Le samedi, 1 mai 1956, samedi 26 mai 1956
[" mm.J-J ¦M W \u2022 ¦ns***;v jfrSSr'r?&&&&$$ r*.¦ !¦\t\u2022\u2022;\u2022 '\t¦\u2022 - \u2022üiïfi.fl ivvci mm ¦'rù' '%£U \u2022 *: ;V\\{xV\\5:., v>rA«*R;- .À; 'A \t; s V \\ \u2022 ' * i- \\\t%%\\ T'^ '**'*'' \\%^©F ' vs- \u2022 '.\"\t*«k /, ¦ r '\t'% «IMV .y.» , v;ri.¦' .\u2018 '-r>:\tr>v>Wr.v ' ¦>¦>:,.'.n?rA,t >\t.¦ '\u2022 ¦ \u201c.?.?*-«* ¦V* »r*'\"c»\u2018?iî'- '.'V \u2022\" x-^V^V- \u2022\u201c\u2014 \u201c .r^^crcXv*.; «-'.\u201cH > V » t'»^v r*7w ¦ \u2022lïiïîft A v- v ^ k » î\\î^'; f 'K: eau Mat&is Védette française No 1 r¦\t\u2022 (Photo Gaby, Montréal) e animée, No 3 Montréal, 26 mai 1956 LISEZ EN PAGE 18, : MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 10 cents NOTRE GRAND FEUILLETON : LE JEU DU DEMON par CHARLES VAYRE V «np J_out ce que je sais c\u2019est que je préfère le whisky Lord Calvert à tout autre.Peut-être est-ce parce qu\u2019il est un peu plus sec ou un peu plus moelleux, mais quelque soit le mot juste, ce que je sais bien c\u2019est que le Lord Calvert possède une saveur, un bouquet \u2022\u2014employez le terme que vous voudrez \u2014 que je ne trouve dans aucun autre whisky.Il a quelque chose de plus léger, de plus moelleux et.mais, écoutez, vous n\u2019avez qu\u2019une chose à faire pour comprendre ce que je veux dire, goûtez vous-même au whisky Lord Calvert.Dégustez ce petit quelque chose indescriptible qui en fait \u2014 pour moi du moins \u2014 le meilleur de tous les whiskys.Goûtez-y et vous comprendrez alors ce que je veux dire.\u201d Lord Calvert r.%\u2014 ' '\u201d'd& Bomio -T*r~~c,3.Î 35 rn r s m iiï lUialraiLjji .1 ijIHBc imms Le domaine commercial de la Compagnie de la Baie d'Hudson s'étend par tout le pays, mais surtout dans la région ouest.Ci-dessus, un des plus gros magasins à rayons de Winnipeg est à l'enseigne de la Compagnie.Le touriste américain fait là d'amples provisions de lainage et de porcelaine.Le début du XVIIe siècle est caractérisé, en Amérique du Nord, par d\u2019heureuses tentatives d'établissement et, ici et là, par de nombreuses explorations menées souvent par des aventuriers dont les desseins ne dépassent pas l\u2019enrichissement personnel.La fameuse recherche du «Passage du Nord-Ouest , amorcée un peu plus tôt par Jacques Cartier et poursuivie ensuite par d'autres explorateurs européens, devait conduire ceux-ci à découvrir les inestimables ressources de la forêt américaine en fourrures de toutes sortes.De là à songer aux fortunes coquettes que l'on pouvait naturellement tirer d\u2019un tel commerce, il n\u2019y avait qu'un pas qui fut vite franchi.L\u2019époque était pour cela excellente.Le marché de la fourrure en Europe souffrait d\u2019anémie.La demande était grande et, devant l'insuccès des trafiquants anglais et français à se procurer des fourrures dans les pays d\u2019Europe septentrionale, naquit au Canada un début de traite qui devait par la suite s\u2019organiser puissamment.Les Algonquins et les Huions apportaient aux Français leurs pelleteries par la voie naturelle du Saint-Laurent tandis qu\u2019un peu plus au sud, les Hollandais, remontant la vallée de la rivière Hudson, commerçaient avec les Iroquois.Par malheur, le commerce français eut une existence éphémère : il fut anéanti lorsque les Iroquois, armés par des Blancs, détruisirent les villages huions et algonquins, tuant les habitants.C\u2019est alors que 2 Français, des Groseilliers (1) et Radisson, malgré l\u2019interdiction du Gouverneur, s'avisèrent de reprendre à leur propre compte le commerce des fourrures au cours de deux expéditions auprès des Indiens Cris et Ilurons qui avaient fui dans la région des Grands Lacs.En 1GG0, ils étaient de retour à Québec et des Groseilliers s\u2019embarquait à destination de la France afin d\u2019y trouver quelque aide financière.Son ambition n\u2019était autre que d\u2019établir un commerce régulier entre la France et la Baie d\u2019Hudson, mais hélas, toutes scs démarches furent vaines et il reprit tristement le chemin du Canada.A bout de ressources, des Groseilliers et Radisson se tourneront vers Boston, puis en Angleterre, directement à Charles II.Celui-ci les écoutera complaisamment, leur accordera l\u2019aide dont ils ont besoin pour une première expédition et, en juin 1G6S, Radisson et des Groseilliers s\u2019embarquent sur 2 navires de la Marine Royale, le Eaglet et le Nonsuch.Ils débarquent à la Baie James, construisent un fort et.l\u2019année suivante reviennent à Londres, leurs deux navires emplis de fourrures.C'est le succès, et, le 2 mai 1G70, le roi d\u2019Angleterre accordera une charte royale à la nouvelle Compagnie d\u2019Aventuriers d\u2019Angleterre commerçant dans la Baie d\u2019Hudson ».11 revenait au mérite de deux Français d\u2019avoir créé la plus ancienne compagnie du Canada et l\u2019une des plus puissantes d'Angleterre .Le domaine de la nouvelle compagnie comprenait à peu près tout le territoire du Canada actuel, si l\u2019on excepte les Provinces Maritimes, une partie des Territoires du Nord-Ouest et la côte du Pacifique.Le commerce fut prospère durant les premières années et, en 1G85, il y avait plusieurs forts de construits autour de la Baie d\u2019Hudson et de la Baie James, mais la traite ne se faisait pratiquement pas dans l\u2019intérieur des terres.Les Français de Québec et de Montréal ne furent pas sans vouloir concurrencer les marchands de fourrures anglais et une période de rivalité brutale commença.En fait, les rivalités pour la suprématie du commerce des fourrures au Canada, ne cessèrent qu\u2019en 1821 mais, sous les coups du Chevalier de Troyes, qui avec quelques soldats français et des rangers s\u2019empara de presque tous les postes anglais, et après l\u2019anéantissement dans la Baie d\u2019Hudson de la flotte de commerce par Le Moyne d\u2019Iberville, le trafic des fourrures était pratiquement réduit à rien.Le Traité de Ryswick, en 1S97, devait apaiser pour un temps les querelles, mais la compagnie était au bord de la ruine.A cette même époque, un gouverneur local était nommé au poste de York Factory, près de l\u2019embouchure de la rivière Nelson, et sous l\u2019impulsion des hauts fonctionnaires de la compagnie résidant à Londres, une vaste campagne de prospection vers l\u2019intérieur des terres était entreprise et devait être menée avec succès durant de longues années.Elle avait évidemment pour but essentiel de découvrir de nouveaux territoires, mais aussi d\u2019inciter de nombreuses peuplades indiennes à tenter parfois de longs et dangereux voyages pour aller offrir leurs fourrures aux postes de la Baie d\u2019Hudson.Il fallait également pacifier certaines tribus, en protéger d\u2019autres par l'édification de nombreux forts et surtout, rivaliser de nouveau, avec d\u2019audacieux aventuriers français qui, sous la conduite d\u2019un homme extraordinaire, La Vé-rendrye, organisaient dans les prairies de l\u2019Ouest un commerce prometteur.Voyageant seuls ou quelquefois accompagnés d\u2019un sauvage, des hommes d\u2019une grande audace comme James Knight, Henry Kelsey, Anthony Henday et bien d\u2019autres, entreprirent de pénibles et longues randonnées que l\u2019hostilité des indigènes et les difficultés naturelles d\u2019un pays totalement inconnu rendaient d\u2019autant plus périlleuses.Le plus célèbre d\u2019entre eux, Samuel Hearne, homme d\u2019une intelligence et d\u2019un courage exceptionnels, fondait en 1778, Fort Prince of Wales, et les relations de son voyage dans la région La Compagnie maintient des postes de traite dans les régions arctiques.Le ravitaillement s'effectue par mer.On voil ici des Esquimaux au service de la Compagnie procédant au déchargement des marchandises.\u2014 Ci-contre.Des Indiens viennent vendre à l\u2019un des postes des peaux de loups et de renards abattus par eux.!________ de la rivière Coppermine sont encore lues de nos jours.Du strict point de vue commercial, les explorations de ces hommes ne furent pas toutes aussi fructueuses qu\u2019on l\u2019avait escompté, mais elles eurent pour effet d\u2019augmenter largement les connaissances géographiques et ethnographiques du continent nord-américain.Un tournant important dans l\u2019histoire de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson fut sa fusion, en 1821, avec la Compagnie du Nord-Ouest, mais auparavant, la compagnie vécut une période extrêmement troublée au cours de laquelle la violence, les actions en Cour, les incidents sanglants et les saisies illégales furent affaires courantes .La Compagnie du Nord-Ouest, constituée en 1784, groupait les intérêts de plusieurs trafiquants canadiens et écossais établis à Montréal.Ils avaient pris la relève des hommes de la Vé-rendrye, voyageaient hardiment d\u2019un océan à l'autre et défiaient le monopole et la charte royale de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson.Un homme prestigieux, Alexander Mackenzie, dirigeait ce groupement dont les hommes commerçaient auprès des Indiens avec du rhum et des alcools frelatés.Ses tentatives de s\u2019assurer du contrôle de la route de la Baie d\u2019Hudson, puis d\u2019absorber la grande compagnie rivale en faisant acheter par personnes interposées un maximum de parts, échouèrent toutes et, en 1821, la plupart des membres de la Compagnie du Nord-Ouest, fatigués d\u2019une compétition sans espoir, s\u2019associaient avec l\u2019Hudson Bay.En même temps qu\u2019une tranquillité relative, cette entente marquait le début d\u2019une ère de grande prospérité.La Compagnie de la Baie d\u2019Hudson s\u2019organisait de nouveau, construisait un plus grand nombre de postes de traite et y maintenait régulièrement un personnel sélectionné tandis qu\u2019elle établissait autour de chacun d\u2019eux, à ses propres frais, plusieurs familles indiennes et métisses.Un comité suprême, constitué d'un Gouverneur, d\u2019un Gouverneur-Adjoint et d\u2019un certain nombre d\u2019officiers, [Lire la suite page 10] , ¦ .* t v - «4 Le Samedi, Montréal, 26 mai 1956 7 EDITH vedette sans âge de la chanson réaliste ! DISQUES t'itfitthl UEL ÂGE A-T-ELLE ?» ' |j j \u2014Oh» elle doit être assez vieille .Ça lui était bien égal, à elle.\u2014 Du jour de mes débuts, dit Edith Piaf, on m\u2019a donné la quarantaine alors que je portais la marque de ma courte et garce de vie.Devant le grand rideau de la scène, tassée par ces projecteurs qui la frappaient d\u2019en haut, pour marquer davantage encore son visage souffreteux, elle semblait ratatinée, ravagée d\u2019excès.de larmes et de durs travaux.Aujourd\u2019hui qu\u2019elle a vraiment 40 ans tout juste, elle paraît dix ans de moins que dans le temps.On la voit chez les grands couturiers, chez les grands coiffeurs.Elle vit enfin autant pour elle-même que pour sa carrière.Pour la première fois elle s'efface, elle vit en coulisse.Elle chante beaucoup moins qu\u2019avant, et préfère se consacrer de plus en plus à la composition de chansons.Edith n\u2019a plus à se presser et prend tout son temps.D'ailleurs, il lui suffit de se prouver ses possibilités à elle-même : c'est ainsi que cette grande actrice n\u2019a joué au théâtre que deux fois : rongée d\u2019amertume dans la chambre d\u2019hôtel sordide du Bel Indifférent (rôle qu\u2019An-na Magnani, son interprète en Italie, jugea l\u2019un des plus éprouvants de sa carrière) ; et cousette naïve dans la soupente de La P\u2019tite Lili.\u2014 Enfin on commence à raconter moins d\u2019idioties sur mon compte, dit-elle en faisant allusion à cette demi-retraite.Que n\u2019a-t-on pas écrit en effet sur Edith Piaf ! Qu\u2019elle sortait d\u2019une « maison », qu\u2019elle avait été gravement impliquée dans le meurtre de son patron Louis Leplée, qu\u2019elle est bossue, et dieu sait quoi encore.En son temps, son idylle avec Marcel Cerdan fit autant de bruit que l\u2019affaire Bergman-Rossellini, mais bien peu de journaux ont mentionné la demi-douzaine d\u2019orphelins de guerre qu\u2019elle a recueillis depuis qu\u2019elle se sait arrivée sur la longue route.Une route qui prit son départ dans cette interminable rue grise, sans arbres, longue comme un jour sans pain, la rue de Belleville, où elle naquit par accident, le 19 décembre 1915.Sa mère chantait dans les cours et dans les cafés, et l\u2019abandonna à 2 mois.Son père était acrobate sur les boulevards.Avec un tel départ dans l\u2019existence, il y avait un drôle de chemin à faire pour arriver quelque part.Mais avec la foi.Le public snob, qui appartient lui aussi au large éventail des admirateurs d\u2019Edith, ricana lorsque pendant la guerre elle introduisit dans son répertoire des chansons d\u2019inspiration religieuse.\u2014 J\u2019ai toujours cru, simplement à cette époque j\u2019ai osé les faire.Comment n\u2019aurais-je pas cru, alors que ma vie a commencé par un miracle ?Edith n\u2019avait pas trois ans que ses yeux larmoyèrent et rougirent sous l\u2019effet d\u2019une conjonctivite.Nerveuse, exaspérée, l\u2019enfant refusait de se laisser soigner.Puis elle n\u2019y vit plus du tout.L\u2019acrobate Louis Gassion vit sa petite fille devenir aveugle le jour même où il décrochait un numéro dans un cirque ambulant, et, le désespoir au coeur, il confia Edith à sa belle-mère qui habitait près de Lisieux.En août 1919 se déroula un grand pèlerinage de blessés et de veuves de guerre.Edith y assista, dans les bras chanson, ou que j'étais éreintée, je n\u2019avais qu\u2019à les regarder.« Ça » revenait.Paris ne couchait pas encore, comme elle le chantera plus tard, sur les chansons de cette fille maigrichonne, mal bâtie, au teint plombé, aux vête- de sa grand-mère, suppliant sainte Thérèse de lui rendre la vue.Dix jours plus tard, Edith poussait un grand cri, au milieu d\u2019un radieux après-midi d\u2019été : \u2014 Grand-mère ! Je vois la lumière ! Sainte Thérèse n\u2019a plus jamais quitté Edith.Longtemps, elle l\u2019accompagna sous la forme d\u2019une petite médaille.Depuis quelques années, la sainte est représentée par un objet d\u2019art de verre finement ciselé, tiré à un exemplaire unique.Louis Gassion emmena alors l'enfant dans sa vie vagabonde, et Edith connut toute la misère et la splendeur du cirque.Mais l\u2019engagement de son père se termina bientôt, et le domaine EDITH PIAF, qui dépasse maintenant la quarantaine, jouit un peu de la vie en écrivant des chansons et en lançant des artistes nouveaux.d\u2019Edith s\u2019étendit à tous les pavés de Paris.Elle fit comme sa mère, et chanta au hasard de cette immense scène.Un soir de 14 juillet, elle connut son premier succès.Si elle n\u2019était pas encore en noir, mais en robe de piqué blanc, ses chansons étaient déjà très sombres : La Fiancée du Démon, et J\u2019ai l\u2019cafard.Edith ne savait encore rien de l\u2019art de la chanson, mais elle avait déjà cette voix rocailleuse en laquelle les faubourgs se reconnaissaient, parce qu\u2019elle exprimait leurs propres sentiments.\u2014 Quand je ne sentais plus une ments froissés, mités, élimés.Un jour, elle chantait un refrain de Jean Lenoir, l\u2019auteur de Parlez-moi d\u2019amour : \u2014 Elle est née comme un moineau, Elle vit comme un moineau, Elle mourra comme un moineau ! On s\u2019attroupait, jusqu\u2019à bloquer la circulation.D\u2019une grosse voiture américaine sortit un homme vêtu avec une élégance recherchée.Il vint se placer au premier rang, et écouta.Puis il jeta cent sous dans le crasseux béret basque de Simone, l\u2019amie d\u2019enfance qui faisait la quête pour Edith.Cent sous, à l\u2019époque, c\u2019était un petit capital.par CHARLES MONTAIS Celle qui devait devenir la plus grande chanteuse réaliste du demi-siècle débuta dans la vie par un miracle.\u2014 Ses succès, tant en Amérique qu'en Europe, ont valu une brillante revanche à la petite fille des rues.Son art, pathétique et agressif, va droit au coeur.Edith, qui n\u2019avait plus rien à apprendre des côtés moches de la nature humaine, allait refuser avec une épithète bien assaisonnée, mais l\u2019homme la prévint : \u2014 Si tu viens chanter ce soir dans mon cabaret de la rue Pierre-Charron, dans ton ciré et ton béret noir, tu auras encore cent sous.Louis Leplée, propriétaire du « Ger-ny\u2019s », allait être sa première chance, son premier ami, et davantage encore.Quand Edith arriva, plus pâle et étriquée que d'ordinaire, dévorée de peur, Leplée fit braquer sur elle tous les projecteurs.La misère venait d\u2019entrer dans cette boite mondaine avec cette gosse qui se conduisit comme plus tard Brassens chez Patachon : en animal hargneux et traqué.Quand Simone voulut faire la quête, on le lui défendit, et un maître d\u2019hôtel tendit à Edith un plateau d'argent, la poussant vers la salle.Le jeune prince Farouk d\u2019Egypte, fils du roi Fouad.futur roi détrôné et déjà noceur impénitent, jeta négligemment sur le plateau, mais en guettant les réactions d\u2019Edith du coin de l\u2019oeil, un billet de mille.La gosse regarda la coupure avec méfiance, puis se gratta la tête.\u2014 Je n\u2019avais jamais vu un billet de mille, dit-elle depuis.J\u2019ai cru qu\u2019on me faisait une blague.De ce soir-là, Edith devint la Môme Piaf, du nom de ces moineaux parisiens, toujours affamés et effrontés.Lorsque Louis Leplée fut assassiné six mois plus tard.Edith fut terriblement secouée, mais elle commençait à être connue.Autour d\u2019elle, autour de sa silhouette souffreteuse qu\u2019elle eut l'intelligence de conserver aussi dépouillée que du temps où elle chantait dans les cours, se formait la « franc-maçonnerie du réalisme poétique » : les paroliers et compositeurs d\u2019Edith Piaf : Raymond Asso, Marguerite Monnot, Henri Contet, Charles Aznavour, Michel Emer, Louiguy.Le splendide tandem Asso-Monnot lui offrit la chanson de sa gloire naissante : Afo?i Légionnaire.\u2014 Je l\u2019ai toujours détestée, cette chanson, répète Edith.Elle m'horripile et me fiche le cafard, mais je sais qu\u2019à chaque fois le public me la réclamera.Dans sa vie, pourtant, Edith connaît un amour heureux et paisible avec Paul Meurisse, ce faux dur de l\u2019écran, qui sera son refuge pendant toutes les années de guerre, lorsqu\u2019elle fut requise par les Allemands pour aller chanter dans les camps de prisonniers, et prit sur l'avenir le risque d\u2019accepter, afin de se transformer en boîte à lettres pour les candidats à l\u2019évasion.Son public le comprit, puisque nul ne lui reprocha à la Libération ses voyages en Allemagne.Elle devint au contraire la vedette No 1 de la chanson française, et la première, après Maurice Chevalier, à obtenir une gloire [ Lire la suite liage 20 ] 8 Le Samedi, Montréal, 2li mai 11)56 GUERRE des INSECTES par MAURICE MARSAN Vous avez peut-être une petite soeur au coeur sensible qui vous regarde de travers quand vous tuez une mouche en l'aplatissant de la main sur le mur.Ayez la conscience en paix ; vous n'êtes pas une brute.Entendons-nous ! Vous n'êtes pas une brute si vous tuez la mouche capturée d'un coup bien appliqué.Vous en êtes une si vous la faites souffrir, si vous lui arrachez par exemple les ailes pour la laisser courir lamentablement.IL FAUT FAIHE LA CHASSE AUX MOUCHES parce que Ce sont des insectes nuisibles.Détruisez-les ! Ne les faites pas souffrir car alors le regard de désapprobation que vous lancera votre petite soeur sentimentale sera justifié.Pourquoi il faut tuer les mouches.Les mouches ne mordent pus, elles piquent.Elles piquent au moyen d\u2019une trompe minuscule et aspirent le sang.Comme elles transportent quantité de germes et d infections, elles peuvent inoculer à l\u2019homme différentes maladies : diarrhée, entérite, typhoïde, gangrène, anthrax, diphtérie, etc.La mouche est notre ennemie No 1.La mouche ne vit que quelques semaines mais moins de quatorze jours après son éclosion, elle pond à son tour de G00 à 900 oeufs.C\u2019est effrayant ! Ainsi un couple de mouches qui naîtrait en avril et qui serait capable de vivre jusqu\u2019en août, aurait une progéniture de 190 millions de moucherons.suivis de 12 zéros ! Rien que deux mouches donc, capables de vivre cinq mois, pourraient mettre au monde tant de petits que la terre entière serait recouverte d\u2019une épaisse couche de ces insupportables insectes ! La lutte contre les mouches.Les mouches naissent et se reproduisent sur les ordures ménagères.La première façon efficace de lutter contre elles, c\u2019est d\u2019être propre.On a calculé qu\u2019une livre de fumier peut donner naissance à 2,400 mouches ! Ceux qui font la guerre peuvent s\u2019y prendre de deux manières : l\u2019offensive ou la défensive.Dans la guerre contre les mouches, il en va de même.La méthode défensive consiste à employer des moustiquaires qui protégeront contre les piqûres de ces terribles insectes.Mais comme il y a toujours quelqu\u2019un qui laissera la porte ouverte, les mouches finiront quand même par pénétrer dans la pièce protégée, et il faut songer à autre chose.On passe alors à la méthode offensive ; on attaque les mouches.Pour ce faire, on emploie des insecticides qui détruisent et les mouches et leurs oeufs.Le plus curieux des insecticides est le « tabac des moustiques » employé par les Chinois et qui consiste en un mélange de bois résineux que l\u2019on fait brûler lentement.Le plus connu, et le plus efficace pour le moment, est l\u2019insecticide D.D.T.(dichloro-diphényl-tricholoro-éthane).Malheureusement, si ce produit que l\u2019on vaporise dans les pièces est néfaste aux insectes, son pouvoir ne dépasse pas 3 mois.Après, il faut recommencer.\u2014 Et cela coûte cher.Le laboratoire anti-mouches.Aussi, les recherches contre les mouches continuent-elles.En Amérique, où l\u2019on a le culte de la propreté et de l'hygiène, la science fait aux insectes en général, et aux mouches en particulier, une guerre sans pitié.Dans les laboratoires de Hamarville (Pennsylvanie) on procède à des essais comparés de tous les insecticides existants et si l\u2019on y conserve des mouches vivantes, c\u2019est pour mieux apprendre à les tuer.Ces laboratoires, équipés d'un matériel technique ultra-moderne, possèdent des chambres d\u2019incubation où l\u2019on pratique l\u2019élevage des mouches, ce qui est plus économique que de les capturer vivantes.Pour les faire naître, il suffit de déposer des oeufs dans un milieu de culture (déchets d\u2019origine ménagère) et de sceller le tout dans des bocaux que l\u2019on place dans une salle où règne le conditionnement d\u2019air.Les oeufs deviennent larves, les larves chrysalides, et les chrysalides mouches adultes.Cette métamorphose s\u2019opère en une dizaine de jours.On les laissera vivre pendant quelques jours, le temps qu\u2019elles pondent leurs oeufs (ces oeufs devant servir à de nouvelles incubations).Puis les mouches sont envoyées à la chambre à gaz où on expérimente les nouveaux insecticides.L\u2019opération achevée, on recueille les mouches mortes et vivantes et on les compte.Comme on en met G00 par chambre, le triage est vite terminé.Le pourcentage des cadavres et des insectes qui ont survécu est alors établi et permet de se rendre compte de la qualité de l\u2019insecticide.La lutte contre les mouches est donc une affaire très sérieuse.Croire que ces bestioles ne sont qu\u2019embêtantes est une erreur qui peut coûter cher et dans laquelle il ne faut pas persister.Tuer une mouche n est pas un jeu barbare, c\u2019est une nécessité qu\u2019il faut considérer au même titre qu\u2019un nettoyage.Comment les insectes se défendent.Si vous avez le coeur sensible, pensez que les insectes sont armés pour lutter efficacement contre qui ies attaque.Si la guerre de l\u2019homme contre les insectes est aujourd\u2019hui scientifique, celle que se font les insectes entre eux a gardé tous les mystères de la nature.Car les insectes pour se défendre ont des moyens bizarres.Il existe au Brésil des papillons aux couleurs voyantes qui sont un aliment apprécié par les oiseaux.Croyez-vous que ces papillons se défendent en prenant la fuite à tire-d\u2019aile ?Non, c\u2019est plus compliqué.Quand on les saisit, ils produisent un liquide jaune qui sent mauvais et qui a le don de faire battre en retraite ceux qui les attaquent.D\u2019autres papillons, qui ne sécrètent aucun liquide, sont capables de prendre la forme de ceux qui en sécrètent et trompent ainsi leurs ennemis ! Même les savants entomologistes s\u2019y laissent prendre et doivent faire attention pour distinguer les deux espèces.La plupart des insectes ont l\u2019art de se déguiser d\u2019une façon vraiment remarquable.Ce moyen de défense est propre à toute une série d\u2019animaux inférieurs.Voyez le caméléon qui change de couleur selon le milieu dans lequel il se trouve et, dit-on, suivant son humeur.Quant aux crapauds et aux crabes, ils parviennent à ressembler aux cailloux sur lesquels ils se posent au point qu\u2019il n\u2019est pas possible de les apercevoir.Il y a plus fort ! Certains insectes ont l\u2019aspect de brins de bois mort.Nos jardins zoologiques en possèdent et c\u2019est un étrange spectaele que de voir, dans le bocal où ils sont emprisonnés, bouger tout à coup ces « phasmes » qui sont exactement semblables aux brindilles sur lesquelles elles se trouvent posées.Cela a quelque chose d\u2019effrayant et l\u2019on imagine l\u2019impression que doit ressentir un Colonial quand il dépose innocemment la main sur ce qu\u2019il croit être des branches et qu\u2019il s\u2019aperçoit brusquement que ces branches s agitent, vivent, sont en fait d\u2019horribles petits monstres.D autres insectes, au lieu de se camoufler, cherchent à faire peur.Ainsi le « fulgon », qui est un cousin des cigales, possède une tête qui reproduit à une échelle minuscule celle de l\u2019alligator.Un crocodile de 2 pouces ! D\u2019après certains savants, la nature a donné au «fulgon » cette tête de saurien pour effrayer les oiseaux.Toutefois, les insectes qui font peur sont beaucoup plus rares que\tf Lire la suite page 25 ] La loi de la survie de l'individu est une loi uni* verselle.Voyez ces animaux, tous dans une attitude défiante, ils devront se battre ou ruser pour avoir le privilège de garder encore quelques heures, quelques jours, une vie bien précaire sous le soleil.Consolons-nous, toutefois, car à I état naturel, les animaux sont beaucoup mieux pourvus que les hommes pour se défendre et pour attaquer. Le Samedi, Montréal, 26 mai 1956 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR GENE TUNNEY, L'ANCIEN CHAMPION MONDIAL DES POIDS-LOURDS, DONNE SA CONCEPTION DU RIGIDE ENTRAINEMENT D'UN BOXEUR L\u2019entrainement est la base du succès dans le sport.Selon les individus il peut varier, néanmoins certains principes sont intangibles.Il est absolument nécessaire de suivre un régime.Chaque athlète doit assumer lui-même ses responsabilités pour demeurer en bonne santé.Il devrait, pendant une saison entière, se dresser contre la tentation d\u2019un « bon temps » trop coûteux.Et c\u2019est ici qu\u2019entrent en jeu la fermeté de caractère et la puissance de la volonté.Le boxeur professionnel moyen, qui n\u2019est sûrement pas d\u2019un caractère plus élevé que l\u2019athlète moyen de tout autre sport, pratique la continence.Non par idéalisme exceptionnel, mais il veut simplement gagner ses combats et ramasser de l\u2019argent.A nos jeunes athlètes de bien comprendre et de suivre ces précieux conseils de l\u2019ancien champion du monde des boxeurs poid-lourds, retiré non défait au mois d\u2019août 1928, Gene Tunney, aujourd\u2019hui millionnaire, qui nous accorda, le plus aimablement, une entrevue d\u2019une heure, lors de sa récente visite, au Forum.De nos jours, la majorité des champions durent moins longtemps que jadis.Quelle en est la raison ?Les accommodements qu\u2019ils prennent avec leur entraînement.Il n\u2019y a qu\u2019à jeter un coup d\u2019oeil sur les résultats obtenus dans les divers sports, pour se rendre compte que les carrières se prolongeaient bien davantage.Le coupable, en l\u2019occurrence, c\u2019est le laisser-aller qui préside au régime.Certes, on ne saurait généraliser.Il est des athlètes qui durent et étonnent.Maurice Richard, Emile Bouchard, Dit Clapper, Aurèle Joliat appartiennent à cette catégorie, au hockey.En boxe, ils sont des plus rares.Pour un champion qui défend, pendant des années, son titre glorieusement, combien s\u2019effondrent au premier assaut, après avoir donné les plus belles espérances ! Ceux-ci avaient autant de qualités que certains athlètes légendaires, mais ils ont trouvé que les plaisirs de la vie avaient plus d\u2019attrait que les rigueurs de l\u2019entraînement.Rappelez-vous certain champion, aussi brillant que sympathique, qui sembla invincible pendant plusieurs années.Les sceptiques s\u2019en servaient comme exemple : « Il ne se prive de rien, il mène la vie joyeuse et cela ne l\u2019empêche pas de gagner les épreuves classiques ! j> Ceux qui savent et comprennent répondaient : « Oui, mais .patience et attendons la fin ! » Le malheureux, qui aurait pu continuer à nous émerveiller, pendant des années, n\u2019est plus que 1 ombre de lui-même.On ne peut pas mener de front le plaisir et le travail, ce dur entraînement.Ce sont là deux parallèles qui, comme toutes les parallèles qui se respectent, ne doivent jamais se rejoindre.Celui qui, un jour, aura quitté la route de l\u2019entrainement et du régime sévère, sera bien obligé d\u2019en subir les conséquences désastreuses.Le succès est suffisamment agréable pour que ceux qui l\u2019obtiennent, cherchent à le conserver.Il exige des sacrifices, ce qui est normal.Mais il est sans pitié pour ceux qui la considèrent comme un dû.Le sport est la seule branche de l\u2019activité où, à part quelques exceptions, les hommes sont égaux et où ils ne doivent rien à la protection ou au favoritisme.C\u2019est, d\u2019ailleurs, la raison pour laquelle il mérite d\u2019être aimé.Là, à chacun selon ses oeuvres.Tous sont Les belles et la bête, qui n'est pas bête du tout I \" SUNNY , in éléphant de trois ans, 1,300 livres, est le premier pachyderme à faire du ski aquatique.Les skis sur lesquels te place \u2022' Sunny \" mesurent 15 pieds de longueur et 2 pieds de largour.Il se laisse bercer gracieusement sur les eaux insoleillées de Sarasota, Floride.Il semble être sûr de ion affaire I Ses proprlos l'ont assuré au montant de 54,000, ae cas où surviendrait un accident grave, au cours de ses performances.Les deux skieuses qui l'accompagnent, BARBARA LANEY, 6 gauche, 17 ans, et JOAN DAMPIER, 19 ans, lont émerveillées de l'assurance de la bête.A coup sûr, le Ikl aquatique est un sport d'extérieur moins dangereux que celui de \" l\u2019auto-stop \", des voyages effectués sur le bout du pouce, que pratiquent un trop grand nombre de |eunes filles et femmes de nos |ours I \" Sunny \" se contente d'un gracieux sourire de ces deux filles d'honneur I au même point, avec les mêmes chances au départ.A la classe de parler.Mais il ne suffit pas d\u2019avoir la classe, il faut savoir la conserver.Trop d\u2019athlètes s\u2019imaginent qu\u2019un apéritif par-ci, une veillée par-là, même pour fêter une victoire, ne gêneront en rien la suite de leurs exploits.Ils sont tout étonnés, au bout de quelque temps de ce régime, de constater que leurs muscles deviennent mous et refusent d\u2019obéir au cerveau.La détente semble coincée.Le champion repentant revient à son travail avec tout son coeur.S\u2019il est jeune, s\u2019il n\u2019a pas commis trop d\u2019écarts, peut-être reconquerra-t-il la forme.Mais s\u2019il récidive, ce sera la déchéance.On comptait sur lui, il avait tout pour réussir.Il a accompli quelques exploits sans lendemain.A nos jeunes athlètes de bien comprendre ces principes, qui sont à la base de la renommée.Qu\u2019ils sachent combien leur métier exige de sacrifices, combien il accumule les obstacles ! Qu\u2019ils n\u2019hésitent pas à entreprendre l\u2019assaut, s\u2019ils se croient assez opiniâtres pour vaincre ! Mais s\u2019ils n\u2019ont pas la fermeté de caractère nécessaire, ils n\u2019ont rien à faire dans le sport professionnel, où ils ne dépasseront jamais, quelle que soit leur valeur, le rang de l\u2019honnête médiocrité ! Oui, mais .Comment doit-on s\u2019entraîner ?Est-ce un travail de tous les instants ?Que faut-il faire ?Il nous semble intéressant de le demander au gentilhomme Gene Tunney : « On m\u2019a souvent demandé quelle était la méthode qui me réussit le mieux.J\u2019attachais la plus grande importance au travail de route.J\u2019aimais parcourir des milles et des milles.Les entraîneurs qui m\u2019accompagnaient, cherchaient un endroit pour s\u2019arrêter, parce qu\u2019ils étaient exténués.Je ne sentais pas l\u2019effort ou, du moins, je n\u2019en étais pas incommodé.«Je cherchais à me fatiguer sainement, d\u2019une bonne fatigue, qui me permettait de dormir ensuite sans trouble, d\u2019un sommeil de plomb.Quand je courais ou que je marchais, je m\u2019amusais à faire sans cesse de la boxe contre mon ombre.La vitesse n\u2019a jamais été une obsession pour moi.Ce fut assez pour moi de sentir que j\u2019étais assez fort sur mes jambes et de me rendre compte que mon appareil respiratoire n\u2019était pas en danger d\u2019être embarrassé.Le soleil, l\u2019air frais, une nourriture saine et abondante, voilà ce qui fait des pugilistes.«Je vous donnerai quelques renseignements sur les méthodes que j\u2019employais, de préférence, pour obtenir la forme physique et combative.Lorsque j\u2019étais débutant, avec l\u2019unique pensée que je pourrais, quelque jour, devenir un bon boxeur, sans plus, je m\u2019en- traînais d\u2019après un système à moi qui n\u2019avait rien de très scientifique.« Certes, je savais qu\u2019il était élémentaire d\u2019être vigoureux, de vivre un existence tranquille, décente et naturelle, mais j\u2019avais déjà livré quelques combats, chez les mi-lourds, que je n\u2019avais encore qu\u2019une très vague idée sur les différents principes à adopter pour la meilleure culture du corps.« L\u2019entraînement n\u2019a rien de commun avec la mécanique.Un organe qui claque dans une machine est mauvais.Il n\u2019en est pas de même avec l\u2019organisme humain.Et je ne saurais trop insister sur ce point, sur lequel je prie de réfléchir les nombreux jeunes gens qui, cherchant le succès dans la boxe, s\u2019imaginent qu\u2019en suivant une série de règles, le progrès viendra d\u2019une façon plus ou moins automatique.Or, je leur dis franchement : tôt ou tard, ils souffriront d\u2019une amère désillusion.« Vous ne pourrez envisager, avec quelque confiance, l\u2019idée d\u2019acquérir l\u2019habileté au combat que lorsque vous aurez découvert, et que vous serez convaincu vous-même, que le moindre acte doit aboutir à votre amélioration physique.c C\u2019est par la pratique de ceci et de cela que vous ferez de mieux en mieux, non seulement pour votre corps, mais, ce qui est aussi capital, pour votre esprit.Ce que nous appelons la perfection combative tient autant de la perfection mentale que de la perfection physique.« Lorsque je me mis dans les mains d\u2019un bon gérant et que, pour la première fois, je fis connaissance avec un camp d\u2019entraînement régulier, ce n\u2019était pas avec l\u2019idée d\u2019obtenir plus de force, c\u2019était uniquement dans le but de trouver le meilleur moyen de conserver cette force, dont la nature a bien voulu me doter, et d\u2019apprendre la meilleure façon de l\u2019employer, avec efficacité.« Lorsqu\u2019il combat, le garçon réellement vigoureux compte bien peu, s'il ne sait pas utiliser sa vigueur.« Quand je n\u2019étais qu\u2019un placide enfant, j'avais, autour de moi, la réputation de posséder une endurance tout à fait remarquable.J\u2019en étais fier et heureux, et j\u2019avais quelque prétention.« Mais mon gérant me prouva, dès nos premières relations, que même un taureau humain ne peut pas toujours se frayer un passage.Et pourtant, j\u2019avais déjà livré un certain nombre de batailles.« Une tape sur le menton et voire Goliath est r enversé.La belle affaire d\u2019être fort, si vous ne savez pas vous servir de vos qualités! C\u2019est pourquoi la boxe doit être considérée\tf Lire la suite page 25 1 ,1 : 4 TV-\u20141 < lü Le Samedi, Montréal, 26 mai 1956 * 21 MAI Fêfe de Dollard des Ormeaux PAH.Mi les colons que recruta, en 1(557, M.rie Maisonneuve, se trouva Adam Dollard, « retiré du service actif à la suite de difficultés survenues dans son régiment ».Il était âgé de 22 ans.Le 18 novembre 1657, il signait à Ville-IY1 ar 1 c un acte notarié.Lu 1(558, il est qualifie de «volontaire», puis commandant et parfois de «simple officier».Le .j Ci-inclus 5 cents pour échantillon des ' Pilules Myrriam Dubreuil avec la bro-I churc.Nom .Adresse Ville .Province Il eut un nouveau motif de haïr Noirmond et sa famille.Le père de Jean s\u2019intéressa à Lérac qui avait inventé une histoire attendrissante de sa vie, prétendait s\u2019être dépouillé de ses biens pour sauver son père de la ruine.Le comte de Noirmond, touché de ce dévouement filial, résolut de faire quelque chose pour l'ami de son fils et il le fit entrer dans la grande banque Minard dont le directeur était de ses amis.Ce service, Lérac ne le pardonna pas au comte de Noirmond.Entré dans la banque, il sut, à force d\u2019adresse, de travail, et de zèle, conquérir la confiance du directeur et, petit à petit, s\u2019élever des modestes fonctions d\u2019employé à un poste très important.On n\u2019avait qu\u2019à se louer de lui.Le comte de Noirmond se félicita d\u2019avoir si heureusement usé de son influence en faveur d\u2019un garçon si intéressant qui ne méritait que des éloges.Par malheur, quelques années après, le comte étant mort, Lérac, qui n\u2019avait jusque-là osé déposer le masque d\u2019honnêteté qui lui avait tant servi, voulut voler de ses propres ailes.Il fit à la caisse de larges emprunts, joua à la Bourse, gagna, s\u2019installa luxueusement, remboursa l\u2019argent emprunté et, favorisé par une chance heureuse, continua de spéculer pour son propre compte à l\u2019insu de la maison.Ce qui devait se produire arriva.Un beau jour, Lérac perdit des sommes importantes.Il voulut se rattraper, joua encore et, cette fois, avec l\u2019argent d\u2019un client qui avait voulu acheter un certain nombre d\u2019actions qui étaient en baisse.Lérac, au lieu de suivre les ordres donnés, joua sur d\u2019autres valeurs et perdit tout.Le directeur, à qui le client avait porté plainte, interrogea Lérac, qui prétendit avoir exécuté les ordres du client, fort de ce qu\u2019aucun témoin n\u2019avait assisté à l\u2019entretien.Le client se fâcha, sortit une note portant mention de l\u2019ordre donné, note qu\u2019il avait communiquée à un de ses amis en sortant de la banque et accusa Lérac d\u2019escroquerie.Le banquier Ménard intervint.Le client fut remboursé.Lérac, désormais suspecté, fut étroitement surveillé et ne tarda pas à se faire prendre la main dans le sac.Obligé de restituer, il fut, sans plus de cérémonie, renvoyé par Ménard qui lui dit : \u2014 Par égard pour la mémoire de M.dp Noirmond, je ne dirai pas que je vous ai chassé.Vous allez m\u2019écrire une lettre dans laquelle vous me donnerez votre démission pour raison de santé.« Allez et tâchez d'être honnête à l\u2019avenir.si vous le pouvez ! Lérac obéit.Il disparut brusquement de la circulation et, pendant plusieurs années, vécut d\u2019une façon mystérieuse.Nul ne sut jamais ce qu\u2019il fit, de qui il tint ses ressources- Jean de Noirmond que les hasards de la vie avaient séparé de son ancien camarade et qui lui avait écrit à l\u2019occasion de son mariage, à la banque Minard, se vit retourner sa lettre d\u2019invitation avec cette note laconique : « A donné sa démission pour raison de santé.On ignore son adresse.» Jean de Noirmond, un instant affligé de ne pas voir Lérac à son mariage, se consola aisément de cette absence.Tendrement épris de Louise, il partit avec elle visiter les pays étrangers et lorsqu\u2019il revint en France, plus amoureux que jamais, il eut la satisfaction de voir, quelques mois après, Louise de Noirmond donner le jour à l\u2019adorable petite fille que, depuis trois ans, il gâtait et adorait.Le hasard qui ne fait pas toujours bien les choses, peu après la naissance de Simone, mit un jour face à face Lérac et Noirmond.Jean, toujours enthousiaste, sauta au cou de Lérac, vaguement inquiet, mais bientôt rassuré, et, après les premières effusions, Jean invita Lérac à venir le voir, voulant le faire témoin de son bonheur.Lérac accepta.Il vit Louise, et tout de suite fut pris au charme qui émanait de Mme de Noirmond.Mais, prudent, il sut tout d\u2019abord cacher les sentiments qui l\u2019agitaient et se borna à de brèves visites.A Paris, par contre, il vit souvent Noirmond qui faisait partie de l\u2019aristocratique cercle du Jockey, venait presque tous les jours voir ses amis, causer avec eux, faire une partie.Habilement, Lérac peu à peu le détacha de ses amis, l\u2019emmena dans des cercles peu recommandables et, démasquant un beau jour ses batteries, le supplia d\u2019honorer de sa présence le cercle mixte des Mimosas, dont il se prétendait un des commanditaires, alléguant qu\u2019une personne comme Noirmond, dans les salons de jeu, serait très utile au bon renom de la maison.C\u2019était prendre Jean par son faible.Croyant de bonne foi rendre service à Lérac, Jean s\u2019habitua à fréquenter le cercle des Mimosas, ne faisant plus que de rares apparitions au Jockey.Le rusé Lérac, lorsque Jean était en déveine aux Mimosas, entraînait son ami dans d'autres cercles douteux, sous prétexte de changer la veine et il va de soi que, tantôt gagnant, tantôt perdant, Jean finissait par retourner au cercle mixte, cher à Lérac et à son ami Champour.Sournoisement, l\u2019araignée tissait sa toile.Jean de Noirmond, sans rien apercevoir, agissait comme le souhaitait Lérac.Sa fortune, peu à peu, s\u2019effritait, s\u2019envolait da-ci, de-là, et, conseillé toujours par Lérac, Jean s\u2019endettait, vendait une partie de ses biens, et finalement devait faire appel à Louise, qui, sans hésiter, faisait vendre les Aubrais.Tout en ruinant le mari, Lérac ne perdait pas de vue son objectif : la conquête de la femme, et procédait aux travaux d\u2019approche.Mais, là, une cruelle déception l\u2019attendait.Louise de Noirmond adorait Jean.Le mépris de Louise, ses paroles dédaigneuses exaltèrent la passion de Lérac, lui firent perdre la tête.Résolu à en finir, il tenta cette démarche audacieuse d\u2019amener Mme de Noirmond à l\u2019écouter favorablement en la menaçant de déshonorer son mari.Nous avons vu quel fut le résultat de cette ignoble tentative.Fou de rage, Lérac était rentré à Paris.Noirmond, était, croyait-il, le seul obstacle qui se dressait entre lui et Louise.Il fallait humilier, avilir son rival, le désespérer, le ruiner.C\u2019était la seule façon de chasser du coeur de Louise l\u2019amour qu\u2019elle éprouvait pour son mari.Comme tous les coquins de basse mentalité, Lérac s\u2019imaginait qu\u2019une femme cesse d\u2019aimer un homme, lorsqu\u2019il a perdu sa fortune, lorsque l\u2019infamie le guette, lorsque le mépris universel s\u2019abat sur lui.Il ne croyait pas à l\u2019amour fidèle et désintéressé, au sublime dévouement féminin qui s\u2019accroît par les malheurs de l\u2019être aimé.Tout noble sentiment lui était étranger.Louise, selon lui, humiliée par la déchéance de son mari, devait finir par le haïr, le chasser, se retourner vers l\u2019homme assez fort qui, de son amour aurait fait un levier à sa haine pour briser son rival.Aussi, qu\u2019elle ne fut pas la joie de Lérac, lorsqu\u2019il vit Jean de Noirmond céder au funeste attrait du jeu !.Le démon le tenait.Jean devait perdre son argent \u2014 l\u2019argent qu\u2019il tenait de la générosité de sa femme.Mais ce n\u2019était rien, cela.Il fallait qu\u2019après avoir perdu, Jean fût accusé d\u2019une infamie, ignominieusement chassé du cercle ; que le lendemain tout Paris fût au courant ; que les amis de Jean, à sa vue, s\u2019éloignassent avec mépris, détournassent la tête et qu\u2019à force d'humiliation, le malheureux fût poussé à quelque éclat, qui dégénérerait en scandale.Pour arriver à ce but, tandis que Jean s\u2019absorbait dans la taille de sa banque, Lérac fit un signe imperceptible à Champour qui alla rejoindre son complice dans le petit salon, dont la porte, soigneusement close, défiait toute indiscrétion.La conversation fut assez longue.Lorsque Lérac et Champour revinrent dans la salle de jeu, les yeux de Lérac brillaient étrangement et Champour était un peu pâle.Ils entendirent à ce moment le joueur assis à côté de Jean lui dire d\u2019une voix aigre : \u2014 Vous avez une veine insolente, monsieur de Noirmond.\u2014 C\u2019est la vérité concéda Jean, conciliant, et vous m\u2019en voyez d\u2019autant plus ennuyé, monsieur Guibert, que c\u2019est surtout vous qui perdez.Guibert murmura : \u2014 Espérons que cela va changer.\u2014 Je le souhaite.La partie continua.\u2014 Une carte.\u2014 Sept ! \u2014 Huit ! \u2014 Encore gagné ! murmura une vieille joueuse souriant à Jean de sa bouche édentée, comme si elle avait espéré, par ce sourire, s\u2019attacher la fortune qui souriait au banquier.\u2014\tIl gagne trop ! murmura Lérac.à l\u2019oreille de.Champour.\u2014\tTant mieux! répondit celui-ci, il n\u2019osera pas s\u2019en aller : il restera jusqu\u2019à la nuit.Et c\u2019était vrai.Si Jean avait eu le bonheur de perdre, il aurait quitté la partie, abandonnant quelques billets de mille.Mais, décemment, il ne pouvait se retirer après avoir gagné d\u2019une façon aussi insolente, comme le disait âpre-ment Guibert.Ce Guibert était un fort galant homme, très riche, qui, privé depuis quelques années de sa jeune femme qu\u2019il adorait, morte en couches, avait cherché dans le jeu une distraction à son chagrin.Longtemps, il n\u2019avait pu supporter la vue de l\u2019enfant qui avait causé la mort de sa mère et il avait fallu éloigner de lui le pauvre petit être à qui Guibert ne pardonnait pas une naissance qui avait amené un tel malheur.Riche, désoeuvré, son enfant abandonné aux grands-parents, Guibert, que poursuivait inlassablement le souvenir de sa femme, avait voulu se distraire, s\u2019étourdir.Et c\u2019est au jeu qu\u2019il avait demandé un adoucissement à sa souffrance, ne pouvant se résoudre à chercher l\u2019oubli dans la boisson et encore moins dans l\u2019amour d\u2019une autre femme.S\u2019il avait fait choix du cercle des Mimosas, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y avait là personne de son monde, personne qui eût connu sa femme, personne qui eût Le Samedi, Montréal, 26 mai 1956 25 ZÉ JÇ l(, w V>1 TABLE 38\" x 52\"\u201467' H.30\"\t, HUTCH TOP\" ' x 14\"\u2014H.23 VAISSELIER 50\" x 16\"\u2014H.61 48' ./ ' ' Peppier Bros.Co., Limited, Hanover, Ontario h uJUjlaxl.MOBILIER NO 600 Futura est un mobilier de salle à manger de style moderne aux lignes simples et aux proportions élégantes, digne de la réputation que Peppier s\u2019est acquise dans le domaine des beaux meubles.Il offre beaucoup d\u2019espace pour ranger linge et vaisselle.D\u2019un goût raffiné, il ajoute une note de distinction h toute salle à manger.Que vous choisissiez un mobilier complet, ou simplement quelques meubles auxquels vous pourrez en ajouter d\u2019autres plus tard, le charme du ravissant fini Muscade, exclusif à Peppier, révèle la vraie beauté de l\u2019acajou véritable.Ceci contribue à faire du mobilier Futura le plus enviable des ensembles de salle à manger.Demandez à votre marchand de meubles de vous montrer le mobilier Futura de Peppier.BUFFET 60\" x 19\"\u2014H.31\" VAISSELIER 36\" x 16\"\u2014H.61\" TABLE À SUPPORTS 40\" x 50\"- 88\" H.30\" DANS LE MONDE SPORTIF [suite de ia page s»] pu lui raviver ce douloureux souvenir.Matin et soir, Guibert passait son temps au cercle.Il y déjeunait, y dînait, et ne rentrait chez lui que fort tard dans la nuit.Contrairement au proverbe qui dit : \u20ac Heureux au jeu, malheureux en amour », Guibert, malheureux en amour, privé de celle qu\u2019il aimait, perdait presque toujours au jeu, et bien qu\u2019il ne fût pas intéressé, et fût au-dessus de ses pertes, il s\u2019aigrissait de jour en jour, à voir combien la vie lui était hostile en toutes choses.Il n\u2019aimait pas Noirmond.Le visage souriant de Jean, qui semblait heureux de vivre et gardait dans ses pertes une égalité d\u2019humeur déconcertante, énervait Guibert qui ne lui pardonnait pas d\u2019être heureux, d\u2019être aimé.Jean, qui connaissait vaguement la détresse morale de Guibert, tolérait les réflexions acerbes de ce joueur, ceux qui se confondent avec la nature.J\u2019ai parlé des insectes « brins de bois mort ».Il y en a qui ressemblent à des feuilles comme la mante des Indes Néerlandaises et la sauterelle-feuille d\u2019Amérique.D\u2019autres encore poussent la fantaisie ou l\u2019instinct de défense jusqu\u2019à posséder des ailes frangées qui ressemblent à s\u2019y méprendre aux rognures faites dans les feuilles.En somme, à l\u2019état naturel, les insectes, si arriérés qu\u2019ils soient dans leur évolution, si petits qu\u2019ils soient, possèdent des moyens de défense plus complets que les nôtres.Nous, nous n\u2019avons que nos poings, notre peau ne qui, chaque fois qu\u2019il jouait contre lui, perdait son enjeu.A plusieurs reprises, Jean, consciencieusement, avait voulu donner sa revanche à l\u2019écarté à Guibert.Mais, par une inconcevable fatalité, Jean, qui perdait avec d\u2019autres joueurs, gagnait toujours lorsque Guibert était son partner.Et cette fois en cette fatale partie il en fut de même.Guibert exaspéré se leva.\u2014 Je suis à sec ! «Je rentre chez moi prendre de l\u2019argent.\u2014 Oh ! fit Jean courtoisement si cela vous ennuie de quitter la partie, vous n\u2019avez pas besoin de vous tourmenter pour l\u2019argent.Votre parole, monsieur Guibert, vaut.\u2014 Non, dit sèchement Guibert, je ne joue jamais sur parole et je n\u2019emprunte jamais à la caisse.\u2014 Comme il vous plaira ! [ A suivre au prochain numéro ] change pas de couleur à l\u2019approche de l\u2019ennemi.Dans un bois nous restons couleur chair et nous sommes bien visibles.Les insectes, par contre, prennent souvent la couleur de l\u2019endroit où ils évoluent et même la forme des éléments qui leur servent de support.L\u2019homme sera-t-il jamais capable de faire une oeuvre aussi ingénieuse que celle de la nature, qui est elle-même l\u2019oeuvre de Dieu ?Après les exemples que nous venons de citer, il est inutile de répondre.Maurice Marsan.l\u2019un des plus grands sports, puisque là, le petit avec un esprit avisé peut avoir raison d\u2019un colosse.« Comment peut-on allier le corps combatif à l\u2019esprit combatif, si j\u2019ose m\u2019exprimer ainsi ?Tout simplement, en ne réduisant pas l\u2019entraînement à une besogne fastidieuse et monotone.La monotonie brûle et détruit le cerveau.« Quand mon gérant me prit sous sa direction, il me fit étudier chacun de mes actes à l\u2019exercice.Et la première chose que j\u2019admis fut la nécessité de ne pas voir en cela un travail laborieux, mais simplement un moyen indispensable d\u2019acquérir une amélioration professionnelle.J\u2019allai à la salle de gymnastique comme tout enfant sérieux va au collège.J\u2019améliorai mon éducation doucement, sans le moindre surmenage, en prenant mes leçons séparément et en les apprenant, de la façon la plus complète.« Le principe fondamental de l\u2019entraînement est la simplicité naturelle.On croit généralement que le succès des pugilistes tient à leur entraînement intensif.« Si, par entraînement intensif, vous entendez qu\u2019il est possible de faire des champions, sans souci de la matière première, au moyen d\u2019un labeur physique incessant, en vous basant sur un cas, vous avez tort.Ce n\u2019est pas avec un tableau noir qu\u2019on fait un champion.Des professeurs de culture physique affirment : Donnez-moi un gros, vigoureux et jeune garçon, qui soit complètement étranger à l\u2019art de la boxe, et je me charge d\u2019en faire un champion, au moyen de mon système d\u2019entraînement intensif.« Je n\u2019ai pas le moindre doute qu\u2019ils peuvent rendre fort un faible.Us se- raient des magiciens, s\u2019ils étaient capables de garantir la production d\u2019un champion, sans s\u2019occuper de l\u2019étoffe.« Si ma conception de ce qui doit être fait, au moyen d\u2019un système intensif est exacte, elle tient plus de la méthode que de la pratique.« Par exemple, vous prenez un jeune homme et vous lui montrez comment il doit se tenir.Vous façonnez sa défense, vous lui indiquez les dangers de diriger le combat avec le droit.En un mot, vous lui apprenez l\u2019alphabet de la boxe.« Tant qu\u2019il a un bon instructeur avec lui, il y a beaucoup à parier qu\u2019il exécutera, avec précision, ce qui lui est commandé.Mais est-il arrivé que même le plus consciencieux pupille se soit rappelé chaque point et chaque geste de ses leçons, quand il était engagé dans un combat réel ?« Chaque fois que je suis monté dans l\u2019arène, j\u2019avais l\u2019esprit tout à fait ouvert.Outre que je voulais gagner, je tenais à m\u2019endurcir, en supposant que je ne puisse pas triompher.Et il me suffisait de sentir que je devais obéir à l\u2019instinct.«Le boxeur qui atteint le sommet de l\u2019arbre est celui qui sait prendre une décision rapide.Celui qui a des idées préconçues est celui qui, le plus souvent, se fera battre.« Mon système d\u2019entraînement peut s\u2019expliquer en une phrase : Du travail rude et consciencieux, jamais de fantaisies et de penchants pour la vie douce et ses nombreux plaisirs.«Je n\u2019ai jamais été dans une condition de relâchement physique, au cours de ma vie, et c\u2019est la joie de me sentir en forme qui a fait que j\u2019ai toujours tenu à rester en forme ».Oscar Major LA GUERRE DES INSECTES [ Suite de l« page 8 ] 26 Le Samedi, Montréal, 26 mai 1956 LE PACTE CRIMINEL Cependant, à la nuit, il reprit place dans l'embarcation, mais, d\u2019instinct ou fatigue, il aborda bientôt à cet endroit où de traîtres marais séparent la Franco de la Suisse.Sous les grands roseaux cjui courbent leurs têtes flexibles au moindre souffle du vent, parmi l\u2019herbe épaisse gorgée d'humidité et de sève, l\u2019eau dormante tend insidieusement des pièges mortels à celui qui ne connaît pas le péril : mais, au-delà, une route délimite la frontière.Quelques enjambées, un saut au-dessus de la ligne de démarcation et le contrebandier poursuivi échappe à la douane française qui n\u2019a plus de droits sur lui.Pourquoi le jeune homme avait-il été attiré par la solitude de ce coin où ne se hasardent sans danger que ceux qui connaissent parfaitement le chemin ?Soudain, il s\u2019était senti saisi par une profonde lassitude.Puisque Lisa s\u2019était donnée à un autre, à quoi lui servait-il de l\u2019épier ?La sermoner, la convaincre ! Allons donc I 11 ne savait que trop le peu d\u2019emprise qu\u2019ont les conseils de prudence sur un coeur amoureux.La tête dans les mains, engourdi par l'humidité malsaine qui sourdait de 1 eau morte, Louis se laissait emporter par un vague sommeil.La nuit était sans lune.De loin en loin, sur les bords du lac, traînaient, comme des écharpes de gaze, des nappes de buée qu\u2019argentait la vague clarté des étoiles.Tout à coup, il sembla au jeune homme percevoir un murmure de voix.Il se redressa à demi, frotta ses yeux auxquels l\u2019obscurité n\u2019était plus familière.A dix pas de lui, deux ombres se profilaient sur le ciel d\u2019un bleu noir.\u2014 Vous devez obéir, disait une voix un peu rauque dont le ton était impératif et presque brutal.Vous voyez bien que la route est libre.Pas un douanier en vue.- Ils peuvent se cacher.Ce chemin est plus dangereux que celui du lac, répondait une faible voix féminine, une voix que Louis aurait identifiée entre mille.\u2014 Vous n\u2019avez pas à discuter, mais à obéir.Vous savez où se trouve l\u2019auto.Celui qui la conduit vous donnera ce qui est convenu.Mais pourquoi ne pas me laisser faire comme les autres soirs.J\u2019ai peur.Je sens du danger autour de moi.Je vous en supplie.Si j\u2019était reconnue, quelle honte ! \u2014 L\u2019heure n\u2019est plus aux tergiversations.Ce que vous devez faire passer en l'rance ne peut être dissimulé dans votre corsage.Vous me l\u2019apporterez ici ; puis, à travers les marais, nous gagnerons Divonne et, là, votre rôle sera terminé.Terminé pour ce soir, mais demain, tout sera à recommencer ! Non, je suis à bout, si cette infernale vie doit continuer, j\u2019aime mieux en finir.Oubliez-vous que vous avez signé ?Si vous trahissez, même après votre mort, votre pero saura et vous jugera : Hernandez ne pardonne jamais.Une sorte de gémissement pareil à celui d\u2019une bête blessée monta dans le calme de la nature endormie.Louis, stupéfait d\u2019abord, mais soulevé maintenant de colère et de révolte, n\u2019avait pas perdu un mot de la singulière conversation.Peu à peu, la lumière se faisait en lui.Lisa \u2014 pour quelle raison ?il ne parvenait point à comprendre \u2014 faisait partie d'une de ces bandes de contrebandiers qui, sur les frontières, tiennent en haleine la police des deux pays.Comment était-elle tombée à cette déchéance ?Par amour ?Mais celui qui lui parlait la traitait en esclave et non en amante.| Suite de la paye 15 ] Un autre ; peut-être, le peintre américain dont on avait accolé le nom à celui de la fille du vieux douanier?Tout tournait dans la tête du malheureux ; cependant, son instinct le poussait a intervenir coûte que coûte, ne serait-ce que pour arracher Lisa à l\u2019emprise qui s\u2019exerçait sur elle et la courbait sous un joug dégradant.Pourtant, Louis n'agit pas tout de suite.Pendant qu\u2019il réfléchissait, Lisa s\u2019était élancée comme hypnotisée.Elle avait franchi la route sans même se demander si elle n\u2019avait pas été aperçue ; maintenant, sa silhouette s\u2019était résorbée dans l'ombre.Seulement, à quelques pas, Louis sentait la présence de l\u2019homme et ses mains se fermaient comme s\u2019il allait resserrer leur étau autour de la gorge du contrebandier.Un temps interminable s\u2019écoula, puis un bruit léger \u2014 un bruit qui n\u2019était pas celui de la brise parmi les herbes, le rampement d\u2019un crapaud ou le concert des insectes nocturnes \u2014 parvint aux oreilles du ieune homme.Son coeur se mit à battre à coups précipités.Il ne pouvait s\u2019y tromper.Deux douaniers, glissant dans la nuit, peut-être mis en éveil par quelque indice, s\u2019approchaient.Maintenant, le plan de Louis était bien établi.Il allait sauter sur le bandit, le ceinturer et le livrer aux douaniers.Malheureusement, il n\u2019eut pas le temps d\u2019accomplir le premier de ces gestes.Lisa venait de sortir de l\u2019ombre.Elle s\u2019approchait du contrebandier, en même temps que s\u2019avançaient les représentants de la loi.Le drame fut brutal et rapide.Les douaniers se doutaient-ils de quelque chose ?Avaient-ils entendu arriver la mystérieuse voiture ?Ou bien, depuis plusieurs jours, étaient-ils aux aguets, intrigués par les allures des pseudoamoureux ?Presque au même instant, les deux hommes s\u2019élancèrent, mais chacun d\u2019un point différent.Sans doute, le conducteur de l\u2019auto était-il sur ses gardes, car la voiture démarra et Louis remarqua qu\u2019il avait eu le soin de se tourner à l\u2019avance, manoeuvre qui, dans ce petit sentier, aurait été longue et difficile à accomplir.Un coup de feu claqua : l\u2019un des douaniers, celui qui aurait pu encore barrer le passage, tomba avec un sourd gémissement.Le second, renonçant à une poursuite qui s\u2019avérait impossible, car la traction avait déjà pris de la distance, s\u2019élança vers son camarade.Louis était demeuré immobile, figé en quelque sorte par l\u2019horreur ! Ce court répit avait suffi pour qu\u2019il perde de vue la jeune fille.Elle était sans doute parvenue à se glisser au plus épais des herbes aquatiques Avait-elle rejoint l\u2019homme qui, au début de cette scène, lui parlait sur un ton si impérieux ?Le malheureux garçon hésita, puis il se dit qu\u2019en se mettant à la poursuite de Lisa, il la dénoncerait aux douaniers qui, peut-être, ne l\u2019avaient pas reconnue.Son premier devoir n\u2019était-il pas de porter secours au blessé ?Il s\u2019approcha donc du groupe composé des deux douaniers dont l'un s\u2019efforçait de donner les premiers soins à son compagnon.Au bruit des pas qui venaient vers lui, il se releva rapidement et se mit sur la défensive.\u2014 Ne craignez rien, camarades, c\u2019est moi, Louis Hartcmain.Je passais sur la route frontière.J\u2019ai entendu un coup de feu et, presque aussitôt, j\u2019ai failli être écrasé par une auto qui débouchait du petit chemin.J\u2019ai pensé qu\u2019il s\u2019était peut-être passé quelque chose ! \u2014 Quelque chose, je crois bien.Ce pauvre Léonard vient de recevoir une balle dans l\u2019épaule.Un peu plus bas, la poitrine était traversée.\u2014 Des contrebandiers ?\u2014 Oui, et des plus dangereux, je suppose.Il y a longtemps que les allées et venues de cette voiture noire étaient suspectes, mais on n\u2019avait jamais pu les pincer sur le fait.Il a des complices sur l\u2019autre rive.Ça, c\u2019est certain.Le procédé classique : une barque qui s\u2019approche de la rive, un paquet que l\u2019on dissimule dans les herbes, au besoin : vous connaissez le coup comme moi, on mouille l\u2019objet dans l\u2019eau, bien enveloppé dans un filet et, quelques jours après, un complice vient le cueillir.C\u2019était le coup classique, durant la guerre, des bons patriotes qui faisaient passer des lingots d\u2019or pour les cacher dans les coffres des banques étrangères.Ah ! ils connaissent la musique ! Cette fois, une femme était dans le jeu.\u2014\tUne femme?Vous l\u2019avez reconnue ?\u2014\tNon, pour ce qui est de moi.Je ne l\u2019ai vue que de dos, mais il n\u2019y a pas d\u2019erreur : elle s\u2019avançait bien tranquille vers le type qui a sauté dans l\u2019auto.Si je ne m\u2019étais pas arrêté pour porter secours à Léonard, j\u2019aurais vu par où elle se défilait.Si seulement vous aviez pu relever le numéro de la bagnole ?\u2014\tLes feux n\u2019étaient pas allumés, naturellement.Je n\u2019ai rien vu.\u2014\tProbablement, du reste, qu\u2019ils avaient camouflé la plaque.Allons, nous n\u2019avons qu\u2019à nous en retourner.En soutenant le camarade, vous d'un côté et moi de l\u2019autre, on y arrivera sans doute.Dis, Léonard, vieux frère, tu ne souffres pas trop ?\u2014\tNon, ça pourra aller.En route.Attention, les pattes sont encore bonnes, mais c\u2019est l\u2019épaule qui pèse vingt kilos, et j\u2019ai le bras tout engourdi.Bah ! ce sont les risques du métier.\u2014\tT\u2019en fais pas ! Nous aurons notre revanche ; maintenant, c\u2019est même plus question de service, mais une affaire personnelle.Malgré toute l\u2019admiration qu\u2019il avait pour ces deux hommes qui faisaient, avec tant de simplicité et d\u2019obscur héroïsme, leur dangereux métier, Louis ne put s\u2019empêcher de penser à la malheureuse fille qui serait, sans doute, le point de mire grâce auquel les représentants de la loi comptaient parvenir jusqu\u2019aux bandits.Il connaissait Lourteau, il le savait brave et obstiné.La mystérieuse complice ne lui échapperait pas longtemps.IV Longtemps, la jeune fille était demeurée immobile, tapie parmi les roseaux, comme une malheureuse bête traquée.Des pensées atroces tournaient dans sa pauvre tête.Que pouvait-elle faire, maintenant?Retourner chez elle, y attendre les gendarmes ?Si, poussée par l\u2019instinct de conservation, elle avait fui à l\u2019apparition des douaniers, elle était, maintenant, certaine qu\u2019ils l\u2019avaient, si non reconnue, du moins, identifiée.Si souvent, ils l\u2019avaient rencontrée, la nuit, courant à ce que les braves garçons prenaient pour des rendez-vous d\u2019amour ! Une fille perdue ! Elle savait bien que, dans le village, on la traitait ainsi.Ses anciennes amies affectaient de passer devant elle sans la reconnaître.Elle n\u2019osait même plus, le dimanche, se rendre à l\u2019église, car tous s\u2019écartaient d\u2019elle comme d\u2019une pestiférée.Seul son bonhomme de père continuait à vivre dans la sérénité.Il sortait si peu, absorbé par les soins qu\u2019il donnait à ses fleurs et à ses légumes ; et puis, la dignité de sa vie, ses beaux états de service, quand il exerçait son dangereux métier, et, aussi, au titre de la Résistance, imposaient le respect, maintenant changé en pitié.Insensiblement, la jeune fille s\u2019était avancée jusqu'au rivage.Les marais étaient tout proches.Quelques pas encore, les yeux fermés, et la vase mortelle l\u2019ensevelirait, lui ferait une \u2019tombe secrète où personne ne la découvrirait.Elle se redressa, ne cherchant même plus à se dissimuler.Un léger sifflement la cloua sur le sol.Ce signal, elle ne le reconnaissait que trop.En effet, la voix cinglante de Wernner résonna presque à son oreille.Le peintre était accroupi sous une touffe de roseaux.Elle distingua, dans la demi-pénombre, le dur visage aux arêtes saillantes.Un ricanement distendait les lèvres et l\u2019on voyait briller l'émail de dents aigües.\u2014 Alors, ma belle, nous voici dans le bain ?Pas utile d\u2019avancer davantage pour nous mouiller.\u2014 Laissez-moi ! Tout est fini ! Ne me torturez pas davantage.\u2014 Rien n\u2019est fini, puisque nous ne sommes pas pris ni les uns ni les autres.\u2014 Us m\u2019ont reconnue, peut-être, en tous cas, ils auront des soupçons.Laissez-moi.Je n\u2019ai plus qu\u2019à mourir.\u2014 Quelle sotte vous faites ! Mourir quand on a vingt ans et tout l\u2019avenir devant soi.N'ayez crainte, quand Hernandez n\u2019aura plus besoin de vous \u2014 et cela ne peut tarder car, ici, la place devient dangereuse.\u2014 Il faut se débarrasser en vitesse du stock qui se trouve encore au chalet, puis nous filerons vers des rives plus hospitalières.Je disais donc qu\u2019Hemandez saura récompenser vos services.C\u2019est un chef impitoyable pour qui le trahit, mais généreux pour qui le sert, même à contrecoeur.Vous aurez une petite dot qui vous permettra d\u2019épouser le galant de votre choix.\u2014\tMoi, me marier, avec un honnête garçon, en lui mentant, en lui cachant mon passé ?\u2014\tCela me paraît nécessaire.Un mot de trop, et vous savez ce que vous a dit le chef.\u2014 Je ne parlerai pas! Il y aurait trop de honte pour moi, mais, son argent maudit, je n\u2019en veux pas ! \u2014 Nous verrons bien.En attendant, rentrez chez vous et attendez les ordres.Un dernier voyage, mais qui n\u2019aura lieu que dans quinze jours, je pense.Et, d\u2019ici là, pas de coup de tête.Si on vous soupçonne, niez ou parlez d\u2019un rendez-vous d\u2019amour.Nommez-moi, si vous le voulez.Je confirmerai vos dires et, ainsi, nous avons, tous deux, un solide alibi que tous les ga'oelous du monde ne pourront infirmer.Un dernier mot, charmante Lisa : n\u2019oubliez pas que, si vous faisiez un coup de tête, c\u2019est sur votre père qu\u2019Hemandez se vengerait.\u2014 Ainsi, je n\u2019ai même pas le droit de mourir ?\u2014 Pas pour le moment, ma belle.Votre vie nous est trop précieuse, et votre suicide \u2014 appelons les choses par leur nom \u2014 me désespérerait.Au revoir, donc, ma belle amie ! Je vous souhaite une bonne nuit.Elle était rentrée chez elle, presque sans conscience, marchant à la façon d\u2019une hallucinée.Ainsi, le cercle infernal ne s\u2019ouvrirait jamais, la chaîne honteuse demeurerait rivée à son cou comme un carcan d\u2019infamie.Avant d\u2019atteindre la maison de son père, elle devait passer devant le poste des douaniers.Elle vit la lumière qui brillait à travers les volets et, comme elle dépassait le seuil, une auto s\u2019arrêter qu\u2019elle reconnut pour celle du médecin.Cette vue fit plus douloureux encore les remords qu\u2019elle emportait avec elle.Elle se dit, le désespoir dans le coeur, que si l\u2019un de ces hommes avait été blessé grièvement, s'il succombait des suites de sa blessure, c\u2019est elle qui serait véritablement responsable de cette mort.Pourtant, elle avança encore, subissant la suggestion que Wernner lui avait donnée.Si elle avait été Le Samedi, Montréal, 26 mai 11)56 27 plus au courant de ces choses, elle se serait demandé si le soi-disant peintre n\u2019exerçait pas sur elle une action magnétique, mais elle n\u2019était qu\u2019une pauvre fille qui subissait un infernal destin et n\u2019osait rien tenter pour s\u2019en affranchir.Par la petite porte donnant sur le jardin, la porte de ses sorties clandestines qu elle laissait ouverte pour pouvoir rentrer sans réveiller le père Cour-toy, Lisa regagna sa chambre, et comme elle était terrassée par la fatigue, elle se jeta toute habillée sur son lit et s\u2019endormit.A la suite de cette terrible nuit, des jours paisibles s\u2019écoulèrent, en cela que Lisa, enfermée chez elle et n\u2019osant sortir de la maison, ne reçut aucun message de ses implacables maîtres.Elle avait appris, par les bavardages de son père qui portait un grand intérêt à tout ce qui concernait son ancienne profession, que la blessure de Lourteau ne présentait aucun caractère de gravité.La balle était ressortie sans avoir lésé les os de l\u2019épaule.Le douanier en serait quitte pour quelques jours de repos.En attendant son rétablissement, un de ses camarades avait pris sa place et, chaque nuit, les passages par lesquels les contrebandiers des deux rives pouvaient entrer en contact étaient surveillés.La jeune fille ignorait le rôle qu'avait joué son ancien amoureux et celui-ci, d\u2019ailleurs, évitait toute occasion de se retrouver en face de celle dont il n\u2019ignorait pas la honteuse sujétion.Le temps en s\u2019écoulant \u2014 plus de deux semaines \u2014 faisait espérer à la pauvre fille que les bandits avaient définitivement quitté la contrée, lorsque, une nuit, elle fut réveillée par un bruit insolite.Des cailloux venaient d\u2019être lancés contre les volets de bois que, chaque soir, elle assujettissait avec soin.D\u2019abord, elle fit la sourde oreille ; mais un sifflement se fit entendre, un sifflement dont elle ne connaissait que trop les modulations.Résister était inutile.Elle savait que son persécuteur n'abandonnerait pas la partie, qu\u2019il n\u2019hésiterait pas à réveiller le vieux douanier.Que pouvait, contre ces gens, le pauvre homme ?Au premier mot, on lui jetterait à la face la honte de sa fille affiliée à une bande de malfaiteurs.Elle se vêtit donc en hâte et quitta la maison, par une porte dérobée comme elle l\u2019avait fait le soir de son premier rendez-vous avec l\u2019inconnu aux allures romanesques, comme tant de nuits, encore, elle devait le faire afin d\u2019obéir aux ordres de ceux qu\u2019elle s\u2019était donnés pour maîtres.Elle rejoignit Siegfried, dissimulé dans l\u2019ombre des haies qui bordaient la route.\u2014 Que me voulez-vous ?questionna-t-elle, décidée à se refuser à toute nouvelle aventure.\u2014 Peu de chose et, soyez contente, c\u2019est la dernière fois que nous avons recours à vous.Demain, à l\u2019aube, Hernandez et moi, aurons quitté la Suisse.Vous n\u2019entendrez plus jamais parler de nous.De plus, si vous accomplissez la dernière mission qui va vous être confiée, le papier que vous avez signé vous sera rendu.Une page arrachée de votre existence.Vous n\u2019aurez plus qu\u2019à oublier, et à vous taire.\u2014 Je ne veux plus être votre complice, je ne le puis plus.L\u2019autre nuit, j\u2019ai failli être prise, rien ne me dit que les douaniers ne m\u2019aient pas reconnue.\u2014 La nuit était obscure.Ils ne peuvent avoir une certitude.\u2014 Une certitude, non, mais des soupçons.\u2014 C\u2019est une chance à courir et nous n\u2019avons pas le choix des moyens.Vous aurez une double mission à remplir.Remettre à l\u2019homme que vous connaissez les derniers sachets qui doivent passer en France et recevoir de lui un paquet.assez lourd.\u2014\tUn paquet.\u2014\tOh ! pourquoi vous le cacher.Il s\u2019agit de lingots d\u2019or.Quatre à cinq kilos.Prenez un sac pour les y renfermer.Je vous attendxai, dans la barque qui va nous conduire à Coppet.\u2014\tVous voulez que je vous suive ?\u2014\tNaturellement.\u2014 Et si je m\u2019y refuse ?\u2014\tJe frapperai à cette porte et je sommerai votre père d\u2019accomplir, à votre place, la mission que vous vous êtes engagée à remplir.Sans se rendre compte de ce qu\u2019il y avait de puéril et de vain dans cette menace, subjuguée une fois encore, Lisa courba la tête.Elle suivait le misérable, mais ce serait pour la dernière fois.Au cours du trajet, même, elle se libérerait.Elle n\u2019aurait qu\u2019à se jeter à l\u2019eau et c\u2019en serait fini de cette incessante torture.\u2014 Allons, fit-elle, baissant le front comme une vaincue.Quelques instants plus tard, ils parvenaient à un point de la rive qui n\u2019était pas celui où, d\u2019habitude, le mystérieux canot abordait.Déjà le peintre posait sa main sur le bras de Lisa.Ce simple contact déclencha, en elle, un sursaut de révolte ; elle se dégagea brusquement.\u2014\tLaissez-moi ! Je vous défends de me toucher ! C\u2019est fini, bien fini ! Je ne vous suivrai pas, je ne retournerai pas dans votre maison maudite ! Vous pouvez me tuer ; je vous assure que cela m\u2019est bien égal ! \u2014\tPas de sottises ; vous savez bien que nous avons un moyen de vous faire obéir ! \u2014\tMon père?Et si je lui avouais tout moi-même ?Si je l\u2019appelais à mon secours ?\u2014 Il ne vous sauverait pas de la cour d\u2019assises et de la prison.C\u2019est vous qui avez fait passer la drogue en France.Et, tenez, si on vous arrêtait, en ce moment.Il désigna du doigt une poche qui ornait la petite robe d'intérieur que la jeune fille avait passée en hâte.Machinalement, ne comprenant pas ce qu\u2019il voulait dire, elle y plongea sa main.Avec un gémissement désespéré, elle l\u2019en retira.Sans qu\u2019elle s\u2019en doute, avec une habileté de prestigitateur ou de pickpocket, Wernner y avait glissé l\u2019un de ces petits sachets de cuir qu\u2019elle ne connaissait que trop.D\u2019un geste violent, elle voulut jeter au loin le paquet criminel.L\u2019homme s\u2019y opposa et, lui tordant presque le poignet, il allait la pousser dans l\u2019embarcation, lorsqu\u2019un glissement se fit dans les herbes, en même temps que retentissait un sourd aboiement.Siegfried jurx* mais le bras de Lisa se trouva libéré.\u2014 N.de D.Il est trop tard, cette fois, nous sommes faits.Ils ont amené les chiens.Abandonnant la barque, ancrée dans les roseaux et sans plus se soucier de la pauvre fille qu\u2019il laissait avec cette terrible pièce à conviction qui, quoi qu\u2019elle fasse, allait la dénoncer, car elle était encore trop loin de l\u2019eau vive et, si elle avait tenté de jeter dans le lac le sachet de cuir, celui-ci, infailliblement, serait resté accroché aux roseaux qui en garnissaient la berge.Sans doute, la malheureuse avait-elle réalisé le tragique de sa situation.Elle ne luttait plus et demeurait debout, immobile, cible vivante que les douaniers ne pouvaient manquer d\u2019apercevoir.Cependant, la fuite du bandit avait eu pour résultat de lancer le chien sur sa trace.Les froissements d\u2019herbes semblaient plus lointains, mais elle n\u2019était pas sauvée, car les douaniers étaient nombreux et, tandis que deux d\u2019entre eux suivaient la piste indiquée par l\u2019animal, deux autres fonçaient sur l\u2019endroit où ils avaient, de loin, aperçu des ombres suspectes.Quelques secondes et ils se trouveraient en face de la jeune fille.Et, de nouveau, le salut lui vint, mais cette fois, elle ne pouvait douter, car une voix bien connue lui ordonnait : \u2014 Vite, si vous avez sur vous quelque chose de compromettant, donnez-le moi.Elle ne bougeait toujours pas, pétrifiée par la surprise et l\u2019épouvante.Les yeux du jeune homme, habitués comme ceux des oiseaux nocturnes à distinguer malgré les ténèbres, devinèrent le petit objet que Lisa tenait encore à la main.Il le lui arracha et le glissa par l\u2019entrebâillement de sa vareuse.\u2014 C\u2019est tout ce que vous portiez ?fit-il rudement.Un sanglot fut la seule réponse de Lisa, mais Louis sentit, sur sa main, l\u2019étreinte des doigts de la malheureuse, des doigts glacés comme si la mort avait déjà fait son oeuvre.\u2014 Louis, je vous en supplie, pour mon père, sauvez-moi ! \u2014 Pour votre père ! Vous avez raison de vous mettre sous la protection du pauvre homme.Mais que puis-je pour vous ?Les douaniers vous ont sans doute reconnue et s\u2019ils se sont éloignés afin de donner la chasse à votre complice, c\u2019est qu\u2019ils savent que vous ne pouvez leur échapper.Allons, passez la frontière ; vous en avez peut-être le temps.Allez rejoindre votre amant et ne revenez jamais au pays, ce sera mieux ! \u2014 Je n\u2019ai pas d\u2019amant, Louis! Sur la tête de mon père chéri, je vous le jure ! Ces gens ont fait de moi leur complice.C\u2019est abominable, je le sais.Oh ! il vaut mieux que je disparaisse.Pour moi, il n'y a plus que de la honte ! De la honte et des remords ! La jeune fille éclata en sanglots.Louis l\u2019avait trop adorée pour n\u2019être point ému par ce désespoir dont il devinait la sincérité.D\u2019ailleurs, il se rappelait, maintenant, les quelques mots qui, loi-s de leur première rencontre, avaient pu parvenir à son oreille et la singulière attitude de ceux qu\u2019il prenait alors pour des complices, mais aussi, pour des amants.Ces détails semblaient corroborer les affirmations de la pauvre enfant.Le pêcheur hésita un instant, mais, se rapprochant, il entendait les pas des douaniers qui s\u2019étaient attardés à fouiller les buissons.Leurs camarades les avaient rejoints.L'un d\u2019eux portait dans ses bras son chien que le bandit, en s\u2019enfuyant, avait été assez adroit pour frapper d\u2019une pierre qui, lancée à la volée, avait cassé l\u2019une des pattes de la pauvre bête.Ainsi, le fugitif avait-il pu atteindre, après avoir fait un rapide crochet, la route frontière qu\u2019il avait franchie d\u2019un bond.Les quatre hommes parlaient à haute voix, preuve que, pour eux, la chasse était terminée.\u2014 Il a filé comme une anguille, disait l\u2019un, encore tout essoufflé, mais le complice ne peut échapper.\u2014 Le complice ou la complice, répondit un autre.M\u2019est avis que c\u2019est le coup d\u2019il y a quinze jours qui a recommencé ! Tant pis pour la petite ! Elle n\u2019échappera pas aussi facilement.\u2014 A moins qu\u2019elle ne soit déjà en Suisse ! \u2014\tMais la frontière est gardée, bon sang ! Ils se feront cueillir de l'autre côté.\u2014 A savoir.Ils m\u2019ont l\u2019air de connaître bougrement le pays.Soudain, l\u2019un des quatre poussa une exclamation.\u2014\tTiens, voilà la bonne femme.Je te disais bien ! Haut les mains, la fille, vous êtes prisonnière ! Le jet lumineux d\u2019une lampe de poche frappa Lisa en plein visage.Lorsqu\u2019un travail ardu vous laisse les muscles raides et endoloris Voici un soulagement rapide ! \u2022 Vous êtes plus habitué au travail de bureau qu\u2019a la \u201ccorvée du bois\u201d?Facile à voir, puisque cet exercice inaccoutumé vous a raidi douloureusement les muscles! Suivez donc, alors, l\u2019exemple des entraîneurs de grands athlètes.Depuis plus de (iO ans ils emploient Absorhine \\ CE P EU y V/ENiR.X Bout de cette.toîlH.i L * Jÿ ALLUR testa \t, ''TA\t \tll|[||||| I l HI\tfil INI UIWii iiiiik b\tÎUIIP| 1 I ; \\m\tiiiN il \tv\\' /O Pfll\t MU\t\t |ET MAINTENANT, TROUVONS UN MOYEN DE -RETOURNER, AU ORQUE.QUEULE CHANCE, UN ÆER Pouvez-vous ne conduire AU 9lo NA/-H \\LEM STR ASSE il; f 32 Le Samedi, Montréal, 26 mai 1956 Les Pirates de Nie du Diable\tsr* 1.\tLa venue mensuelle du bateau qui apporte nouvelles et vivres réjouit naturellement les habitants de la Baie du Diable, au pays de Galles.Mais le vieux John Dent a une raison spéciale de se réjouir car son neveu, Jean, va habiter avec lui.' \\\\\\\\ 2.\tLe jeune garçon descend la passerelle.Il a belle allure, ce qui ne manque pas de réjouir davantage le vieil oncle.Celui-ci le présente à tout le village.Il explique que Jean a perdu ses parents et qu\u2019il va maintenant l\u2019élever comme son enfant.3.A tour de role, Jean serre la main des villageois et a un bon mot pour chacun.4.Mais son oncle le repousse avec fermeté.\"Tu ne vas pas serrer la main de Bart Soudain, il aperçoit, se tenant a l\u2019écart, un grand gaillard à l\u2019aspect rude qui ne Halley, ce ne serait pas décent \u2019\u2019.Une fois rentré à la maison, Dent explique à Jean qu\u2019on semble pas vouloir se meler au groupe.Jean se dirige vers lui fort aimablement.\tsoupçonne Halley de faire partie d\u2019une troupe de pirates qui ont leur repaire sur l\u2019Ile (A suivre au prochain numéro) Le Trésor des Prairies CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 PREMIER EPISODE 1 Steve Dawson se mit en selle sans tarder.Jeanne et sa mère, Mme Walters, l'avaient mandé d\u2019urgence.Elles habitaient le ranch des Trois Pins.4.\tA peine ln demande\tformulée, Steve\tsaisit\tson chapeau\tet le lança h la face\tdu brigand tout\ten se\tpenchant pour\téviter d\u2019être atteint.\tLe coup partit\tdans\tles airs.2.C\u2019était à quelque quinze milles de là.Steve partit heureux à la pensée de revoir Jeanne.Soudain, à l\u2019orée du bois, une balle siffla à ses oreilles.5.\tL\u2019instant d\u2019après, une gauche bien appliquée envoyait le Mexicain au pays des rêves.L\u2019attaque avait été soudaine et efficace L'homme tomba.3.\tSon chapeau s\u2019envola, une balle l\u2019avait troué.Il démonta pour le reprendre mais à ce moment un Mexicain, qui le tenait en joue, exigea son cheval.6.\tPendant que l\u2019homme gisait inanimé, Steve remarqua un parchemin qui s\u2019était détaché de la ceinture du Mexicain.\" Qu\u2019est-ce que cela \", se demande Steve.(A suivre au prochain numéro) I anas //A wmm LU*-tîî*-' Æ /mz.mm ¦t&l- ') -Ai Le Samedi, Montréal, 26 mai 1956 33 LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT par JULES VERNE CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 QUARANTE-SIXIEME EPISODE ALLONS BON/VOILA QUE JE RfVE 1\u2014 »-jm\u2014t ENCORE.DES POINTERS EN AUSTRALIE _ t\u2014\u2014ÿ £^V*aïntenant Piwrf/J ïfritn «RIENA' \u201e SIGNALER?HEU.NON, r RIEN/ 'SjjpTTumiV \"\u2022 AVEZ UNE RAVISSANTE , PROPRIÉTÉ.MESSIEURS/ fannnn rAffîOO' I eopiP/GUT ueuTiiiQic h,i77Te rre ys opcpa c-âcsOtJ r^rvAy NOUS5ÔMMES\\ /ISOLÉS / JE LE» un peu isolés Y crois voLomiePs/ MAIS.BAH,/ >5\u2014r'XCTr/Ül\u2014 W/A La rencontre de Michel et Sandy Patterson, les deux jeunes propriétaires de Hottam Station, est pour les voyageurs une nouvelle occasion de se convaincre que l\u2019Australie est bien la terre des contrastes.En effet, ayant accepté l\u2019hospitalité offerte par les jeunes gens, l\u2019expédition parvient bientôt, en vue d\u2019une magnifique propriété de style anglais, située au milieu d\u2019un parc merveilleusement entretenu.\u2014 Sur une terrasse ombragée, bordée de fleurs multicolores, le thé est servi par des serviteurs stylés, attentifs aux moindres désirs des invités.Michel et Sandy Patterson racontent leur histoire, et apprennent à leurs invités comment, fils d\u2019un grand banquier de Londres, ils s\u2019exilèrent à vingt ans, pour prouver qu\u2019ils étaient capables, par leur seul travail, de créer quelque chose d\u2019utile, en dehors de la fortune paternelle.\u2014 C\u2019est ainsi qu\u2019ils fondèrent cet établissement destiné à l\u2019élevage et à la culture, et que, très rapidement, grâce à un labeur acharné, ils firent prospérer cette terre jusqu\u2019à se trouver à la tête d\u2019une des plus puissantes exploitations agricoles d\u2019Australie.En vrais Britanniques, leur premier souci fut alors de transporter à Hottam Station, tout le confort et le luxe qui fait le charme du home anglais.NE POURRIEZ-VOUSJf HELAS NON.NOUS NOUS DONNER UN /fW'AVONS JAMAIS RENSEIGNEMENT ^ENTENDU PARLER QUEL- (3^>nCONQUE9rou CAPITAINE I, SAVEZ-VOUS OU IL N'EST PAS PRUDENT DE CIRCULER DANS CES RÉGIONS SANS ESCORTE?^ % -j ¦y \u2022 * T\u2019 NOUS \u2018\t' RANT/ VOYEZ-VOUS MESSIEURS NOUS NE VOYAGEONS PAS A* PRO PREMENT \u201e PARLER POUR NOTRE \u201e PLAISIR » SAVONS ptj.es convicts n'est-ce pas?OUI .MADAME ' CÏ SÔRtT Vs-'J\u2014' DES BANDITè PRETS / \\ i % \u2014'Ai A*\u2019- tout/)\t1L Ayant appris à la suite de quelles circonstances Michel et Sandy Patterson avaient été amenés à créer cette magnifique résidence de Hottam Station, dont ils goûtent le charme et le confort, les voyageurs laissent à lord Edward le soin d\u2019expliquer à son tour à leurs hôtes les raisons qui motivent leur voyage à travers l\u2019Australie.I.es Patterson apprennent ainsi la triste histoire du capitaine Grant.\u2014 Lord Edward nourrissait le secret espoir que, peut-être, les deux jeunes gens seraient en mesure de lui fournir un indice quelconque, mais malheureusement, il n\u2019en est rien.Ce n\u2019est pas parmi les tribus indigènes de la région que se trouvent les naufragés, et il est inutile de s\u2019attarder davantage à prospecter le district de Murray.\u2014 Cependant, avant que les voyageurs ne reprennent leur route, Michel et Sandy Patterson tiennent à les mettre en garde contre un danger éventuel.Il s\u2019agit des convicts, auteurs du déraillement de Camden Bridge, et dont nul ne sait s\u2019ils ne rôdent pas dans la région.Lord Edward aurait bien voulu éviter ce sujet de conversation devant lady Helena et Mary, mais il était trop tard.[ A suivre au prochain numéro ] LISEZ CHAQUE SEMAINE LES CONTES ILLUSTRES DU \"SAMEDI\" 34 Le Samedi, Montréal, 26 mai 1956 MARIAGE DE MILLIONNAIRE ismte de ia pa9e 30] pas, déclara-t-il.Cela m\u2019est égal.Je veux savoir la raison, la vraie raison pour laquelle vous partez.vous êtes partie, plus exactement, sans un signe pour Dani.et pour moi.Françoise garda le silence.Elle luttait obscurément contre l\u2019autorité du regard qui ne4 la quittait pas, elle essayait de retrouver le contrôle de son esprit en déroute.La question qui suivit au dépourvu.\u2014 Est-ce que vous aimez Thierry?\u2014 Non, dit-elle sans hésiter.Le médecin interrogea de nouveau, après une courte pause : - Et Thierry ?Vous aime-t-il ?\u2014 Je vous ai déjà dit que, d\u2019ici quelques heures, il sera fiancé à Dani.Thierry l\u2019a toujours aimée, répondit la jeune fille avec lassitude.Charley s\u2019é-lait débrouillé pour les séparer.Il n\u2019y j plus d\u2019obstacle entre eux maintenant.¦\u2014 El vous n\u2019êtes pas restée pour assister à cette fête de famille ?\u2014 Je ne suis pas de la famille, je ne suis.qu\u2019une employée, une salariée dont le travail s\u2019est achevé.hier soir.Marc fit un geste impatient.\u2014 Ma chère, vous avez un orgueil infernal, gronda-t-il.C\u2019est simplement par orgueil que vous vous en allez, afin cju\u2019il ne soit pas dit que vous demeurez à Sainte-Martine une minute pour votre plaisir, votre santé, ou pour toute autre raison.Est-ce que je me trompe ?Françoise s\u2019était maîtrisée.Elle sourit à demi.\u2014 Non, vous ne vous trompez pas, admit-elle.Mais que faites-vous ?Il s\u2019était levé et retirait du filet les valises de la jeune fille.\u2014 Nous allons arriver à une station, dit-il avec flegme, et nous descendons, naturellement.Il la vit prête à s\u2019insurger et poursuivit sans se troubler : \u2014 N\u2019avez-vous pas compris que je suis venu vous chercher ?Si vous m\u2019aviez dit que vous aimez Thierry, ou que Thierry vous aime, je vous aurais laissée poursuivre votre route.Puisqu\u2019il n\u2019en est rien.Il aligna tranquillement les valises près de lui.\u2014 Et si je vous disais que j\u2019en aime un autre ?cria Françoise avec une violence soudaine, un autre.qui ne se soucie pas de moi, que je veux fuir, précisément, parce que je ne peux plus supporter son indifférence ?Il se tourna vers elle.\u2014 Comment s\u2019appelle cet autre ?Elle secoua la tête.Il insista ; sa voix restait unie, mais dans ses yeux luisait une invincible volonté.Le train ralentit.- Vous avez une minute pour me dire ce nom.Françoise, regardez-moi.Elle leva les yeux vers lui et resta muette.Le regard de Marc lui semblait plonger dans son coeur.Le train stoppa.\u2014 C\u2019est bien.Par la fenêtre, le médecin appela un porteur, lui passa les valises.Transformée en statue, Françoise se taisait toujours.Il se tourna vers elle.\u2014 Vous êtes fine et intelligente, dit-il d\u2019une voix singulièrement adoucie, et vous n\u2019avez pas deviné, pourtant, que je vous aime.Il l\u2019entoura de son bras et l\u2019entraîna vers la portière.Françoise marchait automatiquement: les idées tourbillonnaient dans sa tête ; le décor, le quai, la gare, les voyageurs dansaient autour d\u2019elle une ronde fantastique.Elle se demanda si elle allait s\u2019évanouir ; en public, ce serait ridicule, songea-t-elle.Elle ferma les yeux, elle ne pouvait supporter la lumière.Aveuglément, elle se laissa guider par le bras qui la soutenait.Et soudain, rien ne compta plus pour elle que ce bras robuste et tout ce qu\u2019impliquait ce geste de protection.Le temps, le lieu, les circonstances, s\u2019abolirent ; aux angoisses, à l\u2019effroi des jours passés succédait une sécurité miraculeuse.\u2014 Là.montez et asseyez - vous ; j\u2019installe les bagages.Vous n\u2019allez pas vous trouver mal ?Elle secoua la tête.Le vertige, lentement, s\u2019estompait.Elle entendit qu\u2019il s\u2019asseyait près d\u2019elle.La portière se referma ; le moteur ronfla doucement.Françoise rouvrit les yeux ; elle avait l\u2019impression de revenir de très loin ; peut-être, malgré tout, avait-elle perdu connaissance un moment ?Où bien, elle avait dormi.rêvé ?Non, elle n\u2019avait pas rêvé.Marc était là, les mains sur le volant et la voiture roulait.Sur le tableau de bord, le nom du docteur Le Guérec s\u2019inscrivait sur une plaque brillante.Comment \u2022cette auto pouvait-elle être dans cette petite gare ?.\u2014 Où m\u2019emmenez-vous ?demanda la jeune fille tout bas.\u2014 A la maison.Dani vous y invite par mon entremise.Vous y demeurerez.tout le temps qu\u2019il vous plaira.Comment vous sentez-vous ?\u2014 Mieux.Oh ! Marc.\u2014 Ne parlez pas, dit-il doucement, pas encore.Nous nous arrêterons dans un instant, sur une adorable petite plage tranquille.Là, nous causerons.Sertie de pins, la petite plage était adorable en effet.Assise sur le sable chaud, Françoise écouta Marc.-\u2014Sans vous connaître, j\u2019étais rempli de parti pris contre vous, disait-il.Vous étiez celle qui anéantissait tous les espoirs de Dani, et cet étrange mariage, secret et brusqué, prouvait, à mon avis, la vénalité de vos intentions.Par la suite, Dani n\u2019a cessé de me parler de vous avec un enthousiasme que je jugeais héroïque, mais cela ne m\u2019a pas fait revenir de mes préventions ; au contraire, cela confirmait mon opinion : une femme telle que me la dépeignit Dani ne peut accepter un mariage précipité sans une raison inavouable.Et puis.je vous ai vue.Il s\u2019interrompit un instant, revoyant ces minutes où, de la porte, il avait entendu Françoise tenter de réconforter Danielle.\u2014 Je ne croyais pas au coup de foudre, reprit-il, pas pour moi, en tout cas ; un homme équilibré, pensais-je, est rétif aux impulsions irraisonnées.Mais ce n\u2019était pas une impulsion qui me poussait invinciblement vers vous, c\u2019était une certitude extraordinaire : vous étiez celle dont je portais en moi l\u2019image, celle qui m\u2019a fait passer, indifférent, devant toutes les autres.Et vous étiez la femme de Thierry ! D\u2019un Thierry que vous aviez transformé.« D\u2019un Thierry que vous aimiez, car seul l\u2019amour peut changer un être à ce point.Et cependant, vous paraissiez si triste.Je ne comprenais pas et je souffrais indiciblement.\u2014 Vous ne m\u2019adressiez pas la parole, murmura Françoise.\u2014 Comment l\u2019aurais-je fait ?Tout ce que je désirais vous dire m\u2019était inter- dit.Je vous voyais tous les jours, et chaque instant passé près de vous m\u2019était un effort pour demeurer impassible.J\u2019ai failli me trahir en vous ramenant, hier, de l\u2019îlot ; l\u2019attitude de ce gredin de Charley m\u2019avait rendu fou.Vous étiez si désemparée, si désespérée.je brûlais de vous prendre dans mes bras, de vous consoler.\u2014\tVous m\u2019avez sauvée d\u2019une abomination, dit gravement la jeune fille.Mais.comment étiez-vous dans le train, tout à l\u2019heure ?\u2014\tM.de Lamberty est passé chez moi hier soir en vous quittant, il m\u2019a raconté les derniers événements ; il estimait, m\u2019a-t-il dit, que j\u2019avais le droit de les connaître comme les autres.en même temps que les autres.Il m\u2019a annoncé votre départ.Dans la joie qui m\u2019éblouissait, je n\u2019ai pas pensé à dissimuler mon émotion et.il a tout deviné.Il m\u2019a conseillé d\u2019intervenir, de vous « intercepter ».Ce matin, de bonne heure, j\u2019ai conduit ma voiture là où nous l\u2019avons retrouvée et je suis revenu juste à temps pour sauter dans votre train.Je.je ne savais pas si j\u2019effectuerais seul ou non la dernière partie du voyage.Françoise sourit.Une paix merveilleuse l\u2019enveloppait et la joie chantait dans son coeur.\u2014\tVous êtes très intelligent, Marc, dit-elle avec malice, et, pourtant, vous n\u2019avez pas deviné que je vous aimais.Il la prit dans ses bras, la serra contre lui, se pencha sur le visage offert.\u2014\tFrançoise, dit-il gravement, Dieu sait à quel point je vous veux pour femme, mais, honnêtement, je dois vous prévenir : c\u2019est une existence austère que la mienne, une vie de travail, de dévouement.\u2014 Une vie magnifique, répondit la jeune fille.De toute façon, Marc, je ne peux plus envisager l\u2019existence si je ne la passe pas à vos côtés.Moi aussi, je vous ai aimé dès le premier instant.J\u2019ai tant souffert de votre dédain.Il secoua la tête et, sur ses lèvres, tendrement, longuement, il effaça le mot menteur.Pendant une heure, vite enfuie, ils échangèrent nombre de confidences.Françoise, en détail, conta son histoire.\u2014 Dès que possible, dit Marc, nous prendrons avec nous votre filleul.Et nous nous marierons très vite, n\u2019est-ce pas ?Je.je n\u2019ai plus aucune patience ! \u2014 Moi non plus, avoua-t-elle en riant.Et maintenant, si nous allions voir ce que deviennent.nos neveux ?Dani les attendait dans le jardin fleuri.Elle n\u2019était pas seule ; appuyée à l\u2019épaule de Thierry, son petit visage rayonnant, elle leur tendit les bras.\u2014 Oncle Marc.Françoise.Oh ! Françoise chérie! Je suis si heurouse ! Nous allons nous marier.C\u2019est comme dans un conte de fées ! \u2014 Thierry adore les contes de fées, dit Françoise.Moi aussi, surtout quand je suis au nombre des personnages ! Nous venions vous demander, à tous les deux, d\u2019être témoins de notre prochain mariage.\u2014 Chic, alors ! Tu parles ! s\u2019écria l\u2019enfant terrible, ressuscitée.Françoise, vous ne savez pas ?Charley est parti, le Troupeau Bêlant est allé.brouter d\u2019autres pâturages, il n\u2019y a plus que nous quatre.\u2014 Et l\u2019oncle d\u2019Amérique, acheva Françoise.Pourvu qu\u2019il attende la fin des cérémonies pour faire la visite promise.\u2014 L\u2019oncle d\u2019Amérique.?demanda Marc.\u2014 C\u2019est vrai, dit Thierry en riant, vous ne connaissez pas encore l\u2019existence de ce brave homme, cause directe de notre bonheur à tous ! Voilà : c\u2019est.A cet instant précis, la Citroën qu\u2019employait Françoise entra dans la cour.Jacques la conduisait et Jacques avait l\u2019air affolé.Jacques était facilement dépassé par les circonstances.\u2014 Qu\u2019est-ce qui lui prend?.murmura Thierry.\u2014 Je crois, dit Françoise, que lorsqu\u2019on parle d\u2019un ange.ou d\u2019un oncle.cela peut être dangereux.De la voiture descendait un homme corpulent, vêtu de clair, rasé de près, et dont l\u2019allure était signée du nouveau monde.\u2014 Patatras ! grogna Thierry entre ses dents.Jacques s\u2019élançait vers lui.\u2014 Ton oncle.vient d\u2019arriver.bé-gaya-t-il.Je.j\u2019ai pensé que.que c\u2019était mieux de l\u2019amener ici.je ne savais pas quand tu rentrerais.\u2014 Mon cher oncle, dit Thierry, je suis.euh !.ravi de vous voir.Il serra la main du nouveau venu.Françoise, consternée, se demandait si cette histoire aurait jamais un terme.Allait-il falloir retourner au mensonge et aux faux-semblants ?Cette seule idée lui faisait horreur.Et pourtant, le « Grand Projet » ne dépendait-il pas de ce deux ex machina d\u2019outre-Océan ?De mauvais moyens deviennent-ils légitimes s\u2019ils sont employés dans un but généreux ?Anxieuse, elle regarda Thierry.Marc et Danielle, dans leur ignorance, ne pouvaient être d\u2019aucun conseil.Son coeur battit plus vite : l\u2019oncle portait son attention sur les jeunes filles.\u2014 Je te vois en charmante compagnie, dit-il à son neveu.Dois-je en conclure que tu as suivi.mes avis ?Pendant trois secondes, la balance oscilla entre la fable et la vérité.Thierry avait un peu rougi.\u2014 Je suis en retard sur l\u2019horaire prévu, dit-il enfin.Vous ne me laissiez pas beaucoup de temps, mon oncle ! Je ne savais pas, quand j\u2019ai reçu votre lettre, si celle que j\u2019aimais partageait mes sentiments.Elle ne m\u2019a rassuré.qu\u2019aujourd\u2019hui.Je suis fiancé, je ne suis pas marié.Le regard du visiteur alla de Françoise à Dani, puis revint au jeune homme.\u2014 Et ta fiancée.?\u2014 S\u2019appelle Danielle Le Guérec.J\u2019ai la joie de vous la présenter, ainsi que son oncle et la future femme de celui-ci.Pour en arriver à ce double mariage.nous sommes passés par beaucoup d\u2019aventures et d\u2019émotions ; je vous les raconterai.Vous jugerez ensuite ! dit gravement Thierry, avec une louable sincérité.Dani s\u2019avança, toute rose, intimidée, contrairement à son habitude.\u2014 Ton choix me paraît excellent, dit en souriant avec bonhomie l\u2019oncle d\u2019Amérique.Je désirais te voir établi dans la vie, tu vas l\u2019être ; la date du mariage ne change rien à l\u2019affaire et, en somme, je suis content qu\u2019elle soit encore à venir ! J\u2019assisterai à la fête.Danielle, spontanément, lui sauta au cou.\u2014 Vous êtes un chic oncle! dit-elle.Et il parut enchanté.Françoise se rapprocha de Marc.Elle sentait son regard posé sur elle comme une caresse et une joie extatique envahit la jeune fille.Cette fois, le rideau était tombé sur la fin de la comédie.Il se relèverait sur le bonheur de la vie réelle.LA SEMAINE PROCHAINE.nos lecteurs ne manqueront pas de lire la première tranche d'un nouveau ROMAN D'AMOUR intitulé : La Croix des Regrets par LISE DE CERE Denyse Renaud. Le Savÿïdi, Montreal, 26 mai 1956 AUX COINS r du QUEBEC par CLAUDE DERY L\u2019Association dos agents d\u2019assurance-vie au Canada déclare qu\u2019en 1955, les familles canadiennes ont reçu quo-^dionnement en indemnités $1,300,000.Les indemnités à la mort se sont élevées à $118,000,000, soit 80% de plus qu\u2019en 1945.Par contre les Canadiens ont payé en prime deux milliards et demi de dollars.M.Marcel Courchesne, de Sherbrooke, s\u2019est mérité un voyage au Venezuela, prix offert par le Ministère de l\u2019Education du Gouvernement de ce pays sud-américain à l\u2019élève qui maintiendrait la plus forte moyenne dans l\u2019étude de l\u2019espagnol, pendant ses trois années de cours à l\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales.M.Courchesne sera l\u2019hôte du Gouvernement durant un mois.Sous la présidence du maire, M.Marc*.! Marier, un comité industriel a été formé à Jrummondville pour attirer de nouvelles entreprises dans cette ville.Le comité comprend plusieurs présidents d\u2019associations dont M.Henri Comte, président de l\u2019Association des Néo-Canadiens ; Benoit Vanier, gérant du poste de radio local et René Lapierre, président de la Chambre de Commerce.A Thetford-Mines, la Chambre de Commerce a conseillé au Conseil de Ville de démolir le vieux marché public, condamné par le Ministère de la Santé, et de convertir l\u2019emplacement en terrain de stationnement afin d\u2019accommoder la nombreuse clientèle des marchands du centre de la ville.\u2022 C\u2019est en février 1957 qu\u2019aura lieu l\u2019ouverture officielle d\u2019un grand centre commercial d\u2019un million à Sherbrooke.L\u2019entreprise de Maxwell Cummings & Sons disposera de 30 magasins groupés sur un terrain de 18 acres et pouvant recevoir 1,500 voitures dans un vaste terrain de stationnement.\u2022 Un riche philanthrope de Shawinigan vient de laisser en héritage un domaine de 112,000 acres au Lac-la-Truite, d\u2019une valeur de $200,000, devant servir au bien-être des jeunes.Il y construisit lui-même un monte-pente, convertit un immeuble en chalet, acheta une auto-neige pour véhiculer les jeunes amateurs et organisa des glissoires pour toboggans.Les Loisirs de Shawinigan sont donc maintenant possesseurs d\u2019un centre exceptionnel pour l\u2019organisation des vacances de leurs membres.C\u2019est ce mois-ci que les contribuables de Victoriaville seront appelés à se dire, par voie de référendum, en faveur ou contre un projet de travaux publics d\u2019une valeur globale de huit cent mille dollars.\u2022 Magog entend mousser sa publicité touristique et, pour ce faire, le Conseil a octroyé $2,000 au Bureau de Tourisme de la ville.Une somme de $1,500 sera affectée à la publication d une plaquette qui sera distribuée dans les bureaux touristiques du Canada et des Etats-Unis.\u2022 Les fidèles de la paroisse St-Thomas, en Gaspésie, ont battu un record de générosité.Mgr Albert Painchaud a révélé que ses paroissiens avaient donné aux quêtes de l\u2019an dernier ainsi qu\u2019à la Part de Dieu et en dons privés, la somme de $68,732.73.Les recettes extraordinaires ont atteint $20,350.Dans les Laurentides, on entend mettre en vigueur la politique des hôtels européens concernant le pourboire.L\u2019Association des Laurentian Resorts est d\u2019opinion qu'on devrait fixer le pourboire à 12Ve% de la note.De la sorte les visiteurs seraient assurés d\u2019un excellent service sans être tenus de verser des pourboires répétés et exagérés.\u2022 L\u2019échelle régulière des salaires des journalistes au journal Le Droit, d\u2019Ottawa, est maintenant fixée à $95.50 par semaine.Certaines catégories de journalistes recevront des suppléments de traitement.Il est prévu une hausse automatique de 8% pour 1957.\u2022 Une nouvelle entreprise, The Canadian Converters Co.Ltd., vient de s\u2019établir à Lac Mégantic dans l\u2019usine anciennement occupée par la « Julius Kayser ».La nouvelle entreprise occupe déjà plusieurs ouvriers.\u2022 Le Brigadier Guy Gauvreau, D.S.O., E.D., président exécutif du Comité consultatif permanent du Fonds de Construction de l\u2019Hôpital Sainte-Justine à Montréal, déclare que 521 municipalités en dehors de la métropole ont souscrit à la campagne pour le nouvel hôpital de 800 lits.Au dernier rapport, $263.738 avaient été souscrits.L\u2019Abitibi-Témiscamingue venait au premier rang avec $51,358.\u2022 A West-Bolton, comté de Brome, l\u2019épouse d\u2019un cultivateur, Mme Eva Duboyce, a comme passe-temps original la rédaction de poèmes en vers et en prose.Cet écrivain a déjà à son crédit plusieurs recueils de poèmes qu\u2019elle a fait publier dans un quotidien de Sherbrooke depuis 1930.Mme Duboyce affirme que la meilleure méthode de se reposer est encore d\u2019écrire sur les beautés de la nature.3S NOTES ENCYCLOPEDIQUES Le français n\u2019a cessé d\u2019être la langue de la Cour d\u2019Angleterre qu\u2019au début du XVIe siècle, et il a fallu, en 1731, une loi du Parlement pour en abolir l\u2019usage dans les textes juridiques.\u2022 L\u2019abstinence pour les bonzes de toute chair d\u2019animal, corollaire évident de la métempsychose enseignée par le bouddhisme, est une observance tombée en désuétude au Japon.Cependant, certaines viandes sont interdites, à des délais variables, avant l\u2019entrée en retraite des bonzes, précédant certaines fêtes solennelles.Il est spécifié, par exemple, qu\u2019il faut s\u2019être abstenu de cerf cent jours auparavant ; de sanglier, vingt-cinq jours ; de renard, vingt et un jours ; de lapin, quatorze jours.La mort est elle-même une cause de souillure rituelle et il est interdit à un bonze de se livrer aux exercices d\u2019une retraite moins d\u2019un an après la mort de son père.En Chine, le sixième jour de la Lune du Lotus est consacré à l\u2019embellissement.Les Livres sacrés des temples et les parchemins des archives sont exposés dans des cours ensoleillées, ouverts et époussetés ; puis on place entre leurs feuilles des herbes odorantes destinées à chasser les insectes.Les propriétaires de chiens ou de chats leur donnent un bain cérémonial.Jadis, les éléphants impériaux étaient sortis des écuries, conduits à un étang situé en dehors de Pékin, afin d\u2019y être plongés.\u2022 Le Chancelier Adenauer, grand joueur de bridge, détestait Culbertson, qui vient de mourir, en raison du côté mécanique qu\u2019il avait donné au bridge : \u2014 lia fait, dit Adenauer, une science fort ennuyeuse de ce qui était un art si amusant.A Sana\u2019a, en Arabie, les mariages sont fêtés durant trois jours, même dans les familles les plus humbles.Durant ces journées, les jeunes époux séparés reçoivent leurs amis chacun de leur côté.\u2022 L\u2019autre jour, en montant en chaire à l\u2019Université de Goettingen, le philosophe Lichtenberg a dit aux étudiants : \u2014 Avant de commencer mon cours sur le mensonge dans la vie sociale, je voudrais savoir lequel de vous a lu mon livre : Deux mille façons de mentir ?Tous les étudiants levèrent le bras.\u2014 Parfait, maintenant je peux commencer mon cours en vous faisant toutefois remarquer que je n\u2019ai jamais écrit un tel livre.Un des médecins du Président Eisenhower, bavardant familièrement avec lui, lui demandait quel était le meilleur conseil qu\u2019il ait reçu durant s?vie: \u2014Celui d\u2019épouser la jeune tille qui est aujourd\u2019hui ma femme.\u2014 Et qui vous l\u2019avait donné?\u2014Elle! fit Ike en souriant.\u2022 Après la mort de la romancière anglaise qui signait Ouida, une représentation tirée de son roman.Sous les Drapeaux, fut donnée au Lyceum Theatre, à Londres, pour permettre la construction dans son village natal d'une fontaine destinée à ses amis les chevaux et les chiens.Le monument, inauguré en 1909, portait en médaillon la tête de Ouida et ces mots : « Née à Bury Saint-Edmunds, le 1er janvier 1839.Morte à Viarcggio, en Italie, le 25 janvier 1908.Ses amis ont élevé cette fontaine sur le Ueu de sa naissance.Les créatures %' Dieu qu\u2019elle aima peuvent, en y buvant, rendre heureuse son âme douce et sensible ».\u2022 La traditionnelle dinde de Noël appartient aux lettres au moins pour la regrettable agression à laquelle l\u2019une d\u2019elles se livra, de son vivant, sur la personne de Boileau : un coup de bec sur le futur critique encore enfant lui laissa des marques toute sa vie.D\u2019où, dit-on, sa haine des jésuites qui passaient alors pour les importateurs du dindon en France.\u2022 Parce qu\u2019on avait négligé de lui sonner le réveil à l\u2019heure fixée, un riche client du Waldorf-Astoria, le grand caravansérail new-yorkais, a intenté un procès à la direction.Il estime à un demi-million de dollars le préjudice qu\u2019il a subi pour avoir ainsi manqué un important rendez-vous.Robert Fulton, le fils d'un fermier des Etats-Unis, gagna sa vie, à l\u2019âge de 15 ans, comme peintre de miniatures.Puis, avec peu d\u2019éducation et aucun entraînement technique, il devint l\u2019inventeur, à 21 ans, d\u2019une pelle mécanique qui servit à creuser bien des canaux anglais.\u2022 Un célèbre médecin militaire américain, le docteur William Gorgas, a pratiqué une grave opération de nuit sur un soldat blessé à Cuba en 1898, sans h moindre lampe.Pour s\u2019éclairer, le chirurgien n'avait qu\u2019une vulgaire bouteille remplie de mouches à feu que les savants appellent du nom barbare de lampyres.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.9*.Can.\u2014 Tél.: PL.9637-fc Président\tVice-président ODILON RIENDEAU\tCHARLES SAURIOL Chef du tirage\tChef de la publicité ABONNEMENTS\u2014Canada: 1 an $3.50; 6 mois $2.00\u2014Etats-Unis: 1 an $5.00; 6 mois $2.5( AU NUMERO : 10 CENTS Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879, Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère dos Postes, Ottawa. 3L ÉLÉGANCE RÉSISTANCE U\tP c>r i SOUPLESSE «WH'\u2022&£ .:>.,-x3t«C.\t-\u2022¦- ÉjÇtSWBffi §||g|É| ;;Vj: ôrizio tsv.^mr fc^TT7 ïïé&Ü \\ s ¦ ' \u2019f î ^ , maintenant.\u2022 \u2022 » POLYMER CORPORATION LIMITED POLYSAR SARNIA CANADA (NIA IAOA I *\\tar
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