Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 25 avril 1953
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Nouveau samedi
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

Le samedi, 1953-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Montréal, 25 avril 1953 64e année, No 50\t/^J' ,C ma ~\t1 0 0 PER AZINE NATIONAL DES CANADIENS S-400 10 cents DANS CE NUMERO : \u2022\tLUCILLE DUMONT ET JEAN-MAURICE BAILLY par LUCETTE ROBERT \u2022\tBELGIQUE 53 Par gerard viot \u2022\tNOTRE RADIO PARLE FRANÇAIS \u2022\tLA GALERE AU CROISSANT VERT, Un roman d'aventures par MAURICE DE MOULINS Co /O > - (Jisèle Schmidt m s : Tranchons le mot ! PAYE EN RÉSULTATS ! PEUT LE TUER ! SIS PEUT 1E PORTER ! PUISSANCE SANS ÉGAIE f GMC donne l\u2019avantage de la puissance dans le choix de robustes moteurs à haute compression.De 107 CV à 200 CV dans les moteurs à gazoline et de 110 CV à 225 CV dans les moteurs Diesel GM à 2 temps.Ils ont tous la lubrification à pression entière, une nouvelle haute performance et nombre d\u2019autres caractéristiques pour vous donner la puissance dont vous avez besoin avec l\u2019économie que vous voulez.CONSTRU/r EN CAMION ! GMC donne l'avantage de la capacité de charge avec des cadres a profonds longerons en U, de robustes essieux avant, de puissants essieux arrière à une ou deux vitesses et des ressorts de service lourd.Ce vaste assortiment permet de choisir un camion entre 4,000 livres de poids brut du véhicule et 100,000 livres de poids brut combiné.CONSTRUCTION PE CUIRASSÉ/ GMC donne l\u2019avantage de la sécurité et du confort pour le chauffeur.Depuis la cabine à coquille d\u2019acier toute soudée, à double paroi, jusqu\u2019au dernier détail de construction, les camions GMC sont construits pour porter les charges les plus lourdes et donner un long service de tout repos.Tonne pour tonne, de mille en mille, toute l\u2019année durant, ils sont imbattables en fait de force et d\u2019endurance pures et simples.bout uhê achetez uh iftâi réelle \\nk*l ^ achetez uh A GENERAL MOTORS VALUE CAMION Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 3 ri'; -a\\ î V-L' - CFr a.j Sfe **Î3\u2014 V \\ '*->* k-\t,> NOTRE RADIO PARLE de l\u2019Atlantique aux FRANÇAIS * Rocheuses C\u2019est un fait accompli ! Le réseau Fiançais de Radio-Canada rayonne désormais de l\u2019Atlantique aux Rocheuses.Depuis le 19 octobre \u2014 date de l\u2019inauguration du nouveau service \u2014 des postes du Nouveau-Brunswick, de l\u2019Ontario et des provinces de l\u2019Ouest sont venus se joindre aux nombreux postes de la province de Québec.Les lignes de transmission s\u2019étendent sur des milliers de milles, d'Ed-munston, N.-B.jusqu\u2019à Edmonton, Alberta.Grâce à Radio-Canada, les distances sont maintenant abolies entre les groupements de langue française qui se trouvent en communication constante.Un nouvel et immense auditoire s\u2019offre ainsi aux artistes et aux conférenciers de la radio, et ceux qui ont quelque peu voyagé à travers le pays savent que les auditoires français à l\u2019extérieur du Québec sont exceptionnellement attentifs.L\u2019émission inaugurale constituait un vibrant hommage aux communautés qui contribuent si efficacement, loin du Québec, à l\u2019épanouissement de la culture française au Canada.Le Directeur du réseau Français, M.Marcel Ouimet espère qu\u2019avec le temps, les nouveaux affiliés pourront contribuer de leur côté aux émissions nationales.En attendant, leurs correspondants collaborent à La Revue de l\u2019Actualité contribuant ainsi à resserrer les liens entre les éléments francophones du pays.Aux émissions comme Le Réveil Rural, on permet aux postes affiliés de donner des informations locales, en groupant les renseignements d\u2019intérêt général, dans la première partie du programme et en laissant aux correspondants provinciaux le soin d\u2019attirer l\u2019attention de leurs auditeurs sur les problèmes qui concernent plus directement leur région.L\u2019extension du réseau Français entraîne également certaines modifications notamment dans la présentation des bulletins de nouvelles auxquels on donne le caractère le plus national possible.L\u2019extension du réseau Français dans les provinces de l\u2019Ouest répond au voeu souvent exprimé des populations françaises de ces provinces.Elle aidera à cimenter l\u2019unité de ces groupes, jusqu\u2019ici isolés, en les reliant entre eux ainsi qu\u2019à la province de Québec.Dans le mémoire qu\u2019il présentait devant la Commission d\u2019enquête sur les Arts, les Sciences et les Lettres, le directeur du réseau Français, M.Marcel Ouimet, avait exprimé l\u2019espoir qu\u2019il serait possible d\u2019étendre le rayonnement de la radio française aux provinces de l\u2019Ouest.La Commission, favorable à cette suggestion, recommanda dans son rapport d\u2019étudier les moyens de réaliser cette grande idée.Cette étape est aujourd\u2019hui franchie.Depuis longtemps, dans l\u2019Ouest, on demandait à M.Marcel Ouimet : « Quand serons-nous reliés au réseau Français ?» Ce problème était susceptible de deux solutions techniques : la première consistait à fournir aux postes des enregistrements sur disques des principaux programmes du réseau ; la seconde comportait l\u2019extension des lignes.Le service des disques présentait de nombreux inconvénients : l'usure, les aléas de la manipulation et du transport d\u2019un poste à l\u2019autre, mais surtout le décalage de semaines parfois entre le jour de l\u2019émission à Montréal et celui de la.diffusion dans l\u2019Ouest.D\u2019autre part, avec ce procédé, il était impossible d\u2019assurer à ces postes le service des nouvelles et autres émissions d\u2019actualités : commentaires internationaux, sportifs, etc.Or, c\u2019était justement ces émissions qui incitaient les postes à demander leur affiliation.Voici l'intérieur du poste émetteur C.H.N.O , de Sudbury, Ontario, situé au coeur d'une région où les droits de la langue française ont donné lieu à des luttes courageuses.M.Ouimet promit de soumettre le problème à la Direction de Radio-Canada.Après étude, on en vint à la conclusion que l\u2019extension des lignes était possible et, dans une certaine mesure, que cette opération, bien que plus coûteuse, donnerait seule des résultats satisfaisants.Il ne faut pas oublier que les quatre postes de l\u2019Ouest furent construits à l\u2019aide de souscriptions publiques, principalement dans le but d\u2019assurer la survivance française dans les régions qu\u2019ils desservent.Pour eux, l\u2019affiliation au réseau, avec les revenus qui en découlent, représente la différence entre un déficit et un surplus et la possibilité d\u2019améliorer leur équipement, leur personnel et en définitive leur service au public.Leur affiliation est maintenant un fait accompli.Récemment, M.Marcel Ouimet s\u2019est rendu à Saskatoon pour assister à l'inauguration du poste C.F.N.S., nouveau membre du réseau Français.M.Ouimet lui a souhaité la plus cordiale bienvenue tout en félicitant le directeur de CFNS, M.Dumont Lepage, et tous ceux qui ont contribué à la création d\u2019un organe de diffusion de la culture française.Voici des extraits de l\u2019allocution de M.Ouimet : .Je ne saurais que me réjouir de ce que nos programmes seront diffusés par un autre poste en dehors du Québec, un de ces postes affiliés qui, dans un bel esprit de collaboration, s\u2019unissent avec Radio-Canada pour donner aux auditeurs un service radiophonique qui, nous pouvons le dire sans la moindre honte, ne le cède en rien, malgré les obstacles à surmonter, aux réseaux de langue anglaise de notre pays et même aux grandes chaînes américaines .[ Lire la suite page 30 ] Www\u2014 as»»8**1* ; FR wvjt uino yüty IPhotos Radio-Canada! :: \u2022 ' ¦: - -'if-.,* J.w wk .4 y**» t-.*\\ La CORVETTE de CHEVROLET a fait sensation cette année au Salon de l'Auto.Mais déjà depuis plusieurs années les ingénieurs cherchaient à construire des carrosseries en matière plastique.C'est grâce à la fibre de verre qu'ils y sont arrivés.On peut voir que c'est solide .S'il se fait un trou, on soude tout simplement une pièce.Plus de rouille ni de soucis de peinture ! Comme pour les voitures, la fibre de verre a permis de fabriquer des coques de bateau en plastique qui sont d'une très grande résistance et ont en outre l'avantage d'être très légères.Plus question ici de pourriture ou de corrosion de la peinture.Nous ne montrons que deux exemples mais il est facile d'imaginer la place que peut tenir ce nouveau matériau.Hier vous ne la connaissiez pas ; Déjà vous ne pouvez plus vous en passer.FIBRE DE VERRE Un matériau moderne qui révolutionne l'industrie et dans la fabrication duquel le Canada s'est tout de suite taillé une place de choix.par REMY LAURENT Ces billes miroitantes sont une des matières premières entrant dans la fabrication de la fibre de verre.Chacune d'elles donne des milles et des milles de fil.Pour la majorité d\u2019entre nous, la fibre de verre se présente comme une laine curieuse au toucher, crissante, et dont on fait des isolants pour les maisons.On entend bien aussi parler de tissus faits de cette laine.On disait que les uniformes de l\u2019armée allemande en étaient faits .Mais l\u2019autre jour j\u2019ai eu la chance de découvrir que la fibre de verre était bien plus que ça.Voilà pourquoi je tiens à vous faire bénéficier de ma trouvaille très importante pour un Canadien.Résistant au feu ou au froid, indifférente à toute corrosion, isolant parfait, facile à travailler, la fibre de verre fut découverte voilà quelques décades par un savant qui ne savait trop qu\u2019en faire.Aujourd\u2019hui 90% de nos réfrigérateurs en sent bourrés, elle est incorporée à toutes sortes de matériaux, on en fait des tissus ignifuges pour les pompiers ou l\u2019ameublement, elle est la trame de certains tuyaux, elle enrobe les pipelines pour les protéger de toute corrosion etc .demain elle connaîtra un emploi plus large encore.Ne pense-t-on pas à l\u2019utiliser directement pour faire les pipelines ?N\u2019est-elle pas appelée à supplanter le métal dans beaucoup de domaines, pour nos carrosseries d\u2019automobiles, par exemple ?Ne fait-elle pas directement concurrence au bois, à la laine etc ?La fabrication de la fibre de verre commença avec la guerre au Canada.Les premières années furent accaparées par les commandes de la Défense, mais des 1946 venait la grande extension dans le secteur civil.La Compagnie Fiberglas of Canada compte maintenant trois usines : l\u2019une, la première fondée, à Oshawa, l\u2019autre à Sarnia qui peut utiliser les sous-produits des raffineries de l\u2019Imperial Oil et de Polymer, la troisième à Guelph.Particulièrement dynamique, cette entreprise de chez nous est promise à un très brillant avenir.Leur produit est de plus en plus recherché et les laboratoires lui trouvent chaque jour de nouvelles applications.Pour tailler la fibre de verre rien ne vaut un fin mais puissant brûleur à propane.La fibre est ainsi coupée proprement, sans bavure.Mieux vaut un homme patient pour s'y retrouver dans cet imbroglio de fils de verre qui serviront de trame à un tuyau d'asphalte.(Toutes ces photos nous ont été obligeamment fournies par la société Fiberglas). 8 Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 Roman d\u2019aventures La galère au croissant vert par MAURICE DE MOULINS lus vite, giaours !.Plus vite encore !.Les claquements secs des fouets dominèrent le bruit régulier que faisaient les rames frappant la surface calme de l\u2019eau.Les gardes-chiourme allaient et venaient sans cesse, surveillant les galériens chrétiens qui trimaient dur, les mains crispées sur leurs avirons, le pied sur la pédague.Tous étaient presque nus, un simple pagne leur entourait la taille, la sueur coulait abondamment le long de leurs torses bronzés et couturés de cicatrices.A intervalles réguliers, les coups de marteau du maître de vogue, un gros gaillard coiffé d\u2019un énorme turban accroupi au centre le l\u2019entrepont, réglaient la cadence de la manoeuvre.Les mâchoires crispées, les visages tendus, les chrétiens continuaient de subir leur dur calvaire.Certains étaient depuis des mois déjà à bord de la galère au croissant vert qui emmenait vers Tripoli le tout-puissant pirate Abdallah, un des chefs les plus audacieux et les plus redoutés des corsaires barbaresques.A cette époque, durant la première moitié du xvne siècle, les pirates musulmans régnaient en maîtres incontestés sur toute la Méditerranée.Il n\u2019était point de jour qu\u2019ils ne fissent parler d\u2019eux.En vain les Etats de la chrétienté avaient-ils exécuté des démonstrations sur leurs côtes ; semblables à des essaims de guêpes meurtrières, leurs galères et leurs felouques s\u2019en revenaient sans cesse en quête de rapines.Parfois ils pillaient les navires de commerce, parfois ils opéraient un débarquement tant sur les côtes d\u2019Italie et de Provence que dans les îles de Sicile, de Corse ou de Sardaigne.Farouches, mettant à sac tout ce qui leur tombait sous la main, massacrant les imprudents qui osaient leur résister, entraînant les plus faibles pour les réduire en esclavage, les pirates faisaient régner partout la terreur.Des milliers de malheureux gémissaient dans leurs geôles ou souffraient terriblement à bord de leurs navires.\u2014 Plus vite !.Encore plus vite !.Toi, le porc maudit !.Tu t\u2019endors ! Réveille-toi ! Le garde-chiourme, un grand noir au visage farouche, sa longue lanière de cuir à la main, se rapprocha du sixième rang des rameurs.Le second des galériens qui trimait là, était un jeune homme blond, âgé de vingt-cinq ans environ.Son visage tout rasé démontrait qu\u2019il avait été capturé tout récemment et contrastait avec les masques farouches aux barbes hirsutes de ses compagnons de misère.\u2014 Ecoute!.Il défaille!.Tu vois bien qu\u2019il n\u2019en peut plus !.Un individu aux cheveux noirs, au nez en bec d\u2019aigle placé auprès de l\u2019interpellé, n\u2019avait pu s\u2019empêcher de protester tout en ramant, mais le garde demeura sourd à sa prière ; implacable la lanière s\u2019abattit sur le torse nu et sur les épaules du jeune homme.Quatre fois, le noir recommença de frapper, le fouet coupait la peau, le sang jaillit et se mit à couler en gouttelettes pourpres sur la peau blanche.Pourtant la brute s'arrêta bientôt de frapper, sa victime était retombée en arrière, ses deux mains abandonnaient les rames.A bout de fatigue et de souffrance, le malheureux perdit connaissance.Le garde laissa échapper un juron, puis, avisant un seau plein d\u2019eau qui se trouvait tout près de là, il en lança le contenu contre le défaillant.Pendant quelques instants, haletant, inondé, l\u2019infortuné se redressa.Autour de lui, les autres rameurs qui constituaient la vogue de la galère continuaient de manoeuvrer.Us savaient tous quel sort les attendait à la moindre défaillance et ce nouvel exemple n\u2019était point de nature à les faire faiblir ; d\u2019ailleurs les deux autres gardes-chiourme les surveillaient attentivement, fouet en main, prêts à frapper le premier récalcitrant.Henri de Vitrac, le malheureux qui venait d\u2019être si odieusement fustigé rouvrit les yeux.Uu sourd gémissement lui échappa.Il n\u2019était pas accoutumé à vivre dans cette géhenne !.Capturé depuis la veille seulement, on l\u2019avait enchaîné là le matin même !.Tandis qu\u2019il revenait à lui et que l\u2019eau dégouttait le long de son corps meurtri, le jeune homme revivait les terribles incidents qui s\u2019étaient précédemment succédés.Il voguait vers Malte avec sa jeune femme, Isabelle, ils se proposaient de rejoindre un oncle à La Valette, quand la galère au croissant vert était apparue à l\u2019horizon.La galéasse que montaient les Chrétiens et avait appareillé de Marseille, était lourdement chargée de marchandises, aussi, le vaisseau agresseur put-il manoeuvrer tout à son aise.En moins d\u2019une heure, la galéasse fut prise à l\u2019abordage et la plupart de ses occupants impitoyablement massacrés !.Henri de Vitrac s\u2019était défendu comme un démon, pourfendant à lui seul cinq musulmans ; malheureusement le nombre avait eu raison de sa vaillance.Entouré de toutes parts, assommé, l\u2019infortuné avait été capturé puis entraîné dans l\u2019entrepont.Enfin, quand les forces lui furent quelque peu revenues, on l\u2019enchaîna sur un banc de la vogue pour remplacer un rameur qui avait été tué par une flèche au cours de l\u2019abordage.Courageusement, le prisonnier avait essayé de lutter et de déployer la même vigueur que ses compagnons de misère.Il était seul de la galéasse, tous les visages des autres galériens lui étaient inconnus.Alors il s\u2019imagina que tous les autres avaient été massacrés.Une crainte horrible le saisit quand il pensa à Isabelle.La dernière fois qu\u2019il avait vu sa jeune femme, elle était emportée dans les bras d'un géant barbaresque.L\u2019infortunée se défendait avec rage, griffant et mordant son agresseur.Mais les adversaires étaient trop nombreux tout autour ; acharné à se défendre, Henri de Vitrac ne savait plus rien de celle qu\u2019il aimait et à qui il avait donné son nom.Et tandis qu\u2019il ramait sur son banc de souffrance, les pires suppositions lui venaient à 1 esprit.Certes, mieux eût valu que la jeune femme succombât au cours de la mêlée plutôt que de tomber entre les mains de ces monstres à face humaine.Prisonnière, elle avait tout à craindre de la part de ces forbans qui traitaient leurs prisonniers comme un vulgaire bétail et qui les contraignaient aux plus serviles besognes.\u2014 Souque, chien !.Souque !.Le garde, estimant que sa victime avait suffisamment recouvré ses forces, faisait de nouveau claquer son fouet.Alors, Henri de Vitrac se raidit, ses deux mains se crispèrent de nouveau sur le bois des avirons.Et tandis que se poursuivait l\u2019infernal tintamarre du marteau, il surprit auprès de lui une voix qui lui glissait : \u2014 Courage !.Nous n\u2019en avons peut-être plus pour longtemps à souffrir ainsi !.Henri de Vitrac se raidit, c\u2019était son voisin de droite qui lui avait glissé ces paroles, le même individu qui, tout à l\u2019heure, était intervenu en sa faveur et avait eu pour lui des paroles de pitié.Mais il fallait continuer de trimer ferme.L\u2019infortuné n\u2019eut pas le loisir de se demander si son voisin avait voulu lui faire miroiter une délivrance ou une mort prochaine.Après tout, qu\u2019importait au prisonnier.Il eût préféré la mort à cette épouvantable incertitude à laquelle il se sentait condamné depuis sa capture.De chaque côté, ses compagnons continuaient de ramer en cadence.Ils agissaient machinalement, semblables à des botes de somme.Deux heures durant ils persévérèrent.Implacables, les fouets se remirent à claquer et à frapper les moins énergiques.L\u2019atmosphère demeurait accablante.une odeur fétide imprégnait le tragique refuge, odeur de suint, d\u2019urine et de marée.Le soir tombait, lorsque des ordres se firent entendre ; sur le pont, le rais commandait de ralentir en raison de la présence de récifs dans ces parages.Avec un ensemble parfait, les galériens manoeuvrèrent donc au milieu d un bruit de chaînes heurtées.Les anneaux qui leur entouraient les chevilles les écorchaient terriblement, certains portaient des plaies et des croûtes impressionnantes à voir ; stoïques, ils ne disaient rien, mais dans leurs regards farouches et fiers, on pouvait lire toute la haine qu\u2019ils éprouvaient à 1 égard de leurs féroces tortionnaires.A bord de la galère au croissant vert, les Barbaresques veillaient ; dans la hune, la vigie observait attentivement 1 horizon.Le navire s\u2019aventurait, en effet, dans les parages souvent fréquentés par les bateaux chrétiens et comme, cette fois, la galère se trouvait seule, il importait de prendre des précautions.Ardents à se précipiter au combat quand il s\u2019agissait d\u2019adversaires plus faibles et moins bien armés, les Barbaresques se montraient plus prudents quand ils appréhendaient rencontrer plus fort qu\u2019eux.Dans la cabine, étendu nonchalamment sur son divan, Abdallah fumait tranquillement, son marghileh.Le chef baibaresque était jeune, une courte barbe noire encadrait son visage aux traits réguliers, que le soleil avait hâ-lé.Ses regards sombres, extrêmement mobiles, dénotaient l\u2019intelligence et la cruauté.Abdallah était somptueusement vêtu.A sa ceinture, il portait deux poignards à manche d ivoire richement incrusté de pierreries.A son côté, pendait un cimeterre dont il savait faire bon usage quand il s agissait de batailler.Mais maintenant, en cette période de calme, le chef pirate s\u2019abandonnait à sa nonchalance ; sa main soignée caressait LA JEUNE FILLE ET LE RAMIER Les rumeurs du jardin disent qu'il va pleuvoir ; Tout tremble, averti de la prochaine ondée; Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée, Plains-tu l'absent aimé qui ne pourra te voir ?Là-bas, pliant son aile et mouillé sous l'ombrage, Banni de l'horizon qu'il n'atteint que des yeux, Appelant sa compagne et regardant les deux, Un ramier, comme toi, soupire de l'orage.Laisser pleuvoir, ô coeurs solitaires et doux ! Sous l\u2019orage qui passe il renaît tant de choses.Le soleil sans la pluie ouvrirait-il les roses ?Amants, vous attendez ! de quoi vous plaignez-vous ?Marceline Desbordes-Valmore. Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 9 '\\ \u2022 ?¦ :J?./ 1%; Une passionnante aventure au temps où le grand espoir des galériens était de se faire attaquer par des pirates.De l'amour aussi.fréquemment sa courte barbe, ses regards se portaient tantôt sur Ali, son esclave favori, qui se tenait accroupi à sa droite, attentif à ses moindres commandements, tantôt sur une femme qui demeurait étendue de l\u2019autre côté, étroitement garrottée, immobile.\u2014 Nous nous occuperons de la prisonnière quand nous serons arrivés à Tripoli, Ali ! déclara Abdallah de sa voix légèrement chantante.Pour le moment, il convient de la laisser reposer !.Elle paraît effarouchée comme la timide gazelle !.Mais je la trouve encore plus belle encore que toutes les femmes de mon harem !.Tout en prononçant ces mots, Abdallah attardait ses regards sur sa captive.Isabelle de Vitrac considéra le musulman avec terreur !.L\u2019infortunée n\u2019était pas encore revenue de l\u2019épouvante dans laquelle l\u2019avait plongée la foudroyante tragédie.Elle s\u2019abandonnait toute à son bonheur, l\u2019avenir s\u2019annonçait pour elle plein de promesses, et voilà que, soudain, les pirates avaient attaqué!.Au cours de la lutte éperdue qu\u2019elle soutint, la jeune femme avait vainement tenté d\u2019échapper à ses agresseurs ; elle vit Henri qui essayait de se rapprocher d\u2019elle et de se dégager, ensuite le courageux compagnon avait été entouré de toutes parts.Maintenant, Isabelle ne doutait plus qu\u2019il n\u2019eût succombe et qu\u2019il n\u2019eût subi le destin tragique de tous les autres occupants de la galéasse.La peine qu\u2019éprouvait à ce moment la captive s\u2019affirmait atroce ; elle se voyait seule, abandonnée parmi ces gens farouches dont elle ne comprenait pas la langue.Toutefois, aux regards qu\u2019attardaient fréquemment vers elle Abdallah, aux lueurs de convoitise qui faisaient pétiller les prunelles du chef musulman, la pauvrette ne devinait que trop bien le sort infamant qui lui serait réservé.Quand elle vivait, heureuse et insouciante en Provence, elle avait entendu raconter d\u2019effrayantes histoires au sujet de malheureuses capturées par les pirates et emmenées au pays barbares-que.Tout en s\u2019immobilisant haletante, bercée doucement par la houle, elle se demandait s\u2019il n\u2019eût pas mieux valu qu\u2019elle succombât comme tous les autres !.Peu lui importait la vie puisque celui qu\u2019elle aimait n\u2019était plus !.Isabelle avait peur ; instinctivement elle fermait les yeux, elle voulait éviter tout entretien avec Abdallah, aussi feignait-elle encore d\u2019avoir perdu connaissance.De temps en temps, elle entendait la voix du chef qui s\u2019entretenait avec Ali.Puis, de nouveau, le bruit régulier des avirons qui frappaient la surface des flots à une impressionnante cadence lui parvenait, accompagné parfois par les coups de fouet des chiourmes.A la tombée de la nuit, la galère croisa une felouque.Aussitôt quelques propos s\u2019échangèrent de bord à bord.Le navire était monté par quelques pêcheurs de Djerba, et les visages des pirates se rembrunirent quand ils apprirent que d\u2019importantes forces chrétiennes venues de Malte naviguaient à peu de distance.Il convenait de longer la côte et de ne point trop s\u2019aventurer en pleine mer si l\u2019on voulait éviter un combat où l\u2019avantage ne fût certainement pas demeuré, cette fois, aux fidèles de l\u2019Islam !.Abdullah quitta donc sa cabine, secouant la douce langueur qui s\u2019était emparée de son corps et de ses membres, il s\u2019en fut discuter avec le raïs et avec ses principaux officiers.L\u2019avertissement des pêcheurs incitait les Bar-baresques à prendre toujours les plus grandes précautions.Il convenait donc avant tout de naviguer tous feux éteints.Une telle opération n\u2019était pas sans inquiéter profondément le raïs ; il fit part aussitôt de ses appréhensions à Abdallah.La partie du littoral que longeait à ce moment la galère au croissant vert s\u2019affirmait particulièrement dangereuse pour la navigation.L\u2019absence de tout feu ne pouvait, de ce fait, qu\u2019accroître les risques déjà si grands.Le raïs proposait donc de jeter l\u2019ancre dans une crique, et d\u2019attendre patiemment que le danger fût passé.Abdallah se révolta aussitôt contre un tel projet.Il était pressé de rentrer à Tripoli, pendant deux jours une tempête l\u2019avait attardé à Alger, il fallait donc tenter l\u2019impossible.\u2014 Inch\u2019 Allah !.déclara simplement le raïs qui n\u2019était pas habitué à discuter les ordres de son maître.Les autres officiers s\u2019inclinèrent ; néanmoins, à la gravité de leurs physionomies, on comprenait qu\u2019ils désapprouvaient la trop grande précipitation de leur chef.La cale de la galère était remplie de butin, et s\u2019ils avaient hâte, eux aussi de partager toutes ces richesses, ils n\u2019éprouvaient pas la moindre envie de s\u2019exposer à les laisser retomber entre les mains des Chrétiens qui se montreraient sans pitié !.Sur les bancs de vogue, nul ne se doutait encore de l\u2019embarras auquel se sentaient en proie le pirate et ses Barbaresques.Cloués à leur place, exténués, les galériens poursuivaient leur dur travail.Henri de Vitrac n\u2019en pouvait plus, ses paumes écorchées le faisaient cruellement souffrir, aussi laissa-t-il échapper un soupir de satisfaction quand les coups de marteau s\u2019arrêtèrent en même temps que le maître de vogue, d\u2019une voix rauque, commandait d\u2019arrêter.Simultanément, les Chrétiens s\u2019immobilisèrent.La sueur ruisselait, abondante, sur les visage bronzés.A la suite de cette besogne ininterrompue, ils n\u2019éprouvaient plus le courage de penser, de réfléchir et de maudire le triste destin qui les avaient entraînés dans cet enfer.Pendant plus d\u2019une demi-heure, ils demeurèrent ainsi, espérant qu\u2019ils auraient la nuit pour reprendre leur souffle.Un coup de sifflet strident vint les détromper.Et les coups de fouet se remettant à pleuvoir sur les épaules, il fallut bien se résigner à reprendre la manoeuvre.Il \u2014 Sur les récifs SUR les bancs de vogue, ce fut alors le morne désespoir.Jamais encore les Barbaresques n\u2019avaient exigé des malheureux un semblable effort ; pourtant à l\u2019agitation de leurs gardes, les Chrétiens comprirent tout en ramant qu\u2019il se passait quelque Dessin de JEAN MILLET chose d\u2019anormal.Les chiourmes échangeaient entre eux de grands gestes, et le maître de vogue regardait fréquemment vers le pont tout en continuant machinalement de frapper son billot à coups de marteau.\u2014 Courage encore !.Pour la seconde fois, Henri de Vitrac entendit son voisin lui murmurer la même parole de confiance.Il haussa les épaules.Sa lamentable situation lui interdisait d\u2019espérer en effet.Que pourrait-il faire, enchaîné comme il l\u2019était ?En admettant même que la galère fût attaquée, abordée ou éperonnée par un bâtiment chrétien, il resterait condamné à s\u2019engloutir dans les flots avec le bâtiment vaincu.Les chaînes solides qui le rivaient à son banc de souffrance ne pouvaient laisser subsister à ce sujet la moindre illusion.Et Isabelle ?Que deviendrait Isabelle?.Implacablement, la même question se posait à l\u2019esprit enfiévré du jeune homme, ses tortures morales s\u2019affirmaient plus atroces, plus considérables encore que ses souffrances physiques.Un coup de fouet du garde noir arracha l\u2019infortuné à ses angoissantes méditations, les ordres s\u2019échangeaient, de plus en plus fréquents entre le pont et l\u2019entrepont.Au ton inquiet du raïs et des matelots, les galériens comprenaient de plus en plus qu\u2019il allait se passer quelque chose d\u2019inattendu.De sa place* Henri surprit les regards d\u2019intelligence qu\u2019échangeaient certains d\u2019entre eux.Et son voisin ne fut pas un des derniers à adresser des signes de tête dans différentes directions, profitant de ce que les quatre gardes discutaient entre eux à voix basse et leur tournaient momentanément le dos.La nuit était tombée, une nuit claire et douce, mais du fond de leur geôle flottante, les prisonniers ne voyaient pas les étoiles, c\u2019était à peine si, d\u2019une moment à l\u2019autre, ils discernaient les traînées phosphorescentes qui apparaissaient fréquemment à la surface de la mer.Tout autour d\u2019eux, l\u2019atmosphère demeurait aussi lourde, aussi irrespirable, aussi empestée.La galère voguait beaucoup moins vite, ordres et contre-ordres se succédaient.La manoeuvre devenait d\u2019autant plus délicate\t[ Lire la suite page 13 \"1 10 Le Samedi.Montréal, 25 avril 1953 Pour M.et Mme David Brian (Adrian Booth), le printemps c'est le retour de la saison de la pêche.Mais comme ils n'ont pas le temps d'aller tendre leurs lignes loin des studios, ils vont pécher dans un étang situé non loin d'un restaurant de North Hollywood ou abonde la petite truite.\u2014 entre deux scènes de \"Breakthrough\", production Warner Bros.v mm On n'entend plus beaucoup parler de Deanna Durbin depuis qu'elle est remariée et mère de famille.On sait que sa voix d'or lui valut une fortune au cinéma.Elle respire ici la brise embaumée du printemps sur la colline avoisinant sa nouvelle villa.Ann Blyth pratique tous les sports et le lancement du lasso montée sur un petit cheval de l'Ouest, n'a plus de secrets pour elle.Elle doit se marier en juin avec le Dr H.Day, frère de Dennis Day.A Hollywood, c'est un perpétuel printemps, mais les vedettes fêtent tout de même le renouveau de la nature.L'acteur de cinéma Donald O'Connor, sa femme Given et leur fillette de deux ans, Donna, forment la petite famille du prochain film de Donald \"And Baby Makes Three\", une amusante comédie de Universal-International.LE PRINTEMPS REFLEURIT A HOLLYWOOD .¦ .y» 'h?SJÊggf -mm \u2014 ** \u201d ; », > ; Vq Toutes les vedettes de Hollywood, à moins d'être de simples figurantes, possèdent là-bas leur villa entourée de pelouse et de jardin.On voit ici Piper Laurie arrosant distraitement son gazon.5 **r L'actrice anglaise, Deborah Kerr habite en ce moment la Californie après avoir tourné \"King Solomon's Mines\" en Afrique et tenu le premier rôle, avec Robert Taylor dans le \"Quo Vadis\" de Metro-Goldwyn-Mayer à Rome.Nous retrouvons ici notre Donald O'Connor, joueur de golf aussi enthousiaste que Bob Hope et Bing Crosby, au moment où il quitte sa petite femme Given avant d'aller faire sa partie entre deux scènes de \"And Baby Makes Three\".» SSII Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 11 La boxe de minuit Voilà donc une mode nouvelle : organiser des réunions de boxe à minuit, en prenant comme cadre la salle de danse d\u2019un grand club de nuit.Il y a trois semaines, dans la salle des fêtes du cabaret Casino, de Cannes, France, c\u2019est à cette heure inaccoutumée que s\u2019est disputé un combat entre deux boxeurs poids-moyens de France et d\u2019Angleterre.Le décalage des heures des spectacles est très sensible, depuis quelques années.Le rideau se lève dans les théâtres vers neuf heures.Certaines petites scènes n\u2019illuminent leur rampe qu\u2019à dix heures.D\u2019autres n\u2019ouvrent même leurs portes qu\u2019à partir de minuit.Même chose pour certains cinémas qui, sur les boulevards, donnent une deuxième représentation pour les noctambules endurcis et qui commence à minuit trente.Les spectacles sportifs vont-ils suivre le mouvement ?C\u2019est fort possible, car des promoteurs américains veulent tenter leurs chances, en organisant des soirées de boxe, dans un vaste club de nuit de New-York, une fois par mois.Ils ont l\u2019intention de demander vingt-cinq dollars par billet.Donc, ces combats seront réservés aux gens assez riches ou à ceux qui tiennent à paraître plus riches qu\u2019ils ne le sont, en réalité.On dîne tard, à Paris, à Londres et à New-York.Comme un peu partout, dans les arènes de boxe, le combat vedette ne passe jamais avant dix heures.Lorsque les combats préliminaires se terminent avant la limite, l'organisateur doit s\u2019arranger pour boucher les trous, par des matches de remplacement.La boxe de minuit reste, cependant, une exception et on ne peut organiser des tournois de boxe à une heure aussi tardive que dans les cabarets des grandes villes, où les oiseaux de nuit fourmillent.Si aucun règlement ne peut s\u2019opposer à ce qu\u2019un combat ait lieu à une heure quelconque du jour ou de la nuit, (on ne tolérerait pas ces réunions nocturnes, à Montréal), il s\u2019est trouvé quelques officiels mécontents de voir assimiler la boxe à une attraction.Les membres de la Fédération ont, toutefois, autorisé les réunions, à tort ou à raison.Les combats ont lieu sous leurs règlements et sont tous sincères, paraît-il.Nous en doutons.D\u2019un autre côté, ces combats ne peuvent être qu\u2019une excellente propagande pour le sport pugilistique.Une chose certaine, c\u2019est que ces réunions de boxe ne sont pas télévisées.Voyez-vous, sur l\u2019écran, une certaine partie de spectateurs, des grosses légumes pour la plupart, un peu éméchés, après avoir ingurgité force libations ?Après un tango et une valse, un roulement de caisse, ponctué d\u2019un coup de cymbale, dégage la piste.Le» joueurs de baseball du Japon sont des plus rapides sur les sentiers.Ils courent comme des lièvres et donnent le meilleur d'eux-mêmes, lorsqu'il s'agit de voler .un but.On voit, au cours d'une joute de championnat entre les clubs Futase et Ujiyamada, à Tokyo, le rapide et audacieux MAYAUCHI (à gauche), du club Futase, voler le second sain et sauf, non sans avoir catapulter le second-but adversaire HAGATA, qu'il envoya promener tête première à dix pieds du coussin.Lui-même dût exécuter un mouvement acrobatique, pour atteindre son but.Depuis la fin de la dernière guerre, les Japonais ont leurs petites prétentions.Ils se croient de taille à concurrencer les joueurs des ligues majeures, sans ramasser de casquettes.A notre avis, ils ont encore un grand nombre de croûtes à manger, avant de rivaliser d'efforts avec les As du losange de l'Oncle Sam, quoique, depuis près de neuf ans, des instructeurs compétents américains leur enseignent, à Tokyo, toutes les finesses du baseball.MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR Les danseurs regagnent leurs places.Puis, en quelques minutes, le rond de boxe apparaît, comme par enchantement.L\u2019annonceur prévient que ce n\u2019est plus une salle de danse, mais une salle où l\u2019on va faire du sport violent.Il explique, en quelques mots, la nuance.Et les choses bien au point, qe souffrant aucun malentendu, le premier combat commence.Les lumières éteintes plongent la salle dans l\u2019ombre.Seul le rond de boxe semble un enclos illuminé et ceinturé de cordes.\u2014 Enfin, les résultats sont annoncés, le jazz, cette folie du siècle, reprend son rythme assommant et l\u2019arène de boxe disparaît.Chaque genre de sporf possède un grand nombre de joueurs superstitieux Des athlètes professionnels superstitieux \u2014 cela sonne étrangement, mais c\u2019est, pourtant, la réalité ! Beaucoup de sportifs se présentent avec plus de tranquillité à la lutte, si certains signes précurseurs leur ont été favorables.Ou s\u2019ils savent qu\u2019un talisman aimé se trouve à leur proximité.Les cas les plus absurdes se rencontrent aux Etats-Unis.L\u2019équipe de rugby de West-Point possède un mulet, celle d\u2019Annapolis une chèvre, comme porte-bonheur.L\u2019école supérieure de Pine-bluff, une petite ville de l\u2019Arkansas, dépasse tout.En effet, elle dispose d\u2019un zèbre auquel on attribue de véritables pouvoirs miraculeux.Cette école a gagné, depuis quinze ans, treize championnats de rugby, de ballon-au-panier et de baseball.De plus, les joueurs portent des costumes striés de blanc et de noir.Les célèbres Yankees de New-York d\u2019il y a 25 ans avaient, comme porte-bonheur, un bossu qui, avant chaque joute, apportait les bâtons de baseball et les déposait un à un sur un brancard.Les fameux Babe Ruth, Lou Gehrig, Tony Lazzeri, Bill Dickey, etc, vivaient, en effet, depuis des années, avec la croyance qu\u2019ils ne pouvaient compter sur une victoire que si ce bossu avait, d\u2019abord, touché les bâtons cylindriques.Les redoutables Yankees d\u2019aujourd\u2019hui ne semblent pas avoir cette petite manie ! Tant mieux ! L\u2019ancien champion mondial des boxeurs poids-lourds, Jim Jeffries, décédé récemment, exigeait que son petit ami bossu l\u2019accompagnât jusqu\u2019à l\u2019arène.Il en fut ainsi du fameux boxeur Stanley Ketchell, qui avait toujours un ami bossu auprès du ring.Les Cardinaux de St-Louis possèdent un os de poulet, que leur entraîneur découvrit, en prenant un repas.A une joute de baseball, alors qu\u2019ils vainquirent l\u2019adversaire, un changement se produisit.A la mi-saison de 1928, ils occupaient la dernière place.L\u2019os fut conservé dans une petite cassette et, chaque fois avant de commencer la partie, les joueurs passaient solennellement devant la boîte en touchant l\u2019os.Ils remportèrent le championnat.Ce n\u2019est ni un conte moyenâgeux, ni une invention.Une grande agence d\u2019informations a divulgué ce culte étrange.Lorsque les deux grands yachts « Enterprise » et « Shamrock-V » inaugurèrent les régates, en vue de la Coupe d\u2019Amérique, les deux bateaux étaient complètement remplis de fétiches, de talismans et d\u2019un tas de choses stupides.Feu Sir Thomas Lipton acceptait avec reconnaissance tous les talismans que lui adressaient ses amis.C\u2019est ainsi que, sur ses deux bateaux se trouvaient toutes sortes de pierres, de statuettes et de débris.Des moqueurs prétendent, pourtant, que Sir Thomas Lipton, le roi du thé, avait fait trop de place à la chance sur ses yachts.C\u2019est la raison pour laquelle il perdit la majorité de ses courses.Dans presque tous les cas, la croyance dans le porte-bonheur est individuelle.Chaque genre de sport possède toujours des personnes superstitieuses de ce genre.La boxe, semble, pourtant, se trouver en tête, car là les exceptions sont rares.Déjà, le premier champion du monde des boxeurs poids-lourds à poings gantés, John L.Sullivan, s\u2019estimait favorisé par le sort, lorsqu\u2019il grimpait le premier, à travers les cordes.C\u2019est pourquoi il laissait toujours son adversaire passer devant lui.Bob Fitzsimmons, un autre maître, faisait un grand détour devant toutes les échelles.Benny Leonard, qui offrit son titre de champion du monde des poids-légers, appartient au groupe moderne des superstitieux.Avant de pénétrer dans l\u2019arène, il prenait rapidement un morceau de gomme à mâcher.Un de ses prédécesseurs, Battling Nelson, n\u2019avait confiance que dans les rondes, se dénombrant par un chiffre impair.La plupart des clubs de baseball des ligues organisées refusent toujours de se laisser photographier, avant le commencement d\u2019une partie.Cela signifie, pour eux, une provocation du sort.Il ne faut pas que les bâtons soient déposés, les uns par-dessus les autres, devant l\u2019abri des joueurs.La majorité des joueurs se croisent l\u2019index et le majeur, quand ils veulent souhaiter à un coéquipier un coup simple opportun, qui décide de la victoire.Parmi nos joueurs de hockey professionnels, nous avons plusieurs exemples de superstition.Mais il faut avouer que le plus grand nombre des joueurs de hockey sont à l\u2019abri de ces petites manies inoffensives, certes, mais souvent ridicules.«Ils Mmi ; PptPi *t*nc nous aiderait à supporter nos misères, si nous n\u2019avions pas ça ?\u2014 Fille charmante !.pensait Antoine, à qui je pourrais donner tout le bonheur rêvé, et qui, si elle savait qui je suis, me le refuserait peut-être.Réprimant un soupir et lui tendant la main : \u2014 Je ne rentre pas chez moi, dit-il, je vais déjeuner chez un ami ; mais, à bientôt, mademoiselle Pâquerette ! \u2014 Oui, venez nous voir, vous nous ferez plaisir.Et, le quittant : \u2014 Au revoir, monsieur Antoine.Il la suivit des yeux jusqu\u2019au détour de la rue d\u2019Ulm et s\u2019en alla rêveur.Puis, comme un écolier amoureux, il revint sur ses pas pour regarder le chemin qu\u2019elle avait pris, resta ensuite quelques instants immobile sur ce large trottoir qui entoure le Panthéon et où tous deux s\u2019étaient arrêtés tout à l\u2019heure.Et alors, il eut un rire amer : \u2014 Est-ce que, par hasard, je serais assez fou pour m\u2019éprendre de cette jeune fille ?Oserais-je donc, moi, Antoine Perceval, offrir à cet être pur un nom déshonoré ?Et une rougeur lui monta au front.Ah ! jamais, plus qu\u2019à cette heure, la pensée du crime qu'il avait commis ne s\u2019était présentée à son esprit, plus lourde, plus écrasante.plus intolérable.Tout songeur, il descendit le boulevard Saint-Michel et gagna la rive droite.Le matin même, il avait reçu de son frère une lettre lui faisant part de sa nouvelle installation en plein quartier des Champs-Elysées : rue François-Ier.Cinq heures sonnaient à la Madeleine, Antoine avisa un fiacre et y monta.C\u2019était l\u2019heure du retour des courses.Tout à coup, répondant au signa! donné par le bâton blanc d\u2019un agent, les voitures revenant du Bois s\u2019arrêtèrent en longues files et, dans l\u2019une d\u2019elles, élégante victoria capitonnée de bleu, apparut aux yeux d\u2019Antoine un couple qui ne lui était point inconnu.\u2014 Le comte de Burlow.Mme de Hautmont.pensa-t-il.« Il y a quinze jours, ils étaient à Vichy, et, maintenant, les voilà à Paris, tous deux : décidément, ce pauvre Laurent en porte.et de longues ! Ah ! ah ! la grande Mademoiselle le lui fait payer cher, le crime commis pour elle ! « Tout se paye, ici-bas ; j\u2019aurai mon heure, moi aussi.Le châtiment viendra pour moi comme pour Laurent.Ce fut dans cette disposition d\u2019esprit qu\u2019il descendit de voiture devant le petit hôtel habité par Bernard.Avec sa lourde porte cochère massive, ses hautes fenêtres, sa façade quelque peu noircie par le temps, il avait vraiment grand air, cet hôtel.malgré sa petitesse.Antoine sonna.Un concierge habillé de noir vint ouvrir, s\u2019effaça pour laisser passer le visiteur.\u2014 Monsieur a un rendez-vous ?Monsieur est attendu, sans doute ?dit un valet de chambre qui venait d\u2019accourir sur le seuil du hall déjà brillamment éclairé par des globes électriques.Hall superbe où des marbres.des plantes des tropiques, araucarias, palmiers, tout un choix de fleurs d\u2019hiver aux teintes variées se détachaient nettement dans l\u2019éblouissement des lumières voilées par des abat-jour de soie.\u2014 Mais quel luxe ! D\u2019où vient cette fortune subite ?C\u2019est douche, extrêmement louche ! pensa Antoine.Et, sans se soucier du valet qui le suit obséquieux, lui demandant toujours : « Monsieur a un rendez-vous ?Monsieur est attendu ?» il se dirige vers une portière de velours qu\u2019il soulève et, sans se retourner : \u2014 Oui ! je suis attendu par mon frère.\u2014 Oh ! que Monsieur me pardonne.dit le valet confus.Ce petit colloque avait duré quelques minutes et ce fut Bernard qui, par sa présence, vint l\u2019interrompre : \u2014 Enfin.te voilà ! \u2014 Oui, me voici.en chair et en os, et j\u2019ai cru un instant qu\u2019on allait me mettre dehors.Chez toi, c\u2019est pire que chez un ministre, mon cher ! \u2014 Eh ! mon frère, on n\u2019est pas ministre, mais peut-être le deviendra-t-on un jour ! Qui sait ?« La vie est si bizarre, et si renversantes les surprises qu\u2019elle réserve quelquefois ! \u2014 Diable ! fit Antoine en examinant la magnifique pièce dans laquelle ils se trouvaient, mes compliments, tu es installé chiquement.\u2014 C\u2019est que je travaille dur, tu sais ; nous autres, les artistes peintres, n\u2019avons jamais, en cette saison surtout, de repos : les aquarelles se vendent bien.« Tu as réussi, toi aussi, il paraît ?\u2014 Au-delà de toute espérance.\u2014 Et tu cumules! dit Bernard en allumant une cigarette ; tu es devenu presque milliardaire, un des plus riches armateurs et banquiers de toute l\u2019Amérique du Sud ! \u2014 Qu\u2019en sais-tu ?Je n\u2019ai jamais fait de confidences à personne.\u2014 Bah ! est-ce que tout ne se sait pas ?surtout ces choses-là.«Ah! on en sait bien plus encore.\u2014 Eh bien! parle.Que dit-on ?\u2014 Qu\u2019à tes heures, tu es devenu philanthrope : que tu n\u2019hésites pas, quand il le faut, à te réfugier dans un misérable petit logement, comme le premier ouvrier venu.\u2014 E n\u2019y a plus que mon adresse à te donner.\u2014 Très facile : rue Lhomond, 19 bis.\u2014 Et moi qui voulais garder l\u2019incognito ! Mais tu es vraiment bien informé ' Comme tu le vois !.et je me suis demandé souvent dans quel but tu agis ainsi, reprit Bernard en allumant une deuxième cigarette.\u2014 Je veille sur ceux que tu as abandonnés, fit Antoine d\u2019un ton glacial.¦ Je sais : Madeleine habite là, dans ce bouge, avec ses enfants et son vieux père.L habitation est modeste mais est loin d\u2019être un bouge.Ils travaillent là, ils vivent, et ta Régine, belle comme le jour, va bientôt avoir seize ans ! Et Marcelin marche sur ses quatorze ! continua Antoine.Dans quelques années, ce sera un homme ! C\u2019est, paraît-il, un travailleur.Si Madeleine n\u2019était pas si orgueilleuse, j\u2019aurais pu l\u2019aider, reprit Bernard en haussant les épaules.mais elle ne veut pas.Tant pis pour elle.Lui as-tu jamais offert quelque chose ?Mais non, n\u2019est-ce pas, l\u2019idée Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 19 t\u2019en est peut-être venue, cela te suffit ! Tu libères ta conscience à bon compte, mon cher.\u2014 Laisse là tes sarcasmes immérités, Antoine, puisque je vais te donner la preuve que je cherche une solution.\u2014 Voyons ?De quoi s\u2019agit-il ?\u2014 Oh ! d\u2019une idée fort simple et toute naturelle.Voilà : j\u2019ai songé à enlever à Madeleine une lourde charge en me chargeant désormais de Régine, si elle y consent.« Je la ferai riche et heureuse.\u2014 Riche, certes ! interrompit Antoine qui sentait déjà monter en lui une sourde colère.Riche, je l\u2019admets.mais heureuse.ça, c\u2019est une autre affaire.«Et voilà donc ta trouvaille!.Bien digne de toi, ce projet! Ainsi, après avoir lâchement abandonné Madeleine tu voudrais maintenant essayer de lui voler les caresses de sa fille.le coeur de son enfant?.C\u2019est tout simplement monstrueux ! Vraiment ! rétorqua Bernard, je n ai donc pas le droit d\u2019assurer le bonheur de ma petite Régine ! « Quant a HÆarcelin, qu\u2019il suive sa route de misère, je ne m\u2019occuperai point de lui, je le laisserai à Madeleine, il la consolera.Qu\u2019elle le garde !.C\u2019est un homme, n\u2019est-ce pas, et l\u2019école de l\u2019adversité est le meilleur apprentissage de la vie.^ Nous avons passé par là, mon cher frère, et nous voici riches tous les deux.« E fera comme nous.il se débrouillera.\u2014 Ainsi, ce que tu me demandes reprit Antoine, c\u2019est tout simp\u2019ement de préparer la pauvre maman et la chère petite à cette éventualité ?« C\u2019est de trouver des arguments pour la convaincre des nécessités de cette séparation que je trouve odieuse, inhumaine, monstrueuse ?Tout à coup, après avoir discrètement frappé, un laquais entra, et, sur un plateau d\u2019argent massif, tendit à son maître une carte de visite.Bernard pâlit en lisant le nom gravé sur le bristol armorié : \u2014 Ulrich de Burlow ! Et, malgré lui, il répéta ce nom.\u2014 Ulrich de Burlow murmura Antoi- * ne d\u2019une voix presque imperceptible.\u2014 Tu connais M.de Burlow ?interrogea anxieusement Bernard, en même temps qu\u2019il donnait l\u2019ordre au valet de pied d\u2019introduire le visiteur.Mais déjà son frère s\u2019était ressaisi.H venait de se souvenir de cette étrange personne qui, sans marchander, lui avait payé cinq cent mille francs le magnifique collier destiné à Mme de Hautmont, quand il était encore M.Morgan.Il répondit simplement : \u2014 Burlow ?Non, je ne connais pas ! Les accointances de Bernard avec cet Allemand de marque le surprenaient douloureusement.Et il se demandait avec angoisse si ce frère, qu\u2019il aimait malgré tout, n\u2019était pas un de ces êtres innommables, rebuts de l\u2019humanité, qu\u2019on appelle des espions.Ah ! U voulait en avoir le coeur net, le doute était trop horrible.Et, pour s\u2019en assurer, il hasarda : \u2014 Alors, je te laisse, mon cher Bernard, je reviendrai dans une heure.\u2014 Tu plaisantes, mon bon ; cette visite désagréable, je dois la subir, mais nous avons d\u2019autres affaires autrement intéressantes à traiter, toi et moi : tu vas tout bonnement passer dans mon cabinet de travail, où tu trouveras des livres, des journaux, pour distraire ta solitude que je m\u2019efforcerai d\u2019abréger.Et, soulevant la portière, il fit passer son frère dans la pièce attenante au salon, puis, 0 appuya sur un timbre électrique.Sanglé dans sa redingote noire, d\u2019un pas raide et imposant, son éternel monocle d\u2019or à l\u2019oeil gauche, Ulrich fit deux ou trois pas vers Bernard, et, sans lui tendre la main, après une légère inclination de tête qui pouvait à la rigueur passer pour un salut, il attaqua d\u2019une voix sèche et dure qu\u2019il s\u2019efforçait de rendre aimable : \u2014 Monsieur Perceval, nous sommes de vieilles connaissances.sans nous être jamais vus, toutefois.« J\u2019ai reçu vos lettres et vos rapports.et je tenais à venir personnellement vous remercier de vos louables efforts pour nous satisfaire.«J\u2019espère pouvoir encore compter sur votre dévouement, car, si je suis ici aujourd\u2019hui, c\u2019est que j\u2019ai à vous parler d\u2019une nouvelle mission toute confidentielle pour laquelle nous paierons largement.« Nous sommes bien seuls ?.Bernard, sans qu\u2019un muscle de son visage ait tressailli, lui fit un signe affirmatif en l\u2019invitant à s\u2019asseoir, tandis qu\u2019il restait debout, adossé au canapé où Burlow venait de prendre place.Il tournait ainsi le dos à la portière derrière laquelle, tout à l\u2019heure, venait de disparaître Antoine Perceval.La porte était fermée, point d\u2019indiscrétion à redouter.Mais, Ulrich, après une pause, continuait : \u2014 Ne craignez rien, mon cher Français, il ne s\u2019agit pas de préparer contre les vôtres une guerre très prochaine : mais nous devons, vous comprenez bien, en vue de cette éventualité inévitable, prendre nos précautions.« Bref, voici ce qui m\u2019amène.A ce moment, la portière se souleva doucement : quelqu\u2019un, derrière, écoutait, dans l\u2019ombre, invisible aux deux interlocuteurs.Bernard, nous l\u2019avons dit, tournait le dos à cette porte.\u2014 J\u2019arrive d\u2019une longue exploration dans le département de l\u2019Aisne ; des carrières y seront à vendre dans quelques années, par suite de l\u2019expiration du bail de l\u2019exploitant actuel.« Ces carrières sont immenses, très profondes, et possèdent d\u2019innombrables ramifications à quelques dizaines de kilomètres à la ronde.« Il s\u2019agirait de veiller au grain et d\u2019avoir, là-bas, un homme de confiance qui nous tiendrait au courant de la marche des négociations futures.« Il nous faut ces carrières, entendez-vous, monsieur Perceval, coûte que coûte ?.« Vous comprenez sans peine tout l\u2019intérêt de cette acquisition : inutile de vous dire que celui qui \u2014 vous, en l\u2019espèce ( si vous aoceptez, ce dont je ne doute pas ) \u2014 assurera cette indispensable possession, peut compter sur notre reconnaissance monnayée.Une fortune est à vous pour faciliter cette acquisition.«L\u2019affaire n\u2019offre aucun danger.« Pour l\u2019exploitation, en attendant, on pourrait, pendant nos travaux souterrains, en masquer, ce me semble, la destination postérieure en leur trouvant une utilisation immédiate.« Ces voûtes calcaires feraient une champignonnière superbe.Qu\u2019en pensez-vous ?\u2014 Compris, monsieur, murmura Bernard, l\u2019oeil maintenant fixé sur cette portière qu\u2019il venait ostensiblement de voir remuer brusquement.Il eût voulu s\u2019élancer, mais l\u2019angoisse le clouait sur place.\u2014 Vous avez carte blanche.Un général très en vue de notre état-major viendra sous peu vous trouver : vous irez ensemble visiter le département en question, où vous le piloterez de votre mieux.\u2014 Entendu.monsieur le comte de Burlow, fit Bernard Perceval d\u2019une voix blanche.jd \u2018ütflfc'JUHtôfllOUlt.QUESTIONS 1.\tUne sorte d\u2019ourlet en drap qui borde la couverture de certains vêtements ?2.\tLa lime arrondie dont les bouchers se servent pour aiguiser leurs couteaux ?3.\tSe dit d\u2019un nom commun aux deux sexes ?4.\tLa ressemblance entre des mots de différentes langues ?5.\tUn cheval qui n\u2019a pas un seul poil blanc dans sa robe ?6.\tLa science de l\u2019élevage des lapins domestiques ?7.\tPetit canal en contre-bas d\u2019un trottoir ?8.\tAnneau qu\u2019on place à un plafond pour y suspendre un lustre ?9.\tFaute de chronologie qui consiste à placer un événement plus tard que l\u2019époque à laquelle il est arrivé ?10.Le plateau dans lequel on fait tomber, à l\u2019aide d\u2019une brosse, les miettes dont la table est couverte ?REPONSES 'S3f)3lUl~3SSVUlVl Uf} -QX '3msiuoj.xiovj.vj -g ¦pU0}-3Jl X -g ¦3)13Unj 'l \u2022a-injjnoiunQ -g \u2022uivz 2va3\\[0 ufi -ç aisvmouojvj \\ '3U33ldj -g \u2022jiu-ap-ananb au/j -g 'liod-sssvd ufi -j L\u2019histoire des Postes canadiennes\u2014N° 4 Les services postaux marchent de pair avec le progrès du Canada La rapide construction de chemins de fer dans les régions nouvellement colonisées du Canada accéléra le service postal durant les années qui précédèrent la Confédération, en 1867.Avant d\u2019emprunter le chemin de fer, le courrier voyageait par bateau, en voitures attelées, ou en traîneaux à chiens, ou même à dos de facteurs en raquettes.Même dans les parties relativement populeuses du pays, le transport était lent.En 1854, durant l\u2019hiver il fallait 10\tjours et demi pour transporter le courrier entre Québec et Windsor.Trois ans plus tard, en chemin de fer, 11\tne fallait plus que deux jours et deux nuits.Vint ensuite une autre amélioration: le tri des correspondances dans les trains.Cette innovation, d\u2019abord introduite en Grande-Bretagne, fut adoptée par les Postes canadiennes sept ans avant qu\u2019el le le fût aux Etats-Unis.Les améliorations se sont succédé et les recettes ne suffisaient pas toujours à défrayer l\u2019extension et le perfectionnement du réseau postal.Un des progrès les plus marquants a été la distribution rurale des correspondances qui, en 1908, porta la livraison par facteurs au delà des villes.AUJOURD\u2019HUI, C\u2019EST LE SERVICE \"TOUT-PAR-AVION\u201d POUR LES OBJETS DE LA PREMIÈRE CLASSE Toujours promptes à répondre aux besoms d\u2019une époque consciente des avantages de l\u2019aviation, les Postes canadiennes transmettent maintenant par avion les lettres de la première classe {pesant jusqu\u2019à une once), destinées au Canada, pour 4 cents {taxe ordinaire d\u2019une once) entre tous les endroits au Canada desservis par des lignes aériennes à horaire régulier, lorsqu\u2019il y a place à bord des avions.Les envois-avion affranchis au tarif de 1 cents ont, bien entendu, la priorité.Le service \u201cTOUT-PAR-AVION\u201d est un service EXTRA que donne la Poste.Il fait partie de son plan de livrer le courrier mieux et plus vite.Ne manquez pas d\u2019affranchir complètement vos envois, écrivez lisiblement, postez tôt.\u2014Aidez la Poste à vous bien servir.POSTES CANADA Hon.Alcide Côté,\tTT.J.Turnbull C.R., M.P.\tSous-ministre Ministre des Postes\tdes Postes 20 \u2014 Vous comprenez ce que j\u2019entends par le mot.piloter, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oh ! parfaitement.\u2014 Ce n\u2019est pas tout : pendant que vous explorerez ce département de l\u2019Aisne, voisin de la Belgique, d\u2019autres recherches s\u2019imposent : il nous faut le pian de toutes les principales villes, la désignation des hôtels et des établissements industriels les mieux cotés.Mais Bernard ne l\u2019écoutait pas.D\u2019une pâleur livide, il fixait la portière.Enfin, n\u2019y tenant plus, il se précipita vers la porte.La portière retombait lourdement : E n\u2019y avait personne !.Ce mouvement, si rapide qu\u2019il fût, n\u2019avait pas échappé à Ulrich : \u2014 Qu\u2019y a-t-il ?\u2014 Rien, j\u2019avais cru entendre du bruit par là.Et brusquement, sans le moindre salut, comme un maître puissant qui vient de jeter ses ordres à un vil laquais, M.de Burlow prit son chapeau, qu\u2019il avait posé près de lui, sur le canapé, et sortit du salon.Bernard fit un mouvement pour l\u2019accompagner, mais déjà les pas s\u2019éloignèrent rapidement.Ce qui s\u2019était passé se devine aisément.Nous savons dans quel état d\u2019esprit Antoine avait pénétré dans le cabinet de travail de son frère.Sa main hésitante avait peut-être exercé une torsion trop faible sur le bouton de la porte.ou bien la serrure défectueuse ne fonctionnait-elle pas très bien.Bref, le pêne avait glissé, et la porte, sans bruit, s\u2019était rouverte doucement.Antoine s\u2019en aperçut au moment où, ayant pris un livre au hasard dans la bibliothèque, il venait de s\u2019asseoir au bureau pour le lire.Son appréhension de tout à l\u2019heure hantait peut-être son cerveau ! Enfin, il se leva pour aller refermer cette porte entrouverte.Le tapis moelleux étouffait le bruit de ses pas.Là, dans le salon voisin, le comte de Burlow était assis.Les deux interlocuteurs causaient à mi-voix, mais pas une syllabe n\u2019échappait à l\u2019oreille fine d\u2019Antoine Perce-val.C\u2019était donc vrai ?Ah ! son sang ne fit qu\u2019un tour.et déjà il allait s\u2019élancer, mais il eut le triste courage de demeurer là, immobile, morne et désolé.et il connut toute l'infamie du misérable qui était son frère.Son parti fut vite pris, car, en son coeur de Français, le souffle immaculé de l\u2019ardeur patriotique venait, en une seconde, de transfigurer cet être qui se croyait lui-même méprisable et honni.Devant la vision d\u2019horreur des atrocités évoquées soüs ses yeux.décidé à tout pour empêcher cet horrible destin de s\u2019accomplir, il s\u2019était enfui comme un fou.Tête nue, son chapeau à la main, il a gagné les Champs-Elysées.D\u2019un pas rapide, il arpente les avenues, désertes à cette heure.Où va-t-il ?il n\u2019eût su le dire.Il n\u2019a qu\u2019un but : s\u2019éloigner de ce quartier maudit, pour le moment du moins, car, poussé comme par une force invincible, le voici de nouveau passant et repassant dans la large rue aristocratique et silencieuse.L\u2019hôtel des Perceval est brillamment éclairé.Derrière les vitres et les stores de dentelle, des silhouettes circulent.Longtemps, il reste là, faisant les cent pas devant cette maison où, tout à l\u2019heure, il éprouva le plus grand déchirement de sa vie.Son crime, à lui, ne pouvait être comparé à celui de son frère, car il pou- vait, lui, se réhabiliter : rendre à Valentine la fortune volée au profit d\u2019une autre ; obliger cette autre à restituer les millions de Jean de Frileuse.Il pouvait, enfin, laver sa conscience en s\u2019imposant le sacrifice immense de l\u2019aveu.Mais lui, Bernard !.quand, pour satisfaire à son ambition, à son amour de la grande vie, il aurait apporté sa pierre à l\u2019écrasement possible d\u2019un peuple, à l\u2019anéantissement de sa patrie, comment réparerait-il ?Ce fut en se posant ces questions qu\u2019il revint chez son frère et entra dans ce cabinet de travail où Bernard, soucieux ne l\u2019attendait plus.En l\u2019apercevant, Bernard tressaillit.Impassible, les bras croisés sur la poitrine, Antoine l\u2019accablait d\u2019un regard foudroyant.Et il lui dit : \u2014 Ah ! te voilà.Enfin, d\u2019où viens-tu?Après ton inexplicable fugue de tout à l\u2019heure, je ne croyais pas te revoir et j\u2019allais me mettre à table sans toi.\u2014 E eût peut-être mieux valu pour tous deux que je ne revienne jamais dans cette maison maudite, répondit Antoine d\u2019une voix sombre.\u2014 Et pourquoi es-tu revenu, mon cher frère, alors ?\u2014 Pour te cracher à la face tout le dégoût que tu m\u2019inspires.Et, d\u2019un geste bref, montrant la portière de tapisserie dont les plis mouvants avaient tout à l\u2019heure si fort intrigué Bernard : des carrières y sont à vendre ?«Eh bien! tu arriveras trop tard: c\u2019est moi qui les achèterai, et pour mon propre compte.\u2014 Prends garde ! \u2014 A quoi?Est-ce une menace?\u2014 Oh ! de moi, tu n\u2019as rien à craindre : tu es mon frère, tu portes mon nom.mais, des autres, tout est à redouter.Ne leur barre pas le chemin, il pourrait t\u2019en cuire.plus tard.« Du reste, ce n\u2019est pas demain que j\u2019irai voir ces carrières qui sont à vendre : nous avons le temps.E s\u2019écoulera peut-être des mois avant que nous ayons conclu un marché.Rien ne presse.« Il ne s\u2019agit, pour le moment, que de renseignements à prendre.\u2014 Renseignements qui se payent.fit froidement Antoine.\u2014 Tout se paye.Tu dois le savoir aussi bien que moi.Et, s\u2019arrêtant brusquement devant son frère terrifié par tant d\u2019audace : \u2014 Ce ne sont certainement pas tes appointements de olerc de notaire, continua-t-il, qui t\u2019ont mis dans la situation où tu es.« Or, si j\u2019en crois quelques on-dit, tu es tout simplement devenu millionnaire.« Tu te dissimules, maintenant, sous un faux nom : à Vichy, d\u2019où tu viens, tu te nommais Morgan ; ici, à Paris, où bien des gens te connaissent, tu as repris notre nom de Perceval que tu n\u2019aurais jamais eu à rayer de ta vie si tu ne l\u2019avais déshonoré.Le vrai « snob » est celui qui craint d\u2019avouer qu\u2019il s\u2019ennuie quand il s\u2019ennuie et qu\u2019il s\u2019amuse quand il s\u2019amuse.Paul Valéry.\u2022 Ne souhaite pas Nathanael trouver Dieu ailleurs que partout.Chaque créature indique Dieu, aucune ne le révèle.Dès que notre regard s\u2019arrête à elle, chaque créature nous détourne de Dieu.A.Gide.\u2014 J\u2019étais là!.dit-il d\u2019un ton sec; j\u2019ai tout entendu.\u2014 Ah ! c\u2019est cela ?reprit Bernard avec aplomb.« Eh bien ! après ?Ne suis-je pas libre de diriger ma vie comme bon me semble ?M\u2019as-tu demandé des conseils, toi, pour arranger la tienne ?Et si, dans ton passé, on voulait fouiller attentivement, n\u2019y trouverait-on rien ?«Est-ce à moi que tu feras croire qu\u2019on s\u2019enrichit aussi vite que tu l\u2019as fait, sans le concours de circonstances plus ou moins tragiques, plus ou moins mystérieuses quelquefois ?Et, avec un regard inquisiteur sur son frère : \u2014 N\u2019en a-t-il pas été ainsi pour toi ?Ne m\u2019as-tu pas toujours soigneusement caché l\u2019événement \u2014 grave, sans doute, \u2014 auquel tu dois le commencement de ta fortune ?« Je ne t\u2019en fais pas un reproche.Loin de là ! « Tu as réussi.tant mieux.« Je te le répète : comme moi, tu es libre.libre d\u2019arranger ta vie comme il te plaît.\u2014 Pas en servant l\u2019Allemagne, toujours.pas en vendant mon pays, monsieur l\u2019espion ! \u2014\tAh ! la belle tirade ! Tu es éloquent, mon cher.De grâce ! parle plus bas.nous ne sommes point seuls dans cette maison et les murs ont des oreilles.\u2014\tOui, les portières aussi ! répond Antoine, la voix mordante.Se rapprochant de Bernard : \u2014\tAlors, reprit-il, d\u2019une voix sourde, c\u2019est donc vrai, que tu travailles pour le compte de cet officier prussien ?que tu vas te rendre dans les villes du Nord pour y acheter des terrains destinés à devenir des abris, des tranchées, des pièges à Français ! C\u2019est donc vrai, que \u2014 Le nom de notre père ! fit Antoine dont les lourdes paupières s\u2019abaissaient sous le regard ardent de Bernard.« Oui, tu l\u2019as dit : toi et moi, l\u2019avons avili.«Nous sommes deux misérables.« Bien que j\u2019aie du moins la joie de penser que je n\u2019ai jamais vendu mon pays, je ne vaux pas mieux que toi.« Je connais le secret de ta vie ; je l'ai connu par surprise et j\u2019ai eu honte, alors, d\u2019être ton frère.honte du sang qui coule dans mes veines, parce qu\u2019il est aussi le tien.« Mais, moi aussi, j\u2019ai mon secret, et tu l\u2019ignores.« Tu ne pourrais deviner ce qui a pu changer, bouleverser mon existence autrefois si calme : je veux m\u2019infliger le châtiment de te le faire savoir.Et, comme Bernard voulait protester : \u2014 Quoi qu\u2019il m\u2019en coûte, je parlerai ! appuya Antoine.«J\u2019ai vendu un testament à une femme, dit-il, à une femme dont j\u2019aurais voulu être aimé ! « Quelle folie ! Comme si c\u2019eût été possible que moi, pauvre petit derc de notaire de campagne, j\u2019aie pu seulement être remarqué par cette fille, jeune, belle, que j\u2019admirais !.que je convoitais !.que, caché dans les profondeurs des forêts, blotti dans l\u2019ombre, j\u2019attendais pendant des heures quelquefois.pour la maigre satisfaction de la voir, elle, la fière amazone, passer comme un météore devant mes yeux éblouis.«Puis, elle vint un soir me trouver dans mon étude, cette femme que j\u2019aimais, et toutes mes illusions tombèrent : je compris que, pour cette patricienne, j\u2019étais l\u2019étranger, l\u2019indifférent, l\u2019être négatif dont on veut ignorer tout, même le nom.Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 «Alors mes idées changèrent brusquement, et ce que j\u2019aurais fait pour l\u2019aumône d\u2019un peu d\u2019amour, je le fis pour de l\u2019argent beaucoup d\u2019argent.\u2014 Et.tu lui vendis le testament de Jean de Frileuse, n\u2019est-ce pas ?\u2014\tComment ! tu savais ?\u2014\tOui, je savais.« Je connaissais ta vie, mon frère, comme tu connais la mienne ! et je m\u2019étonne que tu me condamnes, car nous nous valons.« Il est trop tard pour reculer, tu sais.« Ne ferais-tu pas mieux de t\u2019associer à nos projets ?« Tu es riche ! tu pourrais nous aider.\u2014\tMerci.« Je ne suis pas encore tombé aussi bas.Suis ta route, si tu veux ; laisse-moi suivre la mienne.Je la suivrai loin du reste, et je la suivrai seul.« Je n\u2019ai pas d\u2019enfants qui aient à me demander des comptes, moi.Tu oublies trop les tiens, Bernard ! et que ta fille et ton fils seront un jour en droit de te maudire : l\u2019une, parce que tu as abandonné sa mère ; l\u2019autre, futur défenseur de la France, parce que tu travailles à vendre ta patrie ! E partit sur ces mots.Eperdu, il se retrouva dans la vaste rue aristocratique et silencieuse, regagna les Champs-Elysées, et, là seulement, commença à respirer plus librement, à se ressaisir, à repasser dans son esprit ce qu\u2019il avait vu et entendu tout à l\u2019heure.Son parti était bien pris : demain, il prendrait le rapide de Bordeaux et, là, le paquebot de Buenos-Aires.Entre la France et lui, M allait mettre des centaines de lieues.Mais, en ce moment même où U songeait à quitter Paris à tout jamais peut-être, un doux visage de femme passait devant lui.E voulait revoir.Pâquerette ! A quel sentiment obéissait-il ?E n\u2019eût su le dire ! mais le souvenir de cette séduisante ouvrière de Paris s\u2019était soudainement et impérieusement emparé de son esprit.Du reste, en la voyant, elle, il reverrait aussi Valentine, Madeleine et ses enfants ; car, n\u2019étaient-ils pas tous réunis dans cette pauvre et calme maison de la rue Lhomond qu\u2019il lui fallait quitter demain pour toujours ?Alors, machinalement, comme poussé par une force invincible, il se dirigea vers la rive gauche, vers ces boulevards toujours bruyants, toujours débordants de cette joie renouvelée.Quand il pénétra dans sa maison, U ne s\u2019attarda point chez la mère Victoire qui, très occupée à lire son Lyon Républicain, ne tourna même point la tête.E monta rapidement l\u2019escalier sombre, à peine éclairé par une lampe à huile déposée sur le rebord d\u2019une fenêtre du premier étage ; et s\u2019arrêtant devant le logement de Valentine, il sonna timidement.Un pas léger se fit entendre.La porte s\u2019ouvrit et Pâquerette parut, une petite lampe à la main.Surprise, elle ne reconnut pas tout d\u2019abord le visiteur.Puis, soudain, avec un cri de joie : \u2014 Monsieur Antoine ! mais c\u2019est monsieur Antoine ! \u2014 Oui, mademoiselle ; vous êtes étonnée, n est-ce pas, de me voir aussi tard ?Ce n\u2019est pourtant pas la dernière visite que je dois faire ce soir, car je pars demain.Et vous venez nous faire vos adieux ?demanda Pâquerette.Entrez donc, monsieur, Valentine, qui a si souvent entendu parler de vous, sera très heureuse de vous voir.Un froufrou de jupe se fit entendre dans la pièce voisine, un bruit de chaises rangées à la hâte : devant Valentine, inquiété et un peu pâle, Antoine parut. Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 21 \u2014 Voilà notre voisin, dit Pâquerette.Et, désignant un siège au visiteur : \u2014 Asseyez-vous, monsieur Antoine.Vous ne nous dérangez pas du tout, car on ne se couche pas de bonne heure, ici, vous savez ! On coud, on raccommode : il faut bien, n\u2019est-ce pas, si l\u2019on ne veut pas être en loques ?« Pensez donc !.demain dimanche, il faut se faire belle ! Et Antoine, légèrement attendri, pensait, en regardant l\u2019ouvrière, qu\u2019elle n aurait pas grand\u2019peine à se faire belle.De sa voix la plus douce : \u2014 Et que faites-vous donc demain ?demanda-t-il.\u2014 Demain ?nous allons au bois de Vincennes, nous faisons une partie de campagne monstre avec les Aubert.« Ah ! nous avions projeté cela depuis quelques jours, tous nos préparatifs sont faits.« Papa Aubert, qui doit garder la maison, fait cuire ce soir des oeufs durs, Valentine et moi fournissons le jambon.Et, montrant le buffet : \u2014 Il est là.et il a bonne mine, je vous en réponds.\u2014 Eh bien ! et le dessert ?demanda Antoine en souriant.\u2014 C\u2019est Mme Madeleine qui s\u2019en charge : elle achètera des pêches.Ça.c\u2019est surtout pour faire plaisir à son Marcelin : il les adore !.et il mérite bien qu\u2019on le gâte un peu, le gamin ! « Si vous saviez comme il travaille bien ! Il a sauté une classe cette année, au lycée ! et voilà qu\u2019il vient d\u2019être deux fois premier ! « Il mérite une récompense, cet enfant.Ce langage simple réconfortait Antoine.En entendant prononcer le nom du fils de son frère, son coeur bondit : une joie, une fierté, qu\u2019il ne pouvait dissimuler, brillaient dans ses yeux.Valentine, elle.se taisait, mais ses regards ne pouvaient se détacher d\u2019Antoine.Tout à coup, une lumière se fit dans son esprit.\u2014 Je vous ai rencontré quelquefois* dans l\u2019escalier, monsieur, dit-elle très calme ; mais, dans l\u2019ombre, je ne vous avais pas reconnu.\u2014 Et.aujourd\u2019hui ?\u2014 Aujourd\u2019hui, je vous reconnais: « Vous étiez autrefois le mandataire de l\u2019homme d\u2019affaires de Mlle de Frileuse, devenue depuis Mme de Haut-mont.\u2014 J\u2019ai eu ce malheur, oui, mademoiselle.\u2014 Oh ! je ne vous en veux pas, monsieur.Vous étiez payé pour servir les intérêts qui n\u2019étaient pas les miens, aussi je crois bien me souvenir que nous ne fûmes pas d\u2019accord.« J\u2019ai refusé de quitter un pays d\u2019ou cette femme voulait me chasser, et ce refus d\u2019accéder à son désir non seulement me fit perdre les rentes qui m\u2019étaient offertes pour fuir à jamais la maison où j\u2019étais si malheureuse depuis la mort de Jean, mais encore déchaîna dans le coeur de mon ennemie toutes les colères ; colères qui ont abouti à un crime : car ma fille m\u2019a été enlevée, monsieur, et, certainement, votre noble cliente ne fut point étrangère à ce rapt.L\u2019embarras du visiteur n\u2019échappait point à Pâquerette : \u2014 Te voilà maintenant lancée dans tous les souvenirs, dit-elle pour faire diversion à ce sujet pénible.Tu ne dormiras pas de la nuit.\u2014 Moi, je vis avec mes souvenirs, et les êtres auxquels je pense sans cesse sont tellement présents à mes yeux qu\u2019il me semble les voir, les toucher quelquefois.\u2014 C\u2019est la résignation, à défaut de bonheur, dit Antoine très grave.\u2014 Résignation qui a été lente à venir, monsieur.Quant au bonheur, il pourrait encore revenir.avec ma fille ! Et, se tournant vers Pâquerette dont le joli visage s\u2019était brusquement assombri : \u2014 Dieu ne m\u2019a pas tout pris à la fois : elle m\u2019est restée, elle ! et quand je la regarde, j\u2019oublie presque mes peines.« Elle ne vit point de souvenirs, comme moi.Sa vie, toute de travail, fut toujours si pure ! Elle ne vit que de rêves, d\u2019illusions, de confiance en l\u2019avenir.« Puisse-t-elle n\u2019être pas déçue ! Antoine s\u2019était assis en face des deux femmes.Pour la première fois depuis bien longtemps, peut-être, il se sentait heureux : une paix très douce descendait en lui.Dans cet intérieur honnête, tout près de ces humbles dont les grands coeurs sont souvent ignorés ou méconnus, il revivait ; il oubliait le luxueux hôtel de Bernard, les infâmes secrets qu\u2019il avait surpris !.Il eût voulu oublier, surtout, la détermination qu\u2019il avait prise de quitter la France !.Un fluide magnétique le retenait, là ! comme en extase : Pâquerette lui souriait.\u2014- Allons ! pensa-t-il, je suis indigne de cette enfant.Je dois partir, je partirai.Et, redressant sa haute taille, se rappelant ce pourquoi il était là.\u2014 Je suis venu vous faire mes adieux, dit-il, très calme.\u2014 Vos adieux ?\u2014 Oui, mademoiselle Pâquerette, je vais partir demain pour Bordeaux et, de là, je m\u2019embarquerai pour l\u2019Amérique du Sud.Un silence se fit.Un instant, Antoine resta dans la contemplation de ces deux femmes dont l\u2019une avait été sa victime, se demandant maintenant comment il avait eu l\u2019audace de la revoir, cette Valentine ! de toucher, pour ainsi dire du doigt, cette misère ! qui était son oeuvre.Et de la voir si résignée, cette innocente victime de la créature néfaste qu\u2019était Gladys de Frileuse.il se faisait horreur à lui-même.Il avait hâte de fuir ces lieux qui lui rappelaient sa participation au crime.En face de Pâquerette et de Valentine qui le regardaient très graves, une pâleur morbide envahissait son front : il fut sur le point de se trouver mal.Et, comme dans un souffle : \u2014 Que n\u2019êtes-vous ma femme, mademoiselle Pâquerette ! je vous emmènerais avec moi.et j\u2019emmènerais aussi votre amie ! Et je vous ferais si heureuses toutes deux qu\u2019après avoir vécu en Amérique vous ne pourriez plus vivre en France.En entendant ces paroles, Pâquerette avait tressailli.Sur l\u2019homme immobile devant elle et dont l\u2019accent était si sincère, elle jeta un regard d\u2019indicible surprise.Ses admirables yeux bleus s\u2019embrumèrent, un sourire erra sur ses lèvres pâles, et ce fut tout.Ces paroles, qui cependant lui allaient droit au coeur, elle ne les releva point.\u2014 Alors, adieu, monsieur, dit-elle en tendant ses deux mains à Antoine.\u2014 Non, pas adieu.mais au revoir ! \u2014 Il va voir les Aubert, sans doute, dit Valentine.\u2014 Leur faire aussi ses adieux.Et, avec une pointe de mélancolie qui n\u2019échappa point à Valentine : \u2014 C\u2019est égal, ajouta-t-elle, j\u2019aurais préféré qu\u2019il nous restât.\u2014 Tu dis ?\u2014 Des folies, peut-être ! mais ce voisin était vraiment charmant.Un peu triste, il est vrai : je crois qu\u2019il n\u2019aurait PÜ Ma, !.; - \u2018 fromage Jmpcrîal Mac Larens Une exclusivité KRAFT Ah! a UêCê ¦\u2019 BON AVEC DES BISCUITS Une trouvaille! Un cheddar naturel fort qui s'étend comme du beurre! Le Fromage Imperial MacLaren\u2019s a mûri un an ou plus.Il a le goût piquant du fromage ancien.BON EN SANDWICH Pour un copieux sandwich ordinaire ou un délicat sandwich de fantaisie, le MacLaren\u2019s est toujours délicieux! BON AVEC LES DESSERTS Servez du MacLaren\u2019s avec de la tarte aux pommes ou des fruits frais.Mettez-en au centre de votre plateau des fromages, avec marinades et biscuits soda.S\u2019obtient en paquets de Ve 1b.et de 1 lb.MesRecettes Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI Croquettes aux légumes 1 tasse de purée de pommes de terre 2 oeufs battus 3 c.à tb.de lait\t1 c.à thé de poudre à pâte 1 tasse de blé d'Inde en conserve\tV2 tasse de farine tamisée 1 c.à tb.de persil frais haché\t1 c.à thé de sel Mélanger tous les ingrédients dans l\u2019ordre donné.Jeter par cuillerées à thé sur une tôle bien graissée et cuire à four chaud 400° F.jusqu\u2019à ce que ce soit bien doré.On peut servir ces croquettes avec des oeufs brouillés.6 à 8 services.Pouding au chocolat 2 tasses de farine tamisée V4 de c.à thé de sel Ve tasse d\u2019eau 2V2 carrés de chocolat Ve tasse de pommes de 4V2 c.à thé de poudre à pâte 1 tasse de sirop de maïs 1 oeuf battu 3 c.à tb.de shortening fondu terre écrasées chaudes Tamiser ensemble la farine, la poudre à pâte et le sel.Mélanger le sirop avec l\u2019eau et ajouter à la farine.Y brasser les pommes de terre et l\u2019oeuf bien battu.Ajouter le chocolat fondu au-dessus de l\u2019eau chaude et le shortening.Bien mélanger.Verser dans des moules individuels bien graissés ou à défaut des verres à gelée ou des tasses, placer ces moules dans une lèchefrite qui contient de l\u2019eau chaude et cuire au four de 350° F.jusqu\u2019à ce que ce soit bien ferme.Servir avec une sauce mousseuse.Sauce mousseuse : Mettre dans un bain-marie 1 blanc d\u2019oeuf, % de tasse de cassonade, 3 c.à tb.d\u2019eau froide.Battre le tout au moussoir jusqu\u2019à ce que ce soit bien mousseux et ferme.Y ajouter au goût 5 ou 6 carrés de guimauve hachés.Tourner au moussoir pour faire fondre la guimauve.6 services.Tarte à la crème Moka 1 tasse de café fort\tCrème fouettée\t1 c.à thé de vanille 1 tasse de lait évaporé ou V2 tasse de lait et V2 tasse de crème 5 c.a tb.d amidon de maïs ou cornstarch % de tasse de sucre\t1 oeuf légèrement battu Ve c.à thé de sel 1 croûte de tarte préalablement cuite Mélanger le sucre, le cornstarch et le sel et mettre dans une casserole.Chauffer ensemble le lait et le café, ajouter au premier mélange en brassant constamment Cuire au-dessus de l\u2019eau bouillante jusqu\u2019à épaississement en brassant constamment pour que le mélange soit bien lisse.Battre l\u2019oeuf, y ajouter un peu de crème chaude pour bien mélanger et verser dans la première préparation.Remettre le tout au bain-marie et cuire 1 à 2 minutes.Refroidir, aromatiser, verser dans la croûte de tarte cuite.Couvrir de crème fouettée.Servir bien froid.6 à 8 services 22 pas fallu compter sur lui pour nous égayer.Valentine s\u2019était levée et, vers Pâquerette soucieuse, le coude sur la table la tête dans les mains, elle s\u2019approcha doucement vers son amie : \u2014 Qu\u2019as-tu ?dit-elle en souriant.Te voilà toute pensive ! Je n\u2019aime point te voir comme ça : ce n\u2019est pas dans ton caractère.« Est-ce que, par hasard, il y aurait du nouveau dans ton petit coeur ?Ce serait aller un peu vite !.tu sais ! « Comment ! tu as rencontré cet homme ce matin, tu as fait un bout de chemin avec lui, tu le revois ce soir, et te voilà toute changée ?« L\u2019aimerais-tu ?Ce serait insensé.« Est-ce qu\u2019on peut aimer un homme qu\u2019on ne connaît pas ?sans savoir seulement d\u2019où il vient ?qui il est ?\u2014 Tu le connais, toi ?\u2014 Oui, je l\u2019ai vu dans de tristes circonstances.\u2014 Mais, fit Pâquerette d\u2019une voix vibrante, je ne t\u2019ai pas dit que j\u2019aime cet inconnu : il m\u2019a impressionnée, voilà tout.Le son de sa voix a été jusqu\u2019à mon coeur, je ne le cache pas.mais, de là à avoir de l\u2019amour, il y a du chemin, je suppose.«Et puis.est-ce que je peux être aimée, moi ?Est-ce que je ne suis pas une abandonnée ?une enfant trouvée recueillie par l\u2019Assistance publique ?« Ce nom de Fontange, dont m\u2019a baptisée la mairie, est-il celui de mon père ?de ma mère ?«Ah! pour n\u2019en pas pleurer, j\u2019en ai souvent ri, de ce nom d\u2019emprunt.« Que viens-tu parler d\u2019amour à une fille comme moi qui ne doit connaître de la vie que le travail et borner toute son ambition à finir ailleurs que sur un lit d\u2019hôpital ?\u2014 Alors, tu n\u2019as pas d\u2019autre objectif que cela ?Et mon affection pour toi.tu la comptes pour rien ?dit Valentine la voix brisée.\u2014 Oh ! tu sais bien le contraire.et que, jusqu\u2019ici, elle a été tout ou.presque tout pour moi, ton affection.\u2014 Presque tout.oui, tu es sincère ! car, si tu ne l\u2019aimes pas encore.cet inconnu, tu ne vas pas tarder à l\u2019airner.Rappelle-toi ce que je te dis.\u2014 Cela.c\u2019est une autre question.Et, avec un soupir : \u2014 Hélas ! peut-on jamais répondre du coeur d\u2019un homme ?\u2014 Tu n\u2019as pourtant pas eu à te plaindre de Jean de Frileuse ?\u2014 Non, certes ! il m\u2019aimait.il adorait sa fille ! Et pourtant, à sa naissance, il ne l\u2019a pas reconnue, comme j\u2019étais en droit de l\u2019espérer.Et notre enfant n\u2019a pas de nom, elle non plus ! elle est venue grossir la liste des déshérités de la vie.Et, avec un soupir : \u2014 Par suite, il nous a laissées, elle et moi, dans la misère, comme tu le sais.\u2014 C\u2019est pourtant vrai.« Si Bluette avait porté le nom de son père, elle aurait hérité du comte de Frileuse.\u2014 Et voilà pourquoi je ne crois plus à l\u2019amour des hommes, murmura Valentine.Depuis la mort de Jean, le caractère de Mlle Mornas était complètement changé.Elle, si douce par nature, avait parfois maintenant des moments de révolte.Oh ! si Antoine allait lui °nlever Pâquerette ! Lui enlever Pâquerette ! Antoine a pu y songer, mais ce désir a eu la durée d\u2019un éclair ; le remords l\u2019a éteint.Lentement, il vient de monter chez les Aubert où Madeleine, avec joie, le reconnaît, lui tend les mains : \u2014 J\u2019ai su que vous aviez loué, ici, dit-elle.J\u2019ai su que vous aviez passé comme une ombre, mais y fussiez-vous resté que j\u2019aurais soigneusement cherché à vous éviter ! « Le nom de Perceval est devenu tellement odieux à mon père que, s\u2019il vous avait su si près de nous, il m\u2019aurait obligée certainement à déménager.\u2014 Ce nom.ses petits-enfants le portent cependant, dit Antoine avec amertume.\u2014 Eux ?Oh ! non.On les désigne par leurs prénoms, le plus souvent.Du reste, le nom d\u2019Aubert a remplacé le leur.\u2014 Je ne vois personne auprès de vous ?interrogea Antoine en jetant autour de lui un regard investigateur.\u2014 Ils sont tous les trois dans la salle à manger : mon vieux père dort ; Marcelin apprend ses leçons, fait ses devoirs ; Régine, qui gagne déjà sa vie, travaille.«Voulez-vous les voir, mon cher Antoine ?En achevant ces paroles, elle entrou vrit la porte de la chambre voisine et, dans la lumière blafarde d\u2019une petite lampe, Marcelin et Régine apparurent rayonnants de jeunesse et de beauté.Régine et Marcelin se levèrent.Etendu dans son grand fauteuil Voltaire, le grand-père dormait toujours.\u2014 Voici mes enfants, dit Madeleine d'une voix grave.« Si vous voyez Bernard, vous pourrez lui dire qu\u2019ils sont beaux, n\u2019est-ce pas?Vous pourrez lui dire aussi que leur père est bien mort pour eux, que son nom n\u2019est jamais prononcé ici.Elle avait dit cela très bas ; cependant, les enfants l\u2019avaient entendu.Un voile de brume passa devant les magnifiques yeux bleus de la jeune fille ; une larme apparut à la pointe des cils, mais, vivement refoulée, elle ne tomba pas.\u2014 Régine pleure ! dit Marcelin, que ce chagrin de sa soeur faisait sortir de sa réserve accoutumée.Madeleine lui fit un signe.\u2014 Tu viens d'éveiller grand-père ! dit-elle.En effet, le vieillard avait ouvert les yeux et, debout maintenant, examinait Antoine d\u2019un air surpris.\u2014 De grâce, ne dites pas qui vous êtes ! murmura Madeleine en se rapprochant de son beau-père.Et, se tournant vers le vieillard : \u2014 C\u2019est un monsieur qui nous apporte de l\u2019ouvrage.\u2014 Ah! de l\u2019ouvrage pour Régine?Alors, soyez le bienvenu, monsieur.Puis, lentement, il retomba sur son fauteuil et se tut.Les deux enfants se remirent au tra vail, Madeleine et Antoine revinrent dans la chambre voisine.\u2014 Avant de quitter la France, peut-être à tout jamais, j\u2019ai tenu à vous voir, dit Antoine.« J\u2019avais eu ce désir bien souvent, mais j\u2019avais toujours hésité à venir : je craignais d\u2019être mal reçu, de raviver vos chagrins.«Mais, hier, j\u2019ai vu Bernard et il a été question de Régine.\u2014 De Régine ?répéta Madeleine d\u2019un air irrité.\u2014 Oui.Calmez-vous.« Vous ne pouvez pas empêcher un père de penser à sa fille ! \u2014 Il est temps, vraiment.Et.que disait-il de sa fille ?demanda Madeleine d\u2019une voix étranglée par l\u2019émotion.Antoine eut un moment d\u2019hésitation.Oserait-il jamais dire à cette femme, à cette mère, ce pourquoi il était venu ?Oserait-il faire part du projet qui avait été formé de lui prendre son enfant ?N\u2019avait-il pas dit à Bernard que jamais il ne se chargerait d\u2019une telle mission ?Et pourtant, il faut parler.Et voila qu\u2019avec une inconscience qu\u2019il ne s\u2019explique pas, avec un calme dont il est lui-même surpris, il expose à Madeleine la proposition de Bernard concernant Régine.Sans colère, cette fois, elle l\u2019écouta ; mais, le regard hautain : \u2014 Je ferai ce que Régine voudra, dit-elle.« Si son père exprime le désir de la prendre avec lui et de lui faire une vie plus douce que célle que nous pouvons lui offrir, je ne me reconnais pas le droit de la retenir.« Elle-même jugera, mais je connais son coeur : quoi qu\u2019il arrive, on ne me la prendra jamais tout entière, elle me reviendra.« Quant à Marcelin, il sera soldat parce qu\u2019il le veut.Il est à la France avant d\u2019être à moi !.Il travaille, le cher enfant, dans le but d\u2019entrer un jour à Saint-Cyr.Je lui laisse ses espérances, ses illusions ! Je lui cache les sacrifices que nous avons à faire pour qu\u2019il puisse atteindre à la réalisation de ses rêves.« Pour le moment, nous travaillons dur, Régine et moi, pour payer les frais d\u2019études, lui acheter des livres.«A ohaque jour suffit sa peine ; plus tard, on verra.« En attendant, on ne mange pas toujours à sa faim et on grelotte parfois l\u2019hiver.« Mais l\u2019enfant est là.penché sous la lampe.il travaille, s\u2019acharne à la recherche de problèmes ardus.qu\u2019il trouve souvent ! Et nous ne songeons plus à nous plaindre.\u2014 Eh bien ! Madeleine, murmura Antoine, oubliez la proposition que l\u2019on m\u2019a chargé de vous faire.« Croyez-moi, gardez vos enfants près de vous ! toujours.\u2014 De cette proposition, j\u2019aviserai Régine et ferai ce qu\u2019elle voudra.La misère est dure pour une jeune fille : le luxe peut la tenter.Et, à mi-voix : \u2014 L\u2019occasion aussi.qui sait ?\u2014 Madeleine ! murmura Antoine en se penchant vers elle, je vais vous quitter, peut-être pour toujours, et je vous dis un suprême adieu.Je ne puis plus vivre en France.J\u2019y étouffe, il me faut de grands espaces, d\u2019autres horizons pour oublier ; car, sachez-le, je ne vaux pas mieux que mon frère : les Perceval sont des maudits.\u2014 Antoine ! Antoine ! \u2014 Voilà pour Régine et Marcelin reprit-il en lui tendant une liasse de billets de banque.Et, comme elle les refusait : \u2014 Pour eux ! dit-il, rien que pour eux ! H partit.Sur le seuil de la loge, il aperçut la mère Victoire qui l\u2019attendait.\u2014 Alors, qu\u2019ai-je appris, monsieur Antoine, vous allez nous quitter ?Les hommes se distinguent par ce qu\u2019ils montrent et se ressemblent par ce qu\u2019ils cachent.Paul Valéry.La sculpture c\u2019est le dessin de tous les côtés.A.Rodin.Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 \u2014 Vous savez déjà cela?\u2014\tEh bien ! oui.Les mauvaises nouvelles se répandent encore plus vite que les bonnes.« Je viens justement de montrer une lettre à Mlle Pâquerette ; elle m\u2019a fait entrer et m\u2019a conté la chose : que vous alliez encore une fois vous embarquer pour l\u2019Amérique du Sud et pour tout de bon !.cette fois.« Cette pensée-là, voyez-vous, nous a bouleversées, car on vous aimait bien, ici.moi, surtout, pour qui vous avez été si bon ! Mais Antoine ne l\u2019écoutait pas, il avait hâte de partir.Il donna congé de son logement, mit une pièce de vingt francs dans la main de la mère Victoire et lui dit : \u2014\tVendez les meubles, gardez-en l\u2019argent.« Quand je reviendrai à Paris, \u2014 si j\u2019y reviens jamais, \u2014 vous me reverrez, soyez-en sûre : je n\u2019aurais garde d\u2019oublier cette petite maison de la rue Lhomond où, pour un temps trop court, j\u2019ai connu presque le bonheur.IV ÛN s\u2019était levé tôt chez les Aubert.Marcelin et Régine, habillés dès huit heures du matin, vinrent frapper à la porte de Pâquerette.\u2014 Nous voilà ! tout est prêt ! Les oeufs sont cuits, maman a fait le panier et, écoutez bien la grande nouvelle : nous avons un poulet.dit Régine avec emphase.\u2014 Un poulet !.murmurait Pâquerette tout en mettant son chapeau.Je n\u2019en reviens pas.Ah çà ! les Aubert auraient-ils gagné le gros lot depuis hier soir ?Non, ils n\u2019avaient pas gagné le gros lot, mais peu s\u2019en fallait ! Quelle n\u2019avait pas été, en effet, la stupéfaction de Madeleine quand, après le départ d\u2019Antoine, voulant se rendre compte du don que celui-ci l\u2019avait obligée d\u2019accepter pour ses enfants, elle eut à aligner sur la petite table placée devant elle dix beaux billets de mille.Mais.c'était un don de roi ! et qj\u2019al-lait-elle en faire, grand Dieu ! Le cacher d\u2019abord, ce trésor ! Le cacher aux yeux du père Aubert qui, s\u2019il en eût su la provenance, l\u2019eût refusé net, peut-être ! ou, tout au moins, fût entré dans une colère noire.Mais ceci arrêté, le coeur de Madeleine s\u2019ouvrit à la joie en songeant qu\u2019avec une pareille somme, elle pourrait ne plus regarder à rien pour l\u2019éducation Je son fils, qu\u2019elle pourrait le pousser jusqu\u2019où il voudrait aller.jusqu\u2019à Saint-Cyr.Ainsi, il serait officier, ce cher fils-officier tout de suite ! Et, à cette pensée, elle se sentait gonflée d\u2019orgueil.Puis, avec ces dix mille francs, que de choses n\u2019allait-elle pas faire encore ?Cette gêne de tous les jours, dans laquelle elle se débattait depuis si longtemps, allait enfin cesser.Descendus de voiture, ils se tuuvè-rent en plein bois ! Tout les charmait : la « Porte jaune », avec son lac miroitant sous ce pâle soleil d\u2019automne ; les feuilles couleur d\u2019or qu\u2019ils foulaient en riant sur les chemins et dans lesquelles ils enfonçaient jusqu\u2019aux chevilles ; même l\u2019odeur alléchante qui s\u2019exhalait les gaufres toutes chaudes et des marrons bien grillés offerts de-ci, de-là, à l\u2019appétit des promeneurs.Triomphante, Madeleine s\u2019arrêtait, et, tout en palpant les dix billets de mille donnés par Antoine et enfouis dans son corsage : \u2014 Dix sous de marrons, dix sous de gaufres.disait-elle aux marchands d\u2019un air dégagé. Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 23 \u2014\tMais quelle orgie ! se répétait encore Pâquerette, jamais, je n\u2019ai vu Madeleine si heureuse.Des heures s\u2019écoulèrent, qu\u2019ils se promenaient encore.La pensée de poser leurs paniers de victuailles et de se reposer dans un coin ensoleillé ne leur était même pas venue : ils allaient droit devant eux dans le silence des taillis, des sentes mystérieuses, trouvant parfois sur leur chemin un ruisselet vers lequel ils penchaient avidement pour regarder cette eau claire clapotant sur des pierrailles : ils s\u2019amusaient de tout ! Un vieux chien passa, crotté, tête basse, semblant épuisé, un de ces pauvres chiens perdus, chassés peut-être par les maîtres qu\u2019ils ont aimés et servis.Régine se baissa, prit dans le creux de sa main de l\u2019eau qu\u2019elle lui fit boire, lava son museau rouge de sang, car certainement il avait été blessé.Un coup de pierre, sans doute, lancé pat quelque méchant garçon.L\u2019animal, ahuri, se laissait faire.\u201411 aurait bien bu tout seul ! dit Marcelin souriant de l\u2019empressement de sa soeur.Le voilà qui se remet de ses émotions, tiens ! « Si nous voulons le rendre tout à fait heureux, installons-nous ici et invitons-le.à croquer les os de notre poulet.\u2014 Bonne idée! dit Valentine, car je commence à être fatiguée et à sentir la faim : on revit, au grand air.Les paniers furent vidés : victuailles et fruits furent déposés sur une serviette toute blanche.L\u2019endroit était bien choisi : à portée de la main s\u2019abaissaient les branches ; on y accrocha les chapeaux.Marcelin, lui, pour être plus apte à remplir ses fonctions de cavalier servant, y suspendit sa veste, et ce fut une vraie joie pour tous de s\u2019installer autour de ce festin de roi.Le vieux chien était là, lui aussi, couché près du ruisselet dont le murmure très doux l\u2019endormait ou plutôt semblait l\u2019endormir, car, à l\u2019odeur du poulet que Madeleine découpait en ce moment, il se ranima ; ses bons yeux à demi éteints s\u2019allumèrent, il essaya de se lever, mais ses pattes ne purent 1» soutenir : il tomba.La fatigue, quelque plaie cachée sous le poil, peut-être, avaient arrêté son élan.\u2014 Attends un peu, dit Marcelin, on va te servir, mon vieux camarade.Nous faisons la noce, aujourd\u2019hui : profites-en ! Nous ne la ferons pas à notre faim tous les jours.Et Madeleine, à cette parole de son fils, souriait, et, par un geste machinal, s\u2019assurait que son trésor était toujours là.\u2014 Si l\u2019on savait ! pensait-elle, on me dévaliserait en ce coin désert.« Bah ! nous sommes cinq, et il fait grand jour ! «C\u2019est égal.on est plus tranquille quand on n\u2019a rien.C\u2019était vraiment une belle journée d\u2019automne.Et, pour compléter la fête, voici que, dans le lointain, un peu de musique se fait entendre.Ce ne fut pas long.Quelques instants après, elle passait devant eux, la petite violoniste.accompagnée par un homme et une femme qui la rudoyaient de la voix.\u2014 Allons-y.VTà de la compagnie, disait la femme en obligeant la fillette a s\u2019arrêter.\u2014 Un coup d\u2019archet, hein ?et plus vite que ça ! « Tu n\u2019as pas gagné un sou, aujourd\u2019hui, et, si tu veux bouffer, il faut trimer dur avant la nuit.\u2014\tJe suis si fatiguée ! dit Bluette, dont la voix s\u2019enrouait.Une quinte de toux coupa ces dernières paroles.JUMELLES PUISSANTES SATISFACTION OU REMISE D'ARGENT PARFAITES POUR EVENEMENTS SPORTIFS, VOYAGE THEATRE, ETUDE DE LA NATURE.USAGE GENERAL.Cette illustration ] sente % de la grosseur normale.STRATTON Mfg.DEPT.103-R, 94 ADELAIDE ST.TORONTO, ONTARIO Co.WEST GRANDE PUISSANCE PORTFFCes puissantes jumelles à longue rul' LLp0rtée sont fabriquées avec préci-or 70 sion et exciteront l\u2019envie de vos L'a IU amis.Très légères.Quand vous .I « a rr vous en servirez pour ia première IVlILLLj fois vous serez étonné de la façon dont choses et personnes se rapprochent clairement de vous.Garantie pour service long et durable et émotions.SYSTEME OPTIQUE DE VALEUR IMPORTE COMPRENANT LENTILLES ENDUITES ET FOYER SYNCHRONISE Apportez-les dans vos randonnées en voiture, à la chasse et à la pêche, aux événements sportifs où vous obtenez un rapprochement de siège autour de l\u2019arène.Obtenez des vues de près fascinantes d\u2019oiseaux et d\u2019animaux sauvages.Voyez sans être vu.Si vous n\u2019avez Jamais possédé une paire de jumelles auparavant, ne perdez pas les émotions et le plaisir que cet appareil puissant vous offre.Comparez-les à toutes autres jumelles se détaillant $19.95.plein prix AU COMPLET AVEC BANDOULIERE Placez votre commande aujourd'hui.Envoyez comptant, chèque ou mandat* poste.Approvisionnement limité.Seule- ment \u2014 La toux ne paralyse pas les doigts : tu peux jouer, si tu ne peux pas chanter, reprit Pipe-en-Bois.« Pas vrai, Giacomo ?Si on voulait plaindre cette fainéante, on n\u2019en finirait plus.Distraitement, Valentine regardait cette enfant, sa fille ! et son coeur ne battait pas plus fort dans sa poitrine.Comment aurait-elle pu reconnaître dans cette misérable mendiante la jolie Bluette, l\u2019enfant tant choyée par Pierre Audoin ! Accotée contre un arbre, à demi cachée dans l\u2019ombre, Bluette restait immobile, les yeux à demi clos.Cette joie des autres l\u2019étonnait : il y avait donc des gens heureux sur terre ?Jusqu\u2019alors, personne, dans ce petit groupe, ne s\u2019était occupé d\u2019elle, si ce n\u2019est Marcelin qui lui souriait tristement, et le vieux chien qui ne la perdait pas de vue, devinant en elle sans Joute une compagne de misère.Mais, soudain, un coup d\u2019archet se fit entendre et, alors, tous levèrent la tête.Puis, sous les doigts grêles de Bluette frissonnante, une douce mélodie commença et le silence se fit parmi les dîneurs.Ils écoutaient, ravis.Quand ce fut fini : \u2014 Comme cette petite joue bien ! dit Pâquerette.Et, se penchant vers Valentine : \u2014 As-tu deux sous ?Ça vaut bien ça, tout de même.\u2014 Moi, à défaut d\u2019argent, je vais lui donner une pêche, dit Marcelin.\u2014 Oh ! si elle voulait seulement nous chanter quelque chose, murmura Régine.Pipe-en-Bois avait entendu ces pate-les.Bousculant Bluette qui venait de poser son violon à côté d\u2019elle : \u2014 Tu enterais ce que cette jolie demoiselle vient de dire ?cria Giacomo.\u2014 Oui, mais je ne peux pas ! Laisse-moi.« Demain.si vous voulez.C\u2019est impossible aujourd\u2019hui : je souffre, j\u2019ai mal à la poitrine.Et, comme Giacomo insistait : AVIS IMPORTANT\t A NOS LECTEURS ET DEPOSITAIRES\t \tPOUR des raisons très importantes nous tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que notre maison, la maison Poirier, Bessette & Cie, Limitée, ne possède et n\u2019édite que TROIS MAGAZINES, qui sont \tLE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM \tNous n\u2019avons donc aucun lien d\u2019aucune sorte avec tout autre magazine, revue ou publication quelconque de la Province de Québec.\tPOIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975-985, rue de Bullion,\tMontréal 18 à New York.une adresse qui est une marque de distinction X Entre les magasins chics de la 5ième Ave et le gai Broadway.m « Choisi par les grands voyageurs pour sa bonne ambiance.Vous y serez comme chez vous ! Seul, à partir de $4.50 par jour.Chambres doubles et suites.Son fameux \u201cInternational Room\u201d Son \u201cFiesta-Bar\u2019 climatisé feL Circle 7-1900 Ae I0**' 500 chambres, toutes avec bain.Télévision sur demande.NORTHERN 118 WEST 57th STREET ?NEW YORK 24 \u2014 Laissez-la donc tranquille, interrompit Régine qui regrettait déjà d\u2019avoir manifesté ce désir de l\u2019entendre.Cette enfant tousse : ayez pitié d\u2019elle.\u2014 C\u2019est bon, c\u2019est bon ! dit Giacomo ; qu\u2019elle en reste là.Elle aura tout de même bien le courage de tendre la main, je suppose.et je compte sur la générosité de la compagnie.Bluette, très lasse, s\u2019était avancée la main tendue : quelques sous y tombèrent, et doucement Marcelin y déposa la belle pèche dont il s\u2019était privé pour elle.En se retournant pour s\u2019en aller, el.e vit le vieux chien qui agitait sa queue et dont les bons yeux ne la quittaient pas.\u2014 Il est plus heureux que moi, celui-là ! pensa Bluette, il est aimé ! Soit qu\u2019il eût entendu cette plainte du coeur, soit qu\u2019il eût compris le douloureux regard de l\u2019enfant qui s éloignait, le chien se mit à suivre les misérables, s\u2019accrochant surtout à Bluette qui, tout en marchant, lui caressait la tête.\u2014 Voilà notre affaire! dit Pipe-en-Bois.Ce doit être un chien d\u2019aveugle, cette bête-là.il peut nous être d\u2019une grande utilité.Avec ça, Bluette ne regimbera pas à la porte de Notre-Dame ; ça lui fera un compagnon à quatre pattes : il tiendra la sébile.\u2014 Allons donc ! il faudrait le dresser et je n\u2019entends rien à ce truc-là, dit Giacomo.\u2014 Il est tout dressé.Il me semble l\u2019avoir vu quelque part, moi, cette vilaine bête.Cherche un peu dans tes souvenirs : tu ne te rappelles pas ce vieillard aveugle que l\u2019on rencontrait tous les soirs dans les jardins de l\u2019église de Saint-Médard ?\u2014 Eh bien ?\u2014 Eh bien ! c\u2019est son cabot, je parie ! Le vieux est mort et la bête cherche un autre maître.Bluette écoutait et son bon petit coeur battait de joie.Sur la tête de l\u2019animal, sa petite main passait et repassait plus doucement encore : un lien très fort venait de se former tout à coup entre ces deux êtres, tous deux malheureux ! D\u2019un même pas, ils s\u2019en allaient tout proches l\u2019un de l\u2019autre, comme s\u2019ils craignaient de se perdre.Et, ravie, le regard brillant d\u2019une joie qu\u2019elle ne pouvait cacher : \u2014 Je ne suis plus seule au monde, pensait l\u2019enfant ; ce pauvre toutou partagera mes peines, m\u2019aidera à vivre : j\u2019ai trouvé un ami.Et ils s\u2019éloignaient lentement tous les quatre et bientôt disparurent dans les profondeurs du bois, laissant derrière eux ces joyeux convives que la disparition de Bluette et du chien avait légèrement attristés.\u2014 Tu vois, dit Madeleine en se penchant vers Marcelin qui se taisait, il ne faut même pas compter sur la reconnaissance d\u2019un chien : celui-ci a mangé gloutonnement les os que tu lui a donnés, puis nous a quittés à l\u2019anglaise pour s\u2019attacher à cette petite mendiante.\u2014 Ce n\u2019est toujours pas la fortune qui l\u2019attire, mère.\u2014 Non, en vérité, dit Madeleine qui ne put s\u2019empêcher de rire.Du même coup machinal que tout à l\u2019heure, elle venait de s\u2019assurer que son trésor était toujours là.\u2014 Je suis de l\u2019avis de maman : ce chien est un ingrat, dit Régine en riant.\u2014 Mais non, mais non.je lui trouve, au contraire, beaucoup d\u2019esprit.« Qu\u2019aurions-nous fait de lui ?nous ne l\u2019aurions certainement pas emmené rue Lhomond.\u2014 Ça, c\u2019est vrai, dit Pâquerette en mordant à belles dents dans une succulente pêche qu\u2019elle venait de tirer du panier : la mère Victoire l\u2019aurait houspillé.et nous avec.Il ne faut pas de cabots dans les maisons bien tenues.Le chien s\u2019en allait, en effet, clopin-clopant à côté de Bluette qui, de temps à autre, s\u2019arrêtait pour le caresser.\u2014 Ce sera ton compagnon de route, dit Giacomo, en jetant sur la fillette un regard mauvais.« Si tu rapportes beaucoup d\u2019argent à la maison, on te le laissera ; sinon.on le chassera à coups de trique.Et, entre ses dents : \u2014 Sale bête, va ! \u2014 Il mendiera avec moi, dit simplement l\u2019enfant ; il y a des gens qui aiment les chiens, on me donnera à cause de lui.« Et puis.si on ne nous donne rien, nous nous flanquerons à la Seine tous les deux.voilà ! \u2014 C\u2019est ça, dit Pipe-en-Bois ; au moins, nous serons débarrassés de toi pour toujours.Puis, à Giacomo et à voix basse : \u2014 Cette coquine nous jouera certainement un mauvais tour, dit la mégère en secouant fortement Bluette par le bras.\u2014 Vous me faites mal ! gémit l\u2019enfant.Le chien avait grondé, montré ses crocs.\u2014 Tiens ! le v\u2019ià qui regimbe.cria Pipe-en-Bois en montrant le poing au pauvre animal.\u2014 Si vous .le battez je me sauve.murmura Bluette éperdue.Laissez-moi ce chien.Vous avez permis qu\u2019il me suive : vous ne voudriez pas le renvoyer, maintenant ?* Quand j\u2019irai à Paris toute seule, je jouerai et je chanterai, moi.et c\u2019est lui qui récoltera les sous.\u2014 Bah! un fainéant, un propre-à-rien ! Mais Bluette avait son idée : tirant de sa poche une petite sébile qui lui servait pour recueillir ses aumônes, elle la présenta au chien qui la saisit immédiatement avec ses dents et, quelques menaces qu\u2019on lui fît, refusa de la lâcher.\u2014 Tiens ! tiens ! dit Giacomo, qu\u2019e^t-ce que cela peut bien vouloir dire ?Il la tient bien droite, sa sébile, comme s\u2019il attendait qu\u2019on y mette quelque chose.Ce disant, il y déposa quelques sous.Oh ! surprise !.Voilà le chien qui salue à la façon militaire et qui, remuant la queue, va déposer son trésor entre les mains de Bluette.\u2014 Un chien d'aveugle ! tout dressé !.parfait !.disent les deux acolytes en riant et en se frottant les mains.\u2014 Ah !.ce qu\u2019on va le dorloter ! C\u2019est épatant tout de même, une trouvaille comme ça !.appuya Giacomo.« Tu peux te flatter d\u2019avoir trouvé là un fameux auxiliaire, ma petite Bluette.« A vous deux vous allez en faire, des recettes ! Des mille et des cent, quoi ! \u2014 C\u2019est comme qui dirait la fortune qui entre chez nous.C\u2019est pire que la poule aux oeufs d\u2019or, ma parole ! i Tu vas bien nous payer quelque chose pour fêter ça ?\u2014 Ma foi, oui ! nous allons tous festoyer dans un cabaret de Vincennes.Ils descendirent les sentiers conduisant au fort sans rencontrer âme qui vive.L\u2019humidité devenue pénétrante faisait frissonner Bluette.Une quinte de toux secoua sa poitrine.\u2014 Allons ! la voilà encore avec un rhume ! dit Giacomo.\u2014 Nous allons lui faire donner un grog bien chaud chez le prochain bistro.\u2014 Je n\u2019ai besoin de rien, dit l\u2019enfant COUPABLE ou NON-COUPABLE ?CHRONIQUE JUDICIAIRE par ROBERT MILLET.B.A.Pour obtenir une condamnation pour vol et recel contre un prévenu suffit-il d\u2019établir que les articles volés ont été trouvés au domicile de celui-ci ?C\u2019est une histoire un peu dans le genre de celles que raconta Schéhérazade pendant mille et une nuits.Madame est seule au logis.Un homme s\u2019y présente.C\u2019est un pur étranger que la maîtresse de maison n\u2019a jamais vu ni connu.Il porte quatre colis avec lui.Il ouvre et exhibe une quantité de beaux dessous et autres vêtements féminins.Il en offre alors quelques-uns à Madame, si elle veut bien se donner le trouble de garder les paquets chez elle en attendant qu\u2019il revienne en prendre possession.Sans penser le moins du monde à mal, l\u2019obligeante dame acquiesce et son étrange inconnu prend congé.Une fois seule, Madame fait un choix des articles qui lui font le plus envie et les dispose dans ses tiroirs.Le mari se montre à son tour et, une fois au courant de l\u2019aubaine, admire lui aussi les frêle et soyeux pijamas, dans lesquels il rêve déjà de voir son épouse.Le mystérieux étranger n\u2019est pas encore revenu cependant que des policiers s\u2019amènent.Ils perquisitionnent dans la maison et découvrent facilement les précieux colis, de même que les articles dans les tiroirs de bureaux.Tout cela a été volé et représente une valeur de $1,800.Pour conclure, le mari est traduit en Correctionnelle sous l\u2019accusation d\u2019avoir volé et recélé pour $1,800 de lingerie féminine.Le prévenu se défend en jurant qu\u2019il n\u2019avait pas l\u2019intention de s\u2019approprier le bien d\u2019autrui, car il ignorait même qu\u2019il y eut vol.L\u2019eût-il su que ces marchandises ne seraient pas restées un seul instant chez lui.COUPABLE ou NON-COUPABLE?NON-COUPABLE ! a décidé le Président du Tribunal dans un jugement rendu à Montréal, aux Sessions de la Paix, le 27 novembre 1952.Le Samedi, Montréal, 25 avril 1955 qui s'était arrêtée un instant pour reprendre haleine.\u2014 Tu ne diras pas ça tout à l\u2019heure, quand tu seras attablée dans un de ces établissements chics de la rue de Paris.On ira chez la mère Gaillard, tiens ! elle nous servira une omelette au rhum, je ne te dis que ça ! et un de ces poulets au blanc qu\u2019elle fricote comme personne : c\u2019est à s\u2019en lécher les quatre doigts et le pouce.« Tout ça arrosé d\u2019un de ces petits po-colos qui vous donnent du coeur au ventre, hein, mon Giacomo ?\u2014 Dame ! depuis le matin, on trime dur.\u2014 Je te crois.et nous avons fait une recette tout simplement.épatante ! \u2014 Je ne m\u2019épate pas pour si peu, moi.Trente-deux francs ! tu trouves ça énorme ?et tu comptes te payer avec ça un dîner qui en coûtera bien vingt ?\u2014 Ma vieille, reprit Giacomo philosophe, quand nous serons « dampsés », nous n\u2019aurons plus besoin de soupe.D'ailleurs, Bluette bien réconfortée nous revaudra ça demain.« J\u2019augure quelque chose de bon de sa première tournée avec le chien savant ! L\u2019enfant écoutait ce colloque sans rien dire.Son esprit était ailleurs.Sa pensée s\u2019envolait vers ces gens rencontrés tout à l\u2019heure dans le bois et qui semblaient si parfaitement heureux.Le doux visage de Régine et de Marcelin passait en ce moment devant ses yeux.La voix de ce dernier surtout trouvait un écho dans son âme.\u2014 Que ne suis-je comme eux ! pensait-elle.« Ils sont plus grands que moi et, cependant, ils ne vivent pas seuls.Leur mère était là, sans doute ; elle ne les a pas abandonnés, elle ! A cette pensée, une larme brilla dans ses jolis yeux bleus.Ah ! c\u2019est qu\u2019elle se souvenait, Bluette ! Elle n\u2019avait pas tout à fait oublié sa prime enfance passée là-bas, entre deux êtres qui l\u2019aimaient, dans ce village qui, par une illusion ordinaire à l\u2019enfance, lui paraissait très grand, et où il y avait la mer.La mer.avec ses vols de mouettes à la surface et ses grands bateaux à l\u2019horizon ! Depuis, elle avait beaucoup voyagé, certes ; elle avait traversé bien des villages, charmants aussi, bien des villes somptueuses, mais jamais elle n\u2019avait retrouvé ce coin de falaise où, tout en bas, grondait les flots, ces prairies plantées de pommiers que tordait le vent et sous lesquels elle aimait tant à s\u2019asseoir quand elle était toute petite.Et les jours, et les années s\u2019étaient écoulés, et Bluette ne parlait plus de son enfance.C\u2019était une résignée : elle ne se plaignait plus.\u2014 Les oiseaux chantent encore et toi, tu ne chantes plus ! dit Giacomo en secouant les épaules de Bluette.Il y a pourtant de la galette à gagner.« Tu vois ce café, en face les tramways ?Il est bien plein de monde : si tu voulais nous chanter ton grand air et nous jouer un morceau.nous pourrions ensuite apprécier le savoir-faire de ton sale cabot \u2014 Giacomo a raison, dit Pipe-en-Bois.« On soupera un peu plus tard, et tout sera dit.\u2014 Non, fit l\u2019enfant d\u2019une voix sourde, je ne jouerai plus aujourd\u2019hui, je suis trop fatiguée.\u2014 Voyez-vous ça ! \u2014 Je jouerais mal.je le sens.L\u2019enfant s\u2019entêtait : \u2014 Je ne peux pas jouer devant tant de monde que ça, moi ! ça me fait peur.Bluette avait découvert tout de suite, au premier rang, Marcelin et Régine attablés devant une bouteille de bière.A la table voisine, ces dames prenaient Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 25 un sirop de groseille.Ainsi, la fête avait été complète : ils se reposaient là, tranquillement, avant de reprendre le tramway qui devait les conduire au Châtelet La main sur son coeur, ou plutôt sur ses billets de mille : \u2014 C\u2019est moi qui paie ! avait dit gaî-ment Madeleine.On ne va pas festi-ner tous les jours au bois de Vincennes.Les yeux humides, elle regardait ses enfants.si joyeux à cette heure ! Et, songeant au dépôt sacré qui lui avait été fait pour eux, elle s\u2019enorgueillissait par avance.Ce Marcelin.comme elle serait fière de lui quand, brillant élève de Saint-Cyr, i en sortirait officier ! Officier !.comme ces jeunes gens de si belle allure, à l\u2019air si distingué, qui, tout en causant, passaient et repassaient en ce moment devant la terrasse du café ! Que dirait son père quand il le connaîtrait, quand il verrait comment son petit Marcelin a fait, sans lui ! son chemin dans la vie ?Ainsi, orgueil maternel, désir inavoué de vengeance, telles étaient les pensées qui venaient se heurter dans l\u2019esprit toujours troublé de Madeleine.H s\u2019y joignait également un sentiment de bonheur.La journée avait été si délicieuse et, entourée de ses enfants et de ses amies, elle en avait joui si pleinement ! Régine et Marcelin, eux, blottis dans l'ambre, regardaient avec tristesse la pâle enfant entrevue tout à l\u2019heure dans le bois, le vieux chien crotté qui la suivait ; et leurs coeurs se sentaient émus par tant de misère.\u2014 Il faut prendre des numéros, dit Pâquerette ; je crois que nous allons pouvoir partir ce coup-ci.H y a bien moins de monde que tout à l\u2019heure.« Tu y vas, Marcelin, demanda Valen- tine qui avait longtemps suivi des yeux la silhouette fugitive de Bduette.Mais le jeune homme était déjà parti.Et, revenant triomphant : \u2014 Nous allons pouvoir monter dans le tramway suivant.Paie vite les consommations, maman, et partons.Quelques instants après, la lourde voiture, bondée au-dedans et au-dehors, s\u2019ébranlait.Bluette aperçut, sur l\u2019impériale du tramway qui, à toute vitesse, filait vers le Louvre, ses petits amis du bois : Marcelin et Régine, et, de ses doigts longs et effilés, leur envoya un baiser.Baiser d\u2019enfant abandonnée, où elle avait mis toute son âme.TROISIEME PARTIE CHAPITRE PREMIER L\u2019hiver était venu rigoureux et froid.La neige tombait depuis quelques jours et Valentine et Pâquerette ne sortaient guère de chez elles que pour aller aux provisions.Maigres provisions, en vérité, car, depuis un mois, la misère régnait dans l\u2019humble logis de la rue Lhomond.Le travail n\u2019aidait plus comme autrefois.Coralie, pour ne pas paraître agir de parti pris, avait consenti d\u2019abord à leur donner un peu d\u2019ouvrage ; puis, un jour, sous un prétexte quelconque, avait prié Pâquerette de ne plus revenir.Et alors avaient commencé les courses vaines à la recherche du pain de chaque jour.Et, alors, ce fut l\u2019affolement pour les pauvres filles qui, Valentine surtout, se demandaient avec angoisse ce qu\u2019elles allaient devenir.\u2014 Ecoute, disait Pâquerette pour consoler son amie, il ne faut pas voir tout en noir comme ça.Je ne me tourmente de rien, moi ! Est-ce que le bon Dieu peut nous abandonner.POUR LA MENAGERE COMME POUR LE CELIBATAIRE ENDURCI Les bons Conseils de Francine FAIRE DISPARAITRE LES TACHES Moutarde : S\u2019il s\u2019agit d\u2019un tissu blanc lavable, faire pénétrer de la glycérine dans la tache.Laver à l\u2019eau chaude et savonneuse, puis rincer.Si la tache ne disparaît pas, faire usage d\u2019une pinte d\u2019eau contenant une cuillerée à table d\u2019eau de javel et laisser le vêtement taché y tremper un quart d\u2019heure, pourvu qu\u2019il s\u2019agisse de toile, de rayonne ou de coton.Pour la laine ou la soie employer un gallon d\u2019eau additionnée de deux cuillerées à table de peroxyde d\u2019hydrogène et laisser tremper une demi-heure ou davantage.Deux rinçages.Procéder de la même façon pour les tissus lavables de couleur, après s\u2019être assuré que les couleurs ne s\u2019altèrent pas.Pour les tissus non lavables, faire une solution d une tasse d alcool denature pour deux tasses d\u2019eau.En éponger la tache.Laisser sécher et éponger de nouveau avec de l\u2019eau froide.Peinture et vernis : Voilà une besogne qui présente des difficultés, surtout si la peinture et le vernis sont à base d\u2019huile.Pour n\u2019importe quel tissu lavable, enlever le plus possible du vernis ou de la peinture avec une lame émoussée.Faire pénétrer de la vaseline dans la tache.Laisser tremper dans la térébenthine jusqu\u2019à ce que la substance soit amollie.Frotter de temps a autre.Laver à l\u2019eau chaude et savonneuse.Rincer, Pour les étoffes non lavables, éponger la tache avec de la térébenthine.Si elle est tenace, porter aussitôt le vêtement chez le dégraisseur.Marque! de crayon indélébile : Pour n\u2019importe quel tissu lavable, éponger ou mettre tremper dans un liquide nettoyant.Laver à l\u2019eau chaude et savonneuse en se servant d\u2019une petite brosse aux poils raides.L\u2019eau de javel est généralement inefficace.Ne pas essayer de laver d\u2019abord la tache, car l\u2019eau ne ferait que l\u2019étendre.Il est rare que l\u2019on parvienne à enlever des marques de crayon indélébile faites sur une étoffe non lavable.On peut essayer de mettre tremper dans une tasse d alcool dénaturé et deux tasses d\u2019eau pendant un quart d\u2019heure.Eponger avec un peu d\u2019eau froide.Si ce traitement est inefficace, confier le vêtement à un dégraisseur bien recommandé.BOUGIES DIGNES DE CONFIANCE pour rendement ÉCONOMIQUE dans tout moteur commercial ¦ CHAMPION AVEZ-VOUS DES CADEAUX A FAIRE! Ne cherchez pas plus longtemps ! Abonnez vos parents et amis aux TROIS grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.REMPLISSEZ VOTRE COUPON D'ABONNEMENT AUJOURD'HUI MEME! N'oubliez pas, Monsieur.qu'en vous abonnant au SAMEDI, vous ferez plaisir à toute votre famille ainsi qu'à vous-même.Et c'est si simple !.\u2022 Notre feuilleton : LA VOLEUSE D'HERITAGE par MAXIME VILLEMER Canada\tEtats-Unis ?\t1 an.$3.50\t?1 an .$5.00 ?\t6 mois - 2.00\t?6 moii_________ __ 2.50 ?IMPORTANT : \u2014 Indiquez d\u2019une croix s'il !'agit d'un renouvellement.Nom\t Adresse\t Ville\tProvince POIRIER, BESSETTE Cr CIE, LTEE 975 -985 rue de Bullion\tMONTREAL 18, P.Q.A V 26 Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 Les Mots Croisés du Samedi I.2.3.4.5.\t6.Z 8, 9, lO, Il 12, 13, i4.15, Problème No 1113 HORIZONTALEMENT 1\u2014\tRendre bon, plus charitable.\u2014 Lit du matelot.2\u2014\tDe la nature du sable (pl.).\u2014 Abréviation de sanatorium.3\u2014\tAdjectif indéfini.\u2014 Préfixe.\u2014 Ce qui est contraire au bien.\u2014 Pièce de la charrue dans laquelle le soc est emboîté.4\u2014\tEquerre.\u2014 Lieu où l\u2019on tient le pain dans les grands établissements.\u2014 Tellement.5\u2014\tRegarder en visant.\u2014 Charrue sans oreilles qui ameublit la terre sans la retourner.6\u2014\tInterjection de plainte.\u2014 Creusée lentement.\u2014 Du verbe aller.7\u2014\tSorte de lanterne portative.\u2014 Donner sa voix dans une élection.\u2014 Assurance de tenir un engagement.8\u2014\tRivière de France, qui arrose Evreux.\u2014 Tourner autour en épiant.\u2014 Outil coudé en crochet pour soulever les fardeaux.9\u2014\tMonnaie japonaise.\u2014 Prendre furtivement le bien d\u2019autrui.\u2014 Mouvement ondulatoire de la mer.10\u2014\tSymbole chimique du strontium.\u2014 Bonbon laxatif.\u2014 Qui est à vous.11\u2014\tMentionner en détaillant les circonstances.\u2014 Chemin de ville.12\u2014\tFleuve d\u2019Italie.\u2014 Avoir à la main.\u2014 Ferme, dans le midi de la France.\u2014 De l\u2019alphabet grec.13\u2014\tSeptième lettre de l\u2019alphabet grec.\u2014 Semblable.\u2014 Petit poème du moyen âge.\u2014 Bout.14\u2014\tSert à mastiquer les aliments.\u2014 Lieu d\u2019où l\u2019on extrait la pierre.15\u2014\tAnneaux de cordages.\u2014 Serrer davantage.VERTICALEMENT 1\u2014\tD\u2019une dimension verticale considérable.\u2014 Qui a le pied divisé en plusieurs doigts ou parties, en parlant des quadrupèdes.2\u2014\tBoîte à scrutin.\u2014 Presser, accélérer.\u2014 Tirer une chose de la place où elle est.3\u2014\tQui sont à moi.\u2014 Espèce de cu-curbitacées du genre concombre.\u2014 Vieillesse.4\u2014\tDouze mois.\u2014 Instrument pour piler dans un mortier.\u2014 Tesson.\u2014 Règle double.5\u2014\tRouge clair, entre le cerise et le rose.\u2014 Homme attaché au service d\u2019un maître.6\u2014\tDans l\u2019Eglise grecque, images peintes représentant la Vierge et les saints.\u2014 Vin rouge de Bourgogne, récolté en Côte-d\u2019Or.7\u2014\tEnsemencer.\u2014 Qui peut se vaporiser facilement.8\u2014\tEn les.\u2014 Tempérer, diminuer, adoucir.\u2014 Démonstratif.9\u2014\tPrésenter les conditions requises pour obtenir.\u2014 Fatigué.10\u2014\tSaupoudrer de farine.\u2014 La quatrième des grandes planètes.11\u2014\tSuperposer les poissons salés dans les barils.\u2014 Qui a rapport aux heures.12\u2014\tCarte à jouer.\u2014 Saison.\u2014 Interjection pour engager à garder le silence sur un fait.\u2014 Deuxième conjugaison.13\u2014\tMaison de campagne.\u2014 Compositeur français, né à Pamiers, auteur de Pénélope.\u2014 Métal d\u2019un gris bleuâtre.14\u2014\tMammifères à longues oreilles.\u2014 Pièce de dentelle qui couvre le visage des femmes.\u2014 Plus mauvais, plus nuisible.15\u2014\tCommandant d\u2019un vaisseau.\u2014 Consumer peu à peu.Solution du problème No 1112 « Regarde les Aubert ; eux, qui étaient dans la peine, les voilà qui, tout doucement, sortent du pétrin ! Marcelin est au lycée, Régine apprend le métier de brodeuse et je ne serais pas étonnée que son père, un monsieur de la haute.tu sais ! ne la prenne avec lui.On en parle chez les voisins.« Mme Madeleine hésite ; elle aime tant sa fille ! Le vieux grand-père repousse absolument cette proposition.\u2014 Et Régine ?\u2014 Régine, c\u2019est extraordinaire !.tient à aller chez ce Perceval de malheur.\u2014 Curieux, cela.« Elle a certainement un but, mais lequel ?« Elle ne quitterait pas sa mère sans un motif grave, cette petite ! \u2014 Oh ! non, c\u2019est bien mon avis.\u2014 Eh bien ! alors ?\u2014 Alors.entre nous, j\u2019ai dans l\u2019idée.ma chère, qu\u2019elle cherche une occasion de se venger.\u2014 Se venger ! de qui ?\u2014 Est-ce que je sais, moi ! De son père, peut-être.\u2014 Oh ! tu me fais frémir.\u2014 Ce n\u2019est toujours pas pour tout de suite, reprit Pâquerette devenue soucieuse.Puis, il y a vengeance et vengeance.« En attendant, le bonheur semble revenir un peu dans cette maison, presque l\u2019aisance.Et, si tu le voulais, nous pourrions, vu les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons, faire appel au bon coeur de Madeleine : lui emprunter.une vingtaine de francs.\u2014 Jamais!.je ne veux rien demander à personne.tu entends ! \u2014 Peut-être pourrais-tu vendre quelques bijoux?hasarda timidement Pâquerette.\u2014 J\u2019y songerai.fit Valentine avec amertume.\u2014 Si cela te coûte trop, on pourrait prendre un autre moyen : aller au Mont-de-Piété, par exemple.\u2014 Et si je ne pouvais pas les retirer ?« Il y a des années que j\u2019hésite à me défaire de ces bijoux ; je les gardais pour elle.pour ma Bluette ! mais hélas ! qu\u2019est-elle devenue ?Pierre Au-doin a fait des recherches restées infructueuses ; quant à César, sur lequel je croyais pouvoir compter, je ne sais ce qu\u2019il fait, ni où il est.« Ah ! Pâquerette, il ne faut s\u2019attendre à la reconnaissance de personne.\u2014 Je le sais : tout le monde le dit.\u2014 Tu connais la vie ! et, cependant, tu espères toujours.« Le départ de notre voisin t\u2019a laissée rêveuse : tu ne peux pas le nier, car je lis dans ton coeur.Tu as songé à lui plus que tu n\u2019aurais voulu et tu comptes sur une lettre bientôt.« Eh bien ! ma chère, tu ne recevras rien, c\u2019est moi qui te le dis.« Des belles paroles des hommes, de leurs sentiments, autant en emporte le vent ! «Il est parti: tu ne le reverras jamais.\u2014 Qui sait ?\u2014 Tu vois bien que tu espères encore ! \u2014 Oui, je ne le cache pas.\u2014 Folle !.tu ne le connais même pas.Et, avec un soupir : \u2014 Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas ton M.Antoine qui nous sortira de peine : il faut chercher autre chose.Vers un petit buffet de bois blanc, elle s\u2019avance lentement, l\u2019ouvrit, y prit une boîte de cuir de Russie qu\u2019elle déposa sur la table en face de Pâquerette.\u2014 Tu peux choisir là-dedans ce que tu veux, aller le vendre ou le porter au Mont-de-Piété, dit-elle d\u2019un ton glacial.Nous ne pouvons cependant pas mourir de faim !.et je te remercie de m\u2019avoir rappelé cette ressource.je l\u2019oubliais.\u2014 C\u2019est un reproche ?Valentine ne répondit point.D\u2019une main fébrile, elle ouvrait les écrins, regardait d\u2019un oeil morne ces brillants et ces perles, ces bagues que jamais elle n\u2019avait portées, ces joyaux, reliques du passé, gardés jusqu\u2019à ce jour pour l\u2019enfant absente ! Songeant au temps heureux, où ces bijoux lui avaient été offerts, songeant que ce qui était là devant elle représentait plus que de l\u2019or et de l\u2019argent, mais une partie d\u2019elle-même, son coeur se brisait.\u2014\tTu me pardonneras d\u2019avoir eu cette pensée, dit Pâquerette d\u2019une voix sourde.Garde-les, tes cadeaux de fiançailles, ce serait trop dur de t\u2019en séparer.Je ne veux pas les vendre.je ne veux pas te voir pleurer, Valentine.Tu voulais les conserver pour ta fille, tu avais raison.Ce sera sa dot ! \u2014\tVends-les.Je veux que tu les vendes.\u2014 Jamais je ne t\u2019aiderai à faire un tel sacrifice, murmura Pâquerette.\u2014 Vends-les, te dis-je.\u2014 Non! mille fois non Puis, dans la chambre glaciale, il se fit un long silence.Par économie, Pâquerette n\u2019avait point enco\u2019è allumé la lampe.Au-dehors, la neige tombait.Elles grelottaient, les deux pauvres amies ; il faisait si froid depuis quelques jours ! Le poêle ne ronflait plus comme autrefois.quand le travail ne manquait pas ! et, pour comble, elles avaient, ce soir-là, oublié de dîner.Mais ni l\u2019ime ni l\u2019autre nàvaient faim.\u2014 Dans la vie, vois-tu, reprit Pâquerette passant son bras autour du cou de Valentine, il ne faut s\u2019étonner de rien, accepter les mauvais jours comme les bons et lutter courageusement quand ils se présentent.« Demain, je me mets en quête d\u2019ouvrage.et je prends n\u2019importe quoi, tu sais.« Pour nous sortir de la peine, rien ne m\u2019arrêtera : j\u2019irai en journées, s\u2019il le faut ; ce sera moins gentil que de travailler ici avec toi et tu t\u2019ennuieras peut-être un peu de rester toute seule toute la journée, mais nous nous retrouverons le soir.Je te raconterai ce que j aurai vu, entendu.Tu verras que tout ira bien.Elles se couchèrent, dormirent d\u2019un lourd sommeil.Le matin, dès l\u2019aube, Pâquerette se leva, sortit, rencontra dans l\u2019escalier Madeleine à qui elle ne parla point de sa détresse.Elle courut chercher quatre sous de lait, une livre de pain.le tout à crédit car on la connaissait dans le quartier remonta vivement, fit le déjeuner sur sa petite lampe à alcool, et, presque gaie : \u2014 Nous allons encore bouffer ce matin, dit-elle, comme si nous étions millionnaires ! \u2014 Tu avais donc encore de l\u2019argent ?\u2014 Encore vingt sous ! dit Pâquerette pour rassurer Valentine ; ainsi, j\u2019en ai encore de reste.Et, sitôt après le repas : \u2014 Maintenant, je me mets en campagne ; et, si je ne rentre que tard, ce soir, tu ne t\u2019en étonneras pas.\u2014 Tu ne vas pas retourner rue du Caire, je suppose ?-\u2014Je n\u2019en sais rien.Je frappe à toutes les portes.Aie confiance en moi, c\u2019est tout ce que je peux te dire.Le parti de Pâquerette était pris : avant d\u2019aller rue du Caire, comme elle en avait l\u2019intention, elle chercherait à se procurer quelque argent qui leur permît d\u2019attendre la paye de leur travail.Et cet argent.elle savait comment le trouver. Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 27 Elle avait, elle.pour tout trésor, une montre en argent à laquelle elle tenait beaucoup, et un médaillon qui lui avait été donné par une grande dame quand eile avait fait sa première communion.Ce matin même, elle avait détaché de son cou le précieux médaillon, et, après avoir longuement regardé ce souvenir d\u2019enfance dont il lui fallait faire le sacrifice, elle le baisa pieusement.Elle mit sa montre dans une petite boîte et, ainsi munie, gagna le faubourg Saint-Antoine où se trouvait un Mont-de-Piété.On venait d\u2019ouvrir les bureaux et déjà quelques femmes étaient assises sur les bancs, se contant leurs misères.Ce fut un soulagement pour elle quand elle vit les guichets s\u2019ouvrir, quand elle entendit une voix sonore crier \u2018 \u2014 A qui le tour ?\u2014 A moi ! à moi ! glapirent plusieurs voix à la fois.Autour du guichet, ce fut une cohue.Pâquerette n\u2019avait pas bougé.\u2014 Et vous, mademoiselle ?demanda l'employé en faisant signe à Pâquerette d\u2019avancer.\u2014 Monsieur, c\u2019est une montre, un médaillon, dit-elle timidement.\u2014 Voyons ça ! Et, après avoir regardé attentivement : \u2014 Une montre en argent.Ce n\u2019est certainement pas un chronomètre, dit-il avec une pointe d\u2019ironie.« Quant au médaillon.il est fort joli.Je vais le faire estimer.\u2014 Mais oui, monsieur, mais oui ! Oh ! je ne le laisserai pas longtemps chez vous ; quand le travail va recommencer, je viendrai le reprendre.\u2014 Vous y tenez donc beaucoup, à ce médaillon ?\u2014 Oh ! oui, monsieur.\u2014 Cadeau d\u2019un petit ami ?\u2014 Un souvenir de première communion.dit-elle simplement.En entendant ces paroles émues, l\u2019employé leva la tête et, pendant quelques instants, examina Pâquerette.Il reprit, avec beaucoup de douceur : \u2014 Vous avez vos papiers ?\u2014 Une quittance de loyer ; voyez, monsieur.\u2014 Alors, vous vous appelez Valentine Momas ?\u2014 Oui, monsieur.dit-elle d\u2019une voix qui tremblait un peu en songeant au mensonge qu\u2019elle était obligée de faire.Si l\u2019employé l\u2019eut regardée, il eût été surpris de sa pâleur et, certainement, aurait compris qu\u2019elle mentait ; mais il libellait la reconnaissance.\u2014 Cent francs, dit-il.Le médaillon est très beau, c\u2019est la perle, que je paye.Il lui tendit un billet de cent francs ; quand elle eut signé, en rougissant, sur le registre, il referma son guichet.\u2014- Cent francs ! pensa Pâquerette c\u2019est plus qu\u2019il ne nous en faut pour attendre du travail.Elle sortit de l\u2019impasse, et, comme elle arrivait dans le faubourg, elle aperçut une des femmes qui, tout à l\u2019heure, avaient quitté le bureau sans obtenir d\u2019argent.Cette femme était tombée sur une chaise devant un débit de vin et sanglotait.Pâquerette s\u2019arrêta, l\u2019examina et, se penchant vers elle, lui dit avec compassion : \u2014 Alors, vous, il vous ont refuse, madame ?\u2014 J\u2019ai porté une montre.Oh ! elle ne valait pas grand\u2019chose elle a coûté six francs toute neuve.N\u2019importe ! c\u2019était un souvenir de mon défunt ; aussi, un dé d\u2019argent, le seul bijou de ma pauvre fille qui se meurt de la poitrine.« Et nous sommes sans pain ! Un sanglot lui coupa la parole.Dans ses doigts qui tremblaient, Pâquerette tournait et retournait son por- te-monnaie.puis, résolument, l\u2019ouvrit, prit le billet de cent francs qu\u2019elle venait de recevoir et, d\u2019une voix très douce : \u2014 Nous allons prendre quelque chose ensemble, dites, le voulez-vous ?Un vin chaud, bien sucré, ça vous remettra.Il fait vraiment froid ! Et, appelant le garçon : \u2014 Deux vins chauds ! La patronne, assise au comptoir, la face allumée, comptait et recomptait sa recette du matin : oafés au lait, petits noirs, pris par les ouvriers et ouvrières du quartier.De temps à autre, elle interpellait le garçon, s\u2019informant de tel ou tel client.A un moment donné : \u2014 A propos.dit-elle, il me semble qu\u2019il y a bien longtemps qu\u2019on n\u2019a vu Giacomo ?\u2014 Pas du tout, il est venu hier soir.J\u2019avais oublié de vous le dire, patronne.\u2014 Ha ! ha ! toujours avec cette sorcière de Pipe-en-Bois ?\u2014 Oui ! \u2014 Ont-ils toujours l\u2019air calé ?\u2014 Je crois bien, avec leur poule aux oeufs d\u2019or qui leur gagne des mille et des cent.Pâquerette ne prêtait aucune attention à ces paroles.Il n\u2019en était pas de même de l\u2019inconnue qui, tout en buvant son vin chaud, ne perdait pas un mot du dialogue.\u2014 Giacomo !.Pipe-en-Bois !.murmurait-elle, je connais ces gens-là.Et, se penchant vers Pâquerette : -\u2014 Celle qu\u2019ils appellent la poule aux oeufs d\u2019or.la gosse.est une amie de ma pauvre fille ; ils habitent rue Mouf-fetard, nous sommes voisins.De vrais brigands ! Je ne sais pas comment iis font, mais je crève de faim, moi.et eux ont toujours de l\u2019argent.\u2014 Il y a des choses qu\u2019on ne s\u2019explique pas, dit Pâquerette.\u2014 Non, en effet ; c\u2019est toujours le tour des uns.jamais celui des autres, répondit l\u2019inconnue qui se révoltait et dont le visage prenait une expression si menaçante que Pâquerette, interdite et inquiète, regrettait presque de s\u2019être arrêtée avec elle.\u2014 Je vais vous quitter, dit-elle, je suis attendue.Moi aussi, madame, j\u2019étais sans un sou ce matin, et si je me suis décidée à venir au Mont-de-Piétê, c\u2019est que j\u2019y étais forcée : nous devons un terme, mon amie et moi, et nous n\u2019avions pas de quoi manger.\u2014 Vous avez tout de même des bijoux à porter au clou, vous ! \u2014 De vieux souvenirs auxquels je tenais.«Je n\u2019ai pas toujours été aussi misérable : quand l\u2019ouvrage donnait, je ne manquais de rien.Avec le travail, on est presque heureux.D\u2019un ton ironique : \u2014 Oh ! le travail ! il n\u2019y avait pas que le travail ! on connaît ça.Votre bon ami vous aura lâchée.«Est-ce qu\u2019ils ne sont pas tous les mêmes, les hommes ?Quand ils ont assez d\u2019une femme, ils la plaquent : c\u2019est ce qui est arrivé à ma pauvre fille.Pâquerette n\u2019en entendit pas davantage.Elle appela le garçon, demanda l\u2019addition et paya avec le fameux billet de cent francs qu\u2019elle venait de recevoir.\u2014 Peste ! un billet bleu ! Et cette femme qu\u2019elle venait de régaler eut presque un mouvement pour le lui prendre.Ce qui ne l\u2019empêcha pas, la bonne petite Pâquerette, quand elle eut compté sa monnaie et qu\u2019elle l\u2019eut placée dans son sac à main, de garder cent sous qu\u2019elle tendit à la mégère.\u2014\tPour votre fille.madame, dit-elle en se levant pour partir.\u2014\tUne belle poussée ! cent sous !.quand on vient de toucher cent francs ! Ça va lui faire une belle jambe, à ma fille ! Mais Pâquerette s\u2019était enfuie, le coeur serré en songeant à cette inconnue qui ne l\u2019avait remerciée que par des insultes.Sur la place de la Bastille, elle prit un tramway qui la conduisit boulevard Sébastopol, d\u2019où elle gagna à pied la rue du Caire.En passant devant son ancienne maison, le coeur de l\u2019ouvrière battit plus fort et, instinctivement, elle s\u2019arrêta pour examiner la vitrine où étaient exposées un grand nombre de fleurs.\u2014 Si Valentine voyait ça, elle en pleurerait de chagrin ! pensait la jeune fille.« Oh ! la ! la ! quelle différence entre ce travail et le sien ! Comme elle allait s\u2019éloigner, la porte de la boutique s\u2019ouvrit brusquement et Coralie parut sur le seuil.\u2014 Tiens ! c\u2019est mademoiselle Pâquerette, dit-elle en souriant.« Qu\u2019est-ce que vous reluquez là ?\u2014 Il est bien permis de regarder votre étalage, tout de même ! \u2014 Il est là pour ça.Je suis même très contente de vous voir.\u2014 Oh !.\u2014 Cela vous étonne ?\u2014 H y a de quoi.\u2014 Je ne vous ai cependant pas mise à la porte ! Vous avez tout de suite pris des grands airs avec moi et vous n\u2019êtes pas revenue.Ce n\u2019était pas à moi d\u2019aller vous chercher.« L\u2019ancienne patronne gobait beaucoup votre amie et elle n\u2019a jamais compris que vous ayez lâché la maison.Et, d\u2019un air protecteur : \u2014 On savait que vous en aviez besoin ; que, ni l\u2019une ni l\u2019autre, vous ne rouliez sur l\u2019or.«Du reste, ça se comprend : les amis sérieux se font de plus en plus rares, ma petite.\u2014 C\u2019est une insinuation que vous m\u2019avez faite souvent, dit Pâquerette en haussant les épaules.Vous savez pourtant bien le cas que je fais des hommes.et que si j\u2019avais voulu.\u2014 Oui, oui, on sait : cet imbécile de Rasquin vous avait fait un brin de cour.Affaire de passer le temps, tout simplement.et de rigoler à vos dépens ! ma fille.-\u2014Comme il rigolait aux dépens de bien d\u2019autres ! fit Pâquerette qui commençait à sentir la moutarde lui monter au nez.«Et c\u2019est pour me dire cela que vous me faites entrer ?\u2014 Non, ma petite, c\u2019est pour vous dire que ie ne suis pas du tout fâchée contre Mlle Valentine Mornas.qu\u2019elle peut -venir chercher du travail quand elle voudra.« J\u2019ai même le plus grand désir de la connaître.\u2014 Si vous voulez venir chez nous ce sera plus commode pour elle ; car, très grippée, elle ne sort pas depuis quelques jours.\u2014 Et c\u2019est vous qui allez chercher le travail ?qui le rapportez ?\u2014 Il faut bien.\u2014 Eh bien ! j\u2019irai.Annoncez ma visite.Je vous montrerai, ma petite Pâquerette.que je ne suis pas si mauvaise que vous le croyez.En attendant, voici deux grosses de roses ; l\u2019ouvrage presse ; em-portez-les.«Et puisque votre amie est malade, vous me préviendrez : je les ferai prendre quand elles seront faites.Pâquerette n\u2019en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles.Etait-ce la Providence qui l\u2019avait conduite là ?qui, enfin, avait pitié d\u2019elle ?\u2014 Vous avez notre adresse, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Mais oui.nous savons trouver toutes nos ouvrières \u2014 les bonnes, s\u2019entend \u2014 quand il le faut.Même les archers qui, à Azin-court, jetèrent à bas de leurs montures les fougueux chevaliers que ne protégeaient guère cuirasses et cottes de mailles, eussent été impressionnés par la portée d\u2019un arc moderne, en aluminium, récemment employé en Angleterre lors de l\u2019épreuve du championnat du tir à l\u2019arc.La flèche du gagnant parcourut 353 verges.Un alliage spécial fut utilisé pour la fabrication de cette arme, et sa force de résistance à la tension était de trente-deux tonnes! Bien que le robuste aluminium joue un rôle de première importance dans la fabrication des moyens de défense canadiens, avouons que ce nouvel arc en aluminium serait aujourd\u2019hui une arme défensive plutôt inefficace .Aluminum Company of Canada, Ltd.(Alcan) Si vous habitez aux alentours de Montréal .PROPRIETE.TERRE OU TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR.9363\t7662, rue St-Denis, Montréal BOUTE ÉCOSSE LE WHISKY DECOSSE A SON MIEUX Le whisky qui a fait du Scotdf une tradition IDENTIFIÉ DEPUIS PLUS D\u2019UN SIÈCLE PAR L\u2019EMPAQUETAGE CARRÉ BIEN CONNU PORTANT CETTE SIGNATURE Seoïpe distillateurs GLASGOW\tÉCOSSE FONDEE EN 1827 28 Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 Pâquerette revint à pied rue Lho-mond.\u2014 Du travail ! de l\u2019argent ! murmurait-elle, en aparté, en reprenant sa course vers la rue Lhomond.Son arrivée dans le petit logement où anxieuse, Valentine l\u2019attendait, fut délirante.\u2014 Tu sais, ma Valentine, tu sais, nous sommes sauvées ! «Nous avons du travail! nous avons de l\u2019argent ! \u2014 De l\u2019argent! du travail!., murmurait Valentine presque effarée.\u2014 Eh ! oui ! nous avons tous les bonheurs à la fois.\u2014 Qu\u2019ast-ce qui est arrivé?Voyons! \u2014 J\u2019ai revu Coralie.\u2014 Et puis ?\u2014 Elle a mis de l\u2019eau dans son vin.En somme, je finis par croire qu\u2019elle n\u2019est pas si mauvaise que je l\u2019avais cru, et que je l\u2019avais mal jugée.«Ah! en effet, je ne t\u2019ai pas tout dit ; j\u2019avais quelques bibelots insignifiants, alors, je les ai portés au clou.\u2014 Tes bijoux, à toi! et tu as refusé les miens ! dit Valentine avec amertume.\u2014 Les tiens sont des souvenirs destinés à la chère petite fille et tu n\u2019avais pas le droit d\u2019en disposer.\u2014 Toi seule as le droit de te sacrifier ! cria Valentine en serrant Pâquerette dans ses bras.Ce médaillon, qui était aussi un souvenir pour toi et auquel tu tenais tant, tu ne l\u2019as plus.\u2014-Je ne tiens qu\u2019à toi!.ma Valentine ! \u2014 Je ne puis croire, vois-tu à tant de bonheur.« Et pourtant, ce bonheur n\u2019est pas complet, encore.Et, avec un soupir : \u2014 Tu le sais, toi ! ce qui me manque.\u2014 Oh ! chère petite Bluette ! comme nous l\u2019aimerions toutes les deux ! Tout en parlant, Pâquerette faisait l\u2019inspection de son sac : elle en tira la reconnaissance du Mont-de-Piété, la déplia et dit gaîment : \u2014 On va ranger ça dans ta boîte à bijoux.Ce papier y dormira en sûreté et mieux que partout ailleurs ; c\u2019est si vite égaré, ces paperasses-là ! Elles parlaient haut, ne se méfiant de rien.Dans cette maison si calme et presque toujours fermée, ni voleurs, ni indiscrets écoutant aux portes n\u2019étaient à craindre.Et, cependant, une femme, jeune encore, emmitouflée dans une pelisse fourrée, était montée sans que Mme Victoire, très occupée à lire le feuilleton de son journal, s\u2019en fût aperçue.C\u2019était Coralie.Celle-ci, aussitôt après la départ de Pâquerette, se rappela qu\u2019elle avait oublié de parler à la jeune fille d\u2019une commande très pressée.Il s\u2019agissait d\u2019une gerbe de roses pour un anniversaire.Coralie avait immédiatement mis son chapeau, sa mante, et, heureuse de cette occasion qui s\u2019offrait à elle de pénétrer dans le modeste logis de ses ouvrières, elle s\u2019était dirigée vers la rue Lhomond.Arrivée sur le palier du petit logement et au moment de sonner, elle avait eu un instant d\u2019hésitation : elle avait, reconnu le son de voix de Pâquerette et, curieusement.elle avait écouté.Quelle ne fut pas sa surprise d\u2019apprendre que, dans cette maison de pauvres gens, il était question d\u2019un collier de dix mille francs ! \u2014 Ah! çà ! mais je rêve!.pensait-elle.« Je le savais bien, que cette mijaurée de Pâquerette faisait la noce.Ça vous a des colliers de vraies perles ! et moi, qui trime depuis tant d\u2019années, je n\u2019en ai pas ! Et, résolue, cette fois, elle sonna deux petits coups à la porte du logement.\u2014 C\u2019est au moins la mère Victoire, dit Pâquerette.Et elle courut ouvrir.\u2014 Madame Coralie ! dit Pâquerette stupéfaite.\u2014 Mais oui, ma petite.Je me suis aperçue que j\u2019avais fait un oubli tout à l\u2019heure.Je viens commander à Mlle Valentine une gerbe de roses rouges, et je vous apporte les fournitures.\u2014 Soyez la bienvenue, madame.Nous sommes si heureuses de travailler ! dit Pâquerette.¦\u2014 Et moi, si heureuse de confier du travail à une artiste comme Valentine ! Et, tout en faisant ce compliment, elle ne quittait pas des yeux la merveilleuse boîte que Mlle Mornas, surprise par cette visite inattendue, négligeait toujours de fermer.\u2014 Mais vous avez là des choses superbes, dit Coralie en posant son paquet sur la table, et toutes les gerbes du monde ne valent pas ces perles et ces diamants.\u2014 Ces joyaux sont à Valentine, dit Pâquerette.Sèchement : \u2014 Eh bien ! votre amie est plus riche que moi, je vous en réponds.\u2014 Détrompez-vous, madame, dit Valentine en refermant lentement l\u2019écrin, car je ne vendrai jamais ces bijoux.Ils sont destinés à une enfant que l\u2019on m\u2019a volée et que je cherche toujours ; et ce sera sa dot.\u2014 Peste ! ça vaut des billets de mille.et beaucoup.\u2014-On le sait.mais nous mourrions plutôt de faim que de les vendre.\u2014 1 ne faut jurer de rien : la faim fait souvent sortir le loup hors du bois.\u2014 Puisque vous êtes assez bonne pour nous fournir du travail, dit Valentine, nous n\u2019aurons pas à craindre la faim.\u2014 Assurément.et, si je suis contente de vous, nous deviendrons de bonnes amies, je l\u2019espère.« A propos d\u2019amies.est-ce que votre grande amie, Mme Aubert, demeure toujours ici, mademoiselle Pâquerette ?\u2014 Oui, madame.\u2014 Et que fait-elle ?\u2014 Elle brode des trousseaux pour une grande maison du boulevard Sébastopol.-\u2014 Et sa fille ?\u2014 Sa fille apprend le métier de brodeuse.\u2014 Et tout ça vit dans l\u2019aisance ?-\u2014 Oui, madame Coralie ; du moins, nous le croyons, car jamais Madeleine ne se plaint.Et puis, voila son fils qui devient un jeune homme.qui fait des études remarquables ; on a beaucoup d\u2019ambition pour lui : on parle même de le pousser jusqu\u2019à Saint-Cyr.\u2014 Epatant ! c\u2019est une maison de cocagne, cette maison-là ! Et, tout en riant, elle se dirigea vers la porte.\u2014 Assez causé, dit-elle, pensez à ma gerbe, mademoiselle Mornas, et si vous voulez faire plaisir à Madeleine Aubert, dites-lui, ce qui d\u2019ailleurs est la vérité, que cette gerbe a été commandée par son ex-mari pour fêter l\u2019anniversaire d\u2019une bien-aimée.Tout en lançant cette inutile méchanceté, Coralie sortit.Un instant après, elle se retrouvait dans la petite rue silencieuse et à peine éclairée.Elle était soucieuse.Coralie.La vue de tous ces bijoux l\u2019avait subjuguée et la faisait d autant plus rever que les fleurs artificielles n\u2019allaient pas très bien, depuis que son ami Rasquin refusait absolument de délier les cordons de sa bourse.Elle avait déjà eu plusieurs billets protestés ; son crédit, elle s\u2019en rendait bien compte, était perdu, et il lui eût fallu pour le relever une quarantaine de mille francs.Songeuse, elle regagna la rue du Caire, l\u2019appartement sombre et triste où elle vivait seule depuis quélques jours, son Rasquin l\u2019ayant plaquée pour courir à d\u2019autres amours.Tout était bien changé pour elle : ambitieuse, elle avait voulu être patronne à son tour et était aujourd\u2019hui victime de son ambition.Pour se débarrasser d\u2019elle, pour briser une liaison qui lui pesait, le couturier lui avait acheté cette maison de fleurs et maintenant.il s\u2019esquivait ! C\u2019était à ce revirement des choses d\u2019ici bas que Coralie songeait quand, arrivée devant sa petite salle à manger, elle se trouva devant un maigre dîner préparé par le traiteur du coin.Pendant qu\u2019elle mangeait ce triste repas, une pensée monstrueuse germait dans l\u2019esprit de la misérable : voler l\u2019écrin de Mlle Mornas \u2014 la dot de Bluette \u2014 mettre ensuite la clef sur la porte et s\u2019enfuir loin de Paris.Elle se coucha, et la nuit fut pour elle une longue insomnie pendant laquelle passèrent sans cesse devant ses yeux les merveilleux bijoux de Valentine.Comment pourrait-elle s\u2019approprier ces richesses ?Pour atteindre à ce but, il fallait attendre, réfléchir, ne rien brusquer.Ainsi qu\u2019il avait été convenu, la gerbe de roses rouges fut livrée le surlendemain.Ce fut Pâquerette qui la porta rue du Caire, mais Coralie la pria d\u2019aller elle-même la livrer à l\u2019hôtel de la rue François-Ier, où un grand dîner devait avoir lieu.Parmi les hôtes de Bernard Perceval, au milieu de ce que le Tout-Paris compte de rastaquouères, d\u2019aventuriers, d u-suriers haut cotés et de demi-mondaines plus ou moins huppées, Ulrich de Bur-low était à la place d\u2019honneur.Il n a-vait point rougi d\u2019entraîner dans ce monde interlope, Mme de Hautmont, désireux qu'il était d afficher cette liaison.Mais il savait qu\u2019il y aurait, ce soir-là, à la table de Bernard, des gens dont il pouvait avoir besoin à l\u2019occasion.Et il connaissait le pouvoir impressionnant des beaux yeux de la superbe Gladys, et il était certain que nul ne saurait résister à ses charmes.Mais Gladys, ce soir-là, était morne, triste, parlait peu ; Ulrich de Burlow avait pris la précaution de la faire placer juste en face de lui, auprès du personnage dont il avait besoin d\u2019amorcer les confidences.Gladys, depuis le commencement du repas, les yeux fixés sur le comte, ne perdait pas un de ses gestes car, auprès de lui, se trouvait une petite danseuse de 1 Opéra outrageusement décolletée, presque nue, et le regard d\u2019Ulrich avait de ces inconvenances ! quand, penché vers sa voisine, il lui murmurait doucement à l\u2019oreille quelque grosse grivoiserie sans doute, car, dans un sourire pâmé, le petit « rat » rougissait béatement.Sur la table, à la place d\u2019honneur, figurait, dans la tulipe cristalline d un surtout d\u2019argent massif, la magnifique gerbe de roses rouges que Valentine et Pâquerette avaient si délicatement fait naître de leurs doigts de fées.Et chacun l\u2019admirait, cette gerbe qui donnait l\u2019illusion absolue de la nature.\u2014 Mais, cher monsieur Perceval, dit enfin Gladys, où avez-vous donc trouvé ces fleurs merveilleuses ?\u2014 Chez une petite fleuriste de la rue du Caire, Mlle Coralie.Voyez, chère madame, le nom est écrit en lettres dorées sur cette minuscule étiquette.C\u2019est une adresse à retenir, n\u2019est-ce pas ?D\u2019ailleurs, puisque vous êtes la reine de notre petite fête, chère amie, voulez-vous me faire l\u2019amitié d\u2019en accepter ce modeste souvenir ?Et au grand ébahissement des convives, il tendit à Gladys de Hautmont la magnifique gerbe.Après dîner, peu à peu, les groupes s\u2019étaient essaimés dans les salons.Gladys, sur un ordre péremptoire d\u2019Ulrich, avait accepté le bras de son voisin de table, et, cédant à de multiples invitations, avait consenti à se mettre au piano pour exécuter une de ses dernières compositions, car c\u2019était une artiste virtuose.La fin de sa Rêverie nocturne fut saluée par un tonnerre d\u2019applaudissements.Ensuite, la petite danseuse exécuta un pas inédit, ne quittant pas des yeux Ulrich qui, décidément, lui plaisait beaucoup.Gladys, mélancolique, s'était assise sur un canapé et rien de ce manège ne lui échappa.\u2014 On dirait que cette petite grue ne danse que pour lui.murmurait-elle, haineuse.Un Python s'éveille à la vie, douillettement réchauffé par le soleil printanier.Il perce sa coquille.Ce premier coup d'oeil craintif sur le monde est de mauvais augure.Pour le rassurer on lui donne tout de suite une souris à manger .¦ Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 29 Aussi poussa-t-elle un soupir de soulagement quand elle vit Ulrich prendre le bras de Bernard et l\u2019entraîner dans le salon voisin.Elle comprit qu\u2019ils avaient maintenant à causer d\u2019affaires sérieuses et que leur conversation serait longue.A ce moment, son voisin de table se rapprocha d\u2019elle pour la féliciter de son succès, un peu tardivement peut-être, mais sincèrement.Gladys savait ce qu\u2019était ce personnage : un dévoyé, ancien instituteur révoqué du département de l\u2019Aisne.Elle se souvint du rôle qu\u2019elle devait jouer près de lui.Cet homme en savait long sur ce qui se passait là-bas, mais, très futé, il ne voulait rien dire.Il fallait donc l\u2019amener par des moyens adroits sur ce chemin brûlant.se faire séduisante, et tirer de lui les renseignements nécessaires.Et Gladys, le sourire aux lèvres, engagea la conversation.Le soir, quand elle se retrouva auprès d\u2019Ulrich, dans le coupé qui la ramenait chez elle, Gladys était renseignée.Un ardent baiser du comte fut la meilleure des récompenses.Elle savait que les terrains convoités par l\u2019état-major du kaiser n\u2019avaient pu être rachetés, malgré une offre séduisante du richissime américain Morgan, car le bail de l\u2019occupant n\u2019était pas expiré.Elle savait d\u2019autre part, qu\u2019il y avait une promesse ferme du vendeur, mais à une date indéterminée.H fallait donc agir promptement, si l\u2019on voulait le supplanter, en offrant le double.Et, le lendemain, Bernard Perceval recevait l\u2019ordre de partir sur-le-champ pour traiter cette affaire coûte que coûte.Ainsi, lâchement, dans l\u2019ombre mystérieuse, grâce à la complicité de félons, la guerre se préparait sans que nos malheureux compatriotes se soient jamais douté de l'imminence du péril qui allait, comme un cataclysme effrayant, bouleverser le monde.Comme elle revenait de livrer la fameuse gerbe rue François-Ier, Pâquerette, au moment de monter chez elle, s\u2019arrêta chez la mère Victoire pour prendre sa dif, car Valentine était sortie, elle aussi, pour faire quelques emplettes.\u2014 Ah ! c\u2019est vous, mademoiselle Pâquerette, dit la vieille concierge en lui tendant une lettre qu\u2019elle venait de recevoir.\u2014 Pour moi ?\u2014 Mais oui, pour vous ; ça vous étonne ?\u2014 Pour sûr.Je ne reçois jamais de lettres, moi.Qui diable voulez-vous qui m\u2019écrive ?\u2014 C\u2019est bien pour Mademoiselle Pâquerette Fon fange, pourtant ! \u2014 Voyons ! que je lise ça.et vite ! « C\u2019est singulier, voilà que mes mains tremblent.Epatant, tout de même ; je suis vraiment bête ! Et, sans en dire davantage, elle remonta l\u2019escalier et se trouva nez à nez avec un jeune garçon d\u2019une quinzaine d\u2019années, vêtu d\u2019un veston bleu et qui, en la voyant, s\u2019effaça contre la muraille.Mais Pâquerette, très occupée de sa lettre, ne le remarqua pas.Vivement, elle ouvrit sa porte, alluma sa petite lampe, ôta son chapeau et déplia la missive qu\u2019elle venait de recevoir.(à suivre dans le prochain numéro) BELGIQUE 53 [Suite de la page 5] Or, les mines belges ne vivent guère que grâce à l\u2019aide financière que leur assure le Gouvernement.Certaines ne sont pas rentables dans leur état actuel, au point même qu\u2019on pensa les fermer en 1945.On essaya aussi de brûler directement le charbon au fond pour n\u2019en récupérer que du gaz.Mais les fuites étaient trop nombreuses.D\u2019où vient cet état de choses ?Beaucoup de houillères sont exploitées depuis si longtemps qu\u2019elles présentent maintenant l\u2019aspect de terriers à renards.Les meilleurs filons sont épuisés.Il ne reste plus que des failles profondes, cassées et si minces qu\u2019on ne peut que bien difficilement les exploiter à l\u2019aide d\u2019un matériel moderne.Les hommes y vont encore à la pique et en rampant.Seuls quelques puits des bassins liégeois et de Charlevoix et ie bassin de Campine, ouvert quelques années avant la guerre, prolongement probable de la Ruhr, peuvent être exploités dans de bonnes conditions.Les filons de Campine, très épais sont, par contre, à plus de 3,000 pieds.D\u2019une telle situation naquit tout naturellement un malaise quand il s\u2019est agi du Pool Schuman.Mais les Gouvernants belges ont vite compris qu\u2019ils prépareraient mieux l\u2019avenir dans l\u2019union que par une résistance sans issue.Ils ont adhéré au Pool en demandant toutefois un régime de faveur durant les 5 premières années.Actuellement ils profitent à fond de ce délai pour améliorer les rendements par des investissements et des assainissements massifs.Certains puits seront définitivement fermés, d\u2019autres ouverts,, des machines mises en service.Quelle sera la position des charbonnages belges le jour où il rentreront dans le jeu de la libre concurrence ?Nous ne saurions en augurer.Il est cependant probable que les besoins énormes qui se font sentir en Europe leur assureront encore quelques belles années.Dans un avenir plus lointain, le jour où il y aura saturation du marché, ils auront certainement fort à faire pour rivaliser avec la production allemande.L\u2019électricité belge, dont un contingent appréciable est réservé à l\u2019exportation, est de provenance essentiellement thermique.Elle dépasse sensiblement les 10 milliards de kWh.En revanche, le raffinage du pétrole est assez négligeable.Dans ce dernier domaine un gros effort est fait depuis la guerre.Cinq nouvelles raffineries viennent d\u2019être construites à Anvers.Ainsi se termine le panorama des ressources naturelles d\u2019un pays dont la surface ne représente pas un quart de l\u2019Etat de New-York, dont la population est inférieure à 9 millions et qui est néanmoins la sixième puissance commerciale du monde.\u2022 La Belgique ne dispose, en définitive, que de deux moyens de subsistance : son commerce \u2014 parfois simple transit __et son industrie de transformation pour laquelle elle importe la presque totalité des matières premières et dont elle exporte 40% (ou plus) des produits finis.Sa situation présente ainsi de nombreuses similitudes avec celle de l\u2019Allemagne, de l\u2019Angleterre ou de l\u2019Italie.Elle soutient leur concurrence grâce à de traditionnelles « spécialités » que garantit une main-d\u2019oeuvre hautement qualifiée, une sorte d\u2019aristocratie ouvrière.Ainsi ne saurait-on évoquer la fabrication des armes légères ou de chasse, du verre à vitre ou à glace, de certaines machines, des filés ou tissus de lin sans penser à la Belgique.Elle dispose d une production nationale d\u2019environ 5 millions de tonnes d\u2019acier et cherche à en tirer le meilleur parti.Nous nous devons aussi de rappeler que Anvers est le centre mondial du diamant.C\u2019est là que se traitent les plus grosses affaires et c\u2019est aussi là que se trouve une élite incomparable pour la taille des précieux caillous.Anvers est également un des ports les plus importants du monde.Il dessert un vaste courant commercial en provenance de la France, de la Suisse, de l\u2019Allemagne et des pays d\u2019Europe centrale non encore assujettis par le Rideau de fer.Le grand réservoir de la Belgique est maintenant son Congo, vaste territoire au climat ingrat, difficile d\u2019accès mais qui renferme d\u2019insondables richesses naturelles.Les minerais sont sensiblement les mêmes que ceux trouvés sur notre « bouclier canadien » : or, radium, cobalt, fer, cuivre, etc., auxquels il convient d\u2019ajouter de considérables gisements d\u2019étain et de diamants réservés en bonne part aux besoins industriels.Les plantations du Congo fournissent d\u2019énormes quantités d\u2019arachides, de cacao, de coton, de thé, de café et des bois précieux.Une partie de ces matières premières est traitée sur place, d\u2019où la naissance de grosses industries.Depuis la guerre, le Gouvernement belge a intensifié les investissements sur ce territoire en appliquant un plan quinquennal.Des capitaux anglais et américains ont été attirés.Le développement suit une progression géométrique.Ajoutons qu\u2019à l\u2019origine de la colonie, d\u2019immenses territoires ont été affermés à des compagnies : Union minière du Haut Katanga, Comité Spécial du Katanga, Comité Spécial du Kiwu etc .Ces concessions sont à long terme de sorte que les compagnies peuvent faire des investissements de fonds et sous-traiter avec d\u2019autres sociétés.Il va de soi que les concessionnaires comme le Gouvernement appliquent un plan social aussi vaste qu\u2019efficace.La Belgique vit sous le régime de la monarchie constitutionnelle.Depuis sa fondation elle eut des rois actifs qui surent assurer le bien-être du pays et susciter l\u2019admiration du monde : Léopold 1er, Léopold II qui comprit l\u2019importance du Congo, s\u2019en fit proclamer roi et l\u2019offrit ensuite à son pays ; Albert 1er, « trop grand roi pour un si petit pays », comme disait Clemenceau.Les bouleversements de deux guerres, l\u2019évolution sociale autant que l\u2019attitude personnelle du roi firent un temps douter de la solidité du régime.Néanmoins, les Belges restent fidèles à leurs souverains qui symbolisent l\u2019unité et l\u2019indépendance nationales.Socialement, les Belges jouissent d\u2019un système de sécurité sociale et d\u2019allocations familiales comparable à celui de la France et se maintiennent ainsi à la tête du progrès et de l\u2019évolution.En Belgique le vote est obligatoire.Tout réfractaire est passible d\u2019amende.Les femmes ne votent pour le Parlement que depuis 1950.La majorité est actuellement tenue par les Démocrates-chrétiens.Les dirigeants belges furent parmi les premiers à soutenir l\u2019idée d\u2019union européenne, que ce soit à l\u2019Assemblée consultative de Strasbourg ou au sein du Pool Schuman.C\u2019est à leur Parlement que se sont manifestés les premiers signes d\u2019une évolution profonde.M.FAIBLESSE Les maladies les plus graves commencent par la faiblesse N'attendez pas un épuisement complet, prenez ce puissant tonique.Ideal pour hommes, femmes et enfants Chez votre pharmacien Elixir Toniqu Montie * O, WATSON & CO.Montreal D ET E CT I VES «Agents secrets.Hommes ambitieux de 18 ans et plus demandés partout au Canada, pour devenir détectives.Ecrivez immédiatement à CANADIAN INVESTIGATORS INSTITUTE.C.P.11, Station Delorimier Montréal, Qué.Mal de Tête Rien n\u2019est plus pénible que les maux de tête .Pourquoi souffrir?.La poudre Lambly soulage instantanément le mal d'oreilles, le mal de dents, la névralgie, les douleurs du dos, de l\u2019estomac, desintestins.POUDRES !*¦ Lü CONTRE LE MAL DE S TÊTE >} 30 RIEN DE Le papa de Toto est en train de lui expliquer la fable le Loup et l\u2019Agneau.Arrivé à la fin, il lui dit : \u2014 Tu vois, Toto, le loup a mangé l\u2019agneau parce que celui-ci n\u2019était pas sage.Toto réfléchit un instant et s\u2019écrie : \u2014 Qu\u2019est-ce que ça fait ?.Si le pauvre agneau avait été sage, c\u2019est nous qui l\u2019aurions mangé !.\u2022 \u2014 Dis, papa, pourquoi qu'y pleut ?\u2014 Mais, mon petit ami, c\u2019est pour faire pousser les fleurs et les légumes.\u2014 Ah!.mais alors, pourquoi qu\u2019y pleut aussi dans la cour qui est pavée ?\u2022 \u2014 Bob, je te défends de dire toujours morbleu quand tu joues ! \u2014 Mais, maman, Alexandre Dumas l\u2019emploie toujours ! \u2014 Eh bien, je ne veux plus que tu joues avec lui.\u2022 \u2014 Il ne te salue plus ?Qu\u2019est-ce que tu lui as donc fait ?\u2014 Un complet à crédit.\u2022 Attablés devant le rituel pastis, Titin, Olive et Marius parlent de la finesse de leur appareil auriculaire.\u2014 Moi, j\u2019ai l\u2019oreille très fine, déclare Titin.Ainsi, lorsqu\u2019une puce de mon chien éternue, je l\u2019entends.\u2014 Mon oreille est bien plus fine encore, proclame Olive, puisque j\u2019entends, moi, pousser le poil de ma barbe.Alors, Marius, haussant dédaigneusement les épaules : \u2014 Pour la finesse, mon oreille à moi bat tous les records.Ainsi, la nuit, lorsque le baromètre monte ou descend, ça me réveille ! SÉRIEUX Jacotte voudrait une poupée blonde et qui ferme les yeux.Elle en a souvent parlé à sa maman, qui court les magasins mais ne peut trouver exactement ce que désire sa petite fille.Il y a des poupées blondes, mais elles ne ferment pas les yeux, et celles qui ferment les yeux sont brunes.En désespoir de cause, maman fait emplette d\u2019une de ces dernières et la ramène à la maison.\u2014 Tu l\u2019aimeras tout de même, n\u2019est-ce pas ?demande-t-elle à Jacotte.Jacotte considère un instant la poupée brune, puis l\u2019embrasse.\u2014 Je ferai tout mon devoir, dit-elle gravement.\u2022 Ce n'est pas d'aujourd'hui que les agents de publicité ont recours à tous les moyens pour attirer l\u2019attention du public et sont sans cesse à la recherche d\u2019inédit dans ce domaine.En 1904, désireux d\u2019essayer un procédé nouveau, l\u2019agent de publicité d'un théâtre new-yorkais fit rafler tous les chats errants de la ville et les affubla de rubans portant le titre de la pièce jouée par ce théâtre.Ensuite, tous ces matous, au nombre d\u2019un millier environ, furent remis en liberté.Hélas, ces chats-sandwiches, moins bien dressés que les hommes-sandwiches, remplirent assez mal leur office et, au lieu d\u2019arpenter ostensiblement les rues, cachèrent leur honte dans quelque cave, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils aient réussi à se débarrasser de leurs banderoles.Cette innovation originale fut sans lendemain.\u2014 Tu me gifles, je pleure, maman me donne une tranche de gâteau et on partage.\u2014\tJ\u2019ai une bien fâcheuse nouvelle à vous annoncer : notre bon ami Marcel s\u2019est suicidé.\u2014\tIl s\u2019est suicidé?Et comment?\u2014\tA l\u2019aide d\u2019un revolver.\u2014 Je me demande ce qui a pu lui passer par la tête ! Le savez-vous ?\u2014 Mais oui : c\u2019est la balle du revolver.Frédéric H, roi de Prusse, visitant un jour un pénitencier, interrogea les détenus sur les motifs qui les avaient conduits à la prison.Tous s\u2019affirmèrent innocents et victimes de coïncidences fatales.Un seul avoua sa culpabilité en ajoutant qu\u2019il éprouvait un repentir profond.Avant de se retirer le roi dit au directeur du pénitencier : \u2014 Vous rendrez la liberté à cet homme.Je lui fais grâce.Et comme le visage du fonctionnaire traduisait un certain étonnement, Frédéric II précisa : \u2014 Je ne veux pas que la promiscuité de ce coupable risque de corrompre tous les innocents qui sont ici.A en croire Alphonse Allais, un singe et un perroquet s\u2019étaient pris de querelle, chacun d\u2019eux prétendant ressembler à l\u2019homme plus que l\u2019autre par ses dons exceptionnels.\u2014 Moi, déclare le singe, j\u2019ai des mains comme l\u2019homme et je peux imiter tout ce qu\u2019il fait.Suit une longue énumération des gestes humains qu\u2019il peut accomplir.Le perroquet, excédé, l\u2019interrompt : \u2014 Qu\u2019est-ce que c'est que tout ça, en comparaison de ce que je peux faire ?Moi, je parle ! \u2014 Eh bien, et moi ?dit le singe.Qu'est-ce que je fais depuis un quart d\u2019heure ?\u2014\tQu\u2019est-ce que vous me recommandez pour conserver mes cheveux ?\u2014\tUn médaillon ! Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 LA VIE COURANTE .i/T, __Vois-tu, quand les enfants sont là, je prêche toujours la prudence.Par exemple, je n'aurais jamais brûlé ce teu rouge devant eux.Lors d\u2019une tournée du fameux violoniste Isaye en Amérique, il fut invité à dîner par un milliardaire qui n\u2019entend goutte à la musique.Dès le dessert, l\u2019hôte invita Isaye à jouer.Comme le virtuose hésitait, le Yankee, un peu rudement, remarqua : \u2014 Pourquoi pas?.Il ne faut jamais avoir honte de sa profession, monsieur.Isaye s\u2019exécuta.A quelque temps de là, l\u2019artiste invita à son tour l\u2019Américain à dîner.Au dessert, un domestique apporta une paire de souliers et les présenta au milliardaire, qui manifesta une surprise assez légitime.\u2014 Ayez la bonté de me les ressemeler, dit alors Isaye.Il ne faut jamais avoir honte de sa profession, monsieur.Le milliardaire était un ancien cordonnier.NOTRE RADIO PARLE FRANÇAIS.[Suite de la page 6] Spaak, leader du parti socialiste, ne pouvait pas, pour des raisons de politique intérieure, soutenir la Communauté Charbon-acier.C\u2019est tout de même lui qui avant de s\u2019abstenir de voter, a prononcé le meilleur discours sur l\u2019Unité Européenne.Ainsi s\u2019est manifestée l\u2019insuffisance des partis nationaux devant la grande idée en oeuvre.Ainsi a surgi la nécessité d\u2019une formation politique supranationale.La Belgique aurait du reste beaucoup à gagner de la fusion.Elle pourrait acheter à meilleur compte ses produits alimentaires et ses matières premières ; elle ne se heurterait pas à des barrières douanières pour la vente de ses produits manufacturés.La radio est un tel moyen de communication rapide, puissant, si puissant qu\u2019elle ne peut s\u2019empêcher de jouer un rôle de premier plan dans la marche du pays, le progrès d\u2019un groupe ethnique, son éclosion littéraire, artistique, scientifique et politique aussi.Nous pouvons nous féliciter au Canada de ce que les Gouvernements successifs aient conçu ce système qui prévoit l\u2019existence de l\u2019entreprise privée et de l\u2019entreprise publique, côte à côte, régis par un organisme tout à fait indépendant d\u2019esprit, quoi qu\u2019on puisse dire, et dont les membres sont simultanément ou à tour de rôle des professionnels, des ecclésiastiques, des éducateurs, des ouvriers, des agriculteurs des dix provinces du pays.Nous avons là un gage de la liberté des ondes, de ces ondes qui appartiennent à tout le monde et qui ne sauraient être harnachées au seul profit d\u2019une minorité agissante, désireuse d\u2019imposer sa volonté totale à la majorité .La presse et la radio, la télévision aussi, ont une telle mission à remplir : celle de sauvegarder, en disant toujours la vérité, cette liberté que nous prenons trop souvent pour acquise, parce que jusqu\u2019ici nous avons eu la chance qu\u2019on n\u2019y porte pas directement atteinte.Je n\u2019ai aucun doute que le poste C.F.N.S., bien que moins puissant par son rayonnement que d\u2019autres stations canadiennes, sera non moins jaloux que se3 prédécesseurs de cet idéal, qu\u2019il se fera le porteur des bonnes comme des mauvaises nouvelles, qu\u2019il renseignera constamment la population, qu\u2019il travaillera à resserrer davantage les liens déjà forts qui unissent les éléments anglophones et francophones de la nation canadienne, en un mot qu\u2019il sera au service du public.Je lui souhaite donc, au nom du réseau Français, comme il est d\u2019usage, longue vie, succès et prospérité, sachant que les voix de nos annonceurs, de nos artistes, de nos comédiens et de nos chanteurs commencent à se faire connaître chez vous au même point qu\u2019elles le sont à Montréal, dans je ne sais combien de centres de la province de Québec et également à Sudbury, à St-Boniface, à Edmonton et à Gravelbourg.Nous avons là des pestes qui, comme le vôtre, sont liés directement au réseau français et auxquels nous faisons parvenir tout ce que nous avons de mieux en vue d\u2019encourager la diffusion de la culture française, d\u2019assurer sa sauvegarde dans les centres isolés comme dans les centres les plus populeux, de reconnaître le fait français qui contribue à la vigueur intellectuelle et morale de la nation canadienne.REMPLISSEZ CE COUPON D\u2019ABONNEMENT SELON VOTRE CHOIX LE SAMEDI - LA REVUE POPULAIRE - LE FILM ?LES TROIS MAGAZINES (Canada seulement) 1 an $550 OU\tCan.\tE.-U.\t ?LE SAMEDI\t$3.50\t$5.00\tpour 1 an ?LA REVUE POPULAIRE\t1.50\t2.00\tn\tn\t>\u2022 ?LE FILM\t1.00\t1.00\tu\t//\tn Veuillez trouver ci-incluse la somme de $\t\t\t pour l'abonnement\t\tindiqué d'un (X) O IMPORTANT : \u2014 Indiquez d'une croix s'il s'agit d'un renouvellement.Nom.Adresse.Localité.Prov.POIRIER.BESSETTE & CIE, LIMITEE \u2014 975 - 985, rue de Bullion, Montréal 18 Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 31 BEN-HUR d\u2019après l\u2019oeuvre célèbre de LEWIS VALLACE CONTE ILLUSTRE SAMEDI\" \u2014 VINGT-SIXIEME EPISODE MALGRE MON NOM ROMAIN, JE SUIS DE LA TRIBU DE JUDA, ET SANS VOUS OFFENSER, VOS GRIEFS CONTRE ROME SONT ENFANTINS COMPARES AUX MIENS.SI VOUS ME PRÊTEZ VOS CHEVAUX, ]E TIENS MA VENGEANCE.ET ]E ]URE QUE L' HONNEUR DE LA VICTOIRE ET LE PRIX SERONT À VOUS.Ï&A JE VOUS CROIS SINCÈRE.MAIS SAUREZ VOUS LES CONDUIRE ?OBTENIR D'EUX LE SUPREME EFFORT QUI LES FERA TRIOMPHER ?AVEZ-VOUS J JE LE L'EXPÉRIENCE DES\tPENSE.COURSES ?, r>.I JE VEUX QUE VOUS LES VOYIEZ DE PRÈS, CES Paqv ROIS DE LEUR RACE , P\"\u2014v MES AMIS \u2022 II La partie est décidément bien engagée pour Ben-Hur.Il se rend compte du terrain gagné en quelques instants, et décide de profiter sur-le-champ de son avantage, en allant droit au but, ce qui ne saurait déplaire au cheik.\u2014 Ce but, c\u2019est la vengeance, une vengeance éclatante devant une multitude de témoins.Si Ilderim accepte de lui prêter ses chevaux, son aide sera précieuse.Quant au montant du prix, Ben-Hur l\u2019abandonnera volontiers.\u2014 Ilderim serait prêt à confier ses chevaux à son invité, s\u2019il était sûr de son expérience.Mais il aime trop ses bêtes pour les prêter à un inconnu qui ne sait peut-être rien des courses de chars.\u2014 Les objections d\u2019Ilderim n\u2019ont point désarmé la confiance de Ben-Hur.Le Cheik lui-même se sent conquis par la tranquille assurance du jeune homme.Avant de répondre, il s\u2019apprête à tirer le rideau qui le sépare de ses fidèles compagnons.ILS SONT LES PLUS RAPIDES ET LES PLUS ENDURANTS QU'ON AIT JAMAIS VUS.MAlS UNE CHOSE ME FAIT HÉSITER: C EST LA PREMIÈRE FOIS QU'ILS y,SONT SOUMIS AU JOUG.J AI DANS CE COFFRE TOUTE L'HISTOIRE DE CES NOBLES BETES AVEC LES NOMS DE LEURS PÈRES.CERTAINS DOCUMENTS REMONTENT À PLUSIEURS SIÈCLES.ALLONS, VENEZ MES AMIS?f» ¦è % Ü ¦if *IGHT OPERA nUNDI S A SUIV i Bien que la tente d\u2019Ilderim soit la plus riche et la plus confortable du douar, comme cela sied à un chef, le cheik la partage avec ses chevaux.Les nobles bêtes vivent auprès de lui, et à chaque instant du jour et de la nuit, il peut veiller sur elles \u2014 A l\u2019appel de leur maître, les quatre coursiers ont hésité.Un appel plus impératif les décide enfin à approcher.Ce sont certainement les plus beaux spécimens de chevaux arabes, que Ben-Hur ait jamais vus.Tout en eux denote la race la plus pure.\u2014 L\u2019un des chevaux s\u2019est approché de Ben-Hur, avec toute la confiance que l\u2019on témoigne à un ami, tandis qu\u2019Ilderim montre à son hôte un coffre, contenant toutes les archives de la tribu.\u2014 Dans ce coffre, sont rangées un grand nombre de tablettes d\u2019ivoire, reliées entre elles par des anneaux d\u2019argent.Chacune d\u2019elles porte le nom d\u2019un poulain, et permet de retrouver de façon précise tous les ascendants de ces quatre pur-sang.SANS EUX JE SUIS UN VIEILLARD DÉSARMÉ JE POURRAIS VOUS NARRER DES PRODIGES JE COMPRENDS i ACCOMPLIS PAR POURQUOI L'ARABE V LEUR PLACE SES CHEVAUX E RANG QUE SA FAMILLE MALGRE LEURS QUALITES, PEUT-ÊTRE NE RÉUSSIRAI -JE PAS NON PLUS À LES FAIRE COURIR SOUS LE MÊME JOUG.JE VOUDRAIS VOICI MON AMI BALTHAZAR.N JE VEUX QU'IL VOUS CONNAISSE.RECONDUISEZ LES BÊTES .ET SI T ECHOUE JE SERAI FRANC SI JE REUSSIS À LES FAIRE COURIR ENSEMBLE, ALORS À VOUS LE PRIX./-\u2014\" VOUS LA MOI LA VENGEANCE! DEMAIN VOUS MES CHEVAUX à MUNDIZh Ben Hur est impressionné par les précisions que lui donne Ilderim sur ses chevaux II comprend la valeur inestimable de ces bêtes véritablement royales en même temps que le véritable amour que leur porte leur maître.\u2014 Voyant Ilderim sur le point d\u2019accéder à sa requête, Ben-Hur veut faire preuve envers lui de la plus grande loyauté.Si rapides, si endurants que soient les chevaux, il peut ne pas réussir à les faire convenablement courir.Peut-être même ne fera-t-il pas mieux que le conducteur à qui Ilderim les avait confiés dans l\u2019après-midi.Ben-Hur propose donc de tenter un essai, et sur son résultat, le cheik décidera en toute objectivité.\u2014 La conversation est bientôt interrompue par l\u2019arrivée d\u2019un vieillard à l\u2019allure aristocratique, revêtu d\u2019une longue robe noire, c\u2019est Balthasar l\u2019Egyptien, que Ben-Hur connaît déjà, pour lui avoir sauvé la vie à la Fontaine de Castalie.\tsuivre) 32 Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 CONTE ILLUSTRE DU \" SAMEDI \" \u2014 ONZIEME EPISODE SS 1.\tOn venait de leur arracher le plan indiquant l\u2019emplacement du trésor.Et maintenant les sauvages les attaquaient à grand renfort de cris et de lances.Le seul espoir était dans une fuite éperdue vers les arbres.2.\tPierrot et le capitaine prirent leurs jambes à leur cou, s\u2019exhortant l\u2019un l\u2019autre.Ils enfilèrent un sentier dans la forêt lorsque soudain surgirent devant eux une autre troupe de sauvages armés et peints.-\u2022v-S y * * * 4\t* 'mm.'%M 3.\tLorsque le premier, le chef, semblait-il, s'avança menaçant sur eux, le capitaine lui administra un formidable coup de poing à la mâchoire.Mais celui qui suivait frappa à son tour violemment Pierrot.i&iîs&itZiîfil' ¦SM ¦ / ¦i Wr: i.S ' KJ ïi&v.» *>.** ?.mm 'MH.4.\tNotre jeune héros perdit alors l\u2019équilibre et tomba dans le ravin tandis que les sauvages hurlaient de joie en haut, le croyant mort.Qu\u2019advenait-il alors du capitaine ?Ils allaient sûrement lui faire un mauvais sort.5.\tMais, par un heureux hasard, la chute libre de Pierrot fut arrêtée par un buisson poussant le long de la falaise.Un peu essoufflé, il se releva pour constater avec joie qu\u2019il n\u2019avait pas la moindre blessure.6.\tIl ne restait plus qu'à sortir prudemment de ce trou en se frayant un chemin le long de la falaise.L\u2019idée du capitaine hantait le jeune homme.Il fallait absolument soustraire son protecteur aux tortures des sauvages.> ii 7.\tAprès une pénible escalade, notre ami parvint à se hisser au haut de la falaise abrupte.Précautionneusement dissimulé derrière une fougère géante, il put voir ses ennemis emmener le capitaine prisonnier.h ,/i^ 8.\tEn silence il suivit le petit groupe des sauvages et connut ainsi le chemin du village nègre.Celui-ci était ceint d\u2019un rempart de bois.A la porte veillaient deux hommes en armes.Il fallait trouver un chemin détourné.a- >.'i Mb 9.Il décida de faire le tour de la petite cité en empruntant pour cela la rivière le long de laquelle elle était située.S\u2019il voulait sauver la vie du capitaine il fallait faire vite.Chaque minute comptait.(à suivre dans le prochain numéro) LISEZ CHAQUE SEMAINE LES CONTES ILLUSTRES DU \"SAMEDI\" Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 33 Les Exploits de l\u2019Inspecteur Moquin CONTE ILLUSTRE DU \" SAMEDI \" \u2014 DIX-SEPTIEME EPISODE Æ[Æi 1.Avec un sourire moqueur Vie Brandon sauta hors de sa cachette et jeta un coup d\u2019oeil sur le corps inanimé de Charles Moquin.\u201cIl m\u2019a l\u2019air d\u2019être seulement étourdi\u201d, marmotta-t-il.\u201cMais je vais en finir une fois pour toutes.Il nous a causé assez de trouble\u201d.2.Mais au moment où le scélérat allait appuyer le doigt sur la gâchette, une détonation retentit venant d\u2019un massif d\u2019arbustes tout près, et une balle lui fit sauter le revolver de sa main.Vie recula effrayé, s\u2019attendant à un autre coup de feu.3.Puis, comme aucune autre détonation ne retentissait, le gredin fit demi-tour et s\u2019enfuit juste au moment où Hélène Colin fit son apparition au milieu des arbustes, l\u2019arme fumante à la main.Devant la fuite de Vie le bras d'Hélène s\u2019abaissa.Elle ne pouvait se faire à l\u2019idée de tirer sur un homme impuissant.r.ïsig' 4.Une sensation d'allégement envahit Hélène en cons-tatant que l\u2019inspecteur n\u2019était pas grièvement blesse, et, trempant son mouchoir dans un ruisseau, elle lui entoura la tête de ce pansement frais.Bientôt Charles ouvrit les yeux et la regarda en souriant.7 \u201cParfait 1 Moi, pendant ce temps, j\u2019irai donner à boire et à manger aux chevaux, Charles !\u201d répliqua Helene Colin.\u201cMais faites attention à vous quelqu un de la bande se trouve peut-être en ville et \u2014 Oh !\u201d Hélene s interrompit dans un hoquet comme un couteau passa en sifflant près de la tête de Charles.10 Tout à coup, Charles aperçut des empreintes de pas non loin de l'endroit où celui qui avait lance le couteau devait se trouver.\u201cSi je puis attraper 1'a.uteur de ces pistea peut-être en tirerai-je des informations , réfléchit il.Je lui ferai dire où se trouve maintenant Colin .Î////W; v! _ 5.Lorsqu\u2019il fut suffisamment remis Charles enfourcha sa monture et revint lentement le long de la route avec Hélène qui lui raconta que deux Faucons Nocturnes avaient attaqué la geôle et emmené son père blessé.\u201cVoilà pourquoi je suis partie à votre recherche\u201d, expliqua-t-elle.8.Un message était attaché au couteau et Charles tout en lisant fronça les sourcils.\u201cÇa vient du Faucon, qui dit que votre père mourra si je ne quitte pas Nerada\u201d, dit Charles.\u201cLe gaillard qui a tiré sur moi a dû s\u2019en retourner et rapporter mon évasion !\u201d Pisse 1 m El b,i lillllliufllllll HIhuiIIIIIIIIIIIIIIIIHII Suagpiiiiwiiiiil 6.Arrivés à Nerada Charles et Hélène descendirent de selles et attachèrent leurs chevaux devant le bureau du shérif.\u201cJe m'en vais à la prison pour voir ce que le shérif a à m\u2019apprendre\u201d, dit Charles.\"Peut-être sait-il quelque chose !\u2019\u2019 r m r | 9.\u201cVous vous en irez, Charles, n\u2019est-ce pas ?\u201d s\u2019écria Hélène.\u201cIl faut partir ! La vie de mon père en dépend\u201d.\u201cJe regrette, Hélène, mais on m'a envoyé ici pour capturer cette bande\u201d, dit l\u2019inspecteur.\u201cJe dois faire mon devoir.Il faut que le Faucon rende ses comptes à la Justice\u201d.nmuiïHi 11.Les empreintes de pas, visibles sur la rue sablonneuse, conduisaient vers le Salon Rouge, alors, libérant son revolver dans son étui, le jeune inspecteur poussa la porte à deux battants.\u201cIl est ici\u201d, marmctta-t-il.\u201cVoilà un pas de fait !\u201d 12.Tous les regards se tournèrent vers l\u2019inspecteur qui r\u2019a.ançait vers le bar, et un type barbu, assis seul à une table, porta soudain la main à son revolver.\u201cII m\u2019a suivi ici\u201d, dit-il.\u201cJe vais tirer sur lui.Je descendrai les lumières puis je l'abattrai !\u201d\t(à suivre) r jyf ;HI J.jggSjlffil 34 Le Samedi, Montréal, 25 avril 1953 La truite canadienne importée au Pérou et au Chili atteint facilement vingt livres.Les pièces illustrées ici (ci-dessus et ci-dessous) pèsent 18 livres et mesurent de 33 à 34Va pouces.C'est surtout dans le lac Titicaca (Pérou), à 12,000 pieds d'altitude, que se pêche la truite arc-en-ciel d\u2019origine canadienne.NOTES ENCYCLOPÉDIQUES La population de Bénarès compte 250,000 âmes, mais ce chiffre ne tient pas compte des milliers de pèlerins qui pénètrent chaque jour dans la ville ainsi que des innombrables mendiants auxquels les pèlerins riches doivent distribuer de copieuses aumônes pour progresser sur la voie du salut.Camelots et marchands prolifèrent, car la Ville sainte est un marché très actif.Tout un quartier forme un bazar comparable aux souks nord-africains.Dans ce dédale de ruelles bordées de boutiques se vendent les produits des manufactures et de l\u2019artisanat local : soieries \u2014 des métiers de Bénarès sortaient certaines des soies qui ornaient les salles de Versailles \u2014 vaisselle de cuivre, jouets en bois colorié.Les camelots proposent aux passants des bâtons de santal, de la poudre rouge dont les dévots se marquent le front pour adorer les dieux, des bracelets porte-bonheur et des perroquets, animal domestique au même titre que chez nous les serins et les canaris.A l\u2019entrée de chaque temple il y en a près de deux mille \u2014 des marchands vendent des oeillets d'Inde que les dévots jetteront par poignées sur l\u2019une des cinq cent mille statues pieuses de la ville.Le docteur Albert Schweitzer, qui a été élu à l\u2019Académie des sciences morales et politiques, est né en Alsace le 14 janvier 1875.Musicien, historien, philosophe, il se décida à se faire médecin et, ayant conquis ses grades, partit pour l\u2019Afrique équatoriale, où il créa avec sa femme, un hôpital où sont surtout soignés les lépreux.Depuis 1924, il vit à Lambaréné et n\u2019a fait en France que de brefs séjours.La ville de Sacramento fut fondée en 1839 par Jean-Auguste Sutter, un Suisse ; c\u2019est aujourd\u2019hui une cité verdoyante et paisible dont les marchés regorgent des fruits et des produits de sa vallée fertile.Le développement de Sacramento date de la fameuse Ruée de l\u2019or, en 1849.Les vins rouges et les vins blancs de Californie sont avantageusement connus dans toute l\u2019Amérique.L\u2019étroite vallée de Napa possède à elle seule 15,000 acres de vignobles.La Californie est l\u2019Etat américain où l\u2019on consomme le plus de vin proportionnellement au nombre de ses habitants.Une histoire de pêche .véridique Vous ignorez peut-être que la plus grosse truite canadienne se pêche, non pas au Canada, mais dans les Andes, au Pérou et au Chili.C\u2019est la truite arc-en-ciel, originaire des Rocheuses, qu\u2019un amateur de pêche de la Colombie-Britannique eut un jour l\u2019idée, il y a quelques jours, d\u2019acclimater en Amérique du Sud.La truite canadienne s\u2019acclimata si bien aux eaux froides des rivières et des lacs des Andes qu\u2019elle y retrouva une vigueur nouvelle.Ses qualités combatives s\u2019accrurent et elle atteignit bientôt une taille impressionnante.Un des premiers Canadiens à en découvrir l\u2019existence est M.Claude Mélançon, directeur adjoint des Relations Extérieures au Réseau National du Canada et auteur de nombreux ouvrages d\u2019histoire naturelle dont Nos Animaux chez eux et Les Poissons de nos eaux.En 1951, il s\u2019offrit le luxe d\u2019aller en pêcher au Chili.Un petit voyage de pêche en avion de 12,000 milles, aller et retour ! C'est déjà un joli record.Le plus curieux, cependant, c\u2019est que M.Claude Mélançon, partisan de la conservation, ne pêche que pour le sport et rejette toutes ses prises à l\u2019eau.C'est au Chili, dans le Rio Tolten, qu\u2019il pratiqua surtout son sport favori.Mais la truite canadienne, nous raconte-t-il, se prend également dans la décharge du lac Titicaca, au Pérou, à plus de 12,000 pieds d\u2019altitude.On y trouve, et en abondance, des truites de vingt livres.Ce qui explique la rapide croissance des alevins canadiens importés au Pérou et au Chili, c\u2019est la présence des écrevisses et des petits poissons dont ils se nourrissent et aussi la température de l\u2019eau.Des truites de cette taille se pêchent avec des cannes à lancer et de toutes petites cuillers jaunes et rouges.Le fin du fin, c\u2019est de les prendre avec une canne à pêche légère et un moulinet à tambour fixe et à monofilament de nylon d\u2019une résistance de quatre livres.JS**- wi jm J, ?La baie de Chesapeake est la plus vaste des baies américaines.C\u2019est une voie fluviale qui s\u2019étend sur une longueur de 200 milles d\u2019eau salée.On y pêche, en une seule année, 400,000,-000 de poissons.Le commerce maritime du port de Baltimore s\u2019élève annuellement à 15,000,000 de tonnes, comprenant importations et exportations.Le porte-avions Franklin D.Roosevelt est un aérodrome mobile évoluant fréquemment en Méditerranée.Les avions les plus modernes peuvent décoller de sa piste d\u2019envol, longue de 932 pieds.Cette base aérienne autonome peut se déplacer dans des délais extrêmement courts, parcourir plus de 700 milles par jour.Le ravitaillement en combustible et en provisions est assuré en mer par des bateaux.Le cactus est une plante têtue, elle est presque impossible à détruire et il en existe 5,000 variétés.Une de ces plantes transportée en Australie en 1839, se multiplia à l\u2019infini et menaça l\u2019agriculture de ce pays.En 1925, on découvrit, en Argentine, des insectes ennemis du cactus et on expédia six caisses de Cactoblastis cactorium outre-mer.Ils eurent raison du fléau, 14 ans plus tard.Il y a de cela sept ou huit cents ans, un Anglais du nom de William acheta de l\u2019évêque de Durham, en retour d\u2019une rente et de deux lévriers pour la chasse à courre, le petit village de Washing-ton-sur-la-Wear.William s\u2019y bâtit une maison spacieuse, adoptant par la même occasion le patronyme du village qu\u2019il venait d\u2019acquérir, corps et biens, et se faisant désormais appeler : William de Washington.Ainsi naquit l\u2019un des noms les plus fameux de l\u2019histoire, et sans doute, celui qui est porté par le plus de villes, lacs, rivières, montagnes, rues, places publiques et monuments aux Etats-Unis et dans les pays alliés.Le premier volume imprimé en braille le fut par les jeunes typographes de l\u2019Institut National des Aveugles, en 1827 ; c'était une grammaire française.La natalité dans la Province de Québec demeure très élevée ; le taux pour mille âmes se maintient aux alentours de 30.0.Au cours de 1950, on a compté 119,081 naissances, soit environ 40,000 de plus qqe la moyenne quinquennale 1931-35, et 2,253 de plus que l\u2019année précédente.Le taux de 29.9 en 1950, pour la province se compare à 26.8, le taux canadien.Au point de vue social, la France a accompli au Maroc, durant l'année 1951, les réalisations suivantes : 23 infirmeries ayant donné 400,000 consultations ; 26 écoles recevant 2,000 élèves : 2 centres de formation de cadres ruraux ; 83 bourses accordées à de jeunes Marocains désireux de poursuivre leurs études en France dans les écoles nationales d'agriculture ou même à l\u2019Institut national agronomique.Si la fabrication des appareils est aussi ancienne que la photographie elle-même, la production industrielle des surfaces sensibles n\u2019a commencé qu\u2019aux environs de 1880, lorsque Antoine Lumière créa, à Lyon, la première usine d\u2019Europe.Quinze ans plus tard l\u2019invention du cinématographe donnait à cette industrie une vigoureuse impulsion.En 1947, M.Winston Churchill fut élu membre de la Société historique de Cincinnati, un ordre américain réservé uniquement aux descendants mâles des officiers ayant servi sous les ordres de George Washington.M.Churchill était qualifié pour recevoir cette distinction par sa mère (les femmes ayant le droit de transmettre ce privilège), Lady Randolph Churchill étant l'arrière-arrière-petite-fille du lieutenant Ruben Murray, qui servit trois ans sous Washington, pendant la guerre d\u2019Amérique. DEMANDEZ le Fils Favori de l'Ecosse.\u2022.-.tàM' x -r'.\\r- * ' - - '&> ,, La AUSTIN A-30 1953 continue en l'améliorant une série de petites voitures qui dès avant la guerre se faisaient apprécier dans le monde entier.50 milles au gallon, 4 bonnes places, des coussins de caoutchouc mousse recouverts de cuir, un chauffage efficace, batterie de 12 volts, une suspension impeccable, voici quelques-unes des caractéristiques auxquelles s'ajoute l'élégance.L'ÉLÉGANCE AUSTIN Moins de cinq pieds de haut, voilà ce qui caractérise la nouvelle AUSTIN 53, type cabriolet sport.Cette voiture offre les avantages combinés de la voiture économique et de la voiture de sport.Elle permet d'étonnantes performances .et toujours l'élégance Austin.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.9., Can.\u2014 Tél.: PL.9637-fc GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur GEORGES POIRIER, fils Vice-président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité GERARD VIOT .Secrétaire de la rédaction ODILON RIENDEAU .Chef du tirage A B\tO N N E\tM E N T S\t Canada\t\tEtats-Unis\t 1 an \t\t$3.50\t1 an \t\t$5.00 6 mois \t\t2.00\t6 mois \t\t2.50 AU\tNUMERO :\t10 CENTS\t Entered March 23rd 1908.at the Post Office of St-Albans, Vf.U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.BORN 1820\u2014 STILL GOING STRONG UN VRAI BON \"SCOTCH\u201d Distillé Mélangé et Embouteillé en Écosse Vendu en différents formats JOHN WALKER & SONS LTD., DISTILLATEURS DE WHISKY ECOSSAIS, KILMARNOCK, ECOSSE 72-f 3 ! eme: aujourd\u2019hui! eCûLie: toute iannee! On ne parie plus maintenant que de jardinage ou de semaiüe et l'on a bien raison.C'est le moment de confier à la terre le grain qui assurera notre nourriture ou nous donnera de belles fleurs.Mais n'oubliez pas que votre esprit aussi doit être cultivé.Il faut y semer des idées, de saines idées, celles qui assurent votre réussite dans la joie de vivre.Toute la famille a besoin de nourriture spirituelle.Veillez à ce que l'on n'empoisonne pas votre enfant.Mettez-lui entre les mains les magazines que tous aiment à lire : / LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE FILM
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.