Le samedi, 1 octobre 1954, samedi 9 octobre 1954
[" nnée, No 22 DANS CE NUMERO JANINE MIGNOLET, par LUCETTE ROBERT UN ART RENAIT AU QUEBEC par GERARD VIOT LOUIS CYR ET JOS MONTFERRAND par ANDRE DE LA CHEVROTIERE LE DERNIER REPAIRE, Wêm 10 cents Un roman policier de LEO GESTELYS wam i;i .\u20221 if.\u2019 *?> T .* K\u2019W:s .¦ .y, a.-/»; I fliïÊ®' 'que PEUSEZ-U0U Assurez-vous des démarrages sûrs, cet hiver, grâce à une BATTERIE POWER UNE CHRYCO Cette batterie Chryco puissante et de très longue durée possède un supplément de protection: une soupape de sécurité récemment mise au point par Chrysler.Ce dispositif enraye automatiquement la corrosion causée par le remplissage excessif de la batterie.Il assure le maximum de puissance de démarrage et un meilleur rendement.C'est le temps de vérifier le système de refroidissement! 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Sur le bord de l\u2019eau, à la droite de David, l\u2019herbe, haute et drue, était encore toute pleine de rosée.Des collines boisées qui s\u2019étendaient à sa gauche, sortaient, avec mille cris joyeux, bouvreuils, mésanges, merles et vulgaires moineaux disant chacun dans leur langage leur bonheur de vivre, de s\u2019ébattre en sûreté dans la lumière.David, absorbé dans ses préoccupations, ne voyait rien, n'entendait rien : la vague rêverie n\u2019était pas son fait, en ce moment surtout où il s\u2019agissait d\u2019aviser, et au plus vite.Inquiet, agité, il avançait, tête basse, pensant à cela, lorsqu\u2019un pas lourd résonnant sur le coteau, lui fit lever les yeux machinalement : un homme descendait obliquement, vêtu d\u2019une vieille blouse, coiffé d\u2019un feutre jadis noir probablement.Il tenait d\u2019une main un petit paquet, un bâton de l\u2019autre.Arrivé en bas, il s\u2019arrêta un instant, chargea le paquet sur son épaule ; et avec un soupir douloureux, prit le pas, devant le nègre, dans le chemin battu qui, entre les hautes herbes et le penchant de la colline, côtoyait la rivière.David venait de reconnaître cette tète grise, ce visage flétri : \u2014 Rigobert ! murmura-t-il.L\u2019homme se retourna, resta quelques instants immobile sur le chemin ; puis, voyant le nègre qui avançait.\u2014 Vous m\u2019avez appelé ?lui demanda-t-il.\u2014 Oui ! vous vous souvenez bien de moi, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, dit simplement Rigobert.\u2014 Je viens de chez vous.\u2014 Pas de chez moi : de chez mes filles ! c\u2019est pas la même chose, dit le vieux avec un triste sourire.Puis il resta silencieux, \u2014 On dirait que vous avez du chagrin, Rigobert ?\u2014 Oui, j\u2019en ai, puisque je ne sais pas ce que je vais devenir.à mon âge.\u2014 Mais vous êtes encore fort : pourquoi ne travaillez-vous pas ?\u2014 Travailler ?à quoi ?Dans le temps, j\u2019étais laboureur.Aujourd\u2019hui on ne veut plus de mes bras ; on aime mieux les jeunes ; ça se comprend, dit le pauvre homme avec des larmes dans la voix.\u2014 Mais n\u2019avez-vous pas quelques sous pour attendre de meilleurs jours ?-\u2014 Quelques sous ?hélas ! rien, pas un liard, pas un coin pour dormir ! Je leur ai tout donné.\u2014 A vos filles ?\u2014 Oui.\u2014\tVous avez eu tort.\u2014 Que voulez-vous ?J\u2019aimais mes enfants, moi ! Quand la Martine est devenue veuve, je pouvais pas l\u2019abandonner.Je lui ai dit : console-toi, je suis là.Tu auras du pain, toi et ton gosse ; installez-vous chez moi ; laissez-moi seulement rester avec vous.Que je puisse vous aimer, tout près de vous, jusqu\u2019à la fin de mes jours.Il me faudra si peu, vous verrez ! \u2014\tPauvre homme ! murmura David.\u2014 Alors elles m\u2019ont fait, toutes deux, toutes sortes d\u2019amitiés ; et puis, tout doucement, elles m\u2019ont fait comprendre que, les paroles, ça ne signifie pas grand\u2019chose, que ce serait mieux d\u2019aller chez le notaire, tout de suite.\u2014 Et vous avez fait ce qu\u2019elles ont voulu ?\u2014 Bien sûr ! Je n\u2019avais qu\u2019elles au monde, vous comprenez.Je suis allé chez ce monsieur ; je lui ai dit ce que je voulais faire : oh ! il ne me conseillait pas ça, de donner ce que j\u2019avais, mais j\u2019ai tenu bon! J\u2019aimais tant cette Martine, ah !.et puis l\u2019autre aussi : la grande Benoîte.Alors, j\u2019ai fait l\u2019acte de donation, et il n\u2019y avait plus à y revenir.-\u2014Et je parie qu\u2019on agit mal avec vous, maintenant ?-\u2014 Ben oui ! \u2014 Vous ne voulez pas me raconter vos peines, Rigobert ?\u2014Oh ! ce ne sont pas des peines ; ce sont des coups de massue, voyez-vous ! des coups dont on ne se relève jamais.Et s\u2019arrêtant, le vieillard essuya son front chauve, maculé de quelques gouttes de sang.\u2014 On dirait que vous êtes blessé ?demanda David avec sollicitude.\u2014 Faites pas attention ! Cette blessure- là, ça ne compte pas. 24 Le Samedi, Montréal, 9 octobre 1954 Mes Recettes de Cuisine par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE.Croquettes de viande à l'écossaise 2 c.à tb.de shortening ou de beurre '.2 fasse de gruau d\u2019avoine cuit 1 petit oignon\t2 tasser de viande cuite\tSel et poivre !' sire chauffer le shortening ou le beurre et y faire blondir un petit oignon haché finement.Passer au hache-viande une desserte de viande quelconque : veau, agneau, boeuf, porc ou jambon, et bien mélanger avec le gruau d\u2019avoine cuit et très épais.On peut utiliser à cette fin une desserte du gruau du matin, ce qui est une excellente manière d\u2019utiliser un reste.Bien mélanger le tout et assaisonner.Etendre dans une lèchefrite graissée à l\u2019épaisseur de pouce.Laisser reposer au moins 1 heure pour faire refroidir complètement.Couper en carrés.Passer dans un oeuf battu avec 2 c.à tb.de lait puis de la chapelure fine et faire rôtir à la poêle dans de la graisse chaude.Servir avec une macédoine de légumes, (i services.Riiotto aux tomates 4 tasses d'eau bouillante ¦1 tranches de bacon 1 boite de tomates 1 tasse de riz 1 tasse d\u2019oignons émincés 2 c.à tb.de farine 1 c.à thé de sel 1 c.à tb.de sel Faire cuire le riz bien lavé dans l\u2019eau bouillante salée 15 minutes.Ne pas le brasser durant la cuisson ou délicatement avec une fourchette.Si la cuisson est bien conduite, l\u2019eau sera entièrement absorbée.Tenir à la chaleur.Pendant la cuisson du riz, préparer la sauce aux tomates.Couper le bacon en petits morceaux et faire rissoler à la poêle jusqu'à ce qu\u2019il soit bien croustillant.Retirer et tenir aussi à la chaleur.Faire blondir les oignons dans la graisse de bacon.Ajouter les tomates et laisser cuire 20 minutes.Délayer à l\u2019eau froide 2 c.à tb.de farine, ajouter aux tomates pour lier la sauce.Dresser le riz sur un plat chaud, couvrir avec la sauce puis le bacon.Remettre au four pour servir bien brûlant.4 services.Cossetarde au caramel 2 c.à fh.d'eau bouillante V> de tasse de sucre\t3 oeufs\t1 c.à thé de vanille Mt tasse de sucre\t2 tasses de lait Mettre fondre le sucre dans un poêlon assez épais jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit d\u2019un beau brun doré et commence à caraméliser, c\u2019est-à-dire lorsqu\u2019il commence à s\u2019échapper de la fumée.Retirer du feu aussitôt et y ajouter l\u2019eau bouillante graduellement.Laisser fondre le caramel.Faire chauffer le lait, y mettre le caramel fondu.Séparer les oeufs, battre les jaunes avec % de tasse de sucre et verser le lait chaud sur les oeufs.Cuire au bain-marie jusqu\u2019à épaississement.Aromatiser.Verser dans un plat à dessert ou dans des coupes, battre les blancs en mousse ferme, ajouter 3 c.à tb.de sucre et mettre en garniture sur la crème au caramel.Servir très froid.4 services.Pain de légumineuses *2 tasse de céleri coupé eu dés 1 gros oignon haché finement Ms tasse de lait\t1 oeuf battu\t1 c.à thé de sel 1 tasse de mie de pain\tc.à thé de poivre 1\tMs fasse de fèves\t3 tasses d\u2019eau froide Faire tremper les fèves avec de l'eau froide pour couvrir toute la nuit.Le lendemain, égoutter et cuire dans 3 tasses d\u2019eau jusqu\u2019à ce qu\u2019elles soient tendres.Passer en purée.Ajouter tous les autres ingrédients.Mettre dans un plat beurré généreusement et faire cuire au four de 350° F.45 à 50 minutes ou jusqu\u2019à ce que le pain soit bien cuit.Servir avec une sauce au fromage.Sauce au fromage 2\tc.à fl), de beurre\tSel et poivre\t3 c.à tb.de farine lVz tasse de lait\ty., tasse de fromage Mettre dans une casserole le beurre et la farine, délayer avec le lait et cuire jusqu\u2019à épaississement.Assaisonner de sol et poivre et y incorporer le fromage râpé.Brasser jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit fondu.Servir brûlant.6 services.Biscuits à l'orange 2 c.a fh.de zeste d'orange râpé :1-1 de tasse de shortening\t1 c.à thé de poudre à pâte 1\tlasse de cassonade\t1 ^ tasse de noix hachées 2\tlasses de farine\t1 oeuf battu\t'h c.à thé de sel Défaire le shortening en crème.Ajouter graduellement la cassonade puis l\u2019oeuf battu et le zeste d'orange.Y incorporer la farine tamisée avec la poudre et le sel puis en dernier lieu, les noix hachées.Déposer par cuillerées à thé sur une tôle graissée, aplatir avec une fourchette et cuire au four de 400° F.10 à 12 minutes.Ces biscuits se conservent frais très longtemps dans une boîte de fer-blanc.Et.mettant la main sur son coeur : \u2014 La vraie blessure, elle est là ! Et, tête basse, d\u2019un pas lourd, il reprit sa marche dans le sentier.Autour d\u2019eux, les oiseaux redoublaient leurs chansons.A leur droite, dans les hautes herbes de la rive, mille fleurettes, redressant leurs tiges, s\u2019épanouissaient au soleil du matin.Sur les joues ridées du miséreux, deux grosses larmes coulaient.\u2014 Si je savais la cause de votre chagrin, dit le nègre avec sollicitude, je pourrais peut-être y remédier, qui sait ?\u2014 Du chagrin ?dit Rigobert en essuyant ses larmes, mais il n\u2019y a eu que de ça dans ma vie ! De la misère tout le temps ! au débarqué, puisque père et mère m\u2019ont renié ! chez la femme que l\u2019hospice payait pour m\u2019élever, où j\u2019ai fait, tout petit, le rude apprentissage qui devait tant me servir plus tard.Et, après un instant de silence : « L\u2019apprentissage du froid et de la faim ! ajouta-t-il d\u2019une voix sombre.« De la misère quand on m\u2019obligeait à un travail au-dessus de mes forces, et quand on punissait par des coups ce qu\u2019on appelait ma paresse ?et mes membres, à peine formés, ployaient sous l\u2019ouvrage ! « Ah ! qu'ils sont à plaindre, les abandonnés ! dit le vieux, en hochant tristement la tête.David restait silencieux ; une sorte de remords auquel il ne céda pas, du reste, venait de jeter une ombré sur ses projets.\u2014 Puis, continua Rigobert, je devins grand, je devins fort, malgré les privations que j\u2019avais endurées dans mon enfance.« J\u2019entrai comme valet de ferme chez une brave femme où je commençai à savoir ce que c'est que le bonheur Pensez donc : j'y fus aimé, moi qui n\u2019avais jamais entendu une parole de tendresse ! Et qu\u2019elle était jolie, celle que j\u2019aimais ! « Nous partions le dimanche, notre ouvrage fini, nous promener dans les champs, bras dessus, bras dessous ; on s\u2019en allait manger une friture sur les bords de la Marne ; et on s\u2019en revenait à la nuit tombante, sans se parler quelquefois, mais appuyés l\u2019un sur l\u2019autre, et de la tendresse plein le coeur ! « Oh ! le bon temps, le bon temps ! ¦\u2014Vous étiez aussi heureux que les plus riches, à ce moment-là, mon pauvre Rigobert, dit David.\u2014 Oh! je sais bien! Un jour, la patronne, qui voyait clair, nous dit : Mes enfants, ça ne peut pas aller comme ça ; vous vous faites les yeux doux, vous vous promenez à la belle étoile ; faut vous marier ! sinon.« Nous ne demandions pas autre chose, pardine! « Un mois après, c\u2019était fait ! Un an après, y avait un mioche ; on travaillait ferme pour l\u2019élever.On ne se plaignait pas : on était ensemble ! « Mais, malheur de malheur ! la patronne mourut, et nous fûmes chassés, comme ça, du jour au lendemain ! et ma pauvre femme qui allait être mère pour la seconde fois !.Alors, nous ne savions plus que devenir ! nous n\u2019avions pas d'économies, vous pensez bien.Ah ! elle ne perdit pas courage ! Quelques jours avant ses couches, elle me dit comme ça : « Tu sais, les hospices sont pas poulies chiens : j\u2019y vas ! » Elle m\u2019avait quitté pleine d\u2019espoir.Et, après un sanglot : \u2014 Je ne la revis que morte! Je la vois encore, couchée si pâle, si belle, sur son petit lit blanc.« Pour me consoler, la religieuse me montrait l\u2019enfant.\u2014 Donnez, donnez, c\u2019est mon bien ! que je lui dis ! et j\u2019emportai, comme un voleur, ce petit être que me recommandait, de l\u2019au-delà où elle était, celle que j\u2019avais tant aimée ! \u2014 Brave coeur que vous êtes ! dit David.\u2014 Je ne sais pas si je suis un brave coeur : je ne demande qu\u2019à le croire puisque vous me le dites ; mais on m\u2019a dit tant de fois que je suis une canaille, un propre à rien, que je finis bien par douter de moi-même.Et, après un silence : \u2014 Pourtant, je me sentais capable de tout faire, de tout entreprendre, pour élever mes enfants.Je louai des terres, pour y semer des légumes que j\u2019allais vendre à Paris, dans une petite voiture à bras ; mon vieux Black, que j\u2019attachais dessous, tirait de toutes ses forces pour m\u2019aider ; au retour, il gambadait à côté de moi, le brave chien ! «En dix ans monsieur, je ramassai de quoi acheter les champs que vous venez de voir là-haut, et de la bonne terre, vous savez ! \u2014 Des champs ! une ferme ! mais vous étiez riche ! dit David.\u2014 J\u2019aurais de quoi vivre, certainement ; je serais à mon aise aujourd'hui si j\u2019avais tout gardé ; si je ne m\u2019étais pas laissé enjôler par mes filles.Enfin, ce qui est fait, est fait ! si elles sont heureuses, tant mieux ! Je n\u2019en ai plus pour longtemps probablement.\u2014 C\u2019est ce que personne ne peut dire, ces choses-là ! en tout cas, pourquoi ne-pas finir vos jours à Chennevières ?-\u2014Parce que c\u2019est impossible dit le vieux'd\u2019une voix saccadée.\u2014 Elles vous font la vie trop dure?demanda David avec intérêt.\u2014 Bien pis que cela, monsieur, elles m\u2019ont chassé ! \u2014 Chassé de chez vous ?vos filles ! dit le nègre exaspéré par une telle infamie.Mais, et les lois ?\u2014 Je ne demanderai jamais à la loi, dit doucement Rigobert, ce que le coeur de mes enfants me refuse.\u2014 Pauvre homme! soupira David, s\u2019être dépouillé de tout pour des enfants, et ne recevoir en retour que des mauvaises parolos !.Ah ! s\u2019il n'y avait que ça ! murmura Rigobert, baissant la tête, comme s\u2019il eût été le coupable.\u2014 Comment, il y a autre chose ?Est-ce que, par hasard, les misérables.auraient osé vous frapper?Ces gouttes de sang, sur votre front?.\u2014 Oui, ce sont elles ! articula faiblement le malheureux père.« La Benoîte est si forte ! et un père est si faible contre ses enfants !.Il y eut entre les deux hommes un long silence.David le rompit, le premier.\u2014 Et.où allez-vous maintenant ?\u2014 Je retourne à Paris, auprès de mon ami Pascal.Nous associerons nos misères ; et, pour gagner ma vie, je ferai ce qui se présentera, que voulez-vous ! \u2014 Et si je vous donnais occasion de gagner, aujourd\u2019hui même, cinq cents francs, que diriez-vous de ça, hein ?\u2014 Cinq cents francs ?dit le pauvre homme stupéfait.\u2014 Oui! vingt-cinq louis, si vous aimez mieux.Mais c\u2019est énorme cela ?\u2014 Oh ! ce n'est rien pour mon maître, il est si riche ! \u2014 Et que faudrait-il faire pour gagner ces.ces.vingt-cinq louis ?\u2014 Je vais vous le dire.« Il s\u2019agit d\u2019une mission assez délicate.\u2014 Vous m\u2019effrayez ! Rien de criminel, je suppose ?s\u2019écria Rigobert avec effroi, car pour ce qui est de ça, vous savez, je n\u2019en suis pas ! \u2014 N\u2019ayez peur ! Il s\u2019agirait de retourner aujourd\u2019hui même à Chennevières.\u2014 Chez mes filles ?\u2014 Justement ! \u2014 Mais que diront-elles ?- Peu importe ! Il s\u2019agit de leur enlever l\u2019enfant que je leur ai confié, et qu\u2019elles ne veulent rendre qu\u2019à la mère.Comme la mère est très loin d\u2019ici, et Le Samedi, Montréal, 9 octobre 1954 25 que nous n\u2019avons pas le temps d\u2019attendre, vous comprenez.\u2014\tQu\u2019il faut employer les grands moyens, appuya Rigobert.«Mais, j\u2019y pense, continua-t-il, pourquoi ne pas aller simplement chez le commissaire de police ?il les forcerait bien, lui, à rendre l\u2019enfant.\u2014 Oh ! c\u2019est tout à fait impossible : nous n\u2019avons, mon maître et moi, aucun droit sur cet enfant.Alors, on ferait une enquête, on chercherait la mère.qui ne veut pas être connue, vous concevez ?\u2014 C\u2019est vrai ! C\u2019est vrai ! dit le vieux en hochant la tête, pas malin, mon idée ! Je me rappelle bien, maintenant, qu\u2019il y avait du mystère là-dessous, puisque la pauvre femme avait voulu se noyer.\u2014\tOui, une naissance plutôt tragique-dit David.\u2014 Et qu'on a même eu bien de la chance de vous trouver, vous et M le comte, ce qui fait que je suis prêt à tout pour vous servir.Je sais bien que vous ne voulez pas de mal à ce pauv\u2019gosse, pardine ! \u2014 Oh ! non ! vous pouvez vous en rapporter à moi ! reprit le nègre.«Voici donc ce que vous devrez faire : d\u2019abord, remonter à Chenneviè-res, et, pendant la nuit, y prendre l\u2019enfant.\u2014 Compris, monsieur.\u2014 Vous rendre ensuite à Paris sans perdre de temps et l\u2019apporter à la villa que vous connaissez.-\u2014A Auteuil, n\u2019est-ce pas là où il y a un si beau parc, une si belle maison ?\u2014 C\u2019est cela même.Je vous y attendrai.David prit dans sa poche deux louis et les tendit à Rigobert.\u2014 Pour vos premiers frais, lui dit-il.Le visage du pauvre homme exprima une véritable surprise : \u2014 Avant que j\u2019aie rien fait ?mais c\u2019est trop ! \u2014\u2022 Non ! non ! une bonne occasion de vous obliger, mon ami ! Ah ! j\u2019y pense : il faudra vous presser pour le train ; une heure perdue compromettrait tout ! \u2014 Soyez tranquille, monsieur.\u2014 Et, à la gare de la Bastille, prendre une voiture pour que l\u2019enfant n\u2019ait pas à souffrir de la fraîcheur du matin.\u2014 Bien sûr ! Avec mes deux louis, j\u2019ai pas besoin de me gêner ! \u2014-Alors, tout étant bien convenu, il ne me reste plus qu\u2019à vous souhaiter bonne chance ; à demain, hein ?\u2014\tEntre huit et neuf heures du matin, et même avant, je serai là, répondit Rigobert.« Comptez sur moi ! David, se frottant les mains, se posta sur le chemin de la diligence qu\u2019il n\u2019attendit que quelques instants, du reste, et un quart d\u2019heure plus tard, commodément assis sur l\u2019impériale, contemplait à l\u2019aise le paysage calme et reposant qui se déroulait devant lui.De temps en temps, se mêlaient à sa contemplation quelques réflexions philosophiques sur le pouvoir de l\u2019argent.Quand la diligence arriva à la gare, on prenait les billets.\u2014 Une seconde pour Paris, demanda-t-il.\u2014 Allons, les voyageurs pour Paris à droite, cria un employé.David suivit la foule, compacte ce jour-là, car il y avait fête aux environs, et les paysans, si mal partagés sous le rapport des distractions, n\u2019avaient garde d'en laisser échapper une.Il s\u2019installa dans un coin, et, en dépit des jacasseries de deux ou trois commères, sommeilla jusqu\u2019à Paris.Arrivé là, il entra dans un bureau de poste, et écrivit à Victoire Sorbin le billet suivant : « Votre maîtresse doit sortir demain soir, vers neuf heures ; attendez donc jusqu\u2019à ce moment pour exécuter ce dont nous sommes convenus.Le lieu du re)idez-vous n\u2019est pas changé.» \u2014 Je ne signe pas: elle comprendra bien, se dit-il.Et, avisant un commissionnaire : \u2014 Combien vous faut-il de temps pour porter cette lettre ?Le commissionnaire regarda l\u2019adresse : \u2014 Rue de la Paix ?.une heure environ.\u2014 C\u2019est bien.Allez et ne la remettez qu\u2019en main propre.Une heure après en effet, dans sa chambre, fermée à double tour, Victoire Sorbin, le front pâle, les yeux dilatés, lisait et relisait le billet laconique qui allait faire d\u2019elle une criminelle et décider du sort de deux innocents ! Cependant, Rigobert, disposé à suivre à la lettre les indications du nègre, avait tranquillement regagné Chenne-vières.Sa fille aînée se trouvait justement sur la porte de la ferme : \u2014 Tiens ! te voilà revenu ! dit brusquement la Benoîte.\u2014 Jusqu\u2019à demain seulement.Je ne te dérangerai pas, sois tranquille ! Je ne te causerai pas d\u2019embarras.Je suis si las ! si las ! \u2014 Et puis, tu meurs de faim, hein ?\u2014 Je n\u2019ai pas mangé depuis hier ! murmura Rigobert.\u2014 Gagne ta vie ; fais comme nous.Ils se regardèrent quelque temps, silencieux.Enfin, avec un regard méfiant : \u2014 Ton retour à la ferme me tracasse, dit tout à coup la Benoîte.« Quoi que tu viens faire ici ?\u2014 Je te l\u2019ai dit : je suis las, incapable de me rendre à Paris à pied.« Demain, ça ira peut-être mieux.\u2014 C\u2019est la seule raison ?Tu ne blagues pas ?Rigobert ne répondit pas.Les coudes sur la table, la tête dans les mains, il demeurait songeur.\u2014 Alors, continua la Benoîte, tu n\u2019as pas rencontré le moricaud ?Celui qui est venu à la ferme tout à l\u2019heure ?\u2014 Non.\u2022\u2014 Ne mens pas ! -\u2014 Je ne sais pas seulement ce que tu veux dire.Qu\u2019est-ce que c\u2019est que ce moricaud ?\u2014 Mais tu le connais bien, voyons ! Ce grand diable de nègre qui venait pour reprendre le gosse.Je t\u2019en fiche qu\u2019on le lui aurait rendu !.\u2014 Pourtant, il est bien libre de reprendre ce qu\u2019il vous a confié ?\u2014 Pas du tout, pas du tout ! On ne sait pas d\u2019où vient cet enfant-là.Il y a un mystère là-dessous, et qui sait ?Y a peut-être de l\u2019argent à gagner pour celui qui le découvrirait.\u2014 Oh ! ces affaires-là ne me regardent pas, dit Rigobert.Donne-moi plutôt quelque chose à manger.Il me semble que je vais défaillir ! Benoîte ne bougeait pas.Alors le vieux se leva lentement, se traîna jusqu\u2019à l\u2019armoire aux provisions et y prit un verre qu\u2019il emplit et avala d\u2019un trait.\u2014 Ab ! dit-il, ce vin m\u2019a fait du bien ; je vais mieux, maintenant.Je croyais que j\u2019allais mourir ! Et il se dirigea vers la porte.\u2014 Où vas-tu ?demanda la Benoîte.\u2022\u2014\u2022 Je vais à l\u2019auberge, manger un brin.\u2014 T\u2019as donc de l'argent ?-Quelques sous que j\u2019ai gagnés.La vieille fille fit un bond en avant ; ses yeux lançaient des éclairs.\u2014 T'as de l'argent ?criait-elle d\u2019une voix pleine de colère, et tu ne nous le disais pas ?\u2014 Que t\u2019importe ?Je ne te l\u2019ai pas pi is, cet argent : je ne te dois pas de compte ! \u2022\u2014Je veux voir ce que t\u2019as! hurla la Benoîte en repoussant son père dans le fond de la pièce.Mais comme Rigobert AVEZ-VOUS DES CADEAUX A FAIRE! Ne cherchez pas plus longtemps ! Abonnez vos parents et amis aux TROIS grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.REMPLISSEZ VOTRE COUPON D'ABONNEMENT AUJOURD'HUI MEME ! 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Rigobert poussa un cri de douleur et tomba.Et sur le malheureux, Benoîte se précipita.non pour le secourir, mais pour le fouiller, pour le voler ! Au même moment, Martine rentrait à la ferme.\u2014 Tiens! dit Benoîte, en montrant les deux pièces d\u2019or à sa soeur cadette, je viens de trouver ees jaunets dans la poche du vieux.\u2014 Des cachettes ! il nous faisait des cachettes ! de la Martine, la voix sifflante.\u2014 Il nous a payé ça ! regarde : il a son affaire ! \u2014 Imbécile ! tu ne l\u2019as pas tué, au moins ?\u2014 C\u2019est cette bouteille vide qui a causé tout le dégât.\u2014 Mais il ne remue plus ! cria la Martine.Il a du sang sur ses vêtements.\u2014 Une égratignure, quoi ! N\u2019aie pas peur : ça a la vie dure, les vieux ! Attends donc ! va chercher un seau d\u2019eau ; nous allons l\u2019asperger.\u2014 Tiens.C\u2019est une idée ! La Martine partit et revint bientôt, munie d\u2019une cruche d\u2019eau froide.\u2014 Tiens! bois un coup, dit Benoîte en ricanant et en jetant le contenu de la cruche sur le visage de Rigobert.Bon ! voilà qu'il bouge ! Ça va mieux, le père ?Rigobert avait enfin ouvert les yeux : des yeux chargés d\u2019une tristesse si poignante que les deux misérables, surprises, presque émues, ne trouvèrent plus une parole agressive.Elles le relevèrent ; et la Martine lui dit, après quelques instants de silence : \u2014- Vous avez peut-être faim, le père ?\u2014 Plus maintenant! murmura Rigobert en passant ses mains sur son front couvert de sang.\u2022ï Du sang ! reprit-il avec amertume.\u2014 Oh ! ce n\u2019est rien ! Une coupure sans gravité ; nous allons la laver, et il n\u2019y paraîtra plus.\u2014 C\u2019est cette sale bouteille! dit Benoîte ; elle m\u2019a échappé des mains.« Dieu m'est témoin que je ne voulais pas vous faire de mal.\u2014 Voyons, reprit Martine, si vous mangiez ?.\u2014 Je ne pourrais pas! \u2014 Faut pas faire le méchant comme ça ! Tenez, mangez cette soupe ; buvez un coup, et puis vous irez à l\u2019écurie : la litière est toute fraîche.Rigobert eut, un instant, la pensée de se laisser mourir.Il sentait bien, le malheureux, qu\u2019il n\u2019avait pas grand effort à faire pour passer dans cet autre monde, dont il doutait encore, bien que la prière de Marguerite Lesueur, à cette heure fatale qu\u2019elle croyait être la dernière, le lui eût fait, un jour, presque entrevoir.Mais il se souvint tout à coup de la promesse faite à David, de l\u2019argent qu\u2019il avait accepté, et le courage lui revint.Il prit l\u2019écuelle de soupe que lui tendait Martine, mangea ; puis, le soir-venu, se rendit à l\u2019écurie pour se reposer et y attendre le moment propice pour enlever l\u2019enfant.\u2014 Je ne passerai pas ici une seconde nuit, oh non ! pensait le malheureux ; demain, l\u2019enfant et moi, nous serons loin, et jamais, jamais, je ne reverrai Chenneviàres ! C\u2019est fini ! Je n\u2019ai plus de filles ! Je suis seul sur la terre ! Il s\u2019étendit sur la paille, mais ne put y dormir : il était inquiet, préoccupé.En effet, comment s\u2019y prendre pour pénétrer dans la ferme sans être vu ?Pour enlever le petit sans qu\u2019il s\u2019éveillât ?Et pourtant, il fallait agir : n\u2019avait-il pas promis d\u2019apporter l\u2019enfant le lendemain à la villa d\u2019Auteuil ?La nuit vint, une nuit d\u2019orage ; il avait fait si chaud toute la journée ! Quelques éclairs fendirent le ciel ; puis des roulements de tonnerre ébranlèrent l\u2019étable ; le vent commença à s\u2019élever.Près des vaches éveillées par la tempête, près du cheval de labour qui dort debout, la tête inclinée vers sa litière, Rigobert, sur son séant, écoute, avec un âpre plaisir, le bruit de l\u2019ouragan déchaîné : que lui importe que tout s\u2019effondre ?Il souffre tant ! Minuit sonne, une heure, deux heures.Il se lève, secoue sa blouse encore humide de l\u2019eau répandue par la Martine et entrouvre la porte de l\u2019étable.Il pleut, une de ces pluies lourdes, serrées, tombant en larges gouttes, qui annoncent généralement la fin de l\u2019orage.Il attend quelques minutes : la pluie tombe toujours.Il prend alors la couverture du cheval, la met sur ses épaules, ouvre avec mille précautions et sort.Quelle frayeur, pourtant ! Si ses filles allaient s\u2019éveiller ?Doucement, il traverse la cour, longe le mur du jardin et arrive devant la maisonnette.Il écoute.Tout doi-t ! Bercées, sans doute, par l\u2019effroyable tempête, les deux soeurs ronflent dans le même lit, et Rigobert respire.Un sourire de triomphe crispe ses lèvres.Alors il s\u2019approche de la porte, essaye de l\u2019ouvrir : horreur ! fermée en dedans, à double tour.Les gredines s\u2019étaient méfiées.Que faire ?Attendre le jour ?il n\u2019v fallait pas songer ! Il serait, en effet, facile de prendre l\u2019enfant pendant une absence de ses filles ; mais tout Chenne-vières le connaissait ; les gens s\u2019étonneraient de le voir emporter le nourrisson de Martine.Celle-ci serait vite prévenue.Non, non ! Il fallait agir cette nuit même.Une ressource lui reste : casser un carreau à la fenêtre de la cuisine, placée sur le derrière de la maisonnette et donnant sur un espace de terre long, étroit, limité par un talus, et oii il lui serait possible de se dissimuler au besoin.Il se dirige vers cette fenêtre, casse la vitre.\u2014 Là ! ça y est! Maintenant, à l\u2019oeuvre, pense-t-il.Mais voici qu\u2019il tressaille tout à coup.Du bruit ! Il a entendu du bruit ! La Benoîte vient de s\u2019éveiller.\u2014 Allons, bon ! un carreau de cassé ! dit-elle, et elle se lève, en maugréant.\u2014 Ferme les volets ! crie la Martine, et reviens te coucher.Je tombe de sommeil.\u2014 Merci bien ! avec un pareil vent.recevoir la pluie sur la poitrine.Je retourne au lit, dit la Benoîte de mauvaise humeur.Puis, plus rien ! \u2014 Elles se sont recouchées, pensa Rigobert.\u2014 Maintenant, agissons.Il revint près de la fenêtre, prêta l\u2019oreille : le silence, dans l\u2019intérieur, n'était troublé que par le souffle bruyant des deux soeurs, ronflant à l\u2019unisson.\u2014 Voilà qui va bien! se dit-il; et passant le bras par l\u2019ouverture qu\u2019il venait de faire, il tira le verrou, puis tourna le bouton au-dehors, et, retenant sa respiration, marchant à pas de loup, entra dans la cuisine.Mais là, autre obstacle : il faisait un noir d\u2019enfer, il lui fallait marcher à tâtons, ne rien bousculer, surtout, le moindre bruit pouvant donner l\u2019éveil.Ma foi ! tant pis ! son parti était pris ! Maintenant qu\u2019il est dans la place, il n\u2019a plus peur : s\u2019il faut lutter, il luttera.Et semblable à un somnambule, les mains étendues devant lui, il avance dans les ténèbres, puis arrive à la porte de la chambre et regarde.Les deux femmes dorment profondément ; il vient de les apercevoir à la lueur d\u2019un éclair.de Çû'tdd étfêfûüZe fi \u2022 O 1XM DÉPRIMÉE?NERVEUSE?LYMPHATIQUE?DÉLAISSÉE?LISEZ ALORS CECI.Si vous manquez de vigueur ; si vous êtes fatiguée et irritable ; si vos nerfs et vos muscles ainsi que les tissus de votre corps n\u2019ont pas le soutien qui devrait leur être fourni par le bon fonctionnement du système, vous avez besoin d\u2019un tonique tel que mon SANO « A » qui contient les ingrédients reconnus par leurs valeurs toniques dans de telles conditions.LES TABLETTES SANO \"A\" Avec l\u2019usage du bienfaisant tonique SANO « A », votre digestion devient plus facile, votre repos est plus réparateur et une meilleure détente s\u2019opère dans vos nerfs et vos muscles.Votre appétit devient meilleur et l\u2019assimilation des aliments se faisant mieux, votre santé et votre vigueur devraient s\u2019améliorer.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de nos tablettes SANO « A ».Correspondance strictement confidentielle.LES SANO EU Mme CLAIRE LUCE, Case postale, 1281 (Place d'Armesî, Montréal, P.Ç.Ci-joint 5c pour échantillon des Tablettes SANO \"A\".Ecrivez lisiblement.(pour le Canada seulement) Nom.\u201e Adresse.Ville.Prov.3332 Le Samedi, Montréal, 9 octobre 1954 27 A la lueur d\u2019un éclair aussi, il vient de voir l\u2019enfant de Marguerite dormant dans son berceau d\u2019osier ; il remue les lèvres ; il rêve qu\u2019il tète, sans doute.Un biberon et une bouteille de lait sont à côté de lui, sur une planchette.Pauvre mignon ! Au moment de mettre la main sur lui, Rigobert sent faiblir tout son courage.Des gouttes de sueur perlent à son front ; un frisson court dans tout son être ; ses dents claquent les unes contre les autres.Et cependant il avance ! Il n\u2019est plus qu\u2019à quelques pas du lit de ses filles maintenant.Si l\u2019une d\u2019elles allait s\u2019éveiller, oh ! ciel ! Tout serait perdu ! il ne pourrait tenir la promesse qu\u2019il a faite ! il n\u2019aurait pas gagné l\u2019argent touché à l'avance, qu\u2019il lui serait impossible de rendre.Cette pensée lui rendit, sur-le-champ, l\u2019énergie qu\u2019il était sur le point de perdre.D\u2019un mouvement rapide, il saisit l\u2019enfant et l\u2019enleva de son berceau.D\u2019un geste doux, il lui mit la main sur la bouche pour étouffer ses cris ; et baissant son front flétri sur le frais visage du petit, le réchauffa de son haleine ; puis, l\u2019enveloppant dans sa blouse, lui faisant, de ses bras robustes, un autre berceau, il sortit hâtivement de la maison.Ah ! il était enfin sauvé ! Il ne lui restai t plus qu\u2019à fuir, à pied il est vrai, et pendant la nuit ; mais, pour lui, tout cela n\u2019était-il pas un jeu ?Le sort, du reste, se mettait de son côté : la tempête commençait à se calmer, et l\u2019enfant dormait toujours.Le portant dans ses bras comme s\u2019il eût été le sien, Rigobert courut à l\u2019écurie, fit un paquet de ses pauvres hardes et quitta Chennevières, cette fois pour n'y plus revenir ! XIV Aux premières lueurs du jour, Rigobert s\u2019arrêtait devant la villa d\u2019Au-teuil, où l\u2019attendait David.\u2014 Voici le petit! dit-il d\u2019une voix tremblante ; il a soif, sans doute.Donnez-lui bien vite à boire.Et mettant le biberon dans les mains du nègre : \u2014 Il sait se servir de cette bouteille-là comme de l\u2019autre, ajouta-t-il en souriant.Vous allez en juger.Quant à moi, je tombe de fatigue.Sans l\u2019offre d\u2019un charretier complaisant, j\u2019aurais fait toute la course à pied.A part ça, tout s'est bien passé ! \u2014 L\u2019enfant n\u2019a pas crié ?demanda David.\u2014 Pas du tout ! Du reste, puisqu\u2019il revenait à sa première demeure.Vous pouvez être sûr, par exemple, qu\u2019en ce moment on est furieusement agité, là-bas, et que, dans quelques heures, mes filles seront ici.Ce sont des particulières capables de tout ! \u2014 On les recevra, soyez tranquille ! « Moi ! murmura Rigobert, j\u2019en ai fini avec elles ! Qu\u2019elles restent, qu\u2019elles viennent, je ne les connais plus ! -\u2014 Vous n\u2019aurez plus jamais besoin de ces ingrates, mon brave homme ! Vous resterez ici autant qu\u2019il vous plaira.\u2014 Ici ?moi ! \u2014 Oui, mon ami.Mon maître a pour vous une vive sympathie ; il vous l\u2019a dit : vous vous en souvenez.Vos malheurs lui inspirent une grande pitié.Quand vous manquerez de travail, vous pourrez venir ici, vous y serez toujours le bienvenu ! \u2014 Oh ! merci, merci ! ¦\u2014En attendant, je m\u2019en vais vous servir un de ces déjeuners !.comme vous n\u2019en avez pas eu depuis longtemps ! \u2014 Donnez-moi de auoi apaiser ma faim, simplement ! Je n\u2019ai quasi pas mangé depuis deux jours, dit Rigobert d\u2019un air sombre.\u2014 Vous aviez de l\u2019argent, cependant ?\u2014 Elles me l\u2019ont pris ! \u2014 Les misérables! dit David.« Allons, mettez-vous là.mon brave homme ! Nous allons réparer cela Quelques instants après, revenant de l\u2019office, il plaçait sur une petite table, devant Rigobert, jambon, poulet froid, fromage, et même une bouteille d\u2019excellent vin de Bordeaux.\u2014 Voilà qui va vous remettre, lui dit-il, et quand vous aurez fini, je vous conduirai dans une chambre où vous pourrez dormir toute la journée, seulement, car ce soir j\u2019aurai peut-être encore besoin de vous.\u2014 Je suis prêt à faire tout ce que vous voudrez, dit Rigobert, qui attaquait en ce moment, avec un entrain remarquable, le poulet exquis qu\u2019on venait de lui servir.Il était bien un peu intimidé par le luxe qui l\u2019environnait (cela faisait un tel contraste avec sa litière !) mais la bonté du nègre, ses attentions délicates, la qualité des mets, et surtout cette terrible sensation qui fait sortir le loup du bois, et l\u2019honnête homme, quelquefois, du sentier de l\u2019honneur, eurent vite raison d\u2019une timidité bien naturelle.\u2014 Mais vous ne buvez pas! lui disait David.« Oh ! vous n\u2019avez rien à craindre de ce vin-là : il n\u2019ôte pas les jambes, il en donne.Et, pour lui en faire apprécier les propriétés, il lui en versait lui-même de bonnes rasades.Rigobert n\u2019eût eu garde de résister à de tels encouragements : il mangeait, buvait, et ne dissimulait pas la joie qu'il avait de se voir si bien traité.\u2014 Je suis content, rien qu\u2019à vous regarder, lui dit le nègre.\u2014 Ah ! c\u2019est que je n\u2019ai pas eu beaucoup d\u2019heures comme ça dans ma vie : manger à ma faim, être servi, sentir un coeur ami à côté de moi !.Je n\u2019ai eu ça qu\u2019avec ma pauvre femme ! Et j\u2019ai eu tant de misères, depuis.\u2014 Eh bien, réjouissez-vous, mon brave homme ! Je vous promets, moi, beaucoup d\u2019heures semblables à celle-ci, devant lesquelles s\u2019effacera, à son tour, le souvenir de toutes vos misères.Le déjeuner achevé, Rigobert fut conduit dans sa chambre, s\u2019étendit sur un bon lit, et, réconcilié avec l\u2019existence (un peu de confort et quelques paroles de sympathie avaient suffi pour cela ), s\u2019endormit d\u2019un profond sommeil.XV La Martine était matinale.Quand elle s\u2019éveilla, à l\u2019aube, et qu\u2019elle vit le berceau vide, elle poussa un cri de surprise ; puis, se levant sur son séant, l\u2019oeil dilaté, la gorge sifflante : \u2014 Benoîte ! s\u2019écria-t-elle, en secouant brutalement par les épaules sa soeur qui dormait encore, le mioche ! qui s\u2019est envolé ! Sans attendre de réponse, elle sauta du lit, s\u2019habilla à la hâte en jetant des regards farouches à la place occupée quelques heures auparavant, par le nourrisson ; et, comme Benoîte, ahurie, se taisait : \u2014 Voyons ! mais tu ne comprends donc rien ?lui dit la Martine, en se campant devant elle, les poings sur les hanches : « Tu ne vois donc pas qu\u2019il y a là-dessous un mystère ; que la disparition de ce gosse cache une intrigue ?un crime, peut-être ! qui sait ?\u2014 Un crime ! répéta la Benoîte, d\u2019un air incrédule.\u2014 Certainement ! et il faut savoir ce que cela signifie, tu entends ! \u2014 Oh ! écoute-moi.je ne me mêle pas de ça ! \u2014 De quoi, tu ne te mêles pas de ça ! mais est-ce que, par hasard, ce n\u2019est pas ton affaire aussi bien que la mienne ?Et, avec emphase : r Sait-on que le mot salaire (en latin solarium) vient de sal (sel)?Les anciens légionnaires romains recevaient une partie de leur salaire sous forme de sel, d\u2019où l\u2019expression \"Il ne gagne pas son sel\u201d en parlant d\u2019un employé incompétent ou paresseux.A l'époque actuelle, les salaires sont payés sous une forme plus pratique qui a déjà permis à plus d'un million et demi de Canadiens d\u2019ouvrir un compte d\u2019épargne à La Banque Canadienne de Commerce.Pourquoi, à votre prochaine ;\u2022\tpaye, ne pas en ouvrir un, vous aussi?C'est peut-être pour vous le point de départ de nombreuses réalisations.Il 331 Wmi *t'éf r :\t¦ , : ; r \u2022 -yt- K.V, , ¦Æ- *\u2019 t.de Commerce WI-33F mît.mm mssm ' : \u2019\u2022 LE POINT DE DÉPART 28 Le Samedi, Montréal, 9 octobre 1954 i* ** f: Ce Same* .iif\" '\u2022tïfé \u2022': tr LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM \" Les magazines canadiens qui enrichissent la conversation \" Il ne vous en coûtera que $5.50 pour donner le sourire à toute une famille S'ABONNER C'EST S'ASSURER D'ETRE TOUJOURS A LA PAGE OFFRE SPECIALE LE SAMEDI - LA REVUE POPULAIRE -\t\tLE FILM (Pour 12 mois)\t\t \tCanada\tEtats-Uni s n CES TROIS MAGAZINES\t$5.50\t$8.00 OU A VOTRE CHOIX\t\t ?LE SAMEDI (hebdomadaire)\t3.50\t5.00 ?LA REVUE POPULAIRE (mensuel)\t1.50\t2.00 ?LE FILM (mensuel)\t1.00\t1.00 IMPORTANT : \u2014 Marquez d'une croix O s\u2019il s'agit d'un renouvellement.Nom.Adresse.Localité.-.Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE \u2014 975-985, rue de Bullion, Montréal 18 \u2014 C\u2019est la poule aux oeufs d\u2019or qui vient de nous échapper ! et tu ne t\u2019en tourmentes pas plus que ça ?Oh, non ! vrai ! Je ne te reconnais pas ! je te croyais plus de sang dans les veines ! ma parole ! \u2014 Tu me fais rire avec ta poule ! ma pauvre soeur ! \u2014 Pourtant, si c\u2019était le bâtard d\u2019une princesse !.dit Martine, sèchement.¦\u2014 Ou d\u2019une femme de chambre, répondit Benoîte d\u2019un air ironique.\u2014 Imbécile ! cria la Martine ; et, se redressant tout à coup, terrible, menaçante : « Il faut, tu m\u2019entends bien, il faut que ce mioche se retrouve, ou, sans ça.\u2014\tEh ! cours-lui après ! c\u2019est le tien, après tout ! Et, continuant à ne pas vouloir prendre l\u2019événement au tragique : \u2014\tBah ! reprit-elle sur le ton de la plaisanterie, après celui-là, un autre ! Un de perdu, deux de.\u2014\tMais, ah çà ! interrompit Martine en haussant les épaules, est-ce que tu t\u2019imagines, par hasard, que je n\u2019en ai pas assez d\u2019emmailloter et de démail-loter les gosses ?C\u2019est pas le nourrisson que je regrette, pardine ! c\u2019est l\u2019argent que ça pouvait me rapporter !.\u2014\tNaturellement! appuya Benoîte.\u2014\tCe que je veux, vois-tu, c\u2019est être riche ! Plus de travail des champs ! plus de mioches à moucher ! De l\u2019argent ! de l\u2019argent ! comme tous ces feignants de bourgeois qui viennent se reposer ici, tous les ans, d\u2019un travail qu\u2019ils n\u2019ont point fait ! Puis, s\u2019exaltant : \u2014\tCe que je veux ?c\u2019est une maisonnette qui ne soit pas, comme la nôtre, humide et croulante ; un jardin où il pousse autre chose que des pommes de terre, et où il y ait place pour la promenade ; de beaux habits qui me donnent l\u2019air d\u2019une dame.comme les autres ! Je veux tout cela, entends-tu ?.Benoîte, étonnée, puis intéressée, s\u2019était rapprochée de sa soeur : \u2014\tIl me plaît assez, ton rêve ! et si tu connais le moyen de le mener à bien, parle ! Puisque nous avons dépouillé le vieux, ma foi.Puis, se ravisant : \u2014\tIl ne faudrait cependant pas en arriver à voler des étrangers.à employer les.grands moyens.\u2014\tAvec ça que tu serais la première ! dit Martine, haussant les épaules dédaigneusement.Benoîte tressaillit.\u2014\tAllons ! ne parlons plus de ça.T\u2019es folle, ce matin.\u2014\tAvoue plutôt que t\u2019as la frousse, toi ! C\u2019est tout ce qui te retient, hein ?\u2014\tOui, j\u2019ai cette faiblesse ; j\u2019aime pas du tout les gendarmes, c\u2019est plus fort que moi ! Et, en riant : \u2014\tMême comme amoureux, ainsi !.\u2014\tT\u2019aurais peur qu\u2019ils t\u2019arrêtent ?ce que c\u2019est que de n\u2019avoir pas les mains bien nettes !.répondit Martine sur le même ton.« Voyons ! continua-t-elle, parlons sérieusement.On nous tient pour les plus honnêtes gens du monde.Et, en admettant qu\u2019un mauvais coup se fasse, et que nous n\u2019y soyons pas tout à fait étrangères, qui diable viendrait bien nous tourmenter ici ?Ah ! on nous y laisserait bien tranquilles.Et, après un silence : \u2014 Même avec un magot !.Du reste, ajouta-t-elle en riant, je ne sais pas pourquoi je dis ça.Ce n\u2019est pas le cas, n\u2019est-ce pas ?Benoîte ne répondit pas.\u2014 Puis, avec de l\u2019or, on file, continua Martine qui, décidément, n\u2019abandonnait pas son idée.« On fait coup double : on voit du nouveau, et on se met à l\u2019abri.De notre temps, ça se fait couramment, ces choses-là ! Les habiles, ceux qui ont le talent d\u2019amasser de l\u2019argent.un peu vite, ne s\u2019y prennent pas autrement.\u2014 Ah ! c\u2019est qu\u2019ils avaient trouvé une bonne occasion, ceux-là, murmura la Benoîte, avec un soupir.\u2014 Avec ça que nous ne l\u2019avons pas, nous ! dit Martine d\u2019une voix brève.\u2014 Où donc ?ton marmot, toujours ! \u2014 Oui, mon marmot ! Si on est venu nous l\u2019enlever cette nuit, au moment où nous avons entendu le carreau (tu te rappelles bien ?), tu penses que ce n\u2019est pas pour rien, et qu\u2019il a son importance, ce mioche, et qu\u2019il faut le reprendre.La mère, si elle se cache, nous fera des rentes pour lui élever son gosse ; ou alors nous demanderons au ravisseur un de ces prix !.Benoîte était tout oreilles.\u2014 Eh bien ! soit ! faisons chanter le moricaud ! \u2014 Le moricaud ! et l\u2019autre, surtout.\u2014 Quel autre ?\u2014 Celui qu\u2019on appelle le maître : le comte Réginald ! -\u2014 Peste ! un comte ! \u2014 Mais tu le sais bien ! Je t\u2019en ai parlé plusieurs fois, puisque je l\u2019ai même vu de mes yeux.\u2014 C\u2019est vrai ! même que tu le trouvais si bel homme ! \u2022\u2014 Oh ! oui ! et que je m\u2019y connais, tu sais ! mais il ne s\u2019agit pas de ça pour le moment.\u2014 Non, dit la Benoîte d\u2019un air résolu.« Il s\u2019agit d\u2019opérer.Opérons ! Que faut-il faire ?\u2014 Partir pour Auteuil.\u2014 Bon ! Et ensuite ?\u2014 Chercher la villa Réginald.Tout le monde te l\u2019indiquera.\u2014 Entendu ! \u2014 Te dissimuler derrière les arbres, épier les allées et venues des rares habitants de la maison.\u2014 Tout ça me va.Et après ?\u2014 Après, faire ce que tu voudras, ma chère ! Tu es assez intelligente pour savoir ce que tu veux et pour tirer parti des occasions qui se présenteront \u2014 Enfin ! tu commences à me rendre justice ! ricana la Benoîte.« Imbécile ! qui croyais m\u2019en remontrer ! Est-ce que tu t\u2019imagines que je n\u2019ai pas pensé à tout ce que tu viens de me dire tout à l\u2019heure.Je t\u2019ai laissée causer, pardieu, pour être plus sûre de tes sentiments.Et comme Martine la regardait, étonnée, elle s\u2019approcha d\u2019elle, et, les yeux dans les yeux, bouche à bouche, presque : \u2014 Je t\u2019ai laissée causer ! répéta-t-elle comme dans un souffle, pour savoir jusqu\u2019où je pouvais aller, entends-tu ?Cette profession de foi étant faite, et les deux coquines n\u2019ayant plus rien à se cacher, elles se préparèrent un copieux déjeuner qu\u2019elles arrosèrent de deux bouteilles de vin blanc, trinquèrent ensemble ; et, quelques heures après, Benoîte, en habits de fête, chargée des voeux et des recommandations de son aimable soeur, se dirigeait sur Paris.En arrivant à Auteuil, elle eut un moment de désappointement ; elle avait cru trouver tout de suite, sur les indications de Martine, la villa du comte Réginald ; et, après avoir erré pendant une heure, dans les quartiers les plus élégants, ne voyait rien qui y ressemblât.Comment faire ?sonner à une grille ?s\u2019informer ?On la prendrait peut-être pour une aventurière.ça avait l\u2019air si fier, tout ce monde-là, même les domestiques.Enfin, il fallait bien aviser, pourtant ! et, tout en songeant à ce qu\u2019elle devait faire, la Benoîte, marchant un peu au hasard, se trouva, sans s\u2019en douter, non loin de la Seine.Son oieille fut charmee agréablement par un bruit de grosse caisse de musi- M mJ' b*> 1 Le Samedi, Montréal, 9 octobre 1954 29 que en plein vent.Ma foi ! elle pouvait bien aller se reposer un peu là, ça lui donnerait plus de courage pour continuer ses recherches.D\u2019un pas résolu, elle se dirigea du côté d\u2019où venait le bruit, tourna à droite, et se trouva tout à coup au Point-du-Jour.L\u2019endroit lui plut ; une petite table se trouvait libre dans une guinguette ; elle s\u2019y assit, regarda avec plaisir toute la lignée de pêcheurs, attendant, les jambes pendantes, au bord de l\u2019eau, à quelque distance de là, que le poisson voulût mordre ; plus près, le va-et-vient des flâneurs, des gentilles bouquetières, les chanteurs ambulants, les diseuses de bonne aventure.Elle se trouvait très bien là.Commodément assise, promenant son oeil béat sur la foule qui s\u2019agitait autour d\u2019elle, elle en oubliait presque le but de son excursion.\u2014 Qu'est-ce qu\u2019il faut servir ?\u2014 Hein ?dit Benoîte en regardant le garçon qui, la serviette sur le bras, attendait ses ordres.\u2014 Je demande ce que Madame veut pour son dîner, répéta le garçon.\u2014 Il est trop tôt ! j\u2019ai pas encore faim, moi ! \u2014 Oh ! mais !.vous comprenez bien que le patron n\u2019a pas mis ses tables là, pour qu\u2019on vienne y regarder couler l\u2019eau.\u2014 Eh bien ! apportez-moi une tasse de café, na ! dans une heure, je dînerai.\u2014 Madame commence par le café ?\u2014 Oui.Et Benoîte se plongea dans ses réflexions.Elle jouissait de tout ce bruit qui se faisait autour d\u2019elle : contrairement à sa soeur, qui eût voulu faire la dame, elle eût aimé, elle, la vie en plein vent.La vie de ces saltimbanques, dont le boniment arrivait vaguement jusqu\u2019à elle, alternant avec le son de la grosse caisse, la roulotte ! voilà son rêve.Et elle pensait à tout l\u2019argent qu\u2019il lui faudrait pour arriver à la réalisation d\u2019un tel rêve, et aux moyens à prendre pour se le procurer, cet argent ! Le garçon s\u2019arrêta devant elle, cafetière en main.Elle l\u2019examina attentivement, ce grand gars, tandis que, lentement, dans sa tasse de faïence à fleurs bleues, coulait la liqueur fumante.Et.bien qu\u2019il eût pris, un peu vivement au début, les intérêts du patron, il lui parut assez bon enfant.Elle lança un peu timidement : \u2014 Dites donc, monsieur, vous ne connaîtriez pas un nègre, dans ces parages ?\u2014 Un nègre?bien sûr que si! J\u2019en connais même plusieurs.\u2014 Celui dont je parle est assez facile à reconnaître : il est excessivement grand, un homme superbe.comme vous, continua la Benoîte ! Pour être garçon de café, on n\u2019en est pas moins homme, c\u2019est-à-dire, toujours satisfait d\u2019être trouvé superbe.Aussi, quelques consommateurs a-vaient-ils déjà réitéré leur appel au beau gars, avec une impatience manifeste, que le beau gars écoutait encore la Benoîte.\u2014 Je sais qu\u2019il est intendant d\u2019une villa tout près d\u2019ici, disait celle-ci avec volubilité.\u2014 Une villa magnifique, avec des grilles dorées ?\u2014 C\u2019est cela même, dit Benoîte.\u2014 La maison est masquée par de grands arbres, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, à ce qu\u2019il paraît ! Oh ! écoutez, vous êtes sorcier, par exemple ! \u2014 Non, je ne suis pas sorcier ; mais c\u2019est qu\u2019il n\u2019y en a pas deux comme ça à Auteuil, vous savez.Cette villa appartient au comte Réginald.Des coups secs frappés à plusieurs reprises, sur les verres, sous les tables, rappelèrent le garçon à la réalité des choses.\u2014\tExcusez, madame, dit-il à Benoîte ; on ne peut pas souffler un instant, avec ces diables de clients ! Et, tandis qu\u2019il s\u2019éloignait, sa serviette sur le bras, prompt comme l\u2019éclair, et criant pour ne pas décourager les bonnes intentions : « On y va ! on y va ! > Benoîte, humant son café, puis, la tête en arrière, se l\u2019ingurgitant au son des tambourins et des grosses caisses, si chères à son coeur, se disait avec une satisfaction évidente : \u2014 Ça y est ! je tiens mon homme.L\u2019entretien se renouait quelques instants après.\u2014 C\u2019est un Américain richissime, madame.\u2014 Ah! \u2014 Oui ! Il fait beaucoup de bien ! \u2014 Ce n\u2019est pas difficile, de donner, quand on en a de trop, dit la Benoîte avec aigreur.\u2014 Oh ! il paraît qu\u2019il est très bon ! dit le garçon ; et, comme il a des millions, c\u2019est à qui se mettra sur son chemin, vous comprenez.\u2014 Il jette l\u2019argent par les fenêtres, alors ?\u2014 Oh ! absolument S\u2019il n\u2019y avait pas le grand nègre là, on le pillerait.\u2014 Il vit seul avec ce nègre ?\u2014\tNon.Il y a deux domestiques qu\u2019on ne voit jamais.Ils ne quittent guère la cuisine ou les combles, ceux-là.\u2014\tC\u2019est un original, dit la Benoîte.\u2014 Oh ! certainement.Je suis de votre av.Puis, s\u2019interrompant : \u2014 Allons! encore un client! Je me sauve : le camarade attraperait tous mes pourboires.Oh ! il me les rendrait, mais ça ne fait rien : c\u2019est plus convenable de toucher soi-même.Le garçon tardait à revenir, cette fois.\u2014 Garçon ! \u2014 Voilà, voilà! madame! \u2014 Le pousse-café, s\u2019il vous plaît.Le flacon d\u2019eau-de-vie passe de la table vide d\u2019un voisin sur celle de Benoîte.Et, tout en buvant sec, à plusieurs reprises : \u2014 Dites donc, jeune homme, il doit s\u2019en faire une pelote, ce nègre-là ?\u2014\tDame ! c\u2019est lui qui gouverne tout ! \u2014 N\u2019y a donc pas de femmes, là- dedans ?\u2014 Non, dit le garçon.Puis, après un court silence : \u2014 A ce qu\u2019on dit ! car, pour ces choses-là, vous savez : on n\u2019est jamais très sûr ! la maison est tellement grande.\u2014 Eh bien ! dit la Benoîte, en hochant la tête, je peux vous certifier, moi, qu\u2019il y a un mois à peu près, y en avait une.Même qu\u2019elle a accouché dans la villa.\u2014 Impossible ! on l\u2019aurait su.\u2014 Tellement possible, que c\u2019est ma propre soeur qui nourrit le gosse ! Ainsi, vous voyez.Ici, nouvelle éclipse du garçon.\u2014\tAu fait, continue-t-il quelques instants après, je me souviens que, à l\u2019époque dont vous parlez, le bruit a couru, dans le quartier, qu\u2019une femme s\u2019était jetée à la Seine, avait été retirée vivante, et transportée chez l\u2019Américain.\u2014 Hein ! qu\u2019est-ce que je vous disais ! dit Benoîte avec un coup de poing sur la table, qui faillit renvoyer le flacon sur la table d\u2019où il était venu.\u2014 Ne cassez pas la vaisselle, madame, je suis responsable.Nous disions donc qu\u2019on l\u2019avait portée chez l\u2019Américain.Eh bien ! sept ou huit jours après, elle en est partie ; je l\u2019ai vue de mes yeux.\u2014\tOù allait-elle ?\u2014 Oh ! ça, je ne peux pas vous le dire ; mais il y a ici un camarade qui l\u2019a conduite au chemin de fer.Il pourra vous renseigner.Il paraît que la pauvrette faisait pitié.\u2014\tLa pauvrette ?dit la Benoîte, désappointée.\u2014\tQuand je dis la pauvrette, je veux dire qu\u2019elle semblait ne pas pouvoir se traîner, qu\u2019elle était pâle, triste ; car, pour avoir l\u2019air pauvre, elle ne l\u2019avait pas, certes.\u2014 C\u2019était plutôt quelqu\u2019un de la haute, je suppose, dit Benoîte, et j\u2019aimerais bien en causer avec votre ami, parce que j\u2019aurais là des renseignements précis.\u2014 Bien facile ! Vous n\u2019avez qu\u2019à changer de garçon, en commandant à dîner.Il est chargé du restaurant, lui.\u2014 On mange bien, ici ?\u2014 Je crois bien ; vous n\u2019avez pas lu l\u2019enseigne ?« A la Frite ».C\u2019est connu dans tout Paris, ça ! Benoîte aurait pu répondre qu\u2019elle n\u2019était pas de Paris, et qu\u2019elle ne savait pas lire.Elle s\u2019abstint.\u2014 Appelez votre ami, dit-elle.\u2014 Pascal ! hé, Pascal ! cria le beau gars ; et Pascal, accourant du fond de la guinguette, vint offrir ses services à l\u2019endroit que lui indiquait son camarade.\u2014 Ecoutez ! dit Benoîte, d\u2019un ton mielleux.Je n\u2019ai pas le temps de m\u2019arrêter davantage ici.J\u2019ai besoin d\u2019un renseignement intime sur une personne qui m\u2019intéresse beaucoup.Votre ami a dû vous dire ce que c\u2019est.\u2014 Oui, il m\u2019en a glissé un mot tout à l\u2019heure ! dit Pascal en regardant attentivement son interlocutrice.\u2014 Eh bien ! ne me faites pas languir, dit celle-ci, suppliante, cette fois ; que savez-vous sur cette femme ?La gredine avait compris que celui auquel elle s\u2019adressait était de ceux qu\u2019on prend par le sentiment.\u2014 Où l\u2019avez-vous conduite, quand elle est partie, si malheureuse, de la villa Réginald ?Dites-le-moi, je vous en prie ! \u2014 Oh ! écoutez, c\u2019est pas mon affaire, cela ! Puis, tout à coup, se ravisant : \u2014 Si encore vous étiez sa parente, je ne dis pas.\u2014 Mais justement, mon bon monsieur ! justement ! dit Benoîte, presque larmoyante.Pascal crut sans hésiter.Il ne soupçonnait pas le mal, l\u2019honnête garçon.\u2014 Pour lors, je vas vous dire ! (J\u2019ai le temps : on ne vient pas encore pour les dîners ; il est trop tôt.) J\u2019ai conduit la particulière à la gare de Lyon.Elle a filé tout droit sur Champagnole.\u2014 Vous ne savez pas autre chose?\u2014 Pas beaucoup plus, dit Pascal, devenu pensif.« C\u2019était une jolie femme ! beaucoup d\u2019argent ! Son petit sac de cuir, qui pendait gracieusement à sa ceinture, en était plein.Et généreuse !.\u2014 Généreuse ! répéta la Benoîte, avec un vif intérêt.\u2014 Oh ! oui.« mon ami, dit-elle, à la gare (elle m\u2019appelait son ami ! voyez, quelle bonté!), je ne saurais trop vous remercier de m\u2019avoir accompagnée jusqu\u2019ici.» (Je lui avais procuré une voiture, et tout ! Elle ne savait pas que je rôdais toujours autour de la villa, depuis que la grille s\u2019était refermée sur elle.) « \u2014 Comme je ne me sens pas la force de me traîner jusqu\u2019au guichet, prenez donc le billet pour moi, voulez-vous ?» Et elle me mit cent francs dans la main.Je demandai une première pour Champagnole ; et je lui rapportai le billet, et la monnaie, naturellement.Oh ! elle ne voulut pas la prendre.« Gardez tout, mon ami, qu\u2019elle me dit, et dites-moi votre nom, pour que je pense quelquefois à votre bonté.» Le beau gars, qui aurait bien aimé les aventures pour lui-même, venait d\u2019entendre les derniers mots en passant : f A suivre dans le prochain numéro ] ¦ Vous vous sentirez MIEUX! Vous paraîtrez MIEUX ! 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nul n\u2019ignorait son nom, tous lui concédaient la royauté de la force.Sa renommée, chose rare à cette époque, avait même traversé la frontière et les Américains admettaient volontiers sa suprématie.A sa majorité, il fit son tour au Nord-Ouest, puis quatre ans plus tard, il abandonnait la traite des fourrures pour prendre du service dans le haut de l\u2019Ottawa, car le commerce de bois commençait à devenir important et requérait l\u2019aide de presque tous les gars solides du pays.Très prisé pour ses diverses qualités par les capitalistes, il fut immédiatement choisi comme chef de GANG des CAGEUX des pays d\u2019en haut, comme l\u2019on disait dans le temps, et pendant trente ans, il sera meneur d\u2019hommes, défenseur des siens et redresseur de torts.Il ne cherchera pas la lutte, il ne provoquera personne.Sa mère, disait-il, dans son langage, un peu gauche, lui avait, avant de mourir, fait promettre devant l\u2019image de la sainte Vierge, « de n\u2019agir que s\u2019il voyait une chose mauvaise, un tort, une insulte imméritée où le fort opprimait le faible », et sa piété réelle aussi bien que son respect filial l\u2019empêchèrent de manquer à sa solennelle promesse, enfin on peut lui concéder ceci, qu\u2019il refusa toujours de se battre pour de l\u2019argent.En voici la meilleure exemple : «En 1828, à Québec, Montferrand pensionnait à l\u2019Hôtel de Québec, tenu par un nommé Beaulieu.Les frères McDonell, commis de Bowman et McGill, (riches marchands de bois à l\u2019emploi desquels était Montferrand), donnaient un bal aux Voyageurs.Les officiers d\u2019un navire anglais s\u2019avisèrent de troubler la fête.Ils cherchaient à se mesurer contre les plus vaillants et menaçaient de tout briser dans l\u2019hôtel.C\u2019était la mode du temps.Les McDonell appelèrent au secours ; Montferrand descendit de sa chambre.Il tenta d\u2019abord de faire sentir sa force aux intrus, mais ceux-ci s'armèrent de gar-cettes \u2014 alors le véritable bal commença.Montferrand ne manqua pas un seul officier ; il les laissa tous aux mains des médecins ».Le lendemain plusieurs personnes vinrent lui rendre visite et le capitaine d\u2019un des navires en rade lui fit la proposition suivante : «Nous avons, parmi nous, le champion de la marine anglaise ; il est de votre force et serait heureux de voir ce que peut faire contre lui un Canadien.« Le mot n\u2019était pas lâché que Montferrand avait dit :\t« J\u2019accepte ».Son patriotisme n\u2019hésitait jamais, quoiqu\u2019il aimât médiocrement la bataille pour elle-même.« Le rendez-vous était sur le quai de la Reine à Québec.Un trait qui peint J bien les moeurs du temps, c\u2019est que, j outre la population accourue en foule, j il y avait beaucoup de dames \u2014 et les soldats de la garnison formaient la chaîne pour contenir les deux mille spectateurs de cette scène.De nombreux paris étaient engagés.Montferrand ignorait cette circonstance.Le champion anglais était un colosse.Son apparence en imposait aux plus braves, \u2014 si bien que Montferrand se crut perdu.Une faiblesse générale s\u2019empara de ses membres.Il ne savait comment se tourner.Tout à coup la musique du régiment se fit entendre.Elle eut un effet magique sur notre héros.Il entra dans le cercle et se mit en garde ».Ce match dura 17 secondes et se termina par la victoire complète de notre compatriote.Aussitôt, « le capitaine, suivi de nombre de personnages.donna force poignées de main à Montferrand et déposa devant lui deux mille piastres, formant la part de bénéfice du vainqueur.« \u2014 Je veux bien, dit Montferrand, garder le titre de champion du monde que vous me décernez ; quant à l\u2019argent, donnez-le au pauvre diable que j\u2019ai brossé, il en aura plus besoin que moi pour se faire raccommoder la carcasse.Je ne me bats ni pour or ni pour argent ».L\u2019anecdote suivante racontée par E.X.Massicotte, choisie entre plusieurs du genre, montre jusqu\u2019à quel point Montferrand poussait la bravoure : En 1829 plus de 150 SHINERS (Orangistes) s\u2019étaient mis en embuscade, du côté de Hull, à l\u2019extrémité du pont qui est suspendu sur la décharge de la cataracte.Montferrand, qui avait conçu des soupçons, demanda à une femme dont l'échoppe se trouvait à la tête du pont de Bytown (Ottawa) s\u2019il y avait du monde dans le voisinage, et sur sa réponse négative, il partit seul pour traverser.A peine rendu au milieu du trajet, l\u2019ennemi se précipita au-devant de lui.Il voulut fuir, mais la femme avait refermé la porte du pont.Les SHINERS brandissaient des gourdins et proféraient des menaces en s\u2019excitant les uns les autres.Montferrand fit quelques enjambées rapides pour se rapprocher des agresseurs ; ceux-ci s\u2019arrêtèrent un instant, mais l\u2019un d\u2019eux plus exposé, tomba aux mains du Canadien, qui le saisit par les pieds et s'en fit une massue avec laquelle il coucha par terre le premier rang ; puis ramassant ces malheureux comme des poupées, il les lança à droite et à gauche, dans les bouillons blancs de la rivière.Au moment de l\u2019attaque, Montferrand avait invoqué la sainte Vierge et fait le signe de la croix.L'un des Shiners culbutés se releva sur un genou et au moment où la formidable poigne du géant allait lui faire subir le sort des autres, il décrivit sur sa personne avec un air suppliant le signe de la croix.« Passe derrière », lui dit Montferrand qui, sans tarder, bondit de nouveau en avant et recommença à abattre des hommes.La bande plia et se mit à courir, mais en même temps, Montferrand se sentit atteint derrière la tête par un coup de pierre ou de bâton.Il se retourna et rabattant son poing sur la poitrine du traître (l'homme au signe de croix), il l\u2019étendit raide à ses pieds, puis, le saisissant par le milieu du corps, le lança dans le gouffre.La scène était horrible.Le sang coulait du parapet dans la rivière.Une foule de gens rassemblés sur le rivage de Hull, regardaient détaler les Shiners qui s\u2019enfuyaient sur la route d\u2019Aylmer.Montferrand venait de passer le pont comme il passait partout : en vainqueur ».Nous empruntons à A.N.Montpe-tit, la substance de l\u2019anecdote suivante : Un jour que Montferrand avait invité plusieurs de ses hommes à se désaltérer dans un petit hôtel bien tenu, il fut étonné en entrant de voir que les figures de la maison n\u2019étaient plus les mêmes.L\u2019ancien propriétaire avait changé de résidence.\u2014 Pardonnez-moi, madame, dit-il à une jolie femme qui tenait le comptoir.Autrefois, on me connaissait ici.En ce moment, je n\u2019ai pas de monnaie, et je me retire.\u2014 Restez, monsieur, avec vos amis ; sans savoir qui vous êtes je vous crois homme d\u2019honneur.Faites-vous servir.On profita de la permission.Montferrand entama une causette avec la nouvelle maîtresse du logis.Avant de partir, il la remercia de son obligeance, puis, se plaçant au milieu de la salle, il s\u2019enleva d\u2019un vigoureux coup Le Samedi, Montréal, 9 octobre 1954 31 RIEN DE \u2014 Je n\u2019ai pas oublié, Madame, que vos parents vendaient de la soupe dans un quartier populaire ! \u2014 Comment donc ! Je ne sais même pas si les vôtres ont payé la dernière fois qu\u2019ils sont venus en chercher ! \u2014-Vous dites avoir accompli ces cambriolages tout seul.Est-ce bien vrai que vous n\u2019aviez pas de complices ?\u2014 Comment donc ! Pour me faire rouler au moment du partage ! \u2014\tJ\u2019ai engagé au bureau une femme qui balaie tout sur son passage.\u2014\tUne secrétaire dynamique ?\u2014 Non, une nettoyeuse.Gaston s\u2019est fait démarcheur en aspirateurs.\u2014\tTu dois avoir de la peine à forcer la porte, en sonnant chez des inconnus ?\u2014\tPas du tout ! Dès qu\u2019on ouvre, je me précipite à l\u2019intérieur, je» referme la porte et je crie : « Vite, Madame, protégez-moi contre vos voisins qui veulent s\u2019arracher mon merveilleux modèle » ! Un acteur présomptueux parle de ses succès.\u2014 Chaque soir, à la sortie des artistes, je vois des gens qui m\u2019attendent.\u2014 Des créanciers ?de jarret, marqua les clous de sa botte sur une poutre du plafond, et avec une grâce parfaite : \u2014 Voici, madame, une carte de visite ; vous pourrez la montrer à vos clients : je me nomme Montferrand.La signature du colosse a fait une partie de la fortune de la belle hôtelière.On venait la voir de dix lieues à la ronde.Vers 1835, un missionnaire catholique remontait l'Ottawa en canot d\u2019écorce.Au moment d\u2019aborder à Hull une nuée d\u2019orangistes aperçurent sa soutane et accoururent sur la rive en hurlant pour lui faire une chaude réception.Effrayé, le Père ordonna à ses conducteurs de rebrousser chemin et d\u2019aller atterrir plus bas.Mais Montferrand, qui était de l\u2019escorte, s\u2019y refusa.MIGNOLET Elle goûta même du cinéma avec deux petits rôles de figuration dans « Le rossignol et les cloches » et « Cour et Jardin » (ONF).Mais les répétitions des Plouffe l\u2019occupaient, l\u2019an dernier, trente-cinq heures par semaine et se feront plus longues, cette année si le programme passe sur le réseau anglais de Toronto, comme il en est question, ainsi que d\u2019une retransmission aux Etats-Unis.\u2014 Jean-Paul Fugère est un direc-recteur consciencieux qui ne laisse rien au hasard ; nous répétons donc cinq jours par semaine, de 2 h.à 5 h.de l\u2019après-midi, et le lundi de 9 h.du matin à minuit.Le programme passe en direct mais est kinescopé pour l\u2019auteur .et pour nous si nous voulons juger notre jeu.Janine Mignolet vante la gentillesse et la simplicité de Le- SÉRIEUX L\u2019instituteur : \u2014 Je donne une pomme à ton frère en le chargeant de partager la moitié entre trois autres enfants.Quelle sera la part de chacun de ceux-ci ?\u2014\tRien.\u2014\tZéro ! Tu ne connais pas l\u2019arithmétique.\u2014 Peut-être ! Mais vous ne connaissez certainement pas mon frère.Un brave garçon de comptable se marie.\u2014 Regarde, dit-il à sa femme, voici un livre de comptes.C\u2019est facile à tenir : à gauche, tu inscris ce que je te donne pour le ménage ; à droite ce que tu dépenses .Ainsi tu apprendras à réfléchir avant d\u2019acheter.Le lendemain, il ouvre le livre et lit : Reçu : 5 dollars\tDépensé : Tout \u2022 Madame promène une amie dans sa nouvelle voiture.Elle tombe en panne : \u2014 C\u2019est stupide ! dit-elle.J\u2019arrangerais bien ça en deux minutes si seulement on m\u2019avait dit où se trouve le moteur ! Un noctambule impénitent annonce qu\u2019il va faire l\u2019élevage de la volaille.\u2014\tBonne chance, lui dit un ami, mais tu devrais plutôt élever des hiboux.\u2014\tDes hiboux ?\u2014 Oui, leurs heures te conviendraient mieux ! LA VIE COURANTE \u2019\",Am % m m Qu'est-ce que ça veut dire ce : \"J'aurais dû prévoir\" ?\u2014 Non, mon Père, dit-il.Nous allons débarquer ici.N\u2019ayez crainte, je vous ferai de la place et, s\u2019il le faut, je balaye tout le village.On aborde au milieu d\u2019un charivari sans nom.Montferrand, qui ramait tête basse, saute à terre avant d\u2019être reconnu, trébuche et tombe presque aux pieds des Shiners.A l\u2019instant même l'Orangiste est empoigné par les deux jambes, tournoie dans l\u2019espace et s\u2019en va plonger, tête baissée au fond de l\u2019eau.Un second, puis un troisième subissent le même sort, pendant que le reste de la bande détale en désordre.Jos Montferrand mourut paisiblement à Montréal le 4 octobre 1864, à l\u2019âge de 64 ans, dans sa maison no 212 rue Sanguinet.André de la Chevrotière.[Suite de la paye 5| melin, son intérêt pour les interprètes qui se sentent «en famille» avec lui.\u2014 En attendant le mercredi, 6 octobre, date du retour des Plouffe, pouvez-vous nous dire ce que sera le scénario de la saison prochaine ?\u2014 Je ne crois pas trahir M.Lemelin (qui en a parlé lui-même au cours d\u2019une entrevue) en disant que Napoléon (Emile Genest) Rita et Stan La-brie (Jean Duceppe) seront le centre d\u2019un problème.Notre interview se continue sur un autre plan par l\u2019arrivée de Georges Delanoë qui doit épouser Janine fin septembre.J\u2019admire la bague de fiançailles d\u2019un dessin original (oeuvre de Jean-Pierre Tremblay, élève de Gabriel Lucas) et recueille quelques renseignements sur la maison « El Rancho » qu\u2019ils viennent d\u2019acheter à Hau- te-Rive, au bord de la Rivière des Prairies.Elle sera meublée en style canadien, et ils ont déjà trouvé quelques pièces anciennes chez l\u2019antiquaire Barron de la rue Peel.Ils feront pousser une haie autour du parterre afin de dîner en plein air et de surveiller les ébats des deux cockers, « Biquet » le blond et « Picolo » le noir.Georges et Pierre Delanoë sont arrivés de France au Canada, il y a trois ans.Pierre est un gradué de l\u2019Ecole des Arts Décoratifs de Paris et prépare, à C.B.F.T., les décors de l\u2019Heure du Concert, des Spectacles d\u2019Eté, du théâtre et des ballets.Georges avait travaillé dans plusieurs studios (et dans des fonctions assez diverses pour lui donner de l\u2019expérience) avant d\u2019entrer à la TV canadienne où il est réalisateur depuis mars dernier.Son premier programme fut le Congrès marial à Trois-Rivières, reportage d'envergure.Il débutera vraiment, fin-octobre, avec « Drôle de vie » qu'il a créée au point de vue idée et réalisation technique et dont les scripteurs seront Louis Morisset, Robert Jouglet et Jean Laforest.Pour ces documentaires, il photographie sur le vif une tranche de vie d'un être humain, dont le travail l\u2019isole des autres : chauffeur de taxi de nuit ; policier de la délinquance juvénile (l'inspecteur Pelletier) ; les mémoires d'un cheval de louage (racontées par Paul Berval) ; l\u2019atmosphère de la S.P.C.A.; quelques incidents typiques que l\u2019on suivra (à leur insu) au magasin ; et la Cinquième heure, celle de l\u2019aube et celle du soir.Pour commencer ce programme inédit, Georges Delanoë est allé étudier la vie d\u2019un garde-chasse dans le Parc de la Vérendrye.Dans un hydravion Cess-man (piloté par Armand Archambault) il est monté jusqu\u2019à 4,000 pieds pour redescendre et photographier des orignaux et des ours à la nage.Il était accompagné, dans cette excursion, par l'Honorable M.Bourque, Ministre de la Chasse et des Pêcheries (qui lui facilita entièrement le travail) et le Sous-Inspecteur M.Lavoie, MM.Man-renger et Lecuyer et M.Constanti-neau, garde-chasse à Mont-Laurier.Ce numéro du « Samedi » paraîtra au moment du mariage des deux vedettes à qui nous souhaitons tout le bonheur et le succès qu\u2019ils méritent.Lucette Robert.\u2014COUPON D\u2019ABONNEMENT- fe Samedi IMPORTANT : \u2014 Marquez d'une croix EJ s'il s'agit d'un renouvellement.\t \t POIRIER, BESSETTE t CIE, LTEE\t975-985 rue de Bullion MONTREAL 1 », P.Q.1 an \t\tCANADA\tS3 so 6 mois .\tETATS-UNIS\t.2.00 1 an \t\t\tSS Oo 6 mois .\t\t.\t2.50 4 32 Le Samedi, Montréal, 9 octobre 1954 MYSTERIEUSE CONTE ILLUSTRE DU \" SAMEDI \" \u2014 HUITIEME EPISODE CETTE flamme ne S'ETEINDRA QU'AVEC moi a C EST SIMPLEMENT FXQ-:S MOV CHER PENCROF*' * SMITH i EN EFFET.C'EST DÉLICIEUX/ MÊLAS.'.MOI QUI CONNAIS CINQUANTE-DEUX MANIÈRES DACCOMO.DEC LES ŒUFS JE SUIS OBLIGÉ DE N'EN PRATIQUER QU'UNE SELLE M.SMITH RW\u2014*' ^ y v ^ il Æ ^ ^ N Vv coivagHTOPEM MUNP-HtCwEHE ftiissr Pencroff songe tout d\u2019abord à utiliser le foyer en préparant un souper plus nourrissant qu\u2019un plat de lithodomes.Deux douzaines d\u2019oeufs sont apportées par Hnrbcrt, et le marin les place dans les cendres chaudes.\u2014 Tel est le premier repas des naufragés sur cette côte inconnue.Et comme l\u2019oeuf contient tous les éléments indispensables à la subsistance de l\u2019homme, ils se sentent aussitôt très réconfortés.\u2014 Peu après, le reporter et Harbert se retirent au fond d\u2019un obscur couloir pour s\u2019endormir.Quant au marin, veillant d\u2019un oeil, il passe la nuit près du foyer, qu\u2019il alimente sans relâche en combustible.\u2014 Un seul des naufragés ne se repose pas.C\u2019est Nab, désespéré, qui, la nuit tout entière, et malgré les supplications de ses compagnons pour l\u2019engager à prendre du repos, erre sur la grève, épuisé de fatigue et de froid, en appelant son maître ! En cnasse harbert.nous trouverons DES MUNITIONS SUR NOTRE COUPERONS NOTRE FUS \u2018 NAB EST REPARTI VERS LE NORD.ce sont Des\tm oui.certainement COULÉES FRAÎCHES » DES ANIMAUX SAUVA.D'ANIMAUX.\tJk GES! SAURONS DÉFENDRE ATTAQUER COPYRIGHT OPCW \u2022 MÛCHFTTî Ce matin-là, 2ü mars, Nab repart à la recherche de Cyrus Smith, comme le chien qui ne peut quitter la place où est tombé son maître.S\u2019il ne voit pas de ses yeux et ne touche pas de ses mains le cadavre de l\u2019ingénieur, il ne croira pas à sa mort.\u2014 Après le repas, composé toujours d\u2019oeufs de pigeons, et de lithodomes, Pencroff et Harbert partent dans la forêt pour chasser, tandis que le reporter demeure sur place pour entretenir le feu, et pour le cas, fort improbable, où Nab aurait besoin d\u2019aide.\u2014 Parvenu dans la forêt, Pencroff casse au premier arbre deux solides branches qu\u2019il transforme en gourdins.Harbert en use la pointe sur une roche.Puis, ils s\u2019engagent dans les hautes herbes en suivant la berge.De cette manière, ils ne risquent pas de s\u2019égarer.\u2014 Pencroff remarque que la forêt est vierge de toute empreinte humaine.Cependant il note des traces de fauves formidables, dont il ne reconnaît pas l\u2019espèce.Quelles surprises réserve cette immense forêt aux deux compagnons ?TOUCHÉ/ CE SERA UNE 80NNE OCCASION DE GOÛTER AU MARTIN-PÊCHEUR Si cet oiseau est d humeur a.k SE LAISSER RÔTIR *\t7! MALADROIT que JE Suis ' BSh f NOUS LE RATTRAPERONS UN AUTRE JOUR.' f0»QiGhT QFfPi y.Mm Pencroff et Harbert, parlant à peine car les difficultés de la route sont grandes, n\u2019avancent que lentement.Jusqu\u2019ici la chasse n\u2019a pas été fructueuse, mais les deux hommes se sont promis de procurer du gibier aux hôtes des Cheminées.\u2014 Arrivés dans une partie marécageuse de la forêt, les chasseurs sont brusquement entourés d\u2019oiseaux qui, d\u2019ailleurs, disparaissent aussitôt.Ce concert inattendu coupe le silence inquiétant de la forêt.Harbert montre à son compagnon un martin-pêcheur un peu à l\u2019écart.\u2014 Une pierre adroitement et vigoureusement lancée par le jeune garçon vient frapper l\u2019oiseau à la naissance de l\u2019aile.Tout gibier est bon à prendre, même si la chair de celui-ci ne donne qu\u2019un maigre repas.\u2014 Mais le coup n\u2019est pas suffisant, car le martin-pêcheur, légèrement blessé, s\u2019enfuit de toute la vitesse de ses pattes et disparaît aussitôt derrière de hautes herbes.Harbert et le marin sont fort désappointés.VOILA UN GlBiER TOUT A FAIT A LA PORTÉE de Chasseurs tels J QUE NOUS\tSA PUISQUON NE PEUT PAS LES TUER EN VÛL IL FAUT ESSAyER DE LES PRENDRE .A LA LIGNE.\t.C EST TOUJOURS MIEUX 'Que rien ah si top était/ l avec nous '\tS- LES PROPRIETAIRES des NIDS NE MANQUERONT PAS J)E REVENIR\t.''tV' 'ifWÆJjy CQP*3ijHr\tWu.NJi HACHETTE ' 1 h .i ri 7 Après l\u2019incident du martin-pêcheur, l\u2019exploration continue.A mesure que les deux chasseurs s\u2019avancent dans la forêt, les arbres sont plus espacés et deviennent magnifiques.Au pied d\u2019un sapin, les branches basses sont couvertes de petits oiseaux.\u2014 Les deux hommes se redressent alors, et avec leurs bâtons manoeuvrés comme une faux, ils rasent des files entières de ces oiseaux qui ne songent pas à s\u2019envoler, et se laissent abattre.Puis Pencroff enfile ces petites bêtes sur une baguette flexible.\u2014 Harbert et le marin continuent à se frayer un chemin à travers la forêt en quête d\u2019un gibier plus substantiel.Bientôt ils tombent sur une bande de gallinacés ressemblant à de grosses poules.L\u2019occasion est bonne, mais les animaux disparaissent immédiatement.\u2014 Pencroff alors confectionne des lignes avec des lianes minces.De grosses épines à pointes recourbées forment l\u2019hameçon et des vers rouges serviront d\u2019appâts.Ces lignes sont placées dans les nids des tétras, nom de ces gallinacés.Puis les chasseurs se cachent derrière un gros arbre et attendent patiemment. Le Samedi, Montréal, 9 octobre 1954 33 PRISONNIER DES CANNIBALES CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 SIXIEME EPISODE '\".\u2018Wïï'i mzxs&m Æ'1 m!L\u2019S y\u2019ill W A W.\\ 1.\tAprès avoir échappé aux sauvages, à l\u2019Oncle Pierre et à maintes embûches, Paul et Antoine trouvent sur une ile le lieu d\u2019une bataille et la piste de fuyards qu\u2019ils entreprennent de suivre.Elle les conduisit sur une roche où l'on torturait un homme.2.\t\u201cTu nous dis où sont les perles\u201d, demandait un des Chinois, \u201cou nous te faisons tâter d\u2019une de nos tortures les plus réputées\u201d.Et, pour pousser le prisonnier aux confidences, il commença à lui picoter la chair de la pointe de son couteau.3.\tLe prisonnier, pour éviter les coups, se roula sur lui-même.La roche était ronde, il glissa et commença une affreuse chute.En dessous était la mer.Paul et Antoine qui suivaient la scène avec angoisse se demandèrent s\u2019il n\u2019allait pas se fracasser sur quelque récif.4.\tMais Antoine, très bon nageur, le devança presque dans les eaux, soutint le prisonnier et coupa rapidement ses liens pour qu\u2019il puisse se maintenir lui-méme à la surface.Le pauvre prisonnier, qui croyait sa dernière heure venue, n\u2019en croyait pas ses yeux d\u2019une telle chance.\u2022jlIllMs d'nt/Iw» , \" ».v,\t:: iWM/i mmmi.mM Ira.FÆ/L 5.\tEnsemble ils escaladèrent la falaise et Paul vint à leur rencontre : \u2014 \u201cJe ne vous connais pas\u201d, disait le prisonnier frissonnant, \u201cmais vous êtes de braves garçons\u201d.Il fallut l\u2019aider à marcher car ses membres étaient engourdis par les liens.6.\t\u201cJe pense qu\u2019il n\u2019y a aucun intérêt à s\u2019attarder dans les parages, ces bandits semblent prêts à tout\u201d remarqua Paul.Ils commencèrent à remonter l\u2019étroite sente vers le sommet de la falaise, et se trouvèrent soudain nez â nez avec les Chinois.7.\tFaisant demi-tour, ils empruntèrent un autre chemin du plus vite qu\u2019ils purent.Derrière eux retentissaient des cris de rage.L\u2019alerte était donnée, la chasse à l\u2019homme ouverte.Les Chinois s\u2019inquiétaient tout de même de constater que leur prisonnier n\u2019était plus seul.8.\tIls se remirent, cependant et, criant leur rage, entamèrent la poursuite.Nos amis, cependant, étaient plus haut sur la falaise : \u2014 \u201cAidez-moi\u201d, dit le prisonnier.Et avec ses nouveaux amis, il poussa une lourde roche vers les rascals qui les regardaient, impuissants.TW* Aï- 9.\tLa lourde roche roula et les voleurs de perles chinois n\u2019eurent que le temps de l\u2019esquiver.Néanmoins, cela donnait à nos amis une bonne chance de prendre de l\u2019avance, le temps que les autres dégagent le chemin.\u2014 \u201cPar ici\u201d, dit Paul qui pensait au bateau.10.\tCependant les Chinois, voyant s\u2019échapper leur proie et les perles tant convoitées, redoublèrent d\u2019efforts.Rien n\u2019aurait servi de faire face pour combattre car ils disposaient d\u2019armes.Il fallait leur échapper, rejoindre le bateau â tout prix.11.\tIls coururent.Mais au moment où ils allaient arriver, l\u2019ancien prisonnier, épuisé par tant d\u2019événements, s\u2019effondra sur le sol.Paul et Antoine, sans se consulter, le prirent scus les bras et continuèrent de courir.Le bateau était tout proche maintenant.12.\tIls firent tous leurs efforts pour hisser l\u2019homme à bord et.tandis que le jeune Antoine se précipitait pour mettre le bateau en marche, Paul, armé d\u2019une rame, se préparait à recevoir dignement les Chinois.Il en assomma un proprement.13.\tLe prisonnier n\u2019avait au fond que de 14.Paul expliqua ensuite à l\u2019homme qu\u2019il légères blessures Dès qu\u2019il se sentit en sé- recherchait l\u2019ile de Feu avec l\u2019espoir d\u2019y dé-curité sur la mer.il\tne tarda pas\tà\tse re-\tlivrer le père d\u2019Antoine, prisonnier des\tsau- mettre.Et il montra\tà ses jeunes amis\témer-\tvages.\u2014 \u201cCe n\u2019est pas bien loin, je\tvais veillés les perles qu\u2019il cachait dans\tsa\tcanne\tvous y conduire\u201d, dit alors l\u2019ancien prison- de bambou.\tnier, tout heureux de rendre service à\tson tour.15.Deux jours plus tard ils étaient en vue d\u2019une ile mystérieuse sur laquelle on racontait les histoires les plus fantastiques.Ils atterrirent et rencontrèrent un planteur â qui Antoine raconta son histoire.L\u2019autre lui parlait des terribles sauvages.( u suivre dans le prochain numéro) 16.Au moment où un avion vint se poser sur l\u2019ile, ils se précipitèrent et eurent la mauvaise surprise d\u2019en voir descendre l\u2019Oncle Pierre \u2014 \u2019Ve vous al, cette fois\u201d criait-il, \u201csales garnements.Vous allez me payer vos escapades\u201d. 3\u2019 LES TROIS ACROBATES CONTE ILLUSTRE DU \" SAMEDI \" \u2014 NEUVIEME EPISODE \u2022V \u2014?-7~ - - m l\\V X txJgr «F* I V x 1.Sous lu conduite habile de Ned le lourd véhicule blindé déploya toute su puissance, et il fonçait ù toute vitesse lorsqu\u2019il pénétra entre les rungs des pillards arabes encerclant l'avant-poste de la Légion Etrangère.Les hommes d'Abdul, ù portée de tir, se mirent à tirer sans arrêt sur la cuirasse d'acier du char, mais sans causer aucun dommage au véhicule.2.Dans la tourelle mobile, Nat répliquait par un feu nourri, et il se réjouissait à la vue des rangées d\u2019hommes lâchant pied devant eux.\u201cContinue à avancer, Ned \u2014 on est en train de les avoir 1\u201d cria-t-il â son frère.Les roues à chenille du char blindé brassaient le sable en nuages volants comme il se frayait un chemin au travers ! 2.A une allure vertigineuse il descendit les dunes, hors de portée des Arabes.Nat souleva le couvercle et cria, transporté de joie*.\u201cOn a réussi, les gars !\u201d lança-t-il.\u201cIls n\u2019ont pas su résister à notre machin.Avance toujours.Ned.pendant que Je vais essayer de localiser le camp des cheminots !\u201d Ti X / v ku ¦y 4.\tNat avait quelque idée de l'endroit où était installé le camp, mais c'était plutôt vague dans son esprit.Dans l\u2019immensité du désert il était difficile de suivre un cours défini, mais après quelques fausses pistes, ils aperçurent enfin une tente au-devant d\u2019eux.5.\tDans le camp même, les cheminots ignoraient absolument.qu'Abdul le Grand avait soulevé les tribus.Tout était calme comme à l'ordinaire, et l\u2019arrivée subite du char blindé fit accourir tout le monde fort intrigué.6.\tDès que dans une embardée le char blindé se fut immobilisé.Ned lâchant le volant sauta par terre et se dirigea vers le chef du camp.Vite, il l'informa de l\u2019attaque sur le fort de la Légion Etrangère.\u201cLe fort est assez en sûreté, mais en ce moment même les suppôts d\u2019Abdul s\u2019en viennent vous assaillir !\u201d s'écria-t-il.\"X ?r ly IX/ 1 V, 7.\tRegardant alentour, Ned se rendit bientôt compte que le petit nombre des cheminots ne pouvait Jamais espérer résister à une invasion des Arabes, telle qu\u2019Abdul l'avait conçue.\u201cToi, Nat, prends le char blindé\u2019\u2019, dit-il, \u201cet tente d'atteindre les quartiers généraux de la Légion pour y chercher du secours !\u2019\u2019 8.\tNat ne perdit pas de temps pour partir, puis, tous ensemble, ils se mirent à faire des préparatifs pour repousser toute attaque le plus efficacement possible.Une grue mécanique, employée à l'excavation des voies ferrées, fut mis en usage pour creuser une tranchée circulaire.9.\tNed et Nippy donnèrent un coup de main avec une énergie inépuisable.Bientôt la tranchée fut terminée assez profondément pour assurer une certaine protection.Comme précaution supplémentaire, des pieux solides furent piqués en terre devant la tranchée et munis de fils de fer barbelés tout enchevêtrés.-JA \"N.V.10.Tout fut préparé le plus adéquatement possible, et ensuite on attendit anxieusement.Suivirent des moments de forte tension et enfin Ned aperçut l\u2019ennemi fonçant sur le camp.11.Cest le temps, maintenant, les gars!\u201d hurla-t-il, plongeant dans la tranchée et s'accroupissant derrière une mitraiii.t poussons-les ! Traçant une ligne sombre qui envahissait l'étendue de saole, les pillards d'Abdul fondirent sur *e camÜ \u2014 mà i\u2018i accueillis par une resistance acharnée.Fusils et mitraillettes crépitèrent et la première vague des assaillants mordirent i Natapüfsse°\u201cevenir -Ivee'du\u2019renf'rt\"\tn'ttV0?s qu'ul'c\t«7 N h: KL I IRADL MARK lit brochure illnstru \"The Isomunce oj Suivi\" {en itni\u2019liii'i wu/eun til) u t i/ envoyer xr.itniti ment.\\/ir i/enumi/e, ./ tonte fn r\\onne intéresser.N T E R N ATI 0 NA L Avant longtemps, les profondeurs de la mine Creighton de l\u2019Inco seront transformées en une véritable four-\u2022_J\tmiliére; là, à un mille et plus sous terre, hommes et machines commenceront le forage de souterrains au coeur même du minerai.Mais il faut d\u2019abord assurer la santé, la sécurité et le confort des mineurs.L\u2019air frais est d\u2019importance vitale.C\u2019est pourquoi nous creusons dans le roc s mètre qui s\u2019enfoncera à plus de ce puits se raccordera à la surface, biuluit, tel un si puits refoulera au fond de ! la minute.SC K E L \u2018h- 1 3 pieds tie dia- QUEBEC I \u2022 L 0 i' l \u2022 - L L H la Turf L L'G I H 0 T E i ni i \u201e \u201c\"Ctc'c 2 J U 5 5 - r « 604 7.
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