Le samedi, 1 septembre 1949, samedi 17 septembre 1949
[" 61e année, No 18 Montréal, 17 septembre 1949 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DIX CENTS \u2018^ünwiy -y -ufY ' w*sW DANS CE NUMERO NOTRE NOUVEAU FEUILLETON : LA DETTE DE SANG Par MAXIME VILLEMER >4^ WjWH'tywir» *\u2022 \u2022'*\u20221- -r*n r.î; Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 Votre nouveau compagnon d\u2019études ! - » // ü Une réalisation qu'aucun autre fabricant Je stylos dans l'univers ne peut se réclamer d avoir égalée.le /VO/yi^ô^ FlrkerSl Le retour à vos études, cet automne, sans un des NOUVEAUX Parker \"51\u201d, serait une chose regrettable! Déjà, l\u2019introduction de ce dernier modèle Parker \u201c51\u201d a déclenché encore un autre mouvement de la jeunesse.La «eut étudiante commence à échapper de subtiles suggestions qui s\u2019adressent aux oreilles des parents, de papa, de maman, et même de tante Sara et de l\u2019oncle Jean.\u201cAY roulez-vous pas,\" disent avec persistance ces jeunes à leurs aînés; \u2018Ne roulez-vous pas que je commence mon année scolaire avec tous les avantages possibles?\u201d 4furls uvaniaqvH?.Ê.rs eonimmliti's iln .YOf'l K.W \u2019*\u2022»# Avantage! Un réservoir fabriqué d\u2019une substance flexible et transparente, d\u2019une telle résistance que sa durée dépassera 50 ans.Cette substance c\u2019est \u201cPi.i-Gi.Ass\u201d, perfectionnée par Parker après 3 années d\u2019expérimentation.Avantage! 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Grâce à son dispositif aéro-métrique compensateur de la pression, fabriqué 92.8% d\u2019argent fin, vous pourrez voyager à une altitude de 35,000 pieds (hauteur jamais dépassée dans l\u2019aviation civile) avec l\u2019assurance que votre NOUVEAU \u201c51\" ne vous causera pas d\u2019ennuis par suite d\u2019une fuite de l\u2019encre.Voilà quelques-unes seulement des commodités du nouveau \u201c51\" qui sont des avantages que tout étudiant appréciera.Cette réalisation superbe de l'Autorité Mondiale en Stylos, incorpore dans sa fabrication 11 améliorations.i. .vwi fi.tr\t.nm> rrrnlion ilr ijmnilo boaiilo! Vous serez ravi dès cjue vous verrez ces nouveaux \u201c51\" au comptoir de stylos.Leur grande lx-auté est frappante.Les telles couleurs des nouveaux Parker \"51\u201d ont été inspirées par les tableaux de grands maîtres tels que: Michel-Ange, Vélasquez, Monet, Cézanne.On dirait que chaque stylo, lisse et bien équilibré, a été fabriqué spécialement pour faire à votre main.C\u2019est cela, le nouveau Parker \"51\".C\u2019est le stylo .l\u2019instrument de précision de l\u2019écrivain .qu\u2019aucun autre fabricant de stylos au monde ne puisse honnêtement se réclamer d\u2019avoir égalé .Retourner à vos études sans un NOUVEAU Parker \"51\" serait regrettable! Stylo à capuchon or doublé, $17.00.Crayon à capuchon or doublé, $9.00.Couple à capuchons or doublé, $26.50.Stylo à capuchon Lustraloy, $14.50.Crayon à capuchon Lustraloy, $7.00.Couple à capuchons Lustraloy, $21.50.IMPORTANT! Bien que le Nouveau \u201d51\u201d puisse faire usage de toute bonne encre, vous obtiendrez la plus grande satisfaction avec la Superchrome l\u2019encre qui sèche en écrivant.La Superchrome a été créée exclusivement pour le Parker \u201d51\u201d.904F l AI TOItlTi: MONDIALE EN STVH| PARKER PEN CO., LTD., TORONTO, CANADA Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 3 LA VIE CATHOLIQUE PIONNIER DE L'EDUCATION Par DOUGLAS NEWTON IL y a 57 ans, la paroisse de Vauxhall, quartier sud de Londres, était confiée à un jeune prêtre, le Père William Brown.Cette paroisse, nouvellement fondée, avait peu de fidèles et pas d\u2019église.Les perspectives ne promettaient pas; le quartier n\u2019é.ait composé que de réservoirs à gaz, de ponts de chemins de fer et de taudis; la paroisse avait, en outre, une dette de £12,000.Pour les prêtres, c\u2019était un souci continuel, menant souvent au découragement.Cette année, ce jeune prêtre, devenu évêque Brown, auxiliaire du diocèse de Southwark, célèbre le 25ème anniversaire de son épiscopat dans la même paroisse qu il a toujours servie.Cette paro.sse est elle-même devenue l\u2019une des plus importantes et des plus actives communautés catholiques de Londres, avec sa belle église dédiée à sainte Anne, sa salle superbe, ses écoles modernes pour garçons et filles, et pas de dettes.L\u2019Evêque Brown a non seulement bâti sa paroisse, mais il a également fait oeuvre de pionnier en matière d\u2019éducation et il jouit de l\u2019affection de tous les membres de la communauté.L\u2019histoire de ce serviteur de l\u2019Eglise, qui a accompli dans sa paroisse une si grande oeuvre sociale et spirituelle a quelque chose du roman.Ecossais d\u2019origine, il pense et parle avec la franchise bourrue de ses compatriotes.Issu d\u2019une riche famille de commerçants, dont plusieurs membres ont été Lord Maires de Dundee, ville du jute, Monseigneur Brown a renoncé à une carrière brillante et sûre dans l\u2019Administration des Indes pour devenir prêtre et servir dans le sud de l\u2019Angleterre sous les ordres du Cardinal Manning.Son plus grand désir é.ait d\u2019assister le pauvre et de lui consacrer sa vie, de servir Dieu en tant que prêtre et en même temps de relever le standard de l\u2019éducation et d\u2019améliorer les conditions sociales des fidèles de sa paroisse.Directeur des écoles libres catholiques, il étudie les problèmes de l\u2019éducation avec un esprit alerte qui, même aujourd\u2019hui, à l\u2019âge de 88 ans, saisit rapidement l\u2019encyclopédie et ne l\u2019oublie pas.En 1897, il était l\u2019un des deux premiers catholiques qui aient été élus au Corn.té des Ecoles de Londres; servant avec l\u2019autorité de ses connaissances et de son expérience en matière d\u2019éducation, il attira, une fois de plus, l\u2019attention, jusqu\u2019au jour où l\u2019enseignement, dans la capitale, fut placée sous la responsabilité de la London County Council.Il fut ainsi l\u2019un des pionniers qui édifièrent la structure de l\u2019éducation libre moderne en Angleterre.Mais ce n\u2019était pas tout.Grâce à ses profondes connaissances des conditions sociales existant à son époque, il devint l\u2019un des champions de la jeunesse; il voulait bâtir des corps sains en servant gratuitement aux enfants des repas à l\u2019école.En 1898, cette idée était considérée comme révolutionnaire; nombreux étaient ceux qui la rejetèrent.Mais résolus, persévérants, le Père Brown et ses collègues luttèrent et remportèrent la victoire.Aujourd\u2019hui, on distribue gratuitement, dans toutes écoles d\u2019Angleterre et du Pays de Galles, non seulement des repas, mais aussi du lait; Monseigneur Brown a vécu assez longtemps pour voir les fruits de ses efforts et de son oeuvre.\u201cLes jeunes gens d\u2019aujourd\u2019hui, garçons et filles, âgés de 12 ans et plus, sont plus grands et plus forts que ceux d\u2019il y a 30 ou 40 ans, dit-il, et il ajoute que ce sont là les résultats d\u2019une amélioration des conditions sociales.Monseigneur Brown a également joué un grand rôle dans la réalisation des progrès sociaux qui ont été si marqués en Angleterre au cours des dernières années.La Paroisse de Ste-Anne, à Vauxhall, est toujours un quartier ouvrier mais ce n\u2019est plus un entassement de taudis.Les maisons infectes et ignobles d\u2019autrefois ont été remplacées par de grands bâtiments modernes construits par la London County Council.Avec la reconstruction des bâtiments détruits par les bombes, tout le quartier change complètement d\u2019aspect.La population est devenue de plus en plus consciente des activités sociales et, naturellement, cette évolution s\u2019applique aux Catholiques\u2019-également.Ainsi, Monseigneur Brown qui, jeune prêtre, a débuté avec deux petites écoles et sans église (la messe était dite le dimanche à l\u2019école des garçons, et, pendant les jours de semaine, à la maison même du prêtre, où avaient lieu aussi les confessions et les baptêmes), a aujourd\u2019hui une paroisse qui comprend de belles écoles, une superbe église surmontée d\u2019un clocher et capable de recevoir les nombreux fidèles qui viennent assister à l\u2019une des quatre messes du dimanche.La construction de ces édifices, de la salle de la paroisse et de plusieurs autres bâtiments, est due à la vision de Monseigneur Brown qui, prévoyant l\u2019expansion de son quartier, a refusé d\u2019accepter des locaux plus petits.Aujourd\u2019hui, Ste-Anne se classe, à juste titre, parmi les plus importantes et les plus prospères paroisses de Londres.Sans l\u2019affection de ses fidèles, Monseigneur Brown n\u2019aurait probablement pas accompli cette grande oeuvre.On lui avait offert, à un moment donné, l\u2019Archevêché de Glasgow, mais il a préféré rester avec les Londoniens, au milieu desquels il a travaillé si longtemps et a vu ses efforts couronnés de succès.Même lorsqu\u2019il a été élevé à la dignité d\u2019évêque auxiliaire de Southwark, il y a 25 ans, il a préféré res er, ainsi qu\u2019il l\u2019est toujours, le prêtre de sa paroisse et le père des fidèles qui vivent à l\u2019ombre du clocher de son église.Il n\u2019en est pas moins, pour tous les Catholiques de Grande-Bretagne, un grand prélat, un grand pédagogue et une grande personnalité.NOTRE COUVERTURE Quoi de plus agréable qu\u2019une bonne partie de pêche ?N\u2019est-ce pas, pour deux copains, une occasion magnifique pour oublier les soucis et les tracas du travail et de la ville ?Peu importe si on revient bredouille, on n\u2019a qu\u2019à n\u2019en pas parler et puis, pourquoi faut-il nécessairement revenir bredouille ?Kodachrome H.L.Lambert.\"iv EST-IL PRÊT POUR L\u2019ÉCOLE?La protection de la santé de nos enfants d\u2019âge scolaire s\u2019effectue avec un succès très remarquable.Le taux actuel de la mortalité, chez les enfants de 5 à 14 ans, n\u2019est que d\u2019environ un quart de ce qu\u2019il était en 1900.En fait, depuis cette date, le taux de la mortalité amenée par la rougeole, la scarlatine, la coqueluche et la diphtérie, par toutes ces maladies prises ensemble, a été réduit d\u2019environ 95 pour cent.Bien que ces résultats soient notables, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la santé de l\u2019enfant.A ce propos, des gens bien renseignés révèlent qu\u2019a peu près un enfant sur vingt de ceux qu\u2019ils ont examinés entend mal; qu\u2019un sur cinq souffre des yeux, tandis que 9 sur 10 ont des dents gâtées.Ces affections causent souvent du tort h l\u2019enfant qui fréquente l\u2019école; elles peuvent être lu cause de mauvaises notes et de chagrin pour l\u2019enfant.Comme il est possible que des parents ne prêtent pas attention à des défauts physiques, il sera prudent de faire subir aux enfants, avant leur entrée h l\u2019école, un examen médical et un examen des dents soigneusement faits Ces examens peuvent aider à découvrir des conditions physiques qui nécessitent un traitement propre à les corriger.Ces examens peuvent encore révéler où en est l\u2019état général de la santé de l\u2019enfant.C\u2019est à la suite de ces examens que le médecin pourra peut-être donner des conseils qui aideront à maintenir l\u2019enfant dans le meilleur état physique possible, au cours des années d\u2019école.Des exercices réguliers pris au grand air, si possible, aident à développer les muscles, à améliorer le maintien, et à activer les fonctions de toutes les parties du corps.Un sommeil suffisant est particulièrement important.La plupart des enfants, de 5 h 12 ans, devraient avoir environ 12 heures de sommeil, chaque nuit.Les enfants ont besoin d\u2019un régime nourrissant et contenant beaucoup d\u2019aliments substantiels, tels que le lait, les fruits, les légumes, la viande et les oeufs, qui tous, aident à la croissance et à la formation d\u2019os solides.Etant donné qu\u2019un poids excessif ou qu\u2019un poids insuffisant peuvent affecter également une bonne santé, il est sage d\u2019essayer de maintenir, chez l\u2019enfant, un poids convenable à son âge et à sa taille.Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) Siège Social: New-York Direction Générale au Canada: Ottawa Metropolitan Lifo Insurance Co.Direction généralo au Canada, Ottawa.Veuillez m\u2019envoyer un exemplaire de la brochure 99-S, intitulée: \u201cLes maladies communes de l'enfance\u201d.Nom.Adresse.Localité.Province 4 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 \u2022 DROIT AU BUT \u2022\t* -s* NATIONALE 'j.v.:¦ ; :: * Un homme la hauteur! AF-35FM n.v?ir acutHm/'Âuo Quartier général du C.A.R.C., TRENTON, ONT.Il fait partie d\u2019un équipage de l\u2019Aviation canadienne.Les mois qu\u2019il a consacrés à sa formation, sur des avions et avec le concours d\u2019un équipement technique parmi les meilleurs au monde, ont fait de lui un homme à la hauteur de la tâche gigantesque qu\u2019il a choisie .un homme sur qui l\u2019on compte pour la défense et la sécurité aériennes du firmament canadien.Et notre C.A.R.C.sera fier de le compter dans ses rangs.Si vous en avez les aptitudes, vous pouvez devenir pilote, officier sans-filiste ou navigateur dans le C.A.R.C.Après avoir terminé votre cours élémentaire de vol, votre revenu global atteint $284 par mois.N\u2019attendez pas davantage! Renseignez-vous TOUT DE SUITE sur les perspectives qu\u2019offre le C.A.R.C.Ecrivez au quartier général le plus proche.On vous répondra aussitôt.SECURITE AERIENNE SECU o » ?I j LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de PA.B.C., et de PAssocîation des Editeurs de Magasines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 61e année.No 18 \u2014 Montréal, 17 septembre 1949 EDITORIAL D\u2019UN SAMEDI À L\u2019AUTRE \\ I ' 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tel: PLateau 9638 * FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) \u2022 ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières (Trois-Rivières et Cap-do-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de I la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.\u2022 Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un\tan\t\t- S3.S0 Six\tmois\t\t\u2022 2.00 \tETATS-UNIS\t Un\tan\t\t\u2022 $5.00 Six\tmois\t\t¦ 2.50 AU NUMERO : 10 cents HEURES DE BUREAU: 9 h.a.m.à 4.45 h.p.m.du lundi au vendredi.# \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.Pour les petits malades Qui na pas remarqué ce tableau de l\u2019artiste américain, S.Luke Fildes, ayant pour sujet un enfant malade, gisant sur un ht improvisé, dans la cuisine, et au chevet duquel un vieux piaticien, dans 1 attitude d\u2019une profonde méditation, cherche son diagnostic ?Vous vous souvenez, au second plan, la mère éplotée, appuyée sur la table, s\u2019abandonne à son immense chagrin, pendant que le pere, debout, à gauche, triste et grave, épie le moindre geste, la moindre parole du médecin en qui îepese le dernier espoir ?Ce tableau, dont les reproductions sont si répandues, n est peut-être pas un chef-d\u2019oeuvre au sens où l\u2019entendent les connaisseurs, mais n\u2019est-ce pas qu\u2019il a fiappé votre imagination, n\u2019est-ce pas que son souvenir est resté gravé dans votre mémoire ?C\u2019est qu\u2019en effet, il n\u2019est rien de plus triste qu un foyer où il y a un enfant gravement malade.Dans la réalité, il vous est sans doute arrivé, à vous aussi, de vous trouver témoin ému, impuissant d\u2019une scène aussi touchante, mais vous vous etes rassure \u2014 et vous avez rassuré \u2014 à l\u2019idée de l\u2019hôpital, plus exactement à l\u2019idée d\u2019un hôpital comme Sain te-Justine qui fait spécialité de recevoir les petits.Vous vous rappelez, vous avez ajouté en soulignant : \u201cLà, on fera tout ce qui est humainement possible pour soulager, pour guérir votre enfant.\u2019\u2019 Et les figures se sont illuminées parce que vous avez dit vrai.Mais, comme tant d\u2019autres, comme moi-même, sans plus, vous avez pris pour acquis cette Maison de l\u2019espoir en ne vous rendant pas trop compte que vous-même, vous pouvez et devez contribuer à son maintien, à son rayonnement.Bien sùr, l\u2019Hôpital Sainte-Justine compte sur les subventions de l\u2019Etat, sur la générosité de quelques richissimes bienfaiteurs, mais on sait que cet appui ne suffit pas, car une institution de ce genre qui se dévoue pour tous est aux prises, elle aussi, avec les problèmes et difficultés actuels.Et puis il y a ceci que le progrès se fait sentir en tout, jusque dans la maladie qui ne chôme jamais \u2014 la poliomyélite, par exemple.Du reste, et pour se synchroniser au rythme de cette évolution, la thérapeutique doit être tout l\u2019opposé d\u2019un art stagnant, d\u2019où il s\u2019ensuit des besoins nouveaux et accrus de capitaux.Lésinera-t-on sur la qualité de l\u2019équipement, sur le nombre du personnel au risque de compromettre la guérison, l\u2019existence même de pauvres petits qui, en tout cela, ne comprennent qu\u2019une chose : la santé, la vie ?.Non, assurément ! Il est entendu que, depuis une quarantaine d\u2019années, il s\u2019est accompli et continue de s\u2019accomplir à Sainte-Justine d\u2019authentiques miracles de générosité et de dévouement (saluons ici les âmes bénévoles), mais personne ne niera que, dans cette tâche immense de l\u2019hospitalisation, il appartient à tous et à chacun de nous, célèbres ou obscurs, puissants ou faibles, de mettre, comme on dit, l\u2019épaule à la roue.Dans le film, M.Vincent, on a vu que le Père des Pauvres lui-même reconnaissait être incapable d\u2019arriver à ses fins sans argent.Point n\u2019est besoin de faire partie d\u2019un conseil d\u2019administration pour comprendre que tel est le cas de l\u2019Hôpital Sainte-Justine, et c\u2019est pourquoi du 26 septembre au 6 octobre prochain, par l\u2019intermédiaire d\u2019auxiliaires dévoués et bénévoles, on vous tendra la main.Qu\u2019on songe à ce tableau de Fildes auquel il était fait allusion tantôt, et on aura cette satisfaction de se dire qu\u2019en donnant selon ses moyens, on aura fait quelque chose de tangible pour soulager des petits et mettre de l\u2019espoir dans le coeur de leurs mères.Vraiment, pour le citoyen conscient, ce n\u2019est pas un sacrifice, mais bien un luxe ! Qu\u2019on n\u2019oublie pas, du 26 septembre au 6 octobre, ce sera la semaine des enfants malades.\u2014 G.D.Quand on veut la paix L\u2019idée d\u2019un monde uni, le one world rêvé de feu Wendell Wilkie à la fin de la guerre, est allée rejoindre les vieilles lunes.Déjà, à la conférence de San Francisco \u2014 San Fiasco, comme disaient les pessimistes \u2014 se dessinait cet esprit de division entre le bloc slave et le monde occidental.On se souvient que la glande presse a sensation sen émouvait, ce qui ne manqua pas de faire sourire Lord Halifax, lequel traduisit son impression par ces termes : \u201cCe n\u2019est pas nécessairement la fin du monde.\u201d Lord Halifax avait raison, ce n\u2019était ni la fin du monde, ni même la fin prématurée de l'organisme des Nations Unies qui se porte toujours assez bien malgré l\u2019abus du droit de véto exercé par les Russes.D\u2019aucuns se sont demandé et se demandent encore si les signataires du Pacte de l\u2019Atlantique n\u2019ont pas porté un sérieux accroc à ce modus vivendi.La réponse est toute limple : pas le moins du monde.Pas le moins du monde pour cette raison que l\u2019article 52 de la Charte des Nations Unies ne s\u2019oppose pas à la signature de pactes régionaux, à cette condition toutefois que les visé s desdits pactes n\u2019entrent pas en contravention avec les principes fondamentaux des Nations Unies.Le bloc soviétique qui a su se prévaloir de c tte'clause ne peut donc que montrer sa mauvaise humeur, et il n\u2019a pas manqué de le faire, ce qui, encore une fois, n\u2019est pas nécessairement la fin du monde.Il serait oiseux de revnir ici sur la signification que prend pour nous le Pacte de l\u2019Atlantique.On en a bien saisi le sens et la portée, et nous savons tous que c\u2019est sans la moindre contrainte que les pays signataires acceptent d\u2019y adhérer.Les Etats satellites de l\u2019URSS ne sauraient en dire autant quand quelque chose mijote pour eux au Kremlin.Non, ce qui est plus intéressant à noter, ce sont certaines réactions que l\u2019idée du Pacte a suscitées.Par exemple, on a voulu prétendre \u2014 et on sait qui \u2014 que, dans cette affaire, les desseins inavoués des Etats-Unis étaient d\u2019asservir économiquement l'Europe, ce qui est une absurdité quand on sait très bien que le projet du Pacte a été formulé par les pays d\u2019Europe et non par nos voisins.Par ailleurs, et en raison même de leur conception de l\u2019économique, les Américains ne souhaitent rien autant que de voir une Europe monétairement saine, et ce souhait est appuyé par des actes comme l\u2019atteste le Plan Marshall.Là encore, on voit d\u2019où part la mauvaise foi quand on sait qui s\u2019est ingénié à saboter ce gigantesque effort de relèvement économique.Du reste, ce sont précisément ces entraves qui expliquent en très grande partie l\u2019idée du Pacte de l\u2019Atlantique.Tout comme le loup de la fable, les Russes ne sont jamais à court d\u2019arguments captieux pour accuser les autres de \u201ctroubler leur eau\u201d : c\u2019est ainsi que, selon eux, le Pacte de l\u2019Atlantique en serait un d\u2019\u201cagreesion\u201d, éventu llement destiné à les mâter.C\u2019est le vieil air trop connu dont le refrain a, été usé à la corde par l\u2019Allemagne d\u2019Hitler.Un Etat totalitaire \u2014 et partant, militaire \u2014 qui se scandalise de voir des pays libres s\u2019armer en vue d\u2019assurer leur sécurité, ça fait tout simplement sourire.Pour aller au fond du pot et pour parler français, disons donc franchement que ce que l\u2019URSS n\u2019aime pas dans le Pacte de l'Atlantique, c\u2019est la certitude que les Etats-Unis, cette grande puissance, ne tergiverseraient pas, cette fois, dans le cas où un Etat totalitaire se déciderait à répéter le coup de vache de l\u2019Allemagne hitlérienne.Végèce avait raison : \u201cSi tu veux la paix, prépare la guerre.\u201d C\u2019est là la clé de voûte du Pacte de l\u2019Atlantique qui est non pas une arme offensive, mais un gage de paix assurée.Nous y aurons mis du temps et le prix pour l\u2019apprendre, mais la leçon a bien porté.\u2014 G.St-O.Croquis d'un hurluberlu \u201cCe qu\u2019il y a d\u2019admirable, dans le bonheur des autres, dit Marcel Proust, c\u2019est qu\u2019on y croit.\u201d Maître Panisse, dans \u201cFanny\u201d, avait aussi cette crédulité, lui qui était prêt à pardonner la pire injure à condition qu\u2019on le prît pour un Américain.Dans le même ordre d\u2019idées, mais à sens inverse, je connais d s êtres très réels, dont un jeune intellectuel à la manque qui rêve du bonheur qu\u2019il aurait de vivre en URSS; Le pôvre, s\u2019il était au moins amusant comme Maître Panisse, et si, comme lui, il était imaginaire plutôt que d\u2019être imaginatif.Décidément, la folle du ior/is continue de faire des siennes ! L.S. 6 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 ARTS UT METIERS LE COURS DU TEMPS Par SUZANNE NORMAND (Exclusif au \"SAMEDI\") Âu coeur d\u2019un Paris tumultueux, le Vieux Conservatoire des Arts et Métiers, assoupi dans la poussière de l\u2019Histoire, s\u2019éveille pour plusieurs semaines, au rythme retrouvé de cinq siècles d\u2019horlogerie.Cinq siècles, où pour mesurer le temps, la précision mécanique s\u2019allie à l\u2019art le plus raffiné.Voici bientôt dix ans, à la déclaration de guerre, la merveilleuse collection du Conservatoire avait prudemment quitté Paris pour aller se.terrer au fond de la province, à l\u2019abri d\u2019abord des bombardements, plus tard des convoitises de l\u2019occupant.De retour ici il fallut la restaurer, pièce par pièce, ausculter, vérifier, remettre en marche tous ces petits coeurs d\u2019acier.Les voici, aujourd\u2019hui, offrant à qui veut les écouter, des histoires où s\u2019accordent à miracle, la technique et la poésie.Collection insigne, à laquelle les musées britanniques et français, les collectionneurs, les fabriquants de notre temps ont joint les leurs.Et tout cela vous jette à la figure, avec prodigalité, tout ce que les hommes, depuis cinq cents ans, ont tenté pour déterminer le cours insaisissable du Temps.Cadrans solaires, en pierre, en ardoise, en étain, en cuivre, en argent, cadrans ciselés, dorés, où l\u2019ombre portée marquait l\u2019heure \u2014 \u201ctoutes blessent, la dernière tue\u201d \u2014 la durée du jour et de la nu.t, les saisons, les étoiles.Clepsydres imités des anciens et fonctionnant à l\u2019eau .Sabliers du XlVème siècle, de bois, de cuivre ou d\u2019ivoire, où le temps se mesurait à l\u2019écoulement du sable fin, \u2014 et pourquoi imaginons-nous qu\u2019il devait alors passer moins vite ?Anneaux astronomiques, mérédiennes, horloges de clochers du XVème siècle, enfermées dans une cage de fer gothique .Sphères célestes du XVIème, fastueuses et dorées sur leurs socles noirs, dissimulant à l\u2019intérieur des rouages compliqués, et qui portent l\u2019équateur, l\u2019écliptique, les signes du Zodiac, les colures, les tropiques, les cercles polaires.Remontons le cours du temps perdu.Voici le XVIIème siècle, qui voit surgir la pendule de cheminée, agrémentée de personnages.La pendulette de voyage, la petite horloge de table ou de chevet: argent, bronze doré, cuivre gravé, coffrets de bois précieux, gaines de cuir \u2014 nous n\u2019avons rien inventé.A cette époque-là, les montres, par souci de perfection, portent volontiers un petit cadran solaire et une boussole à l\u2019intérieur de leur couvercle.Le boîtier peut être en cristal de roche, en émail translucide ou opaque, en métal précieux, fleuri de devises.En forme de tulipe, de coquille, d\u2019oignon, orné de sujets de bataille ou d\u2019épisodes de romans héroïques : par exemple les amours de Théagène et de Chariclée.Symbole peut-être, de faire figurer, sur une montre, des amours ?Cartels, pendules à figures, à sculptures, à sonneries musicales, à jeux d\u2019orgue, à jeux de flûtes, et carillons \u201cA dix clochettes, dont chacune est frappée par deux marteaux\u201d.Et voici les horloges à automates, les scènes où le rémouleur, le scieur de long, les promeneurs, les moulins à vent, jouent pour vous une petite comédie à l\u2019image de la vie.Jadis, au temps où les artistes et les artisans réalisaient ces patientes merveilles, sans se soucier, le plus souvent, d\u2019y attacher leur nom, celles-ci étaient si coûteuses, que quelques privilégiés de la fortune seulement les pouvaient acquérir.Ainsi en l\u2019an 1800, Joséphine Bonaparte, toute enivrée de sa neuve fortune, paya-t-elle 3,000 francs (environ 3 millions d\u2019aujourd'hui) cette montre en or et émail bleu avec flèche en diamants.A d\u2019autres titres de célébrité, le Duc de Choiseul-Praslin ajoutait une montre d\u2019une complication et d\u2019un raffinement extravagants et dont il ne se doutait assurément pas qu\u2019elle sonnerait pour lui l\u2019heure du crime.Ce minuscule nécessaire de toilette, cette mandoline, cette tabatière, qui comprennent, dans un décor d\u2019or, d\u2019émail et de perles, une montre avec automate et musique, à quels heureux du monde étaient-ils destinés?Madame de Pompadour, s\u2019amusait fort, dit-on, d\u2019un tableau animé, à ses armes, et représentant une vue de Saint-Ouen, où défilaient des bateliers et des manants en chariots.La vie, alors, allait-elle moins vite?En tout cas, rien ne paraissait assez ingénieux, assez raffiné, de ce qui ornait le décompte impitoyable des minutes et des heures.Aussi, peut-on rêver lorsqu\u2019on vous explique que cette montre en or, vendue à l\u2019aide de camp de Sa Majesté le roi de Wurtemberg, indiquait : \u201cle temps moyen et le temps vrai, quantième des jours, date et mois, phase de lune\u201d.Mais que dire de ce régulateur demi-seconde à cadran des marées?\u201cLe cadran inférieur est un calendrier complet avec heures et jours de la semaine, mois, quantième, âge et phase de la lune, le cadran supérieur donne les heures de marée en différents lieux.La petite aiguille donne la partie entière des heures de marée.La grande aiguille, les minutes à ajouter ou à retrancher.Cette dernière a un mouvement très compliqué tantôt dans un sens tantôt dans l\u2019autre, avec des stationnements et des déplacements rapides.La période de ce mouvement est d\u2019une lunaison\u201d.Les convulsions de l\u2019Histoire sont également présentes.Cette pendule à indications astronomiques, comportait, nous dit-on, un calendrier républicain.Les mois républicains devaient être indiqués sur le cadran du dessus.Le cadran inférieur indiquait les années communes et bissextiles, et les jours complémentaires du calendrier républicain.Dans tout ce luxe, austère, majestueux ou ravissant, le génie humain est partout présent.Ce génie qui inspira les artistes et les techniciens, et leur permit de franchir les siècles.Ce qu\u2019ils n\u2019espéraient peut-être pas, lorsque penchés sur leur travail de magicien, ils essayaient de donner un visage nouveau à l\u2019inexorable Temps.Photo du haut, sphère céleste, mue par un mouvement d'horlogerie.C'est une oeuvre de Joet Burgi, remontant aux environs de 1580.\u2014 Ci-contre, une grande horloge astromique de table signée Isaac Habrecht.A cette époque-là, les montres, par souci de perfection, portaient volontiers un petit cadran solaire et une boussole à l'intérieur de leur couvercle.Photos S.I.F. WÈ&'i '.W.x ¦ * [a-W -r^,; afc-f-\u2019 Ü«W'1 ¦ L\u2019industrie canadienne-française du cinéma n\u2019est plus une vague promesse, c\u2019est désormais une réalité manifeste qui éclate au grand jour, et tout le monde s\u2019en réjouit, tout le monde s\u2019en félicite.\u201cLe Père Chopin\u201d, on s\u2019en souvient, fut le premier pas.Vint ensuite \u201cLa Forteresse\u201d, puis \u201cUn Homme et son Péc!«.é\u201d et, en attendant prochainement \u201cLe Curé de Village\u201d qui vient d être tourné à St-Hyac nthe, nous vient \u201cLe Gros Bill\u201d, deuxième grande production de Renaissance-Films.En effet, la semaine prochaine, soit le 16 septembre, aura lieu la grande première mondiale, au cinéma St-Denis, de ce film entièrement tourné chez nous par des artistes canadiens-français pour la plupart.On nous assure que la formule du \u201cGros Bill\u201d est des plus heureuses et nous le croyons pour en avoir vu tourner quelques scènes, tant à Val Cartier qu\u2019aux studios du chemin de la Côie-des-Neiges, à Montréal.\u201cLe Gros Bill, a-t-on dit, est un film qui va à la foule, lui raconte en de belles images une histoire simple mais combien juste, combien humaine.Toucher le coeur de la foule .c\u2019est cela qui compte et c\u2019est cela qu\u2019on a voulu.On l\u2019a voulu avec crânerie et avec conviction.N\u2019est-ce pas avec ces deux qualités-là qu\u2019on arrive à quelque chose dans la vie ?\u201d AVANT LA GRANDE PREMIERE \u201cLE GROS BILL\u201d Voilà un enthousiasme de bon aloi.Rien n\u2019est exagéré dans ce pronostic qui fait entrevoir d\u2019heureuses perspectives.\u201cLe Gros Bill\u201d, qu\u2019on en soit assuré, est de l\u2019excellent travail qui démontrera de façon péremptoire ce dont sont capables des gens de chez nous comme Jean Palardy, Jean-Yves Bigras, Roger Garand, Yves Jasmin, Jean Boisvert, Eloi de Grandmont, Mireille Bastien qui ont collaboré à cette réalisation.Les interprètes et techniciens ont travaillé dans un magnifique esprit de collaboration.Le metteur en scène, René Delacroix, de Paris, a pris énergiquement la direction de ce film.Au nombre des artistes que nous aurons bientôt le plaisir d\u2019applaudir dans cette production, mentionnons Yves Henry (Le Gros Bill), Juliette Béliveau, Ginette Letondal, Maurice Gauvin, Jean Saint-Denis, Jean Berthiaume et plusieurs autres.Le 16 septembre prochain sera donc un grand jour pour notre jeune industrie du cinéma.Le lendemain, le 17, aura lieu la première offerte au public qui, comme on peut facilement prévoir, prendra le cinéma d\u2019assaut.Vraiment, il y a lieu pour nous de nous réjouir de pareil événement, car c\u2019en est un d\u2019importance ! Photo du haut, à gauche, une scène prise dans le \"magasin général\", avec GINETTE LETONDAL et MAURICE GAUVIN.\u2014 A droite, dans un décor qui est bien de chez nous, on reconnaît de gauche à droite, Mme SYLVA ALARIE, PAUL GUEVREMONT, GINETTE LETONDAL et YVES HENRY.\u2014 Au centre, ci-dessus, une belle expression de GINETTE LETONDAL, \u2014 Ci-contre, Le Gros Bill lui-même à son arrivée au Canada. 8 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 / Roman dramatique L\u2019espionne Dsssin de JEAN MILLET La douleur aiguillonne le soupçon et alimente les mauvais propos sur le compte du prochain, tant et si bien qu'on finit par voir du mystère là où la simple réserve, la simple circonspection découvrirait tout l\u2019opposé de ce qu\u2019on a d\u2019abord cru.Et la catastrophe n\u2019est pas toujours évitée .La \"bizarre femme du quatiième\u201d.Qui lui avait, dans eet immeuble parisien où tous les gens se connaissaient, donné ce surnom, le seul sous lequel on la désignât?.Nul n\u2019aurait su le dire, même pas Mme Bidoin.la concierge, qui entretenait avec ses cinq étages des locataires des relations de benoîte familiarité.Mais le fait est qu\u2019on ne l'aimait pas.Sa coiffure stricte dont les mèches lisses encadraient sans coquetterie un visage rond et plein de femme bien portante, ses éternelles robes noires, insoucieuse de la mode, ses manières réservées et distantes indisposaient contre elle ses voisins.Elle ne recevait jamais personne; elle passait des semaines sans sortir de son appartement où elle vivait chichement, car le petit boucher du coin n\u2019emportait guère de commandes que deux fois la semaine.Mais parfois, sur l\u2019appel d\u2019un énigmatique coup de téléphone, \u2014 car, autre énigme, cette locataire si modeste avait le téléphone, \u2014 on la voyait quitter furtivement son logis haut perché.Elle dégringolait avec hâte les maiches de l\u2019escalier, ap- pelait un taxi et revenait quelques heures après, un peu plus pâle qu'à l\u2019ordinaire et l\u2019allure plus lasse.Seulement, il y avait une étrange petite fièvre qui faisait briller ses yeux noirs.\u2014\tD\u2019où arrive-t-elle encore?disait la belle-mère de Janine en laissant retomber le rideau de tulle sur la fenêtre de la cour.Mais parce que Janine avait vingt-deux ans et qu\u2019elle était heureuse, entre Maurice et le bébé, elle n\u2019avait pas de fiel dans l ame et elle répondait en riant: \u2014\tQue vous importe, mère?.Elle a ses secrets cette femme, c\u2019est bien son droit.Or, depuis que Maurice était parti, \u201cimmédiatement et sans délai, ainsi que portait sa feuille de route, depuis que Janine, le coeur lourd et les bras vides, était demeurée seule à la pharmacie pour faire face aux commandes, recevoir les rares clients et écrire interminablement à l\u2019Absent des lettres qu'il mettait si longtemps à recevoir, elle avait perdu un peu de sa mansuétude.Pourquoi, alors que Maurice était LA-BAS, dans ce mystérieux \u201csecteur postal\" où la mémoire enfiévrée de sa femme ne pouvait mettre ni couleur ni décor \u2014 même pas la teinte du ciel sur ce payage inconnu qu\u2019étiquetait un numéro, \u2014 pourquoi, alors que tout le rythme de la vie avait changé autour d\u2019elle et ses compagnes de douleur et d\u2019anxiété, la \u201cbizarre femme du quatrième\" était-elle la seule à vivre comme par le passé, sans que les événements qui atteignaient au coeur toutes les Françaises aient paru modifier en rien pour elle la routine des jours?.Certes, comme tout le monde elle s\u2019était soumise aux règlements de police.Elle avait placé des croisillons de papier sur ses vitres, collé de la cellophane bleue aux fenêtres de son appartement et barbouillé ses ampoules pour les camoufler.Elle allait, portant comme les autres, sa petite boîte cylindrique de fer gris accrochée à ses épaules, en bandoulière.Mais elle se livrait à de singulières allées et venues: tant't le matin, aux aurores, alors que la mère Bidoin n\u2019avait pas encore ouvert la porte de l'immeuble aux \u201cboueux\u201d de la rue, ou, le soir, à travers la villa obscure où les rares passants vont à tâtons, dans les ténèbres clignotantes.Parfois même, elle était si pressée qu\u2019elle agrafait sur le palier sa cape noire; un jour, remontant à son appartement, Janine l\u2019avait surprise ainsi et n\u2019avait pu se tenir de lui jeter un regard hostile et méfiant, en omettant de répondre à son salut.\u201cTu comprends, écrivait la jeune femme à Maurice, \u2014 quand elle lui relatait les menus événements survenus dans la maison, pour avoir l\u2019illusion qu\u2019il participait encore à la vie de tous les jours, \u2014 on a beau ne pas vouloir être mauvaise langue, il y a Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 9 des choses qui vous mettent en défiance.L\u2019attitude de notre co-locataire n\u2019est pas catholique.En ce ('moment, tout le monde doit vivre au grand jour et les allures mystérieuses sont hors de saison.Et puis cette personne qui n'a l\u2019air de trembler pour aucun être cher m\u2019irrite et me déconcerte.J\u2019ai fini par la prendre en grippe, comme tout le monde dans la maison.A quoi, Maurice répondait avec son habituel optimisme et son indulgence: \u201cTu aurais tort, ma chérie, de te laisser suggestionner par les commérages.On n\u2019est que trop porté en temps ordinaire à accueillir légèrement les mauvais propos qui concernent le prochain.A l\u2019heure actuelle, si notre devoir est d\u2019être circonspect, il ne faut rien exagérer et voir du mystère là où il n\u2019y a peut-être que réserve et discrétion.Je crois me souvenir de notre voisine: elle m\u2019a paru, à moi, beaucoup plus triste qu\u2019énigmatique et sa sauvagerie cache peut-être une peine secrète.\u2014 En attendant, rétorquait Mme Duplantin, la mère de Maurice, lorsque Janine lui lisait tout haut \u2014 avec quelle chaude voix de ferveur! \u2014 la lettre de l\u2019absent, \u2014 si c\u2019était une espionne?.Une espionne.Le mot fit long feu à la cave pendant l\u2019heure de l\u2019alerte, et tout de suite, il enfiévra les esprits.Les sirènes avaient réveillé la ville et précipité, vers les abris la théorie, moins émue que curieuse, des locataires de Mme Bidoin.On remarqua que \u201cla bizarre femme du quatrième\u201d au lieu de se joindre au groupe qui descendait derrière le chef d\u2019ilôt, se hâtait de sortir dans la rue en serrant contre elle sa cape de lainage.Dans la nuit peuplée de mugissements, de sifflements, de vrombrissements lointains, elle était partie, rasant les maisons, en aveugle \u2014 un aveugle qui sait où il va.On ne l\u2019avait revue qu\u2019au matin.-\u2014 C\u2019est trop fort! s\u2019indigna Mme Hazard, la femme du dentiste du premier.Ces manières ne sont pas catholiques.Il faut avertir les autorités.Consulté, le chef d\u2019ilôt déclara qu\u2019il ne pouvait empêcher personne de s\u2019exposer aux dangers de la rue.Pouvait-il courir après tous les imprudents qui se risquaient sur la chaussée, le neî au vent, pendant 1 alerte?Mais il ajouta qu\u2019une telle attitude pouvait être suspecte de la part d\u2019une personne dont les habitudes semblaient louches, d\u2019ordinaire.A plus forte raison, en temps de guerre.Dans la pharmacie, on tint conseil.Janine, elle, écouta avec lassitude les propos passionnés de tous les habitants de l\u2019immeuble.Depuis huit jours, Maurice n\u2019avait pas écrit.et elle vivait dans l\u2019angoisse, repliée sur sa peine, les dents serrées, regardant le monde entier d\u2019un oeil de défiance.\u2014 C\u2019est vous, Madame, qui devez écrire à la police.décida l\u2019aéropage féminin groupé dans la pharmacie.\u2014 Moi?se récusa Janine, ennuyée.\u2014 Mais oui.Votre mari est au front.vous avez un bébé.vous dirigez avec beaucoup de compétence cette boutique: on vous écoutera.\u2014 Je n\u2019ai rien à dire de précis, se défendit Janine qui pensait aux recommandations de Maurice touchant la circonspection qu\u2019on devait opposer à de si graves propos.Au fond, rien ne prouve que cette femme soit animée de mauvaises intentions.En tous cas, je répugne à la dénoncer.\u2014 Vous préférez lui laisser le temps de mal faire?\u2014 Ne savez-vous pas que notre silence peut coûter très cher à nos soldats?.s\u2019indigna véhémentement la couturière du cinquième.Le coeur de Janine faillit s'arrêter dans sa poitrine.Au fait, si cette femme était vraiment une espionne comme ses allées et venues insolites le laissaient supposer, n\u2019était-ce pas un crime de se taire.Un crime contre le pays-un crime contre Maurice.et tous ses camarades en danger?.Janine eut la fièvre toute la nuit.Elle tournait et retournait dans sa tête mille pensées contradictoires, ne pouvant se résoudre à porter contre une de ses pareilles une aussi affreuse accusation, mais effrayée encore plus par la responsabilité qui pèserait sur son silence.Vers trois heures, elle entendit résonner le téléphone, dans l\u2019appartement à côté.Décidée à se renseigner, coûte que coûte, elle se dirigea vers une penderie qui occupait le fond du cabinet de toilette: il y avait là une porte mitoyenne qu\u2019on avait condamnée quand le propriétaire avait divisé en deux tout l\u2019étage.L\u2019oreille collée au panneau, elle tâcha de surprendre des bruits suspects: elle entendit le vague murmure de sa voisine qui répondait au téléphone, puis ce fut le silence à nouveau.Quelques instants après, une porte craqua sur le palier.Janine se précipita vers le vestibule.Elle arriva juste à temps pour voir disparaître dans l\u2019ombre de l\u2019escalier la silhouette de la femme; elle entendit le bruisement de sa cape sur les marches.Dans sa hâte, la fugitive n\u2019avait même pas allumé la minuterie.Brusquement Janine fit jaillir la lumière.\u2014\tOù allez-vous?Surprise, la femme se retourna avec un léger cri.Immobilisée sur une marche d\u2019escalier, elle regarda, effarée, celle qui l\u2019interpellait; \u2014\tMais.fit-elle, incertaine.je faisais attention de ne réveiller personne.Janine l\u2019observait d\u2019un air dur, la figure sévère.Vraiment, elle avait bien l\u2019air d\u2019une coupable, avec ses yeux clignotants et cette rougeur qui, soudain, empourprait ses traits.\u2014\tDe ne réveiller personne.répéta Janine sur un ton sarcastique.oui.je vois!.\u2014\tEcoutez.fit la femme.En hésitant, elle remonta deux marches dans la direction de Janine.\u2014\tJe crois que vous ferez bien de ne pas vous recoucher, déclara-t-elle.Il se pourrait.qu\u2019il y ait une alerte, tout à l'heure.Comme répondant à ce pronostic, le cri déchirant de la sirène percuta dans la nuit calme, secouant brutalement la maison endormie.Janine sursauta et, sans plus s\u2019occuper de son interlocutrice \u2014 qu\u2019elle eut le temps pourtant de voir se précipiter dans l\u2019escalier, vers la sortie \u2014 elle bondit à l\u2019appartement pour y chercher son fils.Mais à partir de cet instant, elle fut décidée à agir.Quand il l\u2019introduisit dans le bureau de son supérieur cette jolie visiteuse, le rogue Inspecteur Lambert, séduit par la silhouette juvénile, et les cheveux légers bouclant en diadème au-dessus d\u2019un visage harmonieux, adoucit d\u2019instinct ses manières brusques.\u2022\u2014Veuillez entrer, Madame.M.le Commissaire va vous recevoir.Le Commissaire Bréguet avait passé la cinquantaine et il se piquait de psychologie.Un coup d\u2019oeil au strict tailleur gris, aux jambes fines gainées de soie, à la blouse bleu pastel dont le devant \u201cchemi-sier\u201d mettait une note coquette dans la netteté de LA MAISON DU MOUSTOIR O maison du Moustoir ! combien de fois, la nuit.On quand j'erre le jour dans la joule et le bruit, l it m'apparais ! \u2014 Je vois les toits de ton village ISaignés à /'horizon dans les mers de feuillage, Une grêle fumée au-dessus dans un champ Une femme de loin appelant sou enfant, On bien un jeune pâtre assis près de sa vache, Qui, tandis qu'indolente elle paît à l'attache, Entonne un air breton si plaintif et si doux Qu\u2019en te chantant ma voix vous ferait pleurer tons.Oh ! les bruits, tes odeurs, tes murs gris des chaumières, Le petit sentier blanc et bordé de bruyères, Tout reliait comme au temps on, pieds nus, sur le soir, J'escaladais la porte et courais an Moustoir; Et dans ces souvenirs où je me sens revivre, Mon pauvre coeur troublé se délecte et s'enivre ! Aussi, sans me tasser, tons les jours je revois Le haut des toits des chaumes et le bouquet de bois, An vieux puits la servante allant remplir ses cruches, Et le conrtil en fleurs on bourdonnent les ruches, Et Paire, et le lavoir, et la grange; en un coin Les pommes par monceaux, et les meules de foin; Les grands boeufs étendus aux portes de la crèche, Et devant la maison un lit de paille fraîche.Et j'entre: et c'e I tout d'abord un silence profond, Une nuit calme et noire: aux poutres du Plafond Un rayon de soleil, seul, darde sa lumière.Et tout autour de lui fait danser la poussière.Chaque objet cependant s\u2019éclaircit: à deux pas, Je vois le lit de chêne et son coffre; et plus bas (Vers la porte, en tournant), sur le bahut énorme, Pêle-mêle bassins, vases de tonte forme, Pain de seigle, laitage, écuelles de noyer; Enfin plus bas encor, sur le bord du foyer.Assise à son rouet près du grillon qui crie.Et dans l'ombre filant, je reconnais Marie; Et.sons sa jupe blanche arrangeant ses genoux, Avec son doux parler elle me dit: \"C'est vous!\" Auguste EK 17.EUX ! ensemble.et Monsieur le Commissaire abandonna son air officiel.Il aimait à se souvenir, quand les exigences du métier l\u2019y autorisaient, qu'il savait être homme du monde.Très courtois, il désigna un siège à la jeune femme et ne parut pas s'apercevoir qu\u2019elle était très émue et comprimait ses lèvres roses l\u2019une contre l'autre, dans un parti-pris d\u2019énergique résolution.\u2014\tDonnez-vous la peine de vous asseoir, Madame.D\u2019un index rapide, il compulsa des feuilles placées sur sa table et arrêta son attention sur l\u2019une d\u2019elles.Pour la forme, il interrogea, sur un ton presque mondain: \u2014\tVoulez-vous me rappeler votre nom?.\u2014\tJanine Duplantin.\u2014.Vingt trois ans.Sans profession.acheva le Commissaire, les yeux sur ses notes.\u2014\tC\u2019est-à-dire que.depuis le départ de mon mari, je fais marcher la pharmacie avec la collaboration d\u2019un vieux préparateur.\u2014\tJe ne puis, Madame, que vous en féliciter.Votre mari est mobilisé?.Une angoisse passa dans les yeux de Janine.Son mince visage parut soudain tire.\u2014\tDepuis le premier jour.Et voilà trois semaines que je suis sans nouvelles.Elle faisait un effort pour rester brave.Le Commissaire murmura quelques paroles encourageantes touchant les retards des courriers, puis vint au fait: \u2014\tVous m\u2019avez écrit au sujet d\u2019une locataire de l\u2019immeuble que vous habitez?Janine acquiesça silencieusement.Au bout du petit silence qui suivit, elle expliqua avec embarras: \u2014\tJe regrette d'avoir été dans l\u2019obligation de formuler de telles accusations, mais la maison entière partage mes soupçons et c'est d\u2019accord avec tous les co-locataires \u2014 je pourrais même dire mandatée par eux \u2014 que j\u2019ai écrit notre inquiétude à tous.Le Commissaire hocha la tête sans qu\u2019on pût donner aucune signification particulière à ce signe banal.Son regard avait abandonné le dossier pour venir se fixer sur la visiteuse et, à travers les grosses lunettes d\u2019écaille, il l\u2019examinait maintenant comme pour mesurer ce qu\u2019on pouvait attendre des déclarations formulées par cette jolie bouche.Sans doute l\u2019examen fût-il favorable à Janine car il fit d\u2019emblée crédit à son jugement.\u2014\tVous comprenez, dit-il dans une brusque confiance, avant de commencer une enquête sur la vie privée d'une de nos concitoyennes, nous sommes tenus à beaucoup de prudence.C\u2019est ce que m\u2019a répondu mon mari quand je lui ai fait part de nos soupçons, approuva Janine, grave.Le Commissaire ne cacha pas sa satisfaction de se voir, sur ce sujet, en accord avec Maurice Duplantin.\u2014 11 continua, sur le même ton de familière confidence: \u2014 Je vous ai fait venir pour vous interroger \u2014 oh! tout à fait officieusement \u2014 sur les motifs qui ont provoqué, chez-vous et chez vos voisins, les alarmes dont vous avez cru devoir me faire part?.Janine hésita.Elle avait longuement médité sur ce problème épineux, mais c\u2019était assez difficile à formuler: \u2014 Il n\u2019y a pas eu, à proprement parler, de motifs bien précis.mais de petits détails, de vagues circonstances qui, groupés, ont éveillé notre méfiance.vous comprenez?L\u2019attention muette du Commissaire l\u2019encouragea: \u2014 Voilà.D\u2019abord, cette personne, \u2014 il faut que je le précise, \u2014 avait toujours eu des allures un peu.originales.Mais en temps de paix, n\u2019est-ce pas, on ne fait pas attention aux étrangetés de ses voisins.Or, depuis la mobilisation, il se passe une chose étonnante.des faits assez troublants.\u2014 Expliquez-vous?.Eh! bien.d'abord.ma co-locataire s\u2019est mise à sortir à des heures absolument indues.\u2014 Qu\u2019appelez-vous \u201cheures indues\u201d?\u2014 Mon Dieu.le soir, tard.le matin, à l'aube.ou à l\u2019heure des repas, et cela, sans que rien semble motiver ce changement dans ses habitudes- Je ne vois pas là des raisons suffisantes pour la suspecter, objecta le Commissaire.Ces sorties peuvent coïncider avec des rendez-vous.des visites.des obligations professionnelles?\u2014 Allons donc! se récria Janine, il n\u2019y a pas d\u2019obligations qui puissent appeler dehors une femme de cet âge à l\u2019heure où la ville toute | Lire la suite pape 18 ] 10 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 Nouvelle sentimentale Les Yeux Par CLAUDE VOILIER Un seul reyard peut parfois troubler une femme.Il est des yeux qui sont autant de mystères.\u2022 Danin de JEAN MILLET Simone marchait allègrement, respirant à plein: poumons l\u2019air tics Champs-Elysées que les premières feuilles mortes parfumaient d\u2019une senteui d\u2019automne.\u201cCette fois, songea-t-elle, je ne sera pas en retard au rendez-vous.\u201d Et elle rit de plaisii en se hâtant vers la station de métro du Rond-poin où elle devait retrouver son mari.Il n\u2019y était pa: encore.En l\u2019attendant, elle contempla, émue, le: 'âmes qui se succédaient.C était un peu comme uni artère essentielle du gigantesque organisme parisier Oui recommençait à battre.Des larmes joyeuse: perlèrent au bout de ses cils.Elle renifla avec délie* cette senteur spéciale qui émanait des couloirs souterrains et son émotion se traduisit par un petit rire nerveux quand son oeil tomba sur un vaste plaçait allemand que des drapeaux français, collés par de: mains enthousiastes couvraient presque entièrement Oui, en dépit de toutes les horreurs encore présentes elle se sentait heureuse, en cette minute, sans restriction.Elle consulta sa montre-bracelet.Paul n\u2019allait pa: tarder à apparaître.Elle se mit à marcher de lonj en large.Soudain, un sentiment de gêne s\u2019empare d\u2019elle.Il lui semblait que, brusquement, quelqut chose de glacé frôlait sa nuque, se coulait en elle, imprégnait tout son être.C\u2019était une sensation indéfinissable, impérieuse et paralysante à la fois.Trè: vite elle comprit: quelqu'un, derrière elle, devait 1: fixer intensément et, télépathiquement, elle sentai ce regard la pénétrer.Par un léger effort de volonté elle ne céda pas au désir de tourner la tête pour dévisager I importun.Elle continua au contraire sa promenade, jusqu\u2019au bout du quai.Là.nonchalamment elle fit demi-tour et revint sur ses pas.Sans affectation, son regard parcourut le groupe des personne: qui, comme elle, attendaient.Tout de suite, elle découvrit celle quelle cherchait Là, un peu à l\u2019écart, un vieillard de haute taille si tenait, appuyé contre le mur.Ses cheveux blanc: étaient longs, comme ceux d'un artiste, mais soigneusement peignés sous un feutre élégant.Une barbe ci pointe, bien taillée, soulignait un visage dur et énergique au nez droit, aux lèvres minces, quelque pel cruelles.Mais et' qui frappait surtout, c\u2019était la fixité du iegard, un regard bleu, froid, presque magnéti- jr l S \u2022 y %- que.Et ce regard, à l\u2019instant même, était posé sur la jeune femme.Fascinée, Simone s\u2019arrêta.Ce n'était certes pas la première fois qu\u2019un homme avait l\u2019insolence de la contempler avec cette acuité, mais jamais auparavant elle n\u2019en avait été aussi impressionnée.Il ne s'agissait plus d\u2019une certaine timidité naturelle.Ce qu\u2019elle ressentait était ni plus ni moins que de la peur.Et toujours les yeux, métalliques et implacables, ¦estaient attachés sur elle sans avoir l\u2019air de deviner son trouble et sans d\u2019ailleurs qu'aucune expression humaine les animât.Au moment même, Simone sentit son bras emprisonné dans une étreinte réconfortante et entendit Paul murmurer à son oreille: \u2014 Alors, mon chéri, on ne reconnaît plus son petit mari maintenant?Puis sa main fut doucement baisée et, avant d\u2019avoir pu répondre, elle fut poussée vers le train qui s\u2019arrêtait devant eux.Dans le compartiment seulement elle se ressaisit un peu, sourit à son mari, échangea avec lui quelques bribes de phrases.Puis, encore incapable il analyser sa panique déraisonnable, regarda craintivement autour d\u2019elle.Le grand vieillard ne se trouvait pas parmi les voyageurs, immédiatement soulagée, elle s'agrippa néanmoins un |h>u plus forte- ment au bras de son époux qui, inconscient de son trouble, ne songeait qu\u2019à lui éviter la bousculade de la foule.Le jeudi suivant Simone flânait à la devanture d\u2019un magasin quand la même sensation, une espèce de choc i ncé.qu\u2019elle avait déjà éprouvée une fois, la saisit.Pénétrée d\u2019horreur, elle sut de quoi il retournait avant (i apercevoir reflétée par la vitrine, la silhouette du ' ; :1 lard que, sans raison, elle détestait et redoutait à la tois, comme on peut craindre ou haïr un danger inconnu.C\u2019était bien la même figure, hératique et hautaine.Planté au bord du trottoir, une élégante vanne à la main, il demeurait là, en une attitude pleine de méditation ou d\u2019expectative.Mais la jeune femme savait bien, elle, que cette pose nonchalante ¦ tait toute factice et qu\u2019en réalité il était là comme un inistre oiseau de proie, à la guetter.Il suffisait de rencontrer ses yeux effrayants, d\u2019une fixité impitoyable, pour en être sûre.Souffle coupé, coeur n.liant la chamade, elle serait demeurée là indéfiniment si un passant pressé, en la bousculant, n\u2019avait rompu le charme.Elle partit sans se retourner, cou-i ant presque, et ne se sentit (Suite à la page 62) Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 UN ECOLIER MANGE BONNE AVEC PLAISIR UNE % SOUPE CHAUVE TOUS LES JOURS ! Je bons repas ont-ils une répercussio \u2022 \u2022 .et sur les notes?Maîtres et parent L\u2019énergie dépensée pour les études et I d\u2019être remplacée.Les diététistes recommandent un mei stantiel pour le lunch des jours d\u2019école, idéale pour cela .appétissante, nourri digérer.Et pour le lunch à la maison l\u2019école, vous pouvez nrénaror un ÜL£Lüilii->iL/- 1 I H tasse de sauce française Bien laver les épinards dans plusieurs eaux, les égoutter et les couper en lanières d\u2019un demi-pouce environ avec des ciseaux; en mesurer 3 tasses.Couper en tranches des oeufs durs, réservant 1 jaune pour parsemer sur le dessus de la salade.Mettre le tout dans un grand bol et arroser de sauce française; faire comme suit: Vz tasse d\u2019huile à salade 14 de tasse de vinaigre ou de jus de citron 1 c.à thé de sel\t1 c.à thé de sucre Mettre ces ingrédients dans un bol et faire macérer dans cette sauce 1 gousse d\u2019ail au moins 1 heure.Agiter le mélange avant de l\u2019employer.Dresser la salade sur un plat, parsemer sur le dessus le jaune d\u2019oeuf passé au tamis et entourer le plat de tranches de tomates.6 services.Petit Salé aux Légumes lVz livre de petit salé\t1 petit chou 6 carottes moyennes 1\tlivre de fèves en gousses\t6 petits oignons G pommes de terre Trancher le lard en tranches d\u2019un quart de pouce et lui faire jeter un bouillon s\u2019il est trop salé.Mettre dans une marmite avec 6 tasses d\u2019eau et laisser cuire 1 heure.Ajouter le chou, les carottes, les petites fèves et les oignons.Laisser cuire 14 d\u2019heure et y ajouter les pommes de terre et prolonger la cuisson encore Vz heure.Servir aussitôt avec une salade de laitue.6 services.Petits Gâteaux Eponge au Chocolat en Cassolettes 2\toeufs\tG c.à tb.de sucre 3 c.à tb.de farine !4 de c.à thé de poudre à pâte\t1 pincée de sel Vz c.à thé de vanille\t1 carré de chocolat Séparer les oeufs, battre les blancs jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient fermes.Ajouter graduellement le sucre.Battre les jaunes jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient mousseux et épais.Incorporer légèrement aux blancs et au sucre.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec la poudre et le sel.Incorporer délicatement aux oeufs, ainsi que le chocolat préalablement fondu à la vapeur.Aromatiser et verser la pâte dans de petites cassolettes en papier remplies à la moitié ou dans des petits moules à gâteaux beurrés.Faire cuire à 400° F.12 à 15 minutes.Laisser refroidir et garnir avec la glace suivante: 1\tcarré de chocolat\t1 c.à tb.de beurre 2\tc.à tb.d\u2019eau bouillante\t1 tasse de sucre à glacer Faire fondre le chocolat avec le beurre dans un bain-marie ou au-dessus de l\u2019eau chaude.Ajouter l\u2019eau bouillante puis le sucre à glacer.Battre jusqu\u2019à ce que la glace soit légère.Au besoin, ajouter un peu d\u2019eau.En glacer les petits gâteaux qui sont délicieux à croquer.Pouding aux Carottes 2\ttasses de carottes râpées crues\t1 petit oignon écrasé 1 tasse de mie de pain 3\toeufs\t% de tasse de lait riche 1 c.à thé de sel Mélanger les carottes, l'oignon et la mie de pain.Battre légèrement les oeufs avec le lait, ajouter le sel et verser sur les carottes et le pain.Bien mélanger, mettre dans un plat à pouding bien beurré et faire cuire au bain-marie au four de 350° F.1 heure à 1!4 heure ou jusqu\u2019à ce que le pouding soit ferme.Servir avec une sauce aux petits pois faite comme suit: Mettre dans une caserole : 2 c.à tb.de beurre\t4 c.à tb.de farine Délayer avec 2 tasses de lait et cuire jusqu\u2019à épaississement.Assaisonner et ajouter 1 boîte de pois verts.Faire jeter un bouillon et servir avec le poudii^T) aux carottes.6 services.\t* I î Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 13 I ! .! «wm y \"iwwwj ' WWU'4 \\ Æ«a pn f S WWW ' ' J W1R ïÇ .C %IRW \\ Ævws ^ çtKS -rA< '\"'\u2018A .O **\t/.¦ ^?£KS - :\u2022 ________________________________________ Ecoutez le Fred Waring Show , emission Green Giant, tous les samedis matins au Poste NBC. 14 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 aswirj 1 * f v v \u2022V,«- la Moi««» des «ers Des Ports de Pêche jusqu'à Vous par CAMIONS INTERNATIONAL % Un Camion International reçoit la cargaison d'un chalutier qu'il transportera rapidement du port à l'arrière-pays.INTERN ATIO N A L Trucks Les poissons et fruits de la mer sont exposés dans les vitrines réfrigérées des bouchers, marchands de poissons et autres magasins d'alimentation.Les produits de la mer, grâce à leurs propriétés nutritives, sont aussi bons pour la santé qu'ils sont agréables au palais.Frais ou congelés, les poissons et les fruits de mer vous arrivent maintenant, et cela tous les jours, par camions rapides.Quelle abondance, quelle variété de choix! Homard, aiglefin et morue .saumon, sardines de toutes sortes et brochet.maquereau, huîtres, hareng et palourdes ! Les pêcheries canadiennes atteignent, certaines années, un total d'un milliard et demi de livres.Les Camions International sont partout associés, au nord, à l'est et à l'ouest, à l'industrie de la pêche du Canada ! Une des raisons Autres produits International Harvester : TRACTEURS ET MACHINES FARMALL TRACTEURS ET MOTEURS INDUSTRIELS en est l'Assortiment International complet, \u2014 un camion du type et de la force motrice voulus pour toutes les tractions.Autres raisons : forte résistance, manoeuvrabilité, économie de roulement et longue durée ! On comprend ainsi pourquoi l'industrie canadienne utilise, depuis 17 ans, plus de Camions International que de toute autre marque.INTERNATIONAL HARVESTER COMPANY OF CANADA LIMITED\tl|: } Hamilton\tOntario /fi international^ T' .Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 15 \u2018 DANS LE MONDE PAS OSCAR MAJOR CHOSES ET AUTRES ¦ Pour augmenter la force offensive de leurs clubs, certains gérants du baseball organisé usent d\u2019ingéniosité, qui étonne parfois les plus fins connaisseurs .Par exemple, le plan de Del B\u2019ssonnette, gérant des Leafs de Toronto, pour introduire plus de vie dans son alignement au bâton, consiste à inscrire deux bons frappeurs en troisième et quatrième places et un autre tout aussi dangereux en sixième ou septième position.D\u2019ordinaire, les gérants des lignes organisées placent tous leurs meilleurs cogneurs à la partie supérieure de la liste.Ils laissent les trois derniers frappeurs de la partie inférieure se tirer d\u2019embarras comme ils le peuvent.Toutefois, la longue expérience de Del Bis-sonnette lui a appris que le meilleur équilibre, dans un ordre de frappeurs, est d\u2019avoir un cogneur sûr de lui, dangereux et redouté de l\u2019ennemi, aussi bien en sixième place, à la partie inférieure de l\u2019échelle qu\u2019à la partie supérieure.Il applique cette théorie en maintes circonstances.C\u2019est aussi ce que font fréquemment Eddie Dyer, gérant des Cardinaux de St-Louis, Casey Stengel, mentor des Yankees de New-York, et Joe McCarthy, gérant du Red Sox de Boston .Cette tactique a pour but évident de donner suite, d\u2019une façon efficace, à tout ralliement qui peut être ébauché à un bout ou à l\u2019autre de l\u2019alignement.Elle a, d\u2019ailleurs, manoeuvré avec satisfaction, depuis son adoption, excepté contre les bons lanceurs gauchers, devant lesquels les toupies ne semblent marcher que sur un cylindre.Un bon gérant n\u2019est pas enclin à se départir d\u2019une chose qui produit d\u2019heureux résultats, surtout lorsqu\u2019elle porte fièrement sa marque de commerce.d\u2019Adonis, fut copieusement hué.Votre humble serviteur, alors âgé de 18 ans, assistait à ce mémorable match, qui ressemblait plutôt à un combat de taureaux enragés.Le lendemain matin Sbyszko se sauva de l'hôpital pour se rendre aux bureaux du promoteur Georges Kennedy, alors rue Ste-Catherine, en face du magasin Dupuis Frères.Il toucha la bourse promise, soit les deux tiers des recettes de $9,000.On en conviendra assez facilement, les lutteurs de nos jours qui font les vilains dans une ville et les moutons dans une autre ne pourraient en endurer autant.Et c\u2019est tant mieux qu\u2019il en soit ainsi.¦ Ici et là, on discute sur le fait que les lanceurs du baseball majeur doivent être des types pesant de 200 à 210 livres.L\u2019idée est fausse.Cependant, il faut, de toute nécessité, que le lanceur ait 6 pieds ou presque, qu\u2019il ait un excellent développement d\u2019épaule, du coude et du poignet, qu\u2019il soit courageux et d\u2019endurance.En un mot, il n\u2019y a pas de type défini pour le rôle des lanceurs.Il y en a, cependant, qui ont des aptitudes pour une certaine manière de lancer.Ceux qui veulent se spécialiser dans les balles rapides doivent, naturellement, être assez grands et avoir le bras flexible.Les lanceurs aux larges épaules RALPH KINER, redoutable cogneur des Pirates de Pittsburg, est le seul joueur des ligues majeures qui ait cogné 114 coups de circuit, au cours de ses trois premières années en grande compagnie.Il vient de ¦ Réponse à MM.Cliapleau, Ledonx, Malo et La-rente.déclarer qu'il est plus difficile de frapper des coups de circuit en septembre que durant n'importe quel autre mois de la saison.Il n'a rien dit de nouveau, Vous gagnez votre pari, messieurs.C\u2019est bien en mai 1913, sous les yeux de plus de 14,000 personnes, que les gros lutteurs Sbyszko et Constant le Marin, à l\u2019Arena de Westmount, près du Forum d\u2019aujourd\u2019hui, s\u2019empoignèrent avec une telle frénésie que les spectateurs demandèrent à l\u2019arbitre d\u2019arrêter le match.Constant le Marin lança Sbyszko sur le bord de la plate-forme de l\u2019arène de lutte.Le gros lutteur polonais sortit de cette impasse avec la tête fendue.Il continua quand même les attaques.En raison de la perte de sang, il s\u2019écroula au parquet.On le transporta au vestiaire en toute hâte.Un médecin lui fit prendre quelques stimulants.Au bout de 15 minutes, la tête entourée d\u2019un pansement humide, il revint dans l\u2019arène.Il reprit les hostilités.Ce dernier effort fut, cependant, de courte durée.Le polonais s\u2019affaissa, de nouveau, au carreau.On dut le transpoter à l\u2019hôpital Western.A la vue de ce spectacle, des femmes s\u2019évanouirent.Constant le Marin, le lutteur belge à figure n'est-ce pas ?Tout de même, voici quelques raisons de cet état de choses : à mesure que la saison touche à sa fin, la tension nerveuse augmente, chez les joueurs combatifs.Quelques joutes peuvent être décommandées à cause de la pluie.Ainsi, le joueur manque autant de chances de cogner des coups de circuit.L'ombre s'allonge davantage sur le terrain, en septembre, surtout vers la fin d'un programme double.Les clubs mettent à l'essai de jeunes lanceurs, désireux de laisser une excellente impression.Ces derniers ont des balles rapides, mais manquent souvent de contrôle.Ces conditions sont, la plupart du temps, des plus désavantageux aux cogneurs de coups de circuit.On voit, sur ces photos, Ralph Kiner en train d'envoyer promener la pilule blanche, par-dessus la clôture du champ gauche, à 380 pieds du marbre.SPORTIF ne peuvent pas fronder aisément des courbes, parce que cela requiert un poignet flexible.Aussi, un bras parfaitement musclé et un solide poignet peuvent être un handicap pour un lanceur qui a l\u2019intention de gagner de $10,000 à $20,000 par saison, dans les grandes lignes, durant une quinzaine d\u2019années .Tout en considérant la mentalité d\u2019un lanceur, disons que trois points sont d\u2019une importance capitale : La première balle du lanceur, la faiblesse de chaque frappeur et le contrôle du lanceur, qui doit être capable de lancer ses balles à la hauteur des genoux du frappeur neuf fois sur dix.Si un lanceur peut combiner ces trois qualités, ses chances de succès sont augmentées de cent pour cent.Un nombre considérable de cas, dans l\u2019histoire du baseball organisé, démontrent comment ce travail du lanceur décide de sa perte ou de son succès sur le losange majeur.Va sans dire, ce n\u2019est pas aussi simple que cela paraît, si l\u2019on veut bien admettre que les faiblesses des frappeurs ne paraissent pas à l\u2019oeil nu.H La jolie étoile du patinage artistique à roulettes, Gloria Nord, Surnommée la Sonia TIenie des petites roue brillantes montées sur billes, est une fervente adepte de l\u2019équitation.Au cours des représentations qu\u2019elle donne au Forum, elle ne manque pas de s\u2019adonner à son sport favori, tous les beaux matins, sur les versants du Mont-Royal.Le patinage à roulettes, restauré en Amérique du Nord depuis une quinzaine d\u2019années seulement, est un sport complet.Il exige des mouvements plus vifs que la marche.Il demande de la souplesse, de l\u2019adresse et du souffle.Nous vous assurons qu\u2019il provoque, lui aussi, les sudations amaigrissantes que les médecins prescrivent aux personnes fortes.De plus, ce sport réclame le sens de l\u2019équilibre, sens qui manque grandement, à notre époque .D Malheureusement, il y a encore plus de 5,000 hommes et jeunes gens de Montréal, qui fréquentent très souvent les boîtes clandestines de la \u201cbarbout\u201d, situées non loin de la métropole.On ne peut pas s\u2019imaginer le nombre de \u201cpoissons\u201d qui perdent leurs salaires, toutes les semaines, ruinent souvent leurs foyers, pour enrichir un groupe de gens hors-la-loi, qui rient à gorge déployée de la faiblesse des humains ! B Le record de la hauteur pour une partie de golf a été établi par le capitaine anglais Adair.Ce dernier, au cours d\u2019un voyage au Thibet, trouva un terrain si propice qu\u2019avec les autres membres de son expédition il décida d\u2019y disputer un match de golf, à une altitude de 1G,900 pieds.Ce joueur de golf anglais pourra se dire, en outre, qu\u2019il ne s\u2019était jamais mouché, qu\u2019il n\u2019avait jamais juré si haut ! .'\u2022 (clS-Sle - $ JfclUtU I Cette chaire, chef-d'oeuvre de l'art colonial espagnol, date du XVIIIe siècle.Elle est en bois sculpté et se trouve dans l'église Matrix, à Jujuy, en Argentine.Elle est l'oeuvre des créoles et des indigènes de la région, qui travaillèrent sous la direction des Pères Missionnaires.Les personnages sculptés témoignent de leur art primitif Chaque année, la Suisse est visitée par une foule de touristes.L'hiver, ils viennent y faire du ski, et dans la belle saison, de l'alpinisme.Les deux voyageurs ci-dessus utilisent un moyen de transport moins fatigant et peuvent tout de même contempler les montagnes qui environnent les grisons.Les vieilles villes de province, en France, ont chacune un style d'architecture bien local.Dans quelques-unes on voit des maisons basses surmontées d'un lourd toit de chaume; d'autres ont des façades en stucco avec poutres surajoutées.Celle-ci, que l'on peut voir à Saint-Brienc, en Bretagne, a de petites fenêtres à carreaux perçant un vieux mur en relief.A Saint-Pierre même, des lies Saint-Pierre-et-Miquelon, nous y trouvons, dans une section du port les édifices de la douane et des postes.Le voyageur canadien qui s'y rend trouve que l'endroit offre un style local qui se distingue entièrement de tous ceux que l'on peut rencontrer dans les diverses provinces françaises, mais qui offre passablement de ressemblance avec ce'ui des maisons de Terre-Neuve et d'Acadie.Il faut sans doute voir là les conditions du climat et la proximité de notre continent.(Photo Léon Briand & Fils).\u2014 Ir'viiifc1\u2014 Ci-contre, à droite, l'illustration d'une vérité vieille comme le monde ; le bonheur des uns fait souvent le malheur des autres.Une mère est toute souriante, et comme soulagée d'un fardeau, à la pensée que ta fillette est maintenant d'âge à fréquenter l'école.La petite voit ce projet d'un moins bon oeil et s'accroche en pleurant aux jupes de sa mère.Lfij JI1U III U \\\t.\tA\t \" ïv\"':/£\t& s\t' \u2022À ;\t.'\u2022 - .\t*5 - \u2022 v' ,y3eci4^eoii|» caticulimnc ic: ;v^ ait produit plus d\u2019émigrants que les Irlandais.11 y a un siècle, ils constituaient la moitié de la population canadienne.Aujourd\u2019hui, dans chaque ville et village, de Terre-Neuve à l\u2019Ilc de Vancouver, l\u2019on rencontre un descendant de la verte Erin.Le talon dur de l\u2019Irlandais retentit tout au long de l\u2019histoire canadienne.Leur \u201cfaconde\u201d, leur sens industrieux et leur ambition, auxquels s\u2019ajoute un humour imagé, constituent des qualités qui ont valu des amis aux Irlandais, et leur ont permis de contribuer beaucoup à la grandeur du Canada.La puissance et la vigueur de la vie canadienne, de même (pie la liante valeur de sa démocratie, découlent de l\u2019héritage racial et culturel reçu de plusieurs contrées.Peu de pays, plus que le Canada, puisent leur force d\u2019un plus grand nombre de nations.Les Canadiens, qu\u2019ils soient d\u2019ascendance anglaise ou de langue française, sont, à juste titre, fiers de ce qu\u2019un si important nombre de races, sans sacrifier leurs caractéristiques ethniques, se soient fondues en une seule grande citoyenneté: la Famille canadienne.Il n\u2019est probablement pas de race qui Calvert DISTILLERS (Canada) Limited Calvert, secrétaire d'Etat sous Jacques 1er, et chef de la célèbre famille Calvert, fonda une des premières colonies canadiennes à Terre-Neuve, en 1622.Calvert et ses descendants préconisèrent des principes de tolérance religieuse et de liberté démocratique qui contribuèrent à dessiner la physionomie de la vie canadienne. J il X I ir '\"\u2022^y I**5j9fer' »£ '^1 m$?-£ uxmmsazazL^ -¦*03.-¦£&*¦- \u2014Xlr- \u201c-64^1 iê: ;5^A) gSglsg igafr t;-;V !i*«M .«CSS6® Sa*Sahê£ Emsii I KfcSî «.v?5*8®?>:,>o- pw?^îfarcçï L/1 PREMIERE VILLE ANGLAISE DU CANADA HALIFAX 1749-1949 FONDE en 1749, Halifax célèbre cette année son deuxième centenaire.Lorsque Edward Cornwallis vint jeter les premiers fondements de la province de la Nouvelle-Ecosse, cette année-là, il nomma la ville d'après Georges Montague Dunk, 2ème comte d'Halifax, personnage influent qui était alors le ministre du commerce de Grande-Bretagne.Cornwallis fortifia aussitôt la place et fut bientôt suivi d'une flotte de 13 vaisseaux portant des colons et des troupes.Son but était ainsi de tenir en échec les deux forts français de Québec et de Louisbourg.Halifax devint ainsi la première ville anglaise du Canada.Les fêtes eurent lieu du 21 juin au 5 septembre.Plusieurs sociétés canadiennes y tinrent, à cette occasion, leur réunion, entre autres: la Société royale du Canada, la Presse Canadienne et l'Association des Manufacturiers du Canada.On y vit de grands défilés militaires, des chars allégoriques, des combats simulés, des fanfares, des feux d'artifice, de la danse dans les rues, sans parler des cérémonies religieuses, des tournois sportifs, de plusieurs festivals de musique, de représentations d\u2019opérettes, d'expositions diverses, de concours hippiques, de régates, d'expositions d'art, de courses de chevaux, de concours de beauté, de fêtes de nuit et, bien entendu, un nombre incalculable de discours.Des milliers de Québécois profitèrent de ces fêtes pour visiter Halifax et ses environs.Ce fut aussi une excellente occasion pour eux, au retour d'Halifax, de s'arrêter au Nouveau-Brunswick, pays de nos frères acadiens.Photos du haut, de gauche à droite : l'Hôtet-de-Vilie et, au premier plan, le cénotaphe aux morts des deux grandes guerres.\u2014 Les anciennes casernes militaires construites sous l'ordre d'Edward Cornwallis, fondateur de la ville.\u2014 Le quartier des affaires, vu à vol d'oiseau.\u2014 Au centre, de g.à d., les édifices du Parlement provincial de la Nouvelle-Ecosse.\u2014 Le port d'Halifax, ouvert toute l'année.\u2014 Les cours de triage du C.N.R.\u2014 Ci-contre, à droite, la tour, dite du Souvenir, élevée dans le parc d'Halifax, sur un bras de mer.Photos C.N.R. 36 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 4M mM ¦ ' \u2022 > .\t'\u2022\tF \t La Famille Bélanger, comme la plupart des familles canadiennes, constitue en quelque sorte une \"entreprise commerciale\u201d.Mme Bélanger en est à la fois l\u2019acheteuse et la fondée de pouvoirs.M.Bélanger, le président et commanditaire.LE FOLKLORE EST-IL MORT! [ Suite de la page 27 ] au cours de leurs pérégrinations vers l\u2019Amérique.Ils avaient laissé là-bas tout ce qu\u2019ils possédaient : famille, traditions, habitudes de vie.Tout, sauf le principal : leur sens créateur dont leur musique, leurs danses, leurs contes et légendes sont un fidèle reflet.On no fait pas du folklore qui est la résultante de toute la vie d\u2019un peuple.On peut tout au plus le reconstituer.Il est le témoignage, l\u2019expression d\u2019une chose vivante.Il s\u2019exprimera par la tradition orale, par les chants que l\u2019on se lègue \u201cà l\u2019oreille\u201d, par les danses que l\u2019on a apprises des anciens.Il se transformera avec les époques, les conditions, les mouvements sociaux, les besoins de l\u2019heure \u2014 oui, les besoins de l\u2019heure.Aussi doit-il être spontané : si sa musique est écrite, elle perd son principe même de vie, pour devenir la reconstitution d\u2019une chose qui a cessé d\u2019être, qui ne se transforme plus.Ainsi la plupart de nos vieux chants populaires français nous viennent de France.A travers les siècles, les paroles sont restées à peu près les mêmes, souvent sans transformations esesntielles, tandis qu\u2019un grand nombre d\u2019airs qui se chantaient en majeur se chantent aujourd\u2019hui en mineur.Nostalgie .Contact de la nature .Longs hivers .Calme des grands espaces .Fait certain, si nos ancêtres étaient arrivés au Canada avec de la musique écrite, une telle transformation n\u2019eut guère été possible .Est-ce dire que nous devons considérer le folklore comme une chose morte, une chose du passé, une manifestation d\u2019art qui n\u2019a plus sa raison d\u2019être?Et qu\u2019il ne faille pas en conséquence s\u2019y intéresser?Bien au contraire; Ce qui est passé n\u2019est plus! Mais fl reste un témoigange de ce qui fut, témoignage qui peut inspirer le présent.Il s\u2019agit de développer dans les consciences modernes le goût de la chose spontanée : de la danse, de la chanson, de la pantomime.On est souvent très dur envers notre siècle.On a parfois raison, mais pas toujours! Le plus grand tort de notre époque est d\u2019avoir voulu remplacer l\u2019amateur par le professionnel.On ne pratique plus la sculpture : on se contente de visiter les galeries d\u2019art.On ne chante plus : on se contente d\u2019assister aux concerts.On ne joue plus sur la scène : on se contente d\u2019aller s\u2019asseoir au théâtre ou dans les salles de cinéma.On ne pratique plus le sport pour endurcir son corps : on assiste aux parties de hockey.On a établi une cloison étanche entre la scène et l\u2019auditoire.Cloison transparente si on veut, mais cloison quand même.Cette cloison il faut la briser! Faire comprendre aux enfants qu\u2019ils peuvent peindre sans être de grands peintres, qu\u2019ils peuvent chanter sans être \u201cprima donna\u201d, qu\u2019ils peuvent jouer sans être professionnels, qu\u2019ils peuvent danser sans être ballerines.Chanter en choeur.S\u2019amuser en commun.Pratiquer l\u2019expérience de l\u2019art comme on pratique tous les jours celle de la vie.Ainsi renaîtra la spontanéité.Ainsi renaîtra le folklore, ou plus exactement, continuera-t-il à se développer, car il existe toujours.Tant qu\u2019il y aura une expression populaire, le folklore ne mourra pas! Sous le titre de Vieua' airs.nouveaux pas, les cinéastes de l\u2019Office national du film viennent de réaliser un documentaire de la série Vigie, en marge du mouvement de renaissance folklorique dans la province de Québec.On y voit le travail qui s\u2019accomplit en ce sens dans les camps de jeunesse tout aussi bien que dans les universités.On y voit comment il est possible, tout en se livrant à de saines récréations, de faire revivre un passé qui nous est cher puisqu\u2019il est l\u2019essence même de nos traditions.Le compte des profits et pertes de la famille Bélanger est, pour elle, le plus important du monde.Tous les efforts de M.Bélanger tendent vers la sécurité.Mais il arrive que surgissent des problèmes\u2014des circonstances critiques qui compromettent le bonheur et le bien-être économique de l\u2019entreprise Bélanger.Si, pour parer à l\u2019imprévu, M.Bélanger doit se procurer plus d\u2019argent qu\u2019il n\u2019en a de disponible, il lui faut trouver de l\u2019aide à l\u2019extérieur.C\u2019est heureux pour lui qu\u2019il existe des sociétés financières dont le seul but est d\u2019empêcher les Bélanger de \"fermer boutique\u201d.Household Finance Corporation of Canada prête aux gens qui doivent faire face à des difficultés financières temporaires.Les \"Bélanger\u201d et tous ceux qui se trouvent dans leur cas, peuvent recourir, depuis des années, à cette société financière.Household Finance administre 97 succursales dans 70 villes du Canada.DE L'ARGENT EN CAS D'URGENCE HOUSEHOLD FINANCE -ï/bo\u2019ta/So/t ojf\t\u2014- Fondée en 1878 97 succursales mm au Canada Pour trouver la succursale la plus rapprochée de chez vous, consultez l'annuaire du téléphone à la mention Household Finance UN OUVRIER A LA HAUTEUR [ Suite de la page 28 ] Mais au travers des échelons on aperçoit un spectacle inquiétant : des toits de maisons, des rues, des voitures et des piétons très, très lointains, qui, eux, ont les deux pieds sur le plancher des vaches! \u2014 Courage! me dit une voix au-dessus de moi.Et je ne puis m\u2019empêcher de penser : ça y est, ce sont les anges qui me parlent déjà, je ne dois pas être très loin du ciel! Mais non, ce ne sont pas les anges! Trente pieds plus haut, je vois mon guide, la tête en bas, faisant le poirier, ou la pièce droite si vous le préférez, au bout d\u2019une barre qui s\u2019avance sur le vide !.Je serre les dents, je serre l\u2019échelle, ma tête tourne .Vraiment je préférerais me trouver dans un fauteuil plutôt que là-haut! \u2014 Vous avez peur?demande la voix aérienne.\u2014 Oh non! que je réponds .Mais c\u2019est un mensonge; en vérité je sue de frayeur, mais mon amour-propre me pousse à grimper encore.La flèche diminue de diamètre et je monte .je monte .Pendant ce temps, sautant de tubes en tubes, glissant, remontant, chantonnant et sifflotant, mon guide virevolte dans la charpente tout autour de moi! Ce qui a pour effet de faire se balancer tout l\u2019édifice !.Comme dans un avion faisant un virage sur l\u2019aile, je vois le sol qui penche, se redresse, semble s\u2019avancer à ma rencontre.Je vois le port, je vois le lac qui s'incline et les montagnes de Savoie qui dansent.Arrivé tout en haut par un prodige d\u2019inconscience, j\u2019y trouve un monsieur à cheveux gris et à lunettes qui m\u2019attend.Il désigne à mon ouvrier quelques points de la charpente métallique à resserrer.Oh, le travail est vite fait! Pendant ce temps, il me montre le paysage, me fait toucher la pointe de la flèche, tire dessus pour la faire bouger afin de me donner l\u2019impression de balancement que l\u2019on a lorsque l\u2019on travaille par grand vent sur cet édifice .Je suis redescendu la tête vide et les jambes flageolantes.Arrivé au sol, j\u2019ai allumé une cigarette et me suis juré de ne plus jamais essayer de faire des reportages au sommet des flèches de cathédrales ! Tandis que je me remettais un peu de mes émotions, Henri Viatte m\u2019a raconté que, fils d\u2019acrobate, il en a exercé le métier depuis l\u2019âge de six ans.Depuis quelque temps, il travaille dans une entreprise de constructions tubulaires.Entre ciel et terre il se sent plus à l\u2019aise que vous ou moi, les deux pieds au sol ! Et lorsqu\u2019à midi il redescend de son travail, non pas par les échelles ou par l\u2019escalier comme tout le monde, mais par l\u2019extérieur de la superstructure, en dégringolant de tubes en tubes, la foule sortant des bureaux s\u2019arrête pour admirer, le souffle coupé, l\u2019agilité fantastique de cet ouvrier qui défie les lois de la pesanteur et pour lequel le vertige n\u2019a jamais existé ! Vr .** i1 \u2014.^ -.- :»* gsw! tfïi|fï3 isp IS r i&v: 3m**ï.*x± \\ \\&M nor ;*-* / :\u2022>¦\u2022 fPsS - - Les plastiques au Photos du haut, de gauche à droite : pèlerine faite de plastique \"Vinylite\" métallisé et imperméable.\u2014 La pellicule plastique a fait des merveilles dans cette garde-robe.\u2014 L\u2019un des jouets pneumatiques confectionnés avec la même matière.\u2014 Ci-dessus, rembourrage, plancher, revêtement du cabinet et lambris des murs en plastique.\u2014 Salle de réception de l'usine de Sha-winigan Falls où l'on voit l'utilisation du plastique dans le rembourrage et le capitonnage des portes.\u2014 Ci-contre l'extérieur des nouveaux bureaux de l'usine en question.Photos Arnott & Rogers et The Shawin/gan Water & Power.\"MADE IN QUEBEC\" La compagnie Canadian Resins and Chemicals a été fondée en 1941 et appartient conjointement à la compagnie Shawinigan Chemicals et à Union Carbide and Carbon Corporation.La division des plastiques de la compagnie Union Carbide avait produit pour le commerce des quantités de résine Vinylite, dès 1930.Mais c\u2019est la deuxième grande guerre qui a donné aux résines de vinyle l\u2019importance qu\u2019elles ont aujourd\u2019hui.On trouva, au cours de la guerre, une foule d\u2019emplois pour ce genre de plastique.Ainsi, quand la marine demanda, pour les fils et les câbles électriques, un isolant qui serait ininflammable et capable de résister aux durs coups des combats, c\u2019est l\u2019isolant de vinyle qui est choisi.Pour fournir aux soldats et aux marins des manteaux de pluie et autres effets imperméables, c\u2019est encore des plastiques de vinyle que l\u2019on emploie.De même, les composés de vinyle remplacèrent le caoutchouc devenu presque introuvable après l\u2019entrée en guerre du Japon.Le gouvernement canadien ne tarda pas à reconnaître l\u2019avantage d\u2019établir chez nous une us\u2019ne pour la production des résines de vinyle.La construction de cette usine commença à Shawinigan en 1942 et, au début de l\u2019année suivante, la production commerciale de la résine vinyle prenait son essor au Canada.Après la fabrication des objets, il faut songer à les distribuer et à les vendre.Il est donc essentiel de déterminer où et comment ils peuvent être employés.La pellicule de Vinylite est l\u2019un des plus importants parmi ces produits.Ceux qui ont visité la salle d\u2019étalage au troisième étage de l\u2019immeuble de Shawinigan ont pu voir, comme exemples de son emploi, quelques-uns des articles fabriqués avec la pellicule plastique.Il y a d\u2019abord les imperméables, surtout le magnifique manteau créé grâce à la nouvelle pellicule métallisée, à laquelle les colorants d\u2019aluminium donnent un joli reflet métallique.La pellicule de Vinylite sert aussi à fabriquer plusieurs types de jouets pneumatiques, depuis les ballons de plage jusqu\u2019à une piscine de six pieds où les enfants peuvent patauger; sans oublier une galerie complète des personnages de Disney.Il y a les rideaux de douches, de cham-ores de bain, de cuisine; les sacs à vêtements, les nappes, les couvre-plats, les tabliers, les culottes imperméables pour bébés; les tapis de tables à cartes et les housses de dactylographes.Les feuilles de Vinylite laminées, après avoir été Iràppées et imprimées, sont employées comme capitonnage dans les bureaux, les hôtels et les restaurants; comme couvertures de pupitres; pour fabriquer des réticules et des valises; en un mot, partout où l\u2019on a besoin d'un matériel ressemblant au cuir.service du public 18 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 .\\ S & 2957 .2951 £*«/>&&?¦ JACKET 2962 skirt 2943 blouse 2935 skirt 2943 No 2935 \u2014 La blouse idéale pour accompagner toute jupe est à col à pointes et longues manches serrées aux poignets.Grandeurs 12 à 20.Métrage requis pour taille 12 : 21L v.en 35\".2% v.en 39\", IV2 v.en 54\".Prix 25^ No 2943 \u2014 Le nouveau pli-pantalon de cette jupe s\u2019harmonise parfaitement avec les larges poches à revers.Grandeurs 12 à 20.Métrage requis pour taille 16: 2 v.en 35\" ou 39\", 1% v.en 54\" de tartan; 2'A v.en 35\", 2% v.en 39\", l'fô v.en 54\", de tissu uni.Prix 25c No 2957 \u2014 Votre robe de base est égayée d\u2019une touche de blanc qui est un joli plastron.Grandeurs 12 à 20.Métrage requis pour taille 18 : 33/.\t' \u2022T.-\u2022\u2022\u2022?\t.\u2022.¦\u2022\u2022\u2022H\t74 v-i\t'\t\u2022 V .: v,\ti* '\t'\t.\t\u2019 V:.\u201e .: , C* ï \u201c\tis \u2018\t, \\ '\t4.'.r\tV;'\u201e\t.pX/ï ' \u2022\u2022 \u2022Vî> ï u )\t\u2022 \u2022'\t*v.' *\t^ » > iS'U\u2019 .\t*y , - , ve.A V, ., A A».,.\t\u2022 \u201e\u2022\u2022\u2022\u2019 À:'\\- ¦¦ , \\NV TORONTO CARPET MANUFACTURING COMPANY Barrymore \"Grafton\" alWÀjvailable in Grey, Green, Blue, Beige and Wine H 4481 40 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 Qu'est-ce qui se trouve seulement dans le\t?C'est la Saveur\"captiVe\"du Jell-O! LE CARNET D'UN LINGUISTE Voici des plats qui émerveilleront et tenteront tout le monde \u2014 même les plus difficiles.Et ce qui les rend si spéciaux, c'est que cette magnifique salade .et ces desserts étincelants .sont même meilleurs qu\u2019ils n'en ont l\u2019air.Cependant, comme tous les mets faits avec la gelée en poudre Jell-O, ils sont assez fnciles à faire et assez économiques pour tous les jours.Jouissez de la couleur ravissante et de la saveur captive exclusive au lcll-0 \u2014 nature ou rapidement et facilement varié ainsi que suggéré ici et sur les cartons.Sept délicieuses saveurs.Recherchez les grosses lettres rouges \"JELL-O\" sur la boîte.Superbe Pour Le Souper Salade Emeraude en Couronne : Faites dissoudre 1 paquet de Gelée en Poudre Jell-O à la Lime dans 2 tasses d'eau chaude.Versez-en Va tasse dans le moule; faites refroidir.Fouettez le reste, mélangez-le avec 1 tasse de légumes assaisonnés, 1 tasse de fromage domestique, Vi tasse de mayonnaise; laissez prendre sur le lit de Jell-O nature.Pour un plus grand moule, doublez la recette.UN P655ERT ÊXQUlS (A gauche) Simple \u2014 mais si succulent! Du Jell-O à la Cerise avec des tranches de bananes jaunes bien mûres ajoutées lorsque le Jell-O est partiellement pris.Faites refroidir dans des moules individuels .garnissez de cerises au marasquin et de feuilles de menthe.Jell-O est une marque déposée qui est la propriété de General Foods, Limited M-m-m-m Merveilleux! (A gauche) Une coupe de Jell-O à la Lime étincelant, avec garniture en forme de \"lleur\u201d faite avec de la pâte de guimauve et une cerise au marasquin.Et \u2014 une croûte de tartelette remplie de Jell-O à l'orange légèrement pris et garni de confiture de fraises.Simples \u2014 et cependant ces-deux desserts ne pourraient être plus délicieux.LU et ENTENDU Par ÉTIENNE LABBÉ Un Produit do General Foods J-29MF AUGMENTATIF.CREATIONS NOUVELLES.ETC.Ard est augmentatif: veinard (comble de la veine); chicard (comble du chic).(On dit aussi chicandard, chico-candard, par manière de superlatif) ba-douillard, balochard, bondieusard, ca-pitulard, chancard, chéquard, chou-croutard, coupolard académicien), communard, débrouillard, déchard (dans la dêche), dreyfusard, dynamitard, faiblard, fêtard, flémmard, (paresseux), gueulard, médaillard, omnibusard, pantouflard, patriotard, portefeuillard, revanchard, soiffard.(Toujours d\u2019après Nyrop).Asser, péjoratif et augmentatif: jacasser (dérivé de Jacquot, nom donné à la pie bavarde), rimasser, rêvasser, répétasser, écrivasser, dormasser.Fier entre dans les créations nouvelles: statufier, s\u2019oursifier, barbifier.vitrifier, baronifier, ossifier, bonifier, noblifier, doctorifier, momifier, lubrifier.Erie qui a servi à former les archaïsmes baignerie (salle de bains), baiserie (de baiser), chanterie, chasserie, dan-serie, cuidrerie, etc., a été mis à la mode dans les créations récentes: sno-berie, clownerie, rouerie, cocoterie, rosserie, fripouillerie, pocharderie, fumisterie, patrioterie, muflerie.Flaubert a inventé:\tcharognerie, féminotteries, goujaterie, janoterie, micheletteries, quinetterie; et Daudet: ourserie, villa-geoiserie, quitterie (rupture amoureuse).Esque a formé: caricaturesque, cha-rivaresque, funambulesque, livresque, simiesque, prudhommesque, grotesque.Les Anglais disent même girlesque.Aillon: écrivaillon, buvaillon, moussaillon, peintraillon, poétraillon.LES ANGLICISMES EN FRANCE Ce n\u2019est pas aux Français qu\u2019il appartient de nous reprocher de franciser les mots anglais.\u201cCertains reprochent aux Canadiens français d\u2019avoir \u201cfrancisé\u201d pas mal de mots anglais et de les avoir introduits dans la langue.C\u2019est toujours ainsi.On voit la paille dans l\u2019oeil du voisin et on ne sent pas la poutre dans le sien.Les inventions nouvelles, les sports, le snobisme ont fait passer à Paris pas mal de mots d\u2019outre-Manche.\u201cRail\u201d, par exemple, \u201ctrolley\u201d, \u201cwagon\u2019, \u201ctennis\u201d, box\u201d, \u201cmatch\u201d, \u2018bookmaker\u201d, \u201ctilbury\u201d, \u201ccab\u201d, \u201cboy\u201d, five o\u2019clock tea\u201d, \u201cliberty satin\u201d, tous ces mots et bien d\u2019autres ont obtenu droit de cité chez nous.Ne trouvons donc pas mauvais qu\u2019ils soient employés dans les territoires britanniques! \u201cEn France évidemment, nous ne prenons pas de \u201cbrosse' , mais nous prenons une \u201ccuite\u201d, ou encore \u201cun bon coup!\u201d (est-ce plus élégant?).Nous ne payons pas \u201cla traite , mais nous payons volontiers \u201cune tournée\u201d (est-ce moins cher?).Mieux vaut avouer que beaucoup d\u2019expressions nées sur les bords du Saint-Laurent sont tout aussi françaises que celles qui ont vu le jour sur les rives de la Seine et de la Loire.\" COMMENT ON RACCOURCIT Le tabac du Maryland: le maryland.Un cigare de Havane: un havane.Un écrit pour la mémoire: un mémoire.Une épée rapière: une rapière.Une bête aux pieds tordus: une tortue.Un scieur de bois au long: un scieur de long.Un quart de minot de pommes: un quart de pommes.La cinquième année: la cinquième.Un carrosse à huit ressorts: un huit ressorts.Un chapeau à huit reflets: un huit reflets.Un costume tailleur: un tailleur.Un cerf à dix cors: un dix cors.Un message par télégraphie sans fil: un sans fil.Un logis garni: un garni.Un pigeon ramier: un ramier.Un chien ratier: un ratier.Un siège pliant: un pliant.La goutte sciatique: la sciatique.Des pommes de terre frites: des frites.Le premier jour de l\u2019an: le jour de l\u2019an.Un coupé est un carrosse coupé.Il n\u2019a qu\u2019un banc et, à l\u2019origine, on le considérait comme une partie d un grand carrosse, un tronc auquel manquait la partie la plus importante.C\u2019est le contexte qui indique le sens du mot supprimé.Un ministre peut être un ministre d\u2019état ou un ministre de Dieu; une prise, une prise de corps ou une prise de tabac; un cabinet, un cabinet d\u2019affaires, un cabinet d\u2019étude, un cabinet de consultation, un cabinet de lecture, un cabinet de débarras, un cabinet de bain, un cabinet de toilette.Le mot sous-entendu est facile à suppléer dans les ellipses suivantes: Un (bateau) sous-marin, un submersible, un transatlantique.Une (dent) canine, une incisive, une molaire.La (fièvre) scarlatine, la typhoïde.La (police) correctionnelle, la secrète.DELIVRER Les compagnies de liqueurs apposent des collants dans la vitre des montres des restaurants sur lesquels il est écrit: \u201cNous faisons la délivraison\u201d.Il me semble que c\u2019est une mauvaise traduction, que cela sent l\u2019anglais \u201cWe deliver\u201d.Est-ce que ce ne devrait pas être: \u201cOn livre à domicile\u201d?Ai-je raison! \u201cNous délivrons est un pur anglicisme.Bien que ce soit plus long, on doit dire: \u201cOn porte à domicile\u201d.C\u2019est plus conforme au génie de la langue française. he Samedi, Montreal, 17 septembre 194° 41 ¦Z « maiH& \u2022 i fri M\tflfcll i : TT* \u201c WWWWM* SotfT Puis ce fut Paarl, la patrie du vin, qui niche sous le mont Paarl.Des colons hugenots y ont fondé l'industrie vinicole au dix-septième siècle.Sur la plage de Capetown la joie de vivre m\u2019envahissait.Quel plaisir de braver la vague écumeuse! Les grandes plaines de l'intérieur étaient émaillées de villages Zoulous pleins de charme pittoresque.PAARL SHERRY -s \"unie; d'un sol Ia main, ?,1ce tou, 's«benéfidenr cl, C,u' Produisent I, fra«ins débord,.')e au paroxysnie 'en veil!.con ce rféc clu s ineilL mon,le reco/rés I, ««U!» ujAiv^wl PAARL TAWNY PORT GUARANTEED PUHE *»«\u2022 4w\u2014,1 ' 4 8| ?Mk -\u2022'U nmm * \u2014 Mince alors ! J\u2019espère que ce n\u2019est pas un autre chagrin d\u2019amour, car dans ce temps-là, elle pleure sur toutes les lettres ! Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 49 Elle avait horreur des juifs en général, et du commandant en particulier ; sa figure d\u2019oiseau de proie lui faisait peur.Souvent, en pensant aux relations existant entre Urbain et Blockmann, était venue à son esprit une pensée monstrueuse qu\u2019elle s\u2019efforçait de rejeter bien vite.Blockmann lui semblait un homme sans scrupule et sans conscience, capable de tous les crimes et elle redoutait son influence sur Perceval.Mais, après tout, sans doute se trompait-elle.La race juive, comme toutes les races, peut enfanter des criminels; rien de particulier ne la distingue des autres.Malgré son âpreté au gain, le juif est honnête.Blockmann, elle le savait, était d\u2019une grande intelligence.Sorti un des premiers de l\u2019école de Guerre, il avait passé commandant au choix et tout jeune encore.Et c\u2019était justement cette intelligence brillante, cet astuce, cet empire que les esprits forts exercent sur les insouciants, qu\u2019elle redoutait pour Urbain.Perceval était une nature molle, facile à entraîner, pour peu qu\u2019il s\u2019agît de gains importants à réaliser.Aimant la grande vie, le jeu, les femmes, il se laissait facilement entraîner à des dépenses exagérées qui, en peu de temps, pouvaient le conduire à la ruine.Le déjeuner s\u2019acheva presque triste, à peine égayé seulement par Patchouli qui, décidé maintenant à tout braver, s\u2019était glissé dans la salle à manger, et très gaillard s\u2019était perché sur l\u2019épaule d\u2019Ursule.Les espiègleries de l\u2019oiseau et ses chansons un peu bruyantes avaient ramené un peu de gaieté parmi les convives.Et quand les deux hommes quittèrent la maison de la rue d\u2019Assas, ils étaient au mieux avec Patchouli qui les avait fort égayés.Tout en causant ils descendirent la rue d\u2019Assas et gagnèrent le boulevard St-Germain.Blockmann devait être à son bureau vers trois heures ; aussi pressaient-ils le pas tous deux.\u2014 Je te quitterai au ministère, dit Blockmann.Va demain à l\u2019ambassade d\u2019Allemagne ; peut-être y aura-t-il du nouveau.\u2014 Ah ! non, par exemple ; ce serait trop me compromettre.Il vaut mieux que ces messieurs viennent rue Lafayette.\u2014 Au fait, tu as raison ; il faudra leur écrire dans ce sens.\u2014 On leur écrira.Comme ils se serraient la main avant de se séparer, un jeune lieutenant de hussards passa, qui les coudoya presque.\u2014 Tiens, Marcel de Vineuil, dit Urbain en saluant le jeune homme, enchanté de vous rencontrer.Marcel, très pâle, s\u2019était arrêté brusquement.En apercevant le commandant, il le salua correctement et se disposa à passer outre.\u2014 Le commandant se rend au ministère ; restez donc quelques instants avec moi, lieutenant : nous avons à causer.Et aussitôt il ajouta : \u2014 A propos, savez-vous que j\u2019ai vu votre soeur, Mme Marguerite.En entendant prononcer ce nom si cher, le jeune homme devint d\u2019une pâleur de cire et ses mains eurent un léger tremblement.\u2014 Ah ! vous avez vu Mme de Ké-randalle ?dit-il très bas.\u2014 Oui; et maintenant, nous sommes au mieux.Puis il continua : \u2014 Mais si vous êtes pressé, je ne veux pas vous retenir plus longtemps ; peut-être vous attend-on au ministère ?\u2014 En effet, je me rends au ministère.\u2014 Pour affaire de service ?\u2014 Non, monsieur ; pour demander mon déclassement.\u2014\tVous voudriez quitter Versailles ?\u2014\tOui.Je voudrais m\u2019exiler très loin, pour tâcher d\u2019oublier, fit Marcel avec une expression de mélancolie et de tristesse profondes.\u2014\tJe comprends ça.A Versailles tout vous rappelle ce malheureux d\u2019Orthey et cette magnifique Olga.A propos, qu\u2019est-elle devenue ?\u2014\tJe l\u2019ignore tout à fait.\u2014 Bah ! mais, alors, vous n\u2019en étiez pas très amoureux ?\u2014\tIl y a des moments dans la vie où tout s\u2019écroule, tout se brise, dit Marcel ; et je subis en ce moment ce cataclysme moral.« Je ne sais trop comment je vis, aussi voudrais-je m\u2019isoler, mettre la mer entre la France et moi, m\u2019en aller loin et ne jamais revenir.\u2014 En voilà une idée ! Vous n\u2019avez plus rien à craindre, l\u2019affaire est enterrée.Les journaux qui ont relaté la mort de d\u2019Orthey l\u2019ont présentée comme un accident de chasse, et l\u2019idée d\u2019un crime n\u2019est jamais venue à la pensée de personne.Moi seul pouvais vous perdre ; j\u2019étais là quand vous avez tiré sur ce malheureux, sans pitié et sans aucune hésitation.\u2014 Elle aussai sait, elle aussi connaît mon crime ; en s\u2019enfuyant elle a fixé ses regards sur les miens.Mais je la connais, elle ; elle gardera ce secret pour elle seule ; toujours, pour éviter tout scandale.Elle me maudira, mais elle m\u2019absoudra.peut-être me pardon-nera-t-elle, sachant que j\u2019étais fou.Mais je n?la reverrai plus.Hier elle a quitté Versailles pour toujours.Où est-elle allée ?Je l\u2019ignore.Us marchaient lentement côte à côte.Marcel, la tête droite, gardait une allure lasse ; ses épaules semblaient voûtées davantage et ses grands yeux clairs, d\u2019un bleu de turquoise, étaient noyés, rougis par les insomnies d\u2019interminables nuits.A cette heure les passants étaient rares en ce quartier aristocratique.Seuls, des équipages se croisaient, nombreux, emportant vers le Bois les heureux de la terre, les favorisés de la fortune.La pensée du lieutenant de Vineuil était bien loin ; et distraitement, il regardait la Seine rouler ses flots sombres et agités.Ils marchaient toujours, silencieux tous deux.Urbain était gêné de ce pauvre garçon qu\u2019il n\u2019osait regarder et à qui il n\u2019osait adresser aucune parole de consolation.Il dit cependant : \u2014 Vous n\u2019avez plus rien à craindre ; Mme de Kérandalle a déchiré, brûlé devant moi la déclaration que vous avez signée.\u2014 Je sais cela, monsieur.\u2014 Et vous gardez ce visage d\u2019enterrement ?\u2014 Mais à quel prix lui avez-vous remis cette déclaration ?A quel prix vous tairez-vous ?fit Marcel d\u2019un ton très bas.C\u2019est toute sa vie que vous exige* d\u2019elle, toute sa vie qu\u2019elle devra passer avec vous et elle ne vous aime pas, elle ne vous aimera jamais ! \u2014 Des mots, tout ça_.elle m\u2019adorera.\u2014 Vous ne connaissez pas Marguerite.Quand, une fols elle a donné son coeur, elle ne le reprend plus.«Elle a aimé, elle aimera toujours celui qu\u2019elle pleure.le vaillant de Kérandalle.\u2014 C\u2019est donc une romanesque, votre soeur ?\u2014 C\u2019est une sainte : la noble femme se sacrifie pour me sauver.Vous n\u2019avez donc jamais compris cela, vous ?Vous n\u2019aurez donc jamais pitié d\u2019elle, de moi, de ce pauvre comte de Vineuil que mon forfait tue plus sûrement que les souffrances les plus cruelles ?Serez-vous donc toujours sans pitié pour ce vieillard ?Oh ! monsieur, ne craignez-vous pas que Dieu vous demande un jour compte de toute votre dureté de THE ET CAFE SALAM Qualité supérieure \u2022 Saveur délicieuse L\u2019ENSEIGNE DE LA PLUS GRANDE INDUSTRIE AUTOMOBILE DE g.-b.MORRIS Oxford L\u2019auto la Piu * avantageuse du monde / ?En voici les raisons .Cette nouvelle MORRIS OXFORD établit de nouveaux records, même pour MORRIS dont les standards de qualité sont les plus élevés du monde.Son nouveau moteur est plus puissant.Sa nouvelle carrosserie, plus spacieuse, a encore plus de grace et d\u2019élégance.Autres perfectionnements : suspension indépendante des roues avant, large siège avant, d\u2019une pièce, changements de vitesse sur la colonne de direction.et bien d\u2019autres améliorations qui font de la Morhis Oxford l'auto la plus avantageuse du monde.POUR ROULEMENT IMPECCABLE La voiture Riley est la préférée des automobilistes qui exigent i\\ la fois le rendement, la beauté des lignes et le plus luxueux confort.VITESSE ET SECURITE Rien de plus impressionnant que l\u2019auto sport M.G.8es succès à la course la «lassant dans une catégorie & part.MODERNISME 0SOLSELEY ATTRAYANT La réputation Wolseley repose sur deux factours importants .l\u2019ex-oeilence do son moteur et la parfaite exécution de\t^ ) - I a a oarrosee- NUFFIELD EXPORTS LTD \u2014 COWLEY \u2014 OXFORD \u2014 ANGLETERRE Londres : 41 PICCADILLY W-\\ Distributeurs autorisés dans le monde entier DISTRIBUTEURS TOLEDO MOTORS LTD., 2134 ouest, ruo Ste-Catherine, Montréal, Qué.SPORTS CAR CO.1180, St-Antolne, Montréal, pué.JAMES L.COOKE MOTORS LTD., 2489.Bloor St.W.Toronto.Ont.McNAUGHTON MOTORS LTD., 379.ave Notre-Dame.Winnipeg, Man.OXFORD MOTORS LTD., 654, rue Burrard, Vancouver, C.B.Dans ce numéro même du Samedi en page 20, paraît la première tranche de Notre Nouveau Feuilleton : La Dette de Sang par MAXIME VILLEMER 50 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 \u2014 Ma foi, vous me parlez là d'un Dieu que je ne connais pas et à qui je ne cherche pas à être agréable.Du reste, je suis convaincu que comme beaux-frères nous nous entendrons fort bien.J\u2019épouserai votre soeur en avril ; dans six semaines, je suis despotique, croyez-le bien.Et après vous retrouverez le calme et vous oublierez l\u2019affaire ; on ne sait rien et on ne saura jamais rien, que diable !.\u2014 Mais moi je sais, monsieur, et ma conscience me juge plus sévèrement peut-être que ne l\u2019eussent fait les hommes qui m\u2019auraient sans doute accordé des circonstances atténuantes.Ma conscience, elle, ne m\u2019en trouve aucune.Sans cesse elle m\u2019accuse du sinistre crime commis là-bas, dans les bois de Mauvert.Et toujours elle me montre cet homme sans défense, assassiné lâchement, cette femme éperdue, fuyant, appelant au secours ! Et si la justice des hommes ignore le drame et ne recherche pas le coupable, la justice de Dieu reprend ses droits et me condamne.\u2014 Bah !_.la conscience.en voilà un mot creux et vide de sens.'., mais c\u2019est de la farce !.Marcel le regarda avec une tristesse poignante.Cet homme-là allait devenir le mari de Marguerite ! Et pour la seconde fois une pensée de suicide monta en son esprit.Il regarda la Seine, les flots noirs, la berge déserte et il pensa : \u2014 Là je trouverais le repos.et ma soeur serait sauvée ! Comme s\u2019il eût compris cette pensée, Urbain dit en ricanant : \u2014 Le scandale serait tout aussi grand.Puis si votre soeur ne m\u2019épousait pas.je dirais tout, et le nom des Vineuil, dont vous êtes si fier, serait à jamais déshonoré.\u2014 Vous êtes un démon, fit Marcel, les yeux durs.\u2014 Je suis un homme qui aime éperdument une femme et qui, pour en faire la compagne de sa vie, est décidé à tout.à tout\u2014 vous entendez.Dans notre siècle chacun ne reconnaît que la loi du plus fort ; faites comme tout le monde et soumettez-vous.Marcel tressaillit ; un dégoût profond monta à ses lèvres.Très calme, sans ôter son képi, sans même y porter la main, se bornant à faire un léger signe de tête, il s\u2019éloigna, abandonnant Urbain Perceval seul sur l\u2019esplanade des Invalides.Urbain ne remarqua point le mépris qui, pendant un instant, avait brillé dans les yeux ordinairement si doux de Marcel ; et très content de lui, il regagna sa maison de banque.V Le jour même, après l\u2019entrevue qui avait eu lieu entre elle et Perceval, Marguerite reprit le train pour Fé-cnmp.Le comte de Vineuil et Luce l\u2019attendaient à la gare.-\u2014 Eli bien ?demanda le comte, anxieux.\u2014 J\u2019ai déchiré la déclaration qui condamnait Marcel, dit-elle très bas.\u2014 La déclaration.elle-même?car il faut tout redouter de cet homme.\u2014 J\u2019ai bien reconnu l\u2019écriture de mon frère.-\u2014 Et ton mariage ?\u2014 Mon mariage aura lieu au commencement d\u2019avril.-\u2014 C\u2019est bien convenu ?\u2014 Oui, monsieur le comte ; bientôt je serai la femme de cet homme.-\u2014Et tu n\u2019as pas essayé de le fléchir, de le faire renoncer à ce projet ?\u2014 Il n\u2019a pas répondu à mes supplications.Une voiture les attendait à la gare et devait les conduire au château de l\u2019Etang-Ville, situé à une petite heure de Fécamp, dans un village ignoré et tranquille.Il était à peine trois heures.Le soleil brillait, jetant sur la mer des lueurs incandescentes ; la brise soufflait violemment depuis la veille, retardant l\u2019embarquement des pêcheurs de sardines qui attendaient, anxieux, le moment propice pour détacher les amarres des barques se balançant dans la rade.La voiture allait au pas, suivant des routes bien tracées, bordées de pommiers où tremblait le givre, puis elle gravit la montée conduisant au sommet de la falaise sur laquelle se dressait le vieux château de l\u2019Etang-Ville.Luce s\u2019était presque endormie dans les bras de sa mère.Assise à côté du comte de Vineuil, Marguerite était plongée dans ses rêveries.Elle dit enfin : \u2014 Je voudrais demeurer là, toujours.et quand je songe que, bientôt, il me faudra habiter Paris et vivre près d\u2019un homme que je méprise, il me semble que je vais mourir.Le vieillard ne répondit point.Il restait songeur, les yeux perdus vers le magnifique horizon qui se déroulait à ses yeux, contemplant la mer comme un feu sous les rayons du soleil.Dans son égoïsme de père, le comte de Vineuil ne se préoccupait plus des soucis de Marguerite ; ses moindres pensées tendaient vers ce fils qui était toute sa vie, sur lequel reposaient toutes scs espérances.Marguerite avait anéanti, brûlé, détruit l\u2019accablant témoignage !.Et le vieux coeur du magistrat éprouvait un profond soulagement.Marcel était sauvé !.sauvé !.Et cette unique pensée emplissait le coeur de oet homme.Peu lui importait Marguerite qu\u2019il n\u2019avait jamais aimée, qui ne lui avait jamais demandé conseil et qui, malgré ses observations, avait épousé Kéran-dalle.\u2014 Si Dédé t\u2019aperçoit, tu es fichu .doit arriver d\u2019un instant à l\u2019autre Depuis ce mariage les liens qui les unissaient s\u2019étaient quelque peu desserrés.S\u2019ils continuaient à vivre sous le même toit à l\u2019hôtel du boulevard Ma-lesherbes ou au château de l\u2019Etang-Ville, c\u2019était uniquement pour Marcel, pour Marcel que tous deux adoraient également et sur lequel ils reportaient toutes leurs tendresses.Et en ce moment douloureux, alors qu\u2019il eût été si doux de s\u2019épancher, le silence obstiné du vieillard déchirait le coeur si droit, si généreux de Marguerite.\u2014 Nous voici arrivés, dit Luce qui venait de s\u2019éveiller; j\u2019aperçois maman Thérésine sur le seuil de la grille.Bonjour, bonjour.De la main elle fit un signe, agita son fichu de laine et, aidée par sa mère, sauta lentement à terre.Puis elle cria de toutes ses forces ; \u2014 Grand-maman Thérésine, grand-maman Thérésine ! A la grille du château une femme d\u2019une soixantaine d\u2019années, grande et élancée, se tenait immobile.Les traits graves de son visage, ses vêtements de deuil, ses rides profondes, tout en elle attestait de grands chagrins.Elle tendit les bras à Luce et la serra follement sur sa poitrine.\u2014 Enfin, vous voici de retour, fit-elle en embrassant aussi Marguerite.Vous voici, et je suis consolée, votre départ m\u2019avait tant attristée ! Elles restaient immobiles toutes deux, se regardant avec anxiété, semblant redouter les explications, les mutuelles confidences.Lentement, pendant que le comte de Vineuil donnait ses ordres au cocher elles pénétrèrent dans le parc de l\u2019E-tang-Ville Le vent soufflait, très froid, dans les arbres dénudés, balayant les feuilles mortes qui jonchaient les allées profondes du parc.Et, du reste, ma mère que tu \"adores\u2019 Au bout d\u2019une avenue bordée de hauts peupliers le château apparaissait avec ses balcons de pierre et ses statues à moitié rongées par la mousse et effritées par les siècles.Dans cette antique demeure Marguerite avait vécu de longues années.Là elle était née ; là elle avait recueilli le dernier soupir de sa mère ; là elle avait aimé éperdument André de Kérandalle, jeune marin sans fortune, vivant ignoré et presque pauvre en compagnie de sa mère dans une petite maison peu éloignée du château de l\u2019Etang-Ville.Aussi était-ce là que se concentraient tous ses souvenirs ; là, quelle eût souhaite vivre toujours et mourir ! Et devant Thérésine qui l\u2019examinait en silence elle baissait les yeux, accablée.\u2014 Alors, c\u2019est arrêté, vous vous mariez ?fit la vieille comtesse de Kérandalle.c\u2019est donc vrai ?\u2014 Oui, ma mère.c\u2019est vrai.L aieule leva au ciel ses yeux lourds de pleurs et un sourire d\u2019une indicible tristesse erra sur ses lèvres pâles.\u2014 Et mon André sera oublié!.est oublié déjà, sans doute, dit-elle très bas.\u2014 Oh ! mère.mère.pouvez-vous croire que j\u2019oublierai jamais André ?.André, mon unique amour.ma seule pensee, dit-elle avec un accent de doux reproche et d\u2019amertume profonde.« Mais ne savez-vous donc pas que j\u2019ai repoussé cette union autant que je 1 ai pu ?Ignorez-vous donc que si je me marie c\u2019est que les événements sont plus forts que ma volonté, plus forts que mes intimes répugnances !.Les événements ! les événements !.je ne comprends pas.Ce n\u2019est pas pour être riche que vous vous mariez, puisque vous l\u2019êtes déjà.Alors quels sont ces événements auxquels vous faites allusion, ma fille ?\u2014 Ne me demandez pas cela, fit Marguerite les yeux mouillés de larmes ; je ne pourrais vous le dire.\u2014 Adieu ; je ne vous interrogerai plus jamais.Et, très grave, Thérésine s\u2019éloigna Malgré les appels réitérés de Marguerite elle ne revint pas et se perdit dans la campagne.Accablée, Marguerite traversa d\u2019un pas rapide les immenses corridors du château et courut s\u2019enfermer dans sa chambre.Enfin elle était seule !.Enfin elle allait pouvoir se recueillir !.Il lui était impossible, maintenant, d éviter ce mariage ; elle avait donné sa parole à Perceval, au comte de Vineuil et à Marcel.à Marcel qu\u2019il fallait à tout prix sauver.Elle devait se sacrifier !.Autour d\u2019elle elle jeta un regard de désespoir farouche.Au-dessus d\u2019un meuble de Boule du plus grand prix le portrait d\u2019André de Kérandalle semblait lui sourire.C\u2019était bien lui.avec ses grands yeux clairs, son visage allongé et énergique.Et devant ce portrait elle s\u2019agenouilla.C\u2019était comme un premier adieu qu\u2019elle adressait à ce vaillant qui l\u2019avait tant aimée et son coeur en était déchiré.Par la pensée elle revécut l\u2019heureux passé où, craintifs, ils avaient commencé à s\u2019aimer.Le dimanche il l\u2019attendait à sa sortie de l\u2019église ; et tous deux, très recueillis, ils contournaient ensemble la falaise, délicieusement émus, presque silencieux.Puis, le soir, penchée à sa fenêtre, elle l\u2019attendait pendant de longues heures.(Lire la suite au prochain numéro) LA VIE COURANTE .par Georges Clark (S Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 51 LE CANADA PRODUIT DU BLE POUR LE MONDE ENTIER FÆhM&I année, le Canada, ran des principaux greniers du monde, fournit « l'étranger des millions de boisseaux de blé et d'autres grains alimentaires; les peuples de plusieurs [lays comptent sur lui pour leur assurer, avec sa riche moisson, le pain de chaqitc jour.,;4 ¦- '! .MSS?S,'-.É.Ctwr \t\t\ttpi®\t\tI\t.y\t\t\u2018jJk / 'yy À\tMl v v, ^58 iiwN\u2019\tcl *A \\ ¦ '\tWffl\t\t\th -j M :\t.\t.J.lui 1\t.\u2018f'i ydinr\tmm\tA*', ¦\tgïïT Seagram exalte le Canada avant tout! c ette annonce est adaptée d\u2019une de celles que la Maison Seagram a créées pour renseigner les peuples des autres pays sur le Canada et ses divers produits.Depuis deux ans, ces réclames paraissent dans des journaux et des magazines publiés en plusieurs langues diverses et lus partout dans le monde.Notre prospérité dépend de la vente de nos produits dans les autres pays.Chaque Canadien a un intérêt personnel dans le commerce extérieur, puisqu\u2019un dollar sur trois du revenu national du Canada provient de notre commerce avec l\u2019étranger.Plus les autres pays I connaîtront la qualité, la variété et le renom des produits canadiens, plus il y a de chances qu\u2019ils achètent de nous.A notre avis, l'horizon de l'industrie ne se borne juts aux limites de ses usines; sa perspective est plus vaste et ses vues plus larges: elles embrassent tout le Dominion.C'est pourquoi la Maison Seagram croit qu'il est de Vintérêt de chaque manufacturier canadien de favoriser la vente de tous les produits canadiens sur les marchés étrangers.C'est dans cet esprit que ces annonces sont publiées dans le monde entier.jCa Hlatson Seagram » 52 Le Saviedi, Montréal, 17 septembre 1949 \"'Parmi ceux qui sont présents\" Christie's RITZ/ LE CO/N DU CORDON BLEU RECETTES DE Mélanges préparés à la maison reunion û+oy 349-RCF Ck^'KERs \"Rien ne varf les RITZ.comme les RITZ ! BISCUITS CliriSlie s Ayez une provision de Christie's Premium Soda Crackers sous la main \u2014 ils sont toujours croquants et frais.Et n'oubliez pas les Christie's Graham Wafers, cuits à la manière Christie, avec la vraie saveur Graham.Quand une bonne compagnie e* de bonnes choses se trouvent réunis, les Christie's Ritz font généralement partie de ceux qui sont présents.Ces petits crackers sont un accompagnement parfait pour soupes, salades, garnitures, desserts et breuvages.Essayez-les à votre prochaine La vitesse est d\u2019importance primordiale à l\u2019époque où nous vivons.En affaires, tous les détails de temps, d\u2019énergie, et d'argent sont surveillés soigneusement.Le temps est tout aussi important que l\u2019argent, pour la ménagère, surtout à la fin de l\u2019été lorsqu\u2019il y a beaucoup de travaux supplémentaires à faire autour de la maison.Les mélanges tout préparés pour les biscuits ou la pâte épargnent réellement du temps.Le temps et l\u2019effort requis pour mêler une grosse quantité ne sont guère plus considérables que pour une petite quantité.Les mélanges préparés qui contiennent tout, sauf le liquide, peuvent être gardés pendant plusieurs semaines dans un réfrigérateur ou autre endroit froid et les biscuits ou la pâte se font en un clin-d\u2019oeil lorsqu\u2019on en a besoin.La diversité dans les mélanges à biscuits est grande et l\u2019on peut aussi utiliser le mélange pour les grands-pères, les abaisses pour pâtés à la viande ou pour desserts aux fruits.Certaines personnes aiment leurs biscuits tout croûtés, alors placez-les bien espacés sur une tôle à four.Si vous préférez des biscuits épais et bien gonflés, on les place près l\u2019un de l\u2019autre dans le moule.Les économistes ménagères de la Section des consommateurs, ministère fédéral de l\u2019Agriculture, disent que \u201cvous pouvez sauver du temps et éviter de rouler de nouveau les biscuits en coupant la pâte roulée en triangles ou en carreaux, avec un couteau\u201d.Voici les recettes pour les mélanges en quantité pour les biscuits et la pâte avec quelques idées pour faire de la variété.Gros Mélange ae Biscuits à Thé 8 tasses de farine tamisée à toutes fins 4 c.à tb.de poudre à pâte IV2 c.à tb.de sel\t1 tasse de saindoux Tamisez les ingrédients secs ensemple 3 fois.Incorporez le saindoux avec un mélangeur à pâtisserie ou deux couteaux jusqu\u2019à ce que le mélange soit semblable à de la fine chapelure.Gardez dans un contenant clos dans le réfrigérateur ou autre endroit froid.Quand vous en aurez besoin, prenez \\\\ de tasse de lait doux pour 2 tasses de mélange à biscuit.Mêlez bien.La pâte devrait être molle mais ne pas coller.Jetez sur une planche enfarinée et abaissez avec le rouleau à une épaisseur d\u2019un demi-pouce.Mettez sur une tôle qui va au four et faites cuire dans un four très chaud, 425^ F., pendant 12 à 15 minutes.Quantité: 10 à 12 biscuits de grosseur moyenne.Grands-Pères pour les \"Stews\" Augmentez le lait jusqu\u2019à % tasse.Jetez par cuillerées à la surface du \u201cstew \u2019 bouillant, ôtez un peu du liquide, si nécessaire, afin que les grands-pères reposent à la surface de la viande et des légumes et qu\u2019ils n\u2019enfoncent pas au fond.Faites cuire tenant la marmite bien close et sans enlever le couvercle pendant 15 minutes.Jennies à Confiture Coupez les biscuits d\u2019un demi-pouce d\u2019épaisseur.Faites une cavité profonde dans le dessus de chaque biscuit et remplissez d\u2019une cuillerée à thé de confiture.Faites cuire dans un four chaud, 400° F., pendant 12 à 15 minutes.Petits Pains \"Pinwheels\" au Fromage Roulez la pâte en rectangle de % pouce d\u2019épaisseur.Saupoudrez de fromage râpé.Roulez comme un gâteau roulé à la gelée, coupez en tranches de V2 pouce et faites cuire, face coupée dans le fond.Desserts de Grands-Pères à l\u2019Erable ou aux Fruits Versez 1 tasse de sirop d\u2019érable ou de jus provenant de fruits en conserves, dans un moule carré à gâteau et amenez à ébullition.Préparez la pâte comme la recette de base.Mettez les biscuits dans le sirop chaud et faites cuire dans un four chaud, 400° F., pendant 12 minutes.Mélange pour Pâte 10 tasses de farine à pâtisserie, tamisée, ou 9 tasses de farine à toutes fins, tamisée 4Vz c.à thé de sel\t3 tasses de graisse ou autre saindoux Tamisez la farine et le sel dans un gros bol, mettez la graisse ou le saindoux avec les ingrédients secs au moyen du mélangeur à pâtisserie ou de deux couteaux jusqu\u2019à ce que les morceaux soient environ de la grosseur de petits pois.Mettez dans un contenant recouvert dans un endroit froid.Ce mélange donnera 8 tartes à deux abaisses.Pour utiliier le Mélange pour Abaisses 2 tasses de mélange à pâtisserie\t4 c.à tb.d\u2019eau froide Mesurez le mélange à pâtisserie et faites une cavité au milieu.Ajoutez graduellement l\u2019eau, en travaillant avec un couteau.Mettez la pâte sur une planche enfarinee et roulez.Ce mélange donnera 1 tarte de neuf pouces w avec deux abaisses. Le Samadl, Montréal, 17 septembre 1940 S3 s BONNE CUISINE Servez du Fromage Le fiomage est littéralement saturé de saveur et de valeur alimentaire.A cause de cette concentration, la moindre quantité de fromage est nourrissante.Qu\u2019importe les préférences pour le fromage, qu\u2019on veuille un fromage au gout fort ou doux, a consistance dure ou molle, qui s\u2019émiette ou se tartine facilement, il y a toujours une variété pour satisfaire tous les goûts é\tet servir toutes les fins.Le fromage cheddar canadien est facile à conserver, facile à servir et facile à employer dans la cuisson.Les fromages fondus ou refaits, si en demande aujourd\u2019hui, possèdent ces mêmes qualités, mais a cause de l\u2019extrait sec du lait qu\u2019on y a ajouté, ils ont un goût plus doux et une texture plus molle que le fromage cheddar primitif.On peut servir le fromage à presque tous les repas ou aux goûters.Par habitude, le choix du fromage pour le déjeuner n\u2019est pas aussi populaire dans ce pays qu\u2019il l\u2019est en Hollande, mais on le sert à d\u2019autres temps, dans le potage pour commencer un repas, dans le plat de résistance en le combinant avec des céréales comme du macaroni, du pain ou du riz ou pour garnir ou donner de la saveur à un plat en casserole ou à une salade.Le fromage est précieux, comme garniture, pour un sandwich qui constitue la portion principale d\u2019un repas qu\u2019on emporte avec soi.Pour de légers rafraîchissements à une soirée, du fromage, émincé en coquettes petites boules ou comme substance à tartiner, est toujours apprécié des convives.Le fromage de tout genre es.une nourriture épatante pour ceux qui font de fréquentes excursions dans la glacière.La sauce au fromage sur des carottes, des panais ou des navets cuits coupés en dés, ou du chou haché, donne un nouveau goût et un nouvel aspect à ces légumes.Les économistes ménagères de la Section des consommateurs, ministère fédéral de l\u2019Agriculture, recommandent les recettes suivantes : Pâté au Fromage 1 tasse de miettes de pain\t1 tasse de lait 3 c.à tb.de saindoux 3 c.à tb.de farine\t1/2 c.à thé de sel Pincée de poivre de cayenne 1 tasse de fromage râpé\t3 jaunes d\u2019oeufs 3 blancs d\u2019oeufs 1 c.à tb.de persil haché\tPâte pour une abaisse de 9 pouces Pincée de paprika Faites tremper les miettes dans Vz tasse de lait.Faites fondre le saindoux dans la partie supérieure d\u2019un bain-marie.Mêlez à la farine et ajoutez le sel et le poivre et le reste du lait.Faites cuire, brassant constamment jusqu\u2019à ce que la sauce prenne de la consistance.Ajoutez le fromage et brassez jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit fondu.Incorporez les miettes de pain trempées et les jaunes d\u2019oeufs bien battus.Faites refroidir et incorporez les blancs d\u2019oeufs battus et le persil.Foncez une assiette profonde de 9 pouces pour pâté et faites cuire dans un four chaud, 490° F., pendant 10 minutes, versez dans le mélange de fromage, diminuez la chaleur du four jusqu\u2019à four modéré, 325° F., et continuez de faire cuire pendant 45 minutes.Saupoudrez de paprika et servez immédiatement.Six portions.Rinktum Ditty ou Ringtum Diddy (Fondue au fromage sur canapés) 1 c.à tb.de saindoux\t2 c.à tb.d\u2019oignons hachés 1 c.à tb.de farine 1\ttasse de lait\t2 tasses de fromage râpé 1 c.à thé de moutarde en poudre 2\tc.à tb.de catsup aux tomates\tVz c.à thé de sel Va c.à thé de poivre V\\ c.à thé de sel ue céleri\t1 oeuf G rôties Faites fondre le saindoux dans la partie supérieure du bain-marie, ajoutez l\u2019oignon.Faites cuire jusqu\u2019à ce que l\u2019oignon soit mou.Ajoutez la farine et mêlez, puis ajoutez le lait et brassez jusqu\u2019à épaississement.Ajoutez le fromage.Lorsque le fromage a fondu, ajoutez la moutarde, le catsup, le sel, le poivre et le sel de céleri.Faites cuire pendant 5 minutes.Battez l\u2019oeuf jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit en mousse.Ajoutez un peu du mélange chaud à l\u2019oeuf, puis ajoutez au mélange chaud.Brassez et faites cuire pendant 1 minute.Six portions.\u2022% Tapioca au Miel et à la Noix de Coco Vz tasse de tapioca menu\tVi c.à thé de sel 3 tasses de lait Vi tasse de miel\t1 jaune d\u2019oeuf 1 blanc oeuf\tVz tasse de noix de coco (cocoanut) Faites cuire le tapioca avec le sel et le lait dans la partie supérieure d\u2019un bain-marie jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit transparent.Ajoutez le miel.Ajoutez une petite quantité du mélange chaud au jaune d\u2019oeuf battu.Combinez avec le mélange dans le bain-marie et faites cuire 5 minutes.Battez le blanc d\u2019oeuf, ajoutez le sucre et battez jusqu\u2019à neige ferme.Incorporez dans le mélange de tapioca.Ajoutez le noix de coco (cocoanut).Refroidissez.Six portions.CI-DESSOUS, QUELQUES-UNS DES COMMENTAIRES ENTHOUSIASTES FAITS AU MOMENT DE L'ESSAI ; ' ¦ V ,0 o 82Ss«s PRÉFÈRENT LA SOUPE HEINZ 5 SUR 7 CHOISIRENT HEINZ .saveur riche et crémeuse\" \u201e '.goût de tomates mûres\" 'à point\" tfg] \"parfaite* AU COURS D\u2019UN ESSAI LA COMPARANT AVEC UNE MARQUE BIEN CONNUE On demanda tout dernièrement à 70 ouvriers \"excellente*' A 11 ME EI DE QUALITÉ UNIFORME i HEINZ travaillant dans une grande usine de faire un essai gustatif de deux soupes concurrentes Identifiées seulement par des numéros, les deux soupes furent servies dans la cafeteria de l\u2019usine, des questionnaires furent remplis, et, quand les résultats furent comptés, il fut constaté que 5 hommes sur 7 préféraient la Soupe Crème de Tomates Heinz à l\u2019autre soupe bien connue.Peut-être par habitude, vous avez servi aux hommes, chez vous, de la soupe autre que la soupe Heinz, ne sachant pas ce que vous manquiez.Donnez à votre famille une chance de goûter la merveilleuse différence.Achetez une provision de Soupe Crème de Tomates I leinz et cotnparez-la avec n\u2019importe quelle autre marque.Au cours de six essais gustatifs faits récemment dans différents groupes, les résultats ont été largement en faveur de Heinz.Recherchez la gamme complète des 19 délicieuses Soupes Condensées Heinz chez votre épicier. 54 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 194!) 'yW'Jy/r WafP ¦ EN FERMANT LES YEUX.VOUS voyez là-bas, à la campagne, votre camp qui vous attend, vous et Madame, pour la petite quinzaine de vacances.Il faut que rien n\u2019y manque et, comme vous verrez à tout, rien n\u2019y manquera, surtout si vous prenez la sage précaution d\u2019apporter avec vous ou de faire suivre votre lecture préférée que vous trouvez dans nos trois magazines: LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Rien n\u2019est aussi plaisant que le calme de la campagne pour un repos bien mérité.C\u2019est alors que l\u2019on retrouve bien la magie, le charme de la lecture.Et cette lecture ne saurait mieux se présenter que sous la forme de ces magazines réputés que sont LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM Maintenant, vous pouvez partir en paix, et, pour rompre la monotonie du voyage, commencer immédiatement à parcourir cette lecture, car, entre nous, tous les gens que vous rencontrez vous l\u2019emprunteront à tour de rôle.Et puis, n\u2019est-ce pas, à ce plaisir, vous ajoutez celui de plaire à vos hôtes?Oui, vraiment, pour un week-end à la campagne, le genre idéal de lecture, c\u2019est le magazine, et ce genre idéal de lecture se résume et se concentre dans nos trois publications: LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM.Une autre suggestion opportune, c\u2019est de s\u2019y abonner tout simplement.De cette façon, on est assuré de n\u2019être jamais désappointé.Le coût est modique au possible: $5.50 peur un an.Le moyen pour s\u2019y prendre, la simplicité même : on n\u2019a qu\u2019à remplir le coupon d\u2019abonnement ci-dessous.Nous faisons le reste.COUPON D\u2019ABONNEMENT O LES 3 MAGAZINES LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 1 an.(Canada seulement) S5.50 OU Can.E.-U.?\tLE\tSAMEDI .S3.50\t$5.00\tpour 1\tan ?\tLA\tREVUE POPULAIRE .1.50\t2.00\t\" \u2022\u2022\t\u2022\u2022 ?\tLE\tFILM .1.00\t1.00\t .Veuillez trouver cMnclus, la somme de $.pour l'abonnement indiqué d'un (X) O IMPORTANT \u2014 Indiquez d\u2019une croix s'il s'agit d'un renouvellement.Nom .Adresse .Localité .Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE LIMITEE \u2014\t975-985, rue de Bullion, Montréal 18 CHOSES ET AUTRES CRIMINELS Le Federal Bureau of Investigation des Etats-Unis et la Gendarmerie Royale du Canada en sont venus à une prise de bec récemment au sujet du documentaire Illusions à vendre, une réalisation de l\u2019Office national du film.Ce métrage tourné pour le compte du ministère de la Santé, division des narcotiques, fait voir le point de vue canadien sur la question des stupéfiants.On commence d\u2019abord par montrer qu'il existe au pays un trafic des drogues qui rapporte à ses participants plusieurs millions de dollars.On dévoile comment s\u2019opère cette contrebande, quels en sont les responsables, ainsi que la façon dont on s\u2019y prend pour falsifier la marchandise, tromper le consommateur et lui offrir un produit adultéré, etc.La caméra se fixe ensuite sur les narcomanes et par son truchement il nous est permis de voir comment ils se procurent les drogues, comment ils se les administrent et quels sont les effets de celles-ci.Le film se termine sur une note d\u2019exhortation, prônant l\u2019idée que les narcomanes sont des malades bien plus que des criminels, et qu\u2019il serait futile de croire qu\u2019on pourrait les guérir rien qu\u2019en les expédiant au cachot.Le commentaire explique qu\u2019ils sont victimes d\u2019une habitude qu\u2019ils ne savent plus combattre, et que les délits criminels dont ils se rendent souvent coupables ont pour origine l\u2019usage immodéré des stupéfiants.\u201cSupprimez l\u2019un et vous enrayez l\u2019autre; guérissez-les de leur habitude néfaste et vous en ferez d\u2019honnêtes citoyens.\u201d Or, c\u2019est précisément sur cette façon de voir le problème que les autorités policières se sont disputées.La police américaine refuse d\u2019admettre que les narcomanes ne sont pas des criminels, et bien que le gouvernement consente à leur accorder des soins médicaux, il insiste cependant sur le fait que le coupable ne peut être soustrait à la sentence pénale qu\u2019il a encourue.Parce que cette opinion diffère catégoriquement de celle qui prévaut chez nous, le commissaire au bureau américain des Narcotiques, a demandé l\u2019interdiction du documentaire Illusions à vendre, version anglaise : Pay Ojf in Pain aux Etats-Unis.Les autorités canadiennes, pour leur part, ont refusé de changer le commentaire, et il semble bien que cette récente réalisation de l\u2019Office du film ne connaîtra pas, du moins pour le moment, de distribution par delà le 49ième.UNE AUTRE OPINION Le docteur Alfred Lindesmith, du service des Sciences Sociales de l\u2019Université d\u2019Indiana, une autorité reconnue sur les questions touchant aux narcotiques et auteur de nombreux volumes sur l\u2019usage des stupéfiants, déclarait récemment à Ottawa où il s\u2019était rendu pour discuter du film avec les spécialistes canadiens : \u201cEn interdisant la distribution aux Etats-Unis du documentaire Illusions à vendre, le commissaire Anslinger a usé d\u2019un pouvoir qui ne lui appartenait pas.D\u2019autant plus que cette réalisation de l\u2019Office canadien du film n\u2019est qu\u2019un exposé honnête et objectif du problème des narcotiques\u201d.BUSTE EN ACIER INOXYDABLE Pour la première fois, l\u2019acier inoxydable a été employé à l\u2019exécution d\u2019un buste destiné à être placé en plein air.Il a été dévoilé récemment à Bastad, grande station balnéaire dans la Suède méridionale, et représente M.Rudolf Abolin, le créateur et directeur des fameux jardins de Norrvi-ken, situés dans cette même localité.Le buste a été offert à M.Abelin pour son quatre-vingt-cinquième anniversaire par J.Axel Johnson, consul général et chef du Johnson Concern, en reconnaissance de sa magnifique réalisation horticulturale, devenue maintenant la propriété de M.Johnson.La matière du buste a été fournie par les Aciéries d\u2019Avesta, pionniers suédois de la fabrication de l\u2019acier inoxydable.Le buste est placé sur un socle de granit taillé d\u2019une roche dans les jardins de Noorviken et constitue un exemple intéressant des multiples possibilités qu\u2019offre ce matériau, même pour des oeuvres sculpturales.MALADES OU PEINTURE DE CHURCHILL AU BRESIL La Salle de ventes de Christie est connue dans le monde entier comme étant le centre des enchères les plus importantes.D\u2019habitude, au cours d\u2019une vente, l\u2019atmosphère est digne et silencieuse.De fortes enchères se font par le moyen de mouvements presque imperceptibles et un clignement d\u2019yeux fait souvent connaître une enchère de plusieurs milliers de dollars.Il n\u2019y a ni murmures, ni têtes qui tournent.Dernièrement, toutefois, un esprit bien différent régnait au cours d\u2019une vente tenue pour venir en aide au Y.M.C.A.Un tableau de M.Churchill, intitulé le Salon bleu à Trent Park, était mis en vente.Les marchands qui espéraient l\u2019acquérir durent se retirer de la lutte parce que des particuliers poussaient l\u2019enchère.Les conversations s\u2019élevaient dans chaque coin.Les gens se retournaient pour reconnaître les enchérisseurs.Le silence habituel était bouleverse.Les vieux habitués avaient un air désapprobateur qui s\u2019accrut quand, en fin de compte, on demanda à l\u2019acheteur de se lever et de dire son nom.Les règles du jeu étaient violées jusqu\u2019à l\u2019extrême.Le commissaire-priseur, c\u2019est-à-dire \u201cl\u2019encanteur\u201d, sir Alex Martin, serra la main de l\u2019acheteur et les appareils photographiques des journalistes lancèrent des eclairs.Pour les traditionalistes, on dépassa toute limite permise quand des applaudissements nourris éclatèrent.L\u2019acheteur était senor Assis Chateaubriand, propriétaire d\u2019une série de journaux et de postes de T.S.F.au Brésil, qui avait payé le tableau $5,000.Il a l\u2019intention de le présenter au musée de Sao Paulo. Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 AUX CHASSEURS LES OISEAUX MIGRATEURS Le ministre des Mmes et des Ressources, Ottawa, vient de publier les règle-ments concernant les oiseaux migrateurs, pour l\u2019année courante.Voici un expose sommaire des règlements en autant qu\u2019ils s\u2019appliquent à la province de Quebec.Saisons de chasse, les deux dates comprises.BECASSE Dans toute la province : du 25 septembre au 1er novembre.District nord (défini ci-après): Canards (autres que les eiders), oies et ou-aTw novembreUe * bemache)\u2019 rales\u2019 foul(îues et P°ules d\u2019eau, du 17 septembre Bernache : du 11 octobre au 10 novembre.Bécassine de Wilson : du 17 septembre au 17 octobre.District central (défini ci-après): canards (autres que les eiders) oies et outardes (autres que la bernache), râles, foulques et poules d\u2019eau: du\u2019 24 septembre au 17 novembre.\t1 Bernache : du 15 octobre au 14 novembre.Bécassine de Wilson : du 24 septembre au 24 octobre.District sud (défini ci-après): canards (autres que les eiders), oies et outar-8 décembre ^ ° bernache^\u2019 rales> foulques et poules d\u2019eau: du 15 octobre au Bernache : du 18 octobre au 17 novembre.Bécassine de Wilson du 15 octobre au 14 novembre.EIDERS Dans cette partie de la province de Québec comprenant les comtés de Mont-magny, Isleb Kamouraska, Rivière-du-Loup, Rimouski, Matane, Bonaventure Gaspe-nord, Gaspe-sud et les Iles de la Madeleine.Eiders : du 24 septembre au 17 novembre.DEFINITION DES DISTRICTS Le district nord du Québec comprend les Iles de la Madeleine, l\u2019Ile Rouge, 1 Ile Blanche, 1 Ue-aux-Lievres, les Battures aux Loups-Marins, et cette partie de la province de Quebec sise au nord et à l\u2019est de la ligne décrite comme suit \u2022 commençant au point d\u2019intersection de la ligne médiane de la route transcontinentale des Chemins de fer Nationaux du Canada et da la frontière ouest de la province de Québec près de la gare de La Reine; de là, vers l\u2019est et le sud le long de ladite ligne médiane de la route transcontinentale des Chemins de fer Nationaux du Canada jusqu\u2019au point d\u2019intersection du pont de Québec et de la limite sud du comté de Québec; de là, vers le nord-est le long des limites sud des comtés de Québec, Montmorency, Charlevoix et Saguenay jusqu\u2019à la frontière est de la province de Québec.Le district sud du Québec est cette partie de la province sise entre la frontière internationale et la ligne décrite comme suit: commençant au point d\u2019intersection de la ligne médiane de la route 27 et de ladite frontière internationale-de là, vers le nord le long de ladite ligne médiane de la route 27 jusqu\u2019à son intersection avec la ligne médiane de la route 1 à East-Angus; de là, vers l\u2019ouest le long de ladite ligne médiane de la route 1 jusqu\u2019au pont du Havre, à Montréal-de là, vers l\u2019ouest le long de la ligne médiane dudit pont du Havre et de la ligne médiane de la rue Delorimier jusqu\u2019à son intersection avec la ligne médiane de la rue Sherbrooke; de là, vers le sud le long de la ligne médiane de la rue Sherbrooke jusqu'à son intersection avec la ligne médiane de la route 8; de là, vers l\u2019ouest le long de la ligne médiane de la route 8 jusqu\u2019à son intersection\u2019 avec la limite est du canton Chatham à Lachute; de là, vers le long de la limite est du canton Chatham jusqu\u2019à la rive nord de la rivière Ottawa à Carillon; de là, en ligne droite jusqu'à la frontière interprovinciale séparant l\u2019Ontario et le Québec sur la rive sud de la rivière Ottawa à Pointe-Fortune; de là, vers le sud le long de la frontière interprovinciale jusqu\u2019à son intersection avec la frontière internationale.Le district central de Québec se compose de toute cette partie de la province non comprise dans les districts sud et nord ci-dessus décrits.SAISONS DE PROHIBITION Pendant toute l\u2019année il y a prohibition de la chasse des canards branchus, cygnes, grues et de tous les oiseaux de rivage, sauf la bécassine de Wilson et la bécasse, et dos oiseaux migrateurs non considérés comme gibier, ainsi que des oiseaux migrateurs insectivores.La possession du gibier à plume migrateur, abattu au cours de la saison de chasse sera permise jusqu'au 31 mars suivant la saison de chasse.LIMITE DES PRISES En un seul jour canards, 7; outardes et bernaches, 5 en tout; râles, 25; bécassines de Wilson, 8; bécasses, 8.Pour toute la saison : outardes et bernaches, 25 en tout; bécassines de Wilson, 50.' Limite de possession : 10 oies, outardes ou bernaches en tout; 14 canards, et 16 bécasses.55 Du plomb dans l\u2019aile! oui.&w£$l :< .'\t*.\t¦ Z ^ » Mais de l\u2019argent eu poche! \"Je fais partie de la galerie à mon club de golf, ces jours-ci, par suite d\u2019une chute malencontreuse la semaine dernière mais j\u2019ai un prix de consolation de $280.00 .le chèque que la Great-West m\u2019a envoyé en raison de ma police-Protection du Revenu.\u201d Quand la maladie ou un accident vous empêche de travailler, la police-Protection du Revenu de la Great-West Lile, vous four-nit régulièrement des chèques pour vous libérer de tous soucis d\u2019argent.Créée par une compagnie d\u2019assurance-vie milliardaire avec plus d\u2019un demi-siècle d\u2019expérience, la police-Protection du Revenu est (lexible et s\u2019adapte facilement à votre situation particulière.Votre avenir est notre affaire La \"Protection du Revenu\u201d ne vous fournit pas seulement un revenu régulier; elle peut comporter aussi certains autres avantages, tels que: un bénéfice de décès allant jusqu\u2019à $25,000 en cas de mort accidentelle .et des garanties de paiement de vos frais d\u2019hôpital, des honoraires de chirurgien et de garde-malade.Demandez des détails à votre agent de la Great-West Life.Great-West Life ASSURANCE COMPANY SIÈGE SOCIAL \u2014 WINNIPEG Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 NOTRE FEUILLETON LA PENTE DANGEREUSE No 17 par EMILE RICHEBOURG A [[ ¦ M.ONS, mon amie, nexagérez rien, et surtout ne créez pas de fantômes pour vous efferayer.La comtesse soupira.\u2014\tJe suis punie, cruellement punie ! dit-elle en cachant la tête.\u2014\tC\u2019est bien, dit Mercédès, laissant glisser sur ses lèvres un mystérieux sourire, les horizons qui apparaissent noirs aujourd\u2019hui deviendront lumineux.\u2014\tJamais! murmura Paule.\u2014\tVous ne pouvez pas savoir ce que l\u2019avenir vous réserve.\u2014\tCet avenir, Mercédès, je le verrais venir sans crainte si je pouvais arracher de mon coeur ce fatal amour.\u2014 Le temps qui s\u2019écoule, lentement pour les uns, rapidement pour les autres, change bien des choses.\u2014 J\u2019en ai la douloureuse expérience, Mercédès.J\u2019ai eu quelques jours de bonheur ; alors le temps a passé vite.Puis le malheur est venu et les années me parurent longues comme des siècles.Je ne regrette pas la fortune que je n'ai plus, je n'étais pas née pour le luxe: cette fortune, je ne la regrette même pas pour mes enfants ; pauvres, ils travailleront et n\u2019en seront que plus heureux.Si je pouvais ne penser qu\u2019à eux seuls, tous les pénibles souvenirs s\u2019effaceraient.Mais entre eux et moi se dresse Etienne Denizot; le voilà, Mercédès, le voilà, le fantôme qui m\u2019épouvante ! « La nuit dernière, dans la voiture qui m\u2019a amenée ici, j\u2019étais assise à côté de M.Daubrun et Etienne était en face de moi.Nous étions dans une demi-obscurité, mais son regard ardent m\u2019enveloppait et je me sentais comme fascinée , moi, je n\u2019osais le regarder, il me semblait que dans mes yeux il aurait lu mon secret.«Je ne saurais vous dire jusqu\u2019à quel point j\u2019étais troublée, bouleversé - : pendant tout le trajet je fus comme sur des charbons enflammés et cependant, \u2014 chose affreuse à révéler, \u2014 j: me sentais heureuse, ravie d\u2019être près de lui.« Il a parlé, longuement parlé, racontant comment il vous avait rencontrée à Bellombe.comment, grâce à Miro, il avait découvert mes ravisseurs ; je l\u2019écoutais avidement, frémissante, extasiée, dans une espèce d\u2019ivresse ; sa voix résonnait délicieusement à mes oreilles elle avait des intonations, des inflexions troublantes qui faisaient vibrer toutes les cordes de mon coeur et captivaient mon âme.« Ah ! Mercédès, si à ce moment il m\u2019eût prise dans ses bras, oubliant tout, je lui aurais crié: «Je t\u2019aime!» Mercédès, Mercédès, que Dieu et mes enfants me défendent contre ma faiblesse ! \u2014 Ma chère Paule, répondit la Papillonne, Dieu vous protège ; n\u2019en doutez pas, il a ses intentions et tout ce qu\u2019il lait il est bien fait.La comtesse regarda la danseuse avec surprise.Ne pouvant comprendre le sous-entendu de ses étranges paroles, COMMENCE DANS LE No DU 28 MAI 1949 Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.elle semblait lui demander l\u2019explication de ce qu\u2019elle avait voulu dire.Mais, pour toute réponse, Mercédès embrassa Paule.A ce moment, un garçon de l\u2019hôtel vint demander aux voyageuses ce qu\u2019elles désiraient qu\u2019on leur servît à déjeuner.Ayant consulté la comtesse, Mercédès donna ses ordres au garçon.A dix heures et demie, comme il l\u2019avait annoncé, M.Daubrun arriva avec son greffier.La comtesse fit sa déposition que le greffier rédigea et qu\u2019elle signa.\u2014 Ceci nous suffira, madame la comtesse, dit le juge d\u2019instruction, et nous vous éviterons l\u2019ennui de paraître à l\u2019audience où sera jugée cette grave affaire.Nous avons six complices, trois sont entre les mains de la justice et les trois autres ne tarderont pas à être arrêtés.\u2014 Est-ce que vous allez faire arrêter M.de Miray ?\u2014 Non, madame la comtesse ; pour des raisons que votre amie pourra vous faire connaître dès demain, quand vous serez arrivées à Saint-Amand, M.de Miray ne peut pas être mis en état d\u2019arrestation.Il était près d\u2019une heure lorsque M.Daubrun se retira.\u2014 Maintenant, dit Mercédès, nous n\u2019avons plus rien à faire à Grenoble.\u2014 Plus rien, fit Paule.\u2014 Vous plaît-il que nous partions ce soir ?\u2014 Je voudrais être déjà auprès de mes enfants et de mes parents.\u2014 Ne craignez-vous pas la fatigue du voyage ?Un doux sourire effleura les lèvres de la comtesse.\u2014 Le voyage que j\u2019ai fait, il y a huit jours, répondit-elle, était autrement fatigant et pénible, et il n\u2019a pas été au-dessus de mes forces.\u2014 Eh bien ! Paule, c\u2019est dit, nous partirons ce soir ; d\u2019ailleurs, nous pourrons nous reposer quelques heures à Lyon et, s\u2019il le faut, quelques heures aussi à Mâcon.Tout à l\u2019heure j\u2019enverrai un garçon à la gare pour nous louer un coupé.Etienne s\u2019était rendu avec une voiture à la Tour du Moine où il étaii attendu, comme nous le savons, par l\u2019agent de police Richomme.Les malles furent vite remplies, fermées et chargées sur la voiture.L\u2019agent ferma toutes les portes de la tour, la porte de fer, mit les clefs dans sa poche et accompagna Etienne jusqu\u2019à la gare la plus rapprochée où les malles furent eépédiées en grande vitesse à l\u2019adresse de M.Jacques Pérard à Saint-Amand, en gare de Beaune Etienne et son compagnon revinrent à Grenoble et se séparèrent.Etienne alla tout d\u2019abord faire une courte visite à M.Daubrun, qu\u2019il trouva très occupé, puis revint à l\u2019hôtel des Alpes, régla son compte et, à quatre heures de l\u2019après-midi, il prenait le train de Lyon.Le lendemain, à onze heures, il était à Beaune, où sa voiture l\u2019attendait, car, de Lyon, il avait envoyé à sa mère une dépêche indiquant l\u2019heure de son arrivée à Beaune.Il demanda si les colis à l\u2019adresse de M.Pérard de Saint-Amand étaient arrivés.\u2014 Oui, par le train précédent, lui ré-pondit-on.La lettre d\u2019avis n\u2019était pas encore expédiée.Etienne s\u2019entendit avec le chef de gare pour que les malles fussent transportées le jour même à domicile et paya d\u2019avance la somme qui lui fut demandée.A deux heures, il arrivait à Saint-Amand.Mme Pérard, Pierre Rouget et les enfants étaient avec sa mère, l\u2019attendant.On l\u2019embrassa.Tout le monde maintenant était heureux.C\u2019étaient des larmes de joie que les mouchoirs essuyaient.\u2014 Et maman, et Miro ! demandaient Georges et Edouard.\u2014 Vous les reverrez bientôt, ils vont venir.A toutes les questions qu\u2019on lui adressa, et elles furent nombreuses, le jeune homme répondit aussi brièvement que possible, complétant ce qu\u2019il n\u2019avait pu dire dans sa lettre que l\u2019ancien sergent avait reçue le matin.\u2014 A moins, dit-il, que Mme de Ver-draine n\u2019ait été retenue toute la journée d\u2019hier à Grenoble, elle arrivera ce soir même ou demain dans la matinée, accompagnée de Mlle Mercédès.Il fit signe à Mélie, qui emmena les enfants.Alors il apprit au père Rouget et à sa fille que le comte de Verdraine était mort et raconta l\u2019épouvantable drame du château.Il y eut quelques instants de stupeur profonde.\u2014 Pour ma part, dit Mme Pérard, après tout ce qu\u2019il a fait endurer à ma pauvre Paule, je ne le regrette pas.\u2014 Après une si mauvaise vie, dit le vieillard, il devait avoir une triste fin.\u2014 Que Dieu veuille recevoir son âme ! murmura Mme Denizot.\u2014 Mme la comtesse ignore encore que son mari n\u2019existe plus, reprit E-tienne ; nous avons cru devoir lui cacher ce qui s\u2019est passé à Verdraine afin de ne pas lui causer une émotion dangereuse.Dans quelques jours, madame Pérard, vous lui apprendrez tout doucement ce terrible événement.Pierre Rouget et Mme Pérard se retirèrent, laissant les enfants jouer dans le jardin avec Mélie.A toutes les personnes quelle rencontra, la mère de Paule s\u2019empressa d\u2019annoncer la prochaine arrivée de sa fille, et la nouvelle se fut bientôt répandue dans tout le village.A dix heures, les malles, expédiées par les soins du chef de gare de Beau-ne, arrivèrent chez Jacques Pérard.\u2014 Il n\u2019y a rien à payer, dit le mes -sager.On lui fit boire un coup et Mme Pérard lui donna cinq francs de pourboire.Etienne avait remis les clefs des malles à la mère de Paule ; elle les ouvrit, plaça les effets et le linge sur une grande table et des chaises, puis se mit en devoir de remplir une armoire.Elle fut aidée dans son travail par Mélie qui ramenait Georges et Edouard.\u2014\tComme ça, vois-tu, Mélie, quand elle arrivera elle trouvera tout en ordre.\u2014\tEn voilà-t-il du beau linge, madame Pérard, et de beaux habits ; quand on habillera ainsi les mignons, le dimanche, ils seront gentils à croquer.Un peu avant huit heures, Pierre Rouget arriva.Sa fille l\u2019avait invité à venir partager leur souper.D\u2019abord il fallut qu\u2019il vît toutes les choses serrées dans l\u2019armoire et ce qui n\u2019avait pas encore trouvé place.Ensuite on se mit à table, Edouard à côté de sa grand-mère, Georges entre l\u2019ancien sergent et son grand-père.Nous savons qu\u2019on avait caché à Jacques Pérard beaucoup de choses concernant sa fille ; mais il savait qu\u2019il allait enfin la revoir.Il était très gai.Depuis quelques jours, il allait dans ses vignes qui promettaient une abondante récolte ; il n\u2019était pas encore très fort, cependant il commençait à travailler un peu.\u2014 Si peu que je fasse, disait-il c\u2019est toujours ça.Tout en mangeant, les enfants babillaient, parlant de leur maman Paule, qui allait venir demain.Oh ! c\u2019était bien sûr, leur bon ami Etienne l\u2019avait, dit.\u2014 Voyez-vous, père, dit Jacques au vieillard, quelle vilaine figure je ferais à notre Paule si j\u2019étais encore cloué sur mon lit.Tout à coup on entendit le roulement d\u2019une voiture qui s\u2019arrêta devant la porte.Les regards se portèrent vers la fenêtre.Mme Pérard poussa un cri qui alla jusque dans la rue, se dressa comme mue par un ressort et s\u2019écria : \u2014 C\u2019est elle, c\u2019est ma fille ! \u2014 Maman, maman ! criaient les enfants en battant des mains.Les deux hommes avaient eu à peine le temps de se lever que déjà Mme Pérard s\u2019était élancée vers la voiture pour recevoir sa fille dans ses bras.Ce fut une étreinte passionnée, délirante, avec bruit de baisers, soupirs, petits cris étouffés, larmes, sanglots.Mais Georges et Edouard étaient là, tendant leurs petits bras et criant toujours : \u2014 Maman ! maman ! Mme Pérard permit enfin à sa fille d\u2019embrasser ses chers petits.Elle les prit dans ses bras, comme elle l\u2019avait fait tant de fois, resta un instant à les contempler, puis elle les étreignit fortement et les couvrit de baisers.Les pauvres petits ne pouvaient que répéter : \u2014 Oh ! maman.Oh ! maman ! Miro se frottait contre eux, ayant l\u2019air de leur dire : « Mais je reviens aussi, moi, irêtes-vous donc pas contents de me revoir ?» Paule se jeta ensuite dans les bras de son père et de l\u2019aïeul, pendant que Mme Pérard, prenant la main rie Mercédès, la faisait entrer dans la maison.La danseuse fut accueillie avec un peu de gêne peut-être, mais avec beaucoup de cordialité.Le reste de la soirée s\u2019acheva gaic-^.ment.Les parents laissèrent éclateur sans contrainte la joie qu\u2019ils éprou-^ Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 57 vaient de revoir enfin leur fille bien-¦^poimée.^ Mme Pérard ri\u2019avait pas un lit à donner à la Papillonne; elle alla coucher chez Pierre Rouget dans l\u2019ancienne chambre de la belle Paule.Le lendemain elle eut un entretien avec la comtesse, lui apprit qu\u2019elle était veuve et comment son mari et M.de Miray étaient morts.Elle resta assez longtemps sous le coup du saisissement et en proie à une émotion violente.Des larmes jaillirent de ses yeux.Ce fut tout.Si elle avait un regret, ce ne pouvait être que celui d\u2019avoir uni sa destinée à celle de cet homme, qui lui avait fait connaître toutes les doiûeurs.Mercédès fit ensuite à Etienne et à Mme Denizot la visite que ceux-ci attendaient.On parla de la comtesse et de ses enfants, mais d\u2019une façon très réservée et sans qu\u2019il fût fait allusion au passé.La Papillonne, non moins discrète que le jeune homme, ne prononça pas une parole qui pût lui faire soupçonner qu\u2019il fût aimé.A deux heures, la voiture qui avait amené la veille Paule et Mercédès, vint prendre la jeune fille pour la ramener à Beaune.On aurait bien voulu la garder plusieurs jours ; mais elle ne pouvait pas rester, avait-elle prétendu ; elle était attendue à Paris.XV HUIT ANS APRÈS Les choses les mieux cachées finissent toujours par se découvrir ; les malheurs de la belle Paule étaient connus maintenant à Saint-A-mand, et ils étaient assez grands et elle avait assez souffert pour qu\u2019on ne lui refusât point de nombreux témoignages de sympathie.Du reste, les jalousies, les rivalités, les inimitiés d\u2019autrefois n\u2019existaient plus, pas même à l\u2019état de souvenirs.D autres jeunes filles avaient remplacé les anciennes compagnes de Paule Pérard, mariées maintenant et mires de famille.Le temps qui use, efface, détruit toutes choses, est aussi un pacificateur; il éteint les plus terribles rancunes.La comtesse Paule eut cette satisfaction de trouver des sympathies même parmi ceux qui avaient été ses ennemis.Les journaux de l\u2019Isère s\u2019étaient occupés du drame de Verdraine pendant plusieurs jours et tout ce qu\u2019ils avaient raconté avait été reproduit par un journal de Bijon ; on avait appris ainsi que le comte de Verdraine s\u2019était suicidé après avoir tué son ancien ami, M de Miray, devenu le propriétaire du domaine de Verdraine.On savait d\u2019autre part que le comle avait dilapidé follement sa fortune et que la comtesse Paule était revenue à Saint-Amand aussi pauvre qu\u2019elle l\u2019était avant son mariage.Certes, elle ne pouvait plus exciter aucune jalousie et l\u2019on plaignait sincèrement la mère et les deux orphelins.La première sortie de Paule avait été pour faire une visite chez Mme Denizot.Aller remercier l\u2019excellente femme des bontés qu\u2019elle avait pour ses enfants, et Etienne des preuves de dévouement qu\u2019il lui avait données était bien le moins qu\u2019elle pût faire ; c\u2019était un devoir de reconnaissance à remplir.Elle avait emmené Georges et Edouard el s\u2019était fait accompagner par sa mère.Elle lut reçue très aff ctueusement et gracieusement, Mme Denizot l\u2019invita à revenir.Cependant, elle s\u2019en tint à cette unique visito ; mais elle n\u2019empêchait point ses enfants d\u2019aller chez Mme Denizot chaque fois que Mélie venait les chercher., 4fcSur le désir de Pierre Rouget, Paul?» c ses enfants étaient allés demeurer chez le vieillard.La comtesse s\u2019était bravement remise au travail et était redevenue une ménagère.Elle était toujours triste, souvent songeuse, mais elle ne faisait jamais entendre une plainte et paraissait contente.Elle cherchait à oublier et plus encore, peut-être, à se guérir de l\u2019amour dont elle souffrait.Inutiles efforts, l'amour s\u2019était profondément enraciné dans son coeur et elle sentait bien qu\u2019elle ne parviendrait jamais à l\u2019en arracher.Hélas ! son coeur, par lequel elle avait tant souffert, n\u2019avait pas assez de sa tendresse maternelle.Oh ! avec quel soin elle cachait son secret ! Souvent et secrètement elle pleurait, maudissant sa destinée et regrettant amèrement ses folles ambitions de jeune fille.On voyait en elle une veuve inconsolable, et sa tristesse, s's larmes, dont elle ne parvenait pas toujours à effacer les traces, étaient causées par la douleur qu\u2019elle éprouvait de la perte de son mari, Etienne lui-même croyait qu\u2019elle regrettait le comte de Ver-draine.Elle vivait très retirée, n\u2019allait chez personne et recevait rarement des visites.Ce n\u2019était pas fierté, mais plus que jamais elle se plaisait dans la solitude.Elle ne voulait pas de distraction, comme si elle eût trouvé un âpre plaisir à se concentrer en elle-même, à être seule avec ses pensées.On la voyait à la messe, le dimanche, ayant ses enfants près d\u2019elle.Ce jour- là, Pierre Rouget recevait son gendre et sa fille ;on passait la soirée en famille.On ne parlait pas plus du comte de Verdraine que s\u2019il n\u2019eût jamais existé ; les enfants sux-mêmes semblaient ne plus se souvenir de leur père ; il est vrai que Paule ne piononçait jamais son nom devant eux.Le silence des parents avait une double raison : ils craignaient de raviver les douleurs de la comtesse; et puis il y avait plus d\u2019amertume et de colère contenue dans leur mutisme que d\u2019indifférence.Ils ne pardonnaient pas au mort d\u2019avoir rendu leur fille malheureuse.En revanche, ils ne se gênaient point pour faire l\u2019éloge d\u2019Etienne Denizot.Quel brave garçon, quelle belle nature, quel bon coeur ! il avait tout pour lui ; ils le portaient aux nues ! Et ils ne s\u2019apercevaient pas qu\u2019ils faisaient horriblement souffrir la malheu -reuse et que de chacune de leurs paroles sortait une pointe acérée qu\u2019ils enfonçaient dans son coeur.Georges et Edouard faisaient, eux aussi, à leur manière, l\u2019éloge d\u2019Etienn?.\u2014 Nous aimons bien notre ami Etienne, disaient-ils ; il nous aime bien aussi, lui ; mais il ne veut jamais rester avec nous ; il nous embrasse et puis tout de suite il s\u2019en va.Parfois on dirait qu\u2019il va se mettre à pleurer ; tiens, comme toi, maman.Un jour que Paule tenait Edouard sur ses genoux et l\u2019embrassait, il lui dit tout à coup : Dis donc, maman, je voudrais que mon ami Etienne soit mon papa ! Déjà les enfants avaient dit les mêmes paroles au jeune homme.La comtesse tressaillit et devint affreusement pâle.Elle laissa ses entants et alla pleurer dans sa chambre Etienne ne cherchait pas à voir Paule ; il semblait éviter, au contraire, de se trouver en sa présence ; pourtant cela arrivait de temps à autre, quand le jeune homme passait devant la maison de Pierre Rouget et que celui-ci l\u2019appelait.Etienne ne pouvait se dispenser d\u2019entrer ; il ne voulait point avoir l\u2019air d\u2019un sauvage et moins encore se montrer ridicule.La jeune femme se composait vite un visage de circonstance et s\u2019efforçait de paraître calme.Elle l\u2019accueillait comme un vieil ami, lui tendait la main, lui demandait des nouvelles de sa mère.On parlait de choses et autres, évidemment fort indifférentes à tous deux ; mais il fallait bien dire quelque chose.Us étaient embarrassés et osaient à peine se regarder.Paule tremblait de se trahir.Etienne remarquait, sans en pouvoir deviner la cause, de singulières rougeurs sur le visage de la comtesse, et il s\u2019imaginait qu\u2019il lui déplaisait de le voir.Aussi abrégeait-il sa visite.Un mot aurait suffi pour amener une détente ; ce mot Etienne l\u2019avait sur les lèvres, mais ne le prononçait point, toujours retenu par la froideur apparente de la jeune femme.Il avait beau se dire : \u2014 Ce serait son intérêt et celui de ses enfants.Persuadé que Paule ne l\u2019aimait pas.ne pourrait jamais l\u2019aimer, il repoussait tout espoir.D\u2019un côté la réserve de la comtesse, de l\u2019autre le respect qu\u2019elle lui inspirait, paralysaient les élans de son âme, laissaient debout la barrière qui était entre eux, que tous deux auraient voulu voir brisée, et qui empêchait l\u2019union de deux coeurs qui s\u2019appelaient et s\u2019élançaient l\u2019un vers l\u2019autre.On savait à Saint-Amand que le jeune homme n\u2019avait jamais cessé d\u2019aimer la belle Paule et l\u2019on s\u2019occupait de la jeune veuve et de son amoureux.\u2014 Vous verrez, disait-on, que cela finira par un mariage.Etienne l\u2019aime toujours et il n\u2019abandonne pas ses espérances d\u2019autrefois.\u2014 Seulement elle a deux enfants.\u2014 Mais Georges et Edouard seraient les fils d\u2019Etienne qu\u2019il ne les aimerait pas davantage.\u2022\u2014 D\u2019ailleurs, elle est pauvre et il est riche l\u2019épouser est ce qu\u2019elle a de mieux à faire.\u2014 Elle peut lui accorder cette récompense.Il l\u2019a méritée.On ne peut pas dire qu\u2019il n\u2019a pas été fidèle à son premier amour, celui-là.Combien d\u2019autres à sa place auraient fini par se marier ! \u2014 En vérité, on serait tenté de croire qu\u2019il savait qu\u2019elle deviendrait veuve et qu\u2019il l\u2019attendait.Tout ce qui se disait arrivait aux oreilles d\u2019Etienne ; cela l\u2019attristait et le contrariait.Bien qu\u2019il n\u2019y eût rien de malveillant dans ces commérages, et qu'il n\u2019y pût voir, au contraire, que des marques de sympathie, il n\u2019admettait pas que les gens s\u2019occupassent de choses qui ne les regardaient point.Co qu\u2019il redoutait surtout, disons-le, c\u2019était que la comtesse pût éprouver un mécontentement à cause de lui.Paule, en pensant à Mercédès, qui lui avait donné tant de preuves d'amitié, s\u2019était rappelée que la jeune Espagnole lui avait dit que dans son affection il y avait autre chose que la dette de reconnaissance contractée envers l\u2019ancien soldat du Trocadéro.A ce sujet, elle avait interrogé Mercédès et la jeune fille lui avait répondu.\u2014 Vous saurez cela plus tard; j\u2019ai des raisons pour garder le silence quant à présent.Votre grand-père sait tout ; si vous n\u2019apprenez pas par lui ce que je vous cache aujourd'hui, ce sera moi qui vous le dirai.Il y avait donc un secret ; quel était-il ?Pour la comtesse, Mercédès était encore presque une inconnue.Elle savait qu\u2019elle habitait à Paris.Mais de cette jeune fille, qui était devenue son amie, elle ne savait que cela, En voyant les dépenses quelle faisait, elle avait pu supposer qu\u2019elle avait une certaine fortune ou qu\u2019elle gagnait beaucoup d\u2019argent.Mais, enfin, quelle était donc cette chose mystérieuse que son grand-père connaissait et que Mercédès lui avait cachée ?Or, un matin, la comtesse avait interrogé Pierre Rouget au sujet de Mercédès.Le vieillard hésitait à parler.\u2014 Je ne sais rien d\u2019elle, absolument rien, dit Paule, avec moi elle a toujours, été mystérieuse.Pourquoi ?Je n\u2019ignore pas qu\u2019il y a un secret dans son existence, qu\u2019elle n'a pas voulu me révéler; ce secret, grand-père, tu le connais, et Mercédès m\u2019a dit que je le saurais par toi.Tu vois que tu peux parler sans crainte.\u2014 C\u2019est vrai, je connais le secret de Mercédès ; seulement.\u2014 Eh bien ?\u2014 Je suis embarrassé; je ne sais pas si je dois.\u2014 Voyons, grand-père, est-ce que Mercédès serait, comme j\u2019en ai eu la pensée, une.une femme entretenue ?\u2014 Il y a un peu de cela, mais elle est dans une belle position et n\u2019a pas besoin qu\u2019un homme lui donne de l\u2019argent.\u2014 Tu dis qu\u2019elle est dans une belle position 7 \u2014 Oui.\u2014 Alors, elle est riche ?\u2014 Je ne sais pas si elle a actuellement une fortune acquise, mais elle gagne quatre-vingts ou cent mille francs par an.\u2014 Mas que fait-elle donc?\u2014 Elle est danseuse à l\u2019Opéra.\u2014 En vérité! exclama Paule.Mais alors, grand-père, elle connaît cett.¦ fameuse Flora qu\u2019on a surnommé la Papillonne ?\u2014 Oui, elle la connaît, et même très bien.Ecoute, Paule, Flora la Papillonne, c\u2019est Mercédès.\u2014 Dieu ! est-ce possible ?\u2014 Voilà, Paule, ce qu\u2019elle ne pouvait pas te dire.\u2014 Oh! la malheureuse, la malheureuse ! \u2014 Paule, ne te hâte pas de la juger, tu le ferais trop sévèrement.Mercédès d\u2019Argélias a trouvé grâce devant moi comme devant Etienne, sa mère et Mélie qui, eux aussi, savent tout, Mercédès, ou si tu aimes mieux, Flora la Papillonne, n'a jamais été alliée au com'e de Verdraine comme on l\u2019a cru à Paris.Le vieillard raconta alors à la comtesse comment il avait appris d\u2019abord pa \u2022 Etienne que le comte de Verdraine était à Paris où, après que Mme d?RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS La jolie paysanne Paule Pérard était destinée à marier un jeune homme riche, le comte Maxime de Verdraine, alors qu\u2019un loyal garçon, Etienne Denizot l\u2019adorait.Après quelques années de mariage, le comte, facile n tous les entraînements, butina de fleurs en fleurs, au point qu\u2019il perdit une bonne partie de sa fortune, abandonna sa femme et ses enfants.Les papillons finissent toujours par se binder les ailes à cette flamme qui les attire.Paule Pérard connut de mauvais jours qu\u2019elle sut endurer avec résignation dans l\u2019espoir que Dieu la récompenserait, un jour.L\u2019auteur nous présente des péripéties, où le vice est très souvent puni.C\u2019est la vie avec ses cruautés et ses privations! 58 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 Brogniès fût devenue folle, il avait pris pour protégée, \u2014 c\u2019était ce que l\u2019on croyait, \u2014 une danseuse appelée Flora la Papillonne comment il avait su ensuite que la danseuse Flora n\u2019était autre que Mercédès, la fille d\u2019Inès Ramon.Pierre Rouget continua son récit par le voyage qu\u2019il avait fait à Paris accompagné de Mélie, et rapporta, dans ce quelle avait d\u2019essentiel, la conversation qu\u2019il avait eue avec la danseuse.La comtesse avait écouté silencieusement, en proie à une émotion poignante.Elle n\u2019était ni vindicative ni haineuse; dans aucun cas elle n\u2019aurait pu rendre le mal, et cependant elle comprenait que Mercédès eût accompli cette oeuvre de vengeance terrible.\u2014 Eh bien ! tu ne dis rien ?fit Pierre Rouget, voyant que Paule, songeuse, gardait le silence.\u2014 Hélas ! je n\u2019ai rien à dire.\u2014\tTu penses que Mercédès est coupable ?\u2014\tJe ne sais pas.Si elle est coupable, c'est, comme elle vous l\u2019a dit, une affaire entre elle et Dieu.Moi, je pardonne !.Je veux me souvenir seulement de ce que Mercédès a fait pour moi.La mort tragique du baron de Miray, suivie immédiatement du suicide du comte de Verdraine, avait causé une profonde émotion à Grenoble.La population avait été frappée de stupeur.Et quand, presque aussitôt, on avait appris l\u2019attentat dont la comtesse Paule avait été victime, sa séquestration dans la Tour du Moine, l\u2019émotion avait encore grandi, et l\u2019on s\u2019était livré à toutes sortes de commentaires.Pour tout le monde, le comte avait vengé sa femme et il n\u2019était plus aussi coupable qu\u2019on l\u2019avait cru tout d\u2019abord.Et si, dans les premiers instants, on s\u2019était apitoyé sur la triste fin du baron millionnaire, il n\u2019y eut bientôt plus personne pour déplorer sa mort.C\u2019était un misérable, il devait finir comme finissent les misérables.Précédée du drame de Verdraine, l\u2019instruction de l\u2019affaire de l\u2019enlèvement devrait exciter au plus haut point la curiosité publique.Pendant deux mois on ne s\u2019occupa que de cela.L\u2019affaire de la religieuse, \u2014 on l\u2019appelait ainsi, \u2014 prenait des proportions d\u2019une cause célèbre, et l\u2019intérêt qui s\u2019attachait à la personne de la comtesse Paule et à ses malheurs passionnait même les plus indifférents.Les bandits payés par M.de Miray étaient six ; sur les indications fournies par Ernestine Pacaud, le cocher Brunet et les deux autres complices avaient été arrêtés quelques jours après la délivrance de la comtesse.On avait pensé d\u2019abord que la fille Pacaud, l\u2019ex-religieuse, était la principale coupable : mais l\u2019instruction ne tarda pas à découvrir que le chef de la bande était Ernest Bargoin.C\u2019était lui qui avait été en relations directes avec M.de Miray, qui avait choisi et payé ses associés, qui avait tout conduit.On sut le rôle qu\u2019il avait joué à Bel-lombe sous le nom de Julien Forestier, se disant ingénieur au service de la Compagnie des chemins de fer économiques.Fils d\u2019un maître maçon, il avait fait de bonnes études ; il avait appris le dessin, la géométrie, la mécanique et était entré, jeune encore, comme conducteur de travaux, chez un entrepreneur de travaux publics.Pendant quelques années, il avait bien marché ; sa situation était bonne : pour arriver, il n\u2019avait qu\u2019à travailler.Mais peu à peu il se livra à la débauche ; le jeu et les femmes le perdirent.Il commit plusieurs détournements au préjudice de son patron, qui le chassa honteusement.Il était devenu voleur, il resta.Il essaya cependant de se replacer, mais il était connu, on ne voulut plus de lui nulle part.Alors, il dut vivre d\u2019expédients et devint un chevalier d\u2019industrie.En homme habile, il pratiqua l\u2019escroquerie sur une vaste échelle; il fut le directeur d\u2019une de ces agences financières qui n\u2019ont d\u2019autre but que de s\u2019emparer de l\u2019épargne des naïfs et des niais ; il fit de la fausse monnaie; il était grec dans les tripots et ne dédaignait pas, à l\u2019occasion, de s\u2019associer à des dévaliseurs de maisons.Tel était l\u2019homme que M.de Miray avait rencontré un jour à Lyon, dans un salon interlope, et dans lequel il avait reconnu un grec, en perdant an jeu quelques milliers de francs.Sachant parfaitement que Bargoin était un homme à faire n\u2019importe quelle vilaine besogne, le baron l\u2019avait retrouvé pour lui confier la mission que nous savons.C\u2019était Bargoin qui avait présenté à M.de Miray Romain, un autre dangereux coquin, qui ne vivait, lui aussi, que d\u2019escroqueries et de vols.C\u2019était Bargoin qui avait enrôlé les autres chenapans, complices du rapt ; c\u2019était lui qui avait loué la chaise de poste et les chevaux de relais.On calcula que l\u2019enlèvement de la comtesse n\u2019avait pas coûté moins de quarante mille francs à M.de Miray.Etait-ce l\u2019amour ou la haine qui avait fait agir le baron ?Peut-être l\u2019un et l\u2019autre.L\u2019affaire de la religieuse eut son dénouement à la cour d\u2019assises.Ernest Bargoin fut condamné à huit ans de travaux forcés ; Ernestine Pacaud à cinq ans de réclusion et Romains également à cinq ans de réclusion : les autres chacun à deux ans de prison.XVI DÉNOUEMENT Près d\u2019une année s\u2019était écoulée.La comtesse Paule arrivait à la fin de son deuil et allait pouvoir quitter le long voile de crêpes des veuves.Rien n\u2019était venu modifier en quoi que ce soit la tranquillité monotone de son existence.Entre elle et Etienne la situation restait la même.Elle avait voulu prendre part au travail des champs, aller à la vigne, comme autrefois ; mais ses parents s\u2019y étaient absolument opposés ; ils n\u2019en étaient pas à avoir besoin des bras de leur fille, Dieu merci.Paule partageait son temps entre les soins à donner au ménage, des ouvrages de couture et l\u2019instruction de ses fils, celle de Georges surtout, très avancé pour son âge, et pour qui le moment d\u2019entrer au lycée était venu.Mais, hélas ! Paule ne pouvait placer ses fils ni au lycée, ni même dans un collège ; il lui manquait la chose essentielle, l\u2019argent.\u2014 C\u2019est grand dommage, se disait-elle tristement, car on pourrait faire quelque chose de Georges et de son frère.Elle souffrait de se trouver dans l\u2019impossibilité de faire pour ses enfants ce qu\u2019elle aurait voulu.Un jour qu\u2019elle parlait de cela à Pierre Rouget, le vieillard lui dit que Mme Denizot et Etienne avaient déclaré que Georges d\u2019abord et Edouard ensuite seraient mis par eux aux lycée et qu\u2019ils se chargeraient de tous les frais de leur éducation.L'EXISTENTIALISME A L'ECRAN [ Suite de la page 29 ] or son film retrace la vie de quelques jeunes faisant partie de ce qu\u2019on a appelé \u201cla faune de St-Germain-des-Prés\u201d.Il y a réuni les deux tendances de cette jeunesse : les imaginatifs et les réalisateurs.Pour les premiers, il a pris ses exemples parmi les innombrables élèves des cours d\u2019art dramatique dont le nombre sans cesse augmente à Paris comme ailleurs (beaucoup d\u2019appelés et peu d\u2019élus, comme il dit lui-même 1) Pour les seconds, il s\u2019est inspiré de l\u2019exemple d\u2019un jeune, Noël Baillif, et de ses compagnons qui réalisèrent leur rêve et, devenus explorateurs, partirent réellement en mission chez les pygmées.Tous se rencontraient au \u201cLorientais\u201d et semblaient identiques.Dans le film, les deux tendances s\u2019affrontent et la rupture se produit entre ceux qui deviendront réellement des hommes d\u2019action, et ceux qui demeuront des rêveurs, des velléitaires.Pour l\u2019interprétation, Becker n\u2019eut que l\u2019embarras du choix.Parmi des centaines de candidats pris sur place à St-Germain-des-Prés, il en sélectionna soigneusement une vingtaine.Quelques acteurs déjà connus renforcèrent les effectifs: Daniel Gélin, qui jouera le rôle du futur explorateur, Bernard La Garrige, Pierre Trabaud, et d\u2019autres moins connus qui devront beaucoup à \u201cRendez-vous de Juillet\u201d.Les principaux rôles féminins sont tenus par Brigitte Auber et Nicole Courcel.Parmi les acteurs moins importants, on trouvera encore Alain Pineau, fils d\u2019un ancien Ministre du Ravitaillement, la fille d\u2019un général et.les trois enfants de Becker eux-mêmes ! Louis Seignier, de la Comédie Française, jouera le rôle de professeur d\u2019une école d\u2019art dramati- que, et Gaston Modot celui d\u2019un professeur au Musée de l\u2019Homme.Le film se déroulera dans le décor fidèlement reconstitué de la cave du \u201cLorientais\u201d, sur la scène d\u2019un théâtre, chez les parents de quelques jeunes, dans une école d\u2019art et dans l\u2019atelier d\u2019un peintre.Il comportera plus de vingt minutes de musique de jazz par Claude Luter, renforcé de Rex Stewart, le fameux trompette noir.Boogie-woogie, jitterbug, surprise-parties, rendez-vous divers donneront l\u2019ambiance aux \u201cRendez-vous de Juillet\u201d .L\u2019atmosphère des prises de vues frappe par son esprit de jeunesse.Becker, dont l\u2019autorité se fait toute paternelle, est aimé de tous et c\u2019est pourquoi l\u2019on travaille ferme sans qu\u2019il ait à élever la voix, ce dont il a horreur.Un exemple de cette ambiance durant une répétition, Gaston Modot amorce une scène; Becker le suit, attentif et déclare: \u201cGrosso modo, c\u2019est ça .puis se retourne parce qu\u2019un rire a fusé ! Il n\u2019avait vraiment pas pensé à faire un jeu de mot.Le film donc tente de faire comprendre aux profanes \u2014 et aux plus grands ! \u2014\u2022 l\u2019âme d\u2019une jeunesse dégoûtée par l\u2019âpreté de ce quelle a vu.Et la compréhension n\u2019est-elle pas au fond le premier pas vers la réhabilitation ! De toutes façons, n\u2019est-il pas plus fécond d\u2019essayer d\u2019interpréter son état d\u2019esprit et les excentricités qui peuvent en découler que de la condamner à priori ! \u201cRendez-vous de Juillet\u201d aura certainement plus de portée que tous les jugements hâtifs et parfois partiaux proférés à l\u2019égard d\u2019une jeunesse dont le principal tort est d\u2019avoir eu vingt ans au lendemain d\u2019une deuxième guerre mondiale ! \u2014 Paroles en l\u2019air, répondit Paule dans tous les cas, grand-père, tu pen ses bien que si cette proposition m\u2019était faite, je ne l\u2019acoepterais point.Mais Etienne et sa mère ne parlaient plus de rien et l\u2019on pouvait supposer que ce qu\u2019ils avaient dit n\u2019était réellement que paroles en l\u2019air.Cependant ils avaient toujours les mêmes idées, mais comme il n\u2019y avait pas péril en la demeure, Georges n\u2019ayant que huit ans, et que, d\u2019autre part, ils sentaient bien que le consentement de la comtesse serait difficile à obtenir, ils ne se pressaient pas de faire connaître leurs projets.La comtesse causait volontiers avec Mélie, dans une sorte d\u2019intimité, lorsque celle-ci venait chercher Georges et Edouard ou les ramenait.La grande affection de la servante pour les enfants lui avait valu l\u2019amitié de la mère, et la comtesse ne traitait point Mélie comme une domestique.Aussi la pauvre bossue, ne lui était pas moins dévouée qu\u2019elle l\u2019était à ses maîtres.Paule n\u2019avait pas oublié la démarche que Mélie avait faite auprès d\u2019elle quelques jours avant son mariage, et elle en gardait à son ancienne et implacable ennemie, secrètement, une vive reconnaissance.Un matin, Mélie trouva la comtesse seule.Le père Rouget était allé faire une promenade au bord de la rivière et avait emmené les enfants.\u2014 Je vais les attendre, dit Mélie.\u2014 Comment va Mme Denizot ?demanda Paule.Elle parlait jamais d\u2019Etienne, tant elle avait peur de laisser deviner son secret.\u2014 Elle va bien, merci, répondit Mélie.Mais voyez-vous, madame Paule, ma bonne maîtresse n\u2019est pas heureuse comme elle mérite de l\u2019être.\u2014 Pourquoi cela ?\u2014 Il lui manque quelque chose.\u2014 En vérité, je vois pas ce qui peut manquer à Mme Denizot.\u2014\tCe qui lui manque, madame Paule, c\u2019est une bru, comme ce qui manque à M.Etienne, c\u2019est une femme.La comtesse ne put s\u2019empêcher de tressaillir.\u2014 Mais pourquoi ne se marie-t-il pas ?fit-elle.\u2014\tPourquoi, pourquoi ?vous le savez n\u2019y a qu\u2019une seule femme au monde qu\u2019il puisse placer à côté de sa mère ; oh ! si celle-là le voulait, M.Etienne aussi bien que moi, madame Paule ; il ne dirait plus comme toujours : je ne veux pas me marier, je veux rester garçon ! La comtesse, devenue très pâle, baissa la tête.\u2014\tMadame Paule, reprit Mélie, devenant tout à fait hardie, il y a neuf ans bientôt que vous vous êtes mariée ; ce jour-là, au moment où vous entriez dans l\u2019église au son des cloches qui carillonnaient, M.Etienne a voulu se tuer de désespoir ; sa mère et moi avons arrêté son bras.« Et voulez-vous savoir les paroles qui ont produit le plus d\u2019effet sur lui ?Je lui ai dit : « \u2014 Monsieur Etienne, vous n\u2019avez pas le droit de vous tuer, vous devez vivre pour ceux qui vous aiment et que vous aimez, même pour celle qui est maintenant la comtesse de Verdraine, car qui sait si, avant qu\u2019il soit longtemps, elle n\u2019aura pas besoin de vous?« Depuis, madame Paule, M.Etienne n\u2019a pas cessé un instant de penser à vous ; voyons, dites, est-ce qu\u2019il n\u2019a pas mérité que vous l\u2019aimiez un peu ?\u2014\tMélie, je vous en prie.balbutia comtesse visiblement troublée.[ Lire la fin au prochain numéro ] SEIZIEME EPISODE L.bien déterminés, Hal Franlin et Lark Benson poussèrent leurs chevaux en un galop furieux à la poursuite de Bronco.Le fier étalon filait, défiant les efforts des deux jeunes gens.2.Tout ce qu'ils pouvaient faire était de maintenir la même distance entre eux et leur proie possible.La course continua ainsi, pendant des milles.Lark poussa, soudain, un cri triomphant.3.\u201cMaintenant, nous le tenons!\u201d dit-il à Hal.\u201cVois ce précipice là-bas?Ceci l\u2019arrêtera!\u201d Et il semblait avoir entièrement raison de parler ainsi, car Bronco se trouvait maintenant face à une gorge profonde, avec des falaises rocheuses de chaque côté.Mais la vaillante bête n\u2019arrêta même pas sa course.4.Ignorant la peur, sans flancher, Bronco, courut jusqu\u2019au bord de l\u2019abîme, puis sauta.Comme un oiseau gracieux, il s\u2019éleva dans l\u2019air et passa par-dessus le précipice pour arriver de l\u2019autre côté.Lark et Hal arrêtèrent leurs bêtes et regardaient, médusés.Ils n\u2019en croyaient pas leurs yeux.k 5.\u201cIl ne réussira pas\u201d, dit Hal, anxieux.Car, malgré leur désir de connaître le secret de Bronco, aucun d\u2019eux ne désirait la perte de l\u2019animal.Les yeux fascinés, ils observaient le saut désespéré.6.Ils ne purent retenir un cri d\u2019admiration, en voyant Bronco atteindre l\u2019autre falaise.Les sabots d\u2019arrière s\u2019agrippèrent solidement puis, bien campé, il rejeta sa tête fière, semblant les narguer.7.\u201cIl rit de nous et il a bien raison de le faire\u201d, dit Lark.\u201cIl est merveilleux, il n\u2019existe pas une autre bête semblable!\u201d Ils n\u2019osèrent pas tenter le saut eux-mêmes et continuèrent leur route.M 8.Ils n\u2019allèrent pas très loin avant de trouver ce qu\u2019ils cherchaient: un moyen de traverser le précipice.Un tronc d\u2019arbre avait été jeté entre les deux falaises.Il était solide et assez large pour y passer.9.Mais il fallait être prudent.Lark s\u2019engagea d\u2019abord, suivi de son cheval, Hal venait ensuite avec le sien.Soudain, un coup de feu retentit et le cheval de Hal fit un écart, fit perdre pied à son maître.10.Spike Anson et Plug Clark étaient revenus et l\u2019un d\u2019eux avait fait feu, effrayant le cheval de Hal.Lark poussa un cri, en voyant son ami qui tombait.Il appréhenda le pire pour lui.11.Mais Hal fut assez chanceux, malgré tout.Il s\u2019agrippa à une branche qui pendait.Quoique l\u2019effort semblât disloquer ses bras, il réussit à s\u2019y maintenir des deux mains.Mais sa position était précaire et les deux bandits continuaient de tirer.\u201cTiens bon, Hal\u201d, cria Lark, \u201cje traverse les chevaux et reviendrai à toi\u201d.12.C\u2019était une besogne qui demandait du temps, en quelques secondes, Lark mit les chevaux en sûreté sur la falaise.Puis vint la seconde tâche, formidable celle-là, secourir Hal.Avançant sur ses deux genoux et une main sur le tronc d\u2019arbre, de l\u2019autre main il tirait sans arrêt sur les deux bandits.\t(A suivre) MA PAROLE .'/IS SE O/R/OBfVERS LE TAPA JQZ .VERS ?Avion D'UN COUP £E&(JElN coîfStJ Av'èc ûW'ibToiM INSPECTE SOIGNEUSEMÉNT LES ENVIRONS - DES \"**\" TES coûtâtes ET SEES LUI IND'-OUCmELA DIRECTION QÜ'ONTPRIS LES RVI IL SORT D* SÀ PO SITlON INCûMMOCê VAMPIRE DIENS.TOUJOURS SUSPENDU S'SA LIANE, JIM REVIENT BRUSQUEMENT à LUI,SOUS LEFFET D'UNE CUIS AN MORSURE.UN GUERRIER A aperçu'Jim .IL SETRESSE MENAÇANT.ÿiiinnï L'AUBE POINTEJJU AN D JIM DEBOUC LES RIVES TRACES ONT ZMH/ÏJU/Kc I t'AVION EST TOUJOURS LA MAl-> LES HERBES DE LA RIVE, DE^ INDIENS Stâ ACCROUPI .SANS ATTENDRE OIM BONDIT SUR UN TRONC.d'arbre, qui savance.au dessus des eaux.de ce TREMPLIN IMPROVISÉ, IL PLONGE DANS LtTAPAUOZ.UNE PROMPTE DEC SION S IMPOSE .UN COUP DE PEU.ET L'INDIEN LEPAULE FRACASSÉE , =33 S'AFFAISSE nombreux guerriers LIMITENT m m A PESTE.\u2019 IMPOSSIBLE,^ DE TIRER -JAMS m DE NOTRE HÉROS A ATTEINT LE PRE -MIE R L'AVION .ALERTE PAR LE COUP DE FEÜ DE S JIM , LE PROFESSEUR LATANAS A BONDI bANS LA CARLINGUE.L- '\u2022VITE .PROFESSEUR- lE CONTACT ET METTEZ EN MARCHE.' Mi.TANDIS OU IL BONDIT L'AVION SE MET EN MARCHE JETANT LA.PANIQUE PARMI LES PEAUX-ROUûES QUI -*UTi AU POS^E DE PILO-TAûE.LE PROFESSEUR DOIT FAIRE LE COUP de poing contre lés indiens QUI tentent DE L IMITER .OUF: /V0i/5 VOILA sauvée.ïlQU UX-I FOURMILLENT AUTOUR de LUI.1 JIM ! J AI NETTEMENT A - PERÇU UN BLANC PARMI JIM RTSVlENT AUSSITOT^ Ejj \u201cWBS UÉTREs HUMAIMÏT i/l JIM PIQUE AUSSITOT 5UR ALAISES AFIN DE RE\" FALAISES AFIN DE _RER LE FAMEUX ESCALIER OUI DONNE ACCÈS AU MYSTERIEUX TEMPLE -1 -_ **»\u2022 ***\t\u2014- -*r_ f 7 REGARDEZ CEÛROU- O INDIENS SUR CETTE (à suivre) CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\u201d No 3 Le Samedi, Montreal, 17 septembre 1949 lil RIEN DE SÉRIEUX Le monsieur \u2014 Comment ?Votre feutre est déjà usé ?voyez le mien.L\u2019ami \u2014 Il a bonne mine.Le monsieur \u2014 Oui.Et je l\u2019ai depuis cinq ans.Je l\u2019ai fait nettoyer trois fois.Je l\u2019ai changé quatre fois au restaurant.Et il est toujours comme neuf.Un gaffeur notoire est mis en relation avec une riche veuve qui a déjà enterré quatre maris.Après quelques jours de flirt, il lui demande sa main.La veuve répond négativement.\u2014 Vous comprenez, dit-elle, je commence à être découragée ?Pensez donc ! Quatre fois veuve ! Et le gaffeur riposte avec un sourire: \u2014 Essayez encore une fois.la chance va peut-être tourner.Le jupe \u2014 Je désirerais savoir si tous les témoins sont là.Je vais en lire la liste à haute voix.Ceux qui sont présents répondront : \u201cOui\u201d.Et les autres: \u201cNon\u201d.Mauricette, à 4 ans, était enrhumée et toussait fréquemment.Grand-mère lui dit : \u2014 Ma chérie, quand tu tousses, il faut mettre ta main devant ta bouche.Mauricette s\u2019en va, et puis revient, au bout d\u2019un moment.\u2014 Eh bien, tu sais, grand-mère, dit-elle, ça n\u2019y fait rien du tout, ton système.J\u2019ai mis ma main devant ma bouche et ça ne m\u2019a pas du tout Marius \u2014 Figure-toi, Olive, qu\u2019il m\u2019en arrive une bien drôle.Je suis chargé de plomber la Dent du Midi.Olive \u2014 Hé ! si tu étais à ma place, que dirais-tu ?.Tel que tu me vois, je suis en train de faire un râtelier pour les Bouches-du-Rhône.Avec tous ces accidents, quand je prends le train, il me semble que ma vie ne tient plus qu\u2019à un fil.\u2014 Dis plutôt.à une aiguille.Elle est actrice de cinéma \u2014 du moins, prenant ses désirs pour des réalités le prétend-elle.Son rêve est d\u2019être nommée un jour dans le journal.Une bonne petite camarade, qui n\u2019ignore pas cette ambition, arrive rayonnante près d\u2019elle et lui tend une feuille en lui disant : \u2014 Cette fois, ça y est, tu es dans le journal.La petite, toute émue, parcourt fiévreusement le journal et ne découvre rien.\u2014 Où suis-je, demanda-t-elle.Alors la bonne petite camarade désignant un entrefilet : \u2014 Tu ne sais donc pas lire ?Tiens là, dans le courant du mois dernier, 35,-871,937 personnes ont voyagé par le tramway.Tu es sûrement une de celles-là.\u2014\tElle me trouve intelligent et courageux.\u2014\tJe te conseille de ne pas te ma- amis visitent un musee toire naturelle.Ils arrivent bientôt devant un énorme gorille empaillé.\u2014\tMoi, dit l\u2019un, en examinant le gorille, plus je le regarde, moins j\u2019admets que Darwin ait pu prétendre que nous descendons du singe.\u2014\tMoi, dit l\u2019autre, j\u2019ai encore des doutes.Tu n\u2019as jamais rencontré ma belle-mère ?\u2022 \u2014\tVous ne fumez pas, cher ami?Voulez-vous prendre un havane ?\u2014 Avec plaisir.Je ne fume ordinairement que le tabac étranger.\u2014 Oui, c\u2019est celà.celui des autres! Elle voit la mer pour la première fois.\u2014\tC\u2019est étonnant, incroyable ! tant d\u2019eau que cela.\u2014\tEt encore vous ne voyez que le dessus ! \u2022 \u2014\tMa fille, je suis content.On vient de me demander ta main.\u2014 Mais papa, je ne veux pas quitter maman.\u2014 De mieux en mieux, tu pourras l'emmener avec toi.\u2014\tJe vous dis que c\u2019est un secret d\u2019Etat.\u2014\tMon cher, par une pareille température, les secrets d'Etat font comme nous ; ils transpirent.M.Prud\u2019homme assiste avec son fils à un assaut de boxe française.Un des adversaires est mis hors de combat pour n\u2019avoir pas su parer un coup de pied au flanc.Alors, M.Prud\u2019homme, gravement : \u2014 Tu vois par là, mon fils, la nécessité d\u2019assurer la défense des côtes.Un tau des préparatifs nu chateau de X.en vue de la prochaine arrivée de la châtelaine.Une vieille domestique a annoncé, en ces termes, la grande nouvelle : \u201cNous attendons notre dame de Paris\u201d.\u2014\tComment, je vous rapporte un brillant de vingt mille dollars que vous aviez perdu, et vous ne me donnez que vingt dollars de récompense ?\u2014\tEuh ! C\u2019est un brillant que j\u2019ai beaucoup porté.Le vieil Harpagon est malade.Un ami de l\u2019avare lui dit : \u2014\tMon cher, vous devriez consulter un médecin.\u2014\tPas la peine! \u2014\tEst-ce qu\u2019on sait jamais ! \u2014 Moi, je sais.tout ce que j\u2019ai besoin de savoir et sans bourse délier ! \u2014 Comment cela ?\u2014 Figurez-vous que j\u2019ai un voisin qui a la même maladie que moi.Alors, j\u2019ai fait un trou dans la cloison qui sépare nos deux chambres.Quand son médecin vient le voir, j\u2019écoute.et j\u2019ai une consultation qui ne me coûte absolument rien ! Voici l\u2019épitaphe de Désaugiors, composée par lui-même dans un moment où il souffrait de la pierre, mal dont il devait mourir peu après.Ci-gît, hélas ! sous cette pierre, Un bon vivant mort de la pierre, Passant, que tu sois Paul ou Pierre Ne vas pas lui jeter la pierre.Le plombier \u2014 J\u2019arrive enfin.J\u2019ai été retardé.Le client \u2014 Ah ! ce n\u2019est rien j\u2019en ai profité pour montrer à mes enfants comment faire la planche ! empêchée de tousser.rier avec une femme qui te ment déjà.LA VIE COURANTE .par Georges Clark « S M \u2014 Ah oui, les petits sont toujours très gentils .Un peu bruyants, cependant.Que voulez-vous, ils sont démonstratifs .comme leur mère.LA VIE COURANTE .par Georges Clark & 'cAX \u2014 Si on peut retourner à la ville, est-ce que nous pourrons jaser à notre goût, appuyées sur la rampe de ia galerie !. G2 Le Samedi, Montréal, 17 septembre 1949 Les Mots Croisés du \u201cSAMEDI\" I 2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10\t11\t12\t13\t14\t15 Problème No 925 LES YEUX [ Suite de la page 10 ] HORIZONTALEMENT 1\u2014\tQui ne boivent pas de vin.\u2014 Roi légendaire de Thrace.2\u2014\tPlaques de fer pour arrêter les verrous.\u2014 Petit tonnelet.3\u2014\tVêtement long et ample que portent les juges.\u2014 Déesse de la justice.\u2014 Chef-lieu de canton (Haute-Saône).4\u2014\tDémonstratif.\u2014 Sphère.\u2014 Roi de la terre de Magog.5\u2014\tEspèce de buffle.\u2014 Pièce de bois de la charrue.\u2014 Tout de.\u2014 Sert à marquer un sentiment de crainte.6\u2014\tDocteur.\u2014 Arriver.\u2014 Fille qui a les manières d'un homme.7\u2014\tChef arabe.\u2014 Genre de champignons.\u2014 Réputation.8\u2014\tService anniversaire.\u2014 Genre dramatique des XlVe et XVe siècles.\u2014 Eau-de-vie de bonne qualité.9\u2014\tCoiffure des anciens Perses.\u2014 Nom que l\u2019on donnait à la barre du gouvernail.\u2014 Populairement petit.10\u2014\tJustice égale pour tous.\u2014 Rattaché.\u2014 Conjugaison.11\u2014\tDiscrédités, ruinés.\u2014 Symbole chimique du plomb.\u2014 Argile.\u2014 De l\u2019alphabet russe.12\u2014\tSe suivent dans réelle.\u2014 Plus mal.\u2014 Librement.13\u2014\tEn les.\u2014 Solanacée vénéneuse.\u2014 Atteint de.14\u2014\tBref, insuffisant.\u2014 Empêchée de parler.15\u2014\tPlace publique où se tient un marché.\u2014 Qui montre de l\u2019omission volontaire.VERTICALEMENT 1\u2014\tMarque la joie.\u2014 Instruments pour mesurer la pression des liquides.2\u2014\tNom vulgaire des labrax.\u2014 Qui sont de l\u2019Arabie.3\u2014\tQuantité de marchandises disponibles.\u2014 Sise.¦\u2014 Symbole chimique du calcium.4\u2014\tTuyau cylindrique.\u2014 Triages.\u2014 Tromperie.5\u2014\tEspace de temps.\u2014 Fils de Noé.\u2014 Conjonction.\u2014 L\u2019Apôtre des Gen-ils.6\u2014\tPronom personnel.\u2014 Déesse de la beauté.\u2014 Lettre en vers.7\u2014\tOrient.\u2014 Filet à prendre les poissons plats.\u2014 Qui n\u2019est pas façonné.8\u2014\tSert à témoigner l\u2019étonnement.\u2014 Griller.\u2014 Infinitif.9\u2014\tPartie de la Prusse-Rhénane.\u2014 Sont employées en poésies.\u2014 Habitants.10\u2014\tVille de Russie, sur la Tzna.\u2014 Ancienne contrée de l\u2019Asie Mineure.\u2014 Premier mot de l\u2019hymne de Saint-Jean-Baptiste.11\u2014\tGrand lac américain.\u2014 Infinitif.\u2014 Grand fleuve de l\u2019Afrique.\u2014 De l\u2019alphabet grec.12\u2014\tDivinités qui présidaient à la gaîté.\u2014 Court.\u2014 Escroc au jeu.13\u2014\tArticle espagnol.\u2014 Roche très dure composée de feldspath, de mica et de quartz.\u2014 Tissu de chanvre.14\u2014\tPolypiers qui ressemblent à des arbrisseaux.\u2014 Monnaie japonaise.15\u2014\tInstruments servant à apprécier le degré d\u2019humidité de l\u2019air.\u2014 Conjonction.Solution du Problème No 924 un peu rassurée qu\u2019en se retrouvant à l\u2019abri chez elle.Cette nuit-là, pourtant, en dépit de la présence de Paul à ses côtés, elle ne put dormir.Quelques jours plus tard, Paul, à qui elle avait fini par confier ses craintes puériles et qui s\u2019était gentiment moqué d\u2019elle pour mieux la rassurer, l\u2019emmena au cinéma voir des bandes d\u2019actualité.A la sortie, Simone, bousculée, se trouva projetée contre un homme immobile devant un panneau publicitaire.Elle leva les yeux et, déjà un peu troublée par les tristes documentaires sur la guerre, poussa une exclamation d\u2019effroi en reconnaissant le regard qui hantait ses rêves.A son cri, le vieillard ouvrit la bouche.\u2014 Je vous prie de m\u2019excuser, dit-il en soulevant son chapeau.Je vous ai heurtée.Simone bondit littéralement en arrière, comme si elle avait vu un spectre se dresser devant elle.Sans un mot elle entraîna son mari que la rapidité de la scène avait pris au dépourvu.Qu\u2019au-rait-il pu dire, d\u2019ailleurs?L'inconnu avait été rigoureusement correct.Sur son bras, la petite main tremblait.Il la pressa tendrement: \u2014 Calme-toi, ma chérie, je t\u2019en prie, murmura-t-il.Ne sois pas aussi émotive.Ce monsieur a été fort poli, après tout ! \u2014 Mais ses yeux.As-tu vu ses yeux?C\u2019est lui: cet être de cauchemar qui semble me poursuivre où que j'aille! \u2014 Je sais.J\u2019ai deviné, mon petit! Il suffisait de voir ta pauvre mine bouleversée.Et aussi, ajouta le jeune homme d\u2019un air un peu pensif, cet étrange regard que tu m\u2019avais décrit m\u2019a frappé! Quelle effrayante fixité! Quelle fascination il dégage! Puis, se rendant compte que ses paroles ne faisaient qu\u2019agiter davantage la jeune femme accrochée à son bras, il reprit un ton enjoué pour conclure: \u2014 Après tout, c\u2019est bien son droit, à ce pauvre homme, d\u2019avoir un si drôle de regard.Parions qu\u2019il en est le premier ennuyé! Allons, ma chérie, oubliez le vilain monsieur et faites risette à votre mari.Avec un sourire pas trop rassuré encore, Simone acquiesça bravement.Pendant toute la semaine elle essaya d\u2019oublier les yeux métalliques, si bleus, si Avant de quitter le problème de l\u2019anglicisme, je voudrais demander grâce pour certains anglicismes.Tout d\u2019abord, il est bien entendu que l\u2019anglicisme est de mise quand il s\u2019agit de choses anglaises: à Paris, l\u2019automobiliste est sifflé par un agent, à Londres, par un constable.De plus, il est des mots anglais qui sont francisés, qui ont passé dans le français de Paris: le tennis, un clown, un pull-over.Le français prononce d\u2019ailleurs ces mots à la française.C\u2019est la grande force du français que d\u2019assimiler en quelque sorte les nombreux mots anglais qu\u2019il accueille: un stock de marchandises, un blaser.Ce ne sont plus des mots étrangers, articulés avec des voyelles, des consonnes et un accent étranger; ce sont des mots que le français a adoptés, et, si je puis dire, digérés.Il existe d\u2019ailleurs de tels mots au Canada: le verbe bâdrer, par exemple, avec ses dérivés bâdreur, froids et, se taxant de petite sotte, se promit de ne plus avoir peur, même si elle le rencontrait encore.Elle devait cependant le trouver encore une fois sur sa route.Un matin, comme elle revenait de faire des emplettes, un attroupement attira son attention.La raison en était insignifiante mais les badauds parisiens, incorrigibles, encombraient si bien le trottoir que l\u2019agent de police qui surveillait la circulation à deux pas de là fut contraint d\u2019abandonner son service pour venir les disperser.A ce moment, Simone voulut traverser.Tout près, on entendait la voix grondeuse de l\u2019agent: \u201cAllons, circulez, circulez\u201d.Déjà la jeune femme s\u2019engageait dans les clous quand, à ses côtés surgit comme par miracle la vision qui la hantait.Le grand vieillard était là et ses yeux semblaient fouiller les siens jusqu\u2019à l\u2019âme.Ne pouvait-il donc la laisser en paix?Que voulait-ii d\u2019elle?Etait-ce un pur hasard qui les mettait ainsi si souvent en présence?Mais alors, pourquoi ce regard fascinateur, insoutenable, ces yeux sans cesse rivés aux siens?Non, non, cet homme, d\u2019esprit malfaisant, devait se complaire à la traquer, à l\u2019intimider.II avait dû remarquer sa frayeur absurde, lors de leur première rencontre et, poursuivant un jeu méchant, se faisait une joie perverse de l\u2019épouvanter chaque fois que l\u2019occasion s\u2019en présentait.En un éclair, toutes ces pensées traversèrent l\u2019esprit de Simone.\u201cAllons, pensa-t-elle, ceci n\u2019a que trop duré.Si l\u2019attitude de cet individu est cruelle, la mienne est assurément ridicule.Je vais lui prouver à l\u2019instant même qu\u2019il perdrait son temps en continuant.\u201d Elle redressa la tête et s\u2019apprêtait à passer, froide et dédaigneuse, décidée à le bousculer au passage si besoin était, quand le vieillard d\u2019un geste ferme mais courtois la retint au passage par la manche.Avant que, stupéfaite, elle ait songé à se dégager, la voix de son ennemi s\u2019éleva douce et calme: \u2014 Je suis désolé, madame, de vous arrêter ainsi, mais puis-je attendre de votre bonté que vous m\u2019aidiez à traverser la chaussée?Et devant son silence: \u2014 Pardonnez-moi, expliqua-t-il avec un geste d\u2019excuse, mais, voyez-vous: je suis aveugle.bâdreuse, me paraît tout à fait \u201ccana-dianisé\u201d.J\u2019accepterais aussi les mots anglais présentés comme tels, entre guillemets.C\u2019est qu\u2019il est des vocables intraduisibles; home ne peut guère, dans certaines phrases, être traduit par foyer.En particulier, dans la langue familière de Montréal, fun, par exemple, n\u2019a pas d\u2019équivalent français.Comment traduire en français l\u2019anglais landpoor?Même les expressions les plus simples posent des problèmes délicats.Que deviendra, en français, l\u2019expression: one man car?Il faut faire appel au latin (solotram) ou au grec (monotram) que je préfère, et de beaucoup.Il y a des cas, où, toute réflexion faite, l\u2019anglicisme est préférable au barbarisme.Mais ces cas doivent rester exceptionnels, et se limiter aux mots et aux locutions où la langue française, par sa structure ou par ses traditions, se refuse à la traduction.GRACE POUR CERTAINS ANGLICISMES Le Samedi, Montréal.17 septembre 1949 03 f'iÆî-df, ouveli .W A B A S S 0 3)tapi ^tSâiei d'Ôïeil/e'id avec le Nom de la Qualité sur le Paquet ( ) LcrS E y Les lavages répétés ne les altèrent en rien.Quatre largeurs, bonne longueur et tissage serré, 152 fils au pouce carré, bordure unie ou ourlée, 3 paires par boîte.Taies assorties, trois largeurs ; 3 paires par boîte.D'un beau fini qui ne change pas au lavage.Draps de quatre largeurs, longs et d'un tissage serré, 146 fils au pouce carré, bordure unie ou ourlée, 3 paires par boîte.Taies assorties, trois largeurs ; 3 paires par boîte.k JABA.SS0 SHEETS jûxfcj! Tissage serré grâce à ses fils de coton cordés.126 fils au pouce carré, une seule largeur, bonne longueur, bordure unie ou ourlée, 3 paires par boîte.Taies assorties, trois largeurs ; 3 paires par boîte.\u2022Cla\"u^ SHEETS D'un prix modique, pour usage courant.Draps de quatre largeurs régulières, bonne longueur, 106 fils au pouce carré, bordure unie ou ourlée, 3 paires par boîte.Taies assorties, trois largeurs ; 3 paires par boîte.jiavto &écé
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