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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 10 juin 1950
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1950-06, Collections de BAnQ.

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[" '1 10 juin 1950 AL DES CANADIENS 10 cents £ o û vîÈsm&i * - : DANS CE NUMERO : \u2022\tLA DUCHESSE INCONNUE, notre nouveau feuilleton \u2022\tLE GOUFFRE DE PARADIRAC \u2022\tLA CROIX BLEUE ® LE PHARE DANS LA FORET, roman policier par A.Bonneau LE BIEN-ETRE DE VOS ENFANTS «EfeP- £&*SüAû26 La construction è 'R«mplistag« de Sûreté , Willard, assure une protection automatique contre le trop-plein.Elle protège contre le giclage de la solution acidulée qui pourrait corroder ou endommager les câbles el autres pièces métalliques sous le capot.Que votre prochaine batterie soit une Willard, et obtenez la protection SUPPLEMENTAIRE du \"Remplissage de Sûreté\".FAITES VENIR LA BROCHURE GRATUITE Faites venir la brochure complètement illustrée qui explique comment le \"Remplissage de Sûreté\" Willard fonctionne .comment il protège votre auto et votre batterie.Faites-en venir un exemplaire GRATUIT aujourd'hui.pour Démarrages Rapides*et Longue Durée WILLARD STORAGE CO.OF CANADA, LTD., TORONTO, ONTARIO ¦RH ' L\u2019Enseigne d\u2019un Rendement Supérieur Qu\u2019il fasse n\u2019importe quel temps .froid .chaud .ou doux .vous pouvez toujours vous fier a une Willard pour un rendement supérieur.C\u2019est pourquoi des milliers de marchands au Canada et aux Etats-Unis recommandent les Batteries W il lard avec enthousiasme.Ils savent que lorsqu\u2019ils installent une W illard dans votre auto, vous aurez de l\u2019énergie en abondance pour îles démarrages rapides .de l'énergie à votre commande.El les marchands savent que toutes les W illard sont conçues et construites de façon à durer longtemps et coûter peu par mille.Ea prochaine fois, achetez une Willard et obtenez un rendement supérieur .des Démarrages Rapides .et une Longue Durée.Vous pouvez obtenir tout cela pour quelques sous seulement par jour.A PROPOS DU BÉGAYEMENT Le bégayement chez un jeune enfant est le signe d une tension nerveuse qui lui enlève la maîtrise de l\u2019équilibre musculaire indispensable à la parole.C est pourquoi, à ce moment, il ne faut pas intervenir directement dans le but de corriger son langage, tel que faire répéter correctement le mot ou la phrase bégayée.Votre tâche est plutôt de trouver ce qui l\u2019énerve ; ce n\u2019est pas toujours facile car les causes varient et peuvent n\u2019avoir aucun rapport avec 1 action de parler.Faites semblant de ne pas vous apercevoir de son bégayement ; pour le moment, acceptez sa façon de parler comme normale et surtout qu\u2019il n\u2019en soit pas troublé.Souvenez-vous qu\u2019il sent réellement votre anxiété.Si vous laissez paraître votre inquiétude ou votre pitié il réagira en hésitant et en bégayant davantage.La fatigue nuit à la facilité de parler ; les accès de bégayement seront plus fréquents quand l\u2019enfant est très fatigué.Un enfant qui bégaye a besoin de plus de repos qu\u2019un autre.Il faut le coucher tôt et la sieste devrait être continuée même après qu\u2019il aura atteint l\u2019âge de la maternelle \u2014 l\u2019envoyer de préférences à des classes du matin seulement.Si l\u2019enfant ne parvient pas à acquérir des habitudes régulières de sommeil, mieux vaut consulter un médecin.La mauvaise alimentation et l\u2019incontinence d\u2019urine peuvent causer une tension émotive.De sages mesures pour améliorer l\u2019alimentation ou des méthodes différentes de traiter l\u2019enfant qui mouille son lit pourront amener graduellement la disparition du bégayement.Un choc nerveux ou une grande frayeur peuvent causer le bégayement et il faudra vous appliquer à redonner à l\u2019enfant une sécurité nouvelle après son expérience malheureuse.Laissez-le exprimer librement sa peur et son angoisse même s\u2019il bégaye à toute allure.Aidez-le à oublier en lui fournissant une distraction agréable \u2014 promenade ou beau jouet neuf.Il est possible que votre petit bégaye parce qu\u2019il voudrait parler aussi bien que ceux qui l\u2019entourent et c\u2019est bien difficile pour un petit enfant ! Si vous êtes très exigeant et lui demandez la quasi-perfection, il peut éprouver de la difficulté à maîtriser cette chose complexe qu\u2019est le language.Quant à l\u2019enfant qui apprend rapidement à parler, pourquoi lui compliquer la tâche ?Evitez de le donner en spectacle en lui faisant réciter des \u201ccompliments\u201d ; ne le forcez pas à prononcer de grands mots et ne souriez pas de ses erreurs de prononciation.Une autre cause possible : lorsque contraint d\u2019abandonner soudainement une manifestation de tension émotive comme tics nerveux, se sucer le pouce ou ronger ses ongles, il bégayera par compensation.Vous l\u2019aiderez alors par de plus grandes démonstration de tendresse et d\u2019affection, par l\u2019offre de distractions intéressantes et nouvelles comme le dessin et le modelage par exemple, et en évitant d\u2019employer la force pour le corriger de sa mauvaise habitude première.Il arrive qu après une longue maladie, un enfant se mette à bégayer parce qu'il n\u2019est pas encore assez fort pour reprendre son activité ordinaire.Il faut alors veiller à ce que sa réadaptation à la vie normale soit graduelle et facile.Si vous lui enlevez brusquement le surcroît d\u2019attention que vous lui avez prodigué durant sa maladie, son désarroi émotif pourra se traduire par le bégayement.Forcer un enfant gaucher à se servir de sa main droite peut aussi causer le bégayement.La partie du cerveau qui dirige l\u2019usage de ses mains est étroitement liée avec la partie qui maîtrise le langage.Changer ses tendances normales peut avoir des conséquences fâcheuses.A deux ans, l\u2019enfant se sert presqu\u2019indiffé-remment de ses deux mains ; à mesure qu\u2019il vieillit, laissez-le adopter à son gré la main dont il se servira plus facilement.Les enfants qui ont une tendance à bégayer sont, habituellement, des enfants extrêmement impressionnables.Trop d\u2019activité et d\u2019excitation influenceront fâcheusement leur facilité de langage.Il leur faut des habitudes régulières ; limitez les séances de cinéma ou autres causes d\u2019énervement.La colère, la jalousie, la peur, en fait, toute manifestation d\u2019insécurité émotive devrait être scrutée avec soin et considérée avec patience.Les querelles constantes des parents, le manque d\u2019harmonie au foyer peuvent aussi affecter profondément la façon de parler de l\u2019enfant.La sécurité émotive est le plus important besoin de votre enfant.Après l\u2019âge de deux à trois ans le bégayement se manifeste le plus souvent aux époques suivantes : quand l\u2019enfant commence l\u2019école et à l\u2019adolescence \u2014 période qui exigent de lui de réels ajustements.Les parents contribueront vraiment à prévenir ou à guérir le bégayement s\u2019ils n\u2019oublient jamais combien étroits sont les liens entre la stabilité émotive et les habitudes de langage.Dégagez le petit de toute tension et ne le bousculez pas dans ces tentatives d\u2019expression.Laissez-le parler sans l\u2019interrompre et écoutez-le avec patience.Le faire chuchoter, souffler des ballons et chanter renforcira les muscles servant au langage et lui donnera aussi l\u2019impression encourageante qu\u2019il fait quelque chose pour parvenir à dominer son ennuyeuse habitude.Il n\u2019est pas facile de guérir un bègue de longue date et il faut s\u2019attendre à des rechutes : certains cas opiniâtres nécessitent l\u2019avis du spécialiste.NOTRE (OUVERTURE: Nicole vient de recevoir comme cadeau d'anniversaire un tricycle dont elle est fière à juste titre.Mais comme tout bonheur n\u2019est complet que s'il est partagé, elle initie maintenant mademoiselle sa poupée, aux secrets du cyclisme qui en feront sûrement une championne, un jour prochain.(Photo Harold M.Lambert) 1 Le Samedi, Montréal, 10 juin 1950 3 POUR LIRE EN TRAM \u201cTIT-COQ\" A L\u2019ÉCRAN Gratien Gélinas, le fameux Fridolin et le non moins célèbre Tit-Coq de la scène canadienne, projette de filmer sa dernière pièce.Tit-Coq a brisé tous les records dans le domaine théâtral au Canada et nul ne sait quand une autre pièce d\u2019un auteur canadien pourra subir sans broncher 215 représentations devant des salles toujours archi-combles.Dans une récente livraison, la revue New Liberty consacre un grand i article à Gélinas sous le titre « One Man Show », et annonce l\u2019intention du i dramaturge de faire un film avec Tit-Coq.Déjà le film est assuré d\u2019un très grand succès.Ceux qui ont vu la pièce voudront sûrement voir le film.Les autres, qui n\u2019ont pas eu la chance de se J rendre à Montréal pour une représentation, ne le manqueront sûrement pas.Gélinas réussira-t-il au cinéma ?Là-dessus, aucun doute possible.Il l\u2019a prouvé d\u2019ailleurs lorsque l\u2019Office national du film a tourné son Fridolinons 45.Qui n\u2019a pas vu ce film ?Il a fait le tour du Canada.« Te rappelles-tu sa mimique dans la scène du poète devenu notaire, et qui se justifie devant Dieu de n\u2019avoir pas écrit, péché d\u2019omission, les chefs-d\u2019oeuvre qu\u2019il portait en lui \u201d.«Oh! oui, je me souviens.Toi, tu souviens-tu de son monologue où il j racontait que sa mère était en voyage, et que c\u2019était bien ennuyant à la maison | sans elle ?» Tout le monde aime se rappeler une scène ou l\u2019autre.C\u2019est facile parce que cette figure intelligente ne sort plus de la mémoire quand on Ta vue une | fois.Donc, c\u2019est par l\u2019ONF que Gélinas a fait ses preuves à l\u2019écran.Son Tit-Coq, | qu\u2019on tournera, non pas à Hollywood, mais au Canada, est sûrement promis à une longue carrière cinématographique de par le monde.UN \u201cRAJUSTEUR\" D\u2019HOMMES Les « Alcooliques Anonymes » sont une association où on pratique un traitement, basé sur d\u2019anciens principes, qui demande de la part de ses membres un changement d\u2019habitudes, qui prêche une nouvelle façon d\u2019envisager les choses | et qui, pour atteindre son but, exige d\u2019eux un nouveau mode de vie.Tel est le sujet d\u2019un article intitulé « Alcoholics Anonymous » paraissant dans « Health », la revue publiée par la Ligue Canadienne de Santé.La seule condition exigée pour devenir membre des « Alcoholics Anonymous », qui, depuis 1934 au Canada, ont rendu à une vie normale et fructueuse 120,000 alcooliques invétérés, est d\u2019admettre franchement qu\u2019on ne peut résister à la tentation de boire.Sans cet aveu honnête et sans arrière-pensée AA ne peut rien faire pour guérir un alcoolique.En résumé, AA est un groupement d\u2019alcooliques associés ensemble dans le but de s\u2019aider mutuellement à vaincre leur ennemi commun, l\u2019alcool.Ce n\u2019est pas un remède radical, car tout membre réhabilité conserve la peur de l\u2019alcool, mais il devient cet être assez rare : un alcoolique qui refuse de boire.L\u2019article de « Health » insiste sur le fait que malgré que le facteur spirituel y joue un rôle important, « Alcoholic Anonymous » n\u2019est pas une religion.On n\u2019y prêche aucun sermon, aucun dogme ni aucune croyance en particulier, sauf le respect des conventions honnêtes courantes et les simples principes du christianisme.Tout membre est lais46 libre d\u2019invoquer la Puissance Suprême qu\u2019il préfère.Les cas où AA n\u2019a pas eu de succès se recrutent parmi les personnes suivantes : celles qui souffrent d\u2019instabilité mentale ; les « tricheurs » qui ne sont pas véritablement des alcooliques ; les personnes qui entretiennent secrètement l\u2019espoir qu\u2019elles pourront de nouveau trinquer amicalement, et les vantards qui, pour faire montre de virilité, croient que c\u2019est une déchéance que d\u2019admettre qu\u2019ils ne peuvent résister à la boisson.L'ANNIVERSAIRE DE TAGORE L\u2019Inde a célébré le 8 mai, le 89ième anniversaire de feu Rabindranath Tagore, poète, dramaturge, musicien et philosophe indien.Tagore commença à écrire des vers à l\u2019âge de 8 ans et continua à le faire jusqu\u2019à 80 ans.Il est l\u2019auteur de 20 collections de poèmes, 15 ouvrages dramatiques, 5 romans, 5 volumes de dissertations et une quantité de lettres, d\u2019essais et de nouvelles.Sa « Gitanjali » lui a valu le Prix Nobel.M.Daniel Levi, ambassadeur de France aux Indes, a rendu hommage au grand poète à une réunion organisée par la Société Tagore, le 7 mai à New Delhi.M.Levi a dit : « Tagore regardait le monde d\u2019un piédestal, mais il était en même temps plein de compassion et de compréhension pour l\u2019espèce humaine.» Parlant de ses contacts personnels avec le poète, l\u2019ambassadeur de France a dit : « Je l\u2019ai entendu dire une fois, que son nom aurait une meilleure chance de survivre dans la mémoire des hommes par ses compositions musicales que par ses oeuvres purement littéraires.Il semblait considérer la musique comme une sorte de lien avec le divin et avec les aspirations les plus profondes des humains, comme par exemple l\u2019amour et notamment l\u2019amour de son pays.Il n\u2019est pas étonnant que son «Jana Gana Mana » soit devenu un des hymnes nationaux de l\u2019Inde républicaine.» ERRATUM Un titre paraissant sur notre couverture, laquelle fut imprimée antérieurement à cette section du SAMEDI, annonce un article illustré sur la Croix-Bleue.Comme des difficultés de mise en page nous ont obligés à retarder la publication de cet article, on est prié de prendre en note que cette matière paraîtra dans un numéro ultérieur.N.D.L.R.LA FÊTE DES PÈRES EST LE 18 JUIN /ICA RONSON PENCILITER Il allume .il écrit! En plaque ' de Rhodium.$15 mais tous apprécient un ^ONSON LE MEILLEUR BRIQUET AU MONDE RONSON ADONIS Elégant comme une belle montre! Guilloché.$12.51 RONSON WHIRLWIND Pare-brise magique.Fini écaille de tortue ou émail noir.$10.35f RONSON STANDARD Fini satin.$6.85t RONSON MASTERCASE* Etui combiné avec le briquet.Richement émaillé.$15.00 Pressez\u2014il s'allume! Relâchez\u2014il s'eteint! tV compris le Plastikit Ronson contenant des pierres Ronson Redskin, une meche, un passe-meche et une brosse.Naturellement, papa appréciera n\u2019importe quel cadeau que vous lui ferez.Mais si vous lui présentez un Briquet Ronson, il sera fier et heureux.Un briquet Ronson deviendra l\u2019article personnel dont il se servira le plus et qui lui sera le plus utile.C\u2019est le meilleur briquet que vous puissiez donner\u2014et tout le monde le sait.Chaque Ronson est fabriqué au Canada par des experts et selon les meilleurs standards, pour donner des années de service fidèle.Admirez tous les superbes Ronsons chez votre détaillant, depuis $6.85 à $30.00.Evitez les imitations.Recherchez la marque de commerce ronson.Ne l\u2019oubliez pas, tous les briquets fonctionnent mieux avec l\u2019essence Ronsonol et les pierres Ronson Redskin.Ecoutez \u201cLe Journal de Claude-Henri Grignon\u201d chaque semaine à CK AC, Montreal-CHRC, Québec; CKRS, Jonquière; ainsi que \u201c20 Questions\u201d le samedi soir sur le réseau national de Radio-Canada.Ce sont deux emissions Ronson.RONSON Art Metal Works (Canada) Ltd., Toronto, Ontario\t*\t.* 62e année, No 4 \u2014 Montréal, 10 juin 1950 LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C.f et de l'Association des Editeurs de Magaxines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tel : PLateau 9638 * FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachlne (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drommondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) e ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec (Québec et Lévis) e PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières ( Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal do la deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.\u2022 Entered at the Post Office of Sf.Albans.Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un\tan\t\t- $3.50 Six\tmois\t\t- 2.00 \tETATS-UNIS\t Un\tan\t\t- $5.00 Six\tmois\t\t¦\t2.50 e AU NUMERO : 10 cents e HEURES DE BUREAU: 9 h.a.m.à 4.45 h.p.m.du lundi au vendredi.AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition, 4 EDITORIAL D\u2019UN SAMEDI A L\u2019AUTRE Face à l'avenir Juin.Le monde des écoliers songe à plier bagage et à fermer boutique.Un dernier coup de collier : les examens, puis ce sera la fanfare de l\u2019allégresse.Les grandes vacances d\u2019été, trésor sans fond tant il paraît inépuisable, offrent leurs souriantes perspectives.Pour un grand nombre, ce sera l\u2019évasion vers l\u2019azur et le vert des campagnes.D\u2019autres, plus nombreux peut-être, auront pour lot, la rue, le pavé des villes que le mirage du dolce farniente rend hélas trop séduisants.Pour d autres, enfin, ce sera la grande rentrée, définitive et serieuse, celle-là, dans la vie où il faut savoir jouer des coudes, où les mieux armés perdent quelquefois des plumes au combat.Les mieux armés !.Mais que dire, que penser de ces autres encore, les studieusement faibles, les non-préparés, les indécis, les inadaptés ?Combien y en aura-t-il, en cet été qui commence, de ces adolescents déjà marqués au signe de la désillusion ?Combien y en aura-t-il de ces enthousiastes, candidats assurés au désenchantement, appelés à découvrir par eux-mêmes la rigide, l\u2019inflexible loi de l\u2019offre et de la demande ?A qui la faute ?A eux-memes, souvent.A des circonstances inéluctables, sans doute.A leurs aînés, à leur entourage, pour une bonne part.Car la vie d\u2019un homme doit se prévoir de longue main, ou plutôt de longuement, comme disaient les anciens.Il est déjà tard quand un père commence à se demander ce que fera bien son fils de quatorze, quinze ans.Rien de moins sérieux, aussi, pour des parents, que de caresser pour leurs enfants des projets de carrières dont l\u2019accès s\u2019avère dangereusement lointain, hypothétique, en tout cas, en raison du budget imprévisible.Et puis il y a ceci que disparaît la tradition du fils acceptant fièrement de marcher, comme on dit, sur les traces de son père.Bien sûr, dans notre Canada illimité, il y a place pour l\u2019ambition, mais l\u2019ambition est une partie qui se joue à ses risques, et il arrive que le jeune joueur joue imprudemment sans écouter les conseils judicieux d\u2019un père, d\u2019un maître qui, par ailleurs, manque de persuasion ou de fermeté.Life means trouble a dit Bernard Shaw.C\u2019est juste, mais on peut fort bien ne pas s\u2019ingénier à la compliquer davantage.Un bon moyen d\u2019éviter les déboires consiste par exemple à ne pas se lancer inconsidérément dans une carrière que d\u2019avance, l\u2019on sait encombrée.Ce ne sont pas les possibilités qui manquent chez nous, et puis, c\u2019est bien toujours vrai qu\u2019il n\u2019y a point de sots métiers.Voir grand n\u2019empêche pas de voir juste et de mesurer ses élans à ses moyens.Quoi qu\u2019il en soit, tel élève qui doit aujourd\u2019hui fermer son manuel, se sentirait moins pris au dépourvu s\u2019il s\u2019était déjà fait à cette idée que le cours d\u2019une existence peut brusquement dévier.Si encore, au cours des vacances passées, il avait eu la chance de s\u2019essayer, ne fusse qu\u2019en amateur, il aurait l\u2019impression de tomber de moins haut.C\u2019est à ce type et à tous ses semblables que nous pensons en cette fin d\u2019année scolaire qui, pour eux, sera la dernière.Il ne nous reste plus qu\u2019à leur souhaiter la facilité de s\u2019adapter, ce qui est, nous le reconnaissons, un assez mince encouragement.Mais d\u2019autres viendront après eux, et dans les mêmes conditions, ce qui nous fait croire que notre propos n\u2019aura pas été entièrement vain si on juge qu\u2019il mérite d\u2019être considéré et pesé.G.St-O.N'v pensons pas trop Je vais plaire à un dramaturge de chez nous : je vais le citer.Et ce, pour traduire brièvement et uniment ce que pense le monde de l\u2019Ouest (le nôtre) de celui de l\u2019Est (celui compris au delà et un peu en deçà du rideau de fer) : \u201cJe m\u2019aperçois que les Russes sont redevenus (ici, mot très peu obligeant) comme avant.\u201d Disons, pour l\u2019exactitude et la politesse, que ce mot très peu obligeant devait être pris dans le sens d\u2019intraitable et que M.Gélinas qui connaît son public, avait bien su viser la salle avec cette fridolinade.Si l\u2019on se souvient, la réflexion déchaîna un tonnerre de rire, sans aucun doute parce qu\u2019elle revêtait le caractère d\u2019un signal invitant la foule à se goberger d\u2019une illusion qu\u2019on ne pouvait plus entretenir sans risque de sombrer dans le ridicule, illusion de ce one world dont on nous avait fait miroiter les possibilités pendant les années sombres du conflit.On riait donc, et ce rire, il n\u2019y avait pas à s\u2019y tromper, stigmatisait une naïveté que l\u2019on attribuait aux chefs d\u2019Etat des nations alliées, naïveté d\u2019avoir cru au Père Staline comme au Père Noël.Mais la foule, à son point de vue, pouvait rire tout à son aise : les chefs d Etat des nations alliées n\u2019avaient rien souhaité de plus, car tout allait pour le mieux, chez nous du moins, puisqu\u2019une foule perdait ainsi une grande illusion dans la joie.Un oncle à moi, brave homme dont la vue ne porte pas beaucoup plus loin que le bout de sa terre, commençait à se faire, lui aussi, à cette idée que nos alliés les Russes resteraient peut-être amis après la cessation des hostilités, en y mettant, bien entendu, un peu d\u2019eau dans leur vin.Après tout, se disait-il, pourquoi pas ?Il ignorait, le pauvre cher homme, que la solidarité, devant le danger commun, ne dure ce que dure le danger.Dans son esprit, négocier un traité de paix, devait être chose pas plus compliquée, en somme, que de conclure un marché et d\u2019en arrêter les termes comme dans un contrat passe par devant notaire.Les chenapans qui ne respectaient pas la parole donnée, selon lui, ça avait été les Nazis.Peut-etre y avait-il lieu de se montrer plus optimistes avec les Russes ?Cet oncle à moi qui reflétait si bien l\u2019état d\u2019esprit de M.Dupont et de M.Durand, ignorait que \u201cce qui fait la valeur d\u2019un traite entre deux Etats n\u2019a jamais été la contrainte morale de la signature, mais la coexistence généralement provisoire d\u2019intérêts communs.\u201d Cela, Churchill et Roosevelt le savaient fort bien, depuis la résistance de Stalingrad jusqu\u2019à la conférence de Yalta.Jamais il n\u2019ont espéré que l\u2019U.R.S.S.d\u2019après-guerre modifierait les traits essentiels de son idéologie politique en vue d\u2019un rapprochement avec nos démocraties de l\u2019Ouest.Ils avaient trop en mémoire ce conseil de Lénine voulant que \u201cles engagements pris à l\u2019égard des Etats capitalistes par l\u2019Etat communiste ne sauraient en rien lier celui-ci.\u201d Lénine qui avait lu Machiavel entendait que ses disciples le pratiquassent à leur compte.Cela aussi, Churchill et Roosevelt le savaient, mais ils n\u2019en faisaient rien voir, se disant qu\u2019il suffit de faire une guerre à la fois.Déjà, à la conférence de San Francisco, notre très provisoire amitié subissait un sérieux accroc.Les journaux à sensation des Etats-Unis, comme on se souvient, s\u2019en alarmèrent à qui mieux mieux, ce qui donna l\u2019occasion à Lord Halifax de dire finement que ce n\u2019était pas nécessairement la fin du monde.Non, ce n\u2019était pas nécessairement la fin du monde, mais c\u2019était bien le commencement de nos relations difficiles avec nos alliés d\u2019hier.Dès lors, mon brave homme d\u2019oncle, M.Dupont, M.Durand, c\u2019est-à-dire le public de Fridolin, pouvaient se faire à cette idée que les Russes étaient redevenus Russes comme avant.Point n\u2019était nécessaire d\u2019attendre ces confirmations que furent subséquemment la guerre froide ou perlée, le blocus de Berlin et autres gentillesses du genre.La \u201ccoexistence de nos intérêts\u201d communs, d\u2019ores et déjà, n\u2019était plus qu\u2019à l\u2019état de souvenir.Pour l\u2019avenir immédiat, on nous promet que la guerre froide se prolongera (avec risques de se réchauffer), que de nouveaux points névralgiques en Turquie, en Indochine, en Autriche, en Finlande, dans l\u2019Iran, la Corée et Formose se dessinent, que la situation sera particulièrement trouble en 1952 quand prendra fin 1 aide du Plan Marshall, que nos \u201camis\u201d savent se servir de 1 energie nucléaire.Autant de pronostics, beaucoup moins rassurants, ceux-la, que le manque d\u2019urbanité à la conférence de San-Francisco, et la encore, ce ne sera pas nécessairement la fin du monde, ce qui signifie que nous devons \u201ccontinuer de cultiver notre jardin\u201d et ne pas nous perdre dans le vague champ des imaginations, comme a dit le vieux moraliste._G.D Plumes et formes Hollywood nous a habitués à ces riens présentés dans des orgies de décors qu on a baptisés fort à propos d\u2019extravaganzas Les affectifs en trouvent pour leur argent, de sorte que toutes les Margot de chez nous et d\u2019ailleurs sont bien heureuses, en notant qu\u2019il s\u2019en trouve des deux sexes.Et la formule fait tout doucement son chemin.Give them what they want, que diable! Roman, comédie, sketch radiophonique, tout passe à ce traitement, et ma foi, ça colle.L\u2019enveloppe l\u2019emporte sur le produit, ma,s tout ça paraît délectable Le babil est anodin, charmant meme, comme dans un thé chez ces dames bien, mais de sens, il n en faut point chercher puisque chacune et chacun entend se taire bien confortablement en parlant beaucoup.Ce n\u2019est pas la forme qui manque, allez, c\u2019est le fond ! L\u2019autruche aussi, quand elle a peur, montre sa forme .L.S. m '¦N '*«%?:^SmmS££** Esi* TtlUtVIilOH SPSS LES GRANDES REALISATIONS LA TÉLÉVISION Ilya plus d\u2019un siècle \u2014 puisqu\u2019il remonte aux débuts du télégraphe électrique \u2014 que le problème de la transmission des images préoccupe les chercheurs.Il ne s\u2019agissait alors que de la transmission d\u2019images fixes et il faut rappeler, parmi les pionniers de ces âges héroïques, les noms de Bain, Blackwell, Caselli.Les premiers dispositifs pour la transmission d\u2019images animées furent créés vers 1880, et parmi les plus ingénieux figuraient ceux de Maurice Leblanc et de Nipkow.Mais c\u2019est seulement après la guerre de 1914, avec l\u2019apparition des tubes électroniques, qui devaient donner aux chercheurs les moyens matériels ayant fait défaut à leurs devanciers, que la télévision devait entrer dans une ère de développement rapide.La radiodiffusion française possède un groupe important d\u2019installations de télévision à Paris.Conçues d\u2019abord pour l\u2019expérimentation des diverses techniques, puis étendues en vue d\u2019une exploitation régulière (déjà en cours), ces installations comprennent trois éléments essentiels : Le Centre de prise de vues de la rue Cognacq-Jay, près du Champ-de-Mars ; le Centre émetteur de la Tour Eiffel ; des installations mobiles de reportages télévisés.Par sa représentation du monde, immédiate ou différée, la télévision peut s\u2019adresser aux éléments les plus divers de la population et ouvre dès à présent de vastes perspectives.Elle est destinée au foyer familial comme aux lieux de réunions collectives : l\u2019école, l\u2019amphithéâtre, l\u2019usine, la place publique, le hall du journal et même la vitrine du magasin.Elle s\u2019applique aux domaines de l\u2019information, de la documentation rapide, de l\u2019éducation comme à celui de l\u2019art.Le domaine de la télévision artistique s\u2019étend à tous les plans que couvrent aujourd\u2019hui le théâtre, le cinéma, la radio.Par ses montages dramatiques, par ses émissions de danses et de variétés, par ses reportages extérieurs saisissant l\u2019événement à l\u2019instant même où il se déroule, la télévision va faire participer le public à toutes les émotions, à toutes les exaltations de la création de l\u2019oeuvre d\u2019art et de la vie en marche.Le service artistique de la télévision française s\u2019est attaché, dès sa création, à constituer des équipes aptes à réaliser un jour de grands et brillants programmes.Dès que les moyens techniques et financiers indispensables seront assurés, la télévision artistique, qui n\u2019en est encore qu\u2019à ses débuts, affirmera, étendra sa présence dans la vie contemporaine.Aux portes des appartements de chacun de nous, le monde attend la permission d\u2019entrer.Un nouveau Voyage autour de ma chambre sollicite le public.Dans l\u2019intimité du foyer, dans la salle du café, aux carrefours des villages et des grandes villes, place à la télévision ! Photos du haut, de gauche à droite.Indicatif de la Télévision Française.\u2014 La régie de contrôle du Studio I de la Télévision Française.De gauche à droite, le metteur en scène-mélangeur d'images, le chef de production technique et le preneur de son.\u2014 Un des cars de reportage au pied de la Tour Eiffel.\u2014 Ci-contre, au centre, retransmission de la Messe de Minuit célébrée à Notre-Dame de Paris en 1948.\u2014 Plus bas, antenne de l'émetteur de télévision à 819 lignes, située au sommet de la Tour Eiffel.\u2014 Ci-dessous, au centre, caméra à 441 lignes, utilisée dans le studio de télévision de la rue Cognacq-Jay.\u2014 A droite, télécinéma à 819 lignes pour films 35mm.On aperçoit les dérouleurs et le jeu de miroirs qui permet d'envoyer les films sur la mosaïque de l'iconoscope.\tPhotos S.F./.¦ *ses Dirt Aucun autre nettoyeur n'est foit avec du Seismotite Activé Avez-vous des cadeaux à faire ?Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines : Le Samedi La Revue Populaire et Le Film.Remplissez NOS COUPONS D\u2019ABONNEMENT Si vous avez aux alentours de Montréal.PROPRIETE, TERRE OU TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR.9363\t7662, rue St-Denis, Montréal 24 Le Samedi, Montréal, 10 juin 1950 Les sacs de thé Salada sont toujours commodes SACS DE THÉ salada: JB.m - Un cadeâu par mois L\u2019offrande d\u2019un abonnement d\u2019un an (ou de deux ans) à LA REVUE POPULAIRE représente véritablement douze ou vingt-quatre cadeaux en un seul, \u2014 soit un cadeau par mois.Un cadeau peu coûteux pour vous et qui sera accueilli chaque fois avec un plaisir renouvelé.En plus d\u2019une multitude d\u2019articles richement illustrés en couleur, vous offrez ainsi douze ou vingt-quatre romans d\u2019amour complets.Remplissez simplement le bulletin d\u2019abonnement.Notra roman dt juin GRIFFES D'OR par LEO DARTEY y?fWf COUPON D'ABOHHEMENI Canada\t.\tEtats-Unis 1\tan 2\tans $1.50\t1 an .».$2.00 2.50\t2 ans .3.50 ?IMPORTANT : \u2014 Indiquez d\u2019une croix s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Nom du destinataire.Adresse.¥1 Me.Province.Nom de l'envoyeur.Adresse.¥Wte.Prov.ou Etat .POIRIER.BESSETTE & CIE, LIMITEE 075-085.rue de Bullion\tMontréal 18.P.Q.De plus en plus effrayés, les hôtes du salon avaient à peine remarqué l\u2019arrivée de la jeune fille.Eglantine elle-même, très pâle, avec les sourcils froncés, ne semblait rien voir de ce qui l\u2019entourait, excepté la malade, dont l\u2019immobilité devenait terrifiante.\u2014 Eh bien, fit tout à coup une grosse voix pleine et un peu grasse, que vient de me dire M.Lesparre ?Que sa femme était bien malade ?On s\u2019écartait instinctivement devant celui qui entrait, les uns lui tendant la main, les autres le saluant, mais personne n\u2019ayant la force de lui sourire.C\u2019était le docteur Dupouy.Mme Plavès et sa fille réprimèrent toutes deux une assez laide grimace lorsque le vieillard apparut ; mais les deux autres médecins se trouvant absents de Violâmes, Justin Lesparre, avec son droit de mari alarmé, était allé chercher celui-là ; il n\u2019y avait pas moyen de lui fermer la porte de la maison.Il s\u2019approcha.Eglantine et Mme Plavès se reculèrent légèrement.A l\u2019aspect de la malade, le docteur eut un haut-le-corps et fronça violemment ses épais sourcils blancs.\u2014 Oh ! oh ! fit-il, voici une bien bien mauvaise figure, mais cette jeune femme est à l\u2019agonie !.Un grand frisson dans le salon, tandis que Margot regardait d\u2019une façon étrange les deux femmes stupéfaites et décontenancées.\u2014 Qu\u2019a-t-elle donc, docteur ?demanda le notaire d\u2019une voix étranglée.Le vieux médecin haussa les épaules et avança les lèvres.\u2014 Je ne sais pas encore, dit-il, mais je vais essayer de voir.Combien y a-t-il de temps qu\u2019elle a mangé ?-\u2014 Elle a dîné ici même à six heures et demie, docteur, dit Eglantine aussitôt.\u2014 Elle ne s\u2019est pas plainte, depuis le dîner ?\u2014 Non.\u2014 Vous vous trompez, marraine, dit Margot de sa voix claire et légèrement métallique : avant de descendre au jardin, ce soir, elle a dit qu\u2019elle avait mal à la tête.\u2014 C\u2019est vrai, pardonnez-moi, docteur.Cette indisposition subite m\u2019a tellement bouleversé, que je perds la raison.Monsieur Dupouy possa un « ah ! » énigmatique des moins rassurants.Son regard profond allait de la malade à Mme de Lézignac, qu\u2019il troublait d\u2019une façon évidente.\u2014 N\u2019a-t-elle rien bu à ce moment-là ?interrogea-t-il de nouveau.\u2014 Rien, docteur, certifia encore la maîtresse du logis.La femme de chambre qui aidait ses maîtresses, eut un mouvement involontaire ; le médecin le remarqua.\u2014 Vous savez quelque chose, dit-il; quoi donc ?La jeune fille, effrayée du regard que lui jeta Mme Plavès, murmura : \u2014 Oh ! rien, monsieur le docteur, je ne sais rien, je vous de jure ! Sévèrement, le médecin se tourna vers Eglantine.\u2014 Madame, dit-il, ordonnez à cette fille de s\u2019expliquer, ou je croirai que tout le monde ici est d\u2019accord pour me tromper.Eglantine devint livide.Une envie féroce la prit de jeter cet insolent vieillard à la porte, mais elle ne l\u2019osa pas.On aurait pu entendre les dents de la camériste claquer de peur.\u2014\tParle, Jeannie, ordonna Mme Plavès, et dis bien tout ce que tu sais.La jeune fille hésita.\u2014\tAllons, fit Eglantine avec colère, n\u2019as-tu pas entendu ?\u2014\tMadame sait bien qu\u2019après dîner Mme Lucien ayant soif, elle-même est allée lui chercher un verre de limonade, dans la salle à manger.\u2014 Moi ?.Ce n\u2019est pas.balbutia Eglantine.Puis, tout à coup, se ravisant : \u2014 Au fait, dit-elle, c\u2019est vrai !.décidément je deviens folle.\u2014 Alors, demanda M.Dupouy, vous lui avez donné à boire ?\u2014 Oui, docteur.Lucie s\u2019est plainte, en effet, qu\u2019elle avait la gorge sèche, elle voulait un peu d\u2019eau fraîche, et je l\u2019ai engagée à boire plutôt un verre de limonade glacée, dont une grande coupe, dans la salle à manger est toujours pleine durant cette saison-ci.\u2014 Et vous-mêmes lui avez servi cette boisson ?\u2014 Moi-même, je l\u2019ai versée avec une cuiller d\u2019argent et j\u2019ai ajouté un morceau de glace, pris sur la table qui n\u2019était pas encore desservie.\u2014 Est-ce que ce ne serait pas cette glace, demanda le notaire à son tour, qui aurait arrêté la digestion et provoqué cette syncope ?\u2014 Je ne le crois pas, cependant cela pourrait être.Voulez-vous faire préparer des linges chauds et une tasse de tisane, camomille, tilleul ou autre calmant ?continua-t-il.On s\u2019empressa, Margot disparut du salon sans dire où elle allait.En même temps M.Dupouy écrivit rapidement une ordonnance et la remit au notaire en lui disant : \u2014 Allez faire lever vous-même M.Dubidat, le pharmacien, et qu\u2019il prépa-pare cette potion sous vos yeux ; vous la rapporterez ici.Justin Lesparre ne se fit pas répéter l\u2019ordre deux fois et partit en courant.Pendant ce temps, M.Dupouy congédia les quelques personnes qui taient encore demeurées.Après une légère résistance \u2014 car la curiosité ne perd jamais ses droits \u2014 la maison fut débarrassée.Le docteur alors, fit envelopper Lucie d\u2019un châle ; sa respiration était maintenant plus faible, l\u2019extraordinaire rigidité de ses membres s\u2019assouplissait ; elle allait évidemment mieux Il continuait néanmoins à lui prodiguer des soins spéciaux forts actifs et forts intelligents.\u2014 Ah ! mon Dieu ! murmura Mme Plavès en constartarrt l\u2019amélioraltion, elle n\u2019est plus si malade !.Ce n\u2019est rien, n\u2019est-ce pas ?.Le docteur ne répondait toujours point.\u2014 Il faudrait lui faire avaler quelque chose de chaud, dit-il enfin ! Eglantine courut à la sonnette, mais soudain se ravisa.Le valet de chambre était couché là-haut auprès de M.de Lézignac ; le cocher n\u2019était pas dans la maison ce soir-là, il n\u2019y avait à la cuisine que la vieille Catherine, Jeannie et une autre femme de chambre.Probablement les unes et les autres, dans leur effarement, ne comprenaient plus aucun ordre, Mme Plavès ayant déjà constaté qu\u2019on ne pouvait rien obtenir d\u2019elles, Eglantine pensa être plus heureuse.Quelques secondes s \"étaient à peine écoulées depuis quelle avait quitté le salon, lorsque Lucie ouvrit les yeux.Elle sourit à la bonne figure du docteur penchée sur elle.Eh bien, ma chère enfant, demanda M.Dupouy, qu\u2019avez-vous donc ?Mais je ne sais pas, docteur.Pourquoi, en effet, suis-je ici ?Vous avez ete un peu souffrante ?\u2014\tAh ! oui, je me souviens, j\u2019ai eu très mal à la tête.\u2014\tPas autre chose ?\u2014\tSi une douleur intolérable dans le creux de l\u2019estomac, des maux de ventre atroces et une env.e de rendre à laquelle j\u2019ai succomber.\u2014\tCela vous a pris tout à coup ? Le Samedi, Montréal, 10 juin 1950 25 La malade regarda Mme Plavès avec one expression haineuse au visage.\u2014 Non, dit-elle, j\u2019avais déjà souffert dans la soirée.\u2014 Ah ?vous ne vous êtes cependant pas plainte ?\u2014 Je le croyais inutile ; on venait de dîner, j\u2019ai eu soif, Eglantine m'a donné à boire \u2014 mais la limonade que j ai avalée m\u2019a comme démolie des pieds à la tête ; néanmoins cela a vite passé, et je pensais que la douleur ne me reprendrait plus, lorsque, tout à l\u2019heure, le mal m\u2019a terrassée.\u2014 Comment vous trouvez-vous maintenant ?\u2014 Mieux, merci; mais je suis brisée.Où est Justin.?\u2014 Il est allé chez le pharmacien chercher une potion que j\u2019ai ordonnée.Elle hésita et parut chercher autour d\u2019elle dans le salon.Mme Ruth, qui comprit l\u2019interrogation de son regard, intervint.\u2014 Eglantine te prépare elle-même une tisane, ma chère petite Lucie, dit-elle de sa voix onctueuse ; elle est encore toute bouleversée.\u2014 Véritablement ?.Rien ne peut rendre l\u2019intonation méchante, pleine de doute, d\u2019ironie, avec laquelle la malade prononça ce seul mot.A cet instant, Eglantine reparaissait, un bol à la main.Elle entendit, elle sentit surtout l\u2019expression de haine qu\u2019il y avait dans la voix de la malade et tressaillit profondément.\u2014 Ne parle pas, chérie, s\u2019empressa de dire Mme Plavès, redoutant que, devant M.Dupouy, un de leurs ennemis les plus déclarés, Lucie ne laissât éclater tout ce qu\u2019elle paraissait avoir sur le coeur.Eglantine, voyant que le docteur tournait le dos à la porte, et sans penser au jeu des glaces, se retira sans bruit dans la salle à manger.Son visage était tout blanc et ses yeux luisaient comme des charbons.\u2014 Mauvais regard, pensa le docteur, qui l\u2019avait très bien entrevue ; gare à ce qu\u2019elle va faire ! Puis tout haut : \u2014 Pourquoi paraissez-vous mettre et?doute l\u2019affection de votre cousine, madame ?demanda-t-il avec l\u2019intention d\u2019arracher à la jeune femme des confidences que son état d\u2019énervement la rendait incapable de contenir.\u2014 Pourquoi, vous me demandez pourquoi, vous l\u2019ignorez ?s\u2019écria-t-elle brusquement.Il y a donc quelqu\u2019un qui l\u2019ignore dans le pays ; je ne le croyais pas ; mais au fait, je vais vous le dire, comme je le dirai du reste à tout le monde, lorsque je pourrai agir et parler.A cet instant Margot arrivait, et c\u2019était elle maintenant qui portait le bol qu\u2019Eglantine avait dans les doigts quelques secondes auparavant.D\u2019un coup d\u2019oeil, la perspicace jeune fille vit, à l\u2019exaltation de Lucie, à la curiosité qui brillait dans le regard du vieux médecin et au bouleversement des traits de Mme Plavès que quelque chose d\u2019extraordinaire se passait.\u2014 Bois, Lucie, fit-elle de sa petite voix ferme en s\u2019approchant d\u2019elle.La malade obéit, mais elle n\u2019avait pas fini d\u2019avaler la dernière gorgée qu\u2019elle retomba tout à coup en arrière sans proférer une parole, privée de mouvement et de sentiment.Le corps tout entier se roidit sous l\u2019influence d\u2019une convulsion tétanique, tous les membres se replièrent sur eux-mêmes, puis se redressèrent avec le bruit sec de ressorts qui se détendent ; ses ongles s\u2019enfoncèrent dans les plis du châle dont on 1 avait enveloppée, tandis que toutes ses dents s\u2019entrechoquaient avec un bruit terrible.Le visage était terriblement pâle, la pupille extrêmement dilatée, une écume sanguinolente frangeait le coin des lèvres.Tout à coup, une insupportable o-deur d\u2019amandes amères se répandit dans Fair.M.Dupouy devint livide : \u2014 Ah ! murmura-t-il, c\u2019est horrible !.Imbécile que je suis !.En même temps, les sourcils froncés, il griffonna à la hâte deux mots sur une feuille d\u2019un livre, qui était à la portée de sa main et qu\u2019il arracha.\u2014 Vite ! s\u2019écria-t-il, vite chez le médecin \u2014 Vite! s\u2019écria-t-il, vite chez le pharmacien, il me faut de l\u2019émétique sans perdre une seconde.Puis, pendant que Mme Plavès elle-même partait en courant, il s\u2019approcha de la jeune femme, se pencha sur elle, appuya ses lèvres sur les siennes et, tandis que ses mains soulevaient et abaissaient artificiellement sa poitrine, il lui insufflait dans la bouche son propre souffle.Le jour baissait, et, dans l\u2019effarement général, les figures livides de tous ceux qui étaient là devenaient terrifiantes.Les soins du docteur furent pourtant, à la longue, couronnés de succès : la jeune femme revenait à la vie.Au même instant, la porte de la rue s\u2019ouvrit, puis se referma ; c\u2019était le notaire qui arrivait avec la potion.Lucie aperçut son mari ; puis son regard retomba sur Eglantine, revenue à ses côtés, et, au passage, elle saisit le rapide coup d\u2019oeil que le notaire et Mme de Lézignac échangèrent.Une nouvelle convulsion la saisit ; mais, avant de retomber sans connaissance, elle eut la force d\u2019étendre les mains vers eux : \u2014 Lâches!.misérables!.s\u2019écria-t-elle, le visage tout blême, les yeux énormes, je vous maudis !.Après avoir brisé mon coeur vous.vous.me.tuez.La limonade., la tisane.Ah !.j\u2019ai bien senti.ça m\u2019a brûlé.tout à coup.Assassins.assassins.assassins !.Les derniers mots n\u2019avaient été prononcés qu\u2019après d\u2019extraordinaires efforts ; tout son corps se tordit ; puis elle se souleva, ses os craquèrent, elle poussa un cri aigu, prolongé, sinistre, et retomba les yeux ouverts, les bras ballants, une expression\" terrible sur le visage.Elle demeura alors ainsi, sans mouvements, droite, raidie, effrayante.M.Lesparre voulut se précipiter ; le docteur Dupouy l\u2019arrêta brutalement par le bras : \u2014 N\u2019approchez pas, dit-il, elle est morte ! IV La théière Morte !.morte !.morte !.En répétant trois fois ce mot, les bras en avant, le coutendu et les yeux hors de la tête, Eglantine recula et tomba sans connaissance.Tout aussi effroyable avait été l\u2019impression ressentie par le notaire.Comme un fou, il se leva, plongea ses doigts crispés dans ses cheveux, poussa un cri rauque, et le regard perdu, le visage tout blanc, s\u2019affaissa inerte, sur un fauteuil qui se trouva à sa portée.Mme Plavès, tordit ses bras, roula des yeux terribles, commença des sanglots qui se changèrent bientôt en hurlements ; mais, voyant qu\u2019on avait mieux à faire que s\u2019occuper d\u2019elle, elle calma, sans éther et sans vinaigre, sa complaisante attaque de nerfs.Une ride profonde creusée, entre les deux sourcils, regardant alternativement la morte, son mari et ses deux cousines, le docteur semblait percer à jour, déchiffrer, deviner, le drame terrible qui venait de se dérouler sous ses yeux.Que pouvaient-elles être ces trois personnes pâmées ou à moitié folles qu\u2019il avait sous les yeux, sinon des coupables, des assassins et des complices ?.Ce foudroyant effarement auquel il les voyait en proie, n\u2019était-ce pas le remords et l\u2019épouvante, qui de prime abord se produisent ainsi ?Seule, Margot gardait un sang-froid stupéfiant en vérité !.Elle commença par fermer les contrevents du salon, demeurés ouverts, puis donna un tour de clef à la porte de la rue.On eût dit qu\u2019elle voulait claquemurer à tout jamais, loin des curieux, des malveillants, la catastrophe terrible et tous ceux qui y étaient mêlés.Puis elle revint vers le docteur, et lui touchant le bras pour l\u2019arracher à sa méditation farouche : \u2014 N\u2019y a-t-il rien à faire, monsieur, fit-elle d\u2019une voix de cristal, et véritablement Mme Lesparre est-elle morte ?Le vieux médecin tressaillit.De même que Mme de Lézignac, cette messaline éhontée, le notaire, cet homme aux amours lucratives et Mme Plavès, cette complaisante sans vergogne, avaient soulevé toute sa vie ses instincts honnêtes, causé ses plus fulgurantes diatribes, de même Margot, la pauvre orpheline aux principes naturels si droits et si rigides avait depuis longtemps été l\u2019objet d\u2019un extraordinaire enthousiasme de sa part.Mais comme le silence du docteur persistait, elle renouvela sa question.\u2014 Oui ! oui, allez, mademoiselle Marguerite, dit-il à la fin, elle ne gênera plus personne maintenant, cette petite femme ; mais il faudra peut-être compter avec elle une dernière fois, qui serait la bonne.La jeune fille eut un frisson : le vieux médecin donnait un corps au terrible soupçon qui, depuis un instant, lui labourait le coeur.Elle se raidit cependant contre sa propre émotion et fit mine de s\u2019approcher de la morte.\u2014\tVos soins sont inutiles continua le vieillard ; occupez-vous plutôt de votre marraine.Margot restait debout sans bouger, n\u2019obéissant pas au docteur.\u2014\tAh murmura-t-elle, elle a bien le temps de revenir à elle pour souffrir ; ma malheureuse marraine ; mieux vaut qu\u2019elle demeure ainsi.Puis, paraissant faire un violent effort comme pour surmonter un sentiment de dégoût, elle s\u2019avança décidément vers la trépassée.Celle-ci, les yeux toujours ouverts, les traits empreints d\u2019une haine et d\u2019une colère inexprimables, la tête légèrement relevée sur le dossier du divan où elle était demeurée appuyée dans sa suprême convulsion, était vraiment hideuse et stupéfiante : une sorte de rictus étrange, menaçant, sinistre entr\u2019ouvrait ses lèvres ; la rigidité de son corps s\u2019accentuait de minute en minute.Margot était brave, résolument, elle surmonta l\u2019impression d\u2019épouvante qui émanait de cette effroyante morte, et, de ses doigts fins, elle essaya pieusement de fermer ses yeux.Mais obstinément les paupières se relevaient, laissant voir cette prunelle assombrie et vitreuse, dont aucune force ne semblait pouvoir voiler la lugubre expression.A cet instant, un long soupir se fit entendre, et, Eglantine se redressa brusquement.Ses yeux, aussitôt, tombèrent sur Lucie, placée vis-à-vis d\u2019elle : comme leMALdeTOT Marque Déposée au Canada LE VÉRITABLE ASPIRIN EST MARQUÉ COMME CECI _ AVIS IMPORTANT POUR des raisons très Importantes noos tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que notre maison, la maison Poirier, Bessette & Cie, Limitée, ne possède et n'édite que TROIS MAGA ZINES, qui sont les suivants : LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE SAMEDI Nous n'avons donc aucun lien d'aucune sorte avec tout autre magazine, revue ou publication quelconque de la Province de Québec.POIRIER.BESSETTE & CIE.LIMITEE 975-985, rue de Bullion, Montréal 18 coupon d\u2019abonnement feSamedl Canada\tEtats-Unis ¦\t1 on.$3.50\t1 an.$5.00\t¦ ^\t6 mois.2.00\t6 mois.2.50 S 0 Important\u2014Indiquez d'une croix s*II s'agit d'un renouvellement, ¦\t.¦ Nom ___________________________________ J Adresse m POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée 975, rue de Bullion, Montréal.P.Q. 26 Le Samedi, Montréal, 10 juin 1950 Fortifiez votre Santé Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Vous pouvez avoir une belle apparence avec le TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL C\u2019est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme .AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.GRATIS : Envoyez St en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE Les jours de bureau son?: Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.REMPLISSEZ CE COUPON Mme MYRRIAM DUBREUIL 6880, rue Bordeaux Case postale, 2353, Place d'Armes, Montréal, P.
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