Le samedi, 1 mai 1951, samedi 26 mai 1951
[" 63e année, No 2 Montréal, 26 mai 1951 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 10 cents portée Romo\" pHi * ** t * < ¦¦ ¦H»»*»\u2019*'* &SSS 1+#* &2ÊP IwiTj# W*' méSkr* K .^ -IM*'\tï / 1 /\t\t \tJ\t% tôË&ifcsâ\t1\t^ï| \u2022 *4,-si \u2022«\t11\tjüt ^H;\til li .\t\\ «3k» les VmnvNÆs ^s)twv(\\u£s Lord Calvert Canadian Whiskç Servi avec orgueil dans des occasions spéciales quand seul le meilleur suffit CALVERT DISTILLERS (canada) LIMITED AMHERSTBURG \u2022 ONTARIO Sf m i,«cra>' Au micro, M.H.HANSON, président de l'Association des Brasseries du Québec, s'adressant aux lauréats du Salon Culinaire.Arrière-plan, de g.à d., M.LOUIS CODERRE sous-ministre de l'Industrie et du Commerce, M.EARL, représentant de la Ville de Montréal.\u2014 M.H.-G.GONTHIER secrétaire de l'Association susmentionnée, l'Honorable PAUL BEAULIEU, ministre du Commerce et de l'Industrie, M.M.PUVILLAND, directeur du Service de l'Education Hôtelière et M.de BRESSAC, délégué de l'ambassade de France à Ottawa.Photo Armour Landry.AU SALON CULINAIRE 1951 En mars dernier, l\u2019Association des Brasseries de la Province de Québec, de concert avec le Ministère de l'Industrie et du Commerce et la Mutuelle des Cuisiniers et Pâtissiers, recevait au Cercle Universitaire de Montréal, en l\u2019honneur des lauréats du Salon Culinaire 1951.Avant de procéder à la remise de ces prix, l'Honorable Paul Beaulieu, ministre de l\u2019Industrie et du Commerce, souligna en termes heureux le vif intérêt que présente le Salon Culinaire et son importance tant sur le plan de la formation des chefs que sur celui de l\u2019industrie touristique.Tout en félicitant les chefs de leur excellent travail, il a exprimé l\u2019espoir qu\u2019avant longtemps notre cuisine provinciale pourra rivaliser avec celle des pays renommés pour leur gastronomie.M.Hanson, président de l\u2019Association des Brasseries, a pris la parole à son tour.Après avoir souhaité la bienvenue aux assistan s, il a rappelé que c\u2019est à M.Beaulieu que nous sommes redevables de l\u2019heureuse initiative du Salon Culinaire et félicité les jeunes chefs canadiens-français qui avaient pris part à ce concours.« Les brasseurs de la Province de Québec, » a-t-il dit, « s\u2019intéressent vivement à toute initiative ou mouvement susceptibles de relever le niveau de l\u2019hôtellerie.Nos chefs se sont révélés cette année de véritables artistes et les dignes disciples de la cuisine française.» Le succès obtenu par le concours de cette année, nous fait espérer que le Salon Culinaire deviendra chez nous une tradition et que d\u2019autres salons analogues seront également tenus en divers endroits de notre Province afin de donner à notre cuisine régionale un nouvel élan, propre à susciter l\u2019intérêt des touristes désireux de trouver chez nous des mets apprêtés de façon originale.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE A CIE, LTEE Membres de l\u2019A.B.C., et de l\u2019Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q., Can.\u2014 Tél.: PL.9637-fc FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires JEAN CHAUVIN Directeur CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Rédacteur en chef .GERALD DANIS\tChef du tirage .ODILON RIENDEAU Directeur artistique HECTOR BRAULT\tChronique sportive .OSCAR MAJOR A B\tO N N E\tM E N T S\t Canada 1 an \t\t$3.50\tEtats-Unis 1 an \t\t$5.00 6 mois \t\t2.00\t\t2.50 AU\tNUMERO\t10 CENTS\t Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans.Vf.U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes.Ottawa.A A A#* l i iJU 1 RrfCt ^ ** - \u2019\u201eWW *%£ * **** i «mm m *& **$m û W5Ü l*>V- pr-\u2014 v?-JP*\u2019 rmI It':! *3; W^rTî ¦ En visitant l\u2019Ontario Parmi tous ceux qui ont contribué à façonner le destin de l\u2019Ontario, le nom le plus illustre est celui de Samuel de Champlain.En 1613, le fondateur de Québec intrigué par le récit enthousiaste d un jeune voyageur, Nicolas du Vignan, se mit en route avec ses compagnons et deux canots, dans la direction de l\u2019Ouest.Ce fut lui qui, au passage baptisa la rivière Rideau et la Chute de la Chaudière.Il continua sa route jusqu\u2019à l\u2019Ile aux Allumettes, où il rencontra un chef Algonquin qui lui démontra la fausseté des récits fantaisistes de du Vignan.Deux ans plus tard, Champlain devait retourner dans la région, accompagné cette fois de trois Récollets missionnaires.D\u2019autres héroïques missionnaires, que l\u2019Eglise a élevés depuis peu sur les autels, dont les Jésuites Jean de Brébeuf et Gabriel Lalle-mant, vinrent quelques années plus tard dans cette région et furent martyrisés par les Iroquois en 1649.L\u2019oratoire construit à leur mémoire, près de Midland, attire chaque année des milliers de pèlerins.La guerre n\u2019existait pas seulement entre Blancs et Indiens, mais entre Français et Anglais, et c\u2019est de cette époque que datent la plupart des forts érigés dans la province d\u2019Ontario.De plus, les noms de deux Français qui faisaient à Montréal la traite des fourrures : Groseilliers et Pierre Radisson, restent associés à la fondation de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson, parce que tous deux travaillaient pour le compte de l\u2019Angleterre.Il ne faut pas oublier que l\u2019inventeur du téléphone, Alexander Graham Bell est né à Bran ford et que c\u2019est entre cette ville et celle de Paris (Ont.), à sept milles de distance, qu\u2019eut lieu, en 1876, la première communication téléphonique.Si l\u2019on veut connaître l\u2019Ontario, il est évident que l\u2019on doit d\u2019abord visiter Ottawa, capitale de la province et deuxième ville en importance de notre pays.On fera bien de se rendre à Ottawa durant la session, on encore en mai ou juin, alors que les parcs publics sont verdoyants et fleuris.Pour Toronto, on y tient en juin une grande foire internationale et à la fin d\u2019août une exposition nationale.En juillet, on donne un festival de l\u2019oeuvre de Shakespeare.De toutes les richesses naturelles de l\u2019Ontario, il n\u2019en est pas de plus merveilleuses, comme de plus renommées que les chutes Niagara.En outre, cette province possède de très beaux lacs dont le plus fréquenté par les touristes est le lac Muskoka.Dans le nord de la province, le gibier est abondant.Les rivières et les lacs sont riches en poissons de toutes les espèces et de toutes les tailles.En mai, la région des fruits présente un spectacle féerique avec ses innombrables vergers en fleurs.Comme les distances à parcourir sont parfois longues, les automobilistes trouvent sur leur route de confortables et propres cabines, tandis que les chasseurs et les pécheurs ont toutes les facilités qu\u2019ils peuvent souhaiter pour camper sur les lieux.\u2022rMffTl **111 m mm 1 f Ci-dessus, de haut en bas.Un panorama unique : les Chutes du Niagara.\u2014 Le célèbre château Casa Loma.ex-habitation princière de Toronto.\u2014 L\u2019auto-route No 17, près de Pembroke.\u2014 Le vieux fort Henry (restauré) à Kingston.\u2014 Photo du hout, à d.L\u2019Oratoire des Martyrs canadiens, a Midland.\u2014 Ci-contre, le monument de Samuel de Champlain, à Orillia.Photos Ontario Dept.Travel & Publicity.Art , (i » ®Jɧ1? Le Samedi, Montréal, 26 mai 1951 \u2014 \u2022 t» ¦.j-aac».WrJÉ DEPUIS LE SABLIER POUR\tMESURER LE TEM par fi 1 \t\tPS QUI FUIT OBERT PREVOST 4 // ¦ u début du trait prolongé, il se.a exactement une heure, heure A normale de l\u2019Est.H\tCette phrase, que la radio ncus lance chaque jour, permet ¦¦ à tou e la nation de rectifier le fonctionnement des horloges, des montres et des cadrans, de rajuster la position non seulement des aiguilles indiquant les heures et les minutes mais aussi celle des secondes, et avec exactitude.Chacun comprend l\u2019absolue nécessité de mesurer le temps, cette richesse qui se dépense implacablement et que même les plus avari-cieux ne sauraient accumuler.Il ne fait pas de douie que, dès les tout débuts de l\u2019humanité, l\u2019homme avait la notion du temps.Nos lointains ancêtres de l\u2019ère des cavernes n\u2019ont pas été lents à remarquer la succession régulière du jour à la nuit et de la nuit au jour, résultat de la rotation terrestre.Ce fut là, sans doute, la première division en deux parties de cette unité de temps qu\u2019est le jour.Mais cette échelle rudimentaire ne devait pas donner longtemps satisfaction à l\u2019homme.Il lui fallait d\u2019autres points de repère pour jalonner la durée de cette rotation de la planète, et il remarqua vite que c\u2019était le mouvement des astres qui réglait le temps, que la position du soleil par rapport à la ligne d\u2019horizon permettait sans doute d\u2019établir des normes un peu plus précises.C\u2019est ainsi que naquit le cadran solaire, le premier chronomètre de l\u2019humanité.Il ne faut pas s\u2019étonner que l\u2019homme ait compté le temps en se basant sur la marche du soleil plutôt que sur celle des autres astres, car c\u2019est le soleil qui permit tout d\u2019abord une distinction entre le jour et la nuit, et c\u2019est encore lui qui influence le plus- les conditions de notre existence.Avec les progrès de l\u2019astronomie, il devint possible d\u2019établir avec exactitude non seulement la durée, mais aussi les limites du jour solaire, de ce temps qui s\u2019écoule entre deux passages successifs du soleil au même méridien.Ainsi, chacun sait qu\u2019il est midi quand le soleil passe au méridien supérieur, et minuit quand il traverse le méridien inférieur.Certes, les astronomes constatent une différence de quatre minutes entre le jour solaire et ce qu\u2019ils désignent sous l\u2019appellation de jour sidéral.Dans le premier cas, le soleil sert de base ; dans le deuxième, c\u2019est une étoile.Cette petite inexactitude dans le calcul du temps provient du fait que le soleil est plus rapproché de notre planète que les étoiles, mais nous nous contenterons de souligner cette différence sans l\u2019expliquer plus longuement, car l\u2019espace ne nous le permettrait pas.Voilà donc comment l\u2019on est parvenu à fixer ces jalons diurnes et nocturnes que sont les heures.Les horloges des grands observatoires du monde se trouvent donc réglées par des observations faites au moyen de cet instrument qu\u2019on\t[Lire la suite page 35] Ci-dessus, la célèbre station de Meudon, en France.Cette photo noue présente une vue générale du bâtiment qui abrite le grond télescope.C'est grâce à l'astronomie que l'on obtient la mesure du temps avec exactitude.\u2014 Ci-dessous, à gauche, l'horloge parlante de l'observatoire de Paris.Au premier plan, le cylindre sur lequel sont enregistrées les heures, les minutes et les secondes.\u2014 A droite, le bureau international de l'heure, dans les caves de l'observatoire de Paris.On y fait le contrôle du temps moyen d'après des chronomètres placés dans des chambres isothermiques pour éviter les variations de température.** * éJI» s- t \u2014 V*~ S ' X ¥ fl mm ,, W**r r-m' $ < A MEXICO La Fête-Dieu I CETTE fête que le Calendrier ecclésiastique a fixée au jeudi qui suit le dimanche de la Trinité a été chez nous, il y a déjà bon nombre d\u2019années, remise au dimanche suivant.C\u2019est alors le jour de la grande procession solennelle qui réunit quatre anciennes paroisses montréalaises et défile à travers les rues jusqu\u2019au Reposoir d\u2019où l\u2019Archevêque, ou son remplaçant, bénit solennellement la foule agenouillée.\t,010\t.Cependant, les communautés religieuses, comme celles des Peres du Samt-Sacrement et des Franciscains, célèbrent la Fête-Dieu le jeudi et font, ce soir-la, une courte procession dans le voisinage immédiat de leur monastère.Pour les autres paroisses qui ne prennent pas part à la grande procession du dimanche matin, la célébration a lieu le dimanche soir.Voyons un peu ce qui se passe ailleurs.\t.La Fête-Dieu, comme toutes les fêtes mexicaines, est une occasion de réjouissances qui en font un très pittoresque spectacle.Il varie selon les régions parce que chacune a ses coutumes traditionnelles.\t.\t.Dans la ville de Mexico, les rues sont pleines d enfants vêtus d amples yetements aux couleurs brillantes.Les jeunes filles portent des corbeilles de fruits et de legumes, tandis que les garçons ont des cages de bois attachées dans le dos.Certaines de ces cages renferment de minuscules poteries, d\u2019autres un poulet vivant et solitaire Sur la vaste place de la cathédrale, la foule s assemble au sortir de la messe.Chacun a endossé ses habits du dimanche.Selon une coutume propre au Mexique, on improvise alors un marché en plein air et le commerce ne tarde pas a être florissant L\u2019une des plus curieuses coutumes qui se rattachent a la Fete-Dieu est celle des mulets fabriqués avec de petits bâtons et d\u2019enveloppes d épis de mais.Us sont décorés de fleurs et portent des fruits et des bonbons.Ils se vendent non seulement a Mexico, mais a travers tout le pays.Il y en a de toutes les tailles, depuis les très petits montes en épinglés jusqu a .St .obscur, et !.«ptioati».qu\u2019on douu.à son sujeï restent vagues.L\u2019une d\u2019elles assure que les petits mulets rappellent le temps ou, chaque annle.les Mexicains portaient des corbeilles de fruits, aux pretres espagnols afin que ceux-ci commémorent la demiere Cene du Sauveur.Par une ancienne et étrange coutume, on tient, à Mex.co, a I \u201e,ue de ia Fete-Dieu un marché de friandi.es et de bagatelle, fort pittoresque et haut en couleur, Ams, (photo du haut, à gauche), ce, jeune, fille, offrent à la vue des passant,, non lorn de la cathédrale, de, corbeille, de fruit, et de fleur, .qui s\u2019enlèvent très rapidement : - C\u2019est au,,, (photo de droite), «ne occasion pour le,élégante, du pays, une occas.on de se parer de leur, traditionnel, atours._ Sur la Place de la Cathédrale (photo du.centre) la foule ,e pre-pare à assister à la Me\u201ee.- Photo du bas.scène pittoresque de la Fete-D.eu devant un portail de la célèbre cathédrale.Photos Canada-Wide.¦ ; & ' \u2018 '\u2022 .\" ¦ K Kl \u2022 I ; ¦te-: .\u2014^ < \"S.-if- V-'v - .'Sfi * MNM[: âm.11 mi il ¦ vj.: T* 6 Le Samedi, Montréal, 26 mai 1951 mm PORTRAITS DE VEDETTES , && ¦ l «t I Tante Lucille t par (herubina Scarpaleggia sèHai IL était une fois.une fée très gentille qui aimait les fleurs, les oiseaux, et les enfants.Les fleurs, pour leur beauté, les oiseaux, pour leur gazouillis, et les enfants.parce que, des fleurs et des oiseaux, ils ont la pureté et le chant.Cette si gentille fée chercha, un jour, un moyen de réunir, dans la vie, tous ses amis, comme ils étaient unis dans son coeur.Elle donna donc une grande réception où furent conviés les fleurs, les oiseaux, les enfants et aussi mille autres amis du grand royaume de la fantaisie.Le vent orchestra la musique, le soleil alluma les flambeaux, l\u2019arc-en-ciel peignit les décors.Ce fut un bal féerique.De la joie des enfants, des oiseaux et des fleurs, naquirent des chants, des rires et des soupirs que la gentille Dame recueillit et transforma en contes.Ainsi se formèrent les contes merveilleux.les contes de Tante Lucille ! Radio-Canada, toujours à l\u2019affût des « plus belles choses qui soient » mit au service de Tante Lucille, la magie de ses ondes lesquelles, pour une fée, sont un excellent moyen de locomotion.Et c\u2019est ainsi que tous les samedis matins, à 10 h., les plus jolies histoires volent en 4 microphone » vers les pays ensoleillés des âmes d\u2019enfants.Les journalistes, à qui Dieu ne nie même pas le droit d\u2019interviewer les fées, ont pu approcher Tante Lucille et lui demander « l\u2019histoire de ses histoires » qu\u2019elle seule sait trouver et raconter, pour la joie des petits et l\u2019admiration des grands.Mais, « la fée des ondes » est trop modeste et, comme tout reporter bien né, nous compléterons de nos remarques, les données trop humbles qu\u2019elle nous révéla.Tout d\u2019abord, nous dirons ce que tout le monde sait déjà (puisque \u2022 nous sommes journalistes 1 que Tante Lucille, dans la vie réelle, se nomme Mademoiselle Lucille Desparois, et que son programme hebdomadaire, « Tante Lucille » est un des plus populaires et des mieux appréciés de tout le réseau français du Canada.De plus (et ça, vous ne le saviez peut-être pas), mademoiselle Desparois est une des rares Canadiennes « internationalement » connue comme écrivain pour les enfants.Les plus grands éloges lui viennent de France, des Etats-Unis, de Belgique.Ses contes sont publiés en divers volumes et enregistrés sur une quinzaine de disques.Elle a même été honorée d\u2019une « mention » par le Bureau International de l\u2019Education de Genève.Et lorsque la Suisse applaudit malgré sa traditionnelle neutralité.Le monde entier ne saurait séduire Lucille Desparois qui reste fidèle aux enfants du Canada.C\u2019est pour eux, surtout, qu\u2019elle écrit.C\u2019est pour eux, qu\u2019elle invente et adapte des contes, « les plus appropriés qui soient pour son jeune public.» Devise qui pourrait bien être celle de Tante Lucille.Et les enfants lui rendent bien son affection.Elle pense pour ceux qui ne connaissent pas encore l\u2019ingratitude.Les témoignages enfantins interprètent éloquemment l\u2019exaltation, la vénération, la tendresse que les jeunes auditeurs ressentent à l\u2019endroit de cette « tante » qui sait si bien émerveiller leurs coeurs.Des centaines et des centaines de lettres, parfois émouvantes de gaucherie, portent, chaque mois, le « merci » varié des petits de toutes les villes, de tous les villages, de tous les coins du Canada français et même des Etats-Unis.Qu\u2019elles la nomment « petite tante s [ Lire la suite page 31 ] Photo du haut.Grand émoi au Local des \"Jeannettes\" (section juvénile des Guides), à St-Ger-main d\u2019Outremont, 17e Ronde.TANTE LUCILLE, expressément invitée par la commissaire, CECILE CANTIN (à sa gauche) et la cheftaine, MADELEINE VILLENEUVE, raconte une histoire favorite au jeune auditoire qui est tout yeux et tout oreilles.Se reconnaîtront dans le groupe, MIREILLE BAULU, fillette de Roger Baulu, et MICHELE BOULIZON, fillette de Guy Boulixon.\u2014 Ci-contre, LUCILLE DESPAROIS (mieux connue sous le nom de \"Tante Lucille\") dépouille chaque semaine un volumineux courrier venant du Québec, de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick et même de la Nouvelle-Angleterre.Photos Studio L.Alain. Le Samedi, Montréal, 26 mai 1U51 Wlil \u2014 '\u2022\u2022WM-\t, ¦ / /11 ne lire le crépuscule ! Le crépuscule à une lire ! Profitez, messieurs dames ! \"Il\tEt un groupe d\u2019une dizaine de gueux \u2014 cheveux hirsutes, barbe rugueuse, Il bouche édentée, pantalons en tire-bouchon \u2014 se pressait, brandissant des billets \" d\u2019une lire, autour d\u2019une clocharde au visage fripé.\u2014 Un crépuscule pour moi ! \u2014 Pour moi deux crépuscules ! \u2014 Trois crépuscules pour moi ! Le gueux qui venait de s\u2019acheter trois crépuscules, laissa planer un petit regard circulaire de supériorité.\t, ., .\t,\t,\t.\t.\t, ,\t, De grands X brouillèrent soudain l\u2019écran qu envahit bientôt de la pellicule blanche.Lumière.Hallucination ?La clocharde et les dix gueux que nous venions d apercevoir a l\u2019écran étaient confortablement installés dans des fauteuils, devant un grand micro.C'étaient de véritables gueux aux cheveux hirsutes, à la barbe rugueuse, à la bouche édentée, aux pantalons en tire-bouchon ! Au milieu d\u2019eux, la clocharde tramait son visage fripé.Nous étions au « Cinefonico » des studios de Cinecitta a Home.La salle était soigneusement capitonnée sauf dans un coin où, contre une petite fenêtre, adhérait un morceau de ciel sombre comme du macadam.Il pleuvait a fendre les pierres.Une voix partit du micro.Elle s\u2019adressait à l\u2019un des clochards.\u2014 N\u2019oublie pas, Giacomo.Elle prit un ton grotesque.« Trois crépuscules ! Trois ! » Cette voix, nous l\u2019aurions reconnue entre mille : c\u2019était celle de De Sica.Nous regardâmes autour de la salle.En face du rectangle de toile blanche, derrière un écran de verre, un homme se tenait dans une obscurité presque totale.La voix poursuivit : \u2014 On essaye de nouveau.Obscurité.Projection.\u2014\tUne lire le crépuscule ! Le crépuscule à une lire ! Nous savions maintenant que c\u2019étaient les clochards qui parlaient devant le micro, à mesure que, sur l\u2019écran, défilaient les images.L\u2019on procédait à l\u2019enregistrement des voix des personnages de « Miracle à Milan » de De Sica qui complète, avec ce film, la trilogie commencée avec « Sciuscià » et « Voleur de bicyclettdft ».\u2014\tTrois crépuscules pour moi ! Lumière.Les clochards avaient les yeux rivés sur le micro.\u2014\tÇa va déjà mieux, dit la voix.On reprend.Obscurité.Projection.Lumière.\u2014\tOn reprend encore.La séquence fut projetée une, deux, trois, dix fois.\t[ Lire la suite page 30 1 Photo du haut, à droite, l'un des grands maîtres du cinéma : VITTORIO DE SICA.qui nous a donné \"Shoe-Shine\" et \"Le Voleur de Bicyclettes\", s'était, selon le désir de son père, d'abord destiné aux affaires (la comptabilité, plus exactement) avant de venir à la scène et au septième art.\u2014 Ci-contre, le célèbre metteur en scène italien recevant l\u2019Oscar pour \"Le Voleur de Bicyclettes\".A g., M.JAMES DUNN, ambassadeur des Etats-Unis à Rome, applaudit le célèbre VITTORIO DE SICA DE LA COMPTABILITÉ AU CINÉMA cinéaste.: ;î 4i> Ci-contre, une scène de son tout récent film, \"Miracle à Milan\", où se mêle le merveilleux humain comme dans un conte d'Andersen.C\u2019est une légende un peu triste, peut être, mais néanmoins sereine et optimiste dans un cadre poétique.De Sica se défend d'avoir réalisé un film polémique, à thèse ou à tendance sociale. 8 Le Samedi, Montréal, 26 mai 1951 Un serment, même marqué d\u2019un anneau d\u2019or, résiste mal à la monotonie des jours.Dessin de JEAN MILLET Le cher anneau d'or.ææk.I \u2014 \"Toute ma vie.\" Cette promenade est vraiment par trop sinistre ! déclara Adeline Delpire, comme ses deux compagnons s\u2019engageaient sur la passerelle qui surplombe les gorges du Bréda, dans l\u2019Isère.« Je ne vais pas plus loin.Je vous attendrai ici.Elle cria encore, au bout d\u2019une minute : \u2014 Soyez prudents surtout.Thérèse ! Daniel ! Mais ceux à qui s\u2019adressait ce conseil ne l\u2019entendirent point, car les syllabes se perdaient dans le fracas de la cascade dévalant d\u2019un mur de roc.Le jeune homme et la jeune fille avançaient en silence, Thérèse précédant Daniel sur le pont suspendu.Celle qu\u2019ils laissaient derrière eux avait employé le mot qui convenait à un site aussi désolé : « sinistre » était en effet, ce lieu que les gens du pays nomment le Bout du Monde.Le torrent y régnait en maître, faisait entendre sans cesse sa voix courroucée, imposant silence aux audacieux qui prétendent violer sa solitude, noyant tous autres bruits sous sa rumeur infernale.Des arbres rabougris, poussés dans la pierre, se penchaient vers lui, comme attirés par son appel.Au loin, les glaciers du Gleysin profilaient leur masse grandiose.A mesure que se rétrécissait le défilé, Thérèse accélérait davantage son allure, et Daniel devait se hâter pour continuer à la serrer de près.Soudain, à un détour de la muraille rocheuse, il la perdit de vue.Il doubla le pas, jusqu\u2019au tournant, et là, retint un cri d\u2019angoisse.Devant lui, Thérèse fuyait, aérienne dans sa robe blanche.A quel jeu cruel se livrait-elle donc ?On eût dit qu\u2019elle courait à un rendez-vous avec la Mort.A quelques pas d\u2019elle, la passerelle s\u2019arrêtait net, coupée en deux par quelque récent éboulis.Et au delà, c\u2019était le gouffre.Avec une plainte rauque qu\u2019étouffa le grondement de la cascade, Daniel s\u2019élança, la canne en avant.Il accrocha prestement le manche courbe à la lanière de daim blanc qui ceinturait l\u2019imprudente et tira Thérèse en arrière.Et, quand il l\u2019eut ramenée à lui, devant le seul témoin \u2014 bruyant, mais aveugle \u2014 que formait le torrent, il l\u2019embrassa fougueusement, passionnément.Puis, il plongea les yeux dans les siens et frissonna.Car une lueur de pathétique résolution se lisait dans les prunelles mordorées, qui ne laissait planer nul doute : cette course folle vers l\u2019abîme n\u2019était pas imputable à l\u2019imprudence.elle avait été dictée par le désespoir.Doucement, il entraîna Thérèse, la força à refaire en sens inverse, le trajet parcouru tout à l\u2019heure.Mais, cet'e fois, il ne la suivait point.Il la soutenait d\u2019un bras, tendrement ; et elle, paupières mi-closes, se laissait guider par cette étreinte dont elle eût aimé prolonger la douceur jusqu\u2019à l\u2019éternité.Lorsqu\u2019enfin ils eurent franchi la zone périlleuse et que le tumulte des eaux se fût assourdi, Daniel se pencha plus étroitement sur sa pâle compagne.\u2014 Méchante aimée ! lui souffla-t-il à l\u2019oreille.Qu\u2019alliez-vous faire ?Mais elle, d\u2019une voix éteinte : \u2014 Quelle étrange attirance que celle du vide ! C\u2019était comme s\u2019il avait voulu.me happer.« Oh ! Daniel ! Pourquoi m\u2019avez-vous retenue ?Vous m\u2019auriez rejointe, n\u2019est-ce pas, mon bien-aimé ?Songez à ce que sera ma vie désormais.sans vous.sans toi ! puisqu\u2019on nous sépare.Thérèse Crozet habitait avec sa mère la petite ville de Voiron, dans 1 Isere.Elle était fille de commerçants.M.Crozet avait péri, sept années plus tôt, dans un accident de chemin de fer.Comme le défunt laissait une orpheline de quatorze ans, la Compagnie consentit à la veuve une rente annuelle, payable jusqu\u2019à la majorité de l\u2019enfant.Mme Crozet continua de tenir, seule désormais, le commerce de confiserie laissé par son mari, affectant en totalité à l\u2019éducation de Thérèse la rente qui lui était servie.C est ainsi que la jeune fille fut élevée dans le pensionnat le plus élégant de Grenoble.Elle l\u2019avait maintenant quitté depuis deux ans, mais elle gardait toujours, de son séjour dans cet établissement, un souvenir attendri.Non seulement elle y avait reçu une excellente éducation et acquis une instruction solide, mais encore elle avait connu la de fortes amitiés.La meilleure avait été celle de Juliette Guyard, son aînée de plusieurs années.Mais aussitôt ses études terminées, Juliette avait épousé un notaire de Grenoble, M.Fernand Girardot, et moins d\u2019un an après elle mourait prématurément, en donnant le jour à un petit garçon.Tu veilleras sur lui, Thérèse ! Je compte sur toi.avait-elle recommandé, dans un souffle, à l\u2019amie qui pleurait à son chevet. Le Samedi, Montréal, 26 mai 1951 9 Et Thérèse avait promis.Cet événement lui laissait au coeur une poignante tristesse.Depuis bientôt deux ans, elle tenait \u2014 autant que le lui permettait son éloignement \u2014 la parole donnée à la morte.Elle tricotait sans relâche pour le petit Jean-Claude, lui envoyait de menus présents, témoignant de son attentive affection.Et, chaque fois que l\u2019occasion se présentait d\u2019un voyage à Grenoble, elle courait embrasser son protégé, donnant à Rose, la bonne, des conseils que celle-ci recevait sans aménité, bien décidée à n\u2019en faire qu\u2019à sa tête.Mais ses visites apportaient un précieux réconfort au père désemparé, qui, après chaque départ de Thérèse s\u2019étonnait de souffrir moins de sa solitude, comme si un rayon de soleil fût venu réchauffer pour un temps son coeur meurtri.Plus mondaine était une autre amie de pension, Adeline Delpire, fille d\u2019un riche gantier de Grenoble.Désoeuvrée, elle entretenait une copieuse correspondance avec Thérèse, pour qui elle éprouvait une réelle affection.Elle appréciait ses qualités et plaignait son humble destinée.En effet, les circonstances avaient voulu que Thérèse reçût une éducation supérieure à celle des jeunes filles de son rang, et aussi qu\u2019elle évoluât, au pensionnat, dans un milieu plus raffiné, plus riche que le sien propre.Mme Crozet avait-elle eu tort en se laissant aller à nourrir pour sa fille des ambitions incompatibles avec ses moyens réels ?Elle l\u2019avait fait pour le bien.Toujours est-il que Thérèse se trouvait dépaysée dans la modeste maison de sa mère.A présent qu\u2019elle avait at\u2019.eint sa majorité et que, par conséquent, la rente de la Compagnie de Chemins de fer avait pris fin, elle était obligée d\u2019aider sa mère.Chose qui n\u2019avait, en elle-même, rien que de normal.Mais son amie Adeline, dont la vie oisive ne comportait pour ainsi dire point de devoirs, se traçait de cette existence un tableau fort noir, et elle se désolait à la pensée que Thérèse était pour toujours condamnée à cette existence de médiocrité, à moins qu\u2019un riche mariage ne vînt Ten tirer.C\u2019est pourquoi, cette année-là, elle intrigua auprès de ses parents, afin que Thérèse fût invitée à passer les vacances dans la propriété que M.et Mme Delpire possédaient à Allevard-les-Bains, la charmante station thermale dauphinoise.Mme Crozet encouragea sa fille à accep'er cette aubaine inespérée, et pour la plus grande joie d\u2019Adeline, Thérèse arriva à Allevard dès la fin de juillet, heureuse de se retremper pour quelques semaines dans une atmosphère de luxe qu\u2019elle ne connaissait plus.C\u2019est au cours de ces vacances qu elle rencontra, au tennis, Daniel Froment-Dubosc, fils du sénateur.Le jeune homme fut frappé par la beauté de Thérèse, par ses yeux rêveurs, couleur de noisette, sa chevelure mordorée où se jouaient quelques reflets cuivrés.Thérèse, de son côté, admira ce sportif qui savait s\u2019attendrir., ce regard où, aux heures de repos, la flamme de l\u2019action faisait place à une expression câline.cette bouche rieuse qui savait si bien prononcer les paroles douces au coeur féminin.Sous l\u2019oeil indulgent d\u2019Adeline Delpire, un s\u2019ébaucha, qui rapidement se transforma en passion mutuelle.Adeline, en bonne camarade, ménageait les entrevues fréquentes, favorisait les longs tê-te-à-têe entre les deux jeunes gens, se réjouissant à l\u2019idée que, bientôt sans doute, son amie connaîtrait la vie ouatée d\u2019une jeune femme riche et oisive.Thérèse \u2014 songeait-elle \u2014 était assez jolie pour prétendre à ce mariage.Ses origines modestes ne l\u2019empêchaient point d\u2019être digne du jeune Froment-Dubosc, qui débutait au barreau et se destinait à la vie politique, suivant l\u2019exemple paternel.Tel était aussi l\u2019avis du jeune homme lui-même II échangea avec Thérèse Crozet de doux serments et, peu à peu, la mêla à tous ses projets d\u2019avenir.Il se faisait fort de dompter les résistances qu\u2019il prévoyait du côté de son père, et il communiquait sa foi à Thérèse, éperdue d\u2019amour et d\u2019espérance.Déjà, la jeune fille croyait voir briller à son doigt l\u2019anneau d\u2019or, symbole de la fusion totale de deux êtres.Les vacances touchaient à leur fin, lorsque Daniel se décida à confier ses projets à son père.Hélas ! son optimisme allait être mis en échec.M.Froment-Dubosc commença par ne pas prendre au sérieux le sentiment du jeune homme.Puis, comme celui-ci insistait, il s\u2019indigna, menaça.flirt -\u2014 Tout cela ne tient pas debout ! trancha-t-il enfin.S\u2019il fallait se marier chaque fois qu\u2019un joli minois surgit sur votre route, la polygamie entrerait bien vite dans nos moeurs ! Dieu merci, les parents sont là pour mettre le holà aux gaffes de leurs enfants.Tu n\u2019as plus de mère : c\u2019est une raison pour que je me montre doublement vigilant.« Le mariage dont tu me parles est impossible à tous égards.Tu connais mes principes : pour se présenter sous des auspices favorables, une union doit remplir certaines conditions indispensables.L\u2019égalité de rang, l\u2019égalité de fortune comptent parmi celles-là.« Or, le niveau social de Mlle Crozet est inexistant, \u2014 tu ne peux le nier, \u2014 et son absence de fortune aggrave encore la situation.Songe que tu te destines à la vie politique, que toutes les ambitions te sont permises.Tu peux être appelé à devenir ministre et, à ce titre, à recevoir chez toi l\u2019élite de la société ! Ta femme ne saurait être une fille d\u2019épiciers ! \u2014 Mais, papa.\u2014 Laisse-moi parler ! reprit cet homme, habitué à voir plier devant lui toutes les résistances.Quand tu seras en état de gagner toi-même ta vie, libre à toi de t\u2019arranger comme bon te semblera, quoique.« Mais jusque là c\u2019est moi qui ordonne ! Le fait que je t\u2019entretiens m\u2019y autorise.Ecoute-moi donc : ou tu renonceras à tes divagations, ou je te coupe les vivres.Et tu m\u2019entends bien.Il ne saurait être question de temporiser ! Non, il faut mettre fin dès aujourd\u2019hui à cette bouffonnerie.Tu vas me promettre de rompre définitivement, de cesser toutes relations avec cette jeune fille.Pas de lettres, ni d\u2019autres niaiseries du même genre.J\u2019ai ta parole ?La rage au coeur, Daniel Froment-Dubosc dut souscrire à cette cruelle exigence.Il connaissait bien son père et savait qu\u2019on ne lui résistait pas impunément.C\u2019était cette conversation que \u2014 tout en atténuant ce qu\u2019elle pouvait avoir de désobligeant pour Thérèse \u2014 Daniel venait de rapporter, au moment où commence ce récit.Tout d\u2019abord, Thérèse n\u2019avait pas très bien compris.Daniel serait privé des subsides habituels ?Soit.Leur amour ne planait-il pas au-dessus de ces méprisables contingences matérielles ?Qu\u2019importait cette pauvreté, pourvu qu\u2019ils fussent tous deux réunis ! Ils se marieraient envers et con\u2019re tous.Si la profession d\u2019avocat ne produisait pas des gains immédiats suffisants, Daniel l\u2019abandonnerait pour exercer un autre métier qui leur permît de vivre, même simplement.Quant à elle, elle travaillerait : les connaissances acquises au cours de ses années d\u2019études lui en fournissaient les moyens.Mais sa chimère n\u2019avait pas été de longue durée.Bientôt, Thérèse avait dû se rendre à l\u2019évidence.Il ne pouvait être question, pour elle, d\u2019entraver l\u2019avenir de celui qu\u2019elle aimait.Daniel était appelé à de hautes destinées : il ne pouvait faire autrement que de se soumettre à la volonté de son père.C\u2019était à elle à se sacrifier.elle le comprenait parfaitement.Et, sous les tendres paroles dont Daniel berçait sa douleur, elle s\u2019était presque résignée.C\u2019est alors qu\u2019Adeline Delpire, mise au courant de a pas entrée pire beau petite avec cet la villa des APRES LA PLUIE Il a plu.L'azur perce et le soleil va luire, Les nuages, ourlés d'or, fuient ; les vents sont cois.Mais l'on entend encor sur les feuilles des bois L'averse aux pieds légers qui s'éloigne bruire.Puis le ciel, au couchant, tout à coup se déchire.Les vitres des maisons et les tuiles des toits Dans les flammes du soir s'embrassent à la fois, Et les champs rafraîchis se mettent à sourire.Les fleurs essuient les pleurs embaumés de leurs yeux.Et les arbres mouillés redeviennent joyeux Au ramage des nids que l'orage fit taire.Un arc-en-ciel au front des collines descend, Et du sol qui fermente et qui fume l'on sent Monter l'odeur féconde et chaude de la terre.Louis Mercier.la situation, avait proposé une dernière promenade aux amoureux en détresse.Leur ultime tête-à-tête dans ce site sauvage du Bout-du-Monde, Adeline l\u2019avait prémédité.Elle s\u2019était sciemment écartée au moment où ils abordaient la passerelle, puis elle avait rebroussé chemin, lents, afin qu\u2019ils pussent la rejoindre avant 1 du pays.\t,\t.Comment eût-elle soupçonné la resolution tragique que l\u2019hallucinant décor devait faire naître dans le cerveau surexcité de Thérèse ?\t.Main'enant, les trois amis cheminaient côte a cote, dans le crépuscule de ce dernier jour de septembre.Thérèse semblait s\u2019être apaisée, mais un silence lourd d\u2019angoisse pesait sur le petit groupe.ce silence précurseur des choses qui vont finir.Demain matin, ce serait le départ.La famille Del-rentrait à Grenoble.Thérèse, éveillée de son rêve, retrouverait l\u2019existence monotone de sa ville, tandis que Daniel regagnerait Paris, _et incessant tourbillon d\u2019activité qui interdit ses victimes de s\u2019appesantir longuement sur leurs souvenirs.Que pèserait, dans la vie de chacun, ces vacances actuellement si chargées de signification, de mélancolie ?Daniel devait se charger de répondre, pour sa part, à ce point d\u2019interrogation.Ils étaient arrivés à la dernière étape.Delpire.L\u2019heure des adieux avait sonné.L\u2019ombre flottait sur la maison aux balcons de bois, aux pergolas fleuries, transformant en masses informes les corbeilles d\u2019hortensias du coquet parterre, cependant que, sur la pelouse qui bénéficiait d\u2019un dernier rayon de jour, les mauves corolles des colchiques semaient encore des étoiles claires.Une tristesse automnale endeuillait ce jardin romantique, ajoutant à l\u2019amer.ume de la séparation.Non loin d\u2019Adeline qui, compatissante, s\u2019était détournée, Daniel et Thérèse restaient immobiles, face à face.L\u2019étreinte de leurs mains semblait indissoluble.Inconscients de l\u2019ombre qui les enveloppait, ils se regardaient.Qu\u2019avaient-ils besoin de lumière ?La vision que chacun emporterait de 1 autre n etait-elle pas gravée dans leur mémoire, dans leur coeur qui saurait se souvenir.Rares étaient les paroles.La gorge contractée de Thérèse ne livrait passage qu\u2019à des syllabes entrecoupées de sanglots.Soudain, le premier appel du gong retentit, à l\u2019intérieur de la villa.\u2014 Allons, Thérèse ! chuchota Adeline en saisissant le bras de son amie.Allons ! il faut rentrer.Du courage ! « Au revoir, Daniel.Ne l\u2019oubliez pas ! Qui sait .Un jour viendra peut-être.Mais Daniel secoua la tête.\u2014 Non, Adeline.Je ne veux pas qu\u2019elle se sacrifie.« Thérèse, ma chérie, vous ferez votre vie.sans moi.Mais il est une chose que je tiens à vous dire.Vous avez, n\u2019est-ce pas, mon adresse à Paris ?Eh bien ! si jamais vous êtes dans la peine, si vous avez un jour besoin d\u2019appui ou de consolation, venez à moi.Je serai là, toujours.« Bien que sans espoir, je vous attendrai, Thérèse.cinq ans .dix ans.toute ma vie ! Pour la seconde fois, le gong se fit entendre.Cete fois, c\u2019était l\u2019appel définitif : l\u2019instant pénible était venu.Une suprême étreinte.un long baiser.et Adeline entraîna son amie.Toutefois, avant de se mettre à table, Thérèse monta dans sa chambre.Du balcon où elle se penchait, elle distingua dans l\u2019ombre une silhouette aimée.Et elle tendit les bras à ce fantôme qui s\u2019éloignait pour toujours, tandis qu\u2019à son oreille bourdonnaient encore les tendres paroles : « Toute ma vie !.» II Le refuge U C omme c\u2019est gentil à toi, Thérèse, d\u2019avoir trouvé le chemin de Lyon pour venir embrasser ton vieux bonhomme d\u2019oncle ! \u2014 Je pense si souvent à toi, oncle Emile ! Je me suis avisée, ces jours-ci, qu\u2019on ne s\u2019était pas vus depuis longtemps.\u2014 Je me déplace de plus en plus difficilement, c\u2019est vrai.Que veux-tu ! Les affaires.Et puis, je deviens vieux ! \u2014 Aussi, j\u2019ai préparé mon coup en cachette, et avant-hier j\u2019ai annoncé à maman mon intention d\u2019aller faire un petit tour à Lyon.[Lire la suite page 13] 10 Le Samedi, Montréal, 26 mai 1951 Dessin de JEAN MILLET Victimes d\u2019un drame hallucinant à bord d\u2019un avion, Jean et sa femme, serrés l\u2019un contre l\u2019autre, ouvraient des yeux d\u2019horreur sur la mer qui allait devenir leur tombeau.Nouvelle dramatique LES AILES DU DIABLE par Max-André DAZERGUES Le taxi vira brusquement, s'engagea sur l\u2019aérodrome à une allure encore vive.Au fond, Georgette et Jean ne parlaient pas.Ils restaient blottis l\u2019un contre l\u2019autre, les doigts mêlés.Leurs yeux brillaient.Ils n\u2019appréciaient même pas leur bonheur immense, tant ils le goûtaient !.Il leur semblait inépuisable.Après avoir tant souffert, tant lutté pour y parvenir, il s\u2019y abandonnaient, sans contrainte, las des épreuves passées et grisés d\u2019espérance.Tout le soleil absent du ciel d\u2019octobre avait pris le chemin de leur coeur.Dans les nuées grises, très haut, une escadrille volait, bien ordonnée, pareille à une troupe d\u2019oiseaux migrateurs.La matinée d\u2019automne était paisible et terne.Mais pourquoi y avait-il déjà tant de monde sur l\u2019aérodrome ?.Cela les choqua, puis les contraria.Ils étaient assoiffés de solitude.Ils s\u2019aimaient trop !.Ils voulaient se séparer du monde.Jamais ils n\u2019eussent cru, l\u2019un et l\u2019autre, qu\u2019un tel bonheur fût possible, enfin !.Et pourtant Georgette murmura, les doigts crispés sur la manche de son mari, sans le regarder : \u2014 J\u2019ai peur !.Elle avait parlé si bas qu\u2019il crut d\u2019abord avoir mal entendu.Il la regarda, interdit, toujours souriant, triomphant, heureux.Alors, elle répéta les mots étranges, inattendus.Il s\u2019étonna, avec sincérité : \u2014 Peur?Toi?.Mais de quoi?.Et pourquoi?.Elle lâcha son bras, passa sa main gantée sur son front où, telles des vrilles de vigne, ses boucles blondes dessinaient de capricieuses arabesques.- Jé ne sais pas, Jean, mon chéri.J ai peur.J\u2019ai comme le pressentiment qu\u2019il va nous arriver quelque chose, en route, là-haut.Ses yeux fixaient le ciel dont 1 azur était rare, reste dans ses prunelles.L\u2019escadrille avait disparu.Une grosse berline jouait à cache-cache avec les nuages, se préparant à atterrir.On voyait miroiter son hélice, au pâle reflet d\u2019un soleil rose.\u2014 Tu as peur de monter en avion, Geo, toi, l\u2019ex-dactylo de l\u2019aéroport?.Le taxi vira, de nouveau, dépassa les premiers hangars, puis ralentit.Mais pourquoi tout ce monde, alentour?.Non pas une foule, mais un groupe important.Une centaine de personnes, qui péroraient, se bousculaient.\u2014 Enfin, chérie, tu es déjà montée, plusieurs fois, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oh !.oui.Et je n\u2019ai jamais eu peur.Mais aujourd\u2019hui, je.je t\u2019aime trop, mon Jean !.S\u2019il nous arrivait quelque chose ?.\u2014 Es-tu folle !.Nous serons à Londres ce soir.Moi qui pensais t\u2019être agréable en combinant notre voyage de noces en avion 1, \u2014 Tu as raison, chéri, j\u2019ai tort.Que veux-tu !.C\u2019est lorsqu'on est heureux qu on a peur du malheur !.Avant, un accident ne m'effrayait guère tandis que maintenant !.Mon Jean !.Elle se serra davantage contre lui.Il lui prit un baiser d\u2019oiseau.Le taxi écartait les badauds, s\u2019arrêtait.Georgette et Jean sautèrent sur le sol leurs valises à la main.Ils comprirent alors la raison de cette affluence de privilégiés se pressant autour d un hangar, grand ouvert.\u2014 Oh !.qu\u2019il est beau !.s'exclama Gaorgette, redevenue elle-même, avec ses vingt ans, son bonheur éblouissant comme un jouet neuf, sa gaieté native, au tond, de petite dactylographe qui vivait un rêve merveilleux.-Superbe!., approuva-t-il, tendrement.Mais ce n\u2019est point celui qui nous Mais, apres cette exclamation, le rire espiègle de la jeune femme s\u2019étemn dans son egorsme de jeune mariée, avait-elle le droit d\u2019ironiser, si peu que fut, a propos de ce qui provoquait l\u2019attroupement et déchaînait l\u2019admiration Dans le hangar, prêt à prendre bientôt son vol, apparaissait un superbe i paieil de grand raid, dont la carlingue zinguée avait un clair scintillem.dargent.Ceux - des héros de l\u2019air, déjà célèbres - qui devaient le mon et le conduire vers son imprévisible destin, n\u2019étaient pas encore arrivés service d ordre comprimait les curieux auxquels le jeune couple se mêla un n [ Lire la suite page Le Samedi, Montréal, 26 mai 1951 11 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR RAISONS MAJEURES ET .MINEURES ! Non, nous ne nous inquiétons pas du point de savoir si, dans votre enfance, dans votre jeunesse, à l\u2019âge adulte, vous avez pratiqué un sport quelconque.A votre choix, ou vous l\u2019aurez pratiqué, puis négligé, ou bien vous l\u2019aurez complètement ignoré.Cela, pour notre thèse, n\u2019a aucune importance.Vous avez 40 ans ! N\u2019allez pas vous froisser, si vous n\u2019en avez que 37 ou 39, le problème reste le même.Vous avez 40 ans ! Donc, vous ne vous livrez à aucun exercice physique.Votre automobile vous défend de marcher.Votre ascenseur s\u2019oppose à ce que vous montiez des escaliers.Ne parlons pas, bien entendu, de rattraper l\u2019autobus en courant.Nous accepterons tous les petits mensonges classiques et invariables, tous destinés à ne pas proclamer la seule et véritable raison de votre paresse musculaire : à savoir que vous n\u2019avez pas de volonté.Quels sont ces petits mensonges ?Les voici : Je n\u2019ai pas le temps ! Ma situation ! A mon âge ! Ça me fait trop suer ! Vous êtes ce que vous êtes.Il ne s\u2019agit pas d\u2019établir votre culpabilité, ni de vous couper le cou.Mais, du i- moins et bien entre nous, avouez que vous êtes un peu.défraîchi, malgré les beaux habits que vous avez t sur le dos ! Là ! là ' ne vous fâchez pas ! Puis, tout à coup, surgit dans votre existence plusieurs raisons majeures de secouer votre paresse physique.Les raisons, majeures ou mineures, ne vous man-d queront pas.Aussi, nous allons essayer d\u2019en dresser la liste.Pas une liste totale, qui serait bien trop longue, I mais une liste assez représentative.Peut-être, par les temps belliqueux qui se montrent g.le bout du nez, serez-vous tenté d\u2019apporter à votre pays » un corps utile, en possession de moyens encore appréciables.Enfin, vous ne savez pas qu\u2019à 40 ans on est capable de besognes plus lourdes, plus longues qu à l\u2019âge de la jeunesse et qu\u2019on supporte mieux qu à 20 ans les rudes fatigues.Nous ne parlons pas des joueurs de baseball qui jouent quatre parties en deux jours, des joueurs de hockey qui participent à trois jou.es en trois jours.Non, laissons les athlètes professionnels la de côté pour une minute !\t\u2022 Peut-être que, séduit par un souci de beauté, après eE! la contemplation très triste, devant votre miroir, de votre gros ventre, vous aurez l\u2019envie furieuse de redeve-jg nir plus acceptable.Pensez-y bien ! Ceux qui ont « des ]s\toeufs de Pâques » au-dessous de leur diaphragme y\tsont loin d\u2019être en bonne santé ! Peut-être que, au cas où vous auriez connu la joie de compétitions sportives au moment de la jeunesse, vous serez repris d\u2019un bon petit revenez-y.Peut-être que vous aspirerez à conquérir un petit lot d\u2019admirateurs, comme autrefois, mais moins nombreux.Peut-être que vous ne serez pas insensible à ce que des bipèdes humains, d'un sexe opposé au vôtre, murmurent en vous voyant :\t« Mais il est encore très te\tbien ! » Le bel habit cache un tas de défauts, que voulez-0\tvous ?«\tPeut-être que, calculateur habile et gourmand émé- rite, vous penserez que, si vous avez perdu cinq livres j à jouer au golf, sous un ardent soleil, durant deux rs heures de marche, cela vous constitue le droit de les regagner, en vous versant, au dîner, et derrière la cra-vate, et des liquides et des solides en quantité indus-trielle.Peut-être que.Mais nous pourrions encore citer quelques dizaines de raisons majeures ou mineures, capables de vous ramener à la pratique des exercices musculaires, qui vous conviennent, bien entendu.Voici « Voici un groupe de jeunes hommes et de moins jeunes qui, tous les soirs, durant une demi-heure, s'adonnent à leurs sports favoris, dans un gymnase local, les poids et haltères et la culture physique.C'est un excellent moyen de rester jeune et d'éviter les nombreuses maladies toujours aux aguets.(Studio L.Alain Cliché \"Le Samedi\") I J&tëfeâr M ¦ les deux principales : la peur de souffrir et la peur de la mort.La peur de souffrir.Celui-ci, depuis l\u2019âge de 19 ou 20 ans, s\u2019est exclusivement préoccupé de bien et trop manger, de boire et trop boire, de bien et trop s\u2019amuser, de bien se faire, devant soi, un gros ventre, de travailler de 10 à 15 heures par jour, sous le prétexte d\u2019amasser de l\u2019argent, pour assurer la vieillesse de sa femme et nous ne disons pas tout, ou l\u2019avenir de rejetons obstinés à ne rien faire qu\u2019à souscrire des billets de fils à papa.Celui-ci se réveille, un matin, en hurlant.Des coliques néphrétiques vont le faire hurler, pendant un mois.Il sort de là tellement désireux de ne plus revivre cette petite cérémonie qu\u2019il a rme petite chance de s\u2019adonner à la marche, aux exercices de culture physique, d\u2019abjurer ses erreurs gastronomiques passées, en mangeant et en buvant beaucoup moins.Avant de manger du bon pâté de foie gras, du porc frais chaud, aggravé de verres de bière ou de scotch, il a de grandes chances de se souvenir de la fameuse attaque, qui le fit si bien hurler.La peur de la mort peut être aussi bien une faiblesse, dans le genre du cas précédent, qu\u2019une sorte de volonté infiniment respectable de faire son office d\u2019homme, d\u2019aniver au dernier jour le moins détérioré possible.Ces deux raisons sont suffisantes pour contraindre à une activité musculaire quelconque tous et chacun.Nous voulons dire aussi bien ceux qui ne veulent pas offrir à leurs concitoyens le spectacle d\u2019une vieillesse prématurée, que ceux qui tiennent particulièrement à mourir le plus tard possible.CHOSES ET AUTRES H II y a près de 50 ans, on était beaucoup plus sévère qu\u2019aujourd\u2019hui à l\u2019endroit des joueurs du baseball organisé qui osaient frapper les arbitres.De nos jours, lé président leur impose une amende de tant de dollars ou une suspension de quelques joutes.Le 25 juin 1907, Tim Flood, du Toronto de la Ligue Internationale, fut condamné à passer quinze jours à l\u2019ombre dans une prison, pour assaut sur l\u2019arbitre Conway.A la suite d\u2019une mauvaise décision rendue par le maitre du logis, Flood cramponna l\u2019arbitre.Tiens, tiens, si cette sévérité revenait parmi nous, cela ferait réfléchir les joueurs de baseball, mal élevés, qui frappent un arbitre.Vous vouliez savoir d\u2019où vient le mot hourra, hurrah, en anglais, acclamation que poussent certains partisans des sports.Il paraît que ce mot est d\u2019origine égyptienne.Quand les anciens Egyptiens marchaient au combat, ils avaient pour coutume de s\u2019encourager en criant : \u201cHoo Ra\u201d.Ce qui, dans leur langue, signifiait : Le Roi.Mieux encore, \u201cRa\u201d ne voulait pas dire seulement roi, mais « Dieu » et « homme ».La signification concentrée du cri égyptien pouvait donc être celle-ci : « Pour Dieu, pour le roi, pour le pays.» Il est, toutefois, assez difficile d\u2019expliquer comment cette acclamation, datant de plusieurs milliers d\u2019années, a pu survivre à la langue égyptienne entièrement disparue et se perpétuer surtout dans les langues française et anglaise.Si, cependant, cette explication peut laisser place au doute, on conviendra qu elle attribue un sens réellement patriotique au mot dont il s\u2019agit.¦ Bucky Harris, gérant des Sénateurs de Washington, de la Ligue Américaine qui ramasseront les casquettes du circuit Harridge, cette saison, possèdent un si grand nombre de joueurs espagnols qu\u2019il se voit contraint d\u2019apprendre cette langue, s'il en est capable.Ce dont nous doutons, à son âge, avec tous les tracas qu\u2019il lui faut surmonter en philosophe et homme d\u2019affaires.Dans la Ligue Provinciale, cette année, il y a un si grand nombre de joueurs de couleur, quelques-uns excellents, que certains gérants seront obligés d\u2019apprendre le petit nègre.s\u2019ils tiennent à ce que l\u2019harmonie règne, maîtresse, dans leur camp.Œ Messieurs les pêcheurs ! Vous êtes-vous déjà demandé d\u2019où viennent tous les poissons que vous avez la joie de capturer?Les truites surtout?Le Gouvernement provincial encourage fortement la pisciculture, l\u2019art d\u2019élever et de multiplier les poissons.La province de Québec est non seulement considérée comme le paradis des pêcheurs, mais elle possède une excellente réputation au sujet de ses méthodes les plus modernes d\u2019empoissonnement, surtout celui de la truite.Des petites truites de 2 à 6 pouces de longueur sont jetées par milliers des avions qui passent au-dessus d\u2019un lac à empoissonner.Comme vous le savez, le poisson respire comme tout être vivant.Il mourra d\u2019asphyxie, si on le place dans de petits récipients, durant quelques heures avant d\u2019aller le jeter dans les lacs.C\u2019est pour cette raison que le Service provincial de Pisciculture a inauguré l\u2019ensemencement des lacs par avion, car la durée du voyage est plus courte.On lance des truites de 2 à 6 pouces de longueur d\u2019un avion en marche à une altitude d\u2019au moins 600 pieds, sans danger pour leur vie.Pas une seule truite ne meurt du choc subi au contact de l\u2019eau, quoi qu\u2019en disent les incrédules, aimant à ce que le monde ne croit que lews histoires de pêche.On ne lance pas, par exemple, la truite mouchetée dans n\u2019importe quel lac.Si le lac renferme de l\u2019achigan, du doré ou du brochet, on ne l\u2019ensemence pas de truite mouchetée, car cette dernière serait la proie de ces poissons voraces et nous ne pourrions pas en manger, au foyer.En avez-vous souvent sur votre table.Si oui, invitez-nous.souvent ! : / 7\t-ai.® V .* ¦ ¦ ¦ vmi ' ^ ' I n *'¦\tUni \\iVV0%k: Æ' mmmm\t¦»*\u201e \u2022 ;\tw** A Ossining, dans l'Etat de New-York.Mme ETHEL ROSENBERG (au centre), coupable d'avoir révélé les secrets de l'atome, est conduite à la prison de Sing-Sing.On se souvient qu'un tribunal a condamné à mort M.et Mme Rosenberg.La matrone SARAH GOLDSTEIN, et le policier, ANTHONY PAVONE, accompagne la détenue.A Washington, le drapeau qui flotte à l'ordinaire sur l\u2019édifice du National Press Club a été mis en berne en signe de deuil.Il s'agit de la mort du journal indépendant LA PRENSA, dont la publication a été interdite par le président de l'Argentine, Juan Peron.Les journaux, magazines et postes de radio américains ont aussi protesté.A Sorrente, au sud de l'Italie, l'ex-roi MICHEL de Roumanie et son épouse, la princesse ANNE DE BOURBON-PARME, sont photographiés lisant un journal italien.C'est durant leur exil dans le midi de la France et en Italie que le jeune couple a appris à lire et à parler l'italien.Le nouveau commandant en chef des Armées des Nations-Unies en Corée, le général MATHEW RID-GWAY, arrive à Tokyo pour y assumer la tâche délicate de remplaçant du général Douglas MacArthur.Les nombreux photographes qui guettaient le débarquement du général Ridgway ont été accueillis par un large sourire.flMAOE Ci-dessous, au Caire, capitale de l'Egypte, des suffragettes manifestent bruyamment avant de présenter à la Législature leur requête en faveur du vote des femmes.Elles sont conduites par Mme DORIA CHAFIK, présidente de l'Union féministe Bent el Nil.Le président du sénat a assuré les manifestantes que leur requête serait prise en considération.«y» i Ci-dessus, une scène du gala artistique donné récemment à New-York et qui s'intitulait : Bob Hope Night on Broadway.Des étoiles de la radio, de la télévision et du cinéma y ont pris part.Les bénéfices ont été versés au Damon Runyon Memorial Fund.La photo ci-dessus a été prise dans les coulisses du théâtre, alors que Bob Hope avalait à la hâte un sandwich pendant un entracte.1 13 Le Samedi, Montréal, 26 mai 1951 LE (HER ANNEAU D'OR w.de la page 9] \u2014 Raconte-moi un peu, ma Bichette.Que devient ta mère ?__Oh! elle ne rajeunit pas, elle non plus.Son commerce la fatigue.Je voudrais bien la voir l\u2019abandonner ; mais.le moyen ?\u2014 Et toi ?Tu ne t\u2019amuses guère à Voiron, je suis sûr ! Thérèse rougit sous le regard scrutateur de son oncle.Le frère aîné de son père, M.Emile Crozet, avait été aussi son tuteur durant sa minorité.Bien qu\u2019elle ne le vît pas souvent, car il habitait Lyon, elle aimait vivement ce brave homme, pharmacien de son état, qui toujours s\u2019était montré paternel à son égard.Il possédait un grand fond de bon sens, et elle appréciait fort les conseils qu\u2019il lui donnait à chacune de leurs entrevues.Elle n\u2019eut pas la peine de répondre à la question directe qui venait de lui être posée, car déjà le vieil homme reprenait : \u2014 A quoi passes-tu tes journées ?\u2014 Je tiens la maison, mon oncle.Entre le ménage, la cuisine et le raccommodage, il y a toujours de quoi s\u2019occuper.\u2014 Tu as des amis ?\u2014 Sur place, nous ne fréquentons personne, pour ainsi dire.Mais à Grenoble, où je vais de temps à autre, je retrouve quelques camarades de pension.Par exemple, j\u2019ai perdu mon amie Adeline Delpire : elle a épousé, voici quelques mois, un attaché d\u2019ambassade ! Elle habite Bizerte.C\u2019est un grand vide pour moi.\u2014 Eh bien! laisse-moi te dire que ça ne doit pas être folichon, pour une jeune fille de ton âge, de passer ses jours dans ce trou, encaissé dans les montagnes.\u2014 Il le faut bien ! \u2014 D\u2019accord! Où la chèvre est attachée, il faut quelle broute.Mais.on peut parfois déplacer la corde ! Regarde-moi.Je l\u2019ai bien quitté, le village natal, pour venir travailler à Lyon.Ton pauvre père y était resté, lui ; mais ce n\u2019est pas une raison pour que tu en fasses autant ! « Ainsi, si tu te mariais.Il ne manque pas, ici, de braves garçons qui seraient heureux d\u2019avoir une petite femme dans ton genre : jolie, intelligente, instruite.Veux-tu que je te déniche l\u2019oiseau rare ?Tu as beau être majeure depuis deux ans, je n\u2019oublie pas que tu es ma pupille en même temps que ma nièce.ma pupille, c\u2019est-à-dire presque ma fille.\u2014 Oh ! mon onoîe, c\u2019est inutile.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Parce que.si je voulais me marier.je connais, va ! quelqu\u2019un qui ne demanderait pas mieux.\u2014 Tiens ! Tiens ! Et comment s\u2019ap-pelle-t-il ?\u2014 Fernand Girardot.\u2014 Le notaire de Grenoble ?Celui qui est resté veuf avec un petit bébé ?\u2014 Oui.Sa femme était mon amie Juliette.tu te souviens.A son lit de mort, elle m\u2019a demandé de m\u2019occuper de l\u2019enfant.Je m\u2019acquitte de ce devoir de mon mieux.et, à travers la reconnaissance du père, je lis chaque fois plus distinctement un autre sentiment.Et même, à ma dernière visite, il m\u2019a clairement laissé entendre que, si je consentais à remplacer auprès de Jean-Claude la maman trop tôt disparue, ses voeux seraient comblés.\u2014 Et tu hésites ?Mais, Thérèse, le bonheur est là ! Je n ai rencontré qu\u2019une seule fois Me Girardot, mais j\u2019ai pour lui infiniment d\u2019estime.C est un homme honnête et bon, qui saurait te rendre heureuse.Du côté matériel aussi, tu aurais une vie facile, car il est fort habile dans sa profession et possède un cabinet bien achalandé.Ce mariage permettrait peut-être à ta mère de vendre son fonds de commerce et de se reposer enfin.« Sans compter que la vie à Grenoble n\u2019est pas désagréable ! Ça ne vaut pas Lyon, bien sûr.mais c\u2019est tout à fait acceptable.\u2014 Evidemment.Là n\u2019est pas la question ! \u2014 Je ne vois pas ce qui t\u2019empêche.Serait-ce que parce que ton amie Juliette.\u2014 Oh ! bien au contraire, mon oncle ! J\u2019ai encore présent à la mémoire ses derniers instants.ses dernières recommandations, et je suis bien sûre que ce voeu eût été le sien.Ne m\u2019a-t-elle pas chargée de veiller sur son fils ?Et comment pourrais-je mieux m\u2019acquitter de cette tâche qu\u2019en vivant constamment auprès de lui ?\u2014 Alors ?\u2014 C\u2019est que.je n\u2019aime pas Fernand Girardot.du moins, pas comme on doit aimer son mari.\u2014 Bah ! Les mariages d\u2019amour ne sont pas les plus heureux.loin de là ! Et, si le mari est bon, sa jeune femme arrive toujours à l\u2019aimer.\u2014 Pas quand elle en aime un autre ! A ces mots, murmurés d\u2019une voix tremblante, M.Emile Crozet leva vivement la tête.-\u2014 Qu\u2019est-ce que tu dis ?interrogea-t-il.Tu ne vas pas insinuer.\u2014 Si, mon oncle.Telle est la triste vérité ! \u2014 S\u2019agirait-il encore de cette histoire dont, Tan dernier, ta mère m\u2019a parlé à mots couverts ?Thérèse confirma d\u2019un signe de tête.Puis, avec un soupir : \u2014 Oui, dit-elle.Ce jeune homme et moi, nous nous sommes aimés.Nous nous serions mariés, si les circonstances ne nous avaient séparés.Les premiers temps, j\u2019ai attendu.Quoi?Je ne sais.Un fléchissement du père intraitable.une infraction du fils à la consigne barbare qui lui interdisait de m\u2019écrire.Rien n\u2019est venu ! Je n\u2019ai -\u2022plus d\u2019espoir, à présent.« Malgré cela, mon coeur ne peut oublier.Et ma conscience s\u2019oppose à ce que j\u2019accueille la tendresse d\u2019un autre homme, alors que le règret du bonheur entrevu s\u2019attarde encore dans ma mémoire.Il me semble que ce serait mal ! Ici, le vieillard se leva.Il vint appuyer doucement sa main sur l\u2019épaule de sa jolie nièce et, d\u2019un ton empreint de bonté et d\u2019indulgence : \u2014 Ecoute-moi, ma chère petite, commença-t-il.Il est bon d\u2019avoir des scrupules, mais il ne faut pas les exagérer.« Ils sont rares, vois-tu, ceux à qui les exigences de la vie permettent d é-pouser leur premier amour ! Aussi, chacun de nous \u2014 ou presque \u2014 porte enfoui dans son coeur le souvenir d\u2019un amour défunt.Un silence.Puis : \u2014 Moi qui te parle, j\u2019ai connu cette détresse.Et cela ne m\u2019a pas empêché d\u2019être jusqu\u2019au bout un bon mari.Ta pauvre tante Aimée pourrait en témoigner, si elle était encore de ce monde.« J\u2019irai même plus loin, ma chérie.Dans ton cas, le mariage est un refuge.Une vie de jeune fille solitaire comme la tienne n\u2019accapare pas suffisamment l\u2019esprit.elle laisse trop de loisirs pour la rêverie.Et il n\u2019est pas bon.petite Thérèse, de s\u2019abandonner à un rêve irréalisable.« Quand tu auras un foyer à toi, avec toutes les obligations qu\u2019il comporte, tu t\u2019absorberas par force dans tes devoirs, et bientôt le souvenir qui te semble à présent si cuisant s\u2019estompera dans les brumes du passé.Tu t\u2019étonneras même d\u2019y avoir attaché une telle importance.Pourquoi s'est-il conduit ainsi ?.Vîaàis * ¦ .A \u2022 Son premier rendez-vous avec un jeune homme des plus sympathiques .et la voici de retour chez elle, le coeur brisé, dès dix heures et demie.Qu\u2019a-t-elle pu dire .qu\u2019a-t-elle pu faire pour motiver chez lui une aussi froide indifférence?Elle ne le saura jamais .elle n\u2019en aura jamais la moindre idée ! Personne n\u2019est à l\u2019abri En effet, personne n\u2019est à l\u2019abri de la mauvaise haleine, aucune femme ne peut savoir si son haleine est irréprochable.L\u2019halitosis (mauvaise haleine) se révèle au moment où Ton s'y attend le moins .et nous expose aux pires conséquences alors même que nous croyons être à notre avantage.N\u2019est-il pas ridicule de s\u2019exposer ainsi alors que l\u2019Antiseptique Listerine constitue un préventif aussi pratique, aussi simple et aussi agréable ?Vous n\u2019avez qu\u2019à vous en rincer la bouche, matin et soir et avant toute sortie, pour qu aussitôt votre haleine devienne plus fraîche et plus douce.De plus, votre haleine reste ainsi.non seulement pour quelques secondes .ou quelques minutes .mais, le plus souvent, pendant des heures.Bien que certains cas d'halitosis soient d\u2019origine organique, la plupart, au dire des autorités, proviennent de la fermentation microbienne d\u2019infimes parcelles de nourriture logées sur les parois de la bouche.L\u2019Antiseptique Listerine arrête rapidement cette fermentation, puis dissipe les odeurs qu\u2019elle provoque.Lambert Pharmacal Co.(Canada) Ltd.Mvzfferpart, Avant toute rencontre .ANTISEPTIQUE LISTERINE .\u2022.le préventif idéal contre la mauvaise haleta\u2022 Fabrication canadienne 14 Le Samedi, Montréal, 26 mai 1951 « Crois-moi, Thérèse, n\u2019hésite pas.Tout le monde trouvera son compte à cette union : ta pauvre mère pour commencer.car elle se fait bien du souci à ton égard, et tu la soulageras d\u2019un grand poids.Et tu travailleras à ton propre bonheur en faisant celui d\u2019un homme qui n\u2019a pas eu la part due à chacun.le bonheur aussi d\u2019un orphelin privé de caresses maternelles.Une pensée qui ne lui était pas encore venue interrompit soudain M.Cro-zet dans son discours.\u2014 A moins, ajouta-t-il, que cet enfant ne soit un obstacle.Mais Thérèse se hâta de le rassurer.\u2014 Bien au contraire ! affirma-t-elle avec force.Vois-tu, mon oncle, quand j\u2019ai compris où Fernand Girardot voulait en venir, si je n\u2019ai pas coupé court à nos relations, purement et simplement, c\u2019est Jean-Claude seul qui en est cause.Non seulement j\u2019ai fait à sa mère mourante une promesse que je dois tenir, mais encore cet enfant m\u2019attire.Et \u2014 chose étrange \u2014 malgré mes gâteries multiples, malgré l\u2019affection que je lui témoigne depuis sa naissance, il me semble discerner, chez ce petit bonhomme de trois ans, une sorte d\u2019hostilité dont je ne m\u2019explique pas les raisons.Thérèse Crozet resta un instant silencieuse.Puis elle reprit, le regard songeur : \u2014 Pour conquérir cette âme qui se dérobe, un contact journalier serait nécessaire.Je pourrais ainsi réaliser plus efficacement le dernier désir de Juliette.Je m\u2019absorberais entièrement dans cette tâche maternelle.« Oui mon oncle.Tu as peut-être raison : j\u2019aurais là un précieux refuge.\u2022 De ce jour, Thérèse employa toute sa volonté à s\u2019accoutumer à l\u2019idée nouvelle.Un prochain voyage à Grenoble devait lui fournir l\u2019occasion de mettre en pratique ses bonnes dispositions.Alors que, d\u2019ordinaire, elle se hâtait de détourner le cours de la conversation dès que Me Girardot risquait la moindre allusion aux difficultés qu\u2019éprouve un homme seul à diriger un foyer, à élever un enfant, elle le laissa parler cette fois.Elle sut faire violence à ses préventions, s\u2019efforçant de voir en Fernand, non plus le rival impossible d\u2019un homme plus jeune, plus brillant, plus séduisant.mais le compagnon bienveillant, attentionné, d\u2019une vie de devoir et d\u2019abnégation.Le notaire fut prompt à discerner un encouragement dans ce changement d\u2019attitude.Il résolut de ne point tarder à mettre à profit l\u2019atmosphère favorable.Une semaine s\u2019était à peine écoulée depuis cette entrevue, qu\u2019il prenait le train à son tour pour solliciter de Mme Crozet, émue et flattée, la main de sa fille, Thérèse.C\u2019est ainsi que, trois mois plus tard, au cours d\u2019une cérémonie intime dans la petite église de Voiron, Thérèse prononçait le « oui » qui enchaînait sa vie à celle de Fernand.Mais, lorsque la jeune femme sentit à son doigt le froid contact de l\u2019anneau nuptial, elle se souvint d\u2019un autre anneau, qu\u2019elle avait si ardemment souhaité de voir briller à ce même doigt.Il eût été semblable d\u2019aspect, sans doute.Mais combien différent dans sa signification ! Et, furtivement, celle qui s\u2019appelait désormais Thérèse Girardot essuya une larme sous son voile blanc.Ill \u2014 L'évasion apa!» U \u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a, Jean- | Claude ?\u2014 Je ne veux pas aller me promener avec.\u2014 Avec qui ?\u2014 Avec elle.J\u2019aime mieux que ce soit Rose.Me Girardot, qui enfilait son pardessus, eut un geste d\u2019impatience.\u2014 Toujours ces mêmes histoires! Eh bien ! fais comme tu voudras.Dis à Rose de t\u2019accompagner.Depuis quelques instants, Thérèse, le chapeau sur la tête, s\u2019était arrêtée à la première marche de l\u2019étage supérieur.Elle surprit le colloque qui s\u2019échangeait dans le vestibule et, dès que la porte de sortie se fut refermée sur le père, entendit le rugissement de triomphe que poussait Jean-Claude en se précipitant vers l\u2019office.Elle soupira et, sans mot dire, regagna son appartement.Quoi ! toujours cette hostilité qu\u2019elle avait devinée dès avant son mariage et que, depuis deux ans, elle s\u2019appliquait à combattre sans succès.Qu\u2019elle eût aimé, pourtant, sentir autour de son cou l\u2019étreinte confiante de ces petits bras et, sur son épaule, le poids léger de cette petite tête blonde ! Mais jamais cette joie ne lui était donnée.Cependant, elle ne négligeait rien pour s\u2019attirer l\u2019affection de Jean-Claude.Elle essayait de se mêler à ses jeux d\u2019enfant ; elle inventait pour lui de merveilleuses histoires que, sans se décourager, elle lui contait le soir, assise auprès de son lit, en lui tenant la main jusqu\u2019à ce qu\u2019il s\u2019endormît.Jean-Claude faisait semblant de ne pas écouter, mais elle surprenait parfois un sourire sur les lèvres boudeuses.Ces soirs-là, elle se reprenait à espérer.pour être, le lendemain, cruellement détrompée.Une fois, elle avait cru atteindre le but.Jean-Claude était au lit, terrassé par la scarlatine.Thérèse s\u2019improvisa son infirmière et le soigna avec un admirable dévouement.Elle se sentit vraiment mère, pendant ces journées et ces nuits où le petit malade, inconscient, lui serrait la main dans sa fièvre et lui parlait dans son délire.Enfin, un matin, il ouvrit les yeux et lui sourit.\u2014 Mon chéri ! cria-t-elle, joyeuse- ment émue, c\u2019est moi qui suis ici.moi, maman ! Et les lèvres enfantines, lui rendant son baiser, répétèrent les douces syllabes que, jusque-là, elles s\u2019étaient refusées à prononcer.Thérèse crut la partie gagnée.Aussi, ce jour-là, quand le docteur lui enjoignit de prendre un peu de repos, puisque l\u2019enfant était hors de danger, elle consentit à se laisser relayer par Rose, la bonne de Jean-Claude que Fernand Girardot gardait à son service, bien que le petit eût déjà cinq ans.Hélas ! Quand Thérèse reprit sa place au chevet qu\u2019elle avait momentanément quitté, elle retrouva l\u2019enfant maussade qu\u2019elle connaissait de longue date, refusant de parti-pris tout ce qui venait d\u2019elle et ne se lassant pas de réclamer Rose jusqu\u2019à ce qu\u2019il obtînt gain de cause.La lueur de triomphe qu\u2019elle lut alors dans les yeux de Rose la fortifia dans un soupçon qu\u2019elle avait, jusqu\u2019à ce jour, refusé d\u2019accueillir : cette femme la haïssait.Elle ne se trompait point.Ses trois années de règne absolu dans le foyer sans âme avait permis à Rose de se croire indispensable.Aussi avait-elle vu d\u2019un fort mauvais oeil l\u2019intrusion de Thérèse dans ce domaine qu\u2019elle considérait comme sien ; et, dans son absurde jalousie, elle avait résolu de lui aliéner le coeur de Jean-Claude.A dater de ce jour, la seconde Mme Girardot eut la certitude que l\u2019hostilité du petit homme n\u2019était pas spontanée, mais dictée et attisée par la perfide Rose.Le moyen, pourtant, de remédier à cet état de choses ?Tout cela n\u2019eût rien été, en effet, si Thérèse avait pu s\u2019en ouvrir à son mari.Mais Fernand n\u2019é-tait-il pas aveuglé par les protestations de dévouement de Rose ?R avait accepté naguère qu\u2019elle prît dans la maison un pied trop important, et il continuait à lui prêter toutes les qualités.Il l\u2019eût sans doute défendue envers et contre tous.Le notaire travaillait ferme à son étude.Il désirait, à son retour au foyer, n\u2019être pas tracassé par des récits de querelles domestiques.Thérèse trouvait ce souhait légitime, et c\u2019est pourquoi elle souffrait en silence, se contentant de faire à Rose, de temps à autre, des observations justifiées qui accroissaient encore la rancune de la bonne d\u2019enfant.Mais, de plus en plus souvent, Thérèse se prenait à faire sur elle-même un triste retour.Elle comparait l\u2019existence triste et vide à laquelle elle était vouée, à la vie brillante un instant entrevue trois années plus tôt.Elle allait même jusqu\u2019à se reprocher secrètement de s\u2019être sacrifiée pour permettre à Daniel de tenir une promesse que son père lui avait arrachée par la contrainte.Elle aurait dû écrire, elle au moins, qui n\u2019avait rien promis, au lieu de se retirer purement et simplement, se croyant liée par un devoir imaginaire.Si elle ne s\u2019était pas résignée, elle n\u2019aurait pas à déplorer aujourd\u2019hui ce mariage.Car elle n\u2019y avait consenti que pour se soustraire aux souvenirs trop lancinants, trop tenaces.Ah ! si du moins son sacrifice avait été utile, elle ne l\u2019eût pas regretté.Mais à quoi avait-il servi ?Fernand était trop absorbé par ses affaires pour avoir avec elle une réelle intimité Certes, il l\u2019aimait.Ne lui prouvait-il pas constamment en lui donnant tout ce qu\u2019elle pouvait souhaiter ?Il lui avait même permis de réaliser son désir de voir sa mère abandonner un pénible travail.Maintenant, Mme Crozet habitait, tout à côté de sa fille, une coquette petite maison où elle se trouvait heureuse et tranquille.Oui, Fernand la gâtait ; Thérèse ne le niait point.Mais, au-dessus de ces témoignages matériels, elle eût préféré sentir une ferveur constante, entendre parfois les mots ardents auxquels son coeur aspirait.Et puis, il y avait Jean-Claude ! Au début de son mariage, elle avait pensé être mère, avoir un enfant bien à elle, qu\u2019elle garderait jalousement, celui-là, puisque l\u2019autre lui échappait.Mais elle avait dû renoncer à l\u2019attente, et le médecin ne lui laissait guère d\u2019espoir en une future maternité.Jean-Claude restait donc le seul sur qui elle pût déverser son trop-plein de sa tendresse.Et Jean-Claude la repoussait ! Si encore elle avait su à qui se confier ! Mais tout semblait se détourner d\u2019elle.Son amie, Adeline résidait en Tunisie.L\u2019oncle Emile, atteint de rhumatismes articulaires, ne se déplaçait plus, et elle-même, retenue au logis par ses obligations quotidiennes, n\u2019avait jamais l\u2019occasion de se rendre à Lyon.Restait Mme Crozet.Elle n\u2019était d aucun secours en l\u2019occurrence.Non qu\u2019elle n\u2019aimât point sa fille.Bien au contraire.Elle voyait clairement que Thérèse n\u2019était pas heureuse, et en silence elle la plaignait.Mais elle était accoutumée à l\u2019admirer, et non pas à la conseiller.Et Thérèse, de son côté, ne songeait pas a consulter sa mère, ayant toujours eu, dès son enfance, 1 habitude de la mettre devant le fait accompli, plutôt que de lui demander son avis.Le soir de ce même jour où, à 1 heure de la promenade, Thérèse avait dû céder la place à Rose, les époux achevaient de dîner lorsque Fernand annonça : Il faut que je parte de très bonne heure, demain matin.Je dois assister à un inventaire après décès qui a lieu à Heyrieux.C\u2019est au diable ! « A propos, ajouta-t-il, j\u2019ai laissé mon stylo ici, ce matin.Il ne faudra pas que j\u2019en fasse autant demain, car il me ferait défaut.Pendant que le notaire, se levant de table, passait dans son cabinet de travail, Rose entra dans la salle à manger, L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 4\t8\t3\t6\t2\t7\t4\t6\t5\t2\t8\t5\t3\t4\t2\t6 V\tV\tS\tE\t0\tE\t0\tV\tS\tN\t0\tE\t0\tU\tV\tI 8\t2\t5\t4\t3\t6\t5\t2\t4\t7\t3\t6\t2\t8\t4\t7 U\t0\tM\tS\tY\tT\tA\tU\tE\tC\tE\tE\tS\tS\tT\t0 8\t6\t4\t5\t2\t8\t4\t3\t7\t2\t6\t4\t3\t5\t2\t8 E\tZ\tE\tI\tA\tT\tS\tZ\tN\tI\tL\tS\tI\tN\tM\tE 8\t2\t6\t4\t5\t3\t8\t2\t6\t4\t3\t5\t2\t7\t4\t8 S\tE\tA\tU\tE\tN\tF\tS\tM\tR\tD\tD\tI\t0\tD\tR 8\t4\t7\t2\t6\t5\t3\t8\t2\t6\t4\t5\t2\t8\t4\t3 I\tE\tM\tN\tE\tE\tU\tV\tC\tD\tV\tR\tE\t0\t0\tL 7\t2\t4\t5\t3\t6\t2\t7\t4\t8\t5\t2\t6\t4\t3\t6 I\tR\tU\tE\tG\tI\tE\tS\tS\tL\tP\tM\tS\tM\tE\tA 7\t4\t6\t2\t5\t3\t8\t4\t2\t6\t5\t3\t7\t2\t6\t4 E\tE\tN\tE\t0\tN\tE\tM\tN\tC\tS\tT\tZ\tT\tE\tE Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme, clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features.Inc. Le Samedi, Montréal, 26 mai 1951 15 tenant par la main Jean-Claude, déjà vêtu d\u2019un pyjama de nuit.Fernand ne tarda pas à revenir.\u2014 C\u2019est singulier ! dit-il.Je ne trouve pas mon stylo.Je ne l\u2019ai pourtant pas perdu.La voix mielleuse de la bonne d\u2019enfant se fit entendre : \u2014 Oh ! certainement pas, monsieur, car je l\u2019ai vu tantôt dans les mains de madame.Thérèse lui lança un regard étonné.\u2014 Vous vous trompez, Rose, dit-elle simplement.\u2014 Non, madame, je ne me trompe pas.\u2014 Comment! Je n\u2019ai pas même écrit aujourd\u2019hui.\u2014 Pardon, madame ! Madame a fait ses comptes.\u2014 Ah ! oui.c\u2019est vrai ! Mais je me suis servie de ma propre plume.\u2014 Non, madame.N\u2019est-ce pas, Jean- Claude ?Il sembla à Thérèse que l'enfant baissait les yeux, tandis qu\u2019il répondait : \u2014 Oui, oui ! C\u2019était le stylo de papa.Pendant cette discussion, Fernand avait donné de nombreux signes d\u2019impatience.Rose s\u2019éclipsa un moment, puis rentra dans la pièce en brandissant le corps du délit.\u2014 Le voilà ! déclara-t-elle avec un bizarre sourire.Je l\u2019ai trouvé sur le bureau de madame ! Et Fernand, le sourcil froncé, mit fin à l\u2019incident en glissant l\u2019objet dans sa poche.\u2014 Il est retrouvé, dit-il ; c\u2019est l\u2019essentiel.Ensuite, il se pencha vers Jean-Claude et ajouta : \u2014 Va te coucher, mon petit bonhomme.Bonsoir ! Un malaise indéfinissable s\u2019était emparé de Thérèse.\u2014 Tu vois, dit-elle à son mari lorsqu\u2019ils se retrouvèrent seuls.Cette fille n\u2019hésite pas à me calomnier.Mais il l\u2019interrompit d\u2019un air contrarié.\u2014 Voyons, Thérèse ! cesse donc ces enfantillages ! Pourquoi ne m\u2019avoir pas dit que tu t\u2019étais servie de mon stylo ?Ce n\u2019était vraiment pas pendable.Thérèse leva vers lui des yeux qui se mouillaient.Elle ouvrit la bouche pour protester, mais tout de suite éclata en sanglots.Fernand secoua la tête, pris de pitié.\u2014 Allons ! allons ! dit-il d\u2019un ton bienveillant.Tout ceci n\u2019a aucune importance.Tu es nerveuse, ce soir.«Et maintenant, tu m\u2019excuses?Je vais me coucher, car je dois me lever avant l\u2019aube.Les communications sont lentes, entre Grenoble et Heyrieux.Il vint l\u2019embrasser ; mais elle, cachant sa tête entre ses mains, se déroba à ce baiser.Au bout de quelques instants, elle se redressa : elle était seule.Alors, elle quitta la pièce.C\u2019était l\u2019heure où, chaque soir, elle allait embrasser Jean-Claude dans son petit lit.L\u2019enfant, la tête tournée du côté du mur, avait l\u2019air de dormir.Mais Thérèse ne fut pas dupe.\u2014 Jean-Claude ! appela-t-elle en se penchant sur les boucles blondes.Pas de réponse.Sans s\u2019émouvoir, elle continua : \u2014 Je sais que tu ne dors pas, Jean-Claude.Aussi, je veux te dire.Tu m\u2019as fait bien de la peine.Tu m\u2019as fait pleurer, vois-tu, en ne disant pas la vérité ! J\u2019aurais pu prouver à ton papa que tu mentais, Jean-Claude.parce que je voyais, moi, sur tes petits doigts une tache d\u2019encre violette que le bain n\u2019avait pas effacée tout à fait.Et cette tache montrait que c\u2019était toi qui t\u2019étais servi de la plume.Ici, le pseudo-dormeur se retourna pour regarder sa menotte, où une trace mauve restait effectivement visible.Mais il ne prononça pas une parole ; et, refermant ses yeux aux longs cils, feignit à nouveau de sommeiller.\u2014 Tu n\u2019as rien à dire à papa, Jean-Claude ?interrogea la voix de Thérèse.Toujours pas de réponse.\u2014 Très bien ! Je ne dirai rien non plus.Bonsoir, Jean-Claude ! Et Thérèse, comme à l\u2019ordinaire, déposa un baiser sur le front blanc.Eût-elle attendu un moment avant d\u2019éteindre la lumière, qu\u2019elle eût pu voir briller une larme au bord des paupières qui s\u2019entr\u2019ouvraient.Mais déjà, elle sortait de la chambre d\u2019enfant.Elle traversa le couloir, entra dans la salle de bain qui séparait sa propre chambre de celle de son mari et, sur le seuil de cette dernière, s\u2019immobilisa.La pièce était plongée dans l\u2019obscurité ; le rythme régulier d\u2019une respiration attestait que le notaire, fatigué de sa journée, dormait.\u2014 Il dort ! murmura Thérèse en regagnant sa chambre.Ainsi, mon grand chagrin ne l\u2019a pas touché ! Il n\u2019a pas prêté plus d\u2019attention à mes larmes qu\u2019à mes protestations d\u2019innocence.Ayant à choisir entre deux témoignages, il n\u2019a pas hésité à accepter celui de Rose, de préférence au mien.Qui me dit que si, un jour, l\u2019ultimatum : elle ou moi venait se poser, ce n\u2019est pas elle qui triompherait ?Non, je ne suis pas indispensable au foyer.loin de là ! Et soudain, dans son cerveau surexcité, une résolution surgit.Elle ne dormit pas, cette nuit-là.j Elle employa les heures interminables à pleurer sa jeunesse gâchée, puis à dresser un plan d\u2019avenir.Au petit jour, elle entendit Fernand qui, doucement afin de ne pas l\u2019éveiller, procédait aux préparatifs de son départ, puis descendait l\u2019escalier.Et, aussitôt, elle se leva à son tour.Longuement, elle écrivit.Ensuite, sans être vue de personne, elle quitta cette maison, où tout lui était ennemi.Elle la quitta.pour toujours.\u2022 « .Je sais, ma petite maman, toute la peine que je viens de te causer, et je ten demande pardon.Je crois l\u2019avoir suffisamment exposé, dans les pages qui précèdent, les motifs qui m\u2019ont amenée à cette décision irrévocable.Je te le répète : je ne suis utile à personne, ici.Si je n\u2019avais, peu à peu, obtenu cette certitude, j\u2019aurais continué, comme je l\u2019ai fait durant deux ans sans faiblir, à sacrifier ma vie.Mais à quoi bon ?Or, il existe quelqu\u2019un dont je sais pouvoir faire le bonheur.un homme que, malgré les années, je ne peux oublier.un homme qui m\u2019a suppliée de venir le trouver si jamais j\u2019étais dans la peine.Cette heure est venue : je pars rejoindre celui qui m\u2019attends.C\u2019est toi, ma petite maman, que je charge d\u2019annoncer cette nouvelle à Fernand.Il en souffrira peut-être.sur le moment.quand ce ne serait que dans son amour-propre.Mais il se consolera vite, j\u2019en suis sûre.Tu lui remettras.Mme Crozet, qui commençait à peine à démêler un sens dans les pages qu\u2019elle venait de parcourir, ne put achever sa lecture, car ses yeux se brouillaient.Mais, de l\u2019enveloppe qu\u2019elle tenait sur ses genoux, \u2014 de cette enveloppe que tout à l\u2019heure, elle avait retirée de sa boîte à lettres où Thérèse l\u2019avait déposée en passant, \u2014 un objet brillant s\u2019échappa, pour rouler sur le tapis.Elle le ramassa et comprit.Ce quelle devait remettre à Fernand Girardot, c\u2019était l\u2019alliance d\u2019or.le symbole de fidélité que la déserteuse du foyer n\u2019avait pas voulu garder à son doigt.ï-.M- I r / Mariés Imaginez Le Collégien La Collégienne .if\" Dame et Garçon d\u2019honneur 6 Demoiselles d\u2019honneur et Placiers leur joie lorsque vous leur Des sourires radieux! Des effusions de reconnaissance! Voilà ce qui se produira si vous choisissez un Ronson comme cadeau de promotion ou à l\u2019occasion d\u2019un mariage, pour la mariee, le marie ou les membres du cortège d\u2019honneur.Chaque Ronson qu\u2019il coûte $6.50 ou $40.00\u2014est un bijou de précision fabriqué selon les meilleurs standards, afin de donner des années de rendement fidèle.Et chaque flamme évoquera votre souvenir! 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Depuis combien de temps ?Elle l\u2019ignorait.Mais c\u2019était sans doute tout récent, puisqu\u2019il ne lui avait pas encore écrit.Ses inquiétudes se trouvèrent d\u2019un seul coup soulagées, et quand le train atteignit son point terminus, elle ne pensait plus qu\u2019à la joie.Elle tremblait cependant, en jetant au taxi l\u2019adresse de la rue de Varenne.Et, arrivée devant le coquet hôtel, elle se sentit défaillir.\u2014 Je voudrais voir M.Froment-Dubosc, dit-elle au domestique qui lui ouvrit la porte.Monsieur est absent, madame.\u2014 Absent ?répéta la jeune femme d'une voix étouffée.Puis, ses traits s\u2019éclairèrent.Daniel était parti pour la retrouver.Une sorte de télépathie les avait mus tous deux d\u2019une même impulsion.\u2014 Y a-t-il longtemps?demanda-t-elle.\u2014 Une heure environ.Il est allé dîner en ville.Thérèse surmonta la tristesse irraisonnée qui, brusquement, l\u2019envahissait \u2014 Ça ne fait rien ! dit-elle.J\u2019attendrai.Il faut absolument que je le voie ce soir.\u2014 C\u2019est sans doute madame qui a téléphoné tantôt au sujet d\u2019une affaire urgente ?En ce cas, si madame veut bien entrer.Et le valet de chambre introduisit la visiteuse dans un petit salon du rez-de-chaussée.Thérèse était quelque peu déconcertée.Mais elle se raisonna.Après tout, cela valait peut-être mieux ainsi.Quand, tout à l\u2019heure, Daniel entrerait, croyant trouver une cliente impatiente, sa surprise serait extrême.Car celle qu\u2019il découvrirait ici, dans ce fauteuil, c\u2019était le grand amour de sa vie.Quelle joie il éprouverait en voyant enfin arrivé ce jour qu\u2019il avait prévu jadis, quoiqu'il fût à cette époque bien jeune, bien inexpérimenté.Puis, Thérèse regarda autour d\u2019elle.La pièce où elle se trouvait était un petit salon intime, ainsi que l\u2019attestaient le piano droit, le livre ouvert posé sur une chaise et les magazines disséminés çà et là.Sur un guéridon, une photographie attirait le regard, et Thérèse reconnut sans peine ces yeux doux et rieurs qui la dévisageaient comme autrefois.Elle s\u2019approcha pour leur sourire de plus près.Tiens ! Daniel n\u2019était pas seul, sur cette photographie.Une jeune fille se trouvait près de lui.une cousine peut-être.bien jolie, grande, mince, la lèvre légèrement dédaigneuse, le front aristocratique.Derrière le cadre, gisait une petite corbeille.Thérèse y jeta cm coup d\u2019oeil machinal.et, soudain, son sang se glaça.Un ouvrage s\u2019y trouvait.Elle le souleva : ce tricot bleu de ciel à demi terminé, c\u2019était un minuscule chausson, évoquant à travers ses mailles les fossettes d\u2019un peton rosé.Elle allait lé reposer lorsqu\u2019elle vit, au fond de la corbeille, un carton noué d\u2019une faveur bleue.Et les mots dansèrent, troubles, devant ses yeux qui se mouillaient : Maître Daniel Froment-Dubosc et madame, née Blanche d\u2019Arsonval, ont la joie de vous faire part de la naissance de leur fils, Michel.Thérèse revivait par la pensée l\u2019affreuse révélation.Elle se revoyait traversant le vestibule pour fuir sans éveiller l\u2019attention.Mais le domestique l\u2019arrêtait : \u2014 Madame ne peut plus attendre ?Et elle, presque inconsciemment, répondait : \u2014 Non.Ce serait d\u2019ailleurs inutile.J\u2019ai découvert que j\u2019avais fait confusion : celui que je désirais voir n\u2019est pas M.Daniel Froment-Dubosc.\u2014 Je vois, reprenait l\u2019homme en lui ouvrant la porte.C\u2019était sans doute monsieur le Sénateur.Mais il est décédé depuis plus de deux ans- Thérèse était demeurée plusieurs minutes devant la maison, atterrée.Quoi ! Daniel avait recouvré sa liberté avant même qu\u2019elle ne fût mariée, et elle ne l\u2019avait pas su !.Il ne l\u2019avait donc pas réellement aimée ?Ah ! que de choses auraient été changées, s\u2019il eût vu en elle autre chose qu\u2019un banal épisode de sa vie de garçon.«Toute ma vie/» avait-il dit.Hélas! quelques mois avaient suffi pour qu\u2019il se parjurât.Il ne restait plus à Thé- rèse qu\u2019à fuir bien vite cette demeure où, croyant trouver le réconfort d\u2019une tendresse fidele, elle avait appris 1 inconstance du coeur humain.C\u2019était presque mécaniquement qu\u2019elle avait hélé un taxi pour se faire conduire à la gare de Lyon, où le train de nuit pour Marseille via Grenoble allait partir.Et maintenant qu\u2019à nouveau l\u2019express l\u2019emportait, elle s\u2019étonnait de cette détermination.Comment oserait-elle reparaître devant son mari bafoué, sa mère torturée ?Car, le mirage qui l\u2019avait entraînée jusqu\u2019à Paris une fois dissipé, le remords la tenaillait sans trêve.Elle s\u2019accusait d\u2019avoir renié tous ses devoirs : le serment fait au jour de son mariage comme le serment prononcé au chevet d\u2019une mourante.Ces deux devoirs se confondaient pourtant en un même foyer ! Et sa conduite lui apparaissait si odieuse, si incompréhensible qu\u2019elle eût aimé pouvoir se châtier elle-même.Mais, en rentrant à Grenoble, n\u2019allait-elle pas précisément au-devant du châtiment ?A la lumière de sa désillusion, la vie qu\u2019elle avait dédaignée se présentait à elle sous un aspect tout neuf.Elle savait à présent que les mots les plus tendres ne constituent pas les meilleures preuves d\u2019amour.Cette solide affection qui l\u2019entourait d\u2019un réseau de bonté : c\u2019était cela, le bonheur ! Elle n\u2019avait pas su l\u2019apprécier, empoisonnée qu\u2019elle était pas les fallacieuses promesses dont elle découvrait aujourd\u2019hui l\u2019inanité.Mais, cette douce félicité, plus jamais elle n\u2019y pourrait aspirer.N\u2019importe ! Elle s\u2019humilierait aux pieds de celui qu\u2019elle avait trahi ; elle implorerait son pardon.Et quel que fût son verdict, la punition serait cruelle.Si Fernand la repoussait, elle devrait partir la tête basse et mener à tout jamais une existence misérable.Et, s\u2019il se montrait miséricordieux, s\u2019il permettait à la transfuge de reprendre sa place apparente.Eh bien ! alors, même, il ne pourrait oublier sa lâche désertion.Il ne pourrait non plus empêcher Rose, de manifester une arrogance décuplée à l\u2019égard d'une coupable dont elle dévoilerait la faute à tous les voisins, avides de scandale.Soit ! Les quolibets des uns, le mépris des autres, les affronts de la domestique, et même les rebuffades de l\u2019enfant quelle renonçait à conquérir.elle accepterait tout sans révolte, comme la pénalité trop douce encore de son ingratitude.Le train stoppe.Grenoble.Un voyageur obligeant aide Thérèse à descendre, car il la voit blême et sans forces.Elle parcourt péniblement, à pas de plus en plus lents, le court trajet qui la sépare de la maison.La vie semble l\u2019abandonner.Elle pénètre, tremblante, dans la demeure qu\u2019elle a quittée la veille.pousse la porte de la salle à manger, où Fernand termine son petit déjeuner.Et là, elle perd connaissance.Les émotions multiples, une journée entière sans nourriture et deux nuits sans sommeil ont, à son insu, eu raison de sa résistance physique.Lorsque Thérèse rouvrit les yeux, elle était allongée sur un divan.\u2014 Elle revient à elle ! chuchota, tout près de son oreille, une voix.celle de Fernand.« Comment te sens-tu, ma chérie ?Tout à fait bien ?Et l\u2019oncle Emile est hors de danger ?Ce n\u2019était qu\u2019une nouvelle crise de rhumatismes, n\u2019est-ce pas ?Thérèse écoutait sans comprendre.Elle voulut crier.solliciter le pardon vers lequel tout son être se tendait.I Lire la suite page 31 ] à tykûth-pmtywwi.QUESTIONS 1.\tQuel est le minerai le plus dur?2.\tQuels sont les trois principaux thermomètres en usage ?3.\tQui a écrit « Ame solitaire » ?4.\tDites le nom de la femme de Louis Hébert, le premier cultivateur du pays.5.\tQuelle est la ville aux sept collines ?6.\tQu\u2019est-ce qu\u2019une banquise ?7.\tQuelle est la devise du Canada ?8.\tQui a inventé la cinématographie ?9.\tQuelles plantes entrent dans la fabrication de la bière ?10.Qu\u2019est-ce qu\u2019un sécateur ?REPONSES sayauvxq saji^ad %a xnvamvx saj xajjtvf xnod nvasp ap ajxos au[j oi \u2022aBxo
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