Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Nouveau samedi
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le samedi, 1961-12, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" DECEMBRE MENSUEL 20 CENTS LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS LÀ CITE DE LA )IVE BOUTEILLE MARCEL SEGUIN LA MÉNAGÈRE, .ette méconnue CHARLOTTE RIX cène sportive m du balcon 1TVES LETOURNEAU il)R TOUTES ES SCENES \u2019 I A NCI NE POIRIER \u2022f**m fay*'\u2019 «* stëëar V i\t 1 j\t ' JKB'gfci 41\tiÉ £559\"*\t USSB\t \t \t \u2022 ?\t\tJ1 *7\t \t V ¦ - r \u2022\t \tl! 8»1®I*\tRoman sentimental :\tMo plus grande affaire criminelle : \tL'AMOUR NE MEURT PAS\tINCIDENT A MARION \tpar MARCELLE DAVET\tpar le Capitaine JOHN CONNALLY maamtm À ENSEMBLE POUR ENFANTS $20.BS \u2022\u2022 .aflfafe.KING SIZE' *18.95 SCANDA' *19.95 MONARCH1 *12.50 [fflEffgB V*U '*iV iifirJrVr PETIT FAUTEUIL *19.95 ;ÿvV^; FLAIRE\u2019 \u202223.50 WW» \u2022' ¦'wctti\u2014c -uVjo v.' Le Père Noël peut prend re ses CHAISE DELUXE *29.95 (les cadeaux ne soûl plus un problème grâce Il y a tout un choix de magnifiques tables et chaises pliantes Samsonite à des prix* où chacun trouvera exactement le cadeau qui convient! Voici des cadeaux qui resteront en usage pendant des années .des cadeaux qui ne perdront jamais leur beauté ni leur utilité.Jugez-en par vous-même : les meubles pliants Samsonite sont aussi robustes qu\u2019agréables à voir.Construits avec précision en acier tubulaire, ils se tiennent bien d\u2019aplomb, sans la moindre oscillation.Les loquets s\u2019ouvrent et se ferment du bout des doigts.Un coup de chiffon humide suffit à garder impeccablement propres leurs surfaces recouvertes de beau vinyle.Vous ne trouverez ii Samsonite!) pas de cadeaux qui plaisent davantage, pour un prix aussi bas! *(A compter de $9.50 pour les tables, de $H.50 pour les chaises!) MEUBLES PLIANTS Samsonite of Canada, Ltd., Division des Meubles Pliants, Stratford, Ontario.Fabricants des valises Samsonite.*9.50 \t, L \t !¦ fit\t7 w'îyV.jÿV;,.\t [PP\tTABLE \t\"HÔTESSE\" ~ 1\t*23.95 : LE SAMEDI 73e année, No 11 \u2022 SOMMAIRE Editorial Articles La ménagère, cette méconnue .par Charlotte Rix 5 La cité de la Dive bouteille .par Marcel Séguin 6 Les deux visages de Noël.10 Insolences d'une caméra .\t.par Gabriel Langlais 16 Le Roi des Rois (King of Kings).24 Noël des cantiques et de la joie, par Jacques Coition 39 Chroniques Votre enfant et vous .\t.par Marthe Desbuissons 4 La scène sportive vue du balcon par Yves Letourneau 12 Les astres révèlent .par Yvan Chastagnes 22 Sur toutes les scènes .par Francine Poirier 26 Horoscope.27 A vos outils, Monsieur le bricoleur.35 La cuisine des fins gourmets .par Lucille Dufresne 48 LE SAMEDI a écouté pour vous.54 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS Montréal, décembre 1961 />?/»*\tAr.tr si T ,1 ls eifcra\tA Garçon ou Fille?asm mm Romans - Conte Un conte de Noël de Marcel Séguin : SAINT PICHU ARCHANGE .\t14 Un roman sentimental complet : L\u2019AMOUR NE MEURT PAS par Marcelle Davet 18 Ma plus grande affaire criminelle : DRAME A MARION par le Capitaine John Connally 53 Cinéma Maria Candido, une grande vedette par Léopold Massiéra 50 Un beau voyage en musique.51 Minuit, chrétiens fut chanté pour la première fois par une chanteuse d\u2019opérette .\t.par Max Hamel 52 Divertissements I\tMots croisés géants.36 Originalités de nos lecteurs.46 Nos contes illustrés : LES AVENTURES DE L\u2019ONCLE PAUL 55, 56 SYLVIE.57 Rédacteur en chef : GERARD GODDU LES PUBLIC AT S O NS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975 - 985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Ç>., Can.\u2014 Tel.: UN - 1 \u2022 5757* GEORGES POIRIER\tGEORGES POIRIER, fils Président\tVice-président ODILON RIENDEAU\tCHARLES SAURIOL Chef du tirage\tChef de la publicité Published Monthly at 975 De\tBullion St., Montreal, P.Q.73rd year, No 11 Second-class postage paid at St.Albans, Vermont.\" Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envol comme objet de la deuxième classe de la présente publication.\" Il y a à peine quelque temps, les parents de ce mignon bébé s\u2019inquiétaient de savoir ce qui pour eux semblait la chose la plus importante au monde: auraient-ils un garçon ou une fille?Peu leur importe maintenant qu\u2019ils aient eu un fils plutôt qu\u2019une fille.Bien autre chose désormais les inquiète: comment assurer à Bébé un développement normal et constant, au double point de vue physique et émotif ; comment lui épargner la maladie et le protéger contre les accidents.Bébé a besoin avant tout de l\u2019amour et des soins attentifs de son père et de sa mère.Ainsi se sent-il à l'abri de tout.Et c\u2019est cette sécurité même qui est le gage d\u2019une nature agréable et du genre de caractère et de personnalité que tous les parents souhaitent voir se développer chez leur enfant.Il faudrait conduire Bébé tous les mois chez le médecin, surtout au cours des douze premiers mois.Le médecin pourra alors suivre de près ses progrès et vous conseiller quant aux vitamines à lui donner et quant au moment propice où ajouter de nouveaux aliments à son régime.Vers l\u2019âge de trois mois, on lui fait administrer les premières injections contre la diphtérie, la coqueluche, le tétanos et la polio.S\u2019il est par la suite quelque peu maussade et fiévreux, c'est que son organisme est en train d'élaborer la résistance nécessaire à la maladie.Tenez compte des injections qu\u2019il reçoit ; vous saurez ainsi à quel moment lui faire administrer les injections de rappel.Peut-être n\u2019y avez-vous jamais songé mais les accidents font de nombreuses victimes chez les tout petits qui commencent à se traîner, à se lever, à grimper.Les remèdes, les poisons, les nettoyants et autres substances semblables doivent être placés hors de la portée des enfants.Ayez soin de couvrir les prises de courant hors d\u2019usage et de ne jamais laisser traîner couteaux, aiguilles et ciseaux.De toutes les expériences qui vous sont réservées en tant que parents, celle d'assister à la croissance de Bébé et de constater ses progrès est certes l\u2019une des plus passionnantes.Chaque bébé a sa façon bien à lui de pousser et de profiter.Peu importe que votre enfant soit en avance sur un autre, ou qu\u2019il retarde; ce qui compte pour lui, d\u2019abord et avant tout, c'est qu\u2019il soit en bonne santé, qu\u2019il soit heureux, qu\u2019il se développe du mieux qu'il le peut lui-même.Quel sera le comportement de Bébé, quels soins faudra-t-il lui donner à partir de sa sortie de l'hôpital jusqu'à son premier anniversaire, voilà ce que vous dira notre brochure intitulée \"Votre Bébé\u201d.Vous n'avez qu\u2019à nous faire parvenir le coupon ci-dessous pour en recevoir un exemplaire gratuit.I Metropolitan Life Insurance Company I Direction Gdnéralo au Canada, I Ottawa 4, Canada.I Veuillez m\u2019envoyer la brochure | gratuite intitulée: \u2018\u2018Votre Bébé,\u201d 121S \u2014-N i Nom {EN MOULÉ) Adresse Localité______________________ Prov.CE COUPON PEUT ÊTRE COLLÉ SUR UNE CARTE POSTALE METROPOLITAN LIFE INSURANCE COMPANY (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) Direction Générale au Canada, Ottawa 4, Ontario LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 3 EDITORIAL Quand il était encore très jeune, à cet âge tendre où les mots « vingt ans » évoquent un chiffre énorme et situé dans des lointains inaccessibles, il rêvait à de grandes choses, à des merveilles, au bonheur enfin, tel que son enfantine imagination le concevait ; le droit, par exemple, de fourrer sa main jusqu'au poignet dans le pot de confitures ou d'attacher des casseroles aux queues des chiens sans avoir à craindre la fessée paternelle.La vie était, à son idée, une chose immuable ou tout au moins extrêmement lente dans son évolution ; à vrai dire, il n\u2019y pensait guère et s\u2019imaginait volontiers que le monde avait toujours été tel qu\u2019il le voyait, c\u2019est-à-dire avec les mêmes enfants et les mêmes parents.Que les bons vieux perclus et les petites vieilles toutes ridées aient été un jour des enfants comme lui, voilà ce qui entrait difficilement dans son idée car, bien sûr, lui-même ne deviendrait jamais comme ça.Les Noels, encore peu nombreux, qui meublaient ses souvenirs, ne lui apportaient pas d\u2019autres rêves.11 chemina lentement ainsi sur la route du Temps, sans y porter attention ; un jour il fut tout étonné d\u2019avoir déjà dix ans et de prendre contact avec les grandes obligations île la vie ; celles de se plier à la discipline scolaire et de s\u2019entendre dire à chaque instant : « Tu as maintenant l\u2019âge de comprendre et d\u2019être raisonnable, alors, obéis ! » Il eut des petites crises d\u2019indépendance et sentit naître en lui des ferments de scepticisme depuis qu\u2019il avait reconnu l\u2019un de ses oncles sous le déguisement du père Noël.11 eut un peu d\u2019admiration envieuse pour les grandes personnes et rêva d\u2019avenir.A quinze ans il serait un homme, mais que c\u2019était loin, cette échéance-là.Il eut quinze ans sans autant dire s\u2019en être aperçu.Age ingrat où on ne veut plus être un enfant mais où l'on n\u2019ose pas encore se dire un \u2019\t'.Combien de Noëls devaient encore passer avant qu\u2019il pût acquérir ce bienheureux titre ?Il ne le savait plus au juste, s\u2019étant parfois entendu dire : « A ton âge on est un petit homme » et, d\u2019autres fois : « Si tu ne veux pas être plus sérieux, tu ne seras jamais un homme !» Il eut un vague soupçon de la chinoiserie des formules humaines et de l\u2019importance exagérée qu'on attache à l\u2019apparence extérieure des individus.Avait-il bien tort ?Ce fut la vingtième année et, tout naturellement les rêves de Noël se transformèrent en rêves d\u2019amour.Le jeune homme .tiens, pourquoi cette épithète de « jeune » qu\u2019on accolait toujours à sa qualité de grande personne ?Quand donc serait-il simplement et tout-à-fait un « homme », c\u2019est-à-dire un être pris vraiment au sérieux, écouté, considéré ?.Le jeune homme, dis-je, vit l\u2019horizon s\u2019élargir ; il découvrait la vie cl.de bonne foi, crut la voir beaucoup mieux avec plus de finesse et de sensibilité qu\u2019on ne l\u2019avait fait avant lui.Les rêves de Noël sont de tous les âges et les illusions de la vingtième année en face de l\u2019existence n\u2019ont rien à envier à celles du petit bonhomme qui croit à la belle barbe blanche du légendaire voyageur attelant des rennes à son traîneau.Hélas, quand on ne croit plus au père Noël il faut croire à beaucoup d\u2019autres choses moins plaisantes, mais l\u2019homme jouit de cet admirable privilège qui s\u2019appelle le Rêve, et le père Noël qui donna tant de plaisir à son jeune âge est fort heureusement remplacé par de continuelles il lu sions mettant un peu de joie, parfois de bonheur aux années qu\u2019il serre dans sa mémoire comme un avare le fait de son trésor.Parfois ces illusions ont de beaux yeux noirs, verts, gris ou bleus.Elles otil aussi des griffes et le coeur de plus d\u2019un jeune homme de vingt ans en porte les marques, mais tout se cicatrise dans la vie.Quand les blessures du coeur ne font pas mourir, elles guérissent très vite et l\u2019on ne meurt guère d\u2019amour que dans les romans.Ah ! qu ils sont nombreux et variés les rêves de Noël, souvent poursuivis pendant toute la vie par des hommes dont les buts sont nettement contraires : planer dans l\u2019idéal ou ramper dans la bouc ! Quel est celui de cet enfant qui joue, de ce jeune homme qui passe ou île cet énigmatique personnage qui réfléchit?.Rêver, c est en même temps la plus douce et la plus terrible des choses, et il y a tout à redouter du rêve qui ne s\u2019alimente plus aux sources de paix évoquées en ces temps de Noël.Car, après le rêve, il y a le réveil .Pour la soixante-treizième année consécutive LE SAMEDI voit le retour de Noël ; il profite de la circonstance pour souhaiter à tous ses lecteurs, annonceurs et dépositaires de joyeux jours de Fête en gardant au coeur l'espoir de voir prochainement la fin du grand malaise mondial avec le triomphe du droit, de la justice et de la civilisation chrétienne.1 O Y E ü X N O E L A T O L S VOTRE ENFANT ET VOUS « Les enfants vont apprendre en regardant des images, les manuels scolaires ne consacrent plus qu\u2019un tiers de la place au texte ».« Tout est fait pour que l\u2019enfant s\u2019amuse en apprenant ».Ainsi s\u2019extasie, au seuil de la rentrée scolaire, une gentille consoeur.Ma foi, je suis bien contente que la réaction depuis longtemps amorcée contre les écoles-prisons, les tristes livres de classe et les études rébarbatives s\u2019épanouissent ainsi, en un feu d\u2019artifice d\u2019images multicolores et de divertissements sans fin.Et pourtant.Et pourtant, je me demande si l\u2019on n\u2019est pas en train de tomber dans l\u2019excès contraire et si l\u2019on ne s\u2019amuse pas un peu trop sur les bancs joyeux de la classe.Mais je m\u2019exprime mal, car ma phrase me choque.Peut-on jamais s\u2019amuser trop quand on est enfant ?Faut-il donc chicaner la gaîté aux petits ?Si la surabondance d\u2019images m\u2019inquiète, si la recherche de la jubilation me trouble, que veux-je donc si ce n\u2019est revenir au morne, au morose, au grisâtre ! Mais non, je ne le veux pas, et je vais essayer de m\u2019expliquer mieux.On constate aujourd'hui un peu partout une certaine crise de la jeunesse, qui se traduit en désordres et en violences chez les adolescents ou plutôt chez certains adolescents, car enfin il ne faut pas trop généraliser.Mais c\u2019est assez inquiétant pour que les augures se consultent et concluent à une crise de l\u2019éducation, de l\u2019autorité paternelle, à une démission de ceux qui ont la charge de former les esprits, mais aussi les caractères.Trop d\u2019enfants sont trop gâtés, et trop livrés à eux-mêmes, soit par excès d\u2019indulgence, soit par indifférence.Ils ne sont soumis à aucune discipline sérieuse, et ils ne savent pas se discipliner eux-mêmes car nul ne le leur a appris.Or là où les parents, par faiblesse, indolence ou nécessité, ne savent c ne peuvent s\u2019occuper de cette discipline, l\u2019école demeure ou devrait demeurer i Elle oblige à des horaires réguliers, elle offre l\u2019occasion de pratiquer l\u2019effort, et ' par conséquent elle contraint l\u2019enfant à un minimum de discipline.Qu\u2019elle le fasse dans une atmosphère souriante, qui ne s\u2019en féliciterait ?Mais on peut craindre qu\u2019à force de faire de l\u2019amusement un moyen, on ne le transforme en but.« Tout est fait pour que l\u2019enfant s\u2019amuse en apprenant », d\u2019accord.Mais à condition qu\u2019en effet il apprenne ! Et qu\u2019il trouve son plaisir dans le fait même d\u2019apprendre et non dans les.garnitures mises autour du savoir qui lui est proposé.Lutter contre des difficultés qui ne soient pas insurmontables, goûter la satis- l faction de vaincre, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un problème d\u2019arithmétique ou d\u2019un passage! ardu de Tacite, c\u2019est pour un écolier bien né (et bien dirigé) un amusement quij porte en lui plus d\u2019une leçon.Je suis sûr qu\u2019à cet écolier-là il importe relativement peu que le problème soit tout édulcoré d\u2019images, que la version soit enru-i bannée d\u2019amusettes, car c\u2019est à la version, au problème qu\u2019il va droit pour s O.-f.ffiMSgg Sfr?' WJ* L\u2019un des plus rudes problèmes du commerce de Noël est de prévoir les ventes de jouets.Avant que nous ayons rangé à la cave nos lumières de Noël, des détaillants usent de psychologie pour comprendre les acheteurs des Fêtes et décider des stocks de l\u2019année suivante.« Il y a trois ans », rapporte Bruce Henderson, à qui la maison Eaton confie cette tâche, « nous avons manqué de voitures à piles.L\u2019an dernier, elles ont traîné sur les tablettes.Ce fut le contraire pour les maisons de poupées en métal : après avoir traîné trois ans, elles se sont écoulées à net.» Les confiseurs n\u2019ont pas ce problème.Nous lécherons et mâcherons 60 millions de livres de bonbons à Noël, le quart de notre consommation annuelle.^ Les confiseurs se mettent à la tâche dès la fête du Travail.« C\u2019est alors », explique George McVitty, de l\u2019Association des Confiseurs, « que les 36 grands confiseurs du Canada préparent leurs stocks de Noel.En octobre, ils sont en pleine activité et expédient leurs produits par tous le pays.» Avec tous ces bonbons sous 1 arbre, il est étonnant que nous touchions au dindon.« Le Canadien est le champion des mangeurs de dindon », assure T.K.Samis, de la Canadian Turkey Association, « et il en engouffrera environ 80 millions de livres durant les Fêtes.» Les plus grands consommateurs sont les hôtels, lignes aériennes et chemins de fer.L\u2019an dernier, une grande compagnie ferroviaire a servi 20.000 repas de Noël, où on a consommé 1,500 dindons.Que pensent de Noël ces gens qui oeuvrent dans l\u2019ombre ?Est-il vraiment pour eux un jour « de bienveillance, de pardon, de charité et de plaisir » .Un détaillant débordé nous fait cette confidence : « A Noël, je m\u2019effondre.Nous ne visitons même pas la parenté ; nous attendons au Jour de l\u2019An.D\u2019ailleurs, Noël, c\u2019est avant tout pour les petits, n\u2019est-ce pas ?» Photographies par Roy Nicholls REPRODUIT DE « LA REVUE IMPERIAL OIL U m, \u2022 v- LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 r yves létourneau LA SCÈNE SPORTIVE VUE DU BALCON La saison débute à peine, mais la tentation est déjà grande de désigner Doug.Harvey : « Monsieur Hockey ».Tout simplement.Sans ajouter une date au bout.Pourquoi restreindre son prestige à une seule saison.11 est, dans l\u2019esprit de plusieurs, un des plus grands joueurs de tous les temps.II sera aussi grand instructeur qu\u2019il a été grand joueur ! Tous les trucs, les ficelles, des finesses, des subtilités du hockey, il les connaît ! L observer en action a toujours été pour moi un plaisir des yeux, une fête de 1 esprit ! Astucieux, calme, d\u2019une négligence calculée, d une rouerie sans borne, il est le plus « artiste » de tous les joueurs de hockey moderne.La synchronisation de scs passes ; ses mises en échec « mine de rien », mais si cflicaces, sa virtuosité à patiner et à tricoter une montée l\u2019installent dans une classe à part ! Non seulement, 1 instructeur Harvey peut « parler science » a ses joueurs.Il prêche 1 exemple.Avec quelle éloquence!.L\u2019intelligence, le savoir faire éclatent dans la moindre de scs manoeuvres.Il « pense tout haut » en se moquant des adversaires.En un tournemain, il a imprimé aux Rangers une allure, un style nouveaux ! Bathgate vient de franchir sous l\u2019impulsion de Harvey, ce degré qui sépare les bons joueurs des « grands joueurs ».Que Harvey réussisse le même tour de passe-passe avec trois ou quatre autres Rangers et Frank Selke commencera peut-être a regretter son geste charitable ! LA FOSSE AUX LIONS Mes six premiers matches de football outre 45ième parallèle m\u2019ont convaincu d\u2019une chose : les joueurs du Big Four sont des anges de douceur à côté des bêtes fauves, des monstres de la Ligue Nationale.J\u2019ai connu les arènes romaines.Les gladiateurs ont changé de costume, mais c\u2019est le même combat à mort.A St-Louis, le 8 octobre, les Giants de New York et les Cards de St-Louis faisaient les frais du spectacle.Le canal 2 étant réquisitionné pour les séries mondiales, j\u2019ai joué les Néron en chemise blanche, lunettes d\u2019approche sur le nez.Jamais de toute ma vie, je n\u2019ai vu voler autant de coups de pieds, de poings, de coude, de genoux ! Et tout ça à peine visible, habilement dissimulé sous des allures de « faire son petit travail » tout simplement.Les lauriers du jours vont à Jimmy Hill et Ted Bates des Cards ; à Sam Huff et Larry Hayes des Giants.Bates a assommé Alex Webster et Larry Hayes a transformé le solide Billy Stacy en un « cas d\u2019ambulance ».Stacy est resté dix minutes étendu sur la pelouse, sans vie.Deux médecins travaillaient à le ranimer : sels, appareils respiratoires, rien n\u2019y lit.Il fallait déserrer ses mâchoires, lui sortir la langue avec des ciseaux, le pauvre gars était en train de suffoquer ! J\u2019avoue avoir difficilement réprimé un haut-le-coeur.Est-ce là du sport ?Mon preminer blâme va à la tolérance inadmissible des arbitres.Chris Schinkle, le commentateur attitré des Giants, à la TV, à qui j\u2019exprimais mon étonnement, m\u2019a répondu : « Tu aurais dû voir Ed Meadows à 1 oeuvre ! » D\u2019accord, on peut faire pire, mais il est temps qu\u2019on fasse mieux.Grand temps.Je n\u2019aurais pas aimé que mes enfants assistent à ce spectacle.Quand je songe, d\u2019autre part, à la façon dont les Hawks ont rossé les Canadiens, dans les séries éliminatoires, je me dis qu\u2019il est grand temps qu\u2019une autorité supérieure intervienne et retire aux propriétaires le droit de nommer des arbitres, de «diriger» leur travail, de leur dicter une attitude ! Grand temps ! Le cirque romain, ça peut toujours aller ! Mais les stades et les arénas sont en passe de devenir des abattoirs ! UN BEU D\u2019ENCENS .M.MOSS ! Les journalistes montréalais ne daigneront pas l\u2019admettre.Que mes lecteurs se rappellent seulement l\u2019avoir lu pour la première fois à mon enseigne : « Perry Moss n\u2019a pas effectué un seul mauvais échange depuis qu'il gère les Alouettes !.» Je m\u2019explique.Où seraient les Alouettes si Sam Etcheverry était resté à Montréal ?D accord, Moss n\u2019a rien eu en échange de Sam, mais il a tout de même sauvé un an dans son travail de reconstruction.Sam Etcheverry est fini comme passeur, son bras est « mort ».Moss, même s\u2019il ne veut pas 1 avouer, le savait depuis l\u2019an dernier.Il s\u2019en est débarrassé à temps ! Il a falli attraper I rimble et Gaudaur avec son échange Etcheverry-Faloney.Où seraient les Alouettes en ce moment avec Faloney au quart ?Où serait Hamilton avec Sam « brûlé » ?.Quant à Patterson, il fut le plus grand joueur de football à avoir jamais mis le pied en terre canadienne.Malheureusement, sa détermination est trop forte pour ses os.On a abusé de lui.On l\u2019a usé.La faute en est a Walker.Pas à Moss.Paquette ne sera jamais un demi-Patterson, mais il rendra des grands services aux Alouettes longtemps après la retraite de « Mr.Wonderful » ! Et Moss n\u2019avait pas tort !.Quand il a «sacritié» Syd Williams pour obtenir Don Clark, il a eu « génialement » raison.Quand il a «donné la coupe Grey » aux Argonauts avec McNichol et Shipp il a été ridiculisé.Cependant Bobby Jack Oliver, Bon Brewer et Paul Fedor seront là pour boire le champagne à même la fameuse coupe bien avant Shipp et McNichol.Moss a eu du flair.On a pleuré le départ de Jim Copeland.Il y a des « pleureuses » professionnelles parmi nos journalistes.Mais Copeland, qui n\u2019était plus d'aucune utilité, nous a permis d obtenir Joe Stracina, notre centre régulier.Vos critiques font mine de vous oublier, ces temps-ci, Monsieur Moss.Je les connais.Ils ont tout simplement du mal à ravaler leurs propres sornettes.Ça passe « serré ».L\u2019encens ne tardera j\u2019en suis sûr.Préparez l\u2019autel pour l\u2019an prochain ! ! !\t?12 \u2022 LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 L\u2019INCO ÉLARGIT LE MARCHÉ MONDIAL DU NICKEL JAPON SUISSE FRANCE NOUVEAU FRANC La plus récente pièce de nickel pur 1960 IRLANDE CANADA 5 CENTS 200e anniversaire de l'isolation et de l'identification du nickel ETATS- UNIS ROYAUME- UNI 5 SHILLINGS Année du Couronnement 1953 CENTIMES Première pièce en nickel pur 1881 SIX- PENCE YEN 5 CENTS y A PA X Al A I laTifnnS\u2019îi L>(\t! INDE PAKISTAN GRECE ESPAGNE URUGUAY ARGENTINE UN PESO EQUATEUR 10 NAYE PAISE ANNAS DRACHMAE PESETAS CENTESIMOS SUCRE Pièce commémorative I I - fr-frv Le nickel canadien et Le nickel et ses alliages font d\u2019excellentes pièces de monnaie parce qu\u2019ils sont résistants à la corrosion et à l\u2019usure, prennent bien l\u2019estampage et la frappe et ont un brillant éclat métallique qui permet de les identifier facilement.Selon les renseignements les plus récents, 47 pays du monde se servent de nickel ou d\u2019alliages de nickel pour frapper 11S monnaies différentes.En moyenne, cela représente une consommation annuelle de plus de 5 millions de livres de nickel, soit environ 10 pour cent du poids de tous les métaux utilisés pour la frappe des monnaies.Pensez à ce que cela représente pour le Canada.Le Canada est le plus grand producteur de nickel au monde et l\u2019Inco, grâce à son organisation de vente, de techerche et de la monnaie du monde mise en marché, élargit sans cesse les débouchés du nickel lnco sur le plan international.L\u2019exportation du nickel lnco s\u2019intensifie dans le monde entier .contribuant ainsi à équilibrer les échanges commerciaux, a stimuler l\u2019économie canadienne et à donner plus d emplois aux Canadiens.THE INTERNATIONAL NICKEL .COMPANY OF CANADA, LIMITED é, SS, RUE YONGE, TORONTO .LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 13 INT PICHU RCHANGE UN CONTE DE MARCEL SEGUIN ciui ont paru par tranches dans la Semaine religieuse.Le manuscrit, d\u2019ores et déjà vénérable et précieux, a été déposé, m\u2019assure-t-on, à la sacrée congrégation des rites, au Vatican.Il y souffle une poussière de maximes lumineuses, exprimées sous forme de paradoxes : Ou trouve toujours le temps de faire ce qui nous passionne.Vouloir sauver son âme avant de la former, c\u2019est manger la fleur avant le fruit.Ma vie est une mort continue.L\u2019homme étouffe dans l\u2019homme.Je suffoque dans la foi, mais je m\u2019y tiens.S\u2019abêtir (au sens pascalien) pour devenir ange.Vingt années de fonctionnarisme n\u2019ont pas peu contribué à son élévation spirituelle par l\u2019abnégation qu\u2019exige d\u2019une grande âme les menues courses au Palais de justice et la rédaction monotone de milliers de fiats, sommations, motions de contrainte par corps et de règle nisi.Toujours il arrivait au bureau vingt minutes avant l\u2019heure et toujours il travaillait avec zèle, malgré le mépris de ses confrères et l\u2019indifférence de ses supérieurs.Ils le trouvaient ennuyeux parce qu\u2019il était silencieux : certains lui reprochaient de n\u2019avoir pas de vie intérieure, lui qui vivait quotidiennement une prodigieuse aventure.Pichu supportait sans mot dire les mauvais tours que ses confrères se plaisaient à lui jouer : ils se déchargeaient ordinairement de leurs gaffes en les mettant sur son dos.On le traitait de nouille, de gourde, d\u2019endormi et d\u2019incapable.Il ne répondait point à ses ennemis, car il savait que la persécution fortifie le saint.Totalement affranchi de ces humaines attaches que l\u2019on nomme amour, amitié, tendresse, il n\u2019avait point d\u2019amis et ne fréquentait guère que l\u2019église et les sacrements.Les seuls êtres à qui il montra quelque signe sensible d\u2019affection furent Pierre et Michèle, enfants de sa voisine du deuxième, madame Fafard ; il leur apportait de temps à autre des images, des médailles, voire des jujubes.Nous comprenons mieux sa pensée à cet égard, si nous partons de cette maxime relevée dans son journal : « Le plus beau don que l\u2019on puisse faire aux hommes est celui d\u2019une vie exemplaire.» C\u2019est en 1933, le 20 décembre au matin, que se produisit l\u2019événement extraordinaire qui bouleversa sa vie.A son lever, il se découvrit une belle paire d\u2019ailes dans le dos, roses et blanches, d\u2019une dizaine de pieds d\u2019enver- gure.C\u2019est ma! connaître Pichu que de supposer qu\u2019il s\u2019en servit incontinent.Il décida tout bonnement qu\u2019il continuerait de marcher sur la rue comme tout le monde.Il mit sa voisine, madame Fafard, au courant de cette transformation et la pria d\u2019agrandir son paletot en proportion.Ce jour-là, non moins en peine qu\u2019empenné, il s\u2019abstint de se rendre au travail.A trois heures, le greffier demanda par téléphone des nouvelles de la santé de son collaborateur qui, ayant déclaré qu\u2019il se portait comme un ange, reçut l\u2019ordre de retourner au travail dans le plus bref délai.Prenant son directeur au mot, Raphaël Pichu fut à la petite rue Saint-Jacques en quelques coups d\u2019ailes, lesquelles se refermèrent sur les marches du Greffe.Le greffier et ses collègues rirent beaucoup de cette aventure, mais, lorsqu\u2019ils eurent compris que Pichu ' était devenu séraphin, ils le renièrent.Son chef lui signifia son congé en lui remontrant que le règlement ne prévoyait pas l\u2019emploi des anges pour rédiger les fiats.« Fiat voluntas, soupira Pichu.Qu\u2019importe, je puis maintenant voler de mes propres ailes.» Et disant ces mots, il s\u2019envola au-dessus de la ville.Il la trouva grise et sans beauté.Alors il survola le fleuve et gagna la campagne où des maraîchers lui donnèrent la chasse à coups de fusil.Il revint à Montréal à tire-d\u2019aile.Hélas, il faisait déjà nuit : il ne parvint pas à reconnaître la toiture de sa maison dans le scintillement infinicolore des lumières, Raphaël Pichu se crut fichu.Il se résigna à descendre sur une place publique qui se trouva être la place Phillip.Les pigeons qui dormaient sous le manteau de bronze d\u2019Edouard VII, réveillés en sursaut, s\u2019enfuirent en poussant des roucoulements rauques.Les quelques promeneurs qui se trouvaient sur la place furent pris de panique et se réfugièrent dans les cinémas et les rues avoisinantes.Ce que voyant, l\u2019homme-volant regagna les hauteurs, s\u2019orienta et rentra chez lui en droite ligne.Le lendemain, fatigué de cette équipée, il fit la grasse matinée et se laissa aller jusqu\u2019à la paresse.Dès lors, ses ailes se mirent à rapetisser et à rapetisser : elles étaient déjà réduites à leur demi-grandeur, lorsque Pichu eut la présence d\u2019esprit de réciter une prière d'urgence : un simple acte de contrition.Ses ailes reprirent bientôt leurs proportions initiales.Ce phénomène le On trouve toujours le temps de faire ce qui nous passionne.Raphaël Pichu Je ne vois jamais venir la Noël sans penser à Raphaël Pichu, l\u2019Homme-volant ou l\u2019Ange.Il habitait encore, en 1933, au troisième étage du 16a de la rue Dumarais.au faubourg Crémazie.C\u2019était un petit homme hâve d\u2019environ 45 ans ; il avait le crâne déplumé et un binocle qui chevauchait sur les ailes d'un nez sans arête.Lorsqu\u2019il descendait la rue Hôtel-de-Ville à pied pour se rendre au greffe de la cour du Magistrat, où il était commis-commissaire, personne ne le remarquait, tant son paletot gris souris se confondait avec la grisaille des murs.Personne ne soupçonnait non plus que cet homme, qui n allait jamais travailler qu\u2019après avoir entendu la messe, fût un saint.Comme un vieux vin, il en était venu à se l'abonnir en appliquant méthodiquement les préceptes que chacun sait, mais ne se donne pas la peine d\u2019essayer, ou si peu, sous prétexte d\u2019un manque de temps.Pichu, lui, eut ce courage.Il voulut devenir saint dès sa plus tendre enfance, sur les genoux de sa mère, une brave et sainte femme de mère, qui lui avait insufflé le suprême idéal et lui avait trempé l\u2019âme dans les plus hautes vertus chrétiennes.Averti de bonne heure par une obscure prescience qu\u2019il arriverait à la sainteté sans revêtir l\u2019habit ecclésiastique, il n\u2019en observa pas moins les trois voeux de religion.Il a laissé l\u2019histoire émouvante de son ascension mystique dans des cahiers 14 \u2022 LE SAMEDI DÉCEMBRE 1961 fit réfléchir : il se persuada que le moindre péché commis en cours de vol pouvait lui rogner les ailes et lui être fatal.Il s\u2019abstint même de tuer les rares mouches d\u2019hiver qui sortaient de derrière la tapisserie, mi par scrupule, mi par solidarité avec la gent ailée.Il reprit l\u2019expérience du vol en plein jour, remarqué cette fois par une bonne partie de la population.La nouvelie qu\u2019un homme oiseau survolait Montréal déchaîna une hystérie collective qui fut portée à son comble le lendemain encore, dès l\u2019apparition dans le ciel fumeux de la métropole des deux grandes ailes blanches de celui qu\u2019on appelait le sur-homme, l\u2019homme-volant, l\u2019hom-me-oiseau, l\u2019ange, le diable, le martien.Les journaux et la radio entretinrent cette effervescence en publiant les témoignages visuels et en interviouant des passants sur la rue et en postant des observateurs sur les gratte-ciel.L\u2019homme ailé reparut le 24 décembre et on le vit disparaître entre les nuages, avec une célérité et une grâce telles que le surnom d\u2019ange se généralisa.Cet événement suscita d\u2019innombrables conversations chez les mécréants et un nombre égal d\u2019apostasies chez les croyants.Lorsqu\u2019il fut au paradis, le bon Dieu l\u2019attendait à la porte : « Mon bon Pichu, en vérité, mes vues sur toi te destinent à une haute mission pour laquelle tes qualités de commis-commissaire, mille fois mises à l'épreuve, te désignent mille fois au-dessus de tes confrères et présente toutes les garanties de succès.Je te promeus ,l) donc ab divino actu et per saltum archange spécial à substance corporelle.Je m\u2019assure que sur terre la fête de la nativité a été défigurée par un certain Père Noël qui a usurpé ma place par l\u2019abondance des cadeaux qu'il gratifie aux petits enfants au mépris de mes grâces, dont la demande baisse de façon, hum, plomp !.inquiétante.J\u2019ai donc avisé, il y a plus de quarante ans, de te préparer par une sanctification à l\u2019état de messager cum pennas celestas.Je te chargé jure et facto d\u2019aller distribuer des récompenses aux enfants sages, dont voici la liste exacte ainsi que leurs adresses, avec faculté de te multiplier en autant de toi-même qu\u2019il le faudra pour répondre à la demande.Chaque colis exauce un souhait du destinataire.Ite Pichus, ite filius, ite tutti jrutti parvuli tutti quanti partare.Amen.Ayant ses rémiges soyeuses solennellement déployées, le diligent et officieux archange salua la compagnie puis s\u2019élança dans l\u2019abîme un colis entre les mains, qu\u2019\u2019il alla déposer au pied de l\u2019arbre de Noël des petits Fafard qui, endormis, riaient aux anges.Sa carte, portant un mot gracieux de la part du Donateur, il laissa sur ledit colis.Puis remonta dans les nuages i vous V apprécierez vraiment Sa subtile saveur est si différente.Ce délicieux Scotch Whisky est fabriqué par la Maison Mai g, les plus anciens distillateurs de Scotch Whisky, et dont la Id fi dation remonte à 1627.Et nul doute que la nouvelle bouteille ne fasse également votre enchantemen t.en verre incolore, elle tient bien en main et s\u2019ouvre facilement.NE SOYEZ PAS VAGUE.DITES HAIG A HAIG LE SCOTCH WHISKY FIVE STAR Distillé, mélangé et embouteillé en Ecosse Parfait duns de l'eau ordinaire de l'eau gazeuse ou avec de la glace.HAIG Délicieux dans un Scotch old fashioned un Rob Roy ou tout autre coquetel.FH-61-+ Pichu.Au même instant, des milliers de Pichu Archanges répétaient le même geste dans des milliers de foyers à la surface de la planète, soit exactement une minute avant la venue du Père Noël, lequel, constatant que les enfants avaient déjà reçu leurs récompenses, renonça à courir les cheminées, complètement mystifié par les cartes de l\u2019archange Pichu.Lorsqu\u2019il eut achevé sa tâche, Pichu Archange se réduisit à un exemplaire unique, et s\u2019en fut rendre compte de sa mission au bon Dieu, qui lui dit : « Tu es un bon serviteur, Pichu, je t\u2019offre de demeurer auprès de moi aussi longtemps qu\u2019il te plaira.» Je vous laisse à penser si Pichu accepta.« Mais que ferais-je de mes ailes ?demanda-t-il.Je n\u2019en ai plus besoin.» \u2014 «Fais-en ce que tu en voudras », lui dit Dieu.Alors Pichu, décrochant ses ailes, les lança en bas en leur imprimant un mouvement calculé de telle sorte qu\u2019elles décrivirent une courbe harmonieuse sous les yeux ébaubis de la céleste assemblée qui les suivit jusqu\u2019à ce qu\u2019elles s\u2019arrêtassent dans une plaine de Pampelune, en Espagne.Un paysan vint à passer, les ramassa et les porta à l\u2019abbaye des Soeurs de l\u2019Asonpcion, qui les suspendirent dans la sacristie de leur église abbatiale.On dit que, telles les cloches qui s\u2019envolent le vendredi saint, les ailes de Pichu Archange remontent au ciel tous les 24 décembre, pour un motif que les bonnes soeurs ignorent, mais que vous savez maintenant.(1) Cette forme inusitée du verbe promouvoir, dont l\u2019acception est ici étendue au sens de donner une promotion, n\u2019est pas à recommander et n\u2019est excusable que dans la bouche du souverain maître de toutes choses.15 \u2022 LE SAMEDI .DÉCEMBRE 1961 ! J'ai tourné avec Jean Boivert TROIS GABRIEL LANGLAIS Le fait est historiquement reconnu, Molière, « le contemplateur et le peintre de la nature humaine », profitait de ses visites chez le coiffeur pour trouver le sujet de ses pièces.De nos jours, même si les salons de barbiers sont encore pittoresques, l\u2019observation de la nature humaine se fait d\u2019une tout autre façon.A Radio-Canada, par exemple, à une émission qui a débuté le vendredi 13 octobre à 8 h.30, on a recours aux indiscrétions d\u2019une caméra camouflée pour croquer, sur le vif, des expressions, des réactions et des attitudes qu\u2019aucun peintre, qu\u2019aucun caricaturiste ne sauraient esquisser.La formule n\u2019est pas nouvelle puisqu\u2019elle nous vient de nos cousins d\u2019Amérique, mais, comme aux Etats-Unis, je suis sûr qu\u2019elle fera fureur au Canada.Ceux qui sont déjà familiers avec Candid camera reconnaîtront chaque semaine des séquences filmées et télévisées aux Etats-Unis.Mais ceux-là, comme les nouveaux venus, s\u2019amuseront à regarder les scènes qui ont été tournées ici au Québec, à Montréal, dans la banlieue ou même peut-être dans la Vieille Capitale.Dans les coulisses Dans le but de vous expliquer comment se prépare une émission du genre, j\u2019ai demandé et obtenu la permission de tourner quelques séquences avec le réalisateur Jean Boisvert.Jean Boisvert est au service de la firme Niagara F.lms qui tourne la série pour le compte de Radio-Canada.Le camouflage de la caméra Il convient d\u2019expliquer, tout d\u2019abord, que les victimes de Insolences d\u2019une caméra ignorent complètement qu\u2019on les photographie ; d\u2019où le naturel impressionnant de leurs réactions.A l\u2019extérieur, la caméra est dissimulée dans une camionnette où seule une petite ouverture laisse percer la lentille téléscopante de la caméra.11 faut avoir l\u2019oeil exercé pour la repérer.A l\u2019intérieur, Jean Boisvert a recours à toutes sortes de trucs.Si l\u2019endroit visité s\u2019y prête, on place la caméra et le caméraman dans un placard dont on aura remplacé la vraie porte par une autre munie d\u2019un miroir sans tain.La caméra pourra alors voir sans être vue ! Enfin, comme ce fut le cas, au moment du reportage, la caméra était placée dans la section des ordonnances d\u2019une pharmacie, derrière un faux décor qui s\u2019harmonisait très bien avec la décoration intérieure moderne de l\u2019endroit.De l'antigel dans les pneus L'équipe des Insolences d\u2019une caméra se compose d\u2019abord du réalisateur Jean Boisvert, de la script-assistante Michelle Bordeleau, du caméraman Michel Thomas d\u2019Hoste, de son adjoint Bernard Chentrier et de Michel Belaïeff, ingénieur du son.Mais elle comprend également les cascadeurs, ou si vous préférez ceux qui provoquent les réactions des victimes de la caméra, qui sont : Alain Stanké, Cari Dubuc et Lisa Tondi.La première séquence se situe dans le garage de M.Auclair, à l\u2019entrée de Beloeil.Tous les employés sont dans le jeu sauf le propriétaire qui est la victime.La camionnette de la caméra s\u2019est placée tout près de la vitrine du bureau de M.Auclair, sous prétexte qu\u2019il faut en recharger la batterie.Tout est prêt, on tourne ! Pour dissimuler la caméra, au cours d'une séquence tournée dans un restaurant, on a enlevé la porte de ce placard, introduit la caméra et placé devant une porte fabriquée spécialement pour la circonstance.Cette porte est munie d'un miroir sans tain.Ce miroir, derrière lequel se cache le caméraman, lui permet de photographier sans être vu et sans trahir la présence de son appareil.¦y -, ?\u2022 \u201cîÆm&H : xi .\u2019¦* Ai' s».,,; Muni d\u2019un micro portatif dissimulé sous son veston, et d\u2019un poste émetteur à modulation de fréquence qui transmettra le son à la camionnette, Alain Stanké a pour mission d\u2019amorcer la conversation avec M.Auclair.Lisa Tondi essaiera, elle, par l\u2019ingénuité de ses questions de femme-chauffeur qui ne connaît rien, de faire perdre patience au garagiste.Stanké pose à M.Auclair les questions d\u2019usage, ce que coûte la mise en condition pour l\u2019hiver d\u2019une voiture, etc.Et Lisa Tondi fait son entrée.Elle a une histoire longue comme ça à raconter.Son amie qui est dans le Sud, lui a prêté sa voiture et elle veut la faire préparer pour l\u2019hiver.Elle débite son histoire lentement et avec une naïveté et un humour déconcertants.Dissimulé dans le garage attenant, j\u2019entends toute la conversation.D\u2019abord, elle a interrompu Stanké et pris possession de l\u2019endroit.Elle sait qu\u2019il faut de l\u2019antigel, mais elle n\u2019est pas sûre si c\u2019est dans les pneus qu\u2019on doit la mettre.Elle demande au garagiste éberlué, mais toujours poli, de changer l\u2019huile dans le radiateur.Il lui faudra aussi envelopper, pour qu\u2019il ne gèle pas, le levier de l\u2019embrayage qui est tout raide d\u2019avance.Quand M.Auclair lui dit qu\u2019il faudra graisser la voiture, elle proteste et allègue que cela va la salir !.Elle ajoute qu\u2019elle a vu des petits papiers collés à la portière de certaines voitures, et elle n\u2019en a pas dans la sienne, est-ce important ?M.Auclair lui laisse entendre qu\u2019elle n\u2019a pas lieu de s\u2019inquiéter, qu\u2019il a le catalogue de la marque de sa voiture où tout est indiqué.« D\u2019ailleurs, dit-il, je le connais par coeur ce catalogue.» Naïvement, mais sans même sourire, Lisa lui dit: «Vous avez tout ce catalogue dans la tête ! » Tout le temps que dure cette longue conversation, les clients entrent et sortent, viennent payer leur note, mais Lisa tient toujours son bout et M.Auclair ne s\u2019impatiente toujours pas ! Et Lisa s\u2019excuse, elle veut aller chercher dans sa voiture un objet qu\u2019elle a trouvé et dont elle ne comprend pas le mécanisme.Pendant ce temps, Stanké essaie de faire dire à M.Auclair que les femmes en matière d\u2019auto, « ce n\u2019est pas riche ».Mais M.Auclair, en gentilhomme qu\u2019il est, lui répond que celle-là n\u2019est pas pire que les autres, qu\u2019il est habitué à ce genre de femmes ! Lisa revient.Elle a dans la main un ressort à boudin.Elle l\u2019a trouvé près de sa voiture et elle veut savoir si c\u2019est un instrument important.« Je vous crois, de dire M.Auclair, le « coil » c\u2019est le cerveau de votre voiture.Mais il n\u2019appartient pas à la vôtre ; vous avez une Chevrolet et c\u2019est le « coil » d\u2019une Ford.» Lisa explique que quelqu\u2019un d\u2019autre a pu le perdre .On sent que M.Auclair en a assez d\u2019être poli.Il déclare : « Parle, parle, parle et jusqu\u2019ici, je ne vous ai pas vendu grand\u2019chose ! » Lisa lui explique que, justement, elle voulait lui acheter son permis de conduire.Et que pour faire plaisir à sa « copine » et pour la remercier, elle voudrait munir sa voiture d\u2019un réservoir de 40 gallons.M.Auclair lui rétorque qu\u2019il vaut mieux avoir un petit réservoir, que cela lui donnera l\u2019occasion de la voir plus souvent.Et le rideau tombe.On explique à M.Auclair qu\u2019il vient d\u2019être la victime de la caméra, ce à quoi il répond : « Je m\u2019en doutais un peu, car vers la fin j\u2019ai aperçu le micro de M.Stanké et j\u2019ai pensé que c\u2019était un inspecteur de la compagnie qui venait se rendre compte si j\u2019étais un bon vendeur ! » La serveuse enguirlandée Dans l\u2019élégante et moderne salle à manger de la pharmacie Lefebvre, tout le monde, comme au garage, est dans le jeu, sauf la serveuse que Stanké doit enguirlander.Les préparatifs sont faits, la serveuse arrive, elle est en fonction à compter de midi quinze, heure du déjeuner.Stanké est installé au bar-comptoir, son micro dissimulé dans le carton d\u2019une pancarte annonçant une liqueur gazeuse.Il appelle la serveuse qui est d\u2019origine belge et il le sait.Il lui explique qu\u2019il est pressé.Elle lui apporte le verre d\u2019eau classique et se retire.Il la rappelle et lui dit que l\u2019eau n\u2019est pas assez froide.Elle lui verse un autre verre d\u2019eau.Stanké a dans ses poches un crayon de rouge à lèvres.Il trace sur le verre une souillure rouge.Il appelle la serveuse et se plaint que son verre est sale.Elle lui en donne un autre.La soupe qu\u2019elle lui offre est froide.Il la retourne.Elle lui a apporté des ustensiles très propres.Il en a dans ses poches qui sont souillés.Il les substitue aux autres, se plaint à la serveuse qui commence à s\u2019impatienter.La soupe chaude revient.Stanké y glisse une couple de cheveux qu\u2019il a en poche.Plainte et replainte ! La pauvre fille ne sait plus où donner de la tête.Pendant tout ce temps, elle sert d\u2019autres clients.Stanké (on n\u2019entend que lui dans la salle) se plaint tout haut : « Il y a longtemps que vous travaillez ici ?C\u2019est effrayant ! » Il demande l\u2019addition, elle la lui remet.« Quatre-vingt-neuf cents pour ça ! Soupe froide, ustensiles malpropres, cheveux dans la soupe .franchement ! » La pauvre serveuse rougit et va droit à son patron qui est assis à une table voisine.Ce dernier l\u2019autorise à dire au client Stanké de s\u2019en aller s\u2019il n\u2019est pas satisfait.Et la scène se prolonge ainsi jusqu\u2019à ce que Stanké ait exigé un jus de tomate pour remplacer la soupe.Il la traite de « tête de Belge » et il évente finalement la mèche.Impressions de la serveuse : « J\u2019étais complètement rendue à bout.Vous m\u2019énerviez.» \u2014 Impressions de Stanké : « C\u2019est un rôle que je n\u2019ai pas aimé jouer.Je me sentais mesquin.» Le spécialiste en lavage de glace De retour au garage Auclair, Boisvert stationne la camionnette de la caméra tout près du débit d\u2019essence.Il s\u2019agira pour Stanké, revêtu de l\u2019uniforme des employés du poste d\u2019essence, d\u2019offrir aux automobilistes pressés, de nettoyer les glaces de leurs voitures.Il y mettra tant de temps, qu\u2019on espère que les clients se mettront en colère ! Deux dames aimables Une grosse voiture arrive.Stanké insiste auprès de la dame qui est au volant pour qu\u2019elle place bien sa voiture dans le champ de la caméra, et il commence à jouer son rôle.Le front de ce Stanké ! Les torchons, le « Bon Ami », tout saute ! Et il procède avec une lenteur déconcertante, tout en causant avec la dame et son amie.Il pousse le culot jusqu\u2019à lui demander un pourboire.Madame est un peu surprise, mais elle y consent.Il lui demande combien elle lui donnera et lui suggère un dollar.La dame proteste, avec le sourire, et lui offre cinquante cents ou un paquet de cigarettes.Stanké frotte toujours.Les dames tiennent [ Lire la suite page 37 ] Cet homme ne le sait pas, mais la caméra l'observe.Il a, à ses côtés, au restaurant, le cascadeur Cari Dubuc qui s'est levé une couple de fois pour aller embrasser, à pleine bouche, une jeune fille qu'il n'est pas supposé connaître, mais qui fait le jeu elle aussi.Notre loustic a l'air de se demander s'il rêve ou s'il est bien réveillé.Voici une dame qui semble bien découragée, quand un homme vient lui demander de le laisser se servir de sa lessiveuse pub'ique pour nettoyer sa chemise tout entachée de graisse.Elle ignore, évidemment, que le caméraman observe ses réactions.Ces deux dames sont en train d'essayer un chapeau.Elles sont placées devant un miroir troué qui permet à la caméra de les croquer sur le vif.Au point de vue étude de la nature humaine, cela vaut tous les traités de Jean-Jacques Rousseau ! V*,..Dans une boîte avec porte-flash, lampes, piles et film .moins de §32.K.Jdririddt jJAUJ-44.J BMW Nouvelle ciné-camera automatique - à prix budgétaire! La Camera Kodak Automatic 8 Movie a un oeil électrique à même.L\u2019objectif se règle tout seul.1* il ire a même .moins de §57.j>4*44Dd \\«AA4A\\ »^aawai A üc üæH Prenez de sensationnelles vues animées de 8tnm grâce à la locale variable de la nouvelle Caillera Kodak Zoom 8 Automatic.Il suffit de faire tourner le porte-objettil.Locil électrique règle automatiquement l\u2019exposition.Mitre à même.Moins de §128.4 « 1 vJ 0' \"SK\" Projection automatique des vues animées de 8mm! Le Projecteur Brownie 8 Movie, A 15, met automatiquement le film en place, même sur la bobine d'enroulement.Coûte moins de §G5.Modèle non automatique .moins de §55.Nouvelle Camera Kodak Automatic 35B pour diapositives en couleurs! Objectif rapide //2.8.I.'oeil électrique règle automatiquement l\u2019exposition.Parfaite pour les voyages .moins de §99.Le Projecteur Kodak 500, Modèle B, montre les diapositives en couleurs en grand et clairement.A partir de moins de §80.V- Kodacolor POR Bmm DOLL CAMIRAB Les boîtes de film Kodak font de merveilleux cadeaux \"supplémentaires\u201d le malin de Noël.Glissez-en dans les bas de Noël.Voyez votre marchand.Les prix s ont sujets à changement sans préavis.MARQUE DÉPOSÉE CANADIAN KODAK CO., LIMITED, Toronto 15, Ontario .\u2018üêrsf ~r 'J ~ - r\tÆïm) \u2014 \"\t' J .'¦ \u2022 J.V \" V, V\t^ C/w awfre produit des D.ISTILLERIES MELCHERS i .L\u2019AMOUR ME MEURT PAS f Suite de (a pope 18 ] -\u2014Amusée?Peut-être.je ne sais pas.\u2014 Comment, tu ne sais pas?Anne-Marie répondit, avec une lente douceur.\u2014 Je me suis contentée d\u2019être heureuse.Et elle ajouta aussitôt : \u2014 Mais.toi-même?es-tu contente de ta soirée ?Marie-Anne jeta, un peu sèchement : \u2014 Comment ne le serais-je pas ?Nous avons été.toutes les deux, les héroïnes de cette fête que l\u2019Oncle Pascal donnait en notre honneur ; on nous a choyées, entourées, adulées.Ah ! c\u2019est beau d\u2019avoir vingt ans, un tuteur riche comme un nabab, et, par surcroît, d\u2019être les plus belles filles de toute la Côte d\u2019Azur.Anne-Marie se mit à rire.\u2014 Eh bien, on ne pourra pas dire que tu pèches par modestie ! L\u2019autre haussa dédaigneusement les épaules.\u2014 A quoi bon feindre, et faire sa « violette », il y a des glaces un peu partout, et nous avons appris à nous connaître ! \u2014 Ainsi, tu es satisfaite de ton sort ?\u2014 Pleinement.Pas toi ?Quelque chose, comme un soupir, monta sur les lèvres sincères, et Anne-Marie répondit : \u2014 L\u2019oncle Pascal nous gâte outrageusement ; Tante Cécile a fait de son mieux pour que nous ne réalisions jamais que nous sommes orphelines, et pourtant, j\u2019ai eu souvent l\u2019impression, en dépit de notre vie comblée, qu\u2019il nous manquait quelque chose.Le beau regard de Marie-Anne se levant plein d\u2019incompréhension, sa soeur reprit : \u2014 Un foyer normal.un père.une mère.maman ! N\u2019avoir pu prononcer ce nom ! n\u2019est-ce pas injuste et cruel ?Au fond de mon coeur, j\u2019ai toujours senti un vide.\u2014 Pas moi ! déclara Marie-Anne nettement, je ne suis pas si compliquée.Nos parents sont morts, victimes d\u2019un accident de chemin de fer, alors que nous étions encore au berceau.Comment peut-on regretter ce qu\u2019on n\u2019a point connu ?Je suis pleine de gratitude vis-à-vis de l\u2019Oncle Pascal qui nous a spontanément adoptées, et j\u2019aime beaucoup Tante Cécile.Ils suffisent tous deux à mes affections.naturelles.Après eux, il y aura.l\u2019Amour.\u2014 L\u2019amour ! répéta rêveusement Anne-Marie.\u2014 Ne le désires-tu pas?demanda sa soeur.\u2014 De toute mon âme, affirma l\u2019autre, avec une sorte d\u2019ardeur.\u2014 Et.tu l\u2019attends?\u2014 Je l\u2019ai trouvé.Marie-Anne se souleva sur un coude, et pour mieux voir le visage de sa soeur, elle tendit le sien ; et dans ses yeux, couleur dVau de mer, il y eut une sorte d\u2019argoissc.\u2014\tComment s\u2019appelle-t-il ?interro-gea-t-elle, d\u2019une coix dure.\u2014 Daniel Armon.\u2014\tDaniel Armon ?répéta Marie-Anne, interdite.\u2014\tCela t\u2019étonne ?Tu trouves étrange qu\u2019on puisse l\u2019aimer ?Une réponse vint, brutale et nette.\u2014\tNon, puisque moi aussi, je l'aime.\u2014 Mon Dieu ! Anne-Marie s\u2019était détachée du balcon.Et maintenant elle faisait face à sa soeur.D\u2019une main tremblante elle rejetait en arrière les courtes boucles d\u2019or qui noyaient son visage, et elle apparut, si pâle, qu\u2019elle en fut comme défigurée.\u2014 Et lui?t\u2019aime-t-il?osa-t-elle demander.\u2014 Je ne sais pas.\u2014 Moi non plus, je ne sais pas.\u2014 Mais je l\u2019espère.\u2014 Moi aussi je l\u2019espère.Troublant le pur silence de la nuit, le rire ironique de Marie-Anne cingla l\u2019air comme un coup de cravache.\u2014 Il ne peut pourtant pas nous épouser toutes les deux !.railla-t-elle.Le beau regard d\u2019Anne-Marie se remplissait de larmes.\u2014 Une de nous sera meurtrie à jamais ! soupira-t-elle.\u2014 Celle-là devra se résigner, dit durement Marie-Anne.\u2014 Comme tu es sûre de ta victoire ! reprocha douloureusement sa soeur.\u2014 Je ne suis sûre de rien.Daniel, dans ses rapports avec nous, a jusqu\u2019ici tenu la balance égale.Mais un jour il choisira.\u2014 Comment le pourrait-il ?Jamais des jumelles n\u2019ont eu une ressemblance aussi parfaite que celle qui existe entre nous.Tout le monde s\u2019y trompe.Et lui-même ne sait pas toujours si c\u2019est Anne-Marie ou Marie-Anne qui est auprès de lui.\u2014 Mais, au moral, je ne ci ois pas que nous ayons rien de commun.Tu es une petite âme tendre, faible et charmante ; je ne suis pas de celles qui plient et tendent le cou à la chaîne.En amour, comme en toutes choses, tu seras esclave, Anne-Marie ; moi, je veux dominer même l\u2019homme que j\u2019aime.Daniel nous connaît assez pour accorder une préférence à ta nature ou à la mienne.\u2014 Ah ! soupira Anne-Marie, pourquoi l\u2019avons-nous aimé, toutes deux ?Il y a, autour de nous, tant d\u2019autres jeunes gens qui eussent pu conquérir nos coeurs ! \u2014 Il est le plus beau, le plus intelligent, le plus attirant.Et de plus, il a une carrière tellement brillante ! Futur ambassadeur ! c\u2019est merveilleux ! Marie-Anne se redressa.Son magnifique visage rayonnant d\u2019orgueil et de désir ambitieux faisait palpiter ses fines narines, Anne-Marie pensa avec désespoir, que ce n\u2019était pas pour ces vains hochets de vérité qu\u2019elle aimait Daniel Armon, elle sut, à cette minute, que son amour à elle était d\u2019une autre qualité que celui de sa soeur.Pourtant ce n\u2019est pas toujours le plus méritant et le meilleur qui triomphe, et, admettant cela, elle eut un soupir qui ressemblait à un sanglot.\u2014 Aucune de nous ne doit en vouloir à l\u2019autre du choix que fera Daniel, reprit brusquement Marie-Anne.Et notre affection réciproque n\u2019en sera pas modifiée.Tu le penses ainsi, n\u2019est-ce pas ?\u2014\tOui, murmura Anne-Marie faiblement.\u2014 Si c\u2019est toi qu\u2019il aime, je te promets, loyalement, de tout faire pour oublier.Je quitterai Cannes ; je voyagerai, car tu es ma soeur chérie, et tu le resteras, en dépit de tout.Elle disait ces choses froidement ; et dans sa voix on ne percevait ni trouble, ni souffrance.Anne-Marie sentit son coeur se briser.Pour parler ainsi, il fallait que Marie-Anne ait reçu déjà un semblant d\u2019aveu ; qu\u2019elle ne put douter d\u2019être élue ; le triomphe se lisait dans ses yeux.Et comme elle insistait : \u2014\tSi c\u2019est moi qu\u2019il aime, promets, toi aussi, que rien ne sera changé entre nous.Anne-Marie répondit d\u2019une petite voix tremblante : \u2014 Si c\u2019est toi qu\u2019il aime, j\u2019en mourrais ! \u2014 Ma pauvre fille ! ironisa sa soeur, comme tu es bêtement romanesque ! On ne meurt plus d\u2019amour au siècle où nous sommes ! \u2014 Alors, j\u2019entrerai au couvent! \u2014 De mieux en mieux! Je t\u2019en prie, ne fais pas de mélodrame.Et viens m\u2019embrasser, grande sotte.Un instant, elles s\u2019étreignirent ; puis, toujours enlacées, rentrèrent dans la chambre.Une haute glace de Venise leur renvoya leur double image, image si merveilleusement et si terriblement semblable.Elles étaient grandes, et admirablement proportionnées.Sur ses épaules aux lignes harmonieuses, elles portaient la même petite tête coiffée d\u2019or pâle ; les reflets changeants de la mer brillaient dans leurs larges prunelles : le rouge éclatant de leur boucle saignait comme un blessure.Anne-Marie et Marie-Anne Destrade étaient belles, incontestablement, royalement belles.\u2014 Essayons de dormir, conseilla Marie-Anne.M elle s\u2019étendit sur son lit.Anne-Marie revint seule, vers le balcon.L\u2019aube se levait au-dessus de la Méditerranée ; le ciel léger du matin répandant les myriades d\u2019étoiles, s\u2019ouvrait à la clarté du jour ; lentement, le soleil commença à briller.Mais dans l\u2019âme de la jeune fille, toute allégresse avait fui.Maintenant quelle savait, à n\u2019en pouvoir douter, qu\u2019un amour identique au sien, habitait le coeur de sa soeur, et qu'il faudrait que, par ce terrible amour, l'une ou l\u2019autre fut meurtrie, un goût de cendre montait à ses levies, et tout, autour d\u2019elle, lui parut changé.La mer n était plus bleue ; ce pays de rêve s\u2019enlaidissait, les fleurs avaient un parfum mortel.Désespérée, Anne-Marie souhaita sombrer dans quelque chose qui ressemblait à la mort.Il Après avoir été pendant longtemps ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler « un brasseur d\u2019affaires », Pascal Destrade s\u2019était retiré à temps d\u2019un milieu épuisant dans lequel une existence humaine risque de s\u2019achever avant l\u2019heure normale.Il n\u2019avait plus qu\u2019un but maintenant : terminer sa vie sur cette Côte d\u2019Azur enchantée, dans la somptueuse villa qu\u2019il venait d\u2019acquérir, en bordure de La Croisette.Après de longues et dures années de travail, vécues dans la folle agitation de Paris, il éprouvait la douceur insoupçonnée du repos qu\u2019il prenait parmi les fleurs, le ciel bleu, bercé par la chanson de la mer, dans cet incomparable décor méditerranéen.Célibataire endurci, il jouait tout de même le rôle de père de famille puisque, à la mort tragique de son frère et de sa belle-soeur, il avait spontanément adopté leurs petites jumelles.Il n\u2019avait jamais cessé de vivre avec sa soeur aînée, cette bonne Cécile » qu\u2019un amour contrarié avait fait de bonne heure se rallier dans la catégorie des vieilles filles.Tous les deux chérissaient leurs nièces, dont ils s\u2019étaient efforcés de faire le bonheur.Il existait certainement peu de jeunes filles aussi gâtées que l\u2019étaient Marie-Anne et Anne-Marie.\u2014 Elles seront difficiles à marier, disait parfois Pascal à Cécile, elles se ressemblent trop ; je ne vois pas comment un garçon pourrait choisir l\u2019une plutôt que l\u2019autre.\u2014 Elles n\u2019ont pas le même caractère ; ni les mêmes goûts ; ni la même façon de voir les choses, répondait invariable-[ Lire la suite page 22 ] 20 Ll.SAMKDI IKCIMIiül 1961 yme est de qualité Zenith! Choisissez l\u2019une de ces éblouissantes créations Zenith pour ce cadeau bien spécial ! Vous aurez la certitude d\u2019offrir .un appareil de haute qualité et au rendement mondialement réputé ! a.\tLe meilleur radio portatif FM/AM, entièrement transistorisé, du monde.Puissante reception FM en plein air, sans dérive.Royal 2000, Trans-Symphony.b.\tLe plus beau des transistors de poche! Son haut-parleur nouveau (le plus grand jamais mis dans un transistor de poche) a un volume sonore stupéfiant ! 8 transistors.Royal oOO De Luxe.c.\tLe premier radio-réveil du monde à minuterie automatique \u201cmemory timer\u201d.Inutile de régler le réveil chaque soir\u2014vous l\u2019entendrez toujours à l\u2019heure voulue.Mettez sur \u201cHoliday\u201d quand vous voulez faire la grasse matinée.Le Morning Star, Modèle II624.d.\tLe célèbre radio portatif entièrement transistorisé Zenith Trans-Oceanic à 9 gammes d\u2019ondes.Souvent imité, jamais égalé.Royal 1000 D.e.\tCe nouveau transistor de poche a la plus puissante tonalité nuancée jamais offerte par un récepteur si petit.Donne jusqu\u2019à 75 heures d\u2019écoute avec 2 piles miniatures.Choix de cinq coloris attrayants.Royal 5011.f.\tUn transistor supérieur à tout autre d\u2019un prix semblable! Avec le non veau haut-parleur de 5\"x 3\" à \u201cGamme Étendue\u201d.7 transistors.Royal 400.g.\tExtrêmement puissant et ultra-sensible, ce radio portatif à 8 transistors joue\u2014où beaucoup d\u2019autres appareils restent muets.Coffret entièrement gainé de vrai cuir fleur, graine.Royal 755.h.\tVous ne pouvez pas offrir de meilleur TV que le Zenith à grand écran avec l\u2019original et exclusif téléréglage \u201cSpace Command\u201d.Modèle de style Danois Contemporain.1133(10.i.\tLe \u201cDecorator Convertible\u201d est un TV de conception radicalement nouvelle.Il a le rendement d\u2019un modèle de table et la maniabilité d\u2019un portatif.Présente la traditionnelle qualité \u201cFait à la Main\u201d Zenith.Téléréglage par \u201cSpace Command\u201d.Le Seabrook, Modèle H2231.miini j&j ÊHifei THIZit ha qualité doit y être pour que le nom soit appose ZENITH RADIO CORPORATION OF CANADA LTD.o O n ZENITH RADIO CORPORATION OF CANADA W LTD., 1470 THE QUEENSWAY.TORONTO 18, L: BT ONTARIO.La Royauté do la télévision, [_/'?] dos appareils à liante fidélité stereoplio-iQg nique, «les tourne-disques, radios et des appareils acoustiques.Les caractéristiques sont modifiables sans préavis.LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 21 L\u2019AMOUR NE MEURT PAS Prévisions astrologiques pour le mois de décembre 1961 par Y PAN CAI AST ACNES BELIER (21 mars-20 avril) Attitude pleine de dignité et de bienveillance qui aura un effet considérable sur la personne que vous aimez.Mois excellent.Dans l\u2019emploi, aisance et progrès.Sorties bien choisies.TAUREAU (21 avril - 20 mai) Esprit d\u2019aventure encouragé.Vous aurez l\u2019occasion de pousser un flirt, peut-être plus loin qu\u2019il ne faut, ce qui irritera certains de vos proches.N\u2019y donnez pas suite si vous ne ressentez aucune sympathie à cette personne.GEMEAUX (21 mai-21 juin) Fort dynamisme que vous saurez utiliser dans les directions qui construiront votre avenir.Affirmez-vous avec tact mais avec énergie.Un homme plein de talent vous attire un peu trop.Gare aux emballements.CANCER (22 juin -23 juillet) L'intuition ou la fantaisie vous guideront vers la solution de problèmes financiers et activeront vos gains.Un partenaire facilite vos intrigues sentimentales par sa compréhension.Sorties nombreuses.LION (24 juillet-23 août) Sûr de vous, audacieux, vous en imposerez à celui ou à ceux que vous traînez à vos côtés.Poursuites du coeur en bonne voie.Vous inventerez quelque chose qui modifiera votre activité ou permettra d\u2019en entreprendre une complémentaire.VIERGE (24 août - 23 septembre) La jalousie est guérie ou tenue en laisse.C'est le moment d\u2019agir pour l\u2019évolution décisive de votre vie amoureuse.Soyez tenace.Préférez les joies de l\u2019harmonie sentimentale qui s\u2019offrent à votre délicatesse.BALANCE (24 septembre - 22 octobre) Tout changement dans vos relations humaines apportera sa part d\u2019imprévu et souvent de joies diverses.Intrigues de coeur en évolution.Idées adroites, originalité dans votre élégance, optimisme surtout, font votre réussite.SCORPION (23 octobre - 22 novembre) Vous savez entraîner par l'exemple et chacun tiendra à vous aider.Choisissez avec habileté le compagnon de vos sorties.Ne soyez pas hostile à celui qui vous a vexé, peut-être involontairement.L'indulgence a toujours sa place.SAGITTAIRE (23 novembre-21 décembre) Evitez le monde et ses séductions faciles.L\u2019intimité et la douceur d\u2019une seule présence offriront bien d\u2019autres joies et plus vraies.Vous saurez tirer un parti nouveau et original des circonstances qui se présenteront.CAPRICORNE (22 décembre - 20 janvier) Vos amours s\u2019épanouiront mieux si vous acceptez de renoncer à une part de votre indépendance.Sachez comprendre les raisons qu'on vous donne.Vous avez suffisamment préparé votre action, n\u2019hésitez plus, allez de l\u2019avant.VERSEAU (21 janvier-19 février) Le flirt est possible mais les attachements sérieux ne se décideront pas en ce moment.Dans l\u2019emploi, pas d\u2019entêtement.Soyez souple.Il faudra beaucoup de diplomatie pour vous introduire là où vous désirez aller.POISSONS (20 février - 20 mars) Gains abondants et qui continueront à récompenser votre ténacité et votre audace.Un être intéressant vous recherche.Succès surtout dans le travail et les ambitions pratiques.Fournissez tout l\u2019effort qu\u2019on vous demande.22\t.LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 [ Suite de la page 20 ] ment Cécile ; leur mari éventuel pourra donc parfaitement faire un choix.Parmi les jeunes gens qui formaient le cercle d\u2019admirateurs gravitant autour d\u2019elles, Pascal n\u2019avait pas été sans remarquer l\u2019un des plus fidèles, Daniel Armon.Jeune diplomate en congé sur la côte \u2014 congé qui se prolongeait par suite d\u2019une blessure de guerre mal fermée, et, qui demandait une étroite surveillance médicale, \u2014 il possédait tout ce qu\u2019il fallait pour plaire, non seulement à une jeune fille mais aussi aux parents les plus difficiles.Beau garçon, d\u2019une distinction parfaite, appartenant à une famille très honorable, pourvu d\u2019une fortune suffisante, il pouvait prétendre à la main d\u2019une des jumelles avec la certitude d\u2019être agréé.A la vérité, il était devenu un hôte assidu de la villa, et rien ne se faisait : partie de tennis, séances de natation, bals, excursions, sans qu\u2019il y participât.\u2014 Un beau jour, disait Pascal, il me les demandera en mariage.Il disait toujours « les » car, ne parvenant pas à les séparer dans son coeur, il n\u2019,maginait pas que les autres puissent faire autrement.\u2014 Il ne te les demandera pas du tout, rétorquait sagement la vieille demoiselle ; ça ne se fait plus.La jeunesse arrange sa vie toute seule.Et Marie-Anne \u2014 ou Anne-Marie \u2014 un soir rentrera dans ta maison en te disant « avec désinvolture » :\t« Daniel et moi nous venons de nous fiancer.» L\u2019oncle sourit à cette éventualité.\u2014 Tu as peut-être raison.Ayant reconnu ainsi le bon sens de sa soeur, Pascal attendait.Il attendait même avec impatience, car Daniel lui semblait réunir toutes les qualités propres à faire le bonheur d\u2019une femme, il craignait de le voir porter de l\u2019intérêt à une autre jeune fille que l\u2019une de ses nièces.C\u2019est pourquoi il avait donné \u2014\tprenant prétexte , de fêter les vingt printemps des jumelles \u2014 une soirée dansante très réussie, d\u2019ailleurs, et qui s\u2019était prolongée jusqu\u2019aux premières lueurs de l\u2019aube.Sans en avoir l\u2019air, observant tout au long de la charmante réunion le comportement de Daniel, il avait remarqué, avec une évidente satisfaction, que le jeune homme s\u2019était uniquement occupé des deux soeurs.On pouvait même dire qu\u2019il n\u2019avait dansé qu\u2019avec elles.Et même \u2014 tenait-il un compte exact, des disques qu\u2019il dansait ou était-ce le fait du hasard ?\u2014\tl\u2019une n\u2019aurait pu assurer qu\u2019elle avait été favorisée plus que l\u2019autre.A l\u2019une le tango, à l autre la valse, une coupe de champagne à celle-ci, une coupe de fruits à celle-là, un tour dans le parc avec Anne-Marie, quelques pas sur le Cro sette en compagnie de Marie-Anne.Huit jours après, enfoui dans son profond fauteuil, un bon cigare aux lèvres, Pascal se demandait toujours : \u2014\t« Laquelle va-t-il choisir ?» Le timbre de la porte d\u2019entrée retentit ; il écouta un instant le bruit des pas de Martin, le valet de chambre, et il reconnut la voix de Daniel.Aussitôt Martin annonça : \u2014 Monsieur Armon ! Le visage de Pascal s\u2019éclaira d\u2019un grand sourire.\u2014 Faites entrer.Et, se soulevant à demi pour accueillir le jeune homme, il dit : \u2014 Soyez le bienvenu, mon cher ami ; mais vous allez être déçu : il n\u2019y a aujourd\u2019hui, ici, que ma peu intéressante personne.Mes nièces se sont rendues avec ma soeur à une fête de charité.\u2014\tJe suis au courant, répondit simplement Daniel, et c\u2019est précisément pourquoi je suis venu vous parler.Le vieillard eut beaucoup de mal à masquer son contentement.Quelque chose lui disait que le grand jour était arrivé.Il se cala dans son fauteuil, posa dans le cendrier son cigare à moitié consumé, et il fit, avec bonhomie : \u2014 Eh bien, je vous écoute, mon cher Daniei Daniel hésita une seconde.Puis il lança d\u2019une voix un peu altérée : \u2014 Voilà : j\u2019aime votre nièce, et je viens vous demander si vous voulez consentir à me la donner pour femme.Le vieil homme s\u2019efforça de rester impassible.Il répondit avec une intonation taquine : \u2014 Cela me sera une grande joie de vous accorder sa main, à condition que je sache de laquelle de mes nièces il s\u2019agit.\u2014 Ah! s\u2019écria le jeune homme avec surprise, ej croyais que vous vous étiez aperçu de quelque chose.C\u2019est Anne-Marie que j\u2019aime, Monsieur.Le vieillard regarda longuement son interlocuteur, puis il dit, amusé : \u2014 Vous êtes bien sûr que c\u2019est Anne-Marie ?\u2014 Si j\u2019en suis sûr ! fit Daniel avec élan.Le vieil homme leva la main en signe de modération : \u2014 Elles se ressemblent si absolument ; comment avez-vous pu faire un choix ?Daniel Armon approuva : \u2014 C\u2019est vrai, elles sont très belles toutes deux, et tellement semblables qu\u2019il m\u2019est arrivé, au début, d hésiter lorsque je voulais les appeler par leur prénom.Mais leurs âmes ne sont pas comme leurs visages.Elles sont très différentes, chacune attachante dans son genre.J\u2019aime Anne-Marie pour sa douceur, pour la chaude petite flamme qui s\u2019allume parfois dans ses yeux, \u2014 et parce qu'elle est toule tendresse et sûrement capable de toutes les abnégations.Pascal était plus ému de cet éloge de sa nièce, qu\u2019il ne voulait le montrer.\u2014 C\u2019est bien, mon petit, j\u2019en parlerai à ma nièce.Il se leva et, tendant la main au jeune homme, ajouta : \u2014 Revenez demain, voulez-vous, Anne-Marie vous répondra elle-même ?Durant quelques secondes, il observa, derrière la vitre, la haute silhouette de Daniel, qui s\u2019encadrait entre les grands arbres du parc, avant d\u2019en franchir la grille, jusqu\u2019à ce qu\u2019elle disparaisse au premier tournant de La Croisette.Puis il revint à son fauteuil, s\u2019y enfonça avec béatitude, et, les yeux mi-clos, attendit.Son attente fut de courte durée.Au fond de la véranda vitrée, de jeunes rires, l\u2019éclat de voix fraîches, auquel répondait le timbre plus grave de Cécile, montèrent tout à coup.La soeur de Pascal, apercevant son frère, dit en affectant la sévérité : \u2014 Tu dormais, Pascal ! Ne sais-tu pas que ces demi-sommeils dans la journée ne te sont pas du tout recommandés ?Pascal ne se frappa pas ; il répondit, bonhomme : \u2014 Je ne dormais pas, car je viens de recevoir un visiteur.Et il jeta, sûr de son effet : \u2014 Daniel Armon.Les deux jumelles se retournèrent en même temps.Ensemble, elles dirent \u2022 \u2014\tQue voulait-il ?Une lueur maligne dans les yeux, Pascal répondit : \u2014\tVous demander en mariage.Et, moqueur, il ajouta à l\u2019adresse de la vieille fille : \u2014\tTu vois que ça se fait encore.Puis, revenant à ses nièces : On est de son temps avecTilden Pas de pannes à craindre avec une Chevrolet ou une Pontiac louée chez TILDEN.Chaque voiture est entièrement vérifiée avant de vous être remise et c\u2019est un plaisir de la conduire .sans redouter les hasards de jadis.TILDEN a plus de voitures neuves en circulation, plus de succursales (187) et plus de bureaux bien situés, dans les villes et aux aéroports, que tout autre réseau de louage au Canada.Des centaines L'arrière-plan provient de la collection James d\u2019anciens documents canadiens de correspondants (dont la National Car Rentals aux Etats-Unis) assurent le même excellent service dans le monde entier.Vous pouvez réserver à l\u2019avance, chez TILDEN, sans frais supplémentaires.TIIDÊM L\u2019entreprise CANADIENNE de louage d\u2019autos d\u2019envergure mondiale SIÈGE SOCIAL OU RÉSEAU TILDEN: 1194, RUE STANLEY, MONTRÉAL \u2014\tVous ne me demandez pas laquelle ?\u2014\tA quoi bon ! fit Anne-Marie, d\u2019une petite voix tremblante.Mais Marie-Anne, âprement, interrogea : \u2014 Eh bien! laquelle?.dites-nous laquelle, mon oncle.\u2014 Anne-Marie, répondit simplement Pascal Destrade.Ill Pour la première fois depuis qu\u2019elles étaient en âge de le faire, les deux soeurs ne s\u2019embrassèrent pas avant de se quitter pour la nuit.Pour la première fois elles ne laissèrent pas ouverte la porte qui faisait communiquer leurs chambres.Anne-Marie avait bien tenté un timide « bonsoir », mais celui-ci resta sans écho.Et chacune des jumelles retrouva sa solitude.Le bonheur qui envahissait Anne-Marie était si grand qu\u2019il parvenait à effacer tout le reste.La jeune fille en oubliait le chagrin de sa soeur et sa propre peine devant une souffrance dont elle était l\u2019involontaire cause.Daniel l\u2019aimait.Elle allait épouser Daniel.Qu\u2019une telle chose fût possible et qu\u2019elle puisse la réaliser sans en mourir de joie constituait à ses yeux une sorte de miracle.Elle s\u2019endormit d\u2019un sommeil paisible comme celui d\u2019une petite fille qui étreint sur son coeur un beau jouet tout neuf.Marie-Anne, à l\u2019encontre de sa soeui.ne se coucha pas.Elle avait ouvert la porte vitrée donnant sur le balcon, et elle resta là, pendant des heures, à contempler la nuit : la nuit sombre, sans étoiles, qui venait d\u2019emporter son rêve.Une sorte de stupeur dominait tous ses sentiments.Que Daniel eut choisi sa soeur lui semblait inconcevable.Qu\u2019est-ce qui l\u2019avait poussé à préférer Anne-Marie ?On ne pouvait faire de différence entre leur beauté, leur élégance, leur distinction.Pas davantage entre leur culture ou leur intelligence.Alors ?.Fallait-il admettre que Daniel réprouvait la façon de penser, la manière d\u2019agir des jeunes filles modernes, dont elle s\u2019enorgueillissait d\u2019être le modèle parfait?Fallait-il admettre qu\u2019il aimait les âmes enfantines et dociles?«J\u2019ai manqué de perspicacité, songeait-elle, j\u2019aurais dû montrer moins d\u2019indépendance, plus de douceur, et aussi un certain respect des principes \u2014 oh ! combien désuets eï ridicules ! \u2014 d\u2019autrefois.Mais il est trop difficile de dompter la nature, de la plier aux circonstances ! Pourtant, si c\u2019était à refaire.» Elle aimait Daniel.Si forte, si parfaitement maîtresse de ses pensées et de ses actes qu\u2019elle fût, elle se troublait dès qu\u2019il apparaissait ; s\u2019il la prenait dans ses bras pour le banal rapprochement d\u2019une danse, elle éprouvait un choc au coeur.Elle trouvait très séduisant ce léger sourire qui flottait parfois sur son grave visage et dont on n\u2019arrivait pas à savoir s\u2019il cachait une moquerie ou un émoi.A tout instant, elle pensait avec délices à sa main refermée sur la sienne.à la douceur de sa voix et à la caresse de ses lèvres.Cela, c\u2019était désormais le paradis perdu.Et pour comble de détresse, il fallait que ce fut sa soeur qui devint tout pour lui.« Je la déteste ! Je la déteste ! » criait, au fond de son coeur une voix farouchement rancunière.Mais une autre voix s\u2019élevait aussitôt tout aussi forte, et cette autre voix disait : « Pourquoi lui en vouloir ?Ce n\u2019est pas elle qui a choisi, c\u2019est Daniel.» Mais Marie-Anne ne parvenait pas à haïr Daniel.Le lendemain matin, les deux soeurs se retrouvèrent face à face pour le petit déjeuner familial.Cécile et l\u2019oncle Pascal, tôt levés, l\u2019avaient déjà pris ; elles étaient seules.Et, comme chaque jour, elles accomplirent les petits gestes quotidiens.Deux morceaux de sucre, Marie-Anne ?Du thé.du café ?\u2014 Du thé.merci.On n\u2019entendait que le bruit argentin des petites cuillères heurtant les tasses.Tout à coup, Anne-Marie leva sur Marie-Anne de grands yeux tendres :, \u2014 Tu m\u2019en veux ?demanda-t-elle doucement.Si, si, tu m\u2019en veux, je le vois bien ?Mais je t\u2019en prie, parle ! Dis quelque chose ! Ton silence est intolérable.Marie-Anne regarda sa soeur à son tour et répondit avec calme : \u2014 Tout d\u2019abord, je t\u2019en ai voulu, oui, c\u2019est vrai.J\u2019ai roulé d\u2019horribles pensées dans ma tête ; je crois même que j\u2019ai été jusqu\u2019à souhaiter ta mort.Un cri de détresse échappa à Anne-Marie.\u2014 Mon Dieu ! Il ne troubla pas Marie-Anne.Elle reprit sur le même ton : \u2014 Ta mort arrangeait tout.Toi disparue, Daniel me revenait.Mais, ras-sure-toi, ces noirs desseins n\u2019ont pas duré longtemps.J\u2019ai réfléchi et j\u2019ai dû admettre que tu n\u2019étais pas responsable de ma peine.Que nous ayons aimé toutes deux le même homme, c\u2019est une fatalité contre laquelle nous ne pouvons rien, ni l\u2019une ni l\u2019autre.Une facétie du destin, rien de plus.Oublions tout cela, Anne-Marie.Anne-Marie était bouleversée par l\u2019accent de sa soeur.Elle s\u2019écria : \u2014 Mais tu souffres ! et je ne peux pas vivre à l\u2019idée que tu sois malheureuse ! Je préfère ne pas épouser Daniel.Légèrement moqueuse, Marie-Anne jeta : \u2014 Non petite, toute ta vie tu me reprocherais cet inutile sacrifice.Me crois-tu assez folle et assez égoïste pour [ Lire la suite page 27 ] LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 23 i Marie, la mère de Jésus, (Siobhan McKenna) telle qu'on peut la voir dans le film « King of Kings ».Lucius, le centurion demande à Marie et à Joseph (Gérard Tichy) d'enregistrer la naissance de leur fils (Foley Fiinn).Bien qu'il suspecte la jeune famille, Lucius ne fait pas suite à ses mauvaises intentions.>'»w.Robert Ryan incarne Jean Baptiste, le grand prophète qui était venu annoncer la venue du Sauveur.LE ROI DES ROIS ( KING OF KINGS ) UNE PRODUCTION SAMUEL BRONSTON PAR METRO-GOLDWYN-MAYER Jésus, (Jeffrey Hunter) arrive parmi la foule dans la ville de Jérusalem avant la grande fête de Pâques.mr~^ ti w' e '*\u2022 MB vn rai k k\t.rv pw \u2022'rJ.vA,x m.ÆgK# * V .v \u2018V « pue ceux d\u2019entre vous qui n'ont jamais péché lui lance la première pierre », dit Jésus.Au Mont Galilée, Jésus, entouré de ses disciples, les entretient du sermon qu'IL va prononcer à la multitude.Jésus demande à Ses disciples de se séparer et d'aller aux quatre coins du monde enseigner Sa doctrine.Jean Baptiste s'agenouille avant de recevoir le coup fatal qui satisfera le désir de Salomé.Après le baptême de Jésus, Marie regarde son Fils avec tristesse car elle sait bien ce qui l'attend.tr-wT.V -if s i#* «s» \u2022fMtâi:.¦ - \u2014JCi/LS L i-sv: HH-i iiijmj SAVIEZ-VOUS QUE.?\u2022\tLe Centre cinématographique du Vatican vient de décerner sa plus haute classification au film \" King of Kings \u2022\tLe femple de Judée que l'on avaïf consfruit pour ce film fut détruit par une tempête avant même que l'on puisse s'en servir.\u2022\tPlus de 20,000 personnes ont pris part aux prises de vue.7,000 de plus pour la seule scène du sermon au Mont Galilée.\u2022\tTrois maisons différentes ont pris plus de 18 mois pour le tissage du matériel devant servir aux costumes.\u2022\tTrois ans de préparation.\u2014 Deux ans de recherches.\u2014 Un an de prises de vue.Voilà le bilan de cette grande production de Samuel h\tBronston présentée par Metro-Goldwyn-Mayer.A la multitude assemblée pour l'entendre, Jésus prononce un éclatant sermon qui fortifiera leur foi.Claudia, la femme de Pilate (Viveca Lindfors), s'objecte au plan de son mari concernant Jésus.« Un Roi doit porter une robe », dit Hérode à Jésus après que ce dernier eut refusé de répondre à ses questions.Marie, la mère de Jésus, regarde son Fils pour la dernière fois et ne peut dissimuler la douleur de son coeur.« Faites la charité si vous voulez avoir la richesse dans les cieux », dit Jésus aux riches venus Le voir.Ponce Pilate (Hurd Hatfield) le mauvais gouverneur romain qui ordonna l'emprisonnement de Jésus.Jésus est amené devant Ponce Pilate pour y subir son procès.Judas venait de trahir son Maître.« Je suis avec vous pour très peu de temps.» La phrase mémorable de la dernière Cène.Judas (Rip Torn) conduit les légions romaines jusqu'à Jésus et va jusqu'à Lui donner le baiser.Jésus est chargé de Sa croix et commence la pénible ascension du Golgotha jusqu'au Calvaire.Le centurion Lucius (Ron Randell) murmure à Claudia, la femme de Pilate, que Jésus est vraiment le Christ.LF.SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 25 ifmi FRANCINE POIRIER mm A PARIS AVEC LE DICTIONNAIRE On en aura beaucoup parlé dans les journaux de celle délégation organisée par Claude Janin pour présenter à Paris et aux Parisiens le «Dictionnaire des Vedettes».Pendant les cinq jours qu\u2019ont duré les différentes manifestations, le public montréalais a été tenu au courant des activités auxquelles ont pris part des « ambassadeurs » du monde des artistes .Parce que je crois à la nécessité et à l'utilité d une publication de ce genre, (j\u2019ai souvent parlé dans cette chronique du fameux dictionnaire), son éditeur m\u2019a invitée à me joindre à son groupe de représentants.J\u2019ai retiré de son offre plus que les avantages d\u2019un voyage merveilleux : une foi encore plus grande en la mission de ce volume.N\u2019oublions pas que ses possibilités sont illimitées, que son champ d\u2019action est vaste et qu\u2019il pourrait revêtir un caractère international pour peu que des intérêts étrangers s\u2019y intéressent.C\u2019est viser loin, peut-être, mais c\u2019est viser dans le domaine du possible.La délégation 11 faut souligner (et ceci est à l\u2019honneur des organisateurs) l\u2019excellence du choix des membres de la délégation.On dit toujours qu\u2019il est difficile de voyager en groupe et que les déplacements révèlent les caractères.\u2014 « On est soi-même qu\u2019en voyage.» \u2014 C\u2019est un peu vrai.Monsieur Raoul Jobin, par exemple, (parrain du groupe) a la réputation d\u2019un homme aimable, simple, charmant.C\u2019est la pure vérité .mais il est encore plus agréable de le découvrir en voyageant alors que les tempéraments s\u2019affrontent dans une aventure commune.J\u2019ai parlé de Raoul Jobin.Je pourrais dire la même chose de madame Léon-Mercier Gouin, Il est facile par cette photo de juger de l'atmosphère qui régnait entre les membres de la délégation du Dictionnaire des Vedettes.Vous y reconnaissez, à gauche, madame Michelle Tisseyre et monsieur Pierre Renaud.A droite, Gérard Poirier, Francine Poirier et Claude Janin, éditeur de la revue.Tous sont réunis à la Place du Tertre.yssr de Jacques Beaudry ou de Pauline Julien.Je pourrais vanter la sagesse et le sens de l'organisation d\u2019un Pierre Renaud, le dévouement d\u2019une Lisette Leroyer, le piquant et l\u2019entrain d\u2019une Michelle Tisseyre, la naïveté amusante d\u2019un Claude Gingras, le sens de l\u2019humour et la gaieté d\u2019un Bernard Lamarche, la volonté de fer et les qualités de chef d\u2019un Claude Janin.Bref, tous ces gens se sont entendus comme larrons en foire pour faire de ce voyage un succès sans précédent où la cordialité et la civilité ont trouvé leur large place.SUR LE DC-8 du T.C.A.Grâce à 1 appui de la T.C.A., les membres de la délégation ont fait le voyage gratuitement.Il est heureux, je crois qu\u2019une compagnie canadienne ait pris conscience de l\u2019importance d\u2019une telle entreprise.Elle ne pouvait en donner meilleure preuve.Ce n\u2019est pas la première fois que je voyage en avion, mais ce déplacement compte parmi les plus agréables que j\u2019aie effectués.Je suis une adepte enragée de l\u2019avion.J\u2019adore ce moyen de transport simple et rapide, le confort des appareils, le service courtois dénué d\u2019obséquiosité qu\u2019on y offre, l\u2019atmosphère détendue qu\u2019on y respire.II arrive trop souvent que les Canadiens négligent la T.C.A.pour une autre compagnie étrangère ce qui, somme toute, est assez représentatif de notre façon de voir et de penser en général.On se méfie de tout ce qui nous touche de près .et nos opinions se forment à l\u2019aveuglette, trop rapidement.J\u2019avoue comprendre difficilement cette attitude dénuée de l\u2019objectivité la plus élémentaire.A Paris Tant de choses ont été dites sur Paris que les mots me manquent.C\u2019est avec des yeux neufs que j\u2019ai tenté de le redécouvrir ; j\u2019avais fait le vide pour ressentir les mêmes émotions qu'il y a six ans et j\u2019y suis parvenue avec une facilité déconcertante.Certes, les réceptions officielles (offertes entre autres par T.C.A.et par Holt & Renfrew) ont pris une large place dans 1 emploi de notre temps mais nous avons tous pu parcourir tranquillement les rues de la grande capitale, manger dans les bons petits restaurants de la Rive Gauche, explorer Montmartre, visiter les grands monuments et quelques Musées, en un mot, respirer cette atmosphère si spéciale, si enivrante.Un autre point à l\u2019actif de Claude Janin : je parlais tantôt de réceptions officielles.Leur nombre a été admirablement dosé de sorte que chaque membre de la délégation s\u2019y rendait avec plaisir.A l\u2019Hôtel de Ville de Paris, au Claridge, au Salon de la Radio, partout où nous avons été reçus, régnait la même cordialité la plus parfaite et l\u2019entente la plus sympathique.Des projets ?Après cinq jours de festivités et cinq autres jours de simple détente, il a fallu revenir.Claude Janin a de grands projets dont j\u2019aurai sûrement l\u2019occasion de vous parler ici.Pour 1 instant, un silence temporaire se fait sur le Dictionnaire.Il revivra bientôt plus fort que jamais ! Bien des gens n\u2019y croyaient pas.Bien des artistes considéraient les rêves de Janin de façon fort sceptique .Il a eu sa revanche ! PETITES NOUVELLES ET COMMENTAIRES La pianiste Yolande Piette Rivard de Montréal, vient de donner un récital de musique canadienne à New York, au poste radiophonique WNYC à l\u2019émission « Les Maîtres du Clavier ».Elle a interprété des oeuvres de Clermont Pépin, Alexis Contant et Georges Fiala, de Montréal.De Toronto, les compositeurs Sam Dolin et Harry Somers ont vu leurs oeuvres interprétées par notre concitoyenne.En plus, Yolande Piette a donné un récital intime sur le piano de Sienne, instrument assez extraordinaire qui prend un son différent selon le caractère des oeuvres jouées.Yolande Piette, après des études aux Etats-Unis, à San Francisco et à Denver, en Europe où elle s\u2019est fait entendre en récital à l\u2019Ambassade Canadienne de Paris, à la radiodiffusion et à la télévision française et allemande, poursuit maintenant sa carrière à Montréal en donnant des récitals aux deux réseaux de Radio-Canada.Elle dirige une émission hebdomadaire à CKVL-FM et se spécialise dans le répertoire destiné aux enfants.\u2014- L\u2019Association Canadienne du Théâtre Amateur a tenu son quatrième congrès annuel les 21.22 et 23 octobre à Québec, sous la présidence de Monsieur Gratien Gélinas.Cette association qui a été fondée il y a quatre ans par monsieur Guy Beaulne de la Société Radio-Canada, groupe les troupes de théâtre d\u2019amateur de langue française au pays et vise à améliorer la qualité du théâtre d\u2019amateur au Canada-Français.L\u2019organisation du Congrès a été confiée à Benoît de Margerie.\t?Yolande Piette Rivard, pianiste montréalaise à qui on vient de confier la direction d\u2019une émission à CKVL-FM.26 LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 L\u2019AMOUR IME MEURT PAS [ Suite de la page 23 ] l\u2019accepter ?Calme ta conscience scrupuleuse, petite soeur.Tu te marieras avec Daniel, tu auras beaucoup d\u2019enfants, et, comme dans le plus joli des contes, tout finira bien.Les larmes aux yeux, Anne-Marie dit dans un souffle : \u2014 Mais toi ?Toi, que vas-tu devenir avec cette peine au coeur.Marie-Anne eut cette fois un rire franchement ironique.\u2014 Tu me connais mal.Sois rassurée : je ne me suiciderai pas et je n\u2019ai aucun goût pour le Carmel.Je continuerai à vivre.et très certainement je me consolerai un jour.Anne-Marie secoua la tête en signe de dénégation.\u2014 Tu essaies de me donner le change ; mais je vois bien que tu souffres.Alors le ton de Marie-Anne changea.Elle jeta d\u2019une voix dure : \u2014 Alors, ferme les yeux.Ma souffrance ne regarde que moi.Elle ajouta, après quelques secondes d\u2019un lourd silence : \u2014 Nous ne reparlerons plus de ces choses.Nous avions fait toutes les deux le même rêve.Le tien s\u2019est réalisé.Il s\u2019appelle : Bonheur.Le mien s\u2019est transformé.disons : en déception.C\u2019est cela, déception.Tout est terminé.Oublions tout, tu veux, Anne-Marie ?\u2014 Oui, chérie.Le joli visage se pencha vers l\u2019autre joli visage, son égal en grâce et en beauté, mais durci par une épreuve trop forte.Et la fiancée de Daniel demanda presque implorante : \u2014 Veux-tu m\u2019embrasser?Marie-Anne, émue, ne refusa pas.L\u2019oncle Pascal, qui rentrait d\u2019une promenade matinale, les surprit, encore enlacées.\u2014 Bravo ! dit-il, voilà qui me rassure.\u2014 Et, en quoi avais-tu besoin d\u2019être rassuré ?demanda Marie-Anne, agressive.Le brave homme déconcerté, toussota avant de répondre : \u2014 Mon Dieu, je me demandais comment tu allais prendre la demande en mariage de Daniel.\u2014 Marie-Anne s\u2019efforça de sourire largement : \u2014 Mais, je suis ravie, naturellement, qu\u2019il épouse ma soeur.L\u2019onde Pascal baissa la tête.\u2014 Naturellement.Est-ce bien sûr?Marie-Anne se redressa orgueilleusement.\u2014 Et, quelle raison aurais-je, je te prie, de ri\u2019en être pas ravie.Il pensa qu\u2019il fallait percer 'l\u2019abcès tout de suite II dit très vite : ^Tout simplement de n\u2019avoir pas été choisie.Marie-Anne mentit héroïquement : \u2014 Daniel Annon n'est pas du tout le genre d\u2019homme qui puisse me séduire, Il est brun, je préfère les blonds ; il a un visage sévère.et j\u2019aime la gaieté.Enfin, il me déplaît.Voilà.\u2014 Aliens, tant mieux ! fit Pascal, mal convaincu.Et tourné vers son autre nièce : \u2014 Daniel va venir ce soir chercher ta réponse.Tu la lui donneras toi-même.Car je suppose que c\u2019est « oui ».N\u2019est-ce pas, petite?Je pense que tu n\u2019éprouves pas pour Daniel Armon la singulière aversion que lui voue ta soeur ?Anne-Marie ne put retenir un cri qui exprimait son bonheur secret et immense : \u2014 Je l\u2019aime.je l\u2019ai toujours aime.je l\u2019aimerai toujours.Sa soeur, mal à l\u2019aise, quitta la piece.IV Et l\u2019ère des fiançailles commença ; elles furent célébrées dans l\u2019intimité.Au cours de la réception, Daniel passa au doigt d\u2019Anne-Marie le premier anneau de la chaîne.Un pur saphir resplendissant, entouré de brillants.\u2014 J\u2019aurais voulu vous offrir une pierre de la couleur de vos yeux, dit le jeune homme, mais, hélas ! il n\u2019en existe pas.Car vos yeux changent suivant le temps ou la nature de vos pensées.Il jeta un regard sur Marie-Anne qui assistait à l\u2019entretien.\u2014 En ce moment, fit-il en riant, les vôtres sont chargés d\u2019orage.Et la prenant affectueusement par le bras : \u2014 Venez toutes les deux ; allons respirer l\u2019air du parc.\u2014 Je me dois à mes invités, répondit Anne-Marie avec un soupir de regret.Allez.allez sans moi.Les deux jeunes gens sortirent.Quelques secondes, Anne-Marie resta sur le pas de la porte, les suivant d\u2019un 1 egard soucieux.Mais elle s\u2019en voulut du sentiment de jalousie qui venait de lui serrer le coeur et elle se rassura en pensant que Daniel ignorait tout de l\u2019amour de Marie-Anne, et que rien de ce que pourait dire ou faite sa soeur ne saurait ie troubler.Apaisée, elle retourna au salon, et Daniel, entraînant au jardin Marie-Anne, lui dit en riant : \u2014 Je vais avoir sur vous des droits et des devoirs.\u2014 Je ne comprends pas.\u2014 Ceux, précisa-t-il, que me donnera mon titre de presque frère.Dans trois mois, ce sera un fait accompli.\u2014 Trois mois ! il peut s\u2019en passer des choses pendant ce temps-là ! \u2014 Quelles choses ?\u2014 Je ne sais pas, fit-elle, agacée.Un imprévu, un événement grave.la guerre.la mort.\u2014 Vous êtes lugubre.Mais je vous ferai remarquer que l\u2019horizon politique n\u2019a jamais été aussi calme que cette année.Et en ce qui concerne la mort, je ne vois que celle de votre soeur ou la mienne qui pourrait briser nos pro jets.\u2014 C\u2019est bien ce que je voulais dire.Il la regarda, sidéré.\u2014 Mais Anne-Marie est en santé parfaite ; moi aussi.\u2014 Il y a.les accidents.d\u2019auto, par exemple.Vous savez bien que vous êtes d\u2019une imprudence !.Il étendit la main avec une solennité amusée.\u2014 Je fais le serment, pendant ces trois mois, de ne pas dépasser le quarante à l\u2019heure.Ainsi donc, moderne Cossandre, n\u2019évoquez plus d\u2019absurdes catastrophes.Il ajouta, soudain très grave : \u2014 J\u2019aime Anne-Marie.Elle représente pour moi tout le bonheur.La perdre serait un arrêt de mort.Il m\u2019est impossible d\u2019envisager un avenir où elle ne serait plus.\u2014 On dit cela, jeta Marie-Anne avec spectiscisme ; on est sincère, mais le temps passe.le coeur oubli.et, un jour, on s\u2019aperçoit qu\u2019on aime de nouveau.Avec une espèce d\u2019ardeur farouche il jeta : .\u2014 Je n\u2019aimerai jamais une autre femme.Il était pâle, et dans ses grands yeux sombres s\u2019allumait une chaude lueur.Elle sentit qu\u2019il disait vrai, réalisa que, quoiqu\u2019il puisse advenir par la suite, il était perdu pour elle.En fille raisonnable, qui ne se bat pas avec des chimères, elle admit sa défaite, et, cui- //// c \u201cN\u2019attendons pas le soir de Noël\u201d Il est très important d\u2019envoyer ses souhaits à temps.C\u2019est pourquoi, dès maintenant, \u201cBlackie\u201d et \u201cWliitey\u201d vous souhaitent beaucoup de joie et de bonheur pour Noël et beaucoup de succès pour la Nouvelle Année.Bien entendu, ce souhait est lormulé au nom des distillateurs du Scotch Whisky Black & White .le Scotch remarquable, doux et moelleux .agréable a déguster en compagnie.Le secret réside dans le mélange Fournisseurs attitrés de Sa Majesté James Buchanan 4 Co.Ltd.Distillateurs de Scotch Whisky BLACK& WHITE SCOTCH WHISKY \u201cBUCHANAN\u2019S\u201d (Nouvelle série) 3\t7\t2\t4\t5\t3\t6\t2\t8\t4\t3\t2\t5\t7\t4\t2 M\tP\tB\tA\tN\tE\t0\tE\tI\tT\tF\tA\t0\tA\t%\tU 7\t2\t5\t3\t4\t6\t2\t8\t3\t5\t4\t6\t2\t3\t7\t5 R\tC\tU\tI\tA\tN\t0\tN\tE\tV\tC\tV\tU\tZ\tD\tE 8\t4\t3\t5\t2\t6\t4\t3\t7\t5\t2\t6\t3\t8\t2\t4 V\tH\tV\tL\tP\t0\tE\t0\t0\tL\tD\tU\tU\tI\tE\tM 7\t2\t5\t3\t4\t6\t2\t7\t3\t6\t4\t2\t5\t3\t8\t2 N\tC\tE\tS\tE\tS\t0\tN\tD\tA\tN\tE\tC\tE\tT\tU 8\t3\t5\t2\t6\t4\t3\t7\t2\t6\t4\t3\t8\t2\t5\t7 A\tS\t0\tR\tD\tT\tC\tE\tA\tM\tM\t0\tT\tU\tN\tZ 7\t2\t5\t3\t4\t6\t2\t8\t5\t3\t7\t4\t2\t3\t6\t2 L\tT\tQ\tN\tU\tI\tR\tI\tU\tS\tU\tT\tA\tE\tR\tV 5\t3\t4\t2\t8\t5\t4\t3\t2\t7\t5\t3\t6\t2\t8\t4 E\tI\tU\tA\t0\tT\tE\tL\tI\tI\tE\tS\tE\tL\tN\tL Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentant votre horoscope.Droits réservés, 1945 par William J.Miller, King Features, Inc.LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 27 rassee de volonté, trouva la force de sourire.\u2014 Vous avez raison, dit-elle; rien ne menace votre bonheur.Pardonnez-moi.Je vous ai taquiné bêtement.Mais vous l\u2019aurez votre précieuse petite Anne-Marie ; et vous la garderez, pour des jours et encore des jours.et des ans, et encore des ans.\u2014 Je l\u2019espère de toute mon âme.Ils firent quelques pas en silence, à travers les étroites allées bordées de fleurs, et, comme ils arrivaient devant un lac miniature sur lequel s\u2019épanouissaient les larges feuilles de nénuphars, Marie-Anne s\u2019arrêta brusquement.¦\u2014 Daniel, dit-elle, je voudrais vous poser une question.\u2014 J\u2019y répondrai en toute franchise.\u2014 Pourquoi est-ce ma soeur que vous aimez ?Pourquoi n\u2019est-ce pas moi ?Décontenancé par l\u2019imprévu de la question, une minute il ne sut vraiment quelle explication donner.Puis il dit : \u2014 Sait-on jamais pour quelle raison un être est attiré vers un autre être ?Sans doute, y avait-il depuis longtemps, entre Anne-Marie et moi, un lien secret.un appel mystérieux.\u2014 Mais encore ?\u2014 Je ne l'ai pas élue pour sa beauté, puisque vous êtes aussi belle qu\u2019elle, et tellement semblable, que si vous me disiez tout à coup : « Daniel, vous croyez vous promener avec Marie-Anne ?.mais vous vous trompez : c\u2019est Anne-Marie qui est là, près de vous », je le croirais.\u2014 A ce point ?\u2014 Oui.N\u2019est-ce pas étrange ?Elle murmura : \u2014 Et dangereux.Mais elle avait parlé si bas, qu\u2019il ne perçut pas le sens des paroles, et il poursuivit : \u2014 Je l\u2019ai préférée à vous, pour des raisons morales qui n\u2019ont rien à voir avec l\u2019attrait physique que l\u2019une aussi bien que l\u2019autre, pouvez exercer sur tout homme jeune qui a du goût.Mais Anne-Marie ! elle est toute candeur, toute bonté.« Je lui ai vu faire des petites choses simples, et cependant admirables, des actes de charité, de bonté, envers les humbles et les malheureux.Si souvent, je l\u2019ai observée sans qu\u2019elle s\u2019en doute.Je sais qu\u2019elle va visiter les malades ; qu\u2019elle s\u2019occupe des enfants déficients, de vieillards acculés à la misère; je n\u2019ignore rien des oeuvres humanitaires où elle se prodigue, et des dons royaux qu\u2019elle y fait.Votre Oncle est généreux envers vous, je le sais aussi ; mais Anne-Marie fait de ces générosités, une large part à autr ui.Marie-Anne tenta d\u2019ironiser.\u2014 Elle a la passion du dévouement.C\u2019est une Soeur de St-Vincent de Paul qui a manqué sa vocation.Au fond, peut-être prend-t-elle la mauvaise route en se jetant, à coeur perdu dans le mariage ! et vous serez, mon cher, le grand responsable de cette ez\u2019reur, si erreur il y a.\u2014 J\u2019en accepte le poids.Ils reprirent leur promenade, et Daniel dit avec gentillesse.\u2014 Je sens que vous m\u2019en voulez un peu d\u2019avoir interrompu, hélas ! pour toujours, ce duo charmant entre votre soeur et vous.Mais l\u2019instant viendra où vous rencontrerez aussi l\u2019amour, et alors, vous me pardonnerez.Elle répondit, d\u2019une voix basse, et qui tremblait un peu.\u2014\tJ\u2019ai déjà pardonné.Il jeta, vraiment sincère.\u2014\tJe vous aime beaucoup Marie-Anne.Mais elle songea, avec une amère ironie, que pour avoir toute sa valeur bouleversante, cette simple petite phrase avait un mot de trop.Car, pour dire « je vous aime », il n\u2019est pas besoin d\u2019adjectif.\u2014\tSavez-vous, reprit Daniel, saisi d\u2019une pensée soudaine, ce qui serait tout à fait charmant ?\u2014\tPour moi ?\u2014\tPour nous trois.Ce serait que vous nous suiviez dans le voyage en Algérie que nous comptons entreprendre au soir de notre mariage.Elle se mit à rire.\u2014\tVous voulez m\u2019emmener en voyage de noce ?\u2014\tPourquoi pas ?Puisque votre Oncle a décidé que je devais être tout de suite présenté à votre famille d\u2019Afrique.\u2014\tUne famille que nous ne connaissons pas, d\u2019ailleurs, coupa Marie-Anne avec indifférence.SUR LA ROUTE Suant et tempêtant.Bricole remplace une roue de secours.Un autre automobiliste s\u2019arrête et.aimable : \u2014 Vous avez crevé ?\u2014 Oui, grogne Bricole.Sur une bouteille cassée.\u2014 Evidemment, une bouteille cassée, c\u2019est difficile à repérer.\u2014 Je vous crois! Surtout celle-là: elle était dans la poche d\u2019un type que j\u2019ai écrasé ! \u2014 Mais qui ne peut assister au ma-riage pour des raisons de santé.C\u2019est donc normal que nous allions voir nos cousins.Je pense que vous devez vous joindre à nous.Une fois à Alger vous séjournez dans cette ville, auprès de vos parents, tandis que Anne-Marie et moi, poursuivons notre randonnée.Voyons, que dites-vous de mon projet ?Ne vous tente-t-il pas ?Elle sourit.\u2014 Il me tente beaucoup, au contraire.Le croiriez-vous, riches comme nous sommes, nous avons fort peu voyagé.En dehors de Paris et de la Côte d\u2019Azur, nous ignorons le reste du monde.Et jamais nous n\u2019avons vogué sur le mer, sauf pour de légères promenades, bien entendu.\u2014 Alors ?\u2014 Alors, si le reste de la famille n\u2019oppose pas son veto à ce que vous venez de suggérer, moi je dis oui, bien volontiers.\u2014 Voici votre soeur; nous allons lui en parler tout de suite.\u2014 Vous du moins; moi, je remonte.Tante Cécile doit se demander où j\u2019ai bien pu m\u2019envoler.Quand elle perd de vue le dernier coin de nos robes, elle est affolée, la chère vieille femme.Marie-Anne monta rapidement les marches de pierre du grand escalier, et, comme elle croisait sa soeur, lui jeta, moqueuse.\u2014 Je te rends ton fiancé.Va filer le parfait amour ! Moi je suis un peu lasse d\u2019entendre vanter tes mérites.Et, l\u2019embrassant, elle ajouta : \u2014 En as-tu de la chance d\u2019être aimée ainsi !.Quelques secondes, l\u2019écho répercuta son jeune rire, et, rassérénée, Anne-Marie pensa : « Elle ne souffre plus.son sentiment n\u2019était pas bien profond.» Le coeur joyeux, elle s\u2019avança vers Daniel.Tout de suite, ce dernier la mit au courant du projet de voyage qu\u2019il venait d\u2019élaborer avec Marie-Anne.\u2014 J\u2019ai pensé que ce serait moins triste, dit-il, si elle partait avec nous.Car vous ne vous êtes jamais quittées, et votre mariage, ce sera un peu dur pour elle.A Alger, elle aura un décor nouveau, des distractions, l\u2019attrait d\u2019une grande ville inconnue, la séparation lui sera moins cruelle.Ne le pensez-vous pas ?Elle répondit avec ferveur : \u2014 Vous avez toutes les délicatesses, Daniel.Oui, si elle y consent, j\u2019en serais moi-même très heureuse.Il regarda les beaux yeux tendres, le joli visage sur lequel se répandait tant de douceur et de sérénité, et, songeant à « l\u2019autre » que, quelques minutes plus tôt, il lui était donné de contempler, il réalisa qu\u2019il y avait tout de même un « quelque chose » indéfinissable qui les différenciait.\u2014 J\u2019ai beaucoup dansé, et j\u2019ai très chaud, dit Anne-Marie.Quittons ce jardin ; allons plus loin.\u2014 Où voulez-vous aller ?\u2014 Sur la plage.A cette heure, elle sera déserte, et la mer ne chantera plus que pour nous.Sous la poussée de Daniel, le portail de fer grinça doucement ; le rythme de la musique en étouffa le léger bruit.Ils traversèrent l\u2019avenue, longèrent un moment La Croisette, et par le premier escalier, descendirent sur le sable fin.Sous les reflets du clair de lune, la Méditerranée semblait d\u2019argent ; des mouettes, posées sur les vagues, s\u2019envolaient par instants, en gracieux tourbillons.Daniel avait passé un bras autour de la taille de la jeune fille, et ils marchaient étroitement enlacés.Un océan d\u2019optimisme était en eux.Us se sentaient forts entre les forts ; leur amour pouvait défier toutes choses, puisque rien n\u2019aurait assez de puissance poulie briser.\u2014 Je suis heureuse ! murmura Anne-Marie.Souvent, j\u2019ai eu si peur, si vous saviez.si vous saviez.\u2014\tPeur ?pourquoi donc, petite fille chérie ?\u2014\tParce que je me disais : « Laquelle de nous aime-t-il ?» Et voilà que c\u2019est moi ! moi ! oh ! Daniel, c\u2019est trop beau, c\u2019est trop doux !.mais moi aussi je vous aime ! Il se pencha vers le ravissant visage, et sur la bouche fraîche qui se tendait vers lui, il baisa passionnément les tendres mots.COMPENSATION Un horloger met en vente des montres a un prix qui, affirme sa publicité, n'atteint pas le prix de revient.\u2014 Mais alors, lui dit un client, vous perdez de l\u2019argent sur chaque montre que vous vendez ! \u2014 Oui.mais je gagne ma vie en les réparant ! V Ala réflexion, Marie-Anne s\u2019était demandé si elle n\u2019avait pas eu tort d\u2019accepter de faire ce voyage en Algérie avec Anne-Marie et Daniel.Car elle savait qu\u2019elle allait beaucoup souffrir.Etre sans cesse témoin d\u2019un bonheur dont elle était exclue, ne serait-ce pas torturant?Et elle était prête à revenir sur son accord lorsque l\u2019oncle Pascal s\u2019en mêla.Il aimait beaucoup sa vieille cousine algéroise qu\u2019une paralysie partielle clouait sur son fauteuil.A vingt ans, ils avaient ébauché une fraîche idylle qui n\u2019avait pas eu de suite, les parents de Claire Destrade lui ayant imposé un fiancé plus riche.Il n\u2019était pas admis, en ce temps-là, qu\u2019une jeune fille s\u2019opposât aux désirs paternels.Ainsi Pascal avait-il perdu celle qu\u2019il aimait.Peut-être fallait-il voir dans cet amour déçu la raison d\u2019un célibat obstiné.\u2014 Excellente idée, s\u2019écria le brave homme dès que les jeunes gens lui eurent fait part de leur projet de voyage à Alger.Et j\u2019autorise Marie-Anne à\tj prolonger autant qu\u2019il lui plaira son\tJ séjour en Afrique.Il s\u2019empressa aussitôt d\u2019écrire à sa cousine Claire pour lui annoncer le prochain mariage d\u2019une de ses nièces et l\u2019arrivée non moins prochaine des deux jeunes filles accompagnées du fiancé.La réponse revint par retour du courrier.La vieille dame disait qu\u2019elle attendait avec la plus grande impatience ses jeunes parents de France.Tous étaient dans la joie, sauf Marie-Anne, mal guérie de son rêve, lorsque survint un événement cruel qui _ bouleversa complètement les projets ^ si bien élaborés : l\u2019oncle Pascal, dont la santé n\u2019avait jamais donné d\u2019inquiétude et qui paraissait devoir devenir centenaire, fut brusquement foudroyé par une hémorragie cérébrale.Il mourut en quarante-huit heures sans avoir repris connaissance.Mais, en homme pratique, il avait eu soin, bien avant sa mort, de mettre ses affaires on ordre, et les jumelles n\u2019éprouvèrent aucune difficulté à régler la succession.D\u2019ailleurs, parfaitement ignorantes des questions d\u2019argent, leur esprit ne s\u2019y était pas attardé.Elles pleurèrent sincèrement l\u2019oncle généreux et bon qui, en les recueillant, leur avait fait le plus doux, le plus chaud des foyers.Quant à Tante Cécile, la perte de son frère la laissa complètement désemparée.Elle réagit très mal ; sa santé en fut altérée.Ses yeux, qu\u2019elle avait toujours eu délicats, s\u2019affaiblirent considérablement.Elle y voyait de plus en plus mal.La cécité la guettait.Dans cette atmosphère de tristesse et d\u2019inquiétude, il était difficile de parler de mariage.Il se trouva fatalement retardé.La vie reprit son cours normal, __ loin des réjouissances mondaines, monotone, coupée par les visites régulières de Daniel.Mais, à Alger, la cousine Claire, qui avait paru très frappée par la nouvelle de la mort de Pascal, écrivait des lettres fréquentes pour demander que rien ne soit changé à la promesse qui lui avait été faite d\u2019une visite à Alger.\u2014\tCette pauvre tante Claire insiste encore ! soupira avec un léger agacement Marie-Anne, qui, ce matin-là, venait de dépouiller le courrier.\u2014\tQue dit-elle ?s\u2019informa la tante Cécile, qui était maintenant incapable de déchiffrer la correspondance.Marie-Anne reprit les feuillets de la lettre qu\u2019elle avait jetés sur la table.\u2014\tIl n\u2018y a que quelques lignes; je vais vous les lire.C\u2019est toi, Anne-Marie, qui est la première intéressée par ce qu\u2019elle nous propose, ajouta-t-elle en se tournant vers sa soeur.Après quelques secondes de déchiffrage, elle commença : « Ma bonne Cécile, «Je ne veux absolument pas partir pour l\u2019autre monde sans avoir revu mes petites nièces, qu\u2019il ne m\u2019a pas été permis d\u2019embrasser depuis leur enfance.D\u2019autre part, j\u2019admets que votre grande peine vous oblige \u2014 du point de vue des convenances mondaines \u2014 à retarder le mariage d\u2019Anne-Marie.Mais à quoi cela empêche-t-il la venue de mes nièces à Alger ?Au lieu du voyage de noces, ce sera un voyage tout court.Mon futur neveu pourrait accompagner Anne-Marie et sa soeur.Ils resteront tous le plus longtemps possible chez moi et, à leur retour, vous célébrerez le mariage, qu\u2019il vous a fallu, hélas ! retarder.L\u2019attente paraîtra moins [ Lire la suite page 30 ] 28 .LE SAMEDI « DÉCEMBRE 1961 Chevrolet - Chevy U - Corvair - Corvette - un nouveau monde de merveilles ;77W\\ La Chevrolet 62 au roulement dm comme le vol d\u2019un jet-beauté radieuse et confort parfait! Une élégance plus grande ne serait qu\u2019extravagance.La Chevrolet 62 a tout l\u2019espace, le luxe et le confort que vous pouvez raisonnablement attendre d\u2019une voiture.De luxueux et nouveaux intérieurs, élégamment présentés dans une carrosserie séduisante, au toit aminci; un nouveau choix de moteurs V8 qui dévorent la route; une douceur de roulement analogue au vol d\u2019un jet, que vous retrouverez rarement sur une autre voiture à n\u2019importe quel prix.Alors pourquoi payer davantage?Il fut une époque où le luxe se payait cher.Mais cette époque est révolue.La Chevrolet 62 a tout ce que vous pouvez raisonnablement attendre d\u2019une voiture, y compris un prix raisonnable.Son roulement est si doux qu\u2019on la compare au vol d\u2019un jet grâce aux ressorts à boudins et à plus de 700 coussinets de châssis.Sa beauté demeure car elle n\u2019est pas seulement superficielle.Ainsi les nouveaux garde-boue intérieurs des ailes avant empêchent la rouille, par exemple.Si Pneus à flanc blanc sur demande, moyennant supplément.la nouvelle (Jfrgpy JJ vous êtes amateur de puissance, offrez-vous un moteur de 40!) cv* (parmi un choix total de 6 moteurs, y compris le 6 et le V8 standard).Ses portes s\u2019ouvrent largement, les freins sont refroidis par aillettes et la chaufferette et le dégivreur de grande puissance sont standard.Et tout ceci magnifiquement présenté dans une carrosserie signée Fisher.Une voiture de grand luxe?Oui .sauf le prix.\u2022Disponible moyennant supplément.Voici la \u201cnouvelle vague\u201d Chevrolet qui ne renie en rien tout ce que vous appréciez dans la famille Chevrolet.Mais qui vous réserve pourtant bien des surprises agréables.Economie?Un k-cylindres incroyablement sobre, ou un merveilleux 6-cylindres à peine plus gourmand.Espace?Logement suffisant pour 0 personnes avec armes et bagages.Prix?La meilleure des surprises.C\u2019est probablement la voiture dont vous avez rêvé depuis que vous conduisez.Elle est facile à garer, à charger, à payer.Facile a entretenir et à conserver.Facile à \u201cnourrir\u201d.Elle se fait en neuf modèles : sedans, hardtop, station-wagon et même une décapotable.Et malgré ses nouvelles dimensions pratiques, la Chevrolet pourrait en remontrer a bien des voitures plus prétentieuses en ce qui concerne l\u2019espace intérieur.Son roulement est doux comme celui d\u2019une grande voiture, grace a une innovation technique: les ressorts arrière monolames.Une voiture intéressante?Alors, voyez-la.Elle vous attend chez le concessionnaire Chevrolet.Une valeur General Motors Coupé sport Impala .une allure de décapotable à s'y méprendre.offre élégance et performances supérieures Sedan 4 portes \u2014 Chevy II \u2014 série 300 Une autre preuve de suprématie de Fin erg las CALCULE L \" *\u201cv\t¦\t~ , Le nouvel isolant pour maisons rose a plus de ressort Fl B ERG LAS .pour plus de confort ! NOUVELLE FIBRE EXCLUSIVE, PLUS FINE, image de la suprématie constante de Fiberglas dans les travaux de recherche et de mise au point visant à améliorer la qualité des produits existants, et à créer des produits nouveaux et meilleurs pour l\u2019habitation et l\u2019industrie.Le nouveau procédé de fabrication donne des fibres si fines que vous pouvez constater au toucher leur douceur.Ces minces filaments de verre emprisonnent des millions de minuscules poches d\u2019air dont chacune contribue à vous assurer, toute l\u2019année, un confort calculé.NOUVEAU POUVOIR ISOLANT grâce au \"ressort\u201d sans précédent du nouvel isolant pour maisons Fiberglas rose.11 gonfle de manière à remplir toutes les cavités, et s\u2019encastre parfaitement entre les montants; il ne peut ni s\u2019affaisser, ni se tasser.Vous bénéficiez d\u2019un confort meilleur que jamais, car le nouvel isolant Fiberglas rose isole complètement.L\u2019isolation complète Fiberglas vous aide h conserver chez vous la chaleur en hiver, la fraîcheur en été.N\u2019oubliez pas qu\u2019une fois l\u2019isolant posé, il est difficile de le changer .exigez donc le nouvel isolant pour maisons Fiberglas rose: vous réduirez au minimum vos frais de combustible et vous bénéficierez, en toute saison, d\u2019un confort maximum.\t*Marque déposée Fiberglas CANADA LIMITED L\u2019AMOUR IME MEURT PAS [ Suite de la page 28 ] longue aux fiancés dans un cadre nouveau pour eu.v et sous le ciel d\u2019Alger dont, potir la première fois, ils vont connaître la douceur.Cela dit, j\u2019ajoute que je n\u2019admets pas de refus.La seule chose que j\u2019attends d\u2019eux est lui télégramme m\u2019avertissant du jour où ils débarqueront, afin que ma voiture les prenne à l\u2019arrivée.«Je vous embrasse tous très fort.« Votre tante affectionnée.« Claire.» Marie-Anne replia soigneusement les feuillets de la lettre, les glissa dans l\u2019enveloppe et ¦ attendit les commentaires.Ce fut tante Cécile qui rompit le silence.\u2014 La proposition de Claire semble intéressante, dit-elle.Je n\u2019y vois, pour ma part, aucune objection.\u2014 Mais nous ne pouvons pas vous laisser seule ! protesta Anne-Marie.Un sourire s\u2019ébaucha sur le vieux visage ridé.\u2014\tMa petite fille, dit-elle tendrement, je te supplie de ne pas te préoccuper de moi.Je sais que je vous perdrai toutes les deux, et j\u2019y suis résignée.Ton mari t\u2019emmènera loin, très loin \u2014 Dieu sait dans quel coin du monde \u2014 et un jour, ta soeur s\u2019en ira aussi.Il faut bien que je m\u2019habitue à la solitude dès maintenant.\u2014 Mais vous viendrez habiter avec l\u2019une ou l\u2019autre, s\u2019écria Marie-Anne.La vieille demoiselle fit un geste de protestation.\u2014\tNon, mon enfant.Conçois-tu qu\u2019une aveugle puisse éprouver du plaisir à se déplacer ?Je resterai dans cette maison jusqu\u2019à ce qu\u2019il plaise à Dieu de me rappeler à lui.D\u2019ailleurs, je n\u2019y serai pas seule ; Louise et Paul, qui me servent depuis si longtemps, sont toujours là.Revenons à la proposition de Claire.Que décidez-vous ?\u2014 Il faudrait en parler à Daniel, murmura Anne-Marie.Comme s\u2019il avait entendu, le jeune homme fit son apparition dans le hall et d\u2019une voix claire, jeta : \u2014 De quoi faut-il parler à Daniel ?\u2014 Ah ! vous arrivez bien, mon cher enfant, fit Cécile avec élan.Tenez, prenez connaissance de cette lettre.Quand il eut parcouru les quelques lignes de tante Claire, Daniel arborait un large sourire.Il dit : \u2014 Cette suggestion me paraît tout à fait raisonnable, et j\u2019ajoute même providentielle.Les tristes événements que nous venons de vivre ne nous permettent pas d\u2019envisager notre mariage avant quelques mois.Alors, pourquoi ne pas aller passer cette attente chez la bonne tante Claire qui paraît attacher tant de prix à la présence de ses nièces ?Tante Cécile était radieuse ! \u2014 Je pense exactement comme vous, Daniel.Marie-Anne fit chorus : \u2014 Mais moi aussi.Un voyage, c\u2019est toujours amusant.N\u2019est-ce pas ton avis, Anne-Marie ?Celle-ci sourit à son fiancé : ANNIVERSAIRE Pour son neuvième anniversaire, Tante Julie félicite Jean-Jacques : \u2014 Et j\u2019espère, dit-elle, que plus tard tu deviendras un homme ! \u2014 Qu\u2019est-ce que tu veux que je devienne d'autre ?Un éléphant ?\u2014 Oh ! moi, pourvu que je sois avec Daniel ! Tante Cécile ajouta : \u2014 Vous choisirez un autre pays pour votre voyage de noces.\u2014 Je crois qu\u2019il est tout choisi, répondit le jeune homme en riant.J\u2019ai reçu mon affectation ce matin , je venais justement vous l\u2019apprendre.\u2014 Où ?Un seul cri pour deux voix.Les jumelles avaient parlé à la fois avec la même fougue ; mais tandis qu\u2019Anne-Marie, heureuse, souriait, Marie-Anne avait pâli.Car elle ne pouvait s\u2019empêcher de songer : Il va partir.je ne le verrai plus ?» Fier de son petit effet, Daniel fit attendre sa réponse.Puis il laissa tomber : \u2014-Rome.Je suis attaché à l\u2019Ambassade.Anne-Marie se jeta à son cou : \u2014 Rome !.c\u2019est merveilleux, Daniel.Il lui rendit son baiser, puis il reprit : \u2014 Je dois rejoindre mon poste dans trois mois.Je pense donc que nous devrons nous marier à la veille de notre départ.Le voyage vers Rome sera notre voyage de noces, ma chérie ! Il l\u2019entraînait sur la terrasse, désireux tout à coup de se trouver seul avec elle, et elle s\u2019abandonnait à la douce pression de son bras, la tête un peu penchée sur son épaule, un sourire extasié aux lèvres.Marie-Anne les regardait, le coeur atrocement serré, perdue dans un flot de pensées qui n\u2019étaient pas toutes bonnes ni nobles.Mais peut-on empêcher dans certaines circonstances nos mauvais instincts de gronder au fond de nous ?L\u2019homme qu\u2019elle aimait était là, tout près d\u2019elle, et elle n\u2019existait pas :îo l.K S AMI-1>! I) K CK M lilt K 1961 FOURNISSEURS BREVETES DE SA MAJESTE LA REINE DISTILLATEURS DE GIN TANQUERAY.GORDON & CO.LTD.IS- Mir\tfit V, ,f.//tt>, lDlISiniliiElK L©11Q)®M.E N G LA N D HftTlLLCO AND BOTTLËO IN LC-.TANQUERAY, GORDON & C?LTJ En bouteilles de 26% oz.et 40 oz, IEART OF A GOOD COCKTAIL pour lui.Entre eux, il y avait pour toujours cette forme charmante, câli-nement appuyée à son bras, il y avait Anne-Marie.VI Les deux jeunes filles hâtèrent leurs préparatifs de départ.La traversée de la Méditerranée constituait leur premier voyage en mer et leur ouvrait des perspectives de plaisirs nouveaux.Si court qu\u2019il fût, elles en escomptaient mille joies.L\u2019automne finissait, et Cannes, malgré la douceur de son climat, offrait dans ces premiers jours de décembre ! au ciel morose, des jardins défleuris : le mistral y soufflait, par moment, âpre j et dur.«A Alger, pensaient les jumelles, il fera beau et chaud.» Et elles se réjouissaient d\u2019y débarquer.\u2014 Je vous les confie, dit la bonne Cécile à Daniel, au moment, toujours un peu triste, des adieux.Ramenez-les moi heureuses et bien portantes.Elle voulut descendre au jardin pour accompagner les voyageurs jusqu\u2019à la voiture qui devait les emmener à la gare ; les bras des jumelles l\u2019entourèrent ; elle sentit des lèvres fraîches sur son vieux visage, puis elle serra longuement la main de Daniel.Le moteur ronflait et, sur la vaste promenade où peu de flâneurs s\u2019attardaient, l\u2019auto fila à vive allure.Tante Cécile s\u2019appuya au bras de sa fidèle Louise, et, essuyant furtivement j ses larmes, elle remonta vers la mai- | son.# >:« * La tristesse de l\u2019adieu dissipée, les jeunes filles retrouvèrent vite leur gaieté, et ce fut sans le moindre regret qu\u2019une fois installées dans le train elles virent s\u2019estomper peu à peu cette merveilleuse Côte d\u2019Azur où elles avaient vécu tant d\u2019heures faciles et heureuses.Les jeunes gens devaient séjourner une partie de la matinée à Marseille et ne monter à bord qu\u2019à deux heures de l\u2019après-midi.Quelques achats dans les grands magasins de la ville, un charmant déjeuner dans un luxueux restaurant, et ils prirent un taxi pour rejoindre le port.Quand ils y arrivèrent, le chauffeur, en leur ouvrant la portière, remarqua : \u2014 Fichu temps pour s\u2019embarquer.Le mistral balayait les rues, arrêtant la marche des passants, s\u2019engouffrant dans les maisons.Les jeunes gens sourirent de la pusillanimité bien méridionale du brave homme.Il remonta dans la voiture vaguement vexé ; la portière claqua.Daniel passa son bras sous celui d\u2019Anne-Marie, et, entraîna les jeunes filles vers l'embarcadère.Quelques instants plus tard la sirène du Neptune mugissait et le lourd navire glissait sur la Méditerranée qui, à vrai dire, commençait d être tout à fait hostile.Une très forte houle s\u2019était levée, soumettant le paquebot à un tangage qui rendait difficile l'installation des passagers.Anne-Marie, après avoir tant bien que mal disposé ses affaires dans la cabine qu\u2019elle partageait avec sa soeur, s\u2019efforça de rejoindre le salon des premières où l\u2019attendait Daniel.Un coup de roulis plus violent que les autres la plaqua au sol.Amusée de l\u2019incident elle tentait de se relever lorsqu\u2019une main providentielle vint à son secours.Enfin debout, cramponnée à la rampe de la coursive, elle fit face à son sauveteur.S\u2019inclinant sur la main qu\u2019elle lui tendait, celui-ci disait : \u2014 Vous n\u2019êtes pas blessée, j\u2019espère?Anne-Marie contemplait, un peu abasourdie, le magnifique garçon qui se tenait devant elle, un sourire aux lèvres.Nettement le meilleur pour les Gin et Tonie .et l\u2019essence même d\u2019un bon coquetel.IMPORTE D\u2019ANGLETERRE / Souriant à son tour, elle répondit : \u2014 J\u2019avoue que je n\u2019ai pas encore le pied marin.Merci, Capitaine, d\u2019être venu à point pour me sortir de cette situation un peu.ridicule.Rassurez-vous, je n\u2019ai rien de cassé.Le Capitaine rit, découvrant une rangée de dents éclatantes.\u2014 Je suis très heureux de vous avoir aidée, Mademoiselle.Ne croyez pas avoir été ridicule.N\u2019importe quel vieux loup de mer fût tombé dans les mêmes circonstances.La Méditerranée est très mauvaise aujourd\u2019hui.Je puis vous accompagner jusqu\u2019au salon, si vous le désirez ?Anne-Marie le remercia mais n\u2019ac- cepta pas son offre.11 prit aussitôt congé après s\u2019être de nouveau incliné légèrement.« Quel homme sympathique et séduisant ! » pensa-t-elle, en regardant s\u2019éloigner la silhouette élégante.Elle rejoignit Daniel dans le salon des premières, au moment où l\u2019orchestre attaquait un tango.Le jeune homme l\u2019enlaça aussitôt, et heureuse dans les bras tendres de celui qu\u2019elle aimait, elle lui raconta l\u2019incident en riant.La mer était maintenant très agitée.Mais personne ne semblait y prendre garde.Tout au plus s\u2019amusait-on des coups de roulis qui jetaient, quelquefois brutalement, les couples de danseurs les uns contre les autres.Les membres de l\u2019équipage offraient un visage impassible ; les officiers se montraient très courtois.Le Commissaire surveillait dans la salle à manger les garçons qui préparaient les tables ; le commandant, par deux fois, traversa le vaste salon, répondit par un sourire à quelques saluts.L\u2019heure du dîner sonna bientôt.\u2014 Pas de chance, un temps pareil ! soupira Marie-Anne ; impossible d\u2019aller sur le pont.J\u2019ai bien essayé mais une main de fer m\u2019a retenue au passage, et une voix m\u2019a dit : « A bord, il est défendu de se suicider : ne voyez-vous pas, Madame, que vous seriez aussi facilement enlevée qu\u2019un brin de paille ?» DÉCEMBRE I % ^I *W!A*5«9aE ltrrER J^ehthoe bras.Dans les grands yeux levés vers lui, il vit monter une lueur d\u2019angoisse.Doucement il les referma d\u2019un baiser très tendre.Puis il entoura ses épaules et, la regardant intensément, il murmura : \u2014 Allez dormir, chérie, je veille sur vous.Dites-vous bien que rien ne saurait vous atteindre tant que je suis de ce monde.Si cette tempête est alarmante et nous gâche la joie du voyage, soyez sûre qu\u2019elle est inoffensive ; les paquebots ne sombrent pas de nos jours, petite fille.Elle esquissa un sourire, rassérénée.\u2014 A demain, Daniel ! \u2014 A demain, mon amour ! Il l\u2019entendit refermer la porte de la cabine et alla rejoindre Marie-Anne avec un certain plaisir.11 admirait secrètement son courage.Elle était de la race des forts.Aussi ne chercha-t-il pas à feindre avec elle.D\u2019ailleurs, le visage grave de la jeune fille montrait | qu'elle avait compris le tragique de la situation.\u2014 Le chauffeur de taxi avait raison, dit-elle, mi-plaisante, mi-sérieuse.Peut-être eussions-nous mieux fait de nous ranger à son avis.Mais à présent.trop tard ! Il faudra vivre l\u2019aventure bonne ou mauvaise, et, hélas ! j\u2019ai grand peur qu\u2019elle soit en définitive mauvaise.\u2014 Je le crains aussi, murmura le jeune homme.Comme pour donner raison à leurs | paroles, un gigantesque paquet de va-| gués souleva brusquement le Neptuna, le navire, tout à coup désemparé, dressa sa quille vers les deux, puis retomba lourdement ; de la profondeur de scs flancs, une sorte de gémissement métallique monta, sinistre.Un choc très violent jeta Marie-Anne vers Daniel ; instinctivement il ouvrit les bras pour la protéger, et elle se trouva serrée contre lui, si étroitement, si fortement qu\u2019elle percevait les battements accélérés de son coeur.Ce qu\u2019elle avait tant de fois souhaité, si souvent rêvé, se réalisait.En dépit de la gravité de l\u2019instant, elle éprouva un bonheur indicible.Autour d\u2019eux, tout annonçait iimminence de la catastrophe, les cris terrifiés des passagers, les ordres brefs du commandant, les manoeuvres fiévreuses de l\u2019équipage, mais Marie-Anne, envahie par une joie étrange, songeait, heureuse, quelle allait mourir entre les bras de celui quelle aimait.L\u2019infirmière qui se penchait vers le lit regardait d\u2019un oeil attentif le jeune visage tendu vers elle.\u2014 Vraiment, Mademoiselle, vous voulez connaître la vérité.Vous vous sentez assez forte ?La malade s\u2019anima.Les joues pâles se colorèrent légèrement.\u2014 Oui, oui.Oh ! je vous en prie, donnez-moi la liste des rescapés ! L\u2019infirmière s\u2019inclina.\u2014 Voici.Entre les doigts amaigris, la mince feuille trembla.Comme il y en a peu ! soupira la convalescente.L\u2019infirmière hocha la tête.Hélas ! la catastrophe du Neptuiui est l\u2019une des plus graves que la marine française ait connue depuis fort longtemps.La malade s\u2019agita.\u2014 Mes yeux se brouillent.je n\u2019y vois rien.\u2014 Quels noms cherchez-vous ?demanda l\u2019infirmière compatissante.Elle répondit dans un souffle : \u2014 Celui de ma soeur: Anne-Marie Destrade ?Après quelques secondes de lecture, l\u2019infirmière dut se résoudre à dire la vérité.une fraîcheur neuve! Cameo Juste un soupçon de menthol Sagement, j\u2019ai battu en retraite.Peut-être, demain matin, y aura-t-il une accalmie ?Anne-Marie sourit en pensant à sa propre mésaventure et, l\u2019espace d\u2019une seconde, évoqua le visage viril de son sauveur.Les espoirs de Marie-Anne risquaient d\u2019être fortement déçus.A mesure que s\u2019éloignaient les côtes de France et que le paquebot gagnait la pleine ner, la violence de la tempête redoublait.Si bien que presque personne ne prit place à table.La plupart des passagers, saisis de malaises, avaient regagné leur cabine ; d\u2019autres s\u2019éclipsèrent, le potage à peine avalé.L\u2019orchestre s\u2019était tu, et, en fait de musique, il n\u2019y eut plus bientôt que le chant tumultueux et angoissant des vagues.Daniel commença de s\u2019inquiéter.Levant les yeux vers l\u2019officier en second, il le vit soucieux et il lui demanda à voix basse : \u2014 Lieutenant, que se passe-t-il?L\u2019officier lui répondit brièvement : \u2014 Rien de plus que ce que vous pouvez constater, c\u2019est déjà très suffisant.Daniel risqua une nouvelle question : \u2014 La situation est-elle alarmante ?\u2014 Oui, monsieur.Sur cette brusque réponse, le jeune officier s\u2019éloigna.Anne-Marie avait pâli : \u2014 Je n\u2019ai plus faim, déclara-t-elle; je préfère aller m\u2019étendre dans ma cabine.Tu m\u2019accompagnes, Marie-Anne ?Celle-ci ne voulut pas laisser perdre une occasion de se trouver en tête-à-tête avec Daniel.Elle répondit : \u2014 Non, j\u2019ai le coeur bien accroché, et cette danse, d\u2019un genre nouveau, m\u2019intéresse beaucoup ; je reste encore un peu.Anne-Marie s\u2019approcha de son fiancé.\u2014 Bonsoir, Daniel, dit-elle d\u2019une toute petite voix.\u2014 Je vous accompagne jusqu\u2019à votre cabine, dit-il.Devant la porte, il la prit dans ses LH SAM 1:1)1\t.DÉCKMBlîK 196] \u2014 Je ne vois sur la liste que le nom de Marie-Anne Destrade.\u2014 Mon Dieu ! mon Dieu ! soupira la jeune fille.L\u2019Infirmière était bouleversée.\u2014 Il faut espérer, tout n\u2019est pas perdu.Beaucoup de passagers peuvent avoir été recueillis par des bateaux étrangers.En ce moment, ils se trouvent peut-être, comme vous, dans un hôpital où on les soigne, où l\u2019on attend qu\u2019ils puissent donner des précisions.Marie-Anne se dressa sur son lit : \u2014 Et Daniel?.Puis-je le voir?L\u2019infirmière sourit : \u2014 Monsieur Armon va aussi bien que possible.Le médecin-chef a permis que vous lui rendiez une visite.Mais il vous demande d\u2019être très prudente en répondant aux questions qu\u2019il vous posera.Sous aucun prétexte il ne faut le contrarier ou.le détromper.Marie-Anne ne cacha pas sa surprise : \u2014 Que voulez-vous dire ?CHEZ LE DROGUISTE Le gosse entre et demande : \u2014 Vous avez de la poudre à punaises ?\u2014 Certainement.Pour combien ?\u2014 Je ne sais pas.On ne les a pas comptées ! \u2014\tS\u2019il demande sa fiancée, par exemple.Dans son délire, il en a beaucoup parlé.Il disait sans cesse : « Anne-Anne ! » Or, hélas ! elle n\u2019est pas là.Il est à craindre qu\u2019il ne s\u2019inquiète et cela serait dangereux pour lui.Marie-Anne devint tout à coup songeuse.\u2014\tMa soeur et moi étions jumelles et d\u2019une ressemblance si parfaite que meme ceux qui nous connaissaient bien nous confondaient.Alors.peut-être.Elle se tut, n\u2019osant pas continuer sa phrase.Ce fut l\u2019infirmière qui poursuivit.\u2014 Je pense qu\u2019il serait nécessaire que vous teniez le rôle de votre soeur jusqu\u2019à la guérison complète de Monsieur Daniel Armon.Après, si malheureusement on ne rertouve pas sa fiancée, il supportera plus facilement le choc que lui causera la vérité.Ce qui importe aujourd\u2019hui, c\u2019est de ne pas provoquer un bouleversement moral qui risquerait d\u2019être funeste pour sa raison.« Monsieur Daniel Armon a été grièvement blessé.Fracture du crâne, opération du trépan ; c\u2019est sérieux, Mademoiselle.Tout danger n\u2019est pas écarté.Mais si une forte émotion nouvelle peut lui être fatale, la joie, par contre, peut hâter sa guérison.\u2014 Je comprends, murmura pensivement Marie-Anne.L\u2019infirmière se pencha sur elle pres-qu\u2019à la toucher et la regarda profondément : \u2014 Vous vous sentez capable démentir et de jouer cette comédie charitable ?Marie-Anne sentit son coeur battre avec violence.\u2014 Oui, je m\u2019en sens capable.Du moins, j\u2019essayerai, ajouta-t-elle, épouvantée par la difficulté de cette tâche.L\u2019infirmière parut soulagée : \u2014 Alors, venez.Le docteur se trouve dans la chambre du blessé.Il a tenu à assister à votre première entrevue.Marie-Anne se leva.Elle se sentit si faible encore qu\u2019elle dut se retenir au bras de l\u2019infirmière pour ne pas tomber mais à mesure qu\u2019elle avançait sa marche se raffermissait et, lorsqu\u2019elle fut debout auprès du lit du jeune homme, elle se sentit solide.\u2014 Daniel ! appela-t-elle doucement.Au son de cette voix si vite reconnue, il ouvrit les paupières et regarda autour de lui.Alors, il la vit.Quelque chose comme un espoir doublé d\u2019une inexprimable angoisse passa sur son pâle visage.Il murmura : \u2014 Anne.\u2014 Anne-Marie.acheva-t-elle doucement, tandis qu\u2019un sanglot lui montait à la gorge.Il fit un effort pour se dresser mais dut y renoncer.Un cri lui échappa.\u2014 Mon Amour ! Il élevait les bras, tentait d\u2019attirer la forme adorable qu\u2019il avait cru à jamais perdue et qui, bien vivante, lui apparaissait.Marie-Anne dit doucement : \u2014 Daniel- Un sourire illumina son visage émacié.\u2014 Vous êtes là.c\u2019est bien vous.j\u2019ai eu si peur.si peur ! Elle tenta de le calmer, prise tout entière par son rôle.-\u2014Ne vous agitez plus.Apaisez-vous, il le faut.\u2014 Et Marie-Anne.?De nouveau, Marie-Anne eut envie de pleurer.Elle murmura : \u2014 Nous la retrouverons.plus tard.Daniel demanda encore : \u2014 Où sommes-nous ?Elle répondit : \u2014 A Alger.Mais, hélas ! pas comme nous l\u2019avions espéré.\u2014 Oh ! fit-il en portant les mains à son front, je me souviens.Ce fut horrible.Marie-Anne était près de moi, je sentis que le bateau se brisait en deux.Je voulus courir vers votre cabine, mais Marie-Anne s\u2019agrippait à mes vêtements ; je crois bien qu\u2019elle s\u2019était évanouie.et puis.et puis.\u2014 Ne parlez plus, Monsieur, dit le médecin-chef.Si vous tenez à vous rétablir, laissez les souvenirs en paix.Oubliez.Votre guérison dépend de votre sagesse.Daniel referma ses yeux ; sa tête lasse et lourde creusa un peu plus l\u2019oreiller.L\u2019infirmière fit un signe à la jeune fille, qui s\u2019éloigna, appuyée au bras du médecin.\u2014 Et vous, comment vous sentez-vous ?lui demanda-t-il paternellement.Elle ébaucha un pâle sourire : \u2014 Plus forte que je ne l\u2019aurais supposé.Il la regarda gentiment : \u2014 A vrai dire, vous ne nous avez guère donné d\u2019inquiétude.Une épaule luxée, quelques plaies légères.Vous vous en êtes tirée à bon compte.Le matelot qui vous a sauvée a réussi un bel exploit.Quant à votre fiancé.\u2014 Ce n\u2019est pas mon fiancé, coupa tristement Marie-Anne, il était celui Le médecin leva la tête, étonné.\u2014 Mais pourtant.Elle sourit faiblement.\u2014 Qu\u2019il m\u2019ait reconnue vous surprend ?Nous étions jumelles et nous nous ressemblions extraordinairement.Votre infirmière m\u2019a conseillé de lui laisser croire.Il l\u2019interrompit : \u2014 Elle a eu raison.Continuez à tenir votre rôle, Mademoiselle, jusqu\u2019à ce que je puisse répondre de mon malade.Et il vous devra beaucoup.Par la suite, vous ferez ce que votre conscience vous dictera.L\u2019étrangeté de cette dernière phrase et le regard qu\u2019il lui jeta firent comprendre à Marie-Anne qu\u2019il avait pénétré son secret.Ce n\u2019était pas en soeur qu\u2019elle s\u2019était penchée sur Daniel.Ce n\u2019était pas en soeur qu\u2019elle avait caressé son visage de ses mains et de ses lèvres.Elle ne jouait pas un rôle : elle Publishers: File two copies of this Form with your postmaster.Dans un verre mettez uri zeste de citron et de la glace versez-y du vermouth MARTINI & ROSSI puis prenez votre temps \u201cla vie sourit avec Martini & Rossi on the rocks\u201d! ; Embouteillé en Italie Hü MONTREAL OFFICE GENERAL DES GRANDES MARQUES, LTEE STATEMENT REQUIRED BY THE ACT OF AUGUST 24, 1912, AS AMENDED BY THE ACTS OF MARCH 3, 1933, JULY 2, 1916 AND JUNE 11, I960 (71 ST AT.208) SHOWING THE * OWNERSHIP, MANAGEMENT, AND CIRCULATION OF .LJR.8MIBDI.(Insert exact title of publication) St.Albans, Vermont.(Name of poet office und State where publication h»« second-clue entry) published .monthly (SUte eiect frequency of ieaue) .for .monthly.shipments la 1.The names and addresses of the publisher, editor, managing editor, and business managers are: Name pubii8hcr .Poirier Besse11e & Cie Limitee Editor .*.-.Managing editor .G érard- GodcLlI.-.Business manager 0,« .Kj_6.Ild.6ciU.Address Montreal P.Q.¦ « « 2.The owner is: (If owned by a corporation, its name and address must be stated and also immediately thereunder the names and addresses of stockholders owning or holding 1 percent or more of total amount of stock.If not owned by a corporation, the names and addresses of the individual owners must be given.If owned by a partnership or other unincorporated firm, its name and address, as well as that of each individual member, must be given.) Name\tAddress Poirier Bessette & Cic Limitée.10$ of total shares _ 3.The known bondholders, mortgagees, and other security holders owning or holding 1 percent or more of total amount of bonds, mortgages, or other securities are: (If there are none, so state.) Name\tAddress .None.\u2014 4.\tParagraphs 2 and 3 include, in cases where the stockholder or security holder appears upon the books of the company as trustee or in any other fiduciary relation, the name of the person or corporation for whom such trustee is acting; also the statements in the two paragraphs show the affiant's full knowledge and belief as to the circumstances and conditions under which stockholders and security holders who do not appear upon the books of the company as trustees, hold stock and securities in a capacity other than that of a bona fide owner.5.\tThe average number of copies of each issue of this publication sold or distributed, through the mails or otherwise, to paid subscribers during the 12 months preceding the date shown above was: (This information is required by the act of June 11, 1960 to be included in all statements regardless of frequency of issue.) .\t81^233 COP j.63 .(Signature of editôk publiaher, buaineu Sworn to and subscribed before me this day of.(My commission empires LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 était trop sincère et le médecin s\u2019en était rendu compte.Epuisée, elle se jeta sur son lit et s\u2019endormit d\u2019un sommeil haché de cauchemars et de rêves.Vlil Les jours passèrent.Daniel se rétablissait plus vite qu\u2019on ne l\u2019eut espéré.Sans cesse il réclamait auprès de lui sa fiancée.Marie-Anne accourait aussitôt.Elle, naguère si volontaire, si impérieuse, elle ne montrait plus que douceur et soumission : une réplique parfaite d\u2019Anne-Marie.Comment ne serait-il pas mépris ?Aucun doute ne l\u2019effleurait.Il avait retrouvé celle qu\u2019il aimait telle qu\u2019elle était.\u2014 Pauvre Marie-Anne, dit-il un soir ; la reverrons-nous jamais ?Elle était si charmante .j\u2019éprouvais pour elle une affection vraiment fraternelle.Je me sens attristé par sa disparition mais je ne puis m\u2019empêcher de remercier Dieu de ce qu\u2019il m\u2019ait conservé celle que j\u2019aimais plus que tout.Il la serra contre lui, farouchement.\u2014 Vous, morte, Anne-Marie, j\u2019aurais refusé de vivre.Une violente émotion s\u2019empara de Marie-Anne.\u2014 Taisez-vous! supplia-t-elle, toute pâle.Mais il n\u2019entendit pas sa supplication et poursuivit : \u2014 Car ce n\u2019eût pas été vivre que de promener sur la terre un corps sans âme, que d\u2019errer dans une solitude totale jusqu\u2019à la fin de mes jours.Vous disparue, aucune femme jamais n\u2019aurait arreté mon regard.11 n\u2019y a que vous, Anne-Marie, vous et rien d\u2019autre ! Il ajouta comme une plainte : \u2014 J\u2019ai besoin de vous.Oh! si vous saviez comme j\u2019ai besoin de vous ! L\u2019amour de Marie-Anne fut plus fort que son désarroi.Elle promit, avec une sorte de fièvre : \u2014 Je ne vous quitterai jamais.Et dès cette minute, elle sut qu\u2019elle acceptait l\u2019inévitable, c\u2019est-à-dire le mensonge, l\u2019imposture, car si sa soeur ne reparaissait jamais, elle sentait que ce mensonge durerait autant que leur vie.La convalescence de Daniel s\u2019acheva chez la bonne tante Claire, désespérée d\u2019être la cause involontaire du terrible drame qui plongeait sa famille dans l\u2019angoisse.N\u2019était-ce pas son appel réitéré qui avait décidé du tragique voyage ?A Cannes, la tante Cécile se cloîtrait dans ce nouveau malheur, et personne ne franchissait plus la porte de la belle villa.Elle ne retrouva un pauvre sourire que le jour où Marie-Anne \u2014 devenue définitivement Anne-Marie \u2014 lui envoya un télégramme pour annoncer leur retour.Marie-Anne retrouva sa chambre avec une espèce d\u2019épouvante.La pièce à côté lui rappelait trop cette soeur qu\u2019elle n\u2019avait jamais autant chérie que depuis qu\u2019elle s\u2019apprêtait à la remplacer dans la vie de l\u2019homme qui avait pris leur coeur à toutes les deux.« Pardonne-moi, suppliait-elle, pardonne-moi d\u2019exister alors que tu n\u2019es plus.Ce n\u2019est pas de ma faute : je ne l\u2019ai pas cherché.Pardonne-moi d\u2019être heureuse.pardonne-moi d\u2019obéir à l\u2019Amour.» La tête enfouie dans l\u2019oreiller où Anne-Marie avait enfoncé si souvent son visage, ses beaux cheveux dorés, dénoués, longtemps, longtemps, Marie-Anne médita.pleura.Quand elle fut calmée, elle retourna dans sa chambre, s\u2019étendit sur son lit.essaya de dormir.Mais une pensée, obsédante, revenait sans cesse frapper son esprit : « Tu t\u2019apprêtes à épouser Daniel, disait une voix insidieuse, et pourtant Anne-Marie peut un jour revenir.Rien ne prouve qu\u2019elle soit morte.» Alors, elle se boucha violemment les oreilles comme si ce geste pouvait lui permettre de ne plus entendre ces paroles menaçantes.* * * Cependant, bourrelée de remords, déchirée par des sentiments contraires, il y eut un jour où, s\u2019agenouillant auprès de la vieille demoiselle, Marie-Anne ne put retenir la vérité.Dans un sanglot elle dit : \u2014 Tante Cécile ! je n\u2019en puis plus ! je n\u2019en puis plus de mentir, de jouer ce rôle effrayant qui m\u2019écrase ; je ne sais pas si je suis un monstre d\u2019égoïsme ou un ange de dévouement.Tante Cé- AU THEATRE Un spectateur du balcon dit à son voisin : \u2014 Je ne vous comprends pas.Vous venez de bombarder le ténor avec des tomates et maintenant que le rideau est baissé, vous l'applaudissez ! \u2014 C\u2019est pour qu\u2019il revienne: j\u2019ai encore deux tomates ! cile, je vous en supplie, dites-moi ce qu\u2019il faut que je fasse.Et comme la vieille demoiselle la regardait, interloquée, elle ajouta : \u2014\tJe ne suis pas Anne-Marie, je suis Marie-Anne.La foudre tombant aux pieds de tante Cécile ne l\u2019eût pas autant bouleversée.Elle eut un faible cri : \u2014\tMon Dieu ! Est-ce possible ?Est-ce que je rêve ?Puis ses vieilles mains tremblantes relevèrent sa nièce prostrée, de ses yeux affaiblis, elle tenta désespérément de scruter le visage baigné de larmes.\u2014 A quoi bon chercher la vérité sur mon visage, dit la jeune fille avec une douleureuse ironie, vous savez bien qu\u2019Arne-Marie et moi nous nous ressemblions trop pour que même le regard le plus clairvoyant puisse ne pas s\u2019y tromper, Daniel lui-même.La stupéfaction de tante Cécile faisait place à une sorte d\u2019indignation.Elle s'écria : \u2014 Pourquoi lui avoir caché la vérité ?Marie-Anne répondit d\u2019un ton qui laissait apparaître son désarroi : \u2014 Pour obéir ou médecin, à l\u2019infirmière, qui m\u2019assuraient que cette vérité tuerait Daniel plus sûrement que la blessure reçue sur ce maudit bateau.La vieille demoiselle n\u2019était pas convaincue : \u2014 Quand il était encore en danger, quand il était en convalescence, j'admets ton mensonge.Mais à présent ?Daniel a retrouvé son équilibre ; il peut supporter la vérité.Marie-Anne regarda longuement sa tante : \u2014 En êtes-vous bien sûre ?Celle-ci se troubla, puis balbutia : \u2014 Evidemment, je ne puis rien affirmer.\u2014 Moi, je peux vous assurer, jeta Marie-Anne avec force, que Daniel n\u2019est pas redevenu le Daniel d\u2019autrefois.Lui apprendre aujourd\u2019hui, brutalement, la mort de celle qu\u2019il aimait par dessus tout, équivaudrait à le tuer.\u2014 Alors, soupira la pauvre tante Cécile, je ne vois pas d\u2019autre solution que de continuer.jusqu\u2019au bout, ce mensonge que les circonstances, bien plus que ta volonté, t\u2019ont imposé.\u2014 Que voulez-vous dire ?interrogea Marie-Anne, haletante.La tante Cécile ne répondit pas ; Daniel entrait.Sur son visage émacié, encore tendu, apparut, quand il vit le beau regard de sa fiancée chercher anxieusement le sien, une sorte d\u2019apaisement.\u2014\tAnne-Marie, murmura-t-il avec tendresse.\u2014\tMes enfants, mes chers enfants, dit soudain la voix étrangement grave de tante Cécile, je vous conseille de vous marier le plus vite possible.L\u2019âme de ta soeur Anne-Marie ne pourra s\u2019offenser de votre bonheur.Auprès de Dieu il n\u2019y a plus que la paix éternelle.Cette phrase à double sens jeta le trouble dans l\u2019âme de Marie-Anne.\u2014\tAttendons encore, murmun-t-elle.Ah ! j'ai un poids si lourd sur mon coeur ! Si nous pouvions avoir une certitude, mon Dieu, n\u2019importe laquelle, d\u2019échapper à ce terrible doute, à cette éternelle question : Est-elle morte ?.est-elle vivante ?Daniel ne put réprimer un geste d\u2019impatience.\u2014\tQu\u2019espérez - vous, Anne - Marie ?.dit-il plus sèchement.Toutes les recherches possibles ont été faites, vous le savez bien ; nous avons multiplié les démarches, les enquêtes, et rien, toujours rien.La mer garde quelquefois jalousement ses victimes.Il faut voir la vérité en face et l\u2019accepter, si dure soit-elle.Tante Cécile regarda profondément sa nièce et dit en détachant ses mots.\u2014\tSi, par miracle, ta soeur nous était rendue, je suis certaine qu\u2019elle vous aimait trop, tous les deux, pour ne point admettre et comprendre que vous ayez consenti à être heureux, en dehors d\u2019elle.Les dés étaient jetés.Ces simples mots fixaient à jamais le destin.Et pourtant la jeune fille avait raison d\u2019espérer et de redouter à la fois que sa soeur fut vivante.Un drame allait se jouer.DEUXIEME PARTIE Anne-Marie se dressa sur son lit, et, d\u2019une voix où raisonnaient pour la première fois depuis de longs jours des accents d\u2019allégresse, elle cria : \u2014 Madame ! Oh, Madame ! De la pièce à côté, des bruits de pas précipités se firent entendre et la Mère UN GOSSE A LA PLAGE Papa, à Toto qui vient d\u2019avoir sept ans : \u2014 Est-ce que ça te plairait d\u2019avoir un petit frère ou une petite soeur ?Et Toto, avec un clin d\u2019oeil : \u2014 Et si je te répondais non, qu'est-ce que tu ferais du moutard ?supérieure ouvrit la porte.Elle demanda doucement : \u2014 Qu\u2019y a-t-il, mon enfant ?Anne-Marie la regardait comme si tout à coup elle découvrait la vie.\u2014 Je ne sais pas ce qui m\u2019arrive.il me semble que je ressuscite.J\u2019ai été malade, n\u2019est-ce pas ?La religieuse sourit.\u2014 Vous dormiez profondément d\u2019un sommeil à peine interrompu de temps à autre ; quelque chose ressemblant à la mort.Pourtant le docteur, qui s\u2019intéresse à votre cas, depuis six mois que vous êtes arrivée ici, n\u2019a jamais désespéré de vous voir sortir de cette longue prostration.Il va être rudement content quand il passera à l\u2019heure de la visite ! Les yeux d\u2019Anne-Marie allaient de la pièce à la religieuse.\u2014 Madame.ma Mère, veux-je dire, comment se fait-il que je sois ici ?Ra-contez-moi ce qui s\u2019est passé, je vous en prie ! La Mère supérieure répondit de bonne grâce : \u2014 Je ne sais pas grand-chose, sinon que vous nous avez été amenée, complètement inconsciente, un froid matin de décembre, par Diego le pêcheur.Il y avait eu, les jours précédents, une terrible tempête en Méditerranée, provoquant de nombreux naufrages, notamment du Neptuna, sur lequel vous vous trouviez probablement.\u2014 Oui, je m\u2019y trouvais ! s'écria la jeune fille.La religieuse baissa un peu le ton et poursuivit : \u2014 Il y eut beaucoup de victimes, hélas ! et fort peu de survivants.Quand Diego vous aperçut, vous gisiez au fond d\u2019une chaloupe qui ne tenait plus sur l\u2019eau que par miracle.A vos côtés se trouvaient un mort et un blessé.Nous avons enseveli l\u2019un, pieusement, et soigné l\u2019autre.Aucun de vous n\u2019avait sur lui de pièces d\u2019identité.Sans doute, nous ne saurons jamais le nom du malheureux qui repose dans l'humble cimetière du village.Quant au survivant, il reprit assez vite conscience, et nous apprîmes qu\u2019il se nommait Richard Harty.C\u2019est un des plus célèbres pilotes de l\u2019aviation anglaise.Anne-Marie eut un petit cri de surprise.\u2014 Richard Harty?.Oui, eu effet, j\u2019avais fait sa connaissance sur le Nep-tuna.La religieuse reprit : \u2014 Il nous a dit d\u2019ailleurs qu\u2019il vous connaissait mais qu\u2019il ignorait votre nom.Lorsqu\u2019il nous a quittés, rétabli, il y a trois mois, il nous a fait promettre de lui donner de vos nouvelles.Anne-Marie évoqua une seconde l\u2019athlétique silhouette du Capitaine, mais elle avait hâte d\u2019en savoir davantage, et ne s\u2019y attarda pas.\u2014 Continuez, ma Mère, je vous en prie.La religieuse poursuivit son récit : \u2014 Par quel heureux hasard, vous trouviez-vous réunis, vous deux et le mort inconnu, dans cette frêle embarcation ?Nous ne le saurons jamais.Il est probable que vous y avez été déposée, déjà inconsciente sans doute, par Richard Harty.Mais il s'est montré sur ce point d\u2019une discrétion farouche.Diego, après vous avoir découverts, vous prit dans ses bras, les uns après les autres, et vous amena dans notre maison.Ce village Espagnol \u2014 car vous vous trouvez en Espagne \u2014 en bordure de la mer, connaît souvent des drames du même genre.Nous supposâmes que vous étiez passagère du Neptuna.Richard Harty nous le confirma par la suite, et qu\u2019un jour on vous rechercherait.Mais nous sommes ici en un lieu désert, coupé du monde.Il n\u2019 ya ni journaux ni radio, et nous ne savons pas si quelqu\u2019un s\u2019est intéressé à votre sort.Vous allez pouvoir vous mettre en rapport avec votre famille et la rejoindre bientôt.Car vous avez une famille, je suppose ?Les yeux d\u2019Anne-Marie s\u2019embuèrent.Elle pensait à Marie-Anne et surtout à Daniel.Qu\u2019allait-elle apprendre sur leur sort ?\u2014 Oui, je m\u2019appelle Anne-Marie Des-trade.J\u2019ai une soeur jumelle, Marie-Anne, et une vieille tante qui réside à Cannes, sur la Côte d\u2019Azur.Et puis-je suis fiancée.Ma soeur et mon fiancé se trouvaient sur le Neptuna.Des sanglots l\u2019interrompirent.La Mère supérieure tenta de la calmer.34 \u2022 LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 \u2014\tIl ne faudrait pas abuser de vos forces, dit-elle maternellement.Ne parlez plus, mon enfant.Mais Anne-Marie sécha ses larmes et insista : \u2014\tSi, je veux, je dois continuer.Nous nous étions embarqués pour Alger, sur le Neptuna.Un peu lasse, j\u2019avais quitté le grand salon et regagné ma cabine où je m\u2019efforçais de dormir.Je fus réveillée par un bruit effroyable et j\u2019eus la sensation terrible que le navire se brisait.Je m\u2019élançai au dehors, dans le couloir, je me heurtai à des passagers affolés.On entendait partout des cris, des appels, des hurlements de terreur.L\u2019électricité s\u2019éteignit, je marchai dans le noir, je n\u2019avais qu\u2019une pensée : retrouver Marie-Anne et mon fiancé.Je criai : « Daniel! Daniel ! » et je me trouvai bientôt sur le pont.Sans réaliser pleinement ce qui m\u2019arrivait, je sentis qu\u2019on me passait autour du corps une ceinture de sauvetage, puis un homme me souleva \u2014 il me sembla que c\u2019était un marin \u2014 m\u2019emporta et me jeta dans une embarcation déjà pleine à craquer.Ma tête heurta quelque chose de froid, de dur.J\u2019eus l\u2019impression que je mourais.Et je me suis retrouvée ici en train de vous parler.Cette suite de souvenirs tragiques avait fait naître une lueur de terreur dans les beaux yeux pleins de larmes.\u2014 Pauvre petite ! murmura la religieuse attendrie.Anne-Marie fit un effort pour refouler ses larmes et posa enfin la question qui lui tenait tant à coeur.\u2014 Ma soeur.mon fiancé.que sont-ils devenus ?La Mère supérieure eut un geste d\u2019impuissance.\u2014 Je l\u2019ignore.Ici, dans ce village perdu, je vous l\u2019ai dit, les nouvelles ne parviennent guère.Croyant qu\u2019on lui cachait quelque chose, Anne-Marie s\u2019insurgea : \u2014 On a pourtant dû publier des listes de rescapés.\u2014 Sans aucun doute.Mais tout cela est déjà vieux : les journaux de l\u2019époque doivent être introuvables.Le mieux, je pense, est que vous écriviez tout de suite à Cannes ; à votre tante, par exemple.\u2014 Ah ! ma Mère, je veux tout savoir.Que sont devenus ma soeur et mon fiancé ?Il faut écrire.Tout de suite.Ah ! je vous en supplie.La Mère supérieure répondit doucement : \u2014 Ecrire ?je ne demande pas mieux, mais à qui ?Anne-Marie ne se calmait pas.Elle reprit : \u2014 Pas à ma tante.Pauvre Tante Cécile, l\u2019obliger peut-être à m\u2019apprendre elle-même.La jeune fille se crispa à cette idée : \u2014 J\u2019ai peur.J\u2019ai peur de ce que je vais apprendre.La religieuse lui sourit pour l\u2019encourager.Puis elle lui dit lentement : \u2014 Il faudra bien qu\u2019un jour vous sachiez la vérité, même si elle doit vous meurtrir.Anne-Marie ne répondit pas.Elle reposa sur l\u2019oreiller sa tête douloureuse, ferma les yeux, essaya de ne plus penser.La religieuse s\u2019éloigna, à petits pas feutrés et, sans bruit, referma la porte de la chambre.Un silence complet enveloppa la malade mais elle n\u2019en éprouvait aucun bien-être.Elle était en proie à un violent bouleversement intérieur.La trop récente tragédie lui causait une intolérable angoisse, l\u2019étouffait.Seuls, deux noms chantaient au fond de sa mémoire : Daniel !.Marie-Anne !.L\u2019homme qu\u2019elle aimait.la soeur chérie.Ou se trouvaient-ils à cette heure ?Pourquoi ne s inquiétaient-ils pas d\u2019elle ?Etait-il possible qu\u2019ils l\u2019aient abandonnée ?Un village si petit qu\u2019il soit, même perdu au fond d\u2019un grand pays, n\u2019est pas inaccessible.Alors pourquoi Daniel et Marie-Anne n\u2019étaient-ils pas venus l'y rechercher ?A cette douloureuse question, une voix impitoyable répondit :\t« Parce qu\u2019ils sont morts ».Ce fut si cruel, si atroce que, se soulevant brusquement, Anne-Marie cria comme si elle venait de faire un cauchemar.Cette plainte désespérée fit à nouveau accourir la Mère supérieure.\u2014 Vous souffrez, mon enfant ?de-manda-t-elle avec une tendre pitié.Désirez-vous quelque chose ?.Avez-vous soif ?\u2014 Je n\u2019ai soif que de vérité.Ah ! ma Mère, je veux savoir ! Une vision d\u2019horreur passa devant les yeux de la jeune f ile.La religieuse eut brusquement une idée : \u2014 Nous possédons à Cannes une maison semblable à la nôtre ; voulez-vous que je m\u2019adresse à la Supérieure ?Anne-Marie s\u2019accrocha à cette proposition comme à une planche de salut : \u2014 C\u2019est cela.Oh! oui, c\u2019est cela.Je connais ce couvent des Soeurs de Saint-Vincent de Paul.J\u2019y allais souvent porter quelques secours.de simples offrandes.on s\u2019y souvient certainement de moi.\u2014 Eh bien, ma lettre partira ce soir, je vous le promets.La jeune fille ajouta alors dans un souffle : \u2014 Dites qu\u2019Anne-Marie Destrade est vivante et demandez s\u2019il en est de même de Marie-Anne Destrade et de Daniel Armon.Elle retomba sur son lit, porta la main à son front et, pour la première fois, s\u2019étonna d\u2019y palper un bandeau lui encadrant le visage.\u2014 Vous avez été blessée, expliqua la religieuse.Assez profondément.Mais rien qui mette votre vie en danger ni qui atteigne la vue.Et elle s\u2019en alla d\u2019un pas rapide, comme si elle craignait d\u2019en dire davantage.Le médecin, contrairement à ses habitudes ne passa que tard dans la soirée.Il trouva la Supérieure dans son bureau, penchée sur une grande feuille de papier.\u2014 Je vous dérange?dit-il.Vous faites vos comptes ?Sans lever la tête, la religieuse répondit : \u2014 Nullement, j\u2019écris une lettre.Une lettre qui concerne notre petite rescapée.Et je vous annonce une bonne nouvelle, docteur : elle s\u2019est réveillée, elle a même trouvé la mémoire.\u2014 Ah ! triompha le médecin, que vous disais-je?Je savais que le traitement donnerait de bons résultats.Mais comment est-elle ?Pas d\u2019agitation anormale ?d\u2019incohérence dans les propos?La Mère supérieure le rassura : \u2014 Elle m\u2019a paru tout à fait normale.Le médecin reprit : -Sait-elle d\u2019où elle vient?Se rappelle-t-elle son nom ?\u2014 Mais oui.Elle se nomme Anne-Marie Destrades, habite Cannes.Elle se trouvait avec sa soeur et son fiancé à bord du Neptuna, ce paquebot qui a sombré au cours de la fameuse tempête au long de nos côtes.Elle m\u2019a priée do m\u2019adresser à notre communauté de Cannes pour savoir si sa soeur et son fiancé ont, eux aussi, échappé à la catastrophe.Elle ne veut pas écrire elle-même tant elle redoute la réponse.Le médecin approuva : \u2014 Elle a raison, remarqua-t-il.Comment expliquer qu\u2019ils ne l\u2019aient pas recherchée s\u2019ils sont vivants ?Il ajouta : \u2014 Je vais voir notre ressuscitée.Prêt à partir, il se retourna vers la [ Lire la suite page 37 ] MONSIEUR LE BRICOLEUR UN COIN ENCOMBRE QUE LE CONTREPLAQUE DE SAPIN METAMORPHOSE EN UNE SPACIEUSE GARDE-ROBE Rien n\u2019est plus disgracieux qu\u2019un coin encombré de bottes sales et de vêtements de travail ou à tout faire.Et cependant, à la ville comme à la campagne, on trouve des coins de ce genre dans presque toutes les habitations.Leurs habitants les supportent sans faire quoi que ce soit pour y remédier.Puisqu\u2019il y a de l\u2019espace disponible pour ces articles ou ces effets, rien n\u2019empêche donc de le transformer en une garde-robe attrayante.L\u2019illustration ci-dessus décrit la solution à ce problème, qui au fond est très simple.Toute personne capable de manier un marteau et une scie peut facilement construire une garde-robe de ce genre.Faite de contreplaqué de sapin, la garde-robe ci-dessus s\u2019adapte facilement à l\u2019espace disponible utilisée comme espace de rangement.Votre marchand de bois est en mesure de vous fournir tous les renseignements nécessaires quant à la finition et à la peinture.Il vous fournira également le contreplaqué de sapin et le bois de charpente qu\u2019il vous faudra.Les portes de contreplaqué de sapin de 3/i de pouce reposent sur des charnières régulières montées directement sur les principaux piliers de charpente de 2 x 4.Les charnières sont vissées dans la charpente.En peinturant les piliers d\u2019une couleur unie afin qu\u2019elle contraste avec la finition naturelle des portes, vous réussirez un effet d\u2019ensemble très joli.Vous pourriez même peinturer toute la garde-robe en une seule couleur unie pour qu\u2019elle s\u2019intégre harmonieusement au reste de la pièce.Des détails sont donnés dans l\u2019illustration sur l\u2019installation et la charpente des tablettes et du plancher.Il est à noter que les tablettes et le plancher ne touchent pas à la porte, mais s\u2019arrêtent derrière les piliers mesurant 2 x 4.Ceci afin que l\u2019air puisse circuler librement dans la garde-robe.Une telle circulation d\u2019air empêche la moisissure de se manifester si par hasard vous rangez des vêtements mouillés dans la garde-robe.h UJ CONTREPLAQUE Y4 fil?TtelETTE PLANCHER- A.E RATION \u2022 LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 35 3 HORIZONTALEMENT 1- \u2014 Maladie fébrile, chez les enfants.\u2014 Qui est essentielle à la vie.\u2014 \u2014 Fonction de celui qui gouverne un Etat pendant l\u2019absence du souverain.2.\t\u2014 Est présent.\u2014 Quatrième partie du jour.\u2014 Cylindre en laiton pour nettoyer l\u2019âme d\u2019une arme à feu.3.\t\u2014 De l\u2019alphabet grec.\u2014 Construc- teur de l\u2019arche.\u2014 Grosse pilule.\u2014 Usages.\u2014 Marmite.\u2014 Equerre.\u2014 Préfixe.4.\t\u2014 Colère.\u2014 Plus petit.\u2014 Petite malle très légère.\u2014 Tesson.5.\t\u2014 Prend le repas du milieu du jour.\u2014 Morceau de fonte provenant de l\u2019éclatement d\u2019un projectile.\u2014 Ancien navire de guerre.\u2014 Epice composée de piment, curcuma, etc.6.\t\u2014 Du verbe être.\u2014 Etablir les prix, les droits de.\u2014 En cet endroit.\u2014 Région ténébreuse qui s\u2019étend au-dessus de l\u2019Enfer.\u2014 Cuisinier du bord, sur les grands navires.7.\t\u2014 Supporter avec indulgence.\u2014 Mé- prisable (fig.).\u2014 Lieu où s\u2019arrêtent des troupes en marche.\u2014 A découvert.8-\t\u2014 Rangée de saules.\u2014 Qui publie l\u2019oeuvre d\u2019un auteur.\u2014 Lac d\u2019Ethiopie, où naît le Nil bleu.9-\t\u2014 Poison tiré du latex.\u2014 Cul-de-sac d\u2019un canal glandulaire.\u2014 Passage resserré entre deux montagnes.10' \u2014 Abréviation de ampère-heure.\u2014 Dans.\u2014 Bouche.\u2014 Dans la Rose det Vents.\u2014 Pronom.\u2014 Dieu de la guerre, chez les Gaulois.11.\tNuage.\u2014 Blanchir le sucre au moyen de terre glaise mise dans les forums.\u2014 Autrefois, femme d\u2019un noble.\u2014 Voyelles jumelles.\u2014 Fleuve.12.\t\u2014 Découpure saillante.\u2014 D\u2019une ma- nière qui commet une profanation de choses sacrées.\u2014 Incursion rapide, exécutée en territoire ennemi.13.\t\u2014 Métal.\u2014 Symbole chimique de l\u2019argent.\u2014 Préposition qui marque privation.\u2014 Qui vend trop cher (fig-)' \u2014 Règle obligatoire.14.\t\u2014 Regarda en visant.\u2014 Chemin de halage.\u2014 Petit poème lyrique.\u2014 Créée.\u2014 Alterre Royale (abr.).S\u2019emploie dans l\u2019intimité.15.\t\u2014 Membre d\u2019une congrégation reli- gieuse enseignante.\u2014 De taille élevée.\u2014 Lisière d\u2019un bois.16.\t\u2014 Se dit d\u2019une personne qui a quitté la religion catholique après l\u2019avoir embrassée volontairement.\u2014 Qui excédent de beaucoup la stature ordinaire.\u2014 Ensemble de divers symptômes morbides qui existent dans beaucoup de maladies.Solution du mois précédent Les Mots Croisés du \"Samedi\" S 6 8 9 10 II 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 ' T / Lis 17.\t\u2014 Particule du dialecte provençal.\u2014 Pratique des exercices physiques.\u2014 Grand chat de l\u2019Asie.\u2014 Evaporée (fig.).18.\t\u2014 Bison d\u2019Europe.\u2014 Ville des Pays- Bas (Drenthe).\u2014 Symbole chimique du germanium.\u2014 Louer à l\u2019excès, pour séduire.\u2014 Symbole chimique de l\u2019hélium.19.\t\u2014 Mesure pleine jusqu\u2019aux bords.\u2014 Petit espace de temps (fig.).\u2014 \u2014 Danses.\u2014 Une des collines de Jérusalem.20.\t\u2014 D\u2019un verbe gai.\u2014 Rivière de France.\u2014 Diversifier.\u2014 Hideux.21.\t\u2014 Préfixe privatif.\u2014 Nom vulgaire des mammifères du genre bra-dype.\u2014 Genre de légumineuses.\u2014 Du verbe aller.\u2014 Article contracté.\u2014 Mois.\u2014 Se suivent dans piano.22.\t\u2014 Logement des bestiaux.\u2014 Clôture de branchages entrelacés.\u2014 Vêtement dépenaillé.23.\t\u2014 Est impressionné.\u2014 Marche des astres.\u2014 Qui avance, qui sort en dehors.VERTICALEMENT 1.\t\u2014 Qui se meuvent avec vitesse.\u2014 Extenseur de caoutchouc servant d\u2019appareil de gymnastique.\u2014 Correspondance.2.\t\u2014 L\u2019un des dieux de l\u2019ancienne Egypte.\u2014 Accueillir par des cris improbateurs.\u2014 Appréhension.3.\t\u2014 Usages.\u2014 Dans.\u2014 De l\u2019alphabet grec.\u2014 De lui.\u2014 Douleur physique.\u2014 Point cardinal.\u2014 Le meilleur en son genre.4.\t\u2014 Eau-de-vie.\u2014 Rebut de la filasse du chanvre.\u2014 Cacheras.\u2014 Préfixe d\u2019abstraction.5.\t\u2014 Père de Jason.\u2014 Marchant.\u2014 Catarrhe naso-bronchique.\u2014 Abjecte.6.\t\u2014 Enlevé.\u2014 Engendrées.\u2014 En les.\u2014 Battu avec excès.\u2014 Dans.7.\t\u2014 Article.\u2014 Premier officier mu- nicipal.\u2014 Support latéral d\u2019un siège.\u2014 Achevé.8.\t\u2014 Raye ce qui est écrit.\u2014 Tissu de coton.\u2014 Qui peut être facilement entamé.9.\t\u2014 Uni par confédération.\u2014 Entouré.\u2014 Nuancés.10.\t\u2014 A eux.\u2014 Particule qui donne plus de force à l\u2019affirmation.\u2014 Divinités qui présidaient à la gaieté.\u2014 Préfixe qui indique une idée de terre.\u2014 Règle double.\u2014 Interjection.11.\t\u2014 Préfixe.\u2014 Ancienne note.\u2014 Dé- faut.\u2014 Fruit comestible.\u2014 De l\u2019alphabet hébreu.12.\t\u2014 Mouvement circulaire.\u2014 Temps pendant lequel un procès est pendant.\u2014 Fourrure blanche et grise.13.\t\u2014 Vieillesse.\u2014 Sulfure naturel de plomb.\u2014 Greffe.\u2014 Du verbe aller.\u2014 En les.14.\t\u2014 Article.\u2014 S\u2019emploie pour encou- rager.\u2014 Possédée.\u2014 Article contracté.\u2014 Etui de métal qui protège le doigt.\u2014 Composition qui donne au teint plus d\u2019éclat.15.\t\u2014 Carton qui sert à couvrir le ca- lice, pendant la messe.\u2014 Mère.\u2014 Ouvrier qui fait des harnachements.16.\t\u2014 Irritation de l\u2019âme offensée.\u2014 Débrouiller (fig.).\u2014 Récipients.17.\t\u2014 Lacet de gants.\u2014 Prince troyen.\u2014 Célébrer.\u2014 Interjection.18.\t\u2014 Article espagnol.\u2014 Genre de poissons téléostéens.\u2014 Pronom personnel.\u2014 Consacrés.\u2014 Mois du printemps.19.\t\u2014 Détérioré.\u2014 Répandue çà et là.\u2014 Objet curieux.\u2014 Contrat.20.\t\u2014 Première femme.\u2014 Débarrasser des noeuds.\u2014 Partie d\u2019un habit.\u2014 Rivière d\u2019Alsace.21.\t\u2014 Petit lac du Soudan oriental.\u2014 Bruit sec.\u2014 Planche de bois.\u2014 Symbole chimique de l\u2019aluminium.\u2014 Espace de temps.\u2014 Fille d\u2019Ina-chos.\u2014 Article.22.\t\u2014 Le plus éloquent des orateurs romains.\u2014 Vin.\u2014 Coup violent sur la tête.23.\t\u2014 Qui a rapport à l\u2019amour.\u2014 Mesure de capacité romaine pour les matières sèches.\u2014 Objet d\u2019art destiné à figurer symétriquement avec un autre.36 .LE SAMEDI DÉCEMBRE 1961 L\u2019AMOUR IME MEURT PAS [ Suite de la page 35 ] Mère supérieure et interrogea à mi-voix : \u2014\tEt pour sa blessure, que lui avez-vous dit ?\u2014\tRien encore ; rien de précis tout au moins, soupira la religieuse.Il vaut mieux attendre qu\u2019elle ait retrouvé toutes ses forces.Car le coup sera dur à supporter.Elle est si jeune: et elle a dû être si jolie ! \u2014 C\u2019est juste.Laissons-lui le visage enveloppé pour le moment ; elle connaîtra assez tôt la triste vérité, la pauvre petite.Il La lettre était partie, Anne-Marie, maintenant, se livrait à d\u2019incessants calculs pour situer la date approximative à laquelle arriverait la réponse tant désirée.Sa santé se raffermissait.Elle allait bien, tout à fait bien.Elle n\u2019éprouvait plus maintenant de maux de tête et elle s\u2019étonnait que le docteur ne permit pas qu\u2019elle fut débarrassée des pansements qui enveloppaient son visage.Un matin, tandis qu\u2019elle faisait sa toilette, n\u2019y tenant plus, elle enleva les épinglés, commença à dérouler les souples bandes.Libérés, ses cheveux, qu\u2019on avait dû couper très courts, voletèrent autour de son front.Le dernier pansement tomba.et elle vit.La stupéfaction, l\u2019horreur, la laissèrent tout d\u2019abord muette.Une large balafre, qui partait du sourcil gauche, lui labourait la joue jusqu\u2019à la naissance du menton.Fraîche encore, imparfaitement cicatrisée, elle était d\u2019un rouge violacé et formait un sillon profond.Alors, Anne-Marie sut qu\u2019elle était défigurée à jamais.Les larmes jaillirent de ses yeux ; elle s\u2019abattit sur son lit, en proie au plus atroce désespoir.La Mère supérieure entra à ce moment-là.D\u2019un coup d\u2019oeil elle comprit tout.Elle avait vu, gisant pêle-mêle, la compresse de gaze encore tachée de sang, la bande Velpeau, les linges de toile fine.\u2014 Ma pauvre petite fille!.murmu-ra-t-elle.Ah ! je n\u2019aurais pas voulu que vous appreniez sitôt la vérité.Se penchant, elle prit, dans un geste maternel Anne-Marie dans ses bras.\u2014 Qu\u2019est-ce que la beauté physique ! dit-elle doucement, un don si passager ! L\u2019homme qui vous a aimée, choisie, ne l\u2019a pas fait pour cette chose misérable, mais sans nul doute pour des raisons plus hautes et plus pures.Ayez confiance, mon enfant, séchez vos larmes.Et elle ajouta avec un sourire : \u2014 Il ne faut plus pleurer si vous voulez lire cette lettre qui vient de France.Oubliant son désespoir, Anne-Marie eut un cri de joie : \u2014 Ah ! ma Mère, donnez, donnez ! Elle se redressait, tendait les mains, comme pour serrer un précieux, un magnifique trésor.Mais voyant l\u2019enveloppe intacte, elle resta interdite.Vous ne l\u2019avez pas ouverte, ma Mère ?La joie faisait place à la crainte.La Supérieure répondit : \u2014 A quoi bon puisqu\u2019elle vous concerne ; dans le même pli se trouvait un mot pour moi.Je vous laisse, mon enfant.Lisez en paix ; je souhaite que les nouvelles que l\u2019on vous donne soient celles que vous désiriez recevoir.Elle s\u2019en alla, de son pas léger, et l\u2019on entendit, un court instant, cliqueter à sa ceinture le lourd chapelet de buis.Anne-Marie se retrouva enfin seule.Seule avec la lettre tant attendue.Mais à mesure qu\u2019elle avançait dans sa lec- ture son pâle visage, son pauvre visage meurtri laissait apparaître la plus grande stupeur.« Chère Mademoiselle Marie-Anne, c\u2019est à vous que je réponds, disait tout d\u2019abord la Supérieure du couvent de Cannes.Et Anne-Marie pensa : « Elle confond nos prénoms.» «Je me souviens très bien de vous, quoique ce fût votre soeur qui nous rendit le plus souvent visite.Ainsi que vous me le demandez, je vous donne le maximum de détails sur ce qui est arrivé aux vôtres à la suite du naufrage du « Neptuna ».Après la catastrophe, on a effectué des démarches pour vous retrouver, mais elles n\u2019ont abouti à rien.Quand il n\u2019y eut plus d\u2019espoir de vous revoir jamais, votre tante Cécile s\u2019est en allée à son tour vers Dieu.Nous l\u2019avons conduite à sa dernière demeure, auprès de son frère, le bon M.Pascal.Votre soeur, échappée à la catastrophe ainsi que son fiancé, bien vivant lui aussi \u2014 que Dieu en soit remercié \u2014 l\u2019ont soignée, entourée, jusqu\u2019au dernier moment.Pauvre M.Daniel ! Il a été si gravement blessé ques des complications sont toujours à craindre à tel point qu\u2019il faut éviter de le contrarier ou de le contredire.Mais votre soeur Anne-Marie est admirable de patience, de dévouement.Elle prouve combien elle l\u2019aime et à quel point ils étaient destinés l\u2019un à l\u2019autre ! Ils incarnent le bonheur et, heureux ils le seront encore plus quand ils sauront que vous êtes vivante.Vivante pov.r assister à leur mariage, qui doit avoir lieu le trente du mois.Dois-je leur apprendre la bonne nouvelle ?ou préférez-vous que votre visite les surprenne ?Visite qui serait sans doute leur plus grande joie.Chère Marie-Anne, je vous quitte en vous assurant de tout mon dévouement.« Que le Seigneur vous vienne en aide et vous bénisse.» « Soeur Marthe.» La lettre avait glissé sur les genoux de la jeune fille.Elle demeurait immobile, comme si une force redoutable l\u2019eût tout à coup paralysée.Les sourcils froncés, le coeur battant de colère et de désespoir, elle souhaitait un instant se retrouver, justicière implacable, devant sa soeur.Elle s\u2019entendit lui reprocher sa conduite, lui crier sa haine : « Pourquoi as-tu fait cela ?Pourquoi m\u2019as-tu pris Daniel que j\u2019aime plus que moi-même, plus que la vie ! » Ah ! jouir de sa terreur, de sa honte ! La voir rougir devant Daniel qui la rejetterait avec mépris loin de lui ! Daniel ! le nom bien-aimé passa sur ses lèvres tremblantes, emportant avec lui toute rancune, toute révolte, pour ne plus laisser place qu\u2019à la tendresse désespérée.De quelle manière s\u2019était donc organisée la comédie ?Daniel connaissait-il la véritable identité de sa soeur ou cette dernière, rusant avec leur ressemblance, s\u2019était-elle fait passer pour la fiancée.?La jeune fille pencha pour cette dernière solution.Sa soeur avait pris sa place, elle en était sûre.Daniel n\u2019était coupable en rien.Abusé par la ressemblance, il n\u2019avait été infidèle en aucune minute.Pour lui, comme pour tout le monde, Marie-Anne était Anne-Marie.Penché sur cette femme que dans la paix de sa conscience il allait faire sienne, il disait : « Mon amour », mais ce n\u2019était pas vers elle que montaient les tendres paroles.Elles s\u2019envolaient plus loin, vers la bien-aimée de toujours qu\u2019une misérable Pour ©g Jw c'est du Champagne qu'il faut ! Pres'idrAT u/nru//h// V /\u2019rit/z/uu/ne LES BONS Yins/'Britifîrs CA DEPUIS 1874 i Le Champagne Président, vieilli dans les caves de Bright d\u2019après un procédé de fermentation datant de 200 ans, est fait de raisins spéciaux de la péninsule du Niagara.7 \\û 268A-(2lF INSOLENCES D\u2019UNE CAMERA [ Suite de la page 17 1 bon, elles ne sont pas pressées.Stanké feint de se tromper de torchon, et il en prend un tout souillé de graisse qui salit la glace qu\u2019il venait de nettoyer complètement.Il recommence.Puis, éventant la mèche, il demande à ces dames si elles aimeraient figurer au petit écran.Impressions de Madame : « Non, dites-moi pas que vous m avez fait ça ?Bien le cinquante cents, je le garde.Prenez cette pomme-là à la place ! » Un homme pressé Il arrive en trombe sur le terrain du poste.Stanké lui fait retourner sa voiture (toujours pour être dans le champ de la caméra).Le client ne comprend pas trop pourquoi, mais il se soumet.Il est nerveux et ne songe qu\u2019à sortir de sa voiture pour aller causer avec M.Auclair qu\u2019il connaît.Stanké parvient à le retenir.Il lui parle de tout et de rien.Il étend le savon à plein torchon sur toutes les glaces et demande au client qui est anglophone, mais qui parle français très bien, de lire les indications sur la boîte du détergent dont il se sert.Le client s\u2019impatiente et lui dit : « On dit, ici, de l\u2019étaler sur de petites surfaces, et vous, vous en mettez partout.» Stanké à peine à se retenir de rire.Finalement, le client se choque et démarre son moteur, ses glaces sont encore toutes enduites de savon.Il voit à peine la route.Il fait volte-face, enguirlande Stanké quand ce dernier lui apprend que c\u2019est pour la television.Il lui fallait etre a Montréal à 5 heures ! Stanké parvient difficilement à l\u2019empêcher de partir avant de lui faire signer la formule qui l\u2019autorise a se servir du film.Le client part en furie.Résultats : excellents ! Le dernier client Le propriétaire d\u2019une voiture familiale est en route avec un ami.Il se prête avec trop de bonnes grâces aux facéties de Stanké.Il refuse de lui donner un pourboire, en lui disant qu\u2019il reviendra demain.Stanké explique que, demain, il ne sera pas là, qu\u2019il se spécialise dans le lavage des glaces, qu\u2019il ne vit que des pourboires qu\u2019il fait, de garage en garage.Le client ne se laisse pas attendrir.Et quand Stanké insiste, le client lui dit: «Je vais t\u2019en donner un pourboire.Combien cela te coûtera-t-il pour te faire couper la crinière que tu as sur la tête ?» \u2014 Coup de théâtre et rideau ! C\u2019est bien Cicéron qui a dit : « O tempora, ô mores !» ?\t?3 LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 prétendait remplacer.« Je vais partir tout de suite, dit tout haut Anne-Marie.Grâce au Ciel, je serai à Cannes avant la date fatale, et c\u2019est pour moi que sonneront les triomphantes cloches du mariage.» Cette évocation fit descendre en elle une paix inattendue et songeant à sa soeur, elle pensa qu\u2019elle lui pardonnerait.« Pourquoi la juger durement ?» se dit-elle.Dans les sentiments qui l\u2019ont fait agir et commettre ce terrible mensonge, n\u2019entrait-il pas autant de pitié que d\u2019amour ?La religieuse ne disait-elle pas dans sa lettre que Daniel était maintenant un grand blessé auquel toute émotion, toute peine devait lui être ARGUMENT DE FEMME \u2014 J\u2019ai horreur de l\u2019odeur du tabac et mon mari fume à longueur de journée ! \u2014 Et vous le laissez faire ?\u2014 Oui, comme ça quand il me parle d\u2019économies à faire dans le ménage, je sais quoi lui répondre ! trade est considérée comme morte ; elle reste morte.Que Soeur Marthe oublie votre lettre, je l\u2019en conjure.\u2014 Mais., fit la religieuse interloquée, vous ne voulez pas rentrer en France ?Vous ne songez pas à partir ?La bouche triste d\u2019Anne-Marie se crispa dans un pauvre sourire.Elle toucha machinalement son visage de ses mains.\u2014 Non, ma Mère, je reste ici si vous voulez de moi.La Supérieure comprit la détermination.Elle ne voulut pas la brusquer et dit : \u2014 Vous resterez ici aussi longtemps que vous le désirerez.Mais croyez-moi, mon petit, votre cicatrice s\u2019atténuera ; il ne faut pas exagérer votre infortune.Nous en reparlerons.Pour le moment, venez faire connaissance avec nos Soeurs.Elle se tut un instant, puis reprit : \u2014\tOn ne doit jamais désespérer de son destin ; c\u2019est un péché contre Dieu.Anne-Marie fit un grand geste las et dit, mal convaincue : \u2014\tPourquoi ne suis-je pas morte ?cela eut mieux valu pour tout le monde.Sachant que l\u2019heure de la résignation n\u2019était pas encore tout à fait venue, la Supérieure ne répondit pas.épargnée.« Marie-Anne, Marie-Anne, murmura-t-elle, de tout mon coeur, je te pardonne.Nous allons nous retrouver tous les trois.Et ce sera comme avant.Daniel sera ton frère.Il sera mon mari.» Elle répéta : « Mon mari », et un sourire extasié courut sur ses lèvres.Mais ayant machinalement levé les yeux vers le petit miroir qui lui faisait face, toute sa joie tomba d\u2019un seul coup, car elle entrevit ce que, dans un moment d\u2019exaltation, elle avait oublié : l\u2019affreuse blessure, le pauvre visage labouré, sauvagement, comme les griffes d\u2019un fauve.Elle était devenue laide, laide.\u2014 Et c\u2019est ça, jeta-t-elle dans un cri qui ressemblait à un râle, c\u2019est « çà » que tu veux rapporter à Daniel ?C\u2019est « çà » que tu veux lui offrir ?lui montrer ?afin que, malgré son horreur, il t\u2019épouse, par pitié, par charité et pour respecter la parole donnée ?Crois-tu, pauvre fille, que l\u2019amour d\u2019un homme puisse résister à une telle épreuve ?Crois-tu que Daniel acceptera de lier sa vie à une femme que personne ne regardera sans frémir, tandis qu\u2019à ses côtés « l\u2019autre » sera toujours là.l\u2019autre.si belle.Marie-Anne au visage intact, tentante, redoutable.Marie-Anne qu\u2019il ne pourra pas s\u2019empêcher d\u2019aimer ! » Elle se leva ; fit quelques pas dans la chambre froide et nue que seul ornait un crucifix d\u2019ivoire, et où, pendant des jours et des nuits, elle avait lutté contre la mort Puisqu\u2019on la croyait morte, elle serait morte pour ceux qui avaient perdu confiance.Daniel épouserait Marie-Anne, et elle ne les reverrait plus en ce monde.L\u2019orgueil \u2014 son pauvre orgueil \u2014 féminin, lui interdisait de montrer à l\u2019homme qu\u2019elle aimait ce visage dévasté.Ill ^ H, bien, mon enfant, demandait un L peu plus tard la Supérieure à L Anne-Marie, êtes-vous satisfaite de votre lettre ?Que dois-je répondre à Soeur Marthe ?Anne-Marie leva sur la Supérieure un regard bouleversé.Elle répondit d\u2019une voix qui cependant ne tremblait pas : \u2014 Dites-lui, ma Mère, qu\u2019elle conserve le secret de mon existence.Pour tout le monde rien de nouveau ne doit s\u2019être produit : l'une des jumelles Des- * * * Il y avait un an que ces événements s\u2019étaient passés.Et depuis un an, Anne-Marie, sous l\u2019uniforme des novices, accomplissait d\u2019humbles et monotones travaux.Assidue aux offices, toujours prête à obéir, elle s\u2019était attiré, par sa patience et son inaltérable douceur, l\u2019affection de tout ce qui vivait sous le toit austère du vieux couvent.Anne-Marie, qui à l\u2019ordinaire portait sa lourde peine, et masquait d\u2019un sourire son lancinant regret, ce soir se sentait lasse.Lasse à mourir.Elle eut donné tout au monde pour pouvoir décharger son âme, laisser crever son chagrin, étaler devant un être humain cette plaie saignante, que rien jamais ne pouvait refermer.Mais dans ce désertique pays, à qui parler ?à qui se confier ?Qui la comprendrait ?Pour cela, un être ayant vécu dans le monde, un être qui sache ce que c\u2019est que d\u2019avoir possédé la jeunesse, la beauté, l\u2019amour, toute la gamme des trésors humains.Ah ! certes, les petites soeurs s\u2019étaient attendries sur son sort, la Supérieure l\u2019avait maternellement consolé, le bon Curé, plus proche de la vie réelle, parce qu\u2019en contact direct avec les hommes, avait peut-être réalisé qu\u2019elle étouffait entre les murs de ce couvent qu\u2019elle n\u2019était pas plus faite pour s'y terrer que l\u2019oiseau pour vivre dans les fins barreaux d\u2019une cage, fût-elle dorée.Anne-Marie eut voulu, une fois pour toutes, ouvrir la lourde porte cadenassée et s\u2019envoler, loin.plus loin.n\u2019importe où.ailleurs !.Mais, hélas ! partir, c\u2019était justement la seule chose impossible.Partir vers quoi ?.vers qui ?Plus de famille, puisque, selon toute évidence cette famille l\u2019avait oubliée, et plus d\u2019argent.En gagner ?.Comment ?Quand on a été élevée comme une fille riche, et qu\u2019on ne sait rien d\u2019autre que danser, monter à cheval, conduire une voiture, et s\u2019habiller, être élégante, être belle.Etre belle ! à ce point de ses réflexions un lourd sanglot monta à la gorge de la jeune fille.« Laide, je suis laide !.murmura-t-elle.Comment est-ce possible que je sois laide ! » Immobile, un instant elle contempla la mer paresseusement étirée sous le dernier baiser du soleil couchant, la crête neigeuse des vagues, le coin d\u2019om- bre qu\u2019elles creusaient en retombant.« Ah ! songeait-elle, s\u2019engloutir là-dedans.disparaître.se vaincre enfin le souvenir.» Inconsciente, elle avançait, s\u2019enfonçant un peu plus, à chaque pas nouveau, dans l\u2019onde douce qui lui caressait les genoux.Elle avançait, comme aimantée par cette masse infinie qui s'étendait sous ses yeux, qui l\u2019appelait, s\u2019enfonçant peu à peu dans l\u2019onde enveloppante qui lui caressait les genoux.Elle allait, fascinée sous le charme.Une vague plus violente que les autres la fit tout à coup chanceler.Brusquement, elle prit peur.Elle étendit les bras, cherchant instinctivement à se retenir à quelque invisible appui, et, comme par miracle, rencontra deux fortes mains.Ces mains providentielles l\u2019élevèrent au-dessus des flots, l\u2019entourèrent d\u2019une étroite et protectrice ceinture et ne desserrèrent leur étreinte que pour la laisser choir doucement au creux des dunes.\u2014 Sapristi ! Mademoiselle, disait en français une voix masculine aux résonnances étrangères qu\u2019elle eut la curieuse impression de reconnaître, seriez-vous tout à fait inconsciente ?Je ne puis croire qu\u2019une fille aussi jeune que vous ait voulu se suicider.Anne-Marie ouvrit les yeux et reconnut le bel officier que l\u2019avait tirée d\u2019un mauvais pas sur le Neptuna.La surprise lui arracha un cri : \u2014 Est-ce possible ?Il se pencha un peu plus sur elle, et, dit : \u2014 Il semble que je doive toujours vous rencontrer dans des circonstances, disons.mouvementées.Mais je suis particulièrement heureux d\u2019être arrivé à temps aujourd\u2019hui.Qu\u2019est-ce que vous étiez en train de faire ?Elle lui jeta un regard à la fois reconnaissant et las.\u2014 Je ne sais pas.je ne sais plus-je suis trop malheureuse.\u2014 Vous n\u2019en êtes tout de même pas désespérée au point de vouloir vous enfoncer dans l'océan ?\u2014 Certainement pas ! \u2014 Alors, pourquoi cette marche à la mort ?car ça en était une, je vous l\u2019affirme, et si je ne m\u2019étais pas trouvé là.\u2014 Providentiellement.Merci, Monsieur.Et d\u2019un geste spontané, Anne-Marie tendit ses mains vers l\u2019inconnu.\u2014 Je ne sais ce qui m\u2019a pris, tenta-t-elle d\u2019expliquer.Je marchais, absorbée par mes pensées.\u2014 Pas couleur de rose vos pensées, petite Soeur ?\u2014 Il n\u2019y a aucune raison pour qu\u2019elles le soient, soupira-t-elle.Il la regarda curieusement.Cette jeune fille le déroutait.En dépit de la cornette, de la robe de bure, du voile noir épinglé sur le front, elle lui paraissait aussi peu « religieuse » que possible.Un intérêt bizarre l\u2019inclinait vers elle.Il eut envie d\u2019en savoir davantage sur cette étrange créature qu\u2019il venait d\u2019arracher à la mort.Alors, s\u2019avisant qu'il était impoli de garder l\u2019incognito, il se présenta : \u2014 Capitaine Richard Harty, dit-il simplement.\u2014 Ah ! fit-elle sidérée .Elle avait levé vers lui un petit visage bouleversé, et posant sur le bras du jeune homme une main qui tremblait, elle répéta par deux fois : \u2014\tRichard Harty ! Surpris, il ne put se retenir de demander : \u2014\tQu\u2019est-ce que mon nom a d\u2019extraordinaire que vous en paraissez bouleversée ?Elle se hâta de répondre : \u2014\tVotre nom est célèbre dans le monde entier ; je sais ce que vous avez accompli de grand, de magnifique dans la dernière guerre, et cela seul suffirait, je vous l\u2019affirme, pour émouvoir un coeur français.\u2014 Ah ! dit-il, vous êtes Française ; je l\u2019aurais parié ; c\u2019est pourquoi, bien que sur la terre espagnole, je n\u2019ai pas hésité à vous parler en votre langue.\u2014 Elle sourit.\u2014 Et moi, je n\u2019ai pas hésité à penser que vous étiez Anglais ; mais de là à supposer que j\u2019avais devant moi Richard Harty !.Elle se rapprocha du jeune homme, et le regardant bien en face elle murmura : \u2014 Nous nous sommes déjà rencontrés, FAÇON DE PARLER \u2014 Alors, tu es allé à ce restaurant que je t\u2019avais recommandé ?\u2014 Mais oui ! \u2014 Pas mal, hein ?\u2014 C\u2019est-à-dire que quand on y mange on se lèche les doigts mais quand la note arrive on se les mord ! et dans des circonstances terribles.\u2014 Comment ça ?fit-il intrigué.\u2014 Nous étions couchés dans la même barque, avec un mort entre nous deux.\u2014 Vous ne voulez pas dire.\u2014 Que j\u2019étais la femme à demi morte que vous avez vu dans le canot ou vos mains se sont agrippés ?Mon Dieu si.Des sanglots couvrirent ses dernières paroles.Il la laissa pleurer longtemps, contemplant avec une grande bonté son corps gracile agité de soubresauts.Peu à peu les larmes se tarirent et Marie-Anne, redressant la tête, dit : \u2014 Je suis stupide, pardonnez-moi.Il répondit, et son ton était empreint d\u2019une étrange douceur : \u2014 Vous avez de la peine, dites-moi pourquoi ?.Elle avait tellement souhaité se confier à quelqu\u2019un, il paraissait si désireux de l\u2019aider, qu\u2019elle ne put se taire, bien qu\u2019il ne fût qu'un étranger.\u2014 Regardez mon visage ! cria-t-elle.Regardez-le, vous qui l\u2019avez connu avant.Croyez-vous qu\u2019il n\u2019y ait pas de quoi être désespérée.Ses yeux la fixèrent longuement, puis il laissa tomber calmement : \u2014 C\u2019est un bien petit malheur.Ce n\u2019est pas beau, mais ça se répare.et votre charme n\u2019est en rien entamé par cette misérable cicatrice.Je ne puis croire que vous avez entrepris cette marche à la mort pour un si pauvre motif.Tant de gens ont des peines plus lourdes.En disant cela, son regard s\u2019était chargé d\u2019une grande tristesse.Anne-Marie eut tout à coup honte de sa faiblesse.Elle tenta de se justifier.\u2014 Je vous assure que je n\u2019ai pas voulu mourir.Je ne savais plus ce que je faisais.Si je suis malheureuse c\u2019est parce que.Il l\u2019interrompit doucement : \u2014 Je sais.la Mère Supérieure m\u2019a tout raconté.\u2014 Non.Elle ne vous a pas tout dit.Comment pourrait-elle comprendre l\u2019amour que j\u2019avais pour Daniel.Daniel que ma soeur m\u2019a pris ?Et Marie-Anne n\u2019est pas de celles qui s\u2019immolent, elle a dû triompher sans pitié.Dans les grands yeux d\u2019eau de mer des larmes montèrent, et le petit visage meurtri en devint plus pathétique encore.Richard se pencha, prit une des mains qui tremblait sur la grosse robe de laine, et il dit avec une grande douceur : [ Lire in suite page 40 j 38 .LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 des cantiques et de la joie Dans notre époque moderne qui transforme les usages et tue les plus charmantes coutumes, le matérialisme envahissant n a pas encore meurtri la feerie mystique 3 \u2022= CO c g I v) a c 2 2 & U TD LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 53 LE SAMEDI a écouté pour vous SERENADE (Trio en DJ (Beethoven) DUO pour VIOLON et VIOLONCELLE (Kodaly) avec Jascha Heifetz, William Primrose et Gregor Piatigorsky LM/LSC-2550 RCA Victor Les adeptes de concerts on! longtemps à attendre avant de voir, sur un même programme, ce fameux trio.Dans cet album exceptionnel, ces grands virtuoses unissent leurs talents pour exécuter le plus remarquable trio pour cordes de Beethoven.Nous y entendons aussi une oeuvre magnifique du compositeur de \u201cSuite de Harry Jones\u201d, Kodaly.Un ensemble merveilleux qui vous fera passer des minutes et des minutes de douce détente.LA DOLCE VITA (tiré de la musique du film) FOC/FSO-1 RCA Victor Le compositeur italien Nino Rota a écrit pour ce film une musique des plus remarquables et très seductive.Ce film de Fellini, plein de controverses, traite des cafés de la société de Rome.Cette musique du film \u201cLa Dolce Vita\u201d a été choisie poulie premier album RCA Victor International, une nouvelle étiquette pour les disques de valeur enregistrés par les compagnies affiliées à RCA Victor à travers le monde.AL (He\u2019s the King) Hirt and His Band LPM/LSP-2354 RCA-Victor Al Hirt est maintenant reconnu comme une grande vedette à travers toute la nation pour ses succès sur disques, à la télévision et dans les cabarets.Il s\u2019oriente maintenant vers une carrière cinématographique.Le son fantastique de son instrument est insurpassé dans ce nouvel album où il nous démontre tous les aspects de son art : ballades mélodiques, « swing ainsi que sa propre version inégalée de la musique de « Dixieland ».GIRLS, GUITARS and GIBSON avec Don Gibson LPM/LSP-2361 RCA Victor Des mélodies intimes el une musique spéciale sont à 1 ordre du jour quand Don Gibson chante pour les filles seulement.C\u2019est ce que contient ce nouvel album de RCA Victor.Don est supporté par un accompagnement sensationnel de guitares de la part de Johnny Smith, Hank Garland et Harold Bradley.Des notes très douces pour les oreilles de toutes les admiratrices de Don Gibson.police de l\u2019Etat.Le sheriff Jake Campbell, du comté de Grant, fut chargé de l\u2019enquête.Campbell était cm policier très capable et il ne manquait pas de courage, comme le prouvait sa jambe sérieusement abîmée au cours d\u2019une fusillade.Quand il prit l\u2019affaire en main, les médecins luttaient pour sauver la vie du jeune fermier.La jeune fille, pendant ce temps, avait raconté ce qui s\u2019était passé.Le lendemain soir du crime, Campbell était à Marion, lorsqu\u2019il aperçut trois nègres dans une vieille Ford.Ils descendaient la Washington street en chahutant et le sheriff ne prêta guère d\u2019attention à la chose en soi.Il savait qu\u2019en période de crise, les hommes, qu\u2019ils soient blancs ou noirs, perdent facilement leur sang-froid et se conduisent stupidement.Campbell nota cependant le numéro d\u2019immatriculation du vieux tacot et constata qu\u2019il était la propriété d\u2019un dénommé Tom Shipp.Peu après, Campbell et ses adjoints, Bert White et Orville Wells, se rendaient chez Tom Shipp dans le quartier nègre de la ville.Nimbée par la pénombre, la maison de bois semblait de guingois dans la nuit, comme si elle eût été trop vieille et trop lasse pour se soutenir.Les policiers regardèrent dans le garage et trouvèrent la voiture.Il y avait des herbes et du gazon autour des essieux comme ceux que l\u2019on peut trouver sur les berges de la rivière Mississinewa.Campbell ouvrit d\u2019un coup de pied la porte abîmée à l\u2019arrière de la maison.Tom Shipp était vautré sur un lit défait, tout habillé.On le réveilla et il reconnut qu\u2019il avait été s\u2019amuser avec deux amis, Abe Smith et Herb Cameron.Campbell emmena Shipp, et ses hommes allèrent cueillir Smith et Cameron.Abraham Smith avait dix-neuf ans et Herb Cameron était un frêle garçon de seize ans sous-alimenté.On leur passa les menottes et on les jeta dans la prison du vieux palais de justice de Marion.Il était construit de briques rouges et de granit.Durant mon enquête sur le crime commis au bord de la rivière et sur ses horribles conséquences, Campbell me raconta bien des choses sur les événements qui s\u2019étaient produits, mais jamais je ne sus ce que ses hommes avaient fait aux trois Noirs au cours de la nuit qui suivit leur arrestation.On a dit qu\u2019on les avait battus et on a parlé de « troisième degré ».Certains dirent que les hommes de Campbell étaient épuisés quand ils eurent fini avec les jeunes gens, c\u2019est-à-dire quand ils se furent assuré leurs aveux.Tom Shipp reconnut qu\u2019il était l\u2019auteur du hold up et les deux autres admirent qu\u2019ils l\u2019avaient accompagné.Cela se passait le 7 août à deux heures du matin.C\u2019est à cette même heure que se réunit le Ku-Klux-Klan aux environs de Marion.Le gin de la prohibition coulait à flot et il en était de même des propos racistes qui prirent un tour plus concret quand on en vint à proposer de donner l\u2019assaut à la prison.Quand la réunion prit fin, de nombreux hommes du Klan étaient ivres et déterminés à faire un mauvais coup.Pour cela on avait décidé de convoquer tous les adhérents du district.«Il faut remettre ces sales nègres à leur place » était le cri de ralliement.A dix heures ce matin-là, une foule considérable était réunie dans les rues convergeant vers le palais de justice et des individus au visage farouche affluaient à Marion, venant des localités voisines.L\u2019atmosphère, en vérité, était lourde.Il planait une menace de violences imminentes et le sheriff Campbell fut averti que la foule massée à l\u2019extérieur allait provoquer des trou- bles.«Ne prenez pas de risques, lv conseilla-t-on, et ne gardez pas vé prisonniers à Marion.»\ti \u2014 Et les gens vont croire que je n dégonfle ! répondit le sheriff qui crut assez fort pour résister.Jama de la vie ! Cette prison est l\u2019une d' plus solides de la région et nul n\u2019e I enfoncera la porte.Campbell était dans l\u2019erreur la pli totale, car trois heures plus tard la h I du lynch avait triomphé et deux corp ' se balançaient doucement sous le sole! i ardent.La foule avait renoncé à ! formalité d\u2019un jugement et il n\u2019y ava pas eu de Garde Nationale pour l\u2019ai rêter dans ses instincts sanguinaires.L\u2019assaut de la prison comment lorsque quatre hommes du Klan portai cagoule arrachèrent un poteau de signe lisation au coin d\u2019une rue pour s\u2019e; servir comme d\u2019un bélier contre ij porte de chêne cadenassée du pala de justice.La porte résista et ils durer reposer la barre de fer pendant u court moment.Ils étaient en sueur i ils poussèrent des jurons, mais ils repri rent leur tentative.On lança une bombe lacrymogène su la foule pour la disperser.Mais u voyou du Klan ramassa la bombe e il la renvoya.Le bélier se remit a travail et un cri de triomphe empli l\u2019air quand la maçonnerie autour d la porte commença à céder.\u2014 Allons, les gars, encore un effor et nous aurons ces salauds ! cria l\u2019ui des hommes à cagoule.On passa la bouteille de gin à 1 ronde.Le « Sorcier » sortit une cord de dessous sa robe et d\u2019autres vinren à la rescousse.A l\u2019intérieur de la prison, le shérif! Campbell se rendait parfaitement compte que la populace ne pouvait plus êtr» arrêtée.La foule était encore plu: dense qu\u2019au début.Il y avait des hom mes debout sur le toit de leurs voiture pour mieux voir et certains d\u2019entre eu> avaient mis leurs enfants sur leur épaules pour qu\u2019ils pussent mieux observer le pilonnage de la porte de palais.Nombreux étaient les specta teurs qui étaient là pour la seule satisfaction morbide d\u2019assister à des scène-de violence.Ils ne désiraient pas >1 prendre part, mais aucun n\u2019avait non plus la moindre velléité ou le courage d\u2019intervenir.De la fenêtre, Campbell cria : \u2014 Arrêtez 1 Arrêtez maintenant ! J\u2019ai une mitrailleuse derrière la porte et je tire sur le premier qui entre ! Au milieu des cris et des hurlements le pilonnage continua jusqu\u2019à ce que le linteau et les supports de briques et de pierres eussent cédé.Alors le Ku-Klux-Klan triompha.Dans un nuage de poussière et de ciment, les assaillants envahirent les lieux et ce fut une-scène de folie.Campbell ne tira pas sur la foule1 houleuse comme il l\u2019avait dit.La décision, quelle qu\u2019elle fût, était difficile! à prendre.Il savait que parmi ces hommes qui étaient de l\u2019autre côté se trouvaient ses amis, ses voisins et peut-être même un ou deux parents.Il devait! décider si la mort d\u2019une douzaine d\u2019en tre eux et peut-être davantage se jus tifiait pour la défense de ses prisonniers.! et ce qui était plus important encore, si; pourrait les sauver, même en tirant sur la foule.Le «Sorcier» en cagoule arracha les clefs des mains du sheriff et l\u2019on ouvris les portes des cellules.Deux homme empoignèrent Tom Shipp.Il était pre: -que évanoui, et tandis que l\u2019un d'eux; le ceinturait, l\u2019autre lui martelait lel visage à coups de poing.Le jeune nègre fut traîné dehors, renversé d\u2019un coups de pied sur les marches du palais qu il ! dévala jusqu\u2019à la pelouse et quand -n lui passa un noeud coulant autour u [ Lire la suite page 5S ] 54 \u2022 LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 LF.SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 DECOUPEZ ICI nv n UNE AVENTURE COMPLETE DE L'ONCLE PAUL Copyright by Ed.Dupuis et World Presse, Bruxelles.en en tel* teeiS V~i ?U s/Zi' «se.A- S7AN57CETJ\u2019'EST CERTAINEMENT RAS DE SA ^JTE^AL RJT \\ t'AA LE PLUS CA55E-C00 ET LE PILOTE LE PLUS DÉCORÉ DO MONDE AVIATEUR DÉS LA PREMIÈRE GUERRE, IL COMPREND TOUT DESIMTE QUE UACROBATIE DÉCONCERTE U ADVERSAIRE ET QUE la victoire appartient au plus audacieux\ta jâ56°' i/s>.4& hourra/ CHENNAULT/ \u2018EST CHENNAULT ,U TRAPÈZE/ CE DIABLE N'A PEUR DE RIEN/ , RENTRÉ AUX ÉTATS-UNIS.RESTÉ DANS L\u2019AIR FORCE, IL FORME DES CAMARADES A LA VOLTIGE AÉRIENNE ET STUPÉFIE LES FOULES.ENSEIGNONS a NOS AVIATEURS A1 ATTAQUER EN PIQUÉ ET FUIR EN RASE-MOTTES/.AUX MANOEUVRES, DÉS QU\u2019IL EST PROMU CAPITAINE.PARACHUTONS DES UNITÉS DERRIÈRE L'ENNEMI .\t>/ Éraf VOUS DIVAGUEZ, MON VIEUX /.JAMAIS LES GUERRES NE CONNAITRONT CES FOLLES MÉTHODES/\tj- STUPIDE/.réellement stupide / HA/.HA', ha/ EXTRAVAGANT / C'EST UN CARACTÈRE ENTIER IL QUITTE L\u2019ARMÉE EN CLAQUANT LES PORTES,SE FAIT FERMIER.MAIS vous étés restés aux idées de LA DERNIÈRE GUERRE/.VOUS NE COMPRENEZ PAS QUE DANS UN PROCHAIN CONFUT, LA STRATÉGIE SERA TOUT AUTRE/ -Z EN BOMBARDANT EN PIQUÉ.^1 ca nu i m e-Cki cmvamt n\\ ON PLACE MIEUX SA PILULE; EN FUYANT EN QASE - MOTTES.ON \\ ÉCHAPPE AUX CANONS ANTIAÉRIENS 7 VT^ JE SUIS CERTAIN D'AVOlQ CAI50M.VT NON/ CE VOLANT DE TÇACTEUP NÉ REMPLACERA JAMAIS POUR MOI .^ UN MANCHE A' BALAI.\t- 4,1 1HH MON MARI, TCUANG KAÏ-CHEK,LUTTE CONTRE U INVASION JAPONAISE ACCEPTERIEZ-VOUS DE VENIR CRÉER SON AVIATION?\t-\u201e CEPENDANT DES F» VS ÉTRANGERS COMMENCENT A\u2019 S\u2019INTÉRESSERA\u2019 SES THÉORIES ET.LORS D\u2019UN MEETING EN ARIZONA CETTE CHINOISE ?MADAME/ \"z'Wm r mr >¦ -SS® ¦ ! .IL ARRIVE EN CHINE, NE TROUVE CHEZ TCHANG HA!-CHER QUE CXX-NEUF APPAREILS DÉMODÉS BON' JE VAIS COMMENCER A' TRAVAILLER AVEC ÇA / ET VOS PETITS GARS // MAIS NOUS ALLONS FAIRE VENIR É/A.TOUT DE SUITE DES AVIONS AMÉRICAINS^ ET DES VOLONTAIRES/ ,-\u2022'Lç ix^mti DÈS QU\u2019ILS SONT \\ VOLEZ EN ARRIVÉS.\tj TANDEM.FONCEZ ___________________| SUR VOTRe ADVERSAIRE DU HAUT OU CIEL.FRÔLEZ-LE AU PLUS PRÈS EN LE MITRAILLANT.PUIS FUYEZ VERS Le SOLEIL.\t_ COMPRIS?\ts7-S ^-7.-O K.) RIGHT/ DE5 JAPS.'.ILS PARTENT AU COMBAT.ESSAVONS LA RECETTE' DU PATRON / j 1. ET D'UNE BR AMOURS A' =^7~Z+z^Rir\\r/\u2018 z.\t«-cr^ ovra cv^MX'vtc'-v^ £\u2022/ u une uhhvouke .72%LeI\tDes dateurs redoutables./LS abattent TOUS LES ENNEMIS QU/ SE MONTRENT.r ÎEMONTOMS EN CHANDELLE J'OFFRE LA PROCHAINE TOURNÉE tigres/ HA/ ha/.DON ME UNE IDÉE/ VOLANTS QUE FAIS-TU LA\u2019 ^ ET.BIENTOT, SEMANT L'EPOUVANTE CHEZ L'ENNEMI TU TRAVAILLES DU PINCEAU A\u2019 PRÉSENT*?Ne TROUVES-TU PAS ÇA JOLI ?f;.6 >1S iü W- fi ^ r ¦/Wy.PEARL.HARBOUR .LES ÉTATS-UN/a ENTRENT A'LEUR TOUR EN GUERRE CONTRE LE ¦JAPON.VOILA' LE TRAVAIL.VOUS ABATTEZ VOTRE PREMIER EN AMORÇANT VOTRE LOOPING;LE DEUXIÈME; EN LE CONTINUANT ET LES DEUX AUTRES, EN LE TERMINANT/\t-\u2014' EN DOUTE / POUR JOINDRE L'EXEMPLE A-LA THÉORIE, J'ATTAQUERAI LA PREMIÈRE ESCADRILLE .VOUS N'AUREZ D< )\\A Ol\\'A< M'IUirrD 'MES VIEUX AMIS WASHINGTON ¦s uni js ALLONS DEVOIR N0U5 BATTRE A 1 CONTRE 10, CONTRE 80 PLUS qU'A\u2019 M'IMITER PEUT-ÊTRE CHIC.' ÇA , CE N'EST PLUS UNE RECETTE .C'EST UN MENU DE CALA / NOS \u2022\u2019SOLEILS LEVANTS* SONT EN VUE Cl NO ESCADRILLES, ET NOUS SOMMES CINQ./.LE COMPTE V EST/ A\u2018 CHACUN LA SIENNE .ALLONS-V '/*\t^ A' NOUS « rfuua , LES SAMOURAÏS du ciel/ QUEL CHEF/.JL V/T D'UNE FOI O Née DE RIZ, COUCHE SUR CA TERRE BATTUE, RESTE LE PLUS AUDACIEUX JE N'EN Al EU OüE DEUX CHENNAULT A ABATTU SES QUATRE CETTE VIEILLE TÊTE DE CUIR EST FORMIDABLE ' IL TROUVE DC NOUVEAU LA MISSION TROP OAlûGE REUSE CETTE POIS, JE PAC* A* DIX CONTRE UN QU'IL V RESTE /\t-.tenu/ MAIS CLAIRE LEE RENTRE CHAQUE FOIS VAINQUEUR HOURRA POUR VIEILLE TÊTE DE CUIR/ EN SIX MOIS,LES TIGRES VOLANTS ABATTENT 284 ME VAPONNAIS.NE PERDANT EUX-MEMES QUE 12P* ET 20 APPAREILS/ SES HOMMES NE LE SURNOMMENT PLUS QO'AINSI I LA GUERRE PREND FIN CHENNAULT RESTE FIDÈLE A' TCHANG ET LE SUIT A' FOR MO SE L\u2019INCENDIE SE RALLUME EM iMr^ruiMc UN \"°\" MORCELES PORTES DE L\u2019HISTOIRE ÛIEN-BIEN-PHU,OÙ LES FRANÇAIS, El^E^S,T,ENI^NTDé^ÈRF^^ ^M^SQURAP&A&AJSSENT DANS LE Ciel LES CÉLÉBRÉS FUSELAGES AUX MÂCHOIRES DE TIGRES \u201e CHENNAULT CHENNAULT ET SES TI6RES VOLANTS ' OUI, ILS VIENNENT AIDER LA FRANCE 1957.SA SANTÉ PÉRICLITE RENTRÉ AUX ÉTATS-UNIS^ET A L\u2019HOPITAL 7 HO NOM OES ÉTATS-UNIS, NOUS ¦ \u2014 ¦- apportons votre nomination : GÉNÉRAL/ P'- VEUX PAS Etre nomme GENERAL / _ .JE NE CONNAIS QUE TROP r\t\u2014\t\t\t 2T'\u2014\t\\\t^ ^ K /\" CT/' 'iæL\t W-mŒI il n'v Echappera ras.ce casse^^ COU QUI A NARGUE QUOTIDIENNEMENT la mort , s'Eteint la , fin jui llet iqsô EN LAISSANT DANS LA MÉMOIRE DES HOMMES LE SOUVENIR DE L'ÂME LA PLUS ARDENTE QUE DES AILES AIENT PORTÉE t in LE SAMEDI o DÉCEMBRE 1961 DECOUPEZ ICI JEAN-PIERRE,DËBROUILLE-TOÎV^MOI, JE VAIS DANS > LA CUISINE PRÉPARER LE MENU DU RÉVEILLON.LES PARENTS DE GUY DOIVENT APPORTER 7 .LES VINS/\t/- IL NOUS FAUT DE LA PAILLE POUR LA CRÈCHE.ET TOI,GUV, COURS , VITE NOOS ACHETER UN X^ SAPIN/\t.X Equant a* sylvie?' CHRISTINE ET MOI-MêME, NOUS ALLONS ACHEVER DE PEINDRE LES PERSONNAGES DE LA CRECHE/ fEST-CE S/ 'MAIS C\u2019EST TOUTEX LA MAISON QUE TU | VEUX TRANSFORMER v EN ÉTABLE / j J\u2019AI LA PAILLE, PAPA/ ME Q^uftŸ BON,JE\tX MOI,JE \\ MOI,JE PEINS UN , PEINS , j FAIS, BERGER/ / LE BOEUF/ / L\u2019&NE./ assez9 TRES X BIEN, JEAN-PIERRE^ - mm c/aiaipiu i i PETIT MALHEUREUX LE SEUL ARBRE DU JARDIN/.NON, C\u2019EST INUTILE/.J\u2019AI UNE /IMPOSSIBLE DE ( TROUVER UN SAPIN.J\u2019AI FAIT TOUT LE QUARTIER/.NOUS NOUS Y SOMMES , PRIS TROP TARD/ ABATTRE SAPIN QUI EST DEVANT LA MAISON/ LE SOIR.ALORS IL N\u2019Y A QU\u2019UNE SOLUTION OUI,NOUS AVONS CRAINT UNE CONFUSION/.NOUS AVONS PRÉFÉRÉ APPORTER RÉVEILLON COMPLET/ EH BIEN.1 NOOS NE MANQUERONS DE RIEN/ I J l / OH/.VOTRE CRèCHE\tX/eY D\u2019UNE MANIÈRE X EST RAVISSANTE/.VOUS \\ SI ORIGIN ALE./.NOUS AVEZ BIEN FAiT LES CHO- J AVONS DÉJÀ PU AVEZ BIEN FAIT LES CHO APPRECIER EN ENTRANT VOTRE SAPIN X DE NOËL/ ^ SES/ X toveux \u2018tKT ï I Copyright by Ed.Dupuis et World Presse, Bruxelles.57 .LE SAMEDI \u2022 DÉCEMBRE 1961 INCIDENT A MARION [ Suite de la page 54 ] cou, il était presque inconscient.Une jeune fille, dangereusement perchée sur le toit d\u2019une voiture, se mit à crier : \u2014\tTuez-le, tuez-le.Quelques instants plus tard, Torn Shipp se balançait aux branches d\u2019un arbre et l\u2019on amena alors Abe Smith, les mains attachées derrière le dos.\u2014\tComment qu\u2019c\u2019est qu\u2019tu vas aimer ça, toi, le diable noir ?demanda l\u2019un des hommes ivres.L\u2019autre bout de la corde fut passé sur la branche d\u2019un chêne et, heureusement, le jeune nègre mourut rapidement.Le troisième nègre, Herb Cameron, âgé de seize ans, réussit à se sauver en se cachant dans la cellule des femmes.Les assaillants crurent-ils son histoire lorsqu\u2019il prétendit purger une peine de dix jours pour vol ou jugèrent-ils que ce garçon qui n\u2019avait que la peau sur les os ne valait pas qu\u2019on gaspillât une corde pour le pendre, nul ne sait.Il est même possible que la populace ait eu, à ce moment, son content de violence et de meurtre.Tandis que cette odieuse histoire se répandait comme une traînée de poudre dans le monde, les forces de la police affluaient dans Marion en même temps que des éléments de la Garde Nationale, mais les hommes du Klan avaient disparu.tout au moins ils ne portaient plus la cagoule.L\u2019atmosphère de Marion était encore extrêmement tendue quand je commençai mon enquête pour essayer de découvrir les coupables.I! ne faut pas s\u2019imaginer néanmoins que de respectables citoyens ne s\u2019indignèrent pas de l\u2019attentat et un prêtre, en appelant à ceux qui connaissaient l\u2019identité des meurtriers, exprima l\u2019opinion de la majorité : -\u2014 Il faut qu\u2019éclate la vérité, déclara-t-il, au nom du Christ Qui a été outragé dans notre ville par la macabre victoire de cette canaille.Marion fut placée sous la loi martiale, et pendant quatre semaines, avec l\u2019aide de ceux qui avaient le courage de ne pas observer la loi de la pègre, j\u2019essayai de mettre en marche l\u2019appareil judiciaire.Mais au cours de mes recherches et des interrogatoires de ceux qui avaient assisté à l\u2019odieux événement, nulle part je ne pus trouver deux témoins prêts à donner les noms des meneurs ou même d\u2019un seul d\u2019entre eux.Aucun ne voulait dire : \u2014 J\u2019ai vu.passer la corde autour du cou des nègres.Je connais bien l\u2019homme qui l\u2019a fait et je ne pourrais pas me tromper.J\u2019ai entendu sa voix trop souvent.Le bruit courut que les chefs du Klan s\u2019étaient enfuis en Géorgie, mais à cet égard il était impossible de faire quoi que ce fût.Pour entreprendre une action efficace, il m\u2019eût fallu faire état d\u2019un délit fédéral, tel qu\u2019un rapt d\u2019un Etat à l\u2019autre ou de communication de documents secrets, mais c\u2019était là une impossibilité et le gouvernement n\u2019y pouvait lien.L\u2019affaire resta donc entre les mains de la justice et de la police de l\u2019Etat.James M.Odgen, un courageux procureur général, désigna finalement deux hommes comme étant les chefs du Klan à Marion, mais la cour estima que les preuves contre eux étaient insuffisantes et il y eut un non-lieu.Plus de vingt-cinq ans se sont écoulés depuis le jour où j\u2019ai quitté Marion sachant que j\u2019avais échoué.Au cours de ces années, les choses se sont bien améliorées dans le Sud, et bien que la haine raciale soit encore vivante par endroits, telle une fleur diabolique, les Américains dans leur grande majorité attendent le jour où elle aura disparu à jamais.LA PRIERE?1 | t! i! il « 1 1 1 La prière montait de son coeur : sourde et impérieuse.Pourquoi était-il bouleversé ?Pourquoi la révolte entrait-elle pour la première fois en lui ?On lui avait enseigné que toute prière n\u2019était bonne que si elle était faite avec humilité et confiance en Celui qui la recevait.Mais la sienne était dure et âpre, orgueilleuse et fière.Pour la première fois, i! ne sollicitait plus, il ordonnait.Il n\u2019implorait plus, il imposait.Il imposait sa volonté, une volonté terrible qui venait de naître en ce garçon soumis et sensible.Tête levée, ses yeux noirs brillants de défi, il faisait face à la Croix nue, symbole de sa vie.« Je ne puis supporter qu\u2019elle soit heureuse sans que je vois sa joie, quelle pleure sans que je sèche ses larmes, qu\u2019elle rit sans que je partage son rire, qu\u2019elle chante sans que j\u2019entende sa chanson.Pourquoi l\u2019avoir mise sur mon chemin, Seigneur, si c\u2019était pour me l\u2019enlever si vite ?Pourquoi l\u2019ai-je rencontrée si je devais la perdre ?Rien au monde ne me la fera oublier.L\u2019amour sera maintenant ma loi, j'en suivrai les règles et ma lutte, enfin, ne sera plus vaine.» Mais déjà ses paroles perdaient leur sens.Elles n\u2019étaient plus que des coquilles vides, sans significations, qui se perdaient dans la pièce.L'amour et la paix qui envahirent son coeur à cet instant, furent comme un baume sur sa blessure, qui le transfigurèrent.Rien ne persista de sa hautaine attitude.Dos courbé, comme supportant le poids d\u2019un immense secret, il marcha, souriant, apaisé, et tandis que les premières paroles de son cantique préféré sortaient de sa bouche, il sut qu\u2019il était sauve.JOSIANE CORNILLON s I I ÏJ I I I I 58 LE SAMEDI DÉCEMBRE 1961 General Motors estfier deprésenter Voici une voiture entièrement originale, uir création General Motors destinée à satisfair pleinement les Canadiens qui désirent une voi ture à la fois familiale et pratique de dimen sions.Six adultes y trouvent place aisément, eA hauteur, en longueur et en largeur, et ses porte en rendent l\u2019accès facile.Mise au point soignée, essais rigoureux, con struction impeccable\u2014l\u2019Acadian est conform-, aux normes d\u2019excellence les plus sévères.Economique à l\u2019achat comme à l\u2019usage, c\u2019est une voiture qui se rit des embarras de la circulation et file joyeusement sur la grande route.Preste et pratique dans sa conception, élégante dans son aménagement intérieur, raffinée dam chaque détail d\u2019exécution, l\u2019Acadian se class/ I dans une catégorie à part.C\u2019est pourquoi non sommes fiers de vous présenter cette voituni I entièrement nouvelle, canadienne de nom!, canadienne de style, canadienne de qualité! l\u2019Acadian de General Motors.GENERAL MOTORS PRODUCE OF CANADA, LIMITED OSHAWA, ONTARIO f ¦ Sedan 4 portes Beaumont L\u2019ACADIAN OFFRE TOUT CE QUE VOUS ATTENDEZ D\u2019UNE VOITURE FAMILIALE! DEUX MOTEURS À VOTRE CONVENANCE- Le sobre 4-cylindres, 90cvou lc6-cylindres, 120 cv économique! Les deux réalisent de belles performances avec de l\u2019essence ordinaire.UNE SUSPENSION DONT LA DOUCEUR FERA VOTRE JOIE! Elle est moelleuse; elle absorbe tous les cahots, grâce aux ressorts a boudin des roues avant et aux nouveaux ressorts arrière monolames.\u2019WPECTION ULTRA-DOUCE! ^^icilc à garer, facile à con-¦\t, ville cflmmc sur la route, grace à sa cnrecuun à circuit à billes précise et légère.UN CHANGEMENT DE VITESSES SUPPRIMANT TOUT EFFORT DE CONDUITE.Les vitesses passent en douceur .voila un des avantages de la boîte de vitesses synchro-mesh.La Powccglide automatique vous est offerte moyennant un léger supplément sur les moteurs 4 ou 6-cylindres! VOYEZ LES NOUVEAUX COLORIS ET LES NOUVEAUX MODÈLES DE GARNITURES! Les garnitures forment une gamme entièrement nouvelle de modèles et de couleurs séduisantes, toutes en tissus synthétiques résistant à l\u2019usure.Renseignez-vous au sujet de l\u2019Acadian.elle est moelleuse, élégante et économique.C\u2019EST LA VOITURE FAMILIALE RÊVÉE! Voyez-la chez votre concessionnaire Acadian! SIX CONFORTABLES PLACES PERMETTENT UNE DÉTENTE COMPLÈTE!.dans une carrosserie Fisher naturellement.Les sièges profonds, le vaste espace pour les jambes, les portières à grand angle d\u2019ouverture vous raviront.EN FAIT D'ÉQUIPEMENT STANDARD, l\u2019Acadian a tout.Pour un modeste supplément de prix vous pouvez bénéficier des avantages de la scrvo-direction, des servo-freins, du pont arrière positraction assurant l\u2019adhérence des roues motrices sur le sol glissant, et de la radio à boutons-poussoirs.L\u2019ACADIAN A DES FREINS SÛRS, À ACTION INSTANTANÉE! Les tambours de freins de grandes dimensions, refroidis par air, assurent une sécurité de conduite constante.Station-wagon 4 portes Invader jy Sedan 2 portes Invader ! Coupe sport Beaumont Décapotable Beaumont la marque distinctive de l\u2019Acadian 937005 _Demandez^Coke__ou_Coca^Cola_\u2014les deux marques identifient le produit de Coca-Cola Ltée\u2014le breuvage pétillant préféré dans le monde entier.I I O I H L J U L O L LA LLG I s L A T (J E L ou gouvernement C P Dut h o r c Il J J 6 afif»aa W:' ¦ V "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.