La tribune, 5 mai 2004, Cahier 5
[" EJ À Cahier ppécial 2 7 ste ta % \u201cL'UNIVERSITE DE SHERBROOKE Xo Nn ?\\ RE À TRAV >.\"n#* - %.- \u20ac [= 3: ¢ x NS * ef ss à\u201d ~¥ *» = Ba RAV ERS das e ne 50 ans d\u2019histoire.en 20 portraits \u2018 } # pe \u2018a, Ryd le 3 PE Mik, 1 S sii yi 3 y Tia Ÿ A { ed 4 \u201c> xt: RRy fe]?hs \u2018 \u2014e- 3 a.PRE cé 3 ® 4 à ¥* \u2018RQ \"J ok i & L To Boe! ~ «4 5 3 { 3 ae\u201d x Han Lise TYE © p CT Erie God s LA \u2026, \\ REIN ii ; WS T7 SV F = so te s2 La Tribune 1954 Du Séminaire à l'Université - L'Université de \u201c Sherbrooke a été créée le 4 mai 1954 en vertu d'une loi adoptée © par le Parlement du Québec.Elle est issue du Séminaire \u201c Saint-Charles- Borromée, dont - elle s'est détachée : physiquement et _ administrativement - eri 1960.Lidée d'une université francophone à Sherbrooke avait d'abord germé dans la tête du premier archevêque de Sherbrooke, Mgr Philippe S.Desranieau, décédé en 1952 des suites d'un accident d'automobile, mais le projet ne prendra forme que pendant le mandat de son successeur, Mar Georges Cabana.Celui-ci, avec l'appui d\u2019un groupe de notables sherbrookois et le soutien du député-ministre de Sherbrooke, John S.Bourque, réussira a convaincre les autorités du gouvernement du Québec et du Vatican, de transformer le Séminaire Saint- Charles-Borromée en université.À l'automne 1954, les premiers étudiants et étudiantes faisaient leur entrée à l\u2019Université de Sherbrooke.SHERBROOKE MERCREDI 5 MA! 2004 50 ans d'histoire à travers 50 visages | ! Maurice Cloutier maurice.clouterPloiribune.qc.co SHERBROOKE Vision, passion, détermination, imagination et innovation, cinq mots qui résument bien les cinq décennies de l\u2019Université de Sherbrooke.Des décennies qui ont fait de la première université francophone en région une institution de grande réputation, grâce à l'excellence de plusieurs programmes de formation, à la renommée de sa faculté de médecine, aux redevances exceptionnelles touchées sur plysieurs découvertes et à l\u2019audace manifestée avec l'éloignement de ses frontières jusqu'aux portes de la métropole.Les nombreuses facultés et les services développés au fil des 50 ans d'histoire de la première université francophone en région ne sont que l'environnement physique nécessaire au bouillonnement des idées et à l\u2019épanouissement de la véritable richesse d\u2019une université: son personnel et ses étudiants.Plutôt que de s'attarder au béton et aux millions, La Tn- bune a donc choisi de raconter ces cinquante ans d'histoire, par l'entremise d'une cinquantaine de personnes qui ont permis à des jeunes de quitter le campus universitaire bien outillés-pour la vie, pour bâtir une société meilleure et, dans bien des cas, pour diriger aujourd\u2019hui des entreprises qui font la fierté des Estriens et des Québécois.Nous publions aujourd\u2019hui cinquante brefs portraits.Nous aurions pu en préparer le double, le triple même, tellement les bâtisseurs sont nombreux à travers les décennies d'histoire et les nombreuses missions de l'institution.L'exercice n\u2019est pas exhaustif, mais celui-ci a le mérite de s'appuyer sur une démarche de réflexion menée au sein de la grande famille universitaire et une liste de personnes à honorer dans différents secteurs, dans le cadre du Gala de - l'audace qui avait lieu hier soir au Centre culturel de l\u2019Uai- versité de Sherbrooke.Le rayonnement de l'institution, comme l\u2019ont établi les organisateurs du gala, a été «le fruit du travail de ces centaines, de ces milliers de personnes qui, depuis cinquante ans, jour après jour, dans l'effort et le labeur quotidien, dans la création, dans la recherche et la transmission de la connaissance, ont eu l'audace et le courage de créer, d'innover, de meätre au point, de communiquer et de rendre possible, ici, la mission de l\u2019université».La Tribune propose donc un regard profondément humain sur les 50 ans de développement de l'université.Bonne lecture ! AL Les Rédacteur en chef Responsable du cahier Imacom, Jocelyn Riendeau cad vy eg Ce ses Nous avons gradué Félicitations à l'Université de Sherbrooke La Tribune ensemble \"Marre ve» alin T - t = 1 L'UNIVERSITE DE SHERBROOKE Division de Les Journaux Trans-Canada (1996) inc.! Édité et imprimé au 1950, rue Roy, Sherbrooke (Québec) 11K 2X8 Coordination: Direction artistique: Réalisation: : : À TRAVERS LE TEMPS Équipe ! : Maurice Cloutier Eric Godin de production - > À TRAVERS LES GENS www.cyberpresse.ca Alain LeClerc de La Tribune Mise en pages: est une réalisation PRÉSIDENTE ET ÉDITRICE ; Textes: David Bombardier Télémarketing du service de la rédaction et de la publicité Louise Boisvert Laura Marti Evelyne Leblanc A à Vi Gilles Fisette La Tribune VICE-PRÉSIDENT FINANCES ET ADMINISTRATION Laurent Gelé Couverture: Photos: Morin Éric Godin et Blouin Jocetyn Riendeau Renseignements : (819) 564-5450 Rend \u201cile 18818 y fi \u2019 , ' di les ans, ns la r, de e, ici, t hu- \u2026 a.Yow + FN EEE 3 +.0% 4 + * \u20ac + +4 * ERC 00 Len berg + qu- .= ou 3 a ] BABB OLGAGANA AL Sutil d dads £0 isinl iia habit.Vee Omid 2.A AMAA ASD 5 DR à 6 A Lieu de résidence: Saint-Denis-de- Brompton pale réalisation: première femme do doyenne dans I Histoire de Aujourd'hui: professeure au département de service social et vice-présidente du Parti québécois Marie Malavoy Donner l'exemple Née à Berlin, élevée à Montréal, Marie Malavoy est débarquée à Sherbrooke en 1972.«J'ai suivi mon conjoint, qui avait un emploi à l\u2019Université.Mon arrivée ici s'est donc faite de façon très classique, très traditionnelle.» Elle a pris pays en prenant mari, donc.Le reste de son parcours a été moins orthodoxe.Les modèles, elle ne les a pas suivis.Elle en est devenu un.Professeure au département de service social à compter de 1978, elle a rapidement gravi les échelons qui l'ont amenée à devenir doyenne de la faculté des lettres et sciences humaines en 1988.Aucune autre femme n\u2019était encore montée aussi haut sur la colline.«Dans le bassin des professeurs, la gent féminine était encore très peu représentée.Les choix pour les postes de direction favorisaient donc les hommes, majoritaires, affirme-t-elle.Mais en étant la première, j'ai dû faire mes preuves.Je m'imposais moi-même une pression.Je me sentais responsable de bien faire.Je ne voulais pas que le premier exemple en soit un mauvais.» Cela étant dit.la spécialiste en études féminines a adoré son SHERDROOKE MERCREDIS MAI 2004 expérience.«Et je suis satisfaite de ce que j'ai finalement accompli.En dépit de la réaction de certains collègues qui me préféraient comme collègue, je crois que j'ai gagné la partie.J'ai fait la preuve qu'une femme pouvait être à la tête d'une faculté.» Depuis, Marie Malavoy a été députée de Sherbrooke et ministre de la Culture et des Communications.Cela fait maintenant quatre ans qu'elle siège comme vice-présidente du Parti québécois.«J'ai toujours pu conjuguer l\u2019enseignement et la politique.J'ai toujours pu intégrer une dimension internationale à mon travail.Je n'ai pas eu besoin de changer d'endroit pour toucher à des choses nouvelles.C'est ce qui fait que je suis encore à Sherbrooke, que je compte maintenant parmi les vieux de la vieille!» Et pas près de la retraite, la dame! «Un planificateur financier est venu me voir l'autre jour et ça m'a piqué au vif.Je ne suis pas prête pour ça.Être en contact constant avec les étudiants me garde jeune.» (Laura Martin) Pierre Deslongchamps Collectionneur d\u2019honneurs Ce texte doit compter trois cents mots.C'est beaucoup trop peu pour dresser la liste de tous les honneurs qu\u2019a reçus Pierre Deslongchamps au cours de sa carrière de chimiste.Dire qu\u2019il s\u2019est vu décerner le titre de Fellow par la Société royale de Londres en 1983, qu\u2019on lui a offert le prix Marie- Victorin du Québec en 1987 et qu'il a été admis comme «membre étranger» de l\u2019Académie des sciences de Paris en 1995 bouffe déjà une bonne cinquantaine de mots.La phrase donne tout de même une idée juste de la renommée du scientifique.«Evidemment, ça fait plaisir d'être ainsi reconnu.Ça donne de la crédibilité », assure le natif de Saint-Lin, qui a d\u2019abord été professeur dans son alma mater, l\u2019Université de Montréal, avant de rouler toute l\u2019autoroute 10, en 1967.«À Montréal, le département de chimie était établi.C\u2019était ardu d\u2019y changer des choses.L'Université de Sherbrooke était jeune, certes, mais mire pour accueillir ses premiers chercheurs.La qualité de vie a aussi joué pour beaucoup dans ma décision.Je ne suis pas venu pour un bonus!» poursuit le fondateur de Néokimia, société installée dans le parc biomédical.Inutile de préciser que l\u2019Université de Sherbrooke a fait des jalouses quand le spécialiste mondial de la synthèse organi- Lieu de résidence: Sherbrooke Principale réalisation: professeur ayant reçu le plus de prix et distinctions de la part de ses pairs Aujourd'hui: en retraite graduelle de l'enseignement et conseiller de la présidence de la société Néokimia lentement.«J'essaie, mais ce n\u2019est pas facile.» En fait, il devrait adbiquer.Si Pierre Deslongchamps pourra sortir de la chimie, la chimie ne pourra sortir de lui.Ses deux fils ont eux aussi choisi d\u2019avoir le nez dans les fioles.Les trois cents mots sont comptés.(Laura Martin) Vill Sherk rooke Bon 50° anniversaire! Paul-Émile D'Arcy L'irréductible chevalier du conseil universitaire Dans les années 1950, Maurice Richard fendait la glace.Le hockey soulevait la province.Dans une ligue intra-muros, où s'opposaient diverses institutions d'enseignement de Sherbrooke, les passions se déchaînaient.Et les équipes avaient de sacrés noms.«Le Saint-Fran- çois-d'Assise battait l\u2019Université de Sherbrooke.Ça sonnait toujours drôle à mes oreilles», se rappelle Paul-Emile D'Arcy.L'anecdote sportive ne dit pas si, entre les bandes, le prêtre était entraîneur ou bien défenseur, mais, de l\u2019Université de Sherbrooke, il était le directeur.Le directeur des études.Le premier de l\u2019histoire.«Ce n'est pas parce que j'ai couru après! C'est tombé comme ça.» Sans mise en échec ni lancer frappé.En fait, l\u2019abbé D\u2019Arcy était directeur des études du Séminaire Saint-Charles- Borromée, au moment où il a été décrété, en mai 1954, que l\u2019édifice voisin de la cathédrale Saint-Michel accueillerait les premières classes universitaires.Du coup, à 39 ans, il devenait le plus jeune membre du tout premier conseil universitaire.Agé de 89 ans aujourd\u2019hui, il est le dernier à pouvoir témoigner de cette flamme qui habitait les neuf chevaliers LA VILLE DE SHERBR est fière de collaborer étroiteme avec l\u2019Université de Sherbrooke depuis les 50 dernières années Lieu de résidence: Sherbrooke Principale réalisation: membre du premier conseil universitaire à titre de directeur des études Aujourd'hui: à la retraite J'y suis allé voir des spectacles.» L'abbé Paul-Émile D'Arcy savoure sa retraite depuis 1977.Depuis qu\u2019il a décidé d'accrocher ses patins.(Laura Martin) ce partenariat bénéfique à toute la population sherbrookoise.L'Université de Sherbrooke, un partenaire de qualité qui forme des gens de qualité! De 144 à30000 étudiants ol En septembre >.1954, le nombre d'étudiants inscrits à l'Université de Sherbrooke à des programmes universitaires est de 144.Aujourd'hui, 50 ans plus tard, l'Université accueille plus de 30 000 étudiantes et étudiants, dont 11 500 à temps complet.Son corps professoral compte plus de 2500 personnes, incluant le personnel chargé de cours et le personnel d'enseignement chimique.En tout, l'Université procure de l'emploi à plus de 5000 personnes.Le nombre de ses diplômées et diplômés atteindra 100 000 en 2004.L'Université compte neuf facultés, soit l'administration, le droit, l'éducation, l'éducation physique et sportive, le génie, les lettres et sciences humaines, la médecine, les sciences et la théologie, l'éthique et la philosophie, * Les facultés se partagent 46 programmes de baccalauréat, 44 programmes de maîtrise, 27 de doctorat, 35 de certificat de premier cycle, 43 de diplôme de deuxième et de troisième cycle, sans compter près de 70 microprogrammes, répondant à des besoins spécifiques de formation.et compte poursuivre encore longtemps a ss La Tribune La plus ancienne fédération étudiante universitaire au Québec Le 1er décembre 1955, l'éphémère Journal des étudiants de l'Université de Sherbrooke, qui n'a paru qu'une fois, annonce l'existence de l'Association générale des étudiantes de l'Université de Sherbrooke (AGEUS) et c'est à un étudiant en génie de la Faculté des sciences, Robert Maloun, que revient l'honneur d'en avoir été le premier président.Si les débuts de l'AGEUS ont été modestes, ils n\u2019en étaient pas moins porteurs d'une remarquable continuité, puisque l'actuelle Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke (FEUS), dont la filiation remonte sans discontinuité à l'AGEUS des débuts de l'Université, est actuellement la plus ancienne fédération étudiante universitaire au Québec.Haut lieu de la représentation, de la revendication et à certaines époques de la contestation étudiante, la Fédération étudiante a été et demeure, pour des centaines d\u2019étudiantes et d'étudiants, une remarquable école de formation à la vie collective et à l\u2019action politique.1956 Du Campus estrien au Collectif Après quelques essais sans suite en 1955, avec la publication d'un numéro du Journal des étudiants de l\u2019Université de Sherbrooke, et en 1956, avec la publication de deux numéros de L\u2018Estrien, le journalisme étudiant prend son envol à l\u2018Université de Sherbrooke avec la publication en 56-57 du Vert et Or.La nomination d\u2019un nouveau directeur a la barre du journal des étudiants en octobre 1957, Denis Carrier, va permettre au journal étudiant de prendre une facture permanente en adoptant comme nom Le Campus estrien.C'est sous ce titre que, pendant des années, les étudiants de l'Université de Sherbrooke vont s'initier à la pratique du journalisme étudiant et, éventuellement, à ce qui deviendra, pour certains d'entre eux, leur activité professionnelle par la suite.En 1971, le Campus estrien devient pendant cing ans Presse Campus, puis Caucus, avant d'adopter en 1977 l'appellation qu'il a conservée jusqu'à nos jours, soit Le Collectif.SHERBROOKE MERCREDI SS MAI Lieu de résidence: Sherbrooke Principale réalisation: instigateur de la collection d'oeuvres d'art de l\u2019Université et de la saile Maurice- O\u2019Bready Aujourd'hui: à la retraite Jean-Pierre Lavigne 2004 Antoine Sirois La culture accessible à tous En janvier dernier, Antoine Sirois a pris part au vernissage d\u2019une exposition marquant les cinquante ans de l'Université de Sherbrooke.Il y a fait une rencontre marquante.Cette rencontre: celle de Marcelle Ferron.Enfin, d\u2019une de ses huiles.Cette huile, l\u2019ancien professeur de littérature l'avait achetée en 1964, alors qu'il était secrétaire général et qu\u2019il commencait à bâtir la collection d'oeuvres d'art de l'Université.Cette huile faisait partie de la quinzaine de premiers morceaux acquis.«Je me rappelle, j'avais dû la payer environ 2000 $.Aujourd'hui, elle en vaut plus de 30 000, témoigne celui qui peut se targuer d'avoir ouvert la porte du campus à la culture.Il faut dire que notre premier budget, pour l'achat d\u2019objets d'art, avait été fixé à 5000 $.Et, à l\u2019époque, c\u2019était pas mal du tout.Nous allions dans les galeries à Montréal et nous leur demandions de nous sortir toutes leurs peintures.Nous faisions nos frais.Nous avions de l\u2019argent!» Dans le même panier d\u2019épicerie, il avait rapporté des Chagall, des Picasso.Jus imposée d'elle-même lors de la construction du pavillon ce@ral.L'idée d'ajouter une grande scène à ce bâtiment aussi.«Le réefeur avait exprimé le désir d'aménager un lieu où tenir les cérémonies de collation des grades.J'avais alors proposé d'opter pour une vraie salle de spectacles.En ville, il n\u2019y avait que le Granada, et sa scène était désuète.La suggestion avait été adoptée à l'unanimité.Je trouvais primordial de donner accès à la culture à la communauté universitaire.Et c'était un défi fort enivrant.» Ordonné prêtre dans les années 40, Antoine Sirois a été directeur du département d'études françaises et vice-doyen de la faculté des lettres et sciences humaines, avant de prendre sa retraite de l\u2019enseignement en 1994.Depuis, l\u2019homme reçu à la Société royale du Canada multiplie les ouvrages sur l\u2019histoire culturelle de sa région d\u2019origine.Et il est toujours membre du comité de gestion de la collection d'oeuvres d\u2019art de l\u2019Université de Sherbrooke.Jamais bien loin de L'idée de doter l'institution de sa propre série de tableaux s\u2019était Ferron.(Laura Martin) Cinq ans bien remplis Jean-Pierre Lavigne n\u2019a fait que passer.I! n\u2019a passé que cinq ans à l\u2019Université de Sherbrooke.C\u2019est court.C\u2019est presque une goutte d\u2019eau dans l\u2019otéan d\u2019une vie, mais pour lui, c\u2019était amplement suffisant pour mettre sur pied un service des sports, pour lancer un programme en éducation physique et pour soumettre les croquis d\u2019un centre sportif.Qu'est-ce qu\u2019il aurait fait s\u2019il y était resté deux décennies! L\u2019Abitibien d'origine terminait une maîtrise à l\u2019Université d\u2019Indiana quand on l\u2019a approché, en 1961, pour qu'il s\u2019occupe du volet sportif du campus.«J'ai commencé par former des équipes de hockey et de basket-ball de compétition.Nous n\u2019avions tellement pas d'argent que nous étions allés chercher de l\u2019équipement pour une équipe de football d\u2019essai dans une grange! Le week-end suivant, nous avions payé des jeunes pour qu'ils peignent les casques en vert.Nous partions de loin.» Pour aller loin.En 1964, le département d'éducation physique, qui allait devenir faculté dix ans plus tard, était fondé.Son premier directeur, celui qui a notamment admis les Jean Perrault et Jean Perron, se rappelle: «La première année, nous étions deux enseignants pour environ treize étudiants.L'année suivante, ces chiffres avaient plus que doublé.» Après avoir remis les plans et devis d\u2019un centre sportif complet, après avoir rempli son mandat, Jean-Pierre Lavigne quittait, en 1966, pour aller réaliser des études doctorales en Californie.Même si, au retour d'une autre de ces péré- Lieu de résidence: Sherbrooke Principale réalisation: premier titulaire d'une subvention de recherche et d'un brevet d'invention Aujourd'hui: président de la société Inotel (recherche et développement en chimie inorganique et minérale) Pierre Pichette Lieu de résidence: Canton d'Orford Principale réalisation: fondateur du service des sports et premier directeur du département d'éducation physique Aujourd'hui: à la retraite grinations, il a préféré l\u2019Université de Trois-Rivières, où il a passé le plus clair de sa carrière, il a toujours gardé un lien particulier avec l\u2019institution aujourd\u2019hui quinquagénaire.«Je suis évidemment fier quand je vois ce que la faculté est devenue.Je suis estomaqué de voir comment l\u2019Université au complet s\u2019est développée.Il y a toujours une nouvelle construction.Je suis heureux du nouveau stade.Du retour du football aussi.» Maintenant, les épaulettes des joueurs ne sentent plus le foin ni les coques, la peinture fraîche.(Laura Martin) Jean-Marc Lalancette Sylvain Desjardins Unir savoir et faire Des millions de dollars sont versés annuellement à l\u2019Université de Sherbrooke à titre de redevances pour l\u2019utilisation commerciale des découvertes sur la com- .pression de la parole.Il faut dire merci au professeur Jean-Pierre Adoul et à son équipe.Et il ne faut pas oublier Sylvain Desjardins qui y est pour beaucoup.Ce professionnel, à la tête du BLEU (le Bureau de liaison entreprises université), a en effet été un trait d'union essentiel entre le savoir de l\u2019équipe du professeur Adoul et le faire propre au monde industriel.Et cela, tout en sachant préserver les intérêts de l\u2019université sher- brookoise.Originaire de Montréal mais diplômé en génie de l\u2019Université de Sherbrooke (1983) où il a obtenu également un MBA, M.Desjardins s\u2019était vu confier la mission de valoriser les résultats des recherches universitaires lorsqu\u2019il a su comprendre le potentiel de la technologie ACELP et y impliquer d\u2019abord deux grandes entreprises, France Télécom et Thomson.Plus tard, il y a ajouté Sipro Lab Télécom et Nokia.La technologie sherbrookoise est ainsi devenue une norme internationale dans quinze procédés différents.En 1998, Sylvain Desjardins a eu l\u2019impression d\u2019avoir fait le tour du terrain et il a succombé à l\u2019offre que lui a fait Sipro Lab.Il est entré à son service et est devenu actionnaire\u2026 «Peu de temps après, j'ai créé un spinoff avec l\u2019Université de Sherbrooke, les chercheurs et le privé.Aujourd\u2019hui, la Corporation Voice Age compte 45 em- Lieu de résidence: Saint-Lambert Principale réalisation: premier directeur du Bureau de liaison entreprises-université et premier professionnel à avoir perçu et exploité au maximum le potentiel des retombées de la recherche en compression de la parole Aujourd'hui: vice-président exécutif de Sipro Lab Télécom et de Corporation Voice Âge ployés et, avec Sipro Lab, c\u2019est plus de 450 brevets qui protègent les applications découlant des travaux accomplis à l\u2019Université de Sherbrooke.\u2018 En somme, résume-t-il, c\u2019est véritablement un «success story» qu\u2019il vit avec l\u2019Université de Sherbrooke.(Gilles Fisete) Une enzyme à la vitalité de la recherché Un jour de novembre 1960, une enveloppe est livrée au rectorat.Elle est adressée à Jean-Marc Lalancette, professeur de chimie embauché quelques mois plus tôt.On l\u2019ouvre.On y trouve un chèque de 1000 $.Douteux.Louche, voire.En ce milieu de siècle, 1000 $, c\u2019est loin de n\u2019être qu\u2019un paiement mensuel d'hypothèque.C\u2019est le cinquième du salaire annuel d\u2019un titulaire de cours.On convoque le destinataire au bureau.«Qu'est-ce que c\u2019est?» qu\u2019on lui demande, les pupilles en point d'interrogation.«Une subvention de recherche», de répondre l\u2019accusé.«On va en recevoir d\u2019autres comme ça?» «Sans doute.» Le Drummondvillois, qui ne voulait que se pencher, tranquille, sur «l\u2019élimination des orthoborates d\u2019alcools peu volatils», a créé des remous ce jour où il est devenu le premier chercheur à obtenir un appui d\u2019un organisme subventionnaire, en l\u2019occurrence le Conseil national de recherches du Canada.Pourtant, on était bien loin de la mafia.«J'avais un peu déboussolé tout le monde.C\u2019était quelque chose de totalement nouveau pour l\u2019Université, encore jeune.» C\u2019est également ce scientifique qui, à l\u2019ombre du mont Bellevue, a hérité du tout premier brevet d'invention, en 1972, pour un projet sur l\u2019agglomération de résidus d\u2019amiante.«C\u2019est une autre mauvaise habitude que j'ai adoptée très jeune!» souligne l\u2019ex-doyen de la faculté des sciences qui cumule maintenant plus d\u2019une centaine de brevets délivrés partout sur le globe.L'ancien directeur de l\u2019Institut de recherche sur l\u2019amiante, qui a en outre été vice-recteur à la recherche, a joué le rôle d\u2019une enzyme dans la vitalité de la recherche à l\u2019Université.«J\u2019ai certainement été l\u2019un de ceux qui y ont accordé une grande importance.Et ç\u2019a payé.Maintenant, la réputation solide de l\u2019Université en matière de recherche est disproportionnée en regard de sa taille.» Dire qu\u2019il y a quarante ans, on avait le souffle coupé pour un millier de billets.Aujourd\u2019hui, on en brasse des millions.(Laura Martin) Un étudiant convaincant Pierre Pichette n'a dans sa caboche que des souvenirs flous de cette année 1972, de cette année où il hantait la faculté d'administration, de cette année où il a réussi un coup de maître.Quel coup de maître?Celui d'inciter les étudiants à cotiser à une campagne de l'Université.«Oh! c\u2019est loin.D'ailleurs, je ne me souviens même plus par quel hasard je m'étais retrouvé à faire ça», dit-il.Les gens de l\u2019Université, eux, ont la mémoire longue.Ils estiment qu'ils en doivent beaucoup à cet homme audacieux qui, sans s'en rendre compte, a crée un précédent.«En fait, j'avais réussi à convaincre la gent étudiante de souscrire à l'Opération Univestrie, la deuxième campagne de l'histoire, qui visait à amasser des sous pour la construction du centre sportif, qui a finalement été inauguré en 1979.Beaucoup étaient réticents, parce qu'ils arguaient qu\u2019ils étaient des intellectuels, qu'ils ne profiteraient pas de ces installations.Mais, en tant que membre du comité de sollicitation, j'avais rallié tout le monde.» Le Sherbrookois avait réussi a faire autoriser un versement automatique de trois dollars par trimestre d\u2019inscription de tous les étudiants, pendant cinq ans.«C'est devenu un argument frappant pour l'Université, quand elle allait ensuite cogner aux portes des entreprises ou des particuliers.C'était stratégique.» Ironie du sort, celui qui a été conseiller commercial pour le ministère des Affaires étrangères du Canada pendant 22 ans n\u2019a même pas pu jouer au badminton ni faire du vélo stationnaire dans ce pavillon Lieu de résidence: Montréal Principale réalisation: il a convaincu les étudiants de cotiser, pour la première fois, à une campagne de sollicitation de l'Université.Aujourd'hui: vice-président aux communications et aux affaires corporatives chez Bombardier Produits récréatifs de l'activité physique, puisqu'il a gradué un an plus tard.«Mais même si j'ai été\" à l'étranger pendant de nombreuses années, je suis demeuré attaché à l'Université.Il y a toujours eu ce dynamisme, ce côté rassembleur», poursuit-il, rappelant qu'il a aussi fondé l'Association des diplômés de l'Université de Sherbrooke en France.Ça, il se rappelle mieux.C'était en 1994.(Laura Martin) [ Michel Raymond Au rendez-vous depuis 40 ans De nos jours, quiconque reste vingt ans dans une même entreprise est un chanceux.Quiconque occupe le même emploi pendant trente ans est un privilégié.Et quiconque bosse dans la même boîte pendant quarante ans est\u2026 une rare exception.Michel Raymond gagne sa vie à l\u2019Université de Sherbrooke depuis 39 ans, 6 mois et quelques poussières.Dans tout le personnel actuel du campus, il est le vété- À ran.C\u2019est lui le premier arrivé.Le vieux de la vieille.Dans le bon sens du terme.«Ô mon doux! qu'il s'exclame quand on lui apprend qu'il détient ce titre.Je n\u2019ai pas du tout l'impression que ça fait si longtemps que je suis là.Il faut dire que mon travail n\u2019a jamais été un fardeau.Je ne pars jamais à reculons le matin.» Ce qui fait encore se lever du bon pied l\u2019homme de 59 ans, c\u2019est par-dessus tout ce contact agréable qu\u2019il entretient au quotidien avec les étudiants.En tant que technicien au service de mécanique spécialisée, il effectue l'entretien de différents appareils pour le compte de toutes les facultés et conçoit d\u2019autres équipements de laboratoire, mais surtout il assiste les futurs ingénieurs dans leurs multiples projets.«Voir ces jeunes réaliser de grandes choses et pouvoir les aider à le faire, pouvoir y contribuer, est la plus belle chose qui soit.Je me rappelle notamment que, dans les premières années, alors que la faculté de sciences appliquées était Lieu de résidence: Sherbrooke #58 Principale réalisation: employ& gbi compte le plus d'années de servit, Aujourd'hui: technicien au servi de mécanique spécialisée de l\u2019Université Efe Ls encore embryonnaire, un groupe t construit un petit avion.C\u2019était le.phe mier projet d\u2019envergure.C\u2019était rp.sionnant de les voir aller», jure celui qui a aussi donné des cours d\u2019introductiôgau domaine mécanique.Et la retraite?«J'y pense, mais je n'ai pas encore arrêté de date précise.» | 3 Quiconque pense travailler pendant cinquante ans est un.passionné.(Laura Martin) tif + France Bessette Première femme -à décrocher un doctorat 2 ,, En 1969, lors de la collation des gra- \u201cdes, trois personnes sont montées sur écène afin de recevoir leur doctorat.Et parmi elles, il y avait une femme, France Bessette, la première femme à recevoir un tel diplôme dans l'histoire, encore \u201c- jeune il est vrai, de l\u2019Université de Sher- - brooke.: «Je me souviens encore du murmure .admiratif dans la salle», rapporte-t-elle, trente-cinq ans plus tard.Mais, enchaîne-t-elle.personnellement, elle ne prenait pas autant cons- \u201ccience de son exploit d'être la première femme que le fait de figurer dans le groupe restreint des docteurs de l'Université de Sherbrooke.«Je ne portais pas tellement d'attention au fait d\u2019être une femme dans un univers de gars.J'avais eu le temps de m'habituer.Je faisais partie de la bande.Le choc, je l'avais eu quand je suis passée de l\u2019école de filles, à la fin du secondaire, à l\u2019université où j'étais seule dans une classe de gars.À l\u2019époque, les choix qui (7 S\u2019offraient aux femmes étaient limités.El- je da les étaient ou infirmière, ou technicienne ou secrétaire.Ce n\u2019était pas le genre de carrière que je voulais mener.Je voulais être chimiste.» Et, effectivement, France Bessette a décroché un doctorat en chimie, après avoir défendu avec succès sa thèse sur les Spectres de vibration et structures des phases condensées de CF4 et de SiF4 (le fluorure de carbone et le fluorure de silicium).\"teu de résidence: Weedon \" Principale réalisation: chargé de cours s'étant le plus distingué par son expertise et sa contribution à son milieu \u201c Aujourd'hui: chargé de cours forfaitaire au département de géographie et de télédétection et président du Conseil du loisir scientifique de l\u2018Estrie Jean-Louis Lareau Lieu de résidence: Sherbrooke Principale réalisation: première femme à obtenir un doctorat de l'Université de Sherbrooke Aujourd'hui: professeure à la retraite Puis, la fille originaire de Magog est partie pour l'Angleterre où elle a complété des études post-doctorales, a I'Université Reading, à mi-chemin entre Londres et Oxford.Elle a ensuite travaillé pour le compte du ministère de la Santé avant d'obtenir un poste de professeure à l'Université de Sherbrooke où elle a enseigné la biophysique au département de physiologie et de biophysique de la faculté de médecine.(Gilles Fiserte) Léo Provencher SHERBROOKE MERCREDI S MAI Adrien Leroux Un précurseur bourré d'énergie Son nom est devenu synonyme de micro-électronique.Adrien Leroux à su avant tout le monde en Estrie voir se profiler la révolution industrielle que mettait en branle la miniaturisation des circuits électroniques.Et il a été le premier à dresser des plans pour que Sherbrooke soit, sinon un autre Silicone Valley, à tout le moins un acteur important dans ce domaine.Et il à réussi.Ce professeur d'électrotechnique a d\u2019abord créé, sans demander de permission aux autorités, le Groupe d'électronique de Sherbrooke, le GEUS, en 1975.Deux ans plus tard, il a présidé la Corpo- tation de développement de Sherbrooke et a osé y avancer qu'une étude réalisée par des consultants, en 1970, se mettait le doigt dans l'oeil lorsqu'elle statuait que Sherbrooke ne pouvait se tailler une place en électronique.Et c'est pour le prouver qu'il a mis au monde la Société de micro- électronique industrielle de Sherbrooke (SMIS), en 1982, qu'il à dirigée pendant ses premières années d'existence.Ce premier essaimage industriel allait ouvrir la voie à d'autres initiatives du genre.Si bien qu'aujourd'hui, l'Université peut se vanter d'avoir créé 21 entreprises innovantes dont 11 sont installées en Estrie.«C'est vrai que j'ai été quelquefois audacieux», lance-t-il en voulant expliquer sa présence parmi les nombreuses personnes honorées lors du Gala de l\u2019Audace, à l'Université de Sherbrooke.Mais il y aurait un autre motif de rendre hommage aux mérites d\u2019Adrien Leroux.L'homme a fait partie des pre- Lieu de résidence: Sherbrooke Principale réalisation: en mettant au monde la SMIS, il a créé la première entreprise dérivée (spin off) de travaux de recherche effectués à l\u2019Université de Sherbrooke Aujourd'hui: professeur à la retraite, mais il continue d'encadrer des étudiants miers étudiants inscrits à la faculte des sciences, en septembre 1954, Et cinquante ans plus tard, il y possède toujours un bureau.Officiellement, le professeur est à la retraite, mais, de manière tout aussi officielle, il y travaille encore.Il offre ses services d'encadrement ou de tutorat aux étudiants qui veulent profiter du puits de science et de la montagne d'énergie qu'est cet homme originaire d'Asbestos.(Gilles Fisette) Des hasards qui font bien les choses Géographie 1113: lecture et commentaire de cartes.Léo Provencher a encore frais dans la tête le numéro et le nom exact du premier cours qu\u2019il a donné à l\u2019Université de Sherbrooke.«J'étais étudiant à la maîtrise.On m'avait contacté pour remplacer un professeur.Je m'étais dit que j'allais essayer, juste pour voir, juste pour me prouver que je n\u2019avais aucun avenir en enseignement.Il faut croire que j'en avais: vingt-cinq ans plus tard, je suis encore là.» De la même manière, juste pour voir, juste pour essayer, juste pour le plaisir, le Weedonnais a accepté, en 1984, le poste de président du Conseil du loisir scientifique de l\u2019Estrie.Et, de la même manière, il y a collé.«Ma soeur était animatrice dans cet organisme et m'avait donné envie de la suivre.C'était loin d'être dans mes plans de devenir président, mais celui qui était en place a quitté et il n\u2019y avait personne pour se présenter.» Breveter l\u2019avant- -gardisme Jean-Louis Lareau venait à peine d'obtenir sa maîtrise en économique, avait encore l\u2019odeur de la craie dans les narines, quand il a reçu un appel du = Vice -rectorat en 1969.«J\u2019étais tellement , Inquiet.Je me demandais ce que j'avais pu faire de mal.» dl n\u2019avait pas joué de tours ni plagié.Au contraire.Tout ce qu\u2019il avait fait, c\u2019était bonne impression.Même s\u2019il avait lé nombril vert, on le voulait pour mettre \"lûr pied un nouveau bureau de la re- chérche, pour favoriser le maillage entre 2 Pindustrie et les chercheurs.Il a accepté.\"* Sans savoir que, peu après, il aurait aussi à rédiger, à partir des recommandations -+ faites par un comité, une politique sur la ;» propriété intellectuelle.«Et je ne connaissais rien en matière de brevet! Dans ce temps-là, personne n\u2019en savait beaucoup sur le sujet.Ce n\u2019était surtout pas dans les us et coutumes des universités de s\u2019occuper de ça.C\u2019était avant-gardiste.» Un certain scepticisme freinait d\u2019ailleurs les administrateurs, qui nevoyaient pas l\u2019utilité d\u2019un règlement.Les chercheurs aussi réagissaient tièdement.La politique, la première faite par un établissement francophone au Québec, a été adoptée en février 1971.«Nous pen- f sions qu\u2019elle aurait peu d\u2019impacts, puis- b que la recherche n\u2019était pas encore très | hvancée chez nous, mais très vite, toutes nos prévisions ont été dépassées.Les j chercheurs, en voyant les sommes qu\u2019ils pouvaient toucher, ont créé un raz-de- arée de dossiers.À une conférence, au (milieu des années 1970, on avait même $ cité l\u2019Université de Sherbrooke comme ** Geu de résidence: Verdun , Principale réalisation: instigateur régime coopératif et premier pro- \"fesseur embauché Aujourd'hui: à la retraite Lieu de résidence: Saint-Denis-de- Brompton Principale réalisation: rédacteur principal de la politique relative aux revets Aujourd\u2019hui: à la retraite celle qui, dans tout le Canada, était la plus dynamique dans ce domaine.Les gens de Toronto nous avaient regardés de travers.» Comptant aujourd\u2019hui 300 dossiers dans son portefeuille de brevets, l\u2019Université demeure toujours la première au chapitre des redevances perçues (15 millions de dollars par année).Jean-Louis Lareau, qui a ensuite été vice-recteur à la recherche et directeur des services auxiliaires, a passé quarante ans de sa vie sur la colline, en incluant ses années d\u2019études.(Laura Martin) Michel Normandin Juste comme ça, en partageant sa fine expertise à l'intérieur et à l\u2019extérieur des murs de l\u2019Université, il est devenu un chargé de cours émérite, comme il s\u2019en fait peu.En fait, il est aujourd'hui celui qui contribue le plus au rayonnement de l'institution.«Je ne suis peut-être que le plus tenace», avance-t-il.Depuis 25 ans, depuis qu'il a accepté sa première charge de cours, il a collaboré à la rédaction d\u2019une soixantaine de publications, a codirigé une trentaine de mémoires de maîtrise, a été (Laura Martin) André D.Bandrauk responsable de programmes de baccalauréat.Puisqu'il n\u2019a jamais voulu décrocher de doctorat ni se spécialiser dans la recherche, il n\u2019a jamais ambitionné d\u2019être un professeur.Un vrai.Avec un contrat béton et d'excellentes conditions.«J'ai une situation précaire.Je n\u2019ai pas acces a la Liberté 55.De toute manière, tant qu'on voudra de moi, je resterai.Pas besoin d\u2019être lié à l\u2019Université pour ça.» Un chimiste à longue portée En 1992, le professeur de chimie André D.Bandrauk a été invité au Japon.On voulait profiter de la science de ce spécialiste mondialement reconnu pour ses travaux de modélisation et de simulation numérique des interactions entre les lasers et les molécules.«Le Japon a payé mes frais de séjour.Je recevais mon salaire.Je n\u2019avais donc pas besoin de tout cet argent.À mon retour, je l\u2019ai versé à la fondation afin que Pon finance.des bourses en musique.» Il devenait ainsi le premier professeur de l\u2019Université de Sherbrooke, avec le médecin spécialiste en médecine nucléaire Étienne LeBel, à donner son nom à un fonds de dotation de la Fondation de l\u2019Université de Sherbrooke.Depuis, les étudiants en musique ont accès à la Bourse Maria et André Ban- drauk.Maria, c\u2019est Maria Ignatow, la conjointe de M.Bandrauk, une passionnée de musique.Mais pourquoi la musique?Parce que, répond-il, la musique, comme les arts en général, n\u2019ont pas accès à autant d\u2019appuis financiers que les sciences.«C\u2019est important d'appuyer aussi les arts», a-t-il souligné, en admettant que Mme Bandrauk avait été pour beaucoup dans sa décision.Quoi qu\u2019il en soit, la plus belle musique aux oreilles de M.Bandrauk demeure sans aucun doute celle de la chimie computationnelle et photonique qu\u2019il interprète de façon si exceptionnelle que l'American Association for the Advancement of Science vient tout juste de 2004 Lieu de résidence: Hatley Principale réalisation: avec Etienne LeBel, il a été le premier a donner son nom a un fonds de dotation de la Fondation de I'UdeS Aujourd\u2019hui: enseigne la chimie lui décerner le titre de Fellow.Le professeur Bandrauk est né à Berlin, mais a étudié à Montréal et aux États- Unis.Il détient une maîtrise du M.I.T, le Massachusett Institute of Technology, un doctorat de l\u2019Université de Toronto, en chimie théorique, et un diplôme d\u2019études post-doctorales de l\u2019Université Oxford, en Angleterre.C'est a ce moment qu\u2019Al- dée Cabana I'a embauché pour enseigner la mécanique quantique.L'Université de Sherbrooke mettait ainsi la main sur un leader dans son domaine.(Gilles Fisette) L'homme derrière le régime coop C\u2019est su.L'Université de Sherbrooke se distingue de l\u2019ensemble des établissements d\u2019enseignement de toute la Belle Province par son régime coopératif.Un régime structuré, qui permet aux étudiants d\u2019alterner les sessions de cours aux mois de stages rémunérés.Un régime qui a fait ses preuves.C\u2019est Michel Normandin, premier professeur embauché et premier doyen à temps plein de la faculté de génie, qui a eu l\u2019euréka, l'idée d\u2019instaurer un tel système en 1963.À cette époque, dans tout le pays, seule l\u2019Université de Waterloo offrait cette possibilité à sa clientèle.Aucune institution francophone dans le monde n\u2019avait encore ainsi oser descendre des ponts vers l\u2019industrie.«Pour moi, c'était un moyen de monter yn corps professoral plus solide et d\u2019attirer les étudiants de l'extérieur de la région, affirme le pionnier.C'était en outre un moyen d'inciter les diplômés à se diriger vers les Même s\u2019il est difficile aujourd\u2019hui de penser qu'un tel projet novateur a pu être contesté, il le fut.«Chez les entrepreneurs, il y avait beaucoup d'intérêt.Mais dans la faculté, dans l\u2019Université, ça ne faisait pas l\u2019unanimité.Il y avait une certaine résistance.» Bon an mal an, après un an, la faculté de génie servait de cobaye.entreprises, plutôt que la fonction publique uniquement.» Peu après, celle d'administration se mouillait à son tour.Puis, une autre.«Le régime a progressé continuellement.Nous avons fait le tour du Québec pour le mousser, pour l'expliquer.Il était si concluant qu\u2019une année, nous nous sommes retrouvés avec plus de gens de Montréal que de Sherbrooke dans nos classes», affirme Celui qui a terminé sa carrière à l\u2019école Polytechnique en 1995.«Le régime coopératif a été l\u2019une des belles réalisations de ma carrière.» Sûrement.Parce qu\u2019il est l\u2019une des belles réalisations de l\u2019histoire de l\u2019Université de Sherbrooke.(Laura Martin) La Tribune
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