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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 19 janvier 1952
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1952-01, Collections de BAnQ.

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[" 63e année, No 36 Montréal, 19 janvier 1952 \u2022\tLES TRENTE ANS DE LA RADIO \u2022\tLE \"RESSUSCITEUR'V DE MONTRES \u2022\tLE CLUB JUVENILE DE LA POLICE \u2022\tLE DEVOIR ET L'AMOUR, roman par Annie Pierre Hol §)(MDE@(oJa LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 10 cents Que dexploits étonnants, que dimmortels héros ^\t1\t1\t(LOUIS FRÉCHETTE) (LOUIS FREC & *\u2022 \\ -**lIP,3»se- J£jPüs£- «*\u2022>?: r :£mSLi .*>£ \u2014.1*.¦>,0 ^ » V ' m j* ¦ 'X:^ ! \u2022,i&.yijL .:¦ ± \u2014 Là NICOLAS PERROT fut un des plus illustres explorateurs de l\u2019intérieur du continent.Interprète, traitant, commandant, médiateur officiel auprès des Indiens, Perrot fut l\u2019un des plus fidèles serviteurs de la colonie naissante.C\u2019est grâce à l\u2019inlassable dévouement de tels pionniers et éclaireurs que le Canada est devenu une grande nation.Ce sont des hommes animés d\u2019un pareil esprit d\u2019aventure et de découverte qu\u2019il faut dans les rangs du C.A.R.C., pour perpétuer une glorieuse tradition et porter jusqu\u2019au bout du monde le prestige du Canada.\u2014 La jeunesse est faite pour l\u2019audace et l\u2019action.Le Corps d\u2019Aviation offre le débouché idéal aux énergies des jeunes citoyens dont les yeux sont tournés vers l\u2019avenir.Emules tie nos aïeux, éclaireurs de la liberté et défenseurs de nos droits, tous pourrez enfin tous tailler une carrière à la mesure de votre idéal, lout en protégeant vos libertés civiles et religieuses contre les doctrines pernicieuses des dictatures athées, dont le seul objectif est l\u2019anéantissement de la démocratie et de la chrétienté.Vous aurez aussi l\u2019occasion d\u2019apprendre un métier, et bénéficierez d\u2019avantages inexistants dans la vie citile.Jeunes gens, soyez d\u2019aujourd\u2019hui! Optez pour l\u2019aviation.Centre» de recrutement du C.A.R.C.1 470, rue Mansfield, Montréal, P.Q.Tél.HA.9175 24, rue Saint-Stanislas, Québec, P.Q.Tél.2-8527 49, rue Metcalfe, Ottawa, Ont.Tél.4-2196 Veuillez m\u2019envoyer, ions obligation de ma part, tous renseignement! tur les conditions d'enrôlement et emplois actuellement vacants dans le C.A.R.C.NOM (lettres moulées).ADRESSE.VILLE.PROVINCE.DEGRÉ D\u2019INSTRUCTION .ÂGE.CAF51-2MF Corps d\u2019Aviation Royal Canadien - le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 3 De g.à d.: Raymond David, Mare Thibault, Noël Gauvin, Bruno Paradis (assis) et Guy Beaulne.Photo Jac-Guy.PGP**1® Nous devons du beau théâtre à cette équipe Quelques réalisateurs d'émissions dramatiques du réseau français de Radio-Canada se sont réunis dans le bureau de 1 un d entre eux, Noël Gauvin, que l\u2019on voit au centre.Vous reconnaîtrez, à gauche, Raymond David qui a la responsabilité du Théâtre de Radio-Collège et qui, depuis deux ans, nous fait entendre des chefs-d\u2019œuvre de la littérature universelle.C\u2019est sûrement un bout de dialogue d'une comédie moliéresque qu\u2019il montre à son camarade de Radio-Collège, Marc Thibault, qui semble extrêmement amusé.M.Thibault est le réalisateur du Théâtre de l\u2019Histoire, qui s'applique à faire revivre les grandes figures de l'histoire canadienne.Noël Gauvin, qui a sur sa table de travail les derniers livres parus en librairie, a abordé à peu près tous les genres.Il est le réalisateur de contes, de repoi -tages et souvent d\u2019émissions dramatiques et musicales.Bruno Paradis, qui est assis, feuillette une revue de théâtre tout en écoutant ses camarades.Il est, depuis plusieurs années, le réalisateur du Théâtre Ford et du Radio-Théâtre de Radio-Canada où il s\u2019efforce de présenter les derniers succès ue Paris, des adaptations de films célèbres ou des oeuvres que l\u2019on pourrait dire classiques du répertoire moderne.Assis sur le bureau, c\u2019est Guy Beaulne qui a tenté les experiences les plus diverses avec la collaboration d\u2019écrivains canadiens, aux «Nouveautés Dramatiques » ou dans la série des « Grands Romans Canadiens » ou dans des emissions spéciales Ces réalisateurs du réseau français, qui possèdent déjà une solide expérience, ne croient pas que la radio ait dit son dernier mot.Tout comme un Jacques Copeau, Tune des figures dominantes du théâtre contemporain, ils croient que les pouvoirs de la parole sont illimités.Ils approuveraient, sans aucun doute, cette declaration de Copeau que devraient méditer tous ceux qui aiment la radio : « Privée de visage, privée de l\u2019autorité du regard, privée de mains et de corps, la voix de celui qui parle au micro n\u2019est pas désincarnée ; au contraire, elle traduit 1 etre avec une fidélité extrême.Elle le traduit même avec indiscrétion.» LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de PA.B.C., et de l\u2019Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, POPULAIRE \u2014 LE FILM P.Ç., Can.\u2014 Tel.: PL.9437* FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires JEAN CHAUVIN\tCHARLES SAURIOL Directeur\tChef de la publicité Chef du tirage .ODILON RIENDEAU Chronique sp-rtive .OSCAR MAJOR A B\tO N N E\tM E N T S Canada\t$3.50\tEtats-Unis 1 on \t $5.00 \t2.00\t6 mois \t 2-50 AU\tNUMERO :\t10 CENTS Entered M.rch 23rd 1908.at the Pott Office of «.A'bans Vt.U.S.A.ai second class matter under the Act of March 3rd 1879.Avterhé .I postal de I.d.u.lém.class.Ministère de.Poste,.Ottawa.JM/a .«ass***\u2019\u2019 LA PNEUMONIE CÈDE DU TERRAIN Une des principales avances que la médecine ait réalisées, c est celle qu\u2019elle a faite dans sa lutte contre la pneumonie.Ainsi, on a constate dernièrement que, pour chaque personne qui meurt de la pneumonie, aujourd\u2019hui, trois ou quatre succombaient, il y a à peine 15 ans.Ce progrès est attribuable à une amélioration dans les méthodes de traitement, y compris des médicaments de plus en plus efficaces.Néanmoins, la pneumonie demeure une affection redoutable, surtout chez les tout jeunes et chez les personnes âgées.Tous les ans, dans notre pays, elle entraîne la mort de quelque 6,000 personnes.Les médecins prétendent que ce nombre pourrait être réduit, si Ton avait recours, sans tarder, aux techniques de la science médicale, c\u2019est-à-dire, dès l\u2019apparition des symptômes de la pneumonie.C\u2019est que les nouveaux médicaments antibiotiques sont le plus efficaces dans les premières phases de la maladie.Aussi, en hiver, chacun devrait-il être à 1 affût des symptômes prémonitoires suivants de la pneumonie, à savoir: 1.\tUn fort frisson, suivi de fièvre.2.\tToux accompagnée de douleurs aiguës dans la poifrine.3.\tL\u2019apparilion de crachats couleur rouille.4.\tRespiration difficile ou pénible.Certains genres de pneumonie peuvent se présenter sans ces symptômes.Par contre, si ces symptômes apparaissent, appelez le médecin tout de suite, prenez le lit et ne bougez pas.Souvenez-vous aussi qu\u2019un rhume négligé, surtout s\u2019il est accompagné de fièvre, alors même qu\u2019elle n\u2019est que d\u2019un degré au-dessus de la normale, COPYRIGHT CANADA.1952\u201c METROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) Siège Social: New-York Direction Générale au Canada: Ottawa peut être l\u2019avant-coureur de la pneumonie.Même s\u2019il n y a pas de fièvre, il est toujours prudent de traiter un rhume, surtout s\u2019il persiste.Restez à la maison et reposez-vous, si possible.Mangez légèrement et buvez beaucoup de jus de fruits et d\u2019autres breuvages.Bien que la science médicale puisse garantir le rétablissement dans la plupart des cas d\u2019infections des voies respiratoires, la prévention dépend encore de vous, dans une large mesure.Pour vous mettre à l\u2019abri de la pneumonie, de même que des rhumes, de l\u2019influenza et d\u2019autres affections des voies respiratoires, il est sage de prendre les précautions suivantes: Tâchez d\u2019accroître votre résistance: prenez beaucoup de sommeil, évitez de vous fatiguer trop, et adoptez un régime alimentaire bien équilibré.Vêtez-vous chaudement lorsque vous sortez, surtout lorsqu\u2019il fait froid et humide.Tenez-vous à distance des gens qui toussent ou éternuent sans égards pour les autres.Toutefois, la plus sage précaution à prendre, c\u2019est de se tenir dans le meilleur état physique possible, car ceux qui ont le plus de résistance et de vigueur ont de bien meilleures chances d\u2019éviter la pneumonie et les autres affections de l\u2019hiver.La brochure 12-S, publiée par la Metropolitan et intitulée \u201cMaladies des Voies Respiratoires\u201d, contient d\u2019utiles renseignements à propos de ces maladies.Vous n\u2019avez qu\u2019à remplir et à poster le coupon ci-dessous pour obtenir un exemplaire de cette brochure.Metropolitan Lite Insurance Company Direction Generale au Canada: Ottawa 4, Canada Veuillez m\u2019envoyer un exemplaire de votre brochure numéro 12-S, intitulée \u201cMaladies des Voies Respiratoires\u201d.Nom\t.Rue .Localité\tProv.'.\u2014«a «a .F**** fScjticatacc JÏtwÊk, I Ecole centrale de Despinassy.ABITIBI, terre d'avenir par HONORE PARENT, (.R.ON entend généralement par l\u2019Abitibi, \u2014 c\u2019est-à-dire 1 Abitibi habité, \u2014 le territoire qui s\u2019étend entre le 48ième parallèle au Sud, le 49ième au Nord, la rivière Bell à l\u2019Est et la frontière ontarienne à l\u2019Ouest, ce qui englobe les parties les plus importantes des comtés Abitibi-est, Abitibi-ouest et Rouyn-Noranda.Il y a là trente-sept cantons de cent milles carrés chacun ou 3,700 milles carrés de superficie ou encore 2,638,000 acres de terrain.Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n\u2019est pas encore le Pôle Nord, pas même la région arctique, puisque Amos est à peu près à la même latitude que Roberval et que la pointe extrême Nord de la région, est à peu près au niveau de Sain te-Anne-des-Monts.Cette vaste étendue est présentement en plein travail, sorte d\u2019enfantement gigantesque, fébrile, enthousiaste.Les terres arables sont livrées à une agriculture raisonnée et prospère ; l\u2019exploitation des foré,s se fait sur une échelle qu on aurait peine à imaginer, s\u2019il ne nous était donné de constater sur place à quel îythme elle se poursuit : ce qui reste de cette terre abondante est livrée aux mines qui font tache d\u2019huile et où des découvertes révèlent continuellement des richesses sans fin.Mais il y a aussi le commerce intense qui, comme le flux et le reflux de la mer, répand aux alentours et au loin, en vagues concentriques, les produits de la rég'on et en rapporte les choses de toutes sortes qui sont nécessaires au fonctionnement des entreprises locales et à la vie de la popula ion.J\u2019ai eu l\u2019avantage, avec le président de la Chambre de Commerce de Québec et une vingtaine de journalistes, de faire partie d\u2019une excursion organ sée par !î ministère provincial de la colonisation, vers cette région calomniée longtemps, encore méconnue, qui s\u2019appelle l\u2019Abitibi.Le but de l\u2019honorable M.Bégin, ministre de la colonisation, à qui nous devions cette invi a-tion, était de faire connaître au grand public, par la voie de la presse surtout, les développements formidables qui se poursuivent là-bas.Ce voyage a couvert surtout le quadrilatère dont le tracé va d\u2019un côté, le long de la rivière Bell, du lac Parent au Nord, à Louvi-court au Sud, et de cette dernière place à No-randa, pour remonter à La Sarre et revenir au lac Parent vers l\u2019Est.Dans ces cadres se trouvent Senneterre, Amos, Rouyn et Noranda, Val d'Or, les principaux centres urbains de la région.Bar-raute, Taschereau, Malartic, Cadillac, les Mines Sullivan, O\u2019Brien, Barvue s\u2019y trouvent également enfermés.C\u2019est dire que nous avons là, durant quatre jours, parcouru sur une distance de 600 milles, le coeur même de l'Abitibi.Certes je n\u2019ai pas l\u2019intention de vous faire une analyse complète de la situation économique de cette partie de notre province.Je ne prétend pas non plus avoir saisi toutes les données des nombreux problèmes qui s\u2019y posent.Encore moins vais-je tenter d\u2019en trouver les solutions.Je désire simplement vous apporter quelques réponses à certaines questions que l\u2019on se pose un peu partout autour de nous au sujet de ce territoire ; éclaircir certains points qui demeurent obscurs dans nos esprits ; rectifier certa nés assertions qui ont cours encore, et vous faire part de la sorte d\u2019émerveillement que tous les membres de notre petite troupe de pèlerins ont éprouvée.J\u2019aimerais susciter Me HONORE PARENT, directeur du Trust Général du Canada et président de la Chambre de Commerce de Montréal.Photo W.Notman Groupe de représentants de la presse québécoise en visite dans l'Abitibi.On y voit également l'honorable J.D.Bégin, ministre de la Colonisation, l'abbé Arthur Fortier, sous-ministre adjoint, le député de l'Abitibi-ouest, M.J.A.Emile Lesage et les présidents des Chambres de Commerce de Montréal et de Québec, MM.Honoré Parent et Ernest Moreau.«P*?- «»* \"ê- fl rj. A Ui Ui Ui g.m 5\t¦ n 7 ¦3 5LJg Si\u2019s mmttmmAAmMSm tWI-M^4W Hill IppiÉ pHSPSH .?r **«» mu » ***vrr.-\u2022 \u2019*¦.\u2019jtSW'V*** afcfesg* t::+.,,J.l'î s-* it* liW^fl-i-.*4 J*4 4 :: i \\.,ÿy ¦¦*¦¦¦¦*:?'\"\"'\"niirti \u2019\u2019 33» *«T: SftsrtsE chez vous quelque curiosité de ce côté, quelque fierté patriotique à l\u2019égard de ces réalisations et rendre hommage par ce fait même aux pionniers et aux bâtisseurs comme les frères Beauchemin, l\u2019honorable H.Authier et M.Alfred Paradis, qui ont ajouté ce nouvel empire à notre petite patrie.Mais il y a plus.Je voudrais éveiller l\u2019attention des hommes d'affaires de Montréal et de Québec sur le domaine fructueux qui est maintenant à leur portée là-bas.Deux mots sur les progrès phénoménaux de cette région.En 1903, lorsque l\u2019on commença la construction du chemin de fer Transcontinental, il y avait exactement quatre Blancs dans ces parages.Les premiers défrichements commencèrent en 1910.En 1922, six cents colons étaient déjà installés.En 1938 on en comptait 30,000 et le diocèse d\u2019Amos était fondé.Aujourd\u2019hui la population des deux comtés est-ouest de l\u2019Abitibi dépasse 75,000 habitants, répartis en plus de 67 paroisses.Les villes de Rouyn-Noranda fondées en 1926 \u2014 27 comptent à elles-deux.environ 23,000 habitants.Amos en compte près de 5,500 et les villes de Val d\u2019Or, Bourlamaque vieilles de quinze ans, près de 10,300 ; Malartic incorporée en 1939, 7,000 et La Sarre, 4,000.Si on ajoute aux deux comtés de l\u2019Abitibi les populations des villes Rouyn-Noranda, il y a là 100,000 habitants.De 1946 à 1951, le nombre des établissements agricoles, dans les comtés de l\u2019Abitibi et dans celui de Rouyn-Noranda, s\u2019est augmenté de 5,219 et celui des personnes qui s\u2019y sont installées de 15,502.Vous vous dites sans doute ce que Madame Laetitia disait de son fils Napoléon 1er, alors au faîte de sa puissance : « Pourvu que cela doure ».Oui, pourvu que cela dure.Mais cela va durer, parce que la source principale de ce progrès phénoménal, c\u2019est l'agriculture qui joue ici deux rôles : d\u2019abord celui d\u2019ouvrir un débouché pour notre surplus de main-d\u2019œuvre agricole, en lui garantissant un établissement permanent et sain et, en deuxième lieu, celui d\u2019assurer le ravitaillement des villes industrielles des alentours.\t[ Lire la suite page 42 ] De haut en bas : Le Sanatorium de Macamic.\u2014 L\u2019église de Barraute et de Guyenne.\u2014 Ci-dessous : Le sol de l\u2019Abitibi étant argileux et non rocheux, le labour se pratique en profondeur (environ trois pieds).D\u2019autres \"bull-dozers\", dits essarteuses, servent à l\u2019essouchage.Photos du Ministère de la Colonisation, Québec.«math 6 \"rr?>v> », iM &4-Î/.S'i***\" i§||pe Tr.;:v Le Samedi.Montréal, 19 janvier 1952 S2 Le Palais de glace du square Dominion, à Montreal, en 1889 Le.raquette»» du temps, au cours d'une fete de nu.t, mon ^\t.\t*__lAnn< un combat simule les événements sportifs étaient sous la présidence de Lord Stanley de Preston, alors gouve rneur-general Pour clôturer la célébration, se déroula un grand defile de 21 chars allégoriques et on fit remise à cette occasion, de la coupe Stanley, trophée du championnat du hockey au Canada.Premiers ministres et lieutenants-gouverneurs de toutes les Provinces assistaient à la démonstration de meme que tous les citoyens éminents de l\u2019Est et de l\u2019Ouest canadiens voire même de New-York.Tous les hôtels étaient bondes : 30,000 visiteurs dans la ville, qui ne comptait alors que 91,000 âmes de population stable, vers 1890.La chute de neige n\u2019était pas plus abondante alors qu aujourd\u2019hui Mais on n\u2019enlevait pas la neige aussi rapidement, à cette époque où tout é ait à faire, vu l\u2019absence des trac- J teurs automatiques qui existent aujourd hun L\u2019on entretenait un pont de glace sur le St-Laurent pour l\u2019utilité des piétons et des véhicules à traction animale, et prenez-en ma parole : \u2014 sur ce pont circulait un tram a vapeur traversant de Montréal à Lapraine et de Hochelaga a Longueuil.^ NEIGES D\u2019ANTAN .HIVERS D\u2019AUTREFOIS Vous êtes contrarié de ce qu\u2019une remorque a déplacé votre automobile et l\u2019a traînée à l\u2019écart pour laisser passer l\u2019équipe préposée au déneigement.Vous êtes peut-être encore plus ennuyé du fait que les employés municipaux ont négligé d\u2019étendre du sable à l\u2019endroit précis où vous avez accompli une pirouette pour retomber sur le postérieur.Pour vous remettre et vous consoler, songez qu\u2019il en était encore pis que ça dans le « Bon Vieux Temps ».La piemière des choses est que vous n\u2019auriez eu aucune automobile à déplacer ou à faire déplacer.Le sable sur le trottoir ne vous aurait pas tracassé.ni même l\u2019absence de sable.Vous auriez eu à vous compter chanceux de pouvoir, dans ce temps-là, découvrir seulement le trottoir après une tempête de neige.Il est probable que, tout comme des milliers de Montréalais d\u2019alors, il vous aurait fallu pelleter un chemin afin de sortir par une fenêtre du 2e étage et ensuite attendre une semaine ou dix jours l\u2019arrivée des enleveurs de neige jusqu\u2019à votre domicile situé dans une rue éloignée des grandes artères.Homme d\u2019affaires ou marchands installés dans une rue longeant le fleuve, au pr ntemps, vous vous seriez résigné à trouver le sous-sol de votre établissement inondé.Quant à la glace qui servait à rafraîchir votre M - üs*/ / J .fZtüAÉi- par ANDRE DE LA CHEVR0TIERE whisky vous n\u2019aviez qu\u2019à en « cueillir » par la fenêtre, votre bureau fût-il établi au 3e é.age.A la fin du siècle dernier, avant l\u2019inauguration des deux brise-glace, le Lady Grey et le Montcalm, lancés par l\u2019administration Laurier en 1902, les inondations dans le bas de la ville, causées par l\u2019amoncellement des glaces sur le fleuve, furent si considérables qu\u2019on vit vers 1890, jusqu\u2019à 5 pieds d\u2019eau sur le carré Victoria où un service de chaloupes transportait les gens au tarif de 5 cents le passager.Mais ces « légers » inconvénients étaient amplement compensés par les avantages que ces années dont bénéficiaient les Montréalais au tournant du siècle.Car les gens d\u2019alors, pour profiter du grand air, n\u2019avaient pas à traîner une paire de skis et le bagage de fin de semaine jusqu\u2019à cinquante milles dans les Laurentides.Glisser en toboggan sur les pentes du Mont-Royal et faire de la raquette, étaient alors avec La troisième année de son existence, la locomotive du fameux train disparut à travers la glace dans 32 pieds d\u2019eau.Jusqu\u2019en 1892, lors de l\u2019apparition des tramways électriques dans la Métropole, les Montréalais se transportaient en tramways sur traîneaux à traction animale, et le conducteur s\u2019arrêtait volontiers soit dix ou quinze minutes dans le quartier des magasins pour permettre à ses passagers d\u2019aller faire leurs emplettes ou de causer avec des connaissances.C\u2019était l\u2019époque des carrioles et le charretier appartenait à une classe distinguée.Oui, cette époque pittoresque où les chevaux se cabraient, les clochettes tintaient et les messieurs saluaient en soulevant avec grâce leurs chapeaux de soie.[ Lire la suite page 41 ] le patin, bien entendu \u2014les passe-temps d\u2019hiver favoris.Les autorités municipales prenaient soin de laisser beaucoup de neige pour favoriser l\u2019exercice de ces sports, sans qu\u2019on ait à s\u2019éloigner de la ville.Dans le Carré Dominion, on élevait un Palais de Glace, défendu et attaqué par des équipes de raquetteurs affublés de leurs pittoresques costumes.Après le combat, ils s\u2019engouffraient prendre un bon « coup » de whisky blanc ou bien encore du « Tom & Jerry » dans les auberges et les hôtels qui parsemaient ces parages.L\u2019an 1889 vit dans le Carré Dominion le plus brillant carnaval et le plus fantastique Palais de glace jamais réalisé au Canada.Lord Strath-cona \u2014 un millionnaire en vue de l\u2019époque \u2014 finançait l\u2019organisation, et A gauche, inauguration solennelle du train à vapeur qui reliait Montréal à Longueuil sur le Saint-Laurent même, en 1880.La troisième année de son existence, la locomotive disparut à travers la glace et l'expérience ne fut pas répétée ! A droite, la glissoire du Mt-Royal.Lithographie de l\u2019Opinion Publique et photo Notman tJ'-i y.' Le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 7 'ü\" iHÊ' L w IV PORTRAITS DE VEDETTES MONIQUE LEYRAC Monique Leyrac, telle que présentée par Jean \"du Pep\" Rata, le soir de son retour sur la scène d'un cabaret de Montréal alors que les habitués découvrirent une Monique aux boucles blondes mais tout aussi captivante.égal bonheur.Comme comédienne de cinéma, elle est ce que les Américains appellent \u201ca natural\u201d.Si la réussite de Monique Leyrac n\u2019est due qu\u2019à son propre talent, il en fut de même à Paris où elle décrocha un engagement, de la façon suivante, trois jours après son arrivée.Des amis qui l\u2019avaient amenée à « La Croisette », aux Champs-Elysées, la présentèrent au comédien-propriétaire, O\u2019Dett, qui lui demanda de chanter pour la salle.Sans se faire prier, Monique interpréta « Les feuilles mortes », et signa un contrat avant de rentrer chez elle.On sait que, plus tard, elle fut une des vedettes du Club de l\u2019Opéra, dirigé par Suzy Solidor et Jean Clément.Elle fit, pour « La voix de son maître » les disques suivants : « Les filles de Trois-Rivières », de Pierre Roche, « Le p\u2019tit bonheur », de Félix Leclerc, « L\u2019âme des poètes», de Trenet et «Le gamin de Paris», accompagnée par l\u2019orchestre de Daniel White.Elle chanta à la Radio française dans l'émission de Franc-Nohain « 40 millions de Français » et au Club des Avant-Premières.Au moment de ses débuts au Studio 15, dans « A quoi rêvent les jeunes filles ?», Monique Leyrac rêvait déjà de voyages.Elle commença à les réaliser par un engagement en Belgique, au cabaret « Parisiana » de Bruxelles, et Chez Maxim à Ostende.Elle vit, en touriste, l\u2019Italie, et surtout Naples et Pompéi.Et partit pour le Liban où l\u2019attendait la vedette d\u2019un grand spectacle au casino Aley, avec les girls du Lido de Paris et des numéros de music-hall.Monique était entourée d\u2019une troupe plus brillante que celle qui encadra Joséphine Baker à Montréal (si l\u2019on fait exception pour l\u2019étonnant maître de cérémonie).Le public le plus varié, le plus enthousiaste et le plus chaleureux, applaudissait les chansons de la vedette canadienne.Des hommes en complet civil, d\u2019autres en gandoura et turban, des Turcs et des Egyptiens coiffés de leur fez rivalisaient de bijoux avec les femmes.Monique Leyrac aima ce pays ensoleillé et en garde la nostalgie.Y a-t-il vraiment un prince sous roche ?Monique rit de cette rumeur et parle avec enthousiasme de l\u2019émission qui l\u2019occupe actuellement, « Baptiste et Marianne », où elle chante avec Jacques Normand, sur accompagnement de l\u2019orchestre de Henry Matthews et la direction radiophonique de Guy Mauffette, le samedi soir, 8 h.à Radio-Canada.Elle ne fait pas d\u2019autres projets de voyage tant que cette émission durera, ainsi que son engagement à « Le Ciel par-dessus les toits ».Mais elle a trouvé le temps d\u2019enregistrer, depuis son retour, « Domino » et une musique syncopée de Pierre Beaudet, sur les vers de Verlaine, « Il pleure dans mon coeur.» Depuis ses débuts au théâtre, au cinéma, à la radio et au cabaret, Monique Leyrac se recrée à son gré.Elle élait brune, et devient d\u2019un noir de jais pour ses débuts au Faisan doré.« C\u2019est tout à fait son type », s\u2019exclame-t-on, alors qu\u2019elle complète sa transformation exotique avec une robe « peau de léopard ».Après un engagement au Liban (où toutes les femmes sont noires) elle nous revient blonde et frisée comme un chérubin .et n\u2019a jamais été aussi jolie.«Je suis dans mon élément», nous dit-elle, «car j\u2019ai une âme de blonde ».Au fond (et c\u2019est ce qui compte) elle reste la même : fidèle en amitié, gentille et simple, sans ostentation.Depuis son retour d\u2019Europe, elle habite chez sa copine, Denise Proulx, avec qui elle a débuté au Studio 15, après avoir suivi des cours de Madame Jeanne Maubourg.Elle entra à la radio après avoir passé une audition devant M.Paul L\u2019Anglais et remporté le rôle de Bernadette Soubirous ; rôle qui fut suivi de nombreux autres au Radio-Théâtre-Lux, pendant trois ans.Elle n\u2019eut que quelques leçons de Léo LeSieur avant de devenir chanteuse, mais compléta celles-ci par des exercices de respiration et en faisant placer sa voix à Paris.La chansonnette étant surtout une question d\u2019interprétation et de jeu, Monique Leyrac obtint un succès si rapide que ses engagements se succédèrent dès la première année où elle passa, du Faisan doré, au Bal Tabarin ; de Pigalle au Savoy ; et du Club DesForges, à Trois-Rivières, au Monte-Carlo, de Québec.Elle enregistra, alors, ses premiers disques pour R.C.A.Victor, et revint à Montréal où elle commença à tourner «Lumières de ma ville», (scénario de Rudel Tessier et Jean-Marie Poirier) pour Renaissance Films.Comme son rôle de chanteuse lui allait comme un gant, elle lança les chansons de Pierre Pétel et les end'squa avec un Au cour» d'une répétition.\"Mi»» Cinéma\", Jacqueline Gilbert, rend vitite à Monique Leyrac.Nul doute que toutes deux évoquent mille et un souvenir» de leurs récents voyaqe» en Europe.Photos L.Alain, Le Samedi.é Chanteuse, comédienne de cinéma, la gentille Monique nous revient d'une tournée en Europe et jusqu'au Liban et partage avec Jacques Normand la vedette de \"Baptiste et Marianne\". Le Samedi.Montréal, 19 janvier 1952 Roman d'amour MAGDA CONTINO CHAPITRE PREMIER Assieds-toi, ma petite Maryse, dit gravement M.Hébert.Nous avons à te parler sérieusement ta mère et moi.Maryse, leva vers son père ses beaux yeux noirs un peu moqueurs car elle trouvait le ton solennel et vieux jeu.\u2014 Pendant que tu étais chez ta tante, poursuivit M.Hébert, nous avons reçu la visite de Mme Fa-brigoule.Elle a un neveu.Et ce neveu vient demeurer à Ardiden où il a obtenu le poste d\u2019agent-voyer.Maryse eut un petit froncement de nez assez comique : \u2014 J\u2019en suis charmée pour lui, mais en quoi cela nous intéresse-t-il ?\u2014 Mme Fabrigoule t\u2019aime beaucoup et elle est venue nous pressentir.oh ! discrètement !.au sujet d\u2019un projet d\u2019union entre son neveu César et toi.La jeune fille avait quitté le fauteuil où elle écoutait son père, elle leva les bras dans un geste de plaisant désespoir : \u2014 Oh ! père, que tout cela est donc désagréable ! Cette démarche ne me dit rien qui vaille ! D\u2019abord, je n\u2019aime pas du tout ces mariages arrangés.\u2014 Mon enfant, intervint doucement Mme Hébert qui écoutait la conversation et la jugeait mal engagée, les époux les plus unis ont toujours commencé par être des inconnus l\u2019un pour l\u2019autre.\u2014 Mais ils se sont rencontrés tout seuls! La sympathie est née, l\u2019amour a suivi.Tandis qu\u2019ici, il s\u2019agit d\u2019un monsieur tout préparé dont on me dit : « Voici ton mari.Maintenant, à quand la noce ?» Je ne sais même pas comment il est !.Et puis, on ne s\u2019appelle pas Fabrigoule et César par-dessus le marché ! C\u2019est un nom ridicule et je me refuse absolument à le porter ! M.Hébert devint très rouge et il dit avec une certaine violence : \u2014 Si nous te parlons de ce mariage, c\u2019est que nous estimons qu\u2019il peut te convenir et assurer ton bonheur.Tu es parfaitement irrespectueuse et je déclare, moi, ton père, que.Avec douceur, Mme Hébert posa une main sur l\u2019épaule de son mari : \u2014 Je t\u2019en prie.Maryse est un peu absolue, c\u2019est vrai.Laissons-lui le temps de la réflexion.Elle aura l\u2019occasion de rencontrer ce jeune homme.Elle ne le connaît pas.\u2014 Je ne tiens pas à le connaître, maman.Pardonnez-moi, je n\u2019ai pas voulu vous offenser, mais j\u2019ai mes petites idées.Vous pensez bien qu\u2019il m\u2019est arrivé de penser au mariage.J\u2019ai fait des rêves, comme toutes les jeunes filles.Jamis ils n\u2019ont pris la forme d\u2019un agent-voyer et surtout, mon rêve ne s\u2019est jamais appelé César.Je voudrais choisir mon mari moi-même.et Mme Fabrigoule me gêne beaucoup en voulant faire mon bonheur malgré moi.Mme Hébert connaissait sa fille et savait que le meilleur moyen de l\u2019amener à ce qu\u2019on désirait était de ne point la heurter de front : \u2014 N\u2019en parlons plus, dit-elle.Nous n\u2019avons p' s l\u2019intention de te faire épouser quelqu\u2019un qui ne te plairait pas ' nous sommes des parents modernes.Dès que Maryse se retrouva hors de la maison, sa première pensée fut d\u2019aller raconter brièvement à son amie Pierrette Pascaud qui demeurait à l\u2019autre extrémité du bourg.Pierrette était aussi blonde que Maryse était brune.Elle appartenait au genre sentimental et préférait aux sports et aux promenades en montagne, aimés par son amie, la lecture des romans.Mais elle préférait encore les entendre raconter que les lire.Aussi, aux premiers mots de Mlle Hébert, son intérêt s éveilla .\u2014\tOn veut te marier ?Comme ça, tout de suite ?Avec qui ?\u2014\tAvec le neveu de Mme Fabrigoule, un certain César, agent-voyer ! Conçois-tu quelque chose de plus comique ?Les yeux bleus de Pierrette, d\u2019abord simplement curieux, avaient pris une singulière expression.Elle paraissait très troublée, mais Maryse, occupée par ses propres soucis, ne s\u2019en rendit pas compte.__Tu exagères ! s\u2019exclama Pierrette.Etre agent- voyer est un métier comme un autre.Il faut bien des gens qui veillent à l\u2019entretien des routes.Cela n\u2019empêche pas d\u2019être cultivé et intelligent, aimable et délicat.\u2014\tEt le nom ! Tu admets qu\u2019on s\u2019appelle Cesar Fabrigoule, toi ?Pierrette sourit, l\u2019air contraint : \u2014 Le nom importe peu si l\u2019homme est aimé.Maryse passa ses mains dans ses boucles brunes qui semblèrent se hérisser d\u2019horreur : \u2014 Tu te souviens de l'agent-voyer précédent?M.Mittcn ?Encore un joli nom ! Ce doit être la spécialité de la profession.C\u2019était un rond de cuir aux idées étroites et arriérées.Il s\u2019habillait à la mode d il y a vingt-cinq ans et quand on s approchait de lui, LA CHANDELEUR En ce jour où, docile aux lois du peuple hébreu, La Vierqe Mère, au Temple, offrit deux tourterelles Afin de racheter le premier-né de Dieu, Seigneur, daignez bénir ces cierges blancs et frêles.on avait l\u2019impression de respirer l\u2019odeur de dossiers poussiéreux.Je suis sûre que César est pareil.Ça ne me plaît pas, je rêve autre chose.\u2014\tQue rêves-tu ?demanda Pierrette qui s\u2019énervait visiblement.__je rêve d\u2019un inconnu que je rencontrerai par hasard.Il serait.brun ou blond, cela m\u2019est égal, mais grand, avec des yeux décidés, voilés d un soupçon de rêve.Je veux qu\u2019il aime la jeunesse, la vie, le sport, les voyages, Paris.Pierrette s\u2019était détournée, elle feuilletait un livre d'un air qu\u2019elle tentait de rendre détaché : \u2014\tEt si tu ne le recontres pas ?\u2014\tJe resterai célibataire, déclara Maryse, péremptoire.\u2014\tMoi, je n\u2019ai pas de grandes ambitions.Je me contenterais bien d'un agent-voyer à la condition qu\u2019il m'aime et que je l'aime.La fin de la phrase s\u2019éteignit après une curieuse vibration.Maryse possédait une sensibilité qui la rendait assez clairvoyante.Elle se pencha vers son amie, prit la tête blonde entre ses mains : \u2014\tRegarde-moi.Tu le connais ce César Fabrigoule ?Depuis combien de temps est-il arrivé à Ardiden ?\u2014\tBientôt deux mois.\u2014 Comme tu n\u2019est pas partie en vacances, tu l\u2019as vu.Avoue qu'il est bien tel que je l\u2019ai décrit ?Pierrette sourit finement : \u2014 Il est grand, blond, avec un soupçon de rêve au fond des yeux.Il aime la jeunesse, la.vie, le sport, les voyages, Paris.Et je t\u2019assure qu\u2019il ne dégage pas une odeur de poussière.Maryse éclata de rire : \u2014 Suis-je sotte ! Je comprends maintenant ton air mélancolique : il te plaît.La blonde Pierrette n\u2019eût dit oui pour rien au monde, mais son silence instruisit Maryse bien mieux qu'un aveu.Elle rit de nouveau : Que le feu consacré dont leur chaire pare luit, Nous préserve du mal, et défende nos âmes Des rets que le démon leur dresse dans la nuit.Protégez les foyers où brilleront leurs flammes ! Aux champs, les jours d'été, quand un oraqe vient, Qu'il tonne, et que le ciel plein d'éclairs .se déchire.Les femmes dont l'esprit est demeuré chrétien, Allument en priant ces longs épis de cire.Que leur sainte lueur éloigne tout fléau ; Qu'elle épargne aux maisons comme aux granges la foudre ; Que, dehors, leur vertu garde les blés nouveaux, Pour que les durs grêlons ne viennent pas les moudre.Bénissez, ô mon Dieu, ces cierges ! Donnez-nous Un coeur digne, comme eux, de brûler en un temple 1 Que notre charité pour le prochain et Vous De leur rayonnement suive le clair exemple ! Et comme, en ce matin, nous élevons, pieux, Ces flambeaux où palpite notre ardente prière, Faites que, pour entrer dans la gloire des deux, Nous vous portions, Seigneur, des oeuvres de Jumière ! \u2014 Quand on éprouve de la sympathie pour quelqu\u2019un, on voit ses qualités à travers des verres grossissants.\u2014 C\u2019est possible.\u2014 Réjouis-toi, mademoiselle la sentimentale : je n'écouterai pas les compliments qu\u2019on me fera de lui.Je resterai célibataire ! Excuse-moi d\u2019avoir parlé légèrement de M.Fabrigoule.Si tu l\u2019aimes, cela change tout.T\u2019a-t-il parlé ?\u2014 A peine, murmura Pierrette.\u2014 Il doit ignorer la démarche de sa tante auprès de ma famille.Donc tout est bien.Quitte cet air penché : tout cela s\u2019arrangera au mieux.Maryse embrassa Pierrette et, du haut de son expérience de fille de vingt ans, elle laissa tomber avec un rien de commisération ! \u2014 Rêveuse, va ! CHAPITRE II Louis Mercier.Maryse était un peu troublée quand elle quitta son amie.A cet âge on ne parle pas amour et mariage sans qu'il vous en reste un peu ¦ de rêve en tête.Mais elle savait que pour elle, le meilleur remède, au « vague à l\u2019âme » était l\u2019exercice, 1* marche.Quand le corps agit, l'esprit erre moins facilement à l\u2019aventure. Le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 9 Eps*?- \u2014 Vous étiez là depuis longtemps, monsieur ?demanda Maryse malgré elle.Dessin de JEAN MILLET \u2014 Non, mademoiselle.Je cherchais quelqu\u2019un qui pût m\u2019indiquer mon chemin.Je me suis égaré et je n\u2019ai plus d\u2019essence que pour quatre ou cinq kilomètres.Si je ne vous avais pas rencontrée, je risquais la panne dans ce pays qui ne m\u2019est pas familier.\u2014 Et où les passants sont rares, acheva-t-elle en riant.¦\u2014 Pourriez-vous me dire, mademoiselle, quel est le bourg le plus proche ?\u2014 C\u2019est Ardiden où j\u2019habite.Par la route départementale, vous avez à peine deux kilomètres et demi.\u2014 Voulez-vous me permettre de vous reconduire ?Mon auto est là, en bas des roches.Maryse, debout, défripait les plis de sa jupe, rectifiait l\u2019ordonnance d\u2019une mèche dépassant son béret : \u2014 Avec plaisir, monsieur.Car si vous êtes perdu, moi, je me suis attardée et on m\u2019at- Dédaignant la route trop fréquentée, elle s\u2019engagea dans l\u2019étroit sentier qui monte vers la vallée supérieure, gravit le défilé rocheux où l\u2019on entend le grondement du gave.Maryse marchait allègrement, allégée de ses soucis à mesure qu\u2019elle s\u2019élevait.Quand elle aborda le lac encastré entre des rochers, des nuées traînaient de-ci de-là, mais les cimes des pics d'Argelès étaient dorés de soleil.La jeune fille alla s\u2019asseoir dans une petite crique où on ne voyait plus que le ciel et l\u2019eau.Elle s\u2019apaisait complètement.En somme, que s\u2019était-il passé ?Peu de choses.On lui avait offert un fiancé qu\u2019elle avait refusé sans le connaître et il se trouvait que sa meilleure amie éprouvait de la sympathie pour cet inconnu.Eh bien, que la gentille Pierrette épousât ce Fabri-goule s\u2019il lui plaisait, Maryse n\u2019y voyait aucun inconvénient.Ce qui déplaît à l\u2019une peut assurer le bonheur de l\u2019autre.La jeune fille se pencha sur l\u2019eau et, du bout des doigts, agita la surface paisible.Elle y voyait des images fugaces auxquelles son imagination donnait un sens.Le futur bien-aimé devait exister quelque part.très loin.ou très près.Dans les campagnes, on croit encore que si, un certain jour de l\u2019année, une jeune fille place sous son oreiller un miroir avant de s\u2019endormir, elle verra au réveil s\u2019y refléter les traits de l\u2019homme quelle épousera.Le lac de Gaube, dans sa grande coupe oblongue et pierreuse, formait une immense glace.De toutes ses forces, Maryse fit le voeu d'y voir surgir une image si imprécise qu\u2019elle fût : \u2014 Qui que tu sois, toi qui prendras un jour place dans ma vie, songeait-elle, que je te voie une seconde, une seule.Une bulle d\u2019air creva la surface et une image apparut.Cela tenait de la magie et Maryse se figura qu\u2019elle rêvait.De la main, elle toucha l\u2019eau.Au lieu de s\u2019effacer, la silhouette entrevue se précisa.Maryse se retourna.Il pouvait sourire car la figure de la jeune fille était bien ce qu\u2019on pouvait voir de plus drôle au monde.Elle reflétait de l\u2019émotion, du dépit, un rien de honte.Elle était un peu inquiète aussi.Mais un regard jeté sur l\u2019importun la rassura.Ce grand garçon blond, aux yeux bleus avait l\u2019air doux et bien élevé.Et, de plus, il avait exactement le genre d\u2019élégance apprécié par Maryse.Son volumineux par-\t9 dessus mastic lui donnait une allure très « sport » sans que sa tenue fût le moins du monde négligée.Il était chic sans affectation.-\u2014Mademoiselle, dit-il, je m\u2019excuse de troubler vos réflexions- Maryse était venue par des sentiers en lacets.Cette fois, elle se dirigea vers la route, suivie par le jeune homme.Une magnifique auto stationnait sous les arbres.Elle reconnut une Cadillac d\u2019une ligne sobre et nette, à la carrosserie impeccable.Le couple prit place dans la voiture.Tout cela était très simple et l\u2019aventure n\u2019avait rien d\u2019extraordinaire.Mais après la songerie de Maryse au bord du lac, il lui semblait vivre un début de roman.Cette impression s\u2019accentua quand la voiture fila sur la route.Se sentir seule avec un inconnu était une sensation toute nouvelle pour la sage Maryse et elle avait beau savoir que la course allait s\u2019arrêter tout de suite, qu\u2019on se séparerait après un remerciement courtois, cela la troublait un peu.En outre, elle devinait que, sans le laisser paraître, son compagnon de hasard la détaillait.\u2014\tJe m\u2019avise de mon incorrection, dit-il soudain.J\u2019aurais dû me présenter.Armand Gautier.\u2014\tVous êtes de passage dans les environs peut-être.¦\u2014\u2019En villégiature à Cauterets.Je viens d\u2019arriver et je n\u2019ai pas besoin de vous apprendre que je connais mal le pays.\u2014\tNous voici à Ardiden, annonça Maryse.Le poste d\u2019essence est dans cette rue, à gauche.Le jeune homme freinait.Elle comprit qu\u2019il était tenté de lui demander où elle habitait et qu\u2019il n\u2019osait pas.Elle lui sut gré de cette discrétion : \u2014\tJe descends ici, dit-elle.Je suis à deux pas de chez moi.Debout devant elle, il semblait hésiter à lui poser une question.Il dit enfin, d\u2019un air faussement détaché : \u2014\tL\u2019endroit où nous nous sommes rencontrés est fort joli.J\u2019y retournerai.J\u2019aime beaucoup ces sites romantiques.Peut-être nous y retrouverons-nous un jour.\u2014\tC\u2019est ma promenade quotidienne, dit la jeune fille.C\u2019était au moins exagéré ; mais la phrase lui échappa malgré elle.Elle se détourna légèrement avec la crainte de voir son mensonge deviné.Mais avec un salut plein d\u2019une gracieuse aisance, il reprenait le volant.Et elle n\u2019entendit plus que le glissement des pneus sur les pavés de la petite ville.CHAPITRE III La nuit porte conseil, dit-on.Le malheur est que ces conseils-là, comme beaucoup d\u2019autres, ne sont pas toujours suivis.A son réveil, Maryse décida qu\u2019elle ne sortirait pas ce jour-là.Depuis son retour elle se promettait de consacrer une journée au nettoyage de ses bibelots, au rangement de ses armoires.Elle mit ce projet à exécution.Mais il faut croire qu\u2019une légion de lutins invisibles l\u2019aida dans ce travail car il était à peine trois heures de l\u2019après-midi que tout était en ordre.Désoeuvrée, elle sortit et prit naturellement la route du lac.Alors, ce fut comme si une voix impérieuse l\u2019appelait.Elle cessa de discuter avec elle-même.\u2014 D\u2019ailleurs, mes scrupules sont absurdes.Pourquoi irait-il à Gaube justement aujourd\u2019hui, ce monsieur ?La Cadillac était là, rangée le long du fossé et une silhouette en pardessus mastic était appuyée au volant.Avec un peu d\u2019imagination, cela donnait l\u2019impression d\u2019une scène d\u2019enlèvement comme on en voit dans les romans et au cinéma.Maryse s\u2019arrêta, indécise, tentée de retourner en arrière.Mais Armand Gautier l\u2019avait aperçue et il venait à elle.\u2014 Quelle joie de vous voir, mademoiselle ! dit-il gaiement.J\u2019étais venu ici à tout hasard.et la Providence a voulu que mon espoir ne soit pas déçu ! Maryse ressentit un choc étrange.Elle se sentait coupable et en même temps, elle éprouvait une joie inconsidérée.\u2014 C\u2019est bien un hasard, en effet, dit-elle en riant.J\u2019avais résolu de ne pas bouger de la maison.Et puis, ma foi ! Il faisait si beau.\u2014¦ N\u2019est-ce pas?Je n\u2019ai pas pu résister à la tentation.de revoir le lac.Je l\u2019ai si mal vu, hier, préoccupé que j\u2019étais de mes malheurs.touristiques.Aucune promenade ne pourrait me plaire davantage.Maryse sourit.Elle était du même avis.Une sorte de superstition la poussait à aller revoir l\u2019endroit où elle avait vu le visage d\u2019Armand Gautier se dessiner dans le miroir liquide : \u2014 Laissons donc la voiture ici, dit-elle.Nous allons monter par un sentier de chèvres.Vous êtes bon grimpeur ?\u2014 Je suis entraîné un peu à tous les sports.Maintenant, ils montaient allègrement, escaladant les roches glissantes.Parfois, lors d\u2019un passage difficile, il lui tendait la main\t[Lire la suite page 19] Son coeur la conduisit irrésistiblement Vers le grand amour dont sa raison voulait l\u2019éloigner 10 Le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 nouvelle BIENHEUREUSE INDISCRETION par HENRI PICARD d\u2019affaires contenait des dossiers soigneusement ran- gPSC\u2019est ainsi que j\u2019appris qu\u2019il se nommait Pierre Barlier, était ingénieur et habitait la villa «Les Mouettes», à Ville-sous-Bois.\t, Ville-sous-Bois, pays voisin, a peine distant de cinq kilomètres de Vieux-Ville où j\u2019habitais avec mes parents.\t, ,\t, C\u2019était là une chance inesperee de retrouver rapidement mon bien et de restituer à Pierre Barlier ce qui lui appartenait.Il était évident qu il devait etre aussi impatient que moi de retrouver sa mallette, mais je crus bon d\u2019attendre au lendemain pour effectuer cette démar- 'ai connu dans le train celui qui devint mon mari.Vous allez dire, amies Evettes, que si votre journal posait à ses lectrices cette question : Où avez-vous connu votre mari ?beaucoup répondraient : En voyage.Cependant, je ne crois pas qu\u2019il existe une histoire semblable à la mienne.Jugez-en : Le train trouait la nuit noire.Des lueurs de signaux, des ombres de disques et de poteaux se poursuivaient sur la buée des panneaux.Le jeune homme qui somnolait dans l\u2019angle opposé au mien s\u2019éveilla soudain, regarda sa montre-bracelet, se leva précipitamment, prit une mallette posée sur le filet, fit glisser la porte du couloir avec discrétion et sortit.Dans un demi-sommeil, machinalement, je suivis ses gestes.Dans le couloir, l\u2019homme abaissa la vitre, se pencha.le train entrait en gare et ralentissait sous l\u2019effort des freins.Sans attendre l\u2019arrêt complet, l\u2019homme ouvrit la portière et sauta.Quand le train reprit sa course, je levai les yeux vers le filet me faisant vis-à-vis et j\u2019étouffai un cri : ma mallette avait disparu Quand j\u2019avais loué ma place, je n\u2019avais pas remarqué qu\u2019il était mentionné, sur le ticket : Sens opposé à la marche.Or je n\u2019ai jamais pu supporter voyager dans ces conditions heureusement que mon vis-à-vis, un jeune homme charmant, avait bien voulu accéder à mon désir de changement de place.Seulement, nous avions omis d\u2019effectuer la mutation des colis.Pas une seconde, je n\u2019avais pensé à cela quand je l\u2019avais vu, sans hésitation, soulever mon bagage en tous points semblable au sien, et l\u2019emporter sans même lui jeter un regard.\t.Evidemment, j\u2019avais sa mallette, mais je songeais a la mienne et à tout ce qu\u2019elle renfermait.La mallette d\u2019une femme la contient tout entière .Le parfum discret qui s\u2019en exhale, les pièces de lingerie, minutieusement rangées, qu\u2019il soulèverait, palperait, caresserait, lui parleraient un langage qu\u2019il comprendrait sans doute.Il les identifierait une à une, au fur et à mesure de leur découverte, espérant trouver l\u2019enveloppe ou le portefeuille contenant l\u2019adresse de la propriétaire.Et tout à coup, je sentis le rouge me monter au visage sous le réveil d\u2019un souvenir : mon carnet était dans la mallette ! « Mon carnet » ! C\u2019était le journal de ma vie, mon journal de jeune fille C\u2019était mon portrait moral : pensées ! réflexions ! souvenirs ! Chaque fois que mon âme avait res- senti un choc, chaque fois qu\u2019une injustice avait révolté ma conscience, j\u2019avais jeté hâtivement des lignes traduisant mes pensées souvent naïves, mais toujours sincères.Si ce jeune homme lisait « mon carnet », il me connaîtrait toute et peut-être bien mieux que je ne me connaissais moi-même.J\u2019avais emporté avec moi ce Journal afin qu il ne tombe pas sous les yeux de mes parents, pendant les quelques jours de mon absence.Et c\u2019était un inconnu, un jeune homme qui, dans quelques instants peut-être, allait tourner les pages de mon manuscrit et rire.sans comprendre.J\u2019étais à la fois vexée, honteuse et furieuse.Doublement, car je ne pouvais l\u2019accuser plus que moi-même.Il est assez « enrageant » dans des cas semblables, de ne pas avoir un bouc émissaire à qui l\u2019on fait supporter sa mauvaise humeur.Ne pouvant prendre aucune décision avant la prochaine station, qui était d\u2019ailleurs celle où je devais descendre.Je cherchai à me rappeler le visage de mon vis-à-vis.Au fur et à mesure que je me remémorais les traits de cette figure intelligente, un peu sarcastique, d\u2019une séduction évidente, je m\u2019assombrissais.J\u2019aurais préféré que mon carnet tombât entre les mains d\u2019un manuel, moins clairvoyant et partant moins moqueur.Comment me restituerait-il mon bien ?S\u2019il se présentait chez mes parents, c\u2019était la catastrophe ! A moins qu\u2019il n\u2019ait le bon esprit de ne souffler mot de mon Journal.Si sa mallette contenait son adresse, je décidai de lui rapporter son bien au plus vite.Dès la descente du train, je courus à la salle d\u2019attente des premières classes et là, à l\u2019abri des regards indiscrets, j\u2019inventoriai le bagage du jeune homme.J\u2019y trouvai tout ce que j\u2019attendais, y compris un beau désordre, en ce qui concernait les vêtements et le linge, mais le compartiment réservé aux papiers Je pris une voiture de louage qui stationnait sur la place de 'a gare et je me fis conduire à Ville-sous-Bois.La villa « Les Mouettes » était la perle d\u2019un écnn de verdure et de fleurs.Je me présentai et j\u2019allais passer ma carte avec quelques mots d\u2019explication, quand « il » apparut en haut du perron, dévala les escaliers et vint a moi la main tendue, le sourire aux lèvres.\u2014 Je vous dois mille excuses, mademoiselle Jandri.Par mon étourderie, nous avons tous deux raté notre voyage.Vous m\u2019avez devancé car j\u2019allais, ce matin, vous restituer votre bien et reprendre le mien.___Vous aviez mon adresse sur «le carnet», dis-je aussitôt.\t, Pierre Barlier ne devait pas s attendre a tant de brutale franchise.Au lieu d\u2019une jeune fille rougissante, gênée, un peu honteuse, qu\u2019un inconnu ait pris connaissance de ses secrètes pensées, il se trouvait en face d\u2019une Jeannine Jandri qui le regardait bien en face et qui semblait ne pas s\u2019étonner que les larges mains sportives du jeune homme aient été déranger dentelles, crêpes de chine et mousselines.Pierre Barlier ne pouvait nier son exploration: s il n\u2019avait découvert le carnet, comment aurait-il connu l\u2019adresse de la jeune fille ?Aussi s\u2019empressa-t-il de dire : \u2014 Je cherchais une enveloppe, une carte de visite, un nom qui me permît de vous restituer votre bien, quand je découvris votre journal et sur la couverture vos nom et adresse, mais soyez assurée, mademoiselle que là s\u2019est bornée mon indiscrète curiosité.Je répondis en souriant : _Si vous aviez lu ce manuscrit, vous auriez connu les pensées de ma soeur, quand elle était jeune fille.« Ma soeur, Jeannine Jandri \u2014 moi, je me nomme Jacqueline \u2014 s\u2019est mariée il y a trois jours et, avant de partir en voyage, m\u2019a confié ce carnet qu\u2019elle veut soustraire à la curiosité éventuelle de son jeune époux.[ Lire la suite page 41 ] Le chemin de fer est parfois le chemin du bonheur .Destin de JEAN MILLET % Le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 ' i Le studio de CKAC en 1922.On peut voir que tout, administration, émetteur et orgue électrique, se trouvait dans une seule et même pièce soigneusement capitonnée pour une meilleure insonorisation.Un des studios modernes de Radio-Canada.Des revêtements remplacent les tentures d'autrefois.Cette vaste pièce peut recevoir tout un orchestre et permet une disposition en profondeur pour obtenir un relief sonore.Les trente ans de la Radio pari Arxdné de.Ha Ckeunotiè'it ous sommes heueeux de rappeler aujourd\u2019hui, l\u2019oeuvre accomplie dans le domaine de la radio depuis tiente ans.Cette évocation du passé offre un intérêt particulièrement vif à l\u2019occasion de l\u2019inauguration, au printemps dernier, du merveilleux édifice de la Société Radio-Canada, rue Dorchester à Montréal, et qui nous dotera bientôt d\u2019un transmetteur de télévision.Disons d\u2019abord que c\u2019est en 1920 que le poste XWA transmit son premier programme radiophonique hors de Montréal, sous la forme d\u2019un grand concert exécuté par un orchestre de Montréal et que put entendre un auditoire distingué réuni au Château Laurier, à Ottawa.Il faut dire toutefois pour rendre hommage aux pionniers de la radio canadienne, la Société Canadian Marconi, que celle-ci fonda soç premier poste, le premier de tout le Canada si ce n\u2019est pas de toute l\u2019Amérique du Nord, en sepembre 1918 (fréquence : 1200 mètres, puissance : 250 watts).Mais le premier studio d\u2019émission, comme on l\u2019entend aujour- ¦¦¦ ' .w d\u2019hui, remonte à 1922.Il fut aménagé par Marconi dans l\u2019immeuble Canada Cement, Carré Phillips, à Montréal avec l\u2019indicatif CFCF, \u2014 en même temps que « La Presse » inaugurait le poste CKAC, (lequel a toujours conservé le même indicatif), avec un personnel de trois employés seulement.On comptait à cette époque environ 200 appareils récepteurs dans notre ville.On pouvait voir à plusieurs milles de distance sur le toit de l\u2019édifice La Presse les deux pylônes de 72 pieds chacun, ainsi qu\u2019une chambre de manipulation qui en ce temps-là devait également servir de studio temporaire.Il était évident qu\u2019aux débuts de CKAC la cédule des émssions était loin de présenter quelque chose de régulier \u2014 Au cours de l\u2019année 1922 il n\u2019était pas rare par exemple d\u2019entendre l\u2019annonceur au beau milieu de l\u2019après-midi s\u2019adresser aux radiophiles en ces termes : \u2014 Mesdames et messieurs, vous venez d\u2019entendre un récital.Le poste CKAC cesse maintenant ses émissions pour revenir dans trois heures, heure à laquelle nous vous présenterons un programme de musique.Qui aurait cru alors que les postes de radio connaîtraient un essor aussi extraordinaire ; on aurait même pas csé l\u2019espérer, quand l\u2019on songe au nouvel édifice de Radio-Canada, au coût de $3,000,000, qui compte un personnel de 600 employés.En 1924, les Chemins de Fer nationaux du Canada lançaient le premier réseau national (Montréal, Toronto, Ottawa) avec l\u2019indicatif CNRM.En 1932, c\u2019est l\u2019établissement de la première Commission de la radio et le poste CNRM devient CRCM.L\u2019année suivante, un autre quotidien de Montréal, «La Patrie» cette fois, inaugurait le poste CHLP, lequel est logé depuis sa fondation à l\u2019immeuble Sun Life, Carré Dominion.En 1936, la Commission de la radio devient la Société Radio-Canada avec A gauche : un studio de CKAC en 1924 et une des \"consolettes\" des salles modernes de contrôle.Il suffit au surveillant de vérifier quelques cadrans et de manipuler ces boutons pour assurer une audition parfaite.A droite : une répétition pour la série des \"grands romans canadiens\" à Radio-Canada.On présente ici le \"Survenanf\" de Germaine Guèvremont.En dessous, la salle d\u2019enregistrement.A droite, sur notre cliché, les appareils sur disques et à gauche les enregistreurs modernes sur bandes ou fils sonores.deux postes à Montréal, CBF pour le réseau français et CBM pour l\u2019anglais.En 1945, c\u2019est le tour de CJAD (Montréal) et en 1947, CKVL (Verdun).Il existe aujourd'hui dans toute la province (îe Québec deux grands réseaux celui de Radio-Canada, avec des postes répartis sur toute l\u2019étendue de la province de Québec et le réseau Trans-Québec auquel sont affiliés un très grand nombre de postes privés.QUELQUES SOUVENIRS DES DEBUTS DE LA RADIO Quel amateur véritable, quel pionn er de la T.S.F.à Montréal ne se rappelle les premiers appareils ?C\u2019étaient les beaux jours .Chaque nuit, des milliers d'amateurs, les oreilles coiffées de boules noires reliées par une lame nickelée, se penchaient sur les appareils alchimiques, hérissés de pointes et de crochets.D'énormes bobines aux\t[ Lire la suite page 37 | Ys.if^Jl i IM1 ' , - r A,*.Y / \"V'i 12 T| Le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 Cary Grant, que nous verrons bientôt dans le film \"Room for one more\".En revenant de mon entrevue, à Warner Brothers, avec Cary Grant, je me disais : « Rien ne ressemble autant à Cary Grant en personne que Cary Grant à l\u2019écran.La scène n\u2019est-elle qu\u2019un jeu pour ce magnifique artiste aux manières aussi élégantes que simples ?Cet acteur dont tous les publics raffolent n\u2019a jamais songé à être autre chose que lui-même.» Tout naturellement, le reconnaissant si réel, je voulus savoir le défaut et la qualité qui l\u2019ennuyaient ou lui plaisaient le plus chez les gens.Tout de suite il répondit : \u2014 Le défaut : l\u2019affectation, le snobisme, ces deux lubies si proches parentes qu\u2019elles se confondent, si détestables et si ridicules.Le premier ennuie, le second fait rigoler.La qualité : sérénité.Les gens qui la possèdent sont des heureux dont le bonheur rayonne sur ceux qui les approchent, et avec qui l\u2019on voudrait toujours vivre.Je levai les yeux sur ceux de mon interlocuteur.Y lut-il dans les miens de l\u2019étonnement, car il tint à répéter cette assertion.Puis il ajouta, mi-badin, tel qu\u2019il nous apparaît ordinairement au cinéma: «Cela vous surprend?.A part cela, j\u2019aime tout le monde ; et, bien que je n\u2019aie pas le temps de prendre connaissance moi-rnême de toute ma correspondance, j\u2019écoute souvent la lecture des lettres que Ton m\u2019adresse, et je trouve charmants tous ces amis lointains.Je note les critiques et j\u2019aime savoir que Ton m\u2019aime.» Betsy Drake, Cary Grant et le directeur Norman Taurog, discutent d\u2019une prochaine scène, sur le plateau de Warner Bros.L'ACTEUR LE PLUS SIMPLE DU MONDE pan J2ouiàc Çlflbent-Sauacuje (notre correspondante à Hollywood) m _ Y songez-vous parfois, lorsque vous vous mettez à l\u2019étude d\u2019un rôle ?\u2014\tJ\u2019v songe surtout lorsque j\u2019entre en scène, devant la caméra.A ce moment, ie pense à l\u2019auteur, au personnage que je représente, et parfois aussi a ceux qui, dans l\u2019audience, écouteront mon récit.On ne saurait réussir autrement.Il n\u2019y a pas à douter de la popularité de Cary Grant, non seulement parmi les amis des spectacles: mais aussi dans la colonie des acteurs en general Je n\u2019ai pas le temps de lui demander de me parler de lui-meme ; il dit.«Vous aimeriez savoir d\u2019où je suis sorti, n\u2019est-ce pas ?- pas de la cuisse de Jupiter, Il m\u2019apprend que son nom véritable est Archibald Leach.Il est né à Bristol en Angleterre, le 18 janvier 1904.Son père était manufacturier de vêtements.\u2014\tEtes-vous le premier acteur de votre famille ?, __Non, mon grand-père m\u2019a ouvert la voie.Il était fameux en son temps.De goût simple, il aime la vie sans trop de fatras.Dans sa jeunesse, il occupait ses loisirs à fabriquer des mécanismes électriques.Un jour il imagina un i\t- : r;* \u2014nAnèînn\tfii + annntp r»ar rtrnnriptairp du théâtre Princess de sa ville.\t^ En cette circonstance, il prit contact avec la vie de théâtre.Ce fut l\u2019etincelle qui ralluma les lueurs de l\u2019hérédité chez Caiy.Sa carrière se dessina aussitôt devant ses yeux, à traits si prononcés qu\u2019il résolut de s\u2019enfuir du toit paternel, pour suivre une troupe d\u2019acrobates en tournée.Mais, ce jeune inventeur n avait que treize ans.Son père ne vit pas la chose du même oeil, comme 1 on peut croire.Il s\u2019en fut à la recherche de son rejeton qu\u2019il ramena au foyer.\u2014 Je crois que vraiment je mis toute ma bonne volonté à essayer d oublier le théâtre ambulant qui ne cessait de m\u2019appeler.Je repris sérieusement mes études ; mais cela ne dura pas longtemps.Je partis encore une fois pour aller rejoindre la troupe Pender.Cette fois mon père comprit que cette inclination s\u2019affirmait trop sincère pour la contrarier.La compagnie vint à New-York.Il la suivit pendant quelque temps, puis retourna en Angleterre où, à part ses rôles de comédien, il se découvrit une aptitude pour le chant et le piano.C\u2019est alors qu\u2019il rencontra Arthur Ham-merstein avec qui il signa contrat, et vint jouer dans Golden Dawn à Broadway.[ Lire la suite page 46 ] i Ci-dessous : Cary Grant fait sauter les crêpes à l\u2019ébahissement du brove caniche, au cours d\u2019une scène de son prochain film.\u2014 A droite, il offre ses meilleurs voeux au directeur Norman Taurog au début du tournage de \"Room for one more\u201d.\u2014 Au-dessous : Chez lui ou en promenade, Cary Grant sait rester l\u2019artiste simple et sympathique que le public connaît.(Vf f\u201crit »>\u2022'\"\tV\u201d\"' Le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 13 MSM Quelques amis des jeunes, groupés autour du micro de CKAC, à l'heure de l'émission radiophonique en faveur des Clubs Juvéniles de la police de Montréal.On y voit lî sous-inspecteur Ovila Pelletier, directeur ; l'annonceur Louis Bélanger ; le sergent Mike Hayvren, surintendant des sports et Julien White, directeur adjoint.Les programmes français se donnent à CKAC ; les anglais à CJAD.Ph.Conrad Poirier, Le Samedi.La plus belle oeuvre de la Police de Montréal Ht» Une scène très fréquente dans un poste de police : deux gamins viennent réclamer leur carte de membre de la Police Juvénile.Ce Club compte 72,000 membres âgés de 8 à 18 ans.L'équipe de rugby du quartier Saint-Henri photographiée au cours d'un exercice.Des équipes analogues sont en train de se former à Verdun et à Saint-Jerôme.IL Y A de cela plusieurs années, un agent de police nommé Ovila Pelletier, devenu depuis assistant inspecteur, dispersait une troupe de gamins en leur disant : \u2014 « Allez ailleurs ! » Et l\u2019un d\u2019eux de répondre : « Oui, mais où ?» Cette remarque n\u2019était pas tombée dans l\u2019oreille d\u2019un sourd, encore moins d\u2019un indifférent puisque celui à qui elle s\u2019adressait est père de cinq enfants.Mieux qu\u2019un autre il était en mesure de comprendre les jeunes et d\u2019avoir pitié de ceux dont personne ne semble se soucier.Le constable Pelletier est persuadé que toute arrestation correspond à une négligence policière car il est persuadé que, du moins en ce qui concerne les jeunes délinquants, le délit aurait pu être évité.Or, si la jeunesse commet des bêtises, et même davantage, c\u2019est en majeure partie parce qu\u2019elle est inoccupée.Voilà pourquoi la force policière de Montréal, à l\u2019exemple d\u2019organisations similaires qui existent déjà aux Etats-Unis, a fondé des Clubs juvéniles.Comment les membres ont-ils été recrutés ?Rien de plus facile.L\u2019inspecteur Pelletier a prévenu les policiers d\u2019avoir l\u2019oeil sur les bandes de jeunes en passe de commettre de petits méfaits ou qui flânaient dans les restaurants, etc., et de les lui amener.Il choisit alors le quartier de la Pointe-St-Charles pour y grouper les premiers membres.Les La fanfare de la Police Juvénile est sous la direction Pat Marazza et du constable Roger Gilbert.On voit ici les jeunes musiciens défilant dans le parc Lafontaine.réunions avaient lieu au petit bonheur dans un garage, une remise, au poste de la police le plus rapproché, ou même à la demeure d\u2019un policier.Le résultat fut immédiat : les délits commis par des jeunes dans ce quartier tombèrent de 134 à 37.Dans son enthousiasme, l\u2019inspecteur Pelletier commit ce qu'il appelle en souriant, sa première grosse erreur.Il se risqua à faire du recrutement par radio et, en l\u2019espace de trois semaines, 45,000 nouveaux membres furent enrôlés.Peut-on s\u2019étonner si après cela on dut avoir recours à une campagne de souscription pour venir en aide à une organisation dont les cadres étaient brusquement dépassés ?Actuellement, les Clubs juvéniles de Montréal comptent 72,000 membres.Ils participent à des sports organisés : hockey, baseball, football, lutte et boxe.Ils assistent à des conférences dans lesquelles on leur enseigne le respect de la loi, la manière de devenir de bons citoyens utiles à leur pays, la tolérance religieuse et raciale.Une nouvelle méthode plus compréhensive a été adoptée par ceux qui s\u2019occupent de la délinquence juvénile.Le prévenu, si le délit est léger, est confié à la garde d\u2019un policier, homme ou femme, et reconduit à ses parents après avoir été dûment sermonné.Il n\u2019y a que les récidivistes qui comparaissent en Cour Juvénile et ceux qui se sont rendus coupables de vol avec effraction ou à main armée.L'équipe des joueurs de baseball du parc Jarry a pour entraineur, Mario Dipeso, et pour gérant, Albert Corneille.Ces jeunes ont déjà remporté plusieurs championnats.Photos Conrad Poirier, Le Samedi.de '4 ¦ W\u2019- w - 14 Le Samedi.Montréal.19 janvier 1952 s*® ?%y Le XE7, sous-marin miniature de la Royal Navy.Cet engin a été construit en Ecosse et s'inspire des modèles mis en service par les Allemands en 1943.Ce sous-marin de poche est propulsé par une hélice à cinq paies alors que les modèles Allemands n'en ont que trois.Au cours des manoeuvres qui se déroulèrent l'an dernier en Amérique entre les deux flottes réunies, le XE7 fit une partie de la traversée par ses propres moyens et l'autre embarqué sur une unité plus importante.L\u2019énergie atomique utilisée pour la propulsion d\u2019un sous-marin allierait à une endurance considérable en plongée une vitesse qui pourrait atteindre 30 noeuds.De telles qualités rendent d\u2019autant plus difficiles la poursuite et l\u2019anéantissement de ce genre de sous-marins, que celui-ci peut, dès à présent, être doté de groupes micro-phoniques d\u2019une portée de 8 à 10 milles, alors que les asdics actuels des bâtiments de surface ne dépassent guère la portée de 1 mille et demi.Ajoutons à cela les avantages des torpilles allemandes, telles que celles qui armaient le sous-marin 2-518, dont nous avons plusieurs fois eu l\u2019occasion de parler dans ce magazine.Leur portée atteint, en effet, 30,000 pieds, et, en tout cas, à 15,000 pieds, grâce aux appareils d\u2019écoute microphoniques, la trajectoire en est assez précise pour atteindre presque leur but avant que les asdics des bâtiments de surface n\u2019aient pu révéler la simple présence du sous-marin dans les parages.Ainsi, l\u2019écoute microphonique devient la pièce maîtresse de la tactique sous-marine et anti-sous-marine moderne.Toutefois, et jusqu\u2019à présent, l\u2019écoute microphonique n\u2019est utilisable, tant pour le sous-marin que pour le chasseur, que si l\u2019un ou l\u2019autre de ces navires a stoppé son propulseur et ne marche pas plus de 2 ou 3 noeuds sur son erre.D\u2019autre part, plus vite le sous-marin se déplacera sous l\u2019eau, plus les remous de ses hélices pourront déceler sa présence vis-à-vis de microphones appropriés, ayant une portée d\u2019audition de 8 milles.Comme il ne peut être question de recourir à des navires de surface qui devraient stopper pour écouter, il faut trouver un autre genre de chasseur pour tenter d\u2019attaquer le submersible, voire même simplement, pour le poursuivre dans sa marche sub-aquatique.LA CHASSE AUX SOUS-MARINS ATOMIQUES Au cours des manoeuvres faites aux Antilles en 1949, le problème a été résolu, en utilisant soit un dirigeable, soit un hélicoptère et des bouées sonores.Opérant à partir d\u2019un porte-avions, le dirigeable ou l\u2019hélicoptère peuvent « stationner » au-dessus de la mer pour écouter les signaux émis par les sonobuoys, qui sont des petites bouées flottantes parachutées et à l\u2019intérieur desquelles sont disposés deux instruments spéciaux.L\u2019un de ces instruments est fixé à la bouée, c\u2019est un émetteur de radio ; l\u2019autre peut s\u2019en détacher, c\u2019est un hydrophone.Jetée à l\u2019eau, la bouée, sous le choc, libère l\u2019hydrophone qui descend vers le fond tout en restant attaché par un fil conducteur.Tout bruit que reçoit l\u2019hydrophone est transmis à l'émetteur de la bouée, et, de ce fait, peut être capté par les appareils d\u2019écoute du dirigeable, de l'hélicoptère ou d\u2019un avion volant au voisinage de la bouée.Ceci peut donc indiquer la présence voisine d\u2019un sous-marin mais ne suffit pas.Pour le poursuivre, voici comment on peut opérer : on n\u2019utilise pas seulement une seule bouée, mais un ou plusieurs jeux de sonobuoys de types différents transmettant des sons sur des longueurs d\u2019ondes différentes à des récepteurs différents, portés par l\u2019appareil écouteur.Supposons que le sous-marin aperçu ou repéré ait plongé au point A.On va d\u2019abord jeter une bouée sonore et lumineuse (2) en ce point, puis on en larguera quatre autres ordinaires, aux quatre points cardinaux de A et à une certaine distance de ce point, en B, C, D, E.Si, au début, on entend sur le récepteur A le bruit des hélices du sous-marln, ce bruit va aller en s'atténuant au fur et à mesure que le petit navire s\u2019éloignera.Supposons que l\u2019on n\u2019entende rien sur D et E, mais que B et C deviennent bruyants, on peut en déduire que le sous-marin va vers le Nord-Est : si le bruit devient plus fort sur B que sur C, c\u2019est que le sous-marin se rapproche de B et s'écarte de C.On arrive ainsi à déterminer à peu près la route de l\u2019ennemi.En jetant d\u2019autres sonobuoys en des points bien choisis voisins de la route, on peut arriver à connaître assez exactement la vitesse et la position du sous-marin, pour que le grenadage, effectué par avions (et non, comme autrefois, par chasseur de surface), puisse donner un résultat positif.Bien entendu, si Ton n\u2019entend rien sur B, C, D, E, c'est que le sous-marin est stoppé aux environs de A.Voilà la théorie.La pratique est assez difficile et demande un grand entraînement, tant pour jeter les bouées en des points bien précis (sinon le dessin A, B, C, D, E est tout de travers), que pour écouter les récepteurs avec soin et démêler pour chaque bouée les bruits parasites (choc des vagues, hélices des bateaux de surface, etc.).L'aéro-navale française pratique cet entraînement dans des flottilles spécialisées et de nouveaux avions gros porteurs sont spécialement équipés pour obtenir un haut rendement.En résumé, la chasse au sous-marin rapide en plongée paraît devoir s\u2019effectuer à l\u2019avenir, et de plus en plus, au moyen d\u2019engins aériens : hélicoptères, avions à bouées sonores et avions à grenades.C est donc encore le porte-avions qui pourra être amené à juguler le sous-marin rapide en plongée et à rayon d\u2019action illimité, comme il avait entrepris de le faire pour la chasse aux sous-marins non atomiques.De triste mémoire, cet écumeur des mers aux armes particulièrement redoutables, un U-Boat allemand, est sur le point de se rendre aux Alliés.On distingue l'équipage rassemblé sur la passerelle, déjà prisonnier.Cette photo a quelque chose de sinistre : une machine de mort grise dans un ciel gris.Photos de la Marine canadienne.**\t-\t-r \u2022\u2022 \u2022I.*\t« -r i\thâ.-*> - \u2014 - ;-*.1.115(ïl~ £ - \u2014 - \u2014^ - ¦ * ¦?TKsSFS - w- a '7 \"rMilm ,v*s-' \u2022 S MesSr 3®SS» ¦ '([.À?!/,-'\" Le Samedi, Montréal, 13 janvier 19S2 15 çwm. O doit être jeune, ?li tendre et sucré ,A I CS s § CS .si- 5 AVEZ-VOUS EMPLOYÉ OLD DUTCH DERNIEREMENT?MERVEILLEUX! ESSAYEZ-LE! le seul nettoyeur (ail avec lu Seismotite Active FABRICATION CANADIENNE old dutc1^ .cleanser VDf WITH ACTIVATED. 28 Le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 Et très aimablement, mais sans s\u2019affoler, avec cette courtoisie sans gêne et bon enfant qui caractérise les artistes français et surtout montmartrois, il invita : \u2014 Donnez-vous donc la peine d\u2019entrer, monsieur.«Excusez-moi si vous trouvez la maison un peu en désordre mais je suis au travail.\t*¦ \u2014 Je vous en prie.répliquait le père d\u2019Yvonne, c\u2019est moi plutôt qui m\u2019excuse de vous déranger en ce moment.\u2014 Pas du tout.Entrez donc.Ouvrant alors la porte de son atelier, le bon peintre allait y introduire le visiteur, lorsqu\u2019un poussin s\u2019évada en battant ses petites ailes et en poussant des cris d\u2019effroi.\u2014 Allons, bon, en voilà un qui se trotte ! Et, se baissant, La Pivoine saisit son modèle au vol et poussant presque le marquis dans la pièce, il referma vite la porte en disant : \u2014 Je vous demande pardon, monsieur mais.dépêchons-nous, parce que, sans cela, ils vont tous cavaler, et ça sera la scie pour les ravoir.Un peu surpris par cet accueil familier, le gentilhomme demeurait debout au milieu de la pièce, examinant d\u2019un oeil étonné ce véritable capharnaüm dont tous les meubles étaient boiteux et encombrés, et au milieu duquel grouillaient, picoraient et criaient les nouveaux modèles de La Pivoine.Alors, celui-ci, attrapant un gros poussin qui s\u2019était perché sur le dossier d\u2019une chaise, dit à M.de Montferrat : \u2014 Donnez-vous donc la peine de vous asseoir.Puis, comme le marquis s\u2019exécutait, il ajouta : \u2014 Vous ne vous imaginez pas ce que j\u2019ai du tintouin avec toutes ces volailles.Jetant alors un coup d\u2019oeil sur la toile que le peintre avait commencée, et qui révélait un talent véritable, fait d\u2019observation, de couleur, de mouvement et de vie, le mari de Gilberte dit, en hochant la tête : \u2014 Mais c\u2019est très bien ce que vous faites.Je ne me doutais pas que vous aviez un talent pareil.\u2014 Du talent ! moi, du talent ! Tenez, j\u2019ai là, dans mon armoire, quelques toiles de jeunesse.où vraiment j\u2019ai mis tout ce que j\u2019avais en moi.Je n\u2019ai jamais pu les vendre.et je n\u2019ose pas les regarder, parce que ça me donne des regrets et ça me fait presque honte.Et poussant un profond soupir, il ajouta : \u2014 Ça se vendra peut-être, plus tard, quand je serai mort.« C\u2019est la vie ! \u2014 Le fait est, approuva le gentilhomme, favorablement impressionné par le ton de simplicité franche avec lequel s\u2019exprimait le mari de Mme Durenaud.le fait est que cela devient de plus en plus difficile aux artistes d\u2019arriver.\u2014 A qui le dites-vous ?s\u2019exclama La Pivoine.Et puis c\u2019est comme ça en tout, aussi bien en musique qu\u2019en peinture, qu\u2019en poésie et en sculpture.« Ms sont tous là qui claquent des dents, qui attendent quoi ?.On n\u2019en sait rien.Tout à coup, interrompant sa diatribe, il s\u2019écria : \u2014 Tonnerre de Dieu, regardez-moi ça.Eh bien, il en a de l\u2019astuce, celui-là !.Et désignant à M.de Montferrat un gros soulier qui oscillait sur sa semelle, il fit : __Je parie que vous ne vous doutez pas de ce qu\u2019il y a la-dedans ?«Eh bien, vous allez voir.La Pivoine, se penchant vers la chaussure, en retira un poussin qui s y était blotti et avait dû s\u2019y endormir.__C\u2019est le douzième, fit l\u2019artiste.Il manquait à l\u2019appel.Et voilà une bonne demi-heure que je le cherche.Croi- riez-vous que ce vieux sondeur a eu l\u2019idée d\u2019aller se cacher là-dedans., pour me faire une blague.C\u2019est pas plutôt au monde que ça a déjà du vice !.Saisissant alors le minuscule volatile d\u2019une main, il l\u2019éleva jusqu\u2019à la hauteur de sa tête, et fit sur un ton grondeur : \u2014 Si je te reprends jamais dans mon soulier, c\u2019est à moi que tu auras affaire.Puis, le posant délicatement à terre, il ajouta : \u2014 Va trouver tes copains et tâche d\u2019être un peu plus sérieux.vieille canaille ! Enfin, s\u2019adressant à M.de Montferrat, amusé par cette petite scène intune, il dit : \u2014 Maintenant, monsieur, je suis tout à vous.\u2014 Monsieur Roché, attaqua le père de Rose-Blanche qui, tant bien que mal s\u2019était installé sur le siège à lui désigné par le peintre, le motif de ma visite est des plus délicats.Mais je vois très bien que j\u2019ai devant moi un brave homme qui ne manquera pas de faciliter ma tâche.Un peu dérouté par ce préambule auquel il ne s\u2019attendait guère, La Pivoine affirma néanmoins.\u2014 Soyez persuadé, monsieur, que je ferai tout mon possible pour vous être agréable.M.de Montferrat poursuivait : \u2014 J\u2019ai appris que, dans un mouvement de générosité vraiment très touchante et dont sincèrement je vous félicite, vous aviez recueilli chez vous un jeune homme.nommé Jean-de-la-Rue, je crois.\u2014 En effet, monsieur.\u2014 Ne pourriez-vous me donner quelques renseignements sur lui ?\u2014 Très volontiers.accéda aussitôt le peintre.Je puis même vous affirmer tout de suite que Jean-de-la-Rue n\u2019est pas seulement un véritable artiste qui fera son chemin dans la vie, mais que c\u2019est encore un noble coeur et un très honnête garçon.\u2014\tOn me l\u2019avait déjà dit.__On ne vous avait pas trompé.\u2014\tSes parents ?\u2014 Ah ! ses parents ! Ça, monsieur, autant vous dire tout de suite qu il n en a pas, ou du moins qu\u2019on ne les connaît guère.En effet, il a été trouvé par un vieux chiffonnier, le père Poirier, devant l\u2019église de la Madeleine, il y a de cela seize ans environ.\u2014 Ce chiffonnier, ce père Poirier, est bien le même qui a été assassiné, il y a quelque temps, dans des circonstances demeurées mystérieuses ?\u2014 Oui, monsieur, c\u2019est bien lui._____Etait-ce un homme recommandable ?\u2014 En tous points.la preuve, c est la façon dont il a élevé le petit Jean-Car, loin d\u2019en faire un voyou des rues, il Ta envoyé à l\u2019école.et lui a fait donner une instruction comme n\u2019en ont pas beaucoup d\u2019enfants de sa condition.\u2014 D\u2019après ce que vous me dites, reprenait le père de Rose-Blanche, et je n\u2019ai aucune raison de suspecter votre bonne foi, ce petit chanteur me semble fort intéressant.\u2014 Vous pouvez le croire.__Est-ce qu\u2019il n\u2019est pas souffrant, en ce moment ?__Ma été très malade.Il a attrape froid le jour de l\u2019enterrement du vieux.Il s\u2019est trouvé mal au cimetière.et nous l\u2019avons ramené ici, il y a à peu près un mois.\u2014 Est-ce qu\u2019il va mieux ?\u2014-Beaucoup mieux.M y a deux jours qu\u2019il se lève.Dame, il n\u2019est pas encore très brillant.mais enfin, je crois qu\u2019il pourra bientôt faire une petite promenade.\u2014 Est-ce que je pourrais le voir ?\u2014 Mais certainement.Je vais vous conduire jusqu\u2019auprès de lui.QUU\t9 q.___De quels pays est composée la péninsule ibérique ?R, _ De l\u2019Espagne et du Portugal, Q.\u2014Les Patagons sont-ils des nains?r ___Ce sont des hommes de haute taille, d'une moyenne de 6 pieds a 6 pieds 4 pouces.Q.\t\u2014 Qu\u2019entend-on par feuillage caduc ?R.\t\u2014Se dit des arbres dont les feuilles se renouvellent tous les ans.Q.\u2014 Pourquoi les joncs de fiançailles et de mariage se placent-ils au quatrième doigt de la main gauche ?r ___On croyait jadis qu\u2019un nerf partant du coeur se rendait à ce doigt.q ___Quels peuples passent pour aimer le rosbif \u2014 les pommes de terre \u2014 la bière \u2014 le spaghetti ?r ___Les Anglais \u2014 les Irlandais \u2014 les Allemands \u2014 les Italiens.Q.\u2014 On donne le nom de bas bleus aux femmes pédantes ; d\u2019où vient ce nom ?r _ D\u2019un club anglais où tout le monde portait ce genre de bas.q Dans quels pays exécute-t-on les criminels à la guillotine ?r En France.Belgique, Bavière, Danemark et dans quelques cantons de la Suisse.q ___Qui, le premier, amena des chevaux en Amérique ?r ___Donoso Cortès, pour former la cavalerie, dans la conquête du Mexique.\u2022 q ___Qu\u2019est-ce qui pèse le plus, un gallon de crème épaisse ou un gallon de crème claire ?r ___La crème claire pèse plus, parce qu\u2019elle contient plus d\u2019eau.La crème pèse moins que l\u2019eau.« Ma femme l\u2019a fait se recoucher tout q jlieure, M est là dans notre lit.Et ouvrant la porte de l\u2019atelier, La Pivoine invita : __Passez donc, monsieur, ou plutôt je vais vous montrer le chemin.«Seulement, faut d\u2019abord que je boucle mon atelier.car le vieux sondeur et sa famille ne seraient pas longs à se tirer des pattes.__Faites donc, je vous prie, monsieur Roché.Après avoir emprisonne ses modèles, La Pivoine fit entrer M.de Montferrat dans la chambre où était installé le jeune artiste.\u2014 Dis donc, Jean il y a une visite pour toi.L\u2019enfant qui rêvait la tete etendue sur l\u2019oreiller, les yeux à moitié fermés, sursauta aussitôt.Et, comme son regard se portait sur le visiteur, un cri rauque lui échappa : \u2014 Lui !.Jean-de-la-Rue venait de reconnaître l\u2019homme qu\u2019il avait aperçu dans l'auto.le ravisseur de sa Rose-Blanche ! La Pivoine demeurait tout interdit sur le seuil.Instinctivement il avait compris qu'il y avait entre ce gentilhomme et cet enfant un secret qu\u2019il devait respecter.S\u2019adressant à M.de Montferrat qui enveloppait Jean-de-la-Rue dun regard de compassion profonde, il dit : ____Je vous laisse, monsieur de Montferrat.Je viendrai quand vous m appellerez.\u2014 M.de Montferrat.fit entre ses dents le petit poète qui devinait à présent.Et lorsque la porte se fut refermée sur le peintre, l\u2019ami de Rose-Blanche demanda, d\u2019un ton douloureux, au gentilhomme qui s\u2019approchait de lui : \u2014 Vous êtes son père ?\u2014 Oui, mon ami.Puis, sur un ton plein de douceur et de bonté, le mari de Gilberte accentua : \u2014 Je sais toute la vérité, c\u2019est-à-dire combien vous avez été bon pour ma fille.et je vous en ai une reconnaissance infinie.\u2014 Oh ! monsieur ! monsieur ! interrompait Jean-de-la-Rue, qui se demandait s\u2019il n\u2019était pas le jouet d\u2019un rêve.Le marquis Robert poursuivit : \u2014 Yvonne ne m\u2019a rien caché de ce qui s\u2019est passé entre vous.\u2014 Yvonne ?\u2014 Oui, ma fille.\u2014 Moi, je l\u2019appelais Rose-Blanche, soupira le convalescent.\u2014 Je ne viens donc pas en ennemi, affirmait le père.Je suis au contraire tout disposé à être pour vous un appui, un conseiller, un guide.et à vous rendre l\u2019existence aussi belle que vous pouvez la désirer.\u2014 Monsieur, je vous suis très reconnaissant de votre bienveillance, remercia Jean-de-la-Rue.« Car vous ne me devez rien.absolument rien.Aussi, je me demande pourquoi vous êtes ici.\u2014 Pourquoi?.interrompit le gentilhomme en s\u2019emparant de la main amaigrie de l\u2019enfant.«Pourquoi?.Mais parce que je vais être obligé de vous faire beaucoup de peine.\u2014 Je comprends ! scanda le petit avec l\u2019accent de la plus douloureuse mélancolie ; vous venez me demander de renoncer à tout jamais à un sentiment qui était la seule joie de ma vie.et en échange de ce sacrifice, vous m offrez votre protection.« C\u2019est bien cela, n\u2019est-ce pas, monsieur le marquis ?\u2014 Oui, mon ami, c\u2019est cela.Il y eut un silence.Alors, inquiet, ému, troublé au-delà de toute expression, M.de Montferrat interrogea : Le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 29 \u2014\tVous acceptez, n\u2019est-ce pas?\u2014\tNon, monsieur.\u2014\tNon! s\u2019exclama le père d\u2019Yvonne dont le visage prit soudain une expression de mécontentement, presque de dureté.\u2014\tMonsieur, protestait Jean-de-la-Rue avec l\u2019accent de la plus touchante sincérité.N'allez pas croire un seul instant que j\u2019aie la prétention ridicule de vous disputer le coeur de votre fille.«Mais pendant que j\u2019étais malade, j\u2019ai réfléchi, et je me suis dit que tout cela c\u2019était de la folie.que Rose-Blanche était à jamais perdue pour moi, et que quand bien même, par un miracle inespéré, je deviendrais riche et célèbre, jamais vous r.e consentiriez à donner votre fille à Jean-de-la-Rue.Très ému de nouveau, M.de Mont-ferrat reprenait : \u2014 Voilà qui est très beau de votre part, mon ami.et précisément en raison de ce sacrifice qui marque une noblesse de sentiments que je suis à la fois surpris et heureux de rencontrer en vous, laissez-moi vous donner une compensation.\u2014 Non, merci, je ne puis.refusait le jeune artiste, car.si j\u2019ai renoncé à lever les yeux sur mademoiselle votre fille.je ne peux pas anéantir un amour qui, je le sens bien, durera autant que moi-même.« Ce serait donc très mal de ma part, si j\u2019acceptais de vous la moindre bonté.\u2014 Laissez-moi insister.La veille de son départ pour le Midi, j\u2019ai eu avec Yvonne un long entretien à votre .sujet.\u2014 Ah ! elle est partie ?tressaillit le petit chanteur.\u2014 Oui, elle est partie.Il le fallait.\u2014 Il y a longtemps ?M.de Montferrat ne répondit pas tout de suite.Dans la question que lui posait Jean, il y avait à la fois tant de naïve détresse, tant d\u2019affection douloureuse, que le père d\u2019Yvonne ne se crut pas le droit de se taire.\u2014 Depuis trois semaines.\u2014 Depuis trois semaines, répéta le petit chanteur, les yeux agrandis par l\u2019angoisse.\u2014 Je vous en prie, mon enfant, invitait le gentilhomme, calmez-vous.Remettez-vous ! Laissez-moi vous parler comme j\u2019ai parlé à ma fille.Vous n\u2019avez pas le droit de disposer d\u2019un avenir qui ne vous appartient pas.Vous n\u2019avez pas le droit de renoncer à un bonheur que vous méritez, que je puis faire et que je vous dois.Voilà ce que j\u2019ai dit à Yvonne.\u2014 Et que vous a-t-elle répondu ?s\u2019écria Jean-de-la-Rue tout frémissant.M.de Montferrat était incapable de mentir.Aussi, sans hésiter, avoua-t-il : \u2014 Elle a pleuré.A ces mots, le petit chanteur laissa tomber sa tête entre ses mains et bientôt, à travers les doigts écartés, M.de Montferrat vit ruisseler des larmes, tandis qu\u2019il entendait comme en un murmure plaintif, ces mots qui exprimaient mieux que des phrases, la douleur et le renoncement du pauvre enfant : \u2014 Adieu, ma Rose-Blanche ! Adieu ! Alors, appuyant paternellement sa main sur l\u2019épaule toute tremblante de sanglots du jeune artiste, le père d\u2019Yvonne conclut : \u2014 Je n\u2019insiste pas, aujourd\u2019hui.j'aurais mauvaise grâce à vous blesser dans votre peine.à vous meurtrir davantage ! Mais vous m\u2019entendez, mon ami.toujours vous trouverez en moi un protecteur affectueux qui vous comprend, qui vous plaint et qui vous estime.« Au revoir, Jean.ne nous disons pas adieu- \u2014 Au revoir, monsieur.fit l\u2019enfant adoptif du père Poirier.Et, relevant fièrement la tête, il ajouta : \u2014 Te vcus demande pardon de m\u2019être laissé ainsi aller devant vous au désespoir.\u2014 Vous êtes un brave enfant.Allons, au revoir.au revoir.Sentant qu\u2019il n\u2019allait plus pouvoir maîtriser l\u2019émotion qui l\u2019étreignait, M.de Montferrat quitta la chambre., se retournant sur le seuil pour dire à l\u2019enfant : \u2014 Surtout.n\u2019oubliez pas que je suis votre ami ! Jean eut encore la force de lancer un merci à celui qui venait à tout jamais de lui briser l\u2019âme.Puis, la porte se referma.Un instant, le marquis demeura dans le vestibule.passant sa main devant ses yeux comme s\u2019il eût craint qu\u2019il y apparût des larmes.Il frappa à l\u2019atelier.La Pivoine, sa palette à la main, ouvrit.\u2014 Ça s\u2019est bien passé ?interrogea-t-il, pour dire quelque chose.\u2014 Puis-je vous demander un instant d\u2019entretien ?fit M.de Montferrat, évitant de répondre à la question qui lui était posée.\u2014 Mais certainement, monsieur.Entrez donc ?M.de Montferrat, en homme qui va droit au but, attaqua : \u2014 Votre protégé vous a-t-il parlé d\u2019une idylle qu\u2019il aurait eue avec une jeune fille de Montmartre ?\u2014 Une idylle, non, monsieur, répliqua spontanément le mari de Mme Dure-naud.Tout à coup, se frappant la tête, il s\u2019écria : \u2014 Ah ! c\u2019est donc ça que ma femme m\u2019a dit plusieurs fois : « Je ne sais pas ce qu\u2019il a?.mais ça n\u2019aurait rien d\u2019é-tonnant qu\u2019il fût amoureux.Quand on lui parle, il a toujours l\u2019air d\u2019être ailleurs ».« On le blaguait.je lui ai demandé, n\u2019est-ce pas ?Il m\u2019a dit que non.Mais je vois bien à présent que ce non-là voulait dire oui.Alors, monsieur, vous, vous êtes au courant ?\u2014 C\u2019est-à-dire que.Et s\u2019arrêtant.le marquis interrogea sur un ton de gravité qui impressionna vivement le peintre : -\u2014 Monsieur Roché.voulez - vous m\u2019aider à faire le bonheur de cet enfant ?\u2014 Mais comment donc ! Dix fois plutôt qu\u2019une !.\u2014 Alors, écoutez-moi.\u2014 Je suis tout oreilles.\u2014 J\u2019ai découvert en ce petit certaines qualités de coeur, en même temps que des aptitudes très remarquables, qui confirment bien la haute opinion que vous vous faites de lui.Aussi j\u2019estime qu\u2019il serait criminel de laisser ce jeune homme végéter dans une situation ordinaire quand il peut aspirer au premier rang.« Je vous remettrai une somme de cinq mille francs, grâce à laquelle vous pourrez compléter l\u2019instruction de Jean-de-la-Rue, lui faire donner toutes les leçons dont il a besoin et développer en lui ses facultés artistiques.« Mais je tiens essentiellement à ce qu\u2019il ignore que c\u2019est moi qui suis son bienfaiteur.« Cette pension vous sera servie tant que vous le jugerez nécessaire, c\u2019est-à-dire tant que le jeune homme ne sera pas à même de gagner largement et honorablement sa vie par lui-même.« Consentez-vous ?\u2014 Monsieur, fit La Pivoine, devenu songeur, vous pensez que je ne demande qu\u2019une chose, moi, c\u2019est que le petit soit heureux.Seulement, avant d\u2019accepter rien, vous me permettrez bien de vous demander, non pas qui vous êtes, puisque vous me l\u2019avez dit, et que votre nom est assez estimé pour qu\u2019à ce sujet je sois tout à fait tranquille.mais, tout de même, je ne serais pas fâché de savoir à quel titre vous vous intéressez au gosse.Car, en somme, en le prenant chez nous, nous l\u2019avons fait nôtre.Nous avons le droit de le regarder comme notre propre enfant.et à cause surtout des circonstances mystérieuses de sa naissance, nous avons le droit aussi de nous montrer très prudents ; nous ne voudrions pas que le petit vienne un jour nous reprocher des choses.\u2014 Rassurez-vous, monsieur Roché.il ne vous reprochera rien.\u2014 Je ne vous dis pas le contraire ; mais, ma femme, j\u2019en suis sûr, sera de mon avis.Nous ne pouvons pas accepter une pareille responsabilité sans connaître les raisons qui vous font agir.Puis, avec un accent de rude franchise, La Pivoine, incapable de dissimuler la moindre de ses pensées, éclata : \u2014 Voyez-vous, par exemple, que vous soyez son père ?Et comme M.de Montferrat ne répondait pas, le brave garçon ajouta aussitôt : \u2014 En ce cas, avouez avec moi qu\u2019une pension de cinq müle francs par an jusqu\u2019à sa majorité, ça ne serait pas besef pour le fils du marquis de Montferrat.\u2014 Si Jean-de-la-Rue était mon fils, répliqua le gentilhomme avec une certaine hauteur, je ne l\u2019aurais pas abandonné.et en tout cas, je ne vous proposerais pas un pareil marché !.« J\u2019aurais voulu garder pour moi un secret qui ne m\u2019appartient qu\u2019à moitié ; mais je le sens, pour vous décider, pour vous convaincre, il faut que je vous dise toute la vérité.« Je vais donc vous la révéler, vous donnant ainsi la preuve de confiance la plus grande que l\u2019on puisse accorder à un étranger que Ton connaît à peine, mais que l\u2019on juge comme un parfait honnête homme.\u2014 Ça, monsieur, vous avez raison.Je ne suis qu\u2019un peintre de poules, mais je sais ce que je dois aux autres et ce que je me dois à moi-même.Vous pouvez donc y aller carrément.\u2014 Votre parole d\u2019honneur que vous ne répéterez à personne, pas même à Mme Roché, ce que je vais vous apprendre.\u2014 Ma parole d\u2019honneur ! \u2014 Jean-de-la-rue aimait et aime encore, hélas ! une jeune fille qui demeurait sur la Butte, place du Tertre, chez une gargotière connue sous le nom de la mère Gibelotte.-\u2014Attendez donc.j\u2019y suis.ponctua La Pivoine,.Je la connais, la p\u2019tite.jolie comme un coeur, de grands beaux yeux et un air triste et doux qui vous fait presque de la peine.« Et c\u2019est de cette petite-là, que Jean-de-la-Rue est amoureux ?« Il ne m\u2019en a jamais causé, pas plus qu\u2019à ma femme.« Je ne me serais jamais douté de ça, par exemple ! \u2014 Ce n\u2019est malheureusement que trop vrai.\u2014 Pourquoi, malheureusement?.Ça ferait plus tard un petit ménage bien assorti.ils sont gentils tout plein tous les deux.et plus tôt, cette petite sera sortie de chez cette vieille mégère !.\u2014 Elle n\u2019y est plus ! interrompit M.de Montferrat.\u2014 Tiens ! tiens ! depuis longtemps ?\u2014 Depuis un mois.\u2014 Où est-elle donc ?\u2014 Chez moi.\u2014 Chez vous ?\u2014 Oui.Et avec une grandeur simple, le gentilhomme révéla : \u2014 C\u2019est ma fille ! \u2014 Votre fille?sursauta le peintre abasourdi.\u2014 Oui, ma fille qui m\u2019avait été volée.Un bon produit Anglais ,CNATED SILVER polish Sint*.- t Importé par a: O.PAUL ROY, MONTREAL ANEMIE SANG APPAUVRI , Ce toniquejiche en vite* mines ramène infaillible' ment le sang à son état normal.Nommes, Femmes, Enfants Chez votre pharmacien Elixir Toniqu Montie O.WATSON A CO , DETECTIVES .Agents secrets.Hommes ambitieux de 18 ans et plus demandés partout au Canada, pour devenir détectives.Ecrivez immédiatement à CANADIAN INVESTIGATORS INSTITUTE.Casier 25, Station T.\tMontréal, P.Q.Si vous avez aux alentours de Montréal .PROPRIETE, TERRE OU TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR.9363\t7662, rue St-Denis, Montréal Avez-vous des cadeaux à faire ?Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.Remplissez NOS COUPONS D'ABONNEMENT.il le Samedi III 30 Le Samedi.Montréal, 19 janvier 1952 \u2014 Ah ! bien, vrai, vous m\u2019en bouchez un sacré coin ! Alors le marquis reprit d\u2019une voix attristée.\u2014 J\u2019ai su la tendresse touchante que ces deux enfants s\u2019étaient vouée.Vous comprenez, n\u2019est-ce pas, que tout projet d\u2019union entre eux est impossible.\u2014 Evidemment, il est.vous êtes.\u2014 Après avoir éloigné ma fille qui, grâce aux compensations qu\u2019elle trouvera dans la vie, pourra, je l\u2019espère du moins, oublier et se consoler plus vite, j\u2019ai considéré qu\u2019il était de mon devoir d\u2019aller trouver ce jeune homme.de lui faire entendre raison et de lui montrer, avant tout, que je n\u2019étais pas un ennemi.« En y mettant toute la discrétion possible, je lui ai offert de m\u2019intéresser à lui.et non seulement de lui faciliter la vie, mais de la lui rendre aussi brillante que possible.« Mais avec une délicatesse inouïe, en des termes qui m\u2019ont bouleversé, il a refusé.C\u2019est alors que j\u2019ai pensé que, malgré lui, nous pourrions à nous deux, le protéger.\u2014 Ce que vous me dites là, monsieur, reprenait La Pivoine, change singulièrement les choses et je serais le dernier des mufles si je refusais de m\u2019associer à une aussi bonne action.«Je marche donc.des deux mains.si tant est qu\u2019on puisse s\u2019exprimer ainsi.«Seulement.il y a un seulement.\u2014 Voyons! \u2014 Vous m\u2019avez fait donner ma parole d\u2019honneur de ne répéter à personne même à Joséphine, la conversation que nous venons d\u2019avoir.« Et vous avez joliment raison, car avec les femmes, si bonnes qu\u2019elles soient, il faut toujours se garder à carreau.Ça cause, ça crie, ça se fâche, et alors ça déballe tout le paquet en cinq sec, sans s\u2019occuper des conséquences.« Mais, toute de même, quand la mienne va voir que les billets bleus rappliquent comme ça à la maison, elle va me demander d\u2019où ils viennent.Et le plus sérieusement du monde, le bon peintre des poules ajouta : \u2014 Jalouse comme elle est, elle est capable de croire que je me fais entretenir.« Et pourtant, j\u2019en ai une tête ! A cette boutade, le marquis de Mont-ferrat, de plus en plus conquis par la bonhomie loyale de son interlocuteur, ne put réprimer un léger sourire.Impassible, Roché continuait : \u2014 Puis, Il y a le gosse.Il est mariol-le (malin), le petit.Quand il verra qu\u2019on l\u2019habille comme un prince, qu\u2019on lui fait donner des leçons par des maîtres à vingt balles de la demi-heure, lui aussi, il me demandera d\u2019où vient le pognon et je vous avoue que je serai très embarrassé pour lui répondre- Le père de Rose-Blanche, très frappé par cette argumentation d\u2019une logique irréfutable, réfléchissait depuis un moment.\u2014 C\u2019est très juste ce que vous me dites-là, déclara-t-il.« Mais pourtant, je crois qu\u2019il y a un moyen de tout concilier.__Tant mieux ! s\u2019écria La Pivoine.Car je vous avoue que ça me ferait rudement plaisir de me dire qu\u2019un jour Jean-de-la-Rue sera quelqu\u2019un.\u2014 Veuillez m\u2019excuser, monsieur Roché.continuait le gentilhomme, si je vous pose quelques questions que vous jugerez peut-être indiscrètes.mais c\u2019est dans l\u2019intérêt de l\u2019oeuvre que nous entreprenons.\u2014 Ne vous gênez pas, je vous prie.\u2014 Vous vendez vos tableaux ?\u2014 Faut bien.\u2014 A qui ?__Oh ! à un vieux crocodile de la rue de la Victoire.nommé Holzmeyer vieille famille bretonne \u2014 qui me les paie le moins cher qu\u2019il peut et ne demanderait qu\u2019à ne pas les payer du tout.« Cependant, j\u2019ai des frais.Et, montrant les poussins qui, ne trouvant plus de grains à picorer, s\u2019étaient rassemblés autour du poêle et demeuraient blottis les uns contre les autres : -\u2014Faut acheter tous ces lascars-là.faut les nourrir, les soigner, et quand j\u2019ai vendu vingt francs un tableau, c\u2019est à peine quinze francs de bénef qui me restent.sans compter la morte-saison.Vous voyez que ce n\u2019est pas lourd.M.de Montferrat regardait attentivement la toile ébauchée par la Pivoine.Très artiste, très fervent de la belle peinture, il avait tout de suite reconnu dans le peintre des poules un de ces talents fourvoyés ou méconnus auxquels il n\u2019a manqué que l\u2019occasion pour affirmer leur maîtrise.\u2014 C'est dommage, fit-il, que vous n\u2019ayez pas un débouché plus sérieux, car vraiment il y a là-dedans une originalité de composition, un brio d\u2019exécution, et une sûreté de touche que souhaiteraient beaucoup de vos confrères illustres.\u2014 Monsieur le marquis, vous exagérez !.\u2014 Pas du tout.je vous parle très sincèrement au contraire.Que diable, vous ne peignez pas que des poules et des poussins ! -\u2014Hélas ! c\u2019est devenu une spécialité.Je suis étiqueté, catalogué dans ce rayon-là et quand j\u2019offre au vieux gentilhomme breton de la rue de la Victoire, de changer mon pinceau de main et de lui donner à bouffer du pigeon, du canard, de la dinde ou des oies il pretend qu\u2019il n\u2019aime que le poulet.\u2014 Ne m\u2019avez-vous pas dit tout à l\u2019heure, invitait M.de Montferrat, que vous aviez gardé des oeuvres de jeunesse ?\u2014 Elles sont là ! fit La Pivoine, en jetant un coup d\u2019oeil mélancolique sur un vieux bahut en chêne, le seul meuble de valeur qui ornât l\u2019atelier.\u2014\tVoulez-vous me montrer quelques- unes de ces toiles ?\u2014\tJe veux bien, puisque cela vous intêrp^sf* .Allant à l\u2019armoire, il ouvrit un des battants, et prenant plusieurs toiles de moyenne dimension, il les déposa tour à tour sur le chevalet, présentant successivement au mari de Gilberte un paysage ensoleillé, une mer en fureur, un coin de la vallée de Chevreuse et un effet d\u2019automne dans la forêt de Fon-tainebleau.\u2014 C\u2019est très intéressant, tout cela.admira sincèrement le marquis.En effet, dans ces toiles, toutes simples, sans aucune recherche brutale, d\u2019un coloris charmant, et empreintes d\u2019une fraîcheur et d\u2019une délicatesse exquises, on reconnaissait immédiatement le talent d\u2019un véritable artiste qui, dans des sujets traités des milliers de fois par des grands peintres, avait su jeter une note claire, agréable et surtout très personnelle._____Oui.ce n\u2019est pas mal, reconnaissait La Pivoine.ça n\u2019a pas bougé.C\u2019est pas trop coco- ce n\u2019est pas trop gueulard.C\u2019est de la bonne peinture.\u2014 Dites de la belle peinture.surenchérissait le gentilhomme.\u2014 C\u2019est là.et ce sera là.longtemps.toujours peut-être-\u2014 Qu\u2019en savez-vous ?__A qui voulez-vous que je bavarde ces toiles ?Au vieux Holzmeyer ?Une fois que je l\u2019avais décidé à monter pour les voir, il m\u2019a retenu le prix de son omnibus sur la première, affaire d\u2019avoir perdu son temps et qu\u2019il n avait pas besoin de perdre son argent.\u2014 Eh bien, monsieur Roché, moi je vous prends l\u2019une de ces toiles.fjt le gentilhomme.« Je vous en donne six mille francs et si vous n\u2019avez pas vendu les autres l\u2019année prochaine, je m\u2019engage à vous les payer le même prix.De cette façon c\u2019est vous qui serez le protecteur de votre jeune ami.\u2014 Oh ! monsieur ! monsieur ! s'écria La Pivoine, au comble de la joie et de l\u2019émotion, je n\u2019ose pas vous embrasser, mais le coeur y est.Donnez-moi la main ! \u2014 Volontiers, mon ami\u2014 Les deux hommes échangèrent une de ces vigoureuses étreintes qui scellent à jamais une amitié naissante, mais spontanée.Puis M.de Montferrat tira un carnet de chèques de sa poche.remplit les blancs d\u2019un feuillet et, le détachant, le tendit au peintre ébahi en lui disant : __Maintenant j\u2019ai un service à vous demander.____Dix.vingt.tout ce que vous voudrez.répliqua le mari de Mme Dure-naud avec enthousiasme.____Si j\u2019apprécie énormément vos paysages.croyez que votre poule et vos poussins ne m\u2019ont pas laissé indifférent.« Aussi, il me vient une idée que je m\u2019empresse de vous soumettre.«J\u2019ai un garçonnet de six ans et j\u2019aimerais à l\u2019élever dans la nature, dans la lumière, au milieu de couleurs gaies.« Consentiriez-vous à venir décorer sa chambre.en y peignant des panneaux où vous représenteriez des coqs, des chiens, enfin des animaux domestiques en des attitudes amusantes et vécues ?\u2014 Mais, monsieur le marquis, ce serait pour moi un grand honneur et un vif plaisir.\u2014-En ce cas, c\u2019est entendu, vous n\u2019avez qu\u2019à me dire vos conditions.\u2014 Mes conditions ! Mais, c\u2019est à l\u2019oeil.Vous avez été tellement chic pour moi ! \u2014 Non, je refuse.interrompit le gentilhomme, maintenant il ne s\u2019agit plus de questions sentimentales.J\u2019ai en face de moi un véritable artiste, trop longtemps méconnu.« Bien que je voie, cher monsieur Roché, qu\u2019avec vous les questions d\u2019argent sont très difficiles à aborder, je tiens à vous dire que, si vous travaillez pour moi, j\u2019exige que votre oeuvre vous rapporte le bien-être et l\u2019aisance auxquels vous avez droit.\u2014 J\u2019aurais mauvaise grâce à refuser.acquiesçait le bon peintre des poules.« Aussi, cher monsieur, dès que j\u2019aurai terminé la commande de M.Holzmeyer, je prendrai ma boîte à couleurs, ma palette et mes pinceaux, et j\u2019irai m\u2019installer chez vous\u2014 « Vous m\u2019avez mis du coeur au ventre et j\u2019ai hâte de faire enfin de la bonne besogne.\u2014 A bientôt, mon ami.\u2014 A bientôt, cher monsieur.\u2014 Surtout, pas un mot à personne au sujet des deux enfants.\u2014 J\u2019ai un boeuf sur la langue.La Pivoine reconduisit le marquis jusqu\u2019à la porte de la rue.Là, ils se serrèrent encore la main et se quittèrent, l\u2019un enchanté de la bonne action qu\u2019il venait d\u2019accomplir et l\u2019autre ravi de l\u2019aubaine qui lui tombait du ciel.\u2014 C\u2019est rigolo tout de même, songeait le mari de Joséphine en regagnant son atelier.« Ce que c\u2019est que la vie ! « Si je n'avais pas recueilli ce pauvre gosse à la maison, j\u2019en serais encore réduit à faire des poules pour le crocodile de la rue de la Victoire.tandis qu\u2019aujourd\u2019hui me voilà libre, galet-teux, du chouette boulot sur la planche, et avec assez d\u2019argent pour élever mon p\u2019tit gars ! «En attendant, je vais toujours toucher mon chèque et après ça je m\u2019offrirai le luxe d\u2019une bonne manille avec les copains.« Je peux bien me payer ça ! Après avoir enfermé, non sans peine, ses modèles dans le réduit attenant à la cuisine, La Pivoine s\u2019en fut retrouver Jean.-\u2014Petit, je sors.fit-il.Tu n\u2019as besoin de rien ?\u2014 Non, monsieur Roché, je vous remercie bien.\u2014 T\u2019as pas encore trop bonne mine, mon pauvre Jean ! mais n\u2019aie pas peur, tout ça va s'arranger.Tu en auras du COUPABLE OU NON-COUPABLE ?CHRONIQUE JUDICIAIRE par ROBERT MILLET.B.A.Celui qui opère un commerce en plein air est-il sujet à la loi fixant l'heure de fermeture des établissements commerciaux ?Depuis un certain nombre d\u2019années, la vente des automobiles, principalement des automobiles usagées, a pris tellement d\u2019ampleur à Montréal, que les garages ne suffisent plus à remiser les véhicules offerts au public.Il a donc fallu trouver des espaces supplémentaires pour exhiber les offres.C\u2019est ainsi qu\u2019on a vu se multiplier les parcs d\u2019autos à vendre en plein air.D\u2019autre part, cependant, la Cité de Montréal a décrété, par règlements, l\u2019heure de fermeture des établissements commerciaux.En vertu de ces règlements, les montres des vendeurs d\u2019automobiles doivent être closes à 7 heures p.m.Se basant sur les règlements de fermeture des établissements commerciaux, des officiers municipaux ont traduit des vendeurs d\u2019automobiles devant le Recorder.Or certains de ces vendeurs ont voulu repousser l\u2019accusation d\u2019avoir enfreint le règlement parce qu\u2019en fait ils ne pouvaient fermer, opérant en plein air.Ces vendeurs sont-ils COUPABLES ou NON-COUPABLES de l\u2019infraction qu\u2019on leur reproche ?COUPABLES ! a décrété le Recorder, dans un jugement rendu, à Montréal, le 5 juillet 1951.Dans ce cas, il ne faut pas prendre le règlement à la lettre.Fermeture signifie cessation des affaires.Et le vendeur ou commerçant qui opère en plein air doit mettre un terme à ses activités, chaque soir, à l\u2019heure où doivent fermer les établissements commerciaux. Le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 31 bon vin !.Et un perdreau rôti, ça t\u2019irait-il pour ton dîner ?\u2014 Je ne veux pas.Vous allez vous priver pour moi.\u2014 Me priver pour toi?.Qu\u2019est-ce que tu me chantes là.Allons, à tout à l\u2019heure», et puis, fais pas ta trompette des vendredis.Ça ira, ça ira., dans quelques années, tu seras un grand homme.et alors.On ne sait pas ce qui peut arriver.Allons, à tout à l\u2019heure, et vive la République ! \u2014 Si Mme Roché vous demande, qu\u2019est-ce qu\u2019il faut que je lui dise ?\u2014 Tu lui diras.Eh bien! tu lui diras que j\u2019ai gagné le gros lot!.XXX Le gros lot Lorsque vers quatre heures de l\u2019après-midi, Mme Durenaud rentra de ses courses et qu\u2019elle se trouva dans l'atelier de son mari complètement vide, en face du chevalet et de la palette abandonnés, elle entra dans une violente colère.\u2014 Ça y est, s\u2019écria-t-elle, il est encore allé boire.« Il sait qu\u2019il n\u2019y a presque pas d\u2019argent à la maison.que le petit a besoin d\u2019un tas de bibelots qui coûtent cher, qu\u2019on n\u2019a plus de crédit dans le quartier, et il fiche le camp tout de même, pour jouer à la manoche et siroter des apéros avec un tas de « propa-riens » de son espèce ! « Ça ne peut pas durer comme ça ! < Par-dessus le marché, l\u2019épicier qui réclame sa note.« Et une contrainte du percepteur que j\u2019ai trouvée sous la porte ! « C\u2019est à vous dégoûter d\u2019être honnête femme.J\u2019ai envie de me mettre à faire la noce.Et puis non, ça m\u2019embêterait de trop.Je pourrais pas !.Alors, montrant le poing à un portrait de son «homme», que celui-ci avait peint lui-même et qu\u2019il avait suspendu au mur depuis de longues années, elle vociféra : \u2014 Attends un peu.quand tu vas rentrer, qu\u2019est-ce que tu vas prendre pour ton rhume ! Nous allons régler ça tous les deux.* « Seulement, c\u2019est pas tout ça.Faut que j\u2019aille voir comment va mon petit Jean.Et pénétrant dans la chambre du convalescent, elle s\u2019en fut droit à lui.lançant tout de suite de sa voix sonore et perpétuellement courroucée : \u2014 Eh bien, comment te trouves-tu?\u2014 Bien, madame Roché.\u2014 T\u2019as encore les yeux rouges.T\u2019as donc pleuré ?\u2014 Non, j\u2019ai dormi.Je viens de me réveiller.\u2014 Bien vrai, ce mensonge-là ?\u2014 Ce n\u2019est pas un mensonge.\u2014 Toi, mon petit, fit Joséphine d\u2019un air de doute, je serais curieuse de savoir ce que tu as dans ta caboche.Puis, déposant sur la table de nuit un paquet qu\u2019elle n\u2019avait pas lâché, elle ajouta : \u2014 Tiens, je t\u2019ai apporté un pot de confitures.C\u2019est de la gelée de pommes pur sucre.C\u2019est pas de la fantaisie.«Je l\u2019ai acheté à la mère Bernard, la concierge du 16 de la rue Cortot, qui fait ça elle-même.Développant le pot, elle l\u2019éleva à la faible clarté du jour mourant qui pénétrait encore à travers les carreaux et elle admira : \u2014 Regarde comme c\u2019est clair.On dirait du miel.En veux-tu tout de suite une cuillerée ?\u2014 Non, ce soir, pour mon dessert, si vous voulez bien.\u2014 Tu sais, ne te gêne pas.si tu as envie d\u2019en manger entre tes repas.C\u2019est léger et nourrissant.Ça ne peut pas te faire de mal, au contraire.\u2014\tComme vous êtes bonne ! \u2014\tTu me le dis si souvent que je finirai par le croire.\u2014\tC\u2019est tellement la vérité.\u2014 Ce n\u2019est pourtant pas l\u2019avis de Mossieu Roché.\u2014 Monsieur Roché vous aime beaucoup.\u2014 Il m\u2019aime beaucoup.™ à la condition que je le serve comme un prince et que je le laisse aller vadrouiller quand ça lui plaît.« Il n\u2019y a pas moyen de le tenir.Je lui avais pourtant fait la morale.Depuis quelque temps, il avait l\u2019air raisonnable.« Ah ! bien ouitche ! « A peine ai-je eu les talons tournés, qu\u2019il s\u2019est « esbigné » et il va encore rentrer à quatre pattes ou dans une brouette.\u2014 Je ne crois pas, madame Roché.\u2014 Tu ne vas pas le défendre.Il ne manquerait plus que ça que tu te mettes de son côté.Un poivrot, un feignant qui a plus de poills dans la main qu\u2019il en a à tous ses pinceaux.« Il ne mérite guère qu\u2019on s\u2019intéresse à lui.\u2014 Je voulais dire, reprenait Jean, que je ne supposais pas que M.Roché fût allé rejoindre ses amis.\u2014 Où veux-tu qu\u2019il soit ?\u2014 Il m\u2019a recommandé en s\u2019en allant de vous dire qu\u2019il avait gagné le gros lot.\u2014 Le gros lot, qu\u2019il a dit! Ah! oui.J\u2019y suis : par-dessus le marché, Mossieu Roché se paie ma tête.Nous allons voir.s\u2019il se fichera de moi jusqu\u2019à la Saint-Glinglin.« D\u2019ailleurs, je me décide, à la fin.De ce pas, je m\u2019en vais chez Frédé, où, naturellement, il doit être en train de se pavoiser le blair.et je me charge de faire un tel raffut dans la boîte qu\u2019il n\u2019osera plus jamais y retourner.Et elle ajouta, rouge de fureur : \u2014 A nous deux, monsieur La Pivoine, vous allez voir de quel bois madame Durenaud se chauffe ! Quelques minutes après, la colère au visage, la menace dans les yeux et l\u2019invective à la bouche, elle faisait irruption dans le cabaret du « Lapin Agile ».Dans un coin, à leur place habituelle, Jules Rouet, Galande et B.-A.-G.Guignard, se livraient aux joies de la manille, en compagnie du patron qui, depuis quelque temps, vu l\u2019absence du bon peintre, avait consenti, sans enthousiasme, à entrer dans la combinaison.Or, cet après-midi là, il s\u2019était particulièrement fait tirer l\u2019oreille, car c\u2019était jour de mobilisation, c\u2019est-à-dire de lessive, et Mme Berthe Frédé avait besoin de son homme pour l\u2019aider à retirer le linge de la cuve, à le tordre et à le mettre à sécher sur les fils de fer tendus dans la petite cour située en contrebas de la maison.\u2014 Tiens, madame Roché, s\u2019exclama le quatuor, en voyant entrer Joséphine.\u2014\tOù est mon mari ?interrogea aussitôt celle-ci, d\u2019une voix brève et impérieuse.\u2014\tY a bien longtemps qu\u2019on ne l\u2019a pas vu, répliqua Frédé.\u2014 Même, murmura le chansonnier, que nous allons porter une plainte en séquestration.\u2014\tVous, monsieur Rouet, je vous engage à la « boucler ».Et avec une force qui frisait la véhémence, elle réitéra sa question : \u2014\tOù est mon homme ?\u2014 Puisque nous ne l\u2019avons pas vu, intervenait le compositeur alcoolique.\u2014 Où est mon homme ?\u2014 Ne vous fâchez pas, conseillait l\u2019auteur de La Cerise, tout en essuyant d\u2019un geste large le côté droit de sa moustache.\u2014 Où est mon homme ?\u2014 Madame Roché, intervenait Frédé, en voilà assez.Ce n\u2019est pas une raison parce que vous êtes la femme d\u2019un de mes amis pour faire du scandale dans mon établissement.\u2014 Tant pis pour vous.vous l\u2019aurez voulu.hurla l\u2019excellente mais irascible créature.Et, sortant en coup de vent, elle se mit à fureter dans la cuisine, puis dans la salle du fond.au grand ébahissement de Mme Berthe Frédé qui connaissant la femme de son client et la sachant capable de se livrer aux pires extrémités, se garda bien de risquer la plus légère observation.Comme elle ne trouvait rien.Mme Durenaud reprit : \u2014 Je parie qu\u2019il est en bas dans le jardin ou à l\u2019écurie avec Aliboron.Dégringolant les quelques marches qui donnaient dans la cour, elle s\u2019en fut droit vers une sorte de sous-sol pratiqué sous le cabaret et où le patron du « Lapin Agile » parquait son âne sur de la paille qu\u2019il avait soin de renouveler chaque jour.Mais à peine avait-elle entrebâillé la porte qu\u2019un chien de forte taille, bondit sur elle et, lui mettant les deux pattes sur les épaules, s\u2019apprêta à lui débarbouiller le nez avec la fougue de la plus débordante amitié.Instantanément, sous ce choc inattendu, et croyant plutôt à une attaque qu\u2019à une démonstration de sympathie, Joséphine recula ; et, butant contre une brique tombée à terre, elle perdit l\u2019équilibre et s\u2019en fut s\u2019asseoir dans un énorme baquet plein d\u2019eau bleue savonneuse, d\u2019où Mme Berthe Frédé avait retiré quelques instants auparavant son abondante lessive.Un tonnerre d\u2019imprécations et de cris furieux, jaillit des lèvres de Mme Roché, faisant accourir tout le monde.Tandis que Jules Rouet ricanait méchamment, en se tapant les cuisses que Galande riait franchement en se tenant les côtes et que B.-A.-G.Guignard vaticinait en levant les bras au ciel, Frédé et sa femme, très ennuyés de l\u2019incident, se précipitèrent vers Mme Durenaud, qui se débattait dans son baquet sans pouvoir en sortir.et, la saisissant chacun par un bras, ils la retirèrent de l\u2019eau, trempée jusqu\u2019à la ceinture et hurlant : \u2014\tTout ça, c\u2019est de la faute à ce sale poivrot de La Pivoine ?\u2014\tPuisqu\u2019on vous disait qu\u2019il n\u2019était pas là, vous n\u2019aviez qu\u2019à rester tranquille, faisait observer le cabaretier.\u2014\tMontez vous changer.Je vais vous prêter des vêtements, offrait la patronne.Un peu douchée par ce bain inattendu, Joséphine, tout en grommélant des paroles inintelligibles, suivit Mme Frédé, qui l\u2019emmena dans sa cuisine, où le fourneau rouge de feu répandait autour de lui une chaleur bienfaisante.Vite Mme Berthe lui apporta une chemise, une robe, un corsage et un vieux manteau, puis elle lui dit : Dépêchez-vous, ma petite dame, car il ne s\u2019agit pas d\u2019attraper du mal.Quelques minutes après, Mme Roché, qui n\u2019avait cessé de grogner contre son époux, reprenait le chemin de la « Villa des Poules ».Elle n\u2019avait pas désarmé, au contraire.\u2014 Ah ! si je pouvais seulement leur jouer un bon tour à ces sacripants, grondait-elle tout le long du chemin.« Fallait les voir rigoler quand je trempais dans le jus.VOUS BRODEZ, MADAME ?LE TAPIS CROCHETE Pour répondre à de nombreuses demandes, nous illustrons ici le patron d\u2019un motif de fleurs pour carpette.On peut se le procurer étampé sur jute, ou sur papier pouvant alors être reproduit au moyen de papier carbone.Mme L.DE BELLEFEUILLE, B.P.175, Place d\u2019Armes, Montréal.LISTE DES PRIX - Patron No 487 Veuillez m\u2019envoyer les articles suivants : | 1 Nos 487 \u2014 Patron de carpette étampé sur jute\t.89 | | Patron étampé sur papier\t.20 | | Petite feuille de papier carbone bleu\t.10 | | Grande feuille de papier carbone bleu, 24 pouces par 36\t.35 Prière à mes lectrices d\u2019inclure le prix de la commande, plus la taxe de 5% ou 3%, selon le cas, sous forme de bon postal, mandat d\u2019express ou argent sous pli recommandé Nom .Adresse .Localité\tProvince Le Samedi \u2014 19 Janvier 1952 32 Le Samedi, Montréal.19 janvier 1952 « Si les Frédé n\u2019étaient pas venus à mon secours, ils m\u2019auraient bien laissée geler tous les trois.« En attendant, c\u2019est Mossieu Roché qui vâ payer pour tout le monde.«D\u2019abord, rien à dîner ce soir.Pas d\u2019argent dans la poche.Pas de vin dans la bouteille.et défense de coucher sur le matelas.Le paillasson, c\u2019est assez bon pour lui ! Et s\u2019il n\u2019est pas content, Mossieu Roché, il ira coucher dehors, où il voudra, avec le bourriquot à Frédé.C\u2019est sa place.Ah ! mais.« Car il est temps que je me montre.Jusqu\u2019ici j\u2019ai été trop faible, trop douce.«H va savoir comment Joséphine s\u2019appelle.Et, se montant, Mme Durenaud arriva chez elle, dans un état de surexcitation impossible à décrire.Elle franchissait déjà la grille, d\u2019un pas précipité, lorsqu\u2019elle s\u2019arrêta, médusée, clouée sur le sol.« Mossieu Roché » s\u2019avançait vers elle, un bouquet de roses à la main.\u2014 Ma chérie.attaqua-t-il, l\u2019air triomphant et le nez flamboyant d\u2019allégresse, ma chérie, permets-moi de t\u2019offrir ces quelques fleurs.\u2014 Comment, il n\u2019est pas saoul! s\u2019exclama la brave fille.Et il m\u2019apporte une gerbe de roses, en plein hiver ! Alors, s\u2019adressant au bon peintre, elle ajouta : \u2014 Sûr que tu as dû faire quelque mauvais coup.dévaliser un garçon de recettes ou promettre le mariage à une vieille rombire.Mais enlaçant malgré elle sa compagne dans ses bras vigoureux, le peintre annonça : \u2014 J\u2019ai gagné le gros lot ! \u2014 Comment, le gros lot ! T\u2019avais pas de billet.\u2014 Il n\u2019y en a pas besoin à cette loterie-là ! \u2014 Allons, bon!., se disait Joséphine sincèrement terrifiée.R est tombé fou ! C\u2019est l\u2019alcool qui lui est remonté au ciboulot ! Mais La Pivoine mettant de force son bouquet dans les mains de sa moitié, la saisit par le bras, puis l\u2019entramant à l\u2019intérieur de la maison, il lui dit : \u2014 Viens voir quelque chose maintenant.Car c\u2019est pas tout! \u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a encore ?__Ce qu\u2019il y a ?C\u2019est que La Pivoine vend ses tableaux.et pas pour vingt francs, pas pour cent francs, mais pour six mille.\u2014 Pour six mille ?\u2014 Oui.ma belle.Et c\u2019est pas du bluff.« C\u2019est la vérité vraie.Alors, montrant sur la table de son atelier, plusieurs liasses de billets bleus et tout un tas d\u2019or et de pièces d\u2019argent, il définit : \u2014 Regarde-moi ça.Et quand il n\u2019y en aura plus, il y en aura encore.Abrutie, Joséphine, qui ne sentait même pas qu\u2019elle se piquait les doigts aux épines des roses, demeurait bouche bée, ne trouvant pas un mot à repondre.\u2014 Eh bien, qu\u2019est-ce que tu dis de ça, madame Roché ?Rien.tu trouves que ce n\u2019est pas assez ?Tu deviens exigeante ! \u2014\u2019C\u2019est pas Dieu possible que ce soit le vieux crocodile de la rue de la Victoire qui l\u2019ait payé ce prix-là ta poule et tes poussins, émettait Josephine.\u2014 Le père Holzmeyer, s\u2019esclaffait La Pivoine.Fini ça.Une fois ma dernière commande livrée \u2014 car je suis un homme de parole \u2014 il pourra carillonner a ma porte, le vieux gentilhomme breton.En guise de poule, ça sera le lapin.\u2014 Alors, explique-toi.____Je ne demande pas mieux.Figure-toi que j\u2019ai reçu aujourd\u2019hui la visite d\u2019un riche Américain.Comment s\u2019était-il] procuré mon adresse?Je n\u2019en_ sais rien et je ne le lui ai pas demande.Il m\u2019a raconté qu\u2019il avait vu des tableaux de moi qui le bottaient.Il m\u2019a demandé si j\u2019en avais à vendre.A tout hasard, je lui ai sorti mes paysages de jeunesse et sans discuter il m\u2019a remis un chèque de six mille balles pour une de mes toiles et il m\u2019a demandé d\u2019aller chez lui décorer la chambre de son lardon pour le prix que je voudrais.« Tu penses si j\u2019ai accepté.\u2014 Mince ! c\u2019est la fortune, bégayait Mme Durenaud qui n\u2019en croyait ni ses yeux ni ses oreilles.-\u2014 La fortune, la gloire et les pommes de terre, surenchérissait La Pivoine devenu lyrique.Alors embrassant sa femme sur les joues, il lui dit d\u2019un ton plein d\u2019entrain : \u2014 Finies les engueulades.A nous la bonne humeur, le sourire et les roses ! Empoignant cette fois sa compagne par la taille, il la fit tournoyer autour de l\u2019atelier en chantant : Dans la capucine Y a du pain chez nous !.Mais, pensant tout à coup à son protégé, Joséphine s\u2019écria : \u2014 Laisse donc, grand fourneau.Tu oublies qu\u2019il y a un malade dans la maison.\u2014 Viens le voir un peu le malade, gouailla le bon peintre.viens voir comme il est soigné.Et l\u2019emmenant dans l\u2019atelier, il lui montra un couvert préparé sur une petite table.Dans un plat, un perdreau froid, flanqué d\u2019une bouteille de Saint-Emilion et de deux belles grappes de raisin doré.\u2014 Hein ! s\u2019écria La Pivoine, je ne l\u2019ai pas oublié, notre cher petit gars ! \u2014 T\u2019as bien fait, approuva Mme Durenaud en essuyant une larme, car c\u2019est lui qui a ramené le bonheur à la maison ! \u2014 Et maintenant, demanda le bon peintre, est-ce que je peux aller faire une petite « manoche » au « Lapin Agile »?\u2014 Oui, mon Louis, je te le permets, accéda la bonne Joséphine, car, vrai, tu ne l\u2019as pas volée! XXXI Oisparu !.Filoche, en se voyant habillé avec les vêtements dont Nicolas Taupin de Taupinière lui avait fait cadeau, s\u2019était écrié : \u2014 Eh bien, là, ça ne va pas être commode, gringué comme ça de vendre du papier sur les boulevards ! R ne croyait pas aussi bien dire.En effet, dès son retour à la rue du Croissant, au moment où il s approchait du bureau où chaque soir on distribue, encore toutes humides d\u2019encre d\u2019imprimerie les feuilles aux camelots, il avait compris, aux murmures qui s\u2019élevaient autour de lui qu\u2019il était devenu suspect aux yeux de tous.Les uns, ne le reconnaissant pas, le bousculaient, le repoussaient comme un intrus.Les autres le dévisageaient avec une hostilité manifeste, un lançant des quolibets gouailleurs, lui demandant s il avait fait un héritage ou cambriolé un bijoutier de la rue de la Paix.Filoche était doué d\u2019un heureux caractère.Il admettait la plaisanterie.Et bien ou\u2019il sentît oue, très sympathique à tous la veille il lui avait suffi de changer de tenue pour devenir franchement antipathique le lendemain, il voulut répliquer joyeusement, tout en jouant des coudes.sans avoir l\u2019air d'accorder la moindre importance aux lazzis dont il était l\u2019objet.Mais, loin de désarmer les railleurs, cette attitude ne fit qu'aggraver les LA VIE COURANTE .Par Georges Clark __Celle qui travaillait là devait y camper.J\u2019ai déjà trouvé de la crème de beauté, une brosse à dents et une boîte de conserves.choses.car au moment où, après avoir obtenu non sans peine son demi-cent Vlntran, il se préparait à remonter du côté de la rue Montmartre, il se vit entouré soudain par une bande de camelots, hurlant : __Enlevez le bourgeois ! A la porte le mirliflior ! Faut pas de gommeux dans la partie ! Et, avant qu\u2019il eût eu le temps de se mettre sur la défensive, vingt mains hargneuses se tendaient vers lui pour lui arracher son papier.Filoche était à la fois agile et brave.D\u2019un vigoureux coup de pied, il se débarrassa de l\u2019assaillant le plus rapproché.Puis, d\u2019une voix vibrante, il s\u2019écria : \u2014 Vous n\u2019avez pas honte, tas de feignants, de vous mettre trente contre un.Tout le monde a le droit de gagner sa vie, et vous ne m\u2019empêcherez pas de gagner la mienne.Cette attitude vraiment crâne eut pour effet de retourner instantanément l\u2019assistance.Une voix s\u2019éleva : \u2014 Après tout, il a raison\u2014 il n\u2019y a qu\u2019à le laisser tranquille.D\u2019autres s'exclamaient : \u2014 D\u2019ailleurs, on le connaît.C\u2019est un bon fieu.\u2014 R ne fait de mal à personne.\u2014 II est plutôt complaisant.\u2014 Va, mon vieux Filoche.va vendre ton papelard (papier).\u2014 Vive Filoche! Alors la foule des camelots, s'écartant, laissa passer le brave garçon qui, fier de sa victoire, lança d'une voix de stentor : \u2014 Et puis, il n\u2019est pas encore venu au monde celui qui me fera le poil !.Or, à partir de ce jour où Filoche était sorti triomphant d\u2019une épreuve aussi décisive, ses affaires n\u2019avaient fait que prospérer.Grâce à ses nouveaux habits, il avait obtenu l'autorisation d\u2019apporter à l\u2019intérieur de plusieurs grands cafés des boulevards ses journaux, dont il ne tarda pas à quadrupler la vente.Aussi, au lieu de se chercher une « maison de campagne » aux environs de Paris, il put élire domicile dans un modeste hôtel de la rue de la Lune où, pour 75 centimes par nuit, on mit à sa disposition un cabinet de trois mètres carrés, meublé d'un unique lit de fer, d\u2019une chaise et d\u2019une tablette en bois munie d\u2019une cuvette et d\u2019un pot à eau en fer-blanc.Sur ses premières économies, Filoche fit l\u2019emplette d\u2019une brosse, et chaque soir, avant de s\u2019endormir, il en « caressait » soigneusement ses beaux habits, sachant très bien que c\u2019était a eux qu\u2019il devait sa prospérité.Son travail terminé, il se rendait le soir à Montmartre.voir son petit ami, continuant à le rassurer sur Rose-Blanche, à lui mentir pieusement, fraternellement, et à lui affirmer qu\u2019aussi-tôt qu\u2019il serait guéri, il trouverait le moyen de lui ménager avec elle une entrevue.Filoche se disait bien : \u2014 Je crois que je m\u2019enferre joliment\u2014 et je me demande comment je me tirerai de là.« Mais après tout.l\u2019essentiel est qu\u2019il se guérisse.et le meilleur moyen pour cela, c\u2019est de lui donner de l\u2019espéran- ce.« Une fois qu\u2019il sera costaud et sur ses pattes, on verra à lui apprendre la vérité.en douce.« Pour l\u2019instant, je n\u2019ai qu\u2019à continuer et voir venir.« C\u2019est égal.il est rien chipé.le pauvre petit.et ça ne sera pas commode de lui faire oublier sa Rose-Blanche.« Je me demande comment tout cela finira.Je ne suis pas tranquille.f Lire In suite page 391 &k?teïi m$8m U Famille s'amuse-quelle -asion de prendre des photos Chez votre marchand cameras Kodak et Brown pour instantanés à Tinté et à l'extérieur.Pour instantanés en noir-le Film Verichrome Ko Pour instantanés en coi le Film Kodacolor.os qui se présentent.Canadian Kodak Co., Limited, Toronto M un ¦MtMtb'd a>KC\u2018A*»*&^^ Jsàm MARQUE DEPOSEE ¦34 Le Samedi, Montréal, 19 janvier 1952 PLAISIR DE LIRE DURE TOUTE L\u2019ANNÉE \u2022X- J*- j \\ iffl «jy WÉ-.-, Lire n'est ni un travail, ni une corvée ; c'est un agrément.et pour toute la famille, il se saurait y avoir plus bel agrément que la lecture de nos trois magazines.LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM Cela ne coûte que $5.50 et vous avez l'assurance que, toute l'année durant, la personne en question recevra avec la régularité du calendrier, sinon avec celle de l'horloge, soixante-seize magazines qui seront autant de preuves tangibles de l'amitié que vous entendez lui témoigner.Il n'y a pas d'hésitation possible, LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM ne sauraient manquer de plaire à tous, de quelque âge, ou de quelque condition sociale qu'ils soient.Ceci, croyons-nous, est un excellent tuyau.REMPLISSEZ CE COUPON D\u2019ABONNEMENT SELON VOTRE CHOIX O LES TROIS MAGAZINES LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 1 an .(Canada seulement) $5.50 OU Can.E.-U.?\tLE SAMEDI .$3.50\t$5.00\tpour 1\tan ?\tLA REVUE POPULAIRE .1-50\t2.00 ?\tLE FILM .100\t1.00 Veuillez trouver ci-inclus, la somme de $.pour l'abonnement indiqué d'un (X) Q IMPORTANT:\u2014Indiquez d'une croix s'il s'agit d'un renouvellement.Nom- Adresse.Localité.Prov.POIRIER.BESSETTE & CIE LIMITEE 975 - 985 rue de Bullion\tMONTREAL 18.P.
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