Le samedi, 1 juin 1951, samedi 2 juin 1951
[" *»*'¦ Rb9KM m&gsge^.6Be année, No 3 Montréal, 2 juin 1951 o LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DIX CENTS DANS CE NUMERO : \u2022\tSHAWINIGAN FALLS A 50 ANS \u2022\tÀ RADIO-CANADA \u2022\tp0RTR«Lset?Ees : GISELE SCHMIDT \u2022\tLE VOL DE LA 'CENTRAL BANK' Roman policier par GEORGE FRONVAL «âm^!jÊÜ||ieton^L^flNÇOOj^|LENÇ^|^aXIM^IHFMFR ETABLISSEZ UN BUDGET FAMILIAL g .¦ fe, ¦' ; SÜfe \u2022- 1 T*m LA FRANCE QUI CHANTE Jacqueline ~ti Jacqueline François naquit le 30 janvier 1922 à Neuilly-sur-Seine.Elle voulait d\u2019abord être fleuriste.Elle apprit le piano dont elle ne joua jamais et gagna son premier argent en faisant de la figuration dans un film de Jean Boyer « Boléro ».Elle quitta la figuration pour accomplir la volonté paternelle : elle fut monteuse de films et travailla à l\u2019usine de montage CTM à Genevilliers.Sans jamais avoir pris de cours de chant, elle débuta en Novembre \u201844.Son premier disque fut \u201cSpring\u201d, en français « C\u2019est le Printemps ».Le disque l\u2019a lancée et c\u2019est avec lui qu\u2019elle a eu le Grand Prix du Disque.Jacqueline François, c\u2019est une nature.Elle est simple comme bonjour.Elle dit humblement : « Je n\u2019ai jamais eu à lutter c\u2019est ce qui fait mon mal ».C\u2019est sympathique.Il y en a tant qui n\u2019ont pas sa voix et qui racontent des histoires.Sa voix, sa voix chaude, grave, sensible, merveilleuse, elle l\u2019a transformée en des succès.L\u2019année \u201850 a fait d\u2019elle une vedette.Elle est, avec Edith Piaf, l\u2019une des vedettes françaises de la chanson connues aux Etats-Unis.Elle ira désormais chaque année et enregistre, dès à présent en anglais.En France elle est la plus forte vente de disques avant Yves Montand.Jacques Canetti Directeur artistique de Polydor lui a fait enregistrer quarante faces, cette année.Elle compte beaucoup pour \u201851 sur une chanson de Jerry Mengo « Tanger ».Elle aime les atmosphères lointaines et mystérieuses.Elle a lancé « Panama » et voici maintenant « Tanger ».Pourtant dans la vie elle n\u2019aime pas le voyage.Elle pleure chaque fois qu\u2019il lui faut quitter Paris, prendre l\u2019avion, le bateau.Elle a déjà voyagé beaucoup : Afrique du Nord, Pays Scandinaves, Orient, et elle garde de New-York une nostalgie qui la surprend elle-même.Au cours de ses voyages elle a aussi fait la conquête des têtes couronnées et des personnages politiques.La princesse Margaret Rose lui demandait ses chansons qu\u2019elle connaissait déjà par les disques.Le Président de la République du Liban est un de ses plus fervents admirateurs et organise pour elle des promenades et des dîners.Jacqueline chanta et joua des petits rôles dans divers films : « Chemins sans Loi », « Scandale aux Champs Elysées », « Ainsi Finit la Nuit » etc.Elle a synchronisé des films américains et tourné de courts métrages.Mais ce n\u2019est que cette année qu\u2019elle a fait ses débuts à l\u2019écran, de vrais débuts : le second rôle féminin dans le film « Les Maîtres Nageurs », où elle chante également une chanson.Jacqueline est superstitieuse.C\u2019est la raison pour laquelle on la voit toujours en scène avec une robe bleu nuit.C\u2019est aussi la raison pour laquelle elle fait toujours un signe de croix en coulisse avant « d\u2019entrer ».Elle croit au chiffre 4.Elle achète tous les billets de loterie se terminant par 4 : elle n\u2019a jamais gagné.AVANT D'ACQUÉRIR UNE MAISON PRÈS de 80 pour-cent des familles canadiennes, qui construisent ou achètent une nouvelle maison, doivent recourir à un prêt hypothécaire.Laide financière de cette nature peut être une méthode efficace de devenir proprietaire, à condition que l\u2019on porte une attention particulière a deux considerations importantes soit premièrement, la somme d\u2019argent en mains pour le versement initial et, deuxièmement, le montant d sponible pour defrayer les dépenses d admi- nistration mensuelle de la propriété.\t.Les économies que vous avez à votre disposition en argent, en obligations ou en sécurités de toutes natures doivent être suffisantes pour rencontrer la mise de fonds exigée dans l\u2019achat ou la construction d\u2019une maison.Par la suite, il vous sera facile de déterminer combien vous pouvez disposer pour les dépenses mensuelles de la propriété en établissant un simple budget familial.Inscrivez votre revenu brut dans une première colonne.Dans une deuxième colonne, inscrivez toutes vos dépenses à 1 exception de celles concernant le logement, tel que le loyer, le chauffage, l\u2019entretien, les réparations et toutes taxes municipales spéciales que vous pouvez payer en tant que locataire.Vous obtiendrez le montant mensuel disponible pour l\u2019entret en de votre propriété en soustrayant le total de la deuxième colonne de la première.Si votre loyer actuel est trop élevé pour vos ressources financières, il vous faudra faire un ajustement approprié en établissant votre budget.La prochaine étape est de déterminer les dépenses mensuelles approximatives pour les taxes, les assurances, le chauffage, l\u2019entretien et les réparations de votre futur propriété.Ces deux derniers item doivent être considérés comme des dépenses mensuelles dès le début.Il est facile par la suite de calculer le montant d\u2019argent disponible pour défrayer les payements sur le principal et l\u2019intérêt d'un prêt hypothécaire.On doit se rappeler que les payements annuels de l\u2019hypothèque, des taxes et de l\u2019assurance-loyer ne doivent pas dépasser 23 pour-cent de votre revenu brut.(Ceci est le premier d\u2019une série d\u2019articles publiés dans l\u2019intérêt de nos lecteurs qui songent à construire ou acheter une maison.) PROVISION D\u2019OXYGENE Les personnes obèses ont souvent la respiration courte.En respirant plus profondément, la provision d\u2019oxygène est plus abondante, ce qui aide à consumer les déchets et les matières grasses de l\u2019organisme, et facilite l\u2019amaigrissement.\u2022 LE BIBERON DE BEBE Il est dangereux de laisser un bébé boire à même un biberon soutenu par un moyen quelconque.Le liquide qui s'échappe de la bouteille peut noyer un bébé trop jeune encore pour pouvoir se dégager de lui-même.On devrait toujours prendre un bébé qui boit ou, au moins, le surveiller de près.\u2022 FEMMES SOUS-ALIMENTEES Les hygiénistes alimentaires nous disent qu'une femme sautera par-dessus un bon repas pour ne prendre qu\u2019une tasse de café avec du pain rôti, alors qu'un homme prendra un repas ordinaire.Les médecins ne sont pas en faveur que l\u2019on suive, pour se faire maigrir, un régime de famine.Ils recommandent la consommation d\u2019aliments qui nourrissent sans engraisser.LA PEUR EST UN PARASITE La peur est une ivraie qui peut étouffer si on la laisse faire son chemin.Faire obéir les enfants en les menaçant du croque-mitaine ou de la noirceur, c\u2019est développer en eux un état de crainte nerveuse qui peut durer toute leur vie.Apprenez aux enfants à analyser les objets de leurs appréhensions et faites-leur comprendre que des choses anodines ne sauraient leur causer du tort.\u2022 GARE AUX GERMES ! Portez des souliers de bain dans les gymnases ou les piscines publics, si vous voulez vous protéger contre la teigne des pieds.Vous vous préserverez des germes d\u2019autres formes de teigne tonsurante en évitant de déposer votre peigne ou d\u2019autres articles de toilette sur des tables ou tablettes poussiéreuses ou sales \u2014 placez-les sur une serviette de papier propre.\u2022 AVIS AUX RETRAITES Hommes et femmes qui approchent de l\u2019âge de la retraite doivent s\u2019y prendre de bonne heure pour organiser leurs loisirs.La transition subite d\u2019une vie de travail à une vie d\u2019oisiveté est souvent trop forte et peut nuire à la santé.Prévoyez des passe-temps ou d autres occupations qui emploieront une bonne partie de votre temps.\u2022 ASSURANCE SUR LE SOURIRE Un beau sourire n est pas 1 unique récompense accordée au soin des dents.La carie, l\u2019irrégularité ou la perte des dents sont les fruits de la négligence.Des visites régulières au dentiste, dès le bas âge, aideront à prévenir les affections des dents et des gencives.CINQUANTE-DEUX VACANCES PAR AN Aimeriez-vous avoir 52 vacances par année ?Il n\u2019en tient qu\u2019à vous, ces vacances ne duieraient-elles que quelques heures.En fin de semaine, rendez-vous en ti amway ou en autobus aux limites de la ville ; une fois à la campagne, marchez, faites de la rame ou du golf.Explorez chemins de traverse et pistes.Intéressez-vous, pour plus d'agrément, à quelque branche de l\u2019histoire naturelle. Le Samedi, Montréal.2 juin 1951 3 LE PÉTROLE FAIT LA FORCE D\u2019UN PAYS VU NAÎTRE CETTE INDUSTRIE!\" w.*'; tk : IF À le wiwtsscW \u2022 \u2022 & ! '; fr;5» saggka f 'V; ÿ JrM- ¦s® Claude était là quand l\u2019équipe des ouvriers de l\u2019Imperial s\u2019est présentée à l\u2019entrée de la ferme pour effectuer les premiers forages.Il n\u2019a cessé depuis de s\u2019intéresser vivement aux travaux.Malgré son jeune âge il a été témoin de la croissance d\u2019une nouvelle industrie majeure.Il y a cinq ans, l\u2019industrie pétrolière du Canada était loin d\u2019être solidement établie.Nos champs pétrolifères s'épuisaient rapidement et ne fournissaient qu\u2019un dixième du pétrole que nous utilisions.Aujourd\u2019hui seulement huit pays au monde possèdent des réserves de pétrole plus riches que celles du Canada.Et Au sujet du pétrole canadien L\u2019an dernier, l\u2019industrie pétrolière du Canada a produit plus d\u2019un milliard de gallons d\u2019huile brute, soit une augmentation de 35 pour 100 comparativement à 1949.L\u2019Imperial a foré plus de 400 puits en 1950, en vue de la découverte et de l\u2019exploitation de champs pétrolifères en Alberta.Les Canadiens utilisent près de deux fois plus d huile qu il y a cinq ans.Le quart de la production totale d\u2019énergie, au Canada, dépend maintenant de l\u2019huile.D r PRODUITS £SSO) IMPERIAL OIL LIMITE IMPERIAL l\u2019on prévoit que, cette année, le Canada produira environ le tiers du pétrole dont il a besoin.Chaque baril de cette huile brute domestique diminue notre dépendance des autres pays et nous approche du moment où nous pourrons suffire à nos besoins.En temps de paix comme en temps de guerre, le pétrole acquiert une importance de plus en plus grande dans notre vie quotidienne, et toute amélioration dans ce domaine réduit le problème des approvisionnements et augmente la sécurité de Claude et celle de chacun d\u2019entre nous.La dernière-née de nos grandes industries est en passe de devenir l\u2019une de nos principales sources de richesse. 4 Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 ¦ ' jest\t® / de l\u2019eau chaude en tout temps.pour tous besoins! \u201cQue c\u2019est merveilleux\u201d c\u2019est ce que dira votre famille lorsque vous aurez installé un chauffe-eau à réservoir automatique General Electric qui vous donnera l\u2019approvisionnement sûr d\u2019eau chaude nécessaire à vos besoins.Propreté personnelle, lessives hebdomadaires, lavage de la vaisselle .vous pouvez avoir suffisamment d\u2019eau chaude à même le robinet pour subvenir à ces usages et à un grand nombre d'autres aussi importants.V/ t M / Pour la vaisselle TlOüSS mT Oit* Des années de service sans ennui Il est économique .il est automatique __installez tout simplement votre chauffe- eau G-E et oubliez-îe.Il est propre .son réservoir est protégé de la rouille par une tige en alliage de magnésium qui en prolonge aussi la durée.Aucune gaine d\u2019évacuation ou cheminée nécessaire, conséquemment il n\u2019y a pas de suie, fumée, vapeur ou flamme.Visitez le marchand G-E de votre voisinage \u2014 prochainement.3 dimensions, un modèle approprié à chaque famille : 33 gal.imp., 55 gal.imp., 68 gal.imp.Prix depuis $142.50 Modèle ci-dessus $178.Prix sujets à changer sans avis CANADIAN GENERAL ELECTRIC COMPANY LIMITED Siège social \u2014 Toronto \u2014 Bureaux de ventes d'un océan à l'autre S* V V A l'occasion de la Semaine de la Couture, les magasins à rayons Robert Simpson Co.de Montreal, conjointement avec les pa rons Simplicity, organisèrent un concours de couture qui connut un succès sans précédent, plus de 600 concurrences s\u2019y étant inscrites.Des prix de grande valeur furent distribués aux gagnantes des deux groupes : A) pour candidates de moins de 19 ans ï El pour candidates plus expérimentées.Voici les 24 gagnantes photographiées au cours de la réception qui ulvît la distribution des prix.De gauche à droite : Mlle FRANCIS ARSCOTT, Mme REJANE LANCIAULT, 1er prix, classe B ; M'le REJANE COURNOYER.1er prix.Classe A; Mlles MONIQUE FIUATRAULT, MARIETTE BEAUDRY, PIERRETTE VINCENT, ARMANDE LAÇASSE, HUGUETTE MASSE, SUZANNE MEUNIER, SUZANNE DRAPEAU.VALERIE DAWBER.Dernière rangée, de gauche à droite : Mlle MARGOT BEAUDIN, Mrs.MARY CROWELL, Mrs.W.H.JOHNSTON, Mlles ANNETTE LEPOIDEVIN, HILDA LEPOIDEVIN, GERMAINE PLUMB, MADELEINE SYLVESTRE.HENRIETTE MARCHAND, Mmes FRANÇOISE VIENS.ANNETTE ROY.Mlles ANGELINA MIGNACCA et MARIE-JOSIE WALLOT.Photo Rapid Grip 6 Batten.LE SOUCI DE LA JUSTE APPELLATION DE LA PERSÉVÉRANCE, S.V.P.IL semble maintenant certain qu\u2019avec de la persévérance on arrivera à revêtir notre province de la physionomie française qu\u2019elle était en train de perdre complètement lorsque le cri d\u2019alarme a été lancé sur le danger qui la menaçait.Il était temps vraiment.Nous prenions totalement figure américaine, et la population entière, du dernier des roturiers jusqu'au premier des professionnels, s\u2019en mêlait.Il serait bon maintenant que tous y aillent avec le meme entrain afin de recouvrer ce que nous avons perdu.Maintenant, les plus hautes autorités interviennent.Tant mieux, le succès est assuré.Nos ministres provinciaux sont, depuis longtemps, entrés dans la campagne, et des membres du gouvernement fédéral ont suivi.Il y a quelques années, on apprenait avec plaisir que l\u2019ancien Ministre des Postes, feu l\u2019Hon.Arthur Sauvé, avait ordonné de restituer, autant j que possible, leurs anciens noms français à des bureaux de poste du district de Québec, plus particulièrement sur la Côte Nord du Saint-Laurent.Mais la campagne, on le sait, on le comprend, on s\u2019y attend, sera longue très longue, et ce n\u2019est qu\u2019imperceptiblement que les effets s\u2019en feront sentir.On ne connaît ces derniers, en certains cas, que de longues années après que notre attention a été attirée sur telle ou telle bourde linguistique et géographi- i que.Il y a plusieurs années, la Commission de Géographie de Québec donnait, j dans la « Gazette Officielle » de Québec un avis portant que le nom primitif j d\u2019Outaouais soit restauré et employé pour désigner en français la rivière tributaire du Saint-Laurent située entre le lac des Deux-Montagnes et le lac Témis- 1 camingue, et qu on appelait généralement Rivière Ottawa.Outaouais, Ottawa, c est la même chose, diront les indifférents.Non.Outaouais, c\u2019est le vieux nom français du temps du Chevalier de Troyes, nom que l'on avait escamoté pour le remplacer par Ottawa.Cette entrée de l\u2019Outaouais dans la colonne des vieux noms français était une petite victoire à notre crédit et à laquelle d\u2019autres de même nature devaient s ajouter dans la suite, grâce à la Commission de Géographie.\tDamase Potvin.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE LTEE Membres de l\u2019A.B.C.et de l'Association des Magaxines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Ç., Can._ Tél.: PL.9637-* FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires JEADlreCctHe^rUV,N Chef de la publicité Rédacteur en chef .GERALD DANIS\tn,\u201e< j x.Directeur artistique .HECTOR BRAULT\tChro I \" r°qe \"\" 0D,L0N RIENDEAU Chronique sportive .OSCAR MAJOR abonnements Canada 1 °\" .$3.50\t1 an 6 mois .2.00\t6 mois AU NUMERO : 10 CENTS Etats-Unis SS.00 2.50 Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans.Vt.U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère de» Postes, Ottawa. le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 5 S « il» I *0m~i r m w?SS&: ¦ \u201e_________________________________________ fâ\u2019T' 50 ANS DE PROGRES ! Shawinigan Falls ^^^^^^mm^mrngg^g/^/gg/^^tt^KtKtKtKÊÊÊÊ^KÊIKÊÊlÊÊIÊÊÊIÊÊÊÊÊÊÊÊIÊÊÊKÊÊKÊÊÊÊÊÊiÊÊÊÊÊÊÊÊÊItÊKÊlKÊÊÊÊÊ^ÊÊÊÊ^ÊÊÊ^KIÊIÊBÊÊI^ÊÊÊÊIÊÊKÊÊKÊÊIÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊM La ville de Shawinigan Falls constitue un exemple frappant de développement et croit à un rythme harmonieux, comme l'attestent, ci-dessus, le Pavillon et Bassin de natation.Et aussi, ses superbes rues de plaisance dans les quartiers dits résidentiels, ci-dessous.lus' «O Son hon.le maire FRANÇOIS ROY, homme dynamique, clairvoyant, jeune et entreprenant.Il est l'incarnation même de la ville dont il est le premier magistrat.S\u2019il est originaire de la métropole (Rivière-des-Prairies, plus exactement), son coeur est bien à Shawinigan, et il aime à souligner, avec raison, que, sans Shawinigan, Montréal ne serait pas ce qu'il est.La ville industrielle de Shawinigan Falls, située à mi-chemin entre Montréal et Québec et à 22 milles au nord de Trois-Rivières, célèbre cette année le cinquantenaire de sa fondation.Le 27 mai, une grande manifestation religieuse a marqué l\u2019ouverture de ses fêtes qui se prolongeront jusqu\u2019en septembre.Elles comprendront : Festival de l\u2019Association des Fanfares-Amateurs de la Province ; grand ralliement des sections provinciales de la Légion Canadienne ; messe pontificale célébrée par Mgr Pelletier, évêque de Trois-Rivières ; pageants illustrant l\u2019histoire de Shawinigan Falls.Il y aura aussi le défilé traditionnel de la St-Jean-Baptiste, lequel revêtira un éclat inusité.Parmi d\u2019autres attractions au programme figurent des congrès, des expositions permanentes d\u2019artisanat et de produits des industries locales, des concerts, des_____________________________________ épreuves sportives, etc.En moins de temps que la durée moyenne d\u2019une vie d\u2019homme, une ville imposante, bâtie de brique et d\u2019acier, a envahi les collines qui bordent le St-Maurice, à un endroit où jadis les voyageurs canadiens avaient établi un poste pour la traite des fourrures.Depuis ses modestes débuts, en 1899, alors que des ouvriers en bâtiment composaient presque exclusivement sa population, Shawinigan Falls a constamment progressé.Au début de la demiere guerre, elle avait une population de 19,500 âmes ; 1 agglomération entière en compte aujourd\u2019hui 37,000.Dans toute l\u2019acception du terme, Shawinigan Falls peut être appelée une cité-modèle.Dès sa fondation, d\u2019excellents plans d\u2019urbanisme ont permis de délimiter avec précision les quartiers d'habita.ion du commerce et de l\u2019industrie.On dit que les gens heureux manifestent leur bonheur dans le soin qu\u2019ils prennent de leurs propriétés.Les vastes rues bordées d arbres, les maisons coquettes, le jardin en fleurs et la propreté remarquable des maisons de Shawinigan Falls, sont sans doute des signes révélateurs.La ville possède des terrains de jeu et des parcs magnifiques ; le quartier commercial est d\u2019une activité bourdonnante ; ses boulevards longeant la rivière concourent avec les édifices publics, hôpitaux, écoles et églises, à créer une atmosphère de paix dont le charme est prenant.Shawinigan Falls est au centre d\u2019une des régions les plus industrialisées de la province de Québec, avec une population de 170,000 dans un rayon de moins de 25 milles.Les produits chimiques, les textiles, l\u2019aluminium, le papier et le bois donnent du travail à des milliers de citoyens : ces industries sont par essence stables et permanentes, et impriment ces caractères à la vie économique de la ville et de toute la région environnante.La majeure partie de la population appartient à l\u2019Eglise catholique.Ses 25,000 catholiques ont aujourd\u2019hui cinq églises.D\u2019autre part, deux églises protestantes desservent 2,000 fidèles.La ville possède deux excellents hôpi- î! Ci-dessous, la Cinquième Rue.artère commerciale démontrant bien que.quand l'industrie va, tout va.\u2014 A droite caserne des pompiers et poste de police.Comme on peut voir, le côté esthétique ne le cède pas à l'utilitaire.Shawinigan, ville de progrès, est sagement administrée et adéquatement protegee.Il en va de même des écoles, des églises, etc.Des écoles d\u2019enseignement primaire, secondaire et supérieur, de même que des couvents et des écoles techniques et commerciales se chargent des études des 6,000 enfants d\u2019âge scolaire.La plupart des classes d\u2019enseignement supérieur ont des cours d\u2019orientation et de spécialisation.La musique, le chant et les arts ménagers sont\t[ Lire la suite page 32 j ~r* : ^ KÊÊÊÊ 6 Notre compatriote, MACK SENNETT (plu» exactement MICHAEL SINOTT) est originaire de Richmond, comté de Wolfe, P.Ç.C'est avec la plus grande bienveillance du monde qu'il a accordé à notre collaboratrice, cette interview au cours de laquelle il relate sa longue et très intéressante carrière dans le monde du spectacle, et du cinéma en particulier.Ci-dessus, feu CAROLE LOMBARD, dont la réputation n'est pas encore oubliée, a déjà joué dans des films tournés dans les studios de Mack Sennett.\u2014 Ci-dessous, MARIE DRESSLER, d'inoubliable mémoire, qui a connu et suivi les difficiles débuts de notre réputé compatriote, tant sur la scène que dans l'industrie cinématographique.Le Samedi, Montréal, 2 juin 19ël DE RICHMOND, P.Q., à HOLLYWOOD La Carrière de Mack Sennett par LOUISE GILBERT-SAUVAGE INotre correspondante à HollywoodI Sous la lumière tamisée de la salle à manger de l\u2019hôtel Roosevelt, à Hollywood, Mack Sennett voulut jeter devant moi un regard en rétrospective sur les événements de sa carrière, au profit des lecteurs du « Samedi ».Né à Richmond, dans le comté de Wolfe, P.Q-, il est fier de son origine canadienne.Fils de John Sinott, héritier d\u2019une ferme familiale datant de deux cents ans, il fut le cadet de quatre enfants Tout de suite, il me déclare qu\u2019il ne s\u2019est jamais marié, bien qu\u2019il adore les enfants, et qu\u2019il eût aimé connaître les joies de la famille.J\u2019aurais voulu me créer un foyer, mais, lorsque je fus en mesure d\u2019y songer, je me suis vu entourer de beaucoup de jolies femmes, toutes occupées à faire le succès d\u2019une carrière théâtrale, de sorte qu\u2019aucune d\u2019elles ne m\u2019apportait la solution désirée.J\u2019attendis, et, vous voyez.C\u2019est à bâtons rompus que l\u2019ancien producer de films évoqua quelques souvenirs de sa jeunesse et des débuts de sa carrière.« Nous étions très heureux chez nous ».fit-il, comme se parlant à lui-même.Vous n\u2019avez pas eu l\u2019idée de continuer la tradition de la ferme familiale ?«Non, j\u2019avais d\u2019autres inclinations.Je désirais devenir chanteur d\u2019opéra ».Vous deviez avoir une jolie voix.« Ma voix avait une assez agréable résonance ; mais surtout, j\u2019aimais à chanter.Je résolus de prendre des leçons de chant.A quatorze ans, après avoir suivi ma famille au Lac Mégantic, je débutai comme manoeuvre à la compagnie de chemin de fer I.C.R.La journée de travail, alors, était de dix heures, parfois de douze.C\u2019était un dur labeur.Je ne revenais à la maison qu\u2019à la nuit tombante.Puis je fis un stage au collège de la Pointeaux-Trembles, car je désirais aussi m\u2019instruire.* Les fonds manquant, je dus quitter l\u2019école et icprendre le travail après un an d\u2019études.Je suivis ma famille aux Etats-Unis.C\u2019est alors que je donnai suite à mon projet de leçons pour le chant, car j\u2019étais décidé à ne pas stagner, mais à «faire ma marque » dans la vie, et je croyais que ma voix m\u2019apporterait la renommée.« C'est vers ce temps que Marie Dressier vint à Northamton où nous vivions alors.Elle faisait partie d\u2019une troupe dans le musical « Lady Slavy ».Enthousiasmé, je décidai d\u2019abandonner mon projet d\u2019opéra, et de suivre Marie Dressier.Je fis part à ma mère de mes nouveaux plans.Or, ma mère était une de ces femmes splendides qui se gardent bien de décourager les aspirations de leurs enfants.Elle m\u2019écouta [ Lire la suite page 36 1 » MX r 4|' ÉKEF:.L'illustre CHARLOT lui-même a bien connu les studios de Mack Sennett puisqu'il y a tourné plusieurs films à l'époque héroïque du silencieux.Les quarante ans et plus n'ont pas oublié les courts métrages de cet art à peine naissant et qui était déjà rempli de promesses.Ah ! le bon temps, tout de même, où tout était à inventer .MABEL NORMAND, grande beauté, plus espiègle qu'ingénue, s'acquit, elle aussi, dans les studios de Mack Sennett, une renommée qui monta en flèche après de difficiles débuts.Nul doute qu'il en sera beaucoup fait mention dans les mémoires qu'est à terminer en ce moment notre compatriote et qui auront pour titre : \"Don't Step On My Dreams\". Le Samedi, Montréal.2 juin 1951 7 PORTRAITS DE VEDETTES Gisèle Schmidt par LUCETTE ROBERT Si je fais le portrait physique de Gisèle Schmidt, alors que vous avez, sous les yeux, deux photographies de cette ravissante artiste, c\u2019est que l\u2019image en noir et blanc ne peut rendre l\u2019éclat perlé de sa peau, la douceur veloutée de son regard et la teinte noisette de ses cheveux.Gisèle Schmidt est une des plus jolies femmes de notre théâtre canadien.Elle s\u2019habille avec un goût discret et de qualité, s\u2019attachant surtout à la coupe d\u2019une robe, à la beauté d\u2019un tissu.Elle aime le bijou unique, mais de choix, et la féminité d\u2019un chapeau, plus audacieux que le reste de sa toilette.Gisèle Schmidt est ponctuelle et minutieuse.Elle applique ces qualités à son travail comme à son intérieur où son fils, Jeannot, (prunelle de ses yeux), règne en maître.Le travail de l\u2019artiste fut exclusivement radiophonique, cette année.Elle ouvrit la saison de Radio-Théâtre Ford, avec « La femme de ta jeunesse », et celle du Théâtre de Radio-Collège, dans «Un mari idéal» de Oscar Wilde.Au Théâtre lyrique Molson où des artistes doublent les chanteurs pour le texte parlé, elle a rempli ce rôle dans la Tosca, Aida et Pagliaccio.Dans le courant de l\u2019hiver, elle joua également, dans Oncle Vanya, de Tchekov, et dans Le canard sauvage, de Ibsen, à Radio-Collège ; dans l'émission hebdomadaire, « Le ciel par-dessus les toits », à Radio-Canada, et dans diverses émissions au poste C.K.A.C.\u2014 Et vous êtes « Madeleine Brillant », héroïne attitrée de « L\u2019ardent voyage », programme réalisé par Madame Berthe Lavoie.\u2014 Je joue également dans un autre programme de Mme Lavoie : « Francine Louvain », où le rôle de Anne-Marie Varin semble plaire au public.\u2014 Vous voyez, chère Gisèle, que notre interview est tout ce qu\u2019il y a de plus sérieux, en comparaison de celle que vous fit subir le jury du « Petit tram du matin », l\u2019été dernier.J\u2019avais admiré, alom, votre sang-froid et, comme c\u2019est une qualité nécessaire au comédien, parlons un peu du théâtre proprement dit.\u2014 Ah ! « le théâtre », soupire Gisèle Schmidt, « ce n\u2019est pas nous qui l\u2019abandonnons, c\u2019est lui qui devient inaccessible ».\u2014 Il y a pourtant des troupes qui jouent de temps à autre.\u2014 Au début de ma carrière, j\u2019étais prête à jouer n\u2019importe quel rôle (la radio ne nous donne-t-elle pas cette discipline ?) et dans n\u2019importe quelle salle.Ma ferveur ne s\u2019est pas attiédie pour le théâtre, mais disons que j\u2019ai moins d\u2019enthousiasme à donner tant de temps pour un résultat incertain.\u2014 Racontez-nous alors vos débuts, et comment vous est venue cette vocation d\u2019actrice.\u2014 J\u2019étais bien loin de mes rêves d\u2019enfant sur le théâtre, ce jour de vacances, à l\u2019île Perrot, dans le camp de guides dont j\u2019étais assistante-cheftaine.Je partis, en chantant, puiser de l\u2019eau, et Mme Jean-Louis Audet m\u2019entendit et me proposa de suivre ses cours de diction et de chant.Je débutai, en 1937, à C.K.A.C., dans des programmes écrits et réalisés par André Audet : « Madeleine et Pierre », et « Les soirées de grand\u2019mère ».Au poste C.B.F., M.Claude Sutton, qui réalisait alors « Tante Lucie » m\u2019y confia un rôle.\u2014 Et sur la scène ?\u2014 Je jouai, d\u2019abord, au M.R.T.français dirigé par M.Mario Duliani.Puis dans les théâtres de province, avec Henri Deyglun qui avait adapté, à la scène, son roman radiophonique, « Vie de famille ».\u2014 Vous aviez une voix exquise et un répertoire de chansons considérable.N\u2019avez-vous jamais songé à une troisième carrière dans le chant ?\u2014 Peut-être, mais on m\u2019a dirigée vers des professeurs de concert ou d\u2019opéra au lieu de m\u2019orienter vers la chansonnette.Il aurait fallu toute une éducation musicale et un timbre plus puissant que le mien pour y réussir.Nous voici donc arrivées, dans ces réminiscences, à l\u2019époque de « L\u2019Equipe », qui fut si bien dirigée par ¦Jfff y- na ySÏ ' ¦Jf.mm W Pierre Dagenais.Gisèle Schmidt fut de la distribution de « Altitude 3200 », « T e s s a » et « L\u2019homme qui se donnait la comédie », où elle tint le premier rôle.Elle joua au théâtre Arcade jusqu\u2019en 1946, et prit part au spectacle organisé, à la Baie Saint-Paul, par Pierre Dagenais, « Le Diable s\u2019en mêle ».Elle revenait à la scène, l\u2019an dernier, pour créer un rôle important dans la pièce de Jean Desprez, «La Cathédrale».\u2014\tEntre-temps, Gisèle, vous avez fait un voyage d\u2019études en France ?\u2014\tMon séjour étant assez bref, je me suis inscrite comm?élève-auditrice aux cours de René Simon et de Charles Dullin.Pendant six semaines, j\u2019ai suivi les cours pour voir le travail des élèves.L\u2019enseignement commence toujours par le répertoire classique, et se termine par le moderne.\t[ Lire la suite page 36 ] Ci-dessus, GISELE SCHMIDT a porté complaisamment, pour nos lecteurs, ce sari hindou de chiffon vert feuille brodé d'or, commandé chez Raoul-Jean Fouré pour recevoir un Trophée de la Radio, en 1949.\u2014 Ci-contre, notre sympathique artiste en compagnie de son fils JEANNOT, lequel était tout à sa joie de constater que son train miniature (qui est vraiment imposant !) ferait partie du décor, pour la pose.Parfait bonheur, dirait le poète des Scènes d'enfants.Photos Studio L.Alain \u2014 Le Samedi 8 Le Samedi, Montréal, 2 juin l'3ul 1 Roman policier LE VOL DE\tLA \"CEI\tNTRAL BANK\u201d \t\tpar GEORGE FRONVAL* \t\u2014i^\u2014 CHAPITRE PREMIER Par cette nuit de réveillon, le commissaire paraissait encore plus froid et plus lugubre que de coutume.Les murs de cette vaste pièce rectangulaire qu\u2019éclairaient deux faibles lampes électriques, semblaient, avec leurs affiches jaunies et à demi déchirées, encore plus gris et plus poussiéreux qu\u2019au-paravant.Assis en vis-à-vis à leurs bureaux, deux hommes travaillaient en silence.\u2014 Fichu temps pour une nuit de fin d\u2019année, maugréa l\u2019un des deux hommes en reposant sa tasse de café.\u2014 Oui, chef, répondit son compagnon, il est préférable de se trouver ici que dehors.A ce moment, sous une poussée brutale du vent, la fenêtre s\u2019ouvrit toute grande.Une bouffée d\u2019air glacial emplit la pièce.L\u2019un des hommes se leva et s\u2019empressa de remettre bon ordre à tout cela.\u2014 Voilà un ten-ps qui calmera sans doute les ardeurs des rôdeurs de nuit et des cambrioleurs nocturnes.\u2014 Ne vous y fiez pas, Fontanelle.Les escarpes sont généralement malins.La remarque que vous venez de faire à leur égard, ils peuvent vous la retourner.Avec un temps semb'able, peuvent-ils songer, les policiers sont engourdis, profitons-en.Oui, et c\u2019est justement pourquoi, il faut, cette nuit, ouvrir l\u2019oeil avec encore plus d\u2019attention qu auparavant.Les minutes s\u2019écoulèrent, mornes et monotones, puis, brusquement, la sonnerie du téléphone retentit.Un des policiers ayant décroché le récepteur, répondit : \u2014 Oui, c\u2019est bien ici le commi:sariat de police de la rue La Boétie.C\u2019est le commissaire Bertrand qui vous répond.Ah ! très bien, c\u2019est vous, Tavemier.qu\u2019y a-t-il?.Comment?Vous dites.un cambriolage, où ça ?.Non pas possible.il y a une heure à peine qu\u2019une ronde avait été effectuée.Je prends note de vos déclarations ; de votre côté, poursuivez vos investigations et téléphonez-moi si vous apprenez du nouveau.Au revoir !.L\u2019homme raccrocha d\u2019un geste brutal.Il était métamorphosé.Lui tout à l\u2019heure si calme, si tranquille, allait de long en large dans la pièce, marmonnant entre ses dents des mots inintelligibles et gesticulant comme un diable.Son compagnon qui, dès les premiers mots de la conversation téléphonique, avait interrompu son travail et tendu une oreille intéressée, le regardait sans oser intervenir.Soudain, tout en demeurant en une attitude déférente et réservée, il se risqua.\u2014 Qu\u2019y a-t-il, chef ?\u2014 Ah ! c\u2019est vrai, j\u2019oubliais de vous signaler ce fait.Prenez du papier et écrivez : « Au cours de la nuit de la saint Sylvestre, à onze heures vingt, un cambriolage a été découvert dans la salle des coffres de la Central Bank, 170, rue du Faubourg-Saint-Honoré.L\u2019enqucte, sitôt commencée, se poursuit activement.» « Voilà.Transmettez immédiatement cette information à la Préfecture ».\u2014 Entendu.Tandis que son secrétaire s\u2019empressait d\u2019accomplir les ordres donnés, le commissaire Bertrand se laissait aller à de profondes réflexions.Il était tellement absorbé qu\u2019à un moment donné, il ne vit pas entrer un nouvel arrivant, lequel demeura quelques instants immobile dans l\u2019embrasure de la porte, et qui n\u2019était autre que l\u2019inspecteur Berthier.Le visage narquois, il regardait, goguenard, le commissaire Bertrand.Soudain, celui-ci, sortant d\u2019un rêve, sursauta et, tournant la tête, remarqua le policier.__Ah! çà, s\u2019exclama-t-il, que pensez-vous de tout cela, mon ami ?\u2014 Bonne année ! C\u2019était un bien dangereux individu que ce Berry dont, au cours de la conversation, on avait par deux fois prononcé le nom .Dessin de JEAN MILLET \u2014 Qu\u2019est-ce que vous dites ?La Central Bank est cambriolée et vous ne bondissez pas d\u2019indignation ?\u2014 Bonne année ! \u2014 Ah ! oui, c\u2019est vrai, bonne année à vous aussi, mon cher Berthier, mais maintenant parlons, si vous le voulez bien, d\u2019affaires sérieuses.Vous connaissez la Central Bank, dont les immenses bureaux occupent tout un immeuble récemment construit au coin de la rue du Faubourg-Saint-Honoré et de la rue de Pen-thiève.Cette Société, vous ne l\u2019ignorez pas, étant la filiale de la fameuse Peninsular and Pennsylvania Bank de New-York, possède en ses coffres des sommes formidables et a parmi ses nombreux clients tous les plus grands financiers de la capitale.Chaque jour, à CE OUI DURE Le présent se fuit vide et triste, O mon amie, autour de nous ; Combien peu du passé subsiste ! Et ceux qui restent changent tons.Nous ne voyons plus sam envie Les yeux de vingt ans resplendir, Et combien sont déjà sans rie Des yeux qui nous ont vus grandir ! Que de jeunesse emporte l'heure, Qui n'en rapporte jamais rien ! Pourtant quelque chose demeure : Je t'aime avec mon coeur ancien, Mon vrai coeur, celui qui s'attache Et souffre depuis qu'il est né.Ai on coeur d' enfant, le coeur sans tache Que ma mère m'avait donné ; Ce coeur où plus rien ne pénètre, D'où plus rien désormais ne sort ; Je t'aime avec ce que mon être A de plus fort contre la mort ; Et, s'il peut braver la mort même.Si le meilleur de l'homme est tel Que rien n'en périsse, je t'aime Avec ce que j'ai d\u2019immortel.Sully Prudhomme quatre heures, les salles où sont enfermés les dépôts sont soigneusement verrouillées et il ne se passe pas une seule heure sans qu\u2019une ronde y soit faite.A dix heures, tout à l\u2019heure, le veilleur de service a effectué sa promenade habituelle, poinçonnant à chaque contrôle sa fiche de service.Rien d\u2019anormal n\u2019a été remarqué par lui et il a téléphoné, sitôt son travail terminé, au poste central, pour aviser qu il n avait rien remarqué d\u2019insolite.Or, une heure plus tard, ou, pour être plus exact, soixante-quinze minutes après, effectuant une nouvelle ronde, pénétrant dans le couloir conduisant à la salle des coffres, il a constaté que la porte était fracturée et qu\u2019un trou béant se trouvait dessiné dans l\u2019acier du blindage.Jetant un rapide coup d\u2019oeil dans la pièce, il aperçut chacune des petites cases louées aux clients toute grande ouverte et vide de son contenu.Sans perdre un seul instant, il retourna à son bureau et alerta les services compétents.\u2014 Bon, je vois ce que c\u2019est, marmonna l\u2019inspecteur Berthier.\u2014 Et de quoi s\u2019agit-il ?questionna le commissaire Bertrand, impatient.\u2014 Oh ! de rien, de rien.\u2014 C\u2019est tout ce que vous trouvez à répondre, et je n\u2019ai sous la main que Fontanelle, mon secrétaire et deux agents.\u2014 Que vous faut-il de plus ?Rendons-nous, sans plus attendre, à la Central Bank et, chemin faisant, je vous ferai part de mes suppositions.\u2014 Ah ! auriez-vous déjà des doutes ?\u2014 Mon Dieu, oui ! J\u2019espère que mon examen là-bas, me les fera vite changer en certitude.Voulez-vous mon opinion ?\u2014 Bien sùr, mais je ne vois pas.\u2014 Eh ! bien, en une heure, pénétrer dans une banque, forcer la salle des coffres et fracturer ces derniers avec une telle dextérité, il n\u2019y a qu'un homme au monde, à ma connaissance, pour faire cela.\u2014 Ah ! Et qu\u2019est-ce ?\u2014 Jimmy Sullivan et sa bande.\u2014 Vous croyez?\u2014 J\u2019en suis certain.D\u2019ailleurs, ce qui vient d\u2019arriver, c\u2019est un peu votre faute ; je vous ai averti, il y a deux semaines, je vous ai alors déclaré que Jimmy Sullivan, de retour de Suisse, s\u2019était installé dans le plus confortable hôtel des Champs-Elysées.Je vous ai dit que c\u2019était un gaillard redoutable et qu\u2019il fallait avec lui, prendre ses précautions.Si vous l\u2019aviez surveillé avec plus d\u2019attention, la petite plaisanterie de la Central Bank ne se serait pas produite.Croyez-moi, il ne restera pas sur ce succès, il recommencera.\u2014 Vous exagérez, mon cher Berthier, ce Jimmy Sullivan, c\u2019est un amateur, un homme du monde désoeuvré qui veut se donner des airs de gentleman cambrioleur.C\u2019est un pauvre bougre, capable tout au plus de dérober dans un salon un collier de perles ou des bijoux à de vieilles dames sentimentales.\u2014 Erreur, mon ami.Jimmy Sullivan, sous ses apparences de beau garçon, danseur élégant et causeur aimable, est un escroc de grande envergure.Peut-être, mais rien ne vous prouve que Jimmy Sullivan soit l\u2019auteur du cambriolage de la Central Bank.Si, et je vous lai déjà dit: la rapidité avec laquelle l\u2019opération a été effectuée.Bref, les événements qui suivront nous montreront si, comme par le passé, vous avez été judicieux, mon cher Eerthier.Pour le moment, en nous rendant là-bas, vous devriez, inspecteur, consulter votre fameux petit carnet.Nous verrons, nous verrons ça plus tard.Je possède à fond dans la mémoire le signalement de notre homme et je puis, sans omettre un seul incident, vous révéler ses états de service. Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 9 ' O** ^ EPS*\"'' Quelques minutes plus tard, le taxi dans lequel ils avaient pris place les déposait devant la Central Bank.Un agent se tenait en faction au haut des marches.Reconnaissant son chef, il s\u2019avança, salua et lui dit : _Le veilleur de nuit est là, il vous attend pour vous faire, de vive voix, sa déposition.Un homme parut.Il avait la figure sympathique et énergique, et supporta aisément l\u2019examen silencieux que lui firent subir les deux policiers._Votre nom ?questionna le commissaire._Sicard, répliqua l\u2019interpellé d\u2019une voix décidée.\u2014 Depuis combien de temps êtes-vous employé à la Société de Surveillance Nocturne ?demanda à son tour l\u2019inspecteur Berthier.\u2014 Depuis bientôt treize ans._Quand avez-vous pris votre service ?_J\u2019ai fait la relève de mon camarade Vernier à dix heures moins le quart, comme de coutume.Quinze minutes plus tard, j\u2019ai fait ma première rondd, sans relever le moindre détail insolite.\u2014 Et votre seconde ?\u2014 A onze heures et quart.\u2014\tComment cela ?Vous étiez en retard de quinze minutes ! \u2014\tD\u2019accord, repartit l\u2019homme sans se troubler, et il y a une raison à cela.A onze heures moins cinq, la sonnerie du téléphone a retenti, j\u2019ai immédiatement répondu.Mais malgré toute ma bonne volonté, je n\u2019ai pu comprendre ce que me disait mon interlocuteur.\u2014 J\u2019y suis, interrompit le commissaire, tandis qu\u2019un complice vous tenait au bout du fil.le cambrioleur opérait tranquillement.\u2014 Bref, quand je raccrochais, la sonnerie recommençait ; ne sachant que faire, j\u2019ai pensé à aviser mon collègue Délavai, qui opère dans le bâtiment B ; je me suis rendu à son bureau et l\u2019ai trouvé inanimé sur le sol.Je suis allé faire ma ronde, et c'est alors que j\u2019ai découvert le cambriolage.\u2014 Hum, c\u2019est étrange, marmonna !e commissaire.\u2014 Vous trouvez ?moi pas.Ce garçon s\u2019est expliqué clairement.Allons voir cette salle des coffres-forts, voulez-vous.Ah ! pardon, une minute.Ne faisant plus du tout attention au commissaire Bertrand et aux agents qui se trouvaient là, l\u2019inspecteur Berthier s\u2019était agenouillé sur le trottoir, au bord de la chaussée et examinait sur le sol les traces laissées sur la boue neigeuse par des roues de camion.Il se releva, fit, plié en deux, quelques pas, se baissa pour ramasser un bout de cigarette qu\u2019il regarda avec le plus grand soin.Et c\u2019est alors seulement qu\u2019il se souvint du commissaire et qu\u2019à la suite de ce dernier, il pénétra dans la banque.\u2014 Eh bien ! avez-vous trouvé l\u2019indice fatal ?demanda Bertrand.\u2014 Je ne crois pas, mais peut-être le mégot que je viens de ramasser vien-dra-t-il confirmer certains de mes pressentiments.Les deux hommes pénétrèrent dans le hall.Toutes les lumières avaient été allumées et pas un seul coin ne demeurait obscur.Des agents, échelonnés à intervalles réguliers, montaient une garde attentive.Silencieux, Berthier jeta un rapide coup d\u2019oeil.Il examina superficiellement les guichets fermés, les bureaux recouverts de bâches grises, les comptoirs nus et les escaliers déserts.Il remarqua : \u2014 Ce n\u2019est pas ici qu\u2019on fera du travail intéressant ! Mais le commissaire était d\u2019un avis tout différent.Avec minutie, il inspecta chaque meuble, fit relever diverses empreintes digitales découvertes aux abords de la caisse centrale.Une demi-heure après, il se décida à descendre dans la salle des coffres.Celle-ci au sous-sol, était fermée par une lourde porte en acier massif, bardée de lourdes barres transversales et s\u2019ouvrant comme la culasse d\u2019un canon.L\u2019inspecteur Berthier, immédiatement, s\u2019était approché et examinait breuses petites lampes électriques.La chambre des coffres fut bientôt atteinte.Berthier et Bertrand, immédiatement, reprirent leurs investigations.\u2014 C\u2019est incroyable ! c\u2019est fantastique ! grogna le commissaire.\u2014 Vous faites erreur, ce n\u2019est ni incroyable, ni fantastique, mais c\u2019est signé Jimmy Sullivan.Tirant de sa poche un petit carnet, l\u2019inspecteur, l\u2019ayant ouvert à une page déterminée, lut : « Jimmy Sullivan est connu dans le monde qu\u2019il a l\u2019habitude de fréquenter, sous le pseudonyme de « Vlngénieur ».Homme très instruit et fort intelligent.Il a déjà découvert et mis au point plusieurs appareils scientifiques lui permettant de perforer n\u2019importe quelle plaque de blindage aime une rapidité dépassant dix fois celle des appareils utilisés par ailleurs.» \u2014 Maintenant, voulez-vous le signalement de Jimmy Sullivan ?Le voici : « Jimmy Sullivan, âgé de trente-six ans, né à Baltimore ; taille : un mètre soixante-dix-sept ; cheveux bruns, légèrement ondulés et abondants , visage rond ; regard énergique et décidé ; sportif à l\u2019extrême et athlète de grande classe ; d\u2019un physique agréable, beau parleur et très élégant, loge dans les plus grands hôtels et fréquente la société la plus sélect.Loge actuellement au Claridge.Signe particulier : porte toujours un oeillet blanc, à la boutonnière.» \u2014 Très original.Et c\u2019est dans votre petit carnet, tout ça ?\u2014 Non, pas seulement dans mon petit carnet, répliqua Berthier avec un petit rire sarcastique.Et, se penchant en avant, cherchant à déblayer devant lui le sol encombré de débris de toutes sortes, l\u2019inspecteur, radieux, ramassa quelque chose maculée de poussière, souffla dessus délicatement et présenta l\u2019objet à son compagnon : c\u2019était un aster blanc.\u2014 Que dites-vous de cela ?\u2014 Extraordinaire ! \u2014 Quand je vous disais qu\u2019un tel vol était signé, et que j\u2019en connaissais la signature.\u2014 Alors, rendons-nous de ce pas au Claridge, et arrêtons cet aventurier.\u2014 Gardez-vous-en bien.D\u2019abord, n\u2019oubliez pas que nous sommes actuellement dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.Je serais fort étonné que notre homme se trouvât chez lui.Il aura sûrement été invité par des amis et réveillonne maintenant en joyeuse compagnie.Car c\u2019est un type très fort, et je serais surpris s\u2019il ne nous donnait pas, lorsque nous l\u2019interrogerons, un sérieux alibi.\u2014 Vous avez raison; et puis, il n y a pas que Jimmy Sullivan qui ait le droit de porter un oeillet blanc à la boutonnière, vous fera-t-il remarquer judicieusement, mon cher Berthier.Et qu\u2019objecterez-vous ?\u2014 Ça, c\u2019est mon affaire, répliqua l\u2019inspecteur.CHAPITRE I! Parmi le tout-Paris élégant et mondain, celui qui, désoeuvré, fréquente les salons de thé en vogue, les clubs les plus sélects, les réunions hippiques et les soirées de gala, on remarquait depuis plusieurs mois, se détachant par sa radieuse beauté de toutes les jolies femmes, une jeune noble d\u2019origine italienne, la comtesse Irène Serventi.Elle était arrivée par un matin d\u2019août et s\u2019était aussitôt installée dans un luxueux hôtel voisin de l\u2019avenue du Bois-de-Boulogne, dont elle s\u2019était rendue acquéreur sans marchander, malgré le prix exorbitant auquel il lui fut proposé.Dès lors, elle fut de toutes les réunions.Jeune et magnifiquement belle, la comtesse Irène Serventi fut continuellement entourée d\u2019une cour d\u2019adorateurs passionnés.Ce soir-là, autour d\u2019une table magistralement dressée, elle avait réuni un [ Lire la suite page 15 1 avec un réel intérêt l\u2019étrange façon dont l\u2019acier avait été perforé.\u2014 Curieux, curieux, répéta-t-il à diverses reprises.\u2014 Que constatez-vous ?lui demanda son collègue.\u2014 Vous vous êtes déjà trouvé en présence de coffres-forts fracturés, n\u2019est-ce pas, mon cher Bertrand ?\u2014 Certainement, où voulez-vous en venir ?\u2014 A ceci : généralement, le cambrioleur, à l\u2019aide d\u2019un chalumeau oxhydrique, lequel, en pareille circonstance, lui aurait demandé au moins dix à douze bonnes heures, trace un trou circulaire auprès de la serrure, qui lui permet ensuite d\u2019ouvrir du dedans ; or, ici, on s\u2019est amusé, comme à plaisir, à compliquer le travail en faisant sauter le tour de la porte, petite opération nécessitant, avec toujours un chalumeau oxhydrique habituel, un effort de vingt heures.Or, à dix heures, lorsque le veilleur a fait sa ronde, il ne constate rien d\u2019anormal et soixante-quinze minutes plus tard, tout est consommé.Quel virtuose.\u2014 Hum ! si nous nous rendions dans la salle des dépôts.Sous la conduite de leur guide, les deux policiers s\u2019engagèrent dans un souterrain éclairé par de nom- 10 Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 Nouvelle humoristique Un Grave Problème par PIERRE LANG* Monsieur Leroy avait acheté un réfrigérateur.Un des tout derniers modèles et sa satisfaction était grande.Il en parlait même au bureau avec fierté et s\u2019était permis d\u2019inviter son chef à venir prendre le café à la maison pour contempler son acquisition.Aussi était-ce avec une grande impatience qu\u2019il attendait le coup de sonnette.Sa femme avait mis sa plus belle robe et sa fille avait eu droit à la jolie toilette de taffetas que l\u2019on gardait pour les grandes occasions.Attente, longue attente, terrible attente.Les mains tremblantes, M.Leroy arrangeait pour la dixième fois sa cravate à pois bleu lorsque le coup de sonnette tant attendu retentit.Madame Leroy se précipita pour ouvrir la porte.La famille Bernard était au grand complet.Le père, la mère et le moutard de 5 ans, qui portait le parapluie maternel (il lui fallait toujours quelque chose dans les mains, sans quoi il se fourrait les doigts dans le nez !) On s\u2019installa au salon.Les dames parlèrent chiffons, les gosses jouèrent à cache-cache dans le vestibule et M.Leroy emmena presque aussitôt son chef à la cuisine.« Voyez le réfrigérateur dont je vous ai parlé, je ne regrette vraiment pas mon emplette.Il marche à merveille et la nourriture se conserve admirablement bien.C\u2019est le dernier cri.Un ventilatur se met automatiquement en marche dès que la température atteint un certain niveau.Eh ! regardez lorsque j\u2019ouvre la porte.cette petite lampe s\u2019allume automatiquement et me permet de voir à l\u2019intérieur.Hein.! Qu\u2019en pensez-vous ?\u2014 Heu! Oui vraiment ce n\u2019est pas mal, mais dites-rr:! mon cher, vous devez user terriblement d\u2019électricité avec cet engin.Cette lampe b~u'e à 1 ongueur de journée et cela finit par faire une grosse consommation.i> \u2014 Mais non voyons ! elle s\u2019éteint automatiquement dès que je ferme la porte.\u2014 C\u2019est facile à dire, mais lorsque la porte est fermée vous ne pouvez pas vous en rendre compte.Moi je parie qu\u2019elle reste allumée.\u2014 Le vendeur m\u2019a assuré qu\u2019elle s\u2019éteignait.\u2014 Evidemment il s\u2019en fiche! Peut-être touche-t-il une commission de la compagnie d\u2019électricité ! \u2014 C\u2019est curieux, il avait pourtant l\u2019air sincère.Tenez nous allons essayer de nous en rendre compte.Mettez-vous près de la fente.Lorsque je fermerai la porte vous me direz ce qui se passe.Attention, vous êtes prêt ?.\u2014 Oui.\u2014 Elle est éteinte ?\u2014 Je ne sais pas.Vous avez fermé beaucoup trop vite.L\u2019expérience fut renouvelée plusieurs fois sans succès aucun.Les deux hommes qui avaient débouché une bouteille de porto furent bientôt animés d\u2019une nouvelle ardeur.La séance continua.Mais impossible de rien distinguer.Le problème restait toujours le même.Toute la raideur qui marquait les rapports ordinaires entre le chef et l\u2019employé avait disparu.C\u2019est de bon coeur qu\u2019ils continuaient leur discussion.\u2014 Mais oui mon vieux Leroy, nous ne pourrons jamais savoir.Il faudrait que l\u2019on puisse entrer dans ce machin-là pour être fixés, mais nous sommes trop gros pour cela.mais au fait j\u2019y pense.Il y a mon petit garçon qui pourrait très bien faire l\u2019affaire.Mais il a un caractère de cochon, comme sa mère, et je crains qu\u2019il n\u2019acceptera pas notre proposition.\u2014 Promettez-lui un bonbon.\u2014 Il n\u2019aime pas les bonbons.\u2014 Quel gosse ! Laissez-moi faire, nous allons lui dire que nous sommes en train de jouer.\u2014 Jouer à quoi ?\u2014 Je ne sais pas moi.aux Indiens.\u2014 Quel rapport avec une glacière ?Les Indiens n'en ont pas.\u2014 Oh ! vous savez avec le progrès.\u2014 Essayons ! Monsieur Bernard utilisa toutes les ressources de son imagination pour attirer l\u2019attention de son fils.Il toussa légèrement puis remua ses pieds tout en faisant des gestes désespérés avec ses bras à la manière d\u2019un matelot perdu sur une lie déserte qui aperçoit une voile à l\u2019horizon.Le gosse sembla enfin s\u2019intéresser au manège et vint le rejoindre.\u2014 A quoi joues-tu papa ?\u2014 Aux Indiens avec M.Leroy.Tu veux jouer avec nous ?\u2014 Qu\u2019est-ce que je dois faire ?\u2014 Tu seras l\u2019Indien poursuivi par les Esquimaux et tu vas te cacher dans leur maison.Tu seras bien à l\u2019abri.\u2014 Où est la maison papa ?\u2014 Là, tu vois le réfrigérateur ! Tu seras bien là-dedans.La figure des deux hommes était rayonnante de joie.Ils allaient enfin savoir qui avait raison.Il fallut vider le réfrigérateur de son contenu et le melon alla rejoindre sur la table de la cuisine la livre de beurre et le restant du gigot.Enfin tout fut prêt.Le réfrigérateur était vide.Mais le gosse avait changé d\u2019avis.L\u2019intérieur de la « maison » ne lui paraissait pas assez confortable.Il fallut supplier, se mettre en colère afin que le moutard consente à entrer et la dernière recommandation de M.Leroy fut : i >-y> IF* - \t\tWÊk \t\t \t\t 1 \\ \\\t\t \t\t Dessin de JEAN MILLET\tLa figure des deux hommes était rayonnante de joie.Ils allaient enfin savoir qui avait raison.Il fallut vider le réfrigérateur de son contenu et le melon alla rejoindre sur la table de la cuisine la livre de beurre et le restent du gigot.\u2014 Tu nous diras si c\u2019est sombre ou s\u2019il y a de la lumière.et il referma la porte.Pour être bien certains du résultat ils attendirent deux minutes.Le gosse commençant à trouver le temps long se mit à hurler comme s\u2019il venait de se couper le doigt avec un couteau de cuisine.Ce ne fut pas long ! Ces dames quittèrent le salon et arrivèrent en trombe dans la cuisine.Madame Bernard faillit s'évanouir.Son mari se sachant pris en faute, sautillait d\u2019un pied sur l\u2019autre, souriant d\u2019un air niais.\u2014 Heu ! nous jouons à la marchande et aux Indiens.\u2014 Tu m\u2019as bien l\u2019air d\u2019un Indien.Où est Claude ?\u2014 Dans sa maison, il est poursuivi par des Esquimaux.\u2014 Quelle maison, quels Esquimaux ?Es-tu devenu fou ?\u2014 Mais enfin, Claude est simplement dans le réfrigérateur.Il n\u2019y a pas de mal à cela.- Madame Bernard fit sortir Claude du réfrigérateur.Le gosse en pleurait en se frottant la tête.Il fut aussitôt assailli de questions par les deux hommes.\u2014 Alors.est-ce qu\u2019il faisait sombre ?\u2014 Hi, hi ! j\u2019ai mal à ma tête.\u2014 Mais, réponds-nous idiot.\u2014 J\u2019ai mal à ma tête.\u2014 Oui, d\u2019accord, mon petit, nous savons que tu as mal à la tête, mais dis-nous as-tu vu la lumière ?\u2014 Quelle lumière ?Quand je suis entré dans la boîte, ma tête a cogné sur quelque chose qui a fait boum.Ça m\u2019a fait mal et.puis j\u2019ai reçu des morceaux de verre sur le nez.! B jS3L j « spii **«>«># ****»**.» #> * * *>*>*># n-«* m if i UN GRAND CENTRE RADIOPHONIQUE L\u2019édifice Radio-Canada (l\u2019ancien Hôtel Ford) que l\u2019on vient d inaugurer officiel lement à Montréal est l\u2019un des centres radiophoniques les plus modernes et les plus complets du monde, en partie à cause de la multiplicité des services qu\u2019il réunit sous un seul toit.En effet, il loge une partie de l\u2019Exécutif de Radio-Canada, les bureaux nationaux des Divisions du Génie et du Personnel de l\u2019Administration, les principaux services du Réseau Français ainsi que les bureaux du Service International.Outre les bureaux, il y a 26 studios, une régie centrale parmi les plus considérables et les plus modernes qui soient, une salle d\u2019enregistrement, une bibliothèque, une bibliothèque de musique, une discothèque, un certain nombre de salles d\u2019écoute et d\u2019assemblée, un fumoir et un vestiaire pour les artistes, une grande salle d\u2019assemblée et des bureaux attenants pour le Bureau des Gouverneurs et autres.\t\u2022 Des 26 studios, 9 sont au rez-de-chaussée, 6 studios (pour émissions parlées) sont sur les mezzanines et 11 studios au deuxième étage.Ces studios ont été construits de façon à amortir tous les bruits extérieurs.Ils sont tous individuellement suspendus et isolés.Partout où cela a été possible, on a respecté pour les bureaux le plan architectural de l\u2019ancien Hôtel Ford.La Discothèque renferme environ 40,000 disques.La Bibliothèque de Musique a pour $100,000 de musique en feuilles.Le Service des Archives comprend au moins 50,000 dossiers.La Régie Centrale de l\u2019Edifice Radio-Canada est unique en son genre en Amérique du Nord.Elle a été construite au coût approximatif de $170,000.Ses tableaux de commande peuvent servir 5 émetteurs, 8 réseaux de sorte et 7 réseaux d\u2019arrivée.27 émissions réalisées sur les lieux peuvent être dirigées simultanément par la Régie Centrale : 5 vers les émetteurs, 8 vers les réseaux et 14 vers la salle d\u2019enregistrement.La Régie Centrale dispose aussi de 7 raccordements avec des réseaux d\u2019arrivée et compte 187 amplificateurs réunis dans un espace anormalement restreint.Un technicien seul suffit à la manoeuvrer.Les principales maneties figurent toutes sur un tableau central à la portée de la main.La Salle d\u2019enregistrement est la plus considérable et la plus moderne du Canada.Une fois complétée, elle disposera de 12 plateaux de disques et de 8 enregistreurs magnétiques.Chaque unité d\u2019enregistrement comporte un sélecteur automatique qui peut se brancher sur n importe quelle des 50 emissions diiigées sur la Régie Cenirale.Tous les appareils d\u2019enregistrement sont débranchables, ce qui facilite l\u2019entretien et l\u2019interchangeabilité.On calcule que la Salle d\u2019enregistrement gravera quelque 18,000 disques ou bobines tous les ans.Les copeaux d\u2019acétate qui résultent de la gravure sur disque et qui sont très inflammables seront aspirés par des tuyaux et dirigés vers des refroidissements isolés.Le Service International a débuté en février 1945 par des diffusions vers l\u2019Europe en anglais, en français, en allemand et\t[Lire la suite page 36] Ci-contre, l'imposant aspect du nouvel immeuble de la Société Radio-Canada, rue Dorchester ouest, à Montréal.On reconnaît la silhouette de l'ancien Hôtel Ford, mais la transformation radicale de la base donne une juste idée des réfections considérables opérées à l'intérieur, comme le démontrent du reste les trois photos du haut.A gauche, l'un des nombreux studios.\u2014 A droite, une salle d'enregistrement.\u2014 Au centre, régie centrale.Les bureaux du personnel de la télévision occuperont le 6e étage.Quant au nouvel immeuble de télévision proprement dit.il est actuellement en construction derrière l'édifice Radio-Canada.Photos Editorial Associates Ltd.LE NOUVEL IMMEUBLE DE RADIO-CANADA pm?L ABBE MAURICE PROULX UN CINÉASTE-MISSIONNAIRE On s\u2019est habitué à considérer le cinéma sous toutes sortes d aspects.Tantôt, c\u2019est un instrument de propagande ; tantôt, un excellent médium d\u2019enseignement ; très souvent aussi c\u2019est un simple passe-temps capable d\u2019autant de mal que de bien.Mais il en est encore pour qui le cinéma peut devenir un véritable apostolat, quand on lui donne comme but d\u2019enseigner par l\u2019image le bien et le beau ; d\u2019intéresser le peuple aux joies et aux satisfactions du labeur courageusement poursuivi ; d\u2019élargir ses horizons en lui faisant mieux comprendre les êtres et les choses qui l\u2019entourent ; de soutenir enfin sa foi en lui prêchant la grandeur et la sublimité de ses croyances.C'est pour s\u2019être donné cet idéal que l\u2019abbé Maurice Proulx, du Collège d\u2019Agriculture de Ste-Anne-de-la-Pocatière, fait aujourd\u2019hui figure de véritable cinéaste-missionnaire chez nous.Les écrans de toutes nos salles paroissiales, de tous nos couvents, de tous nos collèges et d\u2019une multitude d\u2019autres institutions ont projeté depuis plusieurs années ses productions cinématographiques déjà nombreuses.Cet infatigable pré-, dicateur par l\u2019image, qu\u2019un labeur incessant a mis en contact avec tant de gens de toute condition, n\u2019a donc plus besoin d\u2019être présenté.Tout le monde le connaît pour l\u2019avoir vu à l\u2019oeuvre et pour avoir vu son oeuvre.L\u2019Abitibi lui doit un documentaire unique sur la naissance de ses premières colonies.Sur la Gaspésie, l\u2019abbé Proulx en a tourné un autre digne, comme le premier, de rester dans nos archives.Pour l\u2019agriculteur qu\u2019il affectionne particulièrement, il a tourné nombre de films dont : Le Labour Richard, Les Couches Chaudes, La Betterave à Sucre, l\u2019Exposition de Québec, le Percheron, le Miel Nectar, Le Défrichement Motorisé, Le Lin du Canada, Sucre d\u2019Erable et Coopération, Les Ennemis de la Pomme de Terre, etc.D\u2019autres sujets, comme le Ski à Québec, de réalisation plus récente, témoigneront encore de l\u2019aisance avec laquelle l\u2019abbé Proulx peut s\u2019attaquer aux sujets les plus variés en conservant toujours à chacune de ses productions un caractère typiquement provincial.Pour ce prêtre-cinéaste formé à sa propre école, les grandes mises en scène et les truquages habituels à la caméra ne sont pas de première importance.C\u2019est le fonds qui compte le plus et c\u2019est ce qui donne à toute son oeuvre cinématographique un sens de vérité rare et une portée éducative d\u2019une valeur exceptionnelle pour les assistances auxquelles elle est destinée.Faire du cinéma pour ses compatriotes et avec ses compatriotes a été la première ambition de l\u2019abbé Maurice Proulx.Etendre le rayonnement de son sacerdoce par le cinéma devait être pour lui l\u2019accomplissement logique de cet idéal.C est ainsi qu on l\u2019a vu, il y a quelques années, réaliser sur le congrès marial d\u2019Ottawa un film qui est plus une prolongation de l\u2019hommage du Canada à la Reine du Ciel qu une émouvante évocation cinématographique des grandes assises mariales.C est ainsi encore que l\u2019abbé Proulx nous revient de Rome avec le plus grand reportage cinématographique réalisé en 16mm sur le plus grand événement du siècle dans 1 Eglise catholique : la Proclamation du Dogme de l'Assomption.Cette fois-ci encore, son film est plus qu\u2019une reconstitution par l\u2019image d\u2019un événement qui a fait affluer vers le berceau du christianisme des pèlerins venus de tous les coins du monde.Prêtre avant tout, monsieur l\u2019abbé Proulx a voulu saisit avec sa camera 1 ame meme,\t^ Lire la suite pape 36 ] Ci-contre, d\u2019aussi loin que la caméra a pu scruter l\u2019espace, elle n\u2019a trouvé qu\u2019une véritable mer humaine qui avait envahi l\u2019immense place de la Basilique Saint-Pierre.Faire du cinéma pour ses compatriotes et avec ses compatriotes a été la première ambition de l\u2019abbé Maurice Proulx.Etendre le rayonnement de son sacerdoce par le cinéma devait être pour lui l\u2019aboutissement logique de cet idéal, d\u2019où son titre bien mérité de cinéaste-missionnaire. Le Samedi.Montréal.2 juin 1951 13 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR mm 'iMm\\ mmm PEUT-ON 8IEN BIEN JOUER AU BASEBALL AVEC DES LUNETTES ?Est-il dangereux pour un joueur de baseball professionnel de porter des lunettes, surtout quand il vient frapper ?A prime abord, nous sommes portés à répondre dans l\u2019affirmative.Mais on doit bien se douter que tous les joueurs du baseball organisé, des ligues majeures à la classe D, portant lunettes, ne sont tout de même- pas des fous.S\u2019ils s\u2019acharnent à jouer avec des lunettes, ce n\u2019est pas pour le plaisir de s\u2019exposer aux graves accidents et de risquer de perdre à jamais l\u2019usage de la vue.Le verre porté est spécial, ne se brise pas, ne peut éclater sous le choc.Donc, aucun danger de coupure Le danger vient de la monture qui peut se briser.Les cas de cette sorte d\u2019accidents sont plutôt rares, dans les ligues majeures, en particulier.Pourquoi les gens admettent-ils difficilement que les joueurs puissent s\u2019accommoder du port des lunettes ?Tout est affaire d\u2019habitude.Il n\u2019y a aucune raison pour que les joueurs se trouvent embarrassés de leurs verres sur un terrain de baseball, s\u2019ils ne le sont pas dans la vie courante.S\u2019ils ne voient pas, c\u2019est que leurs lunettes soient défectueuses ou que leur affliction soit bien grande.Dans ce dernier cas, ils n\u2019ont évidemment pas leur place sur un losange, où les joueurs gagnent de $4,000 à $20,000 et plus.S'ils voient, ils conservent tous leurs moyens.La preuve en est que la majorité des joueurs dont nous mentionnons les noms sont excellents ou presque : Jim Konstanty.des Phillies ; Dizzy Trout, du Détroit ; Walter Masterson, des Red Sox de Boston ; Ted Gray, du Détroit ; Al Sima, du Washington; Joe Ostrowski, des Yankees; Paul Cal-vert, du Détroit ; Murray Wall, appartenant aux Braves de Boston ; Clyde King, du Brooklyn ; Earl Tor-geson des Braves de Boston ; Bill Rigney, des Giants de New-York ; Eddie Joost, du Philadelphie Américain ; Bob Dilinger, du Pittsburgh ; Dom DiMaggio, des Red Sox de Boston ; Thurman Tucker, du Cleveland ; Jack Lohrke, des Giants de New-York.Avec un si grand nombre de joueurs des ligues majeures portant lunettes, il est très difficile de croire que, pour les 44 premières années de l\u2019histoire du baseball professionnel, le seul joueur qui portait alors lunettes fut le lanceur William Henry White, de 1877 à 1886.Ce n\u2019est qu\u2019en 1915 qu\u2019un club des grandes ligues prit la chance d\u2019employer des joueurs portant lunettes : Lee Meadows et Proctor Hill, du Pittsburgh.En 1921, ce fut au tour du fameux George Toporcer, du St-Louis, aujourd\u2019hui gérant du Buffalo.Les lanceurs Danny MacFayden et Vic Sorrell, Lefty Gomez, Bill Lee, Mel Harder et les joueurs Chick Hafey, Paul Wa-ner, Mel Ott, et Mark Koenig eurent recours aux lunettes sur le losange.Chose étrange, lorsque le fameux lanceur Dazzy Vance, du Brooklyn, retira sur trois strikes au bâton 17 frappeurs du St-Louis, de la Ligue Nationale, George Toporcer fut le seul joueur, à qui il ne put faire mordre la poussière, cet après-midi-là.Un seul arbitre du baseball organisé a chevauché bésicles dans l\u2019exercice de ses fonctions.Il s\u2019agit de Robert O\u2019Regan, de la Ligue Bi-State Nous ignorons s\u2019il est encore de ce monde.L'ESPRIT D'EQUIPE AU SEIN DU CLUB DE BASEBALL GRANBY.Le baseball professionnel est une école d\u2019énergie et de ténacité, avons-nous dit en maintes occasions depuis plus d\u2019un quart de siècle.Oui, mais c\u2019est aussi une école où l\u2019esprit d\u2019équipe doit régner presque souverain.Il convient de disséquer l\u2019esprit ou le moral de .l\u2019équipe, pour en tirer le plus d'enseignements possibles.Celui du club de baseball Granby, de la Ligue Provinciale du président Molini que nous classifions de calibre B fort, pour ne pas dire A, est des meilleurs.Pour notre part, nous n\u2019avons jamais été à la tête d\u2019un meilleur groupe de joueurs de baseball composé de neuf joueurs blancs et de huit joueurs de couleur, où l\u2019entente soit d\u2019une si belle mise.Est-ce parce que les Granbiens possèdent une légère avance, jusqu\u2019ici, sur tous leurs forts concurrents ?Les succès, voyez-vous, engendrent la bonhomie.La principale raison de cette cohésion est la suivante : Tous les joueurs du Granby, sans exception, tiennent à gagner à tout prix et jettent au panier la question raciale, qui cause tant de torts, en certains milieux fanatiques.Dans un club du baseball organisé, chaque individu a un caractère, une manière d\u2019être, une tendance qui lui est propre.Il paraîtrait donc, à prime abord, qu\u2019un noyau de 17 joueurs, en assez bonne condition physique, doive présenter une physionomie composée et indéchiffrable.Il n\u2019en est rien, car les constituants de l\u2019expression et du tempérament de chacun s\u2019estompent, se fondent pour laisser la place aux seules fonctions, qui permettent aux joueurs de satisfaire à leur idée dominante : gagner toutes les joutes si possible, frapper le plus de coups sûrs afin d\u2019obtenir, à la fin de la saison, une moyenne de plus de .300 au bâton, qui leur permettrait de faire augmenter leur salaire, la saison suivante.Voilà donc le point capital auquel il convient de satisfaire pour être à même d\u2019avoir l\u2019esprit d\u2019équipe.Les joueurs qui n\u2019ont pas la faculté de faire abstraction de la personnalité, ni les qualités de sacrifice nécessaires, ne peuvent l\u2019acquérir.Bien plus, est-ce à dire que la pratique du baseball professionnel tende à faire perdre tout caractère aux individus ?Non, loin de là, le joueur arrive sur le losange avec son individualité propre et la recouvre intacte après la joute.Demandez à un lanceur de marque si, frappant la terre du pied d\u2019une manière brusque, devant un revers, il en veut à quelques-uns de ses co-équipiers.Non, au sein du club Granby, lejanceur maugrée dans ces cas, contre lui-même, parce qu\u2019il a manqué de contrôle sur une telle ou telle balle, qu\u2019il voulait lancer à la hauteur des genoux et qui, malheureusement, est passée au marbre à la hauteur de la ceinture, alors que le frappeur a expédié la pilule blanche de cinq onces et un cinquième près de la clôture.De cette façon, ce lanceur a développé la volonté de vaincre, le cran et la confiance, en dépit d\u2019une assez forte opposition, de part et d\u2019autre.Cette aptitude à changer de peau, s\u2019il nous est permis de nous exprimer ainsi, constitue le meilleur délassement qu\u2019on puisse rêver pour tout jeune homme, voulant atteindre un but louable.Après l\u2019effort, chacun se retrouve, avec du sang nouveau, plein d\u2019une vigueur nouvelle.Il n\u2019y a aucun doute, l\u2019esprit d\u2019équipe et la volonté de vaincre à tout moment ne sont pas les seules raisons du succès.Les lanceurs et les frappeurs font de l\u2019excellente besogne.Toutefois, ces qualités sont des atouts indispensables, des gerbes magnifiques, une école de volonté et de maîtrise de soi.Comme mot de la fin \u2014 ne le soufflez à qui que ce soit \u2014 nous vous dirons franchement que les Red Sox de Granby possèdent, sur leur alignement, quatre joueurs qui monteront en plus haute compagnie, dans la classe AAA, si la situation aux Etats-Unis et en Europe s\u2019aggrave, comme il est permis de le croire d\u2019ici un an ou deux.En temps de guerre, le receveur de couleur du Granby, Bill Cash, 6 pieds 1 pouce, 190 livres, 28 ans, au bras de fer et précis, le lanceur gaucher de couleur, Eugène Jones, 6 pieds 2 pouces, 185 livres, 26 ans, qui se spécialise dans les lancers à la hauteur des genoux \u2014 notre lubie \u2014 sur le coin extérieur ou intérieur du marbre, selon la faiblesse de chacun des frappeurs, les voltigeurs Wally Jako et Eddie Yeager, deux des meilleurs patrouilleurs du circuit, feront le saut dans la Ligue Internationale, l\u2019Association Américaine ou la Ligue de la Côte du Pacifique.Peut-être verrons-nous deux de ces joueurs avec les Royaux de Montréal en 1953 ! BEVERLY J.BAKER, de Santa Monica, Californie est fière de son trophée qu'elle gagna récemment comme meilleure joueuse de tennis amateur des Etats-Unis.Les trois facteurs suivants lui permirent de décrocher ce trophée : excellente tenue de sportivité au jeu, habileté naturelle et la meilleure candidate pour cette saison.AMATEURS DE BASEBALL Ne manquez pas dans LE SAMEDI de la semaine prochaine, l'article spécial d'Oscar Major (deux pages en regard! consacré à l'équipe des \"ROYAUX\" de Montréal et illustré de 20 SUPERBES PHOTOS représentant les membres du club au grand complet, y compris le gérant. ¦ '4 * ¦ A Londres, un jeune garçon se gratte la tête sans pouvoir arriver à une conclusion quant à l'identité d\u2019un objet sculpté.C'est l'oeuvre de Barbara Hepworth qu'elle a intitulée : Forme Contrapunf ique.\u2014 Ci-dessous, dans un salon du Palais St.James, la Reine Marie regarde l'exposition de vêtements royaux.A Madrid on a célébré avec pompe le douxième anniversaire de la fin de la guerre civile espagnole.Du haut de son balcon, le général FRANCO salue les unités motorisées.Les ministres, les membres du corps diplomatique et une foule immense assistent au défilé militaire.*.* fftl üif?A Rome, les jeunes chanteurs catholiques qui se sont rendus dans la Ville Eternelle afin de chan-ter pour le Pape, sont réunis dans l\u2019imposante arène du Colisée, avant d'aller à la basilique St-Pierre.__ Ci-dessous, une petite Coréenne de cinq ans fleurit la tombe d'un soldat américain.i llv \" m \\\\h Ci-dessous, à Chicago, Mme DOROTHY STEVENS qui a failli être gelée à mort, sourit courageusement à JOHN, son mari, lorsqu'il vint la voir à l'hôpital.Mme Stevens a été finalement amputée des deux pieds et de plusieurs doigts.Mme JENNIE MOTEN est l'infirmière qui prend soin d'elle.ÇA et LÀ par L\u2019IMAGE Ci-dessous, à Londres, quatre solides agents de police cherchent à maîtriser un docker afin de le conduire à la fameuse prison OLD BAILEY.On se souvient qu'il y a quelque temps, la force policière et les grévistes en étaient venus aux prises durant un procès intenté à sept de leurs chefs.Au moment précis de l'incident, que pouvait bien se dire ce sympathisant dans sa peu élégante posture ?.qu'il est difficile de résister devant la force.Mais les protestations publiques s'entreprennent à ces risques.Les Parisiens en savent quelque chose, et depuis longtemps ! Le Samedi, Montréal, 2 juin l'Jôl 15 LE VOL DE CENTRAL BANK certain nombre de ses amis.Le dîner avait été fort gai.Les convives s\u2019étant levés de table, les uns se rendirent dans le salon, les autres dans le fumoir, et se mirent à bavarder.Les conversations s\u2019échangeaient en un brouhaha sans cesse grandissant.Mais, parmi les invités, un seul paraissait rallier à lui toute l\u2019attention des personnes présentes.C\u2019était un jeune homme, grand, élégant, bien mis dans un smoking, dont la coupe impeccable faisait ressortir la carrure athlétique, à la verve intarissable et dont l\u2019entrain était fort éblouissant.Entouré d\u2019un certain nombre d\u2019invités, il se livrait à d\u2019amusants tours de cartes.\u2014 Choisissez-en une, mademoiselle, regardez-la bien afin de vous souvenir de sa valeur ; bon, maintenant que j\u2019ai le dos tourné, glissez-la dans tout ce paquet.Je bats les cartes, une fois, deux fois ; je coupe une fois, deux fois.Dites-moi enfin un chiffre allant de un à cinquante-deux.\u2014 Quarante et un ! \u2014 Parfait.Votre carte sera la quarante et unième.Anxieux, chacun regardait les cartes qui, une à une, tombaient sur le tapis.\u2014 .trente-neuf.quarante.quarante et une.Voici la carte que vous avez choisie.C\u2019est le neuf de trèfle.\u2014 Merveilleux! Splendide! Fantastique ! Le jeune homme sourit, recula, cherchant à se libérer de ces flatteurs.Irène Serventi, se trouvant non loin de là, il lui lança un regard suppliant, auquel la jeune femme répondit d'un sourire : \u2014 Vous êtes étonnant, mon cher, jamais je ne vous ai vu aussi enjoué et aussi animé que ce soir.Le jeune homme prit doucement entre ses mains celles de sa compagne, y déposa un long baiser.\u2014 Irène, je suis fou de vous ! \u2014 Jimmy, soyez sérieux, voyons! Un prestidigitateur doit être à tous instants maître de ses moyens.\u2014 Irène !.\u2014 Jimmy !.Timidement, la jeune femme baissa les yeux et s\u2019abandonna entre les bras de son compagnon.C'était à Cannes, il y a un an environ, qu\u2019Irène Serventi avait fait la connaissance de Jimmy Sullivan.Une garden-party chez un ami commun, le major Kimberely, les avait fait se rencontrer.Immédiatement, le jeune homme avait été ébloui par la splendide beauté de la jeune italienne et celle-ci n\u2019avait pas été sans remarquer la grâce athlétique et la mine sympathique de Jimmy Sullivan.Par une coïncidence curieuse, \u2014 mais est-ce vraiment une coïncidence \u2014 ils se retrouvèrent à Stresa, sur les bords enchanteurs du Lac Majeur, trois semaines plus tard.Tous deux firent, dans cette merveilleuse nature, des promenades sans fin.Ils en vinrent aux confidences et le jeune homme apprit que sa compagne était la fille d\u2019un gentilhomme du Piémont, que son pèr.e, traversant une crise passagère, l\u2019avait forcée à épouser un de ses amis, homme riche, mais au caractère violent, emporté et sournois.Trois mois d\u2019une vie odieuse l\u2019avaient excédée à un tel point qu\u2019un jour elle fit ses malles et s\u2019en alla à l'aventure, accompagnée seulement de sa fidèle camériste.Quelques mois après, elle obtint son divorce, mais cette joie fut suivie d\u2019un grand malheur : la mort de son père.Celui-ci ayant réussi à remettre ses affaires à flot, lui laissait, à elle, unique héritière, une fortune considérable.[ Suite de la page 9 ] LE COIN DE LA SANTE Les douleurs, lentement, se cicatrisèrent, et Irène Serventi se mit à voyager.Sous un ciel paradisiaque en ce coin d\u2019Italie, ils vécurent des heures mer-veilleutes.Puis ils durent se séparer.Lui s\u2019en allait en Autriche, appelé par de nouvelles aventures ; elle, poursuivant son existence désoeuvrée, s\u2019embarquait le surlendemain à Gênes, à bord d\u2019un paquebot pour Valparaiso.Les mois passèrent, puis un jour, par un froid et maussade après-midi de novembre, un encombrement de voitures fit se trouver côte à côte, rue Royale, une superbe Hispano, au capot brillant, et une Chrysler, au moteur pétaradant.¦\u2014 Irène ! \u2014 Jimmy ! Une demi-heure plus tard, ils se trouvaient, côte à côte, dans un salon discret d\u2019un thé à la mode.Jimmy comprenait que, par simple égoïsme, il ne pouvait briser et l\u2019honneur et la dignité de cette femme.Il comprenait aussi, et cela pour la première fois, que sa vie d'aventures et d\u2019éternel errant avait fait de lui un paria.Une femme de la noblesse italienne pouvait-elle épouser un aventurier ?Un pilleur de banques, un dévaliseur de coffres-forts ?Non, ce n\u2019était pas possible, et pourtant il se sentait pris par un irrésistible amour.Le thé s\u2019acheva par des phrases banales.Jimmy, de plus en plus amoureux, prit une ultime décision.Il était résolu à abandonner cette vie pleine de dangers et de soucis.Il était décidé à redevenir un honnête homme.Jimmy, entouré de quelques invités, fumait une cigarette, lorsqu\u2019une bonne, s\u2019étant approchée de lui, lui dit : \u2014\tMonsieur Jimmy, on vous demande au téléphone.f\u2014 Très bien, j\u2019y vais.Le jeune homme, s\u2019étant excusé auprès de ses amis, suivit la jeune camériste, tout en se demandant qui pouvait être l\u2019importun qui, à pareille heure, osait le déranger ainsi chez des amis.\u2014\tAllô ! demanda-t-il d'une voix sèche.Un faible murmure à peine perceptible lui répondit.De plus en plus impatient, il força sa voix et dit : \u2014 Allô ! ici Jimmy Sullivan, que me voulez-vous ?Je vous écoute.Au bout du fil, son interlocuteur, faisant un effort pour se faire comprendre, répliqua : \u2014 Jimmy! Jimmy! Enfin, c\u2019est toi, Dieu soit loué.Ecoute-moi.Un court silence suivit, puis l\u2019homme, dont la voix devenait plus rauque et plus oppressée, continua : \u2014 C\u2019est moi, Johnny! Ecoute, un terrible malheur vient d\u2019arriver.Je vais t\u2019expliquer, écoute-moi bien.Anxieux, Jimmy concentre toute son attention, son front se plisse, ses doigts se crispent.Il veut comprendre.Mais, tout à coup, un cri rauque parvient à ses oreilles ; quelques bruits sourds, indistincts et confus, puis plus rien que le silence lourd et plein d\u2019inquiétude.Durant quelques instants, le jeune homme demeura immobile, croyant être le jouet d\u2019un rêve.Puis, revenant à de plus amères réalités, il raccrocha le récepteur téléphonique et, par deux fois, se passa les mains devant les yeux.Il murmura, comme à lui-même : \u2014 Peter ! Qu\u2019as-tu fait ?Que t\u2019est-il arrivé ?PUISQUE VOUS PARTEZ EN VOYAGE AVANT DE VOUS EMBARQUER Il faut accorder beaucoup d\u2019importance, parmi les préparatifs qui precedent un séjour prolongé à l\u2019étranger, à l\u2019examen médical antérieur au voyage.Dans la hâte à fixer l\u2019itinéraire, à retenir billets et places, à faire les malles et à rassembler tout le nécessaire, le futur voyageur ne doit pas oublier l\u2019examen général par son médecin de famille afin de s\u2019assurer qu\u2019il est en état de supporter la fatigue et la tension qui accompagnent inévitablement un long voyage., Une visite chez le médecin procurera en même temps au voyageur l\u2019occasion de recevoir des conseils professionnels très à propos et de se faire inoculer comme le demande la protection sanitaire dans certaines régions.LE VOYAGE EN MER On associe depuis toujours les salutaires brises marines à la navigation océanique et la traversée constitue parfois la partie la plus agréable et la plus profitable du voyage.\t, Toutefois, comme il arrive sur la terre ferme, le plaisir et le benetice du séjour en mer seront en rapport direct avec votre état de santé et cela dépend souvent de la prudence et de la sagesse du voyageur.\t, \u201e ' Le mal de mer est un malaise commun \u2014 ma s évitable \u2014 associé a la navigation.Il est possible de le prévenir.Certaines gens n\u2019ont jamais le mal de mer, même lors de traversées fréquentes sur des eaux tumultueuses comme la mer de Gascogne, la baie de Fundy ou en doublant le Cap Hom.D\u2019autres, et, même de vieux loups de mer, souffrent de ce mal toutes les fois qu ils vont sur 1 eau.Il va sans dire que le simple mal de mer, sans complications n\u2019est jamais ou rarement fatal, quoi qu\u2019en pense la personne affligée tant que dure sa crise.Ce qui peut réconforter les victimes, c\u2019est la conviction que le mal de mer est ordinairement de courte durée et la guérison certaine.En tout cas, le mal de mer tend à disparaître avec l\u2019usage moderne de navires plus rapides et plus stables.Il existe divers remèdes contre le mal de mer.Le médecin de famille vous renseignera là-dessus lors de votre examen medical avant de partir.Le personnel médical du navire a toute la compétence voulue pour donner, au besoin, les soins appropriés : on dispose de drogues et de toutes les facilités nécessaires dans l\u2019infirmerie de bord.D ailleurs, les garçons et femmes de chambre ont l\u2019habitude des cas de mal de mer et l\u2019on peut compter sur eux pour du soulagement ou de bons conseils.Voici quelques règles élémentaires qui peuvent aider le voyageur à éviter le malaise à bord : (a)\trepoussez, autant que possible, la Crainte d\u2019être malade : (b)\tlaissez-vous aller aux mouvements de tangage et de roulis \u2014 ne vous raidissez pas : (c)\trestez sur le pont autant que possible et installez-vous au milieu du navire, où le roulis se fait moins sentir : (d)\tpassez le moins de temps possible dans les cabines, les salons et les salles de bain : (e)\tévitez les excès de table, de tabac, de boissons alcooliques: (Les repas sont copieux et fréquents à bord des paquebots.On y sert aussi en plus du thé ou du thé de boeuf à intervalles.N\u2019hésitez donc pas à supprimer un repas si vous ne vous sentez pas en appétit).Si vous avez gravement souffert du mal de mer et que les circonstances et votre itinéraire le permettent, il peut être sage pour vous de vous reposer quelque temps à un port d\u2019escale avant de poursuivre un long voyage.L'HYGIENE A L'ETRANGER Les pays dont le climat et les conditions d\u2019existence sont semblables présentent des problèmes d\u2019hygiène remarquablement similaires.Bien qu\u2019il soit fait mention ici de dangers spécifiques pour la santé, il faut en toute justice ajouter que dans presque tous les pays, les autorités locales et les personnes qui s\u2019y établissent plus ou moins en permanence, se rendent parfaitement compte des périls existants, sont constamment en alerte et complètement organisées pour les combattre.Qqe le voyage les conduise aux zones torrides ou glaciales, dans la jungle ou dans le désert, ou encore, le long des voies commerciales bien tracées en passant par les grandes villes de l\u2019univers, ceux qui prennent les précautions clairement indiquées sur les lieux et qui suivent les règles élémentaires de l\u2019hygiène, ont de bonnes chances de jouir, et de profiter, de leurs pérégrinations.Les hôtels, les clubs et les restaurants de première classe, et, bien entendu, les paquebots de croisières, maintiennent un haut degré de salubrité dans toutes les facilités qui sont offertes aux hôtes.Aussi, les voyageurs qui s\u2019en tiennent aux grandes routes du monde ne courent guère le risque d\u2019altérer leur santé, dans des conditions normales.Non pas qu\u2019il y ait toujours immunité complète contre le danger d\u2019infection aux lieux reconnus et populaires.La guerre et ses conséquences ont entraîné, même en de fashionables endroits touristiques, une détérioration des pratiques sanitaires et une dislocation des services d\u2019hygiène.Mais à mesure que le voyageur s\u2019éloigne des installations scientifiques de maintien et de traitement que pourvoient des agences protectrices efficaces et hautement organisées, la nécessité de faire vigilance augmente à chaque mille du trajet.(Ministère da la Santé Nationale et du Bien-Etre Social) 16 Le Samedi.Montréal.2 juin 1951 Puis il rejoignit ses amis, s'approcha de la maîtresse de céans et lui dit : \u2014 Excusez-moi, Irène, à la suite de ce malencontreux coup de téléphone, je dois me rendre auprès d'un ami souffrant.\u2014 Quel affreux contre-temps ! répliqua la jeune femme.\u2014 Croyez bien, chers amis, déclara Jimmy Sullivan sur le seuil de la porte, que je suis aussi contrarié que vous.CHAPITRE III itôt dehors, il héla un taxi.\u2014 7, boulevard des Batignolles, lança-t-il au chauffeur, et à toute vitesse.Pressentant un bon pourboire, le chauffeur appuya sur l\u2019accélérateur.Assis sur la banquette, les mains enfouies dans ses poches, il était plongé dans de profondes réflexions.Peter était un de ses compagnons d\u2019aventures, un de ceux le connaissant sous le jour sous lequel il s\u2019était gardé de se montrer à la comtesse Serventi.Gamin des faubourgs, élevé sur le trottoir avec un tas de ses camarades, Peter était un de ces gosses à l\u2019esprit gavroche et déluré.Il avait rencontré un jour Jimmy Sullivan, qui avait bavardé avec lui.Sans travail à cette époque, le jeune garçon devait subvenir aux besoins d\u2019un père âgé et presque impotent.Voulant faire quelque chose pour lui, l\u2019aventurier l\u2019entraîna dans quelques malencontreuses affaires.Puis un jour, pris de remords, il voulut se séparer du jeune homme Mais Peter ne l\u2019entendait pas ainsi.Personne ne le conseillant, il ne pouvait comprendre toute l'horreur de cette existence malhonnête.Seul, Jimmy qui, malgré ses méfaits, n'était pas encore un homme perdu, le comprit et essaya de l\u2019arrêter sur la pente fatale.Mais le jeune faubourien, à l'insu de Jimmy Sullivan, se mit à fréquenter quelques mauvais garçons, et ce qui devait arriver un jour arriva.Peter, incorporé dans une bande de malandrins, fit la connaissance d\u2019un homme élégant et beau parleur.Quelques jours après sa première rencontre avec cet homme, qui n'était autre que le chef de la bande, Peter fut de nouveau en présence de ce dernier qui, d une voix énergique, lui dit : \u2014 Tu connais Jimmy Sullivan, plus connu de tous sous le nom de l\u2019Ingénieur.Eh bien ! tu peux nous rendre un fier service, mon gaillard.Ton ami a inventé récemment un chalumeau d\u2019un volume restreint facilement transportable et fonctionnant à l\u2019électrum, un gaz d\u2019une puissance extraordinaire.Ce chalumeau pourrait nous être d\u2019une grande utilité dans nos travaux actuels.Puisque tu es en relations amicales avec Jimmy Sullivan, tâche que celui-ci te confie son invention quelques jours seulement.Nous nous en emparerons ensuite, et tout sera pour le mieux.Compris ?Si tu acceptes, il y aura pour toi douze mille francs à toucher.A l\u2019énoncé de cette somme, le jeune homme sentit vaincre ses dernières hésitations.Sans plus attendre, il répondit : \u2014 C\u2019est d\u2019accord.D\u2019ailleurs, rien n\u2019est plus simple, Jimmy Sullivan a déposé son invention chez moi.\u2014 Très bien, déclara le chef, en lançant sur la table une liasse de bank-notes.Les jours passèrent.Puis, un matin, celui du 24 décembre, un complice vint chercher Peter.\u2014 C\u2019est en vue d\u2019un grand coup, dit l\u2019homme en roulant une cigarette.\u2014 Et pour quand ?\u2014 Ce soir, mais chut ! le patron te l\u2019expliquera bien lui-même.Roulant à un train d\u2019enfer, le taxi eut rapidement atteint le boulevard des Batignolles.Ayant réglé le chauffeur, auquel il donna un bon pourboire, Jimmy grimpa prestement les marches d\u2019un escalier tortueux et mal éclairé.Arrivé au troisième étage, il demeura songeur quelques instants devant une des trois portes, puis il sonna.Quelques secondes s\u2019écoulèrent, la porte s\u2019ouvrit.Dans l\u2019entrebâillement, un homme parut.A la vue du visiteur, son visage s\u2019épanouit en un doux sourire : \u2014 Ah ! Monsieur Jimmy, c\u2019est donc vous ! Quel bon vent vous amène ?\u2014 Bonjour, monsieur Martin.Peter est-il là ?\u2014 Il est sorti, et je me demande ce qu\u2019il peut bien faire en ce moment, à pareille heure.A son âge, direz-vous, il est naturel de s\u2019amuser un soir de réveillon, mais quand il est parti cet après-midi, il avait l\u2019air préoccupé : comme je lui demandais s\u2019il revenait dîner, il m\u2019a répondu affirmativement, mais les heures se sont écoulées sans que je l\u2019aie vu revenir.Vous savez, c\u2019est un brave petit, il sait que je me fais vieux et que je peux à peine bouger et que, lorsque je suis seul, il me manque bien des choses.Je crains qu\u2019il lui soit arrivé malheur ! \u2014 Mais non, mais non, ne vous faites pas ainsi du mauvais sang.A quelle heure est-il exactement sorti ?\u2014 A six heures.Il m\u2019a déclaré qu'il allait rejoindre quelques-uns de ses camarades.Auparavant, monsieur Sullivan, il avait reçu, vers quatre heures, la visite d\u2019une jeune femme avec qui il est parti.\u2014 Savez-vous ce quelle est venue demander à Peter ?\u2014 Ma foi non.Je n\u2019ai pu entendre toute leur conversation ; néanmoins, si ma mémoire est exacte, il m\u2019a semblé entendre qu\u2019un directeur désirait parler à Peter d\u2019une affaire de la plus haute importance.\u2014 Etait-ce la première fois que cette femme venait ici ?\u2014 Oui, je ne l\u2019avais pas encore vue.\u2014 Elle est partie seule ?\u2014 Non, Peter l\u2019accompagnait.\u2014 Etrange, étrange! murmura Jimmy Sullivan d\u2019une voix imperceptible.\u2014\tQue dites-vous, mon ami, la situation n\u2019est pas grave.J\u2019avais fixé ren-déz-vous à Peter, et comme il n\u2019était pas venu, je pensais qu\u2019il l\u2019avait oublié.\u2014\tAttendez-le, monsieur Jimmy, il ne va pas tarder à arriver.Et, le front soucieux, les mains derrière le dos, Jimmy Sullivan se mit à arpenter la pièce, tel un lion dans sa cage.Tout à coup, il s\u2019arrêta.\u2014 Dites, monsieur Martin, pourriez-vous me dire où Peter a caché le coffre que je lui ai confié il y a trois semaines ?Le vieillard sursauta.\u2014 Votre coffre ! Mais deux hommes sont venus me le demander après le départ de Peter.\u2014 Qu\u2019est-ce que cela veut dire ?s exclama Jimmy, vivement étonné.J\u2019espère bien que vous ne le leur avez pas donné ! \u2014 Mais si, ils étaient porteur d\u2019un mot signé de Peter, lequel m\u2019autorisait à leur remettre le coffre.\u2014 Comment avez-vous pu croire cela, monsieur Martin ?Vous ne vous êtes pas méfié un seul instant de ces gens.Vous n\u2019ignorez pas que je tenais énormément à ce dépôt et qu\u2019il ne fallait le donner à personne d\u2019autre que moi.\u2014 Je me souviens, mais comme c\u2019était l\u2019écriture de Peter.\u2014 Vous avez toujours ce billet ?\u2014 Naturellement Le pauvre vieux, que tous ces incidents bouleversaient, fouilla dans ses poches d'une main fébrile et sortit un papier tout froissé, qu\u2019ayant déplié avec soin, il tendit à son interlocuteur.Celui-ci s\u2019en saisit et lut : « Mon cher papa.« Ne t\u2019inquiète pas.je serai bientôt de retour.Veux-tu remettre au porteur de ce mot le coffre de M.Jimmy.ce dernier en a un besoin immédiat.Peter.» Intrigué, Jimmy Sullivan examina le document avec une attention soutenue.Son oeil exercé ne tarda pas à remarquer que l'écriture du jeune garçon avait été habilement contrefaite.Il ne laissa rien paraître de son émoi.____Je ne comprends plus rien, murmura-t-il, ou plutôt la situation ne me paraît que trop claire : Peter et son père ont été victimes d\u2019une adroite machination.On a voulu me voler mon invention que je croyais plus en sûreté ici que chez moi.Je ne serais nullement surpris d\u2019apprendre que c\u2019est Berry et ses acolytes qui ont fait le coup et que Peter, à la suite de louches manoeuvres, est tombé entre leurs mains.Dites-moi, monsieur Martin, n\u2019avez-vous jamais entendu Peter parler d\u2019un individu se nommant Berry ?\u2014 Non, je ne crois pas.Ah ! mon Dieu, pourvu qu\u2019il n\u2019arrive rien de grave à mon petit ! \u2014 Rassurez-vous, Berry, que je connais assez bien, c'est peut-être le chef d\u2019une poignée de malandrins, c\u2019est peut-être un voleur, mais sûrement pas un assassin.Si Peter est actuellement entre ses mains, vous pouvez être certain qu\u2019il ne lui arrivera rien de grave et qu\u2019il en sortira indemne.Mais ce que je ne peux pas comprendre, c\u2019est comment ils ont pu savoir que mon invention était ici.Maintenant qu\u2019ils ont mon appareil, il ne me reste plus qu'à le leur reprendre.A ce même moment, la sonnerie de la porte d\u2019entrée fit entendre son timbre aigrelet.\u2014 C\u2019est mon fils qui rentre ! \u2014 Je vais ouvrir, déclara Jimmy Sullivan en s\u2019exécutant.Soudain, il recula, étonné.Dans l\u2019embrasure de la porte, trois hommes se tenaient, et l\u2019un d\u2019eux dardait sur Jimmy Sullivan des petits veux pétillants de malice.\u2014 Bonsoir, messieurs, déclara - t - il d'une voix aimable.Je suis l\u2019inspecteur Berthier.Je vous souhaite une bonne année.- Ah ! c\u2019est vous l\u2019inspecteur Berthier, enchanté de vous connaître, moi, je m\u2019appelle Jimmy Sullivan.Le policier eut un ironique sourire.\u2014 C\u2019est vous Jimmy Sullivan ?Comme c\u2019est curieux, c\u2019est justement vous que je cherchais.\u2014 Je suis flatté de cette marque d\u2019honneur, monsieur l\u2019inspecteur.Et à quel heureux hasard dois-je le plaisir de votre visite ?\u2014 Je viens au sujet du cambriolage de la Central Bank.Le jeune homme ne put réprimer un geste de surprise.Visiblement étonné, il répéta : \u2014 Le cambriolage de la Central Bank ! \u2014 Oui, oui, vous ne savez naturellement rien de cette affaire ?\u2014 Moi ?Aucune idée, inspecteur Berthier, aucune idée.Le policier eut un rire sarcastique et poursuivit : \u2014 Vous êtes très fort, mon gaillard, mai s à malin, malin et demi.Vous avez toujours votre fameuse invention ?Celle qui a servi à fracturer les coffres-forts de la Central Bank ?\u2014 Je ne vous comprends pas.\u2014 Allons, inutile de poursuivre plus avant votre petite comédie, monsieur l'ingénieur, et puis pourriez-vous me dire ce que vous faisiez, cette nuit, entre dix heures et minuit ?Sans cela, je me verrais obligé de vous passer ces deux bracelets.Et, ce disant, l\u2019inspecteur Berthier sortit de sa poche une paire de menottes.Jimmy Sullivan, nullement impressionné, eut un sourire narquois.\u2014 Vous voulez paraître plus méchant que vous ne l\u2019ctes réellement, monsieur l'inspecteur, et cela ne vous réussit pas.Enfin, bref, vous voulez savoir quel a été mon emploi du temps ces quatre dernières heures ?\u2014 Exactement.\u2014 Bon.J\u2019étais tout simplement invité chez des amis.Seulement, il ne me plaît pas ni de vous y introduire, ni de vous dire leur nom.L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 4\t7\t2\t6\t5\t3\t7\t5\t2\t8\t4\t3\t8\t5\t2\t7 G\tV\tU\tP\tL\tU\t0\tA\tN\tS\t0\tN\t0\tC\tT\tU 4\t8\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t3\t5\t8\t2\t4\t7\t3\t5 U\tY\tE\tA\tH\tR\tS\tS\tV\tA\tE\tA\tS\tE\tE\tN 8\t4\t7\t2\t8\t5\t3\t6\t2\t4\t5\t3\t7\t2\t5\t4 Z\tE\tT\tV\tG\tC\tR\tR\tA\tT\tE\tI\tE\tI\tV\tB 4\t8\t3\t5\t4\t7\t2\t5\t6\t3\t8\t2\t7\t5\t3\t4 I\tA\tT\t0\tE\tS\tL\tU\tD\tA\tL\tE\tF\tS\tB\tN 7\t4\t6\t2\t5\t7\t3\t6\t4\t2\t5\t7\t3\t8\t2\t5 A\tR\t0\tR\tF\tN\tL\tN\tE\tE\tA\tT\tE\tA\tI\tV 4\t8\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t5\t8\t2\t7\t3\t4 M\tN\tA\tN\t0\tN\tA\tP\tU\tE\tR\tT\tT\tS\tB\tL 3\t5\t2\t7\t4\t3\t4\t5\t2\t7\t6\t3\t7\t5\t2\t3 A\tI\tA\tQ\tI\tI\tE\tS\tN\tU\tZ\tN\tE\tE\tT\tE Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. Le Samedi, Montréal.2 juin 1951 17 \u2014\tAssez discuté, résumons.Vous n'avez pas d\u2019alibi ?\u2014\tEt à quoi cela pourrait-il me servir ?puisque je ne suis pas coupable ?Pendant quelques minutes, le policier demeura silencieux.Puis, soudain, il demanda : \u2014 Naturellement, monsieur Jimmy Sullivan, vous avez sur vous, votre boutonnière, votre fleur préférée ?\u2014 Evidemment, c\u2019est un oeillet blanc ! \u2014 Puis-je le voir ?\u2014 C\u2019est très facile, répliqua le jeune aventurier, qui entr\u2019ouvrit son pardessus.Le policier s\u2019approcha, souleva l\u2019écharpe de soie qui recouvrait le revers du smoking et poussa un petit rire.Il n\u2019y avait aucune fleur à la boutonnière.\u2014 Il était à prévoir que vous n\u2019aviez plus votre oeillet blanc puisque celui-ci a été retrouvé dans la salle des coffres de la Central Bank.\u2014 Ah ! pas possible.Alors, je commence à comprendre.\u2014 Moi aussi.Puis-je vous demander de me suivre ?Le commissariat est tout près d\u2019ici.\u2014 Mais volontiers.L\u2019inspecteur Berthier s'effaça pour laisser passer le jeune homme.En silence, Jimmy Sullivan, accompagné des policiers, sortit.Une fois sur le palier et lorsque la porte fut refermée, il s\u2019arrêta et, se tournant vers Berthier, lui dit : \u2014 Je vous jure que je vous ai dit l\u2019exacte vérité.J\u2019ai passé la soirée chez une camarade qui avait réuni quelques amis pour fêter le nouvel an.\u2014 Votre alibi ne tient pas, je le regrette pour vous, mais la preuve que vous êtes l\u2019auteur du vol de la Central Bank est formelle.Les plaques de blindage ont été perforées en moins d\u2019une heure ; or, un seul homme peut accomplir cette performance, l\u2019inventeur, alias Jimmy Sullivan.Et puis l'oeillet blanc trouvé dans les décombres, ça, c\u2019est une preuve irréfutable.Le jeune homme protesta : \u2014 Tout est contre moi: les événements, vous et les véritables auteurs du cambriolage.Ecoutez-moi, inspecteur Berthier, je crois connaître ceux qui l\u2019ont commis.\u2014 Ah ! très bien, alors parlez ! \u2014 Non, pas encore, mais je puis vous assurer que ces sinistres individus m\u2019ont pris quelque chose d\u2019encore plus précieux que les bank-notes et les bijoux de la Central Bank ; ils détiennent prisonnier un de mes amis, un brave garçon.Laissez-moi libre deux jours seulement et, dans quarante-huit heures, je vous les aurai livrés.\u2014 Impossible, mille regrets, car bien que j\u2019aie pour vous une admiration profonde, je ne puis vous laisser partir ainsi.Cette bêtise, je ne me la pardonnerais jamais.\u2014 C\u2019est regrettable, car au lieu de boucler un innocent, vous auriez pu vous laisser opérer un beau coup de filet qui vous aurait valu une dizaine de gredins de la pire espèce.\u2014 Allons, en route.Et sous la surveillance attentive de l\u2019inspecteur Berthier, Jimmy, qu\u2019entouraient deux solides gaillards, descendit lentement les marches de l\u2019escalier à demi plongé dans la pénombre.Au dernier palier, l\u2019aventurier s\u2019arrêta et, les mains derrière le dos, appuyé contre le mur, il dit : \u2014 Pauvre homme, il va attendre ainsi toute la nuit le retour de son fils.\u2014 Eh oui ! c\u2019est triste, mais dans la vie, et surtout dans la nôtre, il ne faut pas faire de sentiment.Le jeune homme, mystérieusement, se livrait à un étrange travail.Etau formidable, ses doigts nerveux ayant encerclé le commutateur électrique, communiquaient à celui-ci un mouvement rotatif.Lentement, le cabochon de porcelaine se descellait du mur.Brusque- ment, la lumière s\u2019éteignit.Ce fut une indescriptible bousculade.Les policiers, ne voulant pas laisser échapper leur prisonnier, s\u2019agrippaient à ce qu\u2019ils rencontraient.Soudain, une pâle lueur perça les ténèbres.L\u2019inspecteur Berthier, avec son briquet, éclairait timidement le terrain.Naturellement, Jimmy Sullivan n\u2019était pas demeuré inactif ; d\u2019une énergique bourrade, il avait obligé les deux policiers qui l\u2019encadraient à s\u2019écarter et, d\u2019un croc en jambe, s\u2019était débarrassé d\u2019un troisième qui s\u2019était interposé sur son passage.Puis, leste comme un singe, il avait escaladé la balustrade et sauté dans le vide.\u2014 Ce n\u2019est pas un homme, c\u2019est un démon, constata un des agents qui, dans la lutte, avait été fortement mis à mal.\u2014 Bon Dieu ! oui, approuva son collègue, en mettant un peu d\u2019ordre dans sa tenue, c\u2019est un type qui possède merveilleusement la science de la boxe.Quant à l\u2019inspecteur Berthier, il demeurait étranger à toutes ces appréciations.Il se con enta de sourire et ordonna : \u2014 Rentrons au commissariat, nous rédigerons immédiatement un rapport.IV C\u2019était un bien dangereux individu que ce Berry dont Jimmy Sullivan, au cours de sa conversation avec le père de Peter, avait par deux fois prononcé le nom.Ayant deux personnalités, paraissant sous deux aspects différents, dans des milieux absolument opposés, il était difficile de l\u2019identifier.Pour les honnêtes gens, il était le célèbre financier Berry, le banquier intègre et consciencieux, le hardi spéculateur.En Bourse, partout où les hommes de finance se réunissent quotidiennement, il était considéré et estimé.Ce n\u2019était que l\u2019honorable M.Berry, le juste et équi able M.Berry.Mais cet individu avait une autre existence, beaucoup moins belle et moins reluisante.A certains moments, cet homme se dédoublait d\u2019une façon prosaïque.Quittant ses bureaux ou ses - luxueux appartements, il se rendait, par des chemins détournés, en une mystérieuse villa de Neuilly, où il devenait le chef d\u2019une bande de malandrins dont les exploits terrorisaient la capitale.Tour à tour, les grandes banques reçurent sa visite, ou plutôt celle de ses acolytes.Les recherches de la police demeurèrent vaines et, malgré toutes les précautions prises par cette demie-re, les bandits poursuivaient leurs sinistres exploits.Depuis plusieurs semaines, non loin de la Place Pigalle, s\u2019était ouverte une boîte de nuit : « Le Perroquet ».C\u2019était un endroit essentiellement cosmopolite et très fréquenté.Qui aurait pu croire que ce lieu sympathique, tant par le cadre que par l\u2019atmosphère, servait à la fois de façade et de repaire à une bande d\u2019aigrefins dont l\u2019honorable M.Berry était le chef ?Berry s\u2019était un jour rencontré avec celui qui, dans tcus les milieux de la pègre internationale, était connu sous le sobriquet de l\u2019Ingénieur.Admirant son intelligence et son esprit d action, il tenta de s\u2019associer avec lui, mais Jimmy Sullivan, trouvant son interlocuteur peu sympathique, préféra conserver son entière liberté.Habitué à voir tout plier sous sa volonté, le banquier aventurier conçut une vive déception et se promit d\u2019avoir un jour prochain sa revanche.Et il l\u2019eut.Une adroite filature lui apprit que Jimmy Sullivan professait à l'égard du jeune Peter une jeune amitié.Il sut également que c\u2019était chez ce dernier que l\u2019Ingénieur tenait cachée sa dernière découverte.Un piège adroit fut tendu au naïf Peter, qui y donna tête baissée.En une / - ,\tW': ¦¦ SmÈ ¦ M Si tu m'aimes comme {e t'aime Pense à mon Sergeant\u2019s aujourd\u2019hui même ! Il existe un produit Sergeant\u2019s pour presque tous les besoins du chien.Pour les puces, par exemple, le Savon et la Poudre SKIP-FLEA Sergeant\u2019s.Cette combinaison, d\u2019emploi facile et sûr, extermine rapidement les puces.Autres produits pour vers, démangeaisons, maux d\u2019oreilles, anémie.Tous approuvés par des vétérinaires.Célèbres depuis 76 ans.GRATIS : Sergeant\u2019s Dog Book, un beau livre en couleurs, indispensable.Aux pharmacies et chez les marchands d\u2019animaux \u2014 ou en écrivant à Sergeant\u2019s Dog Medicines, Ltd., Dept.U-10, Toronto, Ont.POUR LES SOINS DES CHIENS H ¦ ¦ 1 ¦ K 1 m «ss tek 'oici vofhe RECENSEUR M.Claude Gauthier est l\u2019un des 18,000 recenseurs qui se présenteront chez tous les Canadiens à partir du 1er juin.Il a pour mission de recueillir tous les faits utiles aux affaires privées ou publiques des citoyens du pays.Sa tâche vous sera donc profitable à vous et à toute votre localité.Votre recenseur (homme ou femme) vous présentera sa carte d\u2019identité.Les renseignements que vous lui confierez seront confidentiels et ne seront utilisés que pour les statistiques du recensement.En vertu de la loi, ils ne pourront être révélés à qui que ce soit, pour quelque fin que ce soit, même aux autres ministères du gouvernement.Soyez prêt, lorsque votre recenseur se présentera chez vous, à lui répondre rapidement et avec précision.1 ¦ S ¦ BUREAU FEDERAL DE LA STATISTIQUE 3 MINISTÈRE DU COMMERCE V4W* OTTAWA, CANADA \u2018vttA Le recensement de '51 est l'affaire de chacun jCANADA> 9e RECENSEMENT DÉCENNAL \u2014 JUIN 1951 FACILITEZ LE DENOMBREMENT DU 18 Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 salle basse et mal éclairée, le ma'tre et quelques-uns de la bande se tenaient.Peter, surpris par cet apparat et surtout par la mine inquiète de chacun, s\u2019avança.Berry regarda fixement le jeune homme et dit d\u2019une voix sèche : \u2014 Assieds-toi et écoute.Tu te souviens de nos conditions et de tes promesses ?Il nous faut aujourd\u2019hui même l\u2019invention de ton ami.Tu vas écrire ce que je vais te dicter.Le jeune homme hésita.D'une bourrade, Berry le rappela à des sentiments plus réels.\u2014 Ecris.« Mon cher Papa, « Ne t\u2019inquiète pas, je serai bientôt de retour.Veux-tu remettre au porteur de ce mot le cojfre de M.Jimmy, ce dernier.» Mais le jeune homme refusa d\u2019obéir.\u2014 Si tu ne t\u2019exécutes pas, je t\u2019abats comme un chien.Sous cette terrible menace, le malheureux s\u2019inclina.\u2014 Bon, voilà qui est parfait, s\u2019exclama le chef, en saisissant le papier encore humide.Eh ! Bernard, tu vas prendre ce mot et te rendre chez le père de Peter ; en échange, il te remettra un paquet dont tu prendras grand soin.Quelques heures plus tard, Berry, accompagné de trois de ses complices, arrivait au « Perroquet ».La boîte de nuit était alors déserte.Les quatre hommes traversèrent la piste de danse et atteignirent un mur recouvert d\u2019une épaisse tapisserie.Berry la souleva et appuya discrètement sur un bouton dissimulé dans un motif de la boiserie.Immédiatement, la porte voisine glissa sur elle-même.Par l\u2019ouverture qui s\u2019offrait à eux, les quatre gredins s\u2019aventurèrent.Pendant trois heures, Peter demeura seul dans une pièce, sous l\u2019active surveillance d\u2019une véritable bru e entièrement dévouée au mai re.Ce redoutable cerbère fut relevé par un autre beaucoup plus aimable et conciliant.Johnny parvint à l\u2019amadouer quelque peu et, une cigarette lui ayant concilié les bonnes grâces de son gardien, il attendit le moment de lui fausser compagnie Un moment d\u2019inattention et Peter se glissa par la porte entr\u2019ouverte.Le jeune homme, malgré la demi-obscu\u201cité régnant dans les couloirs avançait rapidement.Il atteignit une pièce où il savait trouver un téléphone automatique.Sans perdre un seul instant, il décrocha le récepteur, composa le numéro désiré et, lorsqu\u2019il fut mis en communication avec l\u2019appartement de la comtesse Serventi, demanda à parler à Jimmy Sullivan.On se souvient de leur conversation et de la façon dont elle avait été brusquement interrompue.En effet, malgré le plus grand soin qu\u2019il avait pris à atténuer le timbre de sa voix, le jeune homme n\u2019était pas demeuré inaperçu.Un membre de la bande l\u2019ayant entendu s\u2019empressa d\u2019aviser un des lieutenants du maître qui, sans plus attendre, se glissa sans bruit derrière Peter et, le saisissant par les épaules, lui imprima une brusque secousse qui le fit basculer en arrière.Deux mains puissantes relevèrent le malheureux jeune homme, un solide bâillon fut noué autour de sa bouche, et des cordes épaisses le maintinrent dans l\u2019impossibilité de faire le moindre mouvement.Peter ne proféra aucune plainte.Il se sentit soulevé de terre, puis basculé dans le vide.Il prit contact avec le sol un peu durement.Etourdi par le choc, n\u2019y voyant goutte, Peter ferma les yeux et s\u2019abandonna tout entier.Au-dessus, de lui, Schroeder, satisfait de son travail, se frottait les mains.A ce même moment, Berry parut.Quelques mots rapides suffirent pour le mettre au courant de la situation.\u2014 Bon, approuva Berry, nous aviserons par la suite.Les camarades sont- ils rentrés ?Il est deux heures moins vingt-cinq, ils devraient être là depuis au moins un quart d\u2019heure.Soudain la porte s\u2019ouvrit, et trois hommes, vêtus d\u2019une combinaison de mécano, entrèrent.\u2014 Alors ?questionna Berry.\u2014 Tout a très bien marché, nous avons suivi votre plan dans ses moindres détails.\u2014 Et l'argent ?\u2014 En lieu sûr.\u2014 Très bien.Et l\u2019invention ?\u2014 Une merveille.Jamais je n\u2019ai vu un outil aussi parfait et opérant avec une rapidité si foudroyante.\u2014 Et la police ?\u2014 Rien à craindre.J\u2019ai pu me cacher et assister à son arrivée.L\u2019inspecteur Berthier, qui a été chargé des premières constatations, a remarqué l\u2019oeillet blanc et a conclu immédiatement que l\u2019auteur du cambriolage était Jimmy Sullivan.\u2014 Pas mal du tout, hein, mon petit stratagème ?Dans quinze jours au plus, Jimmy Sullivan sera bouclé.Nous aurons le champ libre.Allons, mes amis, ne restons pas ici, venez dans mon bureau, nous allons fêter l\u2019année nouvelle en sablant joyeusement le champagne.V Dès qu\u2019il eut pris congé bien malgré eux des policiers, Jimmy Sullivan, homme aux promptes résolutions, ne demeura pas longtemps inactif.Le jeune homme releva le col de son pardessus.Un vent froid, vif et piquant, soufflait, la neige se mit à tomber timidement.Un taxi vide passa Faisant signe au chauffeur, il se fit conduire sans plus attendre au Claridge.Par une chance miraculeuse, l\u2019entrée é.ait déserte.Jimmy prit ses clefs au contrôle et rapidement gagna sa chambre.Sitôt dans cette pièce, il téléphona à Irène Serventi.\u2014\tAllô ! c\u2019est moi, Jimmy ! Excusez-moi de venir vous importuner à pareille heure.\u2014\tMais non, mon ami, vous ne m importunez pas ; je ne dormais pas et commençais à être terriblement inquiète.\u2014 Rassurez-vous, je n\u2019ai couru aucun danger.J\u2019ai dû me rendre auprès d\u2019un ami malade.Ecoutez-moi, Irène chérie ; l\u2019autre jour, vous m aviez fait part de votre désir de partir pour Saint-Moritz ?Si vous le vouliez, nous partirions demain pour la Suisse ; nous y séjournerions quelque temps, après quoi nous descendrions jusqu\u2019en Italie.Ce programme-là vous sourit-il ?\u2014 Extrêmement.Mais.\u2014 C\u2019est oui, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Vous savez bien que je suis prête à vous suivre jusqu\u2019au bout du monde ; seulement, je n\u2019ai actuellement que très peu d\u2019argent disponible ; un coup de téléphone vient de m\u2019apprendre qu on a cambriolé la Central Bank.Or, c est justement en cet établissement de crédit que j\u2019ai mon coffre.\u2014 Irène chérie, ne vous préoccupez pas de la question argent.J\u2019en ai personnellement assez pour que nous soyons heureux au cours de ce voyage.Quant au cambriolage dont vous avez été une des victimes, je vais travailler sérieusement à en identifier les auteurs.Pour le moment, il importe avant tout de quitter cette ville.Alors, nous partons demain ?\u2014 Entendu, je vais immédiatement préparer mes bagages.\u2014 Il y a à la gare de Lyon un train pour Saint-Moritz qui part à 18 h.30 ; nous le prendrons.Retrouvons-nous à la gare.Montez dans le train sans vous soucier de moi, il se pourrait que je n\u2019arrive qu\u2019à la dernière minute.A demain, Irène.Le jeune homme raccrocha le récepteur.Animé d\u2019une ardeur fébrile, Jimmy Sulliva: boucla ses valises, rangea ses affaires puis, ayant réglé sa note, quitta l\u2019hôtel.Il se rendit à la gare, déposa ses bagages à la consigne et se fit conduire à Montmartre, au ^Perroquet».Il savait que c\u2019était là le repaire de Berry et qu\u2019il avait des chances de l\u2019y rencontrer.Jimmy Sullivan ne répondit pas au salut obséquieux que le chasseur lui fit sur le pas de la porte ; il repoussa les offres de la préposée au vestiaire et, la mine songeuse, les mains derrière le dos, il pénétra dans la vaste salle.Immédiatement, garçons et maître d\u2019hôtel s\u2019empressèrent.\u2014\tLaissez-moi tranquille, je vais au bar, leur répondit sèchement le jeune homme.Et, tant bien que mal, il se fraya un chemin parmi les danseurs.Derrière son comptoir, le barman s\u2019affairait, répondant aux clients qui, assis sur les hauts tabourets, somnolaient quelque peu sous l'influence des alcools déjà bus.\u2014\tMonsieur désire ?demanda l\u2019homme à la veste blanche, tout en continuant d\u2019agiter son shaker.\u2014\tRien pour le moment.Et Jimmy s'installa sur un siège et se mit à réfléchir tout en grignotant quelques amandes.\u2014 A propos, barman, Peter est-il venu ?L\u2019homme, suivant scrupuleusement les instructions reçues, manifesta une grande surprise et répliqua : \u2014 Tiens, c\u2019est vrai, je ne l\u2019ai pas encore vu.C\u2019est étonnant.Mais il y avait dans sa voix un manque d\u2019assurance qui fit comprendre à Jimmy Sullivan que son interlocuteur voulait l\u2019induire en erreur.Il ne laissa rien paraître de son observation.Sortant de son étui une cigarette, Jimmy se mit à fumer sans avoir l\u2019air de rien.L\u2019homme à la veste blanche le surveillait du coin de l\u2019oeil et, dès qu\u2019il vit le client se lever, il se baissa derrière son comptoir et, par trois fois, appuya sur un bouton adroitement dissimulé.Jimmy s'approcha d\u2019une lourde tenture derrière laquelle on apercevait un étroit couloir.Un homme à la forte carrure s\u2019y tenait en permanence.Jimmy lui demanda : \u2014 Yvette n\u2019est pas là ?\u2014 Je ne sais pas.\u2014 Bon ! Elle doit être dans sa loge.Le jeune s\u2019avança.Le gardien s\u2019interposa.\u2014 Impossible.N\u2019entre pas là qui veut.\u2014 Justement, je ne suis pas le premier venu.\u2014 J'ai des ordres pour ne laisser entrer personne.\u2014 Très bien, mon ami, je n\u2019insiste pas.Jimmy Sullivan prenant une mine désappointée, fit semblant de s\u2019éloigner ; mais, d\u2019une volte-face, il revenait près du gardien et d\u2019une passe habile de jiu-jitsu le réduisait à l\u2019impuissance la plus absolue.\u2014 Excusez-moi, mon ami, d\u2019avoir utilisé de semblables procédés, mais apprenez que lorsque Jimmy s\u2019est mis une idée dans la tête, il n\u2019aura pas de repos avant de l\u2019avoir réalisée.Il s\u2019aventura au hasard croisa un groupe de girls déshabillées parlant à haute voix.Soudain, sa figure s\u2019éclaira d\u2019un large sourire ; il venait de reconnaître, derrière un rideau, la jeune femme qu'il cherchait.Celle-ci, également, l'avait aperçu et ne partagea nullement ta joie.Au contraire, son front s\u2019assombrissant, elle recula vivement, cherchant à se dissimuler dans un recoin du mur ; mais Jimmy se dirigea de son côté.\u2014 Bonjour, Yvette, dit-il, narquois.\u2014 Tiens, Jimmy ! répliqua la danseuse.Contente de te voir.Bonne année.QUESTIONS 1.\tComment s\u2019appelle le balancement d\u2019un navire de droite à gauche ?2.\tQuel est le nom de la croix gammée ?3.\tQu\u2019est-ce qu\u2019un cicerone ?4.\tD\u2019où le cimetière du Père-Lachaise tire-t-il son nom ?5.\tLe nom de la grande cuiller pour servir le potage ?6.\tLes couleurs du drapeau du Saint-Siège ?7.\tD\u2019où vient la cendre déposée sur la tête des fidèles le Mercredi des Cendres ?8.\tQuel traité reconnut l\u2019indépendance américaine ?9.\tQu\u2019est-ce qu\u2019un steppe ?10.Quel insecte ne vit qu\u2019un jour ou deux ?REPONSES ¦axenuaydaq ¦qi aissng vj ap asnaqxay auivjd au/q g ¦08il u3 \u2018sajjwsxayq ap apv.q aq -g ¦s)iuaq xnvamvx no samjvd sbq q \u2022aunvl qa auvjg g 'aqanoi vq ç ¦atinsal \u2018aswyj vq axad uq q 'ajpa aun suvp sxaôuv.qa sap apvriQ -g 'vyi%svas aq -g 'Stjnox aq q he Samedi, Montréal, 2 juin 1951 19 ! pe jAeotd, eNT/ZCZ ^ d.eMlage! I ARCHE; ENV.7\u20196\" DE HAUT.% MONTANTS ET TRAVERSES DE EXE.BARRIÈRE: ENV.4-'6\" DE HAUT.CLÔTURE: PIQUETS DE DIVERSES LONGUEURS ET LARGEURS.LE TOUT PEINT EN BLANC.ROSIERS GRIMPANTS.BULBES ASSORTIS DE CHAQUE CÔTÉ.SENTIER DALLE.TABLE A CAFE VIEILLE TABLE DE BUREAU (COUPEE EN DEUX OU PLEINE GRANDEUR).PATTES RÉDUITES À \\Z\u201c.CHAISE DE CUISINE MÉTAMORPHOSÉE REMBOURRER SIESE ET DOSSIER DE CAOUTCHOUC OU FEUTRE.COUVRIR DE CRETONNE.PLISSER POUR DONNER DE ^'AMPLEUR.ENLEVER LE GRILLAGE ET LE CLOUER A UN CHÂSSIS ÉTROIT.À LÎEXTÉRIEUR DE LA PORTE, POSER DE LA LATTE MINCE DE FAÇON À CE QU'ELLE DÉPASSE LORSQUE L'ENCADREMENT EST EN PLACE FIXER LE CHÂSSIS AVEC DES TAQUETS À lllNTÉRIEUR.POUR L'HIVER,MONTER DE LA MÊME FAÇON DE LA VITRE DOUBLE DANS UN AUTRE CHÂSSIS.^ GDUX*** l&l# Chacun est censé s\u2019intéresser aux affaires municipales ou régionales.M\u2019étant rendu compte que mon activité dans ce domaine laissait fort à désirer, j\u2019ai décidé,, pour racheter cette lacune, d\u2019assister à une réunion publique convoquée par la Chambre de commerce, à l\u2019occasion de sa campagne annuelle d\u2019embellissement.Sans me vanter, l\u2019embellissement des demeures est un sujet que je connais et sur lequel je ne taris jamais.De fait, j\u2019étais tellement en verve qu\u2019on m\u2019a confié le soin d\u2019aider à préparer le programme d\u2019embellissement! Enfin, le temps employé à aider les gens à amébo-rer leur maison et ses alentours est assurément du temps bien employé.Clôtures d\u2019aspect accueillant Malgré mes nouvelles fonctions, il faut que je trouve moyen, ce printemps, de terminer l\u2019entrée du jardin, à l\u2019arrière de la maison.J\u2019ai opté pour une clôture et une barrière blanches.J\u2019ai recueilli à cette fin des planchettes provenant de caisses d\u2019emballage.Je les ai nettoyées et je leur ai donné une première couche de peinture.Je ferai grimper des rosiers sur l\u2019arche et de chaque côté je planterai des dahlias.Porte \u201ctoute-saison\u201d J\u2019ai été bien inspiré l\u2019automne dernier de convertir ma porte grillagée en double porte.J\u2019ai ainsi épargné bien du combustible.J\u2019ai d\u2019ailleurs réussi la transformation très facilement.A cause du poids plus considérable de la vitre, j\u2019ai posé des fers d\u2019angle aux quatre coins.Maintenant, plus n\u2019est besoin de changer la porte; le moment venu, je remplace simplement la section amovible.Au cours d\u2019une visite chez un jeune couple des environs, j\u2019ai recueilli une idée que je ne tarderai sûrement pas à mettre en pratique.Les jeunes gens ont coupé les pattes d\u2019une vieille table de bureau pour la transformer en une ravissante table à café.Ils ont enlevé le tiroir, pour le remplacer par une tablette, et peinturé la table noir et or.Chaises rembourrées Ma femme s\u2019est mise de la partie, l\u2019autre jour.Elle a acheté trois vieilles chaises de cuisine, à un encan, et elle est en voie d\u2019en faire de fort jolies chaises rembourrées pour les chambres.UNE SERIE DE CONSEILS PRATIQUES PRÉSENTÉS PAR COMME SERVICE AU PUBLIC 20 Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 - 3^ &o%üJb OmSmb abîme les cheveux et le cuir chevelu .mais ressentez hb\tdjXMA UÔt/Û/ cuir chevelu 50 secondes poiir frictionner! Vous ressentez un picotement bienfaisant meme lorsque le soleil, le vent et l\u2019eau transforment votre cuir chevelu en parchemin.Vitalis à l\u2019action stimulante tonifie, vivifie .fait disparaître les pellicules libres.VITALIS Prélassez-vous l\u2019été durant \u2014 et ayez .une chevelure* plus belle, plus saine Vitalis à l\u2019action stimulante et le traitement de 60-secondes .et voyez.x bb\tdam iKrÜic, ) chevelure/\u2014^ 10 secondes pour peigner! Votre chevelure paraît plus soignée même que vous vous adonniez toute la journée au golf, au tennis, à la voile ou à la natation.Vitalis n'est ni graisseux, ni collant.Un produit Bristol-Myers\u2014Fabriqué au C'anada.AVEZ-VOUS DES CADEAUX A FAIRE ! Ne cherchez pas plus longtemps ! Abonnez vos parents et amis aux TROIS grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.REMPLISSEZ VOTRE COUPON D'ABONNEMENT AUJOURD'HUI MEME ! CHAMPION Æ&>, N «LVA ii.-! 1 .V' V -\tH .tTWT' .ht.VABIIOUII \u2014\tAh! c\u2019est vrai, toi aussi.Je ne voulais pas laisser passer une telle nuit sans venir te faire un brin de causette.\u2014\tC\u2019est gentil, cependant.\u2014 Cependant quoi ?Ah ! oui, l\u2019endroit ne se prête guère à une conversation qui pourrait être longue.Allons dans ta loge.\u2014 Impossible ; ce soir, il y a des attractions supplémentaires et une danseuse la partage avec moi.\u2014 Tant pis, allons dans le salon voisin.Tu es libre, n\u2019est-ce pas, puisque ton tour est passé.Ils se trouvèrent peu après dans une pièce meublée avec un goût ostentatoire.\u2014 Voilà, commença le jeune homme, tu n\u2019ignores pas que, dernièrement, j\u2019ai mis au point un chalumeau marchant à l\u2019aide d\u2019un nouveau gaz et d\u2019un maniement très pratique.\u2014 Je t\u2019avais même proposé de te présenter à un ami qui aurait désiré s\u2019en rendre acquéreur et qui t\u2019en aurait offert un bon prix.Tu as refusé.\u2014 A cette époque, je n\u2019avais qu\u2019un seul appareil.Maintenant, c\u2019est différent.\u2014 Alors, que veux-tu ?Je ne vois pas quel rapport 0 peut y avoir entre ton invention et cette nuit de Noël.\u2014 Il y en a pourtant, répliqua Jimmy Sullivan, car on a volé mon appareil.\u2014 Pas possible ! \u2014 On me l\u2019a volé et on s\u2019en est servi cette nuit pour cambrioler la Central Bank.L\u2019auteur véritable de ce cambriolage a jugé bon non seulement de se servir de mon chalumeau, mais aussi de mettre les apparences contre moi ; il a en effet laissé parmi les débris de blindage un oeillet blanc et il a, chose encore plus grave, séquestré un de mes camarades.\u2014 Aurais-tu quelques soupçons, Jimmy ?\u2014 Oui, je soupçonne quelqu\u2019un que tu connais bien et à qui je ne serais pas fâché de dire deux mots : ton respectable patron, l\u2019honnête M.Berry.\u2014 Ah ! tu es au courant ?\u2014 Mais parfaitement.Je ne suis pas toujours gentleman cambrioleur, i 1 m\u2019arrive parfois de jouer au détective.Je veux voir sans plus attendre cette sinistre fripouille ; je sais qu\u2019elle est ici et si j\u2019ai voulu te voir, c\u2019est pour que tu me conduises auprès d\u2019elle.\u2014 Allons, Jimmy, tu comprends.\u2014 Pas de pleurs, ni de grincements de dents, ma petite.Jusqu'à ce jour, j\u2019ai été gentil avec toi, j\u2019ai satisfait beaucoup de tes caprices ; tu m\u2019avais juré amour et fidélité, ce qui ne t\u2019a pas empêchée de m\u2019espionner au profit de Berry et de me tromper outrageusement.Heureusement, je n\u2019ai pas été dupe de ta comédie.Parfaitement, je savais tout, et pour te punir, j\u2019ai décidé de te faire croire que je ne me doutais de rien.Le dernier collier de perles que je t\u2019ai donné était faux, le diamant que tu portes si fièrement à ton doigt, c\u2019est du toc.A l\u2019énoncé de ces révélations, la jeune danseuse avait blêmi.\u2014 Quelle brute ! Agir d\u2019une telle façon avec une femme ! La jeune femme, accablée, s\u2019affala sur une chaise et fondit en larmes.Jimmy poursuivit : \u2014 Sais-tu pourquoi je veux voir Berry ?Ce n\u2019est pas parce qu\u2019il m\u2019a dérobé mon invention, c\u2019est que je veux savoir où est Peter.Et puis, il y a aussi que, parmi les victimes du cambriolage de la Central Bank, se trouve une jeune personne à qui je m\u2019intéresse tout particulièrement et à laquelle on a volé une somme très importante et des bijoux de prix.Or, je tiens absolument a ce qu elle rentre en possession de tout, dusse-je pour cela rompre les os à cette crapule de Berry.\u2014\tTranquillise-toi, Jimmy, on te rendra ton Peter, et puis Berry, j\u2019en suis certaine, te paiera la part qui te revient sur le cambriolage.\u2014\tJe n\u2019ai aucune part à toucher.Ce que je veux, c\u2019est ce qui a été dérobé dans les coffres 714 et 715.\u2014\tTu l\u2019auras, mais, auparavant, tu nous promettras de ne rien tenter contre nous.\u2014\tDes conditions, maintenant ?Tu dois pourtant savoir que je n\u2019en accepte de personne.Je suis assez fort pour lutter seul contre ton Berry.Je retrouverai bien sans ton aide mon camarade Peter, après quoi ton bonhomme occupera ses loisirs, et je me charge de lui faire rendre gorge.\u2014 Tu es stupide, Jimmy, il y aurait pourtant moyen d\u2019arranger cette affaire \u2014 Ah ! et comment ?\u2014 T\u2019associer avec Berry.Il te Ta déjà proposé ; comme un imbécile, tu as décliné ses offres, et pourtant quel beau travail vous feriez ensemble ! \u2014 Rien à faire.J\u2019ai des raisons.\u2014 Ah ! lesquelles ?\u2014 Je veux redevenir honnête! Voilà.\u2014 Jimmy Sullivan honnête homme, fit la danseuse en éclatant de rire : décidément, l\u2019année commence en surprise.Quelles catastrophes nous attendent.VI La conversation assez animée qui se déroulait entre Jimmy Sullivan et la jeune danseuse n\u2019était pas sans avoir des auditeurs aussi attentifs que discrets.Dans la pièce voisine, plusieurs hommes écoutaient les paroles que leur transmettait un haut-parleur branché sur un microphone.On se souvient que, lorsque Jimmy Sullivan, ayant avalé son cocktail, se leva de son siège et quitta le comptoir, le barman, se baissant, appuya sur un bouton soigneusement dissimulé.C'était le signal d\u2019alerte que Ton faisait fonctionner dès qu'un événement insolite se produisait.Dans le bureau directorial, où justement Berry conversait avec deux de ses lieutenants, la sonnerie prolongée du signal d\u2019alarme s\u2019était fait entendre.Le patron, le front soucieux, sursauta.\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a?demanda-t-il.Est-ce une descente de la police ?\u2014 Je vais voir, répliqua un de ses acolytes.L\u2019homme sortit.Quelques secondes plus tard, il rencontrait Jimmy Sullivan et avait une altercation avec ce dernier.Lorsqu\u2019il se releva, il remit un peu d\u2019ordre dans sa tenue et retourna auprès de Berry.\u2014 C\u2019est Jimmy Sullivan ! Il est venu ici pour parler avec Yvette.\u2014 Très bien, qu\u2019on le laisse tranquille jusqu\u2019à nouvel ordre.Où sont-ils ?\u2014 Dans le salon voisin.L\u2019ingénieur ne semble pas de très bonne humeur, il faudrait le surveiller.\u2014 Oui, branchons le haut-parleur.Le second lieutenant poussa un levier.Fortement amplifiées, les voix de Jimmy Sullivan et de la jeune danseuse se firent entendre.Attentifs, les trois hommes écoutèrent.\u2014 Jimmy Sullivan honnête homme, déclara Berry, il ne pouvait nous arriver quelque chose de pire ! De l\u2019autre côté du mur, sans se douter que ses adversaires l\u2019espionnaient, le jeune homme, nullement découragé, continuait à questionner sa compagne.Tu sais, Yvette, où est Peter! \u2014 Mais, je t\u2019assure.Pas de faux-fuyants, je t\u2019en prie ! Jimmy Sullivan, décidé à obtenir le renseignement, se résigna à recourir aux grands moyens.Il s\u2019avança, menaçant, vers la jeune femme, qui recula.Celle-ci, dans un mouvement maladroit, renversa le pot de fleurs qui se trouvait sur une table.L\u2019énorme chrysan- Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 21 thème était là pour dissimuler le microphone qui, maintenant, était des plus apparents.Jimmy Sullivan eut un geste sarcastique, déclara : \u2014 Un micro ! c\u2019est complet, on m\u2019espionne.Qui est à l\u2019écoute ?Tu vas me répondre que tu ne sais pas, c\u2019est Berry, hein ! Le sinistre Berry en personne.Puisqu'il a entendu notre petite conversation, cela m\u2019évitera de lui répéter les mêmes propos.S\u2019approchant du microphone, articulant chaque mot tel un speaker de radio, le jeune homme annonça : \u2014 Allô, cher monsieur Berry, je suis enchanté de pouvoir communiquer avec vous.Vous savez le motif de ma visite, je vous conseille de venir me rejoindre dans cette pièce, sinon c\u2019est moi qui me rendrai dans votre bureau.Dépêchez-vous de venir, car je brûle d\u2019impatience de vous rencontrer, cher monsieur Berry.Blême de rage, le chef des malandrins écumait.\u2014 Il se moque de nous, il faut le faire revenir à la raison.Je vous laisse, faites du bon travail, je dois rentrer chez moi.Téléphonez-moi si vous avez quelque chose d\u2019important à me dire.Restés seuls dans le bureau directorial, les deux lieutenants tinrent un rapide conseil.Après quoi, l\u2019un d\u2019entre eux, s\u2019approchant du mur, souleva un tableau qui dissimulait une ouverture à laquelle il colla son oeil.Lorsqu\u2019il jugea le moment venu, il braqua son arrqe et pressa sur la détente.Un bruit sec retentit, suivi aussitôt d\u2019une vive exclamation.Jimmy Sullivan s\u2019était brusquement déplacé et n\u2019avait pas été atteint.Trndis que le jeune homme se protégeait tant bien que mal contre les attaques de son adversaire invisible, Yvette profitait de l\u2019occasion pour se glisser lentement et sans bruit vers la porte et s\u2019enfuir prestement.Pendant ce temps, dans les sous-sols de l\u2019établissement, le malheureux Peter reprenait peu à peu conscience de la réalité.Il avait perdu connaissance, mais l\u2019air frais de la cave l\u2019avait rappelé à lui.Il se tâta le front et poussa un cri de douleur.Il comprit que, dans sa chute, il s\u2019était blessé et avait perdu du sang en abondance.Fouillant dans ses poches, il trouva un briquet et réussit à jeter dans la sombre pièce une timide clarté.Il se trouvait dans une cave désaffectée, encombrée d\u2019objets les plus hétéroclites.En entassant ceux-ci, Peter put confectionner un échafaudage instable mais suffisant qui lui permit d\u2019atteindre la lucarne.Celle-ci était fermée par une grille massive.S\u2019arc-boutant, le jeune homme courba l\u2019échine, s\u2019adossa à l'obstacle et poussa de toutes ses forces.Il eut un soupir de soulagement en constatant que les barres de fer se descellant avaient joué dans le ciment qui s\u2019effritait.Un dernier effort, il vint à bout de cet obstacle.Il s\u2019agrippa au rebord de la fenêtre * et se hissa au dehors.Il se trouvait dans une petite cour déserte.La neige avait recouvert le sol et les murs environnants d\u2019un épais et blanc tapis.Il s\u2019approcha d\u2019une fenêtre, enleva un peu de givre qui dessinait sur le carreau de fantasmagoriques enluminures et jeta un coup d\u2019oeil.Il poussa un cri de surprise.\u2014 Jimmy! Que fait-il ici?Il se baissa, ramassa un pavé et le lança dans la vitre qui se brisa en mille morceaux.Dans la pièce, Jimmy Sullivan se retourna.\u2014 Bon ! les voilà qui me bombardent maintenant avec des pierres.Il regarda au dehors et reconnut Peter.Joyeux, il se précipita au secours de son infortuné compagnon qui, à bout de forces, s\u2019écroula dans ses bras.Pendant ce temps, Yvette ne demeurait pas inactive.Ayant rejoint le res- te de la bande, elle conta à ses camarades son aventure.\u2014 Le moment est tout indiqué pour régler une fois pour toutes le compte de Jimmy Sullivan.Vous n\u2019avez plus rien à attendre de lui, puisque vous avez en votre possession sa fameuse invention.Désormais, vous pouvez vous passer de son encombrante personne.Soudain, un mouvement insolite se produisit dans la salle.L\u2019orchestre se tut, les danseurs s\u2019arrêtèrent de tourbillonner, des murmures s\u2019échangèrent.\u2014 Attention, mes amis, annonça un des complices, voici la police.C\u2019était eh effet l\u2019inspecteur Berthier qui, n\u2019acceptant nullement la défaite que, quelques heures plus tôt, lui avait infligée Jimmy Sullivan, s\u2019était immédiatement remis en campagne et, après d\u2019adroits recoupements, avait retrouvé la piste du jeune homme.Tandis que les agents s\u2019échelonnaient aux divers points stratégiques du dancing, Berthier s\u2019était approché du groupe formé par la danseuse et ses amis.Ceux-ci s\u2019étaient tus et prenaient un air de circonstance.\u2014 Bonne année ! lança le nouveau venu narquois.On n\u2019a pas l\u2019air de beaucoup s\u2019amuser par cette nuit de réveillon.Je n\u2019ose croire que c\u2019est ma venue qui vous importune.Qu\u2019a-t-on, en effet, à craindre d\u2019un policier lorsqu\u2019on a la conscience tranquille ?\u2014 Vous cherchez quelqu\u2019un?demanda la danseuse.\u2014 Oui, je voudrais voir l\u2019Ingénieur.\u2014 Vous voulez dire Jimmy Sullivan?\u2014 Oui, vous le connaissez ?\u2014 Naturellement, tout le conde connaît Jimmy Sullivan.\u2014 L\u2019avez-vous vu ce soir ?\u2014 Non, répondit un des malandrins.Il y a trois jours, il m\u2019a annoncé qu\u2019il devait partir en Tchécoslovaquie., \u2014 Jimmy Sullivan, déclara la jeune fille, est ici.Il y a une heure, il dis- tribuait aux garçons des billets de mille comme s\u2019il avait fait un héritage.\u2014 Peut-être a-t-il hérité d\u2019un banquier, ajouta un des complices qui avait deviné où voulait en venir la jeune fille.Ces déclarations corroborant ses soupçons, laissèrent croire à l\u2019inspecteur Berthier que la filature qu\u2019il suivait était la bonne.\u2014 Pourriez-vous, mademoiselle, me donner des précisions ?\u2014 Bien mieux, monsieur l\u2019inspecteur, je puis vous conduire là où il est actuellement.\u2014 J\u2019accepte volontiers.Se tournant vers la foule des danseurs, le policier, d\u2019une voix forte, lança : \u2014 Personne ne doit sortir jusqu\u2019à nouvel ordre.Quiconque n\u2019obéira pas sera immédiatement arrêté.Conduit par Yvette, l\u2019inspecteur Berthier s\u2019engagea dans un dédale de couloirs à demi plongés dans l\u2019obscurité.\u2014 Il est dans cette chambre, déclara la jeune femme.Sous une énergique poussée, la porte céda.L\u2019inspecteur avança.\u2014 Mais il n\u2019y a personne.\u2014 Comment cela ?C\u2019était vrai.Jimmy Sullivan s\u2019était mystérieusement volatilisé.Yvette était blême de rage.Une occasion unique venait de se présenter à elle pour se venger du jeune homme et celui-ci lui échappait.Quant à l\u2019inspecteur Berthier, il se croyait joué par la jeune danseuse.\u2014 Pas mal du tout, votre petite machination, mais la prochain?fois, il faudra trouver quelque chose de plus sensée.En attendant, je suis obligé de vous garder à ma disposition.On ne se paye pas la tête de l\u2019inspecteur Berthier.Je crois d\u2019ailleurs qu\u2019une conversation entre vous, vos camarades et moi, dans un lieu plus tranquille qu\u2019ici sera profitable à chacun.\u2014-Vous nous arrêtez?\u2014 N\u2019exagérons rien, je veux simplement bavarder avec vous et je vous relâcherez si rien ne s\u2019y oppose.A ce moment, venant on ne sait d\u2019où, une voix se fit entendre.\u2014 Non, monsieur l\u2019inspecteur, disait-elle, je ne me suis pas envolé dans les nues.\u2014 Mais, balbutia le policier, c\u2019est la voix de Jimmy Sullivan.C\u2019était elle, en effet et, à la grande confusion des bandits.\u2014 J\u2019ai quitté la pièce où vous vous trouvez en utilisant tout simplement une sortie secrète qu\u2019on s\u2019est bien gardé de vous signaler.Cherchez bien.Mais attention aux coups ! Les murs sont percés comme des écumoires.L\u2019inspecteur écoutait, attentif.\u2014 Allons, mes amis, dit-il en se tournant vers les bandits, qui n\u2019en menaient pas large, veuillez me suivre au commissariat voisin.Lorsqu\u2019il eut réconforté son compagnon, Jimmy Sullivan fit un rapide examen de la pièce.Il découvrit une ouverture béante.Le jeune homme se pencha.Son examen le satisfit pleinement : une porte secrète donnait juste sur le bureau de Berry.C\u2019est alors qu\u2019arriva l\u2019inspecteur Berthier.Le jeune homme fut le témoin de l\u2019entretien entre la jeune danseuse et l\u2019inspecteur.Quand il eut constaté le départ des policiers et des bandits, Jimmy se risqua à quitter sa cachette.Paivenu au dehors, il héla un taxi ayant installé son camarade sur la banquette, lança une adresse au chauffeur et prit place à côté de son ami.L\u2019inspecteur Berthier ne se consolait pas d\u2019avoir laissé échapper Jimmy Sullivan.Pourtant, la chasse n\u2019avait pas été infructueuse.Ce magistral coup de filet lui avait livré une bande de malandrins.L\u2019inspecteur Berthier allait et venait dans la pièce.Ayant longuement réfléchi, se tournant vers les bandits.Il leur dit : \u2014 Alors, vous persistez à demeurer dans ce silence qui vous accuse ?Pas un seul d\u2019entre vous n\u2019osera parler le premier.Vous avez tort, car je crois que les casiers judiciaires de la plupart d\u2019entre vous sont loin d\u2019être vierges et que, si l\u2019on approfondissait certains détails de la vie de chacun, vous risqueriez fort de ne pas sortir d\u2019ici, si ce n\u2019est pour une inconfortable prison.Mais, malgré l\u2019invitation du policier, personne ne prit la parole.Berthier ne se découragea nullement.Il se pencha vers la danseuse et lui dit : \u2014 Jusqu\u2019à présent, ma petite, on ne vous a rien dit, mais cela n\u2019est pas une raison pour croire que nous ne sommes au courant de rien.Nous avons une fiche en nos classeurs qui vous concerne, et je puis vous assurer qu\u2019on y a relevé toutes les plaintes qui ont été déposées contre vous.Tout m\u2019incite à vous dire que nous serions disposés à étudier votre cas avec une minutie entièrement dénuée de bienveillance.Soyez gentille et vous bénéficierez des circonstances atténuantes.\u2014 Eh bien ! soit, je n\u2019en peux plus.Je vais vous dire ce que je sais.Je préfère vous dire toute la vérité.« C\u2019est bien promis, vous ne me ferez pas d\u2019ennui ?\u2014 Entendu, je vous laisserai partir, puisque vous vous montrez intelligente.\u2014 Le principal, pour moi, est que je conserve ma liberté.Voilà.C\u2019est Jimmy Sullivan qui a fait le coup de la Central Bank.\u2014 Ah ! pas possible ! dit l\u2019inspecteur Berthier, qui jubilait.C\u2019est bien Jimmy Sullivan qui a fait le coup de la Central ||||[< JiépoiiliM^-lMI!)?Q.\t\u2014 Les plumes courbées sont-elles d\u2019invention récente ?R.\t\u2014 Elles remontent à 1803 ; auparavant, elles étaient plates.Q.\t\u2014 Quel est le poids moyen du cerveau humain?R.\t\u2014 L\u2019homme, 49 onces ; la femme, 44.Q.\t\u2014 QUe signifient les initiales I.H.S.que l\u2019on voit sur les objets religieux ?R.\t\u2014 Jesus Hominum Salvador (Jésus Sauveur des Hommes).Q.\t\u2014 Les ongles croissent-ils rapidement ?R.\t\u2014 Un trente-deuxième de pouce par semaine, soit un pouce et demi par année.Q.\t\u2014 Pourquoi le cadran de l\u2019horloge est-il divisé en 60 minutes ?R,\t\u2014 C\u2019est un usage emprunté aux Babyloniens qui calculaient à l\u2019aide d\u2019un système sexagésimal.Q.\u2014 La grippe espagnole qui sévit durant la Grande Guerre de 1914-1918 fut-elle sévère ?r \u2014 Elle causa 25 millions de morts, soit le double de la guerre elle-même.Q,\t\u2014 Quand le dimanche a-t-il été désigné comme le premier jour de la semaine ?R.\t\u2014 En 321, par Constantin.Q.\t\u2014 Quelle longueur atteint les cheveux d\u2019une femme d\u2019âge moyen, s\u2019ils n\u2019ont jamais été coupés ?R.\t\u2014 28 verges. 22 Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 Bank ! Ses propres complices l\u2019accusent.Très bien, ma petite, tu es libre.Tandis que l\u2019inspecteur Berthier s\u2019éloignait vers un secrétaire, la jeune danseuse se voyait aussitôt entourée de ses acolytes, la félicitant de son adroit stratagème.\u2014 Bravo ! Tu as été épatante ! \u2014 Ne vous en faites pas ; une fois libre, j\u2019avertis le patron.C\u2019est bien le bout du monde s\u2019il ne trouve pas une combine pour vous faire relâcher.VII Le train pour Bâle et Saint-Moritz était sous pression.Parmi les nombreux voyageurs, on remarquait, debout dans le couloir d\u2019un wagon de sleeping de luxe, une jeune femme très élégante et radieusement belle.La jeune femme semblait attendre quelqu\u2019un.A diverses reprises, elle donna les signes de la plus vive impatience, regardant fréquemment sa montre-bracelet et se penchant à la portière pour dévisager quelque nouvel arrivant.Bientôt, le sifflet retentit et ce fut le départ.Lentement, le convoi s\u2019ébranla, puis, augmentant progressivement son allure, il franchit les aiguillages et s\u2019élança dans la nuit noire.Jusqu\u2019au dernier moment, la jeune femme demeura à la portière.Puis, comprenant que toute espérance serait désormais vaine, elle regagna sa place en murmurant : \u2014 Il m\u2019avait pourtant assurée qu\u2019il m\u2019accompagnerait.Je n\u2019aurais pas dû partir sans lui.Elle tenta d\u2019accaparer toute son attention en la lecture d\u2019un livre acheté tout à l\u2019heure à la bibliothèque de la gare, mais les lignes lui apparurent confuses et grises.Le sommeil lui-même se refusait à la réconforter.Irène Serventi \u2014 car la jolie voyageuse n\u2019était autre que la comtesse italienne \u2014 poussait encore un nouveau soupir, lorsqu\u2019on frappa à la porte de son compartiment.\u2014 Entrez ! répondit la jeune femme.La porte glissa lentement et, dans l\u2019entrebâillement, parut la silhouette d\u2019un jeune homme vêtu d\u2019un costume de voyage.A sa vue, le visage de la comtesse s\u2019épanouit en un radieux sourire.\u2014 Ah ! vous enfin ! murmura-t-elle, transportée.Comme je suis heureuse maintenant.Jimmy Sullivan prit place sur la banquette à côté de la comtesse.\u2014 Mais où étiez-vous donc au moment du départ du train ?\u2014 Je suis arrivé à la gare quand le train partait et j\u2019ai dû monter dans le dernier wagon.\u2014 Très bien, mais voici bientôt une demi-heure que nous avons quitté Paris.\u2014 Excusez-moi, Irène chérie, mais des circonstances indépendantes de ma volonté.Le jeune homme s\u2019empressa de changer de sujet.\u2014 Et maintenant, dit-il, si nous parlions de nos projets ?Ce voyage imprévu à Saint-Moritz ne vous enchan-te-t-il pas ?\u2014 Je voudrais avant tout trouver là-bas le repos et la tranquillité.\u2014 Rassurez-vous, je veillerai à ce que vous ayez satisfaction.\u2014 Dites, Jimmy, avez-vous vu cet article ?Ce disant, la comtesse tendit à son compagnon l\u2019exemplaire des « Dernières Nouvelles de Paris » qu elle avait entre les mains.\u2014 Le journal donne des précisions sur le cambriolage de la Central Bank.\u2014 Ne prenez pas ces articles au sérieux.Ce ne sont pas les journalistes qui vous feront rentrer en possession di vos biens.Vous avez confiance en la police, c\u2019est peut-être plus sûr, en- core que ce soit douteux ; je vous ai promis de trouver les auteurs du cambriolage et j\u2019y parviendrai.\u2014 Vous savez Jimmy chéri, que j\u2019ai en vous une confiance absolue.Mais, toutefois, laissez-moi vous lire les premières lignes de cet article.« A la suite du cambriolage opéré cette nuit par d\u2019audacieux malfaiteurs dans les sous-sols de la Central Bank, nous avons chargé un de nos collaborateurs de faire une enquête détaillée sur cet incident.Voici ce qu\u2019il a appris : « La police a chargé un de ses meilleurs limiers de suivre l\u2019affaire.Celui-ci a trouvé certains indices lui permettant d\u2019identifier les auteurs du vol, ou tout au moins le principal coupable.Celui-ci serait un escroc international du nom de Jimmy Sullivan.» La jeune femme s\u2019arrêta.\u2014 Voilà qui est curieux, il porte le même nom que vous.\u2014 Quelle coïncidence ! Et que raconte ce rédacteur si bien informé ?\u2014 Cet individu serait connu dans le monde de la pègre sous le sobriquet de l\u2019Ingénieur.Possédant une instruction très poussée et titulaire de nombreux diplômes, cet homme qui, en honnête citoyen, aurait pu occuper une place prépondérante dans l\u2019industrie moderne, préfère inventer de nouvelles machines venant renforcer les armes de la cohorte du mal.» \u2014 Pas mal du tout, cette dernière phrase, interrompit Jimmy Sullivan.\u2014 Ne vous moquez pas ainsi de cet article.A votre place, j\u2019en serais fort contrariée.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Ne vous appelez-vous pas Jimmy Sullivan, vous aussi, et n\u2019êtes-vous pas également ingénieur ?\u2014 Oui, et alors ?\u2014 Ne comprenez-vous pas que, du fait de cette double similitude, les soup- çons de la police pourraient se porter sur vous ! \u2014 Si.Je puis même vous dire que c\u2019est déjà fait.Il y a d\u2019autres preuves contre moi, elles sont fausses bien entendu.Savez-vous que dans la salle des coffres de la Central Bank on a trouvé un oeillet blanc.\u2014 Mais il faut immédiatement aviser.Le jeune homme haussa les épaules.\u2014 A quoi bon, on ne me croirait pas.\u2014 Pourtant.\u2014 Je sais, Irène, ce que vous allez dire.Je veux vous répondre à l\u2019avance.Je dois vous avouer quelque chose que, jusqu\u2019à présent, je n\u2019ai osé vous apprendre.« Ce Jimmy Sullivan dont parle le journal, cet aventurier qui a eu maille à partir avec toutes les polices du monde, cet homme qui est connu dans le monde de la pègre sous le sobriquet de l\u2019Ingénieur et moi-même ne sont qu\u2019une seule et même personne.A cette révélation imprévue, la comtesse italienne, ne pouvant plus maîtriser son étonnement, poussa un grand cri.Puis, se ressaisissant, elle répliqua : \u2014 Ce n\u2019est pas vrai ! \u2014 Si seulement, je ne suis pas l\u2019auteur du vol de la Central Bank : la preuve, c\u2019est qu\u2019à l\u2019heure même où :1 s\u2019est produit, je me trouvais chez vous.\u2014 Je le regrette infiniment.La comtesse Irène Serventi ne fréquente pas les hommes de votre genre.Et la jeune femme s\u2019affala sur la banquette et se mit à pleurer.Jimmy Sullivan, aussitôt, s\u2019approcha pour la consoler.\u2014 Ecoutez-moi encore, Irène ! \u2014 C\u2019est inutile.Si vous insistez, je tire le signal d\u2019alarme et je vous fais arrêter.\u2014 Dans votre intérêt, Irène, pas de scandale, soyez raisonnable.\u2014\tLaissez-moi donc ! __Bon, bon, à votre aise.Seulement, vous pouvez me croire, je ne suis absolument en rien dans ce cambriolage.Par amour pour vous, j\u2019avais pris la résolution de redevenir un honnête homme.__Sentiment très honorable, mais qui vous vient un peu tard.\u2014\t« Mieux vaut tard que jamais.» Bref, je croyais que tout de ma vie d\u2019autrefois était bien fini ; hélas ! non, l\u2019adversité se tourne contre moi et me fait perdre la femme que j\u2019aime.__Je vous en prie, ne parlons pas de cela.\u2014 Je vais vous quitter et regagner ma couchette dans le compartiment voisin.Bonsoir, Irène.\u2014 Bonsoir, monsieur ! Le jeune homme, une dernière fois, salua et sortit.Pendant quelques secondes, Irène Serventi demeura comme plongée dans un rêve.Elle murmura : \u2014 Quel dommage ! Je l\u2019aimais.Pourquoi ce beau rêve s\u2019est-il brutalement enfui ?Pendant ce temps, à Paris, l\u2019inspecteur Berthier ne demeurait pas inactif.Ayant fait relâcher la jeune Yvette avec, à ses trousses, un fin limier, il avait expédié au dépôt le reste des malandrins.Le policier semblait fort satisfait de lui-même.« Voilà, se dit-il, du beau travail.J\u2019ai comme une vague idée qu\u2019au cours du prochain interrogatoire, ces messieurs voudront bien délier leur langue.Certes, ils ne sont pas les auteurs du vol de la Central Bank, mais ils sont en relations avec Jimmy Sullivan.Aussi, je puis les accuser de complicité.Toutefois, il y a une ombre au tableau : ce Jimmy Sullivan est un bonhomme extraordinaire, il est insaisissable, c\u2019est un vrai fantôme.Un jour viendra où nous réussirons à mettre la main sur lui.\u2014 Neuf heures! Je vais rentrer chez moi prendre un peu de repos.Dans l\u2019après-midi du même jour, l\u2019inspecteur Berthier reparut au commissariat, frais et dispos.\u2014 Rien de neuf ?\u2014 Pas encore, nous avons pris les dispositions que vous nous avez conseillées.Toutes les gares sont surveillées.Un inspecteur est passé au Clar-idge, naturellement Jimmy Suljivan a disparu.On n\u2019a pas encore retrouvé sa trace.\u2014 Eh bien ! attendons.L'inspecteur Berthier prit place près du poêle, qui rougeoyait et, les mains dans les poches, les pieds posés sur le sac à charbon, demeura méditatif et silencieux.Dans la soirée, la sonnerie du téléphone retentit.L\u2019homme de garde prit le communication.Soudain, il s\u2019arrêta d\u2019écouter et, se tournant vers l\u2019inspecteur, lui dit : \u2014 C\u2019est rapport à Jimmy Sullivan ! C\u2019est Marchai qui était de surveillance à la gare de l\u2019Est.Il dit qu\u2019il a vu notre homme, il pouvait être neuf heures moins cinq, il l\u2019a pisté et il l\u2019a vu monter à contre-voie dans l\u2019express de Bâle.\u2014 Il veut se rendre en Suisse.Qu\u2019on alerte tous les postes-frontières.\u2014 Entendu ! \u2014 Et demandez-moi un billet aller et retour pour Bâle, je prendrai le prochain train.VIII Le train atteignit au matin les abords de la frontière franco-suisse.Dès sept heures, nombreux étaient les voyageurs qui avaient quitté leur couchette pour venir admirer le paysage magnifique qui s'offrait à leurs LA VIE COURANTE .Par Georges Clark \u2014 L'air de Cartierville et toutes ces aventures réussiront peut-être mieux pour \"ta ligne\" que ta fameuse diète que tu ne suis jamais.7|N^ Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 23 yeux.Jimmy était de ceux-là.Ayant passé une excellente nuit, il alla frapper à la porte du compartiment occupé par sa compagne.Celle-ci n\u2019avait pas fermé l\u2019oeil un seul instant.La révélation que lui avait faite le jeune homme l\u2019avait bouleversée.\u2014 Bonjour, Irène.Allons, ne paraissez pas plus méchante et contrariée que vous ne l\u2019êtes en réalité.Hier, j\u2019étais à vos yeux un homme parfait ; aujourd\u2019hui, vous ne pouvez plus me voir.Pourquoi ?Parce que j\u2019ai eu la franchise de vous avouer la réalité ?J\u2019ai cru bien faire et que cela était préférable à ce que vous l\u2019appreniez par ailleurs.\u2014 Vous comprendrez bien que je ne puis fréquenter un aventurier.\u2014 D\u2019accord.Mais puisque je vous dis que je veux redevenir un honnête homme.Je vous en fais la promesse formelle.\u2014 Vous voulez jouer les Arsène Lupin, vous voulez être un gentleman cambrioleur.C\u2019est très bien dans les romans policiers ou dans les films d\u2019aventures, mais c\u2019est beaucoup moins drôle dans la réalité.Il n\u2019existe plus rien de commun entre nous.\u2014 Très bien, je vais me livrer sans plus attendre aux autorités policières.\u2014 Non, ne faites pas cela, Jimmy, je vous en supplie ! Le jeune homme eut un sourire.\u2014 Tiens ! Pourquoi ce brusque revirement ?Hier, vous me menaciez de donner l\u2019alarme, aujourd\u2019hui, vous me dissuadez de le faire ! M\u2019aimeriez-vous encore un peu ?Le conducteur passant dans les couloirs annonça : \u2014 Attention ! Nous arrivons à la gare frontière ; veuillez préparer vos passeports et descendre vos bagages en vue de la visite de la douane.\u2014 Voici la frontière! s\u2019écria Irène Serventi ; qu\u2019allez-vous faire, Jimmy, si on allait vous arrêter ! \u2014 Croyez-vous qu\u2019il soit si facile d\u2019arrêter Jimmy Sullivan ?Ecoutez-moi, Irène, je vous ai promis de retrouver les auteurs du vol de la Central Bank et de vous faire restituer votre argent et vos bijoux.Ce sera ma première bonne action.\u2014 Mais où et quand vous reverrai-je ?\u2014 Continuez votre voyage jusqu\u2019à Saint-Moritz.Ne vous inquiétez pas de moi, dans quelques jours je vous aurai rejointe.Ne dites à personne que nous avons voyagé ensemble et surtout que nous devons nous retrouver là-bas.Faites-moi confiance, Irène, le mauvais Jimmy Sullivant est mort ; grâce à vous, un nouveau lui succède, et celui-ci saura se montrer digne de vous.Le jeune homme s\u2019approcha, prit la main de sa compagne et y posa ses lèvres.\u2014 Au revoir, Irène, au revoir.\u2014 Où allez-vous ?\u2014 Vers ma destinée.Faites-moi confiance ! Et, sans plus attendre, il s\u2019éclipsa.L\u2019express poursuivit sa route.Déjà, au loin, enfouis au creux d\u2019un valon-nement, apparaissaient les taches sombres formées par les habitations du petit village frontière.La voie formait une courbe assez accentuée et grimpait fortement.Donnant toute la vapeur en un ultime effort, la locomotive dut néanmoins ralentir.C\u2019est alors qu\u2019un homme avait ouvert la portière et, sans se soucier du danger, avait sauté au dehors.Son corps roula sur la pente neigeuse du ballast et disparut, après un dernier bond, derrière un monticule.Cernoz est une petite bourgade groupant quelques rustiques maisons disséminées de-ci, de-là, dans les champs.Autour de la gare s\u2019élèvent un certain nombre de bâtiments aux allures administratives.Tous les trains, sans ex- ception, s arrêtent à la gare de Cernoz.Pourtant, ce pays est des plus insignifiants et la seule raison de cette distinction est que la douane française y tient ses assises.Le visa des passeports s\u2019effectua ce jour-là avec un soin minutieux.Les préposés regardaient chaque photo, puis fixaient avec insistance le visage du titulaire ; quelques secondes de réflexion, un court conciliabule à mi-voix et ils apposaient le cachet fatidique.Lorsque les fonctionnaires eurent achevé leur tâche, ils redescendirent sur le quai, le visage soucieux, la mine désappointée.\u2014 Il nous a échappé, murmura l\u2019un d eux tandis que le train, lentement, s\u2019ébranlait.C\u2019est un homme insaisissable ! \u2014 On a pourtant fouillé les compartiments de fond en comble ?\u2014 Que va dire l\u2019inspecteur Berthier ?\u2014 Ce doit être l\u2019homme que certains voyageurs ont vu sauter du train en marche.\u2014 Tiens ! c\u2019est vrai ; alors, il ne peut être loin.On va alerter les postes de vigie.Ça, c\u2019est l\u2019affaire des gardes et non pas la nôtre.Hein ! IX Comme convenu, la comtesse Irène Serventi, sitôt arrivée à Saint-Moritz, était descendue à l\u2019Hel-vétia Hôtel, un des plus élégants et des plus renommés de la station.Quelques heures après un visiteur vint la demander ; elle le reçut aussitôt.C\u2019était cm homme petit, sec et courtois, qui remplissait les fonctions de commissaire de police.\u2014 Je m\u2019excuse de vous importuner, madame, dit-il, mais mes fonctions m\u2019obligent parfois à agir contrairement à ce que je désirerais faire.Je viens de recevoir du poste frontière un télégramme annonçant que vous étiez dans le train de Paris.\u2014 C\u2019est exact.Et alors ?\u2014 Voilà, voilà, continua le petit bonhomme visiblement impressionné par l\u2019attitude énergique de la jeune fem-*me.Je suis venu pour vous demander certaines explications.\u2014 Je suis toute disposée à vous les donner, si cela est possible.\u2014 Un télégramme reçu de Paris signale que la police française recherche activement un certain Jimmy Sullivan, accusé d\u2019avoir cambriolé la Central Bank.\u2014 Je ne vois pas, monsieur, en quoi je puis vous être utile ?\u2014 Le contrôleur de votre wagon a déclaré au chef du poste frontière que vous avez voyagé avec un homme ressemblant étrangement au Jimmy Sullivan en question.\u2014 L\u2019homme qui a été vu dans mon wagon était William Robertson, un des plus riches financiers de Broadway, que j\u2019ai rencontré dans le train.\u2014 Ah ! Et où est-il descendu ?\u2014 A la station juste avant la frontière.\u2014 Merci, madame, merci.Le policier helvétique salua une dernière fois et sortit.Une semaine passa.Pour la jeune femme, les jours se succédèrent, tristes et monotones.Un seul souci l\u2019accablait : savoir ce qu\u2019était devenu Jimmy Sullivan.Ayant, telle une boule de neige, roulé plusieurs fois sur lui-même, entraînant avec lui d\u2019énormes flocons blancs ; le jeune homme, après avoir sauté du train, alla buter contre le talus.Quelque peu étourdi par le choc, il demeura quelques instants sans bouger ; puis il jeta un rapide coup d\u2019oeil aux alentours : partout des champs de neige s\u2019étendant à perte de vue.Il marcha, allant au hasard et s\u2019enfonçant jusqu\u2019aux genoux dans le tapis immaculé.Vers midi, il frappa à une porte.Une vieille femme vint lui ouvrir et, comme il lui montrait quelques billets de banque, elle ne refusa pas de lui accorder l\u2019hospitalité et de lui servir un repas.Dans l\u2019après-midi, ayant repris la route, il eut une alerte.Il pouvait être quatre heures ; comme il allait entrer dans un bois de sapins, il vit, à trois cents mètres de lui, déboucher un groupe de gendarmes suisses qui, chaussés de skis, effectuaient une patrouille.Peut-être le cherchaient-ils ?Prudemment, le jeune homme demeura tapi derrière un tronc d\u2019arbre.Le soir, à la faveur de la nuit, il se glissa dans une grange sans être vu et passa la nuit étendu au milieu de bottes de foin.Le lendemain, il recommença.Pendant près d\u2019une semaine, il vécut ainsi.Un après-midi, alors que le soleil allait disparaître à l\u2019horizon derrière les cimes neigeuses des montagnes, il vit sur le bord de la route un écriteau sur lequel était écrit : « Saint-Moritz, trois kilomètres ».Cette constatation lui donna du courage et il repartit d\u2019un pas allègre et décidé.Une demi-heure plus tard, éclairée par les lueurs empourprées du crépuscule, la perle de l\u2019Engadine, avec sa merveilleuse patinoire et ses luxueux hôtels, surgissait devant lui.Depuis huit jours déjà qu\u2019elle se trouvait à Saint-Moritz, Irène Serventi était continuellement dévorée par une sourde inquiétude.Pas de nouvelles de Jimmy Sullivan.Celui-ci ne lui avait pas envoyé la moindre lettre.Aucun journal n\u2019annonçant son arrestation, elle finit par croire que le jeune homme, l\u2019ayant oubliée, était parti de par le monde en quête d\u2019aventures.Cet après-midi-là, la comtesse italienne prenait le thé en admirant un couple de patineurs qui évoluaient avec grâce et adresse sur la patinoire toute proche.Elle était si attentive qu\u2019elle n\u2019avait pas remarqué que depuis longtemps elle était le point de mire de deux autres consommateurs assis non loin d\u2019elle.Ceux-ci, arrivés le matin même, échangeaient entre eux quelques paroles à mi-voix.L\u2019un d'eux n\u2019était autre que Berry, le banquier, se doublant d\u2019un chef de bande ; l\u2019autre, qui répondait au nom de Parker, était son secrétaire.\u2014 Jolie femme, n\u2019est-ce pas ?questionnait Berry.\u2014 Certainement.\u2014 Et avec cela possédant quatre à cinq millions de fortune.C\u2019est une des victimes du vol de la Central Bank.\u2014 Voilà qui est extraordinaire! \u2014 Oui, c\u2019est moi qui lui ai conseillé de convertir une partie de son argent liquide et d\u2019acheter des titres.Je lui ai aussi suggéré de ranger ceux-ci en un coffre de la Central Bank.\u2014 Très ingénieux, comme cela vous étiez certain de ne pas faire coup nul.\u2014 Quand donc comprendrez-vous qu\u2019il faut vous taire ?Un jour viendra qu\u2019avec vos maladresses vous nous ferez tous pincer.Après un court silence, Berry ordonna : \u2014 Parker, vous allez dire à cette charmante femme que je désire la voir.Vous prendrez rendez-vous ! Le secrétaire se leva et se composant un visage qu\u2019il voulait sympathique, il s\u2019approcha d\u2019Irène Serventi.\u2014 Je m\u2019excuse, Madame, de vous importuner, mais mon directeur, le banquier Berry, m\u2019a chargé de prendre [ Lire la suite page 38 ] MÉDAILLE DE LA FASHION ARTS ACADEMY POUR 1951 fjaynati/ du mois Ensemble 7 façons ! Collier 2 façons .bracelets 2 façons .2 broches .boucles d'oreilles.Une conception exquise en étincellantes pierres du Rhin qui réflétera les nuits étoilées de l'été .sertie à la main sur du précieux Argent Sterling.de la fameuse Collection \u201cInternationale\" Jay Kel ayant remporté le prix de l\u2019Académie.Chez les meilleurs bijoutiers JAY KEL LIMITED, 1 295 Des Carrières, Montréal.JEUNES FILLES QUI TRAVAILLEZ Si votre ouvrage vous épuise recouvrez et maintenez vos forces avec cet infaillible fortifiant vitaminisé.Ideal a tous les ages Chez votre pharmacien Elixir Toniqu Montie O WATSON A CO .Mon.r.,1 Avez-vous des cadeaux à faire ?Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.Remplissez NOS COUPONS D\u2019ABONNEMENT.Mal de Tête Rien n'est plus pénible que les maux de tète.Pourquoi souffrir?.La poudre Lambly soulage instantanément le mal d'oreilles, le mal de dents, la névralgie, les douleurs du dos, de l'estomac, des intestins.POUDRES LZl CONTRE LE MAL DE TÊTE M DETECTIVES ¦ Agents secrets.Hommes ambitieux de 18 ans et plus demandés partout au Canada, pour devenir détectives.Ecrivez immédiatement à CANADIAN INVESTIGATORS INSTITUTE.Casier 25, Station T.\tMontréal, P.Q. 24 Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 j-\tNOTRE FEUILLETON LA RANÇON Dü SILENCE .^===^= par MAXIME VILLEMER\t\u2014 No 1 Première tranche de Notre Nouveau Feuilleton PREMIERE PARTIE CHAPITRE PREMIER Depuis deux ans, le docteur Pascal Vallauris, retenu au Cap-d\u2019Ail par une affaire importante dont il a pris la direction, n\u2019est pas venu à Paris ; \u2014 et s\u2019il s\u2019y rend aujourd\u2019hui, c\u2019est sur les instances pressantes de son frère Laurent qui doit l\u2019entretenir de choses graves, trop graves pour être exposées dans une lettre.Et l\u2019inquiétude de Pascal est extrême.Le froid est vif.Depuis quelques jours le ciel est plein de brume ; un brouillard épais enveloppe Paris, épan-dant sur la grande ville comme un voile de deuil.L\u2019esprit du docteur est aussi maussade que le temps ; \u2014 dans le fiacre qui l\u2019emporte vers la rue de La-Boëtie, Pascal est assombri et songeur ; et quand il met pied à terre devant l\u2019élégant hôtel habité par son frère, il ne s\u2019est point encore ressaisi.Sans rien demander au concierge \u2014 il connaît les aîtres de la maison \u2014 il gravit lestement un étage, et appuie sur le bouton d\u2019une sonnerie électrique dont il perçoit le résonnement lointain et criard.\u2014 Bonjour, Firmin \u2014 mon frère est-il chez lui ?demanda-t-il au valet qui vient d\u2019accourir.\u2014 Monsieur est dans son fumoir.Et, sans plus attendre, Pascal passe devant le vieux serviteur, soulève une lourde tenture et pénètre dans une pièce tendue d\u2019étoffes orientales où un homme, en déshabillé du matin, est occupé à dépouiller son courrier.En apercevant son frère, Laurent Vallauris se redressa, le sourire aux lèvres.\u2014 Tu as reçu ma lettre ?demanda-t-il.\u2014 Oui ! Et aussitôt j\u2019ai pris le train.«Mais qu\u2019as-tu donc de si sérieux à me dire, que tu n\u2019aies pu me l\u2019écrire ?En vain depuis trois jours je me creuse la cervelle à ce sujet ; \u2014 et dans le rapide qui m\u2019emportait vers toi, qui me ramenait dans ce Paris où je pensais bien ne pas revenir de sitôt, l\u2019obsédante pensée du mystère que je ne suis point encore parvenu à percer m\u2019a tenu éveillé pendant toute la dernière nuit.\u2014 J\u2019ai, en effet, une grave nouvelle à t\u2019apprendre, dit lentement Laurent Vallauris.Debout près de la cheminée où pétillait un feu de bois que Firmin venait d\u2019attiser, le docteur semblait songeur.Maintenant, il gardait le silence ; \u2014 de temps à autre, ses regards se reposaient, presque craintifs, sur le pâle visage de Laurent.Au moment de parler, Laurent hésitait ; \u2014 une crainte qu\u2019il ne s\u2019expli- Commeneé dans l'édition dü 2 juin 1951.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de person-naqes et do lieux de nos romans, feuilletons, contes ot nouvelles sont fictifs et choisis ou hasard.quait pas serrait sa gorge, contractait ses traits.\u2014 Quelle est donc la grave nouvelle que tu as à m\u2019apprendre ?fit Pascal, non sans une légère pointe d\u2019impatience.D faut qu\u2019elle soit vraiment bien terrible pour que tu hésites ainsi à parler ; \u2014 mais si terrible soit-elle, tu sais bien que tu dois avoir confiance en moi : ne suis-je pas ton frère, le seul ami sur qui tu puisses compter ?Allons, Laurent, parle, explique-toi.\u2014 Suzanne est en route pour la France ! Pascal eut un haut-le-corps.Et, avec un peu d\u2019ironie : \u2014 Alors, te voilà avec une femme sur les bras ! Tu comptais cependant si bien ne la revoir jamais ! Toutes tes précautions étaient bien prises, et tu te croyais parfaitement caché dans ce Paris, où tu fréquentais peu de monde, vivant presque en reclus dans cette garçonnière, où tu es, ma foi, parfaitement installé.« Tu vis ici comme un prince, ou du moins comme un millionnaire à qui rien ne manque ; \u2014 cela m\u2019étonne, car, à vrai dire, je ne te savais pas aussi bien pourvu d\u2019argent.Un silence se fit.Laurent paraissait mal à l\u2019aise.Les remarques de Pascal l\u2019ennuyaient, lui, dont l\u2019unique pensée était l\u2019arrivée prochaine, en France, de cette Suzanne \u2014 sa femme légitime \u2014 que, depuis trois ans, il avait quittée, sous le prétexte d\u2019un long et indispensable voyage, dont il n\u2019était jamais revenu.D\u2019un ton acerbe, il dit enfin : \u2014 A présent, tout m\u2019est indifférent en ce monde ; seule, l\u2019arrivée de cette femme me préoccupe.Tiens.lis.voici la lettre que je viens de recevoir de Sumatra.Pascal prit la lettre.et lut : «Mon cher Laurent, « Un de nos amis communs qui vous a retrouvé à Paris, m a fait connaître votre adresse.« Avec quelle joie j\u2019ai appris que vous êtes encore vivant, moi qui, depuis trois ans, vous pleure ! « Quand vous avez quitté Sumatra, j\u2019espérais en votre prochain retour.Mon père avait eu envers vous des torts si graves, il vous avait manifesté une telle méfiance en vous excluant presque de sa maison de banque, qu\u2019il vous était impossible de continuer à vivre près de lui.« Et vous êtes parti, me laissant seule.Et cependant, je n\u2019eusse pas hésité une minute s\u2019il m\u2019eût fallu choisir entre mon père et vous.sans regret, j\u2019eusse quitté mon père pour aller vous rejoindre ! « Vous savez, Laurent, combien je vous ai aimé.Veuve depuis quelques mois seulement, j\u2019ai bravé l\u2019opinion publique \u2014 j\u2019ai bravé même mon père \u2014 pour vous épouser, m\u2019efforçant d é-teindre dans mon coeur le souvenir du mort qui me laissait un enfant ! « En moi l\u2019amour étouffa toutes les considérations intimes et sociales ; et Dieu m\u2019a punie dans cet amour.le seul cependant qui ait fait battre mon coeur ?«Maintenant, je suis seule au monde, seule avec ma petite Colinette.Mon père est mort, il y a six mois, me laissant dans une situation embarrassée.Liquidation faite de la succession, il ne me reste que fort peu pour vivre.Ce pauvre père, qui fut si injuste pour vous cependant, et qui sut si peu vous apprécier, était si bon et si confiant avec les autres ! «Comme moi, vous devez savoir qu\u2019un de ses caissiers \u2014 il y a de cela bien des années \u2014 s\u2019est enfui de Sumatra en lui emportant une somme de deux mülions.Ce vol fut la cause première de la débâcle de notre maison de banque.Jamais mon père, dans son honnêteté impeccable, n\u2019eût consenti à se lancer dans des spéculations véreuses ; aussi ne put-il reconstituer sa fortune, et dès lors, nous en fûmes réduits, paraît-il, à vivre presque dans la gêne, touchant à peine les deux bouts.«Le nom de ce caissier malhonnête, de ce voleur, a retenti bien souvent à mes oreilles.Toute petite, mon père me prenait sur ses genoux et me disait : « Autrefois tu étais riche, ma chère enfant, maintenant tu ne l\u2019es plus.Mesmer nous a tout pris ! Ta mère en est morte de chagrin ; et moi, si tu n\u2019étais pas là, je serais déjà allé la rejoindre.» « Je retourne donc en France sans autre fortune que celle de ma pauvre petite Colinette.Ma fille vient d\u2019hériter, d\u2019une parente de son père, d\u2019une somme de huit cent mille francs constituée en rentes anglaises et françaises.Tutrice de mon enfant, cette fortune m\u2019a été remise avec mission d\u2019en faire le dépôt, soit chez un notaire, soit dans une sérieuse maison de banque \u2014 j\u2019aurai donc la jouissance de cette somme jusqu\u2019à la majorité de ma fille.« Vous le voyez, mon cher Laurent, nous pourrons encore être heureux et refaire notre vie \u2014 cette vie que des circonstances malheureuses ont brisée \u2014 et je suis persuadée que vous m\u2019accueillerez avec empressement, car vous n\u2019avez pu oublier l\u2019amour profond de notre première année de mariage.» \u2014 Heureux mortel ! fit Pascal, bientôt tu auras près de toi une femme amoureuse, et tu seras le protecteur d\u2019une gamine, d\u2019une belle-fille très riche dont tu pourras, à ta guise, administrer la fortune ; \u2014 tous mes compliments, mon cher, tu es décidément un veinard.Puis il ajouta, tout en tendant à Laurent la lettre de Suzanne : \u2014\tElle a dû s\u2019embarquer sur le Sham-boul ; elle sera ici dans une quinzaine de jours.\u2014\tOh ! tais-toi.je suis fou ! \u2014\tMais, mon cher, reprit Pascal d\u2019un ton ironique, bientôt tu auras de 1 ar- J gent plein les mains, bientôt tu seras en possession d\u2019une jeune et jolie femme.et tu te plains ! \u2014\tJe ne t\u2019ai jamais dit que Suzanne fût jolie.\u2014\tAlors le grand amour que jadis tu éprouvais pour elle \u2014 du moins c\u2019est elle qui le dit \u2014 était donc une pure comédie ?\u2014\tTout dans ma vie \u2014 comme aussi dans la tienne, d\u2019ailleurs \u2014 n\u2019est-il pas comédie et drame ?En quittant Sumatra n\u2019ai-je pas, comme l\u2019a fait jadis ce soi-disant Mesmer, enlevé la caisse de mon beau-père ?Le vieux a gardé le secret de mon vol.mais il en est mort ! Ma femme l\u2019a-t-elle connu, elle aussi, ce secret ?.Je l\u2019ignore ; \u2014 en tout cas, elle ne l\u2019a révélé à personne, et je lui sais gré de ce silence.« Je n\u2019ai donc plus rien à craindre maintenant : ma femme ne sait rien \u2014 ou du moins elle feint de ne rien savoir et quant à mon beau-père.il est mort \u2014 il ne peut donc rien me reprocher.\u2014 Après tout, ce n\u2019était là qu\u2019une simple peccadille, fit Pascal dont les yeux bleu faïence scrutaient le visage sombre de Laurent.Et d\u2019un ton acerbe il ajouta : \u2014 Tu ne m\u2019as jamais dit quelle somme tu avais en ta possession à ton retour des Indes.\u2014 J'ai partagé avec toi ; \u2014 n\u2019as-tu pas reçu cent mille francs ?\u2014 J\u2019en conviens.\u2014 Cette somme t\u2019a permis de faire l\u2019acquisition, au Cap-d\u2019Ail, d\u2019une propriété superbe, et d\u2019y fonder une maison d\u2019aliénés où tu reçois des pensionnaires titrés et millionnaires qui t\u2019arrivent de toutes les parties de l\u2019Europe.« Que te faut-il donc de plus ?N\u2019est-ce pas moi qui t\u2019ai tendu la perche au moment où tu sombrais dans ce grand Paris où nous avions si follement dévoré notre maigre patrimoine ?Puis, aupa- ' ravant, ne t\u2019ai-je pas envoyé de Sumatra l\u2019argent nécessaire pour te permettre d\u2019achever tes études et de subvenir à tes besoins ?\u2014 Je ne te reproche rien, répondit Pascal, mais je trouve qu\u2019il était inutile de me rappeler tous ces souvenirs.Tu es mon frère, et en me venant en aide tu n\u2019as fait que ton devoir.« Orphelins, sans famille, seuls au monde, ne possédant pour toute fortune que quelques milliers de francs, n\u2019avons-nous pas connu toutes les misères dans ce Paris où nous vîmmes échouer comme deux épaves rejetées par la tempête !.Face à face, maintenant, ils se regardaient.Un lourd silence tombait dans la pièce aux tentures sombres qu\u2019éclairaient faiblement les lueurs incertaines d'un feu mourant.Au dehors, le brouillard s\u2019était fait plus dense, plus froid, plongeant Paris dans la pénombre \u2014 et sur le coeur de Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 25 ces deux hommes tombait le même voile assombri.Tous deux avaient peur.Peur de quoi ?\u2014 peur de l\u2019avenir qui, maintenant, leur apparaissait gros d\u2019orages, peur de tout, peur des pas légers de Firmin glissant sur le tapis de la pièce voisine, peur du murmure du vent dans la rue silencieuse, peur de ces ténèbres épaisses enveloppant Paris.peur d\u2019eux-mêmes ! Pascal, surtout, éprouvant une frayeur qu\u2019il ne pouvait surmonter.Oh ! il pressentait bien ce que son frère allait lui demander, lui ordonner.et un frisson le secouait tout entier.Aucun d\u2019eux n\u2019osait rompre ce lourd silence ; \u2014 on eût dit qu\u2019ils redoutaient leurs propres paroles.C\u2019était bien les deux frères.D\u2019une taille élancée, et ne manquant pas de distinction, ils personnifiaient bien la même race ; \u2014 et si Pascal était blond et Laurent brun, tous deux avaient néanmoins la même expression de physionomie, le même regard acerbe et dur.Quel âge avaient-ils ?Pascal comptait trente-cinq ans à peine.Laurent, lui, de deux ans plus jeune, n\u2019avait pas encore sa trente-troisième année.Nés dans une petite ville du Jura, à Poligny, tous deux, après avoir vendu le peu de terres qu\u2019ils possédaient dans leur pays, étaient venus à Paris faire leurs études.Pascal se décida pour la médecine ; Laurent, lui, se fit inscrire à la Faculté de droit.Or, avant même que Pascal eût terminé sa médecine, Laurent, qui avait toujours eu le goût des voyages, partit pour les Indes, muni de lettres de recommandation pour les plus grands financiers de Sumatra.John Lamberty, le père de Suzanne, l\u2019accueillit avec bienveillance, l\u2019attacha à sa maison de banque et l\u2019initia aux grandes affaires.Ce fut là, chez son père, que Suzanne, veuve depuis quelques mois seulement, s\u2019amouracha de Laurent et malgré tous voulut l\u2019épouser.Il s\u2019était fait un long silence.Ce fut Pascal qui l\u2019interrompit.\u2014 Ta femme ne te garde pas rancune de ton abandon, dit-il ; \u2014 elle te revient, les poches pleines d\u2019or, et je ne vois pas pourquoi tu ne l\u2019accueillerais pas avec empressement.«Mais, ajouta-t-il, non sans ironie, peut-être préfères-tu la liberté à l\u2019opulence ; \u2014 dans ce cas, mon cher, tu n\u2019as d\u2019autre ressource que le divorce.\u2014 Le divorce.\u2014 Mais certainement.Bien que relativement récent, l\u2019institution du divorce est, pour certains hommes du moins, une des lois les plus précieuses ayant été édictées depuis longtemps.Quand on en a assez d\u2019une femme, on la lâche.et tout est dit.\u2014 Je ne puis songer à divorcer.\u2014 Alors prends-en bravement ton parti.Va à Marseille recevoir la belle Mme Vallauris et sa gosse, et quitte cette figure d\u2019enterrement qui me surprend et m\u2019inquiète.« Que diable, tu n\u2019es pas à plaindre.Avec l\u2019argent de la petite Colinette tu mèneras joyeuse vie et même tu pourras facilement t\u2019enrichir en gérant adroitement la fortune de cette petite à qui sa mère n\u2019aura de comptes à rendre qu\u2019à sa majorité.«Mme Vallauris te pardonne, Mme Vallauris vient te rejoindre.ce sont là d\u2019excellents symptômes qui rendent incompréhensible ton effarement.«Car tu es effaré.Regarde-toi dans la glace : tu es livide et tu me fais peur.Depuis notre dernière entrevue un grand changement s\u2019est opéré en toi : maintenant ton front est coupé de rides profondes, tu as la tête d\u2019un fêtard ; et si tu continues à mener une telle vie, rapidement tu deviendras, comme tant d\u2019autres, un neurasthénique inguérissable.\u2014 J\u2019ai à peine trente-trois ans, fit Laurent en haussant les épaules ; j\u2019ai donc la jeunesse pour moi.\u2014 La jeunesse! \u2014 Ce qui caractérise la jeunesse ce sont les illusions.et depuis longtemps déjà tes illusions se sont envolées \u2014 comme les miennes d\u2019ailleurs.« Mais ne songeons pas à l\u2019avenir, et occupons-nous du présent.D\u2019abord, tu aurais tort de croire qu\u2019il te sera facile de te débarrasser de Suzanne.Elle a bien su te retrouver, et cette histoire d\u2019un ami commun qui, affirme-t-elle, lui a donné ton adresse, est, à mon avis, une pure blague.Selon moi, elle est allée tout tranquillement au consulat de France.Le consul a écrit à Paris, la police a fait des recherches.et ton nid, parfaitement caché cependant, a bien vite été découvert.Laurent devint pâle.Il dit, d\u2019une voix qu\u2019il cherchait vainement à affermir : \u2014 Je connais Suzanne: jamais la pensée ne lui serait venue de se rendre au consulat.Ce qu\u2019elle m\u2019écrit est vrai : c\u2019est un ami commun qui m\u2019a rencontré.\u2014 Après tout peu importe.Ce qu\u2019il y a de certain, c\u2019est que Suzanne est en mer, et que sous peu elle débarquera à Marseille avec sa fille.Le Stamboul te la ramène, bien portante et éprise de toi \u2014 tu es vraiment un heureux mortel.\u2014 Ne raille pas ! fit Laurent dont les regards devinrent durs.Et d\u2019un ton acerbe, il ajouta : \u2014 Je suis marié, soit \u2014 mais je ne veux plus l\u2019être.\u2014 Tu dis ?.Laurent, implacable et mauvais, répéta lentement les mêmes paroles.Cette fois Pascal frissonna.\u2014 Tu ne veux pas recevoir ta femme ?.mais les lois t\u2019y obligent.Tu es marié, bien marié, et ne peux t\u2019affranchir de ce mariage que par le divorce.\u2014 Je ne puis divorcer.\u2014 Alors explique-toi.\u2014 Il faut que Suzanne et Colinette disparaissent ! \u2014 Tu es fou ! \u2014 Et je compte sur toi pour m\u2019aider dans la réalisation de ce projet.Et Pascal, très pâle, se rapprocha de son frère toujours immobile près de la cheminée.\u2014 Rien ne nous sera plus facile, reprit Laurent.Nous irons attendre Su- zanne à Marseille, nous la conduirons au Cap-d\u2019Ail et nous l\u2019installerons dans ta maison d\u2019aliénés d\u2019où elle ne sortira pas.« Alors \u2014 comprends-tu ?\u2014 à tout jamais séquestrée dans un de tes pavillons isolés, elle y vivra en paix.ou y mourra sans bruit.«Quant à l\u2019enfant.,, je m\u2019en charge.\u2014 Et l\u2019argent ?\u2014 Part à deux ; \u2014 nous partagerons en frères.\u2014 Ah ! ricana Pascal, tu as eu là une pensée vraiment infernale.Décidément tu es plus fort que moi, car jamais, je te le jure, je n\u2019aurais trouvé une telle solution, machiné un tel crime \u2014 car c\u2019est un vrai crime que tu me proposes de commettre.« Tu m\u2019offres de l\u2019argent, soit ; mais il n\u2019en est pas moins certain que devant la justice je serais responsable de cette séquestration.« Puis, réfléchis.Dans la vie bien des événements surgissent à l\u2019improvis-te ; je puis mourir.et alors une fois la cage ouverte l\u2019oiseau s\u2019envolerait bien vite ! \u2014 Je t\u2019en prie, ne cherche pas à m\u2019émouvoir et à contrecarrer mes projets.J\u2019ai tout calculé d\u2019avance ; et si je t\u2019ai prié de venir à Paris, c\u2019est que rien maintenant ne peut modifier ma résolution.« D ailleurs, reprit Laurent en passant la main sur son front, tu ignores presque tout de ma vie, tu ne sais rien de la gêne qui m\u2019étreint.Je vis sur le pied d\u2019un homme possédant cinquante mille livres de rente ; \u2014 et, cependant, depuis six mois, harcelé par mes créanciers, je ne sais plus où donner de la tête.«Là-bas, au Cap-d\u2019Ail, au milieu de tes pins et de tes oliviers, tu vis sans souci du lendemain ; \u2014 moi, à Paris, ma vie est un enfer, et sans cesse je me débats contre des créanciers qui me menacent chaque jour.\u2014 Pourquoi n\u2019es-tu pas venu te réfugier au Cap-d\u2019Ail, dans cette maison tranquille et calme où j\u2019eusse été enchanté de te recevoir ?\u2014 Quitter Paris ?.Jamais ! \u2014 Et moi qui me trouve si heureux là-bas, dans ma retraite ensoleillée ! J\u2019aime ces jardins embaumés, ces fleurs blanches et roses que l\u2019hiver nous donne.J\u2019aime aussi cette mer bleue, ces brises douces et parfumées, ces silences impressionnants des soirs, alors que les étoiles se reflètent, innombrables, dans les vagues qui frissonnent !.\u2014\u2022 Diable.diable, sais-tu bien que tu es devenu rudement poétique.Moi, je préfère les boulevards à tes sentiers rocailleux, les rives de la Seine aux plages de la mer bleue.\u2014¦ Chacun son goût.Mais assez causé sur ce sujet, et revenons aux choses sérieuses.Tu m\u2019as fait venir à Paris pour m\u2019annoncer l\u2019arrivée de Mme Vallauris et me faire part de ta résolution formelle de te débarrasser d\u2019elle ; \u2014 mais tu ne m\u2019as point dit encore quel but tu poursuivais en agissant ainsi.\u2014 Je veux me marier.Pascal se redressa, une flamme dans les yeux.\u2014 Tu dis?tu dis?.\u2014-Je veux me marier, répéta froidement Laurent.\u2014 Oh ! comment cette monstrueuse pensée a-t-elle pu germer dans ton esprit ?Bigame !.tu serais bigame ! \u2014 tu serais sans cesse sous la menace de aue'que effroyable catastrophe ! La pensée de la prison et du bagne qui te guetteraient ; la pensée aussi de notre ruine à tous deux \u2014 car ma complicité dans le crime que tu médites me rendrait aussi coupable que toi \u2014 ne t\u2019a donc pas fait renoncer à ce projet insen-cé et dangereux.\u2014 C\u2019est vrai, je suis fou! J\u2019avais d\u2019abord songé au divorce, mais j\u2019y ai renoncé le jour où j\u2019ai connu les principes religieux de la femme que j\u2019aime.jamais Mlle Fernande Mesmer n\u2019eût consenti à épouser un divorcé.\u2014 Ah ! fit Pascal en prenant sa tête à deux mains, tu me fais peur ! Le passé a déjà été bien terrible pour nous.que nous réserve donc l\u2019avenir ?Ni, .Dessin de JEAN MILET LES TOURBILLONS DE LA VIE 26 Le Samedi, Montréal, 2 juin 1951 MesRecettes Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l\u2019institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE Pâté de viande 1\tgros oignon émincé\t2 c.à tb.de graisse 1 Ib.de veau haché\tSel et poivre\t1 lb.de porc haché 2\ttasses de tomates coulées 1 boîte de fèves en gousses en conserve 1 tasse de carottes cuites coupées en tranches minces Hacher finement l\u2019oignon et le faire revenir dans le gras.Y ajouter les viandes puis les tomates et laisser cuire en mijotant 1 heure.Retirer du feu, bien assaisonner et mettre dans un plat bien graissé.Etendre sur la viande les fèves et les carottes et couvrir d\u2019une pâte faite comme suit : Pâte à pâté 1\tc.à thé de sel\t1 tasse de lait\t4 c.à tb.de graisse 2\ttasses de farine\t4 c.à thé de poudre à pâte Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec la poudre et le sel.Mettre dans un bol, ajouter la graisse et à l\u2019aide d'un appareil special ou de 2 couteaux, couper la graisse dans la farine à la grosseur d\u2019un pois.Délayer vivement avec le lait, abaisser la pâte qui doit être molle, de la grandeur du plat et en couvrir le pâté.Badigeonner de lait et faire cuire à four chaud 425° F.30 minutes.Servir avec une sauce aux tomates.Souce aux tomates 1\toignon moyen\tSel\tpoivre 2\tc.à tb.de graisse\t2 tasses de tomates 1 petite gousse d\u2019ail écrasée\t2 c.à tb.de farine Faire chauffer la graisse et y faire blondir l\u2019oignon haché finement, ainsi que la gousse d\u2019ail.Ajouter la farine, bien mêler, y mettre les tomates.Brasser et laisser cuire 8 à 10 minutes.Vérifier l\u2019assaisonnement et servir avec le pâté.Pouding au chocolat 1\ttasse de famine\tV4 c.à thé de sel % de tasse de sucre\t2 c.à tb.de cacao 1/2 tasse de lait\t1 c.à thé de vanille 2\tc.à thé de poudre à pâte\t14 de tasse de noix hachées 2 c.à tb.de shortening fondu Tamiser la farine, mesurer et bien mélanger avec tous les ingrédients secs.Mettre dans un bol avec la graisse et à l\u2019aide d\u2019un appareil spécial, couper finement dans la farine.Délayer avec le lait, mettre dans un plat à pouding bien beurré et couvrir du sirop suivant : 1 tasse de cassonade\tIV2 tasse d\u2019eau bouillante 4 c.à tb.de cacao Bien mélanger le tout et verser sur le pouding.Cuire au four de 350° F.35 à 40 minutes.8 à 10 services.Gâteau au chocolat 2 c.à tb.de shortening 1 c.à thé de vanille 1 tasse de lait 2 % de tasse de cassonade 1 c.à thé de soda à pâte 1 oeuf\t114 tasse de farine t/s de c.à thé de sel carrés de chocolat (2 onces) Faire ramollir le chocolat au-dessus de l\u2019eau chaude en évitant toutefois de le faire trop chauffer.Séparer l\u2019oeuf, battre le jaune jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit bien léger, ajouter le chocolat et 14 tasse de lait puis la cassonade et le shortening ramolli.Battre jusqu\u2019à ce que le mélange soit bien mousseux et léger.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec le soda à pâte et le sel.Ajouter au premier mélange alternant avec le lait.Aromatiser et verser la pâte dans un moule carré de 8 pouces bien graissé et cuire à 350° F.45 à 50 minutes.Démouler au sortir du four, refroidir et glacer avec la glace suivante : 3/4 de tasse de sucre 1 blanc d\u2019oeuf Glace mousseuse 3\tc.à tb.d\u2019eau froide 1 c.à tb.de jus de citron Mettre le tout dans un bain-marie et faire cuire au-dessus de l\u2019eau chaude jusqu\u2019à ce que le mélange soit bien mousseux et garde sa forme.Etendre sur le gateau.\u2014\tJ\u2019aime à en mourir ! \u2014\tMon pauvre Laurent ! \u2014\tSi tu connaissais Fernande tu en deviendrais fou, toi aussi.Ce n est plus une toute jeune fille ; c\u2019est une femme faite déjà.Elle a vingt-huit ans.Grande, élancée, la taille svelte, elle porte haut la tête \u2014 une tête idéale, couverte de lourds cheveux blonds.\u2014\tT\u2019aime-t-elle ?Laurent garda le silence.\u2014\tTu ne réponds pas ; \u2014 tu n\u2019as donc pas encore sondé le coeur de cette femme ?\u2014 Non.\u2014 Riche ?\u2014 Millionnaire.\u2014\u2022 Ce serait superbe ; \u2014 mais il y a « l\u2019autre » ! \u2014\tNe me parle plus de Suzanne.Elle ne sera pas à Marseille avant quinze jours.et dans quinze jours je serai fiancé à Fernande.Et, riant nerveusement, il reprit : \u2014 Tu ne devinerais jamais de qui elle est la fille ?_ Mais tu me l\u2019as dit tout à l\u2019heure : elle est la fille de M.Mesmer.\u2014 Et ce nom de Mesmer ne te rappelle rien ?\u2014 Tu viens cependant de lire la lettre de Suzanne- Pascal eut un haut-le-corps.\u2014 Ta Fernande serait-elle la fille de ce voleur qui jadis a ruine ton exbeau-père ?\u2014 Elle-même.\u2014 Cet homme s\u2019est donc enrichi ?\u2014 Il est à l\u2019heure actuelle un des plus grands financiers de Paris.Veuf depuis plusieurs années, Mesmer est un fêtard faisant partie de tous les cercles, pratiquant tous les sports, fréquentant tous les lieux où l\u2019on s\u2019amuse ; partout où les femmes haut cotées vont on peut rencontrer Mesmer.« Je suis reçu chez lui et je suis invité à ses parties de chasse dans la Sarthe.où il possède un château superbe : \u2014 ce fut là que, pour la première fois, je vis Fernande.\u2014 Et tout de suite tu en devins amoureux ?\u2014 Que veux-tu- le coup de foudre ! \u2014 Alors tu la demandas en mariage ?\u2014¦ Oui.Un soir, seul à seul avec Mesmer, j\u2019abordai franchement la question.Le vieux parut d\u2019abord surpris de cette demande qui le bouleversait ; \u2014 puis, après un court silence qui me parut un siècle, il me dit, d\u2019un ton empreint d\u2019une certaine amertume : «Fernande est maintenant une vieille fille.Certes, riche comme elle l\u2019est, les prétendants ne lui ont pas manqué, et des marquis, des ducs, même des princes, se sont mis sur les rangs.Mais Fernande a toujours repoussé ces propositions, qui, cependant, eussent dû flatter son amour-propre de jolie femme.Elle a décidé de rester fille, et rien ne pourrait l\u2019amener à changer sa résolution.Il est donc inutile de lui soumettre votre demande : nous nous heurterions, vous et moi, à un refus formel.Laissons-lui donc ignorer l\u2019amour que vous lui faites en demandant sa main ; \u2014 nous l\u2019effaroucherions et vous m\u2019obligeriez à me priver de vos visites, qui me sont cependant si agréables.» \u2014 Mais alors.\u2014 Il y i quinze jours qu\u2019eut lieu entre le ricne financier et moi la conversation que je viens de te dire.Depuis lors je n\u2019ai pas revu Mesmer ; et peut-être eussé-je attendu plus longtemps avant de tenter auprès de lui le grand coup que je prémédite si je n\u2019avais reçu la lettre de Suzanne.\u2014 Que comptes-tu faire maintenant?\u2014 Aujourd\u2019hui même je dois voir Mesmer.Et Laurent, tendant à son frère une carte qu\u2019il venait de recevoir, ajouta : __Voici une invitation à dîner ! je n\u2019aurai garde d y manquer.__Cette seule invitation est de bon augure pour toi.\u2014\tTu crois ?\u2014\tMais certainement.__Hum.qui sait?Je connais le vieux Mesmer : c\u2019est un viveur qu\u2019amusent mes reparties et ma gaieté \u2014 souvent feinte, il est vrai.\u2014 Comme il est très vaniteux, très infatué de lui, je lui prodigue les flatteries qui seules font vibrer son coeur et chatouillent agréablement son orgueil de parvenu.__Diable ! tu ne penses pas beaucoup de bien de ton futur beau-père.\u2014 Je n\u2019ai pas à te cacher ses défauts.__Mais, voyons, que comptes-tu faire ?\u2014 Je vais d\u2019abord réitérer ma demande en mariage ; \u2014 et si le vieux refuse \u2014 comme il a déjà refusé une première fois _ je n\u2019hésiterai pas à employer les grands moyens.__Oh t je le sais, tu as l\u2019imagination facile et rien ne t\u2019embarrasse, fit Pascal avec une légère pointe d\u2019ironie; \u2014 et c\u2019est pourquoi je suis étonné que tu aies besoin de mes conseils pour diriger ta barque.\t.\u2014 Sans toi je ne puis rien faire, rien tenter, riposta Laurent en haussant les épaules ; \u2014 d\u2019ailleurs, c est dans ta superbe propriété du Cap-d Ail que dès le premier jour j\u2019ai songé à conduire Suzanne.\u2014 Après l\u2019avoir débarrassée de sa fille et de ses valeurs?____Oh ! crois-le bien, ce n\u2019est pas cette fortune qui me tente ; \u2014 et en admettant même que Suzanne arrive les mains vides, cela ne modifierait en rien mes projets.Puis Laurent sonna Firmin, se fit apporter son pardessus, son chapeau, et presque gaiement dit à son frère .\u2014 Allons d\u2019abord déjeuner; \u2014 nous aurons le temps de causer de notre affaire tout en sablant le champagne.Bras dessus, bras dessous, ils descendirent la rue de La Boëtie, gagnèrent l\u2019avenue des Champs-Elysées et se dirigèrent vers les grands boulevards.Dans un des cabarets les plus en vogue des grands boulevards ils pénétrèrent et se firent servir à déjeuner dans un cabinet particulier.A cinq heures seulement les deux frères se séparèrent ; \u2014 et tandis que Pascal prenait le chemin de la rue de la Boëtie, Laurent, lui, se faisait conduire au boulevard Malesherbes.Devant un coquet petit hôtel situé en face du parc Monceau, Laurent descendit de voiture.Il sonna, et d\u2019un pas délibéré gagna un vaste hall garni de plantes rares et de statues de marbre 6ignées des plus grands noms.Un valet de pied s\u2019approcha de lui et d\u2019un ton obséquieux : \u2014 Monsieur désire ?\u2014 Je voudrais voir M.Mesmer.\u2014 M.Mesmer n\u2019est pas encore revenu de la Bourse ; mais il ne saurait tarder et si monsieur veut bien attendre.\u2014 J'attendrai.Nul n\u2019eût pu penser en pénétrant dans cette maison d\u2019apparence si calme, que dans un vaste cabinet du premier étage se traitaient chaque jour des affaires colossales.et bien souvent louches, cat Mesmer, quelque peu usurier, prêtait volontiers des sommes énormes à des taux exorbitants.Possesseur de grands capitaux, il s efforçait par tous les moyens, et souvent par les moyens les moins honorables, de les faire fructifier.et jamais dans cette conscience élastique le remords n\u2019était descendu.Depuis sa fuite de Sumatra, depuis le vol commis au préjudice du père de Suzanne, il avait vécu très tranquille, sachant fort bien que ce vol n'aurait pour lui aucune suite fâcheuse ; \u2014 '1 connaissait le caractère insouciant de Le Samedi.Montréal.2 juin 1951 27 Lamberty, et la répugnance qu\u2019avait toujours montrée le banquier à entreprendre la moindre démarche judiciaire.Aussi, dès le premier jour, Mesmer ne manifesta-t-il aucune crainte.Avec l\u2019argent volé il installa à Paris une maison de change et lança des affaires qui toutes réussirent brillamment.Puis il épousa une riche héritière qui lui apporta en dot la somme rondelette de deux millions ; \u2014 mais, après trois ans de mariage, sa femme mourut, lui laissant deux enfants : Michel et Fernande, qui furent ainsi dès leur enfance privés des tendresses et des soins maternels.Dès lors Mesmer, le financier louche, l\u2019homme sans conscience, le viveur effréné, se consacra quelque peu à ses enfants.Il adorait son fils, il idolâtrait sa fille et il s\u2019efforça de leur faire donner à tous deux une éducation parfaite.Quand vint l\u2019âge de prendre une décision au sujet de son avenir, Michel choisit la carrière des armes ; \u2014 après de brillantes études, il entra à Saint-Cyr d\u2019où, deux années plus tard, il sortit sous-lieutenant de cavalerie.Quant à Fernande, elle, passant presque six mois de l\u2019année dans la Sarthe, en compagnie d\u2019une gouvernante, elle dédaigna dès son plus jeune âge tous les plaisirs mondains, préférant les bais et les ruisselets de Courdemanche au magnifique hôtel qu\u2019habitait son père à Paris.Laurent Vallauris connaissait les goûts de la jeune fille, son désir de ne se marier jamais ; \u2014 aussi n\u2019était-ce pas sans une vive appréhension qu\u2019il se décidait une fois encore à demander Fernande en mariage, à tenter le grand* coup qu\u2019il avait médité.Il n\u2019attendit pas longtemps ; \u2014 comme cinq heures et demie sonnaient, Mesmer revint de la Bourse, tout essoufflé.\u2014 Ah ! vous voilà, dit-il à Vallauris en lui tendant la main \u2014 vous avez donc reçu à temps ma carte d\u2019invitation ?C\u2019est gentil à vous d\u2019arriver le premier ; nous allons pouvoir causer un peu, tout en dégustant un excellent byrrh et en fumant de fins cigares que je viens de recevoir de la Havane, Tout en parlant, Mesmer s\u2019était débarrassé de sa pelisse fourrée ;\u2014 et d\u2019un geste montrant le magnifique escalier garni de vieux tapis de Smyme : \u2014 Vous montez avec moi ?.Vallauris ne se le fit pas dire deux fois ; il suivit le financier.Ses affaires s\u2019annonçaient bien ; \u2014 cet accueil cordial allait lui donner toutes les audaces.Néanmoins, il ne pouvait vaincre une vague inquiétude ; \u2014 et quand il se trouva sur un fauteuil, il ne sut trop comment engager la conversation, chercha ses mots, balbutia.Congestionné, le visage violacé, Mesmer, pour respirer plus à l\u2019aise, avait sans façon entr\u2019ouvert son gilet.Et, souriant.\u2014- Un byrrh.hein ?fit-il.J\u2019ai ici, dans une armoire, bouteilles et verres-rien ne me manque.C\u2019est si embêtant d\u2019avoir recours à ces larbins toujours disposés à écouter ce qu\u2019ils ne doivent pas entendre ! Et d'un ton goguenard, tout en posant sur la table les verres et la bouteille de byrrh.\u2014 Eh bien, je suppose que vous ne songez plus à Fernande ?\u2014 J\u2019y songe plus que jamais, fit Laurent dont le regard s\u2019anima.\u2014 Allons donc !.\u2014 Je suis amoureux fou de votre fille.\u2014 Eh bien ! mon cher, c\u2019est très malheureux pour vous, car jamais Fernande ne sera votre femme.Elle ne sera d\u2019ailleurs la femme de personne ; \u2014 elle veut rester fille.et peut-être a-t-elle raison.\u2014 Et cependant j\u2019ose vous réitérer ma demande.\u2014 Eh bien ! mon cher,i je vous fais aujourd\u2019hui la même réponse que je vous ai faite déjà.\u2014 Je veux épouser Mlle Mesmer.\u2014 Mais, mon cher monsieur, le roi dit « nous voulons », et vous, vous dites «je veux».Puis, devenant acerbe et cassant.\u2014 D\u2019abord, qui êtes-vous ?Quant à moi, je l\u2019ignore ; mais je sais que votre situation est très embarrassée ; je sais aussi que de nombreux désagréments vous accablent, et que vos dettes atteignent un chiffre respectable.« Vous avez fait votre droit, c\u2019est vrai ; mais, comme tant d\u2019autres, vous êtes un avocat sans cause, et ce ne sont pas vos rares plaidoiries qui peuvent vous faire vivre.\u2014 Ah ! certes, je ne suis pas millionnaire, fit Laurent en relevant sa belle tête brune ; \u2014 mais vous aussi vous n\u2019avez pas toujours été dans l\u2019opulence.\u2014 Ça c\u2019est vrai ; \u2014 quand j\u2019ai débuté, je n\u2019avais pas le sou.et je ne m\u2019en cache pas.-\u2014Pas le sou?allons donc! \u2014 Vous possédiez deux millions à votre arrivée à Paris.\u2014 Vous dites ?\u2014 Vous possédiez deux millions, répéta Laurent.\u2014 Qu\u2019en savez-vous ?\u2014 N\u2019étiez-vous pas jadis employé, à Sumatra, dans la maison de banque « Lamberty et Cie ».Mesmer eut un tremblement.Ses petits yeux papillotèrent.D\u2019un geste brusque il défit sa cravate.il étouffait ; et comme une masse il se laissa tomber sur un fauteuil, qui craqua sous son poids trop lourd.Autour de lui il vit tout à coup des ruines s\u2019accumuler ; \u2014 un écrasement se fit en lui, et une bouffée de sang monta à son front.Puis il devint d\u2019une pâleur livide.Affolé, il songe : « Cet homme sait tout.essayer de nier est inutile ! » \u2022 Sous la poussée de tant d\u2019angoisses ses yeux se fermèrent.Alors, cherchant à se ressaisir et à payer d\u2019audace, il eut un rire sardonique qui fit trembler Vallauris.\u2014 Et puis.après ?fit-il.Oui, je suis allé à Sumatra ; je suis même allé dans bien d\u2019autres endroits, j\u2019ai parcouru toutes les Indes \u2014 est-ce là une raison de vous permettre à mon égard des insinuations calomnieuses ?« Vous aimez ma fille, dites-vous ; \u2014 non, vous ne l\u2019aimez pas, vous mentez, car si vous l\u2019aimiez vous n\u2019insulteriez pas son père, vous ne lui jetteriez pas à la face les pires infamies \u2014 car je lis dans vos yeux dans votre sourire, sur vos lèvres devenues blêmes, l\u2019horrible accusation dont vous croyez m\u2019accabler.Et Vallauris, d\u2019un ton très calme, jouant son va-tout, répondit : \u2014 Vous avez emporté la caisse, vous avez volé à Lamberty deux millions ; \u2014 or, ce vol est connu de moi.j\u2019ai des preuves.\u2014 Vous mentez !.\u2014 J\u2019ai des preuves, répéta Vallauris.Ces preuves, je les montrerai à votre fils et aussitôt \u2014 je le connais \u2014 il se rendra à Sumatra pour éclaircir cette affaire.\u2014 Misérable ! \u2014 Vous voyez bien que je sais tout ; alors pourquoi chercher à nier un crime dont il vous serait impossible de vous défendre devant vos enfants ?\u2014 Misérable !.misérable !.\u2014 Puis, ne sait-on pas partout que vous pratiquez l\u2019usure sur une grande échelle ?Votre fils et votre fille \u2014 deux honnêtes natures, j\u2019en conviens \u2014 ne soupçonnent pas à quel genre d\u2019opérations vous vous livrez.mais il pourrait C\u2019est si facile de faire du thé délicieux avec les SACS DE THÉ AVEZ-VOUS DES CADEAUX A FAIRE ! SALADA NETTOYEZ AVEC .
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