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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 31 décembre 1949
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1949-12, Collections de BAnQ.

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[" Éwi% mmÊÊ je*'#*', ¦ mïm ¦y:7*ww- fe Samedi ¥ % 61e année, No 33 Montréal, 31 décembre 1949 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DANS CE NUMERO A BARCELONE ET AILLEURS DANS LE ROYAUME DE NEPTUNE UN NOUVEAU CALENDRIER Notre roman policier : LE MYSTERE DES ECRINS par CLAUDE ASCAIN 1 2 Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 Quand un RHUME menace une famille entière.j®,\tdttt Vivement USTER'*46 nnurtoutle mond DÈS qu\u2019un rhume s\u2019attaque a un mem-bre de la famille, il y a de grandes chances pour que tout le monde y passe .C\u2019est pourquoi, pour le combattre et l\u2019enrayer, on doit recourir aussitôt et souvent au gargarisme à l'Antiseptique Listerine ! Cet agréable antiseptique atteint en profondeur toutes les parois de la gorge pour y exterminer par millions les microbes appelés \"envahisseurs de deuxième vague\u2019\u2019.Bien que de nombreux rhumes soient attribuables a un virus, ce sont ces \"envahisseurs de deuxième vague\u201d, au dire de maintes autorités, qui sont responsables de tous les inconvénients d\u2019un rhume.Employé fréquemment pendant la période d\u2019incubation d'un rhume, laquelle dure de 12 à 36 heures, l\u2019Antiseptique Listerine peut refouler l'invasion massive de ces microbes et ainsi vous sauver d'un rhume.Les remarquables propriétés germicides de l\u2019Antiseptique Listerine ont été-maintes fois éprouvées.D\u2019après les tests les plus authentiques, les microbes disparurent des parois de la bouche et de la gorge dans la proportion de 96.7%, 15 minutes à peine après un gargarisme à l\u2019Antiseptique Listerine et jusqu\u2019à 80%, une heure après.C\u2019est précisément cette rapide action germicide de 1 Antiseptique Listerine qui en fait l\u2019ennemi du rhume.Des expériences poursuivies pendant 12 ans, ont révélé que les sujets qui se gargarisent deux fois par jour à l\u2019Antisepti-que Listerine ont des rhumes moins fréquents et plus bénins que ceux qui n\u2019en font pas usage.de même pour les maux de gorge.Les menaçants \"envahisseurs de deuxième vague\" que repousse l'Antiseptique Listerine \u20191.' ; HAUT, de g.à d.: Pneumocoque Typo III, Pneumocoque Type IV, Streptocoque hémo* litique, Bacille de Friedlander.BAS, de g.à d.: Streptocoque viridans, Bacille de l'influenza.Microcoque catarrhal.Staphylocoque doré.Vous pouvez voir par leurs noms qu\u2019on ne badine pas avec de pareils microbes.Il s\u2019en trouve par millions sur les parois de la bouche et de la gorge, n\u2019attendant pour attaquer que le moment où faiblit votre résistance physique.Vous pouvez en réduire le nombre et la menace en recourant régulièrement à l\u2019Antiseptique Listerine.Ainsi donc, dès qu\u2019un rhume éclate dans la famille, ayez la sagesse de prescrire à tout le monde l\u2019Antiseptique Listerine.Lambert Pharmacal Co.(Canada) Ltd.M.ROMEO SAVARD.organisateur, remerciant les généreux donateurs.CHEZ LES \"ZOOLOOS\" \t\t JOUETS POUR LES DESHERITES Le Club des Zooloos du district de Snowdon, paroisse de St-Antonin, existe depuis sept ans.Il a été fondé par quelques philanthropes désireux d\u2019offrir des cadeaux de Noël aux enfants pauvres de la Métropole et des environs.Si ces messieurs ont été généreux de leur argent, ils l\u2019ont été peut-être davantage de leur temps, et ils n\u2019en ont que plus de mérite.C\u2019est ainsi que, dès la deuxième année de leur organisation, ils ont trouvé moyen de réunir, de réparer, de repeindre 520 jouets qui ont été distribués à des enfants qui, sans l\u2019ingéniosité et le dévouement des membres du Club des Zooloos, risquaient fort de ne pas avoir d\u2019étrennes.Depuis, le chiffre des dons n\u2019a fait que suivre une ligne ascendante : 756, 1,200, 1,500, 2,653, pour atteindre cette année l\u2019impressionnant total de 5,000 joujoux et autant de sacs de bonbons.Le Révérend Wilfrid Léonard, curé de la paroisse St-Antonin, a béni ces dons avant qu\u2019ils ne soient distribués.Le maire de Montréal, M.Camillien Houde, et l\u2019honorable J.-H.Delisle, représentant le premier ministre de la Province, assistaient à cette touchante cérémonie qui eut lieu chez Robitaille Motors Limited, sous la présidence conjointe de MM.Jean-Paul Laberge et A.-R.Brunet.Les institutions de charité qui bénéficient de cette distribution sont : les Crèches de la Côte-de-Liesse et de St-François d\u2019Assise, le Children\u2019s Memorial Hospital, les Buissonnets, l\u2019Assistance Maternelle, l\u2019Orphelinat St-Patrice, la Maison de Caughnawaga, l\u2019Hôpital de St-Jérôme, l\u2019Oeuvre des Enfants arriérés et plusieurs autres.Membres du groupe des Zooloos s'entretenant avec son honneur le maire HOUDE, à l'issue de la réunion.Photos Larman's Studio 'mm les publications POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de PÂ.B.C., e* de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA * T é I : PLateou 9633 FRED & GEORGES POIRIER Propriétaire» JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU MOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lathim (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Orummondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Parnham, Saint-Jèrâme, Joliette et les environs.) e ADELARD PARE è, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) e PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières (Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorité comme envol postal do ua deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.\u2022 entered at the Post Office of St.Albans.Vf., as second class matter under Act of March 187» ABONNEMENT CANADA On an \u2022¦\u2022\u2022\u2022\u2022*\u2022 $3.50 Six mois\t2.00 ETATS-UNIS Un sn \u2022 .S5.00 Six noli.2.50 AU NUMERO : 10 cents e HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 4.45 h.p.m.du lundi au vendredi.a AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.61e année.No 33 \u2014 Montréal, 31 décembre 1949 D\u2019UN SAMEDI A L\u2019AUTRE les flirls dangereux Nos gouvernants qui craignent le dirigisme d'Etat comme la peste se trouvent aujourd'hui dans une position fort embarrassante pour y avoir eu recours dans certains cas, dont, par exemple, celui du logement.Pendant les années affolantes de la guerre, alors que le thermomètre économique semblait vouloir tourner de l'oeil, on céda à la tentation : comme l'apprenti-sorcier, on prononça la formule magique et, du coup, le balai merveilleux se mit en devoir de régler l'imbroglio.Seulement, il y a qu'en ces matières très réalistes de l'administration gouvernementale, l'issue d'une aventure est toute différente de ce qu'on trouve généralement dans les contes de fées.Le peuple, scindé en locataires (pour la plupart) et en propriétaires (pas tous si gros que le dit si ingénument et si comiquement M.Grignon) veut et ne veut pas en même temps qu'on se ressouvienne de la formule magique ei qu'on mette fin à la régie du logement, d'où ce formidable mal de tête national, pour une fois, selon l'expression d'Alexisque Velder.Et, dans la chaleur des débats, on ne discute pas : on vocifère, ce qui n'est nullement propice au rétablissement d'une juste optique qui permettrait de trouver la solution adéquate à l'épineux problème.L'eau est donc trouble.Déjà, on peut entrevoir des binettes de politiciens reniflant le vent.Quoi qu'il en soit, et quoi qu'il advienne, il est bien clair que nos gouvernements, fédéral et provinciaux, jouent en ce moment à la balle, laquelle, en l'occurrence, est une grenade dont il n'est pas du tout certain qu'elle soit vidangée de son explosif.Au moment où nous écrivons ces lignes (5 décembre), la rumeur nous laisse entendre que notre gouvernement provincial se propose sérieusement \"de venir au secours des locataires, et que la nouvelle en sera officiellement annoncée le 13 décembre.\" Il ne*nous reste plus au'à invoquer sain! lude, patron, à ce qu'on dit, des choses impossibles, pour qu'on empêche le dégât dans la maison, non pas en rompant le balai enchanté, mais en le persuadant de se montrer bien gentil et de ne pas faire trop de zèle.En d'autres termes, il faudra secourir Paul sans toutefois pressurer Pierre davantage, car le conflit provient précisément de ce que dernier s'estime lésé.Comme on voit, il n'est pas facile de plaire à tout le monde et à son père, mais là, on peut répondre qu'on n'est pas chef du gouvernement pour rien .Il n'est que trop vrai que toute décision importante comporte un sérieux élément d'angoisse.La chose à souhaiter, en l'occurrence, est donc qu'on rende justice en demeurant calme, et, point primordial, en n'en faisant pas une chose politique.Saint lude, daignez exaucer notre prière.Tout de même, ce qu'il peut en coûter de flirter avec le dirigisme !\u2014 G.D.Dignes de Marco Polo Pendant que dans les chancelleries les grands de ce monde s'inquiètent sur les intentions secrètes et pas toujours rassurantes d'une nation que nous ne nommerons pas, cinq hommes, de caractère très pacifique et épris du goût de l'aventure, se lancent dans un tour du monde peu banal qui doit faire bien plaisir aux mânes de Marco Polo.Ces amants de l'aventure ont, en effet, quitté Londres pour un voyage de 32,000 milles en auto amphibie, au cours duquel ils devront affronter tous les dangers sur terre et en mer, un petit voyage \"de la Chine au Pérou\", quoi ! Leur véhicule est ce qu'on appelait un \"canard\" pendant la guerre, c'est-à-dire une embarcation utilisable sur terre et sur mer, et il porte le nom de Spirit of Churchill.Le chef de l'expédition est un nommé Dallas Amory, âgé de 51 ans et il est accompagné de Nicholas Paget, fils de lady Victor Paget, de Michael Harrison, un écrivain, de Michaeal Hobbs et de Douglas Campbell, garçon de 19 ans, originaire d'Aberdeen, qui a servi dans la marine de guerre.De Londres, on devait se rendre à Douvres, et de là traverser la Manche pour se rendre, par voie de terre, jusqu'à Gibraltar pour traverser le détroit et pénétrer en Afrique du Nord.Le groupe se rendra jusqu'en Asie qu'il traversera jusqu'à la Chine, au Japon et aux îles Aléoutiennes d'où il passera en notre pays pour descendre jusqu'en Amérique du Sud.Le voyage le plus long en mer sera de mille cent milles, sur l'Atlantique-Sud, entre le Natal et Freetown.Il faut dire que le \"canard\" peut transporter assez d'essence pour couvrir à peu près le double de cette distance.L'embarcation, dont la longueur est de 32 pieds et la largeur de 8 pieds, est munie d'un moteur à six cylindres de 20 c.-v\u201e mais ne comporte pas de voiles.Au cours du voyage qui durera probablement deux ans, le groupe espère entrer en relations avec nombre de personnalités mondiales, notamment Sa Sainteté le Pape.L'esprit du grand dirigeant du temps de guerre accompagnera les intrépides voyageurs, car l'amphibie porte un écusson représentant le \"V\" de Churchill et deux cigares en croix sous une devise latine qui se traduit ainsi : \"La fumée s'envole, mais la gloire demeure.\" Comme il est vrai que les voyages instruisent la jeunesse, il ne fait pas de doute que le jeune Douglas Campbell est un fier chanceux que le grand Marco Polo lui-même envierait.Quant à l'écrivain du groupe, Michael Harrison, il ne fait pas de doute non plus que les impressions de cette magnifique aventure lui seront une abondante matière à récits que nos arrière-petits-neveux dévoreront, quand nous-mêmes, dormirons bien en paix.\u2014 G.St-O.Candeur pour candeur L'Office national de la statistique nous apprenait, ces derniers temps, que les Montréalais, en moyenne, ont dépensé plus qu'ils n'ont perçu \u2014 $8., exactement dans la colonne du débit.Cela prouve que la statistique est une chose bien admirable, même quand ce qu'elle nous révèle n'a rien de bien flatteur pour nous.Le rapport, ajoutait ingénument la Presse Canadienne, ne dit pas comment les familles ont pu se procurer les huit dollars supplémentaires indisoensables à leur subsistance.A l'Ecole des Hautes Etudes \u2014 comme à celle des Hautes Inquiétudes \u2014 on a dû supposer, étant données les circonstances, que le nombre de débiteurs est en relation inverse et proportionnelle à celui des créanciers, et qu'ils ne sont pas tous en speaking terms.oh, que non !.comme disait ce bon César.\u2014 L.S.BONNE, SAINTE ET HEUREUSE ANNEE annonceurs et dépositaires LE SAMEDI souhaite une A tous nos lecteurs i r DECEMBRE Mar mer JW VIS.S4M 4 5 6 7 U 12 13 14 15 16 17 » 19 20 21 22 23 24 25 2627 fw\" ¦ apr£S ^eïï» un ..Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 \u2014\tAh! bonjour, madame Pétrus.Que puis-je pour vous?Une vendeuse s\u2019affairait également, avançant une chaise.Dans la rue, Vairlat avait hélé un taxi.\u2014\tAu Maxa-Palace.avenue Marceau.Il y avait beaucoup de monde dans le hall.Comme toujours.Le jeune homme serra étroitement son paquet contre lui et prit l\u2019ascenseur.La cabine allait monter.Elle était pleine.Mais le préposé avait rouvert la porte métallique de la cage.On se tassa quelque peu.Vairlat changea la cassette de place, la transféra sous le bras gauche.Il y avait quelqu\u2019un derrière lui qui \u2014 geste involontaire, sans doute \u2014 l\u2019avait fait glisser.Au deuxième étage, l\u2019appartement de Mme del Mayo était encombré de malles.Rosita, la femme de chambre particulière de Madame, l\u2019accueillit avec un sourire.Elle montra une pile de cartons dans un coin.\u2014 Il faut que je loge tout ça.Madame emporte beaucoup de choses.Et les livreurs se succèdent toujours ! Comme pour confirmer, on frappa à la porte.Un homme à vareuse bleue garnie de boutons d\u2019acier était là, casquette en main.Des paquets, encore des paquets.La patronne était sortie.\u2014 Elle sera là vers quatre heures.spécifia Rosita, après avoir pris livraison du nouvel arrivage, et s\u2019adressant à Vairlat.Bile avisa le paquet brun.\u2014 C\u2019est le coffret aux bijoux., dit tout de suite le secrétaire.Vous avez la gaine ?La boîte de métal voyageait toujours sous une gaine noire de cuir souple.Rosita hocha négativement la tête : \u2014 Non.C\u2019est Madame qui l\u2019a mise de côté.Vairlat coupa la ficelle, chiffonna le papier qu\u2019il jeta en boule.\u2014 Je vous laisse ça, hein.Je dois sortir.Il devait encore passer aux bureaux de la Compagnie de navigation pour retirer les billets de passage.Il n\u2019avait pas voulu s\u2019y rendre avec les bijoux.D\u2019abord rapporter ceux-ci ; c\u2019était plus prudent.Rosita reçut la boîte plate et s\u2019en fut la ranger dans un tiroir à côté.Puis elle se remit à sa besogne.Des robes étalées partout, des lingeries, des bas de soie, des flacons de parfum.Vers quatre heures un quart, le jeune homme reprit le chemin de l\u2019hôtel.Il était guilleret.Tout était arrangé.Un camion viendrait prendre les malles dans la soirée.\u2014 Il faudra que je bouscule un peu Rositm.Pourvu que la patronne ne me fasse pas encore de l\u2019encombrement à la dernière minute.Eux-mêmes devraient prendre le rapide de nuit.En raison de la marée, l\u2019appareillage du paquebot, là-bas, à Bordeaux, aurait lieu vers dix heures du matin.Il avait les billets en poche.Il savait l\u2019heure du rapide de la gare d\u2019Orsay.Il était heureux.Rio de Janeiro.La plus belle baie du monde.Il ne la connaissait pas.C\u2019était son premier voyage au Brésil.Une bonne sinécure, cet emploi de secrétaire.Un peu subalterne, peut-être, mais.n\u2019est-on pas toujours au service de quelqu\u2019un, dans la vie ?Employé de bureau ou secrétaire, ah ! il préférait encore le travail actuel.Il y avait un ans, Mme del Mayo-Foto, qui parlait très mal le français, à cette époque, avait demandé à Vairlat d\u2019entrer à son service.Ils étaient sortis souvent ensemble, jusqu\u2019alors.Il appartenait à une maison de parfumerie.Elle y avait fait de gros achats, elle s\u2019était aperçue que le jeune homme parlait convenablement sa langue, elle s\u2019était servie de lui comme interprète dans ses allées et venues et, finalement, l'avait annexé.\u2014 Et, maintenant, le beau voyage !.Durant le printemps et l\u2019été, elle l'avait emmené en Espagne, puis en Italie.L\u2019hiver, elle le passerait à Rio.D\u2019ailleurs, l\u2019hiver, en Europe, correspond à l\u2019été au delà de l\u2019équateur.Vairlat remuait toutes ces pensées en martelant le trottoir.Il s\u2019engouffra dans la porte à tambour du palace.L L\u2019employé du standard téléphonique, chargé des appels du hall, paraissait le guetter.\u2014 Monsieur Vairlat !.Enfin ! \u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a ?\u2014 Mme del Mayo-Foto.Ça fait vingt fois qu elle vous demande ! Elle a l\u2019air d\u2019être dans un de ces états ! Les deux hommes échangèrent un sourire rapide.\u2014 Oui, dit encore l\u2019employé de l'hôtel, ça doit barder, là-haut.Le secrétaire ne s\u2019en émut pas outre mesure.Il connaissait le caractère terriblement impulsif de la Sud-Américaine.Une veuve de quarante ans.Encore très jolie, malgré son embonpoint.Terriblement gâtée, volontaire.\u2014 Bon, songea Vairlat, on va voir ça.Sûrement, un accrochage avec Rosita au sujet des malles.Cependant, quand il entra dans l\u2019appartement, il flaira autre chose.La soubrette avait le visage défait, elle avait dû longuement sangloter.Et la patronne avait un air tragique.Pâle, les mains tremblantes, elle fit signe au jeune homme sans mot dire.Il la regarda, un sourire aimable aux lèvres.\u2014 Mais venez donc!.cria-t-elle.Les bijoux!.Ils.ils.Elle ne termina pas.Vairlat était devenu blanc à son tour.Il se précipita.Sur une table de toilette.Le coffret grand ouvert.Mme del Mayo possédait une clef, naturellement.Les écrins étalés et ouverts également.Et.vides !.\u2014 Quoi?Qu\u2019est-ce que?.bégaya-t-il.Et d\u2019abord.Ces écrins.Ce n\u2019étaient pas du tout ceux qu\u2019il avait rapportés.Ils étaient quelconques, ordinaires.Leur satin était éraillé à l\u2019intérieur.Même pas de marque, ni adresse.\u2014 Oui, dit la Brésilienne qui suffoquait.On a volé les bijoux ! On a volé, entendez-vous, Vairlat.Elle se mit à débiter des torrents de paroles, entremêlant le portugais et le français.Le jeune homme, machinalement, s\u2019était laissé tomber sur une chaise et se passait la main sur le front.Aucun doute possible.Tout avait disparu.C\u2019était inimaginable, fantastique.\u2014 Je vais porter plainte!.A la police!.lança la grosse femme.Il faut qu\u2019on les retrouve.\u2014 On.on ne part plus ?Elle lui décocha un regard foudroyant.\u2014 J\u2019ai beau être riche.Mais sept cent mille francs de bijoux, ça compte tout de même.Et puis, j'y tiens !.Alors, les billets, le camion, le paquebot.\u2014 Téléphonez.Téléphonez.Annulez.Il marcha d\u2019un air stupide vers l\u2019appareil, il parla d\u2019une voix morne.Il était écrasé par l\u2019événement.\u2014 Appelez la police.Tout de suite ! SALUT.PETIT JESUS! Salut, petit Jésus, endormi dans la crèche.Né pour souffrir.Qui n'avez dans l'hiver qu'un peu de paille sèche Pour vous couvrir.Salut, petit Jésus, tout petit, tout aimable.Aux yeux si doux, Souriant aux bergers, à genoux dans l'étable Autour de vous.Salut, petit Jésus, enveloppé de langes Enfant si beau Adoré par les rois et servi par les anges Dans le berceau.Salut, petit Jésus, dans les bras d'une Mère Silencieux.Enfant dominateur qui lancez le tonnerre Du haut des deux.Salut, petit Jésus, mon âme vous adore Roi triomphant ! Mais vous me paraissez bien plus aimable encore, Petit Enfant.François Coppée Vairlat s'exécuta comme un automate.Il avait maintenant le front moite.Il continuait de regarder les écrins inconnus.Puis il considéra le coffret de métal.Il cherchait à comprendre, mais impossible d\u2019aligner deux idées précises à la file.\u2014 On va venir, on envoie quelqu\u2019un du commissariat, articula-t-il.Calmez-vous, madame.Expli-quez-moi.\u2014 Expliquer ?Quoi ?Qu'est-ce que vous voulez que je vous explique ! dit-elle.Quand je suis arrivée, Rosita m\u2019a dit que vous aviez rapporté les bijoux., » Elle a pris le coffret dans le tiroir, elle me Ta donné.Moi, naturellement, j\u2019ai voulu regarder.Et.et voilà !.Elle était en proie à une réaction, à présent.Les yeux emplis de larmes, elle murmura, la gorge sei -rée : \u2014 Mon diadème.Avec vingt-quatre diamants !.Et le collier d\u2019émeraudes !.\tEt.enfin, tout.le misérable qui a fait cela a tout pris.Et ces horreurs d\u2019écrins.Vieux, sales.Elle se mit à pleurer silencieusement.|| \u2014 Une enquête difficile \u2019inspecteur Duroc haussa les épaules.Là, devant lui, le rapport qu\u2019il venait de lire.C\u2019était un homme au cerveau lucide, au raisonnement froid et rigoureux.Il ne s\u2019emballait jamais.Il détestait le romanesque, le mystère.Pour lui, il n\u2019y avait jamais de mystère.Tout présentait une solution.Evidemment, il fallait la trouver, mais, enfin, elle existait.Ici, notamment, il se refusait à admettre une expression employée par l\u2019auteur du rapport.\u2014 Volatilisés?Je vous demande un peu!.Est-ce que les bijoux, ça se volatilise ?Le terme était risqué, et, pourtant, c\u2019était celui qui venait à l\u2019esprit quand on connaissait les données du problème.A l\u2019esprit de tout le monde, mais pas à celui de Duroc.Il se leva, décrocha son chapeau, enfila son pardessus.Il partait pour le Maxa-Palace.On était au lendemain matin.Dans l\u2019appartement, les malles se trouvaient toujours dans le même état ; seulement, on les avait poussées dans des coins.Mme del Mayo-Foto n\u2019était pas visible.Elle se levait tard.Rosita, l\u2019air hagard, peut-être davantage même que la veille, lui ouvrit la porte.Vairlat 1 attendait dans le petit salon-antichambre.Le policier avait téléphoné pour prévenir de son arrivée, et le secrétaire s\u2019était hate de quitter sa chambre, qui était à quelques portes plus loin.Duroc l\u2019évalua d\u2019un coup d\u2019oeil.Il se présenta.Et tout de suite il entra dans le vif du sujet.Il savait déjà, par le premier interrogatoire, dont il avait les détails dans sa poche, que le coffret de métal était resté dans le tiroir d\u2019une commode durant une partie de l\u2019après-midi.\u2014 Dans une pièce voisine, n\u2019est-ce pas ?Je voudrais voir.\u2014 C\u2019est que Madame.C\u2019est son boudoir.\u2014 Bon.J\u2019attendrai que ce soit possible.Il parlait par petites phrases net-nes, d\u2019un ton calme.Rosita était devant lui.Il l\u2019étudiait rapidement, sans en avoir l\u2019air.Comme tout à l\u2019heure pour Vairlat.\u2014 Vous n\u2019avez pas quitté l\u2019appartement ?\u2014 Non, monsieur.\u2014 Rappelez-vous bien.Pas même pour quelques minutes ?Elle confirma.Non.Elle faisait les malles.Et il y avait constamment des livraisons arrivant de divers magasins.\u2014 Les livreurs déposaient leurs marchandises ici ?\u2014-Oui.Dans l\u2019antichambre.Personne n\u2019est entré plus loin.\u2014 Vous vous teniez où?\u2014 Dans la chambre à coucher de Madame.\u2014 Et elle communique directement avec le boudoir ?Il n\u2019y a pas d\u2019autre porte à ce boudoir ?\u2014 Si.Ça donne également dans la salle de bain.Deux coups de timbre, brefs.Rosita leva la tête : \u2014 C\u2019est Madame.Elle est réveillée.Il faut que je l\u2019aide.[ Lire la suite page 14 ] 10 Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 \\ \\T i*«««***5 ¦ ?___ Dessin de JEAN MILLET BOUT DE L?A N Par ROGeTbEAÜFIIS La bonne amie, voici qu\u2019à l\u2019instant quelque chose va finir et quelque chose va commencer.Regardez sur le chemin cette pauvre vieille qui se traîne dans la neige.Elle est toute cassée, toute raidie, bossue et bancale ; personne ne la regarde plus.On est las de la voir.Pourtant elle n\u2019est pas si vieille ! Je l\u2019ai connue il y a quelques mois seulement.Si vous saviez comme elle était belle ! Mais ! suis-je assez sot ! Vous l\u2019avez vue aussi et vous ne la reconnaissez pas ?Elle monte vers le haut du bourg ; elle se porte tout doucement vers son destin qui va finir.Laissez la partir ! Personne ne la regrette pour l\u2019instant, car voici que du côté du matin va venir quelqu\u2019un qui fait naître tous les espoirs ; une nouvelle née qui resplendira à l\u2019instant même où la vieille va disparaître dans la forêt de sapins noirs.Regardez bien ! cela ne veut pas tarder ! C\u2019est une toute petite enfant qui va ravir vos yeux.Pour l\u2019instant, elle s\u2019appelle l\u2019Espoir ; dans trois mois elle sera le Printemps, puis l\u2019Eté.Elle s\u2019épanouira magnifiquement ! Mais bientôt l\u2019âge viendra la marquer.Elle sera la belle Automne mûre et romantique, celle qui laisse au coeur des regrets.Aux premières gelées ce ne sera plus qu\u2019une vieille ratatinée, grelottante et chenue, presque honteuse, et, dans la brume, le froid, la neige, elle s\u2019affaissera tandis que les espoirs des hommes i-ront déjà vers l\u2019Autre car toujours l\u2019homme regarde vers l\u2019avenir.Ce n\u2019est qu\u2019en vieillissant, lui aussi, qu\u2019il jette les yeux en arrière.Alors, il les retrouve, ces belles années qu\u2019il avait tant hâte de voir disparaître ; il les revoit toutes ces vieilles qui s\u2019en allaient sur le chemin pour la dernière fois, en emportant un peu de sa vie.Ecoutez ! Dans chaque maison on veille, on mange, on boit, on rit, on chante et l\u2019on attend les douze coups de minuit pour s\u2019embrasser et se souhaiter tous les bonheurs et toutes les joies.Qui songe encore à la vieille qui s\u2019en va ?Elle n\u2019a laissé que désillusions et que chagrins.Elle était comme toutes les autres ! On apprête les cadeaux qu\u2019on va faire ; on vibre dans l\u2019attente de ceux qu\u2019on va recevoir.Cette petite blonde rougit d\u2019aise en pensant que ce grand garçon brun va l\u2019embrasser dans un instant ! Madame se demande si son mari va lui offrir cette bague dont elle a tant envie.Le petit garçon a vu sur l\u2019armoire une grande boîte rouge.C\u2019est peut-être son chemin de fer mécanique ! Nous, ma vieille amie, n\u2019avons pas de souhaits à formuler, ni de voeux à offrir ! Nous sommes là depuis longtemps ; vous surtout ! Quand finira notre service ?Pour nous les années sont toujours pareilles.Nous tournons inlassablement comme tournent les hommes dans l\u2019immense machine du monde.Dans quel but ?Vers quels destins ?Est-il bien nécessaire que je montre d\u2019où vient le vent ?Le monde vivrait-il plus mal s\u2019il n\u2019y avait pas de Lune ?Ai-je été fait pour vous conter des histoires et vous pour les entendre ?Regardez ! La vieille est tout près de la forêt.Je n\u2019ai plus le temps de vous conter mon histoire ! Vous croyez que si ?Et bien, la voilà, très vite : A l'occasion du jour de l\u2019an, M.le Comte de Froide-Pierre, dont vous voyez le château là-bas, près de la forêt, acheta en ville, il y a longtemps de cela, une superbe boîte de marrons glacés qu\u2019il fit porter à Madame Lagrelette, la modiste du bourg, qu\u2019il voyait d\u2019un oeil amoureux.Celle-ci, ayant quelque obligation à Madame Berton, la charcutière, profita de cette occasion pour lui faire un cadeau royal et lui remit l\u2019étui de friandises.« Des marrons glacés ! fit Madame Berton.R ne m\u2019en faut pas pour mon foie ! Je vais les offrir à Madame Saumart, la femme du pharmacien ! ».Madame Saumart leva les bras au ciel.« C\u2019est la sixième que je reçois ! On s\u2019est donc donné le mot pour me rendre malade ! ».Mais M.Saumart, son époux, répliqua fort judicieusement.\u2014\tSi tu ne veux pas les manger, tu peux toujours les offrir à quelqu\u2019un ! \u2014\tA qui ?\u2014\tJe ne sais pas moi! 11 y a bien des gens qui seraient heureux de les avoir ! \u2014\tJ\u2019ai déjà fait tous mes cadeaux ! \u2014 Eh bien! donne-les à.Tiens, il y a ce pauvre Lamanière qui n\u2019en a sûrement pas goûté depuis longtemps ! Fais-le lui porter discrètement ! Il n\u2019a pas besoin de savoir d\u2019où ça vient ! f Lire In suite p.191 Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR A QUI LA FAUTE ?Dick Irvin, l\u2019habile gérant du Canadien qui s\u2019endort, tous les soirs, avec un problème du hockey en tête, trouve étrange le changement de forme de plusieurs de ses joueurs.Nous ne sommes pas de cet avis, car cinq ou six d\u2019entre eux ne possèdent pas le cran et l\u2019adresse requis pour se tailler une place enviable dans la grande compagnie.Et il doit les souffrir ! Quoi qu\u2019il en soit, le mentor du club tricolore, l\u2019un des plus fervents colombophiles du Canada, se dit convaincu que l\u2019atmosphère joue un rôle prépondérant dans les changements de forme de certains athlètes, comme la chose existe chez les pigeons-voyageurs.Nous savons, pertinemment, que Dick ne se creuse la tête que pour les joueurs du Canadien et ses pigeons-voyageurs.Le reste marche, heureusement, sur les roulettes .Selon Dick, les athlètes professionnels sont comme des pigeons-voyageurs.Ne dit-on pas : jaloux comme un pigeon ?Il existe dans l\u2019atmosphère un fluide qui influe sur l\u2019organisme des humains, comme sur celui des animaux moins raisonnables.Est-ce une pression atmosphérique ?Demandons-le à Dorval, avant que les Leafs de Toronto et les Bruins de Boston ne nous devancent ! Laissons parler Dick Irvin sur ce sujet intéressant: \u201cCertaines journées d\u2019été et de commencement d automne, à mon foyer, j\u2019avais accoutumé mes chers oiseaux à prendre certaines libertés, à voler à leur guise.Parfo.s, ils me revenaient deux ou trois heures plus tard, pleins de vie, frais et dispos.Il m\u2019est fréquemment arrivé de me rendre en automobile à une distance de 30 à 40 milles, certain matin magnifique d\u2019été de l\u2019Ouest.Alors, je laissais partir mes pigeons, au gré du vent.C\u2019est alors qu'ils prenaient beaucoup de temps à s\u2019orienter pour revenir au bercail.Et vous savez jusqu\u2019à quel degré les pigeons-voyageurs ont le sens de l\u2019orientation développé ! Ils retournaient au nid, en volant à faible altitude \u2014 mauvais signe frôlant les clôtures et différents obstacles.A leur retour, ils semblaient épuisés, hors d\u2019haleine.En d\u2019au .res occasions, les mêmes petites bates franchissaient les mêmes d.stances à une a.lure formidable, arrivant au foyer avant leur maître.Combien de fois je les ai vus ne faire qu\u2019un tour de vol pour revenir prestement près de leurs compagnes, le feu aux yeux !\u201d Dick Irvin croit que cette influence occulte peut avoir quelque effet sur certains joueurs de hockey professionnels, grassement payés, en excellente condition physique.De notre coté, nous croyons qu un trop grand nombre de joueurs de hockey professionnels, dont les salaires var.ent de $6,000 à $12,000, pour six mois de travail, soit de 70 à 75 joutes à disputer, parties éliminatoires comprises, ne donnent pas le meiLeur d\u2019eux-mêmes en tout temps, dans le but de conserver leur énergie jusqu\u2019à la fin de la trop longue cédule régulière.Donc, si quelques joueurs font, parfois, la paresse sur la surface polie, les plus à blâmer de cet e.at e choses sont les législateurs du hockey majeur eux-mêmes.Ces mogols, imbus d\u2019esprit mercantile, ne s\u2019occupent pas de la santé de leu.s athlètes, des y Les athlètes de petite taille au ballon-au-pamer, tout comme au hockey professionnel d\u2019ailleurs, n en mènent pas large, à cause des rudes mises en échec que nécessitent les sports commercialisés d\u2019aujourd\u2019hui.Comme on le sait, ce sport d intérieur d\u2019hiver, le ballon-au-panier attire des foules consi e râbles, aux Etats-Unis, où le public se délecte devan l\u2019adresse des joueurs de haute taille, comme on en voit sur cette photo.Ce sont, de gauche à droite .Alex Groza, 6 pieds 7 pouces, Tony Lavelli, 6 pieds 4 pouces, les instructeurs Adolph Rupp et a e Peterson.6 pieds, Vern Gardner.6 pieds 6 pouces, et Ed Macauley, 6 pieds IVz pouces.Va sans dire, ces géants n\u2019ont aucune peine à placer I-.a rond dans le panier.pertrophies du coeur qu\u2019occasionne le sport violent et rapide du hockey.Ils ajoutent à l\u2019agenda un plus grand nombre de joutes, qui leur feront faire des profils de tant.disons de $200,000 à $300,000 par saison, y compris les parties de la Coupe Stanley.NE SOIS PAS FOU ! Un grand nombre de supporteurs de différents sports, professionnels ou semi-amateurs, jouent un rôle tout-à-fait spécial et souvent néfaste.Le hockey majeur et le football américain dominent, dans ce domaine.On trouve de ces gens sur tous les terrains.Us connaissent tous les joueurs et tous les clubs.Us croient connaître à fond toutes les règles du jeu.Us expliquent à leurs voisins pourquoi l\u2019arbitre a commis une bévue, pourquoi il a sifUé trop tôt ou trop tard.A tout moment, ils crient, ils insultent l\u2019un ou l\u2019autre.Lorsque des incidents se produisent, ils se trouvent au premier rang.Si leur club remporte la victoire, ils sont dans la joie.S\u2019il est battu, tous les arguments sont bons pour expliquer cette défaite ou l\u2019excuser.Les trop bouillants supporteurs ont fait, font et feront encore un mal considérable au sport.Us exercent leur ravage dans le monde entier.Pour tenter de diminuer quelque peu le mal qu\u2019ils font, sur les terrains de football des universités américaines, les directeurs du club de football de l\u2019uni-ve.sité Notre-Dame, dirigée par les révérends pères Ste-Croix dont l\u2019équipe semble invincible, ont défini, à l\u2019intention des supporteurs trop bouillants, les six commandements suivants, qui devraient être inscrits en lettres d\u2019or dans tous les clubs et sur tous les terrains de jeu : Ne crois pas que l\u2019honneur de ta ville dépend des semelles des joueurs de football.U est très difficile de discuter la partie avec ses Voisins et de pouvoir, en même temps, se rendre un compte exact de la physionomie de la joute.C\u2019est une simple question de perspective, que le ballon ovale soit en jeu ou non, mais c\u2019est une ques- tion d\u2019éducation, que tu sois d\u2019accord ou non avec l\u2019arbitre.U y a des gens qui crient leur contentement, lorsque leur club marque des points à la suite d\u2019un manque de l\u2019adversaire ou d\u2019un hasard heureux, mais ils sont furieux, lorsqu\u2019ils croient que l\u2019arbitre favorise l\u2019ennemi.Jouer en force, sans user de brutalité est loyal et une règle générale.On oublie trop souvent que c est un sport pour gens civilisés.Ne sois pas fou ! N\u2019oublie jamais que ce n\u2019est autre chose qu\u2019un jeu ! CHOSES ET AUTRES B Paul Calvert, lanceur du Washington, de la Ligue Américaine, a décidé de fronder quelques grenades dans le terrain de Clark Griffith.U a, récemment, formulé ses plaintes au commissaire suprême des ligues majeures, Happy Chandler.Ce dern er réglera sous peu le différend existant entre Clark Griffith, président du Washington, et Paul Calvert qui prétend ne pas avoir été traité au mérite.Paul sera-t-il échangé ou vendu à un autre club ?Nous le saurons bientôt.D\u2019ordinaire, dans le baseball majeur, le commissaire suprême voit à ce qu\u2019un joueur, non satisfait de jouer avec un club, passe à une au.re équipe, lorsque le bon sens entre en ligne de compte.B Dans une de nos dernières éditions, nous avons mentionné trois procédés utilisés par les pêcheurs de tortues de mer.U y en a un quatrième, particulièrement curieux.U porte le nom de pêche au rémora.Le rémora est un poisson qui possède, sur le sommet de la tâte, un disque ovale armé de crochets minuscules et acérés que l\u2019animal fixe dans les corps flottants, avec l\u2019.nten.ion de se faire transporter.C\u2019est cette habitude que les Chinois exploitent pour pêcher les tortues.Ils lâchent dans l\u2019eau un rémora qu\u2019un anneau passé à la queue retient captif.Ces poissons, se croyant libres, s\u2019attachent avec vigueur aux tortues qu\u2019ils rencontrent et que les pêcheurs n\u2019ont plus qu\u2019à ramener vers leur bateau.,\t.â/j mm mSm smm iéS 'ST- m : mm pas?\"ë S ¦ u \u2019\u2019 *\u2022 - &À je;r*'\u201c\": C.,«.Au moment où artistes et techniciens de Québec-Productions Corporation répétaient et mettaient au point une scène du nouveau film \"Séraphin\", le photographe, toujours à l'affût, a aperçu, dans les coulisses, M.René Germain, président de Québec-Productions s'entretenant sur le sujet qu'on devine avec MM.JEAN DESLAURIERS, à gauche, qui participe à la production au titre de chef d'orchestre, et, au centre, GERALD DANIS, notre rédacteur en chef.Photo Québec-Productions Ci-dessous, 4 gauche.Mgr FELTIN, le nouvel archevêque de Paris, agenouillé devant le maître autel, pendant la cérémonie d'intronisation dans ses fonctions qui eut lieu en la cathédrale Notre-Dame de Paris.\u2014 Ci-dessous, au centre, le DR ALBERT SCHWEITZER joue un passage assez difficile de la Toccata et Fugue en ré mineur de Bach, au grand amusement de MM.Power Biggs et Donald Harrison.Le musicien, qui est aussi un missionnaire, est au clavier de l'orgue classique du Musée Allemand, 4 l'Université Harvard, un instrument qui ressemble beaucoup 4 ceux dont il s'est servi en Europe.Ci-dessus, Marcel Cerdan, le champion de boxe français, victime de la tragédie d'aviation des Açores, est inhumé dans sa ville natale de Casablanca, au Maroc.On voit ici son chariot funèbre, couvert de fleurs et suivi par une escorte de motocyclistes, alors qu'il se rend de l'église Notre-Dame-de-Lourdes, où a eu lieu le service funèbre, au cimetière de Ben M'Sick.\u2014 Ci-dessous, la princesse MARGARET ROSE cause familièrement avec quelques étoiles de cinéma, notamment avec JEAN SIMMONS et ANN SOTHERN, 4 l'issue de la \"Command Performance\" de Forsythe Saga, à Londres, film tiré du célèbre roman-fleuve de John Galsworthy.ç4d£À^> l\u2019/MAGE Shu ¦ A -Zr\\ ?f&t Vs;*fc :4t \\?** :: ^ \" ^vfi.?.M Ci-dessus, une foule compacte estimée à 200.000 personnes, a été photo* graphiée devant l'hôtel de ville de Schoeneberg, écoutant un discours du président de l'Allemagne fédérale, Theodor Heuss.L\u2019orateur insiste sur le fait que le sort de la partie ouest de Berlin est intimement lié à celui de l'Allemagne occidentale.Heuss vient de passer trois jours dans l'ancienne capitale allemande.C'est la première fois qu'il s'y rend depuis son élection.A Chicago, deux garçonnets s'entraînent gaiement à l'imitation de deux pères célèbres dans le monde des sports.Ils se nomment NED DAY, junior, et BUDDY BOMAR.Ils sont fils de Day et de Bomar, tous deux champions de quilles et mem-bres de la National Match Game Team Champions.¦Pli Ci-contre, à droite, le cargo ANDALUCIA, originaire de la république de Panama, s'est échoué sur un récif à l'entrée du détroit Juan de Fuca, 67 milles à l'ouest de Port Angeles, dans l'Etat de Washington, et a été coupé en deux par d'énormes vagues.Son équipage se composait de vingt-sept hommes et d'une seule femme.\u2014 Ci-dessous, un dentiste, appartenant à la clinique de l'Université de Michigan, est photographié pendant qu'il démontre une nouvelle méthode sans douleur de perforer les dents en vue de l'obturation.Sa technique a été inventée par le docteur Robert Black de l'hôpital de Corpus Christi, au Texas.Elle consiste 6 faire pénétrer une minuscule poudre abrasive dans la cavité de la dent malade.* ¦ I WiiiJin\u2014 \u2019 f.* PWP SpÉljjpï \u2018mm.JflHRP .\u2014eu gi'- 'Ih» '' mssÈmm Ci-contre, ce propriétaire d'un restaurant de Css-taic, en Californie, John O.Royal, découvrit de l'or sur le terrain de son propre établissement, en creusant un puits.La pépite d'or qu'on voit ici, pesait 2 onces V2.Cette découverte, croit-on, pourrait fort bien provoquer une nouvelle ruée sur I'm en Californie. LE MYSTERE DES ECRINS [ Suite de la page 9 ] 14 \u2014 Bon.Allez-y.Je vous reverrai tout à l\u2019heure.La Brésilienne apprit la présence de l\u2019inspecteur et réalisa un tour de force.Il ne lui fallut qu\u2019une petite demi-heure pour s\u2019apprêter avec la collaboration de sa femme de chambre.Pendant ce temps, Duroc conversait avec le secrétaire.\u2014 Honnête, cette petite ?\u2014 Impeccable.Elle est au service de Madame depuis trois ans.Bien avant mon apparition.Oui, elle est Française, mais elle a déjà fait un voyage à Rio de Janeiro avec sa patronne.Evidemment, Duroc ne pouvait poser la même question à Vairlat sur lui-même.Mais il l\u2019écartait d\u2019office.Le jeune homme se trouvait hors de l\u2019hôtel ?Il possédait un alibi sans réplique.Il lui suffirait de demander la déposition des employés de la « Compagnie Atlantique » avec qui il avait eu affaire.L\u2019inspecteur se leva et inclina courtoisement le buste.Madame del Mayo-Foto était là.\u2014 Vous avez besoin de moi, monsieur ?\u2014 Pas du tout, madame.J\u2019ai votre déclaration, déjà.Je ne pense pas que vous puissiez y ajouter quoi que ce soit de nouveau.La seule permission que je veux vous demander est de circuler dans l\u2019appartement, à ma guise.Dès que vous aurez pris votre petit déjeuner.C\u2019était fait déjà.Soucieuse de sa ligne \u2014 à reconquérir ! \u2014 elle ne prenait qu\u2019un jus de fruits le matin.Accompagné de Vairlat et de la soubrette.Duroc passa dans la chambre à coucher dont la fenêtre était grande ouverte.Il la désigna : \u2014 Voulez-vous la refermer, je vous prie ?\u2014 Mais il faut aérer.\u2014 Oui.Ce n\u2019est que pour un instant.La Brésilienne était descendue dans le hall.Elle ne tenait nullement à assister à ces allées et venues.Duroc s\u2019adressa à Vairlat : \u2014 Voulez-vous passer à côté?Oui, dans le boudoir.Marchez doucement, avec précaution.Le moins de bruit possible.R se retourna vers la femme de chambre : \u2014 Maintenant, vous.Adressez-moi la parole.Dites n\u2019importe quoi.Mais oui, parlez !.Elle s\u2019exécuta.Il tendait l\u2019oreille vers le boudoir.\u2014 Bien.Merci, monsieur.Vous pouvez revenir.Rosita avait l\u2019air effarée.Elle comprit mieux par la suite.\u2014 Il y a eu combien de livreurs depuis le départ de M.Vairlat, hier après-midi ?Elle chercha, se rappela, énuméra : \u2014 Trois.D\u2019abord, Madeleine et Jeanne, modistes, puis.\u2014 Ne vous fatiguez pas.Aucune importance, les noms.Trois, dites-vous.Et chacun est resté en moyenne, combien de temps ?Elle eut un moment d\u2019ignorance inquiète.\u2014 Voyons.Cinq minutes?Dix ?.Moins de cinq minutes ?\u2014 Oh ! non.Pas moins de cinq minutes, sûrement ! \u2014 Cela me suffit.Je vous remercie, mademoiselle.Il annota les détails et reprit, toujours pour Rosita : \u2014 Entre ces intervalles, vous n\u2019avez rien entendu de suspect à côté ?Dans le boudoir ?\u2014 Absolument rien.Oh ! je suis sûre qu\u2019il n\u2019y avait personne ! Duroo enregistra le cri spontané.La soubrette ne se doutait pas que c\u2019était s\u2019incriminer soi-même.Mais, pour l\u2019inspecteur, cette sincérité jouait favorablement vis-à-vis de la domestique.Le coup avait été réussi avec une telle maîtrise que, si Rosita y avait pris une part quelconque, elle aurait mieux manoeuvré que présentement pour se tirer d\u2019affaire.Ses réponses étaient trop naïvement confiantes pour cadrer avec l\u2019astuce indispensable à une voleuse.Quoique.Enfin, on verrait.Duroc s\u2019était déjà rendu compte que l\u2019on ne pouvait entendre de la chambre à coucher, ce qui se passait dans le boudoir, surtout quand il y avait bruit de voix.A plus forte raison, se disait-il, on peut opérer sans risque dans ledit boudoir quand les gens se trouvent dans l\u2019antichambre.Il examina la salle de bain.Il vit la grande fenêtre qu\u2019il ouvrit.Il se pencha.Cela donnait sur une courette étroite, en bas.A la rigueur, quelqu\u2019un de mince et de souple pouvait monter par là, s\u2019introduire, passer dans le boudoir et.« Minute, grommela intérieurement Duroc, s\u2019agit de ne pas faire de roman policier.» On ne pouvait se dissimuler dans la salle de bain.Tout à fait impossible.Pas de cachette.Et Rosita y était venue à deux ou trois reprises.Donc l\u2019hypothèse d\u2019une embuscade à supprimer.Et comme il aurait fallu savoir : 1° le moment exact du retour de Vairlat avec les bijoux; 2° ses intentions exactes quant à ce qu\u2019il ferait du coffret ; 3° opérer dans un temps que l\u2019inspecteur estimait à dix minutes environ.Rentré à son bureau, il prit une feuille de papier et se mit à tracer des petites lignes, des carrés, des losanges.C\u2019était sa manière de méditer.Au fond, il n\u2019avait aucune donnée, aucun indice.C\u2019était très difficile.ou bêtement simple.L\u2019affaire tournait autour de Rosita.Il n\u2019y avait qu elle qui aurait eu le temps d\u2019ouvrir le coffret, d\u2019en faire disparaître le contenu, de le remplacer par les vieux écrins vides.\u2014 La clef?Elle a dû avoir mille occasions pour en prendre empreinte et en faire exécuter une semblable* Il songea brusquement à ce que lui avait dit Vairlat.Cette bousculade dans l\u2019ascenseur.Et si on avait subtilisé le coffre pour le remplacer par.\u2014 Non Le même papier brun ?La même boîte ?Avec la même serrure ?.Allons donc.Et puis ce n\u2019est pas un nigaud, il s\u2019en serait bien aperçu tout de même ! Pourtant, la petite soubrette avait l\u2019air bien sincère.Il haussa les épaules ironiquement : \u2014 Sait-on jamais avec les femmes ! Une chose était absolument certaine : le coup avait été minutieusement préparé pour un jour ou l\u2019autre.On n\u2019attendait que l\u2019occasion.Mais pourquoi diable ces écrins vides ?.Et, au fait, pourquoi n\u2019avait-on pas, tout bonnement, fait disparaître le coffret avec son précieux contenu ?Ill \u2014 Gredin et Cie C\u2019était une petite boutique d\u2019horloger, d\u2019honnête apparence.Dans une rue populeuse.Au coin d\u2019une impasse.Un vieux bonhomme, assis dans un coin poussiéreux, discutait, tête levée, avec une ménagère.Il était question d\u2019une montre-bracelet qui ne voulait pas marcher et qui.que.Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 Un nouveau client entra.L\u2019horloger lança un regard par-dessus ses lunettes : \u2014\tVous désirez, monsieur ?\u2014\tOh ! je ne suis pas pressé .Terminez avec Madame.Le client tourna le dos à la lumière et s\u2019assit dans le coin, juste en face du bonhomme.Malgré la température plutôt clémente, il avait le collet de son pardessus relevé.Il avait aussi un chapeau de feutre au bord fortement abaissé sur les yeux.L\u2019horloger expédia la bonne femme, puis s\u2019en fut chercher un écriteau sur lequel il y avait écrit, de façon malhabile :\t« Je reviens dans une demi- heure », l\u2019accrocha face contre rue, derrière sa porte, donna un double tour de clef, et grommela : \u2014\tViens ! Grouille-toi ! L\u2019homme passa devant lui par une porte basse.Ils se trouvèrent dans une arrière-boutique sombre qu\u2019éclairait à peine un vasistas dont le verre opaque était encore rendu plus hermétique à la lumière par la couche de poussière épaisse qui régnait partout.Ils s\u2019installèrent sur des tabourets.Le visiteur gardait son collet relevé et son feutre abaissé.\u2014 Alors ?fit l\u2019autre.T\u2019apportes la suite ?\u2014 Non.Je veux d\u2019abord savoir si.\u2014 Ah ! là là ! Si tu crois qu\u2019on peut faire des affaires de cette manière-là ?Il eut un rictus et son regard fila entre ses paupières à demi fermées : \u2014 Dis tout de suite que t\u2019as pas confiance ! \u2014 Si, mais.\u2014 Y a pas de mais.Tu sais bien que tout seul tu n\u2019peux rien faire, mon petit ! L\u2019autre eut un coup d\u2019oeil rapide.\u2014 Peut-être.Mais toi, tu.\u2014 Dis donc ! Qu\u2019est-ce que tu veux insinuer ?Le père Gropard n\u2019a jamais manqué à sa parole.Il eut un ricanement, cette fois.\u2014 Pauvre débutant.Tu ne comprends pas qu'on est dans le même panier tous les deux ?On partage les mêmes risques.Alors, c\u2019est normal qu on ait chacun le même bénéfice-Je dirai plus.J\u2019ai plus de boulot que toi, et je me contente de « fifty-fifty Dis que je ne suis pas arrangeant ! \u2014 Qu est-ce que tu as fait de la barrette ?\u2014 Faut que je dessertisse les pierres.Faut que je fonde le platine.Et ça, c\u2019est pas de la rigolade.Tu le sais, toi, la chaleur qu\u2019y faut pour le platine ?Mille sept cent soixante-quinze degrés, mon garçon.Faut un drôle de four ! Il lissa sa barbiche de chèvre.\u2014 Comme l\u2019or, ajouta-t-il.Mille trente-cinq degrés, l\u2019or.Tu ne te figures pas le mal qu\u2019on a pour faire monter la chaleur à partir de onze cents.L\u2019autre eut un mouvement vague qui ressemblait à de l\u2019impatience.\u2014 Alors, en somme, tu n\u2019as rien fait encore ?Le vieillard avança la mâchoire : \u2014 Tu crois qu\u2019y a qu\u2019à commander pour avoir c\u2019qu\u2019on veut?Dis.Il compta sur ses doigts noueux.\u2014 Tu m\u2019as apporté ça jeudi soir, et.\u2014 Non.Mercredi soir ! \u2014 Bon.Si tu veux.Nous sommes dimanche matin.Où et quand veux-tu que j\u2019aie travaillé ?Hein ?Je vais fermer à midi et j\u2019irai tantôt à Cla-mart.J ai tout ce qu\u2019y faut dans ma cave, là-bas.Il fit un geste vers la boutique.\u2014 Ici, macache.C\u2019est ma couverture.Tout est régulier.On peut visiter, perquisitionner, je n\u2019crains personne.Un éclat de rire rauque : L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 4\t8\t2\t5\t6\t3\t7\t5\t2\t8\t5\t3\t6\t7\t2\t5 E\tU\tV\tL\tM\tS\tS\tI\t0\tN\tN\t°,.,\t¦E,\t0\tU\tS 5\t2\t8\t4\t6\t2\t5\t7\t3\t6\t5\t2\t7\t5\t4\t6 U\tS\tD\tS\tN\tE\tC\tY\tY\tA\tC\tT\tE\"\tE\tS\tG 5\t4\t7\t2\t5\t3\t6\t7\t2\t5\t8\t2\t5 ''\t3\t6\t4 S\tA\tZ\tE\tN\tE\tE\tG\tS\tE\t0\tT\tD\tZ\tZ\tY 2\t5\t4\t6\t3\t5\t8\t6\t2\t5\t4\t6\t3\t5\t7\t2 R\t0\tE\tP\tC\tI\tU\t0\t0\tT\tZ\tU\tA\tP\tA\tP .5\t4\t8\t6\t2\t7\t5\t6\t3\t8\t5\t2\t6\t7\t4\t5 A\tE\tX\tR\tS\tL\tS\tD\tL\tB\tV\tE\tE\tA\tN\t0 4\t5\t2\t6\t5\t3\t8\t5\t2\t6\t5\t4\tr* /\t5\t2\t5 C\tU\tN\tM\tS\tM\tI\tA\tS\tA\tB\t0\tN\tA\tI\tT 3\t8\t5\t2\t6\t5\t4\t8\t2\t7\t5\t8\t6\t2\t8\t4 E\tL\tT\tB\tI\tR\tR\tL\tL\tT\tE\tE\tN\tE\tT\tE Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc.fl Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 l 5 \u2014Heureusement, parce qu\u2019y a longtemps que j\u2019boufferais des haricots.La police me zyeute.Elle peut toujours continuer et mettre des lunettes, même, ail\u2019 trouvera rien.Jamais.Le visiteur paraissait suivre le cours de sa pensée : \u2014 Alors ?Cet après-midi ?\u2014 Oui.Je commencerai.Mais faudra compter plusieurs séances.\u2014 Hein ?Rien que pour la barrette ?\u2014 Bien entendu ! Peux pas resté enfermé non plus des heures.Ou les voisins, y s\u2019demanderont ce que j\u2019fa-brique.L\u2019homme étouffa un soupir de lassitude.Gropard reprit : ___Tu crois, toi, que ça s\u2019fait comme les petits pains.On pétrit, on enfourne, et hop, au bout de quelques heures, c\u2019est prêt?\u2014 Bon;, bon.Et qu\u2019est-ce qu\u2019on pourra en tirer ?Le vieillard attendit un petit instant, comme s\u2019il calculait, et donna un chiffre : \u2014 Mettons vingt mille, l\u2019un dans l\u2019autre ! \u2014 Pour chacun ?\u2014 T\u2019es maboul.En tout.\u2014 Ah ! mais non ! Tu te f.s de moi !.Ça vaut cinquante mille ! \u2014 Tel que, je ne dis pas.Dans le commerce.Quand c\u2019est vendu à des poires qu\u2019ont la galette.Mais les pierres d\u2019un côté, le platine de l\u2019autre.Pourrai pas en avoir plus.Le visiteur eut un geste découragé.\u2014 Tu sais que le tout vaut sept cent mille ?\u2014 Oui, c\u2019est les journaux qui disent ça.\u2014 Mais je le sais, moi, puisque.\u2014 Ecoute, mon petit.Discute pas.Si on en tire cinq cents billets à partager entre nous, ça sera du bath.Faut pas oublier les dénonciations possibles, les risques, quoi ! \u2014 C\u2019est à toi à maquiller la marchandise, Gropard.\u2014 Je m\u2019tue à te dire que je vais faire c\u2019qu\u2019y faut.Il changea de ton, et hochant la tête : \u2014 Y a des grosses pierres dans le diadème.J\u2019ai lu la description.Faudra que je les sépare, que j\u2019en fasse des petites.Ça fait de la dépréciation aussi, ça.Non, tu sais, deux cent cinquante billets chacun, c\u2019est pas mal.Pas mal du tout.Il se gratta le menton, longuement.\u2014 Faut pas t\u2019en faire.Tu es pénard.Moi aussi, du moment qu\u2019on prend des précautions.Y a qu\u2019aller doucement.On a le temps.Apporte le reste, je verrai à organiser ma besogne.\u2014 Tu es sûr, au moins, de tout écouler ?\u2014 Mais oui.T\u2019inquiète pas.Le visiteur se leva et tendit la main.\u2014 Bon.A bientôt.Tu me tiendras au courant.\u2014 Reviens plutôt me voir.J\u2019aime pas écrire, moi.Ah ! pendant que j\u2019y pense.Tu t\u2019es débarrassé des écrins ?Fais-en un paquet lesté d\u2019une bonne pierre et balance-les quelque part dans la flotte.Si jamais on les dégottait chez toi.L\u2019horloger rouvrit sa porte après avoir décroché sa pancarte.L\u2019individu au feutre baissé venait de sortir.Gropard réencastra une loupe professionnelle dans son orbite et se mit à examiner le boîtier d\u2019une montre.Il songeait à la bonne affaire.Rien que sur la barrette, il gagnait dix mille francs au détriment de l\u2019autre.\u2014 Oui, marmonna-t-il, ça fera un total de cent cinquante billets pour bibi, en supplément.Je lui dirai que j\u2019ai pas pu aller plus haut que quatre cent cinquante sacs.Et ça doit bien tourner autour de six cents, ce bénéf\u2019-là.Un joyeux dimanche après-midi.Du soleil.Un peu pâle peut-être, ce soleil de fin d\u2019octobre, mais il faisait bon tout de même.Sur la Marne, des sportifs se courbaient sur leurs avirons.Les longues et fines embarcations paraissaient des oiseaux volant à ras de Tonde.Les muscles jouaient sous la peau fouettée par l\u2019air vif de la course.Un homme cheminait parmi la foule de promeneurs et badauds.Il avait un paquet sous le bras et marchait lentement sur l\u2019arête du talus, au-dessus de la rivière.Il regardait fréquemment autour de lui.Mais rien à faire, pour le moment.Trop de monde.Son geste serait vu.Il y aurait peut-être des curieux pour tenter de repêcher le paquet.Il avait étourdiment compté trouver un coin tranquille.Il n\u2019avait même j pas eu l\u2019occasion de lester son fardeau d\u2019une pierre, comme l\u2019avait conseillé Gropard.Tant pis.Il l\u2019expédierait dans la rivière tel que.Si seulement il pou- ; vait découvrir un endroit propice.Il remontait toujours vers la Maltournée.Il avait successivement dé- | passé Nogent, puis Le Perreux, puis Bry-sur-Marne.\u2014 Ah !.Tout de même.Oui, maintenant, il y avait beaucoup moins de gens.Mais trop encore, à son goût.Surtout les riverains, qui, à la porte de leur jardinet dormant sur la route, tuaient le temps à observer les promeneurs.Il fit encore une cinquantaine de mètres, puis, tirant un paquet de cigarettes, il en alluma une.Sans façons, il s\u2019assit sur l\u2019herbe du talus.Juste à l\u2019abri d\u2019une rangée de petits troènes qui le séparaient de la route.On était très bian là.Au-dessous de lui, un immense saule pleureur s\u2019arrondissait au-dessus de l\u2019eau.L\u2019homme songea, un instant, à descendre encore, mais il eut peur de glisser.Et il ne savait pas nager.Il avait p » > \\ \\ \\ K N\tv'i .«SV?\\W\\ rcco r, CO Un grand papillon, aux ailes multicolores et une poche découpée en forme de fleur font l\u2019originalité de ce tablier.Il est étampé sur un broadcloth de soie beige et la fleur de la poche est d\u2019un ton orange foncé qui fait contraste.La broderie est facile à exécuter et se nuance en de riches teintes de rouille, brun, or, vert et noir.Une partie de la bordure est finie au point de boutonnière et l\u2019autre au point de couverture.Les attaches sont en ruban.Mme L.DE BELLEFEUILLE, 61, Bord du Lac, Valois, P.Q LISTE DES PRIX \u2014 Patron No 905 Veuillez m\u2019envoyer les articles suivants : ?No 905 \u2014 Le tablier étampé, la poche, la ceinture et le tableau des couleurs\t79 ?\tCotons à broder de couleurs\t30 ?\tPatron étampé sur papier\t.25 ?\tPapier carbone, bleu ou jaune pour tracer\t10 Prière à mes lectrices d\u2019inclure le prix du patron, plus la taxe de 5% ou 3%, selon le cas, sous forme de bon postal, mandat d\u2019express ou argent sous pli recommandé.Nom Adresse Localité\tProvince Le Samedi \u2014 31 décembre 1949 11 respira un grand coup.Tous neufs, très luxueux.Aucun doute, il se trouvait devant les boîtes qui devaient avoir contenu les joyaux de Mme del Mayo-Foto.\u2014\tHier soir, vous dites ?\u2014\tOui.Un type de la Maltoumée.J\u2019ai son nom, là, et son adresse.Tenez.Duroc lut : Dulac, rue Désirée, menuisier.\u2014\tFaites-moi un paquet, demanda-t-il.Je repasserai les prendre.Il allait se rendre tout de suite chez Dulac.L\u2019homme travaillait à son établi en sifflotant.Il ne fit aucune difficulté pour narrer les détails.\u2014 J\u2019étais installé à mon « coup » habituel.Près d\u2019un saule pleureur.Faut-y vous emmener là-bas ?\u2014 Non, pas besoin-.Allez-y ! Qu\u2019est-ce qui s\u2019est passé ?\u2014 J\u2019avais entendu un craquement de branches en haut du talus.J\u2019ai jeté un coup d\u2019oeil.Le type s\u2019était installé.Il ne me voyait pas.Il est resté un petit moment.Puis son paquet.je suppose qu\u2019il l\u2019a laissé glisser.Je l\u2019ai reçu dans le dos.Ce qui est drôle, c\u2019est que j\u2019ai voulu courir après lui, il a détalé comme un zèbre.J\u2019sais pas ce qu\u2019il avait.Dulac avait une varlope en main et s\u2019apprêtait à reprendre sa besogne.\u2014 Qu\u2019est-ce que ça représente, tous ces écrins ?Un vol ?\u2014 Oui.N\u2019en parlez pas autour de vous.Cela aidera l\u2019enquête.\u2014 Bon, compris.Muet comme une carpe.Deux coups de varlope.Duroc était à la porte.Il revint.\u2014 L\u2019homme.Grand?Moyen?\u2014 Plutôt grand.Et mince.Je n'ai pas pu voir sa tête.Je ne l\u2019ai surtout remarqué que le dos, s'pas.L\u2019inspecteur rapporta les écrins à Paris.Il vérifia la liste qui lui avait été fournie par le bijoutier et confirmée par le secrétaire de la Brésilienne.On y donnait la description précise.Il hocha la tête avec satisfaction.Une cigarette.Il se mit à réfléchir.Prévenir Grépon ?Et le secrétaire ?Non, au fait, cela n\u2019avancerait rien.Il allait également se garder d\u2019en parler aux journaux.Il comprenait ce qui avait dû se passer.L\u2019inconnu avait voulu se débarrasser des boîtes.Les jeter à l\u2019eau Ç\u2019eût été une grosse maladresse que de révéler publiquement qu\u2019il avait manqué son coup.Duroc lança quelques nouvelles bouffées.\u2014 Pourquoi a-t-il attendu quatre jours ?Ici encore il devrait y avoir une raison.Et Duroc eut un petit choc électrique intérieur.Il commençait à comprendre.A ce moment, un appel téléphonique résonna.Il allongea la main.\u2014 Bonjour, monsieur Vairlat.Oui, je suis à mon bureau jusqu\u2019à six heures.Le secrétaire annonça qu\u2019il passerait dans le courant de l\u2019après-midi.Il paraissait nerveux.Duroc le reçut vers cinq heures.\u2014 L\u2019enquête fait des progrès ?demanda le jeune homme.\u2014 Elle suit son cours.La formule sacramentelle, classique, celle qui ne compromet pas.\u2014 Vous croyez pouvoir aboutir bientôt?Duroc eut un regard calme et pénétrant.\u2014 Sait-on jamais, cher monsieur ?Vairlat eut une petite crispation de la bouche. Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 17 \u2014 Et.vous avez toujours besoin de nia présence ?11 n\u2019ignorait pas que c\u2019était l\u2019insistance formelle de Duroc qui l\u2019avait empêché d\u2019accompagner Mme del Mayo.Le policier eut un geste vague et le regarda de nouveau \u2014 Pourquoi ?\u2014 Il V a un départ pour Rio, dans cinq jours, et je.Il eut un sourire contraint, puis très vite : \u2014\tAprès, poursuivit-il, il faudra attendre au moins trois semaines.Alors.J\u2019ai pensé.J\u2019ai espéré.\u2014\tVous vous ennuyez à Paris ?demanda Duroc avec un sourire léger, tout en déplaçant machinalement des objets sur son bureau.\u2014\tNon.Mais.Les yeux du policier continuaient à l'observer étroitement.Et Duroc se rendait compte que Vairlat était grand-mince.Il le savait déjà, évidemment, mais il le constatait à nouveau.\u2014 Il faisait beau hier, reprit l\u2019inspecteur.Vous n\u2019êtes pas allé vous promener ?\u2014 Mais si.Bien sûr.Je suis allé dans les bois de Saint-Cloud, murmura le jeune homme.Je.Ecoutez.Réellement, il avait envie de quitter Paris.En même temps que Mme del Mayo-Foto étaient partis quelques amis, parmi lesquels les parents d\u2019une jeune fille et.Le secrétaire acheva avec un sourire appuyé : \u2014 J\u2019aimerais mieux être là-bas qu\u2019i-ci, comprenez-vous ?Duroc fit un signe.Il comprenait.Il rumina.Puis, tout haut : \u2014 Cinq jours, dites-vous?.Oui, c\u2019est possible.Avec un peu de chance.Il faut espérer.\u2014 Ah ! je serais si content ! L\u2019exclamation avait jailli avec force.Duroc continua de soupeser les événements.\u2014 Je ne peux rien vous promettre de définitif.Mais je vous répète que c'est possible.Vairlat repartit, plein d\u2019espoir.Et l'expression de Duroc devint énigmatique.Depuis la trouvaille des écrins, il avait commencé quelques investigations immédiates dans un cercle précis.Selon les rapports de ses collaborateurs, il saurait à quoi s\u2019en tenir sous peu.Et, alors, il construirait le piège dans lequel viendrait se faire prendre le voleur.Il attendit jusqu\u2019à sept heures.Téléphone.\u2014 Allô.C\u2019est toi, Lansquet ?.Oui, ici, inspecteur Duroc.Alors ?\u2014 Rien jusqu\u2019à présent, chef.J\u2019ai pris la filature à l\u2019endroit que vous m'avez désigné.Tout est normal.\u2014\tRentré chez lui ?\u2014 Oui.A l\u2019instant.Faut-il continuer à surveiller ?\u2014\tAttends.Oui.Jusqu\u2019à neuf heures.Tu es sûr qu\u2019il ne filera pas pendant que tu es au bout du fil ?\u2014\tJ\u2019ai un agent en face de la maison.Il est prévenu.Il le retiendra sous un prétexte quelconque.\u2014\tBon.Sauve-toi.Vaut mieux éviter ça.Durant deux soirs, ce fut la répétition de ce colloque entre Duroc et Lansquet.Le troisième, il n\u2019y eut pas d\u2019appel.Par acquit de conscience, l'inspecteur attendit jusqu\u2019à huit heures.Il quitta finalement son bureau.Il n\u2019était nullement inquiet.Au contraire.Des le lendemain matin, Lansquet lui apprendrait quelque chose d\u2019intéressant.Il en était certain.V \u2014 La bonne piste Duroc approuvait par de petits mouvements de tête.\u2014 Voilà, dit Lansquet.C\u2019est chez un dénommé Gropard.Un vieux type.Dans la rue du Temple.\u2014 Une boutique ?\u2014 Oui.Un horloger.\u2014 Bon, raconte.\u2014 Il y est allé directement.A peine était-il entré que le bonhomme a accroché une pancarte et bouclé la porte à clef.Je me suis approché comme si je regardais la vitrine.Je les ai vus passer dans l\u2019arrière-boutique.\u2014 Restés longtemps ?\u2014 Une bonne demi-heure.\u2014 Et après ?\u2014 Rentré chez lui.J\u2019ai attendu.Peut-être allait-il ressortir pour une autre course.Mais rien.\u2014 Ça va très bien, mon petit Lansquet.Très bien.Maintenant, tu vas tâcher de te renseigner sur ce Gropard et.\u2014 Mais c\u2019est fait, chef.Vous pensez bien que je ne suis pas resté à bayer corneilles pendant qu\u2019ils étaient occupés tous les deux.» J\u2019ai demandé chez un fruitier, en face, si on ne connaissait pas, dans le quartier, un réparateur de pendules.Comme de bien entendu, on m\u2019a désigné le père Gropard.C\u2019est comme ça que j\u2019ai commencé par apprendre son nom.» Alors, moi de demander s\u2019il était honnête, et tout, quoi.Lansquet conclut : \u2014 Bonne réputation.Paraît qu\u2019il travaille bien.En tout cas, il n\u2019a jamais été sur la liste des « fourgues » (recéleurs).Duroc eut un petit geste.\u2014 J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il va y figurer désormais ! Vers la fin de la matinée, l\u2019inspecteur se trouva rue du Temple.Il pénètre dans la petite boutique.Le père Gropard ôta la grosse loupe noire qu\u2019il avait encastrée dans l\u2019orbite droit, déposa la petite montre qu\u2019il manipulai : \u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est, monsieur ?\u2014 Deux mots à vous dire, en particulier.L\u2019homme à la barbiche de chèvre considéra fixement l\u2019inconnu.Cette face sévère, ce regard pénétrant.Il eut un petit mouvement de glotte.Une vague inquiétude naquit.\u2014 A quel propos ?\u2014 C\u2019est assez spécial.Duroc eut un regard vers la rue, à travers la vitrine, et proposa : __Vous n\u2019avez pas un endroit où nous pourrions être tranquilles ?Gropard eut une brusque pensée.Après tout, c\u2019était peut-être pour «affaires » ?Allait-il placer tout de suite les diamants de la barrette auxquels il avait travaillé le dimanche précédent ?Il jaugea de nouveau l\u2019inconnu.Duroc était hermétique.____Ç\u2019est.c\u2019est absolument personnel ?\u2014 Oui.Et urgent.Le bonhomme accrocha l\u2019écriteau fatidique.Ils passèrent dans la petite pièce sombre.Le policier resta l\u2019épaule appuyée contre la porte._je suis à la recherche des bijoux volés à une riche personne Brésilienne, il y a\u2014 Duroc donna la date.Le père Gropard était devenu gris.Il parvint cependant à faire un effort.Avec un sourire contraint, il répondit.\u2014 Ah !.Vous êtes de la police !.Non, on ne me les a pas proposés.La voix coupante de Duroc articula : \u2014 C\u2019est là où nous ne sommes pas d\u2019accord, justement ! Un silence régna.L'inspecteur jouait une carte audacieuse.En fait, il n\u2019avait aucune preuve.Rien que des présomptions.\u2014\tVous.vous dites ?\u2014\tJe dis que nous ne sommes pas d\u2019accord.On est venu vous les proposer.Allons, ne faites pas la bête ! Le rire de Gropard sonna faux.\u2014 A moi?.Pour quoi faire?\u2014 Pour les écouler, parbleu.Je vous ai dit de ne pas faire la bête.Je suis renseigné.Je suis fixé sur vos occupations extra-commerciales, et mieux vaudrait admettre les faits.Le vieux bonhomme sentait une épouvante lui empoigner les entrailles.Comment pouvait-il se faire que ?Pourtant, il avait toujours pris ses précautions.Ah ! satanée police qui parvenait toujours à découvrir des choses et des choses ! Cependant, il ne cédait pas.\u2014 On a dû vous induire en erreur.Je suis un commerçant honnête.Il y a peut-être une similitude de nom et de profession.Duroc décida de brusquer les choses : \u2014 Vous préférez qu\u2019on perquisitionne ?De gris, le père Gropard devint jaunâtre.Il eut un regard de bête traquée.Perquisitionner ! Et l\u2019autre qui avait apporté, la veille, deux bagues, une grosse broche, un clip.Tout était là, dans un placard, au fond d\u2019une vieille boîte métallique qui avait contenu du tabac.Il comptait les emporter le dimanche suivant.Il était si tranquille, si sûr de lui ! Duroc ne perdait aucune de ses expressions.Il constata qu\u2019il marquait des points.\u2014 Alors, grommela-t-il, en le tutoyant, tu te décides, vieille fripouille ?Hein ?Tu vas parler ?Toujours le silence.Qu\u2019aurait-il pu dire, le recéleur ?\u2014 On est venu t\u2019apporter quelque chose hier.Mais oui, puisque je te dis qu\u2019on le sait.Le gars qui a fait le coup est surveillé depuis un bon bout de temps déjà.S\u2019agissait de savoir où il s\u2019adressait pour écouler son butin.Le père Gropard comprit, cette fois, qu\u2019il était perdu.Le naufrage.Mais allait-il se laisser engloutir ou se raccrocher à quelque épave ?\u2014 Je.Ecoutez.Oui, on m\u2019a proposé quelque chose.Je.J\u2019avais perdu la tête.Ah ! ce que je regrette ! Je.\u2014 Oui.« Mets-toi à table.» Ça vaut mieux.Le vieux coquin se sentait une langue énorme et raccornie dans la bouche.Il pouvait à peine parler.Quelle épouvante à présent !.Ah ! si la police était venue plus tôt !.Cette barrette qu\u2019il avait déjà trafiquée.Il était complice, ça ne faisait pas un pli.Tandis que la semaine dernière, encore.Enfin, tant pis.Il allait essayer de s\u2019en tirer au mieux possible.\u2014 Vous.vous savez qui c\u2019est ?\u2014 Puisque je te le dis !.Duroc, tranquillement, précisa.L\u2019autre eut un grelottement.\u2014 On est fait!.balbutia-t-il malgré lui.Duroc haussa les épaules et alluma une cigarette.\u2014 Plus tu parleras, dit-il, et mieux ça vaudra pour toi.Il t\u2019en sera tenu compte.\u2014 Vous savez, moi, je n\u2019y suis pour rien.C\u2019est l\u2019autre qui a tout combiné.Je.\u2014 Non, pas de boniments.La vérité, Gropard, et rien d\u2019autre.Avec un soupir qui ressemblait à un râle, l\u2019horloger se décida à « se mettre à table » comme l\u2019exigeait Duroc, autrement dit, à tout révéler.Quand il eut terminé, il s\u2019en fut d\u2019un pas chan- Fortifiez votre Santé Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Vous pouvez avoir une belle apparence avec le TRAITEMENT MYRRIAM j DUBREUIL C\u2019est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme .AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.GRATIS : Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.REMPLISSEZ CE COUPON Mme MYRRIAM DUBREUIL 6880, rue Bordeaux Case postale, 2353, Place d'Armes, Montréal, P.Q.Ci-inclus 5c pour échantillons du Traitement Myrriam Dubreuil avec brochure.(Pour le Canada seulement).Nom .Adresse .Ville .Province .! i 18 Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 celant jusqu\u2019au placard, y prit la bo'te d'innocente apparence, l\u2019ouvrit.\u2014 Voilà ce que j\u2019ai.\u2014 Et le reste ?\u2014 Il l'a encore.Il doit me l\u2019apporter petit à petit.L\u2019inspecteur empocha les bijoux.Le vieillard parla de la barrette déjà démontée.C\u2019était bien fini.Duroc donna ses ordres.Il était redevenu très sec : Tu vas fermer ta boutique.Oui, tu m\u2019accompagnes mon vieux.J\u2019ai là un taxi à quelques mètres.\u2014 Allô?.Le Maxa-Palace ?Donnez-moi M.Vairlat.\u2014De la part de qui ?\u2014 C\u2019est personnel.\u2014 Voilà, monsieur.Le secrétaire de Mme del Mayo-Foto décrocha le récepteur.\u2014 Ah ! c\u2019est vous, inspecteur Duroc ?\u2014 Oui.Vous allez bien?Dites i ai besoin de vous.Tout de suite.Pouvez-vous passer à mon bureau ?L\u2019intonation fit tressaillir le jeune homme : \u2014 Vous avez du nouveau?\u2014 Oui.Peux pas donner détails au téléphone.Vairlat songea au départ du paquebot qui avait lieu dans quarante-huit heures.Il se rongeait dans l'attente.Est-ce que le policier allait lui apprendre réellement quelque chose de décisif ?En bas de l\u2019immeuble, il se rencontra avec M.Grépon.Le bijoutier avait l\u2019air bouleversé.\u2014 Vous êtes convoqué aussi?demanda Vairlat.\u2014 Oui.C\u2019est.incroyable ! \u2014 Quoi donc ?\u2014 Le.voleur.Je.\u2014 Vous le connaissez ?\u2014 Plutôt !.clama le bijoutier.Qui aurait pu se douter ! Je vous répète que.Mais nous voici arrivés.Ils furent introduits immédiatement.Duroc attendait.Il arborait son expression des grands jours.Sur la table, il y avait une grande boîte de carton.Voulez-vous voir, messieurs ?\u2014 Les bijoux !.s\u2019exclama Vairlat qui passait par toutes les teintes de l\u2019arc-en-ciel.\u2014 Oui.Il n\u2019en manque qu\u2019un.Une barrette.Elle a été démontée et fondue.Mais, pour le reste, vous pouvez compter messieurs.Vairlat avait l\u2019air foudroyé de stupeur.\u2014 Vous avez réussi!.finit-il par dire.Il ne trouvait pas ses mots.Duroc hocha la tête.\u2014 Oui.Et vous pourrez prendre le bateau, monsieur Vairlat, vous pourrez le prendre.Réjouissez-vous ! Mais, enfin, qui est-ce qui avait volé ?Duroc regarda M.Grépon.Ce fui ce dernier qui répondit : \u2014 Mon employé.Le gardien.Oui, c\u2019est Delambre ! VI \u2014 Le tour de passe-passe airlat se laissa tomber sur une chaise.\u2014 Delambre ?Il avait 1 air totalement ahuri.Ce fut une exclamation de navrance du bijoutier qui lui fit écho : \u2014 Cela vous fait le même effet qu\u2019à moi, n\u2019est-ce pas ?Il reprit : \u2014 Ah!.Quand j\u2019ai vu arriver l\u2019inspecteur Duroc.Quand il est descendu avec moi.Il a juste articulé deux mots à Delambre : » Suis-moi.» Et puis le déclic des menottes.L\u2019employé a voulu se débattre, il a reçu un coup de poing.Heureusement, M.Duroc l\u2019a fait passer par une sortie de service.» M.Grépon s\u2019essuyait le front sans arrêt.\u2014 Sinon, quel scandale !.Il a fallu un deuxième inspecteur pour aider à l\u2019emmener.Vairlat bégaya : \u2014 Et.vous êtes sûr que ?.Duroc se mit à rire.\u2014 Cela ne suffit pas ?Il désignait les bijoux reconquis.\u2014 On les a trouvés chez lui.La perquisition a eu lieu avant l\u2019arrestation.Quoique je fusse déjà certain, puisque le complice avait tout avoué.Quelques bijoux étaient chez 1 autre, du reste.Vairlat n\u2019arrivait pas à ressaisir son calme.\u2014 Mais comment?A quel moment?.Puisqu\u2019il était toujours à son poste quand.\u2014 Quand on s\u2019est aperçu que la cassette de métal était vide ?Cela n\u2019empêchait rien.Duroc se mit à expliquer.\u2014 Il y a eu substitution de cassette, tout simplement, cher monsieur !.Vous y êtes ?Vairlat secoua la tête, négativement : \u2014 Puisque j\u2019ai vérifié?.En compagnie de M.Grépon.M.Grépon eut un sourire faible.\u2014 C'est bien ce que j\u2019avais dit aussi.Duroc sabra l\u2019air d\u2019un petit mouvement de bras.\u2014 Si vous voulez écouter, vous vous rendrez compte.Il se carra dans son fauteuil.\u2014 Après avoir recueilli tous les faits, j\u2019ai compris qu\u2019il n\u2019y avait que cette théorie-là de possible : la substitution du coffret.Mais à quel moment ?Et à quel endroit ?» Je ne pensais nullement à Delambre.Il y avait précisément cette dia- blesse de question de vérification, qui laissait dans l\u2019ombre la bijouterie.» Alors?Durant le voyage en taxi jusqu\u2019au palace?Duroc marqua un petit temps.__Savez-vous, monsieur Vairlat, que vous auriez pu être soupçonné ?\u2014 Moi?Moi?Le trouble du secrétaire était extrême.Une rougeur ardente lui était montée aux joues.Duroc reprit d\u2019une voix très placide : \u2014 Oui.Je ne dis pas que je l\u2019ai fait, mais vous auriez pu l\u2019être, je le répète.Il y a qu\u2019une seule chose qui vous écartait de l\u2019affaire.\u2014 Ah ! Qu\u2019est-ce qui m\u2019a sauvé ?\u2014 Le fait que le coffret était empaqueté de papier.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Le coup avait été longuement prémédité, est-il besoin de le dire ?» On avait préparé une boîte de métal rigoureusement semblable à 1 autre.La serrure était également la même.Condition primordiale, à cause de la clef.» Or, qui possédait une clef ?Mme del Mayo-Foto et., vous.\u2014 Mais.\u2014 Attendez.Si vous aviez emporté la boîte telle quelle, la thèse de votre culpabilité devenait possible.Un échange en cours de la route et le tour est joué.Vairlat avait les traits crispés.\u2014 Tandis que la question de 1 emballage détruisait tout.Ce papier.Vous vous souvenez que je vous l\u2019avais demandé.Heureusement pour vous, pour tous, vous l\u2019avez retrouvé facilement.Or, quand je l\u2019ai montré à M.Grépon, il l\u2019a reconnu.D\u2019ailleurs, il portait le nom de la maison.» Et, réellement, je ne pensais accepter l\u2019hypothèse que vous ayiez réussi à vous procurer un échantillon, tellement semblable, quant à tous les dé- tails.En un mot, ce papier était le même qui enveloppait la boîte au sortir de la bijouterie.Vairlat souffla bruyamment.\u2014\tOui, admit-il.vous avez raison.\u2014\tLa question d\u2019un vol à l\u2019hôtel même était possible aussi.Mais à une condition.Un échange immédiat des coffrets.Vairlat s'exclama : .\u2014 Vous pouviez me soupçonner ici, aussi ! \u2014 Non.Pas plus que Rosita.\u2014 Ah ça !.Pour quelle raison ?\u2014 Parce que l\u2019un ou l\u2019autre vous auriez purement et simplement fait dispara tre le boîte.Duroc s\u2019appuya sur son bureau.\u2014 C\u2019est autour de ce problème que je me suis concentré.Pourquoi y avait-il eu remplacement de la cassette ?En admettant, évidemment, que ce fût ainsi que le vol eût été exécuté.Grépon et le secrétaire étaient bouche bée.\u2014 Brusquement, reprit Duroc, je me demandai si Delambre n\u2019avait pas été l\u2019auteur de toute l\u2019affaire.s, Vous vous souvenez, monsieur Vairlat, combien j\u2019ai insisté pour que vous me donniez le moindre détail de ce qui s\u2019était passé dans le sous-sol de la bijouterie.» C'était extrêmement précieux.Il prit une feuille de papier dans le dossier.\u2014 Tenez.J\u2019ai ici le résultat de mon cérébral.Le vol a été accompli de la manière suivante : » Primo : vous vérifiez le contenu du coffret; secundo : vous le remettez, une une fois refermé, \u2014 retenez bien cela, refermé à clef \u2014 à Delambre qui se charge de l\u2019envelopper; tertio : vous remontez pour signer votre reçu, etc.» Or l\u2019employé n\u2019ignorait rien du processus de ce genre d\u2019opérations Dès qu\u2019il s\u2019est trouvé seul, il a fait l\u2019échange.Et c\u2019est le coffret aux écrins vides que vous avez emporté.» Tout simplement !.Il eut un petit rire satisfait.\u2014 Le gredin avait eu le temps, en dix mois, d\u2019étudier son affaire, de se procurer, grâce à son complice Gro-pard, une boîte identique, je crois bien que l\u2019autre l\u2019aura même fabriquée, y compris la serrure.» Ils avaient tout calculé, les deux voleurs.Tenez.Cette question des écrins vides.\u2014 Oui.Pourquoi des écrins vides plutôt que.je ne sais pas moi.des cailloux, des briques ?.\u2014 Parce qu\u2019il fallait, lors de la manipulation de la cassette, éviter quelle fût rouverte.Le choc caractéristique des écrins entre eux vous rassurait amplement sur le contenu !.Claude Ascain FLUIDES DANGEREUX Beaucoup de gens ont l'habitude de se servir de gazoline ou d'un fluide plus léger pour détacher les habits ou nettoyer les machines.Cependant, la gazoline est l\u2019un des fluides les plus dangereux dont l\u2019on puisse se servir à la maison.Elle s\u2019évapore vite et le gaz délétère qu\u2019elle forme explose facilement.Elle constitue un risque d\u2019incendie de premier ordre.D\u2019habitude, d\u2019autres détergents moins volatiles sont beaucoup plus sûrs et beaucoup plus efficaces.Des habitudes élémentaires d'hygiène et de sécurité épargnent des vies humaines.Ne prenez pas de risques inutiles.C\u2019est peut-être votre vie à vous que vous épargnerez ainsi.LA VIE COURANTE .par Georges Chirk __ Un petit coin discret, si possible : il faut chanter et raconter des histoire à notre fils pour le décider à mangar .>», ilJ L'ii Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 19 L b.b ï e: ai El L$ [e: ira lis b s S' Lï- ï?- tf1 BOUT DE L\u2019AN [ Suite de la page 10 ] Lamanière était un doux poète aussi pauvre que modeste, vivant du maigre salaire d\u2019une petite administration.Il reçut cette boîte avec attendrissement et supposait déjà la devoir à quelque belle dame amoureuse de ses vers, lorsque, entamant le premier rang des sucreries, il découvrit le bristol armorié : « M.le Comte de Froidepierre, en témoignage de sa vive admiration ! ».Ce fut un coup pour Lamanière.Le marron glacé qu\u2019il savourait fallait l\u2019étrangler.C\u2019est ce soir-là qu\u2019il écrivit sa \u201cgrande épitre dédiée à M.le Comte\u201d.Celui-ci en fut touché, remarqua la qualité des vers et de l\u2019inspiration, fit venir le poète, étendit sur lui sa protection, le fit éditer et lui permit de devenir célèbre, riche et académicien.Mais on ne voit plus la vieille ! Attention ! Ding.ding.ding.Cette cloche sonne à la fois une mort et une naissance ! Voici la petite nouvelle année ! Ma vieille amie, je vous la souhaite bonne et heureuse ! Que la paix règne dans tous vos quartiers ! Que les étangs soient clairs pour y mirer votre masque enfariné ! Que les loups soient en voix pour vous hurler la beauté des nuits d\u2019hiver et que vos rayons soient doux pour caresser les berceaux des petits enfants ! Roger Beaufils Extrait de \u201cContes du Clocher\u201d VERRA-T-ON EN 1950 UN CALENDRIER REGULIER! [ Suite de la page 4 ] Selon ce calendrier, le 15 juin 1950 sera le premier Thoth 6186 de l\u2019ère sothiaque.Jules César prévoyait, peut-être intuitivement, l\u2019uniformisation de pensée qu\u2019allait introduire le Christianisme ; il établit en 45 un calendrier, le premier de forme moderne.Ce calendrier est fondé sur la durée de révolution de la terre autour du soleil en 335 jours 14-Son défaut était qu\u2019il ne pouvait comprendre un nombre invariable de jours, car à la longue, il n\u2019y aurait plus eu de concordance des saisons avec les dates.L\u2019idée essentielle de Jules César fut la fixation de trois années normales de 365 jours suivies d\u2019une année bissextile de 386.L\u2019année était divisée en 12 mois dont 7 de 31, 4 de 30 et 1 de 28 dans les années normales et 29 dans celles bissextiles.Ces dernières sont facilement reconnaissables à ce que leur millésime est divisible par 4.Au XVIième siècle, le pape Grégoire XIII entreprit d\u2019apporter un ajustement du calendrier civil usuel en le faisant concorder avec le calendrier astronomique réel.L\u2019année tropique de 11 minutes plus courte que l\u2019année julienne, avait en 15 siècles, en 1532, provoqué un décalage de plus de dix jours.Grégoire XIII décida de leur suppression : à Rome, le vendredi 15 octobre succéda au jeudi 4 octobre.En France l\u2019alignement se fit le dimanche 9 décembre qui fut suivi du lundi 20.En Grande-Bretagne, la réforme n\u2019eut lieu que deux siècles plus tard, en 1752.Mais cette réforme était une rectification.Grégoire XIII voulut éviter son renouvellement et les perturbations qu\u2019elle provoquerait.Il décréta que, pour l\u2019avenir, l\u2019accord entre les dates et les saisons serait effectué par la suppression de la bissex-tilité des années séculaires, sauf dans le cas où leur millésime serait divisible par 400.C\u2019est de la sorte que les années séculaires 1600, 2000, 2400 compor- tent un jour bissextile au 29 février, tandis que 1700, 1800, 1900, 2100, 2300 n\u2019en n\u2019ont pas.Ce calendrier grégorien est à l\u2019heure actuelle à peu près universel.Les derniers à l\u2019adopter ont été les chrétiens de rite byzantin, qui ont toutefois conservé le calendrier julien pour leur liturgie, sous le prétexte, qu\u2019il est celui existant au moment de l\u2019expansion du Christianisme.Mustapha Kémal l\u2019a également intégré dans sa réforme de la République Turque tout en conservant le calendrier islamique pour les solennités religieuses.Les calendriers Julien et Grégorien sont exclusivement fondés sur la connaissance astronomique des mouvements de la terre par rapport au soleil.Il existe toutefois deux autres calendriers : l\u2019Israélite et le Musulman, calculés uniquement d\u2019après les observations de la lune et du soleil, pour le premier, de la lune seulement seulement pour le second.Le calendrier israélite a été établi au IVième siècle après J.C., par réaction religieuse au calendrier Julien ; Les mois lunaires, ou lunaisons, se composent de 29 ou 30 « nycthéméres » ou jours entiers de 24 heures calculés du soir au soir.Leurs noms sont : Tisseri, Hesvan, Kislev, Tobeth, Sché-bath, Adar, Nissam, Lyar, Sivan, Ta-mouz, Ab, Elloul.L\u2019an 1950 chevauche sur les ans 5710 _ 5711 du calendrier israélite.Celui-ci est purement lunaire.Il a son point de depart a la tombée de la nuit du 15 juillet 622 de l\u2019ère chrétienne, qui correspond à l\u2019an I de l\u2019égire, date de début de la religion de Mahomet.Les mois musulmans ont pour patronymes .Maharram, Safar, Rabi al \u2014 Au Wal, Rabi\u2019Attani, Jumada i\u2019Au-wal, Jumada\u2019t\u2019Tani, Rajab, Sa ban, Ramadan, Sauwal, Dulka\u2019da, Dul hujja.L\u2019année 1950 englobera les années musulmanes 1366 et 1367.Copyright by A.E.P.and J.Cacciaguefra AILLEURS ET A BARCELONE [ Suite de la page 5 ] et l\u2019occasion pour le bourgeois crotté des pieds de mesurer là distance en somme injuste qui le sépare de celui qui, en esclave, le nettoie.J\u2019ai bien connu la gent shoe shine boy.Elle est comme est le monde : Pleine d\u2019intrigues, d\u2019arrivistes, de fiers, d\u2019isolés, de paresseux, de sacrifiés.Car, sur le soulier luisant comme un miroir, se réflètent souvent deux yeux noirs de quinze ans, entourés de joues, entourés de ciel bleu qui est le ciel espagnol, même pour les shoe shine boys.Paul Toupin UNE SUPERBE.~! 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oui, dit-elle, pour sûr que je m\u2019en suis aperçue, et que je me suis tourmentée, et que j\u2019ai souffert de l\u2019idée qu\u2019il vous arrivait quelque chose !.\u2014 J\u2019ai eu, en effet, une très grave fièvre typhoïde, et j\u2019ai bien souffert moi-même de ne pas pouvoir vous faire prévenir des causes de mon absence.Mais à qui donner cette délicate commission ?Je suis seul, sans père ni mère, sans frère ni soeur, sans personne en qui je puisse avoir confiance.-\u2014 Comme moi alors ?Ah ! c\u2019est bien triste, allez, ces choses-là.Et à présent vous sentez-vous plus fort ?\u2014 Je suis guéri.Ma première visite a été pour vous.Vous l\u2019avez vu.\u2014 Oui, et elle m\u2019a comblée de joie.Cette joie a même été si grande que je n\u2019ai pas pu m\u2019empêcher de vous demander de vos nouvelles.M\u2019excusez-vous ?\u2014 Je vous excuse d\u2019autant plus que, très timide moi-même, je n\u2019aurais jamais osé vous parler le premier.A présent que la glace est rompue, nous ferons un peu de causette de temps en temps, voulez-vous ?\u2014 Je ne demande pas mieux.Vous me reconduirez le soir après ma journée et nous causerons.Ce sera le moyen de nous connaître.\u2014 Oh ! je vous connais bien, dit le jeune homme avec un sourire très doux qui illumina comme un rayon de soleil sa figure d\u2019ordinaire aussi froide Commencé dons l'édition du 24 décembre 1949 Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Gen, de Lettres.\u2014 Los noms des person-naqcs et de lieux de nos romans, feuil'e'ons.contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.et aussi immobile qu\u2019un visage de marbre.\u2014\tVous me connaissez?.s\u2019exclama la jeune fille étonnée.\u2014\tCertainement.Depuis plus de deux ans que je me sens attiré vers vous par une invincible attraction, il fallait bien que je sache qui vous étiez.\u2014 Alors, vous m\u2019avez fait suivre ?\u2014 J\u2019ai des loisirs, et je l\u2019ai fait moi-même.\u2014 Et qu\u2019avez-vous appris ?\u2014 Que vous êtes orpheline ou à peu près, très malheureuse chez vous, i.\"\u201cs honnête et très fière, avec un respect extraordinaire pour la parole donnée, et pour des serments fort difficiles à tenir.\u2014 C\u2019est un peu cela, dit-elle en riant, afin de cacher l\u2019embarras qui rougissait ses traits et altérait sa voix.Mais pour la première fois que nous causons ensemble, ne nous appesantissons pas trop là-dessus, voulez-vous?.Ce sont des choses qui me sont si pénibles ! \u2014 Ce sera comme vous le désirerez.Cependant j\u2019eusse bien voulu avoir votre confiance.\u2014 Vous l\u2019aurez, mais plus tard.Je vous le répète, cela m\u2019est extrêmement douloureux !.Des larmes quelle ne put contenir jaillirent de ses yeux.Cette vue parut bouleverser l\u2019inconnu.\u2014\tParlons d\u2019autres choses, dit-il, vous avez raison.Oui.Moi, je m\u2019appelle Pauline, et vous, quel est votre nom ?\u2014 Pierre.\u2014 Qu\u2019est-ce que vous faites ?\u2014 Je suis employé.\u2014 Ah ! oui, dans la maison Jacobsen, n\u2019est-ce pas ?Il la regarda vivement.Une certaine méfiance apparut sur son visage.\u2014 Comment le savez-vous, dit-il ?Elle garda sa même expression naïve et droite.\u2014 A une époque, dit-elle, on s\u2019occupait beaucoup de vous à l\u2019atelier \u2014 Pourquoi donc ?\u2014 Vous le demandez?.Vous veniez souvent me regarder derrière les vitres, ou bien vous passiez et vous repassiez constamment.Dame ! il n\u2019en fallait pas davantage pour exciter la curiosité de la maison tout entière.« Alors un jour, une petite apprentie vous a rencontré comme vous entriez sous le porche de la grande maison de banque.Elle l\u2019a raconté en revenant à l\u2019atelier, et tout le monde en a conclu, comme elle, que vous deviez être employé chez les Jacobsen.\u2014 Et après ?\u2014 Quoi après ?- Qu\u2019avez-vous su encore?\u2014 Mais rien du tout.J\u2019ai dit que ça me déplaisait qu\u2019on s\u2019occupât de vous, et par conséquent de moi.Et alors, comme on sait que je ne permets à personne de mettre le nez dans mes affaires, on s\u2019est tu.L\u2019air avec lequel la jeune fille avait prononcé ces paroles ne pouvait laisser aucun doute à Pierre : elle était sincère.\u2014 Plus tard, fit-il, je vous dirai toute la vérité sur ce qui me touche.Pour le quart d\u2019heure, je ne puis vous affirmer qu\u2019une chose : ma vie est ho- norable et vous pouvez avoir confiance en moi.\u2014\tC\u2019est la première fois que je vous parle, dit-elle, et je n\u2019en ai jamais douté.On était arrivé en haut de la rue Lepic.\u2014\tNous approchons de chez moi, dit-elle, il faut nous quitter.Si mon père ou une autre personne nous voyait, il pourrait m\u2019arriver de très grands désagréments.Il n\u2019insista pas.\u2014 Adieu, dit-il simplement.A demain.Elle s\u2019éloigna, légère et heureuse comme elle ne l\u2019avait jamais été, répétant ce mot qui lui semblait plus doux que toutes les musiques de la terre et du ciel : \u2014 Pierre !.Son amoureux s\u2019appelait Pierre.Elle lui avait parlé, elle le connaissait ! Et elle qui, depuis si longtemps, était en butte aux propositions grossières ou aux désirs insultants de tous ceux qu\u2019elle rencontrait, pour la première fois de sa vie elle avait trouvé du respect \u2014 oh ! oui, un grand respect \u2014 et de la bonté, et de l\u2019honnêteté, et cela chez celui auquel elle avait donné son coeur.Oh ! dans sa pauvre vie sevrée de toute joie, quel immense, quel profond bonheur ! Comme elle était payée de ses souffrances, de ses douleurs, de ses luttes.Presque tous les soirs, à partir de ce jour béni, Pierre l\u2019attendit et la reconduisit par tous les temps, sous la neige, sous la pluie, avec le même respect, la même affection timide faite d\u2019attentions et de réserve.Un seul parapluie les abritait tous les deux.Elle appuyait son bras sur le sien, et il osait à peine le presser contre lui En revanche, il la faisait beaucoup parler.Il voulait qu\u2019elle lui racontât les moindres détails de sa vie, et, peu à peu, en entrant dans son âme, il était étonné des monceaux d\u2019honnêteté, d\u2019intelligence et de droiture qu\u2019il y découvrait.Ça, une pauvre petite enfant de la rue, n\u2019ayant eu autour d\u2019elle que des exemples épouvantables et l\u2019expression d\u2019une morale probablement effroyable ?.Est-ce que c\u2019était possible ?Pour qu\u2019elle fût restée aussi pure, ne fallait-il pas que Dieu eût placé lui-même en son âme autant de trésors de vertu et de loyauté qu\u2019il avait mis de beauté et de grâce dans son corps d\u2019une perfection si radieuse ?Cependant, M.Henrion s\u2019impatientait en voyant qu\u2019il n\u2019arrivait pas à son but, et que même il ne faisait pas le moindre progrès dans le coeur de Pauline.Qu\u2019avait-elle donc, cette étrange fille, pour passer indifférente à côté de toutes les tentations qu\u2019il lui offrait, alors que chez elle les privations de toutes sortes l\u2019assaillaient, que Planté, surexcité par Virginie, la rouait de coups, et que jamais, peut-être, elle n\u2019avait mangé à sa faim ?.C\u2019était à n\u2019y rien comprendre.Et, depuis quelque temps surtout, elle était devenue si calme, si douce, avec une expression de si profond contentement sur son visage d\u2019ange !.Autrefois, elle était âpre, elle se révoltait, elle menaçait Virginie.Maintenant, au contraire, rien ne paraissait avoir de prise sur elle, ni les menaces, ni les scènes.Et le père H»nrion.devant cette impassibilité extrar.-dinaire, devant le rayonnement de sen pur bonheur, lequel mettait sur ses traits si beaux un éclat inaccoutumé, le père Henrion se sentait envahir par une passion folle, capable d\u2019en arriver à toutes les extrémités.Ses conférences avec Virginie devenaient de plus en plus fréquentes, de plus en plus longues.Un soir, la jeune fille, en rentrant, les aperçut tous les deux dans le corridor du rez-de-chaussée.Virginie tournait le dos à la rue.M.Henrion, le premier naturellement, reconnut Pauline, et dit quelques mots à la mégère.Celle-ci aussitôt cacha dans sa poche un objet qu\u2019elle tenait à la main ; le geste, cependant, ne fut ni assez rapide, ni assez adroit, pour que la jeune fille n\u2019eût distinctement vu une fiole dans les doigts de son bourreau Elle n\u2019y prêta pas une très grande attention.\u2014 M.Henrion lui aura porté quelque petite bouteille d\u2019eau-de-vie, pensa-t-elle.Et elle monta, songeant à autre chose.Chaque soir, avant de s\u2019endormir, Pauline buvait un verre d\u2019eau.Ce jour-là, Virginie se trouvant devant la cruche lui dit le plus naturellement du monde : \u2014 Tu n\u2019as pas soif ?\u2014 Si, répondit Pauline, comme à l\u2019ordinaire.\u2014 Veux-tu ton verre d\u2019eau ?\u2014 Je veux bien.La mégère le lui tendit et, sans méfiance, la jeune fille le porta à ses lèvres.Mais elle n\u2019avait pas avalé la première gorgée qu\u2019elle eût un violent mouvement de répulsion.\u2014 Pouah ! fit-elle, déjà méfiante, qu\u2019avez-vous donc fourré là-dedans?-Est-ce que vous voudriez m\u2019empoisonner, par hasard ?Virginie se révolta.\u2014 Es-tu folle ?fit-elle.Ah ! te voilà bien, toujours méchante\u2014 Ayez donc des attentions pour être payée de cette façon-là !.Le ton, d\u2019ordinaire larmoyant, était si naturel que Pauline se reprocha ses soupçons.Après tout, elle rêvait peut-être.De nouveau, elle reporta le verre a ses lèvres.Non, elle ne se trompait pas ; l\u2019eau avait bien une saveur désagréable, âpre et amère à la fois.Tout à coup, elle repensa à la fiole qu\u2019elle avait vu, le soir même, Virginie serrer dans sa poche, et qui lui avait été certainement donnée par M Henrion.Son front se mouilla d\u2019une sueur froide.Cette fiole.Dieu du ciel ! que contenait-elle donc?.Déjà, il semblait à Pauline que ses paupières se fermaient, que ses jambes se dérobaient sous elle. Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 21 Quelle épouvantable idée ! Et Planté qui n\u2019était pas là, envoyé, disait-on, par son patron dans une petite ville voisine, pour des travaux urgents.Folle de terreur, Pauline voulut se lever.Elle y parvint.\u2014 Ce n\u2019est pas possible, se dit-elle, ce serait trop atroce, en vérité.Elle rassembla toute son énergie, regarda la mégère jusqu\u2019au fond de ses yeux glauques.\u2014 Jurez que vous n\u2019avez pas machiné quelque horrible chose contre moi, lui dit-elle à brûle-pourpoint.L\u2019horrible femme ne se troubla pas.\u2014 Oh ! si l\u2019on peut dire.Moi qui t\u2019aime comme ma fille!.Vrai, Pauline, t\u2019es bien ingrate ! La repasseuse s\u2019avança vers elle, décidée et terrible, avec toute sa violence d\u2019autrefois.\u2014 Vous savez, lui dit-elle, sur le souvenir de ma mère, \u2014 et c\u2019est le plus grand serment que je puisse faire, \u2014 sur le souvenir de ma mère, je vous jure que s\u2019il m\u2019arrive ici quoi que ce soit, cette nuit, ou une autre fois, le lendemain, je vous tuerai.Décidément, le sommeil la terrassait.Sans avoir la force d\u2019y résister, elle se déshabilla, et à peine couchée, elle tombait profondément endormie.Combien y avait-il de temps qu\u2019elle était plongée dans ce sommeil qui lui paraissait très lourd ?Quelques minutes ou quelques heures ?N\u2019avait-elle pas eu le loisir de s\u2019y laisser aller entièrement, ou bien avait-elle au contraire assez dormi pour que son cerveau reposé eût repris, même dans son sommeil, assez de liberté pour avoir conscience de ce qui se passait autour d\u2019elle ?.Pauline n\u2019était pas capable de s\u2019en rendre compte.Mais, tout à coup, le bruit de la porte que l\u2019on refermait avec précaution l'éveilla en sursaut.En même temps, elle perçut le bruit d'une allumette prenant feu, et elle distingua le visage de M.Henrion, plus rouge et plus congestionné que jamais.Une bougie avait été préparée sur une table à portée de la main.L\u2019entrepreneur l\u2019alluma, enleva son chapeau et son pardessus, et, à pas de loup, se dirigea vers la soupente de Pauline, dont la porte était ouverte, donnant uniquement dans la pièce principale.Mais la malheureuse fille s\u2019était vite rendu compte de ses ignobles intentions.Sauter à bas du lit, se vêtir à la hâte d\u2019un pauvre petit jupon déchiré, la seule chose que Virginie eût laissée auprès de son lit, fut pour elle plus rapide que la pensée.Dans sa tête, qu\u2019une lourdeur étrange appesantissait, elle n\u2019avait encore que des idées confuses.Cependant, une volonté surnageait, claire, lucide, dominant tout : dût-elle se jeter par la fenêtre, elle échapperait à cet homme.Néanmoins, elle n\u2019avait pas de force, elle était brisée.Une lassitude extrême la tenait.N\u2019allait-elle pas se trouver de nouveau inerte et terrassée ?Oh ! non !.non !.pas cela ! M.Henrion venait d\u2019arriver devant la porte de la soupente.A la vue de Pauline, blanche comme une morte, avec ses yeux brillants de fièvre, et ses lèvres tremblantes, il faillit laisser tomber le chandelier qu\u2019il tenait à la main.La jeune fille fit appel à tout son courage, toute son énergie.Elle comprenait qu\u2019avant tout, il fallait cacher l\u2019horrible faiblesse qui la tenait, l\u2019envahissait de plus en plus, malgré sa lutte et ses efforts.\u2014 Vous!\u2014 s\u2019exclama l\u2019entrepreneur.Toi !.Toi levée.Mais alors ?.\u2014 Je n\u2019ai pas avalé votre drogue ?.Non, Dieu merci !.Lorsque je l\u2019ai eue dans la bouche, je lui ai trouvé si mauvais goût que je l\u2019ai crachée, J\u2019ai eu une fameuse inspiration.hein ?\u2014 Oui et non.Oui parce que cette idée de Virginie me répugnait.Non, parce que les manières m\u2019ennuient.et qu\u2019après, bien sûr, comme tu es une fille intelligente, tu eusses certainement consenti à être heureuse.\u2014 Ainsi, vous l\u2019avouez! Vous, un homme qu\u2019on dit honorable, vous avez recours à de semblables moyens !.\u2014 Dame ! l\u2019on fait ce que l\u2019on peut.Je suis fou de toi, archifou\u2014 capable de te donner ma fortune entière.\u2014 Je ne veux rien, rien, entendez-vous, que la paix et le droit de mourir de faim ou de mauvais traitements dans mon coin, sans avoir rien à me reprocher.\u2014 Tu vois bien que tu es intraitable.\u2014 Et je le resterai, toujours.oui, toujours ! Malgré l\u2019énergie qu\u2019elle avait essayé de mettre à ces dernières paroles, une profonde mollesse, celle qu\u2019elle avait déjà éprouvée après avoir bu sa gorgée d\u2019eau, s\u2019emparait de nouveau de la malheureuse enfant ; ses jambes se dérobaient sous elle ; des flammes rouges passaient devant ses yeux et l\u2019aveuglaient.Allait-elle donc encore devenir la proie de ce narcotique qui n\u2019avait peut-être pas fini son effet ?Elle éleva ses mains suppliantes vers l\u2019entrepreneur : La malheureuse se vit perdue, irrémédiablement perdue, sans un être au monde pour la protéger ou la défendre.Il avait raison.Aujourd\u2019hui, ou demain, ou dans huit jours, elle devait succomber à l\u2019embûche que de plus forts qu\u2019elle lui tendraient.Un coup de folie la prit.La menace faite si souvent à Mme Berthier revint à sa pensée\u2014 Eh bien ! soit.Elle allait se noyer.Elle trouvait cela mille fois préférable à la souillure qui l\u2019attendait.Elle glissa comme une couleuvre dans les doigts du vieux misérable, elle ouvrit la porte, la referma par derrière, donna un tour de clef pour qu\u2019il ne pût pas la suivre et, pieds nus, les bras et la gorge nus sous son étroit waterproof décroché au vol dans l\u2019entrée, avec son méchant petit jupon en loques, elle descendit l\u2019escalier comme une folle.Elle fut vite dans la rue.Sans voir une ombre qui se détachait du mur à son aspect, sans entendre l\u2019exclamation éperdue que son costume faisait pousser à celui qui était là, Pauline, en courant à perdre haleine, dévalait par la rue Lepic.Il tombait une pluie fine, glacée.L\u2019obscurité était profonde, il n\u2019y avait pas un chat dans les rues.Les boulevards extérieurs, la rue Blanche, la Trinité, la Chaussée-d\u2019An-tin, la rue de la Paix furent vite franchis Encore quelques pas, et la malheureuse fille arriva au bout de la rue RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS La comtesse de Rochebelle vivait heureuse dans une maison honnête, ouverte, choyée par son époux, entourée de deux jolies jeunes filles.Par une indéfinissable intuition, Nadine pressentait quelque mystère, peut-être quelque infamie, comme dans tant d\u2019autres maisons, où la belle comtesse dut passer, malgré elle .L\u2019une de ses filles, France, devint bizarre, ne voulut plus la reconnaître comme mère.Souffrir par son enfant, par elle surtout, ce fut trop en vérité ! La comtesse résolut de trouver une solution à cette mysté-0 rieuse affaire à l\u2019aide de sa marraine, qui lui apprit qu\u2019elle ressemblait, à s\u2019y méprendre, à une autre jeune femme, ayant le même visage, les mêmes traits, la même taille, le même son de voix.Situation renversante, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Monsieur Henrion, dit-elle, au nom de votre fille, si vous en avez une, dans tous les cas au nom de votre mère, renoncez à vos projets sur moi.Vos richesses ne me tentent pas.Je ne veux qu\u2019un pauvre petit intérieur où il me sera possible d\u2019être une honnête femme, en élevant honnêtement, à force de travail et de privations, les enfants que Dieu m\u2019enverra.Eperdu de la voir presque évanouie à côté de lui, il s\u2019écria : \u2014 C\u2019est impossible, ce que tu me demandes là.tu es si belle- si belle !.__Mais je ne vous aime pas.Je ne vous aimerai jamais.Tandis que si vous écoutez ma prière, je vous serai si profondément reconnaissante !.\u2014 Des sornettes.\u2014 Non, la pure, la sainte vérité.\u2014 Je ne te crois pas.Et comme il s\u2019approchait et devenait fort entreprenant : \u2014 Allez-vous-en !.Allez-vous-en, ou je crie, j\u2019ameute la maison entière, s\u2019exclama-t-elle affolée.\u2014 A quoi bon ! Crois-tu qu\u2019avec les bonne dispositions de Virginie, je renonce à une fille si admirable et qui me bouleverse depuis si longtemps.Je te l\u2019ai dit : Patience tout obtient.Tu as craché le narcotique hier au soir.On te le donnera un de ces jours sous une autre forme, et, cette fois-là, tu seras à moi, bien à moi, sans que rien ni personne, t\u2019arrache à mon amour.Castiglione, mais là un obstacle auquel elle n\u2019avait pas pensé l\u2019arrêta net : la grille des Tuileries, en effet, lui barrait la course, étant fermée.Elle regarda à droite, à gauche comme une bête acculée qui se sent poursuivie.Poursuivie.Elle Tétait, vraiment.Quelqu\u2019un courait derrière elle d\u2019une course aussi folle, aussi effrénée que la sienne, sans cependant arriver à rattraper l\u2019avance qu\u2019elle avait prise dès la rue Lepic.Pendant quelques minutes la malheureuse fille demeura droite, comme privée de raison, devant la grille qui se dressait froide et noire devant elle, n\u2019ayant plus conscience même de ce qu\u2019elle avait résolu de faire, ne sentant pas la pluie qui l\u2019inondait jusqu\u2019à la moelle des os, mettant toute sa volonté, toute sa force à secouer rageusement de ses mains ensanglantées le fer rigide qui lui résistait.Tout à coup une voix très douce prononça son nom, tandis qu\u2019une main se posait sur son bras.Mais la malheureuse n\u2019était plus en état de voir ou de comprendre ce qui se passait autour d\u2019elle.\u2014 Pauline ! répéta la voix sur un ton de supplication infinie, Pauline, par grâce, reconnaissez-moi !.Mais elle, raidie, fiévreuse, hypnotisée, se débattait, répétant avec une terreur qui n\u2019avait plus de nom : \u2014 Laissez-moi, laissez-moi!.Et l\u2019étranger, sans se décourager, cherchait à l\u2019apaiser et maintenant disait : \u2014\tMais c\u2019est moi, moi, Pierre votre protecteur et votre ami.Les dents de la malheureuse claquaient.Elle était toute froide et, au milieu de ses spasmes, n\u2019ayant entendu ou retenu que les dernières paroles du jeune homme, elle disait d\u2019une voix toute blanche, sans inflexions, une voix de démente : \u2014\tCe n\u2019est pas vrai, vous mentez\u2014 Je n\u2019ai pas de protecteur, pas d\u2019ami, personne.Personne au monde que des bourreaux.Aussi je veux mourir !.Au moins quand je serai morte, je ne souffrirai plus.Une peur effroyable saisit Pierre à son tour.Mon Dieu ! mon Dieu ! que lui avait-on fait, que lui etait-il arrivé pour qu\u2019elle fût dans un semblable état !.Mais c\u2019est qu\u2019elle était folle, oui, tout à fait folle, puisque lui, qu\u2019elle aimait, elle ne le reconnaissait même pas.Il fit un dernier effort pour la maîtriser, car la jeune fille cherchait toujours à lui échapper.Il y parvint, Pauline étant épuisée.Quand elle se sentit tenue par lui, elle balbutia de ses lèvres décolorées : \u2014 Grâce !.Non, non, je ne veux pas !.Ah ! c\u2019est ignoble.ignoble !.Les cheveux de Pierre se dressaient sur sa tête.\u2014 Ah ! les bandits ! les bandits ! mur-mura-t-il.Que lui ont-ils donc fait subir ?Plus bas, pendant que de grosses larmes inondaient ses joues pâles, il ajouta : \u2014 Oh ! c\u2019est ma faute aussi ; il m\u2019était si facile de l\u2019arracher à cet enfer ; mais je ne sais jamais me décider à rien !.Ah ! cette fois-ci, sur mon âme, dussé-je mettre le feu au monde, j\u2019en aurai, de la volonté et de l\u2019énergie.Il tenait Pauline comme évanouie dans ses bras ; il s\u2019aperçut alors qu\u2019elle était à moitié vêtue, les pieds et les jambes tout mouillés, le cou et les épaules ruisselants de pluie.\u2014 Mon Dieu ! dit-il, c\u2019est un miracle que des sergents de ville ne l\u2019aient pas rencontrée et arrêtée.Que faire maintenant ?Il enleva son pardessus de fourrure, en enveloppa la jeune fille inerte, avec les mêmes précautions qu\u2019eût pu avoir la plus tendre des mères.\u2014 Mais comment la sortir d\u2019ici ?se dit-il.Je ne peux cependant pas la laisser seule dans cet état, ne fût-ce que quelques minutes.Tout à coup, il se frappa le front.\u2014 Suis-je bête, dit-il, Mme Hermann demeure vis-à-vis, je vais la chercher.Il accota Pauline toujours évanouie, par terre au pied de la grille, et en courant il traversa la chaussée.A l\u2019une des plus belles maisons de la rue de Rivoli, et située à quelques pas, en effet, Pierre sonna, non pas timidement comme il avait l\u2019air de faire toute chose, mais en maître, d\u2019un coup de sonnette net et ferme.Presque instantanément le cordon fut tiré et la porte s\u2019ouvrit.Pierre entra sans refermer la porte derrière lui et se dirigea vers une très belle loge qu\u2019on voyait à droite au pied d\u2019un escalier monumental et éclairé assez largement pour pouvoir se diriger.Il frappa à la grande glace sans tain, et d\u2019une voix impérieuse quoique toujours très douce, il dit : \u2014 Vite, madame Hermann, levez-vous, c\u2019est moi, le maître, j\u2019ai besoin de vous et de votre mari sur-le-champ, ne prenez même pas le temps de vous habiller.Une exclamation retentit.Un corps aussitôt sauta par terre, tandis qu\u2019une voix de femme âgée disait : \u2014 Vite Hermann, lève-toi.M.le baron est là qui nous appelle.La toilette du couple ne fut pas longue et, moins de deux secondes après, 22 Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 le mari et la femme rejoignirent Pierre qui, debout sur le seuil de la porte du dehors, prêtait l\u2019oreille afin de savoir si personne ne s\u2019approchait de Pauline, car l\u2019obscurité compacte ne lui permettait de rien distinguer à deux pas devant lui.\u2014 Venez, dit le jeune homme à ceux qui étaient auprès de lui.Il y a une malheureuse enfant qui est là, évanouie, de l\u2019autre côté de la rue, il faut m\u2019aider à la transporter ici dans votre logement.Les deux concierges le suivirent sans se permettre une observaton, encore moins une question.Pauline était toujours à la même place, telle qu\u2019il l\u2019avait laissée.Pierre la souleva sous les bras et dit à Hermann : \u2014 Vous aurez bien la force de la prendre par les pieds, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, oui, répondit le concierge ; mais Elise est forte aussi, et elle peut bien se mettre à la place de Monsieur le baron.\u2014 Allez, dit Pierre, laissez-moi faire et ne discutez pas mes ordres.Puis, voyant qu\u2019Hermann, aidé de sa femme, avait enlevé très adroitement Pauline de terre : \u2014 En route, dit-il.Tâchez seulement de ne pas lui donner de secousses.Cinq minutes après, le gaz était rallumé dans la loge.Il permettait de voir un intérieur très cossu, dans tous les cas d\u2019une propreté méticuleuse ; et, s\u2019empressant autour de la malade étendue dans un grand lit d\u2019acajou, deux bonnes figures carrées de braves gens, aux yeux pleins de droiture et de dévouement.Pauline commençait à devenir brûlante, mais elle n\u2019avait pas encore donné signe de vie, et sur ses joues plus blanches qu\u2019un pétale de camélia, ses longs cils bruns formaient une ligne noire qui augmentait sa pâleur et la faisait ressembler à une morte.\u2014 Est-ce que Monsieur le baron a l\u2019intention de laisser cette petite ici chez nous ?demanda Elise d\u2019une bonne grosse voix bien franche et au sentiment bienveillant de laquelle il n\u2019y avait pas à se tromper.Puis, tout aussitôt, comme pour atténuer ce que sa remarque pouvait avoir d\u2019indiscret, elle se hâta d\u2019ajouter : \u2014 Oh ! ce n\u2019est pas que je cherche à connaître les affaires de Monsieur le baron.S\u2019il veut laisser Mademoiselle ici, il n\u2019a qu\u2019à parler.Monsieur le baron sait bien que nous lui appartenons, au moins autant que son immeuble ; mais faudrait prendre tout de suite certaines mesures.\u2014 Lesquelles ?\u2014 Aller chercher un médecin, par exemple.Et puis après, selon ce qu\u2019il dirait, il faudrait voir à installer Mademoiselle ailleurs qu\u2019ici.\u2014 Vous avez raison, dit Pierre.Si la maladie est grave, et elle le sera peut-être, cette enfant ne peut pas être soignée dans une loge.Alors, autant vaut la mettre immédiatement où elle pourra par la suite convenablement rester.\u2014 Si Monsieur le baron veut le grand appartement du second, il est libre.Au jour, Hermann ira chez un tapissier et le fera meubler.\u2014 Non, non.Ce n\u2019est pas encore ça qu\u2019il faut.J\u2019ai mieux sous la main.\u2014 Hermann, allez immédiatement à l\u2019hôtel, faites atteler tout de suite le grand landau avec les trotteurs, dites à Auguste qu\u2019il monte seul sur le siège, et qu\u2019il remplisse la voiture de coussins et de couvertures.« Vous reviendrez ici le plus tôt possible avec lui, et vous ne parlerez à âme qui vive de ce que vous venez de voir, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Monsieur le baron peut être tranquille.Il sait bien qu\u2019Elise et moi, après avoir été au service de son père et de sa mère, nous nous ferions tuer pour lui s\u2019il le fallait.\u2014 Merci, mon vieux serviteur, dit le jeune homme, plus ému qu\u2019il ne voulait le paraître.Je sais qu\u2019on peut compter sur vous, en effet, mais, cette fois-ci, j\u2019attache la plus grande importance à votre discrétion.Maintenant, allez et et revenez vite.Les minutes sont comptées.Hermann partit.Elise, silencieuse et dévouée, s\u2019ingéniait autour de la malade, couvrant ses pieds de linges chauds, relevant sa tête sur les oreillers, l\u2019entourant de soins et presque de caresses maternelles.Pierre, assis au pied du lit, était retombé dans son mutisme et son im-passabilité ordinaire, mais pas un mouvement de Mme Hermann ne lui échappait.Au bout d'une heure, la voiture ar1 riva.\u2014 Habillez-la avec les vêtements les plus chauds que vous avez, ordonna le jeune homme à la concierge, et apprêtez-vous à me suivre.Je vous emmène avec moi.Bientôt Pauline, maintenant en proie à une fièvre ardente, fut étendue sur les moelleux coussins d'un admirable landau de Binder, et partit en compagnie d\u2019Elise et de celui qu\u2019on appelait t le baron ».Le cocher, auquel Pierre avait donné des ordres rapides, mena ses chevaux d\u2019un train d\u2019enfer.Une demi-heure ne s\u2019était pas écoulée qu\u2019une grille monumentale tourna sur ses gonds.La voiture entra dans un parc magnifique dont on entrevoyait vaguement les massifs, aux lueurs confuses du jour qui commençait à naître.Puis, après avoir parcouru pendant cinq minutes environ des allées silencieuses et zigzaguantes, elle s\u2019arrêta devant le perron de marbre d\u2019une habitation princière.\u2014 C\u2019est Hans Hartheveld et sa femme Gertrude, mes vieux Hollandais, qui sont les gardiens de cette maison - ci, dit le baron.Ils me sont fidales et dévoués comme votre mari et vous, Elise.Us ne vous interrogeront pas, j\u2019en suis presque sûr.Cependant, s il leur arrivait de vous poser quelques questions au sujet de la jeune fille que vous allez soigner tous les trois, je desire que vous soyez muette, mais absolument muette, vous m entendez, sur tout ce qui s\u2019est passé rue de Rivoli.-\u2014-Monsieur le baron peut être tranquille, ses désirs seront sacrés pour tous ceux qui l\u2019entourent.Dès que Pauline fut installée dans une chambre dont les lambris de laque blanche, travaillés comme les plus exquises des dentelles étaient tendus d un vieux lampas de Lyon d\u2019une couleur mauve très effacée ; dès que son corps brûlant reposa entre les draps de batiste d\u2019un lit de reine, drapé superbement de la même étoffe que les murs et élevé au milieu de la pièce sur une estrade de plusieurs marches, Pierre appela sa vieille Gertrude.Celle-ci, qui l\u2019avait nourri de son lait, avait pour lui une adoration de chien fidèle.\u2014 Maintenant, lui dit-il, tu vas aller chez le docteur Gravier, le vieil ami de ma famille ; tu lui diras simplement que j\u2019ai besoin de lui, et tu le ramèneras ici.« S\u2019il te demande quelques instants pour régler ses affaires, tu en profiteras pour aller dans une des plus grandes maisons de la rue de la Paix acheter d\u2019abord, commander ensuite, tout ce qui est nécessaire à une femme très élégante.Il tira de sa poche un portefeuille, y prit plusieurs billets de banque et les tendit à sa nourrice \u2014 Tiens, dit-il, ne ménage rien ; je veux ce qu\u2019il y a de plus beau.\u2014 Elle va avoir une fièvre cérébrale des plus graves, déclara le docteur Gravier à Pierre Jacobsen dès que le célèbre médecin eut examiné la malade.Un mois, un long mois, Pauline fut aux portes de la mort.Cent fois, dans son délire, elle retraça cette ignoble scène où sa vaillante énergie seule l\u2019avait sauvée du déshonneur.Cent fois, avec des accents navrés qui ne pouvaient tromper son amoureux, mais qui lui arrachaient des larmes les plus amères qu\u2019il, eût versées de sa vie, elle redit, la malheureuse enfant, les tortures sans nom de sa jeunesse abandonnée et persécutée.Pas une affection au monde, depuis la mort de sa mère !.Seule sur terre comme un chien perdu ! Ne valait-il pas mieux mourir ?Puis elle se reprochait ses blasphèmes.Seule ?.Non !.Elle avait Pierre-Pierre, au regard si droit, Pierre dont elle avait depuis longtemps deviné le timide amour.\u2014 Il n\u2019ose pas parler, répétait-elle souvent avec une adorable expression de vierge immaculée, elle, la pauvre petite fleur perdue, poussée aux bords du ruisseau et restée si pure, malgré cela.« Il n\u2019ose pas parler.Ah ! tant mieux, mille fois !.Celui-là, au moins, m\u2019aimera, comme je veux l\u2019être, avec le coeur, pas autrement.D\u2019autres fois encore, elle se tourmentait, elle pleurait.Pierre lui avait dit qu\u2019il était employé dans la célèbre maison Jacobsen.Naïvement, fermement, elle l\u2019avait cru.Mais, un employé, n\u2019est-ce pas un monsieur, pour une pauvre ouvrière comme elle, et voudrait-il jamais faire d\u2019une malheureuse petite blanchisseuse sa femme, la mère de ses enfants ?Et alors, joignant les mains, elle murmurait dans la plus ardente des adorations : \u2014 Oh ! si vous faisiez jamais cela, mon Pierre, comme je vous adorerais à genoux toute ma vie !_.Non pas que je sois ambitieuse.Ah ! Dieu non !.Mais ne jamais vous quitter, jamais !.Quel paradis !.Et, en effet, comme pour montrer au jeune homme l\u2019empire heureux qu\u2019il avait sur elle, chaque fois que.dans une crise plus forte que les autres, il appuyait sa main longue et frêle sur les blonds cheveux de la malade, l\u2019exaltation de celle-ci tombait, sa fièvre se calmait, et peu à peu elle se sentait prise par un sommeil paisible qui chassait le mal et éloignait le danger.Enfin, après cinq semaines de lutte désespérée, d\u2019inquiétudes folles et de rechutes affreuses, un matin, le docteur Gravier déclara qu\u2019il répondait de la malade.\u2014 Je l\u2019ai soignée, baron, dit-il à Pierre, et vous l\u2019avez sauvée.On s\u2019attache au bien qu\u2019on fait.Jacobsen aimait Pauline mille fois plus qu\u2019avant sa maladie.Il savait maintenant qu\u2019une âme exquise était enfermée dans un corps à la beauté sans égale.Seul au monde, lui aussi, orphelin dès son premier âge, de père et de mère, livré avec une fortune fabuleuse aux soins de mercenaires, il n\u2019avait jamais aimé personne, peut-être parce qu\u2019il n\u2019avait jamais été aimé de personne, à part Gertrude Harteveld, sa nourrice, et son mari, des Hollandais comme son père et sa mère.Sa nature, d\u2019une timidité excessive, s'était repliée au fond de lui-même ; il n\u2019avait jamais senti le besoin de se livrer, encore moins d\u2019avoir des confidents ou des amis.Il vivait seul, s\u2019enveloppant d\u2019une couche de glace sous laquelle il dissimulait toutes ses impressions et effrayait extrêmement tous ceux qui avaient des rapports avec lui.Car sa maison, montée par un arrie-re-grand-père, sans cesse décuplée par tous ceux qui lui avaient succédé, était LA VIE COURANTE .par Georges Clark __ Faites en sorte que je gagne.Sinon, nous recevons tous le rouleau à pâte .et même gagnant, je perds, parce que dans ce cas, je dois lui acheter un vison . Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 23 formidable et possédait une puissance presque magique.Les_ Jacobsen !.Ce nom équivalait à ceux des plus riches financiers.Pierre s\u2019en occupait juste assez pour la laisser au point où la lui avait remise son tuteur à sa majorité.Etendre son influence ou ses trésors lui était plus qu\u2019indifférent.Du reste, avec la merveilleuse organisation qui était celle de cette vaste machine, elle marchait seule, ou à peu près, et ne lui demandait qu\u2019une très petite somme de travail personnel ou d\u2019efforts.Il avait la réputation, à trente ans, d\u2019un original de premier ordre, et ses meilleurs amis étaient sûrs qu\u2019il ne se marierait jamais.La vérité est qu\u2019un grand, un terrible scepticisme doublait sa timidité.Chaque fois qu\u2019une main s\u2019avançait vers la sienne, il se disait : Que va-t-on me demander ?.La vue de Pauline lui avait causé la plus grande impression de sa vie.Longtemps il avait résisté à cette impression-là, jusqu\u2019au jour où elle l\u2019avait abordé.Même après, même lorsqu\u2019il la reconduisait le soir chez eBp, essayant de l\u2019étudier, de la percer à jour, il se disait : \u2014 Pourvu qu\u2019elle ne me joue pas la comédie, qu\u2019elle ne sache pas que je suis le baron Jacobsen ! La maladie de la pauvre fille était venue lui arracher ce doute cruel.Non, elle l\u2019aimait sincèrement, naïvement, éperdument.Il avait réalisé ce rêve qu\u2019il croyait impossible : éloigner les ambitions, avoir un coeur bien à lui, et rien que pour lui.Elle s\u2019éveilla, comme d\u2019un songe, dans le lit princier où elle avait été à deux doigts de la tombe.Elle se souleva sur un coude.A la vue des richesses qui l\u2019entouraient, en se trouvant au milieu de ces dentelles, de ce couvre-pieds de soie, cette peau de cygne sur les pieds, cette fourrure parfumée qui entourait ses épaules, une stupéfaction profonde apparut sur ses traits pâles.\u2014 Où suis-je ?murmura-t-elle.Suis-je morte, et est-ce cela le paradis ?Pierre, en l\u2019entendant parler de cette voix si faible, s\u2019approcha.Elle jeta un cri.\u2014 Oh ! oui, murmura-t-elle, c\u2019est bien le paradis, puisqu\u2019il est là, lui !.Il l\u2019avait déjà prise dans ses bras, la pressait contre lui, la couvrant de baisers.Elle fermait les yeux, délicieusement, profondément émue, sur le point de mourir de bonheur.En sentant ses lèvres se glacer et son coeur s\u2019arrêter de battre, Pierre eut peur.\u2014 Vous êtes chez vous, ma Pauline adorée, lui dit-il doucement.Chez vous, maîtresse et souveraine de tout ce qui est ici, même de moi.\u2014 Chez moi ?répéta-t-elle ; je ne comprends pas.Quand vous serez plus forte et que vous me promettez d\u2019être très raisonnable, je vous expliquerai tout.\u2014 Ne me faites pas attendre.je vous en supplie.\u2014 Non, non, vous êtes trop faible encore.\u2014 Erreur ! je suis très vaillante, au contraire.D\u2019ailleurs, si je ne suis pas morte de bonheur tout à l\u2019heure en vous voyant près de moi, c\u2019est que je peux tout entendre sans danger.Mais, tout à coup, une ride profonde se creusa entre ses fins sourcils, ses yeux s\u2019assombrirent.\u2014 Mon Dieu!.dit-elle, ah! je me souviens !.Je me souviens.L\u2019ai-je rêvé?.Cet horrible M.Henrion.cette lutte.cette fuite dans la nuit.Je voulais mourir !.Pourquoi ne suis-je pas morte !.Ah ! Pierre.Pierre.vous m\u2019avez sauvée !.Quand votre DOS vous fait mal PRENEZ DES PARCE QUE\u2014 Le mal de dos est souvent dû au mauvais fonctionnement des reins \u2014et, depuis plus d\u2019un demi-siècle, les Pilules Dodd s pour les Reins ont aidé à soulager les maux de dos en traitant les reins.Achetez des Pilules Dodd\u2019s pour les Reins aujourd hui à un comptoir de pharmacie.Recherchez la boîte bleue à bande rouge.Vous pouvez compter sur Dodd\u2019s.\t155F GROS et DETAIL AIGUILLES et PARTIES DE RECHANGE pour toutes marques de machines à coudre.Ensemble complet : MOTEUR, CONTROLE.LUMIERE.ETC.$26.50 GROULX EIVRG.4090 St-Jacques\tMontréal La fin d\u2019un malaise : celui des FAUSSES DENTS désajustées N\u2019endurez pas plus longtemps l\u2019ennui et le malaise causés par des fausses dents désajustées et leur manque de fixité.FASTEETH, une poudre alcaline (non acide) améliorée qui, lorsque saupoudrée sur le dentier, le tient plus fermement en place et avec confort.Fraîche et adoucissante pour les gencive?endolories par un excès d'acidité dans J bouche.Mettez fin aux embarras causés par des fausses dents désajustées.Procurez-vous FASTEETH aujourd'hui même dans n\u2019importe quelle pharmacie.\tf Elle éclata en sanglots, puis se cramponnant à son cou, elle le couvrit de baisers.\u2014 Mais mon père va me reprendre à vous, dit-elle de nouveau affolée ; il m\u2019en a prévenue, il en a le droit.Oh ! mon Dieu, suis-je malheureuse !.Oh ! sauvez-moi encore, Pierre, sauvez-moi! \u2014 Non, non, n\u2019ayez pas peur, il ne vous reprendra pas, c\u2019est moi qui vous le jure.\u2014 Bien sûr ?\u2014 Sur mon honneur.D\u2019abord, personne ne vous sait ici.Ceux qui nous entourent sont fidèles et dévoués.Ensuite, dès que vos forces seront revenues, nous partirons tous les deux, et nous irons dans un pays où nul ne vous découvrira.Il avait parlé avec une très grande autorité.L\u2019esprit de Pauline, encore affaibli, n\u2019avait pas une bien grande force de réflexion ou de pénétration.Comment un simple petit employé pourrait-il l\u2019emmener si loin, pour la cacher et la préserver ?.Elle se le demandait bien peu, en vérité.Pas davantage d\u2019où pouvait venir le luxe princier qui était le sien.Pierre vit que la fatigue l\u2019excédait.\u2014 Dormez, dit-il, demain nous recauserons plus longuement si vous êtes sage.Il lui donna ce que le docteur Gravier avait ordonné qu\u2019elle avalât dans la soirée, et, en prenant sa main, Pauline s\u2019endormit doucement d\u2019un sommeil qui devait lui rendre rapidement ses forces.Le lendemain, le jour seulement l\u2019éveilla.Elle tenait toujours la main de Pierre, et celui-ci, abîmé de fatigue, dormait la tête appuyée contre l\u2019oreiller de la jeune fille.Elle se dégagea doucement ; il ne s\u2019éveilla pas.Alors elle regarda autour d\u2019elle.Sa fièvre était maintenant bien passée, et elle pouvait se rendre un compte exact de tout ce qui l\u2019entourait.A mesure que ses yeux se reposaient sur les objets qui l\u2019environnaient, elle ffémissait jusqu\u2019au fond des entrailles ; la dentelle de ses draps valait une fortune, la chemise de nuit qui l\u2019enveloppait était en soie blanche et garnie de malines à deux cents francs le mètre.Mais alors, qui était Pierre ?Un simple employé de la maison Jacobsen, comme il le lui avait dit lui-même ?Oh ! mais non ! Ce n\u2019était pas possible.Un doute cruel l\u2019envahit avec un pressentiment très aigu : elle eut la certitude qu\u2019il était le riche baron Jacobsen lui-même.Mais alors Pierre pourrait croire qu\u2019elle ne l\u2019avait aimé que par ambition ; par ambition et par calcul, aussi qu\u2019elle avait repoussé le père Henrion.Il allait douter d\u2019elle, de son pauvre et cher amour si naïf, si profond, si désintéressé.Elle éclata en sanglots.Ce bruit réveilla Pierre en sursaut.Il tressaillit, se leva tout à coup et se pencha sur elle avec une sollicitude infinie.\u2014 Qu\u2019aVez-vous, ma chérie ?.lui dit-il en même temps.Pourquoi ne m\u2019avoir pas éveillé plus tôt?.Elle hésita l\u2019espace d\u2019une seconde, puis spontanément, elle lui raconta tout ce qui la tourmentait, tout ce qu\u2019elle avait pressenti ou deviné et qui maintenant la torturait.Rien ne pouvait à ce point toucher ce sceptique comme cette confession si sincère et si naïve.\u2014 Eh bien, c\u2019est vrai, lui dit-il.Je suis le baron Jacobsen lui-même.Mais ;e sais bien aussi que, jusqu\u2019à tout à l\u2019heure, tu ne t\u2019en étais jamais doutée !.Je sais que c\u2019est pour moi-même que tu m\u2019as aimé, et c\u2019est pour cela que je t\u2019ai donné un coeur qui s\u2019était gardé jusqu\u2019ici.« Ne te tourmente pas, je ne te demande qu\u2019une chose : continuer de m\u2019aimer dans l\u2019honnêteté et la vérité de ton coeur, comme tu l\u2019as fait depuis que tu me connais.« De mon côté, je saurai protéger et garder notre bonheur.Rapporte-t\u2019en à moins pour cela.Jamais je n\u2019ai autant apprécié et béni ma fortune qu\u2019au-jourd\u2019hui, puisque c\u2019est elle qui va nous donner l\u2019indépendance et la liberté.Douter de celui qu\u2019elle adorait dans le plus profond de son âme ne pouvait venir à l\u2019esprit d\u2019une fille aussi honnête et aussi droite que Pauline.Du reste, depuis qu\u2019elle était entrée en convalescence, l\u2019affection de Pierre semblait avoir changé de nature.Il était avec elle d\u2019un respect et d\u2019une réserve extrêmes.Le seuil de sa chambre à coucher lui paraissait maintenant celui d\u2019un sanctuaire qu\u2019il ne se fût jamais permis de franchir.Il avait désiré qu\u2019elle demeurât durant la journée dans un petit salon encore plus somptueux que sa grande chambre de lampas mauve, et c\u2019était là qu\u2019il lui tenait compagnie, la servant, quand elle était étendue encore toute pâle sur sa chaise longue de bois doré, avec le même respect que le plus chaste des frères en eût mis à soigner la plus adorée des soeurs.La convalescence fit de rapides progrès.\u2014 Nous allons partir, lui dit un jour Pierre.Pauline battit joyeusement ses petites mains l\u2019une contre l\u2019autre.\u2014 Ensemble, n\u2019est-ce pas ?demanda-t-elle toute suffoquée de bonheur.\u2014 Oui, ensemble.Vous ne me demandez pas pour quelle destination ?\u2014 Qu\u2019est-ce que ça me fait, puisque vous serez avec moi ?Il sourit.Chacun des mots de la jeune fille, chacune de ses réflexions, même les plus involontaires, lui révélait un amour si exclusif et si vrai que Pierre, charmé, sentait son affection à lui se décupler chaque jour aussi.Dans la journée, on apporta de Paris tout un trousseau digne d\u2019une reine.Depuis les petites mules de satin blanc jusqu\u2019aux robes et aux chapeaux d\u2019une simplicité et d\u2019une grâce infinies, rien n\u2019y manquait, et tout était marqué P.J., surmonté d\u2019un tortil de baronne.Puis, en un autre colis, Gertrude remit des bijoux admirables, des diamants d\u2019oreilles comme les déesses de l\u2019Inde en possèdent seules, des colliers, des bracelets, des bagues à faire pâmer d\u2019aise la plus exigeante ou la plus blasée des filles d\u2019Eve.Mais, tout au fond d\u2019un écrin, Pauline troua, sur un lit de satin blanc, un simple anneau d\u2019or.Elle poussa un cri, en portant la chère bague à ses lèvres : c\u2019était un anneau de mariage.Pierre accourut et la tr'uva à moitié pâmée, tenant encore sur sa bouche qui se décolorait le cher et fragile lien d\u2019or.\u2014 Eh bien quoi ?dit-il.Qu\u2019avons-nous encore ?.Elle ne put que murmurer : \u2014 O Pierre ! mon amour et mon maître, est-ce possible ?\u2014 Quoi ! Que je te veux pour femme ?Mais oui, c\u2019est vrai, et bien vrai.Où pourrais-je d\u2019ailleurs trouver une compagne plus belle, plus honnête, plus intelligente et meilleure ?\u2014 Mais je Me suis qu\u2019une pauvre petite ouvrière.Il sourit.\u2014 Depuis que mes ancêtres ont fondé leur maison à Paris, dit-il, c\u2019est un usage auquel ils n\u2019ont pas une seule fois manqué.Ils ne se sont jamais mariés qu\u2019avec des filles pauvres, Hollandaises ou Françaises, et quel que soit leur rang social.On ne leur de- AVIS IMPORTANT A nos Lecteurs et Dépositaires POUR des raisons très importantes nous tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que notre maison, la maison Poirier, Ber- \u201d.e & Cie, Limitée, no - obsède et n\u2019édite que TROIS MAGAZINES, qui sont les suivants : LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM Nous n\u2019avons donc aucun lien d\u2019aucune sorte avec tout autre magazine, revue ou publication quelconque de la Province de Québec.Poirier, Bessette & Cie.Ltée 975-985 rue de Bullion Montréal 18, P.Q. 24 Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 mandait qu\u2019une chose : il fallait qu\u2019elles fussent honnêtes, saines et droites d\u2019esprit comme de corps.Le programme est rempli, ajouta-t-il gentiment, tu n\u2019as qu\u2019à te taire et.à m\u2019aimer.\u2014 Oh ! ça, fit-elle en extase, tu ne sauras jamais à quel point !.V Une vieille connaissance U Havre, Pauline trouva un navire tout aménagé et superbe, presque aussi grand qu\u2019un paquebot.Elle s\u2019y installa d\u2019autant plus heureuse que sa conscience était en paix, ayant rempli son devoir jusqu\u2019à l\u2019absurde.En effet, avant le quitter la maison de Saint-Cloud, où Pierre l\u2019avait si bien soignée, elle avait supplié celui-ci de lui laisser écrire à son père, tout en lui envoyant quelque argent.\u2014 Tu es un ange, avait répondu le baron, car ce vieux misérable-là ne mérite que mépris et indignation.\u2014 O Pierre, murmura-t-elle, je n\u2019ai pas le droit de le juger.\u2014 Parce que tu es une petite sainte.Mais ne me parle jamais de lui.\u2014 Comme tu voudras.Cependant, songe combien me pèseront le luxe et la richesse dont tu m\u2019entoures, lorsque je songerai q ve lui, vieux et affaibli, travaille pour le pain quotidien et est en butte à toutes les privations.\u2014 Eh bien, nous allons passer une convention.\u2014 Dis laquelle ?\u2014 Je me charge de lui envoyer ce qu\u2019il lui faut pour vivre largement dans sa condition, et tu ne t\u2019en mêleras oaa, t\u2019en rapportant à moi.Elle lui sauta au cou.\u2014 Tu es mon Dieu et mon tout, lui dit-elle pénétrée de reconnaissance, et je t\u2019adore.\u2014 Deux cents francs par mois ?est-ce assez ?.avec le terme payé en plus?\u2014 Oui, oui, c\u2019est tout ce qu\u2019il faut Davantage serait dangereux !.Pierre Jacobsen envoya lui-même le premier mois de cette pension, qu\u2019il devait faire servir régulièrement par son secrétaire particulier, avec ordre qu\u2019on ne sût jamais d\u2019où elle venait.Il enveloppa les deux billets de banque dans une feuille de papier blanc, et y écrivit simplement ces mots : < Un martyre à son bourreau.» Il cacheta, mit l\u2019adresse, et ce fui tout Sur le navire, Pierre avait fait embarquer un vieil ami de sa famille, un prêtre.C\u2019était un homme d\u2019origine hollandaise comme les Jacobsen, et comme eux d\u2019une honorabilité rigide.Il lui raconta l\u2019histoire de la jeune fille.Pui6, lorsqu\u2019il la lui eut bien fait connaître à fond, il alla chercher Pauline, et, devant elle, il ajouta : \u2014 J\u2019ai résolu d\u2019en faire ma femme Mais comme la loi française la met tout le temps de sa minorité sous la puissance immuable de son père, ne voulant pas demander à cet homme-là son consentement, j\u2019ai décidé de faire ceci, si toutefois vous m\u2019approuvez tous les deux : c Vous allez bénir notre union devant Dieu, mon vieil ami.Vous savez ce qu\u2019est ma parole, et quel contrat elle vaut.c Pauline a dix-sept ans.Jusqu\u2019à sa majorité, nous vivrons ensemble dans notre propriété de Cuba, ignorés du monde entier, évitant les commentaires et les scandales.«Le jour où elle aura ses vingt et un ans, je lui ferai faire des actes de respect à son père, et lorsque le délai légal sera écoulé, nous reviendrons en France, où notre mariage civil sera régulièrement célébré.Est-ce bien ainsi ?Pauline ne savait que pleurer et baiser les mains de Pierre avec toute la reconnaissance qui débordait de son Le pasteur approuva, et tout simplement célébra l\u2019union des deux jeunes gens.La vie à Cuba fut un enchantement pour eux.Dans la solitude de cette île bénie, où la nature généreuse a mis des trésors de fécondité, un luxe de fleurs sans pareilles ; ou à chaque pas se rencontrent des sources, des arbustes, des parfums à nuis autres comparables, leui amour devait être encore plus profond, plus radieux qu\u2019il ne l\u2019eût été en France, dans le cercle étroit des mesquines conventions sociales.Un an après, un fils leur naquit, et leur bonheur n\u2019eut plus de limites.A côté de leur habitation, il y en avait une autre, splendide aussi, et belle, et riche, et merveilleusement organisée.Elle appartenait au jeune marquis de Santa-Cruz, lequel venait d\u2019en hériter de son père.Expansif, élégant, le coeur sur la main, il avait eu de nombreuses aventures, non seulement à Cuba, mais dans toutes les Antilles.Dans ces derniers temps, une mulâtresse de Saint-Thomas lui avait inspiré une passion folle ; et comme la fille était aussi indigne que dangereuse et belle, il avait fallu la mort même de M.de Santa-Cruz, le père, pour dénouer cette liaison qui avait été le désespoir de ses dernières années.Se sentant sur le point de mourir, en effet, le marquis fit jurer à son fils qu\u2019il ne reverrait pas Maho, une séduisante jeune fille, et que, dans l\u2019année qui suivrait sa mort, il serait marié avec une de ses cousines qui l\u2019aimait, et pour laquelle lui-même, avant d\u2019avoir rencontré la mulâtresse, éprouvait un grand et solide attachement.Afin de tout régler comme des gens d\u2019honneur qu\u2019ils étaient, le marquis fit remettre cinquante mille piastres à Maho par les mains d\u2019un de ses inten- dants en qui il avait une confiance illimitée.Que peut-on refuser à un père aussi bon que l\u2019était le marquis de Santa-Cruz, et surtout à cette heure cruelle où va s\u2019accomplir l\u2019éternelle sépara-tion ?Juan de Santa-Cruz fit le serment que demandait le mourant, et, en le faisant, il était sincère.Pierre Jacobsen était arrive depuis quelques jours à Cuba comme le marquis rendait le dernier soupir.Ce fut lui qui assista le jeune homme dans ces douloureuses circonstances, lui auquel M.de Santa-Cruz, qui le connaissait, demanda de veiller sur Juan et de lui faire tenir sa promesse.Six mois après en effet il épousail Conception de Riera, sa cousine.Rien n\u2019était joli comme la nouvelle mariée, toute petite, frêle et délicate, avec des yeux de velours noir et un teint de rose blanche dont nulle nuance, quelque légère qu\u2019elle fût, ne colorait jamais la pâleur maladive.A côté de Maho rayonnante de santé, avec sa poitrine exubérante et le voluptueux développement de ses hanches, Conception ressemblait à la pauvre petite violette effacée et perdue dans l\u2019herbe, qui vit ignorée aux pieds de la rose triomphante et superbe.Juan de Santa-Cruz l\u2019aimait-il ?Comme on aime une créature très faible qui a absolument besoin de vous pour s\u2019appuyer et pour vivre, peut-être.Mais de cet amour exclusif et ardent capable de tous les dévouements, capable de tous les sacrifices comme était celui que Pauline et Pierre éprouvaient l\u2019un pour l\u2019autre, jamais de la vie ! Pendant un an, néanmoins, il l\u2019entoura de soins et d\u2019affection, essayant d\u2019user les forces de son tempérament très ardent à l\u2019administration de ses immenses propriétés.A cette époque, les Jacobsen et les Santa-Cruz se voyaient beaucoup Pauline, qui travaillait avec une rare énergie pour acquérir l\u2019instruction qui lui manquait, trouvait encore moyen, en nourrissant son fils, de s\u2019occuper de la jeune femme qui ne pouvait pas, dans l\u2019affection très banale de son mari, contenter son coeur expansif et aimant Conception n\u2019avait pas d\u2019enfant.Sa santé devint de plus en plus chancelante et délicate, et Juan de Santa-Cruz, qui aurait eu au contraire besoin d\u2019une femme robuste et vaillante, capable de le distraire et de mettre beaucoup d\u2019entrain et de bruit autour de lui, Juan peu à peu, sous prétexte d\u2019affaires, s\u2019absenta, désertant son intérieur.Des mois entiers, pendant lesquels Pierre et Pauline étaient les seuls consolateurs de la pauvre petite abandonnée, des mois entiers Juan disparaissait sans qu\u2019il fût possible de savoir où il allait.A Pierre, qui lui faisait quelques observations amicales, il répondait sans se livrer jamais autrement.\u2014 Mon cher, il me faut écouler les produits de mes plantations.Ce sont des choses que je dois faire moi-même si je ne veux pas être volé comme dans un bois par mes intendants.Or, s\u2019occuper de la vente de récoltes aussi considérables que les miennes n\u2019est pas une petite affaire, je vous le jure, et ça demande plus d\u2019un jour.Enfin, un jour, Conception devint grosse.C\u2019était l'époque où Pauline ayant atteint ses vingt et un ans, Pierre allait la ramener en France pour en faire sa femme devant la loi française comme elle l\u2019était déjà devant Dieu.Mme Jacobsen avait du reste fructueusement employé ces quatre années d\u2019exil.Au contact du baron, d\u2019une éducation si parfaite, ses manières s\u2019étaient affinées, et, avec cette assimilation admirable de certaines femmes, elle était devenue une vraie grande dame, de distinction, d\u2019aspect, de dignité ; aussi correcte et aussi raffinée que si elle était née dans l\u2019hôtel le plus blasonné de tout le faubourg Saint-Germain Avec une volonté sans égale, elle avait lu et travaillé sous la direction de son mari, et son instruction aujourd\u2019hui était autrement solide et achevée que celle de la plupart des filles qui sortent des Oiseaux ou du Sacré-Cœur.La maternité, loin d\u2019atténuer sa beauté merveilleuse, l\u2019avait au contraire développée.En prenant cm peu d\u2019embonpoint, elle était devenue splendide.Pierre était fou de Pauline.C\u2019était de l\u2019adoration qu\u2019il avait pour cette femme qui lui avait donné un si bel enfant, \u2014 car Olivier, son fils, ressemblait déjà à sa mère comme le bouton à peine formé ressemble à la rose.En elle, il ne savait qu\u2019admirer le plus, de la compagne dévouée et aimante, dont la reconnaissance sans cesse en éveil décuplait la tendresse et l\u2019amour ; ou bien de la femme intelligente, pleine de bon sens et de volonté, qui avait voulu être mise au courant de toutes ses affaires ; qui étudiait avec lui les plus ardues et les plus difficiles, qui les comprenait avec une rapidité merveilleuse, et dont les déductions nettes et lucides, les conseils pleins de droiture et d\u2019intelligence dénotaient une compréhension absolument extraordinaire de tout ce qui était spéculation ou négoce.Lorsque Conception de Santa-Cru2 apprit le prochain départ de ses amis, elle en éprouva un coup très profond.Pauline allait partir, Pauline son seul soutien, sa consolatrice et sa force ?Mais alors que deviendrait-elle ?Elle ne s\u2019appesantit pas beaucoup là-dessus, mais dans ses grands yeux si éloquents, il y avait une expression si intense de désolation et de désespoir, que Pierre et femme en furent également bouleversés LA VIE COURANTE .par Georges Clark # \u2014 Je me demande ce que maman peut bien me dire .Quelle Idée, aussi, de me faire porter ces cache-oreilles ! coeur X\\ \u2014- Le Samedi, Montreal, 31 décembre 1949 i) a i n ü| k Si SD m it è te ë ; a fa M ÛSI P U il* ,Ct & % $ *» $ \"é iï! i* * ff' ** «.i Pauline, la première, laissa échapper les pensées qui lui remplissaient le coeur.__Pouvons-nous l\u2019abandonner dans l\u2019état où elle est ?demanda-t-elle au baron.Celui-ci devina rapidement son admirable générosité.Elle consentait, dans une seule idée de dévouement et de bonté, à reculer ce qui pour toute autre femme eût été le seul but d\u2019une préoccupation sans rivale, c\u2019est-à-dire le moment où le fragile lien moral qui la liait à Pierre serait remplacé par l\u2019acte indissoluble qui, aux yeux de tous, la ferait irrévocablement la riche baronne Jacobsen.Quelle autre, envers une étrangère, eût été capable d\u2019une grandeur si désintéressée ?.Mais Pierre n\u2019en était plus à s\u2019étonner de tout ce qui pouvait lui révéler la hauteur d\u2019âme de Pauline.Il la connaissait bien, et c\u2019est pour cela qu\u2019il l\u2019adorait.\u2014 Tu es la maîtresse, dit-il.Tu sais pourquoi je veux partir.« Ce que tu décideras sera fait.Elle lui jeta les bras autour du cou.\u2014 Est-ce que je doute de toi?dit-elle.Un an de plus ou de moins, qu\u2019est-ce dans notre vie, surtout lorsque nous sommes ici, seuls, heureux, tout l\u2019un pour l\u2019autre.\u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Que me fait le monde, que me font les triomphes que me donneront ton nom et tes richesses, bien plus que mes faibles mérites !.Tout cela vaut-il un serrement de ta main, ou un baiser de tes lèvres?.«Tout cela vaut-il, surtout, le bien que nous allons faire à cette pauvre abandonnée, presque aussi seule au inonde que je l\u2019étais autrefois, quand tu m\u2019as recueillie ?.Ah ! mon Pierre, mon sauveur, comme tu m\u2019as fait du bien, il faut que j\u2019en fasse aux autres pour que Dieu bénisse notre bonheur et le continue !.\u2014 Va, tu es un ange et je t\u2019admire.Je te l\u2019ai déjà dit, tu es libre.Us restèrent ; et ce fut Pauline qui reçut dans ses bras la frêle et chétive enfant dont Conception devint mère.Le baron et la baronne Jacobsen la tinrent sur les fonts baptismaux, et ils lui donnèrent le nom de Nadine, qui avait été celui de la mère de Pierre.Quelques mois après la naissance de la fillette, laquelle, par l\u2019amour fou qu\u2019elle lui inspirait, semblait avoir à jamais ramené son père au foyer conjugal, Pauline, son mari et leur fils quittèrent la Havane, pour aller à Paris régulariser leur situation et celle d\u2019Olivier.\u2014 Revenez, oh ! revenez le plus vite possible, s\u2019écria Conception, en les voyant monter sur leur yacht magnifique, celui qui, cinq ans auparavant, les avait amenés de France en Amérique.\u2014 Vous pouvez y compter, répondit Pierre, je n\u2019oublierai jamais le pur bonheur que j\u2019ai goûté ici.A Paris, l\u2019accueil le plus enthousiaste attendait la jeune femme.Pierre, en effet, par son secrétaire, ses employés supérieurs, tous ceux qui en un mot vivaient de lui et avaient un intérêt à lui plaire, avait adroitement fait répandre le bruit de son mariage.Us s\u2019étaient unis tous les deux à l\u2019étranger \u2014 un mariage d\u2019amour.Des raisons de santé l\u2019avaient forcé de rester pendant ces cinq années à Cuba, où sa jeune femme lui avait donné un fils.Tout cela parut très plausible, très naturel, et, dès son arrivée à Paris, les invitations tombèrent chez Pauline de tous les côtés à la fois.Elle supplia Pierre de ne la conduire nulle part jusqu\u2019à ce que leur mariage fût régularisé.Il y consentit et en hâta les préparatifs.Ce fut fait avec la plus grande discrétion, et un matin Pauline se trou- va bien et dûment la baronne Jacobsen.Aussitôt, Pierre voulut la conduire dans le monde.Il était si fier de sa rayonnante beauté, de la loyale expression de ses magnifiques yeux d\u2019or, de la grâce pensive et réfléchie qui attirait à elle tous les coeurs ! Elle eut sa loge aux Français, à l\u2019Opéra.Tous les mercredis, sa maison était envahie sans qu\u2019on pût à peine circuler dans les salons ; la recevoir chez soi était un honneur que briguaient les plus hautains et les plus difficiles.Elle, au milieu de ce triomphe sans précédent, était restée la même, simple et bonne, aimant son fils et son mari par-de6sus tout, partageant les travaux de ce dernier, ou, pour mieux dire, l\u2019en débarrassant, car la direction de sa maison avait toujours excédé Pierre, tandis au contraire qu\u2019elle avait le don d\u2019intéresser Pauline au suprême degré.Un jour, comme ils déjeunaient tous les trois en tête à tête, le baron, Pauline et l\u2019enfant, un domestique vint apporter au milieu d\u2019un plat d\u2019argent à Pierre un carré de papier sur lequel une signature était griffonnée en gros caractères par une main peu habile.\u2014 Un homme de bien mauvaise mine, qui a plutôt l\u2019air d\u2019un pochard que d\u2019autre chose, insiste pour parler à Monsieur le baron.Son nom est là, dit le domestique en présentant le plateau à Pierre.Celui-ci jeta un rapide regard sur la feuille de papier, il devint un peu pâle, et une grande flamme de colère brilla dans son oeil clair.Mais aussitôt, maître de lui, il fit une boule du papier, la jeta au milieu des flammes de la cheminée et, très froidement, dit au domestique : \u2014 Faites entrer cet individu dans mon cabinet du rez-de-chaussée.Voyez qu\u2019il ne cause avec personne, et dites-lui que je descends.Pauline était devenue plus blanche qu\u2019un spectre.Sans oser poser une seule question à son mari, elle suivait chacun de ses mouvements, et avait toutes les peines du monde à contenir les sanglots qui gonflaient sa poitrine.lïnfin, le dessert fut achevé.Pierre se leva.\u2014 Vous servirez le café dans le boudoir de Mme la baronne, dit-il.Conduisez l\u2019enfant à sa gouvernante, qu\u2019elle aille le faire jouer au jardin, et laissez-nous.M.Jacobsen fut vite obéi.Dès qu\u2019elle se vit seule avec son mari, Pauline s\u2019approcha.\u2014 C\u2019est lui, n\u2019est-ce pas ?fit-elle très bas, en ne contenant plus ses larmes.Pierre inclina silencieusement la tête.\u2014 Ah ! mon Dieu, mon Dieu ! continua la jeune femme, il va faire du bruit, du scandale.Pour moi, ça me serait encore égal, mais pour toi, Pierre, dans ta situation !.Oh I quelle honte, quel chagrin, miséricorde !.Le baron, très affectueusement, prit sa main.\u2014 Ne nous exagérons, rien, dit-il, et gardons tout notre calme.Le monsieur est un triste sire, c\u2019est évident ; mais c\u2019est moi qui vais le recevoir et j\u2019en serai le maître.Je te le garantis.\u2014 Tu ne veux pas que j\u2019y aille à ta place ?\u2014 Ah ! bien sûr que non.Il te torturerait et jouerait avec toi comme le chat avec la souris.Tandis que moi, c\u2019est une autre affaire.« Je te demande seulement d\u2019aller bien tranquillement m\u2019attendre dans ton boudoir, d\u2019avoir confiance en moi, et de ne pas te tourmenter.Il n\u2019arrivera rien.Sois-en certaine.Il l\u2019embrassa tendrement et la reconduisit jusqu\u2019au seuil de la salle à manger.__A propos, lui dit-il avant de la quitter, depuis six ans tu as bien Les Mots Croisés du \u201cSAMEDI\u201d Problème No 940 HORIZONTALEMENT 1\u2014\tQui humilie.\u2014 Gamme dans laquelle un air est composé.2\u2014\tEspèce du genre hydrangelle, originaire de la Chine.\u2014 Imbibé de vapeur.3\u2014\tEspace indéfini.\u2014 Préposition latine.\u2014 Etoffe à reflet changeant.4\u2014\tLui.\u2014 Titre des descendants de Mahomet.\u2014 Monument funéraire indien.5\u2014\tSiège supérieur de justice.\u2014 Ile du Dodécanèse italien.\u2014 Voix grave.6\u2014\tDivinités qui présidaient à la gaieté.\u2014 Dégarnis.\u2014 Souche.7\u2014\tAviateur célébré.\u2014 Arachnides.\u2014 Carte à jouer.\u2014Obtint.8\u2014\tPremier maire de Montréal.\u2014 Divinité de la végétation.9\u2014\tFleuve de Suède.\u2014 Infinitif.\u2014 Archer resté célèbre par son adresse.\u2014 Fleuve.10\u2014\tQui a rapport aux reins.\u2014 Emietter entre les doigts.\u2014 He anglaise de la mer d\u2019Irlande.11\u2014\tNavigateur portugais, qui contourna le premier l\u2019Afrique.\u2014 Rivière d\u2019Allemagne.\u2014 Qui est sans effet.12\u2014\tCe que peut contenir une corbeille.\u2014 Grosse pièce de bois pour appuyer.\u2014 Négation.13\u2014\tPeintre français, un des maîtres du naturalisme.\u2014 A toi.\u2014 Prénom d\u2019une femme célèbre par sa beauté.14\u2014\tGenre de graminées.\u2014 Faire des remontrances.15\u2014\tAffaibli.\u2014 Artiste qui fournit des modèles à l\u2019industrie.VERTICALEMENT 1\u2014Genre d\u2019insectes lépidoptères comprenant de gros papillons.\u2014 Doux.2\u2014\tMarque la surprise.\u2014 Règles obligatoires.\u2014 Moi.\u2014 Grande planète.3\u2014\tMasse de pierre.\u2014 Usages.\u2014 Récolte.4\u2014\tSéparer.\u2014 Milieu.\u2014 Née la première.5\u2014\tEn outre.\u2014 Plein d\u2019attention.6\u2014\tComplimenter.\u2014 Pronom.\u2014 Soi 7\u2014\tPréfixe privatif.\u2014 User par le frottement.\u2014 Du verbe être.8\u2014\tRoi de Juda.\u2014 Qui sont à lui.\u2014 Partisan.\u2014 Port dans l\u2019île de Ré 9\u2014\tRepaires.\u2014 Qui a rapport à l\u2019âne.\u2014 Dans la gamme.10\u2014\tPossessif.\u2014 A toi.\u2014 Application d\u2019esprit.11\u2014\tVexer, tourmenter.\u2014 Prénom féminin.12\u2014\tExtrémités.\u2014 Infinitif.\u2014 Arrive 13\u2014\tManipulés.\u2014 A moi.\u2014 Voir, en anglais.14\u2014\tConduit d\u2019appel d\u2019air.\u2014 Adverbe de lieu.\u2014 Nourriture.\u2014 Ruisseau 15\u2014\tRefuse de croire.\u2014 Exciter, harceler.Solution du Problème No 939 ; 26 voulu t'en rapporter à moi, pour ce qu\u2019il y avait à faire vis-à-vis de cet individu.De plus, quoique tu en aies été souvent tourmentée, tu ne m\u2019as jamais reparlé de cette chose qui m\u2019était si désagréable.Aujourd'hui je t\u2019en remercie.« Mais j\u2019ai tenu à être digne de la confiance que tu m\u2019as témoignée, et voici ce que j\u2019ai fait : Depuis quatre ans, c\u2019est-à-dire depuis la naissance d\u2019Olivier, M.Planté est installé à Join-ville-le-Pont, dans une petite maison dont la baronne Jacobsen est la propriétaire.Il a à son service un homme et une femme des plus honorables.La femme lui fait sa cuisine, soigne sa basse-cour et tient son linge en ordre.L\u2019homme cultive le jardin qui est magnifique et soigne le cheval ; car ce monsieur a désiré un cheval et une voiture, et il les a eus.La femme, qui est très honnête, reçoit cinq cents francs par mois pour les besoins du ménage, et M.Planté continue à toucher, comme argent de poche, deux cents francs tous les premiers du mois « Je dois ajouter qu\u2019il ne rentre pas à Joinville tant qu\u2019il lui reste un sou dans sa poche ; et que, vers la fin de la première semaine, les propriétaires des cabarets voisins, qui le connaissent, le rapportent régulièrement chez lui, chaque soir, ivre-mort.Pauline baissait la tête, accablée de honte.\u2014 Et Virginie, dit-elle enfin, qu\u2019est-elle devenue ?\u2014 Quand tu as été partie, le vieux bandit, ne t\u2019ayant plus sous la main pour assouvir sa rage de méchanceté, est tombé sur elle.« Elle a d\u2019abord voulu lutter, mais une grave maladie, survenue au printemps suivant, lui ayant enlevé ses forces, elle a été à sa merci.Il en a abusé et il l\u2019a tuée, comme simplement il t\u2019eût tuée, toi aussi, si tu y étais restée.Pauline pleurait, la tête appuyée dans la vieille tapisserie qui masquait la .porte d\u2019entrée.\u2014 Ah ! le malheureux ! balbutiait-elle éperdue, le malheureux ! De nouveau, Pierre l\u2019embrassa.\u2014 Je t\u2019en prie, lui dit-il, sois courageuse.Il n\u2019arrivera rien si tu me laisses îe maître de la situation.Et je t\u2019ai raconté ces choses pour que tu n\u2019interviennes pas.\u2014 Va, lui dit-elle, je sais que, sous ta légitime indignation, tu es juste et droit.Je m\u2019en rapporte à ce que tu feras, et je t\u2019obéirai.Il descendit.Planté, assis sur le plus beau fauteuil, un chapeau mou placé de travers sur la tête, le nez formidablement rouge, et les paupières sanguinolentes, paraissait de fort mauvaise humeur.A l\u2019aspect de Jacobsen, il parut ne plus pouvoir contenir la rage méchante qui le travaillait depuis un moment.\u2014 De quoi ?De quoi ?fit-il avec sa voix traînarde de voyou parisien.C\u2019est comme ça que vous respectez papa-beau-père ?.Ah ! mais non, on ne la fait pas à bibi, celle-là !.« J\u2019ai une fille et j\u2019entends être chez moi, ici, comme à la maison.Je veux aussi qu\u2019elle me soigne et m\u2019obéisse.L\u2019homme n\u2019est pas fait pour vivre seul.J\u2019entends vivre en famille dans mes vieux jours.Je ne veux pas être abandonné !.Le baron l\u2019avait laissé parler.Il avait légèrement dressé la tête, et sa figure était si froide, de ses prunelles claires tombait un si souverain mépris, que le vieux misérable, peu à peu, avait perdu de sa formidable assurance et, pour la première fois de sa vie peut-être, s\u2019était senti légèrement interloqué.\u2014 Vous ne voulez pas vivre seul ?répéta le baron d\u2019une voix nette et cassante comme le tranchant d\u2019un glaive.Il y a un moyen très simple d\u2019éviter cette solitude : je vais vous faire mettre à Bicétre, où vous serez enfermé avec les gredins et les fous de votre espèce.Planté, quoique en proie à une peur subite et formidable, essaya de payer d\u2019audace.Il éclata de rire, mais d\u2019un rire qui sonnait faux.\u2014 Oh ! là, là ! fit-il.Pour une forte, en voilà une forte ! Heureusement que bibi n\u2019est pas un jobard !.Pierre s\u2019avança vers lui, terrible et décidé.\u2014 Taisez-vous, dit-il, ne me bravez pas.J'ai fait des choses plus difficiles que celle dont je vous menace.Vous allez partir, rentrer à Joinville-le-Pont, et vous taire.Et si jamais vous avez le malheur de repasser le seuil de cette maison ou de dire à âme qui vive que vous connaissez seulement de nom la baronne Jacobsen, sur mon âme je vous fais enfermer.Planté se leva.Il avait trouvé son maître, il le sentait, et il sentait aussi que Pierre était tout disposé à faire de ses menaces une réalité.Or, il n\u2019était pas bête, et il savait bien quelle était la puissance de la fortune et des relations du baron Jacobsen.-\u2014 C\u2019est bien, c\u2019est bien, dit-il en changeant de ton, on vous obéira.Mais, continua-t-il en pleurnichant c\u2019est cruel tout de même d'avoir une fille unique qu\u2019on adore, un innocent de petit-fils qu\u2019on ne connaît même pas.et de ne pas pouvoir les serrer sur son coeur.\u2014 Il est inutile que vous essayiez de cette comédie-là avec moi, dit Pierre Vos hypocrisies me laissent aussi indifférent que vos menaces.Vous n\u2019êtes qu\u2019un vieux bandit, le pire des scélérats Vous avez tué votre femme qui était une sainte ; vous avez martyrisé et torturé votre fille ; et si elle a fui jadis votre toit, c\u2019est que vous l\u2019aviez vendue à un vil coquin de votre espèce « Tenez, allez-vous-en, car je sens que, si vous restiez devant mes yeux, je ne serais plus maître de mon indignation et de ma colère ! Planté ne se tint pas complètement pour battu.\u2014 On s\u2019en va, mon bon monsieur, on s\u2019en va, dit-il très mielleux et très aplati devant Pierre ; mais là, franchement, si vous voulez ne plus entendre parler de moi.il faut m accorder une petite faveur.\u2014 Parlez vite.\u2014 Eh ben !.Est-ce que c\u2019est pas une honte que moi, le père de la femme la plus riche de Paris, je n aie que dix malheureux petits jaunets tous les mois pour régaler les amis ?.Oh ! là ! là ! Joséphine ! ce que c\u2019est vite filé.\u2014 Assez, dit Pierre révolté, que vous faut-il ?\u2014 Mais le billet de mille tout rond, mon bon monsieur.Qu\u2019est-ce que c est que ça pour un richard comme vous ?je ne suis guère exigeant, avouez-le ! L\u2019homme le plus droit et le plus rigidement honnête n\u2019est pas à l\u2019abri de certains désirs.L\u2019idée qu\u2019une somme relativement si forte, en décuplant les ivresses et les débauches de Planté amènerait plus vite quelque catastrophe qui les débarrasserait, Pauline et lui, de cette terrible épée de Damoclès sans cesse suspendue sur leur tête, décida Pierre immédiatement.\u2014 Vous aurez vos mille francs par mois, lui dit-il, mais à la condition expresse que nous n\u2019entendrcns plus jamais parler de vous.Sinon, je coupe les vivres, et \"je vous fait enfermer à Bicêtre.Puis, posant le doigt sur le bouton d\u2019une sonnette électrique : \u2014 Reconduisez Monsieur jusqu\u2019à la porte du dehors, dit-il au garçon de bureau qui se présenta.Dans la rue, quand il fut assez loin de la maison Jacobsen, Planté tout à coup s\u2019arrêta.\u2014 Oh ! là là ! fit-il à mi-voix, se parlant à lui-même, quelle frousse j\u2019ai eue, mes enfants.Bibi peut se vanter LA VIE COURANTE .par Georges Clark __ .et puis qu'importe si j'ai chipé mon thème à Fénelon; n'est-ce pas la forme et non le sujet qui compte ?.Le Samedi, Montréal, 31 décembre qu\u2019il n\u2019en menait pas large !.C\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas commode, ce paroissien-là.M\u2019est avis qu\u2019il ne faut pas s\u2019y frotter.Il fit encore quelques pas, puis, tout à coup, s\u2019arrêtant de nouveau ; \u2014 Après tout, ce que ça me fiche de ne pas voir ma pimbêche de fille ! C\u2019est moi qui m'en brosse le ventre avec un calme, oh ! mais Un calme !.J\u2019ai décroché les douze mille balles par an.Ça me suffit.Ah ! Quelle fête avec ça, mes petits agneaux, quelle fête ! VI Pauvre mère Quelques années se passèrent.Les lien de Pierre et de Pauline s\u2019étaient resserrés au point qu\u2019ils ne faisaient véritablement plus qu\u2019un.Intérêts, pensées, sympathiques, tout leur était tellement commun que lorsque, par hasard, l\u2019un des deux parlait, il était sûr de répondre à la préoccupation secrète de l\u2019autre.Ils détestaient le monde, et leur plus grande joie était quand, ignorés de tous, ils pouvaient aller passer avec leur fils quelques jours à la villa de Saint-Cloud, ou quelques semaines sur une plage déserte.Cependant, au milieu de leur bonheur, une grave, une profonde angoisse les étreignait.Olivier, qui ressemblait pourtant à sa mère et qui paraissait avoir d\u2019elle le coeur chaud, l\u2019intelligence vive, ne grandissait pas et s\u2019étiolait comme un enfant qui souffre.\u2014 Il lui fau-t l\u2019air natal, déclara le docteur Gravier, qui était resté le meilleur ami du baron et de sa femme.Il n\u2019y avait pas moyen de tergiverser ni même d\u2019hésiter, et le même navire sur lequel ils avaient déjà fait deux voyages les ramena à fa Havane.Là de grands changements les attendaient.M.de Santa-Cruz, atteint d\u2019une ataxie locomotrice, était cloué sur son fauteuil, à peu près infirme.Conception s\u2019était mise à la tête de la propriété, quelle administrait du reste fort mal, et Nadine grandissait, devenant la plus jolie petite fille que l\u2019on puisse voir, vivant portrait de son père, déjà élancée et souple comme lui, avec des yeux de diamants noirs brillant comme des escarboucles dans son visage de créole au teint mat et clair La famille de Santa-Cruz s\u2019était pendant quelques années accrue d\u2019un membre de plus.C\u2019était Sybil Andrews, fille d\u2019un ami intime du marquis, lequel ami s\u2019était tué après de formidables pertes au jeu.Conception, d\u2019une bonté de coeur rare, avait recueilli l\u2019orpheline, et maintenant elle avait une deuxième fille.La même intimité que jadis régna entre les deux familles, et Nadine, qui avait alors cinq ans tandis qu\u2019Olivier en avait neuf, ne pouvait pas plus se passer de son petit ami que de sa marraine qu\u2019elle adorait.Celle -ci, toujours bonne et dévouée, relevant le courage de Conception, l\u2019aidait à soigner son mari, tandis que Pierre lui donnait des conseils pour la direction de sa propriété.A la Havane, sous ce ciel merveilleux, la vie s\u2019écoulait rapide et heureuse, sans une préoccupation ni un souci.La santé d\u2019Olivier ne tarda pas à se fortifier et, les voyages sur mer lui étant recommandés, Pierre et sa femme prirent l\u2019habitude de faire assez fréquemment le voyage de France, pour no pas abandonner complètement la maison du faubourg Poissonnière.Durant l\u2019un de ces voyages, un triste devoir fut imposé à Pauline.Ainsi que l\u2019avait prévu Pierre, les douze mille francs par an, octroyés si généreusement au vieux bandit, devaient avoir pour lui un sinistre résultat.JF \\& & ¦2 - s B 2?i£ 23 te èè Ci «3 U SE il ç: ¦B* îa ts h 1^ U?* .: .N î h A V.« Le Samedi, Montréal, 111 décembre 1,949 Les noces et les fêtes de toutes sortes prirent de telles proportions, que bientôt survint une attaque de paralysie.Il en guérit, car sa constitution était robuste comme pas une.Mais il resta dans une sorte de gâtisme au milieu duquel sa méchanceté seule survivait.Enfin, à l\u2019une de ses arrivées, on prévint Pauline que les forces du vieux peintre en bâtiments diminuaient avec une rapidité inquiétante.Alors, malgré toutes les répugnances de Pierre, elle obtint de lui qu\u2019il la laissât aller s\u2019installer au chevet du vieux misérable.Enfin il rendit sa vilaine âme au diable.Avant de s\u2019arracher à ce lit où elle avait rempli admirablement son cruel devoir, la jeune femme le regarda longuement : \u2014 Repose en paix, dit-elle enfin lentement ; tu es mon père, et que Dieu te pardonne comme je l\u2019ai fait moi-même.Pierre ne lui dit pas un mot de ce qui venait de se passer, il ne lui demanda pas une explication, mais il l\u2019entoura encore de plus d\u2019amour et de respect que par le passé, et bientôt la i amena à Cuba.Hélas ! le bonheur n\u2019est pas une plante qui puisse fleurir longtemps sur terre.Un jour, comme une traînée de poudre, une nouvelle se répandit à la Havane, jetant l\u2019effroi dans le coeur des plus braves.La fièvre jaune était dans l\u2019île.Avant que la famille Jacobsen eût pu faire ses préparatifs de départ, Pauline était frappée par le fléau.Pierre, malgré les supplications affolées de la jeune femme, ne voulut pas quitter le chevet de son lit.Ses soins, comme jadis dans la maison de Saint-Cloud, eurent raison du mal terrible qui la dévorait.H la sauva, quand elle fut entrée en convalescence, ce fut lui qui s\u2019alita à son tour.Malheureusement le mal chez ce garçon, de complexion assez délicate, ne put être entravé, et il mourut presque en même temps que son ami le marquis de Santa-Cruz.Pauline faillit devenir folle de désespoir.Il était mort, son mari, son sauveur, son Dieu, celui auquel elle devait tout ! Elle ne voulait plus vivre, pour le rejoindre plus tôt.Mais Dieu avait mis en elle un amour du devoir qui devait tout primer dans n\u2019importe quelle circonstance de sa vie.N\u2019était-elle pas mère, en effet?.Et Olivier, qui avait seize ans, c\u2019est-à-dire l\u2019âge où les passions naissent et où, avec sa fortune immense, des dangers terribles pouvaient l\u2019environner, Olivier pouvait-il se passer d\u2019elle ?Elle prit dans ses mains amaigries l\u2019adorable tête blonde de son fils et lui dit : \u2014 Pour toi seul, je vivrai!.Mais rester maintenant dans cette île qui avait vu son bonheur, Pauline ne le pouvait pas.Du reste la santé d\u2019Olivier était aujourd\u2019hui à toute épreuve.La robuste constitution qu\u2019il tenait d\u2019elle avait repris le dessus ; il était grand, développé et superbe au physique, tandis qu\u2019au moral son éducation, pour être à la hauteur de la situation qu\u2019il devait occuper, demandait encore à être achevée.Les adieux entre les deux veuves furent déchirants ; Nadine, grande et développée à douze ans comme nos filles de France le sont à peine à vingt, pleurait toutes ses larmes en se séparant du compagnon de sa jeunesse, qu\u2019elle aimait déjà comme une femme peut aimer.En vain Sybil, qui l\u2019adorait, essayait de la consoler, elle n\u2019y arrivait pas.Olivier, de son côté, paraissait profondément ému mais, plus maître de lui que la jeur.e fille, il savait garder son secret, s\u2019il en avait un.Cependant ai moment du départ, comme ils allaient se séparer, Pauline sortit une bague de son doigt.C\u2019était un pauvre petit anneau d\u2019or bien modeste, ayant une toute petite perle fine au milieu, le premier bijou que Pierre lui avait offert alors qu\u2019il la reconduisait le soir à la rue des Abbesses, et qu\u2019elle était loin de se douter du nom de celui qu\u2019elle aimait.\u2014 Olivier, dit-elle, de tous mes bijoux, voici celui auquel je tiens le plus.C\u2019est, le premier que ton père m\u2019a donné.Veux-tu, à ton tour, l\u2019offrir à Nadine, et lui demander si elle veut le garder en souvenir de toi?.Olivier était déjà pendu au cou de sa mère, lui disant : \u2014 Oh ! maman ! tu devines donc tou -tes mes pensées?.\u2014 Oui, dit Pauline, c\u2019est le rôle des mères.Et, après qu\u2019Olivier eut passé la pauvre petite bague au doigt de Mlle de Santa-Cruz, Pauline embrassa la fillette et lui dit : \u2014 Pense à nous ; dans quelques années, si ta mère y consent et si ton coeur s\u2019est gardé pour mon fils, nous reviendrons te chercher tous les deux, lui comme sa femme, moi comme ma fille.Conception pieurait de bonheur sur l\u2019épaule de son amie.En effet, quelle mère plus parfaite et plus idéale pouvait-elle désirer pour Nadine, elle dont la santé, minée par toutes sortes de chagrins et de préoccupations, l\u2019avertissait depuis bien des années déjà que Dieu ne lui permettrait pas longtemps de veiller sur sa fille ?.A Paris, Pauline se mit aussitôt à la tête de sa maison.Elle en connaissait déjà les rouages et la marche, Pierre l\u2019ayant fait entrer depuis longtemps de moitié dans tout ce qu\u2019il faisait, mais elle voulut s\u2019en rendre familier le moindre detail, car un travail surhumain seulement, une activité sans bornes pouvaient apporter à son désespoir la diversion nécessaire.Un employé de la maison, Claude Deschamps, qui tout jeune, avait été dressé par le père de Pierre, lui-même et qui, en l\u2019absence du baron, le représentait, la prit en très grande affection, et s\u2019attacha à lui apprendre tout ce qu\u2019elle devait connaître.Il eut dans la malheureuse veuve une élève docile, et bientôt le véritable chef de la maison Jacobsen fut cette jeune femme, peut-être encore plus belle dans ses habits de deuil qu\u2019elle ne 1 avait été couverte de diamants et de fleurs, et dont les beaux yeux d\u2019or étaient souvent remplis de larmes, tandis que sa bouche, toujours fraîche comme une rose, ne souriait plus jamais.Quelques années s\u2019écoulèrent encore.Olivier, sous la direction intelligente de sa mère, était devenu un garçon accompli.La correspondance avec la Havane était active, la tendresse qu\u2019avaient éprouvée les enfants 1 un pour 1 autre paraissait peu à peu se transformer en ce solide amour que rêvait Pauline pour son fils.\tw\t, Deux fois déjà, Olivier était aile a Cuba avec son précepteur.Chaque fois qu\u2019il en revenait, il ne parlait à sa mère que de la beauté de Nadine, de ses vertus, de ses qualités charmantes.Elle était simple, droite, généreuse, et si bonne !\t,.Ah ! c\u2019était bien ainsi que Pauline avait deviné que serait sa future fille .Comme récompense de sa dernière année de travail, elle avait promis à Olivier qu\u2019il irait cette fois à la Havane sans son précepteur.__Comme un homme, lui dit-elle, et tu iras y faire également oeuvre d\u2019homme si tu es très sage jusque-là._ Quoi donc ?demanda le jeune homme, dont les beaux yeux bruns brillaient ainsi que des étoiles.if X '-b______________________- x\t4 Un cadeau par mois L'offrande d'un abonnement d\u2019un an (ou de deux ans) à LA REVUE POPULAIRE représente véritablement douze ou vingt-quatre cadeaux en un seul, \u2014 soit un cadeau par mois.Un cadeau peu coûteux pour vous et qui sera accueilli chaque fois avec un plaisir renouvelé.En plue d'une multitude d'articles richement illustrés en couleur, vous offrez ainsi douze ou vingt-quatre romans d'amour complets.Remplissez simplement le bulletin d'abonnement Notre roman de janvier : L'ENIGME DE GREHAM CASTLE par LEO OARTEY {4 A* COUPOIM-CADEAU Etats-Unis Canada 1\tan .$1.50\t1 an 2\tans .2.50\t2 ans ?IMPORTANT : \u2014 Indiquei d\u2019une croix s\u2019il s'agit d un renouvellement.Nom du destinataire Adre sse .Province Nom de I envoyeur Adresse Prov.ou Etat POIRIER, BESSETTE & CIE.LIMITEE Montréal 16.P Q 975-985, rue de Bullion 28 Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 \u2014 Tu as vingt ans, Nadine en a seize, tu iras lui porter sa bague de fiançailles et lui annoncer que, dans dix-huit mois, si sa mère veut me la donner, nous irons la chercher tous les deux pour en faire une petite baronne Jacobsen, et la ramener ici.Un bomhfcur intense se répandit sur le visage d\u2019Olivier.Ah ! oui, il travaillerait, et cet examen si difficile que lui avait imposé sa mère, il le passerait avec succès, maintenant il en était sûr.A la fin de l\u2019année, l\u2019examen fut brillant et Pauline, heureuse de tenir sa parole, lui donna pour Nadine une bague comme les princesses de sang royal elles-mêmes n\u2019en reçoivent pas les jours de leurs fiançailles.Elle l\u2019accompagna jusqu\u2019au Havre où il devait s\u2019embarquer, non pas sur un des bateaux de la maison comme il l\u2019avait fait jusque-là, mais bien sur un des grands paquebots qui font les services publics.Pauline ne pouvait se séparer de lui Elle était en proie aux plus noirs pressentiments.Un moment même, elle eut la pensée de l\u2019accompagner.\u2014 Je suis folle, se dit-elle.Il a vingt ans et il faut bien qu\u2019il apprenne un peu la vie.Tu seras raisonnable au moins ?lui dit-elle.\u2014 Est-ce que je ne le suis pas toujours, répondit-il.Et serais-je ton fils si j\u2019étais capable de te faire la moindre peine ?.Plus rassurée, elle le vit partir.Dès son arrivée, il lui écrivait une longue lettre lui racontant sa fête de fiançailles, la joie recueillie de l'.adine, autant que la reconnaissance infinie de Conception.Ces lignes respiraient l\u2019amour le plus grand et le plus pur.Il faisait les projets les plus nobles et les plus généreux ; dans son bonheur, il ne pensait qu\u2019à être bon pour tous, et à faire du bien.Au milieu du désespoir cruel qui la minait toujours, Pauline éprouva une grande, une immense joie.Elle se retrouvait bien dans la nature d\u2019Olivier, telle qu\u2019elle était au matin de sa vie, simple, bonne et généreuse, ayant l\u2019horreur de toutes souillures, de toutes petitesses.Le sang des Jacobsen, en se mêlant à son pauvre sang de plébéienne, n\u2019avait pas dégénéré, au contraire.Olivier resta assez longtemps à la Havane.Une fois il demeura deux courriers sans écrire.Pauline, affolée, parlait d\u2019aller le rejoindre, lorsque les nouvelles tant désirées arrivèrent enfin.Olivier racontait qu\u2019il était allé faire un voyage aux Antilles, que Saint-Thomas lui ayant paru intéressant à visiter, il y était resté un peu plus longtemps qu\u2019il ne se l\u2019était d\u2019abord proposé, mais que d\u2019ailleurs il allait rejoindre au plus tôt la France.Cette lettre était aussi différente des précédentes que la nuit l\u2019est du jour.Elle était froide, embarrassée, et il n\u2019y avait plus trace du frais bonheur qui jusque-là avait débordé de l\u2019âme en fête du jeune homme et qui avait rendu la pauvre Pauline si heureuse.Le cœur gonflé à l\u2019étouffer, elle s\u2019en ouvrit à Claude Deschamps.Devant tout au vieux baron Jacobsen, il s\u2019était consacré aux intérêts de la famille avec une ardeur qui ne lui avait pas permis de penser à se marier lorsqu\u2019il eût été en âge de le faire.Peu à peu son coeur s\u2019était glacé.Il n\u2019avait jamais rien aimé en dehors de son bureau, de ses occupations, de ses affaires.Mais Pauline lui était apparue ; et, à côté de Pauline, Olivier.II les avait adorés, tous les deux, d\u2019une tendresse semblable et paternelle, avec une nuance d\u2019admiration pour la jeune femme et de très grande indulgence pour l\u2019enfant.\u2014 Bah ! dit-il à la baronne, lorsque celle-ci lui eut ouvert son coeur, ne vous exagérez pas les choses et ne vous tourmentez pas.Olivier n a pas la nature calme et tranquille de son père, et puis, vous l\u2019avez un peu trop tenu en laisse, ce garçon.Là-bas, il aura rencontré quelque mulâtresse avec laquelle il se sera un peu émancipé ; il n\u2019y a pas de quoi le pendre, allez ! ce n\u2019est rien !.\u2014 Et Nadine ?interrogea la baronne \u2014 Nadine, c\u2019est l\u2019amour pur, c\u2019est le coin sacré du coeur, celui qui reste intact malgré les petites rencontres que l\u2019on peut faire de de-ci, delà.\u2014 Mais il l\u2019a profané, mon ami, cet amour.\u2014 Pas le moins du monde.A force d'encenser son idole, l\u2019encens lui a monté à la tête.Et dame ! la première qui a passé a reçu le contre-coup de cette ivresse.Ce n\u2019est pas plus dangereux que ça.A votre place je ne m'en tourmenterais pas du tout.Et comme il va revenir très honteux de sa petite fredaine, je n\u2019aurais pas l\u2019air de m'en être aperçue.Ce qui d\u2019abord le mettra à l\u2019aise, et ensuite ne donnera pas à cette chose-là plus d\u2019importance quelle n\u2019en doit avoir.Pauline réfléchit.Il y avait des détails sur lesquels Deschamps ne s\u2019était pas appesanti, mais qu\u2019il avait soulignés avec une extrême finesse.Au fait, il avait raison.Et comme la mère la plus intelligente éprouve toujours un très grand malaise à parler de certaines choses avec son fils, elle résolut de suivre le conseil de son fidèle ami, et de se taire.Lorsque Olivier arriva dans le vieil hôtel du faubourg Poissonnière, on aurait eu peine à reconnaître le garçon gai, intelligent et expansif qui en était parti quelques mois auparavant.Il parlait très peu, passait de longues heures sans desserrer les dents.\u2014\tEt vous ne voulez pas que je l\u2019interroge ?demanda Pauline à Deschamps.\u2014\tNon, répondit celui-ci, ce serait une imprudence.Seulement, distrayez-le fortement, et lancez-le un peu dans le monde qu\u2019il ne connaiît pas.Pauline, toujours portée à écouter celui en qui elle avait confiance, fit ce qu\u2019il lui conseillait.Au bout de quelque temps, Olivier dansait, cotillonnait dans tous les endroits à la mode.Il avait un train de maison à lui, il était de toutes les fêtes.Sa bonne gaieté d\u2019autrefois était revenue avec une pointe de tendresse émue et d\u2019attentions presque féminines qu\u2019il n\u2019avait pas autrefois pour ^a mère.Celle-ci se félicitait déjà d\u2019avoir suivi le plan de conduite indiqué par Deschamps, lorsqu\u2019un jour, subitement, Olivier disparut pendant quarante-huit heures.Quand il revint, il était triste, mécontent de lui, taciturne et silencieux.\u2014 Bah ! dit encore Deschamps, un clou chasse l\u2019autre, car vous compre-nez bien que ses amours des Antilles n\u2019ont pas suivi notre garçon ici.\u2014 Je veux bien vous croire, répondit Pauline avec un grand soupir ; mais que cet enfant est donc désagréable de tout prendre au tragique ainsi qu il le fait et quel chagrin il nous cause avec ses yeux pleins de larmes, et son visage sans cesse bouleversé !.Comme Pauline se tourmentait, en effet, beaucoup, Deschamps n\u2019eut plus qu\u2019une idée, dissimuler autant qu\u2019il le pouvait les fredaines du jeune nomme et cacher sa conduite à tous les regards, surtout à ceux de sa mère.Avant d\u2019en arriver là, il avait essayé toutefois de savoir quel était l\u2019objet de la passion d'Olivier ; mais ce fut inutile, car le jeune baron cachait ses amours avec une habileté et une patience de sauvage.Il arriva même à se contraindre tellement avec Pauline, que celle-ci, très convaincue, pensa : \u2014 Son caractère change, il va devenir taciturne comme l\u2019ont toujours été les Jacobsen ; mais Deschamps avait raison, tout cela est sans importance.Seul, le directeur de la maison, qui avait eu la faiblesse d\u2019ouvrir sur ses propres deniers un crédit illimité à Olivier, connaissait, à certains indices qui échappaient aux autres, la température probable de ces amours.Et quand il le voyait plus triste qu'à l\u2019ordinaire, il se disait : \u2014 S\u2019il souffre un peu, tant pis pour son cœur, tant mieux pour Nadine, cette belle petite patronne qui nous est destinée pour plus tard, et qui l\u2019attend.Il ira la chercher plus tôt là-bas ; et il trouvera bien meilleur le foyer qu\u2019elle lui créera, et l\u2019affection pure dont elle l\u2019entourera.Le vieillard laissait donc passer sans les faire remarquer les heures sombres du jeune baron ; tandis que celui-ci élevé rigidement, avec le respect absolu de certains devoirs, n\u2019osait causer de réels chagrins à sa mère d\u2019abord, ensuite à cet être si bon qu\u2019il aimait comme s\u2019il eût fait partie de sa famille.Une seule fois, il osa lui dire : \u2014 Je vous confierais bien un secret qui m\u2019est très cher, mon vieux Claude, et je vous demanderais une grande preuve d\u2019affection si je n\u2019avais peur de vous contrarier, maman et vous.Le père Deschamps arrêta net Olivier dans sa confidence.\u2014 Mon cher enfant, lui dit-il, garde ton secret, et, en fait de preuves de tendresse, ne me demande jamais que ce qui ne doit pas être un sujet de chagrin pour personne autour de tci.Le jeune homme, naturellement très réservé, n\u2019osa pas insister.C\u2019est ce que désirait Claude.Il pouvait se taire vis-à-vis de Pauline tant qu\u2019Olivier ne parlerait pas lui-même.Il eût certainement été obligé de la prévenir de ce qui se passait s\u2019il l\u2019eût su lui-même.C\u2019était là une extrémité devant laquelle reculait sa faiblesse de célibataire habitué à la tranquillité, et un peu tgoïste.Un jour, Ambroise, le valet de chambre du jeune homme, raconta à Pauline que M.le baron pleurait toute la nuit.Elle reçut un coup en plein coeur et, sans prendre conseil de Deschamps, cette fois-ci, elle se précipita chez son fils.-Est-ce vrai ce que me dit Ambroise ?lui demanda-t-elle avec anxiété.Tu pleures, paraît-il ; tu as donc du chagrin.Pourquoi ?.A qui le confierais-tu, si ce n\u2019est à moi ?Elle eut le malheur d\u2019ajouter : \u2014 Du reste, je connais assez mon fils pour être certaine qu\u2019il n\u2019aura jamais dans son coeur et dans sa vie que des choses droites et honnêtes, comme la vaillante race dont il est sorti.Tout passe en ce monde excepté la satisfaction d\u2019avoir fait son devoir.Olivier, arrivé à un moment de découragement extrême, allait certainement confesser à sa mère la faiblesse de sa vie, car il en avait une très grande envie.Mais la dernière phrase de Pauline le glaça.Elle n\u2019était pas de ces mères expansives qui caressent et se livrent à tout bout de champ ; l\u2019amour extraordinaire qu elle avait pour son fils, elle le gardait soigneusement au fond d'elle-même et n\u2019en parlait jamais.Pierre était le seul être au monde qui eût raison de sa timidité excessive en fait d\u2019affection, et qui avait su ouvrir la porte à des expansions qui, en dehors de lui, ne s\u2019étaient jamais manifestées, même à Olivier.Le jeune homme s\u2019était déjà replié sur lui-même.LA VIE COURANTE .par Georges Clark __ Ahi vous savez.Mademoiselle, avec ces nouvelles machines à compter, ce n\u2019est pas la peine d\u2019apprendre l\u2019arithmétique. le Samedi, Montréal, 31 décembre 194U \u2014 On t\u2019a trompée, maman, dit-il à Pauline avec une assurance qui en imposa à celle-ci; je n\u2019ai pas de chagrin.Non, je t\u2019aSsure, aucun.\u2014 Et tu aimes toujours Nadine, n\u2019est- ce pas ?\t, ____gi je l\u2019aime ?repondit-il vivement.Oh ! oui, mille fois plus que moi-même.\u2014 Et nous partons toujours dans un mois, c\u2019est bien décidé?.Il hésita l\u2019espace d\u2019une seconde et lui dit : \u2014 Peut-être.La gorge de la baronne se serra.\u2014 Comment ?peut-être ?répéta-t-Quand la parole d\u2019un Jacobsen est en jeu, qu\u2019est-ce qui pourrait donc au monde l\u2019empêcher de la tenir ?.\u2014 Rien à coup sûr.Tu as raison.\u2014 Alors! d\u2019où viennent ces mots que tu as prononcés ?\u2014 Eh bien, voilà puisque tu veux savoir la vérité.Tu as exigé que j\u2019allasse, dans le monde, je t\u2019ai obéi : mais j\u2019ai vu autour de moi tant de petitesse, tant de vilenies que je suis profondément dégoûté de tout ce qui m\u2019entoure.Je suis dans une de ces heures de découragement absolu où la vie elle-même est une charge.Je ne voudrais pas devenir l\u2019époux de Nadine, si naïve, si jeune, si bonne, dans ce moment-ci.C\u2019est pour cela que je te demandais un sursis tout à l\u2019heure.Pauline le regarda de ses prunelles claires et pénétrantes.On eût dit qu\u2019elle voulait lire jusqu\u2019au plus profond de l\u2019âme de son fils ; ^ et elle, qui avait cependant une si grande habitude des gens et des choses, elle se méprit à l\u2019expression de ces beaux yeux tristes et malheureux.\u2014 Il n\u2019y a pas autre chose ?dit-elle.\u2014 Non, mère, pas autre chose.\u2014 Alors, ce n\u2019est rien.L'horreur du monde que tu éprouves, ton père et moi nous l\u2019avons eue également.Elle nous a fait trouver notre intérieur plus doux et plus beau ; c\u2019est ce qui t\u2019arrivera avec Nadine.Et très tranquille elle le laissa, assurée qu\u2019Ambroise avait rêvé et que la légère attaque de spleen dont souffrait Olivier disparaîtrait aux premiers ; halètements du vapeur qui devait le conduire à la Havane.A peine les pas de la baronne se fu-hé rent-ils perdus dans le corridor, qu\u2019O-livier tomba assis sur son divan.\u2014 Oh! mère! mère! s\u2019écria-t-il en éclatant en sanglots, je t\u2019ai trompée, je t\u2019ai menti, mais comment t\u2019avouer à toi, si pure, à toi l\u2019image incarnée du devoir, cette passion monstrueuse qui remplit mon coeur et qui me rend traître et parjure à tous mes serments ?.«Mais je la briserai, ajouta-t-il en se redressant avec une énergie où l\u2019on retrouverait Pauline tout entière.Oui, sur mon âme, je la briserai.dussé-je me briser avec.Huit jours après, un soir, comme Olivier était assis dans le bureau à côté de Deschamps, un commissionnaire entra, apportant une lettre qu\u2019il ne voulait remettre, disait-il, qu\u2019au baron Jacobsen.Olivier la reçut, la lut, devint d\u2019une pâleur mortelle.P P ;»* P hf I* Subitement il se leva : \u2014\tVous direz à maman quelle ne m\u2019attende pas pour sortir, dit-il.Il est même probable que je rentrerai fort tard dans la soirée.\u2014\tBien ! répondit le vieillard, frappé tout à coup d\u2019un inexplicable pressentiment, permets seulement à ton vieil ami de te donner un conseil.Olivier paraissait être sur des char- bons ardents.\u2014 Parlez, dit-il, vous savez bien que vous pouvez tout me dire.\u2014 Quoi qu\u2019il t\u2019arrive, dans quelque £ situation que tu te trouves, rappelle-toi que, dans ta famille, l\u2019idée du devoir l\u2019a toujours emporté sur toutes satisfactions personnelles.Il y a à tes côtés une femme qui n\u2019a que toi sur terre, et qui ne survivrait pas à une mauvaise action de ta part.Olivier ne répondit pas un mot.Ses yeux brillaient comme ceux d\u2019un fiévreux.Il s\u2019échappa en courant.Quelques minutes après, le roulement d\u2019une voiture sous le porche annonçait qu\u2019il quittait la maison.Deschamps eut un geste désespéré.\u2014 Mon Dieu ! s\u2019écria-t-il, il me semble qu\u2019il y a un malheur dans l\u2019air.Est-ce que j\u2019ai bien rempli mon devoir en ne prévenant pas Mme Jacobsen du peu que j\u2019ai su ?Il résolut de trouver des prétextes pour rester à son bureau jusqu\u2019au retour d\u2019Olivier et, tout en disant à Pauline que son fils ne rentrerait pas, il lui demanda à dîner, ce qu\u2019il faisait souvent, lui annonçant qu\u2019un travail pressé le retiendrait derrière ses livres, peut-être une partie de la nuit.Elle ne fut point inquiète, tout cela étant fort naturel, et Olivier dînant souvent dehors le soir, soit avec des amis, soit à son cercle.A dix heures, elle congédia son ami.\u2014 Je suis lasse, dix-elle.Je vais me coucher ; vous, ne travaillez pas trop.Le travail de la nuit ne vaut rien.Deschamps, de plus en plus tourmenté, avant de rejoindre son bureau, appela Ambroise.\u2014 Dès que M.le baron sera de retour, lui dit-il, vous me préviendrez.A deux heures, Pauline, qui dormait profondément, fut réveillée par des exclamations éperdues, auxquelles son nom était mêlé avec un grand bruit de voix et de sanglots.\u2014 O madame la baronne ! criait à la porte de sa chambre Maria, une jeune fille à son service depuis un an environ, levez-vous, ouvrez vite.Quel malheur ! mon Dieu, quel malheur !.A la hâte Pauline jeta un peignoir de flanelle blanche par-dessus sa robe de nuit ; et, comme une folle, elle se précipita vers la porte.\u2014 M.le baron se meurt, lui dit Ambroise, le visage plus blanc que celui d\u2019un spectre.Venez vite, madame, venez vite !.Elle ne fit qu\u2019un bond jusqu\u2019à l\u2019appartement de son fils.Une sorte d\u2019instinct la poussait seul, car elle avait été comme foudroyée et elle croyait marcher dans un rêve inconscient et douloureux.Lorsqu\u2019elle arriva auprès d\u2019Olivier, elle le trouva, le corps tordu sous les couvertures, les traits livides et méconnaissables, la bouche contractée, paraissant toucher aux limites de la vie.Deschamps qui était déjà auprès de lui, avait envoyé chercher des médecins de tous les côtés.Deux, trois arrivèrent presque en même temps et furent unanimes : le jeune homme avait avalé quelque foudroyant poison et allait mourir.Mourir !.lui Olivier !.son fils unique !.son seul amour sur terre !.Est-ce que c\u2019était possible ?Pauline s\u2019arrachait les cheveux.Elle tenait dans ses bras le corps presque froid du jeune homme.Elle le couvrait de caresses.__Mais parle!.répétait-elle.Que t\u2019est-il arrivé ?.Olivier, mon enfant.onds-moi !.\t, ,es yeux mi-clos et déjà vitres, les its crochetées, le moribond ne serait pas l\u2019entendre.Infin ses paupières se soulevèrent.Jn éclair de raison apparut sur son age pâle.- La malheureuse !.balbutia-t-il, \u2022 phrases hachées au milieu de ho-3ts qui étaient ceux de l\u2019agonie.La lheureuse !.elle m a tuee, moi qui tant fait pour elle !.\t.Oui, tué.tué !.Ah ! je 1 ai bien iti quand j\u2019ai bu cette orangeade gla-.qu\u2019elle m\u2019a donnée.quel goût !.ssitôt la mort est descendue en moi!.! mon Dieu!.que je souffre.O man.sauve-moi.sauve-moi.i/ioie tout à coup, se redressant : Weùxmte^yc ÎSÏÉ& CHEZ RONSON ANNIVERSAIRE ET La nouvelle manufacture Ronson est située à 290 Old Weston Road, à Toronto.C\u2019est un immeuble aux lignes modernes dont l\u2019inauguration coïncide avec la fabrication du 4,-000,0000 ième briquet canadien, de la célèbre marque Ronson.Il est intéressant de savoir que la Ronson Art Metal Works du Canada obtint sa charte en 1924.Quatre ans plus tard on se préparait à la fabrication de briquets.La Compagnie occupait alors un immeuble de 542 pieds carrés et avait en tout 11 employés.Elle s\u2019est prodigieusement développée depuis, puisque l\u2019ancien et le nouvel immeubles réunis ont une superficie de 38,350 pieds carrés.Il va sans dire que l\u2019équipement le plus moderne a été installé, dans le but d\u2019obtenir une production de haute qualité.Cependant, les directeurs insistent pour que certains travaux, qui demandent une minutieuse précision, soient exécutés à la main, tout comme on le fait dans la joaillerie.Un éclairage adéquat et un confort exceptionnel sont les caractéristiques de la manufacture Ronson.Les employés ont à leur disposition des salles de repos, des cantines, une infirmerie pour soins d\u2019urgence et peuvent écouter de la musique tout en accomplissant leur tâche.INAUGURATION Au cours de la deuxième guerre mondiale, on fabriqua chez Ronson des parties de bombardiers Lancaster et plus tard, à la demande du Gouvernement canadien, des briquets pour l\u2019usage exclusif des forces armées.Ces briquets furent expédiés sur les divers champs de batailles des armées alliées, même les plus lointains.C est ainsi qu\u2019ils se répandirent dans plusieurs pays d\u2019Europe, d\u2019Extrême-Orient et aux Indes.Partout, les combattants ont appris à les connaître et à les apprécier.On a eu maintes preuves de la résistance et de la solidité de ces briquets puisque ceux-ci ont plus d\u2019une fois protégé leurs possesseurs.En effet, ils ont en quelque sorte servi de boucliers en préservant les soldats des atteintes des balles anti-avions, des balles ordinaires et des éclats d\u2019obus On raconte aussi qu\u2019un combattant américain grava sur l\u2019un de ces briquets ses dernières volontés et que l\u2019authenticité de ce testament ne fut pas contestée.On pouvait y lire : \u2014 I leave everything to brother Jim.Le président de la manufacture canadienne est M.Alexander Harris et son gérant-général, M.James Pippa.Le fondateur de la Compagnie à l\u2019étranger était feu Louis V.Aronson, un ingénieur métallurgiste.Photo du haut, inauguration de la nouvelle usine Ronson, à Toronto.\u2014 Ci-dessous.M.ALEXANDER HARRIS, président de Ronson, donne une démonstration des produits Ronson à son honneur, le maire McCALLUM. Le Samedi.Montréal, 31 décembre 1949 30 \u2014 Non, dit-il, laisse-moi.C'est chez elle qu\u2019il faut courir, pour savoir où est mon fils, et le lui prendre.Car j'ai un fils.un tout petit enfant que je ne veux pas lui laisser !.«O maman.ma bien-aimée maman jure-moi que tu le lui reprendras.que tu l\u2019aimeras.que tu l\u2019élèveras.Et comme Pauline, foudroyée par tout ce qu\u2019elle entendait, ne répondait pas \u2014 Tu ne veux pas ?continua Olivier, la voix de plus en plus affaiblie ; tu ne veux pas ?.Ah ' mon Dieu !.c\u2019est que tu ne me pardonnes pas alors.\u2014 Si, si, mon amour! s'écria enfin, la malheureuse mère, je te pardonne Ah ! Dieu, oui !.\u2014 Alors, jure !.Mais jure donc, puisque je vais mourir.\u2014 Oui, je le chercherai, ton fils', et je l\u2019élèverai, et je l\u2019adorerai.Mais pour le trouver il me faut un nom.une adresse?.Où est-elle, cette femme qui t'a volé à moi, qui est-elle ?.Où demeure-t-elle.Mais les forces d\u20190!ivier étaient épuisées.Ses yeux de nouveau s\u2019étaient fermés De grandes, d\u2019atiroces convulsions le tordaient.Il ne paraissait plus voir sa mère.Sa connaissance s\u2019en allait.Il balbutia encore des mots confus \u2014 Maman!.pauvre maman!.Puis, au bout d\u2019un instant : \u2014 Nadine!\u2014 Pardon!.Je t\u2019aimais tant !.Mais c\u2019était toujours toi que j\u2019aimais en l\u2019autre, la maudite !.Oui, toi.toi, si pareille à elle.Une dernière convulsion le raidit, puis tout à coup son corps s\u2019affaissa et retomba.C\u2019était fini.Pauline Jacobsen n\u2019avait plus de fils !.Son désespoir fut effroyable.Cependant, une pensée le domina peut-être, et à coup sûr lui conserva sî raison.Olivier avait laissé un enfant, c\u2019est-à-dire quelque chose de lui.Où était oet enfant.Ni l\u2019or, ni l\u2019argent prodigué à tous ceux qui étaient capables de l\u2019aider, ni une intelligence de premier ordre, mise au service d\u2019une volonté de fer, rien ne put mettre la malheureuse mère sur cette trace qu\u2019elle cherchait.Quand elle vit que tous ses efforts étaient inutiles, elle se laissa aller sur le divan de la chambre où Olivier était mort, et elle voulut mourir aussi.Mais, là, elle eut comme une hallucination : elle revit Pierre venant vers elle, son visage couvert de larmes et lui disant : Nous n\u2019avons plus que toi pour re trouver le dernier de notre race, celui dans les veines duquel coulent les dernières gouttes du sang des Jacobsen, et tu nous abandonnes !.Oh ! c\u2019est mal, cela, et indigne de ton caractère.Elle tomba à genoux, élevant les mains vers cet être imaginaire que son cerveau trop surexcité lui montrait réel et vivant.\u2014 Tu le veux, s\u2019écria-t-elle, toi à qui je n\u2019ai jamais désobéi.Eh bien, qu\u2019il soit fait comme tu le désires\u2014 Jusqu\u2019à mon dernier soupir, je le chercherai et, si Dieu est juste, il faudra bien que je le retrouve ! Mais, malgré tout le courage, toute la volonté de l\u2019héroïque femme, la secouse avait été trop forte.Le lendemain, elle s\u2019alita ; une fièvre violente se déclara, et pendant un an elle resta avec une sorte d\u2019anémie cérébrale qui la laissait presque inerte, n\u2019ayant plus la faculté de penser ou de se souvenir.VII Un coup de tête Ala Havane, dans l\u2019habitation merveilleuse qui était celle de la famille de Santa-Cruz, sous la véranda qu\u2019ornent les plantes grimpantes, une femme est étendue mourante, entourée de deux jeunes fi'les C'est Conception, marquise de Santa-Cruz, qui est arrivée aux dernières limites de la vie et à laquelle ses deux filles, Nadine et Sybil, prodiguent leurs soins et leurs tendresses.\u2014 Oui, mes enfants, dit la pauvre femme en les considérant toutes deux avec amour, la résignation est en moi et j\u2019accepte la mort puisqu'il est dans la volonté de Dieu de me l\u2019envoyer ; mais que je voudrais donc qu\u2019il ne m\u2019appelât à lui que dans quelques jours, c'est-à-dire quand ton autre mère sera ici, Nadine, et que je pourrai te remettre entre ses mains ! Les deux enfants pleuraient à chaudes larmes.Sybil, plus courageuse que sa compagne, essayait toutefois de relever le courage de sa soeur adoptive \u2014 Le courrier de France est-il arrivé ?demanda tout à coup la marquise \u2014 Non, mère, répondit Sybil; mais, cependant, il n\u2019y a qu\u2019un instant, Sci-pion, le nègre qui fait les courses, est venu nous dire qu\u2019il était signalé.\u2014 Nous allons sûrement recevoir une lettre nous annonçant qu\u2019Olivier et Pauline sont en mer.Va voir, Sybil, et expédie Scipion à Cuba en le priant de ne pas s\u2019arrêter en route.Au bout de quelques instants, elle revint.\u2014 Scipion est parti à cheval, dit-elle Dans une heure, si le courrier est arrivé, il vous le remettra.En effet, moins d\u2019une heure après, un grand nègre, au bon visage de chien fidèle, arrivait en courant sous la véranda.Il tenait une large enveloppe dans ses mains.\u2014 Une lettre, criait-il avec joie ; maîtresse, une lettre qui est venue par le courrier.Fiévreuse, Nadine s\u2019empara de l\u2019enveloppe et y jeta les yeux.Un air de profonde déception vint remplacer l\u2019expression d\u2019intense bonheur qui pendant quelques minutes avait éclairé ses traits jeunes et purs.\u2014 L\u2019écriture n\u2019est ni de Mme Jacobsen, ni d\u2019Olivier, et la lettre ne vient pas de France, dit-elle.\u2014 Ah ! fit Conception, aussi déçue que sa fille.Ouvre-la tout de même, et lis\u2014 en le contenu à haute voix.La jeune fille obéit et, ayant déchiré l\u2019enveloppe, elle commença : « Saint-Pétersbourg.« Mon cher neveu.» \u2014 Mon neveu ?.répéta Conception en interrompant sa fille.Es-tu bien sûre que cette lettre soit pour nous ?Avant de continuer, Nadine reprit l\u2019enveloppe qu\u2019elle avait posée sur un guéridon de bambou, elle en considéra attentivement l\u2019adresse que ni sa mère ni elle ne s\u2019étaient donné la peine de regarder de près.A haute voix elle lut : Monsieur le marquis de Santa-Cru: propriétaire, à CUBA \u2014 (Havane) \u2014 Ah ! dit la marquise, c\u2019est à ton père que cette lettre est écrite.\u2014 Et par quelqu\u2019un qui ne connaît pas sa mort, interrompit Sybil.\u2014 Evidemment.\u2014 Mais mon père avait donc un oncle, maman ?demanda Nadine.\u2014 Je ne le sais pas, ma fille, il ne m\u2019en avait jamais parlé ; mais lis, peut-être ces lignes nous expliqueront tout cela.Nadine obéit et aussitôt recommença « Mon cher neveu, « Peut-être ignores-tu jusqu\u2019à mon nom, car tu étais bien jeune quand j\u2019ai quitté Cuba ; et mon frère, qui était ton père, n\u2019a-t-il pas daigné te parler d'un sacripant de mon espèce.Je ne lui en veux pas, car le marquis de Santa-Cruz avait un esprit droit et très juste.Dans tous les cas, je n\u2019ai eu là que ce que j\u2019avais mérité.Mais, si on a oublié de prononcer mon nom devant toi, je vais, en te racontant mon histoire réparer cette omission.« Beaucoup plus jeune que ton père, j\u2019ai eu une jeunesse orageuse.Tandis que le marquis, travailleur infatigable, surveillait ses propriétés et décuplait leur valeur, je mangeais, moi, sottement mon patrimoine en débauches, en folies, surtout au jeu.Un jour, dans une rixe, à Santiago, je tuai un homme Il ne valait pas cher, mais ton père, comme chef de famille, trouva que ma conduite était inqualifiable et m\u2019ordonna de changer de milieu.Il me donna très généreusement en même temps un assez gros capital et me dit : « \u2014 José, malgré tes folies, je te crois aussi honnête que tu es intelligent.Réfléchis, vois quelle a été ta vie jusqu\u2019à présent, et tâche en prenant un autre chemin, de me prouver que je n\u2019ai pas tort de compter sur toi.« Je réfléchis, en effet.Cette douceur eut plus de poids sur ma décision que toutes les colères du monde, et je partis droit devant moi, avec une seule résolution, très arrêtée : celle de changer de peau et de donner raison à la bonté de Manuel.« Je courus l\u2019Europe et l\u2019Afrique.Je fis bien des métiers, et j\u2019eus pas mal de luttes et de misères.Ma bonne étoile un jour me conduisit en Russie.Là, je t endis un assez grand service à un négociant français, célibataire, et à peu près sans famille.Il me prit en affection, m\u2019associa à ses affaires, qui consistaient à vendre en Russie des vins de France, et en France des articles russes.Il mourut, me laissant son héritage, et, avec son héritage, le désir que je veillasse sur un filleul qui n\u2019avait jamais cessé de lui écrire et de penser à lui.« Depuis ce décès, \u2014 quinze ans environ, \u2014 l\u2019héritage a si bien prospéré que je puis aujourd\u2019hui me retirer des affaires avec une fortune des plus rondes.Quant au neveu, il est devenu un superbe garçon, \u2014 Christian de Roche-belle, \u2014 lequel voudrait bien m\u2019accompagner à la Havane, où je grille moi-même de revenir.« Veux-tu nous recevoir tous les deux ?Veux-tu ouvrir la maison paternelle au vieil enfant prodigue ?Il n\u2019abusera pas de ton hospitalité.Rien que le temps de respirer Tair natal, si doux aux vieilles poitrines, qui n\u2019ont peut-être plus beaucoup de temps à se dilater sur terre.« Ce sera une excellente oeuvre, et comme tu dois être le fils de ton père, c\u2019est-à-dire bon autant que lui, j\u2019espère que tu ne repousseras pas ma demande.Je l\u2019espère même si fermement, que j\u2019arriverai avec mon protégé quelques jours seulement après ma missive.«Ton oncle très affectionné « José de Santa-Cruz.» \u2014 Oh ! qu\u2019il vienne, s'écria Conception, étreinte d\u2019un inexplicable pressentiment, et si Pauline, par hasard, n\u2019arrivait pas, au moins je ne vous laisserais pas toutes les deux seules sur terre, mes pauvres chéries!.Huit jours après, en effet, un soir, une de ces légères voitures qui font à Cuba le service de la ville déposait deux étrangers à la porte de la villa Santa-Cruz.Celui qui entra le premier étant grand, fort, avec les épaules larges, la figure ouverte et intelligente.Il bouscula Scipion qui s\u2019approchait respectueusement vers lui.\u2014 Où est mon neveu?demanda-t-i! Et comme le nègre ne répondait pas assez vite : \u2014 Es-tu muet?continua don José Je parle du marquis de Santa-Cruz.\u2014 M.le marquis est mort, répondit le nègre.\u2014 Mort! A son âge! Bonté divine! Ces choses-là n\u2019arrivent qu\u2019à moi !.Mais alors, je n'ai qu\u2019à m\u2019en retournei par où je suis venu !.LA VIE COURANTE , .par Georges Clark \u2014 Les Contes de Tante Lucille ne sont pas plus fictifs que tes rapports à l\u2019Impôt.tr&VP.mm I.e Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 ai _ 0 y a Mme la marquise et Mlle Nadine, sa fille, \u2014 Mais, triple brute, pourquoi ne le disais-tu pas tout de suite ?< Christian, continua-t-il en s\u2019adressant au jeune homme debout à quelques pas de lui, moi qui ai tant regretté de ne pas m\u2019être marié, non pas pour le mariage en lui-même, sacré mille bombes ! mais parce que j\u2019aurais pu avoir une fille.Voilà que j\u2019en trouve une ici !.Est-ce assez de veine, ça !.« Comment ! tu ne m\u2019as pas encore conduit vers elle, animal !.Veux-tu te dépêcher ! Scipion, en tremblant un peu, conduisit le créole vers la petite pièce où Conception vivait ses derniers jours.Sybil et Nadine étaient là également.Mais, en entrant et dès le premier regard, don José de Santa-Cruz n\u2019eut pas la moindre hésitation.Il se précipita vers sa nièce et, l\u2019enlevant de terre, il la pressa comme un fou sur sa poitrine.\u2014 Oh ! dit-il, je t\u2019aurais reconnue ehtre mille.Il n\u2019y a pas d\u2019erreur possible.Comme tu ressembles à ton père ! Tu es son vivant portrait !.Alors seulement il daigna regarder :\tcette mourante qui était à deux pas de lui, et avec la rondeur qu\u2019il apportait à toutes choses, il se présenta à elle, et lui présenta son protégé Christian de Rochebelle.L\u2019intention du créole avait été de sr faire une simple visite à la maison pa-temelle, et d\u2019en repartir au bout d\u2019un certain temps.Après quelques conversations avec la is\tmarquise, il sentit que s\u2019en aller lors- p\tque Nadine n\u2019allait plus avoir que lui au monde ne serait pas remplir son devoir.Du reste, il voulut immédiatement se rendre compte de la situation de ses is* deux parentes, et quand il vit le désor-5 dre profond qui régnait dans les affai-:\tres de la marquise, il fut atterré.\u2014 Heureusement que la baronne Jacobsen réparera tout cela quand elle sera la belle-mère de Nadine, se dit-il.Mais, en attendant, c\u2019était la ruine, et la ruine à très brève échéance, si je n\u2019étais pas arrivé.Et, comme pour donner un aliment à l\u2019activité dévorante qui paraissait être ,3® ES f- la sienne, il se mit à parcourir la propriété à pied, à cheval, de nuit, de jour, essayant de se rendre compte de tout, de la bien connaître, et bientôt il put voir de quelle façon on pourrait réparer tous ces désastres.Pendant ce temps, Christian de Rochebelle ne quittait pas les deux jeunes filles.Il semblait hypnotisé par la beauté de Nadine.Il était avec elle d\u2019une extrême douceur, et il l\u2019aidait à soigner Conception, à laquelle il témoignait les plus grands égards.C\u2019était à cette époque un garçon d\u2019une trentaine d\u2019années, très grand, très blond, un peu froid d\u2019aspect, avec des yeux bleus vagues et impénétrables que peu de choses au monde paraissaient avoir le don d\u2019intéresser ou d\u2019animer.Orphelin de père et de mère, à la mort de cette dernière, arrivée deux ans auparavant, le reste de son patrimoine, encore assez considérable, avait fondu dans ses mains comme la neige des montagnes fond aux premières chaleurs de l\u2019été.Sous ces apparences froides, il avait, en effet, un tempérament de viveur, surtout de joueur, et ses fêtes à Paris, dans un certain monde, avaient eu un très grand retentissement.Le jour où toutes ses ressources, et qui pis est, son crédit, avaient été complètement épuisés, une inspiration lumineuse lui avait fait penser à l\u2019héritier de son parrain ce don José de Santa-Cruz qui lui avait, dans diverses circonstances, écrit des lettres bizarres, dénotant une nature très rare de nos jours, très loyale, très ronde et encore plus naïve.\u2014 Voilà un type avec lequel il y aura peut-être quelque chose à faire, se dit-il.Du reste, je n\u2019ai plus le choix des moyens, et il représente aujourd\u2019hui le dernier atout de mon jeu.Il était parti pour Saint-Pétersbourg sans autre forme de procès.La conquête de don José n\u2019avait pas été difficile à faire ; et un mois ne s\u2019était pas écoulé que le créole ne pouvait plus se passer du comte Christian de Rochebelle.# [Lire la suite au prochain numéro] UN SPORT NOUVEAU La première de ces courses eut comme point de départ ce petit para-dis terrestre qu\u2019on nomme le Cap des Antilles.Au signal donné, les nymphes modernes plongèrent en eau pro-fonde.Quelques-unes, plus favorisées que leurs concurrentes, revinrent bientôt à la surface, portant une amphore.D\u2019autres y mirent plus de temps, d\u2019au- très dûrent se contenter de modestes trésors marins : mollusques, éponges de mer, corail et autres plantes aquatiques.Les récompenses sont proportionnées à l\u2019importance des trouvailles ; mais perdantes aussi bien que gagnantes se déclarent satisfaites de cette originale expérience qui leur a permis d\u2019explorer le fond de la Méditerranée.SARNIA Par ailleurs, les conseillers municipaux se préoccupent de problèmes essentiels à une ville bien administrée: circulation facilitée, nombreux terrains de jeux où la jeunesse prendra ses ébats.Un centre sportif a déjà été érigé au coût de $250,000 par souscription publique.Mais la prospérité peut, jusqu\u2019à un u certain point, devenir une source d\u2019en-nu.s Par exemple, l\u2019accroissement de la population dans une proportion de 22% n\u2019est pas sans compliquer la vie de chacun : les logis se font rares, les écoles sont encombrées, la dette municipale augmente et il faut attendre longtemps avant d\u2019être admis à l\u2019hôpital.Tous ces inconvénients, et quelques utres encore, n empechent pas les habitants de Sarnia de constater avec fierté les progrès accomplis dans le passé et d\u2019envisager avec confiance son avenir industriel.À f Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE Sucre à la crème à l'érable 1 tasse de sirop d\u2019érable\t1% tasse de cassonade l tasse de crème\tVs de c.à thé de sel Faire bouillir le sirop d\u2019érable et la cassonade 5 minutes Ajouter la crème par petite quantité à la fois pour éviter la coagulation.Laisser cuire sans brasser jusqu\u2019à 240° F.ou jusqu\u2019à obtention d\u2019une boule molle dans l\u2019eau froide.Refroidir un peu et battre jusqu\u2019à ce qu\u2019il tourne en grain.Verser immédiatement dans un plat beurré.Sitôt qu\u2019il est ferme, couper en carrés.On peut remplacer la cassonade par le sucre granulé ou encore employer seulement du sirop d\u2019érable.Macarons à la noix de coco 1 blanc d\u2019oeuf\tl4 tasse de sucre t/z tasse de cerises coupées en petits morceaux 1 tasse de com flakes\tVz tasse de noix de coco râpé Battre le blanc d\u2019oeuf jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit ferme.Ajouter graduellement le sucre puis le com flakes, la noix de coco et les cerises.Jeter par cuillerées à thé sur une tôle beurrée et faire cuire à 300° F.15 à 20 minutes.Ce degré équivaut à une chaleur douce.On peut remplacer la noix de coco par % tasse de pacanes ou de noix de Grenoble hachées et on met 1V2 tasse de corn flakes au lieu d\u2019une tasse Pâte de guimauve ou marshmallow 2 tasses de sucre\tiy2 tasse d\u2019eau 2 c.à tb.de gélatine 2 c.à tb.de jus de citron\t2 blancs d\u2019oeufs battus Faire un sirop avec le sucre et % de tasse d\u2019eau.Cuire jusqu\u2019à 238° F.ou jusqu\u2019à ce qu\u2019il file.Faire gonfler la gélatine dans % de tasse d\u2019eau froide durant 5 minutes et verser le sirop bouillant sur cette gélatine.Brasier jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit entièrement fondue.Laisser refroidir à la consis'ance de strop épais.Battre au moussoir jusqu\u2019à ce que le mélange devienne bien blanc et garde sa forme Incorporer les 2 blancs d\u2019oeufs battus puis aromatiser avec le jus de citron.Verser dans un moule carré de 8 pouces tapissé de sucre à glacer mélangé avec de l\u2019amidon de maïs (cornstarch).Laisser prendre bien ferme.Démouler au bout de 24 heures seulement.Couper en carrés et passer dans le sucre à glace' la partie coupée.Jambon au four Mettre un jambon de 10 à 12 livres dans l\u2019eau et le brosser avec une brosse assez dure pour bien nettoyer la surface.Placer sur un gril la couenne en haut, dans une lèchefrite non couverte et faire cuire à four doux 300° F.25 minutes à la livre.1 heure avant la fin de la cuisson, retirer du feu, enlever la couenne et couvrir avec le mélange suivant : t/z tasse de cassonade\tl/2 tasse de chapelure de biscuits soda 1 c.à tb.de miel\t1 c.à tb.de vinaigre Bien mélanger le tout à la consistance de pâte et étendre sur le gras du jambon.Piquer ici et là des clous de girofle.Remettre au four et élever la chaleur à 400° F.pour faire dorer la surface.Servir avec une sauce au cidre, une purée de pommes de terre et des épinards.Sauce au cidre Prendre 3 c.à tb.de graisse provenant du fond de cuisson du jambon, ajouter 2 c.à tb.de farine, bien mélanger et mouiller avec 1% tasse de cidre.Assaisonner au goût et servir bien chaud.Ragoût d'agneau aux légumes 2 livres d\u2019agneau dans l\u2019épaule\t4 c.à tb.de farine 1 c.à thé de sel % de c.à thé de poivre\t4 tasses d\u2019eau chaude 6 petits oignons 6 carottes moyennes\t1 tasse de céleri 1 boîte de pois Couper l\u2019agneau en services individuels.Bien mélanger la farine, le sel et le poivre.Passer les morceaux d\u2019agneau dans ce mélange et placer dans une brai-sière ou un petit chaudron en fer préalablement chauffé.Faire prendre couleur Ajouter l\u2019eau chaude.Couvrir, porter à l\u2019ébullition et laisser mijoter 1 heure Ajouter les oignons, les carottes et prolonger la cuisson encore 1 heure.10 minutes avant la fin, ajouter les petits pois avec leur eau de cuisson.Vérifier l\u2019assaisonnement et servir bien chaud avec des pommes de terre nature.6 services - 32 Le Samedi, Montréal, 31 décembre 1949 RIEN DE SÉRIEUX Un vieux paysan, de passage à Montréal, se fait renverser par un taxi et se réveille à l\u2019hôpital.\u2014 Mon pauvre ami, lui dit le docteur, vous êtes assez mal en point, mais vous vous consolerez en songeant que vous avez droit à des dommages importants.\u2014 Des dommages, répond le blessé, comme si cela ne suffisait pas ! J\u2019ai plutôt besoin de réparations.Un enquêteur d\u2019une maison de crédit demandait un jour des renseignements sur la famille X., à l\u2019un de leurs principaux fournisseurs.\u2014 Ah ! la famille X., fait ce dernier, c\u2019est bien simple : la mère écrit des romans que personne ne lit, le fils peint des tableaux que personne n\u2019achète, la fille joue des sonates que personne n\u2019écoute et le père signe des chèques qu\u2019aucune banque ne paye ! \u2022 Le bureau de placement envoie une bonne chez les X.Monsieur et Madame examinent les certificats.\u2014 Comment se fait-il, demande madame, que vous soyez restée si peu de temps dans chacune de vos places ?\u2014 C\u2019est parce que chaque fois que je suis entrée au service d\u2019une famille, malheureusement ma maîtresse est morte quelques jours après.\u2014 Engagez-la, remarque monsieur, c\u2019est certainement une excellente bonne ! Chappiet écrase le pied de la duchesse de Beauséant qui pousse un cri.Chappied, alors d\u2019une voix doulou-reuse : \u2014 Dieu ! que le son du cor est triste au fond des bois.\u2022 Elle \u2014 Crois-tu ?La nouvelle bonne a exigé trois soirées libres par semaine ! Lui \u2014 Sapristi ! Je voudrais bien être à sa place !.\u2014 Est-ce que cette bête est intelligente ?\u2014 Je comprends, elle a été pendant trois ans chez un professeur de l\u2019Université.\u2022 \u2014 D\u2019après moi, ce qu\u2019il y a de plus évident au monde, c\u2019est un chat.\u2014 Et pourquoi donc ?\u2014 Parce que ça saute aux yeux.\u2014 Maintenant, parlez-moi de l\u2019oeil \u2014 Impossible, monsieur, je ne parle que du nez ! _____Que fit Christophe Colomb lorsqu\u2019il eut mis un pied en Amérique ?\u2014 M\u2019sieu, il se dépêcha de mettre l\u2019autre.__Dans laquelle de ses batailles fut tué le roi Gustave-Adolphe ?\u2014 Dans la dernière, M\u2019sieur LA VIE COURANTE .par Georges Clark __ Elégante ou non, ma petite, il faudra bien que tu acceptes cette robe c\u2019est le cadeau que je te fais pour le Jour de l\u2019An.ic*Ti Is* LA VIE COURANTE .par Georges Clark \u2014 Je me demande, des fois, si Aristote n'aimerait pas la voix de Front Sinatra .0 j \u2014\tJ\u2019ai reçu ce matin un coup de téléphone de l\u2019ambassade des Etats-Unis.\u2014\tBigre ! Et que voulait-on ?\u2014 Rien.On s\u2019était trompé de numéro.\u2022 Au salon.L\u2019hôtesse, femme de lettres qui a tout un recueil de vers en épreuves, doit en lire des extraits.Un des invités dit à son voisin : \u2014 Elle va dire des vers, et vous dormez ?Et le voisin, placide, murmure : \u2014 Pas encore.La toute jeune épouse \u2014 Je vous réserve une surprise, mon ami, savez-vous que je fais aussi bien la cuisine que je joue du piano.Le tout jeune marié \u2014 Dans ce cas.ma chérie, allons vivre à l\u2019hôtel.\u2014\tVous êtes malade?Mais pourquoi ne vous faites pas soigner par votre femme qui est doctoresse ?\u2014\tAh! pardon, cela coûte trop cher J\u2019ai essayé une fois.Elle m\u2019a ordonné un mois au bord de la mer, un mois dans les montagnes et un mois en Floride et elle est venue avec moi.A l\u2019Hôtel Superchic : \u2014\tMonsieur, quelle cuisine préférez-vous ?nous avons l\u2019italienne, la française et l\u2019espagnole.\u2014\tJe vais réfléchir à cela ; dites-moi d\u2019abord ce que vous avez au menu.\u2014 Nous avons des oeufs à la coque.\u2014\tC\u2019est gentil d\u2019être venu.\u2014\tOui, par ces temps de crise du logement, on ne sait plus où aller \u2014\tJe vous recommande de ne pas fumer en travaillant.\u2014\tBien, docteur, ça ne m\u2019arrive ja- rj mais, je suis scaphandrier.\tjj \u2022\tl Le patron \u2014 Et je tiens beaucoup à L une bonne ponctuation.\tI La dactylo \u2014 Oui, monsieur.j'arrive toujours à l\u2019heure.\u2014 Je voudrais, dit le médecin, pouvoir dresser la liste de tous ceux que j\u2019ai guéris.\u2014 Oh ! oh ! vous n\u2019y parviendrez pas.ce serait la liste de tous ceux que vous n\u2019avez pas soignés.Madame \u2014 Oh ! ce paysage est merveilleux, d\u2019un charme et d\u2019une poésie 1 incomparables.Monsieur \u2014 Pourquoi exagères-tu ?Si tu enlèves la montagne, la forêt e1 le lac, c\u2019est un paysage comme tous j les autres.\u2022 \u2014 Et j\u2019étais tellement affamé, ce jour-là, raconte l\u2019explorateur, que je ¦ mangeai mon perroquet.\u2014 Quel goût cela avait-il ?demanda l\u2019un des auditeurs.\u2014 Oh ! C\u2019était très bon.\u2014 Oui, mais cela ressemblait à quoi \u2014 Ah !.A une dinde, un poulet, un canard, un pigeon.Vous savez bien qu\u2019un perroquet imite n\u2019importe quoi \u2014 Hein ! mon auto vous épate !.vous ne croiriez jamais que je l\u2019ai acheté de seconde main.\u2014 Mais ma foi, non : je pensais plutôt, que vous l\u2019aviez fabriquée vous-même. K \\\\k LA\t' FANTASTIQUE ODYSSEE \"\t, DE SERGE \u2014^ CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 DEUXIEME EPISODE l'aol mm mm L.Pendant que le char blindé grimpait la pente rocailleuse, Daniel installa son ciné-kodak sur le toit et filma la contrée sauvage qu\u2019ils traversaient Au-dessus de leurs têtes ronflait le moteur de l\u2019avion du capitaine Evrard.nm'5 f m 4.Dans le char blindé, le rajah de Pootnah.était assis en arrière de Robert qui conduisait.Comment t\u2019arranges-tu, Dan ?\u201d demanda le rajah.Très bien\u201d, répondit-il.\u201cnous aurons un record détaillé de notre voyage dans ce pays inconnu .mm, 7.Passant par-dessus des arbres tombés, faisan une trouée à travers les vignes et les buissons, Robert amena l\u2019auto jusqu\u2019à un ruisseau.Dame ne manqua pas l\u2019occasion de filmer le beau spec a cle des chutes.mm, mm ¦MW.2.Là-haut, Eveline avait aussi mis en mouvement son ciné-kodak et filmait le voyage du haul des airs.Serge Evrard volait bas, afin de lui permettre d\u2019obtenir une image splendide des singes, qui avaient attaqué l\u2019auto.m Km mm WM wsm.5.Suivant le vague tracé dessiné par le capitaine Evrard, Robert tourna à droite et plongea dans la jungle.Comme l\u2019auto arrivait dans un espace déboisé, un troupeau d\u2019éléphants apparut.A la vue de l\u2019auto, ils s\u2019arrêtèrent, surpris.\"VTTfrmi irp: ,Tmny( immuuu al: mm 8.L\u2019eau atteignit, à quelques pouces près, les grandes vitres de l\u2019auto, lorsque celui-ci arriva au milieu du ruisseau.Mais, quelques minutes plus tard, Robert toucha la rive et se mit à grimper de larges marches de pierre conduisant au temple.mm 'mm 3.L\u2019oeil fixé au dispositif de direction, Eveline tournait lentement la manivelle.\u201cJ\u2019ai obtenu une bonne vue d\u2019ensemble des singes.Oh ! voici maintenant le char blindé !\u201d s\u2019exclama la jeune fille attentive à l\u2019appareil.f/l >3, mmm 6.Daniel ne manqua pas de filmer ce spectacle magnifique.Les éléphants sauvages grognant de peur se sauvèrent dans la jungle.Daniel referma l\u2019ouverture du toit et observa l auto.qui faisait son chemin ardument.\tv t.K fmSR 9.Du haut de l\u2019aéroplane, Eveline avait regardé l\u2019auto traverser le ruisseau et se diriger vers le temple.Puis, elle examina curieusement la pierre étrangement sculptée du temple, essayant de découvrir des signes de vie.\t(A suivre) 34 Le Samedi.Montréal, 31 décembre 1949 EF FDA V£S, LES INDIENS S ENFu/EnÉ DANS 10 FoRÊT VIERGE LE FEU VIENT DS FOIRE EXPLOSER LE RÉ SERVOtR D ESSENCE Tour ËN POUSSANT LEUR CRI DE GUERRE,LES\"CHAS SEUffS DE TÊTE 'EXÉCUTENT UNE DANSE GUERRIÈRE DEVANT L AW 10N EN PLANIFIES W/7Z me.IA CHALEUR ESTS! iN /SE QUE JIM EN PROFITE POUR\u2014 OEUVRER [SON COMPAGNON ¦ MITE 1 IL FAUT TACHER DE SAUVEZ UNE PARTIE DE MOTRE ÉQUIPEMENT.TENSE OUE U/M NE PEUT APPROCHER m JIM.OUEUE 1 SURPRISE.' WÈ rapidement les deux hommes PORTENT LA .- PRECIEUSE CAISSE I ¦\ti|,.| wi- Tb HORS DE LA 1 TTU 'UK ZNrÆj JIM AV5U-E?OLÊ PAR la fumée BU - TE DANS UN CORPS DUR\tL^, -\t¦ JP SAUVÉ ' C'ESV LA CAISSE DE nos armes ET DE NOS ÉQUI PEMENTS ELLE A OU ROULER DE lAVIOH LE FEU S EST COMMUNE >UE AUX HAUTES BRAN HES ET GAGNE LES ARBRES VOISINS.PORTEE DES flammes.3 m h m AU FOND DE LD UUNGLE, UNE^ ARMEE DE MONSTRES CNA.' DE LEUR REPAIRE SE MET EN MARCHE LES DEUX HOMMES METTENT DE SUITE LEUR PROJET A tXE LE VENT PEUT CHANGER BRUS qOEMENT , EQUIPONS - L 'INCENDIE U ETEND UNE ÉPRISSE FUMÉE COUVRE LA FORET CUTI ON .r VIERGE .| UJN/O/U IS ÉQUIPÉS.JIM ET UNE FOI LOUIS SlMO L INCENDIE CONTINUE À FAIRE, rage Tiennent un _ RAPioe.DEPUIS NOTRE St PARUTION DE NOMBREUX £ VÉMENES SC SONT PRODUITS DOS AIRE UN ' AVEU / VOUS SAUVÉ PAR DEUX BLANCS DES EAUX Du MARANON, U A/ EU L ÉTOURDERIE DE LEUR RÊVE -LER NOS PROJETS.CEO SERAIT SANS IMPORTANCE , S /UNE POURSUIVAIENT PAS IC Même But us Nous ¦ NE PARIONS OECE o vou-LEL VOUS S AGIT DE RATTRAPER LE TEMPS PROIE SE PROPAGE DANS UNE D/ -RECT/OM OPPOSÉE au R'o MR.RAN ON C'EST UNE CHANCE CAR NOUS DEVONS RûDESCEN-SON COURS Pour retrouver ¦LES DÉBRIS DE CAVION OUF NOUS AVONS A * PERÇU LORS PF H OS \\ RECHERCHES AU DES l\\v -1 SUS PE LA W\tI ,v UUNGLE jÿ\t/T»*i ' r.KF' n.ET LOUIS SIMON SEOIR/ GENT VERS LE FLEUVE .ET OUI TROUVE MAINTENANT A 100 MILLES AU NORD-OUEST EN DESCENDANT LE MBRANON.1 UNE ARETE ROCHEUSE QUE U'AVP/s REMARQUEE, NOUS VENDRA LIEU DE REPÈRE .CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" No 5 (à suivre) Le Samedi, Montreal, 31 décembre 1949 35 LE CARNET D'UN LINGUISTE LU et ENTENDU Par ÉTIENNE LABBÉ LE LANGAGE OU GAVROCHE PARISIEN Concernant le « Parisian French » il serait à propos de citer ici un échantillon du langage des petits Parisiens.Il s\u2019agit évidemment ici du gavroche, de l\u2019enfant des rues.On se demandera i si ce langage vaut mieux que celui des t petits Montréalais \u2014 de même classe.\u2019 Ceux-ci ont l\u2019anglicisme, il est vrai, mais le petit Parisien a l\u2019argot qui ne Ivaut guère mieux.Ce qui suit est un extrait de « La I guerre des mômes », par Alfred Mail chard, publié à Paris, chez Flamma-)| rion.On y parle de l\u2019invention d\u2019un \\ zeppelin nouveau genre, due au génie du môme Radis.b Trique, debout au bas de l\u2019escalier explique : «Les gas, si i revient un zeppelin, avec not\u2019 système on l\u2019déglingue.vous verrez !.Mince de raffut dans Paris et pis dans toute la France.et pis dans l\u2019monde entier.Oui ! c\u2019est nous Pan dans l\u2019bide !.nous faut des pa- n qu\u2019on l\u2019descendra.J\u2019allume.i pète !.«D\u2019abord, les gas, rapluies ! \u2014\tPasque ?cria une fille curieuse.\u2014\tPasque nous en faut des tas, répondit Trique, à cause que.Tenez, voilà.suppoose que j\u2019tiens un pépin ouvert.si i vient du vent ça m\u2019pous-se.si j\u2019tiens deux pépins, l\u2019vent i m\u2019fait courir.si j\u2019tiens trois pépins i m\u2019enlève !.«Alors suppose que j\u2019en ai cinquante.j\u2019monte en l\u2019air.où que j\u2019veux.là-haut.tout là-haut !.on s\u2019ra deux.Alors les gas, vous pigez maintenant pourquoi qui faut qu\u2019on « aye » des parapluies, des tas d\u2019pépins.avec beaucoup d\u2019ficelle.n\u2019en faut d\u2019là ficelle !.On ouvre tous les pépins.on les attache.y a une longue queue.comme si qu\u2019ça serait un cerf-volant.Alors on barbote la boîte à ordures d\u2019là concierge.on la retourne.on la vide.on la met au bout d\u2019là queue des pépins.ça fait une nacelle.» Un cri d\u2019admiration jaillit de l\u2019assemblée : « Ça c\u2019est jeté ! t o.:< 0 f S \u2014 Alors j\u2019me mets dedans avec le gas Radis.lui, i tient une règle ous-qu\u2019on a enfoncé une aiguille à tricoter.c\u2019est comme qui dirait une lance.moi j\u2019ai des allumettes.alors on monte.on arrive au zeppelin.La tétère des gas qui sont dedans, quand i nous « voye » !.Alors Radis perce le zeppelin avec sa lance.moi j\u2019frotte une allumette.j\u2019allume le gaz.Boum.ça y est !.Oui, répéta Radis, l\u2019zeppelin i saute.c\u2019est couru.Pepa m\u2019ia dit.si on tire dessus avec des obus.c\u2019est moins cinq pour le descendre.tan- dis qu\u2019avec une allumette dans l\u2019gaz.ça suffit ! Nous.on va y aller ! ».\u2014Des fois qu\u2019on vous tire des coups d\u2019fusil, s\u2019inquiéta le prudent Pancucule.\u2014 Ça percera deux ou trois pépins.on s\u2019en bat l\u2019oeil, ricana Trique.» Si c\u2019est cette sorte de français qu\u2019on nous reproche de ne pas parler, nous disons : Dieu merci ! LA PROPRIETE DES TERMES Des trois problèmes qui se posent aux Canadiens français de Montréal, prononcer le français congrûment, parler et écrire correctement, employer, pour exprimer sa pensée, les termes propres, le dernier est certainement le plus considérable.En dix minutes, on peut expliquer à un Canadien français ses défauts d\u2019articulation ; la grammaire française, élaguée des règles artificielles et des exigences de la langue écrite, se réduit à assez peu de chose.Mais il est impossible d\u2019alléger le dictionnaire.Le Français de France qui achète une automobile, un appareil de radio, achète quelques centaines de pièces, qui, détachées, deviennent pour lui des « machins », des « trucs », c\u2019est-à-dire des choses dont il ignore le nom technique.Le problème qui se pose, exceptionnellement, au Français de France, est, pour le Canadien, un problème de tous les jours, de tous les instants.Il est bien entendu que les animaux canadiens, les plantes canadiennes, et, d\u2019une façon générale, les « choses » canadiennes doivent porter des noms canadiens.Ce serait tromper le public européen, et déconcerter le public ca-nadfen, que d\u2019appeler l\u2019orignal un cerf et l\u2019achigan un brochet, par exemple.Je regrette, même beaucoup, certaines traductions.Le Parisien qui lit dans un journal français que tel homme d\u2019Etat canadien est conservateur fait un contre-sens complet s\u2019il donne à ce terme le sens qu\u2019il possède habituellement en France.Le Parisien qui lit dans un catalogue de librairie que tel volume publié à Montréal coûte 50 sous et qui se décide à en faire 1 acquisition éprouvera une surprise désagréable quand le libraire lui présentera la note en sous français.Adjutor Rivard a écrit : « Il y a vraiment des choses qui ne sont pas de la France, mais qui sont du Canada, et, pour les dire, des mots canadiens que la langue française ne connaît pas.» Et la grammaire française des Clercs de Saint-Viateur, signé E.Robert, ajoute: «Les canadianismes consacrés par l\u2019usage et qui sont l\u2019expression de la vie canadienne, méritent notre respect.» On ne peut exprimer plus nettement une vérité plus indiscutable.(Charles Bru-neau) NOTRE (OUVERTURE C\u2014 «» »«\u201c« m.«\u2022\u2022,«»*¦ »f, pour tous les beaux jouets qu elle vient de\tau désir de Noël.Père Noël en est tout souriant car s il aime a s\t^ de tous ses petits enfants, il sait apprécier aussi un »««-«.Si\\o, Pem,\t\u201e«« il existe de nombreux moyens pour eux\t^ convient le mieux.Laissez leur bon petit coeur trouver celui q (Photo H.M.Lambert) NOTES ENCYCLOPÉDIQUES Jadis, la mer était la grande inspiratrice des écrivains : Conrad, Loti, Far-rère, Jack London furent marins avant d\u2019être romanciers.Aujourd\u2019hui, l\u2019air a vaincu l\u2019eau sur le terrain littéraire et la liste des écrivains aviateurs est impressionnante : de Saint-Exupéry à Joseph Kessel, de Jules Roy à Pierre Clostermann, pour ne s\u2019en tenir qu\u2019aux Français.caisse, voilà tout l\u2019orchestre.Quant aux acteurs, deux suffisent en principe, dont un seul porte masque et amples vêtements de soie lourde.Le fond des nô est souvent religieux.La danse est une suite de mouvements harmonieux, de glissements d\u2019une attitude à la suivante dans un tourbillonnement de vastes manches de brocart.Pendant la saison touristique des vacances, on a tenu aux Invalides une exposition napoléonienne qui a attiré une foule de visiteurs.On a réuni là plusieurs bustes de l\u2019empereur, des portraits, et quantités d\u2019objets, pour la plupart précieux, qui nous font pénétrer dans son intimité et celle de sa famille ; la robe de mariée de Joséphine et celle du Sacre, plusieurs couvre-chefs de son impérial époux fort amples en dépit de l\u2019expression \u201cl\u2019homme au petit chapeau\u201d, des nécessaires de toilette, une trousse de guerre, l\u2019épée d\u2019Austerlitz, l\u2019habit -\u2014 très mité \u2014 de Waterloo, l\u2019encrier et le porte-plume de l\u2019abdication, etc.Mais rien sans doute n\u2019est plus émouvant que le modeste lit de fer où il est mort à Sainte-Hélène, l\u2019oreiller où il reposa après le dernier soupir, les mules rouges, assez fatiguées, où il mit ses pieds quand il se levait encore.La Comédie-Française, le plus célèbre théâtre de Paris, compte maintenant 150 années d\u2019existence.On a évoqué à ce propos des souvenirs se rattachant à quelques-uns de ses plus fameux sociétaires.Ainsi, Monnet-Sully avait, paraît-il, horreur des inventions modernes : il ne se servait jamais du téléphone et, malgré son âge avancé, s\u2019obstinait à monter à pied tous les étages plutôt que de prendre l\u2019ascenseur.Y A qui Indes des leux sacrés allumés et tou|ours en existence, depuis douze siècles.On a célébré cet été le centième anniversaire de Ferdinand Brunetière.On l\u2019ignore généralement, mais c\u2019est le célèbre critique qui trouva le titre du roman de Pierre Loti : Les Désenchantées.Loti voulait l\u2019appeler : le Bleu dont on meurt.Brunetière lui rappela que cette expression appartenait à Sully Prud\u2019homme et il lui suggéra Les Désenchantées, que Pierre Loti accepta d\u2019enthousiasme.Mrs.Grace Hemingway, mère d\u2019Ernest Hemingway, a déclaré à un journaliste qui lui demandait ce qu\u2019elle pensait de l\u2019oeuvre de son fils : \u2014 Je sais que les critiques considèrent les romans d\u2019Ernest comme parmi les meilleurs de notre temps, mais à mon humble avis ils sont loin de valoir les essais qu\u2019il écrivait quand il était encore étudiant.égyptiens, Winnow.D\u2019après de récents travaux de l\u2019archéologue anglais Rendel Harris, les pierres de Stonehenge auxquelles on attribuait une origine druidique, auraient été érigées par des Egyptiens 2,000 ans avant J.-C.Il paraît que les établissements égyptiens auraient été assez nombreux en Angleterre.Certains saints anglais auraient même porté des noms tels saint Nectan et saint Somerset Maugham qui, après son dernier roman, Catalina, avait annoncé qu\u2019il n\u2019écrirait plus, va reprendre la plume.Il prépare un livre sur le duc et et la duchesse de Windsor.Il habite en France, dans sa villa du cap Ferrât qu\u2019il a regagnée après un séjour de quelques mois aux Etats-Unis, et le célèbre romancier questionne tous ses amis de la Côte d\u2019Azur afin de se documenter.Créé vers le XVe siècle, le nô est surtout un ensemble chorégraphique et musical, que les Japonais apprécient souvent plus que le texte rythmé sur lequel il est composé.Les décors sont d\u2019une simplicité extrême, quelques baguettes de bambou suggèrent une hutte, la margelle d\u2019un puits, une barque, une tombe.Un choeur, dont le rôle rappelle celui des tragédies grecques, est assis sur les talons en une double rangée immobile.Une flûte aux modulations perçantes et tristes, deux tambourins d\u2019où partent des claquements sur deux notes, parfois une Le recensement de 1945 aux Etats-Unis a montré que 3,084,813 fermes étaient dirigées par des propriétaires ; 615,039 par des propriétaires associés ; 36,331 par des intendants qui remplacent les propriétaires absents ; 2,361,271 par des fermiers qui les ont louées, et 541,291 par des métayers.Dans une vente de livres, de manuscrits et d\u2019autographes, vient de passer à Lucerne un feuillet de Gustave Flaubert contenant cette pensée désenchantée : \u2014 L\u2019amour est comme l\u2019Opéra : on s\u2019y ennuie, mais on y retourne.Gustave Flaubert.Ce feuillet fut acquis pour la modeste somme de deux mille cinq cents francs français.A Chandernagor, le referendum organisé parmi la population de ce comptoir, français depuis 1688, a donné 7,473 voix pour le rattachement à l\u2019Inde contre 114 voix seulement en faveur de l\u2019Union française.i! ! ! ! ! En vérifiant votre agenda, il se peut que quelques noms de parents ou amis aient été oubliés dans cette liste pour étrennes des fêtes que vous aviez si judicieusement dressée.En effet, ces choses arrivent souvent, elles sont même courantes tant il est vrai que nos besognes nous absorbent, mais il y a toujours moyen de corriger une erreur, et il n'est jamais trop tard pour ce faire.Donc, si vous avez oublié de faire tenir une étren-ne, un cadeau, ne serait-ce qu'un petit \"quelque chose\", comme on dit, il est temps encore de vous réhabiliter dans la pensée de vos gens : la chose est toute simple : souscrivez à leurs noms et adresse un abonnement à nos trois magazines : BONNE ET HEUREUSE ANNÉE dl nest jamais lïcp ^faïâ.Le procédé produira son effet, vous pouvez en être assuré, d'abord parce qu'il est expéditif et, ensuite, parce que vous offrez une réelle valeur.Pensez-y bien : un abonnement à nos trois publications représente 52 hebdomadaires et 24 mensuels apportant à tous les membres d'une famille une abondante matière à lire destinée à plaire à chacun et à chacune.En premier lieu, LE SAMEDI, le magazine des Canadiens français, qui sera anxieusement attendu du père, de la mère, des frères et des soeurs.Ensuite, LA REVUE POPULAIRE, surtout destinée à la femme, mais susceptible aussi de retenir l'attention et l'intérêt de ces Messieurs.Enfin, LE FILM, heureux complément des deux premiers puisque tous aiment à suivre de près les dernières activités du cinéma, du théâtre et de la radio.Alors, comme nous vous disions plus haut, si vous éprouvez quelques remords en vérifiant votre agenda pour les étrennes des fêtes, ne vous en faites plus, il n'est pas trop tard pour corriger vos oublis.Remplissez tout simplement le coupon d'abonnement en bas de cette page, à droite, et le tour sera joué.Nous nous occuperons du reste et vous n'aurez plus à y penser.COUPON-CADEAU AUX TROIS MAGAZINES Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.50 (Canada seulement) pour un an d'abonnement aux TROIS magazines: Le SAMEDI.LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.¦ IMPORTANT : \u2014 Indiquez d'une croix s\u2019il s'agit d'un renouvellement.Nom du destinataire.{dresse .WMe .Province Nom de I envoyeur 4dresse .VHIe .Prov.ou Etat POIREIR.BESSETTE & CIE LIMITEE 975-905, rue de Bullion Montréal 18 P.Q îîut,MM»w at Le Samedi \u2022> La Revue Populaire * Le Film 975-985, rue de B Les publications POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITÉE "]
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