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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 26 avril 1958
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1958-04, Collections de BAnQ.

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[" s ate 0*SSF5dHü 69e année, No 51 rrn Montréal, 26 avril 1958 O 10 CENTS Le Magazine National des Canadiens ® Au P til Café, par odeue ougny \u2022\tLes Espions du Siècle t par KURT SINGER \u2022\tLe Temple invisible , ROMAN COMPLET \u2022\tComment faire de la glace avec.le soleil - 'Y Le Samedi, Montreal, 26 avril 1958 ' si :¦ #*.:\t\t (\t\u2014*oeuy à ^ut .\u2019 \u2022\t\t - \"\\ \"\tpar JACQUELINE\t y Je suis une adolescente qui ne pèse que cent dix livres et ai des points noirs dans le visage.Comment faire pour les faire partir ?Et faire augmenter mon buste.Coeur en peine Vous êtes â l'âge où il luut équilibrer sa rit' sédentaire d'écolière pur des exercices physiques en plein air.Sur teille- aussi cotre alimentation pour guérir l'acné ou \"points noirs\" et demandez à votre mère de mus donner une purgation a l'ancienne méthode mélasse et soufre.Cela se faisait couramment autrefois ; quand venait le printemps, on nettoyait corps et âmes ! Pour votre buste, je vous conseille fortement la natation ou du moins, les mouvements de bras du nageur.y Dans ma famille et ailleurs, je ne me suis jamais sentie aimée par quelqu'un.J\u2019ai voulu trouver ailleurs l'amour qu'on me refusait et auquel j'avais droit.Un jour, j'ai rencontre un jeune homme blond aux yeux bleus, au caractère tranquille et timide et qui avait mon âqe.Je l'ai aimé aussitôt.Quand on se disputait à la maison, je pleurais dans ma chambre en lui confiant mes peines comme s\u2019il avait été là pour me consoler.Je n'ai jamais su s'il m'aimait vraiment mais je le crois.Je suis très timide et quand je le voyais mon coeur battait si fort que j'étais obligée de m'asseoir, la tête dans les mains.Depuis quelques jours, il est déménaqc dans la ville voisine mais continue à faire ses études à notre école.Comme je ne le vois plus, je me demande s\u2019il faut espérer ou l'oublier Etc., etc.J'aurai bientôt quinze printemps Voio traverse:: une crise d'adolescence avec son émotivité, son éveil des sens, et sa sensiblerie.Vous avez d'autant moins de raisons de vous décourager que la photo f/i/*' vous in en voyez montre un visage ravissant.Vos parents essuient simplement de corriger celle exaltation romanesque qui vous fait verser des larmes pour la moindre réprimandé et vous fait évanouir devant un garçon.Avec un minois comme le votre, ions aurez tous les amoureux que vous voudrez quand vous serez prête pour l'amour et nuire pour la vie ; c'est-u-dire dans trois ans d'ici.2ÉSS ¦ _ y J'ai dix-sept ans.Mes parents sont bien sévères et, pour parler franchement, je les comprends quand il arrive tant de choses malheureuses aujourd'hui.Je sors avec un garçon de 23 ans, sobre et tranquille.Mes parents l'aiment et me permettent de sortir avec lui, mais il habite loin d'ici et ne peut venir que tous les cinq ou six mois.C'est ennuyant et je sors avec\td'autres garçons, mais\tma\tmère n'aime pas\tça et voudrait que j'attende\tl'autre.Pourtant,\tje ne sors que jusqu'à\tdix\theures du soir et\tchaperonnée par ma soeur de\tseize ans.Fleur de mai Votre mere a peur de vous voir perdre un bon parti (ce qui est assez rare de nos jours) mais je crois que vous n'etes pas assez vieille ni assez amoureuse de lui pour l'apprécier./.- ne vois aucun mal a ce que vous sortiez un peu et profitiez de votre jeunesse.Vous r,rs l)l,,s 11 } (V/e du\tplaisir i honnête, bien\tentendu i que des devoirs du\tmariage et de la maternité Ce garçon\tdoit coin prendre la chose afin que vous n'ayez\tpas de regrets quand vous ferez votre choix.y J'ai 19 ans.Je mesure 5* >2\".pèse 110 livres, ai 34\" de buste, 24\" dç taille et 32\" de nanches.Suis-je normale ?Je dois me faire faire une robe pour le printemps.Quelle couleur conviendra à mes yeux pers et mes cheveux châtain ?Puis-je porter aisément la robe-sac ?Je trouve que j'ai de gros mollets, 13\" de tour ; quand je porte des jupes on des robes étroites, il me semble que tout le monde rit de moi.Ai-je raison d'avoir ce complexe ?Il doit sûrement y avoir des exercices pour amincir les jambes.Auriez-vous la bonté de m'en signaler quelques-uns ?Connaissez-vous un produit quelconque pour allonger les cils ?Tsarevitch Von êtes petite mais bien proportionnée.Hélas! Pâques est venu et passé avant que je puisse vous conseiller pour votre robe.Je trouve (tue la robe-sac avantage plus les petites temmes que les guindés, à condition que vous ne la portiez pas blousée trop bas ur les ha itches, car le bout de jupe serait trop court pour vos proportions.Mais, dans lotie cas, je m'abstiendrais de porter une robe droite, étroite et exagérément courte atia de 11e pas attirer l'attention sur mes jambes.Vous avez tort cependant d'avoir un complexe a lent sujet.Porte: des bas foncés et des souliers sobres, faites des mouvements rotatoires avec le pied afin d'équilibrer la cheville.et n'y pensez plus./.s garçons admireront vos cheveux châtain, vos yeux pers et votre taille fine.Il n'y a pas de meilleur moyen pour renforcir et allonger les cils que de l'huile ou de la vaseline.y Pourriez-vous me procurer les derniers statistiques sur les religions, laquelle a le plus grand nombre de croyants, etc.C'est beaucoup vous demander car je sais qu\u2019il vous faudra faire des recherches mais j\u2019en ai besoin et j'apprécierais tellement ce renseignement.A.P.C.Puis-je vous donner un conseil amical?SI vous vous intéressez aux religions, commencez par avoir l'esprit chrétien et ne pas faire faire par d'autres le travail qui vous intéressé.le vous donne cependant une adresse où vous pourrez obtenir les renseignements que vous desire:.Cintre de la bible, 3872, rue Saint-Hubert, Montréal.Et maintenant.a l oeuvre ! y Ma lettre s adresse surtout à celle qui siqnait, dans le courrier du 1 5 février, \"Aimerait être chrétienne intérieurement .J ai été sincèrement touchée de son cas et sympathise qrande-ment avec elle.Elle veut une réponse qui pourrait rester gravée dans son esprit.D'abord le veux qu elle sache que ,e connais l'épreuve : devenue veuve à 22 ans avec deux petits enfants pt une faible santé, j ai lutte et gordé mon foyer à force de prière et de travail.Les enfants ont eu leur lot de maladies et d'opérations, et moi aussi, mais je suis heureuse malgré cela et trouve Dieu infiniment bon.S'il m'abandonnait, il vaudrait mieux que je ne sois pas née Voilà une petite pensee qui m'a soutenue : Si je te comble, chante, je suis là.\" Si je t'éprouve, chante, je suis plus près.\" Si je te crucifie, chante, nous sommes sur la même croix.\" Dieu aime cette âme, j'en suis sûre et elle trouvera bientôt la joie et la paix du coeur.N'est-ce pas tout le bonheur terrestre ?Je prierai pour elle et merci de m'avoir lue, chère Jacqueline Vous faites un metier que j'admire.D'une bien jeune maman Cette lettre émouvante d'une jeune maman montre que \u201cla valeur n'attend pas le nombre des années\".J'ctais fiàre de la commuiqucr a toutes mes amies du courrier.A \"Une désespérée\" : Si vos amies sont aussi méchantes et sottes, vous faites mieux de ne pas les fréquenter, il n y a rien de honteux dans ce petit défaut physique qui est en général, l\u2019indice d'un caractère généreux.\"Une qui veut savoir\" : Vous êtes certainement normale car vous perdrez deux ou trois Hires en vieillissant.Vous êtes encore un peu jeune pour apprendre le métier de coiffeuse et je ne connais aucune adresse près d'où vous habitez.Ecrivez a l'Ecole de s Arts et Metiers, rue St-Denis, Montréal.La chanson canadienne L'amitié d'une hirondelle Extrait du recueil \"Les chansons du bon vieux temps\" Répertoire Conrad Gauthier Du fond de cette sombre tour, Où je languis sans espérance, Je songe à mes premiers beaux jours Et je regrette mon entance.De mes amis qu'aimait mon coeur.Aucun ne m\u2019est resté fidèle.Refrain : Je n'ai gardé dans mon malheur ] Que l'amitié d'une hirondelle.j bis \u2014 2 \u2014 Dès l'hiver, quand le vent mugit, Du fond de cette tour affreuse, De mon coeur se faisant un nid, Elle s'endort insoucieuse.Chaque nuit je sens la chaleur Des plumes qui couvrent son ai le .Refrain.\u2014 3 \u2014 Depuis trois jours que je l'attends Triste et pensif, à ma fenêtre.Sous le plomb d'un chasseur méchant Elle aura succombé peut-être.Si je ne dois plus la revoir, De ma prison qui la rappelle, Dernier refrain : Retrouver ma brune hirondelle.} Au ciel j'irai rempli d'espoir j bis (Reproduction autorisée par la maison Edmond Archambault, lue., 500 est, rue S te-Catherine, Montréal).Si vous voulez des terrains sur la planète Mars, retenez-les dès aujourd'hui Ln valse des « spoutniks » dans le ciel a donné les plus grands espoirs aux hommes atteints de bougeotte: un peu partout des sociétés se créent Pour organiser les futurs voyages interplanétaires et même pour vendre des terrains sur les planètes A Tokyo, une société nouvellement formée, la « Compagnie des voyages cosmiques >, a déjà cédé des options pour des lopins de terre sur Mars à 6,000 Japonais.Chaque candidat verse trois dollars.La « Compagnie des voyages cosmiques » refuse de s\u2019occuper de la lune qui \u2014 dit-elle \u2014 relève exclusivement d\u2019une société américaine concurrente.D\u2019ailleurs, ajoute-t-elle, Mars, bien plus éloignée de la Terre et moins bien connue que la lune, présente un intérêt incomparablement plus grand que notre satellite naturel, pour les amateurs de liberté interplanétaire.La société japonaise risque de se trouver en concurrence avec d\u2019autres firmes du même genre ou même des gouvernements : en Angleterre, Fred Nash, caporal d\u2019artillerie, vient de s\u2019adresser au gouvernement britannique pour obtenir une concession sur Mars : « D ici dix ans explique-t-il dans sa supplique \u2014 lorsaue j\u2019aurai pris ma retraite, je voudrais ouvrir là-bas un petit commerce ! » Et puis, il y a les Russes qui, tout de même, pourraient avoir leur mot à dire ! A Le Samedi, Montréal, 26 avril 1958 3 ffeJ étniJJ/cHJ préférée* »ls sont jeunes, tous les trois, ils sont amusants et il n\u2019est pas difficile de comprendre pourquoi leur programme, qui fut un temps sans commanditaire, a trouvé le moyen d\u2019en intéresser un parmi les plus semblables au Pactole .Seulement, il n\u2019est nullement facile de rencontrer aussi bien « le grand Hudon » que « la p\u2019tite Dominique » et pas davantage Pierre Thériault.Mais on arrive à tout, comme vous voyez, et un beau matin, ie me suis amenée dans le décor du P\u2019tit Café et j\u2019ai pu croquer mes trois étoiles filantes.A part Dominique Michel, je les connaissais tous les deux, Pierre Thériault et Normand Hudon, de longue date.C\u2019est pourquoi (place aux dames) nous allons commencer par parler de Dominique Michel, qui s\u2019est rendue célèbre en même temps qu\u2019elle mettait au pinacle une chanson.Dominique Michel est une Montréalaise pur-sang.Elle est née au t Faubourg Québec » et ne s\u2019en cache pas.Sa mère est coiffeuse et son père chaut- Au P'tit Café, Normand Hudon.(Photo GabyJ feur de taxi.Il y a quelques années, à cause de son drôle de petit minois et surtout de son caractère vif, qui a la répartie facile et la parole de même, Dominique Michel fut élue « Miss Est-Central ».Elle était toute jeune, quelque chose comme 17 ou 18 ans et, à cette époque, comme elle n\u2019avait pas encore « veillé su\u2019l\u2019perron », elle chantait des chansons de jeune fille, d urépertoire de Lisette Jambel, et elle y mettait toujours un grain de poivre, celui de l\u2019esprit, car je ne vous apprends rien en vous disant qu\u2019elle n\u2019en manque pas.Elle était sur le chemin de la célébrité dans son quartier, dans sa bonne ville, quand elle partit pour la France où elle passa un an, à travailler avec Jean Constantin.Et comme la petite Dominique n\u2019avait pas encore tout à fait trouvé son style (c\u2019est généralement oeuvre de longue haleine) elle portait, à la Patachou, des chemisiers blancs parfaitement coupés et de petites jupes courtes.Elle fit, à Paris, plusieurs disques du répertoire Patachou et la voilà enfin de retour au Canada.La chanson canadienne était en fleurs.Vous savez tous, chers lecteurs, que l\u2019impulsion fut donnée à cet extraordinaire moyen d\u2019expression grâce au concours (je devrais dire maintenant aux concours) organisé par Radio-Canada.Il y eut des envois, tant et plus.Quelques-uns seulement furent primés et parmi ceux-là, le fameux En veillant sur l\u2019perron de Camille Andréa, que Dominique Michel créa, qu\u2019elle popularisa, qu\u2019elle rendit célèbre.Et à présent, la petite Dominique est totalement débarrassée de ses complexes.Mais oui.Figurez-vous qu\u2019il n\u2019y a pas si longtemps, elle doutait encore d\u2019elle, de son talent, de la façon dont le publie pouvait, à son égard, réagir.Il n\u2019est que de voir comme le programme principal où elle paraît est écouté et regardé.Et Dominique est, (elle n\u2019a plus le droit d\u2019en douter), une des diseuses les plus aimées de la télévision.Nous savons aussi qu\u2019elle est fiancée officiellement depuis Noël à Camille Henry, joueur de hockey des Rangers de New-York.Ils doivent se marier au mois de mai prochain ce qui ralentira forcément les activités à la télévision canadienne pour Dominique, car, de par son contrat, son mari est obligé de demeurer à New-York, du moins pendant la saison où le sport bat son plein.Nous ne la perdrons tout de même pas complètement, et l\u2019été .Normand Hudon est lui aussi, de Montréal.Il a fait presque toutes ses études dans le quartier Saint-Viateur, à l\u2019Académie Querbes.Il est vrai, il est prouvé qu\u2019on peut apprendre la peinture, le dessin, la sculpture, mais qu\u2019on naît caricaturiste.L\u2019art de voir les gens et les choses en drôle est un talent absolument inné et Normand Hudon l\u2019a reçu des bonnes fées qui se penchèrent sur son berceau.Il n\u2019en manqua pas une, pas même la fée Carabosse qui lui dit : « Mes soeurs t\u2019ont donné le talent du dessinateur, moi, je te gratifie du coup de crayon rosse et crois-moi, petit, (à l\u2019époque elle ne savait pas qu\u2019il mesurerait plus de six pieds) tu feras ton chemin ».Et elle quitta la pièce en ricanant.Après avoir fait des siennes dans plusieurs journaux et magazines, Normand Hudon partit pour Paris où il fut, pendant un an, l\u2019élève du grand Léger, ce qui n\u2019est pas donné à tout le monde.Léger n\u2019est pas un caricaturiste, mais c\u2019est, parm iles peintres de l\u2019école moderne, un de ceux qui osent le plus, le mieux et ont donné au non-figuratif définitivement droit de cité.On s\u2019en rend d\u2019autant plus, d\u2019autant mieux compte, quand on est obligé de regarder la peinture léchée qui a encore, hélas ! tant d\u2019amateurs.De retour à Montréal, Normand Hudon expose.Des tableaux et, bien entendu, des caricatures.A Tile Ste-Hélène, chez Agnès Lefort, aux Beaux-Arts.Ses « collages » à la Léger en entendirent de toutes les couleurs, si j\u2019ose m\u2019exprimer ainsi.Et Normand Hudon fit bientôt preuve d\u2019une nouvelle manière de s\u2019exprimer : l\u2019affiche.Il en fit pour les Vins de France, sous les auspices du Tourisme ou s amuse bien Dominique Michel.IStudio Joc-Guy, pour Radio-CanadaI a) ?\t\u2022 français, pour le T.N.M., il y fit l\u2019amusant portrait de « Topaze » qu\u2019on pouvait voir encore tout récemment.Il mit en affiche la tête amusante et caractéristique du « Père Gédéon » celle de Jean Rafa, etc.Et bien entendu, à la télévision, il ne se prive pas pour assassiner, sur papier et le fusain en mains, ses contemporains les plus marquants.Il ne faut pas s\u2019y tromper (les gens d\u2019esprit le savent d\u2019ailleurs fort bien, demandez à Jean Desprèz) c\u2019est un honneur d\u2019être caricaturé.Evidemment, ça peut amener parfois de petits pépins .Surtout quand on s\u2019attaque, en leur abîmant le portrait, aux grands hommes politiques et quand il y a des journalistes zélés qui croient devoir prendre le parti du caricaturé contre le caricaturiste .Mais tout finit par s\u2019arranger .Le premier programme où parut Normand Hudon s\u2019appelait Télescope.Il était réalisé par Gérard Barbeau et il avait comme protagonistes, outre Hudon, Gérard Delage, Paul Berval, etc.Puis, ce fut Carrousel, dirigé par Guy Mouffette où on pouvait entendre aussi Oscar Petersen, pianiste noir de jazz.Normand Hudon fit aussi partie de Porte Ouverte et il fut, à plusieurs reprises, l\u2019artiste invité à la télévision to-rontoise, au programme Jackie Ray Show où régnait la chanteuse noire Ella Fitzgerald, et même à New-York, où il parut au cabaret Blue Angel.Entre temps, il continuait de faire peintures, dessins, caricatures et il publiait J\u2019ai mauvaise mine, un recueil très drôle de ses meilleures déformations professionnelles.Quant au P tit Café s le voila dans sa seconde année plus gai, plus allègre que jamais.Les textes de Normand Hudon et de Jean Rafa, du moins pour la partie en vers (et contre tous) et pour la « continuité» comme on dit en aigot du métier, on a eu recours à Louis Pelland et à Cari Dubuc.Ce n\u2019est certainement pas Pierre Thériault qui pourrait mettre des bâtons dans les roues.Personne qui soit plus gentil, plus « gentleman » que cet enfant des Iles de la Madeleine, qui fit ses armes avec Henri Poitras, au Théâtre du Rire, et qui avait aussi fait les beaux soirs de Québec, alors que Chez Gérard\u2022 il chantait ou disait des petits poèmes et monologues de Robert Lamoureux.Mais bien sûr, c\u2019est Montréal qui, pour un jeune artiste, est la ville de la consécration.Pierre Thériault y vint et y fit rapidement son sillon.Il fut d\u2019abord aux Trois Castors dirigé par Jacques Normand, puis, il fit une longue tournée, dans les principaux centres du Bas-du-Fleuve, avec Doris Lussier, Pierrette La-chance, Roland Bédard, Marjolaine Hébert, Pierre Valcour et Roger Lesourd, pianiste.Et ce fut un succès tel qu\u2019au retour, ils en étaient tous enchantés.Pierre Thériault est aussi (n\u2019est-ce pas qu\u2019il y est parfait?) un animateur merveilleux des programmes destinés aux enfants.La télévision leur aura fait connaître M.Surprise, un de leurs meilleurs amis.Et, bien entendu, il est un du trio du P\u2019tit Café et pas le moindre.Il chante bien, agréablement, un répertoire joliment choisi.Il n\u2019est pas surprenant que Pierre Thériault sache parler aux enfants : il en a trois, deux filles et un garçon, tous les trois parfaits bilingues parce que leur maman est anglaise .Le succès du P\u2019tit Café tient à sa formule, oui, sans doute, mais aussi au manque total de prétention de ses protagonistes, à leur jeunesse, à leur bonne humeur et même si Normand Hudon est un peu rosse, parfois, ce n\u2019est pas bien méchant.Et rire de soi-même, c\u2019est assure-t-on, preuve de maturité cérébrale .Nous y venons, nous y venons .par ODETTE OLIGNY Pierre Thériault.(Studio Jac-Guy, pour Radio-Canada) 4 Le Samedi, Montréal, 26 avril 1958 Margaret, reine d'Ecosse ?Les Ecossais, qui viennent de se montrer si irrespectueux envers le duc d\u2019Edimbourg et M.Butler, ex-ministre de l\u2019Intérieur Britannique, ne seraient pas des partisans chaleureux de la reine Elisabeth.Ils préféreraient avoir Margaret pour souveraine.Ils rêvent de la voir vivre au palais de Holy road House et parlant le gaélique.« Nous voulons notre Juliana », écrit le Weekly Scotsman, organe des patriotes écossais.Mrs.Wendry Wood, secrétaire de ce parti séparatiste, a envoyé une copie de l'article à la princesse Maragaret.« Nous demandons trop à la reine Elisabeth », écrit Mrs.Wood.« Nous lui demandons d\u2019être à la fois une bonne Anglaise et une bonne Ecossaise.C'est impossible.Pour les Anglais, une reine est une figure de proue.Pour nous, c'est quelqu\u2019un qui circule librement parmi les gens du peuple.Comme en Hollande, comme dans toutes les vraies démocraties.« Elisabeth II n\u2019est pas très populaire ici.Les journalistes ont eu un mal fou, lors de sa visite à Edimbourg, à rassembler les foules pour la traditionnelle photo de masse.,.« Et puis Elisabeth ne parle pas le gaélique.Margaret non plus, c\u2019est vrai, mais elle est jeune.En six mois, elle peut le savoir parfaitement.En six mois, elle peut aussi apprendre toutes nos coutumes ».Il entend avec son crâne A Paris, un homme vit depuis un an avec un appareil électrique dans le crâne.Si l\u2019expérience à laquelle il est soumis réussit, elle rendra l\u2019espoir à une catégorie de sourds dont le cas était jusqu\u2019alors jugé désespéré ; ceux qui, privés de l\u2019oreille interne, ne peuvent bénéficier du secours d\u2019aucun appareil.C\u2019est un Français, le professeur Djourno, qui a inventé cet extraordinaire appai'eil.Il a constaté que, les tissus humains étant perméables à un champ magnétique, il était possible, grâce à un appareil inducteur, de '% v> T- £**¦?$ » .\u2022 ' : \u2022' sir Olivier a échoué, vous le savez, et le sort qui fut le sien est maintenant le vôtre.\u2014 Parlons clair.C'est vous qui avez assassiné mon oncle et ses compagnons.\u2014 Ses compagnons sont sains et saufs.A chacun d\u2019eux, ignorant les mobiles secrets qui avaient conduit sir Olivier en Cachemire, j\u2019ai proposé le marché que j\u2019ai offert tout à l\u2019heure à votre ami.Tous deux ont accepté.\u2014 C\u2019est impossible.Leur retour dans leurs pays respectifs n\u2019aurait pas passé inaperçu.\u2014 J\u2019avais jugé prudent, vu l\u2019émotion causée par cette triple disparition de prendre certaines dispositions.Les deux alpinistes, l\u2019anglais et le suédois, ont été conduits, non en Europe, mais en Australie où une situation fort honorable leur fut offerte.Tous deux étaient célibataires et peu fortunés.Ils se sont parfaitement adaptés à leur nouvelle existence.Peu après il y eut la guerre, les communications coupées.Tout s\u2019oublie.\u2014 Pas tout.Vous en avez la preuve.Et soyez certain qu\u2019un crime de plus ne vous assurera pas l\u2019impunité.J\u2019ai pris mes précautions.Si je ne reviens pas, d'autres sauront me venger.\u2014 Ils échoueront comme vous avez échoué.La Zoji-la est le seul passage qui se puisse emprunter.Ceux qui tenteront de vous retrouver devront suivre la même route et, sur cette route, ils trouveront ce que l\u2019expédition de 1939 et la vôtre ont trouvé.\u2014 Et croyez-vous qu\u2019une telle série d'attentats ne finira pas par déclencher une indignation générale.Les peuples civilisés s\u2019uniront pour battre la région où se perpétuent de tels crimes.Si bien caché que soit votre repère, il sera découvert et anéanti.\u2014 Qu\u2019y gagnerez-vous ?Vous périrez avec nous car personne, vous m\u2019entendez bien, personne ne doit pénétrer nos mystères, et, celui qui y parviendrait devrait disparaître avant de les avoir divulgués.Votre oncle en savait beaucoup trop déjà.\u2014 Ah! Voilà donc le mobile que je cherchais à deviner.Mais, qui êtes-vous ?\u2014 Ne vous en doutez-vous pas?Je suis le chef d\u2019un culte antique, sans doute le plus antique de tous.Je commande aux adorateurs du feu, où qu'ils soient dispersés.\u2014 Les adorateurs du feu?Les Beht-kachis, s\u2019exclamait Gérald Harway stupéfait.Ainsi, c\u2019est à cause de ses travaux sur cette secte actuellement proscrite et réduite à rien que mon oncle.\u2014 Si Ataturek a chassé nos frères de Turquie, il n'a rien pu contre nos croyances et nos traditions.Elles sont vivantes et le demeureront tant qu\u2019il y aura un prêtre pour enseigner le rite, une prêtresse pour célébrer le culte du feu.Cette femme se nomme Zerryn-Tadj, ce qui, en Persan, signifie « Couronne d\u2019Or ».Elle est aussi pure que la flamme qu'elle a mission de faire brûler chaque jour, à l\u2019heure où le soleil est à moitié de sa course ; mais, comme la flamme il suffirait d'un souffle impur pour la ternir et l\u2019éteindre.Gérald, d\u2019un signe d\u2019impatience, interrompit le discours du Pontife : \u2014 Tout ceci m\u2019importe peu.Ce que je veux, c\u2019est savoir ce qu\u2019est devenu mon oncle et connaître le sort que vous nous réservez.\u2014 Votre oncle vit, impétueux jeune homme, et vous pourrez vous convaincre que, depuis dix ans qu\u2019il demeure auprès de nous, il n\u2019a jamais eu à se plaindre de mon hospitalité.Vous allez le voir.Il vous convaincra de l\u2019inanité de vos colères et de vos révoltes, lesquelles, seules, pourraient me contraindre à en user incivilement avec vous.Le prêtre inclina son front sur lequel la tiare aux douze divisions étincelait de toutes ses gemmes.\u2014 Des prisonniers qui auront le droit de circuler librement dans notre petit domaine.\u2014 Et celui de s\u2019enfuir et de vous faire prendre, railla l\u2019Anglais.\u2014 On ne s\u2019enfuit pas de la Cité du Feu, lui fut-il répondu avec un calme souverain.V \u2014 Sir Olivier Depuis près de huit jours qu\u2019ils étaient les hôtes involontaires du grand prêtre Trita-Atuya, celui-ci n\u2019avait pas reparu et ne les avait pas admis dans la salle ronde.Il n\u2019avait pas tenu l\u2019engagement de leur laisser revoir sir Olivier Harway et Gérald se demandait s\u2019il ne s\u2019agissait pas d'une promesse vaine et si le savant était encore de ce monde.Cependant, la vie que menaient les deux compagnons, pour monotone qu\u2019elle fût, ne manquait point de confort.L\u2019appartement qui leur avait été offert était richement meublé, à l\u2019orientale, mais une salle de bain où l\u2019eau la plus pure coulait dans une vasque de marbre, satisfaisait aux habitudes d\u2019hygiène de l\u2019Anglais, et les repas qui leur étaient portés quatre fois le jour par un boy vêtu de blanc et coiffé d'un large turban de mousseline safran, ne se ressentaient d\u2019aucune restriction et auraient suffi à l'appétit le plus exigeant.Deux choses leur manquaient : l'air et la lumière du jour, car aucune ouverture ne donnait sur le dehors et l'électricité remplaçait la clarté du soleil.D\u2019ailleurs, Didier et Gérald, auxquels quelque liberté était maintenant accordée, avaient pu se rendre compte qu\u2019ils habitaient une sorte de forteresse souterraine creusée, sans doute, au coeur même de la falaise qu\u2019ils avaient longée au cours de leur dernière étape.Une vaste terrasse devait servir de toit, et c\u2019était sans doute là que se trouvait l\u2019issue par laquelle on arrivait au repaire des Behtkachis, mais mellement interdit.L\u2019escalier y conduisant était gardé par un farouche janissaire qui, à la moindre tentative d\u2019évasion, n\u2019aurait pas hésité à se servir du sabre recourbé qui pendait à sa ceinture.Cependant, pour ne pas croupir dans le farniente auquel on le condamnait, Gérald, à bout de patience, était décidé à tenter le tout pour le tout.Il résolut de se rendre auprès du Dédébaba et d\u2019exiger qu\u2019il tienne enfin sa promesse.Ce fut au milieu de la cérémonie, alors que la belle prêtresse, ses cheveux épars sur la blancheur de sa tunique de lin, contemplait d\u2019un regard d\u2019hypnose les douze flammes du chandelier d\u2019or, que les deux camarades firent brusquement irruption dans la salle circulaire.En termes véhéments, Gérald rappela au Grand Prêtre la parole donnée.Trita Athuya eut un mouvement de colère qu'il réprima aussitôt, mais, sous la tiare resplendissante, ses sourcils demeuraient froncés et son regard menaçant.\u2014 Impie, murmura-t-il d\u2019une voix que l\u2019émotion faisait trembler, toi qui oses interrompre la célébration du culte, crains la vengeance des éléments.Cependant, tu es mon hôte, et, comme tel, tes désirs sont sacrés.Aies un peu de patience.Quand la flamme sera éteinte, tu seras satisfait.Il eut un geste souverain pour écarter de lui les deux étrangers.La prêtresse avait fixé sur eux ses yeux aux prunelles extatiques et Didier, le plus impressionnable, en ressentit une sorte de malaise physique.Il se sentait fasciné comme peut l\u2019être l\u2019inoffensif animal dont un serpent veut faire sa proie, la volonté paralysée et la faculté de fuir obnubilée.La cérémonie se déroula, pareille à celle à laquelle ils avaient déjà assisté.Enfin, la salle se vida, mais le Pontife, au passage, retint l\u2019un des fidèles au visage dissimulé, comme celui des au-l Lire la suite page 31 | l\u2019accès de cette terrasse leur était for- QUELQUES BONS MOTS «Le bonheur conjugal, c\u2019est l\u2019art d'être aussi heureux à deux qu\u2019on aurait pu l\u2019être tout seul, s «Un gentleman, c\u2019est un monsieur capable de décrire Lollubrigida sans dessiner des courbes dans l\u2019air.» \u2014 Maurice Chevalier.«J\u2019ai trouvé un truc sensationnel pour maigrir : cinq livres de haricots par jour.Je les flanque par terre, et je les ramasse un à un ! » \u2014 Gabriello.« C\u2019est la settle femme au monde qui puisse prendre une douche sans se mouiller les pieds.» \u2014 Bob Hope (parlant de Jayne Mansfield).« Il n\u2019y a pas beaucoup de différence entre les vedettes et les starlettes.On les voit toujours avec des producteurs ; seulement, pour les vedettes, c\u2019est an studio.» \u2014 Henri Jeanson. 22 Le Samedi, Montréal, 26 avril 1958 £e feuilleton du Çamdi | -> Et û 1 I û I I\tj ¦\t\u2022 X La Dene J 1 No 3\tJ S I 1 C 1 par CHARLES VAYRE et ROBERT FOLIGNI U adame, je suis très honoré de faire votre connaissance.\u2014 Soyez gentil pour notre petite fête, fit Tiarko avec un petit rire satisfait.« Elle n\u2019est pas très réussie.mais j\u2019espère, la prochaine fois.Tiarko, ravi, prit le bras du journaliste.\u2014 Avez-vous été au buffet ?Venez.Comtesse, chargez-vous de M.Morel.nous allons prendre une coupe de champagne.D\u2019un geste nerveux, Wanda avait glissé sa main sous le bras de Pierre, ébloui.\u2014\tJ\u2019espère, monsieur, dit-elle aimablement, que vous ne direz pas trop de mal de notre petite réception ?\u2014\tOh ! madame.c\u2019est charmant.admirable !.Un véritable enchantement, comme disait mon ami.Fendant le flot des invités, le couple arrivait dans la salle où un buffet monstre avait été dressé.Tiarko souriait à tous, prodiguant des compliments, remerciant.Il n\u2019avait jamais été plus heureux de sa vie.Le champagne versé, Folart et Pierre choquèrent leurs coupes contre celles du prince et de la comtesse.Le vicomte de Brehaigne murmura à l\u2019oreille d\u2019une jolie comédienne : \u2014 Ça y est !.A présent, Tiarko va faire un « zanzi » sur le comptoir.Mais on disait tant de petites méchancetés dans les salons que cela n\u2019avait plus d\u2019importance.Ayant bu le champagne, Tiarko, offrant son bras à Wanda, l\u2019emmenait à présent vers les salons, où l\u2019on dansait, laissant les deux journalistes.Dès qu\u2019il eut vu disparaître le prince, Folart dit à Pierre : \u2014 Mon cher ami.c\u2019est le moment de filer.On nous a vus.nous avons causé.je m\u2019éclipse à l\u2019anglaise.Venez-vous ?\u2014 Non, pas encore ! dit Pierre, toujours sous le charme.Et, plantant là, sans plus de cérémonie son compagnon, il quitta le buffet, se mit à la recherche de Wanda.Lorsqu\u2019il arriva au milieu des danseurs, ce fut pour entendre les derniers accords d\u2019une danse américaine et voir se ruer vers la salle de comédie les invités, pressés d\u2019aller prendre leur place.\u2014\tBon ! murmura Pierre, dépité, j\u2019arrive trop tard !.Elle sera au premier rang et je ne la verrai pas.Il laissa s\u2019écouler le flot bruyant qui s\u2019engouffrait dans le grand salon, transformé en théâtre, et, mélancolique, alla s\u2019asseoir sur un canapé.A ce moment, parut Tiarko, qui semblait moins joyeux que tout à l\u2019heure.Il aperçut Pierre.\u2014 Ah ! cher monsieur.lui dit-il, je vous serais très obligé de ne pas parler dans votre compte rendu de l\u2019indisposition subite de la comtesse.\u2014 Comment ! s\u2019écria Pierre, Mme Ste-panowska ?.\u2014 A été prise d\u2019un malaise passager Commencé dans l'édition du 12 avril 1958.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms des personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.Le prince Tiarko, riche à millions, d\u2019origine mystérieuse, Don Juan sans scrupules et capable de tout, vit à Paris et dans une villa somptueuse de la Côte d\u2019Azur.Il est entouré de créatures damnées, dont le faux baron d\u2019Arsès, son homme à tout faire.Une femme trahie, Andrée, jure de se venger de lui.Le mari de la belle Françoise Dauthier également.Le prince Dauthier se débarrasse momentanément de lui en le déshonorant.Un certain Mossi, autre escroc à la solde du prince, s\u2019en charge.Trahie à son tour, l\u2019expiation de Françoise commence.Elle se suicide finalement, laissant deux enfants.On se retrouve plus tard au grand journal parisien « L\u2019Echo du Monde » où opèrent deux copains, Pierre Morel et Hercule Sénateur, chargés de dépister la bande l'Etoile.Pendant ce temps une gentille jeune fille, Rosette, apprend du Père Barnabé qu\u2019elle est une enfant trouvée, fille de Françoise Dauthier et du faux prince Tiarko.Rosette et l\u2019équipe Morel-Sénateur se rencontrent.et je viens de la mettre en voiture.Oh ! rien de grave.Inutile qu\u2019on sache, n\u2019est-ce pas ?Je puis compter sur votre discrétion.\u2014 Certainement.certainement.\u2014 Merci.Voulez-vous voir Un Caprice.On va commencer.Sur le refus poli de Pierre, Tiarko lui proposa d\u2019aller au fumoir et le conduisit dans un salon oriental, où un groupe de fumeurs endurcis, entourant le baron Arsès, se livrait avec délices au plaisir de savourer d\u2019exquis cigares.Pierre, machinalement, prit place sur un divan, choisit dans une boîte un cigare blond et l'ayant allumé, indifférent à la conversation, laissa sa pensée à travers les volutes bleuâtres de la fumée évoquer le délicieux visage, si attirant, si troublant de la comtesse Wanda.Les yeux mi-clos, il revoyait son fin profil, ses yeux d\u2019ombre, l\u2019or de ses cheveux fuides si légers, si vaporeux, et dont la blondeur adoucissait l\u2019éclat parfois un peu dur de ses grands yeux noirs pleins de mystère.Cette rêverie était si agréable à Pierre qu\u2019il en oubliait l\u2019envol rapide des minutes.Soudain, il sursauta, regarda sa montre.Il allait être minuit.Et Hercule qui l'attendait !.Il s\u2019aperçut alors qu\u2019il était resté seul dans le fumoir.Il jeta son cigare éteint depuis longtemps et, précipitamment, se dirigea à travers les couloirs, vers la grande porte de l\u2019hôtel.Comme il demandait son pardessus à un domestique, il fut heurté par un jeune homme qui entrait d\u2019un pas rapide.Enveloppé dans un grand pardessus à fourrure, au col relevé, le haut de forme légèrement incliné sur l\u2019oreille, le monocle à l\u2019oeil, le nouvel arrivant avait une allure insolente que pouvait faire excuser sa jeunesse.Imberbe, les yeux durs, les cheveux noirs, ce jeune homme qui pouvait avoir de vingt à vingt-deux ans offrait le type parfait de ce genre de jeunes gens de bonne famille qui s\u2019efforcent par une apparence de mauvaise éducation de faire oublier qu\u2019ils sont « nés » et semblent prendre plaisir à renier leurs illustres ascendants.Pierre, bousculé, grommela : \u2014 Faites donc attention, monsieur ! Le jeune homme eut un ricanement de mépris, toisa Pierre qui sentit son visage rougir de colère, puis cassant, impertinent, il dit au valet qui voulait le débarrasser de so npardessus : \u2014 Inutile.Un mot à dire au prince et je repars.Ne vous dérangez pas.Je connais la maison.Il disparut dans le salon voisin, gagna un couloir désert.Pierre, irrité, remettait son pardessus, quittait l\u2019hôtel.Pendant ce temps, l\u2019impertinent jeune homme, sans être vu de personne arrivait jusqu\u2019au cabinet de travail de Tiarko.Il colla son oreille contre la porte.Rassuré par le silence, il ouvrit, pénétra dans la pièce, alla droit au bureau.Dans la poche intérieure de son pardessus, il prit une enveloppe blanche, écrivit en guise d\u2019adresse ce mot : « Fa-talis », mit l\u2019enveloppe sur le bureau et, sortant du cabinet de travail, gagna le corridor qui conduisait à la petite porte placée sous le grand escalier dans la cour d\u2019entrée.Cet homme devait être un familier de l\u2019hôtel pour emprunter ainsi le passage qui servait à Tiarko, lorsqu\u2019il voulait sortir de chez lui ou y entrer sans être vu.Cet étrange visiteur, une fois hors de l\u2019hôtel, sourit d\u2019un air satisfait.Il se retourna pour contempler la façade brillamment éclairée, voir les ombres des invités s\u2019agiter derrière les rideaux, et d\u2019un pas lent, il se dirigea vers un café voisin.VI \u2014 Hercule commence son article Dans ce café où allait bientôt pénétrer le jeune homme inconnu, Hercule, depuis près de deux heures, s\u2019était installé, absorbant demi sur demi lorsque enfin s\u2019arrêta devant le trottoir le fiacre de Barnabé.Après avoir conseillé à Gnafron de se tenir convenablement, le père Barnabé se saisit de son fouet, descendit de son siège, embrassa Gnafron et entra dans le café.COUPABLE ou NON-COUPABLE ?Quelle est sa responsabilité ?par ROBERT MILLET, B.A.Un automobiliste est-il excusable d\u2019avoir conduit dangereusement,
de

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