Le samedi, 1 mai 1950, samedi 27 mai 1950
[" Montréal DANS CE NUMERO UNE VILLE TEMPORAIRE NOTRE SANTÉ EST BIEN DEFENDUE PARAY-LE-MONIAL LA PERLE DE L\u2019ACROBATE, roman policier par M.de Moulini 5 -yoo CANADIENS 10 cents I «H * V S * mm \u2022 -\t\u2022 -\u20181./% W*\t- vUlIln TROIS HOPITAUX NOUS TENDENT LA MAIN Notre santé est bien défendue par Thérèse Fournier ¦BOHOaiMBiaHBHHHIBMIHa» si» i.' 4P S-TTji 132 Fi?-U sas âffiiiis ;i2!ii MJSïfi sasisï ii* i ?SMk' ¦s* ® r«# ** \u2022 Le 15 mai dernier s\u2019ouvrait une vaste campagne de souscription dont l\u2019objectif a été fixé à dix-huit millions de dollars, campagne dite : Fonds collectif en faveur des hôpitaux.Ces hôpitaux sont : le Montreal General Hospital, le Children\u2019s Memorial Hospital et le Royal Edward Institute.Cette campagne durera jusqu\u2019au 15 juin prochain.Il n\u2019est pas sans intérêt à l\u2019occasion de cette campagne, à laquelle nous sommes tous appelés à contribuer généreusement, d\u2019insister sur trois points principaux : l\u2019origine et le développement de ces institutions, les fins pour lesquelles elles font appel au public, la proportion de catholiques et de Canadiens français qui y sont traités annuellement.Commençons par le Montreal General, le plus ancien de tous.Il date de 1818.On était au lendemain des guerres napoléonniennes et alors, comme cela s\u2019est produit de nos jours, de nombreux immigrants vinrent chercher en Amérique la sécurité et la paix.C\u2019est pour venir en aide à ces nouveaux venus que l\u2019on ouvrit au carré Chaboillez un petit hôpital de quatre lits.L\u2019année suivante, l\u2019oeuvre confiée à l\u2019administration d\u2019hommes d\u2019affaires se transportait rue Craig, à deux pas de la rue Saint-Laurent et hospitalisait 24 patients.En 1820, on fit l\u2019acquisition d\u2019un terrain rue Dorchester, emplacement des immeubles actuels, et le 1er mai 1822, la construction étant terminée, le nouvel hôpital recevait ses premiers patients.Le Children\u2019s Memorial date de l\u2019automne de 1903.C\u2019était à l\u2019origine une modeste maison de la rue Guy pouvant loger une quinzaine d\u2019enfants.Le premier petit malade y fut admis le 30 janvier 1904.Dès la première année, 122 enfants furent hospitalisés et 195 soignés au dispensaire.Le 16 avril 1909, on transporta les malades dans le local actuel de l\u2019avenue Cedar, mais le dispensaire de la rue Guy, plus facile d\u2019accès, existe toujours.Le Royal Edward Institute a été fondé pour dépister la tuberculose par le moyen de visites à domicile et d\u2019examens radiologiques, et pour soigner ceux qui en sont atteints.Il débuta lui aussi fort modestement rue Bleury, en juin 1903.Cinq ans plus tard, il se transportait à 47 Belmont Park.Bien que ce nouveau local fut moins exigu, comme le précédent il n\u2019était qu\u2019une clinique-dispensaire.Dès l\u2019année 1910, le rapport enregistre 836 nouveaux malades, 6,004 consultations et 385 visites à domicile.En 1932, l\u2019immeuble ayant été vendu au Canadien National, [ Lire la suite page 31 ] Photo du haut, à gauche, la clinique de chirurgie au dispensaire du Children\u2019s Memorial qui fut.à son origine, une modeste maison de la rue Guy pouvant loger une quinzaine d\u2019enfants.Comme on voit, un rayon d\u2019espoir se lit sur la figure des mamans pendant que les petits se prêtent à l\u2019examen avec une curiosité mêlée d\u2019intérêt.\u2014 A droite, une salle du même hôpital.Plus bas.à droite, une petite patiente du Children\u2019s Memorial, encore, qui s\u2019est laissée photographier avec une extrême bienveillance.malgré son épreuve.\u2014 A gauche, au centre, la nouvelle construction du Royal Edward, telle qu\u2019elle apparattra.rue St-Urbain.près de l\u2019avenue des Pins.\u2014 Ci-contre, l\u2019Hôpital Général qui ne peut plus s\u2019agrandir dans cette partie du centre de la ville.\tPhotos Maïak et Associated Screen News Ltd. Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 5 LE SANCTUAIRE DU SACRE-COEUR PARAY-LE-MONIAL La grande basilique romane française à mi-chemin, de Paris à la Côte d'Azur Au Xlème siècle l\u2019Abbaye Bénédictine de Cluny rayonnait de toute sa puissance et entreprenait une période troublée des invasions normandes.Les Abbés de Cluny fondaient de tous côtés des monastère adoptant la règle de Saint-Benoit, pratiquant à la fois les travaux manuels de défrichement et de mise en valeur des terres abandonnées, conservant le trésor de la civilisation gréco-latine, créant de véritables foyers artistiques.C\u2019est ainsi qu\u2019ils contribuèrent à répandre en architecture le style roman de l\u2019Ecole Bourguignonne, comme en témoigne le monastère de Paray, édifié sur le modèle de Cluny.C\u2019est en 1109, que saint Hugues, abbé de Maçonnais, à Paray qui devait déjà le nom de \u201cMonial\" à un couvent de religieuses fondé au Xe siècle.Le plan général est dominé par le principe ternaire dont le symbole avait frappé l\u2019imagination de Huysmans, trois nefs à trois travées, surmontées de trois arcs au-dessus desquels s\u2019ouvrent trois fenêtres.Toutes les caractéristiques de l\u2019architecture clunisienne s\u2019y retrouvent dans leur unité et leur perfection, la construction pyramidale, le triforium et les chapelles rayonnantes, la tour octogonale du clocher s\u2019élevant sur la croisée du transept.A l\u2019intérieur l\u2019ornementation est d\u2019une austère simplicité qui met mieux en valeur l\u2019autel roman, une belle abside, des pilastres cannelés à chapiteaux sculptés et une fresque grandiose du XVème siècle, représentant le Christ en Majesté.Outre de puissantes fortifications édifiées au XlIIe siècle, Paray le Monial, possède un élégant prieuré classique, un Hôtel de Ville Renaissance richement décoré, un Palais de Justice dont le dôme et la tour de l\u2019horloge datent du XVIème siècle et de très nombreux couvents.C\u2019est en 1644 que fut fondé le couvent de la Visitation, où devait naître le Culte du Sacré-Coeur qui fit de Paray-le-Monial un des grands pèlerinages mondiaux.En 1672 entra au couvent de la Visitatidh, Marguerite Marie Alacoque, âgée de vingt-cinq ans, qui devint directrice des novices.Sa vie monastique fut d\u2019une extrême austérité.Marguerite Marie Alacoque écrivit \u201cla dévotion au Coeur de Jésus\u201d d\u2019où sortit le culte du Sacré Coeur.Elle mourut le 17 octobre 1690 et fut béatifiée en 1846.Ses reliques reposent dans la châsse de la chapelle du couvent de la Visitation.Aujourd'hui encore, grâce à l\u2019immuabilité de la vie monastique, ce couvent conserve son aspect d\u2019antan.Mais la chapelle est devenue trop petite pour contenir tous les pèlerins qui affluent du monde entier.Devant l\u2019ampleur de ces manifestations il fallut trouver un cadre plus vaste que le couvent de la Visitation.C\u2019est ce qui redonna vie à l\u2019immense monastère clunisien.C\u2019est maintenant la basilique romane qui rassemble dans un cadre plein d\u2019une sévère majesté, la foule venue de toutes parts.De là les pèlerins se rendent au couvent de la Visitation.C\u2019est en juin que se déroulent les grandes cérémonies religieuses de Paray-le-Monial, le 16 juin a été fixée la fête du Sacré-Coeur.La procession pénètre dans les jardins du couvent.Le 2 juillet, fête de la Visitation, la procession se rend à la chapelle du Sacré Coeur.Le 9 juillet, jour du pèlerinage des hommes, se déroulent la veillée de l\u2019heure Sainte et une messe de minuit.Le 17 octobre de nouvelles cérémonies ont lieu pour l\u2019anniversaire de la mort de M.M.Alacoque.Et après avoir visité Paray-le-Monial, le pèlerin canadien se trouvera encore dans l\u2019embarras du choix pour contempler en France tout une pléiade de chefs-d\u2019oeuvre d\u2019architecture liturgique.Car des premières basiliques romanes aux modernes églises de béton, une parfaite unité règne sous tous les styles : le dogme et la liturgie ont réglé les différentes parties du monument.L\u2019église est à l\u2019image de la croix : la nef est le pied ; le choeur est la tête, le transept est les bras.Autour du maître-autel, la liturgie de la procession a imposé le déambulatoire.Le culte de la Vierge et des saints a conduit à creuser dans le chevet des Ci-dessous, dans la chapelle des apparitions, la châsse de Marguerite Marie Alacoque.C'est en juin que se déroulent les grandes cérémonies religieuses de Paray-le-Monial, le 16 juin a été fixée la fête du Sacré-Coeur.C'est en 1672 que Marguerite Marie Alacoque, âgée de vingt-cinq ans, entra au couvent de la Visitation.Elle y mourut le 17 octobre 1690 et fut béatifiée en 1846.Photos S.F.T.absidioles pour loger des chapelles, puis à utiliser les vides entre les contreforts pour d\u2019autres chapelles nécessaires.La victoire de ce plan, qui s\u2019est imposé à tout l\u2019art religieux franais, n\u2019était pas inéluctable : Germi-gny-des-Prés (Loiret), Sainte-Croix de Quimperlé témoignent des tentatives d\u2019une autre conception : l\u2019église ronde centrée autour de l\u2019autel.L\u2019église abbatiale de Charroux (Vienne) fut l\u2019une des plus grandes ; il n\u2019en subsiste plus que l\u2019octogone central.L\u2019église en croix, la tête orientée vers la Terre Sainte, l\u2019emporte définitivement et l\u2019idée de l\u2019éternité de la foi entraîna la permanence de la forme Mais pour en revenir à l\u2019église romane dont Paray-le-Monial est un parfait modèle, disons que, pour son décor, tout, dans ce grand art, est subordonné au dessin principal de l\u2019architecte : le monument commande La décoration se place aux articulations de l\u2019édifice : sur le porche d\u2019abord, dont les archivoltes retombant sur des colonnes, ornées de sculptures stylisées, protègent un tympan où s\u2019affirme la gloire de Dieu en larges compositions ; sur les chapiteaux ensuite, points logiques des colonnes, réservés à des scènes plus familières Les grandes surfaces nues des voûtes et des murs se prêtent aux vastes fresques.A Saint-Savin-sur-Gartempe, par exemple, d\u2019admirables fresques aux tons chauds envahissent la voûte.Ce sont les absides spéciales résidences du Seigneur, qui portent de préférence ces décorations d\u2019une écriture si magnifiquement nette et vigoureuse.Les riches motifs géométriques, la flore stylisée, la faune naturaliste ou fantastique, ou les scènes moralisatrices ou d\u2019une effarante cocasserie, toute la décoration romane se plie très étroitement à l\u2019architecutre: les anges épousent la voussure des tympans, les prophètes s\u2019étirent le long des piédroits, les animaux se tordent en entrelacs rigoureux, mais rien ne mord jamais sur les lignes essentielles.Cet art étrange rejoint, dans sa beauté qui n\u2019est pas seulement humaine, les plus modernes réussites.Le sculpteur et le peintre cherchent l\u2019éternité dans leurs plus épiques compositions ; les personnages sont hiératiques, et l\u2019art savant des longs plis souples, si curieusement orientaux d\u2019allure, chante sur les tympans et sur les murs la merveilleuse aventure de l\u2019Homme-Dieu.assgfëglgrg&gl *g|ap i WTJP EUS mm® mm.m.MM WK e«00o .mm* o a a ù * .* » * P\t* # ¦* * * m '\t.\u2022 -ï;\t¦¦ *\tm * *\u2022'.\t\" ' \"*\u2022- * V \" ¦M-?£ V , à Æ - '' ' \u2022 - - î 4-* i #»£.45?m& ¦SSTSrs \u2022> at .* - 4U CONFLUENT DE LA TRENCHE ET DU ST-MAURICE UNE VILLE TEMPORAIRE ¦.m ïHfc ié&Z-: U# >* MOP\u2019 ^ \u2019 *\" |^t11 it¦*m tftp'rtyfHiri,fnj^fn!)f j s m W \"â .Û:'r % '\u2022£ - IjS* *¦ ?i i i S i i it If i n\trirpiTft p ! n §?S ' rr?B* w*|Æf r\\ * 4 h r _ M , îrA i t\u2014T.& ¦5fc**$3S iiv.it ^25L 2i8» -¦wSrWâ s mm - f .A\"®?.1 j jgj fil V PM .i La construction d\u2019une centrale de 390,000 c.v.au confluent de la rivière Trenche sur le Haut St-Maurice, est en plein essor.Il y aurait beaucoup à dire sur le chantier le plus considérable de toute l\u2019histoire de la Shawinigan.L\u2019horizon de La Trenche est bien différent de je qu\u2019il était voilà un an, alors qu\u2019on était au début des travaux.Des structures de béton massif dressent leurs lignes fuyantes avec symétrie là où, il y a quelques mois à peine, des gouffres béants, creusés à la dynamite, se succédaient avec une confusion apparente.La rivière coule docilement dans le nouveau chenal créé par la main de l\u2019homme et, dans son ancien lit, les travaux vont bon train derrière la protection des batardeaux ou cages.Les routes bien aplanies qui sillonnent ce coin de pays de deux milles carrés sont animés d\u2019une circulation intense.Partout, c\u2019est le va-et-vient rapide des camions lourds qui apportent leurs charges de pierre, de sable et de ciment malaxeurs ou qui y reçoivent le béton pour le transporter à sa destination finale dans les coffragès qui se dressent sur le chantier.A la fin de l\u2019année, La Tuque et Trois-Rivières seront reliées par un nouveau boulevard aérien faits de brillants conducteurs d\u2019aluminium supportés par des pylônes d\u2019acier géants.A l\u2019automne de 1950, ce boulevard aura atteint l\u2019aménagement hydroélectrique de La Trenche.Sur cette piste de métal courront éventuellement les 390,000 chevaux électriques fougueux captés dans la rivière St-Maurice par les génératrices de La Trenche.Il est évident que des travaux de ce genre monopolisent une armée de travailleurs.C\u2019est ainsi que trois cents menuisiers ont été employés à la cons- y&À -K - \u2022 ÉÜ*' rnmm .truction de huttes en panneaux démontables qui pourront plus tard être utilisées sur un autre chantier.Les rues ont déjà pris forme dans le nouveau village.Les maisons, les huttes et les magasins y sont alignés selon un plan d\u2019ensemble qui en fait une municipalité modèle, mais une municipalité temporaire.Ici et là, des boutiques.A droite, le magasin général, plus loin la cordonnerie et, de l\u2019autre côté, la blanchisserie.Il va de soi qu\u2019elle est dirigée par des Chinois.Tous les commerçants sont propriétaires de leurs établissements, mais les magasins qui les abritent appartiennent à la Shawinigan.Dans une grande salle de réunion la Compagnie organise diverses manifestations pour ses employés : danses, séances de cinéma ou de théâtre, concerts, etc.C\u2019est dans cette vaste salle que se célèbre la messe, car il serait trop onéreux de construire une chapelle temporaire.Pendant la belle saison, une belle plage attire les baigneurs.Les sports favoris sont le tennis, le baseball, le softball, et à l\u2019intérieur le badminton et le basketball.Il y aussi des exercices de culture physique, des séances de boxe et de lutte, et même des entraîneurs et des appareils nécessaires pour oet entraînement.Peur donner une ampleur de cet organisation, notons quelques chiffres cités par le chef-cuisiner au sujet des quantités de nourriture requises : on consomme quotidiennement 425 pains, 210 livres de beurre, 1,100 livres de viande, 210 douzaines d\u2019oeufs et 160 gallons de lait.Voilà au moins des gens qui ne sont pas menacés de famine ! (Texte et photos \u201cShawinigan Journal\u201d) En poge de gauche, photo du haut, à gauche, la traversée du St-Maurice, près de Trois-Rivières.A gauche, la nouvelle ligne de transmission no 58.\u2014 A droite, que ce soit une douleur au pied ou une poussière dans l\u2019oeil, le dispensaire trouve le remède.____ Au centre, à gauche, cinq barbiers sont à la disposition de la clientèle.__A droite, le personnel de l\u2019hôpital : le Dr A.H.VISSER, les infirmiers DAVID SINCLAIR, P.BOULANGER et P.-E.ROUSSEAU, le garde-malade B.DAMIEN et le Dr L.WHITE.\u2014 Plus bas, l\u2019ensemble du chantier.\u2014 Photo du haut, à g., une famille de La Trenche.\u2014 A droite, la boulangerie.\u2014 Au centre, la danse fait partie des loisirs.et, (à droite) le buandier est dans la bonne tradition.__ Ci-contre, à droite, à la cantine de bons appétits rencontrent de bons plats.\t~é\" .!?¦\t: W -v -,\t£;\t.\t%\t¦ \u2022 «\tf\t\t\u2022\til .\t.\tmm\t1\t'\tM\tA\t\t 8 Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 Dessin de JEAN MILLET U PERLE DE L\u2019ACROBATE i - \u2022 I \u2014 Partenaires E t\u2019en prie, Charles ! Fais attention !.Tout cela finira très mal ! \u2014 Tout cela ?Qu\u2019est-ce que tu veux insinuer ?L\u2019acrobate achevait de se dégrimer devant sa glace, au fond de la roulotte ; le visage renfrogné, il se retourna vers sa partenaire, qui, vêtue d\u2019une robe de chambre qui dissimulait son maillot de travail, venait de pénétrer dans sa voiture.Marie Guiscard ne parut pas impressionnée par l\u2019attitude maussade, voire même hostile de son partenaire, et ce fut d\u2019une voix ferme qu\u2019elle pousuivit : \u2014 Tu le sais bien, Charles, si je te parle ainsi, c\u2019est pour ton bien ! D\u2019ailleurs, j\u2019ai le droit de te faire ces objections ! Ne suis-je point ta partenaire ?Ne partageons-nous pas les mêmes dangers ?Il me semble que, lorsque nous travaillons tous les deux au trapèze volant, nous sommes solidaires ! Le moindre faux mouvement de l\u2019un peut devenir fatal à l\u2019autre ! Charles Moret avait laissé parler sa visiteuse ; néanmoins l\u2019expression de ses regards se faisait toujours mauvaise, et ce fut hargneusement qu\u2019il répondit : \u2014\tNotre numéro s\u2019est fort bien passé tout à l\u2019heure.Nous avons eu un succès fou ! Et puis, je ne vois pas en quoi tu pourrais trouver à redire ! Je ne bais pas, j\u2019ai toujours mes idées nettes.\u2014\tC\u2019est possible, Charles, mais prends garde à tes fréquentations ! A plusieurs reprises, je t\u2019ai rencontré avec des gens suspects.Et puis, tu t\u2019absentes bien souvent, c?s temps-ci ! Tu joues !.Cette fois, Charles Moret se fâcha tout rouge : \u2014\tIl me semble que je suis assez grand pour savoir ce que j\u2019ai à faire ! C\u2019est idiot de t\u2019occuper ainsi de ce qui ne te regarde pas.\u2014\tPardon, Charles, cela me regarde et je m\u2019étonne que tu aies perdu la mémoire à ce point ! Oublies-tu nos projets ?L\u2019acrobate s\u2019arrêta et se sentit moins sûr de soi.Marie le regardait de ses grands yeux noirs, absolument comme si elle eût voulu deviner ses plus secrè- tes pensées.Il baissa la tête, comme courbé par un remords.Et sa partenaire de poursuivre : Rappelle-toi, Charles!.Il y a trois mois encore, tu faisais attention à ce que je te disais ! Tu te montrais gentil et tendre ! Nous avions projeté de nous marier ! Il y a si longtemps que nous travaillons ensemble ! Cette communauté que nous faisons au cirque, pourquoi ne pas la continuer dans l\u2019existence ?Nous gagnerions la vie en commun.Et puis, bientôt, nous en terminerions avec cette existence incertaine ! Nous deviendrions nos seuls maîtres !.On nous a fait des propositions à Paris et à Bruxelles ! Les Arrios commencent à être connus.Alors, ce serait pour nous les grands music-halls, l\u2019Europe et, peut-être, l\u2019Amérique ! Charles Moret ne répondit pas et son interlocutrice éprouva un léger serrement de coeur.Depuis quelques semaines, elle tombait de désillusion en désillusion.Tous les espoirs qu\u2019elle avait conçus de concert avec son partenaire, les plans qu\u2019ils avaient échafaudés ensemb.e semblaient s effriter et s'amenuiser.Charles Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 9 La vie des acrobates est périlleuse, mais la tragédie qui les menace n\u2019est pas toujours de caractère accidentel.Ainsi, dans ce roman policier de Maurice de Moulins, le drame est indirectement provoqué par une cause extérieure à l\u2019exercice du dangereux métier.qui paraissait l\u2019aimer sincèrement et répondre aq sentiment très vrai qu\u2019elle avait conçu pour lui, lui échappait, elle en avait l\u2019intuition, la certitude.Un pli amer se dessina à ses lèvres.Puis, comme l\u2019acrobate achevait de se dégrimer et plongeait la tête dans sa cuvette pleine d\u2019eau, elle insista : \u2014\tTu devrais regarder autour de toi.Les autres savent mieux.\u2014\tNous y voilà ! Tu vas encore me parler de ce Maurice, de cet écuyer de malheur.Maintenant Charles Moret se redressait, enflant la voix, le visage empourpré par la colère et par la jalousie.Et sans laisser à sa compagne le loisir de riposter, il poursuivit : \u2014\tOh ! je le vois venir, ce Monsieur ! Il ne se gêne pas pour te faire la cour et pour te dégoûter de moi ! Eh bien, mariez-vous donc tous les deux ! J\u2019en ai plein le dos de ces observations continuelles ! \u2014\tJe t\u2019assure, Charles, tu deviens trop injuste! Quand je pense.\u2014\tAllons, assez de jérémiades ! Parlons plutôt d\u2019autre chose ! Qui est ce nouveau palefrenier que le patron a engagé hier ?Marie Guiscard haussa évasivement les épaules.\u2014\tC\u2019est un nommé Emile, répondit-elle.C\u2019est tout ce que je puis dire.Je ne lui ai même pas adressé la parole.Je suppose que tu ne vas pas me faire une scène de jalousie à propos de lui ! \u2014\tMais non ! Mais les allures de ce type-là ne me reviennent pas, voilà tout ! On dirait qu\u2019il est toujours en train de surveiller et d\u2019espionner les autres ! \u2014\tDécidément, mon ami, tu as l\u2019esprit bien mal tourné, aujourd\u2019hui ! \u2014\tJe suis libre de penser ce qui me plaît ! L\u2019acrobate essuyait son visage tout ruisselant d\u2019eau avec une serviette éponge, quand un léger bruit se fit entendre.Un objet qui se trouvait auprès de lui, sur une planchette devant la glace, venait de rouler à terre.\u2014\tTu as laissé tomber quelque chose.La jeune fille allait s\u2019agenouiller ; d\u2019un geste, Charles Moret la retint.\u2014\tAllons, fiche-moi le camp ! Tu vois bien que tu m\u2019embarrasses ! Je le retrouverai moi-même ! Ce doit être mon bouton de col ! Marie Guiscard s\u2019étonna de la précipitation qu\u2019apportait son interlocuteur à l\u2019écarter.Sur son masque contracté, elle lut de l\u2019angoisse.Profondément surprise, elle allait s\u2019en retourner quand, tout à coup, une exclamation lui échappa.Elle apercevait sur le tapis un point brillant.\u2014\tAh ! voilà ! Avant même que son compagnon ait pu intervenir, Marie Guiscard s\u2019était précipitée, étendant la main, elle s\u2019empara aussitôt de l\u2019objet, puis, le prenant entre le pouce et l\u2019index, alla le regarder à la clarté de la lampe électrique.\u2014\tMais ce n\u2019est pas un bouton de col! s\u2019exclama-t-elle.C\u2019est une perle, et quelle perle ! \u2014\tDonne-moi ça, tout de suite ! Charles Moret se précipita, bousculant brutalement sa partenaire, il lui arracha sa trouvaille qu\u2019elle tenait entre ses doigts.\u2014\tMon Dieu ! Qu\u2019est-ce que tu as : Tu m\u2019as fait mal ! \u2014\tFile ! Je n\u2019ai pas besoin de toi pou: m\u2019encombrer ! Déjà l\u2019acrobate avait empoigné le bras de sa partenaire et il la poussait vers la porte de la roulotte.Interdite, Marie n\u2019opposa pas la moindre résistance.Et au moment même où ils arrivaient sur le seuil Charles Moret lui glissa d\u2019une voix sifflante : \u2014\tEt surtout, ne va pas raconter cela aux autres ! Tu n\u2019as rien vu, c\u2019est entendu ; mais, déjà, sa main crispée étreignait la poignée, l\u2019huis s écarta, brutalement il rejeta sa visiteuse au dehors.Marie faillit dégringoler les trois marches en bois qui permettaient d\u2019accéder à la roulotte, et elle s arrêta là, encore toute étourdie par la scène rapide qui venait de se jouer dans le refuge.Déconcertée, la jeune fille s assit sur une marche, puis elle prit sa tête entre ses mains, essayant de rassembler ses pensées.Que signifiait cette nervosité, cette exaspération de Charles, et surtout que pouvait-elle supposer de la présence de cette perle dans la roulotte ?\u2014\tPardon, Mademoiselle.Vous êtes fatiguée?Marie Guiscard tresssaillit et se redressa soudain.Un homme était auprès d\u2019elle.C\u2019était un individu de taille moyenne, vêtu d\u2019un jersey, d\u2019un pantalon de toile kaki et chaussé d\u2019espadrilles comme la plupart des gens du cirque.Il faisait nuit, toutefois les lumières des roulottes voisines permettaient de discerner suffisamment.Et Marie, qui n\u2019était pas encore revenue de sa surprise, reconnut le palefrenier Emile, le nouveau vc'nu à qui Charles Moret avait fait allusion tout à l\u2019heure, au cours de leur rapide discussion.\u2014\tJe vous remercie.Je n\u2019ai rien ! Marie Guiscard se sentait encore tout interloquée de n\u2019avoir rien entendu.L\u2019homme s\u2019était approché d\u2019elle sans bruit.Et tout de suite, ses allures sournoises, la curiosité qu\u2019il manifestait en semblable occurrence, provoquèrent chez l\u2019acrobate une instinctive méfiance.\u2014\tJe suis un peu lasse ! murmura-t-elle.C\u2019est assez compréhensible ! \u2014\tLe fait est que votre numéro est épatant! Je n\u2019en ai pas souvent applaudi de semblable ! Toutefois, permettez-moi de vous faire une seule objection.\u2014\tParlez ! répartit la jeune fille qui s\u2019efforçait de son mieux de recouvrer toute sa sérénité.\u2014\tEh bien, j\u2019ai trouvé que votre partenaire n\u2019était pas tout à fait dans son assiette ! \u2014\tMon partenaire ?\u2014\tVous le connaissez depuis longtemps?On dit que vous devez vous marier ?Est-ce vrai ?\u2014\tNous travaillons depuis plusieurs mois ensemble ! Marie Guiscard fronça les sourcils.Ces questions inopinées prenaient tout à fait la tournure d\u2019un interrogatoire.Elle se sentit indisposée par l\u2019insistance que mettait cet inconnu à vouloir l\u2019interroger, et elle se rappela les brèves allusions que Charles Moret avaient faites tout à l\u2019heure à cette nouvelle recrue du directeur du cirque.\u2014\tJe vous en prie ! déclara-t-elle en se levant et en ramenant frileusement la robe de chambre sur ses épaules.Il est tard.Je vais aller dormir dans ma roulotte.Bonsoir ! Emile eut un geste, il semblait qu\u2019il voulût insister encore, mais l\u2019acrobate lui ayant tourné délibérément le dos, il haussa philosophiquement les épaules, les deux mains dans les poches, il s\u2019en revint rôder autout de la voiture occupée par Moret.La jeune fille s\u2019en revenait à grands pas, elle avait hâte de se trouver enfin à l\u2019écart de l\u2019indiscret, elle voulait réfléchir tout à loisir, remettre un peu d\u2019ordre dans ses trop tumultueuses pensées.La voiture quelle occupait avec Yetta et Nita, deux écuyères de la troupe se dressait là, toute proche, et elle allait s\u2019en- L E S LILAS (A mon épouse bien-aimée.) C'est le temps des lilas : tout le village embaume.Fernand Gregh.L'arome des lilas est d'essence divine.Toute la Perse en eux s'étale et me fascine.A chaque floraison nouvelle, de mon coeur, A l'unisson s'exhale un suave bonheur.Des dames la coiffure en est toute fleurie De même qu'au salon la potiche jolie-L'homme à sa boutonnière en pare son gilet ; Mais ce qui davantage intimement me plaît C'est de les retrouver, débordant la clôture, Dans un enclos de ville offrant leur chevelure.Rosario Venne gager sur la petite échelle qui conduisait à la porte quand elle s\u2019arrêta.Une autre silhouette surgissait à sa droite.\u2014\tQue se passe-t-il, Marie ?Vous n\u2019êtes pas souffrante ?Si Marie Guiscard éprouva quelque surprise, elle ne ressentit pas la même méfiance que tout à l\u2019heure.La voix qui l\u2019interpellait ainsi lui était familière.C\u2019était celle de Maurice Varton, l\u2019écuyer.Encore revêtu de son costume de ccw-boy, avec les chaparejos en poils de chèvre blancs, une impressionnante ceinture d\u2019armes assujettie autour de sa taille, Varton attendait auprès de la roulotte.Il était grand, blond, solidement musclé.Son visage glabre, aux traits réguliers faisait penser à certains héros de films de cinéma.Depuis qu\u2019elle le connaissait, Marie Guiscard n\u2019avait eu qu\u2019à se louer de sa correction et de son esprit de camaraderie, cependant si l\u2019écuyer eût caressé volontiers le projet d\u2019épouser l\u2019acrobate, Marie Guiscard ne l\u2019avait pas encouragé une seule fois.Fidèle aux promesses échangées avec son partenaire, elle considérait Maurice comme un ami sincère, sans plus, et les allusions hostiles que lui avait faites tout récemment Charles Moret s\u2019affirmaient injustifiées.\u2014\tVous êtes bien aimable, Maurice, déclara-t-elle.Mais je me sens parfaitement bien ! \u2014\tJ\u2019aime mieux ça ! J\u2019avais cru m\u2019apercevoir que quelque chose clochait dans votre numéro ! Souvent j\u2019ai surpris sur votre front ce pli inquiet ! Et votre bon sourire que nous aimons tous se fait si rare ces temps-ci.Marie Guiscard secoua négativement la tête.\u2014\tRassurez-vous, Maurice, je me sens dans mon aplomb normal.Vous savez bien, on a de bonnes et de mauvaises journées ! Tout comme moi, vous devez connaître des heures de cafard ! \u2014\tCertes, je les connais ! Pourtant il faut bien se faire une raison ! L\u2019écuyer ponctua ces mots d\u2019un léger soupir.Il ne disait pas que c\u2019était Marie elle-même qui était la cause de ce désarroi et de cette mélancolie.Il l\u2019aimait profondément, et la nouvelle qu\u2019elle allait se marier prochainement avec son partenaire lui déchirait le coeur ; toutefois il s\u2019était efforcé de ne rien laisser transparaître de sa cruelle désillusion.\u2014\tAllons, au revoir, Maurice ! Bonne nuit ! A demain ! L\u2019acrobate voulait en terminer avec ce gênant tête-à-tête.Elle éprouvait une sympathie profonde à l\u2019égard de Maurice, et en ce moment, le touchant intérêt que lui portait son camarade, contrastait terriblement avec la déconcertante brutalité dont avait fait preuve Charles Moret.Emue elle tendit la main à son interlocuteur, et ils échangèrent une rapide poigne de main puis, légère, elle franchit les deux marches qui la séparaient de la porte.Les deux écuyères étaient déjà couchées quand Marie pénétra dans son refuge.L\u2019une d\u2019elles, Yetta, la nièce du directeur, était en train de lire un journal.A peine Marie commençait-elle de se dévêtir auprès de son lit, situé au fond de la voiture, que Yetta hasarda : \u2014 Dis donc, Marie ! Tu as vu ! Le vol de la perle de la Duchesse ?L\u2019acrobate tressaillit subitement.\u2014 Mon Dieu, murmura-t-elle, je n\u2019ai guère le temps de lire les journaux et de m\u2019intéresser aux faits divers ! \u2014 C\u2019est un tort, ma toute belle ! Le vol dont je te parle s\u2019est produit à Saint-Martial, le soir même de notre arrivée, c\u2019est-à-dire il y a quarante-huit heures! Un malfaiteur qui devait être d\u2019une exceptionnelle agilité, car il s\u2019est introduit par les toits dans l\u2019hôtel de la duchesse de Trailles, a réussi à subtiliser une perle d\u2019une valeur inestimable ! On dit que la police est sur les dents et qu\u2019on espère tenir une piste ! \u2014 Eh bien, je souhaite de tout mon coeur qu\u2019elle puisse retrouver le voleur, que la duchesse puisse rentrer en possession de son bien ! Tout en parlant ainsi, Marie Guiscard tournait le dos à ses deux compagnes de roulotte.Ce fut fort heureux, car une pâleur subite s\u2019était étalée sur sa [Lire la suite page 14 ] 10 Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 HMÉj IWÊÈk chait mes omoplates devant l\u2019expression de ses prunelles profondes et vitreuses.Ah ! ces prunelles ! on eût dit des sabords ouverts sur des océans fabuleux, et où, au fond, passaient des éclairs comme des goélettes blanches.Un soir, \u2014 nous étions mouillés en rade de Shanghaï, \u2014 on nous invite à un bal.Et j\u2019aperçois Echgary danser, danser avec une dame frêle et onduleuse et qui semblait se mouler à son corps.Quel beau couple ! Lui, sanglé dans son uniforme bleu, elle, blanche comme une crête d\u2019écume.Le lendemain, nous appareillons.En pénétrant dans notre cabine, je vois, à ma stupéfaction, assis sur ma couchette, un mousse inconnu, en lequel, bientôt, je reconnais la dame du bal.Une femme à bord d\u2019un cuirassé, et enlevée par un des officiers, concevez-vous l\u2019énormité de la chose ! Avec cela, notre commandant n\u2019entendait pas la bagatelle.Mais à quoi pouvaient servir mes remontrances ?Nous voguions déjà.Et Echgary me dit, tranquillement : \u2014 C\u2019est « mon ondine », tu devrais m\u2019aider à la cacher.Je l\u2019y aidai, et, pour nous trois commença une existence extraordinaire.J\u2019ai compris alors ce dont est capable une femme qui aime.La malheureuse restait des heures enfermées dans un coffre, au risque d\u2019y étouffer.Nous la nourrissions de bribes subtilisées à table ; et, la nuit, quand nous étions de quart, nous la portions à moitié évanouie sur le pont pour lui faire respirer un peu d\u2019air.Car depuis son embarquement, nous avions un temps de damnés : tangage, roulis, vent debout et des sifflements et des rugissements comme si la mer nous en voulait.La pauvre souffrait atrocement sans se plaindre jamais, et, dès qu\u2019Echgary approchait, tout son être se transfigurait.Lui aussi l'aimait, mais si farouchement que je me demandais quelquefois avec angoisse : « Que va-t-il advenir de tout cela ?» Une nuit nous cahotions sur l\u2019océan Indien, \u2014 elle était avec nous sur la passerelle, adossée à la timonerie Soudain, elle glisse, Echgary se précipite pour la retenir ; elle s\u2019écrase contre lui, tous deux vont rouler sur le plancher et leurs têtes résonnent contre le cuivre de 1 habitacle.Et voici qu\u2019Echgary se met à hurler, se met à hurler comme si la mort elle-même l\u2019avait enlacé.Et c\u2019était véritablement la Mort qui l\u2019enlaçait, car 1 inconnue venait d\u2019expirer contre le coeur de son ami, et j avais peine à le dégager de l\u2019étreinte de ces bras raidis.Vous comprenez notre terreur.Comment vous ra-contei la suite ?Le commandant, le médecin appelés en hate sur la passerelle pour y constater la mort d\u2019une femme déguisée en mousse ; le désespoir d'Echgary, la mise en gaine, l\u2019immersion par une tempête noire en presence de nous quatre seulement.Le lendemain, la mer souriait comme une aiguade.et le commissaire put établir, d\u2019une main solide, l\u2019acte de deces de cette étrangère, dont on ne savait rien - même pas le nom - et dont la f Lire la suite page 28 1 L\u2019ONDINE Nouvelle par MYRRIAM HARRY Au cours des nuits d'otage, que chante et pleure la mer, si ce n\u2019est tous les malheurs dont elle fut la cause ?Dessin de JEAN MILLET Le typhon s\u2019était apaisé.La mer intérieure ressemblait maintenant à un étang d\u2019automne, où les jonques chinoises tourbillonnaient telles des feuilles mortes.Le paquebot lui-même, aveuglé encore, gémissait sa détresse, et donnait de grands coups de flanc comme pour secouer la chair de poule.Un à un, les passagers remontaient sur le pont.Un groupe s\u2019était formé à l\u2019avant autour du capitaine.\u2014 N\u2019avez-vous pas eu peur ?demanda quelqu\u2019un.\u2014 Peur ! non.Avec un bâtiment de six mille tonnes qui file ses seize noeuds à l\u2019heure, lames et vents sont impuissants.D\u2019ailleurs, aujourd\u2019hui, on prévoit et on calcule les tempêtes ; et on ne redoute jamais un ennemi que l\u2019on connaît en face.Seuls terrifiants sont les périls invisibles, les choses mystérieuses des gouffres ; les visions chimériques qui vous apparaissent par un jour de brume, ou par une nuit de phosphore.Alors ce n\u2019est plus fa peur, c\u2019est l\u2019épouvante, une épouvante dont le souvenir seul fait trembler.On peut naviguer toute sa vie, rencontrer cent fois mort et diable et ne jamais rencontrer cette sensation-là.Mais, quand une fois elle est entrée en vous, elle y reste, elle vous possède et vous ne pouvez plus retourner à la mer, même pour vous y jeter.Cela me rappelle le commandant Echgary.Nous étions de la même promotion et nous avons roulé sur bien des eaux, hamac contre hamac.Il se vantait de descendre d\u2019une vieille famille de corsaires basques, dont les filles accouchaient en chantant le cantique de l'Etoile de la mer, et dont, cependant, peu de mâles revenaient dormir en terre bénie.C\u2019était donc un vrai marin, beau, intrépide, rêveur, et qui aimait la mer de race et d\u2019instinct.Et elle le lui rendait \u2014 du moins pendant un temps, car il connut par elle toutes les chances, celles du métier et de l\u2019amour.A vingt-cinq ans, il était lieutenant de vaisseau et chevalier de la Légion d\u2019honneur.Dans les escales, les femmes papillonnaient autour de lui comme des mouettes autour d\u2019un roc.Et quand nous le plaisantions sur sa fière indifférence, il nous répondait : « Oh ! moi, je suis l\u2019amant d\u2019une ondine qui vient chuchoter avec moi durant mon quart et me jeter par-dessus le bordage des baisers d\u2019embrun.» D\u2019ailleurs, il savait toutes les légendes et toutes les superstitions marines, et y croyait.Il nous racontait souvent \u2014 comme s'il y avait assisté \u2014\u2022 les combats fantastiques et les noces navales de ses ancêtres, les corsaires.Nous riions de tant de naïveté chez un homme de sa trempe ; mais, malgré moi, un frisson rappro- Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 11 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR A QUOI DE BON, UN VENTRE BIEN MUSCLE PEUT-IL SERVIR ?Un ventre bien musclé, oui, qu\u2019est-ce que cela peut bien être ?Nous avons souvent entendu cette question, en conversant, ici et là, avec des amis, des connaissances, des sportmen.Neuf personnes sur dix vous répondront, encore de nos jours et en pleine ville de Montréal, qu\u2019elles n'en savent presque rien.Bien sûr, on sait ce qui est un ventre, mais un ventre musclé ! Les ventres sont gros ou gras, creux ou maigres.Voilà les seules distinctions qu\u2019il leur est possible de faire.Pour ces nombreux braves gens, il n\u2019y a que le bras qui soit musclé.Ils connaissent tous le biceps.Le reste, ce qui se contracte et durcit à l\u2019effort, c\u2019est du nerf.Ce qui reste mou et tremblotant, c\u2019est de la chair, selon leurs expressions.Si vous essayez de convaincre ces braves gens, en leur montrant, par exemple, une photographie d\u2019athlète aux abdominaux puissants et nettement dessinés, ne soyez pas surpris, alors, de les entendre vous dire avec un petit air de bonhomie plein de bon sens : \u201cEh ! Eh ! voilà un ventre comme un sac de noix.Je ne voudrais pas en posséder un pareil !\u201d Ou bien : \u201cMon garçon, tu as un ventre solide, toi ! Mais à quoi bon cela peut-il te servir ?Mon ventre n\u2019est point musclé, ni dur, et, tu vois, je ne m\u2019en porte pas plus mal !\u201d S\u2019il est poli et vous estime quelque peu, il consentira à vous écouter.Vcus pourrez lui expliquer qu\u2019uns grande partie des maux dont souffrent les sédentaires proviennent de leur ventre aux parois chargées de graisse et complètement détendues.Puis, vous pourrez lui dire que la plupart des troubles fonctionnels de la digestion (dyspepsies, dilatations de l\u2019estomac, constipation, maladies du foie, des reins et de la vessie) et de la nutrition (obésité, anémie, insuffisance glandulaire) ont pour cause un abdomen en mauvais état.Les médicaments sont trop souvent impuissants, ou bien leur action n\u2019est que passagère.Les malades-qui, depuis des années, soignent leur estomac par des drogues ne guérissent pas.L\u2019on entend trop souvent dire, même par des médecins, que telle ou telle maladie a pour origine les produits chimiques.Et votre protégé, s\u2019il est intelligent»et raisonnable, vous demandera comment peut-on développer des * muscles abdominaux.S\u2019il demeure incrédule, n\u2019insistez pas, laissez au temps et aux événements le soin de le convaincre.Un jour viendra où, las de tramer son ventre de cabinets médicaux en pharmacies, il se rappellera* un peu tard sans doute, ce que vous lui aviez dit.Les quatre meilleurs mouvements Nous vous indiquons quatre mouvements, choisis parmi les plus simples dans les séries de gymnastique abdominale : 1\t\u2014 Couché sur le dos, les bras dans le prolongement du tronc, faire une élévation du buste et aller toucher avec les mains la pointe des pieds 2\t\u2014 Couché dans la même position, les bras et les jambes formant la croix de Saint-André, élever le buste et venir toucher le pied droit avec la main gauche et inversement.3\t\u2014 Même position, élever alternativement les jambes tendues.4\t\u2014 Même position, décrire des cercles avec les jambes tendues dans les.deux sens.Les deux derniers exercices sont des exercices d\u2019inversion de points fixes et mobiles par rapport aux deux précédents.Il est bon d\u2019observer l\u2019inversion pour mieux développer un muscle.Les quatre exercice gagneraient à être exécutés sur un plan incliné, pour les deux premiers les pieds se trouvant dans la partie la plus haute, pour les deux derniers la tête, à son tour, se trouvant dans la partie la plus haute.Bref, nous voulons que vous ayez des ventres bien musclés pour vivre en bonne santé et longtemps.En luttant contre l\u2019envahissement de la graisse, les muscles abdominaux donnent à leur heureux possesseur une allure plus jeune jusqu\u2019au delà de la cinquantaine.Contre un gros ventre un tailleur ne peut rien.Combien de cinquantenaires sont atteints d\u2019ulcères à l\u2019estomac ou d\u2019occlusion intestinale ?Faites, chaque matin, la gymnastique de plancher que nous vous avons indiquée.Lorsque vous aurez pris goût à l\u2019entraînement, aux résultats oue vous ne manquerez pas d\u2019obtenir, allez chez un bon professeur de culture physique, qui vous apprendra encore bien des choses : comment on peut avoir une poitrine large et bombée, un dos plat et des membres bien faits.Il y a professeur et professeur, culture physique et culture physique.Il faut être prudent dans le choix d\u2019un professeur et ne pas avoir peur d\u2019en changer, si les résultats se font trop attendre.CHOSES ET AUTRES ® Réponses à MM.L.Fournier, C.Malouin et A.Valois, Montréal : 1\t\u2014 Vous gagnez vos paris, car les arbitres Arthur Prince et Charlie Larente, deux des meilleurs arbitres du baseball que nous ayons au Canada, n\u2019officieront pas, cette saison, dans la Ligue Provinciale du président Albert Molini.Ces deux arbitres, obligés de vaquer à leurs nombreuses occupations, à Montréal, ne peuvent pas faire les déplacements nécessaires.Ils arbitreront, cependant, dans les Ligues Junior et Laurentien-ns, au besoin.2\t\u2014 Le premier coup de circuit par-dessus la clôture de droite du magnifique Stade, des Trois-Rivières, fut réussi par le fort cogneur gaucher, Léo Dubé, le 13 septembre 1938, contre le Sorel, champion de la Ligue Provinciale, dans une joute hors-concours que le club Opera, de Roland Liboiron a gagnée par 4 à 3 en dix manches.Léo Dubé patrouillait, alors, le champ droit du club Opera.Par mesure de sûreté, allez voir l\u2019excellent professeur de culture physique de la Palestre Nationale, M.Nick Voici deux athlètes amateurs qui possèdent un abdomen bien musclé, l'un est un fervent adepte de la culture physique, l'autre pratique les poids et haltères.Soyez assurés que ces deux sportifs n'oit pas uie digestion et une nutrition défectueuses, rui ar:-êîenî brutalement l'homme dans ses occupations.Et dire que, pour bon nombre de gens, un homme gras est m costaud.Pour le vulgaire, c'est le signe d'une santé florissante.En vérité, c'est un malade qui s'ignore ! Kebedqy, vous aurez tout à gagner.Allons, suivez ces conseils ! Au travail, soyez patient et volontaire.Il vous faut une forte dose d\u2019énergie ! En avez-vous suffisamment ?3\t\u2014 Oui, messieurs, Fernand Bourdeau, second but des Juniors de Montréal qui ont vaincu, deux fois, les Juniors de Brooklyn, le 26 juillet et le 7 août 1949, à Ebbets Fileds et au Stade des-Royaux de Montréal, est le premier joueur junior qui ait réussi à envoyer promener la pilule blanche dans les estrades du champ gauche du Brooklyn, à une distance de 375 pieds du marbre.Ce jeune cogneur droitier ne possède, cependant, pas un bras assez fort pour bien figurer dans un club de classe B ou C.H Voici une déclaration faite sans malice aucune, qui surprendra un grand nombre d\u2019amateurs des beaux sports amateurs de la chasse et de la pèche : L\u2019emploi de l\u2019avion \u2014 il faut bien suivre le cours normal des temps modernes \u2014 pour la chasse et la pêche, à moin d\u2019être parfaitement contrôlé, menace de diminuer de beaucoup l\u2019intérêt, la passion même qu\u2019ont les chasseurs et les pêcheurs, surtout les chasseurs de lapins sauvages et d\u2019écureuils et les pêcheurs de poissons, élevés dans les piscicultures de nos gouvernements.Nos édiles, donc, devraient prendre l\u2019entier contrôle sur l\u2019emploi de l\u2019aviation à ce sujet, avant qu\u2019il ne soit trop tard.C\u2019est un fait reconnu, le but de ces deux sporls en plein air ne repose pas dans la disparition du gibier et du poisson, mais bien dans la satisfaction personnelle qu\u2019il y a à trouver les bon; moyens pour surmonler les obstacles, délibérément provoqués, la majeure partie du temps.On conçoit assez facilement que l\u2019avion s\u2019avère d\u2019une très grande utilité popr le transport des chasseurs et pêcheurs aux endroits de chasse et de pêche, parfois vierges, aux sanctuaires naturels, autrement dit.C\u2019est bien le Dr Harrison F.Lewis, chef du service de la chasse et de; pêcheries du gouvernement fédéral qui a dit, croyons-nous, que les fabricants et usagers de fusils et carabines reconnaissaient la nécessité d\u2019un contrôle.Ces industriels s\u2019y conforment, d\u2019ailleurs, bon gré mal gré.Il faut, consé-quemment, s'attendre à une compréhension analogue, à une semblable coopération de la part des fabricants et des usagers de l\u2019aéroplane.L \u2022 i» ' m* - Le célèbre savant et mathématicien, ALBERT EINSTEIN ne pose certainement pas ici pour la postérité, car il a vraiment l\u2019air trop débonnaire.Ce qui est plus exact, c\u2019est qu'avec la meilleure bienveillance du monde, il se prête aux questions que lui pose une représentante de l\u2019Etat américain procédant aux inscriptions du dernier recensement.Le sourire, comme on voit, n'est pas incompatible aux hautes mathématiques ! HP « wâ ¦ * Quand l'Est se rencontre avec l'Ouest, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes berlinois.L'esprit tendu comme les poings, il suffit d'un mot, d'un regard pour que l'effervescente jeunesse en vienne aux coups.Comme il est loin le grandiose tableau de Berlin qui devait dicter sa loi au monde pour mille ans ! Et comme les scènes de ce genre sont symptomatiques ! Comment tout cela finira-t-il ?Vers ruel destin est engagée cette jeunesse aigrie ?Questions angoissantes.Les jeunes hypcondriaques feraient bien d'examiner attentivement cette photo.A 102 ans.Mme LYDIA STEVENS a pu voir enfin se réaliser le rêve de sa vie : piloter un avion de tourisme.Et ce ne fut pas pour la frime, puisque la centenaire de Rever, Mass., conduisit belle et bien l'appareil pendant quelques minutes et à une altitude respectable, sous la surveillance, bien entendu, d'un pilote expérimenté.rjt Ci-dessus, (à droite), le grand humoriste et dramaturge, G.B.SHAW heureux comme un communiant de porter un kimono chinois qui lui confère un air de \"mandarin excessivement cultivé\".Cette tenue, qui lui va décidément bien, est un don de Sir R.HOTUNG.industriel de Hong Kong et grand admirateur du génial et terrible G.B.S.ÇÀ^MC/MAGE Ci-dessous, écho du dernier bal des Artistes de la radio.Il s'agissait de la remise des \"Castors\", prix accordés aux interprètes, cameramen, producers, etc., de notre industrie canadienne-française du cinéma, d'après les votes des chroniqueurs et courriéristes cinématographiques de nos journaux, revues et magazines.De g.à d., HECTOR CHARLAND (meilleur interprète masculin, \"Séraphin\") DRUMMOND DRURY (meilleure photographie même film) ; HENRI POITRAS (meilleur rôle secondai re) ; ROBERT CHOQUETTE (meilleur scénario, \"Le Curé de Village\") ; M.JACQUES LANGEVIN, gé rant des ventes de la maison Seagram's qui offrit un cocktail aux récipiendaires à cette occasion ; M RENE GERMAIN, président de Québec-Productions et le Lt-col.PAUL L'ANGLAIS, producer et vice président de lo même société.Assise, NICOLE GERMAIN récipiendaire d'une plaque pour so distinc tion à représenter le monde des artistes dans lo Métropole canadienne.Photo Québec-Productions Ci-dessus, à Olney, dans I*!Minois une fillette de 12 ans.ARMYNTA STOVER, est affligée d\u2019un éternuement à peu près ininterrompu.On a du la transporter à l'hôpital où son état s'améliore, car on a réussi à éloigner les spasmes.On n'a pas oublié qu'un cas tout aussi étrange se produisait chez nous, il y a quelques mois, alors qu'une jeune fille prise d'un hoquet ininterrompu dût être, elle aussi, hospitalisée.Mais le cas de Mlle Stover n'est pas unique à notre connaissance, puisqu'un jeune Anglais, à la fin de l'année dernière, fut également pris d'un éternuement chronique qui intrigua beaucoup le monde médical.Ü \t\t-\t\t, f - 1 a \t\t\t\t1 \t\t\t\t jsS K .\tÜf\t?,! tm.-u\t\tU j* \t:\tvé\t\t Ci-dessus, aspect que présente l\u2019exposition permanente de la C.i.L.en l'immeuble Confederation, rue McGill College, angle Ste-Catherine à Montréal.L\u2019idée de cette initiative consiste à offrir au public le moyen de mieux se renseigner sur les récentes réalisations de la chimie industrielle qui, comme on sait, contribue si largement à ajouter à notre confort comme à notre agrément.\u2014 Ci-contre, à droite, quelques-uns des 180 Russes blancs et des 10 Chinois nationalistes qui ont trouvé refuge dans la petite République Dominicaine.On les voit ici visitant le tombeau de Christophe Colomb.\u20224.x .£5* ' .''j Bruxelles, capitale de la Belgique, est une ville agréable à habiter, qu'il s'agisse d'un long ou d un court séjour.On y aime le théâtre, la musique et les beaux-arts.Ses musées renferment des merveilles.Elle a de beaux monuments gothiques qui datent du Moyen-Age : la cathédrale sainte Gudule, l'hôtel de ville, l'église Notre-Dame du Sablon.Le berceau de Bruxelles est une petite île marécageuse de la Senne, nommée Brocksel, sur laquelle saint Géri, évêque de Cambrai et d'Arras fit construire une église en 610.Bruxelles est un grand centre commercial et les industries de luxe y sont particulièrement prospères.f,' - tl l P P* LA PERLE DE L'ACROBATE [Suite de la page 9] 14 v - , f \u2022%**%*>* .physionomie.Hâtivement, elle quitta .son maillot crème, passa sa chemise, puis s\u2019enfouit entre les draps.Et comme Yetta voulait l\u2019interroger encore : \u2014 Bonsoir ! maugréa-t-elle.J\u2019ai terriblement envie de dormir ! \u2014 Bonsoir ! riposta malicieusement l\u2019écuyère.Fais de beaux rêves ! Songe à ton beau Charles ! \u2014 A demain! fit à son tour Nita, la seconde écuyère.Ce fut tout, on n\u2019entendit plus dans la roulotte que la respiration régulière de ses trois occupantes et le froissement intermittent du papier que Yetia pliait dans ses mains nerveuses.Enfin, lasse, la nièce du directeur éteignit la lampe.Tout retomba dans la nuit et dans le silence.Il \u2014 La perquisition Marie Guiscard ferma les yeux ; toutefois elle mit longtemps à s\u2019endormir.Constamment la scène qui s\u2019était jouée dans la roulotte de son partenaire lui revenait à la mémoire.Elle revoyait la perle qui était allée rouler sur le plancher, puis elle se rappelait le fait divers que Yetta venait de lui lire\u2014 L\u2019acrobate se sentait assaillie par de sombres pressentiments.Devait-elle voir une coïncidence entre le vol accompli chez la duchesse dé Trailles et la découverte surprenante qu\u2019elle avait faite dans la voiture de Charles Moret ?L\u2019énervement de son partenaire s\u2019expliquait-il par la crainte qu\u2019il avait d\u2019être surpris, et cette aigreur trahissait-elle une conscience inquiète ?Plusieurs fois, Marie se tourna et se retourna dans son lit.Tout près d\u2019elle, les deux écuyères dormaient et respiraient tranquillement ; par la fenêtre demeurée grande ouverte de la roulotte, entrait cette bonne odeur d\u2019écurie, si caractéristique de l\u2019atmosphère du cirque.Par le rectangle de l\u2019ouverture tout proche, Marie apercevait la vaste tente du cirque qui semblait d\u2019une blancheur immaculée sous la caresse des rayons blafards de la lune.Le coeur étreint par l\u2019anxiété, l\u2019acrobate laissait toujours vagabonder ses pensées ; elle songeait aux absences répétées de son partenaire, à ses allures inquiètes et trop embarrassées.Le vol s\u2019était accompli pendant la nuit l\u2019avant-veille, mais Charles avait bien pu quitter sa roulotte sans que personne s\u2019en fût aperçu au cirque !.Mais alors, Charles était un voleur ! La jeune fille eut un mouvement de révolte en ébauchant semblable supposition ; pourtant, plus elle réfléchit, plus elle se dit que des charges accablantes pesaient contre son partenaire.Elle se rappelait la vivacité angoissée avec laquelle il s\u2019était précipité pour lui enlever la perle, et avec quelle brutalité aussi il l\u2019avait ensuite repoussée hors de son refuge ! \u2014 Ce n\u2019est pas possible ! se répétait-elle pourtant.Pourquoi aurait-il fait cela ?Pourquoi ?La réponse vint, rapide.Ces temps derniers, en fréquentant les bars des villes où s\u2019arrêtait la troupe, Charles s\u2019adonnait au jeu ! Cette passion menaçait d\u2019entraîner de funestes conséquences.Deux fois, au cours de leur voltige aérienne, l\u2019acrobate s\u2019était aperçue que la main de son partenaire, si ferme naguère, se trouvait agitée d\u2019un léger tremblement.Et elle en avait conçu de vives appréhensions pour l\u2019avenir.Le métier d\u2019acrobate exigeant l\u2019observation du plus strict des régimes et de la plus complète continence.Hélas, Marie Guiscard avait beau caresser les hypothèses les plus diverses, la culpabilité de son partenaire lui apparaissait probable.Les paroles menaçantes qui lui avait adressées Char- f les Moret avant de la renvoyer lui revenaient inlassablement à l\u2019esprit ! Elle croyait toujours entendre la voix impérieuse et légèrement tremblante lui recommander : \u2014 Et surtout, ne va pas raconter cela aux autres ! Tu n\u2019as rien vu, c\u2019est bien entendu ! sinon.Ce « sinon » apparaissait lourd de menace ; pour que l\u2019acrobate en fût venu à une telle extrémité, il fallait indubitablement qu\u2019il ne se sentît pas la conscience tranquille et qu\u2019il craignît de sérieuses complications dans un avenir immédiat.Des aboiements qui se faisaient entendre dans le Voisinage de la roulotte, arrachèrent la jeune fille à ses angoissantes méditations.Inquiète, elle se dressa sur son séant.Les chiens de cirque attachés sous les roulottes, faisaient toujours bonne garde- Marie Guiscard regarda par la fenêtre toute proche.Un pan de ciel étoilé lui apparut, puis, tout auprès, elle aperçut les voitures voisines avec leurs volets clos.Les roulottes étaient éclairées par les pâles rayons de la lune.Les aboiements se prolongeaient toujours, pourtant Marie ne remarqua rien d\u2019anormal.Elle allait s\u2019étendre de nouveau quand elle surprit une silhouette qui se faufilait le long de son refuge.Une homme passait là, furtivement.C\u2019était à n\u2019en point douter sa présence qui avait éveillé la vigilance des chiens, car les aboiements partaient maintenant de différents endroits.La silhouette s\u2019éloigna rapidement et disparut aux regards de la jeune fille ; mais cette dernière avait eu le temps de reconnaître le jersey et le pantalon de toile kaki.\u2014 Emile, le palefrenier ! murmura-t-elle dans un souffle.Marie Guiscard comprit l\u2019agitation des chiens ; le nouvel engagé du direc- teur n\u2019était évidemment pour eux qu\u2019un étranger ; mais sans doute l\u2019homme s\u2019était-il empressé de rejoindre la voiture où il couchait avec les garçons d\u2019écurie, car l\u2019agitation des chiens cessa peu à peu ; de nouveau le silence s\u2019appesantit sur la vaste place où le cirque avait dressé ses tentes.Malgré tout, le calme ne revint pas dans le coeur et dans l\u2019esprit de la jeune fille.Elle se rappela également les propos que lui avait tenus naguère Charles Moret quand il avait fait allusion à Emile ! Le palefrenier avait-il donc tenu un rôle dans l\u2019affaire de la perle ?Et Charles n\u2019avait-il point parlé de méfiance à son égard pour mieux écarter les soupçons de sa partenaire ?\u2014 S\u2019ils étaient complices ?se demanda Marie Guiscard\u2014 Pendant longtemps encore, l\u2019infortunée se creusa la cervelle ; elle se sentit incapable de résoudre le mystère.Enfin, lasse, vaincue par le sommeil et par la fatigue, elle s\u2019endormit.\u2014 Allons, debout, paresseuse ! Ces mots, accompagnés d\u2019un rire joyeux arrachèrent l\u2019acrobate à son sommeil, en même temps, elle se sentit saisir par les pieds puis tomber sur la descente de lit.Ces joyeuses farces étaient fréquentes entre les trois occupants de la roulotte ; mais, ce matin-là, Marie Guiscard n\u2019y apporta point sa gaieté habituelle.Les quelques heures de son sommeil avaient été entrecoupées de cauchemars au cours desquels elle avait revu la perle et Charles Moret.Cependant, sous la douche glacée que lui administrait Yetta avec un broc, Marie Guiscard passa à la riposte, elle boxa confortablement ses deux compagnes qui battirent précipitamment en retraite et la laissèrent seule dans la roulotte.Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 L\u2019acrobate put alors tout à loisir procéder à ses ablutions.Elle achevait de se préparer quand elle surprit une vive effervescence aux abords mêmes de l\u2019énorme tente de toile.Auprès des garçons d\u2019écurie qui s\u2019affairaient, du directeur et de quelques-uns de ses pensionnaires, trois gendarmes et trois individus en civil venaient d\u2019apparaître et semblaient discuter avec force.Marie Guiscard s\u2019arrêta aussitôt, son visage devint soucieux, surtout quand elle reconnut la voix du directeur qui protestait : \u2014 Une perquisition !.Dans mon établissement ! Mais, monsieur le commissaire, ce n\u2019est pas possible ! Je n\u2019emploie que des honnêtes gens, des artistes au sujet de qui je ne puis nourrir le moindre doute ! Ils sont tous au-dessus de tout soupçon.\u2014 Qu\u2019importe, repartit d\u2019une voix sèche le petit homme qui précédait les gendarmes.Je dois perquisitionner, je perquisitionnerai ! L\u2019acrobate était devenue toute pâle.Maintenant ses soupçons se précisaient.Cette perquisition allait s\u2019effectuer pour retrouver la fameuse perle disparue ! Maintenant, le voile se déchirait.Elle ne pouvait plus douter ! Charles Moret était le voleur ! Cette même perle, elle l\u2019avait tenue pendant quelques instants entre ses doigts ! Le commissaire insistant avec force, le directeur se résigna, les gendarmes et les inspecteurs se livrèrent à une fouille minutieuse des roulottes.Atterrés, les gens du cirque assistaient à ces recherches : bon gré mal gré, ils durent se prêter aux investigations de la police.Marie sortit à son tour, le commissaire et deux gendarmes entraient, dans sa voiture.Immobile, elle ^se.Jaissa fouiller pendant que les nouveaux venus inventoriaient les meubles, les bagages, les valises.\u2014\tRien! Toujours rien! grommela le commissaire.A plusieurs reprises, l\u2019acrobate se sentit sur le point de parler, de mettre les policiers sur la bonne piste ; pourtant un scrupule la retint.Le souvenir des relations qu\u2019elle entretenait avec son partenaire, les périodes de chance et de misère vécues ensemble, bien plus que les paroles menaçantes' que lui avaient jetées Charles Moret au début de la nuit, pesèrent sur la décision qu\u2019elle prit de rester discrète.D\u2019ailleurs, après avoir quitté sa rou-lotte\\ le comrnissaire et ses acolytes se dirigèrent vers la voiture occupée par l\u2019acrobate.\u2014\tQui couche ici ?demanda le commissaire au directeur.\u2014\tCharles Moret.Le trapéziste qui fait un numéro avec Mademoiselle dont vous venez de visiter la voiture à l\u2019instant ! Le premier, le directeur monta et frappa à la porte.Personne ne lui répondant, il essaya d\u2019ouvrir.La porte était fermée.Où est Moret ?interrogea-t-il.Un garçon d écurie qui se trouvait là répondit aussitôt : , ü esf en train de s\u2019exercer au trapèze ! Vite ! Dites-lui de descendre et de nous rejoindre immédiatement ! L\u2019interpellé s\u2019empressa d\u2019obéir, pen-dant ce temps on discutait ferme autour de la roulotte.Marie Guiscard demeurait légèrement à l\u2019écart de ses camarades, elle avait peur de laisser deviner son trouble.Je vous me demande un peu ! s\u2019exclamait le directeur, comme si mes pensionnaires pouvaient s\u2019intéresser à la perle de la duchesse de Trailles ! Nous avons assez à faire ici pour nous mquieter de vétilles semblables ! Mes pensionnaires sont des artistes et non point des cambrioleurs ! D\u2019ailleurs, je protesterai, une pareille perquisition va nous causer un tort énorme ! L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 4\t7\t3\t6\t2\t5\t8\t4\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t3\t6 D\tD\tS\tV\tR\tU\tA\tU\t0\t0\tN\tE\tE\tN\tY\tU 8\t4\t2\t6\t7\t5\t3\t6\t4\t2\t5\t7\t6\t3\t6\t4 U\tE\tV\tS\tT\tE\tE\tF\tP\tE\tP\tT\tA\tZ\tI\tI 8\t4\t6\t3\t7\t5\t2\t6\t4\t8\t3\t5\t2\t6\t4\t7 B\tE\tT\tP\tE\tR\tR\tE\tR\tA\tL\t0\tE\tS\tR\tR 8\t4\t6\t3\t7\t5\t4\t6\t2\t8\t5\t3\t6\t4\t2\t6 I\tE\tD\tU\tE\tM\tD\tE\tA\tN\t0\tS\tS\tE\tL\tE 8\t6\t3\t7\t5\t2\t6\t4\t8\t3\t6\t5\t4\t6\t3\t7 E\tN\tA\tM\tT\tI\tV\tU\tI\tU\tI\tI\tX\tE\tD\tB 4\t7\t3\t8\t6\t4\t7\t5\t8\t2\t6\t3\t7\t4\t3\t7 C\t0\tA\tN\tU\t0\tU\t0\tE\tS\tX\tC\tR\tU\tI\tS 3\t8\t7\t8\t3\t8\t4\t7\t3\t8\t5\t2\t8\t4\t8\t3 E\tS\tE\tP\tU\tE\tP\tE\tS\tR\tN\tE\tE\tS\tE\tE Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant du haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 15 vtr Ht l/i PRODUITS IMPEI 1m§ mSsê Ifali iS&'d wrmii ü âiSir®!ïfl mvm ¦¦¦¦» ÿpfi Combien de personnes par gallon?Mais ce n'est pas tout! Trouver le pétrole et vous l'apporter sous la forme des produits dont vous avez besoin est une lourde tâche qui requiert l'énergie, les connaissances et les économies d'un qrand nombre de Canadiens! Produire du pétrole est ardu .et coûte cher! Au sujet du pétrole canadien-Dans ses opérations de fabrication et de mise en vente pour 1949, l'Imperial Oil a gagné moins de trois quarts de cent par gallon, sur chaque gallon vendu.L'argent dépensé par l'Imperial Oil pour son outillage et ses usines équivaut à plus de $19,000 pour chacun de ses employés.Au cours des 10 dernières années, l'augmentation du prix de gros de la gazoline ne fut que le tiers de l'augmentation du prix de gros moyen des autres produits.Des milliers de Canadiens ont un rôle à remplir dans la production de chaque gallon de gazoline Esso que vous utilisez dans votre voiture.Environ 12,000 d'entre eux sont à l'emploi de l'Imperial Oil.Certains ont pour mission de chercher de nouveaux gisements pétrolifères, tandis que d autres sont affectés au transport du pétrole brut, des puits aux raffineries, ou on en tire la gazoline Esso et quantité d'autres produits utiles; d'autres encore voient à ce que ces mêmes produits soient mis à votre disposition lorsque vous en avez besoin.Puis il y a les quelque 10,000 hommes d'affaires indépendants qui, en leur qualité de vendeurs Imperial, vous fournissent nos produits.Il faut aussi mentionner les milliers de gens qui tirent une partie de leur subsistance de la fabrication et du transport des choses innombrables dont l'Imperial Oil fait usage dans ses opérations.L'an dernier, par exemple, nous avons acheté de l'outillage et des fournitures de plus de 3,000 firmes canadiennes.Environ 70,000 Canadiens sont actionnaires de l'Imperial Oil ou détenteurs de ses obligations.Il y a finalement d'autres milliers de personnes qui ont des intérêts dans l'Imperial Oil par l'intermédiaire de leur banque ou de leur compagnie d'assurance, plusieurs banques et compagnies d'assurance canadiennes nous ayant prêté une partie de l'argent de leurs clients afin de nous aider dans notre tâche. 16 Rassurez-vous, coupa le commissaire.Cela ne vous suscitera certainement aucun préjudice.Mais vous comprendrez qu\u2019il me faut accomplir mon \u2018 devoir.Des soupçons pèsent sur cer-ï; tains d\u2019entre vouss II s\u2019agit d\u2019éclairer 1 notre lanterné ! (\tI* Marie écoutait ces propos, quand elle C, apçrgut quelqu\u2019un qui se dressait1 au-fprès d\u2019qlle.C\u2019était Maurice Varton.Botté, ;nu-tête, l\u2019écuyer , s\u2019était faufilé ; auprès ^e' la jeune fille, et bientôt Marie l\u2019entendit qui lui glissait à l\u2019oreille : ^-\u2022£>oÿeÈ courageuse ! Sans doute le cavalier avait-al compris 1 émoi profond auquel sa camarade se trouvait en proie.Marie s\u2019efforça donc de lui sourire, mais un pli amer *se dessina à la commissure de ses lèvres.Et ses alarmes redoublèrent car, \u2019 instinctivement, elle eut l\u2019intuition que |.des yeux s\u2019arrêtaient en ce moment sur elle, elle se redressa et, au tout premier rang des pensionnaires du cirque, ; elle aperçut le palefrenier Emile.C\u2019était le nouveau venu qui considérait ainsi Marie Guiscard ; gênée, elle baissa les yeux.Et Maurice qui s\u2019était aperçue, lui aussi, de l\u2019attention insolite que l\u2019individu accordait à sa voisine, fronça les sourcils et le regarda bien en face à son tour.Quelque peu déconfit, l\u2019homme se détourna et parut concentrer son attention sur le commissaire.Enfin le retour du garçon d\u2019écurie apaisa quelque peu les alarmes de Marie Guiscard.\u2014 Moret arrive ! déclara l'auxiliaire.Il était en train de travailler là-haut au trapèze ! Le garçon venait à peine de prononcer ces mots que l\u2019acrobate apparut, il avait encore le visage couvert de sueur et portait un maillot tout usé qu\u2019il arborait au cours des répétitions du matin.On me demande ?interrogea-t-il.\u2014 Le commissaire voudrait perquisitionner dans votre voiture, expliqua le directeur.\u2014 Perquisitionner ?Pourquoi ?Marie Guiscard qui observait attentivement son partenaire à ce moment s\u2019attendait à le voir se troubler.Il n\u2019en fut rien, ce fut avec un calme imperturbable que Charles Moret déclara : \u2014 A votre complète disposition, monsieur le commissaire ! Prenant alors la clef qu\u2019il avait gardée sur lui, l\u2019acrobate précéda ses visiteurs inattendus, il ouvrit lui-même la porte de la roulotte, puis s\u2019effaçant, il fit signe au commissaire et aux gendarmes d\u2019entrer.Dix minutes durant, le groupe des policiers chercha à l\u2019intérieur de la roulotte.Marie Guiscard qui attendait dehors, s\u2019attendait à tout instant à ce que l\u2019on découvrît la fameuse perle et , à ce que l\u2019on procédât à l\u2019arrestation de son partenaire.Il n\u2019en fut rien.Quand le commissaire et ses assesseurs sortirent de la roulotte, ils n\u2019avaient rien trouvé qui fût susceptible de faire accuser l\u2019acrobate.\u2014 Vous m\u2019excuserez, monsieur le commissaire, fit Charles Moret.Voulez-vous me fouiller ?Deux gendarmes cherchèrent dans les poches de l\u2019acrobate, leurs investigations demeurèrent également sans résultat.\u2014 Vous voyez! déclara le directeur en adressant un regard qui en disait long au représentant de l\u2019autorité.Trois autres roulottes restaient à visiter ; les résultats s\u2019affirmèrent là aussi entièrement négatifs.Alors le commissaire n\u2019insista pas, il s\u2019excusa à son tour auprès du directeur : \u2014 Vous comprenez, déclara-t-il.Les exigences de ma charge.\u2014 Certes, je comprends, fit le patron de Marie, moitié figue et moitié raisin.Les pensionnaires du cirque un instant regroupés autour des voitures où ils discutaient avec animation s\u2019éparpillèrent au départ des gendarmes et des inspecteurs.Maurice resta auprès de Marie ; quant à Charles Moret, il s'arrêta pendant quelques instants, son visage se crispa légèrement quand il vit l\u2019écuyer auprès de sa partenaire, puis il tira une cigarette et l\u2019alluma.Un sourire effleurait ses lèvres, pourtant ce sourire s\u2019atténua bien vite quand le palefrenier Emile qui l\u2019observait du coin de l\u2019oeil.Alors, devenu subitement rageur, il rejoignit la roulotte et ferma derrière lui la porte avec fracas.Ill \u2014 Voltige aérienne L près-midi fut calme, mais naturellement la perquisition du matin demeura le sujet des conversations.Le directeur se montrait toujours exaspéré de la mesure de méfiance qu\u2019on avait prise à son égard ; quant à Charles Moret, il avait reconquis tout son calme.Il ne fit que quelques allusions à l\u2019incident au cours du déjeuner qui réunissait toute la troupe sous la tente de toile.Cependant, on prenait le café, quand l\u2019acrobate se pencha vers le directeur : \u2014 L\u2019aventure qui nous est survenue et les recherches qu\u2019on nous a imposées ce matin m\u2019ont amené à réfléchir, patron ! \u2014 Eh bien, parlez ! fit le directeur agacé.\u2014 Je crois que nous ferions bien de chasser les brebis galeuses qui se sont glissées parmi nous ! L\u2019esprit de camaraderie doit jouer en cette occurrence ! Puisque les perquisitions se sont affirmées vaines, cela n\u2019empêche pas qu\u2019il n\u2019y ait de fumée sans feu.De deux choses l\u2019une, ou bien le voleur se trouve dans notre groupe et il nous appartient de le confondre par tous les moyens, ou bien, nos sommes les victimes d\u2019un odieux mouchard ! Dans ces conditions, nous devons nous montrer aussi implacables ! Un murmure approbateur accueillit cette déclaration, et bien des regards se portèrent à ce moment en direction d\u2019Emile le palefrenier qui s\u2019était installé à l\u2019extrémité de la table et qui semblait fort absorbé à rouler une cigarette.Marie Guiscard observait attentivement les deux hommes.Elle s\u2019étonnait tout d\u2019abord de la remarquable maîtrise de soi que manifestait l\u2019acrobate en cette occurrence.Tout à l\u2019heure, elle s\u2019attendait à la découverte du corps du délit et à l\u2019arrestation inévitable de son partenaire ; pourtant rien de tout cela ne s\u2019était produit.La perle demeurait introuvable.Emile, lui, se montrait tout aussi flegmatique que l\u2019acrobate, il cherchait son briquet, l'allumait, insensible à l\u2019attention hostile dont il était actuellement l\u2019objet de la part des autres pensionnaires du cirque.Et Marie de se rappeler l\u2019incident de la nuit, les aboiements répétés des chiens et la présence furtive du palefrenier dans le voisinage de sa voiture.Les allures de l\u2019individu demeuraient suspectes, certes.\u2014 Je vous en prie, n\u2019allez pas compliquer les choses, Moret ! grommela le directeur.Maintenant que ces messieurs de la police se sont rendus compte qu\u2019il n\u2019existait rien de répréhensible chez nous, oublions l\u2019affaire.Ce serait le comble si nous nous regardions maintenant comme chiens et chats, la plus parfaite harmonie ne doit cesser de régner parmi notre groupe ! C\u2019est bien entendu, j\u2019espère ?Un murmure approbateur accueillit ces propos.Toutefois à l\u2019attitude renfrognée et méfiante de ses pensionnaires, le directeur comprit qu\u2019il n\u2019était Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 pas parvenu à dissiper complètement cette atmosphère de gêne.\u2014 Allons, songeons au travail, mes enfants !.N\u2019oubliez pas que, dans la nuit, aussitôt après la représentation de ce soir, nous reprenons la route, direction Malterre !.La route !.Ils oubliaient qu\u2019ils étaient des éternels errants !.Frappant dans ses mains, une fois le café absorbé, le directeur renvoya donc chacun à son travail.Au moment même où toute la troupe s\u2019éparpillait, Marie se retrouva auprès de Charles Moret.Pendant quelques instants, ils avancèrent de conserve, sans mot dire, puis la jeune fille posa la main sur le poignet de son partenaire.\u2014 Charles, me diras-tu, commença-t-elle.La voix rude de l\u2019acrobate l\u2019interrompit brutalement : \u2014 Minute !.Je n\u2019ai pas d\u2019explication à te fournir !.Et comme Marie Guiscard protestait, Charles Moret ricana : \u2014 Va donc te faire raconter des boniments par le beau Maurice !.\u2014\tJe t\u2019assure, Charles, tu es injuste !.Dans l\u2019intérêt même de notre numéro.\u2014 Je m\u2019en fiche, moi de notre numéro !.D\u2019ailleurs, bientôt.L'acrobate n\u2019acheva point sa phrase, pourtant le geste qu\u2019il esquissa parut suffisamment significatif.\u2014\tMon Dieu !.Tu ne voudrais pas quitter le cirque ?.\u2014\tPour la satisfaction que cela me procure !.Risquer de se faire tuer chaque jour, et souvent deux fois par jour pour le bon plaisir des badauds ! \u2014\tPourtant, Charles.Tu aimais ton métier .notre métier!.Nos projets!.\u2014 Ça, c\u2019est une autre affaire !.Le regard mauvais, l\u2019acrobate marmotta quelques paroles que son interlocutrice ne put parvenir à saisir.Alors Marie n\u2019insista pas, elle comprit qu\u2019en s'obstinant auprès de son partenaire.elle ne parviendrait qu\u2019à se faire dire des choses désagréables.\u2014 Pas aimable votre partenaire !.Marie Guiscard qui avait esquissé quelques pas et qui s\u2019en revenait pensive, la tête basse, se redressa subitement !.Son masque se figea quand elle reconnut Emile.\u2014 Je vous en prie, déclara-t-elle, sèchement.Tout cela est entre nous ! Et je vous interdis.\u2014 C\u2019est bon !.C\u2019est bon !.Je n\u2019insiste pas !.Je ne voudrais pas vous être désagréable !.Et tout en s\u2019écartant de la jeune fille, le palefrenier murmura ces paroles qui la firent aussitôt tressaillir : \u2014 C\u2019est égal, je crois que si vous vouliez parler, cela simplifierait énormément les choses !.\u2014 Que voulez-vous insinuer ?riposta Marie, les poings serrés.\u2014 Ça suffit !.Je me comprends !.Et Emile de tourner délibérément le dos et de s\u2019éloigner vers les écuries du cirque en achevant de fumer sa cigarette.Marie Guiscard s\u2019en revint vers la roulotte.Elle éprouvait à ce moment une impression de faiblesse et de découragement intenses.Jamais elle ne s était sentie aussi seule.Naguère elle se confiait à Charles en ses heures de détresse, mais maintenant, Charles demeurait terriblement distant, il semblait qu un infranchissable obstacle fût dressé entre eux depuis qu elle avait découvert la perle.Pourtant, l\u2019acrobate eût dû être reconnaissant à sa partenaire d\u2019avoir observé un aussi scrupuleux silence !.En agissant ainsi, la jeune fille se demandait maintenant si elle ne s\u2019était pas fait la complice du voleur.Une lutte terrible se livrait à la fois dans LA VIE COURANTE .par Georges Clark \u2014 La chipie, tu la vois ! Elle fait semblant de venir m'aider à la cuisine, mais c'est pour reluquer comment je l'entretiens.% v I />- t Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 son esprit et dans son coeur.D\u2019un pas machinal elle rejoignit les écuries.Les chevaux étaient là, alignés, et soigneusement étrillés, les garçons les soignaient avec un soin jaloux, le directeur tenait particulièrement à sa cavalerie qu\u2019il considérait comme le clou de son programme.\u2014 Eh bien, Marie?.L acrobate se retourna, elle aperçut Maurice qui s\u2019affairait à tresser la crinière d un étalon blanc.L\u2019écuyer portait le costume de cow-boy qui lui était depuis si longtemps familier et le chapeau à larges bords qui lui donnait l\u2019aspect d\u2019un rude gars du Far-West.\u2014 Vous êtes malheureuse, j\u2019en suis sûr !.Pourtant, si je pouvais souffrir à votre place !.Je le souhaiterais de grand coeur !.La voix du cavalier était compatissante, Marie le remercia d\u2019un sourire où il y avait beaucoup plus de tristesse que de joie !.\u2014 Par bonheur, insista Maurice ; il y a le travail !.\u2014 Vous avez raison, il y a le travail.La jeune fille se redressa, ses beaux yeux étincelèrent, elle aimait passionnément son métier et le seul fait que son camarade le lui rappelât la rendait plus forte, plus vaillante.Ce soir, à la représentation, elle serait en forme.Agile, elle fit jouer ses muscles.Et elle se résigna à patienter, faisant confiance à la Providence à qui elle avait recouru bien des fois déjà au cours de son existence errante et si mouvementée.Les heures passèrent pourtant, très lentes jusqu\u2019au soir.Marie ne revit plus Charles Moret jusqu\u2019à l\u2019heure de la représentation.Toutefois l\u2019agitation du cirque et la fébrilité du travail la reprirent tout entière.Elle voulait se griser de mouvement.Et le soir, à plusieurs reprises elle plaisanta avec Yetta et avec Nita, mais son rire sonnait faux, Maurice, toujours attentif à ses moindres gestes et à ses moindres paroles en fit la remarque !.Vers huit heures, ce fut la parade habituelle sur la grande place de Saint-Martial.La foule s\u2019amassait sous le^ rayons éblouissants des projecteurs du cirque.Les musiciens en uniformes rouges à brandebourgs dorés faisaient retentir bruyamment leurs cuivres, trois danseuses évoluaient gracieusement et deux pitres se distribuaient force taloches.Le directeur pouvait constater avec satisfaction que les récentes mesures prises par la police n\u2019affecteraient en rien l\u2019affluence dans son établissement.Bien au contraire, une partie du public, intrigué par la perquisition qui avait eu lieu, s\u2019était rendu là par pure curiosité, alors qu'il eût certainement négligé en temps normal d\u2019assister à la représentation à la représentation.En moins d\u2019une demi-heure la foule s\u2019écrasa sur l\u2019estrade et sur les escaliers qui y conduisaient.Le vaste enceinte du cirque se trouva pleine à craquer.Les uns après les autres, les numéros du programme se succédèrent, tour à tour, clowns, équilibristes, écuyers, an-tipodistes se firent applaudir, et Maurice, dans son costume de cow-boy, obtint un succès tout particulier dans ses exercices de lasso.Les Aérios passaient à la fin de la première partie.Tandis que trois clowns échangeaient entre eux de co-sasses réparties, les garçons de cirque descendaient les agrès à quelques mètres seulement sous le cintre de toile.Les têtes se tendirent, le bourdonnement de voix s\u2019atténua dans la vaste tente, quand Marie Guiscard et Charles Moret firent leur apparition dans la piste sous les rayons multicolores des projecteurs qui les enveloppaient sans cesse.JE ME SENS Das/s TES BRAS Si Rien n\\j faisait d ne Oûu as corn &ÿf * Les deux partenaires semblaient ( d\u2019une extraordinaire légèreté.Après avoir quitté les robes qui recouvraient leurs maillots, ils apparurent, tout blancs, les épaules ceintes d\u2019une peau de léopard.Charles Moret avait le sourire aux lèvres, d\u2019un geste il invita sa partenaire à le précéder dans les agrès.Alors, aux accents d\u2019une valse lente, ce fut la montée.Doucement, avec une tranquillité et une légèreté extrêmes, Marie grimpait à la corde.Quand elle se fut installée sur la barre de ! cuivre du trapèze, son partenaire monta à son tour.\u2022 Gracieuse, la jeune fille étendit la main et envoya un baiser à l\u2019assistance.Comme tous les soirs, ils allaient commencer la voltige aérienne qui les avaient rendus célèbres.Au-dessous, à quelques vingt mètres de là, les gar- J çons vérifiaient la solidité du filet qu\u2019on venait de tendre.Les Aérios abordèrent leur numéro, { tout était mathématiquement réglé.Us devaient sauter d\u2019un trapèze à l\u2019autre, en exécutant un balancement régulier, combiner harmonieusement leurs | mouvements de façon à poursuivre leur [ voltige avec force et précision.Cette fois, Marie constata que son | partenaire était de parfait sang-froid, elle ne surprit chez lui pas la moindre | hésitation, pas le plus minime tremblement.Elle reconquit toute con- | fiance, et oubliant tout ce qui pouvait [ la séparer et l\u2019opposer à Charles, elle se prépara.Ils ne faisaient plus qu\u2019un en ces minutes au cours desquelles l\u2019atmosphère entière du cirque demeurait tendue à l\u2019excès !.Après quelques exercices séparés, la voltige aérienne commença.L\u2019orchestre s\u2019était subitement tu.Et ce fut au milieu d'un silence prodigieux que les deux acrobates s\u2019élancèrent dans le vide, chacun installé sur un trapèze qu\u2019il faisait se balancer à une vitesse de plus en plus accélérée.Les projecteurs faisaient se profiler tout autour des ombres gigantesques.Les mâchoires serrées, les mains crispées aux deux cordes de son trapèze, Marie calcula son premier élan, de son côté, Charles attendait, prêt à bondir.\u2014 Hop !.cria-t-il bientôt.Aussitôt Marie s\u2019élança en avant, abandonnant la barre de cuivre ; avec un ensemble impressionnant, les deux trapézistes se croisèrent dans l\u2019espace et changèrent de trapèzes avec une virtuosité qui déclencha immédiatement des applaudissements enthousiastes.Trois fois ils recommencèrent, trois fois ils réussirent avec la même virtuosité !.Cette fois, les applaudissements crépitaient.Prenant les mouchoirs qu\u2019ils portaient, assujettis à leurs poignets, les deux Aérios se tamponnèrent leurs visages moites de sueur.Ils se frottèrent ensuite les mains avec de la cellophane.De son refuge, Marie apercevait comme dans un rêve les spectateurs et le personnel du cirque, véritables fourmis, et ces innombrables points blancs que piquaient les visages dans l\u2019enceinte.Marie envoya un nouveau baiser.A l'entrée de la piste, elle aperçut Maurice qui ne la quittait pas des yeux.Au bas de la corde qui avait été remontée après leur ascension du début, un homme se tenait, et les sourcils de la jeune fille se froncèrent quand elle reconnut Emile- Pourquoi le palefrenier était-il là ?D\u2019ordinaire c\u2019était un autre garçon qui s\u2019acquittait de cette besogne.Marie parut s\u2019étonner de ce détail qui présentait une certaine importance, car les acrobates aimaient travailler avec des auxiliaires avec qui ils se sentaient depuis longtemps habitués- Charles Moret s\u2019était aperçu lui aussi de ce changement imprévu.Marie put SON NOUVEAU BÉGUIN ÉTAIT LÀ.tout près d\u2019elle .indifférent à la chanson d\u2019amour .à l\u2019éclairage atténué, complice .indifférent à sa présence même.Impossible de s\u2019y tromper .il avait l'air de s\u2019ennuyer, de vouloir être ailleurs ! Hélène n\u2019y comprenait rien.Son charme n\u2019opérait pas ce soir.Pour quelle raison ?Elle sera sans doute la dernière à le savoir.Cela peut vous arriver ! Vous pouvez être des semaines et des semaines sans souffrir d\u2019halitosis (mauvaise haleine) et ce malheur vous arriver, de la manière la plus inattendue, le jour même où vous devriez être à votre mieux.Pourquoi encourir ce risque alors qu\u2019il existe un moyen si simple et si agréable d\u2019avoir toujours l\u2019haleine fraîche ?Matin et soir, avant toute rencontre, rincez-vous simplement la bouche à l\u2019Antiseptique Listerine.L\u2019Antiseptique Listerine n\u2019est pas un expéd ent, bon tout au plus pour un moment.C\u2019est une précaution élémentaire qui aide à garder votre haleine douce et fraîche .non pas pour quelques secondes .ou quelques minutes .mais le plus souvent pendant des heures.Pour n\u2019avoir jamais à regretter votre négligence, servez-vous toujours d\u2019Antiseptique Listerine avant chaque sortie, chaque fois que vous voulez être à votre avantage.C\u2019est une garantie de popularité.Bien que certain; cas d\u2019halitosis soient d\u2019origine organique, la plupart, au dire des autorités, proviennent de la fermentation microbienne d\u2019infimes parcelles de nourriture logées sur les parois de la bouche.L'Antiseptique Listerine arrête rapidement cette fermentation, puis dissipe les odeurs qu elle provoque.Lambert Pharmacal Co.(Canada> Ltd ANTISEPTIQUE LISTERINE .le préventif idéal contre la mauvaise haleine.P.S.Avez-vous essayé le nouveau Dentifrice Listerine à la Menthe, prescription dentaire à triple effet ?(FABRICATION CANADIENNE) 18 MesRecettes f Par IV!me ROSE LACROIX Directrice de l'Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE Gâteau soleil 6 oeufs 5 c.à tb.d\u2019eau % de c.à thé de crème de tartre 1 c.à thé de vanille lVi tasse de sucre Vs de c.à thé de sel 1 tasse de farine à gâteau 1 c.à thé d\u2019essence d\u2019amandes Faire un sirop avec le sucre et l\u2019eau et cuire jusqu\u2019à 240° F., ou jusqu\u2019à ce qu\u2019il fasse des fils.Séparer les oeufs, battre les blancs dans un grand bol et y verser lentement en un jet fin le sirop bouillant.Laisser refroidir.Battre les jannes ]usqu à ce qu ils soient très épais, incorporer délicatement aux blancs.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec la crème de tartre et le sel.Ajouter aux oeufs, bien mélanger sans battre la pâte, aromatiser et verser dans un moule a gâteaux des anges.Faire cuire 1 heure à 300° F.Au sortir du four, renverser le moule et laisser refroidir le gâteau avant de le démouler.Garnir d\u2019une glace a l\u2019érable.Glace à l'érable 1 tasse de sirop d\u2019érable\t2 blancs d\u2019oeufs Faire bouillir le sirop jusqu à 240° F.ou jusqu\u2019à oe qu\u2019il fasse des fils.Verser en fdet et bien lentement sur les 2 blancs d\u2019oeufs battus.Battre au moussoir jusqu\u2019à obtention d une belle mousse bien ferme.En couvrir le gâteau., Ce gâteau fait un très bel effet et Lgure avec honneur dans un beau menu.Si 1 on suit bien à la lettre les instructions, on réussira certainement ce beau gateau, mais aucun détail n\u2019est à négliger.Soupe aux nouilles et aux pois verts V2 tasse de nouilles\tii tasse de pois verts 1 pinte de bouillon de viande Porter à 1 ébullition 1 pinte de bon bouillon de viande et y jeter en pluie V2 tasse de nouilles en petits bouts.Laisser cuire 20 minutes.Ajouter les pois verts, laisser bouillir encore 5 minutes et servir aussitôt.6 services.Consommé eux petits pois 1 poule 1 jarret de boeuf de 2 livres 1 oignon piqué de 1 carotte 1 c.à tb.de sel 1 jarret de veau de 2 livres 1 feuille de laurier clous de girofle quelques branches de céleri 4 pintes d\u2019eau froide Mettre dans une marmite la poule, le veau et le boeuf.Ajouter tous les assaisonnements puis 1 eau froide.Porter à l\u2019ébulliticn.Ecumer et laisser mijoter 4 à 5 heures.Retirer du feu et laisser refroidir les viandes dans le bouillon pour en relever le goût.Le lendemain, enlever toute la graisse qui sera figée à la surface.Faire chauffer de nouveau et couler.On a alors un beau bouillon bien clair auquel on ajoute soit des petits pois verts frais ou des pois de conserve.Servir bouillant.Timbales de ris de veau 1 ris de veau 1 c.à tb.de vinaigre 1 tasse de crème 2 tasses d\u2019eaubouillante 1 c.à thé de sel 3 oeufs 6 champignons frais Faire cuire le ris de veau dans l\u2019eau bouillante salée et le vinaigre 15 à 20 minutes ou jusqu\u2019à ce que le ris soit bien cuit.Retirer du feu et passer en purée.Ajouter les oeufs légèrement battus et la crème.Bien assaisonner de sel et poivre.Verser la préparation dans des petits moules à timbales ou à défaut, des petites tasses bien beurrées.Placer dans un lèchefrite remplie d\u2019eau chaude et cuire au four de 350° F.35 à 40 minutes ou jusqu\u2019à ce que les timbales soient bien fermes.Démouler et garnir chaque timbale d\u2019un champignon sauté au beurre et d\u2019une petite touffe de persil.6 services.Cuisseau de veau à la jardinière Choisir un beau cuisseau de veau et de larder de quelques petites tranches de Jard.Mettre cuire sur un gril dans une lèchefrite au four de 300° F.V2 heure par livre.1 heures avant la fin de la cuisson, ajouter au fond de la lèchefrite 1 oignon tranché, 1 carotte et quelques feuilles de céleri, du sel, du poivre et 1 tasse d\u2019eau chaude, Servir sur plat chaud entouré d\u2019une jardinière de légumes.Ragoût d'agneau au spaghetti 1 c.à tb.de graisse\t1 oignon moyen 1\tgousse d ail\t1 feuille de laurier 1M> livre d\u2019agneau dans l\u2019épaule 2\tc.à tb.de farine\t1 c.à thé de sel 14 de c.à thé de poivre\t1/2 livre de spaghetti V* * O' -\u2019\t¦- l\tAO Faire cuire le spaghetti dans l\u2019eau fiouillànte salée 20 minutes.Egoutter et réserver l\u2019eau de la cuisson.Faire chauffer lé graisse, y faire rissoler l\u2019oignon et la gousse d\u2019ail, puis.ajouter l\u2019agneau qu\u2019on aura eu soin de désosser et de couper en petits morceaux.Saupoudrer de 2 C- à tb, de farine.Mettre 2 tasses d\u2019eau de cuisson du spaghetti et les os de l\u2019agneau désossé.Laisser cuire cjotfcement 1 heure.Bien assaisonner, retirer les os.Dresser le spaghetti sur un plat chaud et masquer avec la sauce de viande.Servir avec ùne marinade quelconque.6 services.Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950' lire toutes les appréhensions qu il éprouvait sur son visage tendu.Et à la clarté aveuglante des projecteurs, elle s\u2019aperçut que son partenaire avait porté la main à sa ceinture ; dans l\u2019espace de quelques secondes, elle vit qu\u2019il tâtait un objet brillant.\u2014 La perle !.haleta la jeune fille- Marie Guiscard ne s\u2019était pas trompée !.C\u2019était bien la fameuse perle que son partenaire tenait là, et tandis qu\u2019elle achevait de pauser avant un nouvel et plus périlleux exercice, la trapèze reconstituait la scène qui s\u2019était jouée quelques heures auparavant !.La perle volée demeurait toujours en possession de son partenaire ; toutefois, prévenant la perquisition qui allait être engagée, l\u2019acrobate était venu, le matin même, sous le prétexte d\u2019un exercice préparatoire, dissimuler l\u2019objet dans le petit sachet qui le pendait au trapèze contenant la cellophane, indispensable à sa voltige aérienne.Maintenant qu\u2019il se sentait hors d\u2019atteinte, l\u2019acrobate s\u2019empressait de récupérer la perle.Le coeur oppressé, Marie baissa de nouveau la tête, elle s\u2019aperçut qu\u2019une agitation insolite régnait sur la piste.Emile n\u2019était plus seul au bas de la corde, trois gendarmes s\u2019y trouvaient maintenant.Une fébrilité de plus en plus grande s\u2019emparait des spectateurs, et auprès des représentants de l\u2019autorité, le directeur, éperdu, gesticulait avec force.IV \u2014 L\u2019homme traqué dp !.cria Charles\u2014 Cette exclamation arracha la jeune fille à sa méditation.Hésitante pendant quelques instants, elle regarda en direction de son partenaire.Charles Moret avait reconquis tout son calme.Sans doute avait-il dissimulé la perle sous sa ceinture, car il faisait preuve d\u2019un calme déconcertant.A deux reprises, il agita la main en direction de sa partenaire\u2014 Alors profondément angoissée, Marie Guiscard se prépara à abandonner son appui, elle se laissa glisser, puis reprit ses balancements au trapèze.Au-dessous, c\u2019était le silence ; une émotion prodigieuse s\u2019emparait de tous les spectateurs, émotion d\u2019autant plus forte, que la présence des gendarmes et 1 arrestation qui semblait devoir se préparer venaient singulièrement corser le programme\u2014 \u2014 Hop!.répéta Charles.De nouveau les deux acrobates aériens se croisèrent dans le vide et rattrapèrent le trapèze opposé avec une virtuosité étonnante ; mais à peine Marie venait-elle de réussir son périlleux exercice, qu\u2019elle entendit au-dessous d\u2019elle des exclamations effarées\u2014 Les spectateurs se levaient, en même temps les gendarmes agitaient les mains.A peine revenue de son émoi, la jeune fille qui se cramponnait aux cordes de son trapèze, regarda l\u2019autre appareil.Une sourde exclamation lui échappa quand elle constata que son partenaire ne s\u2019y trouvait plus.Calculant audacieusement son élan, Charles Moret venait de bondir vers les agrès qui retenaient les deux trapèzes aux poutres établies sous le cintre de toile.Plusieurs détonations éclatèrent, les gendarmes armés de leurs revolvers tiraient en direction de l\u2019acrobate.Leurs balles allèrent se perdre dans la toile qui protégeait l\u2019immense tente circulaire.\u2014 Arrêtez! Arrêtez-le !.\u2014 Il s\u2019échappe !.C\u2019était Emile qui venait de hurler ces derniers mots.Le palefrenier s\u2019agitait et commençait à grimper maintenant le long de la corde dont il tenait l\u2019extrémité tout à l\u2019héure.Dans le cirque, l\u2019agitation devenait telle qu une centaine de spectateurs ehVâ-hissaient déjà la piste- 1 \u2014 Ecartez-vous !.Regagnez vos places !.Vainement, les gendarmes s\u2019efforcèrent de repousser les curieux, ceux-ci ne tardèrent pas à déborder le service d\u2019ordre, pendant que les opérateurs des projecteurs, se déplaçant et s\u2019écartant des deux trapèzes s\u2019efforçaient de prendre sous leurs faisceaux le fugitif-Charles Moret semblait avoir calculé cette audacieuse manoeuvre ; avec une déconcertante agilité, il continuait de grimper.En peu de temps, insensible aux nouveaux coups de feu qu\u2019on lui adressait, il atteignit le cintre ; une fente assez large était pratiquée à cet endroit, alors, exécutant un dernier rétablissement, il se faufila à travers l\u2019orifice, puis, en quelques instants, il disparut\u2014 Des hurlements accueillirent cette périlleuse sortie.Le commissaire arrivait et donnait des ordres, de leur côté les gendarmes avaient quelque mal à remonter le flux des spectateurs qui encombraient le passage\u2014 \u2014 Circulez !.Je vous en prie, circulez !.Il faut que les représentants de l\u2019autorité employassent la manière forte pour contraindre les importuns à leur livrer passage.Des coups de sifflet retentirent\u2014 Des inspecteurs qui avaient été postés tout autour du cirque intervenaient maintenant\u2014 Une fois le premier moment de surprise passé, la chasse à l\u2019homme s\u2019organisa\u2014 Emile semblait prendre le commandement des policiers, en passant auprès du commissaire, il lui glissa : \u2014 Vous voyez bien que j\u2019avais raison, monsieur le commissaire !.L\u2019individu répondait bien au signalement qui nous avait été donné L.De plus, lui seul pouvait manifester une si remarquable agilité au cours de l\u2019escalade de l\u2019hctel !.Mais les deux hommes n\u2019avaient pas le temps de s\u2019expliquer, il fallait agir.Emile qui n\u2019était qu\u2019un inspecteur déguisé et qui s\u2019était fait engager au cirque à seule fin d\u2019arrêter le voleur de la perle de la duchesse, bondit au dehors, dégringola l\u2019estrade et s\u2019en fut rejoindre les inspecteurs, qui commençaient de décharger leurs armes contre une silhouette qui leur apparaissait vaguement sur le rebord de l\u2019immense tente de cirque\u2014 \u2014\tLe voilà !.\u2014\tAttention !.Il va descendre !.\u2014\tRendez-vous ou nous tirons!\u2014 \u2014\tVenez me prendre!.L\u2019acrobate apparaissait tout blanc au clair de lune, il s\u2019était débarrassé de la peau de léopard, et il progressait par bonds sur la toile tendue s\u2019efforçant de trouver une issue par laquelle il pourrait s\u2019échapper à ses acharnés poursuivants\u2014 Pourtant Charles Moret laisa échapper bientôt un grognement de rage.Il avait bien calculé cette dangereuse retraite, et il espérait que la rapidité de son action déconcerterait les policiers ; mais Emile, de son côté avait su prendre ses précautions en conséquence.Les abords du cirque se trouvaient sévèrement gardés.A trois reprises, 1 acrobate espéra pouvoir descendre.Des coups de feu l\u2019accueillirent.Apres avoir fait le tour du cirque, Charles Moret s'arrêta, éperdu, pour la première fois il éprouvait des craintes sérieuses au sujet du résultat de cette tentative désespérée\u2014 Et tandis qu il s arrêtait pendant quelques secondes, qu il se jetait à plat ventre pour reprendre son souffle et pour ne plus servir de cible à ses poursuivants, les scenes qu il venait de vivre se représentaient à son esprit avec la rapidité d\u2019un film de cinéma.C\u2019était effectivement lui qui avait volé la perle disparue !.Après avoir perdu des sommas importfe.ntes au poker, possédé par le démon du jeu, il Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 19 avait voulu se procurer de nouvelles sommes ; au cours de conversations surprises au hasard, il avait appris l\u2019existence de la perle ; alors, profitant des heures creuses du cirque, il s\u2019était documente sur 1 hotel de la duchesse et sur ses abords.L\u2019avant-veille, tandis que tout le monde dormait dans les roulottes, l\u2019acrobate était sorti au cours de la nuit.L#es chiens qui le connaissaient n ayant pas aboyé, il avait pu s\u2019éloigner de la grande place sans éveiller l\u2019attention du directeur et de ses camarades.S\u2019introduire ensuite dans l\u2019hôtel de la duchesse après avoir mené à bien une difficile escalade, n\u2019avait constitué qu\u2019un jeu d\u2019enfant pour le trapéziste qui, chaque soir, dans le cirque, lançait un insolent défi au vertige.Il avait donc volé la perle, puis déjouant toute recherche, était venu se réfugie! dans la roulotte.Personne ne s\u2019était douté de son absence.Ensuite le voleur avait pu croire qu\u2019il jouirait de l\u2019impunité la plus complète et que le cirque quitterait Saint-Martial sans qu\u2019eût été retrouvé le coupable.C\u2019était compter sans l\u2019habileté d\u2019un inspecteur qui le surveillait de très près et qui se fit engager comme palefrenier.Patiemment le policier avait attendu son heure- Marie Guiscard avait deviné juste quand elle s\u2019imaginait que Charles Mo-det était venu dissimuler la perle volée dans le sac de cellophane pour le soustraire aux investigations de la police.Prétextant un exercice matinal, il était monté dans les agrès, et personne n\u2019avait pensé qu\u2019il pût monté dans les agrès, et personne n\u2019avait pensé qu\u2019il pût cacher là-haut son précieux dépôt.Après le départ du commissaire, le faux Emile avait enquêté, sans que nul ne se doutât de sa véritable personnalité.Et il avait acquis la conviction qu\u2019il se passerait quelque chose au cours de la représentation du soir.Aussi avait-il alerté la police\u2014 Maintenant, l\u2019hallali s\u2019achevait sous le grand ciel étoilé.Charles Moret s\u2019arrêta et proféra un sourd juron.Le filet resserrait ses mailles autour de lui.Toutes les issues étaient gardées, il ne pouvait espérer s\u2019échapper.Son poing se crispa quand il pensa à celle qui aurait pu devenir sa femme, à cette Marie qu\u2019il avait si brutalement rudoyée et qui lui avait donné pourtant une si grande preuve de confiance en observant le silence au cours de ta perquisition.\u2014 Dommage !.maugréa le fugitif.J\u2019ai tout gâché !.Maintenant, c\u2019est trop tard.Il faut payer !.\u2014 Au nom de la loi, rendez-vous !.cria le faux Emile.\u2014 Encore une fois, venez me prendre !_.Charles Moret se releva, maintenant sa blanche silhouette apparaissait au clair de lune.Il attendait, debout auprès du fronton du cirque, paraissant défier le groupe d\u2019inspecteurs et de gendarmes qui se massaient autour de l\u2019estrade.Un peu plus loin, des badauds se rassemblaient obsédés à la fois par la curiosité et par la crainte de recevoir une balle perdue.\u2014 Une dernière fois, voulez-vous vous rendre ?.Un ricanement répondit seul à la suprême sommation.Alors plusieurs détonations éclatèrent.Des gendarmes ti- raient.Des cris partirent des groupes de curieux.\u2014 Il en tient !.\u2014 Ils l\u2019ont eu !.\u2014 Justice est faite!.Pendant quelques instants encore la forme droite de l\u2019acrobate se dressa sur le rebord même du cirque, puis, brusquement, après avoir porté les mains contre sa poitrine, il retomba en avant et plongea dans le vide.Ce ne fut plus qu\u2019un cadavre qui vint s\u2019écraser aux pieds du faux palefrenier.Il y eut un moment de silence, les spectateurs se massaient autour du cadavre.Les deux balles qui avaient atteint mortellement l\u2019acrobate avaient tracé deux petites taches rondes sur le maillot blanc à la hauteur du coeur.La mort avait été foudroyante ! \u2014 Je vous en prie, Messieurs, écartez-vous !.Une femme arrivait, avec quelques-uns des gens du cirque.C\u2019était Marie Guiscard.La jeune fille n\u2019avait pas pris le temps de passer un manteau ; elle arrivait toute blanche, à peine descendue du trapèze où elle avait travaillé pour la dernière fois avec son partenaire\u2014 Et maintenant, elle s\u2019arrêtait atterrée auprès du corps qui gisait sur le sol, les bras en croix, tel un tragique pierrot que baignait le clair de lune !.\u2014 Charles !.Mon pauvre Charles !.Marie s\u2019agenouillait maintenant ; ses quelques paroles s\u2019achevèrent en un sanglot.Auprès de ce corps inerte, elle entrevoyait la ruine de tant de projets, la destruction de tant de choses- Emile, lui, s\u2019était baissé ; un point brillant attirait son attention, étendant la main, il se pencha, puis se redressant et se tournant vers son chef qui attendait à deux mètres de là : \u2014 Voici la perle monsieur le commissaire !.\u2014 Je vous remercie, inspecteur Barnier.Et je vous félicite bien vivement !.Croyez que je saurai faire un rapport en conséquence.Pendant que se congratulaient les policiers vainqueurs, Marie Guiscard pleurait à chaudes larmes.Pendant un long moment elle resta là, comme effondrée.Des gendarmes avaient emporté le corps sur une civière qu\u2019elle demeurait encore, courbée sous le poids de la fatalité- Soudam, elle se redressa, une main très douce venait de se poser sur son épaule : \u2014 Ne pleurez pas, Marie !.Je vous en supplie !.Vous savez bien que vous n\u2019êtes pas seule au monde.Il ne tient qu\u2019à vous d\u2019avoir un ami, un compagnon fidèle sur qui vous pourrez vous appuyer, dans la peine, comme dans la joie !.Maurice était là qui s\u2019était approché sans bruit.Alors un sourire empreint de tristesse s\u2019étala sur le visage ravagé de la malheureuse.Elle prit la main que lui tendait le cavalier, et ils s\u2019éloignèrent l\u2019un au bras de l\u2019autre du lieu du drame.Dominant son chagrin, Marie commençait à comprendre qu\u2019elle pourrait atteindre le bonheur par un autre chemin.Au cirque, l\u2019orchestre avait repris la série bruyante de ses accords.Les spectateurs applaudissaient à tout rompre.Triomphante, la fiction reprenait ses droits sur la tragique réalité !.Maurice de Moulin PLUS VITE !.L\u2019avion d\u2019entraînement le plus rapide du monde vient de passer en Angleterre ses premiers vols d\u2019essai.C est un appareil à deux places construit sur le modèle du fameux chasseur Gloster Meteor et comportant des commandes doubles.Il servira de transition entre l\u2019entraînement sur avions à moteurs normaux et celui basé sur le pilotage des avions à réaction.L\u2019avion est muni de moteurs Rolls-Royce du type Derwent qui lui permettent de gagner rapidement en altitude.A faible altitude, il s\u2019élève à une vitesse approximative de 8,000 pieds par minute.La vitesse maximum en est de 580 milles à l\u2019heure.Ce que vous devriez savoii* sut les s pour votre bébé Le but de toute maman est de garder son bébé heureux et sain.Le rôle du médecin est important, et voici, pour vous guider, quelques règles suggérées par une personne compétente en matière médicale.Ces renseignements ne devraient pas être considérés comme pouvant remplacer l\u2019avis de votre médecin.Tous les bébés sont différents et votre bébé peut avoir besoin de soins personnels et peut-être d\u2019un régime spécial.Quand vous avez des doutes, consultez votre médecin et suivez ses recommandations.O © © O © © © © Si le médecin qui a fait l\u2019accouchement est le médecin de famille, il sera probablement aussi le médecin de votre bébé.Mais si c\u2019est un médecin accoucheur, demandez-lui conseil pour trouver un bon médecin pour enfants qui puisse s\u2019occuper du bébé dès sa naissance.Une fois que vous avez quitté l\u2019hôpital, faites examiner régulièrement votre bébé par le médecin\u2014une fois par mois pendant la première année et au moins une fois tous les 3 mois pendant la deuxième année.Si vous habitez trop loin du médecin pour des visites mensuelles, vous pouvez vous mettre en rapport avec lui par téléphone.Si bébé mange bien, dort bien et prend du poids, vous n\u2019avez pas à vous tourmenter.S\u2019il est grognon et malheureux, a de la fièvre, ne garde pas ses repas ou en refuse plusieurs de suite, téléphonez au médecin et décrivez-lui les symptômes.Si vous ne pensez pas pouvoir vous permettre des visites régulières chez un médecin privé, renseignez-vous sur les cliniques pour bébés de votre localité, et emmenez votre bébé pour des visites médicales gratuites.Evitez d\u2019exposer votre bébé à la rougeole.Si d\u2019autres enfants de votre famille ou du voisinage l\u2019ont, prévenez votre médecin.A moins que votre bébé ait de l'eczéma, il devrait être vacciné contre la variole pendant sa première année.Si les réactions durent plus d\u2019une semaine, consultez votre médecin.Votre médecin recommandera peut-être des injections contre la coqueluche vers l\u2019âge de 6 mois.Avant que votre bébé ait atteint 9 mois, il devrait être inoculé contre la diphtérie.C QUARTIER cieé alime+vt6 POUR BÉBÉS Quand vous faites vos emplettes, recherchez la gamme complète de Purées Heinz (Etiquette Bleue,) d'Aliments Heinz pour Enfants (Etiquette Rouge.) et les Céréales Préalablement Cuites Heinz, à l\u2019enseigne du Bébé Heinz.Donner des Aliments Heinz pour Bébés à votre bébé peut presque être considéré comme soin médical.T» qualité de ces aliments nourrissants et salutaires protégera sans aucun doute la santé de votre bébé et l\u2019aidera à devenir fort et robuste.Pour les bébés plus jeunes, Heinz offre 2 genres de céréales et 26 variétés de Purées.Pour les bébés plus âgés, qui sont prêts à mastiquer, il existe 17 variétés d\u2019Aliments Heinz pour Enfants.Tous les Aliments Heinz pour Bébés sont faits avec des ingrédients de choix, frais.soigneusement cuits et mis en boîte sous atmosphère inerte pour en conserver les sels minéraux et autres élémentsnutritifs àun haut degré.Ces nombreuses variétés comprennent des soupes, légumes, fruits, poudings et produits de viande.JtyùmWs HEINZ o-tOl '^>éJbéo 20 Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 NOTRE FEUILLETON ANGOISSES MATERNELLES 9\tpar PAUL SAUNIERE RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Jacques de Montbazon, neveu du marquis du même nom, ayant pris le titre de comte, dilapida une petite fortune à la suite des séductions diaboliques du monde dans lequel il avait vécu, des entraînements de la passion.\u2014 Il poussa l audace jusqu\u2019à enlever la belle petite marquise Geneviève, à l\u2019aide du rusé La Vrille, être méprisable, s\u2019il en fût.\u2014 L\u2019auteur nous fait passer par des peripeties, où la vertu est toujours récompensée et le vice toujours puni.La vie, il faut le dire, est souvent une excuse, avec ses privations et ses cruautés, pour ceux qui tombent.Il I L Y a sax jours, le duc de Caraman I a demandé ma main.Dans deux I jours, on lui a promis une réponse.Eh bien ! vous répondrez que vous ne voulez pas.Je lai déjà dit.Malheureusement, M.et Mme de Montbazon sont disposés en sa faveur.Le titre et la fortune de ce gentilhomme leur ont tourné la tête.Ils m\u2019ont reproché déjà mon ingratitude et je n\u2019ose prévoir les tourments qu\u2019ils me feront subir.A cette situation tendue, il faut absolument un dénouement.Vous seul pouvez l\u2019amener.Hésiter serait une lâcheté.A peine avait-elle prononcé ces paroles qu un bruit confus de carrosse et de piétinements de chevaux retentit dans la cour de l\u2019hôtel.Geneviève courut vivement à la fenêtre.\u2014 Voici le marquis et sa femme, dit-elle.Allons ! Pascal, n\u2019oubliez pas que je suis de coeur avec vous.Ayez de la tête et du courage.Notre salut est à ce prix.Au même instant M.et Mme de Montbazon, à qui on avait annoncé la visite du jeune secrétaire, pénétrèrent dans le salon.Geneviève alla au-devant d\u2019eux et leur tendit son front qu\u2019ils embrassèrent froidement.\u2014 Je vous laisse avec M.Pascal, à qui fai tenu compagnie en votre absence, dit-elle en se retirant.Il a, paraît-il, une communication importante à vous faire et que seuls vous pouvez entendre.Et elle disparut.C\u2019était à dessein qu\u2019elle avait prononcé ces paroles.Connaissant l\u2019extrême timidité de Pascal, elle n\u2019avait voulu lui laisser aucun moyen d\u2019échapper aux aveux que nécessitait la situation.Il ne se faisait pas illusion sur le succès de cette démarche ; il savait qu\u2019elle n\u2019aboutirait sans doute qu\u2019à une séparation nouvelle ; mais il la sentait inévitable, il se décida.Or, il n\u2019était plus l'enfant ignorant et grossier d\u2019autrefois.L\u2019éducation qu\u2019il avait reçue, le milieu dans lequel il avait vécu depuis plus de cinq années lui avaient donné le fond et la forme.Entre un gentilhomme et lui il n\u2019y avait que cette différence : c\u2019est qu\u2019il n\u2019en portait pas le nom et qu\u2019il écrivait le français aussi purement qu\u2019il le parlait.Il éprouvait donc plus de crainte que d\u2019embarras à s\u2019expliquer.M.et Mme de Montbazon l\u2019interrogeaient du regard, un peu étonnés de l\u2019espèce de solennité avec laquelle Geneviève leur avait annoncé le but de cette visite.Ils prirent place dans deux fauteuils, l\u2019engagèrent du geste à se rasseoir et prêtèrent l\u2019oreille.\u2014 Nous t\u2019écoutons, dit le marquis.De quoi s\u2019agit-il ?Commencé dans l'édition du 1er avril 1950.Publié en vertu d'un traité avec la Société de s Gens de Lettres.\u2014 Les noms de person-nages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au fiasard.Pascal eut un léger tressaillement.Cependant ce fut d\u2019une voix claire et assurée qu\u2019il répondit : \u2014 Avant tout, monsieur le marquis, je vous prierai de m\u2019écouter avec la plus grande indulgence, ainsi que vous, madame la marquise.Il s\u2019agit de mon bonheur, de ma vie même.\u2014 Eh bien ! voyons.fit le vieux gentilhomme de plus en plus surpris.\u2014 Vous me connaissez depuis si longtemps, commença le jeune secrétaire, que je n\u2019ai pas à vous parler de moi.Vous savez également par quelle série d\u2019heureuses circonstances je suis arrivé à la situation que j\u2019occupe en ce moment.\u2014 Oui, oui, dit M.de Montbazon avec un geste d\u2019impatience.Où veux-tu en venir ?\u2014 Cette situation ne peut que s\u2019améliorer, poursuivit Pascal.Je vous ai dit quelles promesses m\u2019avait faites le régent et de quelle bonne volonté le cardinal Dubois est disposé à récompenser les services que je lui ai rendus.Or le cardinal est évidemment appelé à devenir premier ministre.S\u2019il ne l\u2019est pas encore de nom, il l\u2019est déjà de fait.Ce n\u2019est donc qu\u2019une question de temps.Et si, comme aujourd\u2019hui, je reste le bras droit de Son Eminence, je crois pouvoir affirmer qu\u2019il n\u2019y aura pas en France beaucoup de personnes dont le sort soit plus enviable que le mien.\u2014\u2022 En effet, tout cela est vrai ou vraisemblable, fit le marquis.Ensuite ?J\u2019aurais désiré attendre, avant de vous livrer-mon secret, la nomination prochaine de mon protecteur et l\u2019avancement qu\u2019il en résultera pour moi, mais les circonstances me forcent à devancer l\u2019heure que j\u2019avais choisie.J\u2019ai appris ce matin que le duc de Caraman avait demandé la main de votre fille.\u2014 Et qu\u2019est-ce que cela peut te faire ?interrogea curieusement M.de Montbazon.-\u2014 C\u2019est ce qu\u2019il me reste à vous apprendre, si vous ne l\u2019avez pas déjà deviné.Je connais Geneviève depuis le jour de sa naissance, j\u2019ai vécu de la même vie qu\u2019elle jusqu\u2019au jour où l\u2019adolescence nous a momentanément séparés.Mais cette séparation a été plus fictive que réelle.Depuis que je l\u2019ai quittée, je n\u2019ai cessé de penser à elle.Vous avez pu voir par le zèle dont j\u2019ai fait preuve ces jours derniers que l\u2019amitié qui m\u2019unit à elle n\u2019a rien perdu de sa vivacité.C\u2019est qu\u2019en grandissant cette amitié est devenue chez moi un amour inaltérable.\u2014 Et c\u2019est à nous que tu oses l\u2019avouer ?s\u2019écria le vieux gentilhomme, incapable de se contenir.\u2014 La loyauté ne m\u2019en fait-elle pas un devoir ?demanda noblement Pascal.Auriez-vous préféré qu\u2019agissant par des voies indignes d\u2019elle et de moi, j\u2019eusse recours à la ruse pour abuser de son inexpérience ?N\u2019est-ce pas à vous que je dois avant tout demander la main de votre fille ?\u2014 Est-ce là, dit le marquis, la communication importante que tu avais à nous faire ?\u2014 Oui, monsieur.J'ai l\u2019honneur de vous demander sa main.\u2014 Toi ?fit-il, En vérité, c\u2019est trop d\u2019impudence ! Mais tu oublies donc qui tu es ?Le vieux gentilhomme laissa échapper un éclat de rire strident.\u2014 Je ne l\u2019oublie pas, non monsieur.Sans cela je n\u2019aurais pas hésité si longtemps à vous faire l\u2019aveu de mon amour.\u2014 C\u2019est que tu avais le sentiment de ton indignité, répliqua le marquis emporté par la colère.Ah ! c\u2019est ainsi que tu reconnais le bien que nous t\u2019avons fait, la sotte bonté avec laquelle nous t\u2019avons accueilli ?D\u2019honneur, c\u2019est à vous dégoûter de la charité.Quoi ! nous avions adopté, élevé, instruit cette enfant pour la donner plus tard à un Pascal ! Ah çà ! tu es fou mon garçon ?\u2014 Je ne suis pas fou, monsieur, répondit le jeune secrétaire avec dignité.J\u2019ai écouté les reproches que vous m\u2019adressez, avec un calme qui ne se démentira devant aucune injure.Je m\u2019étonne même, que parmi vos griefs vous n\u2019ayez pas fait allusion à ma cupidité.Vous avez une grande fortune, n\u2019est-ce pas ?Vous pouvez supposer qu\u2019en aspirant à la main de Geneviève j\u2019ai spéculé sur la dot que vous comptez lui donner.Je m\u2019estime heureux d\u2019aller le premier au-devant de cette infamie.Non, monsieur, je ne veux rien de cette fortune qui ne lui appartient pas.De Geneviève, je ne veux qu\u2019elle.Gardez votre argent.Je me sens assez vaillant, Dieu merci ! pour qu\u2019elle n\u2019ait besoin de personne du jour où elle portera mon nom.\u2014\tMadame Pascal ! Oui, je te conseille de t\u2019en vanter ! Un joli nom que tu lui apportes là ! \u2014\tQu\u2019importe, si Geneviève Duroit s\u2019en contente.Et, s\u2019il devient célèbre un jour, serai-je le premier roturier qui figurera dans l\u2019histoire à côté des Rohan ou des Montmorency ?\u2014\tAinsi, c\u2019est sérieux ?dit M.de Montbazon.Tu demandes la main de Geneviève ! Qui sait ! Tu désires peut-être avoir une réponse immédiate ?\u2014\tJ\u2019en serais heureux, c\u2019est vrai, monsieur.Le marquis bondit sur son siège, en proie à une colère qu\u2019il n\u2019essaya pas de dissimuler.\u2014 Mais où as-tu puisé tant d\u2019audace ?s\u2019écria-t-il.Tu as donc vu Geneviève ?Tu lui as donc fait cette seule confidence ?\u2014 Oui, monsieur, répondit résolument Pascal.\u2014 Et elle approuve ta conduite ?Elle t\u2019aime ?\u2014 J\u2019ai tout lieu d\u2019espérer qu\u2019elle accueillerait ma demande plus favorablement que vous ne paraissez disposé à le faire.\u2014 C'est trop fort, rugit M.de Montbazon, qui se leva de son fauteuil.Ainsi voilà deux enfants auxquels nous nous sommes intéressés par une pitié stupide, et voilà comme ils nous récompensent de ce que nous avons fait pour eux ! Ils s\u2019entendent ensemble pour nous tromper ! Ils méconnaissent les lois de la plus élémentaire reconnaissance ! \u2014 Pardon ! fit observer Pascal, nous ne voulons pas vous tromper, au contraire, puisque nous nous adressons franchement à vous.Notre reconnaissance, notre amitié, notre respect sont les mêmes pour les bontés que vous avez eues pour nous.Quoi que vous en disiez, il n\u2019y a rien dans notre amour qui ressemble à de l\u2019ingratitude.Plus que jamais unis par les liens du mariage, nous ne vous en aimerons que mieux, et.\u2014\tAssez ! interrompit rudement le vieux gentilhomme.Persister une seconde de plus dans cette folie est une offense que je ne saurais tolérer.Ah ! tu veux une réponse ! Eh bien ! je vais te la donner telle qu\u2019elle aura l'avantage de te satisfaire, tout au moins par la clarté.En disant ces mots, il parcourait à grands pas le salon immense, étouffant mal la colère farouche qui grondait en lui.Il s\u2019arrêta enfin devant Pascal, qu\u2019il regarda, bien en face, de ses deux yeux menaçants.\u2014\tSi tu ne nous mens pas, dit-il, si réellement tu nous a volé le coeur de notre enfant, tu es un misérable ! car tu as fait son malheur et le nôtre.Quant à toi, si tu en souffres, si tu en meurs, ce sera just.ee.Tu seras puni par où tu as péché, rien n\u2019est plus logique.Donc va-t\u2019en.Entre nous sont rompus à tout jamais les liens d\u2019amitié qui nous unissaient.Ces liens, c\u2019est toi qui les as brisés, rien au monde ne pourra les renouer désormais.Va-t\u2019en ! Et d\u2019un geste impérieux, dans lequel se révélait tout entier l\u2019orgueil indompté du vieux gentilhomme, il lui montra la porte.~ de pars, dit Pascal, mais je vous plains de tout mon coeur.Il ne tenait qu à vous de faire deux heureux, vous ne 1 avez pas voulu.Que le mal qui en résultera retombe sur votre tête ! A ces mots, s\u2019inclinant profondément devant M.et Mme de Montbazon, il s\u2019éloigna.t Il rentra chez lui, le coeur brisé, s\u2019affaissa dans son fauteuil, s\u2019accouda sur la table et, prenant sa tête à deux Le Samedi, Montréal, 27 mai 1950 21 mains, se prit a pleurer comme un enfant.C\u2019était la première fois qu\u2019il éprouvait semblable défaillance ; mais les injures dont 1 avait abreuvé le marquis, la douleur qu\u2019il ressentait, avaient agi sur son organisme et irrité le système nerveux.Il pleurait, sans songer qu\u2019il était dans son cabinet dont la porte pouvait s\u2019ouvrir à tout instant, oubliant qu\u2019il se devait à tous les solliciteurs qui assiégeaient son antichambre.Précisément le cardinal entra pour lui annoncer une bonne nouvelle.\u2014 Soyez satisfait, dit-il.Le régent a lu le mémoire de la duchesse.Il m'autorise à faire l\u2019enquête et à châtier les coupables.C\u2019est vous que je chargerai de diriger cette affaire, puisqu\u2019elle vous intéresse à un si haut degré.Au son de cette voix bien connue, Pascal leva la tête.Dubois vit son visage inondé de larmes.\u2014 Qu\u2019avez-vous donc ?demanda-t-il avec bonté.\u2014 Rien.balbutia le jeune désespéré, honteux de s\u2019être laissé surprendre.Je viens d\u2019éprouver la plus grande douleur que j\u2019aie eu à supporter de ma vie.\u2014 Qu\u2019est-ce donc ?interrogea le cardinal.Ah ! je devine.Cette jeune fille que vous aimez.que vous avez sauvée il y a quelques jours.elle ne vous aime pas ?\u2014 Elle m\u2019aime, au contraire.Aujourd\u2019hui, à l\u2019instant, elle vient de m\u2019en faire l\u2019aveu.\u2014 Alors ses parents refusent de vous la donner ?\u2014 Ils m\u2019ont chassé ! répondit Pascal en s\u2019essuyant rapidement les yeux.\u2014 Bon ! n\u2019est-ce que cela ?fit Dubois.Alors le dernier mot n\u2019en est pas dit.Je verrai le marquis de Montbazon, je lui ferai entendre raison.Ah ! il ne veut pas de mon premier secrétaire ?Il est bien dégoûté ! Allons ! remettez-vous.C\u2019est de l\u2019enfantillage, cela.Je le sermonnerai, ce vieux vaniteux, et s\u2019il faut ajouter pour le décider quelque chose à ce que j\u2019ai déjà fait poflr récompenser vos loyaux services, je prierai Philippe d\u2019Orléans de me donner un coup d\u2019épaule.Ces paroles amicales rendirent à Pascal un peu d\u2019énergie, si ce n\u2019est un peu d\u2019espoir.Il remercia chaleureusement Son Eminence.\u2014 Demain, lui dit Dubois, le dossier de la duchesse de Mérenval sera entre vos mains.Avant de me le remettre, le régent désire prendre quelques notes.Il doit le faire aujourd\u2019hui.J\u2019ajouterai, pour vous faire plaisir, qu\u2019il m\u2019a recommandé de poursuivre activement cette enquête et, si elle est favorable à la duchesse, de lui rendre immédiatement justice.A ces mots, il s\u2019éloigna.Pascal, un peu réconforté, se remit au travail ; mais il eut beau faire, il ne put surmonter entièrement la douleur à laquelle il était en proie.Vers six heures, il quitta son cabinet.Au lieu de remonter dans son appartement, il franchit la grille du Palais-Royal et se dirigea vers les quais.Il avait besoin de mouvement et de grand air.Instinctivement, ce fut vers l\u2019hôtel de Montbazon qu\u2019il se dirigea.Rien ne paraissait changé dans l\u2019impassible demeure.Et pourtant quel terrible assaut la pauvre Geneviève avait dû subir ! Pascal ne put en supporter la pensée.Il revint sur ses pas, dîna dans un cabaret de la place de l\u2019Ecole, et se disposait à rentrer, quand il passa devant le magasin de Mme Hervieux.Machinalement il y pénétra.XVII Le guet-apens En entrant chez la lingère, Pascal n\u2019avait aucun but.Le prétexte qui l\u2019y conduisait était cependant très plausible.Il venait amioncer à Mme de Mérenval que ses réclamations avaient enfin porté leur fruit et que 1 affaire allait suivre son cours.Précisément la duchesse se trouvait là.En apprenant cette excellente nouvelle, elle manifesta la joie la plus vive.Pu s, brusquement, elle laissa retomber sa tête sur sa poitrine.\u2022\u2014 Hélas ! A quoi me serviront maintenant ces richesses ?.murmura-t-elle.Elle échangea avec Mme Hervieux un regard rapide et se leva.\u2014 N\u2019importe! dit-elle résolument.Je ne vous en remercie pas moins, monsieur, de l\u2019intérêt que vous daignez témoigner à une pauvre et vieille femme telle que moi.Vous et Mme Hervieux, vous êtes les seuls qui, depuis vingt-six ans, m\u2019ayez prise en pitié.Je ne l\u2019oublierai pas.Et si grande que soit ma douleur, si profond que soit mon désespoir, j\u2019aurai le courage de pousser jusqu\u2019au bout l\u2019oeuvre de justice que j\u2019ai entreprise.\u2014 A la bonne heure ! fit Pascal en voyant l\u2019énergie dont ces paroles étaient empreintes.Je vous aime mieux ainsi, madame.\u2014 Et moi aussi, ajouta Jeanne.Qui sait si Dieu ne vous dédommagera pas un jour de ce que vous avez souffert, et ne vous rendra pas le repos et le bonheur que vous avez si bien mérités ?\u2014 Hélas ! Il me reste bien peu d\u2019espoir, ma chère amie.Vous le savez mieux que personne, vous à qui j\u2019ai récemment confié tous mes chagrins.Ah ! reprit-elle en joignant les mains, que Dieu vous entende, vous exauce et me fasse mourir de joie ! Je ne lui demande pas autre chose.A ces mots, elle se dirigea lentement vers la porte.Au moment de la franchir, elle se retourna vers Pascal, qu\u2019elle salua, et regagna son logement, qui se trouvait au second étage de la maison.Jeanne reste seule avec le jeune secrétaire.\u2014\u2019Et moi, lui dit-elle tristement, n\u2019avez-vous rien d\u2019heureux à m\u2019apprendre ?\u2014 Hélas! non, répondit-il.\u2014 Ainsi vous n\u2019avez pas revu ma fille ?\u2014 Je l\u2019ai vue aujourd\u2019hui même.\u2014 Comment va-t-elle ?Est-elle remise de ses frayeurs ?interrogea avidement la pauvre mère.\u2014 De celles auxquelles vous faites allusion, oui, madame.\u2014 Que voulez-vous dire ?Est-ce qu\u2019un autre danger la menace ?\u2014 On veut la marier contre son gré.Et, comme elle est résolue à ne pas céder, elle souffre, elle souffrira encore beaucoup encore.\u2014 Pourquoi ?Celui qu\u2019on veut lui donner est donc indigne d\u2019elle ?\u2014\tC\u2019est le duc de Caraman, un des plus beaux noms èt une des plus belles fortunes de France.\u2014\tLe duc de Caraman ' répéta Mme Hervieux en relevant fièrement la tête.Ah ! Et il est jeune ?\u2014\tH a trente-cinq ans.\u2014\tEh bien ! pourquoi ne veut-elle pas de lui ?\u2014\tParce qu\u2019elle ne l\u2019aime pas.Jeanne se tut et devint songeuse.Un moment, elle s\u2019était laissé éblouir, elle aussi, par le titre et la fortune de ce prétendu ; mais maintenant elle ne songeait plus qu\u2019à son enfant.\u2014\tEst-ce que Geneviève aimerait ailleurs ?demanda-t-elle d\u2019une voix craintive.\u2014\tOui, madame.-\u2014Vous\tconnaissez celui quelle aime ?\u2014 C\u2019est moi.\u2014 Vous ! s\u2019écria Jeanne.Ah ! Dieu soit loué ! Je vous aimerai plus encore à présent.En effet.comment ne m\u2019en suis-je pas doutée ?.Vous avez été élevé avec elle, m\u2019avez-vous dit.vous avez libre accès dans la maison du marquis.\u2014 Il vient de m\u2019en chasser, interrompit Pascal d\u2019une voix étouffée.\u2014 Il vous a chassé ! Que s\u2019est-il donc passé ?Pascal raconta tout au long à Mme Hervieux comment, le jour même, il avait fait pour la première fois l\u2019aveu de son amour à Geneviève, comment celle-ci l\u2019avait instruite du péril qui les menaçait et l\u2019avait autorisé à demander sa main à M.de Montbazon.Enfin, il lui apprit avec quelle méprisante pitié le marquis l\u2019avait accueilli et l\u2019avait jeté à la porte.Jeanne frémissait en l\u2019écoutant.L\u2019idée qu\u2019on faisait violence à sa fille la révoltait.\u2014 Oh ! mais il n\u2019en sera pas ainsi ! s\u2019écria-t-elle en se redressant.Ne vous découragez pas, monsieur Pascal.Cet odieux mariage ne se fera pas, je vous le jure ! \u2014 Hélas! que pouvons-nous faire?.soupira douloureusement le pauvre garçon.\u2014 Comment ! ce que je peux faire ?répliqua Jeanne avec vivacité.Ne suis-je pas la mère de Geneviève ?\u2014 Sans doute, mais n\u2019avez-vous pas renoncé à exercer sur elle aucune autorité ?\u2014 C\u2019est vrai.Tant que j\u2019ai cru qu\u2019il s\u2019agissait de son bonheur, je me suis sacrifiée.Si cruellement que cet abandon me fasse souffrir, dans le même but je me sacrifierais encore.Mais vous venez de me dire qu\u2019on la tyrannise, qu\u2019on la violente, et vous ne voulez pas que tout mon sang bouillonne, que tout mon être tressaille ! Quoi ! j\u2019autoriserais par un silence coupable une telle infamie ! Non, vous ne le pensez pas.Ce n\u2019est pas possible.En effet, ses lèvres frémissaient, ses narines se dilataient, ses yeux brillaient d\u2019ardeurs inconnues, elle tremblait de la tête aux pieds.\u2014 Mais, encore une fois, que ferez-vous ?dit Pascal.N\u2019êtes-vous pas désarmée ?\u2014 Oui, je le suis, mais par une parole seulement.Ah çà ! vous figurez-vous que je ne la reprendrai pas quand il s\u2019agit de sauver mon enfant ?Mais pour la rendre heureuse, je donnerais ma foi, ma religion, ma vie ! Et vous vous imaginez que je demeurerai 1 esclave d\u2019un serment qui m\u2019a été arraché par la misère et le désespoir ?\u2014\tPourtant, fit Pascal, il me paraît bien difficile.\u2014\tQuoi?l\u2019interrompit Jeanne, qui s\u2019exaltait de plus en plus.Que peuvent m\u2019objecter le marquis et la marquise si je veux leur reprendre ma fille ?Mon serment ?Je le renie.Les vingt mille livres qu\u2019ils m\u2019ont données ?Je les leur rends.L\u2019argent qu\u2019ils ont dépensé pour élever Geneviève ?Je le leur paye.Dieu merci ! je suis riche au-jourd hui.J\u2019ai deux cent mille livres à moi, monsèur Pascal ! Quand je devrais les jeter à la face de ces gens-là, j\u2019aurai mon enfant.\u2014\tQu\u2019auront-ils le droit de me reprocher ?Mon parjure ?Est-ce qu\u2019ils ne sont pas parjures aussi aux engagements qu\u2019ils avaient pris ?Est-ce que je leur ai donné sur Geneviève le droit de vie ou de mort ?Est-ce qu\u2019ils ne m\u2019ont pas promis de la rendre riche, heureuse ?Et, au lieu de cela, ils veulent en faire une martyre ! Allons donc ! Tant que je serai là, vivante, cela ne sera pas.\u2014\tCalmez-vous, je vous en conjure, supplia Pascal, effrayé de la surexcitation à laquelle la malheureuse femme était en proie.\u2014 Oui, vous avez raison.Il faut être calme pour envisager froidement la situation ; mais, rassurez-vous, le calme ne me fera rien perdre de mon énergie.Quel heureux hasard que le sort nous ait rapprochés, monsieur Pascal ! Sans vous, je ne saurais même pas si ma fille est de ce monde.A plus forte raison, j\u2019ignorerais qu\u2019on la martyrise.Et bien ! voyons, parlons raison.Quel est votre avis ?Ne pensez-vous pas que mon devoir est de la défendre ?\u2014 Je le pense si bien, madame, que, sans oser espérer de vous une si efficace intervention, j\u2019étais décidé à tout vous apprendre.J\u2019y aurais mis plus de circonspection si vos questions multipliées ne m\u2019avaient arraché la vérité par lambeaux et pour ainsi dire malgré moi.Je ne regrette pas ces aveux.Comme vous, je suis dans mon droit aussi, moi.Ce n\u2019est pas de la fille des Montbazon, après tout, que je demande la main, c\u2019est de la fille de Jeanne Duroit.Je n\u2019ai pas de nom, je n\u2019ai pas encore de fortune, c\u2019est vrai ; mais, avec la situation que j\u2019occupe, je suis en passe de me faire ce nom, de me créer cette fortune.Me trouvez-vous digne, vous, madame, d\u2019être le mari de Geneviève ?\u2014 Certes ! et je serais fière de vous la donner.\u2014 Eh bien ! c\u2019est à vous, sa mère, que je la demande formellement alors, dit Pascal.Qu\u2019ai-je besoin, moi, du titre et des richesses des Montbazon ?Ne puis-je pas suffire à ma vie, à celle de la femme que j\u2019aimerai ?Soyez tranquille, reprit-il en relevant la tête, ce n\u2019est pas le courage qui me manquera ! \u2014 Oh! j\u2019en suis bien sûre, fit Jeanne ; mais alors permettez-moi de vous adresser quelques questions devant lesquelles j\u2019avais reculé jusqu\u2019ici.\u2014 Parlez, madame, je suis à vos ordres.\u2014Vous m\u2019avez dit que vous aviez été élevé avec Geneviève, que vous étiez jadis le compagnon de son enfance.\u2014 C\u2019est la vérité, madame.\u2014 Je n\u2019en doute pas.Vous auriez dû remarquer pourtant combien ces demi-confidences m\u2019ont étonnée.Je n\u2019avais pas osé manifester devant vous cet étonnement, mais aujourd\u2019hui je DANS fe Samedi DU 10 JUIN Première tranche de notre nouveau roman-feuilleton.On sera bien avisé de retenir son exemplaire chez son dépositaire habituel. 22 Le Samedi, Montréal, 27 moi 1950 rTa^ ŸÏÏ^5t\tSD ioutnii^ >®Se etv^seen\touveme Sü ¦»e 16 .ce etvitessef- ouvem^sDi P^ssa^ëesde can°^anoeuvï^ don- \\esiouin itteZien^ _\\aistl ^ eIioi; ^°U\t_\\ les ?£**z££i ¦^$55^==* ie°'l2^ho,s£SteV W«sss ^si soup^e> si\t\\ est andei.51-eivoii V siances lSm^%^eèSasS Ssgs^&P fa d°eUp^sSsQnvou\\S O^sut \\ cv vous ,,ieposse®\t\\ -*'¦ \"\"1 «ShS»®.-«soV**1 votre D\u201c SD \u2019\u2022\u2019TS*.- ggsgfëgSMi M°riCLE U» S°C,\tv voBC !» \\ «oVo\\8u'4^roK^>;è::t p AODÎÜ^-\te, le VfPfui» St\u2019°.rJsm \"Guldc.\u201cratu\u2018H- v&S.**** j.40 »l\u201cS\u2018r\t_ SERVICE DE VENTE ET D\u2019ENTRETIEN D\u2019UN OCEAN A L\u2019AUTRE DEPUIS PLUS DE 25 ANS Consultez les pages jaunes de votre annuaire du téléphone frp&Ui^i é-g-l-i-s-e, le mot anglais c-h-u-r-c-h Dès que j\u2019entends prononcer le mot é-g-l-i-s-e, une foule d\u2019idées qui fourmillent dans mon esprit se mettent en mouvement.Ces idées dormaient dans ma mémoire comme des abeilles dans une ruche silencieuse.Quand l\u2019une d\u2019elles s\u2019éveille en bourdonnant, elle est immédiatement suivie d\u2019une, de deux, et cent autres.Un phénomène semblable se passe dans nos facultés intellectuelles.Au mot é-g-l-i-s-e accourent à mon esprit de multiples pensées.C\u2019est le sanctuaire paroissial où, tout enfant, j\u2019assistais à la messe et remplissais les fonctions d\u2019enfant de choeur.C\u2019est l\u2019orgue vibrant, au son familier et agréable.C\u2019est le chemin de croix dont les personnages, représentés d\u2019une façon ingénue, sont encore vivaces en ma mémoire.C\u2019est la table sainte où j\u2019ai fait ma première communion.C\u2019est la chaire de vérité d\u2019où la voix si bonne et si sympathique de notre vieux curé faisait pénétrer dans nos intelligences enfantines les premières notions de la foi.C\u2019est le cimetière de ma paroisse natale avec ses pierres tombales sur lesquelles sont gravés les noms des parents partis pour l\u2019étemel repos.C\u2019est le son familier de la cloche, sanglotante aux jours de funérailles, ou pleurant le glas funèbre ; vivante et joyeuse quand, du haut du clocher, elle fait entendre, aux cultivateurs attardés dans leurs champs le son harmonieux de l\u2019Angelus du soir qui, sur les campagnes paisibles, égrène lentement sa note qu\u2019un zéphyr unit à son haleine.Voilà toutes les belles histoires, les pieuses impressions, que provoque dans mon esprit le mot français é-g-l-i-s-e.NOTES ENCYCLOPÉDIQUES La promulgation du premier jubilé fut faite par le pape Boniface VIII, en Tan 1300.Un chroniqueur de l\u2019époque évaluait à deux millions le nombre des pèlerins qui se rendirent alors à Rome au cours de l\u2019Année Sainte.Il note qu\u2019on dut prendre certaines précautions pour faciliter le passage de la foule et éviter les accidents.Ainsi, il avait fallu organiser sur le pont Saint-Ange ce que nous appelons aujourd\u2019hui un sens unique, et c\u2019est sans doute la plus ancienne application d\u2019un système maintenant très en vogue.On peut visiter à Titusville, en Pennsylvanie, un musée d\u2019un genre exceptionnel.On y voit réunis les documents qui évoquent les débuts de l\u2019industrie pétrolière et les premiers outils de forage.Au centre d\u2019une grande salle, disposées sur des étagères, de magnifiques urnes de cristal gravées aux armes de l\u2019Etat de Pennsylvanie et qui contiennent tous les échantillons de brut ou de raffiné extraits des puits de la région depuis 1859.Ce sang précieux des profondeurs est tantôt d\u2019une viscosité fluorescente, d\u2019un vert brunâtre, presque noir, tantôt ambré et d\u2019une fluidité étincelante comme de l\u2019or liquide.un silence impressionnant, Nicolas plongeait le crucifix dans l\u2019eau et en aspergeait les fidèles en implorant les bénédictions du ciel.Depuis très longtemps, la question a été posée de savoir s\u2019il était possible de vaincre le sommeil.Un vieux rapport officiel mentionne le nom du lieutenant d\u2019Arcy qui, lors de la retraite des troupes françaises, en 1870, combattit à l\u2019arrière-garde pendant 84 heures.Après cet héroïque fait d\u2019armes, il s\u2019assoupit deux heures puis recommença à faire le coup de feu, comme un simple soldat, pendant 36 nouvelles heures.Le nageur de longue distance le plus célèbre de tous les temps est Pedro Candioti de Santa Fé, en Argentine.Il accumule les triomphes depuis 1922, mais c\u2019est en vain qu\u2019il a essayé chaque année, de traverser à la nage, la rivière Parana, de Rosario à Buenos-Aires, une distance de 205 milles.La plupart des villes méridionales de France se glorifient de quelque monument à la mode classique.Le Capitole de Toulouse est illustre.Arles, Avignon, Aix ont aussi exprimé, par l\u2019architecture, des ambitions municipales.Dans toutes les cités qui conservent des ruines antiques, des églises ou des palais du Moyen-Age, le XVIIIe siècle tient une place honorable.Montpellier possède une esplanade et un château d\u2019eau auquel aboutit un long aqueduc, réduction élégante du Pont du Gard.Marie-Christine de Bourbon devint, à 23 ans, la quatrième épouse de Ferdinand VII, roi d\u2019Espagne.Après la mort de son époux, Christine épousa secrètement un officier de la garde du nom de Munoz, dont elle eut 9 enfants durant sa Régence.Plus tard, lorsque sa fille Isabelle eut pris possession du trône d\u2019Espagne, Munoz, créé duc de Rianzarès, s\u2019exila à Paris avec la duchesse et toute leur famille.Sous le règne des czars, la Bénédiction des eaux avait lieu, chaque année le 6 janvier.Toute la Cour prenait part à cette procession ayant à leur tête, le Czar et le Pope, ce dernier portant un énorme crucifix de style byzantin, incrusté d\u2019or, d\u2019émeraudes, d\u2019améthystes et de turquoises.Puis venait la czari-ne coiffée de la couronne de la grande Catherine ; les grands ducs, oncles du czar et tous les nobles suivaient et se rendaient en chantant des cantiques, jusqu\u2019aux bords de la Néva, et là, dans Un jour, le peintre Goya s\u2019arrêta, dans une exposition devant une toile absolument dépourvue de valeur, mais dont la personne qui l\u2019accompagnait essaya tout de même de lui vanter les mérites.Que c\u2019est beau ! s\u2019écria-t-elle.Beau, naturel ! Vraiment, il peint comme il respire.\u2014 Ah ! s\u2019étonna froidement Goya, ce peintre est donc asthmatique ?A Rome, pas de fête sans flambeaux.On les pique en suivant le contour des fenêtres, des balcons, des frontons.Allumer ces flambeaux est toute une affaire, et une corporation d\u2019ouvriers assure, de père en fils, cette délicate mission.\u2022 La presse astronomique américaine vient d\u2019annoncer que le plus puissant télescope du monde est entré en action au Mont Palomar, en Californie.Cet instrument extraordinaire, une des merveilles techniques du vingtième siècle, qui représente l\u2019aboutissement de vingt années d\u2019efforts appuyés par l\u2019engagement de six millions cinq cent mille dollars, et dont la réussite a exigé la mise en oeuvre des ressources industrielles les plus perfectionnées et les plus puissantes du monde.C\u2019est une surprise même pour les Anglais les mieux informés : Sir Stafford Cripps, l\u2019homme de l\u2019austérité, fait des vers.Le grand argentier britannique est poète.Il a écrit des poèmes d inspiration religieuse et aussi des vers qui chantent les beautés de la campagne anglaise.Et ces vers vont paraître.A ti\u2019-age restreint, bien entendu.El ES touilles laites en Egypte ont permis de retrouver des poteries qui ont été fabriquées cinq mille ans avant notre ere et qui sont en parfait état de conservation. corrosifs sur les .action des gaz ?rûlants s\u2019exerce vP\u2014jÎj La grille de radiateur et d\u2019autres parties de camions et d\u2019autos sont nickelées.Le nickel présente une beauté étincelante et durable.riie Romance of Nickel\", (pii une lais seulement) un livret
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