que, dans tout ménage, l\u2019homme seul doit commander.Heureusement, Denise, sa femme, douce, gracieuse et blonde, semblait avoir été créée pour la réalisation de ces beaux principes.Aussi, ce Léon, haut comme une botte, maigre comme un coucou, hargneux comme un roquet, ne se privait pas d\u2019aboyer à ses trousses, à tout propos et hors de propos.La stoïque Denise arrondissait alors, sous l'averse, ses magnifiques épaules et se contentait de répondre : \u2014 Calme-toi, mon chéri.Tu vas troubler ta digestion.Léon, bien entendu, s\u2019emportait de plus belle.Tout était la faute de Den se.Leur auto tombait-elle en panne ?Denise avait omis de l\u2019avertir, elle qui avait l\u2019oreille si fine, que, depuis quelque temps, un bruit anormal se faisait entendre.Se trouvait-on en retard ou trop en avance ?\u2014 Avant l\u2019heure, ce n\u2019cst pas l\u2019heure.Après l\u2019heure, ce n\u2019est plus l\u2019heure \u2014 Denise, également était tenue pour responsable, soit qu\u2019elle eût négligé de battre le rappel au moment du départ, soit qu\u2019elle l\u2019eût trop précipité.Se trompait-on de chemin ?Denise, encore, avait mal étudié la carte, déchiffré, sans intelligence, les poteaux indicateurs \u2014 « qui ne sont pas faits pour les chiens ».Recevait-on des amis ?Allait-on chez eux ?Léon ne manquait pas de reprocher à Denise sa trop grande Tant va la cruche à Veau qu\u2019à la fin, elle se brise.Attention, maris grognons, vous rencontrerez peut-être votre Denise ! Dessin de JEAN MILLET froideur ou son excessive amabilité.Quand, gentiment, elle l\u2019avait consulté auparavant sur la conduite à tenir, n\u2019avait-il pas toujours répondu en haussant les épaules : «Voyons, tu es majeure! Tu prendras le vent!» Mais il négligeait régulièrement de lui expliquer dans quel sens il pourrait souffler.De sorte que, Denise ne s\u2019étant jamais comportée s ainsi qu\u2019il l\u2019eût souhaité », il ne lui ménageait pas, après coup, les observations.Jeu aussi bête qu\u2019énervant.Parfois ses propres amis lui disaient : \u2014\tMais laissez-la donc tranquille, mon vieux.Elle ne pouvait pas deviner.Ce à quoi il répondait : \u2014\tElle aurait dû ! Une femme qui n\u2019a pas le sentiment des nuances n\u2019est pas une femme.Et ce à quoi Denise aurait pu objecter : \u2014\tEt un homme qui manque de tact, qu\u2019est-ce que c\u2019est ?Cependant, Léon aimait sa femme.Dans son for intérieur, il lui reconnaissait de solides qualités.Parfaite ménagère, excellente cuisinière, intelligente, ordonnée, économe, dévouée.Si on l\u2019avait poussé jusque dans ses derniers retranchements, il aurait même fini par avouer qu\u2019au demeurant il n\u2019aurait su vivre sans elle.Mais c\u2019était plus fort que lui.Il lui fallait, dans son ménage, une tête de Turc, un souffre-douleur pour bien établir son autorité de chef.Il y a toujours de bonnes petites amies, prêtes à envenimer les querelles dans les meilleurs ménages.Quoique la blonde Denise ne semblât guère affectée des réprimandes de son mari, d\u2019aucunes ne manquaient pas l\u2019occasion de lui prodiguer des conseils.\u2014\tMoi, à votre place, ma chère, je me révolterais ! L\u2019admirable Denise se contentait de sourire : \u2014\tA quoi bon ?Léon n\u2019est pas plus méchant qu\u2019un autre, il m\u2019échauffe un peu les oreilles.Mais je voudrais pouvoir le lui faire comprendre sans le vexer.Un jour, Léon, en rentrant de son bureau, trouva Denise la figure décomposée.\u2014\tQu\u2019y a-t-il encore ?grogna-t-il.\u2014\tRien, murmura Denise en détournant la tête.\u2014\tComment rien ?Tu me prends pour un imbécile ?Tu as commis quelque balourdise.Je me trompe ?Denise soupira longuement et répondit : \u2014\tNon.\u2014\tA la bonne heure ! triompha Léon.Pour une fois, tu es franche ! Allons, confesse-toi.Tu as cassé quelque chose !.\t[ Lire la suite page 33 ] Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1049 11 Tira 'tàimSsË' \u2022\u2019\u2019Csv .'\u2022* : :v: frfceèw.i ?' Adoptez ce PLAT CHAUD .^.ir \" à® \u2018 ¦ ¦WSite>£ **\u2022 pour les Simples Repas r/Eie ;S(Æ: COMDEX Du poulet en abondance, des nouilles aux oeufs dorées, un riche bouillon de poulet en font une soupe très nourrissante El i u délicieuse contribution apporte à vos repas cette délicieuse soupe à l'ancienne mode ! T/odeur du poulet réveille l\u2019appétit en été.Toute la famille prend sa cuiller et commence le repas d'une façon délicieuse \u2014 et le finit satisfaite.Oui, partout les femmes servent la Soupe au Poulet et Nouilles Campbell\u2019s d'une façon régulière pendant l'été.Elles savent cpi\u2019elle peut tenir lieu de plat chaud pour d\u2019innombrables lunchs et soupers, rendant meilleurs les plats froids.Avez-vous de cette délicieuse soupe sous la main ?UN OU DEUX Soupe au Poulet et Nouilles Campbell's Salade de Légumes avec Fromage Domestique Muffins de Blé Complet Framboises\tThé Glacé MENUS TYPES Soupe au Poulet et Nouilles Campbell's Tranches de Viande Froide Salade de Pommes de Terre Tranches de Tomates Petits Pains Croustillants Cossetarde en petits Pots Café Glacé SOUPE ÀU POULET ET NOUILLES C\u2019est moi qui suis veilleur de nuit, Je sonn\u2019 les douz\u2019 coups de minuit; Une soupe chaude à l\u2019ouvrage, Suffit pour me donner courage! LES SOUPES CAMPBELL\u2019S SONT LES FAVORITES DU QUEBEC 27 .Lc Samedi, Montréal, 23 juillet ÎIU'J LE CANADA EXPORTE DE LA MORUE DANS LE MONDE ENTIER ç Il est /n ullable i/ue la munie bien en chair et succulente que cous dégustez avec tant de /ilaisir suit un /irnduit du Canada.Les flottes de lifclie canadiennes fournissent à /ilusieurs [lays de numineuses rariétés de [loissnn de mer.tantes /dus n/i/iclissantcs les unes que les autres.¦ .\t,t.itænl 2ssàiiVà( 1 iff tomm IP mm» F\t'jm i aÿp^pjWi! ¦\t,-X, œm :^TÆ *.Æ Seagram exalte le Canada avant tout! G.\u2018tu* annonce est adaptée d\u2019une de celles que la Maison Seagram a créées pour faire connaître, aux peuples des autres pays, le Canada et ses divers produits.Depuis deux ans, ces réclames paraissent dans îles journaux et des magazines publiés en plusieurs langues iliv erses et lus partout dans le monde.I.a Maison Seagram croit qu\u2019il est de l\u2019intérêt de tous les Canadiens de favoriser la vente de tous les produits canadiens sur les marchés extérieurs.Plus les autres pays connaîtront la qualité, la variété et le renom des produits canadiens.plus il y a de chances qu'ils achètent de nous.C est pour cette raison que la Maison Seagram publie cette série d\u2019annonces dans le monde entier.( élébrrr dans le monde entier, la réputation dn whisky Seagram I .0.se fonde sur une tradition de savoir-faire et ! Ut?v w/im iîJ# &>£*! 053 -\u2022'F ^5»i* Itv &wîv > ^;i ¦ -«M \u201dÏH ' J ?.r®/' 1 ¦\u2022¦\u2022¦«< ,r \u201c:W A-S&» Une scène bucolique qui, sans doute, aurait tenté Corot.Cette pastorale est pourtant située bien loin de celles peintes par l'artiste puisqu'elle a pour théâtre les bords de la Rivière Rouge, aux environs de Winnipeg.On a peine à croire qu'il s'agit de cette même rivière dont les inondations causent tant de ravages au printemps.Photo C.N.R.JOSEPHINE, la guenon tenue par l'inspecteur ERNEST SABOURIN, a contribué à la capture de JO-JO qu'on voit aux mains de GERRY KELLY.JO-JO s'était glissé hors de sa cage durant une représentation de carnaval à Ottawa.L'attrait de Joséphine lui parut préférable à la liberté.DANIEL McCARTHY, un soldat américain de New Hyde Park qui a servi en Allemagne et a décidé de s'y fixer pour de bon.Il téléphone de Francfort à sa mère, qui habite Long Island.Celle-ci essaie en vain de convaincre Daniel de ne pas renoncer à sa citoyenneté américaine.Chercher la femme.y ¦Jmm Ci-dessus, tel est le dernier mot en fait de lignes aérodynamiques pour avions à réactions au turbo-gaz.Par l'étoile, on aura vu qu'il s'agit d'un avion américain destiné à l'aviation militaire de nos voisins.\u2014 Ci-contre, une vue de la cathédrale de Truro, en Cornouailles, Angleterre.Sa construction.commencée en 1880, a duré trente ans.On y a employé les célèbres granits de la région.Son clocher de 250 pieds de hauteur est un hommage à la mémoire de la reine Victoria.Le plancher est en mosaïque de marbre et le choeur est orné de lapis-lazuli.bbb marne f | mu mksœ \u2022\u2019 v; ' .\u2022»> \tX \t \t ggii*#3cfe3|\t \t jà I GEORGETTE AUX TROIS FIANCES L Suite de la page 9 ] 16 Il y avait peu de monde dans ce train, et il devait avoir, dans les couloirs, tout l\u2019espace favorable pour se promener!.Georgette gardait le souvenir de son visage un instant entrevu: un visage jeune, énergique et dur, entre trente et quarante ans; des traits réguliers; la moustache rasée.Durant quelques minutes, la jeune fille, qui avait eu la désagréable surprise, en sortant de sa somnolence, de voir braqués sur elle les yeux de l\u2019inconnu, épia le couloir redevenu désert.L\u2019homme ne reparut pas.Elle eut un petit sourire nerveux, et se prit à murmurer: \u2014 Que je suis bête!.Puis elle n\u2019y pensa plus, reportant son esprit vers Mirecourt et son \u201cchâteau\u201d.Au reste, elle approchait, maintenant.Elle se leva pour descendre sa valise, et le léger bruit qu\u2019elle fit réveilla la vieille dame, qui lui sourit: \u2014 Vous êtes arrivée, mademoiselle?\u2014 Oui, madame.\u2022\u2014Vous descendez à Mirecourt!.Jamais vous n\u2019allez trouver un hôtel dans ce petit pays!.\u2014 On vient m\u2019attendre à la gare.Elles avaient ainsi échangé déjà quelques mots, pour tuer le temps; mais elles n\u2019étaient bavartes ni l\u2019une ni l'autre.Elles en restèrent là \u2014 Au revoir, madame!., dit Georgette, poliment.Puis elle sortit dans le couloir, sa valise à la main.Peut-être n'était-elle pas tranquille?.Elle jeta un regard jusqu\u2019au fond du couloir et, instantanément, se sentit rassurée.Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres.L\u2019homme au cache-col rouge avait disparu.Sant doute avait-il regagné son compartiment?A moins que, passant par les soufflets, il n\u2019eût changé de wagon?.Georgette Lemaire ne devait jamais connaître de réponses à ces questions, car le train ralentissait, sifflait, puis s\u2019arrêtait le long du quai de la petite page.La jeune fille était arrivée.Son aventure commençait!.Ill L\u2019homme au cache-col rouge était descendu quelques minutes avant Georgette Lemaire, alors que le train roulait encore.Visiblement, il était pressé.Il devait agir, également, selon un plan bien établi, car il n\u2019hésita pas une minute.Tout de suite, il traversa le quai, sortit de la gare et, à grands pas.il se perdit dans la nuit.Bien entendu, la petite bourgade était endormie, et presque aucune lumière n\u2019y brillait.Le paysage était sinistre, envahi par une de ces brumes de printemps pernicieuses, derniers vestiges de l\u2019hiver qui s\u2019enfuit.L\u2019inconnu n\u2019alla pas loin.Il s\u2019engagea dans un petit chemin creux qui longea.t d\u2019abord la voie ferré, puis s\u2019en écartait pour gagner la campagne.Il s\u2019arrêta bientôt.Une voiture automobile se trouvait là, tous feux éteints.Un homme, coiffé d\u2019une casquette rabattue sur les yeux e: vêtu d\u2019une veste de cuir dont le col relevé empêchait île distinguer le v.-oge.se tenait au volant et semblait somnoler Il sursauta à l\u2019arrivée de l\u2019inconnu, qui passant la main par la portière, lui pin çait le bras en grommelant: \u2014 Salut!.-Ah!.c\u2019est toi?.lit l\u2019autie sans s\u2019émouvoir.Bonsoir!.Le train a eu du retard?.\u2014 A peine.Dix minutes! \u2014 Alors?\u2014 Tout va!.Ce laconique entretien n\u2019avait exigé que quelques secondes, suffisantes pour éveiller l\u2019attention d\u2019un troisième pcr-sonnage, confortablement installé à l\u2019in- térieur de la voiture, qui était un élégant cabriolet.Ce personnage se pencha par la portière et murmura, d\u2019une voix étrangement douce, au timbre révélateur: -\tBonsoir, Maurice.C était une femme.Dans les ténèbres, avec lesquelles elle se confondait d\u2019autant plus qu\u2019elle était drapée dans d\u2019épais voiles de deuil, on la distinguait a peine, malgré un pâle rayon de lune.Elle devait être jeune, car il y avait une sorte de vivacité dans ses gestes, une certaine nervosité aussi.L\u2019homme au cache-col rouge, qui répondait donc au prénom de Maurice, répliqua simplement: \u2014 Bonsoir, Ginette!.\u2014 Quoi de nouveau?interrogea la dame en noir.\u2014 Que diable veux-tu bien qu\u2019il y ait de nouveau!.maugréa l\u2019inconnu du train.Allons, en route, ne perdons pas de temps!.Ce disant, il ouvrit la portière du fond et se laissa tomber sur la banquette, aux côtés de la jeune femme, qui se recula pour lui livrer passage.Puis la portière claqua, avec un bruit sec, et le nommé Maurice se pencha en avant: Vas-y, Albert!.Tu connais l\u2019itinéraire?.-\tOui, bien sûr!.Toujours le chemin du Grand-Chêne?.-\tLe chemin du Grand-Chêne, oui!.Ensuite, tu t\u2019arrêteras au carrefour des Ecureuils.-\tCompris!.L\u2019auto démarra, silencieuse et souple.Elle n\u2019allait pas très vite, à cause de l\u2019obscurité, et parce que ses phares, mis en veilleuse le plus étroitement possible, éclairaient à peine.Mais son conducteur devait connaître parfaitement le chemin.La dame en noir avait pris le bras de Maurice et interrogeait encore: \u2014\tTu as fait bon voyage, alors?Pas d\u2019incident?.\u2014\tMais non, lien!.répondit l\u2019homme au cache-col rouge avec une nuance d\u2019impatience.Ne sois donc pas inquiète.\u2014\tC\u2019est stupide!.dit-elle, mais.mais je ne suis pas tranquille!.J\u2019ai toujours peur qu\u2019il arrive quelque chose.\u2014\tIl n\u2019arrivera rien que ce qui est prévu!.Tous deux se turent.L\u2019automobile roulait dans les ténèbres, s\u2019écartant de la voie ferrée où filait un serpent de feu: c\u2019était le train qui venait de repartir et dont on voyait disparaître déjà, dans le lointain, la lumière rouge, tremblotante, du fourgon de queue.Et, au même moment, Georgette Lemaire, toute seulette et perdue, s'éloignait de la gare déserte, à petits pas hésitants, sa valise à la main, fouillant la nuit d\u2019un regard dilaté.L\u2019auto était loin, maintenant, et la femme en deuil se lamentait: \u2014 Quel long détour!.\u2014 C\u2019est plus prudent, trancha Maurice.Il ajouta, d\u2019une voix dure: \u2014 Tais-toi, je t\u2019en prie!.J\u2019ai assez de tes jérémiades!.Puis, se penchant vers le chauffeur: \u2014 Plus vite, Albert!.Il faut que nous soyons aux Ecureuils dans dix minutes.L\u2019auto s\u2019enfonça dans la nuit.IV A PEINE sortie de la gare, Georgette vit s\u2019avancer vers elle une forme sombre, qui faisait de grands gestes bizarres.Instinctivement, la jeune fille recula, prise d\u2019une frayeur subite, indéfinissable.Mais la silhouette se rapprochait d\u2019elle et fut bientôt à la frôler, tandis qu\u2019une voix pâteuse énonçait péniblement ces paroles: Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 \u2014\tC\u2019est bien à mademoiselle Lemaire que.que j\u2019ai l\u2019honneur.l\u2019honneur de.^ ' Ho!.L\u2019homme avait le hoquet, et il titubait.\u2014\tC\u2019est moi-même, trancha la jeune fille, assurant son sang-froid.Que me voulez-vous?.\u2014\tJe suis Pascal, mademoiselle, le vieux Pascal.ho!.et M.Michel m\u2019a dit comme ça.ho!.de vous prendre à la gare, et puis.Mais donnez-moi donc votre valise, mademoiselle!.Georgette obéit, machinalement, quoique défavorablement impressionnée.L\u2019homme était abominablement ivre, mais paraissait inoffensif.La jeune fille hocha la tête en soupirant: si c\u2019était cela, le «dévoué» Pascal dont parlait son oncle!.Enfin, elle ne pouvait que le suivre, d\u2019autant qu\u2019il balbutiait, désignant un faible halo de lumière fauve: \u2014\tLa charrette est là, mamVelle.Us firent quelques pas ensemble, l\u2019un suivant l\u2019autre, et Pascal titubait toujours, en portant la valise, dont le poids l\u2019entraînait.Il put néanmoins se jucher sur le siège, et la voyageuse prit place à côté de lui.Le cheval s\u2019ébranla de lui-même, et le véhicule s\u2019engagea dans un sentier rocailleux, à peine assez large pour lui livrer passage.\u2014 Vous avez fait.ho!.un.bon voyage?.Pascal semblait rempli de bonne volonté, mais il dut bientôt renoncer à parler, car sa langue trop lourde s\u2019y refusait.Au surplus, la jeune fille lui répondait à peine, n\u2019articulant que les mots nécessaires.Jamais, de sa vie, elle n\u2019avait, certes, rencontré pareil ivrogne!.Maintenant, la voiture cheminait en pleine campagne, au pas lent, balancé, du cheval.Il n\u2019y avait pas de lune, et tout l\u2019horizon restait sombre.Le chemin forestier semblait un vrai coupe-gorge.A la lueur dansante de la lanterne, qui projetait sur eux un pâle reflet, Georgette Lemaire contemplait, à la dérobée, son compagnon.N\u2019eût été son ivresse \u2014 et à quel degré! \u2014 qu\u2019il ne lui eût pas été antipathique.Pascal avait même l\u2019air d\u2019un brave homme.Il avait largement dépassé la cinquantaine et portait une barbe inculte qui lui faisait un vrai visage de braconnier.Mais Georgette, au bout d\u2019un moment, cessa d\u2019avoir peur de lui.Il restait, dans son ivresse, \u2014 dont il se rendait compte, \u2014 fort poli, et il eut un geste gauche pour ramener sur les genoux de la jeune fille une couverture qui traînait dans la voiture: \u2014 Les nuits sont fraîches, ma petite.ho?.demoiselle!.\u2014 Sommes-nous encore loin de la maison de mon oncle?interrogea la jeune fille en s\u2019enveloppant de l\u2019étoffe rude.Elle interrogeait anxieusement l\u2019horizon et finit par apercevoir, sur les indications de son triste cocher, une masse confuse entourée de grands arbres, flanquée de deux tourelles pointues.Tout se découpait fantastiquement en ombres chinoises sur le fond du ciel nuageux, auréolé d\u2019un imperceptible rayon de lune.Une lumière lointaine brillait à une fenêtre, dans les feuillages.\u2014 C\u2019est là-haut, fit Pascal.Nous y serons dans.ho!.dix minutes!.Georgette respira, soulagée, et la charrette poursuivit sa route, cahin-caha.L\u2019endroit était sinistre, la région désolée.Un chien aboya quelque part, dans les lointains ombreux.Des oiseaux noirs planaient sur une ferme isolée.Une chouette hulula lugubrement, invisible, et Georgette tressailli^y longuement.\tt/\u20191 Elle réagit pourtant et même dit, voulant se montrer aimable: 1\tL'I\tHO\tR 0 S C G\t\t\tLU\t\tDU\tr\tr\tSA\tMED\t\tr\tr \t\t\t\t\t\t(Nouvelle série)\t\t\t\t\t\t\t\t\t 5\t3\t7\t2\t6\t4\t3\t8\t2\t5\t7\t3\t6\t2\t8\t4 V\tL\tV\t0\tU\tG\tA\tB\tN\t0\t0\tF\tN\tV\t0\t0 7\t2\t6\t4\t3\t7\t2\t5\t8\t3\t6\t2\t5\t3\t4\t2 U\t0\tG\tU\t0\tS\tU\tU\tN\tR\tR\tS\tS\tT\tT\tA 8\t4\t7\t2\t6\t5\t3\t8\t4\t2\t6\t5\t3\t7\t2\t4 N\tP\tS\tI\t0\tE\tU\tE\t0\tM\tS\tT\tN\tE\tE\tU 5\t2\t7\t4\t3\t6\t5\t2\t8\t4\t3\t6\t2\t5\t7\t4 E\tP\tR\tR\tE\tB\tS\t0\tN\tL\tV\tE\tU\tC\tE\tE 8\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t3\t8\t5\t2\t6\t4\t3\t7\t2 0\t0\tN\tH\tR\tZ\tS\tU\tU\tA\tV\tE\tA\tS\tD\t0 8\t5\t2\t6\t3\t7\t4\t8\t2\t5\t3\t6\t4\t2\t7\t3 V\tN\tU\tF\tS\tE\tR\tE\tS\tC\t0\tI\tT\tM\tC\tU 5\t2\t8\t6\t3\t7\t5\t2\t8\t3\t6\t4\t8\t2\t5\t3 E\tE\tL\tC\tR\tU\tU\tM\tL\tI\tE\tS\tE\tE\tX\tT \tComptez 1\t\tles lettres\t\tde\tvotre\tprénom.\t\tSi le\tnombre\t\tde lettres\t\test\tde 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc.I Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 17 lus soyeux vos c veux :s reii( BPSsteflW \u2014 Il y a du bon vin dans votre région, n\u2019est-ce pas?.Je crois même que vous devez l\u2019aimer, monsieur Pascal!.Oh!.ça n\u2019a pas d\u2019importance!.Il hoqueta, les yeux soudain embués de grosses larmes d\u2019ivrogne: \u2014 Vous êtes bien bonne, ma petite demoiselle!.Ho!.Et bien indulgente aussi, davantage que monsieur.ho!.que M.Michel, qui tient sa cave fermée et qui.ho!.Elle ne put s\u2019empêcher de sourire: \u2014 Alors, vous allez boire à l\u2019auberge du village?.\u2014 Euh!.c\u2019est-à-dire.ho!.On ne peut.on ne peut rien vous cacher, ma-demoi.ho!.selle!.Oui, bien sûr, j\u2019ai vidé, cet après-midi, et puis ce soir, avant de descendre à la gare.ho!.quelques bonnes bouteilles avec Albert.\u2014 Albert?.\u2014 Il est généreux!.C'est le fermier du Grand-Chêne.\u2014 Le Grand-Chêne?.\u2014 Une riche propriété des.ho!.environs.plus riche encore que le château de votre.ho!.oncle.\u2014 Ah!.oui?.fit Georgette, indifférente au fond, et qui ne parlait maintenant que pour lutter contre l\u2019ambiance désagréable, inquiétante et sinistre, de la campagne endormie.Mais est-ce que nous n\u2019allons pas bientôt arriver?.\u2014 On finit bien toujours par arriver, dame!.Sur cette réponse sibylline, Pascal donna un coup de fouet maladroit a sa monture, pour la stimuler un peu.Le cheval fila un peu plus vite, malgré la pente, et la charrette grinça de tous ses essieux.Il y eut un grand coup de vent.\u2014 Patience!.mademoiselle!.reprit Pascal.Nous y.ho!.nous y voilà bientôt.Voici les Ecureuils.\u2014 Quels écureuils?Où ça?Où vovez-vous des écureuils, vous?.Il rit: \u2014 C\u2019est le nom d\u2019un carrefour d\u2019ici.ho!., le carrefour des Ecureuils, et lorsque.oh!.ho!.ho!.ho!.Mais, cette fois, ce n\u2019était plus l\u2019ivresse qui faisait ainsi hoqueter le bonhomme, et cette succession d\u2019exclamation exprimait ensemble sa stupeur, son effroi, son désarroi, sa terreur, tout en voulant s'adresser à son cheval comme un ordre impératif.\u2014 Ho!., ho!.\u2014 Ah!.répondit, en écho, un cri déchirant de Georgette Lemaire, qui se dressa tremblante.Car, brusquement, la charrette, en grinçant, s\u2019était arrêtée, et le cheval s\u2019était cabré, puis immobilisé, saisi par la bride, tandis que, des fourrés bordant le carrefour des Ecureuils, deux hommes venaient de surgir, menaçants, tels des diables jaillissant, de la nuit!.Le visage de ces hommes était invisible, dissimulé sous un lambeau d\u2019étoffe sombre.Ils ne perdirent pas une seconde et agirent avec une rapidité et une brutalité déconcertantes, prenant littéralement d\u2019assaut la pauvre charrette!.C\u2019est à peine si Georgette Lemaire put réaliser ce qui lui arrivait!.Elle cria, instinctivement, la gorge serrée: \u2014 Au secours!.Puis, aussitôt, malgré qu\u2019elle se débattit, elle se sentit saisie à bras-le-corps par l\u2019un des deux hommes, qui était monté sur le marchepied, et qui la tirait à lui !.La seconde d\u2019après, il la posa rudement sur le sol.Elle faillit perdre l\u2019équilibre, mais se raccrocha à la roue.Le cheval ruait tant et tant qu\u2019il eut bientôt raison du fanal suspendu.La lanterne décrochée roula à ter re et s\u2019éteignit.La confusion devint extrême.Quant à Pascal, il y avait longtemps déjà qu\u2019il gisait au beau milieu du chemin, étendu sur le dos, incapable, dans l\u2019état où il se trouvait, de toute résistance, et facilement jeté à terre par quelques coups de poing.Meurtri d\u2019horions, il ânonnait de plus en plus et ne pouvait se redresser!.\u2014 Au secours!.hurla désespérément Georgette, qui sentait que son ravisseur cherchait à l\u2019entraîner dans le bois proche.Au sec.Le reste s\u2019étrangla dans sa gorge.Elle crut vivre un rêve.Une troisième ombre avait surgi on ne savait d\u2019où, bondissant sur les deux autres, et il s\u2019ensuivit un invraisemblable imbroglio, un véritable corps à corps!.L\u2019homme qui la retenait dut lâcher prise, en grommelant un sourd juron, et, atteint d\u2019un coup de pied au creux de l\u2019estomac, il alla promptement rejoindre Pascal sur le sol !.Quant au second individu qui avait attaqué la charrette, déjà il s\u2019enfuyait, non par lâcheté, mais probablement par prudence, longeant la lisière du bois, et intimant à son compagnon, sur un ton qui n\u2019admettait point de réplique, l\u2019ordre de le suivre: \u2014 Vite, vite!.sifflait-il.Viens vite!.Filons!.Leur coup raté, les deux vauriens ne se souciaient guère de s\u2019attarder en ce lieu!.Celui à qui s\u2019adressait cette invitation ne se la fit pas répéter.Il se releva d\u2019un bond et rejoignit son complice.Tous deux s\u2019engouffrèrent dans les fourrés, où ils disparurent aussi vite qu\u2019ils en avaient surgi.Au dernier instant, l\u2019agresseur de Georgette avait ramassé son cache-col, trop révélateur, un gros cache-col de laine rouge.Et ces deux hommes, empruntant des sentiers couverts, mirent trois minutes à peine à rallier un petit cabriolet où les attendait une mystérieuse dame en noir, qui parut à la fois \u2014 chose étrange \u2014 consternée et satisfaite de leur échec.L\u2019auto démarra en silence, puis accéléra l\u2019allure et se perdit dans la campagne.Le tragique incident, de ce côté-là, était clos.Pendant ce temps, Georgette, interdite, contemplait son sauveur.Celui-ci avait rapidement renoncé à poursuivre les inconnus et se tenait devant elle.Il avait rallumé la lanterne; elle le voyait en pleine lumière.\u2014 Oh!.monsieur!.balbutia-t-elle, encore tout émue.Comment vous remercier?.Elle lui souriait, exquise, et il la regardait avec une admiration timide.C\u2019était un jeune homme d\u2019environ vingt-cinq ans, robuste \u2014 il l\u2019avait prouvé \u2014 et bien découplé.Il portait une veste de chasse en velours à côtés et avait les jambes gainées de cuir.Il souriait, lui aussi: \u2014 Pas de mal, mademoiselle?Et pas trop peur?.\u2014 Non, fit-elle.Merci.C\u2019est fini.C\u2019est passé.Pascal, à son tour, se relevait.L\u2019algarade l\u2019avait tout à fait dégrisé.Il s\u2019écria: \u2014 C\u2019est donc toi, Claude!.Et bien! mon gars, nous te devons une fière chandelle, la demoiselle et moi !.Il le présenta à Georgette, qui lui serrait doucement la main: \u2014 Claude Hardier, le garde-chasse de la Forestière, une propriété de par là! \u2014 Je faisais ma ronde, expliqua le jeune homme, lorsque j\u2019ai entendu des cris, des appels, et, ma foi, j\u2019ai accouru.Mais que s\u2019est-il donc passé?.\u2014 Ma foi, je n\u2019en sais fichtre rien!.soupira Pascal en se frottant les côtes.Nous avons été assaillis par des rôdeurs.Je ne comprends pas!.\u2014 Enfin, tout est bien qui finit bien!.conclut Georgette, remontant dans la charrette.Tous, ils devaient comprendre par la suite.Mais, pour l\u2019instant, le mystère subsistait, et nul ne cherchait à l\u2019approfondir, heureux d\u2019en être quittes à bon compte.La jeune fille ne songeait même pas à établir un rapprochement avec l\u2019inconnu du train.D\u2019ailleurs, elle Plus de \"chevelure d\u2019été\u201d terne et rêche- employez et le \u201ctraitement de 60 secondes\" Le soleil ardent et l\u2019eau ont tôt fait de délustrer votre chevelure.Cet été, gardez votre chevelure plus saine, plus attrayante; employez Yitalis.Vitalis lui (\u2018 ra une apparence soignée, naturelle, lustrée.Avec \\ italis pas de taches huileuses, pas de striures blanchâtres embarrassantes, pas d\u2019apparence \"pommadée\u201d.Vitalis ne contient que de fines huiles végétales qui conditionnent Essayez le \u201ctraitement de 60 secondes\u201d de Vitalis, 50 secondes pour frictionner\u2014 10 secondes pour peigner.Vitalis stimule votre cuir chevelu comme ne peuvent le faire les pommades et les huiles non alcoolisées.Il débarrasse des pellicules 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marchant courbé en deux.Il passait d'ailleurs le plus clair de son temps dans la bibliothèque de la vieille tour, la seule pièce habitable de cette morne bâtisse.Son humeur, sans doute, était exécrable, et Georgette en avait eu tout de suite un exemple en voyant l\u2019accueil qu il avait lait à Pascal ivre; il l\u2019avait si severement réprimandé que le pauvre homme ne savait plus où se mettle.Il lui avait même dit, en manière de conclusion: ai7Jo t aLdéj:l lk'f.*-i.* t* J SisBMP TT1 'Vxsjgtæâfc; Wim iV v iryw ^3^ t*''*'' Wll1 C-\"* >££' m-Æ *i»k x3i,*v, « - \u2022 .¦* > V\u201c i-C&'.t: ÉSÊÉ&iaSli gTO>|*y ¦¦+'¦ ¦ Cette vue à vole d'oiseau nous montre un centre minier de Terre-Neuve, à Bell Island.Il s'agit ici d'une mine de fer de bon rendement.Au temps meme de Rabelais, pêcheurs basques et bretons venaient prendre la morue dans les eaux de Terre-Neuve.On conçoit donc aisément cette richesse naturelle.On retrouve ici, dans Bell Island, des stock de minerai de fer provenant de l'une des mines de la Dominion Steel & Coal fort réputée là-bas.TERRE- belliqueuses d\u2019un dictateur européen.On sait que les problèmes actuelles ne sont pas sans précédents dans l\u2019histoire et assez près de nous.Il est intéressant de rappeler qu\u2019en 1864 deux représentants de Terre-Neuve assistèrent aux délibérations qui préparèrent la signature du pacte de la Confédération canadienne, mais l\u2019île ne se décida pas alors à en faire partie.Lors de la visite en Amérique du roi Edouard VII, alors prince de Galles, à l\u2019occasion de l\u2019inauguration de notre pont Victoria, c\u2019est à St-Jean de Terre-neuve que se rendit d\u2019abord le royal voyageur.Rappelons aussi que c\u2019est à Placentia, jadis fortifié par les Français, que Churchill et Roosevelt signèrent le pacte de l\u2019Atlantique.La plus grande richesse de l\u2019île c\u2019est évidemment la pêche, exploitée depuis plus de trois siècles.Depuis une cinquantaine d\u2019années, deux moulins considérables de pulpe et de papier ont été installés à Grand Falls et à Corner Brook.Plusieurs mines sont en exploitation, des mines de fer à Bell Island, des mines de plomb et de cuivre à Buchans.Le réseau ferroviaire qui traverse l\u2019île, allant de St-Jean, sa capitale, à Port-aux-Basques, est maintenaant administré par le Canadien National qui projette de nombreuses améliorations, entre autres de nouveaux embranchements destinés à rapprocher des grands centres les habitants des villages éloignés.La prospérité, que connait Terre-Neuve, depuis que l\u2019île est devenue le port d\u2019escale des avions et que sa situation exceptionnelle l\u2019a placée, pour ainsi dire, à la croisée des chemins de l\u2019aviation mondiale, cette prospérité promet de se décupler avec les années.Ci-dessus, chargements d'épinettes et de pins a destination de la Bowater's Newfoundland Pulp, à Corner Brook, où se trouvent les moulins à papier.L'activité y est toujours intense, vu que l'industrie de la pulpe est l'une des plus considérables à Terre-Neuve.\u2014 Ci-dessous, vue des moulins de la Bowater's Newfoundland Pulp and Paper, à Corner Brook, où le bois de pulpe, provenant des divers endroits de l'ile, est traité.Notons aussi qu'en plus des mines de fer, l'exploitation des mines de plomb et de cuivre à Buchans, en plein centre de Terre-Neuve, offrent d'immenses possibilités de développements.Photos Chemins de Fer Nationaux du Canada.Falls, la jonction de Millertown, Corner Brook et St-Georges.De Port-aux-Basques, on atteint par bateau, North Sydney, terminus du C.N.R.dans l'ile du Cap-Breton.NEUVE ¦mm .^\u2022assn UN FILM FRANÇAIS LA CITE DE L\u2019ESPÉRANCE Avec RENE DARY et ANOUK FERJAC IL est des taudis pittoresques, en dépit de leur délabrement, de la terrible détresse qu\u2019ils cachent comme une lèpre.Ainsi la Cité de l\u2019Espérance.Cette cour sordide, entourée d\u2019un patio aux escaliers vermoulus est le refuge d\u2019un petit groupe d\u2019artistes ratés, de gloires déchues du Caf conc\u2019, des cirques ambulants, des music-halls de la périphérie.Pianistes virtuoses ruinés par le ciné-parlant, ventriloques au ventre creux, équilibristes sous-alimentés, dompteurs en chômage.Mais parmi ces braves gens il n\u2019est personne qui désespère de revoir les beaux jours perdus.Pierre Maufranc (René Dary), mêlé à ces épaves, attend lui aussi que lui sourit la chance.Passionné de mécanique, constructeur d\u2019un prototype dont il espère la fortune, il gagne provisoirement sa vie \u2014 et un peu celle de ses compagnons \u2014 en jouant les «truands» dans un musette-apache à 1 usage exclusif des touristes étrangers en quête d\u2019émotions inédites.Madame Euripide, cerbère de la Cité, règne en despote sur cette étonnante tribu.La petite Louise (Anouk Ferjac), la fille du vieux Williams, le trapéziste, aime Pierre Maufranc, mais celui-ci s\u2019en est-il seulement aperçu?N\u2019a-t-il pas dit: «L\u2019amour, ça n\u2019est pas fait pour les pauvres».Sans doute n\u2019est-ce point là l\u2019avis du beau Reggio qui chante des romances à longueur de journée et qui, lui, ne semble pas insensible aux charmes adolescents de Louise.Un jour, un événement d\u2019importance se produit à la Cité de l\u2019Espérance: le facteur a apporté deux lettres! L\u2019une pour Maufranc, au sujet de ses brevets, l\u2019autre pour le vieux Williams qui est convoqué à Bobino en vue d\u2019un engagement.Mais le mauvais sort, vigilant, ne lâchera pas encore ceux de la Cité.Maufranc, victime d\u2019un aigrefin, se verra dépossédé de son invention tandis que Williams, qui a trop présumé de ses forces, se tuera en répétant son numéro.L\u2019adversité s\u2019acharne sur la Cité, et cette fois les plus confiants s\u2019avouent vaincus.Quel miracle pourrait tirer tous ces malheureux de leur détresse?La mort du vieux Williams ne permettra-t-elle pas à Reggio d\u2019arriver à ses fins, de posséder la fille qu\u2019il convoite et qui n\u2019est plus qu\u2019une orpheline sans défense?Maufranc déjouera ses desseins et il n\u2019en faudra pas davantage pour que se révèle en lui un sentiment qu\u2019il n\u2019avait jamais jusqu\u2019alors éprouvé.Cet amour inattendu transforme Maufranc.Il se sent de force maintenant à triompher de la pire infortune.Et cependant il n\u2019est pas au bout de ses épreuves.Un crime a été commis à la Cité.Reggio a été assassiné.Maufranc accusé de ce meurtre, ( Lire la suite paye 50 ] Photo du haut, à droite, Pierre Maufranc (RENE DARY) et Louise (ANOUK FERJAC), la fille du vieux Williams, le trapéxiste contemplant leur cour sordide en compagnie de l\u2019enfant abandonné qui fait désormais partie de la tribu.\u2014 Au centre, les deux vedettes de \"Cité de l\u2019Espérance\".\u2014 Ci-dessous, les mêmes, à table, mangeant un frugal repas avec des compagnons d\u2019infortune dans cette atmosphère d\u2019artistes ratés, de gloires déchues. .^NOTRES»®*' ï\u2019ArâïïfF MSfig W* -.-!! \u2019 /£>>*»\u2022 : .¦¦< ¦ - \u2022 Ci-contre, là où il est démontré qu'il faut se donner beaucoup de ma! pour empaqueter une bouteille à peine grosse comme un fuseau de fil.C'est que la bouteille contient des isotopes ou, en d'autres termes, un liquide qui permettra d'appliquer l'énergie atomique au développement de la science et des oeuvres de paix.A CHALK RIVER Un film documentaire sur l'énergie atomique Ci-dessous, aux approches de l\u2019usine d'énergie atomique de Chalk River, un endroit où il faut montrer patte blanche, même quand on s'y rend nanti de papiers et d'autorisations.Le garde armé, la clôture qui n'a rien d'invitant et les écriteaux bien en évidence rappellent aux curieux ou aux indiscrets qu'il vaut mieux ne pas s'approcher.LES cinéastes de l\u2019Office national du film ont réalisé un documentaire sur le travail qui se poursuit à l\u2019usine d\u2019énergie atomique de Chalk River.C\u2019est le premier film tourné sur le sujet, puisque, jusqu\u2019à récemment encore, toute photographie y était strictement interdite.Le métrage a été tenu sous le plus grand secret, non seulement lors de la prise de vues, mais aussi tout au cours des opérations de développement dans les laboratoires de l\u2019ONF, jusqu\u2019à ce que, enfin, il ait été examiné par le général McNaughton, et approuvé pour fins de distribution.Pendant qu\u2019ils tournaient, les cameramen et techniciens devaient porter des couvre-chaussures qui protégeaient leurs pieds contre toute radio-activité.On exigeait aussi des membres de l\u2019équipe qu\u2019ils épinglent à leurs vêtements un petit bout de pellicule spéciale très sensible aux rayons gamma.On la développe chaque semaine, de sorte qu\u2019il est possible de se rendre compte si le porteur est devenu lui-même radio-actif.Un policier accompagnait sans cesse les cinéastes, afin d'être bien certain que, par erreur, on ne filmerait rien qui doive être gardé secret.Il existe aussi à l\u2019usine d\u2019énergie atomique de Chalk River, un cimetière soigneusement clôturé et cadenassé où l\u2019on enterre dans des fosses qui auront parfois jusqu\u2019à douze pieds de profondeur, les pièces d\u2019équipement devenues elles-mêmes radio-actives.Toutefois, on prend bien note de chaque morceau et de son état au moment de la mise en terre, car il arrive qu\u2019après un certain temps la radioactivité disparaisse, permettant qu\u2019on l\u2019utilise à nouveau.Certaines prises de vues ont été réalisées à Deep River, c\u2019est-à-dire, dans la ville où habitent les employés qui travaillent à l'usine de Chalk River.Le directeur et ses hommes ont pu constater jusqu\u2019à quel point se développait là-bas l\u2019esprit coopératif.Il n'existe toutefois pas d\u2019organisation municipale, et l\u2019endroit est administré par le directeur de l\u2019usine.La ville-usine de Chalk River et la ville-résidence de Deep River ont toutes deux été construites par la Defence Industries Limited.La ville ou, plus exactement, le village de Deep River est un endroit qui se suffit à lui-même.Il est constitué de 360 maisons lesquelles sont des maisons de guerre déménagées à la fin du conflit de l\u2019entourage des usines où elles étaient.Il y a de plus ceci de remarquable que l\u2019on ne voit qu'un magasin de chaque genre: un magasin général, une épicerie-boucherie, une boutique de barbier, un tailleur, un cordonnier, un salon de beauté, et puis évidemment un bureau de poste et un centre communautaire.Le documentaire Rceherche atomique, une réalisation de l\u2019Office national du film, est distribué dans la série En Avant Canada.Ci-dessous, à l'usine canadienne d'énergie atomique, on ne travaille pas, comme on pourrait le croire, à découvrir de nouvelles armes ou engins de guerre.On s'efforce exclusivement de trouver des applications pour fins humanitaires de cette incomparable puissance.Nous avons connu l'ère de la vapeur, celle de l'électricité, tout indique bien que nous sommes en passe de connaître celle de l'énergie atomique appelée à modifier considérablement notre mode de vie.Ci-dessous, tandis que l'un procède à l'opération, l'autre note scrupuleusement toutes les phases : une lumière qui s'allume et s'éteint comme si elle était nerveuse, un liquide rouge qui envahit le récipient de droite et vient ensuite bouillonner dans le second, un tour de manivelle ici et là, et puis un autre, une prise de courant que l'on change de place, un tremblement spasmodique de tout l'appareil.Et voilà : le tour est joué ! Photos ONF. I 2Ü Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 n éié/ilfâhne chaleur à faire éclater un vous pouvez filer comme un oiseau.quand, dans votre auto, vous avez cette huile d\u2019été que résiste à la chaleur, Provenant du raffinage d\u2019huile brute de Pennsylvanie 100% pure, l\u2019Huile à Moteur Quaker State tient le coup dans les conditions de conduite d\u2019été les plus rigoureuses.Elle ne se diluera pas et ne formera pas de cambouis Essayez-la la prochaine fois! QUAKER STATE OIL REFINING COMPANY OF CANADA LIMITED, TORONTO Membre de la Pennsylvania Grade Crude Oil Association Historique de la maison LUDGER GRAVEL & FILS M.PIERRE GRAVEL tPhoto Albert DumasI LE FONDATEUR, M.Ludger Gravel, débuta, en 1898, en mettant sur le marché une huile lubrifiante, la Balmoral, pour équipement agricole et essieux de voitures.En 1900, ayant réussi à accumuler un petit capital, tout en gardant son commerce d'huile, il se lança agent manufacturier.Dès 1901, M.Ludger Gravel décida de se lancer dans le commerce de gros en fournitures pour voituriers et forgerons et fit l'acquisition de la Maison P.-P.Mailloux, en affaires, à cette date, depuis au delà de 50 ans.En 1903, il ouvrit, sous le nom de Standard Paint & Varnish, un département s'occupant de toutes les variétés de peinture.En 1917, M.Ludger Gravel décida de se lancer dans le commerce de fournitures, accessoires pour automobiles, outillage et équipement pour garages.Il créa à cet effet la Maison Ludger Gravel & Fils, sous la direction de son fils Pierre.En juin 1930, le volume d'affaires augmentant sans cesse, on décida de former la compagnie Ludger Gravel 5t Fils Limitée dans le but de concentrer les intérêts des différentes branches d'activité.Dès lors, l'ascension du commerce ne s'arrêta point.L\u2019importante firme The General Tire & Rubber Co.Limited, of Akron, Ohio lui confiait sa représentation pour la province de Québec.A cause de l'augmentation du volume d'affaires et de l'encombrement de la Place Jacques-Cartier, on quitta, en 1935, les locaux occupés depuis 1901, pour s'installer au numéro 3447, Avenue du Parc.Depuis cette date, les affaires augmentant d'année en année pour enfin dépasser le chiffre record d'un million de dollars en 1947, la direction actuelle de la Compagnie décida d'ériger, au coin des rues Saint-Laurent et Gounod, un établissement de 28,000 pieds carrés avec un stationnement avoisinant de 7,000 pieds carrés.En février 1949, la Compagnie Ludger Gravel & Fils Ltée, occupant ses nouveaux locaux, fut en mesure de donner à sa clientèle toujours grandissante, un service quelle s'efforce d'améliorer d'année en année.La direction de la maison comprend : MM.Pierre Gravel, président et gérant général : Rolland Gravel, secrétaire et gérant général des ventes ; Maurice Gravel, vice-président et assistant gérant et Ludger Gravel.MM.Rolland et Maurice Gravel ont fait toute la dernière guerre avec les Fusiliers Mont-Roval. mm * \u2022 'y 'J'v' *58* s»£ \u201cV.iSc;* *N,>, \u2022ÏÎ-^Vk,,^ rp y ' :S\u2019.\\V|1 fi®*- rf y ' :S\u2019.\\VÎ1 Eâüs: *©&?& EN PAYS DE MONTAGNES LORSQUE la seconde guerre mondiale éclata en 1939, la traction électrique était installée sur 4G36 kilomètres du réseau suisse qui avait une étendue de 5887 kilomètres au total.Pendant la guerre, l\u2019électrification fut énergiquement poursuivie sur les chemins de fer, comme d\u2019ailleurs aussi dans l\u2019industrie et pour les usages domestiques; il est probable que d\u2019ici à 1950, toutes les lignes des Chemins de fer fédéraux seront exploitées à l\u2019électricité.C\u2019est une oeuvre nationale de grande envergure que la Suisse va mener à bonne fin.Par rapport à la dimension de son territoire, le pays a investi dans cette modernisation de ses chemins de fer des capitaux dont l\u2019ampleur dépasse tout ce qui a été réalisé ailleurs.Non moins admirable est l\u2019effort technique électrique, des usines de forces motrices .jusqu\u2019aux locomotives, réalisant elle-même aussi toutes les constructions nécessaires à l\u2019électrification dos chemins de fer fédéraux et des principaux chemins de fer privés.On peut dire que dans ce domaine, la Suisse a toujours fait oeuvre de pionnier pour le monde entier, et que dès le début, ses chemins de fer électriques ont donné une forte impulsion à la technique ferroviaire d\u2019autres pays, en lui suggérant sans cesse de nouvelles directives de développement.L\u2019absence de fumée qu\u2019apprécie avant tout le visiteur étranger, enchanté de jouir des beautés du paysage par la fenêtre ouverte du wagon sans être incommodé constamment par la suie et les bouffées de fumée, est loin de représenter le plus grand de ces avantages.Ce qui est autrement important, c\u2019est l\u2019incomporable augmentation du rendement des chemins de fer par la traction électrique.Non seule- ment les locomotives électriques sont en général passablement plus puissantes que les machines à vapeur normales, mais elles exigent aussi des périodes d\u2019immobilisation moins longues que ces dernières; elles sont presque toujours prêtes à servir, et effectivement, elles sont souvent en route pendant des jours et des semaines, presque sans interruption.C\u2019est ainsi que certains types de locomotives express des Chemins de fer fédéraux totalisent Jusqu\u2019à 120,000 kilomètres par an \u2014 trois fois le tour du monde! \u2014 ou davantage encore.Non moins important est le fait que précisément dans un pays montagneux comme la Suisse, la traction électrique permet une hausse considérable de la vitesse, en premier lieu grâce à l\u2019extraordinaire puissance de traction des locomotives électriques, qui permet une accélération rapide du train après une halte ou après un virage pris à allure réduite, en second lieu grâce à leur propriété de supporter une forte surcharge pendant une durée relativement longue, comme le montre l\u2019exemple du Go-thard ou du Lotschberg.Pour le trafic des voyageurs, il va sans dire que la traction électrique ne vise nullement à la concentration d\u2019une puissance de plus en plus grande en une seule machine.Ici se fait jour un autre de ses avantages, qui est sa grande divisibilité; d\u2019où la possibilité de constituer un trafic rapide de locomotrices, de locomotives et de trains légers se succédant à espaces relativement courts, c\u2019est-à-dire de composer un horaire singulièrement dense.Parmi les chemins de fer à écartement normal, ce fut de nouveau la ligne du Lotschberg qui montra la voie en lançant des\t[ Lire la suite page 50 ] Photos du haut, de g.à d., sortie du tunnel de Lotschberg (9 milles de longueur) à Goppenstein.\u2014 Un train électrique dans la région de Bellin-zona.\u2014 En pleine montagne.\u2014 Photos du centre, à droite, voie sinueuse longeant un flanc de montagne.\u2014 Dans l\u2019Oberland, un train à vapeur qui sera bientôt électrifié.\u2014 Ci-contre, à droite, convoi ultra-moderne formé de la locomotive et d\u2019un wagon.L\u2019ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER SUISSES :îo Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 POUR LES BELLES EN TABLIER 7s0à-\\ vMl\tAtr\\±\u2018 K J S\u2019NÜÊ-fc 2912 \u2014 Pour la bambine, rien de plus coquet que ce tablier bordé de dentelle.Grandeurs G mois à 3 ans.Métrage requis pour taille 1: 1 V-> v.en 33\", 1% v.en 39\", !'« v.en 44\".Dentelle: 3Vu v.en 4%\" do large.Prix 250 2911 2914\t\u2014 Les vives couleurs du tartan sont mises en valeur par le corsage de tissu uni à encolure \u201csweetheart\u201d.Culotte et tablier pour fillettes.Grandeurs 1 à (i.Métrage requis pour taille 4: 2% v.en 35\", 2Vs v.en 39\".Prix 25 Ç 2915\t\u2014 A tout âge, votre fillette appréciera ce ti'ois-pièces dont la jupe ample est retenue par une large ceinture.Short, corsage et jupe pour fillettes.Grandeurs 7 à 14.Métrage requis pour taille 10: 3% v.en 35\", 3r,s v.en 39\", 3>/2 v.en 41\".Prix 250 2913 \u2014 et 2911 \u2014 Les deux petites soeurs apprécieront ce tablier identique qui est bordé de dentelle et de ruban.Le modèle 2913 est pour enfant de 1 à G ans.Métrage requis pour taille 3: Tablier: V/> v.en 35\" ou 39\", IV4 v.en 41\".Culotte: % v.en 35\", V2 v.en 39\", % v.en 41\".Dentelle: 1% v.en 3\" de large.Passe-ruban: % v.en %\" de large.Ruban 1% v.en 14\" de large.Prix 250 Pour le modèle 2911, grandeurs 7 à 14, métrage requis pour taille 7: 2V2 v.en 35\", 2% v.en 39\" ou 41\".Dentelle: 1% v.en 3Y/' de large.Passe-ruban: 1 v.en \\/z\" de large.Ruban: 1% v.en 14\" de large.Prix 250 Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons du \"Samedi\", Dominion Patterns, Ltd., 74 Yorkville Avenue.Toronto 5, Ont.Si vous habitez les Etats-Unis, adressez-vous à Simplicity Patterns, 200 Madison Avenue, New York City, U.S.A. Le Samedi, Montréal, 29 juillet 1949 rr A.guère plus long que votre rouge a lèvres Mm ^ Vv isœ mm mm mm \u201ctz ,iZi ¦ \u2018JM ¦ .Æm ¦: \u2019Tj ÉÉfelÉlll «t'a**'' : ¦ 8 vv' ¦¦ 7WV.Y>,V& ÉÜSH > .cependant il s\u2019ouvre pour devenir un stylo normal ! Le premier stylo \"ultra-chic\" .d\u2019un dessin superbe .aux couleurs enchanteresses \u2014 des couleurs en vogue aussi gaies que le printemps .et qui s'harmonisent avec les couleurs les plus ravissantes des costumes dernier cri de la saison.La cadeau par excellence .pour collation de diplômes, anniversaires de naissance, anniversaires de mariage .pour toutes les fois qu'un cadeau est de rigueur ! 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acquiesçons avec vous, dans ce cas, C\u2019EST LE FILM Néanmoins, songez bien que, tout en faisant une économie, vous pouvez vous procurer les trois qui vous assureront un tout complet, et à très bon compte.Si telle est votre intention, il n\u2019y a plus à tergiverser: C\u2019EST LE SAMEDI - LA REVUE POPULAIRE - LE FILM COUPON D\u2019ABONNEMENT O LES 3 MAGAZINES LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 1 °\".(Canada seulement) $5.50 OU a\tLE\tSAMEDI \t\tCan.qn\tE.-U.$5.50 pour 1 an 2.00 \t o\tLA\tREVUE POPULAIRE \t\t\t 1.50\t ?\tLE\tFILM \t\t\t 1.00\t1.00 \" \" \u2022\u2022 Veuillez trouver ci-inclus, la somme de $.pour l\u2019abonnement indiqué d\u2019un (X) ?IMPORTANT \u2014 Indiquez d\u2019une croix s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Nom .Adresse .Localité .Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE LIMITEE \u2014\t975-985, rue de Bullion, Montréal 18 NOS AFFAIRES LES FEUX DE FORÊT L\u2019AN DERNIER Les frais encourus par le Canada, en 1948, afin de combattre les feux de forêts se sont élevés à plus de deux millions et demi de dollars, soit un total sans précédent.En termes de dommages commensurables avec le coût de la lutte contre les incendies, la perte causée par les feux de forêts en 1948 n\u2019a été dépassée que par le bilan de la saison de feu de 1941, durant les 20 années que l\u2019on tient les archives par tout le pays au sujet des feux de forêts.C\u2019est ce qui ressort des renseignements publiés par l\u2019hon.Colin Gibson, ministre des Mines et des Ressources.La statistique fédérale au sujet des feux de forêts est préparée chaque année, grâce aux renseignements qui sont donnés par tous les organismes provinciaux et fédéraux de protection, contre les feux de forêts au Canada.Bien que le nombre des feux de forêts, 5,368, soit à peu près normal, la superficie incendiée s\u2019élevait à quelque 3,185,000 acres, soit une augmentation de 70 p.100 sur la superficie moyenne ravagée par le feu au cours des dix années précédentes.Le temps exceptionnellement sec dans de vastes régions des Grands lacs et du Canada central, au début de l\u2019été et de l\u2019automne, contribua pour beaucoup aux pertes subies.La quantité du bois marchand sur les terres incendiées, en 1948, aurait suffi à alimenter toutes les usines de pâte à bois et de papier du Canada pendant une période de sept mois et demi, en se basant sur la moyenne de consommation de 1937 à 1946.On estime que les pertes en bois, jeunes pousses et autres propriétés furent de $5,882 000.Ce chiffre toutefois n\u2019évalue le bois qu\u2019à son taux courant d\u2019essouchement et ne tient pas compte des autres pertes subies par les industries qui se servent du bois.De plus, le bilan ne représente pas les dégâts causés au sol, à la qualité des emplacements, à la réglementation des cours d\u2019eau, à la faune, aux valeurs d\u2019amusement et de tourisme puisque l\u2019on ne peut évaluer ces pertes en dollars.Dix-huit pour cent de tous les feux fut attribué à la foudre.Les autres 82 p.100 furent causés par les hommes, de sorte qu\u2019on aurait pu les empêcher.Deux pour cent seulement était l\u2019oeuvre délibéré d\u2019un incendiaire.Campeurs et fumeurs négligents allumèrent 40 p.100 des feux, soit une augmentation de 4 p.100 sur la moyenne des dix années antérieures.Les chemins de fer et les colons furent les autres causes majeures.Les chiffres cités ne comprennent pas les Territoires du Yukon et du Nord-Ouest où l\u2019on a signalé 80 feux sur une superficie totale de 121,000 acres.Le Service fédéral de la forêt souligne que la saison des feux de 1949 a déjà commencé.Au début du printemps, on a signalé un grave état de sécheresse dans plusieurs régions boisées du pays.On exhorte donc tous les sportsmen, les touristes et les autres qui trouvent leur agrément dans la forêt, de redoubler de précaution avec le feu si l\u2019on veut réduire au minimum le danger constant qui menace nos forêts.L\u2019ENSEIGNEMENT CHEZ LES INDIENS L\u2019éducation des Indiens est probablement le principal facteur de progrès qui exercera la plus grande influence sur leur avenir.C\u2019est l\u2019opinion des fonctionnaires d\u2019expérience aux Affaires indiennes, qui reconnaissent et protègent en même temps les droits et privilèges historiques de la race indienne.A cause de cela, la Division des Affaires indiennes entreprend un programme d\u2019enseignement progressif et de longue haleine, malgré la pénurie d\u2019instituteurs et le coût élevé de la construction des écoles.Les frais d\u2019enseignement chez les Indiens, au cours du dernier exercice financier, s\u2019élevaient à $3,614,804.05.Au cours des deux dernières années, 133 nouvelles classes furent ajoutées au système scolaire des Indiens et 365 écoles fonctionnent en ce moment.Depuis un an, le nombre des élèves inscrits a augmenté de 801, portant à 29,087 le total des enfants qui fréquentent les écoles indiennes.Pour s assurer que ces enfants bénéficient des meilleurs instituteurs possible, on a pris des dispositions afin de permettre aux instituteurs des écoles indiennes de recevoir les bienfaits de la Loi de la pension du service civil.La nouvelle échelle des salaires et les bénéfices de pension, que l\u2019Administration a introduits dans le service d\u2019enseignement des Indiens, exigent que les professeurs et les institutrices en question suivent des cours professionnels et académiques durant l\u2019été.Ces cours ont amélioré les méthodes de façon remarquable.PORTS D\u2019ENTREE DE L\u2019IMMIGRATION Deux cent soixante-neuf ports d\u2019entrée, le long de la frontière entre le Canada et les Etats-Unis et sur les littoraux de l\u2019Atlantique et du Pacifique, relèvent du Service de 1 Immigration du Canada.L\u2019admission de chaque personne qui entre au Canada légalement doit être établie à la satisfaction du préposé à 1 immigration à 1 un de ces ports.Il y a cinq districts d\u2019immigration: Atlantique, Est, Central, Ouest et Pacifique.Chaque district est sous la surveillance d\u2019un surintendant.RECHERCHE DE MINERAUX Les équipes sur le terrain de la Commission géologique du Canada poursuivront cette année leurs enquêtes sur les gisements de minerais radio-actifs, qui sont d\u2019une importance capitale dans l\u2019industrie minière du Canada.On enquêtera aussi sur les gisements de minerais de fer Québec-Labrador et les régions favorables à l\u2019accumulation du pétrole, du gaz et de la houille.On en fera des cartes.Il y aura soixante-dix équipes sur le terrain. Le Samedi, Montréal, 23 juillet 134!) 33 \u2022t TRIOMPHALE DECADE [ Suite de la page 7 J LA (RUCHE CASSEE [ Suite de la page 10 ] .Jean Desprez a su allier les deux choses, car les épreuves et les joies de la famille Rivard, d\u2019abord, et Boileau ensuite, font battre le coeur de toute la province.Le secret du succès de l\u2019auteur tient dans une imagination débordante et dans une connaissance approfondie des réactions nationales.Une Américaine aurait quitté cent fois un mari aussi erratique qu\u2019André Boileau.Mais, en bonne chrétienne, Lise Boileau pardonne à l\u2019homme qu\u2019elle aime les actes qu il commet dans l\u2019inconscience d\u2019une amnésie intermidente.Et, si Madame Rivard est une épousé écervelée et une mère aveugle, elle devient presque héroïque au moment de la ruine de son mari.Vertus canadiennes, fidèlement entretenues par la religion catholique.Cette psychologie du personnage, Jean Desprez la pousse souvent jusqu aux décisions épisodiques.Ainsi, lorsque Lise Boileau doit travailler pendant sa grossesse, l\u2019auteur lui choisit un métier féminin: celui de modis\u2019.e.Elle travaillera assise n\u2019occupant ses yeux et ses do.gts qu\u2019à de jolies choses.Psychologie de l\u2019état, et psychologie d\u2019une personnalité essentiellement féminine.Le succès toujours grandissant de \"Jeunesse dorée\u201d (qui a dépassé les 2,200e émissions) est dû à tous ces éléments réunis: imagination, compréhension du public et connaissance du personnage.Chacun répond avec logique à leur créatrice.Le snob, avec suffisance; le tendre, avec tact; l\u2019envieux, avec méchanceté.On dit que Québec Productions songe à tirer un film de la \"Jeunesse dorée\u201d actuelle.Je le souhaite, comme tous les auditeurs, car la diversité des épisodes comiques et dramatiques promet un film attachant et humain.L.R.LA OU VECUT SAINT ROBERT t Suite de la page 6 ] La réputation de cette ville d'eaux remonte à 1571, alors que William Slingsby de Knaresborough y découvrit une source où il éleva une fontaine afin d attirer 1 attention sur sa découverte.Après quoi, les médecins y envoyaient leurs clients \u201cprendre les eaux\" et le \"spa\u201d devient célèbre.Les sources d'Harrogate renferment du soufre, du fer et de la magnésie, utiles aux rhumatisants.On y prend les eaux dans la Salle royale des pompes (qui surmonte un vieux puits d\u2019eau sulfureuse), on s\u2019y baigne aux Bains royaux; on se divertit au Jardin d\u2019hiver ou à la belle salle de concert.CHAMBREUR Bien que le mot \u201cchambreur\" ne soit pas connu en France pour désigner une personne en chambre, il est digne d\u2019emploi ici.C\u2019est un mot canadien de bonne frappe qu\u2019on doit préférer au barbarisme anglais : roomeur, roomeuse.A un prêtre en visite de paroisse qui demandait à une maîtresse de pension si elle avait des personnes en chambres, la dame répondit : \u2014 Oui, un roomeur et une roomeuse.\u2014 Sont-ils catholiques ?Certainement, répondit la logeuse.Ce sont des Canadiens comme vous et £ moi.- Etonnement du visiteur qui avait cru qu'il s\u2019agissait d\u2019un Roumain et d'une Roumaine ! \u2014 Ne me gronde pas, supplia-t-elle.\u2014\tAvoue donc, que diable ! Ce n\u2019est peut-être pas un malheur irréparable ! Tu excelles à te faire un monde de tout! Je n'ai pas heureusement l'esprit tourmenté comme toi, moi ! Qu\u2019est-ce que c\u2019est ?\u2014 Je n\u2019ose pas te le dire.\u2014\tTu n\u2019oses pas! Tu n\u2019oses pas! Ça doit être du joli ' Parle enfin ' Parle ! Ce n\u2019est pas au moins.?\u2014 Si.balbutia-t-elle.C\u2019est ça! \u2014 Quoi ?la rarissime cruche en porcelaine chinoise de la famille, rose, qui me venait de ma mère ! Mon Dieu ! Je ne la vois plus sur son socle ! C'est ça Denise ?C'est ça ?\u2014\tPardonne-moi, Léon, s\u2019effondra-t-elle en cachant sa tête dans ses mains.\u2014 Cruche, toi même! tonitrua-t-il.Le seul ob et auquel je tenais! Un souvenir de mon enfance ! Tu ne t.- doutes pas ce qu\u2019elle représentait pour moi, cette cruche ! Ah ! j'aurais dû la cacher, la mettre hors de ta portée ! Maladroite ' Tout ça d'ailleurs ns me surprend pas.C\u2019est le résultat de l'inconcevable éducation que tu as reçue ! Ils n'ont pas pris la peine de t\u2019élever, tes parents ! Conviens-en.Ça te fait rire ?Denise venait d'écarter ses mains de son visage.Léon s\u2019arrêta, sidéré.Pour la première fois, à la suite de ses reproches, Denise souriait.Cela mit le comble à son exaspération.\u2014\tTu me feras mourir ! s'exclama-t-il.Je ne sais pas ce que je donnerais encore.Si c\u2019était possible !.\u2014 Mais moi, je le sais, intervint Denise avec douceur.Lors, elle s\u2019en fut tranquillement ouvrir un placard.Sur la planche du milieu, bien -_n évidence, la fameuse cruche apparut, indemne.\u2014 Oh! gémit Léon comme frappé d\u2019un coup de foudre.\u2014 Tu n\u2019as donc plus qu'à retirer tout ce que tu viens de dire, mon chéri, sur ma balourdise et mon manque d\u2019éducation, déclare-t-elle.Tant que cette oeuvre d\u2019art demeurera intacte, je ne serai rien de ce que tu as prétendu.\u2014 Oh ! Denise ! Léon restait stupide, les bras ballants.Soudain, il les allongea, suppliants, à son tour.\u2014 Pardonne-moi tout de suite.ou je casse cette cruche ! \u2014 Jamais de la vie ! s\u2019interposa Denise avec une autorité qu\u2019il ne lui connaissait pas.Tu dirais encore que c\u2019est de ma faute ! Voici bien des années de cela.La cruche est, maintenant, dans leur studio, à la place d\u2019honneur.Quand Léon commence à s\u2019énerver, il suffit à Denise de tourner des yeux un tantinet moqueuis dans cette direction.Aussitôt, Léon se tait et, en homme d\u2019esprit, vient tendrement l\u2019embrasser.Edge Trémois LA VIE COURANTE .par Georges Clark fy > \u2014 Depuis qu'il ait photographe amateur, les enfants peuvent faire les pires coups et il n'en dit mot parce que ça lui fait d\u2019excellents sujets de pose, à ce qu'il prétend.VITE le MAL deTÎTE ASPIRIN Marque Déposée au Canada LE VÉRITABLE ASPIRIN EST MARQUÉ COMME CECI Les personnes messes engraissenl de 5,10,15 liv.Recouvrez entrain, énergie, Quelle transformation ! Les os ne paraissent plus, les chairs s'affermissent, le visage s'arrondit: plus de cou émacié: disparu cet air de squelette ambulant.Des milliers de Jeunes filles, hommes et femmes qui ne pouvaient engraisser sont fiers aujourd\u2019hui de leur belle apparence.Ils attribuent ce résultat à Ostrex qui revivifie et rcnforcit.Contient ingrédients, stimulants, fortifiants, fer, vitamine BI, calcium pour enrichir le sang, améliorer l'appétit et la digestion et mieux faire profiter de la nourriture; fait gagner du poids.Ne craigne/ pas de trop engraisser.Cessez quand vous nu-îez rattrapé les 5, 10.15 ou 20 livres nécessaires pour atteindre la normale.Coûte peu Nouveuu format d'essai seulement GOc.Essayez les fameux comprimés-toniques Ostrex pour recouvrer vigueur et poids.Toutes pharmacies DETECTIVES.Afttnta secrets Hommes ambitieux de 18 ans et plüs demandés partout au Canada, pour devenir détectives.Ecrivez Immédiatement & CANADIAN INVESTIGATORS INSTITUTE.Casier 25, Station T.\tMontréal, P.Q.coupon d'abonnement Canada 1 an.$3.50 6 mois.\t2.00 Etats-Unis 1 an.$5.00 6 mois.\t2.50 U Important\u2014Indiquez d\u2019une croix s'il jj n'agit d'un renouvellement.Nom- Adressa- S S ¦ Villa .Prov.POIRIER.BESSETTE & CIE, Liée 975, rue de Bullion, Montre'al, P.Q.55 Le Samedi.Montréal.2,'i juillet 1941) par EMILE RICHEBOURf.NOTRE FEUILLETON Mais depuis longtemps elle n'a-vait pas payé ses gages à Marianne.Combien lui devait-elle ?Elle fit le compte : fl était dû à la vieille domestique deux cents francs.Et comme Paule ne voulait pas s\u2019en aller laissant cette dette derrière elle, elle ne possédait plus réellement que soixante-dix francs.Cette somme était loin d\u2019être suffisante pou1-le long trajet qu\u2019elle avait à faire avec deux enfants : c\u2019était une centaine de francs qui lui manquait.Elle ne pouvait songer à emprunter cette somme au fermier avec promesse île la lui rendre dès qu\u2019elle serait à Saint-Amand ; elle savait que Verdret et sa femme n\u2019avaient pas vingt francs dans leur bourse.Elle se dit que ce quelle avait de mieux a faire était d écrire à sa mère pour la prévenir de sa prochaine arrivée à Saint-Amand et la prier de lui envoyer immédiatement, dans une lettre chargée, cent francs dont elle avait absolument besoin.La domestique était encore dans sa cuisine.Paule l\u2019appela.Marianne, lui dit-elle, je viens de faire votre compte ; je vous dois, ce mois compris, 200 francs.Les voici.Mais, madame.Prenez, Marianne, je le veux.Vous savez que la ferme a été vendue aujourd\u2019hui ?- Hélas ! madame, hélas ! Dans deux ou trois jours, je partirai avec mes enfants ; je vais retourner en Bourgogne, près de mes parents.Est-ce que madame la comtesse ne m\u2019emmène pas ?Je ne peux pas vous emmener, Marianne.\u2014 Mon Dieu ! qu\u2019est-ce que je vais devenir ?\u2014 Vol|s êtes connue à Grenoble, vous v trouverez facilement une bonne place.La vieille domestique retourna à sa cuisine en sanglotant.Paule voulut écrire sa lettre.Ah! c étaient des choses bien douloureuses qu elle avait à dire, de terribles révélations qu\u2019elle avait à faire.Elle écrivit une dizaine de lignes, puis tout à coup ses idées se brouillèrent et elle eut beau chercher dans le desordre de ses pensées, elle ne parvint plus à trouver une phrase à mettre sur le papier.\u2014 C\u2019est la fatigue, j\u2019ai un peu de fiè-vle, murmura-t-elle ; j\u2019écrirai ma lettre demain, j\u2019ai tout le temps ; d\u2019ailleurs.le facteur ne passe jamais à la .me avant trois heures de l\u2019après-midi.Elle alla voir ses enfants : ils dormaient, les lèvres souriantes.\u2014 Chers mignons, pensa Paule, comme leur sommeil est paisible ! ils ne comprennent pas encore et ils sont heureux ; ce n\u2019est que plus tard que les peines de la vie pourront les atteindre.Mon Dieu ! faites qu\u2019ils n\u2019aient jamais à souffrir comme leur pauvre mère a souffert.Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnage.et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.Elle se pencha sur le lit.et sur chaque front mit un baiser.XI LE NOUVEAU PROPRIÉTAIRE Le lendemain, la comtesse Paule se leva à sept heures.Depuis une demi-heure déjà, Georges et Edouard babillaient et s\u2019amusaient à faire des culbutes sur le lit.Le temps était superbe, l\u2019atmosphère était saturée de l\u2019odeur de résine des vieux sapins et dans le jardin, comme grisés par les rayons du soleil, les fauvettes, les rossignols, les rouges-gorges et les bouvreuils chantaient à plein gosier.Comme tous les jours, Paule ayant fait rapidement sa toilette, débarbouilla ses enfants, les peigna et les habilla.Ensuite, elle descendit avec eux au jardin et après les avoir laissés jouer avec Miro pendant une heure, elle leur fit prendre leur leçon à l\u2019ombre d\u2019un mélèze.A dix heures elle les quitta, en priant la fermière, qui était occupée dans son potager, de veiller sur eux.Nous devons dire qu\u2019un malheur comme celui de Verdraine n\u2019était pas à redouter aux Bergères où il n\u2019y avait ni vivier, ni rivière.Mais Paule n\u2019aimait pas que ses enfants restassent seuls.La comtesse avait sa lettre à écrire, et avec l\u2019espoir qu\u2019elle ne serait pas dérangée avant l\u2019heure du déjeuner, elle s\u2019installa dans le petit salon du pavillon.La veille, avons-nous dit, elle avait écrit une douzaine de lignes ; elle les relut, et trouvant que sa lettre était mal commencée, elle déchira la feuille de papier et en prit une autre.Quand onze heures sonnèrent, elle avait déjà écrit quatre pages d\u2019une écriture fine et serrée et elle jugea qu\u2019elle avait peut-être encore deux ou trois pages à remplir.Il lui fallait dire tant de choses et surtout les expliquer ! Elle essuya ses yeux, car elle n\u2019avait pu faire le récit de ses douleurs sans pleu rer, prit une nouvelle feuille et se remit à écrire.Mais presque aussitôt elle se redressa brusquement, tendit l\u2019oreille.Elle entendait marcher dans les pièces du pavillon ; et ce pas, qu\u2019elle ne connaissait point, ne pouvait être que celui cl\u2019un homme.Un homme chez elle! Qui était-ce donc ?Bien sûr, ce n\u2019était pas Verdret, puisqu\u2019il travaillait aux champs et ne devait revenir qu\u2019à une heure.Et d\u2019ailleurs, ce n\u2019était pas ainsi que marchait le fermier avec ses gros brodequins ferrés.On ouvrait les portes et on les refermait, et certes, personne de la ferme ne pouvait prendre une pareille liberté.La jeune femme se levait pour aller voir qui était là, lorsque la porte du salon s\u2019ouvrit toute grande.Paule ne s\u2019était pas trompée : c\u2019était bien un homme qu\u2019elle avait entendu marcher dans le pavillon, et cet homme était devant elle.C\u2019était M.de Miray, le nouveau propriétaire du domaine de Verdraine et de la ferme des Bergères.Ah ! on le voyait bien à son attitude de maître orgueilleux.Le visage de la comtesse se couvrit d\u2019une pâleur livide et elle poussa un cri qui exprimait en même temps la surprise et la terreur.\u2014 Bonjour, madame la comtesse, dit M.de Miray, s\u2019avançant le chapeau à la main et en s\u2019inclinant.Il se redressa et reprit : \u2014 Je vois que vous ne vous attendiez pas à recevoir ma visite aujourd\u2019hui; pourtant vous devez savoir que je suis devenu le propriétaire des Bergères et de Verdraine, puisque Jérôme Verdret était hier à Grenoble, probablement envoyé par vous.Or, il est assez naturel, n\u2019est-ce pas, que je vienne voir dans quel état se trouve une de mes nouvelles propriétés ?Paule avait fait deux pas en arrière et resta immobile, frémissante, effarée.\u2014 Vraiment, madame la comtesse, poursuivit M.de Miray, on dirait que vous êtes effrayée, que vous avez peur de moi.De grâce, veuillez vous rappeler que j\u2019ai été votre ami et daignez croire que je n\u2019ai pas cessé de l\u2019être.\u2014 Oh ! vous, mon ami ! prononça ia jeune femme avec une amertume profonde.\u2014 Vous en doutez, madame, et vous avez tort ; oui, je suis votre ami et mes sentiments sont restés les mêmes.Peut-être avez-vous cru que je vous garderais rancune de certaines violences de langage ; eh bien ! non.Vous avez été dure pour moi, madame, vous m\u2019avez traité avec une grande cruauté ; mais vos paroles de colère, je les ai oubliées, j\u2019ai voulu les oublier.« Alors, madame la comtesse, vous étiez malheureuse, plus malheureuse que vous ne l\u2019êtes aujourd\u2019hui, et votre emportement était excusable puisqu'il était la conséquence de votre douleur.On doit tout pardonner à ceux qui souffrent.«Vous m\u2019avez chassé, madame la comtesse, chassé comme un indigne, en voulant me croire coupable envers vous.J\u2019ai souffert, beaucoup souffert de ne plus vous voir, et bien souvent, si j\u2019eusse écouté mon coeur, je serais accouru ici ; mais je me disais : « Je ne dois pas chercher à la voir, elle le veut.» Et mon respect pour vous et votre volonté étaient un lien qui me retenait.Si je me permets de me présenter aujourd\u2019hui devant vous, madame, c\u2019est que j\u2019ai pensé que vous pouviez avoir besoin de moi.\u2014 Pourquoi avez-vous pensé cela, monsieur ?\u2014 Parce que je crois connaître maintenant la situation pénible dans laquelle vous vous trouvez.\u2014 Mais, monsieur ! -\u2014Eh, mon Dieu! madame, vous n\u2019avez pas à en rougir, elle n\u2019est pas votre oeuvre.Enfin, je me suis dit que vous pouviez avoir besoin d\u2019un ami et je viens à votre secours.\u2014 Vous venez à mon secours, vous?\u2014 Oui.Il y a quelques jours, vous avez été forcée de vendre vos bijoux ; ce fut un sacrifice, une femme comme vous devait le faire.Mais vos diamants étaient votre, dernière et unique ressource, et s\u2019il vous reste maintenant quelques centaines de francs, c\u2019est tout.\u2014 Vous êtes bien renseigné, monsieur, dit Paule d\u2019un ton sec.\u2014\tOui, n\u2019est-ce pas ?Cela prouve que je me suis constamment occupé de vous et que je sais comment vous et vos enfants avez pu vivre depuis votre abandon.La jeune femme soupira et baissa la tête.\u2014\tDonc, continua M.de Miray, vous êtes à peu près sans argent, et vous ne pouvez pas espérer que vos parents vous viendront en aide, car ils sont fort endettés, d\u2019après ce que j\u2019ai appris, et par cela même plus pauvres encore que vous.Paule appuya fortement sa main sur son coeur et jeta sur sa lettre inachevée un regard d\u2019indicible angoisse.M.de Miray avait déjà vu la lettre, et il surprit le regard ; mais comme s\u2019il n\u2019eût rien remarqué, il poursuivit : \u2014 Avant qu\u2019il soit peu, madame la comtesse, votre bourse sera vide, absolument vide, et vous manquerez de tout, même du strict nécessaire.Oh ! je sais bien que vous pourriez trouver à Grenoble quelques anciens amis qui ne voudraient pas vous voir dans le dénuement, mais je sais aussi qu\u2019il répugnerait à votre fierté de vous adresser à eux.Mais de moi, de moi vous pouvez tout accepter.C\u2019est à moi, madame la comtesse, de réparer les injustices du sort envers vous Je vous le répète, je viens à votre secours ; je ne veux pas que vous et vos enfants connaissiez la misère.Paule eut un mouvement de tête douloureux.\u2014 Monsieur, répondit-elle tristement, comme vous venez de le dire, je suis fière, je ne veux m\u2019adresser à personne dans ma détresse, à personne, monsieur, et à vous moins qu\u2019à tout autre.\u2014 Ainsi, vous ne m'accordez même pas une faveur qu\u2019on ne refuse jamais à un ami ! \u2014 Je ne crois pas que vous soyez un ami ! \u2014 Ah ! le malheur vous a singulièrement aigrie !.\u2014 Oui, monsieur, le malheur et plus encore l\u2019expérience que j\u2019ai acquise en apprenant à connaître le monde.M.de Miray se mordit les lèvres.\u2014 Mais, madame, dit-il, si vous ne voulez vous adresser à personne et si vous repoussez les offres de ceux qui vous aiment, qui vous ont toujours aimée, que ferez-vous ?\u2014 Je ne le sais pas, monsieur; mais je crois en la Providence et ma confiance en Dieu est grande.Dieu est bon et miséricordieux, il est le défenseur des innocents, il prendra en pitié les abandonnés, il veillera sur eux, il nous protégera, mes enfants et moi ! \u2014 Voilà des paroles qui font toujours bien, prononcées du haut d\u2019une chaire dans un sermon, répliqua ironiquement M.de Miray, mais il y a loin de la terre au ciel et les choses spirituelles sont fort différentes des choses de la vie terrestre.A en juger par ce que nous voyons tous les jours, Dieu, s\u2019il existe, ne s\u2019occupe guère des choses d\u2019ici-bas.Depuis longtemps vous espérez en la Providence, vous comptez sur Dieu, eh bien ! voyez ce qu\u2019il a déjà fait pour vous. Le Samedi, Montréal.23 juillet 1949 35 \u2014 Il m'a donné !e courage et la force de supporter mes peines, monsieur, il m\u2019a donné la résignation ! répondit Paule gravement.\u2014 Oui, sans doute, vous avez été forte et vous avez eu du courage, mais parce que vous n'êtes pas une femme comme les autres.Quant à votre résignation, elle est admirable ; seulement, laissez-moi vous le dire, la résignation se courbe sous les coups du malheur et ne fait rien pour les éviter ; enfin, je ne pense pas que votre résignation puisse aller jusqu\u2019à assister à l\u2019agonie de vos enfants, mourant de faim.Ces paroles eurent un écho douloureux dans le coeur de la pauvre mère.Sa pâleur s\u2019accentua encore et de grosses larmes jaillirent de ses yeux.\u2014 Madame la comtesse, poursuivit de Miray, vous avez été assez longtemps résignée, assez longtemps vous avez souffert ; vous avez fait beaucoup plus que le monde ne vous demandait : il faut maintenant, d\u2019une autre manière, songer à vous et à vos enfants.Le comte de Verdraine est ruiné, si complètement ruiné que la vente de tout ce qu\u2019il possédait ne le libérera pas entièrement envers ses créanciers ; et 1 on peut se demander ce qu\u2019il va faire, ce qu\u2019il va devenir, si, après avoir entretenu la danseuse Flora, surnommée la Papillonne, celle-ci ne l\u2019entretient pas à son tour, lui rendant ainsi une partie des sommes folles qu'il a dépensées pour elle.« Dans tous les cas, à moins que vous n\u2019alliez retrouver le comte à Paris, ce qui est loin de votre pensée, j\u2019en suis sûr, vous ne reverrez jamais le père de vos enfants.Vous pouvez être assurée qu\u2019il ne reparaîtra jamais dans le Dauphiné.Le fou, il vous a ban-donnés tous les trois, et comme il est incapable d\u2019avoir des regrets, de se repentir, il ne viendra pas vous retrouver.Et d\u2019ailleurs le voudrait-il qu\u2019il ne le pourrait pas ; est-ce à vous qui, pour le sauver de la prison, pour anéantir la preuve du crime de faussaire, avez vendu vos diamants, le dernier morceau de pain de vos enfants, est-ce à vous qu\u2019il viendra dire : Je veux encore tenir mon rang dans le monde, donnez-moi pour me livrer à mes goûts, pour satisfaire mes passions ?Non, n\u2019est-ce pas ?« Il importe peu au comte que sa femme et ses enfants soient dans la misère, mais il ne veut pas de la misère pour lui.Mais pense-t-il seulement qu\u2019il a une femme et des enfants?Depuis qu\u2019il est parti de Grenoble, emportant tout et ne vous laissant que ce qu\u2019il n\u2019avait pas pu vous prendre, sa conduite prouve bien qu\u2019il s\u2019est considéré comme n\u2019ayant plus ni femme ni enfants.« Ah ! comtesse, tout ce qui est arrivé, je vous l\u2019avais prédit, et je n\u2019étais pas prophète.connaissant bien de Verdraine, il ne m\u2019était pas difficile de deviner l\u2019avenir.Pourquoi ne m\u2019avez-vous pas écouté?.Ah! si vous ne m\u2019aviez pas repoussé, alors, que de tourments vous auraient été épargnés ! Il fit un pas de plus, se rapprochant de la comtesse, et resta un instant silencieux, la couvrant d\u2019un regard où le feu des désirs s\u2019allumait comme à l\u2019époque à laquelle il faisait allusion.\u2014 Paule, reprit-il d\u2019une voix douce et qu\u2019il réussit à rendre un peu tremblante, je vous aime, je vous aime toujours avec toutes les ardeurs d\u2019un coeur que vous avez rajeuni et qui s\u2019est donné à vous pour la vie.\u2014 Monsieur.\u2014 Paule, le temps et l\u2019éloignement n\u2019ont fait que rendre mon amour plus vif, mon dévouement pour vous plus grand, mon respect plus profond encore.Paule, je vous aime, je n\u2019ai pas cessé un instant de vous adorer ! La jeune femme hocha la tête en le regardant avec plus de tristesse que d\u2019indignation.\u2014 Vos paroles ne me causent pas une grande surprise, monsieur de Miray, dit-elle, je m'attendais à les entendre.Il fallait bien que vous fussiez venu ici aujourd\u2019hui pour quelque chose.Vous m\u2019avez dit, il est vrai, que vous aviez pensé à venir à mon aide, que vous accouriez à mon secours ; mais, continua-t-elle d\u2019un ton amer, je sais qu\u2019un ami sincère comme vous ne faites rien pour rien, je sais le prix qu\u2019il raudrait mettre à l\u2019aide que vous offrez.«Depuis hier vous êtes le maître des Bergèies et je ne suis plus ici chez moi ; mais ne trouvez-vous pas que vous dépassez un peu les droits du propriétaire ?Ah ! monsieur, monsieur, vous n\u2019avez pas même pitié de mon malheur ! Elle le regarda fixement, et d\u2019une voix plus forte : \u2014 Eh bien! non, monsieur, non, vous n auriez pas dû oser me tenir un langage qui renouvelle l\u2019outrage que vous m\u2019avez déjà fait en le rendant plus sanglant encore, car, hélas ! je ne suis plus dans la même position qu\u2019autre-fois.M.de Miray se redressa comme s\u2019il eût reçu un coup de fouet.\u2014 Si votre position n\u2019est plus la même, madame la comtesse, répliqua-t-il d'un ton peiné qui contrastait avec l\u2019expression hautaine de sa physionomie, vous êtes toujours aussi injuste envers moi ; je ne mérite pas que vous me traitiez avec une pareille rigueur; non, je ne mérite pas d\u2019être traité ainsi, quand je ne pense qu\u2019à votre avenir, à celui de vos enfants et au moyen de vous arracher à une existence malheureuse.« Pas plus aujourd\u2019hui qu\u2019autrefois, madame, mes paroles ne sont pour vous un outrage ; est-ce qu\u2019un homme a jamais outragé une femme en lui avouant l\u2019amour qu\u2019elle lui a inspiré ?« Avant que votre mari vous eût abandonnée, quand vous l\u2019aimiez encore, vous pouviez avoir des scrupules et je l\u2019ai compris ; mais maintenant vous êtes libre.\u2014 Libre, monsieur, libre! exclama la jeune femme.\u2014 Sans doute, puisque vous n\u2019avez plus d\u2019époux.Le visage de Paule parut s\u2019illuminer et elle répondit, avec un accent que rien ne saurait rendre : \u2014 Monsieur, j\u2019ai mes enfants! \u2014 Oh ! vous les aimez, je le sais ; mais faites donc quelque chose pour eux ! \u2014 Je ferai pour eux tout ce que je pourrai ; mais je pourrai jamais faire ce que vous voudriez ! \u2014 Comtesse, vous ne voulez donc pas croire à mon amour ?Elle répondit par un regard de mépris.\u2014 Pourtant il est sincère, continua-t-il, et je vous le dis encore aujourd\u2019hui, si vous vouliez m\u2019aimer.un peu je consacrerais ma vie tout entière à faire de vous la plus heureuse cl \u2019s femmes.Elle haussa les épaules en même temps qu\u2019un sourire nerveux crispait ses lèvres.\u2014 Comtesse, vous ne savez pas, vous ne pouvez pas savoir ce que mon amour est capable de faire pour vous ; laissez-vous convaincre et vous verrez.Je vous en prie, Paule, autant pour vous que pour moi, ne me repoussez pas.\u2014 Vous devriez voir, monsieur, que je vous écoute avec une patience que je n\u2019aurais pas eue dans un autre temps: mais, sachez-le, si vous n\u2019étiez pas le maître de cette maison, je vous aurais déjà montré la porte.Un sombre éclair sillonna le regard de M.de Miray : il blêmit de colère ; mais, s\u2019efforçant de se contenir, il répliqua : \u2014\tMadame la comtesse, je ne parviens pas à admirer votre vertu, que je trouve d\u2019ailleurs fortement exagérée ; je ne l\u2019admire pas parce que j\u2019en souffre d\u2019abord et ensuite parce qu\u2019elle se place dans votre situation comme un non-sens.Voyons, comtesse, à quoi vous sert-elle, votre intraitable vertu ?\u2014\tA rester digne de mes enfants et de moi-même, riposta froidement la jeune femme.De Miray resta un instant tout décontenancé et cherchant vainement une réplique.Mais il retrouva bientôt son aplomb et son audace.\u2014 Il me semble, dit-il, que la comtesse de Verdraine, libre comme elle l\u2019est, a parfaitement le droit, sans avoir aucun reproche à s\u2019adresser, d\u2019aimer un galant homme.\u2014\tPeut-être, en effet, ai-je ce droit, monsieur.\u2014\tEh bien, alors, aimez-moi ! Je peux avoir le droit d\u2019aimer, monsieur, mais je n\u2019ai pas le droit de déshonorer le nom que portent mes fils.\u2014\tEh! comtesse, une femme ne commet pas un crime en prenant un amoureux ! \u2014\tC\u2019est votre morale, monsieur, mais ce n\u2019est pas la mienne.\u2014\tEn vérité, madame la comtesse, vous avez une manière de voir les choses qui n\u2019est plus de ce temps.Si c\u2019est un jeu, cessez-le; à quoi bon avec moi y mettre tant de coquetterie ?Allons, soyez à moi, et je vous rends le bonheur que vous avez perdu, et je donne à vous et à vos enfants la fortune que vous n\u2019avez plus.\u2014\tMon Dieu, vous voulez que j\u2019entende de pareilles choses ! murmura la comtesse écoeurée.\u2014\tPaule, dites un mot, un seul, et pas plus tard que demain, vous rentrerez triomphante au château de Verdraine.La malheureuse laissa échapper une plainte sourde et cacha sa figure dans ses mains.\u2014\tPaule, continua de Miray, qui croyait voir dans les angoisses de la pauvre comtesse les derniers scrupules d\u2019une vertu prête à capituler, Paule, je vous aime, je vous adore, cet amour que vous m\u2019avez inspirer me brûle, me consume.Je n\u2019ai jamais aimé comme je vous aime ; c\u2019est plus que de l\u2019amour, c\u2019est une passion ; c\u2019est de la folie, de la fureur, c\u2019est tout ce que vous voudrez ; je ne peux plus vivre avec cette fièvre que vous avez mise en moi; RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS La jeune et belle Paule Pétard, simple paysanne, possédait des charmes sans pareils.Tous les hommes, jeunes et moins jeunes, pauvres et riches, tournaient autour des juges de la belle Paule.Comme des papillons finissent toujours par se brûler les ailes à cette flamme qui les attire, un jeune et riche galantin se brûla, un jour, le coeur au feu ardent des prunelles de Paule.qui dut briser le coeur d\u2019un brave et loyal garçon, Etienne Denizot, pour unir sa destinée au riche comte Maxime de Verdraine, ayant grandi au milieu des caresses et du luxe.Au bout de quatre ans d\u2019un bonheur que rien n\u2019avait menacé, le comte ne fut plus l\u2019amoureux de sa femme.Il devint inconstant, aimant le changement, facile à tous les entraînements.II faut que je vous possède, il faut que nous soyons l\u2019un à l\u2019autre et qu\u2019à mes baisers d\u2019amour répondent les vôtres.Paule.Paule, aimez-moi ! Il lui prit la main, qu\u2019elle retira vivement en poussant un cri, comme si elle eût touché un fer rouge.\u2014 Monsieur de Miray, dit-elle en le tenant sous son regard écrasant de mépris, je sais bien qu\u2019à une pauvre femme comme moi on peut se permettre de dire bien des choses : mais s\u2019il y avait encore en vous quoique chose d\u2019honnête, vous rougiriez de l\u2019indignité de votre conduite, vous ne seriez pas sorti du respect que l\u2019on doit à mon malheur.«Je croyais avoir droit à certains égards, au moins à un peu d\u2019estime, eh bien non, il se trouve un homme, qui se disait autrefois mon ami, qui me parle comme il parlerait à une femme de rien, à une courtisane, à une fille perdue ! C\u2019est odieux, cela, monsieur de Miray, c\u2019est odieux ! Après une pause, elle continua : \u2014 Pour le comte de Verdraine et moi.monsieur, vous avez été un homme néfaste ; et, tenez, quelque chose me dit que votre funeste influence n\u2019a pas été étrangère à ce faux en écriture commis par M.de Verdraine.De Miray ne put s\u2019empêcher de tressaillir.Paule reprit : \u2014 Et vous venez me dire, avec cette audace d\u2019homme riche qui se croit tout permis vis-à-vis d\u2019une femme à bout de ressources, vous venez me dire : Aimez-moi !.Moi.vous aimer ! Ah ! que Dieu me garde d\u2019un pareil malheur, qu\u2019il me préserve de cette honte ! Mais non, je n\u2019ai pas ce malheur à redouter.Et, puisqu\u2019il faut vous le dire, monsieur, sachez que je ne hais qu\u2019un homme au monde, et cet homme, c\u2019est vous! «Plus je vous entends plus je sens grandir le mépris que vous m\u2019inspirez et plus je vous vois, plus vous ms faites horreur ! M.de Miray ne se courba point sous ces terribles paroles ; il grinça des dents, ses traits se contractèrent affreusement et son regard chargé d\u2019éclairs prit une expression d\u2019atroce méchanceté.Il n\u2019avait plus à se contenir.\u2014 Ma foi, belle comtesse, répliqua-* -il d\u2019une voix sourde et railleuse, vous avez raison de me malmener de la bonne façon ; vous me faites reconnaître que je me suis conduit vis-à-vis de vous comme un véritable niais.En vérité, qu\u2019avais-je besoin de faire du sentiment ?Pourquoi suis-je venu vous parler de mon amour, de mon dévouement, de la part que je prends, à vos peines, de l\u2019intérêt que j\u2019ai pour vous, de toutes choses, enfin, qui vous laissent parfaitement froide ?« J\u2019aurais dû me rappeler que le plus court chemin est toujours le meilleur et vous dire tout de suite : Comtesse, avant qu\u2019il soit peu vous allez être dans la misère, si vous ne trouvez pas un moyen de l\u2019éloigner de vous ; eh bien ! ce moyen, je viens vous l\u2019offrir.Faisons un marché : je vous désire, il faut que vous soyez à moi, à quel prix puis-je vous posséder ?\u2014 Oh ! oh ! fit la pauvre jeune femme dont les yeux flamboyaient.\u2014 Voilà ce que j\u2019aurais dû vous dire tout d\u2019abord, continua le misérable, mais il est toujours temps de réparer une sottise ; vous savez que je suis riche à millions ; je veux vous avoir et je ne marchande pas ; voyons, dites, belle comtesse, quel prix dois-je mettre à votre possession ?Paule, qui était restée un instant comme frappée de stupeur et n\u2019en pouvait croire ses oreilles, bondit enfin sous l\u2019outrage et fit entendre un rugissement de lionne blessée.Puis toute frémissante, livide, dardant sur le cynique et infâme personnage la flamme de son regard, elle s\u2019écria : \u2014 Monsieur de Miray.vous êtes un lâche, le plus lâche de tous les hommes, et je me demande si vous n\u2019êtes pas le Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 plus horrible monstre que la terre ait jamais porté ! A ce moment, la porte du salon s\u2019ouvrit brusquement, et Georges et Edouard entrèrent ; mais à la vue de M.de Mi-ray, ils s\u2019arrêtèrent comme effrayés.\u2014 Mes enfants ! mes enfants ! cria la mère.XII LE DÉPART aule.pliant les jarrets, s\u2019était accroupie et avait ouvert ses bras.Les deux petits ne firent plus attention à l\u2019homme qu\u2019ils reconnaissaient, mais dont ils avaient peur par instinct.Ils s\u2019élancèrent vers leur mère avec ce doux cri des enfants : \u2014 Maman, maman ! Paule les reçut sur son coeur, les étreignit fiévreusement et les couvrit de baisers.\u2014 Tableau charmant! fit de Mirav en ricanant, oui, vraiment tout à fait charmant et encore plus touchant ! La jeune femme se redressa comme mue par un ressort.\u2014 Monsieur de Miray, dit-elle d\u2019une voix tremblante de colère, si mes fils avaient l\u2019âge d\u2019homme, savez-vous ce que je leur dirais ?Je leur dirais : Vous voyez cet homme, c\u2019est un misérable, un être vil, abject, il vient d'in \u2022 suiter votre mère ; demandez-lui raison de ses outrages, vengez-moi ! De Miray se mit à rire.\u2014 Eh! eh! fit-il d\u2019un ton narquois, il est fort heureux pour moi que je n\u2019aie affaire qu\u2019à deux moutards ; mais pour peu que vous y teniez, charmante comtesse, j\u2019attendrai qu\u2019ils grandissent et qu\u2019ils aient la force de tenir une épée.Le petit Georges s\u2019approcha de M.de Miray et se campa fièrement devant lui.\u2014 Monsieur de Miray, dit-il, je ne vous aime pas ! Ah ! vraiment ?Et pourquoi ne m\u2019aimes-tu pas ?\u2014 Parce que vous avez insulté maman ; vous êtes un vilain homme, monsieur de Miray, et si j\u2019étais grand.\u2014 Que ferais-tu si tu étais grand ?\u2014 Je me battrais avec vous et je vous tuerais ! \u2014 Bravo, comtesse, bravo, le bambin vous a comprise.Eh ! mais, il promet, ce rejeton des Verdraine.et si rien ne l\u2019arrête en chemin il ira loin.Oui, ma foi, ajouta-t-il cruellement, il y a de l\u2019étoffe dans ce petit bonhomme ; il ne lui manque rien pour être un jour digne de son père.Ces odieuses paroles produisirent sur le coeur de la comtesse l\u2019effet d\u2019une morsure.Mais elle ne se donna pas la peine de les relever ; elle se contenta de détourner la tête avec un mouvement de suprême dégoût.\u2014 Maintenant, comtesse que vous avez près de vous ces deux terribles défenseurs, reprit ironiquement de Mi-ray, je prends le parti de me retirer ; mais laissez-moi vous dire que je ne me tiens pas pour vaincu.Vous réfléchirez, la nuit porte conseil.et puisque j\u2019eii suis a citer des proverbes, je vous engage à méditer celui-ci : La faim fait sortir le loup du bois ; moi.de mon côté je méditerai cet autre : Qui veut la fin veut les moyens.«Je reviendrai demain matin, madame la comtesse, et, si vous le voulez bien, nous causerons de nouveau de nos petites affaires.Il marcha vers la porte qui était restée ouverte; mais avant d\u2019en franchir le seuil il se retourna.\u2018 Ah! fit-il en regardant sournoisement la jeune femme, qui était haletante et se soutenait à peine, une idée, une excellente idée vient de me venir subitement ; les Bergères sont un délicieux séjour et je vais, dès demain, m\u2019y installer pour un ou deux mois.Que pensez-vous de cela, madame la com- tesse ?Oh ! je ne vous gênerai pas beaucoup ; il y a justement dans le pavillon une chambre et un cabinet qui ne sont pas occupés.«Je me trouverai admirablement près de vous, ajouta-t-il avec une ironie mordante, et puis nous aurons le plaisir de nous voir tous les jours.Paule se sentit frissonner de la tête aux pieds.De Miray attendit un instant et voyant que la jeune femme restait muette : \u2014 A demain donc, madame la comtesse, dit-il.Et il disparut.Paule laissa échapper un sourd gémissement, regarda ses enfants avec une indicible angoisse et s\u2019affaissa sur un siège comme une masse.C\u2019était dans la terreur et l\u2019horreur que lui inspirait M.de Miray qu\u2019elle avait puisé la façon de lui répondre ; c\u2019était son indignation, une juste colère qui l\u2019avaient soutenue ; et maintenant qu'elle n\u2019était plus surexcitée, que ses nerfs s\u2019étaient détendus, il lui semblait qu tout son courage, toute son énergie l\u2019avaient pour toujours abandonnée.Elle était brisée, anéantie; jamais, dans ses plus mauvais jours, elle n\u2019avait élé accablée ainsi, jamais elle ne s\u2019était sentie aussi profondément découragée.Elle jeta autour d\u2019elle des regards éperdus.Il y avait de l'égarement dans ses yeux.\u2014 Oh ! cet homme, cet homme ! pro-nonça-t-elle d\u2019une voix étranglée.Il y avait dans ces seuls mots toutes les imprécations, toutes les malédictions.Et il avait dit, cet homme \u2022 Je reviendrai demain.Quoi, Paule subirait-elle une fois encore l\u2019odieuse présence de M.de Miray ?Fallait-il qu\u2019elle eût encore des frissons d\u2019épouvante et d\u2019horreur à la vue de ce misérable ?non, non, c\u2019était impossible ! N\u2019avait-il pas dit aussi, cet homme : Je vais venir demeurer aux Bergères ?Evidemment ces paroles contenaient une menace.Quels pouvaient donc être ses projets ?Mais peut-être avait-il voulu faire comprendre à la comtesse qu\u2019elle n'était plus chez elle aux Bergères et qu\u2019elle devait s\u2019en aller.Cependant, si telle avait été son intention, il aurait pu tout aussi bien parler en maître et dire nettement à la malheureuse : Les Bergères m\u2019appartiennent, il ne me plaît pas que vous y restiez plus longtemps, je vous chasse de ma maison ! Quoi qu\u2019il en soit, la pauvre Paule s\u2019était déjà dit que lorsqu\u2019il arriverait aux Bergères, le lendemain, M.de Miray ne l\u2019y trouverait plus.Mais comment allait-elle faire avec le peu d\u2019argent qui lui restait ?Elle n\u2019en savait rien et n\u2019avait pas le temps de songer aux difficultés.Elle n\u2019avait qu\u2019une seule idée : partir ou plutôt s\u2019enfuir pour échapper au misérable qu\u2019elle savait capable de tout.D\u2019ailleurs, elle ne raisonnait plus.Elle avait l\u2019esprit singulièrement troublé, était en proie à une sorte de délire.C\u2019était un autre genre de surexcitation.Les deux garçonnets jouaient dans un coin du salon, faisaient un assez grand bruit et elle ne les entendait pas.Dans son cerveau il y avait un chaos de pensées qui s\u2019agitaient, se heurtaient tumultueusement ; toutes étaient confuses, se confonadient et s\u2019absorbaient les unes dans les autres et se noyaient dans le vague.La malheureuse était tout étourdie et comme prise de vertige.A un moment, s\u2019obstinant à vouloir saisir une pensée qui lui échappait toujours, elle crut qu\u2019elle devenait folle et poussa un cri d\u2019épouvante.Les deux enfants accouru rent près d\u2019elle et la regardèrent avec effroi.\u2014\tMon Dieu, mon Dieu! s\u2019écria-t-elle en les embrassant, laissez-moi ma raison.Puis, après un silence, elle reprit avec une expression d\u2019angoisse horrible : \u2014\tMon Dieu, mais vous ne voulez donc pas avoir pitié, de moi et de mes enfants ! Marianne vint faire diversion à cette douleur navrante en annonçant que le déjeuner était prêt.Paule prit ses enfants par la main et les conduisit dans la salle à manger.Les chers petits mangèrent d\u2019assez bon appétit, mais ils avaient le coeur gros, car ils voyaient que leur mère avait un grand chagrin, qu\u2019elle n\u2019était pas dans son état naturel.Elle avait essayé de manger aussi un peu, mais cela lui avait été impossible, le morceau n\u2019avait pu passer.\u2014 Maman, lui dit Georges, prêt à pleurer, pourquoi ne manges-tu pas ?\u2014 Je n\u2019ai pas faim, mon chéri, répondit-elle.Cependant Marianne lui ayant fait du thé, elle parvint à en boire une petite tasse.Le repas des enfants terminé, elle les envoya jouer dans le jardin auprès de Mme Verdret.Elle rentra dans le sa'on.Sa lettre presque entièrement écrite, l\u2019encre et la plume étaient toujours là.sur le guéridon.Elle pr.d les feuilles couvertes de son écriture, y attacha longuement son regard.A quoi bon leur dire toutes ces choses ?murmura-t-elle d\u2019une voix creuse.Et puis envoyer cette lettre est maintenant inutile.Comme prise d\u2019un nouvel accès de désespoir, elle froissa le papier entre ses mains fébriles et le glissa dans la poche de sa robe.Elle avait dans la gorge des sanglots qui l\u2019étranglaient, l\u2019empêchaient de respirer ; elle aurait voulu pleurer, cela l\u2019aurait sans doute soulagée, mais elle ne pouvait pas.Ce sont presque toujours les plus grandes douleurs qui sont sans larmes.Ses yeux restaient secs, effarés, et avaient cet éclat de mauvais augure que précèdent certaines agonies.Elle se jeta dans un fauteuil et essaya de réfléchir, de donner une forme nette au projet qu\u2019elle avait conçu ; mais elle retrouva dans sa tête le même désordre qu\u2019avant le déjeuner, tout y était dans une épouvantable confusion.Et de nouveau elle eut peur de perdre la raison.Et elle pensait malgré elle à Mme de Brogniès, cette femme fatale, qu\u2019il lui semblait voir enchaînée dans un cabanon d\u2019une maison d\u2019aliénés.Jusque vers quatre heures, elle resta comme clouée sur son fauteuil, gardant une immobilité effrayante et dans un état de prostration et de torpeur non moins effrayant.Elle se ranima en entendant les voix de ses enfants qui venaient demander leur goûter à Marianne, sans oublier la tartine destinée à Miro.Ils demandèrent où était leur mère et pourquoi elle ne venait pas avec eux au jardin.\u2014 Votre maman se repose, répondit Marianne, il ne faut pas la déranger.La domestique était bien triste en disant cela ; cependant elle ne savait pas dans quel pitoyable état se trouvait sa maîtresse.Dans la matinée elle avait vu écrire la comtesse et elle pensait qu\u2019elle écrivait encore.Les enfants s\u2019éloignèrent, marchant sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit.Paule, qui avait un instant prêté l\u2019oreille, n\u2019entendit plus rien.Alors elle se dressa debout, sombre, farouche.\u2014 Il le faut, il le faut! prononça-t-elle sourdement.Elle avait définitivement pris une résolution désespérée.Elle parut retrouver subitement toute son énergie, probablement par suite d\u2019une nouvelle irritation du système nerveux.LA VIE COURANTE .par Georges Clark l&n / I \u2022 V \u2014 Mes vacances ?.C'est à Balconville que je les passerai; mon manteau de fourrure m'a coûté trop cher l'automne dernier . Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 37 Elle entra dans sa chambre et dans celle des enfants, et avec une vivacité étonnante, une sorte de fureur, vida les armoires, les tiroirs des commodes et remplit trois grandes malles de tout ce qui appartenait à ses enfants, de son linge et de ses effets d\u2019habillement, robes, manteaux, costumes déjà vieux et passés de mode, qui lui rappelaient le temps où elle se figurait qu\u2019elle était heureuse, où elle ne pensait guère que le malheur pût jamais l\u2019atteindre.Elle rangea les malles contre la muraille et avec intention, sans doute, ne les ferma point.Ce oue venait de faire la comtesse était bien les préparatifs d\u2019un départ précipité ; mais à la façon dont elle avait résolu de se mettre en route et de voyager, elle devait abandonner ses bagages.A cinq heures et demie, les enfants remontèrent.Paule resta avec eux dans la salle à manger jusqu\u2019à l\u2019heure du dîner.Elle les encouragea, à faire un bon renas et elle-même parvint à manger suffisamment nour ne pas avoir à redouter une faiblesse causée par la faim.Tout de suite après le dîner, la comtesse mena les enfants dans leur chambre, leur fit dire la prière du soir qu\u2019elle leur avait apprise, pria avec eux, puis les déshabilla et les mit au lit, les embrassant et bordant leur couverture comme d\u2019habitude.Les pauvres petits étaient fatigués ; ils avaient beaucoup joué, beaucoup couru dans la journée, ils ne trouvèrent pas au° leur mère les couchait plus tôt qu\u2019à l\u2019ordinaire.Paule aussi avait gi\u2019and besoin de prendre un peu de repos ; mais elle ne voulait pas se coucher.Dans la chambre des enfants, il y avait un canapé sur lequel la mère s\u2019étendit.Les enfants ne tardèrent pas à s\u2019endormir.La comtesse entendit sonner huit heures et demie, neuf heures.Un bruit de pas au-dessus de sa tête lui apprit que Marianne avait terminé son ouvrage et se couchait.Elle avait entendu le fermier qui marchait dans la cour et parlait à Mira après l\u2019avoir attaché.Tout était devenu silencieux ; le chanteur des nuits, le rossignol lui-même se taisait.Il n\u2019y avait plus que le vent qui se faisait entendre en agitant les cimes des vieux sapins.La lampe dont la comtesse avait baissé la mèche et l\u2019abat-jour ne jetait plus dans la chambre qu\u2019une faible lueur.A dix heures Paule dormait.Le sommeil l\u2019avait vaincue.Mais ce fut un sommeil acité, tourmenté par d\u2019incessants cauchemars et augmentant la fièvre au lieu de la calmer.Soudain, sentant comme un poids très lourd sur sa poitrine, elle se réveilla en sursaut, bondit sur ses jambes et promena autour d\u2019elle ses yeux hagards.Elle venait de rêver que M.de Miray avait le pied sur sa poitrine et l\u2019écrasait.Ce n\u2019était qu\u2019un cauchemar succédant à d\u2019autres également horribles ; mais elle était haletante, moite de sueur et fortement oppressée.Elle releva l\u2019abat-jour de la lampe, haussa la mèche, fit remonter l\u2019huile, et alla voir l\u2019heure à la pendule de sa chambre.Une heure était sonnée.\u2014¦ Oh ! je n\u2019aurais pas dû dormir ! murmura-t-elle.Verdret se lève toujours entre deux et trois heures pour donner à manger à ses chevaux, et je ne veux pas qu\u2019il me voit partir.Les deux enfants dormaient comme des bienheureux à poings fermés.Doucement, avec des baisers, elle les réveilla.Ils se frottaient les yeux, et les deux têtes lourdes de sommeil retombaient sur l\u2019oreiller.La mère les embrassa encore ; elle avait de l\u2019eau sucrée dans un verre, elle les fit boire.Enfin, au bout d\u2019un instant, ils furent complètement éveillés.Sans perdre une minute, la comtesse les habilla le plus chaudement qu\u2019elle put ; elle avait dans sa chambre, tout prêt, son petit sac de voyage, elle le mit à son bras, puis prit Edouard par la main, qui donna son autre main à son frère.\u2014 Venez, mes chéris, dit-elle, marchons doucement et ne parlez pas.Ils sortirent sans bruit du pavillon.Mais Miro avait l\u2019oreille fine, le sommeil léger ; il fait entendre un grognement sourd, puis un aboiement sonore.La comtesse tressaillit.Mais le chien n\u2019aboya plus, ayant déjà senti que c\u2019étaient sa maîtresse et ses jeunes maîtres.Il s\u2019élança hors de sa niche et fit des bonds terribles qui auraient pu rompre sa chaîne, elle n\u2019eût pas été d\u2019une solidité à toute épreuve.Les enfants voulaient aller près de leur bon ami Miro pour lui faire une caresse avant de partir ; mais Paule les en empêcha et les entraîna rapidement vers la porte de sortie, qui n\u2019était jamais autrement fermée qu\u2019au loquet.La comtesse et ses enfants furent bientôt hors de la ferme, et vingt minutes plus tard ils se trouvaient en rase campagne, au milieu des champs cultivés et sur un chemin raboteux, étroit, aux ornières profondes, que Paule ne connaissait pas.Où ce chemin, dont la pente était assez raide, allait-il la conduire ?Elle l\u2019ignorait, elle ne pouvait pas le savoir.Mais que lui importaient les étapes, du moment qu\u2019elle s\u2019enfuyait des Bergères où elle avait senti que ses enfants et elle n\u2019étaient plus en sûreté ?Elle n\u2019avait ni peur des ténèbres qui l\u2019environnaient, ni de ces noirs et terribles fantômes que les âmes faibles croient voir se dresser menaçants dans la nuit, ni de l\u2019inconnu qui s\u2019ouvrait devant elle.\u2014 Que Dieu nous conduise ! disait-elle.Elle pouvait se trouver en face de quelque bête dangereuse, en face d\u2019un loup, par exemple ; mais pour elle, le hideux reptile, le plus féroce carnassier étaient moins à redouter que M.de Miray.Et elle marchait aussi vite que les petites jambes d\u2019Edouard et de Georges le permettaient.Elle s\u2019était écartée de la route qui conduisait à Grenoble et de celle qui menait à Saint-Marcellin, et cela volontairement.Elle craignait que M.de Miray ne se mît à sa poursuite et elle voulait échapper à toutes les recherches.Pour cela, elle était bien décidée à se tenir à distance dos villes et même des villages autant que possible.Elle se serait enfoncée dans un désert, si un désert se fût trouvé devant elle.A un moment où elle s\u2019était arrêtée pour que ses enfants reposassent, elle leur avait dit : \u2014 Les hommes sont méchants, nous les fuyons ; nous en rencontrerons sans doute sur notre chemin, et s\u2019ils nous mandaient qui nous sommes, nous ne leur répondrons pas.Personne ne doit savoir que la comtesse de Verdraine et ses enfants sont sans asile, et s\u2019il nous faut implorer la charité, tendre la main pour recevoir un morceau de pain, nous le ferons avec moins de honte.Georges et Edouard avaient répondu .\u2014\tOui, maman.Pauvre comtesse Paule ! Elle est loin encore du sommet de son calvaire, elle n\u2019est pas encore à la fin de ses souffrances.Mais il arrive un moment où Dieu dit: \u2014\tC\u2019est assez ! Marche, Paule, marche ! Tu l\u2019as dit, il faut que ta destinée s\u2019accomplisse ! Marche ! la Providence veille sur les malheureux, sur les mères et les enfants.QUATRIEME PARTIE Le Calvaire I RÉVÉLATION TERRIBLE Quelques années, sept à peine, avaient suffi pour que la comtesse de Verdraine, celle qu'on appelait jadis Fanchon-la-Princesse à Saint-A-mand-les-Vignes, passât de l\u2019extrême félicité à l\u2019extrême détresse.Elle était reniée et trahie par son mari, avait perdu sa fille Isabelle assassinée à l\u2019instignation de Mme de Brogniès, et se trouvait ruinée par le comte qui avait englouti sa fortune pour l\u2019amour d\u2019une danseuse, la Papillonne.Le comte de Verdraine avait même poussé la déchéance jusqu\u2019à faire un faux en imitant la signature de M.de Miray, un de ses anciens amis, qui poursuivait d\u2019un amour coupable et ignominieux la pauvre comtesse Paule.Celle-ci, pour sauver son mari du déshonneur, avait vendu sa dernière ferme, rachetée par M.de Miray, et traquée par celui-ci, sans abri, sans argent, voulant fuir jusqu\u2019au souvenir de celui qu\u2019elle avait tant aimé, se sauvait sur les routes avec ses enfants.Et tandis qu\u2019elle errait ainsi à l\u2019abandon, ses pensées se reportaient aux jours heureux de son enfance à tous ceux qui l\u2019avaient jadis tant choyée.Nous non plus n\u2019avons pas oublié le vieux père Rouget, Etienne Denizot, Mélie la bossue, les époux Pérard, ces personnages de la première partie de notre drame ; le moment est venu de les faire rentrer en scène.Nous prions donc le lecteur de revenir avec nous à Saint-Amand-les-Vi-gnes, quelques jours avant le départ précipité de la comtesse Paule de 'a ferme des Bergères.Nous passons sans nous arrêter devant la maison reconstruite où demeurent Jacques Pérard et sa femme, qui ont beaucoup, beaucoup vieilli depuis le mariage de leur fille, et c\u2019est chez l\u2019ancien sous-officier Pierre Rouget que nous prions le lecteur de nous accompagner.La maison, qui, nous le savons, est à l\u2019extrémité du bourg, a toujours, extérieurement, le même aspect ; à l\u2019intérieur également, rien de changé ; les choses sont à la même place et tout est propre, sinon aussi brillant, aussi luisant qu\u2019au temps où Paule s\u2019occupait du ménage de son grand-père.Il est vrai que Mme Pérard vient aussi souvent qu\u2019elle le peut mettre tout en ordre chez son père, et que, de plus, une voisine du vieillard, moyennant une modeste rétribution, passe chaque jour deux ou trois heures dans la maison.Bien que Pierre Rouget soit toujours droit comme un I et conserve une apparence de vigueur, il commence à se casser et l\u2019on voit qu\u2019il décline chaque jour.Il est dans sa quatre-vingt-deuxième année, et si le poids des ans n\u2019est pas encore parvenu à le courber, il le sent à sa faiblesse, que, par une sorte de coquetterie de vieillard, il voudrait cacher.Cependant, depuis deux ans, ses jambes étant devenues chancelantes, il est forcé, quand il sort, de s\u2019appuyer sur un bâton.Mais il ne sort guère.Aller jusque ch:z sa fille et à l\u2019église les grands jours de fête est tout ce qu\u2019il peut faire.Peut-être regrette-t-il le bon temps où il travaillait aux champs, où le fusil sur l\u2019épaule il courait par monts et par vaux ; mais il ne se plaint jamais, il ne se plaint de rien ; il ne laisse même pas voir combien il serait content, heureux si, avant de mourir, il lui était accordé la faveur d\u2019embrasser Georges et Edouard, les enfants de sa petite-fille.Pierre Rouget est un stoïque.Il sait qu\u2019il peut passer l\u2019arme à gauche, \u2014 c\u2019est son expression, \u2014 d\u2019un moment à l\u2019autre, c\u2019est-à-dire mourir Fortifiez votre Santé Toutci loi femme» doivent être \u2022n lanté, belle» et vigoureuie».Vou» pouvez avoir une belle apparence avec le TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL C'est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs Produit véritablement sérieux9 bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme.AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.GRATIS : Envoyez 5* en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, do 2 h.à 5 h.p.m.REMPLISSEZ CE COUPON Mme MYRRIAM DUDREUIL 6800, rue Bordeaux Case Postale, 2353, Place d'Armes, Montréal, P.Q.Ci-inclus 5c pour échantillons du Traitement Myrriam Dubrcuil avec brochure.(Pour le Canada seulement).'tfom ____________________________ (dresse -.flllm - bovines__________________________ Le Samedi.Montréal, 23 juillet 1940 38 d\u2019une paralysie ou de tout autre chose, mais il n\u2019a pas peur de la mort.\u2014 Le coffre est solide, dit-il, et tant que j\u2019aurai le coeur chaud pour ceux que j\u2019aime, tout ira bien.Quand il porte son verre à sa bouche et que sa main tremble ; quand il veut marcher et qu\u2019il sent ses jambes gourdes et récalcitrantes, il fait un peu la grimace ; mais aussitôt il se console et se rassure en disant : Si je n\u2019ai plus ni bons pieds, ni bonnes jambes, ni bons bras, j\u2019ai toujours de bons yeux, de bonnes oreilles et encore d'assez bonnes dents pour casser une croûte.Pierre Rouget pouvait d\u2019autant mieux se rassurer que sa mémoire était toujours excellente, qu\u2019il avait toujours l\u2019esprit vif, la pensée active, qu\u2019il n\u2019avait encore rien perdu de ses facultés intellectuelles.Un matin, comme il était seul et se chauffait au coin de son feu.il vit entrer Etienne Denizot.Tiens, c\u2019est toi, Etienne, fit-il, sans cacher ni sa surprise ni sa satisfaction : quel hon vent t\u2019amène chez le vieux Rouget ?Sais-tu qu\u2019il y a des années que tu ne m\u2019as pas fait l\u2019amitié d\u2019entrer chez moi ?Pourtant, mon garçon, tu savais que tu serais bien reçu.Enfin, te voilà ! Mieux vaux tard que jamais ! Et vrai, Etienne, je suis content de ta visite, vois-tu, les vieux comme moi aiment qu\u2019on pense à eux.«Allons, viens t\u2019asseoir, prends cette chaise ; c\u2019est ça.Comment va ta mère ?Très bien, père Rouget.Dame ! tu lui fais une douce et belle existence.C'est mon devoir.Sans doute.Et la Mélie.en êtes-vous toujours contents ?Mélie est une brave fille, d\u2019un dévouement rare, qui nous rend de très grands services et dont ma mère et moi ne pourrions plus nous passer.Oui, je sais ; Mélie était un caillou que ta mère a changé en diamant, une mauvaise graine que vous avez mise en bonne terre et qui a vite donné les meilleurs fruits.Je sais aussi comment tu marches, toi, mon garçon.Je fais ce que je peux.Et ce que tu fais est bien, mon ami, très bien.Marche, marche, tu n\u2019as plus le droit de t\u2019arrêter ; tes succès en appellent d\u2019autres ; tu es l\u2019orgueil de Saint-Arnaud et rien ne dit que tu n'en seras pas un jour la gloire.Eh ! eh 1 il ne faut pas que ce que je dis te fasse rougir ; on peut être modeste, mais on a le droit de rendre justice à soi-mônie.Enfin, c\u2019est bien, laissons cela Qu est-ce que je vais bien pouvoir t\u2019offrir ?Rien, père Rouget, rien Si, si, il faut que nous trinquions ; tiens, un petit verre de vieille eau-de-vie de marc.\u2014 Soit, je ne veux pas vous refuser \u2014 Tu aurais tort, Etienne, car ça me fait grand plaisir de boire une petite goutte avec toi.Le vieillard se leva, prit lu bouteille sur le bahut et remplit deux petits verres.\u2014 Etienne, reprit-il en regardant fixement le jeune homme, tu as l\u2019air soucieux et vraiment il me semble que je vois des larmes dans tes yeux ; qu\u2019est-ce que tu as ?D\u2019abord, père Rouget, je suis pror fondement touché de l'accueil que vous me faites ; et puis il v a autre chose \u2014 Ah ! -Et c est cette autre chose qui mu amené chez vous - Eh bien ! qu\u2019est-ce que c'est ?Vous me connaissez, père Rouget, vous savez que je ne sais pas déguiser ma pensée, que chez moi tout est franchise.Oui, Etienne, tu es un garçon franc et loyal.Et je vous prie de ne point prendre en mauvaise part ce que je vais vous dire.Tu n'as pas besoin de me prier : à moi tu peux tout dire, franchement, nettement, je t\u2019en donne le droit.Merci, père Rouget.J\u2019aurais pu aller trouver Mme Pérard, mais il m\u2019eût été impossible de lui parler comme à vous, et je me suis dit que c\u2019était avec vous, avec vous seul que je pouvais causer.\u2014 Etienne, tu me rends inquiet.Enfin, parle, je t\u2019écoute.\u2014 Eh bien ! père Rouget, je vais droit au but ; Savez-vous ce qui se passe là-bas, dans le département de l\u2019Isère ?\u2014 Hein ! mais c\u2019est donc de Paule qu\u2019il s\u2019agit ?\u2014 Oui, répondit le jeune homme, dont la voix oppressée trahissait la violente émotion, c\u2019est de Paule.de Mme \u2019a comtesse de Verdraine, veux-je dire, qu\u2019il s\u2019agit.Le vieillard resta un instant comme étourdi.\u2014 Voyons, fit-il, tu me demandes si je sais ce qui se passe dans l\u2019Isère ?\u2014 Oui.\u2014 Mais certainement, mon garçon, je le sais.\u2014 Oh! dites plutôt que vous croyez le savoir.\u2014 Etienne, que signifie?.Explique-toi ! \u2014 Je m\u2019expliquerai, bien sûr, il le faut.Mme la comtesse de Verdraine écrit-elle souvent à vous et à ses parents ?\u2014\tChaque semaine une lettre, quelquefois deux.\u2014 Alors vous savez que depuis plusieurs mois elle n\u2019habite plus ni à Grenoble, ni au château de Verdraine.\u2014\tParfaitement.Ma petite-fille demeure actuellement au château des Bergères.\u2014\tPierre Rouget, il ne faut ni vous étonner, ni vous offenser de mes questions, car, je vous le jure, mes intentions sont honnêtes.\u2014\tJ\u2019en suis convaincu, Etienne \u2014 Mme la comtesse de Verdraine vous dit-elle dans ses lettres qu\u2019elle est heureuse ?Mais, balbutia le vieillard un peu embarrassé, elle ne se plaint pas de son sort.\u2014- Savez-vous qu\u2019elle vit seule aux Bergères, seule avec ses deux enfants ° Oui, nous savons cela.\u2014 La comtesse de Verdraine vous a-t-elle appris pourquoi elle a quitté Grenoble, pourquoi elle n\u2019est pas allée à Verdraine, comme les années précédentes, pourquoi enfin son mari n\u2019est pas avec elle aux Bergères ?\u2014 Mon cher Etienne, Paule a quitté Grenoble parce qu'il ne lui plaisait plus de rester à la ville, et elle n\u2019est pas allée demeurer à Verdraine, comme les autres années, parce qu\u2019elle préfère vivre aux Bergères où elle jouit d\u2019une tranquillité plus parfaite.Son mari n\u2019est pas là, avec elle, en ce moment, parce que des affaires importantes l\u2019ont lorcé à faire un long voyage.\u2014 Voilà ce que vous écrit votre petite-fille ?\u2014 Oui.Eh bien ! père Rouget, Mme la comtesse de Verdraine vous trompe, ou plutôt elle n\u2019ose pas faire connaître la vérité.-Etienne, que dis-tu?\u2014 Je dis que vous ne savez absolument rien de ce qui se passe.Oh ! Je dis que votre petite-fille, qui ne se plaint pas à vous, est maintenant dans la douleur, dans les larmes! \u2014 Tu es sûr de cela ?exclama le vieillard dont les prunelles s\u2019enflammèrent.Oui, je suis sûr.Ainsi, Paule est malheureuse ?-Très malheureuse, père Rouget, ia plus malheureuse des femmes.Et sans l'avoir mérité, la chère et douce créature, ajouta-t-il avec des larmes dans la voix et les yeux.L\u2019ancien sergent regarda le jeune homme en hochant la tête.\u2014 Etienne, mon garçon, replrit-il.c\u2019est donc bien vrai ce que disent les gens ?\u2014 Je ne sais pas ce que disent les gens.Ils prétendent que tu aimes toujours Paule.\u2014 Je ne fais connaître mes pensées secrètes à personne ; mais je ne peux pas empêcher que l\u2019on suppose ou que l\u2019on devine telle ou telle chose.Quand j\u2019ai refusé dix fois, quinze fois de me marier, en déclarant que je voulais rester garçon, il n\u2019était pas difficile vraiment d\u2019en deviner la cause.« Il y a des coeurs blessés qui se guérissent, qui oublient, le mien n\u2019est pas de ceux-là.A vous, père Rouget, à vous qui avez vécut, et qui aimez toujours votre petite-fille, je n\u2019ai rien à cacher : oui, j\u2019aime toujours Paule.je 1 aime comme je l\u2019aimais avant son mariage ; et tenez, Pierre Rouget, je crois même que je 1 aime plus encore depuis que je sais qu\u2019elle est malheureuse ! Paule est malheureuse! prononça lentement le vielilard.Après un court silence ; Et, Etienne, reprit-il tristement, c\u2019est pour me dire cela que tu es venu ?\u2022 Oui, père Rouget, pour vous dire cela et aussi pour que nous avisions.\u2014 Je ne comprends pas bien.D\u2019un moment à l\u2019autre, la comtesse de Verdraine peut avoir besoin d\u2019être protégée par ceux qui l\u2019aiment.\u2014 Eh bien ?Eh bien ! père Rouget, je suis un \\«^ for b .; (Sen ne m |es fa tomme les ^ ZS.- Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1919 '¦MesRecettes.A Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE CROQUANTS AUX NOIX % tasse de farine 4 c.à tb.de beurre 1 c.à thé de vanille Va c.à thé de sel 1 oeuf 1 c.à thé de poudre à pâte 1 tasse de cassonade Va tasse de noix haehées Tamiser la farine, mesurer, tamiser de nouveau avec la poudre et le sel.Défaire le beurre en crème, ajouter graduellement la cassonade, puis l\u2019oeuf, la vanille et bien mélanger.Etendre la pâte dans un moule à gâteau carré de 8 pouces et cuire à four modéré 350° F.25 à 30 minutes.Couper en carrés au sortir du four.TARTE MOUSSELINE AU CHOCOLAT 1 c.à tb.de gélatine\t3 c.à tb.d\u2019eau froide 1 tasse de crème 1 tasse de lait\t2 oeufs 8 c.à tb.de beurre V-a c.à tb.d\u2019essence d\u2019amande\t1 once de chocolat ou 1 carré 1 c.à thé de vanille Saupoudrez la gélatine sur 3 c.à tb.d\u2019eau froide et laisser gonfler 5 minutes.Faire chauffer le lait, séparer les oeufs, battre les jaunes avec la moitié du sucre, Va de tasse, verser au-dessus le lait chaud, délayer et faire cuire au bain-marie jusqu'à consistance de crème.Retirer du feu, y mettre la gélatine et brasser pour la faire fondre parfaitement.Laisser refroidir, introduire délicatement les blancs d\u2019oeufs battus avec le reste du sucre, Va de tasse.Diviser le mélange en 2 parties et dans une partie, ajouter l\u2019essence d\u2019amande, verser dans une croûte de tarte déjà cuite.Dans l\u2019autre partie, y mettre le chocolat fondu au-dessus de l\u2019eau chaude et aromatiser avec la vanille.Verser sur la première partie qui doit être blanche et laisser prendre le tout bien ferme.Servir très froid avec une garniture de crème fouettée et des rouelles de bananes.CHARTREUSE SOUBISE 2 c.à tb.de graisse 5 c.à tb.de farine 1 tasse d\u2019eau de cuisson 1 c.à thé de sel Va de c.à thé de poivre\t1 c.à tb.de persil frais G oignons moyens 1 tasse de lait Peler les oignons et les tailler en tranches épaisses.Faire cuire 10 minutes dans l'eau bouillante salée, égoutter, réserver 1 tasse d\u2019eau de cuisson.D\u2019autre part, mettre dans une casserole la graisse, la farine, délayer avec 1 tasse d\u2019eau de cuisson et 1 tasse de lait.Faire cuire jusqu\u2019à épaississement.Assaisonner et y incorporer les oignons cuits.Préparer une belle purée de pommes de terre à laquelle on incorpore 2 oeufs bien battus.Foncer un plat de cette purée à l\u2019épaisseur d\u2019un Va pouce, y mettre les oignons et couvrir tout le dessus avec le reste de la purée.Faire gratiner à four chaud 400° F.jusqu\u2019à ce que ce soit bien doré.G services.souffle' au veau 2 tasses de veau cuit haché\t2 c.à tb.de shortening 3 c.à tb.de farine 1 tasse de lait\tsel et poivre 1 c.à thé d\u2019oignon râpé\t3 oeufs Mettre dans une casserole le shortening et la farine.Délayer avec le lait et faire cuire en brassant jusqu\u2019à épaississement.Assaisonner au goût de sel et poivre.Retirer du feu, ajouter le veau, l\u2019oignon râpé et les jaunes d\u2019oeufs légèrement battus.Mousser les blancs fermes sans être cassants et incorporer au mélange.Verser dans un plat beurré au fond seulement et faire cuire à 350° F.45 à 50 minutes ou jusqu\u2019à ce que le soufflé soit bien léger et légèrement bruni.Servir aussitôt.G services.PETITS GATEAUX SURPRISE G gâteaux individuels 3 blancs d\u2019oeufs 6 services de crème glacée 6 c.à tb.de sucre Faire une recette de petits gâteaux.Enlever une rondelle sur le dessus et creuser assez pour pouvoir y introduire une boule de crème glacée.Préparer une meringue avec 3 blancs d'oeufs et G c.à tb.de sucre.Battre au moussoir jusqu\u2019à ce que la meringue garde sa forme et couvrir entièrement le petit gâteau.Passer au four très chaud quelques minutes pour faire dorer légèrement.Ces petits gâteaux peuvent ensuite être conservés au réfrigérateur au moins 1 heure avant de les servir.6 services.Quand vous huma cette odeur alléchante.il s'agit de Christie's RJTZ Ce petit goût de noisette appétissant et cette saveur légèrement salée appartiennent aux Ritz .aux Ritz seuls! Essayez-les.Voyez comme les Ritz croquants, croustillants font ressortir la saveur des autres aliments \u2014 fromages, garnitures, salades, soupes, et breuvages.Demandez à votre épicier des Christie's Ritz \u2014 la prochaine fois que vous ferez vos emplettes.ISCUITS ChrisHie s Ayez toujours sous la main une provision de Christie's Premium Soda Crackers \u2014 ils sont toujours frais et croustillants.Et n'oubliez pas les Christie's Graham Wafers, cuits à la manière Christie et avec cette vraie saveur Graham.CHRISTIE, BROWN AND COMPANY, LIMITED « Hevrnox Neyr-nnx _!\u2022_ v~ wmmm .fepV\" -I____12 j ¦\t¦\t, * .¦ y l; m mm mm BU* » Des milliers d\u2019automobilistes s\u2019arrêtent chaque jour aux postes de B-A.Ils savent que les produits et le service de B-A sont supérieurs.itt peictflefcêfei, uw I Quand vous arrêtez à un poste de B-A, vous pouvez être sûrs que les pneus seront vérifiés, de même que l\u2019eau, l\u2019huile et la batterie.Seuls les détaillants do B-A vendent les pneus Fisk.En voyage, vous apprécierez les cartes routières de B-A et les renseignements que les détaillants de B-A peuvent vous donner.Chaque fois que vous arrêtez à un poste de B-A vous recevez gratis une assurance contre les accidents: \u2014 on n\u2019oublie jamais de nettoyer le pare-brise! L\u2019huile à moteur Peerless protège réellement le moteur d\u2019une voiture.Avec Peerless le moteur chauffe moins et demeure plus propre.Peerless ne s\u2019oxyde pas, sa fluidité ne change jamais, et comme elle assure toujours la compression la plus parfaite, l\u2019huile à moteur Peerless permet toujours le meilleur rendement.Peerless est le produit distillé des pétroles bruts de la plus haute qualité.Peerless est un alliage.On lui ajoute un agent chimique qui lui donne des propriétés fort utiles: plus de rendement, moins d\u2019usure, moins de dépenses.C\u2019est pourquoi nous disons: \"Nul ne peut acheter une meilleure huile à moteur\u201d.THE BRITISH AMERICAN OIL COMPANY LIMITED i t Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 43 \"LA PENTE DANGEREUSE\" [ Suite de la page 40 ] « Ah ! tenez, je sens tout mon sang bouillonner dans mes veines quand je pense que cette danseuse, magnifiquement habillée, couverte de diamants, se pavane sur les promenades de Paris, dans des voitures traînées par quatre chevaux, quand je pense qu\u2019elle a un superbe hôtel, de nombreux domestiques, qu\u2019elle fait parade de son luxe honteux, et que, à ce moment peut-être, la comtesse Paule et les deux pauvres petits sont déjà, eux, aux prises avec la misère.« Car il faut que vous le sachiez, père Rouget, la fortune du comte de Ver-draine n\u2019était pas aussi considérable qu\u2019on le disait ici, et il n\u2019a pu se livrer à tant de folles dépenses, sans contracter successivement des emprunts onéreux, donnant en garantie son domaine de Verdraine, ses fermes et ses bois.Ah ! la race des usuriers prêteurs d\u2019argent à trente et même cinquante pour cent n\u2019est pas éteinte ! « Eh bien ! le domaine de Verdraine, les forêts et les fermes sont surchargés d hypothèques ; si le comte a encore de l\u2019argent, il le garde pour sa danseuse ; mais il ne peut plus trouver à emprunter et il est poursuivi par ses créanciers, et avant qu'il soit longtemps ceux-ci s\u2019abattront sur les propriétés du Dauphiné comme une bande de corbeaux affamés sur un cheval mort et tout sera vendu par autorité de justice, à vil prix, et quand chaque corbeau aura pris sa part, il ne restera rien.Voilà où en sont les choses, père Rouget, voilà la vérité sur la situation.\u2014 Elle est affreuse, la situation, elle est épouvantable.Mais que faire, mon Dieu, que faire ?\u2014 Rien pour le comte de Verdraine; on ne peut plus le sauver, il est trop tard.Vous ne devez plus penser maintenant qu\u2019à la comtesse et à ses enfants.\u2014 Oui, oui.\u2014 Tout est à craindre, père Rouget : la malheureuse mère peut succomber à un accès de douleur et de désespoir.\u2014 Tu me fais frémir.\u2022\u2014 Il ne faut pas qu\u2019elle reste là-bas, il faut qu\u2019elle revienne à Saint-Amand.\u2014 Mais elle ne veut pas revenir, elle attend, dit-elle.Mon Dieu ! qu\u2019est-ce qu\u2019elle peut attendre ?\u2014 Je n\u2019en sais rien; peut-être la mort !.Mais elle a des enfants, elle ne doit pas mourir ; il faut la secourir, la sauver du désespoir, père Rouget; elle ne veut pas revenir, eh bien ! il faut aller la chercher.\u2014 C\u2019est cela, Etienne, c\u2019est cela, voilà ce qu\u2019il y a à faire ! s\u2019écria le vieillard ; et c\u2019est moi, Etienne, c\u2019est moi qui irai la chercher.\te Puis, secouant la tête, et avec un accent de tristesse profonde.\u2014 Cela coûte pour aller là-bas et en revenir avec une femme et deux enfants, cela coûte, et je suis à peu près sans argent et ma fille est encore plus pauvre que moi.\u2014 Oh ! dit le jeune homme, la question d\u2019argent ne serait pas embarrassante, car j\u2019ai chez moi quelques milliers de francs qui n\u2019ont rien à y faire.Mais permettez-moi de vous le dire, père Rouget, ce n\u2019est pas à votre âge qu\u2019on entreprend un pareil voyage ; non, ce n\u2019est pas vous qui pouvez aller chercher la comtesse Paule et ses enfants, non point par défaut de courage, mais parce que vous ne pouvez plus assez compter sur vos forces.\u2014 C\u2019est vrai, tu as raison, mon ami, dit l\u2019ancien sergent en soupirant.\u2014 C\u2019est le père de la comtesse qui devrait partir ; il déciderait certainement sa fille à le suivre, en usant, s\u2019il le fallait, de son autorité.Mais M.Pé-rard est cloué sur son lit par cette cruelle maladie, qui, bien qu\u2019elle ne menace pas ses jours, paraît devoir durer trop longtemps encore.« Quant à votre fille, elle est si impressionnable, si peu maîtresse d\u2019elle-même, que ce serait lui confier une tâche difficile et, j\u2019en suis convaincu, au-dessus de ses forces.Il peut se présenter telles ou telles difficultés devant lesquelles Mme Pérard s\u2019arrêterait.D\u2019un autre côté, il ne lui est pas possible de s\u2019éloigner de son mari, car les soins que réclame le malade sont de tous les instants.Et puis, si elle partait, il faudrait dire la vérité à votre gendre, ce qui pourrait avoir des conséquences graves, le médecin ayant déclaré qu\u2019un'1 émotion un peu forte aggraverait son état et même pourrait le tuer.\u2014 Tout cela est bien raisonné, Etienne ; mais alors comment faire ?\u2014 Père Rouget, avez-vous confiance en moi ?\u2014 Si j\u2019ai confiance en toi ! Oh ! peux-tu me demander ça ! \u2014 Eh bien ! avec votre permission, votre autorisation, si vous me la donnez, c\u2019est moi qui irai trouver la comtesse de Verdraine, et je lui dirai : « \u2014 J\u2019ai été votre ami, je le suis toujours : c\u2019est donc un ami dévoué et sûr qui vient à votre secours.Votre père et votre mère ignorent encore ce qui se passe ; mais Pierre Rouget, votre grand-père, sait tout, lui, et c\u2019est lui qui m\u2019a envoyé vers vous ; je viens vous chercher.« Et si quelqu\u2019un voulait s\u2019opposer à son départ, je lui répondrais.\u2014 Ainsi, Etienne, mon garçon, c\u2019est bien vrai, tu ferais cela ?\u2014 Oui, et je n\u2019ai pas à vous le cacher, je suis venu avec l\u2019intention de vous faire cette proposition.Il faut que je vous le dise, père Rouget, depuis quelques jours, je suis affreusement tourmenté, j\u2019ai de sinistres pressentiments, je suis assailli par toutes sortes de craintes : quelque chose me dit que la comtesse Paule est menacée de quelque grand danger.La nuit, j\u2019ai d\u2019horribles cauchemars, dans lesquels la comtesse et ses enfants, pâles, éplorés, m\u2019apparaissent et me crient, leurs mains tendues vers moi : « \u2014 Venez à notre secours, sauvez-nous ! « Je ne suis pas superstitieux, père Rouget, non, je ne le suis pas ! Mais ce rêve, toujours le même, qui vient chaque nuit troubler mon sommeil, signifie quelque chose.On ne peut pas avoir de ces troubles d\u2019esprit sans cause ; c\u2019est surnaturel et cela m\u2019effraye, me glace de terreur.Je me demande, \u2014 oh ! ne riez pas, ne vous moquez pas de moi, \u2014 je me demande si ce n\u2019est pas l\u2019âme de Paule qui vient ainsi parler à la mienne.«Je ne peux plus vivre dans cet état d\u2019exaltation, je me sens poussé par une force irrésistible, îl faut que j\u2019aille la-bas, que je voie de mes yeux ce qui s\u2019y passe, que j\u2019entende de mes oreilles ce qui s\u2019y dit et que je me fasse le protecteur de Paule et de ses enfants s\u2019ils ont besoin d'être protégés.« Je ne serai tranquille que lorsque je les aurai vus, et ne serai tout à fait rassuré sur leur sort que lorsqu\u2019ils seront ici, dans les bras du père, de la mère et dans les vôtres, père Rouget.Le vieillard avait écouté avec une émotion croissante.\u2014 Donc, Etienne, dit-il, ta résolution est prise, tu veux aller dans l\u2019Isère ?\u2014 Oui, il faut que j\u2019aille là-bas, il le faut, il le faut ! \u2014 Etienne, mets ta main dans la mienne.Bien.Le vieillard resta un moment silencieux et reprit d\u2019une voix lente et grave : \u2014 Etienne, je te savais un brave garçon, mais je ne croyais pas que tu eusses un aussi grand coeur.Non seulement je t\u2019autorise à aller trouver ma petite-fille de ma part pour la ramener à Saint-Amand avec ses enfants, mais je t\u2019en fais la prière et je te remercie de ce que tu veux bien faire pour nous tous.\u2014 Père Rouget, à mon tour, je vous remercie de la preuve de confiance et d\u2019amitié que vous me donnez.Comptez sur moi et mon dévouement ; je vous ramènerai la comtesse et ses enfants.\u2014 Etienne, quand partiras-tu?\u2014 Je voudrais partir ce soir même; mais plusieurs affaires à terminer, à régler, affaires qui sont plus celles des autres que les miennes, vont me retenir jusqu\u2019à la fin de la semaine ; mais dans quatre jours, c'est-à-dire dimanche, je me mettrai en route.\u2014 Je te verrai avant ton départ ?\u2014 Certainement.\u2014 Et nous ne dirons rien à mon gendre et à ma fille ?\u2014 Rien, père Rouget, rien.\u2014 Mais à ta mère, que diras-tu ?\u2014 La vérité.Je ne cache rien à ma mère ; à elle, et aussi à Méüe, on peut en toute assurance confier un secret.\u2014 C\u2019est bien.Le jeune homme se leva.\u2014 A bientôt, père Rouget.\u2014 A bientôt, Etienne, dit le vieillard en se levant aussi.L\u2019ancien sous-officier ouvrit ses bras et dit : \u2014 Viens, viens que je t\u2019embrasse.Ils s\u2019embrassèrent.Tous deux pleuraient.Et quand le jeune homme l\u2019eut quitté, le vieillard poussa un long soupir et murmura : \u2014 Ah! si j\u2019avais su !.Il y avait bien des choses dans cette exclamation.Il y avait des regrets, plus encore que des regrets, des remords ! Le vieillard retomba sur son siège et, absorbé dans ses pensées, s'enfonça dans ses souvenirs.Tout à coup, il eut comme un mouvement de colère, et du fond de ses yeux jaillit un éclair.\u2014 Pourtant, s'écria-t-il, la vieille femme du Trocadéro m\u2019a prédit que je mourrais heureux ! III VISITE INATTENDUE Le vendredi, dans l\u2019après-midi, Etienne Denizot était revenu voir Pierre Rouget pour lui dire que sa mère était prévenue, qu\u2019il avait pris toutes ses dispositions pour que chez lui rien ne souffrit de son absence et que, comme il l\u2019avait annoncé, il partirait le dimanche dans la matinée.\u2014 Mais, avait-il ajouté, avant de monter dans la voiture qui doit me conduire à Beaune, je voudrais vous embrasser : cela me portera bonheur.Une singulière visite, à laquelle Pierre Rouget était loin de s\u2019attendre, allait rendre nécessaire une nouvelle entrevue du vieillard et du jeune homme.Le lendemain matin, à huit heures, comme tous les jours, le courrier, qui faisait le service des dépêches, de Beau-ne à Saint-Amant et vice versa s'arrêta devant le bureau de poste du village.Aussitôt la portière du coupé s\u2019ouvrit et l\u2019unique voyageur amené par le courrier, un grand jeune homme qui paraissait avoir de vingt-deux à vingt-quatre ans, sauta lestement à terre.Ce jeune homme était bien vêtu, sinon richement ; il avait s.s pieds dans des brodequins de gros cuir, était coiffé d\u2019un chapeau de feutre mou et portait un pardessus marron sur sa jaquette de drap de fantaisie à petits carreaux, pareille au pantalon et au gilet.LA VIE COURANTE .par Georges Clark \u2014 Votre fille est bien femme : elle me distrait si gentiment que j'en ai peine à poursuivre mon diagnostic.h/ 'rJJl 44 Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 A sa chaîne de montre pendaient de lourdes breloques de formes bizarres, d\u2019un métal qui n\u2019était ni or ni argent, et qui ne pouvaient être que d\u2019une fabrication étrangère.Le voyageur, d\u2019ailleurs, bien qu\u2019il s\u2019exprimât parfaitement en français, était lui-même un étranger.Son teint olivâtre comme celui d\u2019un créole indiquait qu\u2019il n\u2019appartenait pas à la race blanche pure, et ses cheveux courts, crépus, frisant naturellement, ses lèvres épaisses, ses dents très blanches et le bistre de ses yeux qu'on remarquait également sur ses ongles, révélaient que du sang de la race noire coulait dans ses veines.A part cela, il était fort bien : sa figure était douce et sympathique et ses grands yeux noirs, pleins de vivacité, avaient une expression saisissante.11 était imberbe, toutefois une fine moustache naissante ombrait légèrement sa lèvre supérieure.Des personnes qui passaient, s\u2019arrêtaient pour le regarder curieusement.Dans un village, un étranger est tout de suite remarqué et, quand ce village est éloigné des grands centres de population, l'apparition d\u2019un inconnu est presque un événement.\u2014 Monsieur, dit le courrier au voyageur, votre intention étant de retourner à Beaune avec moi, n\u2019oubliez pas que je repars dans deux heures.\u2014 Soyez tranquille, je ne me ferai pas attendre.\u2014 Alors, à tout à l\u2019heure.Et le courrier se mit en devoir de décharger ses dépêches.Le voyageur traversa la rue et alla droit à une femme qui regardait debout sur le seuil de sa porte.\u2014 Madame, lui dit-il portant la main à son chapeau, voulez-vous avoir l\u2019obligeance de m\u2019apprendre si M.Pierre Rouget, un ancien soldat, est encore de ce monde ?\u2014 Mais oui, monsieur, mais oui, il vit encore, le bon vieux : ainsi c\u2019est le père Rouget que vous venez voir ?\u2014 Oui, madame.\u2014 Il ne sort plus guère, vous le trouverez sûrement chez lui.\u2014 J\u2019en suis heureux.Mais j\u2019ai encore un renseignement à vous demander, madame.\u2014 Dites, monsieur.C est de vouloir bien m'indiquer la demeure de M.Pierre Rouget.\u2014 Vous êtes justement dans sa rue et vous pouvez la suivre jusqu'au bout ; la maison du père Rouget est l\u2019avant-dernière que vous verrez à votre droite, devant un gros tilleul, vous ne pouvez pas vous tromper.\u2014 Et c'est de ce côté?\u2014 Oui.Je vous remercie beaucoup, madame.Toujours devant vous, monsieur, jusqu\u2019au bout de la rue.Le voyageur salua la femme et d\u2019un bon pas, sans regarder ni à droite ni à gauche, se dirigea vers la maison de l\u2019ancien sergent.Il arriva au gros tilleul, s'arrêta, regarda la maison, qui avait une sorte d\u2019apparence bourgeoise, et se dit : \u2014 C\u2019est là.Il frappa à la porte.De l\u2019intérieur une voix répondit : \u2014 Entrez.Le voyageur entra.Pierre Rouget, qui était assis à sa place habituelle, au coin de la cheminée, se dressa sur ses jambes et examina avec surprise le jeune inconnu, qui s'avança vers lui.\u2014 Je ne me trompe pas.dit le v >ya-gcur, le visage épanoui, le sourire sur les lèvres et montrant ses dents blanches, vous êtes Pierre Rouget, je vous reconnais.\u2014 Oui, monsieur, oui, je sui; Pierre Rouget : et vous dites que vous me reconnaissez ?\u2014 Oh ! parfaitement.\u2014 Mais où donc m\u2019avez-vous vu déjà ?\u2014 Ici même, à Saint-Amand, sur la place publique.\u2014 Sur la place publique ?fit le vieillard cherchant à se rappeler.\u2014 Il y a sept ans de cela, monsieur, et malgré le temps écoulé, c\u2019est à peine si vous avez un peu vieilli.\u2014 Mais dans quelles circonstances ?\u2014 Vous allez vous souvenir, j\u2019espère : c\u2019était un dimanche, après les vêpres, une troupe nomade composée d\u2019hommes, de femmes et d\u2019animaux arriva à Saint-Amand-les-Vignes et donna sur la place une représentation.\u2014 Je me souviens, monsieur.Alors vous étiez là ?\u2014 Je faisais partie de la troupe de saltimbanques.\u2014 Vous ?en vérité ! \u2014 Mon Dieu, oui, monsieur ; c\u2019était moi qui marchais en tête du cortège, conduisant par la bride un chameau, lequel avait sur son dos, entre ses bosses, un singe.\u2014 Ah ! vraiment, c\u2019était vous ?\u2014 C\u2019était moi, monsieur Pierre Rouget, Ali ben Chaoun, pour vous servir.\u2014 J\u2019ai peine à revenir de ma surprise.\u2014 Naturellement vous ne vous attendiez pas à recevoir ma visite.Enfin, vous vous rappelez maintenant ?\u2014 Comme si la chose était d\u2019hier.\u2014 En ce cas, monsieur Pierre Rouget, vous n\u2019avez pas oublié une jeune fille qui faisait aussi partie de la troupe ?\u2014 Vous voulez parler de la jolie Espagnole appelée Mercédès ?\u2014 C\u2019est cela même.\u2014 Qu\u2019est-elle devenue, cette charmante et gracieuse jeune fille ?\u2014 La visite que j\u2019ai l\u2019honneur de vous faire, monsieur, a justement pour objet de vous donner des nouvelles de la senora Mercédès d\u2019Argélias, fille d\u2019Inès Ramon de la Cuenta.\u2014 Est-ce possible ! Elle se souvient donc encore de moi ?\u2014 La sienora Mercédès d\u2019Argélias est une noble fille d\u2019Espagne, monsieur Pierre Rouget; elle n\u2019oublie rien; elle se souvient, elle se souviendra toujours du bien qui a été fait aux siens et qu\u2019elle considère comme ayant été fait à elle-même.\u2014 Oui, elle m\u2019a dit cela, il y a sept ans ; elle est bonne et reconnaissante.Mais donnez-moi donc de ses nouvelles, elle se porte bien ?\u2014 A merveille.\u2014 Elle est heureuse ?\u2014 Très heureuse.\u2014 Ah ! tant mieux, vous me rendez bien content.Est-ce qu\u2019elle est toujours.\u2014 Avec les saltimbanques ?\u2014 Oui, voilà ce que je voulais vous demander.\u2014 La senora Mercédès est aujourd\u2019hui dans une situation toute différente, elle est devenue une grande artiste, une artiste célèbre.\u2014 A la bonne heure, ce sont là de bonnes nouvelles et qui me font grand plaisir.\u2014 Grâce à son talent, la senora gagne beaucoup d\u2019argent.\u2014 En Espagne ?\u2014 Non, monsieur Rouget, en France, à Paris.\u2014 C\u2019est de mieux en mieux.\u2014 Vous voyez en moi un de ses fidèles serviteurs.Le vieillard s\u2019inclina.\u2014 Et que fait-elle, Mlle Mercédès ?demanda-t-il.\u2014 Elle est danseuse.\u2014 Danseuse, dites-vous, danseuse ?fit le vieillard ouvrant de grands yeux.\u2014 Danseuse au grand Opéra de Paris, monsieur Pierre Rouget, première danseuse.Le vieillard ne put s\u2019empêcher de tressaillir.Il se disait que puisque Mercédès était première danseuse à l\u2019Opéra, elle devait certainement connaître la danseuse Flora, surnommée la Pa- pillonne.Il se disposait à interroger Ali à ce sujet, lorsque le mulâtre reprit la parole.\u2014 Maintenant, monsieur Pierre Rouget, dit-il, je dois m\u2019acquitter de la commission dont m\u2019a chargé pour vous la senora Mercédès, ma maîtresse.\u2014 Ah ! Mlle Mercédès vous a chargé d\u2019une commission pour moi ?\u2014 Avant-hier soir, la senora m\u2019a appelé devant elle et m\u2019a dit : «\u2014 Ali, tu te rappelles le temps où nous faisions partie de la troupe de don Stéphano, de ce temps où l\u2019on avait fait de moi une diseuse de bonne aventure.Il y a sept ans, nous parcourions la Bourgogne, allant d\u2019une bourgade à une autre.Un jour, c\u2019était un dimanche, nous nous sommes arrêtés dans un gros village appelé Saint-Amand-les-Vignes, et si tu as bonne mémoire, tu dois te souvenir que j\u2019ai causé assez longuement avec un beau vieillard et que j\u2019ai embrassé deux fois sa petite-fille qu\u2019on appelait allors la belle Pau-le, et qui était bien, en effet, la plus charmante, la plus jolie créature qu\u2019on pût voir.« Ce vieillard, Ali, se nomme Pierre Rouget ; il a été soldat et il porte à la boutonnière de son vêtement rustique, le ruban rouge, signe du courage et de l\u2019honneur.Un jour en Espagne, il y a de cela bien des années, Pierre Rouget a eu pitié d\u2019Inès Ramon, ma mère, il s\u2019est fait son défenseur, son protecteur, l\u2019a préservée des brutalités d'un soldat et l\u2019a remise fidèlement, comme il l\u2019avait promis, entre les mains du général espagnol Lopès Banos, qui était son parent.«Le service rendu à ma mère par Pierre Rouget ne p;ut pas s\u2019oublier et les enfants et petits-enfants d\u2019Inès doivent en garder le souvenir jusqu\u2019à la cinquième génération.« Ainsi a parlé ma mère à son lit de mort, et la reconnaissance qui était dans son coeur est un legs qu\u2019elle a fait à ses enfants et que nous avons pieusement recueilli.Ali, continua ma maîtresse, Beaune est la ville la plus rapprochée de Saint-Amand-les-Vignes ; tu t\u2019arrêteras à Beaune et tu te rendras à Saint-Amand, et si, comme je l\u2019espère, Pierre Rouget vit encore, c\u2019est lui que tu verras.Si, cependant, contre mon espoir, il n\u2019existait plus, c\u2019est chez sa fille et son gendre que tu te présenterais, et si tu ne les trouvais point, tu demanderais à voir celle que l\u2019on appelait la belle Paule et qui, aujourd\u2019hui, doit être mariée et à son tour mère de famille.Le mulâtre resta un moment silen-ceux et reprit, tirant une bourse de sa poche : \u2014 Après m\u2019avoir parlé ainsi, la senora me mit dans la main estte bourse qui contient mille francs en or, et me dit : « \u2014 Je ne sais pas quelle est la situation de fortune de Pierre Rouget, mais il ne peut pas être riche : il doit avoir sa pension de retraite d\u2019ancien militaire et ce qui lui est donné en plus pour sa croix de chevalier de la Légion d\u2019honneur ; mais cela ne doit pas faire une bien grosse somme chaque année, et un vieillard de son âge a besoin de bien des petites choses qu'il pourra se procurer tout de suite, en attendant que je fasse davantage pour lui et les siens.«Monsieur Pierre Rouget, continua-t-il, prenez donc cette bourse que vous envoie la fille d\u2019Inès Ramon.Et il mit la bourse dans la main du vieillard.L\u2019ancien sous-officier était sous le coup d\u2019une émotion violente.Il ne trouva pas un mot pour répondre.Al ï tira de sa poche une autre bourse qu\u2019il posa sur la table.\u2014 Cette seconde bourse, dit-il dans laquelle il y a aussi mille francs en or, est pour votre fille.\u2014 Pour moi, pour ma fille! balbutia-t-il.LA VIE COURANTE ., .par Georges Clark « * \u2014 Le compte de notre fournisseur est de plus en plus élevé.Il faudra décidément nous mettre à économiser, à commencer par les allumettes dont tu abuses vraiment. Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 45 Le vieillard n\u2019en pouvait croire ses yeux et ses oreilles, et avait l\u2019air tout ahuri.\u2014 Oui, monsieur, et je vous répète, oeci n\u2019est qu\u2019un témoignage de la reconnaissance de la senora Mercédès, en attendant ce qu\u2019elle se propose de faire pour vous et votre famille.\u2014 Mais elle ne nous doit rien, ni à moi, ni aux miens ; s\u2019écria le vieillard, et sa mère a exagéré sa reconnaissance comme elle exagère la sienne.\u2014 Ce n\u2019est point ainsi que pense ma maîtresse ; je n\u2019ai pas connu Inès Ramon, monsieur Pierre Rouget, mais je connais ma maîtresse, que je n\u2019ai pas quittée depuis huit ans ; la senora Mercédès a la grandeur des femmes de sa race ; elle a le sang généreux d\u2019une noble fille d\u2019Espagne ; enfin, monsieur, elle n\u2019est pas une femme comme les autres femmes et elle ne fait rien comme les autres.\u2014 Je le vois, murmura le vieillard.\u2014 Monsieur Pierre Rouget, il me reste à vous demander où je pourrai voir votre petite-fille, la belle Paule.\u2014 Hein, vous voulez voir ma petite-fille ?\u2014 J\u2019ai aussi quelque chose à lui remettre de la part de ma maîtresse.\u2014 Ah ! Mlle Mercédès a aussi pensé à ma petite-fille ! C\u2019est très bien, monsieur, seulement.\u2014 Eh bien ?\u2014 Paule n\u2019est plus à Saint-Amand.\u2014 Où donc est-elle ?\u2014 Loin d\u2019ici, loin de nous.\u2014 Elle est mariée ?\u2014 Oui.\u2014 Elle a des enfants?\u2014 Deux.\u2014 Et elle est heureuse ?\u2014 Oui, répondit le vieillard avec effort, mais d\u2019une voix frémissante.\u2014 Alors, monsieur Pierre Rouget, c\u2019est à vous que je vais remettre ce qui est destiné à madame votre petite-fille, en vous priant de lui faire accepter, comme souvenir d\u2019une amie, ce don de la senora Mercédès.Tout en parlant, Ali avait tiré de ses poches et placé sur la table quatre écrins.\u2014 Qu\u2019est-ce donc que cela ?demanda l\u2019ancien sergent avec cette curiosité irrésistible qu\u2019ont tous les vieillards.\u2014 Vous allez voir, répondit le mulâtre.Et l\u2019un après l\u2019autre il ouvrit les écrins.C\u2019était une parure complète de jeune femme ; un bracelet porte-bonheur, des boutons d\u2019oreilles, une broche, une bague.Chaque bijou avait la même pierre fine, un beau rubis entouré de brillants.Le tout pouvait bien valoir de six à huit mille francs.Le vieillard regardait, écarquillant les yeux.\u2014 Je ne me connais pas en ces choses-là, dit-il, mais je trouve que c\u2019est beau.\u2014 Comme doit l\u2019être un souvenir offert par la senora Mercédès.\u2014 Ainsi, votre généreuse maîtresse vous a envoyé de Paris tout exprès ?\u2014 Non, pas tout exprès : je me rends en Algérie, dans le Sahara, où je pense rester deux mois auprès de ma mère que je n\u2019ai pas vue depuis plusieurs années.La senora Mercédès n\u2019a pas voulu me laisser passer si près de Saint-Amand sans me charger de la rappeler à votre souvenir.Je me suis donc arrêté à Beaune comme elle me l\u2019avait dit, - et j\u2019ai pris, ce matin, la voiture des \\ dépêches qui m\u2019a amené et que je reprendrai tout à l\u2019heure pour retourner à Beaune où j\u2019attendrai le premier train express de Lyon et Marseille.\u2014\tAlors, je ne peux pas vous charger de mes remerciements et de ceux de ma famille pour Mlle Mercédès ?\u2014\tJe dois lui écrire aussitôt arrivé près de ma mère et je ne manquerai pas de lui dire que je vous ai vu, que vous êtes en bonne santé, que vous n\u2019avez pas oublié son passage à Saint-Amand-les-Vignes et que vous m\u2019avez demandé de ses nouvelles avec intérêt.\u2014\tC\u2019est vrai, avec intérêt.\u2014\tJe lui apprendrai aussi que votre petite-fille est mariée, mère de deux enfants et heureuse ; mais que je n\u2019ai pu la voir, comme elle le désirait, parce que votre petite-fille ne demeure pas à Saint-Amand.\u2014\tOui, vous pourrez lui dire cela.Mais, continua le vieillard, je crois que de mon côté le moins que je puisse faire est de lui écrire aussi pour la remercier.\u2014\tIl sera certainement trcs agréable à la senora de recevoir une lettre de vous, monsieur Pierre Rouget.\u2014\tOui, n\u2019est-ce pas ?Eh bien ! dites-moi, s\u2019il vous plaît, où elle demeure à Paris ?Ali sortit de sa poche un carnet, écrivit au crayon l\u2019adresse de sa maîtresse sur un feuillet, le détacha et le remit au vieillard.Celui-ci regarda l\u2019écriture, sourit, secoua la tête et dit : \u2014 Au temps de mon enfance, on n\u2019ai-lait pas à l\u2019école comme maintenant ; je ne sais pas lire.Dites-moi donc ce que vous venez d\u2019écrire sur ce papier.\u2014 L\u2019adresse de ma maîtresse, Mlle Flora, en son hôtel, avenue du Bois-de-Boulogne, à Paris.Un rouge vif avait subitement envahi le visage du vieillard puis, presque aussitôt, il était devenu affreusement pâle.\u2014 Flora ! exclama-t-il, le regard chargé d\u2019éclairs, pourquoi Flora ?\u2014 C\u2019est juste, je dois vous expliquer cela : Flora est le nom que la senora Mercédès d\u2019Argélias s\u2019est donné en entrant au théâtre, et c\u2019est sous ce nom ou encore sous celui de la Papilonne qu\u2019elle est connue à Paris.Le père Rouget tressaillit violemment, et comme si la bourse qu\u2019il tenait encore lui eût brûlé les doigts, il la jeta sur la table avec un mouvement qui exprimait en même temps le mépris, la colère et l\u2019horreur.Ali, qui ne pouvait pas comprendre, regardait le vieillard avec étonnement, avec stupéfaction.\u2014 Oh! oh! fit l\u2019ancien serg-nt d\u2019une voix sourde, Flora, Flora la Papillonne.\u2014 Mais qu\u2019avez-vous donc, monsieur'' demanda le mulâtre.Le père Rouget avait dans le coeur toutes les imprécations, toutes les malédictions ; il était sur le point de jeter à la face d\u2019Ali avec fureur tout ce qu\u2019il pensait de sa maîtresse ; il allait lui dire : prenez cet or, reprenez ces bijoux, remportez tout cola, je n\u2019en veux ni pour moi, ni pour ma fille, ni pour ma petite-fille ; cet or, ces bijoux, viennent d\u2019une source impure, ils me font frémir d\u2019horreur, à leur vue mon coeur se soulève de dégoût ! Il allait dire tout cela, le père Rouget, et peut-être beaucoup plus encore, car la colère, oomme le fleuve qui rompt ses digues, a dos débordements épouvantables que rien ne peut arrêter ; mais une idée subite jaillit de son cerveau ; il eut assez d\u2019empire sur lui-même pour imposer silence à son indignation et les premières paroles qu\u2019il allait prononcer expirèrent sur ses lèvres.Sur sa figure grave toute trace d\u2019agitation avait disparu ; seule la flamme de son regard ne s\u2019était pas complètement éteinte ; c\u2019était à l\u2019intérieur quo soufflait le vent de tempête.[Lire la suite au prochain numéro] MeÆ&ivie Qua&fé \u2014 D'emptci facile SACS HH THÉ SALADÆ Toujours Chic ! Toujours Distinguée! Toujours è la page ! V/V-M Telle est LA REVUE POPULAIRE, un magazine de grande classe qui n\u2019est ni français, ni américain, mais bien canadien-français et qui, cependant, se compare avantageusement à tout ce qui se fait de mieux, nous venant de l\u2019étranger.Ce n\u2019est pas par étroitesse d\u2019esprit que LA REVUE POPULAIRE prétend à ces attributs, mais bien parce qu\u2019en fait, elle répond idéalement à tout ce que le lecteur et la lectrice du Canada français peuvent exiger d\u2019une publication de ce genre, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019art, de décoration, d\u2019articles de fond, de littérature, de mode, d\u2019art culinaire, de conseils pratiques et quoi encore.£4 Chacun de ses numéros vous offre un beau roman d\u2019amour complet, judicieusement choisi à votre intention chez les meilleurs romanciers de l\u2019heure.Celui de juillet s\u2019intitule: LES VOIES DE L'AMOUR Par CLAUDE JAUNIERE S\u2019y abonner, c\u2019est se payer un grand luxe à une somme très modique, dérisoire même, puisqu\u2019il n\u2019est pas rare qu\u2019un bon dîner coûte $1.50 et c\u2019est là cette somme que vous coûte un abonnement d\u2019un an à LA REVUE POPULAIRE.Rien n est plus simple: on n\u2019a qu\u2019à remplir le coupon d\u2019abonnement ci-dessous.«.A Coupon d\u2019abonnement Canada 1\ten .$1.50 2\tans .2.50 E.'afs-Unls 1\tan .$2.00 2\tans .3.50 ?IMPORTANT : \u2014 Indiquez d\u2019une croix s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Nom.¦ ¦ ¦ Adresse.Ville.POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE .Province.976-98S rue de Bullion MONTREAL 18, P.Q. DANS LE MONDE SPORTIF [Suite de la page 13] CHOSES ET AUTRES B Par ces chaleurs, les infortunés humains transformés en garg .ulettes \u2014 la gargoulette est une poterie méridionale qui sue.quand il fait chaud \u2014 les infortunés humains, disions-nous, aiment à faire fondre, dans leur breuvage, un morceau de glace qui rafraîchit leur gosier et leurs idées .Mais il n'y a pas que le genre humain qui réclame de la glace.Les balles de tennis, servant à jouer des parties de la Coupe Davis, ont des exigences analogues.Sur certains terrains, tant aux Etats-Unis qu'en Europe, on installe, près de l\u2019arbitre, une glacière.Les balles sont placées dans la glacière, avant usage, af.n que, grâce à un froid opportun, elles conservent toute leur élasticité et toutes leurs qualités.Que n\u2019est-il possib\u2019e de mettre ainsi certains de nos politiciens, pour perfectionner leur rendement, pendant le temps chaud! E Réponse à M.C.Jodoin et W.Lanoix, Montréal.1° Jackie Robinson, deuxième but des Dodgers de Brooklyn, touchera un salaire de $20,000, la saison prochaine, s\u2019il termine la présente année avec une moyenne de .310 au bâton.2° Un trop grand nombre de jeunes joueurs de baseball ne mettent pas assez d'entrain au jeu.A les voir évoluer parfois, on croirait qu\u2019ils s\u2019attendent à ce que la balle leur arrive dans le gant, sans effort ou presque.Tel n\u2019est pas le cas.Ils apprendront, à leurs dépens, qu'il faut pratiquer avec patience et feu sacré, s\u2019ils veulent s\u2019améliorer.Pour plusieurs, les pratiques n\u2019ont pas été instituées pour eux.N est-ce pas un excellent moyen de mettre un frein à la délinquence juvénile que d intéresser les jeunes athlètes à toutes sortes de sports.C'est ce que l'on fait au Patronage Le Provost.Photo du haut : un déploiement d'équilibres spécialisés.Celle du bas : un jeu d'ensemble.Ces équilibres sont difficiles, à cause des bases, qui doivent être solides et bien placées.(Photos Conrad Poirier).rarraM*; y Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 CHOSES ET AUTRES NOUVELLE VILLE EN UNE GENERATION Sur un emplacement de 900 acres du comté de Durham, la Grande-Bretagne a commencé à élever une ville entièrement nouvelle, où demeurent déjà 41 familles pionnières dans des maisons préfabriquées.En 1950, cette ville-merveille, qui coûtera 40 millions de dollars, aura une population de 10,000.Après une cérémonie d\u2019inauguration, l\u2019évêque de Jarrow a déclaré : \u201cIl ne s\u2019agit pas d\u2019une expérience architecturale ; c\u2019est une expérience sociale qui intéresse un groupe d\u2019êtres vivants.Par le passé, la construction d\u2019une ville durait plusieurs générations ; celle-ci s\u2019élèvera durant la vie d\u2019une seule\u201d.Cette ville, qui porte le nom de Newton-Aycliffe, est construite sous l\u2019égide d\u2019une commission que préside lord Beveridge, l\u2019auteur du plan d\u2019assurances sociales de Grande-Bretagne.Il a remis les clés de sa maison au premier habitant de la ville, Donald Perry, ancien aumônier militaire âgé de 27 ans.Construite d\u2019après les plans du groupe d\u2019architectes Grenfell-Baines, la ville entend ménager une vie heureuse à tous ses citoyens.Il y aura des \u201ccrémeries\u201d pour les jeunes, un théâtre, une piscine intérieure, des terrains de jeux pour les enfants.Newton-Aycliffe aura de vastes espaces de verdure, entourant de hautes maisons d\u2019appartements aussi bien que des maisons de deux ou trois étages, plan architectural adopté pour combattre la monotonie.Les maisons auront un dispositif de chauffage distinct et nombre d\u2019appareils ménagers.Sur le côté sud des bâtiments, protégé du vent, il y aura des jardins, tandis que d-s rideaux d\u2019arbres seront plantés pour procurer une protection supplémentaire contre les vents froids du nord et de l\u2019est.La ville sera terminée dans sept ans environ et les architectes espèrent qu\u2019elle servira de modèle aux villes de l\u2019avenir.LA TOURBE BLONDE EN FRANCE La tourbe blonde a des propriétés particulières, notamment celle d\u2019absorber de 15 à 20 fois son poids d\u2019eau.Elle est constituée essentiellement par des mousses de la famille des sphaignes, à l\u2019exclusion de toutes autres, et possède, après dessication, une densité extrêmement faible.C\u2019est l\u2019agriculture surtout qui fait usage de la tourbe blonde : elle l\u2019emploie généralement de deux façons : soit pour récupérer les déchets susceptibles d\u2019être utilisés comme engrais, soit comme amendement direct.La tourbe constitue une excellente litière pour l\u2019étable, la basse-cour et l\u2019écurie ; elle absorbe l\u2019urine et en fixe l\u2019azote, diminuant de beaucoup les perles qu\u2019on observe avec la paille ou les feuilles sèches.Il en résulte des fumiers ayant un plus grand pouvoir fertilisant, sans parler de l\u2019hydrogène des animaux dont les logements sont sérieusement assainis.Comme amendement direct, la tourbe blonde apporte avec elle un peu d\u2019azote, mais son action est surtout physique car elle améliore les sols du fait de sa porosité et de sa faculté de gonflement.Déjà toute une technique est née avec des règles établies concernant les quantités et les granulations à employer dans chaque cas.Certains fabricants d\u2019engrais complets utilisent aussi la tourbe blonde au lieu et place des charges destinées à absorber les produits chimiques.Dans l\u2019in- dustrie, en sucrerie, en mélasserie, on s\u2019en sert pour la récupération de liquides ayant une valeur fertilisante.Une application qui illustre d\u2019une façon frappante les propriétés de cette variété de tourbe, est celle qu\u2019on en fait pour le transport des fruits à l\u2019état frais ; ce mode d\u2019emballage est celui qui jusqu\u2019à maintenant a donné les meilleurs résultats.On vient de découvrir de la tourbe blonde en France dans la basse vallée de l\u2019Erdre, affluent de la Loire, près de Nantes.Elle y est d\u2019ailleurs de qualité comparable aux meilleures tourbes de Suède, puisqu\u2019elle a un pouvoir absorbant égal à plus de 20 fois son poids d\u2019eau ; elle renferme 1 pour 100 d\u2019azote et 35 pour cent de cellulose.Comme elle existe sur de grandes étendues, on prépare activement sa mise en exploitation.LE CHEPTEL OVIN EN FRANCE En 1946, le troupeau ovin français atteignait 7 millions de têtes, chiffre le plus bas des cinquante dernières années.En 1948, il y a plus de 8 millions de moutons en France métropolitaine.Ce chiffre résulte des observations conjuguées du ministère de l\u2019Agriculture et de la Fédération nationale ovine.Il forme la conclusion toute récente des premières applications du p!an décennal d\u2019encouragement à l\u2019élevage ovin.L\u2019augmentation de ce cheptel est due pour une part importante aux premiers résultats du plan décennal étudié en 1946 : dix écoles d\u2019agriculture d\u2019Etat qui n\u2019en avaient pas, sont maintenant dotées d\u2019un troupeau de moutons ; huit centres d\u2019apprentissage de bergers fonctionnent formant ont cinquante jeunes gens par an ; quatre laboratoires de détection gratuits dépistent les maladies parasitaires dans des régions où sévissent certaines maladies endémiques ; cinq cents élevages appartenant à des flock-books et trente élevages-pépinières distribuent en France plus de deux mille béliers sélectionnés à des prix de boucherie, grâce aux primes d\u2019achat attribuées aux acquéreurs ; quarante concours spéciaux, régionaux et itinérants et 25 concours de laine dotés de prix importants provoquent l\u2019émulation et l\u2019intérêt ; dix-huit assistants-bergers sont au service de la profession.Et, enfin, des recherches vétérinaires sur la petite douve sont entreprises ainsi que des études sur la laine.DANGER LATENT Les eaux rurales peuvent devenir une source de danger, si les puits ne sont pas bien construits.Le puits doit se trouver à un endroit assez élevé, afin que l\u2019eau de la surface ne s\u2019y déverse pas.Il faut le couvrir pour le protéger contre la poussière et le nettoyer régulièrement.Dans la plupart des régions canadiennes, au Canada, il est possible de faire analyser l\u2019eau de puits afin de s\u2019assurer qu\u2019elle ne contient pas de microbes dangereux.ISOLATION CALORIFUGE L\u2019isolation artificielle a toujours eu, jusqu\u2019ici, l\u2019inconvénient de perdre ses propriétés électriques et mécaniques lorsque la température dépasse 90 degrés.On fabrique, maintenant, un nouveau type d\u2019appareil d\u2019isolation qui peut être employé pour une opération continue à des températures atteignant 250 degrés, ou pour des opérations intermittentes à des températures pouvant s\u2019élever à 300 degrés.Cette isolation est obtenue en liant un tissu de verre à de la résine de silicium.f m WW\\ HUITIEME EPISODE nkss 1.\tIl était bien désappointant pour Hal Franklin et son ami Lark Benson, de voir le magnifique cheval sauvage si près d\u2019eux et d\u2019être incapable de faire un effort pour le capturer ! IT-^t 2.\tHal avait réussi à se libérer de ses liens et déliait Lark à son tour.Plug, toujours dans la rivière, ne pouvait revenir sur la terre ferme, car le cheval de Lark l\u2019en empêchait.3.\tLes deux jeunes gens, libres, tirèrent Plug de la rivière et le ligotèrent.Ils firent de même avec Spike avant que ce dernier ne reprît ses sens.Les rôles étaient changés.4.\tSuivons Bronco.La superbe bête traversa la rivière à la nage et se reprit à galoper, toujours vers le sud.Lark disait vrai, en affirmant qu\u2019il tentait de rejoindre son troupeau.5.\tIl était sur un ter ain d\u2019herbe grasse à l\u2019orée d\u2019un bois et il se reposait en mangeant.Soudain, un nouveau danger fondit sur lui; un rugissement sauvage se fit entendre.~\\ r \u20195 mÆkMàà \\ .\u2018 V ¦S![ ?VI ra\\s 3^ 6.\tEn même temps, une forme féline s\u2019abattait sur le dos de l\u2019étalon.C\u2019était un puma, qui avait attendu sur une branche d\u2019arbre le passage de sa proie.Bronco se secoua en hennissant.7.\tMais ce fut en vain.Les griffes du féroce animal s\u2019enfonçaient dans son cou.La ténacité du puma terrifiait le pauvre cheval, qui repartit au galop dans la direction d\u2019où il venait.8.\tSoudain, il vit Hal et Lark qui venaient vers lui.Bronco se trouvait entre deux feux.Lark avait sorti son revolver et le puma atteint relâcha sa prise et tomba.VW: » 9.\tImmédiatement, Bronco pivota sur ses pattes arrière et s\u2019élança, rapide comme le vent.\u201cBien visé\u201d, dit Hal.\u201cEt, maintenant, poursuivons Bronco, sa lutte avec le lion l\u2019aura fatigué et il nous sera peut-être possible de le capturer.\u201d Nos amis se remirent à la poursuite du cheval sauvage.10.\tLark pensait comme son compagnon, sans être aussi optimiste que Hal Il savait que le magnifique étalon avait encore des réserves d\u2019énergie, beaucoup plus que n'en possédait leurs propres chevaux.De plus, Bronco n\u2019avait pas de cavalier ni de selle à porter.4 Mem 11.\tMais, pendant que Hal et Lark poussaient leurs montures, le puma, qui n\u2019avait été que blessé, fit un bond dans les hautes herbes, presque sous le nez du cheval de Hal, avec un cri sauvage.12.\tLe cheval fit un bond si vif que Hal fut pris par surprise.Il fut projeté en bas de sa monture et serait tombé sous les sabots de Patch, si Lark n\u2019avait fait faire un bond à son cheval.ml v 13.\tHal tomba lourdement sur le sol et demeura immobile, pendant que son cheval fuyait.Lark regarda Bronco qui disparaissa\u2019t, puis il s\u2019empressa d\u2019aller secourir son ami\t(.4 suivre) 48 Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 mmap Scénario do Jacquot François Dessins do R.CAZANAV£ % Leçveval/er, de Wmac j'est assoupi pals de la JENOP/TA ,,./i OOP T OEPU/S UN L ONE MO HE MT ORS QU'UN COUP Of CANON le rEve/lle.Leérançats se préc/p/te nors oe ir OA One barque, lourdement cnaroée, de owoe vers L'/ie.OR or te.Le joie/i or/ile.iSur iaster apaisée je balance le nav/re CHEVALIER DE VYRAC VIENS CHERCHER Quelques minutes plus tard, la senor/ta, TRANSPORTEE AVEC MENAGEMENTS DONS IA BARQUE LE COMMANDANT CSPR6NOI /NV/TE LE CNE VAL/EN A'LES JU/VRE.ÛE VmAC REEUSE M MA MISSION N'EST PAS TERMINÉE.J Al COMMANDÉ A' DES HOMMES QUI M\u2019ONT FAIT CONFIANCE Jt NE PUIS ABANDON La SEN OR/TA PARA/T TRES Emue.,, Le CNEVA OER swawE.LECNEVAL/ER, TRÈS trouble von s'éloigner N03LE SENORITA Nos lecteurs et lectrices ont fort goûté les nombreuses péripéties du capitaine Fantôme Chevalier )U5 V TEND COMTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 No 53 NOTRE NOUVEAU CONTE ILLUSTRE commençant dans le prochain numéro du \"Samedi\", saura faire passer jeunes et moins jeunes par des transes bouleversantes. Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 RIEN DE SÉRIEUX \u2014Mon cher ami, je souffre de cruelles insomnies.Voilà cinq nuits que je n\u2019ai pas fermé les yeux.\u2014Fais de la boxe.\u2014Tu crois que ça réussira?\u2014Je pense bien.Moi, à mon premier essai on m\u2019a fermé les yeux pour quinze jours.\u2022 \u2014Je désirerais, Monsieur, que vous appreniez une langue étrangère à mon fils.\u2014Volontiers, Madame.Et laquelle, l\u2019anglais, l\u2019allemand, l\u2019italien ou l\u2019espagnol?\u2014Celle qui est la plus étrangère autant que possible.Dans un club de Londres, les gentlemen assemblés parlent de somnambulisme.Chacun des membres ayant conté sa petite anecdote, on en vint enfin à interroger le gros monsieur milliardaire de la communauté.\u2014Et vous, Sir John, ne vous êtes-vous jamais promené pendant votre sommeil?Dédaigneusement, le bonhomme cossu laisse tomber du bout des lèvres: \u2014Promené?\tPour qui me prenez- vous?J\u2019ai pris ma voiture.\u2014Comment étiez-vous à table?\u2014Nous étions deux.\u2014Et qui était l\u2019autre?\u2014La dinde, dit Monselet, qui continua son chemin, en se caressant le ventre, d\u2019un air satisfait.\u2014Que signifie la formule S04 H2?\u2014Une minute, monsieur le professeur, je l\u2019ai sur le bout de la langue.\u2014Crachez vite, malheureux! c\u2019est de l\u2019acide sulfurique.\u2014Docteur, on me dit que j\u2019ai été en danger.Est-ce vrai?\u2014Certainement, j\u2019ai été vous voir jusqu\u2019à deux fois par jour.\u2014Alors es-tu satisfait?\u2014Oui, papa, j\u2019ai répondu à tout.\u2014Et comment as-tu répondu?\u2014J\u2019ai répondu que je ne savais pas.Marius vient de faire un double sur une voix de perdrix.Derrière une haie touffue, un homme travaille.La décharge vient retenir autour de ses oreilles.\u2014Apporte, Caporal! Apporte, Tambour! Certes, les chiens cherchent, nez à terre, en aboyant, mais ni Caporal, ni Tambour n\u2019apportent rien.\u2014J\u2019ai touché pourtant, dit Marius.C\u2019est vrai, l\u2019homme, que vous avez vu les plumes voler?Eh oui! Monsieur, j\u2019ai vu certainement les plumes et même si bien qu\u2019elles emportaient la perdrix.\u2022 \u2014Vous fumez, monsieur?\u2014Non, madame, ne craignez rien.\u2014C\u2019est parce que j\u2019ai oublié mes cigarettes.Le jeune homme \u2014 Alors, Monsieur, m\u2019accordez-vous la main de votre fille?Le père \u2014 Non! Entendez-vous?Le jeune homme \u2014 C\u2019est bien, je vais courtiser votre cuisinière, et vous l\u2019enlever.Le père (terrifié) \u2014 Allons, épousez plutôt ma fille.\u2022 En visite chez une vieille dame dont l\u2019esprit est resté toujours vif, un monsieur d\u2019une banalité navrante se décide à s\u2019en aller, après avoir conversé pendant plus de deux heures.Quand il s\u2019est enfin relevé du fauteuil où il semblait vissé: \u2014Quelle visite agréable je viens de faire chez vous, déclara-t-il.Ces moments agréables passés en votre compagnie m\u2019ont fait grand bien.En arrivant, j\u2019avais un atroce mal de tête et maintenant plus rien.La vieille dame, en passant sa main sur son front, a soupiré: \u2014Mais il n\u2019est pas perdu, ce mal de tête! \u2022 Le mendiant \u2014 La charité, s\u2019il vous plaît.La dame \u2014 Voici 10 cents, mon brave homme.Mais comment avez-vous pu tomber si bas?Le mendiant \u2014 J\u2019avais le même défaut que vous, madame.J\u2019étais trop prodigue.\u2022 Le président \u2014 Accusé, pourquoi avez-vous volé ce porte-monnaie?L\u2019accusé \u2014 Parce que j\u2019avais bu et que je ne savais pas ce que je faisais.Le président \u2014 Mais pourquoi le lendemain, n'étant plus ivre, en avez-vous dépensé le contenu au cabaret au lieu de le remettre.L\u2019accusé \u2014 Mon président, c\u2019est que j\u2019ai voulu boire pour oublier ma mauvaise action.Un de nos amis entre l\u2019autre jour chez un marchand d\u2019oiseaux.Le vendeur s\u2019approche et lui propose une magnifique perruche.\u2014C\u2019est combien?\u2014$40.Monsieur.\u2014Vous êtes donc fou?s\u2019indigne notre ami.Jamais je ne mettrai ce prix-là.Puis, avisant un oiseau de taille un peu moins imposante.\u2014Et celui-là?\u2014Il est bien beau.Monsieur .$20.c\u2019est donné.Nouvel haussement d\u2019épaules de notre ami.Alors le vendeur se dirige vers l\u2019arrière-boutique où nichent des oiseaux sans valeur.Et de lui montrer un vieux perroquet tout déplumé et à l\u2019air maussade qui fait mélancoliquement le gros dos.\u2014Celui-là, dit l\u2019employé, ne vaut que $5.\u2014De quoi?$5.pour une vieillerie pareille?Alors le perroquet, qui a écouté ce dialogue en silence, n\u2019y tient plus.Il s\u2019agite, avance jusqu\u2019au bout de sa perche et lance d\u2019un air vengeur: \u2014T'as jamais eu la grippe, eh, an-douille?\u2022 Lorsqu'il ne s\u2019occupait pas de politique, Ramsay Macdonald avait, paraît-il, beaucoup d\u2019esprit.C\u2019est du moins ce qu\u2019affirme un de nos confrères anglais qui reproduisait cette définition du gentleman donnée par l\u2019ancien premier ministre britannique: \u201cUn gentleman, c'est un monsieur qui se sert de la pince à sucre même quand il est tout seul.\u201d \u2014Et après, est-ce qu'elle souffrira, docteur?\u2014Oh! énormément, elle ne pourra pas parler pendant trois jours.LA VIE COURANTE .par Georges Clark \u2014 N'est-ce pas charmant de voir que nos enfants s'entendent si paisiblement ?J i#r LA VIE COURANTE .par Georges Clark \u2014 Ce que je fais !.C'est simple, je prépare ma mallette pour le weekend chez Juliette ! 50 Le Samedi, Montréal, 23 juillet 1949 Les Mots Croisés du \u201cSAMEDI\u201d LA CITE DE L'ESPERANCE [ Suite de la page 29 ] I 2\t)\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10\t11\t12\t13\t14\t15 Problème No 917 HORIZONTALEMENT 1\u2014\tGenre d\u2019acariens, dits rougets.\u2014 Médiation.2\u2014\tGenre de mammifères pinnipèdes du Pacifique.\u2014 Perroquet.\u2014 Nom officiel de la Perse.3\u2014\tOrné de tapisseries.\u2014 Nom de deux chaînes de montagnes.\u2014 Préfixe d\u2019antériorité.4\u2014\tPermission.\u2014 Manière d\u2019accueillir.\u2014 Docteur.5\u2014\tParticule négative.\u2014 Gaz simple, incolore.6\u2014\tNom du soleil, chez les Egyptiens.\u2014 Le meilleur d\u2019une chose.7\u2014\tPersonne niaise.\u2014 Nom de 1 \u2019ache d\u2019eau.\u2014 Ajusta le poinçon sur l\u2019enclume.8\u2014\tOraison que le prêtre dit avant la préface.\u2014 Appareil servant à tendre.9' -Liquide constituant un bon engrais.\u2014 Rivière de France et de Prusse.\u2014 Se suivent dans redoioa.10\u2014\tSoutiré.\u2014 Enveloppes dont on recouvre les voiles.\u2014 Pronom.11\u2014\tFier et décidé.\u2014 Préfixe indiquant la multiplication par un million.12\u2014\tPossessif.\u2014 Fraîche, nouvelle.\u2014 Blesser.13\u2014\tSaison estivale.\u2014 Pronom personnel.\u2014 Imitations.14\u2014\tBison d\u2019Europe.\u2014 Patriarche.\u2014 Femme très séduisante.15\u2014\tEnvoyés d\u2019un souverain auprès d\u2019un gouvernement étranger.\u2014 Individus.VERTICALEMENT 1\u2014\tCe qui échoit à chacun par le sort.¦\u2014 Agent chargé d\u2019examiner un terrain.2\u2014\tTable pour débiter la viande.\u2014 Ancêtre.\u2014 Foyer de la cheminée.3\u2014\tPhysicien français, né à Blois.\u2014 Bo te à bijoux.\u2014 Possédés.4\u2014\tTissu à mailles.\u2014 D\u2019un verbe gaie.\u2014 Tellement.5\u2014\tDessinateur français, né à Valenciennes.\u2022\u2014 Mot arabe signifiant fils.\u2014 Démonstratif.6\u2014\tPoint cardinal.\u2022\u2014 Le sujet dont on parle.\u2014 Qui con ient des erreurs.7\u2014\tAction de se saisir de quelqu\u2019un pour l\u2019emprisonner.8\u2014\tSymbole chimique du sodium.\u2014 Terre domaniale, en Algérie.\u2014 Genre de eastanéacées.\u2014 Conjonction.9\u2014\tPartie de la science qui s\u2019occupe de la mesure des forces de frottement.10\u2014\tTient des discours dénués de sens.\u2014 Genre de légumineuses.\u2014 Louanges.11\u2014\tMesure agraire.\u2014 Sorte d\u2019étau.\u2014 Ancienne contrée d\u2019Asie.12\u2014\tMilieu.\u2014 Vilain, hideux.\u2014 Abandonné.13\u2014\tSe rendra.\u2014 Proclamer publiquement.\u2014 Durcir par le froid.14\u2014\tIllustre romancière française, née à Paris.\u2014 Troublées.\u2014 Guide.15\u2014\tPiquer une viande de lard.\u2014 Possessif.Solution du Problème No 916 doit s\u2019enfuir.Mais ceux de la Cité connaissent le vrai coupable et pour sauver leur ami Maufranc, se lanceront à sa poursuite.Au moment où on l\u2019attendait le moins la chance est revenue sur la Cité de l\u2019Espérance.Parfois les drames les plus sombres se terminent en contes de fées.Des années ont passé.La Cité de l\u2019Espérance, horrible baraquement, est devenue une magnifique «cité» de pier- re, toute neuve.On chante, on rit à toutes les fenêtres.Mais tous ceux que nous avons connus ici ont disparu.Seule, Mme Euripide est toujours là.N\u2019a-t-elle pas la nostalgie des mauvais jours d\u2019autrefois?Quand on la questionne sur les «anciens» de la Cité, sur les humbles héros de cette histoire, elle répond, en haussant les épaules: «Ce qu\u2019ils sont devenus?Est-ce que je sais?Ils sont peut-être heureux.ou ils sont morts!» L'ELECTRIFICATION DES CHEMS DE FER SUISSES [ Suite de la page 26 ] voitures motrices et les premiers trains légers; ceux-ci renouvelèrent par leur confort la notion de l\u2019agrément du voyage en chemin de fer.Les Chemins de fer fédéraux cherchèrent une autre solution: avec leurs trains légers, ils créèrent un type nouveau de rapides pour les voyages à longue distance, capables d\u2019atteindre même dans une contrée accidentée comme le Plateau suisse, des vitesses de quatre-vingt-dix kilomètres à l\u2019heure et davantage.A l\u2019intention de ces merveilleux trains légers, avec leurs wagons bas, confortables et élégants, en acier léger, une véritable locomotive légère (type 4/4) a été mise en service, qui non seulement possède une vitesse maximum de 125 kilomètres à l\u2019heure, mais avec laquelle il est possible de prendre les tournants à plus forte allure, parce que la pression sur les essieux est moindre que dans les autres machines; le résultat de ce double avantage sera que d\u2019ici peu les meilleurs trains rapides de Suisse atteindront des vitesses-record et effectueront leurs trajets en un temps-record, réalisant des performances que l\u2019on croyait réservées aux parcours en palier dans les pays plats.Cependant sur les lignes accessoires, en partie à voie normale, mais le plus souvent à voie étroite, et dans le domaine des chemins de fer de montagne proprement-dits, la traction électrique a provoqué également un véritable bouleversement des conditions du trafic.A la place de la locomotive à vapeur traînant tout tranquillement derrière elle sa petite rame de wagons, avec un bon bruit de ferraille ou poussant péniblement les voitures sur la voie à crémaillère, les locomotrices électriques assurent presque partout le service, élégantes, confortables, rapides et bien latérales et les régions montagneuses suspendues.Même dans les vallées les plus éloignées, l\u2019on voyage avec une facilité et un agrément autrefois insoupçonnés.L\u2019avantage principal de ce nouveau mode de traction est ici encore la vitesse vraiment étonnante.La Suisse jouit ainsi d\u2019un service de communications ferroviaires d\u2019une commodité incomparable.La traction électrique s\u2019avéra comme un avantage inestimable durant la dernière guerre.Tandis que les autres pays virent s\u2019effondrer leur trafic ferroviaire par suite des opérations militaires, ou simplement par pénurie de charbon, la Suisse fut en mesure de maintenir un horaire de paix, presque sans restriction, et un confort d\u2019avant-guerre.Les Chemins de fer fédéraux en particulier firent la preuve de l\u2019excellent rendement de la traction électrique en réussissant à faire face à un trafic presque double de celui de la dernière année de paix, sans avoir la possibilité et sans être dans la nécessité d\u2019augmenter leur parc de locomotives, et pratiquement sans trouble dans l\u2019exploitation.A ses hôtes étrangers des années à venir, la Suisse pourra offrir des chemins de fer d\u2019une rapidité, d\u2019une sécurité, d\u2019un agrément et d\u2019une propreté sans pareils.Le visiteur trouvera partout un horaire bien agencé présentant une succession serrée de trains, des wagons et des trains dont la forme, la couleur vive, ainsi que l\u2019élégance et le confort intérieur soutiennent la comparaison avec l\u2019avion et l\u2019automobile.De sorte que par ses voies ferrées également, ce pays sera une source de repos et de jouissance pour ses hôtes étrangers qui admireront par la fenêtre ouverte, sans fumée et sans suie, les splendides paysages de la Suisse, promesses de paix et de santé.STRASBOURG CAPITALE DE L\u2019UNION EUROPEENNE Strasbourg sera la capitale de l\u2019Union européenne.Ainsi en ont décidé les cinq pays signataires du Pacte de Bruxelles, réunis ces derniers temps à Londres en vue de la Conférence préparatoire du Conseil de l\u2019Europe.La ville de Strasbourg a été choisie sur proposition britannique, que la France a accueillie, contrairement à certaines informations, très favorablement.A vrai dire, ce n\u2019est pas à Strasbourg même que siégera le Conseil d\u2019Europe et son parlement, mais dans les environs immédiats de la capitale alsacienne, plus exactement à Robertsau, au milieu d\u2019une énorme forêt, à quelques mètres du Rhin, et où se treuve le château de Pourtales.Au Quai d\u2019Orsay, on déclare ne pas avoir eu encore connaissance de cette décision.Il ne peut d\u2019ailleurs, ajoute-t-on, s\u2019agir que d\u2019un choix de principe, étant donné que la décision finale appartient à une conférence diplomatique qui réunira en plus des Cinq, les autres pays appelés à participer à l\u2019Union européenne. Le Samedi, Montréal, 2d juillet 19-19 LE CARNET D'UN LINGUISTE LU et ENTENDU Par ETIENNE LA8BE w»\u2019\"» REFRANCISONS LA PROVINCE Chaque rase a des prérogatives dont elle se fait gloire.Ce dont nous devons être fiers, nous de la province de Québec, c\u2019est de notre origine et de notre culture française.C\u2019est à son accoutrement, à son langage, à sa physionomie que l\u2019on reconnaît la nationalité d\u2019un homme.Quand il s\u2019agit d\u2019une province, c\u2019est à son apparence extérieure, au langage qui y est parlé et affiché, que l\u2019on reconnaît la nationalité et la culture de ses habitants.Pour garder ce qu\u2019elle a et acquérir ce qu\u2019elle a gagné depuis quarante ans, notre province a eu besoin de diverses campagnes de refrancisation.La première fut faite en 1913, par la Ligue d\u2019Action française, sous la direction de Pierre Homier.La deuxième en 1922 par l\u2019A.C.J.C.(L'Association catholique de la jeunesse canadienne.) La tête dirigeante en était le regretté Alphonse de la Rochelle, chef du secrétariat passé par la suite à la direction du secrétariat de la Société Saint-Jean-Baptiste.On travailla ferme à combattre les infiltrations étrangères et à transfuser aux nôtres des idées plus saines et plus vigoureuses.On peut constater le travail qui s\u2019y est fait en lisant la plaquette intitulée \u201cSecouons le joug\u201d, publiée par l\u2019A.C.J.C.en 1923.Il était tout naturel que l\u2019A.C.J.C.s\u2019intéressât à la troisième qui eut lieu trois années de suite, au mois de mai 1933, 1934 et 1935, sous le patronage de l\u2019honorable Joseph-Edouard Perrault, ministre de la Voirie et des Mines de la province.Prirent part à cette campagne, M.Rodolphe Laplante, président général de la Fédération des S.S.J.-B.du Québec, alors publiciste de la Banque Provinciale du Canada à Montréal; Me Philippe Ferland, fondateur du comité de Refrancisation, M.Louis Arbique, professeur et président du comité; MM.Jules Massé, Léon Lorrain, René Gué-nette, Paul-Arthur Montreuil, Victor Barbeau, Claude Mélançon, etc., et votre serviteur.De cette campagne restent deux brochurettes portant sous le mot d\u2019ordre «Refrancisons», les titres de Lexique bilingue à l\u2019usage des garagistes et machinistes, et «Lexique pour Menus bilingue», publiés par le Comité de refrancisation, dont le siège social était à la Palestre.En même temps fonctionnait à Québec la Société des Arts, Sciences et Lettres qui travaillait à mettre une note française dans les foyers, les écoles, les hôtels et restaurants; les théâtres et endroits d\u2019amusement; les firmes d\u2019affaires et les maisons de commerce, les épiceries et boutiques; les services de la voirie et d\u2019utilité publique.Faisaient partie de la direction de ce mouvement: MM.Horace Philippon, président; MM.J.-S.Blais, L.-P.Morin, Damase Pot-vin, G.-E.Marquis, Jean Blais, Georges Morisset, René Chaloult, Alphonse Dé-silets, Eugène L\u2019Heureux, et autres noms bien connus.Rendons ici hommage à M.Rodrigue Langlois, de Montréal, directeur gérant de l\u2019Association des Hôteliers de Campagne qui fit publier par ladite société une liste de 1500 noms pittoresques, préparée par M.Casimir Hébert, professeur et fin lettré, pouvant s\u2019appliquer aux hôtels, pen- sions, auberges et villas des endroits de touristes.Ce fut un des grands bienfaits de ces divers mouvements.Aujourd\u2019hui, de jolis noms du terroir ou autres à la consonance et à l\u2019esprit français, s\u2019étalent par toute la province; hôtels, restaurants, maisons de commerce, villas, en sont ornés: Au petit Marmot, Au petit Mousse (lingerie d\u2019enfant); A la Tricoteuse, Au Mouton rose, A la Toison d\u2019Or, Au vieux Rouet (laine); Aux Mille Fleurs, Aux Camélias, Aux Mimosas (fleuristes); Au Diamant bleu (bijouterie); Do-Ré-Mi (magasin de musique); Au Nécessaire familial, Au Jardin du Cadeau; Scintilla (accessoires électriques); Frou-Frou (magasin de lingerie féminine).Puis viennent les noms de restaurants, hôtels, pensions: A la Marmite, A la vieille Auberge, Au Buffet canadien, Au Lutin qui Bouffe, Au Valet blanc, Aux Deux-Lanternes, Aux Fumets de la Vieille France, Aux Hirondelles, Au Lion d\u2019Or, Au Coq d\u2019Or, Au Chantecler, Au Maître de Forge, Au Petit Chat, Au Petit Pain, Au Pierrot Gourmet, Au Poulet doré.Ce beau et original mouvement de refrancisation, il faut le continuer.Visiteurs et touristes le comprendront et l\u2019apprécieront.PAMPHLET La similitude orthographique du mot français «pamphlets» avec le mot anglais «pamphlet» nous fait souvent prendre l\u2019un pour l\u2019autre.Cependant, ces deux mots sont loin d\u2019avoir le même sens.Un pamphlet est un écrit satirique, mordant, écrit dans le but de blesser quelqu\u2019un ou de redresser des torts.Paul-Louis Courrier et Henri Rochefort sont deux fameux pamphlétaires français.En anglais, un pamphlet désigne tout simplement un petit imprimé de 16 ou 32 pages.La matière écrite ne change rien au nom de la chose.Nous donnons donc la plupart du temps le sens du mot pamphlet.C\u2019est plaquette que nous devrions dire.«La plaquette» est une petite brochure de peu d\u2019épaisseur.Un livre non relié prend le nom de «brochure».Chaque partie d\u2019un ouvrage débité périodiquement et mise en vente par fractions se nomme «livraison».S\u2019il s\u2019agit d\u2019un ouvrage scientifique ou d\u2019un ouvrage littéraire de luxe, la «livraison» prend le nom de «fascicule».\u2014 (Roullant) MARIER On ne doit pas dire: Louis a marié Claire, mais Louis a «épousé» Claire ou s\u2019est «marié» avec Claire.Marier, c\u2019est: le, unir deux personnes par le lien conjugal: M.le curé a marié une de ses paroissiennes à un Italien; 2e, donner un époux à sa fille ou une épouse à son fils: M.Larose a marié toutes ses filles.MASTIC Les typographes désignent par le mot \u201cmastic\u201d des transpositions maladroites de lignes qui rendent un article incohérent, incompréhensible, et provoquent parfois dans la lecture d\u2019amusants quiproquos.51 NOTES ENCYCLOPÉDIQUES Au lendemain de la guerre de 1914 le pianiste Paul Wittgenstein, mutilé du bras droit, eut la volonté de ne pas renoncer à sa carrière.Pour enrichir le répertoire de main gauche, par trop mince, il pria Richard Strauss d\u2019écrire à son intention une oeuvre de concert pour la main gauche seule.Cela nous valut le Parergon, créé en 1925 à Dresde, par son dédicataire.Quelques années plus tard, le virtuose demandait à l\u2019un des plus grands compositeurs français de se prêter à la même expérience, et cela nous valut le Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel.Jamais on a su par quel tour de passe-passe un bagnard du nom de Pierre Coignard devint officier supérieur dans l\u2019armée du maréchal Soult, dont il était le favori.Fils d\u2019un vigneron tourangeau, caporal dans les grenadiers de la Convention, condamné pour vol avec effraction et tentative d\u2019assassinat, le voilà en un tournemain comte Pontis de Sainte-Hélène, revenu d\u2019Amérique où il prétend avoir passé sa jeunesse, époux d\u2019une grande dame d\u2019Espagne.Pendant les Cent-jours, il suit le roi à Gand et, après Waterloo, celui-ci pour le remercier de son loyalisme, lui remet la croix de Saint-Louis et le nomme lieutenant-colonel dans la garde-nationale.Un ancien compagnon de chaines du bagne de Toulon, le reconnaît alors, essaie, en vain, de le faire chanter et le dénonce aux autorités.Fuite, arrestation à laquelle procède le célèbre Vidocq, procès retentissant: le lieutenant-colonel Pontis de Sainte-Hélène est condamné aux travaux forcés à perpétuité.Jusqu\u2019à son dernier jour, le détenu revendiqua effrontément, avec ses DIAPASON John Stone sant sur leurs remparts des soldats de bois, habilement maquillés, qui trompèrent les assaillants.Les citoyens de Yarkand ont évidemment lu les Trois Mousquetaires et l'épisode du siège de La Rochelle.Récemment, à l\u2019entrée du petit village de Roeux, à six milles d\u2019Arras, un chasseur, croyant se trouver devant un terrier, faisait une découverte pour le moins inattendue.L\u2019orifice une fois dégagé, il vit une profonde cavité où avait été installée par une unité militaire allemande, durant la guerre de 1914-1918, une ambulance souterraine.S'étant munis de lampes, les investigateurs se trouvèrent en face d\u2019un macabre spectacle.Sur des lits métalliques étaient allongés des squelettes, tandis que sur le sol, dans la bouc crayeuse, gisaient, pêle-mêle, bottes, fusils et casques allemands.Edifié au flanc d\u2019une carrière abandonnée, cet hôpital de première ligne, préservé par les épaisses tôles ondulées qui le recouvraient, était disparu depuis sous les éboulements.Le palais de Schonbrunn, à Vienne, l\u2019ancienne résidence d\u2019été des empereurs d\u2019Autriche, sert maintenant de quartier-général à l\u2019armée anglaise, et comprend 1,580 chambres, dont 138 sont des cuisines.fut inventé po en 1811.titres de noblesse, les marques du respect qu\u2019il prétendait lui être dues.On sait que Axel Munthe, mort l\u2019hiver dernier au palais de son ami et contemporain, le roi de Suède, obtint jadis de Mussolini un décret instituant Capri réserve royale pour les oiseaux.Aucun coup de feu ne devait être tiré dans l\u2019île, aucun filet y être dressé.Munthe alla remercier le Duce à Rome.Il fut invité par lui à déjeuner.Horreur! te premier plat qui lui fut servi était un pâté d\u2019alouettes.Cyril Clemens, petit-cousin de Mark Twain, envoya à Bernard Shaw un recueil de cent bons mots, que lui prêtent les journaux britanniques et autres, en le priant d\u2019authentifier ceux qui lui appartenaient vraiment.Le célèbre humoriste en légalisa deux.Une dépêche d\u2019agence de presse nous conte que les habitants de la ville mongole de Yarkand se sont défendus contre plusieurs centaines de brigands avec cinq soldats seulement en dispo- M.Churchill a, parait-il, chez lui, une série de photos qui le représentent à cheval, à dos d\u2019éléphant, de chameau, de toutes sortes de montures.Il manque un document à cette collection:\tAu mois de septembre dernier, il était à la Fontaine de Vaucluse.Alors qu\u2019il venait de passer la journée à peindre, les habitants, dans un élan d\u2019affection, le hissèrent sur un âne pour le ramener chez lui.M.Churchill dut se cramponner, non sans mal, à la selle, car on ne lui donna pas de bride, et il garde un fort mauvais souvenir de son équipée.La fondation Nobel est basée sur le testament du docteur Alfred-Bernard Nobel, ingénieur suédois, dressé le 27 novembre 1895 et défini par ce paragraphe: \u201cLe capital que mes exécuteurs testamentaires réaliseront en valeur de tout repos, constituera un fonds dont les intérêts seront distribués annuellement pour récompenser ceux qui, dans le cours de l\u2019année écoulée, auront été les plus utiles à l\u2019humanité.\u201d Les jacinthes aquatiques se sont développées avec une telle profusion dans les rivières du Texas et de la Floride, qu\u2019elles entravent et arrêtent même parfois la circulation.On a été obligé de construire des bateaux spéciaux dont les flancs sont pourvus de lames d\u2019acier tranchantes destinées à couper ces trop prolifiques \u201calgues\u201d de rivières. ms la-i-àà;,-, fr
de

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