Le samedi, 1 août 1954, samedi 21 août 1954
[" PER £ Ce Samedi Lt MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 66e année, No 15\tMontréal, 21 août 1954 10< «- k 'y y\"ih ' O J ^4 'ns ¦ ¦¦ 0m H r\t[/' 1 \t1 \u2022 - 1 2 Wr -\ti t\t1 f\t\u2022\t1 j\" £ -\tx™ \" t ' m \t i: C'est une merveille d'exactitude Quelle est cette reine de beauté?.mais la montre de dame.Comme la plupart des lauréates du monde de l\u2019horlogerie, les rouages, les pignons, l\u2019ancre empierrée ont fait un grand voyage; ils viennent tout droit de Suisse.Au cours des trois derniers siècles, les artisans suisses ont augmenté la précision des montres tout en réduisant au minimum leurs dimensions.C\u2019est en raison de la perfection microscopique de leurs mouvements que les montres suisses ont la finesse et la délicatesse des pièces de joaillerie.Votre horloger-bijoutier peut vous en faire admirer quelques-unes, cachées dans les mail Ions d\u2019un bracelet, encastrées dans une bague, déguisées en broches ou en parures.Et pour les messieurs, un immense choix de montres discrètement élégantes, aux boîtiers incroyablement minces.Allez les voir sans tarder chez votre horloger-bijoutier et vous comprendrez pourquoi une montre suisse de qualité plaît toujours, de quelque modèle qu\u2019elle soit.Les Fabricants Suisses d\u2019Horlogerie m ?VV* \u201cPour un cadeau qui sera apprécié, adressez-vous à voire bijoutier.\u201d C\u2019est un expert qui pourra vous conseiller dans votre achat et faire le rhabillage de votre montre de jualité à prix modique.5« 'X La Mesure du Temps\u2014un Art Propre aux Suisses fk&üÊk. 3 w ^\t- r; L -Ü.V ! b ' \"V LE GRAND TALENT DE PIAF, par JAC DUVAL.\tC'EST L'AMOUR.Avec ses cheveux roux de femme de ménage de l\u2019enfer, son petit corps vêtu du noir des démons, Piaf est une prêtresse de l\u2019amour.Quand ce n\u2019est pas du sien qu\u2019elle parle, c\u2019est de celui des autres.Les Amants de Paris, Les Amants de Venise, Monsieur et Madame, Le Prisonnier de la tour, Monsieur Lenoble.Pour Piaf une chanson n\u2019est jamais un paysage, une description, un voyage.Il y va chaque fois de la vie.Cinq fois sur six, d\u2019ailleurs, la mort est au bout du refrain.Née à Paris, Edith Piaf fut élevée par sa grand-mère jusqu\u2019à l\u2019âge de sept ans.Puis son père, qui était acrobate dans un cirque, la prit avec lui.Il s\u2019aperçut rapidement qu\u2019elle avait une voix agréable dont il pourrait tirer profit.Elle parcourut ainsi toute la France dans une atmosphère funambulesque de vie vagabonde, jusqu\u2019à l\u2019âge de quinze ans.Le goût de l\u2019indépendance l\u2019incita alors à se lancer toute seule dans la vie.Ses débuts furent très difficiles et, pour subvenir à ses besoins, elle dut chanter dans la rue.C\u2019est alors qu\u2019elle fut remarquée par Louis Leplee, qui l\u2019engagea dans un des cabarets les plus chics de Paris.La mort de son bienfaiteur la désempara pendant quelque temps.Mais elle rencontra Raymond Asso qui écrivit pour elle des chansons qui firent son succès.Puis ce furent Michel Emer, Marguerite Monnot et Henri Contet qui composèrent chansons et poèmes qu\u2019Edith Piaf interprète avec une telle sensibilité qu\u2019elle fait de chacun d\u2019eux un véritable petit drame, et le public, ému ou amusé, souvent bouleversé, toujours passionné par cette grande artiste, lui fait un accueil chaque jour plus enthousiaste.Dans la vie privée Edith Piaf est une artiste des plus sympathiques.C\u2019est un petit bout de femme qui vous impressionne par sa simplicité.Piaf est l\u2019amie des jeunes, et n\u2019hésite jamais à aider un débutant qui a du talent et qui veut réussir.Yves Montand, Charles Aznavour, Eddie Constantine, furent ses protégés.Elle a épousé récemment le chanteur Jacques Pills, avec qui elle connaît le parfait amour qu\u2019elle chante si bien.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C.t et de l'Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM Tél.: PL.9437* 975-985.GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur GEORGES POIRIER, fils Vice-président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Secrétaire de la rédaction I .Chef du tirage GERARD VIOT .ODILON RIENDEAU ABONNEMENTS SAMED Canada Etats-Unis $5.00 .$3.50 .2.00 AU NUMERO : 10 CENTS 6 mois 6 mois Entered March 23rd 1908.at the Post Office of St-Albans, Vt\u201e U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorité comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa, Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 TEACIIII MICIIM MD.DATE & perils / baj{h+ic& pcrur pour\tf» ,erLocùs ~/ë+urr Ccmt / cornâtp «rur l/tffre /l/Jéc^ct\\ .OÈËM (Jssfcitit&swj Une bonne \u201cprescription\u201d contre VHYPERTENSION.Si vous êtes au nombre des centaines de milliers de Canadiens qui ont ou qui auront une haute pression de sang de forme commune et simple, c\u2019est-à-dire l'hypertension, votre médecin vous donnera probablement une prescription du genre de celle qui est reproduite ci-dessus.Évidemment, il existe plusieurs médicaments qui sont utiles dans le traitement de la haute pression de sang, et il y en a d\u2019autres qui sont présentement à l\u2019étude et qui promettent de donner de bons résultats.Toutefois, le contrôle efficace de l\u2019hypertension dépend encore surtout de la façon dont sa victime apprend à vivre en bons termes avec elle.Par exemple, un grand nombre de victimes peuvent empêcher leur pression de sang de monter davantage .et, parfois, même la réduire .tout simplement en maîtrisant leur poids par l\u2019adoption d\u2019un régime alimentaire convenable.Étant donné que la plupart des gens qui viennent à souffrir d\u2019hypertension sont ordinairement du type soi-disant \u201cnerveux\u201d, il est extrêmement important pour eux d\u2019apprendre à éviter une tension soutenue, qui a pour effet d\u2019élever la pression sanguine et, peut-être, de la maintenir à un niveau excessivement élevé.Pour éviter la tension, il faut ordinairement modifier notre attitude et nos vues à l\u2019égard des choses que nous devons faire, plutôt que d\u2019abandonner ou de réduire d\u2019une façon radicale, notre activité normale.Les personnes qui souffrent d\u2019hypertension devraient se faire examiner et traiter régulièrement par leur médecin.Celui-ci pourra ainsi dépister les complications possibles de bonne heure et prendre les mesures nécessaires pour les enrayer.Même les personnes qui ne souffrent pas d\u2019hypertension feront preuve de sagesse en se faisant examiner périodiquement, sans oublier de faire vérifier leur pression de sang.Cette précaution est surtout à recommander pour les personnes d'âge mûr ou d'âge plus avancé, qui souffrent d'obésité ou dont les antécédents familiaux accusent de l'hypertension.Vous connaissez sans doute le vieux dicton: \u201cQui veut voyager loin, ménage sa monture\u201d.La recommandation qu\u2019exprime ce dicton est utile pour tout le monde, mais surtout pour les personnes qui souffrent d\u2019une haute pression de sang.Au fait, un grand nombre de personnes qui sont aujourd\u2019hui victimes de cette affection peuvent s\u2019attendre à vivre une vie longue et heureuse, tout simplement en réduisant la tension de leur train de vie habituel.COPYRIGHT CANADA, 1954-METROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY\tMetropolitan Life Insurance Company, Direction Générale au Canada, (Dëpt.H.W.), Ottawa 4, Can.Veuillez m\u2019envoyer un exemplaire de votre bro-chure 84-S, intitulée \u201cVotre Coeur\u201d.\t*-\tIm/mËfm*sUB \u2014 Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE)\t\t1 Siège Social: New-York\tNom \t\t Direction Générale au Canada:\tAdresse\t\t Ottawa\tLocalité\t\t\tProv\t 4 Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 'v/vÉRIFIEZ VOTRE CONNAISSANCE i - :/yt, Le gagnant de la Course d\u2019Indianapolis, cette année, fut JACK McGRATH.?BILL VUKOVICH.?JIMMY BRYAN.?500 milles parcourus à une allure vertigineuse! Voilà la dure épreuve à laquelle hommes et machines doivent se soumettre tous les ans durant la Course d\u2019Indianapolis (Etats-Unis).Cette année, toutes les voitures participant à cette course étaient munies de Bougies Champion à 5 cannelures.Le gagnant?Bill Vukovich, qui établit un nouveau record .avec une vitesse moyenne de 130.840 milles à l\u2019heure ! Pour une performance maximum de votre auto\u2014pour le fonctionnement doux et les accélérations puissantes que vous désirez pendant vos vacances \u2014adoptez, vous aussi, les Bougies Champion à 5 cannelures! \tWESTERN -UNION wx MOOV^ItS3\t\t\t\t 1 n***./\t\t\t\t\tt r\t\t\t\t\t CHAMPION SPARK PLUG COMPANY MAY 31.1954 SECOND STRAIGHT YEAR I HAVE DRIVEN CHAMPION SPARK PLUGS TO VICTORY IN THE TNDIANAPOLIS 500 MILE RACE.AVERAGE SPEED OF 130 840 MILES PER HOUR SETS NEW RACE RECORD.THANKS FOR A GREAT PRODUCT.BILL VUKOVICH Poor la deuxième année de suite, | a.gagné la course de 500 milles d\u2019Indianapolis .a.ec des Bougies Champion.La vitesse moyenne de I 30.840 milles à l\u2019heure constitue un nouveau record su/cette piste.Merci pour l\u2019excellente qualité de votre produit.Bill Vukovich FAITES-VOUS UNE RÈGLE DE FAIRE VÉRIFIER VOS BOUGIES PAR VOTRE GARAGISTE LA ™°C*AINE FOIS QU\u2019IL FERA UNE MISE AU POINT DU MOTEUR OU EFFECTUERA UN GRAISSAGE et, comme bougies de rechange, n\u2019acceptez r/on d\u2019autre que des Champion à 5 cannelures! bougies CHAMPION RECHERCHEZ L\u2019ISOLANT EXCLUSIF À 5 CANNELURES NOS LECTEURS ET NOUS ,1 »\u201e»» , 1.11» ,«*.temps p.\u201e, dépouOler ^ cenutoes de JM*» à propos de notre article du 17 juillet dernier et intitule .Preme^ ^idérMe planétaire.Il ne fait pas de doute que ce ar îc\tnuméro la publication et nous sommes heureux d\u2019annoncer pour no re P\t-\tL\u2019homme depuis d\u2019une grande enquête en deux parties sur La cour\tAuiour- des millénaires poursuit un vieux rêvet qui toujoursde d\u2019hui il croit toucher au but et Le Samedi se fa\tpt des solutions tenir ses lecteurs au courant des dernières données du problème et des solutio qUOVoLaPdoncte prises entre toutes, quelques phrases extraites des lettres reçues « Votre article sur la fusée interplanétaire que j ai eu le plaisirde Ivre je l\u2019avoue, très intéressant.Seulement, savant modeste je do * Ze fixée en ]e ne «iis nullement convaincu de cette possibilité, surtout a unee 1962.C\u2019est purement fantaisiste et ça n explique rien de J ou\tencore telle rien n\u2019est illimité que Dieu seul.Pour Vile de t espacé e est enc°£j*£ qu\u2019on nous l\u2019annonce, un tissu d\u2019erreurs.On ne nous parle pas tempêtes qui régnent dans la stratosphère, m des froids intenses q p l\u2019ionosphère.Il y a, dans ces aéronautes des illumines, des calculateurs ae laboratoires qui semblent ignorer les dangereux effets des anti-pro ons, rayons cosmiques.n suivent d\u2019autres objections scientifiques.Signé : Jean Berthos, 460, ave Bardy, Québec.Nous ne nous sentons pas de force à discuter les propos de M.Berthos.Nous nous contenterons de lui redire que nos articles sur le suje ne r toujours nos opinions personnelles mais bien celles des savan s en ma voyages interplanétaires.Il ne s\u2019agit pas toujours de rêveurs de laboratoires puisqu\u2019ils ont su mettre au point et réaliser les terribles V-l, V-2 et autres fusées plus perfectionnées.Tous les gouvernements du monde investissent des sommes fabuleuses dans de telles recherches ; et certainement pas pour le plaisir ri\u2019ûnrtinntir l\u2019arcrpTit rips contribuables.« J\u2019ai lu avec plaisir votre article sur les fusées interplanétaires.Ce genre d\u2019articles se manifeste de plus en plus important même si le public semble sceptique; j\u2019espère que beaucoup de gens s\u2019intéressent à vos articles, pour ma part je ne manque pas d\u2019enthousiasme .» 1\tGéo.-Emile Otis, 45 B oui.Blanche, Hauterive, P.Q.Nous remercions M.Otis de ses encouragements et pouvons l\u2019assurer que Le Samedi, fidèle à sa tradition plus que cinquantenaire, met sans cesse tout en oeuvre pour assurer à ses lecteurs une documentation variée, précise, instructive et distrayante.« Je tiens à Première fusée d\u2019amis.» vous remercier tout particulièrement pour votre article intitulé : interplanétaire.Il m\u2019a beaucoup plu ainsi qu à un groupe Un lecteur assidu : Léopold Chiasson, Sept-Iles, P.Q.«.C\u2019est avec empressement que je vous réponds.Je ne veux pas m\u2019inscrire pour le prochain voyage.mais je viens vous féliciter du choix d un si bel article .Je ne vois pas très bien pourquoi on construirait cette île inter planétaire ?Pourquoi en a-t-on besoin puisqu il y a moyen d aller directement dans la lune ?.Gérard Vézina, St-Stanislas, P.Q.Nous croyons savoir que l\u2019île interplanétaire est prévue à titre de relais pour le voyage Terre-Lune et aussi pour l\u2019intérêt qu\u2019elle présenterait pour les hommes.C\u2019est la sortie de la stratosphère terrestre qui, apparemment, demande le plus d\u2019énergie.Une fois sur la satellite artificielle, les hommes n\u2019auront plus guère de peine, théoriquement du moins, à gagner la Lune.De plus l\u2019île tiendra toute la Terre sous son contrôle.En cas de guerre elle serait capable de bombarder n\u2019importe quel point dès qu\u2019il passera près d\u2019elle.En temps de paix, elle pourrait servir aux relations postales en des délais record.«.Les articles de ce genre m\u2019intéressent grandement, alors je pense qu\u2019en vous le faisant savoir j\u2019aurai d\u2019autres articles qui me plairont ».Lucien Croteau, Parent, P.Q.Mais certainement, M.Croteau, il n\u2019y a rien de tel que de demander pour être servi.Le Samedi est au service de ses lecteurs.Il espère garder votre confiance et souhaite que vous aimiez notre prochaine enquête sur La Course à la Lune.«.L\u2019article Première fusée interplanétaire m\u2019a beaucoup intéressé et les enfants eux-mêmes se sont essayés à le lire et à l\u2019étudier.Donnez-nous-en souvent dans le genre .» Un lecteur assidu : Charles Eugène Boucher, Ile Verte, P.Q.«.Ce genre d\u2019articles m\u2019intéresse beaucoup, d'autres dans le même genre, j\u2019en serai ravi.» Si vous pouvez en faire paraître Robert Tremblay, Dolbeau, P.Q. Le Samedi, Montréal, 21 août 1954\t5 Son destin était écrit dans les étoiles .A 19 ans, PIER ANGELI est devenue une vedette de première grandeur par NOEL MARSIN IL était écrit quelque part dans les étoiles que Pier Maria Angeli ferait du cinéma.Alors que tant d\u2019autres s\u2019épuisent vainement pour accéder au royaume enchanté de l\u2019écran, la petite Italienne de Cagliari n\u2019avait que dix-sept ans lorsqu\u2019on lui proposa d\u2019emblée un rôle de vedette.Pourtant rien ne semblait promettre la fille d\u2019un ingénieur des Travaux Publics de Rome à la gloire des grandes stars.Sa mère avait la passion du théâtre ; elle aurait été actrice elle-même si sa famille ne s\u2019y était opposée.Au moins monta-t-elle sur les planches dans un théâtre d\u2019amateurs.Elle encouragea Pier et sa soeur jumelle Maria-Luisa à étudier la danse classique.Mais Pier ne s\u2019intéressait pas aux jetés battus et les pointes la fatiguaient.Elle préférait la sculpture qu\u2019elle étudiait alors, sans se douter qu\u2019avant longtemps elle comblerait les désirs secrets de sa mère et serait une actrice célèbre.Léonide Moguy, grand découvreur de talents \u2014 c\u2019est lui qui lança Michèle Morgan, Corinne Luchaire, Ginette Leclerc \u2014 cherchait depuis des mois l\u2019adolescente idéale pour « Demain il sera trop tard », qu\u2019il devait tourner en Italie.Un beau jour le metteur en scène rencontra Pier Angeli chez des amis.« Sur le champ», raconte Moguy, «je m\u2019avisai que c\u2019était cette jeune fille-là qu\u2019il me fallait pour le rôle que j\u2019avais en tête ».La semaine suivante Pier Angeli signait son premier contrat.On se souvient de l\u2019énorme succès rencontré par cette oeuvre- au sujet audacieux.« Demain il sera trop tard » passe actuellement dans un des plus gros circuits des Etats-Unis, et est un des rares films européens qui bénéficient outre-Atlantique, du lancement et des facilités réservés d\u2019ordinaire aux seules productions d'Hollywood.Mais si Pier Angeli n\u2019avait pas rencontré Moguy, il est certain que son destin s\u2019en serait trouvé à peine modifié.En effet, Vittorio di Sica qui préparait « Miracle à Milan » rencontra à son tour Pier Angeli et lui demanda de tourner pour lui.Mais elle venait de signer avec Moguy.Les mois passèrent.Pier se révéla devant la caméra une comédienne intelligente à la grande sensibilité.Son charme, son joli visage triangulaire, la pureté de son regard faisaient le reste.Dès cet instant, et sans qu\u2019elle s\u2019en doute, Hollywood avait les yeux fixés sur la petite Italienne.La Metro-Goldwyn-Mayer préparait la réalisation de « Térésa ».Lorsqu\u2019il s\u2019agit de trouver l\u2019interprète idéale, la Metro envoya en Italie le scénariste Stewart Stem qui avait adapté la nouvelle d\u2019Alfred Haye dont le film s\u2019inspire.Sous la direction d\u2019Allan Davis, Pier tourne, avec Peter Lawford (notre photo) Janice Rule, Richard Greene, Leo-G.Carroll et 3,000 figurants, le film à grand spectacle : \"Rogue\u2019s March\u201d.,/f ft*1.- \u2014 ' mÆ ,4\tfe:V.IgM »! \tCS' T, » ¦ ; i .1 ï '.-%\t\u2018 ^ Arrachée à 17 ans aux joies de la vie de famille dans son village, Pier Angeli, réalisant les rêves de sa mère, tourne maintenant à Hollywood dont elle est une vedette vénérée, sous contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer.Stern vit défiler devant lui mille ingénues.Aucune ne faisait l\u2019affaire et il se désespérait.Mais le destin veillait.Il arriva que Silvio-Damico, directeur d\u2019une école d\u2019art dramatique avait vu au montage quelques séquences de « Demain il sera trop tard », en cours d\u2019achèvement.Damico n\u2019avait jamais approché Pier Angeli.Mais ce qu\u2019il venait de voir de la jeune fille lui suffit.Il recommanda Pier à Stewart Stern.« Un jour, raconte Stern, exactement deux semaines avant la date prévue pour le premier tour de manivelle de « Térésa », je vis entrer dans mon bureau une jeune fille avec sa mère.J\u2019eus l\u2019intuition qu\u2019elle serait notre Térésa.Encore une fois le hasard avait travaillé pour Pier.Elle signa un magnifique contrat avec la Metro.Une fois terminé, « Térésa » qui fut tourné pour les extérieurs près de Bologne, puis à New-York, et, enfin à Hollywood pour les raccords, le réalisateur Fred Zinneman, ne cachait pas son enthousiasme.« Cette jeune Italienne de 18 ans, clamait-il à qui voulait l\u2019entendre, sera l\u2019une des plus grandes actrices de sa génération ».A Hollywood, tout le monde, y compris les producteurs les plus chevronnés, partage l\u2019opinion de Zinneman.Une carrière magnifique s\u2019ouvre devant Pier Angeli.Elle a tourné « Le Diable fait le troisième » (Devil Makes Three) avec le danseur Gene Kelly dont le film « Un Américain à Paris » a remporté l\u2019Oscar du meilleur film 1951.On lui donne le séduisant Stewart Granger, nouveau Charles Boyer pour partenaire dans « The Light Touch ».Elle va tourner avec Leslie Caron, la jeune danseuse française qui de son côté fait à Hollywood une carrière étincelante « Deux jeunes filles de Bordeaux », une superproduction.Pour la première fois, Pier Angeli aborde le technicolor.Hidda Hopper, la commère No 1 d\u2019Hollywood a vu le nom de Pier Angeli dans la boule de cristal qui lui inspire ses infaillibles oracles.Si l\u2019on en croit la quantité de «Fan-Mail» (lettres d\u2019admirateurs) qu\u2019elle reçoit chaque jour, la petite Italienne de Caglieri a conquis le coeur des foules américaines.Le poids de la gloire est bien lourd à des épaules de 20 ans.Mais Pier a la tête solide. 6 Le Samedi, Montréal, 21 août 1054 I ) La psychologie des colères quotidiennes Comment et pourquoi se met-on en colère Certains hommes sont heureux, d\u2019autres malheureux.Si nous examinons ce qui fait le bonheur des uns et le malheur des autres, nous constatons que dans la plupart des cas les facteurs déterminants sont d\u2019une part passagers et de l\u2019autre essentiellement d\u2019ordre intérieur.Nous essaierons d\u2019isoler ces facteurs dont certains s\u2019appellent simplement bonne ou mauvaise humeur et par là même de trouver les leviers dune vie heureuse.Jn attelage lui barre la route.Pressé, il tue le cocher.Xavier L.se trouvait au banc des accusés pour avoir tué son voisin dans a rue d\u2019un coup de couteau au coeur.w\t\u2022\u2022\t1 Et pourquoi cela ?Les jurés et le public écoutaient avec consternation le récit de ces faits incroyables : L se rendait en bicyclette à la gare.Il était pressé craignant de rater le train qui devait le conduire en ville pour assister en tant que » ™ Pr°^ Un attelage de son voisin lui barra la route.Apres une altercation L.fouetta les chevaux qui emportèrent la voiture dans une palissade.L., voulut alors passer mais le voisin lui barre le chemin : « Tu commenceras par m aider a dégager ma voiture espèce de brute ! C\u2019est alors que L.tira son couteau, passa sur le cadavre et continua sa route.En moyenne, on se met en colère 13 fois par jour neuf fois sur dix pour les mêmes raisons.Tout homme croit savoir d\u2019où viennent ses colères et pourtant bien peu en connaissent les lois.Grâce à une série d\u2019enquêtes minutieuses et appropriées on a pu calculer qu\u2019en moyenne chacun se mettait en colere 12,8 fois par jour et dans 94% des cas toujours pour les mêmes raisons.Pourtant nul ne songe à assimiler ces symptômes a ceux d\u2019une maladie qu\u2019un médecin pourrait guérir.De-puis peu seulement les psychiatres s\u2019efforcent d analyser scientifiquement la colère et d\u2019en étudier les causes.La colère n\u2019est qu\u2019un simple réflexe, et meme un réflexe primaire, analogue à tous ceux qui nous font éloigner des objets nuisibles ou désagréables.Les trois \"lois\" de la colère.La colère a un but, tout comme la douleur ou la faim ; et c\u2019est déjà faire un grand pas que de reconnaître ce but.Songeons simplement combien la faim serait plus désagréable si nous ne savions qu\u2019elle disparaîtra rapi-dement en mangeant.Il en va de même pour la \u201c^Conmien: naît lajolere à quelle fin, selon quelles lois, pour disparaître comment ?Presque personne ne le sait et voilà pourquoi tant de gens se mettent en colere de façon peut dire chronique.\t,,\t.La colère est une réaction qui se produit régulièrement a la suite d excitations déterminées, spécifiques, psychiques que sont la constatation et la representation d\u2019un trouble ou d\u2019une tendance contrariée.Cette phrase est l\u2019expression d\u2019une loi exacte où chaque mot a sa signification et sa valeur.Il existe encore deux autres lois .\t, .-La colère est liée à la volonté de détruire, de nuire ou d eloigner 1 objet dU ^-L\u2019ampleur de la colère dépend d\u2019abord de la grandeur du trouble constaté ou représenté, ensuite de l\u2019intensité des tendances contrariées, finalement de la rapidité du réflexe.Guérison-éclair d'une coléreuse.Mais délaissons ce domaine abstrait pour ne retenir que ces trois « racines » de la^olère qui nous permettront de décerner logiquement le « mal », maigre tout ce qu\u2019une réaction de colère comporte d\u2019irraisonné.- couv\"c\" * '¦ bo te aux lettres, les enfants venaient jouer devant la fenetre.Elle se fâchait ainsi depuis deux ans lorsqu\u2019elle vint me voir pour me demander un somnifc re.\tDensait-elle pas à supprimer le deuxième facteur de\tremlu le premier inopérant Pourquoi ne modifiait-eUe pas U\tlui dis de se coucher deux heures plus tôt'enrayant le désir de se lever à huit heures et lui expliquais le mécanisme de sa C0l^rem\tconvaincre.Elle finit cependant par suivre mon con- f.^!Srti°rndlTe moment-là, chaque matin, elle accueillit le bruit comme une heureuse^\"contribution a la réalisation de son désir de se lever a huit heures.Le célèbre psychiatre allemand, le docteur Fritz Wiedemann, a consacré plusieurs années à étudier une des maladies les plus répandues de notre temps, qui ne figure cependant dans aucun Traité de Médecine : la mauvaise humeur.Il l\u2019estime parfaitement guérissable et nous en donne ici les remèdes.\"Réaction de court circuit\".Ce n\u2019est que dans le train qu\u2019il put prendre de justesse, qu\u2019il réalisa ce qui venait de se passer.Comme il devait aller voir de toutes façons un avocat, il en profita pour raconter sa mésaventure.Il se rendit ensuite a la police apres avoir appris par téléphone les suites mortelles de sa, colère.« Meurtre ou coups et blessures ayant entraîné la mort ?» Telle était la question qui se posait au Jury.Les apparences étaient en faveur de la seconde hypothèse, mais la faiblesse des motifs pouvait laisser soupçonner que dans ce cas l\u2019incident n\u2019ait été qu\u2019une occasion bienvenue pour assouvir une vieille colère.Pour éclaircir l\u2019affaire on demanda l\u2019avis d\u2019un psychiatre qui conclut à une « réaction de court circuit » qui serait très fréquente chez les coléreux et amplifierait à tel point leur colère que la raison serait complètement « neutralisée ».Ainsi, au moment du méfait, 1 accusé n\u2019aurait pas joui de toute sa raison.Il était d\u2019une irritabilité anormale et la perspective du procès auquel il se rendait l\u2019avait dès avant le démêlé mis dans un état de colère où un motif aussi bénin que celui de la cause pouvait entraîner d\u2019aussi graves conséquences.Il fire sur l\u2019autocar qui lui passe sous le nez.On me soumit un jour le cas suivant : Un chasseur dominicain voulait se rendre en autobus à une partie de chasse.Très en retard, il se mit à courir mais n\u2019atteignit l\u2019arrêt qu\u2019au moment où le car repartait.Il le héla néanmoins, sans succès.Alors le chasseur mit en joue son fusil déjà chargé et tira sur l\u2019autobus en blessant un passager.Il s\u2019agissait certes également d\u2019une réaction de court circuit d\u2019un homme très irritable, mais il y avait encore autre chose, la précipitation où il se trouvait, et sans laquelle il n\u2019aurait jamais agi de la sorte.Vue sous l\u2019angle psychologique, la précipitation n\u2019est que l\u2019expression d\u2019une forte tendance, donc d\u2019une très forte « deuxième racine » de la réaction de colère.Tout obstacle irrite davantage, lorsqu\u2019on est pressé.C\u2019est pourquoi les gens pressés sont plus irritables que ceux qui ont toujours le temps.Aussi une recette pour se fâcher moins est d\u2019organiser sa vie et son travail de façon à n\u2019avoir jamais à se précipiter.Dépassement du \"seuil d\u2019irritabilité\".Si la deuxième « racine » de la colère resta presque toujours négligée, le facteur irritabilité ou sensibilité est depuis longtemps connu.Sans doute tout le monde est réceptif à la colère, mais dans une plus ou moins grande mesure.L\u2019intensité de l\u2019irritation nécessaire pour déclencher la colère varie de l\u2019ordre de 1 à 10.Les psychologues parlent d\u2019un « seuil d\u2019irritabilité ».Plus il est élevé, plus l\u2019intensité de l\u2019irritation doit être grande.Prenons, par exemple, le cas de M.Pendant des années il prenait paisiblement sa place au bureau et ses collègues en parlaient comme d\u2019un homme calme et conciliant.Un jour le commis cogna son bureau pendant qu\u2019il écrivait.M.se leva et le réprimanda bruyamment.Lorsque le directeur vint lui reprocher ses cris, il jeta ses livres à terre et partit en claquant la porte.Que s\u2019était-il passé ?M.se trouvait tout simplement dans un état de colère latente et au moindre incident le « seuil » fut atteint et la colère explosa.En Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 7 La colère, la mauvaise humeur, la peur et la susceptibilité sont-elles des maladies?par le Dr Fritz Wiedemann QU'EN DISENT LES PSYCHOLOGUES?QU'Y PEUT LA MEDECINE?effet M.avait eu de mauvaises nouvelles de son fils, ce qui occasionna une scène avec sa femme, puis il découvrit dans ses comptes une faute qu\u2019il ne pouvait élucider.C\u2019est à ce moment précis de tension extrême que le commis heurta son bureau.La colère doit s'extérioriser.En nous mettant en colère nous serrons les poings et les dents.Il y a là un réflexe primitif qui tend à détruire objectivement ce qui nous gêne.Des forces s\u2019accumuLent qu\u2019il faut utiliser, sinon elles se déchargent ailleurs, ce qui n\u2019est généralement pas avantageux ! Témoin cet homme d\u2019affaires qui vers la soixantaine souffrait d\u2019artério-sclé-rose et d\u2019hypertension et tombait en syncope à la moindre colère.Après un raisonnement purement théorique je lui conseillai de se déméner immédiatement après chaque colère.Et c\u2019est ainsi qu\u2019il n\u2019eut plus de syncope.Avec un peu d\u2019humour une vieille assiette toute prête à être lancée à terre se casse de très bonne grâce.Ce n\u2019était qu\u2019une déduction et une application du fait qu\u2019une colère retenue nous rend « blancs » alors qu\u2019une colère violente nous rend « rouges » ce qui correspond au resserrement ou à la dilatation des canaux sanguins.C\u2019est pourquoi la colère nuit à la santé, du moins lorsqu\u2019elle ne s\u2019extériorise pas ! Il ) Les causes de la bonne et de la mauvaise humeur Les \" Biotonus \" et le traitement de la mauvaise humeur Le professeur Ewald de Gotthjgen publia récemment un rapport sur l\u2019interférence existante entre le corps et l\u2019esprit ou plus exactement entre « l\u2019état d\u2019esprit » et La « tonicité des tissus et cellules » et qu\u2019il appelle « biotonus ».Peu nous importe d\u2019ailleurs la qualification philosophique de ce phénomène.Ce qui nous intéresse est précisément ce point de contact qui nous permet d\u2019agir sur l\u2019esprit par le corps et sur le corps par l\u2019esprit.Çu'est-ce que le \"biotonus\" ?On avait déjà découvert un phénomène analogue.Il s\u2019agit des cas de peur ou de colère où la glande surrénale secrète des milliards de molécules d\u2019adrénaline qui se répandent dans le sang pour remplir une fonction très précise.Elles dilatent les vaisseaux sanguins des muscles, contractent ceux de l\u2019abdomen et de la peau, fouettent les glandes, élèvent la pression sanguine et activent le fonctionnement du coeur.Si l\u2019on songe que la peur engendre une réaction de fuite et la colère une réaction de combat, nous comprenons que les muscles ont besoin de plus de sang et que la peau, au contraire, doit en contenir moins à cause des blessures éventuelles.Grâce à l\u2019adrénaline, la réaction psychologique se trouve donc physiologiquement facilitée.Pour en revenir au « biotonus », celui-ci lorsqu il est « positif » n est qu une revitalisation et une accélération de toutes les fonctions depuis les cellules jusqu\u2019aux mouvements et aux pensées.Le «biotonus positif» par contre, est le ralentissement et l\u2019arrêt de ces fonctions.Réaction physiologique sur l'esprit.Pour confirmer cette vue un peu théorique et en même temps en donner une application pratique on peut prendre 1 exemple de cette jeune fille atteinte de leucémie après la disparition de son fiancé à la guerre.Des lettres habilement imitées lui firent croire qu\u2019il n\u2019était pas mort et lui redonnèrent de l\u2019espoir en même temps que les globules rouges augmentaient à nouveau.Il était intéressant de constater que ce processus fonctionne également en sens inverse.On fit l\u2019expérience suivante : Des personnes sujettes à des variations d humeur furent interrogées sui leurs chances de succès sur tel point qu\u2019elles devaient évaluer en pourcentage.On obtint ainsi des chiffres qui variaient exactement en fonctionnement du « biotonus ».\t,,\t, \u201e Avec d\u2019autres questions telles que « jusqu a quel age pensez-vous vivre ! » ou « pensez-vous gagner encore à la roulette ?» on obtint les mêmes résultats.Et les réponses, suivant l\u2019état de l\u2019interrogé, variaient de 25 a 40%.Pessimistes et optimistes vus par la psychologie.Dans le langage populaire on parle de voir la vie en « rose » ou en « noir ».La psychologie définit ces deux aspects en termes plus exacts : 1)\tL\u2019optimisme est une manière de vivre où l\u2019intéressé voit partout de grandes, chances d\u2019atteindre son but.2)\tL\u2019optimisme est lié à un état d\u2019esprit gai et heureux.3)\tUn tel état d\u2019esprit est lié à un «biotonus» élevé.4)\tLa solidité du lien qui unit le spirituel, le psychique et le physiologique conditionne et permet le déclenchement de l\u2019un par l\u2019autre.5)\tLe pessimisme est une manière de vivre où l\u2019intéressé ne voit partout que très peu de chances d\u2019atteindre son but etc.En reprenant un à un les éléments que nous venons d\u2019isoler on aperçoit le cycle qu\u2019ils forment.A chaque stade il est possible d\u2019injecter un « élixir de vie » et peu importe finalement que le médicament soit une préparation hormonale, une douche, une joyeuse compagnie, un billet de banque, l\u2019espoir d\u2019un prochain avancement ou une lettre d\u2019amour.L\u2019effet est toujours le même.Trois facteurs nous rendent irritables.Dans un hôpital militaire il est arrivé qu\u2019un blessé lance son assiette de soupe aux pieds de la garde-malade, simplement parce qu\u2019elle lui semblait trop chaude.Un autre enfonça un carreau parce que la fenêtre s\u2019était coincée et ne se laissait pas facilement ouvrir.Cette irritabilité était la suite de commotions cérébrales.On retrouve des réactions semblables chez les épileptiques ou chez ceux qui souffrent de migraines.De même un temps orageux ou le foehn peuvent provoquer ces effets.Mais quels sont les facteurs qui accroissent ainsi la sensibilité, qui abaissent le « seuil d\u2019excitabilité ?»\t[ Lire la suite page 38 ] H \\m&~ #'J3Qu» * $&.A>>'* r v > \u2022\u2019 ¦*\u2022 ¦* >«, O\tLe Samedi, Montréal, 21 août 1954 O LA PARADE A EDIMBOURG Ville GRAND FESTIVAL par Joan Littlefield Sur l'esplanade du vieux château d'Edimbourg, a lieu un carrousel militaire à la lueur des réflecteurs pendant tout le temps du Festival international de musique et d'art dramatique.Cette année, le Festival aura lieu du 22 août au 11 septembre.Le 22 août, s\u2019ouvrira à Edimbourg le 8e Festival de musique et d\u2019art dramatique, par une cérémonie religieuse à la cathédrale St.Giles.Pendant les trois semaines qui suivront, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019au 11 septembre, la vieille et dramatique capitale de l\u2019Ecosse, sa grisaille égayée par des drapeaux et des fleurs en abondance, sera l\u2019hôte de milliers de visiteurs venus de toutes les parties du monde, attirés par le Festival artistique devenu le plus considérable de l\u2019Europe.En 1953, on a compté 72,863 visiteurs dans les hôtels, les pensions et les appartements de la ville, dont 1,998 du Canada, 3,247 d\u2019autres pays du Commonwealth et 7,015 des Etats-Unis.Qu\u2019est-ce qui attire tout le monde à ce Festival ?Peut-etre la variété des spectacles offerts.Il y en a pour l\u2019amateur d\u2019opéra, de cinéma, de danse, de musique.Même pour ceux que les beaux-arts n\u2019intéressent pas particulièrement, il y a le spectacle sans cesse changeant de la rue des Princes avec ses belles boutiques et ses trottoirs grouillants de monde.Ou bien le spectacle nocturne du Carrousel militaire, qui se passe loin au-dessus de la rue illuminée, sur l\u2019esplanade du vieux château : la musique des cornemuses y accompagne les marches et contremarches, la danse des épées et les danses écossaises.Oeuvre de Mozart.Cette année, la célèbre troupe d\u2019opéra de Glyndeboume jouera de nouveau au King\u2019s Theatre.Ceux qui sont déjà allés au Festival accueilleront avec plaisir la reprise de Cost fan Tutte de Mozart, (avec Simonneau et Pierrette Alarie, du Canada), joué avec tant d\u2019élégance et d\u2019esprit.On donnera également Ariadne auf Naxos de Richard Strauss et une nouveauté : Il conte Ory de Rossini, entendu pour la première fois en Grande-Bretagne en 1829 et repris 1 an dernier au Festival de Florence sous la direction de Vittorio Gui qui dirigera également cette oeuvre à Edimbourg.Au cours de la troisième semaine du Festival, la troupe de Glyndebourne donnera quatre représentations en matinée de l\u2019Histoire du soldat de Stravinsky, moralité où il est question d\u2019un soldat qui rencontre le diable en partant en permission.On n\u2019y compte que quatre personnages, le Lecteur, le Soldat, le Diable (que jouera Robert Helpmann) et la Princesse (rôle que dansera Moira Shearer).Mlle Shearer paraîtra également dans le role de Titania a 1 Empire Theatre, dans une présentation bien étudiée par l\u2019Old Vic, sous la direction de Michael Benthall, du Songe d\u2019une nuit d\u2019été de Shakespeare, accompagné par un orchestre symphonique qui jouera intégralement la partition de Mendelssohn.Robert Helpmann jouera le rôle d\u2019Oberon et Stanley Holloway, celui de Bottom le Tailleur.Ce spectacle partira ensuite pour les Etats-Unis, en vue d\u2019une saison de quatre semaines au Metropolitan de New-York, à la mi-septembre, pour parvenir au Canada après une tournée de cinq ou six semaines dans les principales villes américaines.Une seconde troupe de l\u2019Old Vie jouera Macbeth sur la scene en tablier de T Assembly Hall, Ann Todd, bien connue au cinéma, jouant Lady Macbeth.Théâtre contemporain.Le théâtre contemporain sera représenté par un auteur américain, Thornton Wilder, dont on jouera la farce intitulée The Matchmaker, au Lyceum, sous la direction de Tyrone Guthrie, Ruth Gordon tenant la vedette.Cette pièce sera jouée pendant les deux premières semaines\t[ Lire la suite page 38 ] Ci-contre, de haut en bas : Chaque année le Festival international de musique et d'art dramatique d'Edimbourg s'ouvre par une cérémonie religieuse à la cathédrale St.Giles, à laquelle assistent artistes, spectateurs et dignitaires.La photo montre la procession des dignitaires entrant à la cathédrale lors d'un festival antérieur.\u2014 L'un des événements du prochain Festival international de musique et d'art dramatique d'Edimbourg sera la représentation par l'Opéra de Glyndebourne de Cosi fan Tutte de Mozart.La photo montre une scène du même opéra donné au Festival de 1950.\u2014 Sir John Barbirolli conduisant l'Orchestre Hallé au cours d'un précédent Festival international de musique et d'art dramatique à Edimbourg.Sir John et l'orchestre Hallé paraîtront de nouveau au festival de cette année. Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 9 MUSICALE et THÉÂTRALE d\u2019ÉTÉ AU CANADA DE GRANDS EFFORTS ET DE BELLES REUSSITES\tpar Lucette Robert Si un pays est jugé \u2014 dans le présent \u2014 par ses victoires ou sa prospérité, il ne connaît de durée dans la mémoire des hommes que par ses livres ou ses oeuvres d\u2019art.Les nations, dont le Canada est solidaire, viennent de le placer parmi «les grands», mais quelle oeuvre, quel monument, quelle ville parfaite (du plan Gréber, nous n\u2019avons vu à date qu\u2019un affreux viaduc) perpétuera notre gloire artistique ?Il est consolant de voir que de tous nos arts, le plus négligé montre autant d\u2019endurance que les autres et ne veut pas mourir.Parent pauvre des souscriptions gouvernementales, le théâtre réussit à s\u2019affirmer au Canada et à devenir forain par la force des choses.Nous n\u2019avons pas de théâtre ?Qu\u2019importe ! nous dresserons des tentes, nous jouerons dans des granges et sous les étoles, semblent dire ces fervents, ces apôtres devant qui nous nous inclinons.Et n\u2019allez pas croire que cette initiative \u2014 comme tant d\u2019américanismes \u2014 nous vient des Etats-Unis puisque le Brae Manor Theatre de Knowlton, dans les Cantons de l\u2019Est existe depuis près de vingt ans.Leur répertoire est le plus sérieux des théâtres d\u2019été avec des pièces comme \u201cHolly and the Ivy\u201d et \u201cThe Lady\u2019s not for Burning\u201d de Christopher Fry, dans laquelle Pierre Dagenais joue le rôle difficile de Richard.Le 26 août, on présentera la version originale de \u201cThe Late Christopher Bean\u201d.Le Festival de Stratford-on-Avon en Ontario attire des spectateurs de tous les Etats-Unis et des provinces du Canada (si l\u2019on en juge par les licences d\u2019automobiles) et nous y avons rencontré les plus réputés critiques de la presse américaine.L\u2019entreprise s\u2019est avérée si parfaite qu\u2019elle reçoit l\u2019aide du Fonds Rockefeller comme du plus humble habitant de Stratford.Le voyage est long, me direz-vous, mais vous couvrez la même distance pour aller passer vos vacances ailleurs.Apprenez à connaître notre province voisine par la même occasion.La route 2 longe le fleuve jusqu\u2019à Kingston, petite ville forteresse, aux vieilles maisons à lucarnes et à toits pointus, aux magasins d\u2019antiquités .et aux cadets qui montent la garde à Fort Henry avec une raideur toute britannique.Arrêtez-vous à Gananoque pour faire le tour des Mille Iles aux somptueuses demeures, ou pique-niquez sur le bord du lac Ontario.Si vous voulez un raccourci, quittez la route 2 pour la route 7 à Oshawa (les serres Dale : les plus grandes du Canada, sont à Brampton et peuvent être visitées) et*après Guelph et Kitchener (qui célébrait son centenaire en costumes d\u2019époque) vous arrivez dans une petite ville riante de fleurs, verdoyante d\u2019arbres.et remplie d\u2019une foule hétéroclite : c\u2019est Stratford que le Festival réveille chaque été.Après y avoir passé trois jours pour voir les trois pièces (et les deux restaurants), vous pourrez visiter les chutes Niagara et flâner sur une des nombreuses plages qui entourent Toronto ou les villes riveraines.Mais si vous aimez le théâtre et si vous avez l\u2019orgueil du fait canadien, il vous faut au moins une fois aller voir le Festival de Stratford, l\u2019entreprise la plus parfaite à date dans le domaine théâtral de notre pays.A l\u2019exception de James Mason et de Douglas Campbell, du directeur Tyrone Guthrie (du Old Vic Theater, de Londres) et de Tanya Moi-seiwitsch (qui crée de merveilleux costumes) toute la troupe est canadienne \u2014 même si elle a fait son apprentissage à Londres comme Frances Hyland et Donald Harron.Quittons Stratford, son parc Shakespeare, sa rivière Avon aux sinueux méandres, ses saules dont les branches noyées gardent l\u2019âme d\u2019Ophé-lie et ses cygnes noirs (à l\u2019image d\u2019Angelo ou d\u2019Iago) qui essaient de s\u2019envoler dans un bruit fracassant pour retomber aussitôt : vaincus par le calme et la douceur du paysage.A Montréal, dans le préau du Séminaire des Sul-piciens, le Théâtre du Nouveau Monde joue du Molière : « Don Juan » et « L\u2019Avare » (dont nous avons déjà vanté les mérites lorsque Jean Gascon les présenta au public du Gésu) et trois pièces en un acte : « Le mariage forcé » (avec ballet dont la chorégraphie est confiée à Marc Beaudet et musique de scène de Pierre Philippe) « Sganarelle » et « La jalousie du Barbouillé » pour lesquelles Robert Prévost a construit une scène élizabéthaine (mi-intérieure, mi-extérieure) et créé une soixantaine de costumes somptueux.\u2022 « La jeune scène », dirigée par Louis-Georges Carrier et Marcel Dubé, a donné un spectacle au Centre d\u2019Art de Ste-Adèle, le 30 juillet dernier : trois mo- La scène s'allonge jusqu'au milieu de la salle au théâtre-tente de Stratford-on-Avon, en Ontario.~r\u2014 nologues inédits de Marcel Dubé et « Papalon le Dynamique » de L.-Geo.Carrier.Le Théâtre du Parc Lafontaine sera construit sur l\u2019étang, au milieu d\u2019un îlot, avec les gradins des spectateurs sur la rive de face, et donnera des concerts et représentations théâtrales dès l\u2019été prochain.Mais n\u2019anticipons pas et continuons à parler du présent.MOUNTAIN PLAYHOUSE Sur une pente assez raide du Mont-Royal, au-dessus du Lac aux Castors, est solidement assis le Mountain Playhouse qui commence sa cinquième saison d\u2019été.A l\u2019encontre des autres théâtres d\u2019été, celui-ci a un abri permanent car ce chalet était (il l\u2019est peut-être encore) un club privé pour sports d\u2019hiver : bob-sleigh ou traînes sauvages, skieurs et patineurs.Je ne sais ce que sont devenus les castors qui ont donné leur nom au lac, mais les carpes que j\u2019y vis, il y a trois ans, sont aujourd\u2019hui [ Lire la suite page 37 ] Scène du souper dans \"Don Juan\", de l'Ermitage.Molière, au Festival de Montréal, à IPhoto Henri Pauli.Une salle en liesse écoute les histoires Madame Solange Chaput-Rolland et Centre d'Art de Ste-Adèle.de Jacques Normand.Au premier plan, Mlle Pauline Rochon, fondatrice du IStudio Lausanne!.fïim jjglYfi 10 Comment photographier votre chien Puisque votre chien appartient à la famille, il n\u2019y a pas de raison pour qu\u2019il ne figure pas dans l\u2019album des portraits-souvenirs.Il faut le photographier pour lui-même et non parce qu'il passe inopportunément quand vous faites de la photo.D\u2019une façon générale, il convient de se souvenir qu\u2019un chien est comme un enfant.Les mêmes trucs sont bons pour le faire tenir en place et en obtenir l\u2019expression ou la pose que vous aimeriez fixer sur la pellicule.Montrez-lui soudain son jouet préféré ou faites un bruit insolite.Demandez à un tiers d\u2019attirer son attention du côté où vous désirez qu\u2019il se tourne.Vous pourrez ainsi vous consacrer tout entier à la prise de la photo et être prêt à saisir le bon moment.Pour des photos moins solennelles, il est recommandé de jouer avec le chien, pour l\u2019attirer dans un endroit donné à un moment donné.Quand vous photographiez la famille, un chien est toujours un bon motif de décoration.Les portraitistes et spécialistes de mode y ont souvent recours.Un flash fera toujours mieux qu\u2019un protecteur car il permet des expositions plus brèves.Vous pouvez prendre vos photos au 50e de seconde (généralement le temps d\u2019exposition des boîtes à photo) où, mieux, au 100e.L\u2019ouverture variera avec l\u2019éclairage.Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 SI* - - % Vous aurez toujours plaisir à fixer une attitude amusante.Choisissez un fond qui mette bien votre animal en valeur : du bois convient à tous ; des couleurs sombres pour les chiens clairs, des couleurs claires pour les chiens noirs ou bruns.C'est toujours une bonne idée de mettre le chien sur une table.Vous aurez alors le ciel pour fond et pourrez photographier l'oeil à niveau ou de bas en haut ce qui est d'un heureux effet.Inutile de dire que votre chien a une forte personnalité.C'est elle qu'il convient de mettre en valeur pour les photos-souvenirs.Sans doute est-il gai, faites-le donc jouer avec son vieux jouet ou avec un enfant.Peut-être est-il triste, mélancolique, enclin aux méditations profondes (ce qui est particulièrement valable pour les cochers, les St-Bernard, les chiens de meutes etc.) choisissez alors le moment d'une méditation profonde pour le photographier.Et surtout n'abusez jamais de sa patience.Le chien n'apprécie pas le temps comme vous mais plutôt comme un enfant pour lequel 10 minutes comptent beaucoup. Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 11 \u201cNous savions l\u2019état de la route de TAlaska.dit M.T.Y.Arseneau, de Beaverville, Illinois Ppmrm - ¦.Sfît** * tW»e TflIvrElVl! (T «s \u201cDes gens qui avaient fait le long voyage vers l\u2019Alaska par voie de terre nous avaient dit que c\u2019était une \u2018expédition hasardeuse\u2019 et nous avaient conseillé d\u2019emporter au moins deux séries de pneus spéciaux! Mais ma femme et moi savions pouvoir nous fier aux Grip-Safe Cushionaire Atlas, garantis par écrit.Nous dûmes faire le trajet en \u2018convois\u2019 de 3 ou voitures, pour être sûrs d\u2019avoir de l'aide au besoin.!e n\u2019était pas une précaution inutile: l\u2019une des oitures eut 17 crevaisons à elle seule! \u201d La fameuse garantie Atlas est acceptée à vue par 38,000 vendeurs Atlas partout au Canada et aux Etats-Unis.^ VENDEUR TOUJOURS À VOTRE SERVICE (£SS0) PARTOUT AU CANADA \u201cJusque dans les régions reculées du Canada, nous avons trouvé des vendeurs Atlas prêts à se conformer à cette garantie sans délai ni objection.Il est avantageux de se procurer des pneus et des chambres à air fabriqués en vue d\u2019une plus grande résistance et d\u2019un plus long service.Tout pneu Atlas est entièrement garanti, par écrit, par l\u2019impérial Oil Limited.* MARQUE DÉPOSÉE COPYRIGHT IISI, ATLAS SUPPLY COMPANY 0F CANADA, LIMITED \u201cMais nous n\u2019eûmes même pas une crevaison.Nos pneus Atlas passèrent sans encombre dans la boue, la neige et sur les cailloux tranchants. 12 Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 m parlons beauté parlons performance 'ÊéàM PONTIAC parle par elle-même.parlons économie.\u2018 ?J j un Les propriétaires de Pontiac ne tarissent pas d\u2019éloges sur les caractéristiques de cette voiture.Mais vous n\u2019êtes pas obligé de vous fier aux ouï-dire .car la Pontiac vous prouvera sa supériorité .caractéristique par caractéristique.conduisez-la et vous la voudrez demandez-en le prix et vous l\u2019achèterez Admirez-en la beauté, la ligne pratique, comparez-en la fabrication, faites l\u2019épreuve de son éblouissante performance\u2014et considérez-en le prix étonnamment bas.Vous constaterez que sous tous rapports, la Pontiac parle éloquemment par elle-même.Voyez votre dépositaire de Pontiac aujourd\u2019hui et faites l\u2019essai du modèle de votre choix! UNE VALEUR G EX ER AL MOTORS ç i a-,- \u2014-\u2014i»I Illustrée, la Pontiac, sedan 4-portes, de la série \"Laurentian' , Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR CHOSES ET AUTRES *\tA la demande d\u2019un grand nombre d\u2019amateurs de baseball, de tout âge, voici notre équipe d\u2019étoiles de la Ligue Internationale, depuis plus d\u2019un demi-siècle : Roy Campanella, r e c ev e u r, Chick Gandil, premier-but, Jackie Robinson arrêt-court, Don Hoak, troisième-but, Duke Snider, Bob Seeds et Jimmy Ripple, voltigeurs, Jean Dubuc et Waite Hoyt, lanceurs droitiers, Eddie Gerner et Elon Hogsett, lanceurs gauchers.A titre de gérant : Clay Hopper, l\u2019audacieux d\u2019un fanatisme outré.Notre deuxième équipe : Fred Clarke, Del Bissonnette, Jim Gilliam, Chico Fernandez, Bucky Walters, Cari Fu-rillo, Sandy Amoros, Jack Graham.Lanceurs droitiers : Don Newcombe, Cari Erskine.Lanceurs gauchers : Johnny Podres, Harry Smythe.A la gérance : Clyde Sukeforth ou Wally Alston, deux gentilshommes, peut-être trop indulgents pour maîtriser un grand nombre de joueurs de baseball, qui croient leur nombril le centre de l\u2019univers.Et rt\u2019allez pas imaginer que, durant notre longue carrière de joueur de baseball ou de gérant, nous avons cru notre petite cicatrice du cordon ombilical la cible du genre humain ! \u2022\tLes lettres TRMH n\u2019indiquent aucunement un nouveau tonitruant qui, en cas de guerre imminente, peut causer un ravage abominable ! Non, il s\u2019agit seulement des initiales des quatre premiers clubs de la Ligue Internationale, terminant la présente saison, le 12 septembre prochain : Toronto, Rochester, Montréal, Havane.Dans les séries éliminatoires, Toronto aura le dessus sur les Cubains et Montréal fera baisser pavillon au Rochester, lÿi finale, Les Feuilles d\u2019Erable de Toronto, fières de 'eur métro, mettront au petit trot les éqüipiers de notre métro .pole ! H La Coupe, Davis, tant convoitée par les joueurs de tennis, supposés amateurs en se baladant dans les plus grands hôtels aux frais de la princesse, est un saladier en argent et cristal, d\u2019une quinzaine de livres.M.Dwight Davis l\u2019avait achetée, il y a près d\u2019un demi-siècle, pour son épouse, qui Remplissait de vin, la première année de son mariage, au grand plaisir de ses nombreux invités.Au bout de six mois, trouvant cette Coupe trop laide, Mme Davis l\u2019a mise de côté.Alors, M.Davis la décerna aux meilleurs joueurs de tennis du monde amateur, qui la saluent avec un grain de sel, depuis trop longtemps !.Les joueurs de pelote basque, pratiquant le jai-alai au moyen d\u2019une espèce de panier, un chistera, à La Havane, doivent suivre les directives des organisateurs de ce sport, où le pari-mutuel est en vogue.Ils sont contraints de laisser gagner, de temps à autre, leurs ennemis, moins habiles ! Tiens ! Ça nous fait penser à la lutte libre et aux courses sous harnais, un peu partout, en Amérique du Nord ! H Réponse à M.V.Lacroix, Montréal.Vous avez raison.La direction des Royaux de Montréal eut tort d\u2019augmenter le prix des liqueurs douces, de la crème glacée et des chiens chauds.Les amateurs de baseball de Montréal, dont la majorité sont des salariés de $40 à $75 par semaine, le dos rempli de responsabilités, n\u2019aiment pas à payer trop cher ces sortes de friandises, alors pass ISÉS >> o O f f\tV ^ .:: ROBERT JAMES \"BOB\" WATT, le jeune et sympathique secrétaire de route des Royaux de Montréal, unira sa destinée à la charmante Norma Gertrude, en l'église St-Michel Archange, le 16 octobre prochain.Nos meilleurs voeux de bonheur et de prospérité au jeune couple !.Le travail d'un secrétaire de route, dans un club de baseball organisé, est de grande importance.Lisez le résumé de ses fonctions, tel que rédigé par notre confrère du Devoir Gerry Gosselin, qui a rempli, des plus aimablement, les mêmes fonctions pendant sept ans : \"Il doit retenir les chambres d'hôtel pour tout le groupe, suivant les horaires du calendrier des joutes, préparer les voyages, en retenant des places sur l'avion, le train ou l'autobus.De la gare aux hôtels il doit voir à ce que des taxis transportent les joueurs avec leurs effets personnels.Il est responsable de toutes les dépenses du club en dehors de Montréal.Il doit distribuer au groupe les allocations quotidiennes pour repas.Si des joueurs tombent malades ou sont blessés il doit les conduire à l'hôpital et s'assurer qu'ils reçoivent les meilleurs soins.Il doit tenir les statistiques du club à jour et les placer à la disposition du gérant.Il est l'ambassadeur du club et par des relations amicales avec les clubs qu'il visite, il contribue à la bonne entente dans la ligne Internationale.Il est toujours de bonne humeur et sait être diplomate.Car il est avant tout un agent de liaison.Il est le trait d'union entre la direction du club et les joueurs.Vivant quotidiennement avec les athlètes et le gérant, il s'établit entre eux une amitié et une confiance réciproques telles qu'il reçoit la confidence de tous leurs problèmes.A ce titre, il sera parfois confesseur, conseiller, banquier.On fait passer par lui la plupart des demandes ou requêtes, qui s'adressent aux autorités du club.On va à lui pour des riens et parfois pour des cas très graves et, souvent, il doit avoir la discrétion d'un prêtre au confessionnal.Les joueurs jurent par lui, pour oublier la plupart du temps les mots de reconnaissance dont il sait se priver.Le secrétaire de route est aussi un trait d'union entre la direction du club et les journaux aussi bien que les postes de radio.C'est à lui que rédacteurs et chroniqueurs s'adressent pour obtenir des nouvelles du club, des détails sur la vie privée des joueurs, des entrevues avec tel ou tel athlète, le rendement individuel et collectif de l'équipe, le programme du gérant, en un mot, l'information nécessaire pour leurs articles quotidiens.Il distribue les faveurs avec équité et justice, émet les billets de faveur aux scribes et commentateurs, s'occupe personnellement de leur confort et de leur bien-être quand ils accompagnent le club en voyage .\" Ses nombreux amis de la confrérie sportive, Bert Le Devoir Soulière, Jacques Montréal-Matin Beauchamp et votre correspondant en tête, lui préparent un enterrement de vie de garçon, dont il se rappellera, jusqu'à l'an 2,000.qu\u2019ils peuvent se les procurer ailleurs, en déboursant, cinq centins de moins.Nous croyons savoir que, la saison prochaine, les mogols du club montréalais tiendront en ligne de compte ce facteur, assez important pour ceux qui n\u2019ont pas les goussets cousus d'or .Après tout, les véritables fervents du baseball, soit 75% des clients réguliers du Montréal, ne possèdent pas de châteaux, de maisons de campagne, d\u2019automobiles, d\u2019aspirations trop élevées, de parts à la bourse, de tapis de Turquie, de maisons de rapport, de cartel de la lutte libre, de pistes de courses sous harnais, de tripots de toutes sortes, de bagatelles, de clubs de nuit et de postes de télévision, quoiqu\u2019ils voient plus loin que leurs nez ! H Max Macon, gérant des Royaux de Montréal, excellent père de famille pince-sans-rire à ses heures, ne peut contenter tout le monde et son père.L\u2019ancien lanceur des Royaux trouve la route cahoteuse.C\u2019est pourquoi nous le féliciterons des deux mains, s\u2019il parvient à couper le troisième rang de la Ligue Internationale, le 12 septembre.Deux ou trois joueurs du Montréal croient qu\u2019ils seraient meilleurs gérants que Max, s\u2019ils en avaient la chance ! Cas douteux ! ¦\tTout frappeur de la Ligue Internationale peut gonfler ses goussets d\u2019un billet de mille dollars, à Toronto.Comment cela, direz-vous ?A une distance de 355 pieds du marbre, un panneau-réclame, payé par la compagnie Stoney\u2019s, permet ' à tout cogneur de gagner ladite somme, s\u2019il réussit à expédier la pilùle blanche dans TO de Stoney\u2019s.Cette cavité est assez grande pour recevoir la balle.Jusqu\u2019ici, aucun joueur de la Ligue Internationale n\u2019a réussi à faire passer la balle par cet O.Les chances de succès sont minimes, du cent pour un, diraient les parieurs de profession ! Pourtant, « Rocky » Nelson, le fameux frappeur gaucher, des Royaux de Montréal, qui a l\u2019habitude d\u2019expédier les offrandes de ses adversaires dans ce coin, au champ centre-droit, nous arrivera, l\u2019un de ces soirs, avec un billet de mille dollars de plus dans l\u2019une de ses poches ! Et nous savons qu\u2019il aime à dorloter, comme tous les joueurs de baseball, d\u2019ailleurs, ces sortes de ma-zumas ! Si ce n\u2019est pas.cette année, ce sera partie remise à l\u2019an prochain ! ¦\tLe record mondial des combats revanches, en boxe, appartient à deux anciens pugilistes de 147 livres, qui furent champions mondiaux de la classe des poids mi-moyens, à tour de rôle.Il s\u2019agit du boxeur anglais, de nationalité juive Ted « Kid » Lewis et du boxeur américain Jack Britton qui, de 1915 à 1921, se rencontrèrent pas moins de vingt fois.L\u2019Américain Britton vainquit Lewis une fois de plus.Les sceptiques de la boxe d\u2019il y a plus de 30 ans savent fort bien que ces deux boxeurs ont livré une dizaine de batailles, qui se sont éloignées de la ligne droite, histoire d\u2019attirer un plus grand nombre de spectateurs payants.Il n\u2019y a rien de nouveau sous le soleil, quoique les commissaires de la boxe de nos jours ouvrent plus grandes leurs lumières ! Et, malgré tout, plusieurs se font joùer dans les cheveux par de plus rusés promoteurs, aux Etats-Unis, tout particulièrement ! 14 Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 Roman canadien DES BRAVES QUI FUIENT par GEORGES GUY * U L a police .Kurt ! Inger ! Trouvez-moi une cachette.J\u2019ai volé.Un camarade rétorqua : \u2014 La ferme, Norvégien ! Kjellberg abusait de son rêve mais, nonobstant la pénurie des plaisirs, à Marrakech, il n\u2019était pas un légionnaire qui ne déplorât ce mélodrame.Ils connaissaient mieux ; un passé, à la fois puéril et grandiose, malmenait toutes leurs nuits.D\u2019aucuns luttaient en silence.Guermann, l\u2019Ailemand blond, s\u2019appuyait sur les coudes et délirant presque, fixait une ombre.Il y avait le Muet dont on ne savait pas s\u2019il était du Brésil ou de l\u2019Argentine et qui, rebelle aux clairs de lune, se démenait comme un diable, ces soirs-là.Il roulait sur sa couche, poignardait l\u2019oreiller.Un Marseillais réclamait Mariette.D\u2019autres, enfin, s\u2019asseyaient pour fumer, découvrant aux lueurs, fronts moites, rictus, mâchoires agitées.Mais Léger ne fuyait point la Justice et l'amour n\u2019était responsable de l\u2019escapade en Afrique qu\u2019indi-rectement.Montréal ayant offert Germaine, il avait agréé, comme il l\u2019eût fait d\u2019un hommage, ce présent : la petite bouche, les yeux de braise et, désinvolte, sphinx miniature, son nez.Ils s\u2019étaient rencontrés, aux ateliers du « Temps Nouveau ».La belle y cultivait une réputation de journaliste vedette.Et Guy rédigeait des articles, en ce temps-là.Elle s\u2019était précipitée, pour lui rendre un feuillet perdu.Au hasard de ce fait divers, on avait décidé la romance.On s\u2019était vu, revu, apprécié.Mais l\u2019attachement mutuel représentait un danger, pour Guy.Il avait, dans ses nouvelles, persiflé l\u2019amour et nié la passion.Il croyait en la puissance des mâles.On ne leur commandait point.Lui se targuait de brider son coeur à jamais.Pourtant, Germaine était venue.Ils avaient, le premier soir, discuté des stars à la mode : Garbo, Colbert, Boyer.Elle n\u2019employait pas «Je te défie»; elie oubliait «Je veux».Sa façon, quand même, d\u2019exprimer le plaisir envoûtait Guy Léger.Pour qu\u2019elle sourît encore, pour qu elle remerciât de sa voix rauque, il s\u2019enlisait dans les concessions.Il avait cru vaincre mais il reculait.Le besoin, par exemple, d\u2019admirer Greta s\u2019était doucement estompé.Il avait cédé la montagne, accepté le bord de la mer, rejeté la solitude, subi les dancings turbulents.Ses rêves mêmes courbaient la tête.Après réflexion, Guy s\u2019était alarmé.Il aimait sa compagne mais le payait-elle de retour ?Certains signes répudiaient jusqu\u2019au doute infime ; il avait cru.Et, malgré la certitude, sa souffrance s\u2019était accentuée.Fervent du futur, il n\u2019appréciait que les plaisirs certains, bornés par des dates, nettement définis.Germaine l\u2019aimait, aujourd\u2019hui.Bon.Mais, demain ?Un autre pouvait la séduire, l\u2019entraîner.Ou la belle, consciente de sa force, certain jour, le couvrirait de ridicule.Il avait voulu fuir.Son orgueil serait sauf.Sans un adieu, il s\u2019était embarqué pour l\u2019Afrique du Nord, à destination de Casablanca.Sa mère seule connaissait sa retraite.Légionnaire ensuite, il avait rénové ses méthodes d\u2019emploi du temps.Les heures, les semaines et les mois se ressemblaient trop.On les oubliait.Restait le jour et restait la nuit.Guy était volontaire pour toutes les corvées.Il partait dans le bled, travaillait comme un esclave à bâtir des routes.Le règne du soleil semblait court.Il aurait souhaité, tel Hercule pulvérisant des colonnes, étendre les limites du jour, réduire en lumière toutes les nuits.Aux heures sombres, des souvenirs for- çaient l\u2019attaque.C\u2019était Germaine, vision équestre vêtue de fauve, puis Germaine en mousseline, puis Germaine encore, douce et tendre contre lui.Doutes et regrets se partageaient l\u2019avantage.Le bonheur existait-il ?L\u2019eût-il chéri longtemps ?Quelqu\u2019un somma Kjellberg de se taire, une fois de plus.Alors, Guy regarda sa montre.Onze heures et quart.Les lits voisins étaient vides.Margarez, Durand, Fabrucci et Valois fréquentaient assidûment les cafés.Us avaient soif de présences féminines ; ils buvaient.Le Canadien s\u2019était joint aux excursionnistes mais, après trois mois, la sagesse l\u2019avait emporté.Les filles et les vins arabes ne lui plaisaient pas.Il enviait, aux méharis du désert, leur stoïque port de tête.Il eût voulu ne rien haïr, ne rien aimer.Son coeur, pourtant, s\u2019éveillait, toutes les nuits.Un défilé d\u2019ombres annonça le retour des fêtards.Avant de regagner son coin, Margarez se pencha vers Léger.\u2014 Dors-tu ?\u2014 Non.Qu'est-ce qui t\u2019arrive, demanda Guy ?\u2014 Une merveille.Un miracle, amigo ! \u2014 Je ne crois pas aux miracles.Mais raconte.si tu veux.Le Mexicain s\u2019assit par terre.Les yeux, la moustache et les dents animaient ce visage dur.Un sombrero l\u2019eût fait vaquero plus que légionnaire.Il récita, volu-bile : \u2014 J\u2019aime une femme.Je te le dis, parce que tu es un ami.Un vrai.Le bonheur emplit mon âme.J\u2019ai besoin de parler.Y\u2019a trois jours.Pedro raconta son miracle.Des gestes ciselaient les circonstances.On aurait cru qu\u2019il humait l\u2019atmosphère, qu\u2019il évoquait un parfum.L\u2019entrée de Germaine dans la boutique de Sidi Moussid avait fait sensation.Les regards s\u2019étaient braqués sur elle.Que cherchait l\u2019étrangère ?Un copain ?Elle avait souri et marché vers sa table, à lui Margarez.Elle avait dit : \u2014 Vous êtes légionnaire ?Il l\u2019était.\u2014 J\u2019aimerais vous connaître.Il l\u2019avait invitée à s\u2019asseoir.Elle était intarissable de verve.La végétation du Maroc, les moeurs berbères, l\u2019histoire d\u2019Agadir : tout l\u2019intéressait.Elle avait posé des questions multiples quant aux règlements du corps d\u2019armée.Les légionnaires jouissaient-ils de permissions importantes ?Sortaient-ils souvent ?Après un silence, elle avait désiré savoir si des Canadiens se cachaient parmi eux.Pedro l\u2019ignorait.S\u2019il connais- LES OISEAUX Je t'apporte ce soir des oiselets en cage Tremblants encor d'avoir reclos leur vol charmant.Je connais leur désir et leur frêle tourment Car un peu de mon coeur fut leur forêt sauvage.Leur silence craintif, leur inquiet ramage, S'aventurent vers ta puissance doucement.Le voeu qu'ils ont de toi n'exige aucun serment Et n'aime que l'espoir d'un superbe esclavage.Veux-tu leur accorder un coin de ta maison.Ta main pour s'y poser, tes yeux pour horizon, Ton bonheur pour caresse, et pour rêve ton rêve ?Puis, quand l\u2019heure viendra, qu'un g este les achève.Tu rendras aux vents durs leurs chants doux et frileux Je t'offre des oiseaux, ce sont des oiseaux bleus.Mme Catulle Mendès sait un écrivain ?Il avait nommé François Lorrin-Fabre.L\u2019inquiétude l\u2019avait tenaillé, ensuite.L\u2019espionnage prend des grâces de femme.Savait-on jamais Elle avait dissipé le malaise.Elle était Canadienne, journaliste en tournée.\u2014 Journaliste.Guy répéta le mot.Il savait.Il croyait au destin.Germaine.Germaine le cherchait.\u2014 Alors, continua Margarez, je l\u2019ai revue, hier, et je l\u2019ai revue, tantôt.Mon coeur s\u2019est laissé prendre.Il est incorrigible, mon coeur.J\u2019aurais pensé qu\u2019après Inès.Il se pencha davantage, diminua son murmure : \u2014 Ecoute.J\u2019ai tué pour Inès.C\u2019était au Mexique, à Vera-Cruz.y\u2019a dix ans.J\u2019ai tué, sans trop le vouloir mais les juges n\u2019auraient pas cru la vérité.La chance m\u2019a servi.J\u2019ai pu fuir, gagner le Maroc.Il semblait prier : \u2014 J\u2019aimais Inès.Elle n\u2019était pas belle.C\u2019était une plébéienne, une vendeuse de poterie.J\u2019ai pensé mourir, quand le type me l\u2019a prise mais je l\u2019ai tué, après.quand il a ri.La voix douloureuse ne captivait pas le Canadien.Il songeait à Germaine.Avait-elle beaucoup changé ?Elle habitait Marrakech, à deux pas des barraques.à deux pas.\u2014 Je ne voulais plus aimer, dit encore Margarez, mais qui donc n\u2019aimerait pas Germaine ?J\u2019affronterais des hordes de Touareg, pour la garder.Guy, lorsqu\u2019il fut seul, médita.Son ami défiait le monde de lui prendre Germaine.Aimait-il moins que Pedro ?Il avait fui devant le chagrin possible, autrefois.Mais la solitude ayant trompé ses principes, il n\u2019espérait plus qu\u2019au présent de l'amour.Des nuits calmes berceraient ce bonheur.Finies les angoisses ! Germaine serait là.\u2014 Je la reprendrai, pensa-t-il.Demain.Us s\u2019étonnèrent de la véhémence des Arabes, dans le café.Guy n\u2019entendait pas leur langue mais Pedro commenta : \u2014 Un soulèvement les tracasse.\u2014 Rengaine ! \u2014 C\u2019est sérieux.Le cheik Mohamed el Youssef a pillé plusieurs postes du sud.\u2014 Mais le colonel.\u2014 .ne sait rien ou n\u2019a pas jugé bon de nous prévenir plus tôt.\u2014 Peu importe.Le Mexicain était sombre.\u2014 J\u2019aurais dit ça, hier.Mais j\u2019aime, depuis hier, et la mort me sourit moins.Je ne partirai pas dans le bled.Je déserterais avant.\u2014 Du calme.Ne précipitons rien.Léger crânait car il souffrait, lui-même, intensément.D\u2019une balle dépendait son ivresse.Germaine tardait à paraître mais la mort posait au rival, déjà.Pourrait-il seulement lui parler?Et quelle contenance s\u2019imposerait vis-à-vis de Pedro ?Vêtu d un burnous sale, Abdessalam el Moussid s\u2019avançait vers leur table.\u2014 Qu\u2019Allah vous.\u2014 Mektoub, fit Pedro.\u2014 Vin ?proposa l\u2019Arabe.\u2014 Ton meilleur.Fais vite.Eh, dis donc, la senorita Simard n\u2019est pas venue ?\u2014 Pas vu.Pas encore, sidi.\u2014 Alors, va.L homme se hâta mais le service des clients le cédait à la discipline, dans sa maison.Il harangua l\u2019employé, près de la porte : Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 15 #***®*^ -, -iia \u2014 Charogne, l\u2019entendit-on hurler.Charogne ! Prends ça ! Les coups de pieds volaient.A ce moment, d\u2019autres burnous, d\u2019autres murmures assaillirent l\u2019établissement.Abdessalam s'inclina jusqu\u2019à terre.Un mendiant, diseur de bonne aventure, s\u2019était mis en campagne.Il allait de main en main.\u2014 Neuf heures, dit Pedro.Frénétique, Guy cherchait le moyen d\u2019éloigner son ami.Il ne désirait qu\u2019un instant de solitude avec Germaine, le temps d\u2019indiquer un rendez-vous, de souffler : « Je viendrai, demain ».Il se calma, en songeant que le destin rendait les armes, ce soir-là.Son plan s\u2019avérait futile.Il avait, au long du jour, décidé de suivre Pedro et d\u2019apprendre où logeait la jeune fille.Mais la «-i.se ne comptait plus.Il s\u2019était habillé.A l\u2019heure du départ, il avait dit : \u2014 Je vais boire.J\u2019ai soif.Pedro avait proposé : \u2014 Je te présenterai Germaine.Descends avec moi.\u2014 D\u2019accord.Mais je n\u2019aime pas les femmes.J\u2019arrêterai, pour te faire plaisir.Ils attendaient toujours Germaine, flagellant d\u2019injures la lenteur d\u2019Abdessalam.Des hommes, costumés à l\u2019européenne, réservèrent une table pour flâner mieux.Leur indolence trahissait des origines continentales.Ils parlaient bas.\u2014 C\u2019est elle, fit Pedro.Et Guy la reconnut, quoiqu\u2019elle eût changé sa coiffure et que la robe fût une neuve addition.Ses gestes gracieux évitaient des promeneurs ; elle marchait vite.Il ne fallait pas que Margarez ne les sût compatriotes, qu\u2019il ne soupçonnât leur amour.L\u2019ami regardait vers Germaine.Guy, par ses yeux, par son doigt sur la bouche, réclamait le silence.La reporter pâlit.\u2014 Bonsoir, dit-elle.Pedro les présenta l\u2019un à l\u2019autre.Ils échangèrent des banalités.\u2014 Connaissez-vous le Canada, interrogea la demoiselle ?Un vrombissement vague de cris et de véhicules arrivait de l\u2019extérieur.Autour de la table, Pedro alimentait la conversation.Il parlait de son Mexique ; il avait la nostalgie des camarades, du Golfe, de Vera-Cruz.Les amoureux, lèvres sèches et souffle court, ne regardaient que lui.Us éprouvaient, pour cet obstacle au complet bonheur, la plus tendre considération.Un légionnaire, sans le vouloir, les avait réunis.Il était le soupirant de Germaine et l\u2019ami de Léger.Des minutes précieuses se perdaient.Guy parla : \u2014 Votre compagnie m\u2019est agréable mais j\u2019ai rendez-vous, pour tantôt.Vous m\u2019excuserez.Il rit.\u2014 J\u2019ai soif.Tu connais Abdessalam, Pedro.Va voir si le vieux chacal nous oublie.Un héros de la Légion Etrangère, de la bagarre .et une Canadienne irrésistible ! Sans doute, le Mexicain désirait-il être seul avec Germaine.On le vit s\u2019élancer, bousculer des gens, crier : \u2014 Abdessalam ! Sale hyène ! Où te caches-tu ?Guy prit les mains de Germaine.\u2014 Toi, souffla-t-il.C\u2019est toi.\u2014 Tu m\u2019avais quittée, gémit-elle.\u2014 Je t\u2019expliquerai.Tantôt.Tu vas me donner ton adresse et rentrer chez toi, Margarez ?Trouve un prétexte.Renvoie-le.Il nota les renseignements topographiques qu\u2019elle lui donnait.\u2014 Tu viendras à dix heures, conclut-elle.Je t\u2019attendrai.\u2014 Chut! Voici Pedro.Ce dernier ramenait Abdessalam et toute une litanie d\u2019excuses.Que les sidis voulussent bien pardonner ! Ce n\u2019était pas sa faute, par Allah.Il avait dû rosser Youssef.Des clients étaient venus et.Guy pensait : « Germaine.Ses yeux sont une offrande perpétuelle.Elle n\u2019a pas changé.Ah, paradis de mes rêves, tu reviens ! » Il but deux gobelets d\u2019une liqueur ambrée puis, négligeant la politesse, l'au-revoir, il sortit.L\u2019animation fuyait les rues.Des ombres, cependant, couraient, çà et là, le long des murs.D\u2019autres quartiers promettaient, à cette heure, des danses, des Dessin de JEAN MILLET spectacles.Guy aurait pu s\u2019y rendre mais il n\u2019en avait pas le désir.Un gentil clair de lune caressait l\u2019horizon.Pour tromper son attente, il chercha l\u2019hôtel de Germaine.C\u2019était une construction moderne, bâtie à quelque distance et brillamment illuminée.D\u2019un café voisin, le légionnaire monta la garde.Des silhouettes, des voitures s\u2019arrêtaient devant l\u2019édifice, repartaient.Il but.Le tenancier de ce café ressemblait au chacal Abdessalam comme à un frère jumeau.Il racontait ses malheurs : la folie de sa femme, la paresse d\u2019Hassan.Des camarades : Fabrucci et Valois de la compagnie Trois buvaient en silence, plus loin.Margarez et Guy étaient de la première compagnie.Lorsqu il fut dix heures, Guy marcha vers l\u2019hôtel où Germaine l\u2019introduisit.Il s\u2019embrassèrent.C\u2019était merveilleux de parler sans contrainte, d\u2019équilibrer des rêves, de s\u2019aimer.Des questions fusaient.Pourquoi l\u2019escapade au Maroc ?Je craignais que ton sentiment ne fût inférieur au mien et que tu n\u2019employasses l\u2019avantage à me faire souffrir, quelque jour.Et comment l\u2019avait-elle retrouvé ?t\tmi're a parlé.C\u2019est ta mère, vois-tu.- Elle s ennuie.J\u2019ai dit que je te ramènerais.A force d\u2019intrigues, ensuite,\t[ Lire la suite page 24 ] 16 Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 n=N 0 T R E FEUILLETON^-\t\u2014 LA PIEUVRE AUX YEUX DE VELOURS ¦\t= par MAXIME VILLEMER= No 12 RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS La comtesse Huberte de Preuil, qui n\u2019a d'autre passion que celle de l\u2019or, fait assassiner, par l\u2019entremise de son protégé, Abel de Burne, la marquise de Preuil, qui veut déshériter toute sa famille au profit de Denise Duvernoy et sa fille Solange, celle-ci se trouvant l\u2019enfant naturelle d\u2019Abel.Puis Huberte parvient à faire disparaître les deux testaments, grâce à la complicité abjecte du notaire, Pascal Aubertot.Quant à la petite Solange, elle a été enlevée à sa mère par deux misérables, Cyprianis et la Noiraude ; et elle travaille maintenant pour eux en compagnie de Claudinet et d\u2019Espéranza.Cyprianis.la Noiraude et Claudinet sont bientôt arrêtés pour vol et jetés en prison.Basquine, (c\u2019est le surnom donné à Solange), et Espéranza sont maintenant seides dans le grand Paris, et celle-ci qui chante ici et là, est remarquée par un prince richissime, Sélim, qui est séduit par sa beauté et lui fait les plus alléchantes propositions.ascal, affreusement pâle, eut un tremblement.\u2014 Que peut-on bien dire de moi ?fit-il en haussant les épaules, \u2014 ne suis-je pas le secrétaire du prince Sélim ?\u2014 C\u2019est un ménage à trois ! riposta Mornas avec une ironie méprisante.La femme qui vit dans un tel milieu est pire qu\u2019une prostituée ; \u2014 quant aux hommes, ce sont des êtres ignobles et sans honneur.et vous êtes de ce nombre ! \u2014 Oh! je t\u2019en prie, Mornas.je t'en prie ! \u2014 Et vous voudriez que je dise à Geneviève et à Micheline que je vous ai vu, que je leur remette de l\u2019argent de votre part ?Mais ne seraient-elles pas en droit de vous demander comment vous l\u2019avez gagné, cet argent?.\u2014 Mornas !.\u2014 Voyez-vous, monsieur Aubertot, dans nos montagnes on a conservé intacts tous les principes d\u2019honneur que depuis si longtemps vous foulez aux pieds !.\u2014 Mornas !.Mornas !.\u2014 Vous m\u2019avez appelé \u2014 alors je suis venu vous dire que votre femme et votre fille sont à jamais perdues pour vous !.Pascal prit sa tête à deux mains et éclata en sanglots.\u2014 Vous savez bien, reprit Mornas, qu\u2019une barrière infranchissable se dresse désormais entre vous ; \u2014 vous savez bien, Pascal, qu\u2019un crime en entraîne un autre ! Vous êtes engagé sur une pente où vous roulerez jusqu\u2019au trou final, jusqu\u2019à l\u2019abîme que la comtesse aura elle-même creusé ! « Cette misérable femme sait bien qu\u2019elle vous tient, que vous êtes sa chose, son esclave.parce qu\u2019un pacte infâme vous lie l\u2019un à l\u2019autre ! \u2014 Que veux-tu dire ?\u2014 Je vous le répète encore : à Paris dans votre quartier circulent sur votre compte à vous, et aussi sur le compte de la comtesse de Preuil, les bruits les plus monstrueux.Pascal se redressa, frissonnant.Il voulut fuir ; \u2014 mais Mornas le retint brusquement par le bras, l\u2019attira à lui si près que leurs souffles se confondirent, et lui cria dans le coeur : \u2014 On dit que vous avez enlevé une femme dont la comtesse était jalouse, et que vous l\u2019avez jetée dans la Marne !.\u2014 Ah! vraiment.on a dit cela?fit Pascal en ricanant.Mais ce rire sonnait faux \u2014 ce rire était un rire de fou ! Sans un mot il s\u2019enfuit et disparut dans la nuit commençante.Où allait-il ?\u2014 Il n\u2019eût su le dire.Il fuyait sans but, au hasard.Après avoir marché longtemps, longtemps, il se trouva sur une route déserte et silencieuse, côtoyant le lac aux flots tranquilles dans lesquels se reflétaient des milliers d\u2019étoiles et aussi les Commencé dans l'édition du 5 juin 1954.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms des personnages et des lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au nosord.troncs noueux des vieux saules dont les branches flottantes caressaient la surface des eaux.Dans ce calme reposé Pascal essayait vainement de se ressaisir, de se rappeler les paroles de Mornas.Il était encore sous la douloureuse impression causée en lui par le dédain de son ancien clerc.La pensée de Pascal était absente, sa tête était vide \u2014 et tout à coup il eut comme la sensation que cette tête était tombée de son corps.et qu\u2019il venait d\u2019entrer dans une autre vie ! Harassé de fatigue, le front inondé de sueur, il fuyait toujours cherchant dans la fraîcheur de la nuit un apaisement à la fièvre qui le dévorait.\u2014 Oh ! ce Mornas ! fit-il en s\u2019arrêtant brusquement \u2014 ce Mornas m\u2019a espionné, et maintenant il sait tout.tout ! « Oh ! ce crime !.ce crime !.Et soudain un écho lointain répéta ces paroles \u2014 paroles prononcées tout haut, dans l\u2019affolement de l\u2019homme qui ne craint plus rien.Il leva la tête \u2014 et ses regards anxieux fouillèrent l\u2019horizon.Puis enfin il parvint à se ressaisir.« Mornas a certainement menti, pensa-t-il \u2014 jamais personne n\u2019aurait eu la pensée de m\u2019accuser de la disparition d\u2019Espéranza !.» Ce fut dans cette disposition d\u2019esprit qu\u2019il reprit le train pour Paris.Or, pendant que le rapide roulait dans la nuit, une scène d\u2019un tout autre genre se déroulait dans le coquet boudoir d\u2019Huberte.Quoique à son automne, jamais la comtesse de Preuil n\u2019avait été aussi belle \u2014 cette beauté dont Huberte était si fière semblait avoir atteint son apogée.Le bonheur, le triomphe, l'amour du prince \u2014 cet amour qu\u2019elle croyait avoir à tout jamais reconquis \u2014 répandaient sur cette physionomie encore jeune une expression de joie profonde.Après la disparition d\u2019Espéranza de la scène de l\u2019Opéra, Sélim parut se consoler assez facilement.Pendant quelques mois, il fréquenta à nouveau la fumerie d\u2019opium, comme s\u2019il cherchait à suivre, dans cette atmosphère empoisonnée, son beau rêve évanoui.Et non seulement Huberte ne faisait rien pour l\u2019arracher à cette griserie mortelle, mais encore elle le conduisait elle-même à la fumerie.A ce régime, Sélim dépérissait visi- blement un peu tous les jours \u2014 et Huberte voyait avec joie arriver le moment où il serait tout à fait à sa merci.Mais subitement, comme il l\u2019avait fait déjà plusieurs fois, il réagit ; \u2014 il déserta la fumerie d\u2019opium et reprit à Paris sa vie fiévreuse d\u2019autrefois, fréquentant les théâtres, les champs de courses, les cercles où il taillait à banque ouverte.Huberte, résignée et décidée à tout supporter, ne se plaignait point ; mais au contraire, elle s\u2019efforçait d\u2019envelopper Sélim de soins et de tendresses, cherchait de plus en plus à se couler dans sa vie.L\u2019aimait-elle ?.Autrefois elle avait éprouvé un caprice pour lui ; \u2014 mais aujourd\u2019hui ce n\u2019était plus Sélim qu\u2019elle aimait.c\u2019était son argent et le nom qu\u2019il avait promis de lui donner.Débarrassée d\u2019Espéranza, n\u2019avait-elle pas ses coudées franches ?Bientôt elle serait riche, elle serait princesse \u2014 après on verrait ce que l\u2019avenir lui réservait.A Sélim elle était donc devenue indispensable, en raison même des mille soins dont elle l\u2019entourait.Dès le commencement de l\u2019hiver, Sélim avait promis d\u2019épouser la comtesse de Preuil \u2014 et dans les milieux élégants, il n\u2019était bruit que de cette union sensationnelle.Omar-Pacha, lui, avait énergiquement protesté ; bien que mondain et viveur, il n\u2019admettait point de telles mésalliances.A ce propos, il invita un jour Sélim à dîner à la campagne ; \u2014¦ et là, seul à seul, il lui dit à brûle-pourpoint : \u2014 Je le sais, tu vas épouser cette comtesse de Preuil, cette intrigante qui depuis plusieurs années s\u2019est cramponnée à toi comme une pieuvre \u2014 et cependant, tu ne connais pas toute sa vie.« Quant à moi, je me suis laissé dire que son mari \u2014 car elle fut réellement mariée, paraît-il \u2014 avait eu fort à se plaindre d\u2019elle.et j\u2019ai peur que tu ne subisses le même sort.Intrigué et inquiet en même temps, Sélim releva la tête.Omar-Pacha reprit, quelque peu railleur : \u2014 Tu aimais Espéranza \u2014 une femme divine celle-là, une créature adorable \u2014 et de son côté, Espéranza t\u2019aimait sincèrement.Mais.l\u2019autre.sais-tu véritablement si elle t\u2019a jamais aimé ?« Quand tu l\u2019as connue, elle était sans ressources.Toi-même me i\u2019as dit et je ne t\u2019ai pas dissimulé ma pensée sur cette sirène aux yeux de velours : \u2014 elle me faisait l\u2019effet d\u2019une panthère dont la grâce féline et les glissements légers préparent d\u2019avance l\u2019écrasement de la victime convoitée.\u2014 Diable.diable.tu l\u2019arranges bien ; et si elle t\u2019entendait.\u2014 Je voudrais la tenir ici pendant quelques minutes face à face pour lui dire brutalement et sans qu\u2019elle ait le temps de se défendre : « C\u2019est vous qui avez fait enlever Espéranza, vous qui avez décidé sa mort ! » Sélim sursauta.\u2014 Cette affaire est passée inaperçue comme tant d\u2019autres, reprit Omar.Espéranza, miraculeusement sauvée par ce jeune peintre du nom de Claudinet, n\u2019a point porté plainte, se contentant de donner de cette promenade nocturne une version invraisemblable.« Evidemment elle voulait sauver quelqu\u2019un \u2014 mais qui?.« On a dit à ce sujet des choses monstrueuses.On a fait courir le bruit qu\u2019un certain Cyprianis \u2014 un romanichel récemment sorti de la maison centrale de Melun, où il avait été incarcéré pour vol \u2014 était le père d\u2019Espéranza.« On a dit aussi que le père dénaturé avait aidé le mystérieux inconnu à jeter la diva dans la Marne et que cette seule circonstance expliquait les mensonges inventés par Espéranza pour sauver son ignoble père.\u2014 Mais, mon cher ami, je ne vois pas où tu veux en venir, fit froidement Sélim.\u2014 Avant d\u2019épouser la comtesse de Preuil, il faut que tu saches quel est l\u2019homme mystérieux qui enleva Espéranza.\u2014 Oui, tu as raison.Il est de mon droit, et il est surtout de mon devoir de connaître les misérables qui ont essayé de commettre ce meurtre \u2014 car enfin si la diva n\u2019est pas morte, c\u2019est tout à fait indépendant de la volonté des assassins.Ce fut sous cette mauvaise impression que Sélim regagna l\u2019hôtel de la rue Jean-Goujon où Huberte l\u2019attendait pour dîner.Dans le grand salon, sur les canapés et les fauteuils étaient étalées de su-berbes toilettes qui venaient d\u2019être apportées ; et dans un écrin placé bien en évidence sur la table de laque, un meiveilleux diademe \u2014 emeraudes et brillants scintillait de mille feux à la clarté éblouissante des lustres qu\u2019Hu-berte avait fait allumer.\u2014 J\u2019ai voulu vous faire admirer tout cela, dit-elle, et en même temps vous remercier des joies que vous me donnez, des générosités que vous me prodiguez car enfin vous me gâtez comme on gâterait une reine.\u2014 Rien ne sera assez beau pour la femme qui portera mon nom ! dit froidement Sélim.Et sans même retourner la tête il passa, la démarche lente, le buste droit, et gagna le coquet boudoir où Huberte le rejoignit aussitôt.t Lire la suite page 18 ] Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 VERICBBOME Vous revivrez les bons tnornents - en instantanés ftt l\u2019obturateur e souvenir XCUISiTam»s.¦tterez )a P4| *: ¦ ®dkEs Emportez votre camera partout-car c\u2019est là que se prennent les bons instantanés.Chez vous.Pour cette occasion spéciale.En promenade familiale ou en vacances.Où que vous soyez, où que vous alliez.Vous pourrez alors garder tous ces merveilleux souvenirs, au lieu de souhaiter l\u2019avoir fait.Le grand viseur clair de cette Camera Kodak Duaflex III vous montre votre photo en grand et nettement avant que vous la preniez.Avec Objectif Kodet, $17.95.Flasholder, $4.50.Les prix sont sujets à changement sans préavis.^EEl ÇHHOM g\" ] Avez-vous jamais raté un bel instantané parce que votre rouleau était épuisé?Avec le nouveau Duo-Pak economique, vous obtenez 2 rouleaux de Film Kodak_____ un pour votre camera, un de rechange.Et vous faites 620S11 \u201c^etT^T apP,réc^lc- gn formats populaires ozU, 1-0 et 127.(Tous les Films Kodak sont egalement disponibles en rouleaux uniques.) Premier choix des débutants comme des experts___ Véritable Film Kodak _ dans la boîte jaune familière Canadian Kodak Co., Limited, Toronto 9, Ontario 18 Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 Mes Recettes de Cuisine par Mme ROSE LACROIX Directrice de l\u2019Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE Tarte Florentine 1V2 tasse de jarine\ty2 tasse de shortening 1\tc.à thé de sel\tEau froide Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec le sel.Mettre dans un bol avec le shortening.Couper finement le shortening et le bien mélanger à la farine à l\u2019aide des doigts ou de 2 couteaux.Quand le mélange est bien fait, ajouter de 1 eau froide et à l\u2019aide d\u2019un couteau, délayer jusqu\u2019à obtention d\u2019une boule de pâte molle mais non collante.Le secret du succès réside dans cette dernière opération.S\u2019il y a trop d\u2019eau, il faut remettre de la farine et cela donne une pâte dure : il faut donc éviter soigneusement de mettre plus d\u2019eau qu\u2019il n\u2019en faut.Si on peut laisser reposer la pâte, c\u2019est préférable elle s\u2019étend plus facilement.Prendre une partie de la pâte, l\u2019abaisser et en couvrir une assiette à tarte.Garnir de la préparation suivante : 2\ttasses de purée de pommes\t2 c.à tb.de beurre 1 c.à tb.de farine\t2 jaunes d\u2019oeufs Mélanger le tout, en remplir la tarte.Abaisser le reste de la pâte, tailler en bandelettes de y2 pouce et placer en diagonales sur la tarte.Badigeonner de lait et faire quire à four chaud 450\" F.10 minutes ou jusqu\u2019à ce que la tarte commence a dorer.Diminuer la chaleur a 325° F.et laisser cuire encore 30 minutes ou jusqu\u2019à ce que la garniture soit bien prise.Crème à l'oignon 1\tc.à thé de sel\t6 oignons\t3 tasses de lait 4 c.à tb.de shortening\t4 c.à tb.de fromage râpé 3 tasses d\u2019eau chaude Emincer les oignons et les faire blondir dans 4 c.à tb.de shortening ou de beurre.Quand ils sont légèrement dorés, ajouter l\u2019eau chaude et le sel et laisser cuire doucement % heure.Passer au tamis.Faire chauffer le lait et y remettre la purée d oignon.Porter à l\u2019ébullition, saupoudrer sur le dessus le fromage rape.Cette crème à Loignon est délicieuse accompagnée de croûtons au fromage.Les croûtons au fromage se préparent comme suit : Beurrer des tranches de pain, saupoudrer de fromage râpé, couper en dés et faire gratiner au four de 350° F.jusqu à ce qu\u2019ils soient bien dorés.8 services.Fricassée de veau 2 tasses de pommes de terre taillées en cubes de Vz pouce 2\tc.à tb.de shortening\t2 tasses de veau coupé en dés 1\toignon émincé\tSel et poivre % tasse de céleri\tj tasse de tomates 2\tc.à tb.de farine\t1 tasse d\u2019eau chaude Faire chauffer la graisse, y faire blondir l\u2019oignon puis le céleri.Ajouter le veau, remuer le tout durant 10 minutes, ou jusqu\u2019à ce que la viande soit bien brune.Saupoudrer de farine, ajouter les tomates et l\u2019eau puis en dernier lieu les pommes de terre.Laisser cuire % d\u2019heure et servir bien chaud.6 services.Pouding au riz 14 de c.à thé de sel\t1 tasse d\u2019eau bouillante % de tasse de sucre\tGelée ou confiture\t1 c.à thé de vanille V2 tasse de riz\t2 oeufs\t2 tasses de lait Bien laver le riz et le faire cuire 10 minutes avec 1 tasse d\u2019eau bouillante.Ajouter 1V2 tasse de lait chaud et continuer la cuisson jusqu\u2019à ce que le riz soit tendre.Il faut éviter de le remuer avec une cuillère pour ne pas écraser les grains.Il est préférable de se servir d\u2019une fourchette.Séparer les jaunes, battre avec le sucre et le reste du lait.Ajouter au riz et aromatiser.Verser dans un plat à pouding beurré et faire cuire au four de 350° F.dans une lèchefrite contenant environ 1 pouce d\u2019eau chaude 40 à 45 minutes, ou jusqu\u2019à ce que le pouding soit ferme.Retirer du feu, etendre sur le dessus de la gelée ou des confitures épaisses.Battre les blancs en mousse ferme avec 4 c.à tb.de sucre.Garnir le pouding de cette meringue et remettre à four doux pour faire dorer.8 services.UNE LIMONADE A L'ANCIENNE MODE Le breuvage favori vraiment rafraîchissant Pour chaque grand verre de limonade glacée, mettez 2 c.a tb.de jus de citron frais, 2 c.à tb.de sucre et 1 tasse d\u2019eau.Mélangez sucre et citron ; brassez pour dissoudre le sucre, puis ajoutez l\u2019eau.Servez avec beaucoup de glace et garnissez d\u2019une grosse pointe de citron.Vous ne savez pas comment désaltérer les petits durant l\u2019après-midi ?Préparez-leur simplement une limonade appétissante et réconfortante.Préparez le mélange à l\u2019avance, tenez-le dans le réfrigérateur, dans un bocal fermé.Mélangez 2 tasses de jus de citron frais à 4 c.à thé d\u2019écorce de citron râpée et 1% tasse de sucre.Au moment de servir, versez 14 de tasse de ce sir p dans chaque verre refroidi et remplissez de cubes de glace.LA PIEUVRE AUX YEUX DE VELOURS Vêtue d\u2019un déshabillé blanc dont le corsage, savamment échancré, découvrait à demi la naissance d\u2019une gorge superbe, Huberte était vraiment séduisante.A peine coiffée, ses lourds cheveux noirs tombaient en nappes épaisses et soyeuses jusqu\u2019à la naissance des reins cambrés ; \u2014 dédaigneuse du corset, qui souvent déforme le corps, elle apparaissait à Sélim telle qu\u2019il aimait qu\u2019elle fût ; sans rien des raffinements de toilette de certaines femmes qui, pour essayer de plaire, passent des journées entières à s\u2019attifer et à se farder.Huberte était trop heureuse pour avoir besoin de tous ces artifices \u2014 dont cependant elle se réservait d\u2019user plus tard, quand les années et le temps auraient fait leurs ravages.Et maintenant, face à face avec cette sirène qui le fixe de ses yeux ardents, Sélim ne sait plus que dire ; \u2014 il est reconquis par cette femme si captivante dans ce négligé élégant, par l\u2019attirante volupté qui émane de cette superbe personne.\u2014 Dans quelques mois nous serons mariés, dit-elle en entourant le cou du prince de ses deux bras nus ; \u2014 mais alors, Sélim, jamais votre femme ne pourra être plus heureuse que ne l\u2019est aujourd\u2019hui votre fiancée.« Certes, depuis longtemps je suis votre chose, et depuis longtemps je vous aime ; mais j\u2019ai oublié toutes ces a-mours antérieures pour ne songer qu\u2019à celles que nous réserve l\u2019avenir !.« Il me semble, aujourd\u2019hui, que je ne suis plus moi ; que cette comtesse de Preuil dont vous fûtes si épris n\u2019existe plus ; il me semble aussi que, redevenue jeune, toute jeune, je suis pour vous la pure et chaste fiancée que vous aimez, et à qui vous allez bientôt donner votre nom.\u2014 Certes, vous êtes belle toujours, et on peut être fier de votre beauté.« Puis aussi vous m\u2019avez entouré de tendresses, et je vous dois une grande reconnaissance pour les jours heureux passés près de vous.Huberte tressaillit.Pendant quelques instants elle enveloppa le prince d\u2019un regard scrutateur ; \u2014 ses yeux, d'abord très inquiets et très durs, se firent plus doux.et un peu de brume les voila.Sur un siège bas elle tomba accablée.Il lui semblait maintenant qu\u2019un étau de fer l\u2019étreignait à la gorge, car elle se rappelait la froideur que lui avait témoignée tout à l\u2019heure Sélim en entrant dans le salon ; se rappelait aussi qu\u2019il avait à peine répondu à ses tendresses.\u2014 Qu\u2019avez-vous donc ?fit Huberte en levant sur le prince ses yeux humides de larmes.D\u2019où venez-vous ?« Depuis longtemps je vous attends, inquiète, énervée, soucieuse.J\u2019ai toujours si peur qu\u2019il ne vous arrive malheur ! \u2014 Ne savez-vous pas qu\u2019Omar-Pacha m\u2019a emmené déjeuner à la campagne ?J\u2019en arrive.et me voici.\u2014 Omar vous a certainement dit beaucoup de mal de moi.\u2014 Il se serait bien gardé de me dire du mal d\u2019une femme que j\u2019aime.Huberte respira ; \u2014 son visage, de livide qu\u2019il était tout à l\u2019heure, se couvrit d\u2019une fugitive rougeur.Sélim, visiblement ému, gardait maintenant le silence \u2014 ce qu\u2019il avait à dire était si grave si grave.\u2014 Si vous le voulez bien nous jouerons cartes sur table, dit-il en s\u2019arrêtant brusquement devant Huberte.Vous êtes intelligente, très fine, et vous avez certainement compris qu\u2019un nuage noir voilait quelque peu notre bonheur.«Vous le savez, j\u2019ai éprouvé un très vif caprice pour Espéranza, pour cette superbe femme que j\u2019ai quelque peu guidée vers l\u2019art dramatique et je ne crois pas qu\u2019elle ait jamais eu à se plaindre d\u2019avoir suivi cette voie.« Elle fut mon béguin, vous ne 1 ignorez pas \u2014- et toute fatuité mise a part, je suis persuadé qu\u2019elle eut pour moi un peu d\u2019amour.\u2014 Vous aussi vous l\u2019avez aimée ! fit Huberte, les dents serrées.\u2014 Je l\u2019ai aimée.et je ne m\u2019en cache pas \u2014 n\u2019étais-je pas libre de donner mon coeur à qui bon me semblait ?\u2014 Assurément.puisque nous n\u2019étions pas mariés alors ; \u2014 mais maintenant que nous sommes fiancés, il me semble que tout cela doit changer.\u2014 Je ne sais ce qu\u2019est devenue cette malheureuse.Elle a disparu subitement \u2014\tet cette disparition a fait grand bruit, comme vous le savez certainement.« Une femme aussi belle, et possédant \u2014\tce qui est encore autrement précieux que la beauté \u2014 la voix la plus ravissante qui se puisse rencontrer, ne s\u2019oublie pas ainsi du jour au lendemain \u2014 et c\u2019est pourquoi on parle encore beaucoup dans le monde de la disparition d\u2019Espéranza.\u2014\tEn quoi cela peut-il bien m\u2019intéresser ?Sélim hésita quelques secondes avant de répondre ; puis d\u2019un ton sec il dit : \u2014 Votre nom est mêlé à ce drame \u2014 il faut donc au plus vite vous disculper.Elle eut un rire ironique qui le déconcerta.\u2014\tMe disculper ! fit-elle \u2014 mais de quoi ?\u2014\tOn prétend que vous n\u2019êtes pas étrangère à l\u2019enlèvement d\u2019Espéranza.\u2014\tEt sans doute aussi pas étrangère à sa noyade ?dit-elle en haussant les épaules.Et vous avez ajouté foi à ces racontars qui ne tiennent pas debout ?Vous vous êtes fait l\u2019écho de tels mensonges ?\u2014\tAlors cherchez les coupables.\u2014\tMoi ! est-ce que cela me regarde ?Pour cela adressez-vous à la police \u2014 c'est son affaire plutôt que la mienne.« Est-ce que je connais cette femme, moi ; est-ce que je sais ce qui lui est arrivé ?Depuis cinq mois, paraît-il, elle a disparu de Paris \u2014 mais sait-on seulement si elle n\u2019a pas suivi quelque riche boyard russe, ou quelque milliardaire américain ?\u2014Comme moi, vous avez lu les journaux, répliqua Sélim ; et comme moi vous savez qu\u2019en sortant d\u2019une soirée donnée par Omar-Pacha, Espéranza est montée dans une voiture qu\u2019elle croyait être la sienne.« Un homme qui l\u2019attendait dans cette voiture, lui fit respirer un narcotique \u2014\tdu chloroforme sans doute.c\u2019est la mode d\u2019endormir les victimes que l\u2019on a condamnées \u2014 et bientôt la malheureuse perdit la notion de toutes choses.« La voiture gagna Joinville-le-Pont.et là le drame s accomplit : l\u2019homme qui était dans la voiture se fit aider du cocher \u2014 tous deux saisirent Espéranza.et la jetèrent dans la Marne !.\u2014 En effet.Je me souviens, fit Huberte ennuyée.Mais enfin, voyons, où voulez-vous en venir ?\u2014 c\u2019est de l\u2019histoire ancienne que vous me racontez là.\u2014 Ce crime a été prémédité, répliqua le prince d\u2019un ton très calme.et la malignité publique vous accuse ! \u2014 Or, Huberte, je n\u2019épouserai jamais une femme sur laquelle p se un tel soupçon ! « Découvrez le coupable, prouvez que vous etes innocente.et je vous jure, Huberte, que vous serez ma femme.Ecrasée, elle resta quelques instants silencieuse et farouche ; \u2014 puis se [ Lire la suite page 20 ] Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 19 -tfc tb Deepfreeze \t\t Modèles du anniversaire HH Les réfrigérateurs Deepfreeze existent en 6 modèles, capacité de 9.3.à 11.5 pi.eu.Modèle Imperial A-10 (9.3 pi.eu.) illustré ci-dessus.L%m ¦~\u2014~fi {mm Avant que le \"vieux\" ne fasse défaut! 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Vous venez de me donner un tel coup que je ne peux encore rassembler mes idées \u2014 j\u2019ai peur de devenir folle, Sélim !.« Omar-Pacha a jeté, je le sens, en votre ame des doutes horribles, \u2014 et vous avez foi en cet homme qui, certainement, est jaloux de notre bonheur ! Mais, rassurez-vous.je saurai bien découvrir le criminel.\u2014 Ce que femme veut, Dieu le veut ! Puis, éclatant en sanglots, elle retomba sur sa chaise-longue, la tête dans les mains.Mais quand, enfin, elle releva le front, le prince n\u2019était plus là.Alors elle se dressa, farouche, le poing levé, les yeux pleins d\u2019éclairs.Un coupable ?fit-elle d\u2019une voix sourde, \u2014 je saurai bien en trouver un ; et je saurai bien aussi l\u2019amener ici.dussé-je payer d\u2019une fortune celui qui s\u2019accusera de ce crime ! «Oui, je le trouverai, Sélim, et alors je deviendrai ta femme ! \u2014 ta femme qui ne t\u2019apportera en dot que de la haine ; ta femme qui te ruinera sans pitié ; ta femme qui te fera mourir petit à petit.et sans que tu t\u2019en doutes ! « Va, tu es bien condamné.et rien ne pourra te sauver ! Au moment de toucher enfin au but tant désiré, de parvenir à cette situation presque royale, depuis si longtemps rêvée, Huberte voyait tout à coup s\u2019effondrer cet édifice élevé avec tant de patience et de peine.Elle approchait de la quarantaine ; \u2014 et quoiqu\u2019elle fût encore désirable et belle, l\u2019heure de la retraite lugubre tant redoutée des femmes allait bientôt sonner pour elle.Aussi voulait-elle assurer son avenir et se créer une situation brillante dans le monde vrai, avant de quitter le monde interlope où elle avait trôné si longtemps.N avait-elle pas été une des femmes les mieux cotées de Paris ?( Ues sportsmen les plus connus ne lavaient-ils pas toujours considérée comme une grande amoureuse, une véritable charmeuse d\u2019homme ?.Ses amours ne se comptaient plus \u2014 et toutes avaient été des amours profitables.Entretenue de Sélim, la fortune prin-ci-re dont elle disposait ne lui suffisait pas pour s\u2019offrir les bijoux qu\u2019elle convoitait \u2014 et de tout cet or qu\u2019elle avait gaspillé, il ne lui restait rien.sa foi en l\u2019avenir et la croyance qu\u2019elle serait un jour la femme de Sélim lu: avaient enlevé toute prévoyance.Mais depuis quelques mois cependant, elle s\u2019était enfin rendu compte de sa situation précaire et embarrassée \u2014 situation que seul son mariage avec Sélim pouvait raffermir à tout jamais.Et c\u2019est au moment où elle allait enfin se refaire une autre vie qu\u2019elle voyait surgir devant elle l\u2019obstacle terrible qui lui barrait le chemin.Elle passa une nuit de fièvre.Elle ne se coucha pas \u2014 et l\u2019aurore la trouva debout près de la fenêtre de sa chambre, le front collé aux vitres, les yeux perdus, comme dans l\u2019attente de quelqu\u2019un.Ce quelqu\u2019un.c\u2019était Pascal.Anxieusement, elle attendait le retour de cet homme qu\u2019elle méprisait profondément, mais qui pouvait encore lui être utile !.Oh ! celui-là \u2014 du moins, elle l\u2019espérait \u2014 se dévouerait une fois de plus pour elle.Pour elle il se traînerait comme un chien devant Sélim, devant tous.et sans aucune hésitation il s\u2019accuserait du forfait accompli.Puis, dans le cas improbable où il refuserait, eh bien, elle en serait quitte pour s\u2019adresser aux autres.à ces miséreux logés, tout là-bas, dans la cahute de Joinville-le-Pont.Ils n\u2019hésiteraient pas, eux, à affirmer leur culpabilité à Sélim \u2014 bien persuadés que Sélim ne les livrerait pas à la justice.Elle ignorait que le bandit qui avait aidé Pascal était le père d\u2019Espéranza \u2014 ignorait qu\u2019en ayant recours à lui, elle courait à sa perte ! C\u2019en était fait \u2014 la revanche de la victime résignée allait éclater, terrible ! Inconsciemment, Huberte allait se jeter dans l\u2019abîme qu\u2019elle avait creusé pour les autres.IX lle était bien résolue maintenant à engager la lutte.Il lui fallait un coupable.elle l\u2019aurait ! La nuit fut pour elle une longue insomnie et au matin seulement elle s'endormit.Neuf heures sonnaient quand elle s\u2019éveilla.Comme elle avait coutume de le faire chaque jour, elle sonna sa femme de chambre et demanda son courrier.Parmi toutes les lettres qui lui furent apportées, une attira plus particulièrement son attention.Elle venait de reconnaître l\u2019écriture de Pascal.Fébrilement Huberte déchira l\u2019enveloppe, et voici ce qu\u2019elle lut : « Je suis en ce moment à Gérardmer.En quittant Paris, je ne savais trop où aller pour me soustraire aux obsédants souvenirs qui me dévorent.« J\u2019ai revu Mornas, \u2014 et Marnas me méprise comme le dernier des hommes ! « J\u2019ai revu aussi la vieille demeure de mes ancêtres, \u2014 et devant cette maison où, pendant tant d\u2019années, j\u2019ai vécu heureux, j\u2019ai sangloté éperdument !.« Alors je me suis décidé à partir sans avoir le courage de me rendre au Val-Rouge.« Demain, je serai près de vous \u2014 j\u2019arriverai à huit heures du matin.«Je suis toujours très malheureux.et triste à mourir ! Pascal.» Elle jeta la lettre loin d\u2019elle en haussant les épaules \u2014 et d\u2019un ton de mauvaise humeur.\u2014 Ah ! comme il m\u2019ennuie, celui-là ! Et dire que je ne pourrai jamais me débarrasser d\u2019un pareil pistolet, d\u2019un tel crampon ! Elle consulta la pendule.\u2014Neuf heures un quart, fit-elle \u2014 Pascal doit être à l\u2019hôtel.A nouveau elle sonna sa femme de chambre qui accourut aussitôt.\u2014 M.Pascal Aubertot est-il de retour ?demanda Huberte.\u2014 Il vient d\u2019arriver.\u2014 Dites-lui de monter.Elle sauta du lit, revêtit une robe de chambre de cachemire blanc, rejeta sur ses épaules les lourdes nattes de ses cheveux noirs \u2014 et dans ce négligé d\u2019une coquetterie raffinée elle attendit Pascal.Elle n\u2019attendit pas longtemps.\u2014 Je viens de recevoir la lettre par laquelle vous m\u2019annoncez votre retour, dit-elle en tendant la main à Pascal ; \u2014 et les quelques lignes que vous m\u2019écrivez me montrent que vous êtes de plus en plus neurasthénique.C\u2019est là, mon cher, une véritable maladie dont il faut au plus tôt vous guérir.Et railleuse.\u2014 Vous venez de faire un superbe voyage.Il vous a plu de revoir les Vosges, de pleurer devant votre maison familiale \u2014 c\u2019était votre droit.mais ce n\u2019était guère prudent, je vous assure, car toutes ces émotions vous ont causé une fièvre qui vous brûle.Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 « Voyons, Pascal, pourquoi êtes-vous allé à Gérardmer ?\u2014 Vous regrettez donc le passé ?.vous ne m\u2019aimez donc plus ?Et tout près de lui, à demi couchée sur un divan bas, elle l\u2019enveloppait de la chaude caresse de ses prunelles noires, lui tendait sa jolie main veinée de bleu \u2014 et lui, repris de cette folie d\u2019amour qui l\u2019avait perdu autrefois, était tombé presque à ses genoux.\u2014 Pourquoi m\u2019avez-vous torturé ainsi, pourquoi m\u2019avez-vous chassé de votre présence ?Après l\u2019horrible drame de Joinville j\u2019avais besoin d\u2019air et d\u2019espace, besoin de mettre entre Paris et moi des milliers de lieues, et alors je me suis enfui très loin de cette ville maudite où je n\u2019aurais jamais dû revenir.\u2014 Et moi?fit-elle simplement Alanguie et troublée, elle jouait la comédie de l\u2019amoureuse abandonnée, et Pascal tombait tête baissée dans le piège qu\u2019elle lui tendait.\u2014 Vous le voyez, dit-il, je n\u2019ai pu rester longtemps éloigné de vous.j\u2019ai toujours si peur de vous perdre ! « Tous allez épouser le prince Sélim, je le sais, mais je sais aussi que vous l\u2019épousez sans amour, et cette seule pensée me donne le courage de ne pas m\u2019opposer à une telle union.\u2014 Tu sais pourquoi il faut que j\u2019épouse Sélim, dit-elle en attirant à elle Pascal et le baisant lentement au front ; \u2014 tu sais aussi quel prix j\u2019attache à ce mariage, puisque pour atteindre ce but si convoité je n\u2019ai pas hésité à me débarrasser d\u2019une femme qui me gênait ! Elle le tutoyait maintenant que le moment était venu de lui dire ce qu\u2019elle attendait de lui.\u2014 Ecoute, fit-elle en serrant les mains de Pascal dans les siennes, ce luxe qui est toute ma vie peut me manquer subitement, car il vient de se passer tout récemment un fait très grave que je vais te raconter en deux mots.Et elle ajouta, la voix assombrie : \u2014 Le prince a des soupçons ! \u2014 Vous soupçonner, vous?Mais de quoi, mon Dieu ?\u2014 Oh ! rassure-toi, il ne s\u2019agit point d\u2019une jalousie d\u2019amour, fit Huberte en un rire nerveux qui découvrit une double rangée de dents petites et blanches ; \u2014 non, il ne s\u2019agit point d\u2019amour, mais, cependant, c\u2019est bien plus grave que tu ne peux le supposer.\u2014 Le crime de Joinville! dit Pascal frissonnant.\u2014 Tu as, enfin, compris la cause de mon affolement, reprit Huberte, en passant la main sur son front couvert d\u2019une sueur froide.Que vais-je devenir, maintenant, avec cette épée de Damoclès sans cesse suspendue sur ma tête ! Et puis, je connais le prince et je sais que le jour où une idée s\u2019impose à son esprit, cette idée devient bien vite une véritable obsession.Après tout, peu vous importe, puisque bientôt vous serez princesse.\u2014 Princesse !.Et pendant quelques instants, un rire heureux secoua la poitrine de la charmeuse.Pascal, inquiet, murmura : \u2014 Votre union avec le prince serait-elle donc rompue ?Et à cette pensée qui lui est venue tout a coup, une lueur de joie allume les yeux fatigués du malheureux Pascal.Mais elle, d\u2019un ton glacial : Voici ce qui se passe.Le prince exige que je me disculpe complètement des soupçons qui pèsent sur moi ; il veut que je découvre ceux qui ont commis le crime de Joinville.Pascal tressaillit.\u2014 Et si vous ne les trouvez pas ?de-manda-t-il.Si je ne les trouve pas, le prince [ Lire la suite page 26 ] L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle sériel 6\t5\t2\t4\t8\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t3\t8\t5\t2\t6 V\tF\t0\tV\tA\tG\t0\tA\tN\tB\tI\tR\tV\tI\tS\tU 7\t5\t4\t7\t2\tô\t8\t3\t7\t4\t8\t2\t6\t5\t3\t7 E\tT\tE\tA\tI\ts\tE\t0\tU\tP\tN\tN\tE\tE\t?\tC 4\t8\t2\t6\t5\t3\t7\t8\t2\t8\t4\t3\t6\t5\t2\t7 L\tI\tS\tT\tS\tS\t0\tR\tT\tP\tU\tE\tE\tD\tR\tU 8\t6\t3\t7\t5\t2\t8\t4\t7\t3\t6\t2\t5\t8\t4\t6 R\tS\tS\tP\tE\tU\t0\tS\tD\tU\tC\tI\tS\tM\tL\tH 8\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t8\t2\t7\t5\t3\t6\t4\t2\t7 E\tH\tT\tE\tU\tR\tA\tT\tE\tS\tE\tP\tN\tX\tN\tU 2\t8\t5\t4\t7\t2\t6\t5\t3\t7\t8\t2\t6\t4\t3\t8 L\tT\tU\tU\tC\tI\tC\tR\tR\tC\tE\tS\tE\tE\tI\tU 4\t7\t2\t6\t5\t3\t8\t4\t2\t6\t5\t3\t7\t4\t2\t5 U\tE\tA\tU\tE\tS\tR\tS\tN\tX\tU\tE\tS\tE\tT\tX Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. \\f % at mpt Hp-'M Éfenlf Wwm M.As £' Sni La ville de Sherbrooke\u201d, peinture exécutée pour la collection Seagram par Robert W.Pilot, P.R.C.A.Wïyf w & £p -S ;^,-1 v\\ :s*> LA COLLECTION DE PEINTURES SEAGRAM Jmt mieux comp/imc/ke A fâtmac/as b AaVeHs Je rrmu/e i^Lu cours de sa tournée internationale de 12 mois, plus de 215,000 personnes de 15 nationalités différentes se sont rendues aux expositions de la collection Seagram.Ce voyage de 30,000 milles de la collection Seagram fit connaître au monde le rôle important que jouent nos grandes villes.Ces 52 tableaux et les plaquettes illustrées qui les accompagnaient permirent aux peuples étrangers de mieux comprendre notre mode de vie et de mieux concevoir l\u2019aspect que revêtent, d\u2019un océan à l\u2019autre, nos villes florissantes.Même si la collection Seagram est de retour au Canada afin d\u2019y entreprendre la seconde étape de sa tournée, on continue là-bas à parler de notre pays, grâce aux plaquettes qui, en plus d\u2019un texte explicatif rédigé en cinq langues, contiennent les reproductions en couleurs des tableaux représentant 22 villes canadiennes.Tous ceux qui visitèrent les expositions dans chacun des 16 endroits où la collection fit escale en possèdent actuellement un exemplaire.Ainsi, dans des milliers de foyers situés bien loin de nous, ces plaquettes permettent maintenant à une infinité de gens de se mieux renseigner sur notre grand et beau pays.£a Maison Seacjram ROBERT W.PILOT, P.R.C.A.Beau-fils et élève du célèbre artiste canadien Maurice Cullen, il étudia aussi à Paris.Il peignit les paysages du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse, de Terre-Neuve, du Q,uébec et des Rocheuses.Il a brossé maints ouvrages décoratifs et de nombreuses fresques murales.En 1953, il est élu président de la Royal Canadian Academy.ITINÉRAIRE DE LA TOURNÉE INTERNATIONALE: SAN JUAN.LA HAVANE .MEXICO CARACAS .RIO DE JANEIRO .S AO PAULO .BUENOS AIRES UOXTEVIDFO Rnur .LONDRES .PARIS .GENÈVE .STOCKHOLM .LA HAYE .MADRID .ET UNE VISITE AUX FORCES ARMEES CANADIENNES A SOEST, EN ALLEMAGNE DE L'OUEST.ITINÉRAIRE DE LA TOURNÉE CANADIENNE: O TT A WA.MONTREAL .CHARLOTTETO WN.HALIFAX.SAINT-JEAN, T.N.SAINT-JEAN, N.-B .SHERBROOKE TORONTO.QUÉBEC.LONDON.WINNIPEG .REGINA .EDMONTON.VANCOUVER .VICTORIA .CALGARY.SASKATOON.WINDSOR .HAMILTON.TROIS-RIVIERES .KINGSTON.HULL. 22 Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 \\ UH6t i manivelle UNtUt p 10 M-t ('[MBfifitfifit 6 »WIN tUt J,\\___J- \u201c**Sàii- BE\" Pfec ': jeta**\"* GENERAL MOTORS OF CANADA LIMITED OSHAWA ET WINDSOR FRIGIDAIRE PRODUCTS OF CANADA LIMITED LEASIDE ET SCARBOROUGH GENERAL PRODUISANT DES CHOSES PLUS NOMBREUSES 0 Nous les avons mis dans \u2022J PÉDALE D'EMBRAYAGE \u2014 encore \u2022 très déprimée, sa présence est fréquemment révélée par la gaucherie du démarrage et des grincements d'engrenages.Elle cède rapidement la place aux douces Dynaflow, Powerglide et Hydra-Matic de tout repos.O MANIVELLE DE FENÊTRE\u2014manoeu-\u2022 vre laborieuse quand on veut indiquer un point d'intérêt, signaler un virage ou admettre de l'air frais.Toutes ces choses sont maintenant si faciles, grâce aux monte-glaces électriques General Motors. Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 23 «0 T \"j \u2014V; * r *\u20ac eur dernière demeure.UN MUSSE ! Il n'y a probablement pas de musée possédant une telle collection.Mais rassemblez toutes les choses rendues désuètes par le progrès de la recherche General Motors et vous aurez un étalage assez imposant.Faites abstraction des doux souvenirs susceptibles de s'y rattacher et vous pourriez dire gue c'est là un musée d'inconvénients.Ce musée serait aussi unigue, car la General Motors occupe une place unique dans l'histoire de l'industrie canadienne.De la traction animale à l'auto .de la locomotive à vapeur à la diesel .du livreur de glace au Frigidaire \u2014voilà des pas dans la voie du progrès, rendus possibles par la recherche, l'ingéniosité et la main-d'oeuvre General Motors.Nous savons qu'il y a, dans notre vitrine, des choses dont l'usage est encore très répandu, mais elles cèdent rapidement place à la commodité et à l'eflicacité supérieures de nouveaux produits General Motors.Chaque année, des millions de dollars de bénéfices sont réinvestis dans la constante recherche de nouveaux produits \u2014et de nouveaux moyens d'améliorer les produits actuels.C'est cette recherche et cette ingéniosité qui mettent une plus grande mesure de valeur dans tous les produits General Motors \u2014 et qui, en ce moment, relèguent au musée d'autres articles bien connus mais incommodes.3 CORDE  LINGE \u2014 ligne droite \u2022 formant la plus courte distance ntre le linge net et la mauvaise humeur, ncore très vue mais rarement appréciée, a facilité de l'équipement de buanderie utomaiique Frigidaire Ta rendue dé-jète.4 SEAU À CHARBON \u2014 gros ustensile \u2022 peu commode servant à alimenter le poêle primitif et vorace dont la valeur de chauffage était parfois douteuse.Grâce aux appareils de chauffage General Motors on n'a plus à nourrir le poêle à la main pour se chauffer.5 POMPE  EAU À MAIN \u2014 jadis, \u2022 point central du village, sujet de poésies et fléau de la ménagère.Elle a vu couler plus de mots que d'eau.Les pompes Delco commandées par moteur ont contribué à l'avènement de l'eau courante, chaude et froide.6 MANIVELLE DE MISE EN MARCHE \u2022 \u2014primitive, externe et récalcitrante.Elle devenait facilement une arme meurtrière entre les mains du faible ou du profane.Cadillac a révolutionné l'industrie automobile avec le démarreur électrique \u2014 1911.x LIVREUR DE GLACE \u2014 autrefois \u2022 l'ami des chevaux, des petits enfants et des ménagères en nage.Impossible à trouver en cas d'urgence.L'avènement de Frigidaire et du cube de glace marqua, en 1919, le début de son déclin et de son extinction.GENERAL MOTORS DIESEL LIMITED LONDON the McKinnon industries LIMITED ST.CATHARINES ET GRANTHAM TOWNSHIP MOTORS le Canada ET MEILLEURES POUR PLUS DE GENS 24 Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 # r- ¦¦SP1 Ce Samedi \"\"\"r.,, \u2022tteuj V * (Pour 12 mois) ?\tCES TROIS IV1AGAZIIMES OU A VOTRE CHOIX ?\tLE SAMEDI (hebdomadaire) ?\tLA REVUE POPULAIRE (mensuel) Q LE FILM (mensuel) IMPORTANT : \u2014 Marquez d'une croix ?s'il s'agit d'un renouvellement.IRE -\tLE FILM Canada\tEtats-Unis $5.50\t$8.00 3.50\t5.00 1.50\t2.00 1.00\t1.00 Nom.Adresse.Localité.Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE \u2014 975-985, rue de Bullion, Montréal 18 PLAISIR DE LIRE DURE TOUTE L\u2019ANNÉE Lire n est ni un travail, ni une corvée : c'est un agrément.et pour toute la famille, il ne saurait y avoir plus bel agrément gue la lecture de nos trois magazines.LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM Cela ne coûte que S5.50 et vous avez l\u2019assurance que, toute l'année durant, la personne en question recevra avec la régularité du calendrier, sinon avec celle de l'horloge, soixante-seize magazines qui seront autant de preuves tangibles de l'amitié que vous entendez lui témoigner.Il n'y a pas d'hésitation possible, LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM ne sauraient manquer de plaire à tous, de quelque âge, ou de quelque condition sociale qu'ils soient.Ceci, croyons-nous, est un excellent tuyau.DES BRAVES QUI FUIENT [ Suite de la page 15 ] j\u2019ai décroché ce reportage en Afrique.Je fréquentais les bars, les cafés.J\u2019ai rencontré des légionnaires : j\u2019ai connu Margarez.Le Mexicain représentait un problème qu\u2019ils discutèrent.Il faudrait, malgré la sympathie qu\u2019on lui témoignait, l\u2019éloigner, suggérer l\u2019indifférence de l\u2019amour à son endroit.Dès le lendemain soir, Germaine l\u2019instruirait.Le séjour de la reporter devant se prolonger d\u2019une semaine, à Marrakech, des rendez-vous prendraient place.Un rendez-vous répudie la tierce personne, absolument.Guy entendait découvrir s\u2019il y avait possibilité de quitter la Légion.Il interrogerait le colonel.Il eût aimé s\u2019établir à Montréal.Tout métier lui semblait acceptable.Et Germaine se j montrait digne de lui.Si le Maroc le | réclamait, elle vivrait au Maroc, que | ce fût à Fès, Agadir ou Casablanca.| En regard du chagrin de Pedro, il serait opportun de changer de poste.Guy recommencerait à écrire.Ils loueraient une maison.Tant de projets taillèrent les minu-] tes en pièces.Il fut temps de regagner les baraques et Léger se hâta, de par les rues.Le bonheur le suivait comme son ombre.« Germaine, disait-il, est une mer-J veille que tu avais fuie et que tu ne mérites plus.Si tu l\u2019as reprise, c\u2019est que l\u2019amour t\u2019aime beaucoup.» Guy comprenait ces réticences.Que d\u2019heures perdues ! Il devait, pour rejoindre l\u2019amour, piétiner d\u2019autres rêves, lutter.Il parvint jusqu\u2019au poste.Quelque J chose bougea, près du mur.« Un salopard, peut-être.Il scruta les alentours, immobile, inquiet.Une sentinelle faisait les cent pas, sur la plate-forme.Le calme était désespérant.Si j\u2019appelais.» La crainte du ridicule l\u2019en dissuada.Il s\u2019agissait d\u2019éprouver sa bravoure : les camarades ont de ces idées folles.L\u2019ombre quittait son repère, maintenant.L\u2019homme éclata sous la lune : son poignard brillait.L\u2019habit des légionnaires.\u2014 Pedro ! Il fonçait en silence sur l\u2019ami de tantôt.Mais Guy, par son bond vers | la gauche, confondit l\u2019assaillant.Rapi-I de, ensuite, il l\u2019enserra des deux bras.Pedro perdit son arme.Il joua des coudes et se jeta sur le sol, entraînant le Canadien avec lui.Ils roulèrent, l\u2019un sur l\u2019autre tour à tour, haletants.| Puis Margarez, formé à ces corps à corps terribles, trouva la gorge de l\u2019autre.\u2014 C\u2019est la fin, pensa Guy.Il avait l\u2019impression de regarder, de vivre, à tant faire, un film au ralenti.Pedro se pressait de consommer son meurtre ; il serrait fort mais la vie était lente à partir, longue, longue à rester.Un vent tiède longea le sol et frôla le condamné.Il vit le ciel, l\u2019ombre des baraques.Sa pensée promenait, déréglée, des images sans suite : Germaine, le Canada, sa mère, Abdessa-lam, les Touareg, Kjellberg, le colonel.Il étouffait.« Germaine.Je la reverrai ».Un effort suprême renversa Margarez.A ce moment, un coup de feu claqua.Puis, des voix : \u2014 Arrêtez ! C\u2019était des légionnaires, l\u2019arme au poing.Le lieutenant Lorrin-Fabre s\u2019avança : \u2014 Qu\u2019est-ce qui se passe ?Rixe entre camarades ?Vous avez bu ?Les interpellés ne répondirent pas.\u2014 Vous vous expliquerez devant le colonel, dit alors l\u2019officier.Quoiqu\u2019il fût minuit, le colonel Roux ne dormait pas.C\u2019était un petit homme grisonnant, impeccable et sanglé An dans son uniforme.Il avait le verbe rapide : \u2014 Margarez ?Léger ?Bon.Parlez.C\u2019est une femme ?Hein ?Le silence en dit long.Regardez-vous.Mais regardez-vous donc ! Des légionnaires, ça ?Un légionnaire \u2014 écoutez, tout le monde \u2014 c\u2019est un brave qui fuit.Que ce soit la police ou l\u2019amour, on n\u2019en veut rien savoir.Ici, on n\u2019aime que la France, on ne se bat que pour elle.Son regard brilla de souvenirs refoulés.Il reprit : \u2014 Demain, vos frères de la compagnie Trois partent en campagne.Il y a de la révolte, dans le sud, et le poste de Sourk-el-Amar a besoin de renfort.Je conduirai moi-même le détachement.Margarez s\u2019avança : \u2014\tMon colonel.\u2014\tParlez.\u2014\tChangez-moi de compagnie.\u2014\tVous avez des raisons?\u2014\tJe veux partir avec les autres.Demain.\u2014\tAccepté.Et Guy, sans savoir pourquoi, formula une requête analogue.\u2014\tMerci, fit le colonel.Je n\u2019ai plus rien à vous dire.Départ, à cinq heu res.Ils étaient à mi-chemin, peut-être, de Sourk-el-Amar, quand Kjellberg hurla : \u2014\tTouareg ! Guy ne vit rien qu\u2019un nuage mobile, tout d\u2019abord.\u2014\tRetranchez-vous, ordonnait le colonel.Y\u2019a des pierres, par là.Entraînant les méharis, cinquante soldats obéirent à leur chef.Des rocs, au flanc de la montagne, formaient une redoute quelconque.Il serait plus facile d\u2019y soutenir un siège.Tout dépendrait du nombre des rebelles, cependant.\u2014\tRoulez des pierres, dit le colonel.Faites un mur.Il ajouta, soucieux : \u2014\tQuinze heures.Les salopards chargeaient, débonnaires en apparence, mais fanatiques, vêtus de blanc.\u2014\tUn contre dix, mes amis.Ne tirez qu\u2019à mon ordre.Massacrons-les.L assaut fut terrible.Des rebelles s\u2019écrasèrent à dix pas du fort.Le sol, jonché d\u2019Arabes, semblait piqué de fleurs blanches.Et vingt légionnaires dormiraient à jamais.Repos, dit le colonel.Ils vont revenir au crépuscule.Je les connais.On porta les cadavres à l\u2019écart.Guy heurta Margarez.\u2014 Qu\u2019est-ce que tu foutes ici ?demanda le Mexicain.Il n attendit pas de réponse.Il portait, aidé de Kjellberg, le corps du Muet.Guy s'assit pour recharger son arme.Il but, mangea un peu.Quel fol sentiment de l\u2019honneur l\u2019avait poussé dans ce bled ?Il aurait pu ne point quitter Marrakech d\u2019ou ce n\u2019eût été qu\u2019un jeu, à la faveur du désordre, de s évader et de fuir, avec Germaine, vers le Canada.Les rouages des événements continuaient de l'étonne r.Comment expliquer l\u2019attentat de Margarez ?Il avait dû suivre Germaine, Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 25 Pourquoi serait-il torturé par des démangeaisons ! Puisque Sergeant's l'empêchera de se gratter quelle qu'en soit la cause ?surprendre des phrases.La vengeance avait, ensuite, dit son mot.« Nous l\u2019avons perdue, Pedro et moi.Nous en sommes aux dernières heures de notre vie ».Tous ces braves mourraient, même le colonel et même Guermann.Le premier pansait les blessures, tandis que l\u2019Allemand, stoïque derrière son roc, étudiait l\u2019horizon.L\u2019ennemi semblait immobile.On distinguait un amas confus d\u2019hommes et de chameaux.Plus près, des arbustes \u2014 trois ou quatre \u2014 sacrifiaient à la brise et dansaient mollement.Le ciel était sombre, à cause du crépuscule.Il y avait des nuages.\u2014 Ménagez l\u2019eau, recommanda le colonel.Les Touareg s\u2019élancèrent encore.Ils couraient, sans souci de leurs pertes mais la redoute ne céda point.Il resta douze légionnaires.Le colonel était mort.La nuit masquant leur retraite, les brigands ne s\u2019étaient retirés qu\u2019à demi-distance, cette fois.Des balles ricochaient sur les pierres.\u2014 Mettez-vous à l\u2019abri, dit Guermann.Ménagez l\u2019eau.Il avait, de lui-même, assumé le commandement du poste.On ne lui contestait pas cet honneur.Il s\u2019affairait, s\u2019inquiétait des blessés.L\u2019un d\u2019eux délirait.Son cri ne cessait plus : \u2014 Abdessalam, hyène maudite ! apporte du vin ! Guy pensait à Germaine mais c\u2019était comme un mirage qui l\u2019eût nargué.Il la créait, vision équestre vêtue de fauve, douce et tendre contre lui.Il ne pouvait la rejoindre ; elle fuyait.Quelqu\u2019un toucha son épaule.Ce blédard était blessé à la jambe.On distinguait le pansement : l\u2019odeur et la couleur du sang.\u2014 Léger.\u2014 C\u2019est toi, Pedro ?Le Mexicain se coucha.\u2014 Pardonne ma folie d\u2019hier soir.Je souffrais.J\u2019étais fou.Ça m\u2019a semblé bizarre son désir d\u2019être seule, à dix heures.Je l\u2019ai suivie.Tu étais à l\u2019hôtel.Alors, je n\u2019ai pensé qu\u2019à moi, à l\u2019amour bafoué.Je n\u2019ai pas compris qu\u2019elle avait un coeur, aussi.Jf\u2019a longtemps que tu la connais \u2014 Trois ans.Le destin est trop fort.Je ne te dois pas de pardon.Guy raconta son histoire et Pedro l\u2019écoutait.Accroupis, d\u2019autres légionnaires somnolaient.Guermann montait la garde.Il fumait.Kjellberg cria encore, cette nuit-là : \u2014 Kurt ! Inger ! Trouvez-moi une cachette.A l\u2019aube, il s\u2019exposa trop.Une balle fracassa ses rêves pour de bon.Margarez, qui n\u2019avait pas fermé l\u2019oeil, dit à Guy : \u2014 Il faudrait que tu la revoies.Elle souffrirait de te perdre.\u2014 Je ne crois pas aux miracles, Pedro.Ce jour est le dernier de notre vie.L\u2019autre se pencha : \u2014 Il y a peut-être une chance.Une chance infime mais une chance quand même.Ecoute.Je vais monter un méhari.Je courrai sur Marrakech.Le renfort viendra .Le plus difficile, c\u2019est de franchir leur ligne de tir.Après.* * * ANECDOTES ET PENSEES \u2014 C\u2019est un suicide.Reste avec nous.\u2014 Tu lui diras que, pour elle, je serais mort trois fois, dix fois.Il se leva et s\u2019entretint, avec Guermann, de son projet.Le chef eut un geste affirmatif.Alors, Pedro rampa jusqu\u2019aux chameaux.Il monta le plus robuste ; il s\u2019élança.Mais les Touareg le repérèrent aussitôt.Des détonations crépitèrent.\u2014 Tirez, clama l\u2019Allemand.Protégez-le ! Les soldats répondirent à cet ordre.Leurs coeurs se dilataient d\u2019espérance.Le méhari courait toujours, portant son cavalier.\u2014 Il passe, pensait Guy.Il passe, il passe.Trois chameaux s\u2019étaient mis à la poursuite du fuyard.Guermann en abattit deux.Il tomba lui-même.\u2014 Rideau, souffla-t-il.Une balle trouait sa poitrine.Il demanda une cigarette.Guy la lui inséra entre les lèvres, l\u2019alluma.\u2014 Margarez ?\u2014 Il est passé.Des larmes étincelèrent, dans les yeux du blessé.\u2014 Vous n\u2019avez pas de message, questionna Guy.Rien à dire ?\u2014 Vive la France.Guermann était mort.Mais le soleil luisait quand même.Les brigands veillaient.Ils ne se portèrent plus à l\u2019attaque, ce jour-là.Fortement décimés, ils attendaient le crépuscule, pour un dernier assaut.Les légionnaires avaient soif.Dans un état voisin de la torpeur, ils attendaient.Guy s\u2019accrochait au souvenir de Germaine, à l\u2019héroïsme de Pedro.Il tirait les dernières balles des fusils.Le soir, une colonne déboucha du Nord.On entendit le chant des trompettes.Marrakech se portait à la rescousse.\u2014 Sauvés ! cria Guy.Les survivants s\u2019embrassèrent.Ils n\u2019étaient plus que cinq.\u2014 C\u2019est Margarez, disaient-ils.Hourra ! L\u2019escarmouche fut brève.Les Touareg, au premier choc, s\u2019enfuirent en désordre.Ils n\u2019espéraient pas l\u2019emporter contre des troupes fraîches et bien armées.On les poursuivit.Mais le lieutenant Lorrin-Fabre, délaissant ses légionnaires, monta vers le fort.Cinq braves le reçurent, au garde à vous.\u2014 Repos.Le colonel ?Guy donna la réponse : \u2014 Mort à l\u2019ennemi.Ils le désignèrent, étendu à l\u2019écart.Le lieutenant s\u2019inclina devant son chef.Il donna sa gourde aux soldats.\u2014 Buvez.Ils burent.Ils s\u2019étonnèrent, ensuite : \u2014 Margarez ?Il n\u2019est pas revenu ?L\u2019officier baissa la tête.\u2014 Il est mort.\u2014 Mort.bredouilla Guy.\u2014 La sentinelle a vu venir un méhari dont le cavalier était tombé, sous les murs.C\u2019était Margarez, criblé de balles.mort.Ils n\u2019ont pas compris \u2014 ou ils n\u2019ont pas voulu comprendre \u2014 pourquoi Guy Léger, ce choyé de l\u2019amour, s\u2019est jeté par terre et frappé la poitrine, pourquoi il a pleuré si fort.si longtemps.Georges Guy.Si votre chien se gratte c\u2019est que quelque chose ne va pas.Puces, poux, vermine \u2014 toutes ces bonnes raisons de se gratter \u2014 peuvent être arrêtées rapidement avec la poudre SKIP-FLEA SCRATCH de Sergeant.Une seule poudre, maintenant, remédie à toutes les causes de démangeaison ! 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Nerveuse! Sans énergie! Si vous manquez de vigueur ; si vous êtes fatiguée et irritable ; si vos nerfs et vos muscles ainsi que les tissus de votre corps n\u2019ont pas le soutien qui devrait leur être fourni par le bon fonctionnement du système, vous avez besoin d\u2019un tonique tel que mon SANO « A » qui contient les ingrédients reconnus par leurs valeurs toniques dans de telles conditions.LES TABLETTES SANO \u201cA\u201d Avec l\u2019usage du bienfaisant tonique SANO « A », votre digestion devient plus facile, votre repos est plus réparateur et une meilleure détente s\u2019opère dans vos nerfs et vos muscles.Votre appétit devient meilleur et l\u2019assimilation des aliments se faisant mieux, votre santé et votre vigueur devraient s\u2019améliorer.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de nos tablettes SANO «A».Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO Enrg.,\t(pour le Canada seulement) Mme CLAIRE LUCE, Case postale 1281 (Place d'Armes), Montréal, P.9.Ci-inclus 5c pour échantillon des Tablettes SANO \"A\" Ecrivez lisiblement ci-dessous : Votre nom.Votre adresse.Ville.Prov 26 Le Samedi, Montréal, 21 août 1954 LA PIEUVRE AUX YEUX DE VELOURS [«
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