Le samedi, 1 décembre 1955, samedi 24 décembre 1955
[" 67e année, No 33 Montréal, 24 décembre 1955 Numéro de Noël IAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS cents esKue «É.m\t«1.\t* M m& k \u2022\u2022 \\ \\ / ! \u2022-\t' V Oopr.1964 by The r&rkor IVu C'ompany -TT^\tVP' Le Père Noël a un PARKER peut* tout le Monde Choisissez un Parker.à partir de $2.95 Le Parker \"51\u201d reflète votre bon goût, de même que le Parker \"21\u201d.Ils ont tous les deux la pointe Parker exclusive, polie par électrolyse, et le remplissage simple avec deux doigts.Les stylos avec lesquels on écrit le plus facilement! Quatre nouveaux stylos à bille Parker Jotter, offrant chacun 4 grosseurs de billes différentes et écrivant 5 fois plus longtemps que les stylos à bille ordinaires.Ne manquez pas de voir le sensationnel crayon assorti Parker À MINE LIQUIDE.La pointe reste fine et ne peut se casser.S\u2019efface complètement-ne bave pas.Si NOUVEAU que vous ne pouviez l\u2019offrir l\u2019an dernier! 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6 mois $2.00\u2014Etats-Unis: 1 an $5.00; 6 mois $2.50.AU NUMERO : 10 CENTS Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt., U.S.A, as second class matter under the Act of March 3rd 1879, Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.Connaissez-vous votre âge réel?Une vieille dame, qui avait demandé à une mère l\u2019âge de son fils, reçut la réponse suivante: \u201cPhysiquement, il a 10 ans.Sur le plan émotif, il en a 7.Intellectuellement, on pourrait lui en donner 15.Mais, si on s\u2019en tient aux anniversaires de naissance, il aura 9 ans dimanche prochain\u201d.Quel que soit le nombre des anniversaires de naissance qu\u2019on ait fêtés, nous sommes tous comme le petit garçon qui avait 10, 7, 15 et 9 ans.Personne n\u2019a un seul âge.Les différentes parties de l\u2019organisme ne vieillissent pas toutes avec la même rapidité.Malgré le nombre de vos ans, il se peut que vous restiez toujours \"jeune\u201d dans certains domaines alors que, dans d\u2019autres, vous soyez plus \u201cvieux\u201d que le nombre des années écoulées depuis votre naissance.Nous désirons tous rester aussi \u201cjeunes\u201d que possible.Il est donc heureux que nous ayons à notre disposition les moyens de conserver certains des avantages de la jeunesse, même au cours des dernières années de la vie.Si vous désirez vous assurer une vie longue et heureuse, vous devez avant tout vous faire examiner périodiquement par le médecin.Ces examens permettront à ce dernier de dépister tout ébranlement de la santé ou toute affection qui, s\u2019ils peuvent fort bien être sans conséquence, à l\u2019heure actuelle, pourraient empirer avec les années.C\u2019est en corrigeant les troubles dès le début que l\u2019on peut éviter de sérieuses répercussions dans l\u2019avenir.Les jeunes devraient aussi suivre de bonnes habitudes dans le domaine de la santé et de l\u2019hygiène.Il est sage de prendre suffisamment de sommeil et de repos, de prendre une bonne nourriture et d\u2019éviter toute exagération en ce qui concerne les exercices.Il est possible d\u2019observer ces règles tout en menant, néanmoins, une vie agréable.Après 40 ans, deux choses prennent la plus haute importance.1.\tIl faut se protéger contre les maladies dégénératives, telles que les affections cardiaques, les maladies des vaisseaux sanguins, le diabète et l\u2019arthrite.2.\tIl faut aussi se préparer pour la retraite.Une fois l\u2019âge mûr atteint, il est parfois désirable de se faire examiner par le médecin deux fois par an, afin d\u2019éviter les affections dégénératives, de retarder leurs attaques ou de les maîtriser.Il faut également faire beaucoup plus attention à la nutrition.Un bon régime offrant une variété d\u2019aliments retarde parfois, sous certains rapports, le processus de la vieillesse.Il va sans dire que votre mode de vie change au fur et à mesure que vous vieillissez.Pour conserver un heureux état d\u2019esprit, songez à ce que vous pourrez faire pour passer le temps, lorsque vous serez à la pension.Si vous désirez apprendre ce que les médecins recommandent aux personnes qui ont 65 ans ou plus, consultez la brochure publiée par la Metropolitan sous le titre \u201cVous et votre avenir\u201d.Pour en obtenir un exemplaire, il suffit d'envoyer le coupon que vous trouverez plus bas.COPYRIGHT CANADA, 1955-METROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY Metropolitan Life Insurance Company (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) Siège Social: New-York Direction Générale au Canada: Ottawa Metropolitan Life Insurance Company Direction Générale au Canada (Dept.H.W.) Ottawa 4, Canada.Veuillez m\u2019envoyer un exemplaire de votre brochure 125-S, intitulée \"Vous et Votre Avenir\".Nom .Rue .Ville 4 Le Samedi.Montréal, 24 décembre 1955 - - - ' - .Ci-dessus.Le Pape en prière publique.Très malade en décembre dernier, il va nettement mieux.Il a repris du poids.Le teint naguère livide est légèrement rose.Les joues sont moins creuses.\u2014 Ci-dessous.Une vue des jardins de Castel Gan-dolfo où le Pape passe maintenant la belle saison.LA JOURNÉE DU PAPE À LA CAMPAGNE par ROBERT MENGIN Après cinq semaines passées par Pie XII à la campagne, au château de Castel Gandolfo, pour la première fois, le 7 septembre, il a parcouru les 15 milles séparant la colline de Castel Gandol-fo, à 1,500 pieds d\u2019altitude, de la Cité du Vatican, ou la chaleur est brûlante en cette fin d\u2019été.Durant de précédents séjours, le Pape fit beaucoup plus souvent l\u2019aller et retour : trente-deux fois en quatre mois, en 1950.Mais il a désormais pris l\u2019habitude de ne plus guère sortir de sa résidence d\u2019été pendant un bon tiers de l\u2019année.\t> Aussi bien y travaille-t-il plus qu\u2019il ne s y repose.Il se lève à six heures !4.Il fait sa toilette, se rase seul, avec un rasoir électrique.Son valet de chambre, Mario Stoppa, l\u2019aide à s\u2019habiller.La chambre à coucher, immense, très simplement meublée, donne sur trois côtés.Par la fenêtre qui est au nord-ouest, le Saint-Père peut apercevoir, au loin, le soleil qui se lève sur Rome.Par une autre, il voit la plaine, qui s\u2019étend jusqu\u2019à la mer Tyrrhénienne.Par une troisième, l\u2019admirable lac d\u2019Albano, qui s\u2019étend juste au pied du château.A sept heures, le Pape quitte sa chambre, et passe dans sa chapelle privée, qui est attenante.Là, il dit sa messe devant une reproduction de la Madone noire de Tchestochowa, don des évêques polonais à Pie XI.C\u2019est Mario Stoppa qui lui sert la messe.Le Pape a du reste fait attribuer, il y a quelque temps déjà, à son valet de chambre, le titre de « Sous-Doyen du personnel de l\u2019antichambre ».A huit heures, il prend comme petit déjeuner un café au lait et, tout de suite, se met au travail.A neuf heures, il reçoit l\u2019un des prélats de la Secrétai-rerie d\u2019Etat, c\u2019est-à-dire pour user d\u2019un langage profane, l\u2019un des membres de son cabinet.Mais ce cabinet n\u2019a plus de premier ministre \u2014 de secrétaire d\u2019Etat \u2014 puisque Pie XII a laissé vacante cette charge, et qu\u2019il y a seulement un pro-secrétaire et un substitut, Mgrs Tardini et Dell\u2019Acqua.C\u2019est habituellement Mgr Domenico Tardini qui vient traiter avec le Pape des affaires du jour.Ce prélat est un Romain, du Transtévère qui a quelque trente ans d\u2019expérience à la Secrétairerie d\u2019Etat.Entre dix heures et onze heures, le Pape reçoit parfois en audience privée, ou semi-privée, des personnages ou des congressistes de passage à Rome Ceux-ci sont surpris de voir, dans la Salle du Concordat où a lieu l\u2019audience, un grand buste de Napoléon, geôlier de Pie VII : mais les papes ont pardonné à celui qui se fit traiter de tragédien et de comé- dien.Au reste, ce furent en l\u2019occurrence le Pape et l\u2019Eglise qui triomphèrent.A onze heures trente, Pie XII sort pour sa promenade, dans les jardins de la villa, comme l\u2019on dit ici.dans le parc du château, comme 1 on dirait en France Il monte en automobile \u2014 une grosse conduite intérieure américaine, don du Président Roosevelt.-Le pieux Maître Jacques qu\u2019est Mario Stoppa est la, venou à terre, U referme la portière, puis monte de- L\u2019automobile, immatriculée SCV I (Stato Citta Vaticano) franchit le pont qui enjambe la route conduisant au bourg de Castel Gandolfo, dont les habitants, réglant leurs montres, disent : « Voila le Pape qui va au Belvédère ».Au fond du parc, le Belvédère est une immense terrasse d\u2019où la vue s\u2019étend jusqu\u2019à la Méditerranée Là-bas, par beau temps, on peut distinguer Anzio, où les alliés établirent une tête de pont le 22 janvier 1944.Toute la plaine devint alors un champ de bataille et les bombes firent des milliers de victimes, jusque dans la villa papale ouverte à tous les réfugiés.Mais le Saint Père ne s\u2019attarde pas a contempler l\u2019horizon.Il a apporté avec lui des livres et des dossiers.Il s\u2019assied à une petite table, protégée de la brise par un paravent, et du soleil par un parasol Quand le temps est mauvais, il s\u2019installe dans un petit pavillon voisin, dit des quatre saisons.Il travaille sans arrêt, jusqu\u2019à une heure.Aucun Pape d\u2019aucun temps, n\u2019aura travaillé davantage.A une heure, il se lève.Mario Stoppa remet le genou en terre devant «La Sainteté de Notre Seigneur » \u2014 c\u2019est le titre officiel du Pape \u2014 et Pie XII rentre au château pour déjeuner.Ce déjeuner est un peu plus consistant qu\u2019il ne l'était l\u2019an dernier : jus de fruit, viande hachée, légumes, laitage, un peu de vin, le tout provenant de la ferme qui dépend du château.Très malade en décembre dernier, le Pape va nettement mieux.Sans doute a-t-il toujours un aspect ascétique.Mais il a repris du poids.Les joues sont moins creuses.Le teint naguère livide est légèrement rose \u2014 mais non pas bronzé car le Pape ne s\u2019expose pas aux rayons du soleil.Quant au regard, il n\u2019a jamais cessé d\u2019être étincelant, derrière les lunettes métalliques.Le grand vieillard, en sa quatre-vingtiè me année, semble plus énergique que jamais.[ Lire la suite page 53 | Une audience papale dans la cour de la villa.Ces audiences générales ont lieu deux fois par semaine, les mercredi et samedi, dans la Cour du Palais Autrefois, les papes ne donnaient des audiences publiques qu\u2019au Vatican.On s'efforce de leur donner un caractère familier bien que cinq mille personnes venant de toutes les parties du monde se pressent dans la cour carrée., fW 3, *«NU % La grande antichambre dite \"Salle des Suisses\".L'architecte des palais pontificaux est le Comte Henri Galeazzi-Lisi, un intime du Pape.Sa compétence s'étend bien au-delà de ce domaine et il est fort écouté par Sa Sainteté.CLZ££&// A pu 1 r «.!.> i, > «¦ *¦» > A ' ______J -«to Le Samedi.Montréal.24 décembre 1955 5 UNE AFFAIRE D'UN MILLIARD DE DOLLARS: LE COMMERCE DES JOUETS par RICHARD WILSON LES mesures restrictives défendant le marché domestique d'une inondation de produits allemands et japonais a permis à l'industrie des jouets, aux Etats-Unis et au Canada, de se développer pour atteindre le sommet enviable d'un milliard de dollars de transactions.Ce magnifique essor n'est toutefois pas ac cidentel mais résulte plutôt de recherches sérieuses menées en collaboration par l'Ameii-can Toy Institute et les diverses sociétés d'éducation de l'enfance dans ces deux pays.Une des expérimentations les plus intéressantes jamais tentées dans le commerce eut comme cadre quatre départements différents choisis chacun dans quatre grands hôpitaux : cardiologie, médecine générale, oreilles \u2014 yeux \u2014 nez, tuberculose ; chacun d'eux choisi pour satisfaire aux besoins individuels de l'enfant handicapé, d'où l'orientation générale de l'industrie à produire des jouets qui procurent non seulement du plaisir à l'enfant mais l'enrichissent grâce à leurs propriétés éducatives.Aucun changement n'intervint dams la routine des hôpitaux durant cette période, puisqu'il s'agissait de connaître l'utilité possible des jouets au cours de la convalescence des enfants.Voici quelques conclusions auxquelles on arriva : par exemple le téléphone-jouet encouragera l'enfant atteint de difficultés de langage à converser librement.Pour qu'un patient recouvre la maîtrise de ses mains, un jouet qui fait travailler les muscles manuels est tout indique comme celui qui consiste à faire glisser des disques en bois sous une bande métallique.De jeunes patients intéressés au fonctionnement de jouets sur une table seront amenés à rester debout permettant ainsi aux muscles défaillants de leurs jambes de se raffermir.Et on en est venu à la conclusion que tous peuvent bénéficier de ces jeux puisqu'un enfant en croissance, même s'il est bien portant, doit développer également ses mains, ses jambes et son intelligence.Nous illustrons ici quelques-uns de ces jouets de haute valeur formatrice que l'industrie américaine et canadienne des jouets s'est appliquée à produire.Celui-ci invite la main à bien saisir ; l'autre encourage à maintenir la position assise ; toujours existe l'attraction des couleurs et du son .celui-là incitera l'enfant à se lever et à marcher, développera le sens de coordination entre la main et les yeux, stimulera la conversation, l'écriture, le dessin et, point très important, favorisera les jeux de groupes.La 52e Foire américaine du Jouet, la plus importante jamais organisée, eut lieu à New-York en mars de cette année : 1,400 usines y ont participé ; elles exposaient au-delà de 125,000 objets différents ; on compta plus de 14,000 acheteurs provenant de tous les coins du Canada et des E.-U.; d'après M.Samuel G.Goss, président des Manufacturiers de jouets aux U.S.A., ils commandirent pour plus de un milliard de dollars de jouets \u2014 ce qui excède de beaucoup les chiffres de 1954.[ Lire la suite page 54 ] WïF-l Ci-dessus.Tout comme dans l'appareil véritable ce téléphone-jouet prendra et rendra la monnaie fera entendre la voix de la téléphoniste.\u2014 Ci dessous, M.Gilbert, président de A.C.Gilbert Co.une des plus importantes usines du monde, photo graphié près d'une des plus merveilleuses inven tions de tous les temps dans le domaine des jouets Le Polythène sert à fabriquer des jouets flexibles, qui flottent, incassables, aux couleurs brillantes non-toxiques, et qui offrent une sécurité absolue.Gilbert Hall of Science, à New-York, nous montre l'installation d'un train .On y soigne chaque détail, ce qui explique que, de nos jours, il n'est pas surprenant que beaucoup de jouets soient achetés par et pour des adultes.¦ \"%, il 6 Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 nn m i CHOSES j ANCIENNES ' A MONTREAL MONTREAL Tous les ans, à la saison du Carnaval, s'élevaient de fiers et majestueux palais de glace.Celui-ci fut construit en 1889 au milieu du square Dominion, à Montréal.Les raquetteurs du temps avaient leurs clubs, leurs associations, leurs lieux de réjouissances et leurs costumes propres.\u2014 Après une bordée de neige chacun déblayait les rues à la pe|le, les Services Municipaux ne s'occupant que de la voie publique.ïfisi Ig ék iJl fe fl \u2022 4 vr fl mort t.-M- $uss 7 a » ,\t*'i y or i L' WAV- \u2019TNé Avec la saison des neiges, il semble que nous devenions subitement plus Canadiens, comme s\u2019il s\u2019agissait là d\u2019un don du ciel qui nous différenciât nationalement.Et ce n\u2019est pas sans raison.Depuis Napoléon, on dit couramment que la Russie est inviolable l\u2019hiver.De même pour le Canada, la neige accentue son particularisme et dorme aux citoyens la conscience d\u2019être alors « quelque chose de différent ».Si le Sahara a son sable et ses simouns, le Canada a ses gloses et ses bourrasques.Les « hivers durs », décantés par le passage des années, demeurent des dates mémorables : on en oublie la misère pour n\u2019en célébrer que les exploits.Les sports d\u2019hiver constituent la plus belle réponse que nous ayons fournie au défi de cette saison.Mais la vie canadienne s\u2019est si vite transformée depuis un demi-siècle que certaines des images qui illustrent cette page, si anciennes qu\u2019elles puissent paraître à première vue, remontent à moins de cinquante ans.Le ski, par exemple, n\u2019est chez nous populaire que depuis une trentaine d\u2019armées.Avant la guerre de 1914, ce sport était à peu près inconnu et, en 1900, la rue Sherbrooke, la plus élégante de Montréal, ne voyait encore défiler que de beaux attelages.Avant l\u2019âge du ski et de l\u2019auto, les sports d'hiver étaient la raquette, le patin, le hockey, joué pour la première fois à McGill, la voile et les courses de chevaux sur le fleuve, la luge et les carnavals dans des palais de glace, sur la Ferme Fletcher et, il n\u2019y a pas si longtemps, au Parc Lafontaine.Ci-contre, en haut.Cette glissoire fut inaugurée par le gouverneur-général, le marquis de Lansdowne, lorsqu'il prit son poste à Ottawa en 1883.Elle fut démolie en 1895 pour être remplacée par la glissoire de la Montagne.Ci-contre, en bas.Mascarade du Mardi-Gras à la Patinoire Stadium, rue Saint-Hubert, au début du siècle.\u2014 Ci-dessous.A cette époque, la neige était un bienfait dans les rues de Montréal pour faciliter l'usage des traîneaux comme ceux qui défilent ici, rue Sherbrooke. Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 7 La femme aimée n'était plus mais sa présence demeurait si intense dans son souvenir qu'il lui semblait, en la sculptant, quelle était encore à ses côtés.gy&i Notre conte de Noël L\u2019INSPIRATRICE par MARIE MISSIR-SAPET Les amis, et les nombreuses relations de Félicien Marcenet, le sculpteur universellement connu, avaient fini par être intrigués de le voir refuser, chaque année, au moment des fêtes de Noël et du premier de l\u2019An, toutes les invitations qui lui étaient faites, et disparaître de la bande joyeuse, pendant quelques jours, sans donner aucun prétexte valable.Naturellement, les légendes commencèrent à se former, à courir.Les uns prétendaient qu\u2019il allait passer les fêtes en Périgord, auprès d\u2019une châtelaine, à laquelle il restait fidèle, \u2014 les autres affirmaient qu\u2019il se rendait à Plouge-nast, chez sa vieille mère qui portait encore le costume breton, d autres enfin, assuraient qu\u2019il ne quittait pas Paris, mais se réfugiait dans le haut de la butte Montmartre, où vivait une modeste famille qui 1 avait aide jadis, dans ses débuts difficiles.\u2014 Sans être un policier, je vais tâcher d\u2019avoir le fin mot de la chose, déclara cette fois, Pierre Brissac, un des plus fervents admirateurs du maître.\u2014 Ce ne sera pas facile, répondit André Meurtel.L\u2019année dernière, nous sommes allés, Jean Roland et moi, à son domicile, boulevard Couvien Saint -Cyr, et nous avons trouvé, non seulement, porte close, mais une concierge au visage rébarbatif, qui a répondu à toutes nos questions par la même phrase : « \u2014 Monsieur Marcenet est absent.Je ne puis vous dire s\u2019il rentrera, ou ne rentrera pas, l\u2019ignorant moi-même.» Elle avait la consigne, c\u2019était bien clair ! Et la jolie Clarimonde Dantal, qui se flattait d\u2019avoir gagné la sympathie du Maître, a téléphoné, quatre fois, sans obtenir de réponse.\u2014 Il quitte Paris, c\u2019est évident.\u2014 Il s\u2019agit de savoir, en tout cas, où il va.\u2014 Ce sera, peut-être, indiscret.\u2014 La vie des hommes célèbres peut rarement, être tenue cachée.Je vous donne rendez-vous, dans trois semaines, au Café de Versailles, pour vous renseigner sur les faits et gestes de notre grand ami.Et le rendez-vous fut accepté par la bande curieuse.En pénétrant dans l\u2019immeuble, habité par Félicien Marcenet, Pierre Brissac avait pris la précaution, ce soir du 24 décembre, de se munir d\u2019une belle gerbe de fleurs, et pour ne pas donner l\u2019éveil à l\u2019irascible concierge, il prononça le nom de Madame Ginest, une [ Lire la suite page 52 8 Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 ^WslB^TOWPniW o * Le duel Pompey-Durelle.Yolande Pompey, de la Trinidad, a vaincu par mise hors de combat à la septième ronde Yvon Durelle, le champion poids-moyen canadien, au cours d'un duel qui a eu lieu à Londres, au Harringay Arena.Pompey espère maintenant rencontrer Archie Moore pour lui disputer le championnat mondial.\"L'Opération-Grue\u201d, décidée par la Préfecture de Police de Paris et destinée à débarrasser les artères parisiennes des voitures en stationnement illégal se poursuit toujours.On voit ici une voiture en stationnement illégal, rue de la Tour, enlevée par un camion-grue de la Préfecture de Police pour être conduite dans la fourrière.Un groupe de célèbres chauves italiens se sont réunis le 18 septembre dernier à Inverso Pinasca, un village dans la rone de Pinerolo pour fêter leurs crânes polis.Le curé de l'endroit se félicite lui aussi d'une tête lisse et ronde comme une boule de billard.Cette année, le peigne d'or a été attribué à M.Benvenuto Baldioli.La princesse MARGARET inaugurait récemment une clinique à l'hôpital d'Epsom.en Angleterre.Au cours de sa visite, elle s\u2019est arrêtée près du lit de la petite GILLIAN FOX qui, point du tout intimidée, lui tira la langue.Certes, les temps ont bien changé depuis que la moindre irrévérence envers la royauté edt entraîné le cachot sinon la guillotine.Le docteur ALBERT SCHWEITZER, attablé dans l'arrière-pièce d'un petit restaurant londonien propriété d'un ami suisse, a reçu quelques-uns de ses amis illustres : le docteur VAUGHAN WILLIAMS, le philosophe BERTRAND RUSSELL, l'artiste AUGUSTUS JOHN et le Doyen de Saint-Paul.Le Docteur Schweitrer venait d'être décoré par la reine de l'Ordre du Mérite. Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 9 m 4 >¥ 2NS# ?#*:*.* #«*» * * ¦** ?**%*¦ \u2022 *¦**¦\u2022 *%%*v ?\" LE SAMEDI \" présente en exclusivité : LE SURVENANT Un chapitre par semaine du grand roman télévisé de GERMAINE GUEVREMONT Deux qui s'entendent à peu près bien au Chenal du Moine: Jacob Salvail (Georges Bouvier), à gauche, et Odilon Provençal (Yves Letourneau), \u2014 dans Le Survenant qui passe toutes les semaines, le mardi soir, au poste CBFT.dix heures de l\u2019avant-midi, tu t\u2019exposes à, .bien pire que l\u2019amende.\u2014 Mais Jacob Salvail est pas.timbré, s\u2019entêta l\u2019innocent.Il m\u2019a dit de pas m\u2019occuper du papier que j\u2019ai reçu.Le docteur Desgroseillers va tout arranger ça pour moi.Juré.Craché.\u2014 Jolie manoeuvre, s\u2019exclama le Survenant, outré des accommodements de la politique.\u2014 De même, j\u2019me trouve à garder les dix belles piasses.Beau-Blanc jubilait.Le Survenant se retint de lo battre.La partie n\u2019eût certes pas été égale.Il se secoua les mains comme si un reliquat de saleté y adhérait.\u2014 La piastre ! L\u2019argent ! Pour toi, c\u2019est encore c* qui parle le plus fort.\u2014 Dix piasses, Survenant ! \u2014 Ah ! dix piastres ! Et ta promesse ?Elle devrait valoir cent fois plus si t\u2019avais le moindrement d\u2019honneur.\u2014 Quelle .promesse ?Quelle promesse ?questionna l\u2019innocent qui s\u2019en souvenait fort bien, traînant sur les mots.\u2014 Je ne devrais même pas te répondre.Tu n» vaux pas les quatre fers d\u2019un cheval.[Lire la suite page 51] CINQUANTE-QUATRIEME EPISODE Lorsque le docteur Desgroseillers voit le maire du Chenal du Moine sur le point de partir en colère, il le rappelle et essaie de le convaincre de retirer la plainte déposée contre Beau-Blanc, pour avoir chassé le chevreuil en temps défendus.Devant l\u2019entêtement de Pierre-Côme Provençal, il cherche un moyen terme afin de ne pas être en butte au sarcasme de ses adversaires et principalement des adhérents de son parti politique.Le docteur se souvient à temps d\u2019une clause de la loi de chasse qui tolère la chasse ou la capture de chevreuils soit par un sauvage, soit par tout colon nécessiteux.(L\u2019histoire se passe vers 1910).De là à ranger Beau-Blanc dans telle catégorie, le politicien n\u2019hésite pas à franchir le pas nécessaire.Le garde-chasse Provençal finit par céder au raisonnement du docteur Desgroseillers : il empêchera Beau-Blanc de comparaître en Cour.Une fois dans la rue Providentielle, peu fier de soi, il médite sur sa propre conduite et a conscience d\u2019avoir renoncé à son respect humain.Absorbé par ses réflexions, il ne voit pas Jacob Salvail s\u2019avancer vers lui.Toujours curieux, Jacob tente de découvrir ce qui vient de se passer entre le docteur et Gros-Gras.Aussitôt ce dernier oublie ses remords pour redevenir le paysan normand qui peut en remontrer à bien d\u2019autres.Il circonvient Jacob de façon à l\u2019envoyer chez Beau-Blanc à sa place, en faisant valoir le service à rendre autant au parti qu\u2019à lui-même.Un service à rendre.\u2014 Ça me crèverait le coeur de te savoir en prison, Beau-Blanc ! fit Jacob en larmoyant pour la forme.Insensible à la prétendue émotion de Jacob.Beau-Blanc ne broncha pas.\u2014 Pas de danger, m\u2019sieur Salvail.J\u2019irai pas en prison.J\u2019coucherai pas dans un cachot.J\u2019resterai à la .maison paternelle.Beau-Blanc ne passait pas pour brave.De plus, sa peur du cachot était connue de tout le canton.Etonné de sa résistance, Jacob Salvail l\u2019examina attentivement : \u2014 T\u2019es ben brave tout d'un coup, Beau-Blanc.J\u2019te savais pas brave de même ! \u2014 J\u2019ai tout ce qui faut, m\u2019sieur Salvail, pour pas aller en prison.Tout ce qui faut.\u2014 Pauvre Beau-Blanc ! Tu connais pas la loi ! Ecoute ben ce que j\u2019vas t\u2019dire, Beau-Blanc, puis tu vas me comprendre.La loi, c'est comme une grand\u2019 stâtue qui aurait le bras dix fois plu£ long qu\u2019un bras ordinaire.Avec son grand bras, la loi est capable d\u2019attraper n\u2019importe qui c\u2019est qui est dans l\u2019tort.Mais Beau-Blanc ne semblait pas plus effrayé pour autant.\u2014 Vous me crèyez pas, eh, quand j\u2019vous dis que j\u2019ai tout ce qui faut ?Ecoutez ! Ce disant, il sortit de sa poche, des pièces de monnaie qu\u2019il agita vivement.\u2014 Ecoutez, si ça sonne riche ! Puis pas rien que de l\u2019argent dur, j\u2019ai de l\u2019argent de papier.De quoi payer l\u2019amende .en masse.Voyant qu\u2019il ne servait de rien d\u2019insister pour le moment, Jacob tenta de donner aux choses une autre tournure.\u2014 Si on arrangeait ça, Beau-Blanc, pour que toutes ces belles piasses-là, tu les gardes ?T\u2019aurais ben d\u2019là place pour les mettre ailleurs ?\u2014 Ah ! oui, ben d\u2019là place.\u2014 J\u2019savais que tu finirais par comprendre.Ton affaire, Beau-Blanc, c\u2019est de rester icitte tranquille.De pas bouger, puis de faire le mort.\u2014 Savoir que.personne me ferait de la grosse misère ! \u2014 Prends-en ma parole.Le docteur Desgroseillers va y voir.Heureux de voir sa tâche terminée, Jacob échappa un soupir : \u2014 A la bonne heure! se dit-il, en refermant la porte sur lui.La joie de Beau-Blanc fut d\u2019aussi courte durée que ses promesses.Songeant à celle qu\u2019il avait faite au Survenant, dès que Jacob Salvail fut hors de vue, il se mit en route.Non pas par loyauté envers le Survenant, mais par crainte de ce qui pouvait s\u2019ensuivre.Chez le père Didace, Beau-Blanc eut tôt fait d\u2019attirer le Survenant au-dehors et de lui raconter dans quelle impasse il se trouvait, tâchant de l\u2019attendrir sur son sort.\u2014 Jacob Salvail a fait un voyage par exprès pour me défendre d'aller en cour.\u2014 Fie-toi pas à lui, Beau-Blanc.Tu as reçu un bref de sommation.La loi t\u2019oblige à comparaître .\u2014 J\u2019ia connais la loi, avec son grand bras.\u2014 Pas de farce, Beau-Blanc.Si tu ne comparais pas au Palais de Justice, à Sorel, mardi prochain, à 10 Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 \u2019 « L'esprit des fêtes est universel et atteint tout le monde.MARTINE CAROL va-t-elle trouver sous ce ruban l'objet de ses rêves ?Mais n'est-elle pas déjà suffisamment favorisée par les dieux pour ne point désirer autre chose ?Et puis, il y a toujours la curiosité I î «s , \u201e\t¦ * .* >«\u2022 *., FRANK SINATRA rêve-t-il aux aimables Noëls d'antan \u2014 lorsqu'il n\u2019etait que simple et heureux père de famille ?D'abord connu comme crooner, il a fait une rentrée sensationnelle, cette fois au cinéma comme acteur.Après Hollywood.Sinatra nourrit-il d'autres ambitions que les fêtes viennent raviver ?Ci-dessus.Une crèche en plein air à Montréal, comme on a pris l'habitude d'en reconstituer depuis quelques années.L'initiative est heureuse et rend plus sensible l'esprit chrétien des Fêtes de Noël et du Jour de l\u2019An.IPhoto Alalnl ' ***-«* ' v.V 'WF1' ¦i-r- ;¦< v ¦ > .Ci-dessus.Boules de verre, feuillages d'hiver, couverts de vermeil.DANY ROBIN en robe du soir pense aux invités qui viendront s'asseoir à ses côtés.Des mains de fée ou service du beau.La soirée sera réussie et les convives charmés.' i M 4:%r df ms K! il*** % AU > V 0P9W!?m.w >,! Tl Ci-dessous.Une des maisons de poupée du Village de Santa Claus, en Arizona.Population : 3 habitants.Principale industrie : le tourisme.Tous les enfants veulent voir ce village situé à quinze milles do nulle part, où l\u2019on a aménagé un gentil village du Père Noël.-\t- MUIVIIMVI.AUra-T*ll le dessus ?Ma,s c est Noël, voyons I II fout bien que les petits l'emportent cette fols.Tous les outres |ours de l'année, Ils devront obéir sagement. WMm jfjjgsggj *.fc **«111.- R WKHUjfa a®.Wm.m.** ».«« v4.« » »; »> imwMffj f-fjsgflül Une Façon Elégante de dire \"Joyeux Noël\u201d uw(~/^cnAcri Un Ronson est un cadeau qui fera certainement un immense plaisir le matin de Noël.Son nom lui-même est synonyme de \"qualité\u201d et reflète votre bon goût et votre prévenance.Et il y a un tel choix de beaux Ronson pratiques\u2014qu\u2019il vous sera facile d\u2019en choisir un qui conviendra à chaque personne de votre liste.Leurs prix commencent à partir de $4.50\u2014ce qui permet de maintenir votre budget intact.Au lieu de courir les magasins au mois de décembre, prenez simplement votre liste de Noël et allez au comptoir Ronson le plus proche.Voici quelques-uns des élégants modèles qui vous y attendent: ¦JBteP L\u2019ESSEX Svelte et profilé, il met en vedette la base tournante exclusive à Ronson.A partir de S8.95* LE CAPRI Mettant en vedette la nouvelle silhouette raffinée et la base tournante exclusive.A partir de S8.95* LE VIKING Le célèbre briquet à gaz Ronson, avec flamme dirigée pour la pipe, et flamme ordinaire pour la cigarette.S10.95* LE TRIUMPH Modèle cannelé moderne, remplissage par base tournante exclusive.A partir de $6.95* L\u2019ADONIS Ultra-élégant\u2014illustré ici avec motif floral au cachet féminin.Si 1.95.* Autres finis à partir de S8.95* jaffe LE TEMPO Briquet de table à l\u2019aspect réellement moderne.Chromé étincelant, ou avec garniture écaille ou émail noir S8.95* LE TROPICANA Ensemble, cendrier et briquet en céramique, dans les tons de feuillage tropical.Bel emballage-cadeau.S16.50* LE DECOR Briquet de table en bronze de bijoutier et lucite avec tissu qui peut être changé pour s'assortir à tout décor S14.50* LE QUEEN ANNE Un briquet de table d\u2019une beauté traditionnelle en argent plaqué miroitant.S11.00* LE TROPHY Superbe briquet de table ou de bureau avec des scènes coloriées sous lucite.$14.50* *Prix de detail suggéré ON SON FABRICANTS DES MEILLEURS BRIQUETS ET RASOIRS ELECTRIQUES AU MONDE ELECTRIC COMPANY GENERAL CANADIAN ITE D 1 I N t M l ® Les cadeaux G-E cjm orneront les plus beaux sapins de Noël sont présentement en vente chez votre marchand local où vous trouverez un vaste choix tie cadeaux de Noël à des prix aussi bas que $5.95.Les plus beam sapins de Noël sont ornés de cadeaux G-E \u2022\tAspirateur.L\u2019aspirateur ffSwivel-Top\u201d G-E est muni d une nouvelle brosse révolutionnaire pour les tapis et les parquets, d\u2019un très grand sac à poussière ainsi que d accessoires à enclenchement positif.\u2022\tPoêlon automatique.On peut s\u2019en servir pour la friture, le braisage, la cuisson à l\u2019étuvée et au four.Il sullit de régler le cadran et le poêlon G-E maintient automatiquement le degré de chaleur désiré.\u2022\tMalaxeur portatif.Puissant, portatif, léger, il s\u2019acquitte de tous genres de mélanges.Rose pétai, jaune serin, turquoise, blanc.\u2022\tFer à vapeur.Deux fers dans un .à la vapeur ou à sec au simple toucher d\u2019un bouton .facile à remplir, émet rapidement la vapeur.\u2022\tPolisseur de parquets.Le polisseur G-E polit tout près des plinthes, profondément dans les coins, sous les meubles.Bichons à polir avec bouton-pression.\u2022\tGrille-pain automatique.Réglez-le à la couleur désirée .une fois terminées les rôties remontent très haut, aucun danger de vous brûler.Fini chrome brillant.Cabaret amovible pour les miettes.\u2022\tFer poids-plume.Léger, possédant une très grande semelle, il abrège du tiers la durée du repassage.Possède un cadran pour les tissus.\u2022\tBouilloire.Fait rapidement bouillir l\u2019eau .particulièrement utile lorsque les éléments du poêle servent à la cuisson.Fini chrome brillant.\u2022\tHorloge électrique.Elégante, gaie et précise il y a un modèle d\u2019horloge G-E pour toutes les pièces de la maison. Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 13 mM'- \"V Pii >â # ENIGMES CRIMINELLES MACABRE DÉCOUVERTE par ALAIN ROBERT C\u2019était le vingt-quatre décembre 1927.Il commençait à faire nuit.Il y avait des airs de fêtes partout en le petit village de Saint-Rémi de Napierville, comme d\u2019ailleurs dans tous les autres villages de la province de Québec.Car nos gens savent célébrer.Qu\u2019on soit riche ou pauvre, Noël est joyeux, bruyant même parfois.Un homme marchait, rue Principale.Anxieux d\u2019aller retrouver sa famille, il hâtait le pas.Soudain l\u2019homme s\u2019arrêta.« Pauvre femme ! se dit-il.Mais elle va geler à mort, ainsi couchée dans la neige.Elle a dû commencer à célébrer trop rudement.» Il venait d\u2019apercevoir, dans la neige déjà abondante pour la saison, une femme étendue et qui ne bougeait pas.Bon samaritain, surtout quand c\u2019est Noël, il se pencha au-dessus de la malheureuse.Elle paraissait dormir profondément.« Si c\u2019est pas malheureux ! murmura l\u2019homme, sévère.Une femme se mettre dans un tel état, et la veille de Noël par-dessus le marché ! » Mais quand il prit le bras inerte pour secouer la dormeuse, il retira vivement la main, devenu la proie d\u2019une subite terreur.Elle n\u2019était pas endormie : elie était morte.C\u2019est à ce moment également qu\u2019il remarqua les traces de coups par toute la figure, puis les taches de sang.L\u2019homme entra dans le restaurant voisin.Il y avait là un téléphone public.Sans souffler mot à personnt dans l\u2019établissement de ce qu\u2019il venait de découvrir, il atteignit la Sûreté provinciale, à Montréal, pour rapporter ce qu\u2019il venait de voir.Ayant raccroché avant qu\u2019on lui demande son nom, l\u2019homme salua les gens à la ronde dans le restaurant, puis continua son chemin.Qui est-elle 7 Les détectives Lorrain et Forget, ainsi que les agents Poitras et Sain-don, arrivèrent bientôt sur les lieux.La victime avait évidemment été battue à mort.De son crâne ouvert s\u2019échappaient des morceaux de cervelle.De multiples ecchymoses, des coupures et des taches de sang coagulé la défiguraient au point que les premiers curieux, qui se rassemblèrent autour des policiers, ne parvenaient pas à la nommer.Les détectives la firent transporter chez le marchand général.D\u2019autres citoyens défilèrent devant elle.On ne la reconnaissait pas encore.Tout à coup le détective Lorrain eut une inspiration.Avisant un homme qui portait des lunettes, il les lui emprunta et les plaça sur le nez de la morte.C\u2019est alors qu\u2019un fermier qui l\u2019examinait pensivement depuis quelques moments déclara : \u2014 Je n\u2019en suis pas absolument sûr, mais je crois que c\u2019est Angéline Mouette.\u2014 Et qui est-elle ?demanda le détective Forget.- Si c\u2019est Angéline, elle sortait avec Baptiste Marchessault.\u2014 Quel genre de type ce Marchessault ?continua le détective.\u2014 Oh ! il n\u2019a pas trop bonne réputation par ici.\u2014 Comment donc ?\u2014 Il prend son coup trop fort et quand il est en boisson, c\u2019est un démon de batailleur.Un autre citoyen de la place surenchérit alors : \u2014 Tant qu\u2019à ca.Angéline et Baptiste sont à peu près du même acabit.Le détective Lorrain s\u2019informa aussitôt : \u2014\tOù demeure Baptiste Marchessault ?\u2014\tUne maison blanche, au bout du village, à droite.\u2014\tHabite-t-il seul ?\u2014 Non.Il reste avec sa soeur Irène.C'est une vieille fille.Le détective Lorrain dépêcha alors l\u2019agent Poitras chez les Marchessault pour vérifier si Baptiste était à la maison.\u2014 Surtout, recommanda le détective à l\u2019agent, ne leur fais pas voir que tu appartiens à la Sûreté.Quelques minutes plus tard, l\u2019agent Poitras revenait avec une information : Irène Marchessault était seule à la maison.Son frère devait être à l\u2019hôtel des Quatre-Chemins.\u2014 Sais-tu où c\u2019est ?demanda le détective Lorrain.\u2014 A environ trois milles d\u2019ici.A l\u2019endroit où la route de Saint-Léonard rejoint le chemin du Roi.L'énigme de la robe.Les policiers louèrent une carriole et se rendirent à l\u2019hôtel.Le détective Lorrain prit un garçon de table à part et l\u2019interrogea : \u2014 Vous avez vu Baptiste Marchessault ce soir ?\u2014 Oui.\u2014 Il est ici alors ?\u2014 Non.\u2014 Y a-t-il longtemps qu\u2019il est parti ?\u2014 Oh ! ça fait bien six ou sept heures.\u2014 Etait-il seul 7 \u2014 Non, il était en compagnie de sa blonde.[Lire la suite page 42] 14 Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 LA PYRAMIDE D\u2019OR par LEO GESTELYS ÙP* à Le petit jour se levait à peine quand l\u2019avion de la Nouvelle-Orléans se posa sur l\u2019aérodrome de Mexico.Parmi les voyageurs pressés, un petit groupe qui paraissait assez dépaysé se laissait distancer.Il était composé d\u2019un homme qui avait à peine atteint la cinquantaine mais dont l\u2019aspect souffreteux ne répondait en rien à l\u2019idéal sportif qui est celui de l\u2019époque actuelle.Plutôt quelque savant arraché à sa librairie, à son cabinet de travail ou à son laboratoire.Et il s\u2019agissait, en effet, du savant archéologue Stéphane de Lau-rers, dont les communications étaient accueillies avec faveur dans toutes les académies et même à l\u2019Académie française dont il était l\u2019une des gloires.A son côté, lui donnant le bras avec sollicitude, une jeune fille se tenait et, derrière eux, chargé de bagages à main et de couvertures, un grand garçon dont les cheveux noirs, le teint hâlé, révélaient l\u2019origine méridionale.En effet, Manoel Perez, bien que né en France et élevé sur les bancs de ses collèges et de ses facultés, était, par son père, de bonne race andalouse.Peu de temps avant son départ pour l\u2019Amérique du Nord où il devait faire une série de conférences qui, de ville en ville, le conduiraient jusqu\u2019à la frontière du Mexique, Stéphane de Laurers s\u2019était attaché ce jeune homme, récemment sorti de l\u2019Ecole centrale, non seulement en raison de ses connaissances en géologie, mais surtout parce qu\u2019il parlait couramment l\u2019espagnol et pourrait être un parfait interprète dans les pays d\u2019Amérique latine, comme sa fille, Sabine, lui servait de secrétaire quand il s\u2019agissait de contrées anglo-saxonnes.L\u2019hésitation des trois voyageurs fut de courte durée.Coiffé d\u2019un large sombrero et vêtu d\u2019un impeccable costume blanc, sous lequel il devait grelotter, car les nuits sont fraîches à l\u2019altitude où se trouve la ville de Mexico, et l\u2019aéroport était balayé par un vent qui avait effleuré les hautes cimes et s\u2019y était refroidi.Un monsieur s\u2019approcha d\u2019eux et, les saluant d\u2019un geste plein d\u2019emphase : \u2014 Je ne me trompe pas.J\u2019ai bien l\u2019honneur d\u2019être en présence de l\u2019illustre professeur Stéphane de Laurers ?\u2014 En effet, monsieur, répondit le savant enchanté de s\u2019entendre interpeller en français.Vous êtes sans doute envoyé vers moi par mes confrères de l\u2019Académie mexicaine ?\u2014 En effet, illustre senor.C\u2019est à moi qu\u2019est revenu l\u2019honneur de vous recevoir et de vous servir de guide.\u2014 Ah ! vous êtes au courant ?\u2014 Certainement.J\u2019ai eu entre les mains votre lettre confidentielle adressée au président de la section d\u2019ar- chéologie.Je suis désigné pour vous servir de guide.\u2014 J\u2019en suis ravi et honoré à la fois.Je vous présente ma fille, Sabine, et mon secrétaire, Manoel Pérez.Le front du Mexicain se rembrunit.\u2014 Vous n\u2019aviez pas, senor, annoncé que vous emmeniez des compagnons de voyage.L\u2019expédition qui doit vous accompagner est prête.La charmante senorita et le senor secrétaire pourraient demeurer à Mexico.\u2014 Jamais de la vie! fit le savant avec vivacité.Je ne me sépare jamais de ma fille, quant à mon secrétaire, j\u2019estime que ses connaissances complètent les miennes et qu\u2019il me sera indispensable dans les fouilles que je suis autorisé par le gouvernement mexicain, à entreprendre dans la contrée que borne le fleuve Otulum.Le ton était si péremptoire que le Mexicain n\u2019osa insister.Pourtant il émit encore une faible objection quant aux vivres prévus, mais le savant la balaya d\u2019un geste.\u2014 Achetons une plus grande quantité de vivres, mon cher collègue.Je ne suis pas à quelques jours près.Ayez seulement l\u2019obligeance de nous indiquer un hôtel confortable, mais qui ne soit pas à des prix de milliardaires américains.N\u2019oublions pas que la France a une monnaie pauvre, et, sans les dollars que je viens de gagner par mes conférences, jamais je n\u2019aurais pu m\u2019offrir ce passionnant voyage.\u2014 Nous avons tout prévu, senor.C\u2019est chez moi que vous recevrez une bien modeste hospitalité.D\u2019ailleurs, nous devons partir ce soir même pour la région de Palenque.\u2014 Palenque ne m\u2019intéresse pas particulièrement.Tout ce qu\u2019il y avait à découvrir l\u2019a été par votre savant compatriote, Alberto Ruz Lhuillier, auquel, entre parenthèses, je serais heureux de serrer la main.\u2014 A votre retour, senor, à votre retour.D'ailleurs, le senor Lhuillier n\u2019est pas au Mexique actuellement, mais il reviendra, senor, il reviendra plus tôt que vous-même.Non, le départ est fixé à ce soir.On ne saurait le retarder.\u2014 J\u2019aurais été, pourtant, heureuse de passer quelques jours dans votre belle capitale, hasarda Sabine de Laurers, et cela aurait permis à père de se remettre de très grandes fatigues.\u2014 Il se remettra durant le voyage, un excellent voyage, senorita.que nous accomplirons dans mon auto personnelle, marque américaine, grand confort ! \u2014 Pourquoi pas le chemin de fer jusqu à la station la plus proche ?\u2014 Il n\u2019y a pas de station, senor, rien que des routes, des pistes même.Et 15 reçoit PHILIPS UE RASOIR ELECTRI QUE ROTATIF Il y a de la joie! 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Essai à domicile pendant 15 jours\u2014voyez votre fournisseur Philishave.PHILIPS INDUSTRIES LIMITED Montréal \u2022 Toronto \u2022 Winnipeg \u2022 Vancouver \u2022 Halifax Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 puis, il faudra s\u2019engager dans la forêt tropicale.\u2014 Il sera nécessaire d\u2019avoir avec nous du personnel.\u2014 Nous recruterons sur place la main-d\u2019oeuvre.\u2014 Je croyais cette zone frontière du Guatémala particulièrement sauvage et déserte.\u2014 Rapportez-vous-en à moi.Tout ira comme sur des petites roues.C\u2019est bien ainsi que vous dites en français ?Durant cette conversation, Manoel s\u2019était rendu au bâtiment consacré au dédouanage des bagages et avait fini par obtenir que les malles leur soient livrées.Un commissionnaire n\u2019attendait qu\u2019une adresse pour les porter dans un taxi.L\u2019obligeant Mexicain, l\u2019ayant remarqué, s\u2019approcha du porteur et lui donna un ordre, puis se retournant vers les trois Français : \u2014 Daignez me suivre, senors et seno-rita, on est en train de charger vos bagages.Mon auto vous attend.Venez.Ce ne fut qu\u2019au moment où elle se trouva installée dans une puissante voiture de marque américaine que Mlle de Laurers songea que le serviable Mexicain qui était assis en face d\u2019elle, sur un strapontin, avait négligé de se nommer.Il fE connaissant pas la ville, aucun des Français n\u2019avait pu se rendre compte du trajet que la voiture avait parcouru.Ils ne pouvaient identifier ni le Paseo, ni l\u2019avenue de Chapultepec.Ils ne se rendirent pas plus compte que l\u2019on dépassait le cimetière Dolores, la plus grande nécropole de Mexico, mais fort éloignée du centre de la ville.Maintenant, le chauffeur s\u2019était engagé dans une route de campagne.Enfin on s\u2019arrêta.Une grille s\u2019était ouverte, mais la voiture ne pénétra pas dans le jardin qui précédait une maison blanche et d\u2019aspect cossu.\u2014 Vous êtes chez moi, mon cher collègue, et c\u2019est d\u2019ici que partira l\u2019expé- \u2022 dition.Nous vérifierons, tout à l\u2019heure, si rien ne manque des outils indispensables.\u2014 Ne devons-nous pas faire viser nos passeports ?Il est indispensable aussi que je prenne contact avec mon ambassade.Il faut tout prévoir.Si un accident m\u2019arrivait en cours de route.Le Mexicain fit un geste d\u2019impatience.\u2014 Eh bien ! senor, cet après-midi, je vous conduirai moi-même à l\u2019ambassade, quant à vos papiers, ils seront mis en règle par mes soins si vous voulez bien me les confier.Tout en parlant, ils avaient pénétré dans la maison et leur hôte les avait guidés vers un élégant living-room.Sur la table, un copieux breakfast était déjà servi.D\u2019un geste ample, le Mexicain désigna des sièges à ses trois invités.Ce fut alors seulement qu\u2019il se nomma.\u2014 Senor professor, la maison de Miguel Ruyz y Santander est la vôtre.Les trois voyageurs s\u2019étaient légèrement sustentés avant de descendre de l\u2019avion.Ils firent cependant honneur au repas servi à la mode américaine, car le morning tea était déjà loin.Sans doute, la fatigue de cette nuit de vol les accabla-t-elle soudain.Le premier, le professeur donna de visibles signes de fatigue.Le senor Ruys y Santander s\u2019empressa de sonner un domestique qui le conduisit à la chambre préparée à son intention.Presque aussitôt, Sabine, elle aussi, sentit ses paupières pesantes et une invincible envie de dormir.Elle pria leur hôte de l\u2019excuser.Cette fois, ce fut une ravissante métisse qui se mit au service de la jeune fille.Manoel Perez résistait en- core contre le sommeil.Le maître de la maison alla au-devant de son désir, mais il dut s\u2019excuser.\u2014 Vous me pardonnerez, senor, je n\u2019avais pas prévu que le distingué membre de l\u2019Académie emmenait avec lui un secrétaire.Vous daignerez vous contenter d\u2019un divan, dans mon fumoir.\u2014 Je me contenterai parfaitement.Du reste, une heure de repos et je serai parfaitement dispos.Je profiterai du peu de temps qu\u2019il nous reste pour donner un coup d\u2019oeil à votre superbe ville.\u2014 A votre gré, senor, approuva le Mexicain tout en ouvrant une porte de communication et en désignant, dans une pièce attenante, un confortable sofa garni de coussins nombreux sur lequel Manoel sentit qu\u2019il étendrait avec délices ses membres courbatus.La porte se referma sur lui.Avant de s\u2019endormir, le jeune ingénieur se fit la réflexion que tous les propos échangés depuis qu\u2019ils avaient abordé le sol mexicain l\u2019avaient été en français.Par quelle réserve avait-il caché à leur hôte que la langue qui se parle dans ce pays était celle de ses parents et que lui-même la connaissait à fond ?En même temps, il réalisa que, depuis la première minute, il avait éprouvé un sentiment de méfiance envers cet homme un peu trop obséquieux, mais qui, sous ses manières presque serviles, cachait une volonté que rien ne faisait fléchir puisque son patron et lui-même avaient, en somme acquiescé à toutes les suggestions du Mexicain.Il n\u2019eut pas le temps d\u2019approfondir la vague sensation qui s\u2019était fait jour parmi les brumes de son esprit.Terrassé par la fatigue, le jeune homme s\u2019endormait d\u2019un sommeil sans rêve.Il fallut le secouer rudement, pour le rendre à la pleine conscience.Au-dessus de lui, la face sombre d\u2019un serviteur noir souriait de toutes ses dents éblouissantes.\u2014 Senor, faut se réveiller.Juste le temps baigner toi et partir.Manoel jeta un regard autour de lui.La nuit devait être tombée, car l\u2019électricité brillait.Or, quand il avait fermé les yeux, le soleil insinuait ses rayons entre les stores glissés dans les fenêtres.\u2014 Quelle heure est-il donc ?questionna-t-il, se servant machinalement de la langue anglaise que le domestique venait d\u2019employer.Un grand éclat de rire lui répondit.\u2014 Times luncher, sir, fit le domestique dans son langage un peu primitif luncher.et puis.Le geste esquissé indiquait sans doute le départ prochain.Manoel ne poursuivit pas la conversation, il se laissa conduire dans une salle de bain, puis, complètement remis d\u2019aplomb, il se retrouva dans le living-room où M.de Lauriers et Sabine, tous deux équipés pour le voyage, l\u2019attendaient.\u2014 C\u2019est prodigieux, s\u2019exclama l\u2019archéologue, est-ce le climat du Mexique, l\u2019altitude, car Mexico est une capitale parmi les plus élevées du monde, nous avons été, ma fille et moi, transformés en marmottes.La journée s\u2019est écoulée et notre hôte, par discrétion, n\u2019a pas osé nous faire réveiller.A l\u2019instant, il suggérait de vous laisser à votre repos.Vous nous auriez rejoints demain sous la garde de son chauffeur, dans une seconde voiture qu\u2019il possède.Au fait, avez-vous apprécié le luxe de cette maison ?Ici, ce n\u2019est pas comme en France.Les savants sont des privilégiés.\u2014 M.Miguel Ruyz y Santander possède sans doute une fortune particulière, fit observer Sabine.\u2014 Cela est vraisemblable, approuva le savant.\u2014 Et le départ a toujours lieu?.\u2014 Dans quelques minutes.Le senor vérifie si les bagages sont bien au complet.Nous serons suivis par une camionnette.C\u2019est parfait, parfait.[ Lire la suite page 32 ] lè Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 LE SAMEDI PRESENTE MY SISTER EILEEN Trois succès retentissants : le roman, la pièce de théâtre, le film.Une comédie toute simple et bien menée.On y voit Janet Leigh, Betty Garrett, Jack Lemmon et Robert Fosse.pppssss mm\u201d > * *'?r L\u2019amusante comédie, My Sister Eileen, revient à l\u2019écran dans une nouvelle version.Deux jeunes filles de Columbus, Ohio viennent tenter fortune a New-York.Ce sont les soeurs Eileen (Janet Leigh) et Ruth Sherwood (Betty ¦% jjrii SiM Garrett) Elles louent un modeste logis d\u2019un nommé Appopolous (Kurt Kasznar).\u2014 En dépit du décor peu attrayant, les soeurs Sherwood s installent avec entrain.Rien ne peut refroidir leur enthousiasme : Eileen fera une brillante carrière au cinéma et Ruth ne tardera pas à devenir un écrivain repute.\u2014 Cette dernière vient justement de faire la connaissance de Bob Baker (Jack Lemmon), un éditeur qui a pour elle de charmantes attentions, jusqu a ce que Ruth ait l\u2019imprudence de lui présenter la trop séduisante et romanes- que Eileen.\u2014 Les beaux rêves tardent à se réaliser et l\u2019argent se fait de plus en plus rare.Les deux soeurs multiplient les économies sans pour cela parvenir à payer leur loyer et, bien entendu, le propriétaire est fort mécontent.\u2014 Eileen, qui n\u2019en est pas à sa première conquête, gagne le coeur de Frank Lippencott (Robert Fosse), commis dans une pharmacie avoisinante où l\u2019on sert des repas.On devine que la jeune fille profite de cette aubaine.Et les aventures des deux soeurs se poursuivent.pour la grande joie des spectateurs. - gsfiinÊ BIG BEN LOUD ALARM.A ressort.Tic-tac.perceptible et gong retentissant \"d\u2019incendie.\u201d Ivoire ou noir.$7.50.Cadran 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chaque personne sur votre liste et pour chaque pièce dans votre maison; KIM.Robuste et jolie.Aiguille des secondes.Arrière en acier inoxydable.Verre incassable, $9.95.JUDGE.La meilleure des Westclox.Résistante à l\u2019eau, à la poussière et aux chocs.Verre incassable.Arrière en acier inoxydable.Cadran lumineux, $12.95.TROY.Petite, jolie et robuste.Boîtier doré.Arrière en acier inoxydable.Aiguille des secondes.Verre incassable.Cadran ordinaire, $10.95.ROCKET.Elégante et résistante aux chocs.Arrière en acier inoxydable, aiguille des secondes, verre incassable.$6.95.Cadran lumineux, $7.95.Ces horloges et montres rappèleront vos bons souhaits pendant toute l\u2019année.Et, malgré le prix modique d\u2019un cadeau Westclox, un tel article est toujours hautement apprécié.Alors, à Noël, pourquoi ne pas profiter du grand assortiment Westclox pour résoudre vos problèmes de cadeaux.u é/ectrique WESTCLOX U°us maintient à I ressort PAR LES FABRICANTS DU BIG BEN* Western Clock Company Limited, Peterborough, Ontario.1Marques déposées Plus sensationn Z-sU./-t-u Voici la nouvelle Chevrolet 1956, avec sa nouvelle et audacieuse ligne motoramic, ses modèles fringants, et son brio qui a rendu Chevrolet synonyme de performance incomparable.La puissance du moteur \u201cSuper Turbo-Fire V-8\u201d a été portée à un nouveau sommet, à 205 clievaux-vapeur.Comme vous savez, c\u2019est la voiture qui a battu le record de Pike\u2019s Peak dans une épreuve déjà historique.C\u2019est la preuve d\u2019une performance qui vous promet plus de sécurité et d\u2019agrément au volant.Et cette pimpante nouvelle ligne motoramic vous annonce clairement que la nouvelle Chevrolet n\u2019attend que le moment de s\u2019élancer sur la route ! Tout en témoigne : le nouveau capot plus bas et plus long, le nouvel avant et les nouvelles moulures de chrome d\u2019une élégance sans précédent.Oui, dans tous les détails, la Chevrolet 1956 est plus sensationnelle que jamais ! UNE VALEUR GENERAL MOTORS elle que jamais ! V\t\\ ( içemfwmijr \\\t) vv\ty/i Y\t\\ fil iti> h \\\t.a.\t/ »mÿm *gB' '\"\"' S ix - - «Ï-S-Æ Kygf ¦nam.Nouveau! sedan sport Chevrolet Bel Air-une des deux nouvelles décapotables 4 portes à toit rigide.CHEVR 1956 TO PEROU CANADA ARGENTINE SUÈDE i |h|4L I COLOMBIE * /»7?N A ' *w *r -v» «\u2019\t-¦ il MM.' MALAISIE LITHO IN CANADA «¦MM * ETATS-UNIS ANGLETERRE D ans le monde entier, il se vend plus de Seagrams YO.que de tout autre whis\\y exporté par n importe quel pays.PORTUGAL ï 4 J\t-,\t, -*A* A IA ?\tHAWAII AUTRICHE SUISSE CAMA1IA1 WHISKY A RARE OLD DELICATE CANADIAN WHISKY SPECIALLY MATURED IN OAK CASKS DISTILLED.AGED AND BOTTLED UNDER THE SUPERVISION OF THE CANADIAN GOVERNMENT JOSEPH E SEAGRAM tr- SONS, LI M IT ED WAT PR LOO ONTARIO CANADA L\u2019lSNLLERS SINCE 1857 ITALIE PRODUCE OF CANADA NEW LABEL DESION ADOPTED OCT.t, 1940 cfwnoweed the woe fat oven CARTES DE NOEL ET DU JOUR DE L'AN, PROVENANT D'UNE COLLECTION INTERNATIONALE PRIVEE Le Samedi, Montréal.24 décembre 1955 21 DANS LE MONDE SPORTIF Réjouissons-nous un brin, durant le temps des Fêtes ! ¦\tL\u2019arbitre Untel est plus aveugle qu\u2019un ver de terre dans la plus épaisse n,eige de Saint-Sauveur ! ¦\t\u2014 Est-ce que les petits poissons des chenaux mordent ?\u2014 S\u2019ils mordent ?Hier soir, j\u2019ai sorti 4,000 de ces petits poissons en face de Batiscan ! \u2014 Vous êtes en faute, lui dit le garde-pêche que le pêcheur n\u2019a pas reconnu.\u2014 Ah! Ali! Vous ne savez pas qui je suis, vous aussi ?Je suis le plus grand menteur de la Mauricie.¦\tDeux chasseurs, bons amis, avant de partir poulies bois de Saint-Michel-des-Saints : Jos \u2014 J\u2019ai un terrible mal de dents ! Pitou \u2014 J\u2019en avais un marlin, hier soir ! Je suis retourné à la maison plus de bonne heure qu\u2019à l\u2019accoutumée ! Ma femme m\u2019a embrassé.Et le mal s\u2019est passé vite comme ça ! Essaie le même remède ! Jos \u2014 Très bien ! Est-ce que ta femme est à la maison ?¦\tQuel est le maire le plus sportif que Montréal ait connu ?Son Honneur le maire Jean Drapeau.Au Canada, les Montréalais sont privilégiés.Ils sont les seuls citoyens à avoir un drapeau .municipal ! Nous l\u2019avons déjà dit au micro, l\u2019an dernier.Nous continuons.Quel est le meilleur joueur de hockey des ligues majeures, de nos jours ?Maurice Richard.La majorité du monde ne l\u2019ignore pas ! Quel est le plus sportif des premiers ministres ?Tout le monde le sait : Maurice Duplessis, le plus grand homme d\u2019Etat de toutes les provinces canadiennes.Un homme d\u2019Etat est un homme, qui veut faire quelque chose de bien pour sa province et son pays.Un politicien est un homme, qui s\u2019attend à ce que sa province et son pays fassent quelque chose de bien pour lui, ou le fond de ses goussets ! Quelle énorme différence ! Le Très Honorable Louis Saint-Laurent, premier ministre du Canada, est un autre grand homme d\u2019Etat.0 ¦\tCette mise au point s\u2019impose.M.F.Roy, 1847, Saint-Clément, nous fait remarquer que, contrairement, à ce que nous avons écrit, le 19 novembre dernier, il y a plus de trois joueurs des ligues majeures, qui aient cogné quatre coups de circuit, en une joute.Dans notre réponse à M.L.Saint-Pierre, nous avions oublié de dire qu\u2019il s\u2019agissait de joueurs décédés : Billy Lowe, Ed Delehanty et Lou Gehrig.Comme le dit M.Roy, comme nous l\u2019avons écrit une di- Nous ne voudrions faire aux uns et aux autres aucune peine.Nous avons, récemment, reçu une lettre familiale, signée par 19 sportsmen montréalais, tous frères ou beaux-frères ou cousins germains.D'un commun accord, ils nous demandent de régler un pari de $175 qu'ils ont fait entre eux.Voici la question posée à votre observateur, qu\u2019ils ont nommé juge, pour une minute seulement : \"A votre avis, quels sont les rédacteurs sportifs qui rédigent les plus intéressantes pages de nos quotidiens de Montréal ?\" Oyex ! Oyez ! Le jugement est rendu ! Vous avez, sous les yeux, la meilleure équipe de nos quotidiens, celle de La Presse composée de cinq durs travailleurs, de gauche à droite, PAUL-EMILE VINCENT.PIERRE PROULX, l'expert du football, RENE ST-JEAN, le plus habile photographe, incidemment, MARCEL DESJARDINS, le chef et le papa, ANDRE TRUDELLE, l'ami du vélo, et GERARD CHAMPAGNE, mordu du baseball pour le reste de sa vie.Quel esprit d'équipe merveilleux règne au sein de la rédaction sportive du plus grand quotidien de la métropole ! Nos confrères ont lutté sans relâche.Ils n'ont jamais connu de défaillance, ces messieurs à la volonté forte, au courage absolu.Ils luttent constamment, loyalement.Ils cherchent toujours.Alors, quelle joie connaissent-ils, lorsque les succès couronnent leurs efforts ! Les confrères des autres quotidiens ont beaucoup de valeur, car ils ont rayé de leur vocabulaire le mot impossible.Donc, ils ont plein droit d'interjeter appel devant la Cour Supérieure .à la nôtre ! par OSCAR MAJOR i\t\"\t1 * A tous mes lecteurs, camarades et $ confrères du monde sportif, j\u2019adresse mes * MEILLEURS VOEUX DE NOËL I rappelant à tous la véracité de l\u2019axiome : Mens sana in corpore sano .OSCAR MAJOR zaine de fois, depuis cinq ans, «trois autres joueurs réussirent l\u2019exploit.Chuck Klein réussit la même chose, le 10 juillet 1936, dans une partie de 10 manches, entre les Phillies et les Pirates, à Pittsburgh.A Philadelphie, le 18 juillet 1948, ce fut le tour de Pat Seery, qui jouait pour les White Sox.Dans cette partie, qui dura 11 manches, le Chicago l\u2019emporta, de justesse, par le compte de 12 - 11, malgré une offensive de 24 coups sûrs du Chicago.Enfin, le 31 août 1950, Gil Hodges imita ses prédécesseurs, dans une partie de 9 manches, disputée à Brooklyn, contre les défunts Braves de Boston.Je conserve même les feuilles de pointage de ces parties.Je suis un mordu du baseball.Toutes les semaines, je me procure le Sporting News et c\u2019est dans ce journal que j\u2019ai pris ces renseignements.Sans vouloir faire de publicité, je conseillerais à ceux qui, comme moi, considèrent le baseball comme le plus intelligent et le plus beau des jeux de se procurer « L\u2019Almanach du Baseball » du regretté Hy Turkin, édition 1955.C\u2019est un petit livre, peu dispendieux, mais qui contient une mine de renseignements de toutes sortes ».Il se peut aussi que Pat Seery ne soit plus de ce monde.Nous sommes dans le doute, qui prendra le chemin de la réalité, après vérification.¦ Est-ce que le sport des courses de chevaux sous harnais est propre ?Ça doit, puisqu\u2019il en nettoie plusieurs, à tous les jours de l\u2019été.Au cours de la dernière saison les Montréalais ont échappé la jolie somme de $27,000,000 dans les machines du pari mutuel, soit $14,500,000, à Blue Bonnets et $12.500.000.au Parc Richelieu.Un professeur japonais donne le renseignement suivant : Si vous ne voulez pas perdre trop d\u2019argent aux courses de chevaux, pariez sur les coursiers qui ont les yeux les plus brillants ! Pour cela, il faudra, de toute nécessité, que les parieurs regardent les chevaux dans les yeux, avant de placer leurs paris.Comment pourront-ils le faire, étant placés à 30, 50 ou 100 pieds de ces belles bêtes, aux yeux les plus brillants ?H Certes, vous n\u2019étiez pas sans savoir que les Anglais de Londres et de ses banlieues sont les plus grands parieurs du monde.Ils parient sur tout : boxe, tennis, soccer, rugby, courses de chevaux, courses de lévriers, etc.Ils gagent cinquante fois plus que les Américains, non pas aux teneurs aux livres mais à des comptables du turf, de la boxe, du soccer, etc.Plus de cinquante firmes semblables acceptent leurs gageures.Tout le monde parie, les femmes et les enfants autant que les hommes.Cela provient que les taxes sont très élevées.Les gouvernants anglais prennent une proportion si considérable des salaires des gens qu\u2019il ne reste presque plus rien aux travailleurs.Comme il n\u2019y a pas de taxe sur les montants gagnés à la suite de paris, tous les gens se lancent dans ce genre d\u2019activité dans l\u2019espoir de remporter le gros lot.Comme il fait bon vivre dans notre beau Canada, où nous ne sommes pas encore saignés à blanc ! disent les moins affectés par les impôts.Toutefois, le gouvernement anglais impose de formidables taxes sur les compagnies à paris, qui ne dansent pas toujours sur des planchers, parsemés de roses.La majorité des gens parient à crédit et même les gens de la haute société oublient ou refusent de payer ces espèces de preneurs aux livres qui, parfois, encaissent de fortes pertes.Pourquoi ne prennent-ils pas les moyens de se faire payer ?Voilà : en Angleterre, les paris ne sont pas défendus et ils ne sont pas permis.Cela vous paraît paradoxal, à nous aussi, mais c\u2019est la pure vérité ! Ces comptables ne vont pas devant les tribunaux, pour se faire rembourser, parce que une gageure ne peut être considérée comme véritable dette, quoiqu\u2019elle soit une dette d\u2019honneur.Tenez-vous bien ! Voici le plus comique de l\u2019histoire.Le gouvernement anglais accorde un permis, parce que le pari n\u2019est pas illégal.Ne considérant pas le fait de parier comme légal, les comptables du genre sont forcés de ne pas recourir à la loi pour se faire payer.S\u2019ils décident de traduire devant les tribunaux leurs débiteurs [Lire la suite page 54] IIÉII S?.,fW' Sa maman ne l'a pas trop bien habillée, ni enroulé ses cheveux en bouclettes.\u2014 Quel en est le résultat ?Un portrait qui est sympathique et naturel, qui \"vit\", et qui vivra toujours.Avec sa coiffure souple, sa robe unie gris pâle avec une touche de blanc au col et aux poignets.et ses bijoux simples, cette dame entre deux âges a permis au photographe-portraitiste de réaliser la grâce et la dignité de son âge.i W Il n'est vraiment encore qu'un bébé, veillez donc à ce qu'il soit bien reposé, confortablement habillé et rassuré en lui donnant son joujou favori quand vous allez chez le photographe.PHOTOS POUR LA POSTÉRITÉ = \u2014QUAND LA FAMILLE VA CHEZ LE PHOTOGRAPHE POURQUOI NOUS TRANSFORMONS-NOUS si souvent en un personnage à l\u2019air raide et pétrifié ou en une marionnette au sourire affecté quand nous affrontons la caméra du photographe ?C\u2019est peut-être que nous sommes mal à l\u2019aise à l\u2019idée d\u2019affronter la postérité.Intimidés parce que nous voulons paraître à notre mieux sur ce portrait pour toute la vie, nous avons tendance à être trop guindés et trop bien habillés.Dans l\u2019émoi des préparatifs, les femmes courent chez le coiffeur et chez le marchand de frivolités.Les hommes s\u2019éclaircissent la voix et se donnent un air viril et énergique.Tout cela est très bien.Nous ne vous suggérons pas d\u2019y aller nonchalamment, sans même jamais penser à votre apparence ou à votre expression.Mais suivant le genre et le degré de réflexion et de préparation que vous lui consacrerez, vous obtiendrez soit une étude belle et naturelle, soit un portrait nettement peu flatteur.Ce qu\u2019il faut faire et ne pas faire est assez évident si vous réfléchissez un peu.Il faut d\u2019abord avoir confiance en votre photographe.Pour les dames \u2014 vieilles ou jeunes \u2014 une simplicité de bon goût est le secret d\u2019un bon portrait.Ne blâmez pas le photographe si vous êtes horrifiée à la vue de ce que vous espériez être une vraie « étude de personnalité ».« Quoi, cette caricature à l\u2019air affecté ?» vous direz-vous, « mais ce n\u2019est pas moi du tout ! » Naturellement ce n\u2019est pas votre chère personne, mais c\u2019est parce que vous n\u2019avez pas laissé s\u2019exprimer votre nature.Les caméras ont le regard perçant et objectif.Elles enregistrent tout trait marquant.Et si ce trait consiste en une blouse mal rentrée, des accessoires voyants, des cheveux collés ou flous, ou en une « pose » originale, il vous sautera certainement aux yeux quand vous recevrez votre portrait.Vous serez surprise d\u2019apprendre combien vous pouvez aider le photographe.Nous venons de rabâcher ce qu\u2019il ne faut pas faire.Voici, pour les femmes de tout âge, quelques-unes des règles fondamentales qu\u2019il faut observer.La coiffure doit être souple et flatteuse ; une chevelure fraîchement lavée est trop rebelle, tandis qu\u2019en sortant de chez le coiffeur on a les cheveux collés et d\u2019aspect artificiel.Si votre mère aime les cheveux ondulés qui sont encore en vogue chez beaucoup de femmes d\u2019un certain âge, per-suadez-la d\u2019aller chez le coiffeur quelques jours avant le rendez-vous au studio.Assurez-lui que des ondulations à l\u2019air empesé vieillissent nettement et accentuent les lignes du visage et du cou.De plus, conseillez à votre mère de porter une robe en tissu souple et uni, bien ajustée au cou et aux épaules \u2014 cela s\u2019applique à vous aussi \u2014 et de s\u2019assurer que le col est droit.Le noir, le brun ou le bleu foncé ne conviennent pas pour votre mère \u2014 ces couleurs foncées donnent un air sévère et peu flatteur aux dames qui ont l\u2019âge d\u2019être grand-mère.Si elle n\u2019a pas de robe qui aille, suggérez-lui de porter une blouse blanche ou pastel avec une encolure bien féminine, même avec ruché, et des manches longues ou trois-quarts.A tout âge, évitez les tissus à motifs \u2014 et les chapeaux ; cela distrait et aura probablement l\u2019air démodé dans quelques années.Les bijoux doivent être réduits au minimum : un collier ou une seule rangée de perles.Si vous tenez à porter des boucles d\u2019oreille, choisissez-Ies simples et collant à l\u2019oreille.Si vous avez le cou fort, une encolure en V, blanche de préférence, peut faire des merveilles.Pour un cou long et fin, une encolure haute, ronde est préférable.Le maquillage devrait être réduit au minimum.Il faut brosser les sourcils et en enlever les poils épars.Souli-gnez-les d\u2019un trait de crayon s\u2019ils sont très pâles.Une légère touche de mascara ajoutera du relief aux yeux.Un fond de teint à base légèrement huileuse donnera des reflets intéressants à votre visage.Par l\u2019emploi modéré d\u2019un rouge à lèvres de nuance claire, Vous augmenterez votre beauté naturelle.Si vous portez constamment des lunettes, vous ne paraîtrez pas naturelle si vous les enlevez.Cependant, con- sultez votre photographe, il vous suggérera peut-être d\u2019essayer quelques poses sans lunettes.Quand vous êtes toute prête, assurez-vous que vos vêtements sont lisses, et ne vous faites pas de soucis pour garder ce sourire.L\u2019équipement moderne et les lampes rapides du photographe vous attraperont juste au bon moment.Si vous emmenez votre petite fille, faites que la visite au studio ait l\u2019air [ Lire la suite page 40 ] till & ®L.\t¦ ¦P* .¦ .>: œS!£i0ï-*»\u2018- Un aspect soigné, une robe et des accessoires simples, flatteurs, et une pose détendue, naturelle, font de ce portrait un bel exemple de photographie contemporaine.L'effet général comporte tant de charme et de simplicité que ce portrait ne ''vieillira'' jamais avec les années. Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 23 i JL»' .# à PARIS IL EST UN VISAGE DE PARIS QUE L\u2019ON NE DÉCOUVRE QU\u2019À NOËL, sans neige en général comme tout Noël de zoÆe tempérée, avec seulement un froid pimpant et vigoureux qui farde le nez et relève le col des pardessus De temps en temps une folle rafale de vent glissant sur les Champs-Elysées, une nuit limpide et lumineuse s\u2019installe dès cinq heures de l\u2019après-midi et tout autour de l\u2019Opéra, des Tuileries à la Concorde, une effervescence bruyante et colorée, qui n\u2019a jamais fini de surgir de l\u2019ombre est happée par la splendeur illuminée des magasins, des restaurants et des théâtres.Le Paris dénudé de décembre se fleurit soudain de houx aux baies rouges et de bouquets de gui.Mais les rois de la fête, ce sont les sapins.Ils arrivent des neigeuses forêts montagnardes par milliers et par milliers, couvrent de leurs rameaux verts le quai aux fleurs avant d\u2019être à l\u2019honneur, parés de boules d\u2019argent, de chevaux d\u2019ange et tout constellés de bougies.C\u2019est à l\u2019occasion des fêtes de fin d\u2019année que les rues de Paris donnent leur plus brillante parade.Poupées habillées comme de grandes coquettes, clowns étincelants, marionnettes, tout un peuple espiègle danse, gesticule, virevolte, mime des tableaux d\u2019une fantaisie toujours renouvelée.Eblouie et satisfaite, une foule de sept ans les contemple, un pouce entre les lèvres.Un fleuve de jeunesse s\u2019écoule par la ville.Paris tout entier se fait tentateur et ronronne d\u2019un grand bourdonnement d\u2019idées : des chorales se préparent pour la messe de minuit, on dresse des listes d\u2019invitations pour le réveillon, on essaye une robe nouvelle, et Paris n\u2019est plus qu\u2019un grand sapin illuminé où s\u2019accrochent les désirs, les espoirs et les joies.mmf Ci-dessus, à gauche.Le Père Noël est ce bonhomme international que tous les petits enfants vont voir, qu'ils soient de Paris ou d'ailleurs.\u2014 Ci-dessus, à droite.Notre-Dame de Paris dans son éclairage des Fêtes.Les réverbères prennent l'aspect de boules de Noël qui se refléteraient dans l'eau.\u2014 Ci-des-sous.Noël dans une vitrine de Paris.Le Bon Vieux n'oubliera pas une cheminée.V* j«§«; îLjïyr 24 Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 -NOTRE FEUILLETON- TU SERAS MA VIE Ü__________________par ALIX ANDRÉ No 3 RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Christine Auber-Randal, veuve, avait recueilli et élevé comme son propre fils, son neveu, Xavier Derives.Le temps passa.Puis se produisit la rupture entre le jeune homme et sa mère adoptive à propos de mariage.Xavier épousa celle qu\u2019il aimait, et bientôt naquirent des jumeaux, un garçon et une fille, dont le garçon mourut peu après.La petite fille s\u2019appelait Dominique.Hélas, un jour, Xavier mourut, suivi bientôt par sa femme.Dominique restait donc seule avec François Berteau, l\u2019ami de son père.Un jour, François reçoit une lettre de Christine Randal, demandant de lui envoyer le garçon, la fille ne l\u2019intéressant pas.Dominique décide donc de se rendre quand même à Fontfroide en se faisant passer pour son jumeau décédé depuis des années.VII A tante Christine, en souriant, lui dit : \u2014 Et tu as trouvé grâce à ses yeux ?Il est vrai qu\u2019après l\u2019entreprise de l\u2019a u t r e soir, on pouvait tout de même s\u2019y attendre.Perçut-elle chez son « neveu » un mouvement de contrariété ?Elle crut devoir le rassurer.\u2014 Mme Merville est une amie de la famille Randal, Dominique.Elle a connu Bruno admirablement vivant et plein de santé.Aussi pouvons-nous, devant elle, parler sans contrainte de la maladie qui le terrasse.Malgré le silence désapprobateur qui accueillait ses paroles, elle entreprit de raconter à la jeune veuve les incidents qui avaient marqué le terrible orage.Pendant que la forestière parlait, Dominique, en apparence indifférente, regardait avec intérêt le soleil descendre sur la montagne.Mais elle « sentait » le regard investigateur de la jeune femme errer sur elle, s\u2019attacher à son visage, à ses mains.Elle se tourna brusquement de ce côté, et ne rencontra qu\u2019un charmant sourire.\u2014 Comme vous avez dû être heureux, monsieur, d\u2019arracher enfin Bruno à l\u2019insensibilité, à l\u2019indifférence.\u2014 Surpris avant tout, madame.\u2014 Vraiment ?Si surpris que cela ?Encore une fois, malgré le calme angélique du beau visage, Dominique tressaillit péniblement.\u2014 Naturellement, répondit Mme Randal prenant la parole.On ne voit pas sans quelque surprise un être affaibli au dernier des points, et presque incapable de quitter son lit de repos, tenter une aventure qui eût effrayé un homme parfaitement bien portant et courageux.Elle se tut, tandis que la jeune femme soupirait : \u2014 Je ne puis encore imaginer que vous parliez de Bruno.si fort, si robuste.J\u2019espère, lorsque je le verrai, reconnaître que votre sollicitude s\u2019est trop inquiétée.\u2014 Malheureusement, vous ne le verrez pas, dit Mme Randal.A peine tolère-t-il les visages qui lui sont familiers.Même s\u2019il se souvient du vôtre, ce dont je ne doute pas, je crains qu\u2019il ne vous interdise sa porte.« Allons, voici le soleil presque déjà couché, termina la forestière en se levant, et, sur ces hauteurs, la fraîcheur tombe vite.Ne nous y exposons pas, car elle est souvent perfide.Rentrons, voulez-vous ?Joignant le geste à la parole, elle se leva, puis se dirigea vers la maison, suivie de la jeune veuve, qui s\u2019empressait d\u2019obéir, et de Dominique, plus lente et silencieuse.Commencé dans l\u2019édition du 10 décembre 1955.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.Depuis quelques jours, l\u2019été, le véritable été, flambait dans le ciel de Fontfroide.Mais, sur ces hauteurs, on avait moins à souffrir de la chaleur que dans la vallée.D\u2019ailleurs, la grande maison aux murs épais demeurait toujours fraîche et ses habitants, Mme Randal exceptée, ne s\u2019exposaient point à l\u2019ardeur du soleil aux heures brûlantes.Un endroit, à l\u2019extérieur de Fontfroide, restait cependant préservé de la grosse chaleur.C\u2019était le jardin inculte qui s\u2019étendait devant l\u2019appartement de Bruno.Abrité non seulement par les haies d\u2019arbres, mais aussi par le corps de bâtiment qui avançait sur sa droite, il offrait une retraite agréable que l\u2019infirme ne quittait plus.Entre celui-ci et Dominique, le jeu, puisque ainsi l\u2019appelait Randal lui-même, avait commencé.Mais rien ne permettait encore de prévoir qui des deux gagnerait la partie.Chaque après-midi, la jeune fille pénétrait dans la grande pièce aux portes vitrées, et venait s\u2019asseoir à l\u2019extérieur, devant ces portes, où la chaise-longue de Bruno se trouvait toujours placée Le jeune homme, d\u2019abord, l\u2019avait ac- cueillie sans manifester d\u2019autre sentiment qu\u2019une ironie âpre, et souvent blessante.Cependant, il ne l\u2019avait pas renvoyée.Et bien qu\u2019il ne se privât point d\u2019affirmer son intention de gagner le pari tenu avec lui-même, il fut bientôt évident que ce pari occupait une place bien secondaire dans son esprit.La présence du jeune compagnon que le hasard avait mis sur son chemin semblait devenir à Randal plus agréable, et même plus nécessaire de jour en jour.Il attendait avec impatience la visite quotidienne de Dominique et, si cette visite tardait, ou même, comme cela advint deux ou trois fois, ne se produisait pas, il s\u2019agitait sur sa chaise-longue, puis s\u2019assombrissait et retombait dans cette sorte de prostration morne qui était la caractéristique de sa maladie.Il se fût pourtant bien gardé de montrer à Dominique quelque chose de sa déception et, le lendemain, lorsque la jeune fille faisait son apparition, il l'accueillait avec plus d\u2019indifférence que jamais.Certes, on ne pouvait affirmer que sa neurasthénie fût en passe de guérir Cependant, comme l\u2019avait fait entendre le docteur Blandier, une sorte de réaction favorable s\u2019était produite le soir de l\u2019orage, et l\u2019état du malade ne se trouvait pas aussi désespéré qu\u2019au -trefois.Du moins, en ce qui concernait son état mental.Pour le reste, l\u2019atrophie des jambes, la paralysie, ce n\u2019étaient point des soins d\u2019ordre moral qui risquaient de guérir Bruno, ou même de l\u2019améliorer.Blandier, depuis qu\u2019il avait arraché le jeune homme à la mort, pouvait se présenter chez lui.Il y était bien reçu Quant à lui proposer encore une fois de se livrer à lui, de subir le traitement, hélas ! point infaillible, mais seul capable de rendre la vie à ses jambes, cela, le docteur ne l\u2019aurait pas osé.Et Dominique elle-même qui, bien des fois, avait été sur le point d\u2019aborder ce sujet, s\u2019était toujours, au dernier moment, senti trop peu de courage pour le faire.Cet après-midi encore, au moment où elle pénétrait dans le salon de Randal, la jeune fille se dit qu\u2019elle ne le quitterait pas sans avoir essayé de combattre l\u2019entêtement du malade Mais, tandis qu\u2019elle avançait vers la chaise-longue, chaque pas qui l\u2019en rapprochait semblait lui enlever un peu de son audace et de sa résolution.Bien qu\u2019il eût entendu la porte se refermer et le parquet de la pièce craquer sous les souliers du visiteur, le malade n\u2019avait pas fait un mouvement Il fallut que Dominique lui parlât pour qu\u2019il ouvrît les yeux.\u2014 Quelle excellente surprise, articula-t-il de sa voix profonde dont les inflexions d\u2019amère ironie firent tressaillir la jeune fille.Et si inattendue ! Est-ce bien Dominique Derives qui surgit là, devant moi, et non point son fantôme ?Laissez-moi vous regarder, bel enfant, afin de m\u2019en assurer.et puis aussi parce que j\u2019ai quelque peu perdu le souvenir de vos traits.Malgré cet accueil, Dominique s\u2019efforça de conserver tout son calme COUPABLE ou NON-COUPABLE ?CHRONIQUE JUDICIAIRE par ROBERT MILLET.B.A.C/n accusé qui a commis un crime, mais qui tien avait nullement l\u2019intention, est-il quanti même coupable ?Dans un restaurant.Il y a trois clients : un qui mange paisiblement sans s\u2019occuper de ce qui se passe autour de lui, un Canadien-français fier de sa race, un autre qui tient des propos insultants à l\u2019égard de la race cana-dienne-française.Le sang du Canadien-français ne fait qu\u2019un tour.Injustement atteint dans son honneur et dans sa sensibilité, il réagit brusquement à la provocation, non seulement injustifiée, mais mensongère et injurieuse.Il saisit vivement le premier objet qu\u2019il voit devant lui.C\u2019est un sucrier.Le sucrier vole.Le lanceur le destinait à son insulteur-provocateur naturellement.Mais il a mal visé.C\u2019est l\u2019autre client, paisible et tout à fait étranger au débat, qui reçoit le sucrier par la tête.Il est blessé.C\u2019est pourquoi, il porte une accusation de voies de fait graves contre le lanceur du sucrier.En Cour, le prévenu admet les faits.Mais il dénie l\u2019intention.Il affirme qu\u2019il n\u2019avait nullement l\u2019intention d\u2019attaquer et de blesser le plaignant.C\u2019était à l\u2019insulteur qu\u2019il destinait le bolide.Sans l\u2019intention de commettre le crime dont il est accusé, le prévenu arguë qu\u2019il n\u2019était pas coupable de crime et qu\u2019on ne peut le lui reprocher.Dans les circonstances, cet accusé est-il COUPABLE ou NON de voies de fait graves ?NON-COUPABLE ! o décidé le Président du Tribunal, dans un jugement rendu à Montréal, aux Sessions de la Paix, en date du 21 septembre 1955. Le Samedi.Montréal, 24 décembre 1955 25 \u2014 Vous auriez la mémoire courte, remarqua-t-elle.Il y a seulement deux jours, je me trouvais près de vous, à cette même place.Tout en parlant, elle attirait à elle un fauteuil.Mais, avant qu\u2019elle s\u2019y assît, Bruno s\u2019était redressé.\u2014 Et qu\u2019avez-vous fait, durant ces quarante-huit heures, qui fût d\u2019une utilité si grande ?Quels sont les absorbants travaux dont l\u2019urgence et la nécessité m\u2019ont privé de l\u2019inestimable privilège de votre présence ?\u2014 Leur énumération serait fastidieuse et ne vous paraîtrait pas justifier ce que, dans votre partialité, vous qualifiez, j\u2019en suis certain, de volontaire abandon.\u2014 Comme vous traduisez parfaitement mes pensées ! ironisa Randal.Cela est assurément plus facile que de répondre à mes questions.\u2014 J\u2019y répondrai, pourtant, en très peu de mots.Je suis ici pour seconder Mme Randal et ne puis continuellement m\u2019en dispenser.\u2014 Ah ! oui, murmura Bruno.Les forêts ! Excusez-moi, j\u2019oublie en effet, par instants, que vous êtes venu à Fontfroide exclusivement pour apprendre à exploiter des forêts.Il se tut et tourna la tête vers Henri qui s\u2019approchait.\u2014 Que veux - tu 9 interrogea - t -il avec impatience.\u2014 Rappeler à Monsieur que l\u2019heure de la promenade est passée depuis longtemps.Bruno sourit amèrement.La promenade ! Il s\u2019agissait de faire à pas lents, appuyé d\u2019une part sur une canne, de l\u2019autre sur le fidèle valet de chambre, le tour du jardin.Cet exercice quotidien était absolument nécessaire pour que les jambes du malade ne s\u2019ankylosent pas tout à fait.Mais Dominique ne le lui avait jamais vu accomplir, Randal évitant soigneusement de quitter la chaise-longue et de marcher en sa présence.Cette fois encore, il renvoya le valet de chambre : \u2014 Plus tard.\u2014 Mais il est déjà tard, monsieur.Il faudra bientôt rentrer.\u2014 Eh bien ! nous rentrerons.Tu m\u2019ennuies.Lorsque le vieil homme se fut éloigné, Dominique observa : \u2014 Vous vous conduisez parfois comme un enfant dont les caprices sont parfaitement ridicules.\u2014 Mais « je suis » ridicule.Vous n\u2019avez pas, je pense, attendu cette minute précise pour le remarquer.\u2014 En effet.Ne serait-ce que votre obstination à refuser les soins du docteur.\u2014 Comment ! Je refuse les soins de Blandier ! Voilà un reproche immérité et.imprévu de votre part.Si quelqu\u2019un peut assurer que j\u2019ai vidé consciencieusement mes fioles de médicaments et absorbé jusqu\u2019au dernier les comprimés et cachets de nombreuses boîtes, c\u2019est vous, il me semble, pour avoir maintes fois présidé ces sortes de cérémonies.\u2014 Ne faites donc pas semblant de ne pas comprendre.Je parlais du traitement qui pourrait vous rendre définitivement la santé, avec l\u2019usage de vos jambes.Si vous vouliez, cependant.Je sais que notre ami serait prêt à tout tenter pour.____Non ! jeta le jeune homme, changeant brusquement de ton.Il y avait dans son interruption une telle rudesse, et dans son refus une telle décision, que Dominique se sentit presque souffletée.Bruno s\u2019était détourné et, avec quelque nervosité, il rangeait plusieurs livres placés près de lui sur le bord de la table.Certes, on ne pouvait dire que sa grave broncho-pneumonie vaincue, le jeune homme eût triomphé, en même temps, de l\u2019affection plus ancienne qui le terrassait.Il était toujours fort maigre, pâle, et, de temps à autre, un mouvement nerveux, son rire un peu égaré, prouvaient la survivance d\u2019un état maladif sérieux.Cependant, son visage n\u2019avait plus cette expression morne et farouche qui accusait encore l\u2019aridité des traits.Ses yeux, au regard toujours perçant, ne brillaient plus de fièvre et leur éclat provenait désormais de l\u2019intelligence et de la pensée.Sous la veste de velours brun qu\u2019il portait à peu près invariablement, ses épaules ne semblaient plus se voûter, ni son buste s\u2019affaisser.Quant à l\u2019aspect général du jeune homme, il était maintenant soigné.Ceux qui le visitaient ne le trouvaient jamais mal rasé, ni les cheveux en désordre, mais parfaitement correct.Et son personnage moral avait, comme l\u2019autre, perdu sa négligence et son laisser-aller.En dépit de quelques crises réservées, il faut bien le dire, à Dominique, Randal se montrait d\u2019un commerce facile, si ce n\u2019est agréable, pour sa belle-mère et pour le docteur.Lorsqu\u2019il eut déplacé et ordonné tous les volumes, l\u2019infirme se tourna de nouveau vers son compagnon.\u2014 Vous ne dites rien, jeune Dominique.Pourquoi ?La jeune fille secoua la tête.\u2014 Il est des moments où la plus banale parole risque de provoquer des heurts regrettables.Il vaut mieux alors se taire.Non point qu\u2019on n\u2019ait rien à dire, mais par crainte de mouvements injustes et.déconcertants.Les sourcils de Bruno se froncèrent.Mais, presque aussitôt, son regard s\u2019adoucit.\u2014 Suis-je donc tellement odieux?interrogea-t-il.\u2014 Parfois plus que vous ne le supposez.D\u2019un geste spontané, Randal tendit la main vers la jeune fille et, comme celle-ci hésitait, il s\u2019empara de force de la sienne.\u2014 Je vous fais mes excuses, Dominique, murmura-t-il.Oui, je suis odieux ; voilà, hélas ! la triste réalité.Dieu me garde de l\u2019être au point de perdre la plus jolie chose que j\u2019aie jamais eue dans ma vie : votre amitié.Il ferma un instant les yeux et, lorsqu\u2019il les rouvrit, son regard se posa sur la main qu\u2019il tenait toujours prisonnière.\u2014 Que voilà des extrémités fines ! dit-il en souriant.Et comme elles me paraissent peu faites pour le rude travail de la forêt ! La jeune fille rougit faiblement et retira sa main.\u2014 J\u2019espère ne jamais avoir à abattre les arbres moi-même, dit-elle.Ma tante Christine.\u2014 Voudriez-vous qu\u2019elle se joigne à ses bûcherons ?interrompit Randal sans même attendre que la jeune fille ait terminé sa phrase.Elle paye suffisamment de sa personne, vous avez pu le remarquer, et ne se contente pas de commander.Cependant, c\u2019est une femme.« Quant à mon père, reprit-il au bout de quelques secondes, il ne faisait pas autre chose que donner des ordres.Et cela même l\u2019ennuyait.Il préférait Paris à cette solitude et, à l\u2019époque, je le comprenais.La jeune fille ne releva pas la restriction de cette phrase.C\u2019était la première fois que Bruno revenait en arrière, parlait de sa famille, et elle eût trop craint de lui faire regretter cet abandon en paraissant vouloir pénétrer plus avant dans ses souvenirs.Elle interrogea seulement : \u2014 Viviez-vous à Paris, il y a quelques années ?\u2014 Oui.Jusqu'à ma maladie, j\u2019ai habité, à Paris, l\u2019hôtel particulier qu\u2019y possédait mon père.Existence fort inutile, du reste.Mes mains, pas plus que les vôtres, ne portent les stigmates d\u2019aucun travail.Il agita et fit jouer ses doigts osseux m m Rafraîchissez et purifiez votre bouche comme le font d\u2019innombrables dentistes .en employant Lavoris.Ce produit détache et élimine les mucosités agglutinées aux parois de votre bouche et de votre gorge, et qui sont un terrain de culture pour les microbes et la mauvaise haleine.Un rinçage rapide au Lavoris, et votre bouche est fraîche, parfumée, merveilleusement saine.Que votre haleine demeure toujours agréable! 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Il fallait essayer de guérir pour reconquérir celle qui, peut-être, ne s\u2019était éloignée de vous que momentanément.Bruno jeta brusquement au loin les feuilles qu\u2019il tenait toujours dans sa main.Puis, se tournant vers Dominique, il la regarda fixement.-Même si cela eût été possible, répondit-il, je ne l\u2019aurais point tenté.Lorsque la mesure d\u2019une âme nous est aussi brutalement donnée, rien au inonde ne peut nous rendre nos illusions.Vous saurez cela plus tard.Mais cet état de clairvoyance n\u2019empêche nullement de souffrir.«Et puis, reprit-il, après un silence, sur un ton ironique et dur, cette.personne avait rendu tout retour impossible.Nul ne connaissait nos secrètes fiançailles.Cependant, comme elle était une amie de ma famille, elle avait connu les diagnostics et apprécié la gravité de mon cas.Elle n\u2019attendit pas que je puisse moi-même lui rendre sa parole pour épouser un jeune indus- triel dont la santé et la fortune lui semblaient pareillement solides.« Elle vit maintenant fort loin d\u2019ici, dans le nord de la France, sans doute heureuse, comblée, l\u2019âme en repos, et ayant perdu jusqu\u2019au souvenir de mon existence.Dominique n\u2019avait pas attendu la fin de la phrase pour éprouver un trouble profond.Les paroles de Randal.ses précisions.était-ce coïncidence si elles se rapportaient à la jeune veuve que, depuis peu de jours, Fontfroide abritait ?Pourtant, entre les deux femmes, celle que Bruno avait aimée, celle qui vivait, sans qu\u2019il le sût, près de lui, une si précise analogie de hasard ne semblait guère possible.Yvonne Mer-ville était une amie des Randal, bien que la tante Christine la connût peu.Veuve d\u2019un industriel, elle habitait toujours cette grande ville du Nord dans laquelle l\u2019usine de son mari, maintenant fermée, avait été, quelques années auparavant, florissante.Enfin, plus que toutes ces particularités contrôlables, un obscur sentiment avertissait Dominique qu\u2019il s\u2019agissait bien d\u2019une réalité et non point de fantaisistes suppositions.Désormais, la conduite de Randal, sa volonté de ne point guérir, et le sombre désespoir dont il était habité, tout s\u2019éclairait pour la jeune fille.Mortellement frappé dans son coeur, Bruno avait perdu le goût de vivre.Il avait même haï la vie, et ne désirait rien tant que la quitter pour trouver enfin l\u2019apaisement et l\u2019oubli.Avec effroi, Dominique songea à ce que pourrait éprouver le jeune homme s\u2019il apprenait la présence d\u2019Yvonne sous ce toit.Mme Randal n\u2019avait pas jugé devoir l\u2019informer que Fontfroide comptait deux hôtes de plus.Non point que la forestière sût quelque chose du drame qui avait ravagé la vie de Bruno.Mais, simplement, parce que dans l\u2019état de faiblesse où le jeune homme se trouvait, la moindre contrariété, la moindre émotion, la cause d\u2019agitation la plus futile, eussent pu dangereuse- ment l\u2019atteindre.L\u2019infirme voulait se dérober aux yeux de tous et sa neurasthénie avait pris le caractère d une misanthropie aiguë, ce qui expliquait le choix de son appartement et la vie solitaire qu\u2019il y menait.Ses promenades à cheval même, il les enfermait dans une partie de la forêt à peu près déserte.Ni à l\u2019aller, ni au retour, il ne passait devant la maison, mais sortait du jardin où, avec l\u2019aide d\u2019Henri, il s\u2019était mis en selle, par un sentier qui s\u2019ouvrait à l\u2019extrémité de l\u2019épaisse haie d\u2019arbres et pénétrait directement sous bois.On comprenait dès lors combien l\u2019annonce de l\u2019arrivée d\u2019une étrangère, qu\u2019il était exposé à rencontrer, 1 eût bouleversé.Mme Randal, en évitant ce risque, avait été particulièrement bien inspirée.Sans doute le clair visage de la jeune fille trahissait-il quelque chose, non point de ses pensées, mais de son trouble, car Bruno, après l\u2019avoir observée en silence, remarqua : \u2014 Mes confidences vous ont quelque peu ému, semble-t-il, Dominique.Je devrais vous demander de m\u2019en excuser, mais je ne le ferai pas, car il est bon que vous connaissiez la vie.Sa voix résonnait, chargée de cette indescriptible amertume, de cette ironie violente, qui plus ou moins la marquaient toujours, mais semblaient, en cet instant, particulièrement suscitées par le sujet.\u2014 .La vie et les femmes, acheva-t-il.Et, après une brève interruption : \u2014 Je crois que nul animal de la création n\u2019est aussi redoutable, aussi perfide, aussi cruel, aussi venimeux qu\u2019une femme ! Chacune est la fausseté, le mensonge, l\u2019imposture même Ce mot d\u2019imposture fit tressaillir Dominique, et Randal s\u2019interrompit, frappé par la pâleur de la jeune fille.\u2014 Avez-vous connu une femme qui fût sincère et ne jouât pas la comédie à toutes les heures de son existence ?interrogea-t-il aussitôt.\u2014¦ J\u2019ai connu ma mère, répondit-elle.Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 Sa voix s\u2019adoucit à peine tandis qu'il disait : ____Je n\u2019ai pas eu le bonheur de connaître la mienne.Il passa la main sur son front, sur ses yeux, d\u2019un geste qui lui était familier et, regardant de nouveau son compagnon, murmura : ____J\u2019ignore quelles raisons me poussent à vous parler de toutes ces choses, à vous révéler ce que je n\u2019ai dit à personne.Il se tut, mais sans doute cette phrase, prononcée d\u2019un ton normal, dut-elle lui paraître ridicule, car il reprit sans transition de sa voix dure et caustique : ____Ah ! jeune Dominique, vous doutez-vous que vous êtes un mortel privilégié ?Mais oui, privilégié.Non seulement je supporte votre présence, ce qui semble déjà surprenant, mais encore j\u2019y prends un évident plaisir.Je me laisse aller à vous parler de ma personne, je vous livre mes états d\u2019âme, je me raconte.Au fond, que cela vous plaise ou non me paraît une circonstance négligeable, et je ne me le demande même pas.Je me suis tu durant tant d\u2019années que la parole, la mienne, résonne soudain à mes oreilles comme la plus délicieuse musique du monde enfin retrouvée.Peu m\u2019importent les oreilles qui la recueillent, peu m\u2019importe l\u2019esprit qui la reçoit.Sachez-le, bel enfant, votre mérite personnel, votre aspect physique agréable, votre intelligence vive, votre patience, ne sont pour rien dans le rôle que je vous laisse jouer ici.Je ne vous ai pas choisi et je n\u2019éprouve pour vous que la plus profonde indifférence.Vous représentez un être humain, voilà tout, un être sans particularité, sans personnalité, presque sans visage et sans âme Momentanément, cela me suffit.A quelle soudaine impulsion venait d\u2019obéir Bruno, en prononçant ces paroles offensantes ?A quel secret défi de lui-même, à quel orgueil ?.Peut-être le regret de s\u2019être laissé aller à des confidences suscitait-il en lui une injuste colère contre celui qui les avait recueillies?.Nul, et même point le jeune homme, n\u2019eût pu le dire.Dominique, très pâle, s\u2019était levée.Il la regarda avec étonnement, comme si le fait de prendre ombrage de ses discours eût été la dernière réaction à laquelle il se fût attendu.\u2014 Dans ce cas, dit-elle avec autant de tranquillité que si son coeur n\u2019eût pas battu à grands coups jusque dans sa gorge, les visites que je vous fais me semblent parfaitement inutiles, et le temps que je passe auprès de vous est du temps perdu.J\u2019aurais pu consentir à poursuivre nos relations si vous en aviez retiré quelque bienfait.Mais les paroles que vous venez de prononcer me sont une assurance du contraire, et me rendent une liberté que j\u2019avais, du reste, volontairement engagée.Comme, de mon côté, je trouvais fort peu d\u2019agrément, je vous l ai laissé entendre, à votre société, tout est fort bien.Vous prétendiez que nous jouions l\u2019un et l\u2019autre à cet étrange jeu :\t« qui se lasserait le premier ».Vous aviez raison.Mais, tous les pions de la patience épuisés, je ne saurais désormais hasarder une nouvelle mise de persévérance et d\u2019indulgence.Vous avez donc gagné, monsieur.Je pense que cette victoire vous satisfait.Le jeu est terminé, je ne reviendrai plus.Tant qu\u2019elle parlait, la jeune fille avait conservé son immobilité auprès de la chaise-longue.Et ce fut seulement une fois les derniers mots prononcés qu\u2019elle se détourna, rentra dans la maison, traversa rapidement le salon dont la porte se referma sur elle avant que Bruno ait pu ébaucher un mouvement pour la retenir.Comme elle parcourait le couloir du rez-de-chaussée, Dominique, malgré L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 4\t8\t2\t6\t5\t3\t7\t2\t6\t4\t3\t5\t2\t8\t4\t6 U\tV\tU\tU\tP\tL\tV\tN\tN\tN\tA\tE\tE\t0\tE\tD 7\t4\t8\t3\t5\t2\t6\t7\t3\t8\t2\t6\t5\t4\t7\t6 0\tG\tU\tV\tR\tP\tE\tU\tE\tS\tE\tS\tI\tR\tS\tI 7\t4\t2\t6\t5\t3\t7\t2\t6\t5\t4\t7\t2\t8\t3\t4 E\tA\tT\tR\t0\tN\tT\tI\tE\tD\tN\tE\tT\tR\tI\tD 7\t6\t3\t8\t4\t2\t5\t7\t3\t8\t2\t6\t4\t3\t5\t7 S\tX\tR\tE\tE\tE\tE\t0\tV\tU\tD\tA\tD\t0\tH\tR 7\t5\t2\t6\t4\t8\t3\t7\t5\t2\t7\t3\t6\t2\t7\t4 G\tE\tE\tU\tE\tS\tU\tU\tU\tC\tE\tS\tC\tE\tI\tC 7\t5\t3\t8\t4\t2\t7\t5\t3\t6\t4\t8\t2\t7\t5\t3 L\tR\tS\tS\tI\tP\tL\tE\t0\tE\tS\tI\tT\tE\tU\tU 8\t4\t3\t7\t2\t8\t5\t3\t4\t7\t2\t8\t5\t4\t2\t3 R\tI\tR\tU\tI\tE\tS\tI\t0\tX\t0\tZ\tE\tN\tN\tT Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 27 son émotion, ne put pas ne point y remarquer un désordre inaccoutumé.; \u2014 Qu\u2019est-il arrivé ?s\u2019exclama Dominique.\u2014 Madame a eu un malaise cet après-midi, à la scierie.Heureusement que je n\u2019étais pas seule ! Nous avons j transporté Madame ici.Madame a beau I affirmer qu\u2019elle est de fer, elle finira par succomber à la tâche, si elle s\u2019obstine à faire le travail d\u2019un homme, et même de plusieurs.Du reste, on verra I bien ce que le docteur en pensera et s\u2019il prétendra, lui aussi, que « c\u2019est trois fois rien » ! L\u2019allusion à Blandier avait fait bondir la forestière.\u2014 Je vous défends bien de déranger le docteur, dit-elle.Tu entends, Dominique, je ne veux pas voir Blandier ici avant dimanche.Rapidement, la jeune fille réfléchit qu\u2019il y avait, en somme, peu de jours à attendre cette visite puisqu\u2019on était au vendredi soir.Elle s\u2019inclina.\u2014 Comme vous voudrez, ma tante.Ce simple malaise ne me paraît pas, en effet, nécessiter la présence immédiate de notre ami.Un peu de repos suffira à en éviter le retour.Ce n\u2019est point, sans doute, autre chose que le docteur vous eût ordonné.Mme Randal considéra Dominique avec satisfaction, tandis que Félicité lui lançait, tout au contraire, un regard mécontent.Bernardin, lui, ne disait rien.Mais il semblait être de l\u2019avis de la jeune fille.\u2014 Je vais donc rester ici.reprit la tante Christine.\u2014 Non, pas ici, coupa Félicité.Madame s\u2019assiérait bien encore à son bureau pour s\u2019occuper de ses paperasses.\u2014 Je reste ici, répéta la forestière en appuyant sur chaque mot.Et, s\u2019adressant à la jeune fille : \u2014 Peux-tu descendre à la scierie pour me remplacer ?Dominique accepta cette suggestion avec d\u2019autant plus d\u2019empressement qu\u2019elle satisfaisait son désir d\u2019activité.Après avoir obtenu de la tante Christine qu\u2019elle ne s\u2019approcherait pas du bureau aux « paperasses » tentantes, mais demeurerait étendue, la jeune fille quitta Fontfroide sans s\u2019attarder.VIII Dominique connaissait maintenant fort bien le chemin qui menait à la scierie, et elle eût pu emprunter un raccourci sans crainte de s\u2019égarer.Cependant, elle suivit le sentier même qu\u2019elle avait pris le soir de l\u2019orage, et s\u2019arrêta un instant à la place où, une fois la boue séchée, étaient restées, profondément imprimées, les marques des sabots d\u2019un cheval.Comme elle débouchait, un peu plus tard, en amont de la scierie et se rapprochait de la rivière, elle aperçut Yvonne Mer ville et sa fille, assises au bord de l\u2019eau.La jeune femme, du reste, demeurait peu à Fontfroide, mais se promenait beaucoup, parcourant du matin au soir les chemins les plus solitaires de la forêt.Et cela, après tout, n\u2019avait pas de quoi surprendre, puisque l\u2019air vivifiant des sapins était recommandé à l\u2019enfant.En cet instant, la petite Martine cueillait un bouquet de ces colchiques mauves, qui croissent dans les endroits humides.Bien qu\u2019elle eût emporté avec elle un ouvrage de tricot, la jeune veuve demeurait inactive.Assise à terre, le dos appuyé à un arbre, elle suivait, d\u2019un regard distrait, la course de l\u2019eau.Elle quitta brusquement sa pose abandonnée en entendant un pas résonner sur le chemin mais parut satisfaite en apercevant Dominique.Celle-ci, avant de prononcer un seul mot, s'élança vers la fillette qu\u2019un beau colchique au pistil d\u2019or avait attirée à l\u2019extrême bord de la rivière et.la pre- La qualité des premiers aliments de votre bébé constitue notre responsabilité particulière ! Heinz accorde toujours à la qualité une place d\u2019honneur.Mais quand il s\u2019agit des premiers aliments de votre bébé, Heinz ne se contente de rien moins que d\u2019une perfection absolue.Les aliments pour bébés sont plus qu\u2019une affaire commerciale; pour Heinz, ils représentent une tâche sacrée.C\u2019est pourquoi nous achetons les meilleurs ingrédients qu\u2019on [juis.se se procurer et leur faisons subir les transformations nécessaires, sous les yeux attentifs de notre personnel responsable de la qualité.Nous combinons ensuite ces ingrédients dans des proportions scientifiquement dosées, afin d\u2019offrir à votre bébé ce qui se fait de mieux.La célèbre étiquette Heinz est l\u2019emblème d\u2019une qualité imbattable.,\t-\tQuand votre médecin vous affirme que Bébé est parvenu au stade des aliments solides, vous pouvez avoir recours à Heinz en toute confiance,\u2014car Heinz vous offre les aliments pour bébés les meilleurs au monde.BABY \\CEREAIS / HEINZ pou/i béA&tr JuNiêX CEREALES VIANDES BISCUITS POUR LA DENTITION PUREES ET ALIMENTS POUR ENFANTS S3EEF nant dans ses bras, elle la déposa sur la mousse, un peu plus loin.\u2014\tOh ! merci, s\u2019écria Yvonne Mer-ville en quittant sa place.Cette enfant est si indocile que Ton ne peut goûter, avec elle, un instant de repos.\u2014\tElle est surtout imprudente, chose bien naturelle à son âge, répondit Dominique.Mais cette rivière rapide représente un danger et il vaudrait mieux ne pas la laisser jouer dans son voisinage immédiat.Elle parlait assez sèchement, mais ne pouvait s\u2019empêcher de regarder la jeune femme.Vêtue d\u2019une robe blan- che, ses beaux cheveux dorés rejetés en arrière, ses traits purs encore idéalisés par la lumière douce que tamisaient les branches, elle était parfaitement, magnifiquement belle.Une sorte de colère gronda dans le coeur de Dominique.Ainsi voilà quelle était la responsable de tant de douleurs, de la révolte et de la perte d\u2019une âme, de la ruine d\u2019un corps.Oui, cette créature qui avait trahi sa parole, abandonné l\u2019être frappé par la maladie, en dépit des promesses échangées, était bien la même qui se trouvait là.La jeune fille, déjà, le savait.Après avoir déposé Martine à terre, Dominique allait s\u2019éloigner.Mais Mme Merville, prenant l\u2019enfant par la main, parut vouloir la suivre.\u2014 Vous venez de parler de la rapidité de cette rivière, dit-elle, et du danger qu\u2019elle représente.Mais n\u2019existe-t-il point, tout près d\u2019ici, une anse dans laquelle, élargie et plus calme, elle ressemble à un lac ?\u2014 En effet.\u2014 Cet endroit, je l\u2019ai remarqué parce qu\u2019il invite à la baignade.N\u2019y avez-vous jamais pensé ?\u2014 Jamais, je l\u2019avoue. 28 Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1U55 \u2014 Mais peut-être, maintenant que je vous en ai parlé, m\u2019accompagnerez-vous un après-midi?.Il fait suffisamment chaud, l\u2019eau y serait bonne.Par chance, je possède un maillot de bain.Vous aussi, sans doute ?La jeune fille se sentit rougir.Quelque chose, dans ces paroles d\u2019apparence banales, lui déplaisait.Leur ton lui causait la même impression que cet étrange regard dont la jeune femme l\u2019avait enveloppée le jour même de son arrivée.\u2014 Excusez-moi, dit-elle froidement, mais je suis trop occupé pour m\u2019accorder certains plaisirs.\u2014 Ah ! oui, votre malade.Et vous ne sauriez le priver de votre compagnie, n\u2019est-ce pas ?Comment va-t-il ?\u2014 Aussi bien que possible, madame.\u2014 Alors, il quittera bientôt cet appartement où il se confine, il reprendra ses promenades en forêt et vous aurez plus de loisirs.La phrase, malgré sa forme, ressemblait plutôt à une interrogation, et le regard qui ne quittait pas le visage de Dominique était lui-même non point seulement interrogateur, mais très attentif.La jeune fille ébaucha un geste d\u2019ignorance.\u2014 La parole est au docteur Blandier, madame, et je ne saurais vous donner aucune précision à ce sujet.Les paupières d\u2019Yvonne Merville s\u2019abaissèrent, peut-être pour voiler l\u2019expression de contrariété qui passait dans les beaux yeux de saphir.La jeune femme n\u2019eut point, d\u2019ailleurs, le loisir de poursuivre cet interrogatoire, car Dominique s\u2019était résolument arrêtée.\u2014 Je crains que d\u2019ici à la scierie, où je me rends, la distance soit bien grande pour Martine.Ne croyez-vous pas que vous devriez, à cause d\u2019elle, revenir sur vos pas ?Mme Merville inclina la tête.\u2014 Vous avez raison, monsieur, et je vous remercie de votre sollicitude.Vous êtes tout à la fois prévoyant et délicat.Ce sont des qualités rares chez un homme.Ayant ainsi parlé, elle appela l\u2019enfant qui s\u2019était encore écartée et s\u2019éloigna avec elle en direction de Fontfroide Le front contracté, Dominique continua son chemin.La vue de la jeune femme l\u2019avait assombrie à un point qu\u2019elle ne s\u2019expliquait pas elle-même, et ses paroles lui laissaient une sourde impression de malaise.Ce fut seulement en arrivant en vue de la scierie, que la jeune fille oublia cette rencontre pour ne plus s\u2019occuper que des ordres à transmettre et des responsabilités à prendre à la place de Mme Randal.Les bâtiments de la petite usine étaient situés au bord de la rivière et le long d\u2019un chemin qui, s\u2019élargissant, descendait vers la route nationale.Tout autour, les troncs d\u2019arbres s\u2019amoncelaient, attendant d\u2019être débités, puis transportés à la gare de B., d\u2019où se faisaient les expéditions.Certes, la scierie n\u2019absorbait qu\u2019une faible part des coupes.Cependant, Mme Randal s\u2019appliquait à maintenir son activité.Du reste, les bénéfices qu\u2019elle donnait n\u2019étaient pas négligeables et entraient pour une belle part dans la fortune de la tante Christine.Dominique, elle aussi, aimait le mouvement qui régnait sur le chantier.Elle aimait son odeur de bois cru et la force tranquille des machines, fendant les troncs dans un crissement ininterrompu et une poussière pâle et fine.Elle s\u2019était très rapidement initiée au travail qui s\u2019accomplissait là et, sans même s\u2019en douter, avait désormais acquis les qualités de collaborateur, dont Mme Randal, son maître, pouvait être fi ère.Tous les ouvriers la connaissaient.Malgré sa jeunesse, nul d\u2019entre eux n\u2019eût songé, au début, à rire de son inexpérience et pas davantage, un peu plus tard, à mal accueillir ses ordres.Lorsqu\u2019elle traversa la clairière, jonchée d\u2019éclats de bois, on déchargeait justement des troncs.Dominique regarda les hommes détacher les lourdes chaînes qui retenaient les arbres prisonniers sur la remorque d\u2019un camion, puis, à l\u2019aide de leur pic, les faire glisser à terre.Ils étaient précis et habiles, sautant prestement à terre, ou remontant d\u2019un bond sur la remorque, selon les phases du déchargement.Leurs manches se relevaient sur des bras bruns et musclés, et l\u2019échancrure de leur chemise livrait une poitrine puissante, bien qu\u2019ils fussent tous assez maigres.Des exclamations en patois du pays, des ordres brefs, qu\u2019ils se donnaient entre eux, ponctuaient le rude travail et retentissaient vigoureusement dans la clairière.Dominique pénétra dans la scierie et s\u2019entretint avec le contremaître.Puis elle parcourut le long hangar où les prochaines livraisons étaient entreposées et termina sa visite par une station dans le petit bureau de l\u2019exploitation.Lorsque le moment d\u2019arrêter les machines et de quitter le travail fut venu, la jeune fille reprit le chemin de Fontfroide.Durant ces deux ou trois heures qu\u2019elle avait employées à se mêler au labeur de la scierie, le désordre de son esprit s\u2019était un peu calmé.Mais dès que Dominique se retrouva dans le silence de la forêt, et quoi qu\u2019elle fît pour les chasser, les mêmes pensées accoururent, toujours aussi harcelantes, aussi amères.Oh ! oui, amères ! Consacrer son temps, sa patience, sa douceur à un malade, envers lequel on n\u2019a, pourtant, nulle obligation, essayer par tous les moyens de le détourner de sa morbide tristesse, de son désir de mort, et apprendre un beau jour, de sa propre bouche, qu\u2019on n\u2019a, pour lui, ni nom, ni âme, ni visage, \u2014 c\u2019étaient les propres paroles de Ran- dal, \u2014voilà de quoi surprendre et emplir de rancune un jeune coeur ! « Que suis-je venue faire ici ?» murmura tout haut la jeune fille.Elle s\u2019était arrêtée au milieu du sentier et pressait son visage dans ses mains.Mais elle se remit en marche aussitôt.Ce qu\u2019elle était venue faire à Fontfroide ?Prendre une place, celle de son père, assurer son avenir, tout simplement, et non point redonner le goût de vivre à un être dont elle ignorait l\u2019existence, peu de temps auparavant.Le véritable, le seul but de son séjour en ces forêts, était atteint.Son parrain, dont l\u2019insistance et les prières avaient obtenu d\u2019elle qu\u2019elle tentât l\u2019aventure, pouvait éprouver quelque satisfaction.Mme Randal l\u2019avait adoptée et semblait considérer sa présence comme définitive.Définitive ?.Dominique, en évoquant ce que ce mot représentait, mordit violemment ses lèvres.Demeurer liée à celui qui ne quitterait jamais Fontfroide parce que son état ne le lui permettrait pas ! s\u2019appliquer à l\u2019éviter et n\u2019y point toujours réussir ' s\u2019exposer à des paroles semblables à celles qui retentissaient encore à son oreille ! Vivre, enfin, pour si soigneusement qu\u2019elle évitât tout rapprochement, un peu de cette vie anormale et sombre.Jamais ! «Jamais!» se répéta-t-elle intérieurement, en donnant à ce mot la force d\u2019un serment qu\u2019elle se serait fait.Car rien ne la liait à Fontfroide, et elle n\u2019avait fait aucune promesse formelle d\u2019y rester.Berteau lui-même savait qu\u2019un jour elle pourrait tout quitter pour revenir vers son véritable foyer.Quant à Mme Randal, son étonnement serait grand, sans doute, et sa déception peut-être pénible.Mais elle ne pouvait, après avoir chassé le père, prétendre enchaîner le fils.Allons, un peu de patience, encore, et puis l\u2019hiver, rigoureux sur ces hauteurs, lorsqu\u2019il serait venu, fournirait à Dominique le prétexte d'abandonner Fontfroide.On peut fort bien ne pas supporter un froid de moins plusieurs degrés, après avoir toujours vécu sous le soleil ardent.C\u2019était, du reste, à peu de chose près, la crainte qu\u2019avait exprimée Bernardin à la jeune fille, le jour même de son arrivée.Comme si cette résolution lui redonnait quelque courage, Dominique avait pressé le pas, et elle parcourut rapidement la distance qui la séparait encore de la maison.Elle se rendit directement dans le bureau, afin de prendre des nouvelles de la tante Christine, et trouva celle-ci remise de son indisposition et causant avec Yvonne Merville.La jeune veuve, une fois sa fille couchée, se trouvait libre de rejoindre Mme Randal dès que celle-ci revenait de la forêt.Félicité ne tardait guère à servir le repas.Puis les deux femmes et Dominique passaient la soirée ensemble, dans la petite pièce confortable attenante à la salle à manger.Mais l\u2019on se séparait de bonne heure, Mme Randal n\u2019ayant jamais rien changé aux habitudes prises du temps où elle vivait seule.Ce soir-là, la veillée se termina plus tôt encore qu\u2019à l\u2019ordinaire.La forestière se garda d\u2019invoquer sa fatigue pour se retirer, mais prétendit avoir, le lendemain, une journée particulièrement chargée.Et Dominique, qui ne tenait nullement à rester en tête-à-tête avec Yvonne Merville, se leva en même temps que sa tante pour se retirer.Montée chez elle, la jeune fille alluma la veilleuse, puis vint s\u2019accouder à la fenêtre ouverte.Autour de Fontfroide.la forêt se dressait, immobile, et pas un souffle n\u2019agitait ses branches Il faisait presque clair, tant le ciel, scintillant d'étoiles, était lumineux : et les grands arbres, baignés par la lune, projetaient sur le sol du plateau leur ombre massive Après la chaleur du jour, la rosée nocturne devait maintenant emperler les herbes et couvrir, de son réseau d\u2019argent, la mousse des sous-bois.C\u2019était l'heure des bruits furtifs, des glissements dans les fourrés, des chants sereins comme des clameurs étouffées, des cris de guerre et de chasse comme des tendres appels Et toutes ces manifestations d\u2019une vie nocturne secrète apaisaient Dominique et la sorte de fièvre que la jeune fille avait sentie en elle, la journée durant.Elle s\u2019arracha pourtant de sa fenêtre, se coucha et éteignit sa veilleuse avec la crainte de ne pouvoir aussitôt s'endormir.Elle se trompait.Les occupations auxquelles elle s\u2019était livrée, sa longue marche en forêt, l\u2019avaient suffisamment fatiguée pour que le corps terrassé entraînât l\u2019esprit dans le repos.Depuis combien de temps était-elle plongée dans le sommeil ?Une heure ?plusieurs ?ou seulement quelques instants ?La jeune fille n\u2019aurait su le dire.La nuit, que lui livraient ses fenêtres grandes ouvertes, était toute pareille, lorsqu\u2019un bruit étrange la réveilla.Dominique n\u2019était pas peureuse.Pourtant, ces heurts brusques, qui se répétaient à une inégale cadence et se rapprochaient sans qu\u2019il lui fût possible de découvrir leur nature, lui causèrent une certaine frayeur.Elle ne bougea pas encore et retint son souffle, comme pour éviter de dénoncer sa présence.Mais nul doute que cette presence fut connue.« On » se dirigeait bien vers sa chambre, « on » traversait le cabinet de toilette, « on » en poussait la porte.La jeune fille s\u2019était redressée.Sur le seuil, que ses yeux agrandis ne quittaient point, une silhouette, courbée sur deux cannes, venait de se dessiner LA VIE COURANTE .¦a «¦ l'irtvo.\u2014 Maman, c\u2019est Diane Lefort, notre nouvelle voisine.On va s\u2019marier aussitôt que j\u2019qaqnerai dix piastres par semaine.f Lire la mite pape 3.1 1 Nécessaire \\ «ft Pour Noël il y a un ensemble Kodak qui convient exactement à chacun commencez vos emplettes sur cette page.(seul Kodak offre un choix si varié de cadeaux photographiques) terminez-les chez votre marchand Kodak (et renseignez-vous sur les petits acomptes, les facilités de paiement) La camera pour instantanés favorite au Canada Brownie Hawkeye vous donne les instantanés les plus nets et les plus clairs que vous puissiez désirer.Aucun réglage, appuyez simplement sur le bouton.\t, Ensemble Flash Brownie 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Ensemble Brownie Movie, complet.,\t$124.25 OSêxaklk MARQUE DÉPOSÉE Les prix sont sujets à changement sans préavis Canadian Kodak Co., Limited, Toronto 9, Ontario jËr \" . mmifsm&tmmi mmm ggp£ *B| LA PRODIGIEUSE PONTIAC 1956, LA VOITURE LA PLUS FRINGANTE ET LA PLUS CHIC! Il n\u2019est guère de voiture capable d\u2019impressionner les conducteurs d\u2019essais.C\u2019est pourquoi nous sommes fiers de signaler que ces experts sont unanimes à faire les plus grands éloges de la Pontiac 1956.Ils sont enthousiasmés par la puissance accrue des moteurs Strato-Six et Strato-Flash V8 des séries Pathfinder, Pathfinder Deluxe et Laurentian.Et il faut entendre leurs commentaires flatteurs sur le Strato-Streak V8 de 205 CV des séries 860 et 870, et le sensationnel V8 de 227 CV qui, dans les Star Chiefs, forme équipe avec la toute nouvelle transmission Hydra-Matic Strato-Flight à embrayage hydraulique! La Pontiac 1956 vous offre le choix de CINQ moteurs .de TREIZE différentes équipes de puissance, chacune scientifiquement conçue pour vous donner le maximum de rendement.Et sa supériorité ne s\u2019affirme pas seulement sur les pistes d\u2019essai.Conduisez-la en pleine circulation et vous constaterez qu\u2019elle s\u2019arrête et s\u2019élance à la vitesse de votre pensée, monte sans le moindre effort les côtes les plus élevées et dépasse en coup de vent les voitures lentes: il suffit pour cela, de pousser brusquement l\u2019accélérateur à fond.Une simple randonnée de quelques milles vous convaincra que cette voiture est vraiment la plus vivante que vous ayez jamais conduite.La Pontiac 1956 vous offre encore nombre d\u2019autres avantages: gros freins surpuissants, commandes améliorées, stabilité dans les virages, roulement d\u2019une régularité parfaite .un style et un luxe nouveaux qui annoncent vraiment les voitures de demain.Mais c\u2019est encore et surtout par sa verve et son allant que la Pontiac 1956 fera votre conquête.Une voiture puissante à souhait, un sujet de légitime fierté, peut-on demander plus?56 5ontiac 32 Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 \"'\u2019¦¦.J- ' ./r\u201e.*jk-.a* S*Ji .'NS Aucun présent ne vous rapprochera autant «le lui! Le cadeau le plus avantageux que vous puissiez offrir, le rasoir qui le rasera de plus près\u2014le nouveau Schick \"2 5\u201d, le plus merveilleux des instruments à barbe depuis que le monde est monde! Car le Schick \"25\u201d triomphe des barbes les plus rebelles sans aucune difficulté.Le moteur ultra-puissant, une exclusivité Schick, tourne deux fois plus vite qu\u2019un moteur d\u2019avion filant à 300 m/h, et communique au rasoir une puissance nouvelle.Seul Schick a des peignes incurvés dont les dents s\u2019attaquent à la base même des poils.Les têtes ultra-aiguisées Schick, les plus effilées de toutes, tranchent la barbe à fleur d'épiderme.Preuve concluante: vous ne pouvez ni voir ni sentir la moindre trace de poil .le visage est impeccable, la peau parfaitement lisse.Renseignez-vous au sujet de l\u2019essai de 14 jours \u2014 satisfaction garantie ou argent remboursé\u2014qui commence le jour de Noël.Schick \u2019\u201925\u2019\u2019 chez tous les marchands et dans tous les ateliers Schick \u2014 seulement Schick\u201c25\u201d LE RASOIR ELECTRIQUE DU JUBILE D\u2019ARGENT $31.95 avec étui Caddie.Reprise de $5 sur tout vieux rasoir électrique, quelle qu\u2019en soit la marque.Schick (Canada) Limited, Toronto, Ontario.LL NOUVEL ÉTUI CADDIE NOIR ET ARGENT ne constitue pas seulement un bel étui de voyage, mais est également fort pratique sur l\u2019étagère de la salle de bain.LA PYRAMIDE D'OR [ Suite de la page 15 ] \u2014 Alors, le senor insistait pour se débarrasser de moi ?\u2014 N\u2019exagérez pas, mon cher.Tout au plus suggérait-il que vous pourriez occuper une autre voiture : une voiture de sport qui aurait rejoint la nôtre à la fin de la première étape.\u2014 Avez-vous dit à ce monsieur que je parlais sa langue ?\u2014 Tiens, je n\u2019y ai pas pensé.\u2014 Patron, si vous m\u2019en croyez, passez ce détail sous silence.\u2014 Quelle drôle d\u2019idée ?Cela faciliterait au contraire vos rapports.\u2014 Mettez que j\u2019ai peur que ce senor si obligeant s\u2019offre pour prendre mes fonctions et juge ma présence indésirable, du moment que je ne servirais à rien.C\u2019est que je tiens à ma place.\u2014 N\u2019ayez aucune crainte, monsieur Manoel.Mon père tient à vous autant que vous tenez à lui.Mais, je crois que M.Manoel a raison.\u2014 Soit, puisque vous êtes d\u2019accord tous les deux.Moi, j\u2019aurais dit la vérité ; j\u2019ai horreur des cachotteries.La conversation fut interrompue par l\u2019arrivée de Miguel Ruiz y Santander.\u2014 Tout est prêt, mon illustre confrère.Je vois que vous aussi êtes équipés pour notre expédition.Nous allons rouler toute la nuit.Heureusement que la journée a été pour vous reposante.Senorita, si vous voulez bien me suivre, ainsi que ces messieurs.Le Mexicain guida ses hôtes non vers le hall par lequel ils étaient entrés le matin, mais par une autre sortie qui donnait sur un vaste espace à peu près inculte.Là, se trouvaient deux voitures, celle du maître et une sorte de camion bâché qui contenait le matériel de l\u2019expédition fourni, avait affirmé le Mexicain, par l\u2019Académie des Sciences de Mexico comme hommage à un célèbre confrère.Un phare puissant combattait la profonde nuit.Les voyageurs s\u2019installèrent.A ce moment, un nouvel incident eut lieu.Miguel Ruyz y Santander avait suggéré que le secrétaire pourrait prendre place dans le camion, à côté du chauffeur, afin de mieux surveiller la précieuse cargaison.La première, Sabine repoussa cette combinaison.\u2014 Mon père a l\u2019habitude d\u2019avoir son secrétaire à côté de lui.Si quelqu\u2019un doit prendre place dans la seconde voiture, ce sera moi ! Le ton de la jeune fille était formel.Le Mexicain balbutia de nombreuses excuses.C\u2019était pour assurer le confort de la senorita qu\u2019il avait fait cette proposition, mais puisque le savant français avait besoin de son secrétaire, on s\u2019installerait comme on le pourrait dans l\u2019auto.A la pratique, il dut avouer que l\u2019on était parfaitement à Taise puisque la voiture comportait quatre places et qu\u2019un cinquième voyageur aurait pu s\u2019asseoir auprès du chauffeur.C\u2019est d\u2019ailleurs la solution que Manoel préconisa, mais Sabine, cette fois encore, exigea qu\u2019il occupe le fauteuil qui était libre, à côté du senor Santander.Au sortir de l\u2019enclos, l\u2019ombre, tout de suite, les enveloppa, ce qui fit comprendre aux trois voyageurs que la maison de leur hôte se trouvait en pleine campagne.Une savante discussion s\u2019était engagée entre le Français et le Mexicain.Elle avait trait aux prodigieuses dé- couvertes faites, deux ans auparavant, par un archéologue de grand mérite.Il avait découvert, et mis à jour, en pleine forêt tropicale, les restes de la haute civilisation Maya, telle qu\u2019elle était entre le IVe et le Xe siècle de notre ère.A Palenque, une de ces cités s\u2019étendait sur plusieurs kilomètres le long du fleuve Otulum.Le palais, parmi les ruines arrachées à l\u2019ensevelissement sous l\u2019humus et les plantes arborescentes, est un immense édifice, enchevêtrement de salles voûtées, de cours intérieures, d\u2019escaliers aux murailles recouvertes de bas-reliefs.Une tour carrée de trois étages figure un donjon d\u2019où Ton peut surveiller toute la plaine environnante.Certes, ces ruines étaient déjà connues, mais le tour de force du dernier explorateur fut de mettre à jour un escalier soigneusement dissimulé sous une dalle de granit et lui-même comblé par de la terre et des blocs de pierre que Ton ne put dégager qu\u2019au bout de deux mois de labeur.Selon la pratique commune en Egypte afin de dissimuler, au coeur des pyramides, la salle secrète où repose la momie précieuse d\u2019un Pharaon, l\u2019escalier des Mayas s\u2019enfonçait vers une pièce secrète, devant le seuil de laquelle un sacrifice humain avait eu lieu.Des ossements attestaient l\u2019immolation rituelle d\u2019une femme et de cinq adolescents.Sous une pierre pesante qui scellait son tombeau, se trouvait un squelette au visage recouvert d\u2019un masque de jade, fait sans doute à sa ressemblance.Des colliers, des bracelets, des bagues ornaient encore les ossements blanchis par les siècles, car l\u2019inhuma-tion, d\u2019après une inscription, remontait à Tan 633.Roi, grand-prêtre ?Le fait n\u2019était pas encore élucidé, mais le mort avait à ses pieds une statue du dieu Soleil et, grandiose bas-relief, les neuf dieux du monde des Ténèbres, les puissants seigneurs de l\u2019au-delà, montaient une garde immobile autour du sarcophage qu\u2019une pyramide de vingt-deux mètres, supportant un temple, défendait encore contre toute profanation humaine.Ces vestiges grandioses que le Mexicain prétendait avoir visités suffisaient à animer la conversation, mais il était à remarquer que le savant français en faisait tous les frais et que, de la bouche de son collègue, ne sortaient que des banalités.Ill IE voyage s\u2019était achevé sans incidents.Stéphane de Laurers ce J montrait enthousiasmé des sites magnifiques que les voitures parcouraient.On avait traversé sans s\u2019y arrêter des villages aux maisons peintes en bleu, lilas ou rose, hermétiques derrière leurs jalousies peu nombreuses et leurs portes de bois, souvent sculpté, qui préservaient de la chaleur, l\u2019ombre douce des patios à la mode espagnole ; d\u2019autres, peuplés par des indigènes, des métis pour la plupart, conservaient un style qui avait été celui des Mayas : la maison basse et carrée entourée de cours où la volaille s\u2019ébattait librement.Des arbres tropicaux répandaient sur le sol toute une floraison de pétales violets ou jaunes, parfois rouges comme des gouttes de sang.Des enfants indiens, le torse nu sous le soleil triomphant, se roulaient dans la poussière.Rappel de la civilisation que les conquérants espagnols avaient prétendu apporter à ce peuple, des postes d\u2019essence jalonnaient le trajet.Bientôt cependant, la solitude se fit.La jungle et la forêt remplaçaient ces petits ta-[ Lire la suite page 44 ] Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 33 TU SERAS MA VIE Et Dominique, en la reconnaissant, ne put étouffer un cri.La silhouette s\u2019immobilisa.\u2014 N\u2019ayez pas peur, murmura une voix basse et sourde.Vous me reconnaissez, n\u2019est-ce pas ?Dans le clair-obscur de la chambre, Bruno pouvait se diriger.Il s\u2019avança vers le lit.Sans répondre, d\u2019une main tremblante, elle chercha à allumer la veilleuse, un globe de cristal posé sur l\u2019une de ses tables de chevet.Puis, instinctivement, elle croisa les bords de la veste de son pyjama sur sa poitrine, et, ses lèvres se refusant absolument à laisser passer un seul mot.elle continua à garder le silence et regarda Randal approcher.Elle ne l\u2019avait jamais vu ainsi, debout, car il évitait toujours soigneusement de marcher devant qui que ce soit.Il était grand et se voûtait pour s\u2019appuyer sur ses cannes.Pourtant, ses jambes ne semblaient pas absolument mortes.Bien que lentement, elles lui obéissaient.Lorsqu\u2019il eut fait les quelques pas qui le séparaient de Dominique, Bruno se laissa tomber dans un fauteuil qui se trouvait près du lit.\u2014 Permettez-moi de m\u2019asseoir, dit-il en accomplissant son geste.A cet instant, la jeune fille retrouva l\u2019usage de la parole.\u2014 C\u2019est avant de pénétrer ici que vous auriez dû demander une permission, dit-elle, la voix blanche.Votre inconvenance n\u2019a pas de nom, et je vous prie de retourner à l\u2019instant même sur vos pas.La phrase à peine prononcée, elle rougit vivement.Randal la considérait avec surprise.Son émotion l\u2019avait entraînée à employer des mots qui semblaient non seulement exagérés, mais bien ridicules en la circonstance.Elle venait, en effet, d\u2019oublier « qui » elle était aux yeux de Bruno, et l\u2019étonnement que trahissait le regard du jeune homme le lui rappela.\t# Mais sans doute le malade était-il disposé à convenir de ses torts, car il ne protesta pas.Il sourit seulement, avec un peu de tristesse.\u2014 Retourner sur mes pas, dit-il, un peu haletant.Je ne pourrai pas.Du moins, pas tout de suite.Je ne sais si cela se voit, mais je viens d\u2019accomplir un effort dont je me croyais incapable.Il ne m\u2019était pas arrivé de monter un escalier depuis six ans.Ces paroles donnaient un autre cours aux pensées de Dominique.Comme le jeune homme se taisait, elle interrogea : \u2014 Quel chemin avez-vous pris ?\u2014 Le même qui vous a conduit un jour vers moi.Alors, elle se souvint.Depuis la maladie de Bruno, elle avait accès à l\u2019appartement du jardin d\u2019une façon normale.Mais il n\u2019en était pas ainsi au début.La dernière fois qu\u2019elle était revenue de chez le jeune homme, en traversant les chambres inoccupées, \u2014 cela remontait au soir de l\u2019orage, \u2014 elle avait, dans son trouble, oublié de fermer intérieurement la porte de la galerie et remis en place la clef de son cabinet de toilette, sans l\u2019avoir fait jouer dans la serrure.A moins qu\u2019elle ne s\u2019y soit mal prise pour accomplir un geste tout simple.Cela, Dominique n\u2019eût pu le préciser.C\u2019était, en tout cas, cette distraction ou cette inhabileté que Randal avait exploitée.\u2014 Je n\u2019aurais jamais osé, murmura-t-elle après un bref silence, et en manière d\u2019explication à son mouvement de l\u2019instant passé, je n\u2019aurais jamais osé me présenter chez vous à une telle heure.[ Suite de la page 28 \\ Il haussa les épaules.\u2014 Je dors peu.Il n\u2019y a guère de jour et de nuit pour moi.\u2014 Vous admettrez que les heures consacrées au repos aient quelque importance pour les autres.\u2014 J\u2019en conviens.Mais je n\u2019avais pas le choix.Je voulais vous parler.\u2014 Cela pouvait se remettre à demain.\u2014 Non, interrompit-il brusquement, et pour plusieurs raisons, dont la première est que demain je ne vous aurais pas vu.Elle ne répondit rien.Après une attente de plusieurs secondes, Bruno insista : \u2014 Vous ne seriez pas revenu, n\u2019est-il pas vrai ?Elle secoua la tête et dit avec fermeté : \u2014 Cette question est superflue.Je ne serais pas revenue, en effet.Randal poussa une exclamation é-touffée.Quittant son fauteuil, il fit deux ou trois pas, en s\u2019appuyant à la table de chevet, et s\u2019assit au bord du lit de la jeune fille.Avec une sorte d\u2019effroi, elle se rejeta contre la tête du lit, pour s\u2019éloigner du jeune homme.Bruno ne remarqua rien, attentif qu\u2019il était à ses propres mouvements.Lorsqu\u2019il se tourna vers elle, la jeune fille avait repris son immobilité et le regardait.\u2014 Dominique, murmura-t-il à voix basse, je viens de passer les heures les plus affreuses que ma triste existence ait connues depuis longtemps.Randal s\u2019interrompit.Peut-être attendait-il le secours d\u2019une question qui ne vint pas.Alors : \u2014 La crainte d\u2019avoir perdu votre amitié, le remords de mes paroles et de ma conduite, l\u2019appréhension du lendemain qui ne vous ramènerait pas, la douleur impuissante, les regrets stériles et tardifs, que vous dirais-je encore ?.Tous ces sentiments m\u2019ont livré aux plus cruelles angoisses qu\u2019un être aussi déshérité que je le suis puisse endurer.Dites, comprenez-vous qu\u2019il m\u2019ait été impossible d\u2019attendre à demain pour vous rejoindre ?.Tout en parlant, il la regardait.Son visage n\u2019était plus laid.L\u2019anxiété l\u2019ennoblissait et l\u2019intensité d\u2019un sentiment véritable réchauffait son regard.La veilleuse allumée par Dominique ne répandait qu\u2019une faible lueur.De plus, elle se trouvait placée derrière Bruno, qui s\u2019interposait entre le lit et la lumière.Aussi la jeune fille demeurait-elle un peu dans l\u2019ombre ; et, pour capter, malgré tout, l\u2019expression de ses traits, Randal fut obligé de se pencher vers elle.\u2014 Vous ne répondez pas, Dominique, murmura-t-il.\u2014 Que pourrais-je vous dire?Vous avez, cet après-midi, prononcé des mots après lesquels le choix d\u2019une attitude m\u2019est profondément difficile.Il eut un geste désolé.\u2014 Je vous prie de me les pardonner.\u2014 Cela est déjà fait.Quant à les oublier, il faudrait le pouvoir.\u2014 Vous le pourrez, Dominique.Je vous donne ma parole que plus jamais.Elle l'interrompit : \u2014 Plus jamais, en effet, je ne vous en donnerai l\u2019occasion.Il la considéra un instant sans parler, puis, la voix sourde : \u2014 Dois-je comprendre que vous ne reviendrez plus ?\u2014 Oui, fit-elle après une brève hésitation, c\u2019est bien ce que je veux dire.Bruno garda d\u2019abord le silence.Ce refus, auquel il ne s\u2019attendait pas, l\u2019atterrait.Enfin, d\u2019une voix bouleversée êü&Z .goûtez dont une PILSENER! Vous appelez ça un bec?Ça a plutôt l\u2019air d\u2019un entonnoir! Et comme de la Pilsener Labatt pétillante passerait bien dans ce gosier brûlant ! Ce breuvage est plus sec que les uns (vous pouvez en prendre de grandes gorgées) et plus léger que les autres .il désaltère d\u2019une façon magique! Essayez une Pilsener aujourd\u2019hui.Chez l\u2019épicier ou à la taverne, dites toujours: \u201cPilsener!\u201d La seule bière au monde qui soit approuvée par les maîtres brasseurs de sept autres brasseries.Faite d'après la formule originale de Pilsen, avec de la levure transportée spécialement d\u2019Europe par avion.Voyez au DOS de l\u2019etiquette.OFFRE SPECIALE ABONNEZ-LES AUX TROIS GRANDS MAGAZINES ?\tLES TROIS MAGAZINES ?\tLE SAMEDI (hebdomadaire) ?\tLA REVUE POPULAIRE (mensuel) ?\tLE FILM (mensuel) Remplissez ce bulletin d'abonnement à votre choix RE -\tLE FILM UN AN\t Canada\tEtats-Unis $5.50\t$8.00 3.50\t5.00 l .50\t2.00 l .00\t1.00 Veuillez trouver ci-incluse la somme de $.pour l'abonnement indiqué d'un (X).\u2014 IMPORTANT: Marquez d'une croix ?s'il s'agit d'un renouvellement.(1) NOM DU DESTINATAIRE ADRESSE VILLE PROV.ou ETAT (2) NOM DU DESTINATAIRE VILLE PROV.ou ETAT O >¦ 2 S O 2 il ii fi fi fi fi ü POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975 - 985, rue de Bullion,\tMontréal, 18 34 Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 Mes Recettes de Cuisine par Madame ARMELLE BRAULT-MASSICOTTE Chroniqueuse du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE CHAUSSONS A LA DINDE lVz tasse de farine tout usage Vz c.à thé de sel Vz tasse de graisse Eau glacée 2 c.à tb.de beurre Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau dans un bol avec le sel.Ajouter la graisse et le beurre.A l\u2019aide d\u2019un appareil spécial, couper les corps gras dans la farine jusqu\u2019à obtention de petits morceaux de graisse de la grosseur d\u2019un pois.Faire une fontaine au centre du mélange, y verser de l\u2019eau glacée en petites quantités et à l\u2019aide d\u2019un couteau délayer la pâte jusqu\u2019à ce que l\u2019on ait réussi à obtenir une boule assez ferme.Laisser reposer la pâte au froid si possible avant de l\u2019utiliser.D\u2019autre part, faire fondre dans une casserole 4 c.à tb.de beurre, y faire revenir 2 c.à tb.d\u2019oignon émincé et Vz tasse de céleri coupé finement jusqu\u2019à ce que tendre.Ajouter 3 c.à tb.de farine et mouiller avec 1 tasse de lait.Cuire jusqu\u2019à épaississement en brassant continuellement.Laisser refroidir cette sauce et y ajouter 2 tasses de dinde et 2 c.à tb.de persil haché.Assaisonner.Abaisser la pâte, et découper des rondelles.Sur chaque rondelle, déposer 1 cuillerée de dinde à la crème.Fermer le chausson, et cuire à 450° F., pour 10 minutes, et continuer la cuisson à 400' F Servir chaud avec la sauce suivante : Sauce au* champignons 4 c.à tb.de beurre Ve de c.à thé de paprika 4 c.à tb.de farine 1 c.à thé de sauce anglaise Sel et poivre 2 tasses de lait 1 boite de champignons en conserve 1\ttasse de pois verts Préparer la sauce comme il est dit précédemment.Servir cette sauce chaude avec les chaussons.LES PECHES EPICEES 1 boîte de pêches en conserve Va tasse de vinaigre % de tasse de sucre 2\tbâtons de cannelle Clous de girofle Egoutter les pêches.Verser le sirop dans une casserole avec le sucre, le vinaigre et la cannelle.Laisser bouillir 5 minutes.Piquer 2 clous de girofle dans chaque moitié de pêche, les ajouter au sirop et laisser bouillir 5 minutes.Les refroidir dans le sirop durant toute la nuit.Servir avec les chaussons.GATEAU ROULE A LA CREME GLACEE 4 blancs d\u2019oeufs % de tasse de farine à pâtisserie 1 tasse de sucre 4 c.à tb.de cacao 4 jaunes d\u2019oeufs 1 c.à thé de poudre à pâte Vz c.à thé de vanille Va c.à thé de sel Monter les blancs en neige ferme, incorporer le sucre graduellement.Battre les jaunes d\u2019oeufs avec l\u2019eau froide et ajouter au premier mélange.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec le cacao, la poudre à pâte et le sel.Incorporer au mélange.Aromatiser.Verser la pâte dans une lèchefrite foncée d\u2019un papier graissé (10 x 15 po.) Cuire à four chaud, 400° F., 10 à 12 minutes.Renverser sur un linge saupoudré de sucre, enlever le papier et rouler vivement.Laisser refroidir.Dérouler le gâteau, étendre la crème glacée et rouler de nouveau.Saupoudrer de sucre à glacer.BREUVAGE MOKA Mettre dans un bol 2 tasses de café froid, 2 tasses de cacao fait avec du lait, 1 tasse de crème claire, 2 c.à tb.de sucre et 8 à 10 cubes de glace concassée.Battre jusqu\u2019à ce que bien mousseux et servir immédiatement.et qu\u2019il s\u2019efforçait vainement d\u2019assurer, il reprit : \u2014 Sans doute n\u2019avez-vous pas tout à fait compris, Dominique.Il faut donc que je vous explique, bien qu\u2019il en coûte à mon orgueil de le faire, autant qu\u2019il lui en coûtait hier, ce matin, tous les jours, de reconnaître quelle place vous avez prise dans ma vie.Mais vous devez savoir, pour décider ensuite si vous avez le droit de maintenir votre décision.« Oui, je vous ai blessé, peiné, peut-être, et cependant nulle des paroles que j\u2019ai prononcées, il y a quelques heures, n\u2019exprimait la réalité.N\u2019avoir à mes yeux ni âme, ni visage !.m\u2019être indifférent !.Vous dont l\u2019intelligence me ravit, dont la voix me rafraîchit, dont le regard calme mes souffrances.Vous de qui j\u2019attends chaque jour avec une telle impatience la visite !.« J\u2019étais misérable, seul, et bien près de la folie, lorsque vous êtes venu.Et voici que, par le miracle de l\u2019amitié, les soirs et les matins ont eu de nouveau du charme pour moi.Voici que l\u2019heure, en tournant, n\u2019a plus été morne et vide, mais pleine de promesses, les promesses de votre venue.Voici enfin que mon coeur a connu des joies quotidiennes, des espoirs, des attentes, des déceptions.Voici qu\u2019il s\u2019est cru brusquement ressuscité.Randal s\u2019interrompit, dominé par l\u2019émotion.La jeune fille gardait la même immobilité, les bras croisés et pressés contre sa poitrine, le regard fixé droit devant elle.\u2014\tAinsi donc, reprit Bruno avec effort, vous connaissez maintenant vo tre empire sur moi, cet empire que même l\u2019amitié la plus sincère ne peut facilement admettre.Accepterez-vous d\u2019effacer de votre esprit les paroles malheureuses que vous avez entendues et de me faire encore la charité de votre présence ?Cette fois, Dominique put parler et les mots qui montèrent à ses lèvres la surprirent elle-même.\u2014\tL\u2019amitié ne peut guérir les blessures que l\u2019amour a faites, murmura-t-elle avec amertume.Vous m\u2019attribuez un pouvoir que je n\u2019ai pas.\u2014\tQu'en savez-vous ?Vous êtes bien jeune pour avoir quelque expérience de la vie.\u2014 Vous m\u2019avez déjà dit cela.\u2014\tC\u2019est si vrai, si frappant, Dominique.« Et puis, reprit Bruno après une pause, il me semble qu\u2019on doit s\u2019attacher un peu à ce qu\u2019on a sauvé.Lorsque je vous ai rencontré pour la première fois, j\u2019étais bien près de lancer Rex au galop vers la rivière, ou d\u2019enjamber le parapet du jardin, ou d\u2019absorber le tube entier de somnifère qu\u2019Henri oubliait parfois à ma portée.Je vous ai déjà parlé de ces velléités.Et je suis certain que votre venue a empêché que l\u2019un ou l\u2019autre de ces actes ne s\u2019accomplisse.Oui, vous m\u2019avez sauvé, Dominique.Je ne sais encore si ce sera un malheur ou un bienfait, mais ce que je puis assurer c\u2019est que malheur ou bienfait viennent de votre insistance à vous intéresser à ma personne.Alors, dites, je vous en supplie, cette insistance, qu\u2019était-elle au juste?pitié?.Non, n\u2019est-ce pas?Vous ressentez quelque amitié pour moi ?Dominique prêtait au discours de son compagnon une telle attention, que ses bras s\u2019étaient peu à peu décroisés.L\u2019une de ses mains reposait sur la couverture, auprès du jeune homme.Comme pour rendre son discours plus persuasif, il s\u2019en saisit.Elle la lui arracha avec une violence qui laissa Bruno stupéfait.Il était devenu livide.Puis sa bouche se mit à trembler et le rictus nerveux la tordit.Enfin, il fit entendre l\u2019affreux éclat de rire et cacha son visage dans ses mains.\u2014 De la répulsion ! s\u2019écria-t-il.Voilà ce que j\u2019inspire.Comment avais-je pu, même durant quelques secondes, l\u2019oublier ! De la répulsion, à vous comme aux autres ! Mais, grand Dieu, quelle dérisoire pitié suis-je venu solliciter ?Il essaya de se lever.Mais Dominique saisit son bras et le contraignit à l\u2019immobilité.La jeune fille venait soudain de retrouver sa maîtrise d\u2019elle-même.\u2014\tNe soyez pas ridicule, dit-elle.Rien, dans ma façon d\u2019être avec vous, ne vous a donné le droit de parler ainsi.C\u2019était la vérité, mais Randal ne montra pas qu\u2019il en convenait.\u2014\tRien non plus, poursuivit-elle, ne justifiait les paroles que vous avez prononcées tantôt.Vous admettrez bien que j\u2019aie pu en concevoir quelque amertume.Pourtant, l\u2019aveu de vos torts et de vos regrets me touche.Aussi serait-il indigne de vous comme de moi de prolonger une telle discussion.Dès demain, je viendrai vous retrouver au jardin.Mais à une condition.C\u2019était à l\u2019instant même que l\u2019idée de cette restriction venait de se présenter à l\u2019esprit de Dominique.Mais son assurance était telle que le jeune homme put croire à un projet depuis longtemps arrêté.\u2014\tLaquelle ?interrogea-t-il tandis que son regard anxieux s\u2019attachait au visage qu'il distinguait à peine.\u2014\tDès la prochaine visite du docteur Blandier, vous le laisserez vous examiner et accepterez qu\u2019il essaye de vous guérir.S\u2019il en était autrement, si votre entêtement me refusait la satisfaction de cette tentative, alors vous comprendriez, n\u2019est-ce pas ?que je n\u2019attache nulle valeur à vos paroles ni aux sentiments qu\u2019elles expriment.Maintenant, Bruno, allez vous coucher.C\u2019était la première fois qu\u2019elle prononçait ce nom, et sa voix trébucha un peu en le prononçant.Mais Randal ne le remarqua pas.Il regardait la jeune fille, hésitant, et ne se décidait pas à parler.\u2014 Ne me répondez pas tout de suite, dit-elle.Et, doucement, elle répéta : \u2014 Rentrez chez vous, Bruno.Ce déplacement était presque au-dessus de vos forces.Je vous promets de venir dès demain m\u2019assurer qu\u2019il ne vous a pas trop fatigué.Ce fut elle qui, cette fois, lui tendit la mvin.Elle souriait et ajouta : \u2014 Prenez maintenant un autre chemin.Celui par lequel vous êtes venu offre trop de dangers.\u2014 Non, jeta-t-il vivement, comme effrayé.Il est inutile que je réveille la maison entière par mon passage.Votre issue particulière me convient mieux.Elle n'osa pas insister, bien que la vision de l\u2019escalier du balcon, très raide, la fît frémir.Mais, une fois que 1 infirme se fut éloigné, elle se leva et, sans qu\u2019il s\u2019en doutât, elle passa de Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 35 chambre en chambre, l\u2019oreille anxieusement tendue au bruit de ses pas.Dominique demeura longuement immobile derrière la porte de la galerie, tandis que les cannes, mal assurées, frappaient à intervalles irréguliers chaque marche.Et ce fut seulement après avoir acquis la certitude que Randal était rentré dans la maison que la jeune fille se décida à revenir sur ses pas.Elle se recoucha, éteignit la veilleuse, mais ne se rendormit pas.Elle savait qu\u2019en acceptant de retourner chez Bruno elle venait de choisir un chemin sans issue, l\u2019un de ces chemins difficiles et sombres qui n\u2019aboutissent nulle part, et où l\u2019on ne peut revenir en arrière qu\u2019en abandonnant aux ronciers dont ils sont bordés des lambeaux saignants de son coeur.IX Le surlendemain, le docteur se montra assez mécontent qu\u2019on ne l\u2019eût point appelé au moment du malaise de Mme Randal.\u2014 Vous n\u2019avez plus vingt ans, ma bonne amie, que diable, mais soixante-deux.\u2014 Soixante et un et demi, homme peu galant, rectifia la forestière.\u2014 Oui.Mais, je vous le demande, quel âge avait donc Albert quand il est mort ?\u2014 Votre rapprochement me paraît mal choisi.Le coeur de mon mari, nous le savions, était fatigué.\u2014 Et qui vous dit que le vôtre ne l\u2019est pas ?.Blandier avait quelque raison de se montrer brutal.Mieux que personne, il connaissait la négligence de la forestière pour tout ce qui avait trait à sa santé.Et il savait qu\u2019il devait l\u2019effrayer u\u201caucoup pour en obtenir le minimum de ménagements.Le docteur venait d\u2019examiner Mme Randal.Maintenant, assis auprès d\u2019elle, sur la terrasse, il essayait de lui faire entendre raison.Ils se trouvaient seuls.Le déjeuner terminé, Yvonne Merville était montée auprès de sa fille qiîi refusait de s\u2019endormir.Quant à Dominique, elle avait regagné sa chambre afin d\u2019y écrire à Berteau une lettre que le docteur emporterait en quittant Fontfroide.\u2014 Donc, reprit Mme Randal, avec un incrédule sourire, mon coeur bat moins bien qu\u2019il ne le faudrait.Trop lentement?.Trop vite?.Renseignez-moi, voulez-vous ?Blandier haussa les épaules.\u2014 Plaisantez, cela vous sied.Plaisantez, mais reposez-vous.On ne demande pas impunément à son esprit et à son corps un travail tel que celui auquel vous les contraignez depuis tant d\u2019années ! Les ressorts les plus tendus sont ceux qui se brisent le plus facilement.Et, dans l\u2019acier le mieux trempé, il existe parfois des « pailles » qui le rendent aussi cassant que le verre.Votre capacité de travail est immense, je le sais ; votre résistance à toute épreuve.Le surmenage n\u2019en est pas moins, quoi que vous en pensiez, une maladie qui s\u2019abat sur les moins débiles.Lorsque vous serez arrivée à l\u2019extrême limite de vos forces, je ne pourrai plus rien.Tenez-vous donc tranquille ; cessez de vous lever à cinq heures, d\u2019user vos yeux sur des registres et des paperasses que votre comptable tiendrait aussi bien en ordre que vous, et vos jambes et votre coeur à grimper les pentes les plus raides de vos forêts.« Toutes ces activités, je les comprendrais, mon amie, si vous y étiez contrainte par des «écessités pécuniaires.Mais, grâce à Dieu, ce n\u2019est pas le cas.Ah ! vous allez me promettre de vous reposer.Sans aucun émoi apparent, Mme Randal avait écouté le discours animé du docteur.Elle souriait même, doucement moqueuse.Et le vieil ami, qui l\u2019avait aimée passionnément et silencieusement depuis le jour où, jeune épousée, elle était arrivée pour la première fois en ce domaine de Fontfroide, avec son mari, la trouvait encore très belle.\u2014 Me reposer ?répéta-t-elle, cette fois avec sérieux.Et qui me remplacera ?\u2014 Dominique.Ne l\u2019avez-vous pas appelé près de vous pour cela ?\u2014 Il est bien frêle, encore, bien jeune, bien.comment dirai-je ?Je ne sais vous exprimer exactement ma pensée, mais il m\u2019arrive souvent, lorsque nous sommes, lui et moi, ensemble, de sentir qu\u2019il n\u2019est pas fait pour un rude travail.Le docteur jeta un rapide regard sur Mme Randal, comme pour saisir sa pensée tout entière.Il parut hésiter, puis murmura simplement : \u2014 Vous ne l\u2019avez pas épargné, pourtant.\u2014 Il le fallait.Je désirais connaître sa résistance physique et morale.Mais c\u2019est un brave enfant, plein de courage, et qui n\u2019a jamais laissé deviner qu\u2019on lui en demandât trop.\u2014 Vous aimeriez Dominique, que cela ne m\u2019étonnerait pas, madame.Le visage de la forestière se ferma.\u2014 Je ne puis l\u2019aimer, puisque j\u2019ai détesté sa mère.\u2014 Mais son père vous était très cher.Et ce petit ressemble tellement à Xavier ! \u2014 Oui, convint Christine Randal, tandis que ses yeux erraient pensivement sur le plateau qui s\u2019étendait devant la maison.Oui.heureusement, c\u2019est le garçon qui est resté.Le docteur saisit sa grosse pipe, posée sur la table, et se mit à la bourrer avec une ardeur que rien n\u2019expliquait.\u2014 A propos de Dominique, reprit bientôt Mme Randal, et puisque nous venons d\u2019évoquer « ma » mort, je dois vous demander un conseil.Blandier sursauta.\u2014-Vous perdez la raison.Jamais je n\u2019ai.\u2014 Laissez-moi parler, bavard incorrigible.Je mourrai bien un jour, n\u2019est-ce pas ?Vous aussi, d\u2019ailleurs.Et j\u2019espère bien qu\u2019au paradis on saura vous empêcher de raisonner sans arrêt et de me contredire.Donc, je mourrai.Et alors, qu\u2019adviendra-t-il ?\u2014 J\u2019espère bien ne plus être là pour le savoir.\u2014 Soyez sérieux et répondez-moi.Qui sera mon héritier ?\u2014 Dominique, je suppose.Ou Bruno.\u2014 Ne dites pas de sottises.Bruno n\u2019a aucun besoin de ma fortune.Ce sera donc Dominique.Mais Dominique, mon petit-neveu seulement, devra acquitter des droits de succession si lourds que, pour leur faire face, il lui faudra vendre une partie des forêts.Cela, je ne le veux point ! L\u2019amour de cette femme pour son domaine éclatait dans les derniers mots, dans la force et la volonté avec lesquelles elle les avait prononcés.\u2014 Je ne vois pourtant pas, observa Blandier, comment éviter cette rançon.inévitable.\u2014 Heureusement, je le vois, moi.Et je vous réponds : en mettant de Tordre dans mes affaires.Je puis très bien, qui m\u2019en empêchera, donner les forêts à Dominique.Il la considéra avec stupeur.Quel chemin avait fait l\u2019enfant dans ce coeur, quelle place il y avait prise, pour que Mme Randal eût mûri semblable projet ! \u2014 Cette résolution est grave, mon amie, dit-il, et mérite qu\u2019on y réfléchisse longuement.\u2014 Je le sais bien, parbleu ! Vous demanderais-je conseil, s\u2019il en était autrement ?Mais est-ce une raison pour ne la point envisager ?Je dois y penser, au contraire.D\u2019autant plus que les formalités seront interminables.Il faudra demander au Cameroun divers papiers, l\u2019autorisation du tuteur, l\u2019état civil de Dominique.Eh bien ! qu\u2019avez-vous ?Le docteur, qui s\u2019était décidé à allumer sa pipe, venait de se brûler à la petite flamme de son briquet.\u2014 Ce n\u2019est rien, assura Blandier.« Pour en revenir à ce qui nous occupe, reprit-il après avoir secoué sa NOËL DANS LE MONDE En Angleterre.\u2014 Le soir du 24 décembre, vos petits camarades anglais suspendront leurs bas au pied de leur lit ; le lendemain, ils les trouveront remplis des jouets qu\u2019y aura glissés \u201cFather Christmas\u201d, le Père Noël anglais.Et, au déjeuner, on entamera le fameux « pudding » aux raisins préparé depuis une semaine, avec amour, par maman.En Angleterre, il est absolument inconcevable de fêter Noël sans « pudding » ! En Allemagne.\u2014 C\u2019est saint Nicolas \u2014 il ressemble comme un frère jumeau à notre Père Noël \u2014 qui est le distributeur des jouets .et des martinets.Mais il fait sa tournée la veille du 6 décembre, c\u2019est-à-dire bien avant Noël.Dans certaines régions, c\u2019est « le petit ange » qui vient accrocher les cadeaux au sapin et, d\u2019un tintement de sa clochette d\u2019argent, appelle les enfants qui attendent derrière la porte.Quand ceux-ci entrent, « le petit ange » est déjà parti.En Autriche.Dans le Tyrol, une émouvante coutume se déroule la nuit de Noël.Après la messe de minuit, les habitants, s\u2019éclairant avec des torches, se rendent au cimetière du village.La, ils déposent sur la tombe des parents,, des amis disparus, un pot de fleurs dans lequel est plantée une bougie entourée de rameaux de sapin.En France, de nombreux villages d\u2019Alsace pratiquent cette coutume.Au Mexique.\u2014 Là-bas, Noël s\u2019appelle « Navidad » et c\u2019est une fête joyeuse où chants et danses se déroulent dans les rues.Les enfants mexicains ne connaissent pas l\u2019arbre de Noël, mais ils placent leurs chaussures sur le rebord de la fenêtre pour les trouver, le lendemain, remplies de bonbons et de jouets.En Suisse.\u2014 L\u2019arbre de Noël tient une grande place.Il y avait, autrefois, une amusante coutume qui, maintenant a disparu.Les parents accrochaient à une porte un gros mannequin à figure de bonhomme Noël et, le moment venu, les enfants ouvraient le ventre du mannequin d\u2019où s\u2019échappaient bonbons, pommes et noix.En Argentine.\u2014 Là, comme ailleurs dans toute l\u2019Amérique du Sud, « Navidad » est prétexte à danses, chants et musique.Des processions éclairées par des lampions multicolores, des tintements de clochettes, des fanfares donnent a la nuit de Noël un aspect joyeusement bruyant inconnu sous notre ciel canadien.FOURNISSEURS^ BREVETES DE SA MAJESTÉ LA REINE DISTILLATEURS DE SCOTCH WHISKY ^ SPECfy V COLD LABEL Bulloch Lade SCOTCH WHISKY 55BL- Si vous avez aux alentours de Montréal .PROPRIETE, TERRE OU TERRAIN A VENDRE Adressez-vous à ROMEO AUGER CR.9363\t1250.rue Villeray.Montréal.Irritation nasale ?00*** Indispensable dans toute maison Avez-vous des cadeaux à faire ?Ne cherchez pas plus longtemps Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.Remplissez NOS COUPONS D\u2019ABONNEMENT.FIEZ-VOUS Quand les reins n\u2019enlèvent pas l\u2019excès d\u2019acidité ou les déchets\u2014il s\u2019ensuit souvent un mal de dos, une sensation de fatiçue, un repos brise.Les Pilules Dodd\u2019s pour les Reins stimulent les reins.Vous vous sentez mieux, dormez mieux.Achetez des Dodd\u2019s maintenant.mini TM» DODDS KIDNEY >, PILLS 4 36 main, U me semble que vous devriez ne rien entreprendre avant de parler a Dominique.\u2014 Naturellement.Mais il ne fera, soyez certain, nulle objection à ce projet.\u2014 On ne sait jamais, murmura le docteur.A cet instant, celui dont Mme Randal venait de disposer se montra sur le seuil de la porte.Son visage, remarqua le docteur, était moins éclatant que quelques semaines auparavant.Sans le hâle doré, que la peau avait gardé, ce visage eût été pâle et défait Ses traits exprimaient une fatigue, une lassitude, qui devaient être plus frappantes encore lorsque Dominique ne se savait pas observé.\u2014 L\u2019air de nos forêts ne me paraît pas réussir parfaitement à cet enfant, ne put s\u2019empêcher de constater le docteur à mi-voix.Mme Randal haussa les épaules, avec autant de mépris que si son vieil ami eût énoncé une opinion absolument dépourvue de sens commun, et elle ne répondit pas.La jeune fille s\u2019était approchée et tendit une enveloppe au docteur.\u2014 Voulez-vous emporter cette lettre ?demanda-t-elle.Cela lui fera gagner un jour.\u2014 Bien volontiers, mon petit.L\u2019enveloppe disparue dans la large poche, Dominique sembla hésiter ; puis, attirant à elle un fauteuil de jardin, elle s\u2019assit auprès de Blandier.\u2014 Avez-vous déjà vu Bruno docteur ?interrogea-t-elle \u2014 Pas encore Je comptais passer chez lui juste avant de partir De toute façon, je ne lui suis plus utile, et ma visite peut à peine être considérée comme une pâle distraction \u2014 Vous allez reconnaître que vous vous trompez.Bruno s\u2019est décidé à accepter vos soins, à subir votre traitement, en un mot, à se confier à vous pour guérir.Le regard dont Mme Randal enveloppait son neveu traduisait le plus profond étonnement.Celui du docteur, par contre, était plus joyeux que véritablement surpris.\u2014 Est-ce possible?murmura la forestière.Tandis que Blandier disait : \u2014 Nous te devons sans doute cette résolution, mon enfant ; cette résolution heureuse et.inattendue.Dominique secoua la tête.\u2014 On la doit surtout au malade.Il était beaucoup plus raisonnable depuis quelque temps, comme vous aviez pu le remarquer.\u2014 Je remarque d\u2019ordinaire peu de chose, convint le docteur en quittant son siège d\u2019un bond presque léger, mais il y en a, vraiment, qui crèvent les yeux ! Ah ! je suis trop impatient d\u2019entendre le malade lui-même me confirmer son acceptation pour tarder davantage à le rejoindre.Vous permettez, madame ?.Après avoir reçu l\u2019autorisation empressée de la forestière, il s\u2019éloigna, et les deux femmes le suivirent des yeux pendant qu\u2019il traversait l\u2019espace sablé d'un pas incroyablement leste et pénétrait dans la maison.\u2014 Croyez-vous que le docteur réussira ?demanda Dominique lorsque la silhouette massive eut disparu.\u2014 A guérir Bruno ?Hélas ! notre ami n\u2019est qu'un savant et non pas un magicien.Espérons, cependant.Il a entrepris et mené à bien d\u2019autres cures tout aussi difficiles.Ces mots prononcés, le silence se rétablit autour de la table.Mme Randa?tira un étui de sa poche, y prit une cigarette et se mit à fumer distraitement.Son esprit, plus encore que du sort de Bruno, était occupé de la conversation qu\u2019elle venait d\u2019avoir avec le docteur.Elle songea même un instant à parler tout de suite de ses projets à Dominique et ne s\u2019en abstint que dans la crainte que le temps lui manquât pour une discussion de cette importance.Elle eut raison.Un quart d\u2019heure, en effet, ne s\u2019était pas écoulé, que déjà le gravier et le sable crissaient de nouveau sous les pas de Blandier.Avec vivacité, Dominique interrogea : \u2014 Il consent, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, répondit le docteur sans enthousiasme.Mme Randal hocha la tête \u2014 Vous êtes exigeant, mon ami L\u2019enthousiasme, en l\u2019occurrence.\u2014 Vous vous trompez, madame.Il a une grande importance.Je ne vous apprends rien en affirmant que le moral doit venir en aide au physique.- Bien sûr.Mais on ne peut obliger Bruno à crier victoire avant même de savoir s\u2019il guérira.Le docteur se tourna vers Dominique.Il ressentait quelque agacement d\u2019être mal compris et avait la certitude que la jeune fille pénétrait mieux ses pensées.\u2014 Que croyez-vous qu\u2019il faille faire, docteur, pour vous aider ?demanda-t-elle.\u2014 Te perdre, une fois encore, dans la forêt, sous l\u2019orage.Après cette boutade, il se mit à rire.\u2014 Je m\u2019explique, mon enfant, car je n\u2019aimerais point que tu me prennes pour un fou.Tu te souviens peut-être de ce que je t\u2019ai dit quand Randal, non seulement, triompha de sa lutte contre la mort, mais encore nous parut moins sombre, moins irrémédiablement accablé.L\u2019effort d\u2019aller vers toi, cet acte qui, dans l\u2019état où il se trouvait, nécessita tant de volonté, de courage, et un bouleversement total de sa personne physique, avait déterminé un choc Et, de ce choc, était né un premier miracle.Aussi est-ce tout naturellement que je désire, que je souhaite, que je sollicite, sous la forme qu\u2019il plaira au ciel de lui donner, un autre choc, provoquant un autre miracle.S\u2019il se produisait, alors, je te jure que j'entreprendrais cette guérison avec tout mon coeur.« Je sais bien, Randal accepte mon traitement.Mais il le fait par lassitude et, sans doute, parce qu\u2019on le lui a demandé avec insistance.Il se résout à < subir » mes soins.Il ne les désire point.Il ne veut plus mourir, mais il ne veut pas absolument vivre.Cela fait, crois-moi, une grande différence, celle qui sépare parfois la réussite de l\u2019échec.< Allons, acheva-t-il devant l\u2019air désolé de Dominique, je n\u2019ai jamais voulu dire que j\u2019abandonnais.Le malade s\u2019en remet à moi et, moi, je m\u2019en remets à Dieu.Je reviendrai demain matin.Il ne faut plus tarder à commencer.Il se leva.Mme Randal protesta : - Vous n\u2019allez pas partir déjà ?\u2014 Si, ma bonne amie.Un petit enfant est né, ce matin, dans une ferme, bien faible, bien fragile, et que je voudrais tout de même faire vivre.Il y a cent chances contre une pour qu\u2019il ne passe pas la semaine.à moins que je m\u2019en occupe.Comme je dois faire un long détour pour le voir avant de rentrer chez moi.Vous comprenez ?Mme Randal comprenait, et aussi la jeune fille.Toutes deux suivirent le docteur jusqu\u2019à l\u2019arbre avancé, à l\u2019ombre duquel il avait garé sa voiture.Au moment où le groupe passait devant la maison, Yvonne Merville en sortit avec la petite Martine.\u2014 Eh bien ! moucheron, dit Blandier.tu as pris de fameuses couleurs, dans ce pays béni (sans aucun doute l\u2019air de Fontfroide était-il plus profitable à l\u2019enfant qu\u2019à Dominique).On te reconnaîtra à peine lorsque tu regagneras ton affreux Nord.«A propos, Yvonne, quand comptez-vous repartir ?Une consultation m\u2019appellera prochainement à Lille, et je pourrai peut-être vous accompagner dans votre voyage.Cette brusque question laissa la jeune femme interdite.\u2014\tJe ne sais pas, balbutia-t-elle.Martine se portait si bien que je n\u2019ai pas encore envisagé.\u2014\tMais voyons, Blandier, interrompit la forestière sur un ton de reproche, de quoi vous occupez-vous ?Mme Merville, lorsqu\u2019elle désirera rentrer chez elle, saura très bien se passer de votre escorte.Si le climat d\u2019ici convient à cette enfant, il faut qu\u2019elle y prolonge son séjour.L\u2019automne est d\u2019une douceur que je n\u2019ai pas besoin de vous vanter, et l\u2019hiver, même rigoureux, dispense de grands bienfaits et possède beaucoup d\u2019avantages.\u2014\tOh ! murmura la voix douce, je compte bien partir avant les premiers SAMEDI SUR VOTRE ECRAN DE TELEVISION A CBFT (Canal 2) Partie du 17 décembre 1955 CHICAGO BLACK HAWKS 1.\tAL ROLLINS\tBut 2.\tGUS MORTSON .Déf.3.\tLEE FOGOLIN .Déf.4.\tALLAN STANLEY .Déf.5.\tHARRY WATSON .A.G.6.\tBENNY WOIT .Déf.7.\tRED SULLIVAN .C.8.\tTONY LESWICK .A D.9\tNICK MICKOSKI .A.G.10.\tED SANDFORD .C.11.\tJACK McINTYRE .A.G.12.\tED LITZENBERGER .A D.14.\tGLEN SKOV .C.16.\tJOHN WILSON .A.G.17.\tHEC LALANDE .C.18.\tAL DEWSBURY .Déf.19.\tFRANK MARTIN .Déf.20.\tHANK CIESLA .C.TOMMY IVAN, gérant.DICK IRVIN, entraîneur.MONTREAL CANADIENS 1.\tJACQUES PLANTE .But 2.\tDOUG HARVEY .Déf.3.\tEMILE BOUCHARD .Déf.4.\tJEAN BELIVEAU .C.5.\tBERNARD GEOFFRION .A D.6.\tFLOYD CURRY .A D.8.\tJACKIE LECLAIR .C.9.\tMAURICE RICHARD .A D.10.\tTOM JOHNSON .Déf.11.\tCALUM MacKAY .A.G.12.\tDICKIE MOORE .A.G.15.\tBERT OLMSTEAD .A.G.16.\tHENRI RICHARD .A.D.17.\tJEAN-GUY TALBOT .Déf.18.\tKEN MOSDELL .C.19.\tDOLLARD ST-LAURENT .Déf.22.\tDON MARSHALL .C.23.\tCLAUDE PROVOST .A.G.GERRY McNEIL, gardien de but alternatif.HECTOR ,,TOE,f BLAKE, entraîneur.FRANK J.SELKE, gérant-directeur.Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 froids.Mais, puisque vous y consentez avec tant de bonté, Martine profitera encore du bon soleil et de 1 air pur qu\u2019elle ne retrouvera plus de longtemps.Je vous remercie, madame.Les sourcils touffus du docteur s\u2019étaient contractés.On eût pu penser que la prolongation du séjour de sa nièce le contrariait vivement.Et, lorsque la voiture démarra et qu\u2019il se pencha un peu en faisant un geste d\u2019adieu au groupe demeuré sous l\u2019arbre, il semblait encore préoccupé.Dès après le départ de Blandier, la tante Christine se fit apporter son fusil par Bernardin et annonça qu\u2019elle allait faire un tour dans la forêt.Cette journée, consacrée d\u2019ordinaire à l\u2019amitié, lui semblait, le docteur parti, absolument vide, et elle n\u2019eût pu supporter de la terminer assise sur la terrasse ou dans le salon, un livre entre les mains.Ainsi, malgré les avis du docteur, ne consentait-elle pas à se reposer le seul jour de la semaine où elle l\u2019eût pu.Lorsque Mme Randal se fut éloignée.Dominique s\u2019apprêta à rentrer dans la maison.Elle était, la veille, retournée auprès de Bruno, comme elle le lui avait promis.Mais, aujourd\u2019hui, la présence de Blandier, les occupations et devoirs du dimanche (elle ne manquait jamais de descendre à B.entendre la messe) l\u2019en avaient empêchée Et elle redoutait que le jeune homme, avec l\u2019exigence et le facile énervement des malades, s\u2019impatientât.Comme elle allait s\u2019éloigner, la petite Martine l\u2019appela avec insistance pour lui montrer de belles fleurs qu\u2019elle avait ramassées.Elle ne refusa pas ce plaisir à l\u2019enfant, que sa mère ne gâtait guère, et accepta même de rester un instant auprès d\u2019elle.La jeune veuve s\u2019était assise aussi sur l\u2019herbe, les bras entourant ses genoux.Elle se tenait face à Fontfroide, ses yeux errant sur la façade avec une sorte de mélancolie, comme si elle se fût déjà attristée à la pensée de s\u2019éloigner.Et Dominique, à la dérobée, regardait ce front pur auréolé par les cheveux blonds, ce nez droit, ces cils palpitants sur la joue lisse, cette bouche doucement renflée.La beauté d\u2019Yvonne Merville la surprenait toujours par sa perfection.On cherchait vainement, sur ce visage, le défaut qui eût rompu, même légèrement, l\u2019harmonie.On ne rencontrait que charme, grâce, douceur.Ah ! comme on comprenait que Randal l\u2019eût aimée, cette femme, jusqu\u2019à vouloir mourir de son abandon.Comme on comprenait ses regrets, son désespoir et l\u2019égarement d\u2019un esprit qui avait mis toute sa foi dans un être humain.Et elle prétendait, elle, Dominique, parce que son déguisement lui avait permis d\u2019approcher l\u2019infirme, elle prétendait apporter à celui-ci la guérison ! Elle nourrissait l\u2019illusion de le sentir reprendre goût à la vie, et surtout, surtout, de voir cette vie se communiquer à ses jambes ! Oh ! qu\u2019il marchât, ne se sentît plus un objet de pitié, redevînt, en un mot, un homme normal, et l\u2019esprit égaré reprendrait toute sa lucidité, toute sa force.A moins que l\u2019esprit dût, dans cette lutte, passer avant le corps et le devancer sur la voie du total rétablissement.La jeune fille ne savait plus.Et comment eût-elle décidé, puisque Blandier lui-même hésitait sur la prépondérance du moral sur le physique, ou du physique sur le moral, du moins dans le cas de Bruno.La petite Martine, à quelques pas, cueillait consciencieusement des fleurs sauvages qu\u2019elle apportait ensuite à Dominique.\u2014 Il faut faire un bouquet pour Félicité qui n\u2019a jamais de fleurs dans sa cuisine, disait-elle.Tout en occupant distraitement ses Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 37 doigts à séparer les clochettes roses de l\u2019herbe que Martine arrachait aussi à poignées, la jeune fille continuait à suivre le cours des mêmes pensées.Comme le docteur s\u2019était montré décevant, après sa visite à Randal, par les paroles qu\u2019il avait prononcées.Il allait, certes, tout tenter, comme il le disait lui-même, pour arracher Bruno à son infirmité.Mais réussirait-il ?sans le moteur puissant qui devait entraîner tout le mécanisme, ou plutôt sans le choc qui mettrait en marche ce moteur ?Le choc ! se répétait Dominique en serrant, entre ses doigts, les tiges frêles.Le choc ! Et elle s\u2019épouvantait de donner déjà à ce mot vague une âme et un visage, l\u2019âme et le visage qui seraient capables de sauver Bruno.Elle s\u2019aperçut qu\u2019elle pétrissait les fleurs dans sa main, et l\u2019enfant, qui s\u2019approchait au même instant, lui en fit le reproche.La jeune fille sourit, desserra ses doigts et accepta une nouvelle poignée d\u2019herbes et de fleurs, tandis qu\u2019Yvonne Merville tournait vers elle ses beaux yeux bleus.La mère de Martine avait enfin déplié le tricot qui n\u2019avançait guère et s\u2019était mise à faire glisser les mailles sur les aiguilles.Mais un observateur averti aurait remarqué que son intérêt allait moins à l\u2019ouvrage auquel elle travaillait, qu\u2019à Dominique assise en face d'elle.Le choc !.le choc !.Les mots dansaient une ronde folle dans la tête de la jeune fille.Le choc qui rendrait à Bruno la volonté de guérir ; le choc que souhaitait, sans trop oser l\u2019espérer, le docteur ; le choc dont dépendait la réussite ! Ah ! si l\u2019état de Randal eût été celui d\u2019avant sa pneumonie, si l\u2019être farouche, violent et sombre d\u2019alors, n\u2019avait pas fait place à un homme presque normal, jamais Dominique n\u2019aurait accueilli semblable pensée.Jamais elle n\u2019eût osé projeter une épreuve qui risquait d\u2019éteindre la raison vacillante, de la faire irrémédiablement sombrer.Mais maintenant Bruno pouvait résister au bouleversement imprévu et profond ; il pouvait surmonter le désordre, le trouble, l\u2019émotion, qui allaient s\u2019emparer de lui.Très loin, dans la forêt, un coup de feu étouffé par la distance éclata.Mme Randal tirait quelque palombe, ou un lièvre surpris au gîte.Comme si cette détonation eût été assourdissante, Dominique tressaillit violemment.Peut-être lui semblait-elle retenir tout exprès pour l\u2019arracher à des stériles réflexions et marquer la fin de ses hésitations et de son incertitude.La jeune veuve avait remarqué ce mouvement.\u2014 Vous n\u2019aimez pas la chasse, monsieur ?interrogea-t-elle.J\u2019ai remarqué que vous n\u2019accompagniez jamais Mme Randal quand elle prenait son fusil.Pourtant, dans votre pays.\u2014 Je n\u2019ai pas été habituée à me servir d\u2019un fusil, interrompit Dominique.Et la chasse, en effet, m\u2019intéresse peu.\u2014 Vous ne fumez pas, non plus.Vous ne buvez guère que de l\u2019eau.Vous êtes, en somme, un garçon exemplaire.\u2014 Et vous fort observatrice, madame.Pour en revenir à votre.éloge, il n\u2019y a malheureusement, ici, nul exemple à donner.Le ton de la réplique était vif, presque chargé d\u2019animosité, et la jeune fille se le reprocha aussitôt.Yvonne Merville ouvrait tout grands ses yeux, comme si elle cherchait vainement à deviner la cause de cette acrimonie.\u2014 Il y a une autre raison pour laquelle je me suis abstenue de suivre ma tante, reprit-elle avec un calme qui la surprit elle-même.Vous le savez.j\u2019ai l\u2019habitude de passer, chaque après-midi, quelques instants auprès de M.Randal.La jeune veuve ne releva pas sa tête penchée sur l\u2019ouvrage.\u2014 Ah ! oui, « votre » malade.Est-il toujours pareillement taciturne et émotif ?Je l\u2019ai connu comme un homme charmant, enjoué, sociable et parfaitement équilibré.Aussi ne puis-je croire à la possibilité d\u2019un tel changement.« Je n\u2019ose de nouveau proposer de le visiter, puisqu\u2019il m\u2019a été répondu que sa porte ne s\u2019ouvrait jamais pour des étrangers.Cependant, si, un jour, vous pensiez que la vue d\u2019une amie d\u2019autrefois lui soit quelque peu agréable, et même salutaire, je me rendrai près de lui volontiers.\u2014 Il pourrait bien, en effet, en être ainsi, répondit Dominique d\u2019une voix égale.Mme Merville réprima un mouvement.Comme l\u2019enfant, venant vers elle, interrompait la conversation, elle la renvoya avec rudesse.\u2014 Oui, reprit la jeune fille, je vous conduirai vers Bruno.Rien de fâcheux ne résultera de ce que son univers s\u2019agrandisse.Au contraire.\u2014 Merci.Quand pensez-vous que cela soit possible ?\u2014 Si vous le voulez, madame, tout de suite.Pour ne point laisser à son courage le temps de faiblir, elle s\u2019était levée.La jeune veuve l\u2019imita, après avoir roulé son tricot avec une rapidité qu\u2019on n\u2019eût pas attendue de son habituelle nonchalance.Elle appela Martine et, malgré les protestations de la fillette, qui s\u2019était mise à pleurer, l\u2019entraîna vers la maison et la remit à la garde de Félicité.Satisfaite d\u2019apporter à la cuisinière, qui faisait d\u2019aussi excellentes tartes, le bouquet arrangé par Dominique, l\u2019enfant se calma aussitôt.Alors, Mme Merville et la jeune fille quittèrent l\u2019office et gagnèrent l\u2019appartement de Randal.Lorsqu\u2019elle en ouvrit la porte, Dominique dut s\u2019arrêter un bref instant.Sa main posée sur la serrure tremblait, et elle était incapable de faire un pas vers la chaise-longue.Mais elle se remit vite.Du reste, elle ne pouvait accorder plus de temps à son émotion.Au bruit du battant que l\u2019on poussait, Bruno s\u2019était retourné, et ce mouvement trahissait son impatience.Il n\u2019était pas cette fois, installé au-dehors, mais dans la pièce même, sans doute parce que le soir approchait et qu\u2019il en redoutait la fraîcheur.\u2014 Enfin! dit-il, vous voilà.Je sais bien que le dimanche est réservé au docteur.Mais Blandier a quitté Font-froide depuis longtemps.J\u2019ai entendu son auto passer derrière la haie du jardin et descendre le long du chemin.Que faisiez-vous donc ?Il n\u2019avait pas aperçu la compagne de la jeune fille, demeurée en arrière, et le silence qui accueillit ses paroles le surprit.Il suivit des yeux Dominique qui s\u2019avançait vers lui.Mais, lorsqu\u2019elle fut très proche et s\u2019arrêta, le parquet du salon continua à résonner sous un pas.Alors, pour la seconde fois, Randal tourna la tête, et une sourde exclamation lui échappa.Il s\u2019était redressé sur le dossier du lit de repos et, les mains crispées aux accoudoirs, le buste en avant, il semblait pétrifié par la stupeur.\u2014 Dominique, murmura-t-il enfin d\u2019une voix blanche, Dominique, je crains de devenir tout à fait fou.Etes-vous seul ici, ou y a-t-il quelqu\u2019un d\u2019autre ?Pour répondre, la jeune fille dut faire un effort plus grand encore que tous ceux qu\u2019elle avait accomplis depuis un instant.\u2014 Soyez rassuré, Bruno, murmura- MARIE BRIZARD DEUXIÈME CENTENAIRE 1755-1955 LIQUEURS IMPORTEES DE CREME DE CACAO ANISETTE BLACKBERRY APRY CREME DE MENTHE Cocktail Paradis Yt Apry Mane-Brizard Yt Dry Gin Ajouter de la glace, secouer, passer et servii Cocktail Alexander Yt Crème de Cacao Yt Dry Gin Yt crème fraîche .L Y A deux siècles vivait dans le midi de la France une charmante demoiselle nommée Marie Brizard qui avait découvert le secret d\u2019une excellente liqueur d\u2019anisette.Elle en envoya des échantillons à la cour de Louis XV.La réception fut enthousiaste.La saveur délicate et parfumée de cette liqueur fut jugée incomparable.Aujourd\u2019hui encore, après deux siècles, les Liqueurs Marie Brizard sont préparées par les descendants directs de la famille, selon une formule et une tradition jalousement conservées.De tout ce qui contribue au bien-être moderne, bien peu de choses peuvent revendiquer un héritage aussi réputé.Dans tous les domaines, il existe toujours un nom synonyme d\u2019excellence.Parmi les liqueurs fines produites en France, cet honneur échoit à MARIE BRIZARD et le monde entier le confirme.MARIE BRIZARD Rafraîchissement parfait! Verser deux doigts de Crème de Menthe ou d\u2019Amsette Marie Brizard dans un grand verre le remplir d\u2019eau glacée.Ou bien mettre de la glace pilée dans un verre ballon et la recouvrir de Crème de Menthe ou d\u2019Anisette MarleBrizard Les deux procédés donnent une boisson délicieuse et rafraîchissante.Deux siècles de tradition f I Préparatifs du \u2018Temps des yêtes par GENEVIEVE Quand arrive l'époque des Fêtes chaque maîtresse de maison fait des préparatifs et s'apprête à mettre les petits plats dans les grands.Mais des menus variés et succulents ne satisfont pas son ambition, il faut encore que l'argenterie brille, que la porcelaine et la cristallerie des grands jours sortent des armoires et passent une soigneuse inspection.Mieux vaut s'y prendre un peu à l'avance, car ce n'est pas à la hâte, mais avec précaution qu'on doit manier ces trésors de famille.En lavant la porcelaine, on aura la précaution d'étendre au fond de l'évier ou du plat de vaisselle, soit un paillasson carré en caoutchouc, soit une serviette éponge assez épaisse pour amortir les chocs, et l'on y mettra qu'un objet à la fois.Laver dans une eau savonneuse, avec des paillettes de savon doux.Rincer à l'eau claire et modérément chaude.Faire sécher sur un séchoir à vaisselle.Il y a certains vases en céramique ou en porcelaine peinte à la main qu'il vaut mieux ne pas plonger dans l'eau.On se contentera de les laver avec un chiffon humide et mou.L'argenterie, solide ou plaquée, peut être nettoyée avec un liquide ou une pâte appropriée, pourvu qu'on les emploie de la façon recommandée.Si l'argenterie est gravée ou ciselée, on conseille l'usage d'une petite brosse bien douce.Les statues en marbre ou en pierre non poreuse doivent être brossées délicatement avec une petite brosse qu'on aura d'abord plongée dans une eau chaude et savonneuse.Bien rincer et bien essuyer.Les tableaux peuvent être époussetés délicatement en les essuyant avec du coton absorbant ou avec une brosse très douce qu'on maniera légèrement.Ne jamais les mouiller, ni tenter d'en rafraîchir les couleurs.Un travail de ce genre doit être confié à un artiste. 38 Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 t-elle, vous avez toute votre raison et, je l\u2019espère aussi, toute votre mémoire.Mme Merville avait, je crois, quelques liens d\u2019amitié avec votre famille qui l\u2019autorisent.\u2014 Mme Merville! interrompit-il.Yvonne !.(Et son rire dément lui échappa.) Mais comment donc ! Elle a tous les liens, tous les droits, toutes les raisons possibles pour être ici.Il serra à les briser les accoudoirs de la chaise-longue et, baissant un peu la tête, respira profondément, comme si le souffle lui eût manqué.Puis, sans relever les yeux, il murmura : \u2014 Dominique, retirez-vous.Elle ne bougea pas.Non qu\u2019elle n\u2019eût point entendu, mais parce que, devant l\u2019attitude de Bruno, l\u2019effroi la paralysait ; l\u2019effroi, et aussi une sorte de désespoir.Elle serait donc toujours chassée de ces lieux où, pourtant, un mystérieux attrait, une impulsion inexplicable, la ramenaient malgré tout.\u2014 Laissez-nous, répéta sourdement le jeune homme.Sortez, je vous en conjure.Je ne pourrai longtemps endiguer la violence qui me possède.Dominique ne sut comment elle s\u2019était éloignée, avait repassé le seuil de la pièce.La porte refermée, elle s\u2019y adossa, incapable d\u2019aller plus loin.Ce ne fut qu\u2019au bout d\u2019un instant qu\u2019elle put se détacher du mur et, les jambes encore tremblantes, regagner sa chambre.Le départ de la jeune fille fut suivi d\u2019un long silence.Pour mieux se dompter et discipliner ses pensées, Randal s\u2019était rejeté en arrière et regardait droit devant lui.Il semblait n\u2019accorder aucune attention à la présence d\u2019Yvonne Merville.Mais sa respiration précipitée indiquait qu\u2019il était en proie à la plus profonde émotion.Dans la grande pièce, ce fut la voix de la jeune femme qui résonna la première.\u2014 Bruno, murmura-t-elle d\u2019une voix si basse et si troublée qu\u2019on l\u2019entendait à peine, Bruno, je vous demande pardon.Quelques secondes passèrent encore avant que l\u2019infirme, à son tour, parlât.\u2014 Ainsi, c\u2019est vous, c\u2019est bien vous, Yvonne ! Laissez-moi me pénétrer de cette vérité.invraisemblable, extraordinaire, renversante.Vous voilà, Yvonne, vous, près de moi ! Il tourna enfin les yeux vers elle.Le tic nerveux tordait sa bouche.\u2014 Vous n\u2019avez pas changé, observa-t-il avec plus de calme que le début de l\u2019entretien n\u2019en laissait espérer.Vous n\u2019en direz pas autant de moi, n\u2019est-ce pas ?Il eut aussitôt un geste qui renvoyait bien loin ce sujet et reprit : \u2014 Depuis combien de temps ne nous étions-nous pas vus ?Six ans, je crois.Ou peut-être bien davantage.Mais non, c\u2019est cela, six ans.Notre dernière rencontre a eu lieu dans un restaurant parisien où nous avions l\u2019habitude de dîner souvent ensemble.\u2014 Vous étiez une jeune fille très libre.\u2014 Nous fêtions ce soir-là quelque chose comme un accord, notre décision de nous marier, je crois.Le lendemain, je ressentis les premières atteintes de mon mal.« Vous vîntes quelque temps aux nouvelles, m\u2019a-t-on dit, puis, vous avez cessé de vous présenter chez moi.Tout ceci est bien exact, n\u2019est-ce pas ?Pendant que Randal parlait, d\u2019une voix brève, saccadée, la jeune femme n\u2019avait pas fait un mouvement.Elle s\u2019était arrêtée en face de lui et y demeurait, les mains pressées l\u2019une contre l\u2019autre, les yeux baissés, toute son attitude exprimant l\u2019humilité, le repentir, la désolation.Lorsqu\u2019il se tut, elle parut faire un effort sur elle-même.\u2014 Tout s\u2019est passé ainsi, en effet.Bruno, et Dieu seul peut savoir ce que j\u2019ai souffert.Il ricana : \u2014 Tandis que, moi, je n\u2019ai pas souffert le moins du monde.Au fait, quelle raison, cette grande douleur ?\u2014 Je vous aimais, Bruno.La voix du jeune homme retentit, encore plus ironique : \u2014 Voyez-vous cela, vous m\u2019aimiez ! Et vous avez choisi le moment où je me débattais contre la mort pour en épouser un autre ! Quelle étrange marque de tendresse ! \u2014 Je ne vous aimais pas de tendres- se, Bruno, et vous le savez bien, reprit-elle avec une véhémence soudaine.Je vous aimais d\u2019amour.Ah ! ce que j\u2019ai enduré, tout le temps de votre maladie, cela dépassait les forces humaines, je vous le jure.Mais, hélas ! je n\u2019étais pas seule dans la vie, ni, quoi que vous en disiez, tout à fait libre.Ma famille avait une grande, une profonde influence sur moi et en usa durement.Bernard Merville s\u2019était présenté.Il devint le bailleur de fonds de mon père, dont les affaires n\u2019étaient pas brillantes.Dès ce jour, on fit le siège de ma volonté, de mon esprit, de mon coeur.On me harcela sans arrêt pour que j\u2019accepte la demande qu\u2019il avait faite.On employa tous les moyens pour forcer ma répugnance, pour avoir raison de moi : la douceur, la persua- sion, les promesses, les menaces.Je croyais que vous ne survivriez pas, et, dès lors, lui ou un autre.A bout de nerfs, j\u2019ai cédé.J\u2019ai accepté.Mais depuis, Bruno, oh ! depuis ! Vous savoir vivant, malheureux, et ne pouvoir venir à vous pour vous dire.ce que je viens de vous dire, pour vous expliquer.Elle se tut, à bout d\u2019émotion, semblait-il, et tordit, avec désespoir, ses mains fines, en attachant au visage de Randal des yeux pleins de larmes.Lui, était demeuré tout le temps de ce discours le visage fermé, immobile.Mais les derniers mots ramenèrent sur ses lèvres pâles le cruel sourire.\u2014 Comme tout cela est admirable ! s\u2019écria-t-il.Votre dévouement, votre abnégation et les tourments que vous avez subis pour vous détourner d\u2019un infirme (car on vous avait dit, n\u2019est-ce pas, que, si je vivais, je demeurerais infirme?).Par bonheur, tous ees remous, ces ouragans, ces tempêtes, n\u2019ont point trop ravagé votre âme, si j\u2019en juge d\u2019après votre visage.Vous êtes plus belle, plus sereine, plus ravissante que jamais.Il l\u2019enveloppa d\u2019un regard aigu, qui semblait vouloir pénétrer jusqu\u2019aux plus secrets replis de cette âme dont il venait de parler.Puis, changeant brusquement de ton : \u2014 Laissons ce passé, voulez-vous ?Il n\u2019a plus aucune importance.Et dites-moi : quel événement me vaut le plaisir de votre présence ?Que faites-vous à Fontfroide ?La jeune femme ne répondit pas tout de suite.Elle eût voulu, bien qu\u2019elle ne se sentît guère sur un terrain solide, prolonger des explications qui laissaient libre cours à son trouble et à l\u2019expression de ses regrets.\u2014 Je suis ici pour quelque temps avec ma fille, dont la santé est fragile, dit-elle enfin.Mme Randal, en souvenir des liens qui unissaient votre père à ma famille, m\u2019offre une généreuse hospitalité.\u2014 Ah ! je ne savais pas que vous eussiez un enfant.Si elle vous ressemble, mes compliments ! Ces paroles à double sens, la jeune femme ne les releva pas.D\u2019ailleurs, Bruno, affectant l\u2019attitude la plus mondaine, poursuivit : \u2014 J\u2019espère que votre mari va bien ?que vous êtes heureuse ?Elle secoua tristement la tête.\u2014 Je n\u2019ai jamais été heureuse, Bruno.Et je suis veuve depuis un an.\u2014 Excusez-moi, murmura-t-il, je vis tellement en dehors du monde que je l\u2019ignorais.Ils se turent et, durant un assez long instant, le silence se réinstalla entre eux.Yvonne Merville, son beau visage un peu incliné, regardait à terre, tandis que les yeux de Randal restaient toujours fixés sur la jeune femme.Et, peu à peu, une lueur s\u2019alluma dans ces yeux, grandit, devint flamme, une flamme d\u2019ironie féroce qui illumina tout le sombre visage de Bruno.Comme pour la dissimuler, il appuya son front dans sa main.\u2014 Tout au moins, une fortune vous reste.Vous pouvez aider vos parents et votre fille ne sera pas, comme vous, obligée d\u2019étouffer son coeur, observa-t-il d\u2019une voix plus douce.Elle ne vit point l\u2019embûche de ces paroles et, relevant le front : \u2014 Vous vous trompez, Bruno.Je n\u2019ai plus rien.L\u2019usine a cessé toute activité depuis dix-hu-it mois et les créanciers n\u2019ont pu être complètement désintéressés.Loin d\u2019aider mes parents, je suis à leur charge, ainsi que ma petite Martine.Si Mme Randal ne nous eût reçues, avec une bonté dont je lui suis profondément reconnaissante, j\u2019aurais dû renoncer même à soigner mon enfant.Elle s\u2019interrompit, des sanglots étouffaient sa voix.Mais soudain, tressaillant violemment, elle se redressa.Un rire inattendu avait éclaté, un rire qui n\u2019était plus celui d\u2019un dément, mais retentissait, clair, bruyant, prolongé : un rire où se mêlaient tout ensemble l\u2019amusement, la raillerie, et aussi une sorte de profond soulagement.\u2014 Enfin, Yvonne, je vous retrouve ! s\u2019écria Bruno lorsqu\u2019il eut réussi à maîtriser ce rire sonore.Ah ! comme c\u2019est bien vous : fausse, cupide, comédienne sans dignité ! Voilà donc l\u2019explication de ce remords tardif, de ce subit retour sur le passé et même, tout simplement, de votre présence à Fontfroide.Vous êtes pauvre ! Et, sans doute, devant les nécessités de la vie, répugneriez-vous moins qu\u2019autrefois à vous enchaîner à un malade.Sans doute feriez-vous taire le dégoût qu\u2019il vous inspire et l\u2019accepteriez-vous tel qu\u2019il est, lui, et, naturellement, sa fortune ; sa fortune sans atrophie ni infirmité.Eh bien ! sachez-le, c\u2019est moi qui refuse aujourd\u2019hui un tel sacrifice, comr.-.e je l\u2019eusse, d\u2019ailleurs, refusé il y a six ans, si vous m\u2019en aviez donné 1 occasion, mais point pour les mêmes raisons.«Je ne vous aime plus, Yvonne.Il y a probablement fort longtemps, mais je viens de m\u2019en apercevoir aujour-d hui d\u2019une manière indiscutable et LA VIE COURANTE C'est trop d'bonté, Madame îrAfi! Comment, seulement cinq cents ?O'A fi» Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 39 définitive.Et même, sachez-le, c'est vous maintenant, vous et vos yeux clairs, votre beau visage, votre corps harmonieux et désirable, qui faites naître en moi d\u2019insurmontables sentiments de répulsion.Je remercie le ciel.Votre inconscience, votre audace, votre impudeur, viennent de me procurer l\u2019une des plus belles joies de ma vie : celle de vous avoir évitée ! L\u2019amour est un étrange aveuglement.Je ne regrette pas d\u2019être à jamais inapte à le connaître comme à l\u2019inspirer, et je me contente de l\u2019amitié ! Les derniers mots, qui avaient été prononcés d\u2019un tout autre accent, comme si Randal se parlait à lui-même, amenèrent, sur les lèvres de Mme Merville, un mauvais sourire.Elle se tenait toujours debout devant lui, mais les mains crispées au dossier d\u2019un siège.Et, sur son visage, d\u2019où toute douceur avait disparu, la stupeur, le désappointement, l\u2019aversion, la colère impuissante, s\u2019inscrivaient tour à tour, ravageant les beaux traits purs.Les paroles de Bruno étaient trop cinglantes et trop catégoriques pour qu\u2019elle essayât de se défendre en les réfutant.La fierté blessée, la douleur, l\u2019attendrissement, les protestations, seraient, elle l\u2019avait vite reconnu, des armes parfaitement inefficaces, et il était vain qu\u2019elle tentât d\u2019en user.Dès lors, son ressentiment de l\u2019échec subi pouvait se donner libre cours.Toujours appuyée au fauteuil, celui dans lequel Dominique s\u2019asseyait durant ses visites à Bruno, elle jeta, la voix sifflante : \u2014 L\u2019amitié !.C\u2019est, je pense, du jeune Dominique Derives qu\u2019il s\u2019agit ?\u2014 Oui, acquiesça Randal.Je dois une reconnaissance infinie à cet enfant, bon, clair, loyal, charmant.J\u2019étais bien près de me livrer à quelque geste définitif lorsqu\u2019il a transformé ma vie.La jeune femme jeta un éclat de rire ironique.\u2014 A mon tour de me divertir, Bruno.Dieu ! que vous êtes amusant ! Ah ! cette retraite de plusieurs années, loin du monde, n\u2019a aucunement amoindri en vous ce sens de l\u2019humour dont vous étiez, naguère, si largement pourvu ! Violemment, le front du jeune homme se contracta, ses sourcils se froncèrent.\u2014 Expliquez - vous, ordonna - t - il.Quoique vous en pensiez, mon esprit est devenu lent.\u2014 A qui feriez-vous croire, Bruno, qu\u2019il le fût assez pour ne point percer à jour la supercherie, l\u2019imposture, de « ce charmant et loyal enfant » ?\u2014 Dominique ! Perfide ou menteur ! Gardez-vous de prononcer un mot de plus.Dans la voix du malade grondait une telle colère qu\u2019Yvonne Merville abandonna sa place et s\u2019éloigna de quelques pas.Puis cet effroi irraisonné lui sembla ridicule et la jeune femme se moqua d\u2019elle-même.Avait-elle oublié que Randal était cloué sur sa chaise-longue et ne pouvait la quitter sans aide ?Cependant, comme elle ne se souciait guère de prolonger une telle conversation dont elle n\u2019avait plus à retirer aucun avantage, Mme Merville continua à s\u2019éloigner tout en parlant.\u2014 Je comprends que vous m\u2019imposiez silence, dit-elle.On risque, en effet, de nous entendre et la réputation de ce cher Dominique en souffrirait.Peut-être même, qui sait, ne pourrait-il plus aussi tranquillement aller et venir des appartements de Mme Randal à ceux-ci et s\u2019installer, avec cette touchante sollicitude, à votre chevet !.Mais, Bruno, cette situation ne saurait durer toujours.Il suffit, croyez-moi, de bien peu de chose pour que les habitants de Fontfroide découvrent à quel point elle est fausse.Il est même stupéfiant que nul d\u2019entre eux n\u2019ait conçu de soupçon, car, enfin, la réalité apparaît si évidente.«Mon oncle Blandier seul sait, j\u2019en suis certaine, que sous les habits masculins de Dominique Derives se cache une jeune fille.Quant à vous, mon ami, je ne vous ferai pas l\u2019injure de croire que votre oeil exercé ne s\u2019en soit pas, dès le premier jour, aperçu.Ayant prononcé les derniers mots, Yvonne Merville tourna brusquement le dos à la chaise-longue.Traversant la pièce d\u2019un pas rapide, elle en atteignit la porte, l\u2019ouvrit et la referma derrière elle, sans même remarquer qu\u2019elle laissait Bruno anéanti par la stupeur.X L\u2019automne était venu avec sa douceur grave, ses journées tièdes, ses brefs crépuscules ; et les forêts de Fontfroide avaient enclos, dans leur vert immuable, les flamboyantes gerbes de quelques arbres au feuillage de pourpre et d\u2019or.Maintenant, ces clartés même disparaissaient une à une, et le soleil pâle n\u2019allumait plus de flammes ni d\u2019étincelles dans le velours doux et uniforme des sapins.Déjà, les oiseaux migrateurs avaient traversé le ciel de leur vol serré.Chaque matin, l\u2019herbe du plateau était si brillante de rosée qu\u2019on l\u2019eût crue glacée d\u2019argent.Les quelques châtaigniers sauvages qui croissaient au bas des pentes se chargeaient de fruits abondants.A tous ces signes, on pouvait prévoir que l\u2019hiver serait rigoureux.Du reste, l\u2019un des gardes de Mme Randal n\u2019avait-il pas rencontré, à deux reprises différentes, dans sa tournée, des hardes de sangliers qui semblaient transhumer, c\u2019est-à-dire aller s\u2019établir dans une autre partie des forêts plus propice à l\u2019hivernage ?A Fontfroide même, tous ces signes avant-coureurs d\u2019une précoce et rude mauvaise saison troublaient peu la vie elle-même et ses habitudes.Christine RanTal parcourait toujours chemins et sentiers avec une ardeur infatigable, et le seul changement qu\u2019on pût trouver à son activité était que les journées plus courtes la ramenaient de meilleure heure à la maison.Dominique la secondait de plus en plus efficacement, mais, sur Tordre même de la forestière, elle réservait une partie de son temps à Bruno.Quant à celui-ci, il s\u2019était, comme il le disait lui-même, livré pieds et poings liés au docteur.Et bien que Blandier hésitât encore à donner une certitude au sujet de la réussite de son traitement, la satisfaction, la joie même dont il témoignait à chacune de ses visites, donnaient à penser que ses espoirs étaient grands.Et comme on le comprenait ! Quel changement, en effet, chez Bruno, et combien le jeune homme devenait chaque jour plus différent du cavalier pareil à un spectre surgi, devant Dominique, dans la forêt !.Ah ! la jeune fille avait eu raison de compter sur « le choc » de sa rencontre avec Yvonne Merville pour déterminer l\u2019indispensable désir de guérison qui le sauverait.Car, depuis l\u2019instant où elle avait laissé les jeunes gens en présence, Randal était devenu un autre homme.Certes, durant les premiers jours qui avaient suivi cette entrevue, l\u2019infirme s\u2019était montré préoccupé, distrait, bizarre même, et comme annihilé par la récente et si bouleversante émotion qu\u2019il venait d\u2019éprouver.Dominique l\u2019avait alors souvent trouvé rude à son égard ; et d\u2019autres fois, tout au contraire, doux et amical, à moins qu\u2019il ne s\u2019enfermât dans un inexplicable A u 4 COINS DU MONDE ® M.René Brechet, président de l\u2019Association de la Presse Suisse, a été élu à Québec président de l\u2019Association Internationale des Journalistes de langue française.Il succède à M.Dosta-ler O\u2019Leary, de Montréal.Le prochain congrès de l\u2019Association aura lieu en 1957 en Afrique française, et la délégation belge a proposé que le congrès de 1958 soit tenu à Bruxelles, dans le cadre de l\u2019Exposition Universelle.© Dans la revue World Tennis, le spécialiste américain Edward C.Potter donne son classement des dix meilleurs joueurs de tennis du monde 1955, comme c\u2019est la coutume à la fin de la saison.Le voici :\t1.Tony Trabert (U.S.A.).\t2.Ken Rosewall (Austr.) 3.Lewis Hoad (Austr.).\u2014 4.Vie Seixas (U.S.A.).5.Sven Davidson (Suède).6.Ham Richardson (U.S.A.).7.Rex Hartwig (Austr.).8.Fausto Gardini (Italie).9.Kurt Nielsen (Danemark).10.Jaroslav Drobny (Egypte).\u2022\tLa Société Nationale des Chemins de Fer Français a enlevé un « Oscar » de la publicité aux Etats-Unis.L\u2019Association nationale des organisations de voyage a attribué en novembre un « Oscar » à la SNCF.Au cours du congrès annuel de cette association, qui s\u2019est tenu à Chicago, le jury a en effet estimé que les brochures de publicité que la SNCF a fait circuler cette année aux Etats-Unis ont été les « meilleures » de toutes les brochures du même genre publiées par des compagnies de voyage.\u2022\tEn dépit de l\u2019extraordinaire prospérité économique de ces dix dernières années un cinquième des familles américaines vivent à la limite de la pauvreté.Telle est la révélation inattendue qui ressort du rapport publié par une commission du Congrès américain composée de représentants et de sénateurs, le Joint Economie Committee.Sous la direction du sénateur Sparkman, la commission se propose de faire à la mi-novembre une enquête publique sur la situation de cette masse de déshérités dont on entend rarement parler dans les journaux.© Dans l\u2019Arizona, 700 savants étudient l\u2019exploitation de l\u2019énergie solaire.La chaleur du soleil peut devenir aussi utile à l\u2019humanité que l\u2019énergie atomique.Telle est la première conclusion tirée par les participants à la conférence sur l\u2019énergie solaire, qui se tenait récemment à Phoenix, dans l\u2019Ari-zona.D\u2019après les savants réun-s sous les auspices de l\u2019Institut de Recherches de Stanford, il faut s\u2019attendre que l'énergie solaire trouve des applications pratiques bien avant que les réactions thermonucléaires soient utilisables à des fins pacifiques.Contrairement au processus qui est à la base de la bombe H, les méthodes qui exploitent l\u2019énergie solaire peuvent être contrôlées par l\u2019homme.\u2022\tLe 8 novembre dernier s\u2019ouvrait aux Etats-Unis une enquête sénatoriale sur la General Motors, la plus grande compagnie d\u2019automobiles du monde entier.Le but de l\u2019enquête est de déterminer si la General Motors tombe sous le coup de la loi antitrusts.\u2022 M.Donald B.Doolittle, vice-président de l\u2019All-American Engineering Company, a annoncé qu\u2019il avait fait breveter son invention d\u2019un « sous-marin volant ».Sur Tordre du Département de la Défense aucune publicité n\u2019avait été donnée jusqu\u2019à présent à son projet.M.Doolittle peut maintenant seulement dévoiler certaines caractéristiques de l\u2019engin.C\u2019est un avion à réaction muni de flotteurs qui lui permettent d'amerrir.Un dispositif lui permet d\u2019aveugler toutes ses ouvertures et ensuite de plonger en remplissant d\u2019eau des ballasts.\u2022 Selon un rapport du Bureau de la Statistique d\u2019une grande compagnie d\u2019assurance, plus d\u2019hommes que de femmes sont admis dans les hôpitaux en Amérique du Nord par suite de maladies mentales.Au cours de Tannée 1951, 95,000 hommes et 76,000 femmes étaient soumis à des traitements psychiatriques.\u2022 De tous les chiens, les boxers sont les plus prédisposés au cancer et autres tumeurs, tandis que les fox-terriers et les épagneuls montrent la plus faible disposition à contracter ces maladies.Ce sont là les constatations faites par le docteur vétérinaire Lennart Krook, de l\u2019Institut Pathologique de Stockholm, qui a étudié la documentation touchant 440 cas de cancer canin découverts au cours de 7,200 autopsies, effectuées durant les 17 dernières années.\u2022 Les autorités soviétiques viennent d\u2019accorder un visa d\u2019entrée au R.P.Louis Dion, qui sera l\u2019aumônier catholique américain à Moscou.Le R.P.Dion, qui partira probablement pour Moscou au début de Tannée, remplacera le R.P.Georges Bissonnette, qui avait été expulsé de Russie au mois de mars, en représailles du refus américain de prolonger le séjour aux Etats-Unis de l'archimandrite Boris.© Par constitution apostolique, Pie XII vient de créer onze nouveaux archevêchés en Afrique noire en remplacement des cinquante et un vicariats ou préfectures apostoliques préexistants.Les sièges de ces diocèses sont : Dakar, Bamako, Ouagadougou, Conakry, Abidjan, Lomé, Kotonou, Yaoundé, Brazzaville, Bangui et Tananarive.Cette transformation signifie que l\u2019Afrique noire cesse d\u2019être considérée comme un pays de mission proprement dite, et que ces régions où Ton compte plus de trois millions de catholiques et un nombreux clergé indigène sont considérées comme ayant atteint leur maturité religieuse.\u2022 Les Etats-Unis, qui comptaient 10 orchestres symphoniques en 1900, en comptent aujourd\u2019hui plus de mille.Plus de cent ont été formés au cours des deux dernières années seulement.La plupart sont des orchestres de collèges ou de groupes musicaux dont le budget ne dépasse pas les 125,000 dollars par année. Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 \u2022ÿvw Le ski est le grand sport d'hiver.Et c'est tant mieux puisqu'en plus de donner de la vigueur et de l'audace à la jeunesse, il a fait la fortune de grandes régions québécoises.Rien de comparable à ces courses merveilleuses sur la neige et à ces sauts périlleux qu'on réussit à force d'entraînement, comme celui du jeune skieur dans le médaillon ci-haut.\u2014 C'est le sport de la jeunesse.Ci-contre, de jeunes garçons snexercent sur des pentes douces avant de risquer les grands sauts périlleux.Et pour les moins audacieux, il reste toujours le confort.de la traîne sauvage.(Photo C.N.R.).\u2014 Ci-dessous.Le monte-pentes du Club de Ski de Banff, en Alberta.(Photo C P.R.).:\t' \\jjï ;; ¦ m w *{m silence.Mais on pressentait déjà que la réaction de sa volonté se préparait.Et lorsque cette volonté de vie avait éclaté, la jeune fille ne s\u2019en était pas montrée autrement surprise.Que s\u2019était-il passé entre Yvonne Merville et son ancien fiancé ?Dans le travail de ses journées, dans les insomnies de ses nuits, Dominique avait essayé de l\u2019imaginer.Mais rien n\u2019était venu lui livrer le secret de ces âmes closes et bien défendues.Si, pour l\u2019une et l\u2019autre, le bonheur avait lui hors des ténèbres où six années d\u2019oubli et d\u2019épreuves le retenaient prisonnier, une tacite convention devait exiger que nul ne le sût.En tout cas, aucun rapprochement entre Bruno et la jeune femme ne semblait s\u2019être fait.Malgré l\u2019amélioration de son caractère et de sa santé, Randal refusait obstinément de se mêler à la vie de Fontfroide en quittant parfois sa retraite.Il demeurait, il entendait demeurer seul ! Et s\u2019il accueillait avec plaisir sa belle-mère, le docteur, Dominique, lorsque l\u2019un d\u2019eux poussait la porte de son appartement, il avait, une fois pour toutes, établi qu\u2019il ne quitterait point ce dernier pour s\u2019asseoir à la table de Mme Randal ou dans son salon.Et la jeune fille n\u2019avait pas manqué d\u2019attribuer cette résolution à son désir de ne se mon- trer devant Yvonne Merville qu\u2019abso-lument, définitivement guéri.La jeune veuve, elle, menait toujours, à Fontfroide, l\u2019existence effacée d\u2019une invitée discrète, reconnaissante, et qui s\u2019efforçait de prouver cette gratitude à Mme Randal par ses attentions et de menus services.Son amour maternel se réjouissait si ingénument des transformations opérées chez Martine que personne, la forestière moins que quiconque, n\u2019eut songe à trouver trop long son séjour.Yvonne Merville disait bien qu\u2019elle partirait avant les premières chutes de neige, dans la crainte que les chemins soient, par la suite, impraticables.Mais ces premières chutes de neige devaient lui sembler encore fort lointaines, car la jeune femme ne se livrait à aucun préparatif.( La fin au prochain numéro ) PHOTOS POUR LA POSTERITE\t[ Suite de la page 22 ] d\u2019une démarche de tous les jours.Ne faites pas toutes sortes d\u2019histoires jusqu\u2019à ce qu\u2019elle soit toute raide d\u2019épouvante, et ne l\u2019habillez pas trop bien.Dans ses « plus beaux vêtements », elle sera sujette à être intimidée ; ha-billez-la donc de façon simple et confortable, de préférence en une nuance pastel ou en blanc.Si d\u2019habitude elle porte des nattes, laissez-les-lui.A moins qu\u2019une petite fille ait des cheveux qui frisent naturellement, si vous lui enroulez les cheveux en petites bouclettes bien faites, son portrait une fois terminé n\u2019aura pas l\u2019air naturel.Si elle a dix ans ou moins, emportez sa poupée ou son jouet favori ; cela l\u2019ai\u2014 | dera à se détendre.Puis, laissez le photographe faire le reste.Il saura comment la mettre à l\u2019aise si vous ne vous occupez pas trop d\u2019elle Pour les hommes.Presque tous les jeunes gens font prendre leur photo, soit quand ils quittent l\u2019école, soit avant de se marier.Après cela, il faut bien cajoler un père de famille pour le persuader d\u2019aller chez le photographe.Il s\u2019agit d\u2019une modestie mal placée, car il doit à ses enfants, à ses petits-enfants (quand ils naîtront) et à sa femme de faire prendre sa photo quand il est dans la fleur de l\u2019âge et à l\u2019aube de sa carrière.Après tout, qui est plus fier que lui de son portrait quand arrivent les épreuves ?Vous voyez rarement Papa hésiter quand il s\u2019agit de les donner à tout prenant, et vous le voyez souvent jeter un furtif regard d\u2019admiration sur sa photo encadrée, sur la table de toilette de sa femme.Pour un homme, ce n\u2019est pas non plus une corvée, car une fois habillé il est prêt à partir, sans se tracasser pour la mode ou pour les accessoires.Cependant, il y a quelques conseils qu\u2019un homme devrait observer quand il décide de faire prendre sa photo.Il devrait attendre à peu près une semaine après s\u2019être fait couper les cheveux, autrement, il aura quelque peu l\u2019air tondu.Une cravate unie et une chemise blanche vont très bien.S\u2019il porte habituellement des lunettes, il devrait les garder.Le principal, c\u2019est d\u2019être détendu.Un homme pressé n\u2019est pas un bon sujet ; il devrait s\u2019arranger pour pouvoir consacrer au moins une heure au photographe.Une heure, ce n\u2019est vraiment pas trop, même si son emploi du temps est des plus chargés, car ce portrait restera dans la famille, peut-être pendant des générations.Les photographes s\u2019accordent pour dire que les hommes ont tendance à se raidir devant une caméra et que certains s\u2019efforcent d\u2019avoir un air trop énergique.Un fumeur pourra très bien poser avec sa cigarette ou sa pipe : cela l\u2019aidera à se détendre et contribuera à donner un portrait plus réaliste et plus naturel.Aux tout petits garçons, il faut permettre d\u2019emporter un jouet favori, et de le garder s\u2019ils veulent.Un petit costume confortable, de ton pastel ou blanc, est ce qui convient le mieux pour les jeunes messieurs au-dessous de cinq ans.Quel que soit son âge, ne l\u2019envoyez pas chez le coiffeur dans la matinée ou la veille : sinon, quelques cheveux se dresseront sans doute dans tous les sens.Ordinairement, les garçons plus âgés ont l\u2019air mal à l\u2019aise dans un complet neuf \u2014 il vaut mieux des pantalons en flanelle qu\u2019ils ont l\u2019habitude de mettre, avec une chemise blanche et pas de cravate.Les jeunes enfants sont d\u2019excellents sujets, très naturels, si on les laisse à eux-mêmes et s\u2019ils sont bien reposés avant de venir au studio.Les garçons d\u2019environ huit ou neuf ans ont tendance à faire un peu les clowns \u2014 ils sont très comédiens \u2014 mais le photographe saura comment maîtriser la situation.H répondra probablement aux questions que votre fils de neuf ans lui pose au sujet de l\u2019équipement puis, une fois le jeune homme satisfait, il fera de lui une photo charmante, avec toute sa soif de savoir et sa vitalité.Pourquoi ne pas suggérer de faire prendre un portrait « père et fils » ?Un garçon de neuf ou dix ans sera fier comme tout d\u2019être avec papa et, à cet âge-là, il restera probablement plus sage avec son père.Cela fera une photo que le père et le fils chériront toute leur vie \u2014 et maman aussi ! ^ ïlf ¦ ¦ ^P»Al V SW*n CAPQPAL mm mm \u2019''vxvmtm ,,;**m k Pas de joie complète sans SWEET CAPS PLUS FRAÎCHES.PLUS DOUCES.LA SWEET CAP EST LA CIGARETTE DU JOUR! Bout de liège ou uni 42 Champion Minka-V-Steglich propriété de Samuel Back, De Grossi Kennels, Toronto, Ont.WVT£/| \u2019\u2022?V » ÇJJ fil' Mil >0 ioooonce pour once ! four un chien, existe-t-il un honneur plus grand que d\u2019être proclamé \u201cLe choix des juges\u201d?Ceux qui ont dégusté le whisky canadien Lord Calvert, si moelleux, si doux, sont tous d\u2019accord, qu\u2019once pour once, Lord Calvert est jugé le meilleur.h Iord Calvert MACABRE DÉCOUVERTE [ Suite de la page 13 ] \u2014 Qui est-elle ?\u2014 Angéline Monette.\u2014 Comment étaient-ils quand ils ont décidé de partir ?\u2014 Pour dire le vrai, ils ne sont pas partis d\u2019eux-mêmes.\u2014 Que voulez-vous dire ?\u2014 On les a mis dehors de force.\u2014 Pourquoi donc ?\u2014 Us étaient en brosse tous les deux.Us avaient commencé par se chicaner, puis ils se sont battus.Alors, vous comprenez.?On s\u2019est mis à trois, l\u2019autre waiter, le propriétaire, puis moi et on les a mis à la porte.Le détective remercia poliment l\u2019obligeant jeune homme et remonta dans la carriole avec ses hommes.Us avaient à peine parcouru un mille que le détective Lorrain rebroussait chemin.\u2014 J\u2019ai oublié quelque chose, expli- qua-t-il aux autres qui s\u2019étonnaient.Au même garçon de table, il demanda : \u2014 Comment était vêtue Angéline Monette quand elle est venue ici avec Marchessault ?\u2014\tBien, elle avait un manteau .\u2014\tSa robe ?\u2014\tUne robe de crêpe .\u2014\tVous en êtes bien sûr?\u2014 Bien sûr! Je ne peux pas me tromper, car je l\u2019ai bien remarquée quand Baptiste Marchessault s\u2019est vanté de la lui avoir achetée lui-même à Montréal.Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 Les quatre policiers se regardèrent, ébahis.Car Angéline Monette était vêtue d\u2019une simple robe de baptiste, une vieille robe de maison, quand on l\u2019avait trouvée sans vie dans la neige, en face de l\u2019église.Le craquement dénonciateur.Dissimulant leur identité, les quatre agents se présentèrent chez Irène Marchessault, en qualité d\u2019amis de Baptiste.\u2014 C\u2019est bien dommage que mon frère ne soit pas ici, déclara la vieille fille tout en priant les étrangers d\u2019entrer.Il est parti pour les Etats-Unis où il a une bonne « job ».\u2014 C\u2019est bien dommage, en effet, reprit le détective Lorrain.On a déjà eu tellement de « fun » ensemble.Ça nous aurait bien fait plaisir de prendre un « p\u2019tit coup » avec lui le soir de Noël.Mais Irène appartenait à une vieille famille canadienne et elle connaissait son hospitalité.Elle insista.\u2014 Vous allez vous asseoir quand même.Je vais vous faire goûter à mon caribou.\u2014 C\u2019est pas de r\u2019fus, firent les autres en choeur, tout en s\u2019installant à leur aise.Un deuxième verre de caribou succéda au premier.On jasait familièrement dans la cuisine.Tout à coup il se produisit un craquement mystérieux dans la pièce.Irène Marchessault sursauta.Mais elle ne perdit pas son sang-froid et enchaîna : \u2014\tLe temps s\u2019est bien refroidi dehors : les clous pètent comme des bons ! Elle n\u2019avait pas réussi à donner le change aux policiers cependant.Sur un signe du détective Lorrain, les deux agents encadraient la vieille fille.\u2014\tÇa vient du grenier, affirma le détective Forget.\u2014\tNous sommes des membres de la Sûreté Provinciale, révéla le détective Lorrain.En réalisant la situation, Irène Marchessault voulut crier, mais l\u2019agent Poitras lui mit la main sur la bouche à temps.Les deux détectives gravirent rapidement le petit escalier raide qui conduisait au grenier.Quand ils ouvrirent la porte un coup de feu retentit.Heureusement que Baptiste Marchessault, dans sa précipitation, n\u2019avait pas visé juste.Le détective Lorrain tirait à son tour et sa balle atteignait le jeune homme à la jambe droite.Pendant qu\u2019un médecin administrait les premiers soins au blessé, les détectives perquisitionnaient dans la maison et aux alentours.A la porte d\u2019un hangar, près de 1 écurie, il y avait une carriole.Dans le fond on trouva une paire de lunettes brisées, qui furent subséquemment identifiées comme celles d\u2019Angéline Monette.Sur le plancher, quelques taches de sang.Après analyse de laboratoire, on constata qu\u2019il s\u2019agissait de sang humain.Expiation.Marchessault fut traité dans un hôpital de Montréal pour sa blessure.C est dans la métropole également qu il subit son procès pour meurtre.Entre-temps il avait fait des aveux.Son sort ne permettait aucun doute.La dernière personne à l\u2019approcher vivant fut le bourreau Ellis, au moment où il déclanchait le mécanisme de la trappe fatale, sur l\u2019échafaud de la prison de Bordeaux.Accusée de complicité après le meurtre, Irène Marchessault fut condamnée à dix ans de pénitencier.Elle y mourut avant l\u2019expiration de sa sentence.Alain Robert. Nouvelle Série \u201d400\u201d Philips \u2014 P-3580 Voici la télévision de qualité suprême! Vous qui recherchez la perfection en toutes choses .vous serez fier de posséder un appareil de la merveilleuse série de liante distinction Philips ! Robes créées par Nettie Rosenstein la série de liante distinction Super ON tourne la tête .les regards s\u2019illuminent.car voici la télévision la plus perfectionnée à ce jour \u2014la merveilleuse Série \"400\u201d créée par Philips.De haute distinction, et par sa présentation et par sa qualité, la Série \"400\u201d dévoile des images et une sonorité d\u2019une netteté et d\u2019une fidélité sans égales.% télévision, radio et haute fidélité PHILIPS INDUSTRIES LIMITED Montréal .Toronto \u2022 Winnipeg \u2022 Vancouver \u2022 Halifax Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 \u2018/Æ ,¦ -% : ' v -\t.A .possédé une tete unique, grosse et LISSE, et un VRAI moteur puissant,x TmrreVde c\u2019est pourquoi il rase PLUS PRÈS et PLUS VITE que tout autre procédé à sec ou à l\u2019eau ©****_- C\\NO 0«^°'lae Ot»Q.*U d° 6 lo C .°P(,'e'«l < e«\"£.b-v ,eV »ei P Jie \u201e d'J , \\o A'\tITBC AQiiffé m é a - J , .'\"^1 ri7 VHN «Ml vewwe/y (Ü?i£Sl3SI, -r^OMBlÉN^, l, estimez / , vous > I VOTRE /' I BA ^ I fEAU 9 M wr Ainsi que Philéas Fogg le lui a ordonné, Passepartout libère le capitaine Speedy.Celui-ci fou de rage, bouscule le brave garçon, et bondit sur la dunette.Il s\u2019y heurte à Fogg qu\u2019il traite de pirate, mais cette injure se brise contre le calme imperturbable de l\u2019Anglais qui, une nouvelle fois, propose au capitaine de lui acheter son bateau.\u2014 Naturellement, Speedy, hors de lui, refuse, ce à quoi Fogg répond que c\u2019est grand dommage, car il va être obligé de le brûler.Le capitaine manque de mourir sur le coup d\u2019une attaque d\u2019apoplexie, mais revient à la raison lorsque son interlocuteur lui offre la somme astronomique de soixante mille QUOI?UN ) (jE VOUS EN DONNE BATEAU QUI\t>?\u2014\\ 60 / ^- VAUT SO.OOO.J \u2014\t\u20147\u2014 \\i PAESEPARTOUT, ) S DONNE! 60.000 (ôollabs au CAPITAINE dollars/.FBStS i f i\t_ dollars.\u2014 C\u2019est à peu près dix mille de plus que n\u2019en vaut le navire, et une telle proposition ne peut être écartée sans réflexion.Au moins Speedy veut-il savoir pour quelle raison Fogg veut brûler VHenrietta.Notre ami le renseigne bien volontiers : tout ce qui est en bois à bord sera brûlé dans les chaudières.\u2014 Et la coque en fer?Grand et généreux, Philéas Fogg en fait cadeau au capitaine en plus des 60,000 dollars.Du coup, Speedy en oublie ses griefs, et accepte le marché.Sur-le-champ, Passepartout lui verse la somme convenue au grand désespoir de Fix qui voit fondre l\u2019argent de la Banque d\u2019Angleterre.( MESSIEURS, JE NS VEUX PLUE VOIR O» MORCEAU DE BOIS S SUR CE NAVIRE.FAITES-MOI SAUTER CES CLOISONS ET CE -\t^ PLANCHER./ J$?Ss jV ENTRONS A PAS AVANT queem«towm/> trois /\t/___Y MEURES, y MON- /T Mf t -\\\\ SIEUR, / A L f J-nrr FC*8//^Ç MONSIEUR, la Y iln ta plus pression -y Rien a* BAISSE .* s V I 8RU- A Commandant et désormais propriétaire de VHenrietta, Philéas Fogg mobilise une partie de l\u2019équipage pour démolir à bord tout ce qui est en bois.Les débris sont portés dans la chaufferie, et utilisés comme combustible.La démolition commence par les mâts qui fournissent à eux tout seuls quelques mètres cubes de vapeur.__ Cependant, pour faire marcher un navire avec du bois sec, il en faut des quantités considérables, et, dirigée par Passepartout, l\u2019équipe de démolition n\u2019a pas une minute de répit.Le pont, aussi ras que celui d\u2019un ponton, est abandonné au détriment des aménagements intérieurs, cabines et cloisons.\u2014 Le 19, les bastingages, les pavois, les oeuvres-mortes, et les canots de sauvetage, s\u2019envolent en fumée.Le lendemain, les couchettes, les panneaux des cales, et même la dunette y passent à leur tour.Bientôt, il ne va plus rien rester à démolir, et pourtant, à dix heures du soir, le navire n\u2019est encore qu\u2019à hauteur du port de Queenstown, à plus de vingt-quatre heures de Liverpool ! \u2014 Prenant une soudaine décision, Philéas Fogg décide de prendre pied à Queenstown, et d\u2019emprunter un train postal qui lui permettra de gagner Londres avant le 21 à huit heures quarante-cinq, heure fatidique à laquelle il doit paraître devant les membres du Reform Club.Mais 1 \u2019Henrietta ne pourra entrer à Queenstown qu\u2019à haute mer, à une heure du matin.( UNE SFCONOE// MA»* A vous Etes rr oui, bien U pue , ,Tj\\PHIL6A^ ~/S! B NIFI * f uvER^r^r^J^T5?POOL,\t1 enfin/hj\\lTl ^ VéT C'EST TROP JE M'AI PAS ENCORE PEROU NON PARI/ g1 AU NOM OU ROI JE VRUS , T ARRETE / VOU* MIRACULEUX, 1?u'/iee JE N'OSE V CROIRE.cormauTu9**QreHBCjNerrEfroPew ml/a/p/ vw?.Le 21 décembre, à une heure du matin, le navire du capitaine Speedy réduit à sa plus simple expression, profite de ce qui lui reste de vapeur pour entrer dans le port de Queenstown.Si Philéas Fogg a la chance qu\u2019un train postal soit sur le point de partir, il est sauvé.Douze heures lui suffiront largement pour gagner Liverpool, et de là, Londres.\u2014 Philéas a de la chance.Un train est en gare, et s\u2019apprête à prendre le départ.Toujours suivi de ses compagnons, notre globe-trotter y bondit, et s'installe dans un compartiment.Quand le diable y serait, les membres du Reform Club ont perdu leur pari.Dans quelques heures, ü y aura exactement quatre-vingts jours que.Philéas Fogg a quitté Londres.\u2014 A midi moins vingt, les voyageurs débarquent sur le quai de la gare de Liverpool.Le train pour Londres stationne le long du quai voisin, et nos amis s\u2019y dirigent.A ce moment, Fix, qui est resté silencieux pendant tout le trajet depuis Queenstown, met la main sur l\u2019épaule de Fogg et sort un papier de sa poche.\u2014 C\u2019est le mandat d\u2019arrêt qu\u2019il traîne depuis Singapour, et dont il trouve enfin l\u2019occasion de se servir.Pour la première fois depuis le début du voyage, Philéas Fogg manifeste sa surprise.Pourtant, force lui est de se rendre à l\u2019évidence : le mandat d\u2019arrêt est bien rédigé à son nom et le détective Fix est chargé de 1 exécuter.\t(à suivre dans le prochain numéro) 56 Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 L\u2019INTRÉPIDE JOS PRICE CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 SEIZIEME EPISODE laPHJ «s/w 'WXL fefcflg 1.\tEtonnés, les deux cowboys obéirent.Ils ne comprenaient pas qu'on les ait reçus de la sorte au ranch.Une demi-heure plus tard, ils se retrouvaient dans la plaine \u201cC'est ton allure qui nous vaut tous ces déboires'' dit Jos en s\u2019adressant à Bob.\u201cNe plaisante pas\u201d, répondit celui-ci.\u201cMais je suis sûr que Janet n\u2019en sait rien\u201d.?4.\tAyant trouvé refuge au haut d\u2019un amas de grosses roches en bordure du col, Jos et Bob ouvrirent le feu sans attendre de carte de visite.\u201cIl faut exterminer cette bande de vipères\u201d grogna Jos.Dans la fusillade qui suivit, nos deux amis ne remarquèrent pas deux Mexicains qui rampaient dans leur direction.-il, Skm 7.Dans leur chute, Jos et Bob réussirent à s\u2019agripper à un rocher en surplomb.\u201cTiens-toi bien\u201d, cria Jos.\u2014 \u201cTu n\u2019as rien ?\u201d demande Bob \u201cNon ! et Je suis aussi confortable qu\u2019un poisson dans l\u2019eau.Tirons-nous d\u2019ici et voyons ce qu\u2019on peut faire maintenant !\u201d 2.\tUs chevauchèrent en silence, en pensant à la brave Janet et à la recherche qu\u2019elle avait entreprise pour retrouver son père.Us atteignirent ainsi le col du Gros Ours et décidèrent de camper.\u201cC\u2019est dans les parages que le père de Janet disparut en cherchant le trésor\u201d fit remarquer Jos.- iZ.\u2014 5.\tUs poussaient une grosse charge de dynamite qu\u2019ils placèrent en dessous de la pile de roches sur laquelle Jos et Bob avaient trouvé refuge.La mèche brûlait déjà.Les deux hommes n\u2019en savaient rien.A leur grande surprise.tous les Mexicains disparurent tout à coup, comme par enchantement.Sfe-ISi 8 Après s\u2019être hissé sur le roc en galerie, Jos lâcha un cri de surprise.\u201cVois cette entrée de caverne\u201d, dit-il, \u201cnous pouvons certainement échapper aux Mexicains par là.Je passe le premier.Tout vaut mieux que de rester ainsi exposés aux attaques de ces Mexicains.Allons !\u201d 3.\tIl venait à peine de terminer sa phrase que des cris se firent entendre à l\u2019entrée du col.Puis une demi-douzaine de Mexicains apparurent, chevauchant dans leur direction.\u201cVoilà l\u2019autre moitié de la bande à Fasco.Vite, mettons-nous à l\u2019abri.Je pense bien que les plumes vont revoler\u201d.6.\tLes deux cowboys n\u2019allaient pas tarder à comprendre pourquoi.Une explosion terrible se fit entendre.les roches volèrent en éclats.et nos deux amis aussi.Les Mexicains, sûrs que leurs ennemis avaient été tués dans l\u2019explosion, ne reparurent pas.¦V\u2018.'Ml :\u2022 \\.SKcv \\ 9.Rampant dans un couloir étroit, ils se retrouvèrent dans une immense caverne.\u201cU semble\u201d, fit remarquer Jos, \u201cque ce passage donne de l\u2019autre côté de la montagne.Qui aurait cru que ce passage existait.Décidément, nous avons de la chance aujourd\u2019hui.Avançons toujours pour voir\u201d.10 La caverne était de dimensions gigantesques.Ils pouvaient à peine apercevoir les plafonds, tant Us étalent élevés.Bientôt, Ils aperçurent un petit filet de lumière.\u201cCe me semble être une sortie\" remarqua Jos.\"Allons-y !\" dit Bob.C\u2019était bien cela et nos deux hommes furent pris d\u2019émerveillement quand Ils débouchèrent dans une vallée splendide, qu\u2019ils ne connaissaient pas.C\u2019était une vallée verdoyante et remplie de magnifiques cours d\u2019eau.Y 'mm IkfriÀi.i 11.Comme Us se tenaient debout sur une falaise, ils admirèrent la Jolie vallée entière ment entourée de montagnes.\"C\u2019est un des pâturages cachés dont on a entendu parler\" dit Jos.- Et pas une âme qui vive\" ajouta Bob Mais Ils s\u2019aperçurent bientôt qu\u2019ils faL saient erreui.Regarde la-bas, Jos.de l\u2019autre côté du ruisseau, ce vieux de la vieille avec sa longue barbiche et qui nous fixe sans bouger\".(à suivre dans le prochain numéro' Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 57 LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT par JULES VERNE CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 VINGT-QUATRIEME EPISODE NOUS VOUS AVONS CPU MORT.-\u2014^ y MON PAUVRE AMI / ,^/nON.THAOUKA ~i\\J ^ bon Cheval / rSAggf thalcave /.mon bon / THAlCAVE .6 ¦ea MQ/ep/ v/ne H/rc/re ttete Thalcave explique que Thaouka et lui ont nagé longtemps, et qu\u2019enfin le courant les a poussés vers ce point où ses compagnons de voyage viennent eux-mêmes d\u2019atterrir.Robert Grant est débordant d\u2019allégresse, car il a retrouvé son grand ami, et le brave enfant ne pouvait se faire à l\u2019idée que l\u2019Indien avait trouvé une mort affreuse dans les eaux.Tout est bien qui finit bien.\u2014 Industrieux et dévoué, Thalcave a organisé un campement dans une estancia abandonnée, et les voyageurs y trouvent un succulent cochon de prairie en train de rôtir à la broche.C\u2019est exactement ce qu\u2019il leur fallait pour oublier les moments ALLONS, MES AMI* , DEBOUT/NOUS \\ N'AVONS BAS llVoE TEMPS A* l\\^ PERORE / % QUEL HOMME PRéClEUX CE THALCAVE, IL A MEME , TROUVÉ LE MOYEN oe * TUER UN COCHON là tragiques qu\u2019ils viennent de vivre, et, après s\u2019être confortablement restaurés, ils sombrent jusqu\u2019au lendemain dans un sommeil sans rêves.\u2014 Lord Edward est un des premiers sur pieds.En effet, il ne qu\u2019une quarantaine de milles à parcourir, avant d\u2019atteindre l\u2019Océan, mais, faute de montures, la route sera longue et pénible.D\u2019autre part, tous ces incidents ont beaucoup retardé l\u2019horaire prévu, et John Mangles doit commencer à s\u2019inquiéter.Pourvu, au moins, qu\u2019il ait attendu, et ne se soit pas lancé dans une expédition de recherches.JE NE VOIS PAS oe ^ -OUNCAN-; Il EST A VRAI QU'IL FAIT A SI NOIR fsnm\" CE VOYAGE M'AURA , 7 APPUIS BIEN DES S*.\u2014, CHOSES/.LA MER/.> ENFIN/ / coPrVKMr usg&pæ x/XHCr te t- OPeeâMÏÏ ¦Ux ! \\:wt (LE ouncan^J (~\\ > LE\t\u2014 DUNCAN.^ .C*BT 1 ¦J BIEN LE ) YACHT/ < ON NE NOUS A PAS ENCORE .gr APERÇUS/; Chacun des membres de l\u2019expédition se remet des fatigues et des_ dangers supportés depuis le départ, mais la pensée de revoir le Duncan et les êtres chers qui s\u2019y trouvent leur insuffle un courage nouveau.Après avoir marché toute une journée, ils campent pour la nuit, et repartent dès l\u2019aube.Enfin, vers huit heures, au soir du second jour, ils parviennent aux dunes de sable, qui marquent la limite de la terre.\u2014 Malheureusement, il fait déjà trop sombre pour que l\u2019on puisse distinguer si le Duncan est fidèle au rendez-vous.Lord Edward a beau se promener de long en large sur la plage, et Paganel fouiller la pénombre de sa longue-vue, rien ne vient leur indiquer si John Mangles a tenu sa promesse d\u2019attendre l\u2019expédition au moins huit jours après le délai normal.\u2014 La nuit se passe ainsi, chargée d\u2019inquiétude pour lord Edward, qui, malgré sa fatigue, ne peut fermer l\u2019oeil.Enfin, aux premières lueurs de l\u2019aube, le chef de l\u2019expédition pousse un cri de triomphe, qui réveille tous ses compagnons.A cinq milles au large, le yacht, ses basses voiles soigneusement serrées, se maintient sous petite vapeur.Par des cris les voyageurs tentent d\u2019attirer l\u2019attention de l\u2019équipage qui ne les a pas encore aperçus.AH, MYLORO, COMME NOUS SOMMES -\u20147 HEUREUX DE VOUS REVOIR.LADY ^ HELENA ET MADEMOISELLE MARY \u20147 VONT TRÈS BIEN/___________X \u2014i ILS U METTENT ILS NOUS ( THALCAVE, J ! MON AMI.< DIRE QU'IL ) FAUT NOUS'/ -, QUITTER./, ONT VUS f ne I i en I *¦ BEAUCOUP CHAGRIN / sÆM, COPyÇfGKT L iBMtwl H#C*E7T£ , P# MQHD/ mmi Pour attirer l\u2019attention du capitaine John Mangles, Thalcave charge so!gneuse-ment sa carabine, et fait feu en l\u2019air à trois reprises.Enfin, une fumee blanche apparaît aux flancs du yacht, tandis que l\u2019écho d\u2019un coup de canon parvient aux voyageurs.En même temps, le Duncan, changeant son hunier, et forçant ses feux évolue de manière à ranger de plus près la côte.- Bientôt, lord Glenarvan et ses compagnons voient une embarcation se detacher du bord et trois paires d\u2019avirons frapper vigoureusement la surface de la mer.La houle est assez forte et c\u2019est ce qui explique que, ni lady Helena, ni Mary Grant ne soient a bord du canot.Lord Edward distingue leurs silhouettes penchees sur la lisse du yacht et fouillant la côte des yeux.\u2014 Quelques instants plus tard, le canot aborde, et les matelots qui le manoeuvrent sont trop emus pour songer a cacher leur joie de retrouver leur maître, et ses compagnons sains et saufs, même si le capitaine Grant n\u2019est pas parmi eux.Le moment de dire adieu à Thalcave est venu, et le pauvre Robert Grant éclate en sanglots, car l\u2019Indien était devenu pour lui un véritable ami.\u2014 Malheureusement, Thalcave ne peut quitter son pays, et l\u2019on sent, malgré son impassibilité, que lui aussi regrette le départ de ses amis.Généreux comme toujours, lord Edward tente de lui faire accepter le prix de ses services, mais l\u2019Indien refuse, et Glenarvan n\u2019ose insister.Cependant, pour lui témoigner sa reconnaissance, il lui offre un objet auquel il tient plus qu\u2019à tout, et d\u2019une très grande valeur : un médaillon précieux, entourant un admirable portrait de sa femme, lady Helena.\t(à suivre) 58 LA PYRAMIDE D'OR manteau, il plongea dans l\u2019eau noire qui se trouvait bien à une vingtaine de pieds au-dessous du niveau de la salle.Pitoyable et oubliant ses propres périls, Sabine poussa une exclamation : \u2014 Ah ! le malheureux, il va se noyer ! s\u2019écria-t-elle.Le vieil Indien demeura impassible.Il ne comprenait pas un mot de fran-;ais, mais quand Manoel lui eut traduit ce qu\u2019avait dit la jeune fille, il eut un sourire qui fit se froncer toutes les rides qui sillonnaient son visage.Ce fut la dernière vision qui parvint aux yeux des emmurés.Le rayon crépusculaire s\u2019était brusquement éteint, éteintes aussi les parois brillantes.L\u2019obscurité la plus complète régnait dans ce domaine de la mort.Cependant, le dernier descendant des pontifes mayas expliquait à Manoel en quoi consistait leur dernière chance.Comme beaucoup de ces puits creusés en vue de recevoir des victimes aumaines, celui-ci avait pour fond une rivière souterraine.Jadis, l\u2019eau emplissait très exactement le conduit qui aboutissait au cénote.Un fort courant entraînait les corps déjà asphyxiés.Ils allaient se dissoudre dans un second puits, celui-là au niveau de la rivière.Des infiltrations avaient tari en partie la source.Le second puits n\u2019était comblé de lui-même.Il ne restait plus que quelques mètres d\u2019eau dormante au fond du cénote et le tunnel souterrain était à moitié vide.Un bon nageur ne risquait absolument rien.La découverte de ces particularités avait permis aux derniers descendants des Mayas, ces malheureux \u2019erres dans leurs refuges, au sein de la forêt vierge, d\u2019accéder au lieu le plus révéré de leurs antiques traditions.A certaines dates, les Lacandons taisaient non seulement le pèlerinage de Yaxcilan, mais celui au sanctuaire secret qu\u2019aucun homme d\u2019une autre race n\u2019avait encore découvert.A plusieurs reprises l\u2019Indien avait fait le trajet souterrain et son jeune compagnon le connaissait comme lui-même.\u2014 Et puis, frères blancs, il porte sur lui la peau de chauve-souris qui préserve de tout danger dans la traversée du monde des ténèbres.Malgré l\u2019assurance dont le vieux chef faisait preuve, une atroce angoisse étreignait le coeur des trois emmurés.Manoel avait pris Sabine entre ses bras et la jolie tête blonde reposait au creux de son épaule.Les heures passaient, interminables et cependant le sommeil ne venait pas interrompre les angoisses des malheureux.Enveloppé dans son puncho délabré, seul, l\u2019Indien paraissait dormir, mais sans doute épiait-il, lui aussi, les bruits qui viendraient réveiller la tombe silencieuse.Pour le moment, seules les respirations un peu haletantes des prisonniers attestaient qu\u2019il y avait encore de la vie dans cette atmosphère mortelle.Lente, la nuit s\u2019écoula, et un premier rayon vint frapper les murailles dorées.Le jeune Indien n\u2019était pas revenu et ceux qui attendaient de lui la vie ou la mort, sentaient s\u2019en aller leur courage.En même temps, une grande fai- [ Suite de la page 47 ] blesse les envahissait.Le manque de nourriture et l\u2019atmosphère délétère qui venait de la salle voûtée en étaient la cause.Les premiers regards qu\u2019échangèrent les deux jeunes gens exprimait le désespoir chez Manoel, une résignation navrée chez la pauvre amoureuse.Cela avait été leur seule consolation, au cours de ces heures ténébreuses, de se murmurer l\u2019un à l\u2019autre le mot qui leur montait du coeur.« Je t\u2019aime », avait dit le garçon, et Sabine avait répondu en lui tendant ses lèvres : « Je t\u2019aime ».Brusquement, l\u2019Indien, jusqu\u2019alors aussi immobile que le corps étendu sur le lit de parade, se leva.Il fit un signe, désignant du doigt un endroit de la paroi revêtue de lames d\u2019or.Tout au sommet, auprès de la fente ménagée pour laisser passer les rayons du soleil, une plaque d\u2019or bougeait lentement.Enfin, elle tourna sur elle-même et découvrit un large espace.Les prisonniers poussèrent une exclamation de gratitude, mais ils n\u2019étaient pas libres encore.Vingt mètres au moins les séparaient de cette ouverture.Les murs lisses ne présentaient aucun moyen d\u2019ascension.Sans doute, leur libérateur avait pensé à tout.Une longue échelle glissa lentement vers eux.Stéphane voulait que sa fille passât la première, mais Manoel tenait à expérimenter la solidité de l\u2019échelle de cordes.Il fit bravement l\u2019ascension, puis il redescendit afin d\u2019aider Sabine, bien faible mais ardemment tendue vers la délivrance.Le professeur passa le troisième et, enfin, l\u2019Indien ferma la marche, mais avant de suivre ses nouveaux amis, il ramassa sur le sol un paquet entouré d\u2019herbes et de larges feuillages, puis, pieusement, il s\u2019approcha de ia morte et, un à un, avec des soins infinis, comme s\u2019il s\u2019était agi de parer quelque tendre fiancée, il remit les bracelets, les bagues, les colliers et enfin le diadème.Puis, d\u2019un geste respectueux, il étendit sur le corps le puncho couleur de sang que son jeune compagnon avait abandonné sur le bord de l\u2019abîme.Du sommet de la pyramide, le professeur avait observé les comportements de l\u2019Indien.Maintenant, ils étaient tous les cinq réunis sur un éboulis de roches qui ne laissaient guère deviner quel trésor se cachait sous ces ruines.Deux Indiens de la même tribu avaient escorté leur sauveur.Avec ardeur, ils s\u2019employaient à entasser les débris de rochers et à dissimuler l\u2019ouverture que, d\u2019ailleurs, ils s\u2019étaient empressés de refermer.Le Soleil, dieu suprême des Indiens, n\u2019avait pas encore atteint le zénith que toutes traces des fouilles si patiemment conduites étaient effacées.Peut-être, durant des siècles encore, la morte continuerait son sommeil, pour quelques heures interrompu.Un spectacle surprenant attendait les voyageurs quand leurs guides les eurent ramenés jusqu\u2019aux abords du campement.Les tentes qui avaient abrité les ouvriers avaient complètement disparu.Celles des blancs étaient démontées et un groupe d\u2019indigènes était en train de les charger sur le camion.Stéphane de Laurers s\u2019empressa d\u2019interrompre leur besogne.Pour rien au monde, il n\u2019aurait consenti à s\u2019approprier ce matériel dû aux bandits qui avaient si bien monté le guet-apens dont ils avaient failli être les victimes.La nécessité le força à se servir de la voiture qui, seule, pouvait les aider à regagner des contrées moins sauvages.Le Samedi, Montréal, 24 décembre 1955 Comme son maître, le chauffeur avait disparu.Quand le professeur interrogea l\u2019Indien sur le sort de ces hommes, le descendant des Mayas eut un sourire plein d\u2019astuce.\u2014 Le Grand Esprit a décidé.Tu ne dois pas t\u2019occuper de ces choses.Après un court conciliabule entre le professeur, sa fille et celui qui, bientôt, deviendrait son gendre, M.de Laurers décida de tenir sa mésaventure secrète.Etait-il besoin de s\u2019adresser à la police puisque la justice immanente s\u2019était abattue sur les misérables ?A Mexico, il risquait, en outre, de tomber dans d\u2019autres pièges.Le gang auquel il avait eu affaire chercherait à avoir sa revanche ou, en tout cas, à savoir ce qu\u2019était devenu l\u2019homme de main qui avait eu pour mission de s\u2019approprier les découvertes que comptait faire le savant français.Mérida se trouvait, d\u2019ailleurs, à une moins grande distance que la capitale, et Mérida possédait un aérodrome d\u2019où il était possible de s\u2019embarquer pour les Etats-Unis.Faute de lauriers qu\u2019il comptait rapporter dans sa patrie, il gagnerait encore des dollars en poursuivant le cours de ses conférences.La traversée de la province du Yucatan, avec ses sites, si sauvages, ses routes à peine frayées, hors la grande voie touristique, et, surtout, son sol sous lequel dorment encore tant de vestiges de l\u2019architecture et des arts de ses anciens habitants, fut, pour les trois Français, une merveilleuse promenade.Au passage, ils purent encore s\u2019arrêter devant les ruines déjà célèbres de Chichen-Itza.Non sans mélancolie, le savant se disait, en visitant mêlé à un groupe d\u2019Américains débarqués du soir, les grandioses débris que le guide leur nommait, combien plus admiratifs encore auraient été ces touristes s\u2019il lui avait été donné de rendre à la lumière du dieu Soleil, la pyramide d\u2019or et le tombeau sacré de la prêtresse.Après avoir gravi les marches en ruines, autrefois degrés triomphaux, qui aboutissent au sommet du temple des Tigres et dominent, dans tout son ensemble, la cour des danses sacrées, il allait suivre ses compagnons jusqu\u2019au temple des Guerriers où deux grands serpents de pierre semblent les gardes du corps du terrible dieu de la pluie auquel la sécheresse de la contrée fit immoler tant de victimes humaines, quand il s\u2019aperçut que les deux jeunes gens n\u2019étaient plus à ses côtés.Un instant, il éprouva une grande inquiétude, se demandant si ses bourreaux ne les avaient pas suivis et n\u2019essayaient pas de prendre leur revanche ; mais il fut vite rassuré.Sans doute absorbés par leurs projets d\u2019avenir, Manoel et Sabine s\u2019étaient arrêtés dans la cour où, jadis, les danseuses sacrées entremêlaient leurs voiles pour charmer leurs terribles divinités.La main dans la main, ils étaient arrêtés à l\u2019ombre de l\u2019immense muraille.Leurs yeux s\u2019étaient rencontrés.D\u2019un mouvement très doux, Manoel attira vers lui la jeune fille et, dans ce cadre de magnificences et d\u2019horreurs, ils échangèrent un baiser.Et le savant se dit que la vie et 1 amour triomphaient toujours, même devant les ruines et la mort.Léo Gestelys QUE ]l%MniMe$-lS8UÊ>9 i'I I V- Q.R.Q.R.Q.R.Q.R.Q R.Q- R.Q R.Q R.-\u2014Combien un adulte a-t-il de dents?\u2014\tTrente-deux.\u2014\tQu\u2019est-ce qu\u2019un hagiographe ?\u2014\tC\u2019est l\u2019auteur d\u2019une vie de saint.-\tQu\u2019est-ce qu\u2019un Pierrot ?-\tC\u2019est un personnage de cirque, sorte de bouffon habillé de blanc, la figure enfarinée (comédie italienne).\u2014\tQue signifie mettre au pinacle ?\u2014\tC\u2019est mettre au-dessus de tous les autres.Le pinacle est la plus haute partie d\u2019un édifice.\u2014\tQu\u2019entend-on par : ses efforts firent long feu ?\u2014\tSes efforts ratèrent, comme une arme, dont la charge brûle mollement, sans résultat.-\tQu\u2019est-ce qu\u2019un fier-à-bras ?-\tC\u2019est un fanfaron, un matamore.Le géant Fier-à-Bras est un personnage des chansons de gestes.\u2014\tQu\u2019est-ce qu\u2019un démêloir ?\u2014\tUn peigne à grosses dents.\u2014\tOui décréta l\u2019érection de l\u2019Arc de Triomphe ?\u2014\tNapoléon, en 1806, pour commémorer ses victoires.Finalement, c\u2019est lui-même qui en fut l\u2019architecte.¦£ fl ¦
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