Le samedi, 1 mai 1952, samedi 17 mai 1952
[" Montréal 17 moi 19! DANS CE NUMERO JAC.PLOUFFE ET GERARD PARADIS, par LUCETTE ROBERT.LAGHINE, PRES MONTREAL, par ARTHUR PREVOST.LES SPORTS, DE TOUT SON COEUR, Roman par MARIE-REINE AGHION.OSCAR MAJOR.NATIONAL DES CANADIENS 10 cents 4 *\u2018,)f f ?; Qeraldine Brooks 1/0/0 IE PP/A/TEPPS/ La plus ancienne oeuvre de charité au monde ¦3eœ Changez pour de la Le printemps est revenu! C'est le moment de donner un regain de vie à votre moteur! \\ idangez votre vieille huile usée par I hiver .et refaites le plein avec de la Mobiloil fraîche, à triple action, ha Mobiloil est une huile à moteur anti-acide; elle laisse sur les pièces mobiles une pellicule qui les protège contre la corrosion.C\u2019est aussi une huile à fort rendement qui protège\u2014tout en les lubrifiant\u2014 les moteurs rapides et à haute coin->ression, y compris ceux munis de poussoirs de soupapes hydrauliques.\u201eon I.V.élevé* est une garantie supplémentaire contre l\u2019usure excessive, lors des démarrages par grand froid ou durant les longs parcours effectués l'été, par une chaleur accablante.Demandez toujours la Mobiloil.Depuis plus de 40 ans ' I amie des automobilistes canadiens\u201d, elle est le résultat des recherches scientifiques accomplies par Socony-Vacuum.*lndice de viscosité élevé un produit SOCONY-VACUUM fait par les fabricants des lubrifiants industriels et des lubrifiants de marine Gargoyle des automobilistes canadiens depuis plus de 40 ans T7 M oil (0 0F HÉMÉÉfiMÉÉMi En vente à I IMPERIAL OU et dans tous les bons garages et postes d'essence Après l\u2019entrée victorieuse de Godefroy de Bouillon dans Jérusalem en 1099, les Croisés, malades ou blessés, furent traités dans le petit hôpital de la ville sainte.\t.\t.\t,\t,\t\u201e\t,\t, Une immense armée de Croises avait quitte 1 Europe, enflammee du désir de délivrer Jérusalem de la domination des infidèles, mais des milliers et des milliers d\u2019entre eux périrent au cours du long voyage, tués par le désert, par la fièvre et par les flèches des Turcs.Le petit hôpital chrétien de Jérusalem établi depuis 1 an 600 accueillit les vainqueurs épuisés et leur prodigua les soins les plus dévoués.La renommée de l\u2019hôpital de Saint-Jean de Jérusalem suscita 1 établissement de 1 Ordre de Saint-Jean qui prolongea l\u2019oeuvre de miséricorde de 1 hôpital de la ville sainte.Cette oeuvre a résisté aux siècles, et de nos jours, 1 ordre de Saint-Jean continue de secourir les malades et les blessés et cela dans presque toutes les parties du monde.Dans notre pays, l\u2019Ordre est toujours prêt à soulager la souffrance à sauver des vies et à enseigner à d autres à faire de même.L Ordre de Saint-Jean est composé des Brigades ambulancières Saint-Jean qui donnent les premiers soins et des soins à domicile et de 1 Association ambulancière Saint-Jean qui s\u2019occupe de l\u2019enseignement du secourisme.Le travail de l\u2019Ordre s\u2019adapte au pays et aux circonstances.Dans notre province, les enthousiastes du ski profitent des belles fins de semaine d hiver pour envahir nos montagnes.Qu\u2019un skieur manque un tournant, tombe ou heurte un arbre, il est toujours assuré, qu\u2019il s\u2019agisse d une fracture, d une foulure ou de toute autre blessure, de recevoir rapidement les soins experts d un ambulancier de St-Jean, puis d\u2019être ensuite conduit à un médecin.Les ports de mer présentent un autre aspect du service de 1 Ordre de Saint-Jean.Quand une immigrée débarque à Québec, épuisée, un peu malade, avec un bébé affamé qui demande à être changé et lavé, 1 Ordre de Saint-Jean est là pour l\u2019accueillir et faire preuve d\u2019hospitalité.On la conduit au poste de secours improvisé, on lui donne l\u2019occasion de se reposer, on donne à son enfant les soins nécessaires et on le garde pendant que la mère passe au bureau d\u2019immigration.Durant la période de navigation de 1951, plus de 16,000 immigrants sont descendus à Québec.Les cas exigeant des premiers secours furent nombreux et variés : chevilles foulées, côtes brisées, doigts blessés, infection, fausses couches, estomacs détraqués, gorges malades et bien d\u2019autres afflictions.Mais l\u2019Ordre de Saint-Jean rend, dans la province de Québec, bien d\u2019autres services.Si dans la province il y a 255 cas connus d\u2019accidents par jour, il y a une foule de mésaventures qui ne parviennent pas à la connaissance du public.Partout où il y a foule, dans les réunions sportives, sur la route, partout où ils peuvent être utiles, les membres de l\u2019Ordre de Saint-Jean sont là pour aider.Sous la menace d\u2019une autre guerre rendue plus terrible par la possibilité de l\u2019attaque atomique, l\u2019Ordre de Saint-Jean a entrepris une nouvelle tâche.Le Gouvernement fédéral lui a confié la charge d\u2019enseigner aux membres de la défense civile, l\u2019art des premiers soins.Des cours de premiers soins en vue de la défense civile fonctionnent déjà, mais il faudra recruter un bien plus grand nombre de membres pour parer aux éventualités.Comme aux premiers jours de son existence à Jérusalem, il y a plus de 850 ans, l\u2019Ambulance Saint-Jean, la plus ancienne organisation charitable du genre, continue de servir bénévolement l\u2019humanité.Les hommes en uniforme noir, les femmes en uniforme gris et blanc, bien connus maintenant de ceux qui fréquentent les rassemblements sportifs, les parades et les foules, sont les travailleurs de Saint-Jean \u2014 des personnes qui donnent leur temps pour secourir leurs frères et cela sans espoir de récompense et devant même la plupart du temps, payer leur uniforme.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de TA.B.C., et de l'Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q., Can.\u2014 Tél.: PL.9637-fC GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN\tCHARLES SAURIOL Directeur\tChef de la publicité Chef du tirage .ODILON RIENDEAU Chronique sportive .OSCAR MAJOR A B\tO N N E\tM E N T S\t Canada 1 an \t\t$3.50\tEtats-Unis 1 an \t\t$5.00 6 mois \t\t2.00\t6 mois \t\t2.50 AU\tNUMERO :\t10 CENTS\t Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt.U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 187».Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.\\ Pique-nique tout le long de la route, Le spectacle des chutes Niagara.Monument de Champlain à Orillia.Le sanctuaire des Martyrs canadiens.H Paysages pittoresques tout le long de la route.Monument aux morts de la Première Grande Guerre.\u202255* *\t/ .i\\ .f ', < f/A t?Z»' - .'V, 1> * W '»' - : ÉfpSf, «Sa**® §Mi6foy$ «g»* > >\u2022?¦ 4\t*\t, Ontario, pays d\u2019avenir avec un passé glorieux! Le sol ontarien a été le théâtre d\u2019un grand nombre de faits qui figurent au tableau de l\u2019histoire de la Nouvelle-France.Samuel de Champlain venait à peine de fonder Québec qu\u2019il dirigeait ses pas du côté de notre province.A sa suite venaient les missionnaires jésuites qui devaient prêcher l\u2019Evangile avec tant de succès aux peuplades huronnes pour subir plus tard le martyre aux mains des féroces Iroquois.Ontario reçut également la visite des principaux explorateurs et hommes de guerre de la période française et conserve de nombreux souvenirs de leur passage.Au cours des dernières années, le gouvernement ontarien a entrepris de restaurer les sites historiques et de les faire connaître du public.A ce sujet, il faut mentionner la restauration en cours du fort Sainte-Marie sur les bords de la rivière Wye, près du sanctuaire des Martyrs canadiens de Midland, car ce travail suscite un vif intérêt dans toute l\u2019Amérique du Nord.En plus de restaurer les splendeurs du passé, le gouvernement ontarien voit à assurer le confort de ceux que ces choses intéressent.Par l\u2019entremise des services du ministère du Tourisme, il voit à ce que nos voyageurs d\u2019outre-frontière soient accueillis avec courtoisie, aient à leur disposition tout ce dont ils ont besoin et ne paient pas plus qu\u2019ils ne doivent pour les services reçus.l\u2019HON.LOUIS-P.CÉCILE, C.R., ministre du Tourisme et de lo Publicité d\u2019Ontario Le for» Henry à Kingston.Tous les renseignements donnés avec tout l\u2019empressement possible.Pour obtenir ces publications, écrivez au ministère L\u2019écluse à bascule de Peterboro.\tdu Tourisme, 484B Parliament Bldgs., Toronto, Ontario.& M «ifÜtR «WïAMC p\tmsm\t WÊ\t \ti Le Samedi, Montréal, 17 mai 1952 PORTRAIT DE VEDETTE 4 Un ménage de chanteurs ne saurait être heureux sans une discothèque bien garnie et déjà la petite Ghislaine écoute les commentaires et les explications que lui donne son papa pendant que maman jette un oeil approbateur.(Photos L.Alain, Le SamediI campagne : de beaux arbres et une rivière.Gérard Paradis y fait, paresseusement, du jardinage et s\u2019amuse à des travaux de menuiserie, chez lui ou dans son magasin (« Ghislaine », Lingerie pour Dames) qui porte le nom de sa fille.Sa femme et lui ont fait, pendant cinq ans, des tournées avec la troupe de J.R.Tremblay (J.B.Latour, de « Métropole ») à travers la Gaspésie, la Beauce, les Cantons de l\u2019Est, le Lac Saint-Jean et les villes-frontières du Nouveau-Brunswick.Inutile de dire que le répertoire, écrit par Monsieur Tremblay, avec Mme Tremblay et Juliette Béliveau comme principales interprètes, est d\u2019une veine comique ! Ces randonnées de quinze à trente-sept jours au maximum se font dans des conditions agréables, les deux artistes n ayant qu à se louer de la générosité et de l\u2019équité du directeur.Jacqueline Plouffe et Gérard Paradis sont des artistes que la radio a fait connaître à tant d\u2019auditeurs qu il serait oiseux d énumérer tous leurs rôles.Mentionnons ceux du Théâtre Ford, à Radio-Canada, et les personnages de Véronique et du barbier, Aristobule Lamoureux, dans « Val d\u2019Amour », programme du Sirop Lambert, à C.K.V.L.Gérard Paradis a dû abandonner quelques rôles pour se consacrer aux Joyeux Troubadours («Colgate»), à Radio-Canada, dont le programme quotidien prend une partie de la journée ; et si vous êtes sceptiques, écoutez comment se prépare cette émission : JACQUELINE PLOUFFE et GERARD PARADIS par LUCETTE ROBERT JE me suis demandé si je devais intituler mon article : « Le rossignol et la fauvette », puisque ces deux artistes ont roucoulé sur les ondes avant de le faire dans l\u2019intimité d\u2019un foyer, où leur charmante fillette, Ghislaine, vient de fêter ses quatre ans.Comme Gérard Paradis est le frère de Bruno, réalisateur à Radio-Canada, nous lui demandons si sa famille compte d\u2019autres gens de théâtre ; mais, dans cette belle lignée, dont il est le quatorzième de treize enfants vivants, il est seul à exercer la profession de comédien.Gérard Paradis termina ses études à l\u2019Ecole du Plateau et commença, à seize ans, des études de chant avec Mlle Marier, Monsieur Issaurel et Albert Comeillier ; les deux derniers furent également professeurs de Jacqueline Plouffe.Monsieur R.Payot, directeur de Dupont Broadcasting, lui donna son premier « tour de chant », alors qu\u2019il avait vingt ans.Il s\u2019agissait d\u2019un programme hebdomadaire, à C.K.A.C., que le jeune ténor consacra à la chansonnette.Jacqueline Plouffe, ayant .remporté le 2e prix au concours de chant de C.K.A.C.(dont le 1er prix fut attribué à Simone Flibotte), les deux jeunes gens firent connaissance à Radio-Canada qui donnait une saison d\u2019opérette et avait confié le cours d\u2019ensemble à Mme Liliane Dorsenn.Ils y prirent leurs premières leçons de comédie et ne se contèrent pas que « fleurette », puisqu\u2019il naquit de leurs rencontres un programme quotidien à C.K.A.C., « Radio-Varié és », dont ils écrivaient entièrement le texte et dont les chansons étaient accompagnées par Phil Ladouceur.Cependant, c\u2019est aux Variétés Lyriques que les deux artistes connurent leurs plus constan's succès, bien que ceux-ci soient d\u2019un ordre différent : Jacqueline Plouffe jouant les rôles romantiques et son mari les rôles comiques.Doué d\u2019une voix de ténor, digne d\u2019un chanteur de charme, son sens aigu de la comédie le fait exceller dans les compositions, et celles-ci l\u2019ont transformé, tour à tour d\u2019un garçon de seize ans à un vieillard de quatre-vingts ans, depuis ses débuts, (dans Barbe-Bleue) il y a sept ans, dans cette compagnie.Quant à Jacqueline Plouffe, soprano lyrique, elle vient de tenir le 1er rôle (avec Rudy Hirigoyen) dans Brigand d\u2019Amour.On ne peut parler de vacances à un couple qui habite la jolie banlieue de Cartierville, pourvue de tout ce qui fait les joies de la Répétition de 9.30 h.a.m.à 11 h.a.m.Sketch à répéter, solo de violon, chansons de la diseuse Estelle Caron, etc.Le répertoire de Gérard Paradis comprend sept chansons par semaine (trois par deux jours) qu\u2019il doit choisir et apprendre l\u2019après-midi, tout en continuant ses leçons de chant et en participant à trois ou quatre opérettes par saison.Il a une discothèque de musique d\u2019opéra, d\u2019opérettes et de mélodies qui sont pour lui une distraction et un enseignement.Mais, si ce programme léger des Joyeux Troubadours se prête mieux à la chansonnette qu\u2019à de la musique sérieuse, il se paie le\tluxe de\tchanter de temps\tà\tautre\tquelque chanson de\tFauré ou\tde Duparc pour son plaisir\tet\tnotre\tenchan- tement.Pour terminer, je demande une anecdote à cet heureux couple qui a connu intimement des chanteurs comme Jansen, Dassary Hirigoyen et Germaine Roger.C\u2019est en jouant « Mamzelle Nitouche » avec cette dernière que Gérard Paradis conduisit sa femme à la maternité.Jouant un petit rôle au début de l\u2019opérette, et un autre différent à la fin, il demanda à MM.Goulet et Daunais de lui épargner le premier de la soirée.Après la naissance de sa fille, à 7.30 h.du soir (ce sont des heures qu\u2019on n\u2019oublie pas !), l\u2019artiste se rendit au Monument National pour le troisième acte de l\u2019opérette, et comme il avait à jouer une scène d\u2019ivresse, il ajouta au\ttexte : « Si ma\tfille me\tvoyait ! »\tpour entendre toute\tla troupe en- cha'ner la\tréplique et le\tforcer à\télaborer\tsur le sujet.'issu SR * li %> \u2014| ¦HP- Entre deux émissions, Gérard Paradis s'occupe activement de son commerce de lingerie et comme sa voix charme ses auditrices, nul doute que son sourire accueillant constitue un solide argument de vente. Vue fragmentaire de la station de pisciculture du Ministère provincial de la Chasse et de la Pêche.Au premier plan, les bassins remplis de poissons ; au centre, les aquariums et à droite, le Musée de Lachine.Vue sur le lac Saint-Louis et la rive sud.¦ m ¦¦ i.yBr'' ' t»' .?\u2022> ' it>U, ris*' tf-J.i KV « ' aetîaw^ï ; ¥ .jjw* ; piiiHi LACHINE et Lachine, municipalité autonome de la banlieue montréalaise, reçut ses premiers colons en 1666 et c\u2019est de là que, trois ans plus tard, Cavelier de La Salle s\u2019embarqua pour son premier voyage à la découverte de ce qu\u2019il croyait être la Chine.C\u2019est aujourd\u2019hui, en 1952, une ville de plus de 30,000 âmes et dont la station de pisciculture, où se fait l\u2019élevage du maskinongé pour le repeuplement des nombreux lacs de la Province, est une des plus importantes du Québec.On y trouve deux hôpitaux, l\u2019Hôpital St-Joseph et l\u2019Hôpital Général et mie douzaine d\u2019églises et écoles de diverses confessions.La première chapelle fut construite en 1678 et le village de Lachine fut incorporé en 1848.Comme le savent tous les écoliers, Lachine fut éprouvé, tout au long de son histoire par de nombreux désastres dont aucun n\u2019égale celui de 1689 connu sous le nom de « massacre de Lachine » où des Iroquois semèrent la mort nuitamment dans la petite bourgade naissante.Pour rappeler ce souvenir et bien d\u2019autres encore, le manoir Lachine a été transformé en musée, en 1948, par les soins du maire Carignan.# Il nous a été donné de converser avec M.Bernard Gélinas qui est un peu, lui aussi, l\u2019incarnation de l\u2019histoire ancienne et contemporaine de Lachine et à qui nous devons notre documentation sur sa station de pisciculture.«Au printemps, nous dit-il, des oeufs de maski-nongés sont déposés dans des récipients où l\u2019eau, maintenue à une température de 15° Centigrade, cir- Les oeufs sont placés au printemps, dans des récipients où l'eau circule continuellement à 15 degrés centigrades.Ces oeufs éclosent au bout de dix jours.Les alevins sont ensuite placés dans des bacs.Le maskinongé ingurgite chaque jour l'équivalent de son poids en nourriture.L'an dernier, on a élevé 22,500 maski-nongés à Lachine.\u2014 Dans un grand salon du musée, près de la cheminée et des sabots de bois, une jolie Canadienne donne une démonstration de tissage.Ces séances ont été organisées par M.Jean-Marie Gau-vreau, directeur-fondateur de l'Ecole du Meuble.Les démonstrations de tissage se donnent aussi à l'extérieur du musée quand la température le permet.\u2022\"v.vr sa station de par ARTHUR PREVOST cule sans arrêt.Ces oeufs éclosent au bout de dix jours environ.Quant aux récipients, ils sont placés sur des tables au-dessous de robinets à débit constant.Ils ont la forme de verres de dégustation dont la coupe reposerait immédiatement sur la base, mais il s\u2019agit là de verres monstres, d\u2019environ 24 pouces de hauteur.Ces oeufs de maskinongés sont transformés en alevins lesquels vivent dans des auges ou bacs où on les nourrit de vairons (minnows).Le maskinongé ne consomme que de la nourriture fraîche et il ingurgite chaque jour l\u2019équivalent de son poids en nourriture.Il fallut, l\u2019an dernier, pour les nourrir, plus de 200,000 vairons.» L\u2019an dernier, la station de pisciculture de Lachine a ainsi fait l\u2019élevage de 22,500 maskinongés qui ont servi à repeupler une vingtaine de lacs de la province.L\u2019an dernier également, cette station a reçu plus de 225,000 visiteurs.- .vi ¦ wssws mrn\u2019c&m- pisciculture L\u2019ensemble se compose de plusieurs pavillons, viviers, aquariums, bacs à alevins, bassins, incubateurs, ateliers, etc.Parmi les visiteurs dont nous parlions tout à l\u2019heure, il faut compter quelque 6,000 écoliers et écolières qui viennent prendre là des leçons d\u2019histoire naturelle et visiter en même temps le musée municipal.Le manoir Lachine, où est logé le musée, fut construit de 1670 à 1680 par Charles LeMoyne et Jacques LeBer sur la seigneurie de Cavelier de La Salle.On y trouve une salle consacrée à Lachine et une autre à Montréal, une pour les objets religieux, une autre pour les instruments aratoires, les ustensiles, les outils et tout ce qui servait quotidiennement aux colons d'autrefois, sans oublier la reconstitution d\u2019un salon bourgeois.Grâce à M.Jean-Marie Geuvreau, directeur de l\u2019Ecole du Meuble et de la Centrale d\u2019Artisanat de la province de Québec, des démonstration de tissage et filage furent données l\u2019été dernier dans une salle de ce musée ou en plein air.Pour en revenir à la station de pisciculture, disons qu\u2019on y trouve pas uniquement des maskinongés.Ses viviers contiennent une cinquantaine de variétés de poissons dont les plus curieux sont les « poissons armés », espèce préhistorique dont la forme ne s\u2019est guère modifiée depuis des millénaires.Le surintendant en est M.Josaphat Guindon, lequel relève du Ministère provincial de la Chasse et des Pêcheries.Arthur Prévost.Ci-dessous : Quelques poissons armés qui attirent beaucoup les visiteurs.Ces poissons préhistoriques ont conservé la même forme qu'ils avaient il y a 25,000,-000 d'années.Ces poissons comme plusieurs autres, sont gardés à titre d'exhibits ou pour fins d'expériences.On en compte pas moins d'une cinquantaine de variétés différentes qui l'an dernier ont fait l'admiration de plus de 225,000 visiteurs.\u2014 Plusieurs visiteurs de la station de pisciculture visitent le musée de Lachine situé sur le même terrain.L'an dernier 50,000 personnes visitèrent le musée fondé par le maire Anatole Carignan de Lachine.Nous voyons ici des ustensiles anciens utilisés surtout dans les cuisines il y a plus d'un siècle.àu VlC 6 Le Samedi.Montréal.17 mai 1952 MARCONI et SIR WILFRID LAURIER v > îgt J|M|| dmj&M| \u2022 .v».4»?£ **S|P*f' A- r«jC- %*\u2022 «\u2022V *¦¦¦¦\u2022/ ¦jsm 5ar?s l\u2019intervention du gouvernement Laurier en 1901, Marconi ratait son expérience de transmission transatlantique sans - fil.L A JEUNESSE ACTUELLE abt>ï|fe temps après la réalisation d monde paradox?njje^.'dfjà tracé loxaî'-dans lesquel ni aièce de lumLèreTîHfl inonder une pièce de lumtère/tüffuse de radio, radar, ou télévision.Or, ces plus commode, aussi plus interpesSnte, s compli successivement pjsr''plusieurs gi la civilisation contemporaine\"doit beaui Ils étaient âprosr\" a la lutte, ces obstacles sur un terrain rudement dis; Plusieyrs\"ae ces vies sont de v de persévérance et d\u2019énergie.Tous surtout leur exemple.Le premier message télégraphique > suivant les senjje^^^tféjà tracés, long-ques qui ont façonné le suffit d\u2019un simple geste pour son, ou projeter des images au moyen ntionsdestinées à rendre l\u2019existence le résultat accumulé d\u2019un labeur actions d\u2019hogn»es audacieux auxquels s d\u2019hier qui savaient affronter 1* romans .de couragfe* d\u2019intelligence, bru ma is leur oeuvre demeure, et Il convient aujourd\u2019hui de ra; de signor Guglielmo Marconi En effet, il y eut 50 ans li recevait, près de Saint-Jean, Ter télégraphie sans-fil.Les journaux de l\u2019époque la répétition de la lettre « S » q Marconi, est figurée par la re trois points en Morse (c\u2019est-à à Poldhu en Angleterre.Marconi était arrivé à T tous ses appareils à Signal St-Jean.Pendant plusieurs son électricien, il s\u2019était te impatiemment attendu.Le que son expérience avait C\u2019était l\u2019une des plu.tentatives, Marconi n\u2019avai] graphie sans-fil, d\u2019un na faire parvenir les dépêc! Chez les savants o; terre.Une dépêche de l\u2019j inventeur américain Tl nonçant que Marconi l\u2019océan.Pour cette déco du globe.Sir Wilfrid La l\u2019inventeur italien d Quelques jour; stupéfiante ; les jo noire d\u2019un grand inventeur, celle dernier, que l\u2019inventeur italien Lmier message transatlantique dv De haut en bas : Ceil dan de St-Jean, Terre-Neuve, qu de télégraphie sctnsrfil.\u2014 émission radiophoniqu William, à Montréal en 1 XWA.f Photos Abbott & fut capté par l\u2019antenne vie en verser I Atlantique reti® la\\ui oute bre 1 e ss c oui mm ilieu de ocean pro dison eur av is jcaèbrel tdrdl Marcon eillent ave ceptici aux rgyle et vert, le Can Ce premier rsl.\u2014 Le p e« située à l\u2019entrée du port ie actions qu\u2019il avait données a hit annoncer au monde entier fcècle.Lors de ses premières [iquer au moyen de la télécôtes, mais il avait espéré pajse de la courbature de la N.-J., disait que le grand actitude des dépêches an-[raphie sans-fil, à travers Messages de tous les coins at le premier à féliciter |a presse cette nouvel\u2019e four dissiper les doutes Marconi surveillant le lancement de ce ce voit Ici permet aux navires de naviguer d banquises stallation de toftui\\le l\u20192 décembre 1901.pré.Marconi reçnt le premier message transatlantique ann transmettent la première la.à partir de l\u2019usine Marconi, ru!-iejtfait pour indicatif les lettres 1er message télégraphique de 1901 auche de cette photo, on pont voir ont.\u2014 L\u2019appareil radar qne l\u2019an i» Vit épais brouillard et d\u2019éviter les Le Samedi, Montréal, 17 mai 1952 7 par ANDRE DE U CHEVROTIERE 2-Z____ il faut que l\u2019inventeur construise une base véritable a Terre-Neuve.Mais voilà que surgit un autre embarras : la société Anglo-American, propriétaire du câble transatlantique qui part de Terre-Neuve, somme Marconi de cesser ses expériences sous peine de poursuites.Fort heureusement, sir Wilfrid Laurier, qui avait eu vent de l\u2019imbroglio, ordonna à son ministre des Finances, l\u2019hon.W.S.Fielding, de lui venir en aide en lui souscrivant un octroi de $80,000 pour construire une station de radio à Glace-Bay, en Nouvelle-Ecosse.L\u2019inventeur accepte l\u2019offre avec enthousiasme et gratitude.Puis il rend visite au premier ministre Laurier, à Ottawa, d\u2019abord pour le remercier et ensuite s\u2019entretint avec lui, sur le projet d\u2019un nouveau poste de télégraphie sans-fil qu\u2019on doit établir à Glace-Bay.Avant de retourner en Nouvelle-Ecosse, Marconi se rend à New-York pour assister à un banquet donné en son honneur par l\u2019Association américaine des ingénieurs électriciens.Les hommes de science les plus distingués y assistent, sous la présidence de l\u2019inventeur de la lampe à incandescence, Thomas A.Edison.En février 1902, Marconi commence à diriger les travaux du nouveau poste sans-fil, qui est terminé en mai, mais ce n\u2019est que le 1er juillet de la même année, après des jours et des nuits d\u2019essais, que la communication est enfin établie avec Poldhu (Angl.) où l\u2019on parvient à capter tous les messages.Pour cette occasion sir Wilfrid, accompagné de quelques ministres fédéraux dont l\u2019hon.W.S.Fielding, ministre des Finances, l\u2019hon.M.Brodeur, de la Marine, ainsi que l\u2019hon.Jacques Bureau, ministre des Douanes, se rendent à Glace-Bay pour cette date restée mémorable où l\u2019on inaugura officiellement le premier poste sans-fil transatlantique.Brillante carrière Guglielmo Marconi, né à Bologne le 25 avril 1S47, Italien par son père, Irlandais par sa mère, venait d\u2019accomplir un autre triomphe dans la commercialisation de la théorie de la télégraphie sans-fil.Il prouvait que la communication à longue distance pouvait être établie et par ce moyen, avait rendu possible la radio, le radar et la télévision.L'idée de Marconi était que le système de télégraphie à travers l\u2019espace pouvait être établi au moyen d\u2019ondes électro-magnétiques.L\u2019existence de ces ondes avait été révélée par Heinrich Hertz en 1886, par Sir Oliver Lodge, Branly et autres.Marconi fut le premier homme à trouver les moyens pratiques par lesquels on pourrait les utiliser, afin de fournir une méthode nouvelle et révolutionnaire de communication télégraphique.Les expériences à Terre-Neuve ont abouti à la création du plus puissant moyen de communication qu\u2019ait jamais possédé l\u2019homme.Terre-Neuve est devenue une province du Canada et le Canada a ainsi participé, dès le début, aux expériences sur le nouveau médium.La première émission radiophonique sur ce continent fut faite dans une petite station de la rue William, à Montréal, en 1919.Le Canada a aussi enregistré un autre record dans ce domaine.En effet, le Dr Crippen, alors en route pour Québec, devint le premier criminel à être capture grâce à la communication sans-fil.L\u2019Amérique du Nord a développe l\u2019un des plus étranges résultats des expériences de Terre-Neuve quand, le 22 janvier 1946, un pos\u2019.e de radar a Belmar, N.-J.entra en communications avec la lune.Ce contact fut réalisé par l\u2019Armée américaine.Tout cela se passait longtemps après 1896, alors qu\u2019un jeune homme nommé Marconi, satisfait des expériences qu\u2019il avait poursuivies, chez lui à Bologne, offrit son invention au gouvernement italien.Ce dernier refusa et le jeune homme, désappointé, fil voile vers l\u2019Angleterre.Les autorités anglaises, conscientes de la valeur potentielle de sa découverte, mirent des fonds illimités à sa disposition.Les premières démonstrations eurent lieu sur le terrain du General Post Office, St-Martin-le-Grand, Londres.Puis, l\u2019\u201cExpress\u201d de Dublin publia quotidiennement un rapport télégraphique des régates de Kingston (Angleterre).Marconi établit également la communication entre la résidence d\u2019été de la reine Victoria sur l\u2019île de Wright et le yacht royal \u201cOsbome\u201d portant le prince de Galles (futur Edouard VII) au cours des fameuses régates de l\u2019été 1898.En février 1902, à bord du paquebot Philadelphia, il recevait les signaux de Poldhu jusqu\u2019à une distance de 2,000 milles ; et, en juillet 1902, il inaugurait le service régulier transatlantique assuré par les stations de Glace-Bay et de Poldhu.Ces stations furent remplacées, en 1907, par les puissants postes de Clifton (Angl.) et Glace-Bay, N.-E.La radio se développa rapidement mais la seconde Grande Guerre lui donna un avancement considérable manifestant son importance dans une douzaine de domaines.Des hommes d\u2019Etat, tels Churchill, Roosevelt, Hitler et Mussolini, haranguèrent des millions d\u2019hommes dans des discours radiodiffusés.Les communications radiophoniques, sur les champs de bataille, devinrent l\u2019un des facteurs les plus importants dans la stratégie de guerre.Le Radar, d\u2019abord employé secrètement comme arme de guerre, est maintenant devenu un guide indispensable aux navires, aux avions et d\u2019autres communications en temps de paix.Les communications par radio, telles qu\u2019employées par la police moderne, est devenu l\u2019instrument le plus important dans la lutte contre le crime.A l\u2019âge de -20 ans, au cours d\u2019une expérience physique, l\u2019inventeur déplore la perte d\u2019un oeil.A l\u2019automne de 1904, Marconi qui éprouve le besoin de se reposer après avoir mis au point plusieurs inventions nouvelles, se rend à la station de T.S.F., de Pool, près de Bornemouth, en Angleterre.C\u2019est là qu\u2019il rencontre Mlle Béatrice, fille de Lord et Lady Inchiquin.Ils se marient peu après et partent aussitôt pour la Nouvelle-Ecosse où il s\u2019emploie à améliorer les installations de la base de Glace-Bay.En 1912, tandis qu\u2019il travaille, à New-York, à mettre au point de nouveaux appareils (comme le radiogo-niomètre, destiné à augmenter la sécurité des navires en mer), on apprend la catastrophe, le 15 avril 1912, du Titanic en plein océan.Cette tragédie démontra à quel point Marconi avait raison d\u2019insister pour que tous les bateaux fussent munis d\u2019un poste de radio.En effet, les S.O.S.lancés par le Titanic en perdition amenèrent sur les lieux des navires de sauvetage qu\u2019on n\u2019aurait pas pu alerter autrement.Les 706 survivants qu\u2019il accueillit à New-York le saluèrent en criant : « Nous vous devons la vie ! » On lui décerna la médaille d\u2019or.L\u2019admiration et la reconnaissance du monde entier lui étaient acquises.L\u2019Angleterre le fit chevalier, l\u2019Italie le nomma sénateur, et le roi Humbert lui accorda le titre de marquis, et il reçut la décoration du prix Nobel pour la physique.C\u2019est en 1919 que le poste Marconi XWA transmit le premier programme radiophonique hors de Montréal, le premier du genre en Amérique ; 1200 mètres, 250 watts, avec l\u2019indicatif CFCF, le même que présentement.Le radar Cette compagnie fut aussi la première à installer des pylônes servant au Radar dont l\u2019un est logé sur le toit de l\u2019édifice Sun Life à Montréal et les deux autres à Yamachiche, près de Trois-Rivières, et à Québec, sur la Citadelle.Marconi décéda, le 8 décembre 1937, à Rome, laissant une femme et deux enfants, un fils et une fille.La T.S.F.sur les mers La Radio sur la mer constitue la première et la plus importante conquête humaine de la T.S.F.L\u2019appel de S.\tO.S.(Save Our Ship) secourt des milliers d\u2019êtres en péril, préserve des biens d une valeur inestimable.L\u2019histoire de la navigation, riche en épisodes émouvants, exalte l\u2019héroïsme des opérateurs de T.S.F.res.és à leur poste, jusqu\u2019à la mort.En 1898, un bateau-phare de Grande-Bretagne lance pour la première fois des signaux de détresse.Peu après, lors d\u2019une collision entre deux navires, la T.S.F.fait ses preuves par le sauvetage des naufragés.Depuis, nombre de bâtiments de tous genres sont munis d appareils ; dix ans plus tard, la Marine Marchande en compte 1,500.En 1900, lors de la collision du paquebot Republic avec le Florida, 781 personnes doivent la vie aux appels de T.S.F.Le 15 avril 1912, horrible catastrophe.Le Titanic vient en collision avec un gigantesque iceberg lors de son premier voyage transatlantique.L\u2019auteur de ces lignes, télégraphiste à un poste de sans-fil dans la métropole américaine, était au quai de la 14e rue à New-York, à l\u2019arrivée des rescapés, le 17 avril 1912.Il fut témoin de la manifestation enthousiaste que l\u2019on fit à Marconi, qui se trouvait à New-York.Celui que l\u2019on a appelé le père de la télégraphie sans-fil y reçut une véritable ovation.La Conférence Radio-Télégraphique Internationale, organisée en juin 1912, à Londres, exige l\u2019usage de la T.\tS.F.pour la sauvegarde sur mer.Aujourd\u2019hui, c\u2019est chose faite.Tous les navires possèdent leur installation radiotélégraphique S.O.S.On estime que, depuis 1900, le nombre des vies sauvées grâce aux appels de détresse dépasse 20,000, sans compter les rescapés de la guerre navale.André de la Chevrotière.Les antennes qui s'élèvent sur le toit de l'immeuble Sun Life à Montréal, peuvent servir au radar aussi bien qu'à la radio et à la télévision.(Photo Millarl X,.% jS 4 7k ' Le Samedi, Montréal, 17 mai 1952 Le \u201c coup de foudre \u201d ne se rencontre pas que dans les romans.Privilège de ceux qui savent sentir sans s\u2019en remettre toujours àja raison, il se produit dans IfSji/ Courante comme le a^montre ce\\e histoire si simpl\\et touchante.Dessin! de IV Roman sentimental par MARIE-REINE AGHION DE TOUT SON COEUR CHAPITRE PREMIER Une bonne lettre .am\u2019zelle Grisolles !.Mam\u2019zelle Grisolles ?.On vient de déposer une lettre pour vous.Joignant le geste à la parole, la concierge secoua avec énergie l\u2019antique cordon de laine rouge, qui fit entendre aussitôt un son aigrelet, et cogna vigoureusement du poing contre l\u2019huis.Au son de la bonne voix rude, vibrant à travers la porte, et du tintamarre qui l\u2019avait suivi, trois têtes surgirent des deux lits bretons posés contre deux des panneaux de l\u2019atelier.D\u2019abord celle de Noëlle Grisolles, d\u2019une blondeur nordique.De fins cheveux, éparpillés comme des échevaux dénoués de soie floche, encadraient un mince visage aux traits réguliers, aux yeux larges et profonds, dont le regard semblait tamiser un rêve.Puis, celle de Nicole Vélisy, brunette bouclée, dont l\u2019expression malicieuse et spirituelle maintenait, jusque dans le sommeil, des traits dessinés pour le rire.Et enfin, émergeant finalement des bras de Nicole, la tête d\u2019un embryon de chat apparut.Deux paupières élastiques s\u2019ouvrirent, découvrant des yeux verts sablés d\u2019or.Les trois têtes s\u2019étaient aperçues, se sourirent et se saluèrent sur des modes différents.\u2014\tBonjour ! cria Nicole, en s\u2019étirant vigoureusement.Alors, on ne peut même plus faire la grasse matinée, le dimanche ?Cette femme a une voix de torrent, que dis-je de torrent ?de tremblement de terre !.Eh ! Noëlle, tu rêves encore ?\u2014\tNon.J\u2019attendais simplement que tu me laisses placer un mot, dit Noëlle en souriant affectueusement.Bonjour, Nicole.C\u2019est dimanche, il est vrai.Mais tu te souviens, n\u2019est-ce pas, que j\u2019attendais une lettre.et avec quelle impatience ?Ce disant, preste comme un écureuil elle avait sauté hors du lit et cueillait, sous la porte, la lettre que la concierge y avait glissée.Puis elle revint aussitôt s\u2019asseoir au pied du lit de Nicole.Leurs deux têtes, si différentes, se penchèrent semblablement sur le rectangle de papier gris.\u2014 Une jolie écriture, apprécia Nicole.Noëlle décacheta l\u2019enveloppe, tandis que Nicole bondissait à son tour dans l\u2019atelier, afin de repousser les rideaux de cretonne fleurie qui tamisaient, l\u2019été, une lumière parfois trop crue.Mais on était à peine au printemps, ce printemps parisien, fait de rayons nouveaux et de pleurs anciens.Et la lumière qui pénétra dans la vaste pièce, composant tout l\u2019appartement des deux jeunes filles, s'avéra aussi douce, aussi pâle que les cheveux de Noëlle.\u2014 Nicole ! murmura alors la voix tremblante de Noëlle, Nicole.C\u2019est.une bonne nouvelle.\u2014 Hourra ! clama l\u2019enthousiaste Nicole.Nous allons arroser ça par un bon « caoua » ! Nicole Vélisy, Noëlle Grisolles.deux jeunes filles, deux amies d\u2019enfance.L\u2019une, \u2014 Nicole, \u2014 orpheline dès ses dix-huit ans et poussée brusquement hors d\u2019une existence dorée vers la gêne soudaine, avait su faire front à la tourmente en cherchant aussitôt un metier qui put la faire vivre.Des amis l\u2019avaient présentée au maître-verrier Jean-Paul Chalandry.Celui-ci avait apprécié ses maquettes et l\u2019avait engagée comme dessinatrice.Son travail original lui valait souvent les compliments du « patron » et lui assurait une existence paisible et agréable.Ce fut alors qu\u2019elle songea à faire venir à Paris son amie Noëlle Grisolles qui vivait depuis quelques années, ainsi que sa mère, chez ses grands-parents.Noëlle cherchait une situation, depuis la mort de son grand-père.Nicole lui avait aussitôt écrit : «Paris est grand, ma chère Noëlle.Il faut que tu viennes ici pour te débrouiller plus aisément.Songe que je n\u2019ai pas trouvé tout de suite, moi.Enfin, il sera bon que tu te présentes, lorsqu\u2019on te convoquera, à la suite de tes démarches.Prépare donc ton baluchon et.débarque !.» Et, certain jour d\u2019avril, Nicole, toute rayonnante du plaisir de retrouver une ancienne amie, s\u2019était dirigée vers la gare de Lyon.Les deux amies étaient tombées dans les bras l'une de l\u2019autre.Tout de suite, Noëlle avait parlé d\u2019une pension de famille, mais Nicole s\u2019était récriée : Une pension de famille, alors que je possède un «home»?.Et ma responsabilité, qu\u2019en fais-tu?.Tu es plus jeune que moi.Oh ! d un an, à peine ! avait condescendu Noëlle, en souriant de l\u2019impétuosité de Nicole.\u2014 Cela suffit pour me faire ton aînée.Aussi, ton devoir est-il de m\u2019obéir, pour l\u2019instant.Primo, nous prenons un taxi.Secundo.Secundo, ç\u2019avait été l\u2019arrivée dans l\u2019atelier, gaiment perche au haut des six étages de l\u2019immeuble, comme un nid au faite d\u2019un grand arbre.Noëlle avait aussitôt souri a l\u2019installation artistique et confortable et s était joyeusement détendue près de l\u2019amie retrouvée, si bonne, sous ses dehors autoritaires et ta-quins.LemP°!uede ,UX hts bret3ns- Je comptais faire un, bibliothèque du second mais nous le transformerons pour toi, en couchette.J\u2019étais très seule, sans oser m, 1 avouer.Et voici qu\u2019il me tombe du ciel une soeu rette, que j aime tout plein et avec qui je vais pou voir partager mon logis, en attendant que la vie t, Le Samedi, Montréal, 17 mai 1952 9 gâte à ton tour.Je te répète donc à quel point je suis heureuse de te voir enfin chez nous.Et 1 installation de Noëlle s\u2019était faite, le jour même, dans le rire et la joie.Il y avait trois semaines de cela.CHAPITRE II Contentement UN soir, Noëlle, qui cherchait anxieusement un emploi, accueillit son amie avec un bon sourire tremblant d\u2019espoir.¦\u2014Nicole.J\u2019ai peut-être trouvé le rêve, moi aussi.Enfin, le rêve pour moi, qui ne suis pas une grande artiste comme toi.\u2014 Tu es une intellectuelle, c\u2019est autre chose.\u2014 Cet après-midi j\u2019ai rendu visite à un chartiste célèbre qui, par l\u2019entremise d\u2019une annonce, réclamait une secrétaire à tous les échos.Il s\u2019agit d\u2019Olivier Ma-rest, le célèbre.\u2014 Je connais bien son nom, interrompit Nicole, très attentive.\u2014 Je lui avais écrit, à la suite de l\u2019annonce.Or, ce matin, après ton départ, la concierge me remet un pli.Je l\u2019ouvre.C\u2019était un rendez-vous pour l\u2019après-midi ! Je n\u2019ose pas te dire que j\u2019y suis arrivée près d\u2019une heure à l\u2019avance.\u2014 Bécassinette ! dit lentement Nicole.Alors tu as attendu.\u2014 Mais, non ! Figure-toi qu\u2019un vieil homme, qui semble être l\u2019homme de confiance de M.Marest, m\u2019ayant aperçue dans le petit salon d\u2019attente, où je me morfondais, vient à moi et me dit : « C\u2019est pour le poste de secrétaire, que vous vous présentez, mademoiselle ?>> Sur ma réponse affirmative, il m\u2019annonce que M.Marest a reçu quarante-huit lettres et n\u2019en a retenu que vingt-cinq !.Que vingt-cinq !.Tu vois d\u2019ici l\u2019effarement qui s\u2019est peint sur ma physionomie ! Je devais avoir l\u2019air si désemparée, que le bonhomme, apitoyé, a commencé par m\u2019interroger.Et moi, je lui raconte tout.Oui, tout : Maman qui vit tristement loin de moi, près de ma grand-mère, bien âgée ; la mort de mon grand-père ; mes recherches pour trouver un emploi qui me permette de vivre et'de venir en aide à celles que j\u2019aime et qui sont loin de moi.Nicole, je crois qu\u2019il y a, dans la vie, des moments où la Providence place sur votre chemin les êtres les mieux faits pour vous porter bonheur, ou vous venir en aide.Ce vieux bonhomme à cheveux blancs, dont les yeux d\u2019un bleu fané étaient si tendres, sous ces sourcils en broussaille, a véritablement été, pour moi, l\u2019ange gardien.« Grâce à lui, qui précéda immédiatement mon entrée dans le cabinet de travail de M.Marest, j\u2019ai senti.\u2014 pourquoi ?\u2014 que je n\u2019étais ^>lus tout à fait l\u2019inconnue qui se présente sans références.Dès que la porte s\u2019est ouverte, dès que j\u2019ai vu le bon regard de l\u2019écrivain, tout de suite posé sur moi avec intérêt, sa main tendue amicalement, son geste pour me désigner un petit fauteuil placé près de son bureau, j\u2019ai éprouvé l\u2019impression très douce que j\u2019avais retrouvé un ami de toujours, un ami qui savait tout, qui comprenait tout et devant qui je pourrais toujours demeurer naturelle, sans effort.Mais, ce que notre bon vieux n\u2019a pu créer, c\u2019est le courant de sympathie immédiat qui s\u2019est établi entre nous, dès que nous sommes restés seuls.« \u2014 Vous êtes licenciée ès lettres, n\u2019est-ce pas ?m\u2019a demandé M.Marest qui semblait, pour la forme surtout, consulter ma lettre.« \u2014 Oui, monsieur.« \u2014 Et je vois que vous avez déjà fait de bonnes études philosophiques.Mais dites-moi, mademoiselle, accepteriez-vous la tâche ingrate d\u2019être la secrétaire d\u2019un archiviste ?C'est-à-dire, en somme, de devenir l\u2019archiviste d un archiviste ?.Bon, vous souriez ; je vois donc que ma comparaison ne vous épouvante pas ! « \u2014 Pas du tout, car je suis très patiente, de nature.« \u2014 Eh eh ! c\u2019est là, déjà un bon point.« \u2014 De plus, j\u2019ai le goût de la recherche, dans le travail, j\u2019ai l\u2019habitude des grandes bibliothèques, je sais dresser un catalogue, préparer un fichier.« _ Merveilleux ! Vous devez être une précieuse secrétaire.« Il s\u2019est tu, paraissant réfléchir.Et moi, Nicole, je me sentais, soudain, envahie par une confiance absolue.J\u2019avais l\u2019impression que je n\u2019avais plus rien à dire, \u2014 n\u2019ayant guère parlé, d\u2019ailleurs.Je savais, seulement, que je pouvais avoir, en lui, toute confiance.\u2014\tSi vite ?s\u2019étonna Nicole, légèrement railleuse.Sans mieux le connaître ?Quelle imprudence ! \u2014\tOui, je te comprends.Mais, peut-être m\u2019as-tu mal devinée aussi, ma chérie ?Il ne s\u2019agit pas d\u2019une homme habituel.-\u2014 Un homme est un homme, interrompit nettement Nicole.\u2014\tOui, mais celui-là.Il a un aspect si différent des autres ! Je le crois profondément sérieux.La travailleuse que je suis a tout de suite deviné, en lui, le travailleur acharné, l\u2019homme de mérite, discret et modeste à la fois.Comment expliques-tu qu\u2019en ce moment où j\u2019ai senti mon avenir suspendu à sa décision, je n\u2019ai pas tremblé une seconde, pas douté un instant du résultat?.Comment l\u2019expliquer?Prescience ?Intuition ?\u2014\tTélépathie ?proposa Nicole.\u2014\tNon, je ne vais pas jusque là.Mais enfin, il est étrange que, lorsqu\u2019il s\u2019est enfin décidé à me dire : « Ecoutez, mademoiselle, je ne puis vous donner une réponse ferme dès ce moment, \u2014 bien que je sois certain de vous préférer, comme secrétaire, à tout autre, \u2014 mais enfin, il faut que j\u2019examine consciencieusement, les candidatures de vos collègues que j\u2019ai fait déranger, afin de les entendre aussi « \u2014 Ne soyez pas trop inquiète et attendez ma lettre.Elle ne saurait tarder et ne vous décevra pas, je pense.Je suis certain, voyez-vous, de vous revoir avant peu.« \u2014 J\u2019en suis certaine aussi, je ne sais pourquoi.« Il a souri, en me regardant plus attentivement, et m\u2019a tendu la main en silence.J\u2019étais très émue, sans bien comprendre pourquoi.Je le revois encore, très grand, avec cette belle expression dans le regard, cette expression éclairée par un reflet intérieur, qui r.e trompe pas.».\u2014\tNe t\u2019emballe pas, ma petite Noëlle ! avait sagement dit Nicole.Tu sais, à Paris, lorsqu\u2019on nous dit : « Je vous écrirai », c\u2019est souvent une fin de non-recevoir.Et parce que son amie venait de souffler ainsi sur ses illusions, Noëlle, attristée, avait baissé la tête et n\u2019avait plus rien dit, ce soir-là.Et, pourtant, c\u2019était Noëlle qui avait eu raison ! Lorsque, bondissant hors du lit breton, Noëlle avait couru chercher l\u2019enveloppe glissée sous la porte, elle avait déjà compris que son rêve de travail se réalisait.Voici ce qu\u2019écrivait le chartiste : « Mademoiselle, « Je savais, ainsi que je vans l\u2019ai dit, que vous reviendriez prochainement dans l\u2019austère cabinet de travail que vous connaissez, maintenant.Je suis persuadé que vous saurez être une très précieuse collaboratrice, pour un chartiste, et puisque, me dites-vous, vous possédez la patience \u2014 don si rare \u2014 vous serez certainement à la hauteur de la tâche ingrate qui vous attend.« Cette lettre devant vous être déposée dimanche, dans la matinée, voulez-vous venir me voir dès lundi ?Je v-us attendrai à partir de neuf heures.-» Une heure plus tard, les deux jeunes filles s\u2019accoudaient à la balustrade du petit balcon de fer qui entourait leur studio.A leurs pieds, le boulevard Montparnasse montrait sa joyeuse et sereine agitation des dimanches matins.\u2014\tQue ferons-nous de notre dimanche ?demanda Noëlle, grisée par le soleil qui les entourait.\u2014\tUne idée ! Si nous allions passer l\u2019après-midi à « La Boîte à Joujoux » ?Nos amis Decleaux nous reprochent de ne jamais assez les voir.Vite, vite, préparons-nous et prenons le train pour Montmorency ! \u2014\tEt la chatonne ?\u2014\tEmportons-la.Je possède un panier spécial, dans lequel elle sera fort bien, sur un coussin.Sitôt dit, sitôt fait, Nicole se baissa pour cueillir la petite chatte, qui jouait à ses pieds avec un peloton de laine et roulait d\u2019étranges yeux clairs dans son pelage noir.\u2014\tAllons, viens, négrillonne, lui dit-elle.Partons.Tu as droit, toi aussi, à une bonne journée de campagne.CHAPITRE III \"La baîte à joujoux\" Pittoresque à souhait, avec son aspect de chalet normand égaré aux environs de Paris.« La Boîte à Joujoux » était sise à mi-chemin entre Soisy et Montmorency.De hauts murs, couverts de houppes de clématites, l\u2019abritaient des regards et, l\u2019été, le jardin s\u2019emplissait de fleurs, de fruits, de chants d\u2019oiseaux.Jean Decleaux, surnommé Jean-Jean, était très fier de sa « Boîte à Joujoux ».Sa femme, Andrée Decleaux, convertie en nouvelle fermière, s'entendait à merveille à 1 élevage des poussins, après avoir été modiste.L\u2019arrivée des deux amies, carillonnant gaîment à la porte de la grille, mit le branle-bas dans le petit domaine.Andrée et Jean qui sacrifiaient au repos dominical, en somnolant sur leurs « transatlantiques », dans le jardin, se levèrent en même temps et se dirigèrent aussitôt vers la porte du jardin.\u2014 Bonjour, gens heureux! avait clamé Nicole, en tendant sa main à travers les barreaux de la porte.Bonjour, gens sans histoire ! La porte ouverte, ce fut une véritable fusée d\u2019éclats de rire, de confidences, de protestations de joie réciproque et d\u2019émerveillement sur « Mi-nouche », la chatonne enfermée dans le panier.Lorsqu\u2019on ouvrit le couvercle, elle huma l\u2019air avec grâce, en fronçant et défronçant son petit nez rose, se détendit soudain comme un lapin mécanique et sauta dans l\u2019allée, à la plus grande joie du ménage Decleaux, habitué, cependant, à voir vivre autour de lui les bêtes en liberté.Mais, cette petite chatte était une « citadine » et possédait une grâce bien à elle.\u2014 Nous serons seuls, tous les quatre, affirma Andrée.Quelle bonne journée, nous allons passer, mes amies ! \u2014 Hum ! pas si seuls que tu le crois, peut-être., informa son mari.Ecoute, plutôt.Ecoute.De l\u2019autre côté du mur mitoyen, en effet, s\u2019élevait une voix discrète, au diapason modéré.\u2014 Allô?Allô?La «Boîte à Joujoux»?.Voisin, voisine, êtes-vous là ?.Comment vous portez-vous ?Quel dimanche de conte de fées, n\u2019est-ce pas ?Quel soleil !.Jean-Jean avait fait trois pas dans la direction du mur.\u2014 Salut, voisin !.Venez donc nous dire un bonjour ! [ Lire la suite page 14 ] L'EGLISE DES BLES Les champs sont beaux.Voici le moment de l'été Où les blés, dépouillant l'humble forme de l'herbe, Révèlent leur noblesse et leur fécondité.Dans leur verdure jeune, ils sont déjà suoerbes, Et portent comme un chef couronné de rayons L'épi nouveau promis aux splendeurs de la gerbe.L\u2019église est au milieu des blés.Que de sillons, Depuis quelle se dresse au centre de la p\u2019aine, Ont creusés sous ses murs les générations ! Combien de laboureurs, succombés à la peine, Ont quitté, pour le champ qu'on ne laboure pas, Les champs où frissonnait la récolte prochaine ! Et d'autres sont venus, et, les pas dans leurs pas, Ont levé les épis pères d'autres semences, En attendant leur tour de s'en aller là-bas.Or, sachant que la mort n'est rien qu'une apparence, Sûre que si les blés ont l'immortalité, Les hommes qu'ils auront nourris de leur substance, Doivent renaître aussi dans l'éternel été, L'église, souriant à la moisson nouvelle, Attend dans la prière et la sérénité La résurrection des morts couchés près d'elle.Louis Mercier.i\u2014\u2014i\u2014i ,i ,\ti .ii m JL 10 he Samedi, Montréal, 17 mai 1952 NOUVELLE L\u2019autocar de Riules par JEAN FEYRIN * L\u2019autocar qui dessert le bourg de Riules ne passe jamais à l\u2019heure prévue.C\u2019est tantôt plus, tantôt moins.Et cela parce que le conducteur du véhicule, concessionnaire de la ligne, est un vieux bougre de Béarnais prénommé Félix, qui se fiche pas mal de l\u2019horaire et roule au gré de sa fantaisie.On avait bien remué ciel et terre pour essayer de ramener à la raison ce diable d\u2019homme.Le maire, le curé, le conseiller général, toutes les personnalités du canton s\u2019en étaient mêlées.Ça n\u2019avait fait ni chaud ni froid ; la comédie avait con inué comme si rien n\u2019était.Maintenant, depuis quinze ans que ça dure, la chose est acceptée.Bien sûr, certains se récrient encore de temps en temps, mais ils protestent sans conviction ; en leur for intérieur ils savent bien que le car arrive quand bon lui semble et qu\u2019il ne peut en être autrement.Cependant, ce qu\u2019il y a de régulier, c\u2019est l\u2019arrêt de la voiture.C\u2019est une justice à rendre.Invariablement, elle va se ranger devant le bureau de poste, le capot à la hauteur de la grande boîte aux lettres bleue.Et, chaque fois, Félix descend, livre le courrier, s\u2019occupe des voyageurs, tandis que son commis, grimpé sur l\u2019impériale, manipule bagages et colis.A voir s\u2019affairer le vieux et son second, on oublie, un instant, les bizarreries du service, on a l\u2019impression qu\u2019avec eux ça ne traîne pas.D'autant plus que le chauffeur presse son monde, le bouscule un brin, se hâte de feimer les portières et repart, jouant du klaxon à rompre les oreilles.C\u2019est seulement en cours de route que le bonhomme en prend à son aise.Son car flâne tout au long du chemin où chaque auberge est un prétexte à commissions.Il y a toujours quelque chose à remettre ou à charger.Autant d\u2019auberges, autant de haltes réglées selon l\u2019humour de Félix qui bavarde volontiers avec ses pratiques et ne refuse pas de trinquer si l\u2019occasion se présente.Bref, deux fois par jour \u2014 sauf dimanches et fêtes \u2014 l\u2019autocar s\u2019arrête à Riules, en se donnant des airs de visiteur important qui n\u2019a pas une minute à perdre : le matin, à l\u2019aller, entre onze heures et midi ; le soir, au retour, entre six et sept.Donc il ne faut pas s\u2019étonner si l\u2019on rencontre à ces heures-là, aux abords de la poste, des gens qui, patientant et devisant, attendent le passage de Félix.Ce matin, parmi le petit groupe qui espère, Max le Parisien, a salué la capi.euse Mme Lou : \u2014 Tiens ! monsieur Max, fait-elle.Mme Lou dirige l\u2019unique salon de coiffure pour dames de l\u2019endroit.Autrement dit, toutes les chevelures des coquettes de Riules et des environs lui passent par les mains.Mme Lou est blonde, potelée à souhait, sourit à tout propos parce que ses dents sont de vraies perles et qu\u2019elle entend montrer ce trésor.Des âmes charitables font remarquer le peu d\u2019expression de son regard ou les taches de rousseur de son visage, mais ce sont-là des rosseries toutes féminines, sans influence sur le charme de la coiffeuse.Max, c\u2019est celui qui est tombé dans le village, un soir de 1942, après avoir franchi la fameuse ligne de démarcation.Il s\u2019était évadé d\u2019un stalag de Bavière et fuyait la zone occupée.(Ici, on était alors du côté prétendu libre).Au début, personne ne croyait qu\u2019il resterait.Pensez, un Parisien ! Qui aurait imaginé qu'il allait se plaire dans un pareil trou ?Et voilà que le gars s\u2019était au contraire installé photographe.Justement, ça manquait un photographe à Riules.On a fini par l\u2019adopter, surtout les femmes, car il est joli garçon.De plus, il a un sacré talent, il fait des portraits qui sont des merveilles « des photos d\u2019art », comme il appelle ça.Mme Lou accapara le Parisien et entama la conversation : \u2014 Je suis venue chercher ma nièce.Mon frère me l\u2019envoie pour les vacances.Ça ne lui fera pas de mal, deux mois à la campagne.elle doit avoir besoin de prendre des couleurs.Ces gosses de la ville, c\u2019est pâlot ; on dirait qu\u2019ils n\u2019ont pas deux gouttes de sang.Par exemple, une mignonne petite.Max est galant homme : \u2014 Elle a de qui tenir.Si elle ressemble à sa tante.Ce compliment réveille le beau sourire de la coiffeuse qui proteste doucement : \u2014 Flatteur !.Le Parisien consulte sa montre.Onze heures et de- \u2014 Je crois que j\u2019ai entendu la corne, déclare quelqu\u2019un.On se tait et l\u2019on prête l\u2019oreille.Les yeux interrogent le bout de la route par où surgira le car de Félix.Max contemple le décor familier : à toucher la poste, le mur de l\u2019école allonge son feston de tuiles brunâtres ; plus loin, la grille du docteur brandit ses piques enlacées de vigne vierge ; la villa blanche du notaire s\u2019élève au milieu des roses ; et puis, de chaque côté de la route, s\u2019alignent les platanes dont la robe grise et verte s\u2019écaille.\u2014 Alors, reprend la coiffeuse, vous aussi, vous attendez ?\u2014 Oui et non.Je viens quelquefois, simplement pour voir.Ça m\u2019amuse.\u2014 Il est vrai, soupire-t-elle, que nous n\u2019avons guère de distractions.Vous devez regretter Paris ?\u2014 Paris ?J\u2019ai presque oublié.Aujourd\u2019hui, je suis un provincial.Je connais même votre patois ! Cela est dit d\u2019un ton plaisant qui ne trompe nullement Mme Lou.« Toi, mon petit, songe-t-elle tu caches ton jeu ».Voyez-vous, l\u2019étrange, c\u2019est que M.Max n\u2019ait à son actif la moindre trace d\u2019aventure.La coiffeuse est persuadée qu il y a quelque chose là-dessous.Parce qu\u2019enfin ce n\u2019est pac normal, ce garçon de vingt-huit ans qui n\u2019a point d\u2019histoire et qui pourrait en avoir dix ! La bouchère, la sage-femme se languissent à cause de lui ; la fille du notaire en est « toquée » et Lou.elle-même, s\u2019il avait voulu.\u2014 Le voilà! annonce tout à coup une voix En effet, l\u2019autocar, auréolé de poussière, débouche au loin, entre les platanes de l\u2019avenue.Le bruit du klaxon retentit, se prolonge jusqu'au moment où la voiture stoppe à la place habituelle.Mme Lou lance une dernière oeillade à Max et se précipite pour accueillir sa nièce : \u2014 Que tu as changé ! s\u2019exclame-t-elle.Tu es aussi glande que moi.La « petite » est une jeune fille qui s\u2019inquiète de sa toilette : \u2014 Oh ! ces cars.Regarde, tante, je suis toute froissée ! Félix jette les sacs postaux au facteur accou-ru.Le commis se démène, là-haut, sur la toiture du car, parmi les bagages.Le photographe suit du regard les gestes de chacun, voit la coiffeuse entraîner sa nièce vers la grand\u2019rue.Mains aux poches, d est planté comme un badaud; en îealite, il n est pas tellement présent, son esprit vagabonde et, déjà, le spectacle ne l\u2019intéresse plus.; le Parisien, crie soudain l\u2019employé de Félix.Toi qui n\u2019as rien à faire, attrape cette vali-se et conduis la demoiselle aux « Trois Lapins » Max s empresse, tend les bras.Ça, une valise ?c est une plume !\t[ Lire la suite page 30 ] L'ombre de celle qu\u2019il aime est venue le rejoindre dans le petit village où il s efforçait d'oublier. Le Samedi, Montréal, 17 mai 1952 11 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR Ct que tout athlète devrait apprendre par eoee.En sport professionnel ou amateur, les luttes doivent toujours être courtoises.Il n\u2019y faut apporter ni rancune, ni haine, ni animosité.Au reste, ce n\u2019est qu\u2019à cette condition que les adversaires peuvent faire du joli travail.Quand la passion s\u2019en mêle, on lutte toujours mal.Si l\u2019on ne doit rien céder à son adversaire, il ne faut, en aucun cas, sortir des règles qu\u2019impose le code de notre sport, ni surtout de celles qui tendraient à avoir le petit caractère de déloyauté.La rancune est mauvaise conseillère.Il n\u2019en faut pas avoir.Elle est blâmable dans le monde des joueurs professionnels.Elle n\u2019a pas sa raison d\u2019être dans celui des athlètes amateurs, si peu nombreux soient-ils.Certains athlètes tentent de faire croire aux spectateurs payants qu\u2019il existe, entre des joueurs et des officiers du Canadien et des Leafs de Toronto, une dose de haine.Tel n\u2019est pas le cas, croyez-nous.S\u2019il en était ainsi, on en verrait de belles ! Si les joueurs du Toronto ne voyaient pas d\u2019un bon oeil les couleurs du club tricolore, si certains athlètes du Canadien bouillaient devant les couleurs torontoises, ce serait de' mauvais ton.De plus, quelle entaille cet esprit de haine ferait à la Bonne Entente.Non, ce soulèvement de la question raciale ne mène à rien.Le fruit du travail de nos édiles gouvernementaux, au sujet de l\u2019entente cordiale entre les deux plus grandes nations du Canada, deviendrait sec à la suite de quelques joutes Toronto-Canadien.La même chanson existe au sein du baseball.Une défaite ne déprécie pas un concurrent, au point qu\u2019il en prenne ombrage.Elle n\u2019ôte rien à la qualité intrinsèque de l\u2019homme, qui peut être victime d\u2019une circonstance défavorable, d\u2019un coup malheureux dont son adversaire a profité.Les échecs de ce genre arrivent.On est pas toujours tombé sur sa vraie valeur.Et la défaite n\u2019est pas sans appel.Une rencontre prochaine peut amener l\u2019interversion des rôles.Le tombeur devient le tombé, si toutefois les deux antagonistes sont près l\u2019un de l\u2019autre, et qu\u2019une sensible différence ne les sépare pas.Et puis les défaites les plus inattendues ne restent pas souvent sans une cause indépendante de la qualité de l\u2019homme qui les subit.On a beau être au milieu de sa forme, il peut parfaitement arriver que, le jour où on lutte, on soit mal disposé.La mécaniqtïe humaine est ainsi faite que personne n\u2019est à l\u2019abri d\u2019une défaillance.Les inspirations ne sont pas heureuses, on lit mal dans le jeu adverse.Bref, on n\u2019y est pas, on ne travaille pas, comme on a l\u2019habitude de le faire, comme la réelle qualité qu\u2019on possède permet de le faire.Le meilleur homme n\u2019est pas à l\u2019abri de ces mauvaises dispositions.On escomptait une victoire, c\u2019est une défaite qui se produit.Doit-on en conserver un pressentiment contre le camarade qui vous l\u2019a infligée ?Ce serait avoir vilaine nature.Et si les choses devaient se passer ainsi, ce serait enlever à la lutte le caractère essentiellement sportif qu\u2019elle doit conserver.Les jeunes amateurs doivent se rappeler que la lutte terminée, on se tend la main.C\u2019est un geste banal, mail il doit LUCIEN DROUIN.9612 Boyce, adore son cheval comme vous aimez votre adoré (e).Mais cet amour est partagé par son entraîneur, Claude Fortier.En autant qu il ne soit pas question de triangle, passe, après tout ! Ce M.Drouin est le propriétaire d\u2019un jeune cheval, qu\u2019il a dressé lui-même.\"Beauty\", c'est le nom de I un de ces solipèdes les plus fidèles de I homme, peut exécuter 35 jeux différents, à l\u2019âge de deux ans et demi .Présentement, Lucien Drouin, met la dernière main à une grande tournée dans notre province et dans plusieurs autres.Il entre dans ses intentions de présenter \"Beauty\" dans quelques films canadiens .L un de ses précieux collaborateurs n'est autre que son frère.Gaston Drouin, fameux culturiste, un autre Tarzan, qui préfère se conserver en excellente santé à exécuter des mouvements de culture physique plutôt que de s'épivarder dans les boîtes de nuit.Le spectacle de Drouin comprend, en outre, de la musique, du chant, un peu de danse et de comédie décente.Son nom de théâtre est le suivant : Tricker-man.Nous nous demandons pourquoi Drouin a emprunté un vocable semblable ! En ce bas monde, il y a eu un si grand nombre, il y a présentement tant de tricker-men ! emprunter toute sa valeur à la sincérité avec laquelle on le fait.Savoir bien lire dans le jeu de l\u2019adversaire permet d\u2019économiser des efforts qui auraient été gaspillés en pure perte.On n\u2019y parvient qu\u2019avec une expérience acquise par une longue pratique sur le terrain, non dans les livres.Les jeunes surtout, et même un grand nombre de moins jeunes, doivent bien se convaincre que la joute est dirigée par un gérant, qu\u2019ils doivent l\u2019écouter à la lettre, qu\u2019il soit de nationalité canadienne-française ou autre.Vous nous demanderez, peut-être par curiosité, quels sont ceux qui soulèvent le plus souvent les questions de race ?Depuis 42 ans que nous sommes dans le baseball, nous pouvons vous affirmer que la majorité des fois, les joueurs canadiens-français ne sont pas responsables de cet état de choses, qui tend à devenir dangereux.Nous savons pertinemment, qu\u2019un certain nombre de joueurs américains \u2014 pas tous, heureusement, disons cinquante pour cent \u2014 n\u2019aiment pas à se faire conduire, sur un losange, par des gérants à noms (français.Et ces ignorants sont, l\u2019été, grassement payés par des proprios canadiens-français, dont la clientèle est 95% canadienne-française.Et ces mêmes étourdis croient dur comme fer qu\u2019ils connaissent leur baseball mieux que leurs mentors.Nous avons plusieurs preuves à l\u2019appui, qu\u2019il serait un peu long d\u2019énumérer, dans cette courte chronique.Del Bissonnette, gérant des Trois-Rivières de 1951, Roland Gladu, du Sherbrooke, Stan Bréard, du Drura-mondville et votre humble serviteur à Granby durant un mois, ont eu maille à partir avec trois, quatre ou cinq de leurs joueurs de l\u2019an dernier.Le vent s est apaisé, heureusement.Pour mettre un stop à ces réflexions, qui ne plairont pas à plusieurs, nous vous dirons, des plus brièvement, à titre de conclusion : Des joueurs qui n\u2019ont pas assez d\u2019esprit d\u2019observation \u2014 pourquoi ne pas employer le mot intelligence ?\u2014 pour saisir les signaux de leurs gérants, des signaux faciles, mon Dieu !, ne méritent pas de porter des costumes de baseball, en étant payés de $400 à $800 par mois.Ce sont des indisciplinés ! Et ces bibites, en baseball organisé, ne vont pas plus loin qu\u2019au prochain coin ! Nous reviendrons prochainement sur ce sujet.Et nous coucherons sur papier nos impressions, sans amertume aucune.¦-W 10 w- % .V 4'iv - ' \u2022 - ¦ £ ¦ ' h-ag. 12 Le Samedi, Montréal, 17 mai 1952 ¦.' .- '« La bicyclette à l\u2019honneur en Amérique.Ce véhicule tant répandu en Europe s'avère maintenant fort utile pour circuler dans nos rues encombrées où il est impossible de stationner.A gauche : un jeune homme de Porto-Rieo a imaginé cet ingénieux dispositif pour faire ses livraisons.A droite un respectable professeur d'université à Chicago gagne un temps précieux et évite les ruées vers les autobus.rché, l'autre courbée, ils vont - i mm it à ,u*' i -«t wm'k sans doute parvenir à opérer une jonction difficile.Voici une des scènes souvent touchantes qui se déroulent dans le zoo de Boston 'mm mm.: 'f ¦- \u2019-ÉsMisspÊ WÎm&r ' r* a TRANSPORTS MODERNES.A gauche : le porte-avions Oriskany un des derniers-nés de la marine américaine.Ce navire rentre d'un voyage en Méditerranée et est ici photographié dans le port de New-York.A droite : une voiture de sport construite par un amateur et dont la ligne rappelle étrangement celle de nos avions à réaction.120 milles à l'heure, coût $5,000.
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