Le samedi, 1 février 1955, samedi 26 février 1955
[" S-yoo C 0^ 1Ê&ÉÊ&L -.\": ;; wm?~.:é j*.* * .JPW .n , '.mm jm (ffiSKM % &*'i Jean-Paul Dugas GAZINE NATIONAL DES CANADIENS 10 cents DANS CE NUMERO : Ecoles d'arts et métiers du Québec, par GERARD VIOT LE SURVENANT, GERMAINE GUEVREMONT DANS LE MONDE SPORTIF, TRAPPEUR CONTRE BANDIT, Un roman d\u2019aventures de PIERRE OLASSO par par OSCAR MAJOR aF=3Fj Cr fl IT -ssaasa.UNES .rien de mieux qu\u2019un ?7 7 onstellation d'Alll CANADA Lorsque vous partez pour l\u2019Europe en avion, vous désirez voyager vite, confortablement, en toute sécurité, et bénéficier d\u2019un service attentif et impeccable.AIR CANADA vous offre tout cela, à bord de ses magnifiques SUPER Constellation.Et, pour chaque envolée, vous avez le choix entre deux classes! Vous pouvez voyager en première ¦ ¦ \"LE SAMEDI\" présente en exclusivité : Onzième épisode donner au Survenant s\u2019il va soigner ta soeur.Tu m\u2019as ben compris ?Beau Blanc \u2014 J\u2019ai tout\u2019 compris.Pierre-Côme \u2014 J\u2019ai beau pas posséder la loi sur le bout\u2019 de mes doigts, j\u2019en sais assez long pour pas laisser le Survenant soigner comme un docteur au Chenail du Moine.On va y voir ! Beau Blanc \u2014 Vous faites ben, monsieur le maire.Pierre-Côme Provençal (Georges Toupin) donne à son fils, Odilon, (Yves\tSCENE II Letourneau) une leçon sur la gestion de la ferme et la façon de faire chantier.Beau Blanc, le Survenant, Phonsine.SCENE I Pierre-Côme Provençal, 8eau Blanc.Sur la route.Beau Blanc \u2014 Mossieu Porvençal, mossieu le Gros Gras, quèqu\u2019un a-t\u2019y le droit de rentrer dans la maison des autres, sans permission ?Pierre-Côme \u2014 Personnellement.en personne, jle pense pas.Mais auparavant .faudrait que j\u2019vinssis savoir au juste comment c\u2019est que c\u2019est arrivé.Beau Blanc \u2014 Quèqu\u2019un qui rentre de même, je peux .le faire arrêter, le mettre dans l\u2019cachot ?Pierre-Côme \u2014 J\u2019ai pas dit ça, Beau Blanc.Beau Blanc \u2014 Le Survenant avait pas le droit de venir chez nous, dans la maison paternelle.J\u2019veux p us qu il vienne chez mon père, mon père à moi.Pierre-Côme (Etonné) \u2014 De quoi c\u2019est que tu m\u2019apprends là, Beau Blanc ?Le Survenant serait allé chez vous ?Beau Blanc \u2014 D\u2019abord que je vous l\u2019dis, mossieu Provençal.Vous savez ben que j\u2019vous gazouillerais pas des belles menteries à votre face ! Pierre-Côme \u2014 Mais, quand ça?Beau Blanc - Hier, hier après-midi.il est allé parler à Tite Soeur.J\u2019ai pas aimé ça quand j\u2019iai aperçu de loin qui se sauvait comme un lièvre.Pierre-Côme \u2014 Il devait pas courir ben fort.C\u2019est pas un sauveux, le Survenant.Mais, ton père, lui ?De quoi c\u2019est qu\u2019il faisait tandis ce temps-là ?Beau Blanc \u2014 Il a pas toute sa tête à lui, par bouts de temps.Pierre-Côme \u2014 Ouais ! Le Survenant rendu à la maison paternelle ! Tu m\u2019apprends une nouvelle, Beau Blanc.Beau Blanc \u2014 Je peux-t\u2019y le faire arrêter ?Pierre-Côme \u2014 Pas trop vite, Beau Blanc.Laisse-moi le temps de réfléchir.Es-tu capable de me dire une chose ?Beau Blanc \u2014 Le Survenant est pas pour venir faire son survenant à la maison paternelle.J\u2019m\u2019appelle pas le père Didace, moi.Pierre-Côme \u2014 Si Didace t\u2019entendait ! Mais c\u2019est pas ça.Le Survenant s\u2019est-y offert à soigner ta p\u2019tite soeur ?Beau Blanc \u2014 Je l\u2019sais pas, mossieu Provençal, mais y a moyen de l\u2019savoir.Pierre-Côme \u2014 Surveille ça d\u2019pro-che, mon Beau Blanc.Si jamais le Survenant cherchait à soigner ta petite soeur, avertis-moi sans faute.Perds pas d\u2019temps.Beau Blanc \u2014 Juré.Craché.Pierre-Côme \u2014 Y aurait de quoi d\u2019mieux à faire encore.Paye-le.Paye-le en argent.Beau Blanc \u2014 Le payer ?Où c\u2019est que vous voulez que j\u2019prenne les cen-nes.On est pauvres comme la gale.Pierre-Côme (Il sort un porte-monnaie) \u2014 Tiens, v\u2019ià un écu.Puis un trente-sous au cas que t\u2019en aurais d\u2019be-soin.Beau Blanc (Ebloui) \u2014 Un écu, puis un trente-sous ! Pierre-Côme \u2014 Pas pour toi, Beau Blanc.Pas pour gaspiller.Mais pour Chez le père Didace, à la veillée.Phonsine \u2014 Qui c\u2019est qui a l\u2019coura-ge d\u2019arracher l\u2019perron de même ?Va donc voir à la porte, Survenant ! Beau Blanc (Entrant en trombe) \u2014 Viens-t\u2019en vite, Survenant ! Ho ! Phonsine \u2014 Journée d\u2019là vie ! J\u2019crè-yais que c\u2019était Ttonnerre qui tombait sur la maison.Beau Blanc \u2014 Faut que tu viennes de suite, de suite à la maison paternelle, Survenant ! Survenant \u2014 Commence par te cal- \"Belle comme le jour\", a dit le Survenait! en parlant de l'Ange à DeFroi qu'il appelle Petite Ange.Vivant à l'écart, ayant choisi de fuir la communauté paroissiale, et pauvres comme des rats de grange, les DeFroi sont les \"dechetés\" du Chenal du Moine.Comme ils ne pratiquent pas leur religion, on attribue à une malédiction du Ciel les malheurs qui pleuvent sur eux.Seul Beau Blanc fait le lien entre les gens de la paroisse et la maison \u2014 la maison paternelle \u2014 si le besoin se tait sentir trop duremènt.La rumeur de la visite du Survenant chez les DeFroi, alors que Petite Ange était seule à la maison paternelle, a vite fait le tour de la paroisse.Beau Blanc est le premier à la propager, pour un motif bien naturel, quand on sait que le Survenant, par sa présence chez le père Didace, lui fait perdre du travail.Les jeunes filles, depuis la petite maîtresse d'école.Rose de Lima Bibeau, jusqu'à la douce infirme Anqélina, voient d'un mauvais oeil le Survenant, qu'aucune d'entre elles n'a réussi à retenir, s'intéresser à une pauvresse.Distribution du SURVENANT, à la\t\t Télévision et à la Radio\t\t(CBFetCBFT) Personnages\tTélévision\tRadio Le Survenant\tJean Cou tu\tJean Coutu Didace Beauchemin\tOvila Légaré\tOvila Légaré Amable Beauchemin\tBernard Hogue\tBernard Hogue Phonsine Beauchemin\tSuzanne Langlois\tSuzanne Langlois Angélina Desmarais\tBéatrice Picard\tBéatrice Picard Beau Blanc\tMarc Favreau\tJean Duceppe Pierre-Côme Provençal\tGeorges Toupin\tGeorges Toupin Odilon Provençal\tYves Letourneau\tJean La jeunesse Joinville Provençal\tJean-Claude Robillard\tJean Mathieu Bedette Salvail\tMarjolaine Hébert\tMarjolaine Hébert Jacob Salvail\tGeorges Bouvier\tGeorges Bouvier Maria Salvail\tLucille Cousineau\tYvette Lorrain Acayenne\t\t (Grosse Madame)\tGermaine Giroux\tDenise Pelletier Rose de Lima Bibeau\tMonique Lepage\tReine France Docteur Desgrosseilliers\tFrançois Lavigne\tFrançois Lavigne Paquet Paulhus\tArmand Leguet\tHenri Poitras Curé\tJ.Léo Gagnon\tJ.Léo Gagnon Oncle Zéphyr\tErnest Guimond\tErnest Guimond Marie-Amanda\tMadeleine Sicotte\tMadeleine Sicotte L\u2019Ange à DeFroi\t\t (P\u2019tit Ange)\tMadeleine Touchette\tMadeleine Touchette Réalisateur de la TV : Maurice LeRoux.\t\t \t\t Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 7 LE SURVENANT Un scénario par semaine du grand roman radiophonique et télévisé de GERMAINE GUEVREMONT mer.Après tu nous diras ce qu\u2019il en est.Beau Blanc \u2014 C\u2019est ma Tite Soeur, ma Tite Soeur à moi, qui te fait demander.Elle pense qu\u2019elle va mourir.Survenant \u2014 Elle est si mal que ça ?Beau Blanc \u2014 Ben mal.Ben mal.Elle pourrait trépasser .de même.Phonsine \u2014 C\u2019est-y épouvantable ! La pauvre p\u2019tite fille ! Survenant \u2014 Tu ferais mieux d\u2019aller vitement chercher un docteur à Sorel.Phonsine \u2014 Ben oui.Le docteur Desgroseilliers qui est un si bon docteur.Beau Blanc \u2014 Tite Soeur a pas un jeu pour attendre.Puis j\u2019peux pas la laisser toute seule ben longtemps.Survenant \u2014 Dans ce cas-là, Beau Blanc, j\u2019irai moi-même à Sorel chercher le docteur Desgroseilliers.Beau Blanc \u2014 Mais il est jamais là.Il est toujours parti aux malades, loin, loin.Survenant \u2014 Il y en a d\u2019autres médecins.J\u2019t\u2019en ramènerai un coûte que coûte.Phonsine \u2014 Nous autres, au Chenail du Moine, on est ben accoutumés avec le docteur Desgroseilliers.C\u2019est lui qui soigne tout le monde.Survenant \u2014 J\u2019en trouverai un à Sorel.\tt Beau Blanc \u2014 Fais pas ça, Survenant.Y\u2019s\u2019lève une tempête du diable.Le cheval au père Didace sera à la nage dans la neige.Je l\u2019connais le Pommelé ; il aime pas la neige.Viens donc à la maison paternelle, Survenant.C\u2019est toi que Tite Soeur veut voir.Phonsine \u2014 C\u2019est encore de valeur, Survenant.On laisse pas mourir une bête toute seule.A plus forte raison.Survenant \u2014 Pas une jeunesse, belle comme le jour.Beau Blanc \u2014 Arrive, grand-dieu-des-routes ! SCENE III Le Survenant, Petite Ange.La scène se passe le même soir, chez DeFroi.Petite Ange \u2014 J\u2019crèyais jamais de vous revoir sur la terre.Survenant \u2014 Ah ! une chose, une autre.Et je n\u2019osais pas revenir ici.Petite Ange \u2014 De quoi c\u2019est qui vous en empêchait ?Survenant \u2014 Pauvre Petite Ange ! (Il lui prend la main) Ça te fait rien si je te dis tu, et si je t\u2019appelle Petite Ange ?Petite Ange \u2014 Ça me fait du bien.Mais moi, j\u2019sais pas comment c\u2019est qu\u2019il faut vous appeler.Quand j\u2019parle de vous, j\u2019dis toujours : l\u2019homme.Survenant \u2014 Appelle-moi.Survenant.Petite Ange (Avec effort et gênée) \u2014 Chei le père Didace Beauchemin, la famille au complet : le Survenant (JEAN COUTU), Didace (OVILA LEGARE), Phonsine (SUZANNE LANGLOIS) et Amable (CLEMENT LATOUR).(Photo Jac-Guyl Survenant.personne vous a chassé quand vous êtes venu me voir la dernière fois, la fois que j\u2019vous ai fait signe dans la vitre ?Survenant \u2014 Non, personne.Petite Ange \u2014 Pourquoi d\u2019abord que j\u2019vous ai attendu pour rien ?Survenant \u2014 Ma Petite Ange, tu vis dans un autre monde.Petite Ange \u2014 Pas encore.Mais .ben vite ! Survenant \u2014 Quand je parle d\u2019un autre monde, ce n\u2019est pas celui que tu crois.Y a encore de l\u2019espoir pour toi.Petite Ange (Se raccrochant à l\u2019espérance) \u2014 Vous dites pas ça pour vrai, Survenant ?Survenant \u2014 Si je ne le pensais pas, j\u2019me contenterais de me taire.Petite Ange \u2014 Beau Blanc me parle tout le temps d\u2019là mort, comme si elle pouvait arriver d\u2019une minute à l\u2019autre.J\u2019ai fini par m\u2019accoutumer.Faudrait pas me donner dl\u2019espérance pour rien.Survenant \u2014 Mais tu parles passablement pour une petite malade.Petite Ange \u2014 A c\u2019t\u2019heure que la crise est passée, y a pas d\u2019soin.Vous pensez pour vrai que j\u2019peux remonter la côte ?Que j\u2019peux vivre ?Survenant \u2014 A la condition de t\u2019aider, de ne pas t\u2019abandonner.Faut lutter.Faut vouloir vivre.Petite Ange \u2014 Ça vous choquera pas, Survenant, si j\u2019vous dis que depuis que j\u2019vous connais.j\u2019pense moins à la mort.Survenant \u2014 Les petites filles malades doivent penser à guérir premièrement.Qu\u2019est-ce que tu prends pour ta toux ?Petite Ange \u2014 Le sirop qui est là sur le chiffonnier, dans la fiole.Survenant (Le Survenant se lève, débouche la bouteille et en sent le contenu ) \u2014 De la mélasse ?Petite Ange \u2014 Oui, avec du vinaigre puis une noix de beurre.Ça m\u2019soulage sur le moment.Mais tout de suite après, je r\u2019commence à tousser.Survenant \u2014 Je pense bien.En fait de sirop pour le rhume, j\u2019ai déjà connu mieux.Et qu\u2019est-ce que tu manges ?Manges-tu un peu ?As-tu de l\u2019appétit ?Petite Ange \u2014 Pas pour la peine.Rien me tente.J\u2019prends un peu de pressis.Survenant \u2014 Veux-tu dire du persil ?Petite Ange \u2014 Du pressis, c\u2019est le jus d\u2019là viande qu\u2019on presse.Ils m\u2019en pressent de temps à autre.Mais j\u2019ai pas de goût pour rien manger.Survenant \u2014 Tu ne peux pas avoir faim, à vivre enfermée, encabannée en- tre quatre murs, toutes les fenêtres bien calfeutrées, je parierais.Petite Ange \u2014 Beau Blanc les a condamnées.Y a des fois que j\u2019manque d\u2019air.Survenant \u2014 Le printemps finira par arriver.Tu respireras mieux.La faim va te revenir.Petite Ange \u2014 C\u2019est pas tant la nourriture qui me manque, Survenant, que.Survenant \u2014 Que .quoi, Petite Ange ?Si j\u2019peux faire quoi que ce soit, compte sur moi.Petite Ange \u2014 La compagnie .me manque encore plusse.Si j\u2019avais què-qu\u2019un à qui parler.Dans l\u2019jour j\u2019suis toujours toute seule à la journée longue.Le soir, j\u2019ai Beau Blanc.Mais c\u2019est guère mieux.Si j\u2019avais quèqu\u2019un qui m\u2019conterait des histoires ! Des fois, j\u2019m\u2019en conte, mais j\u2019ai beau les farder puis essayer d\u2019lès changer, jles connais par coeur.Survenant \u2014 Veux-tu que j\u2019t\u2019appor-te des livres ?Petite Ange \u2014 J\u2019sais pas lire.Survenant \u2014 Si quelqu\u2019un venait te les lire, par exemple ?Petite Ange \u2014 Quèqu\u2019un ! Vous, Survenant ?[ Lire la suite page 35 ] < i m ! I :I « ism § §üÉgÉig|:. 8 Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR Où sont ces oiseaux rares ?Il ne s\u2019agit pas, certes, de vous raconter l\u2019histoire classique du jeune homme, qui voulait devenir fort pour les yeux d\u2019une belle.Toutefois, il est indéniable que l\u2019influence de la femme sur le sport est immense, aux yeux de M.Willie Sanford, 50 ans, ancien joueur de football universitaire, aujourd\u2019hui riche commerçant de New-York.Combien de jeunes gens ont choisi les salles de danse et les boîtes de nuit à la place du baseball, du hockey, du ballon-au-panier, du tennis, de la course à pied, à cause d\u2019une petite amie blonde ou brune?M.Sanford a ses idées à lui, sur ce point.Sa jeune fille de 21 ans aime un jeune Américain de 25 ans.Il entend soumettre ses désirs au prétendant de sa fille.Il faut à ce dernier un certifi- cat de richesse physique, en plus du certificat médical, qui ne tient compte que des maladies éliminatoires.Voici les qualités sportives que demande l\u2019homme d\u2019affaires très prospère de New-York au jeune prétendant, qui vient de terminer son service militaire à titre de parachutiste : Dans le cas où ma fille serait grossièrement insultée, à plus forte raison menacée par un individu qui s\u2019enfuirait aussitôt, je voudrais bien que vous le rattrapiez à la course.Faites-moi donc un 400 verges en une minute et treize secondes.Si un fossé se présente et que le fuyard le franchisse, il vous faudra bien en faire autant.Sautez-moi donc trois verges seulement en longueur, en plein vol, sans arrêt.C\u2019est d\u2019un saut de course qu\u2019il s\u2019agit.Si c\u2019est une clôture, vous devez aussi la passer.Escaladez donc cette palissade de 6V2 pieds de hauteur.Si le malfaiteur, au lieu de fuir, vous fait face et vous défie, vous devez le corriger proprement, sans prises à terre, qui pourraient vous salir, et surtout sans coups crapuleux.Faites-moi donc 10 minutes de lutte libre et 3 rondes de boxe, sans brutalité, avec un adversaire de votre taille et de votre poids.Si ma fille, lors d\u2019une excursion en montagne, je suppose, se démettait une cheville, vous seriez obligé de la charger sur vos épaules pour la porter à la maison ou au poste de secours le plus voisin.Chargez donc ce sac de sable de 125 livres, et portez-le 1,000 pieds.Si ma fille, au cours d\u2019une baignade ou d\u2019un accident, était menacée de se noyer, vous devriez, plus que jamais, aller à son secours et la sauver.Nagez donc 200 verges à la brasse ou au crawl.Ne vous pressez pas, surtout ne forcez pas.Je vous donne cinq minutes pour me prouver que vous êtes un homme.Le jeune parachutiste américain, joueur de baseball et de football amateur, courtier en immeubles, a démontré au commerçant sportif qu\u2019il possédait toutes les qualités requises pour gagner la main de la belle Lily.Entre nous, s\u2019il fallait que tous nos jeunes gens fussent contraints de subir un semblable examen prénuptial, il n'y en aurait pas beaucoup d\u2019élus ! Lorsque leur jeune fille est en âge d\u2019être mariée, c\u2019est un grave et angoissant problème, qui se pose devant les parents.Comment et qui choisir ?Lequel réunira assez de qualités pour se voir confier, pour toute la vie, la fillette devenue femme ?Lequel des jeunes hommes que l\u2019on connaît sera le plus capable d\u2019assurer son bonheur, d\u2019être le père de ses enfants ?Trop souvent, bon nombre de parents ne savent pas discerner parmi les prétendants à la main de leur fille, parce qu'ils lui ont permis d\u2019en avoir plusieurs, alors qu\u2019ils ne souffrent pas que le petit ami de leur fille fasse de doux yeux à d\u2019autres !.La majorité du temps, certains parents et la future épouse se laissent sé- duire uniquement par des charmes extérieurs.Un visage régulier, une moustache soyeuse, des habits bien coupés et bien portés, une Cadillac dernier cri, sont souvent le critérium imposé aux aspirants maris.A moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019unir deux fortunes ! Souvent, un peu trop souvent, on ne songe à réclamer de ce jeune homme, même moins jeune, des qualités physiques et morales que tout individu digne de ce nom devrait posséder.Il ne suffit pas d\u2019être coiffé à la dernière mode, d\u2019avoir une cravate chatoyante ou un ventre avantageux pour être le mari idéal.Il y a autre chose à rechercher pour qui veut vraiment le bonheur de son enfant.Il faut d\u2019abord la santé.Il faut encore que le jeune homme puisse établir qu\u2019il possède un corps robuste, entraîné, souple et vigoureux, aux organes sains.Il en est de même de la jeune fille, bien entendu.Et ce n\u2019est pas dans les tavernes et les clubs de nuit que l\u2019on rencontre de ces types en excellente santé, quoi qu\u2019en pensent, bien à tort, certaines de nos connaissances ! Non, ce n\u2019est pas dans ces lieux que les futurs époux apprendront à se forger une bonne santé et à acquérir les qualités morales, indispensables à de bons maris.Nous voyons d\u2019ici se dessiner, sur le coins des lèvres de plusieurs personnes, un sourire narquois.On se demande si un fiancé pareil à l\u2019idéal que nous traçons existe.Oui, oui, oui, répondons-nous hardiment, et à de nombreux exemplaires, heureusement ! Il suffit de choisir un bon sportif, un de ceux qui, sans négliger les travaux de la pensée, la bonne lecture, ne considèrent pas leur corps comme une gué-nille, un de ceux qui accordent à leurs organes, à leur musculature autant d\u2019attention qu\u2019à leur toilette.Par sportifs, nous n\u2019entendons pas les piqués qui se tuent à recevoir des coups de poings sur la tête, dans les côtes, dans la région du coeur.Mais, direz-vous, et les qualités morales et le coeur, qu\u2019en faites-vous ?Nous y arrivons.Pourquoi voudriez-vous qu\u2019un bon sportif, convaincu et pratiquant, soit moins ouvert qu\u2019un * \u2019 * p ,> ¦ C ?Plusieurs Etats américains ont mis leur veto aux combats de lutte entre femmes, dans I arène.Mais ces assauts de lutte disgracieux semblent prendre pied ailleurs.Par exemple, sur la photo du haut, on voit deux jeunes Japonaises sé disputer la palme, lors du premier combat de lutte entre femmes livré à Tokyo sous les yeux de plus de 10,000 specfateurs, tous des hommes, supposons-nous \u2019 Les promoteurs sont heureux d\u2019exhiber des spectacles aussi dégoûtants que des babines d\u2019assassins.Hiroye Hojoli fait souffrir sa rivale, Sadago Igari, à la suite d\u2019une prise d\u2019orteils qu elle ne veut pas lâcher pour tous les yens du monde Sur la photo du bas, la championne du monde, Mildred Burke, de Chicago à droite, envoie promener par-dessus bord, l\u2019arbitre en l\u2019occurrence, la blondinette Ruth Boatcallie, qu\u2019elle terrassa, après 11 minutes d\u2019un match acharné, après setre flanque des pochetées de première, s\u2019être crêpé fort classiquement le chignon sur rond.La Burke conserva son championnat parce que la Ruth étouffait, la championne lui ayant chatouillé la luette avec le doigt majeur de la main gauche, aux fins de faire rigoler les badauds.Ce qui nous épate c\u2019est le degre de depravation que ce spectacle atteste.Faut-il que des promoteurs soient assez sonnes pour inventer des combines pareilles.Il y a même des corn-bats de lutte que deux femmes se livrent dans la boue dans certaines villes américaine^ Faut-, quil y ait de misérables poulettes assez gourdes, pour consentir a s exhiber de la sorte .Ça ne vous dégoûte pas, non ?De tout ce qui sort de I ordinaire les supposes civilisés font une attraction ou un numéro de cirque Et comme ils sont merveilleusement dépourvus du sens du ridicule et de la mesure.ils sont en tram de faire des bouffonneries avec ce que nous appelons le beau sexe.Entre nous ça ne vous porte pas à crier votre indignation le plus fort possible, d\u2019une voix de stentor ?\t*\tp Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 9 paresseux physique aux choses de !a vie, moins capable que lui d\u2019aimer, de se faire une situation, d\u2019élever et d\u2019éduquer des enfants ?Cet homme a le culte de ce qui est sain.Il apportera, certes, dans toutes les manifestations sociales, ces qualités si importantes.Nous prétendons que le sportif se montre, la plupart du temps, supérieur dans tous les domaines.La volonté, la ténacité qu\u2019il aura acquises dans 'es exercices physiques, lui serviront à défendre et à protéger les siens dans l\u2019adversité.Choses et autres ¦ C\u2019est incroyable ! Un peu partout dans le monde, on dit que les femmes sont bavardes.Et que dire d\u2019un tas d\u2019hommes ! Or, à Phoenix, Arizona, où l\u2019air pur règne souverain, le sexe faible ainsi calomnié vient de donner à la fois une preuve de son mutisme et une épreuve de sa volonté.Le chroniqueur sportif d\u2019un quotidien de Phoenix eut l\u2019imprudence d\u2019écrire qu\u2019aucune femme de la ville n\u2019était capable de s\u2019abstenir de parler pendant seulement cinq heures.Il ajouta qu\u2019il n\u2019y avait pas quatre femmes pouvant jouer au bridge, pendant trois heures, sans proférer une parole, à l\u2019exception des déclarations, bien entendu.Aussi, ce rédacteur sportif, peu galant, vit-il toute la population féminine de la capitale de l\u2019Arizona s\u2019insurger contre lui!.Le défi fut relevé et l\u2019imprudent journaliste confondu.Au jour fixé, un grand nombre de femmes s\u2019installèrent des tables de bridge devant la porte du journal, où on les avait défiées.Elles jouèrent pendant trois heures, sans que la moindre parole n\u2019eût effleuré leurs lèvres, le 1er février, sous une température de 70 degrés, alors que les Montréalais grelottaient, sous le zéro ! ¦ La lutte libre, à Montréal, présente des spectacles amusants, quoique bizarres, parfois, avec les frères Togo et leurs simagrées, qui chassent les mauvais esprits de l\u2019arène.Ils devraient, plutôt, s\u2019évertuer à chasser la poussière du matelas, à certaines heures .Au royaume de Siam, la boxe est très en vogue.Les règles en sont bien différentes de celles qui gouvernent le noble art sur notre continent.En fait, les combattants sont autorisés à faire à peu près tout ce qu\u2019ils veulent, pourvu qu\u2019ils s\u2019abstiennent de se mordre.(La lutte libre leur dame le pion, à ce sujet).Ils peuvent se frapper dans les corps à corps, se servir des paumes de la main, de leurs coudes et de leurs genoux, donner de la tête, dans leur assaillant.Les gants n\u2019ont été introduits dans le ring que depuis vingt-cinq ans environ.Les poings doivent être bandés.Les adversaires ont pour tout vêtement, un maillot et une sorte de coussin-abdomen.Autour de la tête, une corde qui est une amulette, bénie des dieux.Elle doit donner la victoire.Autour du bras droit ou gauche, des rubans verts ou rouges, autre mascotte contre la défaite .Au son de la sonnette, un coup de tambour indigène.Le directeur du combat surveille sa montre.Les deux juges s\u2019installent de chaque côté de l\u2019arène.Sur le quatrième côté, un très vieux champion qui s\u2019interpose, au cas où les arbitres diffèrent dans leur décision.La musique commence en sourdine.Les combattants à genoux invoquent le dieu des boxeurs.Après une courte prière, les pugilistes se lèvent et, les yeux fermés, se rendent, par des chemins détournés, dans les deux coins opposés.Puis, ils sont pré- BOB GRIM, (haut) 24 ans, qui a remporté 20 victoires, la saison dernière, sur le monticule des Yankees de New-York, la première recrue des Yankees à réussir cet exploit depuis 1910, alors que le jeune lanceur Russell Ford abattit un semblable boulot, s'apprête à gagner 25 joutes, en 1955.Il le promit à sa maman.\u2014 BOB \"BULLET\" TURLEY, nouveau lanceur des Yankees, obtenu des Orioles de Baltimore qui ont reçu neuf joueurs en guise d'échange, assure sa charmante épouse qu'il battra ses adversaires au moins 25 fois, la saison prochaine.Pour atteindre leur but, ces deux artilleurs furent les premiers à se rendre au camp d'entrainement des Yankees de New-York, où ils réchaufferont leurs bras, sous les cieux ensoleillés de la Floride, afin de se mériter un salaire de $12,000 pour Grim et $20,000 pour le boulet de canon de Turley.Les Yankees délogeront peut-être les Indiens de Cleveland de la première place de l'Union Américaine, mais ils ne réussiront pas à maîtriser, lors des séries mondiales de 1955, les champions, New-York ou Brooklyn, de l'Union Nationale .?sentes l\u2019un à l\u2019autre par l\u2019arbitre.Et le combat commence.Et vlan ! vlan ! On dirait des machines à mouvement perpétuel ! H Frank R.écrit, dans le Daily News, de New-York : «Je crois qu\u2019une loterie mensuelle vaudrait mieux que le bingo.De cette façon, les mères ayant de petits enfants pourraient demeurer à la maison, au lieu d\u2019aller au bingo, chaque soir, comme plusieurs d\u2019entre elles le font.Si l\u2019Irlande et l\u2019Angleterre peuvent avoir des loteries, pourquoi pas nous aussi ?.Les propriétaires des clubs de baseball des ligues majeures s\u2019étonnent de voir un si grand nombre de leurs lanceurs, affligés de violents maux de bras, au début d\u2019une saison.Pourtant, ils se plaisent à organiser des joutes hors-concours, le soir, sous les lampes électriques, dans certaines villes, en reve- nant vers le Nord, à la fin de la première semaine d\u2019avril.Ils devraient savoir que les soirs humides et frisquets du début d\u2019avril ne sont pas des toniques pour les bras des lanceurs, leur gagne-pain, après que ces derniers se fussent entraînés, pendant six semaines, sous le soleil ardent de la Californie et de la Floride.B Réponses à M.L.Jodoin, Montréal.1\t\u2014 Vous perdez votre pari de dix dollars.Nos regrets ! Les initiales CH que vous voyez inscrites sur les chandails des joueurs du Canadien ne signifient pas Club Canadien, mais bien Club des Habitants, comme le prétend votre ami, l\u2019heureux gagnant.2\t\u2014 Vous avez raison.Maurice Richard gagne annuellement près de $35,000, salaire du hockey, boni et solde commerciale compris. 10 Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 Roman d'aventures TRAPPEUR CONTRE BANDIT par PIERRE OLASSO Tom, le trappeur, sifflotait tout en poursuivant allègrement sa besogne.Il était occupé à graisser un piège d\u2019acier destiné à être posé dans .la forêt, juste à l\u2019endroit où il avait récemment découvert les traces du passage d\u2019un renard argenté.La saison avait eu un début prometteur et Tom avait toutes les raisons d\u2019être gai, ce matin-là.Tout à coup, il eut un sursaut et regarda vivement la porte de sa cabane de troncs d\u2019arbres.Quelqu\u2019un venait de la pousser avec brusquerie, sans s\u2019être donné la peine de frapper.Une bouffée de vent froid s\u2019engouffra en même temps qu\u2019un pâle rayon de soleil matinal.L\u2019homme qui venait d\u2019entrer lui était inconnu.Un « étranger » comme on dit là-bas, dans les solitudes neigeuses.Il repoussa le battant d\u2019un coup de talon et fit un signe de tête en guise de salut.\u2014 Pardon, escuse, articula-t-il, pas pensé à frapper.J\u2019vous dérange pas V\u2019s êtes tout seul.J\u2019ai pas interrompu de conversation ?Il tentait visiblement de plaisanter et un rire épais le secoua.Mais sa voix était rude, éraillée.Il parlait du coin de la bouche.Tom remarqua la profusion de dents en or qui garnissaient sa mâchoire supérieure.L\u2019inconnu était grand, massif, large.Dans ses vêtements épais, il offrait une carrure qui emplissait l\u2019encadrement de la porte.Tom avait toujours son piège en main.Après avoir examiné d\u2019un coup d\u2019oeil, cet arrivant imprévu, il marmonna : \u2014 Bien sûr.On n\u2019est pas dans un salon de réception, ici-instinctivement, ses doigts s\u2019accrochèrent plus fort au piège à renard.Il éprouvait un malaise confus.Non, pas de peur proprement dite, mais un sentiment désagréable qui lui serrait un peu les entrailles.Il se leva et ses muscles durcirent sous l\u2019épaisse chemise-blouse et la veste de velours côtelé déteinte, qu\u2019il portait.Le nouveau venu avait tapé du talon contre le sol pour détacher la neige de ses mocassins.Tom remarqua les moufles que l\u2019homme portait, accrochées autour du cou par un cordonnet et vit que la moufle droite pendait, vide, cependant que la main était profondément enfoncée dans la poche de la veste.Il n\u2019aimait pas les yeux de cet inconnu.Petits, bordés de rouge \u2014 à cause du froid, sans doute \u2014 et enfoncés sous les orbites.Le regard était dur et vif, à la fois.Il furetait partout, il semblait chercher quelque chose dans tous les coins de la cabane, et cependant, Tom avait la nette impression qu\u2019ils ne le lâchaient pas un seul instant, ces yeux dont la lueur était mauvaise.\u2014 Dites, camarade.Pas moyen de bouffer quelque chose ?J\u2019ai faim.Je viens de faire une longue trotte.J\u2019arrive de loin.Tom fit un signe d\u2019assentiment pour toute réponse.C\u2019était régulier, dans les solitudes, de s\u2019entraider les uns les autres.Lui aussi, cela lui était arrivé, après un long voyage, de demander un peu de réconfort à quelque trappeur installé dans la forêt.D\u2019autre part, il jugeait plus prudent de ne pas repousser cet homme.Il voulait savoir où l\u2019inconnu voulait en venir.Il n'oubliait pas que juste sous sa couche, il y avait un bon paquet de fourrures.Ce qu\u2019il avait piégé depuis le début de son séjour.Et il était de plus en plus défiant en ce qui concernait la main droite de l\u2019homme, toujours obstinément enfouie dans sa poche.Il déposa le piège à renard sur une grosse souche qui lui servait de guéridon, à portée de la main et s'en fut prendre, sur le poêle qui ronflait un gros morceau de viande de caribou.\u2014 Il y a de quoi boire dans le pot de grès, ajouta-t-il, et après, je ferai chauffer le café pour nous deux.L\u2019inconnu fit entendre un grognement d\u2019approbation et s\u2019assit sans qu\u2019on l\u2019y eût invité.Il resta silencieux.Tom l\u2019observait à la dérobée.Il le trouvait de plus en plus antipathique.Qui était cet homme à tête de brute ?Ainsi qu\u2019il l\u2019avait dit lui-même, c\u2019était entendu, on ne se trouvait pas dans un salon de réception, mais tout de même, il avait bien dû voir la fumée qui montait dans l\u2019air, au-dessus du toit, il aurait pu frapper à la porte.D\u2019où venait-il ?Qui était-il ?Où allait-il ?C\u2019était la première créature humaine que Tom voyait depuis son arrivée, au début de l\u2019hiver.Cette partie de la forêt était particulièrement solitaire.Du commencement de la période des neiges jusqu\u2019au dégel du printemps, on ne voyait personne.Pas le moindre colporteur, pas d\u2019indiens ou de sang-mêlés, non, absolument personne.C\u2019était, du reste, une des raisons pour lesquelles Tom s\u2019était installé là, et y revenait chaque hiver.Il n\u2019y avait juste que Carruthers, le caporal Carruthers, de la police canadienne montée, qui passait toutes les six semaines, environ, au cours de sa grande ronde dans le district.Tom sursauta à nouveau.L\u2019homme avait grommelé quelque chose.\u2014 V\u2019s êtes trappeur, hein ?\u2014 Moi ?Oui, bien sûr.J\u2019suis pas ici pour cueillir des fraises.L\u2019autre daigna rire.Il reprit : \u2014 Y m\u2019semble que je vous reconnais.On a dû travailler ensemble, plus bas, dans le pays.Du côté de la crique.\u2014 Moi?Oh, sûrement pas.Je n\u2019ai jamais eu de.A peine les mots sortis de sa bouche, Tom se mordit les lèvres.Il s\u2019était interrompu, car il venait de constater en un instant, qu\u2019il avait commis une imprudence.L\u2019autre avait eu un rictus machiavélique.\u2014 Vous n\u2019avez jamais eu d\u2019associé.Ah, vous êtes seul.Tout seul.Tom serra les dents.Voilà où cet inconnu avait voulu en venir.S\u2019assurer qu\u2019il n\u2019avait pas à craindre l\u2019irruption subite d\u2019un compagnon de ce trappeur.Les petits yeux méchants continuaient de luire.\u2014\tEh ben ! mon vieux, vous devez être content de me voir, alors ! La solitude par ici, ça ne doit pas être folichon.Tom allait répondre qu\u2019il préférait infiniment la solitude à une telle compagnie, mais réfléchit rapidement qu\u2019il ne fallait fournir aucun prétexte à une querelle.\u2014\tOui.En effet, ce n\u2019est pas drôle.murmura-t-il.L\u2019inconnu commença de manger.On eût dit un loup dévorant une proie.Il mastiquait à grand bruit les morceaux énormes dont il emplissait sa bouche Mais il ne cessait de surveiller le trappeur qui s\u2019était assis en face de lui.et qui mangeait également.Tom commença à réfléchir au moyen de s\u2019approcher de son rifle qui était accroché dans le coin opposé au sien, dans la cabane.Une fois l\u2019arme entre ses mains, il se sentirait beaucoup plus maître de la situation.Il pourrait regarder venir les événements.L\u2019homme n\u2019était pas de la corporation, finit-il par juger.Oh ! sûrement pas.Certes, il était vêtu comme un trappeur mais l\u2019habit ne fait pas le moine.Il était suspect.Suspect comme les bas-fonds d\u2019une ville.Suspect comme une ruelle où l\u2019on voit grouiller les rats.Cette face à laquelle il manquait le hâle du grand air, ces yeux mauvais qui n\u2019avaient sans doute pas l\u2019habitude des vastes étendues.Cette bouche épaisse trop sanguine.Tom se leva, s\u2019étira, fit deux MORCEAU A QUATRE MAINS Le salon s'ouvie sur le parc Où les grands arbres d'un vert sombre, Unissent leurs rameaux en arc Sur les gazons qu'ils baignent d\u2019ombre.Si je me retourne soudain Dans le fauteuil où j'ai pris place, ]e revois encor le jardin Qui se reflète dans la glace ; Et je goûte l'amusement D'avoir, à gauche comme à droite.Deux parcs, pareils absolument.Dans la porte et la glace étroite.Par un jeu charmant du hasard.Les deux jeunes soeurs, très exquises, Pour jouer un peu de Mozart, Au piano se sont assises.Comme les deux parcs du décor.Elles sont tout à fait pareilles ; Les quatre mêmes bijoux d'or Scintillent à leurs quatre oreilles.J'examine autant que je veux, Grâce aux yeux baissés sur les touches, La même fleur sur leurs cheveux, La même fleur sur leurs deux bouches.Et parfois, pour mieux regarder, Beaucoup plus que pour mieux entendre, le me lève et viens m'accouder Au piano de palissandre.François Coppée.pas Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 11 vers le coin où était son rifle, s\u2019étira de nouveau et à fond, de façon à pouvoir atteindre son arme sans donner l\u2019impression qu\u2019il allait s\u2019en saisir.Ses doigts étaient à peut-être dix centimètres du canon luisant, et, déjà Torn éprouvait, par anticipation, la joie de le saisir, lorsqu\u2019il entendit un ordre sec, et sa main n\u2019alla pas plus loin.\u2014 Allons, mon vieux.Pas de bêtises !.Laisse ça.Compris ?Il laissa retomber ses bras le long du corps.L\u2019homme avait rapidement dégagé de la poche de sa veste, un revolver menaçant et le tenait braqué sur lui.Son ricanement cynique résonna dans la cabane.\u2014 Ah ! Ah !.Il y avait un bout de temps que j\u2019attendais ce petit truc-là.Non, mon vieux.Laisse ton fusil tranquille.Du revers de sa main restée libre, il essuya ses grosses lèvres humides de café chaud et, toujours assis, repoussa la table.Ses yeux étaient devenus plus cruels que jamais et ne cillaient pas.\u2014 Ce ne sont pas des yeux d\u2019oiseau de proie, songea Torn.Il a le regard d'un cochon sauvage.Et c\u2019était vrai.L\u2019avidité, la convoitise d\u2019un porc, dans ce regard-là.\u2014 Et maintenant, plus la peine de prendre des gants, articula l\u2019homme.Nous allons parler affaires.Tout d\u2019abord, où sont les fourrures ?Torn tenta de feindre l\u2019incompréhension.\u2014 Les fourrures ?Quelles fourrures ?\u2014 Non, sans blague ?Tu ne me prends pas pour un idiot, j\u2019espère !.Tu es trappeur, pas vrai ?Alors, amène les fourrures.Et tâche de ne pas faire le malin ou je te transforme en écumoire.Torn comprit qu'il était à la merci du gredin.Inutile de tenter quoi que ce fût, le maudit revolver était là.Il étouffa un soupir et, sans prononcer un mot, fit deux pas vers la couchette, s\u2019agenouilla.Il se mit à tirer, une à une les peaux qu\u2019il avait entassées là.Hermines, renards, martres.Il y en avait pour plusieurs centaines de dollars.Jamais sa saison n\u2019avait été si fructueuse.Et tout cela, pour un bandit.Le ciel n\u2019était pas juste.\u2014 Comment t\u2019appelles-tu ?fit l\u2019homme de sa voix râpeuse.\u2014 Tom' Greyson.répondit macnina-lement le trappeur.L\u2019autre fit une pause comme s\u2019il hésitait, puis déclara : \u2014 Moi, je suis Lew Doris.Tu n as jamais entendu parler de moi ?\u2014 Non.marmonna Torn.\u2014 Tu n\u2019as jamais entendu parler, non plus, de Matty-la-Terreur, de Chicago ?insista Doris.Tom haussa les épaules et continua d\u2019entasser les fourrures sur le sol de terre battue.Le bandit émit son gros rire et commenta : \u2014 Oui, au fait, c\u2019est assez logique.Un coin perdu comme celui-ci.Y a pas de nouvelles.J\u2019serais pas étonné que tu m\u2019dises que tu ne sais même pas si Chicago est le nom d une ville ou d\u2019un cheval.Il se tut subitement, car il lui semblait entendre un bruit insolite.Ce n\u2019était que le réveille-matin qui avait Comment Torn réussira-t-il à sauver le caporal Carruthers du piège infernal préparé par l'ignoble Lew Doris ?.résonné.Le battant de la sonnerie était coiffé d\u2019un bout de feutre.\u2014\tPourquoi ton réveil a-t-il sonné ?\u2014\tParce que d\u2019habitude, je fais une petite sieste, et c\u2019est l\u2019heure à laquelle je me réveille.\u2014 Bon.Ça va.Fais un paquet des fourrures.Nous allons les emporter, déclara Lew Doris.\u2014 Nous?.Mais je.commença Torn.\u2014 J\u2019ai dit nous.Parce que j\u2019ai encore besoin de toi.Il montra son rictus redoutable.\u2014 Ecoute bien.Tu vas te mettre à ma disposition, et filer droit.Sinon, tu te suicides, compris ?\u2014 Non.Pas compris.Vous m\u2019avez complètement dépouillé.Qu\u2019est-ce que vous voulez encore de moi ?\u2014 Tu vas me servir de guide.Ton boulot est de me mener en un endroil convenable.Je veux sortir de o damné pays.Je me suis perdu, par ic Je n\u2019y connais rien.Des arbres et de la neige.De la neige et des arbres J pourrais tourner en rond, cent sept ans et y laisser mes os.Torn Greyson avait l\u2019esprit vif.Il s\u2019était rendu compte que, pour le moment, il était à la merci de cette canaille.Et il venait de prendre le meilleur parti, en l\u2019occurrence, celui de donner l\u2019impression d\u2019une soumission et d\u2019une obéissance complètes.Après, on verrait.Tout dépendrait des circonstances.\u2014 Tu acceptes, bien entendu ?gronda Lew Doris, en jouant avec son revolver.Tu' es un jeunot, tu dois tenir à la vie.Effectivement, Tom n\u2019avait pas plus de vingt-cinq ans, tandis que l\u2019autre devait avoir atteint la quarantaine.Sans ce maudit revolver, il y avait longtemps que Tom aurait tenté sa chance dans une lutte d\u2019homme à homme.Quoique Doris le dépassât de toute la tête et donnât l\u2019impression de posséder une force d\u2019ours dont il avait déjà la carrure, Tom, lui, était mince et svelte.\u2014 Bien sûr que c\u2019est entendu, mon vieux, dit-il d\u2019un ton presque allègre C'est un coup de poisse pour moi, mais je me referai.La saison n\u2019est pas finie.\u2014 A la bonne heure.C est comme ça qu\u2019il faut parler à Lew Doris ! s\u2019exclama le bandit.Tom réussit à sourire.Il murmura : \u2014 Pressé, hein ?L\u2019autre émit un grognement qui provenait du fond de la gorge.\u2014 Tu parles, mon vieux !.J\u2019ai besoin de mettre de l\u2019espace entre les uniformes et moi.Il s\u2019interrompit, lança un regard défiant, et reprit, d\u2019un ton à nouveau menaçant : \u2014 Tâche de te rappeler que j\u2019ai descendu trois types, déjà, avant d\u2019arriver jusqu\u2019ici.Y en avait un, juste après la frontière, de ce côté-ci.Un sale policier.Et c\u2019est encore un policier que j\u2019espère détruire au prochain.Depuis que je suis dans la forêt, je lui ai fait perdre ma trace, mais si [ Lire ta suite page 13 ] m m 12 Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 ¦ Iff « »¦! rilrfi «*»*-»» *« *» * **.**##-* ?*#**#\u201d WËB o*\u201997 ' ^ Çà et là au cinéma : \"LE SAMEDI\" VOUS SIGNALE UN BEAU FILM MAGNIFIQUEMENT INTERPRETE: \u201cTHE COUNTRY GIRL\u201d Un grand rôle à succès pour Grace Kelly, avec Bing Crosby comme son partenaire.décide à engager Frank Elgin (Bing Crosby) qui a jadis connu d\u2019éclatants succès, puis a été peu à peu oublié.\u2014 Cet oubli n\u2019est que trop justifié car Frank s\u2019est mis à boire et il est désormais impossible de compter sur lui.Bernie lui fait des remontrances à ce sujet.Le chanteur cherche à l\u2019apitoyer en lui racontant la mort accidentelle de son petit garçon.Depuis ce temps, dit-il, Géorgie (Grace Kelly), sa femme, a tenté de se suicider.Elle a commencé à boire et, en mari dévoué, il la suit pas à pas.Voilà pourquoi il est essentiel qu\u2019elle accompagne la troupe à Boston.Ce sont là autant d\u2019excuses inventées par un homme qui n\u2019a plus la volonté de réagir.Géorgie, qui commence à voir Bernie Dodd (William Holden) est un jeune compositeur à la recherche d\u2019un acteur pour interpréter sa plus récente comédie musicale : The Land Around Us.Contrairement à l\u2019avis de Phil Cook (Anthony Ross), son directeur, il se clair, demande une explication à son mari.\u2014 Bernie Dodd a suggéré à Géorgie de retourner à New-York, sous prétexte que sa constante présence nuit au travail de son mari.Après son départ, cependant, les choses vont de mal en pis, et c\u2019est au poste de police que Bernie doit aller chercher l\u2019étoile de sa troupe.Avant le départ de Géorgie, le dramaturge a eu avec elle une explication orageuse, a Yissue de laquelle il commence à soupçonner la vérité.La conduite de Frank laissé à lui-même l\u2019éclaire encore davantage.Elle lui fait aussi entrevoir qu\u2019il est en train de s\u2019éprendre de la jeune femme qui, fidèle malgré tout, repoussera ses avances. Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 13 TRAPPEUR CONTRE BANDIT [«., \u201e \u201e\u201e \u201e, jamais il la retrouve, tant pis pour sa maudite carcasse.Tom sentit son sang courir plus vite dans ses artères.C\u2019était sûrement à Carruthers que Lew Doris venait de faire allusion.Dans son cerveau enfiévré, naquirent des plans, des centaines de plans qui s\u2019emmêlaient les uns dans les autres.Du calme.Du sang-froid.Et il trouverait bien le moyen de prendre sa revanche !.Il \u2014 Le piège infernal.IL venait d\u2019achever le paquet de fourrures et le lança dans un coin.Puis il s\u2019assit en face de Lew Doris.Par un effort méritoire, il réussit à donner à ses traits honnêtes et loyaux, une expression qui rappelait celle du bandit.\u2014 Ah, la police?Je ne l\u2019aime pas beaucoup, entre nous.Ils sont empoisonnants ces types-là.L\u2019année dernière j\u2019ai écopé d\u2019une amende parce que mes pièges n\u2019étaient pas légaux, paraît-il.Comme s\u2019il fallait prendre des gants et ôter son bonnet de fourrure pour les bêtes qu\u2019on capture ! Il guetta l\u2019effet de ses paroles.Lew Doris l\u2019avait regardé avec une curiosité subite.Certes, l\u2019hommes était finaud, et Tom avait sagement agi en ne plongeant pas tout de suite dans la boue pour y rejoindre le gredin.Il fallait procéder par petites étapes afin de gagner sa confiance.Doris n\u2019avait pas répondu.Tom n\u2019insista pas et demanda : \u2014 Vous avez une bonne avance sur le galon-jaune ?(Nom donné parfois aux caporaux de police, dans le Grand-Nord).\u2014 Comment sais-tu que c\u2019est un caporal ?grommela Doris.\u2014 Ben.Parce que c\u2019est le seul policier qui s\u2019occupe du district.J\u2019ai eu l\u2019occasion de le voir.\u2014 Ah, tu le connais ?T\u2019es bien avec lui ?\u2014 Non.Justement.C\u2019est lui qui m\u2019a fait des ennuis, l\u2019autre saison.Doris eut un ricanement sourd.\u2014 J\u2019ai vingt-quatre heures d\u2019avance sur lui.Il hocha la tête et lança un jet de salive sur le sol.\u2014 Un sacré ballot.Oui, ça doit être le même que le tien.Un type service-service.Je lui avais offert mille dollars pour qu\u2019il me f.la paix.Je le tenais au bout de mon revolver.Il m\u2019a envoyé me faire f.tre.Et il a disparu avant que j\u2019aie eu le temps de tirer.Tom eut une expression de mépris que Doris crut, sans doute, destinée au policier.C\u2019était bien Carruthers, songeait le trappeur.Ces deux traits le dépeignaient entièrement.Incorruptible et subtil, à la fois.\u2014 Vingt-quatre heures d\u2019avance, rumina-t-il tout haut, et en relevant la tête.Hé bien ! c\u2019est plus qu\u2019il n\u2019en faut pour vous tirer de ses pattes en toute sécurité.Doris sifflota et murmura : \u2014 Ça colle.Et.si tu te montres un bon guide, je te laisserai quelques peaux.Tu vois, je ne suis pas si méchant que ça.Tom acheva les deux gros paquets.Celui des marchandises et celui des vivres.Il annonça qu\u2019il était prêt à partir.L\u2019autre avait fixé ses yeux porcins sur le mur de la cabane, juste au-dessus de la porte.\u2014 Oh ! attends.J\u2019ai une idée.Il venait d\u2019apercevoir un fusil à deux canons, posé sur deux espèces de portemanteaux formés par des bois d\u2019orignal, ornant la paroi.Son sourire sinistre se dessina sur les lèvres épaisses, et il grogna des ordres, entre les dents aurifiées : \u2014 T\u2019as de la ficelle ?De la grosse ficelle ?Amène ça.Et puis des clous, des gros aussi.Et puis un marteau, ou quèque chose pour les planter.Et puis deux cartouches pour le flingot.Oui, celui-là.Comme Tom hésitait, car il ne comprenait pas le sens de ces injonctions, le bandit leva son revolver : \u2014 Allez, quoi !.Grouille !.Mets tout ça sur la table ! Tom Greyson s\u2019affaira, toujours sans deviner les intentions de Doris.Le bandit s\u2019empara de la ficelle, qui était forte.\u2014 Bonne cordelette.Ça fera l\u2019affaire.Il s\u2019approcha de Tom, lui appuya son arme contre les côtes et gronda : \u2014 Retourne-toi.Vite.J\u2019ai besoin de te ficeler pour un moment.J\u2019tiens pas à ce que tu m\u2019déranges pendant que je ferai mon petit boulot.Hop, demi-tour.C\u2019est ça.Tom avait obéi.Doris continua : \u2014 Passe tes deux poignets dans la boucle.Là.Comme ça.Doris serra si brutalement que la cordelette entra dans les chairs et Tom se retint de pousser une exclamation de douleur.L\u2019homme de Chicago acheva de ligoter sa victime et l\u2019obligea à s\u2019asseoir dans le coin le plus éloigné de la cabane.Puis il décrocha le fusil à deux coups et l\u2019examina comme quelqu\u2019un qui connaît toutes les variétés d\u2019armes à feu.\u2014 Epatant, jubila-t-il.La portée est bien celle qu\u2019il me faut.Ça marchera.Ça roulera, même.Il déposa l\u2019arme sur le sol et se mit à planter\tdeux\tlongs\tclous dans la crosse\tde\tnoyer\tciré.\tIl ne s\u2019arrêta \u2022 que lorsque les pointes apparurent de l\u2019autre côté, provoquant de petits éclats.\u2014 Et maintenant, à l\u2019installation de notre petite affaire.Il tira la table jusqu\u2019à la porte et d\u2019un bond étonnant pour sa corpulence se jucha dessus, faisant gémir le bois.De la main gauche, il maintint la crosse\tdu\tfusil\tcontre\tle mur, au- dessus\tde\tla porte, et\tde l\u2019autre, à l\u2019aide d\u2019un marteau, il cloua le fusil.Ceci pour obtenir que l\u2019arme pendît, en se balançant, il avait pris soin de ne fixer l\u2019arme que par un seul des clous.Il se mit, ensuite, à ajuster soigneusement le canon de l\u2019arme et à le manipuler jusqu\u2019à ce qu\u2019il eût obtenu ce qu\u2019il voulait.Le fusil était placé de telle manière qu\u2019il menaçait quiconque se trouvait sur le seuil.Satisfait, Doris fixa définitivement la crosse à l\u2019aide du deuxième clou.Il attacha ensuite, ce qui restait de la cordelette ayant servi à ligoter Greyson, à la gâchette droite, puis la gâchette gauche commandant le double canon.L\u2019arme fut chargée.Pour plus de sécurité, le bandit avait coincé le cran d\u2019arrêt.Il fixa, enfin, l\u2019extrémité de sa grosse ficelle à la poignée de la porte, et relâcha le cran de sûreté du fusil.Il sauta à bas de la table.Son revolver repris au poing, il coupa rapidement les liens qui immobilisaient Tom.\u2014 Passe les colis par la fenêtre, grommela-t-il.La porte est condamnée.maintenant.On va sortir par le Un artiste populaire de la Radio et de la Télévision nous explique comment il évite les succédanés quand il demande Aspirin.Jean-Pierre Masson BAYER ASPIRIN\\ IDAHO OfACttntAUCVlIC ACIO dit: \u201cPour être certain d\u2019obtenir *Aspirin et rien d\u2019autre, j\u2019exige toujours la boîte portant le nom Bayer imprimé en forme de croix !\u201d Un produit Marque Déposée PRENEZ ASPIRIN POUR UN SOULAGEMENT RAPIDE DES MAUX DE TÊTE ET DES MALAISES DUS AU RHUME, À LA NÉVRITE, À LA NÉVRALGIE ET AU RHUMATISME ?Marque Déposée ON S'ABONNE EN TOUTE SAISON Un magazine comme LE SAMEDI offre le même intérêt du 1er janvier au 31 décembre.Si vous n'avez pas pris déjà la bonne habitude d'acheter régulièrement votre Samedi chez le même dépositaire, remplissez le coupon d'abonnement ci-dessous et vous le recevrez chez vous, chaque semaine.Ne manquez pas de lire, dans chaque numéro, une nouvelle tranche de LA TRAGEDIE DE LA RUE FONTAINE-AU-ROI par PIERRE NINOUS \u2014 COUPON D\u2019ABONNEMENT- CANADA fe Samedi : 1 °\" .$5.00 6 mois .2.50 IMPORTANT : \u2014 Marquez d'une croix O s'il s'agit d'un renouvellement.Nom.Adresse.Province.\tPOIRIEI\t1, BESSETTE & CIE,\tI T f f\t97B-9S5 rue de Bullion Ul1,\tMONTREAL 1«, P.Q. 14 même endroit.Et que ça saute, hein.Plus de temps à perdre ici.Tom Greyson n\u2019arrivait pas à réprimer le frisson d\u2019horreur qui l'avait saisi.Il était devenu livide.Il avait les yeux rivés sur le fusil, au-dessus de la porte.Il avait compris le sens de cette installation.Une sorte de machine infernale qui, au moindre attouchement du bouton de porte, cracherait la mort sur la tête de quiconque entrerait ! \u2014 Dites, bégaya-t-il.Je.Qu\u2019est-ce que.Vous avez préparé ça pour.C\u2019est un piège que.Il ne parvenait pas à articuler clairement ses phrases.Sa langue était sèche comme un morceau de semelle de vieille botte.Et, dans sa gorge, une boule énorme qui l\u2019étouffait.\u2014 Crois-tu que c\u2019est joli ?gouailla férocement Lew Doris.Le rictus hideux s\u2019épanouissait sur les lèvres molles.Le bandit précisa avec un geste fatal : \u2014 Plus besoin de se presser, maintenant.Le galon-jaune va retrouver mes traces dans la neige.Ça l\u2019amènera jusqu\u2019ici.Il comprendra que je suis entré chez toi.Il ouvrira la porte et.Rran ! en plein crâne ! Parti chez le diable, le policier de malheur !.Les raquettes aux pieds, ils glissaient, l\u2019un à côté de l\u2019autre, en silence dans la neige, à travers les sentiers de la forêt immense de Speckwood.Tom connaissait les endroits que l\u2019on pouvait aborder, ceux qu\u2019il fallait éviter.A un moment donné, il prit la tête, car les défilés étaient devenus forts étroits.Le bandit suivait de très près, son revolver à portée immédiate de la main, dans la poche de la grosse veste de cuir.La charge de Tom était lourde.La neige épaisse et vierge s\u2019amoncelait sur ses raquettes et finissait par peser, elle aussi.Il avait des gouttes de sueur au front.Mais plus lourd que tout, que le fardeau qui lui sciait les épaules et que la neige qui durcissait sur les cordes de la raquette, était le coeur de Tom Greyson.Il pensait sans arrêt au caporal Car-ruthers, à ce bon, ce gai Jimmy, dont l\u2019oeil était rieur, dont l\u2019âme était d\u2019une proverbiale générosité, ce vrai copain.Jimmy Carruthers qui devait se hâter sur la piste du bandit, et que chaque minute rapprochait sans nul doute de la cabane abandonnée.Cette cabane où l\u2019attendait une mort cruelle, impitoyable et certaine.Tom songeait.Il savait que le fusil tuerait.Il avait vu les préparatifs minutieux.Il avait pu juger de l\u2019habileté avec laquelle Lew Doris avait tout mis en place.\u2014 Et je ne puis rien, rien pour empêcher ça !.C\u2019était à devenir fou.Il aurait voulu hurler, se retourner, attaquer le misérable aux yeux porcins.Crever ces yeux maudits, déchirer ces oreilles, marteler cette face haïe.Mais quoi, il était dans l\u2019impossibilité d\u2019agir.Au moindre mouvement suspect, il déchaînerait le misérable et recevrait une demi-douzaine de balles à travers le corps.Il était prêt à sacrifier sa vie pour son ami.Mais qu'au moins, le sacrifice fût utile.A quoi bon se faire tuer avant de n\u2019avoir rien pu faire.Et faire quoi ?Et toujours la pensée obsédante.Il imaginait la scène.Carruthers arriverait, un sourire de triomphe aux lèvres.Il siffloterait le petit air que connaissait Tom, il ouvrirait la porte, s\u2019apprêterait à demander si son ami n\u2019avait pas vu un homme dont la des- cription devait être gravée en son esprit, et.Le fusil cracherait une flamme, non deux flammes.Carruthers tomberait foudroyé, atteint en pleine tête.Il y avait des larmes dans les yeux du trappeur.Il y avait aussi une haine terrible contre celui qui marchait derrière lui.Ses lèvres tremblaient de rage douloureuse.Soudain, il tomba, après avoir buté contre une racine dissimulée dans la neige.Il se releva, continua sa route.Il n\u2019avait pas vu l\u2019obstacle, il ne voyait rien.Il allait, mécaniquement, par réflexe, en aveugle, dans ses glissades courtes, un pied.l\u2019autre pied.un pied.l\u2019autre.et seul son instinct le guidait.D\u2019autres racines.D\u2019autres chutes.Il se relevait à chaque fois, époussetait ses vêtements couverts de neige, et reprenait la piste.Vers la dixième chute \u2014 dixième ou onzième ?il n\u2019en savait rien \u2014 le bandit grommela avec fureur : \u2014 Alors, quoi, t\u2019es saoul ?Tu n\u2019peux pas tenir sur tes quilles ?\u2014 Je m\u2019étais tordu une cheville il y a trois jours.Ça redevient sensible.répondit-il.\u2014 Bon.Alors, on va s'arrêter, ici.Y doit être midi, je pense.On va manger quelque chose.Tom savait bien que l\u2019autre ne le ménageait que parce qu\u2019il avait besoin de lui.Il obéit et stoppa.Les arbres s\u2019élançaient droit vers le ciel.Il regarda là-haut.A travers les branches chargées de neige, on voyait des lambeaux d\u2019azur.Quelque part, plus loin encore, au-dessus des têtes, on devinait, dans une sorte de nuage ambré, la présence d\u2019un pâle soleil.On marchait depuis huit heures du matin.\u2014 Tu m\u2019emmènes de quel côté ?demanda Lew Doris.\u2014 Vers le lac Pikawa.Vous trouverez la ville de Pikawa un peu après.On change de province.Vous y serez tranquille.\u2014 D\u2019autant plus tranquille \u2014 s\u2019es- claffa le bandit \u2014 que le mouchard ne pourra plus me signaler et que.Il se tapa sur la cuisse.\u2014 Ah, la bonne blague, continua-t-il.Je n\u2019y avais pas pensé ! Mais, mon vieux, tu ne pourras plus retourner à la cabane.C\u2019est toi qu\u2019on accusera de la mort du galon-jaune ! Tom ne répondit pas.Il y avait longtemps qu\u2019il avait songé à cela aussi.\u2014 Dis donc \u2014 reprit l\u2019autre de sa voix râpeuse \u2014 tu es sûr de ta route, au moins ?Je m\u2019demande comment tu peux t\u2019y reconnaître !.Pour moi, tout est pareil.Tom répliqua sèchement : \u2014 Ce ne serait pas la peine d\u2019être trappeur, alors, si je devais me perdre.Je connais la forêt autant que vous pouvez connaître les allées des bas-fonds de Chicago.\u2014 Tant mieux, parce que si jamais tu cherchais à me.\u2014 Oh, la ferme !.rugit tout à coup Tom Greyson.\u2014 Quoi ?Qu'est-ce que c\u2019est ?Monsieur se permet de.Les yeux porcins s\u2019étaient rétrécis et devenaient redoutables.La mâchoire inférieure du gredin s\u2019avança.La main droite saisit le revolver dans la poche.Tom allait lui cracher son mépris, sa haine, au visage.Il se tut.A quoi bon ?Ce n\u2019était pas un homme, ce Lew Doris, mais une brute.Il ne comprendrait même pas.Une machine à tuer, sans coeur, sans aucun sentiment.Alors, que faire contre un être pareil qui n\u2019hésiterait pas une parcelle de seconde à tirer, s\u2019il se doutait que son guide n\u2019avait pas la moindre intention de le guider vers le lac Pikawa ?Se taire et attendre.Il laissa retomber sa tête sur la poitrine et soupira avec lassitude.\u2014\tEh bien !.J\u2019écoute.fit le bandit.Tu voulais dire quelque chose, mon vieux ?Vas-y.Explique.Tom fit un geste vague de la main.\u2014\tNon.Rien.Ça va.Lew Doris eut un rire qui le secoua.Il avait fort bien remarqué la révolte Le Samedi, Montréal.26 février 1955 de Tom.Et il constatait qu\u2019elle était matée.Il abaissa son revolver et grommela : \u2014 T\u2019as raison.Boucle-la, ça vaut mieux.Et passe-moi la viande.Tout en mâchant bruyamment.Doris se mit à bavarder : \u2014 J\u2019ai appris ce truc-là à Chicago.Une fois, le patron de la bande, Matty-la-Terreur, avait à se venger d\u2019une autre bande qui était commandée par un nommé Jock-le-singe.On l\u2019appelait le singe parce qu\u2019il était poilu comme un gorille.« Ben, ça a fonctionné comme un mécanisme d\u2019horloge.Le Jock a ouvert sa porte.Ah ! mon vieux.Si t\u2019avais vu ça.Toute la charge dans la tête.Elle a été décollée.C\u2019était marrant.Nous, on était dTautre côté de la rue.On a vu ça.On aurait dit que c\u2019était un coup de vent qui lui avait décroché la caboche.Et quek-chose a roulé, jusqu\u2019aux roues de l\u2019auto dans laquelle on s\u2019tenait.On n\u2019aurait jamais reconnu la tête de Jock, si on n\u2019avait pas su que c\u2019était lui.Tous se rendaient compte que ce récit atroce était l\u2019expression de la vérité.Le bandit ne possédait assurément pas suffisamment d\u2019imagination pour l\u2019inventer.Alors, juste ciel, c\u2019était ce qui allait arriver à Carruthers ?La tête littéralement emportée !.Ill \u2014 Le combat dans la neige.CE fut vers la fin de ce repas hâtif que le trappeur prit sa décision.Immédiatement, son pouls se mit à battre deux fois plus vite.Il sentait son coeur bondir dans la poitrine, il éprouvait de la gêne pour respirer librement.Puis, après une minute, tout redevint calme, extraordinairement calme Le sourire imperceptible de Tom Greyson apparut et disparut.Il se rappela comment, tout enfant, il avait appris à plonger.On l\u2019avait hissé à une hauteur de cinq mètres.Impossible de redescendre.Il fallait se jeter à l\u2019eau ou rester là jusqu\u2019à la nuit, jusqu\u2019au lendemain.Ainsi en avait décidé le papa qui voulait lui enseigner l\u2019énergie.Il avait regardé le ciel, l\u2019eau, fermé les yeux, et les avait rouverts à la dernière seconde.Pour voir l\u2019ennemi à vaincre, en face.\u2014 T\u2019as du tabac ?beugla le bandit.Il tira de sa poche, une blague gonflée, du papier à cigarettes, et tendit le tout.\u2014 Non.Roule-moi une sèche toi-même.Je la collerai.Ah, il était bien sur ses gardes !.Mais Tom agirait quand même.Il donna la cigarette que l\u2019autre prit d\u2019une main.Pendant qu\u2019il la portait à ses levres, Tom prit l\u2019immense ha-vresac ou il avait entassé sa charge et fit mine d\u2019enfiler une bretelle, comme s\u2019il allait la remonter sur ses épaules.Mais vif comme l\u2019éclair, il s\u2019accrou-prit à demi, l\u2019agrippa des deux mains et avec un han ! de bûcheron, l\u2019abattit sur Lew Doris.Le gredin avait vu venir l\u2019attaque Son premier mouvement avait été de braquer son revolver.Son second, d\u2019éviter la chute du havresac.Ce fut cette brève hésitation qui le perdit.Le choc l\u2019atteignit en pleine poitrine et il culbuta en arrière sur la neige.Tom Greyson était déjà sur lui.Il avait plongé furieusement.Il était retombé allongé sur le bandit, et le double poids enfonça celui-ci dans l\u2019épaisseur de la neige.Ah, sal.d !.A mon tour, maintenant !.rugit le trappeur.\tL\t'HOROSCOPE\t\t\t\t\tDU\tr\t'SAMEDI\t\t\t\tr r\t \t\t\t\t\t(Nouvelle série)\t\t\t\t\t\t\t\t\t )7U TU?-\t\t\tfV /)\t\t\tJj>n A\t\t\t\t\t\t\t\t 6\t3\t5\t\u201c82\t7\t4\t6\t3 V\t\t8\t2\t5\t4\t7\t3\t8 D\tN\tV\tV M\tP\tP\tE\tA\t0\tE\t0\tE\tR\tB\tT 8\t4\t7\t3 6\t5\t8\t2\t7\t4\t7\t3\t6\t2\t5\t8 R\tR\tE\tU G\tU\tE\tN\tN\tI\tE\tS\tR\tA\tS\tE 8\t4\t7\t2 5\t4\t6\t3\t8\t5\t2\t7\t6\t3\t5\t7 T\t0\tZ\tG E\tD\tA\tE\t0\tT\tE\tP\tN\tZ\tE\tL 7\t5\t3\t8 4\t7\t2\t6\t4\t5\t3\t8\t6\t2\t7\t5 U\tS\tP\tI E\tS\tZ\tD\tI\tC\tA\tL\tS\tV\tD\tH 8\t4\t7\t2 5\t7\t6\t3\t7\t4\t5\t2\t6\t8\t3\t5 E\tN\tE\t0 A\tX\tS\tS\tE\tA\tN\tS\tU\tB\tD\tC 8\t4\t7\t3 6\t5\t2\t8\t4\t7\t3\t6\t5\t2\t7\t4 R\tC\tR\tE C\tE '\tY\tI\tT\tC\tL\tC\tU\tE\tI\tI 8\t3\t7\t2 4\t8\t5\t6\t3\t7\t4\t8\t6\t2\t7\t3 L\tA\tC\tU V\tL\tX\tE\tT\tE\tE\tE\tS\tX\tS\tV Comptez les lettres de votre\t\t\t\t\t\tprénom.Si le nombre de lettres est de 6\t\t\t\t\t\t\t\t ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t.Vous\t\taurez alors\tvotre chiffre-clef\t\t\tEn\tcommençant\t\t\tau\tîaut\tdu\trectangle pointez\t\t\t chaque chiffre-clef de gauche à\t\t\t\t\t\tdroite.Ceci fait,\t\t\t\tVOUS\tn\u2019aurez\t\tau\u2019à lire\t votre\thoroscope donné\t\t\tpar\tles\tmots que forme\t\t\t\tle pointage\t\t\tde\tvotre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph,\t\t\t\t\t\t\t\t\tvous soustrayez 4 et\t\t\t\t\tvous aurez\tcomme\t\tclef le chiffre\t\t2.Tous\t\tles chiffres 2 du\t\t\t\ttableau\t\tci-dessus\t représentent votre horoscope.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t Droits\t\tréservés 1945, par William, J.Miller, King Features, Inc.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 15 L\u2019un après l\u2019autre, ses poings durs comme fer atteignirent la face molle de Lew Doris et y laissèrent des traces sanglantes.Le bandit se rendit compte de la force de l\u2019assaillant, force qui était décuplée par la rage légitime de Torn.Il était tombé fort maladroitement, juste au moment où il avait porté la main à la poche où était le revolver et l\u2019étreinte du trappeur lui clouait ce bras contre la hanche.Mais il possédait une vigueur herculéenne.D\u2019un coup de reins désespéré, U parvint à se dégager suffisamment pour etre a meme de se servir de l\u2019arme.Tom lacha tout pour agripper le poignet.Juste à temps.Les deux coups de feu éclatèrent, furent détournés, et ne produisirent qu\u2019une chute de branches, dans un amoncellement de neige.Maintenant, la lutte pour le revolver !.Les deux mains de Tom s\u2019accrochaient avec l\u2019énergie du désespoir.La neige les glaçait et les brûlait à la fois.Elle volait de tous côtés, ils s\u2019y enfonçaient de plus en plus.Les deux corps roulaient à droite, à gauche, se débattaient, se heurtaient.Et Tom sentait qu\u2019il commençait à avoir le dessus.Car lui, il était habitué à cette sensation pétrifiante, à ce froid qui s\u2019insinuait partout, sous les vêtements, dans les yeux, les oreilles, la bouche.Tandis que le bandit de Chicago, l\u2019homme des villes, en subissait lentement l'action de paralysie grandissante.Soudain, Tom Greyson lâcha le poignet d\u2019une main, et assena un coup de poing terrible dans la face déjà blessée.Il sentit que l\u2019autre relâchait son étreinte.Il se cramponna de nouveau au poignet et tenta de le tordre, en une secousse.Un juron furieux de Lew Doris.L\u2019arme venait de lui échapper et après avoir tracé une trajectoire dans l\u2019air, avait disparu dans la neige ! Première étape vers la victoire.Car, désormais, c\u2019était un corps à corps d\u2019homme à homme.Une ivresse de bataille était montée au cerveau de Tom Greyson, et il assenait coup sur coup, sans ressentir la moindre douleur de ceux, pourtant redoutables, qu\u2019il recevait.Le bandit tenta de lui enserrer le cou avec sa large patte.Le trappeur sentit le pouce de l\u2019adversaire à portée de sa bouche.Comme un loup, il mordit et entama largement la chair.Un hurlement de douleur retentit, le bandit se relâcha presque Complètement- Aussitôt, Tom s\u2019accrocha à la gorge de Doris.Ses doigts s\u2019enfoncèrent dans une chair aussi molle que celle de la face.Les yeux porcins s\u2019exorbitèrent.L\u2019homme ouvrit la bouche, exhala une sorte de râle.Le trappeur serrait toujours.Il savait que cette lutte était pour sa liberté, pour sa vie.La résistance s\u2019affaiblit.Il ne lâcha pas prise.Elle s\u2019affaiblit encore.Les traits étaient violacés.Une grimace hideuse les contractait.La langue gonflée commençait d\u2019apparaître énorme dans la bouche désespérément ouverte pour happer un peu d\u2019air.Un gargouillis s\u2019échappa de la gorge du bandit.Le visage tournait au brun verdâtre, puis 0 perdit toute couleur.Les yeux étaient presque entièrement révulsés.La résistance était totalement abolie, à présent.Le corps ne traduisait plus la vie que par des mouvements spasmodiques de plus en plus espacés.C\u2019était une véritable soif de meurtre qui avait gagné Tom Greyson.Il était dominé par l\u2019effrayant désir de serrer quelques secondes encore pour ôter le dernier souffle, pour ne plus sentir qu\u2019une masse palpitante et inerte à la fois.Mais il eut un sursaut de conscience- \u2014 Je ne suis pas un assassin ! \u2014 et ses doigts abandonnèrent d\u2019eux-mêmes le cou où ils avaient si profondément imprimé leurs traces.Il haleta, les yeux écarquillés et fixés sur les marques violacées dans la chair de l\u2019ennemi.Puis il se souvint du revolver.Vite.Avant que l\u2019autre ne fût revenu à lui.Il finit par retrouver l\u2019arme dans la neige.Il se hâta également de rattacher ses raquettes qu\u2019il avait perdues \u2014 comme Doris, d\u2019ailleurs \u2014 durant cette lutte farouche.Et il attendit, frémissant, l\u2019arme au poing.Le bandit ouvrit les yeux après cinq longues minutes.Il vit le trappeur qui le guettait et qui, dans un cri de victoire, proclama : \u2014 La roue a tourné, Doris!.C\u2019est moi qui commande, à présent !.Enfile tes raquettes.Prends la charge sur ton dos.Et demi-tour, par le flanc droit.Nous retournons chez moi !.Lentement, avec les mouvements de fureur d\u2019un ours dompté, le gredin se mit en devoir d\u2019obéir.Il laça péniblement les raquettes lancées dédaigneusement par Tom.\u2014 J\u2019aurais pu t\u2019achever, articula le trappeur.J\u2019en avais le droit ! Mais je préfère laisser cette besogne au bourreau.Tu te balanceras au bout d\u2019une corde, Lew Doris !.Le bandit se passa les mains à plusieurs reprises sur le cou, là où Greyson avait serré si fort.On eût dit qu\u2019il y sentait déjà la corde promise par son vainqueur.Il comprenait que celui-ci n\u2019aurait pas plus de pitié pour lui, qu\u2019il r.\u2019en avait montré lui-même.Tom respira l\u2019air pur avec délices.Comme tout était beau, comme la forêt était donc son amie, plus que jamais.Il avait envie de sauter et de rire à gorge déployée.Une demi-heure auparavant il était dans la tristesse et le désespoir.Tandis que désormais !.Même le soleil avait fini par vaincre la gangue de nuages #et lançait des rayons généreux.Dès que son prisonnier \u2014 car Lew Doris était son prisonnier, maintenant, ah ! ah ! \u2014 aurait achevé de lacer ses raquettes, on se remettrait en route pour regagner la cabane.Et Tom qui sentait en lui tout l\u2019optimisme du monde, calculait qu\u2019on y serait avant la nuit.Comme, d\u2019après le bandit, Carruthers avait vingt-quatre heures de retard, il serait encore grandement temps de modifier l\u2019état de choses, de démolir ce piège infernal, dell gronda d\u2019un ton autoritaire : \u2014 Alors, quoi !.C\u2019est bientôt fini de mettre les raquettes ?A mon tour de te dire que si ça ne va pas plus vite, je te loge un pruneau dans les côtes !.Non, je ne te tuerai pas, mais je.Sa phrase resta inachevée dans sa gorge.Quelque chose d\u2019angoissant, d\u2019imprévu, de cruel venait de se produire.Le bandit, toujours accroupi sur un genou, venait de fouiller rapidement sous son bras gauche et quelque chose de noir avait apparu dans son poing ! Au même moment, une détonation éclata dans l\u2019air tranquille.Puis une deuxième, une troisième.ce n\u2019était pourtant pas Tom qui avait tiré.Une balle lui siffla aux oreilles, une autre l\u2019atteignit à l\u2019épaule droite, elle était mieux ajustée, hélas, cette deuxième balle !.Et elle rendit le bras inutilisable.Le revolver si chèrement conquis tomba une deuxième fois dans la neige ! Le revolver que Doris avait tenu caché, en réserve, aboya encore sinistrement jusqu\u2019à épuisement du char- geur.Les projectiles continuèrent de siffler autour de Tom comme des mauvais génies.L\u2019un d\u2019eux l\u2019atteignit encore à la tempe.Il éprouva une cuisson, comme celle qui provient d\u2019un coup de rasoir.Et alors, il lui sembla que son corps se vidait de sa force.Il sentit ses jambes se dérober sous lui, comme si elles étaient en chiffon.Il s\u2019écroula\u2014 Il avait la sensation de continuer à tomber, tomber sans arrêt dans un gouffre.Des pensées, confuses se pressaient pêle-mêle dans sa tête.La dernière chose qui s\u2019incrusta dans son esprit fut la vision du bandit, qui, un rictus terrible dans sa face tuméfiée, se ruait en avant et l\u2019assommait avec la raquette qu\u2019il avait feint d\u2019attacher en dernier et dont il venait de s\u2019armer.Il reçut le coup furieux assené avec l\u2019armature que le misérable avait empoignée de façon à l\u2019atteindre avec la partie la plus épaisse.Le reste se passa comme un film qui se décroche et se déroule trop vite.C\u2019était drôle.Il ne ressentait aucune douleur.Ah! pourquoi n\u2019avait-il pas fouillé le gredin ?Il aurait dû y penser plus tôt.Un gangster de cette envergure devait posséder plus d\u2019une arme sur lui.Bah !.C\u2019était fini.Plus aucune chance.Pauvre Carruthers ! Tom s\u2019évanouit sans avoir eu le temps de penser à lui-même et à ce qui allait lui advenir.IV \u2014 Désespoir.Ce ne fut que de longues minutes plus tard qu\u2019il revint à lui.Une souffrance aiguë lui torturait le corps.Pas un endroit qui ne fût endolori.La réaction du combat\u2014 Et aussi le résultat des coups dont le bandit l\u2019avait roué jusqu\u2019à ce qu\u2019il en fût fatigué.Une sorte de nuage flottait devant ses yeux et l\u2019empêchait de distinguer clairement.Il vit la silhouette de Lew Doris, debout devant lui.L\u2019homme était encore plus hideux qu\u2019aupara-vant.Sa face était totalement tuméfiée à présent, et le sang qu\u2019avait fait couler le trappeur, avant son éphémère victoire s\u2019était coagulé en taches noirâtres que l\u2019autre avait négligé d\u2019essuyer.¦\u2014Je dois être pareil.songea Tom, malgré lui.Sa deuxième pensée fut pour constater qu\u2019il était toujours en vie.\u2014 Il ne m\u2019a pas tué?Etrange!.Pourquoi ?La réponse ne devait pas tarder, Lew Doris se chargea de la fournir.Il ricana, montrant ses dents en or : \u2014 T\u2019as de la veine.Si on avait été vers le lac Pikawa, t\u2019en serais pas revenu.Je devrais t\u2019expédier dans l\u2019autre monde, mais j\u2019ai encore besoin de toi, pour me guider ! Tom bégaya, le coeur lourd, un immense désespoir l\u2019emportant à la dérive et lui ôtant jusqu\u2019au désir de vivre : \u2014 Inutile.Ne compte pas sur moi.Crever maintenant ou plus tard ! Tu ne penses pas que je vais te conduire ?Finis ton boulot et laisse ma carcasse pour les loups.Le rictus de Doris s\u2019améliora.C\u2019est-à-dire que le bandit tenta de montrer une expression qu\u2019il voulait amicale.\u2014 Ecoute, dit-il.Montre-moi la route, et.ma foi, j\u2019oublierai ce qui s\u2019est passé.Marché conclu ?Tom se remit péniblement sur ses jambes et se mit à panser sa blessure à l\u2019épaule comme il put.Il ne croyait pas un mot de ce que promettait le misérable, il était certain que l\u2019autre l\u2019abattrait dès qu\u2019il jugerait qu'il pouvait se passer de son guide./witi gratis! m SEMAINE oHeddamU- Oui, vous pouvez gagner cette somme et avoir vos propres robes GRATIS en montrant à vos voisines et amies de jolies Robes Fashionables très populaires aux U.S.Vous prenez les commandes oue vous nous envoyez.Généreuses commissions versées d\u2019avance.Aucune expérience requise.Nous livrons et percevons.Obtenez tous renseignements sur cette offre remarquable et 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cuisants.Il avait tout gâché par irréflexion.Il se disait que si même, cette nuit, il entrevoyait quelque nouvelle occasion, ce serait trop tard pour retourner à la cabane, à temps, pour empêcher Car-ruthers de donner dans le piège abominable.Et c\u2019était ce qui le torturait le plus, ce brave coeur.Il acceptait son destin sans fléchir, mais il était infiniment malheureux à la pensée du camarade au galon jaune qui allait être tué par sa faute.\u2014 Oui, ma faute, se répétait-il.J\u2019ai été un pauvre type sans cervelle, un vrai débutant.Je me suis laissé rouler par cette fripouille, comme un enfant au maillot.Il resta planté sur ses jambes, vacillant un peu.Puis il sentit qu\u2019il était plus solide qu\u2019il ne l\u2019aurait cru.Une décision nouvelle apparut dans son regard qui devenait plus assuré.\u2014 Je n\u2019ai qu\u2019un bras de valide, mais n\u2019importe.Je vais lui sauter dessus.Coûte que coûte.Je vais le réduire à ma merci.Il doit être fatigué, lui aussi.Et, cette fois, je le tuerai !.Je ne commettrai pas la même bêtise.Mais l\u2019autre venait de placer un nouveau chargeur dans le revolver et lui enfonça le canon dans les reins.\u2014 Allons !.Prends le paquet sur ton dos.Et en route.Il tenta de protester, d'expliquer que son épaule.\u2014 M\u2019en fous de ton épaule!.T\u2019as qu\u2019à t\u2019en prendre à toi-même !.Le bandit grommela cette brutale réponse accompagnée d\u2019un coup de poing sur l\u2019endroit sensible qui se mit à saigner, à travers la toile du pansement.Sans rien dire, Tom enfila les bretelles et mit le fardeau en place.Les cordes mordaient férocement dans ses chairs.Il serrait les dents pour ne pas gémir.Dans ses yeux, la lueur ne s\u2019éteignait pas pourtant.Il savait, oui, il savait qu\u2019il aurait le dernier mot.La marche reprit à travers la forêt.Le soleil continuait d\u2019éclairer le paysage et ses rayons faisaient étinceler la neige dès que les ramures des arbres s\u2019écartaient, dans le sentier, pour leur faire un peu de place.Tom calculait sans arrêt.Il connaissait l\u2019heure d\u2019après la position de l\u2019astre du jour, il aurait pu la donner à dix minutes près.\u2014 Dans combien de temps serons-nous au lac ?\u2014 Faut compter marcher jusqu\u2019à la nuit.Nous avons été retardés.marmonna Tom.\u2014 Par ta faute, bougre de.Et ensuite ?.Nous serons arrivés ?\u2014 Non.Mais nous n\u2019en serons plus loin.Il y a une cabane par là où nous pourrons attendre l\u2019aube.\u2014 Nous marcherons cette nuit !.gronda Lew Doris.\u2014 Impossible.Peux pas trouver mon chemin dans l\u2019obscurité.Et puis il y a des loups par ici.Ils sortent après le coucher du soleil.Le bandit n\u2019insista pas.Il était fort endolori par la lutte et il sentait qu\u2019il ne pourrait plus aller bien loin sans repas.Le seul réconfort qu il éprouvait était de voir le trappeur traîner la jambe et souffrir une agonie, avec ce lourd havresac sur le dos.L\u2019épaule blessée ne saignait plus, mais le pan- sement était saturé de rouge sombre.Le crépuscule commença à venir.Ce fut Lew Doris qui donna le premier, des signes de fatigue.Il ordonna une halte.\u2014 Si tu tiens à te faire dévorer par les loups \u2014 l\u2019avertit Tom \u2014 tu n\u2019as qu\u2019à passer la nuit dehors.\u2014 Je n\u2019en ai pas rencontré la nuit précédente ! \u2014 Parce qu\u2019ils sont dans les parages vers lesquels nous nous dirigeons.C\u2019est beaucoup plus dangereux par ici.\u2014 Alors?.Et cette cabane?Elle est loin encore ?\u2014 Non.J\u2019espère l\u2019atteindre avant que la nuit soit complètement tombée.Mais faut pas s\u2019amuser.Il partit en avant, sans plus attendre, et Doris fut bien obligé de le suivre.A partir de ce moment, Tom ne fit plus entendre un mot.Le gredin tentait, par moments, de lui adresser la parole, mais il ne répondait que par un grognement confus.\u2014 Damn you ! hurla finalement Doris.Tu ne pourrais pas faire aller un peu ta langue, quand je te questionne ?Il se retourna, dévisagea le bandit, puis reprit sa marche.Malgré son absence de sensibilité, malgré la cuirasse de pierre qui paraissait lui entourer le coeur, Doris se sentit mal à l\u2019aise devant ce regard.L\u2019expression, dans les yeux bleus de Tom Greyson, était implacable.Une haine à mort.Le bandit ne s\u2019y trompa pas et se promit de veiller.\u2014 Dès que nous aurons atteint le lac \u2014 se dit-il \u2014 je le liquide définitivement.Sa promesse de laisser la vie sauve au trappeur ne pesait pas lourd chez lui.Ce n\u2019était pas la première fois qu\u2019il serait parjure.Mais, toutefois, il prendrait garde de ne pas laisser comprendre à son guide ce qui se passait dans son esprit.Et il lui parla encore, malgré le mutisme obstiné de l\u2019autre.Il fit allusion au marché convenu, il affirma que, dès qu\u2019il n\u2019aurait plus besoin de Greyson, il le laisserait aller où bon semblerait au trappeur.La forêt devenait plus obscure.Et le guide paraissait marcher plus vite.Doris lui cria de ralentir.Greyson obéissait, mais après quelques minutes, il augmentait insensiblement et progressivement, la cadence des foulées, jusqu\u2019à ce qu\u2019un nouvel hurlement du suiveur lui donnât à deviner que l\u2019autre s\u2019épuisait de plus en plus.L\u2019absence de conversation commençait à provoquer une tension de nerfs chez le bandit.Greyson se comportait comme s\u2019il avait été seul.Il n\u2019a- dressait même plus un regard derrière lui.La forêt devenait mystérieuse, redoutable.Lew Doris jetait fréquemment les yeux à droite et à gauche, comme s\u2019il s\u2019attendait à voir surgir la silhouette du policier qui l\u2019avait traqué les jours précédents.Le moindre craquement insolite le faisait sursauter, à présent.Des oiseaux au vol lourd prirent leur essor au passage des deux hommes, et Doris appuya, sans s\u2019en rendre compte, sur la gâchette de son revolver.La détonation éveilla des échos jusqu\u2019au fond de la forêt.Greyson n\u2019avait même pas tourné la tête.Une demi-heure plus tard, il intima l\u2019ordre de s\u2019arrêter.Des craquements suspects l\u2019avaient alarmé.Ses yeux étaient emplis de fureur et de crainte sourde.\u2014\tIl y a quelqu\u2019un qui rôde autour de nous !.\u2014 Non, il ne peut y avoir personne ! \u2014\tCes frôlements que nous entendons.Si jamais tu m\u2019as fait tomber dans un piège, je.Greyson eut un sourire amer.Un piège ?Comment aurait-il pu l\u2019organiser ?Avait-il vu quelqu\u2019un depuis que ce Lew Doris était arrivé à sa cabane, pour son malheur ?\u2014 C\u2019est une bête qui fuit, assura-t-il.Ils atteignirent une petite clairière.Aux dernières lueurs du jour, le trappeur montra des traces dans la neige.\u2014 Voilà les marques du passage de l\u2019animal.\u2014 Es-tu capable de reconnaître quelle sorte c\u2019était ?\u2014 Bien sûr, puisque c\u2019est mon métier.Un lynx.\u2014 Ah, ce n\u2019était pas un loup ?Greyson hocha négativement la tête.Non, ce n\u2019était pas un loup.Il se garda soigneusement de révéler que cette histoire de loups n\u2019était que pure invention de sa part.Mais il avait remarqué l\u2019effet produit sur l\u2019homme qui le tenait à sa merci et compris que c\u2019était le seul moyen de l\u2019obliger à marcher pour atteindre le but qu\u2019il s\u2019était secrètement assigné.\u2014\tUn lynx ?\u2014 demanda Doris \u2014 c\u2019est dangereux ?\u2014\tÇa dépend.Quand il est affamé, il s\u2019attaque à l\u2019homme.Mais \u2014 reprit le trappeur \u2014 faut faire attention aux loups.Et cette nuit, il y en aura qui rôderont.Lew Doris grinça des dents.Il en avait assez de cette contrée maudite.Rien que de la neige et des arbres.Il avait hâte de se retrouver en un endroit civilisé, quel qu\u2019il fût, de fouler un pavé solide, de voir des maisons, des lumières, des rues.\tm \t \tb \t \t \\ \",\t4 ¥ \t M\t »;\u2022\t ¦\t K\t kv\tr.M.Alexandre Clément, ancien secrétaire particulier du Premier Ministre Honoré Mercier (de 1887 à 1891) et, plus tard, de /'Honorable J.A.Chapleau, \u2014 dont LE SAMEDI a publié les souvenirs dans son édition du 8 janvier dernier, est mort le 20 juin 1948, à l'âge de 80 ans.D'après la présentation de l'article certains lecteurs ont compris que M.Alexandre Clément vivait encore.De là, cette mise au point.Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 Et ce type, ce trappeur qui ne desserrait les lèvres qu\u2019avec la plus extrême parcimonie, qui marchait sans relâche, comme une machine, qui avait une lueur si haineuse dans le regard.Il était comme le pays, il était mystérieux, inquiétant, au fond.Incompréhensible, surtout.Malgré son cynisme et son endurcissement, Lew Doris continuait d e\u2014 prouver sourdement au fond de lui-même ce sentiment de malaise qui l\u2019avait envahi depuis cette lutte dont il était pourtant sorti vainqueur en fin de compte.Mais il lui semblait que quelque chose allait se produire.Quelque chose dont il eût été incapable de définir l\u2019origine et le sens.Quelque chose qui serait fatal.Et c\u2019était cette crainte latente qui le faisait dominer sa fatigue, peut-être davantage encore que la peur des loups.Cependant, à force de se raisonner, Doris avait fini par reprendre un peu de confiance en soi-même.En dehors du vol d\u2019oiseau et du passage du lynx, rien de nouveau ne s\u2019était produit.\u2014 Après tout \u2014 se dit-il \u2014 je suis bien bête de m\u2019en faire.Le trappeur est complètement en mon pouvoir.Il n\u2019a plus qu'une idée en tète.Me mener au lac Pikawa et me quitter le plus vite possible.Il a compris ce qu\u2019il lui en a coûté d\u2019essayer de me posséder.Ah ! ah !.On ne berne pas Lew Doris comme ça.Oui.C\u2019était sans doute la terreur qui rendait muet le Tom Greyson.Il ne tenterait plus rien à présent, car il savait qu\u2019il serait criblé de balles s\u2019il faisait encore le malin.Un rictus satanique se joua sur les grosses lèvres du bandit.Car les balles, eh bien, le trappeur les aurait tout de même, dès que Doris apprendrait qu'il était sur la bonne route et que le lac était là.Autrement dit, le lendemain à l\u2019aube.Et, ainsi, il n\u2019y aurait absolument plus personne pour raconter à la police ce qu\u2019était devenu le bandit de Chicago, et la direction qu\u2019il avait prise.Il faisait presque nuit noire, lorsqu\u2019ils atteignirent, enfin, la clairière où se trouvait la cabane dont avait parlé Greyson.\u2014\tC\u2019est là.fit le trappeur brièvement.\u2014\tElle est vide, au moins ?questionna Lew Doris, avec défiance.\u2014\tNaturellement.C\u2019est un abri dont je me sers quand je pars à la relève de mes pièges.Nous allons faire un feu pour éloigner les bêtes qui pourraient venir rôder par ici.Nous sécherons nos vêtements.Nous mangerons un morceau.Nous coucherons à l\u2019abri, ensuite.Il s\u2019était laissé tomber sur le fardeau qu il avait déposé dans la neige et s essuyait le front avec sa manche.Lew Doris, brutalement, le bouscula et s empara de son siège improvisé.\u2014\tDonne-moi la place.grogna-t-il., La soumission de Greyson paraissait de plus en plus totale.Il se releva péniblement et s\u2019en fut s\u2019appuyer à un tronc voisin.Il marmonna quelque ^ chose, faisant allusion au bois qu\u2019il fallait rassembler pour le foyer.Non, riposta Doris.Ne bouge pas.Reste là.Pas de feu pour le moment.Tu me prends pour une tourte ?.Avant toute chose, il faut que je m\u2019assure que tu n\u2019as pas un copain dans la cabane.Ce serait trop facile à deux, de me sauter dessus, hein ! Puisqu elle est vide !.reprit Greyson.Ta bouche!.gronda Doris.Plus un mot.Dans le silence, il tendit l'oreille, guettant intensément.Au moindre Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 17 bruit qui se produirait à l\u2019intérieur de l\u2019abri, il tirerait.D\u2019abord sur Grey-son, puis sur l\u2019individu qui pouvait apparaître, attiré par la détonation.Il ne voulait pas courir de risques idiots.Un vent léger s\u2019élevait, agitant par moments, les hautes branches.La cabane offrait une silhouette sombre, presque inquiétante, sur le fond blanchâtre de la neige.Un hululement lointain se fit entendre.Cela faisait hou-houoôôô ! On l\u2019entendit à trois reprises espacées.Lew Doris ravala sa salive, fit un bond en arrière, appuya son arme sur les reins de Greyson.\u2014 C\u2019est un signal, hein ?Qui est-ce qui t\u2019appelle ?\u2014 Ça ?C est un hibou.Pas autre chose !.Ils écoutèrent encore.Le hibou s\u2019était tu.La nervosité de Doris s\u2019accentuait.Il marmonna : \u2014 Donne tes poignets.Donne-les, nom d\u2019un chien !.D\u2019une main, il passa, autour des avant-bras de son prisonnier, le noeud coulant de la cordelette qu\u2019il avait emportée, serra, et assujettit le lien au tronc de l\u2019arbre le plus proche.Puis il repéra la porte de la cabane et marcha de biais, de manière à ne pas perdre de vue l'homme qui était attaché à l\u2019arbre.\u2014 C\u2019est possible que tu aies dit vrai, murmura-t-il, comme pour lui-même, mais c\u2019est possible aussi que tu aies encore essayé un truc pour m\u2019avoir.Les yeux de Torn luisaient comme ceux d\u2019un fauve en le voyant se rapprocher de l\u2019abri.Il avait son revolver bien en main.Et le trappeur savait que le bandit tirait avec une rapidité mortelle.Mais il espérait.Il espérait.Tout son être était soulevé par une exaltation intérieure.Doris n\u2019était plus qu\u2019à quelques centimètres de la cabane, à présent.La main gauche du bandit fit jouer le loquet de la porte.L\u2019homme recula d\u2019un pas, et d\u2019un grand coup de pied, rabattit le battant.Alors, se produisit l\u2019événement ! Une formidable détonation retentit dans le grand silence de la forêt, se- \u2022\tIl faut de plus grandes ver-tus pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise.La Rochefoucauld (1613-1680) \u2022 \u2022\tCe n\u2019est pas assez d\u2019avoir l\u2019esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien.Descartes (1596-1650) \u2022 Il est beaucoup moins d\u2019ingrats qu\u2019on ne croit ; car il y a bien moins de généreux qu\u2019on ne pense.Saint-Evremond (1613-1703) \u2022 » Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d\u2019autrui.La Rochefoucauld (1613-1680) couant la cabane et réveillant les échos les plus lointains des étendues boisées de Speckwood.Le bandit ne poussa même pas un cri.Il s\u2019était effondré sur le seuil, la tête fracassée, des débris de cervelle lancés partout.Il y eut juste un petit tremblement spasmodique de son corps.Et ce fut tout.Absolument tout.Alors, avec un sourire indicible aux lèvres, Torn Greyson, envahi par la réaction, la fatigue, la faiblesse subite causée par sa blessure à l\u2019épaule, ne se sentit même plus capable de chercher à se délivrer de sa cordelette.Il tomba à genoux, marmonna une vague prière, et se laissa aller à l\u2019évanouissement.Il poussa un long gémissement de douleur et ouvrit les yeux.Sa plainte se changea en un cri de joie : \u2014 Carruthers !.Jimmy!.C\u2019était le caporal de police qui était là, agenouillé devant la couche sur laquelle Tom Greyson avait été étendu.La lampe de la cabane était allumée.Un bon feu brûlait dans le poêle.Et Carruthers qui avait fait tous ses efforts pour ranimer le trappeur, fit écho à l\u2019allégresse de son ami : \u2014 Bien, mon pauvre Tom, j\u2019ai bien cru que tu étais mort.Je t\u2019ai ramassé à moitié frigorifié.Attaché à un arbre.Il expliqua qu\u2019il avait été attiré par ¦une explosion, alors qu\u2019il était en route pour.\u2014 Je t\u2019expliquerai ça.coupa-t-il.Pour le moment, il faut te reposer, te soigner.J\u2019ai vu que tu avais été touché à l\u2019épaule.Mais tu me diras à ton tour ce qui s\u2019est passé.Je ne comprends pas comment tu as pu exécuter ce bandit, alors que tu étais attaché.A mots hachés, Tom Greyson commença à raconter la dramatique aventure, depuis l\u2019arrivée de Lew Doris, jusqu\u2019à cette nuit.\u2014 Tu comprends, Jimmy?.Quand j\u2019ai vu qu\u2019il m\u2019avait eu à nouveau, je me suis juré que cette fois, je ne l\u2019épargnerais pas.Je n\u2019avais jamais donné la mort à cm homme.C\u2019était ce qui m\u2019avait perdu, car si j\u2019avais été plus endurci, je l\u2019aurais tué pendant que je l\u2019avais eu en mon pouvoir.Il eut un petit hoquet et reprit : \u2014 A partir du moment où j\u2019ai vu que tout était à recommencer, j\u2019ai tenté une chose.Puisque ce misérable ne connaissait rien à la forêt, je me suis demandé si je n\u2019allais pas risquer ma chance et.\u2014 Et le ramener à ta propre cabane, hein ?\u2014 Exactement, Jimmy.Par un chemin détourné, naturellement.Pour qu\u2019il ne reconnût pas nos traces précédentes, il me fallait calculer, à la fois, d\u2019arriver ici avant toi, mais aussi de ne pas y parvenir trop tôt dans la journée, sinon, il aurait compris.« Il m\u2019avait dit et répété tant de fois que tout n\u2019était que neige et arbres, arbres et neige pour lui.« Et c\u2019est lui-même qui est tombé victime du piège qu\u2019il avait préparé pour toi.\u2014\tJ\u2019avais totalement perdu sa trace, murmura le caporal Carruthers.J\u2019avais bien vu des empreintes de raquettes par ici, mais je croyais que c\u2019étaient les tiennes.J\u2019allais rebrousser chemin quand j\u2019ai entendu la détonation.Et j\u2019ai compris que cela venait de chez toi.Alors j\u2019ai poussé jusqu\u2019ici pour voir.Greyson se souleva à demi pour avaler la boisson chaude tendue par son ami.\u2014\tOù est-il ?articula le trappeur, après un instant.Qu\u2019est-ce que tu en as fait ?\u2014\tJe l\u2019ai enseveli dans la neige.répondit brièvement l\u2019homme de police.LA VIE COURANTE,.\u2014 Mon petit Alphonse, tu as assez pratiqué ton piano aujourd'hui.Va t'amuser.Vous vous sentirez MIEUX! Vous paraîtrez MIEUX ! Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Les Pilules MYRRIAM DUBREUIL améliorent l'état général, vous aidant ainsi à vous sentir MIEUX et à paraître MIEUX.Les Pilules Myrriam Dubreuil sont un reconstituant et un excellent tonique qui améliore le sang, stimule l\u2019appétit, soulage l\u2019épuisement nerveux quand celui-ci s\u2019insinue dans l\u2019organisme et, conséquemment, aide à reprendre le poids perdu.Les Pilules Myrriam Dubreuil constituent un produit médicinal qui produit d\u2019heureux résultats.Sa formule pharmaceutique a été établie, il y a de nombreuses années, après des recherches sérieuses, par des chimistes qualifiés.GRATIS : Envoyez 5< en timbres et nous vous adresserons gratis notre brochure illustrée, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE : Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.REMPLISSEZ ce COUPON (pour le Canada seulementl Mme MYRRIAM DUBREUIL 6880, rue Bordeaux Case Postale, 1391, Flace d\u2019Armes, Montréal, P.Q.Ci-inclus 5 cents pour échantillon des Pilules Myrriam Dubreuil avec la bro-chure.Nom .Adresse .VHIe .Prev/nte .Pierre Olasso. 18 Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 n\u20141 La\t^ 0 T R1 Ti\t: FEUILLETON\t~~ raffériie Ha la rue Fontaine-ai\tll-l\tRoi \t\tpar PIERRE HINDUS\t1\t\t No 11 I /\tes trop généreuse, dit-elle.I Maurice mérite une leçon.Il I faut lui laisser l\u2019angoisse de penser que ses dettes ne seront pas payées, et son honneur en péril.Autrement, il recommencerait, et dame !.ces pertes-là sont grosses.Nous sommes riches, c\u2019est vrai, mais tout tonneau finit par se vider.Henriette se raidit.Une angoisse, bientôt surmontée, avait serré son coeur.Ce n\u2019était plus le temps où pour entendre de douces paroles tomber des lèvres de Maurice elle lui donnait l\u2019argent qu\u2019il demandait, où, par conséquent, elle se rendait complice de ses fautes.Non, en sollicitant ce rôle de chef de famille, que la santé chancelante de Laure, la faiblesse violente de Roselin ne leur permettaient pas de remplir, Henriette devait également en revêtir les âpres et douloureuses nécessités.Elle parlerait sévèrement à son frère ; elle se ferait raisonnable, énergique, dure même ; par tous les moyens possibles, elle tâcherait de lui faire remonter la pente fatale, dût le peu d\u2019affection que Maurice lui avait conservée s\u2019en aller sous ses paroles austères, comme à la bise aiguë de l\u2019hiver tombent les dernières feuilles.\u2014 Maman, dit-elle très ferme et très décidée, laisse-moi faire.Je parlerai à Maurice, et il m\u2019écoutera.Quant à l\u2019argent à débourser, c\u2019est dur, je le sais ; mais l\u2019usine marche, Dieu merci !.Et si son bonheur est au bout de nos sacrifices, les brèches seront vite réparées.Comme on finissait de déjeuner, le phaéton de la marquise d\u2019Argelles apparut dans la cour et le valet de pied qui, d\u2019ordinaire, faisait les commissions de Diane, monta les marches du perron, une lettre à la main.Henriette eut une lueur de triomphe dans les yeux.\u2014 Voilà les avances de Mme d\u2019Ar-gelles qui arrivent, dit-elle.Gardez votre sang-froid tous les deux et ne prononcez pas un mot.En effet, le valet de chambre de Val-lauris entra.\u2014 Un domestique de M.Maurice demande à parler à madame, dit-il.Ce fut Henriette qui répondit : \u2014 Nous ne voulons pas le recevoir ; s\u2019il a une lettre à remettre, Baptiste, qu\u2019il vous la donne, sinon qu\u2019il s\u2019en aille.Quelques minutes après, Baptiste revenait avec une lettre sur un plateau d\u2019argent.\u2014 Il y a une réponse, dit-il.\u2014 C\u2019est bien, laissez-nous, je sonnerai quand j\u2019aurai besoin de vous.Le domestique obéit.La lettre, en effet de l\u2019écriture de Diane, était adressée à Laure \u2014 Lis, dit Mme Vallauris à sa fille.A haute voix, Henriette parcourut les lignes suivantes : Commencé dans l'édition do 18 décembre 1954.Publié en vertu d'on traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de Person-**?de lieux de nos romans, feuilletons, coûtes et noodles sont fictifs et choisis oo hasard RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Clémence Foulon est brûlée vive au milieu d\u2019un incendie allume par une belle inconnue qui réussit ensuite à s\u2019enfuir malgré les poursuites acharnées de Marcel Barrère.La petite Marie, désormais sans protection, Laure et Roselin décident de Vadopter et de Vélever avec leur fils, Maurice.Un jour, un inconnu vient voir les Roselin et les supplie de bien protéger Marie, car un danger de mort la menace.Retournant loin en arrière, nous voyons le comte Jacques de Rhodes épouser Blanche de Montégut et le couple avoir bientôt une fille qu ils nomment Marguerite.Vers le même temps ils adoptent Diane de Caudales qui se montre perfide et cruelle.Des années après c\u2019est au tour de Marguerite de se marier avec le marquis Fabien d\u2019Argelles et eux aussi ont une fille appelée Inès.Diane, méchante et envieuse, provoque la mort de Blanche, sa mère adoptive, et de Marguerite qui l\u2019aimait comme une soeur véritable.Enfin, Diane épouse Fabien, sur les instances de Marguerite à son lit de mort.Quant à la petite Inès, c\u2019est Diane qui est censée en avoir la protection .« Mu bien chère amie, « J'aurais un pressant besoin de vous voir, pouvez-vous venir à l\u2019hôtel, ou voulez-vous que je vienne vous trouver ?.t Ce matin, quelques paroles pénibles ont été échangées entre M.Vallauris et moi.C\u2019est déplorable : l\u2019union, en effet, ne fait-elle pas la force ?« J\u2019espère que vous ne partagerez pas la rancune de votre mari.Ne sommes-nous pas soeurs, toutes les deux, puisque ma fille est la vôtre et votre fils le mien ?.« Je vous embrasse très fort.Diane.» \u2014 La coquine!.répéta Vallauris.\u2014 Tais-toi, papa, dit Souriquette.Elle a besoin de nous.Elle ne peut s\u2019adresser ailleurs.Elle le sait, nous la tenons.\u2014 Que décides-tu ?demanda Laure.La jeune fille avait déjà pris un buvard et ce qu\u2019il faut pour écrire.\u2014 Réponds-lui, maman, dit-elle à Mme Vallauris.\u2014 Je veux bien, mais dicte.Sans se faire prier, Henriette commença : « Ma chère amie.\u2014 Non, interrompit Roselin, pas ce mot.Nous la détestons, cette femme.Madame, c\u2019est assez.\u2014 Maurice est avec elle, répondit Souriquette.\u2014 Laisse faire, mon ami, dit Laure ; les mots ne font rien, le résultat sera le même.Continue, mignonne, j\u2019ai écrit.« Vous avez raison, reprit Henriette, des liens impossibles à dénouer nous lient.A cause d\u2019eux, j\u2019accepte de vous voir, quoique la scène de ce matin m\u2019ait causé une désolation profonde et vous laisse vis-à-vis de moi sans excuses.\u2014 Très bien, approuva Roselin du fond du coeur.La jeune fille, les sourcils froncés, ne s\u2019interrompit que pour dire : \u2014 Y es-tu, maman ?\u2014 Oui.\u2014 Alors, va.« Je suis trop souffrante pour me rendre à votre désir ; il n\u2019est pas possible, pour l\u2019instant du moins, que vous veniez ici, mais si vous y consentez, je vous enverrai ma fille Henriette qui connaît toutes nos pensées et aura nos pleins pouvoirs.« Croyez, ma chère amie, à mes meilleurs sentiments.« Laure VALLAURIS.» \u2014\tLa salutation est sèche, dit Roselin enchanté.\u2014\tOui, répondit Laure, mais l\u2019idée que Souriquette a notre procuration, et pourra donner les fonds, fera passer sur tout le reste.L\u2019adresse était mise, Mlle Vallauris sonna.\u2014\tRemettez ceci au valet de chambre de l'hôtel de Candales, dit-elle.Moins d\u2019une heure après le phaéton revenait.\u2014\t« Vous êtes cruelle pour moi, disait Diane, mais je vous remercie de m\u2019envoyer votre fille, nous l\u2019attendons tous.« Marquise d\u2019ARCELLES.» \u2014\tCe qui veut dire qu\u2019elle n\u2019a pas le choix du moyen, répondit Laure, pendant que Henriette allait s\u2019habiller.\u2014\tDécidément, Souriquette est une maîtresse femme, Roselin, laissons-la faire \u2014 Elle va être faible vis-à-vis de Maurice, dit le Provençal, car lui qui était la violence et la faiblesse mêmes, ne trouvait jamais les autres assez fermes et assez calmes.\u2014 Non, affirma Laure, l\u2019avenir de son frère est en jeu, il n'y a pas de danger qu\u2019elle recule d\u2019une semelle, même si elle a affaire à lui.Dans le coupé noir dont Henriette et sa mère se servaient presque exclusivement, la jeune fille partit.Sa mise sombre, la capote de dentelles noires au simple piqué de roses, qui avait remplacé le grand chapeau qu\u2019elle portait d\u2019ordinaire, lui donnaient un grand cachet d\u2019austérité et de distinction, sans que sa beauté en souffrît, au contraire.Quand Diane la vit s\u2019avancer vers elle, la regardant de ses yeux clairs, très bleus, très droits, mais à ce moment un peu durs, elle tressaillit légèrement : \u2014 Où donc ai-je la tête ?pensa-t-elle très troublée.Ce regard, il me semble voir les yeux de l\u2019autre, là-bas, mon implacable ennemi !.Dieu du ciel !.Je ne me trompe pas, ce sont les mêmes !.Diane, néanmoins, tendit ses mains pendant que sur ses lèvres décolorées un sourire mielleux se dessinait.\u2014 Que je suis donc aise de vous voir, ma chère petite, dit-elle en même temps.Est-ce que vraiment cette excellente Mme Vallauris est souffrante ?.On ne l\u2019eût pas dit hier au soir.Il n\u2019était dans les idées d\u2019Henriette ni de biaiser, ni de chercher de faux-fuyants.\u2014\tQue ce soit parce qu\u2019elle est souffrante, ou pour un autre motif, madame, dit-elle, ma mère désire que je la remplace auprès de vous et de mon frère.Veuillez donc me dire ce que vous désirez, j\u2019ai plein pouvoir des miens pour vous écouter et vous répondre.Diane dissimula mal une profonde contrariété.Cette manière nette et tranchante d\u2019entrer en matière ne lui allait pas.Néanmoins, comme elle ne se fiait pas à cette fille au clair regard qu\u2019elle savait la maîtresse absolue chez elle, elle dut s\u2019exécuter sans reculer.\u2014\tCe matin, commença-t-elle, aussitôt, une scène pénible a eu lieu entre votre père et moi.M.Vallauris a été vis-à-vis de moi d'une inconvenance qui a révolté votre frère lui-même.Souriquette l\u2019interrompit : \u2014\tMon frère s\u2019est révolté, madame, dit-elle, parce qu\u2019il ne connaît pas la vérité.Si quelqu\u2019un d\u2019autorisé entreprenait de la lui apprendre, avec les preuves à l\u2019appui, ce n\u2019est pas à mon père qu\u2019il donnerait tort.Ces mots, preuves à l\u2019appui, parurent bouleverser si profondément Diane qu\u2019une pâleur livide aussitôt envahit ses traits.Mlle Vallauris s\u2019en aperçut ; elle continua avec sa même froideur, son même calme : \u2014 Je ne suis pas ici, du reste, madame, pour vous entendre dire du mal de mon père.C\u2019est un brave homme qui a le coeur sur la main et que vous avez exploité indignement.« Aujourd\u2019hui, grâce à la façon dont vous vous êtes découverte ce matin, tout cela va cesser.\u2014 Mademoiselle!.Ces paroles.\u2014 Sont celles que vous méritez, madame.Mais je ne tiens pas à vous froisser.J\u2019ai voulu simplement vous faire comprendre que je vous connaissais à fond, et que chargée de régler vos affaires, \u2014 car c\u2019est pour cela que vous faisiez prier ma mère de vous recevoir, \u2014 je les réglerai ainsi que l\u2019honneur et l\u2019intelligence le demandent, en dégageant la signature de mon frère, mais sans me laisser de nouveau duper par vous.Diane frémissante ne put plus se contenir.\u2014 Les voilà bien ces parvenus, ces gens de rien, ces ouvriers sans éducation, qui crient comme des oies qu\u2019on plume, à la première demande d\u2019argent, dit-elle, les dents serrées et les yeux pleins de flammes.« Est-ce que vous croyez que des Vallauris sont faits pour autre chose que pour pourvoir aux besoins des marquis d Argelles et des ducs de Candales, par hasard?.Les mêmes paroles avaient le matin fait sortir Roselin de ses gonds.Elles laissèrent Souriquette de glace Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 19 Seuls, ses yeux d\u2019azur devinrent plus impétueux et plus froids, son fin visage revêtit l\u2019expression d\u2019un mépris souverain.Diane qui la regardait ne put soutenir l\u2019éclat de ces prunelles, aussi claires, aussi terribles que les reflets de l\u2019acier brillant au soleil.Elle s\u2019arrêta soudain, ne trouvant plus ses mots, très bouleversée, très interloquée.Décidément cette petite, comme elle l\u2019appelait, n\u2019avait pas seulement les yeux de Jacques de Rhodes, elle avait aussi sa physionomie hautaine, son expression de visage, ses lèvres dédaigneuses, le pli terrible de ses sourcils rapprochés.Est-ce qu\u2019elle devenait folle ?.Et dans tous les moments désagréables de sa vie, Diane, en imagination ou en réalité, le verrait-elle donc toujours se dresser devant elle, ce fantôme implacable ?.\u2014 Cessons cela, dit-elle tout à coup, c\u2019est de la folie.A quoi servent les paroles acerbes lorsque l\u2019on doit s\u2019entendre ?\u2014 Il n\u2019est pas nécessaire de s\u2019entendre, madame, répondit Mlle Vallauris de plus en plus glaciale.Je suis ici parce que vous m\u2019y avez appelée.J\u2019ai cru qu\u2019un devoir me conseillait d\u2019y venir.J\u2019y suis venue.\u2014 Il y a votre frère aussi, insinua Diane, déjà revenue de sa colère.\u2014 Vous vous trompez, madame.L\u2019attitude de mon frère vis-à-vis de mon père, ce matin, nous dégage.Je veux le sauver, oui, mais pas malgré lui.Et, dans tous les cas, je ne le sauverai qu\u2019à certames conditions.\u2014 Voyons les conditions ?\u2014 Que je sache d\u2019abord clairement de quoi il s\u2019agit.\u2014 C\u2019est très simple : votre frère a signé des billets et garanti certains emprunts que j\u2019ai été obligée de faire.\u2014 Eh bien ! mon frère est l\u2019administrateur de la fortune de sa femme ; qu\u2019il liquide cette fortune, nous verrons après.\u2014 Mais, mademoiselle, cette fortune ne vous regarde pas.Il y a des sommes dues sur l\u2019hôtel, sur le domaine d\u2019Ar-gelles.Qu\u2019on paye ces sommes, qui .ne représentent pas le dixième de la valeur des immeubles, et toutes les inquiétudes de votre frère seront terminées.\u2014 Au lieu de payer ces sommes, madame, il est plus naturel de mettre vos immeubles en vente, et vous liquiderez votre situation avec le produit de cette vente.Votre dignité, dont vous paraissez avoir un si grand souci, y gagnera, madame.Diane écumait.\u2014 Vendre l\u2019hôtel, s\u2019exclama-t-elle, vendre le château, jamais !.Henriette se leva.\u2014 Alors, dit-elle, voyez à vous, en tirer comme vous l\u2019entendrez.Il n y a rien à faire avec nous.La marquise eut peur.\u2014 Vous vous en allez ?dit-elle.__Oui, et je ne reviendrai pas cette fois-ci.\u2014 Et votre frère ?\u2014 Mon frère entendra la raison quand ce sera moi qui lui exposerai la situation.De nouveau Diane tressaillit.Inès était compromise, c\u2019était sur, elte le savait, elle y avait \u2014 honte suprême \u2014 prêté les mains.Etant données la passion de Louis pour Mlle Vallauris, sa lâcheté, sa souplesse quand il voulait atteindre son but, n\u2019avait-il pas parlé, et cette fille terrible n\u2019avait-elle pas, ou n\u2019aurait-elle pas des preuves contre Inès ?.\u2014 Mais enfin, dit-elle, que me proposez-vous ?.\u2014 Ceci.Vous allez donner à notre notaire, M.Herbelin pleins pouvoirs pour la vente de tout ce qui vous ap- partient.Il est bien entendu que vous rachèterez, ou que nous rachèterons ce que nous voudrons les uns et les autres.Si les ventes terminées \u2014 et c\u2019est à craindre \u2014 le passif dépasse l\u2019actif, nous payerons la différence.\u2014 Jamais je n\u2019accepterai cela, dit Diane, toujours de plus en plus troublée vis-à-vis de la hautaine physionomie et des paroles catégoriques de Mlle Vallauris.\u2014 Comme vous voudrez, madame ; cette décision vous regarde.Elle s\u2019était levée de nouveau.\u2014 C\u2019est votre dernier mot ?demanda Diane.\u2014 Mon seul mot, répondit Souri-quette.\u2014 Vous partez sans voir votre belle-soeur ?\u2014 Je l\u2019aime mieux.\u2014 Et votre frère ?\u2014 Devant vous, c\u2019est inutile.\u2014 Seule, en tête à tête, voulez-vous ?\u2014 Le désire-t-il ?\u2014 Très vivement.\u2014 Alors, madame, je veux bien.Faites-le prévenir.\u2014 Ici ou dans la pièce voisine ?\u2014 Non, ici, si vous le voulez.Diane n\u2019osa pas insister, et laissa la jeune fille pour aller chercher Maurice.En effet, Henriette savait que le boudoir de la marquise, où elle se trouvait, était disposé pour que les conversations ne pussent être entendues des salons avoisinants, surtout lorsqu\u2019on prenait la précaution de ne pas parler trop haut.Là, par conséquent, elle en était sûre, Diane ne saurait pas ce qu\u2019elle dirait à son frère.Quelques minutes après, Maurice arrivait.Il était très pâle, l\u2019expression de son visage était désespérée.Henriette, à sa vue, sentit son coeur battre à coups précipités, mais elle se raidit.Etait-ce le moment de se laisser aller à l\u2019émotion qui la bouleversait ?Il s\u2019approcha.\u2014\tJe suis le plus malheureux des hommes, ma Souriquette, lui dit-il en tombant anéanti sur un fauteuil.\u2014\tA qui la faute ?répondit-elle aussitôt.Il leva les yeux, étonné.L\u2019accent, le regard de la jeune fille n\u2019étaient pas ceux qu\u2019elle avait d\u2019ordinaire.Elle continua : \u2014\tNe savais-tu pas qu\u2019au bout de cette vie folle, de désordre et de dissipation, la catastrophe arriverait?.Et est-ce les leçons d\u2019honneur et de droiture qu\u2019on t\u2019a données, chez nous, de dépenser ainsi sans compter ?De mettre ta signature sur des billets que tu sais ne pas pouvoir payer ?De vivre d\u2019expédients et de combinaisons ?De mentir, enfin, de biaiser, d\u2019exploiter ?.Il baissa la tête, sachant qu\u2019elle avait raison.Elle continua : \u2014\tY as-tu rencontré le bonheur dans cette existence décousue, toute de légèreté et de plaisirs?.Y as-tu trouvé l\u2019amour de ton métier, les satisfactions de la conscience, les joies intimes du foyer ?.¦\u2014Je te répète que je suis le plus malheureux des hommes, et cela de toutes façons.\u2014\tParce que tu l\u2019as voulu.Quand on sème le vent, on récolte la tempête.Les sourcils de Maurice se froncèrent.\u2014\tDéjà papa, ce matin, fit-il, m\u2019a dit des choses terribles que je n\u2019ai pas crues, heureusement ; mais qui m\u2019ont cependant laissé dans le coeur comme une brûlure atroce.Tu parais recommencer à les insinuer, ces choses.\u2014\tJe n\u2019insinue jamais rien.Je dis catégoriquement ce que j\u2019ai à dire.Voilà tout.\u2014 Alors que me dis-tu ?.Que sais-tu ?\u2014 Ce que je sais ?.Rien.Ce que je dis, c\u2019est autre chose : c\u2019est que dans cette vie folle, insensée ridicule, tu te ruines d\u2019abord, tu dépenses bêtement la fortune qui ne t\u2019appartient pas et cela sans profit ni honneur pour personne ; ensuite que dans cette vie le foyer se détruit, l\u2019intimité s\u2019en va, les sentiments les plus sacrés s\u2019envolent comme la poussière sous le vent ; une femme jeune, livrée sans contrôle à toutes les fantaisies, devient forcément légère, sous le désoeuvrement de sa vie et l\u2019énervement né des fêtes continuelles.Tout cela finit par créer des abîmes.Si ta femme t\u2019aime encore aujourd\u2019hui, elle ne t\u2019aimera pas demain.Si tes amis t\u2019ont gardé leur estime, elle n\u2019est plus entière, crois-le.Et elle diminuera jusqu\u2019au jour de la catastrophe fatale, celle où tu laisseras tout, vie et honneur.Et elle continua, essayant de faire vibrer en lui les sentiments qui étaient en elle, de le relever, de lui redonner du courage et de la volonté.A cette voix austère du devoir et de la raison, Maurice peu à peu songeait à ses jeunes années.Comme il l\u2019avait aimé, lui aussi, le devoir.Comme il avait travaillé et étudié.N\u2019avait-il pas été plus heureux dans l\u2019austérité de son existence d\u2019adolescent que dans cette vie qu\u2019il menait depuis son mariage ?.Jamais content, au contraire.Quand la conscience ne lui faisait pas mal et ne lui reprochait pas ses faiblesses continuelles, c\u2019étaient les embarras d\u2019argent, les dettes de jeu et mille autres choses plus cuisantes encore qui le tourmentaient à le rendre fou.Car son amour ne lui avait pas donné ce qu\u2019il en attendait.Sa femme ressemblait si peu à celles qui jusqu\u2019alors avaient entouré sa vie, à sa mère, à sa soeur !.Ce n\u2019était pas une amie, celle-là !.Ah ! Dieu non !.Avec elle, jamais une confidence, une expansion, un projet d\u2019avenir possibles !.Elle, rien qu\u2019elle, avec ses toilettes, ses parures, ses triomphes !.S\u2019il l\u2019avait eue à lui tout seul, peut-être !.Mais, au milieu de ces fêtes continuelles, Henriette avait raison, pas d\u2019intimité possible.\u2014\tMa vie, non seulement est mal engrenée, fit-il avec un soupir désespéré, mais elle est perdue !.\u2014\tOh ! le mauvais mot, la lâche pensée !.«Est-il donc jamais trop tard pour remonter la pente, réparer le mal et revenir vers la lumière ?\u2014\tJe ne le pourrai pas seul.\u2014 Ne suis-je pas là pour t\u2019aider?.Il tressaillit.Elle, son bon ange, toujours ! Quelle différence entre ces sentiments, ce langage, ces principes, et ce qu\u2019il entendait chaque jour tomber des lèvres de sa belle-mère et de sa femme ! Peu à peu, la droiture naturelle de Laure renaissait dans le coeur meurtri de Maurice.Le sentiment de ses torts lui apparaissait très net, en même temps que lui venait la volonté de les réparer.\u2014 Tu veux m\u2019aider?.dit-il.-\u2014 Oh ! de toute mon âme, de toutes mes forces.\u2014 Conseille-moi d\u2019abord ; que faut-il faire ?\u2014 Commencer par me dire très exactement, très véritablement, quelle est votre situation à tous, afin que je voie comment nous pourrons y remédier.Car, je t\u2019avertis, notre père et notre mère, surtout, voulaient te renier.Ils refusaient absolument d\u2019intervenir, voulant te donner une leçon, disaient-ils.Sur mes très vives instances seulement, ils m\u2019ont laissée faire.Je leur ai certifié, en effet, que tu COUPABLE ou NON-COUPABLE ?CHRONIQUE U D I C I A I R E par ROBERT MILLET.B.A.Dans un procès par Jury, le Président du Tribunal peut-il faire remarquer dans son adresse aux Jurés que l\u2019accusé n\u2019a pas témoigné pour sa défense ?Aux Assises criminelles, un procès par Jury.La Couronne a fait sa preuve.La Défense n\u2019a fait entendre aucun témoin.Après les plaidoyers des deux parties, le Président du Tribunal résume la cause pour le bénéfice des Jurés et leur explique les points de Droit en jeu.Au cours de son adresse aux Jurés, le Juge a dit : «.Pour ce qui concerne la Défense, la preuve de la Couronne n\u2019a pas été contredite ».Condamné, l\u2019accusé s\u2019adresse à la Cour d\u2019Appel pour faire casser le verdict rendu contre lui.Il soulève deux principaux motifs d\u2019appel.Tous deux proviennent de l\u2019affirmation du Juge, précédemment citée.D\u2019abord la Couronne a intercalé dans sa preuve une déclaration préalable de l\u2019accusé.Cette déclaration niait catégoriquement les accusations de la Couronne.Il fallait donc admettre que l\u2019accusé avait contredit la preuve de la Couronne.De plus l\u2019affirmation du Juge pouvait porter à croire que si l\u2019accusé n\u2019avait pas offert son témoignage en défense, c\u2019est parce qu\u2019il ne pouvait pas jurer de son innocence.Or, la Loi est bien explicite sur ce point.Un accusé n\u2019est pas tenu de témoigner à son propre procès.On ne peut l\u2019y forcer.On ne doit pas non plus considérer son abstention de témoigner comme une admission ou comme une présomption de culpabilité.Dans les circonstances, cet accusé pouvait-il faire annuler le verdict rendu contre lui ou non ?OUI ! a statué la Cour d\u2019Appel de l\u2019Ontario, dans un jugement en date du 23 juin 1953.Et le Haut Tribunal a ordonné que l\u2019accusé subisse un nouveau procès.(A noter que le Code Pénal est uniforme pour tout le Canada). 20 avais trop de coeur pour ne pas rentrer en toi-même, pour devenir un être inutile et malfaisant au lieu du brave et bon garçon que tu as toujours été, n\u2019est-ce pas vrai ?De grosses larmes couvraient le visage de Maurice, tandis qu\u2019une angoisse atroce étreignait son coeur.C\u2019était possible !.Son père et sa mère, si bons et si méritants, avaient tellement souffert par lui qu\u2019ils avaient eu la pensée de le renier ! En même temps, un grand sentiment de son indignité lui venait, avec la conviction que cette vaillante créature qui était devant lui, seule pouvait le sauver.\u2014 Je te donne ma parole d\u2019honneur de faire ce que tu me conseilleras, dit-il.Notre situation, la voici par à peu près Et il lui raconta les dettes de Diane, comment du million de Marguerite de Rhodes il n\u2019y avait plus un sou au moment du mariage, et toutes les folies passées qu\u2019il avait payées, et les fantaisies courantes auxquelles il n\u2019avait pas résisté, et les billets qu\u2019il avait signés.Impassible, Henriette l\u2019avait écouté.Alors, quand il eut fini, elle lui expliqua comment, à tous les points de vue, il devait laisser vendre l\u2019hôtel et le domaine d\u2019Argelles.D'abord, sans cela, ces deux immeubles restant la propriété de sa femme seraient un gouffre dans lequel s\u2019engloutirait la fortune entière des Vallauris.\u2014 Mais après cette liquidation finie, dit-il, que ferai-je ?\u2014 O mment, qu\u2019est-ce que tu feras ?\u2014 Oui, je veux donner ma démission d\u2019officier, car toutes ces histoires rendront ma vie désagréable au régiment, et puis je crois bon de quitter Paris, au moins pendant un certain temps.Henriette resta quelques minutes sans répondre.\u2014 Tu es décidé?dit-elle enfin.\u2014 Très décidé, et cela pour bien des raisons inutiles à dire.La jeune fille n\u2019insista pas.Inès était derrière cette résolution de son frère ; elle le devinait, et tout ce qui touchait à la jeune femme dans ce moment-là était trop douloureux à Maurice pour que sa soeur consentît, même par un mot, à aviver cette plaie saignante.\u2014 Rien ne t\u2019empêche de réaliser ton désir, dit-elle ; au contraire, à mon avis, ce sera un bien pour vous tous.On dit Argelles superbe, dans une contrée merveilleuse, je peux le faire racheter par notre père pour que tu y sois chez toi.Aimeras-tu l\u2019habiter ?\u2014 Oh! oui!.Là, dans la paix profonde de ces montagnes, la vie de famille sera plus douce, plus facile, meilleure.Il n\u2019osait pas dire : «Je reconquerrai ma femme, elle sera toute à moi, et je pourrai tant l\u2019aimer que mon affection touchera son coeur » \u2014 il le pensait.__ Il croyait ce miracle encore possible d\u2019éveiller une étincelle de sentiment, de vertu, de dévouement chez la fille de Diane.Henriette l\u2019approuva.Avec un courage surhumain, elle lui fit un tableau adorable de ce que pourrait être son existence, avec une femme qu\u2019il aimait, les enfants que certainement elle lui donnerait ; les occupations qu\u2019il devrait se créer dans ce domaine qui leur appartiendrait à eux, où il serait chez lui, plus chez les autres, et que le marquis d\u2019Argelles jadis avait administré d\u2019une façon remarquable, assurait-on.___Mais pour arriver là, lui dit-elle en terminant, il va te falloir beaucoup de volonté, car tu vas avoir de rudes assauts à livrer ici.\u2014 Que faut-il faire, à ton sens, pour les éviter ?___Donner ta procuration à papa, ce qui le flattera et te laissera toute ta liberté.\u2014 Veux-tu me conduire chez Me Herbelin ?\u2014 Tout de suite?.\u2014 Oui, tout de suite.Quand on saura que c\u2019est irrévocable, on me laissera tranquille.\u2014 Je suis prête.Dans l\u2019antichambre, Diane attendait Maurice.\u2014 Avez-vous parlé à votre soeur comme vous me l\u2019avez promis ?demanda-t-elle à son gendre.\u2014 Oui.\u2014 Et s\u2019est-elle laissée toucher ?\u2014 J\u2019ai trouvé avec elle le moyen de tout arranger.\u2014 Lequel ?\u2014 Je vous le dirai ce soir.Le soir, ce fut de la part de Diane une colère folle.Maurice, en effet, lui annonça qu\u2019il donnait sa démission et que tout le monde devait quitter Paris pour Argelles.\u2014 Et encore, dit Vallauris, je ne suis pas certain que mon père rachète le domaine.Ce serait à coup sûr la meilleure solution, mais il est furieux.et ne veut plus entendre parler de nous.Alors, je me demande ce que nous allons devenir.\u2014 Vous pouvez escompter d\u2019avance son héritage.une volonté qu\u2019elle ne ferait pas plier, elle serait capable de l\u2019aimer !.Diane demanda à réfléchir.Huit jours après, comprenant qu aucune combinaison ne pouvait la tirer du pétrin dans lequel elle était jusqu\u2019au cou, ayant peur de voir sortir de sa famille ce domaine dont elle portait le nom et qui lui tenait au coeur, en attendant que la mort de Jacques de Rhodes lui remît celui d\u2019Astarac ; voyant surtout qu\u2019Inès, conquise par la fermeté de Maurice, menaçait de l\u2019abandonner pour suivre son mari, elle consentit à tout ce qu\u2019exigeait Mlle Vallauris.Du reste, un commencement de grossesse, non encore nettement déclarée, mais probable, faisait que l\u2019air pur des montagnes serait bon à Inès, et cette dernière raison décida Diane encore plus que les autres.Avec l\u2019enfant de Maurice, ne redeviendrait-elle pas maîtresse des Vallauris ?Evidemment, sa réussite l\u2019avait grisée, elle avait marché un peu vite.La marquise était trop intelligente pour ne pas reconnaître ses torts.\u2014 Je serai plus prudente à l\u2019avenir, se ait-elle.Elle avait revu Laure, et sa conduite vis-à-vis de Mme Vallauris avait été un miracle de souplesse et d\u2019habileté.Malgré cela, Roselin avait persévéré dans sa résolution et n\u2019avait jamais SAMEDI SUR VOTRE ECRAN DE TELEVISION A CBFT (Canal 2) Partie du 19 février 1955 NEW YORK RANGERS 1.\tLORNE WORSLEY .But 2.\tIVAN IRWIN .Dé*.3.\tHARRY HOWELL .Déf.é.\tBOB CHRYSTAL .Déf.7.\tDON RALEIGH .C.8.\tBILL GADSBY .Déf.9.\tPAUL RONTY .C.10.\tEDGAR LAPRADE .C.11.\tPETE CONACHER .A.G.12.\tALDO GUIDOLIN .A.14.\tANDY BATHGATE .A.15.\tRON MURPHY .A.17.\tDEAN PRENTICE .A.19.\tLARRY POPEIN .C.20.\tJACK EVANS .Déf.22.\tDAN LEWICKI .C.MURRAY PATRICK, entraîneur.FRANK BOUCHER, gérant.MONTREAL CANADIENS 1.\tJACQUES PLANTE .But 2.\tDOUG HARVEY .Déf 3.\tEMILE BOUCHARD .Déf.4.\tJEAN BELIVEAU .C.5.\tBERNARD GEOFFRION .A D.6.\tFLOYD CURRY .A.D.8.\tJACKIE LECLAIR .C.9.\tMAURICE RICHARD .A.D.10.\tTOM JOHNSON .Déf.11.\tCALUM MacKAY .A.G.12.\tDICKIE MOORE .A.G.14.\tDON MARSHALL .C.15.\tBERT OLMSTEAD .A.G.18.\tKEN MOSDELL .C.19.\tDOLLARD ST-LAURENT .Déf.20.\tPAUL MEGER .A.G.21.\tBUD MacPHERSON .Déf.DICK IRVIN, entraîneur.FRANK J.SELKE.gérant \u2014 N\u2019insistez pas là-dessus, ma mère, je ne le ferai jamais.\u2014\tVous aimez mieux laisser votre femme dans l\u2019embarras ?\u2014\tJ\u2019aime mieux tout, entendez-vous.J\u2019ai dit, jamais.Au contact de Souriquette, Maurice avait repris sa volonté Pour la première fois, il parlait sinon en maître, du moins avec une très grande fermeté.L\u2019éclair de son grand oeil noir plut à Inès.\u2014 Et si je ne veux pas quitter Paris ?dit-elle en s\u2019adressant à son mari, que ferez-vous ?Il se raidit ; mais, en devenant soudain très pâle : \u2014 Je serai désespéré, dit-il ; mais plutôt que de déchoir, de continuer la vie d\u2019expédients qui commence à être la nôtre, plutôt que de descendre encore la pente sur laquelle je suis parti, je vous quitterai, je m\u2019en irai \u2014 Pour aller où?.\u2014 M\u2019engager au Tonkin, faire oeuvre d\u2019homme, me réhabiliter à mes propres yeux.\u2014 Le feriez-vous, véritablement ?\u2014 Avant la fin de la semaine si votre mère et vous ne vous décidez pas.La jeune femme eut peur.Elle vit que Maurice était résolu et l\u2019idée qu\u2019il pouvait ainsi l\u2019abandonner lui produisit une telle sensation de crainte, d\u2019admiration, de saisissement, qu\u2019elle fut sur le point de lui sauter au cou.Ah ! Maurice avait une volonté à lui, remis les pieds chez son fils.Quand il voyait la marquise ou Inès arriver à l\u2019usine, il partait aussitôt d\u2019un autre côté Henriette avait poursuivi sa tâche et son energie avait été à la hauteur des difficultés qu\u2019elle avait rencontrées.Diane, en effet, n\u2019avait-elle pas en elle le génie de l\u2019intrigue ?Mais rien n\u2019avait rebuté l\u2019intelligente volonté de Souriquette ; fermement, avec un calme qui n\u2019avait d\u2019égale que son inflexible volonté, elle avait fait ce qu\u2019elle avait résolu.Maurice, il faut le dire, l\u2019avait aidée, suivant ses conseils, faisant ce qu\u2019elle lui disait, ne cédant jamais, pas plus à Inès qu\u2019à Diane.Si bien que la jeune femme, dépitée, autant devant l\u2019énergie nouvelle de Maurice qu\u2019en présence de la mélancolie douloureuse qui était devenue la sienne, et que ses gentillesses ne déridaient plus, lui dit un jour : \u2014 Aujourd\u2019hui il n\u2019y en a plus que pour Henriette.Savez-vous bien que si elle n\u2019était pas votre soeur je serais terriblement jalouse d\u2019elle ?.Il tressaillit, devint horriblement pâle et murmura avec un accent bizarre, presque inconscient : \u2014 Ma soeur?.\u2014 Qu\u2019avez-vous ?demanda Inès frappée de la décomposition de ses traits Il se raidit, comprit sans doute que son exclamation était singulière, peut- Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 être dangereuse, car il dit avec une flamme dans les yeux : \u2014 Henriette m\u2019a sauvé.N\u2019en parlez jamais que pour la bénir !.L\u2019hôtel fut vendu, avec son mobilier, ses chevaux, ses équipages.Maurice et Vallauris opposèrent une inflexible volonté au désir de Diane qui voulait le leur faire racheter.\u2014 Allez-vous donc enterrer éternellement votre femme dans les montagnes ?demanda-t-elle au jeune homme.\u2014\tJe n\u2019aurai pas cette cruauté, répondit-il avec un certain sourire.Mais cm appartement à Paris, disposé pour passer l\u2019hiver, sera bien moms coûteux et n\u2019entraînera pas aux mêmes dépenses.Pour Argelles, ce fut différent.Mais là tncore, Diane eut une nouvelle déception, une humiliation poignante.Vallauris le racheta en son nom, point à celui de son fils.Ainsi, elle demeurerait chez cet homme qu\u2019elle avait chassé de chez elle et qui depuis avait résisté à toutes ses avances.Il fallut bien avaler cela avec le reste.Ils partirent tous pour les monta-gnes.\u2014\tVeux-tu accepter que je t\u2019écrive fréquemment ?demanda Maurice à sa soeui, en la quittant.\u2014\tOui, si tu ne dois pas oublier mes conseils, répondit-elle gravement.Une grande pâleur s\u2019étendit sur le visage de Maurice : \u2014\tMaintenant, dit-il, il n\u2019y a plus de danger.Ce fut la rage dans le coeur que le jeune duc de Candales les vit partir.\u2014\tBah ! se dit-il en manière de consolation, Argelles n\u2019est pas au bout du monde et, dans tous les cas, l\u2019hiver reviendra !.Va, continua-t-il en pensant à Mlle Vallauris, tu as été la plus forte cette fois-ci ; mais mon dernier mot n\u2019est pas dit !.Roselin eut un ^rand mal au coeur du départ de son fils.Il lui en voulait mortellement, en apparence surtout.Il criait et récriminait à mort contre lui, répétant sur tous les tons qu\u2019il ne lui pardonnerait jamais, oui.cependant quand Maurice venait à l\u2019usine \u2014 et dans ces derniers temps c\u2019était fréquent \u2014 Roselin s\u2019arrangeait toujours pour le voir, l\u2019entendre, être là tout le temps que durait sa visite.Laure, plus raisonnable, eut plus de courage.Mais ce fut Henriette la plus forte.\u2014 Il le faut, leur dit-elle ; dans la paix de ces montagnes qu\u2019on dit si belles, mon frère se ressaisira, reprendra sa volonté, guérira les blessures de son coeur, car il a souffert.Puis, il se créera des occupations qu\u2019il finira par aimer.Il est intelligent, il ne sera pas le premier que les choses de la terre passionneront.\u2014 Je ne le reverrai pas, dit Roselin extrême en tout.\u2014 Bah ! l\u2019hiver n\u2019est pas loin et les chemins de fer existent \u2014 Pas pour moi.Je n\u2019irai jamais chez lui.Souriquette redit son mot de prédilection : \u2014 Ni jamais, ni toujours, papa.\u2014 J amais ! \u2014 Pas même si un bébé t\u2019appelle?.Le brave homme devint tout pâle.\u2014 Un petit à mon fillot !.s\u2019écria-t-il naïvement.Dieu garde, c\u2019est donc possible ?.Henriette était bouleversée, mais souriait pendant que Laure, plus au courant de la chose, pleurait.La jeune fille les réunit tous les deux dans une même étreinte.L enfant, dit-elle, c\u2019est le souverain bonheur, l\u2019oubli et le pardon de tout.Il rendra Inès digne de vous !.Ne méritez-vous pas d\u2019être heureux ?.Et toi ?dit Laure, qui pensait toujours d abord à sa Souriquette. Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 21 \u2014 Moi, répondit-elle bravement, le bonheur de Maurice sera le mien.J\u2019élèverai ses enfants, comme vous m\u2019avez élevée ! QUATRIEME PARTIE La voix du sang I \u2014 Le grand-père.I, avez-vous, monsieur le comte, *«V que les dames d\u2019Argelles sont ^ installées depuis quelques jours au château avec le mari de Mlle Inès ?demanda un jour Mathieu Puy-loo à M.de Rhodes.Jacques tressaillit.\u2014 Non, dit-il, je ne le savais pas.Comment donc s\u2019appelle-t-il, ce garçon-là ?J\u2019ai oublié son nom.\u2014 M.Vallauris.\u2014 Je le croyais officier.Il aura pris sans doute quelque congé pour venir ici.Mieux vaut tard que jamais.\u2014 Il paraît qu\u2019il a donné sa démission.\u2014 Ah ! fit Jacques simplement.La conversation en resta là.Cette année, le printemps dans les montagnes était superbe.Des brises tièdes, déjà parfumées par les douces violettes qui naissent aux revers des fossés ou par les sauges et les menthes agrestes aux parfums violents, passaient dans l\u2019air.Le ciel, très bleu, avait une sérénité impeccable ; dans les prés, les gaves blancs d\u2019écume bondissaient avec un bruit charmant, monotone et doux, le seul qui vînt troubler l\u2019éternelle solitude d\u2019Astarac.Le lendemain, Jacques, assis sur la terrasse, rêvait à la tombée du jour.A quoi ?Probablement toujours aux mêmes choses poignantes, car un pli très douloureux était profondément tracé sur son large front, toujours beau et volontaire.Et cependant l\u2019heure était douce et paisible entre toutes.Au loin, les peupliers aux cimes élégantes balançaient leurs feuillages frêles aux soupirs des vents du soir ; les derniers rayons du soleil tombaient sur les bourgeons naissants des arbres et donnaient des teintes chaudes d\u2019apothéc^e au merveilleux paysage qui entourait le château ; dans les massifs, les fleurs, à l\u2019approche de la nuit, avaient des parfums pénétrants d\u2019église.Un chant monotone, très lent, le chant des bouviers travaillant encore dans les vignes, était le seul bruit qui s élevât au milieu du grand silence des choses.Tout à coup, un roulement sourd vint de 1e.cour.\u2014 Une voiture!.se dit M.de Rhodes, en tressaillant.Ah ! les voilà sans doute !.Il devint très pâle et ses sourcils se froncèrent.Mathieu Puyloo, en même temps, apparut au bout de la terrasse.\u2014 Mme la marquise demande à présenter à M.le comte son petit-fils, dit-il.Quel motif apparent Jacques eût-il pu invoquer pour ne pas les recevoir ?Et cependant, Dieu sait s il lui était antipathique, sans encore l\u2019avoir vu, ce gendre que Diane se vantait d\u2019avoir choisi !.Il fit quelques pas vers le salon dont la grande porte vitrée s\u2019ouvrait sur la terrasse.\u2014 Faites entrer ces gens-là ici, mon bon Mathieu, dit-il à son intendant, dont le long dévouement avait fait son ami.Il était resté debout et, en s\u2019effaçant un peu sur le côté, il recevait d aplomb sur sa tête, toujours fière et énergique, les derniers rayons du soleil couchant.La porte opposée à la terrasse s ouvrit.\u2014 Bonjour, grand-père, dit Inès en entrant la première.Elle vint mettre sur les lèvres de Jacques son front que l\u2019ancien armateur effleura à peine.Diane tendit sa main finement gantée.\u2014 Mon parrain, dit-elle, permettez-moi de vous présenter votre petit-fils, M.Maurice Vallauris.Jacques n\u2019ouvrit pas ses bras, ne prit même pas la main que Diane lui avait offerte.Il parut fort occupé d\u2019avancer un fauteuil.\u2014 Asseyez-vous, monsieur, dit-il au jeune homme interloqué de l\u2019accueil.Et cependant, malgré cette glaciale réception, en dépit de ces sourcils violemment rapprochés, de ces narines qui, involontairement, frémissaient ; de ces énergiques prunelles qui à grand-peine paraissaient éteindre sous les paupières mi-closes les éclairs d\u2019une affreuse colère, que Maurice trouvait beau, et sympathique, et attirant, ce grand vieillard austère !.Où donc les avait-il vus ces yeux bleus comme le ciel, sérieux, graves, au clair regard si droit ?.Où donc avait-il rencontré ce grand front développé et intelligent ; ce fin profil de médaille, ce visage long, mince, aux joues d\u2019ascète ?.Où donc avait-il admiré ce port de tête superbe, avec cet involontaire mouvement des épaules quand une émotion contenue étreint et agite ?.Dieu du ciel !.Mais c\u2019était le vivant portrait de Souriquette, cela !.Allons, Maurice était fou à présent, pour la revoir ainsi sans cesse ?.Et pourquoi, pourquoi cette douce image tant vénérée, tant chérie, lui apparaissait-elle partout où il allait ?.Sans doute parce qu\u2019elle l\u2019avait sauvé avec une générosité sans nom !.Sans doute parce qu\u2019elle lui avait fait entendre l\u2019âpre voix du devoir, lui rendant par ses conseils le sentiment de l\u2019honneur qui s\u2019en allait de lui.La conversation avait lieu entre Diane et le comte de Rhodes.Inès qui avait toujours eu une instinctive terreur de Jacques, qu\u2019elle savait ne pas l\u2019aimer, ne parlait pas.Diane expliquait que la santé de sa fille demandant à l\u2019heure actuelle de grands ménagements, M.Vallauris avait donné sa démission d\u2019officier pour venir vivre dans l\u2019air pur des montagnes.\u2014 Vous allez vous ennuyer dans nos solitudes, monsieur, dit Jacques tout à coup, en s\u2019adressant au fils de Laure.\u2014 Je ne le crois pas, monsieur, répondit aussitôt Maurice en fixant sur M.de Rhodes son regard le plus franc, le plus lumineux.\u2014 Le désoeuvrement vous prendra.¦\u2014Non, car j\u2019entends, au contraire, travailler rudement, et cela de tout mon coeur, de toute ma volonté.\u2014 Quand on n\u2019y est pas habitué, c\u2019est pénible.\u2014 Je suis d\u2019une famille de travailleurs, monsieur.Mon père, un brave et excellent homme, a gagné, gagne encore sa fortune à la sueur de son front.Ma mère et ma soeur l\u2019aident dans son industrie.Chez nous, où tout le monde se rend utile, on m\u2019a enseigné que rien n\u2019était sain et bon comme le travail.Diane et Inès fronçaient le sourcil.\u2014 Mon Dieu ! pensait la marquise, que ce garçon est donc commun et insupportable !.Jacques, au contraire, écoutait Maurice attentivement.\u2014 Et quels sont vos projets, monsieur ?fit-il avec un intérêt plus grand qu\u2019il n\u2019eût voulu en laisser voir.Est-il indiscret de vous le demander ?\u2014 Certainement non, monsieur.Ne pouvant à mon âge me créer une place dans l\u2019industrie, j\u2019ai résolu de consacrer mon temps et mes aptitudes à l\u2019agriculture.J\u2019essayerai d\u2019administrer Argelles sans y faire trop de sottises, ce qui est difficile, je crois, dans les commencements d\u2019un apprentissage a-gricole, surtout étant donné que mon ignorance est doublée d\u2019un enthousiasme naturel, fort bête et encore plus dangereux, mais dont je suis difficilement maître.\u2014 Vous êtes modeste, monsieur, et sévère pour vous.Cet enthousiasme, bien dirigé, peut arriver à de grandes choses.Maurice eut un sourire d\u2019une tristesse désenchantée très poignante.Jacques de Rhodes s\u2019aperçut de cette expression, et l\u2019involontaire sympathie qu\u2019il éprouvait pour le jeune homme augmenta.\u2014 Encore un qui a dû souffrir pour cette coquine-là !.pensa-t-il.Mais il surmonta vite ce sentiment irréfléchi et instinctif.Que pouvait lui faire après tout le mari de cette jeune femme qu\u2019il abhorrait ?N\u2019était-il pas pour lui un étranger, ne devait-il pas l\u2019être toujours ?.On se leva.Jacques ne dit pas une parole pour faire rester ses hôtes ; pas davantage il ne les invita à revenir.\u2014 Un original à moitié fou ! dit la marquise avec une expression profonde de mauvaise humeur et de colère.\u2014 Je ne trouve pas, répondit aussitôt Maurice.Rarement un inconnu m\u2019a été aussi sympathique que M.de Rhodes.Diane ricana et répliqua par des mots méchants que Maurice ne releva pas.Son esprit était loin.Où ?Dans la maison de la rue Denfert, et vers lequel son coeur volait malgré lui !.Elles l\u2019eussent compris, sa mère et sa soeur ! Tandis que sa nouvelle famille, celle qu\u2019il avait voulue !.Non, il va-vait mieux se taire !.\u2014 Où diable Mme d\u2019Argelles et Inès ont-elles été chercher ce beau garçon au regard d\u2019enfant, naïf et bon, se disait en même temps Jacques de Rhodes.Il ne leur ressemble pas, sur mon âme !.Tout bas, sans savoir le premier mot de ce qui s\u2019était passé à Paris, mais en pensant à ce que Diane était capable de faire de lui, il ajouta : \u2014 Encore un de perdu!.C\u2019est dommage ! Depuis un an ou deux, M.de Rhodes avait mis à exécution le projet dont le fils du notaire avait jadis parlé à Louis d\u2019Astarac.A quelques lieues de son domaine, au bord de ce golfe de Gascogne aux tempêtes effroyables, mais aux senteurs salines si fortifiantes, au milieu des landes de pins aux parfums d\u2019encens, Jacques avait fondé un sanatorium d\u2019enfants malades.Son immense fortune liquidée lui donnait des revenus si considérables qu\u2019une oeuvre semblable, avec ses besoins, son organisation et son établissement, pouvait seule les lui faire employer.A la grande colère de Diane, qui n\u2019en parlait pas se sentant impuissante à changer un iota de ce qu\u2019avait décidé l\u2019inflexible volonté du comte, il se consacrait à cette oeuvre qui lui coûtait cher, mais qui le passionnait.Il n\u2019y avait pas de jour que le sanatorium reçût sa visite.Il partait en voiture d\u2019Astarac, dans un phaéton léger que Mathieu ou lui conduisait ; en une heure, une heure et demie au plus, il était arrivé à Sainte-Marguerite, ainsi qu\u2019il avait nommé son établissement.A quelques semaines de la visite que Diane et ses enfants avaient faite au château d\u2019Astarac, Jacques en arrivant un matin à Sainte-Marguerite vit un cheval attaché à la porte du sanatorium.Il était très beau et piaffait d\u2019impatience, recourbant encore son cou aux lignes arrondies, tirant sur la bride qui le retenait captif.DÉPRIMÉE?NERVEUSE?LYMPHATIQUE?DÉLAISSÉE?LISEZ ALORS CECI.Si vous manquez de vigueur ; si vous êtes fatiguée et irritable ; si vos nerfs et vos muscles ainsi que les tissus de votre corps n\u2019ont pas le soutien qui devrait leur être fourni par le bon fonctionnement du système, vous avez besoin d\u2019un tonique tel que mon SANO « A » qui contient les ingrédients reconnus par leurs valeurs toniques dans de telles conditions.LES TABLETTES SANO \"A\" Avec l\u2019usage du bienfaisant tonique SANO « A », votre digestion devient plus facile, votre repos est plus réparateur et une meilleure détente s\u2019opère dans vos nerfs et vos muscles.Votre appétit devient meilleur et l\u2019assimilation des aliments se faisant mieux, votre santé et votre vigueur devraient s\u2019améliorer.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de nos tablettes SANO « A ».Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO EK Mme CLAIRE LUCE.Case postale, 1281 (Place d'Armes), Montréal, P.Q.Ci-joint 5c pour échantillon des Tablettes SANO \"A\".Ecrivez lisiblement.(pour le Canada seulement) Nom.Adresse.Ville.Prov. 22 M.de Rhodes crut qu\u2019un étranger passant l\u2019hiver à Biarritz était venu visiter l\u2019établissement.\u2014 Quelqu\u2019un de riche, pensa-t-il.Le cheval est magnifique.Il entra.Au milieu de la cour, parlant avec un des religieux directeurs, Jacques aperçut un jeune homme mince et élégant, lui tournant le dos.Il tressaillit, croyant reconnaître la tournure de celui qui était là.L\u2019étranger se retourna : c\u2019était, en effet, Maurice Vallauris.A l\u2019aspect du comte, il fit vivement quelques pas vers lui.Il avait peine à retenir les larmes d\u2019attendrissement et d\u2019admiration qui remplissaient ses yeux.\u2014 O ! monsieur.monsieur !.dit-il, pardonnez-moi d\u2019être venu.Ce n\u2019est pas de la curiosité, non, le hasard d\u2019une promenade !.Mais que c\u2019est donc beau et admirable ce que vous faites ici !.Et quel grand coeur vous êtes !.L\u2019involontaire contraction qui avait agité les sourcils de Jacques à la vue de son petit-fils s\u2019était apaisée comme par enchantement, tandis qu\u2019également disparaissait la ride subitement creusée au milieu de son front.\u2014 Vous ne connaissiez donc pas l\u2019existence de cette maison ?demanda-t-il à Maurice.\u2014 Bien sûr que non !.Personne ne m\u2019en avait parlé !.Je me promenais à cheval dans la campagne.J\u2019ai vu ces murs, j\u2019ai demandé, je suis entré.Monsieur, fit-il en désignant le religieux souriant à quelques pas, m\u2019a expliqué que c\u2019était vous le fondateur, le créateur de cette oeuvre admirable ; que c\u2019était par vous, grâce à la fortune que vous a donnée le travail de votre vie entière, que tous ces pauvres petits malades, ces enfants sans ressources, revenaient à la santé.Mais c\u2019est sublime, cela, monsieur, et je ne connais pas d\u2019oeuvre plus belle.Maurice, malgré lui, pleurait.Jacques était beaucoup plus ému qu\u2019il ne l\u2019eût désiré.\u2014 Voulez-vous me permettre de vous répéter ce que je viens de dire à monsieur ?continua Vallauris.\u2014 Dites !.\u2014 Me le pardonnerez-vous ?demanda Maurice en hésitant tout à coup.\u2014 Cela dépend ; je ne m\u2019engage jamais d\u2019avance.\u2014 Allez, monsieur, dit le religieux en intervenant, vous pouvez parler.Moi, je me porte garant de M.de Rhodes.\u2014 Eh bien ! monsieur, j\u2019ai osé dire que j\u2019étais très fier d\u2019être le mari de votre petite-fille.\u2014 Ah ! fit Jacques, un peu pâle.Puis, très brusquement, comme s\u2019il prenait une résolution subite : \u2014 Cette oeuvre engloutira peut-être toute ma fortune, dit-il.L\u2019expression du visage de Maurice ne broncha pas.\u2014 Qu\u2019est-ce que cela fait ?dit-il.Votre charité vous survivra et rien ne détruira le bien que vous aurez fait.__Mais cette fortune, dans l\u2019ordre des choses ordinaires, devrait vous revenir ; au moins à vos enfants.Vallauris eut un beau mouvement, très sincère et très vrai : \u2014 Oh ! l\u2019argent !.dit-il ; l\u2019argent !.Pourquoi est-il une nécessité, lui qui n\u2019intervient dans la vie que pour gâter les plus beaux sentiments, empoisonner les meilleures choses.Mon père, monsieur, en gagne assez, heureusement, pour me permettre de ne pas m\u2019occuper, ou du moins me préoccuper de l\u2019avenir.Mes enfants, d\u2019ailleurs, seront peut-être plus heureux d\u2019avoir à travailler.Dans tous les cas, monsieur le comte, vous êtes maître absolu de tout ce que vous avez gagne, et quel usage meilleur en feriez-vous que ce que vous avez créé ici ?\u2014\tAlors vous m\u2019approuvez?.\u2014\tOh ! de toute mon âme.\u2014\tEt vous ne regrettez rien ?\u2014\tAu contraire.Et je vous supplie de continuer.Votre charité vous portera bonheur.Très bas, avec la même expression désenchantée qu\u2019il avait déjà eue là-bas, au château d\u2019Astarac, Maurice ajouta.\u2014 Et nous en avons besoin!.L\u2019ouïe très fine de Jacques distingua les paroles du jeune homme.Il ne les releva pas.Mais il tressaillit, tandis qu\u2019involontairement son coeur se serrait.Maurice se dirigea vers le dehors.\u2014 De nouveau, pardonnez-moi, monsieur le comte, dit-il.\u2014 Je n\u2019ai rien à vous pardonner.Revenez aussi souvent que vous le voudrez.Les portes de la maison vous seront toujours ouvertes.\u2014 Merci, dit Maurice.Et définitivement cette fois-ci, il s\u2019éloigna.Il détacha l\u2019impatiente bête qui hennit à son approche, mais il ne monta pas sur elle et, en la conduisant au contraire par la bride, il marcha dans une route charmante qui longeait les falaises.Au loin, à perte de vue, la mer ondulait doucement dans sa robe bleue frangée d\u2019argent ; le soleil mettait au sommet de chaque petite vague ses étincellements d\u2019or et de diamant ; heureusement disséminées de tous les côtés, quelques voiles rouges ou blanches ressemblaient aux ailes gigantesques des mouettes voyageuses ; à l\u2019ouest, les côtes d\u2019Espagne se dessinaient avec leurs découpures profondes et leurs traînées de roches abruptes de couleurs violentes, mais adoucies par la distance.Nul bruit ne se faisait entendre.Seules, les vagues bondissantes venaient se briser contre les falaises à pic, et rencontrant un obstacle plus dur qu\u2019elles, se tordaient gémissantes et furieuses, entrant dans les anfractuosités minées du roc, avec des hurlements de fauves acculés.Tout à l\u2019entour, depuis que l\u2019on n\u2019apercevait plus les murs du sanatorium, on ne découvrait rien que les grèves désertes et quelques misérables cabanes de pêcheurs.Malgré cela, le site était si beau, l\u2019horizon si large, les émanations des fleurs sauvages si pénétrantes et si douces, que Maurice, impressionné à rendre l\u2019âme, s\u2019arrêta.De nouveau, il attacha son cheval au tronc d\u2019un pin tordu par les vents du large et tomba assis au pied d\u2019une touffe immense de bruyères et de lentisques.Son coeur serré débordait.Une foule de pensées douloureuses l\u2019étreignaient.Partout, donc, on faisait du bien, on travaillait, on se rendait utile ?Lui seul, désoeuvré et faible, n\u2019avait fait que du mal !.\u2014 Ah ! pourquoi, pourquoi Inès, cette fille de Marguerite de Rhodes, ne ressemblait-elle pas à son grand-père ?.Les instants s\u2019envolèrent rapidement sous ces réflexions poignantes.\u2014 Tiens, vous êtes là ?.Qu\u2019y faites-vous donc ?.dit derrière le jeune homme une voix brève et rapide.Il se dressa aussitôt, ayant perdu la notion du temps.Le soleil descendait à l\u2019horizon.Jacques de Rhodes était à côté de Maurice.\u2014 Je pensais combien votre vie est encore grande et utile, monsieur, dit aussitôt Vallauris, sans embarras.Jacques étouffa un soupir.Utile.quand il la trouvait, lui, si vide au contraire.\u2014 A part certains événements irrévocables, dit-il, l\u2019existence est en général ce qu\u2019on la fait.Mais vous êtes jeune, l\u2019avenir s\u2019ouvre très heureux devant vous ; de longtemps, vous ne comprendrez point ces choses.La même expression découragée revint sur les traits du jeune homme.M.de Rhodes continua : \u2014\tAvez-vous l\u2019intention de rester toujours dans ces campagnes, comme on le dit ?\u2014\tJe le voudrais, et j\u2019y serais heureux.Chez moi, on n\u2019y consentira peut-être pas.\u2014\tPourquoi ?\u2014\tLa vie de Paris a des attraits irrésistibles pour Mme d\u2019Argelles et pour sa fille.\u2014 Et pour vous ?\u2014\tAh ! Dieu non !.\u2014\tVous y avez votre famille, cependant ?\u2014\tEt une famille parfaite, oui, sûrement.Mais.\u2014 Mais quoi ?\u2014 Ah! j\u2019aime autant vous le dire, s\u2019écria Maurice avec l\u2019expansion naïve qui était en lui.N\u2019êtes-vous pas de ma famille vous aussi, maintenant ?Eh bien ! je crains Paris, parce que jusqu\u2019ici je n\u2019y ai fait que des sottises, que j\u2019en ferai peut-être encore si j\u2019y retourne, tandis que dans ce pays calme et tranquille l\u2019âme se rassérène et le bonheur pourrait venir !.\u2014 Ah ! vous l\u2019aimez donc, ce pays ?\u2014 Je l\u2019adore.Le Salon National de l'Agriculture Règle générale, les citadins ont une connaissance toute superficielle des animaux de ferme, comme du reste de tout le règne animal.Et l\u2019on ne peut guère les en blâmer.Tous gagneraient à fréquenter plus souvent les cours à bestiaux, mais ces lieux n\u2019ont rien de bien attirant.L\u2019an dernier, le Salon National de l\u2019Agriculture comportait une ménagerie réduite où l\u2019on pouvait voir des spécimens de nos magnifiques races laitières, des races ovines et porcines, de même que des oiseaux de basse-cour.Dix jours durant, des milliers de citadins ont défilé devant ces t nobles conquêtes de l\u2019homme », témoignant un intérêt soutenu, surtout les enfants.C\u2019est ce qui a décidé les organisateurs du prochain Salon, qui se tiendra du 17 au 24 février au Palais du Commerce de Montréal, à répéter cette expérience éducative en y ajoutant cette fois des représentants de nos superbes races chevalines : belge, percheronne, canadienne et thou-roughbred, auxquelles les misérables attelages affectés à la livraison, en ville, sont loin de rendre justice .Ces exhibits d\u2019animaux seront présentés par la Société des Eleveurs d\u2019animaux de race pure de la province de Québec, en collaboration avec le Ministère provincial de l\u2019Agriculture, les associations d\u2019éleveurs de bovins de races Jersey, Ayrshire, Holstein, Canadienne et Suisse brune, et aussi les associations d\u2019éleveurs de chevaux, de porcs et de moutons.Les exhibits avicoles seront présentés par le Ministère fédéral de l\u2019Agriculture, la Coopérative Avicole du Québec, et les associations d\u2019éleveurs de poulets de grils, de volailles R.O.P.et d\u2019éleveurs de dindons.Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 \u2014 Et vos nouvelles occupations vous plaisent ?\u2014 Enormément.Quoique je travaille un peu au hasard, ne connaissant encore rien à l\u2019agriculture.\u2014 Lorsque la santé de votre femme sera rétablie, il faudra visiter certains domaines très beaux des environs.Là, vous aurez des leçons pratiques, fort utiles pour vous.Maurice haussa les épaules.\u2014 Pourquoi mentir toujours ?dit-il.Ma femme n\u2019est pas malade, ne l\u2019a jamais été.\u2014 Alors, votre séjour ici.\u2014 Est la suite de mes folies de Paris.La vérité, la voici : Mon père, furieux de mes dettes, ne voulait plus intervenir.Ma mère, quoique étant la bonté même, comprenait qu\u2019il avait raison et le laissait faire, lorsque ma soeur a tout arrangé.\u2014\tVous avez une soeur ?\u2014 Oui, de cinq ans plus jeune que moi.\u2014\tMariée ?Maurice rougit.Pourquoi ?Il eût été bien embarrassé d\u2019expliquer comment cette question, qui l\u2019eût laissé jadis si indifférent, lui faisait maintenant passer des frissons jusqu\u2019à la moelle des os.\u2014\tNon, dit-il, pas encore.Henriette demeure avec mon père et ma mère ; c\u2019est elle qui fait même aujourd\u2019hui marcher la maison.\u2014\tMarcher la maison ?répéta Jacques.Il me semblait cependant que vous aviez une usine importante ?\u2014\tConsidérable même.Mais ma soeur a une intelligence de premier ordre.A vingt ans, elle prévoit tout, mène tout, organise tout avec une prudence et une tête extraordinaires.\u2014\tEt bonne avec cela ?\u2014\tAu-delà du possible, autant que droite et ferme.Je m\u2019étais laissé entraîner par une existence et des plaisirs que je n\u2019avais pas connus dans l\u2019intérieur austère de ma famille à moi.Ma soeur m\u2019a fait comprendre mes torts, et dans quels termes, grands dieux !.Dans quels termes également ne m\u2019a-t-elle pas donné le courage et la volonté de me relever à mes propres yeux !.Malgré lui, Jacques était impressionné.Il était homme à comprendre toute grandeur.Cette sensation fit qu\u2019il se livra un peu plus qu\u2019il ne l\u2019avait fait jusque-là.\u2014 Mais l\u2019hôtel de Candales n\u2019a-t-il pas été vendu à Paris ?demanda-t-il.\u2014 Oui, et c\u2019est encore ma soeur qui m\u2019a fait régler tout cela, afin, disait-elle, que la situation fût nette désormais.L\u2019hôtel est sorti de la famille, ce qu\u2019elle a considéré comme un bien, tandis, au contraire, qu\u2019elle a fait racheter Argelles par mon père.\u2014 C\u2019est une fille intelligente.Alors, Argelles est à vous maintenant ?\u2014 Non, à mon père, ce qui n\u2019est pas la même chose.\u2014 Oui, je comprends.Il n\u2019y aura plus moyen de l\u2019hypothéquer.Voulez-vous un conseil ?\u2014 Oh ! je vous en prie.\u2014 Ne faites rien sans écrire à Mlle Vallauris, et prendre ses conseils.Dans la vie, il y aura toujours les bons et les mauvais anges.Mlle votre soeur paraît être des premiers pour vous.Méfiez-vous des autres.Cette fois-ci, sans hésitation, Jacques serra la main de son petit-fils et rejoignit son phaéton qui l\u2019attendait à quelques pas, tandis que Maurice reprenait, encore plus songeur.le chemin d\u2019Argelles.Ses mauvais anges?.Qui donc remplissait ce rôle autour de lui ?.Vaguement, il le pressentait, sans que son honnêteté naïve, sa bonté d\u2019âme profonde, sa droiture d\u2019homme loyal qui n ayant jamais une pensée [ Lire la suite pape 25 | Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 23 Les Mots Croisés du Samedi 25 JEUX DE CARTES PAR SEMAINE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 72 23 \u2022\t2\t3\t4\t5\t6\t7 ft 9 10 II 12 13 14 15 16\t17\t18 19 20 21 22 23 Les réponses doivent nous parvenir avant le 26 février 1955.\tProblème No 1209 4 7 u R : A & s A u V £ UUr \u2018y A f2) ô 7 £ A (7 i D I V U /l -S M 7 s i c /) 7 £ 7 £ /./; /\\ o v | l - iNi > 4 c r ' r £ f( E UI r £ R I lot g A MH ^TFT7 f ¦f/ £.ü é- S I L L 0 /V 9 £ 1 /1 £ /J It Eü£.i_£ S 0 f) £ S £\t! 5 £ £ » £ ^M/l/4 7 u c T\\ i ll a.ii £ P o P £ / r /i et 7 i fi H fL Ni t Ko o AAZ' i t/ £ S o cl )£ u £ > r £ £jlAü h- L U I C- I M L Ohé t R fi R R IL fil 0 û £ r< o t v r \u2022T/4 C £ L A I R S t R K t E H f' 4 [ 5 5 c Mjl £ p b U 3 ; L Ç I 1 L i L O R I A r' 4 T A 't O u U f\\ P t M i M r ^ R t M t ' M t\" I TR EU c 0 (r t N t Nom\tVille Adresse .Province ADRESSEZ VOS REPONSES : LES MOTS CROISES, LE SAMEDI, 975, RUE DE BULLION, MONTREAL, 18, QUE.HORIZONTALEMENT 1\u2014\tEn Orient, riz au gras avec viande rôtie.\u2014 Enchantement magique.\u2014 Récipient où s\u2019opère une macération.2\u2014\tAmbassadeur du souverain pontife.\u2014 Emotion.\u2014 Chaussure grossière.\u2014 Tiré du péril.3\u2014\tMonnaie d\u2019or arabe.\u2014 Dans.Mathématicien suisse, né à Bâle.Bisons.4\u2014\tUsages.\u2014 Avirons.\u2014 Débrouille.Ville du Pérou.5\u2014\tEspèce de poche.\u2014 Université de Québec.\u2014 Fatigué et amaigri.Siège de cérémonie.\u2014 Négation.6\u2014\tPetite île.\u2014 Mentionner en détaillant les circonstances.\u2014 Préfixe.\u2014 Sorte de bière.\u2014 Homme avare.7\u2014\tRapporter textuellement.\u2014 Clairsemés.\u2014 Averse soudaine.\u2014 Opiniâtre.8\u2014\tHomme misérable.\u2014 Gouffre très profond.\u2014 Ados formé dans un terrain avec la charrue.\u2014 Délai.9\u2014\tMesure agraire.\u2014 Nom que se donnent entre eux les religieux.Ouvrier qui fait des harnachements.\u2014 Pronom.10\u2014\tChemin de halage.\u2014 Nom de filaments disposés en faisceaux.\u2014 Nom des temples japonais.\u2014 Qui contiennent de la soude.\u2014 Lac du Soudan.11\u2014\tGain, profit.\u2014 Tissu qui constitue la couche profonde de la peau.\u2014 Créés.\u2014 Pieu aiguisé par un bout.12\u2014\tMarque salissante.\u2014 Doux.\u2014 Petit cheval.13\u2014\tAuteur des Mystères de Paris.\u2014 Fer large et pointu de la charrue.\u2014 Rongé.\u2014 Personne à marier.14\u2014\tDeuxième conjugaison.\u2014 Petite ville d\u2019Epire.\u2014 Obtenue.\u2014 Administration publique du transport des lettres.\u2014 Fleuve d\u2019Italie.15\u2014\tIle du Dodécanèse italien.\u2014 Principe, commencement.\u2014 Suspension momentanée d\u2019une action.\u2014 Choisi par élection.16\u2014\tQui a l\u2019habitude de ruer.\u2014 Tournoiement d\u2019eau.\u2014 Poil du menton.\u2014 Barre servant à fermer une porte.17\u2014\tHéros d\u2019une chanson de geste.\u2014 Variété constante qui se conserve par la génération.\u2014 Local vitré pour abriter les végétaux.\u2014 Odorat du chien.18\u2014\tSitué.\u2014 Parasite.\u2014 S\u2019emploie dans l\u2019intimité.\u2014 Du nord.\u2014 Facile.19\u2014\tDémonstratif.\u2014 De peu de longueur.\u2014 Genre d\u2019oiseaux grimpeurs.\u2014 Chez les Grecs, poème satirique.\u2014 Argile rouge.20\u2014\tTriage.\u2014 Sorte de bouteille à base large.\u2014 On n\u2019en voit guère en été.\u2014 Ile de l\u2019Atlantique.21\u2014\tLe chef de l\u2019Eglise catholique.\u2014 Globes, sphères.\u2014 A toi.\u2014 Capitale de la Corée.Voyez, en page 30, la solution et les noms des 25 gagnants du 5 février, No 1206.22\u2014\tMuse qui présidait à l\u2019élégie.\u2014 Lieu de refuge.\u2014 Nourriture, en général.\u2014 Qui appartient à la campagne.23\u2014\tQui produit la soie.\u2014 Garnir de vitres.\u2014 Maréchal de France qui se distingua durant la guerre de la Succession d\u2019Espagne.VERTICALEMENT ]\u2014Théâtre affecté à la musique.\u2014 Instruments d\u2019optique.2\u2014\tLui.\u2014 Dépression au-dessus des yeux des chevaux.\u2014 Devenue rouge.\u2014 Mesure agraire.3\u2014\tSe suivent dans Léda.\u2014 Petit bâtiment à un mât.\u2014 Fatigué.\u2014 Chef-lieu de canton (Orne).\u2014 Barre servant à fermer une porte.4\u2014\tProduire effet.\u2014 Petite pièce du jeu de golf.\u2014 Nom scientifique du varech.\u2014 Patrie d\u2019Abraham.\u2014 Se suivent dans étirer.5\u2014\tGrosse lanterne.\u2014 Feuillet isolé sur lequel on écrit des renseignements.\u2014 Métal.\u2014 Marmite de cuisine.\u2014 Particule du dialecte provençal.6\u2014\tBonbon laxatif.\u2014 Plante ligneuse.\u2014 Symbole chimique du strontium.\u2014 Pesant.7\u2014\tMiroir réflecteur attaché à une lampe.\u2014 Fin du jour.\u2014 Un des cantons suisses.\u2014 Vieux (euphoniquement).8\u2014\tInterjection.\u2014 Somme donnée pour payer un travail.\u2014 Changer de place.\u2014- Audacieux.9\u2014\tHabitant.\u2014 Humeur sécrétée par l\u2019oeil.\u2014 Ensemble de circonstances atmosphériques.\u2014 Poil long et rude de certains animaux.10\u2014\tFigure circulaire.\u2014 Pièce du jeu de golf pour déposer la balle.\u2014 Mot latin qui signifie par ma.\u2014 Qui peut être inoculé.11\u2014\tMilieu.\u2014 Existez.\u2014 Raison sociale.\u2014 Possédée.\u2014 Lisière d\u2019un bois.12\u2014\tTitre des descendants de Mahomet \u2014 Pénible.\u2014 Support latéral d\u2019un siège.13\u2014\tAvoir très chaud.\u2014 Planche de bois.\u2014 Débarrassé des noeuds.\u2014 Désir de boire.\u2014 De l\u2019alphabet grec.14\u2014\tSusceptibles d\u2019être façonnés.\u2014 Ville des Pays-Bas.\u2014 Appareil servant au lancement d\u2019un navire.\u2014 Condition.15\u2014\tOuverture par laquelle coule l\u2019eau qui fait mouvoir un moulin.\u2014 Aérostat.\u2014 Evités avec adresse.\u2014 Fluide gazeux qui forme l\u2019atmosphère.16\u2014\tInstrument à vent.\u2014 Acquitter une dette.\u2014 Celui qui donne son nom à une cloche lors d\u2019une bénédiction.\u2014 Négation.17\u2014\tConjonction.\u2014 Se rendra.\u2014 Abjurés.\u2014 Boîtes à ordures ménagères.18\u2014\tMaison d\u2019enseignement.\u2014 En les \u2014 Après.\u2014 Soutirer.19\u2014\tCarte à jouer.\u2014 Mammifère à longue^ oreilles.\u2014 Route rurale (abr.).\u2014 Entrée.\u2014 Pente d\u2019un toit.20\u2014\tFigure héraldique en forme de T.\u2014 Equerre.\u2014 Le plus précieux des biens.\u2014 Roi d\u2019Israël.\u2014 Rivière de France.21\u2014\tDépartement de la France formé d\u2019une partie de la Normandie.\u2014 Etoffe de soie ou de laine très forte.\u2014 Unité monétaire roumaine.(PL).\u2014 Dense.\u2014 Fatigué.22\u2014\tPommade de blanc de plomb.\u2014 Réunion d\u2019hommes habitant un même territoire.\u2014 Divertissement.\u2014 Initiales de ce magazine.23\u2014\tAction de rendre quelque chose.\u2014 Coussin rond et vide par le milieu. 24 Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 Mes Recettes de Cuisine par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE.Casserole de légumes 2\ttasses de fèves vertes en conserve 1% tasse de pommes de terre cuites coupées en dés 6 tranches de bacon frit 1 gros oignon haché 4 c.à tb.de graisse de bacon 4 c.à fb.de farine 2\ttasses de lait % tasse de fromage râpé Sel et poivre Mettre dans un plat à gratin les fèves égouttées, les pommes de terre, le bacon bien croquant et brisé en petits morceaux et l\u2019oignon haché finement.D\u2019autre part, mettre dans une casserole la graisse de bacon, la farine et le lait.Délayer et cuire en brassant jusqu\u2019à épaississement.Ajouter le fromage et brasser dans la sauce chaude pour le faire fondre.Verser sur les légumes.Couvrir de corn flakes et cuire à four modéré 375° F.30 à 35 minutes.6 services.Oeufs et saucisses au gratin 6 oeufs cuits durs 6 pommes de terre moyennes cuites 6 saucisses à hot dogs 3\ttasses de sauce blanche moyenne Chapelure beurrée Trancher les oeufs en rouelles ainsi que les pommes de terre et les saucisses.Mettre dans un plat à gratin, couvrir de sauce blanche moyenne faite avec 6 c.à tb.de shortening (moitié beurre) 6 c.à tb.de farine et 3 tasses de lait.Couvrir de chapelure beurrée préparée avec 2 c.à tb.de beurre fondu et % tasse de chapelure.Cuire au four modéré de 375° F.30 à 35 minutes.6 services.Pouding au chocolat 1% tasse de farine à gâteau tamisée 2 c.à thé de poudre à pâte % de c.à thé de sel % de tasse de sucre 2 c.à tb.de shortening 1\tcarré de chocolat (1 once) V2 tasse de lait 1 c.à thé de vanille V2 tasse de noix hachées Tamiser ensemble les ingrédients secs.Faire fondre le shortening avec le chocolat, y ajouter le lait.Verser sur le mélange sec, délayer parfaitement, aromatiser et y ajouter les noix hachées.Verser dans un plat en pyrex rond bien graissé.Mélanger ensemble % tasse de sucre, V2 tasse de cassonade, 2 c.à tb.de cacao.Etendre le tout sur la pâte puis y verser 1 tasse d\u2019eau bouillante.Cuire 1 heure au four de 350° F.Servir chaud avec de la crème fouettée.6 à 8 services.Pain à l'orange 2 tasses de farine tout usage tamisée 2\tc.à thé de poudre à pâte Vs de c.à thé de sel !4 de tasse de shortening % de tasse de jus d\u2019orange V2 tasse de zeste d\u2019orange râpé 1 oeuf bien battu 1 tasse de sucre Tamiser ensemble la farine, la poudre à pâte et le sel.Couper finement dans la farine le shortening tout comme on fait pour la pâte à tarte.Mélanger ensemble le reste des ingrédients.Verser sur le premier mélange et délayer vivement.Verser aussitôt dans un moule à pain en pyrex et bien graissé.Cuire au four de 350° F.50 à 60 minutes.Ce pain est délicieux pour servir en sandwiches.Tarte aux oeufs meringuée 3\tblancs d\u2019oeufs % de tasse de sucre fin V4 de c.à thé de crème de tartre Beurrer une assiette à tarte en pyrex.Battre les blancs d\u2019oeufs en mousse ferme, ajouter graduellement le sucre et la crème de tartre en continuant à battre.Quand la meringue est bien ferme, étendre dans l\u2019assiette à tarte à l\u2019épaisseur de % de pouce pour couvrir le fond et ramener la meringue sur les bords de façon à ce qu\u2019il y ait une épaisseur de 1 pouce de meringue.Cuire la croûte de meringue à four doux 275° F.1 heure environ.Refroidir parfaitement et préparer une crème avec les jaunes.Faire cuire au bain-marie les 3 jaunes d\u2019oeufs battus avec % de tasse de sucre et 2y2 c.à tb.de jus de citron, Vg de c.à thé de sel et 1 c à thé de zeste de citron râpé.Cuire en brassant jusqu\u2019à épaississement 8 à 10 minutes.Refroidir et verser dans la croûte meringuée.Mettre au réfrigérateur au moins 3 heures.Au moment de servir, garnir de crème fouettée et de cerises.6 à 8 services.3* .\u2019 Dans un village du Québec, l'incendie vient de plonger une famille dans le dénuement le plus complet.La Croix-Rouge a d'abord trouvé un abri temporaire aux sinistrés et maintenant elle leur apporte de quoi manger.LA CROIX-ROUGE AU SECOURS DES SINISTRES La Croix-Rouge, qui poursuit une campagne de souscription du 26 février au 12 mars dans Montréal, et en mars un peu partout dans la province de Québec, en vue de recueillir $1,096,100 est une organisation qui obtient d\u2019emblée la sympathie du public parce qu\u2019on la voit à l\u2019oeuvre dès que le malheur s\u2019abat sur un groupe de gens, particulièrement à la suite d\u2019un sinistre, de quelque nature qu\u2019il soit.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019inondation, d\u2019incendie, d\u2019accident, de séisme, la Croix-Rouge s\u2019empresse au secours des sinistrés.Tout d\u2019abord, les représentants de cette organisation voient à fournir des abris temporaires à ceux qui n\u2019ont plus de demeures.Ensuite, ils distribuent les vêtements essentiels, les couvertures de lit, la nourriture et le combustible.La Croix-Rouge ne demande jamais un cent aux sinistrés.Toujours arrivée la première sur les lieux, elle ne repart que lorsque la situation est sous contrôle.Les citoyens de la province de Québec savent le travail admirable accompli par la Croix-Rouge à Ri-mouski, à Cabano, à Forestville, à Ville Jacques-Cartier et ailleurs et quand un désastre survient dans une ville ou un village, tout de suite c\u2019est vers la Croix-Rouge qu\u2019on jette un regard d\u2019espoir ; jamais elle n\u2019a déçu qui que ce soit.Lors de l\u2019ouragan Hazel, dans l\u2019Ontario, la Croix-Rouge a accompli des prodiges de charité et plus que jamais, alors, on a compris combien cette organisation jouait un rôle indispensable d\u2019une extrémité à l\u2019autre du pays.La Croix-Rouge compte surtout sur la collaboration d\u2019auxiliaires bénévoles puisque 97 pour cent de tout son personnel ne reçoit aucune rémunération.Nous ne pouvons tous, c\u2019est entendu, appartenir à une unité de la Croix-Rouge et y consacrer chaque semaine ou chaque jour un certain nombre d\u2019heures gratuitement.Tous, cependant, nous pouvons et nous devons seconder le travail de la Croix-Rouge en souscrivant généreusement à sa campagne.N\u2019oublions pas que le sang recueilli par la Croix-Rouge sauve chaque jour des dizaines de vies, que les cliniques ambulantes médicales et dentaires de cette organisation vont jusqu\u2019aux endroits les plus reculés de la province, que les cours de sécurité aquatique évitent de nombreuses noyades, que les prêts d\u2019accessoires de malade rendent d\u2019immenses services et que les avant-postes infirmiers s\u2019avèrent d\u2019un grand secours en Gaspésie et aux Iles de la Madeleine.Si la Croix-Rouge n\u2019exige jamais un cent de ceux qu\u2019elle aide, il lui faut cependant des fonds pour poursuivre son oeuvre indispensable et c\u2019est ce qui explique la présente campagne de souscription.Donner à la Croix-Rouge, c\u2019est servir l\u2019humanité.D\u2019ailleurs, qui peut dire que demain il ne sera pas heureux de bénéficier de l\u2019un des multiples services de la Croix-Rouge, que ce soit celui des transfusions de sang, en cas d\u2019accident ou de maladie, ou encore celui de l\u2019aide aux sinistrés.Donner à la Croix-Rouge, c\u2019est se protéger soi-même tout en répondant de la meilleure façon au grand commandement de la charité qui dit : « Tu aimeras ton prochain .» Marguerite Wilson. Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 25 LA TRAGEDIE DE LA RUE.mauvaise ne voit le mal chez personne, voulussent en convenir tout à fait.L\u2019été commença, et le frère de Sou-riquette revit quelquefois M.de Rhodes.Mais Jacques, qui ne faisait rien à la légère, regretta bientôt ses rencontres avec Maurice, et descendit au fond de lui-même.L\u2019intérêt qu\u2019il avait dès l\u2019abord ressenti pour Maurice Vallauris, la sympathie qui avait augmenté devant la générosité désintéressée du jeune homme, en présence de cette âme droite, à la bonté naïve et à la sincérité d\u2019enfant, tout cela le préoccupa d\u2019abord, l\u2019ennuya ensuite.\u2014 Qu\u2019est-ce que j\u2019ai besoin d\u2019aller m\u2019intéresser à ce garçon-là, se dit-il, lorsque sa femme et sa belle-mère sont ce que je déteste le plus au monde ?.Et désormais, au lieu de rechercher Maurice, il l\u2019évita soigneusement, se détournant habilement lorsque sa prunelle perçante avait de loin découvert la silhouette de son petit-fils.Souvent alors, le matin, Jacques revit le cheval attaché à la porte du sanatorium, et toujours, sans entrer, il reprit le chemin d\u2019Astarac.\u2014 Il ne veut plus évidemment me voir, se disait en même temps Vallauris, qui ne tarda pas à deviner ce manège, pourquoi?.Moi qui l\u2019eusse tant aimé, s\u2019il l\u2019eût voulu.Vers le milieu du mois de juillet, il écrivit à Paris.Sa correspondance avec Souriquette était restée régulière et fréquente.Le jeune homme avait, en effet, suivi les conseils de M.de Rhodes ; il racontait à sa soeur tout ce qu\u2019il faisait, même ce qu\u2019il pensait, et c\u2019était elle maintenant qui était devenue sa confidente et sa directrice morale.Mais ce jour-là, la lettre de Maurice fut plus tendre, plus affectueuse qu\u2019à l\u2019ordinaire.Le bébé attendu ne pouvait tarder à faire son entrée en ce monde, et Maurice voulait que sa mère le reçût dès le seuil de sa vie.\t- « Toi seule peux la décider à venir ma Souriquette, disait le mari d\u2019Inès ; ce sera pénible pour elle, je le sais, mais dites-vous toutes les deux que vos vertus, mes chères saintes, porteront bonheur à cet enfant qui sera le vôtre, et que si maman la première me le met dans les bras je l\u2019aimerai encore plus !.» Comment résister à cet appel, à ces paroles, surtout à ces sentiments ?Laure le pouvait-elle quand sa fille insistait encore comme elle le fit ?.\u2014 Et ton père?dit Mme Vallauris.Si nous partons, il va être furieux et malheureux !.Ce que je ne veux pas.\u2014 Ce ne sera pas long.Papa viendra aussi, mais un peu plus tard.\u2014 Non, il ne se décidera pas, lui.\u2014 Je te dis que si.Je lui ferai écrire par Maurice qu\u2019on l\u2019attend pour le baptême.Et comme il voudra que son petit-fils soit baptisé, ajouta-t-elle avec un fin sourire, n\u2019aie pas peur, il arrivera.Laure comprit la délicate pensée d\u2019Henriette, et persuadée comme elle que ce rôle de parrain ferait oublier à Roselin tous ses griefs contre Mme d\u2019Argelles, elle résolut de partir pour le Béarn.Mais avant de quitter Paris, poussée par une force inconnue, Mme Vallauris, sans en parler à personne, voulut rendre une visite au couvent des Carmes de la rue de Vaugirard.Depuis les temps anciens où Laure avait fait la connaissance du père Sirice, elle était revenue souvent le voir.Le religieux, qui avait une estime profonde pour cette dévouée incomparable, si bonne et si droite, la recevait ¦ [ Suite de la page 22 ] toujours.Longtemps ses réponses a-vaient été désolantes.\u2014 Le père Honorât ne donne pas de ses nouvelles, avait-il invariablement affirmé dans les commencements.Un jour, la réponse avait été autre, mais pour s\u2019aggraver.\u2014 Parti au coeur des pays sauvages, il doit être mort, car on ne sait absolument pas ce qu\u2019il est devenu, dit alors le carme à Mme Vallauris.Cet après-ntidi-là, au contraire le visage du père Sirice avait une expression attendrie et heureuse que Laure ne lui avait pas vue depuis longtemps.\u2014 Ah ! vous savez quelque chose, s\u2019écria la mère de Souriquette, je le vois, je le sens !.\u2014 Oui, ce n\u2019est pas encore très catégorique ; mais enfin, c\u2019est un indice.\u2014 Quoi ?.Ah ! parlez vite, mon père !.\u2014 Un voyageur, explorant les contrées lointaines croit avoir reconnu un Français dans un prisonnier des sauvages.Quelques mots d\u2019une femme de la tribu lui ont donné à croire que ce Français était un religieux.Des renseignements complémentaires arrivés depuis, nous font espérer, à nous, que ce religieux est le père Honorât.\u2014 Ah ! Dieu de miséricorde, et il va revenir ?.\u2014 Oui, car des hommes autorisés font des démarches pour cela.\u2014 Et ma fille?.ma fille?.Ses mots s\u2019étranglaient dans sa gorge.Le père Sirice la regarda avec une grande pitié, unie à une douceur profonde : -\u2014 Soyez sans crainte, ma soeur, dit-il, le père Honorât ne vous causera pas de douleur.J\u2019étais son ami jadis, je me porte garant de lui.C\u2019est vous qui serez ma première confidente.\u2014 Je voudrais être la seule, dit-elle au milieu de ses larmes.\u2014 Si c\u2019est possible, ce sera fait, comptez sur mon dévouement.Je ne veux pas que vous souffriez pour nous, car vous êtes une des plus belles âmes que j\u2019aie rencontrées en ce monde.Allez en paix ! Pour tout le bien que vous avez fait, Notre Seigneur Dieu ne vous rendra pas de mal !.Apaisée, Laure partit le lendemain avec sa fille pour Argelles.Maurice et Diane attendaient les voyageuses à la gare.La marquise comprenait bien qu\u2019elle avait besoin de ces deux femmes ; aussi, quoique les détestant profondément, elle essaya d\u2019être avec elles d\u2019une grâce extraordinaire, car son intérêt passait toujours avant toutes choses.Elle embrassa Laure à plusieurs reprises en lui parlant du bébé qui n\u2019était pas loin.Lorsque ce fut le tour de Mlle Vallauris, Diane se contenta de lui dire : \u2014 Vous êtes bonne d\u2019être venue!.Henriette ne répondit pas.Est-ce que c\u2019était pour Mme d\u2019Argelles, en effet, qu\u2019elle était là ?.Allons donc !.Quant à Maurice, il les pressa toutes les deux sur son coeur avec une émotion contenue, un attendrissement muet, un bonheur qui furent à coup sûr pour la mère et la fille la plus grande, la plus profonde des joies.\u2014 Ah ! chères aimées, dit-il simplement, vous voilà enfin !.Enfin !.Ce mot prononcé comme il le Drononça leur fit descendre le paradis dans le coeur, tandis que la même pensée se formulait en elles : Elles l\u2019avaient retrouvé, leur Minou d\u2019autrefois, tout ce qu\u2019elles aimaient l\u2019une et l\u2019autre en ce monde !.Que leur faisait le reste, à ces dévouées héroïques ; et pour lui que n\u2019accepteraient-elles pas ?.La grande chaleur du jour était tombée.Dans un superbe landau découvert, dont Mme Vallauris et la marquise occupaient le fond, on parcourut l\u2019admirable contrée qui, de la gare, s\u2019étendait jusqu\u2019au domaine d\u2019Argelles.\u2014 Que c\u2019est beau ici ! s\u2019écria Henriette, saisie.Quelle contrée admirable !.\u2014 C\u2019est l\u2019impression que j\u2019ai eue moi-même en arrivant et qui n\u2019a fait qu\u2019augmenter chaque jour, dit Maurice.Quel calme, quelle grandeur, quelle poésie !.Il n\u2019ajouta pas autre chose.Sous le regard impérieux et moqueur de sa belle-mère, ses meilleures impressions se glaçaient, se rapetissaient même.Mais Souriquette l\u2019avait compris, et, comme elle serra silencieusement sa main, très heureux, il n\u2019eut pas besoin d\u2019en dire davantage pour sentir que ses pensées et ses sympathies maintenant trouvaient de l\u2019écho.Il \u2014 La fée des montagnes.Les couches d\u2019Inès, arrivées à quelques jours de là, furent terribles.Diane faillit en devenir folle.Tant que dura le danger, incapable de se contenir, encore moins d\u2019assister aux tortures de l\u2019enfant à laquelle sa faiblesse avait donné aussi peu d\u2019énergie physique que de force morale, la marquise courut dans le château, du haut en bas de la maison, comme une panthère dans sa cage.Partout, les cris aigus d\u2019Inès, ses plaintes, ses sanglots la poursuivaient, lui déchiraient les entrailles, lui labouraient les chairs comme des tenailles rougies au feu.\u2014 Ah ! disait-elle à Annette Casta-rède, qui la suivait dans sa course insensée, penser que je ne puis souffrir à sa place !.Est-ce que c\u2019est juste cela ?.\u2014 Je vous ai vue ainsi, répondit la fidèle servante, et j\u2019ai souffert ce que vous endurez maintenant.Diane, les yeux allumés de colère, s\u2019approcha de sa nourrice comme si elle allait la tuer.\u2014 Malheureuse, lui dit-elle, tais-toi !.Ne sais-tu pas qu\u2019avec ces femmes maudites les murs maintenant eux-mêmes seraient capables de trahir nos secrets ?\u2014 Elles ne quittent Mme Maurice, ni l\u2019une ni l\u2019autre !.Un cri, plus profond, plus aigu, traversa l\u2019air.\u2014 Ah ! fit Diane en déchirant de ses ongles la chair de ses bras.Ma fille va mourir.Dieu va me punir par elle !.Instinctivement, elle tomba à genoux : \u2014 Ma mère Blanche, pardon !.bal-butia-t-elle au milieu de ses sanglots éperdus, pardon !.pardon !.Je suis une misérable, mais vous êtes une sainte du bon Dieu !.Pardon !.pardon !.Diane n\u2019avait pas seulement du sang espagnol dans les veines.Elles avait, de ceux de la Péninsule avec lesquels les ducs de Candales s\u2019étaient souvent alliés, les superstitions étroites et les terreurs irraisonnées.Maintenant, à genoux, les oreilles bouchées, elle sanglotait et priait, interrompant ses supplications pour dire : \u2014 Ah ! mon Dieu ! s\u2019il vous faut une victime ici, prenez-moi, mais pas ma fille, non, pas elle !.En bas, Mme Vallauris ne quittait pas Inès.Henriette, un peu en arrière, veillait à tout, organisait tout, préparait pour le médecin tout ce qui était nécessaire, sans toutefois donner à la belle-soeur les soins immédiats que sa situation ne lui eût pas permis de prodiguer sans blesser autant sa délicatesse exquise que les convenances.Maurice, les sourcils froncés, se promenait dans une pièce voisine, très affecté, très malheureux.A plusieurs reprises, il avait voulu s\u2019approcher de sa femme, afin de l\u2019encourager, de la consoler.Mais elle, rageuse et méchante, l\u2019avait chaque fois repoussé violemment.\u2014 Allez-vous-en, lui avait-elle dit avec colère, je ne veux pas vous voir.Il avait obéi.Et Henriette, de temps à autre, calme et grave, venait lui porter des nouvelles.Enfin, vers le soir, et comme le jour tombait, la porte s\u2019ouvrit une fois de plus et Maurice crut être le jouet d\u2019un songe.Subitement le rêve fait durant la messe de son mariage apparaissait et prenait corps devant ses yeux.Une silhouette exquise, mince, longue, souple et blonde, marchait vers lui avec une grâce chaste, incomparable, tenant un enfant dans ses bras, ressemblant à la fée du foyer, à la gardienne adorée de toutes les joies saintes de la famille et de l\u2019amour.Il chancela et faillit tomber à genoux.\u2014\tMon Dieu ! murmura-t-il.La voix d\u2019Henriette se fit entendre : \u2014\tVoilà ton fils, Maurice, dit-elle.Maman soigne ta femme ; l\u2019aimeras-tu moins si c\u2019est moi qui le mets dans tes bras ?Et elle lui tendit, en effet, un petit paquet très mince, très chaud, duquel émergeait une minuscule figure rouge toute plissée et deux petits poings fermés.Il le prit, mais ne sut pas, n\u2019osa pas le remuer, singulièrement ému, ayant peur de blesser le corps délicat qui venait à peine de faire son entrée dans ce monde.Il l\u2019embrassa néanmoins, puis s\u2019empressa de le rendre à la jeune fille, un peu honteux.\u2014\tTa femme va aussi bien que possible, dit Henriette.Maintenant que tu n\u2019as plus à être inquiet, va trouver ta belle-mère, qui fait des folies là-haut.Annonce-lui la nouvelle.Puis, ce soir, tu écriras à papa et tu lui demanderas de venir être le parrain de ton fils.Elle-même dès que le nouveau-né fut couché dans son berceau, envoya à Roselin la dépêche suivante : « Vallauris, rue Denfert, Paris.« Un garçon nous est né.T\u2019attendons pour le bénir et l\u2019aimer.Il portera ton nom.Lettre suit.Henriette.» Le lendemain, en effet, une lettre de Maurice partit.Elle était si tendre, si chaude, si affectueuse, que Vallauris oublia toutes ses rancunes.\u2014 Ah ! couquin de sort ! s\u2019écria-t-il, le petit de mon fillot !.Je ne peux pas lui en vouloir à celui-là !.ce qu\u2019il me tarde de le voir !.Et il se mit à compter les jours en attendant le baptême.Car l\u2019usine ne pouvait être ainsi a-bandonnée si longtemps et il fallait bien qu\u2019il y restât, lui, jusqu\u2019à la dernière extrémité, surtout qu\u2019Henriette et Laure n\u2019étaient pas là.D\u2019un autre côté, on semblait pour le baptême attendre le rétablissement d\u2019Inès, et le médecin prévenait que molle ainsi qu\u2019elle l\u2019était ce serait long.Alors, pendant que Diane était exclusivement occupée de sa fille, que Laure ne quittait pas d\u2019une semelle l\u2019enfant de son fils, lequel était nourri par une superbe montagnarde, Inès n\u2019ayant pas voulu le faire, tandis que sur les conseils de sa soeur Maurice reprenait la surveillance et la direction de son domaine, Henriette se mit à parcourir seule cette contrée splendide, qui l\u2019avait frappée dès son arrivée et peu à peu la prenait toujours davantage.Ces horizons grandioses, ces monta- 26 gnes irrégulières, aux croupes arrondies ou aux arêtes hardies, découpées en dents de scie, ces bouquets d\u2019arbres, dont les verts violents tranchaient sur l\u2019azur impeccable d\u2019un ciel toujours bleu, ces campagnes fécondes traversées de ces eaux bondissantes, aux écumes de neige, tout cela la charmait, la ravivait, allait à sa mélancolie désolée et, lentement, berçait l\u2019inguérissable blessure qui était en elle.Un matin, au seuil d\u2019une chaumière, elle vit une pauvre femme qui pleurait à fendre l\u2019âme.Elle lui demanda la cause de ses larmes.Son fils, un enfant de sept ou huit ans, dévoré de fièvre, battait la campagne, ne la reconnaissait plus.Elle entra, examina le petit malade, lui donna des soins d\u2019hygiène et laissa quelques secours derrière elle.Le hasard voulut que l\u2019enfant guérît.A quelques jours de là, une jeune fille en pleurs, l\u2019attendait au coin d\u2019un sentier.\u2014 Vous êtes la demoiselle du château, n\u2019est-ce pas ?demanda-t-elle en roulant le coin de son tablier.\u2014 Oui, pourquoi ?\u2014 L\u2019autre jour, vous avez guéri le fils de la Mariennette ; voulez-vous venir chez nous, le père est bien malade ?\u2014 Je veux bien, ma chère enfant ; mais je ne saurai peut-être pas.Pourquoi n\u2019appelez-vous pas le médecin ?\u2014 Celui d\u2019Argelles est mort, il y a bientôt trois ans, et ceux de Navailles coûtent trop cher pour de pauvres gens comme nous.\u2014 Allez, je vous suis.Le paysan avait un fort refroidissement, avec un point de côté et une fièvre de cheval.Henriette le soigna encore, mais se promettant d\u2019envoyer chercher un médecin à ses frais si la fièvre ne diminuait pas.Deux jours après, elle y fut obligée.Elle tomba sur un vieux docteur, un sage et un philosophe, qui s\u2019enthousiasma aussitôt de la charmante fille qui lui servait d\u2019infirmière avec une intelligence que sa grâce et sa beauté seules égalaient.Il avait une assez jolie fortune et sans famille, ne faisait guère de clientèle que pour le plaisir de l\u2019art.\u2014 Voulez-vous me permettre de vous donner quelques leçons, mademoiselle ?lui dit-il.A mon âge, je ne vous compromettrai pas et ça me fera un très grand plaisir.\u2014 Mais je ne demande pas mieux, docteur, et je vous en serai profondément reconnaissante répondit Souri-quette.A partir de ce moment, sous la direction de M.Guthary, le vieux médecin, Mlle Vallauris apprit les premières notions de cette science que toutes les jeunes devraient connaître, puisqu\u2019elle est inventée pour secourir ceux qui souffrent.Bientôt aussi, grâce aux livres qu\u2019il lui donna, elle connut le nom et la propriété de ces plantes frêles et charmantes, modestes et ignorées, qui croissent dans les montagnes, sous l\u2019herbe des bois, aux creux des vallons ou sur les escarpements des collines, et qui sont les plus grandes guérisseuses du monde.Seule, un grand chapeau abritant son fin visage, elle courut les hameaux voisins, à la recherche des pauvres et des malades qui bientôt ne tardèrent pas à connaître et à aimer la belle demoiselle aux grands yeux d\u2019azur, dont la douce voix savait dire de si bonnes paroles pour les consoler.Peu à peu, elle prit ainsi l\u2019habitude des pauvres demeures où la ménagère s\u2019assoit au seuil de la porte, en raccommodant les hardes de la famille ; elle s\u2019arrêtait elle-même sur les bancs de pierre, à l\u2019ombre des treilles encore chargées de leurs raisins tardifs, con- templant ces horizons, nouveaux pour elle, mais dont la sublime grandeur l\u2019impressionnait et la charmait au point de lui laisser croire quelle les avait toujours vus, toujours admirés.Deux mois ne s\u2019étaient pas écoulés que le pays entier savait son nom et l\u2019adorait.Un jour, la hasard de ses courses de charité la porta très loin d\u2019Argelles.A quelque distance, les tourelles nombreuses d\u2019un magnifique château se profilaient fièrement au-dessus de futaies splendides.Là, tout était encore plus grand, plus silencieux, plus superbe qu\u2019ailleurs, dans le calme saisissant d\u2019une paix que rien ne troublait.\u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est, ce beau château là-bas ?demanda-t-elle à une vieille femme qui passait en traînant une vache derrière elle.\u2014 Astarac, mademoiselle, pour vous servir.Souriquette en savait assez.C\u2019était donc là la demeure du comte de Rhodes, de ce grand vieillard rigide que la marquise d\u2019Argelles détestait si profondément, mais dont Maurice, en revanche lui avait parlé avec un enthousiasme et une admiration qui l\u2019avaient impressionnée.Elle s\u2019approcha de plus près! Que c\u2019était beau, ces grandes allées solitaires, ces massifs profonds, ce parc admirable, que les oiseaux troublaient seuls de leurs battements d\u2019ailes ou de leurs chants d'adieux ! Et comme cela ressemblait bien au cadre qu\u2019elle avait imaginé pour ce travailleur infatigable, ce piocheur austère, qui, après avoir aimé si passionnément les siens, se trouvait seul assis à son foyer éteint au déclin de sa vie.Une grande compassion la prit.Que s\u2019était-il passé là également?.Quelles douleurs, quels mystères s\u2019abritaient derrière ces grandes portes closes ?Car elle savait maintenant l\u2019histoire de la famille de Rhodes, et, après avoir parcouru le pays comme elle 1 avait fait depuis quelques mois, elle avait entendu bien des choses.Diane n\u2019était pas aimée dans ces campagnes, où elle n\u2019avait jamais fait du bien, et l\u2019on ne se gênait pas sur son compte.Or, tout cela avait trouvé un écho facile dans l\u2019esprit ferme et droit de Mlle Vallauris, car, sans en parler jamais, elle avait une aversion profonde, extraordinaire pour cette marquise d\u2019Argelles, aux yeux sombres et menaçants comme des nuées chargées d o-rage.Diane n\u2019avait-elle pas, en effet, failli perdre la raison ?.Quel était le grand grief avoué et palpable ?Voici : tandis qu\u2019Henriette vivait dans la même maison qu\u2019elle, d\u2019une vie presque commune,, comme elle avait souffert de ce caractère indomptable, orgueilleux et hautain, dont la note dominante était une jalousie pour tout ce qui touchait à Inès, jalousie que sa faiblesse insensée seule dépassait ! Et sur cet orgueil si froissant que de bassesse, que de souplesse lâche, quelle absence absolue de conscience et de sens moral !.Parce que Jacques de Rhodes que Maurice disait si grand et si droit, la détestait après l\u2019avoir recueillie, que ne lui avait-elle pas fait, que ne lui reprochait-il pas ?Et pour en être arrivée à prendre à Marguerite de Rhodes, la pauvre morte tout ce qui lui avait appartenu, sa fille, son mari, son nom, sa fortune, qu\u2019avait pu concevoir et exécuter Diane ?.Souriquette ne pouvait à coup sûr pas le deviner ainsi ; mais son intelli- Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 gence active et claire le pressentait, tandis qu\u2019une grande sympathie naissait en elle pour ce vieillard désespéré, dont la douleur avait p^ut-être la même origine que la sienne propre.Elle revint souvent, à partir de ce jour-là.Mais, une fois, elle se trompa de chemin et se trouva dans un petit cimetière dont les tombes blanches riaient au soleil, toutes couvertes des dernières feuilles d\u2019automne.Souriquette ne connaissait pas les terreurs irraisonnées, celle des morts surtout.Au contraire, dans son état d\u2019esprit, avec la mélancolie profonde qui était en elle, le sentiment de sa solitude éternelle, ces abandonnés qui dorment seuls \u2014 et si souvent oubliés, hélas ! \u2014 sous la terre dure, l\u2019attiraient.Une chapelle de marbre blanc d\u2019une élégance et d\u2019une richesse incomparables, se dressait au milieu du petit cimetière, dominant toutes les autres tombes.La jeune fille s\u2019approcha.A travers une grille dorée, un autel de marbre apparaissait, tenant tout le fond.Un grand crucifix et des candélabres d\u2019or pur faisaient, avec deux portraits également cerclés d\u2019or, le seul ornement de la chapelle mortuaire.Sur le devant, un prie-Dieu de velours noir, sur lequel se voyait 1 empreinte profonde des genoux, disait que ce petit coin recevait la visite fréquente de quelque fidèle.Henriette chercha à distinguer les portraits.La distance était trop grande, de plus, c\u2019étaient deux photographies que l\u2019air et la lumière avaient presque effacées.Elle se recula légèrement pour mieux voir l\u2019ensemble.En haut, en belles lettres gothiques, il y avait ces seuls mots : Famille de Rhodes Mlle Vallauris sentit une émotion singulière entrer en elle.C était encore ce Jacques de Rhodes qui était là, lui qui si singulièrement 1 attirait depuis quelque temps, lui dont, le jour même, elle voulait aller de loin regarder la demeure au lieu de contempler le toit qui abritait le vivant, le hasard de ses préoccupations 1 avait inconsciemment portée vers la demeure dernière de ses morts ; mais c\u2019était lui toujours !.Elle tourna autour du petit monument.Sur l\u2019une de ses faces, il n\u2019y avait rien.Sur l\u2019autre, celle qui était exposée au Midi, on voyait deux inscriptions.La première que lut Souriquette disait : Blanche de Rhodes, née de Montégut décédée au château d\u2019Astarac Elle a fait du bien à tous ceux qui l\u2019ont approchée.La deuxième, plus simple, plus courte, portait : Marguerite de Rhodes morte à vingt ans.Devant cette dernière, Souriquette s\u2019arrêta, étreinte d\u2019une émotion singulière, les jambes subitement amollies, les yeux pleins de larmes.\u2014 Ainsi, pensa-t-elle, la voilà, la mère d\u2019Inès, la première marquise d\u2019Argelles.celle dont Mme Diane a pris la place.Une sorte de colère montait en elle, contre cette intruse, cette Diane maudite, que d\u2019instinct elle haïssait si profondément.Longtemps, elle resta là, immobile, plongée dans un monde de pensées confuses, qu\u2019elle n\u2019analysait pas ; très douloureuses, mais au-dessus desquelles planait celle-ci avec plus de netteté : Marguerite de Rhodes, riche, heureuse, adorée de Jacques, de quoi donc avait-elle pu mourir à vingt ans, en plein bonheur ?.LA VIE COURANTE .Dl^Sr __Dis donc.Emile, t'as pas l'air d'écouter ce que je te raconte . Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 N\u2019était-ce pas de quelque trame mystérieuse et perfide, tissée par les mains de Diane ?N\u2019étaient-ce pas les mêmes mains maudites qui avaient entouré Maurice des manoeuvres savantes, seules capables d\u2019amener ce mariage qu\u2019il regrettait aujourd\u2019hui elle en était sûre, \u2014 mais qui n\u2019en restait pas moins, dans son inévitabilité, le désespoir de sa vie à elle ?Quand Henriette releva son visage baigné de larmes, aux sourcils rapprochés, aux narines frémissantes, elle vit à quelque distance l\u2019église dans laquelle le soir lui avait-on raconté, Marguerite allait jouer de l\u2019orgue dans la tribune.Cette église, bâtie au-dessus même du cimetiere, était eloignee de quelques centaines de mètres des pauvres maisons qui composaient le hameau d\u2019Astarac.La jeune fille, devant la solitude absolue de tout ce qui l\u2019entourait, fut alors prise d\u2019une irrésistible envie de faire ce qu\u2019avait si souvent fait celle dont la tombe venait de la bouleverser si profondément.Elle gravit la petite éminence et se trouva bientôt devant un grand bâtiment aux murs recouverts de lierres, de clématites, de chèvrefeuilles et de toutes sortes de plantes grimpantes encore fleuries et parfumées.Au-dessus de quelques marches de pierre, il y avait une grande porte brune ; elle était fermée au pêne seulement ; Mlle Vallauris le souleva et entra.Tout de suite, à gauche, un escalier tournant montait dans le clocher.Au premier palier, Souriquette se trouva dans la petite tribune où Marguerite de Rhodes était venue si souvent confier à son orgue la poésie débordante de son jeune amour pour Fabien d\u2019Argelles, les rêves heureux que cette affection sainte lui inspirait alors.Elle s\u2019assit, souleva le couvercle de l\u2019harmonium et tira les registres.Le temps n\u2019avait pas eu de prise sur l\u2019admirable instrument.Avec la même douceur grave, il rediâ les chants mélancoliques et tristes que la jeune fille laissait tomber de ses doigts.Dans la campagne, ce soir-là les paysans qui revenaient de leurs travaux d\u2019automne s\u2019arrêtèrent d\u2019abord saisis, en entendant les ondes sonores et lentes s\u2019échapper par les fenêtres ouvertes, puis se signèrent, répétant : \u2014 Ah! Seigneur Jésus!.Mademoiselle est revenue !.A partir de ce moment ce ne fut plus Astarac et ses futaies grandioses qui attirèrent Henriette Vallauris, loin d\u2019Argelles, mais ce fut ce coin de terre où dormait cette morte de vingt ans, évidemment la victime de la même implacable main qui avait tué aussi son bonheur à elle.Pas de jour maintenant ne se passait que, avant ou après ses visites de charité, Souriquette ne vînt apporter sur la tombe de Marguerite et de Blanche les plus belles fleurs du pays.Pour cela, elle pillait les jardins et tes serres d\u2019Argelles, elle ramassait dans les landes l\u2019or des genêts, les violettes des bois ; elle glanait jusque devant la porte des pauvres gens qu\u2019elle seignait, des brins de lavande ou des tiges de basilic, ces humbles fleurs des ménagères du Sud-Ouest.Puis, après sa visite faite, ses offrandes éparpillées sur les marches, pendues à la grille, ou accrochées à toutes les saillies \u2014 et cela avec le goût charmant qui était en elle \u2014 Souriquette montait à la tribune et parlait à la morte, dans ce langage divin de la musique et de l\u2019harmonie qu elle-même avait si bien compris et tant aimé.Jacques de Rhodes, qui avait été absent pendant quelque temps, se rendit dès son arrivés au petit cimetière ; mais il s\u2019arrêta suffoqué en voyant la moisson embaumée qui parait la tombe adorée.\u2014 Ah! qui donc était venu?.Il resta tout droit, subitement glacé, avec une ride énorme au milieu de son front.Depuis vingt ans, c\u2019était la première fois, en effet, que semblable chose se produisait.Inès ?.Allons donc !.Le coeur lui eût poussé alors ?.Non, c\u2019est une chose qui ne naît pas sans graine, celle-là !.Qui alors?.Jacques savait que la mère et la soeur de Maurice étaient venues dans le pays pour les couches de la jeune Mme Vallauris ; mais est-ce que des étrangères ont de ces attentions ?Il se cacha dans les massifs qui entouraient la tombe, attendant, espérant que le visiteur inconnu viendrait ce jour-là.A la nuit tombée, il reprit déçu le chemin d\u2019Astarac, n\u2019ayant rien vu.\u2014 Comment est la soeur de M.Vallauris, demanda-t-il brusquement à Mathieu Puyloo, le soir après le souper.\u2014 Je ne l\u2019ai pas vue, répondit aussitôt le vieil intendant ; mais il faudrait être sourd pour ne pas entendre ce que le pays entier en dit.\u2014 Ah ! répétez, voyons.\u2014 Au physique, grande, blonde, mince, belle comme les anges.Au moral, que perfection.Mlle Vallauris connaît déjà tous les pauvres de la contrée, elle soigne les malades, donne des secours aux malheureux, habille les vieillards et adore les enfants.Marguerite, jadis aussi, en effet, n\u2019accomplissait-elle pas les mêmes charités ?Mathieu, sans voir l\u2019émotion de son maître, continua : \u2014 Il paraît également depuis quelque temps.Il s\u2019arrêta tout à coup et dit : \u2014 Mais j\u2019ai peur de raconter cette dernière chose à monsieur le comte, elle va peut-être lui faire de la peine.M.de Rhodes tressaillit, puis surmontant aussitôt le trouble bizarre qui l\u2019étreignait : \u2014 Quoi ?fit-il, que voulez-vous dire, mon bon Mathieu ?Et en quoi les actes d\u2019une étrangère peuvent-ils me faire plaisir ou peine ?\u2014 C\u2019est que Mlle Vallauris va jouer sur l\u2019hamonium de feu Mme la marquise.\u2014 Ah ! fit Jacques en devenant plus blanc qu\u2019un linge.\u2014 Et, reprit l\u2019intendant, vous savez comme les gens d\u2019ici sont superstitieux et bêtes.\u2014 Ça dépend.Qu\u2019ont-ils dit ou fait ?¦\u2014Fait, rien ; on aime trop Mlle Vallauris pour rien lui faire de désobligeant, mais dire, c\u2019est autre chose.D\u2019abord, avant de l\u2019avoir vue et en l\u2019entendant jouer seulement, sans savoir que c\u2019était elle, tout le monde mourait de peur, croyant que c\u2019était feu notre chère morte qui était revenue.Puis.Mathieu hésita plus fort.\u2014 Quoi ?insista Jacques qu\u2019une sueur froide mouillait tout entier, sans que sa raison et son intelligence cherchassent à réagir contre cette émotion extraordinaire encore moins à l\u2019expliquer.\u2014 Eh bien ! finit par dire Puyloo, maintenant ils prétendent tous que Mlle Vallauris est le portrait vivant de Mme la marquise.\u2014 De ma fille?.\u2014 Oui, monsieur le comte.\u2014 Allons donc!.des folies!.Une étrangère et dont on connaît la famille encore !.Ces derniers mots, Jacques les avait prononcés bien plus pour répondre à ses propres pensées qu\u2019aux paroles de son intendant.Mathieu Puyloo, du reste, n\u2019y attacha pas d\u2019importance, ne les comprenant pas et ne soupçonnant pas le premier mot des doutes terribles qui avaient, depuis vingt ans, empoisonné la vie de son maître.Toute la nuit, M.de Rhodes se tourna et se retourna dans son lit, ne pouvant ressaisir son sang-froid.\u2014 Elle ressemble à ma fille ?.se disait-il malgré lui.Si c\u2019était elle que je cherche ?.Celle que certainement on m\u2019a volée ?Et il repensait aux dernières paroles de Fabien, à ses suprêmes aveux mêmes.Ces aveux, non catégoriques il est vrai, car Diane avait empêché leur confirmation finale, mais si probantes pour Jacques que sa conviction en avait été aussitôt faite !.Inès n\u2019était pas fille de Marguerite, mais celle de Diane ; de cela, depuis la mort de Fabien, M.de Rhodes ne doutait plus.Mais l\u2019autre, alors, la sienne ?.Dieu, pour le dédommager de ses longues souffrances, allait-il donc la lui renvoyer ainsi au moment où M.de Rhodes désespérait de la retrouver jamais ?.Mais non, il était fou !.Cette jeune fille n\u2019était pas une abandonnée ; elle avait, au contraire, une famille, un père, une mère, un frère.elle était la soeur de Maurice, la fille de Laure et de Vallauris, tout le monde savait cela.Mais cette ressemblance avec Marguerite, cependant !.Bah ! elle était blonde, mince et souple, comme la morte ; il n\u2019en fallait pas davantage aux paysans, déjà impressionnés de l\u2019avoir entendue jouer de l\u2019harmonium pour leur faire trouver M.O.D.JOHNSTON, BA.Sc., Ing.P., président de Gooderham & Worts Limited, a été élu récemment président de l'Association des Distillateurs du Canada.27 cette ressemblance que l\u2019imagination méridionale exagérait sans doute encore.Malgré toutes ces raisons, Jacques de Rhodes se trouvait dans le petit cimetière le lendemain, avant le jour.La matinée se passa, et Souriquette ne vint pas.Mais vers quatre heures, le comte fut payé de sa longue attente : dissimulé par des massifs profonds, il vit une jeune fille gravir l\u2019allée principale.Elle tenait une gerbe de fleurs dans ses bras et marchait lentement, avec une grâce chaste, impossible à dire.La mélancolie et la tristesse de sa situation lui revenaient ce jour-là plus âprement encore qu\u2019à l\u2019ordinaire ; aussi, au lieu de porter la tête droite, légèrement rejetée en arrière, ainsi qu\u2019elle le faisait d\u2019ordinaire, Souriquette, car c\u2019était elle, s\u2019avançait un peu affaissée, son grand chapeau cachant ses traits.Jacques dut déchirer de ses ongles la chair de sa poitrine afin d\u2019étouffer le cri qui lui montait aux lèvres.Dieu des anges !.Dieu de miséricorde, était-ce donc possible ?.C\u2019est qu\u2019ils disaient vrai, ces braves gens d\u2019Astarac qui l\u2019avaient vue !.Oui, mille fois oui, ils avaient raison, et avec sa démarche lente, sa tête penchée d\u2019un côté, la souplesse extraordinaire de sa taille, surtout, sa tournure, c\u2019était sa fille, sa Marguerite, sa morte, qui s\u2019avançait vers lui.Elle-même absolument.oui.au point que Jacques éperdu, involontairement, tendit les bras.Henriette, ne se doutant point que deux yeux ardents épiaient le moindre de ses mouvements, s\u2019approcha de la chapelle.Sur les marches, elle déposa ses fleurs, enleva les anciennes, celles qu\u2019elle avait portées l\u2019avant-veille et que le soleil avait flétries ; puis, elle se mit à arranger, à disposer les nouvelles, comme elle le faisait d\u2019ordinaire.\u2014 Là, dit-elle alors à mi-voix lorsqu\u2019elle eut achevé sa besogne ; c\u2019est fait mes chères mortes, je vous en ai ramassé beaucoup, beaucoup aujourd\u2019hui, pour que vous me pardonniez de n\u2019être pas venue hier.Mais je suis allée si loin, si loin, chez un malade du côté opposé, que je ne l\u2019ai pas pu.Et Dieu sait, cependant, si je me plais auprès de vous, madame Marguerite, surtout !.Au-dessus de l\u2019épitaphe de la jeune femme, elle s\u2019assit alors sur le degré de marbre et, comme elle avait très chaud enleva son grand chapeau.Elle était placée ainsi vis-à-vis même du massif dans les profondeurs duquel Jacques haletant, une sueur froide au front se cachait, la dévorant du regard.Mais jusque-là, il n\u2019avait point vu sa figure.Aussi que devint-il lorsque sur ce pur visage si hautain et si doux il reconnut tous les traits de Marguerite, le front, le nez, la bouche, le dessin des joues, avec quelque chose cependant d\u2019indéfinissable dans la physionomie, quelque chose qui n\u2019était pas d\u2019elle, de plus arrêté, de plus ferme, de plus ardent !.C\u2019était cette expression-là qui impressionnait si fort Diane quand la jeune fille lui parlait d\u2019une certaine façon, parce qu\u2019alors elle retrouvait absolument Jacques de Rhodes dans celle qu\u2019elle croyait être la fille des Vallauris ; avec le même éclair redoutable dans sa prunelle bleue, la même ride profonde coupant le front tout droit, entre les deux sourcils.Souriquette était assise, la tête appuyée en arrière au mur de la chapelle, entourée comme d\u2019une auréole de la mousse légère de ses blonds cheveux auxquels le soleil donnait des reflets d\u2019or en fusion.Peu à peu, sa physionomie, de mélancolique, se fit de plus en plus triste, 28 Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 LE SKI D'HIVER ET DE PRINTEMPS EN FRANCE \"jH» La France est par excellence le pays du ski.Le ski de printemps s\u2019y pratique aussi bien que le ski d\u2019hiver et.plus particulièrement, dans des régions comme la Savoie et le Dauphiné.La Savoie, au sud du Mont-Blanc, s'étend le long de la frontière italienne et comprend de nombreux massifs.Quant au Dauphiné, c\u2019est le dernier grand massif alpin avant la Méditerranée.On sait par ailleurs, pour les avoir vus à l'oeuvre dans nos Laurentides que les skieurs français sont formés à la meilleure école du monde.*| Wm pour en arriver à une expression presque désespérée à mesure qu\u2019elle semblait s\u2019enfoncer dans ses méditations.\u2014 Grand Dieu ! souffrirait -elle, celle-là aussi?se dit Jacques, qui ne pouvait détacher ses yeux de l\u2019image charmante qui était devant lui.Les instants passèrent.Souriquette ne bougeait pas et M.de Rhodes n\u2019osait faire un mouvement, de peur d\u2019effaroucher la chère apparition.Enfin, elle poussa un profond soupir et se leva.Son chapeau était passé à son bras, le vent du soir soulevait un peu ses blonds cheveux ; elle était idéalement jolie.Elle regarda un instant la chapelle, puis de ses doigts fins envoya un baiser vers la tombe disant à mi-voix : \u2014 A demain !.Alors, doucement, de son même pas lassé, elle monta jusqu\u2019à l\u2019église.Quelques secondes après, par les fenêtres ouvertes, l\u2019orgue se faisait entendre.En même temps, Jacques, se soutenant à peine, plus blanc que le marbre de la chapelle mortuaire, sortait de sa mystérieuse cachette et courait comme un fou vers le temple de Dieu.En haut, dans la tribune, Souriquette, avec une mélancolie aussi déchirante que douce, jouait cette admirable mélodie que Massenet, dans son Cid, met sur les lèvres de sa Chimène désespérée, la plus belle, la plus touchante page de musique qui ait peut-être jamais été écrite : Pleurez, pleurez, mes yeux, Tombez, triste rosée, Qu\u2019un rayon de soleil ne doit jamais [tarir.S\u2019il me reste un espoir c\u2019est de bientôt [mourir.Pleurez, mes yeux, pleurez toutes vos [larmes ! Pleurez, mes yeux !.Et l\u2019orgue, doucement, longuement la redit cette phrase, ne s\u2019en pouvant pas rassasier ; la répétant à l\u2019octave avec une expression qui prouvait que la musicienne, en effet, avait pleuré, pleurait encore.Elle ne chantait pas, mais Jacques connaissait admirablement les paroles, et ne les eût-il pas sues par coeur, la tristesse poignante du jeu les lui eût apprises.Enfin, cette reprise désespérée se termina, et l\u2019autre lui succéda, celle où dans l\u2019incommensurable désespoir de Chimène apparaît le premier rayon d\u2019or de l\u2019espérance.Souriquette, en effet, maintenant jouait la suite du lamento, celle où la fiancée du Cid dit : Mais, qui donc a voulu l\u2019éternité des [pleurs ?O ! chers ensevelis, trouvez-vous tant [ de charmes.A léguer aux vivants d\u2019implacables [douleurs ?.En bas, accoté au pilier qui le soutenait, Jacques de Rhodes éperdu, écoutait.Si ce n\u2019était pas Marguerite en personne qui jouait, n\u2019était-ce pas elle qui inspirait la musicienne, elle qui par-delà sa tombe disait au pauvre père désespéré, qui, si ardemment l\u2019avait aimée, si fidèlement pleurée : « Non je ne veux pas être cause d\u2019implacables douleurs, et je vais envoyer à ta vieillesse solitaire le rayon de soleil qui la réchauffera ! » Un long sanglot s\u2019échappa des lèvres du comte, un sanglot qui eut dans la petite église déserte un singulier retentissement.En haut, à la tribune, Souriquette l\u2019entendit.Elle se leva plus blanche qu\u2019une trépassée.Qui donc pouvait ainsi pleurer en entendant l\u2019écho de ses tristesses à elle?.Ah! Dieu du ciel, ce Jacques de Rhodes qu\u2019elle désirait si ardemment connaître, était peut-être là?.Sans même fermer l\u2019harmonium, elle descendit en courant.Déjà loin, au détour d\u2019un sentier, elle aperçut une haute silhouette mince et droite, qu\u2019elle ne connaissait pas, mais qu\u2019elle devina bien être celle du comte.Singulièrement émue, elle reprit le chemin d\u2019Argelles, mais ne parla de sa découverte à personne, pas plus a Laure qu\u2019à Maurice.Du reste, elle causait peu avec son frère.En effet, depuis quelque temps, Maurice n\u2019était plus le même avec elle.A l\u2019indifférence complète des premiers jours de son mariage, indifférence qui avait porté un coup si cruel à Mlle Vallauris avait succédé à l\u2019époque des mauvaises affaires du jeune homme une reconnaissance profonde, une affection sans bornes.Maintenant, le tact souverain de Souriquette devinait encore une transformation dans cette affection elle-même.Maurice lui parlait à peine \u2014 beaucoup moins qu\u2019à Paris.Il ne cherchait aucune occasion de la rencontrer ; dans ses courses continuelles chez les pauvres et les malades Henriette ne le rencontrait jamais sur son chemin, lui, cependant toujours occupé au-dehors à surveiller ses ouvriers, mais quels ardents regards n\u2019attachait-il pas sur elle quand nul ne pouvait le voir ! Quelle éloquence n\u2019y avait-il pas dans cette douce prunelle brune et qui clairement lui disait : __J\u2019avais le bonheur à côté de moi : tout près était celle qui eût fait la joie de ma vie, qui m\u2019eût bâti un foyer d\u2019honneur, de grâce et d\u2019enchantement perpétuels; fou que je suis !.Je ne l\u2019ai pas compris, je l\u2019ai dédaignée, ma perle, mon trésor, pour qui ?.Sa conduite avec sa femme avec la marquise, en effet, affirmait également les pensées nouvelles de Vallauris.Très convenable, cependant, et encore plus attentionné vis-à-vis d\u2019Inès, Maurice avait en lui une froideur glaciale que les chatteries de la jeune femme ne déridaient pas.Quant à Diane, il lui parlait avec une sorte de rudesse brusque, contre laquelle la marquise essaya d abord de protester.Elle comprit bientôt qu\u2019elle se heurtait à une énergie reconquise, et eut peur.\u2014 Tes caprices ont lasse ton mari, dit-elle un jour à Inès.Ne le heurte pas si tu veux que nous allions passer l\u2019hiver à Paris.Autrement, il serait capable de nous laisser geler dans ce pays de loups.Quant à Mlle Vallauris, ce nouvel état de choses ajoutait une douleur à ses douleurs, un tourment à ses tourments déjà si profonds.Maurice ne voyait plus une soeur en elle, c\u2019était certain.Henriette était trop femme pour n\u2019en avoir pas d\u2019abord ressenti une joie divine.Mais elle était trop honnête aussi pour que cette joie pût longtemps durer.\u2014 Le malheureux !.se dit-elle bientôt, en effet.Il en est bien temps, en vérité, qu\u2019il comprenne que j\u2019aurais pu être sa femme, aujourd\u2019hui qu\u2019il n\u2019est plus libre, que la paternité, au contraire, lui a imposé d\u2019irrévocables devoirs !.Et, sans que son visage changeât une seule fois de couleur, elle se laissait serrer la main par Maurice, brûlée par la pression de ses doigts, mais ferme, calme et sereine toujours, n\u2019ayant pas l\u2019air de soupçonner le changement qui peu à peu se faisait en elle ; mille fois plus malheureuse au contraire de ses sentiments qu\u2019elle avait tant désirés jadis, se disant toujours en pleurs : \u2014 O mon Minou, moi qui eusse donné ma vie pour t\u2019épargner un soupir, vais-je donc te faire souffrir?.Ill \u2014 Le feu de joie.Dans l\u2019état d\u2019esprit où se trouvait maintenant Henriette autant pour échapper à l\u2019oeil vigilant de Laure, qui eût bien vite remarqué ses Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 préoccupations nouvelles, quoique l\u2019enfant de Maurice l\u2019absorbât nuit et jour, autant pour cela que pour obéir à l\u2019invincible sympathie qui l\u2019attirait vers Jacques de Rhodes, Souriquette, plus que jamais, passait ses journées au-dehors.Inès ne se remettait pas, et le baptême avait du être encore renvoyé d\u2019un mois.Mais la fin de l\u2019été, cette année-là, était superbe, si belle même avec son ciel toujours impeccable et ses brises chaudes, que l\u2019on se serait cru au coeur de la saison.Henriette partait dès l\u2019aurore afin d\u2019accomplir ses visites de charité, peut-être aussi pour être plus libre de consacrer toutes ses après-midis au petit cimetière, où un si singulier aimant la conduisait.Un jour, elle en était certaine, elle avait vu remuer un des grands buissons situé à quelques pas des marches sur lesquelles la jeune fille s\u2019asseyait avant d\u2019aller jouer de l\u2019harmonium à l\u2019église.Une intuition certaine lui avait affirmé que Jacques de Rhodes, invisible, devait la contempler.Lancée sur cette voie, elle remarqua alors une foule de choses passées inaperçues jusque-là ; des empreintes de pas toutes fraîches autour d\u2019elle ; des branches froissées tout nouvellement, aux massifs qui l\u2019entouraient, des frémissements très légers, mais cependant perceptibles ; par-dessus tout, le bruit d'une respiration impossible, par moments à contenir.Alors, avec une complaisance charmante, elle enleva son chapeau malgré le soleil et l\u2019air, et elle resta ainsi de longues heures assise sur les marches de la tombe se sentant en communication avec les mortes, pendant que le vivant la regardait.Et elle, cependant si farouche, si hautaine, si réservée, ne se froissa jamais de cette muette et ardente adoration, au contraire.Il lui semblait qu\u2019elle était entourée d\u2019une égide très puissante et très douce ; que dans sa vie était entrée une protection nouvelle capable de lui ap-* porter le bonheur.Et le soir, quand après avoir joué de l\u2019orgue à la tribune, elle reprenait à la tombée de la nuit le chemin d\u2019Ar-gelles, son oreille délicate percevait en arrière le bruit d\u2019un pas escortant le sien.Alors, bizarrement heureuse, elle souriait se disant : \u2014 Il est là, il veille sur moi!.Et elle marchait lentement afin de donner au vieillard la joie de l\u2019accompagner plus longtemps ; mais elle ne tournait jamais la tête pour ne pas effaroucher celui qui paraissait se cacher d\u2019elle.\u2014 Quand il voudra me parler, pensait-elle, il prendra son heure.C\u2019est à lui de la choisir, pas à moi !.Mais un jour, en allant faire ses courses du matin, elle entendit un vieux refrain d\u2019autrefois, qui subitement la bouleversa par sa mélodie douce et naïve, avec ses longues notes traînées à l\u2019infini.C\u2019était le lai gascon que Marguerite de Rhodes, jadis, aimait tant.L\u2019après-midi de ce jour, il revint naturellement sous les doigts de la jeune fille quand elle fut installée à l\u2019orgue.Alors, comme la première fois qu\u2019elle avait joué, Souriquette entendit un long sanglot déchirant qui d en bas monta jusqu\u2019à elle.Malgré ses résolutions, ses longues réserves, sa discrétion voulue, elle n y tint plus et descendit toute bouleversée poussée par une force plus puissante que toute volonté, que tout raisonnement.Cette fois-ci, Jacques de Rhodes n é-tait pas parti ; affalé sur un prie-Dieu, il sanglotait la tête dans ses mains.Le coeur lui battant à l\u2019étouffer Mlle Vallauris osa s\u2019approcher de lui.\u2014 Vous pleurez monsieur, lui dit-elle très bas.Ma musique vous fait donc mal ?Il releva vers elle son visage baigné de larmes, et à l\u2019aspect de ces traits à la fois si énergiques et si doux, devant ce regard humide qui l\u2019implorait, Souriquette sentit son être tout entier bondir vers ce vieillard désespéré, qu\u2019elle adorait d\u2019instinct sans se l\u2019expliquer, peut-être sans en avoir conscience.\u2014 Non, balbutia-t-il, au contraire.Elle essaya de sourire.\u2014 Au contraire, répéta-t-elle.Cependant la joie ou le plaisir ne fait pas pleurer.\u2014 Quelquefois.D\u2019ailleurs, mademoiselle, au-dessous de cette joie et de ce plaisir que j\u2019éprouve à vous entendre il y a autre chose chez moi.\u2014 Quoi donc ?\u2014 Le souvenir de ma fille morte que vous me rappelez.Henriette tressaillit jusqu\u2019au fond des entrailles.Si Jacques de Rhodes depuis vingt ans cherchait sa petite-fille qu\u2019il croyait lui avoir été volée, Henriette, malgré le bonheur qu\u2019elle avait trouvé chez les Vallauris, n\u2019avait pas été également sans penser à la mère qu\u2019elle avait perdue.Elle se remit vite, cependant.En effet, elle n\u2019était pas, personne n\u2019é- tait au courant des soupçons de Jacques de Rhodes, et pour elle comme pour Laure, comme pour Maurice, comme pour tout le monde, la fille légitime de Marguerite n\u2019était-elle pas Inès, et cela sans un doute possible ?.En essayant de calmer le trouble que les paroles du comte avaient fait naître en elle, Henriette au bout de quelques secondes dit : \u2014 Comment est-ce que je puis vous rappeler votre fille, moi, une étrangère non seulement à votre famille, monsieur le comte, mais même à votre pays ?.Eh ! qui, elle avait raison et c\u2019était bien là ce que se disait Jacques.Après tout, cette ressemblance n\u2019existait peut-être que dans son cerveau, qui, altéré par Ses longues souffrances, n\u2019avait pas gardé très exacte l\u2019image de Marguerite et la retrouvait, sans qu\u2019elle existât, chez Mlle Vallauris.\u2014 Vous me la rappelez surtout, dit-il, parce que vous êtes bonne comme elle, avec ses goûts et ses prétentions.Elle aussi allait dans les chaumières faire du bien et se faisait bénir de tous.Puis, ces airs que vous jouez seule ici, dans cette vieille église, elle les jouait également, surtout celui d\u2019aujourd\u2019hui, ce vieux lai gascon qui m\u2019a arraché des larmes- Jacques était sorti du vieux temple et avait fait quelques pas au-dehors.Souriquette, debout à ses côtés NOTRE COLLABORATEUR CLAUDE DERY, titulaire de la rubrique du \"Samedi\" : Aux quatre coins du Québec Depuis quelque temps, Le Samedi publie une chronique bimensuelle sur les actualités en province.Une foule de faits sont ainsi relevés de tous les coins du Québec et mettent en lumière les travaux municipaux comme les gestes dignes de mention des citoyens qui écrivent au jour le jour la petite histoire, celle qui nous tient le plus à coeur.On dit que le 13 est chiffre malchanceux.Heureusement pour Claude Déry, le glaneur de ces nouvelles en province, le 13 septembre le vit naître et par la suite le 13 vint souvent marquer pour lui des événements marquants qui n\u2019ont rien de la superstition.Aujourd\u2019hui il travaille comme rédacteur en chef à l\u2019hebdomadaire la Revue de Granby à 13, rue Centre et au poste CHEF, comme nouvelliste, au même fatidique numéro.Il débuta même à la Revue de Granby un 13 février.Et fait assez original, depuis 13 ans, ses écrits sont publiés dans plusieurs revues, journaux ou périodiques.Il débuta par des nouvelles et récits au 20e Siècle d\u2019Ottawa puis il publia trois longues nouvelles à l\u2019Action Catholique de Québec.Par la suite il fit ses premières armes dans le journalisme à La Voix de l\u2019Est, le quotidien de Granby, où il publia aussi plusieurs courts romans.Après quelques mois de collaboration à la Gazette des Chevaliers, la Terre de Chez-Nous reproduisit son premier long roman : « Mon foyer rural ».La Voix Nationale, le Bulletin des Agriculteurs et Aimons-nous ont aussi publié quelques récits canadiens.Depuis huit ans, Claude Déry dirige la rédaction de la Revue de Granby et, dans ses loisirs, se permet de collaborer régulièrement à diverses publications, dont Le Samedi.Non, il n\u2019a pas encore osé affronter un éditeur.Il n\u2019a donc signé aucun volume.Dans le domaine radiophonique, il a réussi un sketch qui fut donné sur les ondes à Rouyn, Saint-Boniface et Val d\u2019Or.Il doit ses premières expériences dans ce domaine au poste CHEF de Granby.Notre collaborateur n\u2019a aucune prétention.Il est toutefois très reconnaissant à l\u2019endroit des directeurs des divers périodiques ou postes de radio ci-haut mentionnés pour l\u2019amabilité qu\u2019ils lui ont témoignée en acceptant ses écrits.Aussi espère-t-il toujours alimenter Le Samedi d\u2019une chronique vivante et intéressante pour les centaines de milliers d\u2019amis de cette publication de haute renommée.Et qui sait, peut-être les lecteurs de notre revue auront-ils l\u2019occasion de lire quelques récits de ce jeune Canadien, ou encore des reportages et des enquêtes documentaires.M.CLAUDE DERY.de Granby.29 grave et sérieuse, illuminée par les rayons du soleil couchant, ressemblait à une jeune sainte nimbée d\u2019or, descendue des vitraux de la chapelle.M.de Rhodes la regarda, et de nouveau tressaillit.Non, il ne rêvait pas cette fois-ci.Elle était bien le vivant portrait de Marguerite, mais une Marguerite moins douce, moins effacée, plus énergique et plus volontaire, dans laquelle il y avait moins de Blanche, plus de lui.Cependant, il refoula encore la suprême émotion qui faisait battre son vieux coeur paternel.\u2014 Vous avez son âge, dit-il en fermant à demi les yeux, sa taille ; vous êtes blonde comme elle et toutes les blondes ont un air de famille.La première fois que je vous ai vue au cimetière assise sur les marches de sa tombe, votre chapeau à côté de vous, j\u2019ai pensé mourir d\u2019émotion, j\u2019ai cru que c\u2019était elle qui revenait sur terre pour me consoler.Hélas ! les morts ne reviennent pas !.Depuis, néanmoins, je vous ai suivie partout, de loin, poussé sur vos pas par une force inconnue, tant il me semblait, vous qui veniez fleurir sa tombe, que vous aviez une partie de son âme.Plus que jamais, une indescriptible émotion, impossible à surmonter, serrait Jacques à la gorge.Pour presser dans ses bras cette enfant blonde, dans laquelle, à tort ou à raison, il revoyait la silhouette adorée de sa fille, il eût donné sa fortune entière.\u2014\tJe suis ridicule, dit-il enfin, excusez un pauvre vieux auquel la douleur et la solitude ont un peu détraqué la cervelle.Henriette était affreusement émue elle-même.\u2014\tLa douleur, dit-elle de sa voix pure et grave, je la comprends.Mais la solitude ?.Si vous l\u2019avez autour de vous, monsieur le comte, n\u2019est-ce pas parce que vous le voulez ainsi ?Le visage de Jacques, qui était subitement devenu farouche, s\u2019amollit aussitôt.Avec elle, pouvait-il s\u2019irriter même de pensées étrangères ?\u2014\tIl y a des choses que vous ne savez pas, dit-il, que vous ne pouvez pas savoir.Mais la solitude éternelle vaut mieux que certains contacts.\u2014\tCela encore je le comprends, dit-elle spontanément et presque inconsciemment.Ah ! Dieu oui ! répéta-t-elle avec une énergie augmentée par la réflexion, je comprends qu\u2019un homme tel que vous ne veuille ni admettre, ni supporter ce que je vois.Mais à côté de ce qui doit vous être si souverainement antipathique, il y a autre chose.\u2014 Quoi donc ?\u2014 Mon frère d\u2019abord, que vous avez rencontré, paraît-il, quelquefois dans les commencements de son séjour ici et qui vous avait été sympathique dès l\u2019abord.Et comme vous aviez raison !.Et comme il est bon, et droit, et sincère.Quelles grandes qualités sont en lui !.Un peu naïf seulement, comme tous les honnêtes et cette naïveté a été cruellement exploitée.Mais avec un homme de votre trempe que ne deviendrait-on pas ?\u2014 Il a sa belle-mère !.répondit Jacques qui n\u2019osa pas ajouter : et sa femme.\u2014 Hélas ! oui, dit aussi la jeune fille avec un accent qui en avouait long.Mais aussitôt, et très vivement, comme si elle n\u2019eût pas voulu même effleurer ce sujet si délicat, elle ajouta : \u2014 Mais il a son fils, aussi ; cet innocent qui vient de naître et qui est à vous, comme il est à nous.Quand nous ne serons plus ici, dans ce pays, pour veiller sur lui, pour donner une direction morale, saine et bonne à sa petite vie, qui donc s\u2019en occupera ?Et ne serait-ce pas une tâche digne de vous que d\u2019aider mon frère à en faire un 30 Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 homme de coeur, comme vous, comme lui comme mon père?.Jacques, qui avait tressailli aux paroles de la jeune fille, se raidit.La terrible ride de son front se creusa : \u2014 Vous êtes bonne et généreuse, dit-il, et si quelqu\u2019un pouvait entamer mes résolutions, ce serait vous à coup sûr.Mais croyez-moi, n\u2019insistez pas.Je vous l\u2019ai déjà dit, vous ne pouvez pas savoir.Demandez à Bordeaux, ici, partout où j\u2019ai vécu ce qu\u2019est Jacques de Rhodes, on vous répondra : Un honnête homme qui pousse l\u2019accomplissement de ses devoirs jusqu\u2019à l\u2019absurde.Eh bien ! ma conscience très délicate me dit que je suis libre vis-à-vis de la femme de votre frère.Elle me permet de lui être indifférent.Bien plus, ajouta-t-il, les sourcils froncés elle m\u2019absout de la haïr, elle, et tout ce qui la touche.Henriette l\u2019écoutait plus blanche qu\u2019une cire.L\u2019idée que Jacques de Rhodes pouvait faire ou concevoir quelque chose de blâmable ne lui venait pas.Mais alors Dieu du ciel !.qu\u2019y avait-il donc ?.Et cette Diane au coeur de bronze, aux yeux d\u2019enfer, de quoi jadis avait-elle été capable ?Dans ce moment-là, Souriquette, elle aussi, avait au milieu de son front la même ride profonde que Jacques de Rhodes, dans ses yeux couleur de ciel passait le même éclair, semblable au reflet de l\u2019acier bleu ! \u2014 Ne jugez pas, poursuivit le comte.L\u2019avenir nous réserve peut-être encore à tous des surprises.\u2014 Vous juger ?répondit la jeune fille, est-ce que je le pourrais ?Je sais par tout ce qu\u2019on m\u2019a dit de vous que vous êtes grand, honnête et généreux par-dessus tout.Ce que vous faites, quelque étrange que cela me paraisse, doit être bien fait.Gardez vos secrets, monsieur le comte.Et croyez, malgré cela, que mon frère et moi nous vous estimons au-dessus de tout.Lentement, pendant cette conversation, Mlle Vallauris s\u2019était dirigée vers Argelles.Jacques, naturellement, l\u2019avait accompagnée.Les premières futaies du parc apparaissaient à quelque distance ; il fallait se séparer.\u2014 Vous m\u2019estimez, répéta lentement le comte avec une voix et une expression de physionomie d\u2019une douceur pénétrante extraordinaire.Mais j\u2019ai toujours été ambitieux, on a dû vous le raconter aussi.Si je vous dis que votre estime ne me suffit pas m\u2019en voudriez-vous ?Une grande émotion saisit Souriquette.Elle hocha sa tête blonde.\u2014 Oh ! non, dit-elle, je ne vous en voudrais pas.Et le jour où vous y consentirez, je vous aimerai moi-même, autant que Maurice vous aime.\u2014 Alors vous reviendrez au cimetière ?\u2014 Pourquoi donc n\u2019y reviendrais-je pas ?\u2014 Et vous me permettez de vous accompagner comme ce soir ?\u2014 Avec bonheur.\u2014 Autre ambition.Il hésita.\u2014 Voyons laquelle, monsieur le comte ?.demanda-t-elle avec une grâce adorable.On dirait que vous n\u2019osez pas.\u2014 C\u2019est vrai, fit-il, très pâle.Eh bien ! je voudrais vous embrasser comme j\u2019embrassais ma fille.Souriquette tendait déjà son front.Il la pressa dans ses bras, appuyant ses lèvres sur les cheveux de la jeune fille, sans accentuer son baiser, les yeux fermés, sans un mouvement, mais avec un bonheur, un recueillement, une sensation profonde, absolue et unique.N\u2019était-ce pas, en effet, sa Marguerite ressuscitée qu\u2019il retrouvait là ?.Ils s\u2019arrachèrent l\u2019un à l\u2019autre avec des regrets semblables.Jusqu\u2019au détour du sentier, Souriquette se retourna, lui envoyant des baisers du bout de ses doigts fuselés.Quand il ne la vit plus, Jacques s\u2019éloigna, murmurant en extase : \u2014 Ce ne peut pas être la fille de ma fille, c\u2019est matériellement impossible, puisque ses parents naturels et légitimes existent !.Cependant elle a trop de Marguerite dans son enveloppe extérieure, pour que son âme ne soit pas semblable également à celle de ma morte.Ah ! Dieu, qu\u2019elle m\u2019aime un peu, et quoique mon sang ne coule pas dans ses veines, avec cette affection-là, je crois, Dieu me pardonne, que mes douleurs se cicatriseront ! A partir de ce jour, ce furent des courses folles dans la campagne, et des conversations adorables, où ces deux natures, d\u2019âge, de milieux, même de pays si différents, se comprenaient, se rencontraient si admirablement que l\u2019une était le reflet de l\u2019autre.Mêmes goûts, même sympathies, mêmes ardeurs et mêmes calmes ; mêmes faiblesses et mêmes volontés- Jacques raconta à la jeune fille les commencements de sa vie, et dans son amour extraordinaire du travail elle se retrouva avec cette passion de 1 industrie paternelle, qui lui tenait tant à coeur depuis quelque temps.Pour donner une fortune à Blanche, lui, sans besoins, que n\u2019avait-il pas fait ?Pour le bonheur de Maurice, de son côté, que n\u2019entreprendrait pas Souriquette, que ne réaliserait-elle pas ?A son tour, elle lui parla longuement de Vallauris, si travailleur et si intelligent, avec sa merveilleuse invention qui de rien l\u2019avait fait monter si haut dans l\u2019industrie parisienne.Puis, elle lui dit ce qu\u2019était Laure, quel coeur était le sien, quelle raison, quelle droiture, quelle hauteur de vues.\u2014 Mon père a créé, dit-elle, ma mère a dirigé et mené.Et de quelle façon !.\u2014 Comme vous l\u2019aimez ! fit remarquer Jacques presque jaloux.\u2014 Autant que vous l\u2019aimerez vous-même lorsque vous la connaîtrez.\u2014 Pas de sitôt.dit le comte, qui pensait, au séjour de Mme Vallauris à Argelles, où il ne voulait pas mettre les pieds.Nous ne sommes pas destinés à nous rencontrer.\u2014 Vous ne connaîtriez pas ma mère, vous ?Allons donc, ce n\u2019est pas possible !.Son regard était si assuré, si con- fiant, que Jacques, impressionné, n\u2019osa pas 1 r contredire.Ils allaienl ainsi, se confiant tout le passé et le présent.M.de Rhodes n\u2019avait caché que ses soupçons sur la personnalité d\u2019Inès ; Mlle Vallauris avait tout raconté à son vieil ami, excepté son adoption par les Roselin et tout ce qui touchait à cette partie de son existence.Un jour, elle dit à Jacques : ____Mon père arrive demain, le baptême du fils de Maurice aura lieu la semaine prochaine.Ne voulez-vous pas permettre aux miens de venir vous le demander ?.Il réfléchit quelques minutes ; les veines de son large front étaient tendues à se rompre.Enfin il se décida à répondre.\u2014 Non, en vérité, ma chère enfant, lui dit-il, je ne le puis pas.Si vos parents venaient chez moi, je voudrais leur rendre cette visite, car pour rien, pour rien au monde, entendez-vous, je ne pourrais consentir à fâcher ceux qui vous tiennent de près.Et d\u2019un autre côté, je ne puis mettre les pieds à Argelles.Si vous saviez dans quelles circonstances terribles j\u2019y suis allé la dernière fois !.L\u2019austère visage de M.de Rhodes avait une expression de douleur si intense et si extraordinaire que Mlle Vallauris se sentit reprise de cette angoisse bizarre, souvent éprouvée par elle, en présence de tout ce qui touchait au mystère qu\u2019elle pressentait dans la vie de son vieil ami.\u2014 Il y a donc des choses en votre existence que je ne sais pas ?lui dit-elle.Et avez-vous encore plus souffert que je ne l\u2019ai cru ?\u2014 Oui, dit-il, je vous ai, en effet, dissimulé un détail de ma vie.un seul ! car je ne sais quoi me pousse à ne pas avoir de secrets pour vous ; mais aujourd\u2019hui, non je vous en supplie.Je vous supplie également de ne pas insister pour que je revienne à Argelles : c\u2019est véritablement un sacrifice au-dessus de mes forces.\u2014 Comme vous voudrez, répondit Henriette ; malgré mon très vif désir de vous voir veiller sur mon frère et sur son fils, il y a encore une chose qui me tient plus étrangement au coeur.\u2014 Laquelle ?\u2014 L\u2019idée que par moi vous ne souffrirez jamais.\u2014 Chère, chère enfant ! Vous l\u2019aimez donc un peu, votre vieil ami ?Elle ferma ses longues paupières soyeuses et répondit avec une conviction profonde : \u2014 Beaucoup.Le lendemain, Vallauris arriva.Sa rencontre avec Diane fut un peu pénible et l\u2019on voyait aisément que, malgré son caractère ouvert et en-dehors, le Provençal n\u2019avait pas encore oublié sa rancune et ses justes griefs contre la marquise.Mais celle-ci avait besoin de lui.Aussi, sans s\u2019arrêter à la froideur de Roselin, déploya-t-elle vis-à-vis de l\u2019industriel toutes les grâces dont elle était capable quand elle le voulait.Quant à Maurice, Vallauris le pressa, au contraire, dans ses bras avec une tendresse et une joie sans bornes, comme si rien ne s\u2019était passé entre eux.\u2014 Tu as un petit, à ton tour mon fillot, lui dit-il très ému ; tu verras par toi-même ce que c\u2019est que d\u2019être père.\u2014 Je n\u2019ai pas attendu ça pour t\u2019apprécier et t\u2019aimer par-dessus tout, papa, répondit Maurice convaincu.\u2014 Par-dessus tout !.C\u2019est une autre histoire.Mais en vieillissant, tu senti - Voyez, en page 23, le problème de mots croisés de cette semaine (No 1209) LES VINGT-CINQ (25) GAGNANTS DES MOTS CROISES 'Le Samedi\" du 5 février 1955 M.Bernard Lalonde, B-P.188, Rigaud, P.Q.Mlle Marie-Jeanne Desrochers, 535, rue Viger, Montréal, P.Q.M.Claude Babin, 237 \u2014 4e Avenue, Port Alfred, P.Q.Mlle Estelle Thibodeau, 5900, rue St-André, Montréal, P.Q.M.Robert Villeneuve, 2632\u2014 1ère Avenue, Limoilou, Québec, 3.P.Q.M.Roger Vézina, 35, Boul.Ste-Anne, Giffard, Québec, P.Q.M.Edmond Lavoie, 8320, rue St-Laurent, Montréal, P.Q.Mlle Gisèle Lesage, 578, rue Bonaventure, Trois-Rivières, P.Q.Mme Maurice Leduc, 1080, rue St-Louis, Lachine, P.Q.Mme Claire Belhumeur, 80-A, rue Grégoire, St-Jean, P.Q.Mme Gérard Mercier, 267, rue St-Joseph, Lauzon, Co.Lévis, P.Q.Mlle Annette Rheault, 17, rue Arthur, Victoriaville, P.Q.Mme C.E.Gagnon, 48, rue St-Albert, Jonquière, P.Q.Mme Léopold Cloutier, Ste-Jeanne d\u2019Arc, Co.Roberval, P.Q.Mlle Pauline L\u2019Heureux, Lac à la Tortue, Co.Laviolette, P.Q.Mme Gabriel Tremblay, 19, Howe, Marathon, Ont.Mlle Hélène Choinière, 173, rue Principale, Granby, P.Q.Joseph Laforest, Ste-Anne de la Pocatière, Co.Kamouraska, P.Q.Mme Jules Pouliot, 61, rue Mercier.Rouyn, P.Q.Mlle Reine Doyon, 5536 Boul.Pie IX \u2014 Apt.3, Montréal, 36, P.Q.Mlle Ruth Hersberger, 522, Mellon Street, Arvida, P.Q.M.Maurice Morin, 27, Dufferin Avenue, Danville, Co.Richmond, P.Q.Mme Rosario Clavet, 60, rue St-Joseph, Rimouski, P.Q.Mme Wellie Rousson, C.P.1184, 501, rue Montcalm, Malartic, P.Q.Mlle Suzanne Blanchard, 10,165, rue St-Hubert, Montréal, P.Q.Solution du problème No 1206 Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 31 RIEN DE SÉRIEUX Les Australiens sont ci ordinaire peu bavards.Ils ont même la réputation justifiée d\u2019être dans leurs conversations aussi laconiques que nous le sommes dans nos correspondances postales à nombre de mots limité.Ceci dit pour faire savourer la petite histoire que voici.Deux bûcherons australiens travaillent dans la profonde forêt.Ils sont seuls depuis plusieurs mois.Toutefois, ils n\u2019éprouvent aucunement le besoin de se parler.Ils travaillent toute la journée, l\u2019un à côté de l\u2019autre, et, le soir, ils rentrent silencieusement se coucher dans leurs petites cabanes.Un matin qu\u2019ils sont à leur occupation, voici que, chose vraiment extraordinaire, ils entendent derrière les fourrés vibrer comme une petite clochette.\u2014 Entendez-vous la vache, John ?.dit Harry en levant la tête.Mais John, qui se reposait un instant, se remet à frapper à grands coups contre un arbre, sans répondre, comme s\u2019il n\u2019avait rien entendu.Le lendemain, au milieu de leur travail, John relève subitement la tête et, s\u2019adressant à son compagnon : \u2014 Qui vous a dit que ce n'était pas un serpent à sonnettes ?Harry à son tour reste muet et continue à manier sa hache.Le lendemain, en sortant de sa cabane, John aperçoit Harry, son baluchon et ses outils sur l\u2019épaule : \u2014 Quoi ! vous partez, Harry ?Pourquoi ?\u2014 Parce que je n\u2019aime pas la chicane, moi.Un monsieur reçut un jour une note pour une série d\u2019appels téléphoniques.Il la retourna en déclarant : \u2014 Je refuse de payer.Vint un inspecteur qui essaya de le persuader.\u2014 Je ne veux pas payer !.insista le monsieur.\u2014 Mais enfin.Avez-vous une raison valable à donner pour cet incompréhensible refus?\u2014 Je crois que oui .Je n\u2019ai pas de téléphone !.\u2022 \u2014 Soldat Pipe ! Quelle est la condition essentielle pour être enterré avec les honneurs militaires ?.\u2014 D\u2019abord, m\u2019n\u2019adjudant, faut être mort !.\u2014 Tu dis que je te dois 50 cents.Je ne me rappelle pas.Quand m\u2019as-tu prêté cette somme ?\u2014 Un jour que tu étais ivre.\u2014 Ah, oui, je me souviens.Mais je te les ai rendus .\u2014 Quand ?\u2014 Un jour que tu étais ivre aussi.L\u2019officier du Gouvernement.\u2014 Quelles sont les statistiques sur les morts naturelles dans votre ville ?Le président du Bureau de Santé.\u2014 Splendide, monsieur, splendide.Il y a eu tellement d\u2019accidents d\u2019autos tous ces derniers temps qu\u2019il n\u2019y a pas eu une seule mort naturelle à enregistrer.LA VIE COURANTE .«eAMetî KEULEU \u2014 Qu'est-ce que tu penses de cela ?Mes chiffres et ceux de la banque concordent pour une fois .ras tout de même que rien n\u2019est plus sûr et solide comme le père et la mère.Il s\u2019attendrissait.Henriette changea de conversation.\u2014 Félicite Maurice, papa, dit-elle, il travaille bien et d\u2019une façon intelligente.Ton domaine n\u2019est pas en mauvaises mains : il est bien administré et supérieurement travaillé.Diane, en entendant ces mots : « Ton domaine », réprima une laide grimace, tandis qu\u2019au contraire Vallauris, heureux, s\u2019épanouissait.Eh ! oui, c\u2019était vrai : Argelles était à lui, grâce à l\u2019intelligente combinaison de sa fille ; et c\u2019était lui qui donnait l\u2019hospitalité à cette orgueilleuse marquise, qui l\u2019eût certainement reçu du haut de sa grandeur, au lieu d\u2019être à peine toléré par elle si le contraire se fût produit.Son travail faisait qu\u2019il était le maître là, comme à la maison de la rue Denfert.Il trouva que c\u2019était bien ainsi et jeta à sa fille un regard de reconnaissance qu\u2019elle comprit.\u2014 Laurette, dit-il alors en s\u2019adres- sant à sa femme, je t\u2019annonce une visite qui te fera plaisir.Diane rougit de dépit.Décidément, les Vallauris se considéraient entièrement comme chez eux, et cela avec une aisance calme dont elle ne les eût jamais crus capables.\u2014 Quelle visite ?demanda Laure transformée en berceuse éternelle de son petit-fils.\u2014 C\u2019est toute une histoire.\u2014 Voyons l\u2019histoire.\u2014 Marcel Barrère, notre ami d\u2019Amérique, arrive aujourd\u2019hui même à Paris.Comme je ne voulais ni retarder mon voyage ici, ni cependant rester sans savoir ce qu\u2019il a fait avec nos marchandises, je lui ai laissé un mot pour qu\u2019il vienne me retrouver à Argelles.Il assistera au baptême ; c\u2019est un ami.De plus, Souriquette et toi, apprendrez de sa bouche des choses de notre association que vous devez savoir.\u2014 Tout ce que tu fais est bien fait, répondit Mme Vallauris.( A suivre dans le prochain numéro ) ECOLES D'ARTS ET METIERS DU.t » d*ia vwe 51 fessionnel qu\u2019après 5 ans d\u2019expérience.Les menuisiers de construction et les électriciens doivent satisfaire aux examens leur permettant d\u2019acquérir les cartes de compétence indispensables, et ils l\u2019obtiennent facilement grâce à la solide formation reçue.La supériorité des anciens élèves sur le marché du travail ne fait pas de doute.Les employeurs connaissent maintenant les écoles des Arts et Métiers pour les avoir visitées ou par la qualité de leur personnel, et ils y font souvent appel quand ils embauchent.Bien sûr, le brevet n\u2019est pas tout.L\u2019élève sortant doit savoir se débrouiller dans la vie et faire valoir ses connaissances.Il est mieux armé, voilà tout.Nous ne parlerons pas des élèves du cours technique qui, eux, poursuivent leurs études à l\u2019Ecole Technique.Gérarb Viot.OFFRE SPECIALE LE SAMEDI - LA REVUE POPULAIRE - LE FILM (Pour 12 mois) Canada\tEtats-Unis ?\tCES TROIS MAGAZINES\t$5.50\t$8.00 -OU A VOTRE CHOIX- ?\tLE\tSAMEDI (hebdomadaire)\t3.50\t5.00 ?\tLA\tREVUE POPULAIRE (mensuel)\t1.50\t2.00 ?\tLE\tFILM (mensuel)\t1.00\t1.00 IMPORTANT : \u2014 Marquez d\u2019une croix ?s'il s'agit d\u2019un renouvellement Nom.Adresse.Localité.Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE - 975-985, rue de Bullion.Montréal 18 32 Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 MYSTÉRIEUSE CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 VINGT-HUITIEME EPISODE DA80RD, NOUS 4V0NS UN APPABEIj.! EST POUP NOUS EN SERVIR, ENSUITE NOUS POUVONS NmiS IWCTDIMDF t JE ME DEMANDE A QUOI VOUS SEBYIBONT TOUTES CES PHOTOS QUE VOUS PBENEZ DEPUIS DES MOIS/ _ 3* UN NAVlBf EST EN VUE DE L?LE LINCOLN' ÉTRANGE.ON C EST CERTAINEMENT UN DÉFAUT QUI SE TROUVE DANS LE VERRE \u201e DlRAlT UNE FORME SUR L'OCEAN KT \\ ayfe.ï-3 ICNETTS QftU MUND Harbert, un jour, séduit par la pureté du ciel, a l\u2019idée de photographier toute la baie de l\u2019Union, qui fait face au plateau de Grande-Vue.L\u2019horizon est admirablement dessiné.Harbert procède, comme à l\u2019habitude, et, le cliché obtenu, il va le développer.\u2014 Revenu en pleine lumière, il aperçoit sur son cliché un petit point.Le jeune garçon essaye de le faire disparaître par un lavage, mais il ne peut y parvenir.Il a la curiosité d\u2019examiner ce défaut avec une forte lentille qu\u2019il dévisse de l\u2019une de ses lunettes.\u2014 A peine a-t-il regardé qu\u2019U pousse un cri, et qu\u2019il court à la chambre de Smith.Il tend le cliché et la lentille a 1 ingénieur en lui indiquant la petite tache.Smith examine attentivement ce point.puis, saisissant sa longue-vue, il se précipite vers la fenêtre.La longue-vue, après avoir parcouru lentement l\u2019horizon, s\u2019arrête enfin sur le point suspect, et Smith se tourne alors vers ses compagnons, en disant : « Navire ! » ATTENDRE MON GARÇON.inutile dallumee UN FEU DE TIBER DES COUPS DE RUSIL OU DE HISSER UN PAVILLON ; IL EST TROP LOIN.im- y# SERAIT DIABLES SAVONS DUNCAN AVANT QUELQUES HEURES NOUS SAURONS A QUOI NOUS EN TENIR/ ENCORE A NOUS NAVIRE m l % OPECi MuNOI-NICHEE Ainsi, après plus de deux ans de solitude, si Ton excepte la rencontre avec Ayrton, d\u2019autres hommes apparaissent inopinément en vue de l\u2019île, sur cette mer toujours déserte.On ne peut plus douter.Un navire est là ! \u2014 Pendant un assez long temps, les colons demeurent silencieux, livrés à toutes les pensées, à toutes les craintes, et à toutes les espérances que peut faire naître en eux cet événement, le plus important depuis leur arrivée sur l\u2019île.\u2014 De temps en temps, Pencroff reprend la lunette, et se poste à la fenêtre.De là, il examine le bâtiment qui est à une distance de 30 kms.Les colons n\u2019ont encore aucun moyen de signaler leur présence.\u2014 Toutefois, il est certain que l\u2019île n\u2019a pu échapper aux vigies du navire.Mais pourquoi ce bâtiment atterrirait-il ?N\u2019est-ce pas un simple hasard qui le pousse sur cette partie du Pacifique.C\u2019est Harbert qui, le premier, trouve une réponse.En effet., mais CE N'EST PAS LE 'DUNCAN' AVBTON NOUS VOUS AVON S DEMANDE DE VENIR POUR UN MOTIF GRAVE .UN NAVIRE EST EN VUE DEL ÎLE' REGARDEZ .AVBTON VA REPONDRE IL SERA ICI DANS UN INSTANT FASSE LE CIEL QUE CE SOIT LE VACHT DE LORD GLENACVAN CAB TOUT AUTRE NAVIRE ME SUSPECT IL FAUT PREVENIR AVRTON _ LUI SEUL EUT NOUS DiRE Si EST LS LE'DUNCAN FAMEUSE Emotion m % COPFfiJOHT OPÊC4\t\u2022 HûCHÇTTt Le Duncan, on ne Ta pas oublié, est le yacht de Lord Glenarvan, qui a abandonné Ayrton sur l\u2019île Tabor, et qui doit revenir le chercher un jour.Or l\u2019îlot ne se trouve pas tellement éloigné de Tile Lincoln.\u2014 Spillett va à 1 appareil télégraphique fabriqué quelques semaines auparavant au moyen de deux piles, et qui met en communication le corral et Granite-House ; il lance aussitôt ce message : « Venez en toute hâte ».\u2014 Une heure après, Ayrton arrive à Granite- House : on le met au courant.Ayrton pâlit légèrement, et ses yeux se troublent un instant.« Le Duncan », murmure-t-il, « déjà ! » Ce dernier mot s\u2019échappe comme involontairement de ses lèvres.-\u2014 Douze ans d\u2019abandon sur un îlot désert ne lui paraissent donc pas une expiation suffisante ?Ayrton prend la lunette et la braque dans la direction indiquée.Pendant quelques instants, il observe l\u2019horizon sans bouger, puis déclare que ce n\u2019est pas le Duncan ! JE SUIS DAVIS D ALLUMER UN FEU ArIN DE SIGNALER NOTRE PRESENCE UN PAVILLON FLOTTE LE \u2018DUNCAN EST AVANT UNE DEMI HFUPC NOUS SERONS FitES a cet EGARD' le pavillon noir \" PEUT-ETRE NAVIGUE T-IL SEULEMENT A U QUE FERONS-NOUS LA NUIT VENUE ?UN YACHT ÎVAPfuP ET JE N APERÇOIS AuCuhIS TRACE MAIS JE NE PUIS DISTINGUER LES COULEURS MÉNAGE Charbon ( OPVftiGHTOPEW WUNCX - H&OETTC Après avoir déclaré que le bâtiment qui s\u2019approche de l\u2019île Lincoln n\u2019est pas le Duncan, Ayrton va s\u2019asseoir dans un coin de la grande salle, et demeure silencieux.Cependant, Smith et ses compagnons se sentent nerveux, et en arrivent à redouter l\u2019arrivée de ce navire inconnu.\u2014 Mais bientôt, ils reconnaissent un long-courrier : ce n\u2019est pas un de ces praos malais, dont se servent habituellement les pirates du Pacifique.Sa présence dans les eaux de l\u2019île ne constitue donc pas un danger, au contraire ! \u2014 On décide alors d\u2019allumer un feu, car, dit Smith, on doit faire connaître que l\u2019île est habitée, et ne pas laisser échapper cette chance d\u2019entrer en communication avec les civilisés.Le jour commençant à baisser, les colons s\u2019apprêtent à chercher du bois.\u2014 Soudain, Ayrton saisit la longue-vue, et articule d\u2019une voix sourde : « Le pavillon des corsaires ! » En effet, agité par la brise un sinistre pavillon d\u2019étamine noire monte au grand mât du navire, et, à cette vue, les naufragés ont un frisson d\u2019angoisse.(à suivre) Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 33 CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" *?*?*?*?**?******?**?**?** DIX-HUITIEME EPISODE ^WNNv BStâ Résumé : Pierre, Jean et Bob eurent la bonne fortune de rencontrer un vieillard, ennemi juré de Pantha.Le vieillard leur montra le magnifique trésor que gardait une panthère.1.Mais, au moment où nos trois amis allaient se griser du spectacle de tant d\u2019or et de tant de pierreries, la panthère, d\u2019un bond, cassa sa chaîne et se dirigea sur eux.Pris par surprise, Pierre n\u2019eut que le temps de se laisser tomber.\\ ^ssv 2.Derrière lui, Bob tenta de se protéger avec la crosse de son fusil.Cependant, ne perdant pas son sang-froid, le vieillard saisit la chaîne qui pendait au coup de la bête furieuse et cria un ordre dans sa langue natale.3.Aussitôt, Nadir, c\u2019est le nom de la panthère, se calma et battit en retraite vers le fond de la grotte tandis que les trois amis se remettaient doucement de leur émotion.\u201cSuivez-moi\u201d, leur dit une fois de plus le vieillard.\\\\ ï'Êr '/y / ' / / rt -\t» 4.Et laissant la panthère à la garde du trésor, ils s\u2019enga- 5.Ils cheminèrent longtemps par un tunnel si-gèrent de nouveau dans une étroite caverne.\u201cJe vais vous nueux qui semblait ne devoir jamais finir.Mais ils montrer\u201d, dit l\u2019homme, \u201cle repaire secret qu\u2019a Pantha dans aboutirent finalement au bas d\u2019un long escalier au les montagnes !\u201d\tbout duquel on apercevait la lumière du jour.6.Silencieusement, ils gravirent les marches et c\u2019était si haut qu\u2019ils perdaient leur souffle.Les trois copains se demandaient bien ce qu\u2019ils allaient trouver.Mais ! ce qu\u2019ils trouvèrent dépassa toutes les illuminations de leur imagination : ils débouchèrent en haut d\u2019une montagne d\u2019où l\u2019on voyait la vallée un grand camp militaire ! 7.Se cachant derrière une roche, les quatre hommes 8.Ils attendirent un peu que la nuit contemplèrent cet étonnant spectacle : \u201cIl a même des chars se fît complice avant de s\u2019engager d\u2019assaut blindés\u201d, remarqua Bob.\u201cJe vais maintenant vous sur un étroit sentier.Leur progres-faire descendre dans cette vallée !\u201d proposa le vieillard, sion était lente.Mïïè P*5 ¦ 9.Plus bas, toujours plus bas, ils descendirent, redoublant à chaque pas de précaution.\u201cJ\u2019entends des voix\u201d murmura tout à coup Pierre en s\u2019arrêtant.^ Je vais aller jeter un coup d\u2019oeil\u201d offrit leur guide, at-tendez-moi là !\u201d 10.Laissant les trois hommes blancs là où ils étaient, le, 11.Les trois amis qui l\u2019entendirent arrivèrent juste à temps vieil ermite reprit sa marche.Voulant voir ce qui se passait pour constater une effroyable catastrophe : la roche à laquelle en dessous de lui, il se pencha sur une roche : \u201cLes sentinelles s\u2019appuyait le vieillard se détacha !.L\u2019homme suivit.de Pantha !\u201d susurra-t-il.» 12 Ft le tout tomba sur la tête des guerriers ennemis pour le moins 12.&t le tOUl Loniua, aux\ti0 vieillard en amortissant 13.Les trois copains, restés en haut, purent voir le noble vieillard battu, malmené, ficelé par les hommes de disait l\u2019un, \u201cnous te sa chute.Se ruant sur cependant à réagir violemment \u2014 .-.n-nhQhiprripnt ce oui sauva le vieillard en amortissant Pantha qui se félicitaient d\u2019une si belle prise.\u201cAh ! c\u2019est toi qui gardes le trésor .\t4 ulfllB Le surpris.Cest probablem\tarmes, les sauvages se préparèrent tenons maintenant et il va bien falloir que tu parles!\u201d.\u2018Pantha va certainement le torturer !\u201d conclut Pierre en entendant parler les sentinelles.\u201cNous devons tout faire pour lui porter secours ! (à suivre) 34 Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 LES TROIS ACROBATES CONTE ILLUSTRE DU \" SAMEDI \" \u2014 VINGT-NEUVIEME EPISODE 1.Le chef des rebelles, surnommé le Vautour, attendait de pied ferme le chariot qui approchait au clair de lune.Un sourife traversa son visage cruel lorsqu\u2019il vit que seulement trois individus l\u2019occupaient.\u201cVas-y avec tes hommes, Mendoza\u2019\u2019, ordonna-t-il à son lieutenant \u201cCourez après et tirez-leur dessus.Ils ne sont que trois !\u201d 2.Les rebelles étaient fort braves lorsqu\u2019ils n\u2019avaient que trois ennemis à affronter.Vociférant Ils s\u2019élancèrent au galop de leur cachette au pied du Ravin de Sang, aussi Ned poussa-t-11 un cri d'alarme.\u201cFais demi-tour.Nippy !\u201d cria-t-il.\u201cLes rebelles foncent sur nous !\u201d Pendant que Ned et Nat ouvraient le feu.Nippy s\u2019exécutait.cSæ; 3 Les rebelles se dispersèrent afin d'éviter les coups de feu de nos deux amis, et ce répit permit à Nippy de faire tourner ses chevaux et de s\u2019éloigner au galop à travers la prairie.Voyant qu\u2019il avait fait demi-tour.Ned et Nat s\u2019élancèrent à sa suite, tirant en cours de route sur leurs poursuivants.Mais ils avaient peu d\u2019espoir de s\u2019en tirer indemnes.Am 6.Les lourds barils roulèrent en plein sous les sabots des premiers coursiers qui trébuchèrent et tombèrent.Ceux derrière, incapables de s\u2019arrêter, s\u2019abattirent sur les chevaux et les cavaliers étendus, ajoutant ainsi à la confusion générale.En un court laps de temps la poursuite fut interrompue.'h 4.Les rebelles continuèrent sans répit la poursuite, car ils étaient résolus à empêcher les approvisionnements de parvenir aux champs de pétrole assiégés \u201cCes chiens seront bientôt à court de munitions\u201d, cria Mendoza à ses hommes.\u201cEt alors on leur mettra la main dessus\u201d.Poussant des exclamations sauvages, les rebelles pressèrent leurs montures en avant.5.Dans le chariot, Nippy se rendit compte de ce qui se passait.Attachant les guides, il se rendit à l\u2019arrière du chariot et poussa des barils de pommes dans le chemin des rebelles.7.\u201cTu es un garçon ingénieux, Nippy !\u201d s\u2019écria Ned.\u201cÇa met un frein à leur assaut\u201d.Il constata que les rebelles avaient cessé tcute poursuite, et, après que le chariot eut parcouru une certaine distance, il ordonna une halte.\u201cIl nous faut trouver un moyen pour les vaincre\u201d, dit-il.S v-3 Mg 10 Des beuglements effrayés furent poussés par les bestiaux alarmés par les cris de mort de nos cavaliers qui avalent fait tout à coup leur apparition.Puis Ils se mirent 4 courir guidés dans la direction convenue par Ned et Nat, qui 'continuaient à crier le plus fort que leurs poumons leur permettaient.8.Sortant de l\u2019obscurité un meuglement de 9.Rapidement il donna les grandes lignes de son plan aux autres.\u201cOn va bestiaux parvint à nos héros, et un instant entourer le troupeau\u201d, dit-il, \u201cet les conduire devant nous.Rendu à l\u2019étroit plus tard ils arrivèrent en vue d\u2019un troupeau défilé du Ravin de Sang le troupeau va balayer les rebelles, nous laissant libres immense éclairé par la pleine lune.\u201cSa- d\u2019aller sans être molestés\u201d.Ned et Nat approuvèrent la stratégie, et chevau-pristl ! Ça me donne une idée\u201d, s\u2019écria Nippy, chèrent en avant, criant à pleins poumons pour jeter la panique parmi le troupeau 11.Bientôt tout le troupeau fut en mouvement, et la prairie trembla scus le martèlement de leurs sabots.Ils se ruèrent vers le Ravin de Sang, et d\u2019horribles cris d\u2019angoisse des rebelles co-'ncés entre les flancs escarpés de la vallée.Quelques-uns tentèrent bien d\u2019arrêter le troupeau en tirant des coups de feu, mais ils ne réussirent qu\u2019à intensifier leur épouvante.Pelotonnés, poussant et bousculant, ils avancèrent irrésistiblement, forçant les rebelles à détaler devant eux.Et derrière venait lr chariot.Nippy aux guides, suivant le troupeau\t(à suivre dans le prochain numéro) Le Samedi, Montréal, 26 février 1955 35 LE SURVENANT [ Suite de la page 7 ] NOTES ENCYCLOPEDIQUES Survenant \u2014 Pas moi, mais la petite maîtresse d\u2019école peut-être.après la classe.Petite Ange \u2014 J\u2019ia connais pas.Puis mon père consentirait pas à voir personne du Chenail du Moine mettre le pied dans la maison paternelle.Survenant \u2014 Pourtant il me laisse entrer.Petite Ange \u2014 Vous, vous me soignez.C\u2019est pas pareil.Survenant (Il se lève) \u2014 Il y a trois mots que tu dois te répéter, chaque jour, Petite Ange.Petite Ange \u2014 Partez pas, Survenant.Survenant \u2014 Apprends-les par coeur : courage, espoir, guérison.Petite Ange \u2014 Courage, espoir, guérison.Restez ! Survenant \u2014 Il est temps que tu te reposes.Petite Ange \u2014 Mais vous reviendrez, Survenant ?Survenant \u2014 Oui, t\u2019apporter des remèdes qui calmeront ta fièvre.Après, il faudra quitter ton lit et marcher tous les jours.Petite Ange \u2014 Pas rien que m\u2019apporter des remèdes, Survenant.Me parler comme à soir.Survenant\u2014Courage .Petite Ange .Petite Ange \u2014 Espoir .guérison .SCENE IV Beau Blanc, le Survenant.Beau Blanc \u2014 De quoi c\u2019est qu\u2019elle a au juste, Tite Soeur ?Survenant \u2014 La fièvre des marais.Beau Blanc \u2014 Elle se meurt pas de consomption ?Survenant \u2014 Non.Premièrement elle ne se meurt pas du tout.Et deuxièmement, ce n\u2019est pas elle qui me faisait demander ! Beau Blanc \u2014 C\u2019était elle, certain, certain, Survenant.Elle devait ben être dans l\u2019délire.Parce qu\u2019elle s\u2019écarte souvent, ma p\u2019tite soeur.Tu sais ben, Survenant, que .Survenant \u2014 Ah ! nè-veur-magne ! Ce qui importe le plus, c'est de lui procurer une nourriture soutenante.Du sang de boeuf par exemple.Ça coûte pas cher.N\u2019importe quel boucher I Sorel t\u2019en donnerait même, si tu lui expliquais que c\u2019est pour une malade.Beau-Blanc \u2014 J\u2019vas tâcher d\u2019y aller, à mon prochain voyage.Survenant \u2014 Fais pas rien que tâcher d\u2019y aller, Beau Blanc, vas-y.Puis je n\u2019ai pas besoin de te dire de lui accorder toutes les douceurs possibles.Beau Blanc \u2014 Des douceurs, on ne connaît pas ça.Survenant \u2014 Ménage un peu tes paroles avec elle.Vas-y plus tranquillement quand tu lui parles.Beau Blanc \u2014 Elle me comprendra pas, elle me r\u2019connaîtra pus si j\u2019y parle doucement.Attends, Survenant.Survenant \u2014 Qu'est-ce que tu me donnes là ?Qu\u2019est-ce que tu me mets dans la main ?De l\u2019argent ! Beau Blanc \u2014 Pour te payer de ton trouble.Survenant \u2014 Je n\u2019en veux pas.Penses-tu, Beau Blanc, que je soigne pour de l\u2019argent.Je soigne pour rendre service à ta petite soeur.Pas pour d autre motif.Beau Blanc\u2014T\u2019en veux pas, certain ?Survenant \u2014 Garde ton argent.Tu n\u2019en as déjà pas trop.Mais prends bien soin de Petite Ange.Je te la recommande.Si t\u2019as un peu de coeur .SCENE V Beau Blanc, Pierre-Côme Beau Blanc redouble de vitesse en passant devant la maison du Maire.Beau Blanc \u2014 Hou donc ! Hou donc ! Pierre-Côme \u2014 Arrête, Beau-Blanc, que j\u2019te parle ! Beau Blanc (Il diminue l\u2019allure de son cheval puis arrête) \u2014 Je vous voyais pas, monsieur Provençal.Pierre-Côme \u2014 J\u2019suis pourtant ben visible sur la route.Tu files tout dret-te de même sans arrêter ?Beau Blanc \u2014 Suis ben pressé.Pressé, pressé.Pierre-Côme \u2014 Tu prends même pas le temps de venir me donner des nouvelles ?Beau Blanc \u2014 Des nouvelles ?J\u2019ai pas de nouvelles.Pierre-Côme \u2014 Non ?A propos du Survenant.J\u2019ai pourtant appris à travers les branches qu\u2019il est retourné à la maison paternelle.Beau Blanc \u2014 Ah ! oui, le Survenant.Il est venu voir Tite Soeur en effet.Pierre-Côme \u2014 Puis, il l\u2019a-t\u2019y soignée comme il devait ?Beau Blanc \u2014 Il l\u2019a toujours soignée un p\u2019tit brin.Pierre-Côme \u2014 Commence pas à ni-velotter avec moi, Beau Blanc.Tu sais que ça fera pas.Beau Blanc \u2014 J\u2019ai pas resté au ras lui tout le temps, moi.Il a pris le poignet à ma Tite Soeur.Il y a cogné sur l\u2019estomac avec ses doigts.Pierre-Côme \u2014 C\u2019est assez pour dire qu\u2019il l\u2019a soignée.Mais .l\u2019argent ?(Inquiet) Il l\u2019a pris toujours ben?Beau Blanc \u2014 Il.Ta pris .dans ses mains, beau dommage ! J\u2019peux filer mon chemin à c\u2019t\u2019heure ?Pierre-Côme \u2014 Continue.Mais aie pas l\u2019malheur d\u2019aller crier partout ce que j\u2019t\u2019ai demandé de faire, puis ce que j\u2019t\u2019ai remis en argent.J\u2019ai pas envie que tout l\u2019Chenail du Moine l\u2019apprenne avant l\u2019temps.Beau Blanc \u2014 Pas de danger.Avec moi, un secret.c\u2019est juré, craché, monsieur le maire.SCENE VI Pi erre-Côme, Jacob Salvail.Pierre-Côme \u2014 J\u2019crés presquement, Jacob, que j\u2019ai trouvé le moyen de faire partir le Survenant pour tout d\u2019bon.Jacob \u2014 Une qui sera fière d\u2019apprendre ça, c\u2019est la Mienne.Elle peut pas souffrir le grand-dieu-des-routes.Pierre-Côme \u2014 Elle est pas la seule.Jacob \u2014 Y en a d\u2019autres par contre qui trouvent qu\u2019il est ben endurable.(Rire) Pierre-Côme \u2014 A commencer par ta fille, Bedette.Jacob \u2014 Pas plusse Bedette que les autres.Pierre-Côme \u2014 En tant que Maire, c\u2019est mon devoir de protéger la paroisse.Ben j\u2019ia laisserai pas maganner par un étranger.Jacob \u2014 J\u2019en reviens pas que le Survenant soye tombé dans le piège que tu lui as tendu, Gros Gras ! Pierre-Côme \u2014 J\u2019ai jamais tendu de piège à personne.Jacob \u2014 C\u2019est une manière de parler, Gros Gras.Tu dis tout le temps : « J\u2019lui ai tendu un piège.Il a mis l\u2019pied sur la palette.Puis il est tombé dans l\u2019trébuchet, comme un p\u2019tit oiseau jaune ».Mais Didace va être choqué pour vrai de voir son Survenant aussi mal pris.Pierre-Côme \u2014 Il a voulu le garder malgré moi.Qu\u2019il en subisse les conséquences ! Dès les commencements je l\u2019ai ben averti.A c\u2019t\u2019heure qu\u2019il se débatte comme il l\u2019entend ! Jacob \u2014 Mais qui c\u2019est qui t\u2019dit, Pierre-Côme, que Didace payera pas l\u2019amende pour le Survenant ?Pierre-Côme \u2014 S\u2019il s\u2019agissait d\u2019une p\u2019tite amende ordinaire, j\u2019dis pas.Mais quand on parle d\u2019une amende dans les cinquante, cent piasses, ote-toi d là, Didace y repenserait à deux fois.Jacob \u2014 D\u2019après ce que j\u2019peux voir, il va y avoir du brasse-camarade au Chenail du Moine c\u2019t\u2019hiver.J\u2019ai ben hâte de voir si le Survenant va réussir à s\u2019déprendre.Pierre-Côme \u2014 Puis moi donc ?La semaine prochaine : DOUZIEME EPISODE Le temple d\u2019Angkor Vat, le plus fameux des temples indochinois, était jadis entouré de plus de 900 temples et édifices publics d\u2019une grande richesse, et appartenant à la capitale d\u2019Angkor Thom, ce qui veut dire la grande ville.Quant au mot Vat, il vient du siamois ef signifie temple.\u2022 Le personnel de la Maison Blanche, demeure du président des Etats-Unis, comprend 72 employés : électriciens, menuisiers, cuisiniers, bonnes, jardiniers.Leurs salaires sont payés par le Gouvernement.Les frais annuels d\u2019entretien se montent à $367,800 dont près de $39,000 pour les comptes d\u2019électricité.\u2022 A l\u2019Exposition Internationale de Fleurs, tenue à Valenciennes, en France, la rose la plus admirée, parmi 10,000, a été la « rose bleue » de Francis Meil-land qui Ta baptisée Prélude.Cette fleur est en réalité d\u2019une très belle nuance lavande, mais après sept ans d\u2019expériences, son créateur espère qu\u2019elle n\u2019est que le Prélude à la véritable « rose bleue ».\u2022 C\u2019est en Macédoine que Ton trouve le Mont Athos, ou Mont Sacré qui comprend le port et la ville monacale de Daphné.Cette enceinte sacrée entoure 21 monastères : 18 grecs, 1 serbe, 1 bulgare, 1 russe.Jamais une femme n\u2019a été admise dans l\u2019un ou l\u2019autre de ces monastères.Chicago est Tune des villes les plus orgueilleuses du monde.Elle règne sur les Grandes Plaines et sur les Grands Lacs.Elle est le plus grand marché de céréales du monde.Elle fabrique la majeure partie de la gomme à mâcher.Elle met quotidiennement dans du fer-blanc plusieurs milliers de boeufs et de porcs qui lui arrivent de tous les points cardinaux.Elle possède dans ses banlieues industrielles d\u2019East Chicago et de Gary, quelques-uns des hauts fourneaux et quelques-unes des aciéries les plus grandioses des Etats-Unis.Les Chinois de San-Francisco se gouvernent eux-mêmes.Six corporations qui représentent les six grandes régions de la Chine forment leur cadre social, politique et professionnel.Chacune d\u2019elles fournit, par roulement de deux mois, un président, qui est en fait le maire de Chinatown.L\u2019anglais est pour eux tout au plus la langue par laquelle ils entrent en contact avec leur clientèle.Ils ont six journaux en chinois et un standard téléphonique manuel dans lequel les standardistes connaissent par coeur le nom de tous leurs abonnés.Entre les Chinois de Chinatown, s\u2019appeler par un numéro constituerait sans doute une brèche à la courtoisie.\u2022 La ville de San-Juan a pour patron saint Jean-Baptiste et l\u2019on célèbre sa fête du 23 juin au 4 juillet.La légende veut que saint Jean-Baptiste visite cette ville à minuit le 23 juin et que ceux qui sont dans l\u2019eau à ce moment-là auront de la chance durant toute Tannée.Comme cette fête a lieu à la belle saison des milliers et des milliers de citadins encombrent les grèves ce soir-là.\u2022 Parmi les manifestations du chiffre fatidique qu\u2019est le nombre « sept », on parle, dans les légendes espagnoles, de l\u2019île aux sept villes où sept évêques, fuyant les Maures, fondèrent sept villes toutes aussi belles les unes que les autres ; des sept dieux de la chance du folklore japonais ; des sept collines de Rome ; des sept vertus et des sept mers du globe, sans oublier les sept paroles que le Christ a prononcées sur la croix.\u2022 L\u2019Académie Royale d\u2019Art Dramatique fut fondée à Londres, en 1904, par Sir Herbert Beerbohm Tree et a retenu l\u2019attention des plus grandes personnalités du théâtre anglais.Sir Arthur Pinero et Sir James Barrie en furent les directeurs ; George Bernard Shaw contribua $20,000 à l\u2019érection de l\u2019édifice de la rue Gower.Les étudiants de cette académie se recrutent dans toutes les parties du monde, aux Etats-Unis, comme au Liban ou en Islande.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l\u2019A.B.C., et de l'Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q., Can.\u2014 Tel.: PL.9637-fc GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur ODILON RIENDEAU GEORGES POIRIER, fils Vice-président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Chef du tirage ABONNEMENTS\t: LE SAMEDI\t Canada\tEtats-Unis\t 1 an \t $3.50\t1 an \t\t \t\t\t$5.00 2.50 \t\t AU NUMERO :\t10 CENTS\t Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vf., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa. WJ ii Him IL Y A DES HEURES POUR TOUT LE SAMEDI intéresse toute la famille.Vous y trouverez des portraits de vedettes, de l'actualité mondiale, du sport, des articles illustrés.Il vous distraira par ses nouvelles et ses romans illustrés.Et les plus reposantes, comme les plus fructueuses, sont celles qu'on consacre à la lecture.Ses lectures, toutefois, il faut savoir les choisir ! Avec les trois plus anciens magazines canadiens-français, Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film, vous n'aurez pas besoin de chercher ailleurs.Vous y trouverez tout ce qu\u2019il faut pour vous instruire et vous divertir en même temps.au service de la famille, les magazines canadiens qui enrichissent la conversation LA REVUE POPULAIRE le magazine de la femme chic.Riche en chroniques de mode, il vous tiendra au courant des toutes dernières nouveautés de la haute couture et facilitera par ses nombreux conseils la tenue de votre maison.Vous vous délecterez de son roman d\u2019amour complet.LE FILM Vous y lirez des articles sur vos vedettes préférées .Vous pénétrerez dans les secrets des grands studios .Vous apprécierez un roman complet .Vous y trouverez des mots croisés.Remplissez votre coupon d'abonnement à l'intérieur POIRIER BESSETTE « CIE LTEE 975 - 985, RUE DE BULLION,\tMONTREAL, P Q.iffiBllllMIHI!MIIMlHMIHI!IIHIII|H|!|Hllinil|HI||!HI||in|l|H||IBIimiimilllBII|IHIII!HIIIIBII|H!llll ^ «T Ce Samed» *0\"V«f4 ,e 1* 00 \u2022Iterni Le* dernière* nouvelle* de Hollywood et de Pari* Radio et TV canadienne* - Un roman complet 1
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