Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 19 mai 1951
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Nouveau samedi
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

Le samedi, 1951-05, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 63e année, No 1 Montréal, 19 mai 1951 fe LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 10 cents Aucun autre stylo ne peut vous donner tous les avantages du nouveau Farker au système Aero-metnc exclusif .¦ ¦¦ ¦ ¦iff \u2022 -Ml Le stylo le plus recherche au monde .il écrit Crsec VOUS VOYEZ LE RÉSERVOIR EN PLI-GLASS le nouveau ESSAYEZ LE PARKER \"21\u201d Vous avez maintenant le choix de DEUX merveilleux stylos Parker.Voyez et essayez le nouveau Parker \"21\u201d\u2014le meilleur stylo à prix MOYEN.Il a l\u2019apparence et il écrit comme un stylo deux fois plus coûteux.11 possède un chargeur-éclair, une nouvelle pointe en octanium et d\u2019autres caractéristiques spéciales.Choix de 4 ravissantes couleurs.Plumes à becs lins ou gros.Stylo, $5.95.Porte-mine, $4.30.Ensemble, $10.25.Capuchon Lustraloy seulement.SIR ERNEST MacMILLAN Musicien, compositeur et chef d\u2019orchestre célèbre dans le monde entier, doyen de la faculté de musique de l\u2019Université de Toronto, Sir Ernest fut créé chevalier en 1935 par feu Sa Majesté le roi Georges V pour avoir brillamment contribué à l\u2019essor de la musique canadienne.\u2019\u2019J\u2019emploie depuis quelques années un Parker 51, écrit Sir Ernest.\"Il me permet d\u2019exprimer par écrit, sans le moindre effort, le fil de mes pensées.\u201d Voici un stylo dont vous aurez tout lieu d\u2019être lier! Le nouveau \"51\u201d est le préféré des gens de marque.Il est reconnu dans le monde entier pour sa grande beauté.Mais ce ne sont pas là ses seuls avantages.Seul le Parker \"51\u201d vous offre le système Aero-metric\u2014la méthode entièrement nouvelle pour aspirer, contenir, protéger et laisser s\u2019écouler l\u2019encre, et qui assure les meilleures performances jamais réalisées avec un stylo.Le nouveau \"51\u201d aime le contact du papier! Sa pointe en Plathenium écrit instantanément .laisse un tracé impeccable quelle que soit la rapidité de votre main, et ne laisse jamais de \"blancs\u201d grâce au régulateur exclusif du débit d\u2019encre.On le remplit en un clin d\u2019oeil! La provision d\u2019encre est siphonnée rapidement et facilement dans le nouveau réservoir en Pli-Class.Ce réservoir devrait durer 30 ans.Le niveau d\u2019encre est visible.Ce stylo ne comprend aucune pièce en caoutchouc.Allez constater par vous-même que le nouveau \"51\u201d constitue un excellent placement .qu\u2019il est infiniment plus avantageux que les autres stylos.En vente chez votre marchand Parker, choix de 5 couleurs, capuchon Lustraloy ou doublé or.Stylos à partir de $15.75.Ensembles avec porte-mine assorti, à partir de $23.00.Parker Pen Co., Ltd., Toronto, Canada.Il D.arKer Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 3 M ; ¦ ' L'un des deux automobilistes était pressé, très pressé.Peut-être était-il prudent, à son ordinaire, mais, cette fois, il céda à la tentation de prendre un risque : il passa sur le disque jaune des signaux lumineux.De son côté, l'autre, de la rue transversale, anticipa sans doute légèrement sur la venue du feu vert, avec ce résultat que tous deux entrèrent dans une violente collision.Bilan : un mort et un blessé, gravement.Cette scène se répéterait moins souvent si chacun observait scrupuleusement les règlements de la circulation et si chacun partait à temps,.car, on le voit bien, rien ne sert de courir.LE COURONNEMENT D'UN BON REPAS LES FINES LIQUEURS Sous le nom générique de liqueurs, on comprend des boissons alcooliques sucrées, destinées à être absorbées par petites doses.Les liqueurs de table sont parfois appelées, baumes, élixirs, ratafias ; en général, ces derniers sont préparés avec des fruits pulpeux.Mais le seul mode de préparation auquel l\u2019industrie ait généralement recours est la distillation.Il consiste à faire macérer dans l\u2019alcool les plantes, puis en distillant au bout de quelques jours, en opérant autant que possible au bain-marie, et recueillant les trois quarts ou les quatre cinquièmes du produit total.On ajoute ensuite le sirop à 1 alcool ainsi obtenu.La fabrication des liqueurs en France a des origines lointaines.Le type le plus ancien qui se soit perpétué jusqu\u2019à nos jours est celui des vulnéraires à base de plantes, destinées à réconforter les voyageurs blessés ou malades.Certaines fabrications ont évolué vers la liqueur classique de nos jours, née de 1 importation du sucre et des épices.Ces indispensables matières premières parvenant en abondance au XVIIIe siècle, la fabrication des liqueurs se développera rapidement.C est le cas de la Maison Marie Brizard, et Roger, dont la création remonte à 1775, et qui progressa rapidement sur le territoire national, sans qu\u2019elle dédaignât cependant une exportation naissante mais active, orientée dès le début vers 1 Amérique.Mais c est surtout vers le milieu du XIXe siècle que la mode des liqueurs se dessine.Elles deviennent le complément obligatoire des bons repas et des fêtes familiales.L\u2019industrie des liqueurs est née de la collaboration consciencieuse d\u2019un grand nombre d\u2019entreprises familiales et artisanales qui poursuivirent toujours la recherche d\u2019une qualité sans cesse améliorée.Il faut en effet savoir que la fabrication des liqueurs est tout un art, compliqué et délicat à la fois.Le mot liqueur qualifie les alcools ou eaux de vie aromatisés par des substances végétales, cet arôme étant extrait soit par distillation, soit par macération.Or, il s agit d amalgamer, de fondre en un tout, d\u2019innombrables substances aromatisantes, avec des épices ou d\u2019autres substances, ces longues et délicates opérations traditionnelles appliquées par des spécialistes jaloux de leur secret, science, que leur ont transmise leurs pères.Opinion des médecins sur FObésité mmm .y V - Il y a trois mauvaises façons de maigrir Par.- de&__exer«kes violents: Les exercices contribuent à brûler certains aliments qui, autrement, seraient emmagasinés sous forme de graisse.Toutefois, les autorités en la matière sont d\u2019avis que, à eux seuls, les exercices causent une perte de poids relativement peu importante.D\u2019un autre côté, ils donnent lieu à un surcroît de travail pour le coeur, alors que l\u2019obésité est déjà, pour ce dernier, un fardeau.De plus, les exercices peuvent aiguiser l\u2019appétit et induire une personne à manger plus qu\u2019elle ne le ferait normalement.Par des réaimes assurant un soi-disant amaigrissement rapide: Les médecins maintiennent que presque tous les régimes garantissant une perte de poids rapide sont portés à faire plus de tort que de bien.En effet, un amaigrissement soudain peut affecter la santé en réduisant la résistance et les forces.Ce danger est éliminé par la réduction graduelle du poids, réduction qui peut varier entre deux et trois livres par semaine.Par des pilules amaigrissantes: La science médicale a depuis longtemps condamné l\u2019usage de remèdes brevetés pour maigrir.Les autorités en la matière nous préviennent que de tels remèdes ne devraient être pris que sur la recommandation d\u2019un médecin et exactement tel que prescrit par le docteur.Nombre de ces remèdes peuvent avoir des effets néfastes sur le coeur et la pression artérielle, ou peuvent causer des affections graves.La meilleure façon de maigrir L\u2019amaigrissement doit être amené au moyen d\u2019un régime prescrit et surveillé par le médecin.Les experts nous mettent en garde contre l\u2019obésité, surtout après 30 ans, étant donné qu\u2019un excédent de livres peut devenir un fardeau pour de nombreux organes vitaux, le coeur notamment, et le système circulatoire.La meilleure façon de maigrir et de maintenir le poids au niveau voulu, c\u2019est en suivant les conseils du médecin.C\u2019est là un aspect important de la question, car le médecin sera en mesure de déterminer la cause de l\u2019obésité, cause qui, dans plus de 95 % des cas, est simplement un abus des plaisirs de la table.D\u2019autre part, l\u2019aide du médecin est indispensable pour fixer le genre et la quantité d\u2019aliments pouvant être mangés.Le médecin est également qualifié pour prescrire les exercices réguliers le plus appropriés pour la personne obèse.LE JOURNAL D'UN CURE DE CAMPAGNE Dans un petit village d\u2019Artois, un jeune prêtre, assoiffé d\u2019absolu, vit au milieu de l\u2019indifférence et de la médiocrité de ses paroissiens qui, sans être hostiles à l\u2019Eglise, ne lui font place que dans la mesure où elle ne les gêne pas.Le zèle du nouveau curé leur paraît indiscret.Celui-ci échoue aussi auprès des enfants du catéchisme et des châtelains d\u2019Ambricourt.Mêle malgré lui à un drame familial, le curé sera bientôt l\u2019objet de la réprobation générale.Vaincu, méconnu par ceux qu\u2019il croyait sauver, le curé d\u2019Ambricourt, qui est atteint d un cancer incurable, échoue chez un ancien camarade de séminaire où il meurt en murmurant .« Tout est grâce ».\t_ Par des images admirables, Robert Bresson a su traduire les tourments d une âme mystique et son lent acheminement vers la sainteté.C\u2019est un film à la Dreyer, où les noirs et les blancs sont employés avec une virtuosité de touche qui trahit le peintre qu\u2019était naguère Robert Bresson.Aucune vedette.Claude Laydu, découvert par Bresson, interprète magistralement le rôle du curé d\u2019Ambricourt.Les conseils du médecin préviennent d\u2019habitude les dangers que présente une perte de poids soudaine et loin d\u2019être recommandable.Ainsi lorsque l\u2019obésité est due à un excès de nourriture, l\u2019amaigrissement peut être amené progressivement et sans danger.COPYRIGHT CANADA.1951 METROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY\tMetropolitan Life Insurance Co.\t\\ ©glSlTêet H- | U ïfMCWW H II 1 Metropolitan Life\tDirection Générale au Canada: Ottawa\t Insurance Company ( COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) Siège Social: New-York\tVeuillez m\u2019envoyer un exemplaire gratuit de la brochure 51-S, intitulée \u201cObésité et Maigreur\u201d.\t|j-! \tNom\t Direction Générale au Canada:\tNuméro et rue\t\t Ottawa\tLocalité\t\t \t\t 4 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 %;.'fs à Mobiloil \\4/7£/'\u2014ae/c/e P* ~\t/ /Z/éûe^ueu/;e \"P ~~ oc// / \" //, e/eue^'P \u2014 ou/ / Sê Indice de viscosité élevé\u2014veut dire forte résistance aux chonge-ments de consistance dus à la chaleur ou au froid excessifs.Un produit SOCOMY-VACUUM Fait par les fabricants des lubrifiants industriels et des lubrifiants de marine Gargoyle.llllllllllllll ' f.Redonnez de la vie à votre moteur fatigue par Fhiver en remplaçant votre vieille huile par de la Mobiloil fraîche et propre.Sa Triple Protection assure économie et meilleur rendement.Résultat d\u2019années de recherches dans le domaine du graissage, la nouvelle Mobiloil vous donne\u2014 1.\tEntière protection \u2014 elle possédé des propriétés qui aident à combattre la corrosion et favorisent l\u2019élimination des dépôts nuisibles dans le moteur.2.\tFonctionnement plus souple grace a la réduction du frottement et de la résistance du moteur.3.\tEconomie maximum \u2014 moins de réparations et frais d\u2019entretien moins élevés.La Mobiloil vous offre ces 3 propriétés qui font qu\u2019une huile à moteur est vraiment moderne \u2014 elle est anti-acide, détergente et possède un IV élevé*.Pour rouler plus agréablement, refaites, tous les 1000 milles, le plein de Mobiloil.Elle est meilleure à 3 points de vue.En vente à l\u2019IMPERIAL OIL LIMITED et dans tous les bons garages et postes d\u2019essenc© *»«* h.Une chevelure qu'envierait la Fille aux cheveux de lin.un air candide comparable à celui de Shirley Temple quand elle avait cet âge, bref : le charme même de l'innocence, voilà autant de prétextes pour composer une bien séduisante photo.Et, par esprit d'imitation, le jeune modèle joue à la maman, ce qui fait que, par association d'idées, nous devons songer à la Fête des Mères.Celle-ci est bien jeune, si jeune qu'elle saura bien reprendre son vrai rôle d'enfant et rendre, comme il se doit, hommage à sa maman.Photo Louis Beaudry-Lovigne.LES PREMIERS SOINS « Quand les petits se blessent Au cours d\u2019un article dans un numéro récent de Health, le magazine officiel de la Ligue Canadienne de Santé, le docteur C.Collins-Williams faisait remarquer que chaque année, au Canada, environ 1,500 enfants meurent à la suite d\u2019accidents.Or, comme la plupart des accidents ne sont pas mortels, aucune statistique ne révèle la véritable gravité du problème auquel les parents doivent faire face.Continuant sa thèse, la Dr Collins-Williams, dans un autre article paraissant dans un autre numéro de Health et qui est intitulé \u201cSave the Children\u201d \u2014 \u201cAccidents to Children\u201d \u2014 \u201cWhat to do when they Happen\u201d \u2014 insiste sur la responsabilité des parents dans ce domaine.C\u2019est le devoir des parents, écrit-il, de faire tout leur possible pour prévenir ces accidents.Comme seconde ligne de défense, tous les parents devraient savoir ce qu\u2019il faut faire quand ils se produisent afin que les conséquences en soient aussi courtes et aussi bénignes que possible.Le docteur, qui est directeur de la Division de la Santé des Mères et des Enfants de la Ligue Canadienne de Santé et membre du personnel du Toronto Hospital for Sick Children, enseigne ce qu\u2019il faut faire dans le cas où un enfant avale du poison, ou quand il se brûle ou s\u2019ébouillante.Il déclare que les coupures et les piqûres doivent être traitées avec soin, fait remarquer que les chutes peuvent être plus dangereuses qu\u2019on ne le pense, écrit ce qu\u2019il faut faire quand un enfant se fait prendre les doigts dans une essoreuse ou qu\u2019il est victime d\u2019un choc électrique.L\u2019auteur indique la façon d\u2019employer le système Schafer de respiration artificielle dans les cas de noyade ou de chocs électriques.Il dit ce qu\u2019il faut faire quand un enfant avale un objet dangereux et donne d\u2019autres conseils au sujet d\u2019accidents graves.En traitant des coupures et des piqûres, le docteur fait remarquer que les conséquences les plus à craindre de ces blessures sont le tétanos et le trisme.Ces conséquences, toujours extrêmement graves et souvent fatales, proviennent de l\u2019introduction des germes du tétanos dans la blessure au moment de l\u2019accident.Elles peuvent être prévenues en immunisant l\u2019enfant de la même façon qu'il peut être immunisé contre la diphtérie et la coqueluche. I.e Samedi, Montreal, 19 mai 1991 *% La télévision fait défiler sous vos yeux les événements survenant dans des pays lointains.La plupart des pièces métalliques, dans les lampes émettrices et réceptrices de télévision, sont en nickel ou en alliage au nickel.Un des organes essentiels du service téléphonique interurbain est la lampe à vide, dont les pieds métalliques sont en nickel ou en alliage au nickel.L'alliage au nickel accroît l'efficacité des câbles transatlantiques.Grâce au nickel, tous les habitants du globe sont maintenant \"des voisins\".fiova toHuttedl^ Vo&tKd qoôce ouc NICKEL Grâce à ses recherches systématiques, l\u2019industrie du nickel a développé pour ce métal des centaines d\u2019usages.Aujourd'hui, une part considérable de la production canadienne de nickel est orientée, de ses divers emplois courants et domestiques, vers des usages moins pacifiques.C\u2019est pourquoi la capacité des mines nickélifères, augmentée substantiellement depuis quelque dix ans, est à nouveau portée à son maximum.A l\u2019heure actuelle, le Canada fournit aux nations libres plus de nickel qu\u2019il ne l\u2019a fait en aucun temps durant la paix.Le nickel canadien La brochure illustrée \"The Romance of Nickel\" (en anglais seulement) sera envoyée gratuitement, sur demande, à toute personne intéressée.A THE INTERNATIONAL NICKEL COMPANY OF CANADA, LIMITED, 25 OUEST, RUE KING, TORONTO 6 Le Saviedi, Montréal, 19 mai 1951 wmKÊKÊÊÊBÊKtntÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊamÊÊaÊÊÊiÊÊmÊÊmimÊitÊÊmmÊimmmmmÊmt^ÊÊmÊmt^^^^^^^^^^^^^ CHARLES BOYER Serait-ce la fin de ses rôles d\u2019amoureux?par MARC LEBLANC r st-l d-u%pr^ï\u201crè sssf-s îsr-tssïÆSi L ne le crois pas.Il n est pas\tP carrière de ce très grand artiste et vu L qui n\u2019ait sum avec «îterea ses films En outre, Charles Boyer est un ami une ou plusieurs fois c\t^ plusieurs reprises, notamment pour partici- £ »d- OWÿg ïèîè \u201c \u201ddc\u201c .°v=c u\u201e nous avons aPPrls q\u201ce^etteAversion anglaise du dramatique film de Clouzot, üléTe61'Corbeau.L\u2019action'se déroule dans un village desbo^sdu Hicheljeu et pLdSdCe0ÏUmontï\u2019eHdyuCmêmè nom'et pamUes vergers des pommiers en fleurs nue Charles Bover incarne un vieux médecm de chez nous, avec lunettes et barbue le docteur Paul Laurent.C\u2019est pour lui une nouvelle occasion de démontrer un aspect plus sérieux de son incontestable talent d artiste de composition.En effet, si Charles Boyer a été depuis au moins vingt ans 1 amoureux dra matique par Excellence, la vedette qui faisait battre les coeurs, il est assez supérieurement doué pour nous montrer maintenant un autre visage.Avant de le transformer en médecin de campagne, les cinéastes de Hollywood n avaient-ils pas fait de lui un Père Jésuite dans The First Légion, un film missionnaire ?Il n\u2019y a qu\u2019à se souvenir de la variété d\u2019interprétation donnée par Charles Boyer à des rôles d\u2019amoureux aussi divers que ceux qu\u2019il a tenus dans ses films les plus réussis : l\u2019infortuné archiduc Rodolphe\t[ Lire la suite page 57 ] Depuis au moins vingt ans, CHARLES BOYER a excellé dans des rôles d\u2019amoureux dramatique.Or, depuis son récent film, \"The 13th Letter\" (photo du bas, à droite), il est maintenant hors de doute que l'artiste à la \"voix d'or\" s'oriente vers les rôles dits de composition.Du reste, n'avait-il pas antérieurement incarné un père Jésuite dans \"The First Legion\" (photo du bas, à gauche).\u2014 Ci- -1______.I, _ _ J LJ A M W A n T A A ^ -y J, Û&BàTTCÎ-^ Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951\t7 Ci-contre, blessé par les quatre banderillas, le taureau vient de recevoir le coup de grâce.Le matador a enfoncé d'une main sûre, l'épée jusqu'au coeur de la bête.La mort attend une seconde, figeant le spectacle dans une arène inquiète.\u2014 Ci-dessous, le triomphe de Posada! C'est un titre qui aurait tenté le pinceau d'un Goya.Il y a ici le délire d'une foule colorée, la joie d'un jeune héros salué par la gloire.(Noter sa culotte de satin rose toute tachée de sang et déchirée au genou par les cornes de la bête).\u2014 Photo du bas, les trois jeunes matadors de la corrida du 20 août 1950, APA-RIZIO, LITRI et POSADA posent pour les journalistes en compagnie du Général Franco.- .* * ¦ .\u2022 \u2022.- ^ S ÿtxr-'ijrtiii ¦ pMKHfi par CHERUB1NA SCARPALEGGIA IMAGES D\u2019ESPAGNE Autour d\u2019une corrida Ce doit donc être effra- ous êtes allé en Espagne?.Vous avez vu les combats de taureaux' yant !.» Voilà les phrases toujours pareillement ponctuées dont un interlocuteur frissonnant commentera votre retour d\u2019Espagne.Vous répondrez que la corrida constitue un spectacle des plus intéressants.On vous toisera avec méfiance.« Comment peut-on regarder tuer une bete (une pauvre bête qui n\u2019a rien fait de mal) voir couler le sang qui dans le sable forme une boue si tragique sans s\u2019évanouir d\u2019horreur?» Vous reprenez que le sang ne coule pas à flats et que le taureau est tue très proprement, demeurant foudroyé d\u2019un coup d\u2019épée au coeur.Enthousiaste, vous ajoutez que la corrida est un spectacle enlevant, palpitant et artistique.On vous dévisagera, on se taira, et on attendra.des explications.Pour mieux raconter vos souvenirs, vous commencerez par le début en situant le sujet de la conversation.Lieu : San Sebastian.C\u2019est en effet dans cette ville qu\u2019ont lieu, durant les chaleurs estivales, les plus importantes corridas d\u2019Espagne.San Sebastian est un peu la Biarritz espagnole, tant par sa situation au bord de 1 Atlantique que par l\u2019atmosphère d\u2019élégance qui y règne, amenée par l\u2019aristocratie de Madrid qui fuit la fournaise de la capitale.La vie se déroule sur un rythme ininterrompu de fêtes, de galas et de festivals.La nuit, les feux d\u2019artifice que l\u2019on fait éclater à tout propos, disputent leur lueur aux étoiles.Dans cette cité construite pour le plaisir des riches, l\u2019existence est un carnaval.C\u2019est pourquoi les Espagnols qui recherchent \u2019a tranqui'lité et le calme, après quelques jours de festoiement, s infiltrent insensiblement, comme absorbés par des veines capillaires, dans les nombreux sentiers conduisant aux villages étalés en éventail autour de la ville trop bruyante.Il existe ainsi Fuenterrabia, Irun, Sampina qui sont de véritables oasis de poésie rustique et de fraîcheur.Fraîcheur contrastant avec la fièvre et le soleil qui brûlent l\u2019arène de San Sebastian aux jours de Corrida.A un de ces combats, assistait le 20 août dernier, le Général Franco, venu dans cette ville à l\u2019occasion des Fiestas de Verano (les fêtes d\u2019été), Fêtes dont le programme, réparti sur une durée de trois mois, offrit des représentations très variées tant dans le domaine sportif que le domaine artistique.Rien ne manqua, depuis les grands concerts de la Quinzaine musicale jusqu\u2019aux Grandes Corridas de Toros, en passant par les concours hippiques, automobilistes, aquatiques sans compter la splendeur du concours des balcons fleuris et du défilé de la bataille des fleurs.Naturellement, au sein de toutes ces fêtes, prenait une place d\u2019honneur et de première importance la célèbre « exhibition de valeur espagnole » la toute majestueuse Corrida ! L\u2019édifice à ciel ouvert où ont lieu les combats de taureaux est, à San Sebastian comme dans les autres villes, une construction circulaire de style arabe et, à l\u2019intérieur,\t[Lire la suite page 62] 8 Dessin de JEAN MILLET ¦ WXl Les illusions qui nous plaisent le plus sont celles qui nous trompent le mieux, et les plus avertis se prennent souvent au jeu .Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 Roman policier Le rire de Tatiana découvrait une denture éblouissante et ses prunelles de nuit miroitaient comme un étang caressé de lune.Jad-ques Lombard se fit doucement réprobateur : -\u2014 On dirait que vous ne prenez pas l\u2019amour au sérieux ! \u2014 L\u2019amour me rend la pareille.\u2014 Manque de confiance réciproque ?\u2014 Je le crains.Elle pirouetta et, s\u2019accoudant à la rambarde, parut s\u2019absorber dans la contemplation d\u2019une jonque aux ailes de chauve-souris.\u2014 Peut-être, après tout, est-ce exactement le contraire de ce que vous croyez, reprit-elle, rêveuse.\u2014 Comment cela ?\u2014 L\u2019amour m\u2019effraie.J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il serait plus fort que moi, vous comprenez ?Alors, je préfère ne pas accepter la rencontre .\u2014 Mauvaise raison.La femme qui fuit l'amour et le soldat qui fuit la bataille trahissent l\u2019un et l\u2019autre leur mission.Tatiana Stepanov coula vers Jacques un regard luisant.\u2014 En somme, il ne me reste plus qu\u2019à tomber dans vos bras si je ne veux pas être accusée de désertion ?\u2014 Voilà, sourit le garçon.Comme il scrutait le visage de la jeune fille, il assista à une étrange transformation.Les beaux yeux s\u2019étaient ternis et une sourde détresse crispait les lèvres orgueilleuses.\u2014 Tatiana ! Elle sembla ignorer que Jacques s\u2019était emparé de sa main et qu\u2019il venait de l'appeler par son prénom.\u2014 Ne dites rien, pria-t-elle très bas.Jacques Lombard obéit.Il nageait dans une béatitude trouble depuis que frémissaient sous sa paume les doigts fluets de Mlle Stepanov.Le soleil déclinait à l\u2019horizon désert.Ses derniers rayons ricochaient sur la mer gaufrée.Mais Tatiana sortit de sa torpeur ausi brusquement qu\u2019elle s\u2019y était anéantie.Elle rejeta en arrière les boucles qui lui mangeaient les tempes et, d\u2019un froncement de sourcils, rétablit des distances menacées.\u2014 Excusez-moi, dit-elle.Il m\u2019arrive d\u2019avoir de stupides absences quand, partant de ce qui est, je pense à ce qui pourrait être.Le garçon s\u2019assombrit furtivement et il s\u2019apprêtait à répondre quand un passager surgit du salon de musique.\u2014 Mon père me cherche, dit Tatiana.M.Stepanov s\u2019approcha, souriant.C\u2019était un homme grand et maigre, aux courts cheveux gris et à l\u2019élégance raffinée.\u2014 Vous permettez, monsieur Lombard ?Il tapota le bras de sa fille.\u2014 Tu devrais préparer les bagages si tu ne veux pas avoir à t\u2019en occu- Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 9 JEU DE DUPES par GEORGES VIDAL per dans la soirée, Tatiana.Nous arriverons sans doute assez tôt, demain matin.Vous descendez aussi à Shanghaï, je crois, monsieur Lombard ?\u2014\tOui, mais je n\u2019y séjournerai pas même vingt-quatre heures.Je suis attendu à Tientsin pour une affaire urgente et prendrai le premier train.\u2014\tAh! les affaires ! soupira M.Stepanov.Nous sommet tous plus ou moins victimes des affaires .Mais mieux vaut qu\u2019elles ne nous laissent pas de dépit que trop de répit, mon cher.Ce disant, une moue aigrie distordait sa bouche et il s\u2019éloigna en compagnie de la jeune fille.\u2014\tHello, monsieur Lombard ! fit une voix cordiale.Vous êtes tout juste l\u2019homme que je cherchais.Jacques se retourna.!\u2014Vraiment, commissaire?\u2014\tOui, il nous faut absolument un quatrième pour le bridge.\u2014\tJe vous préviens que je ne me sens pas en forme.\u2014\tTant mieux, rit l\u2019officier.Vous pairez donc les appritifs.Ils rejoignirent deux passagers qui les attendaient au bar et, comme il le prévoyait, Jacques Lombard se montra un piètre joueur.La dame de coeur avait les yeux limpides de Tatiana.La dame de trèfle avait les cheveux noirs de Tatiana.La dame de pique avait les petites mains de Tatiana.La dame de carreau avait la bouche fraîche et ourlée de Tatiana.Il n\u2019y avait que Tatiana au monde.Son image obsédante marquait en surimpression tout ce qu\u2019il regardait.Ses partenaires, navrés, lui conseillèrent de jouer dorénavant au Nain jaune.La nuit était délicieuse quand Jacques Lombard remonta de la salle à manger.Soucieux,^il fit un tour de pont et s\u2019approcha du bar.Toutes les tables de la terrasse étaient occupées.Tatiana et son père buvaient en compagnie de M.Worms, un Américain vaste et adipeux.M.Stepanov, d'un signe aimable, invita le Français à grossir leur groupe.\u2014- Avez-vous gagné aux cartes, monsieur Lombard ?demanda Tatiana, les yeux brillants.Il sourit, ambigu.\u2014 Non.En ce moment je jouis au jeu d\u2019une malchance prometteuse.Leurs regards s\u2019accrochèrent mais M.Worms rompit le charme.\u2014 Quel collier merveilleux, mademoiselle ! s\u2019extasia-t-il.Un frisson creusa les épaules nues de la jeune fille, comme si le compliment lui était apporté par une bise du Nord.Jacques abaissa son regard sur la parure.\u2014 Magnifique, dit-il.J\u2019ai rarement vu des perles d'un si bel orient.\u2014 N\u2019est-ce pas?s\u2019empressa M.Stepanov.Ah ! c\u2019est bien le seul vestige de notre ancienne splendeur .Fais voir à ces messieurs, Tatiana.Jacques crut noter que la jeune fille pâlissait en déposant son collier sur la table.M.Stepanov toussota.\u2014 Nous serons obligés, un jour prochain, de nous en défaire, même à vil prix .Car les temps sont durs .trop durs hélas, pour ceux qui n\u2019ont pas su s\u2019adapter.Le geste désabusé résuma toute 1 affliction d\u2019une aristocratie à la dérive.\u2014 Si nous parlions d\u2019autre chose ?coupa sa fille.' Tatiana regardait droit devant elle et ses traits, durcis, avaient une pureté de médaillé.Une robe de soie blanche moulait son exquise jeunesse.\u2014\tHum ! hésita M.Worms, ma femme a depuis longtemps envie d\u2019un collier de perles.Si cinq mille dollars faisaient votre affaire .M.Stepanov sursauta.\u2014 Cinq grille dollars ! Ce n\u2019est même pas la moitié de leur valeur ! M.Worms épongeait sa face graisseuse.\u2014\tJe ne dis pas.Je ne dis pas.Mais encore faut-il trouver l\u2019acquéreur.Un joaillier ne vous les donnerait pas, les cinq mille .Tatiana se leva et, sur un ton sec : ___Décidément, votre conversation me fatigue! Vous venez, monsieur Lombard ?Il fut sur le point de la suivre puis se ravisa.\u2014\tCroyez-vous pouvoir obtenir de ces perles plus de huit mille dollars, monsieur Stepanov ?\u2014\tSûrement pas, soupira le Russe.Les bijoux ne se vendent qu\u2019à perte.Le tout est de limiter la perte .\u2014\tDans ces conditions, si mon offre peut vous obliger, je suis disposé à vous payer ce collier huit mille dollars.\u2014 Tout de suite ?\u2014 Tout de suite.Mlle Stepanov avait disparu.M.Worms décocha au Français un regard hargneux._____Bigre! maugréa-t-il.Vous n\u2019aimez pas les marchandages, vous ! \u2014 Pas lorsqu\u2019il s\u2019agit de rendre un service.Il y eut un silence pendant lequel Jacques Lombard comptait discrètement une liasse de dollars.M.Worms, haussant les épaules, alluma un cigare.___Sic transit., murmura M.Stepanov quand les perles euient changé de main.Un pli amer au coin des lèvres, il but d\u2019un trait son whisky.\u2014 Je vous souhaite une bonne soirée, messieurs.Sa mince silhouette racée se perdit dans un flot de passagers qui refluaient du bar.__Vous n\u2019avez quand même pas perdu votre temps, confia M.Worms à Jacques.-\u2014 C\u2019est possible.Ils écoutèrent l\u2019orchestre sans parler davantage puis, après un quart d\u2019heure, le Français se leva à son tour.\u2014\tExcusez-moi, monsieur Worms, mais j\u2019ai besoin de prendre un peu de mouvement.Songeur, il fit un tour complet des salons et du hall, poussa jusqu\u2019au pont arrière.Point de Tatiana.Il revint sur ses pas, s\u2019engagea dans une coursive du pont D et frappa à la porte d\u2019une cabine.\u2014\tEntrez! invita-t-on de l\u2019intérieur.Il pénétra.Allongé sur sa couchette, un petit homme brun en pyjama feuilletait un magazine.\u2014\tAlors, Lombard ?Quoi de neuf ?\u2014\tÇa y est, dit Jacques.Je les ai.\u2014\tSans blague ?D\u2019un coup de reins, l\u2019autre s\u2019était redresse.Il attrappa au vol le collier que lui jetait son visiteur et commença à l\u2019examiner.\u2014\tCombien ?\u2014\tHuit mille.Ouvrant une trousse, le petit homme en pyjamma avait vissé une loupe dans son orbite et, pendant un moment, il soumit le collier à des manipulations compliquées.\u2014\tFaux, dit-il en relevant la tête.Jacques Lombard, morne tassait une cigarette sur son pouce.L\u2019expert s\u2019étonna : \u2014\tEh bien, Lombard?Vous n\u2019avez pas l\u2019air ravi et c\u2019est pourtant un succès .Depuis que ces fripouilles de Stepanov faisaient des dupes.\u2022 Fini, le petit jeu, maintenant.Dès l\u2019arrivée à Shanghaï vos collègues de la concession française pourront les cueillir.Vous avez bien soutenu votre personnage de jeune businessman, hein ?Ni le père ni la fille n\u2019ont soupçonné la vérité.Félicitations.Ils vous ont gentiment harponné comme un vulgaire gogo .Lombard fumait à bouffées nerveuses.\u2014 Une comédie écoeurante de part et d autre, lâcha-t-il en tournant les talons.Bonne nuit, Mortier.\u2022 La chaleur était lourde, plus paralysante qu\u2019un édredon.Jacques dormait mal et un petit bruit irritait son oreille entre deux somnolences.Un bruit infime qui étonnait sur la rumeur sourde et complexe du bord.Un parasite.\u201cMon blaireau\", songea-t-il dans une demi-conscience.Ses pieds nus, débarrassés du drap, cherchaient de la fraîcheur contre la cloison ripolinée.Il imaginait très bien le blaireau qui roulait sur la tablette du lavabo, au rythme du navire, pour heurter tantôt un verre tantôt la bouteille d\u2019eau de Cologne.\u201cU faudrait le caler\u201d.Mais sa torpeur tenait en échec sa résolution.Il soupira, s\u2019étira.Pourtant l\u2019agacement se faisait plus aigu et, soulevant enfin les paupières, il distingua nettement une ombre qui se découpait sur le fond blême du hublot.D\u2019un élan, il fut hors de sa couchette et donna la lumière.\u2014 Vous! s\u2019effara-t-il.Mlle Stepanov, les yeux farouches, avait lentement reculé jusqu\u2019à la porte et s\u2019y tenait adossée.Un kimono de soie enserrait son corps svelte.Entre ses doigts se balançait le collier de perles.Lombard, déconcerté, vint à elle.\u2014 Que signifie.[Lire suite page 54] P R I M A V E R A Voici les premiers jours de printemps et d'ombrage, Déjà chantent les doux oiseaux ; Et la mélancolie habite le feuillage ; Les vents attiédis soufflent dans le bocage Et font frissonner les ruisseaux.Et les concerts légers que le printemps amène Avec ses rayons et ses fleurs ; Les troupeaux mugissants, la verdoyante plaine, Et les blancs papillons qui respirent l'haleine Des violettes tout en pleurs ; Et l'air nouveau chargé de parfums et de vie, L'azur où luit le soleil d'or, Réveillant de l'hiver la campagne ravie, C'est toute une prière où le ciel nous convie A nous sentir jeunes encor.Entends les mille voix de la nature immense ; Elles nous parlent tour à tour.Ma belle, on les comprend souvent sans qu'on y pense : Le rayon nous dit : \"Dieu !\" la nature : \"Espérance !' La violette dit : \"Amour !\" VlLLIERS DE l\u2019IsLE-AdAM 10 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 \u20225 -'î- .(onle dramatique La Conscience de Péonès par GEORGES LE FAURE Le brigadier Péonès était un militaire rigide, dont la seule règle de conduite était de respecter et de faire respecter la loi ; aussi, c'est avec l'ardent désir de réussir qu'il s'était, sur 1 ordre de ses chefs, lancé dans la montagne, à la poursuite d'un contrebandier aussi célèbre que dangereux, Torredo.Mais, alors, Péonès ignorait devant quel conflit quasi cornélien il allait se trouver placé ! moins rapide allégeait un peu ses inquiétudes.Elle noua sur sa tête un fichu multicolore et ceignit sa taille d\u2019un beau tablier à ramages.En ce moment, Pépito revenait, annonçant : \u2014 Sanchez est prêt et les chevaux sont dans la cour.___Tu seras sage, recommanda le brigadier, qui, soulevant son fils, lui plaqua sur les joues deux baisers sonores.\u2014 Très sage.___Ta mère va jusqu'à Rosas; elle sera de retour ce soir.Tu as tes devoirs à terminer pour l\u2019école.N'oublie pas.\u2014 Ils seront faits, papa.Une fois en selle, Péonès enleva sa femme, qu\u2019il mit en croupe, et partit, suivi du gendarme Sanchez.Un moment, Pépito demeura là, regardant s\u2019éloigner les deux cavaliers dans la direction du village.Dessin de JEAN MILLET Mais, encore un coup, Enrico, me diras-tu la raison de ce départ précipité ?Le brigadier, fort occupé à charger son revolver, ne répondit pas tout de suite ; et sa femme continua de frotter, avec énergie, les éperons énormes qui armaient les talons de ses lourdes bottes.Dans un coin, Pépito, un gamin d\u2019une dizaine d\u2019années, astiquait, lui aussi, le fourreau du grand sabre paternel.Le brigadier Péonès s\u2019équipait en silence ; mais, au pli profond qui lui barrait le front, il était aisé de deviner que des idées tumultueuses se pressaient dans sa cervelle.\u2014 Pépito, dit-il à son fils, lorsque, une fois botté, il eut agrafé son ceinturon, va voir si Sanchez est prêt et commande-lui de sortir les chevaux.Une fois seul avec Conchita, il prit dans sa poche un papier qu\u2019il lui tendit.\u2014 Qu\u2019est-ce que cela ?interrogea-t-elle.\u2014 La dépêche reçue tout à l\u2019heure, et par laquelle le capitaine Arrabal m\u2019avise de la présence, dans les parages du poste, du fameux Torredo.\u2014 Le contrebandier ?\u2014 Lui-même ; il a réussi à s\u2019évader et est signalé dans le pays : « Ordre de s\u2019emparer de lui, mort ou vif.» Les traits fins de Conchita se contractèrent d\u2019angoisse.\u2014 Prends garde ! supplia-t-elle.\u2014 On est soldat, déclara-t-il rudement.\u2014 Tu reviendras.quand ?1\u2014 Quand je lui aurai mis la main dessus.\u2014 Il est terrible.\u2014 Je ne suis pas manchot et Sanchez non plus.A nous deux, on fera de la bonne besogne ; et, alors, on touchera la prime.Hein ! Toi, qui précisément, rêvais d\u2019une robe neuve et d\u2019un collier d\u2019ambre.Il disait cela pour égayer la pauvre femme, qui sourit doucement.\u2014 Ecoute, dit-il, si tu as toujours l\u2019intention d\u2019aller à Rosas, je t\u2019y mène en croupe.ou, du moins, à peu de distance.Nous passons par le calvaire de San Ignacio.Cette fois, le visage de Conchita se dérida ; la perspective d\u2019une séparation Le soleil levant éclairait les cimes neigeuses des Andes ; tout dans l\u2019atmosphère faisait pronostiquer une journée exceptionnellement belle.Et dire qu\u2019au lieu d\u2019aller courir par les sentiers, il lui fallait aller s\u2019enfermer dans la pièce maussade et se courber sur des cahiers et sur des livres.Pépito salua une fois encore de son bonnet, agité à bout de bras, sa mère qui lui jetait un dernier adieu, au moment de disparaître au tournant du chemin ; puis il étouffa un bâillement sonore et rentra.Comme il était bien tranquillement assis, un porte-plume à la main, voilà que \u2014 dans 1 encadrement de la fenêtre \u2014 une tête apparut, tête de fillette tout auréolée d\u2019une chevelure brune rebelle qui lui retombait en broussaille sur les yeux.\u2014\tEh! Pépito! appela-t-elle.Pépito! \u2014\tPaquita !.Comment, c\u2019est toi !.\u2014\tBien sûr que c\u2019est pas le diable ! répondit la gamine en riant aux éclats ; figure-toi que j\u2019étendais le linge en haut sur le toit pour qu\u2019il sèche plus vite, quand j\u2019ai aperçu le brigadier qui partait avec mon père ; il avait ta mère en croupe.\u2014\tElle va à Rosas passer la journée.\u2014\tBravo ! Alors, on va pouvoir s\u2019amuser, déclara-t-elle.\u2014\tMoi, j\u2019ai à travailler, répliqua Pépito, d\u2019une voix piteuse.\u2014\tJe t'aiderai, si tu veux, pour que ça aille plus vite; mais viens avec moi tout de suite, car, si nous tardons, le coup sera manqué.Imagine-toi que, l\u2019autre jour, j\u2019ai découvert, pas bien loin d\u2019ici, un nid de condors.\u2014\tNon ! s\u2019exclama Pépito en posant son porte-plume.\u2014\tIl y a deux petits ; si on se dépêche, on peut les dénicher avant le retour des parents ; or, tu sais qu\u2019aussitôt la chaleur du jour passée les condors reviennent au nid.Nous avons encore devant nous une couple d\u2019heures ; pas un instant à perdre.Elle parlait avec 1 autorité que lui donnaient ses quinze ans ; et, dame, le petit bonhomme grillait visiblement du désir de l\u2019écouter.\u2014.Mais, tu m\u2019aideras pour mes devoirs ?¦\u2014Au retour, oui, c\u2019est entendu, mais hâtons-nous, hein! , Quelques instants plus tard, les deux enfants s'esquivaient du poste.[ Lire la suite page 26 ] MARQUE DÉPOSÉE le Printemps et une jeune tme .demandent une camera toute spéciale.sont plus expressifs Vos instantanés ntemps ramènent les les visites aux êtres chers .méritent des instantanés .tement\trouleau, r Co., Limited, Toronto es belles tournées de pn promenades, les réumons, événements speaauxqui en couleurs.Mai avec presque chargez simp suivez les instructions qu Canadian Kodal ierwilleu* pour toute occasion camera Cadeau m< là» 'AIL % m : ' I > ; smM M*-' « ¦aêfm.% % SfcTjt «tt - ty&M/fâdé /w/wr.omwwM/M CANADIEN President La cérémonie est terminée, mais les doux accents de l\u2019orgue tintent encore dans les oreilles charmées.La jeune épouse légèrement empourprée montre fièrement l'anneau symbolique.La réception réjouit tous les coeurs.On formule de tendres voeux, on admire les cadeaux et l'on porte des santés.Rien ne peut mieux convenir à l'heureux événement que le Champagne PRESIDENT, le seul champagne canadien qui soit réalisé d\u2019après l'authentique méthode traditionnelle.Il pétille de joie et convient parfaitement aux noces.Tous les invités en raffolent.Son prix modique vous étonnera vraiment.Essayez vous-même le Champagne PRESIDENT.Il comble tous les goûts.Resident ° è\"G**t 1 CO.lIMlTtO LE MEILLEUR CHAMPAGNE CANADIEN \u2014 PRESIDENT LE CHAMPAGNE PRESIDENT VOUS EST OFFERT AVEC FIERTÉ PAR [es vins firight -DEPUIS 1874 Le Champagne PRESIDENT s\u2019est vu décerner la Médaille de Bronze au premier concours international du vin en septembre 1950, à Sacramento, Californie.En octobre 1950, à Londres, Angleterre, il décrochait la Médaille d'Argent au concours du vin de l\u2019Empire.Le Samedi, Montreal, 19 mai 1951 fyn Dommage aux Amères l\u2019occasion de la Fête des Mères, de l\u2019Alimentation, sachant ainsi quels Aies économistes ménagères de la Section des Consommateurs du Ministère fédéral de l\u2019Agriculture veulent, avec tant d\u2019autres, rendre hommage à la mère canadienne, cette femme généreuse et parfois meme héroïque dans la transmission de la vie qui mérite bien que ses enfants, ses amis, voire même l\u2019Eglise et l\u2019Etat la fêtent une fois l\u2019an.Pour parler de la femme mère qui est la plus belle et qui ne le réalise pas toujours ; de cette femme et de ce qu\u2019elle fait depuis l\u2019aube jusqu\u2019à la nuit, souvent jusque bien avant dans la nuit, du bonheur qu\u2019elle sème, des lourds chagrins qu\u2019elle dissipe, de ses travaux et de ses fatigues ; de cette femme qui pense dans son coeur, qui règne sans diviser, qui inspire et qui se sacrifie ; de cette femme qui est la synthèse vivante de l\u2019idéal, qu\u2019elle soit la jeune maman penchée sur le berceau ou la vieille grand\u2019mère aux cheveux blancs, il faudrait découvrir des mots merveilleux, les assembler et faire des phrases très douces qui seraient comme une poésie.Laissant aux poètes et aux écrivains de dire comme il se doit ce que comporte de beauté le rôle de mère lorsqu\u2019il est rempli avec une intelligence et un courage proportionnés à la tâche, on peut toutefois signaler le rôle de la mère, maîtresse de maison.Cette femme, maîtresse de maison, cumule les devoirs et les aptitudes d\u2019un général, d\u2019un directeur habile, d\u2019un instituteur en fonction jour et nuit, d\u2019un diplomate, d\u2019un guide, d\u2019un conseiller, d\u2019un législateur, d\u2019un juge, d\u2019un arbitre et de combien d\u2019autres fonctions qu\u2019il serait difficile d\u2019énumérer.Ses mains fortes et à la fois douces doivent tenir fermement les rênes de l\u2019attelage domestique, car elle sait que de la sagesse de son gouvernement dépend l\u2019aspect riant, heureux et prospère de sa maison.Que de connaissances variées il faut à la mère maîtresse de maison ; celles par exemple de l\u2019éducation physique pour elle-même et pour ses enfants, de l\u2019hygiène prénatale et postnatale qui lui sont très précieuses chaque fois qu\u2019elle donne naissance à un enfant, car elle se dit et avec raison qu\u2019il ne lui servirait à rien de créer pour ensuite ne pas conserver.Elle sait bien aussi que la santé est une condition indispensable du bonheur dans la vie, et plus ses enfants vieillissent, plus elle réalise la solidarité de l\u2019être physique et de l\u2019être moral.Afin de sauvegarder la santé de sa maisonnée la mère de famille observe à la lettre l\u2019hygiène alimentaire.Elle sait bien qu\u2019il ne lui suffit pas d\u2019être bonne cuisinière, ménagère hors-pair, mais qu\u2019il lui faut aussi être au courant de la valeur nutritive des aliments.Elle étudie donc les règles alimentaires approuvées par le Conseil Canadien aliments servir a sa maisonnée, donne du lait aux enfants au moins une chopine par jour jusqu\u2019à l\u2019âge de 12 ans, au moins une chopine et demie aux adolescents et au moins un demiard aux adultes.Comme fruit elle sert une portion d\u2019agrumes, oranges, pamplemousses ou tomates ou du jus de ces fruits ; et une portion d\u2019un autre fruit.Les légumes figurent à ses repas.Au moins une portion de pommes de terre et une d'autres légumes, de préférence jaunes, verts ou feuillus et ce fréquemment crus.Chacun mange dans la journée une portion d\u2019une céréale à grain entier ; et au moins quatre tranches de pain avec du beurre naturellement.Un portion de viande ou de poisson, ou de volailles est servie par jour à chacun des membres de la famille.Le foie est employé fréquemment.Les oeufs et le fromage figurent souvent sur sa table et le sel iodé est utilisé comme assaisonnement.Facile, n\u2019est-ce pas, d\u2019admettre que les devoirs et les responsabilités de la mère, maîtresse de maison sont multiples et routiniers.Comment faire pour trouver le temps de tout accomplir ?Eh bien ! en suivant la recette léguée par nos mères d\u2019hier à celles d\u2019aujourd'hui qui la passent à leur tour aux mères de demain : Au début de la journée, mettre dans la marmite beaucoup de patience et de persévérance, ajouter quantité égale de bonne humeur et de bonne volonté, écumer soigneusement la paresse, l\u2019égoïsme et l\u2019indolence, laissant mitonner doucement sans quitter le foyer.A vous mères qui êtes l\u2019âme, le coeur, le noeud vital de la famille, les économistes ménagères rendent hommage ! FAITES LA CUISINE AU VIN Savez-vous comment transformer un mets quelconque en un véritable régal ?Savez-vous communiquer au manger la saveur subtile et irrésistible que lui donne le vin ?Le vin est un précieux auxiliaire en art culinaire.Ainsi, il peut faire du \u201chamburger un mets digne d\u2019un roi.D donne aux restes un goût des plus délicats.Et l\u2019emploi du vin ne complique pas la cuisine ni n\u2019est dispendieux.La cuisine au vin est simple ; ce n\u2019est pas plus difficile que saler, poivrer ou ajouter de l\u2019eau aux aliments.En effet, le vin peut remplacer une partie de l\u2019eau ou d\u2019un autre liquide qui entre dans la préparation d\u2019un mets ou de la sauce qui se sert avec ce plat.Vous constaterez avec plaisir que le vin se prête à de multiples usages.On emploie aussi le vin pour arroser un rôti, une grillade ou un pouding.Le vin sert à mariner les viandes avant leur cuisson ; il les attendrit et en fait ressortir toute la saveur.Pour plus amples renseignements sur ce sujet, vous n\u2019avez qu\u2019à écrire à : T.G.Bright, Niagara Falls, Ontario, qui vous enverra gratuitement une brochurette intitulée : La Cuisine au Vin. Le Samedi.Montréal.19 mat 1951 LA MESURE DU TEMPS \u2014 UN ART PROPRE AUX SUISSES l)ans la montre suisse de qualité, les ¦ .* *»\u2022 r TOISONS OUVREES DANS DES CHAUMIERES TOUT FAIT À LA MAIN par J.-E.FAIRBAIRN IExclusif au \"Samedi\"! S\u2019il vous arrive quelquefois de fouiller dans les vieilles boutiques d\u2019antiquaires, il se peut que vous y trouviez un ancien rouet, témoin d\u2019une époque où les hommes fabriquaient à la maison le pain dont ils se nourrissaient et les tissus dont ils confectionnaient leurs vêtements.Autrefois, le rouet était le symbole de la vie familiale.Avec l\u2019apparition des machines à vapeur et des fileuses mécaniques, le rouet fut relégué au rang d\u2019objet décoratif et, peu à peu, disparut complètement, au point que de nos jours on n\u2019entend plus son ronronnement caractéristique que dans les coins les plus reculés et les plus isolés de la terre.Cependant, on trouve encore des rouets utilisés dans les îles Hébrides, à quelques milles de la côte écossaise.Sauvages et accidentées, ces îles ont en été un charme qui attire d\u2019innombrables touristes ; par suite de leur isolement, les habitants ont su garder les vieilles traditions ; c\u2019est ainsi que dans les îles Harris, Lewis, Uist et Barra, on file et on tisse la laine selon les antiques méthodes.Grâce aux tissus que l\u2019on y fabrique, ces petites îles sont connues du monde entier ; il y a environ 150 ans que le tweed Harris se vend sur tous les marchés du monde et assure ainsi la popularité des Hébrides.La survivance de cet artisanat est un véritable conte de fées.Pendant des siècles, les insulaires, descendants des Vikings, des Irlandais et des Ecossais, avaient pu vivre péniblement du produit de l\u2019élevage des moutons et de la pêche.Ils tissaient les étoffes dont ils avaient besoin pour leur usage personnel.Au XIXe siècle, afin de les aider à augmenter leurs maigres revenus, la Duchesse de Sutherland essaya d\u2019intéresser à nouveau les femmes [ Lire la suite page 49 ] \t\t\tvl\t\t\t \t*.\u2022/¦ \u2022\t&M3,\tIg 1\t\t\tS \t.im ¦\t\t\t\t\tmm \\%.ë - 1 \twmËH\t\t\t' m\t\t * Photos du haut, de g.à d.Un Insulaire de l'tle Harris actionne son métier à main pour tisser le célèbre tweed selon l'antique tradition.\u2014 Le triage des toisons qu'on va teindre dans un chaudron placé sous un feu de tourbe.\u2014 L'opération proprement dite.\u2014 Ci-contre, c'est au grand air et au soleil que les femmes de l'île pressent les étoffes pour leur donner leur fini.\u2014 Ci-dessus, un costume tailleur exécuté en tweed Harris léger de couleur sable. Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 17 «4 é, - .\u2014\t- ''' LES GOELETTES Bourgeois de la mer rV_ p /7t « i \u2019 * * .# ifSS-ri *1 ;T-v./ .iü\\ Photos du haut, à g.: \"Qui arrivera avant l'autre aux Eboulements: tu gages, oui ?.\" \u2014 A d., à la remorque, des cinéastes et leur équipement ! \u2014 Centre, escale à Cap Chat.\u2014 Le petit navire quitte le port de Québec.\u2014 Ci-dessus, une opération de chargement.\u2014 Ci-contre, l'un des phares au moyen desquels on se dirige la nuit.Photos O.N.F.Les dernières à l\u2019automne, les premières ou prin temps, elles sont l\u2019essence même de la navigation fluviale.Les transatlantiques les doublent avec pompe et les autres navires les regardent de haut.Mais ça leur est bien égal, à elles, car rien ne peut troubler leur petit train de vie sur la grande route maritime qu\u2019est le Saint-Laurent.Ce sont les goélettes !\t^\tA Et si elles ne ressemblent guère à leurs ancêtres du même nom, c\u2019est qu\u2019elles ont évolué comme tout le reste.Il faut bien admettre \u2014 n\u2019est-ce pas \u2014que le navire amiral de la flotte française a peu de choses en commun avec celui qu\u2019il y a trois siècles montait Jean Bart ?Sans prétentions et sans titres de gloire, n offrant rien de sensationnel ou de spectaculaire, ne possédant ni la majesté du paquebot, ni la vitesse du croiseur, ni même la grâce du voilier, ces petits navires font en quelque sorte figure de parents pauvres dans la grande famille des bâtiments marins.Mais en dépit de leur apparence modeste, les goélettes accomplissent un travail à la fois difficile et nécessaire, sur le parcours du gland fleuve.Au nombre de 133 \u2014 l\u2019invincible Armada ne comptait pas autant de navires \u2014 les goélettes servent de lien entre les petites villes et les villages sur les deux rives du St-Laurent, depuis Québec jusqu\u2019à la Baie des Chaleurs.C\u2019est par elles que se fait la livraison du courrier, le transport des vivres et des matériaux, l\u2019expédition des produits industriels et agricoles destinés aux marchés urbains.Ces petits bateaux ventrus, ces bourgeois de la mer, sont toujours chargés\t[Lire la suite page 62] : CHAISIS 4.\u2019 X\"P1AC£S3' i\u201c?iACE5 3 - Eh TREE WfTÉm, 18 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 ' LE MONDE EN RACCOURCI Tout un cirque dans un salon! Pour devenir directeur-propriétaire d\u2019un cirque, il y a plusieurs moyens : on peut débuter comme troisième assistant-balayeur ou, à condition de gagner plusieurs fois le gros lot, on peut en acheter ou en monter un.Mais il y a une troisième méthode : le construire soi-même comme l\u2019a fait un jeune homme d\u2019Yverdon,.M.Toni Striberni ! C\u2019est très facile, à condition qu\u2019on ait l\u2019habileté voulue et aussi énormément de patience.Toni Striberni ne manque ni de l\u2019un, ni de l\u2019autre, et trois ans durant il a consacré tous ses moments libres à son cirque ! Tout ceci en continuant à suivre des cours et en commençant à exercer la profession qu\u2019il a choisie.Drôle de vie vraiment que celle des « gens du voyage » ! Ce jeune homme, en effet, a commencé son apprentissage de décorateur voici un peu plus de deux ans à l\u2019Ecole des Arts\u2019et Métiers de Vevey, en Suisse, et actuellement il fait un stage dans un magasin de confections à Bâle.Fils d\u2019un peintre décorateur, frère d\u2019un jeune architecte qui, lui aussi, a la passion du bricolage et fabrique des avions en miniature, Toni Striberni construit depuis longtemps déjà des modèles réduits : locomotives grandes comme une boîte d\u2019allumettes, un téléphérique, des ponts, le train du centenaire des Chemins de fer suisses reproduit de mémoire et d\u2019après des photographies, dont les wagons sont longs d\u2019un peu plus d\u2019un pouce.Le cirque est sa grande oeuvre.Il repré- sente celui des Knie, le cirque national suisse, avec sa grande tente à quatre mâts et ses trois tentes plus petites abritant la ménagerie, ses roulottes, ses animaux, son personnel, ses entrées.Sans posséder le moins du monde les mesures exactes, Toni Striberni a pourtant trouvé les proportions- justes.La grande tente a 5 pieds et demi de diamètre, et à l\u2019intérieur on trouve 70 chaises, quatre loges, des bancs qui, mis les uns à la suite des autres, mesureraient 1 pied ! 400 supports le maintiennent en position et l\u2019ensemble représente 1262 places assises ! Au centre, la piste est éclairée par trois projecteurs de couleurs différentes, commandés depuis la centrale électrique composée de trois transformateurs placés dans trois roulottes.Le cirque est éclairé par 38 lampes électriques de 6 volts reliées par 175 pieds de fils ! Lorsqu\u2019il doit se déplacer, le tout se charge en trois heures, temps nécessaire pour le démontage, dans quarante roulottes, tandis qu\u2019il faut une journée, ou plutôt une nuit puisque c\u2019est un cirque, pour le montage ! Déjà le cirque de Toni Striberni a connu le succès : une exposition de trois jours à Yverdon a attiré six cents visiteurs.Mais ce n\u2019est qu\u2019un début : pour Tan prochain il envisage une seconde exposition à Neuchâtel ; plus tard, une fois son apprentissage terminé, il pârtira en tournée comme un vrai cirque ! Et il espère bien dénicher, au cours de ses voyages, une situation dans la branche dont il rêve et devenir décorateur de cinéma.Ci-contre, de haut en bas, le propriétaire de ce remarquable cirque en miniature, TONI STRIBERNI, trouve toujours quelque chose à faire, ou un détail à compléter, à moins qu'il ne soit occupé à charger les quarante roulottes pour le départ.\u2014 Voici, tout comme dans la réalité, la roulotte-caisse.\u2014 Jetons un coup d'oeil dans la grande tente : elle comporte 1,262 places assises ! \u2014 Ci-dessous, le spectacle est commencé, et les poneys attendent leur tour d'entrer en piste.Photos Canada Wide / m My Le Samedi.Montréal, 19 mai lüél 19 Pour s'y rendre PLUS DE GENS ROULENT SUR DES PNEUS GOODYEAR QUE SUR TOUTE AUTRE MARQUE WHITEHORSE, TERRITOIRE DU YUKON lüÛt CHAH \\l NORMANOIï lpfPlf WHITEHORSE, TERRITOIRE DU YUKON yriiriu.-Juif\":, immtV m* - Du Yukon à Québec .à tout endroit de notre vaste et beau Dominion, plus de Canadiens roulent sur des pneus Goodyear que sur toute autre marque .et il vous importe de savoir pourquoi.C\u2019est que, voyez-vous, les fabricants d\u2019autos .qui connaissent vraiment les pneus\u2014trouvent que les Goodyear Super-Cushion donnent le meilleur ensemble de sûreté, de douceur et de millage.Ils emploient dotic plus de Super-Cushion que de tout autre pneu sur leurs nouvelles voitures.Et le public, par suite de son expérience avec les Goodyear, achète plus de Super-Cushion que de tout autre pneu à basse pression.N\u2019est-il pas raisonnable de supposer que le pneu qui donne la plus grande satisfaction a la plupart des gens est le pneu que vous devriez acheter ?sûre.Priez votre air la S\u2019obtient aussi avec UE PONT IVY LEE, MILL ILES, ONTARIO Le pneu le plus sûr mérite la chambre marchand Goodyear de vous renseigner sur les chambres a air de sûreté Goodyear LifeGuard.Elles rendent un éclatement moffensif.semel*e All-Weathe par {g i\til ï ffH 20 Le Samedi.Montréal, 19 mai 1951 L'IMAGE AU SERVICE DE LA SANTE CADEAUX POUR UNE PLUS BEAU COUATlONDt OfPLOMK LE Ci-dessus, à Buenos Aires, en Argentine, le président JUAN PERON (à droite) et le savant autrichien naturalisé argentin.RONALD RICHTER, (debout à côté du président) disent aux journalistes, que le bombardement thermo nucléaire peut s'effectuer sans l'aide de l'uranium comme cela a été démontré dans le laboratoire atomique argentin sur l'tle de Huemul, dont Richter est directeur.Celui-ci a dit, en outre, que l'Argentine ne se servirait de cette découverte qu'à des fins industrielles.\u2014 Ci-contre, la princesse BAJAN DJAVIDAN, veuve du dernier khédive d'Egypte, est maintenant en exil à Paris.Celle qui fut jadis aussi puissante qu'une reine cherche un emploi d'interprète ou de dame de compagnie et consulte dans ce but les annonces des journaux.ÇÀ et LÀ par L\u2019IMAGE Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 25 Ccttë iunocdlBu de mSÉM Oocfe Cor >rboro^9h, ajoute à la beauté de votre foyer! HORLOGE MURALE ÉLECTRIQUE MELODY Voici le dernier cri en fait d\u2019horloge murale! Attrayante à tout point de vue, la Melody aux lignes gracieuses sied dans toute pièce.Elle se fond et s\u2019harmonise avec la décoration intérieure.En plus, comme un caméléon, sa couleur varie à votre gré.Examinée sous tous les angles, la Melody ne manque de vous charmer! $10.95.CHANGEMENT RAPIDE DE COULEUR Faites sauter la bordure du boîtier et rejetez-la pardessus\u2014vous avez une autre couleur! La Melody se vend en une variété de couleurs convenant à tout agencement décoratif, ou l\u2019accentuant.COULEUR PARTICULIÈRE Si vous désirez une teinte particulière, vous pouvez peindre ou émailler à votre gré la bordure du boîtier.Ou bien enlevez-la entièrement, rendant visibles les couleurs murales.FACILE À LIRE Pas \"d\u2019obstruction\u201d avec la Melody.Des aiguilles en relief avec chiffres à trois dimensions assurent une visibilité parfaite à tous les angles.8 pouces de diamètre seulement.AFFLEURE LE MUR Les gracieux contours arrondis du brillant boîtier blanc ont leur raison d\u2019être.Les \"attraits\u201d sont à l\u2019avant de sorte que l\u2019horloge se fond harmonieusement avec la surface murale.CORDE DISSIMULEE Pas de surplus de corde apparent; tout est bien dissimulé dans le dos encavé de la Melody.Le bouton - régulateur est commodément placé à 1 avant.REVEIL ELECTRIQUE GREENWICH Un magnifique nouveau Westclox qui allie la beauté d\u2019un riche boîtier de bois fini acajou à Futilité d\u2019une sonnerie de tonalité agréable.$10.95.Avec cadran lumineux, un dollar de plus.* Marques déposées 26 LA CONSCIENCE DES PEONES [Suite de la page 10] \u2022- - - ! IPar des raccourcis connus, en trois quarts d\u2019heure d\u2019escalade, ils eurent atteint la crevasse où nichaient les oiseaux.\u2014 Les vois-tu, demandait Paquita d\u2019une voix tremblante d\u2019émotion, en désignant au gamin l\u2019ombre bleue qui s\u2019enfoncait au-dessous d\u2019eux et au milieu de laquelle un nid mettait une I1\ttache plus claire.\u2014 C\u2019est profond ! murmura-t-il.\u2014 Tu as peur ?Ces trois mots cinglèrent le fils de Péonès comme la plus farouche des injures.La fille du gendarme mettait en doute le courage du fils du brigadier ! Elle allait voir s\u2019il avait peur ! \u2014 Donne-moi ton foulard, comman-da-t-il, pour remonter les petits et surveille autour de nous.pour t\u2019assurer que les parents ne reviennent pas.Car un coup de bec m\u2019effraie plus que la crevasse.A plat ventre sur le roc, Paquita suivait d\u2019un oeil apeuré la descente, sentant l'an poisse l\u2019étreindre davantage au fur et à mesure que l\u2019ombre enveloppait le corps de l\u2019audacieux garçon.Soudain, du gouffre, un cri effroyable s\u2019éleva, puis plus rien.\u2014 Pépito ! clama la fillette épouvantée, Pépito ! Aucune réponse.Alors, terrifiée par le grand silence qui maintenant emplissait la crevasse tragique, la fillette se releva d\u2019un bond, et, comme une folle, se lança sur le sentier, criant : \u2014- Au secours !.Au secours !.Assurément, elle avait perdu la tête ! Comment pouvait-elle espérer que ses appels seraient entendus ?Et par qui auraient-ils pu l\u2019être ?Le chemin qu\u2019elle avait pris n\u2019était fréquenté par personne ; c\u2019est précisément pour cette raison qu\u2019elle et Pépito l\u2019avaient suivi, de façon à ce que leur escapade demeurât insoupçonnée.Soudain, comme elle atteignait un ruisselet qui, tombant des hauteurs, formait là, dans une excavation rocheuse, une manière de petite vasque d\u2019eau glacée, elle vit un homme allongé qui buvait.\u2014 Au secours ! clama-t-elle désespérément.Au secours !.L\u2019homme se leva et vint à elle : c\u2019était un grand gaillard, au corps d\u2019athlète, à la physionomie brutale et sauvage.Rudement, en quelques mots brefs, il interrogea, et elle, non moins brièvement, répondit : \u2014 Allons, dit-il, laconique.Elle courait devant lui.\u2014 C\u2019est ici ! dit-elle en s\u2019arrêtant brusquement.Et, se jetant à plat ventre, elle appela dans le gouffre.\u2014 Pépito !.Pépito !.Elle gémit, désespérée : \u2014 Mon Dieu! Mon Dieu!.Et dire que c\u2019est moi qui l\u2019ai entraîné.L\u2019homme, sans prononcer une parole, avait retiré sa veste et retroussé les manches de sa chemise de cotonnade, de façon à avoir ses mouvements plus libres.Puis, ayant enlevé ses grosses chaussures ferrées, il les avait remplacées par de souples espadrilles de toile qu\u2019il avait prises dans un havresac suspendu à son épaule.\u2014 Demeure en paix, ordonna-t-il, et laisse-moi faire.Prestement, avec une hardiesse qui dénotait une grande habitude de cette sorte d\u2019exercice, il se coula dans la crevasse et, s\u2019aidant d une saillie rocheuse, d\u2019une racine, d\u2019une branche d\u2019arbre, il commença la périlleuse descente.Plus morte que vive, Paquita le suivit aussi longtemps que l\u2019acuité de ses regards put percer les ténèbres qui emplissaient le gouffre ; puis vint un moment où la silhouette de l\u2019homme se fondit dans l\u2019ombre, et alors l\u2019attente de la fillette se fit plus angoissée.Brusquement, cm bruit sourd qui monta jusqu'à elle, accompagné d\u2019un juron violent.puis plus rien.Défaillante, la gorge sèche, la langue collée au palais, elle n\u2019avait même pas la force d\u2019appeler, et elle demeurait là, attendant.En bas, cependant, l\u2019homme s\u2019était remis de sa chute : un roc sur lequel il avait arc-bouté son pied, avait cédé, et peu s\u2019en était fallu qu\u2019il ne roulât jusqu\u2019au torrent, dont les eaux tumultueuses bondissaient sur les rochers dont se hérissait le fond du gouffre ; mais, heureusement, il n\u2019avait pas perdu la tête, et, \u2014 sa main s\u2019étant accrochée à une racine qui bossuait le sol, il s\u2019immobilisa.Seulement son crâne avait heurté si rudement le roc qu\u2019il ressentait à la nuque une effroyable douleur.Au-dessous de lui, il voyait distinctement le corps inanimé du gamin que le tronc d\u2019un mélèze avait retenu.Quelque chose comme une demi-douzaine de mètres à descendre.; l\u2019ayant rejoint, il poussa un soupir de satisfaction en constatant qu\u2019il n\u2019était qu\u2019évanoui.Seulement, maintenant, il fallait remonter et, \u2014 avec ce fardeau en travers des épaules, \u2014 cela n\u2019allait pas être besogne aisée.Mais quoi, il avait fait souvent plus difficile ; il est vrai que, cette fois-ci, par suite de sa blessure, il n\u2019était pas en possession de tous ses moyens.Enfin, on verrait bien.S\u2019étant, au moyen de sa propre ceinture, amarré sur le dos le malheureux Pépito, de façon à avoir le libre usage de ses mains, il commença l\u2019escalade.Son instinct lui faisait choisir minutieusement les saillies sur lesquelles il pouvait, en .toute sécurité, assurer ses pieds, comme aussi celles auxquelles il lui était possible de cramponner ses doigts.Et, lentement, lentement, il montait, ménageant ses forces, mesurant son souffle.Quand il arriva, épuisé, au sommet de la muraille rocheuse, Paquita, à genoux, priait avec ferveur.En voyant l\u2019homme qui ramenait son petit compagnon, elle poussa une exclamation de joie et se jeta sur ses mains, qu\u2019elle baisa avec transport.\u2014\tEs-tu de force à l\u2019emporter ?demanda-t-il, car, pour ma part, j\u2019ai besoin de reprendre haleine.\u2014\tJ\u2019aurai la force ! répondit énergiquement la gamine ; il faut que je l\u2019aie.Elle s\u2019empara du corps inerte de Pépito, et, vaillante, elle s\u2019engagea dans le sentier qui descendait vers le poste.Une fois arrivée, elle mit au lit le gamin et s\u2019ingénia à le soigner de son mieux ; après avoir soigneusement lavé la blessure, elle appliqua dessus une compresse d\u2019eau fraîche, se demandant si ce pansement sommaire suffirait à remettre Pépito sur pied avant le retour de ses parents.La femme du brigadier devait rester en ville jusqu\u2019au soir ; mais le brigadier, lui, quand reviendrait-il ?Et elle faisait des voeux ardents pour que ce coquin de Torredo fît courir longtemps, longtemps, le brigadier et le gendarme.Elle était là, depuis deux heures, penchée sur le petit lit, épiant un mouvement \u2014 si mince fût-il \u2014 indice d\u2019un Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 prochain retour à la vie, quand, tout à coup, elle entendit sur la route un bruit bien connu de pas de chevaux, qu\u2019accompagnait le heurt régulier de fourreaux de sabre contre les étriers.D\u2019un bond, elle fut à la fenêtre et poussa une sourde exclamation de terreur : le brigadier Péonès franchissait la grille du poste, accompagné du gendarme Sanchez.Ce dernier portait en croupe \u2014 jeté en travers du cheval comme cm sac de blé \u2014 un homme ligoté, réduit à l\u2019état de véritable colis humain.C\u2019était, sans doute, le contrebandier Torredo qui s\u2019était laissé pincer plus aisément et plus rapidement qu\u2019il n\u2019eût été raisonnable de le supposer.Paquita allait être contrainte, maintenant, de tout avouer : la correction sévère que comportaient les événements l\u2019attendait.Mais qu\u2019importaient, au fond, à la fillette, les calottes et même les coups de bâton, si son petit ami Pépito revenait à la vie ?En ce moment \u2014 le prisonnier mis en lieu sûr \u2014 Péonès pénétra dans la chambre, à la vue du gamin étendu, immobile, la tête enveloppée de linges sanglants, il se rua vers le lit, épouvanté.\u2014\tQu\u2019est-il arrivé ?.Parle !.Réponds !.tonna-t-il, en saisissant au poignet Paquita, éperdue.\u2014\tC\u2019est moi qui suis la cause de tout, avoua franchement la petite.Il ne voulait pas venir, il voulait faire ses devoirs ! Je l\u2019ai entraîné dénicher un nid de condors ; et alors, voilà.il est tombé ! \u2014\tMalédiction !.Pépito, mon « ni- no ».\u2014\tL\u2019homme a dit que sa blessure n\u2019était rien, insinua Paquita pour calmer l\u2019affolement du brigadier.\u2014\tL\u2019homme !.Quel homme ?La gamine conta alors le sauvetage miraculeux opéré \u2014 au péril de sa vie \u2014 par un inconnu rencontré dans la montagne.\u2014\tSon nom?.Il ne t\u2019a pas dit son nom ?interrogea le brigadier.\u2014 Je ne lui ai même pas demandé, répondit la gamine, tellement j\u2019avais hâte de ramener ici Pépito ; d\u2019ailleurs, lui-même était blessé.\u2014 Blessé ?répéta Péonès, sur le visage duquel se refléta une émotion intense.Puis, d une voix rauque, qu\u2019une grosse angoisse paraissait étrangler : \u2014 Cet homme ! Comment est-il ?.Peux-tu me le décrire ?.Grand, avec une barbe épaisse et rude, et des cheveux en broussaille sous le foulard qui lui serre la tête.\u2014\t.Rouge, n\u2019est-ce pas.le foulard ?interrogea le brigadier.\u2014 Oui, rouge.Mais comment savez-vous ?\u2014 Demonio ! gronda Péonès, dont le regard alla chercher, à travers la vitre, 1 étroit réduit qui, dans la cour, servait de prison.Ensuite, dans une course folle, il se lança à travers la pièce, tête basse, grommelant des paroles sans suite ; ce que voyant, Paquita terrifiée, se glissa par 1 entrebâillement de la porte et disparut.Longtemps, longtemps Péonès erra ainsi, ne s interrompant que pour venir se pencher sur le lit de Pépito ; le gamin maintenant, reposait paisiblement ; sa respiration rythmée soulevait doucement la couverture et sa physionomie avait repris son air coutumier.Tranquillisé de ce côté, le brigadier pouvait s abandonner au combat qui se livrait en lui, combat terrible, déchirant, et qui mettait sa conscience à une terrible épreuve.L homme, qu avec le concours du gendarme Sanchez, il avait arrêté le bandit tantôt et qu\u2019il devait, le lendemain, conduire à la ville, le terrible L\u2019HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle sériel 6\t4\t8\t2\t6\t5\t3\t7\t6\t2\t8\t4\t7\t3\t5\t4 A\tU\tD\tU\tC\tM\tA\tV\tH\tN\tE\tN\t0\tM\tA\tL 7\t5\t3\t6\t4\t8\t2\t7\t4\t6\t3\t5\t8\t2\t6\t4 T\tU\tI\tA\tU\tL\tG\tR\tX\tT\tT\tV\tA\tR\tT\tE 4\t8\t6\t2\t7\t4\t8\t3\t7\t5\t2\t6\t8\t5\t3\t7 A\tR\tR\t0\tE\tB\tG\tI\tE\tA\tS\tE\tE\tI\tE\tT 8\t5\t3\t6\t4\t7\t2\t8\t5\t3\t6\t7\t2\t8\t4\t5 N\tS\tN\tS\t0\t0\tB\tT\tE\t0\tI\tI\tE\tI\tN\tN 8\t5\t4\t7\t2\t6\t8\t3\t7\t5\t2\t8\t4\t6\t3\t7 N\t0\tM\tL\tN\tM\tE\tU\tE\tU\tE\tS\tA\tP\tV\tB 8\t4\t7\t3\t6\t4\t5\t8\t2\t7\t6\t3\t5\t8\t2\t7 P\tR\tR\tE\t0\tC\tV\tE\tF\tI\tR\tL\tE\tR\tI\tL 5\t6\t4\t7\t2\t6\t4\t3\t5\t6\t2\t7\t8\t3\t6\t5 L\tT\tH\tL\tC\tA\tE\tL\tL\tN\tE\tE\tE\tE\tT\tE Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de ti ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 27 contrebandier Torredo, c'était celui auquel il devait la vie de son enfant ! Pouvait-il, dans ces conditions, faire son devoir tout entier ! Ne serait-il pas monstrueux que le représentant de l\u2019autorité acquittât de telle manière la dette contractée par le père envers le coquin ?Non ! non ! Tout ce qu\u2019il y avait en lui de généreux, d\u2019humain, se révoltait à la perspective seule d\u2019un acte aussi monstrueux, Mais, d\u2019un autre côté, avoir, durant trente ans, porté l\u2019uniforme, sans cesser d\u2019être à tout instant, et en toute circonstance, un modèle absolu de loyauté, d\u2019obéissance, et manquer avec un tel cynisme à la consigne donnée ! Cela révoltait ses instincts de soldat ! C\u2019était à ses yeux, comme une trahison envers ses chefs ! Les heures s\u2019étaient écoulées, la nuit était venue, et le brigadier Péonès, l\u2019âme éperdue, n\u2019avait point encore pu se résoudre à prendre une décision.Il s\u2019était arrêté au pied du lit de son fils et le contemplait avec amour, reposant bien paisiblement sous ses draps blancs.Et voilà qu\u2019il eut, soudainement, une vision : sur ce même lit, Pépito était étendu comme maintenant.Mais sa poitrine ne se soulevait plus, son visage était pâle, pâle comme la cire du cierge qui brûlait à son chevet ; et une ombre bleue, presque noire, cernait ses paupières closes.Le lit disparaissait sous les fleurs que la piété déchirante de la Conchita était allée cueillir par brassées dans le petit jardin, et la mère elle-même, effondrée à genoux, sanglotait, le visage sur les mains inertes et glacées du petit cadavre.C\u2019en était trop ! Cette hallucination brisa l\u2019irrésolution de Péonès.A la pensée que, sans l\u2019intervention de Torredo, ce qui n\u2019était qu\u2019une fiction eût été certainement une réalité, le malheureux père comprit lequel devait l\u2019emporter sur l\u2019autre, des deux devoirs impérieux qui le réclamaient.D\u2019un pas ferme, il se dirigea vers la petite table à laquelle, chaque soir, il s\u2019asseyait pour rédiger son rapport sur les faits du jour, et, d\u2019une main qui ne tremblait pas, il écrivit : Senor capitaine, suivant vos instructions, j\u2019ai recherché, poursuivi, arrêté le contrebandier Torredo; mais il se trouve que, quelques instants avant son arrestation, Torredo avait au péril de sa vie, arraché mon fils à la mort.Mon coeur se révolte à la pensée de livrer à la justice l\u2019homme au courage duquel je dois d\u2019être encore père ; c\u2019est pourquoi je vais, dans un instant, rendre la liberté à Torredo, et je vous écris ces lignes pour que personne, demain, ne porte la responsabilité d\u2019un acte dont je me reconnais l\u2019auteur et que je ne serai plus là pour revendiquer comme mien.Je ne me dissimule pas, senor capitaine, la gravité de la faute que je commets contre la discipline.C\u2019est la première qui puisse m\u2019être reprochée.ce sera aussi la dernière, car, avant le lever du jour, je me serai fait justice.En vous demandant pardon, capitaine, je vous recommande la veuve et I orphelin que ma mort va laisser sans ressources, sans soutien.Et il signa posément, en appliquant à former le paragraphe compliqué dont il avait coutume d\u2019ornementer son nom : « Ignacio Péonès, brigadier.» Seulement, comme il avait trempé sa plume un peu peu trop brusquement dans l\u2019encrier, il en tomba une grosse goutte d\u2019encre, qui forma sur le papier un énorme pâté.Un moment ^perplexe, il pensa à recommencer ou non sa lettre ; mais finalement, il opta finalement pour la négative et, laissant là sa missive sans la clore \u2014 pour permettre au pâté de sécher tout seul, \u2014 il sortit de la pièce.A peine avait-il fermé la porte derrière lui, que, dans l\u2019encadrement de la croisée, apparut le minois humide de larmes de Paquita : la gamine, inquiète de savoir comment se portait son petit camarade, et, d\u2019autre part, peu soucieuse d\u2019affronter de nouveau la colère du brigadier, avait guetté sa sortie, pour venir s\u2019assurer de visu de l\u2019état de Pépito.Leste comme un écureuil, elle se glissa dans la pièce courut au petit lit, se pencha, et, rassurée par le sommeil tranquille du gamin, regagnait la fenêtre, lorsqu\u2019elle remarqua, à terre, la lettre qu\u2019un léger courant d\u2019air avait fait glisser du bureau.Elle la ramassa, et, obéissant à cette instinctive curiosité, qui est le propre de tous les enfants, elle en parcourut, d\u2019un regard, le contenu.\u2014 Jésus Maria ! balbutia-t-elle, épouvantée.Jésus Maria !.Elle demeurait là, atterrée, la lettre dans les mains, ne sachant que faire pour éviter une telle catastrophe, et se disant cependant qu\u2019il lui fallait faire quelque chose.Autrement, si elle laissait le brigadier se tuer, si Pépito devait rester orphelin, elle sentait bien qu\u2019elle \u2014 la cause de ces deux malheurs \u2014 elle n\u2019aurait pas d\u2019autre ressource que de se jeter dans la première crevasse qu\u2019elle rencontrerait.Mais cela encore n\u2019empêcherait pas ce pauvre Pépito de n\u2019avoir plus de papa.Soudain, une idée lumineuse lui traversa l\u2019esprit, une idée qui, \u2014 si elle était mise à exécution sans tarder \u2014 pouvait tout arranger.Elle courut au lit, éveilla Pépito.\u2014 Ecoute bien, fit-elle, et tâche de retenir ce que je vais te dire.Ton père écrit au capitaine pour lui annoncer qu\u2019il veut se tuer.Le gamin poussa une exclamation terrifiée ; mais Paquita lui mit la main sur la bouche.\u2014 Ne m\u2019interromps pas; il s\u2019agit de la vie de ton père !.Il faut le sauver à tout prix ; je m\u2019en charge à condition que tu m\u2019aides.Donc, voici, je corn's prévenir le capitaine ; seulement il me faut le temps de revenir avec lui.Pour cela, tu vas faire comme si tu étais plus malade.Alors, tu comprends, ton père n\u2019osera pas faire l\u2019horrible chose qu\u2019il veut avant d\u2019être certain que tu vas mieux.Bref, il s\u2019agit de jouer la comédie jusqu\u2019à mon retour.C\u2019est compris ?\u2014 Oui.larmoya le gamin ; mais j\u2019ai peur de ne pas bien savoir.\u2014 Il faut, interrompit Paquita d\u2019une voix tragique, il faut sauver ton père.Puis, brusquement, tendant l\u2019oreille vers la cour ; \u2014 J\u2019entends des pas.Il revient!.A tout à l\u2019heure, et tiens bon jusqu\u2019à mon retour.Vivement, elle gagna la fenêtre, l\u2019enjamba et disparut, au moment même où le brigadier entrait dans la chambre.Son visage était sombre : un pli amer creusait ses lèvres et une lueur farouche brillait dans ses regards ; un court moment il demeura immobile sur le seuil, les yeux fixés sur le lit, semblant hésiter.Evidemment, il luttait contre une force invincible qui l\u2019attirait vers l\u2019enfant endormi ; il voulait \u2014 avant d\u2019exécuter sa tragique décision \u2014 mettre un dernier baiser sur le front du fils, dont il allait \u2014 de par sa volonté \u2014 être séparé à jamais.Sur la pointe des pieds, s\u2019approchant, il se pencha vers le dormeur ; mais, [ Lire la suite page 58 ] \u201cEnfin, j\u2019ai réellement COMMENCÉ À ÉPARGNER Chauffage, vêtements, nourriture, l\u2019hypothèque .mon chèque de paye y paissait chaque semaine.J\u2019avais sincèrement le désir d\u2019économiser, mais je ne parvenais pas à faire des épargnes régulières.Je me suis d\u2019abord regimbé quand le représentant de la Mutual Life est venu nous voir, car je ne croyais pas que mon salaire me permît d\u2019assumer une autre obligation .Le représentant me fit comprendre comme il est essentiel pour tout le monde d\u2019épargner en vue de l\u2019avenir et comme l\u2019assurance-vie est le meilleur moyen de le faire.Nous avons remanié un peu notre budget et voici que je mets maintenant de l'argent de côté .une chose que j\u2019avais toujours eu l\u2019intention de faire.\u201d \u201cEt ces épargnes nous protègent! Mon mari a l\u2019esprit plus tranquille depuis qu\u2019il met quelques dollars de côté \u2014 comme il dit.Je considère que notre police Mutual Life est un grand pas de fait vers l\u2019indépendance.La sécurité que nous avons en sachant qu\u2019elle est dans un coffret de sûreté à la banque est une chose que je ne saurais décrire, puis il est réconfortant de penser à la protection qu\u2019il y a pour les enfants au cas où un malheur arriverait à mon mari.\u201d Tout le monde a BESOIN d\u2019assurance-vie Tout le monde a les moyens d\u2019en avoir MM-IIF THE MUTUALITE of CANADA SIEGE SOCIAL\tWATERLOO , ONT.jCcLptumum mitüyÆ tui CokocIcc k : 28 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 NOTRE FEUILLETON LES TOURBILLONS DE U VIE No9\tpar GEORGES MALDAGUE RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Maxime Ruppe croit son père, Bernard Ruppe, coupable d\u2019avoir drogué puis compromis sa jeune épouse Edmée.La vérité est cependant différente puisque l\u2019auteur inconnu de cet acte est son demi-frère, Bernard Valère.Au cours d\u2019une violente dispute avec ce dernier, Bernard Ruppe est tué accidentellement.Rémi Boirot, faussement accusé de cet homicide involontaire, va en prison où il meurt quelque temps avant d\u2019être relâché.A la suite d\u2019une scène violente au cours de laquelle, Maxime Ruppe, après avoir accusé sa femme d\u2019infidélité, brutalise sor fils, Edmée s\u2019enfuit du foyer conjugal avec son fils Hervé.D\u2019autre part, dans le ménage Valère, Bernard, qui convoite Edmée, chasse son épouse Claire sous le faux prétexte, lui aussi, d\u2019infidélité.Celle-ci, séparée de son fils Marcel, doit quitter son foyer et se réfugier à la campagne.SA mère avait mis son châle, imitation cachemire, et son bonnet de Valenciennes à rubans.Jamais la voisine ne l\u2019avait vue dans un pareil attirail.Claire sentit son coeur sauter dans sa poitrine.Depuis l\u2019affront qui l'atteignit si durement, elle ne s\u2019était point rencontrée avec elle.Celle-ci passa, détournant la tête, non sans l\u2019avoir pourtant dévisagée.Edouard souleva son chapeau, la figure sérieuse, comme attristée.Cette attitude du jeune homme apporta à la pauvre martyre une consolation.Il devait la plaindre.S\u2019il la plaignait, il ne la croyait donc pas aussi coupable qu\u2019elle l\u2019était aux yeux de sa mère ?Elle se sentait toute confiante en ce garçon, un peu grave, portant au front comme l\u2019empreinte de soucis qu\u2019on n\u2019a point généralement connus à son âge.Qu elle pût lui parler seulement, lui dire quelques mots, et elle sentait qu\u2019il lui ramènerait l\u2019estime de cette vieille femme à laquelle elle tenait.Au moment où cet espoir surgissait en elle, Mme Martial disait à son fils : \u2014 Tout de même, qui est-ce qui croirait jamais ça, avec une figure pareille ! \u2014 Je te répète que, pour mon compte, je ne le crois pas, répliqua celui-ci.\u2014 Alors, Mme Edmée est une menteuse, suivant toi ?\u2014 Mme Edmée a été trompée.Mais enfin, ton patron ne s\u2019est pas séparé sans causes ?^ \u2014 Qui est-ce qui dit qu\u2019il n\u2019est pas dans l\u2019erreur, lui aussi ! \u2014 Puisqu\u2019il les a pris ! Puisque la séparation a été prononcée en sa faveur ! Edouard haussa les épaules d\u2019un air impatienté.\u2014 Est-ce que je sais, moi! répliqua-t-il ; tout ce qu\u2019il y a de certain, c\u2019est que M.Ruppe aimait sa femme, puisque, quand celle-ci a quitté le domicile conjugal, il a été absolument fou pendant six mois.\u2014 Tu ne m\u2019avais pas encore dit ça.\u2014 Je ne le sais que d\u2019hier ; je ne puis guère encore te l\u2019avoir dit.\u2014 Et qui est-ce qui te l\u2019a raconté ?\u2014 Le comptable, un vieux bonhomme depuis vingt-cinq ans à l\u2019usine, et qui prétend n y avoir pas eu de meilleur patron que M.Ruppe.Mme Martial secoua la tête : \u2014 Les choses sont les choses.Il se peut que M.Ruppe ait été six mois fou après la fuite de sa femme et que ce soit le remords qui lui ait amené sa folie.\u2014 Oh ! certainement, ça se peut.Mais si tu veux m\u2019en croire, ne parlons plus de ces histoires ; c\u2019est un sujet que je n\u2019aime pas à aborder.\u2014 Mon Dieu ! le drôle de corps que cet enfant-là !.Je vous demande si c\u2019est une affaire à n\u2019en pas dire un mot ! Commencé dons l'édition du 24 mars 1951.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de person* nages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.Edouard ne répondit plus.\u2014 Elle a l\u2019air encore plus triste qu\u2019avant, recommença bientôt la bonne femme.Même silence.\u2014 J\u2019ai peut-être été un peu raide, tout de même, reprit-elle ; ma foi, tant pis ! ça y est, il n\u2019y a pas à y revenir ! \u2014 Allons, donne-moi ton bras ! fit le jeune homme du même ton contenu : nous n\u2019avons plus que dix minutes, nous allons manquer notre train.\u2014 Tu as raison, remorque-moi ; décidément, je ne vaux plus grand\u2019chose.Et sa main ridée s\u2019accrocha à la manche de son pardessus.En hâtant un peu le pas, ils gagnèrent la gare, où ils arrivèrent juste pour prendre leurs billets.Joséphine Poncet n\u2019éprouva aucun étonnement en allant ouvrir, vers les onze heures, la porte à la mère Martial et à son fils.De la veille, elle savait quels hôtes sa maîtresse attendait.Aussi avait-elle jugé prudent de lui dire que c\u2019était chez eux qu\u2019elle comptait aller passer son jour de congé, tout en lui demandant de n\u2019en point parler, car les Victor généralement aimaient à les surprendre.A part, de temps en temps, un bout de conversation avec Edouard ou avec sa mère, la cuisinière, toute cette joui -née, se tint à sa place.Les Martial ne partirent qu\u2019à dix heures du soir, enchantés de la réception.La vieille femme, dont la langue frétillait constamment dans la bouche, eût bien voulu causer de Mme Valère.Mais Edmée, lui demandant catégoriquement de ne point aborder ce chapitre, à la fois pénible pour elle et peu intéressant, et les yeux de son fils se braquant de temps en temps sur elle d\u2019une façon significative, elle n\u2019osa contrevenir à cette demande.Hervé s\u2019informa de sa petite amie de !a rue de Flandre, demandant à la revoir bientôt.Isabelle, maintenant, était en pension ; elle devenait une demoiselle, et ne jouait plus comme autrefois.Pourtant, elle serait certainement contente aussi de le revoir, car elle parlait souvent de lui.Les vacances de Pâques approchaient.Hervé viendrait passer une journée à Meudon, elle, aussi : c\u2019était le meilleur moyen de se retrouver.Le jeune garçon laissa voir toute sa joie à cette promesse.Mme Martial voulait absolument que sa mère l\u2019amenât avant ce moment.Edouard, qui n\u2019osait insister de vive voix, implorait du regard.La réponse de Mme Ruppe fut encore sans réplique.Si elle consentait à aller à Meudon dans quelques semaines, c\u2019était pour son fils ; sans cela, toute réflexion faite, elle n\u2019y remettrait les pieds que son divorce prononcé.Exposée à rencontrer là-bas son mari, elle voulait du moins que la loi se fût placée entre elle et lui, que par elle ils fussent devenus étrangers, comme ils l\u2019étaient depuis longtemps de fait.\u2014 Venez me voir le plus souvent possible, dit-elle ; je serai toujours chez moi, quand vous me préviendrez par un mot deux ou trois jours à l\u2019avance.Mais ne me demandez point d\u2019aller chez vous maintenant.\u2014 Quel dommage que nous ne puissions pas déménager tout de suite ! répétait à trois ou quatre reprises la brave femme, nous avons par malheur un bail de trois ans.Il était onze heures et demie lorsque les voisins de celle qu\u2019on appelait à Meudon Mme Lerue, arrivèrent à leur porte.Un homme, comme tous les soirs précédents, sortait du chalet.\u2014 Tu vois bien qu\u2019il y est toujours fourré ! grommela Mme Martial, entrant en tâtonnant dans la maison, tandis qu\u2019Edouard frottait une allumette contre la muraille.Comme le matin, celui-ci s\u2019abstint de répondre.Ainsi qu\u2019à Mme Ruppe, et sans qu\u2019il eût su dire au juste pourquoi, ce sujet lui était pénible.VI E dimanche soir, Maxime s\u2019était un peu attardé au chalet.Le matin même un rapport lui était présenté par M.Ruffieux.Et lui et Claire avaient passé la soirée en hypothèses au sujet du mobile qui guidait Bernard dans sa location de Chatou.Pour 1 un et pour l\u2019autre, une seule semblait plausible.Valère pensait à installer là quelque coquine.La lettre cherchée poste restante arriva à les intriguer plus que cet incident qui lançait leur imagination en campagne.Pourquoi ne se l'était-il pas fait adresser chez lui ?Cette lettre contenait-elle la divulgation d\u2019un secret susceptible de lui nuire, si elle tombait sous les yeux de quelque indiscret ?Même dans la situation où il se trouvait, sûr de la solution de sa demande en divorce, puisque sa femme faisait défaut, ne pouvait-il recevoir à son domicile toute espèce de correspondance ?Quel est 1 homme libre, comme celui-ci, qui laisse traîner dans les casiers de la poste une enveloppe parfumée ?De ces déductions, une conséquence était bien facile à tirer.Seule, Joséphine Poncet pouvait lui écrire là.Il y avait donc entre eux, en ce moment, un pacte de complicité.Maxime se sentit rempli de la même certitude que Claire.DANS NOTRE LIVRAISON DU 2 JUIN Un nouveau et sensationnel feuilleton par MAXIME VILLEMER On sera bien avisé de retenir son exemplaire chez son dépositaire ordinaire, car LE SAMEDI s'enlève toujours rapidement. Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 29 «PU La servante ne viendrait que huit jours plus tard à Meudon que parce qu\u2019elle aurait intérêt à y venir.Dans huit jours, à pareille heure, ils sauraient à quoi s\u2019en tenir.Ce sujet, mis un instant de côté, ils avaient parlé d\u2019Edmée.M.Ruppe maintenant restait calme, en prononçant ce nom.Il ne disait plus : « Entre nous, c\u2019est fini à jamais !.s> Il ne pensait pas: «Un jour, peut-être, elle me reviendra.» Il laissait flotter autour de lui, sans les éloigner ou les retenir, les craintes et ies promesses.Ou plutôt, il n\u2019éprouvait plus ni appréhensions ni espérances.Il attendait du temps ce qu\u2019il voudrait lui apporter, sans révolte vaine, sans lève prématuré.Pourtant, signe infaillible pour Claire, il avait, au sujet de l\u2019instance introduite par sa femme contre lui, modifié sa règle de conduite.Résolu d\u2019abord, comme Mme Valère, à ne pas comparaître, il était résolu maintenant à faire opposition, à plaider, et même à interjeter appel.Un an en première instance, douze à dix-huit mois en cour d\u2019appel.D\u2019ici là, sans doute, le masque dont le misérable auteur du mensonge qui vouait une femme au déshonneur, qui séparait l\u2019autre à jamais du mari dont les déchirements, les regrets eussent été pris en pitié \u2014 se couvrait la face, serait arraché.Claire, elle, ne pouvait désirer qu\u2019une chose : ne plus porter un nom devenu cdieux, déjà volontairement abandonné.Le parti qu\u2019elle avait pris était celui qui lui apportait le plus promptement ce résultat.Lui, avant que sa femme eût à jamais rejeté le sien, combattrait afin d\u2019arriver à démontrer qu\u2019il ne méritait point qu\u2019elle le repoussât pour l\u2019accusation à laquelle elle avait cru.C\u2019était un devoir.Maxime et Claire se quittèrent, tous deux paisibles, réconfortés, une éclaircie- dans l\u2019horizon bas, terne, qui les enveloppait.Le premier prévint la seconde qu# peut-être deux ou trois jours se passeraient sans qu\u2019il revînt.Il n\u2019avait que de trop vagues idées sur ce qu\u2019il allait faire pour les communiquer.Mais son temps serait probablement pris du matin au soir.Elle ne demanda rien.Elle avait confiance.Elle ne voulait point l\u2019importuner par des questions qui ne feraient que troubler des conceptions difficilement élaborées.Le lundi matin, M.Ruppe reçut la visite de l\u2019agent à la solde de M.Ruffieux, qui filait depuis cinq jours Bernard Valère.Maxime ne voulait plus entrer que de loin en loin dans le cabinet de contentieux de la rue des Jeûneurs.Il ne fallait de nouveau qu\u2019un caprice du hasard pour le mettre en présence de son ennemi.Une première fois, celui-ci passait contre lui sans le voir.Il pouvait, une seconde, le dévisager, le reconnaître.C\u2019était tout perdre.Quoique l\u2019homme d\u2019affaires eût pour principe de ne mettre jamais ses clients en rapport avec les limiers dont il s entourait, les conditions dans lesquelles il avait traité étaient telles qu\u2019il se sentait forcé d\u2019accéder à celles qu\u2019on lui posait aujourd\u2019hui.L\u2019individu qui se présenta avait nom le Furet.Bien que ce fût certainement un sobriquet, il n\u2019en donnait point d autre, fier de celui-là, indiquant des qualités qu\u2019on devinait, du reste, à son rictus plein de ruse, à la vivacité avec laquel- | le son oeil embrassait la topographie | des lieux.?e grimant avec une habileté de policier authentique, le Furet avait eu du reste son poste à la Préfecture.Mis à la retraite avant le temps pour s\u2019être conduit irrévérencieusement envers un de ses chefs, il échouait chez M.Ruffieux qui, depuis plusieurs années, appréciait à leur valeur ses qualités.Maxime lui ayant fait entrevoir une prime sérieuse, il se fût dédoublé pour la mériter.\u2014 C\u2019est déniché, monsieur, dit-il, à peine en présence de ce dernier ; la bicoque est vacante.\u2014Exposée comme je le désire?interrogea M.Ruppe.\u2014 Comme vous le désirez, et beaucoup mieux que je n\u2019osais l\u2019espérer.Une masure, par exemple, tombant en ruines.\u2014 Peu m\u2019importe : je préfère, au con-taire, cela ; il n\u2019est pas nécessaire qu\u2019on la suppose habitée, ne fût-ce qu\u2019une heure de temps à autre.Qu\u2019est-ce que cette maison ?\u2014 Elle est située au milieu d\u2019un grand jardin, d\u2019un terrain plutôt plein de ronces, terrain en pente de l\u2019autre côté de la route, presque en face de la propriété qu\u2019a louée M.Valère et déjà presque aménagée.Elle domine donc cette propriété.Je me suis placé devant une fenêtre ; je parie qu\u2019avec une lorgnette, les rideaux de la pièce non fermés, on voit ce qui s\u2019y passe.M.Ruppe se frotta les mains, et lui, si froid toujours, s\u2019oublia jusqu\u2019à frapper pur l\u2019épaule du dénommé Furet.\u2014 Ah ! ça, vous êtes donc le diable en personne, pour avoir fait pareille trouvaille ! \u2014 Ma foi ! monsieur, je crois presque que c\u2019est lui qui l\u2019a sortie de terre, cette maisonnette, pour votre service.Entourée comme elle l\u2019est d\u2019arbres, je ne l\u2019avais point aperçue à mes deux premières visites à Chatou.\u2014 Vous avez arrêté la location, j\u2019imagine ?\u2014 Naturellement ; il y a des années \u2018 qu\u2019elle n\u2019a point été occupée, bien qu'une pancarte soit toujours apposée à la porte du jardin.Elle appartient à une vieüle rentière que le prix des réparations effraie à ce point qu\u2019elle préfère ne pas louer que de les payer.Après un marchandage suffisant, j ai fini par accepter les conditions.Je dois lui porter ce matin le prix de la saison qu elle réclame à l\u2019avance et elle me re-rrlet les clefs.\u2014 C\u2019est bien.M.Valère est-il retourné hier à Chatou ?\u2014 Oui, monsieur.\u2014 Aujourd\u2019hui, moi aussi, j\u2019irai.Dites-moi, monsieur Furet, si cette barbe ne me change pas suffisamment pour qu\u2019il me soit permis de frôler quelqu'un de connaissance sans exciter son attention ?Et tirant de sa poche un postiche en forme de longs favoris poivre et sel, il l\u2019attacha au menton.Puis, son chapeau sur la tête, un binocle aux verres légèrement fumés sur les yeux, il se posa devant l\u2019ancien policier.La mine chafouine de celui-ci grimaçait, éclairée d\u2019un sourire.\u2014 Parfait, monsieur, parfait, grogna-t-il ; je ne ferais pas mieux.\u2014 Je puis, sans danger, passer même près de M.Valère ?\u2014 J\u2019en réponds.\u2014 Eh bien! cet après-midi, nous entrerons ensemble dans la bicoque en question.Je vais consulter l\u2019indicateur, vous dire quel train je prendrai, et vous m\u2019attendrez à la gare.\u2014 C\u2019est entendu.Maxime ouvrit le livret des chemins de fer, arrêta l\u2019heure de son Êtes-vous au courant?Si vous montiez dans ce taxi, devriez-vous vous asseoir ?a côté de la jeune fille ?\t?du côté opposé ?\t?sur les genoux de votre ami ?Peut-être avez-vous entendu dire qu\u2019un monsieur prend toujours la place du bord, ou le côté extérieur.Ce n\u2019est pas toujours le cas; du moins pas en voiture.Si vous montiez dans ce taxi, vous devriez occuper le côté opposé afin que les messieurs, ou du moins l\u2019un d\u2019eux, puisse s\u2019asseoir entre vous, mesdames.Et quand vous avez l\u2019occasion de sortir, comptez sur Kotex pour vous rire du calendrier.La Kotex est faite pour rester molle durant 1 usage.Et elle conserve sa forme.Toute la soirée durant, son centre de sûreté spécial vous donner plus de protection.Qu\u2019est-ce qui flatte une silhouette \u201cplantureuse\u201d?[ | Une robe moire collante [ | Un jaune serin | | De douces couleurs tendres La couleur peut déjouer l\u2019oeil comme par magie.La nuance appropriée peut réel-lement atténuer l\u2019embonpoint.Mais n\u2019allez pas croire qu\u2019une robe noire ciree soit la solution du problème\u2014(pas pour les jeunes filles de moins de 20 ans).Evitez aussi les nuances éclai i tant es.Portez des teintes tendres de bleu, vert, violet, préférablement de tons foncés.Et ne laissez jamais le quantième affecter votre assurance.Choisissez la Kotex pour la mollesse qui conserve sa forme\u2014car la Kotex est faite pour rester molle durant l\u2019usage.Si vos clavicules sont trop \"saillantes\", devez-vous | 1 faire de la natation ?I | engraisser ?| | vous abonner à la bibliothèque?Si vous avez le cou trop maigre, il faut tâcher d\u2019engraisser, de bien manger.Faites beaucoup de natation.Asseyez-' vous sur le bras d\u2019un fauteuil, tenez-vous bien droite, un livre dans chaque main à la hauteur des épaules, tel qu\u2019illustré.Les coudes en arrière, levez lentement les livres vers le plafond et ràmenez-les au point de départ\u2014faites cela 2U fois par jour.Même à \u201ccertains\u201d jours, vous pouvez maintenir un haut degré de confiance, si vous comptez sur l\u2019aide de Kotex.La Kotex a un centre de sûreté spécial; elle donne une protection supérieure.La KOTEX* compte plus d\u2019usagères cjue toutes les autres serviettes périodiques KOTEX EN 3 ABSORPTIVITES REGULIERE.JUNIOR, SUPER -?marque déposée\u2014-\u2014- Qu'est-ce qui assure la propreté impeccable aux jours problématiques?Sels de bain\tD Poudre\t?Douches de temps en temps Il faut plus que des bains quotidiens pour maintenir la propreté impeccable dans ces circonstances.Les personnes avert es saupoudrent donc leurs serviettes périodiques de poudre désodorisante.Choisissez la poudre Quest! Vous trouverez que la Quest est la meilleure pour les serv.ettes périodiques parce que, contrairement à la plupart des crèmes et des liquides, cette poudre désodorisante n\u2019a pas de ba;-e hydrofuge ; elle ne ralentit pas l\u2019absorption.Elle est sûre, soulageante, inodore.E.le détruit posïioement les odeurs.Pour éviter d\u2019incommoder, achetez une boîte de poudre désodorisante Quest* aujourd\u2019hui! Demandez-la par son nom.Ceinture périodique Kotex .Ac/iefez-en deux\u2014pour pouvoir changer ?.$.Avez-vous essayé le Delsey* ?C est le nouveau tissu de salle de bain, qui est plus sûr parce qu\u2019il est plus doux.Un produit supérieur comme Kotex.Un tissu aussi doux et absorbant que Kleenex.* (Nous croyons que c\u2019est ce que nous pourrions en dire de mieux.) N\u2019essaierez-vous pas Delsey, la prochame fois? 30 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 Coleman signifie confort au chalet et au camp! Où que vous alliez, jouissez de la cuisson tout comme à la ville\u2014avec un poêle Coleman.Ils font leur propre gaz de gazoline, s\u2019allument instantanément, sont propres et sûrs.Jouissez aussi de soirées plus claires et plus sûres, de plus de plaisir à l\u2019extérieur avec les lampes et lanternes Coleman.Les deux modèles à gazoline ou au kérosène, avec allumage instantané, sont disponibles.Repas plus faciles ! remorque.POELE DE POCHE COLEMAN \u2014Se met dans poche ou panier.\"SPEEDMASTER\" ' COLEMAN \u2014 Exquis repas préparés vite\u2014 à la maison ou ailleurs.Nouveau POELE DE CAMP COLEMAN\u2014Se plie et se transporte comme une petite valise.\"HOT PLATE\" COLEMAN\u2014Juste ce qu'il faut pour chalet, cabine ou Soirées plus claires! LANTERNE \"SPORT-LITE\u2019\u2019 COLEMAN \u2014 Eclaire une surface de 100 pieds.A l\u2019épreuve des orages.Sûre.LAMPE \"SUNSHINE\" COLEMAN\u201420 fois plus brillante que le modèle ordinaire avec mèche.''' «N 4 fâr a Voyez-les aujourd'hui chez votre quincaillier, magasin à rayons on d'articles de sport, ou marchand général.Et pour votre chalet aussi .Chaufferettes a l'Huile Coleman La chaleur \"intermittente\u2019\u2019 d\u2019une Coleman tiendra votre chalet chaud et confortable durant les matinées et soirées fraîches ou les jours pluvieux et froids.Contrôle automatique de chaleur.Pas de surveillance, pas de cendres.THE COLEMAN LAMP AND STOVE COMPANY, LIMITED 9, avenue Davies, Toronto 8, Canada arrivée à Chatou, et avant que le Furet, qu\u2019un fiacre attendait en bas pour le conduire au chemin de fer, eût mis la main sur le bouton de la porte : \u2014 Rien de nouveau encore, à propos de Julia Valère ?\u2014 Non, monsieur ; le patron n\u2019a toujours rien appris.Il craint que, de ce côté, les recherches ne soient longues.¦\u2014 Qu\u2019importe, si elles aboutissent.Le Furet ouvrit la porte.\u2014 Je me sauve, je n\u2019ai juste que le xemps d\u2019arriver au train.\u2014 Allez ! il ne s\u2019agit pas de le manquer.Surtout, attendez-moi à la gare de Chatou ! \u2014 J\u2019y serai un quart d\u2019heure avant votre arrivée.Seul, Maxime tomba dans une assez longue rêverie.Pourquoi avait-il cherché aux alen-.tours de la propriété, dont il devait J faire un poste d\u2019observation ?A quoi, lui servirait-il de surprendre les rendez-vous amoureux de cet homme ?Etait-ce avec cela que Claire se réhabiliterait ?Etait-ce avec cela qu\u2019il dévoilerait la turpitude de son mari ?Il ne l\u2019espérait point, mais rien de ce qui touchait celui-ci ne devait lui être indifférent.Il brûlait de se mêler à ces poursuites qu\u2019il dirigeait.Il brûlait du désir de se mesurer avec celui qui avait rendu infranchissable 1 abîme creusé par lui, hélas ! entre lui et Edmée.L\u2019après-midi, il trouva le Furet, fidèle à ses engagements, l\u2019attendant à la gare de Chatou.A une centaine de mètres du débarca-i dère, ils prirent un chemin détourné, conduisant à la maison, à laquelle une seconde porte, tout en haut du jardin, donnait accès, ce qui permettait d\u2019y entrer, sans que de la route personne s\u2019en «perçût.Pas de voisins.Avec quelques précautions, Maxime serait là absolument hors d\u2019atteinte des curiosités.Le limier à la solde de M.Ruffieux l\u2019avait prévenu que Bernard Valère était arrivé dans la matinée.Les ouvriers tapissiers continuaient leur besogne d\u2019aménagement Comme il passait, en se dirigeant vers la gare, contre la grille de la propriété, il recueillait plusieurs propos lui permettant de croire que le lendemain serait leur dernière journée de travail.M.Ruppe put constater que le Furet lui avait dit scrupuleusement la vérité.De la fenêtre de la maison, sans risquer d\u2019être vu, on plongeai' chez M.Valère.Et certes, avec une bonne lorgnette, il ne serait pas difficile de distinguer le visage des personnes qui y entreraient.R reconnut parfaitement Bernard, au moment où ce dernier sortit du jardin pour s\u2019en aller.\u2014 Demain, les tapissiers auront terminé, c\u2019est après-demain et les jours suivants qu\u2019il faudra venir.Le Furet, en voyant s\u2019en aller celui qu\u2019il filait, était bien vite parti par le chemin de traverse, laissant dans la masure son pardessus et son chapeau pour endosser un veston à carreaux et une casquette pareille, accoutrement qui lui donnait l\u2019air d\u2019un domestique au service d\u2019un milord anglais.Lui, jusqu\u2019à nouvel ordre, ne reviendrait pas Chatou, sa tâche d\u2019espionnage à Paris se trouvant du reste assez compliquée pour qu'il ne regrettât pas celle de la banlieue.M.Valère reprit directement le chemin de la rue de Boulainvilliers.Avisant un restaurant au coin de la rue de Passy, l\u2019ancien policier s\u2019y installa pour dîner, choisissant une table de laquelle il lui était facile d\u2019apercevoir '.\u2019entrée de sa maison.Valère n\u2019en sortit que dans le courant de la soirée, pour jeter une enveloppe à la boîte du bureau de tabac, juste en face du restaurateur, et retourner aussitôt chez lui.Et Furet se demanda : \u2014 A qui peut-il bien écrire, pour ne pas confier sa lettre à un domestique ?Cette lettre, le lendemain matin, Edmée la lisait en prenant son chocolat : « Chère amie.« Je vous disais, avant-hier, que j\u2019avais trouvé, près de Chatou, la retraite isolée, tranquille, où, sans crainte qu\u2019un espionnage hostile environne, nous pourrions, de temps en temps, passer quelques heures, causer comme nous sommes habitués à le faire, rester ensemble enfin, nous retremper dans notre amitié réciproque.« La petite maison vous est ouverte, sinon confortable comme je le voudrais mais suffisamment installée pour que vous n\u2019y craigniez pas, du moins, les courants d\u2019air froid sous les portes mal jointes.« Quel plaisir vous me feriez si vous vouliez y venir déjeuner après-demain ! « J\u2019ai trouvé dans le pays une vieille femme, assez alerte encore, pour nous servir.« Nous aurions tout l\u2019après-midi à lester ensemble, vous rentreriez pour dîner.« Un mot bien vite, afin que je vous envoie les indications nécessaires.« C\u2019est entendu, n\u2019est-ce pas ?.Je compte sur vous vers onze heures.« Je vous serre très fort les mains, chère, chère amie.« Ces quelques jours, passés sans nous voir, vous ont-ils semblé aussi longs qu\u2019à moi ?« Valère ».Aucun terme, dans cette épître, qui pût faire rêver Mme Ruppe.Ni trop d\u2019expansion, ni retenue non plus.Elle était accoutumée aux tendresses de langage de Bernard.Files la laissaient, ce matin-là, dans une aussi pleine sécurité que toujours.Chose bizarre, pourtant : ayant hâte de le revoir, de recommencer leurs causeries, de confier à cet homme, qui connaissait tous ses secrets, ses plus intimes impressions, ce voyage à Chatou la laissait hésitante.Elle tourna plusieurs fois la lettre dans sa main, la relut et la relut encore, la déchira en petits morceaux qu\u2019elle jeta dans la cheminée et, son déjeuner achevé, écrivit la réponse.Elle acceptait.Elle ferait en sorte de se trouver à '\u2019heure dite au rendez-vous.En dévorant cette réponse, Bernard éprouva un grand frémissement.Pour la première fois, il allait être seul, bien seul, avec cette femme aimée et désirée autant que jadis, plus peut-être, dans la rage sourde grondant si souvent en lui, en luttant avec une énergie qui arrivait à vaincre les élans d\u2019une indéracinable passion.Cette lutte, combien d\u2019hommes pourraient la soutenir ?Combien ne l\u2019eussent pas fuie, au lieu de l\u2019affronter ?Lui, avait préféré la fièvre d\u2019un perpétuel combat, à cette retraite contre laquelle l\u2019âpre obstination de sa nature le prémunissait.Se sentir rongé par le mal, qui ravageait son coeur, c\u2019était pour cet être, qui eût pu être noble et grand, une de ces voluptés cruelles auxquelles on s\u2019accoutume, qu\u2019on finit par aimer, parce que, si elles vous apportent la souffrance, elles vous laissent l\u2019espoir du bonheur.[ Lire la suite page 35 ] QUESTIONS 1.\tCombien de fois la terre est-elle plus volumineuse que la lune ?2.\tQui a découvert la dynamite ?3.\tQu\u2019est-ce qu\u2019un néophyte ?4.\tQuel ingénieur français fut le promoteur du canal de Suez ?5.\tLa différence entre une forêt et un foret ?6.\tDonnez le nom du premier maire de Montréal.7.\tNommez la Bergère de Domrémy.8.\tNommez la plus petite république du monde.9.\tQuand le premier train à vapeur a-t-il circulé au Canada et où ?10.Comment jadis s\u2019appelait la France ?REPONSES ajnoo vq 0I iLVdf-iuivs %d dU]v.Ldvrj dx%ud \u20189g8I u3 \u20186 ¦aounij vi ap uoijoajoud vj snos \u2018a-uopuy.p anbqqnclax vq -g suvéilO,V 3ll33nd oj 'a.iyp auuoap q S£8I I3 fl!81 \u2018££81 ua \u2018xaBi^ sanbovp -g \u2018.00.1 ad v Wno un : iaxo} un : sioq un : jaxof aun -g ^\t\u20196981 Ud \u2018sdassarj ap puvui'p.idji f 'i).id(iuoo nvdcinou un jsa q '2 ¦}aqoN xixd np xnaivpuof \u2018 C968T - ££8T) l3qoN paxf,y Z \u2022sio/ apionbuiQ \u2022-[ Le Samedi, Montréal.19 mai 1951 31 \u201cJ\u2019ai obtenu un pneu neuf pour $125r dit M.Raymond C.Miller d\u2019Oshkosh, Wisconsin iri**- ' ' \"Je l\u2019ai eu d\u2019un vendeur Atlas de Deadwood, S.D.un type que je n\u2019avais jamais vu auparavant.Pour $1.25, il m\u2019a remis un pneu Atlas flambant neuf pour en remplacer un autre que j\u2019avais acheté à Oshkosh.Voici comment c\u2019est arrivé .\"Un peu plus tôt, ce jour-là, un morceau d\u2019ardoise, tranchant comme une lame de\t\"Je lui montrai mon pneu abîmé, puis ma garantie rasoir, avait traversé un de mes pneus Atlas de part en part.Quel pneu n\u2019aurait\t.et, sans hésitation: 'Certainement\u2019, me pas éclaté! Me rappelant que mon vendeur Atlas m\u2019avait remis une garantie,\tdit-il, 'les garanties Atlas sont reconnues par je m\u2019arrêtai chez le type en question, à Deadwood.\t38,000 vendeurs, au Canada et aux Etats-Unis.\u2019 PNEUS\u2019BATTERIES ET ACCESSOIRES x ATLAS \" 'Cette garantie spécifie que votre pneu doit vous donner un bon service durant une période de temps minimum\u2019, continua-t-il.\u2018COPYRIGHT 1850, ATLAS SUPPLY COMPANY OF CANADA.LIMITED \" 'Les seuls frais encourus sont pour la partie déjà expirée de la garantie\u2019, dit-il.'Ce sera $1.25!\u2019 \u201d Pour avoir des pneus dont la qualité permet ce genre de garantie, voyez le plus proche vendeur Imperial Oil.Service inégalé où que vous soyez 32 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 m-Wi Ecoutez .œtMÊmsX mm gg|g|g| ÿsgm .-üsSWîJ *F,V/S* «s\tv & '.*¦ v *¦ s >: S MesRecettes Etcalopes de veau à la Viennoise 6 escalopes de veau 6 oeufs pochés Les escalopes sont des tranches de veau très minces, taillées dans le cuisseau et que l\u2019on frappe avec un pilon pour les aplatir.Battre légèrement un oeuf avec 1 c.à tb.de lait, saler et poivrer.Passer les escalopes dans l\u2019oeuf battu puis dans de la chapelure fine et faire frire dans un poêlon dans lequel on a fait chauffer de l\u2019huile.Quand les escalopes sont À Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l\u2019Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE bien doiées, tenir à la chaleur.Faire pocher des oeufs et juste au moment de servir, déposer sur chaque escalope un oeuf poché.Servir bien chaud avec une petite touffe de persil frais.Manière de pocher les oeufs Faire bouillir de l\u2019eau dans un poêlon, en mettre environ à l\u2019épaisseur de 2 pouces.Ajouter 2 c.à tb.de vinaigre et 1 c.à tb.de sel.Casser les oeufs dans une soucoupe et glisser chaque oeuf dans l\u2019eau bouillante qu\u2019on aura retirée du feu.Couvrir immédiatement et laisser pocher 5 à 8 minutes.Les oeufs devront être soigneusement égouttés.6 services Haricots à la Mimosa 1\tboîte de haricots jaunes ou verts IV2 c.à tb.de beurre 2\tc.à tb.de farine % c.à thé de sel i/8 de c.à thé de poivre % de tasse de lait riche 3\toeufs cuits durs séparés % de tasse de mayonnaise LES FROMAGES LES PLUS POPULAIRES AU MONDE SONT FABRIQUÉS PAR KRAFT DANS CE PAQUET COMPACT £ TRANCHES par/biles .ET CHAQUE TRANCHE D'UNE SAVEUR EXQUISE.r Les plus belles tranches de fromage fondu sur le marché! Tranches coupées, enveloppées et scellées par Kraft.Le fromage fondu pasteurisé le plus moelleux, le plus délicieux que vous ayez jamais goûté, en tranches parfaites .les plus pratiques pour collations que vous ayez eues dans le réfrigérateur! Ce sont les fameuses Tranches de Luxe Kraft, qu\u2019une merveilleuse invention nouvelle a rendues possibles.Grâce à elle, le fromage fondu est coulé en tranches dès sa sortie des pasteurisateurs\u2014chaque tranche contient le maximum de saveur.Ces tranches sont immédiatement enveloppées et scellées en un paquet compact\u2014elles sont protégées ainsi jusqu\u2019à votre cuisine.Goûtez ces Tranches de Luxe Kraft et constatez comme elles sont plus savoureuses que le fromage tranché ordinaire.Voyez aussi comme les tranches (8 au paquet) se séparent proprement, facilement (pas de bords brisés ni desséchés!).4 VARIETES.Ayez-en toujours à la maison \u2014 elles économisent temps et espace ! TRANCHES^* KRAFT \u201cL\u2019EPERVIER\u201d chaque lundi soir, utr W CKVL et les postes de la Radio française du Québec t\\'e1 sép soi' ote toc»e«r pe\\er ,0rrvrr'e ^\t, W\"\u201d\" Faire chauffer les haricots dans leur eau de cuisson.Egoutter.D\u2019autre part, faire fondre le beurre, ajouter la farine puis mouiller avec le lait riche ou crème claire.Laisser cuire jusqu\u2019à épaississement.Retirer du feu, ajouter les blancs d\u2019oeufs cuits durs et hachés et la mayonnaise.Mettre dans un légumier les haricots, masquer avec la sauce bien assaisonnée et saupoudrer au-dessus les jaunes d\u2019oeufs passés au tamis.Servir bien chaud.On peut préparer de cette manière du chou-fleur, du céleri, des carottes.4 services.Jambon au four à l'Américaine 1 rouelle de jambon de 2 pouces d\u2019épaisseur 1\tc.à tb.de moutarde 2\tc.à tb.de cassonade 4 c.à tb.de chapelure beurrée Bien mélanger la moutarde, la cassonade et la chapelure beurrée et en couvrir une rouelle de jambon.Piquer ici et là quelques clous de girofle.Placer sur un gril dans une lèchefrite et faire cuire 2 heures au four de 350° F.Servir bien chaud avec une purée de pommes de terre et des timbales d\u2019épinards.Timbales d'épinards 2 livres d\u2019épinards V2 tasse de crème 2 oeufs Sel et poivre Bien laver les épinards et les faire cuire sans eau, 12 à 15 minutes.Egoutter soigneusement et réserver le jus de cuisson qu\u2019on pourra utiliser dans un potage.Hacher les épinards bien finement.Battre les 2 oeufs avec la crème, ajouter aux épinards et bien mélanger.Verser dans des moules à timbales ou | des petits plats en pyrex bien beurrés.Mettre dans une lèchefrite remplie d\u2019eau j chaude et faire cuire au four de 350° F.25 à 30 minutes.Démouler pour servir en garniture autour du jambon.6 services.Tartelettes amandines Pâte sucrée 1\ttasse de farine 2\tc.à tb.de sucre 6 c.à tb.de \u2018beurre 1 jaune d\u2019oeuf Tamiser la farine, mesurer, mettre dans bol avec le sucre.Y incorporer le beur-rere ramolli.Battre légèrement 1 jaune d\u2019oeuf et le mêler à la farine pour en faire une pâte molle.Abaisser sur une planche en ajoutant un peu de farine si nécessaire.Découper avec un emporte-pièce rond et cannelé et en couvrir des petites assiettes à tartelettes.Piquer le fond pour éviter les boursouflures.Mettre dans chaque assiette 1 c.à thé de marmelade, de gelée ou de confiture épaisse, ou plus suivant la grandeur de 1 assiette et finir de remplir avec la préparation suivante : Faire fondre 2 c.à tb.de beurre, y mêler 1/2 tasse d\u2019amandes pulvérisées c est-à-dire passées au hachoir et 2 oeufs.Battre le tout en crème molle et déposer sur la marmelade.Cuire au four de 400n F.15 à 20 minutes. Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 33 Vous pouvez désormais cuire un ¦*?%**?nm*L et griller K .V ** .,4T> gâteau un bifteck en même temps dans le même four! On n\u2019a jamais rien vu de plus étonnant que le nouveau Poêle Frigidaire \"Wonder Oven\u201d Songez-y! Vous pouvez désormais faire cuire un poulet à 300 degrés pendant que vous faites cuire des tartes à 400 degrés\u2014et tout cela dans le même four! Vous pouvez faire la cuisson des biscuits avec celle d\u2019un gâteau, faire des petits pains en même temps qu\u2019un rôti, et des cossetardes avec des biftecks.Parce que ce nouveau poêle est muni d\u2019un four qui se transforme soit en deux fours, soit en un seul grand four, dans le temps de le dire! C\u2019est l\u2019avantage le plus sensationnel de ce nouveau poêle merveilleux! Il olfre aussi une foule d\u2019autres caractéristiques qui WEZ voici deux fours Vous avez deux fours séparés quand l\u2019élément amovible est au centre.Une porte, finie en porcelaine, glisse de l\u2019élément et retombe à l'avant, fermant complètement le four du bas pour en faire un four indépendant.vous emballeront! Il y a le nouveau four à cadran \"Cook Master\u201d, qui cuit un repas automatiquement même en votre absence.Vous serez aussi impressionnée par les nouveaux éléments de surface Radiantube à 5 degrés qui vous donnent plus de chaleur sans excédent d\u2019électricité.Et vous \u2022 raffolerez de la porcelaine durable Frigidaire, qui, à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur, rend ce merveilleux poêle si facile à entretenir.Quoi que vous fassiez, ne manquez pas de voir le nouveau Poêle Frigidaire \"Wonder Oven\u201d.Vous le trouverez en montre dès maintenant chez votre marchand Frigidaire.MAINTENANT un grand four! _ ¦ \u2022 SS\", Placez tout simplement l\u2019élément amovible en bas et vous avez un four deux fois plus grand.Il peut contenir, tout à la fois, une dinde de 30 livres \u2014ou deux tartes, un mets en casserole et une douzaine de pommes de terre.t mœm % AV : mW; »! t mm Renseignez-vous au sujet du merveilleux nouveau poêle électrique \"Wonder Oven\u201d -\u2014et de l\u2019assortiment complet de plusieurs modèles de Poêles Frigidaire\u2014chez votre marchand Frigidaire.Cherchez son nom dans les Pages Jaunes de votre Annuaire Téléphonique.Ou écrivez à Frigidaire Products of Canada Limited, Montréal, Qué.Frigidaire se réserve le droit de changer les spécifications et les prix, ou de discontinuer la fabrication des modèles, sans avis.Poêles Electriques Frigidaire ¦31 .m £££&&\tdu*t &ue ineffable Riviera custom 2 portières gtt&T-»4 «e* ni«/iifltti«i^»-.'.¦ .v 5f.4è&*'* ' \u2022-*« * *yr «T 4^'î\u2019?< i-.t' j» * I lühii/< aesmti La plupart des gens savent assez bien qu\u2019une voiture Buick ne laisse pas beaucoup à désirer! Sa puissance est douce et soutenue, sa nervosité semble anticiper vos volontés.Sa marche est sans effort et infatigable, sur la grande route ou dans un chemin de campagne.Elle est si belle, si élégante, que la voir c\u2019est l\u2019admirer.Mais on a introduit quelque chose de nouveau dans les derniers modèles de cette voiture de performance superbe \u2014quelque chose qui vient bien près de la perfection en matière de confort de l\u2019auto.Ouvrez la portière et vous apercevez des draps opulents ILe\tVOÎXuAA\t.¦ une exclusivité RSSSr-ys st\" oui ménage le conduc\t- ^,lirltlir elt adm\u201e \u2022 ¦ H\t\u2014 iâia DOUBLE 1 I J molle B verrouilloge automatique, Plu.: Couvercle de\tserrurc d'allumage eu frein de stationnement a p ,\tf ,\tRide\"\tmontonls \u2014.- EBALL\u2014moteurs 8 cylin*™\u2018cy/cudom! l\u201d*0 CV iïion .- - Roodmaster, o2 128 CV).: DE POUSSE'E - joint un style elégont pareille.LUEUR BLANCHE plus gronde clarté la nu, PAp TUBE DE POUSSEE\t^^ lîfriî© ou volant.^ADRISPtRALE-omortitlomorcLe.épurgnesur .doux au toucher et agréables à l\u2019oeil.Mais il vous faut vous asseoir sur les banquettes parfaitement moulées, et goûter le merveilleux confort des coussins moelleux pour vous faire une idée de l\u2019agrément qu\u2019il y a à voyager dans une Buick.Comme la performance palpitante de ses moteurs ou l\u2019incroyable docilité de sa commande DYNAFLOW \u2014 le confort de conduite d\u2019une Buick 1951 est une chose qui ne s\u2019apprend que par l\u2019expérience personnelle.Votre marchand Buick détient la clef de cette situation.Pourquoi ne communiqueriez-vous pas avec lui aujourd\u2019hui même?L'équipement régulier les accessoires et la garniture illustrés sont susceptibles de changer sans avis.UNE VALEUR GENERAL MOTORS AlWZ'VWU\t^ôuicAf VOYEZ votre plus proche marchand buick *-1 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 35 LES TOURBILLONS DE LA VIE [ Suite de la page 30 ] Et comme elle l\u2019avait fait pour la sienne, il garda longtemps la lettre dans ses mains, jetant, pendant que ses yeux restaient attachés à cette écriture un regard subit en arrière.Un frémissement de nouveau l\u2019agita, fait d\u2019effroi presque.Il y avait quinze ans qu\u2019il l\u2019aimait.Oui, quinze ans ! Elle était alors blanche, rosée comme une fleur, blonde comme un bouquet d\u2019épis.Elle avait dans ses yeux si doux, si attirants avec leur reflet de couleur de l\u2019horizon bleu où s\u2019étale la teinte violette du soir, de la confiance, de la candeur, toutes les naïvetés de l\u2019enfance, encore enfant par l\u2019âge, fragile comme un roseau, et déjà pourtant dans l\u2019ondulation de la démarche, dans le port de la tête, dans la pure ébauche des contours, la grâce, possédant le charme troublant de la femme.Autour d\u2019elle, du soleil ; sous ses pieds, des roses.Elle souriait toujours.Comment n\u2019eût-elle pas souri ?Il y avait quinze ans de cela.Il passait.Traversant ces deux demeures, celle du père, celle du fils, ¦\u2014 que de la sienne il contemplait, les bras serrés sur sa poitrine gonflée de haine et d\u2019envie, \u2014 si calmes dans leur nid de verdure, un vent de tempête qui broyait tout.Là-bas, au bout des sombres bâtiments aux foyers brûlant toujours, sur un parquet souillé de la bouillie sanglante s\u2019échappant d\u2019un crâne ouvert, un mort.Ici, le père râlant, maudit par son fils légitime, frappé par l\u2019enfant naturel.Là, le fils restant seul, devant la mémoire avilie de son père et le déshonneur de sa femme.Julia Valère, la délaissée, avait-elle tressailli au fond de sa tombe ?Avait-elle tressailli d\u2019horreur ou de joie quand la voix de son fils lui avait^ crié : \u2014 Tu es vengée ! Celui-ci se Tétait demandé peut-être, sans oser se répondre.A cet instant, cette pensée l\u2019envahit de nouveau.Il la chassa, comme il l\u2019avait sans cesse chassée, tout en se laissant reprendre par celles montant en lui comme un flot furieux, celles qui se rapportaient à « elle », à « elle seule », 1 épisode de la mort d\u2019Athanasie Renaudet, et l\u2019épisode de son mariage, submergée dans le flux de cette mer grondante.La venue à Paris, leurs premières entrevues au Cours-la-Reine, puis la vie presque commune rue de Boulainvil-liers, quand elle habitait cette maison qu'il voyait de la sienne encore, fermée aujourd\u2019hui, le gazon poussant dans les allées du parc.Voilà comment, une à une, s\u2019étaient écoulées ces années dont le nombre l\u2019effrayait aujourd\u2019hui.C\u2019était la meilleure partie de leur existence, loin déjà.C\u2019était la jeunesse, l\u2019exubérante jeunesse, évanouie, perdue.Edmée était belle toujours, dune autre beauté, mais lui se sentait vieux, fini.Il répétait : \u2014 Quinze ans ! Quinze ans pour arriver à la possession, à la réalisation de ce rêve ! Quinze ans pour la voir $e jeter d\u2019elle-même dans ses bras ! N\u2019était-ce pas une folie, cette attente?Certes, il avait été fou.Et il éprouvait contre lui-même la fureur ressentie à de si fréquentes reprises contre elle Puis, cette sensation violente s\u2019effaça, disparut.Et durant cette nuit qui le réparait du jour où il la verrait franchir le seuil de la maison de Chatou, Bernard Valère fit le songe du paradis ouvert où ils entreraient tous les deux.Edmée, elle, s\u2019éveilla le matin à son heure habituelle.De l\u2019indéfinissable sentiment qui la veille la prenait, rien ne subsistait plus qu\u2019une joie franche, à l\u2019idée de cette journée passée avec l\u2019ami dont le dévouement l\u2019avait servie en toute circonstance.Elle prévint Hervé que, ayant beaucoup de courses, elle déjeunerait dans Paris, et s\u2019en alla, toute fraîche, toute légère, vêtue d\u2019une robe foncée, d\u2019une veste de velours lui prenant la taille sans un pli, coiffée d\u2019un chapeau rond entouré d\u2019un voile de dentelle.La lettre explicative de Bernard était précise.Elle n\u2019eut pas une indication à demander en descendant à la gare.Il fallait au moins compter vingt minutes de marche jusqu\u2019à la maison, trop pompeusement nommée par son propriétaire : « Villa Rose », en deux mots tracés en lettres dédorées au-dessus de la porte.Mais la route n\u2019était point boueuse ; le ciel resplendissait de lumière.Edmée respirait avec un plaisir faisant passer sur elle de très légers frissons, l\u2019air resté vif, malgré la chaleur déjà bienfaisante du soleil.Cette course à pied ne lui semblàit qu\u2019agréable.Sur cette route, elle était bien certaine que personne de connaissance ne la rencontrerait.Elle sonna, le sourire aux lèvres, à la grille de la villa.Ce fut Valère qui lui ouvrit.Elle ne vit dans sa pâleur, dans l\u2019étreinte nerveuse qui emprisonna ses mains, que la marque d\u2019une inquiétude que ses paroles formulèrent : \u2014 J\u2019ai cru que vous ne viendriez pas; je pensais que peut-être à Paris, vous sentant épiée, vous aviez rebroussé chemin.-Suis-je donc en retard?demanda-t-elle, posant son bras sur le sien pour marcher vers la maison ; il n\u2019est pas plus de onze heures et demie, je ne pouvais guère arriver plus tôt.\u2014\u2022 Je le sais.vous n\u2019êtes point en retard, mais vous savez combien l\u2019imagination de celui qui attend est prompte à se forger des chimères, chimères toujours inquiétantes, naturellement.\u2014 Si je le sais ! je suis ainsi.Quant à .être espionnée, suivie, je vous assure bien que non.Vous pouvez être tranquille.\u2014.Je devrais l\u2019être, tranquille.Votre mari, paraît-il, ne s\u2019occupe pas plus de vous que je ne m\u2019occupe de ma femme.\u2014 Comment savez-vous cela ?\u2014 Je suis renseigné, se contenta-t-il de répondre, écartant de son bras le bras de Mme Ruppe pour passer devant elle.Ils étaient à la porte du logis.Bernard la poussa ; Edmée eut un petit cri de surprise.\u2014 Comment ! mais c\u2019est tout à fait installé, tout à fait gentil ! La pièce était meublée à l\u2019orientale, le parquet couvert de tapis moelleux, les murs cachés par de lourdes étoffes.Des coussins bigarrés, des sièges bas, un divan, et près de la cheminée, une table, une petite table de deux, où ils allaient manger en face l\u2019un de l\u2019autre.\u2014 Mais c\u2019est charmant ! mais c\u2019est charmant, mon ami ! LA SANTE DE VOS ENFANTS LES HABITUDES NERVEUSES L\u2019état de l\u2019enfant facilement excitable ou rapidement fatigable, est, d\u2019habitude, causé par d\u2019autres raisons qu\u2019une maladie ou une défectuosité du système nerveux.Quelquefois, une cause physique comme la dénutrition et le surmenage est responsable.Fréquemment, cependant cet état est causé par la tension d\u2019esprit resultant de craintes et d inquiétudes.Ces inquiétudes et ces craintes \u2014 dont l\u2019enfant ne se rend pas toujours compte lui-même \u2014 peuvent paraître imaginaires à l\u2019adulte mais elles existent réellement pour l\u2019enfant.La plus fréquente de ces craintes semble être la crainte de ne pas être aimé de ses parents.Si vous exigez trop de lui ou si vous êtes trop sévère (abus de «Fais pas ça»), il ne se sentira pas, selon son droit, protégé par votre affection.Consultez d\u2019abord un médecin.Il vous suggérera peut-être de présenter votre enfant à un centre d\u2019orientation ou à une clinique d\u2019hygiène mentale où se trouvent des spécialistes en comportement infantile.Votre Service de Santé vous indiquera où existent de tels centres.De toute façon, un relâchement de la discipline et moins d\u2019exigences envers lui aideront probablement l\u2019enfant.Généralement, un enfant se ronge les ongles pour échapper à une tension ou à une inquiétude au-dessus de ses forces, tout comme celui qui, sans cesse, tortille une mèche de cheveux ou se mordille les lèvres.Ce n est pas parce que cette habitude vous déplaît et que vous lui défendez de le faire que l\u2019enfant cessera de ronger ses ongles.R ne se corrigera pas, non plus, si vous lui attachez les mains, ou si vous lui enduisez les doigts de substances d\u2019un goût désagréable, ou même si vous les encagez dans du métal.Il ne peut pas s\u2019en empêcher et, la plupart du temps, il ne s\u2019en aperçoit même pas.Pour échapper à son inquiétude et à sa tension, il lui faut faire quelque chose et se ronger les ongles le satisfait.Chez un jeune enfant, la tendance à ronger ou à mâchiller est un signe de tension intérieure.Les ongles sont durs, insensibles et toujours à sa portée.Mais une fois l\u2019habitude prise, l\u2019ongle et le tour des ongles deviennent rugueux et cette irritation provoque à nouveau le rongement.Des moyens répressifs comme les bandages et les éclisses ne font qu\u2019intensifier et empirer la tension et l\u2019inquiétude qui sont les causes premières de l\u2019habitude.Trempez les doigts de l\u2019enfant dans de l\u2019huile d\u2019olive afin de les adoucir et de diminuer l\u2019irritation ; ensuite tâchez d\u2019établir les causes physiques ou émotives.Contrôlez son état physique général ; vérifiez ses façons de manger et de dormir ; assurez-vous qu\u2019elles concordent avec le régime de vie approprié aux enfants de son âge.Il devrait avoir un bon teint et augmenter régulièrement de poids.Se fatigue-t-il facilement ?C\u2019est que quelque chose ne va pas.Une fois de plus, demandez-vous s\u2019il court, saute, grimpe, joue suffisamment au grand air, si tout son temps est occupé ?Maintenant, du point de vue émotif, comment est-il ?C\u2019est probablement là qu\u2019est le mal.Exploitez sa confiance en lui-même en le persuadant qu\u2019il peut vraiment réussir à faire quelque chose tout seul et qu\u2019au besoin, vous êtes là pour l\u2019aider.Montrez-vous fier de lui quand il accomplit la moindre chose.Si vous le gardez trop sous votre dépendance, il peut révéler son besoin de liberté en se rongeant les ongles.D'autre part, si vous exigez trop de lui, il craindra de ne pouvoir pas vous satisfaire et il manifestera cette crainte en se rongeant les ongles.L\u2019habitude peut aussi provenir de ce qui se passe à l\u2019école \u2014 programme trop difficile pour lui ou institutrice trop sévère.Trop d\u2019excitation est mauvais.Certes, l\u2019enfant doit sans cesse accroître ses connaissances mais la surexcitation cause la tension.Il faut éviter les jeux trop violents ou les concours avec des enfants plus âgés ainsi que le bruit ou l\u2019agitation excessive, l\u2019abus du cinéma et des programmes radiophoniques.Donnez l\u2019exemple de la sérénité dans votre foyer.Une autorité trop rigoureuse, les querelles et les récriminations ont de mauvaises conséquences.Quand l\u2019enfant est assez vieux, essayez de développer chez lui la fierté d\u2019une main bien soignée, aux ongles bien formés.Répétez-lui qu'éventuel-lement il vaincra son habitude.S\u2019il recommence, fermez les yeux et continuez de l\u2019encourager.On appelle tics des mouvements rapides et fréquents à intervalle plus ou moins régulier tels que le clignement des paupières, la torsion du cou ou la contraction du visage.Au début, les tics sont souvent causés par une irritation locale comme un rhume de cerveau ou même un col mal ajusté.Mais dans tous les cas, il existe toujours une tension émotive.L\u2019enfant peut être sensible au point de ressentir de l\u2019inquiétude au sujet d\u2019une situation qui ne préoccuperait point la plupart des enfants.Il est possible qu\u2019on attende trop de lui, plus qu\u2019il ne peut accomplir facilement, dans ses manières, dans le soin de sa personne ou dans ses succès scolaires.Il faut consulter le médecin à ce sujet.Le tic pout dépendre d'une infection, d\u2019un défaut dans sa routine journalière comme une période de repos insuffisante ou encore d\u2019une tension émotive au foyer ou à l\u2019école.Il est inutile de lui répéter de cesser son mouvement nerveux puisqu\u2019il s\u2019en aperçoit à peine et qu\u2019il le fait inconsciemment.Il y a des enfants qui exigent que certaine chose soit faite selon une manière déterminée \u2014 leurs vêtements rangés dans un tel ordre ou leur lit fait d\u2019une certaine manière \u2014 sans quoi, ils sont malheureux.Ces obsessions sont fréquentes vers huit à dix ans.Si elles existent chez votre enfant, c\u2019est peut-être l\u2019indication d\u2019une trop grande sévérité de votre part.Tant que ces habitudes ne dérangent pas la vie ordinaire de l\u2019enfant, il ne faut pas s\u2019en préoccuper.Mais s\u2019il y passe trop de temps, s\u2019il exagère, comme se laver les mains d\u2019une manière excessive de crainte des microbes, par exemple, il est temps de consulter un médecin.(Ministère de la Santé Nationale et du Bien-Etre Social) 36 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 Lequel de ces iroblèmes est e vôtre?Le problème de l\u2019incommodité Au cours de ces \"jours incommodes\" du mois, aimeriez-vous pouvoir vous débarrasser de l\u2019attirail épingles-ceinture-ser-viettes externes?Alors, portez Tampax intérieurement et soyez assuré qu'il ne causera ni irritation, ni protubérances.Le problème de rencontrer le public Avec Tampax toute odeur est impossible.De plus, Tampax ne cause ni bourrelets ni plissements gênants sous vos toilettes.Le problème de la disposition Fait de ouate surfine, Tampax est comprimé dans de minces applicateurs individuels.Son format est tel qu'une provision d\u2019un mois se glisse dans votre sac à main.Naturellement, il est facile d\u2019en disposer.Le problème du bain ou de la douche Tampax est facile d'emploi et, lorsqu'il est en place, vous en oubliez même la présence.Vous n\u2019avez pas à l'enlever pour votre bain quotidien.Le problème d\u2019argent Procurez-vous Tampax à votre pharmacie ou comptoir de produits sanitaires en 3 degrés d'absorption: Régulier, Super, Junior.La boîte économique suffit pour 'environ'\" 4 mois.Canadian Tampax Corporation Ltd., Brampton, Ontario.Cet/e publicité est acceptée par le\t.journal de l\u2019Association Medicale Américaine CANADIAN TAMPAX CORPORATION Limited, Brampton, Ont.Envoyez-moi sous pli personnel un paquet d\u2019essai de Tampax.J\u2019inclus 10c.pour frais d\u2019envoi et j\u2019indique le format désiré: ( ) Régulier ( ) Super\t(\t) Junior sj}11 .;\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022;.,.¦./«\t\\ (écrire bien lisiblement; Adresse Ville Elle ne savait que répéter cela, riant en se débarrassant de son chapeau, de son manteau qu\u2019il l\u2019aidait à défaire.Elle demanda, soulevant du bout des doigts ses frisons aplatis par sa coiffure, rentrant une mèche rebelle, devant la glace garnie d\u2019une draperie de broché ancien : \u2014 Et en haut, qu\u2019est-ce que nous avons ?\u2014 Tout ce qu\u2019il vous faut.\u2014 A quoi pourraient nous servir les chambres du premier étage! Vous savez que pendant les vacances de Pâques .l\u2019amène Hervé ; le jardin me paraît grand, l\u2019air très pur, cela lui fera beaucoup de bien.\u2014 Justement, j\u2019y ai pensé.C\u2019est pourquoi il faut absolument deux chambres à coucher.Venir le matin, partir ie soir, n\u2019en vaudrait pas la peine ; vous passeriez le plus clair de votre temps en allées et venues.\u2014 Nous ne coucherons jamais seuls ici.c\u2019est trop isolé.\u2014 Même avec la bonne femme qui va nous servir pour gardienne ?\u2014 Même avec elle ; à quoi nous serait-elle bonne, en cas d\u2019attaque ?\u2014 Rassurez-vous ; elle a son fils, un solide gaillard, qui barrera cette porte.Lorsque vous l\u2019aurez vu, vous serez tranquille, et si le coeur vous dit, ou la raison pour la santé de votre fils, un peu surmené par ses études, de rester huit jours pleins à la villa Rose.\u2014 VOla Rose ! interrompit Edmée, avec son entrain de tout à l\u2019heure, c\u2019est vrai, à la Villa Rose ! Et s\u2019approchant d\u2019une fenêtre : \u2014 Je n\u2019aperçois aucune habitation.Nous sommes ici dans un désert.C\u2019est bien préférable, on est libre.Pourtant 0 me semble qu\u2019en face, voyez-vous, sur la pente, parmi ces arbres, se dresse une maison.\u2014 Une bicoque en ruines où l\u2019on ne vient jamais.Je crois que celui qui s\u2019aventurerait à y entrer risquerait fort de sentir la toiture s\u2019effondrer sur sa tête.\u2014 Alors, ne nourrissons point de crainte à ce sujet.\u2014 Certes, c\u2019est inutile.\u2014 Et comme, une fois notre divorce à chacun prononcé, nous pourrons continuer au grand jour nos relations d\u2019amitié, si on la restaure tôt ou tard, cela ne nous gênera point.\u2014 A propos, fit Valère approchant un siège de la table et le montrant à la jeune femme, M.Ruppe fait toujours défaut ! \u2014 Je le pense ; il avait manifesté d\u2019abord cette intention ; j\u2019espère qu\u2019il ne changera pas d\u2019avis.\u2014 S\u2019il changeait d\u2019avis, cela pourrait allonger singulièrement les formalités.Edmée fit un geste d\u2019indifférence : \u2014 Tant pis ! \u2014 Par exemple ! vous ne désirez pas être libre bien vite ?\u2014 Libre oui, pour pouvoir, comme tous ces temps derniers, vous ouvrir ma porte.« Cette raison écartée, que ferai-je de ma liberté ?\u2014 Mais, chère amie, voyons, dit Bernard d\u2019un air sérieux, vous ne pensez pas rester ainsi toute votre vie ?\u2014 Rester ainsi ?\u2014 Seule.\u2014 Je ne suis point seule.j\u2019ai mon fils, je vous ai.\u2014 Un fils, un ami, ce n\u2019est point tout pour une femme.\u2014 Je ne désire point autre chose.\u2014 Maintenant, parce que vous n\u2019êtes point sortie encore de la période de calme qui suit toute grande agitation.Chez vous, la lutte a été si longue, si douloureuse, que la tranquillité vous semble tout ce que vous pouvez désirer au monde de meilleur.Mais-chère Edmée, pardonnez-moi si je vous parle ainsi, c\u2019est presque un devoir, vous êtes femme, la femme pas plus que l\u2019homme n\u2019a été mise sur la terre pour y vivre seule; un jour, peut-être proche, vous sentirez votre isolement, vous serez malheureuse.Elle sourit : \u2014 J\u2019aurai bientôt passé l\u2019âge qu\u2019on appelle l\u2019âge des passions.Lui aussi sourit : \u2014 Vous y rentrez seulement.\u2014 Pensez donc qu\u2019Hervé marche sur ses quinze ans ! \u2014 Vous n\u2019aviez pas vingt ans, je crois, lorsqu\u2019il est venu au monde.\u2014 Non.\u2014 Cela vous en fait trente-quatre.Vous en paraissez vingt-cinq.\u2014 Des compliments, mon ami ! \u2014 Non pas des compliments, la vérité, laxacte vérité! \u2014 Taisez-vous, je croirais que vous me faites la cour ! \u2014 Eh bien ! qu\u2019arriverait-il, si vous croyiez cela ?\u2014 Je n\u2019aurais plus confiance : je ne viendrais plus ici.\u2014 Ce serait punir bien sévèrement un simple écart de langage ; on peut se déclarer l\u2019admirateur de la beauté d\u2019une femme et n\u2019avoir jamais, à l\u2019égard de cette femme, une pensée où le respect n\u2019entre pas pour la plus grosse part.Ainsi, si je me laissais aller.si.voyons, comment dire ?.\u2014 Cherchez ! exclama-t-elle avec son même sourire.\u2014 Si je me laissais aller à une pression de main trop vive.si même je prenais un baiser.Ne vous révoltez pas, c\u2019est une supposition, l\u2019homme est sujet à tant de faiblesse !.Vous ne me pardonneriez pas ?Elle le regarda une minute fixement, comme pour démêler sa pensée secrète.Il y avait aussi, sur le visage de Bernard, son même sourire.Dans ses yeux, nulle angoisse ; simplement une interrogation curieuse.Elle lui tendit sa main fine, blanche, délicate.\u2014 A vous je pardonnerais, dit-elle, je saurais bien que ce n\u2019est qu\u2019une erreur.Et retirant ses doigts déjà saisis par les siens : \u2014\tOh ! comme vous brûlez.Vous n\u2019êtes pas malade ?\u2014\tPas le moins du monde ; vous savez bien que j\u2019ai toujours la main sèche et un peu fiévreuse.\u2014\tAujourd\u2019hui plus encore que d\u2019habitude, je trouve.\u2014 Ainsi, vous ne voulez pas suivre mon conseil ?demanda-t-il.\u2014 Après tout, quel conseil me donnez-vous, je n\u2019en sais rien au juste.\u2014 Celui de vous remarier.\u2014 Ah ! çà, jamais, par exemple ! Elle avait mis tant de feu dans cette réponse, que douter qu\u2019elle partit du fond de son âme eût été nier l\u2019évidence.\u2014 Vous ne voulez pas de beau-père pour votre fils ?interrogea-t-il de nouveau.\u2014 Cette raison pourrait m\u2019arrêter, m\u2019arrêterait probablement ; mais Hervé ne fût-il pas en cause que rien, rien au monde, ne me ferait contracter un nouveau mariage.\u2014 Vous trouvez immorale, alors, cette institution du divorce, qui permet de laisser là un nom que l\u2019on a porté des années, pour en prendre un autre ?\u2014 Pas le moins du monde ; je trouve le divorce beaucoup plus moral que la separation\u2014 Seulement, je puis dans un cas tout à fait à part.dans le cas de quelqu\u2019un qui a usé pour un seul amour toutes les forces de son coeur et dont le coeur est mort pour l\u2019amour.\u2014 Il y a ce qu\u2019on nomme les mariages de raison ; ce sont les meilleurs.\u2014 Et pourquoi ferai-je un mariage de raison ?QUE Q.\t\u2014 Quel est le meilleur moyen de faire rendre le plus de jus possible à un citron ?R.\t\u2014 C'est de le mettre un instant dans l'eau chaude.Q.\t\u2014 Quels ongles poussent le plus vite, ceux des pieds ou ceux des mains ?R.\t\u2014 Ceux des \u2022pieds.Q.\t\u2014 Un morceau de glace plongeant dans un verre d\u2019eau en augmente-t-il le volume quand il fond ?R.\t\u2014 Au contraire, le volume diminue, parce que la glace occupe plus d\u2019espace que Veau.\u2022 Q- \u2014 Arrive-t-il un temps où le cours des jours d'un calendrier se renouvelle exactement de la même façon ?R- \u2014 Le cours des jours d'un calendrier se renouvelle tons les vingt-huit ans.\u2022 Q.\t\u2014 Avec quoi fait-on le caviar?R.\t\u2014 Avec les oeufs de l\u2019esturgeon.Q- \u2014 N y a-t-il que la femelle du kangourou qui transporte sa progéniture dans une poche qu elle a sous le ventre ?R.\u2014 Il y a la femelle de la sarigue.Q.\t\u2014 A quoi est utile le cobaye ou cochon d\u2019Inde ?R.\t\u2014 Le cobaye est souvent employé pour la vivisection et les expériences médicinales ?Q.\t\u2014 Les Romains ont-ils appris aux Gaulois quelque art utile?R.\t\u2014 L\u2019art de fabriquer le savon.Prov.TX3I-08F Le Samedi, Montréal.19 mai 1951 37 « Ma fortune me suffit pour vivre, pour donner plus tard une situation à mon fils.\u2014 Aussi, n\u2019est-ce point sous ce rapport que je l\u2019envisage pour vous.Ce que j\u2019appelle ici le mariage de raison serait l\u2019union de votre vie à celle d\u2019un homme estimé, aimé d\u2019amitié autant que vous pourriez aimer, et dont le bras vous servirait d\u2019appui dans les chemins difficiles.\u2014J\u2019ai le bras d\u2019Hervé ; ü sera un homme bientôt.\u2014 Hervé vous quittera un jour.\u2014 Ce jour-là, je l\u2019espère, j\u2019aurai deux enfants au lieu d\u2019un d\u2019aüleurs.Elle s\u2019arrêta net.\u2014 Qu\u2019allez-vous dire ?demanda Bernard Valère.\u2014 Je ne puis posséder d\u2019ami meilleur que vous, et, entre nous, un mariage est impossible.Bernard ne répondit point ; une réponse l\u2019eût trahi.Elle reprit avec véhémence : \u2014 C\u2019est votre femme qui m\u2019a enlevé l\u2019affection de mon mari ; jamais je ne prendrais la place qu\u2019elle a tenue ; jamais ! Puis, soudain, calmée : \u2014 Vous voyez jusqu\u2019où va ma franchise, quelle confiance il me faut en vous pour m\u2019exprimer ainsi ; je parle comme si un jour ou l\u2019autre cette question devait être abordée, quand certainement vous n\u2019avez, pas plus que moi, l\u2019intention de le faire tôt ou tard.Vous l'excusez, cette franchise ?\u2014 Je vous en remercie, articula-t-il, la gorge étreinte par une main de fer.Les yeux profonds de Mme Ruppe, à une troisième reprise, cherchèrent les siens.Il dit avec une gravité, une tranquillité qui fit croire à Edmée qu\u2019elle avait mal saisi l\u2019intonation avec laquelle 0 venait de prononcer ces dernières paroles : \u2014 En effet, les circonstances ne nous permettent guère d\u2019aborder cette question.Il faudrait pour cela que le passé fût effacé de nos mémoires.Il est de ceux dont on se souvient.\u2014 Oui, hélas ! \u2014 Ce qui n\u2019empêche pas de vous répéter, continua-t-il, qu\u2019un jour, peut-être proche, la solitude vous pèsera.\u2014 Non! \u2014 Ne répondez de rien, personne ne doit jurer qu\u2019il ne faillira pas.Vous pouvez aimer une seconde fois.\u2014 Non! vous dis-je.Je le sens, j\u2019en suis sûre.J\u2019ai trop souffert par le coeur pour que mon coeur parle encore.L\u2019amour de ma jeunesse a été trop entier, pour qu\u2019un autre amour y succède.Avec lui sont parties ces forces sans lesquelles nulle passion ne peut naître.Aussi vrai que j\u2019ai follement aimé mon mari, aussi vrai que je ne l\u2019aime plus, un autre ne le remplacera point ! \u2014 Je vous comprends, quoique je désirerais pour vous qu\u2019il en fût autrement.Ce fut tout ce qu\u2019il arriva à articuler.Comme Edmée, en finissant de parler, s\u2019asseyait devant la table dressée, lui se détourna pour marcher vers la porte.Ses traits, en un instant, s\u2019étaient affreusement décomposés.Mais son oeil brillait d\u2019une flamme terrible.Une colère, comme il n\u2019en avait jamais eu en sa vie éprouvée, le soulevait.Cette femme paisible et implacable, assise à quelques pas de lui, il l\u2019eut broyée, s\u2019il l\u2019eût tenue dans ses mains.Jamais il ne lui avait fallu, pour se contenir, se faire une telle violence.Il passa sur son front sa main trempée aussitôt d\u2019une sueur glacée, et allant tirer le gland d\u2019une sonnette : \u2014 Il me semble qu\u2019à causer, nous oublions le déjeuner.DBS VACANCES à la portée de votre bourse\u2014 Alaska * Banff et LAC LOUISE a I (K Visitez l\u2019Alaska et le Yukon, le pays du soleil de minuit\u2014suivez le pittoresque \u201cpassage intérieur\u201d de Vancouver à Skagway, à bord d\u2019un luxueux vapeur \u201cPrincess\u201d du Pacifique Canadien.Excursions à forfait dans les Rocheuses canadiennes, à partir de $41.50.A Banff et au Lac Louise, vous pouvez jouer au golf sur des terrains magnifiques, faire de l\u2019équitation en montagne, pêcher dans des ruisseaux aux eaux limpides, participer aux excursions dans la vallée Yoho, au Lac Emeraude, à la Passe du Cheval qui Rue et à la Ligne de Partage des Eaux.5 De superbes piscines de natation, à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur, sont une des autres attractions d\u2019un séjour de vacances dans les Rocheuses.Voyagez à travers le Canada dans le confortable train \u201cDominion\u201d à air climatisé Vous pouvez obtenir des renseignements complets sur l\u2019Alaska et les Rocheuses de n\u2019irnporte quel bureau du Pacifique Canadien ou de votre propre agence de voyages.irs»®mS fcXCtf \u2014 * üRS.*as6*s« De Vancouver en ALASKA à partir de.^150.Des excursions \"à la portée de votre bourse\u201d peuvent être organisées pour aller de Skagway à Whitehorse, Dawson et West Taku Arm. 38 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 pour LES CANNES SUPEROD EN FIBRE DE VERRE INGLIS Dès que vous l'aurez essayée vous constaterez quelle différence il y a entre la merveilleuse canne Superod Shakespeare en fibre de verre et une canne ordinaire.Vous serez enchantés de voir comme elle réagit vite et bien, comme elle est puissante et nerveuse.Vous serez étonnés de la précision de vos lancers avec cette canne Superod fabriquée selon la méthode exclusive, Shakespeare Howald.unique canne pour la pêche au lancer en fibre de verre avec action en 3 zones 1.\tACTION: Son bout nerveux permet des lancers-éclairs.2.\tPUISSANCE: Le renfort est à même, juste ou il faut, pour plus de puissance quand ça mord.3.\tPRECISION: Le lancer de précision peut être obtenu grâce à la poignée à double épaulement Tru-Aim.© POUR TOUS PO'SSONS, INGUS A CE QU'IL FAUT h mm mm mm M MB m mm w mt mm mm mm i Division des articles de sport LS-4 JOHN INGLIS CO.LIMITED, Toronto, Ontario.Veuillez m'envoyer, sans frais, votre catalogue de 28 pages d\u2019articles de peche Inglis-Shakespeare Nom .Adresse .Ville .(Lettres moulées) .Prov.RETROUVEZ i§ LA JOIE DE VIVRE AVEC FRUIT-A-TIVES Combattez la constipation et l'indigestion! FRUIT-A-TIVES a fait ses preuves dans des milliers de cas.Les FRUIT-A-TIVES sont composés de fruits et de plantes.DETECTIVES .Agents secrets.Hommes ambitieux de 18 ans et plus demandés partout au Canada, pour devenir détectives.Ecrivez Immédiatement à CANADIAN INVESTIGATORS INSTITUTE.Casier 25, Station T.Montréal P G; « Il est prêt, et vous devez avoir pris de l\u2019appétit.\u2014 Encore assez, répondit Mme Ruppe.Ils étaient en face l\u2019un de l\u2019autre.Le repas fut assez silencieux.Edmée restait sous le coup de leur conversation, les amertumes passées lui revenant en mémoire.Il devait, pour la tirer de sa rêverie, dire de temps en temps : \u2014 Voyons, écartez vos papillons noirs; vous allez me rendre triste autant que vous l\u2019êtes, et vous allez surtout me donner le remords d\u2019avoir éveillé en vous de pénibles souvenirs.Au dessert seulement, Mme Ruppe reprit son entrain.Bernard lui proposa une promenade et une marche sur les routes pour jouir de ce beau soleil qui semblait fêter sa venue.Et ils partirent, au bras l\u2019un de l\u2019autre, allant d\u2019un bon pas, Edmée retrouvant la même satisfaction à humer le grand air qu\u2019à sa descente du chemin de fer.Son teint, sous sa voilette, s\u2019était coloré.Ses yeux brillaient plus fort, ses lèvres étaient plus rouges.Ainsi appuyée sur Valère, l\u2019exubérance de vie, qui s\u2019épanouissait sur elle, semblait éclater.Elle était plus délicieuse qu\u2019il ne l\u2019avait jamais connue.Elle était plus désirable qu\u2019elle ne lui avait encore paru.Au détour d\u2019un sentier qu\u2019elle voulut prendre, parce qu\u2019il devait contourner la petite colline s\u2019étendant en face de la villa Rose, comme ils se trouvaient bien seuls, sans même qu\u2019un vol d\u2019oiseau au-dessus de leurs têtes les dérangeât, il eut la furieuse envie, tant de fois ressentie, de la prendre à la taille, et de voler à ses lèvres ce baiser qu\u2019elle avait juré de ne donner désormais à personne.Elle lui quitta le bras, pour marcher devant, le sentier devenant étroit.Les poings crispés, ses ongles dans la chair, ses dents grinçant l\u2019une contre l'autre, la lueur de ses yeux devint encore menaçante.Non.pas ici, pas à présent.Mais il avait assez de cet interminable combat.Il le sentait, la bête allait se déchaîner en lui, comme elle s\u2019était déchaînée ladis, indomptable, ne reculant devant rien pour atteindre l\u2019assouvissement de ses appétences.Il la voulait.il l\u2019aurait.Révoltée, un frémissement d\u2019horreur sur la chair, râlant des prières, criant des imprécations, abîmée dans l\u2019extase du baiser que sa bouche rendrait, vaincue et pardonnant, il la posséderait.Dans son cerveau, il sentait comme de sourds craquements.VII axime descendait à la gare de Cha-tou vers deux heures.Il arriva dans son château branlant, au moment où Valère et sa compagne sortaient pour se promener.Il n\u2019eut que le temps de les apercevoir, sans distinguer le visage de celle-ci.\u2014 Je ne me trompais pas, pensait-il, ü ne pouvait avoir loué cette maison que pour y donner rendez-vous à une don-zelle.De son observatoire, au premier et unique étage du logis, dissimulé derrière les persiennes légèrement entr\u2019ouver-tes, il parvint à les suivre des yeux jusqu\u2019au détour du chemin qu\u2019avait désiré prendre Edmée, et dans lequel Bernard marchait à sa suite, en proie aux plus extrêmes résolutions.La route continuait à serpenter jusqu\u2019au village.Ne les voyant plus la longer, Maxime se demanda, avec un petit tressaille- ment d\u2019espoir, s\u2019ils étaient tout simplement arrêtés derrière le fouillis de buissons qui les lui cachait depuis une seconde, ou s\u2019ils avaient pris sur leur gauche l\u2019unique chemin qu\u2019il y eût à prendre, et par lequel on arrivait à la seconde porte du jardin dont il était durant un mois le maître.Pour parer à cette éventualité, il descendit, poussa la porte de derrière de la maison, de façon que du dehors on ne s\u2019aperçût point qu\u2019on y était entré, et gagna, adossé à la haie que pas une feuille ne garnissait encore, clôturant la propriété du côté de l\u2019étroit chemin, un hangar, contenant des instruments aratoires rongés par la rouille.Entre les planches pourries, il n\u2019avait qu\u2019à coller un oeil, pour voir sur ce chemin comme s\u2019il s\u2019y fût trouvé.Patiemment, il attendit.M.Valère et Mme Ruppe gravissaient toujours la pente douce.Edmée venait de reprendre le bras de Bernard, et ils se remettaient à causer.Comme si la résolution d\u2019en finir avec cette femme qui l\u2019affolait, apaisait sa fièvre, celui-ci n\u2019avait plus besoin de se violenter pour paraître calme, pour rester tel qu\u2019elle l\u2019avait toujours vu.Ils causaient de nouveau de l\u2019avenir, sans aborder ces questions dont la solution reste embarrassée, ainsi qu\u2019ils en avaient causé si souvent, pensant à leurs fils qui, un jour, ils l\u2019espéraient, remis en présence, deviendraient amis, les querelles de leur enfance oubliées, l\u2019espèce d\u2019éloignement éprouvé alors l\u2019un pour l\u2019autre transformé en sympathie réciproque.Puis Edmée, dominée par un de ces élans de reconnaissance qui vous prennent à l\u2019improviste, tous les sacrifices d\u2019amitié faits par cet homme, sur qui elle s\u2019appuyait si confiante, surgissant en elle, pour faire déborder son coeur et lui mettre aux lèvres les meilleures paroles, se plut à les remémorer tout haut.En parlant, elle s\u2019animait.Qui les eût vus ainsi l\u2019un contre l\u2019autre, cheminant entre la double rangée de haies où de place en place, les bourgeons se montraient, n\u2019eût pas douté que ce couple ne fût uni par le doux lien de l\u2019amour.Sans se rendre compte peut-être de ce sentiment, Edmée éprouvait comme un besoin d\u2019affirmer à Bernard, peut-être tout à l\u2019heure, sans le vouloir, elle avait été brève, la sincérité de cette affection qui, d\u2019elle à lui, ne devait jamais être autre chose que de l\u2019affection.Bernard se rendait parfaitement compte de l\u2019impression qui la guidait.Pourtant, il ne sentait plus le glaive se retourner dans la blessure.Une main posée sur la main dégantée qu\u2019elle appuyait à son bras, il regardait, l\u2019oeil plein d\u2019une convoitise prête à être assouvie ces lèvres qui ne savaient que répéter ce mot dérisoire : amitié.Ils atteignaient la propriété où un homme y guettait, pâlissant peu à peu au son de la voix qui arrivait de plus en plus distincte à ses oreilles.Maxime s\u2019appuya soudain aux planches humides du hangar.Plus d\u2019erreur possible.C\u2019était « Elle » ! Sa voix continuait à frapper ses oreilles bourdonnantes.Une autre voix, également connue, y répondait.Ils approchaient.Ils étaient à deux pas, de l\u2019autre côté de cette palissade qu\u2019il eût renversée d\u2019un coup d\u2019épaule.Vibrant de la tête aux pieds, les cheveux dressés dans l\u2019épouvante qui l\u2019empoignait, il s\u2019inclina, une main crispée sur sa poitrine, approchant son oeil d\u2019un des interstices permettant de voir sur le chemin.Et il les regarda passer, elle penchée sur lui.Elle lui disait : \u2014 C\u2019est bon d\u2019être ainsi, on oublie tout ; c\u2019est bon.Il ne répondit point, mais Maxime vit la flamme de ses prunelles, cette lueur fauve traversant l\u2019oeil du mâle dont le désir s\u2019éveille.Il se redressa.O rage ! O douleur, surtout ! Une souffrance l\u2019avait pris un jour, jour bien lointain et toujours proche dans la chaîne de ses souvenirs.Un choc l\u2019avait atteint, si terrible qu\u2019il s\u2019était demandé souvent comment il n\u2019avait pas arrêté les battements de son coeur.Le même coup l\u2019assaillait.Edmée, devant lui, dans le désordre d\u2019un affreux sommeil, Edmée souillée, déshonorée, perdue, ou, ainsi qu\u2019il venait de la voir passer, le bruissement de ses paroles, encore à ses oreilles, volontairement livrée à un autre.En cet instant il souffrit comme il avait souffert alors.Et ce fut une révélation, cette torture.Depuis le scène rapide chez elle, où elle lui montrait son implacable visage, il se croyait, lui aussi, sinon indifférent à son égard, car pour sa tranquillité, son bonheur, il eût disparu si elle eût exigé qu'il disparût, mais leur amour à l\u2019un et à l\u2019autre à jamais tué, insensible à ce que pourrait être sa règle de conduite dans la vie.Il avait pensé sans frisson de révolte au compagnon qu\u2019elle se choisirait pour réédifier un bonheur qu\u2019il n\u2019avait pu lui conserver.Il l\u2019avait vue, sans amertume, au sein d\u2019un foyer paisible, le front serein, dans les yeux le rayonnement doux de son tranquille bonheur.Oui, c\u2019était sans fiel qu\u2019il avait mentalement répété : \u2014 Qu\u2019elle soit heureuse ! Instabilité des sensations humaines.Sacrifice mensonger, fait à celle qu\u2019il avait poussée lui-même dans les bras d\u2019un rival.Tout le tourbillon des fureurs jalouses, des aspirations égoïstes, l\u2019enveloppait, comme si cette femme, il eût eu droit encore de l\u2019arracher à un autre.Puis cet autre, n\u2019était-ce pas le misérable qu\u2019il poursuivait, dont ü guettait chaque action, chaque démarche, pour s\u2019en faire une arme avec laquelle il le frapperait à son tour ?Ce Valère, qui l\u2019avait accusé d\u2019être l\u2019ami de sa femme, lui prenait la sienne.Et le doute, ce poison qui s\u2019infiltre si vite dans l\u2019âme, le saisit au sujet de cette liaison.A l\u2019hôtel de la rue de Boulainvilliers, ou même à l'appartement du Cours-la-Reine, combien de fois n\u2019avait-il pas trouvé son associé chez sa femme ?L insistance de celui-ci, pour lui faire acheter cette maison voisine de la sienne, la vie presque les uns chez les autres, pendant plusieurs années, mille détails auxquels il ne s\u2019était, jamais arrêté, lui revinrent.Et au milieu de ce réduit, fait de planches pourries, n\u2019ayant pour parquet qu un sol gluant où le pied glissait, il restait la tête sur sa poitrine, les bras raides, les poings crispés, bégayant, à mesure que le soupçon, d\u2019abord énergiquement repoussé, prenait corps dans son esprit : \u2014 Est-ce que.est-ce que.ce serait lui.lui.,, qui serait entré chez moi comme un larron d'honneur?.Est-ce qu il n\u2019a voulu sa liberté que pour 1 amener, elle, son amie, à réclamer la sienne?.Ont-ils été complices dans la comédie infâme ?Il répétait mentalement, un nuage devant les yeux, un nuage de sang : Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 \u2014 Complices.ont-ils été complices ?Et en une brusque explosion, le déchaînement d\u2019une terrible colère éclata.Il marcha, dans ce jardin inculte, embroussaillé, aux sentiers à peine marqués, comme le soir de sa mort son uère, accusé par lui, avait marché, à travers le jardin de Chantilly, aux belles allées sablées, aux pelouses régulières, aux bosquets bien taillés, dans une course de bête aux abois, une seule intention dominant les sentiments multiples qui le bouleversaient, celle de les confondre, de livrer à tous leu\" secret, de faire la preuve des relations de M.Valère et de Mme Ruppe, comme Bernard Valère était arrivé à prouver les soi-disant relations de M.Ruppe et de Mme Valère.Le sang-froid qu\u2019il reconquit progressivement ne changea pas cette résolution.Lorsqu\u2019il rentra dans la maison, il vit, par l\u2019entrebâillement des persiennes, Valère, debout près de la grille de son domaine, regarder Edmée qui remontait vers la gare.Et son ancien associé en fit autant qu\u2019elle, à peu près trois quarts d'heure plus tard.Maxime Ruppe, quoique parti après lui, arrivait, grâce au chemin de traverse qu\u2019il prenait, avant lui au chemin de fer.Ses longs favoris poivre et sel, son binocle aux verres fumés le rendaient à ce point méconnaissable qu\u2019il pouvait affronter l\u2019examen le plus attentif.Valère le frôla, en entrant dans la salle d\u2019attente.Et Maxime ressentit la même impression que dans le hangar.Il vit rouge.Il lui sembla qu\u2019il n\u2019allait point pouvoir résister à la tentation de sauter à la gorge de cet homme, de le frapper, de s\u2019acharner sur son corps, jusqu\u2019à ce que le sang coulât, et qu\u2019il le vît, râlant, à ses pieds.Mais les violences ne pouvaient rien, n\u2019aboutissaient à rien.Elles tournaient contre lui.Elles anéantissaient, avant qu\u2019il l\u2019eût commencée, l\u2019oeuvre à laquelle il se vouait : la réhabilitation de Claire.C\u2019était la dernière concession accordée à cette faiblesse humaine qui prend si vite le dessus.Déjà la réaction venait ; ses résolutions en sortaient plus énergiques.R éprouva comme une âpre satisfaction en pensant à la mêlée dans laquelle il allait se jeter à corps perdu.Tandis que le train les emportait tous deux vers Paris, Bernard Valère, et Maxime Ruppe essayaient chacun d arrêter un plan.De son côté, Bernard Valère arrêtait son plan, tandis que Maxime Ruppe ne savait point encore s\u2019il ferait constater le flagrant délit par des témoins autorisés, ou s\u2019il se contenterait d\u2019en appeler à ceux que le hasard placerait sous sa main.Le premier moyen était certes le meilleur, celui qui amènerait le plus rapidement le triomphe espère.Mais il fallait alors vaincre la répugnance, qui commençait en dépit de lui-même à lui soulever le coeur, à faire monter dans sa gorge comme le hoquet d\u2019une nausée.Une image vague et troublante voyageait devant ses yeux.Celle d\u2019Edmée toute jeune femme, avec l\u2019adorable ingénuité de son visage, la candeur plus grande encore de son âme.Sur ce visage, il avait fait couler tant de larmes qu\u2019un double sillon s y était creusé.Dans cette âme il avait mis tant de désespoir que le scepticisme y était entré.N\u2019ayant plus sa main pour y placer la sienne, elle la mettait dans la première main tendue vers elle.Alors que dédaignée, repoussée, meurtrie, ses yeux cherchaient le refuge où elle trouverait du moins l\u2019oubli, elle s\u2019était jetée dans les bras ouverts pour la recevoir.Etait-elle coupable ?Dans son âme et conscience, Maxime ne pouvait se répondre oui.S\u2019il y en avait deux de coupables, c\u2019était lui : le mari, c\u2019était l\u2019autre : l\u2019ex-associé.Quand il retourna le lendemain à Meudon, M.Ruppe ne parla de rien à Claire.On était au mercredi.Le jour approchait où Joséphine Pon-cet reviendrait chez les Martial.La conversation entre eux ne devait jusque là rouler que sur ce sujet.Le jeudi soir, Claire reçut cette lettre de son fils : « Chère maman, « Tu sais que depuis le commencement de l\u2019hiver, je demande à papa de me laisser passer un dimanche entier avec toi sans qu\u2019il y consente.'19 « Voilà que, de lui-même, il vient de me donner cette permission pour dimanche prochain.« J\u2019en serai bien heureux, et nous pourrons employer cette journée comme je lui ait dit cent fois que nous l\u2019emploierions, dès que nous serions libres d\u2019en disposer : nous irons à une « Matinee » quelconque.« Réponds-moi bien vite ; je puis avoir ta lettre demain avant-midi ; je ferai prendre les places par un camarade.« Comme tu avais promis autrefois à ta bonne, qui n\u2019est jamais entrée dans ÉCOLE DE KNOLLWOOD: ARCHITECTE \u2014 R.D.SCHOALES, M.R.A.I.C., ENTREPRENEUR \u2014 FOUNDATION COMPANY LTD.¦ \u201e ' ^ ' wmsmm CETTE ÉCOLE N\u2019EST JAMAIS TRISTE., BLOCS DE VERRE PC J1 WIN DOW La lumière vive du soleil qui pénètre par une fenêtre en verre ordinaire éblouit, n\u2019éclaire pas comme il faut et affecte la santé et la vivacité des élèves.Les Blocs de Verre PC Fonctionnels mettent en valeur la lumière du jour et la dispersent, la diffusent ou la dirigent uniformément dans la pièce.Cette lumière du jour améliorée élimine l\u2019éblouissement dangereux, est reposante pour les yeux et réduit les frais d\u2019éclairage artificiel.Twindow*, la fenêtre isolante à carreaux doubles, permet de bien voir au dehors et assure une bonne ventilation de l\u2019extérieur.Les frais de chauffage sont également très réduits.Les Blocs de Verre PC et Twindow* sont creux et contiennent de l\u2019air inerte hermétiquement scellé ce qui leur donne de grandes propriétés isolantes.Le contrôle de la température et de l\u2019humidité est plus facile et moins coûteux.L\u2019espace utilisable est augmenté, car la pièce est confortable jusqu\u2019à côté des fenêtres.Les frais d\u2019entretien sont pour ainsi dire éliminés.Il n\u2019y a pas de châssis à peindre ou à remplacer.Les Blocs de Verre PC se lavent plus facilement et nécessitent moins de lavage.L\u2019infiltration de la poussière et du sable dangereux est éliminée.Le bruit extérieur qui pourrait distraire les élèves est assourdi.BONNE LUMIÈRE BONNE LUMIÈRE LUMIÈRE TROP VIVE MAUVAISE LUMIÈRE Les fenêtres ordinaires donnent uqe lumière trop vive et désagréable dans le premier quart de la pièce \u2014 pas assez de lumière ailleurs.Les Blocs de Verre Prismatiques PC dirigent la lumière vers le plafond d\u2019où elle est réfléchie uniformément dans toute la pièce.\u2022M.D.Pour connaître l\u2019historique complet de ce nouveau genre de fenêtre, envoyez le coupon ci-dessous pour obtenir notre livret gratuit sur l\u2019emploi de Blocs de Verre PC dans les immeubles industriels, commerciaux et publics.VERRE \u2022 PEINTURES PITTSBURGH \u2022 MIROIRS 4 3 9 QUEEN\u2019S QUAY WEST \u2022 TORONTO \u2022 ONTARIO Succursales de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique | Hobbs Glass Ltd., Advertising Dept.439 Queen\u2019s Quay West, Toronto, Canada Veuillez m\u2019envoyer sans obligation un exemplaire | gratuit des livrets illustrés tels qu\u2019indiqués ci-dessous: Blocs de Verre PC Nom Rue Ville Province HSGI-4F-51 40 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 REMPLISSEZ CE COUPON Mme MYRRIAM DUBREUIL 6880, rue Bordeaux Case postale, 2353, Place d'Armes, Montréal, P.Q.Ci-inclus 5e pour échantillons du Traitement Myrriam Dubreuil avec brochure.(Pour le Canada seulement).Nom .Adresse .Ville .Province .Fortifiez votre Santé Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Vous pouvez avoir une belle apparence avec le TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL C\u2019est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme .AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.GRATIS : Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, dé 2 h.à 5 h.p.m.un théâtre, je crois qu\u2019elle serait de la partie ; dis-moi si tu restes dans cette intention, afin que je sache le nombre de places à retenir.« Ton fils qui est aussi content qu\u2019on peut l\u2019être, et qui t\u2019embrasse bien, bien, en attendant dimanche.« Marcel ».« P.S.\u2014 Surtout, ne remets pas au dimanche d\u2019ensuite ; qui sait s\u2019il ne changerait pas d\u2019avis ?« Nous déjeunerons au restaurant, ce sera charmant.«M.V.» Un nuage de tristesse embruma le front de Claire, devenu joyeux comme chaque fois qu\u2019elle décachetait une lettre de son enfant.Fallait-il que le sort se déclarât contre elle ! Dimanche prochain, c\u2019était le jour attendu avec tant d\u2019anxiété, où son ennemie allait peut-être se faire prendre au piège.Que faire ?Songer à aller chercher son fils au lycée, pour partir avec lui dans Paris, son bras appuyé sur le sien, fière comme les autres mères, heureuse comme elles, impossible ! Et ainsi qu\u2019il le disait, remettre au dimanche suivant, c\u2019était bien scabreux, c\u2019était courir le risque qu\u2019il changeât d\u2019avis.Enfin, pas moyen d\u2019agir autrement ! Elle prenait en soupirant la plume pour lui écrire, essayer de le consoler I de la déception qu\u2019elle lui apportait, lorsque M.Ruppe, qu\u2019elle n\u2019attendait point ce soir-là, entra au chalet.Ne sachant trop s\u2019il serait libre de disposer de la soirée du lendemain, et l\u2019ayant toute à lui aujourd\u2019hui, il s\u2019etait empressé d\u2019en profiter.Elle lui tendit sans un mot la lettre de Marcel.\u2014 Vous répondrez, demanda-t-il.j après l\u2019avoir lue.\u2014 J\u2019allais répondre \u2014 Quoi ?\u2014 Qu\u2019il m\u2019est impossible de m\u2019absenter ce jour-là.Il la regarda un instant, presque un sourire aux lèvres : \u2014 Alors, je suis bien arrivé.Il faut répondre que vous irez.\u2014 Je ne vous comprends pas.Il réfléchit quelques secondes, ei s\u2019asseyant à côté d\u2019elle : \u2014 Ainsi, cette coïncidence ne vous frappe point : le désir de Joséphine Poncet de venir à Meudon, la permission si longtemps refusée accordée par son père à Marcel de passer un dimanche avec sa mère ?\u2014 C\u2019est vrai, dit-elle lentement ; il y a là une coïncidence étrange.Maxime eut un geste vainqueur : \u2014 Dans trois jours, nous aurons cette gueuse à notre merci.et avec elle, peut-être son complice ?\u2014 Oh ! lui, fit-elle d\u2019un air de dout** je ne crois pas.\u2014 Remarquez, continua M.Ruppe que l\u2019enfant vous demande si vous amènerez votre bonne.«Le père, dont l\u2019habileté ne nous est que trop connue, sera parvenu à soulever cette question de la domestique \u2014 C\u2019est évident.\u2014 C\u2019est Val ère qui envoie chez vous Joséphine ; nous forcerons bien celle-ci à dire dans quel but.Et s\u2019asseyant près de la table, devant laquelle se tenait Mme Valère : \u2014 Ecrivez vite à Marcel, dans le sens que je vous indique.Claire ne put s\u2019empêcher de dire : \u2014 Le pauvre enfant va m\u2019attendre, bien inquiet.\u2014 Le dimanche, dans la matinée, vous lui envoyez un télégramme explicatif, alléguant un rhume, une migraine, ce que vous voudrez comme empêchement Il se consolera ; il n\u2019y a pas à hésiter, du reste.\u2014 Oh ! je n\u2019hésite point, j\u2019en suis loin.Je lui réponds qu\u2019il peut m\u2019attendre, et je lui dis de prendre trois places.\u2014 Parfaitement ; vous emmenez la bonne ; il est nécessaire qu\u2019on le croie du moins.En dix minutes, la lettre fut écrite.\u2014 Donnez-la moi, dit-il, je haterai mon départ d\u2019une heure, et la mettrai à la boîte à la gare ; l\u2019enfant l\u2019aura demain matin.A ce moment la bonne annonça que le dîner était servi.Enfermés dans la petite salle à manger, ils débattirent la règle de conduite à tenir pour l\u2019heure décisive.Il fallait que dès dix heures du matin la maison fût close, de façon qu\u2019un instant d\u2019examen suffît pour s\u2019assurer que les habitants en étaient absents.Pour le reste, M.Ruppe s\u2019en chargeait.Aussitôt après le dîner, il quitta le chalet.Le lendemain matin, Marcel lisait la lettre de sa mère.L\u2019après-midi, pendant la récréation.>1 fut assez étonné de s\u2019entendre appeler au parloir et d\u2019y trouver le valet de chambre de son père.Monsieur faisait demander si M.Marcel passerait décidément le dimanche suivant avec sa mère.En ce cas, M.Marcel voudrait bien dire à quel théâtre il désirait aller et combien de places 0 devrait retenir, car celui-ci avait ordre de se mettre à sa disposition pour cela.Enchanté, le lycéen nomma la Porte-Saint-Martin où l\u2019on jouait une grande pièce patriotique, et fit promettre au domestique de lui apporter, le soir même, trois billets pour sa mère, lui, et la bonne de Mme Valère à qui on avait formellement promis de l\u2019emmener lorsqu\u2019on ferait cette partie.Le samedi, à la première heure, Joséphine Poncet, en préparant le chocolat du matin, lisait ces deux lignes.précises dans leur laconisme, d\u2019une écriture déguisée à dessein : « Sécurité absolue ; tout le monde absent jusqu\u2019au soir.» C\u2019était la première fois que Bernard lui écrivait.Elle enflamma le papier qui forma sur les charbons mourants de son fourneau, un petit amas de cendre noirâtre posa une tasse de chocolat fumant sur un plateau de laque, et traversant la salle à manger, où Hervé achevait de déjeuner, elle monta à la chambre de Mme Ruppe.Une inquiétude, malgré les quelques mots rassurants qu\u2019elle se répétait en gravissant l\u2019escalier, creusait plus fort oue d\u2019habitude les rides profondes de son front étroit.Sa broche ?Où avait-elle laissé s» broche ?Etait-ce du guignon que cette perte lui mettant forcément martel en tête ' Sans cela, qu\u2019eût-elle eu à craindre ?.Absolument rien.Quoique, après tout, il était plausible qu\u2019elle se fût plutôt détachée de son cou, chez les Martial, au moment par exemple, où elle traversait la haie par la trouée qu\u2019elle devait élargir, que dans la maison de Mme Valère.Elle ferait dans leur jardin une fameuse tournée d\u2019inspection, avant de sp laufiler dans l\u2019autre.Quand elle entra chez Mme Ruppe celle-ci lisait une lettre dont Joséphine, en la montant, un quart d\u2019heure auparavant, avait sans peine deviné l\u2019auteur, l\u2019écriture de l\u2019adresse gardant sa pente naturelle.Elle posa le plateau sur un guéridon approché du lit et s\u2019en alla en se deman -dant, question qu\u2019elle s\u2019était posée déjà cent fois, si la passion de Bernard durait toujours, et si rien d\u2019autre, que des relations amicales, n\u2019existait entre lui et cette jolie femme.LA VIE COURANTE .Par Georges Clark (7^ \u2014 .et alors.j'entrerais dans le Kremlin avec une bombe sous chaque bras et je dirais: 'Maintenant, mes amis, nous allons régler nos problèmes.\" Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 41 La domestique ne croyait point à cette dernière supposition.La vertu, à son point de vue, était une pure plaisanterie.Mme Ruppe ne pouvait être que la protégée de monsieur Valère.Pas plus qu\u2019autrefois, cette idée ne la mettait en rage.Sa haine jalouse pour Claire Lerue avait épuisé tout ce que son coeur contenait de haine et de jalousie.Certes elle ressentait plutôt pour Mme Ruppe de l\u2019éloignement que de l\u2019attachement, mais elle ne lui en voulait point.Elle lui envoyait à l\u2019occasion une sorte de remerciement, comme si cet amour, mis par elle au coeur de Bernard, était le principe même de sa revanche.Rentrée par ordre auprès d\u2019elle, ayant pour mission d\u2019espionner sa vie, et le mari de retour de ses expéditions d\u2019Afrique, de signaler les moindres démarches qu\u2019il s\u2019aviserait de tenter auprès d\u2019elle, elle restait sur le qui-vive, s\u2019acquittant scrupuleusement de sa tâche.Edmée, qui avait l\u2019habitude de se coucher tard et ne se levait guère avant neuf heures, recevait ainsi chaque matin sa correspondance au lit.Lorsque, parmi ses journaux, se trouvaient des lettres, c\u2019était celle de Bernard, s\u2019il lui en venait une, qu\u2019invaria-blement elle décachetait d\u2019abord.Il lui demandait dans celle-ci de lui fixer le jour où il la reverrait à Cha-tou, et dans son esprit une indécision restait à ce sujet, lorsque ses yeux tombèrent sur la seconde lettre arrivée ce matin-là.Elle émanait de l\u2019avocat chargé de son affaire de divorce.Un peu étonnée qu\u2019il lui écrivît, car elle avait rendez-vous avec lui, le lundi suivant, elle déchira l\u2019enveloppe avec une certaine précipitation.\u2014 Par exemple, en voilà une nouvelle ! s\u2019exclama-t-elle bientôt à voix haute.Et ne pensant pas à son déjeuner qui refroidissait sur le guéridon, elle sauta à bas de son lit, se vêtit d\u2019un peignoir posé au pied par Joséphine, puis, vite assise devant son bureau, répondit à Bernard que le surlendemain, sans fau-j te, elle serait à Chatou.Elle lui demandait de ne pas l\u2019attendre pour déjeuner, alléguant, sans explications à ce sujet, un rendez-vous à une heure de l\u2019après-midi chez son homme d\u2019affaires.En sortant du cabinet de ce dernier, elle prendrait le train.Si elle arrivait trop tard, elle dînerait à la villa Rose, car ils auraient à causer longuement, ce qui ne l\u2019empêcherait pas de rentrer chez elle, elle l\u2019espérait, avant onze heures.Ce samedi devait donc être, pour tous ceux que tant d\u2019intérêts liaient les uns aux autres et qu\u2019un incident imprévu pouvait grouper autour d un seul, fertile en promesses de réussite.Et parmi ceux-là, Bernard Valère se figurait tenir entre ses mains les plus sérieux éléments de succès.La réponse d\u2019Edmée éclaira sa figure sombre d\u2019un sourire démoniaque.Seul avec elle, le soir, dans la maison isolée de Chatou.Ah ! il touchait donc au but de son supplice ! Cette créature qui avait ete son bourreau, cette femme qui l\u2019avait de sa main frêle fait ployer devant elle pendant quinze années, il allait l\u2019avoir 4 sa merci.Sa main à lui la briserait.Elle crierait grâce, et rirait de ses supplications.N\u2019en avait-il pas versé, lui, des larmes, sans qu\u2019elle en aperçût la trace ?Et dans cette fièvre de possession, dans ce rut qui le rendait fou, les résolutions extrêmes remplissaient le cerveau de cet homme : la posséder et mourir avec elle.Après lui avoir logé dans le coeur la balle d\u2019un revolver, se fracasser le crâne.Etre unis dans la mort, s\u2019ils n\u2019avaient pu l\u2019être dans la vie.C\u2019était un rêve dont la volonté sinistre aiguisait presque son désir.Ce samedi, dans l\u2019après-midi, Maxime Ruppe reçut à son hôtel M.et Mme Victor.Quand ceux-ci le quittèrent, Maxime se fit conduire chez son notaire.\u2014 Quoi de nouveau ?demanda celui-ci lorsqu\u2019ils furent seuls dans son cabinet.\u2014 Rien, jusqu\u2019à présent; je ne pense pas que ce soit demain qu\u2019il y retourne à Chatou.\u2014 Et vous pensez que, s\u2019il y retourne, ce sera pour y attendre votre femme ?\u2014 La logique la plus simple ne le fait-elle pas présumer ?Pourquoi, maintenant que la maison se trouve garnie, irait-il seul ?\u2014 Certes, il n\u2019y a que faire.Donc, c\u2019est au prochain rendez-vous que vous voulez les surprendre ?\u2014 Je vous en ai donné la raison ; j\u2019ai trop aimé ma femme pour qu\u2019il ne m\u2019en reste pas quelque chose ; j\u2019ai eu des torts envers elle trop sérieux pour que je ne répugne pas à faire du scandale autour d\u2019elle.Il me faut agir promptement, ou ma résolution s\u2019évanouira pour ne plus y revenir.Et je dois à une autre femme, à cette malheureuse qui a subi pour moi tous les affronts, toutes les tortures, une réparation qu\u2019aucune considération ne peut me faire abandonner.Maxime Ruppe ajouta : \u2014 Vous connaissez mon but : obtenir que le divorce soit prononcé en faveur de Mme Valère.«Elle ne s\u2019est pas présentée jusqu\u2019à présent ; vous m\u2019avez affirmé, il y a deux jours, qu\u2019il était encore temps pour elle de sortir de son inertie, de plaider.« Si je n\u2019arrive pas à faire rendre à cette mère ses droits sur son fils, j\u2019aurai du moins, pour parvenir à cela, tout tenté !.« J\u2019aurai marché sur un sentiment dont la violence atteint des proportions que vous ne soupçonnez point ; je n\u2019aurai enfin rien à me reprocher.Que M.Valère s\u2019arrange aujourd\u2019hui de façon à mettre les torts de son côté, je ne lui en demande pas davantage ; la lutte entre nous sera finie.Malgré les circonstances actuelles, j\u2019agirai de mon côté pour que Mme Ruppe bénéficie des clauses du jugement ; qu\u2019elle soit libre puisqu\u2019elle le veut, et qu\u2019elle puisse lever haut la tête dans sa situation de femme divorcée.\u2014 Tout cela sera peut-être assez difficile à concilier, répondit Me Logerot ; pourtant, si des deux parts on apporte la bonne volonté nécessaire, on y parviendra.Tout dépend de M.Valère.Il ne peut refuser.Un éclair de défi traversa les yeux du mari d\u2019Edmée : \u2014 Il ne refusera pas, je vous le jure ! Entre nous, c\u2019est la suprême bataille.Et tendant la main au notaire : \u2014 Ainsi, je compte sur vous ?\u2014 Comptez-y absolument ; tous ces jours-ci je m\u2019abstiendrai de quitter l\u2019étude avant le soir ; les trains pour Chatou abondent ; prévenu, je saute immédiatement en voiture, je prends le docteur Bouchier, et nous arrivons, je l\u2019espère, à temps.\u2014 Espérons-le.Pour moi, à partir de lundi, je pense que rien ne m\u2019empêchera d\u2019aller là-bas tous les jours.Un second rendez-vous suivra certainement de près le premier.Allons, à bientôt, je ne vous remercie point.\u2014 Je le pense bien.Le notaire habitait rue Franklin.LES PUIS GROS, RAPIDES ET UIXUEUX AER06US AU MONDE! Montréal à Londres 11 Vx hres, sans escale 00UBL[ POU fi CUISINE CHOISIE! GRANDE COUCHETTE! Seule BOA\u2019C offre tant d'avantages-sans majoration du passage! En un an, le nombre des Canadiens qui survolent l\u2019Atlantique par B.O.A.C.a presque doublé car seule B.O.A.C.offre tous ces avantages: 1.\tStratocruisers à deux ponts exclusivement! 2.\tSomptueux \"Sky Lounge\u201d au pont inférieur! 3.\tCabines à pression rétablie et insonores pour un maximum de confort et de tranquillité! 4.\tCocktail ou apéritif, courtoisie de B.O.A.C., succulent diner avec vins fins! 5.\tCouchettes régulières (moyennant léger surplus) et déjeuner au lit si désiré.6.\tVol le plus rapide de Montréal à Prestwick (Glasgow), Shannon ( sur signal ) et Lon-dres d'où correspondances pour Paris et le continent avec la British European Airways.Aussi départs quotidiens de New-York! Mit U'UTILIIÉ! FESTIVAL de la GRANDE-BRETAGNE 3 mai-30 septembre mA[BQA[^ BRITISH OVERSEAS AIRWAYS CORPORATION Places réservées à votre agence de voyages ou à la B.O.A.C.: Montréal\u2014Hôtel Laurentien, Tél.UNiversity 6-5861; Toronto\u201432 O., rue King, Tél.EMpire 3-4323.AVEZ-VOUS DES CADEAUX A FAIRE ! Ne cherchez pas plus longtemps ! Abonnez vos parents et amis aux TROIS grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.REMPLISSEZ VOTRE COUPON D'ABONNEMENT AUJOURD'HUI MEME ! ; 'WÊÈ/W CHAMPION Pour une FIABILITÉ À TOUTE ÉPREUVE EN TOUTES CIRCONSTANCES LA BOUGIE PRÉFÉRÉE AU CANADA 42 Le Samedi, Montréal.19 mai 1951 \u2022^POSENT 1.BESOIN D\u2019UN LAXATIF CONSTIPATION qui accompagne généralement un rhume 3.\tEXCES de table ou de boisson 4.\tAIGREURS D\u2019ESTOMAC 5.\tMAUX DE TETE résultant des troubles digestifs Sal Hepatica, le pétillant laxatif antiacide, soulage un grand nombre de malaises efficacement.Son action est rapide, mais douce .sans saisissements .sans coliques.Achetez donc une nouteille de ce laxatif \u2018\"un-pour-cinq\u2019\"\u2019 dès aujour- d\u2019hui! Le Jour ou La Nuit Prenez du SAL HEPATICA Pas besoin d\u2019autre laxatif FAIBLESSE Les maladies les plus graves commencent par la faiblesse N'attendez pas un épuise ment complet, prenez ce puissant tonique.Ideal pour hommes, femmes et enfants Chez votre pharmacien Elixir Toniqu Montie \u2022 O.WATSON A CO .Montreal Elixir Tonique Montier Mal de Tête Rien n\u2019est plus pénible que les maux de tSte .Pourquoi souffrir?.La poudre Lambly soulage Instantanément le mal d\u2019oreilles, le mal de dents, la nêvral- Qfc gie, les douleurs du dos, de l\u2019estomac, des intestins.POUDRES\t^ CONTRE LE MAL DE TÊTE \u201c Poli à Argenterie Goddard's Un bon produit Anglais RAPIDE FACILE DURABLE Goddards Silver Polish ^Silver, Chromium ^\u2022PlmPavdrrlnrclill\u2019'\"*' Importé par A.O.PAUL ROY, MONTREAL Dix maisons plus loin que la sienne.M.Ruppe fit arrêter la voiture dans laquelle il était remonté.Il sonna au deuxième étage d\u2019une maison de confortable apparence.\u2014 Le docteur?demanda-t-il au domestique qui lui ouvrit.\u2014 Le docteur est chez lui, répondit celui-ci en l\u2019introduisant.Comme chez le notaire, c\u2019était la seconde fois qu\u2019il entrait là cette semaine.Depuis que le docteur, pendant les six mois, sinon de démence du moins d\u2019inertie cérébrale, qui succédaient au terrible choc éprouvé, l\u2019avait soigné moralement plutôt que physiquement, s\u2019appliquant à aider le travail lent s\u2019opérant dans son esprit, à faire pénétrer en lui de ces espérances qui raniment, ils étaient devenus amis, Maxime lui vouant une reconnaissance que rien ne devait atténuer.Il n\u2019avait point eu de peine à le convaincre de l\u2019infamie de Bernard Valère, celui-ci ayant toujours été, sans motif du reste, antipathique au praticien.Ainsi que Me Logerot, lorsqu\u2019il était venu lui demander de lui servir de témoin dans la constatation qu\u2019il voulait opérer, M.Bouchier s\u2019était mis sans réserve à sa disposition.Pendant le temps qu\u2019il faudrait, il confierait sa clientèle au confrère le remplaçant à l\u2019occasion.Cela lui permettrait, au reste, de prendre un repos dont il avait besoin depuis plusieurs mois.Maxime ne s\u2019attarda pas plus longtemps dans le cabinet du docteur qu\u2019il n\u2019était resté dans celui du notaire.Il s\u2019assura que dès le lendemain, \u2014 le lundi \u2014 le premier serait prêt également, si l\u2019occasion s\u2019en présentait, à lui rendre le service demandé.Le plan de M.Ruppe était des plus compliqués.Le Furet s\u2019adjoignait un compagnon pour filer Bernard Valère.Dès qu\u2019ils se trouvaient certains que celui-ci se dirigeait vers la gare Saint-Lazare, le camarade sautait dans un fiacre et prévenait, à quelques minutes de distance, puisque l\u2019homme de loi et le médecin étaient voisins, ces deux derniers qui prenaient le train une heure après lui.Si ce moyen ne réussissait pas une première fois, il réussirait sans doute une seconde.M.Ruppe eût pu tout simplement faire constater le flagrant délit par un commissaire de police.Mais ce serait, autour de sa femme, ie scandale qu\u2019il voulait éviter.Son seul but, comme il le répétait au docteur Bouchier après l\u2019avoir redit à Me Logerot, était de contraindre, en ayant à sa disposition deux hommes dont le témoignage ne saurait être discuté, le mari de Claire à se rétracter vis-à-vis de sa femme en se chargeant, soit dans un sens soit dans un autre, de façon à faire bénéficier celle-ci du jugement qui serait rendu.Il se disait, en remontant en voiture, après avoir quitté le docteur, que Valère serait bien forcé d\u2019en arriver là.N\u2019allait-il pas le tenir des deux côtés à la fois ?Il se rendait maintenant au cabinet du contentieux de la rue des Jeûneurs, où il avait à conférer longuement avec M.Ruffieux, à propos des dispositions à arrêter pour le lendemain.VIII oséphine Poncet avait congé pour jusqu\u2019au soir.Pomponnée, comme elle se pomponnait à ses rares jours de promenade, elle prit le chemin de la gare en suivant le boulevard du Montparnasse.M.et Mme Victor, sans leur fille, y étaient arrivés déjà.Ils trouvèrent à la cuisinière une figure défaite, un air de gêne, qu\u2019ils feignirent de ne pas remarquer, émus eux-mêmes, pour affecter des manières dégagées, dont Joséphine, trop préoccupée, ne devait point surprendre heureusement la légère exagération.Cette émotion, du reste, ne persista ni chez le mari, ni chez la femme.Leur dévouement à M.Ruppe, leur aveugle confiance en lui, et l\u2019espoir caché dans leur coeur les stimulant, Joséphine n\u2019était plus l\u2019amie qu\u2019ils avaient accueillie si longtemps ; ils ne se souvenaient même plus s\u2019ils l\u2019avaient jamais accueillie.C\u2019était une ennemie, la complice de cet homme dont ils avaient à différentes reprises senti l\u2019hostilité.Ils n\u2019éprouvaient plus aucun remords à la livrer.On monta en wagon, et l\u2019on débarqua à Meudon, avant onze heures.Le temps continuait à être beau, un clair soleil égayait la route.\u2014 C\u2019est singulier comme la température a changé en quinze jours, dit Joséphine qui n\u2019avait guère desserré les lèvres, en entrant la première dans le chemin conduisant chez les Martial ; vous vous rappelez comme il faisait froid quand nous sommes venus ! \u2014 Je le crois, dit Marie ; c\u2019est le froid qui vous à rendue malade.\u2014 Positivement, et je ne me suis pas remise.Puis, comme je vous l\u2019ai écrit, c\u2019est dur pour moi de me remettre à servir».Et, vous savez, une maladie me tient toujours.« Ça m\u2019a laissé une faiblesse !.Ainsi, le grand air me suffoque encore.\u2014 Il me suffoque bien, moi.C\u2019est l\u2019habitude qui manque.\u2014 Tout ce que je sais, c\u2019est que je me contenterai de me promener un peu dans le jardin, au soleil ; si vous sortez, je ne me risquerai pas à vous accompagner.\u2014 Nous comptons encore aller voir le bébé en nourrice.\u2014 Voyons, fit Victor, par ce beau temps-là, marcher un peu ne doit pas vous faire de mal.\u2014 Je vous dis que le grand air m\u2019empêche de respirer ; je n\u2019ai pas envie d'être malade, comme la dernière fois.\u2014 Mais, avec ce soleil-là, pas de danger, saperlipopette ! \u2014 N\u2019insiste pas, dit Marie avec un geste d\u2019impatience, Mlle Joséphine sait ce qu\u2019elle a à faire et elle a raison de ne point se gêner avec nous\u2014 Si au moment de partir elle se sent bien, on la fera peut-être changer d\u2019avis.Victor, qui avait depuis un instant devancé la domestique dans le chemin, s'arrêta tout à coup devant le chalet voisin de la maison qu\u2019ils atteindraient bientôt.\u2014 Tiens, c\u2019est fermé ici ! Est-ce que Mme Lerue aurait déménagé ?\u2014 Ma foi ! on le croirait, répéta Joséphine comme un écho.\u2014 Non, dit Victor, les fenêtres ou les persiennes qui ne sont pas tirées ont des rideaux ; Mme Lerue et sa bonne sont parties en promenade.\u2014 Elles sont peut-être à la messe, articula Joséphine.\u2014 Ça se peut.On entra dans le jardinet de Mme Martial.Edouard retournait une plate-bande avec la désinvolture d\u2019un jardinier.La porte de la maison était grande ouverte et l\u2019on voyait la vieille femme dresser le couvert.Ce furent des exclamations, des paroles de surprise, des reproches encore, lorsque Joséphine exhiba les provisions dont elle avait garni son sac.A midi précis, on se mettait à table.Victor avait eu le temps de faire un tour dans le jardin.[ Lire la suite page 55 ] LA VIE COURANTE .Par Georges Clark 4 if -le romprais bien avec lui, mais il faudrait que je lui remette ses coupons de boites de céréales pour le Grand Prix Le Samedi, Montréal, lit mat iVi>l Sedan 2 portières Fleetline De Luxe Sedan 4 portières Styleline De Luxe Une valeur General Motors Les intérieurs du \"Bel Air\" sont épatants! Il y a du cuir véritable .des draps d'un luxe extraordinaire .et il y a des arceaux de métal brillant au plafond.\u2014\u2014- \u2014 \u2014mnm Éffi#, AVEC LA COMMANDE AUTOMATIQUE CHEVROLET QUI A SAIT SES PREUVES If attire tous les regards! de Chevrolet C'est une sensation \u2014 l\u2019innovation de style qui suscite un enthousiasme sans précédent dans le domaine de l\u2019auto ! Et elle fut offerte pour la première lois par Chevrolet dans le domaine des bas prix .c\u2019est le splendide \u201cBel Air\u201d ! Voici le cachet crâne d\u2019un modèle transformable avec les brillantes couleurs et la sécurité d\u2019un toit tout acier.En plus de son luxe étonnant, il vous apporte toutes les caractéristiques de grosse voiture, l\u2019économie, la sûreté et la longue durée qui ont fait de la Chevrolet la voiture favorite du Canada ! Chevrolet offre une grande variété de modèles et de styles pour 1951.' Sedan 2 portieres Styleline De Luxe Coupe sport Styleline De Luxe Une commande automatique qui a fait ses preuves .dans le domaine des bas prix ! Etant du genre convertisseur de couple, la Powerglide donne une constante application de l'énergie motrice à toutes les vitesses \u2014 une douceur étonnante! Facultative à coût additionnel sur les modèles de luxe. 44 Le Samedi, Montréal, 19 mai 1951 LE CARNET D\u2018UN LINGUISTE LU et ENTENDU Par ÉTIENNE LABBÉ L'AUTOMOBILE De quel genre est le mot automobile ?Il y a une vingtaine d\u2019années, ce mot était du féminin et les dictionnaires de l\u2019époque en font foi.On sous-entendait alors le mot voiture devant « automobile ».L\u2019hésitation commença il y a une dizaine d\u2019années, alors que l\u2019on se mit à fabriquer toutes sortes de véhicules à moteur, tels que camions, tricycles, canots-automobiles ou auto-canots.L\u2019idée de « véhicule » l\u2019emporta alors sur l\u2019idée de « voiture » et l\u2019on dit indifféremment : un ou une automobile.Il y avait aussi la question d\u2019analogie.Ne fallait-il pas dire un automobile comme on dit un domicile, un reptile, un ustensile ?L\u2019académie tardant à se prononcer, le Conseil d\u2019Etat ayant à rédiger un règlement général sur la question des voitures et à faire une distinction entre les voitures automobiles et hippomobiles, le masculin a prévalu.'\u2018*çsT4î» fMsoS.5s** aESg 3552 No 3552 \u2014 Un décolleté en V profond à l\u2019arrière conféré a cette robe une note d\u2019originalité.L\u2019encolure et la jupe sont garnies d une dentelle de coton.Pour dames et jeunes filles.Grandeurs 12 à 42.Métrage requis pour taille 12 : 3% v.en 35\", 3% v.en 39\", 3% v.en 44 .Tissu contrastant : % v.en 35\", % v.en 39 .Prix 25c No 3558-3550 \u2014 Charmant deux-pièces comprenant une jupe circulaire de tissu imprimé et une blouse à encolure festonnée.Blouse pour jeunes filles.Grandeurs 12 à 20.Métrage requis pour taille 14 : li/2 v.en 35\" ou 39\".Prix 35é \u2014 Jupe circulaire pour jeunes filles.Grandeurs 24 à 32.Métrage requis pour taille 24 : 4 v.en 35\" ou 39 .Prix 25 r\u2019- -y.n eeste Constance arrête son élan.\tr riv»\t, ¦ \\ Litre la su1 te oti\tnuiYiévo ] CONTE ILLUSTRE DU SAMEDI \u2014 DIXIEME EPISODE RASSEMBLANT SON ÉNERQIE JEAN L VNX RAMASSE LARME.FAIS VITE.LE FEU PRE NO AUX CA CES.$ % MAIS JEAN EPUISE S EST EVANOUI TAN0/5 QUE PROFITANT DUN MOMENT PROPICE JEAN LYNX TIRE DANS LA QU EU LE HIDEUSE QU/ S 'OUVRE VERS LUI.J VITE JEAN IL FAUT FUIR EN QUELQUES BONOS LE DIRECTEUR DU ORQUE SEPRÉOPTTE VERS
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.