Le samedi, 1 février 1956, samedi 4 février 1956
[" 67e cmnee.No 39 iru 0 Montréal, 4 février 1956 O LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 10 cents USEZ, EN PAGE 18, NOIRE NOUVEAU FEUILLETON : LE SEUIL INTERDIT par SAINT-ANGE 1 Zhêr'ese Cadorette Reine de la Radio - TV 7956 I V M.Paul Martin, représentant du Canada à l'ONU, M, Krishna Menon, représentant de l'Inde, et Sir Leslie Munro, de la Nouvelle-Zélande, discutent de la question de l'utilisation pacifique de l'énergie atomique au cours d'une des nombreuses et fructueuses réunions de la Commission Politique de l'ONU.Une ovation à M.MARTIN L Assemblée de l'ONU reconnaît son travail sur le problème des candidats Liion.Paul Martin, délégué du Canada, a été l\u2019objet d\u2019une véritable ovation lorsqu'il monta à la tribune des Nations-Unies, après la décision prise par l\u2019Assemblée d\u2019admettre IG nouveaux membres.C\u2019est en effet M.Martin qui est à 1 origine de la résolution des 28 puissances en faveur des nouveaux membres.Pendant toutes ces dernières semaines, il déploya une activité considérable pour que l\u2019ONU admît ces Etats et c\u2019est sûrement en partie grâce à lui si les Nations-Unies comptent seize nations de plus.« Nous venons d\u2019accueillir seize nouvelles puissances, a déclaré M.Martin.Mon pays est heureux de ce résultat.Mais l\u2019absence d'un pays nous attriste.J\u2019espère que bientôt nous pourrons donner au Japon l\u2019occasion de jouer le rôle qui lui revient au sein des Nations-Unies.Nous venons, a-t-il poursuivi, de donner à seize pays l\u2019occasion de se faire entendre.Nous formulons le voeu qu\u2019ils pourront nous aider à régler les problèmes qui nous sont soumis.Nous voulions que d\u2019autres nations vinssent ici pour qu\u2019elles puissent partager, elles aussi, les responsabilités de la Charte.« Le Canada a été pousse à cette décision parce qu\u2019il croit profondément en l\u2019ONU.Les Nations-Unies constituent une force très grande travaillant pour le bien-être des nations et des peuples.La foi aux Nations-Unies est l\u2019un des éléments fondamentaux de la politique du Canada ».On voit ici M.Paul Martin fraitant de l'utilisation pacifique de l'énergie atomique en compagnie d'autres membres de l'Organisation des Nations-Unies.Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 PATACHOU UN MAURICE CHEVALIER EN JUPON Lorsque la radio canadienne diffusa pour la première fois un disque de Lady Patachou, chacun tendit l\u2019oreille pour ensuite laisser tomber cette phrase.\t\u2022* « cette chanteuse n\u2019a pas de voix, d\u2019où sort-elle ?» On apprit par la suite qu elle était la protégée de Maurice Chevalier.Mais on l\u2019écoutait toujours en se demandant ce qu\u2019elle pouvait avoir.Rien, semblait-il, qu\u2019un filet de voix, tout cela pour dire que Patachou est une chanteuse à laquelle on se fait.En écoutant pour la première fois, on est désappointé.A la seconde audition on s étonné pour finir par s\u2019emballer de cette voix simple, mais combien humaine, triste mais combien gaillarde à certains moments.Mais c\u2019est quand même, seulement en voyant Patachou sur scène qu\u2019on la découvre complètement.A ce moment ce n\u2019est plus de l\u2019emballement, c\u2019est de l\u2019hystérie et j\u2019ai pu moi-même le constater le jour où on lui a réclamé ici même à Montréal sept rappels.Le titre de noblesse dont s était d\u2019abord parée Patachou en s\u2019affublant du prénom de Lady a été vite relégué au rang des erreurs de débutants.Lady, pour une chanteuse de type populaire, ça fait un peu « m\u2019as-tu vu ?» et Patachou l\u2019a vite compris.C est ainsi qu\u2019aujourd\u2019hui nous applaudissons Patachou tout court ça fait plus sympathique n\u2019est-ce pas?La vedette qui s\u2019appelle Patachou devient Pat pour les intimes.Pour l\u2019état civil c\u2019est Henriette Billon-Ragon, née sous le signe des Gémeaux un 10 juin en plein Ménilmontant.Elle fut élève des ecoles de 1 avenue Gambetta et de la rue de la Bidassoa.Ses études terminées Patachou trouva du travail en tant que secrétaire chez l\u2019éditeur de musique Raoul Breton ou elle commença à s\u2019intéresser à la chanson.Pendant la guerre elle devint secretaire au service du personnel des usines d\u2019aviation Gnome-et-Rhone.Apres la guerre, elle ouvre une pâtisserie, Place du Tertre, qu\u2019elle baptise « Chez ,Patachou » L entreprise prospère et elle y adjoint un restaurant.Pour eieci 1 ambiance, clic sc fait animatrice.L\u2019établissement devient cabaret.Pata-chou 1 anime, y chante et y fait découvrir Georges Brassens.Puis elle débute dans le tour de chant au «Central de la Chanson».Elle passe ensuite à l\u2019ABC puis aux Trois-Beaudets et sillonne la France et l\u2019étranger en de longues tournees.On raconte que Maurice Chevalier l\u2019a beaucoup aidée au début Si c\u2019est vrai, tant mieux, car il a contribué à donner à la chanson française une version feminine de lui-memc.J\u2019affirme que Patachou, c\u2019est un Maurice Chevalier en jupon, et tous ceux qui l\u2019ont vue seront d\u2019accord avec moi là-dessus.Il n\u2019y a que cinq ans que Patachou a commencé à chanter et déjà elle a fait le tour du\t\u201d* monde.A date, Patachou a joué dans deux films : Napoléon et French Cancan Quoique grande vedette, Patachou tient toujours son établissement à Montmartre et elle y présente régulièrement quelques nouveaux talents de la chanson.J AC Duval.Notre couverture : Thérèse Cadorette, la toute gentille Jeanne Lahrie dans «La famille Plouf je » vient d être choisie, de consentement populaire, Miss Radio-Cinema-Tclevision pour Vannée 1956.Elle succède à Denise Pelletier Decouverte par le Père Legault en 1942, Thérèse Cadorette partagea pendant dix années la vie des Compagnons.Ses grands rôles constituent un souvenir délicieux pour les amateurs de théâtre de cette époque.Nous ., souhaitons \u2014 pour elle et pour nous \u2014 une carrière aussi brillante a la television canadienne. Tout** «\u2022\u2022 o*uvr*( Intégrais* *ur microsillons 33!'jt.haute fidélité BACH To««at« «t Fugua an ré mlnaut Altxsndn Schrtlntr à F orgue du Tabernacle de Sail Lake City DUKAS L'appr«ntl-sorci«r Symphonie dUtrecht, dir.par Hupperu CHOPIN Fantal*i«-impromptu, Op.66 Robert Goldsand, planiste MOZART 26* Symphonie, ml bémol, K.164 Orch.Philharmonique des Pays-Bas, dir.par Otto Ackermann BRAHMS Festival académique Symphonie dUtrecht, dir.par Paul Hupperls BERLIOZ Carnaval romain Orch.Philharmonique des Pays-Bas, dir.par Walter Goehr WAGNER Prélude du 1er acte des maltres-Chanteurs Orch.Municipal de Zurich, dlr.par Ackermann VIVALDI Concerto en do pour deux trompettes et orchestre //.Seveastern et F.Hausdoerfer, trompettistes Orch.Philharmonique des Pays-Bas, dir.par Otto Ackermann BEETHOVEN 24e Sonate en fa dièse, op.78, pour piano Grant Johannesen, planiste MOUSSORGSKY Une nuit sur le Mont Chauve Orch.Philharmonique des Pays-Bas, dlr.par Walter Goehr GRATIS VOUS POUVEZ MAINTENANT obtenir gratuitement tous ces 10 chefs-d\u2019oeuvre sur disques 33ft T.P.M.\u2014si vous ne perdez pas de temps.Vous n\u2019avez aucune obligation d\u2019acheter d\u2019autres disques.Pourquoi cette offre étonnante?Elle vous convaincra, SANS AUCUNE OBLIGATION de votre part, de la fidélité sonore, et du haut niveau artistique de nos enregistrements.Voyez ci-dessous la liste des disques à paraître.Chacune de ces oeuvres est interprétée par des solistes, chefs et orchestres renommés .enregistrée avec une technique impeccable .gravée dans toute la gamme des fréquence* audibles à l\u2019oreille humaine (50 à 15,000 cycles).Vous épargnez plus de 50% Vous ne vous obligez en aucune façon lorsque vous demandez d\u2019obtenir gratuitement les 10 CHEFS-D\u2019OEUVRE.Vous n\u2019êtes jamais tenu d\u2019acheter d'autres disques, mais vous jouissez de tous les avantages et droits du club, y compris celui d\u2019AUDITION GRATUITE (chez vous!) des nouvelles gravures de la Société.Nous avons indiqué 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Goehr 3.\tMOZART 24*m* concerto en do min.pour piano, K.481; Johannesen, piano; Orch.Symph.M.M., dir.Ackermann 4.\tBACH Magnificat en ri tolitfei; Choeur Reinhart; Orch.Symph.Winterthur, dir.Reinhart 3.BEETHOVEN 5ime concerto d* Piano (Empereur); Han-net Kann, piano; Orch.Phil, de* Pay* Bai, dlr.Ackermann 6.\tBIZET Symphonie en do; Orch.Symph.d'Utrecht, dlr.Huppert* 7.\tVIVALDI Let Saiiont (Concert! del!* Stagionl); loult Kaufman, violon; Orch.M.M., dir.Henry Swoboda 18.SCHUMANN Concert* pour piano; Mowton-Wood, piano; Orch.Phil, dot Payi-Bai, dlr.Goehr 9.HAYDN Concerto on ml bémol pour trompette; Wobl- Itich, trompât; Orch.d* l'Opéra national d* Vienne, dlr.Heiller.Concerto en ré; pour flûte, Willl* Urfer, flût.10.SCHUBERT Quintette en la (La Truite); Plna Potii, piano; Quatuor à corde* Winterthur 11.MOZART 4!ém* Symphonie (Jupiter); ot 174m* Symphonie en toi; Orch.Symph.Winterthur, dlr.Ackermann 12.CHOPIN 1er concerto en ml, pour piano Mowton-Wood, piano; Orch.Phil, de* Pay* Bat, dlr.Goehr 13.BACH 2im* concerto en ml pour violon; Chaconne on ré mineur; Odnopotofl, violon; Orch.Phil, de* Pay* Bai, dir.Gochr 114, RIMSKY-KORSAKOFF Caprice otpagnol.Introduction et marche du Coq d'Or; Moutiorgiky Introduction à \"Khovantchina\"; Symph.d* Winterthur, dlr.Dotarxont 15.\tDEBUSSY Quatuor on toi min.; Quatuor à cordo* Pascal.Sonate pour violoncelle et piano (1915); Raya Garboutova, violoncelle, Baliam, piano 16.\tBEETHOVEN Sonate \"Appaitionata\", et tonale \"Clair d* lune\"; Manne* Kann, piano 17.\tBRUCH Concerto en toi min.pour violon; PAGANINI La Campanolla; Odnopoiofl, violon; Orch.Phil, de* Pay* Bat, dir.Goehr 18.\tMOZART Quintette on la pour clarinette et cordot, K.511; Simenauer, clarinette; Quatuor à corde* Pascal 19.\tSAINT-SAËNS 36m* concerto pour violon; Havanaise; loui* Kaufman, violon; Orch.Phil, des Pays Bas, dir.van don Berg 20.\tMOZART 404m* symphonie on toi ot 344m* tym-phonle en do; Orch.Phil, de* Pays-Bas, dir.Swoboda 21.\tGOLDMARK Rustic Wedding Symphony; Orch.d* l'Opéra national d* Vienne, dir.Swoboda 22.\tBEETHOVEN 76me symphonie: Orch.Phil, d* Zurich, dir.Ackermann 23.\tCHOPIN 2ém* sonate en si bémol; Robert Goldsand, piano 24.\tHAYDN 944m* symphonie (Surprise) en sol en 1004m* symphonie \"Militaire\" on sol; Orch.Phil, dot Poyt-Bat, dir.Swoboda 25.\tCESAR FRANCK Symphonie en ré min.; Orch.Phil, dot Payt-Bai, dir.Goehr 26.\tSTRAVINSKY L'Oittau de feu; *t Concerto pour piano et instruments à vent; Orch.Phil, do* Pay* Bat, dir.Goehr, Mewton-Wood, piano 27.\tSCHUBERT 34m* symphonie; et Fantaisie et Rondo; Orch.tymph.d'Utrecht, dir.Huppert*, Frank Polleg, piano 28.\tPROKOFIEFF 1er concerto en ré, op.19, pour violon; Odnopotoff, violon; 1er concerto en ré bémol pour piano; S.Richter, piano; Orch.rad.de Zurich, dir.Hollreiser 29.\tMENDELSSOHN 36me symphonie (Ecottaite); Orch.Phil, des Pays Bat, dir.Goehr 30.\tDVORAK Quatuor en fa (Américain); Quatuor à corde* Pascal.Ouverture du Carnaval; Orch.do I Opéra not.d* Vienne, dir.Swoboda Je ne serai jamais tenu d'acheter ces disque*.Je peux essayer tous les disques, durant 5 jour*, et ne paierai que ceux que je garderai, au prix d'adhérent de $1.75 le microsillon, plus quelque* cents de frais de port.Je peux retourner n'im- V porte quel disque et ne rien payer.Je peux annu- ¦ 1er mon pdhésion en tout temps.De toute façon, les 10 chefs-d'oeuvre m\u2019appartiennent Les oeuvres ne sont pas indiquées par ordre de parution.Nom Adresse Ville Provii I I 6 I f -J Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 SAVEZ-VOUS.Pourquoi les millions de bisons qui peuplaient autrefois les prairies ont presque été totalement exterminés et qu\u2019on n\u2019en trouve plus guère maintenant que dans les « réserves » du Canada et des Etats-Unis ?Ces pauvres animaux furent impitoyablement massacrés à cause du télégraphe.Voici l\u2019explication : quand la première ligne télégraphique reliant New-York à San-Francisco fut installée, les interruptions y furent tellement fréquentes que des enquêtes devinrent nécessaires.Elles révélèrent que les buffles se plaisaient à frotter leur échine contre les poteaux qui ne tardaient pas à être renversés.On imagina alors de garnir les poteaux de gros clous de fer dont la pointe devait dégoûter les buffles de s\u2019approcher.C\u2019était une erreur calces animaux ne se frottèrent que davantage contre les pointes de fer qui les étrillaient de délicieuse façon, et les poteaux tombèrent de plus belle.C\u2019est à ce moment-là qu\u2019on décida de massacrer sans pitié tous les buffles du Far-West.En une seule année, plus de 250,000 d\u2019entre eux payèrent de leur vie leur tribut au progrès.\u2022 SAVEZ-VOUS .Que les animaux sont avertis des tremblements de terre ?C\u2019est du moins, ce que croit un professeur de géologie à l\u2019Académie d\u2019Osaka.Dans une étude très détaillée, il rapporte certaines observations, soigneusement contrôlées qui semblent bien prouver que les animaux possèdent un instinct qui les avertit des calamités de la nature.C\u2019est ainsi que, lors du tremblement de terre qui, en 1880, bouleversa la partie sud du Japon, les animaux de basse-cour quelques heures avant la catastrophe, montrèrent une agitation si grande et si désordonnée qu\u2019on les crut devenus fous, et que pendant la nuit qui précéda la quasi-destruction de Yokohama, en 1923, les chiens hurlèrent désespérément, les boeufs poussèrent des mugissements d\u2019inquiétude et les chevaux hennirent sans arrêt et s\u2019agitèrent de façon anormale.Il ajoute que des pêcheurs, qui se trouvaient dans la mer intérieure, capturèrent, au cours de cette même nuit, d\u2019énormes poissons qui, ordinairement, ne quittent pas les grands fonds.Quant aux hommes, ils ne devinèrent rien et n\u2019eurent aucun pressentiment.\u2022 SAVEZ-VOUS .Que l\u2019émétine guérit les alcooliques ?Ce produit, à l\u2019insu du buveur, est un régurgitant énergique, et si vous réussissez à en faire absorber une dose au buveur impénitent, il rend .l\u2019âme pendant six ou huit heures et éprouve ensuite un insurmontable dégoût pour la boisson.Seulement, le hic est de décider le buveur à absorber l\u2019émétine.SAVEZ-VOUS .« Partir, c\u2019est mourir un peu.C\u2019est mourir à ce qu\u2019on aime.C\u2019est toujours le deuil d\u2019un voeu, le dernier vers d\u2019un poème.t> Qui écrivit ce beau rondeau ?C\u2019est Edmond Haraucourt qui composa ces vers pour une jeune et jolie Autrichienne qu\u2019il avait connue à Con-tréxéville au printemps de 1890.Il les écrivit dans le train qui le ramenait.Ce rondeau a été mis en musique par plus de cinquante compositeurs et traduit dans toutes les langues, et chacun cite « partir, c\u2019est mourir un peu » en oubliant le nom de l\u2019auteur.SAVEZ-VOUS .L\u2019entraînement des chiens de patrouille s\u2019est beaucoup développé en Angleterre depuis la seconde guerre mondiale.On compte maintenant plus de 1,500 chiens dressés dans les divers centres de la Grande-Bretagne, aussi bien qu\u2019en Allemagne, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient.\u2022 SAVEZ-VOUS .Le Samedi saint, à Florence, on assiste à la cérémonie de la « colombe de feu » qui vole sur un fil, depuis le maître-autel de la cathédrale jusqu\u2019à un chariot de feux d\u2019artifice qu\u2019elle met en feu.SAVEZ-VOUS .Que les somnambules n\u2019exécutent pas les prouesses que la légende leur prête et que les promenades sur le faîte des toits au clair de lune n\u2019ont jamais existé que dans l\u2019esprit de ceux qui les ont contées ?Tous les dix ans cependant, on voit un cas exceptionnel comme celui de ce somnambule new-yorkais qui, vêtu de sa seule chemise 3 de nuit, parcourut quelques milles sur une autostrade avant d\u2019être réveille par les feux d\u2019un phare.Le dormeur qui parle en rêvant doit se rassurer car il ne trahit jamais aucun secret.Toute une série d\u2019expériences a, en effet, démontré que les dormeurs ne prononcent que des bribes de phrases inintelligibles ou disent des choses banales.L'un récite un poème, l\u2019autre parle d\u2019un film ou d\u2019une pièce de théâtre qui l\u2019a frappé, un troisième se plaint de la faim ou de la soif.D'indiscrétions, point.Beaucoup de thèmes en moins pour la verve des humoristes ! 4 Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 I Danielle Darricux nous conte ses débuts au studio .Elle n'avait alors que quatorze ans.La petite Danielle ne ressemblait pas du tout à une petite fille modèle.du moins, on le dit.Elle délaissait les poupées pour s'adonner à des jeux masculins avec les petits garçons.telle est.DANIELLE CHEZ ELLE Elle est assise, clans un coin du Studio, « hors champ », immobile, les yeux fixement ouverts, apparemment indifférente au manège qui l\u2019entoure, lointaine.Rompre cet isolement semble déjà une incorrection.S\u2019agit-il d\u2019une interview ?Elle écoute avec une politesse glacée, répond : « Oui.Non .Peut-être .Je ne sais pas .» Elle est charmante avec ses camarades, attentive à son travail, volontiers rieuse sur le « plateau » et généralement adorée de tous Quelques visiteurs l\u2019ont trouvée d\u2019humeur agréable, preuve évidente que son dédain n\u2019est pas une attitude.« Les gens que je connais mal me gênent, nous dira-t-elle, je n\u2019y peux rien.Et je suis incapable de cacher mes sentiments .» Danielle Darrieux vient de tourner trois films coup sur coup, Alexandre le Grand, à Madrid, L\u2019Amant de Lady Chatterly et L\u2019Affaire des poisons.Elle ne fait pas de projets, n\u2019aspire plus qu\u2019au repos, à la tranquillité.Depuis quatre ans déjà les époux Mitsinkidès ont quitté « Coeur-Volant », cette «folie» du XVIIIe qu\u2019ils habitaient à Louveciennes.Ils sont maintenant installés \u2014 plus exactement ils s\u2019installent \u2014 dans un hameau de la vallée de Chevreuse, près de Dampicr-re.« C\u2019est le jardin qui m\u2019a séduite », dira Danielle.La propriété appartenait à un gros marchand de bois qui devait avoir la nostalgie des forêts Scandinaves.Le parc est planté de pins, de bouleaux, de fougères.Une rangée de cèdres bleus le borne à l\u2019est et sur la colline \u2014 où il faut grimper par un sentier rustique au milieu des bruyères \u2014 un petit pavillon tout en bois sert de belvédère sur la vallée.On peut y « pique-niquer » sans sortir de chez soi.Nous trouvons Danielle Darrieux à la veille d\u2019un voyage.Elle s\u2019est assise sur un divan, dans le clair living-room, tassé sous un toit de vieilles tuiles, et d\u2019où l\u2019on ne voit que des massifs de fleurs, l\u2019herbe du verger qui monte vers la colline.« J\u2019ai horreur de voyager ; il faut faire des malles, consulter des horaires, attendre des correspondances .Et pourquoi faire ?Je ne trouverai rien à mieux aimer que mon petit coin d\u2019Ile-de-France, mes verdures.Dès que je suis partie, j\u2019ai l\u2019angoisse qu\u2019il se passe quelque chose, je ne sais quoi .Que je ne puisse plus revoir ma maison .» Elle nous parlait, voici quelques années, de l\u2019Amérique où elle a longtemps vécu ; elle nous dit aujourd\u2019hui qu\u2019elle a aimé Madrid, sa sécheresse, qu\u2019elle ne conçoit le théâtre qu\u2019en tournées .Contradictions ?Bien sûr ; et pour une comédienne, n\u2019est-ce pas là l\u2019enfance de l\u2019art ?Elle exerce un métier qui depuis sa prime jeunesse la livre au monde.Elle a horreur du monde.Elle ne se plaît que dans sa maison, ne se livre qu\u2019à ses amis.«Je suis encore trop près de Paris; l\u2019autre soir, nous avons dû y coucher.Dans la nuit, mon mari fut obligé de me conduire au Bois de Boulogne pour retrouver un peu d\u2019air frais .J\u2019étouffais !.» Chez Danielle Darrieux, on peut penser que les sentiments deviennent sensations ; d\u2019où son impossibilité à dissimuler, à cacher sa mauvaise humeur ou son ennui.Tout à l\u2019heure, un incident \u2014 le jeune chien « Ecrou », a été piqué par un frelon \u2014 la conduira au bord des larmes et de la crise de nerfs .e Il y a dans la maison cinq chiens et cinq chats.Les premiers ont tous les droits.Trois d\u2019entre eux dorment dans la chambre de Danielle : le fils de Xallie, Docteur, dit Bébé, un groendael, y est né.Le travail terminé au studio, c\u2019est là que, chaque soir, Danielle Darrieux, échappée à ses personnages, se retrouve.Quand elle a des loisirs, elle lit, elle écoute des disques, elle joue avec ses chiens, dans le parc, elle rêve à des voyages qu\u2019elle ne voudra plus faire, le moment venu.Les sorties ?Les interviews ?Les photographes ?Le moins possible.Pourquoi se plierait-elle à ce qu\u2019on appelle les obligations du métier ?Un magnifique living-room baigné de lumière.ïLæf' Bfeissj 'MæÎ ÉHü ; mÊ^sÆBSm ÿm&t.Wmm 4mm I Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 \u2014 Je n\u2019ai jamais eu la moindre envie de faire du cinéma ; j\u2019ai été jetée dans ce métier dès mon enfance, me demandant ce qui m\u2019arrivait.Ma mère était musicienne, je faisais mes études de violoncelle au Conservatoire sans la moindre ambition.Un jour, on me persuada d\u2019aller voir un producteur qui cherchait une fillette pour tourner un film.J\u2019avais treize ans et demi.On me fit dire, suppliante, à un jeune homme qui figurait ma mère : « Maman, je t\u2019en prie, laisse-moi aller au bal ! » C\u2019est ainsi que je tournais Le Bal.C\u2019était en 1931 ; le producteur M.Vandal, me signa un contrat de cinq ans.Pendant dix-huit ans, j\u2019ai travaillé sans bien savoir ce que je faisais, sans jamais prendre au sérieux ma réussite \u2014 ni moi-même .C\u2019est avec La Ronde, avec Max Ophüls, avec Autant-Lara, que j\u2019ai enfin découvert le métier de comédienne.Depuis cinq ou six ans, je sais ce que c\u2019est.Et cela m\u2019amuse et me passionne.» Ces confidences n\u2019ont pas seulement été dites, mais mimées.Les photos de la page précédente en témoignent.On connaît la comédienne, la plus grande, sans doute, de l\u2019écran français.Au-delà, une nature vive, spontanée, inquiète aussi ; une nervosité extrême ; une franchise totale .Telle est Danielle Darrieux ! SA VIE Celle qui allait devenir une star internationale vit le jour le 10 mai 1917, en pleine tourmente, à Bordeaux.Son père, mobilisé au moment de sa naissance, était oculiste et sa mère, professeur de chant.Dès son plus jeune âge, elle fut une véritable passionnée de la musique et, à quatre ans, elle interprétait déjà, au piano, des mélodies de Gabriel Fauré.Un beau jour, le ménage Darrieux décida d\u2019aller s\u2019installer à Paris et ce fut le grand départ pour la capitale des Arts et aussi des grandes illusions.Poussée par sa maman, la petite Danielle dut étudier le violoncelle et préparer le Conservatoire où, d\u2019ailleurs, elle ne se présenta jamais.Quand elle eut quatorze ans, Danielle Darrieux se sentit irrésistiblement attirée par la scène et voulut devenir une actrice de théâtre.Par hasard, un jour, elle lut dans un journal de cinéma une annonce.Une maison de production, « De-lac et Vendais, recherchait une jeune fille de quatorze ans ; juste l\u2019âge de la délicieuse femme-enfant qu\u2019elle était alors.Toute une nuit, Danielle rêva de cette annonce et, le lendemain matin, se dirigea d\u2019un pas décidé vers les Champs-Elysées où étaient convoquées les candidates.Ce jour-là, une bonne fée devait veiller sur elle car elle fut engagée.Le coeur battant d\u2019allégresse, mais un peu alarmée à l\u2019idée d\u2019affronter ses parents, Danielle retourna chez elle, rue de la Pompe.Péniblement, elle raconta son extraordinaire aventure à sa mère et son père complètement sidérés.Bonheur inespéré, ses parents ne firent aucune objection à la voir entrer dans une carrière si délicate 5 et même se proposèrent pour l\u2019accompagner à la maison de production afin de discuter le fameux contrat.Quelques jours après, Danielle Darrieux retournait au studio, non plus pour y tourner un bout d\u2019essai, mais pour jouer un vrai rôle.Une grande vedette venait de naître.Dans Le Bal, tourné en 1931, scs partenaires, tous d\u2019excellents comédiens.André Lefaur, Germaine Der-moz et Marguerite Pierry, furent de très bons amis pour elle et lui prodiguèrent de très bons conseils.Avec angoisse, la petite Danielle attendit la sortie de « son » film qui obtint un grand succès.Son second film fut Coquecigrole, mis en scène par Georges Sandoz, avec Max Dearly et Raymond Galle.Aussitôt après, Danielle Darrieux tourna « Mauvaise graine » que mit en scène Alexandre Esway.Un fait curieux à noter à propos de ce film : la présence dans son équipe technique d\u2019un jeune inconnu qui allait, par la suite, faire beaucoup parler de lui comme metteur en scène américain : Billy Wilder, dont un Oscar récompensa son film The Lost Week-End.Dans Mauvaise graine, la jeune vedette eut comme partenaires le jeune premier Pierre Mingand, Jean Wall et Michel Duran.Danielle Darrieux était lancée et elle n\u2019allait plus cessor de tourner.En effet, successivement, on la vit dans : Panur-gc, Le coffret de laque.Château de rêve, Volga en flammes et Tarass Boulha.Son minois charmant, ses airs boudeurs et sa juvénile ardeur lui assuraient la sympathie et l\u2019admiration de nombreux spectateurs.[ Lire la suite page 34 ] DARRIEUX i ÈÜi-'j ï m i *».»*\u2022» jè?» Depuis quatre ans, les époux Mitsinkidès ont quitté \"Coeur-Volant\", cette \"folie\" du XVIIIe siècle qu\u2019ils habitaient à Louveciennes.Ils sont maintenant installés dans un hameau de la vallée de Chevreuse.près de Dampierre.\"C\u2019est le jardin qui m\u2019a séduite\" dit Danielle à tout journaliste quelque peu inquisiteur.> I II mm 111 Hii ,.HI H!| Il .\\'S y ifM \u2022mm.: iC~ mmsm , m- 6 Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 W m wÆi ST- _ Le sergent de l'armée américaine HERMAN ROBERTS, un noir, a inventé une main mécanique permettant aux personnes infirmes de conduire leur propre automobile sans danger et avec toute la dextérité voulue.Le sergent HERMAN montre ici à un infirme comment se servir de son nouveau membre automatique.Dans les rues de Londres, un groupe de cinq mannequins suédois venues exposer les hardes faites de leur pays.Comme on le voit, le vêtement tout fait ne dessert pas la beauté qui court les rues de Londres.La confection en manufacture est une activité reconnue de ce pays nordique.Le 198 chevaux-vapeur Becxa, un scooter de fabrication britannique.C\u2019était une des pièces exposées au Salon de la motocyclette à Londres.Le scooter se vend au prix de 550 dollars.l.e PRINCE CHARLES, à son septième anniversaire le 14 novembre dvrntar.portait l'uniforme écossais.Ce plaid balmoral ne peut être porté que par les membres de la famille royale.- Le poids-lourd torontois, JAMES PARKER, mesurant 6 pied, 5 pouces, arrive à Londres pour le match qui a eu liai contre un autre géant, le Sud-Africain EWART POTGIETER, qui mesure, lui, 7 pieds 2 pouces.CO 231 La course annuelle des bagnoles depuis Londres jusqu'à Brighton a eu lieu encore cette année.A gauche, on reconnaîtra une DAIMLER 1900 et à droite une BENZ INTERNATIONAL de 1899./ * La reine er le auc a cuimbuukv ainsi que d'autres membres de la famille royale ont pr P?rt a» festival de danse qui s'est tenu à Londres.La reine cause avec le danseur russ SERGEI SVETKOV.A ses cotés on voit HSU CHU HUA, du Théâtre Classique Chinoii Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 7 f ! ¦sfr: .Demander de l\u2019inedit à un comédien de renom semble une naïveté de première force ; mais il faut croire que les simples d\u2019esprit ont aussi leur récompense sur terre puisque j\u2019obtins de François Rozet la primeur de deux photos pour nos lecteurs : la salle de cours de diction et l\u2019admirable crucifix ancien qu\u2019il a découvert dans le sud mexicain l\u2019été dernier.C\u2019est dans la grande pièce du sous-sol, réservée à ses classes, que Rozet a réuni des souvenirs de sa carrière : revues, lettres et photos de camarades de théâtre.J\u2019y vis aussi un portrait du comédien à quinze ans jouant du violoncelle et un croquis de Giraudoux fait de mémoire par Rozet.\u2014 Vous le connaissiez donc?\u2014 Nous fûmes camarades de jeunesse à la Pension Laveur.C\u2019était à l\u2019époque de mes années au Conservatoire et je logeais dans cette maison, célèbre depuis le siècle dernier, alors qu\u2019y habitèrent le peintre Gustave Courbet et le politicien Gambetta (qu\u2019Alphonse Daudet a si cruellement décrit dans « Numa Roumestan »).Elle était située dans une impasse du Quartier Latin, près de la Place Saint-Michel, et j\u2019y ai connu des écrivains comme Francis Carco, Jean Giraudoux et Léon Larguier qui nous racontait des histoires extraordinaires sur les grandes familles d\u2019Autriche.\u2014 On pourrait croire \u2014 en voyant cette photo de musicien en herbe et ce crayon \u2014 à deux autres vocations contrariées .\u2014 Non \u2014 bien que j\u2019hésitai longtemps entre la musique et la peinture.Le destin choisit pour moi en m\u2019amenant à une représentation de « Poly-eucte » dans ma ville natale de Lyon avec le grand acteur de Max, Segond-Weber et Sylvain, ainsi qu\u2019à « Cyrano de Bergerac » avec Le Bargy.Je débutai au Vieux Colombier tout en suivant mes cours au Conservatoire, à Le goût de la mer se révèle à mille détails : le coussin fait de cordage, l'abat-jour en coquillages et les étoiles de mer épinglées.Giraudoux et Jouvet ont la place d'honneur sur les murs couverts de photos et de lettres.IPhoto Alainl.l\u2019époque héroïque de Jacques Copeau qui était entouré de Valentine Tessier, de Louis Jouvet et de Blanche Albane qui venait d\u2019épouser l\u2019écrivain Georges Duhamel.Celui-ci nous amenait l\u2019équipe de la Revue Française : Vildrac, Gide, Maeterlinck dont j\u2019ai créé plus tard « La princesse Isabelle ».\u2014 Quels sont vos souvenirs de théâtre les plus vifs de cette période ?\u2014 Copeau offrit un jour le thé à une petite femme silencieuse, dont le regard admirable rachetait le visage fané.C\u2019était la Duse.Une autre fois, il nous donna rendez-vous au Cirque Médrano où il invitait Chaplin à voir les frères Fratellini.Le mot courut comme un feu d\u2019étoupe: «Chaplin.Chaplin.» et le comédien dut fuir par une porte dérobée.Au souper qui suivit, il mima (pour nous qui ne parlions pas sa langue) la scène du Monsieur dans une galerie de peintures, etc., etc.Plus tard, Rozet entra à l\u2019Odéon dirigé par Firmin Gémier pour y tenir les grands rôles du théâtre classique.Il fréquentait le célèbre Café de la Ré-gence avec Henri Ghéon, Jules Romains, Porto-Riche, Pierre Louys et Anatole France dont il devait créer « Les dieux ont soif » dans une adaptation de Pierre Chaîne.Comme j\u2019admirais une photo de lui dans le rôle de Marius, des «Misérables» (et qu\u2019il était beau le bougre!), il me montra quelques numéros de La Petite Illustration publiant des pièces qu\u2019il avait jouées et les photos accompagnant le texte : dans « Madame Récamier » (d\u2019après la biographie romancée d\u2019Edouard Herriot) avec Marie Bell (Madame Récamier), Le Bargy (Chateaubriand), Françoise Rosay (Madame de Staël) et lui-même dans le rôle du Prince de Prusse que faillit épouser cette femme-mystère.Je feuillette d\u2019autres numéros, comme « Minuit.Place Pigale » de Dekobra, qui montre bien que l\u2019artiste a créé dans tous les genres, et nous continuons la visite de sa galerie de souvenirs.Je m\u2019arrête devant un beau portrait de Madeleine Ozcray que le peintre Mariette Lydis fit pendant la guerre alors qu\u2019elles étaient toutes deux exilées (pour des raisons différentes) en Amérique du Sud.\u2014 J\u2019avais connu Madeleine en France avec Jouvet, me dit-il, et je l\u2019ai retrouvée à Montréal.Nous avons joué ensemble « Poil de carotte » au Her Majesty\u2019s de Montréal et au Barbizon-Plaza de New-York, ainsi que les Nuits de Musset.\u2014 Et cette photo de légionnaire?de prêtre dans Notre-Dame de la Mouise?de prince ?d\u2019étudiant ?C'était au cinéma ?\u2014 Le prince, c\u2019était avec Madeleine Ozeray dans « La guerre des valses » tourné en Autriche ; et l\u2019étudiant, c\u2019était dans « Sapho » que j\u2019ai joué au théâtre (avec Cécile Sorel) et au cinéma.J\u2019ai môme donné des cours à l\u2019Ecole de Cinéma de Roger Lion où j\u2019ai eu comme élève Germaine Roger.\u2014 Et les tournées ?\u2014 Une des premières de ma carrière de jeune comédien fut celle de l\u2019Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) sous la direction de Gémier.Nous étions les invités du Gouvernement de Québec et de l\u2019Honorable Athanase David et présentions à Montréal et à Québec «Le Marchand de Venise», «Le Mariage de Figaro», «La mégère apprivoisée».Vera Korène, avec qui je devais jouer vingt ans plus tard « La Dame aux Camélias » à Montréal était aussi de la tournée ; nous étions dans la même classe au Conservatoire et avons passé l\u2019examen ensemble dans une scène de « Griselidis ».Les tournées officielles de l\u2019Odéon me permirent de visiter le Danemark, l\u2019Italie, l\u2019Afrique du Nord et l\u2019Amérique du Sud où je m\u2019étais rendu avec le Vieux Colombier en 1940.La guerre m\u2019y retint jusqu\u2019à l\u2019invitation de venir jouer à Montréal, que j\u2019acceptai aussitôt.Nous connaissons la suite, et cette brillante saison de l\u2019Arcade suivie de la, fondation (par M.Paul L\u2019Anglais) de la Comédie de Montréal où défilèrent tous les artistes français retenus en Amérique par la guerre : Korène, Verneuil, Jaque Catelain, Dalio, Deschamps, Janine Crispin, Victor Francen, Jean-Pierre Aumont, Claude Dauphin, Marcel Chabrier et\t[ Lire la suite paye 28 ] Le grand voyageur que fut Rozet semble regarder avec nostalgie ses souvenirs de pays étrangers et ce voilier à l'ancre.Le crucifix indien a été découvert dans le sud du Mexique.Le Christ a de longs cheveux noirs et droits comme ceux des indigènes, la couronne est de cuivre et le bois est d'un noir d'ébène peinturé de rouge avec un réalisme rempli de dureté.François ROZET par LUCETTE ROBERT 8 Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 LE FILM DE LA SEMAINE THE GIRL RUSH Toujours jeune et pleine d'entrain, Rosalind Russell revient à l'écran dans une comédie qui abonde en situations et en quiproquos amusants.A ses côtés : Fernando Lamas, Eddie Albert, Gloria De Haven, James Gleason et Marion Lome.: \t \tmM y\t-g\tgji® t*\t Elle décide de quitter Providence pour Las Vegas où son père avait acheté un hôtel, en société avec Ether Ferguson (James Gleason).A sa grande surprise, elle est accueillie par Victor Monte.\u2014 Ce dernier est devenu propriétaire de l\u2019Hôtel Flamingo sur lequel il avait une grosse hypothèque.Kim ne s\u2019en doute pas.Elle agit comme si elle était toujours propriétaire, critiquant un numéro de danse de Taffy Tremaine (Gloria De Haven,) et suggérant des améliorations.\u2014 Kim a hérité de son père le goût du jeu et du risque.Un \\ *K33V JH -¦y;?Les trois principaux personnages de la comédie musicale The Girl Rush sont Victor Monte (Fernando Lamas), Kim Halliday (Rosalind Russell), Elliot Atterbury (Eddie Albert).C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une jeune fille ayant à choisir entre deux prétendants.Un cas qui n\u2019est pas fait pour embarrasser Kim Halliday.\u2014 Kim Halliday vient de perdre son père, qui s\u2019est ruiné au jeu, et trouve l\u2019existence monotone en compagnie de sa tante Clara (Marion Lome).fs mm goût que ne semble pas partager le nouveau propriétaire du Flamingo, si l\u2019on en juge par son expression déconfite.Il n\u2019aime pas non plus les assiduités d\u2019Elliot Atterbury, un voyageur de passage à l\u2019hôtel, auprès de la jeune fille.\u2014 Au cours d\u2019une promenade à cheval, il déclare son amour à Kim et lui propose de choisir entre Elliot et lui.La jeune fille accepte de l\u2019épouser.Elle devient ainsi la maîtresse incontestée de l\u2019Hôtel Flamingo et se chargera désormais d\u2019organiser les soirées de variétés qui y seront données./assh *t\\ **¦ a» SSi-S .> ¦ - iawaeaurri ¦SSi 4?^ La voiture de demain, un salon roulant tures \u2014 qui devinrent plus harmonieuses, plus claires, plus compactes et plus légères.Les « Trois Grands » immédiatement voulurent eux aussi créer un new-look, mais les éléments qu\u2019ils choisirent furent assez malencontreux ; vous les connaissez comme moi : ils se nomment « l\u2019effet de masse » et « l\u2019effet de clinquant ».Et voici pourquoi l\u2019ère numéro 3 de l\u2019automobile est celle des moteurs de plus en plus gros qui entraînent des carrosseries de plus en plus surchargées de chrome ; celle des voitures trop vastes, trop chères, trop coûteuses ; celle de la vulgarité, du bric à brac, de l\u2019ostentation ! Cela est d\u2019autant plus consternant que l\u2019automobile américaine appartient à la culture américaine et constitue dans le monde une exception assez étonnante : c\u2019est la seule invention mécanique que la Russie n\u2019ait pas encore essayé de s\u2019approprier ! Mais je crains fort que nos énormes voitures clinquantes fassent bientôt oublier à nos amis étrangers que nous savons aussi construire de merveilleux moteurs.« Nous autres, dessinateurs pour l\u2019industrie, avons, bien entendu, comme principal objectif d\u2019aider nos clients à mieux vendre leur production.Or, nous savons tous que la laideur se vend moins bien que le bon goût.Une nouvelle preuve : A l\u2019automne dernier, nous avons créé des carafons spéciaux de whisky pour Noël.Ces carafons ne ressemblaient absolument pas aux bouteilles normales : nous les avions voulus d\u2019une élégance raffinée, rarissime.Six semaines avant Noël, il n\u2019en restait plus un seul chez les marchands.Je déplore que les grandes marques d\u2019automobiles ne soient pas aussi soucieuses de raffinement que les fabricants de whisky.On engagera des spécialistes du F.B.I.«En fait, ce n\u2019est pas d\u2019originalité qu\u2019elles me semblent soucieuses, c\u2019est de copier les inventions du voisin.Résultat : tout le monde a la même voiture, à part les quelques centimètres où chaque firme inscrit son nom.Cela me rappelle la fameuse recette de l\u2019un de nos humoristes : enfermez dans un garage pendant une nuit une Ford et une Chevrolet.Revenez neuf mois plus tard, vous trouverez entre elles une petite Plymouth et vice versa.La voiture de demain sera encore plus perfectionnée que les beaux modèles ci-contre.Elle comprendra, entre autres choses, un moteur ultraplat et le radiateur sera minuscule.Il y aura d\u2019énormes coffres à bagages et, sur certains types, un équipement de camping complet, avec réfrigérateur, réchauds électriques, tente escamotable et baignoires pliantes.« Cette manie et cette épouvante du plagiat ont pris des proportions ridicules.A tel point qu\u2019on prend des airs de conspirateur pour discuter.de la longueur d\u2019un ornement de capot et qu\u2019on entendra bientôt le dialogue suivant, entre le patron d\u2019une grande marque et un ingénieur qui cherche une job : \u2014 Avez-vous un diplôme ?\u2014 J\u2019ai étudié trois ans l\u2019espionnage technique à Harvard.J\u2019ai un diplôme « hors concours ».\u2014 Bravo, et où avez-vous déjà travaillé ?\u2014 Au F.B.I.pendant 6 ans.Je m\u2019occupais de photographie de contre-espionnage au téléobjectif.\u2014 Alors, je vous engage.« Les experts estiment que, dans cinquante ans, 120 millions de voitures rouleront aux Etats-Unis, peuplés alors de 298 millions d\u2019habitants.Quelle fir\u2014 Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 ous ME demandez de vous décrire la voiture de U l\u2019an 2005 .Laissez-moi vous raconter d\u2019a- J bord l\u2019histoire du vieil Irlandais mourant auquel le prêtre faisait jurer de renoncer au Diable et à ses oeuvres.« Mon père », demanda l\u2019agonisant, « êtes-vous bien sûr que je doive encore me fâcher avec quelqu\u2019un ?» « Moi aussi, je voudrais être sûr que je dois prendre le risque de me fâcher avec vous \u2014 vous, les meilleurs ingénieurs américains \u2014 en prononçant mon discours.Mais si, même dans une toute petite mesure, j\u2019aide ainsi à construire un jour une meilleure voiture, je ne regretterai pas ma franchise de ce soir.« Au commencement, donc, il y avait Ford .» Après avoir présenté par ces mots au Congrès des Ingénieurs de l\u2019Automobile américains sa « prophétie » sur la voiture de l\u2019an 2005, Raymond Loewy retrace d\u2019abord pour nous l\u2019histoire de la voiture, depuis le début du siècle.La fable des carafons de whisky.«Après Ford, la deuxième grande époque fut celle de Chrysler ; pour la première fois, on attacha plus d\u2019importance à la carrosserie qu\u2019à la mécanique.Puis ce fut, et nous y sommes encore, la 3e époque.Engagées dans une lutte difficile contre les énormes groupes Ford, General Motors et Chrysler, les marques indépendantes se lancèrent en 1945 dans la tentative qui devait leur attirer une plus grande faveur du public.Carrosserie, moteur, suspension et aménagements intérieurs ayant atteint chez tous les constructeurs un degré de perfectionnement à peu près égal, les indépendants décidèrent, en effet, de faire porter tous leurs efforts sur le « style » de leurs voi- me, en 2005, tiendra la première place du marché automobile ?Je ne peux pas vous le dire ; mais je peux dire que, pour conquérir cette première place, il faudra offrir autre chose aux clients qu\u2019un ornement de capot un peu plus chromé que ceux des concurrents.« J\u2019ai été cruel dans cette histoire de la voiture américaine, parce que je crois que nous pouvons, aujourd\u2019hui, faire entrer cette voiture dans son quatrième grand âge : l\u2019âge du bon goût, de l\u2019imagination sans emphase et de la sécurité.« Naturellement, l\u2019aspect et les caractéristiques essentielles de notre automobile de l\u2019an 2005 dépendront en premier lieu de grandes conditions générales : évolution des carburants, évolution des métaux, mouvements de la population, progrès des techniques, progrès des routes.\t[ Lire la suite page 28 ] Est-ce l\u2019aspect de la ville de demain, enfouie dans les entrailles de la terre pour se défendre contre les attaques atomiques venues des airs ?La croûte terrestre constituerait alors une vaste rue où des voitures d\u2019une puissance encore inexistante et d'une exceptionnelle rapidité rouleraient sans entraves. 10 Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 DANS LE MONDE SPORTIF ' PAR OSCAR MAJOR LE JEU TRES RUDE, BRUTAL MEME, ACTIVE LA DANSE DES MILLIONS La question du jeu très rude, voire même brutal, dans la ligue majeure, a déjà fait l\u2019objet de multiples recommandations.Au cours de la présente saison, un plus grand nombre de joueurs furent gravement blessés, précisément parce que les arbitres n\u2019ont pas sévi impitoyablement, ou n\u2019ont pas voulu sévir contre le jeu trop rude de certains joueurs de défense, portés à appliquer des prises de lutte libre, grimaces et colère feinte en moins.Ces chevaliers du sifflet font tout pour ne pas mécontenter les pontifes de la N.H.L.Jim Norris et son triumvirat, croyant dur comme fer que les spectateurs américains préfèrent la casse et ses pompes à la classe et ses ruses.Les esprits les plus optimistes ne peuvent nier que l\u2019arbitre des joutes majeures traverse une crise assez sérieuse, dont la conséquence la plus regrettable est la répercussion fâcheuse suivante : si les arbitres ne sont pas plus sévères à l\u2019endroit des joueurs brutaux, chaque équipe de la N.H.L.comptera une demi-douzaine de joueurs éclopés.Si nous ne croyons pas à la partialité des arbitres de cette saison, la compétence de trois d\u2019entre eux nous semble quelque peu sujette à caution.Il n\u2019y a plus qu\u2019une mesure à prendre à leur égard : leur retirer les sifflets, dont ils se servent si mal.Nous restons rêveur, en songeant que les mogols de la N.H.L.ont confié à des hommes aussi insuffisants le soin de diriger des parties de la plus forte ligue de l\u2019univers.Seul Red Storey possède les qualités de nos anciens arbitres, Cooper Smeaton, Mike Rodden, Mickey Ion, Lou Marsh, Bobby Hewitson, Bill Stewart, King Clancy, Georges Gravel et Bill Chadwick.Tous ces arbitres savaient, avant tout, garder leur sang-froid et ne craignaient aucunement les foudres de Jupiter, c\u2019est-à-dire les protestations des gérants et des gros bonnets du hockey majeur.Comme on le sait, l\u2019arbitre Georges Gravel qu\u2019on a rayé des cadres durant sa maladie, il y a deux ans, pourrait revenir officier, de nouveau, dans la N.H.L., s\u2019il se mettait à genoux devant celui-ci ou celui-là.Il n\u2019est pas homme à lécher les bottes .Pourquoi l\u2019a-t-on mis de côté ?Il était le seul maître sur la patinoire.Il appliquait les règlements à la lettre, dans le but louable de conserver la maîtrise de la joute, en punissant les joueurs qui ajoutaient à leur science du hockey la pratique perfectionnée de tous les truquages plus ou moins licites.Cette manière d\u2019agir ne plaisait pas aux pontifes de la N.H.L.L\u2019arbitrage, dans la ligue professionnelle majeure, fut toujours le problème le plus difficile à résoudre.Il a déposé un plus grand nombre de cheveux blancs sur les têtes de Clarence Campbell et de Carl Voss que toutes les autres questions épineuses, auxquelles ils ont fait face.L\u2019arbitrage, après tout, repose sur le jugement de quelques hommes, soi-disant experts, mais toujours faillibles.C'est dans la nature humaine, n\u2019est-ce pas ?Tous les gérants de la N.H.L.ont à se plaindre de l\u2019arbitrage, à l\u2019exception du mentor du Canadien Toe Blake, qui ne s\u2019extériorise pas facilement.Malgré l\u2019amende de 81,000, dont ils sont passibles, en critiquant les arbitres, ces pilotes n\u2019ont pu se contenir et ont lancé des imprécations contre les chevaliers du sifflet.Le président Campbell n\u2019a pas encore reçu, de Jim Norris et Cie, l\u2019ordre de punir les gérants qui ont rechigné contre certains arbitres.Si, un jour, Toe Blake se décide à critiquer les arbitres, il n\u2019aura pas prononcé le dernier mot qu\u2019il se verra soulagé d\u2019un joli billet de banque de $1,000.Sans admettre que certains arbitres servent de tampons à l\u2019aigreur ou au mécontentement des têtes dirigeantes, nous pouvons dire qu\u2019ils sont parfois la cause de nombreuses frictions, de fréquentes rébellions sur la surface polie.Leur apathie est choquante, à tel point que les joueurs du club vexé sont incités à prendre la justice en mains et à remettre le Si les pontifes de la N.H.L.décrètent que le joueur ayant reçu une punition de deux minutes peut revenir au jeu, immédiatement après qu'un but soit marqué, ils inciteront les joueurs belliqueux à lever leurs bâtons trop haut, plus fréquemment, pour plaire aux spectateurs américains friands de la casse.Ce jeune athlète anglais, JOHN SIMPSON, est tout fier de porter l'uniforme de la Garde Nationale, de Londres.Les chroniqueurs sportifs de l'Angleterre voient en ce Johnny, 6 pieds 2 pouces, le futur champion national du cricket.mm ¦ ¦ Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 11 change à certains joueurs, envoyés dans la mêlée pour démantibuler les étoiles de l\u2019adversaire.Nous assistons à des joutes de hockey de la ligue majeure, depuis 1911.Souventes fois, nous avons entendu des gérants de la manière forte féliciter le joueur coupable d\u2019un acte presque brutal en ces termes : « Bien, tu l\u2019as mis hors d\u2019état de nuire, pendant deux ou trois semaines ! Il en a pris pour son rhume ! » Et l\u2019on dit que le sport adoucit les moeurs ! Est-ce que les mogols mettront fin au jeu brutal ! Non.Pourquoi ?Parce que, avec le jeu rude et brutal en vogue sur plusieurs patinoires, les proprios des différents clubs connaîtront des recettes de plus de $5,600,000, joutes éliminatoires comprises.Donc, des profits de près de $3,000,000, divisés en six parties.Une somme globale, devant laquelle les millionnaires ne font pas la moue ! Revenons à ces pauvres arbitres avec une complainte : Est-il rien stir terre Qui soit plus émouvant Que la grande misère Du pauvre arbitre errant ?Que son sort malheureux Est triste et douloureux ! UNE MEDAILLE DU COURAGE Dans la vie courante, le courage des hommes est signalé à l\u2019attention de leurs concitoyens par une récompense quelconque, dont la variété différencie la somme de l\u2019héroïsme déployé.De nos jours, un nouvel aspect de l\u2019héroïsme se manifeste de plus en plus sur les terrains de sport en particulier.Nous tenons à signaler, à l\u2019attention des gens qualifiés qu\u2019il y a là une lacune regrettable.Nous avons tous vu ou lu que, dans de multiples endroits, quelques braves citoyens avaient, au péril de leur vie, continué à assumer des fonctions pour lesquelles ils sont payés par des promoteurs d\u2019événements sportifs.Nous voulons parler des arbitres de tous les sports.A l\u2019étranger, les spectateurs en ont jetés à l\u2019eau.Us en ont lapidés.Us ont tenté d'en lyncher.Jusqu\u2019ici, au spectacle, l\u2019on avait accoutumance de voir ces jets spontanés consister en trognons de choux, en tomates, pommes crues ou frites, avec lesquelles les victimes avaient parfois la consolation de pouvoir casser la croûte !.Le sport a virilisé ceci.A la boxe, il devient élc-gant d\u2019écharper l\u2019arbitre, chaque fois qu\u2019il semble sévère ou qu\u2019on n\u2019est pas de son avis.Jusqu\u2019ici, on se contentait d\u2019injurier le boxeur ou l\u2019arbitre, qui n\u2019avaient pas l'heur de plaire.Quelquefois, on lui jetait des boulettes de papier, des programmes, des journaux ou des chiques de caoutchouc.Mais, la semaine dernière, à Chicago, c\u2019est une bouteille qu\u2019on vit tracer une trajectoire assez tendue et venir se briser sous les pieds de l'arbitre, près des deux boxeurs.U fallut arrêter le combat et balayer avec soin.On ne put arrêter le coupable de cette imbécile manifestation.Ça va devenir gai ! Un moulinet, une droite ou une gauche, on les encaisse.Ce sont les petits inconvénients du métier.Mais si les bouteilles se mettent à pleuvoir, comme dans les scènes de ménage, on n\u2019aura plus qu\u2019à rester chez soi.Quoi qu\u2019il en soit, les pauvres arbitres risquent gros.Leurs femmes, lorsqu\u2019ils partent, doivent être dans des transes mortelles jusqu\u2019à leur retour.C\u2019est pourquoi nous demanderons s\u2019il ne serait pas possible de magnifier, d\u2019une façon tangible, l\u2019héroïsme de certains arbitres ?Ne pourrait-on, à leur intention, créer un ordre\" de courage civique ?Et toute attribution de cet insigne serait accompagnée d\u2019une éloquente citation : « A, en des circonstances extrêmement critiques, conservé un calme et un sang-froid remarquables.N\u2019a pas faibli sous une grêle de projectiles.A, par son exemple, maintenu les joueurs sur le terrain.A été blessé ».Et même des chevrons pourraient signaler les récidivistes de ces exploits ! On en verrait de belles si, dans les patinoires de la N.H.L., les arbitres ne recevaient toute la protection qu\u2019ils méritent, malgré l\u2019incompétence de quelques-uns d\u2019entre eux que les dirigeants auraient dû laisser promener dans un fauteuil à trois roues, ou déléguer en Afrique Centrale, pour y rencontrer une troupe d\u2019anthropophages affamés.[Suite à la page 30] Aux Etats-Unis, on est en train de nettoyer les écuries d'Augias, en boxe professionnelle.Les gangsters, les racketeers, les gens de la pègre et les indésirables, qui profitaient de la candeur naïve de certains pugilistes, sont contraints de prendre le chemin des ténèbres.Attention ! Ils ne se tiennent pas pour battus !.Les membres des Commissions de Boxe des plus grandes villes américaines ont, jusqu'ici, fait un grand pas dans l'épuration des écumeurs.Pourront-ils diminuer la gravité des dangers qu'encourent les boxeurs, mis hors de combat, comme le fait le champion mondial des boxeurs mi-moyens, 147 livres, CARMEN BASILIO, au détriment de TONY DE MARCO, incapable de se relever?Aucun coup de poing ne peut être porté impunément à la tête ou au coeur.Sans aucun doute, chaque mise hors de combat cause un tort considérable au pugiliste, réduit en un paquet de chair molle, en attendant de marcher sur les talons ou de perdre la mémoire, dans une décade ou moins.Et dire qu'il y a, malheureusement, encore des gens croyant que ce noble art n\u2019est pas cousin germain de la barbarie ! Voici un cas, en boxe, où le pugiliste vaincu n'a pas eu à souffrir de l'atmosphère des tribunes ! Et ce n'est pas la première fois que le public parisien donne à l'athlète favori un témoignage de pareille sympathie ! Cela s'est, récemment, passé au Palais des Sports de Paris, alors qu'un groupe de chauds partisans du boxeur poids-moyen, 140 livres, SAUVEUR CHIOCCA, après avoir brisé chaises et cordes, ont jugé à propos de renverser la décision de l'arbitre, ayant déclaré vainqueur Jacques Herbillon.Les gendarmes ont refroidi l'enthousiasme mal placé de ces amateurs.L'autre semaine, à Milan, croyons-nous, à la suite d'une décision de l'arbitre d'une joute de soccer, il y eut bagane, au cours de laquelle 152 spectateurs furent blessés, dont 8 grièvement.L'un de ces étourdis décupla sa rage, hurla à mort l\u2019arbitre, qu'il voulait lyncher.Ce pauvre chevalier du sifflet fut gardé par la police dans un endroit secret.Le sport adoucit les moeurs, lorsque l'on respecte l'autorité de l'arbitre.Sinon, nenni !., *4, 12 Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 fîvîr'JS- 1 hk-ft: ï .Roman d'aventures par RENE POUPON La salve ennemie arriva.Trop court ! La mer reçut sa masse, qui plaqua sur le flanc de lOrion un ressac d\u2019écume.Le Corsaire des Mers du Sud La cloche du bord piqua le dernier quart de veille.Le capitaine de vaisseau Hans Kroener sortit de sa cabine.L\u2019Océan Pacifique, peint d\u2019un sombre bleu de nuit, reflétait, en son miroir moiré, la nuée d\u2019étoiles qui scintillaient au ciel des tropiques.Dans le silence nocturne, on percevait le sourd battement de la machinerie, qu\u2019accompagnait, sur un mode plus aigu, le frisselis de l\u2019eau sous l\u2019étrave.Par tribord, l\u2019île de Nouï dressait sa masse sombre.Mans Kroener gagna, à l\u2019avant du navire, la passerelle.Dans la cage vitrée, torse nu, en raison de la pesante chaleur, un matelot, les yeux rivés sur le cadran du compas, tournait à petits coups, la roue de la barre.Près de lui, en tenue de drap blanc, un très jeune lieutenant fumait et rêvassait.L\u2019entrée du capitaine le tira de sa méditation.Il salua son chef.\u2014 Du nouveau, Druckmann ?\u2014 Rien, commandant, il nous faudra attendre le jour.Kroener approuva d\u2019un signe de tête et tous deux gardèrent, un long moment, le silence.Sous la main exercée de l\u2019homme de barre, l\u2019ex-croiseur auxiliaire Orion, de la marine de guerre allemande, poursuivait sa route.Suivi du lieutenant, le capitaine quitta la dunette.Tous deux, sur le pont, firent quelques pas le long de la lisse.Ils gagnèrent la plage avant, long triangle arrondi, où l\u2019ombre allongé de deux canons jumeaux traçait une ligne médiane.Kroener, s\u2019approchant de la pièce, caressa la fine volée d\u2019acier luisant.\u2014 Jolis bijoux! opina Druckmann, pour rompre le silence.\u2014 Jolis.répéta le capitaine.J\u2019aurais désiré les camoufler, comme nous l\u2019avons fait des autres batteries, mais des pièces de 280 ne s\u2019escamotent pas comme un pistolet de dame.\u2014 Bah ! les bâtis de bois que nous disposons pour le jour les dérobent assez bien aux regards indiscrets.\u2014 Pour combien de temps ?\u2014 A la dernière croisière, pendant la guerre, malgré la marine alliée lancée à nos trousses, ne sommes-nous pas restés dix-sept mois à déjouer l\u2019ennemi ?Depuis, sagement camouflés, on nous a oubliés.Nous bénéficions, avec cela, de l\u2019état de paix qui a obligé les vainqueurs épuisés à désarmer leurs bâtiments, de notre propre expérience, de notre connaissance parfaite de cette immensité marine, des stocks de mazout et de munitions disséminés dans tout l\u2019archipel océanien, par les prévoyants Japonais, et de la complicité des indigènes en révolte contre leurs maîtres anglo-saxons ! Alors.\u2014 C\u2019est exact, Druckmann, mais ne nous leurrons pas.Autant que nous sommes, à bord de ce dernier survivant de la Kriesmarine, nous savons tous le sort inéluctable qui sera finalement le nôtre.C\u2019est une lutte sans merci que nous livrons.La voix de Kroener s\u2019était faite dure et sourde, empreinte d\u2019une violence déterminée et son visage d\u2019oiseau de proie reflétait le sauvage fanatisme de sa race, toujours invaincue.Le lieutenant approuva obséquieusement les paroles de son supérieur.\u2014 Je crois que nous n\u2019avons pas mal travaillé, depuis la fin de notre retraite ?Le Hemfold, le Rangitane, le Ringwold, le.\u2014 Oui, interrompit le capitaine, un beau tableau de chasse ! Puis, sur un silencej il demanda : \u2014 Pensez-vous que la tornade de cette nuit ait obligé les navires au long cours à dévier de leur route normale, pour rechercher une mer moins agitée ?Avons-nous dés chances d\u2019intercepter quelque navire isolé ?\u2014 Certainement ! La radio a capté un message du Tropic.Il donnait sa position, relevée à minuit.J\u2019ai fait mes calculs et donné les ordres en conséquence.Nous ne devons pas tarder à le rencontrer ! \u2014\tLe Tropic ?fit le capitaine.C\u2019est si je ne me trompe, un cargo de 16,000 tonnes ?Et chargé d\u2019armes pour le gouvernement de Mélanésie, en lutte actuellement contre les rebelles ?Je pense que notre ami Tsen-Tao sera content ! \u2014\tEt qu\u2019il saura récompenser d\u2019une large poignée d\u2019or chacun de nos matelots ! Ils ne négligent pas ces libéralités.Pendant ce dialogue, les étoiles avaient pâli dans le ciel tropical.L\u2019aube naissait, singulièrement rapide et brutale.La brume du matin se teinta de sang sous les rayons du soleil ; la mer brasillait.Dans les profondeurs du navire, une sonnerie électrique résonna.De toutes parts, maintenant, une vie à chaque instant plus active ressuscitait.Kroener regarda ces marins qui se hâtaient à leur poste.Véritables pirates frisons, leurs ancêtres Vikings devaient avoir les mêmes regards farouches aux premières heures de la conquête normande.Ils étaient jeunes, pour la plupart, Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 13 souples, entraînés.Leur visage était tanné par les intempéries, leur peau rongée par le sel des embruns, les mains meurtries par les durs travaux du bord.Et rien n\u2019était plus étrange que ces hommes sans uniforme, obéissant à une silencieuse discipline, sur ce navire de commerce transformé en corsaire, pour le malheur de ceux qui rencontraient sa route.\u2014 Navire par bâbord ! Le cri des guetteurs roula sur le pont.Un soudain frémissement parcourut le navire : la proie était proche ! Le commandement se tourna dans la direction indiquée, mais de l\u2019endroit où il se trouvait, il ne pouvait encore rien discerner et, seule, la sentinelle du haut de la tourelle de tir avait pu distinguer au lointain le panache de fumée révélateur.Les deux officiers, rapidement, gagnèrent le blockhaus de commandant, tandis qu'autour d\u2019eux, les hommes d\u2019équipage se pressaient à leur poste respectif.De l\u2019avant à l\u2019arrière, du spardeck aux soutes, les sonneries annonçaient le branle-bas de combat.Druckmann poussa la lourde porte du blockhaus et pénétra dans la tourelle qui se dissimulait à l\u2019avant du navire dans une fausse cheminée.\u2014 Fixe ! Raides, figés, sous-officiers et matelots, confondus dans l\u2019anonymat des vêtements civils, saluaient talons joints, tête nue.Du regard, l\u2019officier scruta les hommes en plein visage.Il grimpa les trois marches de l\u2019échelle et s\u2019installa sur la sellette de commandement.Lentement, il colla ses yeux aux oeillères du télémètre.Ses mains actionnèrent les molettes de l\u2019appareil.Les deux images superposées se précisèrent, s\u2019accolèrent.Dans l\u2019oculaire, il distingua alors parfaitement la silhouette massive du cargo, ses cheminées, ses mâts de charge.L'Union Jack flottait à la poupe.\u2014 Balancez.Tourelle à gauche.Stop ! Dans un ronflement aigu, la cage d\u2019acier pivota.Comme dans un film, l\u2019horizon déroula son décor sans fin à l\u2019observation visuelle de l\u2019officier.Rien n\u2019apparaissait sur l\u2019immensité marine.Le jour, complètement venu, dissipait les légères vapeurs qui succédaient à la nuit.Pas de houle et, du plus loin que le regard pouvait porter, pas une voile suspecte, pas une fumée inquiétante.La tourelle revint à sa position primitive.L\u2019Orion avait viré de bord.Il courait maintenant droit sur sa proie.Dans le télémètre, l\u2019image était d\u2019une visibilité parfaite.Druckmann lut les .graduations de l\u2019oculaire: \u2014\t3,400.3,200.Préparez - vous à combattre par tribord.Hausse : 2,800.Correction : 20 millièmes à gauche.Tout en bas, sur le pont, l\u2019officier de tir voyait les gueules d\u2019acier de 280 obéir à ses ordres téléphonés.\u2014\t2,200.1,600.A bord du bâtiment anglais, Druckmann, soudain, crut deviner une inquiétude.Nul, sur l\u2019Orion, ne se souciait évidemment à répondre au salut que les pavillons de l\u2019adversaire sollicitaient.A la jumelle, de son bord, on devait fort bien distinguer les canons braqués de l\u2019étrange navire inconnu.Druckmann, dans une grimace de satisfaction, découvrit ses dents de loup.\u20141,500.Feu ! Un formidable éclair orangé, plus vif que le soleil, illumina la plage avant.Dans le même temps, une formidable explosion ébranlait le navire tout entier.Là-bas, le cargo britannique parut se soulever sur la vague.Sous la ligne de flottaison, par la déchirure de la coque éventée, la mort chevauchant les flots se ruait.L\u2019eau montait, qui noyait tout, entraînant les cadavres déchiquetés des soutiers, tandis que la vapeur de la machinerie, fusant en un râle monstrueux, corrodait les chairs encore vivantes de son haleine d\u2019enfer.Une seconde rafale vint hâter l\u2019agonie gigantesque.Le drame fut court.Soudainement, le lourd navire, dressé sur sa quille, sembla hésiter avant la plongée suprême, puis glissa dans les flots, entraînant dans le gouffre les grappes humaines étouffées dans ses flancs ou accrochées à sa membrure.Sur le pont de l\u2019Orion, une partie de l\u2019équipage assistait à cette dernière scène.Kroener, surgit du poste de commandement, regardait l'immense remous couronné d\u2019écume, au milieu duquel flottaient quelques débris épars.Un canot, miraculeusement mis à flot, où quelques malheureux rescapés avaient pris place, s\u2019éloignait à force de rames du lieu du sinistre pour n\u2019être pas pris dans le tourbillon.Kroener se détourna, esquissa un geste impératif.Tout aussitôt, une rafale déchira l\u2019air.La gamme haletante d\u2019une mitrailleuse lourde se mêla aux clameurs hargneuses de l\u2019équipage du corsaire, qui marquait les coups.Les petits obus de 20 millimètres encadrèrent d\u2019abord la barque de sauvetage, puis le tir se rectifia.La mitraille drue cribla les rescapés, pilonna le canot, martela les survivants, jusqu\u2019au moment où la mer absorba le dernier d'entre eux.Le dernier ?Non ! A une encâblure de l\u2019Orion, un nageur isolé tentait dans un suprême effort de gagner le navire vainqueur.Le lieutenant de vaisseau Druckmann s\u2019empara du fusil d\u2019un matelot.La première balle souleva sur l\u2019eau un minuscule geyser.Le tireur s\u2019appliqua cette fois à bien prendre la ligne de mire.Mais l\u2019homme épuisé, là-bas, avait compris ce que ces assassins inconnus lui ménageaient.Son visage manifesta l\u2019indicible angoisse de la mort inévitable.Sa main se tendit en un dernier geste de supplication vaine.Une balle lui fracassa la tête et son corps, abandonné tout doucement, disparut dans les flots.Trois hourras frénétiques, poussés par l\u2019équipage, saluèrent cette nouvelle victoire du corsaire.Mais le dernier cri ne s\u2019était pas éteint, qu\u2019un appel amplifié par les porte-voix vint glacer quelque peu la joie sauvage des matelots.\u2014 Voilier droit devant ! Le commandant, surpris, poussa un juron.Un instant, sur le pont, ce fut un commencement de désordre.Le nouvel arrivant n\u2019était cependant qu\u2019un minuscule bâtiment, que la vigie venait d\u2019apercevoir et qui, toutes voiles dehors, courait sur l\u2019océan, attiré sans doute par l\u2019écho de la canonnade.Cependant, sa seule présence au bout de l\u2019horizon, suffisait à jeter un certain trouble sur le croiseur.\u2014 Pas de témoin ! Pas de survivant ! Entendez-vous, il n\u2019en faut pas ! répétait Kroener à ses hommes, avant de perpétrer un ultime mauvais coup.La suppression de tout témoignage, de tout indice, n\u2019était-elle pas la seule garantie d\u2019impunité dont devait absolument s\u2019entourer l\u2019écumeur des mers du Sud.Le jour où l\u2019Amirauté britannique ou américaine connaîtrait les raisons exactes des naufrages qui endeuillaient depuis quelques mois la ligne du Pacifique, alors, des mesures seraient prises, la chasse au forban commencerait, vite conclue par un hallali inéluctable.Le commandant s\u2019était précipité sur la passerelle.Dans sa cage vitrée, imperturbable, l\u2019homme de barre tenait la route.Kroener empoigna la manette du transmetteur d\u2019ordres, poussa à fond sur l\u2019indication: «En avant, toute vitesse ».Le navire s'étira en gémissant, sous l\u2019élan rapide des machines.Partout, sur le pont, c\u2019était la résonnance métallique des tôles martelées par les pas précipités des hommes affairés.Druckmann s\u2019installa dans la tourelle de tir au moment où le petit voilier hissait tous les signaux de sa pavillon-nerie.On devait s\u2019étonner, à son bord, de la présence de cet étrange bateau, naviguant sur une mer où flottaient encore et pour longtemps tant de débris suspects, qui annonçaient un sinistre récent.Mais la réponse arriva en coup de tonnerre.Sur un ordre de Kroener, un des canons de l\u2019artillerie secondaire \u2014 il fallait ménager les projectiles des grosses pièces, devant cette proie négligeable \u2014 donna de la voix.A l\u2019avant du voilier, le coup de semonce souleva un jet puissant et, au mât de l\u2019Orion, monta l\u2019impératif signal : « Stoppez immédiatement ! » Alors, le navire corsaire commença à évoluer lentement autour de sa nouvelle prise.C\u2019était un petit yacht tout blanc, bien profilé, auquel son fin gré-ment donnait une élégance quasi aérienne.Concevant que ce modeste bâtiment ne pouvait être un adversaire, Druckmann et le commandant quittèrent leurs postes respectifs.Les pièces de 88 suffisaient amplement pour le réduire à merci.D\u2019ailleurs, sans défense, le voilier obéissait à l\u2019injonction et mettait « en panne ».L\u2019Orion descendait une baleinière à la mer.Avant qu\u2019elle eût quitté le bord, un groupe en armes venait d\u2019embarquer.D\u2019un bond, Druckmann avait pris sa place au centre de l\u2019embarcation.Laissez filer ! L\u2019esquif plongea vers la mer.Un coup d\u2019une gaffe maniée avec puissance l\u2019écarta de la coque ; le moteur embraya et le canot fila vers le yacht qui, toujours plus lentement, glissait sur son erre.A son bord, accoudé à la lisse, on apercevait des passagers qui, curieusement, regardaient en direction du croiseur.Etaient-ils donc inconscients au point de ne pas se rendre compte qu\u2019ils étaient tombés dans un guêpier ?La baleinière accosta.11 ne fallut qu\u2019un instant aux hommes de l\u2019Orion pour se hisser jusqu\u2019au pont du voilier par les filins que, complaisamment, on leur avait jeté du bordage.Druckmann dégaina son revolver.Il aboya un ordre et les corsaires, l\u2019arme basse, se précipitèrent.\u2014 Monsieur, me direz-vous.s\u2019indignait un vieillard à cheveux blancs.\u2014 Qui commande, à ce bord ?\u2014 Mais moi, le capitaine ! dit encore le bonhomme.A bord de mon yacht à voile, le Saturnia, je m\u2019occupe de recherches océanographiques.Permettez que je m\u2019étonne d\u2019une intrusion dont.Le jeune lieutenant, sans répondre, ricana.Déjà, deux matelots, sur un signe, encadraient le vieillard.\u2014 Votre nom ?Le maître du Saturnia s\u2019était raidi.Avait-il enfin compris son excès de confiance, sa méprise ?\u2014 Dawis ! répondit-il avec une moue dédaigneuse.\u2014 Donnez immédiatement à votre équipage l\u2019ordre de se rassembler sur la plage avant.Aucune résistance n\u2019était possible.Les Allemands occupaient tous les points importants, empêchant toute manoeuvre subreptice.\tL\t'HOROSCOPE\t\t\t\t\t\tDU\tr\t'SAMEDI'\t\t\t\tf\t \t\t\t\t\t\t'Nouvelle série)\t\t\t\t\t\t\t\t\t 4\t6\t2\t5\t3\t8\t4\t7\t3\t2\t6\t4\t8\t3\t5\t7 D\t0\tU\tT\tP\tD\tE\tC\tA\tN\tN\tS\tE\tR\t0\tH 4\t8\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t4\t5\t2\t8\t3\t7 C\tL\tT\tC\tU\tD\tA\tH\tA\t0\tA\tT\tE\tA\tG\tN 8\t4\t7\t2\t6\t5\t3\t8\t4\t2\t7\t5\t3\t6\t4\t8 J\tN\tC\tS\tM\tV\tE\t0\tG\tI\tE\t0\tZ\tP\tE\tI 8\t4\t6\t3\t5\t4\t7\t2\t6\t4\t3\t5\t8\t2\t4\t3 E\tM\tT\tV\tU\tE\tA\tR\tE\tN\t0\tS\tA\tE\tT\tT 8\t3\t6\t2\t5\t4\t7\t3\t6\t4\t2\t8\t4\t3\t5\t7 U\tR\tS\tX\tS\tS\tU\tE\tU\tI\tA\tF\tM\tB\t0\tJ 8\t5\t3\t6\t4\t8\t7\t2\t6\t3\t8\t4\t5\t3\t6\t4 0\tU\t0\tR\tP\tY\tE\tU\tV\tN\tE\t0\tR\tH\t0\tR 4\t6\t3\t4\t2\t8\t5\t4\t3\t6\t4\t7\t2\t5\t3\t4 T\tU\tE\tA\tC\tR\tI\tN\tU\tS\tT\tU\tE\tT\tR\tS Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\test de 6\t ou plus,\t\tsoustrayez 4.\t\t\tSi le nombre est moins\t\t\t\t\tde 6,\tajoutez 3.Vous aurez\t\t\t\t alors\tvotre\t\tchiffre\t-clef.En\t\tcommençant\t\t\tau\thaut\tdu rectangle\t\t\tpointez\t chaqu\te\tchiffre-clef de gauche à\t\t\t\t\tdroite.Ceci fait,\t\t\t\tVOUS\tn\u2019aurez\t\tqu\u2019à\tlire votre\thoroscope donné par\t\t\t\t\tles\tmots que forme\t\t\t\tle pointage\t\t\tde votre\t chiffre-\t\tclef.Ainsi,\t\tsi\tvotre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t aurez\tcomme clef\t\t\te\tchiffre\t2.Tous les chiffres 2\t\t\t\t\tdu\ttableau ci-dessus\t\t\t représentent\t\t\tvotre horoscope.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t Droits réservés\t\t\t\t1945, par William J.\t\t\t\t\tMiller, King Features,\t\t\t\t\tInc.\t 14 Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 Le yacht, abandonné, dérivait lentement.Non loin, le sillage blafard de l\u2019Orioji encerclait la proie de son orbite menaçante.Un peu voûté le vieux Dawis, encadré par deux gardes, gagna la passerelle.La cloche du bord sonna lourdement.invitant les hommes à se rassembler.Druckmann arpentait le pont.Soudain, il s\u2019immobilisa.De la coursive, un groupe de ses mercenaires poussait devant lui deux jeunes filles que l'on venait de dénicher dans une cabine où elles avaient cherché refuge avec effroi.Monsieur, prononça la première, qui luttait pour refouler ses larmes, pourquoi arraisonner notre paisible voilier ?Qu\u2019allez-vous faire de mon oncle ?Druckmann eut un sourire.Une lueur pailleta son regard.Mais il ne se départit pas de sa morgue.\u2014 Vous vous nommez?\u2014 Betty Dawis.Le capitaine Dawis, je vous l\u2019ai dit, est mon oncle.Le capitaine de 1 'Orion n\u2019écouta plus avant.11 se tourna vers l\u2019autre jeune fille.¦\u2014 Et vous ?interrogea-t-il, en la désignant de la main.Plus forte que sa compagne, moins déprimée, rien extérieurement, du moins, ne trahissait l\u2019émotion de la seconde passagère.\u2014 Je suis une amie de Betty.Je me nomme Katty Lodge.A bord de ce yacht, à l\u2019issue d\u2019une croisière d\u2019agrément, j\u2019allais retrouver à Singapour mon fiancé, commandant du torpilleur l'indomptable.Druckmann sourit en faisant entendre un petit sifflement ironique.\u2014 Rassurez-vous, on ne vous fera aucun mal ! énonça-t-il simplement.Et il fit signe à ses hommes de garder à vue les deux jeunes filles.Sur la plage avant, l\u2019équipage du Saturnia était réuni.Le vieux Dawis, posément, considérait ses hommes, une quinzaine, les uns après les autres.Il semblait éprouver pour tous la même affection, presque paternelle.Mais des matelots allemands menaçaient le groupe de leurs armes braquées.\u2014-Veuillez m\u2019écouter, vous autres! s\u2019écria Druckmann.Ils étaient tous tendus, et leur visage montrait qu\u2019ils s\u2019attendaient au pire.\u2014 Soyez calmes.Il ne s\u2019agit, de notre part, que d\u2019une simple opération de police.Pour votre sécurité, momentanément, nous allons vous enfermer dans la grande écoutille.Vous n êtes que provisoirement nos prisonniers.Dès que notre visite à bord sera terminée, nous vous délivrerons.Un à un, les hommes, jugeant que toute résistance était impossible, s\u2019enfoncèrent par l\u2019échelle de la trappe qui se referma sur eux.Au moment où le vieux Dawis se disposait à les suivre, Druckmann l\u2019interpella : \u2014 Restez donc, cher monsieur, nous avons besoin de vous.Et, d'un geste apparemment aimable, il l\u2019invitait à se joindre aux deux jeunes filles qui s\u2019apprêtaient, sous bonne garde, à embarquer dans la baleinière.Déjà, le pillage du Saturnia commençait.D\u2019abord, tous les précieux instruments de navigation, sextants, compas, cartes et théodolites, furent enlevés.Ensuite, les matelots visitèrent les cabines des passagers, s'emparèrent de tout ce qui leur tombait sous le main : vêtements, livres, articles de toilette, argent, objets précieux.Estimant sans doute que cette opération exigeait trop de temps, Druckmann s\u2019impatientait.Pour rappeler ses hommes qui semblaient perdre un temps précieux, il siffla.Sur un ordre, on hissa le long du bord des charges d\u2019explosifs, que des matelots spécialisés disposèrent judicieusement dans les cales du Saturnia.Ceux qui restaient, comprenaient le danger, s\u2019empressaient de regagner la baleinière où avaient pris place Dawis et les prisonnières.Les gardiens de l'équipage captif, enfermé dans l\u2019écoutille, furent les derniers à quitter le bord.Us le firent sans bruit, afin de ne pas donner l\u2019éveil aux malheureux sacrifiés.En courant, les dynamiteurs jaillirent de la cale.Us sautèrent dans l'embarcation.On n\u2019était pas arrivé à l\u2019Orion, que le Saturnia s\u2019ouvrit en deux.Une fulgurante explosion, un jaillissement d\u2019écume.de fumée, de débris arrachés, et le petit voilier disparut dans les flots, entraînant son infortuné équipage muré dans l\u2019écoutille.Betty et Katty avaient caché leur visage entre leurs bras.Druckmann vit que le vieillard, impuissant, pleurait.A toute vapeur, l\u2019Orion regagnait son repaire où, en toute sécurité, il saurait laisser le temps de l\u2019émoi qui ne manquerait pas de soulever, de par le monde, les soudaines disparitions du cargo et du voilier, pour ne parler que des destructions les plus récentes survenant après tant d\u2019autres.Ceci, jusqu'au jour où, sans plus de risque, il perpétuerait de nouveaux forfaits.Hans Kroener avait été bien loin d\u2019être satisfait de l\u2019iniative de son subordonné qui embarquait, comme otages, les trois prisonniers du Saturnia.U avait tempêté : \u2014 Amener à mon bord ces fichus Anglais ! Mais c\u2019est installer le ver dans le fruit ! Qui vous dit que ces gens ne sont pas en relation avec des émissaires de.Druckmann, un peu penaud, plaida sa cause.Que pouvait-on craindre, en vérité, de ces êtres sans défense isolés dans le repaire de l\u2019île Koumba ?La présence des hommes de l\u2019Orion, la nature hostile, la mer, toutes ces barrières humainement infranchissables, ne constituaient-elles pas la plus sûre des prisons ?Et puis, un jour viendrait où l\u2019on aurait peut-être besoin de marchander sa vie.Quel poids dans la balance, que ces otages ! Quelle force de chantage sur l\u2019ennemi, si le malheur voulait que, par un retour des choses, l\u2019on se trouvât à sa merci ! Le capitaine, à regret, s\u2019était laissé convaincre.\u2014 Les femmes, oui, avait-il cédé.L\u2019équipage n\u2019a pas tant de distraction dans ce monde perdu ! Quant au vieux.U fit de sa main un geste significatif.Un ordre fut donné pour que l\u2019on emmenât en « promenade » le maître du Saturnia.Un coup de feu, le corps qui s'écroule, le « floc » d\u2019un cadavre qui bascule à la mer, et il n\u2019avait plus été question du vieux propriétaire du Saturnia.Dans le carré, Kroener, quelque peu détendu maintenant, remplissait deux verres d'alcool de contrebande.\u2014 A votre santé, Druckmann ! Demain, notre correspondant de Hong-Kong ne manquera pas de nous adresser, par radio, le communiqué de l\u2019Amirauté britannique, relatant, en termes voilés, l'étrange disparition d\u2019un cargo de la British Pacific Line.Le Tropic ?Une belle victoire, en vérité.D'un seul coup, il avala le contenu de son verre.Il A soirée à Hong-Kong apportait un surcroît d'animation.Dans la rade, plusieurs escadres de différentes nationalités se trouvaient rassemblées.Les matelots en bordée mêlaient leurs chants rauques, leurs coups de sifflet, leurs appels à la clameur qui montait de la ville chinoise.La vie nocturne de la cité cosmopolite commençait en fête joyeuse.Ernst Weyer quitta le quai et se dirigea vers le centre de la ville jaune.U paraissait soucieux.C\u2019est qu\u2019il y allait fort, Kroener, avec son navire pirate ! La dernière affaire avait provoqué un bruit énorme dans les milieux maritimes du Gibraltar asiatique.On devait, dans certaines sphères, se douter de quelque chose, et le danger allait croître.Malgré lui, Weyer eut un frisson d\u2019inquiétude.Il aspira l\u2019air lourd et poivré.Quels étaient ces personnages qui rôdaient depuis quelques jours autour de la maison basse où il abritait son émetteur de radio ?Non, il valait mieux en finir dès maintenant.U se sentait surveillé, épié, bien près d\u2019être démasqué.Que lui importait le fanatisme outrancier d\u2019un Kroener ?Les subsides qu\u2019il recevait de l\u2019association pro-allemande ?Mais il ne manquait pas, dans cette après-guerre, d\u2019emplois grassement rétribués, pour l\u2019exercice desquels on risquait cent fois moins que dans le rôle d\u2019espion ! A un moment donné, un passant qui déambulait en flâneur, le dévisagea avec insistance, le dépassa, se retourna une fois encore, pour observer Weyer.Celui-ci, malgré son accoutumance du danger, faillit trembler de tous ses membres.U se domina pourtant.Un peu plus loin, il s\u2019arrêta un instant, ne distingua plus l\u2019inquiétant personnage, et il se lança à corps perdu dans un dédale de rues tortueuses.A force de crochets, de retours en arrière, de galopades soudaines, il crut avoir dépisté le policier présumé.Mais il était à bout de forces.Son front ruisselait de sueur.II avisa un pousse-pousse.Au moment où son bras allait faire signe à l\u2019homme-cheval, il aperçut à quelque distance devant lui, perdu parmi la foule, l\u2019inconnu dont les yeux inquisiteurs l\u2019avaient si ostensiblement examiné.Ainsi, donc, malgré ses ruses, la piste n\u2019était pas interrompue ! Ernst Weyer n\u2019était décidément pas de taille.Une frayeur extrême lui glaça le sang.La peur l\u2019ankylosait ; il ne s\u2019était jamais senti ainsi.U fit un terrible effort pour se déplacer.Avisant un square désert, il s\u2019y jeta.Un coup de sifflet strident ! Une .douzaine d\u2019hommes se ruaient sur l\u2019Allemand.Cerné ! Weyer, cédant à un réflexe, fouilla ses poches : pas d\u2019arme ! Il joua le tout pour le tout.Tête basse, il fonça sur le groupe.-\u2014 Halt ! Hands up ! glapit un des agents.Et une matraque de caoutchouc s\u2019abattit sur le crâne de l\u2019émissaire allemand.U s\u2019écroula sur le sol avec un râle et demeura inanimé.\u2014 Bien touché, le gaillard ! Il a son compte ! Allez, qu\u2019on fasse avancer la voiture ! Une automobile américaine vint stopper avec souplesse au bout de l\u2019allée.-\u2014 Chargez le paquet, en vitesse ! Toutes voiles dehors, la légère embarcation s\u2019approchait de l\u2019île Koumba.Une fraîche brise d\u2019ouest la poussait sans effort et, quelques instants plus tard, elle accostait au petit ponton.LA VIE COURANTE Çuelqu\u2019un me demande le \"maître de la maison\".Est-ce que c'est toi ? Le Samedi, Montréal, 4 février J956 15 Hâve, les vêtements en loques, un blanc sauta sur le wharf de bois.\u2014 Le capitaine de vaisseau Kroener ?La sentinelle allemande, le fusil sous le bras, dévisagea sans aménité l\u2019arrivant.\u2014 Qui êtes-vous ?\u2014 Weyer, de Hong-Kong.Je veux voir immédiatement le commandant de 1 \u2019Orion.C\u2019est très important ! Le matelot fit signe au fugitif de le suivre et le conduisit vers le petit village de paillotes.Weyer fut bientôt introduit auprès du chef nazi.\u2014 Weyer! Quelle surprise! Que faites-vous ici ?\u2014 Capitaine, j\u2019ai été capturé à Hong-Kong ! Notre poste détruit, les amis dispersés, Yorita, le Japonais, tué ! Je suis resté trois jours en prison, dans la citadelle.Mais j'ai réussi à m\u2019évader au cours des dix minutes de promenade quotidienne qui m\u2019étaient octroyées.Sans argent, sans pièces d\u2019identité, j\u2019ai pu, comme passager clandestin ou en me louant pour la « chauffe », gagner par petites étapes les Indes néerlandaises, où j\u2019ai réussi à entrer en contact avec les insurgés.De là, toujours par petites tournées, sur des barques indigènes, je me suis rendu aux îles Fidji, et me voici.Tout en écoutant, le capitaine Kroener détaillait son interlocuteur.Grand garçon aux cheveux blonds, aux yeux clairs, malgré sa fatigue visible, on devinait en lui une force peu commune, au moral comme au physique.Malgré l\u2019étrangeté de sa tenue, son corps se révélait fin et souple, harmonieusement proportionné.\u2014 Voilà de bien mauvaises nouvelles ! opina Kroener.\u2014 Oui, capitaine, outre la destruction de notre réseau chinois, nous pouvons penser que les Britanniques doivent connaître l\u2019existence et le rôle de 1 Orion dans les mers du Sud.Je crois la partie bien compromise ! \u2014 A tout prendre, ce n\u2019est pas là mon avis.Il importe, certes, que nous prenions des précautions et déjà, j\u2019avais décidé que nous devions cesser momentanément notre guerre de course.Mais je ne crois pas que les Alliés puissent, dans l\u2019état actuel de leurs forces, disposer de ressources navales suffisantes pour fouiller l\u2019immense Pacifique et découvrir, dans la poussière d\u2019îles que forme le continent océanique, notre refuge.Non, mon dépit provient du seul fait que votre présence à Hong-Kong va nous manquer énormément, pour les opérations nouvelles que je projetais.Sans flatterie, vous avez accompli avec brio une série de missions particulièrement délicates et périlleuses.Weyer eut un geste plein de modestie.\u2014 Je n\u2019ai été qu\u2019un tout petit pion dans un vaste échiquier ! \u2014 Du moins, mon cher Weyer, cet incident m\u2019aura-t-il donné l\u2019occasion de faire votre connaissance.Je ne vous connaissais encore que de réputation.Mais nous bavardons.\u2014 Il est à noter, poursuivit le rescapé, que ma position d\u2019attaché d\u2019ambassade à Canton, pendant l\u2019occupation japonaise, m\u2019a beaucoup servi.C\u2019est par cette situation privilégiée, que mes modestes services ont pu, heureusement, aboutir.\u2014 Fort bien, conclut Kroener.Mais, je vous prie, allez donc prendre un peu de repos.Demain, nous continuerons cette conversation et je vous ferai admirer la situation très favorable de notre île.Koumba, îlot minuscule, battu par les flots du Pacifique sud, fait partie du groupe d\u2019îles Tonga.Sa position isolée, son relief, l'avaient désigné, au cours d\u2019un escale, au capitaine Kroener, comme base d\u2019opérations.Au milieu de l\u2019île, dans une roche plus tendre, l\u2019érosion marine avait creusé une long chenal, véritable calanque méditerranéenne, aménagée ensuite par la main des hommes.Les rochers d\u2019alentour, couronnés de cocotiers, dissimulaient aisément la haute mâture de l\u2019Orion, qui y trouvait refuge.Les matelots avaient amélioré encore ce camouflage naturel, en disposant habilement de grands filets au-dessus du navire Si bien que ce dernier se trouvait absolument abrité des vues marines ou aériennes.En outre, tout un dispositif de défense, tranchées, fortins de bois et de terre, avait été mis en place.C\u2019est ce qu\u2019expliquait, ce matin-là, le commandant de l\u2019Orion à l\u2019espion nazi.\u2014 Evidemment, il ne nous est pas possible, avec le faible effectif dont nous disposons, de surveiller toute la côte.Mais, sur la face ouest, l\u2019île est bien protégée par une côte accidentée et marécageuse, qui interdit pratiquement tout débarquement.Les fondrières, les sables mouvants, les insectes et reptiles venimeux, nous défendent aussi efficacement que les meilleures batteries.Et nous faisons ainsi des économies de personnel.Weyer ne semblait pas convaincu.\u2014 Etes-vous bien sûr de vos gens ?C\u2019est un terrible métier que le vôtre et le recrutement ne doit pas manquer de difficultés.Hans Kroener eut un rire court.\u2014 Oui.Mes matelots sont décidés à tout ! Nous avons pratiqué une sérieuse épuration dans nos rangs.Ceux qui restent sont des purs.Rien ne les attire évidemment plus vers le continent, et l\u2019appât de l\u2019or, largement dispensé par les révoltés de Mélanésie.est le meilleur gage de fidélité.Quant aux autres.\u2014\tVous les avez sans doute débarqués dans une île quelconque ?énut Weyer.Le commandant s\u2019étonna de l\u2019ingénuité de l\u2019espion.\u2014\tQue non pas ! Pour qu\u2019ils signalent notre présence ! Nous les avons simplement abattus.Il regarda Weyer, les yeux durs.\u2014 Pour nous, c\u2019est toujours la guerre, n\u2019est-ce pas ?Il prit ensuite le bras de son compagnon.\u2014\tMon cher, lui dit-il, nous allons maintenant rendre visite à notre ami Sado Sendaï.Vous connaissez sans doute ce personnage ?Le capitaine de corvette japonais qui dirige le service de liaison établi entre nous et Tsen-Tsao.le chef des rebelles indonésiens.Sendaï était votre grand patron, durant le temps où, à Hong-Kong, vous vous occupiez de nous renseigner sur les évolutions des convois d\u2019armes et de munitions que les Anglo-Saxons fournissent au gouvernement légal des îles.Les yeux de Weyer ne cillèrent point.\u2014\tJe n\u2019ai jamais eu l\u2019occasion de lui être présenté, déclara-t-il négligemment.Comme ils passaient devant une paillote, autour de laquelle quelques hommes montaient la garde, l\u2019espion manifesta sa surprise.\u2014 Quel est donc le trésor sur lequel vos matelots veillent si jalousement ?\u2014 Ah ! vous ne savez pas, ce sont nos prisonnières.Et aussitôt Kroener se dirigea vers la maison.Quand les deux hommes franchirent le seuil, les sentinelles rectifièrent la position.L\u2019obscurité, dans la pièce \"Un travail comme le mien est épuisant.\u201d \"Mais la Labatt I.P.me redonne de l'entrain;\" nous (lit Richard Simpson Après avoir fait un vrai travail d\u2019homme, quoi de plus propice à la détente qu'une bière d'homme dont le goût corsé est satisfaisant.C'est alors qu\u2019un grand nombre d'hommes exigent la Labatt I.P.Richard Simpson fait un travail d'homme; il exige donc une bière d\u2019homme .la Labatt I.P.Adoptez-la vous aussi.Dégustez bientôt une I.P./a bière qui étanche parfaitement une soif d'homme! l*BATt N\u2019Y A RIEN QUI LA BATTE Vous vous sentirez MIEUX! VOUS PARAITREZ MIEUX! Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Les Pilules MYRRIAM DUBREUIL améliorent l'état général, vous aidant ainsi à vous sentir MIEUX et à paraître MIEUX.Mme MYRRIAM DUBREUIL\t(POUR LE CAN1 .' : .-, LES BELLES HEURES DE LA RADIO \"LA VIE EN ROND\" d'Yves Thériault Depuis le 17 novembre dernier, les auditeurs du réseau français de Radio-Canada peuvent entendre une nouvelle émission dramatique d\u2019Yves Thériault, La Vie en rond, qui est inscrite à l\u2019horaire du jeudi, de 7 h.15 à 7 h.45 du soir.Chaque émission présente un personnage réel : M.Thériault, qui a beaucoup voyagé, et qui faisait, entre autres, un tour d\u2019Europe en 1953, veut justement puiser dans ses souvenirs de voyage pour donner une saveur encore plus immédiate, plus intime, à ses récits.L\u2019action peut tout aussi bien se passer en Italie qu\u2019en France, en Belgique ou en Espagne : nous assistons vraiment à un tour d\u2019horizon dramatique.Ce souci de réalité ne veut certes pas dire que l\u2019auteur s\u2019en tiendra à un récit qui sera une copie de la réalité .Le personnage, aussi réel qu\u2019il puisse être, se verra mêlé à des aventures où l\u2019imagination d\u2019Yves Thériault aura eu beaucoup à faire.Les émissions qui ont déjà été entendues sont d\u2019ailleurs une garantie de la qualité de cette série, tout autant que la réputation même du scripteur : c\u2019est Yves Thériault, en effet, qui se classait premier au Concours dramatique organisé par Radio-Canada en 1952, avec Le Samaritain.Yves Thériault est un peu ce que Ton pourrait appeler un homme de tous les métiers littéraires : roman, nouvelle, conte, essais, articles de revues et de journaux, théâtre, sketches radiophoniques, rien ne lui est étranger.Yves Thériault est né à Québec en 1915.A la fin de ses études, il entre immédiatement dans la carrière où il devait passer la plus grande partie de sa vie, la radio.En 1935, à l\u2019âge de vingt ans, il est déjà annonceur à CKAC ; en 1930, il est rendu à New-Carlisle où il travaille, toujours comme annonceur, au poste CHNC.Il passe les années 1937-38 aux Trois-Rivières, au poste CHLN, et en 1939, il est un des collaborateurs de Paul Langlais dans la réalisation d\u2019émissions dramatiques et de programmes de variétés, ici même à Montréal.Entre-temps, il écrit des nouvelles, des contes, et collabore à diverses revues et journaux.Il se lance même dans la publicité à un certain moment.En 1940, il est rendu à Hull, où il est réalisateur et annonceur à CKCH : il écrit sept émissions par semaine, et les réalise lui-même.Il a aussi été réalisateur au réseau français de Radio-Canada pendant quelques mois, en 1947.Comme on peut le constater, Yves Thériault a vraiment été formé dans le milieu de la radio et il n\u2019est pas surprenant qu\u2019il veuille encore lui consacrer une bonne partie de ses énergies.C\u2019est en 1944 que ses talents d\u2019écrivain commencent à être reconnus avec la publication de ses Contes pour un homme seul, qui soulevèrent l\u2019enthousiasme de la critique.Et nous avons ensuite eu le plaisir de lire, avec l\u2019accélération de la production d\u2019Yves Thériault, qui est peut-être notre écrivain le plus prolifique, La Fille laide, une oeuvre marquante de notre littérature qui fut des mieux accueillies à l\u2019étranger, surtout en Belgique ; Le Dompteur d\u2019ours, un roman qui est plutôt une nouvelle, et qui nous révèle le style magnifique de Thériault, avec son énorme bonne humeur, et aussi cet envol poétique qui seul suffirait à faire de Thériault un de nos meilleurs écrivains ; Les Vendeurs du Temple, Aaron, etc.Les textes radiophoniques se sont échelonnés au travers des oeuvres : La Vie en rond est la dernière entreprise qui, il va sans dire, n\u2019empêchera pas Yves Thériault de poursuivre son travail sur son prochain roman .TELLE EST DANIELLE DARRIEUX ismte de ia page 5] Avec le ténor Jan Kiepura, elle parut dans Mon coeur t\u2019appelle et J\u2019aime toutes les femmes, deux films tournés à Berlin.Ainsi, la petite ingénue du cinéma français venait d\u2019acquérir la classe internationale.En France, avec le sympathique Albert Préjean, elle forma un couple agréable et plaisant dans de nombreux films tels que : L\u2019or dans la rue, La crise est finie, Dédé et Le contrôleur des wagons-lits.Ces films, il faut bien le reconnaître, malgré leur fraîcheur et leur dynamisme, n\u2019étaient pas des chefs-d\u2019oeuvre et cela chagrinait la jeune vedette qui aurait voulu donner la pleine mesure du talent qu\u2019elle couvait au plus profond d\u2019elle-même.C\u2019est alors qu\u2019elle fut remarquée par Yves Mirande qui cherchait une vedette féminine pour Quelle drôle de gosse.Dans cette production, Danielle Dar-rieux retrouva Albert Préjean et Lucien Baroux.Au cours des prises de vues de L\u2019or clans la rue, Danielle Darrieux avait fait la connaissance d\u2019Henri Decoin.Ce metteur en scène l\u2019épousa peu après.Ce fut lui qui la dirigea dans Le domino vert, tourné à Berlin.Pendant ce temps, en France, on préparait pour le retour du séducteur No 1 du moment, Charles Boyer, un grand film Mayerling et on recherchait une jeune comédienne pour jouer le rôle assez délicat de Marie Vet-sera.Sur l\u2019intervention de son mari, Danielle Darrieux fut choisie.Cette importante production marqua un tournant dans sa jeune carrière et la consacra définitivement.Après ce film, Danielle Darrieux qui avait toujours rêvé de faire du théâtre se produisit sur scène à Bruxelles dans Jeux dangereux, une pièce de son mari.Vingt jours après la capitale de la Belgique, la générale parisienne eut lieu et, malgré les craintes de la jeune vedette, tout se passa pour le mieux.Danielle Darrieux retourna au cinéma pour interpréter, toujours sous la direction d\u2019Henri Decoin : Mademoiselle ma Mère, d\u2019après une pièce de Louis Verneuil.A cette époque, ses admirateurs la virent également dans Un mauvais garçon avec Henry Garat, Abus de confiance, Club de femmes, Port Arthur et Retour à l\u2019aube.Après tous ces brillants succès, Hollywood appela la séduisante petite Française qui, en compagnie de son mari, partit sur le Normandie vers la Mecque du cinéma.Là-bas, elle retrouva de nombreuses vedettes françaises : Charles Boyer et sa femme Pat Patterson, Annabella, Simone Simon, Fernand Gravey, etc.Avec Douglas Fairbanks Junior, elle parut dans une comédie : The rage of Paris (La coqueluche de Paris).A son retour en France, sous la direction de Maurice Tourneur, Danielle Darrieux joua dans Katia avec John Loder, et son mari la dirigea dans Battements de coeur.Ces deux productions obtinrent un grand succès.C\u2019est alors que la guerre éclata.Henri Decoin dut abandonner la caméra pour endosser l\u2019uniforme de capitaine aviateur.Ensuite, ce fut le déluge de fer et de feu sur la France, l\u2019horrible tragédie de « l\u2019exode ».Sous l\u2019occupation, Danielle Darrieux tourna trois films : Premier rendez-vous qui devait révéler Louis Jourdan, Un caprice et La fausse maîtresse.En 1941, Henri Decoin et elle divorcèrent.En 1943, elle se remaria avec un jeune attaché d\u2019ambassade de la République de San Domingue : Porfiro Rubi-rosa.Cette nouvelle union ne devait durer que trois ans.En 1947, Danielle Darrieux se fiança à Pierre Louis ; mais, en 1948, elle se maria avec le comédien Georges Mitsi-kadès.Après la Libération, Danielle Darrieux tourna Au petit bonheur, sous la direction de Marcel L\u2019Herbier, en compagnie du sympathique François Périer.Après ce film, elle incarna une entraîneuse de boîtes de nuit dans Adieu chérie avec Jacques Berthier.En 1947, elle parut dans Bethsabée, un film de Léonide Moguy, qui réunissait également : Georges Marchai, Paul Meurisse, Jean Murat et Andrée Clément.De l\u2019oeuvre de Victor Hugo : Ruy Bias, Jean Cocteau tira un scénario qui permit à Danielle Darrieux de donner la réplique à Jean Marais et à Marcel Herrand (qui vient juste de mourir).En 1948, dans le remake du célèbre Jean de la Lune, elle fit une belle création auprès d\u2019un étourdissant François Périer et d\u2019un ironique et spirituel Claude Dauphin.En 1951, en Italie, elle tourna To-selli, avec le jeune premier transalpin Rossano Brazzi.Elle y fut émouvante et belle.En 1952, à Hollywood, elle donna la réplique à Jane Powell dans Riche, jeune et jolie, et à James Mason dans Five Fingers.De retour en France, Danielle Darrieux fut engagée pour un vaudeville mis en scène par Carlo Rim : La maison Bonnadieu, avec Bernard Blier et Françoise Arnoul.Dans Le plaisir, un film à sketches présentant un prestigieux générique, Danielle Darrieux campa avec bonheur une « respectueuse » qui retrouve la pureté de son enfance auprès d\u2019une petite communiante.L\u2019affaire Cicéron, un film américain de Joseph L.Mankiewicz, avec James Mason, contait la surprenante histoire de ce domestique de l\u2019ambassade anglaise d\u2019Ankara, espion à la solde des nazis.Danielle Darrieux joua le rôle de l\u2019ancienne patronne devenue la maîtresse de celui qui fut peut-être le plus mystérieux agent secret du dernier conflit.Dans La vérité sur Bébé Donge, mis en scène par « Henri Decoin », Danielle Darrieux voulut assassiner son mari (Jean Gabin) parce qu\u2019elle ne l\u2019aimait plus.Cette production tirée d\u2019une oeuvre de Simenon, fut un chef-d\u2019oeuvre de naturel et de sobriété.Ensuite, Danielle Darrieux figura parmi les Adorables créatures de Christian-Jaque, avec Martine Carol, Edwige Feuillère, Renée Faure etc., etc.Depuis, elle a tourné dans nombre de grands films dont Le Bon Dieu sans confession avec Henri Vilbert, et surtout l\u2019inoubliable Madame de.» avec Charles Boyer et Vittorio de Sica.r - L esprit éminemment faux est celui qui ne sent jamais qu\u2019il s\u2019égare.Un brutal, qui n est que brutal, est ordinairement un homme franc.La pire espèce est celle des hommes qui sont tout à la fois faux et emportés, dissimulés et furieux.Leurs haines concentrées, toujours prêtes à éclater, bouillent toujours à petit feu. Le Samedi, Montréal, 4 février 1956 MONDE NOTES ENCYCLOPÉDIQUES \u2022\tPour la première fois depuis la Révolution la Bible va être publiée en URSS.L'archevêque Boris, représentant en Amérique du Nord du patriar-che orthodoxe de Moscou, qui est arrivé récemment au Canada, a déclaré que la première nouvelle édition de la Bible publiée en Union soviétique depuis la révolution sortira ce mois-ci.\u2022\tDes postes de radio dans la casquette des policiers américains.La direction de la police de New-York a réservé une certaine somme pour doter les policiers de postes récepteurs radio qui seront dissimulés sous la casquette ou le chapeau des intéressés.Dans un rayon de 20 milles les policiers pourront recevoir en permanence les instructions du commissariat central.\u2022\tLa télévision canadienne s\u2019est développée sous tous ses aspects au cours de 1954-55 et, à la fin de l\u2019année, elle continuait de croître à vive allure.Au 31 mars 1955, plus d\u2019un tiers de toutes les familles canadiennes possédaient la télévision au foyer.Le nombre des stations du réseau national de télévision a triplé durant l\u2019année.Dix-sept nouvelles stations sont entrées en ondes, 15 appartenant à l'industrie privée et deux à Radio-Canada.Au 31 ^ mars 1955, 26 stations fonctionnaient dans diverses régions du Canada ; elles atteignaient plus de 10,000,000 de Canadiens.De ces stations, 7 appartenaient à Radio-Canada et 19 étaient la propriété de l'industrie privée.\u2022\tUne terrible vague de chaleur sévit actuellement dans l\u2019Etat australien de la Nouvelle-Galles du Sud.Ce qui n'a pas empêché un chauffeur de camion de périr de froid.Douglas Reid conduisait un camion chargé de cinq tonnes de crème glacée quand il perdit le contrôle de sa direction et se retrouva dans un ravin, enseveli sous son chargement.Quand les sauveteurs réussirent à le dégager, trois heures plus tard, le corps du malheureux était gelé.\u2022\tOn dit de quelques animaux, comme l\u2019ours, la marmotte, le blaireau, qu\u2019ils hibernent lorsqu\u2019ils ralentissent volontairement à l\u2019extrême leurs fonctions organiques et qu\u2019ils dorment durant l\u2019hiver, leur température corporelle considérablement abaissée et leurs besoins en oxygène réduits à un minimum.Ce phénomène de vie ralentie a été utilisé pendant ces récentes années par le chirurgien suédois J.Adams-Ray lorsqu\u2019une opération particulièrement délicate a exigé que la partie affectée soit autant que possible privée de sang.La science suédoise et l\u2019industrie ont maintenant réussi à construire un lit dans lequel la température du patient peut être contrôlée à volonté et par suite aussi ces fonctions de la vie qui dépendent de la consommation d\u2019oxygène.j f \u2022 Le ministère britannique du travail a récemment lancé dans la région londonienne (10 millions d\u2019habitants) u.e campagne de recrutement de main-d\u2019oeuvre pour les houillères.Résultat : un seul ouvrier londonien s\u2019est présenté comme volontaire pour les mines.\u2022\tL'International Business Machine Corporation vient de mettre au point une nouvelle machine à calculer électronique, la « 704 », qui, en une seconde peut effectuer, soit 40,000 additions ou soustractions, soit 5,000 multiplications ou divisions de nombres de dix chiffres.Quatre-vingts « 704 » seront mises en fabrication en 1956, ainsi qu\u2019un grand nombre de modèles de sa version commerciale, la « 705 ».\u2022\t1956 marquera pour Vienne la fin d\u2019une tradition quatre fois centenaire ; le guetteur posté depuis 1534 au sommet des tours de la cathédrale Saint-Etienne à Vienne descendra en effet définitivement de son perchoir.Le gouvernement autrichien, estimant inutile de continuer à payer un guetteur au siècle du téléphone et des téléscripteurs, a décidé de supprimer cet emploi.Autrefois ce guetteur avait pour mission essentielle de signaler les incendies en sonnant le tocsin.\u2022\tUne statistique de l\u2019Office mondial de la santé indique que le monde compte aujourd\u2019hui 1,200,000 médecins.Cinquante mille à soixante mille diplômés sortent chaque année de 595 écoles de médecine dans 85 pays.Ces médecins sont évidemment très mal répartis parmi les deux milliards cinq cent millions d\u2019habitants qui peuplent le globe.La proportion est d\u2019un médecin pour 956 habitants en Europe, de 946 en Amérique du Nord, 2.505 en Amérique du Sud, 4,898 en Moyen-Orient, 6,804 en Asie, 9,111 en Afrique.\u2022\tAfin de sortir de la crise qui sévit dans l\u2019industrie textile depuis plusieurs mois, une douzaine de fûmes importantes ont créé à Montréal un organisme spécial qui a mission de préparer documentation, photographies et expositions pour faire connaître davantage les produits canadiens.La «Canad'an Fabrics Foundation Inc» disposera d'un budget spécial pour ce faire.\u2022\tLa région du Saguenay est peut-être celle dont on parle le plus et qui promet aussi le plus dans le Québec.Soulignons d\u2019abord que l\u2019Aluminum Co.a l\u2019intention d\u2019entreprendre des travaux pour accroître sa production de 22,000 tonnes par année ; il s\u2019agit d\u2019un projet de $15 millions dont une forte partie sera dépensée à l\u2019Isle Maligne.On apprend aussi qu\u2019un syndicat financier suisse veut investir des millions dans ce district où les ressources minérales, électriques, forestières et autres n\u2019ont encore été qu\u2019à peine entamées.\u2022\tDans la région du Lac St-Jean, le progrès minier et industriel apporte aussi le progrès démographique.Ro-berval compte maintenant 7,000 âmes, et en ajoutant la paroisse, la population dépasse les 8,300 âmes.Précisons aussi que la région de Chibougamau s\u2019épanouit de même.Un nouveau village est même en construction sous le nom de Ville Chapais ou Notre-Dame de Lourdes.\u2022\tUn autre Canadien-français se taillera une belle carrière aux Nations-Unies.Il s\u2019agit de Me Philippe Valois, député d\u2019Argenteuil, qui siégera au comité juridique permanent.Le Japon, pays par excellence des cerisiers en fleurs, récolte en réalité peu de cerises, car les arbres, épuisés par la floraison intensive à laquelle on les pousse, donnent peu de fruits et ceux-ci sont en général de qualité inférieure.\u2022 Le docteur Schweitzer fera désormais des séjours plus brefs en Afrique, plus longs en Alsace.Il est surmené par la construction de nouveaux bâtiments à l\u2019hôpital de Lambaréné et fatigué par le dernier hiver.Son dernier grand voyage : Oslo, pour recevoir le Prix Nobel de la Paix.\u2022 Le Parc National de Banff a une superficie de plus de 2,000 pieds carrés.On y voit quelques-uns des monts les plus élevés des Rocheuses et, surtout, le champ de glace Columbia, d\u2019une superficie de 110 milles carrés et qui est un vestige de la masse glaciale qui s\u2019est répandue sur les Etats-Unis et sur l\u2019Ouest canadien, il y a un million d\u2019années.On peut dire que ce champ de glace forme la toiture des montagnes Rocheuses.A certains endroits, la glace atteint une profondeur de 1,000 pieds.\u2022 Le Texas dans son ensemble n\u2019occupait pas 180,000 ouvriers en 1940, il en occupe aujourd\u2019hui plus de 400,000 dans près de 9,000 établissements et dans plus de 700 industries différentes.Le moteur de ce changement ultra-rapide n\u2019est pas le charbon, comme dans les régions manufacturières classiques de l\u2019Est ; c\u2019est le pétrole.\u2022 La population du Sud Algérien est de 890,000 habitants et se divise en un nombre à peu près égal de nomades et de sédentaires vivant les premiers sous la tente et les seconds dans des cahutes en feuilles de palmier.Les sédentaires sont soit des pasteurs élevant un maigre troupeau de chèvres, soit des cultivateurs.Dans les oasis du Sud, les cultivateurs sont des anciens esclaves noirs, en principe affranchis, mais qui demeurent héréditairement au service de leur maître.\u2022 Le recteur Sarrailh rappelait dernièrement que la Sorbonne, en 1890, comptait mille deux cents étudiants pour quatre-vingts professeurs, et que, soixante ans plus tard, elle était passée à quinze mille étudiants pour quatre-vingt-un professeurs.En outre, le baccalauréat de l\u2019Enseignement secondaire, qui vers 1910 groupait dans les neuf mille candidats, a vu cette année tout près de cent cinquante mille aspirants-diplômés.L\u2019empereur du Japon a deux fils et quatre filles.Pour le Japon dont la natalité reste très élevée, c\u2019est une famille peu nombreuse.Dès l'âge de trois ans, les enfants impériaux sont enlevés à leurs parents et, séparés les uns des autres, sont élevés par des chambellans et des précepteurs.\u2022 La majesté l\u2019emporte sur la grâce dans la plupart des monuments et des sites espagnols, et leur beauté est faite essentiellement de grandeur.Avila, place forte de la chrétienté, au coeur de la Castille, en est un frappant exemple.S\u2019étendant sur un plateau élevé et désolé, cernée de tous côtés par ses remparts et par le soleil, elle vous conquiert ou vous effraie mais ne cherche pas à vous séduire.Salamanque elle-même, l\u2019une des plus aimables pourtant parmi les villes espagnoles, est plus fermée que n\u2019importe quelle ville italienne.Tamanrasset, capitale du Hoggar, jouit, grâce à sa haute altitude, d'un climat nettement tempéré.La végétation y est en grande partie européenne : céréales, fleurs, arbres fruitiers.L\u2019oasis a de l\u2019eau en abondance et les cultures sont régulièrement irriguées.Mais l\u2019ensemble vaut surtout par son site admirable au coeur d\u2019un cirque que surplombent les masses violines ou rouge sombre des plus hautes cimes du Hoggar.La plupart de celles-ci sont encore complètement inexplorées.\u2022 A la saison humide, la pirogue devient le mode de locomotion habituel pour les habitants de l'île de Madagascar.De décembre à avril, des pluies torrentielles submergent les terres basses.Cette navigation n\u2019est pas sans danger, car \u2014 véritable fléau \u2014 les caïmans abondent.Les blessures profondes que font leurs grandes dents gâtées par la pourriture qu\u2019ils mangent se referment pour s\u2019infecter dangereusement.Pourtant la terreur que les caïmans inspirent aux indigènes n\u2019empêche pas ceux-ci de barboter avec insouciance.\u2022 El-Goléa est l\u2019une des plus réputées parmi les oasis du Sud Algérien.L'agglomération indigène, avec ses petites maisons ocrées en terre battue, se presse au pied d\u2019un mamelon que domine le vieux ksar (bourgade fortifiée) enfermé dans une triple enceinte.Du ksar, on a une vue superbe sur l\u2019oasis, qui compte cent mille palmiers, des cyprès et, de plus, toute la gamme des arbres fruitiers : pêchers, amandiers, figuiers, pruniers, orangers.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.
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