La tribune, 3 avril 1993, Cahier 5
[" Weekend La Tribune, \u2014 Sherbrooke, samedi 03 avril 1993 (Télephoto, par Claud TREE 7 Léandre Proulx s\u2019est acheté la liberté À 18 ans, le jeune Léandre Proulx, originaire d\u2019Asbestos, voulait peindre.«Mais c\u2019est à 36 ans que je me suis acheté la liberté», dit-il à Rachel Lussier en page 3.En 1988 en effet, le peintre décidait de se consacrer uniquement à son art.L'année suivante, il achète la galerie qui porte son nom, en fait un lieu d\u2019échange et de rencontres pour lui et ses pairs.Depuis 1992, sa cote monte, les connaisseurs de l'extérieur lirtent sérieusement cet artiste qui affirme qu\u2019il n'aura pas assez de toute une vie pour peindre une Estrie inconnue.sé 2 = lo Tribune, \u2014 Magazine Weekend \u2014 Sherbrooke, somea 3 avril 1993 Avril appartient à Jovette Marchessault Pierrette ROY posera comme celui de l\u2019au- teure estrienne Jovette Marchessault.L ¢ mois d'avril en région s'im- D'abord parce qu\u2019il la célèbrera à titre d'auteur du mois de l'Association des auteurs des Cantons de I'Est, puis parce qu\u2019il lui a donné pour la première fois l\u2019opportunité d\u2019effectucr.en région, theatre lc lancement d'un nouvel ouvrage.et enfin parce qu'il sera marqué par la création.à Sherbrooke, de sa nouvelle pièce de théâtre «Le lion de Bangor».Comme si les dieux s\u2019était Hgués pour offrir à Jovette Marchessault un avril inoubliable! D'ailleurs.au moment où commençait le mois il y a deux jours, celle-ci pouvait être toute entière, ou presque, à la célébration puisque la tâche qu\u2019elle avait à assumer, en rapport avec les deux derniers événements, était complétée.C\u2019est maintenant au tour de Leméac.l\u2019éditeur qui publiait le texte de la pièce «Le lion de Bangor» qui était lancé hier à la Bibliothèque Eva-Senécal de faire son travail et à la compagnie L\u2019Aire de jeu qui a pris à sa charge de monter cette production qu'elle présentera du 7 au 24 avril au Théatre du Parc Jacques- Cartier, d\u2019opérer.D'ailleurs, pour celle qui as- Jovette Marchessault: «Je sais que comme auteure, je travaille dans l\u2019éphémère, mais ma seule préoccupation est de toucher les gens.» Téléphoto par Cloude Poulin En page une, la troupe L'Aire de jeu répétant «Le lion de Bangor».La distribution se compose de Jean Maheux, jouant le détective; Jacques Jalbert, le lion de Bangor; Élizabeth Lenormand, incarnant Harriet; Lysanne Gallant, Noria; et Brigitte Paquette, Jeannesume également la tâche de présidente du Conseil de la culture de l\u2019Estrie et qui célèbrera en juin prochain son 10e anniversaire d'installation en région, ces deux événements viennent consacrer son enracinement en Estrie.La région d\u2019abord «Mes activités au Conseil de la culture de l\u2019Estrie m\u2019accaparent beaucoup, il est vrai, et me laissent moins de temps pour écrire.Mais, maintenant que mon point de vue se situe du côté des régions, je suis de plus en plus consciente de l\u2019importance des choses qui s\u2019y font, avec des budgets très minimes.Ce que nous avons encore à faire est énorme car, pour i, le Québec profond ce sont À l'assaut des clichés! Pierrette ROY c théâtre, c\u2019est le monde «L de l'éphémère.À chaque soir, on crée des états de conscience dans l\u2019esprit du spectateur, des états plus larges qui se développent sur un autre plan, ainsi qu'on en trouve dans certains rituels comme la messe par exemple.On convie les gens a glisser.Et pour moi.le théâtre, c\u2019est une invitation au rêve.» Cette conception fondamentale qu\u2019il a du théâtre correspond d'ailleurs parfaitement à l'approche qui caratérise Guy Beausoleil dans sa tâche de créateur pour la scène ct plus particulièrement dans celle qui est la sienne dans la production «Le lion de Bangor» dont il signe la mise en scène.Trouver une famille Avec celle-ci, c\u2019est d\u2019ailleurs la toute première fois qu\u2019il travaillera avec un groupe de la région, un deuxième projet encore secret cst sur la table pour le printemps prochain, et avoue avoir trouvé auprès de la compagnie L'Aire de jeu une véritable famille.«Le milieu artistique estrien est passionnant et je suis fasciné par tout ce qui sc fait de création ici, autant dans les arts graphiques, la danse, le théâtre que tout le reste.L'énergie qu\u2019on y trouve est très différente de celle qui existe à Montréal, où c\u2019est l\u2019émulation qui compte avant tout.En Estrie, on a l'impression d\u2019être un peu sur une longueur d'ondes intermédiaire; le travail est plus introspectif.» Or, dans la tâche toute particulière qui est la sienne de monter une création, c\u2019est d\u2019ailleurs la spécialité qu\u2019il a développée au fil des ans, c\u2019est là un atout qu\u2019il considère comme tout particulièrement important.«Pour la création surtout, il est important de s\u2019aimer et de se faire confiance parce que l\u2019on est toujours à risque.À chaque fois on lance les dés et dans ce cas-ci, mon équipe de production a été très généreuse car elle m'a aidé de ses idées, de ses suggestions.C\u2019est moins important de sentir une solidarité presque familiale pour une pièce de répertoire.Redécouvrir le monde Et, dans cet exercice, ce qui excite le plus le metteur en scène c\u2019est d'apprendre à faire des choses.«Car dans la création, il y quelque chose de vital car on apporte quelque chose de nouveau qui n'a jamais été fait dans l\u2019univers.Faire une nouvelle pièce, c\u2019est essayer de redécouvrir le monde, c\u2019est faire des associations qui n'existent pas, c\u2019est réajuster ce qui a déjà été fait.Cela demande beaucoup de disponibilité.» Cette constatation est d\u2019autant plus significative pour Guy Beausoleil avec le texte de Jovette Marchessault dont le discours est, à son sens, tout à fait particulier et original sur le monde.les régions.Je travaille aujour- d\u2019hui pour la collectivité humaine et ma toute première collectivité.c'est ma région.» D'ailleurs, Jovette Marchessault confic que I'élaboration de son «Lion de Bangor» et sa création à Sherbrooke découlent directement de son implication dans le milieu puisqu\u2019elle doit a Gertrude Savoie, la directrice générale du Conseil de la culture, l\u2019idée de cette production qui à été soumise à la compagnie L'Aire de jeu.«J'avais déjà mon oeuvre.Et sa collaboration m'a donné des ailes.» C\u2019est ainsi qu'a été élaborée une première version du «Lion de Bangor», présentée à deux reprises en lecture publique, puis deux autres versions avant d'en arriver à la finale.«Mon texte a beaucoup bougé ct, aujourd\u2019hui, il est encore mon roman et ne l\u2019est plus du tout.«Le lion de Bangor» c\u2019est une pièce d\u2019enracinement, le mien propre en région et sur la terre, ct c\u2019est un texte que, je pense, je n'aurais pas pu écrire amorcé mon L'auteure du mois en avant aujour- travail d\u2019écri- .d\u2019hui.» ture d'une pre- Estrie lance un nouvel mière adapta- Surtout huma- tion théâtrale de mon roman «Des cailloux blancs pour les forêts obscures» écrit il y a 7 ans et publié en 1987, mais je dois à Gertrude la mise en forme de ce projet.Pour elle, il était évident que mon roman contenait une pièce de théâtre.» Trouver le recul Mais, considérant que comme auteure, elle manquait du recul nécessaire pour assumer complètement et avec efficacité cette tâche, elle à sollicité le concours de Guy Beausoleil, auteur dramatique ct metteur en scène, pour l\u2019assister dans son travail.Ce sera d\u2019ailleurs à confiera la mise en scène de la production.«J'ai toujours aimé sa vision du monde, son esthétisme et son travail en général.Je lui ai donc demandé de me faire une proposition théâtrale car je me considérais comme pas suffisamment iconoclaste par rapport à ouvrage et présente à Sherbrooke sa pièce Car, si Jo- «Le lion de Bangor» lui que L\u2019Aire de jeu «Jovette creve des clichés comme on crève des ballons.Il lui faut tout questionnner, je pense qu\u2019elle est tombée dans cette marmite lorsqu'elle était petite.Et, à cet égard, je la rejoins entièrement parce que moi aussi, je suis un insatisfait car il ya toujours quelque chose qui n'a pas été dit.Mais c\u2019est là un moteur intéressant lorsqu\u2019il est question de création.» Créer la magie Il présente «Le lion de Bangog» niste vette Marchessault reconnaît qu'elle est encore une féministe - «je le serai toujours» -, elle explique dépasser ici ce propos et s\u2019attarder plutôt à la réconciliation humaine et toucher l\u2019humanisme.«Aujourd'hui, j'ai plus envie d\u2019accentuer les ressemblances entre les hommes et les femmes que les oppositions.Ma pièce parle d'unité, d'harmonie, d\u2019ap- paisement et surtout de réparation.Car.tant que l\u2019on est vivant.il est toujours possible de réparer.» Pour elle, il s'agit là cependant d\u2019une pièce assez terrible parce que venant remettre aux gens leurs responsabilités.«J'essaie de montrer la beauté, l'espoir et l\u2019harmonie.On n\u2019y reste pas à la surface mais on travaille dans l\u2019épaisseur.Comme auteure, je sais que je travaille dans l\u2019_éphémère.Mais ma seule préoccupation, c\u2019est que «Le lion de Bangor» touche les gens.» Téléphoto, par Claude Poulin Guy Beausoleil: pour monter une création, il faut s'aimer et se faire confiance parce que l'on est à risque.comme un conte théâtral très mouvementé, qui se caractérise par ses nombreux retournements de situations et coups de théâtre.«L'univers de Jovette dans «Le lion», c'est son versant surréaliste et un peu fantastique et, dans notre travail d'adaptation, nous avons poussé un peu dans ce sens.D'ailleurs.un des aspects qui me touche beaucoup dans cet univers, c\u2019est la conscience quelle a du monde étendu, celle qui fait que ses personnages perçoivent au- delà de leurs sens quotidiens.Cette approche m\u2019interpelle beaucoup.» Se définissant essentiellement comme un homme qui pense en images car il a eu, comme toute première école alors qu\u2019il était encore adolescent, le cinéma muet au moment où l\u2019art était naïf et frais, Guy Beausoleil dit aimer les spectacles visuellement très forts, même s\u2019ils peuvent aussi être très simples.AL SLE, IRS AF ALN LALIT SHS J SVAN A MORE Les ion rée | de pri- Eux ver ugé 0n Le èce pre \u2018est ais rire ur- na- Joes- ait en- rai ser tà u- vie ces 1es ce ap- ra- ant rce ile ulin , 20- rès ise 1s Le te ns 1s.ne rs, UC ès I IRSA 2 SA OV a La lumière intérieure de Léandre Proulx arts visuels Rachel LUSSIER matin diaphane.7h 30.Le peintre est un lève-tôt, le galié- riste, un bourreau de travail.L ¢ fond de Pair est caressant, le Dans l'atelier.ça respire le frais, le baromètre penche côté bonne humeur.D\u2019entrée de jeu.l'entretien se En 1988, en effet, déjà marié et père de deux garçons, il décide de se faire confiance, de prendre le risque, énorme en début de récession, de se consacrer uniquement à son art.L'année suivante, il achète la galerie Gaston Ricard, à laquelle il donne son nom, s'installe rue King Ouest à Sherbrooke, décide d\u2019animer l\u2019esprit du lieu en y installant un mini-atelier, une école où enseigne notamment M.Ricard, un lieu d'échanges et de rencontres pour lui et ses pairs.Autre option majeure, l\u2019artiste paysagiste décide que sa galerie sera consacrée exclusivement aux peintres de la région.lacs, les lumières changeantes, la diversité des paysages que l\u2019on retrouve d'un kilomètre à l'autre ont à peine été frolées depuis.Coburn.«L'Estrie connue, c\u2019est celle de Magog à Saint-Benoît, un peu celle de Sutton et de ses environs affirme-t-il.Mon territoire à moi est ailleurs, il se limite a 25 kilomètres carrés et dans toute ma vie, je ne passerai pas au travers».Lac-Mégantic.Paquetteville.Beauvoir, Les Trois lacs, pour ne nommer que ces coins qu'a privilégié la nature, fascine le croqueur de paysages.«Nous avons autant de beauté.et une beauté différente ici que Généreux mais pas naïf, confiant mais sans arrogance, capable d\u2019autonomie et ayant le sens de la collégialité, de plus en plus remarqué en région comme à l\u2019extérieur, Léandre Proulx, à 40 ans, Telephoto par Claude Poulin après avoir pris bon nombre de risques, se hisse au nombre des artistes Estriens à surveiller.dessine en couleurs chaudes.Sincérité, simplicité.spontanéité.Chez Iéandre Proulx.aucune prétention, aucun snobisme, pas un gramme de fatuité.«La journée où la gloire va te changer, tu vas prendre la plus grande débarque de ta vie.N\u2019oublies Jamais hier.n\u2019oublies jamais les jours difficiles que tu as connus», lui a un jour dit son père.La sentence a porté.Léandre, fils de Paul-Antoine l'ébéniste, entre dans le sentier du succès avec la circonspection d\u2019un sage.Pourtant à 40 ans sonnants, après avoir pris des risques considérables, a l\u2019heure ou le soicil semble se lever pour lui, l'artiste aurait de bonnes raisons d\u2019être tenté de partir pour la gloire.«Je pense qu'on peut faire son chemin sans estropier personne.la compétition, la mesquineries sont, pour moi, incompatibles avec l\u2019art.Les seules batailles qui valent la peine.ce sont celles qu'on mène contre soi-même».Voilà qui donne une idée de la qualité de l'être qui inspire lar- tiste.Chez lui, la lumière est d\u2019abord intérieure.A 18 ans Léandre Proulx.originaire d'Asbestos.révait de peindre.«Mais c'est à 36 ans que je me suis acheté la liberté!» Un cas unique.Outre Gaston Ricard à qui il reste fidèle.le réputé André Philibert, Jos Beaulieu et Chantal Touchette sont de ceux-là.Depuis 1992.la cote personnelle de Proulx monte en flèche.Il expose à Montréal, un peu partout au Québec.de même qu\u2019aux Etats-Unis, est cité à plusieurs reprises dans la presse spécialisée.Magazin\u2019art, entre autres, lui accorde finalement un article de fond.En février dernier, Proulx était sélectionné en compagnie de trois autres Estriens.Yvan Dagenais, André Philibert et Jeannine Bourret, pour participer, aux côtés de noms aussi prestigieux que ceux de René Derouin, Jean-Paul Ladouceur.Myuki Tanobe et Marc André Fortier, à la Biennale 1993 de la Société Nationale des Beaux-Arts.au Grand Palais de Paris.Une sorte de consécration.Les connaisseurs de l'extérieur commencent aussi à courtiser sé- ricusement l'artiste qui affirme qu'il n'aura pas assez de toute une existence pour peindre une Estrie inconnue.Une vie dans 25 milles carrés Bien sûr qu\u2019il est allé voir ailleurs.Reste que [céandre Proulx professe comme un credo que l'Estrie N'a pas encore vraiment été peinte.que les montagnes, les dans Charlevoix.Dans dix ans, l'Estrie pourrait être aussi populaire pour les peintres que le Bas du fleuve».Fantasme ou pressentiment?Ça reste à voir.Toujours est-il que Proulx, avec quelques autres, pense que la région appartient d\u2019abord à ses artistes et n'a nullement l'intention de se laisser damer le pion par l'observateur de passage.Il est tellement convaincu de ce qu\u2019il avance que, fait d\u2019ailleurs étonnant pour qui exerce un art plutôt solitaire, l'artiste se fait rassembleur.s'associe à des pairs, applique concrètement son rêve.«Non seulement je veux peindre la région.mais je veux que.quand lcs visiteurs viennent à la galerie, ils puissent voyager à travers l'Estrie, s'identifier, se reconnaître ou apprendre à connaître des trésors cachés, des sites et des instants que seul l'artiste peut capter.mais qui existent vraiment, Je veux dire aux gens d'ici entrez et venez voir votre coin: à ceux de l'extérieur.voyez comme c'est grand chez nous.» Une peinture commerciale ?«Ne nous enfargeons pas dans le vocabulaire.La beauté n\u2019est ni figurative ni abstraite.H ne s'agit pas de peindre n'importe quoi en série.J'espère que je garderai toujours l'angoisse de la toile blanche.l'important.c'est l'état d'âme qui jaillit du tableau.Ça.ça «J'ai la chance de débuter à la fin d\u2019un siècle», dit le peintre asbestois ne ment pas».Quand l\u2019âme guide le pinceau On dit de la peinture de Proulx qu'elle est fraiche, qu'il a la main et l\u2019oeil sûrs.On parle de la qualité de la composition et surtout.d\u2019une soif des grands espaces où l'artiste affirme sa personnalité.Ajoutons la quasi absence d\u2019acteurs, une maitrise des verts et un talent certain pour des bleus qui ont du caractère.un penchant pour l'environnement sauvage qui frôle une certaine mysticité.«Peindre.c\u2019est comme faire une prière.Je n\u2019invente rien.j'interprète le seul créateur qui ait jamais existé.Bien sûr.on a le droit de tricher un peu.mais il faut être fondamentalement franc avec la nature qui.elle.ne triche pas.Quand je pense à ça, je me dis que je ne serai jamais vraiment prêt.mais je travaille le plus honnêtement possible».Travailler honnêtement au regard de Proulx, c\u2019est laisser poindre l\u2019émotion.«Quand j'écoute Richard Desjardins et qu\u2019une larme monte, je la laisse couler.Quand je vois une belle lumière.quand l\u2019ombre des Gément Cazelais \u201cPhilippe Cousineau y Salle Maurice-O'Bready 45 Cenire Culture Université de Sherbrooke LaTribune Achetez au 820-1000 MULL hauteurs la caresse, quand je vois loin devant moi, il arrive que les larmes montent aussi».Explorer ses forces Même s'il a étudié auprès d\u2019un professionnel.Proulx s'affiche comme autodidacte.«Tout grand maître a été un jour un peintre du dimanche.Plus que dans la technique, je crois que la progression vient de l'intérieur de soi.de ce petit plus qu\u2019on peut investir chaque jour dans son travail.de l'authenticité aussi.Je ne dois jamais oublier que si je peux monter unc marche.je peux aussi en descendre deux et que c'est normal.Si un jour je change.si je ne cherche plus ou si je m\u2019éloigne de la famille des peintres qui m'aident aujourd\u2019hui à me nourrir, J'espère que j'aurai un ami pour me prévenir que je me trompe de chemin».Un long chemin.«J'ai travaillé fort, j'ai été traité de fou.j'ai risqué.mais je suis le gars le plus heureux du monde, je débute à la fin d\u2019un siècle.Et à chaque fin de siècle.it y a des tournants majeurs.J'espère que je saurai en tirer des leçons».Léandre Proulx est actuellement en exposition, avec l'artiste Denis Poirier, dans les locaux de la firme Raymond.Chabot, Martin.Paré, à Sherbrooke.Une collaboration de \u201c413 EE Sed pueysam suizobioy \u2014 \u2018sunqu) oy ws \u2014 S400 03 = 66. LL Les hauts et les bas de la vie d\u2019une diva MARLENE DIETRICH par sa fille MARIA RIVA Flammarion, 862 pages n me pardonnera l\u2019emprunt 0 au théâtre québécois du titre de cette chronique, le calque collait décidément trop bien à cette biographie de Dietrich.Diva parmi les divas s\u2019il en est une, «L'ange bleu» ne cessera vraisemblablement jamais de fasciner.Et quoiqu\u2019en aient dit d'aucuns, l\u2019excellente biographie que propose sa fille unique Maria Riva, chez Flammarion, ne détruit pas vraiment le mythe sauf, bien sûr, si le lecteur a l\u2019esprit suffisamment tordu pour le démolir en profitant de certains passages particulièrement difficiles.livres Maria Riva n'a rien de ces enfants de vedettes qui règlent des comptes avec leurs célèbres parents sur le dos du lecteur.Certes, le propos est parfois # dur, le regard pas toujours tendre.On ne m\u2019empéchera tout de méme pas de penser que Maria Riva n\u2019a ni visé à briser une légende et encore moins à assouvir un esprit de vengence.Riva n\u2019est pas méchante, elle est sans concession.Nuance.#% x * | En fait, j'ai personnellement eu le 1 sentiment que si la «femme» Dietrich, avec ses travers, ses exagérations, son absence de morale, son côté prussien, ne plaisait pas à Maria Riva, celle-çi a malgré tout aimé la «mère» et admiré «l\u2019actrice».L'une des grandes force de d cette biographie immense réside précisément dans cette capacité qu\u2019a eu Riva de nous présenter 8 «trois Dietrich».Visiblement, l\u2019auteure a choisi de ne pas utiliser de prisme, ni de lentille déformante, deux artifices dont sa mère elle-même, en écrivant ses mémoires, ne s\u2019était guère privée.Résultat, l'ouvrage de Maria Riva trouve son plein intérêt bien au delà de l\u2019anecdote, au demeurant abondamment utilisée.Rachel Lussier En écrivant, Mme Riva ose également se livrer elle- -même, ce qui amène une sorte de quatrième dimension au volume qu\u2019on aurait tort de négliger.L\u2019auteure a su retrouver sa vision enfantine comme elle a su parler en adulte et, ne fut-ce que sur le strict plan de l\u2019écriture, de la structure et du rythme du livre, cette approche vaut son pesant d\u2019or.Plus loin encore, en filigrane de la vie d\u2019une star, ce livre jette un regard sur les années magiques du cinéma Hollywoodien, livre des points de vue sur deux guerres, décrit une Europe et une Amérique d\u2019époque.Voilà pourquoi, tout en n\u2019étant pas amateure des lectures qui causent des grandeurs et des déboires de l\u2019une ou l\u2019autre Étoile du ci- néma, de la musique ou de la chanson, cette brique m\u2019a fascinée d\u2019un couvert à l\u2019autre.Les portraits du réalisateur Joseph Von Stern- | berg; du tristement pusillanime Rudi Sieber, unique et éternel mari, père de Maria; la complicité professionnelle extraordinaire que Marlène a vécu avec son dessinateur de costumes Travis Banton de qui elle exigeait un travail fou; la vision d\u2019une Dietrich qui parfois nous apparaît davantage comme une talentueuse metteure en scène que comme une grande actrice; la manière dont «la grande» est devenue un petit soldat pas si petit que ça; la vie d\u2019esclave que l\u2019artiste imposait à son entourage, à commencer par sa fille, représentent autant de pistes qu\u2019on prend plaisir à suivre.Le pas à pas de la réalisation des films, depuis «Le petit Napoléon» produit en Allemagne en 1923, jusqu\u2019au navet «Gigolo» que la star vieillissante accepte de tourner en 1978 parce qu\u2019elle manque de fric, en passant par de très grands moments tels celui de «L'Ange bleu», avec lequel von LES TOURNÉES JEAN DUCEPPE et Bell Québec présentent forme du discours.Sternberg mettra Dietrich au monde, a pour sa part de quoi donner le goût à quiconque est moindrement cinéphile de voir les films en rétrospective, a partir d\u2019un angle tout à fait nouveau.«+ Techniquement parlant, Riva a su imposer une cadence.L'écriture est ferme, serrée, les redites rares, la traduction plus que propre.Surtout, il ne faut pas se laisser rebuter par les 800 pages, on les traverse aisément, portés autant par la qualité du propos que par la Maria Riva est à l\u2019aise.Son travail n\u2019a rien d\u2019improvisé.Si le déballage de la longue et triste fin de Dietrich laisse un goût amer, on n\u2019en referme pas moins le bouquin avec la satisfaction d\u2019avoir rencontré une femme bien en chair.Et à mes yeux, Dietrich, malgré tout, reste Dietrich.Dans le genre, un ouvrage de long souffle.Un livre idéal pour les vacances, sauf si vous partez en avion, because l\u2019éventuel excédent de bagages! de Michel Tremblay Mise en scène de Denise Filiatrault Avec Denyse Chartier, Renée Cossette Jasmine Dubé, Sylvie Dubé Monique Joly, Nicole Leblanc Danielle Lecourtois, Danièle Lorain Sophie Lorain, Pauline Martin Béatrice Picard, Adèle Reinhardt À Picrrette Robitaille, Francine Ruel Sonia Vachon | Musique André Gagnon| Costumes François Barbeau Décor André Barbe Eclairages Claude Accolas Bell Ce classique québecois de Michel Tremblay raconte une journée dans la vie de Germaine Lauzon, maîtresse demaison, qui gagne un million de timbres-primes.elle invite ses voisines et parents chez elle pour un party de collage de timbres-primes.Salle Maurice O'Bready AY Centre CULTUREL Université de Sherbrooke \u2014 en A \u2014 se->0 gp ey tn rm em a 4 un AS J Am \u2014- wv RRR pT CRT RTI CA rock Marco FORTIER Sherbrooke ne petite Sherbrookoise est U en voie de transformer le paysage musical québécois.Elle s'appelle Frankline.Avec deux «chums de filles», la rockeuse a formé Frankline et les Fleurs Sauvages, premier groupe exlusivement féminin à s\u2019illustrer au Québec.Leur vidéo-clip «Prends une chance avec moi» a fait sensation l\u2019automne dernier avec des images qu\u2019on aurait cru tirées tout droit du film Thelma et Louise.Et la formation vient de lancer un autre simple, «Encore du feu», tiré de leur premier album.«Je ne suis pas juste une pi- toune!» a-t-elle confié à La Tribune récemment.Elle était de passage dans le cadre d\u2019une tournée de promotion à la grandeur du Québec.Frankline est une petite Prévost qui a grandi sur Belvidere Height, aux confins de Sherbrooke et Lennoxville.Une belle famille, papa, maman et quatre enfants.Frankline - est-ce son vrai prénom?elle dira que oui mais.\u2014Frankline, donc, est le bébé de la famille.Elle a fréquenté l\u2019école Jean XXITI puis, quand vint le temps de passer au secondaire, elle dit à sa mère: «Maman, je m\u2019inscris à Alexander Galt.Je veux faire mon secondaire en anglais».«C\u2019était frustrant: tous mes amis qui habitaient autour de chez nous parlaient en anglais et je n\u2019étais pas capable de leur répondre.Fallait faire quelque chose.» Frankline entre donc au «high tion qu\u2019on promette de ne boire que du jus d'orange.» En 1979, Frankline donnait dans le «punk latin, genre B-52\u2019s», comme elle dit.C\u2019est à cette époque qu\u2019elle décide d\u2019aller faire de la musique à Montréal.Elle s\u2019exile.Elle avait 16 ans.Le travail n\u2019a jamais manqué.Elle trône au sommet du palmarès school» sans parler un mot d\u2019an- AE 3 glais.Une petite Jordy! L\u2019école, ce n\u2019était cependant pas pour elle.Frankline préférait la musique.Dès l\u2019âge de huit ans, Frankline jouait de la guitare.À 12 ans, elle formait son premier groupe.«J\u2019ai été un véritable phénomène Jordy!» se souvient la rockeuse de 31 ans, en référence au bambin qui chante «Dur dur d\u2019être bébé».Elle a passé une partie de son adolescence à donner des shows dans les bars de l\u2019Estrie avec des groupes tels «Les m\u2019as-tu vu» et «Les Carillons».«Je jouais avec mon chum Christian.Les propriétaires de bars nous engagaient à la condi- Radio-Canada en 1983 avec la pièce «Rock a\u2019tchooka» de sa formation, Térapi.Les offres se succèdent, premières parties de Nina Hagen, Rough Trade et The Fixx notamment, finaliste à divers concours.En 1988, Frankline accompagne Michel Lemieux dans son spectacle Mutation présenté en Europe, en Chine et en Australie.L\u2019année suivante, elle assume la direction musicale du spectacle de Lucien Francoeur.Lemieux, Francoeur: polyvalente, la fille.Comme Janis «Peu importe avec qui je travaille, j'ai beaucoup d\u2019énergie.C\u2019est ma force», dit la chef des Fleurs Sauvages.Frankline s\u2019apparente en ce sens a son idole Janis Joplin.Janis, comme elle dit.Je vais te faire plaisir, Frankline: tu lui ressembles a Janis.Méme chevelure indomptée, mêmes petites lunettes rondes (sur la pochette du disque, en tout cas), même voix éraillée\u2026.Tu ne chantes pas comme elle mais tu lui ressembles.«Janis est une des plus grandes chanteuses de tous les temps», déclare notre Fleur Sauvage, une Peace and love.Frankline voue une passion sans borne à Janis Joplin.Quand elle parle de son idole, une flamme lui jaillit des yeux.flamme dans les yeux.Frankline a vécu de grands moments lors de l\u2019enregistrement de son disque.Elle a travaillé avec nul autre que Kenneath Pearson, qui a joué du clavier avec Joplin.«J avais besoin d\u2019un bon joueur de B-3 (une sorte de clavier).En parlant avec des gens du milieu, j'ai appris que Kenneath habite dans le quartier Saint-Henri, à Montréal! C\u2019est un des meilleurs claviéristes au monde.«Je l\u2019ai appelé en lui disant que j'aimerais travailler avec lui.Il m\u2019a reçu chez lui, à son appartement.Je l\u2019ai convaincu de collaborer.» Sur un nuage De grands moments.Pearson, aujourd\u2019hui un «petit gros» dans | Voici d'audacieuses Fleurs Sauvagesla cinquantaine, témoigne Frankline, lui a montré des photos inédites de Janis Joplin.Janis dans sa Jaguar peinte à la mode psychédélique.Janis sur sa moto.Vêtue de velours ou vêtue de satin, les grandes manches pendouillant au bout des bras, le regard perdu dans quelque nuage acide.Comme son idole, Frankline connaît ça, les nuages acides.«Ma voix cassée, ce n\u2019est pas un hasard.Je suis sortie de l'alcool et de la drogue.» Puis un ordre se fait entendre: «Frankline, parles-en pas».C\u2019est Edith Provost, la gérante des Fleurs Sauvages.La penseuse, la femme de marketing derrière Frankline et ses amies.L\u2019allure Thelma et Louise des Fleurs, c\u2019est Edith Provost qui a décidé ça.«Pi écrit le scénario du vidéo (Prens une chance avec moi) après avoir vu le film (Thelma et Louise).C\u2019était de bien belles images.Puis elles ont un front de beu, ces filles-la.» Féministes, les Fleurs Sauvages?«Un groupe de femmes dans le rock québécois, c\u2019est déjà inusité.A la limite, c\u2019est plus difficile pour des femmes parce qu\u2019on est moins crédibles.On espère ouvrir des portes», dit Edith Provost.Pour les 4 à 12 ans, du lundi au vendredi, l'autobus de la découverte transporte vos enfants à Val-Estrie, et les ramène en fin d'après-midi, après une journée de plein air inoubliable ! Camps avec hébergement de 2 à 12 jours aussi disponibles.# Estrie hy tout pensé / VAL ESTRIE CENTRE DE VACANCES puaysam urzobow \u2014 \u2018aunqui 07 £441 IAD \u20ac Ipawns \u2018ayoo:giaus SE Ie Lyme rloke ve la Tribune, \u2014 Magazine Weekend La Course culmine dimanche LA MAISON DU a NT Te E | * * CETTE SEMAINE: OUVERT SAMEDI ET DIMANCHE APRÈS- MIDI Ik stival [n le rnational des Films Publicitaires 70 de Cannes Danièle L GAUTHIER Presse Canadienne COURSE AUTOUR DU MONDE ont livré leur bataille.Ils seront de retour en studio, dimanche, 20h, à Radio-Ca- nada pour connaître leur classement final et recevoir leurs LE huit concurrents de LA S Sy ° LIONS 92 DU GRAND CRU! TOUS LES SOIRS: 7:15 - 9:15 SAM.DIM.: 1:15 - 3:15 - 7:15- 9:15 NS TOUS LES SOIRS: 6:45 SAM.DiM.: 1:00 - 3:00 - 6:45 Blétie CINEMA EAPITOL : j BX E.À ec ; TOUS LES SOIRS 7: 00 - 9:10 SAM.DIM- 1:00 - 3:10 - 7:00 - 9:10 A HANS.C EST £ EAFERY REMY GIRARD PAULINE LAPOINTE GEORGES MIHALKA prix.Forts de cette aventure unique, ils reviennent au bercail bardés de souvenirs et sans doute mûris par l\u2019expérience aussi fascinante que difficile de parcourir le monde pendant six mois, et d\u2019en capter beautés, drames et mystères dans des reportages réalisés avec cette part d'eux-mêmes qu\u2019ils ont définie et livrée au cours des semaines.Q,\"ére -Quebec LESFILMS 2 Ga PRESENTENT Une enfance à Natashquan Un film de Michel Moreau avec GILLES VIGNEAULT Précédé du court métrage DANS TON PAYS de Marquise Lepage Des personnalités surprises soulignent les victoires de chacun des jeunes reporters alors que les ministres Monique Vézina, gouvernement fédéral, et Monique Gagnon-Tremblay du gouvernement québécois procéderont à la remise des prix.Vendredi Saint Vendredi Saint, plusieurs émissions spéciales parsèment lho- raire de la journée, notamment ) 566-8782 À À TOUS LES SOIRS: 7:05 - 9:05 TOUS LES SOIRS: 6:50 - 9:30 \u201cUN PUR CHEF-D'OEUVRE!\u201d -Luc Perreault, LA PRESSE \u201cLE MEILLEUR FILM DES DIX DERNIERES ANNEES!\u201d -Huguette Ruberge, LA PRESSE SAM DIM._ SAM.DIM.: 1:05 - 3:05 - 7:05- 9:05 1:05 - 3:50 - 6:50-9:30 À TOUS LES SOIRS: 7:10 - 9:20 SAM.DIM: 1:10 - 3:20- 7:10 - 9:20 BRIDGET FONDA LE GOUVERNEMENT LUI A DONNÉ UN CHOIX: LA MONT.Qu UNE CARRIÈRE D'ASSASSIN.DÉSORMAIS, ELLE NE PEUT PLUS RECULER.version française de POINT OF NO RETURN TOUS LES SOIRS: 9:00 _ SAM.DIM.: 9:00 TOUS LES SOIRS: 7:00 - 9:00 SAM.DIM.: 2:10 - 4:15 - 7:00 - 9:00
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