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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 11 mai 1957
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1957-05, Collections de BAnQ.

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[" 69e année Montréal mai 1957 H# m Le Magazine Nalional des Canadiens Notre nouveau feuilleton en page 29 LES EPAVES DU DESÏIN par MAURICE VALADE CENTS Mc yrtonique MilU 1er ( en page 5 ) ill .'l '\t5 ¦ .'1 ' W.lii istif wm IfÜÜI t » # Wf * r*J»à*v^ \u2022< » v-\u2019Xr't \u2022 sti >#w.SWWÉ \"¦\u2022e-E v \u2014, &»]\t¦ \\ ¥.il\t!y ÿPPP*»î ~hi Hi!.***** c,\u201e §«\u2022**3 .-\u2022 au Théâtre de Dix Heures, a révélé une Marthe Mercure insoupçonnée jusqu\u2019ici.Son interprétation a soulevé l\u2019enthousiasme des spectateurs.Michèle Rossignol a aussi fait preuve de beaucoup de talent.On dit beaucoup de bien de Marcel Sabourin comme jeune metteur-en-scène.Non dépourvu d\u2019erreurs, son travail au théâtre de Jacques Languirand, laisse quand même entrevoir de fortes possibilités dans ce domaine.Hubert Loiselle est étonnant.Il nous a habitués à des rôles d\u2019adolescents .mais se renouvelle totalement dans une composition de très vieux paysan, toujours au Théâtre de Dix Heures.Seulement pour lui, « Edmée » mérite d\u2019être vue.Le goût de la vie paysanne s\u2019empare de nos artistes.Après Béatrice Picard, voici Janine Fluet qui a fait l\u2019acquisition d\u2019une ferme qu\u2019elle entend exploiter.Sa plus grande ambition serait d\u2019y faire l\u2019élevage des chiens policiers dont elle espère obtenir, après de savants croisements, une race d\u2019élite.Yvette Brind\u2019Amour passera quelques mois à Majorque, histoire de se reposer d\u2019une saison plus que chargée.Roland Chenail partira le trois juin pour Percé.comme d'habitude.Enfin, enfin, enfin I Ce Théâtre Municipal que tous réclamaient à cor et à cri, serait chose décidée.Le Maire Jean Drapeau assure que les travaux débuteront avant les prochaines élections.L\u2019emplacement choisi comprend l\u2019immense quadrilatère où s\u2019érigent encore l\u2019Institut Dominique Savio et l'édifice de la Commission Scolaire.La Reine de la Radio et de ta Télévision, Monique Miller.On lira, dans ce même numéro, un article sur cette agréable et sympathique artiste.(Photo Jac-Guyl On sait d'ores et déjà que le projet suppose trois salles de spectacles, un immense terrain de stationnement et des commodités de toutes sortes réservées au public.Ce plan d\u2019un Théâtre Municipal libérerait-il le Gésu au profit d'autres groupements dramatiques dont les activités sont nécessairement limitées par l\u2019angoissant problème du manque de salles ?Il a été bon de revoir Jeanne Quintal dans les dernières émissions de « Quatuor ».Malgré son long silence, personne ne l\u2019avait oubliée .A la semaine prochaine !.F.M.Gérard Delage Yolande Dulude Maurice Durieux (photos Gabyt 10 Le Samedi, Montréal, 11 mai 1957 HOLLYWOOD, serre chaude à scandales MARILYN MONROE Désormais productrice et partenaire de (sir) Laurence Olivier, Marilyn Monroe est revenue à Hollywood .pour se voir citer en justice.Ce fut une séance historique et typiquement hollywoodienne.En décembre 1954, Marilyn Monroe avait été prise en flagrant délit de conduite sans permis.Elle fut convoquée chez le juge pour s\u2019expliquer.Mais dans le même temps, la «plus jolie blonde du monde» avait bien d\u2019autres soucis en tête.Elle se séparait de Jos Di Maggio, son mari.Désemparée, elle ne vit qu\u2019une solution contre son cafard : se plonger à corps perdu \u2014 si l\u2019on peut dire dans son travail, en l\u2019occurrence le film tourné à New-York.Et le juge fut complètement oublie.Ce juge-phénomène est un monsieur dont la culture cinématographique a de sérieuses lacunes.Il accabla Marilyn de citations à comparaître.Lorsqu\u2019elle trouva une montagne de convocations à son retour de New-York, elle se présenta devant le tribunal.Tout Hollywood, comme bien on le pense, lui fit escorte.Le juge fut d\u2019abord très méchant : Marilyn devait donner l\u2019exemple et ne pas alléguer de sa situation privilégiée pour se soustraire à la loi.\u2014 J\u2019ai eu tort.Je suis tout à fait désolée.Avec un sourire penaud, une voix d\u2019écolière et des gestes délicieusement confus, Marilyn retourna la situation en un tournemain.Le juge, navré, lui exprima ses excuses très sincères d\u2019avoir à lui infliger une amende de 55 dollars et le public lui fit une ovation enthousiaste.Le fameux sex-appeal avait normalement fonctionne.Il va sans dire qu\u2019il ne procure pas que des amis à Marilyn.L\u2019an dernier, quand Marilyn Monroe traversa la salle du Beverley Hills Hotel pour recevoir sa recompense de « personnalité la plus extraordinaire de l\u2019année», Joan Crawford se montra outrée du pas nonchalamment étudié et troublant entre tous de l\u2019« extraordinaire personnalité ».\u2014 Ceux d\u2019entre nous», raconta-t-elle par la suite, « qui assistèrent à cette exhibition en furent horrifiés et honteux pour la corporation entière ! On se serait cru à une revue burlesque ; certains criaient, d\u2019autres appelaient en glapissant ; on esquissait même des gestes.Il convient de dire que Marilyn Monroe était vêtue (sic) d\u2019une robe ultra-collante, que son décolleté était bien bas et sa démarche rien moins que prometteuse ».Or Joan Crawford elle-même n\u2019a jamais hésité à porter des toilettes fort collantes et décolletées, mais elle semble garder une tenace rancune à toutes celles qui sont arrivées avec des formes plus généreuses que les siennes.Ce qu\u2019elle reproche aux autres, elle l\u2019a fait elle-même, depuis le temps où elle était plongeuse, puis chorus-girl et figurante.Aujourd\u2019hui, célèbre, riche et sophistiquée, elle recherche toujours le bonheur, et vient de se marier pour la 4ème fois avec Alfred Steele, le roi du Pepsi-Cola, rival du Les moins conformistes finissent par fuir comme Ava Gardner ou par sombrer dans l'alcool comme Martha Raye par JEROME FORESTIER Coca-Cola, le premier de ses maris qui ne soit pas acteur.Qu\u2019une Joan Crawford le veuille ou pas, le t Cheesecake » est désormais entré dans les moeurs du cinéma mondial.Ce mot à consonance barbare a pour traduction littéraire : « gâteau au fromage » ! Il illustre les poses aguichantes que s\u2019efforcent de renouveler les pin-ups des deux continents pour forcer les portes de la célébrité, et naquit le jour où le rédacteur en chef d\u2019un magazine de cinéma de Hollywood, voyant l\u2019une de ces beautés particulièrement en formes, s\u2019écria : \u2014 C\u2019est meilleur que le gâteau au fromage ! (Cheesecake) Ce qui pour lui devait représenter les délices des délices.Le mot est resté et a même trouvé son équivalent masculin dans « beefcake », désignant l\u2019étalage des attraits du sexe fort : mâle thorax, épaules en armoire à glace, et biceps impressionnants.Une starlette possédant à la fois les atouts physiques nécessaires au « cheesecake » et du « glamour », à savoir ce « je ne sais quoi » qui est plus troublant que le charme, est généralement assurée de faire carrière.Moins rapidement que naguère toutefois.Il y a surabondance.Le public est blasé par toutes ces trop belles filles qui s\u2019offrent sur l\u2019écran.On finit par leur reprocher d\u2019être trop semblables dans leur perfection, aussi standardisées que les voitures américaines de luxe.Cette crise n\u2019a-t-elle pas pour raison profonde la façade de moralité qui recouvre la corruption de Hollywood ?Les stars, à Hollywood tout au moins, cherchent à dissimuler une existence souvent déréglée sous des dehors de bonnes ménagères, de respectables mères de famille, se faisant photographier en tablier, occupées aux soins du ménage.Mais le public ne paie pas pour voir à l\u2019écran la copie de sa voisine de palier, ou de belles filles pour photos publicitaires.Il réclame autre chose : une exaltation des sentiments ou de la sensualité.Ce qu\u2019ont apporté sur le premier plan une Grace Kelly et une Audrey Hepburn et, sur le second, une Marilyn Monroe et une Ava Gardner.Nul ne demandait à ces deux dernières de bien jouer, mais de donner l\u2019illusion « d\u2019aimer d\u2019amour » à un degré rarement atteint dans la vie normale.Si rarement atteint qu\u2019aucune des deux n\u2019a encore trouvé son équilibre sentimental.Pour Marilyn, le cas est clair.Mais seul ce feu intérieur explique qu\u2019Ava, plus toute jeune, 34 ans, pas très belle selon les canons hollywoodiens, bouche trop grande, corps trop maigre, jambes quelconques, soit devenue l\u2019une des reines du glamour et du sex-appeal.En outre, elle joue.tout juste.Mais même les journalistes français les plus blasés délirent en parlant d\u2019elle : « douce comme la douceur, ardente comme une danse de nègre (Paris-Presse) ; « belle comme les 7 péchés capitaux » (Le Monde) ; « belle à séduire tous les candidats au suicide » (France-Soir).Ava Gardner poursuit sa carrière dans un halo de scandale, ayant consommé 3 maris et un nombre honorable de grandes passions.Elle est pourtant tout le contraire d\u2019une vamp perverse, et n\u2019est entrée dans le scandale qu\u2019à cause de sa trop grande naïveté.Venue d\u2019une très pauvre ferme de planteurs de tabac du Sud, honteuse de son accent et de son manque total de culture et de conversation, Ava n\u2019a cessé, comme tous ceux qui vivent dans la terreur des « gaffes » de les accumuler.Marlène Dietrich a dit que l\u2019incroyable succès d\u2019Ava Gardner vient de ce que celle-ci aime vraiment, au lieu de jouer la comédie de l\u2019amour.Une telle nature ne pouvait qu\u2019inciter les hommes à en profiter, à en abuser.C\u2019est ainsi que les chroniqueurs ont reproché à Ava de s\u2019être prêtée à une manoeuvre publicitaire de mauvais goût en laissant déchirer sa robe du haut en bas lors d\u2019une grande première, et en décrivant complaisamment l\u2019incident au micro.La version de l\u2019incident interprétée par Ava elle-même correspond beaucoup plus à son caractère : « Lorsque j\u2019entrai dans le hall de cette salle de spectacle où j\u2019allais assister à une grande première, ma vieille peur montra son nez: j\u2019avais les mains moites et la gorge sèche.Un reporter de la Radio me tendit un micro en même temps qu\u2019il marchait sur la ceinture de ma robe du soir.Je continuai d\u2019avancer, pensant qu\u2019il allait ôter son pied.Il le laissa.J\u2019entendis un craquement sinistre : ma robe s\u2019était déchirée.« Affolée, je saisis le micro, je lançai un horrible juron et, pour le justifier, je racontai ma mésaventure.Les auditeurs la trouvèrent à leur goût, ils rirent, ils applaudirent \u2014 j\u2019étais sauvée.« Et je ne pouvais pas m\u2019empêcher de penser, cette fois avec une pointe de fierté : « C\u2019est moi, l\u2019Ava du Sud, qui était un véritable sac à complexes.Comme j\u2019ai changé ! » Ava a raté son mariage avec Mickey Rooney parce qu\u2019elle était alors si « godiche » que toute sa conversation, lors des sorties, se résumait à lire à voix haute les affiches ! Puis elle découragea le chef d\u2019orchestre, Artie Shaw, qui s\u2019était mis en tête de la cultiver.Son mariage avec Frank Sinatra enfin, qui fit tant de bruit puisque Frankie abandonna pour elle femme et enfants, fut un échec surtout par la faute du célèbre chanteur-acteur, d\u2019une jalousie maladive et injustifiée, qui la battait et finit un soir par la jeter hors du domicile conjugal.Entre-temps, Ava avait eu le temps de mûrir, et si depuis elle a connu plus d\u2019un battement de coeur, (Lire la suite page 32) AVA GARDNER Le Samedi, Montréal, Il mai 1957 11 en 20 minutes Sur 480 cadets de l\u2019Académie Militaire de West Point promus sous-lieutenants, 47 se rendirent, immédiatement après la cérémonie, à la chapelle au bras de leurs fiancées pour y être mariés.Toutes les jeunes mariées étaient en blanc, avec traîne de même longueur.Et presque tous les 480 nouveaux officiers étaient parmi les jeunes mariés, les témoins, garçons d'honneur ou formaient la haie, sabres croisés, à la sortie des 47 couples.A Boston, une dame tricotait au 2ème étaye, près d'une fenêtre de son appartement, lorsqu\u2019elle reçut à la tête un sotdier d\u2019homme et fut blessée.Le soulier provenait du pied d\u2019un piéton qu\u2019une voiture venait de renverser dans la rue.Le piéton était resté indemne.Une marque de conserves alimentaires vient de réaliser une idée publicitaire qui a connu d\u2019emblée le plus grand succès auprès des célibataires, obligés de cuisiner eux-mêmes.A chaque boîte est attaché un jeton sur lequel est gravée l\u2019inscription : « Quand vous aurez 100 jetons, vous aurez le droit, à condition d\u2019être célibataire, d\u2019accompagner une jeune fille que nous vous présenterons.Nous vous souhaiterons alors de vous marier et que votre femme restera fidèle aux Conserves X.» Le petit Johnny Shanis, 12 ans, qui est aveu-yle, va recevoir la yrefje des cornées de sa mère, qui est morte à 39 ans, en disant peu avant : «Ah, s\u2019il pouvait voir!».Les « chorus girls » ou danseuses de ballet d\u2019un cabaret de nuit de Las Vegas ne sont engagées que si elles sont.licenciées en philosophie.Le Directeur a reçu 50 candidatures.Dans un grand magasin de New-York, un technicien de la vente, constatant récemment un arrêt des achats au rayon des casseroles en aluminium, fit placer une grande pancarte portant ces mots : « Pour chaque client, 2 casseroles au maximum.» Et ce.rationnement imaginaire fit partir tout le stock en trois jours.« Ce qui est bon pour les bébés, l\u2019est également pour les vieillards », formule mise en pratique par l\u2019industrie alimentaire américaine qui a composé des aliments et menus spéciaux pour personnes âgées, contenant beaucoup de blanc d\u2019oeuf, de fer et de phosphore, \u2014 mais pas d\u2019amidon.Du pain rafraîchi à deux ou trois degrés au-dessus de zéro est mis en vente depuis quelque temps aux Etats-Unis ; il conserve ainsi plus longtemps sa fraîcheur.Les boulangers sont ainsi dispensés de travailler toute la nuit pour vendre du pain frais le matin et, de ce fait, ce pain est vendu moins cher.De plus, les boulangers n\u2019ont plus de « perte », car ils n\u2019ont plus de « vieux » pain que les clients ref usent d\u2019acheter.Pour identifier les nouveaux-nés de façon irréfutable, on prend maintenant les empreintes de leurs pieds et de leurs mains, \u2014 cela rend désormais les échanges impossibles.Un aspirateur de poche propulsé par une pile vient d\u2019être lancé aux Etats-Unis ; il doit surtout servir au nettoyage des vêtements, fourrures et objets précieux.L\u2019aspirine est vendue maintenant sous forme de gomme à mâcher, \u2014 ce qui évite de dissoudre les comprimés dans l\u2019eau.Ayant entendu des appels au secours, le Docteur J.West stoppa sa voiture sur un pont du Mississipi, \u2014 il plongea dans le fleuve et ramena sur la berge une femme qui se noyait ; lorsqu\u2019il retourna à sa voiture, un agent de police lui fit payer cinq dollars pour .stationnement interdit.Les grandes compagnies d\u2019automobiles américaines ont constaté que les femmes ont « le dernier mot » à l\u2019achat d\u2019une voiture neuve ; elles ont créé un « comité de dames », comprenant 5 ou G membres, et qui sont invitées à donner leur avis au sujet de toutes les innovations projetées sur les nouveaux modèles, avis qui décidera de leur adoption ou de leur rejet.La polka que dansaient nos grands-parents jouit aux Etats-Unis d\u2019une telle vogue que plusieurs postes de télévision donnent, chaque semaine, une émission spéciale de trente minutes pour l\u2019apprendre aux jeunes téléspectateurs.Un groupe de garçons et de filles qui avaient, à Guntersville (Alabama), organisé un cambriolage « pour rire » n\u2019en ont pas moins été condamnés à passer 180.nuits en prison ; de jour, ces adolescents restent avec leurs parents et vont à l\u2019école, le soir, ils doivent d\u2019abord se rendre à la chapelle de la prison et y lire à tour de rôle un chapitre de la Bible, puis coucher dans des cellules.Les 1,001 causes de divorces aux Etats-Unis : Mme Rand, de Los Angeles, a obtenu le divorce parce que son mari avait critiqué, en public, sa façon de préparer le toast ; « en présence de nos invités, il m\u2019a fait une scène abominable, et il est allé dans la cuisine griller de nouvelles portions ».Une autre « malheureuse », Mme X.yniiùa TJdtores Z.'orracbtü, cte 'Dayton, après avoir pris son septième mari, a déclaré à un journaliste : « Mon Dieu, que c\u2019était difficile de trouver un homme en qui placer ma confiance ».Elle a, en même temps, fêté ses 23 ans.Mme Lee Campbell, de Paterson, demande le divorce parce que son mari l\u2019a obligée d\u2019écrire 500 fois cette phrase :\t« Je n\u2019oublierai plus de fermer le rideau pour empêcher les mouches porteuses de microbes de pénétrer dans notre caravane ».Elle a 18 ans.Les poissons rouges de son mari sont responsables du divorce de Mme Dorothy Blau, de Cleveland.« A cause d\u2019eux, il me néglige complètement, \u2014 en rentrant de son bureau, c\u2019est à eux qu\u2019il parle, mais pour moi il n\u2019a pas un mot.».Le record du monde du mariage le plus court devait être détenu par un couple américain : à Reno, capitale du divorce, Jimmy Lee et Sue Hughes se sont mariés à 10 heures, \u2014 mais à midi, la jeune mariée venait introduire une demande en divorce.« Jimmy est cruel », dit-elle en pleurant au magistrat .Après son neuvième divorce, le chef d\u2019orchestre de jazz, Charlie Barnet, a été questionné à Los Angeles :\t« Allez-vous recommencer ?.» \u2014 « Non », répondit-il, « il vaut mieux que je me retire, le mariage est une chose trop sérieuse ».Une dame de Chicago qui pesait, il y a un an, 334 livres, n\u2019en pèse plus que 192.« Chaque jour, je fais de la bicyclette et je ne lèche plus jamais les cuillères en faisant la cuisine », a déclaré Mme Helen Germons.Justice expéditive : à Salem, Etat du Massachusetts, le Sénat vient de réhabiliter six femmes condamnées pour sorcellerie en 1692 ; elles étaient innocentes, mais quatre d\u2019entre elles furent brûlées.Chotima Danitanand, jeune fille du Thaïlande, a remis au Président Eisenhower un magnifique masque de danseur siamois, \u2014 son expression est celle d\u2019une horrible grimace.Chotima a demandé au Président de mettre le masque, mais il s\u2019est excusé en disant : « J\u2019espère qu\u2019il me portera bonheur.» Les bas en nylon noir sont le dernier cri dans Greenwich Village, le Quartier Latin de New-York ; les fabricants lanceraient sous peu les bas de couleur « rose-bébé ».D'après le ministre du Commerce de l\u2019Etat du Massachusetts, chaque famille américaine aura bientôt deux domiciles, \u2014 grâce aux nouvelles autoroutes en construction et à la semaine de 4 jours, nouvel et récent objectif des syndicats.L\u2019un des « homes » sera situé près du lieu de travail du chef de ménage, l\u2019autre à la campagne.Un pasteur protestant de Houston vient de publier un livre intitulé :\t« Comment maigrir en priant s.A près avoir tout essayé pour maigrir : regime alimentaire, i>ilules.ceintures, gymnastique, le pasteur se mit à prier chaque jour pendant plusieurs heures, et en trois ans, il a maigri de 50 kilos, \u2014 il en pesait 130.« Etre gras est un péché», affirme-t-il encore.« On ne nous y prendra plus », a déclaré le directeur d une station de télévision de Chicago qui, au cours d\u2019une émission, avait présenté l\u2019application de produits de beauté et d\u2019indéfrisables-maison ou « home permanentes ».Le soir même, durant toute la nuit et le lendemain, le poste reçut plus de 60,000 coups de téléphone d\u2019auditrices pour demander des explications supplémentaires.Gymnastique oculaire : dans le compte-rendu publié par le magazine de cinéma « Screen », de Hollywood, sur le récent Bal du Cinéma, on a pu lire: «Enfin, Errol Flynn fit son entrée dans la salle, \u2014 il fixa un oeil sur une starlette de la Production X et posa l\u2019autre sur sa vieille amie Judy Garland.» Si vous tenez absolument à porter du linge authentiquement américain, vous le recevrez des Etats-Unis en boîtes métalliques, semblables aux boîtes à con- Esf-ce le froid qui lui fit chercher refuge sur le lit douillet de l'enfant.Toujours est-il que ce corbeau n'a rien trouvé de mieux que d'aller contempler l'enfant au sommeil, nous permettant ainsi de jouir de cette photo amusante prise à Denver, Colorado.serves, et contenant jusqu\u2019à 3 garnitures complètes en nylon.Pour les ouvrir, sc servir d\u2019un ouvre-boîtes ordinaire.Des housses transparentes pour cravates viennent d\u2019être mises en vente à New-York, \u2014 ces messieurs les mettent en se mettant à table et pour éviter les taches de soupe et de sauce.Dans le hall du Ministère du Commerce, à Washington, une grande pendule attire l\u2019attention des visiteurs ; depuis 31 ans, elle indique le chiffre exact de la population des Etats-Unis, elle enregistre, chaque minute, le nombre des naissances et déduit celui des décès.Elle vient d\u2019arriver au total de 170 millions.Mamie Eisenhower vient de créer un précédent en mettant la même robe trois fois en dix-sept jours, et elle a l'intention de la porter une quatrième fois au cours d\u2019une réception.C\u2019est la robe de bal qu\u2019elle porta le 21 jaunier à la réinauguration du Président, au Bal offert à la Maison Blanche à 1.300 invités : robe de dentelle citron avec broderie de perles, de cristal et de topazes.De nombreuses dames de la société ont déclaré à ce sujet : « Mamie a vu là une excellente idée, \u2014 ah ! si seulement nous pouvions porter nos toilettes plus d\u2019une fois ! » Les Etats-Unis comptent 11,500 femmes pilotes d\u2019avion, parmi lesquelles de nombreuses acrobates aériennes et même des pilotes d'essai.Dans un grand magasin de New-York, les clientes sont désormais servies par un robot électronique ; elles prononcent le produit désiré sans le désigner, l\u2019appareil le prend, l\u2019emballe, le place près de la caissière et, après le paiement, le met dans le sac de la cliente.Manie de célibataire : sur la digue de la plage de Miami, un homme élégant a été arrêté, parce qu\u2019il déambulait, portant sur les bras 3 pantalons d\u2019homme, 3 vestes, un manteau et du linge, qui pouvaient fort bien appartenir à des baigneurs.Mais il pouvait prouver son innocence: «Je n\u2019ai jamais eu de valises, je les déteste, \u2014 quand je quitte un hôtel, je remets tout ceci dans ma voiture. 12 Le Samedi.Montréal, 11 mai 1957 DANS LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR WSiÊêÆ mm Boxons un brin ! ¦ Comme c\u2019est long, trois minutes de combat, surtout si vos poings gantés fendent souvent l\u2019espace, n'atteignent pas l\u2019adversaire, maître de l'esquive ! Les spectateurs interrogent fréquemment du regard l\u2019aiguille impitoyable.Il y a des reprises qui n\u2019en finissent pas.Si notre héros est en difficulté, nous ne commençons à respirer que lorsqu\u2019il ne reste plus que sept secondes avant le son de la cloche.Même s'il tombe, il ne sera pas mis hors de combat.Et après ?Eh bien, on espère un miracle.On compte sur la magie des mots que le gérant et le soigneur murmurent à l\u2019oreille de leur poulain, pendant la minute de repos.On compte sur cette minute de repos, sur cette fontaine de Jouvence, d\u2019où l\u2019on a vu surgir de nouveau plusieurs bons pugilistes rajeunis, lavés, ayant retrouvé le secret de la victoire.Seul le boxeur ne voit pas l'aiguille cpii trotte trop lentement.Il se fie à \u2022jette mesure du temps, que l\u2019ardeur de l\u2019ennemi change sans cesse.Il sait seulement qu\u2019au bout de trois minutes, que celles-ci soient une partie de pique-nique ou un calvaire, la cloche le renverra dans son coin, dansant ou titubant.Comment un boxeur envisage-t-il cette minute de repos, dans une bataille dont les trois dernières rondes sont souvent les plus dures ?L\u2019avis des eafouilleux est sans intérêt.Pour eux, la reprise est toujours trop longue et la minute de repos trop courte.Le combat est toujours trop dur et le repos insuffisant.Les bons boxeurs seuls ont quelque chose à nous apprendre.C'est pourquoi nous avons posé, l\u2019autre jour, cette question au champion poids plume de France, l\u2019Algérien Chérit Hamia, 2(1 ans, 12(1 livres, qui caresse le doux rêve de porter la couronne de Sandy Sadler, champion du monde de cette catégorie, récemment rentré sous sa tente : « Pour moi, il n\u2019y a pas de repos dans un combat de boxe.Les rondes sont de quatre minutes.La dernière minute me permet de réfléchir.» \u2014 Tout de même, Chérif, tu es bien content de t\u2019asseoir, après trois minutes d'une danse semblable, pendant lesquelles tu fais pleuvoir des coups de poing sur l\u2019adversaiie que tu veux descendre ?\u2014 Je m\u2019arrête parce que les règlements le prescrivent.Je repars pour la même raison.Un combat de boxe est une entreprise de démolition qu\u2019il faut poursuivre sans répit.C\u2019est pour cette raison que je vous ai dit que les reprises sont de quatre minutes.\u2014 C\u2019est compris, mais dans cette entreprise de démolition, qui ne va pas toujours toute seule, tu n\u2019es pas fâché de prendre conseil de ton gérant ! \u2014 D\u2019accord, si le gérant est avare de paroles.Sur les soixante secondes, il y en a cinquante où l'on est assis.Pendant les dix dernières secondes, le maître peut parler et dire une seule chose.S'il en dit trop, on ne s\u2019y retrouve pas.Il ne faut pas oublier que j\u2019ai 10 ou 15 rondes à faire.Je n\u2019envisage qu\u2019une chose : gagner le plus rapidement possible, à la cinquième ou septième ronde.Ce sont mes chiffres chanceux, superstition mise à part.Si j\u2019ai devant moi un adversaire de première classe, les combats de 10 rondes ne m\u2019effraient aucunement.Les boxeurs cjui n\u2019ont pas dix reprises dans les jambes ni dans les bras, ils ne les ont pas non plus dans la tête.\u2014 Et lu es capable, sur-le-champ, d\u2019un changement de tactique ?\u2014 Je ne peux pas opérer un renversement d'un seul coup, changer de peau, comme l\u2019on dit dans mon pate- FLOYD PATTERSON, 22 ans, champion mondial des boxeurs poids-lourds, homme d'affaires habile malgré son jeune âge, détenteur d'un certain nombre de parts d'une importante agence de publicité de New-York, accepte de bon coeur la mission de représenter dignement la race noire qui, dans plusieurs parties des Etats-Unis, souffre d'une certaine déconsidération.Les gens de couleur américains ont mis tous leurs espoirs dans les redoutables poings du jeune Patterson.Autant la conduite du fameux, non regretté, Jack Johnson a, jadis, pu nuire au prestige de la race noire, autant il faut aujourd'hui que Floyd Patterson, qui risquera son titre dans quelques mois, défende ce prestige par l'exemple de sa vie privée.Et il s'acquitte de sa lourde tâche, de manière admirable, jusqu'ici du moins.lin.Dans les premiers échanges, je fais l\u2019essai de ce que mon gérant m\u2019a conseillé.Si cet essai réussit, instinctivement j\u2019entre dans cette nouvelle tactique.Sinon, je reprends ma première manière.Quand je reviens dans mon coin, je tiens à ce qu\u2019on me dise si j\u2019ai l\u2019avantage.Et qu\u2019on ne me trompe pas, surtout ! Je n\u2019aime pas à combattre à l\u2019aveuglette! Inutile de dire que j\u2019ai pleine confiance en mon gérant Philippe Filippi.-\u2014Tu es contraint d\u2019avouer, Chérif.que lorsqu\u2019on a une arcade sourcilière fendue, on est hien content de retourner dans son coin pour la faire réparer par le soigneur ! \u2014 Cela n\u2019a pas d\u2019importance.J\u2019ai déjà fait 15 rondes avec un oeil fermé et j\u2019ai gagné tout de même.C\u2019est le coeur qui commande.\u2014 Pendant cette minute de repos, ces secondes si brèves, est-ce que tu entends bien le murmure de la foule ?Reconnais-tu une voix, un visage ami ?\u2014 Généralement, non, je suis tout esprit à mon gérant.Si, pourtant.Un jour, en 1950, alors que j\u2019étais amateur.que je bataillais pour une corbeille de figues, après une dure deuxième reprise, je revins dans mon coin, presque épuisé.Je fermai les yeux pour me concentrer.Et tout à coup, dans mon désarroi, une pensée très douce se glissa dans mon jeune cerveau.Ma petite amie était dans la salle.Elle assistait, pour la première fois, à l\u2019un de mes combats.J\u2019ouvris les yeux.Je la vis, encadrée de mes parents et amis.Elle me fit un signe de la main.Je repartis au combat et gagnai par mise hors de combat.J\u2019oubliais de vous faire savoir que, pendant cette minute de repos, je me dis en moi-même qu\u2019il me faut faire mieux, à la ronde suivante, frapper plus sec, pour marquer mon adversaire sur lequel je fixe un regard curieux et sans malveillance.\u2014 Tiens, vois-tu que ces soixante secondes de repos ont du bon ?Ces secondes de répit et de réflexion enchaînent les reprises du combat et en assurent l\u2019unité.\u2014 A 17 ans, j\u2019ai appris qu\u2019il valait mieux exécuter les ordres d\u2019un major ! Vous avez raison ! Large sourire aux lèvres, yeux pétillants, visage rayonnant de santé, Chérif Hamia nous donna une franche poignée de main.Il remit les gants de boxe pour attaquer avec brusquerie et sans merci un sac de sable, semblant heureux d\u2019encaisser les colères terribles de l\u2019Algérien .Et nous sommes redevenus un pauvre chroniqueur des sports, qui médite sur les hasards de l\u2019arène de boxe et les vicissitudes de la vie .Songeons aux vacances ! I Laissons un peu la grande aventure des joueurs du Canadien, qui nous ont glorieusement représentés dans la Coupe Stanley.Laissons le sympathique René Leeavalier, qui nous a tracé, avec tant de fidélité et de sobriété, les différentes étapes des joutes éliminatoires de fin de saison.Songeons aux vacances, c\u2019est-à-dire à cette période de l\u2019année, mai - juin -juillet - août, où la majorité de nos jeunes gens, même de nos moins jeunes, ont l\u2019occasion de prendre un repos plus ou moins long, selon leur position ou leurs économies.Dans l'arène de boxe, JAKE LAMOTTA, 34 ans, à droite, à l'avant, ancien champion mondial des poids-moyens, 160 livres, possédait une dose de courage peu ordinaire.Ses gants de boxe remisés quelque part, le voilà dans de mauvais draps, devant les tribunaux de Miami, Floride, où pèse sur ses larges épaules et son filet de cervelet une grave accusation, qui n'est pas d'amour et de renoncement : celle d'avoir tissé la toile de la prostitution, au centre de laquelle une jolie adolescente de 14 ans de Miami, témoin principal de la Couronne, se débat péniblement.Ce Lamotta n'est pas sorti du bois, car l'Oncle Sam n'est pas tendre, dans des cas analogues !. Le Samedi, Montréal, U mai 1957 13 \" Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées la valeur n'attend pas le nom* bre des années I \" Et il le prouve, ce gosse de 5 ans, STEVE W A N T O C H.qui vient de remporter le championnat poids-papier, du tournoi de golf des très jeunes, de 5 à 9 ans, à San Diego, Californie.Jetez un regard à gauche sur l'espiègle et superstitieux STEVE RANDALL, même âge, son plus proche rival.Il croise ses jambes, dans le but de lui faire rater son coup.p Nous posons la question : Quel sport allez-vous pratiquer pendant vos vacances ?Les ennemis des excès du sport vous diront : « N\u2019exagérons pas l\u2019importance du sport, ni ses bienfaits ! » Très peu de jeunes gens sont sportifs.La plupart aiment le spectacle du sport.Ils n\u2019en ont jamais fait, ou si peu que cela revient au même.Il y a du vrai dans cette affirmation.Beaucoup de spectateurs spor-tifs, pas assez d\u2019acteurs sportifs, sans jeu de mots à l\u2019endroit des pachydermes de la lutte libre .Ceux qui vous répondent qu\u2019ils n\u2019ont pas le temps, ni les moyens, de faire du sport, peuvent faire un peu de sport, durant leurs vacances.Ce serait une victoire.Sur les plages, combien voyons-nous de jeunes gens qui batifolent avec les vagues, se laissent griller au soleil, sur le sable, après leur bain ?Il serait pourtant si simple de faire un peu de culture physique, de perfectionner sa nage ou de l\u2019apprendre, et de s\u2019amuser à des jeux de ballons ou à courir.Ça vaut mieux que de s\u2019avachir dans les boîtes de nuits, ici et là !.A la campagne, pourquoi faire la grasse mtainée ?Il est si bon de faire, de bonne heure, une rude marche qui met en jeu tous les muscles, creuse l\u2019appétit bien mieux que tous les apéritifs du monde, et repose si bien aussi le moral, comme nous l\u2019a souvent dit l\u2019un de nos cousins, au jugement pondéré, de St-Jacques l'Achigan, Eugène Gaudette.De la marche sportive, bien entendu, c\u2019est-à-dire au moins de trois ou quatre milles à l\u2019heure.(\tEt le cyclisme ?Bien sûr ! De bon \u2022\tmatin aussi, alors que dorment les maniaques de la vitesse en automobile, ces grands gêneurs, quelles belles promenades de santé l\u2019on peut faire à bicyclette ! Vous aimez à camper ?C\u2019est idéal ! Avec de bons amis, aller planter sa tente en forêt, auprès d\u2019une rivière ou d\u2019un lac, prendre son bain, tailler le bois, faire la cuisine, sans être maître-queux, faire son lit, sans être ménagère, contempler les étoiles, sans être poète, c\u2019est magnifique ! Pendant vos vacances, observez tous les copains qui ne font pas de sport et convertissez-les ! Il ne s\u2019agit pas de faire des champions, bien entendu, mais d\u2019initier aux grandes joies sportives ceux qui les boudent en faveur des danses frivoles et des coquetels enivrants.Les débuts sont les débuts.Apprendre à nager à l\u2019ignorant, enseigner la culture physique aux néophytes, habituer des amis à vivre au grand air, à marcher, à courir, à sauter à la corde, leur donner le goût du mouvement, c\u2019est déjà beaucoup ! C\u2019est même épatant ! Changeons d\u2019expression ! ¦ Un grand nombre de nos amis et connaissances, dans le domaine sportif, ne prisent pas l\u2019emploi assez fréquent de l\u2019expression « chinois » ou « chinoiseries », dans les milieux de la boxe, pour qualifier les pugilistes rusés, chicaniers, usant des coudes et de la tête dans les corps-à-corps, voire même de tactiques déloyales.Us ont raison.Les Chinois sont honnêtes et courtois.Pourquoi les blesser, même involontairement, en faisant de leur nom une espèce d\u2019insulte ?Sans doute, les gens ayant dit que tel ou tel boxeur boxe en chinois n\u2019ont aucunement pensé à la Chine.Du moins, nous le croyons.Us ont exprimé leur pensée par une locution que le dictionnaire Larousse admet, implicitement, par sa définition du mot « chinoiserie » : mesure bizarre et compliquée.Comment le mot est-il parvenu à s\u2019adapter aux choses de la boxe ?Nous l\u2019ignorons.Donc, nous concluons : ces gens, en employant le nominatif chinoiserie, ne font que continuer de faire ce que des millions d\u2019autres ont fait avant eux.Sans crainte de voir surgir des incidents diplomatiques, à l\u2019avenir nous dirons « russoniaiserie », pour qualifier tout boxeur déloyal dans l\u2019arène.Cette nouvelle expression sera-t-elle admise par les membres de l\u2019Académie Française ?Sera-t-elle admise par ceux de notre Académie canadienne-française ?Nous nous permettons d\u2019en douter, deux ou trois brins, jusqu\u2019à preuve du contraire ! Le découragement est en toutes choses ce qu\u2019il y a de pire : c\u2019est In mort de la virilité.CONNAIS-TOI TOI-MEME C^,aractèr c par criturc \u2014 par RANY réponse à JACQUES IQuébcc) Le mouvement de ce graphisme est trop uniforme pour y découvrir une personnalité des plus intéressantes.L'on y trouve une insuffisance émotionnelle, une éducation morcelée.L'ambition est assez persistante, mais elle a subi des détournements assez radicaux, bien que les chocs n'aient jamais été assez durs pour mettre cet homme en face de lui-même ce qui lui donnerait cette maturité nécessaire pour faire de sa vie une vraie réussite.Son orgueil est raisonnable.Sa réserve n'est pas celle d'un homme timide, mais celle d'un homme doué, mais qui se laisse éblouir trop vite par le charme extérieur.Somme toute, ce monsieur est majeur, mais son examen de conscience n'est pas encore terminé.réponse à MARY A.P.(Lachlnel Quelle jeunesse de coeur et d\u2019esprit vous avez su conserver.C\u2019est dire que les difficultés de toutes sortes viennent difficilement fi bout d\u2019une personne qui sait se détendre au bon moment.L\u2019on se rend compte que vous devenez de plus en plus raisonnable, que vous jugez les gens et les choses avec une largeur de vues que seules les années peuvent apporter à une personne intelligente.Actuellement, je crois que vous pensez souvent au Ciel, vos ambitions spirituelles sont de toute évidence.Pourtant vous êtes loin de l\u2019issue de votre vie sur terre, vous pourriez être grand-mère au moins une dizaine de fois avant de vous sentir fatiguée.Oui.vous savez encore taquiner, tricoter et bavarder sans le moindre essoufflement, mais votre imagination trotte encore plus vite que vos doigts.L\u2019on dirait que la terre n\u2019est plus votre royaume, vous chassez peut-être l\u2019ennui de cette façon.Il est vrai que vous avez eu de gros chagrins, mais vous avez su vous en tirer presque indemne, vous pour- n'est pas mauvais du tout, même si vous prétendez être tout à fait incapable de conserver une amitié.Les raisons sont faciles à énumérer, je répète tout simplement votre confession.Tout d'abord, le fait d'être lunatique n'améliore pas la situation.La plupart du temps, vous vous en prenez à vous-même, mais le changement brusque d'humeur devant vos amis laisse supposer que vous visez quelqu'un en particulier.Puis votre orgueil intellectuel est choquant.Vous interprétez trop vite l'attitude des autres : vous n'observez pas assez ou bien vous vous hâtez toujours de relever le travers de celui-ci ou celui-là et vous affichez votre savoir au mauvais temps, vous êtes toujours prête à rectifier une parole, un geste d'autrui et tout cela sans discernement.Pourtant, il y a tellement d'autres aspects captivants de votre personne.Vos goûts raffinés qui ne se démentent jamais, votre espièglerie qui anime une conversation et qui allège les jours de cafard feraient de vous une jeune fille agréable, mais si seulement cela était soutenu.N'cst-cc pas que vous n'aviez pas besoin de mon jugement pour certifier que vous connaissez la cause de votre mal.Certes tout peut changer mais prenez la peine de vous concentrer, vous êtes une vraie sauterelle, vous ne savez vraiment plus ce que vous voulez.Vous touchez à tout, mais au premier obstacle, vous lancez tout en mille miettes.Jusqu'à date, vous ne vous êtes jamais, donnée à aucune activité.Lo succès scolaire facile pour vous vous a gâtée quelque peu aussi.Votre esprit est perspicace, alors, servez-vous de ces antennes pour enfin vous orienter dans une voie captivante.Bonne chance ! réponse à DON ILIsletI Don est un gentil monsieur qui n'a Jamais eu la vie facile.Il n\u2019a pas eu la chance de s\u2019instruire à l'école, c'est tout de suite la Ecrivez à Rany, à l'encre, sur papier non ligné, format 8V2\" x 11\", un texte de votre composition, en signant de votre nom réel ou fictif.Rany analysera gratuitement votre écriture et en fera paraître les résultats dans cette chronique.Les personnes qui .désireraient recevoir une réponse personnelle plus complète n'ont qu'à le mentionner en ajoutant une enveloppe affranchie et Rany leur fera connaître ses conditions.On écrit à RANY, Magazine ''LE SAMEDI\", 975, rue De Bullion, Montréal, Qué.riez stimuler tout le monde de votre paroisse.Je n\u2019ai pas réussi à vous trouver une seule note désagréable.Quel philosophe auriez-vous fréquenté pour avoir appris à si bien vivre ?réponse à PENSEE D\u2019AUTOMNE Aucune trace de pessimisme, Madame, à la bonne heure, n'est-ce pas 7 Toutefois votre graphisme est celui d'une personne fatiguée qui a été longtemps privée des plus petites douceurs de la vie, mais qui est restée sereine malgré tout.Un rien peut vous causer le plus grand plaisir, comme un rien peut vous faire pleurer.Mais personne ne le soupçonne, vous passez votre temps à vous multiplier en gentillesses.Et vous pouvez même provoquer le rire et la bonne humeur autour de vous lorsque vous vous sentez en confiance.D'ordinaire, vous êtes d'une grande réserve et vous préférez ainsi faire de longs voyages dans vos rêves éveillés, plutôt que de faire la causette avec des personnes qui vous gênent.Ce manque d\u2019assurance a dû vous nuire à maintes occasions.Il est trop tard pour revenir en arrière, mais II vous reste tellement d'énergie, que vous pourriez essayer de vous en convaincre, et aussi vous pourriez probablement améliorer votre existence.Vous qui êtes habituée aux recettes, en ajouterez-vous une dernière?réponse à FLEUR DE MUGUET Vous êtes si triste, chère amie, que Je ne sais quel langage emprunter pour vous égayer un peu.C\u2019est sans doute votre faible santé qui affecte votre moral, vous semblez fuir un fantôme, vous fournissez des efforts inouïs pour lui échapper.Contrairement à votre compagne, vous recherchez la compagnie, non pas pour vous raconter, mais pour vous distraire et pour vous faire oublier votre cauchemar.Malgré vos impatiences, il y a une réserve de douceur extraordinaire chez vous.Votre sensibilité est ausst fragile que votre physique.Aussi, faut-il ménager les contacts un peu raides.Mais vous êtes bien raisonnable et vous avez appris bien vite a prendre votre plaisir autour de vous au moment où il se présentait.De plus votre sens de l\u2019observation étant bien aigu, vous savez trouver de la beauté partout, c\u2019est ce qui vous sauve du pessimisme qui vous guette constamment.Mais tant que vous consentirez à pleurer de temps en temps pour dégonfler votre coeur, vous continuerez à vivre, et bien longtemps encore.Le printemps avec le soleil et les oiseaux revient tous les ans.11e l'oubliez pas.réponse à FABY I Ste Croix) Oui, c'est bien Socrate qui a su m'inspirer.Tout m'indique que l'Europe a formé votre esprit et forgé votre personnalité.Le résultat vie qui l\u2019a initié.Aussi a-t-il une volonté de fer, qui le pousse vers son Idéal.Il fait souvent des erreurs, sa fierté l\u2019aveugle parfois.mais aussitôt, il se reprend.Sa générosité est telle, que n\u2019importe qui peut aller frapper à sa porte n\u2019importe quand et il est toujours prêt.Malheureusement, sa santé semble quelque peu ébranlée, le surmenage l\u2019a marqué.Il devient de plus en plus colérique.S'il savait se permettre plus de loisirs, il se calmerait, il s\u2019adoucirait et rendrait plus efficace cette détermination de bien nrriver.réponse à GISELE Voilà une demoiselle qui sait ce qu'elle veuf.Sans doute, elle sait rêver, bavarder, comme toutes les jeunes filles, mais son rêve, même s'il est grand, ne manque pas de précision.Gisèle est une vraie femme, parce qu'elle sait se faire aussi douce qu'énergique, aussi intelligente qu'aimante, aussi docile que persuasive.Son ambition, cependant, risque de la rendre trop exigeante.Elle s\u2019est habituée si jeune à une forte discipline qu'elle voudrait voir tout le monde procéder de la même façon.Fort heureusement, les modèles vivants sont variés, autrement la vie serait monotone.Mais comme sa compréhension la sert fort habilement, elle apprendra vite que ce n'est pas la bonne méthode.Il y a aussi un peu de riqidité dans son comportement, c'est-à-dire que tout est casé, basé sur des principes bien catalogués.Il faudrait qu'elle côtoie un peu plus de souffrances morales pour la rendre un peu plus humaine.Elle voit clair devant elle, mais elle se croit à l'abri de toutes les faiblesses.Puis, l'on ne peut pas toujours régler son sort comme une équation mathématique.Les carrefours, et les détours se multiplient à notre insu.Sa hardiesse et son courage la sauveront toujours.réponse à ELIZABETH de 17 Printemps J\u2019aurais préféré un texte d\u2019Elizabeth .toutefois je vous devine douce et patiente pour ceux que vous aimez.U vous arrive, parfois, de protester quand vous êtes l\u2019objet d\u2019indélicatesses impardonnables, vous êtes si prévenante et si nttentive.Mais dites-vous bien que tout le monde n\u2019a pas eu le privilège d\u2019une éducation aussi soignée que la vôtre.Actuellement vous n'êtes pas encore fixée sur vos projets, vous vous surprenez vous-même : votre tête bouillonne comme celle d\u2019un garçon, votre coeur s\u2019émeut d\u2019un rien comme celui d\u2019une fille ; vous avez de l\u2019énergie comme dix gamins, mais vos désirs les plus secrets vous retiennent.Vous supportez mal les indiscrétions, à ce moment vous protestez comme une personne qu'on aurait trahie.C\u2019est un peu cela, l\u2019on vous a devinée et votre orgueil ne le tolère pas.Mais rassurez-vous, votre I Lire la suite page 381 i 14 Le Samedi, Montréal, 11 mai J957 \u20ac à;*1' s mpé roman J 9 aventures LA DETTE DE L'HOMME ROUGE par ALBERT BONNEAU Dick Gardner délaissera-t-il une existence vagabonde et solitaire pour une ravissante jeune fille du nom de Maud ?.I \u2014 La survivante 1 i Ë ttkntion, Cactus !.Il a dû se A passer quelque chose dans ces l\\ parages.Dick Gardner, le trappeur, sauta lestement à bas de son cheval bai, puis prenant le rifle qu\u2019il portait en bandoulière, il s\u2019aventura à travers les taillis constitués en grande partie par de jeunes chênes.Au fond, dans le jour finissant, il apercevait la masse noire des Black Hills couvertes de sapins.Le décor était depuis longtemps familier au coureur des bois, bien qu\u2019il ne comptât que vingt-sept ans, il était exercé à tous les dangers et à toutes les ruses de la prairie.Vêtu de peau de daim, portant autour de la taille une ceinture d armes copieusement garnie, coiffé d\u2019un bonnet en peau de castor, il s\u2019aventura en rampant, ses mocassins se posèrent sans bruit sur le sol couvert de mousse et d\u2019un tapis de feuilles sèches.Sous ses sourcils épais, ses regards bleus brillèrent avec intensité.Dick Gardner ne surprit rien d\u2019anormal, pourtant l\u2019odeur de brûlé qui continuait de se répandre dans l\u2019atmosphère, se faisait de plus en plus insinuante.Le trappeur avait tout d\u2019abord pensé qu\u2019il pouvait s\u2019agir là d\u2019un feu de bivouac ; à la réflexion, il songea qu\u2019un incendie avait dû se déclarer dans cette partie de la forêt.Et il continua de progresser en rampant, le doigt sur la détente de son rifle, prêt ajoute éventualité.C\u2019est que la situation demeurait particulièrement délicate dans cette région du Dakota.Les Sioux, rendus inquiets par les incursions des Visages Pâles et par le passage de nombreuses caravanes de pionniers, avaient depuis quelque temps déterré la hache de guerre.De nombreux groupes isolés à travers les territoires indiens avaient été impitoyablement massacrés.Plus de vingt fois, Dick avait couru le risque de succomber sous les tomahawks et sous les couteaux à scalper des démons rouges ; sa merveilleuse adresse et son extraordinaire sang-froid lui permirent seuls d\u2019échapper à tous les périls.Le trappeur approchait d\u2019une clairière ; devant lui, les arbres et les taillis paraissaient plus clairsemés, l\u2019odeur rie brûlé devenait plus forte, plus suffocante encore.Et, bientôt, dans un grand bruit d\u2019ailes, des oiseaux qui s\u2019étaient abattus parmi les hautes herbes, s\u2019envolèrent avec fracas et s\u2019en furent se percher sur les arbres voisins.\u2014 Des corbeaux et des buzzards, grommela Dick Gardner.Diable, c\u2019est encore plus sérieux que je ne pensais.Les narines du trappeur surprenaient maintenant un relent fade et écoeurant qui se mêlait à l\u2019odeur du bois brûlé.Et le jeune homme identifia tout de suite la senteur du sang.Alors, incapable de dominer plus longtemps son impatience, il s\u2019élança et s\u2019en lut déboucher dans la clairière.Un spectacle atroce s\u2019offrit alors aux regards du trappeur, une trentaine de cadavres horriblement mutilés gisaient.Des colonnes de fumée montaient et se rabattaient légèrement au souffle de la brise.Des caisses éven-trées, des débris de toutes sortes gisaient épars sur le sol.\u2014 Les Indiens !.Ils ont encore massacré des malheureux !.Dick Gardner n\u2019avait pas de peine en effet à reconstituer le drame qui s\u2019était joué là peu de temps auparavant ; les infortunés qui avaient succombé, qu\u2019ils fussent hommes, femmes ou enfants étaient tous horriblement scalpés.Les massacreurs avaient dû sauvagement s\u2019acharner sur leurs cadavres.Chaussures, chapeaux, armes, bagages avaient disparu.En silence, sans abandonner son rifle, le trappeur parcourut la clairière dans tous les sens.Il espérait tout d\u2019abord découvrir quelqu\u2019un qui eût échappé à la mort ; pourtant, une rapide inspection lui permit de s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019avait plus autour de lui que des cadavres.Certains mêmes avaient été déjà déchirés à coups de bec par les rapaces.\u2014 Les malheureux!.Ils sont trop!.Jamais je ne pourrai leur assurer une sépulture décente !.Dick Gardner eut un geste de découragement ; ôtant son bonnet, il s\u2019inclina et murmura une fervente prière pour le repos de l\u2019âme des disparus.Il venait à peine de se recoiffer, qu\u2019un tressaillement le secoua.Brusquement, il se retourna sur sa droite.L\u2019oreille au guet, il attendit.La première pensée qui vint à l\u2019esprit du trappeur, fut que les Sioux, auteurs du massacre, avaient découvert sa piste dans le voisinage et s\u2019en revenaient pour l\u2019attaquer.Il s\u2019immobilisa donc, prêt à vendre chèrement sa vie.Après quelques secondes de silence, il perçut un craquement de branches et il lui sembla qu\u2019une tige d\u2019un buisson remuait.Alors, sans plus attendre, il bondit : \u2014 Avancez ou je tire! commanda-t-il d\u2019une voix ferme.¦ Le Samedi.Montréal.11 mai 11)57 15 A peine le trappeur venait-il de proférer ces paroles, qu\u2019une silhouette apparut aux lisières mêmes de la clairière ; abandonnant son attitude méfiante, Dick Gardner poussa une exclamation étonnée.La personne qui venait de se manifester n\u2019était autre qu\u2019une frêle jeune fille âgée de vingt ans à peine.Les cheveux blonds épars sur ses épaules, les yeux hagards, le visage décomposé, les vêtements en loques, l\u2019inconnue paraissait encore sous le coup d\u2019une hallucinante angoisse.Et, tout de suite, le trappeur se sentit étreindre par un profond sentiment de pitié.Abandonnant son attitude agressive, il se précipita à la rencontre de la nouvelle venue.\u2014 Appuyez-vous contre moi, je vous en prie.Et ne craignez rien, je suis un ami !.Un pitoyable sourire s\u2019ébaucha sur le visage tout noirci par la fumée de la malheureuse.La sueur coulait à grosses gouttes le long de son masque émacié par la souffrance et par l\u2019effroi.Les paumes de ses mains et ses genoux étaient ensanglantés.\u2014 Mon Dieu !.C\u2019est épouvantable ! C\u2019est effrayant !.Ce fut tout ce que put dire l\u2019inconnue ; à peine Dick Gardner parvint-il auprès d\u2019elle, que ses jambes se dérobèrent.Elle tomba entre ses bras robustes, évanouie !.Pendant quelques instants le jeune homme regarda la tête blonde qui s\u2019appuyait sur son épaule.Les yeux clos, l\u2019infortunée ne bougeait plus ; seule sa poitrine se soulevait à intervalles réguliers.Alors Dick Gardner l\u2019étendit tout doucement sur la mousse, puis prenant sa gourde remplie de vieille eau-de-vie, il la porta aux lèvres de l\u2019inconnue.Le trappeur dut se servir de son bowie-knife pour desserrer les dents de sa protégée et lui permettre d\u2019absorber un peu d\u2019alcool.Il y parvint au bout d\u2019un moment.L\u2019infortunée esquissa une grimace, puis, après avoir poussé un profond soupir, elle ouvrit les yeux.\u2014 Buvez encore !.Cela vous réconfortera !.D\u2019un geste brusque, la jeune fille écarta le récipient que Dick Gardner portait, une fois de plus, à ses lèvres.-\u2014Non!.murmura-t-elle dans un souffle.Je vous remercie !.C\u2019est trop mauvais !.Peu à peu, grâce aux soins empressés que lui prodiguait son compagnon de rencontre, l\u2019inconnue recouvrait sa lucidité.A la vue du décor tragique où s\u2019était déroulé le massacre, la mémoire lui revint, et de nouveau son beau visage se contracta.Son corps fut secoué d\u2019un sanglot, elle fondit en larmes.Le trappeur laissa sa voisine pleurer sans mot dire.Il comprenait que la réaction s\u2019opérait.Quand il la vit plus calme, il lui murmura doucement : \u2014 Voyons, racontez-moi.Qui êtes-vous \u2019 Comment cela s\u2019est-il produit ?La survivante, mise en confiance, se décida à relater les dramatiques aventures dont elle avait été l\u2019héroïne.Elle s\u2019appelait Maud Russell et faisait partie d\u2019un groupe de pionniers.avec ses parents et son frère.Au cours de la nuit, tandis que la petite troupe campait dans la clairière, les Sioux, qui avaient profité des ténèbres pour se faufiler autour du campement, s\u2019étaient précipités sur les voyageurs, pour la plupart profondément endormis.Et ç\u2019avait été l\u2019effroyable massacre.Réveillée en sursaut, Maud avait pu profiter de la confusion qui régnait, pour se rejeter à travers la forêt.Pendant un long moment, soutenue par une force extraordinaire, elle s\u2019était éloignée entre les arbres ; ensuite, à bout de souffle, elle s\u2019était blottie au plus épais d\u2019un fourré, et seules, les ru- meurs du combat lui étaient parvenues.Les farouches cris de victoire des Indiens lui apprirent ensuite que ses compagnons avaient succombé ; enfin, le silence s\u2019appesantissant sur la forêt, elle s\u2019était décidée à revenir en rampant, à la découverte, impatiente de savoir.C\u2019est alors qu\u2019elle rencontra Dick Gardner !.\u2014\tMaintenant, acheva la survivante, je n'ai plus personne, je suis seule au monde.Ils sont tous morts.Pourquoi n\u2019ai-je point partagé leur sort ?.Que vais-je devenir maintenant?.\u2014\tNe vous ai-je pas déclaré que j'étais votre ami, Miss Russell, protesta le trappeur en prenant la main meurtrie de sa voisine et en la serrant affectueusement.Désormais, vous n\u2019avez plus rien à craindre.Je suis là !.Je vais vous emmener avec moi, je connais tous ces bois et je saurai facilement vous préserver des attaques de ces démons rouges.\u2014 Je vous remercie infiniment, murmura la jeune fille.Pourtant, nous ne pouvons pas partir sans leur accorder une sépulture.D'un geste, Maud désignait les corps ensanglantés qui gisaient çà et là dans la clairière, puis elle montra les corbeaux et les buzzards qui attendaient toujours, perchés dans les branches des arbres voisins, le moment du départ des deux importuns pour se précipiter de nouveau à la curée.\u2014 Certes, repartit le trappeur, moi aussi je suis désireux de rendre à tous ces malheureux les suprêmes devoirs, mais il serait dangereux de nous attarder plus longtemps ici !.Les Sioux doivent certainement rôder dans le voi- J sinage !.Qui sait si l\u2019un d\u2019entre eux n\u2019a point repéré ma piste ?.Nous devons battre en retraite tout de suite !.Maud se releva, les yeux remplis de larmes ; d\u2019un pas chancelant, elle se i rapprocha des cadavres, soutenue par son compagnon.Il se fit un bref silence, la survivante se signa, ses lèvres I remuèrent faiblement.Tête nue, le | trappeur priait lui aussi, quand, tout à coup, il se redressa, un éclair brilla dans ses prunelles.Et la jeune fille sentit sa main se poser sur son bras.¦\u2014Mon Dieu!.Que se passe-t-il I donc ?interrogea la rescapée.\u2014 En retraite!.Les Indiens! répondit simplement Dick Gardner.Il \u2014 Le Sioux et le Grizzly La jeune fille n\u2019insista pas, elle com- I prenait que son protecteur était rompu à toutes les ruses et à tous les dangers de la forêt ou de la prairie.Docile, elle lui prit le bras gauche, puis elle le suivit.En quelques instants ils atteignirent de nouveau les I taillis.Une dernière fois la fugitive j adressa un regard au champ du massacre, puis elle se remit à marcher, ré- \u2022 primant difficilement un sanglot.Cinq minutes durant, le couple s\u2019aventura sous le couvert, enfin Dick i s\u2019arrêta prêtant anxieusement l\u2019oreille.Le soir tombait et les ténèbres enveloppaient de plus en plus la sylve.Çà et là de légers frôlements se faisaient entendre, mais le trappeur savait qu\u2019il s\u2019agissait là de la fuite de quelque écureuil rendu inquiet par sa présence.Son masque se crispa pourtant quand il surprit à peu de distance un ululement.\u2014 C\u2019est une chouette !.hasarda Maud Russell dans un souffle.\u2014 Une chouette qui pourrait fort bien être chaussée de mocassins, rectifia le trappeur.Ou je me trompe fort, ou l\u2019un de ces démons rouges est actuellement en train d\u2019effectuer une petite reconnaissance dans nos parages !.Attendez-moi là un moment.Maud Russell dut se résigner, elle se blottit au pied d\u2019un vieux chêne.Avant | CALVERT HOUSE une caJutfë e/une t/iè/iru/û ti éeinA éaa/e 1 w CALVERT HOUSE (s digne de l\u2019hospitalité canadienne Lave et sèche tout à la fois un service complet de vaisselle pour HUIT ou un service pour QUATRE, ainsi que les casseroles et plats.Aucun rinçage préalable nécessaire .vos mains ne touchent jamais l'eau.Parfaitement sûre pour votre fine verrerie .elle rince par arrosage, lave complètement, rince encore deux fois et sèche .tout automatiquement.Débarassez simplement les assiettes des restants .mettez-les dans la laveuse et faites la marcher.ainsi, votre travail de vaisselle est fini en un rien de temps! Pour plus de sûreté .Exigez MÊÊÊR TROIS MODÈLES: Sous comptoir .Portatif .Modèle fixe.\u2018 16 Le Samedi, Montréal, 11 mat 1957 de s\u2019élancer à la découverte, Dick Gardner lui glissa dans la main un de ses revolvers : \u2014 Si vous courez quelque danger, Miss Russell, déclara-t-il, n\u2019hésitez pas à tirer, j\u2019accourrai aussitôt à votre secours !.Ri l ie en main, Dick Gardner se glissa alors en rampant à travers les taillis, en peu de temps, Maud qui s\u2019immobilisait, haletante, le vit disparaître.Alors, comprimant difficilement les battements de son coeur, elle patienta, sursautant au moindre bruit qui se produisait dans son voisinage.Le trappeur poursuivait sans bruit son avance, il suivait en sens inverse la piste qu\u2019il venait d\u2019emprunter tout à l\u2019heure pour se diriger vers la clairière.A plusieurs reprises, il s\u2019immobilisa, prêtant l\u2019oreille, attentif au moindre bruit.Il se rapprochait sensiblement de l\u2019endroit où il avait laissé Cactus, son cheval bai, quand une odeur forte et caractéristique lui vint aux narines.Presque en même temps, il lui sembla surprendre un hennissement prolongé.\u2014 By Jove!.s\u2019agirait-il là de Vieil Ephraïm ?.Vieil Ephraïm !.C\u2019est ainsi que les trappeurs appellent le terrible grizzly, un des fauves les plus farouches de la région indienne.De nouveaux hennissements prouvèrent à Dick Gardner qu\u2019un plantigrade devait errer tout près de là.Cactus, affolé par ce peu engageant voisinage, tirait éperdument sur sa longe et cherchait à s\u2019enfuir.\u2014 Je cherchais l\u2019Indien, grommela le trappeur.Je devrai me contenter d\u2019un ours !.Le jeune homme allait reprendre sa progression, quand, tout près de là, un hurlement se fit entendre, suivi aussitôt de craquements de branches.\u2014 God Almighty !.On se bat là-bas !.s\u2019exclama le trappeur.Dick Gardner surprit en effet le bruit d\u2019un corps-à-corps, et pourtant cette lutte semblait se livrer assez loin de l\u2019endroit où il avait attaché sa monture.Incapable de dominer plus longtemps son impatience, il bondit et, deux minutes plus tard, à la clarté indécise qui filtrait entre les branches, il aperçut deux formes sombres qui se roulaient furieusement sur le sol, engageant un combat farouche.Dick Gardner se rendit compte qu\u2019il s\u2019agissait là d\u2019un énorme grizzly, mais l\u2019adversaire contre qui le monstre se débattait n\u2019était autre qu\u2019un Indien.Le torse nu, le Peau-Rouge combattait farouchement en brandissant son couteau à scalper.Les coups furieux qu\u2019il venait de porter au plantigrade, tout en lui causant des blessures assez bénignes, n\u2019avaient réussi qu\u2019à déchaîner sa fureur.Le Sioux semblait perdu.Vieil Ephraïm l\u2019entourait de ses larges pattes velues et ses griffes acérées lui déchiraient les chairs.Couvert de sang, l'Indien commençait de donner des signes d\u2019épuisement, sa main gauche, crispée, enserrait le cou musculeux du monstre, mais la gueule armée de terribles crocs se rapprochait peu à peu de lui, prête à lui trancher la gorge.Le trappeur n\u2019hésita pas.Le Sioux venait de tomber et l\u2019ours, poussant un grognement de victoire, l\u2019écrasait de tout son poids.La tête du monstre se détachait vaguement entre les branches.Alors, rapidement, Dick Gardner mit le fauve en joue, le visant à l\u2019oeil.Encore quelques secondes, puis une détonation sèche claqua.Un hurlement farouche la suivit.Le trappeur tira encore.Et, cette fois, Vieil Ephraïm s\u2019écroula, foudroyé.La balle avait atteint la cervelle.En deux bonds, le jeune homme parvint sur le lieu du combat.L\u2019Indien gisait, encore pris sous l\u2019énorme masse velue de son antagoniste ; non sans mal, Dick Gardner parvint à le dégager.\u2014 Diable!.Vieil Ephraïm a fait là du beau travail !.Le torse du Sioux était horriblement labouré par les griffes acérées du plantigrade.Epuisé par le terrible corps-à-corps qu\u2019il venait de soutenir, l\u2019Indien ne donnait plus signe de vie.Pourtant, en collant son oreille contre sa poitrine, le trappeur put se rendre compte qu\u2019il respirait encore.Déposant son rifle auprès de lui, il s\u2019empressa de recourir une fois de plus à sa gourde d\u2019eau-de-vie, puis il se mit à frictionner vigoureusement le blessé.Ses soins ne demeurèrent pas vains ; au bout d\u2019un moment, le Sioux ouvrit les yeux et les fixa avec insistance sur son sauveur.\u2014 Le Visage-Pâle a sauvé Aigle Gris !.murmura-t-il simplement.\u2014 Aigle Gris voulait voler le cheval du Visage-Pâle et lui enlever ensuite son scalp s\u2019il avait réussi à le surprendre, repartit le trappeur.L\u2019Indien ne répondit pas.Et Dick comprit que les choses s\u2019étaient passées ainsi qu\u2019il venait de le dire.Attiré par les hennissements répétés du cheval bai, l\u2019Indien qui rôdait dans le voisinage s\u2019était empressé de se rapprocher en rampant.A ce moment Vieil Ephraïm qui vagabondait aussi par là s\u2019était dressé en face du Peau-Rouge, et le combat s\u2019était engagé, implacable.Il eût été mortel pour l\u2019homme sans l\u2019intervention providentielle du trappeur.\u2014 Te sens-tu assez fort pour marcher ?interrogea Dick Gardner.Aigle Gris secoua affirmativement la tête, puis soutenu par son sauveur il se remit debout et esquissa quelques pas.En peu de temps, le trappeur, qui avait remis son rifle en bandoulière, réussit à conduire son protégé jusqu\u2019à l'arbre où il avait attaché Cactus.Le cheval, encore effrayé, tremblait et tirait désespérément sur sa longe.\u2014 Ecoute, tu vas rester ici et m\u2019attendre.Je reviendrai dans quelques minutes!.C\u2019est bien compris?.Dick Gardner parlait à merveille le dialecte des Dakotas, aussi Aigle Gris acquiesça de nouveau.Adossé contre l\u2019arbre, il vit s\u2019éloigner à grands pas le trappeur.Ce dernier avait hâte de rassurer Maud Russell qui devait l\u2019attendre en proie à une compréhensible angoisse et la mettre au courant de l\u2019incident qui venait de se produire.Il la retrouva, immobile, à l\u2019endroit, même où il l\u2019avait quittée.\u2014 Eh bien interrogea-t-elle, anxieuse.Ils vous ont attaqué?.La jeune fille avait entendu les deux coups de feu, aussi s\u2019abandonnait-elle aux pires suppositions, le trappeur s\u2019empressa bien vite de la rassurer et de lui retracer exactement l\u2019incident qui venait de se produire, toutefois ils ne s\u2019attardèrent pas à bavarder : \u2014 Suivez-moi vite, Miss Russell !.Les Rouges peuvent avoir entendu aussi bien que vous les deux détonations !.Il paraît donc inutile de nous exposer à une attaque !.Je connais à trois milles de là, une sorte de piton rocheux, Eagle Peak.Nous allons essayer de le rejoindre tout de suite avec Cactus sinon, nous nous exposerons à courir les pires dangers au milieu de la forêt !.Maud comprit le bien-fondé des paroles de son voisin, elle savait que chaque taillis pouvait dissimuler un Sioux ; les souvenirs terrifiants du massacre dont ses parents et ses amis avaient été victimes lui revinrent à la mémoire.Sans plus insister, elle emboîta le pas à Dick Gardner qui s\u2019était engagé de nouveau sur la piste qu\u2019il venait de tracer.Le silence continuait de persister aux alentours ; sans incident aucun le trappeur et sa compagne atteignirent le lieu où le cheval bai avait été attaché, mais à peine se furent-ils arrêtés qu\u2019une double exclamation de stupeur leur échappa : le coursier et l\u2019Indien blessé avaient disparu.\u2014 Maudite vermine ! grommela Dick Gardner, furieux.En examinant attentivement le sol, le jeune homme reconstitua aisément la scène qui venait de se jouer pendant qu\u2019il allait rejoindre Maud Russell.Aigle Gris s\u2019était redressé en se cramponnant au tronc du chêne, puis il était parvenu à se hisser en selle.Maintenant, il devait être loin, et le trappeur ne pouvait espérer retrouver Cactus.\u2014 Cela m\u2019apprendra à me montrer compatissant envers ces démons ! maugréa Dick Gardner.Le coquin m\u2019a joué de belle façon !.Pourtant le jeune homme aperçut bientôt un objet qui gisait à trois pas de là.Il s\u2019en saisit, c\u2019était la sacoche dans laquelle il conservait ses vivres et ses munitions.Aigle Gris avait-il laissé ce bagage à la disposition de son sauveur, ou bien était-il tombé au cours de sa fuite.Ce fut un problème que Dick Gardner ne s\u2019attarda point à résoudre.\u2014 Peut-être pourriez-vous le rattraper ?.hasarda Maud.Le trappeur esquissa un geste vague.Il s\u2019imaginait bien en effet que le Sicux avait réussi à mettre entre lui et son sauveur une distance suffisante pour n\u2019avoir rien à redouter de sa part.De plus il ne devait pas être seul dans ces parages.C\u2019est pourquoi, tout en se chargeant de la sacoche, Dick Gardner se contenta de murmurer : \u2014 Nous rejoindrons Eagle Peak à pied!.Voilà tout!.Avant de s\u2019éloigner, le trappeur tint à prélever un quartier de viande sur le corps de l\u2019ours, puis, quand il eut achevé de prendre cette précaution, il fit signe à Maud qui s\u2019immobilisait, angoissée, à sa droite.\u2014 En avant ! déclara-t-il simplement.\u2014 Pourvu que ces Indiens ne se décident pas à nous attaquer !.\u2014 Ce serait le comble !.Je croyais jusqu\u2019ici que les Rouges savaient ce qu\u2019est la reconnaissance !.Si le gaillard que j\u2019ai arraché à la mort se permettait de nous trahir, il ferait sagement de ne plus se présenter à la portée de mon rifle !.Tout en prononçant ces mots, Dick Gardner s\u2019assurait que son arme demeurait chargée ; ensuite, traînant derrière lui sa protégée, il s\u2019aventura de nouveau entre les arbres.Maud suivait sans mot dire, son revolver à la main.Chaque bruit suspect qui se produisait dans son voisinage immédiat la faisait sursauter, parfois le trappeur la sentait qui venait se serrer peureusement contre lui.\u2014 Courage, Miss Russell !.Avant une heure, nous serons à Eagle Peak !.\u2014 Si toutefois les Sioux ne nous ont pas massacrés jusque-là, objecta la jeune fille, dont les regards inquiets continuaient de fouiller inlassablement les taillis.Cependant, le trappeur avait beau prêter l\u2019oreille, il ne discernait rien qui pût lui faire supposer la présence de l\u2019adversaire dans son voisinage.La nuit maintenant était complètement tombée.Un rayon de lune filtrait à travers les branches, éclairant vaguement la zone à travers laquelle s\u2019aventuraient les deux jeunes gens.Les mocassins du trappeur et les souliers de la jeune fille glissaient sans bruit sur le tapis de feuilles sèches et sur la mousse qui recouvrait le sol.Ils avançaient ainsi depuis plus d\u2019un quart d\u2019heure, quand, brusquement, Dick Gardner s\u2019arrêta.A peu de distance, un ululement venait de se faire entendre dans la nuit.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \tL\t'HOROSCOPE\t\t\t\t\t\tDU \"SAMEDI\"\t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t(Nouvelle série)\t\t\t\t\t\t\t\t 4\t8\t2\t5\t6\t3\t4\t7\t2 8\t4\t3\t5\t6\t2\t4 L\tC\tA\tS\tU\tL\tE\tS\tM H\tS\tE\t0\tN\tE\tS 8\t5\t3\t7\t4\t8\t2\t6\t3 7\t4\t5\t2\t8\t3\t4 A\tY\tT\t0\t0\tN\tL\tB\tR Y\tU\tE\tI\tC\tA\tS 4\t8\t2\t5\t3\t6\t4\t2\t7 3\t8\t4\t6\t2\t5\t7 F\tE\t0\tZ\tV\tE\t0\tR\tE A\tU\tR\tA\tA\tM\tZ 2\t5\t4\t3\t6\t2\t7\t4\t3 8\t2\t6\t4\t3\t5\t7 T\t0\tM\tI\tU\tI\tC\tE\tL N\t0\tR\tN\tE\tI\t0 4\t7\t5\t2\t8\t3\t4\t6\t2 7\t4\t3\t5\t7\t2\t4 T\tN\tN\tN\tI\tN\tD\tE\tS F\tE\tR\tS\tI\tE\tS 4\t2\t7\t5\t4\t3\t8\t2\t6 4\t3\t5\t2\t7\t4\t5 D\tN\tA\tP\t0\tI\tQ\tS\tV L\tC\tR\tI\tN\tL\t0 5\t4\t8\t2\t7\t4\t3\t5\t2 8\t3\t4\t6\t2\t5\t3 M\tA\tU\tB\tT\tR\tH\tP\tL E\tI\tS\tE\tE\tT\tT Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t G ou\tplus, soustrayez 4.Si\t\t\t\t\tle\tnombre est moins de\t\t\t\t6, ajoutez 3.\t\t\tVous aurez\talors\t\tvotre\tchiffre-clef.\t\t\tEn\tcommençant\t\tau\thaut\tdu rectangle,\t\t pointez chaq\t\t\tue chiffre-clef\t\t\tde gauche à droite.\t\t\t\tCcci\tfait,\tVOUS\tn\u2019aurez\t qu\u2019à\tire\tvotre horoscope donné par les mots\t\t\t\t\t\t\tque forme le pointage de\t\t\t\t\t votre\tchiffre\t\t-clef.\tAinsi, si\t\tvotre prénom est Joseph,\t\t\t\t\tvous soustrayez 4\t\t\t et vous\t\taurez comme\t\t\tclef\tle\tchiffre 2.Tous\t\tles chiffres\t\t\t2 du\ttableau\t ci-dessus représentent votre horoscope.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t Droits réservés\t\t\t\t1945, par William J.Miller,\t\t\t\t\t\tKing Features,\t\t\tIn c.\t Le Samedi, Montréal, 11 mai 1957 17 III \u2014 Traqués dans les ténèbres ^¦¦on Dieu! balbutia Maud Russell lui devenue soudain très pâle.Ils |VI sont là.\u2014 Chut !.Pas un mot !.coupa le trappeur en portant un doigt à ses lèvres afin de recommander à sa compagne un scrupuleux silence.A trois reprises le ululement se reproduisit sous le couvert de la forêt mais les deux jeunes gens remarquèrent facilement qu\u2019il ne s\u2019élevait pas au même endroit.Selon toute évidence, il s\u2019agissait là d\u2019un signal.\u2014 Les Sioux sont sur nos traces, murmura Dick Gardner, après quelques instants d\u2019hésitation.Ils cherchent à se rallier !.\u2014 Nous sommes perdus !.murmura Maud .\u2014 Pas nécessairement !.J\u2019espère que la retraite ne nous sera pas coupée vers Eagle Peak !.Mais faisons vite !.Il convient de devancer ces rascals !.Les appels des oiseaux de nuit se multipliaient aux alentours, ce lugubre concert provoquait chez Maud une irrésistible frayeur.A tout instant elle s\u2019attendait à une attaque des Rouges, pourtant, rien de semblable ne se produisit.Alors elle continua de ramper dans le sillage du trappeur.En dépit de sa situation critique, elle éprouvait à l\u2019égard de son compagnon imprévu une très grande confiance.L\u2019attitude résolue de Dick Gardner lui en imposait.Et, pendant quelques minutes encore, elle poursuivit derrière lui sa périlleuse randonnée.Soudain, une détonation éclata qui se répercuta sous les arbres, une tige coupée tomba aux pieds du trappeur.\u2014 A plat ventre !.commanda aussitôt Dick Gardner.Maud s\u2019empressa d\u2019obéir à cette recommandation.Elle se coucha de tout son long et se fit toute petite.De son côté le trappeur se plaqua contre le sol moussu.La balle venait de lui frôler la joue.Pendant trois minutes, il s\u2019immobilisa ainsi, prêt à la riposte, ses regards fouillaient attentivement dans la direction d\u2019où venait de partir le coup de feu.Enfin, un grognement satisfait lui échappa, entre deux arbres, il vit une silhouette se découper confusément.Le tireur, encouragé par le silence qui persistait, s\u2019aventurait à découvert et se disposait à pousser une reconnaissance pour voir s\u2019il avait bien abattu le fugitif.La jeune fille aperçut aussi l\u2019Indien.Retenant son souffle, elle le vit qui approchait en rampant.Mortellement inquiète, elle se demandait pourquoi son compagnon tardait tant à tirer, quand, brève, la détonation éclata, immédiatement suivie d\u2019un cri d\u2019agonie.L\u2019Indien qui ne se trouvait plus qu\u2019à une dizaine de pas de là, se redressa tout droit, battit l\u2019air de ses bras, puis s\u2019effondra tout à coup sur le sol.La balle du trappeur l\u2019avait atteint en pleine tête !.\u2014 Puisse cette réplique inciter les autres à manifester un peu plus de circonspection, ricana le trappeur.Ensuite, avant même que sa voisine ait pu lui répondre, Dick Gardner s\u2019élança vers le cadavre de sa victime ; deux minutes plus tard, il s\u2019en revint et remit à Maud le rifle qu\u2019il avait découvert auprès du corps.\u2014 Saurez-vous vous servir de cette arme, Miss Russell ?.\u2014 Parfaitement !.Au cours de notre voyage, père me faisait exercer à tirer.Sans doute n\u2019aurai-je pas votre coup d\u2019oeil infaillible.\u2014 All right!.C\u2019est tout ce que je désirais savoir ! coupa le jeune homme.Et maintenant, à Eagle Peak !.La forêt fourmille de Sioux ; d\u2019un instant à l\u2019autre, attirés par le coup de feu, ils vont découvrir le cadavre de leur camarade.Les deux jeunes gens se remirent donc à fuir sous le couvert.Dick Gardner paraissait s\u2019orienter merveilleusement en dépit de l\u2019obscurité ; parfois il exécutait des zigzags, s\u2019arrêtait, s\u2019adossait à un arbre, promenait autour de lui des regards fureteurs, puis, rassuré, il reprenait sa marche, et Maud qui lui emboîtait toujours résolument le pas en dépit de la lassitude qui commençait à la gagner, put se rendre compte que le terrain, assez plat jusqu\u2019alors, devenait beaucoup plus accidenté.Çà et là des groupes de rochers apparaissaient entre les arbres, le sol paraissait plus pierreux.les taillis plus clairsemés.Et peu à peu, sur le ciel étoilé, Eagle Peak se dessina.C\u2019était une sorte de piton dénudé, qui s\u2019élevait en pente raide.Un ruban argenté se dessinait sur ses flancs, c\u2019était une cascade qui dévalait mm \u2022 b; ¦ SOUPE AU CHOU 2\tlivres de jarret de boeuf 1 gallon d\u2019eau Sel et poivre 1 chou moyen haché 1\tpoireau Mettre cuire la viande à l\u2019eau froide salée.Une heure après, ajouter le chou haché après l\u2019avoir blanchi 10 minutes pour enlever l\u2019odeur de soufre.Assaisonner et laisser mijoter durant 2 heures.SANG DE MOUTON EN SAUCE BLANCHE Couper le sang de mouton en petits dés.Le faire revenir dans du beurre avec 1 petit oignon émincé finement.Préparer une sauce blanche avec 4 c.à tb.de beurre, 4 c.à tb.de farine et 2 tasses de lait ; ajouter le sang de mouton et les oignons.Servir chaud.POMMES DE TERRE LYONNAISES Pommes de terre coupées en dés Oignons émincés finement Sel et poivre Graisse et beurre Persil haché Faire chauffer !e beurre et la graisse, ajouter les pommes de terre et les faire dorer dans tous les sens.Ajouter les oignons et continuer la cuisson sur un feu doux jusqu\u2019à ce que les pommes de terre soient cuites.SALADE DE BETTERAVES 3\tbetteraves cuites 2\tpommes Mayonnaise % pied de céleri Sauce française Sel et poivre Couper les betteraves, le céleri et les pommes en dés.Les mariner avec de la sauce française.Au moment de ser- de la plate-forme et qui venait se perdre aux lisières de la forêt.\u2014 Courage, nous approchons !.Le trappeur s\u2019était retourné pour adresser ces paroles à sa compagne, quand, brusquement, Maud poussa une exclamation de terreur.Une ombre venait de bondir du haut d\u2019un vieux chêne.Un Indien qui attendait, étroitement dissimulé et qui avait surpris l\u2019approche des deux fugitifs, s\u2019était élancé sur le jeune homme.Dick Gardner ne s\u2019attendait pas à une aussi foudroyante attaque, dans le mouvement qu\u2019il fit pour se retourner, son rifle lui échappa.Souple comme une couleuvre, le Sioux l\u2019agrippait étroitement à la gorge, pesant sur lui de tout son poids.Revenu de sa surprise, le trappeur voulut tenter de se dégager, mais l\u2019Indien était de stature beaucoup plus Mes Recettes de Cuisine vir ajouter de la mayonnaise pour lier et assaisonner.Servir sur des feuilles de laitue.TARTE AU BUTTERSCOTCH 7 c.à tb.de farine 1\ttasse de cassonade V4 de c.à thé de sel 2'/2 tasses de lait chaud 2\tjaunes d\u2019oeufs défaits 3\tc.à tb.de betirre 1 e.à thé de vanille Croûte de tarte cuite V\\ de tasse de sucre 1\tpincée de sel 2\tblancs d\u2019oeufs Mélanger la farine, la cassonade et le sel.Ajouter graduellement le lait chaud et cuire au bain-marie en brassant continuellement jusqu\u2019à ce que le mélange épaississe.Verser peu à peu sur les jaunes d\u2019oeufs en battant vigoureusement.Continuer la cuisson au bain-marie pendant 2 minutes en brassant continuellement et ajouter le beurre et la vanille.Refroidir et verser dans la croûte cuite.Garnir de meringue, faite avec les blancs d\u2019oeufs battus auxquels on incorpore le sel et le sucre.Faire dorer au four à 300° F.LE GATEAU SANS OEUFS 2 tasses de farine 1 c.à thé de soda à pâte 1 c.à thé de clou moulu I c.à thé de cannelle 1 c.à thé de muscade 4\tc.à tb.de beurre 1 tasse de sucre 1 tasse de lait sur 1 tasse de raisins hachés Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec les épices.Défaire le beurre en crème, ajouter le sucre et battre jusqu\u2019à ce que le mélange soit mousseux.Ajouter la farine en alternant avec le lait sur.Ajouter les raisins et verser la pâte dans un moule j beurré et cuire au four à 400° F.Votre chien peut mourir des vers Il n\u2019y a qu\u2019un seul traitement sûr contre les vers.Utilisez un produit d\u2019une efficacité reconnue contre les types les plus fréquents de vers.L\u2019ascaride vole scs aliments au chien, 1 ankylostome se nourrit de son sang.Tous deux peuvent faire mourir un jeune chien ou affaiblir dangereusement un chien adulte.Vous éliminerez ces deux types de vers avec les Capsules Sure Shot de Sergeant\u2019s.(Demandez les Capsules Puppy pour jeunes et petits chiens de moins de 10 livres).Il se vend deux fois plus de produits Sergeant\u2019s que de tout autre produit.Donnez-en a votre chien au moins deux fois l\u2019an, pour sa protection.75é seulement aux pharmacies et chez les marchands d'animaux.CAPSULES \"SURE SHOT\" DE SerqeanVs CAT\u2019S PAW TOUT Talons el Semelles de Caoutchouc CORDONNIER to.- & \"b**' ^ -fuir S3SS- ; QUEL plaisir pour la famille de revivre le passé en ©vetanio GoIVlLeu/L/\\ COvdmlo -t J ONTARIO TRAVEL \\ ¦\t650 Parliament Bldgs.Toronto 1 i Veuillez m'envoyer /iQii*rillTC\t1 1 de la documentation bl\\n I Ul I L J Nom i\ti | Adresse_\t_\t__\t] i\t¦ l Bureau do poste____________________ ¦ J Ministère du Tourisme et de la Publicité de l'Ontario | i\tHon.Bryan L.Cathcart, Ministre\ti par Madame ARMELLE BRAULT-MASSICOTTE Chroniqueuse du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE 18 Le Samedi, Montréal, 11 mai 1957 AUX COINS DU QUÉBEC par CLAUDE DERY L\u2019Hon.George Marier, ministre fédéral du Transport, attendra maintenant la décision de la Ville de Sherbrooke avant de poursuivre la réalisation du projet d\u2019aéroport commercial près de la Reine de TEstrie.La ville doit payer le coût des propriétés nécessaires à cette fin sans l\u2019aide du gouvernement, ce qui nécessite un déboursé de $200,000.Le gouvernement s\u2019engage, après l\u2019achat du terrain, à aménager deux pistes d\u2019envol de 0,000 pieds dont le coût dépassera les 3 millions.La tour de contrôle sera dirigée par des employés du gouvernement mais l\u2019entretien de l\u2019aéroport, l\u2019enlèvement de la neige et les réparations devront être faites par la ville.Même si l\u2019on perçoit une certaine instabilité locale dans le domaine industriel, le dernier rapport trimestriel de la Southern Canada Power prévoit l\u2019installation de nouvelles entreprises dans l\u2019Estrie et la vallée du Richelieu.A Farnham (comté de Missisquoi) une manufacture de portes et châssis est en pleine production sous la direction de M.Hilaire Lévesque ; à Napierville, un atelier de couture fonctionne bien ; à Rougemont, royaume de la pomme, six nouveaux entrepôts de pommes ont été construits depuis le printemps ; à St-Césaire de Rouville, la compagnie D.D.Bean & Sons » entend s\u2019agrandir de 1,600 pieds; à South Stukely, (Cté de Shefford) une nouvelle usine de coupage de bois contreplaqué est administrée par «Albert & Kustov » et à Val-court, Cté de Shefford.un atelier de couture a été organisé par la compagnie «Julius Kayser Ltd ».Dans les bureaux des différents districts soumis à la juridiction de la Commission d\u2019assurance-chômage, on a procédé à des compilations de statistiques qui prouvent définitivement que le manque d\u2019éducation scolaire est l\u2019une des grandes causes du chômage au pays.Il est prouvé que 70 pour cent des hommes et femmes sans emploi actuellement n\u2019ont pas complété leur huitième année et l\u2019on note aussi avec une certaine amertume que 55 pour cent des travailleurs canadiens n\u2019ont pas dépassé la huitième année primaire.La ville de St-Hyacinthe vient de terminer son année fiscale avec un surplus budgétaire de $30,534.82.Ces résultats ont été obtenus, écrit le « Courrier de St-Hyacinthe » sans l'imposition d\u2019aucune nouvelle taxe et sans majoration de l\u2019évaluation municipale.M.Archeslas Morin, de Lac Mégantic, possède un violon que Ton croit vieux de trois siècles.L\u2019instrument porte à l\u2019intérieur une inscription défraîchie par le temps « Anto-nius Amati Cremonensis Fecit Anno Domini Nostri 1674 ».Il y a 20 ans, ce violon a été l\u2019objet d\u2019attention particulière du conservatoire de Boston mais on est demeuré un peu sceptique sur l\u2019inscription.On sait par ailleurs que Nicolas Amati est membre d\u2019une célèbre famille de luthiers à Crémone, Italie et fut même maître de Stradivarius.mais reste à prouver l\u2019authenticité exacte de l\u2019instrument.L\u2019aéroport de St-Jean d\u2019Iberville est en passe de devenir fort important et les projets ne sont pas finis.Le maire, M.Eugène Lasnier, et l\u2019ingénieur de la cité, M.Edgar Gaudette, doivent rencontrer les autorités du ministère des transports d\u2019Ottawa afin d\u2019allonger encore ies pistes d\u2019envol, pour le compte de la compagnie Aircraft Industries.Le gouvernement fédéral sera appelé à étudier une demande pressante des contribuables du Bas du fleuve St-Laurent qui désirent rendre navigables en tout temps de Tannée les eaux de ce secteur, étant donné que la population de la rive nord augmente astronomiquement mais ne possède aucune agriculture de subsistance.Seul l\u2019avion peut relier les deux rives l\u2019hiver et il s\u2019ensuit que les denrées comestibles affichent des prix incroyables.Ottawa est appelé à maintenir les brise-glace en opération continuelle.Quant à l\u2019approvisionnement, des compagnies y verront.La ville de Sherbrooke a posé deux précédents lors de sa dernière assemblée municipale.Tout d\u2019abord on adopta un projet d\u2019emprunt au montant de $1,715,000 afin de réaliser le plus vaste programme de travaux publics dans l\u2019histoire de la ville et Ton s\u2019entendit pour voter un deuxième règlement qui permet à la ville de charger aux propriétaires tous les frais de construction de rues entreprise depuis le premier janvier 1957.Le jumelage de St.Catherines, Ontario, et de Victoriaville est maintenant complété.Le pacte de bonne entente a été signé à Victoriaville même par le maire John Smith d\u2019Ontario et ses 24 concitoyens qui ont été reçus en francs amis par la population des Bois-Francs.forte, il n\u2019eut pas de peine à le maintenir sous lui et à lui appuyer un genou sur la poitrine, puis, tandis que l\u2019infortuné multipliait encore les efforts désespérés pour se libérer, le Sioux poussa un féroce cri de triomphe, sa main nerveuse brandit son tomahawk.Le Peau-Rouge allait achever son geste meurtrier et fendre le crâne de son antagoniste, lorsque deux détonations éclatèrent.Avant que Dick Gardner ait pu comprendre ce qui venait de se passer, son agresseur s\u2019écroulait lourdement auprès de lui.Pendant quelques instants, au clair de lune, il aperçut le visage hideusement contracté du Peau-Rouge, puis le corps du guerrier se tordit dans un spasme suprême.Une mousse sanglante lui vint aux lèvres.Il s\u2019écroula sur la mousse, la tête en arrière, les yeux démesurément ouverts, mort !.\u2014 Vous m\u2019avez sauvé, Miss Russell !.Dick Gardner venait en effet d\u2019apercevoir la silhouette de sa compagne.Maud se tenait toute droite et étreignait dans ses mains crispées le rifle avec lequel elle venait de tirer et d\u2019abattre l\u2019Indien.Tout d\u2019abord, surprise par la rapidité de l\u2019attaque du Sioux, la jeune fille avait épaulé son arme.Les corps des deux combattants demeuraient si étroitement enlacés qu\u2019elle dut patienter quelque peu, de peur d\u2019atteindre le trappeur.Enfin, l\u2019Indien s\u2019étant reculé quelque peu pour mieux frapper son ennemi, elle visa à la tête et tira.Les deux jeunes gens n\u2019eurent pas le temps de se remettre de leur émotion, des cris farouches retentirent dans leur voisinage immédiat.Débouchant de la forêt, des silhouettes apparurent.Les Indiens accouraient en force.Alors Dick Gardner qui s\u2019était lestement dé gagé, s\u2019empressa de prendre la main de sa compagne ; courant à toutes jambes, ils piquèrent délibérément vers Eagle Peak.Us en atteignaient déjà les pentes abruptes, lorsque plusieurs détonations claquèrent.Les Indiens qui s\u2019étaient lancés à leurs trousses, désespérant de pouvoir les rejoindre, ouvraient le tir ; par bonheur, ils étaient d\u2019assez médiocres tireurs, et dans leur précipitation, ils ne prirent pas le temps de viser.Leurs projectiles vinrent s\u2019aplatir, inoffensifs, contre les rochers voisins.Les fugitifs sentaient leurs forces décuplées par le danger, ils avaient passé l\u2019un et l\u2019autre leurs rifles en bandoulière, s\u2019aidant aux rochers qui faisaient saillie et aux arbustes, ils abordèrent leur ascension.De nouveux coups de feu éclatèrent, les Sioux hurlaient de dépit, mais, cette fois encore, les balles n\u2019atteignirent pas leur but.Exécutant un dernier rétablissement, le trappeur s\u2019installa sur la plate-forme naturelle qui couronnait Eagle Peak, puis, se penchant, il tendit une main secourable à sa compagne.Dans un dernier effort, il parvint à la hisser auprès de lui.Il était temps !.Les Sioux commençaient déjà de gravir les pentes entourant la forteresse naturelle.Unissant leurs efforts, les fugitifs se retranchèrent derrière les rochers puis ils ouvrirent un feu nourri sur leurs adversaires.Ces derniers étaient pour le moment au nombre d\u2019une trentaine.Ils espéraient rejoindre les deux jeunes gens, par bonheur, visant avec soin, Dick Gardner et Maud Russell réussirent à abattre une demi-douzaine des plus acharnés.Comprenant qu\u2019ils s\u2019exposaient à être tous impitoyablement décimés s\u2019ils persévéraient dans leurs projets d\u2019escalade, les Sioux firent demi-tour, et refluèrent précipitamment vers la forêt.Au cours de cette retraite, ils perdirent encore trois des leurs.\u2014 Sauvés!.Cette fois, nous sommes sauvé; !.s\u2019exclama la jeune fille dont le visage s\u2019épanouit de joie.\u2014 J\u2019imagine en effet que nous voilà provisoirement hors de cause, objecta le trappeur.Notre position est excellente, mais cela ne signifie pas que tout soit terminé !.Les démons Rouges sont opiniâtres !.Us connaissent notre petit nombre.Us vont nous soumettre à un blocus incessant ; ensuite lorsqu\u2019ils estimeront que nous sommes à bout de vivres et de munitions, ils tenteront un suprême assaut !.\u2014 Alors, tout est perdu !.haleta la jeune fille qui sentit tout à coup ses espérances s\u2019évanouir.\u2014 Rien n\u2019est perdu pour qui fait confiance en la Providence, Miss Russell ! riposta le trappeur.Pourquoi vous laisser aller ainsi à la joie puis au désespoir ?.Ce n\u2019est pas la première fois que je me trouve en difficulté avec ces gentlemen.Et jusqu\u2019ici, j\u2019imagine que mon scalp est demeuré toujours solide sur ma tête !.Croyez-moi, si critique que vous paraisse notre situation, nous pouvons encore nous en tirer ! A peine le jeune homme venait-il de prononcer ces mots que sa voisine le vit avec une merveilleuse rapidité épauler son rifle et tirer.Un Indien tentait de se rapprocher en rampant de Eagle Peak.Atteint en pleine poitrine, l\u2019imprudent s\u2019effondra à quelques pas seulement des taillis qu\u2019il venait de quitter.\u2014 Un de moins !.fit en souriant le trappeur.Et maintenant, j\u2019espère que cette petite leçon portera et que nous pourrons nous installer paisiblement dans notre nouveau refuge !.Dick Gardner promena longuement ses regards aux alentours.Il ne vit personne.Alors, rassuré, il se tourna vers sr compagne : \u2014 J\u2019ai déjà campé là une dizaine de fois au moins, Miss Russell, vous voyez ces taches sombres.Ce sont les traces de mes feux !.Quel dommage que nous ne soyons pas une dizaine.La position serait imprenable !.Maud put constater que son protecteur n\u2019exagérait pas ; la plate-forme où elle s\u2019était réfugiée avec le trappeur était entourée de toutes parts par des rochers de différentes dimensions qui leur permettrait de se retrancher et de se protéger contre les balles des Indiens.La cascade qui dévalait le long des pentes escarpées poursuivait son murmure régulier.Une brise légère soufflait qui venait caresser le visage de la jeune fille.\u2014 Vous devez être bien lasse, Miss Russell ?hasarda enfin le trappeur.Etendez-vous sur ce lit de fougères, je veillerai !.La jeune fille accepta volontiers l\u2019invitation de son compagnon ; à la suite des événements tragiques qui s\u2019étaient succédés et de la fuite précipitée qui l\u2019avait conduite jusqu\u2019à Eagle Peak, elle se sentait énormément fatiguée.Cependant, avant de s\u2019étendre, elle prit une gourde remplie d\u2019eau pure que lui tendit son voisin et but avec délices quelques gorgées.Quand sa soif ardente se trouva quelque peu apaisée, elle refusa la tranche de viande boucanée que lui offrait Dick Gardner, puis elle se coucha.Quelques minutes plus tard, le bruit de sa respiration régulière indiquait au trappeur qu\u2019elle s\u2019abandonnait enfin à un profond sommeil.Pendant un long moment, le jeune homme demeura immobile, accroupi, son rifle entre les jambes, prêt à toute éventualité.Ses regards clairs qui fouillaient si tenacement les alentours, se détournaient fréquemment en direction de sa compagne.Un rayon de lune venait éclairer le masque aux yeux clos de l\u2019infortunée, et Dick Gardner, habitué à vivre en solitaire Le Samedi.Montréal.U mai 1957 19 ér\" *»«\u2022> >r»* an coeur des territoires indiens, se sentit frappé par la beauté et par le charme de sa voisine.Il éprouva un lancinant serrement de coeur en pensant aux îisques que pouvait courir la malheureuse.Certes, le danger ne lui faisait pas peur, il ne craignait pas la mort, toutefois, en pensant que sa voisine pouvait tomber entre les mains des démons rouges, il ne put réprimer un frémissement, ses mains rudes se serrèrent rageusement.Et si terrible que lui parût l\u2019actuelle situation, il se sentit décidé à tout tenter pour la protéger.IV \u2014 Les assiégés d\u2019Eagle Peak IL faisait grand jour quand Maud Russell se réveilla.Tout d\u2019abord éblouie par les rayons d\u2019un soleil radieux, la jeune fille se redressa et se frotta les paupières encore engourdies par le sommeil.Dick Gardner demeurait toujours accroupi entre deux rochers, surveillant minutieusement les alentours.Alors, ramenée tout de suite à la réalité, la survivante interrogea : \u2014 Eh bien?.Se disposeraient-ils à attaquer ?.Le trappeur secoua négativement la tête.\u2014 Ils se garderont bien de commettre paieille imprudence, Miss Russell ! Les coquins ne tiennent pas à nous servir de cibles !.J\u2019ai tout lieu de croire qu\u2019ils attendront maintenant la nuit avant d\u2019engager l'assaut.Pour le moment, ils se rassemblent, leur blocus se resserre autour d\u2019Eagle Peak.Ils doivent être plusieurs centaines.Maud détendit ses membres engourdis, une sourde exclamation lui échappa : \u2014 Que pouvons-nous faire contre plusieurs centaines de ces démons.\u2014 Je ne puis que vous répéter un conseil : nous devons plus que jamais mettre notre confiance en la Providence !.La parfaite sérénité que manifestait le trappeur tranquillisa quelque peu la jeune fille.Elle s\u2019en fut auprès de lui et inspecta à son tour les environs.Le piton rocheux dominait de toutes parts la région forestière.Aussi loin que les regards pouvaient discerner s\u2019étalait le tapis vert de la chênaie.Sur la droite les Black Hills se détachaient en noir, en fond de décor.Quelques lambeaux de brume flottaient sur leurs flancs, rapidement déchiquetés par la chaleur très douce des rayons du soleil.\u2014 Je ne vois personne! fit Maud au bout d un moment.\u2022\u2014 Ils se cachent étroitement, repartit le jeune homme, mais je sais pertinemment qu\u2019ils continuent à nous observer.D\u2019ailleurs, je vais vous le prouver tout de suite ! Le trappeur ôta son bonnet en peau de castor et le mit au bout de son rifle, puis, brusquement, il l\u2019éleva au-dessus des rochers qui le protégeaient avec sa compagne.A peine venait-il d\u2019esquisser ce geste, que plusieurs coups de feu se firent entendre.Des balles vinrent s\u2019aplatir tout auprès des deux assiégés.\u2014 Quand je vous disais que cette quiétude était factice, fit le jeune homme.Nous sommes constamment surveillés.Si jamais l\u2019un de nous s\u2019avisait de se laisser glisser le long des pentes, je ne donnerais pas cher de sa peau !.\u2014 Nous ne pouvons espérer de secours de personne ! hasarda Maud.\u2014 De personne !.Standing Rock est trop loin.Mais, avant de nous la-menter, j\u2019imagine qu\u2019il serait bon de nous restaurer un peu.vous devez avoir terriblement faim !.En ce qui me concerne, je vous avoue que j\u2019ai littéralement l\u2019estomac dans les talons !.Dick Gardner étala devant lui la sacoche, il prit deux biscuits, une tranche de viande boucanée, puis les tendit à sa compagne.Et tandis que Maud commençait d\u2019entamer cc frugal repas, le trappeur lui tendit sa gourde ; esquissant ensuite un malicieux sourire : \u2014 Vous pouvez boire, Miss Russell !.Notre provision d\u2019eau est assurée ! \u2014 Comment, balbutia la jeune fille interloquée.vous avez pu vous procurer de l\u2019eau fraîche ?.\u2014 La cascade est toute proche, repartit le trappeur.Un peu avant l\u2019aube je me suis laissé glisser sur la pente, et j\u2019ai rempli mon récipient, sans que ces messieurs se soient hasardés seulement à m\u2019adresser une balle !.C\u2019est pourquoi j\u2019imagine qu\u2019à la faveur de la prochaine nuit, nous parviendrons neut-être à leur glisser entre les doigts !.En attendant je fais rôtir mon jambon d\u2019ours !.Dick Gardner étendit la main et désigna à sa voisine un feu qu\u2019il avait allumé entre deux rochers.Le quartier l\u2019ours, embroché, tournait lentement au-dessus des flammes.\u2014 Décidément, vous avez songé à tout, s\u2019exclama la jeune fille admira-tive.Quel précieux compagnon vous laites !.\u2014 Trêve de compliments, Miss Russell.Si votre compagnon peut encore manifester quelque activité, c\u2019est bien à vous qu\u2019il le doit !.Sans votre énergique intervention, mon scalp pendrait à la ceinture du Sioux !.Ne protestez pas !.Votre présence auprès de moi a été véritablement providentielle !.Et la collaboration que nous avons engagée depuis hier n\u2019a pas donné de trop mauvais résultats !.\u2014 Il est vrai ! repartit la rescapée.C\u2019est extraordinaire ce que vous inspirez confiance !.Je ne me sens plus la même depuis que vous m\u2019avez réconfortée !.Ils achevèrent leur repas en silence, puis les heures s\u2019écoulèrent paisibles ; de leur refuge les deux assiégés cherchaient en vain à découvrir la moindre silhouette suspecte, ils ne voyaient rien, mais cette tranquillité prolongée ne leur laissait aucune illusion ; ils savaient que l\u2019ennemi demeurait toujours là, prêt à tenter l\u2019assaut de toutes parts, dès que les circonstances lui paraîtraient favorables.Le soleil montait Deu à peu dans le ciel sans nuage ; bientôt il fut au zénith.La chaleur devenait accablante, mais Maud profitant de cette trêve qui lui était accordée pour réparer ses forces, demeurait étendue, immobile et rêveuse, quant au trappeur, il surveillait attentivement la cuisson de son quartier d\u2019ours.Parfois, il se remettait à observer la forêt qui entourait Eagle Peak de toutes parts.Quand les jeunes gens dînèrent, un peu avant la tombée du jour, Maud estima le rôti succulent.Le repos qu\u2019elle venait de prendre lui avait été salutaire, elle se sentait prête à affronter de nouveaux périls.Des buzzards planaient au-dessus des cadavres que les Sioux n\u2019avaient pas cherché à enlever.\u2014 Ce sera pour le début de la nuit ! murmura le trappeur.Tenez-vous prête ! L\u2019obscurité tomba peu à peu.Leurs deux rifles chargés étendus auprès d\u2019eux, les assiégés prêtaient souvent l\u2019oreille, seul le murmure de la cascade toute proche continuait de se faire entendre.Maud se sentait de nouveau oppressée par l\u2019anxiété.Du fond du coeur elle adressait au ciel une fervente prière.La nuit était presque complète, quand le trappeur se redressa.Il lui semblait surprendre, le long de la pente, un gCcs histoires d'Ovila Légaré Histoire de golf Cette histoire m\u2019a été contée par mon ami Marcel Gamache qui excelle dans ce genre.C'était une grosse partie de golf.Deux rivaux étaient rendus au même trou et avaient une différence de points qui rendait la partie très chaude.Tout à coup, un des deux perd sa balle dans l\u2019herbe haute, tout près d\u2019une clôture où un habitant était accoudé.Mes deux types se mettent à chercher la balle .cherche .cherche .toujours sous l\u2019oeil du spectateur improvisé.Toujours qu\u2019au bout d\u2019une heure de recherches infructueuses, alors qu\u2019ils allaient abandonner la partie, l\u2019habitant prend la parole et leur dit : « Ça serait-tu tricher si je vous disais ousqu\u2019est la pelote ?» Longévité Au coin d'une rue passante, devant une trentaine de personnes, un vieillard à longs cheveux blancs, et qui semblait encore vert, annonçait un élixir miraculeux :\t« Mesdames et mes- sieurs, voulez-vous être immortels ! Achetez mon élixir de longue vie, seulement $1 la bouteille, et une seule bouteille vous allonge la vie de 100 ans.si vous en prenez 2 bouteilles, vous vivrez plus de 200 ans ! 3 bouteilles 300 ans ! Achetez cet élixir de longue vie, mesdames et messieurs ! Moi qui vous parle, j\u2019ai 450 ans ! Tout le monde se laissait prendre et le jeune homme qui lui aidait pouvait à peine fournir à encaisser les piastres.Cependant un incrédule résolut de tirer l\u2019affaire au clair.Il s\u2019approcha du jeune homme qui vendait les bouteilles et lui demanda: « C\u2019cst-y vrai que votre bourgeois a 450 ans ?» L\u2019autre lui répond entre deux ventes : « Je pourrais pas vous dire, mon bon monsieur, moi, ça fait rien que 170 ans que je travaille pour lui.ser sais chasser sans son chien.Dix-huit petites chemises fines brunes.Petit pot de beurre quand le dépetitpot-debeurreras-tu ?\t\u2014 Merveilleux ! dit l\u2019ami ! tu as fait des progrès magnifiques ! » \u2014 « Oui, répond Gaston, Mais .c\u2019est .le diable pour rentrer ça dans .la conversation ! » Présence d'esprit Un jour, une dame, accompagnée de son garçonnet de 9 ans, entre au magasin de Kellil et demande à acheter un habit pour son fils.Kellil a des bennes « bargains », quelque chose de bon.pas cher, double largeur.Madame opte pour un petit habit gris, parce que le prix était alléchant.Seulement, elle demanda : » J espère que ça rappetis-sera pas à la pluie?Le Syrien lève les yeux au ciel et jure :\t.Madame ! Ji vous garantis l\u2019habillement, il va rester comme qu'il est tant que le petit garçon sera capable pour le porte ! Et la dame fit endosser le vêtement à son enfant, paya, et sortit, emportant son vieil habit enveloppé.Mais, ô fatalité ! La dame était à peine sortie qu un orage commence à tomber comme des clous ! Ça tombait, monsieur ! un vrai déluge ! Une heure plus tard, cc que Kellil appréhendait arriva : la dame réintégra le magasin, tenant son petit garçon par la main.Il était drôle à voir, le petit garçon ! Il avait les jambes de culottes aux genoux et les manches aux coudes ; il était évident que la première trempette avait été fatale à l\u2019habit.Mais notre Kellil ne perd pas le nord facilement ; il possède une présence d\u2019esprit très pratique.Dès qu'il vit entrer les deux personnes, il ne donna même pas le temps à la dame d\u2019ouvrir la bouche, et il dit, feignant une admiration étonnée: «Mon doux! l\u2019a ben grandi le petit garçon ! > Histoire de bégayeux Un jeune homme charmant que Gaston, instruit jusqu\u2019au bout des doigts, affable, sociable, mais malheureusement, il était bègue.Un de ses amis lui dit un jour :\t« C'est malheureux d\u2019être handicapé comme tu l'es, Gaston, mais avec ton défaut de langue, tu n\u2019as pas un avenir très brillant devant toi.N\u2019as-tu jamais songé à aller à l\u2019école des bègues?» \u2014 J'ai pas.be .soin d\u2019aller à l\u2019école.j\u2019ai ap .pris ça tout seul à bé .gayer.» \u2014 « Non, je veux dire qu\u2019il y a une école spécialisée pour corriger ce défaut de langue.Si tu y suivais des cours tu reviendrais normal et tu aurais toutes les chances de devenir quelqu\u2019un plus tard.» Le bègue se fit donner l\u2019adresse de cette école spécialisée et y suivit des cours régulièrement.Un mois plus tard, il rencontre l\u2019ami qui l'avait conseillé et, à brûle-pourpoint, et sans bégayer le moins du monde, il lui débite : « Un chasseur sachant chas- Des vrais batailleurs ! Mrs.O\u2019Denr et Mrs.O\u2019Chenp ont des maris v r a i m e n t extraordinaires.Ce sont les deux « boulés » du quartier.Il n\u2019est pas de batailles aux alentours qui leur soient inconnues.Tous les samedis soirs, ils rentrent à la maison avec un horion ou un \u201cblack eye\u201d dont ils sont fiers.Même leur femme tire vanité de leurs blessures.Ce matin, lundi, c\u2019est jour de lavage, et les deux femmes causent sur la galerie d\u2019en arrière : Mrs.O'Dear : Je vous dis que mon mari s\u2019est battu sur le vrai temps samedi soir ! Quand il est rentré, il avait la figure et la tête toutes fendues.On a été obligé de faire venir le médecin qui lui a fait 5 points de couture ».Mrs.O\u2019CIwap : C\u2019est rien ça, quand mon mari est arrivé, tout en sang, samedi soir, j'ai appelé le docteur ; puis la première chose qu\u2019il m\u2019a demandé après avoir examiné mon mari, c\u2019est : Avez-vous une machine à coudre ? 20 glissement suspect.Alerté, il se pencha au-dessus des rochers.Pendant quelques instants la jeune fille le vit s\u2019immobiliser, les sourcils froncés, le doigt sur la détente de son rifle.Les regards d\u2019aigle du trappeur discernèrent bientôt une forme vague qui progressait lentement vers le refuge, en direction opposée de l\u2019endroit où ils avaient récemment battu en retraite.Attention ! murmura Maud dans un souffle.Ils approchent!.Ils vont attaquer !.V \u2014 Le sacrifice d'Aigle Gris Quelques secondes passèrent, les deux assiégés ne bougeaient toujours pas.Dick Gardner les yeux rivés sur l\u2019ombre mystérieuse se j préparait a tirer quand, tout à coup.J une voix s\u2019éleva dans la nuit : Aigle Gris !.C\u2019est Aigle Gris !.Le trappeur tressaillit.Il se rappela le* nom du Sioux qu\u2019il avait sauvé du grizzly.Pourtant il répondit d\u2019une voix cassante : Aigle Gris vient à nous en parlementaire.Il fera bien de déguerpir au plus vite s\u2019il ne veut pas que je lui loge une balle dans la tête !.Aigle Gris ne vient pas en parlementaire, assura l\u2019Indien qui n\u2019était plus qu\u2019à trois mètres de la plateforme naturelle.Dans ces conditions, Aigle Gris doit s\u2019enfuir.Je le considère comme un voleur de chevaux !.Que le Visage-Pâle laisse appro- i cher Aigle Gris, insista l\u2019Indien.Il saura qu\u2019Aigle Gris est venu là pour le sauver !.Dick Gardner hésita encore avant de répondre.Il appréhendait un piège, pourtant ses craintes s\u2019atténuèrent quand l\u2019Indien reprit avec insistance dans h.nuit : Aigle Gris est venu payer la dette ; de reconnaissance qu\u2019il a contractée envers le* Visage-Pâle.Avant peu de temps, les guerriers Sioux vont atta- , quor.ils sont nombreux, et si brave que soit le Visage-Pâle, il succombera inévi'.r blemcnt sous leurs assauts.C\u2019est bien ce que je disais, insista le jeune homme, tu viens en parlementaire !.Encore une fois.Aigle Gris ne vient qu\u2019en ami !.C\u2019est lui cpii doit veiller sur la piste de Standing Rock avec d\u2019autres guerriers.Il a réussi à éloigner ses frères rouges pendant un certain temps pour le rejoindre.Mais fais vite, ne perds pas un temps précieux sinon tout serait irrémédiablement compromis ! Il y avait dans la voix de l\u2019Indien un accent de sincérité qui frappa le trappeur.Brusquement, il détourna le canon de son rifle, puis, tendant la main vers le Sioux qui achevait sa difficile escalade, il lui permit de se j hisser auprès de lui.Ugh !.Le Visage-Pâle n\u2019est pas seul !.Maud frissonna, les regards du Sioux s\u2019attardaient sur elle avec une expression indéfinissable, mais Aigle Gris haussa lentement les épaules : \u2014 Qu\u2019importe! Vous pourrez vous sauver tous les deux !.Et l\u2019Indien se pencha vers Dick et lui murmura : Descends le long de la pente à l\u2019endroit même où tu m\u2019as surpris, une ente < xiste le long de la cascade.\u2014 Cette sente, repartit le jeune hom- j me, je la connais depuis longtemps déjà ! Ugh !.Mon frère n\u2019a donc qu\u2019à la suivre au plus vite.La voie est libre pour l'instant !.Il franchira une distance de trois cents pas environ sans s\u2019écarter de la piste, puis il trouvera un cheval attaché.Il s\u2019agit là Le Samedi.Montréal, 11 mai 1957 Le Samedi.Montréal.11 mai 1!)57 de ton cheval avec lequel j\u2019ai régagné récemment le camp des Sioux !.\u2014 Comment, mon cheval !.Cactus !.\u2014 Pas de vaines paroles.Quitte tout de suite Eagle Peak !.Dans peu de temps il serait trop tard !.\u2014 Pardon, mais toi, que vas-tu faire, Aigle Gris ?.Aigle Gris prendra ta place, repartit simplement l\u2019Indien.Il faudra bien qu'il donne le change à ses frères sioux et que ces derniers s\u2019imaginent que le Visage-Pâle est toujours là !.Il entretiendra le feu.Le Sioux s\u2019exprimait avec un calme véritablement déconcertant, aussi Dick Gardner ne se priva-t-il pas d\u2019objecter : \u2014 Mais tu risques ta vie en agissant de la sorte !.\u2014 La vie d\u2019Aigle Gris ne lui appartient plus, rétorqua l\u2019Indien, il a contracté une dette sacrée envers le Visage-Pâle.Et comme le trappeur hésitait encore et s\u2019insurgeait devant le sacrifice de son interlocuteur, l\u2019Indien étendit la main et désigna Maud : \u2014 Aigle Gris sait fort bien que son frère pâle ne craint pas la mort.Mais qu\u2019il réfléchisse bien.Il n\u2019est pas seul !.Le Peau-Rouge avait su deviner le seul argument susceptible de faire céder le trappeur, d\u2019ailleurs il prit Dick par la manche : \u2014 Fais vite.Sinon Aigle Gris se sera sacrifié pour rien !.La jeune fille ne comprenait pas les paroles qu\u2019échangeaient entre eux ses deux voisins, toutefois l\u2019attitude énergique de Dick, l\u2019insistance de l\u2019Indien, lui faisaient supposer qu'il se passait quelque chose de grave.La voix rude du trappeur l\u2019arracha bien vite à ses pensées.\u2014 Préparez-vous, Miss Russell !.Nous allons partir !.Partir !.s\u2019exclama Maud ébahie.Mais les Indiens ?.\u2014 La voie est libre!.Cet homme n\u2019est autre que le guerrier que j\u2019ai sauvé du grizzly !.Il tient à nous rendre service et à nous sauver !.Maud Russell n\u2019insista plus, en quelques instants elle se laissa glisser le long c,e la pente.Dick Gardner se disposa à la suivre, toutefois, avant de quitter Eagle Peak, il se tourna vers Aigle Gris qui s\u2019immobilisait auprès de lui, impassible, et il lui tendit la main : \u2014\tAigle Gris est un noble coeur !.\u2014\tAigle Gris a tenu à s\u2019acquitter de sa dette, coupa simplement le Sioux.Mais, ne t\u2019attarde pas !.Il est temps !.Mes frères pourraient revenir et s\u2019apercevoir de votre présence !.Les deux hommes échangèrent une lapide étreinte, puis, après avoir passé son rifle en bandoulière, le trappeur s\u2019aventura au-delà de la ligne des rochers qui couronnait la crête de Eagle Peak.En quelques instants il disparut à son tour dans les ténèbres.Aigle Gris se pencha légèrement, I oreille au guet.Pendant quelques instants encore il surprit le léger glissement que provoquaient les deux jeunes gens dans leur fuite, puis plus rien !.Alors, il s\u2019accroupit auprès du feu à demi éteint, puis, croisant les bras, le visage calme, il attendit.Dick Gardner et sa compagne atteignirent bien vite la base du piton qui.pendant près de vingt-quatre heures, leur avait servi de refuge.Suivant les recommandations de l\u2019Indien, ils s\u2019engagèrent le long de la piste.Les ténèbres étaient épaisses depuis qu'ils s\u2019aventuraient entre les arbres, mais ils bénirent cette obscurité qui devenait leur alliée et qui empêchait les Sioux embusqués tout près de là, de s\u2019apercevoir de leur retraite.Maud avançait immédiatement der- K* SS».LE ROYAL SCOTT 40 C.V.Un rendement sans pareil.Définitivement le plus beau moteur hors-bord jamais fait! 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murmura alors le trappeur en passant une main caressante sur le pelage du longue ux coursier.Tu vas nous faire surprendre.En route !.Tout en prononçant ces mots, Dick Gardner monta en selle, détacha la longe qui retenait l\u2019animal à un frêne, puis, étendant la main, il aida Maud a sauter en croupe derrière lui.Talonnant ensuite vigoureusement Cactus, le jeune homme s'enfonça entre les arbres et piqua droit en direction de Standing Rock.Maud se cramponnait énergiquement à son compagnon ; parfois, quand le cheval ralentissait son allure, elle prêtait l\u2019oreille pour tenter de surprendre quelque bruit suspect.Au bout d'un moment elle tressaillit, et Cactus exécuta un brusque écart qui faillit la jeter a bas.Plusieurs détonations claquèrent dans le lointain.\u2014 Mon Dieu!.Ils attaquent Eagle Peak '.s exclama la rescapée.La jeune fille oublia à cet instant le terrible danger qu\u2019elle courait elle-même pour penser à Aigle Gris dont 1 attitude généreuse provoquait chez elle une si profonde émotion.\u2014 Que va-t-il devenir?interrogea-t-elle en se penchant vers le trappeur.Dick Gardner esquissa un hochement de tête évasif.Si Aigle Gris était demeuré à Eagle Peak, le jeune homme ne se faisait aucune illusion, les Sioux lui feraient payer de sa vie sa trahison.\u2018 Peut-être a-t-il attendu que nous nous soyons éloignés pour redescen-dte, hasarda-t-il.Mais ne nous attardons pas !.Si les démons rouges s\u2019aperçoivent de notre disparition, ils se lanceront implacablement sur notre piste!.Il importe de prendre sur eux une avance suffisante !.La chevauchée reprit, dans les ténèbres.Cactus, tout heureux d\u2019avoir retrouvé son maître se surpassait véritablement.On eût dit que l\u2019intelligente bête comprit l\u2019importance vitale de la course engagée.Les salves se multipliaient en arrière.II.-, vont h* massacrer certainement ! hasarda Maud.Le martèlement des sabots de Cactus empêcha pourtant la fugitive de surprendre d\u2019autres coups de feu.Elle se laissa emporter dans cette fuite éperdue et se cramponna fortement au cavalier.Et tandis que les deux fugitifs s\u2019éloignaient ainsi vers de moins dangereux tel ritoires, Aigle Gris succombait à Eagle Peak.Le guerrier avait attendu.A aucun instant il n\u2019eut l\u2019idée d échapper a son destin, ravivant le feu qu\u2019avait allumé le trappeur, il s efforçait de donner le change aux guerriers de sa tribu qui attendaient impatiemment, tout autour de la forteresse naturelle, le signal de se lancer à l'assaut.Vers onze heures, l\u2019attaque se produisit, tous les Sioux qui se tenaient depuis des heures sous le couvert, s\u2019aventurèrent en rampant sur les pentes d Eagle Peak.Au milieu d\u2019un impressionnant silence, ils se glissèrent de rocher en rocher, contournant les ronciers qui s\u2019accrochaient aux pentes, et se rapprochant rapidement de la lifine des blocs qui couronnaient la plate-forme.[ Lire la suite paç/e 22 Le Samedi, Montréal, 11 mai 1957 L'ANGE No 21 Notre DE LA C H A RIT É I S grand feuilleton par PIERRE NI NOUS \"\"\"\"\t.RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Laure Lemarehand, marquise de Plessis Saint-Luc, est poignardée a mort dans sa chambre hermétiquement close.Après enquête, on classe I affaire, faute de lumière suffisante.Mais M.Jacques Lemarehand, père de Laure, et Reine-Marie de Plessis Saint-Luc, fille de la victime, sont moralement si'irs que le responsable de ce crime est le comte Gratien de Plessis Saint-Luc, beau-frère de Laure.Aussi mettent-ils tout en oeuvre pour faire tomber Gratien dans un guet-apens.Entre-temps, Violette de Lacroix-Marbourg épouse le marquis Horace de Plessis Saint-Luc, et a bientôt un petit garçon nommé Jacques-André.Quant à Reine-Marie, elle est fiancée à Jacques de Lacroix-Marbourg, le frère de Violette.Enfin Jeannie.soeur-de-lait de Violette, est poignardée grièvement par Renaud Ducrucq, dit Le Crétinas, le fils de Polycarpe Ducrucq, alias Pois-de-Senteur, lorsqu\u2019il eut appris son mariage prochain avec le docteur Boulier.Mais pour cela même son coeur, inconsciemment se serrait ; et dans l\u2019ignorance absolue où Reine-Marie l\u2019avait laissé concernant Violette, il se disait, la gorge sèche et les tempes lui battant comme îles marteaux de forge : Mais à qui donc a-t-il pu donner un ordre semblable ?.Un bruit sec, suivi d\u2019un cri aigu, lui lit dresser les cheveux sur la tête, tandis que M.Lemarehand et M.Servian, assis contre la fenêtre tous les deux, se trouvaient spontanément droits et épouvantés devant la Vierge d\u2019Orient.qui, lentement, paraissait se détacher de son cadre et s\u2019enfoncait dans un vide subitement creusé devant leurs veux fascinés.Mais ce n\u2019était point le panneau tout entier qui se déplaçait ainsi.Non, rien que l\u2019image noircie, comme si une main habile en eût découpé les contours, sur le fond d\u2019or qui, lui, demeurait intact, avec la silhouette et la peinture en moins.En même temps, Violette apparaissait, sa lampe à la main.Ses yeux, toujours si doux, étaient égarés et farouches ; l\u2019expression habituellement si candide de sa physionomie, que la maternité elle-même n\u2019avait pas modifiée, était toute changée.Elle apparaissait décidée, sculpturale et énergique, se dirigeant vers la chambre tragique.Reine-Marie, derrière elle, sauta à la fois les deux degrés qui séparaient la pièce de l\u2019entrée du passage secret, et qui étaient formés par le socle même du panneau.Elle essaya de se mettre en travers de la marquise, de s\u2019accrocher à la robe de Violette.Celle-ci, sans même un effort apparent, se dégagea si rudement que le lambeau de flanelle resta dans les mains ili\u2019 Mlle de Plessis, violemment projetée elle-même sur les dalles de la chapelle.Alors, Reine-Marie cria : André, gare-toi, gare-toi !.Elle va te tuer !.M.Lemarehand était pâle comme si la mort l\u2019avait touché de son aile.Les yeux hagards et les lèvres rentrées, il était le plus effroyable portrait île l\u2019épouvante et du désespoir qui se puisse imaginer.Servian se précipita et dit : \u2014 Mettez-vous devant elle, mademoiselle, vite.Et prenez sa main !.Puis, ordonnez-lui de s\u2019arrêter.Mais il s\u2019était trop approché de Violette, celle-ci le heurtait, le renversait et passait quand même.Elle n\u2019était plus qu\u2019à deux pas de la porte, derrière laquelle André, comme un fou, sentant sa raison vaciller, son coeur se briser, murmurait, éperdu : - Elle !.Dieu du ciel !.Elle !.fl tomba comme une masse de son haut, sur le tapis, balbutiant : Ah ! j\u2019aime mieux mourir que île vivre désormais avec une idée semblable !.Alors, Reine-Marie, impérieuse et superbe, mit ses deux mains sur les épaules de l\u2019hypnotisée, et chercha à rencontrer ce pauvre regard bleu toujours Commencé dans l'édition du 22 décembre 1956.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms des personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.si bon, maintenant égaré et farouche.\u2014 Arrête-toi, dit-elle.Je le veux!.Violette résista, mais plus faiblement.M.Lemarehand ne se rendit pas compte de cette faiblesse.Au contraire, il crut que la marquise cherchait à atteindre la chambre où était la victime désignée à son crime.Il avait un poignard solide dans la poche intérieure de son paletot, un poignard qui ne le quittait jamais.Il le prit, et.hors de lui, décidé à tout pour préserver André, c\u2019est-à-dire Reine-Marie, il fit deux pas.le levant sur la tête blonde de Violette, cette tête qu\u2019aux dépens de sa vie, jadis, il eût voulu tenir sous ses lèvres !.M.Servian arrêta sa main qui allait î etomber.\u2014 Reine-Marie suffira, dit-il brièvement.En effet, la jeune fille, terrible, énergique et décidée, tenait toujours ses mains sur les épaules de sa mère adoptive, la touchant presque de ses lèvres, la brûlant de son haleine.Mais Violette se détournait maintenant ; peureuse, reculant, fuyant le regard dominateur qui la traquait, et auquel elle voulait échapper.\u2014 Mais regarde-moi donc ?disait Reine-Marie de sa voix impérieuse, cuivrée et irrésistible.\u2014 Ordonnez ! Ordonnez plus impérativement encore, appuyait Servian, qui suivait ardemment des yeux la lutte de ces deux volontés fortes et dominatrices toutes les deux, puisque, dans la douce Violette, un autre maintenant se débattait et voulait, et essayait d\u2019arriver à ses fins.Des épaules, subitement les mains de Reine-Marie descendirent jusqu\u2019aux poignets délicats de Violette.Elle s\u2019en empara, et saisit ses doigts.La jeune femme tenta un effort de plus pour se dégager, luttant encore, luttant toujours.Mais un grand tremblement l\u2019avait prise, et Reine-Marie sentait les mains de la marquise se glacer peu à peu dans les siennes, tandis que de grosses gouttes de sueur tombaient de son front.\u2014 Je veux que tu m\u2019obéisses, tu entends ?Je le veux! déclara Reine-Marie.D\u2019abord, réponds : Que veux-tu faire ici ?.\u2014 Rien ! fil la voix de Violette, mais une voix qui ne ressemblait point à ses douces et lentes inflexions habituelles ; au contraire, une voix étranglée, rapide, gutturale, comme si sa gorge eût été noués par un lien de 1er se resserrant de minute en minute.\u2014 Ce n'est pas admissible !.Parle, je le veux ! Violette se tordit pour échapper de nouveau à l\u2019étreinte de sa fille adoptive, et Reine-Marie sentit bien que, quoique toujours à l\u2019état de veille, elle ne s'appartenait déjà plus, et commençait à subir sa volonté à elle.En effet, faisant appel à tout ce qu\u2019il y avait de force en elle, la jeune fille essayait d\u2019enfoncer dans les prunelles de sa mère adoptive l\u2019acuité de son regard le plus impérieux, quand, tout à coup, Violette ferma ses paupières et laissa doucement tomber sa tête sur son épaule.Et comme elle demeurait debout, semblable à une statue de marbre, pâle et blanche, avec sa sereine physionomie subitement revenue, M.Lemar-chand s\u2019écria : \u2014 Ab ! mon Dieu ! Que lui arrive-t-il ?\u2014 Elle est endormie, dit le juge.\u2014 Non, répondit Reine-Marie, qui avait tant étudié ces choses.« C'est la catalepsie qui la prend.« Si je le puis, je vais la faire passer par les divers états de l\u2019hypnotisme, c\u2019est-à-dire le magnétisme et le somnambulisme ; alors, il faut l\u2019espérer, elle m\u2019appartiendra, et de ses lèvres inconscientes je pourrai peut-être faire tomber le secret qui nous intéresse tous si âprement, si profondément.\u2014 Miséricorde ! balbutiait M.Lemar-chand éperdu, cela existe donc, ces choses ?.Et vous y croyez, vous aussi, Servian ?.« Mais vous m\u2019avez dit mille fois jadis, cependant, que ce n\u2019était que de misérables jongleries !.\u2014 Autrefois, oui, je pensais cela, comme vous.Mais depuis, j\u2019ai vu, j\u2019ai étudié, j\u2019ai assisté à des expériences scientifiques, et moi aussi, je me suis incliné devant la réalité.A cet instant, Reine-Marie, ayant terminé ses passes, dit : \u2014 Violette, nous sommes à dîner au château de Plessis Saint-Luc, le soir de la Toussaint.Tu t\u2019y trouves, toi aussi ?.Tu vois la salle à manger?.\u2014 Oui, répondit la jeune femme.La tête me fait mal !.« Il y a tant de fleurs, est-ce étonnant ?.Reine-Marie adressa à M.Servian un sourire de triomphe.Elle avait réussi !.Violette lui obéissait.La jeune fille, par la pensée, la faisait aller où elle voulait.\u2014 Qui est à table avec toi ?La marquise les nomma tous.Mais elle oublia cependant Gratien.\u2014 Il y a une autre personne, dit Reine-Marie.Violette demeura silencieuse.Mlle de Plessis toucha le front de la marquise.\u2014 Je le veux, dit-elle, souviens-toi ! \u2014 Gratien, murmura enfin Violette.Reste-t-il au château ?\u2014 Non, il repart pour Paris.\u2014 T\u2019a-t-il donné un ordre avant de partir ?\u2014 Non, fit la voyante avec un effort.\u2014 Tu ne dis pas la vérité.Il faut parler, je te dis:parle, tu entends!.\u2014 La malheureuse, évidemment, lutte contre un ordre de se taire qui lui a été donné, fit le magistrat, qui ne perdait pas une seule contraction du pur visage de la marquise, maintenant bouleversé comme si un scalpel en eût fouillé les fibres les plus douloureuses.Insistez, mademoiselle, continua Servian ; elle finira bien par vous obéir.\u2014 Répète l'ordre qu\u2019il t\u2019a donné, je le veux, dit Mlle de Plessis.« Comment te l\u2019a-t-il donné, d\u2019abord ?.Violette eut une crispation rapide sur le visage.\u2014 Je ne sais rien, dit-elle.Sa conscience se débattait même dans son sommeil, pour ne pas trahir le premier ordre reçu, c\u2019était évident.Les veines du front de Reine-Marie étaient tendues à se rompre.-Souviens-toi, dit-elle.Il le faut.Je te l'ordonne !.\u2014 Eh bien ! c\u2019était sur la route.\u2014 Quand ?\u2014 Le soir, lorsque Gratien est parti.Il est resté en arrière avec moi.Il m\u2019a endormie au bord du chemin.\u2014 Et puis ?.\u2014 Plus rien ! Mlle de Plessis, de nouveau, passa ses mains divines sur les sourcils de Violette.\u2014 Parle donc! dit-elle de sa voix autoritaire.\u2014 Mon Dieu!.mon Dieu!.Je ne-puis pas !.\u2014 Il le faut, je le veux ! \u2014 Alors, interroge.\u2014 Que t\u2019a-t-il dit ?« \u2014 Cette nuit, à deux heures, tu entreras dans la chambre de Laure, sans bruit, et par le passage secret, car je crois qu\u2019il en existe un.«Et comme j\u2019ai demandé où il était, ce passage, Gratien m\u2019a répondu : « \u2014 Je ne le sais pas; mais tu le chercheras, et tu le trouveras.Je le veux ! « Quand tu seras près de Laure, tu attendras que son sommeil soit profond, s\u2019il ne l\u2019est pas au moment où tu entreras.« Et alors, tu la tueras net avec le poignard qui est toujours sur sa table de nuit.« Puis, tu t\u2019en retourneras par le même chemin.« Tu ne laisseras aucune trace derrière toi.Et tu oublieras tout, le crime, le passage, et surtout, et surtout l\u2019ordre donné.» «J\u2019ai obéi! J\u2019ai tué Laure!.Alors les mains pures de Violette se tordirent, et elle s\u2019écria : \u2014 Et maintenant, je parle !.Je suis parjure !.Mais je ne puis pas m\u2019en empêcher ! Je ne le puis pas.Non.C\u2019est plus fort que moi.Il faut que j\u2019obéisse !.\u2014 Prenez garde, murmura Servian ; Le Samedi, Montréal, 11 mai 1957 23 calmez-la, ou bien une attaque d\u2019hystérie va se produire.Mlle de Plessis aussitôt comprit ; et de nouveau, par des passes et des appels de volonté, elle rendit le calme à la malheureuse hypnotisée.Quand elle crut pouvoir continuer son interrogatoire, elle dit : \u2014 Samedi soir, Gratien t\u2019a endormie également, n\u2019est-ce pas ?.Violette n\u2019était plus en état de lutter contre la volonté puissante qui maintenant avait pris la place de l\u2019autre, la possédait, la dirigeait à son gré.\u2014 Oui, dit-elle très bas.\u2014 Que t\u2019a-t-il ordonné ?Un flot de larmes s\u2019échappa aussitôt des yeux mi-clos de la pauvre femme.\u2014 Non, non, dit-elle.Oh! c\u2019est horrible ! « Mon André, mon cher petit !.Tout ce que j\u2019aime, est-ce que c\u2019est moi qui dois t\u2019enfoncer un couteau dans le coeur ?.« Mon Dieu !.mon Dieu !.Je suis donc maudite !.Dans la chambre de la morte, des sanglots profonds, atroces, répondirent aux larmes de Violette.M.Lemarchand cacha son visage dans ses mains en murmurant : \u2014 Oh ! cela dépasse tout !.M.Servian dit tout bas : \u2014 Quel bandit ! Reine-Marie se raidit en un suprême appel d\u2019énergie et ordonna : \u2014 Calme-toi !.Et continue.Je le veux ! Elle ajouta : \u2014 N\u2019aie plus de secrets pour moi, pauvre martyre, et je te le sauverai, ton, notre André !.Et Violette reprit : \u2014 Il t\u2019aime, le tigre ! Toi et les millions de ton grand-père.Et il m\u2019a ordonné de supprimer l\u2019obstacle qu\u2019il croit entre toi et lui.« Et c\u2019est moi, Dieu du ciel !.moi, moi, dont il fait une meurtrière ! « Moi qui ai tué déjà Laure sur son ordre, il veut encore que je tue mon cher petit!.« Ah ! Vierge des douleurs ! faites-moi donc mourir !.\u2014 Apaise-toi, dit Reine-Marie, apaise-toi !.Et se tournant vers M.Servian : \u2014 En savez-vous assez?demanda-t-elle.\u2014 Oui, fit le magistrat de la tête.\u2014 Bien.Me croyez-vous capable, maintenant, de rester seule maîtresse de ce pauvre esprit si profondément troublé ?\u2014 Absolument oui, mademoiselle ! Désormais, je le crois, vous êtes sa maîtresse, et nul ne pourra plus lutter de puissance avec vous, quand il s\u2019agira de Mme de Plessis.Reine-Marie fit asseoir Violette, à bout de forces.Elle reprit ses mains dans les siennes, enfonça de nouveau ses prunelles ardentes dans les yeux hagards de l'hypnotisée, et lui dit : \u2014 Tu m\u2019appartiens!.Je le veux!.Tu ne subiras plus aucune volonté que la mienne.« Et comme tu as tout oublié dans la vie ordinaire une première fois, tu oublieras encore tout ce qui t\u2019a été ordonné.tout ce qui vient de se produire ici.Elle la couvrit de passes, lui répétant sans cesse avec une volonté qui s\u2019affermissait, se développait, devenait presque effrayante : \u2014 Tu oublieras tout, tout!.tu entends, je le veux !.Violette murmura : \u2014 Oui !.\u2014 Maintenant, dit Reine-Marie, dors profondément, absolument, jusqu\u2019à ce que j\u2019aille te réveiller.Et de nouveau, blanche comme une trépassée, la marquise laissa tomber sa tête sur le côté et demeura sans mouvement, tandis qu\u2019un souffle régulier s\u2019échappait de ses lèvres entrouvertes.\u2014 Portons-la dans sa chambre, ordonna Reine-Marie ; quand elle sera installée dans son lit, je la réveillerai, et elle ne sentira plus rien.Mais tout à coup elle s\u2019arrêta.Violette, endormie, ne souffrait point, et paraissait être dans un calme absolu.Tandis que, dans la pièce à côté, quelles larmes, quel désespoir !.Reine-Marie, suffocante et brisée, toute à l\u2019effort extraordinaire qu\u2019elle venait de tenter, l\u2019avait oublié, ce pauvre André et sa surhumaine souffrance !.Les sanglots du jeune homme, subitement, la rappelèrent à cette réalité, pour elle maintenant, la plus poignante, la plus cruelle de toutes.Dans un coin, M.Servian prenait des notes, M.Lemarchand était déjà auprès de son associé.\u2014 Ah ! monsieur ! disait André, vous l\u2019avez désirée, cette épouvantable épreuve.Et Violette, ma Violette n\u2019y survivra pas !.« Quel malheur, quel affreux malheur !.Reine-Marie se montra.Les larmes d\u2019André la crucifiaient.Néanmoins, très maîtresse d\u2019elle-même, elle dit : -\u2014 Pourquoi te désespérer ainsi, mon duc ?.« Comme Violette vient de m\u2019obéir en dévoilant ce mystère de honte dont elle ne saurait être responsable, la chère sainte, moi aussi, j\u2019ai obéi à la voix impérieuse de celle qui n\u2019avait pas été vengée.« Elle le sera maintenant.fit-elle, avec un terrible éclair dans ses prunelles d\u2019or.\u2022\u2014Oui; et Violette et moi nous en mourrons tous les deux, soupira André.\u2014 Pourquoi en mourriez-vous ?\u2014 Penses-tu qu\u2019elle puisse survivre à eette honte abominable d\u2019avoir servi d\u2019instrument à ce bandit ?« Et moi, moi ! quand je pense que ma soeur, celle qui m\u2019a servi de mère, qui m\u2019a élevé, qui m\u2019a fait ce que je suis, aux dépens de son cruel martyre, on me l\u2019a profanée, couverte de boue, rendue capable de tuer !.« Crois-tu, crois-tu que ce n\u2019est pas un supplice au-dessus de mes forces.au-dessus des forces de n\u2019importe qui ?.M.Lemarchand se promenait de long en large, dans la vaste pièce.Reine-Marie, sous les yeux de son grand-père, entoura de ses bras le cou d\u2019André.\u2014 Non, mon amour, dit-elle, tu ne mourras pas !.«D\u2019abord, notre pauvre Violette ne gardera aucun souvenir de la scène abominable de cette nuit.\u2014 Ce n\u2019est pas possible ! interrompit André.\u2014 C\u2019est incontestable, au contraire.Et une première fois déjà, quand la justice l\u2019a interrogée, lorsqu\u2019on cherchait l\u2019assassin de maman quand tout le monde parlait, commentait, épilo-guait sur le moindre incident, penses-tu qu\u2019elle n\u2019était pas de bonne foi en déclarant à tous qu\u2019elle ne savait rien ?.« Demande donc à bon-papa, qui Ta suppliée un jour de devenir sa femme, d\u2019être la consolatrice et l\u2019amie de ses derniers jours, s\u2019il n\u2019en est pas convaincu comme moi ! « Et même, à présent qu\u2019il croit à ces choses mystérieuses et terribles toujours niées par lui, jadis.qu\u2019il te dise s\u2019il rend \u2019tite mère fautive en quoi que ce soit de ce qu\u2019elle a fait ?.« Un instrument, oui, elle l\u2019a été ; mais un instrument que rien n\u2019a souillé, puisque la volonté était morte et l\u2019âme absente !.« Est-ce sa faute, si un misérable s\u2019est emparé à son insu de son intelligence ?.Elle se reprit aussitôt et dit : \u2014 Son intelligence, non, ce n\u2019est même pas cela !.« Il y a en nous une force inconnue, appelle-la l\u2019âme, volonté, esprit, ce que tu voudras.mais elle existe, indépendante du corps, du cerveau et même de la vie physique, en ses manifestations et sa volonté.« Elle peut, paraît-il, en dehors de nous, devenir la proie d\u2019un bandit, d\u2019un misérable.« O André ! tu es trop juste, trop droit, pour la juger autrement que moi.« Et devant l\u2019amour ardent, peut-être jamais éprouvé jusqu\u2019à présent, dont j\u2019entourerai ma \u2019tite mère adorée, cette chère martyre, cette sainte incomparable, si droite, si bonne à tous, tu verras bien que, si ma conscience très délicate ne souffre pas, la tienne ne doit pas s\u2019alarmer davantage.« Et si ma Violette avait une de ces maladies épouvantables qui affligent quelquefois notre pauvre humanité, si elle était épileptique, par exemple, lors de ses crises, t\u2019éloignerais-tu d\u2019elle avec horreur.et ne voudrais-tu plus la voir parce qu\u2019elle porterait en elle ce fléau horrible ?.André avait appuyé son visage couvert de larmes à l\u2019épaule de Reine-Marie.\u2014 Oh ! murmura-t-il, qu'est-ce qui te fait si bonne et si grande, et qui peut t\u2019inspirer ces paroles de consolation et de bonté, qui portent un baume souverain à ma cuisante blessure ?\u2014 D\u2019abord, je t\u2019aime, mon duc; je t\u2019aime au-dessus de tout !.«Je t\u2019aime, parce que tu es l\u2019être le meilleur, le plus droit et le plus noble que bon-papa et moi ayons jamais rencontré.« Or, Violette, notre Violette, malgré tout immaculée et sainte, te ressemble, et en te parlant comme je viens de le faire, je lui rends la justice qu\u2019elle mérite.«Je l\u2019avais aperçue la nuit du crime, traverser ma chambre, avec ses yeux de folle, et la pose tragique que tu lui as vue tout à l\u2019heure.« Et, le lendemain, quand elle me soutint qu\u2019elle n\u2019avait point quitté son lit, instantanément, je me dis, avec ma logique d\u2019enfant : « \u2014 Si elle ment, c\u2019est qu\u2019elle a quelque chose de mal à cacher.» « Et quand je sus que maman avait été assassinée, à la même seconde, aussi, je me dis : « C\u2019est Violette qui a tué maman !.s> « Ce que j'ai souffert de cette idée rongeuse, qui pendant plus de quatre ans ne m\u2019a jamais quittée, ne se peut dire ni comprendre !.n « Je ne voulais plus l\u2019aimer, l\u2019estimer surtout.elle que je croyais une meurtrière !.« Hélas ! hélas !.je l\u2019adorais quand même ! Peut-on ne pas l\u2019aimer ?.« Et mon coeur saignait, car l\u2019idée maudite revenait toujours : « \u2014 Je suis un monstre, pensais-je, en effet.C\u2019est l\u2019assassin de maman !.« Et tout mon coeur est à elle !.» « J\u2019ai souffert plus que toi, André ; plus que bon-papa, plus que tous !.« Oh ! oui !.M.Lemarchand s\u2019approcha des deux jeunes gens.\u2014 Pourquoi ne me Tas-tu pas confiée, ta souffrance, à moi, dont tu es l\u2019exclusive idole ?.demanda-t-il à sa petite-fille.\u2014 Si je t\u2019avais dit que je soupçonnais Violette, cette Violette, une fleur de pureté et de droiture, m\u2019eusses-tu approuvée ?.Jacques Lemarchand comprit le raisonnement de Reine-Marie ; il vit même pourquoi, en ces derniers temps, elle avait eu des réticences et des se- DÉPRIMÉE?NERVEUSE?LYMPHATIQUE?DÉLAISSÉE?LISEZ ALORS CECI.Si vous manquez de vigueur ; si vous êtes fatiguée et irritable ; si vos nerfs et vos muscles ainsi que les tissus de votre corps n\u2019ont pas le soutien qui devrait leur être fourni par le bon fonctionnement du système, vous avez besoin d'un tonique tel que mon SANO « A » qui contient les ingrédients reconnus par leurs valeurs toniques dans de telles conditions.LES TABLETTES SANO \"A\" Avec l\u2019usage du bienfaisant tonique SANO « A », votre digestion devient plus facile, votre repos est plus réparateur et une meilleure détente s\u2019opère dans vos nerfs et vos muscles.Votre appétit devient meilleur et l\u2019assimilation des aliments se faisant mieux, votre santé et votre vigueur devraient s\u2019améliorer.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de nos tablettes SANO « A ».Correspondance strictement con/idcnticllc.LES PRODUITS SANO ENRG.Mme CLAIRE LUCE, Case postale, 1281 (Place d'Armes), Montréal, P.Q.Ci-joint 5c pour échantillon des Tablettes SANO \"A\".Ecrivez lisiblement.(pour le Canada seulement) Nom.Adresse.Ville.Prov. 24 Le Samedi, Montréal, 11 mai 1957 crets vis-à-vis de lui et il dit simplement : \u2014 Tu as raison.Alors, Mlle de Plessis continua : - Ma souffrance a duré jusqu\u2019au jour où chez le docteur Bordier, à Carrère, j\u2019ai trouvé par hasard ce livre sur l'hypnose.Alors, j\u2019ai voulu savoir ; j\u2019ai fait venir d\u2019autre ouvrages scientifiques.J\u2019ai étudié.travaillé seule .« Chose étrange ! A mesure que mes yeux s\u2019ouvraient, que j\u2019apprenais la puissance terrible de cette science nouvelle, que, par conséquent, ce qui m\u2019avait tant martyrisée m\u2019était expliqué, mon coeur s\u2019apaisait, ma souffrance s\u2019en allait, et un grand calme entrait en moi !.« Violette n\u2019était pas coupable !.«Je la plaignais, oh! oui, combien!.Mais je ne l\u2019accusais plus, la loyauté maintenant me le défendait « Et tout mon coeur, sans réserve, cette fois-ci, se redonnait à elle, la criminelle inconsciente, toujours sainte, pure !.«Tandis que l\u2019autre le seul coupable?.Oh! lui !.Les yeux allumés, et une expression terrible sur son pâle visage, Heine-Marie reprit : \u2014 Si tu ne lui enfonces pas un poignard dans la gorge, mon duc, moi.je lui arracherai avec mes mains le coeur de la poitrine !.André subitement fut debout.\u2014 Tu as raison, mon cher amour, dit-il.Au lieu de pleurer tel qu'un enfant, de me désespérer ainsi que pourrait le faire un être sans réflexion et sans raisonnement, je dois agir comme un justicier et vengei celle que l\u2019on nous a profanée.\u2014 Oui, oui, c\u2019est cela !.«Bon-papa, moi, toi, nous garderons pour nous seuls ce secret maudit.« M.Servian est un homme d\u2019honneu' entre tous; avec lui, la pauvre Violette sera en sûreté.« Car il faut qu\u2019elle l\u2019ignore toujours ce drame atroce.« Et père, donc !.Père, dont elle est la vie et le bonheur !.« C\u2019est lui qui en mourrait aussi ! « Son frère, sa femme !.Ces affections sacrées et légitimes, qui, pour un être si doux et si droit, sont la vie même !.Ah ! il ne survivrait pas à leur perte !.André dit : \u2014 Tu as raison ; quand elle sera vengée, mon coeur s'apaisera ; je le sens.Mais un autre malheur nous menace.\u2014 Lequel ?demanda M.Lemar-chand.\u2014 M.Servian ne se taira pas.Il ne le peut pas.\u2014 Pourquoi ?.\u2014 Et son honneur, son devoir de magistrat ?.« Un crime atroce a été commis.Il doit, au nom de la société qu\u2019il représente, en poursuivre le châtiment.Reine-Marie intervint encore.\u2014 M.Servian nous accordera, s\u2019il le peut, de ne pas faire autour de notre pauvre nom, déjà si éprouvé, un scandale qui tuerait papa, dit-elle.« Il comprendra !.« Et son esprit large et droit acceptera que ce soit nous qui nous substituions au couperet de la guillotine !.\u2014 Bien, dit André, tout cela, c\u2019est honnête et juste.Et tout à coup, le visage redevenu calme, mais le front barré d\u2019une grande ride autoritaire et décidée : \u2014 Où est Violette ?demanda-t-il.\u2014 De l\u2019autre côté, répondit Mlle de Plessis.« Elle dort sur une chaise, sous la garde de M.Servian.« Oh ! sois tranquille, elle se repose comme dans le sommeil naturel, et ne souffre point.Mais viens, nous allons tous la transporter dans son lit.« Là, devant toi, je la réveillerai, et tu verras comme elle sera calme et paisible.\u2014 Allons, dit André simplement.Puis, spontanément, la serrant sur son coeur : \u2014 Oh ! ma Reine, mon cher amour, dit-il, sois bénie, toi qui m\u2019as sauvé de moi-même ; qui m\u2019as consolé et soutenu en me montrant la vérité !.Dans la petite pièce voûtée, Violette reposait, en effet, sous les yeux du juge, devant le trou béant et formant si nettement, au milieu des coins d\u2019or, la silhouette de la Vierge d'Orient disparue.Le magistrat avait-il entendu la conversation qui avait eu lieu dans la chambre voisine ?.On pouvait le croire, puisque la porte était ouverte et que personne, dans l\u2019émotion souveraine qui était celle de tous, n\u2019avait songé à baisser la voix ou à étouffer les paroles prononcées.M.Servian enveloppa Reine-Marie d\u2019un singulier regard d\u2019admiration et de respect.\u2014 Votre grand-père n\u2019a jamais fait que du bien en sa vie, mademoiselle, lui dit-il, en s\u2019inclinant très bas devant elle.« Il a mérité l\u2019estime et la reconnaissance de tous.« Mais Dieu, en lui donnant une fille telle que vous, lui a encore envoyé une récompense au-dessus de tout ce qui se peut mériter ou rêver !.Reine-Marie le remercia d\u2019un serrement de main qui en disait plus long que toutes les paroles, car elle comprenait que cet honnête homme allait permettre à André de venger les crimes commis, sans qu\u2019Horace mourût du scandale qui, sans cela, se produirait.Du reste elle n\u2019eût pu parler à cet instant, tant l\u2019émotion la rendait muette.Comme M.Lemarchand.comme André, le magistrat aida à transporter la marquise chez elle.Doucement, Reine-Marie passa en avant, et, avec d\u2019infinies précautions, elle ferma la porte qui séparait la chambre de Jeannie de celle de Violette.Elle avait jeté un furtif regard vers le lit : l\u2019Espagnole dormait de ce sommeil que la nature envoie aux êtres souffrants et affaiblis, qui ont besoin de réparer leurs forces.Bientôt, Violette fut étendue dans son lit de jeune fille.Reine-Marie arrangea ses vêtements, ses cheveux, remit de l\u2019ordre autour de sa mère adoptive.Puis elle dit à ceux qui l\u2019entouraient : \u2014\tEloignez-vous un peu.afin que je l\u2019éveille.Mais restez à portée ; toi surtout, André.Entre dans ma chambre, et comme la porte est derrière le lit de \u2019tite mère, tu pourras, sans être aperçu, voir son réveil, et te convaincre qu\u2019elle sera aussi calme qu\u2019à l\u2019ordinaire.On lui obéit.Et Mlle de Plessis aussitôt souffla sur les paupières closes de la marquise, tandis qu'avec un grand éventail, elle lui envoyait au visage le plus d\u2019air possible.Presque en même temps.Violette ouvrait les yeux, comme réveillée en sursaut et, après avoir cligné plusieurs fois les paupières, elle reconnut Reine-Marie et lui sourit.\u2014\tQuelle heure est-il donc, chérie ?fit-elle un peu inquiète.\u2014\tOh ! de très bon matin, répondit la jeune fille.Rien n\u2019a encore bougé dans la maison.\u2014\tAlors, pourquoi es-tu auprès de mon lit ?.\u2014\tTu te plaignais, j\u2019ai eu peur que tu sois souffrante.La marquise de Plessis passa la main sur son front.\u2014\tPas du tout, dit-elle, j\u2019avais la tête très lourde hier au soir ; mais ce matin tout est passé.J\u2019ai dormi comme une marmotte, tout d\u2019une traite !.Elle voulut se lever étant toujours très matinale ; mais elle dit : \u2014 C'est curieux, comme je suis fatiguée.\u2014\tC\u2019est la suite de ton mal de tête d'hier.« Dors encore, \u2019tite mère ; chacune son tour.« Avant-hier, j\u2019ai paressé ; maintenant, c\u2019est à toi de le faire.« Je vais fermer les portes et tu sonneras tard seulement, très tard.Vous m\u2019entendez, marquise?.En même temps, elle se pencha sur le pur visage de Violette, et la couvrit de baisers.\u2014\tComme je t\u2019aime, mon amour! disait la jeune femme en lui rendant ses caresses.\u2014\tMoi aussi, fit Reine-Marie ; dors, chérie.A plus tard !.Et elle s\u2019éloigna sur la pointe des pieds.Dans sa chambre, à elle, les trois hommes attendaient son retour.André était blanc comme un cierge.M.Lemarchand disait : \u2014 C\u2019est absolument stupéfiant, et la sorcellerie du moyen âge n\u2019est rien à côté de ce que je viens de voir !.Une femme qui n\u2019a jamais joué à coup sûr la comédie dans sa vie, et qui, tout à l\u2019heure, était désespérée et pleurait, et criait de douleur, se réveille maintenant, aussi calme, aussi paisible que si rien ne s\u2019était passé !.« C\u2019est renversant, sur mon âme !.Reine-Marie dit : \u2014\tElle ne se souvient, ni se souviendra de rien !.Mais M.Servian ne voulait point laisser son ami s\u2019appesantir sur ces horribles choses.\u2014\tC\u2019est un affreux cauchemar, tout cela, dit-il ; oubliez-le.Le verrier prit la balle au bond.\u2014\tVous aussi, se hâta-t-il de dire.Sur votre honneur, n\u2019est-ce pas, Servian ?.« Non seulement le repos, mais l\u2019existence de bien des gens dépendent de votre absolue discrétion.Les yeux du juge eurent un éclair rapide, involontaire.\u2014 Moi, déclara-t-il avec une très grande dignité, je ne le puis pas ! « Ignorez-vous donc qui je suis, et à quel devoir mon honneur même est attaché ?.\u2014\tAlors, vous allez poursuivre ce bandit ?\u2014 Oui, dit catégoriquement le magistrat.Mais, tout aussitôt, il ajouta : \u2014 C'est aujourd\u2019hui mardi.Jeudi, je reviendrai à Paris et je procéderai à son arrestation immédiate.Reine-Marie avait compris.André également.Ces paroles n\u2019étaient pas finies de prononcer que M.Servian se dirigea vers la porte.\u2014\tMademoiselle, dit-il, en se tournant vers Reine-Marie, cela vous contrarierait-il de me guider dans le passage secret, avant que les gens du château soient levés, et par conséquent puissent nous rencontrer au-dehors, à cette heure indue ?\u2014\tIndue, monsieur ?.répondit la jeune fille.Elle ne Test point pour moi.« Tout le monde, au contraire, ici, sait que je sors souvent pour respirer dans le parc dès que l\u2019aube pointe.« Et pour donner plus de vraisemblance à ma promenade, si quelqu\u2019un me voit, permettez-moi de passer une robe plus convenable que ce peignoir ; puis, en effet, j\u2019irai avec vous.Ils sortirent tous les trois.Reine-Marie les rejoignit bientôt.Dans la chapelle, on retrouva la lampe dont Violette s\u2019était servie.André la ralluma.\u2014\tNous vous accompagnons, dit M.Lemarchand.Toutes ces choses m\u2019ont COUPABLE OU NON COUPABLE ?CHRONIQUE JUDICIAIRE par ROBERT MILLET, B.A.Un individu peut-il devenir ivre-mort dans l'espace d\u2019une heure ?Deux militaires, un lieutenant et un sergent, se trouvent à l\u2019intersection de deux rues dans la Vieille Capitale, aux petites heures du matin, quand des constables municipaux les metteWt en état d\u2019arrestation.Ils sont bientôt traduits devant un Juge de la Cour municipale sous une accusation d\u2019ivresse.Les Officiers de police qui ont procédé à leur arrestation affirment au Tribunal qu\u2019ils ont arrêté les deux militaires parce qu\u2019ils étaient alors ni plus ni moins qu\u2019ivres-morts.Mais les deux inculpés ont protesté de leur innocence.Ils peuvent expliquer leur comportement.Au cours de la nuit, ils ont, en effet, dégusté quelques verres de bière, mais raisonnablement, sans excès, pas assez pour s\u2019enivrer.Us se sont finalement rendus dans un restaurant pour consommer encore et manger, y passant à peu près une heure.C\u2019est alors qu\u2019ils sortaient du restaurant qu\u2019un événement capital s\u2019est déroulé.Trois individus, des inconnus, les ont littéralement roués de coups, puis assommés.Et, à la suite de cette attaque, les deux militaires se trouvaient tellement faibles, étourdis, qu\u2019ils titubaient, ne pouvant se tenir sur leurs jambes qu\u2019à grand-peine.Ces coups reçus expliquaient, d\u2019après eux, l\u2019état d'hébétude dans lequel ils se trouvaient au moment de leur arrestation.Ces deux individus se sont-ils rendus COUPABLES d\u2019ivresse ou NON ?NON-COUPABLES ! n décide le Président du tribunal, dans un jugement tendu en Cour municipale, à Québec, le 22 février 1957.Le Juge a ajouté foi en la version des deux inculpés, parce qu\u2019il n\u2019a pas cru possible qu\u2019arrivés dans un état normal au restaurant ils aient pu | s\u2019enivrer en une heure seulement.Il fallait donc chercher ailleurs une I explication à leur comportement anormal. Le Samedi, Montréal, 11 mai 1957 25 trop passionné pour que je n'en aie pas aujourd\u2019hui le coeur net.Ils passèrent tous par la cavité béante du panneau baissé.Et lorsque André l\u2019eut franchi à son tour, Reine-Marie lui dit : \u2014 Maintenant, il faut le refermer.Le jeune homme le releva très difficilement, malgré sa force Et les quatre personnes commencèrent la route que Violette et Reine-Marie avaient faite toutes les deux quelques heures auparavant en sens inverse.\u2014 Mais où sommes-nous ?.demanda M.Lemarchand, qui, plus que jamais, voulait se rendre compte de tout.\u2014¦ A l\u2019angle est de la maison, dit Reine-Marie.Et lorsqu\u2019on arriva presque aussitôt devant le premier coude, et qu\u2019il fallut se baisser et ramper pour traverser le boyau large, mais si bas, M.Lemarchand dit tout à coup : \u2014 Ah! je comprends!., je comprends ! « Voilà donc pourquoi les architectes qui ont examiné si attentivement jadis le plan du château n\u2019ont rien découvert !.\u2014 Quoi ?interrogea M.Servian ; moi, je ne saisis encore rien.Et jt ne devine pas du tout où nous sommes.\u2014 Attendez, cher ami, fit le verrier.< Nous ne sommes pas ici dans une position à pouvoir causer.J\u2019étouffe.En effet, si des êtres jeunes et souples comme Reine-Marie, Violette et André pouvaient ramper au ras du sol sans en être incommodés, il n\u2019en était pas de même d\u2019un homme de l\u2019âge du verrier.\u2014 Ouf !.fit-il au bout d\u2019un assez long temps seulement, et quand la maison étant traversée ils se retrouvèrent tous en haut du couloir qui conduisait à la butte de l\u2019étang.Comme Reine-Marie avait fait refermer le panneau de la chapelle par André, elle lui fit encore remettre la grosse pierre à sa place.Et André, malgré lui, en déployant toute son énergie d\u2019homme jeune et vigoureux, se disait devant le surhumain effort qu\u2019il avait dû faire : \u2014 Comment Violette, qui n\u2019a pas plus de force qu\u2019un poulet, a-t-elle pu remuer cette pierre sans être écrasée par elle ?.M.Lemarchand, en détendant ses membres ankylosés par sa position courbée, disait en même temps à M.Servian : \u2014 Alors, cher ami, comprenez-vous maintenant ce que je vous disais tout à l\u2019heure, et pourquoi ces architectes et ces policiers, si intelligents cependant, n\u2019ont vu que du feu à ce passage secret ?\u2014\tNon, non, dit le magistrat, je suis toujours comme eux, et tout cela est encore lettre close pour moi.A la réflexion, sans doute, je m\u2019expliquerai la chose.\u2014\tInutile de vous mettre la tête à l\u2019envers.J\u2019ai trouvé, moi, et tout de suite.Ecoutez donc : «Avez-vous remarqué que tous les salons du rez-de-chaussée au château de Saint-Luc ont des plafonds remarquables ?\u2014\tOui, dit Servian, même tous les guides en parlent, comme oeuvre d\u2019art autant que comme curiosité.\u2014\tEh bien ! ces corniches magnifiques qui entourent les peintures des plafonds, sont tout simplement, avec leurs soixante-dix centimètres de retombée, la gaine du passage secret qui les surplombe d\u2019un bout à l\u2019autre de la grande façade du château, et qui se trouve ainsi placé entre ces corniches et le parquet des appartements du premier étage.« Après cela, le passage secret va aboutir dans la tour de droite, en effet, celle où la Sagette avait vu danser la lumière et qui nous eût montré les degrés de son petit escalier de pierre si tournant et si étroit, si je l\u2019eusse éven-trée comme la tour de l\u2019est, sa soeur !.M.Servian se frappa le front.\u2014 C\u2019est vrai, dit-il, personne n\u2019a songé à cette corniche qui.dans sa retombée extraordinaire et dans son inclinaison, peut en effet contenir un couloir.\u2014 Peut?.Vous êtes modeste!.Nous venons de le traverser.M.Lemarchand se sentant en état de marcher, on continua la route.Et bientôt une lueur apparut au bout du souterrain.Reine-Marie éteignit sa lumière et l'on se trouva devant les escaliers qui aboutissaient sous la dalle, que Violette avait laissée relevée, on s\u2019en souvient.Quand tout le monde les eut gravis, André abaissa la pierre, comme il avait refermé les autres issues.Et patiemment, avec les plus grands soins, remettant des ronces et des branches sur l\u2019entrée, il rendit à la cabane son même aspect ordinaire.\u2014\tC\u2019est égal ! déclara le verrier, il faudra faire enlever cet anneau de fer, afin que nul n\u2019ait l\u2019idée, un jour ou l\u2019autre, de parcourir la route que nous venons de faire ! \u2014\tJe vais l\u2019enlever moi-même, monsieur, déclara André.Je partirai tout à l\u2019heure pour Paris ; mais avant, avec un marteau et des ciseaux à froid, ma besogne sera terminée.\u2014\tBien, dit M.Lemarchand, tu as raison : le moins de confidents possibles.LES CHANCES QU'ELLE VOUS RESERVE : Une semaine bien intéressante dans son ensemble : le 5 est favorable aux entrevues familiales et au règlement des intérêts familiaux.Le 6 serait il choisir pour entreprendre de nouvelles transactions ou effectuer des voyages d'affaires.Nouvelles importantes.Quant au 7 il serait bien choisi pour sceller des projets affectifs, conclure un mariage, inaugurer une exposition ou un spectacle artistique, organiser une soirée importante.Les possibilités de réalisations ne manquent pas cette semaine.Profitez-en au maximum.LES DATES QUE VOUS CHOISIREZ : Quand André eut vu sa soeur souriante et paisible, au milieu de l\u2019émotion à laquelle chacun était encore en proie, s\u2019asseoir à la table du déjeuner, il sentit son âme se rasséréner encore.Comme chez Reine-Marie, une grande paix avait remplacé chez lui l\u2019atroce affolement de la nuit précédente.Maintenant plus que jamais la résolution terrible s'affermissait en l\u2019âme du jeune duc.Oui, il irait chez Gratien.il aurait une explication avec lui.et s\u2019il ne restait pas dans ce coeur si piofondément ulcéré assez d'honneur pour se faire justice lui-même, eh bien ! ce serait André qui éviterait au vieux nom des Plessis Saint-Luc la tache indélébile de voir un des siens porter sa tête sur l\u2019échafaud.Le serrement de main de M.Lemarchand, et même celui de M.Servian, quand, tous les deux, ils l\u2019accompagné rent à la voiture qui l'emporta vers la gare, prouvèrent au jeune homme qu\u2019ils avaient suivi sur son expressive physionomie la dernière lutte qui s\u2019était livrée en son coeur, et qu\u2019ils l\u2019approuvaient.XIV \u2014 Au bout du fossé .Gratien, depuis son retour à Paris, avait passé par des angoisses indéfinissables.Allait-il enfin l\u2019atteindre, ce but tant désiré ?.Et Violette, aussi docile que la première fois, le débarrassait-elle d\u2019André, comme jadis elle l\u2019avait débarrassé de Laure ?Mais ce dernier crime n\u2019avait guère profité au comte de Plessis.LES RISQUES QUE VOUS ENCOURREZ : Il serait préférable de ne pas sceller des amitiés ou des affections nouvelles le tl mai, des complications pouvant surgir alors, dans de tels domaines.Montrez de la prudence dans le choix de vos amitiés.Ne prenez pas A la légère les engagements que vous scellerez alors, ni dans votre vie intime, ni dans vos affaires d\u2019intérêts.CELLES QUE VOUS REDOUTEREZ : Le deuxième lui rapporterait-il, cette fois-ci, ces millions tant convoités et tant rêvés ?.Sans cela, il était à la côte, fini, vanné, condamné pour toujours à végéter dans cette médiocrité qui le blessait, l\u2019humiliait si profondément.Et encore maintenant, à cette situation financière, si considérable, la convoitise de tous ses jours, de toutes ses nuits, se mêlait, à l\u2019heure actuelle, une proie encore plus précieuse, et mille fois désirée : Reine-Marie.Reine-Marie, avec sa beauté qui le rendait fou, sa jeunesse, sa fraîcheur d\u2019aube, par-dessus tout cette intelligence souveraine, cette volonté rigide, où il reconnaissait bien l\u2019autre, celle qui toute sa vie avait lutté avec la sienne et qui toujours l\u2019avait vaincu.Oui.M.Lemarchand avait été l\u2019indestructible obstacle pour Gratien ; et cet obstacle, il le vaincrait à son tour, il le foulerait aux pieds, il en serait le maître ; et, la première folie de passion passée, sa rage de vieux viveur assouvie, il rendrait au verrier, dans la personne de Reine-Marie, dent pour dent, oeil pour oeil !.Cependant, Gratien n\u2019était pas à son aise.Il y avait en lui une angoisse, une appréhension jamais éprouvée, même en cette nuit inoubliable, où il avait laissé Violette, mourante sur la route de Saint-Luc, et où, par son ordre, une femme jeune, belle, irréprochablement honnête, allait être supprimée du nombre des vivants.Etait-ce ce nouveau crime qui ébranlait ainsi sa personne entière et mettait le comte de Plessis dans l'état d\u2019énervement, presque de folie où il se trouvait, avec un tremblement si profond qu'il laissait tomber par terre tout ce qu\u2019il touchait ?.Toute la journée du dimanche, il la passa dans une sorte d\u2019hallucination, pendant laquelle une seule chose existait pour lui : l\u2019oeil mystérieux et indéchiffrable, l\u2019oeil d\u2019or aux lueurs vertes, qu\u2019il avait vu si souvent fixé sur lui, sans en avoir jamais bien clairement analysé l\u2019expression et la pensée intimes.Etait-ce à lui, celle à qui appartenait ce regard qui le rendait fou?.Il lui semblait que non, et que lui, un sceptique, un être pratique et roué comme une vieille potence, avait été mis dedans par cette innocente, à peine née, et dont il n\u2019avait jamais peut-être seulement entrevu le fond du coeur.Et la moindre des paroles de Reine-Marie, à cette heure, lui revenait.Et dans aucune, avec cette lucidité extraordinaire qui lui donnait à ce moment l\u2019acuité folle de ses sensations, Gratien ne retrouvait une tendresse vraie, une affection naïve et droite d\u2019enfant honnête, comme l\u2019était à coup sûr Mlle de Plessis.Le soir, il alla au cercle, joua un jeu d\u2019enfer, et fut heureux.Il rentra chez lui avec plus de cinquante mille francs de gain dans son portefeuille.Il se coucha et dormit tellement tard dans la matinée, qu\u2019il ne se leva qu\u2019à midi passé.Du reste, c\u2019était le lundi de la Pentecôte, c\u2019est-à-dire jour férié, il n\u2019avait point à se rendre à l\u2019usine.Pour tuer le temps, il alla aux courses, se passionna, oubliant tout, perdit, gagna, et balança à peu près la perte et le gain.Mais le comte rentra chez lui, et toutes ses anxiétés le reprirent.L\u2019heure suprême approchait.Violette exécuterait l\u2019ordre reçu, c'était certain !.Afin de se créer le même alibi que lors de la mort violente de sa belle-soeur, il revint passer la nuit au cercle.a)\tpour vos affaires, vos démarches, vos entrevues professionnelles, vos sollicitations, vos appointements : 6\ttout le Jour\t7\taprès-midi 8\ttout le jour\t10\tle soir 9\ttout le jour\til\ttout le\tJour b)\tpour vos rencontres amicales et sentimentales : 5\ttout le Jour\t8\tle soir 7\ttout le jour\t11\ttout le\tJour 9 tout le jour cl pour vos achats importants et vos transactions commerciales : 6\ttout le Jour 9 le matin\t12 après-midi 10 le matin d) pour vos intérêts familiaux, immobiliers et fonciers : 5\ttout le Jour\t7\tsoir 6\tle matin\t8\tsoir 9 tout le Jour AUTOMOBILISTES : Les jours qui requièrent le plus d'attention cette semaine sont le 6, durant toute la Journée, les soirées des 7, 8 et 10, et la Journée du 11 : les accidents seraient dus alors surtout à l'inattention et A une sorte d'impatience et d'agressivité dans la manière de conduire : beaucoup d\u2019accidents dus à des erreurs de manoeuvre et au fait que l'on n'aura pas respecté la priorité.Il s'agit donc d'accidents parfaitement évitables avec un peu de contrôle de soi.LES PRECAUTIONS QUE VOUS DEVREZ PRENDRE POUR VOTRE SANTE : Uniquement celles dues à un excès de fatigue, de surmenage.Plus que d'habitude, on observe que les cordes vocales, le cou, la gorge sont sensibles aux refroidissements, à certaines irritations causées par les poussières.Protégez-vous si vous êtes délicate.Attention aux brusques changements de température.Nervosité A fleur de peau.LA BOURSE, CETTE SEMAINE : plus animée, surtout au début de la semaine, avec, vraisemblablement, une reprise sur les valeurs du pétrole, du cuivre, de l'étain, des produits chimiques et de l'industrie lourde, des sous-marins également.Léger fréchissement possible en fin de semaine.\u2018 , S onne par WERNER HIRSIG LA SEMAINE DU 5 AU 11 MAI 1957 26 Le Samedi.Montréal, 11 mai 11)57 Mais il ne joua pas, ce soir-là, il ne se trouvait même pas en état de tenir une carte.11 regardait le grand cartel placé au-dessus de la cheminée, et, préoccupé à en avoir une crise subite de folie, il n\u2019entendait seulement pas ce qui lui était dit.Cependant, il comprit que cette angoisse éperdue, folle, pourrait être remarquée, et il fit sur lui un effort surhumain afin de se mêler à la conversation générale.On remarqua quand même son anxiété, et quelqu\u2019un lui dit : \u2014 Qu\u2019avez-vous donc, mon cher comte?Etes-vous malade?.Il prit la balle au bond et répondit : \u2014 Oui, j\u2019ai une névralgie faciale qui me crucifie.C\u2019est à croire que je vais en devenir fou.On lui donna charitablement quelques conseils.\u2014 L\u2019antipyrine.\u2014 L\u2019exalgine.L\u2019hydrothérapie.Puis les anecdotes et ies histoires personnelles commencèrent.Gratien n\u2019écoutait pas.Il regardait la marche lente des aiguilles d\u2019or.Enfin !.Deux heures !.Et il vit Violette là-bas, pâle et blanche comme la première fois, un poignard aux doigts, égorger l\u2019enfant qu\u2019elle avait élevé et qu\u2019elle adorait !.Deux heures et demie !.Trois heures !.C\u2019était fait !.Toute son énergie alors, subitement, revint à Gratien !.Les millions du père Lemarchand étaient enfin à lui !.Il se leva, blanc comme un suaire, mais avec une lueur infernale dans les yeux.\u2014 Je vais essayer de dormir un peu, dit-il à ses voisins.Ma névralgie, il me semble se calme légèrement.Il tira sa montre, comme machinalement, et ajouta : \u2014 Trois heures!.La nuit est splendide.Le jour ne tardera pas à poindre.J\u2019ai envie, avant de me coucher, d'aller le voir se lever, au Bois !.« Voulez-vous venir avec moi, Cas-teran ?.Celui auquel Gratien s'adressait répondit : \u2014 Ces fantaisies-là ne sont plus de mon âge, cher ami.Merci bien ! J\u2019ai un rendez-vous d\u2019affaires ce matin même, à neuf heures ; si je ne dors pas au moins quelques heures, je ne serai capable de rien, que de me faire rouler.-\u2014 Eh bien ! je vous mettrai chez vous, en passant, si cela vous va.\u2014 Parfaitement.Ils sortirent tous les deux.Le lendemain matin, le comte fut de bonne heure à Saint-Denis.M.Lemarchand, qui avait promis d'être à l\u2019usine à neuf heures, à coup sûr y viendrait, et Gratien voulait être là pour le recevoir, empressé et exact.Mais neuf heures sonnèrent, le monsieur considérable qui avait donné à Jacques son rendez-vous se présenta et M.Lemarchand ne paraissait pas encore.\u2014 A-t-on reçu quelque dépêche ?demanda Gratien en faisant venir Montbrison, et tous ceux qui pouvaient lui donner ce renseignement.On lui assura que non.\u2014 Alors, dil-il à celui qui attendait, un peu étonné de ce manque d\u2019égards, c\u2019est que M.Lemarchand va arriver, autrement il eût prévenu et vous et nous.C\u2019était plausible.Le verrier, dans sa correction absolue, ne manquait jamais à ce qu\u2019il croyait être un devoir de convenance ou de bonne éducation.Cependant midi sonna, et Jacques lie s\u2019était pas montré, pas plus que n\u2019importe quelle dépêche.\u201411 sera arrivé un accident nu train, ou peut-être à Saint-Luc, dit Gratien la gorge sèche ; autrement, comment expliquer cette absence et ce mutisme ?.« Il était positivement convenu avec M.Lemarchand qu\u2019il partirait de Saint-Luc hier lundi, dans l\u2019après-midi.« Je vais envoyer chez lui.Vous pourrez revenir cette après-midi, M.Lemarchand y sera à coup sûr.\u2014 Non, fit l\u2019autre un peu raide ; qu\u2019il passe à mon bureau si cela lui plaît ; moi, je ne remettrai plus les pieds ici.Gratien, abominablement préoccupé, rentra déjeuner à Paris.Comment, en effet, s\u2019expliquer que M.Lemarchand n\u2019eût pas au moins prévenu M.X.?Il savait en quelle singulière estime le verrier tenait cet industriel, aussi considérable que lui ; et tout cela devenait pour le comte de Plessis la plus cruelle des énigmes.Que s\u2019était-il produit ?Pourquoi M.Lemarchand n\u2019était-il pas arrivé ou n\u2019avait-il pas télégraphié ?.Le crime, cependant, ne devait se commettre que dans la nuit du lundi au mardi, et le verrier aurait dû partir de Saint-Luc dans l\u2019après-midi du lundi, au plus tard dans la soirée.ainsi que Gratien l\u2019avait dit à M.X.Violette aurait-elle devancé l\u2019heure fixée par le comte?.Et le crime avait-il eu lieu le diman-cne, non le lundi ?Le cadet des Plessis demeura plusieurs heures étendu sur son divan à passer et à repasser ces probabilités aans son cerveau, surexcité à en éclater.Puis une idée lui vint : Si André avait été tué du dimanche au lundi, les journaux du matin devaient déjà en parler.Il les envoya tous chercher par son valet de chambre et les parcourut fiévreusement, avec une ardeur de fou.Les lettres et les lignes dansèrent d\u2019abord devant ses yeux ; il ne distinguait ni ne voyait rien !.Enfin, il se calma un peu, et lut.Il en dévora ainsi un, puis deux, puis dix, puis tous !.Rien !.même les plus rapidement informés ne disaient rien, ne racontaient rien !.\u2014 A l\u2019usine, je saurai plus vite quelque chose, pensa-t-il.Et ce vieux tigre y est sans doute arrivé à l\u2019heure actuelle.Il prit son chapeau et partit.Non, là pas plus que chez lui, que dans les journaux, Gratien ne put apprendre un traître mot.La grande machine avait sa même activité fébrile de ruche au travail.En haut, dans leurs bureaux, les di- vers ingénieurs, à la tête de leurs services, travaillaient, surveillaient, dirigeaient sans que le moindre trouble parût en eux.\u2014\tM.Lemarchand a-t-il télégraphié, Montbrison ?demanda Gratien.\u2014\tNon, monsieur, répondit l\u2019autre très placide ; il n\u2019y a eu aucune dépêche depuis votre départ tout à l\u2019heure, à midi.\u2014 S il en arrive, portez-les toutes dans mon bureau, sans les ouvrir, n\u2019est-ce pas ?.L\u2019ingénieur le regarda, un peu étonné de cet ordre.En effet, toute la journée il arrivait constamment des télégrammes, commandant, rectifiant, expliquant.Et le défilé des dépêches, en effet, commença.Il en vint une centaine ; et Gratien, une sueur froide aux tempes, et en proie à un tremblement fou, les décachetait une à une lui-même, s\u2019attendant toujours à recevoir la nouvelle si âprement, si ardemment désirée : « Crime abominable commis.André mort !.» Non, rien n\u2019arriva !.A sept heures, il fut pris d\u2019une peur atroce, tout à coup.d\u2019une peur indéfinissable, plus forte que son raisonnement et sa volonté.Que s\u2019était-il donc produit ?Il ne le savait pas.Mais un pressentiment sûr, impossible à analyser-, encore moins à éloigner, lui disait que c\u2019était sa vie à lui qui était en danger, et qu\u2019il devait fuir, sur l\u2019heure, s\u2019il ne voulait pas que les pires choses lui arrivassent.Il appela le caissier.\u2014 Voilà un bon de cent mille francs, lui dit-il.Veuillez me donner un chèque d\u2019égale valeur en mon nom, sur la Société Générale.L\u2019autre recula.\u2014 M.Lemarchand n\u2019est pas là, dit-il.J\u2019aime mieux attendre son retour, qui sera prochain.\u2014 Puisque je le remplace, que je fais fonction de directeur, ma signature vaut la sienne.Le caissier hésita.C\u2019était vrai ; tous les jours précédents.Gratien avait signé à la place des directeurs, envoyant chercher tout l\u2019argent dont l\u2019usine avait besoin.\u2014 Si la somme était moins considérable.balbutia le caissier.Gratien déchira le bon en plusieurs morceaux, et en refit un autre.\u2014 En voilà un de cinquante mille, dit-il péremptoirement, faites ce que je vous ordonne.Et n\u2019en parlons plus.Le caissier n\u2019osa plus résister et alla chercher un chèque.Une des voitures de l\u2019usine, un coupé dont se servaient les ingénieurs dans les cas pressés, était attelée.Gratien y monta.\u2014 Chez moi, dit-il.Il avait perdu du temps avec sa dis- cussion pour l\u2019argent qu\u2019il voulait se procurer.Il arriva tard dans son appartement.Néanmoins, le train pour Bordeaux, qu\u2019il voulait prendre, ne partait pas encore, et il avait le temps de faire quelques préparatifs de départ.Il entra tout droit dans sa chambre, ayant ouvert la porte extérieure de son appartement avec son passe-partout, sans sonner.Il mit dans son portefeuille, avec le chèque de l\u2019usine, les cinquante mille francs gagnés l\u2019avant-veille au cercle.Il prit également toutes les valeurs qu\u2019il avait économisées depuis quelque temps, jeta dans une malle et une valise ce qu\u2019il voulait emporter, puis, tout cela fait, il sonna son valet de chambre.\u2014 Je pars, lui dit-il, servez-moi rapidement à dîner.L\u2019autre ouvrit la bouche pour lui dire quelque chose.Gratien ne lui laissa pas le temps de parler.\u2014 Non, lui dit-il d\u2019un geste lassé, après.pendant que je mangerai.Maintenant, hâtez-vous, je suis pressé.« Et s\u2019il n\u2019y a rien de prêt, allez chercher ce que vous voudrez dans un restaurant du quartier ; mais faites vite.Dès que vous m\u2019aurez servi, vous porterez dans la voilure qui est en bas, la malle et la valise que je viens de préparer dans ma chambre.Le domestique s\u2019éclipsa comme par enchantement.Gratien entra dans son salon.Mais aussitôt il recula de deux pas, étouffant un cri de suprême terreur, de rage et de déception.André était devant lui.Le duc se dressa, dardant sur le comte de Plessis ses yeux froids, méprisants et durs.\u2014 Eh ! oui, dit M.de Lacroix-Mar-bourg, Violette ne l\u2019a pas accompli, l\u2019ordre que tu lui as donné, et je suis encore de ce monde !.\u2014 Je ne te comprends pas, murmura Gratien, dont les dents s\u2019entrechoquaient les unes contre les autres, tandis que, sur son front blême, on voyait, en grosses gouttes, perler la sueur.\u2014 Que si, tu me comprends !.Mais je vais quand même m\u2019expliquer, si tu le désires!.\u2014 Quoi?Que veux-tu dire ?.\u2014 Que, profitant d\u2019une disposition maladive de ma soeur, une sainte cependant, tu t\u2019es, bandit et assassin, emparé de son pauvre esprit troublé, et que, jadis, tu lui as fait assassiner Laure ! \u2014 Moi, moi?.fit Gratien, livide, en reculant, vers la porte.« Tu rêves, tu divagues.Moi, j\u2019ai fait tuer Laure ?\u2014 Oui, toi, comme tu as essayé de me faire assassiner également, la nuit dernière.«Laure, jadis, te gênait.Tu la croyais l\u2019obstacle entre les millions de son père et toi.« Tu l\u2019as supprimée.oh ! très habilement, je le reconnais, mais tu l\u2019as fait !.« Ne nie pas ; nous en avons toutes les preuves possibles.\u2014 Il n\u2019y en a pas, il ne peut y en avoir !.Tu mens !.\u2014 Non.Et comme tu as tué Laure, tu as voulu me tuer aussi, moi, le fiancé très aimé de Reine-Marie, moi à qui tu sentais bien, misérable.qu\u2019étaient destinées la fille adorable et la fortune incalculable que tu convoites encore, et toujours !.\u2014 Ce n\u2019est pas vrai !.C\u2019est du roman, du pur roman.\u2014 C\u2019est la vérité ! Violette, hypnotisée de nouveau, et par une volonté plus forte que la tienne, a parlé.« Elle a dévoilé le mystère de sang et de honte auquel tu as eu l\u2019audace de Il est souvent préférable d\u2019avoir aimé et perdu que d\u2019avoir aimé et gagné.* * * Pour la plupart le mariage est une opération sans éther.* * * Un homme qui fait toute la journée des compliments à sa femme retire généralement des dividendes de cent pour cent.* * * Il est préférable d être jolie parce qu\u2019aimée, qu\u2019être aimée parce que jolie.» * * L\u2019esprit sans la bonté, c\u2019est l\u2019abeille sans le miel. Le Samedi, Montréal.11 mai 1957 27 la mêler, elle, l\u2019immaculée, la pure, l\u2019impeccable créature.« Des magistrats ont entendu ses déclarations.« Sur ses tracés, ils ont passé par le couloir mystérieux, que tu avais pressenti, assassin.et, demain, convaincus de ta culpabilité, ils vont t\u2019arrêter!.« Or, moi, je ne veux pas que ton frère meure de honte et de désespoir.en te voyant porter sur l\u2019échafaud ta tête de bandit.« Je ne veux pas que soit souillé le nom de ma soeur, celui de son fils.« Et, sans mots, sans reproches, car tu ne les comprendrais pas, je viens te dire : « \u2014 Voici un revolver: tu vas te tuer sous mes yeux, ou c\u2019est moi qui serai ton exécuteur !.Et André, farouche posa, en effet, sur la table qui le séparait du criminel, une arme solide, quoique de petit calibre.L\u2019autre, hypocritement, la prit : \u2014 Merci, dit-il, d\u2019un ton lassé, convaincu et mélancolique, tu as raison.« Notre vieux nom doit rester pur de toute souillure.Je ne sais si ma vie et mes actions sont blâmables, car, entré dans cette bataille affolante, qui nous hypnotise et nous enlève la raison, j\u2019ai lutté, moi aussi.« Ce qu\u2019il y a de sûr, c\u2019est que j\u2019ai joué, et que j\u2019ai perdu.« Or, comme j\u2019ai toujours été beau joueur, je vais, ainsi que tu me le dis, payer ma dette.Il prit l\u2019arme.André, émotionné malgré lui, ferma les yeux.Une détonation retentit, et le duc sentit un heurtement profond au côté droit de la poitrine.C\u2019était sur lui que l\u2019assassin avait tiré !.Il tomba lourdement sur le tapis, tandis que la porte du vestibule, bruyamment, se refermait.\u2014 Vite, à la gare d\u2019Orléans! ordonna Gratien au cocher, qui avait reçu, avec les malles et la valise, l\u2019ordre de l\u2019attendre.L\u2019homme n\u2019avait rien entendu de la détonation, assourdie du reste, par les tentures épaisses de l\u2019appartement.Il fouetta son cheval et fila comme le vent.Lorsque le comte de Plessis arriva devant le guichet, il eut juste le temps de prendre son billet et de faire enregistrer ses bagages.Le train allait, en effet, partir.Gratien, sa valise à la main monta dans un compartiment de première classe.Il y était seul.Il s\u2019installa dans un coin, et tomba endormi, d'un sommeil de plomb, comme après toute sensation nerveuse trop considérable.A la chaleur tropicale des jours précédents, un orage avait succédé.Un cauchemar atroce ne tarda pas à prendre celui qui était, au moins par la volonté, un triple assassin Il rêva qu\u2019il était arrêté, emprisonné, condamné.Et le matin était arrivé, le matin sinistre, où, dans le froid et la pluie de l\u2019hiver venu, il allait payer sa dette à la justice.Il se réveilla en sursaut, portant inconsciemment, machinalement, sa main à son cou, sur lequel il lui semblait déjà sentir le froid de l\u2019atroce couperet.Un grand tremblement était en lui.Qu\u2019allait-il devenir, en effet ?.Il se rendait maintenant en Gascogne, où il essayerait de soutirer à Horace le plus d\u2019argent possible, avant de filer en Amérique.Il y réussirait, c\u2019était évident.La bonté du marquis ne lui laissait aucun doute à cet égard.Mais ne serait-il pas arrêté avant d\u2019avoir pu aller prendre à Bordeaux le paquebot sauveur qui l\u2019emporterait loin de ses crimes ?Et, s\u2019il réussissait à fuir, quelle vie serait la sienne, en Amérique, dans ce pays inconnu, où le fameux struggle for life est autrement, terrible qu\u2019en France, pour lui surtout, qui n\u2019avait plus l\u2019ardeur de la jeunesse, le ressort et l'initiative endiablée qu\u2019il faut pour réussir à quelque chose ?.Alors, il serait misérable dans peu de temps, lorsque ses ressources seraient épuisées ?.Un misérable, un vanné, un mendiant ?.Non, pas ça !.En une vision rapide, il aperçut l\u2019existence horrible qui serait la sienne.Un dégoût abominable de sa vie manquée, un haut-le-coeur sans nom, une horreur vraie de lui-même le prirent.Et, tout à coup, dans un beau mouvement de courage, point discuté ou raisonné, il ouvrit la portière du wagon et se jeta sur les rails, la tête en avant.A la station suivante, on trouva le compartiment ouvert et vide .Que s\u2019était-il passé ?Crime ou accident ?Le chef de gare télégraphia sur la voie.Au matin seulement, on retrouva le cadavre d\u2019un inconnu, avec la tête broyée et le corps en lambeaux.En effet Gaston n\u2019avait été qu\u2019évanoui dans sa chute, par la violence du coup reçu sur la tête ; mais un train descendant à quelques minutes de là, dans l\u2019obscurité profonde de la nuit, l\u2019avait broyé sans qu\u2019il ait encore repris connaissance.On reconstitua aisément sa personnalité, grâce aux papiers qui étaient sur lui et aux indications contenues dans la valise trouvée dans le compartiment vide.Et, le lendemain, un banal fait divers apprit à tous la mort, à coup sûr terrible, mais très anodine, de cet homme qui avait fait tant de mal et auquel peut-être les vertus de tous les siens évitaient l\u2019horrible châtiment du scandale et du déshonneur.A Paris, le valet de chambre de Gratien, une fois le repas servi et les malles apportées dans la voiture, malgré les ordres reçus, n\u2019avait point osé pénétrer dans le salon où il supposait trouver le comte, car celui-ci n\u2019était ni tendre ni indulgent pour le service.Et une règle était établie chez lui, une règle sévère, qu\u2019on n\u2019enfreignait jamais : jamais on ne pénétrait dans la pièce où il se trouvait s\u2019il n\u2019appelait pas.A onze heures seulement le valet de chambre voyant que Gratien n'avait pas encore dîné et craignant quelque indisposition subite, se décida.Mais, aussitôt, il poussa un cri : un corps était étendu tout de son long, sur le tapis.Il fit deux pas, ahuri, répétant : \u2014 Monsieur le comte!.Oh! monsieur le comte !.J\u2019aurais dû m\u2019en douter !.Mais il s\u2019approcha et, tout aussitôt, il poussa un juron énergique.\u2014 Ce n\u2019est pas lui, Dieu de Dieu !.s\u2019écria-t-il, en voilà bien d\u2019une autre histoire ! Et, regardant plus attentivement, il ajouta : \u2014 C\u2019est M.le duc de Lacroix-Mar-bourg !.Néanmoins, comme ce garçon n\u2019était pas une bête, il ne perdit pas l\u2019esprit.Gratien l\u2019avait choisi et gardé ; c'était tout dire.Il se baissa.André était pâle comme s\u2019il était mort, mais aucune blessure n\u2019appa- raissait, pas la moindre trace de sang ne se voyait.« Un évanouissement » pensa le domestique.Il lui fit respirer des sels, lui frotta les tempes, lui tapa dans les mains.Bientôt, André ouvrit les yeux.Aussitôt, la conscience de ce qui s\u2019était passé lui revint : \u2014 Où est votre maître?demanda-t-il au domestique.\u2014 Je n\u2019en sais, ma foi, rien, répondit l\u2019autre.Il a disparu.« Il devait partir ce soir.Sans doute qu\u2019il l\u2019aurait fait et, trouvant les apprêts de son dîner trop lents, il aura filé sans manger.André essaya de se lever.Il pensa qu\u2019il allait retomber.Pas du tout, il put parfaitement se redresser et se tenir debout.Il porta la main au côté droit de sa poitrine et ne sentit qu\u2019une douleur légère, semblable à une meurtrissure assez profonde.Il ne crut pas nécessaire de mettre le valet de chambre au courant de ce qui s\u2019était passé.\u2014\tJ\u2019ai eu une syncope, dit-il.Il murmura : \u2014\tL\u2019orage, sans doute ! Puis, aussitôt : \u2014 Allez me chercher une voiture, mon garçon s\u2019il vous plaît.Et comme il lui mit un louis dans la main, le valet de chambre, habitué à voir des choses très bizarres, sans jamais demander d\u2019autres explications que celles qu\u2019il plaisait à son maître de lui donner, quand encore Gratien avait la fantaisie de le faire, se dirigea en toute hâte vers la plus prochaine station.Le duc monta dans la voiture sans trop de difficulté.La tête seulement lui tournait en un vertige fou, et tout paraissait danser autour de lui.Arrivé à l\u2019hôtel Lcmarchand, il envoya chercher le médecin de la famille, qui était son ami.\u2014 Je viens, je crois bien, docteur, de recevoir une balle dans le côté droit ; vous plaît-il d'y regarder un peu ?.L'autre, stupéfait de ces paroles, se mit en devoir d\u2019examiner la blessure d\u2019André.\u2014 Vous avez de la chance, lui dit-il, la balle n\u2019a fait qu\u2019effleurer les tissus.Elle est cependant encore là.Il faut l\u2019enlever tout de suite.« Voulez-vous un peu de chloroforme ?.\u2014 Mais alors, il vous faudra un confrère ?\u2014 Oui, néanmoins, ce ne sera pas une affaire \u2014 Et sans chloroforme ?\u2014 Je puis faire l\u2019extraction seul.\u2014 Comme je veux un silence absolu autour de cette petite catastrophe, j\u2019aime mieux ne me confier qu\u2019à vous, mon cher docteur.\u2014 Bien alors à l\u2019ouvrage.« Où y a-t-il de l\u2019eau fraîche, ici ?\u2014 Dans le cabinet de toilette, et île l\u2019acide borique aussi.\u2014 Parfait Et l\u2019opération fut faite et la balle extraite.\u2014 Vous aurez peut-être un peu de fièvre demain.Mais ce ne sera pas grave, dit le médecin.« Et puis vous avez un si beau courage, que vous surmonterez bien cette petite complication.« Tudieu !.quelle énergie ; je vous ai écorché vif, et vous n\u2019avez pas bronché.« Je reviendrai demain matin.«Faut-il télégraphier à M.Lemar-chand ?continua-t-il.\u2014 Gardez-vous-en bien, fit André, avec un sourire, il est à Saint-Luc avec ma soeur et sa petite-fille.Inutile de les épouvanter tous.EPILOGUE Horace, resté, on le sait en Gascogne, ressentit un chagrin mortel de la mort de Gratien.Rien, en ces derniers temps, n\u2019était venu, en effet, ébranler la confiance profonde revenue en son coeur, vis-à-vis de son frère.Il le pleura sincèrement sans soupçonner quels crimes atroces avait commis ce bandit.On ne peut même pas assurer que, dans sa naïveté honnête et un peu en dehors des moeurs du temps, il ne se soit pas sincèrement reproché de l\u2019avoir soupçonné, jadis.Il n\u2019en fut pas de même en Picardie, on le comprendra sans peine.Violette, quoique ne se rappelant absolument pas la moindre bribe de la terrible scène, était restée énervée, dolente, toute malade.M.Lemarchand-mêmc se sentait très inquiet d\u2019elle, et il hésitait à la quitter, malgré ses vives inquiétudes au sujet d\u2019André.En effet se trouvant sans la moindre nouvelle de son associé, aussi bien que du comte de Plessis, il éprouvait un insurmontable désir de savoir comment les choses s\u2019étaient passées à Paris.M.Servian se contenait mieux que le verrier ; cependant, il désirait ardemment aussi avoir une solution.La complaisance est une monnaie avec laquelle le moins riche peut toujours payer son écot.* * « C'est de Dieu que vient l\u2019amour, c\u2019est à lui qu\u2019il remonte.* « * Ce que veut une femme est écrit dans le ciel.* \u2022 * Le bonheur rend les hommes durs et superbes, et ce bonheur ne se communique point.Le vrai bonheur les rend doux et sensibles, et ce bonheur se partage toujours.\u2022 \u2022 \u2022 C\u2019est une grande vertu de savoir combattre le bonheur, et c\u2019est un grand bonheur de ne pas être vaincu par le bonheur.* * * La devise de l\u2019humanité est : « Plus loin » : c\u2019est l\u2019instinct qui la pousse en avant ; l\u2019absolu repos l\u2019effraye.\u2022 \u2022 * Les idées sont comme les hommes ; elles dépendent de l\u2019état et de la place qu\u2019on leur donne. 28 Le Samedi, Montréal, 11 mai 1957 « M.de Lacroix-Marbourg aura-t-il faibli au dernier moment ?.t, se demandait le magistrat.Tandis que Jaeques Lemarchand, de son côté, pensait, connaissant mieux son fils d\u2019élection : « Pourvu que ce bandit ne lui ait pas joué quelque tour de sa façon !.» Ils en étaient là tous les deux, et M.Servian avait retardé son départ d\u2019un jour, sur les très vives instances de son ami, quand on lut.dans les journaux que chaque jour on envoyait quérir au premier train d'Abbeville, le fait divers suivant : « Un accident épouvantable est arri-'< vé, mardi au soir, dans le rapide de « Bordeaux.A la station de Tours le chef de gare a été averti qu\u2019un compartiment de première classe était ouvert et vide.« Les bagages du voyageur, une valise et une couverture, étaient soigneusement rangés dans le filet du < haut.On télégraphia aussitôt sur « toute la ligne.« Malgré les recherches, rien n\u2019avait été découvert, quand, au lever du jour, un cantonnier de service a trou-« vé sur la voie, à côté de la petite sta-« tion de Veuve-Monteaux, un cada-« vre d\u2019homme défiguré et méeonnais-« sable.« L\u2019enquête et les constatations ont « appris que c\u2019était le corps d\u2019une des « personnalités les plus connues de la haute société parisienne, le comte « Gratien de Plessis Saint-Luc.On a «tout lieu de croire à un accident, non « à un crime.Dans les poches du mort, « on a trouvé pour une somme consi-« dérable de billets de banque et de « valeurs.« L\u2019enquête continue.> M.Servian était pâle, comme pour mourir.«Décidément, pensa-t-il, il y a un Dieu pour les honnêtes gens.Et cet accident, si accident il y a, épargne une fameuse corvée au jeune duc de Lacroix-Marbourg !.» Violette était absente.Reine-Marie, droite et implacable, dit : \u2014 Il ne fera plus de mal à personne.Dieu est bon pour nous ! « Et André, fit-elle aussitôt, pourquoi ne nous a-t-il pas donné de ses nouvelles ?.Tout à coup, prise d\u2019une subite inquiétude, elle ajouta : \u2014 Mon Dieu, bon-papa, s\u2019il a laissé ce bandit s\u2019enfuir, c\u2019est qu\u2019il lui est arrivé quelque chose !.Elle tordit ses mains dans un geste éperdu et murmura : \u2014 Ah! pourvu, pourvu que Gratien ne me l\u2019ait pas tué !.M.Lemarchand se mit à trembler.André frappé !.¦\u2014 Partons, dit Reine-Marie, partons tout de suite !.\u2014 Mademoiselle, lit observer M.Servian, qui avait pitié du désespoir du grand-père et de la petite-fille, pourquoi croire toujours au pire ?« Si quelque chose de fâcheux fût arrivé à M de Lacroix-Marbourg, on vous l\u2019eût télégraphié de l\u2019hôtel ou de l\u2019usine.Les mauvaises nouvelles viennent plus tôt que les hommes !.La réflexion était juste ; elle calma aussitôt M.Lemarchand.Mais Reine-Marie ne voulut rien comprendre : \u2014 Je veux partir! ne cessait-elle de répéter, partir à la minute !.\u2014 Bien ! dit le verrier ; avertis Violette ; moi, je vais donner des ordres pour la voiture.Ce qui fut fait.Reine-Marie annonça à sa mère adoptive la mort de son beau-frère.La marquise, il faut l\u2019avouer, n\u2019éprouva point une très grande douleur.Néan- moins, son âme d\u2019ange ne pouvait refuser un regret et quelques larmes au frère d\u2019Horace.Et Reine-Marie ajouta : \u2014 Les constatations légales vont peut-être nécessiter l\u2019intervention de bon-papa.Il faut qu\u2019il se rende à Paris sur-le-champ.Je vais avec lui.« Dès que Jeannie sera mieux, et par conséquent en état de partir, télégraphie.Bon-papa ou André viendra vous chercher.Le départ était naturel.Violette, Jeannie et le docteur Bor-dier lui-même n\u2019y soupçonnèrent point ce qu\u2019on voulait leur cacher.A Paris, on trouva André presque guéri.Encore un peu de fièvre, mais presque rien.Et comme les ordres du jeune duc avaient été sévèrement donnés, à l\u2019usine on avait ignoré son indisposition, et encore mieux, la cause de cette indisposition.C\u2019est égal, quand Reine-Marie apprit de sa bouche le danger mortel qu\u2019il avait couru, un grand frisson la saisit.Mais il n\u2019était point dans sa nature de se laisser abattre.Elle réagit aussitôt.\u2014 A présent, mon duc, lui dit-elle, personne ne sera plus en danger par la faute de cet être néfaste et maudit.« Accident ou suicide, Dieu nous a débarrassés de ce bandit ! .« Maman est vengée, et nous.oh ! nous !.nous n\u2019avons plus qu\u2019à être heureux !.Deux mois, en effet après ces derniers événements, le château du Tau-zia était en fête, et les cloches de Carrère mêlaient leurs chants d\u2019allégresse au tintement d\u2019argent de la petite chapelle du parc.Reine-Marie, au bras de son grand-père, traversait les allées jonchées de roses blanches, comme jadis Violette les avait traversées, couronnée des mêmes fleurs virginales, avec un rayonnement d\u2019étoile dans ses beaux yeux de claire émeraude.M.Lemarchand répétait, depuis plusieurs jours : \u2014 Pour sûr, il va nous arriver quelque chose.C\u2019est un trop grand bonheur !.Et Reinette, doucement répondait, grave et pensive : \u2014 Tout doit se gagner, en ce monde ; alors, notre joie actuelle, nous y avons droit.Plus bas encore, elle ajoutait : \u2014 Ne nous a-t-elle pas coûté assez d\u2019efforts, de larmes et d\u2019angoisses.notre tranquillité ?.André, de son côté, éprouve une émotion tout aussi profonde.Il a peur de succomber au bouleversement éperdu que lui donne son amour, enfin heureux !.Sur son bras, s\u2019appuie la pâle Violette, tranquille et calme, dans sa candeur immaculée, toujours la même ; elle ressent aussi absolument que lui le bonheur de son frère, et murmure, avec son doux sourire : \u2014 Je te le disais: Dieu bénit les coeurs vaillants.Vous allez goûter l\u2019un par l\u2019autre les joies du paradis !.Horace aussi ému que M.Lemarchand, s\u2019est incliné devant lui, et a voulu qu\u2019il conduise sa fille à l\u2019autel.Le marquis de Plessis Saint-Luc donne le bras à Jeannie.celle qui lui a sauvé sa Violette.Si bon-papa est le premier témoin de sa Reinette, M.Servian est le second.M.Bordier, enfin, le mari de celle qu\u2019il adore et Jules Montbrison, venu avec les autres ingénieurs de Paris, et une grande partie du personnel de l\u2019usine, sont ceux d\u2019André Mlle de Mérizolles, la demoiselle d\u2019honneur de Reine-Marie, donne le bras au juge d\u2019instruction Depuis quinze jours qu\u2019il a accenté au château l\u2019hospitalité des Plessis Saint-Luc et qu\u2019il a rendu à Horace l\u2019estime et la sympathie de leur commune jeunesse, M.Servian a beaucoup vu les Mérizolles.Madeleine, avec sa sereine et douce gravité, lui a plu infiniment.Ce beau lac tranquille qu\u2019une si petite ride a fait frissonner \u2014 sympathie peut-être même point devinée par elle, vis-à-vis d\u2019André \u2014 a charmé le droit et bon Servian.Quelle adorable et loyale compagne, quelle confidente avisée, quelle amie sûre sera cette douce créature qui s\u2019est toujours sacrifiée à ceux qui l\u2019ont entourée.Il est probable qu\u2019avant peu une autre noce aura lieu, tout près du Tau-zia.Jean de Mérizolles est là aussi.Le coeur gros !.Oh ! oui !.Reine-Marie est si belle.Et son amour d\u2019adolescent pour elle, si profond ! croit-il.Mais il est trop juste, trop sincère, pour en vouloir à André de son bonheur.Et, comme tous, il oubliera et il aimera encore plus tard.Tous les pauvres, tous les malheureux du pays, tous ceux que Reine-Marie, depuis cinq ans, a consolés, aimés, soignés, secourus, se pressent en foule derrière les invités, et la chapelle est trop petite pour les contenir.La soeur Gabrielle, de son côté, a conduit les petits enfants de l\u2019hospice de Condom pour assister au mariage de celle qui a été leur mère, elle aussi.Ils sont attachés aux mêmes guirlandes fleuries que le jour de la procession : ils portent à l\u2019autre main li- bre les mêmes petits drapeaux de toutes les couleurs, et ils chantent, en variant un peu leur naïf refrain : Petit Jésus, protégez-la ! Elle est aussi bonne que vous !.Quant à l\u2019abbé Perrin, en voyant devant lui cette tête blonde une fois de plus voilée et couronnée de fleurs, non seulement il ne peut prononcer une parole, mais il n\u2019est même pas capable de dire la messe.Tout trébuchant, tout sanglotant, il balbutie : \u2014 Mon enfant chérie.si bonne.tu as bien mérité ton bonheur.Il lui faut dévêtir ses habits sacerdotaux.et il est obligé de se faire remplacer par le curé de Carrère.L\u2019émotion est à son comble.Une seule chose gâte la joie générale : Reine-Marie quitte le pays après la bénédiction nuptiale.Y reviendra-t-elle, son voyage de noces accompli ?.Non, en visite seulement.Comme elle l\u2019a dit si souvent à bon-papa.c\u2019est à Paris qu\u2019elle vivra désormais.entre lui et le nouveau directeur de l\u2019usine, auquel le riche industriel cède maintenant tous ses droits.C\u2019est André de Lacroix-Marbourg.en effet, qui dirigera désormais la grande verrerie, tandis que Jacques Lemarchand se contentera d\u2019élever et d\u2019adorer les Jacques-André de sa Reinette.En revanche, Violette, Horace, Jeannie et le docteur Bordier ne quitteront jamais plus la Gascogne.Ils ignoreront toute leur vie le drame terrible de Saint-Luc.Et c\u2019est dans toute la naïveté, toute la loyauté de son coeur droit et honnête.que le marquis pleurera son frère, mort, croit-il, d\u2019un accident en venant le voir !.A présent, si l\u2019on veut savoir la fin du très peu intéressant Crétinas et de son père, c\u2019est très simple et moins horrible que le châtiment que méritaient également ces deux scélérats : Le Crétinas, reconnu fou, irrémédiablement fou, a été enfermé dans une maison d\u2019aliénés, où, du reste, déjà, avait fini un de ses oncles un frère de sa mère.Polycarpe Ducrucq, l\u2019odorant Pois-de-Senteur.dont on a enfin constaté la gredinerie épouvantable mais qui a été jusqu'à la fin assez roublard pour ne pas donner barre sur lui, a été néanmoins forcé d\u2019envoyer sa démission de juge de paix de Carrère.La fabrique de C.a compris combien un homme aussi profondément véreux faisait tache au milieu de ses autres membres, tous hommes d\u2019honneur, et il a été contraint également de se retirer.Mais M de Boutin, toujours d\u2019une angélique charité et d\u2019une mansuétude.à laquelle celle de Violette peut seule se comparer, lui fait donner le pain de la charité, quoique le vieux Pois-de-Senteur ne soit même pas digne de cette aumône, que l\u2019on fait cependant aux vagabonds les moins intéressants.aux fripouilles les plus avérées.Quelquefois, son vieil ennemi de Mérizolles le rencontre plus sale, plus dégoûtant que jamais, avec ses habits en loques de véritables guenilles, que l\u2019on ne prendrait pas avec une fourche, et il dit : \u2014 Ah! vieux bandit, quand je te voyais porter, avec tant d\u2019embarras, le gland du dais à l\u2019église, je ne pouvais contenir mon indignation, et j\u2019ai plus d\u2019une fois douté de la justice de Dieu, permettant de si grandes abominations.Mais, aujourd\u2019hui, je le reconnais.il y a bien une Divine Sagesse, qui donne tôt ou tard à chacun son dû.Pierre Ninous \tNous voyons venir la vieillesse\t.sur le visaeje de nos\tamis.\t\t \t0\t\u2022 *\t\t\t \tL\u2019amour est le plus doux et le\tmeilleur des moralistes.\t\t\t \t0\t0 0\t\t\t \tLa pauvreté rend vicieux bien\tdes gens qui n\u2019ont pas\tla fermeté\t\tde la\tsupporter avec patience.\t\t\t\t \t0\t0 0\t\t\t \tRien ne no us sépare moins\tque la mort de ce que nous\t\tavons\t pieusement aime.\t\t\t\t\t \t0\t0 0\t\t\t \tMême en jouissant d'un bien,\ton regrette souvent le\ttemps\toù\ton le\tdésirait.\t\t\t\t Le Samedi.Montréal, 11 mai 1957 29 Notre roman feuilleton JS es
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