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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 10 août 1957
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1957-08, Collections de BAnQ.

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[" Montréal, 10 août 1957 69e année, No 14 Le Magazine National des Canadiens \u2022\tAndié Langevin, par Odette oiiqny \u2022\tL'artisanat québécois, par Jacques Coulon \u2022\tReflets de l'Actualité \u2022\tUn roman d'aventures complet CENTS « et*?-: mm I» mpmNi WW# Vf'-y, !mkm WPwmimm i mŒœ.¦Wrm m&àm ¦ ' mm- mm SS?45 rm-fm ywA mmmzgm : K u ïïtmm \u2022d ;vîV-'\u2018,-i35^Ry*\u201c L.\t\tI5\t,4\t^ f\tÆ\tP i\t*, ; ¦ y\t\t* 1 ÿt Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 CUncoil rarement à l épargne .et aussi éducation du sens des affaires chez nos jeunes.C\u2019était l\u2019objectif des dirigeants de l\u2019Ecole Saint-Laurent de Montréal, sise au coin des rues Dorchester et Saint-Urbain.La formule, déjà appliquée dans un grand nombre d\u2019écoles de la Commission scolaire, consistait dans l\u2019établissement d\u2019une Caisse scolaire où les élèves sauraient acquérir l\u2019habitude de l\u2019épargne.Mais à l\u2019école Saint-Laurent, les Frères des Ecoles Chrétiennes, secondés par la Caisse Populaire Notre-Dame de Montréal, ont élargi ce programme d\u2019éducation en l\u2019assortissant d\u2019un concours de fin d\u2019année destiné à rompre les jeunes aux pratiques commerciales.A cette lin, diverses épreuves furent préparées et des prix en argent furent remis aux lauréats de même qu\u2019à ceux qui avait manifesté au cours de l\u2019année le plus grand zele pour l\u2019épargne.Les autres directeurs de la Caisse Notre-Dame sont MM.Jean-Louis Lassé, Jean-Charles Dionne, Yves Lafontaine, Joseph Hamelin, René Blais.L'ensemble* des élèves lauréats, chacun porteur d'un chèque par lequel la Caisse scolaire reconnaissait ses mérites.Ce sont : J.-J.Gagnon, Adonai Saint-Pierre, Fernand Felx, Roger Lamothe, Benoît Robert, Réal Gravel, Jean Bernier, Denis Paré, Léo Paré, Yvon Richard, J.-P.Senésac, Pierre Grandmont, Réal Moscato, Jacques Cat-tanéo, Michel Fortin, Claude Castonguay, Albert Proulx, F.Leduc, Paulin Morin, Jacques Desjardins, Jean Picard, Michel Girard, Gilles Girard.'\"(an:¦ h.i\\-f-.r*.*® »«mma.t 'I.»»?foi/ I ¦\ts hut i 1 ; 1 1 : Ê M fAon An Vive m Ci-contre, les deux cousins, Michel et Gilles Girard, qui ont accumulé les plus hauts soldes à l\u2019épargne.M.Georges Lafontaine, C.A., président de la Caisse Populaire Notre-Dame de Montréal, leur remet à chacun un chèque en guise d'encouragement.Siècle de progrès, siècle de folie Aux Etats-Unis, où le niveau de vie des humains s\u2019est amélioré considérablement au cours des dernières années, celui des animaux domestiques ne l\u2019a pas été moins.Les « pets » (chiens, chats, oiseaux) sont l\u2019objet des soins les plus attentifs, ils ne sont pas nourris des déchets de la cuisine familiale, mais au moyen de petits plats et conserves pour animaux, en vente partout ; on vend également partout des médicaments pour eux, ainsi que des produits de beauté, spécialement «étudiés», pour leur pelage et leur peau.Les 22 millions et demi de chiens et 28 millions de chats ont ainsi coûté aux budgets familiaux américains la somme fantastique de 3 milliards de dollars en 1956, \u2014 les soins de beauté et de toilette des chiens et chats ont coûté un supplément de 273,000,000 de dollars.Les Américains tiennent encore en appartement 600 millions de poissons et près de 20 millions d\u2019oiseaux de cage.Il existe aux Etats-Unis 3,238 cliniques pour animaux domestiques, \u2014 certains vétérinaires demandent 40 dollars par consultation, \u2014 lorsque le chien ou le chat meurt, son cercueil coûtera 30 dollars, mais un cercueil de luxe, en verre et métal, coûte 500 dollars.A Beverly-Hills, quartier résidentiel de Los Angeles où habitent les étoiles de cinéma, il y a environ 25,000 bêtes de salon sur 30,000 habitants.Elles (les bêtes) vivent dans un luxe qui approche celui de leurs maîtres ; les chats y sont nourris principalement de thon, leur met préféré, ils dorment dans des paniers-berceaux ornés de dentelles et de rideaux, tapissés de peaux de renard ; chaque semaine, ils portent un autre collier, souvent enrichi d'un véritable bijou.Chez les chiens, le caniche « royal a \u2014 cola va sans dire \u2014 les préférences des vedettes ; en hiver, ils portent d\u2019élégantes vestes en poil de chameau et ils dorment en pyjama.Leur toilette et coupes coûtent des sommes considérables, \u2014 elles doivent être renouvelées toutes les six semaines.Chiens et chats sont baignés et coiffés dans les salons pour animaux, poudrés, oints, vaporisés et vernis au moyen de produits aussi fins que ceux employés pour Madame et Monsieur.Le dernier « chic » pour 1 élégante de New-York et de Los Angeles : avoir le même parfum que sa bête préférée et le même vernis à ongles que son « pet » adoré.BEAUTE, MON BEAU SOUCI.SOMMEIL, REPOS, DETENTE PAR J.GAUVAIN Qu\u2019il convienne, pour s\u2019entretenir en bonne forme \u2014 et par conséquent, pour les femmes, en beauté \u2014 de ne pas se fatiguer excessivement, c\u2019est une vérité d\u2019évidence qui n\u2019a pas attendu notre époque de rigueur scientifique pour attirer l\u2019attention des êtres humains.Cependant, jamais l\u2019on n\u2019a prêché les vertus du repos autant que de nos jours.C\u2019est d\u2019abord que jamais non plus l\u2019on n\u2019a observé des conditions de vie aussi fatigantes.Et puis c\u2019est peut-être aussi que les Américains ont lancé un nouveau mot, ou plutôt un mot pris dans une acception nouvelle, et que rien n\u2019a plus de charme à nos yeux \u2014 et à nos oreilles \u2014 qu\u2019un mot nouveau, surtout s\u2019il nous vient des Etats-Unis.Ce mot, c\u2019est « relaxation », avec toute sa petite famille, son verbe notamment, conjugué à tous les temps: «Je me relaxe», «elle se relaxe», «relaxez-vous», «relaxons-nous».Là-dessus on a fabriqué des sièges spéciaux pour se relaxer \u2014 il paraît qu\u2019on ne se relaxe jamais aussi bien que si l\u2019on a les pieds au-dessus du niveau de la tête, encore que l\u2019école la plus récente discute ce point et ne veuille pas voir les pieds élevés au-dessus du niveau du coeur.Il y a là, bien sûr, un brin de snobisme, mais, hâtons-nous de le dire, d\u2019un snobisme de bon aloi, s\u2019il nous fait prendre conscience de la valeur hygiénique du repos.Dans les grandes villes surtout, les conditions d\u2019existence sont telles que se reposer est devenu un devoir, vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis des autres: devoir particulièrement impérieux pour les femmes, qui n\u2019ont que trop tendance à vivre «sur leurs nerfs», et à considérer comme un titre de gloire de proclamer : « Je ne m\u2019arrête jamais ».Encore, pour savoir pratiquer judicieusement le repos, convient-il de savoir ce que c est.Est-ce le sommeil ?Est-ce le « dolce farniente » ?Est-ce la « relaxation» que l\u2019on nous permettra d\u2019appeler simplement «détente»?C\u2019est tout cela, mais avec des nuances.Par exemple, beaucoup de femmes déclarent bien dormir, pendant un temps très suffisant, et cependant demeurer fatiguées.D\u2019au-tres se déclarent incapables de se détendre.Et.en effet, elles sont faciles à identifier : le teint généralement brouillé, elles ont les traits crispés, une démarche saccadée, la voix inquiète, précipitée: portent-elles un paquet?Elles s\u2019u cramponnent comme des noyées.Ont-elles les mains libres?Elles les tiennent cependant crispées, ferment les poings, et si vous pouviez les observer de vins près encore vous verriez qu\u2019elles serrent les dents, marchent en crispant' les orteils, et ce qui est beaucoup plus important, halètent à petits coups superficiels bien plus quelles ne respirent.Non seulement toutes ces attitudes, tous ces «tics» ne concourent pas à la beauté du moment, mais encore ils risquent de s\u2019établir de façon permanente.Nombre de rides prématuré n ont d autre chose que ces crispations de nervosité.rees, notamment.Pour lutter contre toutes ces causes d\u2019enlaidissement, il faut se reposer se reposer en veillant \u2014 c\u2019est la détente ou relaxation - et se reposer en dormant.«Je n\u2019ai pus le temps», ou «Je ne peux pas», voilà ce qu\u2019objectent les victimes de la fatigue moderne.Mais avec de la patience et de la volonté on peut toujours, et quant au temps il ne compte pour ainsi dire pas dans la pratique de la «relaxation » diurne car celle-ci peut se pratiquer à tout moment et au milieu, ou presque, de toute occuption.C\u2019est affaire de discipline.«rnW^M.Mj \"0,,S n\u2019,av°nst.r>as toutes la possibilité d\u2019interrompre nos activités professionnelles ou domestiques pour nous détendre dans une pièce au jour j\t\u2022\t/\t.\tt\tv /\tV- L- ««(C\ttv ! tamise, apres avoir pris un bon bain ni trop chaud ni trop froid, et nous laisser aller a une petite heure de bienfaisant repos! Mais nous pouvons toutes faire passer de 1 inconscient dans le conscient les causes de notre tention, et ce faisant les chasser déjà en grande partie.L\u2019une de ces causes, des plus fréquentes est lassant perpétuel de trop de preoccupations et d\u2019activités parfois contradic- !l°JrtrnZT- MmiC n\" T SOu d,\u2018.bureau °\" eUe vient d\u2019accomplir une journée de travail ingrat.De plus elle s\u2019est querellé avec une collègue.Et «naturel- lement » elle voit filer sous son ; m .\t\u2022 ,, - Vez\u2019 con}plet, l\u2019autobus qui l\u2019aurait ramenée chez elle on «naturellement», la femme de menage n\u2019aura pas fait ce qui lui avait etc prescrit.Sourcils froncés.Mme A.se mord les lèvres, ouvre et ferme les doigts, piétiné rageusement en pensant à tout cela.Vous notez la dispersion de ses soucis dans le temps : elle ressasse des ennuis passés - la journée I ,\t.1\t.\t,\tI w 1^11\tHl IV/ll I Ut c /mte\u2019 \"¦ fpiereUe, demain, sera oubliée - elle s\u2019irrite des ennuis lutins, et qui ne se réaliseront peut-etre pas, elle souffre de l\u2019ennui présent qui Profiterait lrl >len VeU\\\ttVn, \"x™ autobns vofitâmes de la position élevée où nous nous trouvions pour regarder la plaine infinie qui s\u2019étalait un peu plus bas __ près de l\u2019horizon nous vîmes plusieurs mirages.Jamais encore je n\u2019avais eu une telle impression d'immensité.Nous laissâmes la verdure relative qui entourait le lac et descendîmes dans la plaine.La piste, toute droite, suivait presque parallèlement la chaîne montagneuse.Pendant deux heures nous roulâmes, aussi vite que possible, dans cette grandiose prairie desséchée.Le vent s\u2019était levé qui formait d\u2019énormes nuages de poussières tourbillonnantes.La lumière en était tamisée.Quant a nous, a 1 intérieur de la voiture, nous étions peu à peu transformés en peaux-rouges.Nous rencontrâmes quelques familles d\u2019émeus-autruches d\u2019Australie - et d\u2019innombrables kangourous qui, après avoir calmement regardé l\u2019auto venir détalaient à toute vitesse quand elle arrivait à proximité d\u2019eux.Le chauffeur devait d\u2019ailleurs conduire prudemment, car certains, affolés, couraient devant nous ou traversaient brusquement la piste a quelques pieds seulement devant la voiture.« Ils sont très dangereux, surtout la nuit», nous dit le chauffeur.«Ils sautent parfois au-dessus du capot et il arrive qu\u2019ils viennent s\u2019écraser sur le pare-brise, tuent du même coup les gens qui se trouvent à l\u2019avant de la voiture ».Enfin, nous arrivâmes à la Wilangie Station \u2014 une sorte d\u2019oasis dans le désert.Au milieu d\u2019eucalyptus géants, le vaste bungalow des propriétaires et, tout autour les dortoirs des employés, les écuries, les étables, les garages et les granges.Deux courts de tennis aussi, très bien entretenus.Près du lit, asséché en cette saison, d\u2019un « creek », une grande éolienne.Sur les pelouses très britanniques \u2014 un luxe dans ce pays \u2014 entourant le bungalow, des arroseuses tournaient lentement.Et partout des fleurs merveilleuses dont l\u2019éclat était rehaussé par le vert foncé du gazon.Nos hôtes, des athlètes à la peau tannée et burinée par le climat, nous font tout d\u2019abord visiter En 1876, le poids moyen de laine produite par mouton était de 4 livres.Elle atteint maintenant 10 livres.mm ¦f4ÈmÈ la « station » où vivaient et travaillaient une quarantaine de personnes.Nous vîmes le «stud» et ses béliers primés qui sont la fierté de l\u2019éleveur, nous assistâmes à la tonte qui se fait à une vitesse record (un bon « shearer », c\u2019est-à-dire un tondeur, « fait » une centaine de moutons par jour), nous visitâmes les habitations des employés, etc.Comme dans toutes les autres «stations», aucune vieille,'ie.Dans ce pays neuf on aime le neuf et l\u2019efficacité.Le matériel de l\u2019exploitation proprement dit, est ultra-moderne, ainsi que celui des habitations munies de frigidaires, de postes de radio-télévision, d\u2019appareils à conditionner l\u2019air, de salles de douches et de bains brillantes de chromes et de faïences, etc.Le confort est d\u2019autant plus apprécié que la vie des gens est rude.Après le lunch, que nous prîmes sous les eucalyptus devant le traditionnel « barbecue » sur lequel grillaient steaks et côtelettes, nous partîmes voir le troupeau.Il nous fallut rouler une heure pour trouver une partie de celui-ci (deux à trois mille têtes), qui paissait dans un vaste carré entièrement clôturé.«Quand l\u2019herbe d\u2019un secteur a été broutée, on installe les barrières ailleurs et on y déplace les bêtes », nous explique-t-on.Ce sont les « bushmen », les cowboys australiens si l\u2019on peut dire, qui sont chargés de l\u2019opération.Ce sont des gaillards grands et maigres qui portent bottilons, pantalons longs et serrés de cavalier et le célèbre chapeau plat à larges bords.La lutte pour l\u2019aau Il faut aussi faire boire les moutons et c\u2019est un problème.Dans la propriété de M.Smith, nous vî- mes d\u2019énormes réservoirs qui retiennent l\u2019eau des « creeks » pendant, la saison des pluies.Nous vîmes aussi plusieurs bulldozers en construire un nouveau.« La lutte pour l\u2019eau est une lutte constante », nous dit M.Smith.« La sécheresse est pour nous la pire catastrophe, car elle peut décimer le troupeau.Il y a quelques années, des dizaines de milliers de moutons sont morts de faim et de soif, et ce fut une ruine pour le pays.Nous voulons ici courir le minimum de risques.C\u2019est pourquoi nous avons entrepris la construction de réservoirs partout où nous avons une chance appréciable de capter l\u2019eau.D\u2019autre part, le problème de l\u2019irrigation est égablement capital ».La latte contre let animaux La lutte pour l\u2019eau n\u2019est pas la seule que les éleveurs doivent mener.Ils doivent aussi lutter contre les animaux.Les Australiens sont, pour le moment, debarrassés du terrible fléau qu\u2019était le lapin.La myxomatose a, en effet, tué les quelque 600 millions de rongeurs qui ravageaient le pays.Mais les kangourous apprécient l\u2019herbe comme les lapins et en consomment bien plus.« Ils ont un appétit féroce et un goût raffiné.La meilleure herbe, ils se la réservent », me dit un « bushman ».Les Australiens aiment le kangourou autant que cet autre animal national qu\u2019est le koala.Mais il faut choisir entre le mouton qui fait la richesse du pays et lui.Dans certaines régions où les kangourous sont trop nombreux, les « woolgrowers » ont donc dû prendre la douloureuse décision de les chasser.J\u2019ai rencontré près de la Wilangie Station des chasseurs de kangourous qui s\u2019étaient arrêtés près d\u2019un réservoir.Ils étaient deux qui circulaient dans la région avec une voiture remorquant une roulotte-camping comprenant lits, douche et cuisine.Ils se reposaient, car ils avaient chassé la nuit précédente.« Pourquoi la nuit ?« Il est difficile de tirer le kangourou quand il se déplace, car il va plus vite que le cerf.On gâcherait ainsi de nombreuses cartouches », m\u2019expliqua l\u2019un d\u2019eux.« On le chasse la nuit, en voiture.Les phares l\u2019éblouissent et l\u2019immobilisent.On le tire ainsi à coup sûr ».C\u2019est en 1797 que les premiers mérinos espagnols furent importés.Ils firent la richesse de l\u2019Australie.*> yï-l.V «ï ' SJ «f» X.i?.m ¦\u2014 Combien en tuez-vous en moyenne ?\u2014- Oh ! environ une centaine chaque nuit.Précisons cependant que la chasse au kangourou est réglementée.Que font les chasseurs des animaux qu\u2019ils tuent?Ils récupèrent toujours la peau pour la vendre et aussi, parfois, la queue (la seule partie comestible du kangourou), qui est une des délicatesses de la cuisine australienne.Quant au Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 5 reste de l\u2019animal, ils le laissent sur place.Les bêtes, les oiseaux et les insectes se chargent du nettoyage.Il faut aussi lutter contre les dingos, ces chiens sauvages d\u2019Australie, qui tuent et mangent plus d\u2019un demi-million de moutons annuellement.L\u2019alimentation des dingos coûte cher à l\u2019Australie \u2014 quelque trois millions de livres chaque année ! A cet égard, la situation a empiré au cours des dernières années malgré tous les efforts qui ont été faits pour les détruire.Les dingos tuent, en effet, un plus grand nombre de moutons depuis qu'ils n\u2019ont plus de lapin à manger.D\u2019autre part, les éleveurs ont utilisé pendant longtemps des chiens pour les chasser.Or, beaucoup de ces chiens ont choisi la liberté et se sont mêlés aux dingos.Si bien que la race s\u2019est améliorée et que le nouveau dingo pèse deux fois plus que l\u2019ancien.Son appétit aussi a doublé1 Tous les moyens sont donc employés pour les détruire.Dans le Queensland, par exemple, 240,000 dingos ont été tués au fusil, empoisonnés ou pris au piège dans les vingt dernières années.Pour encourager la chasse, le gouvernement de cet Etat donne même une prime d\u2019une livre australienne (environ 2 dollars) pour chaque peau de dingo \u2014 l\u2019an dernier, il a déboursé au toltal 27.000 livres à cet effet.L\u2019effort qui est ainsi accompli est cependant encore insuffisant.C\u2019est pourquoi les éleveurs dépensent des sommes considérables pour élever des barrières protectrices autour de leurs troupeau.Les Etats ont également entrepris la construction d\u2019une vaste ligne de frontière entre les zones d\u2019élevage et les régions sauvages où vivent les dingos.Le Queensland à lui seul érige une barrière longue de *3.500 milles, dont le coût total s\u2019élève à 900.000 dollars.Cette barrière, haute de 5 pieds environ, comprend à la base un grillage contre les lapins \u2014 car ils peuvent devenir résistants à la myxomatose et se repeupler \u2014 et dans la partie supérieure, un autre grillage moins serré, contre les dingos et les masurpiaux.Il faut aussi améliorer les terres et parfois semer, notamment après les périodes de sécheresse au cours desquelles les pâturages ont été brûlés ; et ceci pose un problème considérable dans ces vastes étendues.Un seul moyen : l\u2019avion qui répand graines et engrais.Nous avons circulé pendant plusieurs heures dans le domaine de la famille Smith sans en sortir.Comment en est-elle devenu propriétaire ?C\u2019est très simple.Torn Smith, le père, a quitté le pays de Galles, il y a presque un demi-siècle, et s\u2019est installé en Australie.Le Gouvernement lui a octroyé une concession.Il s\u2019est mis au travail, a bâti l\u2019embryon de ce qui est aujourd\u2019hui la Wilangie Station, a acheté peu à peu les terres et, aidé de ses enfants, n\u2019a cessé d\u2019agrandir sa propriété.C\u2019est maintenant son fils, W.B.Smith, qui dirige la « station ».« Combien avez-vous de moutons ?» demandai-je à celui-ci.« Oh ! neuf à dix mille », me dit-il.« J\u2019ai beaucoup aimé la précision de sa réponse.On s\u2019imagine aisément qu\u2019elle fut la vie des pionniers dans ce pays ingrat.Ce qu\u2019ils en ont fait, aux prix d\u2019efforts extraordinaires, constitue une magnifique victoire de l\u2019homme : « C\u2019est un peuple de héros ! » remarqua un confrère italien.Cette vie rude a fait des générations d\u2019athlètes.11 ne faut donc pas s\u2019étonner que l\u2019Australie, qui compte un peu plus de neuf millions d\u2019habitants, se soit classée troisième lors des récents Jeux Olympiques derrière l\u2019U.R.S.S.et les U.S.A.Les Murray Rose, Lewis Hoad, Ken Rosewall, Dawn Fraser, Lorraine Crapp, Shirley Strickland, John Landy et autres Charles Porter, sont les descendants de ces pionniers.Ajoutons à cela que les Australiens adorent le sport \u2014 il est vrai qu\u2019ils n\u2019ont pas beaucoup d\u2019autres possibilités de distraction \u2014 et que le pays est très bien équipé en installations sportives.La Wilangie Station, comme toutes les autres stations que nous avons visitées, avait des courts de tennis.Certaines ont des piscines également.On adore le cheval aussi en Australie, et les Smith nous ont passé un film en couleurs pris lors des dernières courses qu\u2019ils ont organisées dans leur propriété.Leurs voisins \u2014 le plus proche se trouve à quelque 25 milles \u2014 étaient venus les challenger.La plupart des stations ont d\u2019ailleurs leurs courses, auxquelles hommes et femmes participent, et qui donnent lieu à des fêtes.La Wilangie Station a, si l\u2019on peut dire, son hippodrome : une piste bien tracée et même une petite tribune.D\u2019après le film que nous avons vu, le sport et le bon voisinage triomphent dans ces manifestations.L\u2019amour aussi, je suppose, car bien des idylles doivent s\u2019y nouer qui finissent par des mariages.Le film nous révèle aussi l\u2019étrange et grandiose beauté de la prairie au printemps.Mulgas et spinifex étaient en fleurs et la plaine resplendissait à l\u2019infini de leurs éclatantes couleurs.(à suivre) La semaine prochaine : 2) es villes ani ressemblent à celles du \u201cCJar -\u2018West\" JZ es zz^boricjèytes Qwc pensez - vous de / ^z/dustrcxlie Ÿ jCLes jeux olympiques (Suite et fin du reportage qu'a fait notre correspondant dans ce pays vaste comme un continent) AUTRES ASPECTS DE L'AUSTRALIE L'ECOLE PAR RADIO ET LES MEDECINS VOLANTS An coin d'Argent et d\u2019Oxyde Streets à Broken Hill, un panneau routier indique : Wilcannia 125 milles, Tibooburra 214 milles, et White Cliffs 125 milles.Cela donne une idée de l\u2019isolement des agglomérations dans la région.Ce mot «agglomération » est d\u2019ailleurs impropre car il faut préciser que ces trois villages ont respectivement 1.000, 300 et 325 habitants.Cet isolement a posé un problème considérable quant à l\u2019éducation des enfants des «stations» et des fermes, car tontes n\u2019ont pas d'instituteur, Le gouvernement australien l\u2019a résolu en créant l\u2019école par correspondance et par radio.Des services spéciaux, dépendant du ministère de l\u2019Education nationale, sont donc chargés, par région, des cours par correspondance.Mais il s\u2019est vite avéré que ceux-ci étaient insuffisants car il manquait aux élèves la présence de l\u2019éducateur.Il fallait aussi lutter contre la timidité dont souffraient les enfants, de l\u2019« Outback », cette timidité née de l\u2019isolement.Il fallait créer des relations régulières non seulement entre les enfants et le maître, mais aussi entre les enfants eux-mêmes.Il n\u2019y avait qu\u2019une seule solution possible : l\u2019école pat radio qui complète l\u2019école par correspondance.En fait, le terme « maître » que j\u2019ai employé n\u2019est pas tout à fait exact.Pour des raisons évidentes, dont la principale est celle de (n douceur maternelle, les institutrices ont en effet été généralement préférées aux instituteurs pour cette tâche.J\u2019ai assisté, à Alice Springs dans le Northern Territory, à un cours par radio \u2014 il va sans dire que les « stations » et fermes possèdent toutes des postes récepteurs-émetteurs.L\u2019institutrice fit d\u2019abord passer l\u2019indicatif de l\u2019émission, puis elle dit : « Bonjours mes enfants ».Elle brancha sur la réception et on entendit les enfants, dont les voix venaient d\u2019un, peu partout, répondre : « Good morning, Miss Jones ».Celle-ci annonça alors qu\u2019elle allait jouer au piano la chanson qu\u2019elle leur avait demandé d\u2019apprendre.Elle la joua puis demanda à ses élèves de la reprendre en choeur.Elle brancha de nouveau sur la réception et l\u2019on entendit les voix des enfants, quelquefois déformées par le fading.Puis elle fit une lecture sur un sujet d\u2019histoire, parla des devoirs et des leçons, interrogea quelques eleves, etc.A la fin, le God Save The Queen repris en choeur par les élèves et l\u2019émission quotidienne de l\u2019école par radio était terminée.Je dois dire que ce fut à la fois étonnant et impressionnant ! Une autre organisation non moins étonnante est celle des \u2022>» mm 1 ¦ BS m \u2022;< h.\tfi J** .: f.uéÿm- \"Ornifle ou le courant d\u2019air\", une comédie de Jean Anouilh présentée à la Comédie des Champs-Elysées.Mise en scène de l\u2019auteur et Claude Sainval.Décor de J.-D.Malclès.Voici Pierre Brasseur et Catherine Anouilh.cier d\u2019en face et en temps opportun il criait à sa femme : « Descends vite ! Il va y avoir des pomme*, de terre ! » Ces préoccupations bien légitimes ne ralentissaient pas sa production dramatique.Printemps et Fresnay lui jouèrent sa «Léocadia» à la Micliodière.A l\u2019Ati lier, Barsac présenta avec Monelle Valentin en vedette « Le Rendez-vous de Senlis », « Eurydice : et cette « Antigone » qui, avant de faire à peu près le tour du monde, provoqua un certain bruit à Paris .et aux environs.Quelques-uns voulurent y voir une justification du gouvernement de Vichy, tandis que d\u2019autres y entendaient le chant de la liberté.Un dur dont on a oublié le nom y relevait des traces de « désespérance fasciste ».Le bon sens finit par prendre l\u2019avantage et les reprises d\u2019« Antigone », après la Libération, furent triomphales.Anouilh a donné ensuite «Roméo et Jeannette» (dont les Américains ont tiré un film situé aux Indes), «L\u2019invitation au château», «La Valse des toréadors »,\t< La Répétition ou l\u2019amour puni », « Ar- dèle ou la marguerite», «Colombe», « Médée.«l\u2019Alouette .11 a adapté Shakespeare, Wilde, O\u2019Neil.En manière de cadeau d\u2019aniversaire à sa fille, il a écrit « L\u2019Ecole des pères que Catherine a d\u2019ailleurs jouée ensuite comme elle joue maintenant dans « Ornifle ».Cinéma, timidité et polémique L\u2019activité cinématographique d\u2019Anouilh ne manque pas de diversité.Après les films publicitaires d« ses débuts il a fabriqué avec Jean Aureuche les dialogues des « Dégourdis [ Lire la suite parir 29 1 8 Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 c oeur par JACQUELINE ^\t\u2022 Expérience pour le moins curieuse : J A New-York, 201 petits garçons et B petites filles ont été introduits, un à ¦ un, dans une petite cabine, \u2014 ils fu-H rent enchantés car sur un petit écran se déroulait un délicieux dessin ani-S mé de Mickey la souris ; mais soudain, B l\u2019obscurité se fit dans la petite pièce ; m l\u2019immense majorité des enfants se mi- y Aujourd\u2019hui, Je viens te dire mon pro- |g blême.Je n\u2019aurai mes 16 ans qu\u2019au mois de juillet.Tu vas dire, J'en suis sûre ; | « tu étais\tbien\tjeune pour\tdonner ton coeur ».Je le sais, mais Je suis sentimen- | taie et j\u2019en suis malheureuse.Il y a envi- jg| ron trois\tmois,\tJ\u2019aimais un\tgarçon une\tB semaine et la semaine d\u2019après, c\u2019était un = autre.Puis, J\u2019ai rencontré O.Lui, Je ne U l\u2019aimais pas.mais j\u2019ai été avec treize mois g de suite avant de rompre.Depuis le mardi H de Pâques,\tje l\u2019ai\trencontré avec une blonde\tg bien plus\tJolie\tque moi.A\tmon grand\t(§ étonnement, j\u2019ai vu que je ne l\u2019avais pas m oublié et nous sommes resortis ensemble S jusqu'à\tdernièrement.En\tvenant me re-\tg conduire à 'a maison, il a arrêté son auto = dans la\tcôte et m\u2019a dit\tqu\u2019il ne voulait\tg pas me faire manquer mon année.(Je suis = en 10e) et il a ajouté que nous ne pour- | rions nous épouser avant cinq ou six ans, .etc.etc.Jacqueline, dis-moi comment agir | ou si tu ne peux pas, dis-moi un mol y d\u2019encouragement.\tI Amoureuse de seize ans\tg A un Brun de dix-neuf ans.\tP J\u2019ai résumé votre\tlettre\tJe quatre pages\tafin d'en donner l\u2019essentiel.Je vous\tP encourage à écouter les\tconseils de ce.garçon qui vous aime sérieusement, alors\tg que vous n\u2019êtes retournée à lui que par dépit en le voyant avec une jeune fille plus g jolie que vous.Il a.eu tout cas, le sens de scs responsabilités et ne veut pas éveiller, g en vous, un émoi des sens qui, uni à votre sentimentalité, pourrait vous perdre.Etudiez, S développez votre intelligence, améliorez vos qualités ménagères' et n\u2019essayez pas g d\u2019oublier ce garçon\ten sortant à droite et\tà gauche avec d'autres moins dignes de\ts votre coeur qui est\tbon.\t(Votre phrase sur\tvotre rivale prouve que nous n\u2019êtes pas\tg exempte\tde\tgénérosité).\tL\u2019amour\treviendra quand\tvous serez prête\tà l\u2019accueillir en\tg femme .\tet\tnon\ten\tpetite\tfille\tqui\tnéglige ses\tdevoirs de classe\tpour sortir avec\tg les garçons.\tg aj j\u2019aime un garçon de dix-neuf ans et il est parti, il y a deux mois, pour Montréal.Il ne g \u201d m*a écrit que trois fois depuis son départ, et ceci au début.J\u2019ai seize ans et J\u2019attends une I réponse à ma dernière lettre qui date d\u2019un mois.Est-ce que Je devrais lui écrire encore ou y faire le silence ?Je l\u2019aime beaucoup, je pense à lui souvent.Donnez-moi un conseil.Une g qui\taime bien.\tS Tatou.\tg Connaissez-vous une chanson de notre folklore dont le refrain donne ce conseil : C\u2019est P pas l\u2019affaire, des filles d\u2019embrasser les garçons, d\u2019embrasser les garçons, la destinée, la g rose aux bois ; d\u2019embrasser les garçons (bis) .Cela veut dire en langage tout simple P que c\u2019est l\u2019homme qui doit faire les avances et que si vos lettres restent sans réponse, g c\u2019est qu'il vous a oubliée.Momentanément, peut-être, mais attendez qu\u2019il vous revienne.P Si vos lettres lui manquent, il répondra bien un jour ou l\u2019autre.Votre amourette est g peut-être\tfinie, mais notre, fierté, aéra saune.\tS§ y je lis régulièrement votre courrier et je le trouve très intéressant.Voici mon problème : 1 Je suis un adolescent de seize ans et je suis assez vieux de caractère.Ça fait trois ans j que Je sors avec les filles et durant ce temps, avec seulement deux.C\u2019est donc dire que je m\u2019accordais très bien avec elles.La première était une jeune fille de quatorze ans que j\u2019ai | quittée au bout d\u2019un an parce qu\u2019elle était trop excitée ; malheureusement, la deuxième (avec qui Je ne m\u2019étais querellée qu\u2019une fois en deux ans) a déménagé au Nouveau-Brunswick et | nous\tnous sommes quittés\tavec peine.Je\tn\u2019ai\tjamais été\tgêné avec les filles, mais mon caractère a changé et J\u2019ai de\tla\tdifficulté à\tni\u2019en\ttrouver une\tautre.Donc, je vous demanderais de me donner quelques conseils pour m\u2019en trouver une et aussi comment faire pour quitter cette gêne qui me tracasse beaucoup.Tit-Counne.Vous étiez un adolescent de treize ans quand vous avez commencé à sortir avec des jeunes fillc3.Vous les traitiez peut-être en camarades, et votre connaissance d\u2019elles était moins complexe, moins physique, que celle que vous en avez aujourd\u2019hui.Vous traversez le stage de\tla\tpuberté et\tvous\tvous sentez\ttroublé dans votre esprit comme dans vos sens.Faites\tla\ttransition d\u2019une\tfaçon saine\ten pratiquant les sports, particu- lièrement la natation et la marche.Essayez de retrouver les mots d\u2019autrefois pour leur parler : traitez-les en amies et ne vous torturez pas pour rien.Soyez réservé mais non timide si vous voulez plaire aux femmes.y Je lis toutes les semaines votre intéressant courrier.Alors, voilà mon problème : Combien de temps un veuf doit-il porter le deuil pour sa femme, morte en mars dernier.Comme Je suis veuve également et que nous voulons nous marier, je voudrais être fixée.Je ne sais pas au Juste s\u2019il veut faire un long deuil ou s\u2019il veut régler les dettes de la longue maladie de sa femme avant de convoler de nouveau.Jolie veuve aux yeux dleus.Le deuil des époux est de.un an au minimum et se prolonge par le demi-deuil.On excuse quelquefois un remariage hâtif pour des raisons impérieuses (et pas toujours avouables) ou sérieuses, comme le désir d\u2019élever les enfants en bas âge laissés par la morte.Pourquoi ne pas attendre le délai exigé par les convenances, d\u2019autant plus que votre prétendant n\u2019est pas libre (financièrement) et que vous commenceriez votre vie en commun sur un mauvais pied.En fin de compte, c\u2019est à lui qu\u2019il faudrait poser vos questions .ou votre demande.On envoie ses questions à : JACQUELINE, Magaiine \u201d Le 975, rue de Bullion, Montréal, Qué.Samedi iuiinii!i ¦ ¦¦I IIIMIIIl !!!¦! rent aussitôt à crier de terreur, à trépigner, à donner des coups de pied contre les murs, à se cramponner, d\u2019autres se bornèrent à pleurer, mais ne songèrent pas à s\u2019échapper, d\u2019autres enfin restèrent calmes et cherchaient une issue.L\u2019issue, c\u2019était la poignée de la porte mise à leur portée.Par deux trous percés dans les murs, deux « experts » étudièrent les réflexes des petits cobayes.Expérience ordonnée par le gouvernement pour étudier le comportement des enfants qui, de plus en plus nombreux, meurent pour s\u2019être enfermés accidentellement dans des locaux abandonnés ou dans des frigidaires.\u2022\tConseil du juge d\u2019un tribunal de Boston à l\u2019étudiant Dean Haerer, qui avait assailli et frappé un autre étudiant, Ronald Willey, qui lui avait détourné sa fiancé :\t« Ne le frappe plus, remerciez-le.» Et il l\u2019a acquitté.\u2022\tClaire Booth Luce, la femme ambassadrice, et l\u2019actrice Audrey Hepburn viennent d\u2019être proclamées, être les deux femmes les mieux habillées aux Etats-Unis par les spécialistes de la haute couture américaine.Suivent ensuite : la duchesse de Windsor, la cantatrice Maria Callas, Rosalind Russel et Esther Williams.\u2022\t1 époux américain sur 13 exerce plus d\u2019une profession ; chez les célibataires, cette proportion n\u2019est que 1 sur 15.Conclusion : les hommes mariés sont plus travailleurs.\u2022\tLes algues marines sont de plus en plus employées dans l\u2019industrie alimentaire américaine ; pour leur récolte, une tondeuse pouvant opérer jusqu\u2019à 30 pieds de profondeur sous l\u2019eau vient d\u2019être mise au point.\u2022\tUne chienne de race Collie a mis bas à New-York 7 petits ; 5 des chiots sont blancs, un brun et le septième est vert.Les vétérinaires sont perplexes, cette couleur est pour eux un mystère.\u2022\tTant mieux pour la fiancée : un curieux « fiancé » de Chicago, Jack P.avait promis de fixer la date de leur mariage à Elvira S., si elle obtenait le diplôme d\u2019une école ménagère ; il a annulé les fiançailles, parce que Elvira n\u2019avait pas obtenu le minimum de points au cours de cuisine.Mais, depuis, elle a reçu 15 demandes en mariage ! \u2022\t« La fraude aux examens dans les écoles moyennes est chose courante aux Etats-Unis » vient de déclarer \u2022\tMrs.Ruth Maurer, morte à Reading (Pennsylvanie) a légué 50,000 dollars à son chien Bobby.Il continuera à vivre dans la maison de sa maîtresse sous la surveillance d\u2019une nurse, il dormira dans un vrai lit dans une chambre à coucher, celle de Madame, à air conditionné etc.\u2022\tLa nouveauté touristique la plus frappante, ce sont les « igloos » pour les campeurs, \u2014 en tissus de nylon traités à la matière plastique ; l\u2019enveloppe est creuse elle peut être gonflée en 15 minutes à l\u2019aide d\u2019un petit compresseur.La tente-igloo est non seulement imperméable, mais ininflammable ; prix d\u2019un igloo de 15 pieds de diamètre et d\u2019une hauteur centrale de 12 pieds : 750 dollars.\u2022\tLes fabricants de gants des USA ont constaté que, depuis 25 ans, les mains des femmes ont grandi d'un numéro (du G au 7) tandis que celles des hommes auraient rapetissé ; conséquence du plus grand nombre de femmes employées à des travaux manuels et d\u2019hommes libérés de ces mêmes travaux.\u2022\tPour porter les documents d\u2019un bureau à l\u2019autre et d\u2019un bâtiment à l\u2019autre, les jeunes filles employées à ce travail dans les grandes administrations et usines américaines doivent désormais apprendre à rouler sur patins à roulettes.Dans une usine d\u2019avions, l\u2019application de ce moyen de locomotion a accéléré leur déplacements de 700%.le professeur Jacob, de l\u2019Université de Pennsylvanie.Cette déclaration a fait sensation, car il n\u2019est pas précisé si la fraude est imputée aux seuls élèves.\u2022\tDes talons d\u2019une hauteur inusitée sont offerts aux Américaines pour avoir, elles aussi, la silhouette et les « effets de hanches » de Marilyn Monroe.Mais les pieds, qu\u2019en diront-ils ?\u2022\tUn nouveau modèle de poupée : la poupée sale, aux vêtements déchirés et aux cheveux défaits enregistre des records de vente dans les magasins américains ; elle donne aux petites filles la grande joie de rhabiller de neuf, coiffer et laver cette malheureuse.Et naturellement les mamans, avec la poupée en haillons, achètent toute une garde-robe neuve.\u2022\tMme Margaret Chase Smith, membre du Sénat américain, a demandé des explications sur la récente nomi- .nation de l\u2019acteur sur la récente nomi-Stewart au grade de général de réserve de l\u2019aviation américaine ; il est vrai que « Jimmy » y était déjà colonel.\u2022\t« Commencez vos repas avec les sucreries et terminez-les avec les légumes, recommande le dentiste Nicholas Migliacco de Bristol.Cela enlèverait toute trace de sucre entre vos dents, \u2014 ce délicieux sucre qui détruit les dents ».\u2022\tLa consommation de viande aux ^j Etats-Unis est assez faible : environ 55 livres par an et par habitant ; mais en Europe, la consommation est plus élevée et oscille de 80 à 95 livres par Européen et par an.Les plus gros consommateurs de viande sont les Australiens : 190 livres par an et par habitant.\u2022\tRoméo Patterson, ouvrier à Philadelphie, aimait une institutrice ; celle-ci, inquiète de la différence de leur niveau intellectuel, soumit Roméo à une rude épreuve avant de dire « oui ».Elle lui demanda de lui répéter par coeur 1.500 vers de Roméo et Juliette de Shakespeare ; il réussit et ils viennent de se marier.\u2022\tLes mamans habitant autour de la base aérienne américaine d\u2019Oxnard se plaignent de ce que les avions à réaction empêchent leurs enfants de dormir ; et le Colonel de la base de donner les instructions suivantes aux pilotes : « Rendre visite aux mamans qui écrivent, admirer leurs bébés et leur expliquer que le bruit que vous faites est fait pour protéger leur famille d\u2019attaques ennemies similaires ».\u2022\tM.et Mme Blachman, de Long Island, avaient audacieusement versé 1.900 dollars de primes d\u2019assurances, convaincus que Mme Blachman donnerait vie, pour la troisième fois, à des jumeaux or, elle vient d\u2019accoucher d\u2019un seul garçon et le ménage ne touchera pas les 25.000 dollars espérés de la compagnie d\u2019assurances.\u2022\tLes hommes ajouteraient de nombreuses années à la durée de leur vie s\u2019ils suivaient l\u2019exemple des femmes et pleuraient sous l\u2019effet de l\u2019émotion : déclare le Dr James Bond de l'Université de Floride.\u2022\tUn autre médecin de Boston vient de faire cette déclaration : lorsque les hommes sont en proie à l\u2019inquiétude, à l\u2019émotion et des difficultés, ils boivent, \u2014 mais les femmes américaines placées dans les mêmes conditions, se mettent à manger des chocolats et autres douceurs, qui les font grossir.\u2022\tA l\u2019heure de pointe, 3 coups de pistolet retentissent dans un grand magasin de Chicago ; un homme descend l\u2019escalier central en courant, et tombe.\u2014 Cris de terreur des clientes, \u2014 plusieurs s\u2019évanouissent, mais quelques instants plus tard, les haut-parleurs annoncent: «Vous venez de vivre une épisode de notre passionnant roman-policier L\u2019Homme qui devint assassin qui est en vente au rayon de librairie à 3 dollars seulement ».\u2022\tUn « professeur en soins de beauté » de Los Angeles recommande aux hommes de mettre du rouge sur leurs ¦ lèvres, comme les femmes ; il avait convoqué 1,000 hommes de toutes classes sociales pour une demonstration gratuite, mais 14 seulement sur les 1,000 consentent à repartir avec du rouge sur les lèvres.Seront-ils l\u2019avant-garde qui n\u2019a pas peur du ridicule ? Le Samedi, Montréal, 10 août VJ57 \u2022\tLorsqu\u2019une dispute éclate entre époux, l\u2019un d\u2019eux devrait se retirer immédiatement dans la salle de bains, laisser couler l\u2019eau et s\u2019asseoir dedans.C\u2019est le conseil d\u2019un grand médecin de New-York : « essayez de vous disputer en sortant du bain., impossible ! » \u2022\t«Donald dotmira 4 jours et demi » ont déclaré les médecins à ses parents, Mr.et Mrs.Seick, à Denver.Donald, 4 ans, avait avalé 12 comprimés calmants de Naman.\u2022\t« J\u2019ai visité deux fois la planète Vénus et suis en contact permanent avec la planète » avait déclaré Harold Jesse à une employée qui, en vue de leur mariage, lui avait confié ses économies : 40,000 dollars.Mais le fiancé \u2014 escroc est maintenant en prison.\u2022\tUne feuille de papier métallisé, sur laquelle aucun texte n\u2019est imprimé, est encartée chaque jour dans les 40 à 60 pages d\u2019un grand quotidien américain : elle doit servir aux lecteurs pour envelopper leurs sandwiches.Des milliers de lectrices ont écrit au journal pour le remercier de cette «délicate attention» qui semble moins impressionner les hommes.\u2022\tLes caprices coûteux : une vieille demoiselle, Florence Goff, décédée à Cincinnati, avait demandé dans son testament qu\u2019une pyramide haute de 120 pieds fût élevée sur sa tombe ; la pyramide aurait coûté 40,000 dollars et aurait singulièrement rétréci l\u2019héritage ; les héritiers ont demandé à la justice de trancher la question ; décision du juge : la pyramide aura 6 pieds de hauteur, sa largeur à la base sera de 6 pieds, \u2014 elle ne coûtera que 7,000 dollars et les héritiers se partageront.ce qui restera après que le fisc aura été satisfait.\u2022\tDans les cabines du téléphone public à Livingstone, ville du New- Jersey, une enveloppe est suspendue qui contient plusieurs pièces de 10 cents, prix d\u2019un appel.Police-Secours et les Pompiers sont les auteurs de cette initiative qui doit éviter toute perte de temps aux personnes qui les demandent et qui sont démunies de menue monnaie.Ceux qui empruntent ainsi l\u2019une des pièces sont priés de la remplacer dès que cela leur sera possible.Jusqu\u2019ici, aucun vol n\u2019a été constaté.\u2022\tUn « concours du meilleur pain » s\u2019est déroulé entre les boulangers de la ville de Los-Angeles ; lorsqu\u2019il avait encaissé le premier prix, le lauréat fut invité par les journalistes d\u2019indiquer sa « méthode » de cuisson : « les 5 pains qui ont été primés, je les avais cuits il y a un an, \u2014 et ma femme les avais mis au frigidaire ».\u2022\tAutomation partout : le dernier cri alimentaire aux Etats-Unis, c\u2019est depuis quelques mois le repas de midi préparé et servi par des machines automatiques ; dans une usine de New-York, les automates préparent chaque jour 33 menus et boissons différents, cela presque sans intervention de main d\u2019homme, \u2014 chaque client presse un bouton correspondant au menu qu\u2019il désire et celui-ci apparaît devant lui, sur un plateau, avec pain, couvert et serviette.\u2022\t11 étudiants d'une école moyenne de Des Moines ont été renvoyés : ils s\u2019étaient rasé le crâne pour ressembler à l\u2019acteur Yul Brynner, qui venait d\u2019obtenir l\u2019Oscar.\u2022\tLe « meilleur père de famille de l\u2019année » est élu chaque année aux Etats-Unis ; pour 1956, le titre est échu à Jack Zinus, veuf de 40 ans dont la femme est morte en 1953, après la naissance de leur sixième enfant ; il rentre chez lui en quittant son travail dans une aciérie et se consacre entièrement à ses enfants ; « J\u2019aime faire la cuisine et le ménage », mais le plus difficile pour moi, c\u2019est de donner des conseils à.mes 3 filles.» Son titre de meilleur père de famille a mis ce ménage privé de maman dans une aisance confortable.\u2022\tUne grande firme d'éditions littéraires a fait appel à une fabrique de disques pour enregistrer des romans entiers sur disques ou sur bandes ; désormais, Mesdames, vous pourrez entendre vos auteurs préférés, au lieu de devoir les lire vous-mêmes.\u2022\tNouveauté : des pantoufles entières et aussi des « slippers » pour le bain, en papier imprégné, très résistantes et aux dessins très jolis, ont un autre avantage : le bon marché.\u2022\tLa justice des U.S.A.ne badine pas : Mrs.Edith G., de Newark, Britannique de naissance mais mariée à un 9 que soir pour qu\u2019il aide sa maman à faire la vaisselle, et son papa à laver la voiture.\u2022 Les Américains adorent organiser des réceptions ou « parties » dans leurs maisons et appartements la semaine passée, les invités étaient si nombreux qu'ils restaient littéralement coincés dans un appartement de Philadelphie : plus de 100 personnes dans deux pièces exiguës, \u2014 la police dut intervenir pour les dégager.C\u2019est ce qu\u2019on appelle les « sardine-party ».Martine Carol, de passage à New-York, a voulu manger \"à l'amérl-ne\" dans un express du Broadway.V LES U.S.A.EN 20 MINUTES Américain et mère de deux enfants américains, vient d\u2019être priée de quitter les Etats-Unis, à cause de 2 délits commis en Angleterre il y a 15 ans : le vol d\u2019une montre et un voyage sans billet en chemin de fer.Son avocat a demandé à la Reine d\u2019Angleterre de gracier sa cliente, mais la grâce a été refusée ; l\u2019avocat a maintenant demandé au Congrès de Washington de voter une loi spéciale pour Mme G., qui lui permettrait de quitter le pays et d\u2019y revenir aussitôt.\u2022\t559,000 passeports pour voyages à l\u2019étranger ont été délivrés aux Etats- Unis en 1956, dont 157,600 à des femmes, ou 28% du total.Ce sont donc les femmes américaines qui voyagent le plus à l\u2019étranger ; il faut préciser qu\u2019il s\u2019agit là de 157,600 « housewives » ou « ménagères » c\u2019est-à-dire des femmes mariées ; elles sont, de loin, la catégorie la plus nombreuse, suivie de 48,000 étudiants et étudiantes, 30,000 employées ou secrétaires, 26,000 pensionnées, 25,000 membres de l\u2019enseignement, 24,700 ingénieurs et techniciens, 17,000 militaires.Enfin, les femmes l\u2019emportent par 56.3% sur les hommes, qui totalisent 43.7% des voyages à l\u2019étranger.\u2022\tA Indianapolis, un garçonnet de 8 ans venait demander un livre sur l\u2019hypnotisme ; questionné il a déclaré vouloir hypnotiser son frère aîné cha- Jane Russell, au cours d'une réception mondaine à Hollywood.\u2022 Un chirurgien américain, le Dr.Robert Franklyn, fait beaucoup parler de lui ; ne déclare-t-il pas publiquement qu\u2019il peut rendre un visage de jeune fille à toute femme d\u2019un certain âge.Il injecte sous la peau un « liquide plastique » qui supprime les rides et « remplit les affaissements ».L\u2019opération ne dure généralement que 5 à 6 minutes.Le « liquide plastique » remplace l\u2019humidité naturelle qui disparaît sous la peau chez les adultes et les vieillards.Le Dr.Franklyn a soigné à Los Angeles et à Hollywood plus de 10,000 femmes, qui se sentiraient rajeunies de 5 à 10 ans en ce qui concerne le visage.L\u2019effet du traitement n\u2019est pas uniforme, mais il serait de plusieurs années ; prix du traitement : 500 à 1,000 dollars.\u2022\tUne femme-peintre américaine est célèbre pour ses motifs de Noël, qu\u2019elle crée chaque année et qui sont diffusés à des millions d\u2019exemplaires sous forme de cartes postales et éditions plus luxueuses ; c\u2019est « Grandma Moses » ou Grand-Mère Moscs, qui vient de fêter ses 96 ans ; elle prépare sa «collection» de Noël 1957 et elle a dit «je suis trop paresseuse mainte nant pour peindre autre chose que la Noël ».\u2022\tMary Astor, étoile du cinéma muet, continue sa carrière depuis 15 ans sur les scènes du théâtre parlant et à la télévision ; elle vient de déclarer à la T-V : « Pourquoi une femme cacherait-elle indéfiniment son âge, \u2014 j\u2019ai maintenant 52 ans ».Et le journal qui rapporte l\u2019anecdote d\u2019ajou'er galamment :\t« Et elle en paraît bien moins ».\u2022\tUn architecte américain, Mr.Copeland, spécialiste de la construction des magasins à rayons multiples, proposera à son prochain client l'installation d\u2019un trottoir roulant circulaire autour du rez-de-chaussée du magasin ; les clients commenceraient leur visite au magasin par un défilé en rè-[Lire la suite page 29] 10 Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 Quatre pages : 30,000 dollars Cela est si vrai que Françoise Sagan ne peut mesurer encore tout ce que son accident d\u2019automobile lui a apporté.A l\u2019image scandaleuse de cette jeune fille très libre, qui passait ses nuits à boire du whisky écossais dans la brume triste des boîtes à jazz et s\u2019en allait, le vent du matin dans ses cheveux courts, It pied nu sur l\u2019accélérateur de sa voiture de course, s\u2019est ajoutée une autre image : celle de l\u2019Aston-Martin pirouettant dans le fossé et écrasant ses occupants sous son poids.La réaction populaire fut immédiate.Il n\u2019y eut qu\u2019une voix pour dire : \u2014 Cela devait arriver.iMiracle encore que tous s\u2019en tirent sans grand bobo.Miracle aussi que nulle famille n\u2019avait choisi cet endroit-là pour se promener.Mais te résultat de toir.cela tient en trois \u2019lignes que je trouva dans «La semaine de Paris ».Cei hebdomadaire qui donne le programme des spectacles de la Capitale est édité par « Ciné monde ».C\u2019est dire qu\u2019il est particulièrement informé du monde du ciné- REFLETS ma.Et voici ce qu\u2019on peut lire, dans son numéro du 22 mai : « Depuis son accident de voiture, le moindre synopsis (quatre pages) de Françoise Sagan vaut au moins 30,000 dollars.te divorce d'Ingrid Bcrgmann Le scandale I toujours le scandale ! Edwige Feuillère a commencé sa carrière en jouant nue sur des tapis persans.Martine Carol en organisant un suicide spectaculaire avec la collaboration de M.Pierre Yals, photographe de France-Dimanche.Le talent de M.Rosselini, le fuit-il ?Aussitôt on annonce que, folle de jalousie, Ingrid Bergmann, son épouse veut divorcer.Le motif ?A Bombay, où Rosselini est allé tourner six films pour le gouvernement indien, les bruits les plus scandaleux circulent à son sujet.Il habite la chambre 544 dans le Palace de la ville qui s\u2019appelle l'hôtel Taj Mahal.Or, la chambre 545 est occupée par Mme Gupta qui est la femme d\u2019un cinéaste, italien également.Selon le « Daily News », de New-York, Mme Gupta n\u2019a pas quitté une seule fois sa chambre depuis trois semaines qu\u2019elle l\u2019occupe.On raconte que les autorités indiennes auraient demandé à l\u2019ambassadeur à quitter le pays « afin d\u2019éviter le scandale ».Mais ce scandale, qui le forcera peut-être à interrompre son travail, lui a valu des millions de publicité alors que depuis « Paisa », tourné tout de suite après la guerre, Roberto Rosselini n'a pratiquement réussi aucun film.et le mariage de B.B.C\u2019est la nécessité pour les acteurs de faire scandale qui explique même l\u2019échec du Festival de Cannes.Autrefois, pour qu\u2019on parle de vous, il fallait déambuler pendant dix jours sur la Croisette.Aujourd\u2019hui, au contraire, pour se faire remarquer, il faut qu\u2019on dise :\t« Tiens, untel n\u2019était pas au Festival ! » Et cela s'explique.Il y a quelques années, le Festival, manifestation nouvelle très courue, attirait.Y participer, signifiait qu\u2019on était quelqu\u2019un d\u2019important.Qu\u2019on avait un nom , un renom, un public, peut-être même du talent.Mais, cette année, et déjà l\u2019an dernier, le courant s\u2019est renversé : ne pas venir au Festival, signifie qu\u2019on n\u2019a pas besoin de sa publicité ; qu\u2019on se moque des avantages qu\u2019il peut donner ; qu\u2019on a un nom, un renom, un public et peut-être même du talent, sans que le Festival y soit pour quelque chose.Ainsi, Brigitte Bardot, qui tournait « Une Parisienne » dans les studios niçois de la Victorinne ne s\u2019est même pas dérangée.On l\u2019a priée, suppliée.On l\u2019a même menacée.Parfaitement.On a menacé B.B.! Et pas d\u2019une très jolie façon.Par la bande, si j\u2019ose m\u2019exprimer ainsi.Puis-je le dire ?DE £ V ; J\u2019en connais qui vont grincer des dents.Mais c\u2019est une musique que j\u2019aime, alors tant pis.Brigitte Bardot a entouré son mariage, puis son divorce, avec Vadim, de tant de publicité qu\u2019elle ne s\u2019offusquera pas, je pense, qu\u2019on se permette de révéler le nom de son nouveau prince charmant.Celui-ci est un jeune comédien de beaucoup de talent : Jean-Louis Trintignant.La défaite du Festival Leur bonheur aurait été complet si Brigitte Bardot n\u2019avait dû partir tourner à Nice et si Jean-Louis Trintignant n\u2019était actuellement militaire à Paris.Qui dit armée dit permissions.Celles de Jean-Louis Trintignant se passent à La Colle-sur-Loup où Brigitte a loué une villa.Jusqu\u2019ici, rien de passionnant, direz-vous.On se moque de la vie privée de B.B et de son pioupiou.Attendez un peu.Quand les organisateurs du Festivals virent que celui-ci tournait en brioche, si vous me passez cette ex- pression un peu vulgaire, ils songèrent à B.B.Le producteur d\u2019« Une Parisienne » fut mandé ! Il avoua qu\u2019il payait B.B.fort cher \u2014 140.000 dollars prétend-on \u2014 mais que les heures de travail terminées, il n\u2019avait aucun pouvoir sur elle.Quand il lui avait demandé d\u2019aller faire un tour à Cannes, elle lui avait répondu, le plus gentiment du monde ! « Non ! » C\u2019est alors que quelqu'un, un futé, sans doute, lança le nom de Trintignant.Si on n\u2019avait aucun moyen depression sur l\u2019actrice, on en avait sur le militaire.Alors ?Ne pouvait-on, discrètement, ordonner un gentil chantage, dans le style : \u2014 Si vous ne venez pas à Cannes, Jean-Louis pourrait avoir moins de permissions.Ou qui sait, même, l\u2019Algérie.Vous avez entendu parler de l\u2019Algérie ?Mais le coeur qui bat dans la poitrine de Brigitte est digne de son écrin.Elle répondit : \u2014 Chiche ! Et, puisqu\u2019on lui faisait des misères, elle organisa à Nice une B.B.-party à laquelle assistèrent, évidemment, tous les journalistes rassemblées à Cannes.Et l\u2019on but très fort à la santé de Jean-Louis, le seul qui montra quelque inquiétude dans l\u2019affaire car il craint de finir son temps à Oujda.On dit que les organisateurs furent furieux.Je n\u2019en suis pas si sûr.D\u2019une manière ou de l\u2019autre, le Festival de Cannes avait eu le scandale sans lequel il ne serait plus, tout à fait, le Festival.Eisa contre Farouk \u2014 Comment! vous excusez la vie dissolue de Farouk en parlant des hommes qui ont des femmes dans chaque port.Mais vous devriez plutôt nous parler de ce porc qui est dans chaque homme.Eisa Maxwell éclate de rire : un rire lent, rauque, plein de hoquets L'ACTUALITE et de mépris.Dans cette XVIIe chambre correctionnelle où l\u2019a conduit un propos tenu sur l\u2019ex-roi Farouk, elle ressemble à Churchill.Excepté le cigare, tout y est : la trogne, l\u2019oeil gris de malice sous l\u2019ergot des sourcils ; la bajoue que l\u2019indignation fait trembler et jusqu\u2019à ce sens terrible du scandale qui frappe comme un coup de poing.La toque de guingois, une légion d\u2019Honneur en émail brinqueballant au bout d\u2019un ruban rouge, elle était entrée au pas de charge.Elle avait fait INGRID BERGMANN BRIGITTE BARDOT le tour de salle du regard, un poing sur la hanche, boudinée dans un tailleur noir.Aux visages connus, elle grimaçait un sourire de bouledogue et agitait des gros doigts gantés de blanc.Puis, elle s\u2019était assise et, la mine ravie, avait commencé d\u2019écouter la lecture de l\u2019acte d\u2019accusation de ce procès très parisien, puisqu\u2019on y voyait un Egyptien réclamer cinq millions à une américaine.C\u2019était en effet à ce prix que M.Farouk avait évalué l\u2019honneur du roi d\u2019Egypte.De corpulence éléphantes-que, on lui prêtait à tort le cuir de l\u2019animal.C\u2019était mal le juger.M.Farouk avait la fragilité de la rose et quatre lignes d\u2019Eisa Maxwell l\u2019avaient plongé dans cinq millions de honte.«Alphonse XIII était un grand seigneur, avait-elle écrit.On n\u2019en dira jamais autant de l\u2019ex-roi Farouk.Il m\u2019invita un jour à Deauville.Je lui répondis par télégramme que je ne fréquentais ni les pitres, ni les singes, ni les dépravés, ni les malfaiteurs.» De quelqu'un condamné par son métier à vivre perpétuellement avec le Tout-Paris, le Tout-Rome, le Tout-Londres ou le Tout-New-York, cette éclatante profession de foi avait de quoi surprendre.D\u2019autant qu\u2019elle était extraite d\u2019un livre intitulé : « J\u2019ai reçu le monde entier.» Mais il suffirait de regarder Eisa Maxwell pour s\u2019apercevoir que les contradictions de pensée devaient être le cadet de ses soucis.La manière dont elle se tenait, s\u2019agitait, gloussait, répondait au Président, affrontait les photographes, apparaissait flanquée à sa droite d\u2019une demoiselle en rouge et à sa gauche d\u2019une demoiselle en bleu, la façon dont elle avait voulu mener ce procès en citant comme témoin Nasser, Néguib et Farouk lui-même, montraient assez que seul l\u2019intriguait, la passionnait; lui importait : le scandale.Elle s\u2019était fait un nom, une réputation, une fortune en racontant les scandales des autres.Voilà que de témoin, elle devenait acteur ; de scandalisée, scandaleuse.Aux anges, elle secouait ses cheveux crêpés comme la laine d\u2019un mouton.Rien ne pouvait l\u2019enchanter davantage.Elle était dans la loi du monde moderne, cette loi qui dit: «Malheur à qui par qui le scandale n\u2019arrive pas ! ». Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 11 SUR TOUTES LES SCÈNES par FRANCINE MONTPETIT-POIRIER Au Théâtre de Kennebunk Port \u201cTHE RELUCTANT DEBUTANTE\u201d L\u2019année dernière, c\u2019est au Théâtre d\u2019été d'Ogunquit que mon voyage annuel aux Etats-Unis m\u2019avait conduite.Attirée par l\u2019excellente réputation de cette petite ville du Maine, j'avais parcouru avec entrain les trois cents et quelques milles qui la séparent de Montréal.Mes espérances n\u2019avaient point été déçues.« Anastasia », avec Dolorès Del Rio, m\u2019avait emballée et je me souviens avoir écrit une longue chronique à ce sujet.La fin de semaine du douze juillet m\u2019a menée cette fois-ci à Kennebunk Port, où l\u2019excellent interprète américain Edward Everett Horton figurait en tête d\u2019affiche d\u2019une charmante comédie : « The Reluctant Debutante » de William Douglas Home.Cette pièce, parodie des meilleurs milieux Anglais, présente une série de situations assez cocasses, quasi-invraisemblables, tenant plus de l\u2019opérette que de la véritable comédie de caractère.Elle est drôle de par son texte.Le personnage de la mère, extrêmement difficile à jouer, donne le ton du commencement à la fin.Tant et si bien que la moindre défaillance dans son interprétation rend le spectacle monotone.« The Reluctant Debutante » ne m\u2019a point déçue.L\u2019absence de monsieur Horton l\u2019aurait cependant rendue beaucoup moins intéressante.Il est certain que tous les amateurs de théâtre se réjouissent dès que son nom apparaît dans une distribution.La pièce devient presque secondaire et on peut toujours se fier à lui pour rehausser un spectacle de trois ou quatre tons.Sa popularité n\u2019est guère surprenante puisque au cours de sa longue carrière il n\u2019a jamais déçu le public.Aujourd\u2019hui, il garde encore le surnom qu\u2019on lui a donné il y a nombre d\u2019années : « America\u2019s most beloved comedian ».Il continue de jouer pour son auditoire, avec le même entrain, la même fougue, la même vérité.Plusieurs ont tenté de l\u2019imiter mais personne n\u2019a réussi.Ses efforts constants dans le but d\u2019améliorer son jeu, sa bonne volonté à aider les débutants, son amabilité et sa bonne humeur font que ses camarades considèrent comme un honneur et un plaisir la chance de jouer avec lui.« He is a very unselfish star ».Les auteurs se disputent le privilège de lui confier leur pièce étant assurés d\u2019avance du succès de celle-ci.Il joue « Springtime for Henry » depuis vingt-cinq ans.Né à Brooklyn, il quitta le Collège pour monter sur les planches et fit ses débuts dans « The Bohemian Girl » et « The Mikado ».Après avoir participé aux spectacles du * Crescent Theatre » et du « Chestnut Opera House Players », il entreprit une carrière cinématographique dont les plus grands succès furent « Top Hat » et « Here Comes Mr.Jordan ».A la télévision, on a pu le voir dans « Arsenic and Old Lace », « The Merry Widow », dans plusieurs « variétés » avec Bob Hope et Red Skelton, les deux grands comiques Américains.On pourrait donner mille et un détails sur les activités artistiques d\u2019Edward Everett Horton.Les jeunes le connaissent moins, mais la génération qui les précède se souvient fort bien d\u2019avoir couru voir ses films.C\u2019est ce « grand bonhomme » comme on dit en termes de métier, que j\u2019ai eu le plaisir de voir jouer à Kennebunk Port.Il valait le déplacement.Il compte parmi ces comiques « nature » sans recherches, de ces comiques spontanés qui n\u2019ont qu\u2019à lever un sourcil pour déclencher le rire.Le moindre de ses regards, le plus petit de ses gestes sont justifiés.Il vit chaque réplique, il est simple dans la vie comme sur la scène.La preuve de ceci, c\u2019est qu\u2019après la représentation il est venu demander aux spectateurs de rester.« I would like to meet each and everyone of you », a-t-il déclaré.J\u2019aurais aimé lui serer la main, mais j\u2019ai dû partir emportant avec moi un de mes meilleurs souvenirs de théâtre.LA SALLE Avoir à Montréal ou dans les environs un théâtre de poche semblable à celui de Kennebunk est un rêve que beaucoup de directeurs n\u2019osent formuler.Construit dans le style « grange » avec de grosses poutres qui traversent le plafond, il peut accommoder environ cinq cents personnes.Un immense balcon reçoit les spectateurs durant les entr\u2019actes.On y vend des liqueurs douces et du café chaud.La scène est grande, large et profonde.Une dizaine de comédiens à la fois peuvent s\u2019y mouvoir avec facilite.Techniquement, elle est fort bien équipée.Il y règne une chaude atmosphère, créée par un public sympathique, gagné à l\u2019avance.Si vous disposez d\u2019une longue fin de semaine, si la mer vous attire et si vous aimez les spectacles bien montés, n\u2019hésitez pas.Certes, vous ne vous trouverez pas d\u2019un seul coup transportés sur le Broadway, mais vous connaîtrez la satisfaction que donne une bonne pièce jouée avec conviction et avec coeur.Peut-être aurez-vous comme moi, la chance d\u2019y voir un grand comédien.AU DOCTEUR PHILIPPE SIMARD J\u2019aime, je le répète, que les lecteurs du < Samedi » m\u2019écrivent.Voici une lettre du Docteur Philippe Simard de St-André Avelin : « Madame, J\u2019ai lu votre reportage dans le dernier numéro du « Samedi », reportage intitulé : « J\u2019ai vu le Lac Cimon ».Je trouve étrange, madame, que dans votre itinéraire de Papineauville à Chénéville, vous n\u2019ayez pas remarqué notre beau village de St-André Avelin.Laissez-moi vous dire ceci : c\u2019est le plus important du nord du comté de Papineau.C\u2019est un centre agricole, commercial et même culturel.Ce dernier point au-dessus de toutes les paroisses des alentours.J\u2019attire votre attention sur le mot culture, parce que je sais que dans votre famille on sait ce que cela veut dire.J\u2019ajoute que St-André est sur le chemin direct de Papineauville à Chénéville.Vous ne pouvez l\u2019éviter.Vous pouvez même vous y arrêter car vous y trouverez de très bons restaurants.Bien à vous \u2014 Dr P.Simard ».Cher Docteur, N'allez pas croire que j\u2019ignorais l\u2019existence de St-André Avelin.Le nom de votre joli village m\u2019était connu et il me l\u2019est encore., nu passé.Tout simplement parce que je ne l\u2019ai pas encore vu.Si vous avez bien lu le reportage que j\u2019ai fait sur le Lac Cimon, j\u2019ai mentionné au début qu\u2019on prenait inévitablement la mauvaise route pour s\u2019y rendre.C\u2019est ce que j\u2019ai fait.Quittant Montebello, je me suis engagé sur un chemin de terre plutôt mauvais, n\u2019en déplaise au député du comté.Ce n\u2019est qu\u2019au retour que j\u2019ai pu me diriger vers Papineauville.mais en pleine nuit.Si j\u2019ai parlé de Chénévile, c\u2019est que j\u2019ai pu après la messe, me promener dans ses rues et l\u2019apprécier tout à loisir.Vous comprenez maintenant pourquoi je n\u2019ai pas mentionné St-André.Soyez certain que si jamais j\u2019ai l\u2019occasion de retourner dans ce coin de la Province je m\u2019arrêterai chez vous.et que j'irai même vous rendre visite.Pourquoi pas?Vous me parlerez des activités de votre village.Je vous paierai de retour en écrivant une longue chronique à ce sujet.[ Lire la suite p ser le harpon ?.\u2014 Ah!.Voilà donc ce qui te tracasse depuis un moment!.Je m\u2019en doutais d\u2019ailleurs en te voyant demeurer à l'écart !.Tandis que l\u2019accordéon jouait de vieux airs du pays, le loup de mer se pencha vers son fils : \u2014 Lorsque tu auras mon âge, mon gars, murmura-t-il, quand ma main commencera à trembler, je te céderai le harpon, pas avant !.Il faut suivre la filière.C\u2019est en exerçant le métier de moussaillon qu\u2019on devient capitaine !.\u2014 Pardonne-moi, père, mais je sens que je serais capable de.\u2014 De harponner la baleine ?coupa le capitaine.Naturellement, pour un baleinier c\u2019est l\u2019enfance de l\u2019art, et je ne t\u2019aurais pas embarqué à mon bord si tu n\u2019avais pas manifesté de semblables dispositions, mais de là à prendre le harpon pour tenter de gagner l\u2019épreuve engagée entre l\u2019équipage de notre Anne-Marie et celui du Calypso, il y a un monde !.Et, comme son interlocuteur faisait la moue, le loup de mer lui posa la main sur l\u2019épaule : -Crois-moi, mon gars, je ne te parle pas pour te faire de la peine.Je suis fier de toi, bon sang ne saurait mentir, et je demeure bien convaincu que, plus tard, tu suivras les traces et l\u2019exemple de ton vieux papa.Mais en attendant, il faut te résigner à faire ton apprentissage.Console-toi, il se trouvera toujours des Démons des Kerguelen à affronter et des défis à relever ! Tu trouveras ta chance à ton tour et je suis bien convaincu que tu t\u2019en tireras toujours honorablement !.Ces paroles empreintes d\u2019optimisme ne réussirent pourtant pas à consoler le jeune homme ; il éprouvait une profonde amertume à entendre son père, à voir qu\u2019on le considérait encore comme un petit enfant.Il était parti de Bretagne avec la ferme intention de se distinguer, et voilà qu\u2019il devait refréner son ardeur.Cette longue croisière au cours de laquelle il espérait accomplir tant d\u2019exploits, ne constituait pour lui qu\u2019une simple promenade.Les rôles les plus importants seraient dévolus à ses aînés.Yves serra rageusement les poings, ses regards clairs s\u2019attardèrent sur les matelots qui continuaient de danser.Oh ! comme il les enviait ces hommes qui étaient tous plus vieux que lui !.Combien de fois déjà n\u2019avait-il point surpris leurs yeux qui s\u2019attardaient sur lui avec indulgence.Evidemment, il était le fils du capitaine !.Que pou-vait-on attendre de lui.\u2014 Allons, console-toi ! surenchérit Mathurin Mahurec, qui devinait au masque crispé de son voisin les pré-occupations qui l\u2019obsédaient, j\u2019ai été comme toi, jadis, mais j\u2019ai dû contenir mon impatience.Maintenant, je suis capitaine.Rappelle-toi le proverbe de nos terriens de Bretagne, mon gars.« Il ne faut jamais placer la charrue avant les boeufs.» Yves se résigna donc et ne chercha plus à insister.Il laissa son père reprendre ses discussions avec Morton et s\u2019assit dans un coin, mais ses regards, perdus dans le vague, ne voyaient pas les joyeux lurons qui s\u2019ébattaient et tournoyaient dans la cabane envahie par une fumée âcre et épaisse.Son imagination vagabondait plus loin, vers le large.Il croyait voir le fameux Démon des Kerguelen apparaître à la surface des flots glauques.Il \u2014 Le démon des Kerguelen ttention !.Baleine en vue !.A peine la vigie eut-elle crié ces quelques mots, que l\u2019équipage du baleinier Amie-Mari» se pressa sur le pont.Trois jours s\u2019étaient écoulés depuis le défi lancé par le capitaine Morton, trois jours qui furent laborieusement employés à chasser la baleine.Quatre monstres avaient été harponnés et capturés ; par malheur, le fameux cachalot tant recherché demeurait introuvable, Bretons et Américains de Nantucket s\u2019impatientaient et fouillaient inlassablement la surface des flots, de leurs yeux perçants.Yves avait entendu l\u2019appel de la vigie, aussi fut-il un des premiers à se presser vers l\u2019embarcation où son père allait prendre place avec une demi-douzaine de ses meilleurs matelots.\u2014 La chaloupe à la mer !.Mathurin Mahurec, porte-voix en main, multipliait ses ordres, les hommes de l\u2019Anne-Marie s\u2019empressaient autour de lui, certains se disputaient pour accompagner le capitaine.Il fallut que ce dernier opérât une sélection : \u2014 Tabeurden.Le Flanchec.Gar-rois.Kerbinic.Gominon ! Les six matelots ainsi désignés s\u2019empressèrent de mettre la chaloupe à la mer.Le capitaine se disposait à se laisser glisser dans l\u2019embarcation quand il se sentit agripper par la manche de son ciré.Surpris, il se retourna.Yves se trouvait auprès de lui, le visage crispé.\u2014 Que veux-tu, mon gars?.Nous n\u2019avons pas de temps à perdre ! \u2014 Pourquoi ne me prends-tu pas avec toi, papa ?interrogea le jeune homme d\u2019une voix tremblante.\u2014 Tu étais hier avec moi.Chacun son tour !.\u2014 Mais, cette fois, ce n\u2019est pas la même chose.C\u2019est un cachalot.Les marins qui se pressaient au bastingage de tribord venaient en effet de se rendre compte qu\u2019il s\u2019agissait d'un de ces dangereux cétacés.\u2014 Ecoute, père, insista Yves, si c'était le Démon des Kerguelen !.\u2014 Si c\u2019était lui, nous prouverions à ces Yankees que les Bretons demeurent gens d\u2019attaque, et nous leur couperions l\u2019herbe sous le pied, tout simplement !.Mais trêve de bavardage.Le cachalot ne nous attendra certainement pas-inutile de laisser échapper l\u2019occasion qui s\u2019offre à nous, car le monstre paraît d\u2019envergure !.Le jeune homme comprit au ton sec et à l\u2019attitude de son père qu\u2019il était inutile d\u2019insister ; d\u2019ailleurs Mathurin Mahurec enjambait lestement le bastingage et se laissait glisser jusqu\u2019à la chaloupe où ses six hommes s\u2019affairaient déjà.Les regards des baleiniers demeurés sur le pont se portaient tantôt sur l\u2019embarcation où leur chef se préparait activement avec leurs camarades, tantôt vers la masse puissante du cachalot qui apparaissait de temps à autre à une quinzaine d'encablures, laissant derrière lui un remous.Les gars de VAnne-Marie étaient familiarisés depuis longtemps avec de tels préparatifs ; pourtant cette fois, ils se sentaient étreints par une émotion plus impérieuse que de coutume ; en s\u2019obstinant à observer le monstre, ils remarquaient, en effet, son envergure particulièrement impressionnante.Des groupes anxieux partirent des exclamations : \u2014 Le capitaine va pouvoir enfin l\u2019affronter !.\u2014 Quelle énorme masse !.\u2014 Les Yankees vont en faire une tête !.Yves, qui s\u2019accoudait au bastingage, savait bien de quoi il s\u2019agissait : la bête que les sept hommes se disposaient 1 est au Ce que la France est au champagne.E Pour bien choisir une boisson, il faut d\u2019abord savoir de quel pays elle provient.A la Jamaïque, on connaît depuis des siècles tous les secrets de fabrication des rhums les plus fins.Les connaisseurs ont chacun leur marque préférée .qui vient généralement de la g?Jamaïque.Recherchez sur l\u2019étiquette U mot \u201cJamaïque\u201d si vous désirez un rhum de qualité supérieure pour vos cocktails, vo* collins ou vos swizzles.Le rhum de la Jamaïque est IDEAL POUR LES MÉLANGES.Tous les genres .DES PLUS FONCÉS aux PLUS CLAIRS ?.TOUS IMPORTES I THE SUGAR MANUFACTURERS\u2019 ASS\u2019N (OF JAMAICA! 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Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Mme MYRRIAM DUBREUIL\t(pour le canada seulement) Case Postale, 1391, Place d'Armes, Montréal, P.9* 6880, rue Bordeaux.CMnclus 5c pour échantillon des Pilules Myrriam Dubreuil avec brochure.Nom.Adresse.Ville.Province. 16 Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 à combattre n'était autre que le terrible Démon des Kergulen dont tant d\u2019équipages espéraient la capture.\u2014 Eh bien ! petit gars, déclara un grand diable de loup de mer en gratifiant Yves d\u2019une tape magistrale sur l\u2019épaule, l\u2019affaire est dans le sac !.A nous les mille dollars de Morton !.Pourtant le jeune homme ne manifestait pas une aussi grande allégresse que la plupart de scs voisins.Il connaissait de longue date la réputation du monstre, il savait que le cachalot avait coulé déjà de nombreuses embarcations et que les harponneurs qui l\u2019avaient attaqué s\u2019étaient engloutis ou bien avaient dû renoncer à la lutte.L\u2019affaire s\u2019annonçait donc comme devant être particulièrement chaude.Cependant les baleiniers avaient confiance.Ils savaient que le capitaine Mahurec était un merveilleux harponneur ; immobiles, ils observaient l\u2019embarcation qui s\u2019éloignait, vigoureusement manoeuvrée par les six hommes qui souquaient ferme sur leurs avirons pendant que Mathurin Mahurec se tenait debout à l\u2019avant, étreignant dans sa main solide le harpon avec lequel il se disposait à frapper le monstre.Mathurin Mahurec s\u2019aperçut tout de suite des dimensions anormales du cé-tacé.Le doute n\u2019était désormais plus permis, c\u2019était le fameux démon qui était là et dont la masse sombre émergeait, frangée d\u2019écume et survolée par des bandes de mouettes.Le capitaine ne songea pas à échanger un seul mot avec ses six compagnons, l\u2019embarcation piquait droit vers le cachalot dont elle ne demeurait plus séparée que par une centaine de brasses.Déjà Tabeurden préparait le seau avec lequel il inonderait la corde du harpon, cette dernière, en se déroulant trop vite, pouvait s\u2019enflammer par suite du frottement, il convenait donc de parer à cette difficulté.Impassible, Mahurec ne quittait pas des yeux l\u2019énorme bête !.Le Breton avait fait de nombreuses croisières dans ces parages des Kerguelen, c\u2019était la première fois qu\u2019il se préparait à capturer un aussi énorme cétacé.Son masque bronzé par le vent du large exprimait une sereine énergie.\u2014 Attention, les gars!.Vous y êtes ?.Les réponses approbatrices des six matelots n\u2019en firent qu\u2019une ; alors, le capitaine calcula son élan, il brandit le harpon, pendant quelques instants il s\u2019immobilisa à l\u2019avant de la chaloupe dans une attitude impressionnante, puis son bras se détendit avec la rapidité de l\u2019éclair, il n\u2019était plus qu\u2019à une quinzaine de brasses du monstre qui venait de reparaître avec un nouveau plongeon.Le fer, habilement jeté, s\u2019en fut atteindre la bête et s\u2019enfonça profondément dans son flanc.Le moment le plus dangereux était arrivé.Affolé par la douleur, le cachalot plongea.L\u2019embarcation fut aussitôt entraînée à une allure de plus en plus accélérée.La corde se déroulait avec une vertigineuse rapidité.Tabeurden ne s\u2019arrêtait plus de puiser ses seaux et d\u2019arroser le câble.Enfin ce dernier allait se tendre complètement quand un hurlement se fit entendre.Avant que ses matelots aient eu le temps de lui porter secours, le capitaine chancela.Un coup de roulis plus violent que les autres imprimé à l\u2019embarcation lui fit perdre l\u2019équilibre ; dans le geste qu\u2019il esquissa pour se redresser, Mahurec effleura du bras la corde qui achevait de se dérouler.Et l\u2019accident tant redouté de tous les baleinière se produisit.Amputé du bras droit à la hauteur du coude par le câble, le capitaine se sentit précipité dans la mer.Pendant quelques instants encore la chaloupe fut emportée par le cétacé exaspéré par la douleur.Les six hom- mes s\u2019arc-boutaient.Le Flanchec, qui se retourna, aperçut la tête du capitaine qui émergeait à la surface des flots.Alors Kerbinic qui se trouvait auprès de lui, cria : \u2014 Tranchez la corde!.Tranchez la corde !.Une telle décision s\u2019affirmait inévitable.Renonçant à tout désir de capturer le monstre, les six Bretons voulaient avant tout sauver la vie de leur chef mutilé.Ils n\u2019hésitèrent pas une seconde, en dépit des secousses formidables qui étaient sans cesse imprimées à leur fragile refuge, ils se disposaient à trancher le câble qui les retenait au monstre, quand, tout à coup, Gominon hurla : \u2014 Attention !.Il se retourne !.Il va foncer !.Le matelot avait dit vrai.Le cachalot, après avoir entraîné l\u2019embarcation sur une assez longue distance, se retournait brusquement et piquait droit sur la chaloupe.Alors, pendant quelques secondes, ce fut l\u2019affolement ; le petit groupe n\u2019avait pas le temps nécessaire pour manoeuvrer ; d\u2019ailleurs, en admettant qu\u2019il eût réussi à couper le câble, cette précaution ne le mettait pas à l\u2019abri des attaques de la bête.Et le choc effroyable se produisit.Le Démon des Kerguelen atteignit en peu de temps la chaloupe ; d\u2019un violent coup de sa formidable queue, il la retourna, puis, sans doute satisfait de sa riposte, il plongea.Du pont de l\u2019Anne-Marie, les baleiniers avaient assisté au drame, le coeur étreint par une atroce angoisse, Yves suivait les rapides péripéties de la lutte engagée contre le monstre.Tout d\u2019abord il avait vu son père lancer le harpon, puis s\u2019écrouler.Maintenant il assistait à la déconfiture des six matelots.Mais le jeune homme n\u2019eut pas le temps de réfléchir, déjà, obéissant à l\u2019ordre que venait de lancer le second, Flaouzen, une seconde chaloupe était mise à la mer.\u2014 Je vous en supplie, laissez-moi embarquer !.Cette fois, on ne fit aucune difficulté pour accéder au désir d\u2019Yves ; empoignant vigoureusement un aviron, le jeune homme se mit à souquer ferme avec les cinq autres matelots qui avaient pris place à bord de l\u2019embarcation.Flaouzen sc tenait debout à l\u2019avant, encourageant sans cesse ses compagnons de la voix.Le petit groupe n\u2019avait pas besoin qu\u2019on l\u2019encourageât, les regards de tous convergeaient vers le point noir que dessinait à la surface des flots la tête du capitaine.Mathurin Mahurec faisait des efforts désespérés pour ne point couler à pic, mais l\u2019effrayante douleur qu\u2019il éprouvait, le sang qu\u2019il perdait en abondance donnaient à craindre qu\u2019il ne pût résister bien longtemps encore.Tout autour de lui l\u2019eau se teintait de pourpre.\u2014 Courage, capitaine ! hurla le second.Nous arrivons ! Mathurin Mahurec multipliait toujours les efforts désespérés ; mais il se sentait faiblir avec rapidité, alors Yves n\u2019hésita plus, à peine la chaloupe fut-elle parvenue à une vingtaine de brasses du malheureux qu\u2019il fit signe à ses voisins, abandonna son aviron et plongea puis, nageant vigoureusement, il s\u2019efforça de rejoindre le blessé.Yves fendait courageusement les flots ; en peu de temps, il eut rejoint le capitaine qu\u2019il empoigna par le collet.Il était temps ! Incapable de résister plus longtemps, l\u2019infortuné allait couler.\u2014 Ohé du canot!.Témoins des évolutions du jeune homme les occupants de l\u2019embarcation continuaient de ramer avec vigueur et se rapprochaient rapidement de lui ; soutenant de sa main gauche le capitaine défaillant, Yves nageait d\u2019une seule main.A trois reprises les flots capricieux l\u2019écartèrent, enfin les matelots tendirent les mains, il se sentit agrippé par des poignes solides : \u2014 Prenez mon père!.Usant de mille précautions, Flaouzen se pencha, saisit le blessé sous les aisselles et le hissa.Un silence impressionnant régna à bord de la chaloupe quand on aperçut le membre mutilé du Breton.Le bras avait été coupé par la corde à la hauteur du coude.Mais les baleiniers dominèrent rapidement leur émoi.Il leur fallait agir ; maintenant qu\u2019ils avaient recueilli le capitaine, ils devaient songer à sauver les occupants de la première chaloupe.Déjà, avec l\u2019aide de ses compagnons, Yves parvenait à s\u2019installer de nouveau à bord.\u2014 Souquez ferme !.commanda la voix rude du second.\u2014 Et surtout, murmura Mahurec dans un souffle, ne vous occupez pas de moi !.Songez aux autres qui sont en danger !.Les six baleiniers se débattaient en effet dans une situation particulièrement délicate, le cachalot avait détruit leur embarcation dont les débris flottaient au gré des vagues, ils avaient aperçu la chaloupe aussi s\u2019empres-saient-ils de nager vers elle.Quant au Démon des Kerguelen, il avait disparu : une fois de plus le monstre triomphait de l\u2019audace et de la témérité des hommes !.Ill \u2014 Le serment d\u2019Yves [ [ ère, je te vengerai !.Je saurai U prendre sur cette maudite bête une implacable revanche!.Yves se tenait assis au chevet de Mahurec, dans l\u2019étroite cabine qu\u2019occupait le capitaine à bord de son baleinier.Trois jours s\u2019étaient écoulés depuis le drame qui avait mis aux prises le harponneur et le Démon des Kerguelen.Affaibli par la perte de sang, l\u2019infortuné capitaine avait été ramené en toute hâte à bord de l'Anne-Marie, avec les six naufragés recueillis peu de temps après.Les heures qu\u2019avait alors vécues le jeune homme devaient demeurer parmi les plus atroces de sa vie.Kabarne-ven, le chirurgien du bord, prodigua ses soins les plus empressés au mutilé ; toutefois, pendant toute la première nuit, on s\u2019attendit au pire.La fièvre monta, le blessé perdit toute connaissance, en proie au délire, il prononça des paroles sans suite ; le nom de Morin revenait souvent au cours de ses divagations, et il faisait également de fréquentes allusions au Démon des Kerguelen.Parfois, il se redressait sur sa couche, puis, étendant sa main gauche pour désigner quelque chose, il commandait à ses matelots de souquer encore, de souquer toujours.Yves avait bien craint, cette fois, que ce fût la fin ; par bonheur, le calme était revenu à l\u2019aube, la robuste constitution du loup de mer triomphait peu à peu de la terrible épreuve.Pendant les deux jours et les deux nuits qui suivirent, le capitaine demeura en proie à une complète prostration, puis, brusquement, la connaissance lui revint.Désormais, le cap le plus difficile était franchi.Il aurait la vie sauve !.Le jeune homme n'avait point quitté le chevet du blessé, défendant sa porte contre les visites des importuns.L\u2019A » -ne-Marie était revenue jeter l\u2019ancre dans la baie de la Désolation.Le capitaine du Calypso, aussitôt averti de 1 accident terrible qui venait de survenir au Breton, s\u2019était empressé de venir a bord et de témoigner aux Français sa profonde sympathie.Toutefois, en dépit de l'affliction qu\u2019il manifestait, les Bretons purent surprendre une certaine satisfaction dans l\u2019attitude de l\u2019Américain ; ils en comprirent tout de suite les raisons : Morton se réjouissait de cet échec de son concurrent qui allait lui permettre sans doute de ga- \tL\t'HOROSCOPE\t\t\t\t\t\tDU\t\t\"SAMEDI\t\t\t\trr\t \t\t\t\t\t\t[Nouvelle série)\t\t\t\t\t\t\t\t\t 7\t2\t5\t4\t6\t3\t2\t8\t7\t5\t2\t6\t7\t4\t2\t5 V\tL\tU\tD\tD\tU\tE\tU\t0\tN\tS\t0\tU\tE\tU\tE 8\t4\t7\t2\t8\t5\t6\t7\t2\t8\t4\t5\t7\t3\t8\t6 N\tN\tS\tM\tE\tN\tU\tA\tM\tG\t0\t0\tI\tN\tR\tC 6\t2\t8\t5\t3\t7\t2\t6\t4\t8\t2\t7\t5\t8\t2\t4 E\tU\tA\tU\tB\tM\tM\tQ\tU\tN\tD\tE\tV\tD\tE\tV 6\t5\t7\t2\t8\t7\t3\t8\t5\t4\t6\t7\t2\t5\t3\t4 U\tE\tZ\tL\tE\tL\tE\tN\tL\tE\tI\tE\tA\tL\tA\tA 8\t5\t3\t7\t6\t2\t8\t4\t7\t3\t5\t6\t8\t2\t7\t4 0\tE\tU\tS\tE\tC\tU\tU\tA\tD\tR\tT\tV\tH\tU\tX 7\t5\t2\t8\t4\t7\t3\t8\t5\t7\t2\t6\t4\t5\t3\t7 B\tE\tA\tE\tA\tA\tE\tL\tU\tI\tN\tU\tM\tS\tB\tN 5\t3\t6\t4\t7\t2\t5\t8\t6\t3\t7\t5\t8\t2\t4\t5 S\tU\tD\tI\tE\tC\tI\tL\tE\tT\tS\tT\tE\tE\tS\tE \tComptez les lettres de votre\t\t\t\t\t\tprénom\t\tSi le nombre de lettres est de G\t\t\t\t\t\t ou plus, soustrayez\t\t\t\t4.\tSi le nombre\t\t\test moins de 6,\t\t\tajoutez 3.Vous aurez\t\t\t\t aloi\ts votre chiffre\t\t\t-clef.En\t\tcommençant\t\t\tau\thaut\tdu\trectangle pointez\t\t\t chaque chiffre\t\t\t-clef de gauche à\t\t\t\tdroite.Ceci\t\t\tfait,\tvous n\u2019aurez\t\t\tqu\u2019à\tlire votre horoscope donné par\t\t\t\t\t\tles\tmots que forme\t\t\t\tle\tpointage\t\tde votre\t chiffre-clef.Ainsi,\t\t\t\tsi\tvotre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t aurez comme\t\t\tclef\tle\tchiffre\t2.Tous les\t\t\tchiffres 2\t\tdu tableau\t\t\tci-dessus\t représentent votre horoscope.\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t \tDroits réservés\t\t\t, 1945, par William J.\t\t\t\t\tMiller, King Features\t\t\t\t\t, Inc.\t Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 1T Arrêtez cette démangeaison ! La nouvelle poudre de Sergeant\u2019s SKIP-FLEA SCRATCH : \u2022\tMet fin à la démangeaison qui afflige si souvent les chiens ! \u2022\tTue les puces, les tiques, la vermine ! \u2022\tEnraye les odeurs canines ! 49é et 79é aux pharmacies et chez les marchands d\u2019animaux.¦'v.GRATUIT : Le Manuel des chiens de Sergeant's renseignent complètement sur les soins è donner aux chiens et sur leur dressage.Procurez-vous-en un exemplaire aujourd'hui i\\ la pharmacie ou chez le marchand d'animaux ou écrivez ù! Sergeant's Dog Medicines Ltée Toronto, Ont.La poudre SKIP-FLEA SCRATCH de Sergeant's gner son pari.Toutefois, ce fut en vain que le Calypso s\u2019en alla croiser sur les lieux du drame, le cachalot demeurait invisible.Peu à peu, Mahurec recouvrait des forces et triomphait de l\u2019effroyable épreuve ; néanmoins, son moral demeurait assez bas ; en vain Yves s\u2019efforça de le raisonner ; à ses paroles affectueuses le capitaine répondit par les mêmes propos, empreints d\u2019amertume : désormais, il n\u2019était plus qu\u2019un estropié, un infirme, incapable de manier le harpon.De grosses larmes coulaient sur les joues halées du loup de mer, pendant qu\u2019il se désolait de son état.En dépit de l\u2019affection profonde qu\u2019il nourrissait pour Yves, pour sa femme Annie et pour ses trois filles demeurées là-bas en Bretagne, il eût préféré succomber plutôt que de se voir ainsi manchot et amoindri !.\u2014 Pourquoi te désespérer de la sorte, père 1 protestait le jeune homme.Ne suis-je point là, auprès de toi?.Le fils doit prendre la succession du père !.A ces déclarations empreintes d\u2019une mâle assurance, Mahurec se contentait de hocher la tête.Flaouzen, son second, assurait le commandement de l\u2019Anne-Marie.En attendant que leur chef fût rétabli, les baleiniers s'employaient à dépouiller les quatre baleines qu\u2019ils avaient récemment capturées et dont ils avaient réussi à ramener les énormes cadavres jusqu\u2019à la baie de la Désolation.Par le hublot de sa cabine, Mathurin Mahurec pouvait apercevoir, au milieu du décor brumeux de l\u2019île, ses hardis compagnons au travail.Une odeur pénétrante d\u2019huile et de graisse empestait l\u2019atmosphère, apportée par la brise.Des nuées d\u2019oiseaux survolaient les cadavres des cétacés que les Bretons étaient en train de découper au moyen de tranchets effilés.\u2014 Pendant ce temps, l\u2019autre continue de nous braver !.murmura sourdement le mutilé.L\u2019autre, c\u2019était le Démon des Kerguelen.L\u2019imagination enfiévrée du capitaine ne se détournait pas du cachalot monstre ; il se fut consolé plus facilement sans doute de la perte de son bras droit s\u2019il eût réussi auparavant à vaincre l\u2019animal.\u2014 Faut-il te répéter encore une fois que je me charge de prendre ma revanche contre cette maudite bête?.déclara le jeune homme en serrant avec insistance la main brûlante du blessé.Une fois encore, Mathurin Mahurec se contenta de hocher dédaigneusement la tête : \u2014 Mon pauvre gars, je t\u2019aime bien, tu le sais, mais pourquoi te laisses-tu emporter dans des rêves impossibles ?.Espères-tu donc vaincre là où j\u2019ai éprouvé une cuisante défaite ?.\u2014 Abandonner nos projets équivaudrait à s\u2019avouer vaincus en face de ces Yankees !.Et je me refuse à accepter une pareille hypothèse !.\u2014 Tu es jeune, inexpérimenté; d\u2019autres que toi savent harponner à bord de l\u2019Anne-Marie.Pourtant, ils ne conservent aucun doute sur l\u2019issue d\u2019une prochaine rencontre avec le monstre.Quant aux Américains, je suis bien tranquille, si Morton s\u2019obstine à vouloir triompher du Démon des Kerguelen, il s\u2019expose à subir la même et cuisante défaite que je viens d\u2019essuyer !.Les recherches qu\u2019il a effectuées jusqu\u2019ici sont restées vaines !.\u2014 Sans doute, mais ils ne se découragent pas, eux !.Crois-moi, aie confiance ! Crains-tu donc que je ne puisse remporter la victoire?.\u2014 Tu es trop jeune, mon pauvre gars !.En t\u2019entendant dire ces folies, je ne puis m\u2019empêcher de penser à David et à Goliath !.La comparaison est bonne, père, puisque David est demeuré vainqueur du géant que l\u2019on prétendait invincible !.Sois pei-suadé que j\u2019imiterai son exemple !.Et, tu entends bien, je te jure de te venger.Le jeune homme s\u2019exprima avec une telle assurance, que le blessé se sentit impressionné ; pourtant, chez lui l\u2019affection paternelle l\u2019emporta sur toute autre considération : \u2014¦ Tu es fou, Yves ! D\u2019ailleurs, je ne permettrai pas que tu t\u2019exposes dangereusement !.Le combat que tu désires engager est perdu d\u2019avance !.\u2014 Qui sait ?Sans doute pourrai-je te prouver le contraire ! Et après la victoire tu te sentiras envahir par un légitime orgueil et tu oublieras les paroles trop prudentes que tu viens de m'adresser !.Un coup léger frappé à la porte de la cabine interrompit l'entretien que poursuivaient le père et le fils.\u2014 Entrez ! fit le capitaine.L\u2019huis s\u2019écarta aussitôt et la robuste silhouette du capitaine Morton s\u2019encadra sur le seuil.\u2014 Me voilà encore, Mahurec ! s\u2019écria le Yankee en s\u2019approchant du lit de souffrance du loup de mer.Vous me semblez avoir meilleure mine ! Le capitaine du Calypso serra la main calleuse que lui tendait le Breton, et, pendant qu\u2019Yves s\u2019écartait au fond de la cabine, il s\u2019installa à la place même que le jeune homme occupait tout à l'heure.\u2014 Ecoutez, old chap, déclara l\u2019Américain, je viens vous apporter une nouvelle qui vous fera certainement autant de bien que le plus infaillible des remèdes !.\u2014 Je vous écoute, repartit simplement Mahurec.\u2014 Eh bien ! voilà : ce coquin de Démon des Kerguelen vient de nous échapper une fois de plus.Mon bâtiment était à une dizaine de milles au large quand la bête fut signalée par la vigie.Aussitôt tout le monde de se précipiter.Je monte la chaloupe.II n\u2019y avait aucune hésitation.C\u2019était bien le fameux cachalot, il portait encore, enfoncé dans son flanc, le harpon que vous lui avez si magistralement lancé et qui vous aurait permis sans doute de vous assurer la victoire si ce stupide accident n\u2019était survenu.Alors, nous avons souqué ferme, je vous assure, mais la bête nous a échappé.Après lui avoir livré une chasse de plus de deux heures en pleine mer, je suis revenu bredouille avec ma chaloupe et mes hommes !.C\u2019est à croire décidément que ce cachalot se trouve protégé par un charme !.Le visage du capitaine de l\u2019Anne-Marie s\u2019éclairait pendant que son interlocuteur s\u2019exprimait de la sorte ; le Yankee avait raison, aucune nouvelle ne pouvait lui causer un plus sensible plaisir ; depuis qu\u2019il avait été transporté sur cette couche, le Breton s\u2019était senti obsédé par une seule crainte : que Morton réussît là où il avait si dramatiquement échoué.\u2014 Allons, je vois que j\u2019ai bien fait de venir vous mettre au courant, déclara l\u2019Américain avec un bon rire.Vous voilà tout regaillardi.Mais je ne capitule pas encore.Le pari de mille dollars tient encore, à moins évidemment que vos hommes refusent de continuer.\u2014 Rassurez-vous, capitaine.Le pari tient toujours, vous pouvez préparer l\u2019enjeu.Nous n\u2019avons pas dit notre dernier mot !.Morton se redressa, surpris ; ce n\u2019était pas le blessé qui venait de s\u2019exprimer de la sorte, mais Yves ; jusqu\u2019ici le jeune homme avait observé la réserve la plus complète ; les dernières paroles prononcées par le visiteur le décidèrent à intervenir, et comme l\u2019Américain le considérait avec une certaine ironie, Yves insista : \u2014 J\u2019espère pouvoir vous prouver avant peu de temps, capitaine, que la blessure de mon père ne nous empêchera pas de prendre sur le Démon des Mers, une décisive revanche !.Et, cette fois, Mathurin Mahurec ne fit rien pour arrêter son fils.IV \u2014 Le monstre reparaît Une semaine s\u2019écoula cependant sans que le Démon des Kerguelen fût signalé.Les équipages des deux baleiniers poursuivaient leur exténuante besogne sur la grève de la baie de la Désolation, des nuées de mouettes continuaient à voler au-dessus d\u2019eux, des groupes innombrables de pingouins venaient les contempler.Et toujours l\u2019odeur infecte de la graisse, de l\u2019huile et des entrailles des monstres abattus empestait l\u2019atmosphère.Mais la brume qui s\u2019était appesantie pendant un certain temps sur l\u2019archipel se dissipa et Ton songea à faire de nouvelles captures ; toutes voiles dehors, les deux baleiniers reprirent le large.Mathurin Mahurec esquissait enfin quelques pas hors de sa cabine, son moignon solidement bandé, le Breton passait maintenant la plupart de son temps assis sur le pont.La reprise de cette existence de marin lui faisait quelque peu oublier le terrible drame dont il avait été victime, mais maintenant, il éprouvait une profonde amertume quand une baleine était signalée.Il ne prenait plus place comme jadis à l\u2019avant de la chaloupe, harpon en main, prêt à affronter les monstres de la mer !.\u2014 Je ne suis plus qu\u2019une femmelette ! soupirait l\u2019infortuné.Me voilà réduit à demeurer comme un inutile !.Pourtant, en dépit de sa profonde détresse, Mathurin Mahurec éprouvait quelques consolations, celle surtout de voir son fils faire de rapides progrès.A plusieurs reprises, tandis que le bâtiment poursuivait activement la chasse à la baleine, Yves avait tenu à prendre la place occupée naguère par son père.Du pont de l\u2019Anne-Marie, le capitaine avait pu apprécier et reconnaître le sang-froid du jeune homme, et quand le vainqueur avait fait de nouveau son apparition à bord, abandonnant le cadavre de sa victime avec le harpon et le petit drapeau qui permettait de le reconnaître et de le ramener ensuite jusqu\u2019à la baie de la Désolation, le capitaine n\u2019avait pu réussir à lui cacher son émotion et son admiration.Les craintes qu'il éprouvait autrefois se dissipaient peu à peu, il s\u2019imagina que son enfant pourrait rivaliser tôt ou tard avec les plus habiles harponneurs du bord, et ses doutes de jadis se transformèrent en une encourageante certitude.L\u2019équipage pouvait mesurer également l\u2019importance des progrès exécutés par Yves.Infatigable, le jeune homme semblait guidé par une volonté de fer, son visage se contractait dans une expression de farouche résolution ; pourtant, jusqu\u2019ici les espérances qu\u2019il caressait ne s\u2019étaient pas réalisées.Le Démon des Kerguelen demeurait toujours introuvable.La vigie signalait des baleines et des cachalots de taille moyenne ; le « gibier » ne faisait donc pas défaut, mais le jeune homme se demandait, la mort dans l\u2019âme, s\u2019il lui serait permis de demeurer fidèle à son serment avant que s\u2019accomplît l'époque du retour vers l\u2019Europe et vers la France.A trois reprises, l\u2019équipe de l'Anne-Marie rejoignit la baie de la Désolation.Les Yankees du capitaine Morton s\u2019y trouvaient aussi, leur chasse avait été également fructueuse ; mais, pas plus à bord du Calypso qu\u2019à bord de l\u2019autre baleinier nul n\u2019avait repéré le monstre.De part et d\u2019autre, on commençait à désespérer de pouvoir affronter le cétacé au cours de cette croisière- Yves devenait d\u2019humeur maussade parfois, il s\u2019écartait de ses camarades réunis dans les baraques en planches.Solitaire, il errait sur les grèves et sur les falaises battues par les vents glacés ; ses regards clairs s\u2019attardaient fréquemment vers l\u2019horizon envahi par les brumes.Le vent du large cinglait son visage bronzé, pourtant à aucun moment il n\u2019apercevait le monstre tant espéré.Alors, il s\u2019en revenait découragé auprès de son père.Le capitaine s\u2019efforçait de son mieux de faire prendre patience au jeune homme.Ce dernier désespérait de saisir l\u2019occasion depuis si longtemps espérée.Pourtant, le jour tant attendu par le jeune homme arriva.L\u2019Anne-Marie, après une fructueuse journée, se trouvait à peine à quinze milles de la haie îe Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 de la Désolation, quand la vigie signala la présence d\u2019un cétacé.Aussitôt, tout l\u2019équipage de se porter comme de coutume sur le pont et les regards de converger vers le point noir que venait de discerner le veilleur.Déjà l\u2019on s\u2019empressait pour mettre une chaloupe à la mer, quand Flaouzen désigna le ciel sombre et la mer qui commençait à s\u2019agiter sous les incessantes rafales.\u2014 Attention ! Un grain est proche !.11 serait peut-être prudent de mettre le cap sur la baie !.Une protestation énergique se fit entendre, auprès du second, Yves braquait une lorgnette vers le cétacé : \u2014 C\u2019est lui, pas d\u2019erreur, c\u2019est lui!.s\u2019exclama le jeune homme.Je reconnais le harpon planté dans son flanc !.Aux dimensions anormales du cachalot qui fendait les flots et évoluait à peu de distance, les Bretons de l\u2019Anne-Marie comprirent tout de suite qu\u2019il s'agissait là du Démon des Kerguelen.C\u2019est pourquoi les paroles de prudence du second furent accueillies par de violentes protestations.\u2014 Mais ne comprenez-vous pas que l'embarcation peut se trouver prise au milieu de la tempête ?.\u2014 Qu\u2019importe!.Je vais risquer ma chance !.déclara Yves.Je veux être fidèle à mon serment !.\u2014 Flaouzen a raison, mon gars !.C\u2019est folie que vouloir s\u2019obstiner delà sorte !.\u2014 Qui désire m\u2019accompagner ?Insensible aux recommandations que lui prodiguait maintenant son père, le jeune homme se tourna vers ses deux courageux compagnons, et bientôt des mains nombreuses se tendirent.\u2014 Emmenez-moi !.Je veux vous accompagner !.-\u2014Qu\u2019importe le grain!.\u2014 Sus au monstre !.Il faut le capturer à tout prix !.Chez ces farouches loups de mer, l\u2019attrait du danger et le désir de vaincre l\u2019emportaient sur la prudence.Ils étaient six au moins qui manifestaient bruyamment leur désir d\u2019accompagner Yves.Alors, le visage éclairé par un sourire de triomphe, le jeune homme se tourna vers le capitaine : \u2014 Tu vois, père, il n\u2019y a pas à hésiter un seul instant !.Le moment est venu de te venger !.Mathurin Mahurec comprit que ses exhortations ne parviendraient pas à faire abandonner à son fils sa téméraire détermination ; d\u2019ailleurs, les matelots mettaient déjà la chaloupe à la mer ; hâtivement, Yves étreignit la main du capitaine, puis il s\u2019en fut enjamber le bastingage et se laissa glisser le long du filin qui pendait jusqu\u2019à l\u2019embarcation.Trois minutes plus tard, le petit groupe était paré.Debout à l\u2019avant du canot, le harpon dans sa main ferme, Yves put se rendre compte qu\u2019il emmenait avec lui pour compagnons les mêmes matelots qui se trouvaient auprès de son père quand s\u2019était produit le sanglant accident qui avait rendu Mahurec infirme.Gominon, Ta-beurden, Le Flanchec, Lafforrec, Ker-binic et Garrois avaient devancé leurs camarades empressés.Maintenant, l\u2019équipe se trouvait reformée ; sur les masques durcis des loups de mer se lisait la froide résolution d\u2019affronter et de vaincre le monstre.\u2014 En avant!.Souquez dur!.La recommandation d\u2019Yves s\u2019affirmait superflue ; les six hommes unirent leurs efforts; en dépit des remous que les lames imprimaient à la chaloupe, ils s\u2019efforcèrent de rejoindre le monstre qu\u2019ils apercevaient à moins de trois cents brasses de là.Cette fois, la lutte devenait d\u2019autant plus difficile que le temps se gâtait, de grosses gouttes de pluie commençaient à fouetter les visages des loups de mer, le vent soufflait avec une rage sans cesse accrue ; immobile, Yves continuait d\u2019observer attentivement la surface des flots déchaînés.Une seule crainte accaparait son esprit à cet instant : c\u2019était celle que le monstre pût lui échapper.Mais le Démon des Kerguelen était toujours là !.A intervalles irréguliers, le fils du capitaine le voyait reparaître, puis replonger, le harpon apparaissait toujours solidement fixé dans son flanc.Un assourdissant grondement de tonnerre se fit entendre, un éclair éblouissant stria les nues, mais Yves ne parut même pas s\u2019en rendre compte.Derrière lui, ses hardis compagnons se courbaient en cadence sur leurs avirons.L'embarcation, vigoureusement manoeuvrée, gagnait peu à peu sur le cétacé, mais les lames embarquaient souvent et Le Flanchec, muni de son seau, se voyait obligé de vider l\u2019eau qui compromettait l\u2019équilibre de la chaloupe et menaçait de la faire chavirer.A bord de l\u2019Anne-Marie, Mathurin Mahurec suivait anxieusement les évolutions de la chaloupe.Cette décision prise par son fils lui parut la plus insensée des témérités.Semblable à une coquille de noix, l\u2019embarcation, emportée dans les remous, ne tarderait pas à sombrer avant d\u2019avoir même approché le cétacé.Tenant ses jumelles dans sa main tremblante, le capitaine inspecta avec attention l'esquif perdu au milieu du déchaînement des forces de la nature, et regarda ensuite le cachalot dont la masse énorme plaquait une tache sombre sur les flots glauques.\u2014 Ils se rapprochent.Ils ne sont plus qu\u2019à une trentaine de brasses.Le second, qui s\u2019immobilisait à la droite du capitaine, hocha évasivement la tête.Il ne se faisait aucune illusion sur le sort des imprudents ; quant aux autres hommes de l\u2019équipage, insensibles aux rafales et aux lames qui s\u2019abattaient sur eux de plus en plus nombreuses, ils commençaient à craindre que cette folle tentative s\u2019achevât de la plus déplorable façon.Un silence angoissant s\u2019appesantissait sur leurs groupes, une sourde anxiété les étreignait tous.Et voici que, tout à coup, dominant les hurlements des rafales et le grondement assourdissant des lames qui assaillaient le bâtiment de toutes parts, une voix se fit entendre.Un grand gaillard qui se tenait à peu de distance de Mathurin Mahurec agita la main : \u2014 Hourrah !.Le gars vient de harponner la bête !.Le matelot avait bien vu ; au moment même où Yves s\u2019estimait assez rapproché du cachalot, il avait lancé son arme : le fer était venu s\u2019enfoncer profondément, à peu de distance du premier harpon, dans le flanc du monstre.Des vivats chaleureux éclatèrent, mais Flaouzen haussa tristement les épaules.Il murmura, assez bas pour que le capitaine ne pût l\u2019entendre : \u2014 Ils sont perdus!.Avec cette tempête qui se déchaîne, ils n\u2019en reviendront jamais !.Sous le ciel d\u2019encre, les matelots de l\u2019Anne-Marie s\u2019efforcèrent vainement de discerner leurs trop hardis compagnons.Sous les trombes d\u2019eau qui inondaient le pont, ils ne discernèrent plus ni l\u2019embarcation ni le Démon des Kerguelen.Le monstre semblait s\u2019être englouti dans les flots, emportant avec lui les sept hommes qui avaient été assez audacieux pour l\u2019attaquer.V \u2014 La victoire d'Yves Les matelots du beleinier ne s\u2019étaient pas trompés.Dès qu\u2019il s\u2019estima à une distance suffisante du cachalot, Yves s\u2019arc-bouta, brandit, puis lança son harpon ; enfin, immobile à l\u2019avant de l\u2019embarcation, il attendit que la corde se fût complètement déroulée ; pendant ce temps, les six matelots déposaient leurs avirons qui leur deviendraient inutiles dans quelques instants.Le Flanchec jetait seau sur seau sur le câble, afin de l\u2019empêcher de s\u2019enflammer.Le monstre blessé plongea à plusieurs reprises ; cramponnés aux rebords de leur refuge, les sept hommes attendirent ; ils savaient qu\u2019ils auraient de sévères moments à passer, au cours desquels ils auraient besoin de toute leur énergie.Insensibles aux roulements du tonnerre et aux éclairs aveuglants qui se succédaient sans trêve, ils attardèrent leurs regards vers le Dé- mon des Kerguelen qui allait sans doute les entraîner à sa suite sur une distance considérable.Enfin, une secousse brutale se produisit.Elle fut si violente que les occupants de la chaloupe se sentirent irrésistiblement précipités les uns contre les autres.Yves lui-même perdit l\u2019équilibre et peu s\u2019en fallut qu\u2019il ne fût projeté par-dessus bord ; par bonheur, le câble avait achevé de se dérouler.Il n\u2019eut pas à redouter le même accident dont sont père avait été victime.Pendant un long moment, la folle randonnée se prolongea à travers la tempête.Incapables de réfléchir, les sept compagnons demeuraient agrippés à leur fragile refuge à demi rempli d\u2019eau.A tout instant, de nouvelles lames embarquaient, mais le canot poursuivait sa course à une rapidité vertigineuse.Quand le monstre qui l\u2019entraînait plongeait, de nouvelles secousses se succédaient, risquant de nouveau de faire chavirer l\u2019esquif.Tout autour du petit groupe, c\u2019était le décor infernal de l\u2019océan déchaîné.Il était impossible désormais d\u2019apercevoir le baleinier qui devait être maintenant à plusieurs milles en arrière.Modestie On avait invité un vague ami du mari.On avait servi un dinei plus que modeste.\u2014 Encore un morceau de rôti ?demande Madame.\u2014 Oui, je veux bien, dit Vinvité.Mais un tout petit morceau \u2014 pas plus gros que le premier ! Ironie \u2014 Mon mari me rendra folle ! se plaint une jeune femme auprès d\u2019une amie.Il ne sait ni jouer aux cartes, ni boire du whisky.\u2014 Et cela vous rendra folle ?mais ma chère, c\u2019est un mari idéal ! \u2014 Vous trouvez ?Un type qui ne sait ni jouer ni boire \u2014 et qui joue et boit chaque nuit ! Exaspéré par la souffrance, le cachalot entraînait la chaloupe à une allure extraordinaire.\u2014 Tenez bon!.hurla Yves, Surtout, ne lâchez pas !.Un tel conseil s\u2019affirmait superflu ; les six compagnons du jeune homme chassaient depuis longtemps la baleine, ils savaient que la moindre défaillance pouvait leur devenir fatale en cette occurrence ; fermant les yeux, les vêtements leur collant au corps, transpercés en dépit des cirés qu\u2019ils portaient, ils s\u2019immobilisèrent au fond de leur refuge, parfois ils se heurtaient douloureusement contre le rebord de l'embarcation.s\u2019attendant à tout instant à couler.Il semblait à ce moment que les éléments voulussent se liguer pour rendre difficile, sinon impossible, la capture du Démon des Kerguelen ; parfois le canot était emporté à des hauteurs effarantes, parfois aussi il semblait qu\u2019il dût s\u2019engloutir à tout jamais dans l\u2019abîme ; à la fureur du vent, aux attaques acharnées de la tempête, les sept compagnons opposaient une énergie indomptable.Pendant combien de temps se succéda cette navigation fantastique ?Les malheureux eussent été incapables de s'en rendre compte.Il leur semblait qu\u2019ils étaient emportés à la surface des flots depuis une éternité, quand une nouvelle secousse se produisit.Alors, Yves laissa échapper une exclamation : \u2014 Courage !.Le monstre cède !.Le cachalot ralentissait de plus en plus.Pendant longtemps, il avait essayé de se libérer de l\u2019esquif qu\u2019il entraînait à sa remorque, mais le câble tenait bon.Et, bientôt, il sembla au petit groupe que les secousses imprimées à leur refuge se faisaient moins violentes.De son côté, la tempête paraissait s\u2019apaiser quelque peu.Mais tout n\u2019était pas fini encore.Il fallut lutter plus de trois heures.Quand une éclaircie se produisit et quand le vent se calma, Yves et ses six compagnons, épuisés, s\u2019aperçurent que le cachalot flottait, inerte, à une vingtaine de brasses devant eux.Déjà une nuée de mouettes s\u2019abattait sur l\u2019énorme corps emporté au gré des vagues.Alors le visage d\u2019Yves s\u2019illumina ; dominant la faiblesse extrême qu\u2019il éprouvait, il se redressa : \u2014 Victoire!.hurla-t-il.Nous avons vaincu !.Les clameurs des six matelots accompagnèrent cette déclaration, mais les malheureux se sentaient trop épuisés pour s\u2019abandonner à l\u2019allégresse du triomphe.Maintenant que les éléments semblaient s\u2019apaiser, ils se laissaient aller à l'assoupissement et s\u2019étendaient au fond de la chaloupe.Il semblait que leurs membres fussent paralysés, que le moindre effort leur demeurât impossible.La nuit vint.Semblable à une épave, l\u2019embarcation continua de flotter à la dérive.Transis de froid, ses occupants se blottissaient les uns contre les autres.Quand le soleil apparut de nouveau à l\u2019horizon, ils donnaient tous profondément.Ce fut Le Flanchec qui se réveilla le premier ; il s\u2019empressa de secouer ses voisins.Yves ouvrit les yeux et reprit rapidement conscience de la situation ; la vue de l\u2019énorme cadavre qui flottait toujours à peu de distance, amarré à la chaloupe, lui rappela les aventures dramatiques dont il venait d\u2019être le héros.Mais de nouveaux soucis vinrent accaparer le groupe ; la faim commençait à tenailler les sept compagnons ; de plus, ils se demandaient non sans angoisse s\u2019ils n\u2019étaient pas perdus sur l\u2019océan.Le monstre les avait emmenés bien loin de leur base. Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 19 Pourtant, ils ne perdirent pas courage, ils savaient bien que le capitaine ne les oublierait pas et ferait engager des recherches pour les retrouver.Les nombreuses mouettes qui s\u2019abattaient sur le corps du cétacé lui permettraient sans doute de s\u2019orienter et de repérer l\u2019embarcation en détresse.Les espérances d\u2019Yves ne furent pas déçues ; après une attente de plus de deux heures encore, les baleiniers virent un point noir qui apparaissait à l\u2019horizon du nord.Et aussitôt les clameurs enthousiastes se firent entendre : \u2014 L\u2019Anne-Marie !.C\u2019est notre An-ne-Marie !.Cependant, à mesure que le bâtiment s\u2019approchait, les sept compagnons purent se rendre compte qu\u2019il ne s\u2019agissait pas là de leur navire : le pavillon américain flottait à la drisse.\u2014 C\u2019est le Cahfpso du capitaine Morton ! s\u2019exclama Gominon.\u2014 Tant mieux !.C'est la Providence qui l\u2019a amené là, déclara Yves.Ils vont pouvoir constater que nous avons gagné nos mille dollars !.L'équipage du baleinier avait aperçu l\u2019embarcation ; en peu de temps, il mit une chaloupe à la mer et, comme ce canot se trouvait monté par le capitaine Morton lui-même, Yves n\u2019eut pas de peine à lui démontrer qu\u2019il avait pris sa revanche sur le monstre.\u2014 By Jove ! s\u2019écria l\u2019Américain, en adressant au jeune homme un regard rempli d\u2019admiration.Je ne vous croyais pas capable d\u2019un tel exploit, my boy !.Permettez-moi de vous féliciter de tout mon coeur !.Vous monterez à notre bord tous les sept et nous vous reconduirons à la baie de la Désolation.Votre père pourrait penser en effet que vous avez disparu au cours de la tempête !.On imagine avec quel empressement les baleiniers acceptèrent la proposition de leurs amis yankees ; à peine eurent-ils rejoint le Calypso que Mor- ton leur fit servir un repas copieux qui leur permit de se remettre quelque peu de leur fatigue ; quant à la dépouille du Démon des Kerguelen, elle fut laissée avec un drapeau solidement enfoncé dans son flanc.D\u2019un moment à l\u2019autre, l\u2019équipage de l\u2019Anne-Marie, alerté, viendrait la prendre et la ramener jusqu\u2019à la côte.\u2014 Jolie provision d'ambre gris que vous ramenez là ! grommela Morton qui regrettait amèrement de ne point se trouver à la place de ses concurrents heureux.L\u2019Américain pratiquait le fair-play dans toute l\u2019acception du mot.Deux heures plus tard, son navire vint mouiller dans la baie de la Désolation.Le baleinier français était là.Mathurin Mahurec avait fait engager des recherches qui étaient demeurées vaines jusqu\u2019ici ; sa joie fut grande quand il revit le fils qui venait de se comporter si courageusement.\u2014 Allons ! déclara le loup de mer, je ne regrette plus la perte de mon bras, puisqu\u2019il y aura désormais à bord de VAnne-Marie un Mahurec qui saura tout aussi manier le harpon que le vieux cormoran que j\u2019étais.Le lendemain, au cours d\u2019une fête que les deux équipages donnèrent à la baraque pour fêter la capture et la mort du Démon des Kerguelen, on fit bombance ; Morton s\u2019empressa de remettre à Mahurec les mille dollars que le jeune homme avait si courageusement gagnés.Depuis, Yves Mahurec devait revenir à plusieurs reprises dans les parages de cet archipel perdu en plein océan, mais jamais il n\u2019y vécut une période aussi fertile en émotions que celle qu\u2019il avait connue pendant les semaines où il était parti avec ses intrépides compagnons à la recherche du cachalot géant qui semblait un monstre échappé de l\u2019enfer !.Jean Voussac vie Je chateau en c£ urope Les voyageurs canadiens peuvent mener en Europe la vie de château au sens strict.En effet dans presque tous les pays des châteaux historiques ont été aménagés en hôtels.Par exemple en Espagne sur un haut-plateau de vieille Castille, en France dans une vallée des Cévennes, le touriste trouve un château fort emmuré et crénelé, dont l\u2019intérieur révèle une hôtellerie moderne.Il ne s\u2019agit pas là d\u2019une reconstitution factice pour millionnaire en mal d\u2019originalité, il s\u2019agit du bâtiment authentique qui, construit pour durer et non pas pour rapporter de l\u2019argent, a su défier le temps.Un effort particulier a été fourni en Allemagne occidentale.Actuellement une cinquantaine d\u2019anciens châteaux-forts du Moyen-Age sont désormais aménagés de façon à offrir aux touristes le privilège de loger comme un chevalier des temps anciens, sans en trouver les inconvénients.Le cadre est respecté, les coutumes aussi, meurtres et viols exceptés.Le voyageur qui, parti la veille au soir de Montréal, descend d\u2019un avion d\u2019Air-France à Nuremberg, ou Munich ne sait pas qu\u2019à courte distance il peut trouver, modernisé pour lui, un gîte de Burgrave.Par exemple il pourra se rendre sans difficulté au Burg Lauenstein, aménagé à l\u2019année longue pour 60 hôtes.Erigé il y a plus de 1.000 ans sur un piton, à 1750 pieds d\u2019altitude, il servit d ebastion au roi franconien Conrad 1er contre les in- cursions slaves.Avec un peu d\u2019imagination c\u2019est tout un passé prestigieux que le touriste sentira vivre autour de lui.Si le but du voyage c\u2019est le dépaysement, il sera bien atteint, en passant la nuit dans ce nid d\u2019aigle, à l\u2019abri de murailles millénaires, la vue se perdant sur les masses boisées qui ondulent au clair de lune.Laérodrome de Shannon en Irlande a été un relai essentiel pour les avions transatlantiques au début de l\u2019exploitation commerciale.Les voyageurs canadiens se souviennent de l\u2019époque, encore récente, où les envolées Montréal-Paris marquaient fréquemment un arrêt en Irlande qui apparaissait au petit jour dans son écrin vert, comme l\u2019avant-poste de l\u2019Europe.Il s\u2019agissait d\u2019une escale technique, c\u2019est-à-dire sans possibilité de quitter l\u2019avion là.Maintenant les traversées ouest-est se font sans escale ; d\u2019ici la fin de l\u2019année elles se feront de même d\u2019Est en Ouest.Cependant Air-France vient d\u2019naugurer une escale commerciale à Shannon sur la ligne New-York-Paris.En effet, d\u2019une part les Américains d\u2019origine irlandaise, d\u2019autre part les touritses qui désirent commencer par là leur périple européen, donnent une importance croissante à Shannon.Trois fois par semaine au départ de New-York un avion d\u2019Air-France va s\u2019y poser en escale commerciale avant de continuer sa route sur Paris.Les Canadiens pourront au départ de Montréal aller prendre cet avion pour un supplément minimum de $5 lie fit sur* OFFRE D'EMPLOI, FEMME $2.3 PAR SEMAINE pour porter de jolies robes fournies par nous.11 s'agit simplement de montrer à temps perdu les créations Fashion Frocks à vos amies.Aucune mise de fonds, ou sollicitation ou expérience requises.North American Fashion Frocks Ltd., 3125 Industrial Blvd., Dept.Y-239, Montréal, P.Q.in J1 f- \u2014 Tout pour moi ?Merci, merci étfêedüZe / Etes-vous déprimée ! Nerveuse ! Sans énergie ! Si vous manquez de vigueur; si vous êtes fatiguée et irritable; si vos nerfs et vos muscles ainsi que les tissus de votre corps n'ont pas le soutien qui devrait leur être fourni par lu* bon fonctionnement du système, vous avez besoin d\u2019un tonique tel que mon SANO \u201cA\u201d qui contient les ingrédients reconnus par leurs valeurs toniques dans de telles conditions.LES TABLETTES SANO \u201cA\u201d Avec l\u2019usage du bienfaisant tonique SANO \"A\u201d, votre digestion devient plus facile, votre repos est plus réparateur et une meilleure détente s\u2019opère dans vos nerfs et vos muscles.Votre appétit devient meilleur et l\u2019assimilation des aliments se faisant mieux, votre santé et votre vigueur devraient s\u2019améliorer.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de nos tablettes SANO \u201dA\u201d.Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO Enrg.,\t(pour le Canada seulement) Mme CLAIRE LUCE, Case postale 1281 (Place d'Armes), Montréal, P.Q.Ci-inclus 5c pour échantillon des Tablettes SANO \"A\".Ecrivez lisiblement ci-dessous : Votre nom.Votre adresse.V///e.Prov 20 Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 Notre roman feuilleton jb JL est in No 14 par MAURICE VALADE RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Basquine Saurai épouse Renault Poitevin pour prouver sa reconnaissance envers ses parents adoptifs, Madeleine et Pierre Carvajean ; puis Basquine quitte bientôt son mari (!) pour s'engager comme dame de compagnie auprès des demoiselles Claudia et Micheline de Lanceroy.Claudie veut se faire épouser par le lieutenant Just Carvajean à cause de ses millions.Quant à Armand Saurel, le frère de Basquine, il se trouve aux Colonies, et est amoureux de Bruyère, la fille de Bernard Mesmer et de Micheline de Lanceroy.Enfin, Marcelin, le fils de Michal, fait partie d\u2019une bande de malfaiteurs composée de Rossignol et de Polydore Courtois comme chef.\u2014 Te tairas-tu, coquin.\u2014 Nous étions cependant si heureux de vous faire une agréable surprise, dirent ensemble les deux gosses ; si heureux, patron, de vous montrer que nous n\u2019étions point des propres-à-rien, mais bien des apaches déjà expérimentés.Voyez-vous, patron, chacun a sa spécialité.Vous, vous êtes fait pour accomplir de grandes choses, pour mener à bien les tentatives les plus audacieuses, et même un coffre-fort ne vous ferait pas peur.Moi j\u2019aime mieux travailler la nuit.J\u2019adore ouvrir des volets et des portes, fouler des tapis épais, faire jouer l\u2019électricité et me figurer que je suis enfin chez moi, que j\u2019ai gagné le gros lot.Quant à Marcelin, lui, il n\u2019a pas son pareil pour dévaliser en un tour de main les poulaillers les mieux fermés et chaparder les volailles que, avec sa petite figure honnête, il est sûr de vendre dans les marchés voisins.« Nous nous complétons donc tous trois ; \u2014 et je ne m\u2019explique pas, patron, vos criailleries actuelles.\u2014 Oui, nous avons fait un bon coup, intervint Marcelin qui peu à peu reprenait son aplomb \u2014 un coup qui a bien mieux réussi que celui tenté à l\u2019usine Carvajean.\u2014 Votre expédition a été fructueuse, j\u2019en conviens, fit Polydore maintenant apaisé ; \u2014 mais vous avez eu tort d\u2019apporter ici tous ces objets.Si demain on fait des recherches \u2014 et la gendarmerie est certainement avisée \u2014 nous pouvons être pris comme dans une souricière.et ce n\u2019est pas le moment de nous faire coffrer ! Quant a moi, vous le savez, mes amis, je tiens à ma liberté, car je poursuis un but qu\u2019il me tarde rudement d\u2019atteindre.\u2014 On sait ça, patron\u2014 vous voulez vous marier.\u2014 Vous connaissez tous deux la belle Rita, pas ?\u2014 Mais certainement, patron.\u2014 Eh bien, demain elle doit venir ici pour s\u2019entendre avec moi au sujet de nos projets d\u2019avenir.\u2014 Si vous vous mariez, nous plaquerez-vous ?\u2014 Non, mes enfants: \u2014 mais nous entreprendrons un autre métier qui sera certainement beaucoup plus lucratif, dit Polydore.\u2014 Alors nous avons bien fait de dévaliser la villa ; \u2014 on va vendre tous ces objets-là, et ça nous fera un tas d\u2019argent.\u2014 Vendre tout ça?\u2014 Mais ce serait la plus sûre manière de nous faire tout de suite arrêter.Ah ! mes petits, comme on voit bien que vous ne connaissez rien aux affaires ! Laissez-moi agir à ma guise, et ayez confiance en moi.J\u2019ai de grandes vues maintenant ; \u2014 et j\u2019espère qu\u2019avec l\u2019aide de Rita nous réaliserons de considérables bé-béfices, que bientôt nous atteindrons le million .Commencé dans l'édition du 11 mai 1957.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gels de Lettres.\u2014 Les noms des personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.\u2014 Mais pour entreprendre une affaire quelconque, patron, il faut avoir un peu d\u2019argent comptant.\u2014 J\u2019en ai.Avec ce que je possède j\u2019ouvrirai un cabinet d\u2019affaires que je ferai prôner par tous les journaux.Et bientôt les gogos afflueront chez moi : filles à marier, héritiers mécontents, maris trompés voulant surprendre leurs femmes en flagrant délit d\u2019adultère, époux en instance de divorce \u2014 tous se précipiteront à mon agence et viendront grossir ma caisse ! Ah ! quel beau rêve !.Et tirant de sa poche le paquet de billets de banque soutirés à Poitevin, il les compta et recompta avec soin.Puis, ricanant.\u2014 Je possède en outre cinq cents francs donnés par mon paternel ; \u2014 cela n\u2019a pas été sans peine, mais enfin le vieux s\u2019est décidé à lâcher ce que je lui demandais.Quant à tous les objets volés qui sont ici, il faut, mes petits, en faire votre deuil : demain ils seront déposés à la gendarmerie.Alors il exposa aux deux gosses le plan qu\u2019il avait conçu : leur fit comprendre que pour mieux détourner les soupçons, le plus simple était encore de déposer lui-même une plainte.Rossignol et Marcelin, fascinés par tous ces beaux projets du patron, eurent un grand cri d\u2019admiration.\u2014 Et nous, qu\u2019allons-nous faire?demandèrent en même temps les deux vauriens.\u2014 D\u2019abord vous allez décamper d\u2019ici séance tenante.Tenez, voici cinquante francs, un beau billet tout neuf.Avec cet argent vous vous rendrez à Paris et vous louerez une chambre à l\u2019hôtel du Singe Bleu, rue Ramey, dans le quartier Montmartre ; \u2014 bientôt j\u2019irai vous y retrouver avec Rita.\u2014 Entendu, patron, fit Rossignol.Alors vous ne nous gardez, pas rancune du beau coup que nous avons tenté et réussi sans vous ?On voulait vous faire plaisir, vous savez, vous montrer que tout de même nous étions bons à quelque chose.\u2014\tC\u2019est bien, c\u2019est bien, les enfants \u2014 mais assez causé comme ça.Maintenant il vous faut songer à déguerpir au plus vite, car dans une heure au plus tard les gendarmes se présenteront ici pour enlever tous les bibelots que vous avez chipés.\u2014 Mais ne pourrait-on pas tout au moins, patron, emporter quelques bouteilles de champagne ?\u2014\tPour vous faire pincer à l\u2019octroi ?\u2014\tAh ! mes petits, vous êtes vraiment encore bien novices.Puis Polydore ajouta d\u2019un ton sec qui n\u2019admettait pas de réplique : \u2014 Allons ! dépêchez-vous de faire vos baluchons et de décamper prestement.Rossignol entassa dans une serviette tout son fourniment, Marcelin en fit autant \u2014 et ils partirent.Comme ils franchissaient le seuil de la baraque deux heures sonnèrent.Enfin seul, Polydore, qui ne perdait pas vue ses projets de mariage, décida d\u2019écrire à Rita une seconde lettre que tout à l\u2019heure, il irait jeter à la poste.« Elle recevra mon mot ce soir, ou demain matin au plus tard, pensait-il ; \u2014\telle aura donc tout le temps de se préparer à venir au rendez-vous que je lui donne ici, dans cette maisonnette où nous serons seuls et parfaitement bien pour causer ».La missive de Polydore était ainsi conçue : « Voici la seconde lettre que je t\u2019écris, «le second rendez-vous que je te don-« ne ; et tu n\u2019es pas venue.Je sais ce-« pendant que tu n\u2019as pas quitté Es-« bly et que tu es toujours chez les «Capello où je n\u2019ai jamais osé aller « te voir.Bien souvent, ma petite Rita, «je t\u2019ai aperçu en compagnie de ton amie, de cette blondinette si gentille : «mais toujours j\u2019ai évité de me mon-« trer.« Je t\u2019attends demain chez moi ; \u2014 « viens, nous avons à causer longue-«ment.Tu connais le chemin, et je « pourrais fort bien t\u2019attendre tranquil-«lement ici ; -\u2014 mais de crainte que tu « ne te trompes je m\u2019installerai à la « gare où tu viendras me rejoindre.« De là nous gagnerons la plaine et « ma cambuse.Tu la trouveras sans «doute bien délabrée, ma petite mai-« sonnette; \u2014 mais je me propose de « l\u2019acheter, de la restaurer sérieuse-«ment, et d\u2019en faire un palais dont tu « seras la reine \u2014 pour toi, vois-tu, « rien ne sera assez beau.« J\u2019ai revu l\u2019élégant Poitevin ; \u2014 et « à ce sujet je te raconterai un tas « de choses dont tu seras profondément « étonnée.« A demain donc, entre trois et qua-« tre heures.« Ton ami pour la vie, et bientôt ton « mari.« Polydore.» Il consulta sa montre \u2014 elle marquait deux heures.Il crut prudent de ne pas sortir encore ; \u2014 d\u2019ailleurs en admettant qu\u2019il n\u2019eût pas le temps de jeter lui-même cette lettre à la poste, il en serait quitte pour la faire porter à domicile par un gamin.Nerveux, et malgré tout un peu inquiet, il attendit.Tx-ois heures venaient de sonner à la petite église d\u2019Esbly quand soudain un galop de chevaux se fit entendre, ainsi que les clochettes d\u2019un baudet traînant une voiture.« Voici les gendarmes, pensa Polydore ; \u2014 attention, mon bonhomme, et ne te fais pas pincer.» Ouvrant vivement la porte de la baraque il courut se planter au milieu du chemin, faisant des gestes, criant : « C'est ici.c\u2019est ici.» Et quand devant la cambuse les gendarmes mirent pied à terre : \u2014 Je vous attendais avec impatience, messieurs.Tenez, enti-ez chez moi et vous constaterez le désordre qui y règne, vous veri'ez tous les objets volés : vin, pendules, linge \u2014 tout ça jeté pêle-mêle.\u2014 Quand vous avez pénéti'é dans votre maison vous avez dû être rudement surpris, fit le brigadier en ricanant.\u2014 Epouvanté, vous pouvez le dire.Je ne savais trop que faire, et pendant plus d\u2019une heure je suis resté baba, me demandant si je ne rêvais pas et si toutes ces belles et bonnes choses n\u2019étaient pas des cadeaux tombés du ciel.\u2014 Mais, dit l\u2019autre gendarme, il est probable que les voleurs reviendront chei'cher leur butin.Polydore n\u2019avait pas songé à cette objection.\u2014 C\u2019est possible, fit-il en se remettant bien vite de la légère émotion qu\u2019il venait d\u2019éprouver.En tout cas je vous demande de me débarrasser de tous ces objets qui m\u2019empêchent de me retourner ; \u2014 après vous en ferez ce que bon vous semblera.c\u2019est votre affaire.\u2014 C\u2019est pas réguliei', tout ça ; \u2014 il faut d\u2019abord faire constater le vol.\u2014 Mais puisque vous êtes venus pour cela, puisque depuis un quart d\u2019heure vous griffonnez, vous prenez des notes à ce sujet.Même que vous me demandez mon état civil \u2014 tout comme si j\u2019étais le voleur \u2014 à moi qui honnêtement vous ai averti !.\u2014 C\u2019est entendu : on va enlever tout ça, monsieur Polydore Courtois.\u2014 Mais avant nous allons d\u2019abord trinquer ensemble, fit le misérable ; \u2014 j\u2019ai ici, à moi, bien à moi, du vieux chablis dont vous allez me donner des nouvelles.\u2014 C\u2019est pas dans l'ordre, dit le briga-dier, \u2014 mais on a galopé beaucoup tout à l\u2019heure, on a chaud, et si ce chablis est bien à vous.\u2014 Pour qui me prenez-vous.Tout en faisant cette protestation, Polydore se hâta de déposer sur la table des verres et une bouteille poussiéreuse qu\u2019il déboucha prestement ; \u2014 puis à chacun il versa une forte rasade \u2014 le charretier conduisant la voitux-e attelée du baudet fut, lui aussi, de la fête.\u2014 Excellent, votre chablis, dirent les deux gendarmes après avoir absorbé d\u2019un trait le contenu de leur verre. Le Samedi, Montréal, 10 aoîit 1957 21 Maintenant nous allons nous mettre à l\u2019ouvrage et charger tout ce butin sur la charrette.Et se tournant vers Polydore : \u2014 Vous savez, vous serez cité comme témoin.Le bandit blêmit : il n\u2019avait point songé à cette formalité qui allait le mettre en contact avec la justice.Mais il se reprit bien vite, et c\u2019est d\u2019un ton parfaitement calme qu\u2019il dit : \u2014Il faudra envoyer la citation chez mon père, car sous peu, demain peut-être, je quitterai ce pays.Obligé de chercher une place, j\u2019ai l\u2019intention de me rendre à Londres où les gages des valets de chambre sont beaucoup plus élevés qu\u2019à Paris.Néanmoins je compte, avant de gagner l\u2019Angleterre, rester environ un mois chez mon père qui est concierge de la maison portant le numéro 7 bis de l\u2019avenue des Gobelins.Tout le monde dans le quartier connaît le brave père Courtois, et tout le monde l\u2019estime.Je l\u2019ai quitté parce qu\u2019on ne s\u2019entendait pas tous les jours ; \u2014 mais maintenant la querelle est finie, et je vais retourner chez lui.\u2014 Quelle singulière idée vous avez eue de venir vous réfugier dans cette cambuse.\u2014 J\u2019étais malade et j\u2019avais besoin de l\u2019air de la campagne pour me remettre ; \u2014 alors j\u2019ai loué pour un prix dérisoire cette maisonnette où je me suis installé l\u2019été dernier et où je suis resté tout l\u2019hiver.Je ne m\u2019y suis pas ennuyé, car moi, messieurs, j\u2019adore la solitude.\u2014 La solitude à trois, objecta le brigadier.\u2014 C\u2019est parfaitement vrai.Malheureusement les deux orphelins que j\u2019avais recueillis chez moi sont partis pour Londres dans l\u2019intention d\u2019y chercher du travail ; et comme dans la vie tout est ingratitude, ils ne m\u2019ont pas encore donné de leurs nouvelles.« Ah ! pensait Polydore en avalant encore un verre de chablis, j\u2019ai fait une rude gaffe en dévoilant ainsi le pot aux roses ; \u2014 et vraiment les gosses avaient plus de jugeote que moi quand ils me proposaient de déménager nous-mêmes, petit à petit, tout ce fourniment.Que diable, j\u2019aurais bien trouvé à Paris une chambre pour y déposer tous ces objets ; et je n\u2019éprouverais pas en ce moment l\u2019ennui et la terreur de répondre aux questions de ces gendarmes méfiants et curieux.La nuit commençait à tomber quand la charrette, chargée de butin, s\u2019ébranla enfin, escortée par les représentants de la force publique.Enfin seul, Polydore respira plus librement ; \u2014 mais cependant son effroi était encore tellement grand que la pensée lui vint de quitter de suite Esbly, et de n\u2019y jamais revenir.Oui.mais Rita ?\u2014 la jeune femme viendrait-elle le rejoindre à Paris ?.«Allons, songea-t-il, il ne faut rien brusquer.Quand Rita aura reçu la lettre que je vais lui faire porter par un gosse, elle s\u2019empressera d\u2019accourir ici.Nous nous entendrons certainement tout de suite ; et demain il sera encore temps de filer tous deux.» Il enfonça son chapeau sur sa tête, endossa son pardessus et partit.A un gosse qu\u2019il rencontra en route il donna vingt sous, et lui dit : \u2014 Connais-tu les Capello ?\u2014 Je vais leur livrer du lait tous les jours.\u2014 Veux-tu te charger de porter cette lettre chez eux ?\u2014 Mais bien volontiers, monsieur.Et l\u2019enfant partit en courant.Longtemps Polydore le suivit des yeux ; \u2014 puis quand il ne le vit plus il pénétra dans l\u2019unique cabaret de l\u2019endroit \u2014 celui-là même où le père Courtois était entré le matin pour se reposer et prendre un verre.Pris d\u2019un malaise subit, le vieillard avait demandé une chambre et s\u2019était couché, se proposant de se mettre dès le lendemain à la recherche du logis de son fils.Le brave homme ne vit donc point Polydore qui venait de se faire servir à souper, n\u2019entendit point les compliments que lui faisait la cabaretière au sujet de la dénonciation sensationnelle et méritoire qu\u2019il avait faite à la gendarmerie du canton.\u2014\tAh !.vous savez ?fit Polydore en se rengorgeant.\u2014\tMais oui.Chacun vous admire ; et chacun aussi dit que vous feriez un excellent maire, bien meilleur que celui que nous avons en ce moment.\u2014\tIl faudrait d\u2019abord que je sois conseiller municipal.\u2014\tOh ! si vous vous présentiez aux élections vous seriez tout de suite nommé.On en a assez, voyez-vous, de tous ces riches aux idées rétrogrades.Ce qu\u2019il nous faut ce sont des conseillers qui songent à l\u2019avenir, qui comprennent les besoins du pauvre monde.A ce moment la porte du cabaret s\u2019ouvrit, livrant passage au petit laitier qui apportait la provision de tous les soirs et qui, apercevant Polydore, accourut à lui.\u2014\tJ\u2019ai remis votre lettre, monsieur, dit l\u2019enfant.\u2014\tMerci, mon petit, merci ; \u2014 tiens, voilà encore dix sous pour toi \u2014 es-tu content ?\u2014\tJe voudrais bien vous servir de facteur tous les jours, monsieur.X Après avoir parcouru, toute tremblante, la lettre de Polydore, Rita en fit la lecture à Bruyère qui, pensive, l\u2019écouta avec une stupéfaction profonde.\u2014\tIras-tu ?demanda Bruyère.Ne crois-tu pas qu\u2019il serait plus prudent et plus sage de partir, de quitter Esbly ce soir même, par le dernier train ?Tu viendrais t\u2019installer chez moi, dans ma petite chambre, comme tu le fis déjà autrefois alors que je logeais en garni à Vincennes.\u2014 Je te remercie, mais je refuse ta proposition, fit résolument Rita.J\u2019irai au rendez-vous que me fixe Polydore, parce que je veux en finir, parce que je ne veux pas passer ma vie à trembler.Certainement cet homme est résolu à me poursuivre partout \u2014 et je ne puis plus supporter une telle terreur ! \u2014 Je tremble pour toi, Rita.\u2014 Oh ! je suis si lasse de la vie, moi, si lasse ! Tu vois, Bruyère, où peut conduire une première faute ! Si je n\u2019avais eu le courage de me défendre contre ce premier entraînement je serais tombée plus bas encore ; \u2014 mais de toutes mes forces j\u2019ai résisté, et je me suis relevée à mes propres yeux.Rêveuse et triste, Bruyère écoutait son amie sans oser l\u2019interrompre.Elle dit enfin, très émue.\u2014 Non, non, ne va pas à ce rendez-vous, et partons ce soir même pour Paris.Capello nous accompagnera à la gare, et comme il sera armé il pourra te défendre contre les poursuites de ce misérable.Tu te réfugieras chez moi ! et tu verras comme nous serons bien dans ma petite chambre \u2014 tu sais, une chambre où aucun homme n\u2019a jamais pénétré.\u2014 Oh ! toi tu n\u2019es pas comme les autres, et toujours tu sauras te défendre contre les tentations, contre les pièges qui te seront tendus.\u2014\tLe crois-tu vraiment?Vos Fausses Dents tombent ou remuent-elles ?FASTEETII, une poudre améliorée qu\u2019on saupoudre sur le dentier du haut et du bas pour les faire tenir en place plus solidement.Finis les plissements, chutes ou remuements.Pas de Roftt ni sensation gommeuse, pAteuse d\u2019aucune sorte.FASTEETII est alcaline (non-acide).\u2014 ne surit pas.Enraye r\u201dodeur des dentiers\u201d.FASTEETII se procure dans toutes les pharmacies.\t3 \u2014 Je te connais si bien, petite amie.Depuis longtemps déjà tu voles de tes propres ailes ; \u2014 mais tu n'es pas tombée, toi, tandis que moi.\u2014 Tu étais si loin de tous ceux que tu aimais !.\u2014 Si loin, si loin de Naples, de la mer de Caprée, de nos belles montagnes, si loin de ce pur ciel bleu sous lequel je suis née ! Mes parents étaient pauvres, très pauvres ; mais néanmoins nous étions presque heureux dans notre médiocrité et nous ne nous plaignions pas de notre sort.Hélas ! un jour mon père mourut, nous laissant seules, ma mère et moi.Il partit un matin pour la pêche, et ne revint plus ! La mer, cette grande mangeuse d\u2019hommes, cette traîtresse, le prit.et ne le rendit pas ! Oh ! tu ne pourrais jamais t\u2019imaginer, petite Bruyère, la misère qui suivit cette fin tragique, la détresse de tous les jours qui fut la nôtre ! Sans travail, sans pain, je dus me décider à partir pour essayer de gagner la vie de ma mère et la mienne.Après un long silence Rita reprit : Ecoute bien, Bruyère, ce que je vais te dire.Un jour ma mère, qui était restée au pays, tomba malade, très malade.Pour lui permettre de se procurer les soins nécessaires il lui fallait de l\u2019argent.et moi je n\u2019en avais pas.Polydore m\u2019en offrit ; \u2014 j\u2019acceptai, car dans mon esprit c\u2019était un prêt qu\u2019il me consentait, et je lui en fus très reconnaissante.Hélas ce fut cette reconnaissance qui me perdit, et.Elle ne put achever cette confidence que déjà cependant elle avait faite à Bruyère.Mais Rita aimait à reparler de ce passé dans l\u2019évocation duquel elle puisait toutes ses colères, toutes ses rancunes.A ce moment Capello et la Margot rentrèrent d\u2019une tournée dans les villages environnants.\u2014 La recette a été certainement bonne, fit Bruyère en souriant ; \u2014 maman Margot paraît si contente.\u2014 Contente d\u2019abord de vous retrouver toutes deux, et ensuite d\u2019avoir tout vendu ; \u2014 nous avons écoulé pour trente-sept francs de paniers et de corbeilles.Et sur la table la brave femme vida le contenu de sa poche \u2014 pièces de cent sous et menue monnaie.Puis se tournant vers Bruyère.\u2014 Tu vois, petite, notre métier vaut encore mieux que le tien ; \u2014 tu serais certainement bien embarrassée de me montrer autant d\u2019argent.\u2014 Oh ! moi, quand j\u2019ai payé mon terme je suis parfois plusieurs jours sans le sou.\u2014 Alors tu fais comme les rats, tu grignotes de vieilles croûtes de pain.\u2014 Bah ! ça ne m\u2019empêche pas de chanter.D\u2019ailleurs je ne suis jamais bien malheureuse, car mes vieux concierges me gobergent souvent.\u2014 Ah! les braves gens, fit Capello.Dis-moi leur nom, afin que je puisse aller les remercier.\u2014 Ils s\u2019appellent Courtois.Ce nom ainsi jeté à brûle-pourpoint fit tressaillir Rita.Elle se prit à trembler, et une ombre profonde envahit son front.\u2014 Mais assez causé comme ça, et ne nous occupons pas plus longtemps des COUPABLE OU NON COUPABLE CHRONIQUE JUDICIAIRE par ROBERT MILLET, B.A.Un accusé peut-il être convaincu du crime d\u2019incerulie quand on n a pas prouvé qu\u2019il a allumé un incendie ?C\u2019est le midi, un dimanche.Des locataires d\u2019une maison-appartements perçoivent soudain une odeur de fumée.Cela provient de l\u2019étage inférieur.Sans perdre un instant, ils frappent à la porte du local d\u2019où se dégage l\u2019odeur.Mais l\u2019occupant leur refuse l\u2019entrée, soutenant qu\u2019il n\u2019y a pas de feu chez lui.On décide alors d\u2019appeler les pojnpiers.Plus heureux, ceux-ci pénètrent à l\u2019intérieur de l\u2019appartement stratégique.Il y a, en effet, beaucoup de fumée.Mais de feu, point.Tout ce qu\u2019on trouve c\u2019est un amas de vêtements un peu brûlés dans un couloir, puis un autre dans le placard de la cuisine.Si les effets ont été quelque peu détériorés par le feu et s\u2019il s\u2019en dégage encore une épaisse fumée, il n\u2019y a définitivement pas de feu.L\u2019occupant de l\u2019appartement est quand même accusé du crime d\u2019incendie.Il nie sa culpabilité et témoigne pour sa propre défense en vue d\u2019expliquer ce qui s\u2019est passé ce dimanche-là et de se disculper.Il déclare d\u2019abord avoir été passablement ivre au moment de l\u2019alerte.Il l\u2019était depuis quelque temps.Quand il a découvert la fumée, il a placé un paquet de vêtements en flammes dans le placard de la cuisine afin que le manque d\u2019oxygène arrête la combustion.Quant à l\u2019autre paquet, dans le couloir, il l\u2019a piétiné pour en éteindre les flammes.Interrogé sur i\u2019origine de l\u2019incendie, l\u2019accusé affirme ne pouvoir l\u2019établir.Il était alors trop ivre pour s\u2019en rappeler.Son procureur soutient alors que son client ne peut être trouvé coupable de l\u2019offense qu\u2019on lui reproche.On n\u2019a pas établi la provenance de l'incendie.L\u2019accusé, d\u2019autre part, n\u2019a-t-il pas réussi à l\u2019éteindre ?Ce prévenu est-il COUPABLE ou NON-COUPABLE du crime d\u2019incendie ?NON-COUPABLE ! a décidé le Président du Tribunal dans un jugement rendu aux Sessions de la Paix, à Montréal, le 23 mai 1957. 22 Le Samedi, Montréal, 10 août 1!)57 affaires des autres, fit la Margot.Nous avons à songer à bien d\u2019autres choses, et tout d\u2019abord au souper ; \u2014 il se fait déjà tard, et c\u2019est tout juste si j\u2019ai le temps de confectionner un lapin sauté.-\u2014 Réfléchis donc, maman Margot, qu\u2019il va bientôt être huit heures.\u2014 Qu\u2019est-ce que ça peut bien nous faire ?On mangera un peu plus tard, voilà tout, et notre petit festin sera comme un réveillon.En un tour de main le lapin fut tué, dépouillé, découpé ; \u2014 puis quand il fut cuit, la Margot le dressa dans un plat qu\u2019elle déposa sur la table.\u2014 Voilà, ça y est, fit Capello en se frottant les mains.Maintenant, mes poulettes, je vais chercher à la cave une bonne bouteille dont nous nous régalerons.11 descendit sans lumière : \u2014 il connaissait si bien sa cave qu\u2019il s\u2019y dirigeait sans la moindre hésitation, même dans les ténèbres.Mois à peine était-il descendu qu'il poussa un cri d\u2019effroi : un homme, dont il avait deviné la haute taille, lui était apparu, l\u2019avait bousculé et jeté à terre.Quand il se releva, tout contusionné, l\u2019homme avait pris la fuite ; \u2014 et Capello, complètement ahuri, se demandait maintenant s\u2019il n\u2019était point le jouet de quelque cauchemar.Quand, tout tremblant encore, Capello eut regagné la petite salle à manger, il raconta ce qui venait de lui arriver.Alors Rita et Bruyère, effarées, pensèrent tout de suite que ce bandit n\u2019était autre que Polydore \u2014 Polydore venu là pour s\u2019assurer que Rita ne s\u2019était point envolée.Se penchant vers Bruyère, Rita murmura : -C\u2019est lui.je te dis que c\u2019est lui! Si je ne le tue pas, ce sont tes parents \u2014\tces braves gens que tu aimes tant \u2014 qu'il viendra dévaliser et assassiner ! Les vieillards sont seuls, ils habitent une maison isolée ; \u2014 et dans ces conditions Polydore doit penser qu\u2019il y a là un beau coup à tenter.Oh ! je le connais bien, va, et je sais que quand il a parfaitement mûri un plan, il le met à exécution sans tarder.\u2014 Dénonce-le, mais ne le tue pas \u2014 car alors, ma pauvre Rita, ce serait pour toi la prison et le bagne ! \u2014 Qu\u2019importe ! \u2014 le bagne sera pour moi une délivrance !.Comprenant qu\u2019elle ne pouvait plus rien tenter pour empêcher cette oeuvre de vengeance de s\u2019accomplir, Bruyère se tut.La soirée s\u2019acheva, sombre, poignante, et la nuit fut pour tous une longue insomnie.Les premières lueurs de l\u2019aurore dissipèrent cependant peu à peu celte terreur avec laquelle ils s\u2019étaient assoupis, enfin vaincus par le sommeil.La matinée s\u2019écoula dans un silence absolu.Les heures succédèrent aux heures ; \u2014 puis enfin arriva le moment du rendez-vous fixé à Rita par Polydore.La jeune femme revêtit une toilette sombre, jeta sur sa tête aux lourds cheveux noirs un fichu de laine ; puis, sans dire où elle allait, sans même serrer la main à Bruyère qui la regardait avec une infinie tristesse, elle partit.« Reviendra-t-elle jamais ! » pensait Bruyère, les yeux embrumés de larmes.Longtemps elle suivit des yeux Rita qui fuyait, qui descendait la colline ; \u2014\tpuis, rêveuse, elle rentra dans la maison, tandis que son amie, elle, gagnait la gare où Polydore devait l\u2019attendre.En apercevant la jeune femme, le misérable s\u2019élança vers elle et lui offrit son bras qu\u2019elle ne prit pas.\u2014 Je suis venue, dit-elle, parce que je suis lasse de tes poursuites, lasse de la vie que tu me fais subir.Tu as à me causer, prétends-tu ; \u2014 eh bien, conduis-moi où tu voudras.je suis prête à te suivre.\u2014 Allons chez moi, fit-il, l\u2019oeil allumé par la passion que lui inspirait encore cette femme.Sans un mot ils traversèrent une large route et s\u2019engagèrent dans un sentier étroit et rocailleux, tracé en pleins champs ; \u2014 puis enfin la maisonnette de Polydore apparut, enveloppée par le brouillard qui depuis une heure tombait.Dans leur précipitation à pénétrer dans cette baraque ils ne remarquèrent point un homme qui, caché derrière un gros noyer d\u2019où il pouvait voir sans être vu lui-même, examinait d'un regard morne Polydore et Rita qui passaient non loin de lui.Cet homme, c\u2019était le père Courtois.Toujours aux aguets, il vit la porte de la baraque s\u2019ouvrir, se refermer \u2014 puis plus rien.« Ah ! la gentille fille, pensait-il.Si elle voulait seulement épouser Polydore elle le sauverait certainement, elle nous sauverait tous ! » Face à face maintenant Polydore et Rita se regardaient ; \u2014 immobile, la tête haute, la jeune femme refusa le siège que Polydore lui offrait.Et d\u2019un ton sec.\u2014 Explique-toi et dis franchement ce que tu veux.Tu sais qu\u2019entre nous tout est fini depuis longtemps ; et tu sais aussi que si je me suis rendue à Londres, si je suis restée de longs mois dans cette ville où je me sentais mou- LES CHANCES QU'ELLE VOUS RESERVE : Le moment est favorable aux entreprises de longue haleine, aux travaux qui exigent du temps, de la patience, de la d\u2019adaptation aux circonstances extérieures : tels les problèmes familiaux, Immobiliers, fonciers et sociaux.Vous pourrez envisager de prendre avec Joie des responsabilités assez considérables dans ces vastes domaines.Vous verrez des projets depuis longtemps conçus se cristalliser lentement à la faveur de circonstances extérieures inattendues.rir d\u2019ennui loin de tous ceux que j\u2019aime, c\u2019est uniquement pour te fuir.Ah ! si ma mère eût vécu je serais retournée à Naples ; \u2014 mais la pauvre femme est morte.la maladie et la misère l\u2019ont tuée.\u2014 Tu aurais dû rester à Londres, puisque tu étais résolue à me repousser.\u2014 Je ne suis partie de Londres que le jour où j\u2019ai cru être complètement oubliée de toi.\u2014 Une femme comme toi ne s'oublie jamais, Rita.\u2014 Et moi je veux que tu m\u2019oublies, que tu me fasses le serment de ne plus jamais me poursuivre de ton amour.J\u2019ai besoin de travailler pour vivre \u2014 et moi j\u2019entends vivre en paix.\u2014 Tu as été à moi \u2014 tu seras encore à moi ! Je t\u2019aime trop, Rita, pour renoncer ainsi à toi.\u2014 Et moi je te hais ! Comment pourrais-je aimer un homme que je méprise, un misérable qui, cette nuit encore, s\u2019est glissé dans la cave des Capello ! Tu es donc un bandit, un apache redoutable ; \u2014 et tu as pu penser une minute que je consentirais à unir ma vie à la tienne ?.\u2014 Quand je t\u2019aurai parlé, Rita, tu ne feras pas tant la fière, tant la dédaigneuse.\u2014 Tu auras beau dire et beau faire, je ne céderai pas.\u2014 Petite Rita de mon coeur, tu me fais rire avec tes airs de princesse qui s\u2019offusque de ce qu\u2019un galant homme comme moi se permette de lui faire des propositions.D\u2019abord je veux t\u2019épouser, et quand tu t\u2019appelleras mada- LES RISQUES QUE VOUS ENCOURREZ : Il y a de l\u2019agressivité et de l\u2019impatience dans l\u2019air et si vous ne savez réprimer vos mouvements d\u2019humeur et vos impulsions, vous risquez fort de vous heurter à des complications considérables, dangereuses, de a tomber sur votre nez », et cela aussi bien dans la vie intime qu'en affaires.61 votre activité vous oblige fi des travaux dnngercux, redoublez de prudence surtout les 4 et 7 août.me Polydore Courtois tu partageras toutes mes idées.Oui, c\u2019est vrai, cette nuit je me suis faufilé dans la cave de ton Italien \u2014 un sale type, celui-là, et dont la frimousse ne me revient guère ; \u2014 mais ce n\u2019était pas pour voler, c\u2019était tout simplement pour t\u2019entendre parler.Que veux-tu, pour toi que j\u2019adore, je commettrais les pires folies.Je n\u2019ai pas oublié, tu sais, nos petites cocotte-ries d\u2019autrefois ; \u2014 et je m\u2019étonne que toi, la première jadis à aller de l\u2019avant, tu rechignes aujourd\u2019hui.Aurais-tu donc perdu le souvenir des soupers fins que je préparais autrefois là-bas, à Boissy, uniquement pour te plaire ?.\u2014 Je ne me souviens que d\u2019une chose, c\u2019est que je me suis donnée à un misérable ! \u2014 Il est encore heureux que tu te souviennes que je t\u2019ai tenue dans mes bras.Ah ! ma poulette, c\u2019était le bon temps.conviens-en.Il la regardait fixement ; et elle, frissonnante, sentait son coeur trembler.Très lasse, elle s\u2019affaissa sur une chaise, la tête rejetée en arrière, les yeux vagues, n\u2019entendant plus, ne voyant plus.Son esprit s\u2019obscurcit, et soudain elle eut une impression de vide immense.Il lui semblait qu\u2019un abîme venait de se creuser devant elle ; et elle se sentait sans forces, prête à y tomber.Croyant l\u2019avoir enfin reconquise, Polydore s\u2019approcha d\u2019elle, se pencha et doucement murmura : \u2014 Ecoute bien, Rita, ce que je vais te dire.Oui, j\u2019ai commis des vols ; mais je ne suis pas encore devenu un assassin.Mon sort est entre tes mains ; \u2014 si tu m\u2019abandonnes je serai certainement un jour un meurtrier, car plus rien ne me retiendra sur la pente du crime ! Oh ! si tu voulais, comme l'avenir s\u2019ouvrirait souriant devant nous ! Tu serais heureuse et tu ne manquerais de rien, puisque je possède assez d\u2019argent pour me permettre de me créer une situation.J\u2019ai vu Poitevin.et il m\u2019a donné dix mille francs.\u2014 C\u2019est encore du chantage que tu as pratiqué là.\u2014 Possible ; \u2014 mais il me fallait de l\u2019argent pour réaliser le projet que j\u2019ai en tête.J\u2019avais en mains des atouts \u2014 je m\u2019en suis servi, quoi de plus naturel ?Le millionnaire a casqué, mais à dire vrai ce n\u2019a pas été sans peine.Quoi qu\u2019il en soit les fafiots sont là, et je vais te les montrer.Il tira de sa poche une enveloppe bourrée de billets de banque et la jeta sur les genoux de Rita.\u2014 Tout ça pour toi, fit-il.C\u2019est le souvenir de notre tendresse d\u2019autrefois, et c\u2019est aussi l\u2019espoir de te reprendre, qui m\u2019ont donné l\u2019audace de demander cet argent.Maintenant les billets sont là, je les ai, ils sont à nous, bien à nous et nous pouvons en disposer comme bon nous semblera.Avec cette somme je monterai un cabinet d\u2019affaires épatant qui me permettra de réaliser des bénéfices considérables ; \u2014 et alors tu seras toi aussi avant peu une grande dame.Et comme, atterrée par toutes ces confidences, elle gardait un silence farouche, il demanda : \u2014 Tu m\u2019as compris ?\u2014-Je ne sais ce que tu viens de me dire : je ne t\u2019ai pas entendu.Tous tes projets, bons ou mauvais, me laissent parfaitemnet indifférente car \u2014 et tu le sais fort bien \u2014 je ne t\u2019ai jamais véritablement aimé.J\u2019ai payé une dette de reconnaissance, voilà tout ; \u2014 mais cette dette payée, je me suis enfuie de Boissy, je me suis affranchie d\u2019un amour dont j\u2019étais écoeurée.Je te méprise comme le dernier des misérables parce que je sais ce que tu vaux, ce que tu as fait, parce que depuis longtemps j\u2019ai compris tout l\u2019o- LES DATES QUE VOUS CHOISIREZ :\tCELLES QUE VOUS REDOUTEREZ : a)\tpour vos affaires, vos démarches, vos entrevues professionnelles, vos sollicitations, vos appointements : 6\ttout le Jour\t7 le matin 7\taprès-midi 9\taprès-midi b)\tpour vos rencontres amicales et sentimentales : 6\ttout le Jour\t5\tle soir 8\ttout le Jour\t4\ttout\tle\tJour 10\ttout le Jour c)\tpour vos achats importants et vos transactions commerciales : 7\taprès-midi\t4\ttout\tle\tJour 8\taprès-midi\t5\ttout\tle\tJour d)\tpour vos intérêts familiaux, immobiliers et fonciers : toute la semaine, sauf le 4\t4 tout le jour AUTOMOBILISTES : encore une semaine qui risque d'être très meurtrière, surtout les 4 et 7 août, moment où il faut craindre une recrudescence de collisions, de ruptures mécaniques et des dangers d\u2019incendies suivant les collisions.De fortes tendances accidentelles s\u2019annoncent cette semaine : explosions, incendies meurtriers, chutes d\u2019avions, coups de grisou, accidents dans les mines : partout, des mesures particulières devraient être prises.LES PRECAUTIONS ÇUE VOUS DEVREZ PRENDRE POUR VOTRE SANTE : Si vous êtes sensible aux névralgies, aux douleurs intercostales, aux rhumatismes, aux dépressions, prenez les précautions d\u2019usage cette semaine pour éviter le retour de tels troubles.Ménagez-vous, ne vous surmenez pas surtout vers le 4.Gare aussi aux entorses et aux fractures résultant de chutes et de glissades.Attention aux brûlures et aux piqûres, de même qu'aux accidents cardiaques, vers le 7.LA BOURSE CETTE SEMAINE : Après un début de semaine assez lent, où les cours ont pu marquer un fléchissement surtout sur le plomb, les mines, charbon, etc., la situation s\u2019améliore soudain, s'affermit, se stabilise, surtout sur les pétroles, huiles, caoutchouc, café : forte animation, vers le 7, sur des valeurs de fonderies, aciéries, haut-fourneaux.\u2018Ufre S onne £stoile par WERNER HIRS1G LA SEMAINE DU 4 AU 10 AOUT 19S7 Le Samedi, Montréal, U) août 1957 23 dieux du crime que tu préméditais en cherchant à livrer Basquine à ce Poitevin qu\u2019elle détestait ! Ah ! la haine, vois-tu, est un sentiment qui ne se commande pas, mais bien qui se subit ; \u2014 et moi je te hais parce que tu m\u2019as perdue !.\u2014\tJe veux faire de toi ma femme.\u2014\tJe t\u2019en prie, ne me parle plus de cet horrible projet, de ce projet à jamais irréalisable.\u2014\tPourquoi alors es-tu venue ici ?\u2014 Pour te faire un adieu éternel.-\u2014 Que tu sois ma femme ou non, tu seras à moi, je te le jure.Partout où tu iras je te poursuivrai ; \u2014 je te tendrai des pièges dans lesquels tu tomberas.comme tout à l\u2019heure tu tomberas dans mes bras ! Je te veux, tu entends.Je te veux ! D\u2019elle il s\u2019approcha brusquement \u2014 et sur sa nuque penchée Rita sentit la morsure d\u2019un baiser.D\u2019un élan elle se redressa, le visage livide ; \u2014 puis de sa poche elle sortit un revolver qu\u2019elle braqua sur Poly-dore.et fit feu.La détonation retentit, sonore, se répercutant dans toute la campagne environnante.L\u2019homme tomba.Alors Rita transfigurée, Rita très calme, du moins en apparence, s\u2019enfuit de la baraque.La nuit est venue, et le brouillard de tout à l\u2019heure s\u2019est encore épaissi.Autour de Rita régnent d\u2019épaisses ténèbres.Elle enfonce jusqu\u2019à mi-jambe dans les terres détrempées, elle blesse ses pieds aux cailloux des sentes ; \u2014 mais peu lui importe : elle est contente d\u2019elle et ne regrette point son acte de colère et de justice, ne regrette point d\u2019avoir abattu d\u2019un coup de revolver Polydore \u2014 ce bandit qui la poursuit partout !.Sur le chemin elle s\u2019arrête, frissonnante, éperdue ; \u2014 et anxieusement elle écoute.Aucun bruit ne se fait entendre ; \u2014 c'est le silence, la solitude de la pleine campagne.L\u2019ombre est si épaisse, le ciel si noir, qu\u2019elle ne voit même pas devant elle.Alors, écrasée, elle sent la folie monter à son cerveau avec le souvenir terrifiant du crime qu\u2019elle vient de commettre.Puis enfin, après une course qui dure depuis plus d\u2019une heure, elle aperçoit des maisons, une colline ; \u2014 puis elle découvre tout là-haut, éclairée maintenant par un rayon de lune, la petite demeure des Capello, à une des fenêtres de laquelle brille une faible lumière.En hâte elle gagne la maison, y pénètre.Dans la salle à manger les Capello et Bruyère attendent la jeune femme.\u2014 Enfin toi ! murmure Bruyère en se précipitant pour soutenir son amie qui chancelle.\u2014 Cache-moi.cache-moi, supplie l\u2019Italienne en serrant à l\u2019étouffer Bruyère ; \u2014 cache-moi.je suis perdue ! J\u2019ai tiré sur lui.il est tombé.mais je ne sais pas s\u2019il est mort ! Oh ! s\u2019il revient à la vie je n\u2019aurai plus qu\u2019à me jeter dans la Seine !.\u2014 On te donnera de l\u2019argent et tu t\u2019embarqueras pour l\u2019Amérique, fit Capello profondément ému.Tu t\u2019es vengée \u2014 tu as bien fait, ma fille.Livide et tremblante, Margot se taisait.\u2014 Je vais d\u2019abord emmener Rita chez moi, intervint Bruyère ; \u2014 et puis nous aviserons à ce que nous devrons faire.\u2014 Si ce bandit est mort, Rita pourra sans crainte rester en France ; mais s\u2019il vit elle devra s\u2019expatrier pendant quelques années.Nous possédons pour toutes économies un ou deux billets de mille ; \u2014 eh bien ! on les donnera à Rita, et cet argent lui permettra de se tirer de peine.\u2014\tAttendez un peu \u2014 je vais vous dire ce qu\u2019il en est, fit Margot en jetant sur la table ses tarots.Pendant quelques minutes elle parut se recueillir : puis elle fit un signe, et sur la tête inclinée de sa femme Capello abaissa ses mains.Lentement Margot s\u2019endormit.\u2014 Il est mort !.il est mort ! criait Rita éperdue en étendant vers la voyante ses bras suppliants.Parle Margot, dis-moi toute la vérité ! Puisque la destinée n\u2019a pas de secrets pour toi, tu peux bien me faire savoir si Polydore est mort, ou s\u2019il n\u2019est que blessé.Son coeur bat-il encore ?Regarde dans sa maison et dis-moi si tu y vois du sang.Alors la voyante, très calme, murmura : \u2014\tIl vit.il est debout.un peu de sang macule le plastron de sa chemise.La balle l\u2019a frappé au bras, et aucun organe essentiel n\u2019est atteint.Il en sera quitte pour la peur, et dans un mois ü sera sur pieds.\u2014 Dans un mois je serai loin, fit Rita.Ah ! il vit ; \u2014 mais si personne n\u2019est près de lui pour le secourir il mourra peut-être, épuisé par la perte de sang.S\u2019il meurt \u2014 quel cauchemar de moins dans ma vie ! Mais s\u2019il réchappe, l\u2019acte de désespoir que j\u2019ai commis restera sans résultat, et je serai encore, où que j\u2019aille, quoique je fasse, poursuivie par ce misérable !.La voyante reprit : \u2014 Un homme a entendu la détonation ; \u2014 dans les ténèbres cet homme s\u2019avance, marchant lentement.C\u2019est un vieillard.Il pénètre dans la baraque.\u2014 Et puis?.et puis?soupire Rita défaillante.\u2014 Maintenant je ne vois plus.La voyante s\u2019éveilla, comme brisée : \u2014\tet vers les tarots placés tout près d'elle elle étendit les mains.Puis d\u2019une voix très basse, si basse qu\u2019elle paraissait lointaine, elle murmura : \u2014 Je viens de te dire le présent, maintenant c\u2019est l\u2019avenir que tu vas connaître.Tiens, prends ces tarots, et tires-en treize au hasard.Rita fit ce que prescrivait la voyante.Un à un, elle tira des trèfles, des coeurs, des carreaux, et les étala sur la table.Alors, exaltée, Margot s\u2019écria : \u2014 C\u2019est la fortune et l\u2019amour qui t\u2019attendent sous d\u2019autres cieux !.\u2014 La fortune et l\u2019amour ! murmura Rita en portant la main à son coeur.Margot avait dit vrai.Un homme \u2014 c\u2019était le père Courtois \u2014 attiré par le bruit de la détonation, intrigué par la fuite de Rita, avait pénétré dans la baraque maintenant plongée dans les ténèbres.Ayant frotté une allumette, il aperçut sur la table une petite lampe ; \u2014 aussitôt il alluma cette lampe, et découvrit tout de suite Polydore étendu sur le parquet, évanoui.« Blessé., peut-être mort ! » pensa le père Courtois en se penchant, tout tremblant, vers son fils qui ne faisait pas un mouvement.\u2014 Oui, je crois bien qu\u2019il est mort ! s\u2019écria le vieillard effaré \u2014 cette coquine l\u2019aura tué froidement, sans pitié !.La pensée lui vint d\u2019appeler au secours, d\u2019aller chercher un médecin ; \u2014\tmais à ce moment Polydore fit un léger mouvement et ouvrit enfin les yeux.En apercevant son père le bandit poussa un cri de surprise effrayée.\u2014 Oui, c\u2019est moi, fit le vieillard, et je vais t\u2019aider à te relever.Le devant de ta chemise est souillé de sang \u2014 alors je vais examiner ça : je me connais un peu en blessures.Le père Courtois, qui peu à peu avait repris tout son sang froid, se pencha davantage encore, entrouvrit la chemise, et constata que la poitrine était indemne.Le sang qui coulait toujours provenait d\u2019une blessure au bras gauche qui avait été atteint, par la balle.\u2014 Ce ne sera rien, fit le père Courtois rassuré ; et ta blessure ne t\u2019empêchera pas de venir chez nous.Je vais bander ton bras, puis tu prendras un cordial qui te remettra sur tes jambes \u2014 et en route pour l\u2019avenue des Gobelins.Il ne faut pas, et tu dois certainement le comprendre, que ce crime transpire, qu\u2019il parvienne aux oreilles des gendarmes ; on ferait une enquête, on t\u2019interrogerait, on t\u2019arrêterait ; \u2014 et comme tu as déjà pas mal de méfaits à te reprocher, on te condamnerait bien vite.Polydore se taisait, se contentant de secouer la tête en signe d\u2019assentiment.Une faiblesse extrême s\u2019était maintenant emparée de lui ; \u2014 néanmoins il se souleva à demi, se mit sur ses jambes.Puis il absorba coup sur coup deux petits verres d\u2019eau-de-vie, et dit en ricanant : \u2014 Ah ! Ah ! cette satanée Rita me paiera cher la blessure qu\u2019elle m'a faite !.\u2014 Pense d\u2019abord à toi \u2014 après tu auras tout le temps de songer à ta vengeance.D\u2019ailleurs laisse-moi te dire qu\u2019un bandit comme toi n\u2019a pas le droit de se venger d\u2019une femme qui certainement n\u2019a fait que se défendre.L\u2019essentiel en ce moment c\u2019est de filer, et de filer vite : d\u2019autres que moi ont dû entendre la détonation \u2014 et tout à l\u2019heure sans aucun doute les gendarmes seront ici.\u2014 Tu as raison, fit Polydore.Il banda lui-même son bras, le tint en écharpe ; \u2014 puis il jeta sur ses épaules un long manteau, et dit : \u2014 Maintenant partons.Pendant le trajet, relativement court cependant, de la baraque à la gare, Polydore affaibli par une sérieuse perte de sang, dut s\u2019arrêter plusieurs fois ; \u2014\tpuis enfin le père et le fils montèrent, sans être le moins du monde inquiétés, dans le train de dix heures trente.La nuit, toujours très noire, et un épais brouillard avaient favorisé leur fuite.A la gare de l\u2019Est ils prirent une voiture et se firent conduire avenue des Gobelins, à la maison où la mère Courtois, affolée du retard de son mari, ne les attendait pas.En apercevant Polydore elle ne put réprimer un mouvement de recul.\u2014 Toi.toi.fit-elle \u2014 et dans quel état, grand Dieu !.\u2014 Nous te raconterons ça tout à l\u2019heure.Ce qu\u2019il y a de plus pressé c\u2019est d'installer pour ton fils un lit dans la cuisine, car il a grand besoin de repos et de ménagement.Quant à moi, je vais chercher l'interne qui habite chez nous ; \u2014 c\u2019est un bon garçon.il descendra tout de suite.Et il ajouta : \u2014 Ton fils est blessé au bras, mais ce n\u2019est qu\u2019une égratignure ; \u2014 on va le soigner du mieux qu\u2019on pourra, et bientôt il n\u2019y paraîtra plus.\u2014 Mais monsieur Olivier n\u2019est pas encore rentré, fit la mère Courtois ; \u2014\til est de service jusqu\u2019à minuit à son hôpital.\u2014 Alors nous n\u2019avons qu'à patienter un peu, et à l\u2019attendre tranquillement.Pendant ce court colloque entre les deux vieillards, Polydore n\u2019avait pas prononcé une parole.D\u2019une pâleur ef- OFFRE SPECIALE LE SAMEDI - LA REVUE POPULAIRE - LE FILM (Pour 12 mois) Canada\tEtats-Unis ?CES TROIS MAGAZINES\t$5.50\t$8.00 -OUA VOTRE CHOIX \u2014 - \u2014 - \u2014 \u2022- ?\tLE\tSAMEDI (hebdomadaire)\t3.50\t5.00 n\tLA\tREVUE POPULAIRE (mensuel)\t1.50\t2.00 ?\tLE\tFILM (mensuel)\t1.00\t1 00 ?Nom IMPORTANT : \u2014 Marquez d'une croix s'il s\u2019agit d'un renouvellemunt.Localité Province POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE \u2014 975-985, rue de Bullion, Montréal 18 24 Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 Èë MüVf'-S* li istoives dOvila Légaré La belle et la bête Honorius avait épousé la plus belle femme du canton.Mais, comme disait le poète misogyne : Elle avait des cheveux longs et des idées courtes.Un jour, elle demande à Honorius : « Qu\u2019est-ce que tu vas manger, à midi ?» Son mari, qui avait été au chantier et qui affectionnait tout particulièrement ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler « des légumes musicaux », lui dit, tout bonnement : « A midi, mon amour, je mangerais une bean ! » A l\u2019heure du lunch, notre homme arrive à la maison pour manger ; la table était mise.et il était servi : il y avait juste une fève cuite dans son assiette.Il tempêta !\t« Comment un homme qui travaille peut-il se nourrir avec rien qu\u2019une fève ?» Sa femme lui répondit : « J\u2019ai promis de t\u2019obéir, au pied de l\u2019hôtel.Je fais tout ce que tu me dis ! » Il lui dit : « Pour à soir, t\u2019as besoin de me faire manger.je voudrais avoir des patates.puis, mets-en.une poche, s\u2019il le faut ! » Le soir arrivé, il entre à la maison.Monsieur ! Tous les chaudrons étaient employés sur le poêle ! Ils étaient pleins de patates.Elle avait fait cuire toute une poche de patates.Alors, Honorius entra dans une violente colère.Il vociféra : « Maudite folle ! T\u2019es trop bête ! Je ne veux plus rester avec toi ! Prends la porte puis va-t\u2019en ! La femme, obéissante, décrocha la porte et s\u2019en alla avec.Chirurgie moderne Une jeune fille de la société venait d\u2019être opérée pour l\u2019appendicite, et, deux ou trois jours plus tard, le célèbre chirurgien qui l\u2019avait opérée vint la visiter dans sa somptueuse chambre.Alors, la demoiselle, après quelques mots échangés, demanda à brûle-pourpoint au médecin :\t« Docteur, quand je serai parfaitement rétablie, est-ce que la cicatrice se verra ?» Le chirurgien, qui en avait bien vu d\u2019autres, lui répondit, non sans une pointe d\u2019ironie : « Ça dépendra si vous voulez la montrer, mademoiselle.» Cure miraculeuse Georgianna racontait à son amie Graziella comment elle avait guéri son mari de rentrer à des heures impossibles tous les soirs.Mon mari sortait tous les soirs», dit-elle, «et il rentrait pompette.Il était une heure, deux heures du matin, quand il venait se coucher.Un bon soir, en l\u2019entendant ouvrir la porte, je criai, de ma chambre : « C\u2019est toi, Jacques ?» Ben, ma chère, ça l\u2019a guéri complètement.Maintenant, il reste avec moi tous les soirs.» Gra-zielle s\u2019étonna : « Mais, comment que ça se fait que ça l\u2019a guéri rien que d\u2019avoir crié : « C\u2019est toi, Jacques ?» \u2014 «Voilà», répondit Georgianna, « c\u2019est que mon mari s\u2019appelle Léon.» Au péril de sa vie Un jour, un philanthrope rencontre un infirme dans la rue.Il était mal équipé, le pauvre homme.Son lamentable état attira l\u2019attention du philanthrope, qui lui demanda : «Vous êtes un grand blessé de guerre, mon ami ?» \u2014 « Non », fait l\u2019autre, «je suis un ancien acrobate.Voyez-vous, j\u2019ai été quelqu\u2019un dans la vie ; et si j\u2019en suis réduit à marcher comme ça, tout croche, c\u2019est la faute d\u2019un imbécile ».Et il continua, sous le regard inquisiteur du philanthrope : «J\u2019étais le plus grand plongeur de tous les cirques du monde, moi, monsieur ! Je montais dans un mât de 100 pieds, puis je plongeais dans une cuvette d\u2019eau.Mais j\u2019étais ambitieux : bientôt ce ne fut plus qu\u2019un jeu pour moi.Alors, je décidai de faire mieux.J\u2019allongeai le mât de 50 pieds ; c\u2019est donc de 150 pieds que je plongeais, et dans un seau d\u2019eau, par-dessus le marché.J\u2019avais un succès fou ! Je cherchais toujours à épater les spectateurs de plus en plus.Plus j\u2019allais, et plus je plongeais de haut, et dans moins en moins d'eau.Un jour, j'étais rendu que je plongeais de 200 pieds dans un pouce d\u2019eau, au fond d\u2019un seau.C\u2019était un triomphe ! Mais, pour la représentation suivante, je décidai de faire mieux encore : De la hauteur de 200 pieds, je devais plonger sur une serviette mouillée ! Une foule immense s\u2019entassait dans la grande tente pour voir mon exploit.Je montai bravement en haut du mât, et, sans hésiter, je plongeai.Mais en arrivant en bas, je me suis aperçu qu\u2019un sacré fou avait tordu la serviette ! » Sens pratique Un député visitait un asile d\u2019aliénés.On était en train de construire un garage en pierres dans la cour, et on utilisait les fous qui étaient les plus sensés, si l\u2019on peut s\u2019exprimer ainsi.C\u2019était édifiant de voir travailler ces malades mentaux, qui charroyaient la pierre en brouette ; à les voir, on aurait cru qu\u2019ils étaient des ouvriers normaux.Ils allaient remplir leur brouette sur le tas de pierre et allaient la vider au chantier de construction ; puis ils retournaient au tas de pierre, et ainsi de suite.Cependant, l\u2019un d\u2019eux se promenait d\u2019un point à un autre avec sa brouette à l\u2019envers.Le député s\u2019approcha de lui et lui demanda pourquoi il tenait sa brouette à l\u2019envers comme ça.L\u2019autre lui répond, sans sourciller :\t« Je suis pas fou, moi, monsieur ! Quand je la mets à l\u2019endroit, ils me l\u2019emplissent de roches ! » frayante, il avait l\u2019impression d\u2019un vide immense autour de lui ; ses oreilles bourdonnaient, et il eut encore une syncope dont le jeune docteur qui venait de pénétrer enfin dans la loge pour y prendre sa clef, eut quelque peine à le tirer.\u2014 C\u2019est mon fils, dit la vieille Courtois à Olivier ; \u2014 il a reçu par accident une blessure au bras, et le sang ne s\u2019arrête pas de couler.\u2014 Voyons ça.Et après un examen approfondi, l\u2019interne ajouta : \u2014 Il a reçu une balle qui est restée dans les chairs ; \u2014 nous allons d\u2019abord arrêter l\u2019hémorragie, et ensuite nous verrons, demain matin, ce que nous devrons faire.Le lendemain l\u2019interne déclara qu\u2019il était urgent de conduire le blessé à l\u2019hôpital, pour que fût pratiquée l\u2019extraction de la balle.Cette décision causa à Polydore une réelle épouvante.Et sa terreur s\u2019accentua encore quand on le fit monter dans une voiture d\u2019ambulance mandée tout exprès.A peine y était-il installé qu\u2019il aperçut sur le trottoir Rita et Bruyère qui, de retour d\u2019Esbly elles aussi, regagnaient la maison de l\u2019avenue des Gobelins.Ce fut un coup de foudre pour le misérable.Il poussa involontairement un cri, un cri strident qui fut entendu des deux jeunes femmes.Rita se retourna vivement ; \u2014 et aussitôt elle distingua, dans la voiture d\u2019ambulance, le pâle visage de Polydore collé à la vitre de la portière.\u2014 Lui!.lui! fit la jeune femme en serrant à le briser le bras de Bruyère ; \u2014 lui qu\u2019on emmène, qu\u2019on emporte à l\u2019hôpital \u2014 il n\u2019est donc pas mort !.Et l\u2019angoissante incertitude qui, depuis le moment du crime, lui étreignait l\u2019âme se dissipa tout à coup ; \u2014 et maintenant elle se sentait revivre.Oh ! ce crime prémédité, ce crime froidement perpétré, elle en portait déjà le fardeau.Aussi était-elle heureuse, maintenant qu\u2019elle était décidée à fuir, à quitter peut-être à tout jamais la France, de partir la conscience allégée d\u2019un grand poids.\u2014 Tu as bien fait de revenir avec moi, dit Bruyère qui elle aussi avait vu Polydore.Ce misérable est bien le fils de mes vieux amis, de ces braves gens qui au besoin te viendraient en aide, te protégeraient.Tu coucheras chez moi cette nuit, et demain matin je t\u2019installerai dans un train qui te conduira à Bordeaux où tu prendras le bateau pour Buenos-Aires.Là tu trouveras facilement un emploi, et tu seras à jamais à l\u2019abri des poursuites de Polydore.Sans pénétrer dans la loge où, affolée, la vieille concierge pleurait, les deux jeunes femmes montèrent à la chambre de Bruyère.Aussitôt Rita commença ses préparatifs de départ.Une seule petite malle, achetée dans un bazar voisin, suffit pour contenir les hardes de la pauvre fille \u2014 hardes rapportées d\u2019Esbly dans un baluchon ne pesant pas lourd.Et le lendemain matin, pendant qu\u2019à l\u2019hôpital un médecin procédait à l\u2019extraction de la balle que Polydore avait reçue dans le bras, Rita, accompagnée jusqu\u2019à la gare par Bruyère, quittait à tout jamais peut-être Paris.XI JE vais t\u2019annoncer une nouvelle qui certainement te surprendra beaucoup, dit un matin Marinette en pénétrant en coup de vent dans le coquet appartement de Renault Poitevin.Poitevin venait de se lever.En pantalon et veston de flanelle blanche, il s\u2019était installé dans son boudoir pour y fumer un londrès tout en feuilletant les journaux du matin.\u2014 Voyons cette nouvelle, dit-il.\u2014 Ton ex-valet de chambre, le nommé Polydore Courtois, a été sérieusement blessé, au cours d\u2019une rixe très probablement.Conduit à l\u2019hôpital, on lui a extrait du bras \u2014 du bras gauche, heureusement pour lui \u2014 une balle provenant d\u2019un petit revolver de dame.\u2014 Tant mieux ; \u2014 il n\u2019a pas volé ce qui lui est arrivé, ce coquin-là.\u2014 Mais ce qui va te rendre encore plus heureux, c\u2019est.\u2014 C\u2019est quoi?Voyons, parle vite; \u2014 tu m\u2019intrigues, à la fin.\u2014 C\u2019est qu\u2019il est fortement question de lui couper le bras : la gangrène s\u2019est mise dans la plaie.\u2014 Ce sera encore une punition de ses méfaits ; \u2014 avec ce moignon il sera moins dangereux.Puis Poitevin demanda : \u2014 Mais où diable as-tu appris tout cela ?\u2014 Chez Bruyère, tout simplement.Oh ! la fine mouche en sait certainement long là-dessus ; mais elle ne m\u2019a pas tout dit.\u2014 Qu\u2019as-tu encore à m\u2019apprendre ?\u2014 J\u2019ai une grande, une sensationnelle nouvelle à t\u2019annoncer.\u2014 Voyons ça.\u2014 Hier j\u2019ai rencontré Morin \u2014 tu sais bien, le vieux caissier des Carva-jean.\u2014 Un parfait imbécile.\u2014 Tous deux vous ne vous aimiez guère, pas ?.\u2014 Un propre à rien, et aussi un insolent et grossier personnage ; \u2014 je l\u2019ai prestement flanqué à la porte de chez moi quand autrefois il s\u2019est permis de venir me relancer à Boissy.\u2014 Eh bien, le vieux Morin m\u2019a appris une chose qui va te faire dresser l\u2019oreille : Just Carvajean se marie \u2014 et tu ne te douterais jamais avec qui.\u2014 Avec la fille d\u2019un usinier quelconque, parbleu.\u2014 Mieux que ça.Il épouse Mlle Clau-die de Lanceroy, fille cadette du marquis de Lanceroy.Une expression d\u2019étonnement crispa pendant un instant le visage de Renault.\u2014 Hein, en voilà une nouvelle sérieuse, reprit Marinette triomphante.Une chic fille, cette Claudie ; \u2014 elle a comme moi une tignasse d\u2019un blond cuivré, des yeux couleur de saphir, et une frimousse rudement appétissante.\u2014 Oui, elle est vraiment très belle, fit sentencieusement Poitevin, et pour ma part je n\u2019ai jamais vu créature aussi séduisante.Plusieurs fois je l\u2019ai aperçue aux Français en compagnie de son père et de sa soeur aînée, et toujours j\u2019ai été subjugué par le charme de cette superbe fille.\u2014 Ah ! Ah ! monsieur va aux Français reluquer les jolies femmes.\u2014 La loge des Lanceroy fait vis-à-vis à la mienne ; \u2014 j\u2019ai donc pu souvent lorgner les deux filles du marquis.\u2014 Pourquoi donc ne me dis-tu jamais de t\u2019accompagner ?\u2014 Moi aussi j\u2019adore le théâtre.\u2014 Ma chère, un homme qui se respecte ne s\u2019affiche pas avec une femme comme toi.\u2014 Voilà encore une insolence qui te coûtera cher.\u2014 Si tu as besoin de vingt-cinq louis pour acheter une toilette, je suis prêt à te les donner ; \u2014 mais ne me demande pas autre chose.Je t\u2019ai offert un gentil mobilier, je t\u2019entretiens selon mes moyens \u2014 tu n\u2019as pas à te plaindre.\u2014 Tes générosités servent à payer tes invectives et tes coups de cravache.\u2014 Assez causé comme ça, ma fille, et dépêche-toi de prendre la porte.je t\u2019ai assez vue pour aujourd\u2019hui. Le Samedi, Montréal, 10 août 1057 25 \u2014 J\u2019allais justement décamper, mon petit, car j\u2019ai beaucoup de choses à faire dans la journée.Puis ce soir j\u2019irai voir entrer et sortir toutes les belles dames qui assisteront au dîner de fiançailles donné à l\u2019hôtel de Lanceroy.Et Marinette pensait : « Là-bas je rencontrerai certainement le chauffeur qui fut si gentil à la porte Jaune et il me renseignera mieux que personne.» Ce mariage du lieutenant Carvajean, de ce beau garçon avec qui elle avait joué étant tout enfant, l\u2019intéressait, l\u2019intriguait beaucoup.Elle dit, tout en mettant son chapeau : \u2014 C\u2019est Basquine qui doit être malheureuse si elle connait la nouvelle ! Tu sais bien, mon petit, que Just et Basquine s\u2019adoraient, et que s\u2019ils ne se sont pas mariés c\u2019est uniquement la faute de Mme Carvajean ; \u2014 cette vieille rouée a été cause de tout.En entendant prononcer le nom de Basquine, ce nom encore si cher à son coeur, Renault blêmit.Il appuya sur un timbre \u2014 aussitôt le valet de chambre accourut.Alors Poitevin, lui désignant Mari-nette occupée à mettre sa jaquette, lui dit d'un ton impéritif et sec : \u2014 Flanque-moi cette fille à la porte.\u2014 Je m\u2019attendais à ça, fit Marinette, en riant à gorge déployée.A demain, mon loup ; \u2014 surtout ne te bile pas trop.on te la ramènera un jour, ta Basquine ! Et elle partit en claquant les portes.« Tant pis pour lui, pensait-elle en dégringolant les larges escaliers ; ça lui apprendra à être insolent.Ces riches, ça se croit tout permis, ça s\u2019imagine que la galette donne le droit de tout faire.» Renault dont la colère s\u2019était quelque peu calmée, était maintenant tout songeur.Ce nom de Basquine, prononcé au moment où il s\u2019y attendait le moins, l\u2019avait bouleversé, et c\u2019est à peine s\u2019il parvenait à se ressaisir.Oh ! s\u2019il la retrouvait jamais ! Peut-être alors lui pardonnerait-elle sa séquestration et le crime qu\u2019il avait médité \u2014 crime dont lui-même et Poly-dore avaient été les premières victimes.Et pendant qu\u2019il s\u2019abîme dans tous ses souvenirs, Marinette gagne son coquet petit appartement de la rue Francoeur, car elle n\u2019a pas voulu quitter ce quartier.Elle prépare son déjeuner, et passe chez elle le reste de la journée ; \u2014 et ce n\u2019est que le soir seulement, vers six heures, qu\u2019elle se décide enfin à se rendre avenue de la Grande-Armée.Afin de mieux voir les arrivants elle se poste juste en face de l\u2019hôtel des Lanceroy.Six heures viennent seulement de sonner, et cependant tout un côté de l\u2019avenue est déjà encombré d\u2019équipages et d\u2019autos d\u2019où descendent des femmes élégantes et superbement mises qu\u2019accompagnent des hommes en tenue de soirée.Les Carvajean paraissent ; \u2014 le patron, très cassé et extrêmement pâle, donne le bras à Madeleine triomphante.Puis, au moment où la demie sonne, la lourde porte cochère de l\u2019hôtel se ferme, et le silence se fait.« Bon, maintenant ils vont se mettre à table, pensa Marinette ; \u2014 c\u2019est le moment de faire demander mon chauffeur.» Elle traversa l\u2019avenue, sonna résolument ; et au concierge qui accourait ouvrir elle demanda : \u2014 Le chauffeur est-il ici ?\u2014 Que lui voulez-vous ?\u2014 Je désirerais lui parler.\u2014 Vous connaissez donc Ernest ?\u2014 Ernest est mon pays, monsieur.\u2014 Alors ma belle petite dame, fit le concierge en toisant Marinette, on va le mander tout de suite ; \u2014 attendez un peu, bientôt il sera ici.\u2014 C\u2019est tout de même chouette, cette maison, dit tout bas Marinette, comme se parlant à elle-même.Ce fut toujours mon rêve de posséder un hôtel pareil ! Et dire qu\u2019un tas de femmes comme moi, ne valant pas mieux que moi, ont eu la chance de trouver des milliardaires américains qui ne reculent devant aucun sacrifice pour plaire à leurs donzelles ! Mais voilà, ces femmes-là ont du toupet.Elles s\u2019affublent de noms pompeux, s\u2019intitulent comtesses ou marquises ; \u2014 et les bons gogos, dont l\u2019amour-propre est délicieusement chatouillé, se laissent éblouir par toutes ces particules.Et de plus en plus émerveillée, elle jeta autour d\u2019elle des regards d\u2019envie.Mes Recettes de Cuisine BAVAROIS DELICIEUX 2 Paquets de pelée aux fraises (Jello) 2 tasses d\u2019eau bouillante 2 tasses d\u2019eati froide M> c.à thé de sel 1\ttasse de crème à fouetter 2\ttasses de gâteatt éponge coupé en cubes 1\tbanane tranchée en rondelles Dissoudre la gelée dans l\u2019eau bouillante ; ajouter l\u2019eau froide.Verser 1 tasse de gelée dans une lèchefrite et laisser prendre bien ferme, couper ensuite cette gelée en cubes d\u2019un pouce.Ajouter le sel au reste de la gelée et laisser prendre à demi et à l\u2019aide d\u2019un mous-soir, battre cette gelée jusqu\u2019à ce que bien léger.Incorporer la crème fouettée, les cubes de gâteau, les cubes de gelée et les rondelles de banane.Verser le tout dans un moule passé à l\u2019eau froide et laisser prendre bien ferme au froid.Démouler et servir avec une sauce aux jaunes d\u2019oeufs.SAUCE AUX JAUNES D\u2019OEUFS 2\tc.à tb.de sucre 1 c.à thé d\u2019amidon de maïs 1\tpincée de sel 2\tjaunes d\u2019oeufs ou 1 oeuf entier Va c.à thé de vanille \\Vz tasse de lait Dans la partie supérieure du bain-marie, mélanger le sucre, l\u2019amidon le sel et les jaunes d\u2019oeufs ; mouiller avec le lait et cuire au-dessus de l\u2019eau bouillante jusqu\u2019à ce que la crème nappe la cuillère de bois.Retirer du feu et aromatiser.CREME GLACEE \"FESTIVAL\" l\u2019/2 c.à tb.de gélatine Va de tasse d\u2019eau froide Vi tasse de lait bouillant V2 tasse de sucre 1 c.à thé d\u2019essence d\u2019orange Vs de c.à thé de sel 24 petites guimauves ( marshmallows ) % de tasse de fraises coupées en deux Va tasse de noix Pacane hachées Sur la pointe des pieds elle se haussa pour mieux apercevoir les femmes dont les épaules étaient couvertes de perles et de diamants.Suffoquée par ce luxe, elle eut un cri de révolte ; \u2014 et tel était son émoi qu\u2019elle ne remarqua point le chauffeur qui venait de s\u2019approcher d\u2019elle.\u2014\tSavez-vous bien, ma poulette, que vous êtes rudement curieuse, fit Ernest en riant franchement.\u2014\tAh ! vous voilà \u2014 c\u2019est gentil à vous d\u2019être venu.\u2014 Oh ! vous êtes encore plus gentille, vous, de vous être rappelée de notre rencontre dans le bois de Vincennes.Les gaufres étaient bonnes, pas vrai, et comme moi vous avez dû en conserver un excellent souvenir.Mais, reprit-il, vous tombez bien mal.Je n\u2019ai pas beaucoup de temps à vous J .-ri miM Gonfler la gélatine dans l\u2019eau froide durant 5 minutes et la dissoudre dans le lait bouillant.Ajouter le sucre, le sel et l\u2019essence.Laisser prendre à demi au froid.Incorporer la crème fouettée, les fraises et les noix.Verser dans un tiroir du congélateur et laisser congeler durant 4 heures.Servir avec une décoration de fraises entières.On peut dans cette recette remplacer les fraises par des framboises.SOUFFLE AUX FRAISES 2\tc.n tb.de beurre % de tasse de sucre V> c.à thé de zeste de citron 3\toeufs séparés 1\ttasse de fromage Cottage 2\tc.à tb.de farine Va de c.à thé de sel Va de tasse de jus de citron 1\tchopine de /raises fraîches 2\tc.à tb.de sucre Défaire le beurre en crème avec le sucre et le zeste de citron ; ajouter les jaunes d\u2019oeufs et le fromage passé au tamis, bien battre jusqu\u2019à obtention d\u2019un mélange bien lisse.Ajouter la farine, le sel et le jus de citron ; puis incorporer les blancs d\u2019oeufs montés en neige ferme.Verser cet appareil dans G petits pyrex beurrés et cuire au bain-marie au four à 325° F.durant 40 minutes environ.Pour voir si la cossotarde est cuite, insérer une lame de couteau dans le centre de la crème, elle doit en ressortir bien sèche.Retirer les coupes de l\u2019eau chaude, refroidir durant 5 minutes puis démouler dans des assiettes à dessert.Garnir de fraises.GUIMAUVE AU CAFE 48 petites guimauves Vz tasse de café chaud 1 tasse de crème à fouetter V> c.à thé de vanille Dans la partie supérieure du bain-marie mélanger les guimauves et le café, cuire jusqu\u2019à ce que ce soit fondu.Refroidir.Quand le tout commence à épaissir, incorporer la crème fouettée et ajouter la vanille.Verser dans des coupes et servir froid.donner ce soir ; \u2014 vous comprenez.on peut avoir besoin de moi.\u2014\tAlors votre jeune maîtresse se marie avec le capitaine de Béville, ce beau garçon qui la serrait de si près au bord du lac ?.\u2014\tChut.ne prononcez pas ce nom ici \u2014 le capitaine n\u2019est pas de la fête ! D\u2019ailleurs, reprit-il avec un sourire malicieux, j\u2019ai comme idée que vous en savez plus long que vous ne voulez le laisser paraître.\u2014\tPeut-être ne vous trompez-vous pas ?D\u2019abord je sais que la belle Clau-die de Lanceroy épouse Just Carvajean, un ancien camarade à moi.On a rigolé ensemble autrefois, joué ensemble, quand on était gosses tous deux dans le grand jardin de l\u2019usine où mon père était contremaître.Tout en causant ils avaient gagné le hall, qui à cette heure aurait dû être-désert ; \u2014 mais à peine y avaient-ils pénétré qu\u2019ils aperçurent devant eux une femme s\u2019avançant lentement, d'une démarche chancelante, et qui pour ne-pas tomber s\u2019appuyait aux murs, s\u2019accrochait aux meubles.La pauvre femme ne vit ni Marinette ni le chauffeur.Sous l\u2019empire d\u2019une pensée obsédante, torturante, tout, autour d\u2019elle et devant elle, devenait obscur.Comme une somnambule, elle marchait à petits pas, les yeux largement ouverts ; \u2014 et combien étranges et impressionnants, ces regards où luisaient des lueurs de folie.Et Marinette, qui la reconnut, murmura : \u2014 C\u2019est Basquine.c\u2019est la femme de Renault Poitevin.\u2014 Et aussi la dame de compagnie de mademoiselle Claudio.Ab ! cette Basquine en sait certainement long sur le compte de la belle fiancée que l\u2019on fête ce soir, et.si elle voulait parler elle raconterait des eboses bien intéressantes.\u2014 Mais elle ne tient pas debout ; \u2014 serait-elle malade ?\u2014 Elle est récemment sortie d\u2019une maison de santé où elle a été soignée pour une fièvre typhoïde qui a bien failli l\u2019emporter.\u2014 Et peut-être est-elle revenue pour faire du chichi, dit Marinette songeuse.Il y a, voyez-vous, bien des choses que vous ignorez et que je vais vous dire.Après tout, reprit-elle, ces Lanceroy me sont parfaitement indifférents ; \u2014 mais il n\u2019en est pas de même de Basquine qui autrefois fut, elle aussi, la fiancée de Just Carvajean.\u2014 Pas possible ! fil Ernest stupéfait.\u2014 Elle, elle ne nous voit pas, elle ne nous entend pas \u2014 elle poursuit son rêve.Elle se traîne péniblement, elle chancelle, elle manque de tomber à chaque pas \u2014 et pendant ce temps les autres se gobergent et rigolent ! C\u2019est tout de même cocasse, la vie ; \u2014 et quand on y réfléchit on comprend et on excuse bien des revendications.De nos jours tout se vend, même l\u2019amour ; et une femme ne peut épouser celui qu\u2019elle aime si elle n\u2019a pas une dot suffisante.Tandis qu\u2019Ernest et Marinette, très impressionnés par cette rencontre imprévue, gagnent l\u2019avenue où ils seront plus à Taise pour causer, Basquine, au prix d\u2019efforts inouïs, se dirige vers sa chambre.A peine y est-elle parvenue que Micheline survient, un télégramme à la main.Cette dépêche est ainsi conçue : « Pensionnaire partie malgré moi, « malgré tous.Mais, pas encore suffi-« samment guérie, convalescence exi-« géra de grands soins.Le mieux serait « la reconduire ici, si possible.» En recevant ce télégramme, Micheline, prétextant une violente migraine, par Madame ARMELLE BRAULT-MASSICOTTE Chroniqueuse du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE 26 Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 quitte ses invités et se rend aussitôt à la chambre de Basquine.De suite elle s\u2019aperçoit du trouble de la malade, de son angoisse ; \u2014 alors doucement elle prend les mains de Basquine et l\u2019oblige à s\u2019asseoir près d\u2019elle.Elle lui parle ; \u2014 mais Basquine semble ne point entendre.Ses dents claquent les unes contre les autres, ses mains sont brûlantes \u2014 c\u2019est la fièvre qui revient, intense et violente.Alors d'un ton d\u2019exquise douceur Micheline murmure : \u2014 Pourquoi êtes-vous venue ; pourquoi êtes-vous sortie de la maison de santé où vous étiez si bien soignée ?Vous le savez, Basquine, il vous faut des soins attentifs, des soins de tous les instants, et le docteur lui-même ne vous a pas caché que vous ne deviez vous permettre aucune imprudence ; or, vous en avez commis une grande en quittant ainsi furtivement la maison de santé.¦\u2014J\u2019ai voulu, moi aussi, assister à cette fête, dit enfin Basquine dont les regards devinrent durs.En parcourant quelques chroniques mondaines j\u2019ai appris lu prochain mariage de mademoiselle Claudio avec le lieutenant Car-vajean ; \u2014 alors j\u2019ai décidé de m\u2019enfuir de la prison où la maladie me clouait encore, et de revenir à l\u2019hôtel.Puis très bas : \u2014 Pourquoi mademoiselle Micheline, m\u2019avez-vous caché cette grande nouvelle ?\u2014 Parce qu\u2019il est inutile, Basquine, de raconter ses joies à ceux qui souffrent.\u2014 A ceux dont la vie est un lourd fardeau, à ceux qui voudraient mourir !.\u2014 Si vous étiez une vieille femme je comprendrais qu\u2019une telle pensée vous vienne : \u2014 il arrive dans la vie un moment où la mort est une délivrance.Mais à votre âge, jeune et belle comme vous l\u2019êtes, vous devez avec confiance envisager l\u2019avenir \u2014 l\u2019avenir qui certainement vous réserve des joies.\u2014 Des joies !.des joies ! s\u2019écria Basquine dans un élan de colère.Ah ! mademoiselle, vous qui ne connaissez pas le passé, ne me parlez pas de l\u2019avenir ; \u2014 dites-vous seulement bien qu\u2019en moi tout est mort, que pour moi tout est fini !.« La vie de cette femme contient certainement un secret, pensait Micheline \u2014 secret d\u2019amour peut-être, illusions envolées et à jamais détruites !.» Et soudain un horrible soupçon étreint le coeur de la noble fille, monte en son esprit enfiévré : ce soupçon lui est souvent déjà venu ; et maintenant il s\u2019impose dans son âme apitoyée.Tous ses doutes se sont envolés : « Basquine aurait-elle aimé et aimerait-elle encore Just, le fiancé de Claudio ?.» Et, songeuse, pendant quelques minutes elle se rappela l\u2019évanouissement de Basquine dans la serre \u2014 évanouissement qui pour tous fut inexplicable.« Il faut que je sache ! » pense-t-elle.Elle interrogera Just, elle prononcera devant lui le nom de Basquine ; \u2014 et alors elle verra bien vite à l\u2019expression de son visage si ce nom le trouble.Elle se dirige vers la porte et s\u2019apprête à sortir.Mais soudain elle s\u2019arrête, effrayée : Just et Claudie viennent s\u2019informer du motif de la disparition prolongée de Micheline.Une femme de chambre qui les précède dit : \u2014 Mademoiselle Micheline est dans l\u2019appartement de la dame de compagnie.Alors, en coup de vent, Claudie pénètre dans la chambre, suivie de Just.La pièce est plongée dans la pénombre.Seule une lampe l\u2019éclaire ; et l\u2019abat-jour de soie ne laisse filtrer qu\u2019une lueur verte incertaine.Ecroulée sur une chaise-longue, Basquine est presque entièrement masquée par Micheline qui se tient immobile devant la malade.Mais soudain la pauvre femme s\u2019échappe brusquement de cette ombre ; \u2014 et alors Claudie s\u2019écrie : \u2014 Comment.Basquine est ici ?.Pourquoi donc est-elle revenue si vite ?En un pareil jour de fête nous n\u2019avions vraiment pas besoin d\u2019une malade à l\u2019hôtel.\u2014 J\u2019allais beaucoup mieux et je me sentais très fort ; \u2014 alors, apprenant vos fiançailles avec le lieutenant Car-vajean, je suis accourue pour vous dire.\u2014\tEt qu\u2019avez-vous donc à me dire ?fit Claudie agressive.\u2014 Toute ma joie! répondit Basquine dans un sourire mauvais qui fit frissonner Just.Pendant un instant, qui n\u2019eut cependant que la durée d'un éclair, Just se sentit défaillir, et au dossier d\u2019une chaise il dut s\u2019appuyer pour ne pas tomber.Mais il parvint bien vite à se ressaisir ; \u2014 et alors, prenant le bras de Claudie, il l\u2019entraîna.\u2014\tIl faut cependant aller rejoindre nos invités ; \u2014 une absence trop prolongée inquiéterait peut-être le marquis de Lanceroy.dit Just.\u2014\tOui, partons \u2014 ici on respire la fièvre.ajouta Claudie.Et se tournant vers sa soeur : \u2014 Viens-tu, Micheline?\u2014 Je vous suis.Restée seule, Basquine eut une crise de larmes ; \u2014 et alors ce fut un cri de colère, et aussi de désespoir, qui souleva sa poitrine.Oh ! s\u2019il s\u2019agisssait d\u2019un mariage devant rendre Just heureux, elle s\u2019inclinerait, elle subirait sans se plaindre cette fatalité monstrueuse qui s\u2019attachait à elle ; \u2014 mais comment pourrait-elle ne pas se révolter contre cette union avec Claudie, avec cette fille qui déjà s\u2019était donnée à un autre ! Oh! non, il ne fallait pas que ce mariage se fît.Et dans sa pauvre tête bouleversée elle cherchait le moyen de parvenir à ce but tant désiré.Enfin, elle crut avoir trouvé.Cette nuit même elle verrait Claudie et la menacerait de révéler à Just le secret d\u2019amour qu\u2019elle connaissait, de lui dire ses relations intimes avec le capitaine de Béville ; \u2014 et après, elle la supplierait de rompre d\u2019elle-même son mariage avec le lieutenant Carvajean.Le dîner des fiançailles était terminé, et maintenant on dansait dans les grands salons.Just était sombre et triste ; -\u2014 la présence de Basquine dans cette maison l\u2019avait stupéfié, et il n\u2019était point encore parvenu à se ressaisir.Micheline, qui comprenait cette angoisse, s\u2019approcha de lui et lui dit : \u2014 Vous ne dansez donc pas ?\u2014 Je suis un peu fatigué, répondit-il, et j\u2019ai un très violent mal de tête.Mais ce malaise ne durera pas, et tout à l\u2019heure je prendrai ma revanche.Du reste, mademoiselle Claudie n\u2019a pas attendu que je l\u2019invite, et en ce moment elle valse avec un très beau garçon, ma foi.\u2014 Avec le comte de Montfort.\u2014 Je ne le connais pas.\u2014 Il est officier d'ordonnance du général X.\u2014 Ah !.\u2014 Mais tenez, reprit Micheline, voici Claudie que vous revient.Et Claudie, rieuse, s\u2019assit près de Just.\u2014 J\u2019ai valsé comme une folle, dit-elle ; \u2014 que voulez-vous, je suis plus que jamais assoiffée de danse.Et toujours rieuse : \u2014 Mais je ne suis nullement fatiguée, monsieur Just ; \u2014 et je compte bien, au cours de cette soirée, danser souvent avec vous.Elle était là, à ses côtés ; \u2014 et maintenant qu\u2019il la sentait près de lui, qu\u2019il entendait sa voix, il oubliait la rencontre qui tout à l\u2019heure l\u2019avait si fortement impressionné.Un voile était retombé sur le passé, et à cette heure Basquine n\u2019existait plus pour lui ; \u2014 d\u2019un mot, d\u2019un regard, Claudie l\u2019avait reconquis.Et pendant une heure, perdus au milieu de cette foule brillante, isolés parmi tous ces hommes élégants, tou- tes ces jolies femmes, ils dansèrent comme des fous.Elle, dans les bras de Just triomphant, ne repoussait point les étreintes passionnées du jeune homme ; \u2014 pour mieux se l\u2019attacher, pour mieux le prendre elle l\u2019affolait de désirs.Sans la moindre résistance elle se laissa entraîner dans un boudoir attenant aux salons ; \u2014 là Just eut une crise de passion qu\u2019elle ne chercha point à calmer.Même elle était heureuse, et malgré tout émue, en constatant la violence de l\u2019amour de Just.\u2014 Je t\u2019aime !.je t\u2019aime ! murmurait le jeune homme.Quoiqu\u2019il arrive tu seras ma femme, parce que je te veux \u2014\ttu entends.je te veux toute ! \u2014 Quoi qu\u2019il arrive ?fit Claudie inquiète.Prévoyez-vous donc un piège, un obstacle quelconque ?Mais croyez bien qu\u2019à nous deux nous arriverons à tout braver, à tout briser.Ce que les méchants peuvent dire, peuvent inventer sur notre compte à tous deux, n\u2019est qu\u2019un tissu de mensonges, et nous devons traiter tout cela par le mépris.Ayons confiance en nous, en nous seuls, et dédaignons les insinuations malveillantes.Au surplus, quelles confidences pourrions-nous bien avoir à nous faire ?\u2014 Vous, vous avez sans doute eu des escapades.mais peu importe ; \u2014 quant à moi, ma vie fut toujours impeccable.Comme toutes les jolies femmes très entourées, je me suis certainement fait des ennemies ; \u2014\tmais malgré tout ce que peuvent dire ces méchantes et ces jalouses, je vous affirme que je n\u2019ai jamais aimé que vous.\u2014 Tu en fais le serment ?murmura-t-il affolé.Elle leva sa jolie main à la hauteur de son front ; \u2014 et dans la paume tendue vers lui, Just mit un passionné baiser.Puis tous deux regagnèrent les salons.A la fin de la soirée, Just s\u2019en fut, comme ivre.Pendant le reste de la nuit il erra dans Paris, et au matin seulement il rentra à l\u2019usine où Madeleine, inquiète, l\u2019attendait.\u2014 Nous pensions, ton père et moi, que tu reviendrais avec nous en auto, dit-elle.\u2014 J\u2019ai préféré me promener tout seul, dans la nuit, pour mieux savourer mon bonheur.Basquine, elle ne s\u2019est pas couchée.Elle a entendu s\u2019ouvrir et se refermer la lourde porte cochère de l\u2019hôtel ; a perçu le bruit sourd, de plus en plus lointain, des autos qui fuyaient ; \u2014 puis enfin elle a vu les lumières s\u2019éteindre et l\u2019hôtel retomber dans l\u2019ombre.Alors, résolue, elle est sortie de sa chambre.Et la voilà maintenant dans les longs corridors presque obscurs qu\u2019elle parcourt en tous sens avant de se décider à tenter la démarche qu\u2019elle s\u2019est prescrite.Anxieuse, elle écoute si aucun bruit ne vient troubler le lourd silence de la nuit ; \u2014 et, rassurée, elle continue sa promenade nocturne.En passant devant la chambre de Micheline, elle aperçoit un rais de lumière filtrant sous la porte.Alors elle pense : «Mademoiselle Micheline ne dort pas, elle ; \u2014 et peut-être est-ce mon secret, secret qu\u2019elle a certainement surpris, qui la tient ainsi éveillée! Si Claudie ne le connaît point elle aussi, ce secret, c\u2019est qu\u2019elle n\u2019a pas su lire dans les regards de Just et dans les miens ! Comment donc de telles angoisses peuvent-elles passer inaperçues !.Plus forte maintenant, elle poursuit son excursion nocturne ; \u2014 et bientôt elle parvient, tout au fond du corridor, devant une porte capitonnée de velours bleu.Je m'habille très bien à même le salaire d'Arthur Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 27 C\u2019est la chambre de Claudie.Doucement Basquine entrouvre la porte ; \u2014 et Claudie, immobile devant sa psyché, demande sans se retourner : \u2014 Est-ce toi, Micheline ?Basquine ne répond pas ; \u2014 résolue, elle avance, et apparaît devant la jeune fille.\u2014 Vous arrivez fort à propos, fit Claudie ; \u2014 comme ma femme de chambre n\u2019est pas encore là, vous allez m\u2019aider à me dévêtir.\u2014 Tout à l\u2019heure je sonnerai votre camériste, dit Basquine d\u2019un ton sec ; et alors elle pourra vous rendre ses services habituels.\u2014 Vous avez donc quelque chose à me dire ?demanda Claudie surprise.\u2014 Oui.quelque chose de très grave.\u2014 Alors fermez bien les portes, afin que personne ne puisse nous entendre, ricana la belle fille.\u2014 Soyez rassurée : tout le monde dort en ce moment et votre femme de chambre, que j\u2019ai moi-même prévenue ce soir, ne viendra pas nous déranger.Vous le voyez, toutes mes précautions ont été prises, et bien prises.En entendant ces paroles agressives, Claudie fut prise d'un tremblement.Le ton grave de Basquine \u2014 de cette Basquine toujours si douce et si timide jusqu\u2019alors \u2014 lui faisait peur ; n\u2019était-elle pas en présence d\u2019une folle qui tout à l\u2019heure se jeterait sur elle pour l'assassiner ?.\u2014 Je comprends votre pensée, dit Basquine toujours très grave.Mais rassurez-vous, je suis sortie guérie de la maison de santé où votre soeur m\u2019avait conduite, et maintenant j\u2019ai toute ma raison.Oh ! cette raison, elle a bien failli sombrer à jamais le jour où je vous surpris dans la serre en tête-à-tête amoureux avec Just Car-vajean ! Just Carvajean, dites-vous; savez-vous bien, ma petite, qu\u2019en parlant ainsi vous vous permettez une familiarité singulièrement déplacée.\u2014 J\u2019en ai le droit.Vous ignorez tout du passé de Just et du mien ; aussi avez-vous lieu d\u2019être étonnée que j\u2019ose parler ainsi de celui qui vous aime.Oui, Just vous aime, je le sais ; mais croyez-vous qu\u2019il n\u2019hésitera pas à vous donner son nom quand je lui aurai dit qui vous êtes, quand je lui aurai dévoilé le secret de vos amours antérieures, secret que depuis longtemps j\u2019ai surpris ! Quand, comme vous, une jeune fille s\u2019est compromise, quand elle s\u2019est déshonorée, croyez-vous qu\u2019il ne soit pas odieux de lui voir épouser un honnête homme ?\u2014 Cette fille est folle ! cria Claudie éperdue.Elle voulut sonner, appeler au secours ; mais Basquine, toujours très grave, l\u2019en empêche.Il y eut presque une lutte entre ces deux femmes également jeunes, également belles \u2014 belles de cette beauté impressionnante si souvent fatale à ceux qui, sans essayer de se défendre, se laissent subjuguer.\u2014 Folle ! murmura Basquine ! \u2014 Oh ! je voudrais le devenir pour oublier enfin à tout jamais ce passé maudit qui pèse si lourdement sur mon coeur ! \u2014 Vous avez donc aimé Just, fit Claudie menaçante, vous avez donc été à lui, et c\u2019est une scène de jalousie que vous venez me faire ?.\u2014 Jamais je n\u2019ai été celle que vous croyez, riposta Basquine ; mais, autrefois, je fus moi aussi sa fiancée.Tout enfants, nous nous adorions ; \u2014 et nous avons été considérés par chacun, surtout par les parents de Just, comme de futurs époux, jusqu\u2019au jour où des circonstances terribles vinrent nous séparer à jamais.«Dès lors, je renonçai complètement à Just et je me mariai, parce qu\u2019il le fallait ! ajouta Basquine.\u2014 Ah ! vous êtes mariée ?\u2014 c\u2019est là un fait que vous nous avez toujours caché.Sait-on d'abord qui vous êtes,, ce que vous avez fait jadis ! Je vous ai accueillie à Gérardmer parce que j\u2019en avais assez de ma vieille gouvernante anglaise, et je vous ai engagée sans trop savoir d\u2019où vous sortiez, répliqua Claudie.« Ah ! vous êtes mariée ; \u2014 eh bien ! alors pourquoi éprouvez-vous tant de colère de me savoir la fiancée, et bientôt la femme de Just Carvajean?\u2014 Si votre vie eût été impeccable, je me serais tue, j\u2019aurais courbé la tête, gardant au fond de mon coeur mon désespoir ; \u2014 mais vous n\u2019êtes point la femme digne et pure que Just avait rêvée.Ebloui par votre jeunesse et votre beauté, il n\u2019a point songé à regarder dans le passé, et il n\u2019a obéi qu\u2019aux seules impulsions de sa passion \u2014 un homme fortement épris ne raisonne pas.« Mais, plus tard, une fois la satiété venue, Just réfléchira.Il comprendra, trop tard hélas, combien vous étiez peu digne de lui \u2014 et alors, il souffrira atrocement.« Or, je ne veux pas, moi, que Just souffre un jour ; \u2014 et c\u2019est pourquoi il faut que, de vous-même, vous renonciez à ce mariage ! Vous entendez, vous comprenez.je ne veux pas que vous épousiez Just ! \u2014 Et si je refuse, moi, de renoncer à Just ?\u2014 Dans ce cas, vous m\u2019obligeriez, mademoiselle, à tout dire au lieutenant Carvajean.Cette menace fit trembler Claudie qui, frémissante, se laissa tomber sur un siège.Projets, beaux rêves.tout allait-il donc s\u2019effondrer à jamais ?.Mais elle se reprit bien vite.Vivement elle se redressa et, menaçante, s\u2019avança vers Basquine.\u2014 Si jamais vous empêchez mon mariage avec Just, je vous tue sans pitié ! Ah ! je comprends qu\u2019on se venge ; je comprends qu\u2019on devienne criminel ; \u2014 et je vous répète que si vous cherchez à me nuire je vous tue froidement ! Où que vous soyez, je vous retrouverai, et vous ne m\u2019échapperez pas.\u2014 Vous pouvez me tuer, peu m\u2019importe ; \u2014 et même je serai heureuse si au prix de ma vie je puis arracher Just de vos bras ! La menace que vous venez de me faire ne me trouble point : je n\u2019ai jamais eu peur de la mort.Je suis une femme finie, et mon coeur agonise ! J\u2019ai souffert atrocement, et rien ne m\u2019a été épargné des douleurs et des détresses de l\u2019existence.« Vous le voyez, mademoiselle, à la grande loterie de la vie, j\u2019ai été mal partagée.Fille du peuple, je suis née, fille du peuple je suis restée, seule à me débattre dans la vie de travail incessant qui est celle des femmes telles que moi.\u2014 Fille du peuple ! fit Claudie en haussant avec dédain les épaules.\u2014 Oui, fille du peuple \u2014 et je m'en fais gloire.\u2014 Une paria, une sans-patrie peut-être ! murmura Claudie d\u2019un ton plus calme.Et c\u2019est une femme comme vous qui ose ainsi me menacer ?Oubliez-vous donc que nous vous avons recueillie et sortie de la misère ; que nous vous avons aussi cachée \u2014 car certainement vous étiez poursuivie quand nous vous avons prise à Ki-chompré.« Où est-elle donc cette reconnaissance que j\u2019étais en droit d\u2019attendre et d\u2019exiger de vous ?Vous vous jetez sur mon chemin pour me barrer la route du bonheur que j\u2019ai rêvé, que je veux, et que j\u2019aurai malgré vous.malgré tous! Vous pouvez aller trouver Just et lui dire que j\u2019ai été la passion du capitaine de Béville.\u2014 Just vous écoutera, mais il ne vous croira pas.L\u2019intrigue enfantine qui autrefois exista entre lui et vous lui donnera la pensée que vous mentez, et qu\u2019une jalousie atroce vous ronge le coeur, vous rend injuste et mauvaise !.Un silence se fit.\u2014 Je ne suis pas jalouse de vous, murmura enfin Basquine, parce que je sais que le violent caprice que Just éprouve en ce moment pour vous n\u2019aura qu\u2019une durée bien courte : un homme ne peut aimer longtemps une femme comme vous !.« Oh ! non, je ne suis pas jalouse de vous, pas plus que je n\u2019ai été jalouse des autres ; \u2014 aucune d'elles, je le savais, ne lui avait pris l\u2019âme qui m\u2019était restée.Que depuis quelque temps il m\u2019ait oubliée, c\u2019est possible et je le crois ; \u2014 mais toujours dans son coeur vibrera le passé d\u2019amour de notre prime jeunesse ! Entre nous tout est fini depuis longtemps ; mais il nous reste à tous deux nos délicieux souvenirs de jadis.Et d\u2019une voix très douce elle dit encore : \u2014\tOh! non, je ne suis pas jalouse de vous ! \u2014\tPourquoi alors voulez-vous l\u2019em- pêcher de se marier ?\u2014 Il est parfaitement libre de se marier, mais je ne veux pas que ce soit avec vous ! C\u2019est son bonheur que je défends en ce moment ! Ah ! il ne manque pas de jeunes filles riches, belles et d\u2019une parfaite pureté de vie, qui seraient heureuses et fières de l\u2019accepter pour mari !.Sur ces paroles Basquine se dirigea vers la porte, prête à sortir.D\u2019un élan Claudie la rejoignit.Basquine s'arrêta ;\t\u2014 et comme grandie dans sa longue robe noire, elle murmura : Et, très calme, elle s\u2019en fut lentement et regagna sa chambre où elle s\u2019enferma.Elle passa le reste de la nuit à faire ses préparatifs de départ, car elle le comprenait, il lui était désormais impossible de rester dans cette maison.Pendant ce temps Claudie, qui n\u2019avait point encore quitté sa toilette de soirée, avait gagné la chambre de Micheline.La jeune femme était couchée et endormie ; \u2014 Claudie la réveilla brusquement et lui dit : \u2014 Lève-toi, ma soeur.j\u2019ai besoin de tes conseils ; \u2014 si tu ne viens à mon secours je suis perdue ! Sans rien comprendre à ces paroles, Micheline se leva cependant, et en hâte revêtit une robe de chambre ; \u2014 puis, s\u2019approchant vivement de sa soeur dont le visage était livide, elle dit : \u2014 Voyons, de quoi s\u2019agit-il donc \u2014 te serais-tu brouillée avec Just ?\u2014 Oh ! si tu savais !.gémit Claudie.\u2014 Mais explique-toi, mon Dieu.Si tu es brouillée avec Just je comprends ton émoi, ton angoisse : ce mariage te sauvait, nous sauvait tous!.\u2014 Une femme a résolu de me perdre dans l\u2019esprit de Just ; \u2014 et pour y parvenir elle est décidée à divulguer à mon fiancé mes intrigues amoureuses avec le capitaine de Béville.\u2014 Basquine ?demanda Micheline.\u2014 Oui, c\u2019est Basquine qui a formé cet infâme projet ! Ah ! comme tu la connaissais mal, cette femme mauvaise et déséquilibrée que malgré moi, malgré tous, tu as voulu garder dans cette maison !.\u2014 Moi, Claudie, je la jugeais malheureuse et triste ; \u2014 puis aussi je considérais que la terrible maladie qui a failli l\u2019emporter était un peu votre oeuvre à tous deux, à Just et à toi.Le soir, où blottie dans la serre, la pauvre femme surprit la scène d\u2019amour que tu connais, elle en éprouva une si violente impression qu\u2019aus-sitôt me vinrent d\u2019étranges soupçons.Je n'ai pas voulu t\u2019en faire part, de ces soupçons ; \u2014 mais néanmoins j\u2019étais inquiète, et je m\u2019attendais constamment à ce que Basquine tentât auprès de toi la démarche qu'elle a faite tout à l\u2019heure.\u2014\tOh ! cette scène ! murmura la jeune fille.Ecoute, ma soeur, je vais tout te dire, je vais te répéter les odieuses menaces de cette misérable.Elle est résolue à tout révéler à Just, et je la crois femme à mettre à exécution son projet.Just ajoutera-t-il foi à ses paroles, je l\u2019ignore ; \u2014 mais peut-être cherchera-t-il des preuves, et alors qui sait si les indiscrétions du capitaine de Béville ne lui en fourniront pas.\u2014\tTu juges bien mal le capitaine.\u2014 Je suis en droit de le juger ainsi, fit Claudie, une lueur dans les yeux.Après m\u2019avoir compromise, il m\u2019a prestement lâchée comme on lâche une fille, affectant de ne plus se souvenir que j\u2019étais une Lanceroy.\u2014\tOublie-le, et ne songe plus qu\u2019à tes nouvelles amours.\u2014\tTu as raison : je ne dois plus songer qu\u2019à Just.\u2014\tTu m\u2019as fait, il y a quelque temps, ta profession de foi au sujet de ton mariage que lu considérais déjà comme presque conclu, et tu me disais que si plus tard tu ne trouvais pas dans cette union le bonheur que tu en attendais, tu n\u2019hésiterais pas à recourir au divorce.Professes-tu toujours les mêmes sentiments à l\u2019égard du mariage et aussi à légard du lieutenant Carvajean ?Claudie ne répondit pas.Assise sur un siège bas, la tête dans les mains, elle songeait, et des larmes qu\u2019elle essayait vainement de refouler coulaient sur son pâle visage.Longtemps elle resta dans cette prostration douloureuse, le sein secoué de sanglots.Et maintenant Micheline, penchée vers elle, cherchait à la consoler.Elle lui disait : \u2014\tPourquoi pleures-tu ?Pourquoi ces larmes, les premières que tu verses ?Me serais-je trompée sur tes sentiments à l\u2019égard de ton fiancé ?L\u2019aimerais-tu donc vraiment, sincèrement ?\u2014\tSi je ne l\u2019aimais pas je approuverais point cette terreur de le perdre ! Est-ce un simple caprice ou une violente passion que j\u2019éprouve pour Just?.je l'ignore moi-même; \u2014 mais je sens mon coeur se briser à la seule pensée qu\u2019on cherche à me le prendre ! \u2014\tCe qui te bouleverse c\u2019est de te trouver tout à coup en présence d\u2019un obstacle imprévu.\u2014\tOui, un obstacle qui subitement s\u2019est levé devant moi, menaçant et terrible ! Mais je ne me laisserai pas abattre.Je lutterai ! Et d'abord je ne veux pas que Basquine voie Just, Compassion Deux industriels se rencontrent à l'apéritif.\u2014 Mes sincères condoléances ! dit le premier.\u2014 Pourquoi ?demande le second.Qui est mort ?\u2014 Personne, dit le premier.Mais j\u2019ai offert une nouvelle fourrure à ma femme, hier, et cet après-midi, elle a rendez-vous avec la vôtre ! 28 Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 je ne veux pas qu\u2019elle mette à exécution les odieuses menaces qu\u2019elle a proférées contre moi ! Tu ne sais rien, toi ; \u2014 alors je vais t\u2019expliquer en quelques mots la situation difficile dans laquelle je me trouve.Et d\u2019une voix brève, tremblante de colère, Claudie raconta à sa soeur la discussion tragique qu\u2019elle venait d\u2019avoir avec Basquine \u2014 avec cette femme maudite qui, dès le premier jour où elle s\u2019était introduite dans leur intimité, leur avait menti en se faisant passer pour une jeune fille alors qu\u2019elle était mariée.Cette révélation peina beaucoup Micheline.La vie serait-elle donc faite de roueries ?Elle avait eu foi en Basquine \u2014 et Basquine lui avait menti !.\u2014 Ecoute, reprit Claudie en se dressant, résolue, devant sa soeur ; \u2014 écoute-moi bien, Micheline : toi seule tu peux me sauver.\u2014 Comment cela ?\u2014 Eu empêchant cette femme de quitter l\u2019hôtel, en la séquestrant.\u2014 Tu es folle !.\u2014 Ce projet ne te sourit pas ?\u2014 Il est impraticable.\u2014 Alors pourquoi ne partirais-tu pas avec elle, n\u2019entreprendrais-tu pas un long voyage ?Elle t\u2019aime ; elle te suivra sans la moindre hésitation.et quand vous reviendrez toutes les deux je serai mariée ! \u2014 Tu es folle, te dis-je, répéta Micheline d\u2019un ton glacial.\u2014 Alors ?.\u2014 Alors il faut avoir foi en la Providence \u2014 en cette providence qui seule peut te sauver.\u2014 Oh ! la Providence me laissera parfaitement me débrouiller toute seule, fit Claudie en haussant les épaules.Moi, vois-tu, je ne crois qu\u2019à la destinée et au hasard \u2014 à la veine, surtout.\u2014 Maintenant je sais ce qu\u2019il me reste à faire ; \u2014 dès demain je verrai Basquine, et je tenterai tout pour la détourner du projet qu\u2019elle médite.Le reste de la nuit fut pour les deux soeurs une longue insomnie.Revenue dans son appartement, Claudie ne songea même point à quitter son costume de soirée ; et ce ne fut qu\u2019au matin seulement qu\u2019elle se décida à se dévêtir et à se mettre au lit, juste au moment où Micheline, bouleversée et tremblante, se dirigeait vers la chambre de Basquine.La porte de cette chambre était entrouverte, et Micheline n\u2019eut qu\u2019à la pousser ; \u2014 sans frapper, elle entra.Un grand désordre régnait dans la pièce qu\u2019encombraient une malle et un sac de voyage dans lesquels Basquine achevait d\u2019empiler des effets de toutes sortes.Sur la table traînaient des lettres et des livres prêts à être emballés.\u2014 Sans doute vous comptiez partir sans me faire vos adieux, dit froidement Micheline.Vous avez compris que vous ne pouviez rester plus longtemps ici après la scène terrible que vous avez eue avec Claudie au sujet du lieutenant Carvajean.Vous aimez donc ce jeune homme, et peut-être avez-vous été sa victime ?Autrefois je ne vous aurais point parlé ainsi, je ne vous aurais pas jugée ainsi ; mais aujourd\u2019hui, vous m\u2019apparaissez sous un autre jour.Vous avez manqué de confiance en moi, vous m\u2019avez menti, et toujours vous m\u2019avez caché certains épisodes graves de votre vie.\u2014 Avez-vous jamais eu à vous plaindre de moi ?dit Basquine, les larmes aux yeux.\u2014 Certes, non.\u2014 Il y a des choses, mademoiselle Micheline, que Ton ne peut dire à tout le monde.Quand vous m\u2019avez recueillie à Kichompré j\u2019étais désemparée ; \u2014 mariée depuis peu, je m\u2019étais enfuie d\u2019une maison où je vivais en prison- nière.Mais je me gardai bien de vous dire que j\u2019étais mariée \u2014 il m\u2019eût alors fallu entrer dans trop de détails, faire de trop douloureuses confidences.Et d\u2019un ton très bas : \u2014 Si j\u2019avais voulu, reprit-elle, aimer l'homme, le misérable que j\u2019avais épousé, j\u2019aurais été riche et adulée.Mais j\u2019ai repoussé ce luxe, ces adulations, et je me suis sauvée, bien résolue désormais à vivre au service des autres.Voilà, mademoiselle, une partie de ma vie ; \u2014 quant aux circonstances qui ont motivé mon mariage, c\u2019est là un secret qu\u2019il ne m'appartient pas de divulguer.\u2014 Il n\u2019en est pas moins vrai, dit Micheline froissée, et qui ne désarmait toujours pas, il n\u2019en est pas moins vrai que vous m\u2019avez menti \u2014 et je ne vous pardonne point ce mensonge.Je vous crois donc capable de mettre à exécution les menaces que vous avez faites cette nuit, au cours d\u2019une scène terrible avec ma soeur Claudie \u2014 menaces que Claudie m\u2019a répétées tout à l\u2019heure.\u2014\tJe tenterai tout pour empêcher le mariage de Just avec Mlle de Lan-ceroy ! \u2014\tVous l\u2019aimez donc ?Vous avez donc été sa victime ?\u2014 il n\u2019y a qu\u2019un Qu est-ce que la métempsychose mange durant les canicules, vous dites-vous ?C\u2019est la transmission des âmes d\u2019un corps à un autre, nous dit notre petit cousin Larousse.Alors, le dogme de la métempsychose devait conduire ceux qui l'admettaient à défendre l\u2019usage des viandes.Une autre question de nuances ! Ce Milon de Crotone n'a jamais suivi la philopsophie de Pythagore, du moins au point de vue alimentation.Chaque jour, il consommait 20 livres de viande, 20 livres de pain et 15 pintes de vin.C\u2019était sa ration, au régime.Nous n\u2019avons pas les papiers de prreuve ! De nos jours, au prix élevé de toutes ces instant je vous ai déjà posé la même question.et vous ne m\u2019avez pas répondu.\u2014 J\u2019ai aimé Just, qui fut pour moi un ami d\u2019enfance, un ami bien cher ; \u2014 mais je n\u2019ai jamais été sa victime ! \u2014 Qu\u2019espérez-vous donc.puisque vous êtes mariée ?\u2014 Je veux l\u2019empêcher de commettre une folie ! \u2014 Que signifient ces paroles ?\u2014 Le lieutenant Carvajean est un honnête homme, et il ne doit pas donner son nom à une femme déshonorée.C\u2019est ce que je m\u2019efforcerai de lui faire comprendre ; \u2014 mais rassurez-vous, il refusera de m\u2019entendre.Il est amoureux, et malgré moi, malgré tous, il épousera votre soeur ; \u2014 néanmoins j\u2019aurai fait mon devoir.tout mon devoir ! \u2014\tC\u2019est votre dernier mot ?\u2014\tMon dernier! \u2014 Adieu, mademoiselle Micheline.Elles se séparèrent sans même se tendre la main ; \u2014 et une heure après Basquine quittait à tout jamais la demeure des Lanceroy.* * * Dans un modeste hôtel situé derrière Saint-Germain-TAuxerrois, Basquine se denrées, ce Milon devrait être un Cré-sus, pour satisfaire cet énorme appétit, digne de Gargantua et Pantagruel ! Entre nous, soyons plus sérieux ! Les champions mondiaux de la lutte libre de nos jours, qui poussent en serre comme des champignons, qu\u2019ils pèsent de 225 à 265 livres, qu\u2019ils s\u2019appellent Kowalski, Kiniski, Carpentierski, Lou Thesz ou Quinnski, ne sont que des gringalets, mieux payés cependant, à côté de ce Milon de Crotone, dont la mémoire trouvera toujours grâce devant les plus amers contempteurs des sports ancins.Baissons le rideau, nettoyons le canevas avec du Spic and Span ! fit conduire.Elle s\u2019installa aussitôt tant bien que mal dans une petite chambre donnant sur la cour ; \u2014 puis le jour même elle écrivait à Just la lettre sui-vante : « Je vais partir pour un très long « voyage ; \u2014 mais avant de quitter « peut-être à tout jamais la France je « voudrais, Just, vous faire mes adieux « étemels.« Vous ne refuserez pas, j\u2019ose l\u2019espé-« rer, cette dernière joie à votre amie « d\u2019enfance qui fut si malheureuse.Oh ! « je ne vous demande pas une longue « entrevue ; \u2014 que je vous voie seule-« ment pendant quelques minutes, et « j\u2019emporterai dans mon exil un peu « de bonheur.«Je vous attendrai demain, entre cinq « et six heures, sur la longue terrasse « du jardin des Tuileries qui longe la « Seine.« A demain donc.« Basquine.Elle cacheta vivement sa lettre et courut la jeter à la poste ; \u2014 puis en hâte elle regagna sa chambre d\u2019où elle ne sortit que le lendemain pour se rendre au rendez-vous donné à Just.Le matin même, en outre de la lettre de Basquine, Just en avait reçu une autre de Claudie lui disant : « Une femme, une misérable fille à « mon service, m\u2019a menacée cette nuit « de faire rompre mon mariage avec « vous ! Que peut-elle inventer con-« tre moi, quelles calomnies peut-elle « bien lancer à mon sujet \u2014 je l\u2019ignore « complètement ; mais toutes ces vile-« nies m\u2019attristent profondément.« Je vous adore.« Claudie.» Oh ! ces trois mots : « Je vous adore s> tombèrent sur le coeur du jeune homme comme un baume.Quand il eut parcouru la lettre de 't* Basquine, il comprit bien vite d\u2019où allaient venir les calomnies et les vilenies dont parlait Claudie ; \u2014 mais prévenu maintenant, il saurait quoi répondre.Il était résolu à cette heure à rompre à tout jamais avec cette femme que depuis longtemps il n\u2019aimait plus, qu\u2019il avait complètement rayée de sa vie.du moins le croyait-il.Pouvait-il seulement songer une minute à cette misérable qui l\u2019avait indignement trahi, qui s\u2019était donnée à un autre !.Quand il l\u2019avait revue chez les Lanceroy, au cours de cette soirée inoubliable de ses fiançailles avec Claudie, il avait éprouvé une stupéfaction profonde, un effroi véritable.Il avait failli s\u2019évanouir ; \u2014 et de cette rencontre il avait emporté une angoisse si profonde, une tristesse si poignante, qu\u2019il ne fallut rien moins que la lettre de Claudie pour le rasséréner quelque peu.Oh ! il était aimé de Claudie, de cette Claudie superbe que certainement tous les hommes lui envieraient ! Et il se sentait fier à la pensée que parmi tant de soupirants élégants c\u2019était lui qu\u2019elle avait choisi.\t) Ce fut dans cette disposition d\u2019esprit qu\u2019il se rendit au jardin des Tuileries, à l\u2019endroit du rendez-vous fixé par Basquine.On était alors au commencement de mai.La journée était superbe, et un chaud soleil brillait dans le ciel d\u2019un bleu d\u2019azur.Blottie sur un banc environné d\u2019arbres, Basquine attendait Just.Sous une légère poussée de vent, des feuilles frissonnaient sur la tête inclinée de la pauvre femme dont, pendant les longues minutes d\u2019attente, l\u2019angoisse augmentait peu à peu, et dont aussi les rides du front se creusaient davantage.Enfin six heures sonnèrent.(à suivre au prochain numéro) VINGT-CINQ (25) GAGNANTS PAR SEMAINE \"Le Samedi\" du 13 juillet 1957 (Problème No 1331) Mme R.Asselin, Nadon Street, Blind River, Ontario.Mme Bruno Aubry, 56, rue Alix, Mont-Laurier, P.Ç>.Mlle Marie Thérèse Bolvin, Girardville, Co.Roberval, P.Ç.M.Serge Boulanger, Clarencoville, Co.MissisquoI, P.Ç>.Mlle Yvette Chamberland, Armagh, R.R.No 1 Co.Bellechasse, P.Q.Mme Donat Chassé, Sullivan Mines, Cté Abitibi.P.p.Mme B.Demers, 3887 A St-Denis, Montréal, P.Ç.Mme G.Dufour, 10886, Clark, apt.2, Montréal, P.Ç>.Mlle Marguerite Fortin, Chambord Jonction, Cté Roberval, P.Q.Mme Jean-Paul Gasseau 210, Lafontaine, Rivière-du-Loup, P.Q.Mlle Elisabeth Houle, 2377, Sheppard, Montréal, P.Q.Mlle Liliane Lavigne, 152, Main St., Rouyn, P.9* Mme Léo Leyare, C.P.822.Malartic, P.Ç.M.Bertrand Ouellet, 394, 1ère Avenue, Charlesbourg, P.Ç.Mlle Berthe Paquin, 4359, St-Hubert apt.2, Montréal, P.Q.Mlle Exilia Parent, St-Germain, Co.Kamouraska, P.9\u2022 Mme Robert Parent, 175, rue Ste-Angelique, Joliette, Co.Joliette, P.9- Mme Dora Poirier, 38, Bisson, Hull, P.9.Mlle Juliette Potvin, 534, rue Joffre, C.P.29, La Tuque, P.Ç.Mme J.L.Simpson, 521, 6-Rue, Limoilou, P.9- Mlle Patsy Tardif, 33, Roberval, C.P.507, Baie Comeau, P.9- Mlle Jacqueline Tourigny, 1230, Cascades, St-Hyacinthe, P.9* Mme Jean-Paul Trahan, Wickham, Cté Drummond, P.9* Mlle Andrée Tremblay, 123, St-André, Métabetchouan, Cté Lac St-Jean, P.9- Mme C.Verrcault, 27, rue Scott, 9uébec 4, P.9* Solution du Problème No 1331 DANS LE MONDE SPORTIF\t[ suite de la page 13 ] Le Samedi.Montréal, 10 août 1957 29 ANDRE LANGEVIN | Suite de la page 3 ] SUR TOUTES LES SCENES [ Suite de la page 11 ] Ainsi, combien de temps vous prend la rédaction d\u2019un de vos ouvrages ?\u2014 Ça dépend.« Evadé de la nuit » m\u2019a demandé un mois.A peu près autant pour la pièce que jouera le T.N.M.\u2014 Evidemment, tout est organisé d\u2019avance dans votre cerveau.C\u2019est presque seulement de la transcription, la main suivant le fil de la pensée.C\u2019est égal .Ce n\u2019est pas donné à tout le monde .André Langevin sourit, un peu sphynx, à son ordinaire.\u2014 Maintenant, parlez-moi un peu de vos enfants.Les deux aînés doivent aller à l\u2019école ?Travaillent-ils bien ?\u2014 Oui, ils y vont et ce sont des élèves moyens.\u2014 Ce sont presque toujours les meilleurs.Et dites, à la campagne, comme vous etes, avez-vous des bêtes, qui peuvent courir avec vous sur la pelouse, sous les chênes ?\u2014 Je n\u2019ai pas des bêtes, j\u2019ai une bête : un chien colley.Son nom ?Il s\u2019appelle Tolley.ne me demandez pas comment ça s\u2019écrit.C\u2019est mon petit gars, lorsque nous avons eu le chien tout petit, (il avait deux mois, le chien, pas le petit gars) qui s\u2019est mis à l\u2019appeler Tolley.Il voulait évidemment dire Colley .Je crois que la conversation sur la campagne, les enfants, le chien aurait pu s\u2019éterniser si de fréquents appels du téléphone ne m\u2019avaient dicté mon devoir.André Langevin, nous avons hâte à cet automne pour voir votre pièce.Oui, c\u2019est merveilleux une jeunesse comme la nôtre qui refuse les sentiers battus, qui travaille, qui s\u2019aide.C\u2019est ça l\u2019avenir.\tOdette Oligny.COUP D'OEIL SUR L'ARTISANAT \u2022 \u2022 \u2022 ^ i j i \u2014 Y aura-t-il parmi les artisans que vous connaissez et que vous représentez ici, des talents exceptionnels ?Plusieurs, oui.A ceux-là nous nous efforçons de donner des conseils pratiques qui puissent les aider efficacement à conquérir une bonne clientèle.Mais nous n\u2019imposons jamais à 1 artiste de directives précises, car nous voulons avant tout qu\u2019il demeure lui-même.Tenez, me dit Mlle Mar-coux, en désignant de la main un case en forme de tête humaine, ceci est une oeuvre originale de Maurice Savoie, un jeune céramiste de 22 ans, très riche d\u2019idées.Il est actuellement en stage à Paris et, à son retour, nous continuerons de le guider.D une façon générale, les normes de l\u2019art abstrait n\u2019influencent pas trop nos artistes, ou bien alors ils cessent d\u2019exprimer un art local et traditionnel.Ceci n\u2019est évidemment pas toujours vrai pour les céramistes.La grande majorité des produits de l\u2019artisanat québécois est vendue dans la province même.Toutefois, me disait Mlle Marcoux, il s\u2019en vend aussi aux Etats-Unis, en Ontario et dans les provinces de l\u2019ouest.\u2014 Si les tarifs douaniers n\u2019étaient pas si élevés, nous vendrions beaucoup plus.Ainsi, nous recevons fréquemment ici des lettres de clients américains qui ont été séduits par le travail de nos artisans au cours d\u2019un voyage, et qui demandent s\u2019ils pourraient se procurer telle ou telle pièce dont ils ont gardé le souvenir.de la Onzième », de « Vous n\u2019avez rien à déclarer ?» et de « Cavalcade d\u2019amour ».Il a été le dialoguiste des « Otages », de « Monsieur Vincent », de la version d\u2019« Anna Karénine » que Duvivier réalisa à Londres, de « Caroline chérie ».Il a filmé lui-même son « Voyageur sans bagage » et il aurait filmé aussi son scénario « Pattes Blanches » si la maladie ne l\u2019avait obligé à en laisser le soin à Grémillon.Il a tourné « Deux sous de violettes », d\u2019après un roman de sa femme (car Monelle Valentin qui a provisoirement renoncé au théâtre pour raison de santé, est romancière) et il a écrit pour l\u2019écran «Le Rideau rouge » dont la mise en scène fut assurée par André Barsaq.\u2014 Ce que je fais pour le cinéma, dit-il, n\u2019a rien à voir avec mon oeuvre.Il a quand même beaucoup de sympathie pour le septième art.D\u2019ailleurs il a donné sa fille en mariage à l\u2019assistant-réalisateur Alain Tesler.Tous ceux qui le connaissent disent que Jean Anouilh est un timide.Le soir de la création d\u2019une de ses pièces, Par contre, il y a à Toronto un marché certain qui ne demande qu\u2019à être convenablement organisé.Dans les provinces de l\u2019ouest également, mais c\u2019est en Ontario que nos articles sont les plus appréciés, et nos contacts jusqu\u2019ici ont été fort encourageants.Pour terminer ce tour d\u2019horizon des activités artisanales au Québec, il convient de mentionner la clairvoyance et l\u2019habileté des services de l\u2019Office qui, sous la direction de M.Jean-Ma-rie Gauvreau et quelques autres éminents, ont tant contribué à l\u2019essor de l\u2019artisanat en général.Grâce à l\u2019extension de l\u2019enseignement des écoles d\u2019art et à la croissance du marché, l\u2019Office se propose d\u2019amener peu à peu une plus grande variété dans la production, et aussi de régénérer certaines pratiques d\u2019autrefois que l\u2019on délaisse par trop.Bien que son rôle auprès des artisans consiste surtout à conseiller et qu\u2019il se garde de toute action devant nuire à leur esprit d\u2019initiative, il n\u2019en surveille pas moins la qualité des objets fabriqués et surtout leur sens artistique.En outre, il s\u2019efforce de développer entre les artisans et les dessinateurs ou les maîtres de telle ou telle technique, une plus étroite collaboration.Et ce qui est peut-être encore plus louable, c\u2019est qu\u2019il stimule et suit attentivement les progrès de l\u2019artisanat québécois à l\u2019étranger, dont il est le plus dévoué propagandiste.[ Suite de la page 7 ] les gens qui l\u2019aperçoivent pâle et nerveux décrètent qu\u2019il est bourré de complexes.Erreur, il est bourré de chocolat.Il s\u2019en gave, dans ces circons-tances-là, pour se remonter.Il avait pris l\u2019habitude pendant la représentation de se cacher au poulailler.Depuis que le truc a été éventé par de petits malins, il a dû chercher d\u2019autres refuges.En tout cas, il ne se laisse pas pousser sur la scène lorsque la salle réclame traditionnellement l\u2019auteur.Durant les répétitions, il est inquiet.Il lui arrive de revenir sur ses décisions concernant la distribution des rôles et de changer ses interprètes.A la veille de la générale de « l\u2019Amour puni », pendant la dernière répétition de travail, il disait à Barrault : « Je ne sais pas si c\u2019est votre faute ou la mienne, mais moi, je m\u2019ennuie ! » En principe, il n\u2019aime pas les discussions.Il préfère avoir l\u2019air de laisser tomber, et il obtient toujours satisfaction.Il prétend avoir horreur de prendre la plume en dehors de son travail d\u2019auteur.Il écrit cependant des arti- JEAN ANOUILH,.Merci d\u2019avoir pris la peine de m\u2019écrire.Veuillez croire en l\u2019expression de ma respectueuse considération.\u2014F.M.P.Petites nouvelles et commentaires Florent Forget, heureux entre tous, vient d\u2019accepter avec joie de faire la mise-en-scène d\u2019une pièce au Théâtre Hébertot.Il partira pour Paris à l\u2019automne et y passera plusieurs semaines Gaétan Labrèche est content.Ses affaires marchent bien.Il vient de terminer un « Quatour », commencera à jouer très bientôt au Festival de Montréal.De plus, il a inauguré à St-Eustache une série de cours destinés aux jeunes de cet endroit.Les élèves affluent et Gaétan songe à monter une pièce à l\u2019automne.Il emploierait quelques comédiens professionnels pour en rehausser la valeur.Jean Letarte a fait l\u2019acquisition d\u2019une magnifique « Vespa » avec laquelle il espère se rendre dans le sud des Etats-Unis.Il a beaucoup de travail à la radio où on l\u2019emploie comme chanteur et guitariste.Charlotte Savary, l\u2019auteur des « Visages de l\u2019Amour » est une personne fort intelligente et fort cultivée.Di- plômée en Lettres de la Sorbonne, elle a suivi des cours avec Pierre Gaxotte qu\u2019elle a fort bien connu.Ses connaissances historiques sont vastes et elle discute fort bien les hauts faits politiques de l\u2019Histoire de France.C\u2019est Madeleine Sicotte qui jouera le rôle de la mère dans le premier Théâtre Populaire de Lise Lavallée.On ne voit plus Lise Lasalle.Depuis qu\u2019elle a volontairement quitté sa médecine, elle n\u2019a plus d\u2019engagement.L\u2019année dernière, on lui téléphonait quatre ou cinq fois la semaine pour lui offrir des rôles qu\u2019elle devait toujours refuser.O ironie du sort ! Plusieurs comédiennes, dont Monique Lepage et Thérèse Arbic, partiront bientôt pour Stratford.La première est évidemment fort intéressée à voir « La Nuit des Rois ».Wilfrid Lemoine s\u2019est loué un chalet nu Lac Echo où il passe une bonne partie de la semaine.Ses fins de semaine sont prises à Radio-Canada.C\u2019est le monde à l\u2019envers.Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine en vous rappelant les nombreux spectacles qui auront lieu à Montréal cet été.LES U.S.A.EN 20 MINUTES F.M.Poirier.f Suite de la page 9 ] gle et sans fatigue devant toutes les vitrines.Selon l\u2019architecte, seuls les objets de prix nécessiteront encore des vendeuses dans 10 ans : fourrures, bijoux, parfums rares.\u2022\tNouveauté pour les jeunes mamans : une housse en matière plastique pour recouvrir la voiture de bébé en cas de pluie ; au milieu, une fenêtre en plexiglas permet à bébé de voir maman et ce qui se passe autour de lui.\u2022\tDes semelles ondulées au lieu de plates, sont présentées par une société orthopédique de New-York ; elles massent continuellement les plantes des pieds pendant la marche.\u2022\tLes télégraphes américains viennent d\u2019inaugurer les « télégrammes parfumés » pour les télégrammes de fêtes : le papier est imprégné à la rose, à l\u2019oeillet etc.\u2022\tPhase du système «do-it-yoursell » ou « faites-le-vous-même » aux Etats-Unis : on y met en vente des cravates unies avec une boîte à peinture pour que le client puisse peindre sur sa cravate les motifs de son invention.\u2022\tUne organisation appelée « Fleurop » permet de faire remettre des fleurs fraîches dans tous les pays du continent.Aux Etats-Unis, un commerçant en sucreries et chocolats vient de créer « Telecandy » pour la remise dans le monde entier, par les commerçants afiliés, de douceurs aux personnes indiquées par télégramme.1,500 chocolatiers et confiseurs ont déjà donné leur adhésion.\u2022\tLe bonnet de bain est remplacé cette année par le « casque de chevalier » en caoutchouc, qui descend jusqu\u2019aux épaules et recouvre tout le visage et le cou ; la baigneuse peut prendre sa douche sans craindre pour sa permanente, \u2014 et elle voit par une petite fenêtre pratiquée devant ses yeux.\u2022\tDepuis quand, la voiture d\u2019enfant.?Selon un journal américain, elle clés et même des violents, mais ce n\u2019est pas pour débattre des cas personnels.C\u2019est pour défendre la pièce d\u2019un confrère maltraité par la critique, pour soutenir les intérêts des jeunes compagnies théâtrales, pour secouer l\u2019indifférence du public à l\u2019égard d\u2019un fut inventée il y a 100 ans par Charles Burton à New-York ; mais l\u2019inventeur n\u2019eut aucun succès, et ce n\u2019est qu\u2019à Londres que son « invention » fut adoptée.\u2022\tSlogan publicitaire d\u2019une marque américaine de machine à laver : « Elle fournit le travail de deux maris ».\u2022\tAh, ces statistiques américaines ! Combien de temps faut-il à une femme pour constater les détails de coiffure, maquillage et de toilette d\u2019une autre femme qu\u2019elle rencontre ?Exactement 3 secondes 7 lOèmes, selon l\u2019Institut de Psychologie Expérimentale de l\u2019Université Harvard.\u2022\tLe Prof.Harris du centre d\u2019études nucléaires d\u2019Oakland vient de déclarer que l\u2019organisme de la femme est 6 fois plus sensible que celui de l\u2019homme, et notamment les glandes hormonales, le foie et la rate féminine sont atteints plus rapidement par les radiations.A l\u2019usine atomique canadienne de Chalk River, les mariages entre membres du personnel de l\u2019usine sont fortement déconseillés, 1/3 des enfants issus de telles unions pouvant être menacés de déchéance physique ou mentale.\u2022\tRemariés 50 ans après : à Akron, Ohio, Mr.Chester Innsleep, 80 ans, et Mrs.Daisy Eye, se sont remariés ; ils avaient divorcé en 1907.\u2022\tSont-ils encore humains?Mrs.Jean Schwartz, de San Francisco et sa voisine de palier, Mrs.Betty Brook, sont descendues au même hôtel à Réno, capitale du divorce, \u2014 ce divorce qui leur a permis, quelques semaines plus tard, d\u2019échanger leurs maris.Elles sont d\u2019excellentes amies et elles continueront à vivre avec leurs enfants et leurs nouveaux maris dans l\u2019appartement qu\u2019elles occupaient avant la « petite formalité ».Il n\u2019y a que les deux époux qui auront changé d\u2019appartement.spectacle intéressant.Il n\u2019est pas jaloux des succès des autres.Il n\u2019en veut à personne, sinon un peu à ceux qu\u2019il appelle \u2014 en connaissance de cause \u2014 les salauds.Etant donné qu\u2019il en a croisé quelques-uns sur sa route, c\u2019est bien normal. 30 Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 CONNAIS-TOI TOI-MEME Suite de la page 13 ] réponse à ASSOIFFEE IGranbyI Il est bien dommage que mon silence ne vous ait Incité A m\u2019écrire une autre fois, votre texte est si court.Mais le ton aimable avec lequel vous mn servez votre appréciation sur la chronique me porterait à vous flatter tout autant.Je ne vous servirai pas de chef-d\u2019oeuvre.mais Je vous sais tout de suite une personne fort enthousiaste qui ne perd pas une occasion d\u2019aider son voisin, qui veut à tout Prix entraîner tous scs amis dans son paradis, qui voit toujours le ciel bleu, qui ne craint Jamais les vents contraires, qui peut démasquer n\u2019importe qui pour connaître la vérité.Evidemment, il vous faut beaucoup d\u2019espace, beaucoup de temps et assez souvent beaucoup d\u2019argent pour arriver à vos fins mais vous n\u2019importunez pas trop les gens avec vos histoires, vous payez assez souvent de votre personne tous vos emballements, toutes vos propres suggestions.Puis, vous marchez toujours de l\u2019avant parce que votre imagination et votre intuition vous amènent dans des régions toujours certaines.Puissiez-vous y rencontrer un vrai mari tout en réponse à ENTRE DEUX AGES Vous avez bien compris, la carrière d\u2019écrivain comme n\u2019importe quelle autre implique dP: do ?ra,':a» et de discipline intellectuelle.Rien ne s improvise.Tous vos rêves ne doivent pas être perdus, vos enfants réali-\" *«« ° ^llu sacrifier.Il vous reste tellement de Jeunesse de coeur et d\u2019esprit que vous pourrez les stimuler, les guider l°\\r* Profiter de votre expérience humaine qu ils n ont certes pas encore.Vous 4°aîouterna|S5\" \u2022' »b'en q\u201ce i I m .ni, I V-.I VS .' I V'' - Vi l\" l fv itt lt.-d.r~i-: iyniUHi Misa.- liaiiiMI.; Liijfr»'\" »' ; im 4.Finalement, nprès une recherche méticuleuse dans le noir, éclairés seulement par une lampe de poche, ils arrivent à un canal rempli d'une eau glacée.5.Soudain, le rayon de la torche électrique se posa sur des empreintes d\u2019une grandeur exceptionnelle.« Ces traces sont celles d\u2019un géant », s'écria Steel.G.Puis se ravisant, Steel reprit : « Non, ces empreintes n\u2019ont rien d exceptionnel.Ce sont les pas d\u2019un scaphandrier, sans doute un homme à la solde de Fu Chong ».gfriuyegj itt/K S35>-; fvffîu.ta.5 f - \u201c«aèbSi i: > c-i 7.Passant soudainement la torche au Jeune homme, Steel plongea dans l'eau glacée.Pierre comprenait à peine ce qui se passait que déjà Steel avait disparu.8.Après avoir nagé sous l\u2019eau pendant quelques secondes, Steel découvrit l\u2019ouverture dans le mur et parvint enfin à la rivière où se Jetait le canal.9.Vers le milieu de la rivière, il aperçut Fu Chong qui nageait rapidement vers la rive.Steel redoubla de vigueur pour le rejoindre.Un combat allait s\u2019engager.V't.f Sêsi 10.Pierre, pour sa part, ayant recouvré ses sens, sauta dans une\t11.Steel avait le dessus.quand soudain le détective embarcation et trouva son chemin Jusqu\u2019à la rivière.Il aperçut son\tdisparut sous l\u2019eau comme si une pieuvre l\u2019avait happé, maître aux prises avec le Chinois.\tC\u2019était en réalité le complice de Fu Chong, le sca- phandrier.12.Ayant saisi Steel par les Jambes, il l\u2019entraîna sous î eau puis assena un terrible coup de poing qui lui fit perdre connaissance.La mort s\u2019ensuivra t sûrement.(La suite au prochain numéro.) Le Samedi, Montréal, 10 août 1957 33 LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT par JULES VERNE CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 CENT NEUVIEME EPISODE PÉ(?e/il faut que je te PRÉSENTE MES AMIS.SANS EUX, JAMAIS NOUS ne t'auRions revu /\t_____- \u2014¦ ¦J i cbPY0IGHrciBJ?WeiE HffCHBîrE VOPEPQ MUHDt CAPITAINE, MA FEMME SEPAIT \u2022 HEUREUSE DE FAIRE VOTRE \u2022 CONNAISSANCE tcoQu^»*/ POUR le CAPITAINE GRANT/ HIP Ml P , -\u2014-QIOUPRAH/ J CAPITAINE GRANT, VOS * ENFANTS VOUS PESSEM BLENT, CE SONT DES \u2014\u2014-1 BRAVES/\ti \u2019U m wm& MADAME JE NE SAI^ COMMENT.n ujiwe L\u2019émotion la plus intense règne sur l\u2019île Maria Théresa tout à l\u2019heure encore si désolée et sinistre.Tout le monde parle à la fois si bien que personne ne s\u2019entend.C\u2019est à peine si Robert Grant a pu présenter à son père ses compagnons grâce auxquels ce miracle vient de s\u2019accomplir.\u2014 Finalement, lord Edward pensant avec juste raison qu\u2019Harry Grant sera aussi bien à bord du Duncan pour raconter son odyssée, donne le signal de l\u2019embarquement et bientôt, le canot vogue à nouveau vers le yacht.\u2014 Lady Helena et tout l\u2019équi- En grande partie par son fils Robert, le capitaine Grant est mis au courant du prodigieux voyage entrepris par lord Edward et les siens pour retrouver la trace des naufragés.Au fur et à mesure que se déroule le récit, Harry Grant sent croître son admiration pour tant de courage.\u2014 Enfin, un toast d\u2019honneur est donné dans le grand salon du yacht et chacun lève son verre à la santé des naufragés.Prenant le capitaine à part, lady Helena lui révèle les tendres liens qui se sont noués entre Mary et John Mangles.\u2014 Avec un bon sourire, page sont sur le pont pour accueillir les naufragés.D\u2019emblée, l\u2019épouse de lord Edward est conquise par les traits énergiques et la noble allure du capitaine Grant.Celui-ci ne sait comment exprimer sa reconnaissance.\u2014 Avec son tact habituel, lord d\u2019abord souligne que c\u2019est à l\u2019effort de tous que les recherches doivent d\u2019avoir abouti et que dans la parfaite cohésion des membres de l\u2019expédition celle-ci eut été vouée à l\u2019échec, après quoi, un triple hour-rah salue l\u2019arrivée des rescapés.Harry Grant prend la main de sa fille et la place dans la main du jeune capitaine.Ce geste consacre pour les deux jeunes gens une union à laquelle ils ne cessaient de penser depuis que le destin les avaient rapprochés.\u2014 Enfin, quoiqu\u2019il lui en coûte de ternir la joie d\u2019une aussi belle journée, lord Elward aborda le chapitre d\u2019Ayrton qu\u2019il n\u2019y a maintenant plus raison de ne pas abandonner sur l\u2019île Maria-Théresa.Pourtant, auparavant le capitaine Grant exprime le désir de faire visiter à ses amis le domaine où il vécut deux ans et demi.( C'EST EN AUSTRALIE QUE NOUS ), AVONS EU NOS PLUS ,\tL K * 7sfÀ^}.MÆMmr ¦f aOuf&Ay CAPITAINE, JE NE CROIS PAS DÉVOILER UN 5ECPETEN LDISANTOUE MAPy > ET JOHN .S'AIMANT/ MES amis.LORSQUE NOUS \u2019-\\SI VOUS LE PfcO-[ AURONS DÉBAOOuf AYRTON.lMETTEÇjE VOUS /MY X! MYLORD ET VOUS, MADAME BÉNISSONS NOS VOUS ENFANTS/ r NSTAL VOLONTE V'/t* CPre/GHT iTPppiPiS tMCHETTE it OPe&a Mi/HP/ SI NOUS N'AVIONS PAS EU 7 QUELQUES OUTILS REJETÉS PAR LA MER, JAMAIS NOUS , VOICI LA CABANE DANS LAQUELLE NOUS AVONS , VÉCU TRENTE EJ UN MOIS/ C'EST ASSEZ conforta _ NOTRE ÉLEVAGE., CHÈVRES ET COCHONS/, NOTRE JARDIN/ m CE FUT TRÈS DUR AU DÉBUT MAlS NOUS PARVINMES A' NOUS ORGA -NISER AU FUR ET A MESURE QUE LES JOURS PASSAIENT./ N\u2019AUPlONS Si 527 y v su/r&e coPr/P/Gur ueea/e/e HECVfrre 1/ opepe mis/vcv Avant d\u2019abandonner définitivement les parages de l\u2019île Maria-Théresa, le capitaine Grant tient à faire visiter à ses amis ces lieux où depuis plus de deux ans il mène avec ses deux compagnons la vie d\u2019un véritable Robinson Crusoé.Pour cette visite, quelques heures suffisent car le domaine des naufragés se réduit à peu de choses.\u2014 L\u2019île n\u2019est que le sommet d\u2019une montagne sous-marine recouvert d\u2019un peu de terre végétale ce qui a permis à une rare végétation de s\u2019y implanter, quelques baleiniers de passage y débarquèrent autrefois des animaux domestiques, chiens et porcs qui se multiplièrent à l\u2019état sauvage.\u2014 C\u2019est sur cette terre déshéritée mais où la vie n\u2019était pas impossible que dans la nuit du 26 au 27 juin 1862, le Britannia désemparé par six jours de tempête vint s\u2019échouer.Brisée sur les rochers l\u2019épave s\u2019engloutit avec tout l\u2019équipage à l\u2019exception du capitaine Grant et de ces deux matelots Bob Learce et Joe Pell.\u2014 Le premier soin des naufragés fut de recueillir tout ce qu\u2019ils purent des débris rejetés sur le rivage : des planches, des outils, un peu de poudre, des armes, un sac de graines précieuses.Peu à peu, leur existence s\u2019organisa ainsi avec les pauvres moyens mis à leur disposition.(à suirre la semaine prochaine) LISEZ, CHAQUE SEMAINE, LES CONTES ILLUSTRES DU \"SAMEDI 34 Le Samedi, Montréal, 19 ocrât 1957 Les Mots Croisés du Samedi Problème No 1335 1\t2\t3 4\t5\t6 w 7.8 9 10 II 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 S A b 0 % ÈL k m HORIZONTALEMENT 1\u2014\tSalle commune où sont les lits dans un couvent.\u2014 Chambrette à bord d\u2019un navire.\u2014 Homme fin et rusé (fig.).2\u2014\tElle fut surnommée la Dame de Beauté, par Charles VII.\u2014 D\u2019un goût acide.\u2014 Grosse moulure.3\u2014\tSymbole chimique de l'aluminium.\u2014 Ecorce du chêne réduite en poudre.\u2014 Par la voie de.\u2014 Pronom.\u2014 Rongeur.\u2014 A toi.\u2014 Démonstratif.4\u2014\tNom vulgaire du thymus du veau.\u2014 Petit renard du Sahara.\u2014 Action de travailler avec le matage.\u2014 Conforme à la morale.5\u2014\tMâle de la chèvre.\u2014 Construire.\u2014 Grain réduit en poudre.\u2014 Extrémité.G\u2014Pronom indéfini.\u2014 Filet pour pêcher la crevette.\u2014 Nom du Bouddha, en Chine.\u2014 Passa du dehors en dedans.\u2014 Triage.7\u2014\tFaire tremper une substance dans un liquide.\u2014 Chute d\u2019eau dans le courant d\u2019une rivière.\u2014 Archipel d\u2019Océanie.\u2014 Règle double.8\u2014\tPays où l\u2019on est né.Dimension en superficie.- Marais d\u2019Argolide.9\u2014\tMaréchal de France, né à Muret.\u2014 Qui a.une saveur désagréable.- Qui n\u2019est pas ce qu\u2019il paraît être.10\u2014\tFleuve de Russie.\u2014 Conjonction copulative.\u2014 Volonté.\u2014 Possédée.\u2014 En cet endroit.\u2014 Enveloppe calcaire qui protège le corps des testacés.11\u2014\tPartie intérieure du pain \u2014 Sorte d\u2019arbre de nos forêts.\u2014 Loge gril- lée pour enfermer les oiseaux.\u2014 Sa Sainteté (abr.).\t\u2014 Ile de l\u2019Atlantique.12\u2014\tSiège étroit et long.\u2014 Genre de graminacées avénacées.\u2014 Qui parle beaucoup.\u2014 Nom grec du dieu de l\u2019Amour.13\u2014\tEn les.\u2014 Interjection.\u2014 Rivière\u2019, de France.\u2014 Instrument.à vent et à hanche.\u2014 Avec qui on est lié d\u2019une affection réciproque.14\u2014\tPartie tombante d\u2019un vêtement (pi-)- \u2014 Pronom.\u2014 Durillon.\u2014 La plus vile populace.\u2014 Carte à jouer.\u2014 Dans.15\u2014\tSaillie d\u2019esprit.\u2014 Cour dallée d\u2019une maison.\u2014 Manière d\u2019être.16\u2014\tMagistrat romain.\u2014 Tombeau égyptien de forme pyramidale.-Jouer de la flûte.17\u2014\tParticule du dialecte provençal.-\u2014 Qui siège.\u2014 Nuages.\u2014 Effet qui résulte du mélange et de l\u2019emploi des couleurs.18\u2014\tUn des cantons suisses.\u2014 Mot latin qui signifie rites.\u2014 En les.\u2014 Manquer à sa dignité.\u2014 Préfixe qui signifie réunion.19\u2014\tCommune de Seine-et-Oise, arr.de Versailles.\u2014 Courant d\u2019eau qui ne se gèle pas en hiver.\u2014 Chef-lieu de canton (Rhône).\u2014 Père de Jason.20\u2014\tSorte de petite pomme rouge et blanche.\u2014 Nom vulgaire de l\u2019Ache améliorée.\u2014 Qui appartient au nez.\u2014 Possédât.21\u2014\tDe l\u2019alphabet grec.\u2014 En cet endroit.Du verbe avoir.\u2014 Fleu- ve d\u2019Italie.\u2014 Instrument pour enfoncer les pavés.\u2014 Grand fleuve d\u2019Afrique.\u2014 De l\u2019alphabet grec.22\u2014\tQui est l\u2019exacte moitié d\u2019un tout.\u2014 Trait de plume.\u2014 Suite ininterrompue.23\u2014\tDeux choses de même espèce.\u2014 Mouvement rectiligne d\u2019un organe mécanique.\u2014 Qui n
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