Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 25 mars 1950
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Nouveau samedi
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

Le samedi, 1950-03, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" \u2014O I X CENTS IONAL DES 5 ~Voc> '/ -fMt *> \u2022 \" DANS CE NUMERO : \u2022\tLE ROYAUME DE JORDANIE \u2022\tSPORTS D'HIVER EN SUISSE \u2022\tPLINE EN PARLAIT DEJA ! Notre roman policier: m LE RECORD DE L\u2019AIGLE NOIR Par ALBERT BONNEAU le année, No 45\tMontréal, 25 mars 1950 / 9 5 0 SEDAN QUATRE PORTES Chrysler Windsor Equipement spécial: pneus à bande blanche \u2014 /syy/rj /e/e e/j l'et/r/ïeà r/e ^rrrr/r/e /.réalisation d\u2019un luxe raffiné, dont chacune des lignes harmonieuses, chacun des détails, vous invite à prendre le volant.Cédez à cette invitation .vous découvrirez tout un monde nouveau d\u2019agrément et, surtout, vous vous émerveillerez de l\u2019aisance qu\u2019assure la transmission *'Trestomatique\u201d Chrysler.C\u2019est vraiment avec un plaisir nouveau et plus grand, que vous entendrez le compliment flatteur \u2014 \"Je vois que vous conduisez une Chrysler\u201d A I J I I i é I ^Permet de conduire sans changer de vitesse. Le Samedi, Montréal, 25 mars 1950 3 POUR UN MONDE MEILLEUR LA PREPARATION AU MARIAGE Cest à la J.O.C.canadienne que l\u2019on doit l\u2019heureuse initiative des cours de préparation au mariage.De sérieuses enquêtes sur les conditions actuelles des familles de la classe ouvrière avaient révélé une situation plus qu\u2019alarmante, un problème social d\u2019une importance trop souvent négligée et trop longtemps ignorée.Nombre de foyers ne jouissaient pas du bonheur prévu par Dieu dans 1 institution du mariage.L\u2019influence trop souvent néfaste du cinéma américain et la propagande diabolique en faveur de la limitation des familles rongeaient comme un ver l\u2019avenir de notre société catholique canadienne dans nos grandes villes et même à la campagne, en prônant une fausse notion du bonheur des epoux et en prêchant une morale conjugale erronée.Le moyen de guérir ce mal d\u2019une façon radicale était de le prévenir à sa source en instruisant d une façon complète les futurs conjoints sur la nature, les privilèges et les obligations du mariage et sur les conditions du vrai bonheur chez les epoux ; en leur montrant aussi la splendeur et le \u201cprenant\u201d du mariage chrétien pleinement vécu.Trop de jeunes en effet se lançaient à l\u2019aventure dans le mariage, sans préparation suffisante, ignorant les aspects les plus importants de l\u2019état qu\u2019ils allaient embrasser.Afin de lancer, d\u2019une façon impressionnante, l\u2019idée d\u2019une préparation nécessaire à tout mariage, la J.O.C.résolut de tenter une expérience.A l\u2019automne 1938, une centaine de couples ouvriers qui prévoyaient se marier au cours de l\u2019été suivant furent invités à suivre une série de cours sur les différentes questions concernant le mariage.Ces cours leur furent donnés durant l\u2019hiver, par différents spécialistes : un médecin et une garde-malade expliquèrent l\u2019aspect physiologique du mariage ; un notaire, les lois de la province de Québec concernant le contrat de mariage ; un prêtre, les cérémonies et la mystique du mariage chrétien, etc.La cérémonie des cent mariages eut lieu au cours de l\u2019inoubliable Congrès de la J.O.C.canadienne, en juillet 1939.Au témoignage unanime des nouveaux époux, l\u2019expérience était concluante.Les cours oraux de préparation au mariage devinrent donc une institution régulière de la J.O.C.: ils furent adoptés par les autres mouvements d\u2019Action Catholique spécialisés ou les organisations paroissiales.Mais restaient ceux qui ne faisaient pas partie de ces groupements ou qui, demeurant à la campagne ou dans de petites paroisses, ne pouvaient jouir des avantages des cours oraux.De plus, il était à souhaiter, pour l\u2019uniformité des cours oraux, qu\u2019on eût use sorte de manuel, rédigé par des spécialistes, permettant à tous les chargés de cours oraux de traiter des mêmes sujets fondamentaux, quitte ensuite pour chacun à y greffer des notes personnelles.Le Centre Catholique de l\u2019Université d\u2019Ottawa, une entreprise apostolique fondée précisément dans le but de fournir des instruments de travail (livres, bulletins, feuillets de messe, etc.) aux mouvements d\u2019Action catholique et aux organisations paroissiales, résolut le problème en instituant ces Cours par correspondance de Préparation au Mariage.Ces cours, au nombre de quinze, furent rédigés par des compétences.Ils couvrent les sujets suivants : la situation actuelle du mariage dans la société moderne : \u2014 l\u2019époux idéal, l\u2019épouse idéale ; \u2014 l\u2019amour et le bonheur ; \u2014 les fréquentations et les fiançailles ; \u2014 Psychologie masculine et féminine ; \u2014 préparation économique ; \u2014 la mystique du mariage ; \u2014 le mariage, au point de vue légal ; _ anatomie et physiologie ; \u2014 relations, naissance, etc.; \u2014 hygiène, maladies vénériennes ; \u2014 les premiers temps du mariage.Le premier cours parut en novembre 1944.L\u2019édition anglaise voyait le jour en janvier 1946.Tel qu\u2019il existe actuellement, le Cours de Préparation au Mariage publié par le Centre Catholique sert de deux façons ; comme cours par correspondance et comme manuel de cours oraux.Sous sa première forme, le cours complet s\u2019adresse exclusivement aux fiancés, aux personnes mariées, à ceux et celles dont la profession ou la situation morale justifie l\u2019admission aux quinze leçons, tandis que les jeunes non fiancés de 18 ou 19 ans sont admis aux huit premières leçons seulement.La formule d\u2019inscription aux quinze leçons doit être signée par un prêtre garantissant le sérieux de la personne intéressée.Depuis que ce cour a été institué, près de trois mille cinq cents personnes s\u2019y sont inscrites et ont reçu leur certificat.Comme manuel, le texte des cours par correspondance est utilisé par les organisateurs des cours oraux des différents mouvements d\u2019Action Catholique ou des associations paroissiales.L\u2019administration générale en est confiée à la Centrale Nationale de la J.O.C.à Montréal.Les organisateurs locaux choisissent le mode de procéder qui convient le mieux à leur groupe respectif.Ordinairement un spécialiste expose la matière d\u2019un cours, après quoi les auditeurs ont à répondre par écrit à un questionnaire qui couvre l\u2019essentiel de la conférence.La renommée du Service de Préparation au Mariage du Centre Catholique de l\u2019Université d'Ottawa s\u2019accroît chaque jour davantage.A date, plus de vingt-cinq mille exemplaires de son texte ont été utilisés pour les cours oraux, par les groupements les plus divers et disséminés à travers le monde.Ainsi, l\u2019aumônier d\u2019une Ecole de Réforme aux Etats-Unis a organisé les cours oraux pour une centaine de pensionnaires de son institution.Un aumônier militaire dans un camp d\u2019occupation de l\u2019armée américaine en Allemagne en a fait autant pour cinquante de ses soldats.Actuellement soixante cadets-officiers de la fameuse académie militaire américaine de West-Point suivent les cours par correspondance.André Renaud, O.M.I.NOTRE COUVERTURE Que ce soit pour une fin de semaine ou pour des vacances prolongées, nos Laurentides sont un séjour enchanté alors que la neige recouvre tout le paysage et que les pistes de ski se font accueillantes.Chaudement vêtue notre charmante amie part de bon matin et dévallera pendant de nombreuses heures sur ces pentes poudreuses.Elle reviendra à la tombée du jour, fourbue de ce long exercice, mais combien heureuse d\u2019avoir respiré le grand air et admiré un spectacle quasi féérique.\t(Photo F P G ) FILE MIEUX DURE PLUS LONGTEMPS mm COÛTE Mn\u201d- L \u2019huile à moteur Quaker State est extraite de pétrole brut de Pennsylvanie, 100% pur.Elle est raffinée au moyen de l\u2019outillage le plus moderne et avec une technique insurpassée dans l\u2019industrie.C\u2019est pourquoi nous croyons qu\u2019elle est la meilleure huile à moteur au monde.QUAKER STATE OIL REFINING COMPANY OF CANADA LIMITED, TORONTO Membre de la Pennsylvania Grade Crude Oil Association LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de PA.B.C., ef de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 T é I : PLateau 9638 FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires \u2022 JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENT ANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Orummondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs, I ADELARD PARE ô, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) e PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Phillppe, Trois-Rivières (Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine I Autorisé comme envol postal de la deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.e Entered at the Post Oifice o / St.Albans, Vt.as second class matter under Act of March 1879 \tABONNEMENT\t\t Un\tan -\tCANADA\t$3.50 Six\tmois\t\t2.00 Un\tan -\tETATS-UNIS\t$5.00 Six\tmois\t\t2.50 e AU NUMERO: 10 cents HEURES DE BUREAU: 9 h.a.m.à 4.45 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Le» abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit |ours.l'empaquetage de nos sacs da malle commençant cinq fount avant leur expédition.4 61e année, No 45 \u2014 Montréal.25 mars 1950 D\u2019UN SAMEDI A L\u2019AUTRE L'Asie en ébullition Tel une gigantesque épée de Damoclès, le rideau de fer soviétique est suspendu au-dessus de l\u2019Extrême-Orient.Le triomphe de Mao Tse Toung en Chine, admettons-le sans détour, correspond à une vassalisation pure et simple de cet immense pays.Pis encore, vassal et suzerain seraient d\u2019ores et déjà décidés de passer immédiatement à l\u2019expansion du communisme dans l\u2019Asie sud-orientale.Perspectives peu rassurantes, en effet, qu\u2019il serait vain de chercher à sousestimer, surtout depuis qu\u2019on sait avec quelle précision les délégués de la conférence de Colombo ont, à leur rentrée, indiqué les conséquences probables.Serait-ce à dire que l\u2019ombre du Kremlin s\u2019est insideu-sement infiltrée en Asie à l\u2019insu des démocraties occidentales ?Non pas.Il est vrai que la politique d\u2019aide américaine à la Chine a finalement pris la tournure d\u2019un fiasco, d\u2019où il ne faut pas conclure qu\u2019au State Department, tout comme au Foreign Office et au Quai d\u2019Orsay, on ignorait les données exactes du nouveau problème.A vrai dire, le problème n\u2019est pas nouveau : il était connu et même depuis longtemps pressenti ; ce qui surprend, c\u2019est qu\u2019il se pose dans toute son acuité plus tôt qu\u2019on ne l\u2019avait prévu.Et ce qui nous paraît aujourd'hui comme une situation inquiétante (à laquelle une solution hâtive et adéquate sera apportée en temps opportun) prend figure d\u2019une confirmation, confirmation à l\u2019effet de laquelle, la politique du plan Marshall en Europe a magistralement déjoué les desseins de l\u2019U.R.S.S.Si, par contre, la politique d\u2019aide américaine à la Chine est loin d\u2019avoir été aussi heureuse, comme on vient de voir, c\u2019est qu\u2019alors, on avait jugé d\u2019aller au plus pressé : l\u2019Europe, considérant que des demi-mesures suffisaient pour l\u2019heure à une Chine dont la position n\u2019était pas aussi immédiatement précaire.A-t-on eu tort d\u2019adopter cette politique d\u2019\u201cune guerre à la fois\u201d ?Voilà une intéressante question qui se pose en attendant la tournure des événements en Extrême-Orient.On peut tenter quelques réponses en considérant d\u2019abord que cette tentative d\u2019aide à la Chine, si incomplète fût-elle, nous a permis de constater qu\u2019elle fait un allié bien encombrant parce que ruinée, usée, apathique.Nous avons été témoins qu\u2019à coups de centaines de millions, les Etats-Unis ne sont pas parvenus à cristalliser le reste de ses forces vives, et cela ne nous paraît pas de très bon augure pour les Russes qui comptent sur elle pour dominer le monde asiatique.Cette tentative d\u2019aide à la Chine, en outre, peut être vue comme une sorte d\u2019esquisse en prévision d\u2019un plan Marshall plus spécialement adapté à la mentalité des autres peuples d\u2019Extrême-Orient dont l\u2019indispensable collaboration servira éventuellement à endiguer l\u2019expansion sino-russe.Et puis, n\u2019avons-nous pas vu ici même qu\u2019en s\u2019immisçant dans les affaires de la Chine, l\u2019U.R.S.S.s\u2019est fait, en quelque sorte, un cadeau de Grec, en ce sens qu\u2019une fois de plus, le dragon ne se laissera pas avaler si facilement ?La république de Mao Tse Toung, il est vrai, représente un immense réservoir d\u2019hommes, mais d\u2019hommes qui en ont soupé de la guerre, d\u2019hommes, en tout cas, qui ont la nausée de l\u2019étranger, quel qu\u2019il soit, et à plus forte raison de celui qui a l\u2019intention bien arrêtée de les exploiter à fond et de les \u201cfaire marcher\u201d dans une autre aventure.Bref, la Chine, dans les conditions actuelles, et en regard du rôle que ses nouveaux \u201cprotecteurs\u201d comptent lui faire remplir, a plus l\u2019air d\u2019un fardeau que d\u2019un allié en puissance.Et il y a toujours ceci que la technicité, en U.R.S.S., ne se développe pas, comme aux Etats-Unis, au rythme qu\u2019exige l\u2019expansion d\u2019une politique extérieure, d\u2019où l\u2019on peut conclure que le facteur aide jouera finalement en faveur des derniers et non des premiers.Nous reconnaissons que la situation n\u2019en demeure pas moins inquiétante en Extrême-Orient, mais ces considérations n\u2019en rentrent pas moins, non plus, en ligne de compte.Enfin, les Russes se leurrent, comme ils leurrent leur minable \u201cprotégée\u201d quand ils prétendent qu\u2019ils feront l\u2019histoire dans cette partie du monde qui a besoin avant tout de paix pour retrouver une condition de vie acceptable.Plus puissants et beaucoup mieux intentionnés, les Etats-Unis ont appris, et à leurs dépens, qu\u2019on ne sait pas quelle histoire on fera quand on se lance dans pareille entreprise.Néanmoins, nous préférons croire que l\u2019artisan plus adroit et mieux intentionné a plus de chances d\u2019éviter la réversibilité de l\u2019histoire qui finit malgré tout, par avoir le dernier mot, quoi qu\u2019on dise et quoi qu\u2019on fasse.C\u2019est, croyons-nous, dans cet état d\u2019esprit que nous devons attendre les événements qui vont bientôt se produire de l\u2019autre côté de la machine ronde.\u2014 G.D.Tel que je vous dis, Ha'ame Chose.Lu dans un journal de Montréal daté du 26 février dernier : (.) \u201cEt voilà comment naissent les rumeurs dont la diffusion est particulièrement favorisée dans un climat de fièvre comme celui que connaît Québec cette semaine, alors qu\u2019a débuté l\u2019instruction judiciaire de la cause la plus sensationnelle de nos annales criminelles.Il ne fait aucun doute (c\u2019est nous qui soulignons) que, tôt ou tard, l\u2019un des procureurs qui agissent dans cette affaire se fera un devoir de mettre officiellement fin à cette rumeur.\u201d Ceux qui ignorent la teneur du canard en question sont aussi bien de continuer à l\u2019ignorer.Ceux qui l\u2019ont lu d\u2019un oeil distrait ne pouvaient rien faire de mieux que de l\u2019oublier, et s\u2019ils n\u2019en ont pas souri en tournant la page, c\u2019est qu\u2019ils manquent d\u2019humour et c\u2019est bien dommage pour eux.Ce n\u2019est pas pour prendre un air sibyllin que nous remuons ce délayage saugrenu à trois semaines d\u2019intervalle, mais bien pour constater que le journalisme de foire, chez nous, n\u2019est pas mort de sa belle mort, comme on avait cru ou, à tout le moins, souhaité.Qui a fait si grand état de cette rumeur ?Quel journal lui a donné une importance nationale en lui consacrant sa première page en caractère gros comme ça ?Le même, exactement, qui exprimait son désir de voir l\u2019un des procureurs de l\u2019\u201caffaire sensationnelle\u201d mettre fin (et officiellement encore !) à ce ragot.C\u2019est à la fois délicieux et inouï.La psychologie ressemble à s\u2019y méprendre à celle de la mégère classique qui commence par enrober de précautions oratoires le propos charitable qu\u2019elle s\u2019apprête à débiter : \u201cCe n\u2019est pas dans mes habitudes de me mêler de choses qui ne me regardent pas, mais il paraîtrait que le mari de Mme Chose.et patati, et patata .Le tout se terminant par un : \u201cÇa serait bien effrayant si la chose n\u2019était pas vraie, mais enfin, je vous la raconte telle que je l\u2019ai entendue, ma chere.\" La similitude du procédé, soyons-en assurés, ne se trouve que dans la forme, car 0 va de soi que, dans le fond, il s\u2019agissait purement et simplement d\u2019un \u201cscoop\u201d lancé à plein tutti et se terminant sur le ton chattemite puisqu\u2019après tout, l\u2019art indique qu\u2019il ne faut pas dépasser la mesure.On aura aussi noté dans la même page, ces titres bien sentis : \u201cOttawa se débarrasse de ses énormes rats\u201d (sans ironie, ni allusion).\u201cChute d\u2019une femme de 300 livres\u201d (pas celle de Bamum) et \u201cSioui se porte bien en jeûnant\u201d (très approprié en ce premier dimanche du Carême).Voilà qui est mieux, parce que plus comique, plus bon enfant et dans sa bonne tradition.\u2014 G.St-O A la Hongroise Derrière le rideau de fer, les procès pour trahison, espionnage, sabotage se font à une rapidité qui tient vraiment du prodige Rien ne traîne en longueur.L\u2019accusé ne cause généralement pas d\u2019ennuis en protestant de son innocence ; c\u2019est même à croire que c\u2019est avec une sorte de complaisance \u2014 nous allions dire avec le sourire aux lèvres \u2014 et une contrition parfaite qu\u2019il se reconnaît coupable de tout ce qu\u2019on voudra bien l\u2019accuser.Bref, tout se passe comme dans une séquence de film, et une fois le verdict rendu (on peut toujours rêver sur l\u2019étymologie du mot verdict !) le présumé traître, espion ou saboteur est liquidé d\u2019une façon ou d\u2019une autre.En tout cas, il est disparu de la carte puisque personne n\u2019en entend jamais plus parler.Voilà comment les choses se sont dernièrement passées au pays qui a rendu la goulache célèbre.Nous avons pu juger que ce dernier produit en est un d\u2019exportation.Quant à l\u2019autre, c\u2019est-à-dire la conception de la procédure judiciaire, il nous suffit de la humer à une distance respectable pour décider sans plus qu\u2019il doit demeurer de consommation locale.Sans être plus délicats qu\u2019il ne faut, nous connaissons, nous, la différence entre la nausée et l\u2019appétit.\u2014 L.S. Wr.\t\t vÆM)\t\tK \" *pA LE FROMAGE DE ROQUEFORT Pline l\u2019Ancien en parlait déjà! La fabrication du fromage de Roquefort remonte à la plus haute antiquité.Elle existait déjà au temps des Romains ; son appellation d\u2019origine est la plus ancienne qui ait été reconnue par des textes officiels.Des décisions royales et des Actes du Parlement la protègent depuis le XlIIe siècle.Elle est actuellement reconnue officiellement dans trente cinq pays et depuis le récent Congrès International de Stockholm en août 1949, elle est reconnue par les Organisations Professionnelles de Laiterie et de Fromagerie de tous les pays du monde.Presqu\u2019au centre du Pays des Causses, à proximité des grandes voies millénaires de communication qui traversent le Larzac, un éperon dressé vers le ciel porte le vieux site de Roquefort, autrefois Chastel signalé par sa valeur militaire et le négoce qu\u2019il abritait, aujourd\u2019hui siège d\u2019une industrie florissante dont la renommée a fait le tour du monde.Produit du lait de brebis, celui que les gourmets des deux continents appellent le Roi des Fromages a, pour berceau, ces Causses, pauvres et dénudés, à la végétation clairsemée et rabougrie, dont l\u2019uniformité morne et continue n\u2019est trouée que par la haute stature du berger drapé dans sa cape de laine.Seule, la brebis sobre et rustique, peut se contenter de cette nourriture médiocre ; seule, elle peut entreprendre les longs parcours que nécessite la recherche des points d\u2019eau disséminés de loin en loin au fond de quelques rares combes.Curieuse industrie, qui doit sa vitalité à un concours unique de circonstances : le voisinage d\u2019un grand pays ovin, et d\u2019un centre aménagé par la nature pour donner au produit toute sa finesse.Le lait de brebis est reçu tous les matins aux laiteries que possèdent dans chaque hameau les industriels de Roquefort.\t[ Lire la suite page 31 ] .¦ , - .yr-pp , - .yr-pp r-k.^ % Photos du haut, de gauche à droite, reçu à Roquefort une semaine après le caillage, le fromage va au saloir.\u2014 Vue de l\u2019un de ces saloirs réputés pour leurs \"courants d\u2019air\".\u2014 Cave carrière : l\u2019une des \"allées\" où se conditionne l\u2019affinage des fameux fromages.¦g*,' .pi H ^ ' \" ;\t¦'* t J ' \"\tV' Ci-dessus, au centre, vue générale d\u2019un saloir dans l'une des caves basses._____ A droite, pâturage sur les Causses, pauvres et dénudés mais où les brebis sobres et rustiques peuvent se contenter d'une nourriture médiocre.\u2014 Ci-contre, vue générale prise de la \"Roche Percée\".Pline l'Ancien, au premier siècle de notre ère, vantait déjà les qualités du fromage qui s'y fabrique et qu'on appréciait à Rome.Photos S.F.I. 6 Le Samedi, Montréal, 25 mars 1950 Ci-dessus.Située autrefois sur le chemin des caravanes allant de Damas à La Mecque, Amman est aujourd'hui encore sur une ligne de grande communication : la voie ferrée qui va de Damas à Akkaba, sur la Mer Rouge.Amman a de belles lettres de noblesse ; elle tient son nom de la tribu des Ammonites dont le chef-lieu, Rabba, occupait la même place.m 4 Èf*f * Ci-dessus, à l'instar des autres sujets du roi Abdullah pour qui le chemin de fer n'est plus une nouveauté, ce Cheik voyage, lui aussi, en train et, confortablement assis dans son compartiment-lit, comme le ferait n'importe quel voyageur de son pays.\u2014 Ci-dessous, le moderne côtoie l'antique dans la capitale du roi Abdullah : témoins, ces voitures américaines.iitMi#r\t-~jl j* * '*Vn i '* * Sjfc & wr * # * I; # » y» .p, « m \\i r Mi UN ROYAUME A L'ORDRE DU JOUR LA JORDANIE Parmi les révolutions qui s\u2019accomplissent en ce moment dans le monde, il en est une qui, pour n\u2019être ni sanglante ni bruyante, n\u2019en revêt pas moins une importance capitale.Nous voulons parler de celle dont le point de départ est dans le Moyen-Orient et dont les ramifications s\u2019étendent à tout l\u2019Islam.Sa signification est immense, car son aboutissement signifierait peut-être la réunion sous un même sceptre d\u2019intérêts jusqu\u2019ici divergents, sinon opposés ; ce serait alors l\u2019extension au plan politique de ce qui existe sur le plan religieux et la constitution d'un vaste empire arabe.L\u2019homme auquel on prête ces hautes aspirations est Abdullah.Fils de l\u2019ancien roi du Hedjaz, Hussein, il fut placé à la tête du nouvel état issu du démembrement de la Turquie d\u2019Asie à la fin de la première guerre mondiale, baptisé Transjordanie puisque situé à l\u2019est du Jourdain.Agé de 68 ans, Abdullah est probablement la personnalité la plus réfléchie et la plus énergique parmi les dirigeants arabes.S\u2019il a une confiance quasi illimitée en ses propres moyens, il est aussi capable d'écouter opinions et conseils Demeuré pourtant longtemps dans l\u2019ombre, ce sont, ô paradoxe, les événements susceptibles de lui être funestes, la guerre contre Israël, qui l\u2019ont placé au premier plan de la scène politique.C\u2019est là où l\u2019on eut un premier exemple de l\u2019habileté et de la diplomatie d\u2019Abdullah.Entraîné par la force même des choses dans une lutte contre les Juifs, il n\u2019a pas hésité, dès qu\u2019il fut convaincu que le sort des armes lui était contraire, à conclure un armistice qui, mettant en jeu la soli-larité du monde arabe, ne pouvait manquer de lui attirer de profondes inimitiés.Pourtant, ce n'est pas un secret pour personne qu\u2019Abdullah brigue le Califat et la perte des sympathies d\u2019Egypte, de l\u2019Arabie Séoudite et de l\u2019Irak a dû lui être pénible.Mais il a préféré, en politique réaliste, assurer avant tout la sécurité de son royaume.Ce but atteint, il a pu revenir à ses rêves d\u2019antan.A dire vrai, il possède quelques atouts de taille : intérêts divergents des états arabes, protection des grandes nations, Angleterre d\u2019abord, Amérique ensuite.De ceci, son voyage à Londres où il fut l\u2019invité de M.Bevin, en est une preuve.On comprend que le gouvernement britannique ne verrait pas du tout d'un mauvais oeil la constitution d\u2019une Grande Syrie, réunissant ce pays à la Jordanie, car ainsi s'appelle désormais le royaume d\u2019Abdullah puisque ses terres s'étendent maintenant des deux côtés du J ourdain.Mais le point culminant de sa diplomatie fut certainement le spectaculaire voyage en Espagne.Abdullah faisait là d\u2019une pierre deux coups : il s\u2019assurait la sympathie du Caudillo dont l'influence sur une partie du monde arabe, le Maroc, n\u2019est nullement négligeable, et affermissait son autorité morale en le posant en quelque sorte en défenseur de l\u2019Islar.Venant après la réception londonienne, la visite d\u2019Abdullah dut certainement être agréable au coeur du gouvernement espagnol.On a dit à l\u2019époque que Franco et le roi de Jordanie avaient en commun une meme haine du communisme e.on a rappelé l\u2019existence de la garde tcherkesse d\u2019Abdullah.Certains ont prétendu qu\u2019il s\u2019agissait de cosaques ayant quitté la Russie lors de la révolution de 1917.Ils ont été trompés par la similitude de l\u2019habillement : en fait, les Tcherkesses, chrétiens encore vers la fin du XVIIIe siècle puis convertis à l\u2019islamisme, ont quitté, au nombre de 400,000, la Russie des tsars dans la deuxième moitié du XIXe.Une minorité seulement, 200,000 environ, demeura dans le pays et c\u2019est elle qui forme aujourd\u2019hui une des républiques socialistes soviétiques.Jetons maintenant un coup d\u2019oeil sur le pays et sur sa capitale.En anglais, la Jordanie porte le nom de «Hashemite Jordan Kingdom », témoignant ainsi avec fierté son appartenance à la secte islamique des Hachemites, descendants de Hachem, aïeul du Prophète.Sa capitale, Amman, a de belles lettres de noblesse.Elle tient son nom de la tribu des Ammonites dont le chef-lieu, Rabba, occupait la même place.Ce peuple apparenté de fort près aux Juifs, vivait en constante discorde avec eux depuis le temps des Juges jusqu\u2019à l\u2019Exode, et cette inimitié séculaire ne s\u2019effaça que lorsque l\u2019Egypte se proclama maîtresse absolue de la région du Jourdain.C\u2019est alors, sous le règne de Ptolémée Philadelphe \u2014 3 siècles avant Jésus-Christ \u2014 qu\u2019Amman devint pour un certain temps Philadelphie et\t[ Lire la suite page 31 j mpm it* if, '\u2022\"( ¦; Sf t-'« t jfi RS»*; **£ '£ ^^4)$S U WHI ?DANS LES BLANCS PAYSAGES Les Sports d\u2019Hiver en Suisse Pays des \u201cquatre mille\u201d, des pics acérés, des hauteurs glaciaires.Il y bien longtemps que la Suisse s\u2019est acquis cette renommée.Mais l\u2019enthousiasme suscité par les sports d\u2019hiver en des cercles toujours plus étendus a ajouté un élément nouveau à l\u2019intérêt que présente ce petit pays niché en plein coeur des Alpes.Entre les hautes chaînes s\u2019étalent de larges vallées ensoleillées qui ignorent et les brumes et les maladies de la saison.La cohorte des skieurs s\u2019ébat sur les pentes douces ; cependant, les patinoires polies comme des miroirs invitent à la danse sur la glace, aux joyeuses évolutions, tandis que les chemins ouverts sous la forêt hivernale permettent de paisibles promenades.La Suisse, pays du tourisme par excellence, s\u2019est constamment appliquée à combler les désirs de ses hôtes, venus de toutes parts pour y passer leurs vacances.Le néophyte du ski trouvera d\u2019excellents professeurs.Grâce à une méthode dûment éprouvée au cours des dernières décades, ces derniers parviendront, dans un temps souvent étonnamment court, à former leur élève qui pourra alors abandonner la pente d\u2019exercice et entreprendre des excursions.Aujourd\u2019hui, téléskis, télésièges ou funiluges atteignent les points le départ des pentes les plus renommées du pays ; la montée n\u2019est plus, comme naguère, une corvée fatigante : elle est devenue un plaisir.Cependant de nombreux maîtres de ski brevetés sont aussi des guides de première force.Celui qu\u2019attire la haute montagne hivernale trouvera donc, pour l\u2019accompagner, des hommes éprouvés et pleins d\u2019expérience.En Suisse, les grandes compétitions internationales de ski constituent les attractions les plus goûtées et réunissent les meilleurs champions de descente, de slalom, de fond et de saut.La lutte de ces athlètes durement entraînés reste à jamais gravée dans le souvenir du spectateur.Le patinage, lui aussi, donne lieu à des soins attentifs.Presque toutes les stations possèdent leurs patinoires fidèlement entretenues où l\u2019on pratique avec enthousiasme le patinage artistique, la course de vitesse et surtout le hockey sur glace.Rien d\u2019étonnant, en conséquence, à ce que les patineurs artistiques ou les hockeyeurs suisses se classent parmi les meilleurs du monde.Les amateurs de curling se rencontrent dans de nombreuses stations mondaines Ils trouvent, sur les aires polies comme des miroirs mises à leur disposition, des conditions de glace on ne peut plus idéales.Et lorsque nous aurons cité les excellentes pistes de luge et de bobsleigh, on devra bien reconnaître que l\u2019hôte étranger peut exercer sans faute n\u2019importe quel sport d'hiver en Suisse, pays de vacances.Certains centres helvétiques de repos et de sports ont acquis une renommée universelle.St-Moritz, situé à 5,000 pieds dans la haute et pittoresque vallée de l\u2019Engadine, a eu l\u2019honneur d\u2019organiser les derniers Jeux olympiques d\u2019hiver.Citons également Davos et l\u2019immense région de la Parsenn, avec sa piste de descente dont le parcours, de haut en bas et sans arrêt, dure une heure pleine.Il faudrait pouvoir énumérer tous les agréments et toutes les installations de toutes les multiples stations d\u2019hiver de la Suisse, décrire les moyens de remontée mécanique dont elles disposent, suivre les pistes qu\u2019elles offrent aux skieurs, mesurer les dimensions de leurs patinoires où les fervents du curling ont leur espace réservé.Mais la place nous fait défaut et nous devons nous contenter de citer quelques noms, attrayants et évocateurs.Zermatt, la station valaisanne, a pris rang d\u2019une manière étonnamment rapide parmi les principales stations.Celui qui aura séjourné face au Cervin (12,000 pieds) et qui sera monté au Gornergrat \u2014 pour en descendre de la façon que l\u2019on devine, véloce ou appliquée \u2014 celui-là ne pourra jamais oublier ses vacances hivernales.Dans le même canton du Valais, il faut citer Crans-Montana, Saas-Fée, Verbier.Pour en revenir aux Grisons, il y a Pontresina, Arosa et Flims qui ont leur clientèle, au même titre que les stations de l\u2019Oberland bernois, comme Grindelwald, Wengen, Mirren, Gstaad et Adelboden.Dans les Alpes vaudoi-ses, Villars-Chesières et Château d\u2019Oex s\u2019imposent et.en Suisse centrale, Engelberg, Stoos, Rigi et Ander-matt.On pourrait allonger la liste, mentionner des douzaines de stations plus modestes, dans les Alpes, les préalpes et le Jura.Les hôtes d\u2019hiver de la Suisse y passeront des jours et des semaines pleins de joies sportives, de détente physique et intellectuelle.[ Lire la suite page 31 j Ci-contre, de haut en bas, une patinoire polie comme un miroir, sur laquelle les as du curling \u2014 y compris les amateurs \u2014 peuvent s'en donner à coeur joie.\u2014 Dans le canton de Glarus, il n'est pas rare de voir des champions patineurs de fantaisie évoluer en présence d'enthousiastes spectateurs.\u2014 A Davos, une triple patinoire pour les joeurs de hockey, les joueurs de curling et les patineurs qui patinent pour leur bon plaisir.Ci-dessus, de gauche à droite, à St-Moritz, une course de chevaux sur le lac gelé.\u2014 Même endroit, une grisante randonnée en bobseligh, sport qui nécessite une grande rapidité de reflexes et un bon sens de l'équilibre, \u2014 Train de neige électrique pour le transport des skieurs, en Suisse française.Noter la voiture pour les skis.mam -a- *\u2022 - 8 Le Samedi, Montréal, 25 mars 1950 HÜRi Roman policier Dessin de JEAN MILLET LE RECORD DE \u201cL\u2019AIGLE NOIR\u201d I \u2014 Aviateur et journaliste Üne foule énorme se pressait, ce jour-là sur le vaste champ d\u2019aviation de Miami, en Floride.Des milliers de personnes se groupaient autour du vaste quadrilatère, contenues par un imposant service d\u2019ordre.Dans le parking voisin de l\u2019aérodrome des centaines d\u2019autos de toutes les marques s\u2019alignaient.Dans le ciel libéré de tout nuage, des avions passaient et exécutaient de grands cercles au-dessus de cette fourmilière humaine.Et tandis qu\u2019évoluaient les appareils, les regards de tous les assistants convergeaient vers un énorme qua- drimoteur qui attendait au centre même du champ et autour duquel s\u2019affairait une équipe de mécaniciens et de spécialistes.Au premier coup d\u2019oeil, une particularité frappait quand on observait ce quadrimoteur.C\u2019est qu\u2019il était uniformément peint en noir, ailes, fuselage, carlingue et jusqu\u2019aux longerons de l\u2019appareil, tout apparaissait de la même teinte sombre, exception faite évidemment des étoiles qui se détachaient aux extrémités des deux ailes et qui indiquaient la nationalité américaine du grand oiseau mécanique.Des lettres apparaissaient aussi, peintes en blanc sur la carlingue et les spectateurs des premiers rangs pouvaient aisément les déchiffrer : Black Eagle, c\u2019est-à-dire, en français : Aigle Noir.L\u2019Aigle Noir ! Depuis longtemps déjà les journaux du nouveau monde parlaient de cet appareil géant qui avait fait des essais particulièrement intéressants et couvert déjà de nombreux circuits.Aujourd\u2019hui, il allait s\u2019attaquer à un record du monde, Son pilote, Max Egger, avait décidé en effet de tenir l\u2019air avec son appareil pendant un mois en circuit fermé.Pareille tentative pouvait paraître paradoxale.Il fallait être insensé et ne point tenir compte des possibilités humaines et de la résistance pour espérer que serait surmontée une telle épreuve, mais Max Egger Le Samedi, Montréal, 25 mars 1950 9 Sur un record d\u2019envolée en circuit fermé vient se greffer une affaire de bijoux volés, double aventure qui auréolera un jeune pilote de gloire et qui entraînera la destruction d'une dangereuse bande.Telle est la substance de ce roman policier d\u2019Albert Bonneau.était un as de la race des Lindbergh, un risque-tout que ne rebutait aucun obstacle et que passionnait toute tentative périlleuse.Vingt fois il aurait pu trouver la mort au cours de ses essais ou de ses acrobaties aériennes, vingt fois il avait triomphé avec un éclatant succès de l\u2019épreuve, déployant un sang-froid qui stupéfiait les plus célèbres hommes -de l\u2019air eux-mêmes ! Cette fois, le record prévu dépassait tout ce que l\u2019imagination pouvait inventer.On avait bien vu des as tenir huit ou dix jours dans l\u2019air, mais un mois ! Et parmi les foules des paris s\u2019engageaient déjà, en dépit de l\u2019admiration qu\u2019on éprouvait pour l\u2019aviateur, on doutait de sa réussite et l\u2019on se demandait s\u2019il ne serait pas forcé d\u2019atterrir avant même que les trente jours se fussent complètement écoulés.Certes, tout avait été prévu pour aider la réussite de cette déconcertante navigation aérienne.Le vol en circuit fermé devait avoir lieu tant au-dessus de la presqu\u2019île de Floride, qu\u2019au-dessus du golfe du Mexique, de la mer des Caraïbes et de la grande île de Cuba.Nuit et jour des chronométreurs postés sur différents points du parcours devaient surveiller le développement de l\u2019épreuve, calculer la vitesse et la hauteur à laquelle volait YAigle Noir.Des avions spécialement outillés devaient le ravitailler en plein vol en essence.Quant aux vivres et à l\u2019eau, ils étaient suffisants à l\u2019intérieur même de l\u2019appareil pour permettre de parer à toute éventualité.Au cours de cette tentative véritablement sensationnelle, Max Egger devait être accompagné par un seul auxiliaire, l\u2019Italien Spartivento, qui devait lui servir de navigateur et de radiotélégraphiste.Depuis longtemps compagnon de vol du champion, Spartivento était l\u2019auxiliaire le plus précieux et le plus dévoué.Il professait le même mépris de la mort et du danger que son ami américain.Au cours des longues journées passées en plein ciel ils devaient se relayer, et prendre tour à tour un repos bien gagné ! Pourtant que d\u2019aléas et de points d\u2019interrogation demeuraient encore qui rendaient la tentative d'autant plus incertaine.Les cyclones se déchaînaient assez fréquemment dans cette région, et bien que les prévisions météorologiques parussent excellentes pour le départ, on ne pouvait prévoir évidemment le temps qu\u2019il ferait dans la suite, mais Max Egger avait foi en son étoile.Il voulait tenter coûte que coûte l\u2019aventure et réussir.Tout semblait organisé de telle sorte qu\u2019il pût soutenir les plus rudes coups de tabac.Aussi conçoit-on facilement l\u2019intérêt intense qui s\u2019emparait de tous les assistants qui examinaient curieusement l\u2019énorme quadrimoteur, prêt à prendre son essor dans l\u2019azur.Pendant que la curiosité générale se concentrait sur l\u2019appareil, le héros du jour, Max Egger, attendait, attablé auprès d\u2019un seul homme, son ami intime le journaliste Mac Rabbit.Mac Rabbit avait usé ses fonds de culotte sur les bancs de la même université que Max Egger.Unis dans les bons comme dans les mauvais jours, ils s\u2019étaient toujours considérés comme de véritables frères.En ce moment même, tandis que la police écartait impitoyablement tout reporter importun, Mac Rabbit restait seul en présence de l\u2019aviateur.Max Egger avait exigé qu\u2019on les laissât tous deux s\u2019entretenir un peu avant de l\u2019envol.Toutes les notabilités présentes avaient dû s\u2019incliner devant le désir de l\u2019aviateur.Et voilà pourquoi, au moment même où la mer humaine balayait les abords du champ d\u2019aviation de Miami et déferlait de toutes parts, cherchant sans succès à apercevoir l\u2019audacieux homme de l\u2019air, Max et Mac s\u2019entretenaient tout tranquillement à la cantine.\u2014\tSi tu savais combien je regrette de ne pouvoir décoller avec toi ! Je ferais un navigateur suffisant, je t\u2019assure ! Mac Rabbit ne pouvait dissimuler sa déception cuisante.Il eût aimé affronter mille périls au côté de son ami, mais hélas ! leurs métiers, si différents l\u2019un de l\u2019autre, les accaparaient et les séparaient la plupart du temps.Il était rare qu\u2019ils pussent se rencontrer et bavarder à coeur ouvert.\u2014\tToute autorisation te serait accordée, my boy, déclara en souriant l\u2019aviateur, mais, tu comprendras : il est indispénsable que je ne charge aucun poids inutile en embarquant un passager ! Dans l\u2019intérêt même de la tentative que j\u2019aborde, je dois refuser d\u2019embarquer un troisième passager ! Spartivento suffira ! Et comme son interlocuteur faisait la moue, Max Egger s\u2019empressa d\u2019ajouter : \u2014\tD\u2019ailleurs, tu n\u2019as pas à regretter de rester à Miami.N\u2019es-tu pas, actuellement, sur la piste d\u2019un reportage également sensationnel, celui de démasquer les trop fameux voleurs de diamants qui redoublent leurs méfaits depuis trois mois et auxquels la police livre une lutte acharnée ! \u2014\tC\u2019est précisément pourquoi je suis à Miami aujourd\u2019hui, repartit le reporter.Sinon, je n\u2019aurais pas eu la bonne fortune de te voir avant la merveilleuse tentative que tu prépares.Du fond du coeur, tu sais combien je souhaite ta victoire ! \u2014\tLes gredins que tu recherches se seraient-ils donc réfugiés ici-même ?A cette question que lui adressait son ami, le journaliste répondit par un geste évasif.\u2014\tLa police et moi-même avons de sérieuses raisons de le supposer ! Je crois être sur une bonne piste ! Mais parlons surtout de toi.Ne penses-tu pas que ta tentative est bien risquée ?Rester dans l\u2019air un bon mois, et voler ainsi nuit et jour.\u2014\tAvec Spartivento, nous sommes sûrs de gagner ! riposta simplement l\u2019aviateur.Et nous demeurons persuadés que l\u2019épreuve, si rude qu\u2019elle paraisse, n\u2019est pas au-dessus de nos possibilités ! D\u2019ailleurs, songe au résultat merveilleux ! Si mon Aigle Noir s\u2019adjuge ce record mondial, je serai l\u2019homme le plus heureux de l\u2019univers ! Le visage de Max Egger s\u2019éclairait pendant qu\u2019il s\u2019exprimait de la sorte.On comprenait qu\u2019il avait mis tout son espoir dans sa réussite.Il y avait employé également toute sa fortune, car le quadrimoteur avait été construit entièrement avec ses deniers.Pendant des mois, l\u2019aviateur l\u2019avait mis au point entouré des meilleurs spécialistes.Et maintenant, après des essais encourageants, le sort en était jeté, il se disposait à tentei la chance ! Tout autour, la foule continuait de s\u2019agiter, on entendait ses rumeurs et ses murmures.A tout moment, dans le ciel, un vrombissement sonore se faisait entendre.Les camarades de Max Egger ne se lassaient pas de survoler le champ d\u2019aviation.Leurs ombres passaient, fugitives, sur le mouvant tapis constitué par la multitude en effervescence.Des coups frappés à la porte de la cantine rappelèrent aux deux amis que le court moment de leur tête-à-tête touchait à sa fin : \u2014\tEncore une fois, bonne chance ! déclara le journaliste en prenant la main de son interlocuteur et en la serrant vigoureusement.\u2014\tJe puis te dire les mêmes paroles ! Quand l\u2019Aigle Noir s\u2019en reviendra des nues, victorieux, je le souhaite de toute mon âme, je suis bien certain que j\u2019apprendrai ton succès à toi aussi et l\u2019heureuse conclusion de tes efforts ! Au fond, je t\u2019envie.Cette existence pleine de risques et de mystère que tu mènes m\u2019eût profondément séduit ! \u2014\tOn ne peut être à la fois journaliste et roi des as ! Combien de fois, moi aussi, n\u2019ai-je point rêvé de voguer comme tu le fais en plein ciel ! La porte s\u2019ouvrit, les ingénieurs et les notabilités de Miami qui attendaient dans la pièce voisine que le bref entretien des deux amis eût pris fin, se décidaient enfin à entrer.Alors des éclats de voix se firent entendre.Alex Gregson, l\u2019organisateur de l\u2019épreuve, s\u2019empressa le premier auprès de l\u2019aviateur : \u2014\tEt Spartivento ?Que devient Spartivento ?A quoi songe-t-il ?Tout de suite, Max Egger put surprendre l\u2019inquiétude qui se lisait sur tous les visages.\u2014\tComment ! s\u2019exclama-t-il.Spartivento n\u2019est pas encore arrivé ?\u2014\tPas encore, et vous décollez dans dix-sept minutes exactement ! -\u2014 C\u2019est étrange ! Il m\u2019avait promis, pourtant.Une sourde inquiétude s\u2019empara à ce moment de l\u2019aviateur.Cette absence de son auxiliaire pouvait à bon droit paraître déconcertante.Spartivento, en effet, était toujours exact.Il devait être sur le champ depuis une heure au moins.Pourtant, Max Egger voulut hasarder une hypothèse : \u2014\tSpartivento a dû rester un peu plus longtemps que de coutume auprès de sa femme et de ses trois gosses ! Il n\u2019est pas comme moi un incorrigbile célibataire ! Nous serions égoïstes de lui reprocher de s\u2019attarder chez lui.\u2014\tSans doute, mais Mme Spartivento et ses enfants pouvaient fort bien accompagner votre ami ! Cet argument qu\u2019opposait un des voisins de l\u2019aviateur ne manquait pas de justesse.Et Max Egger se demandait quelle pouvait être la cause exacte de ce retard intempestif, quand une voix lui cria : \u2014\tHello, Egger ! On vous demande à la cabine téléphonique, de la part de Spartivento ! L\u2019aviateur s\u2019élança aussitôt, bousculant ceux qui l\u2019entouraient, et s\u2019effaçaient précipitamment devant lui.En quelques instants, il atteignit la cabine voisine de la cantine, puis s\u2019emparant de l\u2019écouteur demeuré étalé sur le rayon.\u2014 Hello ! interrogea-t-il anxieux pendant que ses compagnons bloquaient littéralement l\u2019entrée de son refuge, prêtant attentivement l\u2019oreille.C\u2019est Spartivento qui est au bout du fil ?Ce fut une voix de femme qui répondit : \u2014 C\u2019est Mme Spartivento ! Mon mari vient d\u2019être blessé au moment où il se rendait vers le champ d\u2019aviation avec sa Ford ! Et, avant même que l\u2019aviateur ait pu hasarder une nouvelle question, son interlocutrice invisible déclarait : \u2014 Nous étions montés avec lui, mes enfants et moi, quand, brusquement, à deux milles environ du cap Floride, sur la chaussée de Miami, une Buick est venue malencontreusement nous tamponner.Le choc fut violent, et mon mari s\u2019en tire avec une blessure heureusement sans gravité.Il a la jambe cassée.On vient de réduire immédiatement la fracture.Mais dans ces conditions, vous comprendrez qu\u2019il ne pourra vous accompagner au cours du vol ! Le masque de Max Egger se contractait à mesure que Mme Spartivento lui exposait la situation.Son compagnon blessé, c\u2019était la plus déplorable aventure qui pût arriver ! Déjà tout autour, les assistants qui avaient surpris quelques-uns des propos tenus [ Lire la suite page 14 ] VERE N0V0 \u2022% Comme le matin rit sur les roses en pleurs 1 Oh ! les charmants petits amoureux qu\u2019ont les fleurs ! Ce n\u2019est dans les jasmins, ce n\u2019est dans les pervenches Qu\u2019un éblouissement de folles ailes blanches Qui vont, viennent, s\u2019en vont, reviennent, se fermant.Se rouvrant, dans un vaste et doux frémissement.O printemps ! quand on songe à toutes les missives Qui des amants rêveurs vont aux belles pensives, A ces coeurs confiés au papier, à ce tas De lettres que le feutre écrit au taffetas, Aux messages d\u2019amour, d\u2019ivresse et de délire Qu\u2019on reçoit en avril et qu\u2019en mai l\u2019on déchire.On croit voir s'envoler, au gré du vent joyeux, Dans les prés, dans les bois, sur les eaux, dans les deux, Et rôder en tous lieux, cherchant partout une âme.Et courir à la fleur en sortant de la femme, Les petits morceaux blancs, chassés en tourbillons, De tous les billets doux, devenus papillons.Victor Hugo 10 Le Samedi, Montréal, 25 mars 1950 l i' Destin JEAN MILLET LE BONHEUR Comme dit la chanson, le bonheur est chose légère.Marie-Louise Reymond nous le prouve d'ailleurs dans cette prenante nouvelle Germaine Destrée vit, non sans quelque contrariété, sa mère s\u2019asseoir à son chevet après avoir disposé devant elle le plateau chargé de la théière fumante et des tartines qu\u2019elle affectionnait à son premier déjeûner.\u2014 Mais, maman, pourquoi me gâter ainsi?Madame Destrée sourit : \u2014 La soirée de hier était bien fatigante.Ces galas de bienfaisance, suivis d\u2019un bal, n\u2019en finissent pas ! C\u2019est pourquoi j\u2019ai pensé que tu serais contente de déjeûner au lit et de dormir encore.\u2014 Au contraire, j\u2019ai honte que tu me serves ainsi, puisque tu t\u2019es couchée aussi tard que moi.\u2014 Oui sans doute, mais moi je n\u2019ai fait qu\u2019assister A cette soirée, tandis que toi, tu as pris part aux chants, à la\treprésentation\tet\tensuite\ttu\tas dansé.D\u2019ailleurs je\tsuis à un âge\toù\tl\u2019on n\u2019a\tguère besoin de sommeil et tu ne peux en dire autant si j\u2019en juge par tes yeux cernés.Germaine se détourna embarrassée : \u2014 J\u2019ai peu dormi, balbutia-t-elle.Sa mère la fixa un instant, ouvrit les lèvres et les referma sans rien dire.Un lourd silence suivit.Madame Destrée tira son tricot du petit panier qu\u2019elle avait au bras\tet le cliquetis\tdes\taiguilles\tse\tjoignit au bruit ténu de\tla tasse glissante\tde temps à\tautre sur La soucoupe.Enfin, Madame Destrée hasarda une phrase banale : \u2014 Bien réussie, cette soirée de hier.Il y a eu pour plus de mille francs de bénéfice.\u2014 Sans parler du produit de la loterie ! ajouta Germaine ; si chaque ville en fait autant, le comité pour les enfants grecs sera satisfait.\u2014 Certes, dit la mère, et tout en gagnant beaucoup d\u2019argent, il me semble que la jeunesse s\u2019est bien amusée.Toi-même, Germaine, tu paraissais fort entrain ?La jeune fille rougit et retomba dans son mutisme.\u2014 As-tu remarqué, reprit la vieille dame, non sans une légère hésitation, la figure sombre, presque douloureuse, de Jacques Mérian ?Cela me faisait mal à voir ; j\u2019aime tant ce garçon, et depuis la mort de sa mère, je songe souvent au besoin qu\u2019il aurait de se créer un foyer.Cela seul pourrait le tirer de sa tristesse ; dis-moi, Germaine, ne crois-tu pas qu\u2019il y pense aussi et que son choix s\u2019est fixé sur quelqu\u2019un ?La jeune fille haussa les épaules : \u2014 Je n\u2019en sais vraiment rien ! dit-elle brièvement.\u2014 Oh ! Germaine, comment peux-tu parler ainsi ?s'écria Madame Destrée, oubliant sa résolution de ne pas froisser la farouche réserve de son enfant ; plus personne de nous ne peut douter des intentions de Jacques à ton égard, et c\u2019est ta conduite de hier qui l\u2019a désespéré.Comment as-tu pu, de parti pris et sous ses yeux, t\u2019afficher avec un jeune fat et paraître avec lui sur un pied d\u2019intimité qui ne répond à rien ! Germaine se redressa, les yeux étincelants : \u2014 Gaston de la Rive n'est aucunement un fat ! D n'est pas comme les jeunes gens de ta génération voilà tout ! Il aime l'élégance, la nouveauté, tout ce qui est rare et précieux ; c\u2019est pourquoi on le juge mal ! Je l\u2019ai vu très souvent pendant que nous organisions cette soirée et je ne peux te cacher qu\u2019il me plaît beaucoup.Madame Destrée jeta sur sa fille un regard épouvanté : \u2014 Tu ne me diras pas que tu t\u2019es attachée à ce jeune homme ?Ne vois-tu pas quelle nullité se cache derrière son snobisme, et combien le luxe dont il s\u2019entoure est déplaisant quand on songe qu\u2019il ne fait rien et vit de la fortune de ses parents ! Un jour viendra sans doute où il devra épouser une dot pour faire face à ses goûts dispendieux.Mais enfin, supposons qu il t aime et veuille faire de toi sa femme ; crois-tu que tu serais heureuse?Tu as plus besoin que tu ne penses de reflexion et de vie sérieuse ; sur quelles aspirations communes pourriez-vous fonder un foyer ?\u2014 S\u2019il m\u2019épousait, cela prouverait qu\u2019il est capable de ne pas faire un mariage d\u2019argent, et cela même témoignerait de son sérieux.Ma pauvre enfant, cela prouverait aussi, qu\u2019il est très épris de toi, et ne mesure en rien les difficultés et les charges de la vie ! Je le crois fort insouciant, et probablement incapable de maîtriser un caprice.Vois-tu, je ne pourrai me consoler de te voir abandonner la sûre tendresse de Jacques pour un entraînement passager.Sans doute, Gaston de la Rive exerce sur toi une particulière séduction, grâce à un charme physique extrême et qu\u2019on ne peut nier, peut-être aussi par le prestige dont il jouit auprès de tes amies.A ton insu, tu es flattée, grisée de voir se fixer sur toi les attentions d\u2019un jeune homme aussi recherché.\u2014 Non, ce n\u2019est pas cela ! s\u2019écria Germaine violemment ; je l\u2019aime et je veux le bonheur ! Sa mère posa la main sur le front moite : \u2014 Il ne se trouve pas toujours dans les brillantes peispectives ni dans des satisfactions passagères.[ Lire la suite page 19 ] Le Samedi, Montréal, 25 mars 1950 11 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR LA BOXE PROFESSIONNELLE EST-ELLE UN SPORT OU UN SPECTACLE ?La boxe professionnelle est-elle un sport ou un spectacle ?Voilà une question bien simple à laquelle beaucoup répondront qu\u2019elle est un sport spectaculaire, l\u2019un des plus rudes qui soient.Nous partageons largement cet avis.Il n\u2019est pour preuve que de constater, au Forum ou ailleurs, la foule manifester ses impressions.Est-ce à dire pour cela qu\u2019un promoteur de boxe doit être surtout et avant tout un organisateur de spectacle, et que son seul souci doit être l\u2019importance de la recette ?En bon impresario, il doit sélectionner un certain nombre de boxeurs, susceptibles de s\u2019affirmer et d\u2019attirer du monde à ses guichets.C'est ce que Raoul Godbout, l\u2019un des meilleurs promoteurs de boxe qui existent sur notre continent, a toujours fait, depuis plus de 25 ans, sans oublier une bonne publicité dosée à souhait, qui lui assure une réussite complète.En certains milieux, on se plaît à répéter que le promoteur Godbout va de l\u2019avant avec l\u2019aide financière du promoteur de lutte Eddie Quinn.C\u2019est à peu près exact.Nous devons dire, en toute justice, que les connaissances pugilistiques de Raoul sont les facteurs les plus importants des nombreux succès remportés jusqu\u2019ici, en boxe, au vaste amphithéâtre sportif de la rue Ste-Catherine ouest.Certains mauvais esprits diront qu\u2019il est facile d\u2019opposer à un homme de classe certaine, des figurants qui aideront à l\u2019ascension de la future vedette.Cette observation a sa valeur, mais nous aimons à croire que notre promoteur, on ne peut plus consciencieux, n\u2019a pas eu à employer de tels stratagèmes pour les combats principaux, du moins.Il serait inadmissible, en effet, que le public découvrirait bien vite ces artifices, d\u2019organiser une boucherie, où un boxeur serait victime désignée et offert en holocauste à l\u2019autre.De méchants bavards osent aussi prétendre que certains combats sont montés en épingle et que leur résultat est souvent décidé par avance, comme une farce bien réglée et bien ajustée.Nous voulons nous élever contre de telles insinuations.Le promoteur Godbout ne se laisse pas aller à de semblables manoeuvres, car il ne cherche qu\u2019une chose : faire combattre des pugilistes de valeur sensiblement égale, d\u2019où les meilleurs ou les plus heureux sortiront vainqueurs.Il est aussi d\u2019opinion qu\u2019une saine et profitable émulation doit naître autant dans l'esprit du spectateur que du boxeur.Le premier deviendra fidèle et fera autour de lui une propagande et une publicité de bon aloi.Le second aura le désir et la volonté de vaincre pour être appelé à des destinées de plus en plus glorieuses et lucratives.La boxe professionnelle est donc un sport au premier chef, elle est aussi speclacle, en autant que l\u2019arbitre n\u2019attend pas la mort de l\u2019un des deux boxeurs pour arrêter un combat sanglant.Ces deux excellentes qualités ne s\u2019opposent pas, elles se complètent, si loyauté, probité et conscience président à son épanouissement.Oui, nous savons qu\u2019il est bien arrivé dans d autres sports que de savantes combinaisons se soient échafaudées en silence.Elles ont toujours fini par trans-pirer.Si les journaux ne s\u2019en sont pas empares, les scandales les plus outranciers ont écla.é, aux Etats-Unis surtout.Bref, dans tous les combats de boxe qu\u2019il a organisés depuis plus d\u2019un quart de siècle, le promoteur Raoul Godbout a toujours fait en sorte de ne pas se faire fustiger d\u2019importance.Et il entend commuer cette excellente politique.Vous avez sous les yeux.RAOUL GODBOUT.assis à son bureau du Forum, l\u2019un des meilleurs promoteurs de boxe du continent.A notre sens, Raoul est l\u2019im-presario qui connaisse le mieux l\u2019art pugilistique, dans toutes ses fibres.Nous ne serions aucunement surpris de le voir réussir l\u2019organisation d\u2019un match entre Laurent Dauthuille et Robert Villemain.les deux rapides pugilistes français, au Stadium, en juin ou juillet prochain.Ce combat amènerait plus de 22.000 personnes aux guichets du Stadium, un de ces beaux soirs d\u2019été.(Photo Studio L.Alain, cliché LE SAMEDI) UNE AFFAIRE DE COEUR Les athlètes savent, ou plutôt devraient savoir que, s\u2019ils ménagent leur coeur, il ne se fatigue presque jamais.Mais si l\u2019on court trop fort, si l\u2019on nage trop fort, ou encore si l\u2019on exagère tout effort corporel, on impose brusquement au coeur un surcroît de travail.C\u2019est en ces termes que nous avons répondu à un bon père de famille, qui ne tient pas à ce que son jeune garçon de 19 ans devienne boxeur, précisément parce qu\u2019il prétend que le fiston n\u2019a pas un coeur assez fort pour résister à tous les assauts.Tandis qu\u2019un athlète se porte bien, une des propriétés les plus remarquables du coeur, c\u2019est la quantité d\u2019énergie en réserve dont il peut disposer, pour ainsi dire, à la minute.Lorsqu'un athlète est essoufflé, cette réserve d\u2019énergie est déjà dépensée.Il doit alors cons dérer l\u2019essoufflement comme un avertissement.Les jeunes gens se donnent parfois de graves maladies de coeur en prenant part à des courses à pied trop pénibles pour eux.Lorsqu\u2019on court, on utilise une grande quantité d\u2019air, de même que le mécanicien d\u2019une locomotive emploie beaucoup d\u2019air dans sa chaufferie pour faire marcher le train à une grande vitesse.Le sang doit alors circuler très vite à travers les poumons, où il trouve l\u2019oxigène de l\u2019air que l\u2019on respire.Par suite, le coeur bat de plus en plus vite, ce qui exige un fonctionnement de plus en plus actif des poumons et produit la sensation d\u2019essoufflement.Si l\u2019on est prudent, on s\u2019arrête pour respirer, mais souvent les imprudents ne veulent pas s\u2019arrêter.Aussi, voit-on s\u2019évanouir des jeunes gens et même des hommes qui ont couru dans des courses trop dures pour eux.L\u2019évanousssement est une chose extraordinaire.Voici ce qui se passe alors : le coeur n\u2019envoie plus assez de sang au cerveau, qui s\u2019arrête de fonctionner et la personne qui se trouve mal tombe à terre.C\u2019est précisément ce dont elle a besoin pour se rétablir.Quand on est debout ou assis très droit, le Goeur doit envoyer le sang au cerveau de bas en haut, c\u2019est-à-dire dans une direction opposée à celle de l\u2019attraction terrestre, qui tend à tout attirer de haut en bas.Dès que la personne qui s\u2019évanouit tombe à terre, ou se renverse, la tâche du coeur, qui consiste à envoyer le sang au cerveau, lui est suffisante et le malade revient à lui.Si le coeur n\u2019a pas subi d\u2019effort exagéré, il se trouve de nouveau tout à fait remis.On voit donc que la chute est, dans ce cas, le procédé que la nature emploie d\u2019elle-même pour remédier au mal.Les gens qui ne savent pas cela s\u2019efforcent de redresser la personne évanouie, ce qui revient à contrarier l\u2019oeuvre de la nature et à remettre le cerveau dans la position la plus défavorable pour recevoir la quantité de sang dont il a besoin.Ce sont les pieds de la personne évanou e qu\u2019il faut relever, au contraire, afin que le sang n\u2019aille pas dans les jambes, où il est inutile, et qu'il en res\u2018 e beaucoup à envoyer à la tête qui en a le plus besoin.LES SPORTS ET LA SANTE Nous recevons le communiqué suivant de l\u2019Association Nationale de la Santé, affiliée au ministère de la santé nationale et du bien-être social du gouvernement fédéral : Les sports doivent jouer un rôle de premier plan dans notre système d\u2019éducation.Les exercices physiques sont un facteur important pour la croissance parce qu\u2019ils activent la formation de l\u2019ossa ùre.Si notre génération a tendance à produire des individus plus grands et plus forts, ce n\u2019est pas seulement la conséquence d\u2019une meilleure alimentation, c\u2019est aussi le résultat d\u2019une pratique plus ac.ive et plus généralisée des sports.On affirme que la santé mentale bénéficie également des sports parce qu\u2019ils développent chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent le sens de l\u2019activité, de la vivacité et de la bonne camaraderie.Le sport constitue peut-être la meilleure école de discipline et de civisme.L\u2019exercice physique permet le repos de l\u2019esprit indispensable à un meilleur rendement intellectul.Les travailleurs de tous genres, manuels ou intellectuels, devraient régulièrement faire de l\u2019exercice.Les industries ayant organisé des activités sportives pour leurs employés s\u2019aperçoivent dune production améliorée.Si bons que soient les sports, il ne faut pas tomber dans l\u2019excès.L\u2019exagération, surtout pour les jeunes, peut être nocive.Un enfant devrait subir un examen médical complet avant de s\u2019adonner aux sports, afin de découvrir, le cas échéant, certaines malad\u2019es, faiblesse du coeur, tuberculose ,etc., que trop d\u2019exercices aggraveraient sans aucun doute.L\u2019enfant normal doit sûrement se livrer à un sport quelconque, mais les parents ne doivent pas oublier qu\u2019un adolescent de 14 à 19 ans ou davantage est en période de croissance et doit éviter le surmenage.Les sports ont pour but de le constituer solidement, non pas de l\u2019épuiser.Ceux qui dirigent les programmes de sports savent qu\u2019un jeune, même doté d\u2019une carrure impressionnante, n\u2019a pas encore atteint son plein développement et ne peut par conséquent avoir la même résistance qu\u2019une personne mûre.Le signe le plus sûr du surmenage, c\u2019est une perle excessive de poids.a».'mm - .f I Des pompiers luttent afin d'éteindre un incendie qui s'est déclaré à la Union Oil Company's Refinery de Wilmington.Une explosion avait fait éclater un énorme réservoir d'huile dont le toit fut projeté à 300 pieds dans les airs.Les dommages sont évalués à $40,000.Il fallut une lutte acharnée de trois heures avant que le feu soit sous contrôle, mais personne ne fut blessé.l/TZ' \u2019\u2019\u2019 *t^ÊÈfOPm, m*Æ \\\u2018i * Une vue à vol d'oiseau d'Anvers et de son port, l'un des plus beaux de l'Europe.Napoléon en disait : \u2014 C\u2019est un pistolet chargé que je tiens sur la gorge de l'Angleterre.La cathédrale Notre-Dame d'Anvers date du XVe siècle et rivalise en grandeur et en hardiesse avec les plus célèbres de la chrétienté.Elle renferme les tableaux fameux de Rubens : l'ERECTION DE LA CROIX et la DESCENTE DE CROIX.mm K *FT r* : Pour la sixième année consécutive, LARRY SOLOMON, âgé de 8 ans, a déposé une gerbe de fleurs au pied de la statue d'Abraham Lincoln, érigée à New-York, sur Park Avenue, à l'occasion du 141ième anniversaire de naissance du grand Américain.On sait que Lincoln fut l'émancipateur des Noirs de son pays.Ci-dessous, une scène photographiée dans une ambulance aérienne.Le docteur MAX SCUH, qui accompagne l'équipe de skieurs autrichiens venus pour prendre part au tournoi international qui a eu lieu à Aspen, dans le Colorado, installe aussi confortablement que possible le skieur, WALTER SCHUSTER, 21 ans, à bord de l'avion qui doit le transporter à Denver.Le jeune skieur s'est brisé les deux jambes au cours d'une descente, et le docteur BRUNO HAID, de l'Université d'Iowa, l'accompagne à l'hôpital de Denver pour lui mettre les jambes dans le plâtre.¦4'U'x i wÊÊ
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.